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SECTION 1 

: cadre légale et règlementaire

Le milieu de travail comporte le plus souvent des dangers qui constituent des risques pour
l'intégrité physique, physiologique, et psychologique de l'homme dont les réalisations se
traduisent par les accidents du travail (AT) et les maladies professionnelles(MP). Ces AT et
MP ont des impacts socio-économiques négatifs lorsqu'ils surviennent pour la victime et sa
famille (souffrances de la victime, invalidité, perte d'un membre pourvoyeur de revenu, ...),
pour l'entreprise (dépenses médicales, dégâts matériels, arrêts de travail, perte d'un travailleur
qualifié, ...) et pour la nation (réparation des AT et MP).

Selon le BIT, toutes les 15 secondes, 160 travailleurs sont victimes d'un accident lié au travail
dont un travailleur meurt d'un accident ou d'une maladie liée au travail ; chaque jour, 6 300
travailleurs meurent d'un AT ou d'une maladie liée au travail soit 2, 3 millions de morts/an,
337 millions d'AT/an entraînant des absences prolongées du travail.

Au Burkina Faso, selon les statistiques de la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS) on a
dénombré de 2005 à 2009, 10 408 AT et MP soit en moyenne 2 082 cas par année. La
réparation a coûté plus de 4 435 406 740 FCFA soit un coût moyen 426 154 FCFA par risque
professionnel1. Au regard de ces constats, l'Organisation internationale du travail (OIT) a fait
de la sécurité et santé au travail une préoccupation à travers l'élaboration des conventions et
recommandations en la matière dont entre autres : la Convention N°148 sur le milieu de
travail (pollution de l'air, bruit et vibrations) de 1977 , la Convention N°155 sur la sécurité et
la santé des travailleurs de 1981, la Convention N°161 sur les services de santé au travail de
1985 (ratifiée par le Burkina le 25 août 1997)

Aussi, les pouvoirs publics, ayant pris conscience des conséquences négatives des AT et MP
et pour sécuriser les hommes, ont obligé d'abord les employeurs à prendre des mesures
nécessaires pour préserver la santé et sécurité des travailleurs puis, ont ensuite responsabilisé
ces derniers à préserver leur propre santé et sécurité et celle des autres.

De fait, on se rappelle qu'en France, qu'un décret du 15 Août 1941 institua des comités de
sécurité dans les établissements industriels et commerciaux. Il est suivi par une loi du 23
décembre 1982 qui réunit les notions d'hygiène, de sécurité et de conditions de travail, en
créant le Comité d'Hygiène, de Sécurité et des Conditions de Travail (CHSCT). Cet organe
bipartite, composé de l'employeur et ses représentants d'une part et des représentants du
personnel d'autre part, a pour mission de contribuer à la protection de la santé et de favoriser
la sécurité des salariés de l'établissement ainsi que l'aménagement des conditions de travail. Il
veille à l'observation des prescriptions législatives et réglementaires, notamment en matière de

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Annuaire statistique de la CNSS N°17-Année 2009, Page 123 Tableau 6.1.2, décembre 201
risques professionnels, il procède à l'analyse des risques professionnels auxquels peuvent être
exposés les salariés.

Au Burkina Faso, c'est le RAABO N°511/T.SS.FP/S du 23 octobre 1986 portant création,


composition et fonctionnement comité d'hygiène et de sécurité (CHS) qui introduira cet
organe. La notion de « sécurité et santé au travail » a été pris en compte par la loi N°033-
2004/AN du 14 septembre 2004 portant Code du travail au Burkina Faso et renomma ainsi le
CHS en comité de sécurité et santé au travail (CSST)2.Aussi, l'Etat a mis en place des
structures chargées de veiller à l'application des dispositions y relatives telles l'Inspection du
travail (IT), la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS), l'Office de santé des travailleurs
(OST), l'Inspection médicale du travail (IMT),

Pour l'Inspection du travail, la prévention des risques professionnels est l'une des missions
principales qui participe du souci, de protéger l'homme au travail dans la mesure du possible
contre les accidents, les maladies et autres désagréments inhérents à chaque profession. Elle
vise les objectifs suivants :

- la promotion et le maintien du plus haut degré de bien- être physique, mental et social
des travailleurs dans toutes les professions;

- la prévention de tout dommage causé à la santé du travailleur par les conditions du


travail;

- la protection des travailleurs contre les risques résultant de la présence d'agents


préjudiciables à leur santé;

- le placement et le maintien du travailleur dans un emploi convenable à ses aptitudes


physiologiques et psychologiques.

Cette mission s'accomplie pour une large part à travers des contrôles dans les établissements
ou les entreprises, en vue de veiller en général à l'application des prescriptions législatives et
règlementaires en matière de travail et particulièrement d'assurer la préservation et la
promotion de la SST.

Le code du travail est une ressource clé en ce qui concerne la problématique de la


SST, c’est le document de base au Burkina Faso. La loi n 028-2008/AN du 08 mai
portant code du travail au Burkina Faso, elle contient 10 titres et 433 articles, quant
aux dispositions de la SST elles sont regrouper au niveau du titre 5 intituler
SECURITE ET SANTE AU TRAVAIL, SERVICES SOCIAUX
D’ENTREPRISE précisément dans le chapitres 1 intitule SECURITE ET SANTE
AU TRAVAIL. Ce titre traite des différentes questions relatives à la SST à travers 19
articles allant de l’article 235 à l’article 264. Le code de travail s’impose sur tout le
territoire burkinabè et régit les obligations légales de tout chef d’entreprise et des
salaries en ce qui concerne la SST. Il dispose en son article 235 que l’employeur est
2
 Cf. article 238 la loi N°033-2004/AN du 14 septembre 2004 portant Code du travail au Burkina Faso
responsable de l’application des mesures prescrites par les dispositions du titre 5 et par
les textes pris pour leur application.

Selon l’article 241 : Les lieux de travail doivent être soumis à des surveillances régulières
dans les conditions et modalités fixées par l’autorité compétente en vue notamment, de
vérifier la sécurité des équipements, des installations et de surveiller les risques pour la
santé sur les lieux de travail.

Aussi, conformément a l’article 242 : Les travailleurs doivent être informés et instruits de
manière complète et compréhensible des risques professionnels existant sur les lieux
de travail et recevoir des instructions adéquates relatives aux moyens disponibles et la
conduite à tenir pour les prévenir. A ce titre, l’employeur doit leur assurer une
formation générale minimale en matière de sécurité et de santé au travail.

Tout employeur au Burkina Faso a pour obligation