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LES NOMBRES COMPLEXES

I. Introduction

Considérons les équations suivantes :

(1) x + 2 = 0 (2) 4x + 5 = 0 (3) x 2 − 5 = 0 (4) x 2 + 4 = 0

 Dans (ensemble des naturels), l’équation (1) n’admet pas de solution.


0n résout ce problème en ‘créant’ les nombres négatifs.
Dans (ensemble des entiers), cette équation a comme solution -2.

 Dans , l’équation (2) n’a pas de solution.


On ‘introduit’ les fractions.
5
Dans (ensemble des rationnels), cette équation a comme solution − .
4

 Dans , l’équation (3) n’a pas de solution.


On s’en sort en ’inventant’ les nombres irrationnels.
Dans (ensemble des réels), l’équation (3) admet deux solutions : 5 et − 5 .

 Dans , l’équation (4) n’a pas de solution.


C'est ainsi « qu’arrivent » de nouveaux nombres : les nombres complexes.
Il forment l’ensemble et permettent de déterminer les solutions de cette équation.

Informations

Historiquement, ce n’est pas en cherchant les solutions d’une équation du second degré, mais celles d’une équation
du 3e degré que les mathématiciens italiens du XVIe siècle furent confrontés à la racine carrée d’un nombre négatif.
Cardano (1501-1576), Tartaglia (1499-1557) et Ferrari (1522-1565) désignèrent par le symbole −1 , la racine
carrée apparemment inexistante de -1 et c’est Bombelli (1526-1572) qui établit les règles de calcul des nombres
complexes.

Dès lors, une équation de degré n possède n solutions (il s’agit là du théorème fondamental de l’algèbre !)

Ce sont les publications de Cauchy (1789-1857) (écriture trigonométrique des nombres complexes) et de Gauss
(1777-1855) (plan complexe) qui diffuseront les nombres complexes dans le monde (mathématique).

En 1905, les nombres complexes ont permis de formaliser la théorie de la relativité (restreinte) d’Einstein (1879-
1955).

Aujourd’hui, les nombres complexes interviennent dans de nombreux domaines, ils modélisent notamment les
phénomènes ondulatoires en électricité et plus généralement en électromagnétisme, ils permettent d’exprimer les
vitesses d’écoulement dans les fluides,…
Des fractales (introduisez « fractale » dans un moteur de recherche pour obtenir de belles représentations en
couleur de fractales) sont construites à partir de nombres complexes. Leurs domaines d’application sont à la pointe
de l’innovation.

Pour information encore, au XIXè siècle, Hamilton (1805-1865) étend les nombres complexes aux ‘nombres’
quaternions.

Les nombres complexes - p.1


II. Définitions

 Nous définissons le nombre i par la formule i 2 = −1


i et - i sont les racines carrées de - 1.

 Si a , b  , z = a + bi est un nombre complexe, donné sous sa forme algébrique.


Si b = 0 , z = a est un réel, ce qui entraîne que est inclus dans .
Si a = 0 et b  0 , z = bi est un imaginaire pur.

 a est la partie réelle du nombre complexe z ( a = z ), b est sa partie imaginaire ( b = z ).

 z = a − bi est le nombre complexe conjugué du nombre complexe z = a + bi

 z = a 2 + b 2 est le module (ou la valeur absolue) de z . ( z  )

III. Représentation géométrique des nombres complexes dans le plan de Gauss

Considérons un système d’axes orthonormés :


y
À tout nombre complexe z = a + b i faisons
b P correspondre le point P de coordonnées
réelles ( a , b ) .

Nous voyons donc que chaque complexe


a x a + bi peut-être associé à un couple de
réels, à savoir le couple (a , b) et
réciproquement, chaque couple de réels
(a , b) peut être associé au complexe a + bi .

Nous avons donc créé une bijection entre l’ensemble et l’ensemble 2


.

L’ensemble des points images des nombres complexes est le plan de Gauss ou plan complexe.

P est le point image du complexe z et on dit que z est l’affixe du point P.

Remarques

1. L’axe Ox est appelé axe réel (c’est l’ensemble des points images des nombres réels).
2. L’axe Oy est appelé axe des imaginaires (c’est l’ensemble des points images des nombres
imaginaires purs).
3. Les points images de nombres complexes conjugués sont symétriques par rapport à l’axe
réel (Ox).
4. Les nombres complexes ne sont donc pas ordonnables (on ne résoudra donc pas d’inéquations dans ).

Propriétés

Si P1 et P2 sont les points images de z1 et z2 , alors le point image P de z1 + z2 est tel que
OP = OP1 + OP2 et le point image R de rz1 est tel que OR = r OP1 .

Les nombres complexes - p.2


IV. Opérations dans l'ensemble des nombres complexes (sous formes algébriques)

Remarque Dans la suite z, z ', z ''... représentent respectivement les nombres complexes a + bi ,
a '+ b ' i , a ''+ b '' i ….

1. Égalité
a = a '
a + bi = a '+ b ' i si et seulement si 
b = b '
Des nombres complexes sont égaux si et seulement leurs parties réelles sont égales ainsi que
leurs parties imaginaires.
(Deux nombres complexes égaux sont représentés par le même point image dans le plan de
Gauss.)

2. Addition ( a + b i ) + ( a '+b ' i ) = ( a + a ' ) + ( b + b ' ) i

Et, dans 2
, nous avons (a; b) + (a '; b ') = (a + a '; b + b ') .

Les propriétés de 2 , + peuvent donc être transférées à , +


, + est un groupe commutatif (l’addition dans est une loi interne et partout définie,
associative, commutative, l’élément neutre est 0 et tout nombre complexe a + bi possède un
symétrique – a – bi, appelé opposé)

N.B. : L’addition de nombres complexes se réduit à l’addition de nombres réels.

Exemples

(3+2i)+(5–4i)=
( − 2 + i ) − ( 4 − 4i ) =
( 3 ; 2 ) + ( 5 ; – 4) =

3. Multiplication scalaire k.(a + bi) = k.a +k.bi

Et, dans 2
, nous avons k (a ; b) = (k a ; k b) .

Les propriétés de la multiplication scalaire dans , 2


, + peuvent donc être transférées à
, , + qui est un espace vectoriel.

Note : La multiplication scalaire se réduit à deux multiplications de réels.

Exemples

3.(4–7i)=

3 . (4 ; –7 ) =

Les nombres complexes - p.3


4. Multiplication

( a + b i ) . (a '+b ' i ) = ( a a '−b b ' ) + ( a b '+a ' b ) i

En pratique, il suffit d’effectuer suivant la règle du produit de polynômes et de remplacer


i2 par − 1 .

Exemples

(4–7i).(2–i)=

(4–7i).2=

(4;–7).(2;–1)=

Remarques :
- la multiplication scalaire est un cas particulier de la multiplication dans l’ensemble des
complexes.
- Les propriétés de groupe ne sont plus ici aussi évidentes (que représente la multiplication dans
le plan de Gauss ?).

La multiplication dans est une loi qui possède les propriétés suivantes :

a. Interne et partout définie : il est toujours possible de multiplier deux nombres


complexes et leur produit est encore un nombre complexe

b. Associativité :  z, z ', z " : ( z z ') z " = z ( z ' z ")


En effet, d’une part on a z z' = (aa'−bb') + (ab'+a' b) i
et ( zz') z'' = (aa '−bb') + (ab'+a ' b) i (a ''+b" i )
= (aa' a"−bb' a"−ab' b"−a' bb") + (aa' b"−bb' b"+ab' a"+a' ba") i
et d’autre part, on a z' z" = (a' a"−b' b") + (a' b"+a" b') i
z ( z' z") = (a + bi ) (a ' a"−b' b") + (a ' b"+a" b') i
= (aa' a"−ab' b"−ba' b"−ba'' b') + (a' a"b − bb' b"+aa' b"+ab' a") i
b g
d’où : z z' z" = z z' z" . b g
c. Commutativité :  z, z '  : z z ' = z ' z
En effet, z z' = (aa'−bb') + (ab'+a' b) i et z' z = (a' a − b' b) + (b' a + a' b) i
d’où z z' = z' z

d. 1 est l’élément neutre (ce qui prolonge l’opération correspondante dans ).


 z  : 1.z = z = z.1
En effet, 1.z = 1.(a + bi) = a + bi = (a + bi ).1 = z.1

e. Elle admet un symétrique à tout élément z de .

Cet élément symétrique est appelé inverse et est noté z-1 .

Ah oui ? Et quel serait cet inverse ??

Les nombres complexes - p.4


On cherche donc un nombre complexe z −1 =  +  i tel que z −1 z = 1

( +  i ) (a + bi ) = 1

Il faut donc a + bi  0 , ce qui était à prévoir.


1 a − bi z
Donc tout complexe non nul admet un inverse qui vaut : z −1 = = 2 2= 2 .
z a +b z

Il résulte de ceci que ,  n’est pas un groupe puisque 0 n’a pas d’inverse.
Par contre, 0 , est un groupe commutatif.

5. Distributivité de la multiplication par rapport à l’addition

 z, z ', z "  : z ( z '+ z ") = zz '+ zz "

En effet, on a d’une part : z'+z" = (a'+a") + (b'+b") i


z( z'+z") = a(a'+a") − b(b'+b") + i a(b'+b") + b(a'+a")
z( z'+z") = (aa'+aa"−bb'−bb") + i (ab'+ab"+ba'+ba")
et d’autre part : z z' = (aa'−bb') + i (ab'+a' b)
z z" = (aa"−bb") + i (ab"+a" b)
zz'+zz" = (aa'+aa"−bb'−bb") + i (ab'+ab"+a' b + a" b)
b g
d’où : z z'+z" = zz'+zz"

En résumé

 , + est un groupe commutatif ;


 0 , est un groupe commutatif ;

 la multiplication distribue l’addition dans .

Ceci se traduit mathématiquement par : , +,  est un champ

De ce qui précède, il résulte clairement que  et que  x, y, z  , l’addition et la


multiplication définies dans ou dans donnent le même résultat.

prolonge donc Calcul dans l'ensemble des nombres complexes

Les nombres complexes - p.5


6. Division

La division d’un nombre complexe z par un nombre complexe z’ est le produit de z par
z 1 z. z ' z . z '
l’inverse de z’ , = z. = = (des propriétés des conjugués et des modules vont être étudiées page 14)
z' z ' z '.z ' z ' 2

a + bi
Ainsi, en pratique, =
c + di

a + bi ac + bd bc − ad
On a donc = 2 2
+i 2
c + di c + d c + d2

Exemples

1
=
1 + 2i

3−i
=
1 − 2i

7. Puissances de i

i= i5 = i 4n +1 =
i2 = i6 = i 4 n +2 =
( n )
i3 = i7 = i 4 n +3 =
i4 = i8 = i 4n =

Exercice

(2 − 5i ) =
3

Les nombres complexes - p.6


8. Racine carrée

Un nombre complexe admet toujours deux racines carrées opposées.

Dans le cas où z est un réel, les racines carrées sont faciles à calculer.
Dans les autres cas, les racines carrées seront évidemment de la forme x + iy avec xy  0 .
Mais comment déterminer ces racines carrées ? (deux méthodes sont illustrées ci-dessous)

Exemples
( ) ( )
2 2
 Les racines carrées de - 3 sont 3 i et − 3 i car 3i = −3 et − 3 i = −3 .
 Recherchons les racines carrées de 3 + 4 i (remarque : l’écriture (racine carrée positive) n’a pas de sens dans )

Méthode 1 : on cherche un nombre complexe x + y i tel que ( x + y i) = 3 + 4 i 2

 x2 − y2 + 2 xy i = 3 + 4 i
 2  2 2  2 4
 x2 − y 2 = 3 x −   = 3 x − 2 =3
x − y = 3 
2 2
  x x
   2    
2 xy = 4  y = ( x  0)  2 y = 2
 x  y = x  x
R|x − 3x
4 2
−4 = 0 (1)
S| y = 2
T x ( 2)

(1) x 4 − 3x 2 − 4 = 0  = 9 − 4(1) (−4) = 25


3+5 3−5
x12 = = 4 et x22 = = −1
2 2
Comme x 2 est un nombre réel, x22 = −1 est à rejeter.
x12 = 4 d'où x = 2 ou x = −2
2
Pour x = 2, on trouve y = = 1 .
2
2
Pour x = −2, on trouve y = = −1 .
−2

Les racines carrées sont donc : 2 + i et − 2 − i

Méthode 2 : on cherche un nombre complexe x + y i tel que ( x + y i)2 = 3 + 4 i


 x² − y ² = 3  x ² + (− y ²) = 3
 x² − y ² = 3  x² − y ² = 3  
    − x ² y ² = −4   x ².(− y ²) = −4
2 xy = 4  xy = 2  xy  0  xy  0
 
On cherche donc deux nombres réels x et − y dont la somme est 3 et dont le produit est
2 2

– 4. On obtient (à l’aide du théorème de Viète par exemple) x 2 = 4 et − y 2 = −1 ,


ce qui donne x = 2 ou x = −2 et y = 1 ou y = −1 or xy  0

Les racines carrées sont donc : 2 + i et − 2 − i

Remarque : Il n’y a que deux combinaisons de signes correctes car le produit xy a le même
signe que la partie imaginaire.

Les nombres complexes - p.7


V. Résolution d’une équation du second degré dans

On veut résoudre l’équation : az 2 + bz + c = 0, a, b, c  , a  0

1. Équation à coefficients réels (a, b, c  )

Résoudre l'équation z 2 − 2z + 5 = 0

 = (−2) 2 − 4(1) (5) = 4 − 20 = −16 = 16i 2 = (4i ) 2

2  4i
z= et z = 1 + 2 i ou z = 1 − 2 i = z
2
Remarque : dans une équation du deuxième degré à coefficients réels, les 2 solutions sont 2 nombres conjugués

2. Équation à coefficients complexes (a, b, c  )

1 2
Résoudre l'équation z + ( i − 4 ) z + 5 − 10 i = 0
2
FG 1IJ (5 − 10i) = i
 = (i − 4) 2 − 4
H 2K − 8 i + 16 − 10 + 20 i = 5 + 12 i
2

On calcule les racines du discriminant  :


 x² − y ² = 5  x ² + (− y ²) = 5
x² − y ² = 5  
  − x ² y ² = −36   x ².(− y ²) = −36
2 xy = 12  xy  0  xy  0
 

On obtient x 2 = 9 et − y 2 = −4 , ce qui donne x = 3 ou x = −3 et y = 2 ou y = −2


−(i − 4)  (3 + 2 i)
Comme xy  0 ,  = 5 + 12i = (3 + 2i ) 2 et z =
1
ce qui entraîne z = 7 + i ou z = 1 − 3 i

Conclusion

Dans l’ensemble des nombres complexes, toute équation du second degré possède deux racines
(distinctes ou non). En particulier, lorsque ses coefficients sont réels, ses racines sont soit
réelles, soit complexes conjuguées.

Ceci devient évident au départ de la formule qui permet de déterminer les racines d'une
équation du second degré :
−b  b 2 − 4ac
x=
2a
Tout trinôme du second degré est donc factorisable dans : az 2 + bz + c = a ( z − z1 ) .( z − z2 )

Généralisation

Dans l’ensemble des nombres complexes, toute équation de degré n possède n solutions
(distinctes ou non) complexes ou réelles.
C’est le théorème fondamental de l’algèbre.

Les nombres complexes - p.8


VI. Exercices

A Calculer, dans .

1) ( 2i − 3) − (3i + 4) =

2) ( 2 − i ) + ( −3 − 4i ) − ( 2i + 5) =

3) 2 + ( 3 − 5i ) + 4i − ( i − 3) =

4) 2.( 3 − 5i ) =

5) i.( i + 1) =

6) (1 − i ).(1 + i ) =

7) ( 4 − 3i ).( 2 − i ) =

8) ( 4 + 3 j ) .( 3 + 4 j ) =
Remarque : il est courant en physique que la lettre i ait un autre emploi que celui fait dans ce cours,
les physiciens utilisent alors souvent la lettre j (avec j 2 = −1 )

( 2 − 3i ) =
2
9)

10) (1 + i ) =
3

11) ( 2 + 3i ) =
4

12) i 2021.( 2 + i ) =
2

1
13) =
i

1
14) =
2 − 3i

10
15) =
−4 − 3i

2 + 3i
16) =
1 − 4i

Les nombres complexes - p.9


5−2j
17) =
−3 − j

1+ i 1− i
18) + =
1− i 1+ i

5i 3+i
19) + =
4 + 3i 2 − i

i 1
20) + =
2 + 3i 2 − 3i

3+i 3 −i
21) + =
3 −i 3+i

1 − 4i 2 − 5i
22) + =
3 + i 4 + 2i

(1 + i )
2

23) =
(1 − i )
2

7
 3 −i 
24)   =
1+ i 3 

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2
 3 − i 7 i + i14 
25)  +  =
 2+i 2−i 

5
 2 +i 2 −i 
26)  + − 1 =
 2 − i 2 + i 

( )
3
1− 2 3 − i 2 + 3 
27)   =
 2 − 4i 
 

28) les racines carrées de −16

29) les racines carrées de 3 + 4i

Les nombres complexes - p.11


30) les racines carrées de 21 − 20i

31) les racines carrées de i

32) À quelle(s) condition(s) le carré du nombre complexe z = x + yi est-il un réel ?

33) À quelle(s) condition(s) le cube du nbre complexe z = x + yi est-il un imaginaire pur (sans jeu de mots) ?

B Résoudre, dans .

1) 4 z 2 + 25 = 0
2) z 2 − 3z + 9 = 0
3) 2z ( 2 − z ) = 3
4) z 2 − (3 − 2i ) z + 5 − i = 0
5) (3 − i ) z 2 + (5i − 1) z + 2 = 0
6) ( 2 − 4i ) t 2 + (8 − 10i ) t + 7 − 6i = 0
7) iz 2 − 2i = iz + z − 2
3 i
8) z 2 = −
2 2
9) 2 z 4 + 5 z 2 + 3 = 0
10) iz 4 − ( 5i + 2) z 2 + 5(1 + i ) = 0
11) z 4 + z 3 + z 2 + z + 1 = 0
12) z 6 + z 4 + 16 z 2 + 16 = 0
13) u 6 + 64 = 0
14)  4 + 6 3 +  2 + 12 + 4 = 0
15) z 2 (1 − z ) = 16
2

16) z 2 (1 − z 2 ) = 16
17) z 5 + 32 = 0
18) (1 − z 3 ) − (1 − z ) = 0
3 3

19) ( z 2 − 2 ) + ( z 2 + 1) = 0
3 3

1
20) ( z + 2cos  ) =
2

z2

Les nombres complexes - p.12


C Exercices dans le plan de Gauss.

1) On donne le nombre complexe z = 5 − 2i

a. Placer le point image P de z dans le plan de Gauss.

b. Quel est l’opposé de z ? Placer son point image Pop dans le plan de Gauss.

c. Quel est le conjugué de z ? Placer son point image Pco dans le plan de Gauss.

d. Quel est le module de z ?

e. Placer les points P1, P2 et P3 des nombres complexes z + 1 , 2i − z et 2 − 3i dans


le plan de Gauss. Quelle est l’affixe de chacun de ces points ?

2) Dans le plan de Gauss, quel est l’ensemble des points images des nombres complexes de
module 2 ?

Les nombres complexes - p.13


VII. Polynômes dans
Théorème 1

Si tous les coefficients d’une équation polynomiale sont réels alors, à toute solution
trouvée, correspond une deuxième solution conjuguée de la première.

Démonstration :

Théorème 2

Dans , tout polynôme de degré n possède n racines (comptées avec leur multiplicité).

Ce théorème, admis, un le théorème fondamental de l’algèbre.


Explication « multiplicité » : P ( z ) = ( z + 2 )( z − i ) :
2

-2 est une racine simple (de multiplicité 1) et i est une racine double (de multiplicité 2)

Division de polynôme

Diviser P(z) par D(z) ( avec d° P(z) ≥ d° D(z) ), c’est rechercher les polynômes
(uniques) Q(z) et R(z) tels que : P(z) = D(z) . Q(z) + R(z) avec d° R(z) < d° D(z)

Loi du reste

Le reste de la division de P(z) par (z-a) vaut …


Conséquence : P(z) est divisible par (z-a) ssi …

Exercices

1) Soit P ( z ) = z 4 − 14z3 + 74z 2 − 126z + 585


a. Calculer P(3i)
b. Rechercher toutes les racines de P(z)
2) Calculer le quotient et le reste de la division de P ( z ) = 4z3 − ( 2 − i ) z 2 + iz − i + 2 par z+1

3) Pour quelle valeur de m, P ( z ) = z 4 − 2iz 3 + (i − m) z + 2m est-il divisible par z-2i ?


9
4) P ( z ) = z 4 − 3z 3 + z 2 − 3z + 1
2
a. Calculer P(1+i)
b. Montrer que si α est une racine de P(z) alors 1/α est aussi une racine de P(z)
c. En déduire toutes les racines de P(z)
5) Soit l’équation x4 − 3x3 − 2x2 + 10x − 12 = 0 ( x  )
a. Montrer que 1+i est solution de l’équation
b. Trouver les autres solutions de l’équation

Les nombres complexes - p.14


VIII. Propriétés
(remarque : les propriétés non démontrées se démontrent aisément, ces démonstrations sont laissées au soin du lecteur)

1. Propriétés des nombres complexes conjugués

 z  : z = z

 z  : z = z  z 

 z, z '  : z = z '  z = z '

 z, z '  : z + z ' = z + z '

 z, z '  : z.z ' = z.z '

1 1
 z  0 :  =
z z
z z
 z  et z '  0 :  =
 z' z'

 z  : z + z = ( a + b i ) + ( a − b i ) = 2a  ,
et puisque 2a  2 a2 + b2 , on a z + z  2. z

z  : z.z = (a + bi ).(a − bi) = a 2 + b 2  , z  : z.z = a 2 + b 2 = z


2

2. Propriétés du module d’un nombre complexe

 z : z = z

z =zz
2
 : z

 z =0 z =0

 z : z 0

 z, z '  : z z' = z z'

En effet : d’une part : z = a 2 + b2 et z ' = a '2 + b '2


z z ' = a 2 + b 2 a ' 2 +b' 2 = (a 2 + b 2 ) (a ' 2 +b' 2 ) = a 2 a '2 +b 2 a '2 +a 2b'2 +b 2b'2
Et d’autre part : zz' = (aa'−bb') + i (ab'+a' b)
z z ' = (aa '−bb' ) 2 + (ab'+ a ' b) 2 = a 2 a ' 2 −2aa ' bb'+b 2 b' 2 + a 2 b' 2 +2aa ' bb'+ a ' 2 b 2
= a 2 a '2 +b 2 a '2 +a 2b'2 +b 2b'2

Les nombres complexes - p.15


1 1
 z  0 : =
z z
En effet : z  0 , on a successivement :
1 1 1 1 1
z. = 1 z. = 1 z . =1 =
z z z z z

z z
 z  , z  0 : =
z' z'
 z  : z+z  2 z
En effet : z + z = 2a et z = a2 + b2
or a  a 2 + b2 , d'où 2 a  2 a 2 + b2 , c'est-à-dire z + z  2 z

 z , z '  : z + z'  z + z' (Inégalité de Minkowski)

Démonstration :

Exercices

2 2 2 2
1) Démontrer que z , z '  : z + z ' + z − z ' = 2 z + 2 z ' =

1
2) Démontrer que z  et w  tel que w = 1, on a w − z = z . z − =
w

3) Démontrer que z , z '  : z − z '  z − z '

Les nombres complexes - p.16


IX. Forme trigonométrique d’un nombre complexe

1. Définition

y Appelons P le point image de z = a + bi, z  0 .


b P On a P( a ; b )

 P est déterminé par :


 ˆ
 : mesure en radians de l'angle xOP

  : distance OP

O x
a

 est l’argument de z (on écrit aussi arg(z)), il est déterminé à 2k près (k  )
 est le module de z, donc  = z = a 2 + b 2
 a
cos  =   a =  cos 

Si   0 on a : 
sin  = b  b =  sin 
 

z peut s’écrire z = a + b i =  cos +  sin  i =  ( cos + i sin  )

Remarque
On écrit aussi z =  cis

z =  (cos + i sin  ) est la forme trigonométrique du nombre complexe z = a + bi


 a
cos  = 

avec  = a2 + b2 et 
 sin  = b
 

Réciproquement, à toute forme trigonométrique z = (cos + i sin ) correspond le complexe


z = a + bi avec a =  cos et b =  sin .

2. Passage de la forme trigonométrique d'un nombre complexe à sa forme algébrique

Il suffit de calculer a et b

Exemple

Écrire le nombre z = 2 cis sous sa forme algébrique.
3
 
 a = 2.cos = 1 et b = 2.sin = 3
3 3
donc z = 1 + i 3

Les nombres complexes - p.17


3. Passage de la forme algébrique d'un nombre complexe à sa forme trigonométrique

Il suffit de calculer  et 

Exemple

Écrire le nombre z = −1 + i sous sa forme trigonométrique.

On cherche  et  tels que z = −1 + i =  ( cos  + i sin  ) =  cis 

  = a 2 + b2 = ( −1) + 12 = 2
2

 a −1 − 2
cos  = = =
  2 2 3 3
   = ou  = arctg ( −1) + n .  avec   QII   =
 b 1 2 4 4
sin  =  = 2
=
2

3 3  3
donc z = 2  cos + i sin  = 2 cis
 4 4  4

4. Remarque

- Le nombre 0 a 0 comme module et n’a pas d’argument.


- Deux nombres complexes conjugués ont le même module et des arguments opposés.
- Deux nombres complexes opposés ont le même module et des arguments anti-supplémentaires.

5. Égalité de deux complexes mis sous forme trigonométrique

Considérons deux nombres complexes


z = a + b i =  ( cos + i sin  )
z ' = a '+b ' i =  ' (cos '+i sin  ' )
Ces deux nombres sont égaux si et seulement si leurs modules sont égaux et leurs arguments
dont égaux à un multiple de 2  près, ce qui s'écrit :
 ' = 
z' = z  
 ' =  + k 2 ( k  )

6. Conjugué d’un nombre complexe

z =  cos  − i  sin  =  cos ( − ) + i sin ( − ) =  cis ( − )

Les nombres complexes - p.18


7. Produit de deux nombres complexes mis sous forme trigonométrique

z = a + b i =  ( cos + i sin  )
z ' = a '+b ' i =  ' (cos '+i sin  ' )

zz' =  (cos + i sin ). '(cos '+i sin ')


=   ' cos cos '+i cos sin  '+i sin  cos '+i 2 sin  sin  '
=   ' cos cos '− sin  sin  '+i (cos sin  '+ sin  cos ')
b
=   ' cos( +  ') + i sin( +  ') g
Le produit de deux nombres complexes est un nombre complexe
 dont le module est le produit des modules de ces nombres : zz' =   '
 dont l’argument est la somme des arguments de ces nombres : Arg(zz’) =  + ’
zz ' =  ' cis ( +  ')

Généralisation
Le produit de n nombres complexes s'écrit sous forme trigonométrique :

z = z1.z2 .z3 . .zn = 1.2 .3 . . n cos(1 + 2 + 3 + + n ) + i sin(1 + 2 + 3 + + n )

Il en résulte que la ne puissance d’un complexe s’écrit :

z n = z.z.z. .z = (cos  + i sin ) = n (cos n + i sin n) , n 


n

Donc: z n = n (cos n + i sin n) = n cis , n 

Dans le cas particulier où  = 1,


on a la formule de de MOIVRE : ( cos  + i sin  ) = cos n + i sin n ou cis  = cis ( n )
n n

8. Inverse d’un nombre complexe mis sous forme trigonométrique

On considère un nombre complexe z différent de 0. On a


1 1 1
=  cos (− ) + i sin (− )  = cis (− )
z  
En effet :
1 1
z . =  (cos + i sin  ). cos ( − ) + i sin ( − ) 
z 
1
=  . cos ( + (− ) ) + i sin ( + (− ) ) 

= cos 0 + i sin 0 = 1

9. Quotient de deux nombres complexes mis sous forme trigonométrique

z  
= cos ( −  ') + i sin ( −  ') = cis ( −  ' ) (Évident d’après ce qui précède.)
z' ' '

Les nombres complexes - p.19


10. Racines nièmes d’un nombre complexe, n ≥ 2

On veut déterminer les racines nièmes de z =  (cos + i sin  ) , c'est-à-dire des nombres
z ' =  '(cos '+ i sin  ') tels que ( z ')n = z . On a

 'n cos ( n ') + i sin ( n ') =  cos  + i sin  


 ' = n 
  'n =  
    + 2k 
n ' =  + 2k  ' =
 n
  + 2k   + 2k   n  + 2k
z ' = n   cos + i sin  =  cis , k 
 n n  n

Conclusions

 Tout nombre complexe a n racines nièmes complexes : pour les trouver, il suffit de remplacer
dans l'expression précédente k par 0, 1, …, n - 1.
 Dans le plan de Gauss, les points images de ces racines nièmes sont les n sommets d’un
n-gone régulier inscrit dans le cercle de rayon n  et de centre O.

Exemple
Déterminer les racines cubiques de z = 1 + i .
 Recherchons d'abord la forme trigonométrique de ce nombre.

 Il est maintenant facile de déterminer les racines cubiques demandées :

 On peut représenter les solutions sur un cercle de rayon adéquat :

Les nombres complexes - p.20


Remarques

 La somme des racines nièmes d’un nombre complexe égale à 0.

En effet :

 Comme 1 = 1.cis0 , les racines nièmes de l’unité (de 1 donc) sont données par la formule :
 2k 2k  2k
zk =  cos + i sin  = cis avec k = 0, 1, 2, ... , n − 1
 n n  n
2
On pose souvent  = cis , n  2 ( n  1) , les racines fondamentales de 1 s’écrivent alors
n
2k
 k = cis avec k = 0, 1, 2, ... , n − 1 ou 1, , 2 , 3 ,...,  n−1
n

 Les racines nièmes du nombre complexe z =  (cos + i sin  ) =  cis s’obtiennent en


multipliant l’une d’elles par les racines nièmes de l’unité.

En effet :

− z si n est pair
 Le produit des racines nièmes de tout nombre complexe z est égal à 
 z si n est impair

Les nombres complexes - p.21


11. Exercices

A Déterminer l’affixe du nombre complexe z


4 3
1) de module 2 et d’argument 2) de module 2 et d’argument
3 2
B Déterminer la forme trigonométrique de
1) z = −2
2) z = 5i
3) z = −1 + i
4) z = − 3 − i
5) z = 2 − i 2
6) z = 3 − 4i
7) z = −2 − 3i

C Calculer
( )
12
 2 3 −1 + i 2 + 3 
1)  
 4 + 2i 
 
7
 3 3 − 3 − 9i − i 3 
2)  
 3−i
 
( )
7
5
3 −i  3 −i 
3) et  
(− )
4
3 − 3i  − 3 − 3i 

(2i − 2 3 )
5

( )
3
4) 2i − 2 3 . ( −2 − 2i ) et
( −2 − 2i )
3

D On donne z1 = 3 − i et z2 = 1 − i
z
1) Calculer 1 de deux manières différentes.
z2
5 5
2) En déduire les valeurs exactes de cos et sin
12 12

E En utilisant la formule de de Moivre


1) Redémontrer les formules trigonométriques de duplication.
2) Exprimer cos (3x) en fonction de cos x et sin(3x) en fonction de sin x.

F a) Rechercher les racines cinquièmes de 1 et les représenter dans le plan de Gauss.


b) Rechercher les racines cubiques de −8i et les représenter dans le plan de Gauss.

G Résoudre les équations dans et représenter leurs solutions dans le plan de Gauss.
1) z 4 + 8 − 8 3i = 0
2) z3 − 2 + 2i = 0
3) 3i200 + ( i 6 z ) = 3i 401
5

4) ( i 8 z 2 ) − i10 3 = i17
3

5) i8 z 4 + 4i18 = 3i7
6) z6 − z3 + 1 = 0
Les nombres complexes - p.22
H Résoudre dans , de deux manières différentes, l’équation z2 + 2i = 0

9
I Résoudre l’équation 4 z5 − 12 z2 + = 0 dans
z

J Résoudre l’équation z2n + 2 cos .z n + 1 = 0 dans dans laquelle n  0 et  

2
, montrer que a. (1 +  2 ) = 
4
K Si  = cis
3
b. (2 + 5 + 2 2 ) = 729
6

2
L Si  = cis , montrer que  +  4 est solution de l’équation x2 + x −1 = 0
5

1
M Déterminer z tel que z, et 1 + z2 aient le même module.
z

N Quelles valeurs faut-il donner aux réels a et b pour que z=1+i soit solution de l’équation
z5 + az3 + b = 0 ?

O On donne le nombre complexe z1 = 1 + i 3


et le nombre complexe quelconque z2 = a + ib
1) Mettre z1 sous forme trigonométrique
et placer son point image P1 dans le plan de Gauss.
2) Placer le point image P2 de z2 dans le plan de Gauss.
3) Placer le point image P3 de z1 + z2 dans le plan de Gauss.
4) Placer le point image P4 de z1 − z2 dans le plan de Gauss.
5) Placer le point image P5 de z1.z2 dans le plan de Gauss.
z
6) Placer le point image P6 de 2 dans le plan de Gauss.
z1
7) Placer le point image P7 de z12 dans le plan de Gauss.

Les nombres complexes - p.23


X. Nombres complexes et transformations du plan

Nous savons qu’à tout nombre complexe a + bi correspond un et un seul point du plan de
Gauss de coordonnées (a , b) . Dans ce chapitre, nous désirons étudier les conséquences de
certaines transformations du plan sur les points images des nombres complexes.

Note
Afin d’alléger le texte, nous confondrons le point et le nombre complexe correspondant.

1. Que devient z = a + bi lorsqu’on lui fait subir la translation de vecteur v ( x, y) ?

A z, on peut associer le vecteur z (a, b) .
   
Après avoir subi la translation de vecteur v , z devient z + v dont les coordonnées sont
(a + x , b + y) . Il en résulte que z devient z' = (a + x) + (b + y)i .

2. Par une symétrie de centre O, z = a + bi devient z' = −z = −a − bi .

Les nombres complexes - p.24


3. Par une symétrie d’axe Ox, z = a + bi devient z ' = z = a − bi .

4. Par une symétrie d’axe Oy, z = a + bi devient z ' = − z = −a + bi .

Les nombres complexes - p.25


5. Pour trouver l’image de z = a + bi par une rotation de centre O et d’angle , passons à sa
b g
forme trigonométrique : z =  cos + i sin . Une rotation d’angle  ne modifie pas le
module du nombre z (les rotations conservent les distances), mais son argument est
augmenté de .
Donc z' =  cos( +  ) + i sin( +  ) .

6. Pour trouver l’image de z = a + bi par une homothétie de centre O et de rapport k,


b g
passons à sa forme trigonométrique : z =  cos + i sin . Une homothétie ne modifie pas
les angles, mais multiplie les distances par son rapport. Donc z' = k(cos + i sin ) .
On peut aussi travailler sur la forme algébrique : par une homothétie de centre O et de
 
rapport k, tout vecteur v devient le vecteur k v . Donc z' = kz = ka + kbi .

Les nombres complexes - p.26


7. Enfin, pour trouver l’image de z = a + bi par une similitude directe de rapport k, de
centre O et d’angle , il faut se souvenir qu’une telle similitude est la composée d’une
homothétie de centre O et de rapport k et d’une rotation de centre O et d’angle . Il y a donc
lieu de travailler avec la forme trigonométrique de z. Ce qui précède montre alors
clairement que z' = k cos( +  ) + i sin( +  ) .

On peut voir aussi les choses en sens inverse :



1. La transformation qui à z associe z ' = z + t est une translation de vecteur t

2. La transformation qui à z associe son opposé z ' = − z = − a − bi est la symétrie de centre O.

3. La transformation qui à z associe z ' = z = a − bi est la symétrie d’axe Ox.

4. La transformation qui à z associe z ' = − z = −a + bi est la symétrie d’axe Oy.

5. La transformation qui à z associe z' =  cos( +  ) + i sin( +  ) est la rotation de centre O


et d’angle .

6. La transformation qui à z associe z ' = kz = k (cos  + i sin ) est une homothétie de rapport k
et de centre O.

7. La transformation qui à z associe z' = k cos( +  ) + i sin( +  ) est la similitude directe


de centre O, de rapport k et d’angle .

Les nombres complexes - p.27


XI. Complément - Forme exponentielle des nombres complexes

1. Définition

Tout nombre complexe z  0 , de module   0 et d’argument  peut s’écrire sous la


forme z = .ei appelée forme exponentielle de z.

Petite justification : en admettant que le développement de McLaurin de e x est valable pour les
exposants complexes, on a :
x2 x3 x 4 x5 x 6 x7 x 8
eix = 1 + ix −−i + +i − −i + + ...
2 ! 3! 4 ! 5 ! 6 ! 7 ! 8 !
 x2 x 4 x 6 x 8   x 3 x5 x 7 
= 1 − + − + + ...  + i  x − + − + ... 
 2! 4! 6 ! 8!   3! 5! 7! 

et donc : eix = cos x + i sin x , formule appelée formule d’Euler.

2. Exemples


i
e2 =

1+ i =

i
Et, tout particulièrement : ei = d’où l’identité d’Euler e + 1 = 0 ,
relation remarquable qui relie de manière succincte les cinq nombres les plus particuliers
des mathématiques.

3. Utilisation
ei1 .ei2
= e ( 1 2 3) .
i  + −
À l’aide de l’égalité  cis =  ei , démontrer que i3
e

4. Utilisation

En électricité, et très sommairement,


l’intensité d’un courant alternatif se note i ( t ) = iM .e j ( .t +1 ) , avec j² = -1
et la tension entre les bornes se note U ( t ) = U M .e j ( .t +2 ) .
U (t )
L’impédance Z est la quantité complexe telle que Z ( t ) = , elle est constituée de
i (t )
résistances, d’inductances et de capacités.

L’impédance d’une résistance R idéale est ZR , une impédance purement réelle.



j
L’impédance d’une bobine d’inductance L idéale est Z L = Le 2
et l’impédance d’un

1 − j2
condensateur de capacité C idéale est ZC = e , ces deux impédances sont des nombres
C
imaginaires purs.

Ces notions font surement échos avec votre cours d’électricité en physique, non ?

Les nombres complexes - p.28


XII. Complément - Forme matricielle des nombres complexes

1. Analogie entre l’ensemble des nombres complexes et un sous-ensemble des matrices 2


x 2.

Exemples
- 1  − 1 0 
2
0 - 1 0 - 1  0 1 0
  =  .  =   = −1 
0  1 1
i² = - 1 (0 + 1.i)² = -1
1 0 1 0  0 - 1 0

2
3 0 3 0 3 0  9 0 1 0
  = . =  = 9 
3   0 3   0 3   0 1
3² = 9 (3 + 0.i)² = 9
0 9 0

2
3 - 1 3 - 1  3 - 1  8 - 6
  =  . = 
(3 + i)² = 9 + 6i –1 = 8 + 6i
1 3 1 3  1 3  6 8 

Généralisation
a - b
Au nombre complexe a + bi, associons la matrice   et vérifions si les lois d’addition,
b a 
de multiplication et de multiplication scalaire dans l’ensemble des nombres complexes et dans
l’ensemble des matrices de ce type génèrent la même structure.

Considérons deux nombres complexes a + bi a - b


Considérons deux matrices carrées 2 x 2  
et a’ + b’i (a, a’, b et b’ étant des réels) et un
b a 
réel r.
 a ' - b' 
et   (a, a’, b et b’ étant des réels) et un
 b' a' 
réel r.
 (a + bi) + (a’ + b’i) = (a + a’) + (b +
b’)i a - b  a' - b'   a + a' - (b + b' ) 
   +   = 
b a  b' a'   b + b' a + a' 

 (a + bi).(a’ + b’i)  a −b   a ' −b '   aa '− bb ' − ab '− ba ' 


 .  = 
= aa’ – bb’ + (ab’ + ba’)i  b a   b ' a '   ba '+ ab ' −bb '+ aa ' 

 aa '− bb ' −(ab '+ ba ') 
= 
 ab '+ ba ' aa '− bb ' 

 r(a+ bi) = ra+ rbi  a −b   ra - rb 


 r   =  
 b a   rb ra 

2. Conclusions
1. Les deux ensembles munis des trois lois ont exactement les mêmes structures.
a - b
2. La matrice   est la forme matricielle du nombre complexe a + bi,
b a 

Remarques : Il est certain qu’en 1992, en Belgique, des rhétoriciens découvraient les nombres complexes à partir de la forme matricielle…
En France, actuellement, c’est la forme géométrique (plan de Gauss) qui est mise en avant.

Les nombres complexes - p.29

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