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Le développement durable ou la transition, qu’elle soit énergétique, écologique ou autre, s’inscrivent

dans une temporalité marquée par l’horizon du développement

un tel temps se conçoit comme susceptible d’accueillir une action efficace, outillée par des objets
techniques dont le design assure la conception.

Le Groupe d’experts intergouver- nemental sur l’évolution du climat (GIEC) dans son dernier rapport
02 in- dique lui-même qu’il ne resterait que quelques années pour infléchir la trajectoire actuelle et
demeurer sous les 1,5°C de réchauffement, syno- nymes de limite au-delà de laquelle des
changements non-linéaires, non-maîtrisables, interviendront inéluctablement. C’est pour aborder de
tels changements que deux notions ont été proposées : d’une part, celle d’Anthropocène, qui désigne
une nouvelle époque géologique marquée par les conséquences de l’activité industrielle, notion qui a
subi un élargisse- ment progressif à la mesure des désordres affectant l’ensemble du sys- tème-Terre
; d’autre part, la notion d’effondrement (collapse), en référence aux travaux de Pablo Servigne, Jared
Diamond ou Joseph Tainter, dont l’histoire s’inscrit dans le sillage du rapport du Club de Rome de
1972 pour décrire les conséquences du développement, et ce dans tous les do- maines.

hypothèse d’un design œuvrant à l’habitabilité du monde impliquant une économie de la ressource et
non de la croissance ?

Face à cet horizon plus ou moins catastrophique, que faire concrètement si le temps manque ?
Maintenir l’effort actuel ?
La transition prendra alors 363 ans selon de récentes études 03. Ralentir ? Paradoxalement, cela
aussi requiert du temps, en proportion de l’inertie d’un développement ancré dans des structures
juridiques, administratives, économiques ou financières élaborées au cours des derniers siècles.
Accélérer ? La transition n’est pas une fin en soi et s’activer en vue de la faire advenir au prix d’une
hausse des émissions de gaz à effet de serre
au cours des prochaines années irait à l’encontre de l’objectif visant à demeurer sous la limite des
1,5°C.

Dans cette configuration spatiale et temporelle inédite et critique, les acteurs du design œuvrent à
forger des leviers de puissance d’agir pour les individus et les collectifs en se penchant, notamment,
sur les rebuts des choses manufacturées à la décomposition toxique, elle-même généra- trice d’un «
anti-paysage comme ressource naturelle héritée »

Parmi les composants de cet héritage imposé et imposant, à la façon d’un « commun négatif » 07, la
matière plastique attire toutes les attentions et devient le support d’une « manière d’hériter de la
civilisation industrielle » au travers des pratiques de collecte, de recyclage et de re-création.

Selon le designer australien Tony Fry (2008), l’essence du design

ne saurait être capturée par la profession de designer. Elle tient en effet, selon lui, à la capacité
collective de « futurer », autrement dit de subsister dans un monde qui demeure habitable.

le design équivaut à l’instauration d’une certaine relation au monde. Or, suivant Fry, cette relation, à
l’heure actuelle, n’engendre plus la « futuration » mais plutôt son envers, la « défuturation ».

dans le contexte de l’Anthropocène, quelle place accorder aux designers ?

bâtir une éthique de l’habitabilité adaptée au nouveau régime bio-géo-chimique de la terre

concilier transitions numérique et écologique

Du low-tech numérique aux numériques situés »

biomimétisme au concept de « technologie vivante


upcycling

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