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Synthèse d’une

expérimentation

L’apprentissage intégré est au service


de l’enseignement par alternance !

Envisagée par
Hosnia Choukri
Inspectrice pédagogique

Décembre/Janvier 2020- 2021


Quelques considérations théoriques

Dans le modèle de l’enseignement par alternance, l’ennemi le plus féroce et le plus perturbant
c’est le « TEMPS » qui ne suffit à rien !!!
Parmi les solutions proposées et déjà expérimentées avec une enseignante 1 du primaire est
d’adopter ce qu’on appelle « L’apprentissage intégré ». Il s’agit d’abolir les barrières artificielles
existant entre certaines disciplines de nature convergente, telles que :
 l’oral, la lecture, l’écriture et la dictée,
 l’oral, la grammaire et l’expression écrite ;
 la grammaire et la conjugaison ;
 etc.
L’expérience a donné des résultats louables :

 gain du temps, de l’effort et de l’énergie ;


 réalisation de l’interdisciplinarité ;
 réalisation du décloisonnement entre les différentes disciplines
 utilisation d’un seul support (iconique, tabulaire, textuel ou phrastique…)
 élaboration d’une seule fiche pédagogique
 ETC…

L’idée est venue dans un premier temps, lors d’une visite à une enseignante dans sa classe. En
discutant les entraves du métier, notamment en cette période de l’enseignement par alternance, elle a
évoqué le facteur temps et les nombreuses disciplines qu’elle doit assurer dans un laps de temps.
Nous nous sommes mises d’accord, que nous allons discuter ces questions juste après la présentation
de quelques une de ses leçons.
Elle avait comme matières à enseigner ce jour-là : la lecture, l’écriture et l’orthographe/dictée.
En observant le déroulement de ces différentes disciplines, j’ai constaté ce qui suit :

L’enseignante a mené ses tâches pédagogiques efficacement mais en fournissant beaucoup d’efforts
et en perdant beaucoup de temps, elle a utilisé pour chaque discipline :
 un support iconique différent ;
 un support textuel/phrastique différent ;
 une méthodologie différente pour chaque discipline

1
Il s’agit d’une enseignante âgée de 45ans, titulaire d’un baccalauréat scientifique. Elle enseigne le français au CE3 et
CE4 du primaire. Les cours expérimentés étaient destinés aux apprenants de CE4.
Après avoir terminé les leçons présentées tout en souffrant avec le temps qui presse, des
questions se sont imposées avec acuité : Pourquoi ne pas utiliser un seul support phrastique et
iconique pour réaliser les objectifs de la lecture et ceux de l’écriture et de l’orthographe/dictée ?
Pourquoi juxtaposer et cloisonner des disciplines de nature convergente ? N'est-il pas pertinent et
judicieux d’incorporer ces disciplines de langue et leurs objectifs pour envisager une séquence
d’enseignement/apprentissage dont les composantes entretiennent des relations pratiquement
étroites ?
Après mûre réflexion et discussion avec l’enseignante, je lui ai proposé d’expérimenter les
propositions avancées et qui s’inscrivent dans le cadre d’un enseignement/apprentissage dit
« intégré ».

Pour mener à bien notre expérimentation, nous nous sommes mises d’accord d’adopter la
démarche suivante :

 collecter des informations théoriques sur « l’apprentissage intégré » pour avoir plus de
données sur le quoi, le quand, le comment et les bienfaits ;
 mettre en œuvre l’apprentissage intégré d’une façon progressive en commençant :
 dans un premier temps par l’incorporation de deux disciplines seulement, exemple :
(l’oral et la lecture) et/ou (la grammaire et la conjugaison) ;
 dans un deuxième temps par l’incorporation de trois ou de quatre disciplines à la fois,
exemple : l’oral, la lecture, l’orthographe et la dictée

I) L’apprentissage intégré : essai de définition

L’apprentissage intégré comme son nom l’indique consiste à bannir les barrières qui existent
entre les disciplines tout en incorporant leurs objectifs, leurs savoirs et leurs savoir-faire et tout en
tissant des liens étroits entre les contenus apparentés. En effet, « les enseignants ayant recours à une
approche intégrée font en sorte que les connaissances et compétences spécifiques à diverses matières
soient incorporées dans des plans qui relient les attentes associées à différentes matières » (Drake et
Reid, 2010. P2).

Au canada et plus précisément en Ontario, ils ont essayé d’expérimenter cette idée de
l’apprentissage intégré en l’appelant "le curriculum intégré ». En effet, « Les programmes-cadres de
l’Ontario (…) reposent sur ce postulat en ce qu’ils identifient des possibilités de liens entre des
contenus apparentés ou des habiletés dans deux ou plusieurs matières, et permettent aux élèves de
s’habituer à satisfaire aux attentes de deux ou plusieurs matières au moyen d’un même module, d’une
même leçon ou d’une même activité »2.
Pour mettre en œuvre l’apprentissage intégré d’une façon efficace et souple, plusieurs mesures
s’imposent :
 la métaréflexion sur l’organisation des savoirs. Il s’agit de jeter un coup d’œil sur le
programme dans sa globalité pour mettre l’accent sur les relations entre les concepts et les
matières ;
 combiner les matières qui se convergent à plusieurs niveaux : méthodologique, conceptuel, et
d’un pont de vue des objectifs ;
 adopter la souplesse dans la planification et la gestion didactique et pédagogique des
apprentissages : Avoir recours à un emploi du temps souple et des méthodologies
d’enseignement/apprentissage flexibles ;
 utiliser les mêmes supports de travail pour toutes les matières combinées tout en allant,
parfois, au-delà des manuels scolaires.

Par ailleurs, il convient de préciser qu’ adopter l’idée de l’apprentissage intégré exige de faire
preuve d’ouverture d’esprit, de créativité, de sérieux, de dévouement au métier et surtout de penser
grand.
Pour ne pas être trop théorique, je vous propose ci-après deux exemples concrets clarifiant le
comment de la chose :

 premier exemple : Combiner quatre disciplines : l’oral, la lecture, l’orthographe et la dictée ;


 deuxième exemple : combiner trois disciplines : l’oral, la grammaire, et la production écrite.

II) Le 1er exemple : Combiner quatre disciplines : l’oral, la lecture, l’orthographe et la dictée

Pour combiner ces quatre disciplines, il serait logique de procéder successivement comme suit :

 déterminer dans un premier temps : les objectifs de chaque leçon


 chercher un support textuel, phrastique ou dialogue commun susceptible de satisfaire les
objectifs de chaque leçon ;
 envisager une méthodologie souple permettant de passer d’une leçon à l’autre avec aisance et
pertinence. Il s’agit, en l’occurrence, de planifier avec précision les phases de transition
d’une leçon à l’autre sans pour autant entraver la fluidité de l‘acte
enseignement/apprentissage.

2
ONTARIO. Ministère de l’Éducation (2005). Le curriculum de l’Ontario de la 1ère à la 8ème année : Mathématiques,
Toronto : Imprimeur de la Reine pour l’Ontario
Niveau : CE4 du primaire
Les disciplines : l’oral + la lecture + l’orthographe + la dictée
Les objectifs d’apprentissage :
 L’oral : raconter un événement culturel (s’exprimer autour d’un événement culturel)
 La lecture : la cérémonie du henné (Lire et comprendre un court texte narratif sur la cérémonie du henné)
 Orthographe : La marque du pluriel (Savoir identifier et écrire le pluriel des noms)
 La dictée : Écrire sous dictée une ou deux phrases simples contenant des noms de différents genre et nombre.
Le support adopté : Poster d’une cérémonie de fiançailles

Les disciplines
intégrées Le déroulement des leçons selon l’approche intégrée

Le commencement avec l’oral : le support du travail : poster + dialogue

L’activité orale
l’oral
I) Présentation et découverte
+ L’observation du poster pour anticiper le contenu du dialogue-support

la lecture

+
L’orthographe

+
la dictée

Sara Yasmine

1) Emission des hypothèses


parmi les questions que l’enseignante pourrait poser, je propose :
 Que voyez-vous sur l’image ?
 Que fait la mariée ? Que trouve-t-on à côté de la mariée ?
 Comment appelle-t-on la femme qui applique le henné à la mariée ?
 A votre avis de quelle cérémonie s’agit-il ? De quoi parlent les personnages?
II) Compréhension et conceptualisation
2) Faire écouter le dialogue deux fois, soit à l’aide d’un support-audio ou par l’enseignant

Yasmine : Il est joli, ton tatouage du henné! Où est-ce que tu l’as fait ?
Sara : je l’ai fait dans le mariage de ma cousine à Fès
Yasmine : Ah, tu as voyagé à Fès, raconte-moi ce que avez fait pendant la
cérémonie du henné
Sara : Pendant la cérémonie du henné, la mariée a appliqué le tatouage du henné sur
ses mains et ses pieds et après avoir terminé, elle a invité ses amies et les jeunes
filles de la famille à appliquer elles aussi le henné sur leurs mains
Yasmine : oh ! Généal. ! Ça doit être amusant !
Sara : Oui, surtout que nous avons dansé, chanté et manger à la fin de la cérémonie
de délicieux plats marocains
.

3) Vérification des hypothèses


 Qui parle dans ce dialogue ?
 Que met Sara sur ses mains ?
 Quel événement est célébré à Fès ?

Déduction collective : les deux filles parlent de la cérémonie du henné

4) Amorce de la compréhension + mémorisation


 Qui parle dans ce dialogue ?
 De quoi parlent-elles ?
 Sur quelle partie du corps est appliqué le henné ??
 Que font les invités après l’application du henné ?
 Qui parmi vous aime mettre le henné sur les mains ?
 Qui parmi vous a déjà assisté à une cérémonie du henné ?
 Etc.
5) Explication de quelques termes du dialogue à l’aide des images (Cérémonie-
tatouage- voyager…)
6) Mémorisation : un petit moment de répétition de quelques répliques du dialogue, en
mettant l’accent plus sur la réplique qui sera exploitée comme support de lecture

Phase de transition vers l’activité de la lecture :

que dit Sara à propos de la cérémonie du henné ?


L’enseignante transcrit la réponse sur le tableau. La réponse est la suivante :
Texte de lecture

Pendant la cérémonie du henné, la mariée a appliqué le tatouage


du henné sur ses mains et ses pieds et après avoir terminé, elle a
invité ses amies et les jeunes filles de la famille à appliquer elles
aussi le henné sur leurs mains

Ce support sera le texte sur lequel nous allons nous appuyer pour travailler la
lecture
NB : pour exploiter le
7) Lecture magistrale texte de lecture, nous
Après la lecture magistrale, l’enseignante demande aux apprenants n’allons pas commencer
de souligner les mots contenant la lettre « m » par l’étape de la
8) Lectures individuelles : (mettre en œuvre la différenciation) présentation et la
découverte (l’observation
 Les bons éléments de la classe lisent tout le texte de l’image, émission des
hypothèses et vérification
 Les élèves à difficultés lisent les mots soulignés des hypothèses) car cette
 Les élèves trop faibles lisent les mots soulignés mais étape a été déjà faite
découpés syllabiquement : cé/ré/mo/nie - ma/riée – mains pendant la leçon de l’oral.
ter/mi/né – a/mies – fa/mille Autrement dit,
l’enseignant continue le
9) Questions de compréhension : en faisant un va et vient entre travail sans rupture
le texte et les images qui accompagnent l’oral et la lecture
 Qui raconte l’histoire ?
 Ou se passe la cérémonie du henné ?
 Qui applique le henné le premier ?
 Qui l’applique après la mariée ?
 De quelle couleur est le henné ?
 Combien y a-t-il d’œufs sur le plateau de la « Nekkacha » ?
10) Explication et ré-explication de quelques mots : cérémonie – la mariée – les amies

Phase de transition vers l’activité de l’orthographe :


L’enseignante pose les questions suivantes :
 Sur quelle partie du corps est appliqué le henné ? Sur les mains et les pieds
 Qui a été invité par la mariée pour appliquer le henné ? (Ses amies et les jeunes filles de
la famille)
L’enseignante repasse en couleur différente les mots/réponses dans le texte (les mains - les
pieds – amies - les jeunes filles), et ce au fur et à mesure des réponses des apprenants
Ces mots seront le support de travail de la leçon d’orthographe.
11) Lecture des mots repassés par une craie de couleur
12) Observation et découverte : pour amener les élèves à remarquer la marque du pluriel,
l’enseignant pose les questions suivantes :
 Est-ce que la mariée applique le henné sur une seule main ? sur un seul pied ?
Non, elle applique le henné sur ses deux mains et ses deux pieds
 Donc « les mains »/ « les pieds » est au singulier ou au pluriels ? (en aidant les élèves
par des gestes)
 Donc pour marquer le pluriel qu’est-ce qu’on ajoute à la fin ?
(on retrace le « s » la marque du pluriel par une autre couleur)
 Est-ce que la mariée a invité une seule amie pour appliquer le henné ?
 Est-ce que la mariée a invité une seule jeune fille de la famille pour appliquer le
henné ?
 Non, la mariée a invité toutes ses amies et toutes les jeunes filles de la famille pour
appliquer le henné
 Donc pour marquer le pluriel qu’est-ce qu’on ajoute à la fin ?
 (on retrace le « s » la marque du pluriel par une autre couleur)
13) Je retiens : On forme généralement le pluriel d’un nom en ajoutant un « s » à la fin du
mot
14) Une application sur les ardoises : Mets au pluriel les mots : la mariée – la cérémonie –
le tatouage – la famille

Phase de transition vers l’activité de la dictée :

15) L’enseignant cache le texte support et essaie de faire la dictée avec les apprenants en
partant des mots simples vers une ou deux phrases
 Faire dicter sur les ardoises les mots : les mains, les pieds, les amies, les filles
 Faire dicter sur les ardoises une courte phrase ou deux du texte de lecture étudié
 Faire dicter sur le cahier une phrase plus ou moins expansée tirée du texte de lecture
 Relecture des phrases dictées
 Correction collective
 Correction individuelle

16) L’évaluation formative intégrée : rapidement et sans plus tarder, l’enseignant pourrait
recourir à une évaluation formative globale qui visera d’une façon intégrée les propos de
l’oral, de l’orthographe, de la lecture et de la dictée. Par exemple :

l’enseignant pourrait demander aux apprenants (si le temps le permet) de dessiner une main,
deux mains et d’essayer de les décorer avec le crayon (pour remplacer le henné). Et autour de
cette activité, on peut évaluer d’une façon formative tout ce qu’on a fait durant la séance (faire
parler les apprenants à propos du henné, poser des questions sur le singulier et le pluriel :
combien de main ? Combien de doigt ? Combien d’angle ? Dicter les mots : des angles, les
doigts). Il s’agit là de ce qu’on appelle la bonne clôture.

Fiche type n°1 d’une séquence de l’apprentissage intégré


III) Le 2ème exemple : Combiner trois leçons: l’oral, la grammaire et la production écrite

Pour mener à bon escient l’incorporation entre les deux leçons la conjugaison la grammaire, il serait
logique de procéder successivement comme suit :

 déterminer dans un premier temps : les objectifs de chaque leçon


 chercher un support phrastique commun susceptible de satisfaire les objectifs de chaque
leçon ;
 envisager une méthodologie souple permettant de passer d’une leçon à l’autre avec aisance et
pertinence.

Niveau : CE4 du primaire


Les disciplines : Conjugaison + Grammaire
Les objectifs d’apprentissage :
 l’oral : Informer et s’informer sur un métier (l’agriculture, l’industrie et le commerce)
 Grammaire : l’élève doit être capable d’identifier l’adjectif qualificatif et de l’utiliser dans des situations
 La production écrite : Produire un petit texte informatif-descriptif
Le support adopté : Poster d’une boutique d’épicier
Les
disciplines Le déroulement des leçons selon l’approche intégrée
intégrées

 Les activités orales (le support du travail : poster + dialogue)


I) Présentation et découverte (émission des hypothèses)
oral
1ère séance

Grammaire
1ère séance

Production
écrite

1ère séance
Pour exploiter cette image, l’enseignante pourrait poser les questions suivantes
 Que vois-tu sur cette image?
 Que fait cet homme dans ce magasin ?
 Qui l’aide dans son travail ?
 Que vois-tu comme marchandises ?
 De quel métier s’agit-il ?
 À ton avis, que demande la petite fille à l’épicier ?
On accepte toutes les hypothèses émises !
II) Compréhension et conceptualisation

Faire écouter le dialogue deux fois, soit à l’aide d’un support-audio ou par l’enseignante
Le contexte : Sanae prépare son projet de classe. Il interroge l’épicier de son quartier.

Sanae : Bonjour oncle Salah, vous avez une grande boutique ! A quelle heure vous
l’ouvrez?
Oncle Salah : Je commence tôt le matin, avant l’ouverture de l’école.
Sanae: Je vois que la boutique est propre et les marchandises sont nombreuses!
Oncle Salah : Bien sûr, je nettoie toujours à l’intérieur et devant ma boutique,
ensuite je range tout et j’attends les clients.
Sanae : D’où viennent vos nombreuses marchandises ?
Oncle Salah : J’achète les légumes et les fruits dans le petit village voisin. Pour les
autres produits, je commande par téléphone et je me fais livrer par camion.
Sanae: Merci oncle Salah. Bonne journée !

Vérification des hypothèses


 Qui parle dans ce dialogue ?
 Pourquoi Sanae pose-t-elle des questions à Oncle Salah ?
 Que vend oncle Salah?
 A quelle heure oncle Salah ouvre sa boutique ?
 Quel est le métier de l’oncle Salah ?
Déduction collective : le dialogue parle du métier d’épicier
Amorce de la compréhension + mémorisation
 Qui sont les personnages de ce dialogue ?
 Où sont-ils ?
 De quoi parlent Sanae et oncle Salah ?
 Comment est la boutique d’oncle Salah ?
 Comment sont les marchandises ?
 D’où viennent les marchandises ?
 Quelle sont les marchandises que oncle Salah vend dans la boutique ?
 Quel est le métier d’oncle Salah ?
Mémorisation : un petit moment de répétition de quelques répliques du dialogue, en mettant
l’accent plus sur les répliques, les phrases et les termes qui seront exploités comme support de
travail sur la leçon de la grammaire.

Phase de transition vers l’activité de la grammaire :


Juste après la mémorisation du dialogue, l’enseignante pose les questions suivantes pour dégager les
phrases-support de la grammaire :
 Que possède oncle Salah ?
 Comment est la boutique d’oncle Salah ?
 Qu’achète oncle Salah ?
 Comment est le village ?
L’enseignant transcrit les réponses des élèves sur le tableau pour constituer :
Les phrases-support

 Oncle Salah possède une grande boutique propre.


 Oncle Salah achète de nombreuses marchandises
 Le petit village de monsieur Salah

 Lecture magistrale du support phrastique ;


 Lectures individuelles

Compréhension et conceptualisation ; L’étude grammaticale des phrases-support


 Où est le sujet dans la première phrase ? Où est le verbe ?
 Où est le sujet dans la 2ème, 3ème et 4ème phrase ? Où est le verbe dans la 1ère phrase ? dans la
2ème phrase ?...
 Comment est la boutique que possède oncle Salah ?
 La boutique est grande et propre
 effacez le mot « grand » et le mot « propre » et répondez à la question suivante :
 Comment est la boutique que possède oncle Salah ? (l’apprenant ne peut pas répondre
car le qualificatif n’existe pas) ;
 Pourquoi vous ne pouvez pas répondre à la question ?
 Qu’est-ce qu’on doit faire pour pouvoir répondre à la question ?

L’enseignante réécrit les mots effacés en expliquant aux élèves que la présence de ces mots est
intéressante car ils donnent des informations sur le nom auquel ils se rapportent. Après
l’explication du rôle de ces mots, l’enseignante donne à ses élèves la nomination grammaticale
de ces éléments linguistiques qui est : l’adjectif qualificatif
NB : l’enseignante fait de même avec les deux autres phrases et essaie d’aider les apprenants à
déduire la règle de l’adjectif qualificatif progressivement à partir des exemples étudiés.
Je retiens :

Apporte un renseignement, L’adjectif peut être placé avant le


qualificatif nom ou après le nom.
une précision sur un nom.

 Application sur les ardoises : relève l’adjectif qualificatif des phrases suivantes :
 La vendeuse fait un beau sourire à la cliente.
 Oncle Salah est un homme généreux
 …..
Phase de transition vers l’activité de la production de l’écrit:
L’enseignant pourrait continuer l’application de la grammaire et la considérer comme
commencement à la production de l’écrit :
 1) Complète ces noms avec un adjectif qualificatif de ton choix :
Un ..............épicier // Un .......... magasin // Un fruit.............// Des pommes………….
 2) Présenter aux apprenants la même image de l’oral et leur demander de produire à partir de
cette image des phrases avec des adjectifs
qualificatifs (sur les ardoises)

Les phrases possibles :

 La petite fille porte une jolie robe rouge.


 L’épicier porte un tablier blanc.
 Sanae porte un grand cartable noir.
 La fille a des cheveux longs.
 Oncle Salah porte une casquette jaune.
 ………..

 3) L’enseignante pourrait proposer un petit texte informatif-descriptif aux apprenants pour


étudier ses caractéristiques et comment produire ce type de texte (pour plus de clarté, il vaut
mieux accompagner le petit texte d’une image).
Exemple de texte informatif :

Je pense que le métier d’épicier est un beau métier. Il fait partie des métiers nobles qui
offrent des services quotidiens. L'épicier possède une bonne connaissance d'une grande
variété de produits.
 Lecture magistrale du texte
 Quelques lectures individuelles
 Etude des caractéristiques du texte
 Combien de phrases contient ton texte ?
 en quel temps sont conjugués les verbes ?
 comment est le métier d’épicier ?
 Que possède l’épicier ?
 Est-ce que le texte raconte une histoire ?
 Est-ce que le texte donne des informations ?
 Si oui, à propos de quoi ?
L’objectif de cette activité est de rappeler aux apprenants les caractéristiques d’un texte informatif-
descriptif et comment peut-on procéder pour produire ce type de texte car l’objectif de la séance
prochaine sera produire un texte informatif-descriptif

Finalement pour préparer les apprenants à la deuxième séance (réservée à la production d’un texte
informatif-descriptif), l’enseignante pourrait proposer aux apprenants une image du livre scolaire et
leur demander ce qui suit :
Regarde l’image et produit deux phrases ou trois donnant des informations sur le marchand des
légumes et des fruits. (travail à faire à la maison)

Conclusion

A l’analyse de ces deux expérimentations qui clarifient le fonctionnement authentique d’une


séquence de l’apprentissage intégré, nous pouvons constater qu’avec la mise en pratique de cette
approche dite intégrée, l’enseignant pourrait gagner beaucoup de temps et réaliser plusieurs objectifs
avec moins d’efforts, notamment en cette période de l’enseignement par alternance. Ce gain du temps
et de l’effort manifeste à plusieurs niveaux :

 Au moment de la planification à court terme :


 l’enseignant est invité à envisager une seule fiche pédagogique qui anticipe un plan
d’action souple et flexible allant d’une matière à l’autre et d’un objectif à l’autre avec
cohérence, harmonie et cohésion ;
 l’enseignant pourrait enseigner les quatre matières-intégrées tout en s’appuyant sur un
seul support iconique (poster) et un seul support textuel ou phrastique déduit à partir
d’une réplique ou plus du dialogue de l’oral ;
 l’enseignant pourrait garder son emploi du temps tel qu’il est, mais en essayant
d’incorporer ses différentes disciplines, notamment celles qui se convergent.
 Au moment de la gestion des apprentissages :
 l’étape de la présentation et de la découverte (émission et vérification des hypothèses)
s’effectue pratiquement une seule fois au début de la séquence (pendant la leçon de
l’oral). Ceci dit que, par exemple, au niveau de la lecture, de l’orthographe et de la
dictée, l’enseignant débouche directement sur la conceptualisation et la
compréhension. Cette façon de faire aidera l’enseignant à gagner beaucoup de temps
et de l’énergie ;
 le recourt, durant toute la séquence, à un seul support iconique et à un seul support
textuel ou phrastique aidera également l’enseignant à gagner du temps et à garantir la
continuité et l’harmonie du travail :
 un apprentissage intégré pourrait être suivi, dans la mesure du possible, par une
évaluation intégrée. En effet, le recourt à ce genre d’évaluation présente plusieurs
avantages : gagner du temps, tisser des liens étroits entre les différentes disciplines,
réaliser l’interdisciplinarité…

En guise de conclusion, nous pouvons affirmer que l’apprentissage intégré permet de tisser des
liens étroits entre les disciplines de langue. Il donne naissance à des séquences d’apprentissage dont
les leçons s’avèrent bien cousues et bien articulées.

Bibliographie

Bégin, H. et Paquette, H. (1979). Apprentissage significatif et intégré dans une perspective d’éducation
continue. Québec français, (36), 28–32.

DRAKE, S. M., et J. REID ( 2010.). « Le curriculum intégré : un moyen d’accroître la pertinence tout en
conservant les mêmes exigences en termes de responsabilité », Faire la différence… De la recherche à la
pratique

ELLIOTT, P. (2010). « Sciences et littératie en classe au palier élémentaire », Faire la différence… De la


recherche à la pratique.

Noémie Boeglin, « Décloisonner les disciplines », Revue des sciences sociales [En ligne], 56 | 2016, mis en
ligne le 10 juillet 2018, consulté le 31 janvier 2021. URL : http://journals.openedition.org/revss/405 ; DOI :
https://doi.org/10.4000/revss.405

ONTARIO. Ministère de l’Éducation (2005). Le curriculum de l’Ontario de la 1re à la 8e année :


Mathématiques, Toronto : Imprimeur de la Reine pour l’Ontario.

ONTARIO. Ministère de l’Éducation (2006a). Many roots, many voices. Supporting English language learners
in Ontario classrooms. A practical guide for Ontario educators, Toronto : Imprimeur de la Reine pour
l’Ontario