Vous êtes sur la page 1sur 18

INTRODUCTION

Les Sénoufos, constituent une population d'Afrique de l'Ouest, présente au


Burkina Faso, dans le Sud du Mali et en Côte d'Ivoire. Les Sénoufos
représentent une partie considérable de la population ivoirienne. Il occupe des
vastes régions allant des rives du nord jusqu'au centre de la cote d’ivoire.
Actuellement on considère le chiffre de 2 500 000 Sénoufo, ce qui représente
déjà l'un des groupes les plus importants de l'Afrique de l'ouest. D’où viennent
les sénoufos ??? comment et de quoi vivent-ils ??? quels sont leurs traditions
et danses ??? à l’aide d’une analyse approximative, étudions le peuple sénoufo
dans son ensemble.

PREMIERE PARTIE
I) Approche ethno-sociologique

1) Historique du peuple
Origines du peuple
Le territoire actuel des sénoufos était selon la légende le territoire
des Mandébélés.
Les Mandébélés étaient un peuple ambulant, qui vivait de la chasse
à l’éléphant et qui cultivait du mil lorsqu'il séjournait pendant
quelque temps au même endroit. Ce peuple a eu une influence
décisive sur les Sénoufos pour l’agriculture et le système éducatif.
En effet, sans abandonner les activités de chasse, les Sénoufos se
seraient mis aussi à cultiver le mil et auraient fini par se
sédentariser.
Par ailleurs, les Mandébélés avaient une langue secrète, le « tiga »,
enseigné aux enfants qui n’avaient pas accès aux cérémonies
initiatiques avant l'âge adulte.
Ce secret dévoilé aux Sénoufos, les Mandébélés ne se sentirent plus
en sécurité puisque les Sénoufos disposaient d’un équipement de
chasse supérieur à eux notamment des armes en fer et
s’accaparaient tout le gibier. Ainsi, les Mandébélés cherchèrent
refuge dans la brousse et disparurent.
Depuis, on dit qu’ils vivent dans les arbres et ont la capacité de se
rendre invisibles. Ils sont devenus les « génies de la forêt ».
Les Sénoufos s’emparaient donc des terres vierges. Leurs migrations
durèrent trois siècles. Compte tenu des longues distances qu’ils
parcouraient, les groupes se séparèrent rapidement et les différences
apparurent entre eux.
Dans cette démarche, ils jugèrent le principe des rites initiatiques utiles
à la société et instituèrent le tchologo, puis le poro qui deviendra
obligatoire pour tous les Sénoufos au 14e siècle. Le tchologo est un
ensemble d’initiations à la vie en société.
Aujourd’hui, les Mandébélés sont des êtres mythiques qu’on
représente par des statuettes de nains aux pieds retournés.
Les devins se servent de ces statuettes pour faire leurs cérémonies,
ainsi mythologie et histoire se rejoignent.
Chez les Sénoufos, il y a des récits selon lesquels le premier Sénoufo a
été créé par Dieu lui-même dans leur habitat actuel pour montrer
qu'ils sont des groupes anciens venu de nulle part, autochtones, ils
n'ont donc pas de récits de conquête territoriale. Les Sénoufos ont
plutôt subi au cours de leur histoire des invasions et déplacements
forcés.
Les sous-groupes sénoufos à partir desquels ils se sont constitués
demeurent encore inconnus. On peut, néanmoins, les considérer
comme les « pré-fohobélé » ou les « proto-fohobélé »
L’arrivée du peuple sénoufo en Côte d’Ivoire va du 10e au 16e siècle.
Les Sénoufos sont les premiers habitants de l'actuelle Côte d'Ivoire.
Cela se confirme du fait que les Sénoufos se sont installés sur une terre
vierge et n'ont pas conquis de terre, contrairement aux autres
groupes. Les Sénoufos font partie des habitants les plus anciens de leur
région respective, de l’actuelle Côte d’Ivoire.
Les autres peuples fonctionnent en chefferies et cela s'explique par :
-la croissance démographique, qui a poussé certains peuples,
spécialement les Sénoufos, à se déplacer à la recherche de nouvelles
terres ;
-l’expansion des grands empires du Soudan a fait fuir certains peuples.
Les Sénoufos étant un peuple éminemment pacifique et travailleur de
la terre ont cherché à éviter tous les types des conflits.

On désigne par Siénéfos les premiers occupants du Siéné, région située


entre San, à l’est du Mali et Nouna à la frontière du Burkina avec le
Mali. Les Siénéfos seraient installés depuis une époque très ancienne
au nord-est de la Côte d’Ivoire, dans le Pays du Sel. Ils arrivèrent
probablement au début du deuxième millénaire, en même temps que
les Koulango et les Lobi au nord-est de la Côte d’Ivoire.
Les Siénéfos firent les premiers à s’installer dans l’espace compris
entre le fleuve Baoulé (dans l’actuel Mali) et le Volta Noire (dans
l’actuel Burkina Faso). Donc, ils sont considérés, en ce qui concerne
certaines composantes, comme autochtones.
Les ancêtres connus des Sénoufos sont les Pallakas (ou Falafalas) et les
Myoros qui vivaient de la chasse et la cueillette. Ils étaient installés
dans les régions nord du pays Sénoufo actuel. Il y eut aussi des
éléments voltaïques descendus à une date reculée de la région
comprise entre Banfora, Bougouni et Sikasso.
Ce sont sans doute, ces deux groupes (pallakas et myoros) qui sont
supposés avoir eu les premiers contacts avec les fameux « mandébélé
» ou petits hommes aux pieds retournés, dont ils héritent les
cérémonies initiatiques tels que le « poro ». Ainsi comme des
techniques de chasse dont les « dozo » gardent encore jalousement le
secret.
Ces ancêtres des actuels Sénoufos menaient une vie quasi-nomade de
ramasseurs et de chasseurs. Ils cherchaient un gibier plus abondant et
partirent de Koutiala au Mali vers le 11e ou 12e siècle. Ils émigrèrent
peu à peu vers le Pays de la Kola, vers le sud jusqu’à ce qu’ils se
trouvent bloqués par les forêts emmêlées de la zone tropicale.
Cependant, les versions d’origine « maliennes » dont se réclament les
grandes familles sénoufos restent à prouver. En fait, ces versions sont
pour la plupart dues à des influences culturelles du monde des Mandé,
les Malinkés.
Les familles maraboutiques mandé, installées autour des grands chefs
sénoufos, ne pouvaient admettre que leurs maîtres disent venir d’un
autre pays que le leur.
Les Sénoufos, pour leur part, grands admirateurs de la culture du
monde mandé prétendaient, jusqu’à une date récente, rehausser la
grandeur de leurs chefferies en les rattachant aux origines historiques
des Mandé du Sahel et des savanes soudano-guinéennes.
Le processus de formation des Sénoufos, processus historique de
fusion de groupes divers comprenant des autochtones et des émigrés
remonte à la protohistoire (période de transition entre la préhistoire et
l’histoire) et s’achève au cours du premier millénaire de notre ère.
C’est du mélange de ces populations que sont issus les Sénoufos
actuels.
Cette formation a connu deux grandes phases :
 La création de villages.
L’organisation d’un système de bois sacrés hiérarchisés.
Des Sénoufos fondèrent Katiola, puis occupèrent petit à petit tout
l’espace compris entre les localités actuelles de Bouna, Prikro, Mankono,
Séguéla, Touba et Odienné en Côte d’Ivoire, espace probablement vide
d’hommes à l’époque.
Les Sénoufos ont fondé aussi Kong, Dabakala, Kanangoro et Boundiali.
Du 13e au 14e siècle naît à son tour Korhogo, qui signifie « héritage » en
langue locale. Cette ville est la « capitale » actuelle du pays sénoufo.
Le peuplement sénoufo, couvrant un espace géographique relativement
étendu, sera peu perturbé par l’implantation mandé, qui sera au contraire
coupée en deux par le territoire sénoufo.
À l'origine, les immigrants mandés n’ayant d’autres préoccupations que le
commerce sont favorablement accueillis. Ils introduisent dans le pays le
tissage et les métiers du cuir.
Par ailleurs, ils s’intègrent à leur nouveau milieu, parlent le sénanri et
deviennent même à l’origine de quelques-uns des rituels les plus célèbres
du pays sénoufo : le « korobla ».
Les emprunts sont réciproques. Outre l’initiation au « korobla », les
Sénoufos s’enrichissent également des techniques de quelques autres
métiers venus du Mali et acquièrent des nouvelles habitudes alimentaires.
Ainsi, se crée un équilibre culturel favorisant des rapports de bon
voisinage qui seront rompus plus tard de la première moitié du 16e siècle
pour leurs raisons économiques, politiques et religieuses.

2) Situation géographique

Peu à peu, les sénoufos vont occuper un grand espace un espace


géographique dont les limites sont marquées par les localités actuelles
d’Odienné, Touba, Séguéla, Mankono, la zone nord du Pays Baoulé,
Bondoukou et Bouna.
Ils vont émigrer dans trois directions principales :
-Vers la région de Bobo-Dioulasso au nord-est. Ces Sénoufos sont un
mélange culturel de Samogho, Lobi, Tuka, Toussian et Bobo-Dioula.
Leur rayon d’influence s’étend toujours à Sikasso et aussi à Bobo-
Dioula ;
-Vers celle de Bondoukou et de Begho à l'est pendant le 18e siècle
-Vers le sud entre le Bandama et le Nzi jusqu’à la région de Bouaké.
Ces Sénoufos sont un mélange culturel d’immigrants des alentours
d’Odienné et Fourou qui depuis des siècles s'étaient mariés avec les
groupes du Royaume de Kénédougou, le « Pays de la Lumière » fit
établir pendant le 9e siècle Sikasso était son capital. Si bien que, l'islam
était la religion officielle. Celle-ci fut acceptée seulement par l’élite du
Royaume et les chefs locaux.
Les Sénoufos qui s’étaient installés à Bouaké ont été repoussés pendant le
18e siècle par les Baoulés, qui se taillent un royaume dans le centre de la
Côte d’Ivoire. Donc, ils se sont installés finalement dans le territoire
compris entre les fleuves Bandama et le Comoé.
Tous coïncident à dire que l’émigration sénoufo a été faite en plusieurs
temps, probablement clan par clan.

3)Organisation du peuple
3-1) Au niveau socio-culturel
a) Les sous-groupes ou clans

Les sénoufos sont des clans remarquablement structurés sur le plan social
mais ils ne s’organisent pas en royaume. Voilà pourquoi on connaît très
peu de noms propres de l’histoire sénoufo. Il existe plusieurs sous-
groupes sénoufos qui conservent fortement leur identité culturelle entre
autres:
les Pongalas dans la sous-préfecture de Kasséré ;les Niarafolos dans le
département de Ferkessédougou ;les Tchébaras à Korhogo ;les
Tagbanas/Tagouanas de Tafiré à Katiola ; les Nafanras, ou nafagas dans les
sous-préfectures de Karakoro, Napie, Komborodougou, Sinématiali, etc.
;les Fodonons (qui dansent le Boloï appelée communément danse
panthère) à Lataha, Waraniené, Moroviné, Plagbo, Breh ;les Gbatos à
Séguélon et Madinani, Ganaoni et Dianra ;les Kafibélés à Sirasso, Dagba,
Nafoun et Kanoroba ;les Nafanas, Kadiles, Gbandjés, Fononbelés ,
Kagnins, Tiembaras, Pogabelés dans les departements de Boundiali, Kouto
et Tingréla ;les Tagbas/Tagbans à Niellé, Pogo (en Côte d'Ivoire) et au sud-
ouest du Burkina Faso et au sud-est du Mali ;les Nanerghés, les Sénars et
les Kars (Karaboros) dans la Région des Cascades au sud du Burkina Faso
;les Miniankas sont considérés comme apparentés au peuple sénoufo. Ils
sont installés dans les cercles de Koutiala et de San, au Mali ; les Djiminis
dans le département de Dabakala ; les Gouins à Ouangolodougou et
Ferkessédougou.
La société sénoufo, restée très traditionaliste, n'a pas de frontière très
précise entre les différentes institutions sociales, économiques et
religieuses, qui sont toutes étroitement solidaires. Le sentiment religieux
imprègne toutes les manifestations sociales.
b) Les différentes danses et leurs costumes
On a :
Les danses populaires qui s’expriment lors de réjouissances
familiales ou communautaires : mariages, naissances… Elles
sont ouvertes à tous, même aux non-initiés. Certaines de ces
danses populaires sont attachées à des corporations : danse
des cultivateurs, danse des forgerons….
Les danses sacrées qui sont pratiquées lors des rites
initiatiques, des funérailles ou lors de la célébration des cultes
dédiés aux divinités. Seuls les initiés peuvent les danser. On
peut citer :
-Le » Komo » : danse initiatique exécutée lors de la sortie du
Komo ou lors des funérailles d’un initié au Komo. Cette danse
est exécutée par des masques et se déroule généralement la
nuit.
-Le » Dozo » : danse initiatique des chasseurs. Elle est
exécutée lors des retraites des chasseurs ou lors des
funérailles d’un des leurs.
-Le » Cacare » : danse initiatique des femmes. Elle est
exécutée accompagnée de chants à l’occasion des funérailles
d’une femme initiée.
De façon plus détaillée on a :
 Le Bolowi ou boloye :
A l'origine, cette danse créée par les enfants se déroulait dans les
champs puis elle fut présentée lors de funérailles ainsi elle prit
alors un caractère plus important et devint sacrée. Le Bolowi
s'appelle aussi la danse de la panthère, du fait de l'habit du
danseur qui rappelle le pelage de l'animal.
D’un point de vue technique, le Bolowi est une danse
d'acrobaties composée de sauts, de déplacements latéraux, de
mouvements de toupie, de chutes. L’âge des danseurs de boloye
varie entre 8 et 15ans, leurs tenues sont des combinaisons leur
fermant la tête s’apparentant au pelage de panthère ; aussi ils
ont deux minuscule branche dans les deux mains

 Le N’goron :

Cette danse était sacrée par le passé et se dansait totalement


nu, puis elle est devenue une danse de réjouissance : N'Goron
se danse pour clôturer le cycle d'initiation des jeunes gens du
village qui apprennent cette danse aux jeunes filles. Elles sont
vetues d'un morceau de pagne noué à la taille et les seins nus,
les jeunes filles tiennent des plumeaux à la main. N'Goron
s'accompagne de balafons et d'un petit tam-tam. Elle est
composée de plusieurs phases.

 Le KODALI : c’est un masque qu'on trouve dans plusieurs


localités. Ce masque est l'un des masques les plus respecter pas
pour sa puissance mais pour son rôle.Il a pour rôle de sécuriser
les plus puissants masques Sénoufo et d'annoncer les
événements les plus importants(l'entrée des nouveaux initiés
dans le bois sacré, annoncer Certaines cérémonies dans les bois
sacrés et la sortie des initiés du bois sacré).Pendant les
funérailles chez les Nafanra, lorsque le poro (KAGBA) doit se
déplacer d'un village à un autre c'est le Kodali qui sort sur la
route en précurseur afin d'alerter tous les usagers de ce tronçon
de la venue d'un poro dangereux. Le kodali de ferke est le plus
célèbre, et surement le plus puissant. Il fait le tour de ferke et
plusieurs villages niarafolo en un jour. Il est vêtu d’une
combinaison depuis la tête jusqu’aux pieds avec à la taille, aux
poignets, aux chevilles ainsi qu’au cou des couronnes de raphias
 Le Djeboloye ou balafon des très jeunes :
C’est une danse de réjouissance qui se pratique à n’importe
quelle occasion, après une journée de labeur, a un baptême, un
mariage, etc. les jeunes garçons sont vêtus de pantalon et
teeshirt uniforme avec aux chevilles des bracelets faits
d’emballages de riz ; les jeunes quant a elles ont des pagnes à la
taille avec des tee-shirt aussi avec en complément des
accessoires sur les morceaux de pagne. A la main des chasse-
mouches. Ils sont accompagnés par les balafonistes, des joueurs
de cora.
 Le Wambèlè ou wanyougo : Appelé communément « wanioug »
qui signifie « le visage de celui qui lance les maléfices » est l’un
des plus grands masques sénoufos. Le wambêlê est un masque
spécial et mystérieux. En effet, c’est un masque biface c’est à
dire qu’il est composé de deux faces opposées. Selon les
significations données par les sages : il s’agit du bien qui affronte
le mal, l’avenir fait face au passé, le blanc se mêle au noir. De
plus, lors de ses prestations, le Wambêlê fait sortir de la fumée.
C’est ce caractère qui le rend particulier et différent des autres
masques sénoufos. Appartenant à la catégorie des masques
bienfaiteurs, le Wambêlê fait son apparition dans des occasions
spéciales telles que les cérémonies funéraires. Il est
généralement porté par un initié du Poro.
En effet, le Poro est une société secrète d’initiation des jeunes
garçons d’une durée 90 jours dans la forêt sacrée. Au cours de
son apparition, seuls les initiés de cette société et les sages
peuvent être présents. Ses prestations sont strictement
interdites aux femmes (sauf les vieilles) sous peine de stérilité,
ménopause précoce ou la mort.
Le wambêlê est aussi un masque protecteur. Car Il est rattaché à
un génie protecteur qui préserve du mauvais sort, du mauvais
œil, de la sorcellerie. Cependant, il a la réputation d’être nuisible
lorsqu’il se sent pris au piège (défi, désobéissance). Il arrive de
lancer des sorts, de la foudre et même tuer l’individu qui viole
ses interdits.
 Le karpatchan ou soromiguidjo :
C’est un masque qui sort souvent en même temps que le
wambèlè et/ou le boloye. Ils ont à peu près la même manière à
la différence du fait que le wambèlè est plus mystique du
karpatchan ; et la tenue du danseur de karpagnan est une
combinaison avec à la tête un genre de couronne sous forme e
chinon, il a deux baguettes de bois dans les mains.
 La danse des dozos : comme le demande la tradition, avant
d’aller à la chasse, les dozos (grands chasseurs sénoufo) dansent
et se éjuissent avant d’aller à la chasse. Ils sont vêtus de leurs
habits de chasse entre autres des pantalons avec l’entre-jambes
très volumineux accompagné d’un vêtement traditionnel
sénoufo ; avec un fusil de chasse à la main.
c) Les différentes rituels et fêtes et la musique en pays
sénoufo
 L’initiation au Pôrô
Rituel de longue initiation chez les Sénoufos au nord de
la Côte d’Ivoire, le Pôrô conserve officiellement son
caractère de célébration mystique avec une initiation de
trois cycles qui se déroulent sur sept années pour
permettre à l’homme Sénoufo de passer de l’état
primitif, l’état animal à l’état d’homme. Selon eux, cet
enseignement ne peut qu’être diffusé par le masque
Pôrô. Le poro peut être considéré comme une « 
université où chaque membre de la société reçoit, à
divers degrés, une instruction complète » qui fera de lui
une « unité sociale parfaite ». Son but est donc de créer
et de produire des hommes. Chaque initié au poro
reçoit un nom d’initiation tout en gardant son nom civil.
Les femmes, quant à elles, ont le droit d’être initiées au
premier cycle du poro, avant la puberté. Elles
reprennent ensuite cette formation après la
ménopause. Elles ont leur propre bois sacré, distinct de
celui des hommes.
 Le mariage : le mariage en pays sénoufo est repartit en
trois étapes ;
Les fiançailles, la cohabitation et la prise de foyer ; tout
ceci dans le strict respect de la tradition
 Le baptême : le baptême en pays sénoufo est une
cérémonie qui se fait loin des regards curieux et
indiscrets de certains initiés afin de mettre à l’abri le
nourrisson de certains risques tels que la maladie, la
mort. Lorsque le cordon ombilical est rompu le
patriarche, chef de terre gardien des valeurs
traditionnelles et des fétiches du village va confier le
nouveau-né aux ancêtres et aux génies protecteurs du
village.
Il faut savoir qu’en pays senoufo la bonne récolte est aussi
célébrée ; lorsque la récolte a été très bonne chaque soir
les sénoufos se réunissent pour danser au son du balafon
de la cora et des tamtams
 Les funérailles :
Tout comme le mariage et le baptême etc, la mort est
aussi sujet de réjouissance chez les sénoufos et quel que
soit la date du décès le corps est enterré et les
funérailles fait après la récolte.
La musique en pays sénoufo est faite essentiellement, de
balafons et de coras. Ils sont souvent accompagnés de tamtams. Toutes les
danses sénoufos sont pratiquées au son du balafon et/ ou de la cora. On a :
 Le balafon ;
Le balafon appartient à la famille des xylophones.
Chez les sénoufos il est particulièrement long et
imposant. Il possède entre 18 et 20 lames.
L’instrumentiste porte, liés autour de ses bras, des
grelots qui amplifient l’effet de rythme. Le balafon
est utilisé lors de fêtes profanes et de réjouissances
populaires.
 Le tambour hémisphérique : le tambour
hémisphérique accompagne le balafon. Des anneaux
métalliques sont fixés sur les parois du tambour pour
agrémenter le timbre de l’instrument.
 Le Ngoni ou harpe luth : on distingue deux sortes de
ngoni : le Kamelen ngoni ou harpe luth des jeunes, et
le Dozo ngoni des chasseurs. Le ngoni accompagne le
balafon lors des festivités populaires, mais il peut
aussi être joué en solo.
 Le tambour cylindrique : Plus imposant que le
tambour hémisphérique, il n’est joué que lors de
funérailles
 La trompe : Instrument à vent est lui aussi joué à
l’occasion de funérailles

 Les flûtes : Les flûtes sont populaires et constituent


l’instrument de musique le plus répandu en pays
sénoufo. Les jeunes hommes en jouent
régulièrement en brousse, ils l’utilisent aussi comme
signe de reconnaissance entre gens de même village.
d) La cuisine et l’habitat chez les sénoufos
Les habitations Sénoufo sont mises en place en cercle autour
d’une cour; faites de terre rouge avec des toitures de chaume
de paille en forme de cône, elles sont circulaires. Les peintures
murales artistiques sont parfois faites avec de l’argile blanche
et rouge sur les maisons en briques de boue.
Chez les Sénoufo, chaque homme possède sa propre case. Les
enfants et adolescents dorment soit avec leurs grands-parents
soit avec leur mère. On distingue ainsi dans la concession
senoufo :
-la case du chef de famille
-les cases des épouses (société polygame)
-les cases des hommes célibataires
-la case d’accueil pour les visiteurs
-la case des fétiches
-la cuisine accolée à la case de la femme
-les lieux de toilettes, notamment les douches
-les poulaillers et bergeries
L’intérieur de chaque case d’habitation est scindé en deux compartiments :
- l’espace de couchage avec un lit en bambou (le
tara) ou en terre sur lequel est posé un matelas de paille ou de fibres de kapok
- l’espace de rangement des divers ustensiles et
outils
Hormis les hommes de la famille nucléaire, aucun homme autre que le mari
n’a le droit d’accéder aux cases des femmes.

Les cérémonies et autres célébrations festives sont des occasions de grandes


dégustations culinaires. Chez les senoufos, l’un des critères de réussite d’une
fête ou d’une réception (mariage, funérailles, baptême etc.) est la nourriture,
tant dans sa qualité que dans sa disponibilité en quantité. C’est pourquoi ces
cérémonies suscitent la mobilisation d’importantes ressources humaines.
La maîtresse de maison, à l’occasion d’une cérémonie de dot ou de mariage
fera, par exemple, appel à ses sœurs, voisines et amies pour l’assister dans la
cuisine. Ce domaine relevant encore de l'expertise des femmes.
Au menu, l’on s’attendra aux mets du terroir (le lafri, du kabato, du tchonron
avec le riz etc…) quand il s’agira de cérémonies traditionnelles (mariage, fête de
générations, funérailles) alors qu'une plus grande liberté s'observe lors des
fêtes populaires. L'on a affaire selon qu'elles soient chrétiennes (Noël, Pâques
etc.) ou musulmanes (Ramadan, Tabaski), à des variétés culinaires, qui restent
néanmoins attachées au poulet chez les chrétiens et au mouton chez les
musulmans.
Il faut savoir que la cuisine senoufo est basée sur l’utilisation des feuilles de riz
et de poudre de mais…en complément, le haricot, les aubergines etc.

3-2) Au niveau politico-économique


a) Economique
Les activités des sénoufos se situent autour de l’agriculture, la forge
et l’élevage
Les Sénoufos sont essentiellement des paysans qui cultivent le riz,
le mil, le maïs, l'igname, le coton, le haricot, le fonio, le pois de
terre, la patate douce, l’arachide, sésame, tabac, le karité, la
mangue ou encore le thé. L’arboriculture fruitière y est également
très développée avec de vastes vergers de manguiers, orangers,
papayers, citronniers et bananiers.
Jadis, la chasse était la deuxième grande activité économique des
Sénoufos. Ils avaient la réputation d’être de redoutables chasseurs
d’éléphants. Hélas, aujourd’hui, il ne reste que le petit gibier: lièvre,
perdrix, canard sauvage, singe, …

b) Politique
Il existe chez les Sénoufos, trois grandes divisions sociales : les
nobles ou gens libres, les hommes de caste et les anciens esclaves.
Les castes sont composées des artisans : les forgerons (Fonombélé)
qui travaillent aussi bien le fer que le bois, et exceptionnellement le
cuir (leurs femmes font de la poterie), les Lorhos, bijoutiers sur
cuivre, les musiciens joueurs professionnels, les Koulés, spécialisés
dans la fabrication des statues et des masques religieux. Ils sont
redoutés comme jeteurs de sorts. Les Sonons, prêtres des cultes,
fabriquent des fétiches et sont les animateurs des cérémonies et
des danses auxquelles ils participent.
Les acteurs politiques sénoufo se composent des chefs de village,
des chefs de terre, des chefs de bois sacré, des médiateurs sociaux
dont l’oracle, du chef de canton et du chef suprême. Ils sont
organisés politiquement autour des villages. Chaque village
comprend un chef de village, un chef de terre et un chef de bois
sacré.
L’organisation politique est la même dans tous les villages. La
caractéristique générale du pouvoir politique senoufo, est l’hérédité
de ce pouvoir. Son organigramme se présente de façon horizontale.
En société senoufo, le pouvoir est dispersé, éparpillé et partagé
entre les mains de plusieurs acteurs politiques de sorte qu’aucune
instance politique n’a le monopole, la totalité du pouvoir. La
conception du pouvoir est très démocratique. Les pouvoirs
fonctionnent indépendamment les uns des autres. C’est-à-dire que
le pouvoir arrête le pouvoir. Tout le monde est soumis au poro,
même le chef suprême. Quand il y a des crises ou des
dysfonctionnements, il se réfère au poro. Chaque fois qu’il y a des
initiations, il vient pour se recycle. C’est pour cela que l’oracle est
établi pour désigner les chefs de village, les chefs de bois sacré et le
chef central (le roi) qui sont les acteurs et les principaux leaders
politiques de la société sénoufo. Par contre le chef militaire qui est
maintenant désigné et bénéficie de l’appellation chef de canton, est
choisi, non sur la base des instructions de l’oracle, mais bien après
consultations des notables chapotées par le chef suprême. Les
Sénoufos possédaient des armées semblables à ceux du peuple
mandingue, principalement composées de fantassins et de
cavaliers. Les batailles menées par les royaumes, tara ou les
chefferies sénoufos sont de bons exemples.
Les sénoufos vivent dans des villages isolés n’entretenant de relations
qu’avec leurs voisins immédiats. Ces villages forment autant de terroirs
autonomes et indépendants sans pouvoir hiérarchisé ou centralisé. C’est
une société lignagère, l’autorité à l’intérieur du clan revient au patriarche.
Le chef de terre est un descendant du lignage fondateur du village, il est
gardien et dépositaire du fétiche du village. Ses prérogatives s’exercent
dans le domaine foncier et plus généralement à tout ce qui touche à la
terre. Mais malgré ses prérogatives importantes ce n’est pas un chef
politique.
Au sein d’une famille, l’ainé exerce une ascendance morale et spirituelle
sur les autres membres. C’est lui qui préside le collège des sages (les
anciens), qui protège le fétiche familial et veille aux rituels qui lui sont
dus. Il organise par ailleurs les travaux agricoles collectifs et il représente
la famille à l’extérieur.

3-3) Au niveau religieux


Il est bon de noter qu’au départ, le peuple senoufo est un peuple
animiste ainsi la théologie sénoufo est basée sur la croyance en
Koulotiolo, dieu puissant et Katielo, déesse-mère. Les Senoufos
possèdent une structure religieuse remarquable, qui, très riche en
matière de symbolismes et de rites, est liée à une organisation
initiatique reposant sur les classes d’âge masculines (le poro). Cette
organisation, qui comporte un système de prestations économiques
réciproques différées entre aînés et cadets, ainsi que de strictes
obligations rituelles, structure la totalité de l’univers quotidien et
religieux. Elle est étayée par la loi du secret et s’inscrit territorialement
dans des « bois sacrés » situés à la périphérie de chaque village. Lors
de l’initiation au Poro de ses enfants, leur enseignait les secrets des
croyances senoufo. C’est à dire les secrets de sa ou de ses divinités.
Comme il en existé chez tous les peuples. Et cette théologie est
dominée par la vénération d’une divinité féminine du nom de
Katyeleo(La vieille ) à qui Dieu (Kolotyolo ) ,qui s’est retiré loin des
hommes ,a confié la gestion du monde. Cette divinité ainsi que ses
envoyés sont représentés par des masques ou par des dessins sur les
habits traditionnels fabriqués par les artisans senoufos.
Ces croyances se manifeste, entre autre, par le port des masques lors
des cérémonies traditionnelles senoufo ou lors des funérailles d’un
initié du Poro. Une autre institution, plutôt féminine, le sandoho,
assure l’unité et la pérennité des matrilignages par sa fonction de
contrôle du respect des règles d’alliance et par le fait qu’elle se recrute
en ligne matrilinéaire, tout en fournissant les devins. Les funérailles, «
spectaculaires », sont l’expression privilégiée de ces deux institutions
majeures d’une société qui attache une importance essentielle à la «
bonne mort ».
Les sociétés sécrètent initiatiques, dont le Poro, qui est la plus
importante, joue un rôle déterminant dans la vie des Sénoufos. Le
Poro, aux mains des vieillards initiés, est une organisation politico-
socio-religieuse qui constitue l'élément charnière de toute la vie
sociale des Sénonfos.
Aujourd’hui, avec la pratique de l’islam, lors de leur initiation au Poro,
le culte à cette divinité n’est pas imposé aux musulmans qui se
contentent d’observer les autres enseignements qui relèvent des us et
coutumes du peuple senoufo.
Cette idée de faire croire que la pratique du Poro est une pratique anti
islamique trouve ses origines au culte à cette divinité senoufo qu’est
Katyeleo.
En effet, l’Islam combat l’associationnisme, c’est à dire le fait
d’associer à Dieu d’autres divinités.
Il faut savoir également que c’est faux de croire que c’est lors du Poro
que les senoufo, présentés par l’opinion comme des experts de la
magie noire, se forment à cette pratique.
Lors du décès d’un senoufo musulman, initié au poro, il est enterré
selon les rites de l’islam. Cela n’est pas le cas d’un senoufo animiste
initié qui bénéficie, lors de ses funérailles, à des funérailles typiques
avec la présence de masques.
En résumé, la pratique du Poro, dans sa conception originelle avec le
culte à une divinité femelle, est incompatible avec l’islam car cette
religion combat tout associationnisme.
Par contre sa pratique faite sans le culte à la divinité femelle n’est pas
incompatible avec l’islam.
Autant avec le temps, les cultures évoluent et s’adaptent aux réalités
et aux mentalités, autant la pratique du poro a évolué avec
l’introduction de l’islam en pays senoufo.
Un initié senoufo musulman ne fait pas de culte à Katyeleo puisque
cela est incompatible à sa religion. Cependant, au nom du syncrétisme
religieux où l’africain musulman allie facilement sa théologie originelle
à celle de sa religion pratiquée, vous verrez un initié du Poro
musulman avoir recours aux services de la « vieille « lorsqu’il sera
confronté à des épreuves.
Il demandera, sans hésiter, à la « vieille » de le protéger ou de le faire
protéger par ses « enfants » qui sont d’autres divinités à qui il se
confiera. Ce qui est incompatible avec la pratique de l’islam.
Malheureusement, ils sont nombreux les musulmans senoufo initiés
qui ne peuvent se détacher de ces pratiques.

DEUXIEME PARTIE
II) LA DANSE DU N’GORON
1) Définition
La danse N'Goron est une danse d'initiation pratiquée chez les
Sénoufos. Exclusivement dansée par les jeunes filles n’ayant pas
encore perdu leur virginité, à l'issue de leur séjour au bois sacré où
elles deviennent initiées et passent à l'âge adulte. Elles sont
sensées être les compagnes des jeunes garçons nouveaux initiés.
Au-delà de son caractère initiaque, c’est une compétition pour
choisir la meilleure danseuse parmi les dulcinées des jeunes initiés
cette danse est aujourd'hui exécutée lors des cérémonies d'accueil
de personnalités au village.

2) Les origines de la danse


Le caractère traditionnel de la danse n’goron vient de sa source
originelle et authentique se pratiquant de génération en
génération chez les sénoufos. Elle est avant tout culturelle et son
caractère initiatique marque la fin d’un processus déjà entamé par
les jeunes garçons sortant tout droit de la forêt sacré. A l’époque
les jeunes filles la dansaient totalement nue.

3) Les instruments et la musique


La danse est accompagnée de musique de balafons et de
calebasses et du chant de femmes plus âgées. Les chants
célèbrent la beauté des jeunes femmes nouvellement initiées .

4) Les costumes, maquillages et accessoires


Les danseuses ne portent qu'un pagne brodé de cauris attaché
autour de la taille, ainsi qu'un pompon de raphia dans leur dos qui
met en valeur les mouvements de la danse. Elles portent un
bonnet de peau de mouton recouvert de cauris avec deux lanières
de tissus qu'elles attrapent. Elles ont aussi des raphias en main. Les
jeunes garçons sont vêtus de pantalons quelques fois avec des
chaussures et ont le torse nu, d’autres aves des tee-shirts. Ils ont
des chapeaux de paille en forme de cône avec à la main des tiges
de raphias ; certains sont totalement habillés de pailles de la tête
aux pieds

5) Les mouvements et leurs sens


La danse est caractérisée par des mouvements d'ondulation de la
poitrine qui servent à mettre en valeur le torse nu des danseuses.
Elle est aussi caractérisée par des sauts avec des mouvements de
bras ou les paumes regardent vers le ciel (les genoux fléchis);
lorsque dansent les jeunes nouveaux initiés, ils effectuent des
sauts de façon latérale en déplaçant ou en tournant sur eux-
mêmes.
6) Espace et temps d’exécution
5-1) avant l’exécution
Le n’goron a lieu sur l place publique du village au vu et au su
de tous sous l’autorité du chef du village. Avant l’arrivée des
initiés, les jeunes filles commencent à danser entre elles. Il n’y a
aucun rituel particulier.
5-2) pendant l’exécution
Les nouveaux initiés arrivent en file indienne et ils vont venir
danser avec leurs différentes promises sur la place publique. En
duo, trio ou quatuor ou en couple, les initiés vont danser le
n’goron avec les jeunes filles en faisant des mouvements
d’ensemble
5-3) après l’exécution
Après l’exécution de la danse, on choisit la meilleure danseuse qui
devient le leader des jeunes filles de sa classe de génération ;
respect et honneur lui sont désormais rendus au sein du village ;
elle fait la fierté de ses parents et de son futur époux car chaque
danseuse est promise à un initié.
7) Le contexte
Le n’goron étant une danse sacrée, elle se pratique a la sortie des
nouveaux initiés de la foret sacrée qui est un passage à l’âge
adulte (le poro). Elle est exécutée seulement et uniquement dans
cette période et dans aucune autre. Aussi lors des cérémonies de
réception de personnalités, de façon spéciale, le n’goron est
exécuté.
8) Les fonctions de la danse
Le n’goron a une fonction éducative dans la mesure où c’est un
passage de l’adolescence a l’âge adulte. Elle a une fonction
sociologique car c’est une tradition chez les sénoufos. Elle a aussi
une fonction physiologique dans l’optique ou les jeunes filles
dansent torse nu pour montrer qu’elles sont devenues des
femmes et sont prêtes à entrer dans un foyer.

CONCLUSION
L’étude approximative du thème de notre exposé nous a permis de
comprendre la composition et l’organisation du peuple senoufo de côte
d’ivoire ; et parmi toutes ses danses, de façon particulière le n’goron. Cette
organisation qui se présente sous plusieurs aspects dont culturel, religieux,
politique, social, et économique se révèle ainsi être une véritable école de
formation traditionnelle. C’est une société ou la spiritualité et le mysticisme
occupent une place de choix et dont la tradition a une grosse et grande
influence sur leur vie depuis la naissance jusqu'à la mort.