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Cours de productique mécanique - ISOSTATISME

Mise en position isostatique

I/ Degrés de liberté et isostatisme

1) Degrés de liberté

Dans l’espace, un solide possède 6 degrés de liberté.

Si l’on associe un repère orthonormé direct (o,x,y,z) à l’espace, les 6 degrés de


liberté du solide sont :

• 3 translations suivant x, y, z notées : Tx, Ty et Tz.


• 3 rotations autour de x, y, z notées : Rx, Ry et Rz.

Figure 1 :
Rz

Z Tz
Ry
Y

X
Rx Ty

Tx

Lors de l’usinage, la pièce doit-être complètement immobilisée ( lors de la


réalisation d’une grande série de pièces, celles-ci doivent être positionnées de manière
strictement identiques) , toutes les pièces doivent être immobilisées. C’est-à-dire
que chaque degré de liberté doit être supprimé par rapport au porte-pièce.

L’immobilisation de la pièce est faite en 2 temps :

• un positionnement supprimant chaque degré de liberté dans 1 seul sens.


• Un maintien de mise en position (appelé bridage ou ablocage) pour que la pièce
garde sa position sous l’effet des efforts de coupe.

2) Isostatisme

Sur la figure 2, chaque flèche (1, 2 , 3 et 4) représente un appui ponctuel


perpendiculaire à la surface. Le contact entre l’appui et la pièce est supposé sans
frottement.

Professeur : Franck Besnard 1


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Figure 2 :

2 3

Y 1 4
X

Si l’on ne met en place qu’un seul appui (le 1), on supprime un seul degré de liberté : Tz.

Si on met en place que 2 appuis (1 et 2), on supprime 2 degrés de liberté : Tz et Ry.

Si on met en place 3 appuis (1, 2 et 3), on supprime 3 degrés de libertés : Tz, Ry et Rx.

Maintenant, si on ajoute un quatrième appui (4), on ne supprime pas de degré de


liberté supplémentaire puisque cet appui ne s’oppose ni à Tx, ni à Ty, ni à Rz.

Si la surface de la pièce est un plan parfait, et si les 4 appuis sont


parfaitement de niveau , alors le quatrième appui n’est pas nuisible.

Mais dans la réalité, les choses sont bien différentes. Il n’existe pas de plan
parfait et il est pratiquement impossible d’avoir les appuis au même niveau. Ainsi,
lorsqu’on place la pièce sur les 4 appuis, on est incapable de savoir sur quels appuis
repose la pièce.

Il y a incertitude sur sa position.

On dit alors que la mise en position de la pièce est hyperstatique.

Nombre de degrés de liberté pouvant être supprimés par type de surface :

Plans de petites dimensions 1 1T

Plans de grande longueur et faible largeur 2 1T et 1R

Plans de grandes dimensions 3 1T et 2R

Cylindres longs (l/d>0,7) 4 2T et 2R

Cylindres courts (l/d<0,3) 2 2T

Sphère 3 3T

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Plan de grandes dimensions

Plan de grande longueur et de


faible largeur

Plan de petites dimensions

Cylindre court Cylindre long

II/ Mise en position géométrique

Sur les documents de fabrication (contrats de phase), on doit représenter la mise


en position des pièces. Cette mise en position est réalisée à l’aide des moyens standards
(étau, mandrin…) ou à l’aide des montages d’usinages.
La vocation du contrat de phase n’étant pas de représenter avec précision le
système de mise en position, on utilise des symboles pour la schématiser.

Lors de l’avant-projet de gamme, on se contente de préciser, par des symboles


appelés normales de repérage, sur quelles surfaces de la pièce on supprime les degrés
de liberté.

Qu’elles soient vues ou cachées, les normales de repérage se représentent de la


manière suivante :

Vue de côté Vue de face

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Une normale de repérage correspond à la suppression d’un seul degré de


liberté. Elle est représentée perpendiculairement à la surface de mise en position de
la pièce.

Il n’est pas forcément nécessaire de représenter 6 normales.

Chaque symbole doit être numéroté (de 1 à 6 maxi).

Il est possible d’utiliser une représentation contractée : lorsque plusieurs


symboles se trouvent sur une même surface, il est possible de n’en représenter qu’un
seul et d’indiquer dans un carré lié à la queue du symbole le nombre de degré de liberté
supprimés.
On n’utilise cette représentation que dans le cas où il n’y a pas d’ambiguïté
possible.

On ne se préoccupe pas du maintien en position (bridage).

Exemple :

1 4 5 1 4-5

2 3 2-3

La mise en position est la suivante :

• Centrage long dans un mandrin 3 mors dur à serrage concentrique : suppression


de 4 degrés de liberté (2, 3 ,4 et 5).
• Arrêt en translation sur une butée de broche : suppression d’1 degré de
liberté (normale 1).

Seules les normales de repérage à l’origine d’une cotation ont été représentées :
• La normale 1 est à l’origine des cotes axiales.
• Les normales 2, 3, 4 et 5 sont à l’origine de la coaxialité.

Le sixième degré de liberté, qui correspond à la rotation de la pièce par rapport


au mandrin, est supprimé par adhérence. Il n’est à l’origine d’aucune cote. On
ne représente donc pas.

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Exemple 2 : CF1
D

1-2

1 2

CF2
3-4 5 3 5 4

1 2

La mise en position est la suivante :

• Appui plan sur la table de la fraiseuse.


• Orientation sur 2 piges placées dans une rainure de la table.

Seules les normales de repérage à l’origine d’une cotation ont été représentées :

• Les normales 1 et 2 sont à l’origine de la cote CF1.


• Les normales 3, 4 et 5 sont à l’origine de la cote CF2.

Le sixième degré de liberté, qui correspond à la translation de la pièce dans la


direction D, est supprimé par adhérence. La pièce n’est donc pas positionnée
rigoureusement dans cette direction.

Exemple 3 :

La mise en position est la suivante :

• Appui plan contre le mandrin.


3 4 • Centrage court dans les mors.

1-2
5

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Exercices d’application :

Proposer une symbolisation géométrique de la mise en position dans les cas suivants :

Exercice 1 :

La pièce brute est un cylindre laminé φ40, L100.

• Centrage long dans un mandrin 3 mors durs à serrage concentrique.


• Appui ponctuel sur une butée de broche à touche bombée sur une surface sciée.

Les surfaces usinées sont représentées en traits forts.

Φ40 Φ36

80 20

Exercice 2 :

Φ24
Φ30

30

200

• Centrage court dans un mandrin 3 mors durs à serrage concentrique.


• Centrage court sur contre-pointe tournante.
• Appui ponctuel sur une butée de broche à touche bombée.

Exercice 3 : • Appui plan sur 2


cales dans le fond
de l’étau.
• Appui rectiligne
contre le mors fixe.
• Appui ponctuel sur
butée d’étau à
touche bombée.

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