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Institut Universitaire Catholique Saint-Jérôme de Douala. Saint-JeromeCatholicUniversity Institute of Douala.

Institut Supérieur des Sciences Religieuses et Sociales University Institute of Social and Religious Sciences
Institut Supérieur des Sciences de Gestion Appliquée University Institute of Applied Management Sciences
Saint-Jérôme Polytechnique Saint-Jerome Polytechnic

Saint-Jerome Polytechnic

SEMESTRE 5

DESSIN DE
CONSTRUCTION DE
MECANIQUE

Cours magistral dispensé par

NGOUPAYE TALEE Carlès


MASTER OF SCIENCE AND TECHNOLOGY DEGREE EN
GENIE MECANIQUE ET PRODUCTIQUE

Année académique 2016-2017

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NGOUPAYE TALEE CARLES
DESSIN DE CONSTRUCTION MECANIQUE
SOMMAIRE

CHAPITRE I : DESSIN TECHNIQUE, BUT DU DESSIN


INDUSTRIEL

I. GENERALITES
II. MATERIEL DE DESSIN
III. PRINCIPAUX TYPES DE DESSIN
IV. L’ECHELLE ET FORMATS NORMALISES
V. LES TRAITS
VI. L’ECRITURE
VII. COUPE ET SECTION
VIII. PROJECTIONS ORTHOGONALES
IX. REPRESENTATIONS PARTICULIERES

CHAPITRE II : LES LIAISONS A UN DEGRE DE LIBERTE ENTRE


PIECES MECANIQUES

I. GENERALITES SUR LES LIAISONS


II. LIAISON PIVOT
III. LIAISON GLISSIERE LISSES
IV. LIAISON ELASTIQUE

CHAPITRE III : LA LIAISON COMPLETE ARBRE / MOYEU

I. DEFINITION
II. DEMONTABLE
III. INDEMONTABLE

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DESSIN DE CONSTRUCTION MECANIQUE
CHAPITRE I : DESSIN TECHNIQUE, BUT DU
DESSIN INDUSTRIEL

I. GENERALITES
Le dessin technique est un outil d’expression graphique et de communication technique. Au
cours de son évolution, l’homme a rapidement éprouvé le besoin de représenter son univers
(scènes de chasse) à l’intention de ses semblables. L’apparition des techniques va peu à peu
conduire l’homme vers une autre utilisation du dessin. Le dessin devient alors un moyen de
traduction de la pensée technique (Archimède, Léonard de Vinci).

Avec l’avènement de la révolution industrielle, on voit se développer des outils d’expression


graphique et de communication. Ces outils facilitent les échanges de la pensée technique
entre les individus. Un organisme international a codifié certains de ces outils graphiques de
façon à les rendre lisibles par tous.

Le dessin artistique exprime une Le dessin technique exprime la


idée, un sentiment, un climat ou forme exacte, les dimensions
une situation. précises et la constitution d’un
objet en vue de sa fabrication
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Le dessin technique est à la fois un outil de conception qui permet de représenter une
idée mais aussi un outil de communication irremplaçable pour transmettre sans ambiguité
cette idée. Le dessin technique constitue le langage commun de ceux qui travaillent en
technologie. Les ingénieurs, les architectes, les designers, les technologues, les techniciens et
les ouvriers spécialisés l’utilisent pour communiquer entre eux.

C’est un langage qui est universel avec quelques variantes d’un continent à l’autre.
Contrairement aux langues parlées, cette forme de langage permet une compréhension
univoque de la définition et de la réalisation d’un objet technique.

Cela signifie que deux ingénieurs qui ne parlent pas la même langue peuvent arriver à
comprendre en grande partie un dessin technique sauf, bien sûr, les annotations qui sont
transcrites dans une langue particulière.

II. MATERIEL DE DESSIN


Les instruments de dessin sont : un bloc de papier, des crayons, une gomme à effacer,
un rapporteur d’angles, une équerre 30º-60º, une équerre 45º, un compas. On peut visualiser
ci-dessous :

Tube à dessins ou farde Equerre 90° ou T de dessin


A3

Latte graduée 50cm


Crayon ou critérium Gomme
(règle)
blanche

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Calculatrice Equerre avec Compas
rapporteur d’angle

III. PRINCIPAUX TYPES DE DESSIN


Les dessins prennent toutes sortes de formes qui se résument aux suivantes d’après la
norme ISO 10209 :

 Abaque : diagramme permettant de déterminer, sans calcul, les valeurs approximatives


d’une ou plusieurs variables.
 Avant-projet : dessin représentant, dans ses grandes lignes, une des solutions viables
atteignant l’objectif fixé.
 Croquis : dessin établi, en majeure partie, à la main levée sans respecter nécessairement
une échelle rigoureuse.
 Dessin d’assemblage : dessin d’ensemble montrant tous groupes et parties d’un produit
complètement assemblé.
 Dessin de composant : dessin représentant un seul composant et donnant tous les
renseignements requis pour la définition de ce composant. Un dessin de composant,
définissant complètement et sans ambiguïté les exigences fonctionnelles d’aptitude à
l’emploi, est couramment appelé « dessin de définition ».
 Dessin d’ensemble : dessin représentant la disposition relative, et la forme, d’un groupe
de niveau supérieur d’éléments assemblés.
 Dessin d’interface : dessin donnant les informations pour l’assemblage, ou la connexion,
de deux ou plusieurs objets concernant, par exemple, leurs dimensions, l’encombrement,
les performances et les exigences.
 Dessin technique : informations techniques portées sur un support de données,
présentées graphiquement conformément à des règles spécifiques et généralement
dessinées à l’échelle.
 Epure : dessin à caractère géométrique tracé avec la plus grande précision possible.
 Esquisse : dessin préliminaire des grandes lignes d’un projet.
 Projet : dessin représentant tous les détails nécessaires pour définir une solution choisie.
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 Schéma : dessin dans lequel des symboles graphiques sont utilisés pour indiquer les
fonctions des composants d’un système et leurs relations.
 Sous-ensemble : dessin d’ensemble d’un niveau hiérarchique inférieur représentant
seulement un nombre limité de groupes d’éléments ou de pièces.

N.B. : pour nos études nous ne retiendrons que deux grandes catégories de dessins
industriels : dessin d’ensemble et dessin de définition.

1. Le dessin d’ensemble

Il représente le système technique dans son ensemble. Toutes les solutions


constructives, retenues pour réaliser les fonctions techniques y sont détaillées. Celui-ci
permet de comprendre le fonctionnement du mécanisme à partir de la description des
formes, des dimensions et de l’organisation des pièces qui le constituent.

On distingue le dessin d’avant projet et le dessin de projet.

2. Le dessin de définition d’une pièce

Il représente de manière complète et détaillée une pièce. Y figurent les formes, les
dimensions et les spécifications, c’est-à-dire toutes les informations nécessaires à sa
fabrication.

Pour un dessin d’ensemble, il y aura un dessin de définition par pièce à fabriquer.

Le dessin technique se réalise sur papier ou calque, ses règles d’exécution sont normalisées.

IV. L’ECHELLE ET FORMATS NORMALISES

La notion d'échelle appartient à la géométrie. Son emploi réside essentiellement dans


la facilité de représentation d'un objet grand ou encombrant qui ne peut être représenté sur
une feuille de papier. Il est donc nécessaire de faire des réductions ou des agrandissements
pour le représenter.
L’échelle d’un dessin est le rapport entre les dimensions dessinées et les dimensions
réelles d’un objet. Dessiner à l'échelle, c'est copier un objet en respectant une règle de
proportionnalité.
L’échelle à choisir pour la représentation d’un objet est fonction notamment du but de
la représentation et de la complexité de l’objet.
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La désignation d’une échelle sur un dessin comprend le mot « Echelle » suivi de
l’indication du rapport choisi de la façon suivante :

FORMATS NORMALISES
Les formats et la présentation des éléments graphiques permanents (cartouche,
nomenclature,…) sur des feuilles de dessin sont normalisés. Il en résulte notamment :
 Une réduction du nombre de formats à utiliser ;
 Un archivage et un classement plus aisé ;
 Une cohérence de la présentation générale facilitant la consultation.
La norme NF EN ISO 5457 nous présente les types de format :

Présentation des formats : De A3 à A0 on a la même disposition, pour A4 est différente


comme le présente les figures suivantes :

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Les éléments d’un format normalisé sont présentés sur la figure suivante :

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Le cartouche : NF EN ISO 7200
C’est la carte d’identité du dessin, il rassemble les renseignements essentiels : échelle
principale, titre, symbole ISO de disposition des vues (norme européenne de projection),
format, éléments d’identification (numéro de référence du document, nom du dessinateur,
date …).
Exemple de cartouche :

Echelle Matière Polytechnique St JEROME Dessiné par

13 / 10 / 2014

Désignation de la pièce
UCSJ
Format

La nomenclature NF E 04-504-7573:

Elle complète le dessin d’ensemble, en dressant la liste de tous les éléments


constitutifs du système dessiné (pièces, composants standards). Chaque élément est
répertorié, numéroté, classé et tous les renseignements nécessaires le concernant sont
indiqués (repère, nombre, désignation, matière et observation).

Etablissement de la nomenclature :

- On commence par repérer chaque pièce sur le dessin d’ensemble par un numéro :
l’ordre de ces numéros est croissant et il indique approximativement l’ordre du
montage des pièces, à l’exception de certaines d’entre elles (axes, goupilles, ressorts,
pièces normalisées) que l’on groupe généralement par catégories.
- On établit ensuite la nomenclature : soit sur un document séparé, soit sur le dessin lui-
même. Dans ce cas, son sens de lecture est celui du dessin.
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Exemple de nomenclature :

V. LES TRAITS (NF EN ISO 128) ET L’ECRITURE (NF EN ISO


3098)

Le dessin technique utilise de nombreux traits différents, chacun a sa signification.


Un type de trait se caractérise par sa nature (continu, interrompu, mixte), par sa largeur (fort,
fin). Les différents types de traits sont :

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Remarque : conserver la même largeur des traits pour toutes les vues d’un même dessin à la
échelle ; le nombre de segments d’un trait est fonction de sa longueur et de sa largeur.

Pour des raisons de reprographie, la


distance entre deux traits ne doit jamais être
inférieur à 0,7 millimètre.

L’intersection des trait, ou leur jonction, doit


se faire sur un élément tracé.

Si plusieurs traits différents oincident,


l’ordre de priorité est le suivant : continu
fort, interrompu fin, mixte fin, continu fin.

VI. L’ECRITURE (NF EN ISO 3098)


Le but de la normalisation est d’assurer la lisibilité, l’homogénéité et la reproductibilité
des caractères. L’écriture droite doit être utilisée de préférence. Exceptionnellement l’écriture
penchée, inclinée de 15° vers la droite est admise. La forme des caractères est :

Remarque : le I et le J majuscule n’ont pas de point, s’il n’y a pas de risque d’ambiguïté, les
accents peuvent ne pas être mis sur les majuscules.
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Les dimensions générales sont définies en fonction de la hauteur h des majuscules. Les
valeurs de h sont choisies parmi les dimensions du tableau ci-dessous.

Exemple:

VII. PROJECTIONS ORTHOGONALES (NF EN ISO 128 – 10209 -5456)

Une photographie peut montrer un système sous une forme plus ou moins
avantageuse, mais ne peut prétendre le décrire complètement en ce qui concerne les formes
et les dimensions. Pour y remédier, industriellement, on utilise un certain nombre de vues
du système, toutes en correspondance les unes par rapport aux autres et choisies pour
leur aptitude à le définir.
L’observateur se place perpendiculairement à l’une des faces du système à définir. La
face observée est ensuite projetée et dessinée dans un plan de projection parallèle à cette face,
situé en arrière du système.

Le principe de représentation consiste à placer un objet au centre d'un cube, puis à projeter
les vues sur ses faces. Il ne reste qu’à ouvrir le cube pour obtenir les vues sur une surface
plane. La figure ci-dessous représente 5 projections d’une pièce :

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Tout objet peut être représenté par six vues. Habituellement, on dessine seulement
celles qui sont nécessaires (2 ou 3). Les vues les plus utilisées forment un L.

Correspondance des vues : La méthode de développement du cube, dont les arêtes


servent de charnières, a pour conséquence de conserver dans plusieurs directions
l’alignement de tous les détails de la pièce. Il y a correspondance entre les vues.

Cette correspondance permet la construction des vues les unes par rapport aux autres.
Un élément représenté sur une vue pourra être situé sur les autres vues.
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Cette correspondance est matérialisée par une droite horizontale, verticale ou à 45°
suivant les vues concernées.

La vue la plus représentative de la pièce sera choisie comme vue de face. Le


dessinateur sélectionnera parmi les cinq autres vues possibles, celles qui montrent le mieux
les formes et les contours. La préférence ira aux vues ayant le moins de contours cachés ou de
traits interrompus. Les vues non nécessaires seront éliminées.

La cotation : Coter un dessin, c'est y inscrire les dimensions nécessaires à l'exécution de


l'objet dessiné. L'inscription des mesures doit être faite selon des règles établies.

Cette ligne s'appelle


une ligne d'attache.

La mesure en dessin
s'appelle la cote.

La ligne qui porte les deux flèches


s'appelle la ligne de cote.

L'espace entre les lignes du dessin


et la ligne de cote ou entre les
lignes de cote doit toujours être le
Les traits de contour sont même, soit environ 10 mm.
toujours de gros traits.
Tous les traits de cotation sont toujours des traits fins. 14
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VIII. SECTIONS ET COUPES (NF EN ISO 128)

Les sections et le coupes permettent d’améliorer la clarté et la lisibilité du dessin, il est


ainsi, possible de mettre en évidence :

 Des formes intérieures,


 Des épaisseurs,
 Des détails locaux.

SECTIONS

Les sections permettent d’éviter les vues surchargées en isolant les formes que l’on désire
préciser. Une section représente, exclusivement, la partie de l’objet située dans le plan sécant.

Méthode de représentation :

 Repérer le plan sécant par ses extrémités en trait mixte fort.


 Indiquer le sens d’observation par deux flèches en trait fort.

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 Repérer le plan sécant par une même lettre majuscule inscrite dans le prolongement
du trait mixte fort.
 Supposer l’objet coupé par ce plan et enlever, par la pensée, la partie coté flèches.
 Dessiner, en trait continu fort, la surface de l’objet contenu dans le plan sécant, en
regardant dans le sens indiqué par les flèches.
 Hachurer ou teinter la section suivant les indications données.
 Désigner la section par les mêmes lettres majuscules que le plan sécant.

Sections rabattues sur la vue représentée :

Si cela ne présente aucune ambiguïté de compréhension, une section peut être rabattue
sur la vue représentée.

Méthode de représentation :

 Faire pivoter le plan sécant de 90° pour l’amener dans le plan du dessin.
 Dessiner le contour de la section en trait continu fin ne pas surcharger la
représentation.
 Hachurer la section. Dans ce cas, bien que cela soit à éviter, les hachures peuvent
couper un trait fort.

COUPES

Les coupes permettent d’améliorer la clarté et la lecture du dessin, notamment en


remplaçant les contours cachés des pièces creuses (traits interrompus fins) par des contours
vus (traits continus forts).

Une coupe représente la section et la fraction de l’objet situé en arrière du plan sécant.
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La coupe est virtuelle et nous permet de voir des détails intérieurs d’une pièce.

Méthodes de représentation :

 Disposer et dessiner un coupe comme une vue normale


 Dessiner la section en suivant les recommandations données à la partie SECTION
 Représentation la fraction de l’objet situé en arrière plan sécant.

N.B. : les hachures ne traversent jamais un trait fort. Les hachures ne s’arrêtent jamais sur
un trait interrompu fin.

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IX. REPRESENTATIONS PARTICULIERES

LES ENGRENAGES

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CHAPITRE II : LES LIAISONS A UN DEGRE DE LIBERTE
ENTRE PIECES MECANIQUES

I. GENERALITES SUR LES LIAISONS

NOTION DE DEGRE DE LIBERTE

Définition

 On appelle degré de liberté d'un solide par rapport à un autre le nombre de


mouvements élémentaires indépendants (3 rotations et 3 translations) entre les deux
solides.
Exemple
- La liaison ponctuelle est à 5 degrés de liberté

Les degrés de liberté d'une liaison entre deux solides S1 et S2 correspondent aux
mouvements relatifs indépendants autorisés au sein de cette liaison entre S1 et S2.

3 translations : Tx, Ty, Tz,


3 rotations : Rx, Ry, Rz.

Notons m le degré de liberté d'une liaison.


Le degré de liaison d'une liaison vaut, dans l'espace, 6 – m
Dans le plan (A, x, y), les 3 mouvements possibles d'un solide sont :
 2 translations : Tx, Ty
 1 rotation: Rz.

Le degré de liaison d'une liaison vaut, dans le plan, 3 – m


Remarque :
 lorsque deux solides n’ont aucune liaison, on dit qu’ils ont une liaison libre. Cette
liaison a 6 degrés de liberté.

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 Un degré de liberté est une variable qui peut prendre deux états auxquels on peut
associer :
Le chiffre 0 : lorsque le degré de liberté est impossible
Le chiffre 1 : lorsque le degré de liberté est possible
A un degré de liberté supprimé correspond un degré de liaison.
Une liaison élémentaire entre deux solides 1 et 2 est crée par le contact d’une surface associé
au solide 1 sur une surface associé au solide 2.
Pour caractériser la nature de leur liaison, il faut étudier les mouvements relatifs de 1/2.
Les mouvements relatifs s’étudient dans un repère local associé à la liaison, dans lequel :
Tx : caractérise la liberté de translation selon l’axe (A, X) de 1 par rapport à 2 et
réciproquement.
Rx : caractérise la liberté de rotation autour de l’axe (A, X) de 1 par rapport à 2 et
réciproquement.

Schématisation normalisée des liaisons

Une liaison est dite parfaite si:


- Le contact s'établit théoriquement en un point, sur une ligne ou sur une surface de
définition géométrique simple (plan sphère, cylindre, surface hélicoïdale, ..);
- Les surfaces de contact sont supposées géométriquement parfaites;
- la liaison est sans jeu.
La norme NF E04-015 présente les onze liaisons élémentaires. Dans ce tableau on y retrouve :

 Les types de liaisons ;


 Surfaces généralement associées à l’assemblage ;
 Un schéma illustratif ;
 Les différentes géométries de contact (3D et 2D) ;
 L’expression de son torseur avec son axe de contact ;
 Son degré de liberté

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II. LIAISON PIVOT

DEFINITION

TYPOLOGIE DES SOLUTIONS


Il existe 4 solutions principales permettant de réaliser un guidage en rotation :
- par contact direct
- par interposition d'une bague de frottement
- par interposition d'éléments roulants
- par interposition d'un film d'huile

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Analyse mécanique des deux solutions technologiques

A - GUIDAGE EN ROTATION PAR CONTACT DIRECT

ASPECT TECHNIQUE:

C'est la solution la plus simple, mais la plus rudimentaire. Les deux éléments sont
directement en contact. La qualité de la liaison dépend:

- des matériaux en contact (coefficient de frottement, lubrification)

- du choix de l'ajustement entre les pièces (jeu)

- de la qualité de fabrication (rugosité, géométrie)

Ajustement généralement préconisé: glissant juste, du type H7 g6

Ce guidage est peu précis, mais le coût est très faible. Son utilisation est limitée à des vitesses
de rotation faibles et des efforts faibles.

Une partie de l’énergie mécanique fournie est transformée en énergie calorifique


(chaleur). On a donc une diminution du rendement du mécanisme. Conséquence :

- augmentation du coût de fonctionnement et nécessité de prévoir l’évacuation de cette


chaleur (matériaux, formes, dimensions, ventilation, …)

- il faut chercher à réduire le coefficient de frottement : choix judicieux des matériaux, des
états de surface en contact et des conditions de lubrification.

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Lors de la modélisation d'un contact surfacique cylindrique, il est important de prendre en
compte le rapport entre L (longueur du contact) et D (diamètre) pour déterminer la liaison
correspondante.

DOMAINE D’UTILISATION :

A cause des risques d’échauffement, cette solution est à réserver aux domaines suivants :
Faibles vitesses ; Efforts transmissibles peu élevés.

B - GUIDAGE EN ROTATION PAR BAGUE DE FROTTEMENT

Le principe du contact direct est amélioré en interposant des bagues de frottement qui vont :

• Diminuer le coefficient de frottement ;

• Augmenter la durée de vie de l’arbre et du logement ;

• Diminuer le bruit ;

• Reporter l’usure sur les bagues.

ASPECT TECHNIQUE:

On interpose entre les deux éléments en rotation une bague de frottements. Son but est de
réduire les pertes par frottements lors du fonctionnement. On trouve différents types de
bagues selon les cas d'utilisation.

- bagues en bronze ou en laiton (cas ci-dessous) ;

- bagues polymères ;

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- bagues auto-lubrifiées.

L'utilisation de bagues de frottements nécessite des conditions de montages particulières


normalisées où définies par les constructeurs. Elles peuvent supporter des charges et des
vitesses de fonctionnement modérées

Avantage :

- simplicité de mise en œuvre

- guidage précis

- prix de revient

Inconvénients :

- ne convient pas pour les fortes charges

- ne convient pas pour les vitesses de rotation élevées

CAS DES COUSSINETS

Un coussinet à plusieurs rôles :

− Permettre le guidage en rotation d'un arbre dans son palier.

− Limiter le frottement (0,04 < f < 0.25) dans la liaison. Pour ce faire on utilise des matériaux
à coefficient de frottement faible tel que cuivre, étain, bronze, PTFE, polyamide, graphite,
nylon, acétal ;

− Evacuer les calories produites par frottement ;

− Pièce d'usure qui doit être facile à changer lorsque le jeu arbre-coussinet devient hors
des tolérances admissibles.

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LES DIFFERENTS TYPES

On distingue les paliers avec contact, et les paliers sans contact. Les premiers présentent
évidemment davantage de frottements.

Coussinets autolubrifiants

Ils sont fabriqués à partir de métal fritté 1 à base de bronze (C u S n 8).

Le frittage permet d’obtenir des pièces poreuses (porosités entre 15 et 35% en volume) et
ainsi d’y incorporer du lubrifiant (huile, graphite...). Dans le cas de l’huile, la structure,
comparable à une éponge, restitue l’huile en fonctionnement et l’absorbe à l’arrêt.

Un lubrifiant (huile ou graphite) est ensuite injecté dans les porosités du coussinet. Dans le
cas de l’huile, le coussinet restitue l’huile en fonctionnement, et l’absorbe à l’arrêt.

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Coussinets composites type "glacier"

La base est une tôle d’acier roulée recouverte d’une couche de bronze fritté. La surface
frottante peut être en résine acétal ou en PTFE avec addition d’un lubrifiant solide : plomb,
graphite, bisulfure de molybdène M o S 2... Ils peuvent fonctionner à sec ou avec un léger
graissage au montage sous des vitesses périphériques inférieures à 3 m/s.

Ils sont constitués de 3 couches principales:

 La base est une tôle d'acier roulée (+cuivre et étain).


 Une couche de bronze fritté ;
 La surface frottante en résine acétal ou en PTFE (Polyétrafluoréthylène) avec addition
d'un lubrifiant solide: plomb, graphite...

Coussinets polymères (Nylon, PTFE, acétal...)

Ils sont constitués d’un seul matériau polymère homogène, qui peut être du PTFE
(Polyétrafluoréthylène), Nylon, acétal. Ils sont utilisés lorsqu’il est nécessaire d’avoir une
grande résistance chimique. Ils sont insensibles aux poussières. Ils ont comme inconvénients
de ce déforme à terme sous charge (fluage), et d’avoir un faible coefficient de conductivité
thermique (mauvaise évacuation de la chaleur).

Rotules lisses

Elles permettent de corriger les défauts d’alignement.


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REGLE DE MONTAGE

Afin de limiter les frottements, le coussinet doit être monté serré sur l’alésage, et glissant sur
l’arbre, et non l’inverse. De cette façon la vitesse de glissement est la plus faible.

TOLERANCES DES PIECES EN CONTACT AVEC LE COUSSINET

Coussinet monté SERRE dans l'alésage H7s7 /Arbre monté LIBRE dans le coussinet H7f7.

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AVANTAGES ET LIMITES D'UTILISATION DES COUSSINETS

Avantage :

Réduction du coefficient de frottement et fonctionnement sans lubrification.

Augmentation de la durée de vie des pièces par report de l'usure sur le coussinet.

Fonctionnement silencieux.

Encombrement radial réduit.

Limites d'utilisation :

Encombrement en longueur.

Sensibilité aux défauts d'alignement.

Capacité de charge inversement proportionnelle à la vitesse.

B – GUIDAGE EN ROTATION PAR ROULEMENTS

CONSTITUTION D’UN ROULEMENT

Principe

En remplaçant le frottement de glissement par du frottement de roulement, on diminue la


puissance absorbée. Le rendement du guidage en rotation est donc meilleur. On place alors
des éléments de roulement (billes, rouleaux ou aiguilles) entre deux bagues. L’une (la bague
intérieure) est ajustée sur l’arbre, l’autre (la bague extérieure) est ajustée sur l’alésage.

PRINCIPAUX TYPES DE ROULEMENTS

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Avantage:

- guidage très précis

- excellent rendement (le frottement est remplacé par de la résistance au roulement)

- convient pour les charges lourdes et les vitesses de rotation très élevées

Inconvénients : coût

REGLES DE MONTAGE

Nota : Un roulement ne doit pas être coté, il est vendu avec des tolérances
spécifiques aux fabricants de roulements.

Règle n°1 : - La bague du roulement qui tourne par rapport à la direction de la charge doit
être ajustée avec serrage. Les fabricants préconisent : Arbre à la tolérance k6, m6 ou p6
suivant l’intensité de la charge ; Alésage à la tolérance M7 ou N7.

Règle n°2 : - La bague du roulement qui est fixe par rapport à la direction de la charge doit
être ajustée glissante. Les fabricants préconisent : Arbre à la tolérance g6 ; Alésage à la
tolérance H7.

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ARRET DES BAGUES

Entre l’arbre et la bague intérieure

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Entre l’alésage et la bague extérieure

EXEMPLE

On considère le montage de roulements ci-contre (montage classique, l'étanchéité n'est pas


abordée pour ne pas surcharger la figure)

Hypothèses:

- l'arbre est chargé (il tourne par rapport à la direction de la charge)

- les roulements sont montés serrés sur l'arbre et libres dans l'alésage.

- 4 appuis sur le roulement de grand diamètre (2 sur l'arbre, 2 dans l'alésage)

- 2 appuis sur le roulement de petit diamètre (2 sur l'arbre, libre dans l'alésage)

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DESIGNATION NORMALISEE

EXEMPLE : ROULEMENT 30 BC 02 Roulement rigide à billes Ø30 série 02.

30 : Diamètre de l’arbre supportant le roulement.

BC : Type du roulement.

02 : Série qui permet de déterminer le diamètre extérieur et la largeur.

CRITERES DE CHOIX

Le roulement est choisi en fonction de plusieurs critères : Vitesse de rotation ; direction et


intensité des efforts.

Un calcul de durée de vie des roulements est nécessaire (calculs ou abaques)

: Roulements à billes, à rouleaux cylindriques, à aiguilles.

: Faible ou moyen : Roulements à billes.

Important : Roulements à rouleaux ou à aiguilles.

: Faible : Roulements rigide à billes.

Moyen : Roulements à billes à contact oblique.

Important : Roulements à rouleaux coniques.

Très important : Roulements + Butée.

C - GUIDAGE EN ROTATION SUR FILM D'HUILE

PALIERS HYDRODYNAMIQUE ET HYDROSTATIQUE

Ils peuvent tourner plus vite et plus longtemps. Les paliers hydrostatiques sont bien adaptés
au cas de charges importantes. Application : broches d’aléseuses et de rectifieuses de grande
précision, rotor de la pompe primaire des réacteurs nucléaires N4

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ASPECT TECHNIQUE:

Un film d'huile sous pression et crée entre les deux pièces en rotation. Les pièces tournent
sans contact direct. Ce système est utilisé dans le cas de solides en rotation à de très hautes
vitesses, mais avec peu d'effort.

C'est le cas des turbines de turbocompresseurs (les vitesses de rotation sont supérieures à 1
10e5 tr/min)

AVANTAGES

- guidage très précis ;

- excellent rendement (contact visqueux) ;

- convient pour les vitesses de rotation très élevées.

INCONVENIENTS

- coût ;

- complexité de mise en œuvre ;

- ne supporte pas les efforts.


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III. LIAISON GLISSIERE LISSES

DEFINITION ET SCHEMATISATION

Un ensemble de pièces est guidé en translation par rapport à un autre lorsque les contacts ne
permettent plus qu’un degré de liberté entre les deux : une translation suivant un axe.
Autrement dit, la liaison entre les deux ensembles dans le schéma cinématique minimal du
mécanisme est une liaison GLISSIERE.

Un guidage en translation se caractérise par :

- 1 mobilité de translation le long d’un axe,

- des critères de performance : aptitude aux charges, aptitude aux vitesses élevées de
translation, précision du guidage, coût, encombrement. Un guidage en translation se
modélise par une liaison glissière dont la schématisation est :

La partie mobile est appelée coulisseau et la partie fixe est appelée glissière (ou guide).

CARACTERISTIQUES DU GUIDAGE EN TRANSLATION

Le guidage en translation vise la réalisation d’une liaison glissière. Un guidage en translation


peut être caractérisé par :

- La forme des surfaces de contact : prismatique ou cylindrique ;

- Le dispositif de réglage du jeu : indispensable pour un guidage précis ;

- Le genre de mouvement relatif : glissement ou roulement ;

- L’état des surfaces en contact et leur lubrification.

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ANALYSE MECANIQUE DES DEUX SOLUTIONS TECHNOLOGIQUES

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ARC-BOUTEMENT

L'ennemi d'une bonne translation est l'arc-boutement, pour l'éviter, il faut que :

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• Le coefficient de frottement ne soit pas trop important.
• La longueur de guidage soit suffisante : L>2,5 D.
• L'effort exercé sur la liaison soit situé près de l'axe : A<L/2f. (f coef.de frot.).
• L'ajustement soit adapté.

Précision du guidage :
Plus l'ajustement est serré plus le guidage est précis, mais engendre des frottements. La
solution qui permet de concilier la précision et le frottement est d'augmenter fictivement la
longueur de guidage L>2,5 D (centrage « maxi » long) ou d'interposer des éléments roulants
qui permettent d'annuler les jeux.

GUIDAGE PAR FORME CYLINDRIQUE

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IV. LIAISON ELASTIQUE

La liaison élastique est utilisée chaque fois qu’il est nécessaire d’absorber une énergie (fin
de course), d’amortir un mouvement (suspension automobile) ou de filtre des vibrations
(machines tournantes). Elle est également utilisée pour montages hyperstatiques.

PRINCIPE

La liaison entre deux solides est caractérisée par les propriétés suivantes :

- La liaison entre les deux solides s’effectue par l’intermédiaire d’un élément déformable.

- Le déplacement relatif d’un solide par rapport à l’autre solide provoque la déformation
de l’élément intermédiaire.

- La déformation de l’élément intermédiaire génère des forces qui s’opposent au


mouvement d’un solide par rapport à l’autre solide.

CARACTERISTIQUES

L’élément intermédiaire de la liaison élastique entre deux solides peut être schématisé
par un ressort et un amortisseur montés en parallèle.

AMPLITUDE

L’amplitude du mouvement est une donnée fondamentale qui permettra de choisir les
constituants de l’élément intermédiaire.

RESSORTS METALLIQUES

Quatre familles de ressorts métalliques

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1/ Ressorts de compression : - Ressorts cylindriques de compression ; - Ressorts
coniques de compression ; - Ressorts coniques en volume ; - Rondelles « Belleville » ; -
Ressorts diaphragme

2/ Ressorts de traction

3/ Ressorts de torsion : - Ressorts cylindriques de torsion ; - Ressorts en spirale ; -


Ressorts de torsion

4/ Ressorts de flexion : ressorts à lames

DEUX FAMILLES D’ARTICULATION ELASTIQUES

- Articulations élastiques simples : Leur raideur est constante ou continûment variable.

Il existe deux modèles de base dans certaines dimensions, en version butée latérale.

- Articulations élastiques évoluées : leur raideur est très variable.

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CHAPITRE III : LA LIAISON COMPLETE ARBRE / MOYEU
I. DEFINITION
Une solution constructive d’assemblage a pour fonction de lier des pièces les unes aux
autres, en utilisant différents moyens d’assemblage.

Les modes d'assemblages constituent inévitablement le passage obligé pour la


matérialisation des organes, et des modules. Cependant, une meilleure réalisation des
assemblages nécessite une bonne connaissance des matériaux, ainsi que leur mode
d'assemblage.

En effet, l'assemblage de deux ou plusieurs objets dépend de la compatibilité qualitative


de la nature de ces objets.

Les modes d'assemblage peuvent être groupé selon la compatibilité des matériaux, à
savoir : le soudage, le collage, le rivetage, assemblage par clipsage, assemblage par vis,
assemblage par goupille, par goujon, etc. .....

TYPES D’ASSEMBLAGE
Chaque moyen d’assemblage peut être défini par cinq critères :

1 - Assemblage complet ou partiel

a - Assemblage COMPLET : Aucun mouvement possible entre les pièces assemblées.

b - Assemblage PARTIEL : Mouvement(s) possible(s) entre les pièces assemblées.

2 - Assemblage démontable ou non démontable (permanent)

a - Assemblage DEMONTABLE : Il est possible de supprimer la liaison sans détériorer


les pièces ou les éléments liés.

b - Assemblage NON DEMONTABLE (PERMANENT) : Impossible de supprimer la


liaison sans provoquer la détérioration des pièces ou des éléments liés.

3 - Assemblage élastique ou rigide

a - Assemblage ELASTIQUE : Un déplacement d’une pièce provoque la déformation


d’un élément élastique (ressort, caoutchouc).

b - Assemblage RIGIDE : L’assemblage n’est élastique dans aucune direction de


déplacement.

4 - Assemblage par obstacle ou par adhérence

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a - Assemblage PAR OBSTACLE : Un élément fait obstacle au mouvement entre deux
pièces.

b - Assemblage PAR ADHERENCE : L’assemblage est obtenu par le phénomène


d’adhérence dû au frottement entre les pièces.

4 - Assemblage direct ou indirect

a - Assemblage DIRECT : La forme des pièces liées sont directement en contact. Il n’y a
pas d’élément intermédiaire.

b - Assemblage INDIRECT : L’assemblage nécessite un ou des éléments


intermédiaires.

Remarque : Les moyens d’assemblages dans la partie suivante sont complets et rigides.

QUELQUES PIECES DE CONSTRUCTION MECANIQUE

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II - LIAISON DEMONTABLE
ASSEMBLAGES RIGIDES DEMONTABLES

Dans cette liaison les pièces assemblées doivent être entièrement solidaires de l’autre tout en
pouvant être démontables et remontées à volonté.

Assemblage plan sur plan

ASSEMBLAGES CYLINDRIQUES

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ASSEMBLAGE CONIQUE

A - Assemblage par éléments filetés


1 - définition

Un filetage est obtenu à partir d’un cylindre (quelque fois d’un cône) sur lequel on a exécuté
une ou plusieurs rainures hélicoïdales. La partie pleine restante est appelée filet.

On dit qu’une tige est « filetée extérieurement » ou « filetée » et qu’un trou est filetée
intérieurement » ou « taraudée ». Une tige filetée est aussi appelée vis et un trou taraudé
écrou

Le système vis-écrou permet :

- D’assembler d’une manière démontable deux pièces ;


- De transmettre un mouvement (vis d’étau par exemple).

Le pas est la distance qui sépare deux sommets consécutifs d’une même hélice.

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2 – sens de l’hélice

Le sens de l’hélice est dit « à droite » si en mettant l’axe de la vis vertical le filet monte vers
la droite. Il est dit « à gauche » si le filet monte vers la gauche.

Remarque : un écrou à droite pénètre dans une vis à droite immobilisée en tournant dans le
sens horaire. Un écrou à gauche pénètre dans une vis à gauche immobilisée en tournant
dans le sens anti-horaire.

4 – représentation des éléments filetés (NF EN ISO 6410)

Un élément fileté se représente comme un élément lisse non fileté, avec l’adjonction du
cylindre passant à fond de filets en traits fins ou interrompus fins, selon que celui-ci est vu ou
caché.

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5 – assemblage d’éléments filetés

On applique la règle suivante : les filetages extérieurs cachent toujours les filetages intérieurs.

6 – Exemples de dispositifs d’assemblage fileté

a – boulon

Un boulon est composé d’une vis et d’un écrou de même diamètre. L’écrou normalement
utilisé est l’écrou hexagonal.

Les pièces à réunir sont simplement percées de trous lisses. On obtient ainsi un assemblage
économique de plusieurs pièces par pression des unes sur les autres.

Pour obtenir un serrage efficace, les vis doivent être immobilisées en rotation. Un écrou
assemblé avec une vis de qualité identique résiste jusqu’à la rupture de la vis.

b – goujon

Un goujon est composé d’une tige, filetée à ses deux extrémités, et d’un écrou de même
diamètre. Les deux parties filetées doivent être séparées par un tronçon lisse.

Les goujons sont utilisés en remplacement des vis lorsque le métal de la pièce est peu
résistant ou lorsqu’il est nécessaire de faire des démontages fréquents. Les goujons peuvent
remplacer les boulons lorsque les pièces à assembler sont très épaisses.

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Il existe des goujons spécifiques tels que : les goujons à souder, les goujons à sertir, les
goujons-inserts pour plastique,…

B – Assemblage par obstacle


1 – les goupilles

Une goupille est une cheville métallique. Elle sert notamment :

- A immobiliser une pièce par rapport à une autre pièce (goupille d’arrêt) ;
- A assurer la position relative de deux pièces (goupille de positionnement ou pied de
positionnement)
- A réaliser un axe de chape ;
- A assurer une sécurité par cisaillement de la goupille en cas de surcharge, etc.

Types de goupilles :

 Goupilles cylindriques de précision : la goupille cylindrique doit être montée serrée


(sans jeu entre la goupille et le perçage). Cette goupille de précision est utilisée lorsque
l’on veut un positionnement précis des deux pièces l’une par rapport à l’autre.

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 Goupilles cannelées : on réalise trois cannelures suivant trois génératrices d’une tige
cylindrique. Au montage, les parties a, b, c, d, e et f acceptent une petite déformation
élastique et réalisent le serrage.

 Goupilles élastiques :

Ces goupilles sont obtenues par enroulement d’une bande d’acier à ressort, traité et
revenu pour une dureté HV = 420 min.

Elles présentent comme principaux avantages :

- De se maintenir dans leurs logements par élasticité et avec un effort de serrage


important ;
- De bien résister aux vibrations ;
- De présenter une bonne résistance aux efforts de cisaillement ; dans le cas d’efforts
relativement importants, on peut introduire deux goupilles l’une dans l’autre.

 Goupilles d’axes : goupilles épingle et cylindriques fendues

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 Goupilles épingle : ces goupilles sont particulièrement recommandées pour des liaisons
peu précises devant être fréquemment montées et démontées sans outillage spécifique.
Elles sont réutilisables après démontage.

 Goupilles cylindriques fendues : Ces goupilles sont surtout utilisées avec des écrous à
créneaux afin d’éviter de façon absolue un desserrage de l’écrou. Le freinage par
goupille derrière l’écrou impose pour le trou de passage g une position axiale précise.
Elles permettent également l’immobilisation entre translation d’axes lisses.

2 - Dentelures

Les axes dentelés permettent transmission d’un couple et le


calage angulaire d’un organe de commande dans plusieurs
positions L’immobilisation de l’organe est réalisé par ajustement
serré (sans jeu) ou par pincement.

3 - Cannelures

Les cannelures sont utilisées pour transmettre un couple entre


arbre et moyeu. Elles sont plus performantes que les goupilles et
les clavettes mais réservées à des fabrications en série.

4 – le clavetage

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Un clavetage se réalise entre un arbre (1) et un moyeu (2) s’assemblant par l’intermédiaire de
formes cylindriques ou coniques. Le moyeu n’est lié qu’en rotation. Il peut coulisser sur
l’arbre.

Du fait du léger jeu entre la clavette et la rainure dans le moyeu, ces clavetages ne
conviennent pas des assemblages précis soumis à des mouvements circulaires alternatifs ou à
des chocs ( matage des portées).

Eléments constitutifs : 1 - Rainure de clavette dans l’arbre ; 2 - Rainure de clavette dans le


moyeu ; 3 – Clavette.

Différents types de clavettes

Clavette parallèle Clavette parallèle Clavette parallèle Clavette à disque


forme A forme B forme C

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5- Le Frettage

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III - LIAISON INDEMONTABLE

Liaisons fixées rigides permanents

1 – le soudage
Seuls les thermoplastiques peuvent être soudés. L’assemblage obtenu est homogène et la
résistance de l’assemblage est voisine de celle de la matière utilisée.
D’assez nombreuses méthodes de soudage existent : soudage par frottement, soudage par
haute-fréquence, soudage par ultrasons…

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Les symboles élémentaires en soudure sont dans le tableau ci-dessous.

Les types de soudure


 Soudage autogène: Les pièces à assembler, de même nature ou de composition
voisine, participent à la constitution du cordon de soudure. L’assemblage est « homogène »,
c’est à dire « fait du même métal ».
Exemple : Soudage au chalumeau oxyacéthylénique surtout employé pour souder des tôles
minces.
 Brasage: L’assemblage est hétérogène. La formation du cordon de soudure est assurée
par la seule intervention du métal d’apport qui agit comme une colle (les pièces conservent
leurs contours primitifs).
Brasage tendre : Soudage à l’étain pour souder des fils électriques.
Brasage fort : Soudage à l’argent ou au cuivre pour souder des canalisations.
Soudage électrique par résistance : Aucun métal d’apport. Le passage du courant crée un
échauffement qui provoque une fusion locale et le soudage des pièces.
Soudage par point ou à la molette : Surtout employé pour les travaux de tôlerie.

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2 – le rivetage
Les assemblages rivetés permettent d’obtenir économiquement une liaison encastrement
indémontable d’un ensemble de pièces par refoulement ou par expansion de matière d’un
élément malléable (aluminium, alliages d’aluminium, cuivre, laitons, aciers doux, aciers
inoxydables, alliages de zinc,…)

3 - Le sertissage
Le sertissage consiste à rabattre ensemble les bords de deux pièces en tôle, ou le bord d’une
pièce contre celui d’une autre, afin de les assembler.
Exemple : Assemblage du couvercle et du corps d’un détendeur de gaz.

4 – le collage
Les assemblages collés réalisent une liaison encastrement d’un ensemble de pièces en
utilisant les qualités d’adhérence de certaines matières synthétiques.
Intérêt du collage :
- Conservation des caractéristiques des matériaux ;
- Assemblage possible de matériaux très différents ;
- Etanchéité et anticorrosion de la liaison ;
- Suppression des couples galvaniques entre métaux différents ;

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- Procédé rapide pour un grand nombre de collages ;
- Bon aspect des pièces.
-
Exemples d’assemblages en fonction des sollicitations

5 – L’emmanchement force
Avant le montage, la cote effective de l’arbre (d2) est légèrement supérieure à la cote effective
de l’alésage (d1). On oblige l’arbre à pénétrer dans l’alésage avec un maillet ou une presse.

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ETUDE DE CAS : DIMENSIONNEMENT ET ASSEMBLAGE
D’UN SYSTEME MECANIQUE

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