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Berrada Faouzi 1 Chapitre 4 - HH

CHAPITRE 4
CYCLE HYDROLOGIQUE
LOI DU MOUVEMENT DE L’EAU DANS LA NATURE

L’hydrologie est la science qui étudie des eaux terrestres :


 Leurs origines – Leurs seouvements – Leurs répartitions sur notre planète.
 Leurs propriétés physico-chimiques
 Leurs interactions avec l’environnement physique et biologique et leurs influences sur les
activités humaines.
Trois pricipaux axes de recherche sont associés à l’hydrologie :
 Conception des systèmes hydriques :
 Déterminer les réserves utiles d’un réservoir
 Déterminer le débit d’équipement d’une centrale hydrauélectrique
 Evaluer la capacité d’un évacuateur de crue ou la capacité d’un réseau de drainage
municipal
 Inventaire et analyse des données afin de décrire au mieux un système hydrique
 Optimiser la gestion des réserves hydriques, par exemple décider quel est le débit à
prélever à un réservoir pour les besoins en eau en termes de consommation, d’irrigation,
de production hydroélectrique… tout en évitant les risques de sécheresse ou d’inondation

I. CYCLE HYDROLOGIQUE

1. Mécanisme du mouvement de l’eau

Le mouvement de l’eau est dû à :


 L’énergie thermique à l’origine des mouvements d’air en raison d’un réchauffement
inégal de la surface de la Terre et créant ainsi des zones de basse et haute pression.
 La gravitation causant les précipitations, les ruissellements et les infiltrations.
 Les activités humaines par la construction des infrastructures hydrauliques (barrages,
canaux d’irrigation, réservoir, captage des eaux souterraines…), civiles (route, villes…)
 Les attractions lunaire et solaire à l’origine des marrées et des courants marins.
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2. Phase du cycle de l’eau

 Evaporation au niveau des océans, des mers, des lacs, des sols et des plantes.
 Formation des nuages et leur mouvement.
 Condensation.
 Précipitation : Pluie, grêle, neige.
 Ruissellement – Infiltration – Percolation – Ecoulement souterrain – Retour en
surface sous forme de sources d’eau ou de puits.

3. Définition d’un bassin versant


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II. NOTIONS DES PRECIPITATIONS

C’est le transfert de l’eau liquide ou solide de l’atmosphère vers la surface terrestre.

1. Mesure des précipitations :

 Pluviomètre standard
20,3 cm Avantages
Facile à manipuler et à installer - Non onéreux
Inconvénients
Non très précis, éclaboussements engendrent des erreurs de mesures
Ne mesure que la lame cumulative
Non automatique

 Pluviographe à augets

Surface
400–2000cm²
Les augets basculent selon une hauteur d’eau
préalablement connue. Généralement un poids de
4 à 20g suffit pour les faire basculer
Cet appareil est assez précis et permet
l’enregistrement du hyétogramme et transmettre
des données à distance

 Radar
Il peut couvrir une grande surface de bassin avec une résolution spatiale du km² et
temporelle de 5minutes.
Le radar possède deux mouvements : la rotation de l’antenne mesure l’étendue spatiale,
l’inclinaison mesure la hauteur de précipitation.
Il mesure tout type de précipitations : grêle, neige, pluie.
La relation de Marshall (1997) suivante permet de mesurer l’intensité des précipitations en
fonction du taux effectif Z de réflexion mesuré par le radar :
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2. Evaluation des précipitations des précipitations

L’hétérogénéité des précipitations rendent difficiles une estimation rigoureuse des quantités
d’eau précipitées. Pour y remédier, seule l’augmentation des stations pluviométriques est
adéquate. Ci-dessous, trois méthodes sont décrites pour faire cette évaluation :

a. Méthode de la moyenne arithmétique :

N est le nombre de stations et Pi, la hauteur précipitée

b. Méthode des isohyètes H1


Une isohyète est une ligne reliant les points où les hauteurs
A2 A1
précipitées sont identiques. La hauteur moyenne précipitée A3 H2
A4
est alors obtenue par la formule suivante : H3
H5 H4
et ; A = surface du bassin

N est le nombre d’isohyètes considérées, Ai, la surface du bassin comprise entre deux
isohyètes successives i et i+1, Pi est la moyenne des hauteurs Hi et Hi+1 des isohyètes i et i+1 :

c. Méthode de Thiessen

C’est une méthode appréciée par les bureaux d’études, elle est basée
sur les surfaces du bassin versant délimitées par les intersections de
médiatrices de segments formés par les stations pluviométriques :

. A = surface du bassin

Ai est la surface du polygone délimité par les médiatrices


Pi est la hauteur mesurée par la station pluviométrique i

III. NOTIONS D’INFILTRATION

C’est la partie d’eau de qui est absorbée par le sol et dirigée vers les couches inférieures. Pour
quantifier la lame d’eau infiltrée, il faut tenir compte de plusieurs facteurs : l’humidité du sol,
l’épaisseur de la couche saturée d’eau, la compacité du sol, la couverture végétale, le gel, la
quantité d’air dans le sol, la porosité… Compte tenu de la difficulté de tenir compte de tous
ces facteurs, on propose ici deux méthodes qui permettent d’estimer la quantité d’eau infiltrée.
La première est statique et ne dépend que de la quantité précipitée, la seconde est plus
dynamique puisqu’elle dépend de l’évolution, dans le temps, de l’état de saturation du sol.
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1. Indice d’infiltration noté Φ :

Φ représente l’intensité moyenne au-dessus de laquelle tout excédent de précipitation se


retrouve sous forme de ruissellement.
Hauteur
précipitation Ruissellement L’inconvénient de la méthode de l’indice Φ d’infiltration est
de surface
que la quantité d’eau infiltré dans le sol ne tient pas compte
de son état de saturation : sec ou humide, l’infiltration est la
même pour une précipitation donnée
Φ
Recharge phréatique

2. Formule de Horton :

Pour remédier au problème de saturation du sol, Horton propose la formule suivante :

16
indice f d'infiltration en mm/h

14
12
Infiltration f de Horton (k = 0,1/h)
infiltration maximale
10
infiltration minimale 8
6
est toujours le même pour un 4
2
même sol
0
0 10 20 30
k est la constante de Horton en Temps (en h)

nombre par unité de temps f0 = 15mm/h f0 = 10mm/h f0 = 5mm/h

L’infiltration totale h, en hauteur, durant une période s’étalant de 0 à t est donc :

t0 et t1 sont exprimés en unité de temps telle que celle utilisée pour k

IV. PERTES PAR DEPRESSION ET PAR EVAPORATION

1. Pertes par dépression

Ce sont des pertes qui ont lieu au début d’une averse et qui permettent de combler les zones
de dépressions. Elles sont de l’ordre de 2,5mm pour les bassins imperméables et de 10mm
pour les bassins perméables. On peut aussi l’estimer pour les bassins imperméables à partir
de la formule de Kidd (1938) suivante :

en mm avec S= pente du bassin en % (si

pente=0,01 alors s=1(%)).


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2. Pertes par évaporation

Elles sont données par la formule de Meyer suivante :

en mm
Φ ici représente l’humidité relative, est la pression de la vapeur d’eau saturée à la

température de l’air atmosphérique, v est la vitesse du vent en km/h mesurée par une
girouette placée à 7m au-dessus de la surface de l’eau. C est une constante telle que :
 Pour le calcul d’une lame journalière, C= 3,66

 Pour le calcul d’une lame mensuelle, C= 110

V. NOTIONS DE RUISSELLEMENT

Suite à une averse, l’eau précipitée se départage en six parties :


 Une partie est interceptée par la végétation ou évaporée
 Une partie comble les dépressions à la surface du sol
 Une partie recharge en humidité le sol
 Une partie s’infiltre vers les nappes phréatiques profondes
 Une partie s’écoule en dessous du sol et parallèlement à sa pente sous forme d’écoulement
dit hypodermique
 Une partie ruisselle c’est-à-dire s’écoule par gravité à la surface du sol suivant la pente du
bassin versant

1. Hydrogramme de ruissellement

On appelle hydrogramme (ou hydrogramme de crues), la représentation graphique des débits


successifs enregistrés en fonction du temps. Ces débits observés peuvent avoir 4 origines :
 Le ruissellement de surface qui contribue rapidement à l’augmentation du débit et dont la
durée est assez courte.
 L’écoulement hypodermique qui contribue moins rapidement à l’augmentation du débit et
dont la durée est plus longue
 L’écoulement souterrain qui contribue très lentement et souvent indéfiniment à
l’écoulement dans un cours d’eau, même en période d’étiage.
 Les précipitations directes sur la surface du cours d’eau.
La représentation de l’hydrogramme est toujours accompagnée du hyétogramme qui donne
les hauteurs de précipitations en fonction du temps et qu’on représente du haut en bas et non
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du bas en haut comme celle de l’hydrogramme comme l’indique la représentation ci-dessous


dont les caractéristiques sont :
 La durée entre le centre de gravité du hyétogramme et la point de l’hydrogramme est le
temps de réponse du bassin versant appelée Lag
 QP est le débit de pointe
 TM est le temps de montée
 TBC est le temps de base représentant la durée entre le début et la fin du ruissellement.

2. Séparation des différentes composantes de l’écoulement

On propose ici deux méthodes qui permettent de séparer l’écoulement de surface de


l’écoulement de base

OU BIEN
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EXERCICES

EXERCICE 1
Soit un réservoir, à paroi vertical, d’une superficie 2.106m² pour lequel l’évaporation est de
3mm par jour et le débit d’orage est de 83m3/s durant le même jour. Si le niveau du réservoir
reste inchangé, quel serait le débit vidangé durant ce jour
EXERCICE 2
Soit un lac d’une superficie de 15.106m² et une évaporation moyenne de 1,2.104m3/jour. Si
l’apport moyen est de 0,7m3/s ;
1. Déterminez le changement de profondeur du lac au bout d’une année ;
2. Déterminez l’apport nécessaire pour qu’il n’y ait pas de changement de profondeur ;
EXERCICE 3
Déterminez l’évaporation moyenne journalière d’un lac si T=30°C, v=32km/h et Φ = 30%
EXERCICE 4
Le taux d’infiltration d’une pluie sur une petite surface ast de 11,5cm/h au début d’une pluie.
Il décroit pour atteindre un équilibre de 1,3cm/h après 10h. Un taux de 76,2cm s’infiltre dans
l’intervalle de 10h. Déterminez la constante k de Horton.
EXERCICE 5
Soit une précipitation sur un bassin de drainage selon la distribution suivante :
Δt 1 2 3 4
Intensité cm/h 4 2 6 5
1. Déterminez la lame de précipitation tombée et son intensité moyenne
2. Déterminez l’indice Φ d’infiltration pour le bassin, si la pluie nette est de 3cm.

EXERCICE 6
Lors d’un orage de durée 1,25H, on a enregistré le hyétogramme suivant
Heure 09H45 10H00 10H15 10H30 10H45 11H 11H25
P(mm/h) 0 18 32 40 25 10 0

1. Si on utilise l’indice d’infiltrations de Horton avec un indice initiale f0 =16mm/h et celui


lorsque le sol est saturé, f  = 2mm/h et si K = 0,35/h,
a. Quelle est la hauteur d’averse ruisselée durant cet orage ?
b. Quelle est la hauteur d’averse infiltrée durant la première heure ?
2. Si on utilisait la notion d’indice d’infiltration, Calculez cet indice en supposant que la
quantité ruisselée est celle calculée en 1.