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Cours de Mécanique non linéaire / Plasticité et Défauts CHAPITRE 3

Chapitre 3
Plasticité & Comportements mécaniques non linéaires des
matériaux solides

Introduction :
Tous les processus physiques sont intrinsèquement non linéaires dans une certaine mesure. Nombre
d’applications de la vie de tous les jours présentent des grandes déformations et / ou un comportement
matériau inélastique. Pour un industriel, ne pas prendre en compte le comportement non-linéaire peut
conduire à des pannes du produit, des problèmes de sécurité et des coûts inutiles.

En mécanique des structures, plusieurs types de non-linéarités peuvent être considérés :

1. les non-linéarités matérielles (Non linéarités matériaux) dues à la loi de comportement du


solide. Se réfère à la capacité d'un matériau à être régie par une réponse constitutive non
linéaire à une contrainte : L’élasto-plasticité, l’hyper-élasticité, viscoélasticité ou viscoplasticité
(fluage) etc.

2. les non-linéarités géométriques qui se manifestent dans les problèmes des grands
déplacements, des grandes rotations et des grandes déformations. La notion de "grands"
déplacements signifie tout simplement que l'hypothèse essentielle sur laquelle repose
l'élasticité linéaire, l'hypothèse des petites perturbations (HPP), n'est plus vérifiable. Celle-ci
stipule en effet que géométrie déformée et initiale doivent rester relativement proches

3. les non-linéarités liées à l'évolution des conditions aux limites. Ce type de non-linéarité apparaît
en particulier dans les problèmes de contact et de frottement entre solides. Ces phénomènes
sont décrits par des inéquations et des opérations de projection ;

Dans ce cours, nous nous intéresserons uniquement aux non linéarités matériaux. Les matériaux
présentent une étonnante diversité de comportement. Lorsqu’on leur applique des efforts, certains
matériaux, s’écoulent à la manière de fluides, d’autres résistent comme des solides. D’autres enfin
commencent par résister mais, si l’on augmente l’effort, finissent par céder et s’écoulent. Parmi ces
matériaux dits solides certains sont fragiles et cassent sans déformation apparente importante, d’autres
se déforment notablement avant rupture (on les dit ductiles).

Ce chapitre présente dans un premier temps les comportements des matériaux solides les plus
couramment rencontrés à l’échelle de l’ingénieur. A plus petite échelle, ces matériaux présentent des
mécanismes de déformation encore plus variés qu’il est utile de connaitre pour mieux comprendre leur
comportement macroscopique. Enfin, nous présenterons les éléments de bases analogiques et
modèles rhéologiques utilisées pour la modélisation du comportement des matériaux.

I. Notion de plasticité et de seuil de plastification

Lors d'un essai de traction (Figure 1.1) la plupart des matériaux présentent un domaine élastique
caractérisé par une relation de proportionnalité entre la contrainte et la déformation. Si la contrainte est
supprimée le matériau revient à sont état naturel non déformé.

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Figure 1.1 : Courbe contrainte-déformation : Déformation d'une éprouvette en traction simple :


(A) état non contraint et non déformé ;
(B) correspond à la limite d'élasticité (seuil de plasticité ou limite d’élasticité);
(C) état déformé au delà de la limite d'élasticité. La déformation totale est la somme de la déformation
plastique et de la déformation élastique ;
(D) Etat non contraint, mais déformé. La déformation totale est égale à la déformation plastique. NB : La
contrainte est définie comme le rapport de la force sur la surface actuelle (σ=F/S)

Dans la première partie de l’essai de traction, lorsqu’on applique un effort, le matériau se déforme
élastiquement, autrement dit la courbe de la charge et de la décharge sont identiques (σ < σe). A la
décharge, l’éprouvette retrouve sa longueur initiale.

Après avoir franchi un certain seuil en contrainte (σ > σe avec σe= Re), appelé limite d’élasticité (ou
seuil de plasticité), la déformation n’est plus linéaire, ni réversible et il apparaît une déformation
irréversible à la décharge.

Le seuil d’élasticité franchi, l’éprouvette se déforme plastiquement. Si on relâche l’effort, le module


d’élasticité peut être considéré comme non modifié par l’´ecoulement plastique, la déformation à la
décharge est proportionnelle à la contrainte selon le module d’élasticité de Young. En revanche
l’éprouvette ne retrouve pas sa longueur initiale, elle conserve une déformation permanente (figure
1.1). On introduit alors une partition des déformations entre une partie élastique et une partie plastique.
= .
+ .

Au delà de la limite d’élasticité, l’effort qu’il est nécessaire d’appliquer à l’éprouvette pour poursuivre sa
déformation ne reste pas constant mais croit de façon continue : ce fait traduit le phénomène de
consolidation ou d’´ecrouissage. Ce phénomène d’écrouissage s’explique au niveau de la
microstructure par l’augmentation de la densité de dislocations qui ont tendance à s’enchevêtrer et à se
bloquer.

L’effet d’écrouissage dû à l’écoulement plastique se produit pour des déformations croissantes si la


contrainte augmente. En effet si l’on décharge, le comportement redevient élastique. Ainsi la limite
élasticité augmente pendant l’écoulement. Ce phénomène se vérifie sur la figure 1.1, par des
décharges et recharges, l’augmentation des contraintes entraine une augmentation de la limite
élasticité. On parle alors de la limite d’élasticité actuelle, c’est-à-dire la plus grande valeur de contrainte
atteinte au cours du chargement.

II. Variété des comportements macroscopiques


La façon la plus élémentaire d’appréhender la variété des comportements des matériaux est de les
tester au moyen d’essais uni axiaux (ex : traction, flexion, torsion, cisaillement simple etc.)

II.1. Essai uni-axial de traction :


Un essai est dit uni-axial lorsque le tenseur de contrainte est porté par une direction fixe n . Dans le cas
de la traction, le tenseur de contrainte est :

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0 0
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= ⊗ = 0 0 0
0 0 0

L’état de contrainte est caractérisé par le seul champ scalaireσ = / . (Illustration figure 1.2)

Figure 1.2 : eprouvette soumise à une sollicitation de traction uni-axial (charge F dans la direction x)

L’essai uni-axial le plus classique est l’essai de traction simple. On soumet une éprouvette de traction à
une force dans une direction fixe. L’éprouvette, le plus souvent plane ou cylindrique de section
circulaire.

Figure 1.3 : courbe contrainte déformation pour un matériau ductile ou malléable.

Figure 1.4 : courbe contrainte déformation pour un matériau fragile

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Figure 1.5 : Courbe σ - ε pour plusieurs matériaux

Nous nous placerons dans le cadre de l’hypothèse des petites perturbations (H.P.P.). En
conséquence, la section S est la section initiale de l’éprouvette (la striction négligeable)

En simplifiant, les trois grands types de comportement qu’un matériau est susceptible d’exhiber (en
fonction de la température, de la vitesse de déformation et du niveau des contraintes) sont le
comportement élastique (linéaire), le comportement plastique (non linéaire) et le comportement
visqueux (non linéaire). Nous nous attarderons dans les chapitres suivants sur le comportement
élasto-plastique.

Différents types de chargement permettent de mettre en évidence différents aspects du


comportement des matériaux testés.

II-2 Charge monotone :


Lors d’un essai monotone, une sollicitation (piloté en contrainte ou déformation) est appliquée
progressivement au matériau jusqu’à rupture (traction, flexion, torsion). Cet essai permet de mettre en
évidence les phénomènes suivants (figure 1.6) :

1 La non linéarité éventuelle de la loi : l’essai met en évidence un domaine à l’intérieur duquel le
comportement est linéaire et à l’extérieur duquel il devient non linéaire (fig.6.a)

2 Le durcissement ou l’adoucissement du matériau. Le durcissement correspond au cas d’une


courbe (σ-ε) croissante (toute augmentation de déformation requiert une augmentation de
contrainte au-delà de la limité d’élasticité), tandis que l’adoucissement correspond à une
courbe (σ-ε) décroissante (la contrainte diminue alors que la déformation augmente). (Fig. 6b)

3 La plus ou moins grande ductilité du matériau : Lorsque la rupture intervient en même temps
que la perte de linéarité le matériau est dit élastique fragile. A l’inverse, est dit ductile s’il se
déforme beaucoup. Sur la figure 1.6.e. on note que sitôt après la perte de linéarité cette courbe
présente un plateau avant de se redresser pour des déformations plus importantes. On
représente souvent ce type de comportement par un modèle de plasticité parfaite (figure 1.6.f)

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Figure 1.6: Différents types de comportement en traction monotone. (a) : mise en évidence de la perte de
linéarité dans le comportement. (b) : caractère durcissant ou adoucissant (c) : matériau élastique-fragile. (d)
: matériau endommageable. (e) : courbe de traction réelle d’un acier doux, (f) : idéalisation de la courbe
précédente par un comportement élastique parfaitement plastique.

4 La viscosité du matériau : l’essai est contrôlé en déformation et effectué à différentes vitesses


de déformation . Si l’on obtient des courbes (σ- ε) différentes, le matériau testé présente une
viscosité, c’est à dire une sensibilité à la vitesse de sollicitation (fig.9).

II-3.Charge-décharge.

Le matériau est chargé jusqu’à F, puis on la ramène à 0. Cet essai permet de mettre en particulier en
évidence (figure 1.7) :

1 L’anélasticité: si les courbes de charge-décharge coïncident, le milieu est élastique


(éventuellement non linéaire) (fig.7.a). Dans le cas contraire il est anélastique. Après décharge
complète, il subsiste une déformation résiduelle. La déformation au point A se décompose donc
(figure 1.7b) :
= +

2 L’anélasticité ne se manifeste que lorsque la force atteint un certain seuil, qui est la limite
d’´elasticité du matériau. Initialement ce seuil est à σ0 (figure 1.7b). On effectue une décharge
de A à B puis on recharge en B. Dans la plupart des métaux la charge se fait à nouveau le long
du trajet AB et de façon élastique (le trajet AB est réversible). La limite d’élasticité pour une
charge à partir de B est donc σA. Si la limite d’élasticité est fixe (σA = σ0 pour tout A), le milieu
est parfaitement plastique. Si la limite d’élasticité varie (σA≠σ0), le matériau est écrouissable.
L’écrouissage est positif s’il y a durcissement (le seuil augmente avec la déformation), il est
négatif s’il y a adoucissement.

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Figure 1.7: Essai de charge-décharge. (a) : comportement élastique (éventuellement non linéaire). (b) :
comportement anélastique. (c) : effet Bauschinger. (d) : endommagement couplé à la plasticité.

3 Quand on effectue un essai de compression à partir de l’état naturel sans contrainte (à partir du
point O), on observe en général un seuil σ0 identique en traction et en compression. En
revanche si l’on déforme le matériau plastiquement puis qu’on le décharge (à partir du point A)
et que l’on prolonge la décharge par application d’une contrainte négative (compression), on
observe souvent une dissymétrie du seuil d’élasticité en compression par rapport à sa valeur en
traction: c’est l’effet Bauschinger (σC ≠ σA). (fig.7c)

4 Dans le domaine élastique et dans la plage des petites déformations, la charge et la décharge
s’effectuent le plus souvent suivant une droite. La plupart du temps la pente de cette droite est
la pente initiale de la courbe contrainte déformation, Il arrive cependant que le module
d’élasticité diminue lors d’une série d’essais décharge-décharge, il ya alors endommagement.

II-4. Essai cyclique.

On fait décrire au paramètre de chargement un trajet périodique comme représenté sur la figure 1.8d.
Cet essai permet de mettre en évidence (figure 1.8):

(a) l’adaptation. Le comportement est alors celui d’un solide élastique à une déformation résiduelle
près. Lors du premier cycle de chargement, la limite d'élasticité du matériau est dépassée et
une déformation plastique est observée. Cependant, après un certain nombre de cycles de
chargement, le comportement du matériau redevient élastique (figure 1.8a).

(b) L’accommodation. Le comportement du matériau reste plastique tout en décrivant une courbe
d'hystérésis qui se stabilise (figure 1.8b).

(c) Le rochet. La déformation résiduelle du matériau augmente à chaque cycle de chargement, ce


qui conduit à une ruine de la structure (figure 1.8c)

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Figure 1.8: Essai cyclique:(a): adaptation, (b): accommodation. (c): rochet, (d): chargement appliqué.

II-5. Sensibilité à la vitesse de déformation.

La sensibilité des matériaux à la vitesse de déformation à deux conséquences pour la tenue de ces
matériaux dans le temps qui sont le fluage et la relaxation (figure 1.9).

1. Relaxation des contraintes. La relaxation des contraintes est mise en évidence par le test
suivant: on impose en t = 0 une déformation ε que l’on maintient constante dans le temps. La
contrainte prend tout d’abord une valeur donnée par l’élasticité du matériau σ = E.ε, puis on
constate généralement qu’elle se relâche au cours du temps: c’est la relaxation (fig.9b).

Figure 1.9 : Matériaux sensibles à la vitesse de chargement.(a):mise en évidence de l’influence de la


vitesse de chargement.(b): Relaxation des contraintes (pointillés: matériau de type fluide).(c): Fluage (traits
pleins: matériau de type solide).

2. Fluage. C’est le phénomène dual du précédent. On impose brusquement une contrainte σ


qu’on maintient constante au cours du temps. Il en résulte une déformation initiale élastique ε
=σ/E puis généralement la déformation augmente avec le temps: c’est le fluage. (fig.9c)

III. Diversité des mécanismes microscopiques de déformations

Si la variété des comportements macroscopiques des matériaux est grande, celle des mécanismes
microscopiques de déformation l’est plus encore. Nous concentrerons notre attention sur les
matériaux cristallins qui présentent une structure très ordonnée de réseau à l’échelle atomique.
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III.1 Matériaux cristallins

Un matériau cristallin est formé de grains élémentaires, dont on distingue assez nettement les joints : il
s’agit en fait d’un polycristal, c’est à dire d’un assemblage de cristaux. Lorsqu’on observe ces grains
individuels ou à plus petite échelle (nanomètre ou angström), le réseau atomique régulier qui les forme
peut être distingué. L’orientation du réseau varie d’un grain à l’autre. La déformation macroscopique du
métal que l’on mesure dans un essai de traction « simple » se traduit à petite échelle par une
déformation des grains (figure 1.10).

Figure 1.10: Différentes échelles dans un polycristal : (a) : Monocristal dans ses axes de symétrie. (b) :
Grain (noter la rotation des axes de symétrie). (c) Polycristal (noter que chaque grain a son orientation
propre).

Chacun des grains se déforme en fonction de son orientation propre. A une échelle plus fine, la
déformation de chaque grain résulte de la déformation du réseau atomique qui le constitue (fig.11).

Figure 1.11: Déformation d’un réseau atomique régulier sous l’effet d’une contrainte. A gauche : traction
simple; à droite : cisaillement. (a) : traction simple, déformation du réseau, (b), traction simple, potentiel, (c)
traction simple, contrainte. (d) :cisaillement, déformation du réseau, (e), cisaillement, potentiel, (c)
cisaillement, contrainte.

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Aux très faibles déformations, le réseau se déforme par éloignement des plans atomiques par rapport à
leur position d’équilibre sans perturbation profonde du réseau.

Dans le cas de l’extension dans une direction (figure 1.11a, 1.11b et 1.11c), la déformation reste
élastique tant que la contrainte appliquée n’excède pas σmax, mais au delà de cette valeur, les plans
atomiques s’éloignent à contrainte décroissante. La contrainte σmax est donc la contrainte de séparation
du réseau atomique (contrainte de clivage). Le clivage est le mécanisme dominant de la rupture
fragile.

La situation est légèrement différente dans le cas du cisaillement. Dans ce cas une translation d’un pas
du réseau atomique le laisse globalement inchangé (à ceci près que les atomes en vis–à–vis avant
déformation et après déformation ne sont pas les mêmes).Ceci se traduit par la périodicité du potentiel
d’interaction inter-atomique qui peut être schématiquement représenté par une sinusoïde de période b.
Tant que le glissement x n’excède pas τmax, le réseau revient à sa position initiale lorsqu’on ramène le
cisaillement τ à 0. En revanche cette position devient instable lorsque τ atteint τmax et le plan atomique
supérieur retrouve une position d’équilibre stable en se déplaçant d’un pas (figure 1.11d, 1.11e,
1.11f).La contrainte τmax est la contrainte critique de cisaillement du cristal.

Le glissement est le mécanisme dominant de la rupture ductile et de la plasticité en générale. Les


glissements successifs sur les différents plans, même de très faible amplitude lorsqu’ils sont considérés
séparément, se cumulent pour former une déformation plastique macroscopique significative (fig. 12).

Figure 1.12 : Mise en évidence de marches à la surface d’un mono cristal soumis à une traction uni-axiale.

III.2 De la nécessité des défauts....

Que ce soit dans le cas de la rupture par clivage ou du glissement par cisaillement, le schéma présenté
précédemment est largement idéalisé. En effet, il suppose que la rupture par clivage ou le glissement
plastique se produisent simultanément en tous les points d’un plan atomique. Sous cette hypothèse,
des estimations simples de la contrainte de clivage et de la contrainte critique de cisaillement peuvent
être obtenues.

Examinons le cas du cisaillement. La contrainte de cisaillement est, en première approximation, une

2&
fonction sinusoïdale du déplacement « x » par rapport à la position d’´equilibre (figure 1.11f) :
≅ !" sin
'
Pour « x » petit, la distorsion (variation d’angle) entre les directions horizontale et verticale est donnée
(au premier ordre) par γ = x/a0. Le module de cisaillement µ en transformation infinitésimale (x<< b)
n’est autre que la tangente à la courbe (τ,γ) à l’origine :

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) 2&+,
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(= =
)* ' !"

Et dans le cas d’un réseau cubique (où a0 ≅ b) la contrainte critique de cisaillement et le module de
(
cisaillement devraient, selon ce modèle, être reliés par :
!" ≅
2&
Or l’ordre de grandeur des valeurs observées expérimentalement pour !" est généralement
nettement inférieur à cette valeur, de l’ordre de µ/1000. C’est donc que l’hypothèse du glissement en
mouvement de corps rigide d’un bloc sur l’autre est à remettre en question.

Un calcul de la contrainte de clivage, en tous points analogue au cas du glissement, donne une
estimation de cette contrainte max de l’ordre du dixième du module d’Young du matériau. Valeur très
largement supérieure aux valeurs observées expérimentalement. A nouveau l’hypothèse d’une
séparation en bloc le long d’un plan atomique n’est pas réaliste.

Les faibles valeurs des résistances observées dans les matériaux courants comparativement à ces
valeurs théoriques s’expliquent par la présence de défauts. Dans les matériaux fragiles, ces défauts
sont des microfissures. Dans les matériaux ductiles, ce sont des dislocations, c’est à dire des
lacunes du réseau atomique de base ou des demi plan atomique manquant (figure 1.13). Pour
déformer le matériau suivant la ligne AA' il suffit de rompre quelques liaisons atomiques seulement
(Figure 1.13) au voisinage de la dislocation. La partie supérieure glissera par rapport à la partie
inférieure

Figure 1.13 : Mouvement d’une dislocation le long d’un plan de glissement.

Pour en revenir à l’exemple du glissement plastique sous cisaillement, le défaut (la dislocation) se
propage de proche en proche jusqu’à déboucher, provoquant ainsi une «marche» analogue à celle que
provoquerait un glissement en bloc. Mais la contrainte nécessaire pour faire se propager ce défaut est
bien inférieure à la contrainte qu’il faut pour effectuer le mouvement en bloc.

Figure 1.14: L’analogie du « pli dans le tapis » explique la faible valeur de la contrainte
Permettant de propager une dislocation (le pli ou la bosse facilite le déplacement)

IV. Modèles analogiques du comportement mécanique

Ces modèles permettent d’avoir une image concrète simplifiée (uni-dimensionnelle) des équations
traduisant les lois de comportement générales qui elles sont tensorielles. Les briques de base le plus
utilisés, pour le modèle matériau, sont présentés dans le tableau ci-dessous :

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Ressort : Elasticité linéaire parfaite σ = -ε

Amortisseur : Viscosité linéaire . = η


newtonienne

Patin : Modèle rigide |.| ≤ .1


parfaitement plastique

Selon la matériau à modéliser, ces différentes briques de base peuvent être associées :
- Soit en série : 232 = ∑5 5 67 = 5

- Soit en parallèle : = ∑5 5 67 232 = 5

Nous allons dans la suite nous intéressé au modèle linéaire et non linéaire (construit à partir des
briques de base ci-dessus).

IV.1. Modèles linéaires

Ces modèles sont constitués d’assemblage de ressorts et d’amortisseurs linéaires.

⇒ Élastique parfaite : La relation qui lie les déformations aux contraintes est σ = f(ε) comme indiqué
ci-dessous. La réversibilité est instantanée, la figure 1.15 donne l’allure caractéristique des courbes de
réponses aux trois types d’essais types : écrouissage, fluage et relaxation.

Figure 1.15:

⇒ Viscosité parfaite : Dans ce cas, les contraintes dépendent seulement de la variation temporelle
des déformations telles que = 8 . Les différentes relations contraintes-déformations sont illustrées
sur la figure ci-dessous.

Figure 1.16 :
:;
Pour le fluage à contrainte imposée σ = , → = 7
σ = 0 → ε = <76 = = >luage illimité à t ∞
η

L’essai de relaxation est théoriquement impossible, on ne peut pas imposer instantanément une
déformation au système, car à une vitesse ∞ correspond une contrainte ∞. La réponse en relaxation
est représentée par une «fonction de dirac ».
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⇒ Viscoélasticité : Dans ce cas, les contraintes dépendent à la fois des déformations et de leur
variation temporelle tel que = 8 , .
Différents modèles peuvent être proposés. Les deux plus simples sont constitués d’un montage en
série ou en parallèle. Les allures des courbes de réponses sont données ci-dessous.

Modèle de Maxwell :

Figure 1.17 :

:; :
Pour l’essai de fluage σ = , → = 7 + G;
η

:;
représente une déformation instantanée
G

σ = 0 → ε = <76 = = >luage illimité à t ∞

J
I 2
Pour l’essai de relaxation = , → = H , 6 η relaxation complète à t ∞

Modèle de Kelvin-Voigt :

Figure 1.18 :
J
:; I 2
Pour l’essai de fluage σ = , → = 1−6
G
η

:;
représente une déformation instantanée
G

J
I 2
σ = 0 → ε = =6
η >luage limité dans le temps

L’essai de relaxation est théoriquement impossible, on ne peut pas imposer instantanément une
déformation au système (vitesse ∞ → contrainte ∞)
D’autres modèles plus complexes peuvent être construits sur le même principe, mais ce n’est pas
l’objectif de ce cours

IV.2. Modèles non linéaires

La non linéarité peut venir :

- du comportement du ressort ou de l’amortisseur ;


- de l’introduction d’un patin.

Toute combinaison comportant un élément non linéaire aura un comportement non linéaire. Nous nous
intéressons ici au non linéarité caractérisant la plasticité (patin). Dans le tableau suivant nous donnons
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l’allure de la courbe de réponse à l’essai d’écrouissage pour les modèles que nous rencontrerons par la
suite.

Analogie mécanique Modèle de comportement Essai d’écrouissage

Rigide Plastique Parfait


RPP

Elasto-Plastique Parfait
EPP

Rigide plastique avec


écrouissage
RPE

Elasto-Plastique avec
écrouissage
EPE

IV.3 Quelques lois simples de plasticité

Les principales lois de comportement phénoménologiques utilisées sont les :

la loi de Hollomon ou loi puissance, décrite sur la figure 1.19, ou la contrainte est donnée sous
la forme (K et n sont deux paramètres) :
=O P

ε
Figure 1.19 : Loi de Hollomon

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Pour identifier les paramètres K et n, on transforme la courbe en logarithme ln(σ) – ln(ε), qui devient
linéaire. La pente de cette courbe donne le coefficient n, appelé coefficient d’écrouissage.

La loi de Ludwik, décrite sur la figure 1.20, qui a la forme (σe, K et n sont des paramètres) :

= Q + O P

Figure 1.20 : Loi de Ludwick

Pour obtenir les paramètres σe, K et n, il faut dans ce cas tout d’abord identifier σe, qui est en fait la
limite d’élasticité du matériau, puis transformer la courbe en ln(σ) – ln(ε), pour obtenir les deux autres
paramètres.

La loi de Swift ou loi de Krupkowski, représentée sur la figure 1.21, qui s’écrit (K, ε0 et n sont
des paramètres) :

=O , +ε P

Figure 1.21 : Loi de Swift

On remarque qu’avec cette loi, la limite d’élasticité du matériau vaut Q =O , ,


P
et que le paramètre n
n’est pas le coefficient d’´ecrouissage du matériau.

« La beauté est une demi-faveur des dieux, l'intelligence en est une


entière »
Par la psychologue Arielle Adda
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