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2021

Unité d'Enseignement
Etude de l'appareil digestif
1ère Année – S6

AUTEUR: DZVET 360


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UE : S6 - ETUDE DE L'APPAREIL DIGESTIF

OBJECTIFS D'ENSEIGNEMENT

 Acquérir les connaissances anatomiques, histologiques et physiologiques


nécessaires à la mise en œuvre des examens cliniques et complémentaires
permettant d'évaluer cet appareil en vue d'une thérapeutique appropriée.

SOMMAIRE

1. Dig - Anatomie - CM01 - L’anatomie de l’appareil digestif


2. Dig - Anatomie - CM02 - Les dents
3. Dig - Anatomie - CM03 - L'appareil masticateur
4. Dig - Anatomie - CM04 - Les glandes salivaires des mammifères
domestiques
5. Dig - Anatomie - CM05 - L’œsophage et l’estomac monoloculaire
des mammifères domestiques
6. Dig - Anatomie - CM06 - Le foie des mammifères domestiques
7. Dig - Anatomie - CM07 - Les intestins des mammifères
domestiques
8. Dig - Anatomie - CM08 - L'estomac pluriloculaire
9. Dig - Anatomie - CM09 -Les intestins du cheval
10. Dig - Anatomie - CM10 -Vascularisation du Tube Digestif des
mammifères domestiques
11. Dig - Anatomie - CM11 - Le pancréas
12. Dig - Anatomie - TD 01 - L'appareil masticatoire
13. Dig - Anatomie - TD 02 - Radiographie de l'appareil digestif
14. Dig - Histologie - CM01 - Histologie de la cavité buccale
15. Dig - Histologie - CM02&03 - Histologie de l'œsophage et de
l'estomac
16. Dig - Histologie - CM04&5 - Histologie de l’intestin
17. Dig - Histologie - CM05 - Le foie
18. Dig - Histologie - TD01 - Langue, œsophage et estomac
19. Dig - Histologie - TD02 - Histologie de l’intestin grêle et du foie
20. Dig - Physiologie - CM01 - Introduction à la physiologie de la
digestion
21. Dig - Physiologie - CM02&3 - Le comportement alimentaire
22. Dig - Physiologie - CM04&5 - La digestion buccale
23. Dig - Physiologie - CM06 - La déglutition
24. Dig - Physiologie - CM07-08-09 - La digestion gastrique des
monogastriques
25. Dig - Physiologie - CM10&11&12 - La digestion intestinale des
monogastriques
26. Dig - Physiologie - TD01 - La digestion des polygastriques

CE DOCUMENT A ETE OFFERT AUX VETERINAIRES ALGERIENS PAR


REDA MOHAMED GUESSOUM, DVM
Etude de l’appareil digestif - Anatomie – CM 1

L’anatomie de l’appareil digestif


I. Introduction à l’appareil digestif :


II. La bouche des Mammifères Domestiques :



1. Disposition et conformation générale :
2. Les parois de la bouche :

III. La langue des Mammifères Domestiques :



1. Disposition et conformation générale :
2. La muqueuse et les papilles linguales :
3. Les muscles de la langue :

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I. Introduction à l’appareil digestif :


Au cours de la digestion, les aliments sont ingérés au niveau de la cavité orale puis divisés
suffisamment finement pour que l’intestin puisse ingérer les nutriments. Les aliments non
digérés eux sont ensuite évacués. Le bol alimentaire parcourt dans une succession de cavités
qui communiquent via des conduits. Dans les cavités, l’aliment va avoir un séjour plus
prolongé que dans les conduits.


Dans la bouche se déroule la mastication via l’action triturante des dents. Après ce
fractionnement et cette mastication, l’aliment va être englouti dans l’œsophage qui va ensuite
atterrir dans l’estomac (traitement enzymatique), dans l’intestin grêle où les nutriments vont
être absorbés et dans l’intestin où les fèces sont mises en forme.

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Pour un herbivore, la prise de repas est multiple


afin de limiter la veille postprandiale qui serait due
à un repas trop important et qui irait à l’encontre
de la survie de l’animal. Ils possèdent souvent alors
un petit estomac. L’appareil masticatoire est alors
très élaboré ce qui entraine une certaine fragilité
de celui-ci.
Comme la plupart des herbivores ne possèdent pas
d’enzymes capables de digérer les fibres, il y’a alors
une mise en place d’une flore et d’une faune dans
des réservoirs (gros intestin chez les
monogastriques, panse chez les polygastriques).
Cette faune et cette flore assurent l’essentiel de
cette digestion qui est chimique et enzymatique.

Pour un carnivore, les repas sont plus rares et très
volumineux. Ceci s’explique par la forte
digestibilité de la viande et une attaque
enzymatique facile. La formule dentaire est alors
très réduite chez ces animaux ce qui limite la
trituration des aliments.

La cavité orale est constituée autour d’un squelette osseux composé de la mandibule au
niveau de la mâchoire inférieure. Elle assure la préhension : les lèvres sont mises en
mouvement par les muscles cutanés de la face comme l’orbiculaire de la bouche. Elle permet
également la mastication par les dents et une insalivation permise par les glandes salivaires
(enzymes). Au niveau de la cavité orale siègent les organes de la gustation.

La bouche est entourée d’un squelette osseux (mandibule inférieure et maxillaire supérieur).
Les muscles cutanés de la face (orbiculaire de la bouche, releveur naso-labial) permettent une
modification de la forme des lèvres pour la préhension. L’apex de la langue et les lèvres sont
donc les acteurs de la préhension des aliments.

Les muscles masséter, temporal, ptérygoïdiens, digastrique et buccinateur permettent la
trituration des aliments. Cette digestion physique est permise par les dents (prémolaires et
molaires) mais aussi par la langue qui est kératinisée sur sa face supérieure ce qui appuie les
aliments contre le palet. La salive hydrate le bol alimentaire ce qui facilite son transit.
La langue va être capable de se déformer et d’aider le bol alimentaire à s’engager dans
l’œsophage. On retrouve alors une autre série de glandes salivaires qui vont faciliter le
passage du bol alimentaire dans l’œsophage.

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II. La bouche des Mammifères Domestiques :

1. Disposition et conformation générale :

C’est une cavité qui contient les arcades dentaires et la langue. Elle possède une extrémité
rostrale (la bouche ou fente orale) et une extrémité caudale (l’isthme du gosier). Le
pharynx est le carrefour entre les voies respiratoires et digestives.
Les parois latérales sont représentées par les joues. Au sein de la cavité, la langue et les
arcades dentaires vont former 2 sous-cavités : la cavité orale et deux vestibules de la bouche
positionnés latéralement aux arcades dentaires. Le plancher de cette cavité orale va présenter
une série de cul de sac (les sillons bucco gingivaux et les récessus sublinguaux.

L’arcade dentaire va être continue dans le cas de l’espèce humaine ou des carnivores mais
est séparée en deux par la barre chez les herbivores.

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2. Les parois de la bouche :

a. Les lèvres :


Au niveau de la lèvre supérieure, on observe la présence d’un sillon vertical appelé philtrum.
Il divise la lèvre en une partie droite et une gauche. Les lèvres supérieures et inférieures se
rejoignent au niveau de la commissure des lèvres. Ces lèvres ont une structure complexe : on
retrouve latéralement la peau et en profondeur une muqueuse labiale.
Entre ces deux se trouvent des muscles qui assurent la mobilité des lèvres. Ce sont des muscles
squelettiques présentant des fibres circulaires. C’est notamment le muscle orbiculaire de la
bouche qui assure la fermeture de la fente orale.

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L’ouverture se fait par les muscles releveurs naso-labiaux qui assurent l’abaissement de la
lèvre inférieure et le relevé de la lèvre supérieure. Chez les carnivores, le philtrum est très
marqué. En revanche, chez les grands ruminants, il n’y a pas de philtrum mais la lèvre
supérieure est très kératinisée (mufle).

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Chez les ruminants, au niveau des
commissures, les papilles labiales favorisent
la prise de l’aliment et son ingestion. Le groin
du porc est fortement kératinisé (lié au
fouissement pour trouver la nourriture).

Les lèvres permettent donc la préhension
mais aussi l’aspiration. Les lèvres et la langue
sont complémentaires et compensatoires
dans leur mobilité.

Remarque : Il peut y avoir des déficits de
développement au niveau du
philtrum (exemple des becs de lièvre)



b. Les joues :

Les joues vont présenter 2 régions distinctes :
® La poche de la joue dans laquelle on trouve le muscle buccinateur qui relie les deux
mâchoires
® Le plat de la joue sur lequel s’insère le muscle masséter.

Au niveau du plat de la joue, la constitution est plus complexe que celle de la poche de la joue,
notamment du fait qu’on y trouve les muscles masticateurs (masséter et ptérygoïdiens).

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c. Le palais dur :

Il se forme autour de plusieurs os : l’os maxillaire qui est complété en avant par l’os incisif et
en arrière par l’os palatin. S’attachent sur ces os les dents jugales et les dents labiales.

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Au niveau de ce palais, on trouve aussi les crêtes palatines qui favorisent un transit aboral de
l’aliment (afin d’éviter une régurgitation des aliments). Ces crètes possèdent deux pentes :
une douce en avant et plus dure en arrière ce qui rend la régurgitation plus complexe.




Juste derrière l’arcade incisive, on trouve
la papille incisive et l’organe voméro-
nasal qui permet la perception des
hormones.


Le palais dur est fait d’os, sur lesquels on
trouve des muqueuses nasales (partie
supérieure) et palatine (partie inférieure)
avec une sous-muqueuse qui a un rôle de
tamponnement afin de faciliter la succion
des liquides (important chez le veau par
exemple).

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d. Le plancher sublingual :

Cette partie est relativement peu accessible pour le vétérinaire. On y retrouve les caroncules
sublinguales qui déversent une salive séreuse qui provient des glandes sublinguales. Au
niveau de cette région, on trouve aussi l’organe oro-basal, vestigial, qui correspond à une
ancienne glande salivaire. Sur le plancher sublingual, l’attache avec la langue se fait grâce au
frein de la langue.

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III. La langue des Mammifères Domestiques :

C’est un organe impair, médian, porté par le plancher buccal. Elle est essentiellement
constituée de muscles recouverts d’une muqueuse très spécialisée. Elle possède un rôle
mécanique dans la préhension des aliments, la prise des aliments liquides, la mastication et
la déglutition. Elle a aussi un rôle sensitif et sensoriel (tact et goût).


1. Disposition et conformation générale :

C’est un organe qui est aplati dorso-ventralement. On trouve 4 bords : un ventral, un dorsal
et deux latéraux. Sa face ventrale n’est visible qu’au niveau de l’apex. Dans le cas des
herbivores, les bords sont tellement épais qu’on parle alors de face.
Les muscles qui permettent la motilité de la langue sont intrinsèques mais aussi extrinsèques.
Ces derniers prennent attache au niveau de l’appareil hyoïde ou de la mandibule.
On nomme l’extrémité rostrale l’apex. Au niveau de l’extrémité caudale se trouve la racine de
la langue. Entre ces deux extrémités de la langue, on retrouve le corps de la langue. On trouve

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des papilles qui ont un rôle sensitif et sensoriel. Au niveau de la langue, dans la partie caudale,
on retrouve des structures qui appartiennent à l’appareil lymphoïde : les amygdales.

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La muqueuse dorsale est pluristratifiée, kératinisée et très riche en fibres sensitives par
rapport à la partie ventrale.



2. La muqueuse et les papilles linguales :

Chez les ruminants, les papilles ont une forme de picots qui donnent à la langue un aspect
plus rugueux ce qui favorise l’avancée péristaltique du bol alimentaire.
Dans le cas des herbivores, les papilles fongiformes qui ont un rôle mécanique marqué sont
qualifiées de dents linguales (elles accentuent l’action des dents). On retrouve aussi des
papilles tactiles sensorielles qui forment la genèse du goût. Pour cela, le bol doit être hydraté.
Il y a donc libération de salive. Il doit aussi être mastiqué ; c’est pour cela qu’on les retrouve
plutôt à l’arrière de la langue.
Les papilles circumvallées (forme de cratère) piègent l’aliment et permettent la perception
du goût. Chez les équidés, on n’en trouve que deux mais celles-ci sont bien développées. On
retrouve sur les côtés les papilles foliées.
La présence de lymphocytes assure une première barrière de protection.

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1. Vascularisation et innervation :

Il y a trois paires de nerfs crâniens qui assurent le contrôle de la mobilité de la langue. Ces
nerfs sont importants car ils assurent la précision du mouvement.

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3. Les muscles de la langue :



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LA CAVITE BUCCALE
Et LA LANGUE
des Mammifères domestiques
(Figures du cours)

© DZVET 360 S. Sawaya


UP Anatomie Comparée
Campus Vétérinaire de Lyon

Module « étude de l’appareil digestif »

Ingestion Digestion- Assimilation Éjection

Estomac – Intestins –
Cavité buccale –Langue – glandes annexes : Foie,
dents – Appareil masticatoire Parties terminales de
vésicule biliaire, pancréas l’intestin, rectum, anus
– Glandes salivaires
Œsophage ® transfert vers
l’estomac
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2
I - Disposition et conformation générales : Coupe sagittale de la face

Cavité cérébrale
Cavité
Cavité nasale
propre de Palais dur
la bouche

Sillon labio- pharynx


gingival

Lèvre
supérieure oesophage

Fente
orale

trachée
Lèvre
inférieure
Entrée du
Plancher langue Isthme du Palais mou larynx
Vestibule de sublingual gosier
la bouche

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3

I - Disposition et conformation générales : Coupe transversale de la face

Cavités nasales
Palais dur
Glande buccale
dorsale

M. platysma Vestibule de
la bouche
M. buccinateur
Cavité propre
de la bouche
Muqueuse de la bouche

Langue
Sillon bucco-gingival
Récessus sub-lingual

Glande buccale Glande sublinguauale


ventrale
M. mylo-hyoïdienM. génio-hyoïdien Conduit mandibulaire

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II – Les parois de la bouche – 1) Les lèvres

Vibrisses (poils longs Naseau


tactils)
Lèvre supérieure

Philtrum = sillon médian Palais dur


de la lèvre supérieure

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Apex de la langue

Sillon gingivo-labial

Commissure des lèvres


(et angle de la bouche)

Lèvre inférieure Espace interdentaire


(barre)
Menton
(D’après Barone R)

Les lèvres du cheval


5

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La lèvre supérieure du
cheval est très mobile.
Son philtrum est large
et peu profond effacé
chez le cheval.
Il est par contre très
net et long chez les
Philtrum
carnivores, les petits
ruminants et le lapin
chez lesquels il atteint
le bout du nez qu’il
divise en deux.

6
Chez le bœuf et le porc, la lèvre
supérieure est peu distincte et forme
avec le bout du nez un ensemble
constituant le mufle chez le premier,
et le groin chez le second.

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Chez les ruminants, et chez le chien, la


muqueuse labiale porte, près de ses bords
latéraux, de très grosses papilles coniques à rôle
tactile (Ici papilles labiales de bovin)
7

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8
Bouche du Bœuf

Naseau

Mufle

Lèvre supérieure
Commissure des lèvres

Apex de la langue
Papilles Papilles labiales
labiales
Lèvre inférieure
naseau
Groin
(D ’après Barone R. )
Truffe
Narine Lèvre
supérieure
Philtrum
Commissure
des lèvres
Bouche du chien Lèvre
inférieure
Apex de la langue

© DZVET 360 (D ’après Barone R. )


9

Rôle des lèvres

® Organes de la préhension des aliments solides, et d’aspiration des


substances liquides
® Organes du tact très délicat Þ tri des substances à ingérer

Mobilité varie selon les


espèces :
-Très mobiles chez le cheval
(langue peu mobile)
- Très peu mobiles chez les
bovins (langue très mobile)

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II – Les parois de la bouche – 2) Les joues

LES JOUES : Face externe

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M. buccinateur M. masséter

« Poche de la joue » « Plat de la joue »

Vue latérale de la tête d ’un cheval : plan des muscles cutanés


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II – Les parois de la bouche – 2) Les joues


S’ouvre au niveau de la papille parotidienne en
regard de PM2 ou PM3 (sup) chez cheval

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Glande parotide

Canal parotidien
(« de Sténon »)
(accompagné de la (D’après Barone R)
veine et de l’artère
faciales)

Chez le chien : papille


parotidienne en regard
de PMIV sup

Clichés : C. Boulocher
12
II – Les parois de la bouche – 2) Les joues

Structure de la joue
(coupes transversales schématiques)

Branche de la
m.
mandibule m. buccinateur
Platysma masséter m. ptérygoïdien
platysma

Muqueuse jugale
peau Muqueuse jugale
Peau

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Au niveau du plat de la joue Au niveau de la poche de la joue

Rôle des joues : la contraction du m. buccinateur permet de ramener


les aliments sous les dents

13

II – Les parois de la bouche – 3) Le palais dur

Os incisif

Processus palatin

Suture palatine
Os maxillaire
médiane

Processus
palatin

Os palatin
(lame horizontale)

(D’après Barone R)

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II – Les parois de la bouche – 3) Le palais

Incisives supérieures

Papille incisive

Raphé médian PALAIS DUR


Angle de la bouche

Vestibule
de la bouche Crêtes palatines

Prémolaires et molaires supérieures

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PALAIS MOU

Le palais du cheval
Vue ventrale après section des joues et
(D’après Barone R) ablation de la mandibule
15

Lèvre supérieure
Papille incisive
Bourrelet incisif

Palais de bœuf
(partie rostrale)

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Lèvre supérieure
Incisives supérieures

Papille incisive
Canine
Raphé médian

1ère prémolaire
Crêtes palatines (£ 10)

Crêtes palatines de bœuf Palais dur de chien


16
II – Les parois de la bouche – 3) Le palais dur

Structure du palais dur


(coupe schématique transversale)
Muqueuse nasale
Cavité nasale

Palais osseux © DZVET 360


Sous-muqueuse :
fibreuse et renferme un Cavité buccale
lacis veineux important
Þ aspect spongieux. Muqueuse palatine
Passage également des (glandes palatines
a.v. et n. palatins diffuses)

Rôle du palais dur


® Donne appui aux aliments qui sont brassés par la langue (chez ruminants : intervient dans
le broyage des aliments)
® Intégrité nécessaire pour la succion des liquides (++ chez jeunes animaux qui têtent

17

II – Les parois de la bouche – 4) Le plancher sublingual

Lèvre inférieure

Dents incisives inférieures

Organe oro-basal

Espace interdentaire

Caroncule sublinguale

Repli caronculaire

(D ’après Barone R. )
© DZVET 360

Plancher sublingual du cheval : partie rostrale


18
II – Les parois de la bouche – 4) Le plancher sublingual
Incisives

Organe oro-basal

Caroncule
sublinguale
Repli
caronculaire

Plancher sublingual de boeuf

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19

II – Les parois de la bouche – 4) Le plancher sublingual

Glande mandibulaire

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(D’après Barone R) Conduit mandibulaire (de Wharton)


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© DZVET 360

(D ’après Barone R. )

Partie rostrale du plancher


sublingual du chien

21

Disposition de la langue

Surface génienne Corps et processus lingual de l’hyoïde

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Frein de la langue

22
LA LANGUE –Disposition et conformation générales
Parois du pharynx (sectionnées)
Langue de
Entrée du larynx
bœuf
Vue dorsale épiglotte
L :30 cm - l : 8-10 Repli glosso-épiglottique
cm - 1,5 - 2 Kg
Racine

Torus lingual

fosse linguale
Face dorsale du
corps de la langue

© DZVET 360

Apex
23

L :30 cm Parois du pharynx


L : 40 cm
l : 8-10 cm (sectionnées)
l : 6-8cm
1,5 - 2 Kg Entrée du larynx 1,2-1,5 Kg
épiglotte
Tonsille palatine Palais mou Tonsille palatine
(« amygdale ») sectionné (« amygdale »)

Repli glosso-
épiglottique Tonsille lingual
Papilles circumvallées
( »20) racine
Papilles foliées
Papilles lenticulaires
Torus lingual Papilles circumvallées
(2)
fosse linguale Face dorsale
du corps de la
langue © DZVET 360

Papilles fongiformes Papilles filiformes

Ébauche de sillon
Papilles coniques médian
apex

Langue de Boeuf Langue de Cheval :


Vue dorsale de la langue
24
LA LANGUE – Structure – la muqueuse et les papilles linguales

Les papilles linguales

· Rôle tactile
®papilles filiformes
© DZVET 360
®papilles coniques

®papilles lenticulaires (ruminants)

®papilles fongiformes

· Rôle tactile et gustatif :

® papilles circumvallées et papilles foliées

25

Papilles filiformes

(D’après KÖNIG HE et
LIBICH H-G)

Ce sont des papilles très


peu, ou pas,
kératinisées, souples.
Les plus nombreuses
chez le chien et le
cheval (« aspect et le
toucher veloutés » de la
langue de ces espèces)
Langue de cheval
(Apex – vue dorsale) © DZVET 360

26
Papilles coniques

(D’après KÖNIG HE et
LIBICH H-G)

Grosses papilles très kératinisées,


épaisses et dures. Surtout
nombreuses à la face dorsale de
langue des ruminants lui donnant
son aspect râpeux et dur au
toucher

Langue de bœuf © DZVET 360


(Apex – vue dorsale)

27

Fosse Papilles lenticulaires


Torus lingual
linguale

Langue de boeuf
© DZVET 360

28
Papilles
fongiformes

Papilles
coniques

Langue de bœuf
Sillon médian
(Apex – vue dorsale)
Langue de cheval (incomplet)
(Apex – vue dorsale)
© DZVET 360 29

Papilles foliées de
cheval (G = x 20)

© DZVET 360

Papille circumvallée (G
= x 6)

(D’après Barone R)

30
LA LANGUE – II – Structure – la muqueuse et les papilles linguales

Bourgeon
gustatif

(D’après KÖNIG HE et
LIBICH H-G)

Papilles circumvallées de cheval

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Papilles foliées de cheval

31

II – Structure –
les glandes linguales et les annexes lymphoïdes

Tonsille palatine
(amygdale)

Tonsilles linguales

Glandes linguales

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32
Charpente fibreuse et muscles de la langue

Coupe transversale de la cavité buccale

Cavités nasales

Muscles de la
langue :
Palais dur
M. lingual propre

M. génio-glosse
Joue
M. hyo-glosse
Muqueuse de la bouche

M. stylo-glosse

Récessus sub-lingual

Charpente conjonctivo-
Glande sublinguauale fibreuse

M. mylo-hyoïdien M. génio-
Conduit mandibulaire hyoïdien © DZVET 360

33

Charpente fibreuse et muscles de la langue

Arc palato-glosse

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Mm. du
palais mou

Mm. du pharynx et
du larynx

œsophage

Apex de
la langue
M. génio- M. hyo-
Surface glosse M. stylo-glosse
génienne glosse trachée
M. génio-hyoïdien (D’après Barone R)

Muscles de la langue du cheval


(branche et corps de la mandibule gauche sectionnés, une partie de la muqueuse linguale est enlevée pour montrer les muscles)

34
Vascularisation et innervation
Nerf glosso-
Nerf hypoglosse
pharyngien (IX)
Nerf lingual (VIII) (XII) = moteur
Sensitif- sensoriel
Sensitif- sensoriel (1/3 caud)
(2/3 rostr)

Artères linguale
et sublinguale

(D’après Barone R)

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Etude de l’appareil digestif - Anatomie – CM 2

Les dents



Introduction

I. Généralités sur les dents
1. Définition
2. Une dentition adaptée à l’alimentation
3. Nomenclature des dents
4. Croissance des dents
5. Répères et orientation des dents
6. Conformation de la dent
7. Origine de la dent
8. Formules dentaires
II. Particularités spécifiques des Mammifères Domestiques
1. Les incisives
2. Les canines
3. Les prémolaires et les molaires

Conclusion

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I. Généralités sur les dents

1. Définition

Les dents sont des formations dures et blanchâtres, situées à l’entrée du tube digestif. Elles
servent à la préhension et/ou à la mastication des aliments.
Elles sont situées dans la cavité buccale et sont disposées en deux arcades supérieure et
inférieure, qui s’affrontent. Ces deux arcades sont alignées chez certaines espèces comme
l’Homme.

Les dents se succèdent en 2 générations : les nouveaux-nés naissent pour la plupart sans
dents ; au début du développement les dents de lait poussent puis elles tombent (vers 7 ans
chez l’Homme) pour laisser place aux dents définitives. Chez les Mammifères Domestiques
(MD), les dents sont en nombre défini, malgré quelques variations individuelles. Chez
l’Homme on dénombre 20 dents de lait et 32 dents définitives (ou 28 sans les dents de
sagesse).













Elles connaissent toutes une phase d’éruption dentaire (= croissance dentaire) qui se
termine lorsque la dent arrête de pousser, on dit alors qu’elle arrive « à la table ».
Les dents ont toutes une partie visible appelée la couronne et une partie enchâssée dans la
mandibule appelée la racine. Elles sont aussi creusées d’une cavité où arrive un nerf, et leur
paroi est constituée d’ivoire et d’émail.

On trouve 4 types de dents : les incisives, les canines, les pré-molaires et les molaires.

Les applications pratiques de la connaissance anatomique des dents des MD en médecine
vétérinaire sont les suivantes :
- La culture générale (connaître les formules dentaires déciduales (=lactéales, non
définitives : les dents de lait) et permanentes (=définitives) et les différences
principales entre les types dentaires)
- La diagnose de l’âge de l’animal par l’examen des dents à l’aide de tables d’usure
(facile sur le cheval, difficile sur le chien et moins pratiqué aujourd’hui car les MD
sont identifiés donc on connaît les dates de naissance)

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- La dentisterie (en développement) et la chirurgie faciale : on rappelle qu’une
communication est possible entre les alvéoles des molaires et pré-molaires avec les
sinus. Ainsi une infection de l’un peut être liée à l’autre, notamment dans le cas
d’une affection dentaire qui peut être l’origine d’une sinusite.


2. Une dentition adaptée à l’alimentation

Le cas le plus fréquent chez les Mammifères est la diphyodontie : l’individu possède au
cours de sa vie 2 dentitions et un seul renouvellement de ses dents :
- dentition temporaire : dents dites lactéales ou déciduales (=dents de lait)
- dentition définitive ou permanente
La dentition intermédiaire lors de la transition de la dentition temporaire vers la dentition
définitive est dite dentition mixte.

On observe d’autres cas chez les MD :

- Monophyodontie : Une seule dentition tout au long de la vie. C’est le cas des
Odontocètes (cétacés qui ont des dents) comme les dauphins, qui gardent leurs
dents lactéales homodontes (toutes similaires). Leurs dents leur servent uniquement
à la préhension, et pas à la mastication. C’est aussi le cas des Marsupiaux comme le
kangourou, chez qui les dents de lait sont persistantes sauf la dernière prémolaire
(Pm4). Cette dentition serait liée au mode de lactation.

- Polyphodontie : Les dents sont renouvelées plusieurs fois : une vingtaine de fois chez
les crocodiles et les serpents ; « indéfiniment » chez les poissons.

- Absence de dents : C’est le cas des fourmiliers, pangolins, baleines (présence de
bourgeons dentaires chez ces dernières ; les fanons des baleines ne sont pas des
dents : leur composition se rapproche de celle des cheveux et des ongles)


3. Nomenclature des dents

On symbolise les différents types de dents par des lettres :
- I pour incisive
- C pour canine
- Pm pour prémolaire
- M pour molaire
Selon le stade dentaire, la notation est majuscule ou minuscule.
Pour les dents définitives, la nomenclature est la suivante : I, C, Pm, M
Pour les dents lactéales, la nomenclature est la suivante : i, c, pm
Il n’y a pas de molaires dans la dentition lactéale.



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4. La croissance des dents

Il existe deux types de croissance de dents : les dents brachyodontes et les dents
hypsodontes, liées aux régimes alimentaires.



a) Les dents brachyodontes (omnivores, carnivores)

Les dents brachyodontes sont les dents à croissance limitée (comme l’Homme), et sont
caractéristiques des régimes omnivore et carnivore. Sa croissance s’arrête quand elle sort
du maxillaire et lorsqu’elle arrive à la table, elle a atteint sa forme définitive.
On reconnaît une dent brachyodonte car elle possède une couronne basse, une racine
enchâssée dans la mandibule et un collet marqué.

b) Les dents hypsodontes (herbivores)

Les dents hypsodontes sont à croissance prolongée et sont caractéristiques du régime
herbivore (cheval, ruminants, rongeurs). Le développement de la dent est lent et l’éruption
est plus ou moins continue. En effet, l’herbe est extrêmement abrasive car elle contient de la
silice, ainsi l’éruption compense l’usure des dents par l’herbe. Les dents sont très grandes
chez les jeunes animaux (car la croissance de la dent est finie mais elle est peu usée) et leur
taille diminue dans le temps.
On les reconnaît car leur couronne est haute et elles n’ont pas vraiment de collet.

Il existe des cas particuliers de dents hypsodontes : les dents à croissance continue, comme
les incisives des rongeurs ou les canines des suidés (porcs, sangliers) mâles. Le
développement de la dent est illimité et plus ou moins continu. Il est compensé par l’usure
de l’alimentation.



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5. Orientation

La dent possède plusieurs faces :
- du côté des lèvres : face labiale ou vestibulaire
- du côté de la langue : face linguale
- la surface où les dents inférieures et supérieures sont en contact : face occlusale ou
table d’usure
- proche du plan médian : face mésiale
- éloignée du plan médian : face distale
De même on se repère dans la bouche en désignant une partie labiale et linguale.
L’espace dépourvu de dents chez les herbivores est appelé diastème.



6. Conformation de la dent

a) Cavité dentaire

La cavité dentaire ou pulpaire est la partie la plus interne de la dent. Elle est
majoritairement vide mais recouverte à l’intérieur d’un tissu conjonctif mou richement
innervé et vascularisé appelé la pulpe dentaire, et d’une fine couche ininterrompue de
cellules entre la pulpe dentaire et la dentine : les odontoblastes, qui limitent la cavité
dentaire. Ces cellules sécrètent la dentine de manière continue par apposition successive
(d’où la formation de dentine Iaire et IIaire). L’épaississement par ajout de dentine se fait
uniquement à l’intérieur de la cavité dentaire car le volume de la dent est défini et fixe ; la
cavité dentaire peut donc se remplir au fur et à mesure de dentine. Une dent vierge (donc
jeune) possède une cavité dentaire vide, grande alors qu’une dent usée (donc
vieille) possède une cavité dentaire remplie, l’espace vide restant est minime.

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b) Tissus durs : émail, dentine (=ivoire) et cément

La dent est aussi composée de tissus durs mais vivants et fragiles que sont : l’émail, la
dentine (aussi appelée ivoire) et le cément. Ils forment la partie externe de la dent et sont
très denses donc très blancs à la radiographie (plus que les os).
La dentine est le composant principal, elle donne sa forme à la dent. C’est un tissu
conjonctif avec une substance fondamentale très minéralisée, et donc très dur.
La dentine est recouverte d’une fine couche d’émail et/ou de cément.

Pour les dents brachyodontes :
- la dentine est la plus interne
- le cément recouvre la dentine au niveau de la racine
- l’émail recouvre la dentine au niveau de la couronne
Pour les dents hypsodontes il en est de même mais le cément peut recouvrir une partie de
l’émail de la couronne.


c) La dent dans son alvéole

Dans son alvéole, la dent possède une partie libre hors de la gencive et visible à l’ouverture
de la cavité buccale, c’est la couronne clinique. Elle possède aussi une partie enchâssée dans
la gencive, invisible extérieurement (sauf en radio) qui est la racine clinique. La dent est
implantée dans la mâchoire, dans une cavité creusée dans l’os nommée alvéole dentaire.
Elle est maintenue en place par un ligament qui unit le cément de la dent à l’os de l’alvéole :
c’est le périodonte ou ligament périodontal. C’est une articulation de type gomphose donc
un type particulier de jointure osseuse, qui lie la dent à l’os. La disposition du ligament
périodontal est en relation avec l’éruption dentaire.

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7. Origine de la dent



a) Naissance

La dent prend naissance à l’intérieur de
la mâchoire et y acquiert sa forme et
son volume définitif. Elle naît
complètement enfermée dans l’os de la
mâchoire, c’est le stade de bourgeon
dentaire. Ensuite le bourgeon dentaire
se développe dans l’os en mettant en
place les 3 couches de tissus durs de la
dent que sont l’émail, la dentine et le
cément ; grâce au riche tissu conjonctif
composant les tissus mous. En même
temps qu’elle s’édifie, la dent acquiert
sa forme et son volume définitifs, alors
qu’elle est encore dans la mâchoire.
Donc la dent ne grandira plus jamais
une fois édifiée dans la mâchoire, mais
elle continuera d’évoluer : elle se
remplira de dentine.







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b) Croissance

La croissance dentaire se réalise uniquement par apposition de couches successives de
dentine dans la cavité dentaire : c’est une croissance interne à la dent, il n’y a pas
d’augmentation de taille ou de volume de la dent pendant sa « croissance ». La croissance
dentaire correspond à l’accumulation de dentine à l’intérieur de la cavité dentaire.

c) Éruption

L’éruption dentaire est le phénomène qui « pousse » la dent hors de l’os. Elle peut être
temporaire (comme chez l’Homme) ou prolongée et donc se poursuivre toute la vie de
l’animal (herbivores) : cela dépend de l’espèce animale concernée et à l’intérieur de
l’espèce, du type dentaire et de la génération dentaire.
La dent définitive pousse la dent lactéale ; simultanément, des enzymes lysent l’os au fur et
à mesure de l’arrivée de la dent définitive (c’est un phénomène peu connu encore
actuellement).
Chez les vaches, les dents incisives permanentes réalisent une éruption avec une orientation
particulière : les incisives semblent « de travers ».




On notera que dans le cas général, l’apparition des dents de lait se fait après la naissance,
sauf chez la vache (cas de l’incisive chez le veau) et les rongeurs : les bébés naissent déjà
avec leur dentition lactéale contrairement aux autres Mammifères Domestiques (MD).

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d) Usure dentaire

Après l’éruption, c’est l’usure dentaire qui commence. Elle se produit par frottement des
dents opposées l’une contre l’autre lors de la prise d’aliment.

On définit alors plusieurs types de dents :
- Les dents à croissance limitée : l’éruption dentaire de ces dents est limitée dans le
temps et use progressivement la couronne dentaire.
- Les dents à croissance continue : l’éruption dentaire est permanente et dure toute la
vie de l’animal. Elle doit être contrebalancée de façon synchrone par l’usure dentaire.
- Les dents à croissance prolongée sont intermédiaires entre les deux types de dents
précédents.

L’usure est indispensable pour les dents à croissance continue et prolongée alors qu’elle est
un problème néfaste chez les dents à croissance limitée.

Des tables d’usure ont été élaborées chez le cheval, afin de déterminer l’âge des individus.

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8. La formule dentaire

Formellement, on sépare par un trait les dents supérieures et inférieures et la formule
dentaire est donnée pour une demi-mâchoire (droite ou gauche).
La formule dentaire primitive des Mammifères est la suivante :
Cette formule de base (hors cas particulier comme les 260 dents de lait du dauphin) compte
en totalité 44 dents ; c’est la formule dentaire que l’on retrouve chez le cochon.


Les MD possèdent généralement des dents différentes dans leur mâchoire : c’est
l’hétérodontie. On retrouve ainsi :
- Des dents labiales antérieures : les incisives qui coupent, et les canines qui percent.
Elles sont à couronne simple et possède une seule racine.
- Des dents jugales postérieures : les prémolaires et les molaires qui broient, dont la
couronne a une forme plus compliquée et qui possèdent plusieurs racines.
On appelle couramment dents jugales, les dents molaires et prémolaires.
La couronne des dents jugales est garnie, sur sa face triturante, de tubercules ou de
cupsides, dont la forme et l’organisation permettent de définir 4 types dentaires :
bunodonte, sécodonte, lophodonte et sélénodonte.



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a) Le type bunodonte (omnivores)

Les molaires et prémolaires présentent des surfaces triturantes ornées de tubercules
arrondis et sensiblement égaux.
Ce type de dent est caractéristique du régime alimentaire omnivore qui est broyeur pur.
Il est présent chez les Primates, les Suidés ou encore l’ours.


b) Le type sécodonte (carnivores)

Les dents sont tranchantes et présentent des crêtes aigües à tubercules pointus avec des
pointes et des crêtes orientés longitudinalement pour pouvoir couper. C’est le type présent
chez les carnivores et les insectivores.
On trouve aussi une dent particulière et spécifique des carnivores : la carnassière. C’est un
ensemble de deux dents : la Pm4 de la mâchoire supérieure et la M1 de la mâchoire
inférieure. Ces deux dents s’emboîtent parfaitement.

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c) Le type lophodonte (cheval) et le type sélénodonte (vache)

Ces deux types sont caractéristiques des herbivores.

Les dents lophodontes possèdent des crêtes d’émail transversales ou longitudinales et se
retrouvent chez les Équidés, les Rhinocérotidés, les Proboscidiens (éléphants) et les
Rongeurs (dont les dents sont ptychodontes, un cas particulier des dents lophodontes).

Les dents sélénodontes possèdent des crêtes d’émail longitudinales et en forme de
croissant, ce sont « la râpe » des herbivores. La couronne est haute chez les Bovidés ; elle
est basse et bombée vers l’extérieur chez les Cervidés. C’est le type caractéristique des
ruminants.



Type sélénodonte Type lophodonte


II. Particularités spécifiques

1. Les incisives

- Chez les Glires (lagomorphes (lapin) + rongeurs) : i2 est extrêmement développée. On
notera une différence entre les lagomorphes et les rongeurs : la présence d’une
petite incisive en plus pour les lagomorphes.

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- Chez les Bovidés : il n’y a pas d’incisives supérieures chez la vache, elles sont
remplacées par un bourrelet. On considère qu’il y a comme 4 incisives inférieures :
la pince (I1), la première mitoyenne (I2), la deuxième mitoyenne (I3) et le coin (C).
La dernière est en fait une canine qui a migré : c’est la canine incisiforme.



- Chez les Équidés : les incisives sont très grandes, c’est à partir de ces dents que l’on a
établi une table d’usure qui relie l’état clinique des dents à l’âge de l’individu, car la
section de la dent évolue au cours des années avec l’usure dentaire. On regarde
aussi la forme de l’arcade incisive, l’orientation des dents et l’affrontement des
arcades incisives.

2. Les canines

On distingue 2 types de canines chez les MD :

- Les canines vraies : elles sont présentes chez les Carnivores et les Suidés qui
possèdent chacun 4 canines. Les canines supérieures sont appelées les grès et les
canines inférieures, les défenses (qui sont d’ailleurs très coupantes chez les vieux
cochons #commeMatthieuColombe)

- Les canines régressées : ce sont des canines incisiformes, très petites ou absentes.
On les retrouve dans la mâchoire supérieure et/ou inférieure des Équidés mâles
(elles sont, en théorie, absentes chez les femelles, cf TD1 – L’appareil masticatoire
pour les statistiques observées)

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3. Les dents jugales

Elles servent à l’identification d’espèces. La distinction entre prémolaires et molaires est
souvent possible.
La Pm1/pm1 disparaît chez les MD, sauf chez les Carnivores et les Suidés (en théorie).
Certaines dents jugales sont trilobées : c’est le cas de la M3 inférieure et de la Pm4
inférieure, sauf chez les Équidés.
Remarque : on considère souvent que Pm1 est une dent de lait à éruption tardive plutôt
qu’une dent définitive.


4. Particularités de la dentition des espèces

a) Le cheval

Les dents jugales du cheval sont lophodontes, donc caractéristique des herbivores avec des
crêtes d’émail transversales ou longitudinales ; et hypsodontes, c’est à dire à croissance
continue. Les dents inférieures sont rectangulaires et les dents supérieures sont carrées. La
denture du cheval est hautement spécialisée avec une molarisation des prémolaires. On
note aussi l’absence de Pm1. Le cheval est l’herbivore parfait au niveau de sa dentition !


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Les formules dentaires sont :
- Formule dentaire permanente du mâle : 42 dents
- Formule dentaire permanente de la femelle : 38 dents (absence des 4 canines)
- Formule dentaire lactéale : 26 dents (absence des Pm et M)

b) Les Ruminants

Concernant les Ruminants, leurs dents jugales sont hypsodontes comme les Équidés mais
sélénodontes, c’est à dire à crêtes d’émail longitudinales et en forme de croissant. Les dents
inférieures sont rectangulaires et les dents supérieures sont carrées tout comme le cheval.
On note l’absence de Pm1, et les molaires sont bilobées.
La formule dentaire définitive compte 32 dents.





c) Les Suidés

Les dents jugales des Suidés sont bunodontes
(omnivore) et brachyodontes, donc à croissance
limitée, tout comme l’Homme. Sa formule
dentaire est la formule dentaire de base des MD,
soit 44 dents.








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d) Les carnivores

Les dents des carnivores sont sécodontes et brachyodontes. La spécialisation de la dentition
est plus ou moins importante selon la famille de carnivores donnée. Par exemple elle sera
hautement spécialisée chez les félins, comme chez le chat. La dentition est plus complète
chez le chien, malgré des anomalies dentaires fréquentes surtout chez les brachycéphales.
Ces anomalies sont par exemple : des incisives surnuméraires, des prémolaires pivotées ou
qui disparaissent…

Dentition du chien



Dentition du chat
















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e) Tableau récapitulatif

Famille Régime
Dents jugales Formule dentaire Remarques
d’espèces alimentaire
Absence Pm1
Mâle : 42 dents
Molarisation des
Lophodontes (herbivore – Femelle : 38
prémolaires
équidés) dents
Équidés Herbivore Denture hautement
Hypsodontes (croissance Denture
spécialisée
continue) lactéale : 26
Inférieures rectangulaires
dents
et supérieures carrées
Sélénodontes (herbivore – Absence Pm1
ruminants) Molaires bilobées
Ruminants Herbivore 32 dents
Hypsodontes (croissance Inférieures rectangulaires
continue) et supérieures carrées
Bunodontes (omnivore) Formule de base
Suidés Omnivore Brachyodontes (croissance des MD – 44
limitée) dents
Spécialisation +/-
importante selon les
Sécodontes (carnivore) familles (très spécialisée
Carnivore Chien : 42 dents
Carnivores Brachyodontes (croissance chez le chat)
Chat : 30 dents
limitée) Dentition la plus complète
chez le chien, plus réduite
chez le chat




Remarque : Concernant les photographies de mâchoires de la partie « 4. Particularités
spécifiques des espèces », vous ne pourrez sûrement pas bien lire toutes les légendes : ne
vous inquiétez pas. Ces photographies sont seulement ici pour que vous vous donniez une
idée de la morphologie des dents des différentes espèces, mais les formules dentaires et
particularités seront revues précisément dans le TD 1 d’anatomie.












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Etude de l’appareil digestif - Anatomie – CM 3

L’appareil masticateur


Introduction

I. L’articulation temporo-mandibulaire

1. Les surfaces articulaires
2. Les moyens d’union
3. Les mouvements

II. Les muscles

1. Le muscle temporal
2. Le muscle masséter
3. Les muscles ptérygoïdiens
4. Le muscle digastrique
5. Particularités chez le chien

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I. L’articulation temporo-mandibulaire

L’étude se fait ici chez le cheval.
L’articulation temporo-mandibulaire est une articulation synoviale qui permet une forte
mobilité potentielle entre l’os temporal et la branche de la mandibule.


1. Les surfaces articulaires

L’os temporal est divisé en trois parties : une partie tympanique, utile à l’audition, une
partie pétreuse, où se trouve le centre de l’équilibre, et une partie écailleuse qui permet
l’insertion de la mandibule grâce au processus condylaire.

L’articulation temporo-mandibulaire assure à la fois le maintien de la mâchoire en place et
une liberté de mouvement. L’extrémité proximale de la mandibule possède une tête
articulaire (étirée transversalement, en forme de condyle) portée par un col, formant ainsi le
processus condylaire. En avant de cela, on distingue le processus coronoïde, qui s’enclave
dans l’os temporal. La tête articulaire et ce processus portent les surfaces articulaires. La
morphologie de ces surfaces articulaires conditionne les différents mouvements de
l’articulation, mouvements qui sont liés au régime alimentaire.
La tête articulaire est légèrement oblique (inclinaison d’orientation latéro-médiale, et aussi
dorso-ventrale chez les ongulés). Elle vient s’opposer à un élément de dépression, la fosse

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mandibulaire présente sur l’os temporal au niveau de l’arcade zygomatique. Cette fosse est
encadrée par deux reliefs, il s’agit des processus (=tubercules) articulaire et rétro-articulaire.
En avant, le processus coronoïde de la branche s’insinue entre la fosse mandibulaire et le
processus zygomatique de l’os temporal.


L’inclinaison de cette articulation correspond à l’inclinaison nécessaire à l’affrontement des
dents, permettant une occlusion dentaire correcte et donc une bonne usure des dents. On a
normalement une usure correcte et permanente ce qui entraîne, par le mouvement des
dents, une table dentaire plane. Lorsqu’on a des dysfonctionnements, on peut observer des
surdents (qui peuvent blesser la langue ou les lèvres) et une mauvaise usure (les dents
continuent de grandir).

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2. Les moyens d’union

L’articulation est de type synoviale. Les surfaces articulaires sont unies par de la synovie et
entourées par une capsule articulaire. Il existe une particularité chez cette articulation. En
effet, dans la cavité, il y a une formation fibro-cartilagineuse appelée disque articulaire.
L’union de ces disques se fait par la capsule articulaire sur les côtés. Chaque disque se moule
parfaitement à la surface correspondante. Elle rend concordant des surfaces qui sont
initialement discordantes.
La capsule articulaire comprend une couche externe fibreuse et une couche interne remplie
de synovie. La couche fibreuse s’étend d’un os à l’autre en prenant appui sur un disque
articulaire. Cela forme une cavité ventrale et une cavité dorsale (qui est très élargie chez les
équidés). La nature de la couche fibreuse est variable : elle est plutôt élastique médialement,
plutôt fibreuse latéralement. On observe alors la présence d’un ligament latéral sur la face
latérale.

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Chez le chien, la fosse dans laquelle vient s’insérer le processus rétro-articulaire qui est très
engainant est presque circulaire. Cela va former une sorte de charnière. On retrouve
également un ligament latéral qui maintient cette articulation bien en place.

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3. Les mouvements

La partie fixe est la fosse mandibulaire portée par l’os temporal. La mandibule est alors la
partie mobile. Les mouvements peuvent être assez complexes car il y a 3 plans différents. On
distingue alors les mouvements dorso-ventraux (=élévation/abaissement de la mandibule),
les mouvements latéro-latéraux (=abduction/adduction) et les mouvements rostro-
caudaux (protraction/rétraction).
Chez les carnivores, du fait des surfaces articulaires très engainantes qui limitent les
mouvements latéro-latéraux, le plan de mouvement majoritaire est le plan dorso-ventral. En
revanche, chez les herbivores, le plan principal est le plan latéro-latéral. Enfin, chez les
rongeurs, le plan principal est le plan rostro-caudal.

Chez le cheval, la mastication se fait en combinant les différents mouvements dans les
différents plans.

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Chez la vache, les deux mandibules ne sont pas soudées. Il y a donc des mouvements
possibles entre les deux mandibules. Chez le chien, elles ne sont pas soudées non plus mais
les mouvements sont restreints.
La soudure est présente chez le cheval, l’homme et le cochon.



II. Les muscles masticateurs

Fonctionnellement, on distingue 4 groupes de muscles au niveau de la tête : les mm
superficiels de la tête, les mm mobilisateurs du bulbe oculaire, les mm mobilisateurs de la
langue et du pharynx et les mm masticateurs. Ces derniers jouent sur les mouvements de
l’articulation temporo-mandibulaire.

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On distingue 5 muscles qu’on peut classer par leur localisation (profonds/superficiels) ou
leur fonction (releveur/abaisseur de la mandibule)
Parmi les muscles releveurs de la mandibule, on distingue :
→ Les muscles superficiels : le temporal et le masséter
→ Les muscles profonds : le ptérygoïdien médial et le ptérygoïdien latéral. Ils sont
difficilement palpables.
Tous sont innervés par le nerf mandibulaire (branche du N trijumeau = 5ème paire de nerfs
crâniens)
On trouve aussi un muscle abaisseur de la mandibule qui est profond : le digastrique.

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1. Le muscle temporal

Il est plaqué contre l’os temporal. Il prend attache au niveau de l’arcade zygomatique et de
la fosse temporale et se termine au niveau du processus coronoïde de la mandibule et de la
crête sagittale externe. C’est un releveur de la mandibule.
Il est très développé chez les carnivores : il participe au bombement du front, zone dans
laquelle il est assez globuleux. En revanche, il est totalement absent chez le lapin.

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2. Le muscle masséter

C’est un muscle très grand, très large et très aplati. Il couvre toute la branche de la
mandibule. Il constitue la base anatomique du plat de la joue. Il est divisé en une partie
fibreuse et une partie charnue. Il s’attache le long de l’arcade zygomatique et de la crête
faciale et se termine sur la face latérale de la mandibule (= fosse massétérique) et sur le
bord caudal de la mandibule.
C’est un puissant releveur de la mâchoire. Il va avoir un rôle de protraction de la mâchoire.
Si sa contraction est unilatérale, il a aussi un rôle secondaire : il va tirer la mâchoire vers
l’extérieur (abduction). Il est très bombé chez les carnivores.

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3. Les muscles ptérygoïdiens

a) Le muscle ptérygoïdien médial

C’est un muscle profond, plat, large et divisé lui aussi en deux parties semblables à celles du
muscle masséter (avec principalement des fibres verticales, et des fibres orientées ventro-
caudalement). Il s’attache sur la crête ptérygo-palatine et sur la face médiale dans la fosse
ptérygoïdienne et sur le bord caudal de la mandibule. Il est releveur (pour la partie
principale du muscle : les fibres verticales) et protracteur (pour la partie accessoire du
muscle : les fibres ventro-caudales) de la mandibule. En fonctionnement unilatéral, il est
adducteur de la mandibule sur laquelle il s’insère (et donc abducteur le la mandibule
opposée).


b) Le muscle ptérygoïdien latéral

Il est plus faible, plus ferme, plus oblique que le ptérygoïdien médial et dissimulé à la base
du crâne. Il s’attache sur la face ventrale de l’os sphénoïde et le long du processus
ptérygoïde, et se termine sur la face médiale du col de la mandibule (adhère fortement à la
capsule articulaire). Il a un rôle principal de protraction et fonctionne accessoirement en
auxiliaire du muscle ptérygoïdien médial (travail en synergie) comme muscle releveur. Il est
aussi adducteur de la mandibule sur laquelle il s’insère (abducteur de la mandibule opposée)
lors d’un fonctionnement unilatéral.

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4. Le muscle digastrique

On le retrouve sur la face médiale. Il est composé de deux corps charnus séparés par un
tendon intergastrique. La partie caudale est attachée au niveau du processus jugulaire
tandis que la partie rostrale s’attache au niveau du bord ventrale de la partie molaire de la
mandibule.
Il a un rôle d’abaisseur de la mandibule et de protraction de la mandibule (il la tire vers
l’arrière). C’est donc un muscle qui permet l’ouverture de la bouche. Son action est
antagoniste aux quatre muscles vus précédemment ; il est le seul abaisseur de la mandibule.
Il a une double innervation : sa partie rostrale est innervée par le nerf mandibulaire et sa
partie caudale est innervée par un rameau moteur du nerf facial).

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5. Particularités chez le chien

Chez le chien, le muscle temporal est particulièrement puissant et le muscle masséter est
très développé. En revanche, les ptérygoïdiens sont moins développés (notamment le
ptérygoïdien latéral qui est quasiment absent). Le digastrique est plus simple. En effet, le
tendon est totalement réduit. Même si on ne voit plus la division, la double innervation est
conservée.

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CE DOCUMENT A ETE OFFERT AUX VETERINAIRES ALGERIENS PAR

REDA MOHAMED GUESSOUM, DVM

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Les glandes salivaires des


Mammifères Domestiques

I. Caractères généraux :

1. Types fonctionnels :
2. Types morphologiques :

II. Les glandes majeures (conglomérées) :



1. Les glandes superficielles :
2. Les glandes salivaires profondes :

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Introduction :

Les glandes salivaires sont des glandes exocrines annexées à la bouche dans laquelle elles
déversent la salive. Ce sont les premières glandes associées à l’appareil digestif que l’on
rencontre : elles se situent à l’entrée du tractus digestif et s’abouchent sur presque toute la
longueur de la cavité buccale.
Elles servent principalement à l’hydratation du bol alimentaire ce qui facilite l’activité
masticatoire des dents et de la langue. De plus, pour certains aliments, cette hydratation
permet d’en percevoir le goût. Elles participent également à la déglutition en permettant le
transit œsophagien. En effet, elles lustrent en quelque sorte le bol alimentaire ce qui facilite
son « glissement » dans l’œsophage.
Certaines glandes salivaires peu volumineuses sont directement placées en nappes plus ou
moins diffuses sous la muqueuse orale : on parle de glandes mineures. Ce sont les glandes
labiales, jugales, linguales et palatines. Les autres glandes, dites glandes salivaires majeures,
sont compactes et conglomérées et constituent des organes bien isolables.
En avant-propos, nous verrons que malgré les différences de topographie, de structure, de
développement et de conformation, les glandes salivaires présentent des caractères généraux
communs.

I. Caractères généraux :

Le tissu glandulaire constitué de glandes exocrines est plus ou moins granuleux et plus ou
moins jaune, gris ou rouge selon l'état de vascularisation de la glande, contrôlé par la
vasomotricité (le tissu sera rouge en cas de vasodilatation, et plutôt jaune-gris sinon).

Le tissu glandulaire est entouré de tissu conjonctif qui permet d’adhérer aux structures
adjacentes (muscle, mandibule...). Ce tissu peut également former des cloisons à l’intérieur
de la glande et délimiter des lobules que l’on peut plus ou moins isoler. A l’intérieur de ces
cloisons transitent les artères, les veines et les nerfs. Ce lobule salivaire est l’unité
fonctionnelle de la glande : c'est un ensemble d'acini séreux, muqueux ou mixtes débouchant
dans les conduits collecteurs.
Les glandes superficielles s'abouchent dans le vestibule buccal entre la joue et les arcades
dentaires (glande parotide et glandes buccales) tandis que les glandes profondes s'abouchent
dans la cavité propre de la bouche.


1. Types fonctionnels :

Les glandes salivaires participent à l'élaboration de la salive qui permet d'humecter la cavité
orale (les muqueuses en particulier), de mettre en solution les substances sapides pour
qu’elles soient détectées par les bourgeons du goût grâce à une salive séreuse. Elle permet
également le traitement du bol alimentaire et de fluidifier les aliments en vue de la
déglutition.

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a. Selon le régime alimentaire :

La structure de ces glandes est corrélée au régime alimentaire de l'animal. Chez les
carnivores domestiques, l’activité masticatoire est très simple ; les dents agissent comme des
ciseaux qui découpent la viande en morceaux assez grossiers. Le temps buccal est donc très
court. Il y’a peu d’enzyme qui agissent pour une grande quantité de bol alimentaire à avaler.
Chez les herbivores, c’est plutôt l’inverse : le régime alimentaire est surtout basé sur des
sucres non digérables par l’animal lui-même. La mastication est alors privilégiée et facilitée
par des muqueuses séreuses abondantes.

La salive peut aussi avoir un rôle digestif surtout chez les herbivores qui la produisent en très
grande quantité, et chez qui elle participe à la digestion amylacée (par la production
d’amylase) et présente un rôle tampon permettant ainsi une régulation du pH gastrique. Chez
les herbivores, la salive et les aliments permettent une usure des dents et un brossage des
dents. Ces frottements expliquent la rareté des complications buccodentaires, chez les bovins
par exemple. Chez les carnivores, le bol alimentaire est avalé trop vite pour permettre une
imprégnation importante, le rôle enzymatique est donc limité. Il n’y a donc que peu de
frottements et peu de salive séreuse produite, d’où les complications buccodentaires chez ces
espèces (par exemple : le dépôt de tartre ou les carries). Chez le chien, son évaporation
participe aussi à la thermorégulation.
Le développement des différentes glandes et des lobules salivaires sera donc plus ou moins
important selon le régime alimentaire de l'animal.

b. Salon le type de glandes :

La salive est constituée par un mélange de salives partielles, produite par des glandes
exocrines tubulo-acineuses (séreuses, muqueuses ou mixtes). Il s'agit donc d'une salive mixte.

Cette salive pourra être plus ou moins épaisse, plus ou moins séreuse, plus ou moins
muqueuse en fonction du régime alimentaire et de l'état physiologique de l'animal.

On distingue deux grands types fonctionnels de glandes salivaires :

® Les glandes salivaires séreuses, qui produisent un liquide fluide, riche en enzymes,
avec un fort potentiel d’hydratation. Elles facilitent la trituration des aliments et
permettent l’humidification du bol alimentaire. Cette humidification permet de
faciliter l’action physique et la perception du goût car il faut que les molécules soient
mises en solution pour être perçues. Chez les herbivores, cela est important car le goût
est un sens développé pour pouvoir distinguer ce qui est comestible de ce qui est
toxique. La salive séreuse a un rôle digestif double : la mastication (rôle physique) et
l’action des sucs gastriques et enzymatiques (rôle chimique). Ces glandes s’abouchent
dans la partie rostrale de la cavité buccale ce qui permet d’hydrater les aliments dès
leur entrée dans la bouche et donc de faciliter l’action des dents.

® Les glandes salivaires muqueuses produisent une salive d’une viscosité élaborée, riche
en polysaccharides, dans le but de lubrifier le bol alimentaire, ce qui facilite son
passage au niveau de l’œsophage lors de la déglutition. Ces glandes s’abouchent dans

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le fond de la cavité buccale pour recouvrir le bol alimentaire à l’engagement dans
l’œsophage. Chez les carnivores, la mastication étant très réduite, et donc le bol
alimentaire très grand, les glandes salivaires muqueuses sont très développées.

c. Selon le milieu de vie de l’animal :

Les glandes salivaires sont caractéristiques du mode alimentaire, mais aussi du milieu de vie
de l'animal. Par exemple, chez les oiseaux, la salive séreuse a un rôle nul car il n’y a pas de
mastication. L’œsophage est adapté au passage d’un bol alimentaire volumineux et cela est
facilité par le fort développement des glandes salivaires muqueuses. Chez les mammifères
marins, la mastication est très réduite. On observe alors une régression de l’appareil salivaire
(chez les pinnipèdes) ou même une disparition de celui-ci (chez les cétacés).

d. Contrôle nerveux des sécrétions :

Le contrôle nerveux de la sécrétion de salive met en jeu différents systèmes :
® le système parasympathique qui active la sécrétion salivaire
® le système orthosympathique est inhibiteur de cette sécrétion
® le système nerveux végétatif régule également la sécrétion en réponse à des stimuli
(par exemple en réponse à des odeurs).

En situation de stress, le système orthosympathique est très développé ce qui entraine une
impression de bouche sèche.

2. Types morphologiques :

Il existe deux principaux types de glandes différenciés par la répartition des glandes dans le
tissu :
® les glandes unilobulaires qui ne possèdent qu’un seul conduit. Ce sont des glandes
diffuses dans lesquelles les lobules peuvent être éparses (glandes labiales) ou
rassemblés en amas (glandes palatines) sans pour autant former un organe isolable.
Les lobules sont indépendants. C’est le cas des glandes labiales, jugales, palatines et
linguales. Elles peuvent être dites « mineures » car elles sont macroscopiquement
invisibles. On les retrouve dans l’ensemble de la cavité buccale.

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® Les glandes multilobulaires qui sont des glandes conglomérées formant un organe et
dans lesquelles les lobules sont groupés en plusieurs lobes. Ce type de glandes est
macroscopiquement visible. On appelle ces glandes les glandes « conglomérées » ou
bien « majeures » vis-à-vis de l’identification visuelle aisée. Ce sont les glandes
mandibulaire et sublinguale pour les glandes profondes et les glandes buccales et
parotides pour ce qui est des glandes superficielles.
Elles sont monostomatiques ou polystomatiques selon qu'un ou plusieurs canaux collecteurs
par glande débouchent dans la cavité orale. Ces canaux sont donc soit indépendants soit
fusionnés en un canal unique.
a.


On distingue en fonction de leur topographie:
® Les glandes salivaires accessoires (ou diffuses). Ce sont des glandes
gustatives. (Exemple : glandes palatines, linguales, labiales, jugales)
® Les glandes salivaires majeures (ou conglomérées). En fonction de l’endroit où elles
libèrent la salive, on distingue les glandes superficielles qui déversent la salive dans le
vestibule buccal (glande parotide et glandes buccales) des glandes profondes qui
déversent la salive dans la cavité propre (glande mandibulaire et glande sublinguale)

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II. Les glandes majeures (conglomérées) :

1. Les glandes superficielles :

Les glandes superficielles s'abouchent dans le vestibule buccal entre la joue et les arcades
dentaires.

a. La glande parotide :

Son nom se justifie par sa topographie au voisinage de la base de l’oreille chez toutes les
espèces. Les rapports avec l’oreille varient selon les espèces mais elle est toujours plus ou
moins située dans la fosse rétro-mandibulaire (=fosse parotidienne). Il s'agit de la glande
salivaire généralement la plus volumineuse.
C’est une glande conglomérée, palpable lors de l'examen clinique avec une structure lobulaire
bien visible à l’œil nu.
C'est une glande séreuse pure (sauf chez les carnivores, chez qui elle est mixte) qui est
d'autant plus développée que l'alimentation de l'animal est ligneuse et sèche. Sa taille est
inversement proportionnelle à celle de la glande mandibulaire.
Il s'agit d'une glande multilobulaire monostomatique : il n'existe donc qu'un seul conduit
parotidien qui s'abouche dans la face interne de la joue au niveau du vestibule buccal, à une
position intermédiaire entre la dernière prémolaire et la première molaire. L'ostium est
parfois protégé par la présence d'une papille chez certaines espèces.
Elle est granuleuse, pâle, de couleur jaunâtre (chez le cheval) à rougeâtre (chez le bœuf et le
chien) et donc bien visible à l’œil nu.

i. Chez le cheval :

Cette glande occupe toute la fosse rétro-mandibulaire (entre la branche de la mandibule et
l'aile de l'atlas). Elle se situe dans la loge parotidienne et présente d'importants rapports
anatomiques avec les éléments de la loge parotidienne.
Chaque glande pèse environ 330g, les deux glandes gauche et droite réunies (soit 600g)
représentent 1/800 du poids de l'animal, ce qui est très important pour une glande.

La glande parotide est allongée verticalement : elle mesure 3 cm d'épaisseur (cette épaisseur
augmente ventro-dorsalement). Elle est aplatie et possède donc une face latérale et une face
médiale. Elle a une longueur qui varie entre 20 et 25 cm et une largeur entre 6 et 8 cm. Elle
est de couleur jaune.
Le bord crânial est adhérant à la branche de la mandibule (il est en rapport avec l’articulation
temporo-mandibulaire) et le bord caudal est peu adhèrent à l'aile de l'atlas (elle en est séparée
par la présence de l'aponévrose terminale du brachiocéphalique).





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L'extrémité dorsale de la glande enveloppe la conque auriculaire. L'extrémité ventrale,
arrondie, est en rapport avec les veines de la région. La veine retro-mandibulaire traverse la
glande de part en part en creusant sa face latérale et présente ainsi un plan de clivage dans la
glande (deux territoires). Cette veine conflue ensuite avec la veine faciale pour former la veine
jugulaire externe. Les deux parties de la glande restent toutefois en continuité par
l’intermédiaire de ponts formés par la glande.
Le nerf VII (= nerf facial) traverse aussi la glande parotide, mais plus dorsalement, en regard
de l'articulation temporo-mandibulaire. Le bord crânial est donc en rapport avec le nerf facial.
La face latérale est en rapport avec le muscle parotido-mandibulaire qui est un muscle assez
fin. La face médiale (logée dans la loge parotidienne) est en rapport avec les éléments de la
loge parotidienne tels que la poche gutturale, la carotide externe ou encore l’artère auriculaire
caudale.



Le conduit parotidien est très long. Il collecte la salive, longe l'angle de la mandibule
médialement, et suit alors le même trajet que la veine faciale et l'artère faciale. Puis il passe
devant le muscle masséter au niveau de l'incisure mandibulaire, sous les vaisseaux en regard
de l'arcade molaire inferieure, passe à travers le muscle buccinateur et débouche au niveau
de la papille parotidienne (muqueuse jugale) au regard de la 4ème prémolaire supérieure. La
papille évite l'entrée de corps étrangers dans le conduit.
Lors de la palpation ces glandes parotides, il ne faut pas les confondre avec les nœuds
lymphatiques mandibulaires qui se trouvent très proches


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ii. Chez le chien :

Cette glande est une glande séreuse mixte. Elle est nettement plus petite que chez le cheval
(elle pèse 7 à 8g) et forme une sorte de V à la base de l'oreille (ceci sera à prendre en compte
lors des chirurgies de l'oreille). Sur un chien de taille moyenne, elle mesure environ 5-6 cm de
haut. Elle n'atteint donc pas l'angle de la mandibule et ne couvre qu'en partie la glande
mandibulaire qui est plus développée. Elle ne couvre pas les nœuds lymphatiques parotidiens.
Le conduit parotidien longe superficiellement le muscle masséter. Il permet de traiter des
sécheresses oculaires, de par sa topographie mais aussi de la composition du liquide qu’il
transmet (liquide séro-muqueux, sans enzymes, similaire aux larmes). Son trajet est court.
L'ouverture se fait dans un ostium en regard de la carnassière (PM4) et il n'y a pas de papille.
Cet ostium est au contact d’un deuxième : celui de la glande zygomatique dans la joue.

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On peut visualiser cette glande par sialographie, en catétherisant le conduit et en y injectant


du produit radio opaque.
iii. Chez le bœuf :

La glande parotide a une position intermédiaire entre celles du chien et du cheval. Le bord
rostral de la glande parotide recouvre plus le masséter que chez le cheval mais laisse à
découvert le gros nœud lymphatique parotidien près de l'articulation temporo-mandibulaire.
Ce nœud lymphatique peut avoir une taille importante dans des conditions pathologiques et
les deux éléments ne devront pas être confondus lors des palpations. Elle est de couleur brun-
rouge.
Elle est moins développée que chez le cheval et n'occupe pas toute la fosse retro-
mandibulaire ou englobe une partie de la glande mandibulaire qui a au contraire une taille
plus importante (la glande mandibulaire recouvre donc un peu la glande parotide). Il n’y a pas
de fascia sous parotidien.
Le conduit parotidien suit le même trajet que chez le cheval. L'ostium parotidien s'ouvre au
niveau de la joue au niveau de la 2eme molaire (position basse). Le conduit abouche à fleur
de muqueuse, il n’y a pas de papille.

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iv. Chez les petits ruminants :



L’organisation est assez semblable excepté le fait que le conduit parotidien s’abouche au
niveau de la première molaire supérieure.

v. Chez le porc :

La glande parotide est très développée (comme toutes les glandes salivaires dans cette
espèce). Elle a une forme de triangle rectangle. Seul le peaucier cervico-facial et le lard la
séparent de la peau. Le bord caudal atteint presque la pointe de l'épaule. L'angle mandibulaire
dépasse parfois l'incisure mandibulaire tandis que l'angle dorsal a une forme émoussée et
reste à distance de la base de l'oreille. Le conduit parotidien suit le même trajet que celui du
cheval et débouche au sommet de la 4eme prémolaire. L'ostium est recouvert par une papille
très marquée (appelée mamelon).
Elle occupe toute la loge carotidienne mais s’étend sur l’encolure au niveau du sillon jugulaire
donc jusqu’à mi-hauteur de l’encolure.

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b. Les glandes buccales :

Elles sont réparties en deux groupes : un groupe ventral et un dorsal, aux fonctions
différentes. Elles sont polystomatiques, plus ou moins conglomérées selon les espèces. Elles
sont situées superficiellement, dans l'épaisseur de la joue. Les conduits s'ouvrent dans le
vestibule de la bouche (glandes superficielles). Le groupe dorsal est constitué de glandes
mixtes à tendance muqueuse (muqueuse pure chez les chiens) tandis que le groupe ventral
est mixte à tendance séreuse (séreux pure chez les herbivores).

i. Chez le cheval :

Les glandes buccales dorsales sont très superficielles (sous la peau) et se trouvent au-dessus
du muscle buccinateur. Elles sont plaquées contre les parois osseuses.
Les glandes buccales ventrales partent de la symphyse mandibulaire et s’arrêtent au niveau
du masséter. Elles sont donc plaquées contre la mandibule. Elles sont en rapport avec le
muscle buccinateur en dedans de son bord ventral. Elles sont donc en position profonde et
de type séreux pur.
Les glandes buccales dorsales sont plus volumineuses que les ventrales et elles sont plaquées
contre la paroi osseuse du maxillaire. Leur partie caudale est beaucoup plus compact que la
rostrale.
Les multiples petits conduits excréteurs forment de petits tubercules en regard de chaque
arcade molaire, sous la muqueuse de la joue (« à fleur de muqueuse »). L’intérêt clinique est
plus limité car ces glandes ne sont pas palpables.

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ii. Chez le bœuf :



On trouve une organisation très proche de celle du cheval, si ce n’est que les glandes buccales
sont plus développées, surtout les ventrales. Elles sont exclusivement de type séreux avec une
subdivision en deux massifs :
® Glande intermédiaire sous le muscle buccinateur
® Un groupe encore plus ventral

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iii. Chez le chien (et les carnivores domestiques) :

Les glandes buccales ventrales sont plus réduites : elles forment une trainée du niveau de la
canine maxillaire au bord rostral du masséter. Elles sont situées ventralement au muscle
buccinateur. Elles sont de type séreux et forment plein de petits conduits le long de la joue.
Ce sont des glandes monostomatiques.

Le groupe dorsal est modifié : il donne la glande zygomatique, glande conglomérée


particulière aux carnivores et aux rongeurs (à l’exception parfois du chat). La glande dorsale a
en fait migré au niveau de la base de la cavité orbitaire : elle est située médialement à la
portion rostrale de l'arcade zygomatique : entre l’arcade zygomatique, le ptérygoïdien médial
et la gaine fibreuse de l'orbite. De ce fait, si un abcès se forme au niveau de la glande
zygomatique, l’œil sort de son orbite. Elle s'ouvre dans le vestibule buccal par des orifices
microscopiques (en regard de la première molaire supérieure) et par un conduit zygomatique
plus important qui s'abouche dorsalement au niveau de la premolaire caudalement à l'ostium
parotidien. Elle est de type muqueux.

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iv. Chez le porc et le lapin :


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2. Les glandes salivaires profondes :

Les glandes profondes s'abouchent dans la cavité propre de la bouche (glande mandibulaire
et sublinguale).

a. La glande mandibulaire :

Anciennement appelée glande sous-maxillaire, elle se situe en profondeur dans la loge
mandibulaire.
Elle est mixte à prédominance séreuse chez les Herbivores.
C'est une glande conglomérée, monostomatique, le conduit passe dans le récessus lingual et
l'ostium débouche dans la cavité propre de la bouche, sur, sous ou au sommet de la caroncule
sublinguale.

i. Chez le cheval :

La glande est très étirée rostro-caudalement et orientée obliquement. Elle est incluse dans
une loge conjonctive : la loge mandibulaire.


Elle est plus pâle que la glande parotide, deux fois moins épaisse et 5 fois moins lourde que
celle-ci (60 grammes). Elle mesure 20 cm de longueur, amincie en direction ventrale et est
composée de 2 lobes accolés : un lobe crânial et un lobe caudal. Ces deux lobes présentent
un conduit commun qui s’abouche au niveau de l’espace inter-dentaire (la barre), par une
caroncule percée du conduit salivaire, de part et d’autre du frein de la langue.

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La glande va de l'aile de l'atlas au muscle mylo-hyoïdien et ne dépasse pas l'angle de la
mandibule. Elle est caudale à la glande parotide et sa face latérale est recouverte par la glande
parotide. Elle est parcourue latéralement par les veines de la région et recouvre médialement
certaines artères :
® Le bord ventral est longé par l’artère et la veine faciale.
® Le bord rostral est longé par le conduit mandibulaire (plutôt médialement) et croise
l’artère faciale.
® La face médiale est plaquée contre le pharynx et le larynx et avec les poches gutturales
dorsalement à ces derniers. Elle recouvre en partie la carotide commune.
® Le bord dorsal est longé par le muscle digastrique, le conduit mandibulaire, et par les
poches gutturales.

Le conduit mandibulaire débouche au niveau des caroncules sublinguales qui, chez le cheval,
sont molles et d'environ 4 à 5 mm (très discrètes), et longe le muscle digastrique. Il chemine
en direction rostrale entre le muscle mylohyoïdien, qui le sépare de la mandibule, et des
muscles de la langue (stylo et hyo-glosse). Dorsalement au conduit se trouve le muscle
géniohyoïdien. Puis, il passe médialement à la glande sublinguale avant de venir s'aboucher
au niveau de la caroncule sublinguale.

ii. Chez le chien :

La glande mandibulaire est de forme ovoïde et de couleur jaune orangé, et n'est composée
que d'un seul lobe dont le pôle rostral prolonge l'extrémité caudale de la glande sublinguale.
Elle est un peu plus grosse que la glande parotide. Elle se situe caudalement à l’angle de la
mandibule et caudalement et ventralement à la parotide. Les bords caudaux et ventraux sont
en rapport avec les nœuds lymphatiques mandibulaires. C’est la glande la plus développée
chez le chiens. Elle est essentiellement muqueuse.
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Son conduit se situe à côté de celui de la glande sublinguale majeure. Les caroncules sont
situées de part et d’autre du frein de la langue, assez crânialement.

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iii. Chez le bœuf :

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La glande mandibulaire est très développée (20 cm) et comme chez le cheval, 2 lobes sont
distinguables. Elle est prolongée bien en avant dans l'espace inter- mandibulaire et le lobe
rostral dépasse largement l'angle de la mandibule (contrairement au cheval) pour rejoindre
son controlatéral (= le lobe droit rejoint le lobe gauche) dans l'espace inter-mandibulaire,
dans la région de l’auge.
La parotide ne recouvre que partiellement la glande mandibulaire. Elle est recouverte
latéralement par les veines rétromandibulaire et faciale tandis que sa face médiale recouvre
l'artère carotide commune comme dans les autres espèces.
La caroncule sublinguale (=barbillon) est volumineuse, dure et crénelée.. Elle a un rôle de
protection important : elle empêche que des objets bouchent le conduit.
A la différence du cheval, chaque lobe posède son propre conduit. L’ensemble des deux
conduits coincent le muscle digastrique.

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iv. Chez le porc :

Elle est beaucoup plus importante que la parotide. Elle est ovoïde mais possède quand même
2 lobes. Le lobe rostral est triangulaire sous l'angle caudal de la mandibule. Les conduits
drainant les lobes passent de part et d'autre du muscle digastrique avant de se rejoindre. La
caroncule sublinguale est peu saillante.

b. Les glandes sublinguales :



Ce sont toujours les plus petites glandes salivaires.

Ce sont des glandes profondes car leur sécrétion se fait dans la cavité propre de la bouche.
Elles sont mixtes à prédominance muqueuse. On distingue une glande sublinguale mineure
(polystomatique) et une glande sublinguale majeure (monostomatique). Les subdivisions
sont variables selon les espèces.

NB : elles ont de nombreux caractères apparentés à la glande mandibulaire (même
innervation et sécrétion dans la cavité propre de la bouche).

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i. Chez le cheval :

Ce système est peu développé (car lié au régime alimentaire). Il n'y en a qu'une seule : la
glande sublinguale mineure. Elle est polystomatique. Elle ne constitue pas un véritable
organe mais forme plutôt un tissu lâche de 15 cm de longueur et 2 cm de largeur. Elle se situe
au niveau du récessus lingual latéral, en profondeur. Les conduits excréteurs débouchent au
niveau des crêtes sublinguales. On a ainsi une crête qui fait saillie avec beaucoup
d’abouchement des conduits.

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ii. Chez le chien (et les carnivores domestiques) :

Les 2 glandes sont présentes et bien développées (2 types morphologiques) :

® la mineure est polystomatique et rostrale (au niveau du récessus lingual)
® la majeure est monostomatique (1 conduit unique) et caudale, parfois absente chez
le chat. La partie caudale est accolée au pôle rostral de la glande mandibulaire. On a
l'impression d'une fusion entre les 2 glandes. (Elle est parfois considérée comme la
partie rostrale de la glande mandibulaire du cheval).

L'ostium de la glande sublinguale majeure se situe au niveau des caroncules sublinguales avec
l'ostium de la glande mandibulaire : il y a donc abouchement en commun avec la glande
mandibulaire. S’il y a pénétration de corps étrangers dans le conduit, cela l’obstrue et entraine
une accumulation de salive et de ce fait, on a formation d’une grenouillette.






Illustration d’une grenouillette

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iii. Chez le bœuf :

Il y a également 2 glandes sublinguales, en continuité : la mineure est caudale et la majeure
est rostrale (c'est l'inverse du chien). Le conduit de la glande majeure est parallèle à celui de
la glande mandibulaire. C’est la glande mineure qui est principalement développée.

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iv. Chez le porc :

L’organisation est très proche de celle du chien.



v. Chez le lapin :

Les glandes salivaires sont développées car il s'agit d'un rongeur. Il possède lui aussi une
glande zygomatique. La glande parotidienne est également très développée.


Schémas Bilans :

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Espèces\ Glandes superficielles (vestibule buccal) Glandes profondes (cavité propre de la bouche)
glandes Glande parotide Glandes Buccales Glandes mandibulaires (en Glandes sublinguales
(fosse rétromandibulaire entre la (Dans l’épaisseur de la joue, profondeur dans la loge (les plus petites des Gl.
mandibule et l’atlas, type séreux, polystomatiques et plus ou mandibulaire, plus ou moins Salivaires, sécrétion
monostomatique, jaunâtre à moins conglomérées selon les recouverte par la parotide mais dans cavité propre de la
rougeâtre, glande conglomérée) espèces, la Gl. Dorsale est plus plus petite que celle-ci, Gl. bouche, mixte à
volumineuse, les conduits vont Conglomérée, type séreuse ou prédominance
du sillon bucco-gingival au muqueus mixte monostomatiques, muqueuse)
vestibule de la bouche ) ostium du conduit débouche dans
la cavité propre de la langue au
sommet de la caroncule linguale)
Cheval -Volumineuse, allongée et aplatie -Gl. Buccales dorsales : longe -dans une enveloppe conjonctive -1 Gl. Sublinguale
-en rapport avec les éléments de la en dehors le bord dorsale du -bande allongée rostro- mineure
loge parotidienne (poche gutturale, buccinateur, la partie caudale caudalement, étroite et aplatie, polystomatique
carotide externe.) plus compacte, la partie courbe à concavité dorsale -petite, à lobules
-triangle de Viborg (zone d’abord rostrale dissociée. C’est la plus -dans la loge mandibulaire, TC dissociés entre la
chirurgicale : espace libre entre superficielle fibreux mince première molaire et la
tendon du sternocéphalique, la veine -Gl. Buccales ventrales : -plus petite et plus pâle que la symphyse
faciale et l’angle de la mandibule longe en dedans le bord ventral parotide, de l’aile de l’atlas au m. mandibulaire, allongée
- le conduit parotidien très long et du buccinateur, directement mylo-hyoïdien et aplatie
volumineux s’abouche au niveau de sous la muqueuse jugale. -2 lobes accolés (caudal et rostral) -conduits débouchent
la 3ème prémolaire, débouché protégé au niveau des crêtes
par la papille parotidienne. sublinguales
Chien -peu développée, en V à la base de -Gl. Buccale ventrale : -plus grosse que la parotide, -2 Gl. Sublinguales :
(on retrouve l’oreille (proche de l’oreille) comme pour le cheval arrondie, presque lisse une mineure rostrale
quasiment la -orientation horizontale et n’atteint -Gl. Buccale dorsale -1 lobe ovoïde reporté caudalement polystomatique et une
même chose pour pas l’angle de la mandibule remplacée par la Gl. et ventralement à la parotide majeure caudale
les chats) -existence de glandes parotides Zygomatique entre l’arcade -sécrétion muqueuse presque pure monostomatique, à 2
isolées zygomatique et gaine fibreuse -conduit mandibulaire aboutit sur lobes, sa partie caudale
-le conduit parotidien, bcp plus court de l’orbite une caroncule sublinguales (à la semble accolée à la Gl.
s’abouche au niveau de la dernière Elle présente quelques orifices base du frein de la langue) appelée mandibulaire (leurs
prémolaire (la carnassière microscopiques qui Barbillon. ostium sont au même
supérieure), il n’y a pas de papille s’abouchent 1cm e arrière de endroit)
l’ostium parotidien

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glandes
Espèces\ Glandes superficielles (vestibule buccal) Glandes profondes (cavité propre de la bouche)
Glande parotide Glandes Buccales Glandes mandibulaires (en Glandes sublinguales
(fosse rétromandibulaire entre la (Dans l’épaisseur de la joue, profondeur dans la loge (les plus petites des Gl.
mandibule et l’atlas, type séreux, polystomatiques et plus ou moins mandibulaire, plus ou moins Salivaires, sécrétion dans
monostomatique, jaunâtre à rougeâtre, conglomérées selon les espèces, recouverte par la parotide mais plus cavité propre de la
glande conglomérée) la Gl. Dorsale est plus petite que celle-ci, Gl. Conglomérée, bouche, mixte à
volumineuse, les conduits vont du type séreuse ou muqueuse : mixte, prédominance muqueuse)
sillon bucco-gingival au vestibule monostomatiques, ostium du conduit
de la bouche ) débouche dans la cavité propre de la
langue au sommet de la caroncule
linguale)
Bœuf -moins développée que chez le cheval, -plus développées que celles du -très volumineuse -2 Gl. Sublinguales : une
(Pour les petits en rapport avec le nœud lymphatique cheval (surtout les ventrales) -2 lobes (un gros lobe rostrale, ovoïde, majeure rostrale et
ruminants on a la parotidien accolé à son opposé dans l’auge et ventrale monostomatique
même chose mais le -absence de fascia sous parotidien bordé par un NL mandibulaire très et une mineure caudale et
conduit parotidien -teinte brun rouge volumineux) dorsale polystomatique.
s’abouche en -ne remplit pas totalement l’espace entre -glande de type séreuse pure -très allongée
regard de la 1ère
la mandibule et l’aile de l’atlas
molaire supérieure)
-le conduit parotidien s’abouche au
niveau de la 2ème molaire supérieure, il
n‘y a pas de papille
porc -très volumineuse, allongée vers -comme chez le boeuf -beaucoup plus petite que la parotide -2 Gl. Sublinguales : une
l’arrière, irrégulière -surtout séreuse majeure caudale, étroite
-le conjonctif interlobulaire est chargé -2 lobes : un caudal volumineux, et allongée et une
de graisse arrondi, caché sous la Gl. parotide et mineure rostrale, carrée et
-forme triangulaire (l’angle caudal un rostral triangulaire aplatie.
s’étend sur la région du coup) -ostium mandibulaire sans caroncule
-le conduit parotidien s’abouche au (même caractéristique que
niveau de la dernière prémolaire, celle du chien)
l’ostium est recouvert d’une papille :
mamelon
Rem : Lapin (Même disposition que dans les autres espèces)
-Gl. Buccale dorsale : comme pour le chien
-Gl. Buccale ventrale : gros lobe immédiatement en arrière de la commissure labiale

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CE DOCUMENT A ETE OFFERT AUX VETERINAIRES ALGERIENS PAR

REDA MOHAMED GUESSOUM, DVM

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L’œsophage et l’estomac
monoloculaire des
Mammifères Domestiques




I. L’œsophage des Mammifères Domestiques
1. Définition
2. Conformation
3. Disposition et rapports
4. Structure
5. Les bases anatomiques de l’obstruction oesophagienne
II. L’estomac monoloculaire des Monogastriques
1. Généralités
2. Conformation
3. Structure
4. Rapports, topographie et moyens de fixité
5. Principales particularités spécifiques









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Le tube digestif est constitué d’une section pré-diaphragmatique ingestive qui conduit les
aliments jusqu’à l’estomac en leur faisant subir de modifications préparatoires à la digestion
(bouche, pharynx et œsophage) et d’une section post-diaphragmatique digestive et
ingestive (estomac et intestins).

I. L’œsophage des Mammifères Domestiques



1. Définition

L’œsophage est un tube musculo-membraneux qui assure le transport du bol alimentaire du
pharynx à l’estomac. Il est vide au repos et représente le lien entre la digestion mécanique
(buccale essentiellement) et la digestion chimique (gastrique essentiellement).

Il possède un rôle purement mécanique :
- Il intervient dans le transit du bol alimentaire grâce à sa paroi musculeuse (douée de
péristaltisme). En plus de son activité péristaltique qui mène les aliments à l’estomac,
il possède aussi une activité antipéristaltique mise en jeu lors des vomissements ou
de la régurgitation mérycique des ruminants.
- Il n’a pas de rôle sécrétoire car il ne présente pas de glandes.
- Il joue un rôle à la fin du réflexe de déglutition. Cette dernière est à 3 temps : un
temps buccal avec comme acteur principal la langue, sous contrôle du nerf
hypoglosse qui introduit bol alimentaire dans le pharynx dilaté ; puis un temps
pharyngé, où le bol alimentaire est chassé du pharynx, par contraction de celui-ci sous
contrôle du nerf vagal. Le nerf vagal contrôle aussi motricité de l’œsophage qui
permet d’aboutir à la déglutition.

Il débute après le pharynx et se termine par le cardia (ostium sphinctérique puissant à
l’entrée de l’estomac). Ce dernier s’oppose aussi au reflux gastro-œsophagien des aliments.
C’est un organe d’origine endodermique formé par allongement du tube digestif primitif
dans le plan médian. Il existe des anomalies congénitales ou acquises comme les fistules
oesophago-trachéales.


2. Conformation

Sa structure est musculeuse mais cette musculature est différente selon les espèces :
- Les fibres musculeuses sont rouges et squelettiques et sont contrôlées par des
plaques neuro-motrices chez le chien et les ruminants
- Elles sont remplacées par des fibres musculaires lisses et blanches chez le cheval ou
le chat

Il n’a pas le même diamètre tout le long de son trajet : il se dilate progressivement dans la
cavité thoracique chez les ruminants et carnivores alors que c’est l’inverse chez les équidés.
Par exemple, chez le chien le diamètre de l’œsophage est de quelques centimètres au repos
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avec une lumière centrale virtuelle, cette dernière s’ouvre lors du passage du bol alimentaire.
Si ce dernier est lumineux, le diamètre de la lumière peut atteindre jusqu’à 10cm.




L’œsophage représente 1/3 de la longueur de l’animal et se trouve dans l’encolure, dans la
cavité thoracique et dans la cavité abdominale. Il peut donc être décomposé en trois parties :

- La partie cervicale prend son origine dorsalement au niveau du pharynx et fait suite à
l’oropharynx. L’œsophage se dilate et se place dorsalement à la trachée. Il se termine
à l’entrée de la poitrine où il est alors à gauche de la trachée. De l’extérieur, en
regardant la partie cervicale gauche, on peut suivre le transit du bol alimentaire.
- La partie thoracique débute à l’entrée de la poitrine (zone de rétrécissement) où
l’œsophage est à gauche de la trachée, c’est une zone difficile pour le transit, il y a un
risque d’écrasement de l’œsophage. Il se replace ensuite dorsalement à celle-ci dans
le médiastin moyen et à droite de l’aorte thoracique. Après cette entrée étroite dans
la partie thoracique, on observe une dilatation au niveau du médiastin caudal,
carrefour des voies digestives et respiratoires.
- La partie abdominale commence au niveau du hiatus œsophagien (entre les deux
piliers du diaphragme). Elle est très courte (2-3cm) voire inexistante/virtuelle chez les
ruminants. Son rôle physiologique est très important.





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3. Disposition et rapports




L’œsophage n’a pas le même diamètre sur toute sa longueur, on distingue ainsi trois zones
principales de rétrécissement (il en existe une quatrième chez les carnivores) :
- Une zone au niveau de la jonction avec le pharynx (à son tout début)
- Une zone à l’entrée de la poitrine
- Une zone au niveau du passage dans le hiatus du diaphragme
On peut également citer une zone de compression naturelle dans le médiastin moyen au-
dessus de la base du cœur, qui elle, est présente chez les carnivores.

- Dans la partie cervicale :
L’œsophage est en contact étroit avec la trachée. Au début, il est dorsal à la trachée, au-
dessus du cartilage cricoïde du larynx puis il passe à sa gauche à la base du cou pour repasser
par la suite en position dorsale.

- Dans la partie crâniale de l’encolure :
L’œsophage est de chaque côté en rapport avec le tronc vago-sympathique, l’artère
carotide commune, et la veine jugulaire interne (chez les carnivores et les bovins).


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- Dans la partie caudale de l’encolure :
L’œsophage est relativement superficiel (entre lui et la peau ne se trouve que le muscle
sterno-céphalique) et on peut suivre à ce niveau le transit du bol alimentaire. Lors d’une

intubation endo-trachéale, c’est aussi là que l’on peut vérifier que l’on n’est pas dans
l’œsophage au lieu d’être dans la trachée ! Il est en contact avec :
- la trachée à gauche
- des muscles : les muscles sternohyoïdien, sternothyroïdien et sterno-céphalique.
- des nerfs : le tronc vago-sympathique et le nerf laryngé récurrent gauche
- des vaisseaux sanguins : l’artère carotide commune et les veines jugulaires
interne et externe



- Dans la partie thoracique :
L’œsophage est en relation avec :
- la trachée : il est situé dorsalement à la terminaison trachéale
- un muscle : il est situé sous le muscle long du cou. Il faut d’ailleurs bien centrer
- lors de radiographie car les muscles sont comme l’œsophage, de densité
liquidienne et on peut facilement réaliser un faux diagnostic de méga-œsophage.
- des vaisseaux sanguins : l’artère sous-clavière gauche, la veine cave caudale et
l’aorte
- des nerfs : le nerf laryngé récurrent gauche, le nerf vague gauche et les troncs
vagaux dorsal et ventral
- les poumons

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- Dans le médiastin crânial :
Il se situe sous le muscle long du cou que l’on voit en radiographie et avec lequel il ne faut
pas le confondre. Il est aussi en rapport avec les nœuds lymphatiques (NL) médiastinaux
crâniaux, le nerf laryngé récurrent gauche (le droit étant plus en avant) et la trachée.

- Dans le médiastin moyen:
Il est à droite de l’arc aortique et est en relation avec les NL trachéobronchiques et les nerfs
vagues gauche et droit. Il surplombe dorsalement la terminaison trachéale, les deux
bronches principales gauche et droite le bloque en position ventrale. L’œsophage n’a pas
beaucoup de liberté de mobilité ici.

- Dans le médiastin caudal:
Il est sous l’aorte, en rapport avec les troncs vagaux dorsal et ventral et pas loin des NL
médiastinaux caudaux qui sont énormes chez les ruminants. Il n’a pas de rapports
contraignants dans cette partie.

Remarque : une hypertrophie des NL médiastinaux peut compresser l’œsophage.


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- Dans la partie abdominale :
Cette partie est très courte (2 à 3 cm chez le chien) et l’œsophage passe à travers le
hiatus oesophagien, entre les deux piliers du diaphragme, au tiers dorsal de ce dernier,
puis se jette directement dans l’estomac où il se termine par le cardia.

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L’œsophage présente une disposition particulière avec la trachée : depuis son origine
jusqu’au deux tiers de la partie cervicale, il est dorsal à la trachée puis il se place à gauche
dans la partie cervicale caudale et à l’entrée de la poitrine. Il redevient dorsal dans le
médiastin crânial et moyen. Dans le médiastin caudal, il n’est plus en rapport avec la trachée
(celle-ci s’étant divisée en bronche dans le médiastin moyen) mais il se trouve en dessous de
l’aorte.


4. Structure

L’œsophage possède des parois relativement fermes, très élastiques.
La paroi est composée de :

- Adventice : Elle est complétée d’une séreuse à partir du thorax, la plèvre
médiastinale (thorax) ou le péritoine (abdomen), en fonction de sa localisation. C’est
un tissu conjonctif lâche, présent surtout au niveau du cou, ce qui autorise une
certaine dilatation de l’œsophage.

- Tunique musculaire (=musculeuse) : C’est une structure très épaisse, en continuité
avec le pharynx et l’estomac, qui est le composant principal de la paroi. Elle est
constituée sur plan superficiel de fibres longitudinales et en profondeur de fibres
circulaires. On observe un renforcement au niveau du cardia. Elle est à l’origine des
mouvements de péristaltisme qui permettent l’avancé du bol alimentaire. Les fibres
sont surtout squelettiques chez le chien et les ruminants ce qui entraîne des
pathologies oesophagiennes avec des troubles du transit dus à des
dysfonctionnements des plaques neuro-motrices. Les chats et équidés présentent eux
une musculeuse à fibres lisses et des troubles du transit dus à des problèmes du
système nerveux végétatif. Les fibres musculaires lisses sont aussi plus sensibles aux
agressions chimiques, mécaniques et thermiques ; et le transit est plus lent.

- Sous muqueuse : Elle contient des glandes de type muqueux, est très riche en
fibres élastiques et très adhérente à la muqueuse mais peu à la musculeuse ce qui
favorise son déplacement et lui confère une bonne élasticité. Chez le chien on trouve
des glandes œsophagiennes de type muqueux sur toute la longueur de l’œsophage,
et uniquement sur la partie pharyngo-œsophagienne chez le chat, le cheval et les
ruminants.

- Muqueuse : Elle est constituée d’un épithélium, de la lamina propria (=chorion) et de
la muscularis mucosae. Cette muqueuse est aglandulaire, sèche, de couleur
blanchâtre et de type proventriculaire avec de nombreux plis longitudinaux. Elle
présente une kératinisation variable en fonction de l’état physiologique de
l’œsophage (hyperkératose si l’œsophage est très sollicité).



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Endoscopies de la partie distale de l’œsophage : On peut noter que la lumière est
normalement vide et qu’elle présente des plis circulaires dans sa partie distale (quand on
s’approche de l’estomac).




5. Les bases anatomiques de l’obstruction oesophagienne

Les zones d’obstruction de l’œsophage sont des zones où l’on observe une diminution du
calibre de ce dernier.
Il existe quatre zones d’obstruction qui correspondent pour la plupart aux zones de
rétrécissement :
- La jonction pharyngo œsophagienne
- L’entrée de la poitrine
- Le médiastin moyen, au-dessus du cœur
- Le hiatus œsophagien

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Les obstructions peuvent être dues à l’ingestion d’aliments, de corps étrangers ou à une
compression (ex : hypertrophie des NL). Par exemple, chez le cheval on peut observer la
formation d’un bouchon en région cervicale si l’aliment ingéré est trop sec et le cheval pas
assez hydraté/abreuvé (ex : luzerne déshydratée) ou si l’aliment est mangé trop rapidement
(ex : pomme). En plus chez les équidés, l’importance en nombre des NL est un élément
d’obstacle en plus, surtout si ils sont hypertrophiés à cause d’une infection.
Chez les grandes espèces les obstructions surviennent surtout dans la partie cervicale au
niveau de la jonction pharyngo-œsophagienne et à l’entrée de la poitrine alors que chez les
carnivores elle se fait essentiellement à l’entrée de la poitrine voire au niveau du cardia.

Exemple de bouchon chez un poulain


Photo de JL Cadoré - ENVL



Exemple chez le chien : Exemple de la présence d’un corps étranger calcifié (os) retrouvé à
l’aplomb de la masse cardiaque, là où l’œsophage est ceinturé entre les bronches et la crosse
aortique. Ceci est du à une dilatation pas suffisante de l’œsophage afin que l’os poursuive son
trajet.

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Corps étranger (os) dans


l’œsophage au-dessus
de la base du cœur chez
un pékinois de 3 mois



Chez les carnivores, il peut aussi y avoir rétrécissement par sténose superficielle,
inflammation, etc. De plus s’il y a augmentation du volume des NL cela comprime
l’œsophage (et donc on a un rétrécissement de la lumière) et crée une obstruction. En
conséquence il y aura une dilatation de l’œsophage en amont (les aliments s’accumulent) et
on verra de l’air.

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Mégaœsophage : Phénomène d’hyperdilatation de l’œsophage, la trachée est déplacée
ventralement, on observe sur la radio une zone triangulaire avec radio transparence
anormale, des lignes convergent vers le hiatus œsophagien, elles correspondent à
l’œsophage dilaté. La présence d’air indique une obstruction en aval.



Remarque : Sur une radiographie normale, la trachée doit être radio-transparente.
L’œsophage a une densité liquidienne, sauf en cas de dilatation (radio-transparence car
rempli d’air).

Enfin, des cas de régurgitations chroniques peuvent s’expliquer par une sténose congénitale
du cardia : il ne s’ouvre pas facilement ce qui provoque une dilatation énorme de
l’œsophage. Cela nécessite une intervention chirurgicale (incision de la musculeuse du
cardia).


II. L’estomac monoloculaire des Monogastriques

1. Généralités

L’estomac est le premier organe essentiel de la digestion. Il fait suite à l’œsophage au niveau
du cardia et se poursuit au niveau du pylore par le duodénum. L’estomac monoloculaire est
constitué d’une seule poche.

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Il appartient à la région post diaphragmatique, situé juste en arrière du foie et
principalement à gauche du plan médian. Il est légèrement en contact avec le diaphragme.
Il se situe dans la cavité abdominale.
C’est un organe élastique, contractile et sécrétoire, lieu de brassage mécanique et d’action
chimique aboutissant à la formation du chyme. L’importante musculature gastrique permet
la contraction de l’estomac qui poursuit l’action triturante des dents et malaxe ce contenu
stomacal. La muqueuse gastrique sécrète des enzymes, majoritairement protéolytiques et à
moindre mesure lipolytiques qui complètent la lyse des constituants de l’alimentation.


2. Conformation

La conformation extérieure générale de l’estomac simple reste assez similaire chez les
différentes espèces monogastriques. Les différences porteront essentiellement sur les types
de muqueuses et leur répartition et donc sur la conformation intérieure. Notre étude porte
sur l’estomac monogastrique du chien.

a) Conformation externe

L’estomac des monogastriques ressemble en général à un « haricot » plus ou moins recourbé
sur lui-même (appelé « cornue » chez le chien). Son volume varie selon la taille de l’animal (1
à 7 litres), mais aussi selon son état de réplétion. L’estomac du chien a la caractéristique (plus
que le chat) d’être fortement et facilement dilatable (jusqu’à 3 fois son volume initial) et très
mobile. L’estomac se termine au niveau du pylore à partir duquel commence le duodénum. Il
présente deux faces réunies par deux bords et deux extrémités.

- La face crâniale est appliquée en partie contre le foie et le diaphragme (le contact est
réduit avec le foie), il s’agit de la face « pariétale » ou « diaphragmatique ».
- La face caudale est en contact avec les intestins, c’est la face viscérale.
- Le bord gauche de l’estomac correspond à la « grande courbure » de l’estomac. C’est
le plus allongé, il regarde ventralement et donne attache au grand omentum.
- Le bord droit correspond à la petite courbure qui unit le cardia au pylore. Il
- regarde dorsalement et donne attache au petit omentum qui la relie au foie. La petite
courbure se creuse pour former dessiner une extrémité ventrale : l’incisure angulaire.
- La « bosse » qui s’élève dorsalement au cardia est le fundus de l’estomac, il s’agit
- de la poche à air repérable sur les radios. Elle est limitée par l’incisure cardiale (qui
limite petite et grande courbure). Elle correspond à l’extrémité gauche et dorsale de
l’estomac.
- L’extrémité droite et ventrale par rapport au fundus est appelée partie pylorique. Elle
est plus ou moins dorsale dans la partie terminale, et est juste à droite du plan
médian. Elle se redresse au niveau de l’incisure angulaire plus ou moins profonde et
étroite selon les espèces. On y distingue deux parties, l’antre et le canal.
- Entre le fundus et la partie pylorique se situe le corps de l’estomac. Il est ventral par
rapport au pylore et au fundus, et plaque contre le diaphragme par la poussée de la
masse intestinale.
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Il est important, lors d’une gastrographie (radiographie de l’estomac) de savoir où se trouve
le produit de contraste dans l’estomac : lorsque l’animal est sur le ventre le liquide de
contraste se situe dans la partie ventrale de l’estomac, en particulier au niveau du corps. On
ne distingue donc rien sur le cliché au niveau du corps (c’est tout blanc à cause du produit de
contraste) mais en revanche on peut visualiser des corps étranger au niveau du fundus (sous
forme de taches blanches car recouverte de produit de contraste). A l’inverse, lorsque l’animal
est sur le dos le liquide est dans les parties plus hautes, c’est-à-dire au niveau du fundus et
ainsi on peut voir si du produit est resté de façon anormale dans les parties basses à savoir au
niveau du corps de l’estomac. Cela permet de situer un corps étranger ou une tumeur dans
l’estomac.










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b) Conformation interne

La muqueuse gastrique des carnivores est entièrement de type glandulaire, ce qui donne à
l’estomac un aspect velouté et des teintes orangées à rosées. Elle forme des plis gastriques
longitudinaux très saillants, sinueux, importants et abondants, aménageant entre eux des
cryptes (grande surface de contact) dans les régions du fundus et du corps de l’estomac,
quand celui ci est vide. Ces plis deviennent moins marqués et moins nombreux dans la fin du
corps de l’estomac et la partie pylorique. L’estomac est donc un réservoir extensible,
présentant deux zones fonctionnelles (fundus et corps pour la réception et le mélange des
aliments / antre pylorique et pylore pour le brassage).
En fonction du type de glandes, la muqueuse gastrique présente plusieurs régions :
- La muqueuse cardiale (glandes cardiales) est circonscrite chez les carnivores à une
petite bande plutôt blanche entourant l’orifice du cardia. Au niveau de l’ostium du cardia, la
limite entre la muqueuse aglandulaire (donc sèche), proventriculaire de l’œsophage, et celle
glandulaire de l’estomac est très nette.
- La muqueuse fundique, rouge sombre, tapisse le fundus et le corps gastriques. Elle
présente deux zones, l’une claire (fundus surtout), l’autre plus sombre (corps). Les glandes
fundiques se caractérisent par des acini tubulaires.
- La partie pylorique est recouverte d’une muqueuse plus claire, orangée (glandes
pyloriques). C’est la muqueuse « antrale ».

L’ostium du pylore est étroit mais fortement dilatable chez les carnivores. Sa paroi
est dotée d’un sphincter musculaire qui régule le passage du chyle de l’estomac à l’intestin.

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3. Structure

Les tuniques de l’estomac sont de l’intérieur vers l’extérieur :
- La muqueuse et la sous-muqueuse, déjà évoquées.
- La musculeuse formée de fibres longitudinales en superficie au niveau de la grande
et de la petite courbure (zones de faiblesse) ; et de fibres obliques moyennes et profondes
au niveau du fundus. Au niveau du cardia d’une part, et du canal et du sphincter pyloriques
d’autre part, on trouve des fibres circulaires permettant une grande capacité de distension
puis le brassage du bol alimentaire. L’estomac possède une structure en soufflette : sa
musculeuse et ses fibres circulaires permettent la contraction de l’antre pylorique qui chasse
le contenu stomacal vers le pylore. Or à ce niveau on a un rétrécissement qui crée un
problème d’encombrement : une partie du contenu propulsé va dans duodénum, l’autre est
refoulée dans l’estomac et s’échappe contre la paroi. Il y a ainsi un flux sortant central et un
flux réentrant périphérique, ce dernier permet une activité de renouvellement, de brassage
de cet estomac.
- La séreuse correspondant au péritoine viscéral. Cette séreuse gastrique donne
naissance au petit omentum et au grand omentum.



L’estomac est un réservoir extensible dans lequel le pylore contrôle le transit gastrique vers
les intestins. Le fundus et le corps permettent la réception des aliments et leur mélange
(malaxage). La vascularisation se fait principalement par le tronc cœliaque et le drainage par
la veine porte.

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4. Rapports, topographie et moyens de fixité

a) Rapports

L’estomac est situé dans la région post-diaphragmatique.

- Crânialement, l’estomac est en contact avec le foie dans sa plus grande partie.
- Dorsalement, l’extrémité du fundus est la seule partie au contact direct du
diaphragme (il peut parfois y avoir un moyen d’attache).
- Caudalement, à travers la paroi du grand omentum, l’estomac est en rapport avec
les anses du jéjunum, le colon transverse ainsi qu’avec le corps et le lobe gauche du
pancréas.
- A sa gauche et caudalement l’estomac est en rapport avec la rate qui longe sa
grande courbure par l’intermédiaire du ligament gastrosplénique.
- Sur les côtés, par la paroi costale.
Note : on voit en vue ventrale le corps ainsi que la partie pylorique de l’estomac.





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b) Moyens de fixité

On peut distinguer plusieurs moyens de fixité pour l’estomac :
- Continuité avec l’œsophage d’une part, et le duodénum d’autre part. Avec le
ligament gastro-splénique, ce sont en réalité les seuls moyens véritablement fixes.
- Le petit omentum relie la petite courbure de l’estomac à la porte du foie par le
ligament hépato-gastrique. Il est le lieu de passage de l’irrigation de l’estomac (tronc
coeliaque, veine porte du foie).
- Le grand omentum (ou épiploon) relie la grande courbure de l’estomac au côlon et
au pancréas en région sous lombaire. Au sommet du fundus, il forme le ligament
gastro-phrénique qui relie l’estomac au diaphragme. Le long de la grande courbure, il
donne le ligament gastrosplénique, (relie l’estomac à la rate).









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Le grand omentum est particulièrement développé et ample chez les carnivores (il ne fixe
donc rien du tout), chez qui il constitue une lame descendante (lame superficielle) qui se
réfléchit devant l’entrée du bassin en une lame ascendante (profonde) qui va rejoindre le
plafond lombaire où il s’attache. Le petit et le grand omentum sont très lâches, très amples
et ne fixent en réalité pas grand-chose d’où une assez grande mobilité de l’estomac (->
dilatation possible, sa topographie peut varier). C’est important à savoir pour réaliser une
laparotomie.










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c) Topographie

La grande capacité de dilatation d’une part et les moyens de fixité très amples et lâches
d’autre part, font que l’estomac de chien est très mobile et qu’il présente une grande
variation de topographie en fonction de son état de réplétion (= de remplissage).
• Quand l’estomac est vide (rarement en consultation sauf si jeun imposé), il est
entièrement situé en région post-diaphragmatique, dissimulé pat la paroi costale. Il

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se projette entre la 10ème et la 12ème côte (partie dorsale). Sa grande courbure
accompagnée de la rate sont à l’intérieur de l’arc costal gauche ; le pylore se plaçant
à mi-hauteur de la 10ème côte (sa projection est à bien connaitre) . Son examen par
palpation est difficile.



Remarque : Pour faciliter la palpation d’un estomac vide ou modérément rempli, on peut faire
asseoir le chien ou le faire soulever par ses antérieurs par un assistant.

• Quand l’estomac est plein, il se dilate en repoussant les viscères abdominaux
(intestins, rate) caudalement et le foie et le diaphragme crânialement. Il devient
abdominal, et palpable ventralement et dans le flanc gauche car la grande courbure
recule. Il atteint généralement la 3ème lombaire (voire jusqu’à la 6ème dans des cas
de dilatations excessives).



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L’incisure cardiale profonde chez le chien permet au petit omentum de dessiner un axe de
suspension qui favorise des mouvements suivant le plan transversal, ainsi l’estomac pourra
disposer d’un espace suffisant pour augmenter de 10% à 20% le poids corporel de l’individu
et refoulera la masse intestinale vers l’arrière. Mais aussi des mouvements de rotation qui
peuvent entraîner des torsions de l’estomac.
La grande mobilité et la grande capacité de distension sont donc autant de facteurs
favorisants la dilatation-torsion de l’estomac, affection surtout connue chez les grandes
races de chien (c’est une urgence vétérinaire !). La dilatation ou la torsion d’estomac peut
survenir lorsque l’animal mange vite ou fait de l’exercice juste après le repas. Le pylore, au
lieu d’être en haut à droite, se trouve en bas à gauche. En radio la vue caractéristique est la
vue gauche l’estomac est en forme de « C inversé ». Ce phénomène arrête le transit, on
observe une dilatation de l’estomac. C’est très douloureux pour le chien, qui présente une
position antalgique voûtée.

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5. Principales particularités spécifiques

La proportion relative de chaque structure du TD est en lien avec le régime alimentaire des
espèces.
• Chez les carnivores : l’estomac assure l’essentiel de la digestion et les repas sont
pantagruéliques (quand l’animal réussit sa chasse, il se nourrit au maximum).
L’estomac est entièrement secrétant, et capacité est très importante : elle constitue
plus de la moitié de capacité générale de l’appareil digestif. L’estomac est
entièrement sécrétant et son extrémité fundique peu développée.
• Chez les herbivores : pour digérer les végétaux, ils ont besoin d’une flore
commensale capable de dégrader les fibres. Cette flore se retrouve au niveau du gros
intestin et/ou du caecum. Le rôle de l’estomac est mineur, il est de petit volume, on
observe ainsi la multiplication des prises alimentaires. On observe le développement
de l’extrémité fundique (cul de sac gastrique chez le cheval, le rat)
• Chez les omnivores : c’est la position intermédiaire !









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a) Chez le cheval















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L’estomac du cheval a une contenance de 10 à
12L, ce qui est relativement peu comparé à sa
taille. Il est très peu dilatable donc il se vidange
très souvent au cours d’un même repas, très
fortement incurvé sur lui-même (petite
courbure très courte) il ressemble à un «
haricot ». Son extrémité gauche, n’est pas un «
fundus », car il n’y a pas de muqueuse
fundique, mais correspond au « cul-de-sac
gastrique », ou « saccus caecus », fortement
élevé au-dessus du cardia. Il correspond à une
zone proventriculaire recouverte d’une
muqueuse aglandulaire kératinisée (sèche),
rêche et blanchâtre comme celle de
l’œsophage. La muqueuse glandulaire rougâtre
est repoussée ventralement. En conformation
interne, la démarcation entre la muqueuse glandulaire et la muqueuse proventriculaire est
très nettement marquée par la ligne suturale, ou margo plicatus. Le long de cette ligne se
situe une petite bande de muqueuse mixte cardiale et fundique.







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La musculeuse du cardia (sphincter très fermé, très peu dilatable) est particulièrement
épaisse. L’ostium du cardia se trouve obstrué par les plis de la muqueuse proventriculaire qui
s’y engrènent, il dessine un arceau qui entoure la terminaison de l’œsophage. Ainsi quand
l’estomac se dilate, l’arceau se ferme et ferme le cardia, comme le nœud d’une cravate.
Cette configuration explique la quasi-impossibilité de vomissements chez le cheval.
Les rapports sont en gros les mêmes que ceux du chien. L’énorme développement du côlon
ascendant du cheval porte l’estomac crânialement (il est plaqué en avant), tout au fond, et
en haut, de la région post-diaphragmatique, contre le diaphragme. De plus il est entièrement
à gauche du plan médian (alors que chez le chien la partie pylorique est à droite). Son
examen palpatoire en est rendu pratiquement impossible (étant trop petit, il y a nécessité
d’utiliser d’autres moyens d’examen : coelioscopie, imagerie...). Le pancréas est un peu en
arrière.

Remarque : Estomac peu dilatable + peu mobile + disposition du cardia (zone de non-retour)
- Possibilités de rupture de l’estomac lors de chute ou de couchage violent
- Si il y a production excessive de gaz, l’estomac se dilate, le cardia se ferme : l’animal
ne peut plus éructer et provoque des coliques.

Parasite de l’estomac du cheval : Gasterophilus intestinalis
À l’ouverture de l’estomac, la zone est kératinisée et des larves s’y implantent. Elle apparaît
plus épaisse mais n’est pas protégée par le mucus contrairement à la muqueuse glandulaire.









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Le système digestif du cheval est assez fragile, la production de sécrétions peptidiques très
acides peut provoquer la formation d’ulcères. L’estomac est un organe qui est constamment
en fonction, il présente une activité contractile très importante. Une mauvaise alimentation
ou une situation de stress peut provoquer des ulcères (cf. photo ci-dessous).
Il existe quelques conseils simples à appliquer :
- Fractionner l’apport alimentaire
- Distribuer les fourrages avant les concentrés
- L’animal doit s’abreuver avant de se nourrir

Ulcère de cheval




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b) Chez le porc

La structure de l’estomac de porc est intermédiaire : Il est relativement volumineux (4-6


litres), plus mobile et plus dilatable que chez le cheval, mais nettement moins que chez le
chien. Le fundus porte une sorte de « bosse » supplémentaire (au-dessus du cardia), le
diverticule gastrique, plus développé chez l’adulte que chez le jeune. Il est caractéristique de
l’espèce. En conformation interne, ce diverticule gastrique est délimité par un pli saillant, le
pli semi lunaire. C’est une sorte de petite poche qui ne servirait pas à grand-chose
apparemment. L’estomac est moins enroulé sur lui-même.

NB : Ce diverticule correspondrait à une ébauche de développement de pré-estomac.


La muqueuse gastrique du porc est entièrement de type glandulaire (sauf au niveau du
cardia, où la muqueuse est sèche, de type œsophagienne) avec une zone de muqueuse pro-
ventriculaire formant une bande autour du cardia et recouvrant le pli semi-lunaire. La
muqueuse cardiale est très étendue (la plus grande partie du fundus). Le pylore est doté d’un
torus pylorique (=bouchon muqueux situé au niveau de l’orifice du pylore) bien développé
qui est tout à fait physiologique.

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c) Estomac du chat

L’estomac du chat ressemble à celui du chien. Son fundus est cependant moins élevé au-
dessus du cardia et l’incisure angulaire très large. Il ressemble un peu à un « entonnoir ». Il
est beaucoup moins dilatable que chez le chien. L’incisure cardiale est enfoncée, il y a donc
peu de mouvements de rotation et donc beaucoup moins de risque de torsion de l’estomac.
Il existe quelques différences territoriales discrètes avec le chien.

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d) Estomac du lapin

Le lapin est un herbivore et possède donc un cul de sac gastrique. Sa muqueuse est
entièrement glandulaire. Une des particularités du lapin est la caecotrophie : il mange ses
caeocotrophes, des fécès de digestibilité égale à la viande. Ces caecotrophes contiennent des
nutriments mais aussi des bactéries (éliminées grâce au pH). Le pylore est très permissif, et
comme les voies biliaires sont situées à côté, il y a des reflux de bile dans l’estomac. Or la bile
dissout les corps gras, donc dissout le mucus et provoque fréquemment des ulcères
gastriques.




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CE DOCUMENT A ETE OFFERT AUX VETERINAIRES ALGERIENS PAR

REDA MOHAMED GUESSOUM, DVM

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360 Etude de l’appareil digestif - Anatomie – CM 6

Le foie des Mammifères


Domestiques

I. Définition et morphogénèse

1. Définition
2. Morphogénèse

II. Organisation générale :



1. Propriétés physiques
2. Conformation externe
3. Structure macroscopique
4. Système biliaire
5. Topographie, moyens de fixité et rapports

III. Particularités spécifiques



1. Le porc :
2. La vache :
3. Les petits ruminants :
4. Le cheval :

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I. Définition et morphogénèse
1. Définition

Le foie est la glande la plus volumineuse de l’organisme. Elle est annexée au tube digestif au
niveau du duodénum dans lequel elle déverse la bile. Le foie a également un rôle métabolique
majeur et contribue à la constance du milieu endocrine, en contrôlant et purifiant le sang qui
provient de l’estomac et des intestins. Le foie est une glande mixte, c'est-à-dire ayant une
fonction exocrine (sécrétions biliaires déversées dans le TD) et endocrine (sécrétions
d’hormones). Cette glande est également le lieu de stockage du glycogène (fonction
métabolique du foie).

2. Morphogénèse

Le foie a une origine endodermique comme le diaphragme et plus précisément provient d'un
massif, le septum transversum (séparation cavité thoracique et abdominale, devient le foie
et le diaphragme), à partir duquel nait le bourgeon hépatique qui se développe sur le trajet
des 3 veines vitellines et des veines ombilicales. Ce bourgeon vient d’un diverticule de
l’endoblaste. La veine ombilicale gauche deviendra la veine porte (et donnera aussi le
ligament falciforme) tandis que la veine ombilicale droite disparaîtra pour donner le ligament
rond du foie. Les veines vitellines, quant à elles, disparaissent. Ce ligament scindera alors le
foie en deux lobes, droit et gauche. Le foie est annexé au tube digestif et est solidement uni
au diaphragme (du fait de leur origine commune, des ligaments les lient) et à la paroi
abdominale crâniale.

Le sang qui circule dans la future veine porte ne passe pas encore par le foie, il plonge
directement dans la circulation générale (=systémique). Ce n’est qu’à la naissance que la
communication entre futures veine porte et veine cave caudale s’interrompt, et oblige le sang
guidé par la veine porte à traverser le foie. Lorsque ceci ne s’opère pas, on parle de shunts
porto-systémiques congénitaux provoquant des crises d’épilepsie. D’autre part on peut
trouver des diarrhées, des vomissements, des problèmes de croissance ainsi que des signes
neurologiques (encéphalite systémique car il n’y a alors pas de tri des toxines par le foie).
Au départ, le foie occupe une grande place au sein de l’embryon (toute la cavité abdominale),
car il se développe rapidement ce qui entraine la rotation de l’estomac vers la gauche, puis,
avec le développement du fœtus, la proportion du foie diminue. Il se place alors très
crânialement et ventralement dans la cavité abdominale.

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II. Organisation générale :


1. Propriétés physiques
Face viscérale car région porte du foie. Forme de lentille bi-convexe
3 % du poids vif de l’animal environ. Le rapport est plus élevé chez les petites races et les
jeunes. Dans tous les cas, ce poids diminue avec l’âge. Il passe de 3% à moins de 2% du poids
vif à l’âge adulte.
Cependant, ce poids dépend du volume sanguin présent car le sang représente 1/3 du poids
du foie. Selon les méthodes de prélèvement de l’organe, on pourra donc observer de grandes
variations de poids.
La couleur du foie est brune rougeâtre. Chez le chat, il tire vers le jaune
tout comme chez les animaux gras (donc en cas de lipidose hépatique). Il a un aspect brillant
et lisse, ce qui est dû au feuillet viscéral du péritoine qui le recouvre.
Il est ferme tout en restant friable : le parenchyme s’écrase sous les doigts d’où un abord
chirurgical complexe. Sa densité est de 1,05 (donc il coule dans l’eau), sauf en cas de surcharge
en graisse (la densité diminue dans ce cas et le foie flotte dans l’eau).
Lorsqu’ on l’examine
lors d’examen nécropsique, il s’aplatit et s’étale contre la table et se présente une forme de
lentille biconvexe presque aussi haute que large,. Il possède de profondes incisures sur son
bord ventral qui le divisent en lobes. Sur le vivant, il est plaqué contre la concavité du
diaphragme cranialement et se moule sur les viscères digestifs caudalement.

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Figure 1 : Face viscérale du foie d'un chien

2. Conformation externe

Le foie est situé crânialement et ventralement dans la cavité abdominale. Il est plaqué contre
le diaphragme, mais séparé de celui-ci par la veine cave caudale. La veine porte lui est caudale.
Il se situe donc entre le système porte et la circulation systémique. Il est recouvert par le
péritoine viscéral.
Le foie possède :

• 2 faces : la face
diaphragmatique
(crâniale) et la face
viscérale (caudale).
• 4 bords : le bord
dorsal et le bord
ventral reliés par les
bords latéraux droit
et gauche.







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a. La face diaphragmatique :

La face diaphragmatique du foie est convexe et accolée caudalement au diaphragme. Elle
apparaît lisse et régulière. Vers le bord dorsal se trouve le sillon de la veine cave caudale qui
est également le lieu de l’abouchement des veines sus-hépatiques. Ces veines permettent le
drainage du sang filtré par le foie et l’amènent à la veine cave caudale pour rejoindre la
circulation sanguine générale.
Le sillon de la veine cave caudale est entouré par le ligament coronaire, séparé de la veine
cave caudale par l’aire nue qui est une zone du foie non entourée par le péritoine et
adhérente directement au diaphragme (cette aire est très réduite chez le chien). La présence
de l’aire nue s’explique par le fait que le péritoine et le foie aient une origine embryologique
commune. Le ligament coronaire se prolonge ventralement par le ligament rond, vestige de
la veine ombilicale et de son méso. Le ligament rond est lui-même prolongé par le ligament
falciforme, également vestige de la veine ombilicale et de son méso. Ces formations relient la
face diaphragmatique du foie au diaphragme.


b. La face viscérale :

La face viscérale porte les empreintes des viscères : celle de l’estomac à gauche et celle du
rein droit et du duodénum à droite. Elle est concave et irrégulière. La région porte du foie
caractérise la face viscérale du foie et permet d’orienter l’organe isolé. Elle est le lieu d’arrivée
de la veine porte mais aussi de l’artère hépatique, des nerfs hépatiques et des nœuds
lymphatiques hépatiques. C’est aussi le lieu de sortie des conduits hépatiques qui vont
donner le canal cholédoque. Cette région est entourée par le petit omentum (= ligament
hépato gastrique), qui relie le foie à la petite courbure de l’estomac. Chez le chien, on
distingue principalement une empreinte gastrique alors que chez le cheval, on distingue une
empreinte colique. Chez les ruminants, le foie est complétement poussé dorsalement par le
rumen.
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c. Les bords latéraux :

Les bords latéraux sont réguliers et convexes. Il peut parfois y avoir de petites incisures
secondaires, beaucoup moins profondes que les incisures du bord ventral et qui sont
physiologiques.

d. Le bord dorsal :

Le bord dorsal est épais et irrégulier. Sur ce bord on trouve de gauche à droite :
® le ligament triangulaire gauche
® l’échancrure de l’œsophage
® le sillon de la veine cave caudale
® le ligament triangulaire droit

Les ligaments triangulaires attachent le foie au plafond de la cavité abdominale. On y retrouve
également les ligaments rond et falciforme qui relient le foie à la paroi ventrale de l’abdomen,
ainsi que le ligament hépato-rénal (fait suite au ligament triangulaire droit) qui relie le foie au
rein droit.

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e. Le bord ventral :

Le bord ventral est lisse, fin et échancré par de profondes incisures qui divisent le foie en
lobes chez certaines espèces comme l’homme, le porc et le chien. Il y a 6 lobes dans le foie
du chien. Pour comprendre les subdivisions, il faut se rappeler que primitivement le foie est
divisé en deux grandes parties par le ligament rond : une partie droite et une partie gauche
que l’on nomme territoires.
• Territoire gauche : il est simplement divisé en un lobe gauche médial et un lobe
gauche latéral. 

• Territoire droit : Le territoire droit est lui-même subdivisé par la vésicule biliaire en
un lobe droit et un lobe. Le lobe intermédiaire est subdivisé de part et d’autre de la
porte du foie en un lobe carré du foie à l’étage ventral et un lobe caudé à l’étage
dorsal. Le lobe caudé, dorsal, donne un processus caudé qui porte l’empreinte du rein
droit et un processus papillaire. Le lobe droit chez le chien est séparé en un lobe
latéral et un lobe médial. 


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Il faut donc retenir que le foie est divisé en 6 lobes chez le chien. Son orientation est
importante. La lobation est une réponse aux fortes variations de taille de l’estomac chez les
carnivores.


3. Structure macroscopique

Le foie est entouré de deux enveloppes :
• une séreuse abdominale : le feuillet viscéral du péritoine, sauf au niveau de l’aire nue
de la face diaphragmatique. Cette séreuse péritonéale, lisse et brillante, se réfléchit de
part et d’autre contre le diaphragme. La zone de réflexion se situe autour de
l’abouchement de la veine cave caudale où il n’y a pas de séreuse à cet endroit : cette
zone est une zone d’adhérence avec le ligament coronaire du foie.
• sous la séreuse se trouve une capsule fibreuse : la capsule de Glisson. Elle est riche en
tissu conjonctif. Il est difficile de distinguer la séreuse de la capsule. La capsule
participe à la structure externe du foie (charpente périphérique) mais aussi à la
structure interne car elle délègue des renforts fibreux (voire même lamelleux) en
profondeur (charpente interne en travées), renforts des gaines vasculaires et biliaires
qui constituent les espaces portes. Ces espaces portes délimitent des lobules. Ces
lobules hépatiques sont hexagonaux et mesurent entre 1.5 à 2 mm de diamètre. Ils
sont le lieu de sécrétion de la bile, produite au niveau des travées d’hépatocytes. En
fonction du développement plus ou moins important des renforts fibreux, les lobules
seront visibles ou non. La lobulation est plus visible chez un animal gras car les travées
sont plus épaisses.



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La richesse de la vascularisation montre l’importance métabolique du foie.
Le foie est


parcouru par trois vascularisations : celle de la veine porte (75% du sang) qui apporte le sang
fonctionnel venant des intestins et celle de l’artère hépatique (25% du sang) qui amène le
sang nutritionnel hépatique et celles des veines hépatiques chargées du drainage. Le sang de
la veine porte est porté par plusieurs rameaux porte jusqu’aux espaces portes situés au niveau
des arêtes des lobules. Au centre de chaque lobule se trouve une veine centrolobulaire qui
draine le sang après sa filtration. Puis ces veines convergent et se rejoignent dans des veines
sus hépatiques qui vont rejoindre la veine cave caudale pour réintégrer la circulation
systémique. La bile va avoir un chemin inverse par rapport au sang veineux et artériel.

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4. Système biliaire

Les lobules hépatiques sont le lieu de sécrétion de la bile et sont drainés par des canaux
hépatiques, qui vont converger jusqu’aux conduits hépatiques droit et gauche, puis au conduit
commun et au canal cholédoque. Entre chaque repas la bile est stockée dans la vésicule
biliaire, qui est reliée au canal cholédoque par le conduit cystique. Cette vésicule est formée
de trois parties : le col, le corps et le fond. La vésicule biliaire assure la fonction exocrine du
foie, elle a une activité d’émonctoire (élimination des déchets) et une action digestive.

On distingue deux types de voies biliaires :


- les voies biliaires intra-hépatiques, conduisant la bile issue des lobules dans les
canaux biliaires, dans les conduits hépatiques et enfin dans le conduit hépatique
commun pour qu’elle abouche dans le canal cholédoque. Le conduit hépatique
commun peut aussi donner un conduit destiné à la vésicule biliaire lorsque celle-ci
existe (conduit cystique).
- les voies biliaires extra-hépatiques : la vésicule biliaire, le conduit cystique et le
canal cholédoque. Contrairement au chien dont la vésicule biliaire ne comporte
qu’une loge, chez le chat on en trouve souvent 2 d’où une impression de
cloisonnement. Chez le cheval, on ne trouve pas de vésicule biliaire car c’est un animal
qui mange en permanence il y a donc des sécrétions en permanence et donc pas
nécessité de stocker la bile : celle-ci est sécrétée directement dans le duodénum. Les
rongeurs et les cervidés sauvages (ruminants) tels que le chevreuil, ne possèdent pas
de vésicule biliaire non plus.
Les canaux peuvent être soumis à des affections différentes. (conduit cystique -> cystite).
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5. Topographie, moyens de fixité et rapports

Le foie se situe au carrefour entre la circulation systémique et la circulation cave. C’est un
organe post-diaphragmatique. Il est situé dorsalement en contact avec les piliers du
diaphragme, et est protégé par la cage thoracique au niveau des dernières côtes. Pour le
palper, il faudra assoir l’animal ou étirer les organes afin d’élever les côtes et de faire
descendre les organes. Il est d’autant plus dur à palper que l’animal a un grand thorax. En
revanche, s’il est trop facilement palpable il faut suspecter une hépatomégalie.


Il est maintenu plaqué contre le diaphragme grâce :
• au poids des viscères abdominaux : la face viscérale est en rapport avec l’estomac. Si
l’estomac est peu rempli, le foie ne sera en contact qu’avec le corps de l’estomac. Si
au contraire l’estomac est très rempli, il répondra à tous les lobes du foie. Le foie est
également en contact avec l’œsophage (passage au niveau d’une échancrure
dorsalement au lobe caudé), ainsi qu’avec le côlon ascendant ventralement.
• à sa continuité avec les vaisseaux sanguins et avec d’autres conduits. Les principaux
éléments de fixité sont surtout représentés par les éléments de la vascularisation
cave qui draine le foie et la veine porte qui apporte au foie tout le sang issu des
viscères digestifs.

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• à des ligaments :

® Au niveau de la face diaphragmatique, le ligament triangulaire gauche s’insère sur
le pilier gauche du diaphragme, à côté du hiatus œsophagien. Il est en continuité
avec le ligament coronaire lui-même prolongé dorsalement par le ligament
triangulaire droit qui s’attache plus haut et en avant du rein droit. Les ligaments
triangulaires assurent une fixité dorsale.

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® La face viscérale est attachée au petit omentum autour de la région porte qui est
un moyen de continuité avec le ligament falciforme. Cette face est également
attachée au ligament hépatorénal qui relie le rein au processus caudé du lobe
caudé du foie.

• à l’aire nue : le foie adhère directement au diaphragme au niveau de l’aire nue, zone
dénuée de séreuse péritonéale, entre les lames du ligament coronaire, peu étendue
chez le chien. Tout ceci contribue à la fixité du foie, surtout au niveau du bord dorsal.
Il est donc plus facile de le déplacer par son bord ventral lors d’une chirurgie.

Le foie est palpable extérieurement au niveau de la région xiphoïdienne des deux côtés. Il
sera plus facilement palpable à droite dans cette région chez le chat. Chez cette espèce, on
peut noter que le lobe droit médial est deux à trois fois plus gros que son homologue gauche.
Le foie est aussi palpable dorsalement au niveau de l’incisure ménagée par l’arc costal droit
et la masse musculaire lombaire, en avant du rein droit. Ces zones sont aussi des zones où l’on
positionne la sonde d’échographie (dans les espaces intercostaux) ou encore là où l’on peut
faire des prélèvements pour analyse.

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Le foie est visible par échographie. Son parenchyme doit présenter un aspect homogène,
finement granuleux. La vésicule biliaire apparaît noire : on la qualifie d’anéchogène (=qui ne
renvoit pas d’echo). Elle n’est pas visible en radiographie. La veine porte apparaît entourée de
deux lignes blanches (hyperéchogène), ce qui n’est pas le cas des veines hépatiques. Pour
reconnaitre les différents organes, on compare leur échogénicité : la rate est très blanche
contrairement au foie et au rein qui ont une échogénicité assez proche, plus faible que celle
de la rate. Le rein droit est en rapport avec le processus caudé du lobe caudé. Les canalicules
biliaires et l’artère hépatique ne sont pas censés être visibles.

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III. Particularités spécifiques

Cette partie n’a pas été vue en cours. En revanche, il faut connaitre les principales spécificités
chez les espèces présentées.

L’anatomie est en rapport avec le mode de nutrition de l’animal. En effet, en fonction du
nombre de prises de repas et de leur fréquence, la vésicule biliaire sera présente ou non. Par
exemple, elle est présente chez les carnivores qui ne mangent que 2 repas par jour : ils ont
donc besoin d’un stock de bile important, déversé en 1 fois. Chez les herbivores comme le
cheval, il n’y a pas de vésicule biliaire : la bile est déversée en continu car ces animaux
mangent tout le temps.
Enfin, le foie a une consistance ferme, il pourra difficilement se déformer sous la contrainte.
Des différences dans la lobation sont observées en liaison avec les contraintes auxquels le foie
est soumis. Chez les carnivores dont l’estomac est sujet à de fortes variations de volume, le
foie est fortement sollicité mécaniquement du fait de leurs rapports. C’est aussi le cas de façon
plus générale pour les espèces dont le tronc est long et mobile comme les carnivores et les
lagomorphes. On constate donc que globalement :
- la lobation est peu marquée chez les ruminants.
- la lobation est très marquée chez les carnivores et le lapin.

Au niveau de la topographie et des rapports anatomiques, le foie se situe à droite du plan
médian chez les ruminants (du fait du développement des préestomacs), et au milieu chez les
carnivores.

1. Le porc :

La lobulation est visible (= on voit les contours des lobules hépatiques) et très marquée car le
foie possède des travées très marquées. Chez le chien on ne voit pas les lobules aussi bien.
Le foie du porc est lobé comme celui du chien.

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Les 2/3 du foie se situent à droite du plan sagittal. Le foie déborde largement ventralement
de l’axe costal, à droite comme à gauche, du processus xiphoïde jusqu’à la 10ème côte. Le
lobe caudé est plus crânial que le rein droit. De ce fait, il n’y a aucun rapport entre le foie et
le rein droit donc pas d’empreinte rénale sur le processus caudé. C’est l’unique espèce
possédant cette particularité.


2. La vache :

Le foie pèse 5 kg. On ne distingue pas de lobes : le foie est de forme rectangulaire peu
découpé, oblique et orienté verticalement (tout ce qui est normalement droit est dorsal et
tout ce qui est normalement gauche est ventral). Les lobes droits et carrés ne sont séparés
que par la vésicule biliaire : il n’y a pas d’incisure. Le ligament triangulaire droit est très fort,
ce qui n’est pas le cas du ligament triangulaire gauche. Les ligaments ronds et falciformes sont
très réduits.

Le foie est entièrement intra-thoracique sauf le processus caudé du lobe caudé en regard de la
13ème côte qui va être moulé sur le rein droit (zone possible de biopsie). Il est situé à droite du
plan sagittal.

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3. Les petits ruminants :

Chez les ruminants sauvages (cervidés), il n’y a pas de vésicule biliaire. En revanche, on en
trouve une chez le mouton et la chèvre. Leur foie ressemble à celui des vaches : il est massif
et sans lobation.
Chez la chèvre, le lobe droit est plus développé que chez le mouton.

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Disposition du foie chez le mouton










Disposition du foie chez la chèvre

4. Le cheval :

Le foie est très massif : il pèse 5 kg. Il n’y a pas de vésicule biliaire. La bile n’est pas stockée
mais est libérée au fur et à mesure.
On voit 3 lobes sur la face diaphragmatique : le lobe droit,
le lobe carré (qui sont séparés par une petite incisure) et le lobe gauche médial et latéral.
Chez le cheval, le lobe moyen résume le lobe gauche médial (à gauche du ligament rond), le
lobe carré et le lobe médial droit (confondus du fait de l'absence de vésicule biliaire). Pour le
lobe caudé, seul le processus caudé est visible avec une vaste empreinte rénale.

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L’orientation est légèrement oblique ventralement sur la gauche. Il est situé sous les côtes
donc inaccessible à la palpation : on est alors obligés de passer par une échographie.
Des biopsies peuvent être faites entre le 16e et le 17e espace intercostal. Il n’y a pas de rapport
avec la paroi abdominale car le colon ascendant vient se placer entre son bord ventral et la
région xiphoïdienne.

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Conclusion :
Le foie est une glande à rôle primordial mais à abord difficile en clinique car elle est placée
sous l’arc costal. Un examen direct par palpation peut se faire sur un animal maigre ou ayant
un foie hypertrophié, lorsque le foie dépasse l’arc costal.
Par percussion sur la région des
côtes on perçoit un son mât en regard du foie dû à sa consistance.
L’examen des contours par radiographie est possible et donne une appréciation globale de sa
taille.
L’examen échographique est l’examen d’imagerie de choix pour l’exploration du foie.
Elle permet aussi la réalisation de biopsies échoguidées.

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QCM

1) Le foie est la glande la plus volumineuse de l'organisme * :


vrai
faux

2) Le foie est une glande *


exocrine
endocrine
mixte

3) Le foie et le diaphragme ont une origine embryologique


commune *
vrai
faux

4) Le foie présente des lobes dans toutes les espèces


Oui
Non

5) La couleur et la consistance du foie varie selon l'embonpoint


de l'animal *
Vrai (il devient jaune avec la graisse)
Faux
Uniquement lors d'affection hépatique

6) Quels sont les principaux moyens de fixité du foie? *


poids des viscères abdominaux
ligaments triangulaires droit et gauche
canal de l'ouraque
continuité vasculaire

7) L'irrigation artérielle est la source principale d'irrigation du


foie *
vrai
faux

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8) Avec quel organe la face viscérale du foie est-elle
principalement en rapport?
L’estomac
La rate
Le diaphragme
Le duodénum

9) Le foie est facilement palpable en absence d'anomalie *


Oui
Non

10) L'aspect macroscopique et échographique du foie


dépend
de la taille de l'animal
du poids de l'animal
de l'embonpoint de l'animal
de la présence d'affection hépatique
de la présence d'une affection hépatique antérieure

11) Avec l'âge la taille du foie *


diminue
augmente
ne varie pas

12) Le foie est *


complétement recouvert d'une membrane séreuse
(péritoine)
non recouvert pas le péritoine
presque complétement recouvert par le péritoine

13) Le foie est complètement recouvert d'une capsule


fibreuse *
vrai
faux

14) Quels sont les noms des lobes hépatiques chez le


chien? *
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15) Le lobe droit (droit médial) est séparé du lobe
intermédiaire par *

16) Quels éléments reçoit la région porte du foie *



17) Le processus caudé du lobe caudé présente une
empreinte *
rénale gauche
rénale droite
pancréatique
ne présente pas d'empreinte

quelle est l'espèce, quelle est l'orientation? justifiez *

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Etude de l’appareil digestif - Anatomie – CM 07

Les intestins
des Mammifères Domestiques




Introduction

I. Disposition générale et organogénèse
1. Disposition générale
2. Organogénèse
II. Etude des intestins chez les Carnivores
1. Intestin grêle
a) Duodénum
b) Jéjunum et iléon
c) Structure de l’intestin grêle
2. Gros intestin
a) Caecum et côlon
b) Rectum, canal anal et anus
III. Particularités spécifiques
1. Les Ruminants
2. Les Suidés
3. Les Lagomorphes
4. Les Equidés (CM9)








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On parlera principalement ici des carnivores, on évoquera les ruminants, les suidés et les
lagomorphes . Ce cours est à mettre en relation avec le cours CM09



I. Disposition générale et organogénèse

1. Disposition générale

Anatomiquement, l’intestin est la partie du tube digestif qui s’étend du pylore à l’anus. Il est
divisé en 2 parties :
- L’intestin grêle : long et étroit, il possède une muqueuse riche en villosités et
participe à la digestion et à l’assimilation. Il est constitué du duodénum, du jéjunum et
de l’iléon. On parle souvent de jéjuno-iléon car la limite physique externe entre ces
deux régions est difficile à voir.
- Le gros intestin : plus volumineux, plus complexe. Il est formé du caecum, du côlon,
du rectum et du canal anal. La limite entre côlon et rectum n’est pas évidente, on parle
de rectum pour la partie du tube digestif qui se situe dans la cavité pelvienne. Le canal
anal et l’anus ne font théoriquement pas parti du tube digestif mais y sont quand même
inclus car ils sont le siège de l’excrétion. Le gros intestin complète la digestion et sa
partie terminale à une fonction éjective. Il ne possède pas de villosités.

Intestin grêle et gros intestin sont séparés par un sphincter musculeux au niveau de la valve
appelé papille iléale, plus ou moins marquée selon les espèces.
Les particularités anatomiques de l’intestin sont essentiellement liées au régime alimentaire.

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Chez les carnivores, l’intestin est simple et court (environ 6 fois la longueur du corps), il
conserve une disposition fœtale. Ceci est lié au fait que leur alimentation est facilement
digestible (absorption rapide des éléments azotés et volume réduit des déchets). La digestion
est donc essentiellement gastrique.

Chez les herbivores, la digestion de la cellulose requiert l’intervention d’une vaste flore
commensale protozoaire et bactérienne, et se réalise dans des cuves de fermentation (faible
proportion d’éléments nutritifs dans les végétaux et masse de déchets plus importante). Chez
les ruminants, le réservoir microbien principal est situé dans les pré-estomacs ; pour les équidés
et les rongeurs il se situer dans le caecum et le début du gros intestin. Chez ces derniers
l’intestin est complexe, de diamètre important et long : environ 11 fois la longueur du corps. Au
contraire chez le bœuf, l’intestin est plus simple, très allongé : 25 fois la longueur du corps et
d’un faible diamètre. L’importante longueur de l’intestin par rapport au corps optimise
l’absorption des nutriments chez les herbivores.

Remarque : Longueur du corps = longueur entre le garrot et les 1ères vertèbres de la queue




2. Organogénèse (rappels)

Quelle que soit l’espèce, le tube digestif et les glandes annexes ont une origine endoblastique.
Le tube digestif provient du conduit vitellin. La cavité buccale et l’anus sont d’origine
ectoblastique. Le tube digestif primitif croît en une anse vitelline endoblastique se forme dans
le plan médian axée sur le mésentère et l’artère mésentérique crâniale. Puis, du fait que
l’allongement du tube digestif est plus important que celui du fœtus, l’anse vitelline subit 2
rotations : un pivotement parallèlement à la rotation de l’estomac : rotation de 180° dans le
sens horaire autour de l’artère mésentérique ; et une rotation dorsale. A la suite de cette
rotation de 180°, l’anse proximale forme un U ouvert vers l’avant qui formera le duodénum, et

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l’anse distale forme un U ouvert vers l’arrière qui formera le côlon. La bascule dorsale a pour
conséquence la position ventrale du côlon par rapport au duodénum qui est en position plus
profonde. Ces deux U s’emboitent l’un dans l’autre autour de l'artère mésentérique crâniale qui
est au centre de ce cadre. Elle est entourée des racines du mésentère.



Le cadre duodénal et le cadre colique s’insèrent l’un dans l’autre et le cadre colique est dans le
plan ventral. En ouverture chirurgicale ventrale c’est donc le côlon que l’on verra.
Entre ces deux cadres, on trouve le jéjuno-iléum avec le méso plus lâche.
Remarque : Le terme intestin vient d’entrailles, intérieur. Duodénum veut dire « 12 doigts »
(«duodenum digitorum») car chez l’homme il fait 2 travers de main et 2 doigts de longueur soit
environ 25 cm alors que chez le chien c’est entre 20 à 60cm.


II. Etude des intestins chez les Carnivores

Chez le chien de taille moyenne, l’ensemble des intestins mesure en moyenne 3m de long et a
une épaisseur conséquente (2-3cm) car la musculeuse est très développée.

1. Intestin grêle

Il est divisé en 3 parties : le duodénum, le jéjunum et l’iléon. Entre le jéjunum et l’iléon, il n’y
pas de différences anatomiques, bien qu’il y en ait en histologie et en physiologie. Il mesure de
1,70 à 6 m selon la race. Le duodénum reçoit les sécrétions du foie et du pancréas, l’iléo-
jéjunum ne reçoit pas de sécrétion des glandes annexes mais seulement de sa propre
muqueuse. Il continue de transformer le bol alimentaire qui devient liquide formant alors le
chyle qui contient des éléments diffusibles donc absorbables.
Remarque : Le terme jéjunum vient d’intestin à jeun en latin car il contient peu de matière dans
un cadavre, par rapport au reste de l'intestin grêle. Iléon signifie « tortillon » en latin, ce qui ne
lui convient pas du tout puisque l’iléon est plutôt droit.

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a) Duodénum

i. Conformation externe et disposition

Le duodénum mesure entre 20 et 60 cm selon la taille de l’animal. C’est un tube cylindroïde
simple de 2 à 4 cm de diamètre, à paroi lisse. Il est composé de 4 parties :
- La partie crâniale raccorde le duodénum au pylore gastrique. On l’appelle ampoule
duodénale sauf chez le chien où il n’y a pas d’infundibulum (on l’appelle alors « partie
proximale ou crâniale du duodénum »). Elle est beaucoup plus petite chez le cheval et
peu marquée chez le chien.
- Le duodénum descendant qui est rectiligne et descend vers le bassin jusqu’à la
5ème vertèbre lombaire. C’est dans cette partie que s’abouchent les conduits excréteurs
du pancréas et du foie. Il est en position superficielle.
- Puis le duodénum tourne médialement de la droite vers la gauche pour former, à
l’entrée du bassin, le duodénum transverse qui se dirige dans le plan médian et qui a
donc une courbure crâniale. Il est en rapport avec le côlon.
- Enfin, il remonte en position crâniale à gauche de l’artère mésentérique crâniale,
médialement au côlon descendant, pour former le duodénum ascendant qui s’abouche
au jéjunum qui est très court.
Ces 3 dernières parties forment le cadre duodénal en U ouvert vers l’avant et centré autour de
l’artère mésentérique crâniale.
C’est une zone très intéressante niveau échographie car il y a souvent des problèmes de
vidange gastrique. De plus, on peut noter que seul le duodénum descendant est palpable.


Cette image est la vision que l’on aurait de l’appareil digestif lors d’un abord chirurgical.

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ii. Topographie, rapports et moyens de fixité

Le duodénum est une partie fixe de l’intestin et sa topographie est constante. Il se situe dans le
cadran abdominal crânial dorsal du côté droit. Il est en continuité avec le pylore et le jéjunum
et est relié aux glandes annexes par l’abouchement des conduits cholédoque et pancréatiques.
Il est facilement palpable. Au niveau des cadres duodénal et colique, les mésos suspenseurs
sont très courts. Les parties descendantes, transverses et ascendantes sont fixées par le
mésoduodénum qui s’attache le long de la paroi lombaire droite.
- Le mésoduodénum descendant est occupé par le lobe droit du pancréas
- Le mésoduodénum ascendant est attaché avec le méso du côlon (côté gauche le
- long de la paroi lombaire gauche). Le côlon descendant et le duodénum ascendant ont
donc un méso commun.
- Le pli duodéno-colique, sert de point d’attache à l’extrémité du duodénum, au niveau
de la courbure duodéno-jéjunale. C’est un pli séreux entre duodénum et jéjunum.


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Le duodénum descendant longe la paroi abdominale droite en position superficielle – extra
omentale. Il présente des rapports avec les glandes dont il reçoit les sécrétions : le foie
crânialement et dorsalement, et le pancréas médialement et dorsalement.
La partie proximale du duodénum descendant est attachée ventralement au grand omentum
et dorsalement au petit omentum par le ligament hépato-duodénal.
Le duodénum émerge sous l’arc costal droit dans son 1/3 dorsal et prend une orientation
oblique caudo-dorsale vers l’aile droite de l’ilium. Il n’est pas recouvert par le grand omentum.

Le duodénum transverse nait caudalement au rein droit à l’entrée du bassin et il
est court chez le chien.

Le duodénum ascendant se situe à gauche de la racine du mésentère, il atteint le
hile du rein gauche ventralement et se termine par la courbure duodéno-jéjunale en regard du
pôle crânial du rein gauche.

La courbure duodéno-jéjunale est unie au côlon par un frein séreux : le pli duodéno-colique.
Les parties transverse et ascendante du duodénum sont en situation profonde et sont en
rapport avec le caecum et le côlon ascendant. Entre ces deux parties, on trouve le rein droit.

Remarque : Le duodénum est facile à repérer en échographie : il longe la partie abdominale
droite.

iii. Conformation interne

Il est tapissé par une muqueuse de coloration rouge sombre qui devient de plus en plus rosée
au fur et à mesure que l’on va vers le jéjunum. On peut ainsi la distinguer du pylore qui est
jaunâtre.

Il possède des plis intestinaux de la muqueuse inextensible et de nombreuses villosités, riches
en glandes duodénales, qui sécrètent du mucus.
Remarque : Attention ! Ne pas confondre les villosités que l’on voit d’un point de vue
anatomique et qui sont visibles macroscopiquement avec les microvillosités que l’on voit sur les
cellules au pôle apical, ce n’est pas du tout la même échelle ! Les villosités sont d’ailleurs
absentes au niveau du côlon.

Il existe deux reliefs plus importants dans la partie proximale du duodénum :
- La papille duodénale majeure ou ampoule hépato-pancréatique (= ampoule de Vater),
située quelques centimètres après le pylore, dans la partie crâniale du duodénum. C’est
la plus importante chez le chien, dans celle-ci débouchent le conduit cholédoque et le
conduit pancréatique majeur.
- Plus caudalement (2 cm plus loin), la papille duodénale mineure (ou accessoire) dans
laquelle débouche le conduit accessoire du pancréas.

Ces papilles sont visibles à l’endoscopie.

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b) Jéjunum et iléon

i. Conformation externe

Le jéjuno-iléon commence à la courbure duodéno-jéjunale et se termine à l’ostium iléal
(abouchement du caecum). Il est difficile de voir la limite anatomique entre le jéjunum et
l’iléon, il est très progressif. On parle donc de jéjuno-iléon. Le jéjunum est la partie la plus
longue et la plus mobile de l’intestin grêle chez les carnivores car il est attaché par un vaste
mésentère très lâche. Le jéjunum mesure 2m chez le chien, soit près 2/3 de la taille de l’intestin
grêle. L’iléon est un peu différent du jéjunum : il est plus rectiligne et plus court chez les MD.

L’iléo-jéjunum est cylindrique, de diamètre 2 à 2,5 cm, avec des circonvolutions importantes.

À bien retenir (question éventuelle de partiel) :

Le bord intérieur (petite courbure) est concave, c’est le bord mésentérique, où se situe
l’insertion du mésentère, et donc l’arrivée des artères, des nerfs, de la lymphe.
Le bord extérieur (la grande courbure) est convexe, c’est le bord anti-mésentérique, libre car
non attaché au mésentère. L’abord chirurgical s’effectue par ce bord pour éviter les
saignements.

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ii. Rapports et moyens de fixité

Le jéjunum et l’iléon occupent la majeure partie de la cavité abdominale. Ils sont fixés par le
mésentère (= méso suspenseur des intestins) qui est étroit au niveau de sa racine, puis plus
ample distalement. Ceci permet la mobilité de la masse intestinale qui occupe l’espace libre, en
fonction de l’état de réplétion gastrique.

Le grand omentum vient recouvrir la masse intestinale. Il faut le récliner pour la chirurgie. Le
jéjunum se situe dans la partie ventrale de l'abdomen, plus précisément dans la loge supra-
omentale, et est séparé de la paroi abdominale par le feuillet superficiel de l’épiploon (= grand
omentum). Le duodénum et le côlon sont plus dorsaux.

Remarque : Epiploon (=omentum) signifie « tablier ». Il est souvent chargé de graisse.

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c) Structure de l’intestin grêle (cf Histologie)

La muqueuse de l’intestin grêle est glandulaire avec des villosités (plus ou moins marquées
selon les espèces) et contient aussi des plaques de Peyer (cellules immunitaires regroupées en
lymphonodules).



La structure de l’intestin grêle est similaire à celle de l’iléo-jéjunum :
- A l'extérieur de l'intestin, l'anse intestinale est recouverte par le péritoine viscéral (la
séreuse), lui-même en continuité avec les méso.
- Sous la séreuse se trouve la musculeuse qui est constituée de fibres longitudinales et de
fibres circulaires. Les fibres longitudinales sont de plus en plus développées à mesure
qu’on avance vers l’iléon mais restent tout de même moins développées que les fibres
circulaires.
- Puis vient la sous-muqueuse, riche en plexus nerveux (plexus de Meissner). Elle
contient aussi des glandes duodénales. Cette zone est lâche et limite les frottements.
- Enfin, on distingue la muqueuse qui forme des villosités. Elle porte des plis
inextensibles. Elle renferme des artères, des veines et surtout des cellules immunitaires
regroupées en plaque : les plaques de Peyer. Celles-ci sont d’autant plus nombreuses
qu’on est proche du côlon en général (sauf chez le chien où c’est l’inverse). On trouve
aussi des zones glandulaires.
Cet ensemble est innervé par le plexus nerveux d’Auerbach (plexus myentérique), et ceci de
manière d’autant plus importante qu’on est proche du côlon.
Remarque : Toutes ces couches peuvent se distinguer à l’échographie.




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2. Gros intestin

Le gros intestin (0,3 à 1m chez les chiens) correspond à la partie caudale de l'anse. Il est
compose du caecum (cul de sac ou diverticule à la limite iléon/côlon), du côlon, du rectum, du
canal anal et de l'anus. Le cadre colique est composé du côlon ascendant, du côlon transverse
et du côlon descendant. La limite intestin grêle/gros intestin est marquée par la présence de la
papille iléale où l’iléon s’abouche dans le côlon. Il n’y a pas de villosités mais l’absorption reste
toujours très active. La digestion s’y achève. On y observe une accumulation de déchets en vue
de la défécation.

Résumé du circuit du gros intestin : il commence au caecum. Le côlon est d’abord composé
d’un côlon ascendant qui est court et monte vers l’avant. Lorsqu’il arrive à la dernière vertèbre
thoracique il donne le côlon transverse. Le côlon transverse contourne la racine du mésentère,
puis le côlon descendant, partie la plus longue, repart en direction caudale vers le bassin. Il est
accompagné dorsalement de l’uretère gauche et est dorsal à l’intestin grêle.

a) Caecum et côlon




i. Le caecum

Chez le chien, le caecum est un cul-de-sac ou diverticule (5-6cm) à la limite entre l’iléon et le
côlon. Il a une forme de tire-bouchon ou spiroïdale (chez le chat il a plutôt la forme d’un
crochet). Il débouche dans le côlon ascendant de manière indépendante de l’iléon. Il est riche
en lymphonodules mais qui ne forment pas de plaques comme dans l’intestin grêle. Il se

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projette entre la 3ème et la 4ème vertèbre lombaire, à droite. Sa face viscérale est en contact avec
l’intestin. Il ne possède pas de villosités mais des invaginations profondes.
Le caecum s’abouche dans le côlon au niveau de la papille caecocolique.

Remarques :
- Chez l’homme et le cheval on parle de papille iléo-caecale car l’iléon s’abouche dans le
caecum.
- Lorsque le caecum est réduit, l’iléon s’abouche directement dans le côlon au niveau de la
papille iléo-colique (c’est le cas chez le chien, où on a donc deux orifices s’abouchant
dans le côlon : iléo-colique et caeco-colique, chacun possédant un sphincter propre).
- On peut aussi parler simplement de « papille iléale » pour désigner la papille iléo-colique
ou iléo-caecale (abouchement de l’iléon).
- L’hippopotame n’a pas de caecum ; on trouve un maximum de développement de cet
organe chez le cheval, le lapin et les rongeurs, avec pour les lapins la présence d’une
enzyme iléale.

ii. Le côlon

Il est constitué de trois parties :
- Le côlon ascendant qui est court et bref chez le chien, en regard de L1/L2 et remonte
vers le pylore, à droite de l’abdomen. Il est médial par rapport à la partie descendante
du duodénum, et en est séparé par le grand omentum. Il est également en rapport avec
le pancréas via le mésoduodenum, et le rein droit ainsi qu’à la racine du mésentère
médialement.
- Le côlon transverse, court également, qui encadre la racine du mésentère, et longe
caudalement la partie crâniale du duodénum et le corps du pancréas. Il fait passer le
côlon du côté droit au côté gauche de l'animal. Il se situe au niveau de la dernière
vertèbre thoracique/première lombaire. Il est placé caudalement par rapport à l’estomac
et il en est séparé par la paroi profonde du grand omentum.
- Le côlon descendant, plus long, est accompagné dorsalement par l’uretère gauche et se
dirige caudalement et médialement vers le bassin. Il est en rapport avec le pancréas et
le rein gauche. La partie ascendante du duodénum longe sa moitié crâniale médio-
dorsalement. Dans le reste de son étendue, il est en rapport avec le jéjunum par
l’intermédiaire du grand omentum.

Ps : À tous les écorcheurs de la langue française, un petit message vous est destiné :
- Le côlon est la si belle, si douce, si élégante partie du gros intestin que vous étudiez en
ce moment précis.
- Le colon est cet aventurier prétentieux qui s’installe là où son bateau s’échoue.
- Le colomb est le mâle de la colombe (information en provenance d’un mythe omane).

Les angles coliques (ou courbures coliques) droit et gauche relient les différentes parties du
côlon entre elles, mais sont peu marqués. L’inflexion sigmoïde correspond à la courbure que le
côlon descendant prend en se dirigeant vers le bassin. Elle est plus ou moins marquée selon les
individus. Le côlon prend une position plus médiale pour passer dans la filière pelvienne,
donnant alors le rectum puis le canal anal.

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Le mésocôlon est court, plaqué de part et d’autre du mésentère ainsi que dorsalement à la
voûte lombaire. Le mésocôlon ascendant s’attache avec la partie descendante du
mésoduodénum. Le mésocôlon descendant forme le pli duodéno-colique avec la partie
ascendante du mésoduodénum. C’est également lui qui soutient le côlon à la cavité
abdominale. Le côlon comprend de nombreux lymphonodules isolés dans sa partie initiale.

Remarques :
- Chez le chat, le caecum est tout petit (2-3 cm de long), en crochet, et le côlon ascendant
est très court, voire inexistant.
- Attention lors d’une radiographie du côlon chez le chien il n’y a pas de bosselures
comme chez le cheval, c’est simplement les contractions lors du péristaltisme ! En
temps normal, le côlon du chien est lisse.
- De plus, chez le chien le côlon ne possède pas de bande musculaire contrairement au
cheval.
- Enfin, il faut retenir que le côlon est d’abord en position latérale puis médiale quand il
arrive dans la cavité pelvienne





Remarque : A la radiographie on repère facilement le côlon soit en faisant une colographie (un
lavement puis injection d’un produit de contraste) soit sans préparation par la présence des sels
qui sont déshydratés et donc assez denses, faciles à localiser. On peut voir l’inflexion en J qui
correspond au sigmoïde du côlon. On ne voit pas de bosselures externes comme chez le cheval,
les bosselures que l’on peut voir chez le chien sont dues au péristaltisme et à la contraction qui
permet d’expulser les matières fécales. Sur les radios ci-dessous on voit bien le cadre colique qui
forme un « U » ouvert vers l’arrière.
On voit aussi bien le caecum en radiographie car il est souvent rempli d’air.

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b) Rectum, canal anal et anus

Le canal anal, le rectum et l’anus en vue latérale gauche, sont placés sur le plancher pelvien.
C’est à ce niveau que les résidus sont stockés puis évacués. Le plafond est constitué par les
vertèbres sacrées et entre les 2, il y a des organes.

i. Rectum

Le rectum suit le côlon descendant. Il est convexe dorsalement et est en relation avec la face
ventrale du sacrum. Il va jusqu’à la 4ème vertèbre coccygienne et mesure 4 à 6cm de long. Seule
la partie crâniale du rectum est recouverte par la séreuse péritonéale. Sa partie caudale est en
rapport avec les culs de sac péritonéaux (tissus conjonctifs). De ce fait, il n’est pas recouvert
par du péritoine et la cicatrisation sera différente : c’est à prendre en compte lors des abords
chirurgicaux. Sa paroi ventrale est en contact avec la prostate et la vessie. Il est fixé par le
mésorectum, très court, ainsi sa mobilité en est réduite : il est plaqué contre la paroi ventrale
du sacrum et dans la filière pelvienne. De part et d’autre se placent les loges conjonctives
pararectales.
Sa conformation interne est caractérisée par de nombreux replis transverses de la muqueuse.

Remarque : S’il y a une masse, cela compresse les autres organes. Ainsi, chez un chien âgé, il
peut y avoir des problèmes de défécation si la prostate grossit trop. En effet, si elle grossit trop
elle comprime alors la vessie et le rectum contre le plafond osseux du sacrum. De plus l’abord
chirurgical du rectum est très délicat et son infection aisée. On peut avoir les mêmes
conséquences avec des masses vaginales dues à un problème hormonal.
On voit souvent chez les chats s’étant fait une fracture du bassin le développement d’un
mégacôlon : le chat ne fait plus ses besoins et il y a donc accumulation de selles dans le côlon.

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Rectum et canal anal du chien


ii. Canal anal et anus

Le canal anal est en contact avec l’extérieur par l’anus, mesure 1 cm de long et est séparé du
rectum par une ligne ano-rectale marquée (= passage entre tube digestif d’origine
endodermique et canal anal, anus d’origine ectodermique). L’ampoule rectale est peu dilatée
chez le chien.



Le canal anal est recouvert par un épithélium pluristratifié. Il est constitué de plusieurs zones
dont une zone columnaire (avec des colonnes) et où s’abouchent les sinus anaux = glandes
anales (risques d’abcès).
Les glandes para-anales se trouvent entre le sphincter interne et le sphincter externe de l’anus.
S’il y a obstruction de ces glandes, il faut effectuer une vidange manuelle avec des gants (on le
repère quand l’animal traîne les fesses par terre, ou quand cette zone est douloureuse : on
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parle de syndrome du traineau, qui peut d’ailleurs aussi être un symptôme parasitaire). Ce sont
des glandes sudoripares modifiées produisant un liquide épais, jaunâtre à odeur très
caractéristique. C'est aussi par ce liquide que l'animal marque son territoire : il fait ses besoins,
ce qui comprime les glandes anales et le liquide est alors déposé avec.
Autour de l’anus se situe une zone glabre qui s’étend avec l’âge et des glandes d’origine
sébacée : les glandes circumanales. Ces glandes pourront être le lieu de développement de
cancers (circumanalome, qui sont très androgèno-dépendantes). Elles s’hypertrophient avec
l’âge.
Le rectum et le canal anal sont accessibles par toucher rectal, avec l’index (on parle de
palpation transrectale quand on utilise le bras pour palper les viscères via le rectum chez les
grandes espèces).

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iii. Structure du gros intestin


Le gros intestin est constitué de 4 couches
histologiques : une séreuse, une sous-muqueuse et
une muqueuse (rougeâtre, puis gris et enfin rose
distalement). La sous-muqueuse est beaucoup plus
épaisse que dans l’intestin grêle et riche en
nodules lymphatiques. La muqueuse du gros
intestin est plus importante que celle de l’intestin
grêle, à l’échographie on peut distinguer ces 2
structures. Enfin on trouve une musculeuse très
épaisse. La couleur du gros intestin est gris-rosée.







III. Particularités spécifiques


1. Les Ruminants

Du fait de la présence du rumen sur la gauche, les intestins sont complètement rejetés vers la
droite chez les ruminants. Ils sont tous suspendus par une seule lame de mésentère qui unit
tout l’intestin. Les intestins se situent dans la bourse supra-omentale, dans la sangle
épiploïque. Cet intestin subit un enroulement sur lui-même qui forme différentes anses. La
papille s’abouche à 60cm du pylore. Chez les herbivores, l’intestin est deux fois plus long que
chez le cheval (mais nettement moins développé en diamètre). L’épiploon couvre l’ensemble
des intestins.

L'intestin grêle est très long mais de faible diamètre : il mesure 40m de long, soit 25 fois la
longueur du corps et sa surface représente 3 fois la surface cutanée. Le gros intestin est
moyennement développé : il mesure 10m de long et sa capacité est faible (30 litres).

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Au niveau du duodénum, la courbure crâniale est très nettement infléchie de façon sigmoïde.
Dans la papille duodénale majeure débouche seulement le conduit cholédoque (pas de conduit
pancréatique). Le conduit pancréatique, unique, va s’aboucher plus caudalement. La partie
ascendante du duodénum se retrouve collée contre la face gauche du mésentère. Le jéjunum
est très circonvolutionné. L’iléon rejoint le gros intestin par le caecum qui est dilaté (ils sont
dans la continuité l’un de l’autre).

















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Concernant le gros intestin, le caecum est lisse orienté vers l’arrière et peut se placer dans le
bassin quand il est un peu distendu. Il mesure 10-12 cm de large et 50-70 cm de long. Les sillons
transversaux sont à peine visibles. A l’intérieur on distingue de petits plis irréguliers. Il se
débouche préférentiellement dans le côlon (comme chez le chien). Il est palpable par voie
transrectale.
Le côlon ascendant est constitué de trois parties :
- Une anse colique proximale en forme de S qui se situe dans le flanc droit, sous les 2
dernières côtes. Il s’infléchit de nouveau au milieu du flanc droit en direction crâniale et
se porte dans l’épaisseur de la face gauche du mésentère.
- Une anse colique spiralée entre les deux lames du mésentère, constituée de deux tours
centripètes, une courbure centrale et deux tours centrifuges situés entre les précédents
tours. (voir schéma)
- Une anse distale qui se situe médialement à l’anse proximale, en région lombaire
droite.
Ces trois parties sont regroupées sous le nom de “anse spiralée du côlon”. On a donc un grand
développement en longueur du côlon ascendant.

Le côlon transverse est très court, et le côlon descendant débute à gauche de l’artère
mésentérique crâniale. Les mésos forment une seule lame (écrasement par le rumen) qui
suspend toutes les anses car tout est plaqué du fait du renvoi vers la droite.

Remarque : chez le veau, la topologie des intestins est très différente de ce qui est observé chez
l’adulte et est plus proche de celle du chien car les estomacs ne sont pas encore développés.

Chez les petits ruminants, l’anse spirale du côlon ascendant sera plus conique que spiralée, un
peu intermédiaire avec la disposition hélicoïdale du côlon ascendant du porc. Le côlon
descendant de la chèvre est nettement plus long que chez le mouton (cf. déshydratation des
fèces plus poussée).

Que ce soit chez un grand ou petit ruminant, quand on a une torsion du cæcum, on peut la
sentir au niveau de la région basse du flanc. Quand la torsion concerne les circonvolutions
mobiles du jéjunum, on les sent ventralement, en arrière. Souvent, des problèmes de caillette y
sont associés. Par contre, il est difficile de détecter des problèmes de côlon, car il est situé
médialement, dans la cavité abdominale.


2. Les Suidés (pour information)

Chez le porc, on trouve des bosselures hélicoïdales: ainsi on parle « d'anse hélicoïdale ».
La longueur des intestins est intermédiaire entre ce qui est observé chez les carnivores et les
herbivores : 20m pour l’intestin grêle et 5m pour le gros intestin. Le caecum et le côlon
ascendant sont parcourus de bosselures divisées par des bandes charnues, ceci permet une
augmentation de la surface. Le caecum est rejeté vers la gauche car le côlon ascendant est très
développé, en effet il possède une anse centripète très volumineuse, et une anse centrifuge,
toutes deux hélicoïdales, avec des bandes charnues.
Il est suivi par le côlon transverse et le côlon ascendant.
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3. Les Lagomorphes

Toutes les parties du TD sont bien développées chez le lapin. C’est un «herbivore parfait ».
- Le duodénum est très long, avec des circonvolutions duodénales, qui « flottent »
dans la partie caudale du flanc droit.
- Le jéjunum possède de nombreuses circonvolutions et est repoussé du côté gauche
par la présence du côlon et du caecum très développés du côté droit. La papille iléale
présente une forme caractéristique : l’ampoule iléale, dilatée et occupée par des
lymphonodules. Comme chez le cheval, l’iléon débouche dans le caecum.
- Le caecum a un diamètre de 3 à 4 cm : c’est une spire d’un tour et demi auquel fait
suite le côlon qui est beaucoup plus petit. Il présente des haustrations (=bandes
charnues). Il est proportionnellement plus volumineux que celui du cheval. Il se
termine par un appendice vermiforme qu’on trouve aussi chez l’homme, aussi très
riche en lymphonodules.
- Au niveau du côlon descendant, celui-ci est flottant car le méso est très lâche, et
présente plusieurs circonvolutions. Son rôle est de déshydrater les fèces. Il est long,
flexueux et moulé sur les fécès.

Le lapin possède plusieurs types de glandes, à l’extérieure de l’anus (différentes des glandes
circumanales et anales) : des glandes paraproctales dans le rectum aux sécrétions huileuses
et des glandes inguinales externes, situées ventralement à l’anus.

De plus, le lapin fabrique 2 types de crottes : des crottes dures, qui sont de vraies déjections
et des crottes molles qu’il remange (= caecotrophie). Leur contenu est proche de l’aliment
ingéré au départ. L’animal récupère alors les protéines d’origine bactérienne qu’il n’a pas pu
manger (bactéries au niveau du caecum) et les éléments nutritifs incomplètement digérés.



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Remarque : La caecotrophie est différente de la coprophagie : l’animal mange ses


excréments. C’est souvent pathologique, mais peut être physiologique (ex : chienne qui
mange les déjections de ses chiots).


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4. Les Equidés

Cf CM9 détaillé


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Ce qu’il y a à retenir :
- Cadre du duodénum ouvert vers l'avant
- Cadre colique ouvert vers l’arrière
- Les différents côlons ascendants avec les spirales
- Chez le lapin : caecum avec un appendice vermiforme
- Villosités dans l'IG
- Les différents conduits : pancréatiques, hépatiques, etc.
- Bien connaître les différences gros intestin-intestin grêle ; l’organisation des intestins
chez le chien ; et les variations au niveau du caecum et du colon ascendant.
- Orientation de caecum et sa morphologie
Question d’exam : Disposition en spirale du GI et notamment de l’anse ascendante des
ruminants, localisation du caecum, sa morphologie et son abord.


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CE DOCUMENT A ETE OFFERT AUX VETERINAIRES ALGERIENS PAR

REDA MOHAMED GUESSOUM, DVM

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L’estomac pluriloculaire

I. L’estomac de la vache adulte :`



1. Morphologie générale :
2. Le rumen (ou panse) :
3. Le réseau (ou Réticulum) :
4. Le feuillet (ou omasum) :
5. La caillette (ou abomasum):
6. Etude de l’organe en place :

II. Estomac du veau :


III. Particularités chez d’autre ruminants :















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L’alimentation des herbivores est principalement constituée de cellulose. Or, cette dernière
n’est pas digestible par les mammifères communs car ils ne possèdent pas l’appareil
enzymatique nécessaire. On trouve donc la présence d’une flore commensale (bactéries, ciliés
et champignons) qui développe ces enzymes et qui vont digérer la cellulose par fermentation.
Deux solutions :
® celle des ruminants : présence d’un estomac pluriloculaire énorme dans lequel les
aliment séjournent longtemps
® celle des non-ruminants : le caecum et le côlon sont énormes contrairement à
l’estomac

On observe l’estomac pluriloculaire chez les ruminants mais aussi chez d’autres mammifères
comme les baleines.
Une vache passe environ 1/3 de son temps à brouter, 1/3 de son temps à ruminer et 1/3 à
d’autres activités. La rumination permet donc l’optimisation de l’ensemble des nutriments
des végétaux.

Remarque : lors de l’ingestion de l’aliment, la première mastication est très sommaire, et le
bol alimentaire est très vite avalé. Ce n’est que lorsqu’il sera régurgité qu’il sera mastiqué
longuement. Les cycles de rumination durent entre 10 et 30 minutes


La présence d’un estomac pluriloculaire n’est pas forcément liée à la rumination
(hippopotame, le rhinocéros ...) ni au régime herbivore (par exemple : chez les Cétacés qui
sont piscivores, la présence de trois compartiments gastriques à la suite compense
l’impossibilité de mastiquer dans l’eau). C’est en fait une spécialisation de sa fonction.

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I. L’estomac de la vache adulte :

1. Morphologie générale :

Le rumen est le principal sac de la cavité abdominale. Il remplit les ¾ de la cavité abdominale.
Il a une capacité volumique de 200 L. Il est aussi appelé la panse. Cranialement et à gauche
du rumen, plaqué contre le diaphragme, on retrouve la plus petite poche de l’estomac : le
réseau (qui contient 5% du volume). A droite, on retrouve le feuillet qui a une capacité de
14L. Enfin, la caillette (ou abomasum) vient compléter cet estomac.
Les trois premiers compartiments possèdent une muqueuse aglandulaire et sont qualifiés de
pré-estomacs. La seule poche qui sécrète est la caillette (=vrai estomac)

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2. Le rumen (ou panse) :

a. Conformation externe :

C’est un sac ovoïde énorme, occupant toute la moitié gauche de cavité abdominale et 4/5 de
la cavité totale. Il s’étend de la 9 ème ou 10 ème côte jusqu’à l’entrée de la cavité pelvienne.
Sa face gauche s’appuie contre la paroi abdominale : c’est la face pariétale. Elle est divisée sur
toute sa longueur par le sillon longitudinal gauche où circulent les vaisseaux ruminaux
gauches, et où s’attache la paroi superficielle du grand omentum.
La face droite est en rapport avec le réseau crânialement, le feuillet, la caillette à droite, et
l’intestin : c’est la face viscérale. Elle est assez plane. Elle est également parcourue sur toute
sa longueur par le sillon longitudinal droit, dans lequel circulent les vaisseaux ruminaux droits,
et qui donne attache à la paroi profonde du grand omentum. Ce sillon délègue dorsalement
un profond sillon accessoire qui délimite l’insula avec le sillon longitudinal.

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Les sillons longitudinaux droit et gauche se rejoignent aux 2 extrémités du rumen au niveau
des sillons crânial et caudal.
L’ensemble de ces sillons, faisant le pourtour de l’organe, marque sa division en deux vastes
compartiments : le sac dorsal et le sac ventral du rumen.
• Le bord (ou courbure) dorsal est convexe et lisse, sauf dans sa partie la plus crâniale
où il présente une zone d’adhérence avec la rate d’une part, et le plafond de la cavité
abdominale d’autre part. 

• Le bord ventral est lisse, sauf autour de la rate et du cardia, et repose contre la paroi
abdominale ventrale. 

• L’extrémité crâniale du rumen est divisée par le sillon crânial en deux compartiments :
® Dorsalement, on a crânialement, l’atrium qui reçoit l’œsophage, et
communique avec le réseau duquel il est séparé par le profond sillon rumino-
réticulaire, et caudalement à l’atrium se trouve le sac dorsal du rumen qui est
séparé du cul de sac dorsal du rumen par un sillon coronaire 

® Ventralement, on retrouve d’arrière en avant le cul de sac ventral cette fois
séparé du sac ventral par le sillon coronaire ventral. La partie ventrale du
rumen ne se prolonge pas aussi crânialement que sa partie dorsale et se
termine par le récessus du rumen.


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• L’extrémité caudale du rumen est divisée par le sillon caudal en deux culs-de-sac («
vessies coniques »), l’un dorsal, l’autre ventral. Ils sont circonscrits crânialement, et de
chaque côté, par les sillons coronaires ventraux et dorsaux (de chaque côté, il y a un
sillon coronaire dorsal et un sillon coronaire ventral).
.

b. Conformation interne :

En région ventrale, la muqueuse est de type papillaire. On observe des reliefs saillants appelés
piliers du rumen formés par le soulèvement de la muqueuse et de la musculeuse. Ces piliers,
en vue interne, correspondent en fait aux sillons en vue externe. Lorsqu’on pratique un
examen par ruminotomie exploratrice, le repérage est fait grâce à la position relative des
sillons et des piliers.
A chaque sillon correspond un pilier. On distingue :

- Les piliers longitudinaux droit et gauche
- Le pilier crânial, saillant et étroit ; le pilier caudal très large
- Les piliers coronaires délimitant les cavités des culs-de sac du rumen
- Le pilier accessoire droit (sur la paroi droite du rumen), qui délimite, avec le pilier
longitudinal droit, une large zone rêche, sans papilles et très plissée, l’insula du rumen.

Les piliers longitudinaux et les piliers crânial et caudal forment ainsi un anneau délimitant un
très large orifice faisant communiquer le sac dorsal et le sac ventral du rumen : c’est l’ostium
intra-ruminal.
Ces piliers et l’insula constituent des zones réflexogènes intervenant dans la
contraction du rumen.

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Les papilles de la muqueuse sont foliées, coniques ou filiformes. Elles sont surtout
volumineuses et nombreuses dans le sac ventral, moins nombreuses et plus petites dans les
sacs dorsaux, et absentes sur les piliers et l’insula. Elles augmentent la surface pour permettre
l’optimisation du développement des bactéries

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.
Le rumen n’est jamais entièrement plein. On le divise en deux zones : une zone (la plus
dorsale) qui contient du gaz et une autre (la plus ventrale) qui contient le jus de rumen (à ne
pas confondre avec le jus de BOUM)
Une vache produit 1000L de gaz par jour, évacués pour la plupart (60%) par éructation. Les
gaz principaux sont le méthane et le dioxyde de carbone.

c. Applications :

Un excès de production ou un élément bloquant peut limiter l’éructation. Un excès de matière
protéique peut entrainer la surproduction de gaz. Dans ces deux cas, on a alors la mise en
place d’un trocart par le vétérinaire.

d. Rôles :

Lieu de stockage pré-ruminatoire et de brassage des aliments.
Rôle mécanique de brassage et d’homogénéisation

Rôle biochimique de fermentation (pré-digestion)

Absorption de certains AGV
Lieu de synthèse de certaines vitamines (surtout du groupe B) par la flore bactérienne
Thermorégulation (avec les papilles).



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3. Le réseau (ou Réticulum) :

a. Conformation externe :

C’est le plus petit et le plus crânial des compartiments de l’estomac des bovins. Il se trouve
plaqué contre le diaphragme, juste au-dessus du processus xiphoïde du sternum.
Aplati dans le sens crânio-caudal, le réticulum présente deux faces et deux courbures :

• Sa face crâniale convexe, est moulée contre le diaphragme : c’est la face « pariétale »
ou « diaphragmatique ».

• Sa face viscérale, caudale, est plaquée contre l’atrium du rumen avec lequel elle
délimite le profond sillon rumino-réticulaire.
• Son bord ventral est appelé grande courbure et délimite le fundus du réseau. Il répond
au processus xiphoïde du sternum.
• Son bord dorsal est appelé petite courbure et communique à gauche avec le rumen et
à droite avec le feuillet, par l’ostium réticulo-omasique.


b. Conformation interne :

C’est un organe en forme de nid d’abeille. On distingue des cellules réticulaires
(=soulèvement de la muqueuse aglandulaire) de différents degrés. Les parois de ces cellules
sont composées de papilles (mamelonnées et coniques). Chez la vache, on distingue quatre
degrés de cellules (3 chez les petits ruminants)


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Le réseau communique d’une part, avec le rumen par le large ostium rumino-réticulaire et
d’autre part, avec le feuillet par l’ostium réticulo-omasique (beaucoup plus étroit : 3-4 cm de
diamètre). C’est un carrefour entre rumen, œsophage et feuillet.

On distingue la présence d’un sillon réticulo-ruminaire et d’un sillon réticulaire qui part de
l’œsophage. Les lèvres de ce dernier un canal (aussi appelé « gouttière œsophagienne ») qui
permet le passage des liquides directement dans le feuillet.
Ce sillon intervient surtout chez le veau qui tète. Le réflexe est contrôlé par la succion grâce
au nerf vague au niveau du pharynx.

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c. Rôle du réticulum :

- Rôle mécanique : sa contraction est presque continuelle (3 longues
contractions par minute). Ce sont ses contractions qui initient celles des autres
compartiments gastriques. 

- Rôle de régulateur du transit de l’ingestat : soit vers le rumen pour la
fermentation, soit vers la bouche par l’intermédiaire de l’œsophage pour la
rumination, soit vers le feuillet puis la caillette. 


4. Le feuillet (ou omasum) :

a. Conformation externe

Il est situé à droite par rapport au rumen et au réseau, crânialement dans la région post
diaphragmatique et en dessous de la caillette.
Grossièrement sphéroïde, il est aplati d’un
côté à l’autre.
Sa face viscérale (face gauche) s’adosse à l’atrium du rumen. Sa face pariétale
(face droite) se trouve contre la paroi droite du tronc dans la région post diaphragmatique où
elle répond également au foie et au diaphragme. 
Sa grande courbure est dorsale, et fait
pratiquement les 4/5ème de la circonférence totale de l’organe, d’où son nom de «
circonférence » du feuillet.
Sa petite courbure, ventrale, est la « base » du feuillet. Elle
communique à gauche avec le réticulum par un pédicule court et étroit appelé « le col » du
feuillet. A droite, la jonction avec la caillette est marquée par le sillon omaso-obomasique. 


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b. Conformation interne

L’ouverture du feuillet montre une cavité presque entièrement occupée par des élévations
de la muqueuse, formant des lames qui s’adossent les unes aux autres à la manière des
feuilles d’un livre (d’où le nom de l’organe). Ces lames s’insèrent sur la circonférence et les
parois du feuillet. Leur bord libre laisse un petit espace constituant le canal omasique vers
lequel elles convergent.


On distingue différents degrés de lames. Leur disposition est cyclique :

- Les lames primaires sont les plus hautes. 2 lames primaires délimitent un « cycle
laminaire »
- Au milieu de l’espace compris entre deux lames primaires, se dresse une lame
secondaire de moitié moins haute.

- chaque lame secondaire est encadrée de deux lames tertiaires plus courtes
- chaque lame tertiaire est elle-même encadrée par deux lames quaternaires encore
plus petites.

On parle alors de cycle quadrupliqué chez la vache. Chez la chèvre, on n’a que 3 degrés de
lames : on parle de cycle tripliqué

Le bord libre et les faces des lames omasiques portent des papilles coniques et mamelonnées
(identiques à celles du réticulum), à rôle tactile.
Entre les lames omasiques, les aliments sont
compactés, triturés et homogénéisés.


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c. Rôles :

-> Le feuillet régule le passage des aliments du réseau vers la caillette et filtre les aliments :
si les aliments sont très triturés, ils gagnent rapidement le canal omasique puis la caillette. Si
la trituration n’est pas suffisante, les aliments restent entre les lames du feuillet subissant une
lente progression et une trituration continue
-> Il y a surtout une forte absorption d’eau.
D’où l’importance pour les animaux d’avoir de l’eau de bonne qualité et à volonté. Un manque
d’abreuvement est un facteur favorisant l’indigestion du feuillet : on a accumulation
d’aliments tassés, secs et endurcis entre les lames du feuillet, ils forment une sorte de «
bouchon » et le feuillet devient atone. Cette maladie, au diagnostic peu aisé, est rare, mais
grave.

5. La caillette (ou abomasum):

C’est l’organe dans lequel le lait caille. C’est le seul compartiment fonctionnel chez le veau.

a. Conformation externe

Piriforme (forme d’une poire), on lui reconnaît une partie crâniale, le fundus, faisant suite au
feuillet, et une partie pylorique caudale, qui se relève presque à angle droit au niveau d’une
incisure angulaire profonde. Entre ces deux parties extrêmes, se situe le corps de la
caillette.
Sa face gauche est la face viscérale et répond au rumen. Sa face droite est la face
pariétale et plaquée contre la paroi abdominale.
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Sa petite courbure est dorsale et donne attache au petit omentum. Sa grande courbure,
ventrale, donne insertion au grand omentum.

b. Conformation interne

La muqueuse est entièrement glandulaire de type fundique ou pylorique.
Au niveau de la
jonction omaso-abomasique, on trouve les voiles abomasiques, petites élevures de la
muqueuse, jouant un rôle de valve pour l’ostium omaso-abomasique.
Dans les régions
fundique et du corps de la caillette, la muqueuse se soulève en plis de grande taille, les plis
spiraux (visibles par transparence), qui, en regard de la petite courbure, délimitent le sillon
abomasique qui correspond au canal de la caillette. La partie pylorique est peu plissée.

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Le pylore est étroit, et présente un torus pylorique bien développé par un renforcement
musculaire.

c. Rôle

Chez le veau, le lait y est coagulé et digéré.
Chez l’adulte, digestion des protéines végétales
apportées par l’alimentation, et des protéines synthétisées par les micro-organismes du
rumen (ces microbes, une fois morts, constituent eux-mêmes une source protéique).

6. Etude de l’organe en place :


• Le rumen : il occupe toute la partie gauche et ventrale de la cavité abdominale. Il
s’étend de la 9e côte jusqu’à l’entrée du bassin. Le sac dorsal adhère crânialement au
diaphragme et à la voûte lombaire. Dans cette région il est en rapport avec la
rate.
Caudalement, le sac dorsal du rumen est en rapport avec la corde et le fuyant du
flanc (lieu des ruminotomies). Le cul-de-sac dorsal est en rapport avec le creux du flanc
(lieu de trocardage en cas de météorisation). Le sac ventral est enveloppé par la bourse
omentale formée par le grand omentum. Les sacs dorsal et ventral du rumen suivent
le fuyant du flanc. Le réseau est très proche du cœur (8cm).



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• Le réseau : il est localisé entre la 7e et la 9e côte. Du côté droit, le feuillet est très à
l’intérieur de la cage thoracique : cet organe est donc difficilement accessible à
l’examen clinique.


• Le feuillet : il est à droite du plan médian. Sa face viscérale est plaquée contre la paroi
droite de l’atrium du rumen. Il est également situé très à l’intérieur de la région
postdiaphragmatique s’étendant entre la 7ème et la 11ème côte, sur la paroi costale
droite). Mais sa partie crâniale est recouverte par le foie, ce qui limite sa zone
d’exploration externe entre la 9ème et la 11ème côte sous une ligne passant par la
pointe de l’épaule. Son exploration externe est donc assez difficile (palpation/pression,
auscultation, échographie transpariétale). Toutefois, il est possible de le palper lors
d’une ruminotomie exploratrice à travers l’épaisseur de la paroi de l’atrium du rumen
(assez difficile, on essaye de voir s’il n’est pas trop pâteux, ou pas trop dur).

• La caillette : elle s’étend entre le 8e et le 11e espace intercostal. Elle est en rapport
avec le rumen et le jéjunum à gauche, avec le diaphragme et la paroi du tronc à
droite.
Elle est accessible dans sa région xiphoïde droite, caudalement et
ventralement à l’arc costal droit.

Ces rapports et la topographie peuvent être modifiés lors de la gestation. Du fait du grand
développement du rumen, la gestation se fait le plus souvent dans la corne utérine droite (60-
70% des gestations chez les bovins sont à droite). Vers les derniers mois de gestation, le veau
dans sa matrice est devenu très lourd, il pousse l’ensemble des réservoirs gastriques vers
l’avant. Vers les 8e-9e mois, il peut même glisser sous le rumen et le soulever (Cet aspect
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© DZVET 360 Etude de l’appareil digestif - Anatomie – CM 8


semble être un des facteurs favorisant le déplacement à gauche de la caillette rencontré après
une mise-bas difficile).


• Moyens de fixité : La masse et le volume du rumen bloquent l’ensemble des organes.
Le réseau, tout comme le feuillet, bouge assez peu. En revanche, la caillette est la
partie la plus mobile et peut passer de l’autre côté : « déplacement à gauche de la
caillette ».

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© DZVET 360 Etude de l’appareil digestif - Anatomie – CM 8

II. Estomac du veau :



A la naissance, les proportions sont inversées. La caillette du veau est 2 à 3 fois plus
volumineuse que le rumen. C’est le seul compartiment fonctionnel de l’estomac du veau. Elle
occupe toute la région ventrale de l’abdomen sous l’hypochondre, et la plus grande partie du
flanc droit. Le rumen est soulevé dorsalement et se trouve en grande partie caché par les
côtes, ne dépassant que de quelques centimètres en arrière de l’arc costal gauche. Le veau
est alors plus ou moins considéré comme un monogastrique.
Dès que le veau commence à prendre des aliments solides, les pré-estomacs se développent
et s’accroissent rapidement : ainsi, à 2 mois, la caillette et le rumen sont pratiquement de
volume égal et, à 4 mois, le rumen est déjà 4 fois plus volumineux que la caillette.

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© DZVET 360 Etude de l’appareil digestif - Anatomie – CM 8

III. Particularités chez d’autre ruminants :



Chez la chèvre, c’est le feuillet qui est le plus petit. Sinon le reste ressemble.

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© DZVET 360 Etude de l’appareil digestif - Anatomie – CM 8

CONCLUSION
La morphologie et le grand développement de l’estomac des ruminants impliquent une
topographie abdominale très différente de celle des carnivores et des équidés. La physiologie
digestive particulière de ces animaux les expose à des pathologies spécifiques. La bonne
connaissance de l’anatomie et de la physiologie complexe de l’estomac des ruminants est
nécessaire pour aborder leur sémiologie digestive.

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© DZVET 360 Etude de l’appareil digestif - Anatomie – CM 8


Schéma à légender pour voir si vous avez bien compris le cours

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L ’estomac pluriloculaire
des ruminants domestiques

(Figures du cours)

Anatomie Comparée
© DZVET Campus Vétérinaire de Lyon
360

Module « Etude de l’appareil digestif »

Alimentation végétale
ß
cellulose

® Pas d ’enzymes dans le tube digestif des mammifères pour digérer


la cellulose;
® Digestion de la cellulose uniquement possible par une flore
microbienne commensale du tube digestif (ptz, champignons, bactéries….)

Équidés: Bovins, ovins, caprins, camélidés:


Ø Estomac simple, peu Ø Estomac pluriloculaire énorme
volumineux, à vidange dans lequel les aliments séjournent
rapide. très longtemps et où a lieu la
Ø Caecum et côlon cellulolyse microbienne
ascendant énormes = Ø + rumination
lieu de la digestion de la
cellulose
2
Estomacs pluriloculaires

herbivores Non herbivores

Ruminants Non ruminants cétacés

Bovins hippopotame
ovins rhinocéros
caprins siréniens
camélidés certains
antilopes, rongeurs,
© DZVET 360
cervidés, certains
girafes primates
etc. (paresseux)
etc. etc. 3

Extrémité
Vue dorsale étalés crâniale
FEUILLET ou OMASUM
7% du volume total (14 L)
RESEAU ou
RETICULUM
(« bonnet ») CAILLETTE ou
5% du volume ABOMASUM
total (10 L). 8% du volume
total (16L)

Côté gauche
Côté droit

RUMEN
(« panse »)
80% du © DZVET 360
volume total
- 150-200 L. Extrémité caudale

4
Sac dorsal Cul-de-sac dorsal
du rumen du rumen
diaphragme rate

XIII
IX
œsophage
I

Sillon caudal

Sillons
coronaires
Cul-de-sac
ventral
Sillon Sillon longitudinal
RESEAU
crânial Récessus gauche © DZVET 360
Atrium Sac ventral

RUMEN

Estomac de la vache adulte : vue latérale gauche, en place

Sillon
© DZVET 360
Sillon longitudinal duodénum
droit accessoire
RUMEN insula

Sac dorsal Zone d ’adhérence RESEAU


cardia
Face diaphragmatique

Sillon
coronaire FEUILLET
dorsal
col
Cul-de-sac base
dorsal circonférence
Face pariétale
Sillon
caudal Sillon omaso-
abomasique
Cul-de-sac
fundus
ventral
(S.Sawaya)
Grande
pylore corps courbure
Sillon
petite
coronaire courbure
Partie
ventral
pylorique Incisure
Sac ventral CAILLETTE
angulaire

Estomac isolé de vache adulte; vue latérale droite


6
© DZVET 360

(D’après Chatelain E)

Lames de la muqueuse omasale

Canal de l’omasum

Plis spiraux de la muqueuse abomasale


Cardia

Sillon réticulaire
Pilier accessoire
Orifice réticulo-omasique et insula du rumen
Cellules de la muqueuse
réticulaire © DZVET 360
Pli rumino-réticulaire

Pilier crânial du rumen Pilier longitudinal droit du rumen


Piliers coronaires
Ostium intra-ruminal
(Droits)
Pilier longitudinal
gauche du rumen
Pilier caudal du rumen
Cul-de-sac ventral
du rumen

Piliers coronaires Cul-de-sac dorsal du rumen


(Gauches)
(D’après Barone R.)

Conformation interne du rumen - Coupe trasversale (sac dorsal enlevé)– vue dorsale) 8
Insula Pilier longitudinal droit Pilier coronaire droit ventral
Pilier
coronaire
droit
dorsal
Pilier
accessoire
Cul-de-sac
droit
dorsal

Pilier
caudal
Pilier
crânial Pilier
coronaire
gauche
dorsal

(Pavaux C.)
Pilier coronaire
Sac Cul-de-sac gauche ventral
ventral Pilier longitudinal
ventral gauche
Les piliers du rumen
9
© DZVET 360

Les papilles du rumen

© DZVET 360

(Photographiées à la surface de la muqueuse, G : x4) (Barone R.)

Ø Filiformes, coniques, foliées


Ø ää surface du substrat pour le développement de la flore
microbienne
Ø vascularisation +++ Þ thermorégulation : t = 39-40°C
10
Pilier
Sac longitudinal
dorsal du droit
rumen

Pilier
longitudin Masse
al gauche intestinale

Sac
ventral du © DZVET 360
rumen

Coupe transversale de l ’abdomen


11

Rôles du rumen :
• MAGASIN DE STOCKAGE des aliments en attendant la
rumination
‚ MECANIQUE : BRASSAGE et HOMOGENEÏSATION
des aliments
ƒ BIOCHIMIQUE : PREDIGESTION par
FERMENTATION de la cellulose -
© DZVET 360
Thermorégulation (papilles)
„ SYNTHESE DE VITAMINES (groupe B) par la flore
microbienne
… Absorption (limitée) de certains acides gras

12
Le réseau ou réticulum : conformation externe -Vue crâniale

Côté droit cardia Côté gauche

Sac dorsal du
feuillet rumen

Atrium du
rumen

Petite courbure
caillette

Sillon longit. gauche

RESEAU

Face pariétale Sac ventral du rumen

(S.Sawaya)
© DZVET 360 « Fundus » du réseau
Grande courbure 13

Conformation interne du réseau

© DZVET 360

Crête primaire
Papilles coniques

Crête
tertiaire

Crêtes et cellules
réticulaires
(Pavaux C.)
Crête
secondaire
(S.Sawaya)

Schéma d ’une
cellule réticulaire
Papilles mamelonnées
14
œsophage Le sillon réticulaire

Cardia
(Æ : 3-4 cm)
Pli rumino- Cardia
réticulaire

Lèvre droite Lèvre


Atrium du gauche
Lèvre gauche rumen
Fond du sillon
(« gouttière ») Lèvre
droite
Papilles
unguiculiformes
Ostium
réticulo-
omasique
Ostium
réticulo- Disposition dans
omasique réticulum l ’espace
(Æ : 3-4 cm) (S.Sawaya)

© DZVET 360 15
Schéma du sillon réticulaire étalé

Rôles du réticulum :

• REGULATEUR DU TRANSIT DE L ’INGESTAT


® vers le rumen
® vers l ’œsophage (rumination)
® vers le feuillet puis la caillette

© DZVET 360
‚ MECANIQUE :
en contraction continuelle ® initie les contractions des
autres compartiments

16
FEUILLET
Face pariétale
(droite) Circonférence
(Insertion du petit oementum)
Atrium du rumen

Sac ventral du rumen


Cardia
Duodénum

Pylore

Partie pylorique RESEAU

© DZVET 360

Incisure angulaire

Petite courbure Grande courbure Base du


(insertion du petit (insertion du grand omentum) feuillet
CAILLETTE omentum) Corps
Fundus
Feuillet et caillette : vue latérale droite
17

Circonférence
Face pariétale
FEUILLET
(droite)

duodénum
RESEAU
Pylore

© DZVET 360
Partie
pylorique
Col

Base
Incisure
angulaire
Fundus
Petite courbure
(insertion du petit CAILLETTE
omentum)
Corps Grande courbure
(insertion du grand omentum)
Feuillet et caillette : vue latérale droite (D ’après Barone R.)
18
Conformation interne du feuillet :
coupe longitudinale le long de la grande coubure

Ostium
réticulo-omasique

Sillon omasique

Un cycle
laminaire :

Lames
primaires

Lame
Courbure du secondaire
feuillet
Lame
Ostium tertiaire
(D ’après Barone R.)
omaso-abomasique Lame
quaternaire 19

Conformation interne du feuillet


Lame IV
Grande courbure = circonférence

Lame III

Lame II

Lame I

Canal
omasique
Base
(Pavaux C.)

Coupe transversale (Pavaux C.)


de l omasum Les lames et cycles laminaires
du feuillet de la vache
20
Schéma de la conformation interne du feuillet de vache
(coupe transversale)

Cycle laminaire
Courbure du Lame IV
feuillet

Lame III

Lame II

Papilles

Lame I

Espace
Canal interlaminaire
omasique
(S.Sawaya)

21

Rôles du feuillet :

• REGLE LE PASSAGE DU RESEAU A LA CAILLETTE


® aliments bien triturés è passage rapide via le canal
omasique
® aliments insuffisamment triturés è progression lente
entre les lames du feuillet avec trituration
complémentaire

‚ ABSORBTION D ’EAU +++

22
La caillette - Conformation interne - Ouverture de long de la grande courbure

Lames du feuillet sillon omasique


Ostium omaso-
abomasique Voiles abomasiques

Sillon
Plis spiraux
abomasique

Incisure
angulaire

Partie pylorique

Torus pylorique
pylore
Duodénum
(D ’après Barone R.) 23

Rôle de la caillette

DIGESTION PEPTIQUE

® Veau : coagulation et digestion du lait

® veau sevré et adultes : digestion des protéïnes


végétales apportées par les aliments, synthétisées
par la flore , les microbes eux-mêmes = source de
protéïne

24
Sac dorsal du rumen Cul de Sac dorsal du rumen
® En rapport avec la corde et le ® En rapport avec le creux du flanc
© DZVET 360 fuyant du flanc (trocardage lors de météorisation)
Rate (Ruminotomies)

Le rumen
occupe toute
la moitié
gauche de la
cavité
abdominale
de la 9ème
côte jusqu’à
l ’entrée du
bassin

Réseau
® Très crânial dans la région post-diaphragmatique, entre le Sac ventral du rumen
diaphragme et l ’atrium du rumen (entre 6-7ème et 9ème
® dans sa bourse omentale, au contact de la paroi
côtes). Posé sur le processus xiphoïde du sternum.
ventrale de l ’abdomen

Topographie abdominale de la vache non gravide 25


vue latérale gauche

Cæcum Duodénum (Partie


descendante) © DZVET 360
Foie

Intestins dans la
loge supra-
omentale (ouverte)

Feuillet profond du
grand omentum

Feuillet
superficiel du
grand omentum

Caillette Feuillet
® Fundus (EIC 8-9) et partie pylorique (EIC 11) en ® Organe post-diaphragmatique au contact du diaphragme
région post-diaphragmatique. Corps dépasse l’arc entre les 7ème et 11ème côtes. Recouvert par le foie Þ
costal droit ventralement et se trouve au contact zone d’exploration entre 9 et 11ème en dessous d’une ligne
de la paroi abdominale en région xyphoïdienne passant par la pointe de l’épaule
droite,

Topographie abdominale de la vache non gravide


26
vue latérale droite
Estomac isolé de vache - vue de 3/4 arrière droit

Duodénum cardia

Sac dorsal du
rumen

feuillet
(Sillon
longitudinal Réseau
gauche)

caillette
Sillon
caudal (S.Sawaya)
Sillon longitudinal droit

Sac ventral du rumen


© DZVET 360
27

Disposition du grand omentum chez les ruminants (1)


Partie mésoduodénum
descendante du
duodénum

Partie
transverse du
duodénum
© DZVET 360

Grand
Bourse supra-
omentum
omentale

Bord caudal du
(S.Sawaya) grand omentum

28
Disposition du grand omentum chez les ruminants (2)

© DZVET 360
Paroi
superficielle du
grand omentum

Paroi
superficielle du
Bourse supra- grand omentum
omentale
(S.Sawaya)

Bourse omentale
Paroi profonde du
grand omentum
29

Disposition du grand omentum chez les ruminants (3)


coupe transversale schématique

Mésoduodénum

Duodénum
© DZVET 360
Bourse supra-
omentale : loge
intestinale

« sangle
épiploïque »
Paroi
superficielle du
grand omentum
Paroi profonde
du grand
omentum
Bourse omentale 30
L ’ESTOMAC DU VEAU

A 8 jours : Volume de la
caillette 2 à 3 fois le volume
du réticulo-rumen

© DZVET 360

A 2 mois : Volume de la
caillette = le volume du
réticulo-rumen

A 4 mois : Volume du rumen = 4 fois le volume de la caillette 31

rumen

© DZVET 360

jéjunum duodénum

Vue latérale gauche

caillette

Topographie de l ’estomac
du veau
Vue latérale droite 32
Réseau : à peu près d ’égal volume que le feuillet
(Chez le mouton : réseau > feuillet et cellules
réticulaires très basses, quelques mm)

Rumen
(30 L chez la chèvre
10-20 L chez le mouton) Cardia
Atrium Feuillet
Sac ventral cycles laminaires
tripliqués.
Sac dorsal (Très réduit
chez le mouton :
0,5 L)

© DZVET 360

Pylore Caillette (2-3 L)


Proportionnellement plus
développée que chez la vache

Estomac de chèvre
(D ’après Barone R.) 33

Sacs glandulaires dorsaux Feuillet: mal délimité de la caillette.


Tubulaire. Muqueuse mixte :
glanduleuse et de type œsophagien

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Cardia
Rumen Réseau : Situé à droite du rumen;
(100 L env.) cavité bordée par de nombreux sacs
N ’est pas glandulaires
divisé en deux
sacs, mais
incurvé sur lui- Caillette longue,
même intestiniforme
(réniforme).
Muqueuse
dépourvue de
papilles (de
type
Sacs glandulaires ventraux
(« cellules aquifères »)
oesophagien)
Sont sécrétantes, (ne servent
(D ’après Barone R.) pas à la mise en réserve d ’eau)
Pylore
Bien qu ’il présente des divisions similaires, l ’estomac des Tylopodes (chameaux, dromadaires, lamas) est
assez différent du point de vue de sa structure et de sa physiologie de celui des Ruminants. Contrairement
aux bovidés, les divers compartiments gastriques, ont, dès la naissance des proportions semblables à celles
qu ’ils auront chez l ’adulte. Les deux groupes ne semblent pas dériver d ’un type primitif commun, et
l ’aptitude à la rumination (les tylopodes ruminent) aurait été acquise indépendamment.

Estomac de dromadaire
34
(vue dorsale)
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CE DOCUMENT A ETE OFFERT AUX VETERINAIRES ALGERIENS PAR

REDA MOHAMED GUESSOUM, DVM

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© DZVET 360 Etude de l’appareil digestif - Anatomie – CM9

Les intestins du cheval

I. L’intestin grêle du cheval :



1. Le duodénum :
2. Le jéjunum et l’iléon :
3. Moyens de fixité et conséquence :
4. Rôles de l’intestin grêle :

II. Le gros intestin du cheval :



1. Le caecum :
2. Le colon du cheval :
3. Rectum et canal anal :

III. Application de la voie transrectale :


© DZVET 360

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© DZVET 360 Etude de l’appareil digestif - Anatomie – CM9



Toute l’importance de l’anatomie et de la physiologie des intestins du cheval apparaît dès qu’il
s’agit d’une des dominantes pathologiques chez cette espèce : les coliques.

Au sens strict, les coliques sont des spasmes du côlon se traduisant par des douleurs
abdominales. Au sens large, on parle de coliques lors de douleurs viscérales projetées sur
l’abdomen.

Le point de départ des coliques peut être hépatique (blocage des voies hépatiques),
néphrétique (blocage des voies urinaires par des calculs), génital ou digestif (origine gastrique
ou intestinal).

Chez les animaux domestiques, les coliques sont surtout d’origine digestive. Le cheval est
assurément l’espèce qui exprime le plus ces douleurs. Leur traitement peut s’avérer difficile,
laborieux (chevaux « coliquards » qui font des coliques à répétition) et, dans certains cas, un
traitement chirurgical est nécessaire.

Deux aspects constituent des facteurs prédisposant le cheval aux coliques :
- Sa physiologie digestive complexe
- La morphologie et la disposition particulière de ses intestins.

Ces deux aspects sont surtout remarquables au niveau du gros intestin, et expliquent la
possibilité de stases, obstructions alimentaires, surcharges, déplacements ou torsions d’anses
intestinales à l’origine de coliques pouvant être graves.
Les intestins du cheval présentent toutes les caractéristiques du tube digestif d’un animal
herbivore : il est long (une trentaine de mètres) et à transit lent. Comme tous les animaux

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© DZVET 360 Etude de l’appareil digestif - Anatomie – CM9


ayant ce régime alimentaire, le cheval passe le plus clair de son temps à brouter (2/3 de sa
journée, 1⁄2 de la nuit).

Son estomac est peu volumineux et à vidange rapide (le volume de la prise de nourriture
représente deux à trois fois le volume stomacal).
Par contre, ses intestins très longs, retiennent longtemps la nourriture (2-6 heures sans
l’intestin grêle, 50h dans caecum, plusieurs jours dans le côlon) et c’est dans le gros intestin,
plus précisément dans le caecum et le côlon ascendant que va avoir lieu la digestion
microbienne de la cellulose. Ces compartiments présentent un tel développement, et une
telle disposition, que la topographie abdominale du cheval sera très différente de celle des
carnivores ou des ruminants. Donc une approche de l’examen médical et de l’abord chirurgical
de ces organes spécifiques au cheval.

I. L’intestin grêle du cheval :



Il est très long (22 à 25 m). Ses portions extrêmes, le duodénum et l’iléon, sont courtes et peu
mobiles. Entre les deux, le jéjunum est long, très mobile et circonvolutionné, porté par un
méso large.

1. Le duodénum :

Soulevé par le grand développement du caecum et du côlon ascendant, le duodénum du
cheval se retrouve plaqué contre la région sous lombaire.
Court (1m ; 4-5 cm de diamètre), il
débute par une ampoule duodénale bien développée (15 -20 cm).

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© DZVET 360 Etude de l’appareil digestif - Anatomie – CM9


Celle-ci se continue, du côté droit, par la courbure duodénale crâniale qui se prolonge par la
partie descendante du duodénum.
A hauteur de L3 ou L4, le duodénum décrit une courbure caudale et se poursuit par sa partie
transverse. Celle-ci croise le plan médian de droite à gauche et, arrivée sous le rein gauche,
remonte crânialement formant la partie descendante du duodénum. Cette dernière est très
courte, et se termine, toujours sous le rein gauche, par la courbure duodéno-jéjunale.

La muqueuse duodénale est glandulaire (enzymes de digestion des lipides, protéines,


amidon), très plissée dans la portion antérieure du duodénum. Au niveau de la courbure
duodénale crâniale, à environ 15 cm du pylore, s’ouvrent les conduits cholédoque et
pancréatique au sommet de la papille duodénale majeure, tandis que le conduit pancréatique
accessoire débouche au sommet de la papille duodénale mineure.

Remarque : Ces papilles sont intéressantes pour les prélèvements par endoscope ou lors
d’une autopsie.

Le duodénum du cheval se situe dans la région sous-lombaire crâniale.



- Le lobe droit du pancréas se moule dans la concavité de la courbure duodénale
crâniale
- La majeure partie du duodénum ascendant se trouve cachée dans la région post-
diaphragmatique droite. Seule une petite portion, croise l’arc costal droit, pour se
trouver juste sous le rein droit dans l’angle costo-lombaire (mais examen externe
difficile et peu informatif).
- La partie transverse du duodénum croise le plan médian à hauteur de L3-L4,
embrassant caudalement la base du caecum
- La partie ascendante est en rapport avec la face ventrale du rein gauche.

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© DZVET 360 Etude de l’appareil digestif - Anatomie – CM9


Le duodénum du cheval est peu mobile. Plaqué contre le plafond de la cavité abdominale par
le grand développement du caecum et du côlon ascendant, il est en outre maintenu par :

-Un méso-duodénum court qui l’attache au plafond de la cavité abdominale
-Le ligament hépato-duodénal (dépendance du petit omentum), également très court,
fixant l’ampoule duodénale au foie
-Le pli duodéno-colique, qui se prolonge ensuite par le mésocôlon ascendant.

2. Le jéjunum et l’iléon :

Le jéjunum du cheval est très long (L = 20-22 m, diamètre entre 4 et 5 cm), très
circonvolutionné, flasque, porté par un mésentère très large et lâche (50 cm dans sa partie
moyenne). Ceci assure une grande mobilité.

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© DZVET 360 Etude de l’appareil digestif - Anatomie – CM9


Les anses jéjunales se glissent partout dans la cavité abdominale, mais sont surtout
concentrées dans le flanc gauche du cheval. Elles sont également palpables par voie
transrectale.

L’iléon est la portion terminale et courte de l’Intestin Grêle (L = 1m). Il présente une paroi
épaisse et musculeuse, et son diamètre est plus petit (2-3cm). Il se termine dans la petite
courbure de la base du caecum auquel il est relié par le pli iléo-cæcal.
La muqueuse du jéjunum et de l’iléon est une muqueuse glandulaire, peu plissée à lisse, avec
une forte concentration de lymphonodules (« plaques de Peyer ») dans la partie terminale du
jéjuno-iléon.

Le jéjuno-iléon peut faire l’objet d’un examen externe (palpation-pression, auscultation du


flanc gauche) mais aussi par voie transrectale. Dans ce cas, le mésentère d’une part et les
anses jéjunales sont aisément reconnaissables et mobilisables. L’iléon est, quant à lui, plus
étroit et à consistance plus ferme que le jéjunum qui a tendance à glisser et fuir entre les
doigts.

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© DZVET 360 Etude de l’appareil digestif - Anatomie – CM9

L’intestin grêle du cheval présente deux parties courtes et très peu mobiles, le duodénum et
l'iléon, entre lesquelles se place un jéjunum très long et très mobile suspendu par un méso
très large.
-Les anses jéjunales peuvent se faufiler partout dans la cavité abdominale : si elles
glissent dans le canal inguinal, elles peuvent être à l’origine d’une hernie inguinale de
l’étalon qui nécessite une intervention chirurgicale (la hernie inguinale étranglée est
une urgence chirurgicale). On peut également observer des hernies ombilicales ou
diaphragmatiques, ou l’incarcération d’anses jéjunales dans le foramen épiploïque.
-Cette mobilité expose également le jéjunum à des phénomènes de compression avec
obstruction de la lumière intestinale, de torsion, d’intussusception (invagination d’une
anse dans celle qui lui succède), de volvulus (torsion du mésentère autour de son axe)

Tous ces exemples de déplacement ou de mal positionnement de l’intestin grêle sont à


l’origine de douleurs abdominales aiguës caractéristiques des coliques.










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3. Moyens de fixité et conséquence :

4. Rôles de l’intestin grêle :



L’intestin grêle est le lieu de la digestion chimique (lipides, protéines végétales, amidon).
Cependant la digestion ne doit pas être totale, car une certaine quantité de Lipides et de
protéines doit parvenir aux micro-organismes du caecum pour leur fournir l’énergie
nécessaire à la cellulolyse.
C’est le conduit permettant le transit des matières cellulosiques
vers le gros intestin.
Ce transit vers le gros intestin est lent (2 à 6 h selon le type d’aliment).
Vu que le transit est stimulé par la prise de nourriture, que cette prise de nourriture occupe
75% du temps du cheval, et vu le petit volume de l’estomac et sa vidange rapide, on comprend
très bien que l’intestin grêle n’est presque jamais au repos. C’est pourquoi il faut faire très
attention lorsqu’on met un cheval à la diète. La conséquence d’une diète trop prolongée
(>12h) peut être un « iléus », c’est-à-dire un arrêt du transit. Et surtout, il faut faire attention
aux changements brusques de régime alimentaire qui peuvent désorganiser le transit
intestinal.
La composition de la ration alimentaire influe directement sur le péristaltisme de
l’IG : des prairies trop riches en légumineuses et en herbe très jeunes, vont apporter trop de
protéines très fermentescibles, ce qui risque d’augmenter fortement le transit, donc les
risques d’invagination, voire de volvulus du jéjunum (sans compter qu’elles prédisposent aux
météorisations caecales). De même, un excès de fibres (foin grossier) aura tendance à
augmenter fortement le transit. L’idéal, reste un foin de graminée de bonne qualité et de l’eau
claire (propre et pas trop froide car sinon, cela peut créer des coliques) : ce régime est un bon
régulateur du transit, et constitue une bonne prophylaxie des coliques.


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II. Le gros intestin du cheval :

Le gros intestin du cheval se caractérise par :
-Sa longueur : 8-10 mètres ;
-Sa grande capacité (140 litres), supérieure à celui de la vache pour une même
longueur (30L)
-Le grand développement du caecum et du côlon ascendant qui forment les réservoirs
digestifs (« cuves à fermentation ») où aura lieu la digestion de la cellulose et
l’absorption des produits de sa dégradation.

1. Le caecum :

Le cæcum du cheval est un sac énorme (L = 1m, diamètre = 30-40 cm, Volume = 35-40 L)
occupant la majorité du flanc droit de l’animal.

En forme de virgule disposée verticalement, il présente 3 parties : une base dorsale, un corps
et un apex ventral dirigé crânialement.
® La base : Elle correspond à la « crosse » de la virgule, très incurvée. Sa grande
courbure, dorsale, porte une large zone d’adhérence à la voûte sous-lombaire. Sa
petite courbure, ventrale, est le lieu de terminaison de l’iléon, et du départ du côlon.
® Le corps :
Le corps du cæcum présente de nombreuses bosselures (« haustrations
caecales »),
séparées par des sillons transversaux profonds. Il est parcouru, sur toute
sa longueur, par 4 bandes charnues longitudinales (renforcement de la musculeuse)
appelées également « taenias », ce sont des zones reflexogènes, qui se contractent si
elles sont stimulées.

- La bande charnue dorsale donne attache, sur toute sa longueur, au pli iléo-
cæcal.
- La bande charnue médiale est parcourue par les vaisseaux et nœuds
lymphatiques cæcaux médiaux.
- La bande charnue latérale donne attache au pli caeco-colique. Elle est
également parcourue par les vaisseaux et nœuds lymphatiques cæcaux
latéraux.
- La bande charnue ventrale est libre
® L’apex : Il forme une pointe mousse dirigée crânialement et au niveau de laquelle
bosselures, sillons et bandes charnues s’estompent.

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La muqueuse caecale est aglandulaire. Elle forme des plis semi-lunaires saillants
correspondent aux sillons transversaux externes.
Au niveau de la petite courbure, on
distingue deux ouvertures :

- L’ostium iléal (2-3 cm de diamètre) au sommet de la papille iléale. Cette papille est
volumineuse et très saillante (en fait la partie terminale de l’iléon s’invagine dans le
caecum, d’où cette forte saillie). La sous-muqueuse y présente un riche plexus veineux,
dont l’engorgement ou la vidange régule l’ouverture et la fermeture de la jonction iléo-
caecale.
- L’ostium cæco-colique, qui marque le départ du côlon ascendant. C’est un large
orifice (4-5 cm de Æ) doté d’un sphincter musculeux. A son niveau, un gros pli de la
muqueuse joue le rôle d’une valvule.



Le cæcum occupe la majeure partie du flanc droit :
- Sa base s’étend depuis le niveau de T16 – T17 crânialement, sous l’hypochondre
droit, 
jusqu’à L4-L5 caudalement. Elle est au contact du creux du flanc droit.
Dorsalement, elle est en rapport avec le rein droit et le duodénum. Crânialement, elle
entre en contact du foie. La zone de jonction cæco-colique, est située légèrement en
arrière de la dernière articulation costo-chondrale. C’est une zone d’auscultation. 

- Le corps du caecum a une direction parallèle à l’arc costal droit. Au contact du fuyant
du flanc, à un travers de main en arrière de l’arc costal. Il est longé sur toute sa
longueur par les différentes parties du côlon ascendant.

- L’apex se situe théoriquement dans le plan médian, 30 cm en arrière du processus
xiphoïde et se place entre les deux branches ventrales du côlon ascendant.


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L’ostium iléal est d’une grande importance physiologique, puisqu’il marque la frontièreentre
la digestion chimique (IG) et la digestion microbienne (GI). Comme le cardia de l’estomac, c’est
une zone de non-retour. Normalement, les aliments ayant atteint le caecum, ne peuvent plus
refluer vers l’IG.
Ces deux ostiums, sont des sites possibles d’obstruction par surcharge (=
formation de « bouchons ») surtout caeco-colique, voire de problèmes d’invaginations (caeco-
colique ou iléo- caecale) Cette topographie du caecum implique :
- Que l’examen externe du caecum se fait du côté droit du cheval : palpation-pression
du creux du flanc pour la base, le long du fuyant du flanc pour le corps. L’auscultation
du caecum est possible au stéthoscope. On entend un « gargouillis » toutes les 30 à 40
secondes. Un silence peut être le signe d’un arrêt du transit. On ausculte tout
particulièrement la jonction caeco-colique. On peut aussi réaliser une échographie
transpariétale. 

- Que lors d’une météorisation caecale, il est possible de réaliser une ponction
(trocardage) de l’organe dans le creux du flanc : à égale distance entre l’angle de la
hanche, la dernière côte et le bord des processus transverses lombaires. 

- Que le caecum est accessible à l’examen transrectal. On peut palper la base du
caecum et la partie supérieure du corps. On peut, en particulier, percevoir la bande
charnue ventrale. 


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Le poids de l’organe, la large zone d’adhérence de sa base au plafond lombaire, sa continuité
avec les parties volumineuses du côlon ascendant et les plis iléo-caecal et caeco- colique,
constituent autant de moyens de fixité efficaces du caecum. Seul son apex, libre, est
relativement mobile.

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2. Le colon du cheval :

a. Le colon ascendant :

Le côlon ascendant du cheval est aussi appelé « gros côlon » à cause de son grand diamètre,
ou aussi « côlon replié » à cause de sa disposition dans l’espace.
® Disposition générale : Il présente 4 segments, à-peu-près égaux (1m), reliés par 3
courbures (sternale, pelvienne et diaphragmatique) :
- Si on l’imagine déplié, il apparaît formé de deux branches d’égale longueur :
une dorsale, « le côlon dorsal », l’autre ventrale, « le côlon ventral ». Ces deux
branches sont reliées par la courbure pelvienne. 

- Ces deux branches se coudent elles-mêmes de droite à gauche.
Le « côlon ventral » est constitué du côlon ventral droit (CRI) et du côlon ventral gauche
(CRII). Ils sont reliés par la courbure sternale située juste au- dessus du processus
xiphoïde du sternum.
Le « côlon dorsal » est formé du côlon dorsal gauche (CRIII) et du côlon dorsal droit
(CRIV) réunis par la courbure diaphragmatique située au-dessus de la courbure
sternale, contre le diaphragme.

NB : CR pour « côlon replié »

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Le côlon débute à la jonction caeco-colique par le côlon ventral droit qui se dirige
crânialement :
-Une partie ascendante très longue (4m), volumineuse (80-90 L) et divisée en 4 portions
constituant autant de réservoirs digestifs. Elle n’est pas spiralée comme chez les
ruminants ou le porc, mais repliée.
Une partie transverse courte, étroite et mal
délimitée,
- Une partie descendante longue, circonvolutionnée et suspendue par un méso très
large.
- Juste au-dessus du processus xiphoïde, se forme la courbure sternale, dirigée de droite
à gauche
- Elle se prolonge par le côlon ventral gauche qui se dirige caudalement, passe à gauche
du caecum et arrive près de l’entrée du bassin. Là se constitue la courbure pelvienne,
dirigée de bas en haut (et un peu de droite à gauche).

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® Conformation :

Le côlon ventral commence par un segment étroit (« col du côlon ») puis se dilate pour
atteindre un diamètre de 30 à 40 cm. Sa portion initiale est reliée au caecum par le pli caeco-
colique.
L’ensemble du côlon ventral présente une conformation identique à celle du caecum
: bosselures, séparées par des sillons transversaux, 4 bandes charnues (deux dorsales et deux
ventrales).
La courbure pelvienne est un rétrécissement progressif du diamètre (30-40 cm, diamètre de
8-10 cm). La paroi du côlon devient lisse : les bosselures et sillons transversaux s’estompent
et il y a de moins en moins de contractions. Il ne persiste qu’une seule bande charnue (dorso-
médiale) sur laquelle s’insère le mésocôlon ascendant.


Le côlon dorsal possède un diamètre qui augmente à nouveau progressivement pour atteindre
son maximum au niveau du côlon dorsal droit. Il y a une ré-apparition des bosselures et des
sillons transversaux ainsi que des bandes charnues (3 bandes charnues). Le côlon dorsal droit
est la portion la plus courte (60 cm) et la plus volumineuse (50 cm de diamètre) du côlon
ascendant du cheval. Sa face dorsale présente une large zone d’adhérence au plafond de la
cavité abdominale. Sa jonction avec le côlon transverse est marquée par un brusque
rétrécissement (propice aux obstructions).

® Topographie :
A droite, avec le caecum, les deux portions droites (CRI et CRIV) du côlon ascendant
occupent toute
la moitié droite de la cavité abdominale. Mais seul le côlon ventral droit se
trouve au contact du flanc droit. Il est possible de l’examiner par palpation-pression ou
auscultation, tout le long, et juste en arrière de l’arc costal droit. Le côlon dorsal droit est

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situé très profondément dans la région post-diaphragmatique. Il n’est pas explorable par
l’examen externe ni par voie transrectale.

A gauche, les côlons ventral et dorsal gauches se trouvent au contact de la moitié inférieure
de la paroi latéro-ventrale de l’abdomen (des anses jéjunales viennent le plus souvent se
glisser entre la paroi abdominale et le côlon ascendant).

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La courbure pelvienne est située près de l’entrée du bassin : un peu à gauche du plan médian,
reposant sur le tendon prépubien. Elle n’est pas accessible à l’examen externe. Par contre,
elle peut être examinée par voie transrectale.


Les courbures sternale et diaphragmatique sont situées très crânialement dans la région post-
diaphragmatique, elles ne sont pas explorables par les moyens classiques.

® Moyens de fixité :

Le mésocôlon ascendant unit, sur toute leur longueur, le côlon ventral au côlon dorsal. Sa
portion droite (entre CR1 et CR4) est très étroite, remplacée par une forte adhérence. Sa
portion gauche (entre CR2 et CR3) est, au contraire, large (15-20cm) et bien distincte.
Le
côlon ventral droit (CR1) est en continuité avec le caecum auquel il est relié par le pli ceaco-
colique.
Le CR4 est fortement adhérent au plafond de la cavité abdominale ;
Donc seules
sont relativement fixes les portions droites du côlon.
Les parties gauches et la courbure
pelvienne sont, malgré leur volume, assez mobiles. Elles peuvent subir des déplacements
importants, voire des torsions, à l’origine de coliques graves, et nécessitant en général une
intervention chirurgicale.







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® Rôles du côlon ascendant et du caecum : Ils sont le siège de la digestion microbienne.
La flore y est riche et variée. Sa composition varie également selon la portion
considérée. Elle est particulièrement sensible aux variations de régime alimentaire
(donc attention aux changements brusques dans l’alimentation !).
On retiendra l’importance clinique de la courbure pelvienne :

- Sa mobilité est un facteur prédisposant aux mal-positionnements, déplacements ou
torsions dans l’abdomen
- Son rétrécissement en fait un site privilégié d’obstruction par surcharge
- Elle est palpable par voie trans-rectale
è Lieu de synthèse (par la flore) et d’absorption de vitamine B, vitamine K et d’acides gras
volatiles.

b. Le colon transverse :

Il est court (15-20cm maxi), mal délimité par rapport au colon descendant et constitue
surtout une zone de fort rétrécissement (Passage brusque de 50cm pour le CRIV à 8 – 10 cm
de diamètre). Ce qui en fait un site particulièrement privilégié pour les impactions et autres
phénomènes d’obstruction.
Il a une grande importance en sémiologie d’autant plus que situé très crânialement (à
hauteur de T16- T17), le côlon transverse n’est pas accessible à l’examen externe ni à
l’examen transrectal.





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c. Le colon descendant :

® Conformation :

- De faible diamètre (6-10 cm) il est appelé aussi « petit côlon » par opposition au côlon
ascendant
-Il est porté par un méso très ample (50cm dans sa partie moyenne) encore appelé «
côlon flottant »
-Il est long (3m) et circonvolutionné. Il présente des bosselures moulées sur les
crottins, et séparées par des sillons transversaux ainsi que 2 bandes charnues : une
ventrale libre dite « externe » et une dorsale donnant insertion au mésocôlon
descendant dite « interne ».

® Topographie :

Les circonvolutions du côlon descendant se mêlent à celles du jéjunum dans le flanc gauche
du cheval. Elles se concentrent plus particulièrement dorsalement et caudalement (en avant
de l’entrée du bassin). Sa palpation et sa mobilisation sont possibles par voie transrectale.

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3. Rectum et canal anal :



L’ampoule rectale est longue (25 cm), large et portée par un méso court. Sa paroi est très
mince, surtout dorsalement (Attention ! risques importants de déchirure si palpation trans-
rectale « musclée » et la cicatrisation est difficile).

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III. Application de la voie transrectale :

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CE DOCUMENT A ETE OFFERT AUX VETERINAIRES ALGERIENS PAR

REDA MOHAMED GUESSOUM, DVM

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Vascularisation du Tube Digestif


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I. Vascularisation de la cavité buccale et du pharynx :



1. L’irrigation :
2. Le drainage veineux :
3. Le drainage lymphatique :

II. Vascularisation de l’estomac :


III. L’irrigation artérielle des organes digestifs abdominaux :



1. L’artère cœliaque :
2. L’artère mésentérique crâniale :
3. L’artère mésentérique caudale :

IV. Le drainage veineux des organes digestifs abdominaux :



1. La veine cave caudale :
2. La veine porte :

V. Le drainage lymphatique :

1. Organisation générale :
2. Les lymphocentres du système digestif :
3. Les collecteurs terminaux de la lymphe :

VI. La vascularisation des parties terminales du tube digestif :


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La vascularisation comprend l’irrigation par le système artériel, le drainage veineux et le


drainage lymphatique.
En règle générale, le drainage veineux et lymphatique se fait à rebours par rapport à
l’irrigation artérielle. En revanche, ceci n’est pas tout à fait exact pour l’appareil digestif.

I. Vascularisation de la cavité buccale et du pharynx :



1. L’irrigation :

L’irrigation de la cavité buccale provient de l’artère carotide commune qui remonte en
position cervicale ventrale dans le sillon jugulaire. Arrivée au niveau de la mandibule, elle va
se séparer en une a. carotide interne et une a. carotide externe commune a l’irrigation de la
face. Le trajet est relativement court : très rapidement elle donne naissance à l’artère
maxillaire et le tronc linguo-facial. Le tronc linguo-facial se retrouve le long de la mandibule,
des muscles ptérygoïdiens et le long de l’incisure vasculaire.

Remarque : Chez les équidés, on prend le poul dans cette région.

L’artère maxillaire va remonter le long de la branche de la mandibule. Elle va donner des
rameaux vasculaires pour le muscle masséter. Elle va croiser la branche de la mandibule et
s’épuise en se ramifiant. Ces rameaux amènent le sang vers le palais dur, le palais mou et le
voile du palais.

Le pharynx est quant à lui irrigué par des rameaux pharyngés issus des collatérales de l’artère
carotide externe, en particulier l’artère pharyngienne ascendante.

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2. Le drainage veineux :

Les veines, satellites des artères, aboutissent aux veines jugulaires externes et internes (elles
existent chez les carnivores et bovins) qui rejoignent la veine cave crâniale. Cette dernière
s’abouche dans l’atrium droit du cœur.

3. Le drainage lymphatique :

Les premières défenses des voies digestives (et respiratoires) supérieures sont représentées
par les éléments lymphoïdes de la barrière de Waldeyer (différentes tonsilles palatines,
linguales, pharyngiennes) drainées par les nœuds lymphatiques pharyngiens et
rétropharyngiens.
L’ensemble est drainé par les nœuds lymphatiques mandibulaires.

II. Vascularisation de l’œsophage :



Dans son trajet cervical, l’œsophage reçoit des petits rameaux issus de l’artère carotide
commune, en commun avec l’irrigation de la trachée qui lui est accolée ventralement. Le
drainage veineux est effectué par les veines jugulaires internes (lorsqu’elles existent) et
externes. Comme l’ensemble des structures cervicales, l’œsophage est également drainé par
les nœuds lymphatiques cervicaux superficiels et profonds. Les nœuds lymphatiques
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cervicaux superficiels sont situés juste en avant du bord crânial de la scapula, et sont
accessibles lors de la palpation. Ils sont particulièrement volumineux chez les ongulés.

Dans son trajet thoracique, l’œsophage est irrigué par l’artère broncho-œsophagienne qui se
détache de la face ventrale de l’aorte thoracique. Cette partie de l’œsophage est drainée par
la veine azygos, ou veine impaire, droite chez les carnivores et les équidés ou gauche chez les
ruminants. Le drainage veineux est assuré par les nœuds lymphatiques médiastinaux
crâniaux et médiastinaux caudaux (ces derniers sont très développés chez les ruminants).

III. L’irrigation artérielle des organes digestifs abdominaux :



L’irrigation des viscères abdominaux provient des collatérales de l’aorte abdominale.
Une fois que l’aorte thoracique a traversé le diaphragme par le hiatus aortique, elle se
continue par l’aorte abdominale placée dans le plan médian, au plafond de la cavité
abdominale, juste sous le bord ventral des vertèbres. Elle se termine en regard de la jonction
lombo-sacrée par deux artères iliaques externes (destinées aux membres), deux artères
iliaques internes (pour les viscères pelviens) et une artère sacrale médiane.
Les collatérales de l’aorte destinées aux viscères digestifs se détachent de son bord ventral et
sont impairs. Elles sont au nombre de 3 :
• L’artère cœliaque : elle se détache en regard de la jonction thoraco-lombaire et se
destine essentiellement aux organes post-diaphragmatiques. C’est la plus
volumineuse collatérale de l’aorte abdominale.
• L’artère mésentérique crâniale, émise 2 à 3 cm caudalement à l’artère cœliaque
irrigue la majorité du pancréas et de l’intestin (intestin grêle, caecum et une grande
partie du côlon).

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• L’artère mésentérique caudale, est chargée de la vascularisation de la partie terminale


de l’intestin (côlon descendant et rectum).

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1. L’artère cœliaque :

L’artère cœliaque nait à angle droit dès que l’aorte a traversé le hiatus aortique du
diaphragme, c’est-à-dire en regard de la jonction thoraco-lombaire (à hauteur de T17 ou T18
chez le cheval, de L1 chez le chien). Elle passe entre les piliers du diaphragme, et se dirige
crânialement. Elle laisse quelques petits rameaux pour le diaphragme (ruminants, chats) et/ou
pour les glandes surrénales (carnivores, ruminants) avant de se terminer rapidement en trois
principales branches qui vont se distribuer à l’estomac, à la rate, et au foie ainsi qu’à une partie
du duodénum et du pancréas: les artères gastrique gauche, liénale (splénique) et hépatique.

• L’artère liénale (ou splénique) : C’est la branche gauche et la plus volumineuse des
trois terminales de l’a. cœliaque. C’est elle qui, chez les ruminants, va fournir les
artères ruminales. Elle se dirige vers la gauche, c’est-à-dire vers la grande courbure de
l’estomac et la rate. Après avoir laissé quelques petits rameaux au lobe gauche du
pancréas, elle se place entre les deux feuillets du ligament gastro-splénique (= partie
du grand omentum reliant la rate à l’estomac) et pénètre dans la rate par son hile. Elle
se continue au-delà de la rate, dans le grand omentum et le long de la grande courbure
de l’estomac par l’artère gastro-épiploïque gauche (rameaux épiploïques et aa.
gastriques brèves pour les parois de l’estomac) qui s’anastomose à son extrémité avec
l’artère gastro-épiploïque droite (issue des divisions de l’a. hépatique).
• L’artère gastrique gauche : c’est la branche moyenne, et la moins développée de
l’artère cœliaque (surtout chez les équidés et les carnivores). Elle croise caudalement
le cardia pour se placer le long de la petite courbure de l’estomac. Elle irrigue les deux
faces du fundus et du corps de l’estomac (rameaux cranial = pariétal et caudal =
viscéral), ainsi que la partie terminale de l’œsophage et le cardia (rameaux
oesophagiens). Son rameau terminal va s’anastomoser avec celui de l’a. gastrique
droite (issue des divisions de l’a. hépatique).
• L’artère hépatique : C’est la branche droite de l’a. cœliaque, et se destine au foie, mais
aussi à la partie pylorique de l’estomac, au grand omentum, au pylore et à la partie
descendante du duodénum, ainsi qu’au corps et au lobe droit du pancréas.

Elle se dirige vers la droite longeant le bord crânial du pancréas, cheminant dans le petit
omentum avant d’atteindre le début du duodénum. Au cours de son trajet, elle donne
différents éléments :

- Des rameaux hépatiques droits (latéral et médial) et gauche, encadrant la veine
porte et plongeant avec elle dans la porte du foie dont ils irriguent les lobes
correspondants

- L’artère gastrique droite : elle se détache ventralement et se place le long de la petite
courbure de l’estomac. Elle donne des rameaux aux deux faces de la partie pylorique
de l’estomac puis s’anastomose avec la terminaison de l’artère gastrique gauche.

- L’artère gastro-duodénale, qui passe de la petite à la grande courbure de l’estomac
et se dirige vers le début du duodénum où elle se termine par deux branches : l’artère
gastro-épiploïque droite qui longe la grande courbure de l’estomac par la droite et

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l’artère pancréatico-duodénale crâniale qui chemine dans le mésoduodénum,


adjacente au lobe droit du pancréas auquel elle se distribue.


Chez les ruminants, les principaux rameaux irriguant les pré-estomacs sont issus de l’artère
gastrique gauche et de l’artère liénale :

- L’artère gastrique gauche est relativement plus développée que chez les animaux
monogastriques et c’est elle qui donne l’artère gastro-épiploïque gauche. Cette
dernière se détache très tôt, passe à gauche du feuillet (entre le feuillet et l’atrium du
rumen) puis se place le long de la grande courbure du fundus et du corps de la caillette.
Après émission de l’a. gastro-épiploïque gauche, l’artère gastrique gauche émet une a.
réticulaire accessoire avant de suivre la grande courbure du feuillet (rameaux pour le
feuillet) puis se placer dans la petite courbure de la caillette (dans le petit omentum).

- L’artère liénale est particulièrement développée. Elle émet les artères ruminales
droite et gauche qui se placent chacune dans le sillon ruminal longitudinal du côté
correspondant, et se rejoignant dans le sillon caudal où elles s’anastomosent. Elles
irriguent le rumen et le grand omentum par différents rameaux. Dans son trajet initial,
l’a. ruminale gauche donne des rameaux œsophagiens et réticulaire.

- L’artère hépatique présente une disposition et une distribution comparable à celle
des espèces monoloculaires.


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2. L’artère mésentérique crâniale :



L’artère mésentérique crâniale naît de l’aorte à l’angle droit, caudalement à l’artère
coeliaque (à hauteur de L1 chez le cheval, de L2 chez les carnivores et ruminants). Elle se dirige
ventro-caudalement, séparée de l’a. coeliaque par le corps du pancréas et s’insinue entre les
deux feuillets du mésentère où elle se termine. Elle est très courte chez le cheval (4cm, se
divise rapidement) et beaucoup plus longue chez les ruminants (20cm). Ses divisions montrent
d’importantes variations spécifiques en rapport avec les différences de l’agencement des
intestins entre les espèces. Elle se distribue à la plus grande partie de l’intestin, depuis le
milieu du duodénum jusqu’au côlon descendant.

Du fait de la rotation de l’intestin lors du développement fœtal et de la mise en place des
cadres duodénal et colique, l’artère mésentérique crâniale se trouve toujours caudale au
côlon transverse et crâniale à la partie transverse du duodénum, entre le duodénum
descendant et le côlon ascendant à droite d’une part, et la partie descendante du duodénum
et le côlon descendant à gauche d’autre part.
Dans son trajet initial elle délègue chez certaines espèces des rameaux pancréatiques
(Ruminants) et, chez toutes les espèces, l’artère pancréatico-duodénale caudale qui se place
dans le mésoduodénum et suit un sens rétrograde au duodénum pour s’anastomoser avec la
terminaison de son homologue crâniale (Irrigation du lobe droit du pancréas et partie
descendante du duodénum).
Ensuite elle se distribue, de façon schématique, par 3 principaux groupes d’artères
considérées comme terminales : les artères jéjunales, l’artère iléo-colique et les artères
coliques moyenne et droite.

• Les artères jéjunales sont nombreuses (vingtaine chez le cheval, quarantaine chez les
ruminants). La (les) dernière(s) branche(s) forme(nt) l’artère iléale(s). Elles naissent en
faisceau (cheval) ou s’échelonnent à partir d’un tronc commun (ruminants, carnivores)
et descendent entre les lames du mésentère formant des arcades continues depuis le
duodénum jusqu’à l’iléon (la première arcade s’anastomose avec l’a. duodénale
caudale, la dernière avec l’artère iléale). De ces arcades naissent des artères droites
qui vont se jeter et s’épuiser dans la petite courbure des anses jéjunales.

• L’artère iléo-colique irrigue l’iléon, le caecum et le début du côlon. Elle est surtout
très volumineuse chez les ongulés, notamment les équidés, en rapport avec le
développement du caecum et du côlon ascendant chez ces espèces. Elle naît
généralement à l’opposé des artères jéjunales, se dirige caudo-ventralement pour se
terminer au voisinage de la jonction iléo-colique par une ou plusieurs artères caecales
(très développées chez le cheval) et un rameau iléal mésentérique. Elle donne chez
toutes les espèces un ou plusieurs rameau(x) colique(s) pour le début du côlon
ascendant. Chez les ruminants, plusieurs rameaux sont destinés à l’anse proximale et
les tours centripètes du côlon ascendant ; chez les équidés, le rameau colique est très
long et suit le côlon ventral.

• Les artères coliques droite et moyenne sont respectivement destinées au côlon
ascendant et au côlon transverse. Chez les carnivores et chez les ruminants elles sont
comme des collatérales de l’artère iléo-colique. Chez les équidés, elles naissent en
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commun directement de l’a. mésentérique crâniale. Chez ces derniers, l’a. colique
droite se distribue au côlon dorsal, s’anastomosant au niveau de la courbure pelvienne
avec le rameau colique de l’a. iléo-colique. Chez les ruminants, plusieurs artères
coliques droites se distribuent aux tours centripètes de l’anse spirale du côlon
ascendant spirale. L’artère colique moyenne est relativement faible chez les ongulés
(faible étendue du côlon transverse).

3. L’artère mésentérique caudale :

L’artère mésentérique caudale irrigue le côlon descendant et la plus grande partie du
rectum. Cette artère est beaucoup plus faible que l’artère mésentérique crâniale. Cependant,
elle reste relativement bien développée chez les équidés comparativement aux autres
espèces.
Elle naît à angle droit de la face ventrale de l’aorte peu avant sa terminaison et descend entre
les lames du mésocôlon descendant. Elle se dirige caudalement suivant le bord dorsal du côlon
descendant, s’insinue dans la cavité pelvienne pour se terminer au voisinage de l’anus par
l’artère rectale crâniale (irrigation du rectum). Elle délègue une branche rétrograde pour le
côlon descendant, l’artère colique gauche qui forme de petites arcades artérielles d’où
procèdent des rameaux plongeant dans le bord dorsal du côlon (artères sigmoïdiennes) et qui
s’anastomosent avec l’artère colique moyenne.

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Corrélations cliniques :

® Lors de perturbation de la motilité digestive, on peut assister à des phénomènes de
déplacements, d’intussusception (invagination d’une anse intestinale dans une autre)
ou de torsions qui peuvent être à l’origine d’une compression ischémique des
vaisseaux sanguins et la nécrose des territoires du tube digestif qu’ils irriguent
(Syndrôme dilatation-torsion de l’estomac chez le chien, déplacement et torsion de la
caillette chez les ruminants...). Le volvulus est une torsion du jéjunum autour de son
axe vasculaire fixe qui est l’artère mésentérique crâniale.

® Chez le cheval, on peut rencontrer des artérites et des anévrismes (inflammation, et
dilatation de la paroi artérielle) de l’aorte abdominale et, surtout, de l’origine de
l’artère mésentérique crâniale, d’origine parasitaire, suite à la migration de larves de
strongles dans les vaisseaux (strongylus vulgaris). Ceci fragilise la paroi des artères et
les expose à des saignements voire à une rupture avec hémorragie interne. L’aorte
abdominale et l’a. mésentérique crâniale sont accessibles à l’examen transrectal chez
cette espèce.

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IV. Le drainage veineux des organes digestifs abdominaux :


1. La veine cave caudale :

C’est le vaisseau collecteur de l’ensemble des structures situées caudalement au
diaphragme, qu’elles soient viscérales ou somatiques. C’est le vaisseau collecteur des parois
et du contenu des cavités abdominale et pelvienne et enfin des membres pelviens. C’est la
plus grosse veine de l’organisme. Elle naît de la confluence des deux veines iliaques
communes qui se rejoignent à droite du plan médian. La veine cave caudale se place un peu
dorsalement et à la droite de l’aorte (donc à droite du plan médian). Avant sa traversée du
diaphragme, elle longe le bord dorsal du foie auquel elle est très adhérente. Elle traverse le
diaphragme par le hiatus de la veine cave caudale et se place, avec le nerf phrénique droit,
dans le sillon du lobe accessoire du poumon droit (elle ne traverse pas le médiastin caudal),
avant de se jeter dans l’atrium droit du cœur (Voir cours sur les poumons et le médiastin).
2. La veine porte :

L’ensemble du système veineux des viscères digestifs ne rejoint pas directement la veine cave
caudale, mais est collecté par la veine porte qui le déverse dans le foie. Ce dernier joue un
rôle de relai qui, une fois ce sang détoxifié, va le renvoyer dans la principale voie de circulation
de retour qu’est la veine cave caudale, par l’intermédiaire des veines hépatiques.

La veine porte est une veine volumineuse qui reçoit ainsi des affluents de tous les viscères
digestifs abdominaux, de la rate et du pancréas. Formée par la confluence des veines
mésentériques crâniale et caudale (cette dernière étant la moins développée, et aboutissant
même directement dans la veine mésentérique crâniale chez le chien), la veine porte suit

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l’artère hépatique et plonge dans le foie par la porte du foie. Ce dernier reçoit donc deux
sources d’irrigation : l’une de sang oxygéné provenant de l’artère hépatique, l’autre de sang
veineux désoxygéné et chargé des produits de dégradation et du métabolisme digestif
arrivant par la veine porte. Cette dernière se divise en deux branches, gauche et droite, pour
les lobes correspondants du foie, qui se divisent ensuite dans le parenchyme hépatique
formant des réseaux de capillaires terminaux.

Remarque : Il n’existe pas de veine cœliaque. Les veines splénique et gastro-duodénale
s’abouchent individuellement dans la veine porte. Quant à la veine liénale, elle rejoint la veine
porte après avoir drainé la plus grande partie des constituants irrigués par l’artère cœliaque.

La veine porte a une fonction vitale : elle conduit au foie la totalité du sang provenant des
viscères digestifs abdominaux (et de la rate). C’est un sang chargé en toxines, qui doit donc
être détoxifié dans le foie avant de passer dans la circulation générale. Grâce à ce système
porte, le foie régule l’admission des produits de la digestion dans la circulation, assurant ainsi
sa protection. D’autre part, le réseau hépatique de la veine porte constitue également un
système de retenue d’une réserve sanguine qui peut être déchargeable par le foie

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Corrélations cliniques :

® Cas du « shunt porto-systémique » ou « porto-cave » congénital chez le chien : un
vaisseau anormal est présent entre la veine porte et la veine cave caudale et court-
circuite le passage du sang dans le foie. Un sang non détoxifié va donc être redistribué
par voie systémique dans l’organisme via le cœur, et être à l’origine de différents
signes cliniques, notamment digestifs et neurologiques. Le shunt peut être intra-
hépatique ou extra-hépatique. Les signes apparaissent souvent chez des chiens jeunes,
âgés de quelques semaines à plusieurs années, voire parfois chez des jeunes adultes,
avec retards de croissance, vomissement/diarrhées, mais, le plus souvent, ce sont des
signes neurologiques qui constituent le principal motif de consultation. Ils sont liés à
l’accumulation de produits toxiques (l’ammoniaque notamment) dans le cerveau (on
parle d’ « encéphalopathie hépatique »). En plus des examens sanguins et
biochimiques (exploration du foie, en particulier des sels biliaires) le shunt peut être
mis en évidence et localisé par échographie (notamment en mode Doppler), au
scanner ou encore à l’IRM. Un traitement chirurgical est souvent indiqué.
L’intervention est plus aisée lors de shunt extra-hépatique (souvent chez les petites
races), que lors de shunts intra-hépatiques (souvent grands chiens).


® Extension des cancers du tube digestif : le passage obligatoire du sang veineux des
viscères digestif abdominaux par le foie peut expliquer les projections prioritaires
hépatiques des métastases des tumeurs gastriques et intestinales. Secondairement,
elles peuvent métastaser aux poumons, puis se généraliser. Tandis que dans le cas des
viscères drainés directement par la veine cave caudale, (lors d’atteinte de la prostate
par exemple), les cellules tumorales , atteignent en priorité les poumons où elles se
métastasent d’abord, avant d’être disséminées ensuite au reste de l’organisme.

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V. Le drainage lymphatique :

1. Organisation générale :

Les vaisseaux lymphatiques naissent dans les viscères et remontent suivant le trajet des
divisions puis des troncs des artères cœliaque et mésentériques. Ils aboutissent à 3
principaux lymphocentres situés à la racine des artères coeliaque, mésentérique crâniale et
mésentérique caudale. Le long de ces trajets, il peut exister un ou deux relais intermédiaires
par des nœuds lymphatiques.


2. Les lymphocentres du système digestif :

Le lymphocentre cœliaque draine les viscères irrigués par l’a. cœliaque. Les nœuds
lymphatiques cœliaques sont situés près de la racine de l’a. cœliaque au voisinage de l’aorte.
Chez les ruminants, ils se confondent avec les nœuds lymphatiques mésentériques crâniaux
(NL cœliaco-mésentériques). Ils n’existent pas chez le chien. Les autres relais lymphatiques
sont situés sur les trajets des divisions de l’a. cœliaque et prennent leur noms (NL Hépatiques
et portaux, NL spléniques, NL spléniques, NL gastro- duodénaux)

Le lymphocentre mésentérique crânial draine les viscères irrigués par l’artère
correspondante. C’est le plus important en nombre et volume total de nœuds lymphatique
(son volume équivaut à la somme de tous les lymphocentres du reste du corps). C’est aussi
celui qui présente le plus de variations en rapport avec les variations de morphologie et de
disposition entre les espèces. Il comprend les nœuds lymphatiques mésentériques crâniaux

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situés autour de l’origine de l’artère homonyme dans la racine du mésentère (NL cœliaco-
mésentériques chez les ruminants), les nœuds lymphatiques jéjunaux, les nœuds
lymphatiques iléo-coliques, les nœuds lymphatiques caecaux (n’existent pas chez les
carnivores) et les nœuds lymphatiques coliques.

Le lymphocentre mésentérique caudal draine le territoire irrigué par l’a. mésentérique
caudale (côlon descendant et début rectum). Il est constitué du seul groupe des nœuds
lymphatiques mésentériques caudaux situés dans le mésocolon descendant. Ils sont très
nombreux et petits chez le cheval, peu nombreux et plus volumineux chez les carnivores.


3. Les collecteurs terminaux de la lymphe :

Toute la lymphe de l’abdomen est collectée par des vaisseaux aboutissant à la citerne du
chyle, qui se prolonge par le canal thoracique de la lymphe.

Les deux principaux collecteurs qui aboutissent dans la citerne du chyle sont le tronc cœliaque
et le tronc intestinal. Elle reçoit aussi des troncs lombaires, qui drainent les parois
abdominales, les membres pelviens et l’appareil uro-génital.
Le canal thoracique est le plus volumineux collecteur de la lymphe du corps. Il reçoit la lymphe,
de tout la plus grande partie du corps qu’il transporte jusqu’à la veine jugulaire externe gauche
(sauf de la moitié droite de la tête /encolure/thorax/membre thoracique dont les troncs
lymphatiques aboutissent directement dans la veine jugulaire externe droite)

Corrélations cliniques :

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® Importance de l’examen des nœuds lymphatiques : Bien évidemment, ces nœuds


lymphatiques ne peuvent pas être palpables à l’examen externe. Mais chez les grandes
espèces, certains sont accessibles et palpables à l’examen transrectal, notamment
quand ils sont réactionnels et hypertrophiés. L’échographie, le scanner ou l’IRM,
permettent de mettre en évidence des NL anormalement augmentés de taille
(infections, cancers). Il est important d’examiner ces NL lors d’une laparotomie (qu’elle
soit exploratrice ou thérapeutique) et lors d’une autopsie, car ils peuvent orienter de
façon pertinente, voire décisive, le diagnostic. Enfin, pour les animaux de boucherie,
leur examen est primordial aux abattoirs dans le cadre de l’inspection des viandes et
abats.

® Extension des maladies infectieuses et cancers : si un agent pathogène ou des cellules
tumorales peuvent submerger et passer la barrière de défense des NL, ils peuvent
passer dans le canal thoracique et donc dans la petite circulation (via la veine cave
crâniale puis l’atrium droit et le tronc pulmonaire) ce qui peut expliquer les métastases
pulmonaires fréquentes lors de cancers primitifs des viscères abdominaux.

VI. La vascularisation des parties terminales du tube digestif :



Les parties terminales du tube digestif sont irriguées par de petits rameaux provenant de
l’artère iliaque interne. Ainsi, l’irrigation de la partie terminale du rectum est assurée par la
ramification d’une terminaison de l’artère iliaque interne : c’est l’artère honteuse interne (qui
irrigue aussi la vessie et les organes génitaux). De cette dernière partent l’artère rectale
moyenne et l’artère rectale caudale, qui irriguent la partie caudale du rectum ainsi que
l’anus.


Remarque : ces deux artères s’anastomosent avec l’artère rectale crâniale, issue de l’artère
mésentérique caudale.

Conclusion :

® Trois principaux «pôles » vasculaires : cœliaque, mésentérique crânial et
mésentérique caudal, avec chacun leur territoire d’irrigation et de drainage
lymphatiques (lymphocentres).
® Pas de discontinuité des territoires de perfusion artérielle: vaisseaux terminaux
s’anastomosent entre eux tout le long du tractus digestif (répartition continue
du sang et adaptation aux contraintes de compression)
® Drainage veineux par la veine porte avec passage « obligé » du sang provenant
des viscères digestifs abdominaux dans le foie pour détoxification avant d’être
reversé dans la veine cave caudale. (Importance fonctionnelle et vitale du
système porte)

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CE DOCUMENT A ETE OFFERT AUX VETERINAIRES ALGERIENS PAR

REDA MOHAMED GUESSOUM, DVM

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REDA MOHAMED GUESSOUM, DVM


Module ‘‘Etude de l’appareil digestif’’

Le pancréas

Le pancréas est une volumineuse glande mixte annexée au duodénum. Elle se situe en
région dorso-crâniale de la cavité abdominale, du côté droit et à hauteur de la jonction thoraco-
lombaire. Il a un aspect très homogène.

Absent chez les invertébrés et quelques vertébrés inférieurs, il est constant chez les
sauropsidés (oiseaux et la plupart des reptiles) et présente son développement maximal chez
les mammifères domestiques. Cette glande est mixte donc elle présente à la fois :
- un rôle exocrine : elle sécrète des sucs pancréatiques par des conduits excréteurs
dans le duodénum. Ces sucs contiennent des enzymes : trypsines et chymotrypsines à
action protéolytique, amylases qui interviennent sur les glucides et lipases qui agissent sur
les lipides. Ces enzymes sont en proportions différentes selon les espèces.
- un rôle endocrine : s’exerce par l’action de deux hormones complémentaires, l’insuline
(active la condensation du glucose en glucagon) et le glucagon (active la glycolyse
hépatique et augmente le taux de sucre sanguin), produites par les cellules des îlots de
Langerhans, celles-ci interviennent dans la régulation de la glycémie.

L’étude de l’anatomie du pancréas revêt une double importance :


- Importance clinique, chez les carnivores domestiques : diabète sucré, insuffisance
pancréatique, pancréatites aigues, syndrome de l’abdomen aigu...
- Importance sémiologique: examen radiographique, échographique, scanner et IRM (
importance de bien connaître la topographie !!).
- Importance chirurgicale
 Le pancréas n’est pas palpable mais il est facilement visible par échographie.

RAPPELS D’ORGANOGENESE

Il se forme au cours de l’organogénèse à partir de la paroi du duodénum, comme le foie. Il


provient de deux bourgeons principaux : un ventral (issu de deux bourgeons qui fusionnent
rapidement) et un dorsal. Très vite, en parallèle de l’évolution des mésos liés à la croissance de
l’estomac et du duodénum, ces ébauches s’interpénètrent et des anastomoses se créent entre leurs
conduits qui peuvent donc se suppléer.

Le conduit excréteur du bourgeon ventral garde une embouchure dans l’intestin commune
à celle du canal cholédoque. À l’issue de l’organogénèse, on a un pancréas et deux conduits : le
conduit pancréatique (Wirsung, en relation avec le canal cholédoque. Il est issu du bourgeon
dorsal, il s’abouche à la papille duodénale majeure) et le conduit pancréatique accessoire
(Santorini, issu du bourgeon ventral, s’abouche à la papille duodénal mineure).

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Rq : En fonction des espèces ces 2 conduits peuvent s’anastomoser ou non. Chez les Équidés et le
chien, ces 2 conduits coexistent. Chez le cheval, le conduit pancréatique est le plus développé,
tandis que chez le chien, c’est le conduit pancréatique accessoire qui est le plus important.
Chez d’autres espèces, un seul de ces deux conduits persiste :
- Le conduit pancréatique pour le mouton, la chèvre, et le chat
- Le conduit pancréatique accessoire pour le bœuf, le porc et le lapin.

I- MORPHOLOGIE

1- Caractères généraux

Le pancréas présente un aspect très comparable à celui des glandes salivaires. Ses lobules
sont lâchement unis par un conjonctif lâche et abondant, il est aisément dissociable ce qui les rend
friable malgré une consistance ferme. Le pancréas est de couleur rosée chez le chien, rose-
ocre/jaunâtre chez les ruminants.

Il s’autolyse très vite après la mort car il est très riche en enzymes => se décolore
rapidement et prend en quelques heures une couleur gris verdâtre, perd sa fermeté et devient
diffluent.

Le pancréas représente 0,1% du poids du corps des mammifères domestiques sauf chez les
carnivores où il constitue un part plus importante entre 0,2 et 0,3%, ceci est lié à leur régime carné.

2- Conformation externe

Le pancréas est moulé contre les organes voisins dans la région lombo-thoracique, le
pancréas montre une forme assez variable d’une espèce à l’autre.

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Il est constitué de 3 grandes parties : Une partie moyenne, le corps et deux extrémités ou
lobes, un lobe droit et un lobe gauche.

a- Le corps

Le corps du pancréas est situé contre l’origine du duodénum, il est aplati dorso-
ventralement et se retrouve en région sous-lombaire. Son bord crânial comporte le plus souvent
une encoche pour le passage du tronc coeliaque qu’on appelle l’incisure crâniale. Son bord
caudal est échancré par l’incisure pancréatique, lieu de passage de la veine porte et de l’artère
mésentérique crâniale.

En arrière de l’incisure, une languette formée par les lobes du pancréas qui se referment,
plus ou moins épaisse (= processus uncinatus) forme un anneau pancréatique autour de la veine
porte (c’est le cas chez le cheval, le porc et souvent chez les ruminants).

b- Le lobe droit

Le lobe droit du pancréas correspond à la « tête » du pancréas humain (terme


inapproprié pour nos mammifères domestique). Il se situe contre la courbure crâniale du
duodénum et sa partie descendante, dans le mésoduodénum. Il est très allongé et s’applique
contre la partie descendante du duodénum qu’il accompagne pratiquement sur toute sa longueur
chez les carnivores et est plus court chez les ongulés. Ce contact est encore plus réduit chez le
bœuf puis très bref chez le porc. C’est de là que se détachent les conduits excréteurs.

c- Le lobe gauche ou << queue >> du pancréas humain (continue vers la rate)

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3- Structure (pour plus de précisions cf. Histologie)

 Charpente conjonctive : Le pancréas est entouré d’une séreuse, f e u i l l e t v i s c é r a l


d u péritoine, sous laquelle, on trouve une capsule élastique conjonctive qui envoie des
travées à l’intérieur du pancréas, déterminant la lobulation de la glande.

 Parenchyme glandulaire : il s’organise en lobules pancréatiques (acini) responsables de


la fonction exocrine, e n e f f e t i l s s é c r è t e n t l e s u c p a n c r é a t i q u e ( p a r t i e l a
p l u s i m p o r t a n t e q u a n t i t a t i v e m e n t ) . Au sein d e c e u x - c i sont noyés des amas de
cellules particulières qui en taille font moins d’un mm, les îlots de Langerhans, ils assurent
la fonction endocrine i.e. la sécrétion d’insuline et de glucagon.

 Canaux excréteurs : on trouve 2 conduits excréteurs principaux. Le premier est le conduit


pancréatique qui débouche dans le duodénum au même endroit que le canal cholédoque
par la papille duodénale mineure. Le second est le conduit pancréatique accessoire qui
débouche par la papille duodénale mineure. Attention car ces 2 conduits ne sont pas
présents chez toutes les espèces (cf. remarque haut p2).
Les enzymes secrétées par les acini sont collectées par des conduits
interlobulaires puis intralobaires convergeants sur le/les conduit(s) pancréatique(s). Il n’y a
pas de trajet extra glandulaire mais un passage direct du pancréas au duodénum.

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Rq : L’abouchement du canal cholédoque à côté du canal pancréatique présente une importance
clinique puisqu’il peut exister des interconnexions, donc l’infection de l’un peut déborder sur l’autre.

II- TOPOGRAPHIE, RAPPORTS FIXITES (à bien bien connaitre )

1- Topographie

Le pancréas se situe en région sous lombaire, à hauteur de la jonction thoraco-lombaire.


Sa plus grande partie est à droite du plan médian, il est donc difficile d’abord. Il y a des petites
différences entre les espèces :
 Chez le chien, il se situe sous T13-L1-L2 (dernière vertèbre thoracique et 2
premières vertèbres lombaires). Le lobe droit se projette jusqu’au niveau du flanc
et atteint le niveau de L4. Il est assez mobile et en adhérence limitée avec la paroi
lombaire, on le trouve dans le cadran crânial droit de l’abdomen ainsi en cas de
pancréatite si on touche cette région le chien réagira de façon très importante.
 Chez le cheval, sous T16 à T18 (les 3 dernières vertèbres thoraciques)
 Chez le bœuf, sous T13-L1-L2
 Chez l’homme, il n’y a pas de contact avec les parois

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2- Rapports

 Face dorsale : en rapport de droite à gauche avec le rein droit, le lobe droit du foie, la
veine porte, la veine cave caudale, l’aorte, le diaphragme, le rein gauche et la glande
surrénale gauche.

 Face ventrale : en rapport avec le tube digestif et notamment l’estomac et les intestins, en
particulier le côlon transverse.

 Lobe droit en rapport avec la partie descendante du duodénum (très long chez carnivores)
et le cæcum (en particulier chez le cheval). Mais aussi avec les ovaires et leurs masses
graisseuses chez la femelle.

 Lobe gauche : Rate, rein gauche et fundus de l’estomac

ATTENTION !!
 Chez le chien, la palpation-pression du flanc droit, permet également d’examiner le lobe droit du
pancréas le long du duodénum descendant (une pancréatite aiguë, peut être à l’origine d’une douleur à
la palpation). 

 La situation du corps du pancréas entre le fundus de l’estomac, le colon transverse et le rein gauche est
un critère qui permet de le reconnaître lors d’une échographie abdominale chez les carnivores.

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3- Moyens de fixité

Le pancréas est un viscère très peu mobile, notamment chez le bœuf et le cheval : il est
solidarisé au duodénum par ses conduits excréteurs et par l’adhérence directe de son lobe droit.
De nombreux vaisseaux et nerfs qui le pénètrent contribuent à le fixer, de même que le péritoine
qui le couvre en partie. La partie la plus fixe est le corps du pancréas adhérant à la région sous
lombaire.

Chez les équidés sa face ventrale adhère aux divers segments de l’intestin. Le lobe droit est
le moins mobile, sa mobilité dépend de celle du duodénum. Le lobe gauche quand à lui peut être
déplacé sans difficultés.

Toutefois, chez le chien, le lobe droit étant plus long, il est plus mobile car les zones
d’adhérences avec la paroi lombaire sont beaucoup plus limitées.

III- PRINCIPALES PARTICULARITES SPECIFIQUES

1- Pancréas du chien

Déjà tombé au partiel : ‘‘ donner les particularités, la topographie et les rapports du pancréas
du chien’’
C’est chez le chien que l’on trouve les applications les plus importantes au niveau du
pancréas. Il fait entre 30 à 35g en moyenne (variations de 10 à 110g)

 Conformation : Étroit et remarquablement long (50 à 55% du corps!), en liaison


avec l’étirement du lobe droit sur la longueur du mésoduodénum.
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 Topographie : En forme de V à pointe crâniale, son lobe droit est long et possède
une position superficielle dans le flanc droit, tout le long du duodénum descendant. Le lobe
gauche est plus profond et plus court, il suit la région pylorique de la grande courbure de
l’estomac.

Le conduit pancréatique majeur est assez grêle et se déverse, avec le canal cholédoque, au
sommet de la papille duodénale majeure. Le conduit pancréatique accessoire, plus développé,
s’ouvre 2 à 4 cm plus loin au niveau de la papille duodénale mineure, soit 6 à 15 cm caudalement au
pylore.

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Rq : On aura la même radio-opacité que les tissus environnants à la radio, mais il est en rapport
avec la veine pancréatico-duodénale, ce qui le rend visible.

2- Pancréas du chawal

 Conformation : 450g en moyenne (285 à 620 g). Le lobe droit est peu développé, le lobe
gauche se situe près de la rate et du rein gauche. Le corps est large de 7-8 cm sur 3 cm
d’épaisseur et forme un anneau complet autour de la veine porte, on parle d’anneau du
pancréas. Le corps envoie un prolongement caudal supplémentaire : le processus uncinatus.

 Topographie et rapport :
 2/3 du pancréas à droite du plan médian en regard des 16 ème, 17ème et 18ème
vertèbres thoraciques
 Face dorsale en rapport avec le processus caudé du foie, adhérente au pôle crânial du
rein droit et répond à travers le péritoine à l’estomac et au pôle crânial du rein gauche.
 Face ventrale est adhérente au caecum (à droite) et au côlon transverse.

En ce qui concerne les canaux excréteurs : la papille duodénale majeure s’ouvre à


environ 15 cm du pylore, dans la courbure duodénale crâniale. Elle correspond au débouché du
canal cholédoque + conduit pancréatique majeur. Le conduit pancréatique mineur/accessoire,
beaucoup plus grêle, s’ouvre au niveau de la papille duodénale mineure, située juste en regard de
la précédente.

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3- Pancréas des bovins

Il fait 500g en moyenne (de 320 à 650g) et est allongé. Il présente une incisure pancréatique
profonde (échancrure de la veine porte).

 Conformation :
 Corps étroit complété par un large processus uncinatus
 Lobe droit triangulaire, étiré caudalement le long du duodénum avec lequel il a une grande
adhérence
 Lobe gauche aplati irrégulièrement arrondi ou linguiforme

 Topographie :
 Presque entièrement à droite du plan médian au niveau de la dernière vertèbre
thoracique et de la 1ère lombaire, conséquence du fort développement du rumen.
 Lobe droit en situation superficielle sous le rein droit dans le flanc droit

 Rapports : du pancréas avec le duodénum, il a également des adhérences à la partie dorsale du


foie et au pilier droit du diaphragme, en contact avec l’omasum, le jéjunum et le colon
transverse (lobe droit et corps), accolé au pilier gauche du diaphragme et en contact avec
l’atrium du rumen (lobe gauche)

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Le pancréas des bovins ne possède qu’un seul conduit excréteur : c’est le conduit
pancréatique accessoire qui a un bref trajet extraglandulaire et la papille duodénale mineure
abouche à 1 m du pylore (~ 30-40 cm au- delà du conduit cholédoque).

4- Pancréas des petits ruminants (pas au partiel)

Il est disposé comme chez le bœuf, mais le conduit excréteur unique se termine avec
le cholédoque dans la papille duodénale majeure. Ainsi c’est le conduit pancréatique qui persiste et
le conduit accessoire qui est absent.

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5- Pancréas du chat

Les ¾ des chats ont uniquement le conduit pancréatique, le reste des chats ont les deux
(pancréatique et accessoire). Le pancréas fait 8 à 10 g. Si une infection bactérienne apparait au
niveau du duodénum cela peut résulter en une hépatite comme en une pancréatite. En effet il
existe des interconnexions entre les deux organes → Risque de cholangite associé à des
pancréatites.

6- Pancréas du lapin

Le pancréas est long. Le lobe droit est disséminé dans l’épaisseur du mésentère alors que le
lobe gauche est congloméré. Il est très difficilement dissociable du tissu adipeux. On ne trouve
qu’un seul conduit excréteur : le conduit accessoire qui s’ouvre à 30-35 cm caudalement au pylore
dans le début du duodénum ascendant.

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CE DOCUMENT A ETE OFFERT AUX VETERINAIRES ALGERIENS PAR

REDA MOHAMED GUESSOUM, DVM

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Etude de l’appareil digestif - Anatomie – TD 1

TD 1 : L’appareil masticatoire

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I. Les dents

1. Le cheval
2. Le chien
3. Le chat
4. Les ruminants
5. Les cochons

II. L’articulation temporo-mandibulaire


III. La mastication chez le chien


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Etude de l’appareil digestif - Anatomie – TD 1


Ce TD est un complément des CM2 et CM3.

I. Les dents

La dentition regroupe l’ensemble des éléments en relation avec la formation des dents. Il
existe donc deux dentitions : une première déciduale (en relation avec la denture de lait) et
une seconde permanente (en relation avec la denture définitive).
La denture regroupe alors l’ensemble des dents.

1. Le cheval




La première prémolaire (Pm1) est présente en même temps que les dents définitives mais
on la considère comme une dent lactéale persistante.

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Etude de l’appareil digestif - Anatomie – TD 1


On observe des variations du nombre de dents assez couramment :

= Dent de cochon


Chez le cheval, les dents sont hypsodontes et de très grande taille.
Il est possible d’estimer l’âge d’un cheval à partir de l’usure de ses dents. Pour cela, il existe
des tables d’usure. Pour pouvoir suivre l’usure d’une dent, il faut d’abord connaitre sa
structure.
Une dent est composée d’émail à l’extérieur, de dentine à l’intérieur et de cément à la base
de la dent. Lorsque le cheval est jeune, on peut distinguer une cavité remplie de cément
appelée infundibulum.
A l’intérieur de la dent, on observe :
→ En début d’usure : on est au stade de table elliptique. L’infundibulum est bien
délimité. On passe ensuite au stade de table ovale où le cément apparait.
→ On atteint ensuite le stade de dent rasée et on voit apparaitre une étoile dentaire,
formation composée de dentine.
→ La dent atteint le stade de table ronde : c’est un stade d’usure de nivellement de la
dent. On arrive au fond de l’infundibulum : le cément disparait.
→ Chez le cheval âgé, on atteint le stade de table triangulaire et biangulaire dans
lequel on ne voit plus que la racine de la dent.

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Etude de l’appareil digestif - Anatomie – TD 1




Parmi les 3 incisives, on distingue : la pince, la mitoyenne et le coin. Lorsque les arcades
s’opposent, on observe un décalage entre les incisives supérieures et inférieures. Le coin va
avoir un petit bout qui dépasse appelée queue d’arronde.
Les chevaux qui possèdent un retard au rasement sont qualifiés de baigus. Ceux qui
possèdent un retard au nivellement sont qualifiés de faux-baigus.

On observe aussi des variations de la forme de l’arcade incisive et de l’orientation des
dents au cours de l’évolution de l’âge.

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Etude de l’appareil digestif - Anatomie – TD 1

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Etude de l’appareil digestif - Anatomie – TD 1


La denture du cheval est hautement spécialisée : les prémolaires sont molarisées. Les
incisives, les prémolaires et les molaires sont hypsodontes. Les dents de lait quant à elle
sont brachyodontes.

Les dents inférieures sont de forme rectangulaire alors que les dents supérieures sont de
forme carrée. L’arcade supérieure est bien plus large que l’inférieure. Ceci a pour
conséquence le fait que les surfaces d’usure sont obliques.

Quelques données d’âge :
→ de la naissance à 2,5 ans, la denture incisive est déciduale
→ de 2,5 à 4,5 ans, la denture incisive est mixte.
→ Au-delà, la denture est permanente. On dit alors que le cheval a la « bouche faite ».

Pour les dents déciduales ou lactéales, on utilise la règle des 1 ou la règle des 8 :
→ la pince sort au bout d’1 semaine ou 8 jours
→ la mitoyenne sort au bout d’1 mois à 8 semaines
→ le coin sort au bout d’1 semestre à 8 mois

Grâce à ces deux règles, on a un intervalle d’éruption des incisives.

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Etude de l’appareil digestif - Anatomie – TD 1


2. Le chien

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Etude de l’appareil digestif - Anatomie – TD 1

Chez le chien, il y a la présence des carnassières : Pm4 sup et M1 inf avec emboitement
parfait des deux.


Les incisives ont des formes différentes. On désigne les prémolaires supérieures comme des
précarnassières. Les 2 molaires supérieures sont qualifiées de tuberculeuses.

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Etude de l’appareil digestif - Anatomie – TD 1


3. Le chat

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Etude de l’appareil digestif - Anatomie – TD 1

Chez le chat, les incisives sont vraiment très petites, les canines sont bien développées, la
Pm2 est très petite tout comme la molaire supérieure. En revanche, la molaire est très
développée sur la mâchoire inférieure.

La denture déciduale est acquise dès le premier mois et entre 3 et 6 mois pour la denture
permanente.

4. Les ruminants




Chez les ruminants, il n’y a pas d’incisive ni de canine supérieure mais on observe la
présence d’un bourrelet dentaire à la place. La canine inférieure ressemble beaucoup à une
incisive.
Chez la vache, les veaux naissent avec des dents de lait. Les dents définitives sortent
obliquement et remettent correctement ensuite. De 2 à 4 ans, la denture mixte. Les
incisives sont définitives vers 5 ans.
Chez les petits ruminants, les chevreaux et agneaux naissent sans dent. Lors de l’abattage
des agneaux (4/5 mois), les dents sont toujours lactéales.

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Etude de l’appareil digestif - Anatomie – TD 1


5. Les cochons

Ils possèdent la formule dentaire la plus complète. Lorsque les porcs sont abattus (6 mois),
il n’y a que des dents de lait. Les canines des mâles peuvent être très dangereuses.
I : 3/3 C : 1/1 pM : 4/4 M : 3/3



L’alvéole dentaire chez le chien est très fine : une infection de la dent peut entrainer une
sinusite au niveau de la carnassière.

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Etude de l’appareil digestif - Anatomie – TD 1


II. L’articulation temporo-mandibulaire

L’articulation est synoviale ; on observe la présence d’un disque articulaire. Il y a 3
mouvements possibles :
- élévation/abaissement de la mandibule (chez le chien ou le blaireau)
- mouvements latéraux (chez les herbivores)
- mouvements de glissement antéro-postérieurs (chez le lapin)

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Etude de l’appareil digestif - Anatomie – TD 1



Chez les herbivores, on a une combinaison de ces différents types de mouvement.

Chez un chien, la tête est très convexe et l’articulation est très engainante. Chez le lapin, il
n’y a pas de processus coronoïde ce qui entraine des mouvements de rétropulsion.

Chez les ruminants ou chez les chiens, les deux mandibules ne sont pas soudées. Les
mouvements entre les deux mandibules sont assez courants chez les ruminants.

I. Les muscles

On distingue 5 muscles qu’on peut classer par leur localisation (profonds/superficiels) ou
leur fonction (releveur/abaisseur de la mandibule)
Parmi les muscles releveurs de la mandibule, on distingue :
→ Les muscles superficiels : le temporal et le masséter
→ Les muscles profonds : le ptérygoïdien médial et le ptérygoïdien latéral. Ils sont
difficilement palpables.
Tous sont innervés par le nerf mandibulaire (branche du nerf trijumeau = 5ème paire de
nerfs crâniens)

On trouve aussi un muscle abaisseur de la mandibule qui est profond : le digastrique.

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Etude de l’appareil digestif - Anatomie – TD 1


III. La mastication chez le chien


Les dents son sécodontes et permettent la dilacération des aliments. Le fonctionnement est
comparable au fonctionnement des ciseaux. La mandibule du chien est apte à faire ces
mouvements. En effet, la tête est comparable à un cylindre allongé transversalement.
Du fait de la conformation de la mandibule, les muscles masticateurs superficiels sont
extrêmement développés. Le rôle principal du masséter et du temporal reste l’élévation de
la mandibule.
Le muscle temporal montre bien l’influence du régime alimentaire sur le développement des
muscles masticateurs.
Chez le chiot, avec une alimentation de type lactée, le muscle est réduit et le crane est
globuleux. A partir du sevrage, le muscle temporal se développe et accroit également ses
surfaces d’insertion : il y a accroissement de la crête sagittale externe et le crâne prend un
aspect en cimier (https://fr.wikipedia.org/wiki/Cimier . Cette
évolution du muscle temporal est l’exemple du rôle du développement musculaire dans le
modelage secondaire de l’os.

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TD : Appareil masticatoire (figures)

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Module « étude de l’appareil digestif »

TD 2 : RADIOGRAPHIE DE L APPAREIL DIGESTIF

Introduction © DZVET 360

Si la radiographie est utilisée, l'échographie a également une place très importante car la cavité
abdominale possède de nombreux tissus mous.

I- Généralités
1- les zones explorées
• l'appareil masticatoire (dents, mandibules) : on peut observer ici des opacités osseuses
ainsi que des opacités de tissus mous.
• Les glandes salivaires : on n’observe pas grand chose. On pratique alors une cialographie :
On injecte un produit de contraste iodée (rare en pratique).
• Le tractus digestif : on pourra utiliser le fait qu'il s'agit de tissu mou entouré mésentère
(graisse). On trouve aussi des opacités aériques ainsi que des opacités liées aux aliments.
On pourra également observer un transit baryté : On donne par voie alimentaire du
baryum à un chien et on pourra ainsi voir la lumière du tube digestif.

2- Espèces concernées par la radiographie


• Appareil masticatoire : toutes les espèces.
• Tractus digestif : les petites espèces ainsi que le veau et le poulain

3- Préparation à l'examen
On met l'animal à la diète hydrique (=on le met à la diète sauf pour l'eau) pendant au moins
moins 12 h : Ceci permet une meilleure visualisation des organes. L'idéal est d'avoir un colon vide :
on utilise alors un léger laxatif ou on réalise un lavement.

4- Aspects théoriques
Lors d'une radiographie, on voit uniquement la silhouette des organes. Il faut donc une
radio-opacité qui contraste. Or, l'abdomen est un tissu mou entouré de graisse abdominale. Il n'y a
un pas de tissus osseux comme dans la cavité diaphragmatique. Le contraste naturel de

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© DZVET 360
l'abdomen est très mauvais. (contrairement au thorax). On utilise de KV plutôt bas < 70 80 kV.
Une autre contraintes concerne les mouvements respiratoires et digestifs. On pratique donc un
temps de pose très faible (<0,1s). Et pour avoir un bon noircissement, on compense par des
milliampères élevées. Led mA doivent compenser les kV bas et la densité de l'abdomen.

On peut aussi réaliser une radiographie avec produit contraste. Dans ce cas, on remplace
l'opacité liquidienne par un produit de contraste. Il faut toujours faire une radio simple avant de
réaliser une radiographie avec des produits de contraste pour avoir une référence et vérifier les
paramètres.

Concernant le matériel, on utilise un couple écran film rapide et une grille antidiffusante
selon l'épaissseur de l'animal (En mesure l'épaisseur là où c'est le plus épais). Pour les chiens de
grandes tailles, il est fréquent que l'abdomen cranial et caudal aient des épaisseurs différents. On
réalise alors 2 radiographies différentes.

Concernant la radiographie en contraste en utilisant le baryum, on notera que celui-ci n'est


pas absorbé ni digéré par la muqueuse digestive. Il y des contre-indications en cas de lésions du
tube digestif car il est irritant. On utilise alors un produit de contraste iodé.

5- En pratique
Comme pour le thorax, on réalise 2 radios au minimum (une en décubitus latéral et une de
face). Quand on met l'animal en décubitus latéral les membres doivent être en extension (pour
éviter les recouvrements). On met une petite cale pour éviter la rotation de l'animal et donc la
déformation des organes. Mettre l'animal sur le dos permet d'éviter un déplacement trop
important des organes. Au niveau du centrage, on centre derrière l'arc costal, on ouvre le champ
jusqu'au grand trochanter (relief osseux au niveau proximal de la cuisse) en avant jusqu'au
processus xiphoïde. On réalise la prise en fin d'expiration car à ce moment-là, le diaphragme est
décontracté et la cavité abdominale moins épaisse. Elle est donc plus visible. Si l'animal est gras :
on voit très bien les organes.

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Etude de l’appareil digestif - Anatomie – TD 2

Imagerie du tube digestif

I. Matériel et techniques radiographiques :



1. Vue de profil :
2. Vue de face :
3. Caractéristiques de l’abdomen :

II. Organes visibles :



1. Le foie:
2. L’estomac :
3. L’intestin grêle :
4. Le caecum :
5. Le côlon :
6. Rapports des organes :

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Etude de l’appareil digestif - Anatomie – TD 2


I. Matériel et techniques radiographiques :

Une image radiographique correspond toujours à la projection des organes en place sur un
plan. En radiographie, il est donc important de faire plusieurs radios afin de pouvoir analyser
la structure tridimensionnelle des organes étudiés. Il est donc toujours nécessaire de faire au
moins une radio de face et une radio de profil.

1. Vue de profil :

Pour avoir une incidence latéral droite (ou gauche), on place l’animal en décubitus latéral. Les
membres sont alors placés en extension afin de dégager l’abdomen. Le plan sagittal qui passe
par le sternum et la colonne vertébral doit être bien parallèle à la table. Pour éviter des
problèmes de rotation, on place un support triangulaire sous l’animal. On centre et on
diaphragme au milieu de l’abdomen en regard de l’ombilic. On ouvre jusqu’à l’articultion coxo-
femorale. On déclenche la radio à la fin de l’expiration afin d’avoir le diaphragme situé à son
point le plus haut.



Pour qualifier la qualité de la radio obtenue, on regarde si celle-ci est bien cadrée et s’il y a
peu de rotation. Pour cela, on regarde au niveau du bassin s’il y a bien superposition des
extrémités latérales. On vérifie également la superposition des processus transverses des
vertèbres.

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Etude de l’appareil digestif - Anatomie – TD 2


2. Vue de face :

Le plus souvent, on fait une radio ventro-dorsale. Il faut faire attention que le plan sagittal
soit bien perpendiculaire à la table. On déclenche la radio à la fin de l’expiration en ayant fait
attention d’avoir les postérieurs en extension.

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Etude de l’appareil digestif - Anatomie – TD 2


Pour qu’une radio soit dite de bonne qualité, il faut que les processus transverses soient bien
symétriques, tout comme les ailes de l’ilium.

Pour les chiens de très grande taille, on effectue deux radios différentes (que ce soit de face
ou de profil) : une première centrée sur la partie abdominale caudale et une seconde sur la
partie abdominale crâniale.
En effet, on distingue des différences d’épaisseur entre les deux parties. Il faut donc des
constantes adaptées à chaque partie.
















3. Caractéristiques de l’abdomen :

L’abdomen possède un mauvais contraste naturel. Ceci est lié à son anatomie (beaucoup de
tissus mous). C’est donc la graisse qui va apporter le contraste. Il sera donc difficile de voir les
organes durs chez une animal maigre. De plus, il y a souvent des mouvements respiratoires
et digestifs qui peuvent modifier la position relative des organes.


On utilise des constantes faibles (<60/80 kV) afin de favoriser l’effet photo électrique et
limiter l’effet Compton. Ceci va permettre l’optimisation du contraste. Les mA doivent
compenser les kV bas et la densité de l’abdomen. Le temps de pause est assez faible (<0,1s)

Il existe des particularités raciales : le foie très en arrière par exemple chez les brachycéphales.
La largeur du thorax, variant d’une espèce à l’autre, modifie également le choix des
constantes.

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II. Organes visibles :



1. Le foie:

Le foie est le premier organe post-diaphragmatique. Il possède une opacité tissulaire
homogène. Il a une forme triangulaire sur la vue de profil. Les lobations et la vésicule biliaire
ne sont pas visibles. En effet, cette dernière possède la même radio-opacité que le foie. La
partie viscérale du foie est en rapport avec l’estomac.

diaphragme

foie


On étudie le parenchyme hépatique en faisant une échographie. Le liquide contenu dans la
vésicule biliaire est anéchogène (noir à l’échographie) : il ne renvoie pas d’écho.

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2. L’estomac :

Il est positionné sous l’arc costal et est parallèle à l’axe des dernières côtes. Si l’estomac est
reculé, c’est un signe d’une hépatomégalie : c’est-à-dire que le foie est trop gros. On ne
mesure pas l’épaisseur de la paroi de l’estomac sur une radio. Chez le chat, l’estomac est
souvent à gauche du plan sagittal alors que chez le chien celui-ci est assez transverse.

diaphragme

estomac



Le contenu est variable. L’estomac est trop dilaté lorsqu’il dépasse les vertèbres L4/L5.


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La place du gaz présent dans l’estomac varie en
fonction de la position de l’animal. Le schéma ci-
dessous représente la position du gaz dans
l’estomac en fonction de la position.


3. L’intestin grêle :

Le duodénum possède une position fixe. Il est en revanche difficile à discerner car il ne
possède pas beaucoup de gaz. On peut mesurer le diamètre des anses intestinales. On
compare par rapport au corps vertébral de la 5e lombaire : s’il est 1,5 fois supérieur, on
considère qu’il est dilaté (cas d’illéus)
A l’échographie, on peut mesurer l’épaisseur des parois.

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4. Le caecum :

Il a une forme de tire-bouchon en coupe. On le voit quand l’animal est en décubitus diagonal
gauche.


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Caecum


5. Le côlon :

Pour l’observer, on effectue un lavage et on injecte un produit de contraste.

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On peut parfois observer un cas de méga colon qui est extrêmement douloureux et pour
lequel il faut opérer.

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6. Rapports des organes :


Radio-anatomie de
l’abdomen d’un
chien. Vue de profil (1).
a : foie ; b : rein
gauche ; c : vessie ; 1 :
corps de l’estomac ; 2 :
masse intestinale iléo-
jéjunale ; 3 : côlon.

La présence d’éléments
de densité minérale sur
l’aire de projection
rénale est notée
(vraisemblablement des
calculs rénaux).




`



Radio-anatomie de l’abdomen d’un


chien. Vue de face (2). 2. 1 : fundus de
l’estomac ; 2 : corps de l’estomac ; 3 :
région pylorique ; 4 : masse intestinale ; 5 :
cæcum ; 6 : côlon ascendant ; 7 : côlon
descendant.









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II-Exemple de radiographies
1- Le pharynx

Pharynx : carrefour aéro-digestif. Ici de chien.

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2- L’oesophage

grâce au baryum, on peut visualiser l’œsophage de ce cheval.

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Il y a quelque chose qui appuie sur la trachée → Il y a un corps étranger dans l'oesophage

œsophage en 4

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3- L’estomac

L'estomac se situe cranialement sur la gauche dans l'abdomen. On l'identifie grâce au gaz
qu'il y a dedans. Il situe sous les côtes. Les replis sont les replis de la muqueuse fundique. Attention
la mesure de la paroi dépend de la projection (présence de liquide → chyme). Les 2 radios opacités
(celle de la paroi et celle du liquide) se superposent.

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Il faut bien comprendre l'anatomie de l’estomac et ses conséquences radiographiques. Lorsque


l'animal et sur le ventre ou le dos, l'air va toujours vers le haut. Ceci a des conséquences sur la
visualisation des radios. (idem avec les produits de contraste à cause de la gravité).

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4- l’intestin grêle

La petite bulle de gaz : c'est la cæcum.

Transit baryté : En prenant des clichés à intervalle de temps réguliers il est possible de suivre
l’évolution de la baryte dans l’organisme.

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Autre méthode de marquage BIPS= Barium impregnated polyethylen spheres.

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5- Gros intestin

Le colon est rempli de fèces et de gaz.


Il faut localiser les parties ascendante, transverse et descendante. On repère la partie descendante
car c'est la partie du colon qui est reliée au rectum. On remonte alors le colon pour trouver les
parties ascendantes et transverses.

Un examen du colon peut se faire grâce à une colonographie, il faut cependant faire ingérer un
léger laxatif à l’animal et effectuer un lavage.

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.

Radio de chienne en fin de gestation : Il est certes dangereux pour les chiots de les exposer aux
rayons X lors d’une radio mais cela permet de savoir le nombre exact de petits attendus, alors
qu’on est moins sûr du chiffre avec une échographie. Les bénéfices de cette pratique sont
supérieurs aux risques.

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6- Glande annexe
A- le foie

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La forme du foie a la radio est triangulaire, on a du mal à voir les limites caudales sauf quand
l’animal est gras.

Veine mésentérique :

Shunt portosystémique : la veine porte ne va pas dans le foie mais directement dans le système
systémique.
On peut injecter un produit de contraste dans l’artère mésentérique, on observe un by-pass du
foie, le produit arrive directement dans la veine cave caudale.

B- Le pancréas
Sur une radio le pancréas est non visible car il n’est pas assez contrastant par rapport au milieu
environnant. Lorsqu’on suspecte une pancréatite on cherche une perte de contraste dans la zone
crâniale.

C- La rate

NB : la rate n’est pas une glande annexe du tube digestif


C’est une languette a radio opacité de tissu mou, elle se situe dans la région crâniale gauche et est
plaquée entre l’estomac et la paroi abdominale latérale. Sur une vue de profil on voit la queue de
la rate, on a du mal à voir le corps, la tête est confondue avec le rein. La rate n’est pas un organe de
taille constante, elle est très mobile et peut prendre une grande place dans l’abdomen.

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Diapos complémentaires au TD :

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Remontée d’estomac :

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QCM
L'anatomie de l'abdomen fait que son image radiographique sera
toujours bien contrastée *
Vrai
faux

Le contraste abdominal repose sur *


la présence de graisse abdominale
les différences de densité et d'épaisseur entre les organes
la différence de radio-opacité entre les liquides et les tissus
la présence de gaz

L'image radiographique de l'abdomen d'un animal émacié


présentera *
un bon contraste (en effet, la graisse crée un voile diffus sur
l'image)
un mauvais contraste (en effet, la radio-opacité de la graisse
péritonéale et rétropéritonéale contraste avec celle des
viscères

L'image radiographique de l'abdomen d'un chiot présente le même


contraste que celle de l'abdomen d'un adulte
vrai pour toutes les races
vrai seulement pour les petites races
vrai seulement chez les brachycéphales
faux

Contrairement à la radiographie du thorax, pour améliorer l'image,


le temps de pause pour la radiographie de l'abdomen doit être long
vrai
faux (mouvement respiratoire)

En l'absence de côtes, une seule projection radiographique suffit


pour examiner l'abdomen *
Vrai
Faux

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La technique radiographique (nombre de projections) est identique
chez un chihuahua et un montagne des pyrénées
vrai
faux

Idéalement, la radiographie de l'abdomen doit être déclenchée *


en fin d'inspiration
en fin d'expiration
en fin de systole
peu importe

Une radiographie de profil gauche sera totalement identique à celle


d'une vue de profil droit car l'abdomen est symétrique
anatomiquement *
Vrai
Faux

Les organes suivants sont visibles sur une radiographie de


l'abdomen d'un animal sain *
les reins
les surrénales
le foie
la vésicule biliaire
la rate
les ovaires
le pancréas si l'animal est gras

L'image radiographique du foie est toujours bien séparée de celle


du diaphragme
vrai
faux

L'épaisseur de la paroi gastrique mesurée sur une vue de face en


regard de la 2ème vertèbre lombaire est un indicateur de la
présence ou de l'absence d'une gastrite *
vrai
faux

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Sur une radiographie, l'estomac *
se voit uniquement après un repas
ne dépasse pas le cercle de l'hypochondre
se situe dans le cadran abdominal crânial droit chez le chat
présente toujours des plis de la muqueuse gastrique bien nets

Le duodénum est toujours facilement visible sur une radiographie *


vrai car le cadre duodénal a une position fixe
faux car il possède rarement des gaz

Chez le chien, sur une radiographie de profil, l'intestin grêle a un


diamètre *
< 1.5 fois la hauteur du corps vertébral de L5
< ou = longueur de L5
< 1.5 fois la hauteur du corps vertébral de L1
< ou = longueur de L1

Chez le chien, sur une radiographie de profil, le côlon a un


diamètre *
< 1.5 fois la hauteur du corps vertébral de L5
< ou = longueur de L5
< 1.5 fois la hauteur du corps vertébral de L1
< ou = longueur de L1

Sur une radiographie, le caecum *


ne se voit jamais
se voit toujours chez le chat gras
peut s'observer dans le flanc droit, à l'aplomb de la 2° ou 3°
vertèbre lombaire

Le pancréas, sur une radiographie


peut parfois s'observer lorsque la graisse abdominale est en
quantité importante
s'observe uniquement lors de pancréatite, son contour étant
bien délimité par un épanchement péritoneal local

Quelles sont les noms des projections requises pour un chien de
race géante?

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CE DOCUMENT A ETE OFFERT AUX VETERINAIRES ALGERIENS PAR

REDA MOHAMED GUESSOUM, DVM

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Etude de l’appareil digestif - Histologie – CM 1

Histologie de la cavité buccale

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Introduction

I. Topographie générale
II. Les lèvres
1. Le versant épidermique
2. Le versant muqueux
3. Fonctions des lèvres
III. Les joues
IV. Le palais dur
V. Le palais mou
VI. La langue
1. Le versant épidermique
2. Le versant muqueux
3. Fonctions des lèvres
VII. Les dents
VIII. Le pharynx

Conclusion

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L’appareil digestif est l’ensemble des organes qui assure la préhension, la transformation et
l'absorption des aliments ainsi que le rejet des déchets. Il se compose du tube digestif, de
glandes annexes (pancréas, glandes salivaires, foie) et des dents.

On peut le diviser en deux parties :
- La section ingestive, à l’avant : bouche, dents, pharynx, œsophage, glandes
salivaires.
- La section digestive et éjective : estomac, intestin, foie, pancréas.

Les différences dans l’organisation histologique des éléments qui composent l’appareil
digestif sont en lien avec une de ses particularités : ses différentes origines embryologiques.
- Les deux extrémités (cavité orale et canal anal) ont la même origine ectodermique,
ce qui suppose que leur organisation histologique sera sensiblement la même
- Le reste du tube digestif est issu de l’endoderme et du feuillet viscéral du
mésoderme (qui formera principalement le péritoine)

On observe globalement une adaptation histologique en fonction de la localisation dans le
tube digestif. Les principales modifications concernent la muqueuse, c’est-à-dire l’ensemble
des couches cellulaires en lien avec la lumière.


I. Topographie générale




La cavité orale est délimitée :
- Crânialement par les lèvres supérieure
et inférieure
- Latéralement par les joues
- Caudalement par le pharynx
- Dorsalement par le palais dur et le palais mou
- Ventralement par la langue







Elle contient également les dents, qui sont une forme particulière de matrice extra-
cellulaire, propre à la cavité orale. La langue repose sur le plancher de la cavité orale.

L’ensemble de la cavité est construit sur un même plan histologique, mais on observe de
petites variations selon les régions de la cavité.

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Le plan histologique général de la cavité buccale est composé de :

• Une muqueuse qui est l’interface entre le milieu extérieur et le milieu intérieur. C’est
l’association d’au moins un épithélium de revêtement et d’un tissu conjonctif appelé
chorion. Du plus superficiel au plus profond, on a donc :

Ø Un épithélium pluristratifié pavimenteux plus ou moins épais selon les
régions anatomiques et plus ou moins kératinisé. La kératinisation constitue
une spécialisation et à un rôle de protection mécanique. Pour une même
espèce, le palais dur ou la face dorsale de la langue seront beaucoup plus
kératinisés que la face inférieure de la langue, ceci en rapport avec le rôle de
chaque région (le palais dur a un rôle passif dans la mastication). En effet, le
palais dur, comme la face supérieure de la langue sont bien plus au contact
des différents aliments que la face inférieure de la langue par exemple. Cette
kératinisation est également à mettre en lien avec le régime alimentaire : les
ruminants qui consomment des aliments fibreux vulnérants (qui piquent, qui
sont durs...) auront un épithélium avec une kératinisation plus importante
que les animaux consommant des aliments mous (ex : croquettes).

Remarque : Tous les épithéliums pluristratifiés sont pavimenteux (sauf rares exceptions).

Ø Le chorion : par définition, un chorion est un tissu conjonctif qui supporte un
épithélium de revêtement et repose sur la sous-muqueuse. Ce chorion est
plus ou moins dense selon la région considérée. On peut y observer parfois
des formations propres à certaines régions (glandes, formations lymphoïdes...
Cf. suite du cours).

• Une sous-muqueuse sur laquelle repose la muqueuse. C’est un tissu conjonctif
lâche, pouvant contenir des glandes ou non (glandes salivaires mineures permettant
d’humecter la cavité orale, voire des nodules lymphoïdes selon la localisation). Les
glandes salivaires mineures fonctionnent en permanence, elles s’opposent aux
glandes salivaires majeures qui elles sont souvent intermittentes et servent à
humidifier le bol alimentaire lors des repas. On trouve des glandes mineures partout
dans la cavité buccale (les majeures sont quant à elles plus localisées).

On vient de présenter l’organisation générale des tissus, on étudie maintenant les
particularités histologiques de chaque région de la cavité orale.

II. Les lèvres

Pour chacune des lèvres, on distingue un versant épidermique (externe) possédant des poils
et un versant muqueux (interne) lisse et sans poils.

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Versant épidermique

Follicule

CT de vibrisse

Versant
muqueux


Comme on peut le voir sur la coupe précédente, le chorion du versant muqueux est démuni
d’annexes et possède une surface très plane. On observe également que l’épithélium
muqueux est beaucoup plus épais que l’épithélium du versant épidermique. Dans ce dernier,
on trouve de très nombreuses annexes au niveau du chorion (qui est en fait le derme ici) : il
s’agit de follicules pileux associés à différentes glandes. On trouve également de grosses
formations qui correspondent aux vibrisses que nous détaillerons plus tard.

Sur le versant épidermique, on peut aussi distinguer des petites crêtes dues à l’invagination
continue des différents follicules pileux. Ces crêtes servent d’engrainement du tissu
épithélial (derme) au tissu conjonctif (chorion).
Pour ce qui est du versant muqueux, on n’a pas de réel besoin d’engrainement puisque
l’épithélium est à plat sur le chorion, on verra seulement apparaître de petites papilles
assurant la cohésion entre ces deux tissus.



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1. Le versant épidermique

Le versant épidermique présente deux structures histologiques particulières.

a) Les vibrisses

Le versant épidermique contient en plus des follicules classiques, des follicules pileux
modifiés : les vibrisses. Ce sont des tiges pilaires longues, de grand diamètre, entourées
d’une gaine épithéliale permettant l’engrenage des structures et la formation de la tige. Ces
annexes assurent aussi l’ancrage entre cet épithélium et le tissu conjonctif en dessous. Ces
follicules pileux modifiés sont des poils tactiles. On les trouve un peu sur le menton, parfois
aux extrémités des membres mais ils sont majoritairement placés sur les lèvres.

Chaque follicule est entouré d’un lac sanguin où il est maintenu par une pellicule de tissu
conjonctif dense, la capsule, qui est riche en terminaisons nerveuses. Lorsqu’une onde
arrive au niveau de la vibrisse, la vibration est transmise au lac sanguin qui l’amplifie, elle est
ensuite captée par les terminaisons nerveuses afin de transmettre l’information. Les
vibrisses sont donc impliquées dans la proprioception. Elles sont particulièrement
développées chez les animaux nocturnes, ce sont elles qui permettent entre autre au chat
de se déplacer aisément dans le noir.



b) Les glandes circumorales

Le versant épidermique porte aussi des glandes sébacées de très grande taille
(hypertrophiées) : les glandes circumorales. Elles sont composées d’un ensemble de petites
glandes sébacées grasses formant un massif de grande taille autour des follicules pileux.
Elles jouent un rôle dans le marquage du territoire et se trouvent essentiellement sur la
lèvre inférieure et un peu à la base des oreilles. Elles sont surtout présentes chez les chats.

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Glande circumorale



Remarque : Il existe peu de pathologies associées aux glandes
circumorales et aux vibrisses.


2. Le versant muqueux

C’est la partie interne de la lèvre, elle a un aspect rose-brillant, parfois pigmentée. Ce
versant est marqué par une absence de follicules pileux et une simplification des structures
par rapport au versant épidermique.
L’épithélium est plus épais et plus ou moins kératinisé en fonction du régime alimentaire de
chaque espèce : les herbivores ont un régime plus « décapant » que celui des carnivores et
du porc, il sera donc plus kératinisé afin d’obtenir une meilleure protection mécanique.
Le chorion et la sous muqueuse sont presque indiscernables l’un de l’autre.



Remarque : Dans la sous-muqueuse, on trouve des glandes salivaires tubulo-acineuses. Ces
glandes sont de nature :
- séreuse chez les équidés pour lesquels elles jouent un rôle important

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- muqueuse chez les ruminants et les carnivores pour qui elles sont moins développées
La salive produite est donc plus liquide et moins collante chez les équidés que chez les
ruminants et les carnivores.

La particularité de ce versant est son grand nombre de faisceaux musculaires striés (ceux du
muscle orbiculaire de la bouche). Ces muscles jouent un rôle dans la préhension des
aliments surtout pour les équidés et les ruminants. Les filets nerveux en nombre plus ou
moins important vont permettre des mouvements plus ou moins précis en fonction des
espèces. Par exemple, chez les petits ruminants qui utilisent beaucoup leurs lèvres pour la
préhension des aliments, les cellules musculaires sont très nombreuses et orientées dans
tous les sens avec beaucoup de terminaisons nerveuses. Chaque terminaison nerveuse
innerve donc un petit nombre de cellules ce qui permet la réalisation de mouvements
beaucoup plus précis que chez les bovins pour lesquels l’organe de préhension majeur est la
langue.

3. Fonctions des lèvres

Elles permettent la préhension des aliments solides et l’aspiration des liquides chez les
nouveaux nés. Les vibrisses sont responsables de la grande sensibilité des lèvres et en font
ainsi des organes du tact.

III. Les joues

Ce sont les parties latérales de la cavité orale. Leur versant épidermique à la même
organisation que celui des lèvres mais sans vibrisses. Pour le versant muqueux, la
kératinisation dépend toujours du régime alimentaire de l’animal. Au niveau de la sous-
muqueuse du versant muqueux, on trouve des glandes salivaires mineures tubulo-
acineuses composées (= plusieurs unités sécrétrices associées sur un canal) à sécrétion
continue dans le chorion qui sont plus ou moins nombreuses. Elles ont pour rôle de garder
un taux d’humidité constant et d’éviter la déshydratation de la cavité buccale.

Fonction des joues :
Les joues ont une fonction totalement dédiée à la mastication. Elles repoussent les aliments
sous les molaires et permettent ainsi le broyage des aliments.

IV. Le palais dur

Il repose sur l’os et les processus palatin. Il est constitué :

- D’une muqueuse épaisse avec des reliefs transversaux et
incurvés, que sont les crêtes palatines dont le nombre et la
forme varient selon l’espèce (16 à 18 chez le boeuf, 6 à 10 chez
le chien). Leur concavité est située en regard de la partie
caudale de la cavité, ce qui guide la progression des aliments.
Elle est tapissée d’un épithélium épais très kératinisé qui offre
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une très grande résistance. Il a un rôle mécanique, lors de l’écrasement des aliments.
L’épithélium très épais repose sur un chorion épais contenant parfois des glandes
dans sa partie caudale, notamment chez l’homme et les ruminants (beaucoup moins
chez les chiens, les chats et les équidés).

- D’une sous-muqueuse dont le tissu conjonctif dense est en continuité avec le
périoste (tissu conjonctif qui entoure l’os) de l’os maxillaire et de l’os incisif. La sous
muqueuse étant fine, il y a peu de place pour des glandes ou du tissu lymphoïde.



Fonctions du palais dur :
Il a un rôle passif dans la mastication du fait de sa forte kératinisation et il assure la
progression des aliments du fait de la disposition des crêtes. De plus la concavité caudale
des crêtes palatines empêche les aliments de revenir vers l’avant. Sa bonne intégrité permet
aussi la succion.

Remarque :
- Les fentes palatines, ou palatoschisis peuvent être
congénitales (présente dès la naissance), elles résultent de
l’absence de soudure des deux demi-palais. Ceci entraîne
une communication entre la cavité orale et la cavité
nasale. Le jeune animal ne pourra pas téter et on
observera une absence de succion qui provoquera des
problèmes de croissance par défaut d’absorption de lait
(comme il y a communication avec la cavité nasale qui est
à pression atmosphérique, l’animal ne peut pas créer de
dépression suffisante pour aspirer le lait), ainsi que des
troubles pulmonaires dû au passage de lait dans l’arbre

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aérifère. Ceci souligne le rôle passif mais néanmoins important du palais. Quand elles
apparaissent chez des bovins, on euthanasie le veau.
- Il existe aussi des fractures ou des fissures palatines qui divisent encore le palais en
deux demi palais. Ces lésions traumatiques sont très fréquentes chez les chats dits
«parachutistes». Ces chats qui vivent en hauteur et se baladent sur les gouttières et
autres balcons, tombent parfois. Bien que faire le delta-chat (ou l’écureuil volant, au
choix) avec les plis de peau au niveau des pattes aidant (cela freine la chute), ils
amortissent une grande partie du choc avec leurs membres mais la tête subit elle
aussi un choc et le palais se fissure sous l’onde de choc (le menton cogne contre le sol
à l’atterrissage car les muscles cervicaux ne sont pas assez forts pour retenir la tête).

V. Le palais mou

Cette région est en continuité avec le palais dur et elle possède un bord caudal libre. C’est
une association de tissus conjonctifs et épithéliaux. Le palais mou (non supporté par un
tissu osseux, donc relativement mobile) est tapissé par une muqueuse beaucoup plus fine
que le palais dur. Elle est composée d’un épithélium pluristratifié non kératinisé (ou très
peu) et d’un chorion contenant de très nombreux nodules lymphoïdes (petits points blancs
visibles à l’œil nu lorsqu’ils sont hypertrophiés, donc réactifs).
C’est une zone de contact et d’échange, très impliqué dans la défense et la réponse
immunitaires. La sous-muqueuse comporte de très nombreuses glandes, de nature
muqueuse chez l’homme et les herbivores, et de nature mixte (séreuse et muqueuse) chez
les carnivores.



Fonctions du palais mou :
Son bord libre joue le rôle de clapet, il permet la régulation du transit pharyngien et est
donc responsable du devenir du bol alimentaire.

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Pathologies associées : Si le palais mou est trop long, ce qui est parfois le cas chez les chiens
de type brachycéphale, il peut occasionner une gêne respiratoire.

VI. La langue

On distingue deux parties très différentes d’un point de vue histologique : une face ventrale
(profonde ou encore inférieure), et une face dorsale (superficielle ou encore supérieure).
Entre ces deux faces se trouve du muscle.

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1. Face ventrale

Elle présente une muqueuse fine tapissée d’un épithélium plan, lisse et fin, peu ou pas
kératinisé. Ceci permet un bon glissement sur le plancher de la cavité buccale. Le chorion
est riche en vaisseaux sanguins notamment en veines de gros calibre (qui sont des espaces
optiquement vides au microscope). Ces grosses veines jouent un rôle dans la
thermorégulation (on a des échanges de chaleur à ce niveau). Ces veines sont aussi utilisées
lors d’injections d’urgence (ex : un tonicardiaque) notamment lors d’une chirurgie où
l’animal est en arrêt cardiaque et est déjà anesthésié. On utilise ces veines car la diffusion y
est très rapide et l’accès facile, lors d’une intubation ou lorsqu’il n’y a pas de voie veineuse
posée. (Et c’est aussi pour ça qu’on nous dit de faire fondre certains médicaments sous la
langue !)



2. Face dorsale

a) La muqueuse

L’épithélium est très épais, irrégulier et kératinisé, surtout chez les ruminants. Sur la coupe
suivante, on peut observer en haut, que l’épithélium est soulevé par des formations
régulières : ce sont les papilles.

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Ces papilles sont de formes, de tailles et de fonctions diverses, on distingue 5 types :

- Les papilles filiformes : Elles sont toutes en longueur (forme de doigt), fines et très
kératinisées. Elles ont un rôle mécanique.



- Les papilles coniques : Elles sont plus effilées, moins hautes mais présentent une
base plus large que les filiformes. Elles sont très nombreuses.

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Généralement, les papilles coniques sont peu kératinisées sauf chez le chat où elles
interviennent dans le léchage (elles font tomber les poils morts, qui servent de lest
pour l’estomac). On observe souvent chez les chats anxieux une activité de léchage
exacerbée, causant des plaies de léchage à cause de ces papilles car celles-ci sont
abrasives donc un sur-toilettage casse les poils même s’ils sont sains. Ce peut être
aussi dû à la satisfaction d’un prurit. De plus, les poils ingérés se retrouvent dans le
bol alimentaire et peuvent être à l’origine de pathologies chez le chat âgé car ceux-ci
restent dans l’estomac au lieu de continuer dans le tube digestif ; ils servent aussi de
lest alimentaire. Ils se retrouvent sous forme de boulettes qui ne passent plus le
sphincter gastro- entérique, qui n’est plus assez mobile et restent donc bloqués dans
l’estomac. Il existe des médicaments qui permettent la dissolution de ces boulettes.

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- Les papilles fongiformes : Elles sont en forme de champignons et ne sont
pratiquement pas kératinisées. Elles portent dans leur portion latérale des
formations particulières que sont les bourgeons du goût. Elles interviennent donc
dans la gustation.




En effet, si on regarde plus près, voilà ce que l’on observe :

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On peut voir en haut du dessin à gauche que le bourgeon n’est pas recouvert de kératine,
ceci permet aux molécules gustatives d’entrer en contact avec des récepteurs des
microvillosités du pôle apical des cellules gustatives, ce qui va transmettre un message
jusqu’aux terminaisons nerveuses au pôle basal du bourgeon. Pour que le stimulus s’arrête
il faut nettoyer le bourgeon gustatif de la molécule. Ce nettoyage est assuré par des glandes
gustatives séreuses (et non muqueuses car sinon ça colle les microvillosités entre elles !)
situées dans le chorion, qui rejettent leurs sécrétions séreuses (donc fluides) en surface
grâce à des canaux traversant l’épithélium.

Bourgeon du goût



Les cellules qui possèdent des microvillosités reçoivent l’information du goût, les cellules
basales assurent quant à elle le renouvellement cellulaire.

- Les papilles foliées ou foliacées : Elles sont très peu kératinisées et présentent des
bourgeons du goût.

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- Les papilles circumvallées : Elles portent elles aussi des bourgeons du goût et sont
peu kératinisées. Elles sont situées à l’arrière de la langue et sont visibles à l’œil nu.




Le nombre de bourgeons varie d’une espèce à l’autre : l’Homme en compte environ 10 000,
le chien : 1 700, le chat : 470 ; ce qui entraîne une grande variation de la qualité gustative
d’une espèce à l’autre.

La distribution de ces papilles n’est pas homogène d’une espèce à l’autre. Par exemple,
comme on a pu le voir, la langue des chats est très riche en papilles coniques (l’apex de leur
langue est rapeux) alors que chez le chien on aura la disposition suivante :

En résumé, les papilles très kératinisées auront un rôle mécanique (papilles filiformes,
papilles coniques chez le chat) alors que les papilles peu kératinisées auront une fonction
dans la gustation (papilles fongiformes, circumvallées, foliées).

b) Le chorion

On trouve dans le chorion de la langue :
- des glandes linguales muqueuses à la base de la langue
- des glandes salivaires mineures plus nombreuses à l’apex
- des glandes gustatives séreuses majoritaires qui libèrent un dépôt séreux au niveau
des bourgeons du goût permettant le nettoyage des microvillosités en les rinçant.
Ainsi, il y a un arrêt du signal et on ne garde pas toujours le même goût dans la
bouche
- un peu de nodules lymphoïdes

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c) La musculeuse

Le tissu musculaire est extrêmement développé et associé à de très nombreux filets
nerveux. La langue est donc un muscle à fois mobile, puissant et précis dans ses
mouvements, c’est cet organe qui permet la prise alimentaire.

3. Fonctions de la langue

Elle permet la gustation via les bourgeons gustatifs, le contrôle de la température
(thermorégulation), la préhension et la mastication des aliments par sa grande mobilité et
sa finesse dans les mouvements (organe du tact avec proprioception très précise
notamment chez les ruminants).
En effet, chez les petits ruminants, la préhension des aliments se fait par la langue. Ceci
n’est pas très sélectif puisque l’animal ramène ainsi toute la touffe d’herbe dans sa bouche
ce qui peut entraîner des lésions si il a ramassé des aliments non comestibles.

Pathologies associées : S’il y a inoculation d’un germe, cela peut provoquer une lésion
inflammatoire avec fibrose (destruction du muscle), rendant la prise alimentaire difficile.

VII. Les dents

Les dents ont une double origine mésenchymateuse et épithéliale. Elles sont formées par
l’épithélium qui donne l’émail et le tissu conjonctif embryonnaire qui donne l’ivoire encore
appelé dentine.
Tout d’abord, l’épithélium de la cavité buccale forme un bourgeon en forme de cloche qui
s’enfonce dans le conjonctif embryonnaire mésenchymateux (figure A). Au contact de cet

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épithélium, les cellules conjonctives mésenchymateuses se différencient et échangent des
signaux (les cytokines) provoquant la différenciation simultanée des cellules épithéliales et
du tissu conjonctif. Les deux tissus ont une évolution fortement associée due à cette
collaboration à leur interface permettant le bon développement des tissus, il y a un réel
dialogue entre eux deux. Les cellules de l’épithélium au contact des cellules du tissu
conjonctif se différencient en améloblastes qui produisent l’émail et celles du conjonctif au
contact de l’épithélium se différencient en une matrice particulière constituée
d’odontoblastes qui produisent l’ivoire (= dentine). Au centre, le reste du tissu conjonctif
non différencié forme la pulpe dentaire, très vascularisée et innervée.



Avant l’éruption des dents, la plupart de l’épithélium disparaît de la surface de la dent, les
cellules épithéliales à sa base, qui rentrent en contact avec les cellules conjonctives
persistent et seule reste alors la zone productrice d’émail. Les reliquats de cet épithélium
peuvent évoluer en tumeurs bénignes nommées épulis. Ce phénomène est très fréquent
chez le chien.
Au final, la dent se compose de plusieurs couches, de l’extérieur vers l’intérieur : l’émail,
l’ivoire, et la pulpe dentaire, conjonctif lâche. Pour une bonne formation de la dent il faut
que l’ivoire et l’émail évoluent ensemble. L’émail contient 80% de sels minéraux, c’est un
tissu globalement lisse et blanc nacré, ainsi les bactéries ont peu de sites de fixation dessus.
A l’inverse l’ivoire est un tissu plus rugueux et plus foncée, il contient des sels minéraux en
moindre quantité donc est plus enclin à une colonisation bactérienne.

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Exemple de pathologie dentaire : Hypoplasie dentaire de l’émail


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On observe sur la photo l’émail en blanc et l’ivoire en marron. Cette maladie est due à un
virus très spécifique qui possède un tropisme pour les cellules épithéliales (ici les
améloblastes) : c’est le virus de la Maladie de Carré. Le virus atteint une partie de l’émail et
provoque l’arrêt de sa production. Il manque alors le bouclier que constitue l’émail. Les
dents seront beaucoup plus fragiles et sensibles aux carries, plus difficiles à laver avec la
salive et on observera une prolifération des bactéries.

VIII. Le pharynx

Le pharynx est le carrefour entre les voies respiratoire et digestive. Sa partie digestive (celle
qui nous intéresse) est formée de l’oropharynx et du laryngopharynx.


1 : Langue - 2 : Arc palato-glosse - 3 : Amygdale


La muqueuse de type lisse est composée :

- d’un épithélium pluristratifié pavimenteux plus ou moins kératinisé selon le régime
alimentaire (herbivores > carnivores). Cet épithélium doit, en effet, résister au
passage du bol alimentaire pouvant être abrasif.
- d’un chorion riche en nodules lymphoïdes regroupés en petits territoires : les
tonsilles palatines (dont les plus développées sont les amygdales) qui sont situées
dans une crypte.

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Remarque : Chez un animal sain, quand on ouvre la gueule les amygdales sont peu visibles.
On les voit nettement en situation pathologique (elles sont rouges et de taille plus
importante, et sortent du creux dans lequel elles sont situées normalement).


CT d’une amygdale




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CE DOCUMENT A ETE OFFERT AUX VETERINAIRES ALGERIENS PAR

REDA MOHAMED GUESSOUM, DVM

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Histologie de l’œsophage
et de l’estomac



I. L’œsophage

1. Structures histologiques
2. Fonctions de l’œsophage

II. L’estomac

1. L’estomac uniloculaire (Monogastriques)
2. L’estomac pluriloculaire (Polygastriques)



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I. L’œsophage

L’œsophage est appendu au pharynx ; il suit la trachée et est prolongée par l’estomac. Il
constitue le début de la partie tubulaire de l’appareil digestif, ses extrémités sont le pharynx
et le début de l’estomac. L’œsophage traverse le cou et le thorax et son extrémité terminale
est intra-abdominale (partie très réduite).



Quelle que soit la région considérée, le tube digestif présente toujours la même organisation
en quatre couches concentriques centrées autour d’une lumière (de l’œsophage jusqu’au
canal anal) :

- La muqueuse, formant des plis longitudinaux effaçables. Elle comprend un épithélium
de revêtement (ressemblant fortement à celui de la cavité orale), un chorion (tissu
conjonctif dense) et une musculaire (muscularis mucosae = musculaire de la
muqueuse). Le développement de la musculaire varie en fonction des espèces. La
muqueuse est la couche la plus différenciée.
- La sous-muqueuse (tissu conjonctif lâche) a un aspect de filet, elle est aréolaire. En
fonction de la portion de tube digestif on y trouvera ou non des glandes.
- La musculeuse composée de 2 ou 3 couches de tissu musculaire selon la portion du
tube digestif considérée.

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- L’adventice constituée d’un tissu conjonctif lâche et d’un feuillet viscéral d’une
séreuse qui est la plèvre au niveau thoracique et le péritoine au niveau de l’abdomen.
Attention : l’adventice n’est pas toujours visible sur les préparations au microscope.


On peut également noter que lors du passage des aliments, la lumière du tube digestif est
béante car tendue, mais lorsqu’aucun aliment ne passe, elle est plissée.



Remarque :
- L’œsophage n’est pas une cible privilégiée des infections car il assure simplement un
rôle de transit dont le but est de faire passer le mieux et le plus vite possible le bol
alimentaire. La cavité orale, au contraire, est le siège de nombreuses pathologies.
- La muqueuse est la couche qui varie le plus de toutes les régions du tube digestif (en
particulier son épithélium) : l’épithélium de la muqueuse est plus ou moins kératinisé,
et la nature des glandes de la sous-muqueuse diffère.

1. Structures histologiques

a) La muqueuse

La muqueuse forme dans la lumière des plis longitudinaux qui peuvent s’effacer lors de
l’étirement de l’œsophage durant le passage du bol alimentaire.










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Cette muqueuse se divise en trois couches :

- Un épithélium pluristratifié pavimenteux, identique à celui de la cavité orale (malgré
leur origine embryologique différente) et dont la kératinisation varie selon les espèces
et leur régime alimentaire (ruminants : régime vulnérant > équidés > porcs> carnivores
[pas de kératinisation]). Cet épithélium a une fonction de protection. Les cellules sont
aplaties à la surface.



- Un chorion : tissu conjonctif dense, très riche en fibres élastiques qui permettent à la
lumière plissée de l’œsophage de s’étendre lorsque le bol alimentaire passe.



- Une musculaire de la muqueuse, composée de cellules musculaires lisses à
disposition longitudinale, suivant l’axe de l’œsophage. Sa présence le long de
l’œsophage diffère selon les espèces : elle est dès la portion proximale de
l’œsophage chez les ruminants, les équidés et les chats, alors qu’elle n’apparait
qu’au tiers de la partie distale de l’œsophage chez les chiens et les porcs. Cette
répartition n’a cependant pas de grand impact physiologique sur l’espèce concernée.




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b) La sous-muqueuse

C’est un tissu conjonctif lâche riche en fibres élastiques. Elle contient les glandes
œsophagiennes (glandes tubulo-acineuses ramifiées muqueuses). Ce sont des glandes de
type muqueuses qui sécrètent du mucus, qui, déversé dans la lumière de l’œsophage, forme
un tapis en surface, facilitant ainsi le glissement du bol alimentaire.



Remarque :
- Sur une coupe d’œsophage, pour différencier la muqueuse de la sous muqueuse (pas
toujours évident) on repère la présence de glandes ou non.
- La localisation des glandes diffère selon les espèces. Chez les chats, les équidés, les
bovidés et les rongeurs, les glandes sont concentrées dans le tiers crânial de
l’œsophage. Chez le chien, elles sont présentes sur toute la longueur de l’œsophage ;
chez les porcs, elles occupent la moitié crâniale de cet organe. Cette différence de
localisation n’a aucune répercussion physiologique.

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Dans le cas d’une hyperplasie des glandes œsophagiennes, le produit de sécrétion
s’accumule et s’oxyde (cf. photo ci-dessous), on peut alors distinguer les glandes
œsophagiennes. Attention ceci est un cas pathologique, en situation physiologique elles ne
sont pas observables.



c) La musculeuse

Elle est divisée en deux couches inégales, de par leur taille et l’organisation des cellules dans
l’espace :
- Une couche interne circulaire, épaisse, avec des fibres à disposition circulaire.
- Une couche externe longitudinale, moins épaisse avec des fibres à disposition
longitudinale.

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La musculeuse se compose de cellules musculaires striées (à contraction volontaire) et de
cellules musculaires lisses (à contraction involontaire) dont la répartition varie en fonction
des espèces :

- Chez le chien et les ruminants les cellules musculaires striées occupent quasiment
toute la longueur de l’œsophage, les cellules lisses étant seulement à l’extrémité
distale. Ces deux espèces ont donc une action volontaire sur la remontée du bol
alimentaire, essentielle pour la rumination et qui permet au chien de vomir de façon
volontaire et facile.
- Chez le chat, les fibres musculaires striées occupent la première moitié de l’œsophage
et les lisses la deuxième moitié. Le chat a lui aussi la capacité de vomir de façon
volontaire mais dans une moindre mesure comparée au chien.
- Chez les équidés, les cellules musculaires striées ne sont présentes que dans le tiers
supérieur, le reste étant des fibres lisses. La transition entre les deux types de fibres
musculaires est progressive. Le cheval lui ne vomit pas (sauf situation pathologique
grave).

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d) L’adventice

Elle est formée d’un tissu conjonctif lâche, associée au feuillet viscéral de la plèvre dans le
thorax et au feuillet viscéral du péritoine au niveau de l’abdomen.

2. Fonctions de l’œsophage

L’œsophage possède un rôle simple : il permet la conduction du bol alimentaire. La
kératinisation le protège, et le mucus produit par les glandes favorise le glissement des
aliments. De plus, la partie crâniale de l’œsophage peut se distendre (fonction élastique),
favorisant la progression du bol alimentaire : c’est le péristaltisme (= contraction et
distension de la partie crâniale grâce aux cellules musculaires).
Il a également la particularité de permettre les vomissements chez le chien et la rumination
chez les vaches grâce à la régurgitation.

A ses deux extrémités, l’œsophage est fermé par des formations musculaires puissantes à
disposition circulaire, permettant la régulation du diamètre et appelées sphincters. Il en
existe deux :
- Le sphincter pharyngo-oesophagien

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-Le sphincter oesophago-gastrique qui est très développé chez le cheval ce qui
empêche le retour en amont du bol alimentaire et qui l’empêche donc de vomir.
En cas de surcharge gastrique, il y a donc risque de déchirure de l’estomac.

Remarque : L’œsophage réagit généralement très mal à la chirurgie. Les plaies évoluent
souvent sous-forme d’anneaux fibreux à l’origine de sténoses. La lumière de l’œsophage
diminue de diamètre, et le passage des aliments s’en trouve gêné.


II. L’estomac

La structure de l’estomac varie selon le régime alimentaire et l’espèce. On distingue les
monogastriques dont l’estomac est uniloculaire et les polygastriques (=ruminants) dont
l’estomac est pluriloculaire (plusieurs poches dont les fonctions et l’organisation histologique
sont différentes).
Remarque : On trouve normalement l’estomac dans la cavité abdominale. Toutefois, il arrive
que, dans les parties conjonctives du diaphragme, les fibres de collagène se distendent,
provoquant la saillie de l’estomac dans la cavité thoracique : c’est une hernie.


1. L’estomac uniloculaire

C’est un estomac simple, en une seule poche, que l’on retrouve chez les carnivores, les
hommes, les lapins, les équidés et les porcs. C’est une poche qui fait suite à l’œsophage et
est limitée caudalement par le duodénum. Elle intervient dans la sécrétion d’acide
chlorhydrique et de trypsinogène (précurseur de la trypsine).





a) Structures histologiques

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On distingue deux grandes régions :



- Une portion non glandulaire dont la structure histologique de la muqueuse est
identique à celle de l’œsophage, avec un épithélium pluristratifié pavimenteux plus
ou moins kératinisé, et un chorion et une sous-muqueuse dépourvus de glandes. Elle
apparait donc blanche et non brillante car dépourvue de sécrétions. Elle est très
développée chez le cheval et peu observable chez les autres espèces, voire virtuelle
chez le chien. Ce serait peut-être une éversion de l’œsophage.



- Une portion glandulaire subdivisée en 3 régions le cardia, le fundus, partie la plus
développée, et le pylore, qui ne diffèrent que par leurs glandes. Elle est composée
d’un épithélium unistratifié et d’un chorion comprenant des glandes. Elle est rose et
brillante. L’importance relative des diverses régions varie selon les espèces. Chez le
porc, le cardia est relativement développé. Chez le chien, la partie non glandulaire est
souvent virtuelle, le cardia est très réduit et la partie fundique très développée.

Le pli séparant ces deux portions et visible à l’intérieur de l’estomac (car la transition est
brutale entre les deux régions) est le margo plicatus.



Nous allons décrire la partie glandulaire, qui montre de nombreux plis, effaçables lorsque
l’estomac est plein (permettant l'adaptation du volume au remplissage par le bol
alimentaire).

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i) Histologie générale de la partie glandulaire



Il existe une structure commune avec de petites différences entre les 3 parties de la portion
glandulaire. La distinction entre cardia, fundus et pylore est surtout basée sur les formes et
fonctions des glandes du chorion.

La muqueuse possède:

• Un épithélium simple cylindrique sécrétoire (= cellules plus hautes que larges)
ayant toujours le même aspect, comportant de nombreuses cellules sécrétrices de
mucus (liquide de pH = 7 qui protège l’épithélium des attaques acides des sécrétions
gastriques) et de prostaglandines. En coloration PAS ces cellules, dites cellules à pôle
muqueux fermé, apparaissent roses (mise en évidence des sucres du mucus). Le pôle
apical présente une coloration différentielle due à la présence du mucus (basophile et
donne un aspect renflé) qui tapisse l’ensemble de l’épithélium de l’estomac. Il y a un

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équilibre entre la sécrétion d’acides, et de mucus qui permet de protéger l’épithélium


de cet acide. Toute perturbation (défaut de production de mucus ou de tampon,
surproduction d’acide) entraîne des lésions de l’épithélium qui peuvent mener
jusqu’à l’ulcère. L’épithélium forme des invaginations, appelées cryptes, au fond
desquelles débouchent les glandes exocrines du chorion. Les cellules de
renouvellement de l’épithélium se situent au fond des cryptes. En fonction du
territoire ces glandes et la taille des invaginations seront très différentes.
Cet épithélium est uniquement sécrétoire et non absorbant !



• Un chorion : TC dense, riche en glandes. En temps normal l’acidité protège la
muqueuse mais si la muqueuse n’est pas saine, on peut alors trouver dans le chorion
des points lymphoïdes (cellules lymphocytaires regroupées en amas lymphoïdes peu
développés). Il faut donc qu’il y ait une stimulation antigénique : dans le cas contraire
(estomac normal), la protection par l’acidité suffit et il y a très peu d’amas. En effet,

le pH est le premier système de défense de la muqueuse : il stérilise le bol
alimentaire qui contient des bactéries
A la limite de la musculaire de la muqueuse et du chorion des carnivores, on trouve
une bande de tissu conjonctif sans cellule très riche en fibres de collagène, très
compacte et résistante, qui joue un rôle de protection : c’est le stratum compactum.
Il servirait à éviter les perforations de l’estomac par des corps étrangers auquel
l’animal serait vulnérable,
par exemple des
fragments d’os chez un
chien.



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Nombreuses
glandes



Amas
lymphoïde
(rare)



Muqueuse de la partie glandulaire de l’estomac






















• Une musculaire de la muqueuse ou muscularis mucosae organisée en 3
couches : une couche circulaire interne, une couche longitudinale moyenne et une
couche circulaire externe. La couche musculaire interne envoie de fines travées
musculaires entre les glandes, qui remontent jusqu’à l’épithélium. Leurs contractions
modifient l’aspect de l’estomac (formation/effacement des plis) et contribue au
brassage des aliments en augmentant la tonicité stomacale.

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La sous-muqueuse est un tissu conjonctif lâche, sans glandes car celles-ci sont dans la
muqueuse. Elle abrite des plexus nerveux de Meissner. Il existe dans ces plexus des
neurones sensibles au pH, à la pression, à la chaleur et qui envoient les informations au SNC.
Le SNC renvoie des signaux de réponse par le nerf vague. Ces neurones sont aussi sous
influence parasympathique (via l’acétylcholine) qui stimulera la production de sécrétions et
l’afflux sanguin. Ils interviennent donc dans la sensibilité de la muqueuse, assurent une
partie du contrôle de la sécrétion glandulaire et de l’afflux sanguin. La présence d’acide
stimule ce plexus qui à son tour stimule les glandes sécrétrices d’acide.












Remarque : Le système nerveux autonome (SNA) comprend le système orthosympathique et
parasympathique, auquel vient s’ajouter le système entérique, propre à l’intestin.

La musculeuse possède 3 couches de cellules musculaires lisses : oblique, circulaire et
longitudinale. On observe à nouveau des plexus nerveux, entre les couches circulaire et
longitudinale : les plexus d’Auerbach. Ce type de regroupement neuronal joue un rôle dans
la motricité et la tonicité de la muqueuse de l’estomac et de l’intestin car il gère la
contraction de la musculeuse. Il n’agit pas directement sur les cellules musculaires lisses, il
reçoit un ordre du système sympathique (ortho/para) et agit sur les cellules de Cajal situées
autour des plexus d’Auerbach qui elles agiront sur les cellules musculaires. Les cellules de

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Cajal font le lien et assure le relais entre l’innervation intrinsèque intramurale de l’estomac et
les cellules musculaires lisses. Ces plexus permettent par exemple la mise en action de la
vidange de l’estomac.












L’adventice est liée au mésothélium. C’est un tissu conjonctif lâche recouvert sur sa face
externe par le feuillet viscéral du péritoine.





ii) Particularités régionales et morphologiques des glandes

Remarque : L’épithélium ne change pas, ce sont l’aspect et le rôle des glandes qui varient
selon les régions de l’estomac.
Rappel : différence entre cellules séreuse et muqueuse
Les cellules séreuses : Production de liquide séreux = aqueux, riche en enzymes. Noyaux ronds
et des cytoplasmes très colorés.
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Les cellules à mucus : Production de mucus = liquide très visqueux riche en


mucopolysaccharides. Noyaux plus basals et cytoplasme peu coloré.


• Cardia

La transition entre l’œsophage et la
région du cardia est très rapide, on passe
d’un épithélium pluristratifié à un
épithélium simple de façon très abrupte
(Cf. image à droite). C’est au niveau de
cette transition que se situe le sphincter
oesophago-gastrique. La région du cardia
est caractérisée par un épithélium simple
qui forme des invaginations peu
profondes par rapport à la hauteur totale
de la muqueuse (seules différences avec
le pylore où les invaginations sont
profondes).
Épithélium pluristratifié de l’œsophage (gauche) / Epithélium simple du cardia (droite)

Au fond des invaginations de l’épithélium se trouvent des glandes tubulaires simples,
ramifiées, flexueuses et repliées sur elles-mêmes, à corps et lumières larges. En coupe, ces
glandes apparaissent bien circulaires. Elles ne comportent qu’un seul type de cellules
muqueuses (cytoplasme coloré, cellule aplatie) visibles en coloration HE. Il existe aussi
quelques cellules neuro-endocrines.














Remarque : La transition brutale entre les deux épithéliums peut être à l’origine de
pathologies car une remontée d’acide dans l’œsophage peut endommager l’épithélium
pluristratifié. Ce dernier n’est pas préparé à recevoir des sécrétions acides car le mucus qu’il
produit n’a pas la même composition. Ainsi, le mucus sera dégradée et les cellules ne sont
plus protégées : elles seront détruites. On observera une inflammation de l’œsophage (la

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muqueuse est progressivement décapée, et l’acide peut atteindre le chorion riche en


terminaisons nerveuses).


• Fundus

La région du fundus est la plus étendue en surface. Sa muqueuse forme des invaginations un
peu plus profondes que le cardia. Les glandes ont une lumière plus étroite et un corps long.
Elles forment un tube non replié sur lui-même, qui s’enfonce de manière droite dans la
première moitié du chorion (on a des glandes parallèles, ce qui donne un aspect radié) puis
qui se ramifie dans la seconde moitié. Ainsi sur une lame on arrive à distinguer la partie
tubulaire dans la première moitié mais plus dans la seconde car les glandes y sont en quelque
sorte entremêlées du fait de leurs ramifications.














Les glandes du fundus ont une activité sécrétoire très différente du cardia et du pylore : elles
sécrètent le suc gastrique. On distingue 4 types de cellules dans ces glandes, discernables si
l’on utilise des colorations spéciales :

• Les cellules muqueuses du collet, peu nombreuses, situées à la base des
ramifications glandulaires. Elles libèrent, comme l’épithélium de revêtement, des
glycosaminoglycanes acides (ou GAG) qui contribuent à la formation du mucus. Elles
sont difficiles à distinguer des autres morphologiquement, elles ressemblent
beaucoup aux cellules qui constituent le revêtement mais leur cytoplasme est coloré
un peu différemment. En anecdote, elles permettent l’absorption de la vitamine B12
chez l’Homme.



• Les cellules pariétales, plus grosses qui ont un noyau rond central et un cytoplasme
développé coloré en rouge. Elles ont un aspect d’œuf sur le plat où le noyau serait le
jaune d’œuf. Elles sont surtout présentes dans la partie supérieure et sur les bords de
la glande, et libèrent l’acide chlorhydrique HCl. Cette libération nécessite une

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organisation particulière des organites de la cellule avec des canalicules intra-


cytoplasmiques (non visibles) qui permettent l’évacuation du HCl dans la lumière de
la glande. Les cellules sont excentrées par rapport à la glande et font saillie à
l’extérieur de la glande, formant des bosses à l’extérieur du tube. Ces cellules peuvent
ont aussi le nom de cellules oxyntiques ou cellules bordantes.

Remarque : Il existe chez l’Homme et certains animaux la seule bactérie capable de survivre
en milieu acide, qui colonise les canalicules et cause 2/3 des cancers de l’estomac chez
l’Homme (chez les animaux, on a beaucoup de porteurs sains ou asymptomatiques) : c’est
Helicobacter. Elle agit en modifiant le pH qui les entoure, on aperçoit alors les canalicules
dilatés.




• Les cellules principales ont un cytoplasme clair, peu développé, et un petit noyau
basal assez coloré. Ce sont les cellules les plus nombreuses. Elles se trouvent dans la
partie terminale de la glande essentiellement, semblent aplaties et produisent le
pepsinogène, qui sera clivé en pepsine sous l’action de HCl. La pepsine permettra la
digestion protéique.

• Les cellules neuro-endocrines sécrètent la sécrétine, l’histamine, la gastrine (qui
stimule la production de HCl par les cellules pariétales), la cholécystokinine et le GIP
(Gastric Inhibitory Peptid). Ces cellules déversent leurs sécrétions dans le sang mais
on ne les distingue pas clairement (nécessité de colorations spéciales). Elles sont
situées plutôt vers la base des glandes.


Coupes de glande de fundus

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• Pylore

La région du pylore se caractérise par des invaginations très profondes (environ la moitié de
la hauteur de muqueuse qui s’oppose à environ un tiers dans la région du cardia) de la
muqueuse. Les glandes sont identiques à celle de la région du cardia, c'est-à-dire des
glandes simples tubulaires ramifiées flexueuses à corps et lumière larges ; avec un seul type
de cellule en coloration HE : des cellules muqueuses. Sa motricité permet le passage du bol
alimentaire vers le duodénum (un sphincter le ferme tout de suite après). On peut assimiler
le pylore à un « cardia lisse ». On y trouve aussi des cellules endocrines comme les cellules G
qui produisent la gastrine, et les cellules D qui produisent la sérotonine et la somatostatine.
La somatostatine limite la production d’HCl et s’oppose donc aux effets de la gastrine.

Ainsi les extrémités de l’estomac (cardia et pylore) sécrètent du mucus tandis que la partie
centrale majoritaire (fundus) sécrète le suc gastrique.


b) Fonctions de l’estomac uniloculaire
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L’estomac remplit des fonctions mécaniques et chimiques, son but est d’accueillir le bol
alimentaire, de le stocker et de le préparer à l’absorption dans le duodénum.

i. Activité motrice

La prise alimentaire est discontinue chez les carnivores et omnivores. Si un gros volume du
bol alimentaire transitait dans l’intestin, seule une partie serait absorbée et l’individu
cumulerait de nombreuses pertes nutritives à cause d’une digestion duodénale pas assez
rapide ou d’un transit alimentaire dans l’intestin trop rapide. Un dispositif qui permet la
régulation du transit du bol alimentaire dans l’intestin est nécessaire, afin que le bol arrive
en quantité plus petite et plus longtemps. C’est une fonction de l’estomac : être un réservoir.
Il stocke le bol et le délivre par en petites quantités plus étalées dans le temps, dans le
duodénum. Il permet aussi un brassage et un malaxage du bol alimentaire avec le suc
gastrique grâce à une activité motrice. Elle est permise par les fibres musculaires de la
muscularis mucosae et de la musculeuse grâce à un contrôle nerveux par le système
entérique autonome. On distingue trois types d’activités motrices correspondant à
différentes fonctions de l’estomac :

- Une activité tonique permanente de la partie proximale du fundus, permettant
l’adaptation du volume de l’estomac à son contenu, qui permet à l’estomac d’être un
réservoir. L’estomac vide possède une lumière vide et une muqueuse avec des plis,
contrairement à l’estomac plein donc la lumière est large et la muqueuse tendue : il y
a distension de l’estomac lors de la prise alimentaire. L’arrivée du bol alimentaire
provoque la stimulation de mécanorécepteurs qui transmettent l’information jusqu’au
SNA. Ce dernier par l’intermédiaire du nerf vague, agira sur les plexus d’Auerbach afin
d’inhiber l’activité contractile de l’estomac : on observe une relaxation de la partie
proximale du fundus (zone de stockage), qui facilite l’ouverture de l’estomac et
l’arrivée du bol alimentaire.

- Des ondulations contractiles de la partie distale du fundus entraînant le pétrissage
des particules de taille supérieure à 1 ou 2 mm, c’est le phénomène de brassage et
malaxage avec le suc gastrique. Le chyme (= bol alimentaire + salive + suc gastrique)
contient à son arrivée des particules de taille importante qui seront réduites
progressivement par ces contractions fundiques (et aussi pyloriques). À l’extrémité du
pylore, le sphincter qui ferme l’estomac joue un rôle important : les contractions
fundiques emmène le chyme vers le pylore, ce chyme vient frapper le sphincter qui
provoque donc des mouvements de flux et reflux : c’est le brassage.

- La motricité du pylore, qui déclenche le passage du bol alimentaire vers le
duodénum. Lorsque la taille des particules est inférieure à 3mm, elles passent dans le
duodénum. Ceci permet la régulation du flux alimentaire.



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ii. Activité sécrétrice (de suc gastrique)



Le suc gastrique est composé :
- d’eau
- d’acide chlorhydrique HCl produit par les cellules pariétales. Il dénature les protéines
et détruit les microorganismes.
- de pepsinogène produit par les cellules principales. C’est un enzyme inactive, qui sous
l’effet de HCl est transformée en pepsine, active. La pepsine hydrolyse les liaisons
peptidiques.
- de lipase gastrique, qui hydrolyse les triglycérides, mais elle est bien moins efficace
que la lipase pancréatique.
- de mucus et d’ions bicarbonates, issus des cellules pariétales. Sur la face supérieure
de la couche de mucus, côté lumière de l’estomac, le pH est de 1-2, alors qu'il est
entre 6 et 7 à la face inférieure, pour permettre la vie des cellules épithéliales. Le
mucus est imprégné de bicarbonates qui jouent un rôle d’effet tampon sur le pH.

L’acide chlorhydrique est produit par les cellules pariétales à partir d’eau et de CO2 selon la
réaction : H2O + CO2 à HCO3- + H+. Les ions H+ issus de la réaction sont émis dans la lumière
de l’estomac et s’associeront avec des ions chlorure aussi émis dans la lumière. L’ion
bicarbonate qui a un rôle tampon (dans le sang et le mucus) est évacué par voie sanguine et
sera réutilisé par les cellules épithéliales pour la production de mucus.







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Il est capital de maintenir un bon équilibre entre les sécrétions de mucus (rôle de
protection) et d'acides. Cet équilibre est très influençable : beaucoup de lésions gastriques
sont liées à la production d’acide chlorhydrique, d’ions bicarbonates, et à l’épaisseur du
mucus :
+
• S’il y a une sécrétion d’H trop importante, notamment lors d’une phase de
stress, c’est le phénomène de la “boule dans l’estomac”. Le stress nerveux stimule le
nerf vague et entraîne une hypersécrétion d’acétylcholine et donc une production
d’acide excessive. Le pH diminue et les cellules épithéliales sont endommagées voire
détruites par l’acidité. Lorsqu’il y a disparition de la barrière épithéliale, le chorion est
alors exposé et HCl stimule ses terminaisons nerveuses (plexus de Meissner
notamment) ce qui provoque la production d’HCl ! Un cercle vicieux auto-entretenu
s’installe alors et le phénomène s’amplifie. Cliniquement, on observe un ulcère de
l’estomac. Le stress nerveux est la 2ème cause d’ulcères de l’estomac chez le cheval.
Pour le soigner, on utilise des pansements gastriques.

• S’il n’y a pas assez de mucus : c’est le cas lors de “cuites”, en effet l’alcool est
un décapant de l’épithélium stomacal et dilue le mucus. Il y a une augmentation de
l’acidité et on observe le même phénomène que précédemment. Toutefois sans abus,
le mucus est régénéré en 2 à 3 jours.

• La vascularisation de l’estomac est fondamentale pour assurer la protection
des cellules épithéliales. En effet, si un trouble de la vascularisation s’instaure, la
réaction de transformation du CO2 en HCO3- et H+ est perturbée, d’où une diminution
de la concentration en ions bicarbonates. Or, ils jouet un rôle tampon, il y a donc
risque de lésions. S’ils sont présents en moindre quantité, les protons attaquent les
cellules épithéliales, provoquant des douleurs. Cette diminution de HCO3- est
également une conséquence de l’utilisation d’anti-inflammatoires non stéroïdiens
(AINS). Les AINS sont des inhibiteurs de prostaglandines (comme la PG2) et ces
dernières diminuent la production de HCl et stimulent la production de mucus.


Concernant le contrôle de cette sécrétion gastrique, les cellules pariétales produisent du HCl
sous l’effet de stimulus nerveux (acétylcholine), paracrines (histamine) ou endocrines
(gastrine). La voie nerveuse est constituée du nerf vague avec comme relais les plexus de
Meissner. L’histamine est produite par les cellules ECL des glandes. La gastrine passe elle par
le sang après avoir été sécrétée par les cellules G du pylore. Il y a trois voies de stimulation de
la production d’acide chlorhydrique, et une voie inhibitrice : la somatostatine produite par
les cellules D, qui diminue la sécrétion d’acide.

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La sécrétion des sucs gastriques se déroule en trois phases successives chronologiquement :

- Une phase céphalique déclenchée par la stimulation du parasympathique par
l’odorat, le goût, la vue ou l’ouïe. Par exemple, les sécrétions gastriques du chat se
mettent en place dès l’ouverture du réfrigérateur : frigo-pâté-manger. Les cellules
principales sécrètent le pepsinogène.

- Une phase gastrique lorsque les aliments arrivent dans l’estomac. Ces derniers
stimulent les mécanorécepteurs, sensibles à l’extension. La gastrine est sécrétée par
les cellules G et stimule la production d’HCl par les cellules pariétales.

- Une phase intestinale qui correspond à l’arrivée du chyme dans le duodénum. Elle
entraîne la production de GIP et d’autres peptides inhibiteurs, bloquant les
sécrétions. Ils sont sécrétés par les cellules endocrines.


Remarques :
- On souligne l’importance des sphincters, particulièrement importants lorsqu’ils
restent fermés : ils jouent un rôle de protection. En effet, si le sphincter situé entre
l’œsophage et le cardia est ouvert les sucs gastriques peuvent repasser dans
l’œsophage. Or l’épithélium de ce dernier est pluristratifié, donc non adapté à une

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telle acidité : les sucs vont détruire cet épithélium. De même, entre le pylore et le
duodénum, si le sphincter est ouvert le contenu du duodénum (substances issues du
pancréas, sels biliaires...) peut retourner dans le pylore, or les sels biliaires dissolvent
le mucus et détruiront les cellules : c’est la cause d’ulcères dans le pylore.
- L’histamine, sécrétée par les mastocytes, se fixe sur les récepteurs H2 des cellules
pariétales et stimule la sécrétion de HCl. En cas de mastocytome (tumeur cutanée la
plus fréquente chez le chien), une grande quantité d’histamine est produite dans les
cellules tumorales qui prolifèrent et qui relarguent cette histamine lorsqu’elles
meurent. L’hyperhistaminémie a pour effet de stimuler les cellules pariétales qui
sécrètent alors beaucoup de HCl. On a donc ici apparition de vomissements (qui sont
en fait la conséquence d’un trouble cutané), car l’estomac est décapé et cela crée des
ulcères. On parle de syndrome paranéoplasique, c’est-à-dire non lié directement aux
cellules tumorales.


iii. Activité de renouvellement

L’épithélium possède une très glande plasticité et se renouvelle très vite, ce renouvellement
est un des plus rapides de l’organisme. L’activité de renouvellement est de 3 jours pour
l’épithélium de revêtement de l’appareil digestif. Ce sont des cellules très hautes ainsi
lorsque les cellules voisines sont détruites, en quelques minutes/heures, les cellules
s’aplatissent et “bouchent” le trou afin d’assurer l’étanchéité. Si cela ne suffit pas il y a
migration de cellules et/ou multiplication de cellules plus lointaines ; il faut alors 5 à 7 jours
pour l’épithélium glandulaire (ex : l’alcool décape l’épithélium mais en 1 ou 2 jours celui-ci
est régénéré). On a donc un épithélium adapté au phénomène d’hyperacidité.

Remarque : Lors d’une chimiothérapie, le traitement consiste à injecter par voie systémique
des substances qui bloquent les cellules en mitose (antimitotique). Les cellules épithéliales
digestives y sont donc très sensibles du fait de leur forte activité de renouvellement et il y a
des risques de vomissements par défaut de renouvellement de l’épithélium. Pour les cellules
épithéliales de l’intestin on aura un cas de diarrhées. On donne donc à l’animal des anti-
acides. Plus généralement, c’est pour les organes à renouvellement rapide qu’il y a le plus
d’effets secondaires (ex : moelle osseuse, entrainant une anémie).

2. L’estomac pluriloculaire

L’estomac pluriloculaire des ruminants est constitué de plusieurs poches de taille inégale.
Les différents compartiments sont le rumen, le réseau, le feuillet et la caillette. Cette
dernière est histologiquement équivalente à la portion glandulaire de l’estomac des
monogastriques. Les trois premiers compartiments n’ont pas de glandes, mais abritent une
flore bactérienne à l’origine des phénomènes de fermentation. Ils sont chacun caractérisés
par une structure : les papilles du rumen, les alvéoles du réseau et les feuilles du feuillet.




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a) Le rumen

Aussi appelée panse, c’est le compartiment le plus volumineux : il occupe les 2/3 de
l’abdomen de la vache.
La muqueuse forme des papilles ruminales, caractéristiques du rumen, et a un aspect de
moquette. Les papilles sont des soulèvements localisés de cette muqueuse. Elle est
caractérisée par :
• Un épithélium pluristratifié pavimenteux kératinisé, comme celui de
l’œsophage.
• Un chorion sans glandes, T.C dense, très richement vascularisé, où se réalise
l’absorption des éléments issus de l’action des bactéries sur les aliments.
• Une musculaire atrophiée, mince et discontinue.
La sous-muqueuse est dépourvue de glandes.
La musculeuse est épaisse et organisée en deux couches.







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Fonctions :
Le rumen assure l’essentiel de la prédigestion par fermentation. Il y a absorption d’acides
gras à chaîne courte (acétate, propionate et butyrate), issus de la dégradation de la cellulose,
qui traversent la muqueuse. Du méthane et du CO2 sont émis, et rejetés par éructation. Il y a
également synthèse d’acide lactique par la flore bactérienne, tamponnés par la salive.
L’Homme produit 1L de salive par jour, les bovins entre 100 et 200L.
S’il y a accumulation de gaz, les parois du rumen se distendent et compriment les organes
autour, notamment le diaphragme. Il ne faut pas non plus que l’accumulation de l’acide
lactique soit trop importante : cela peut entraîner des acidoses ruminales et une destruction
de l’épithélium.

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b) Le réseau

Le réseau, ou reticulum a une structure en nid d’abeille.
• L’épithélium pluristratifié est plus kératinisé que celui du rumen.
• La muqueuse (sans glandes) est soulevée en crêtes anastomosées (=plis) qui
forment des alvéoles. Plus précisément, ce sont des crêtes perpendiculaires entre
deux plis primaires qui sont à l’origine du cloisonnement. Elle apparaît en bilamelles,
et délimite des petites logettes.
• La musculaire de la muqueuse est un peu plus développée que dans les
papilles ruminales. On trouve aussi des amas de cellules musculaires lisses au sommet
des crêtes.



Fonctions :
Le réseau contrôle le flux des aliments à la sortie du rumen, et les oriente vers l’œsophage
(2ème rumination) ou vers le feuillet. Dans le réseau se coincent souvent des particules
grossières ou trop lourdes (par simple gravité), comme les corps étrangers, ou les aliments

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très imbibés de salive. On peut y retrouver des fils métalliques provenant des pneus
stabilisant les ensilages.
Remarque : Ils ne sont pas très gênants mais transpercent la muqueuse et progressent pour
traverser la paroi du réseau : il y a alors mise en contiguïté entre le réseau et la paroi
abdominale, à l’origine d’une péritonite. Sous la pression des viscères abdominaux, ils
peuvent même perforer le diaphragme et aller ponctionner le sac péricardique, ce qui
entraîne une inflammation du sac péricardique (péricardite). Comme la première phase
d’inflammation est très intense chez les bovins, la production liquidienne est importante.
Dans cet espace péricardique, la présence de ce volume liquidien inflammatoire non
compressible ne permet plus au cœur de se dilater, ce qui entraîne un collapsus cardiaque,
appelé tamponnade.





c) Le feuillet

On observe dans la muqueuse du feuillet ou omasum, un
empilement de plis parallèles, nommés lames, tassés les
uns contre les autres. Ces lames sont plus hautes que
celles du réseau et non cloisonnées. L’épithélium de ces
lames est hérissé de papilles très kératinisées
(quasiment équivalent à celui des papilles coniques, qui
ressemblent à des petits points blancs).
Les feuilles (=lames) résultent du soulèvement de la
muqueuse, de la sous-muqueuse et de la couche
interne de la musculeuse. Cette dernière constitue la
partie centrale de ces lames (sa partie interne se soulève
et s’engrène). La musculaire de la muqueuse est très
développée.

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Fonctions :
La musculaire met les lames en mouvement. Les papilles coniques sont très abrasives, et se
comportent vis à vis des aliments comme du papier de verre : les aliments sont donc
déchiquetés. La préparation à la digestion gastrique est donc complète, grâce à la réduction
de la taille des aliments par le feuillet. Il joue aussi le rôle de filtre, en régulant le transit du
rumen vers la caillette.





d) La caillette

Sa muqueuse est rouge brillante, et plissée.
La caillette ou abomasum se présente
comme la partie glandulaire de l’estomac
des monogastriques (cardia, fundus et
pylore).

Remarque : En réalité, la sous-muqueuse est
un peu plus épaisse chez les ruminants, et la
musculeuse est en deux couches : une
interne circulaire et une externe
longitudinale (absence de la couche oblique
des monogastriques).

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Fonctions :
Elle a un rôle principal chez le veau car elle permet la digestion du lait, les autres poches
n’étant pas encore développées. Chez l’adulte, c’est dans cette poche qu’à lieu la digestion
protidique ainsi que la lyse des micro-organismes provenant de la flore du rumen et
permettant ainsi d’éviter une surpopulation microbienne.

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CE DOCUMENT A ETE OFFERT AUX VETERINAIRES ALGERIENS PAR

REDA MOHAMED GUESSOUM, DVM

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© DZVET 360 Etude de l’appareil digestif – Histologie – CM 4/5

Histologie de l’intestin

I. L’intestin grêle :

1. Structures histologiques communes :
2. Les particularités régionales :
3. Les fonctions de l’intestin grêle :

II. Le gros intestin :



1. Structures histologiques du caecum, du côlon et du rectum :
2. Structures histologiques du canal anal :
3. Les fonctions du gros intestin :

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L’intestin se compose de l’intestin grêle et du gros intestin. Il fait suite à l’estomac dans sa
partie duodénale.

La longueur de l’intestin varie d’une espèce à l’autre.


Chien Cheval

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I. L’intestin grêle :

L’intestin grêle commence à la sortie du pylore et se termine au niveau de la valvule iléo-
caecale. Il se divise en 3 parties :
- Le duodénum 

- Le jéjunum 

- L’iléon 


1. Structures histologiques communes :

La paroi des intestins est composée de 4 couches concentriques. De l’intérieur vers l’extérieur,
on distingue :
- Une muqueuse 

- Une sous muqueuse 

- Une musculeuse 

- Une séreuse 




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a. La muqueuse :

La muqueuse est la partie la plus variable des différentes régions de l’intestin. Cependant, on
observe toujours un épithélium, un chorion et une musculaire muqueuse (ou muscularis
mucosae). Elle possède 2 parties : une partie villositaire, plus superficielle, et une partie
glandulaire, plus profonde et est au contact de la lumière de l’intestin.

i. La partie villositaire :

® L’épithélium : Il est simple et cylindrique (une seule couche cellulaire avec des cellules
plus hautes que larges). Il se compose de 4 types cellulaires qui sont
morphologiquement et fonctionnellement différents. Parmi ces types cellulaires, on
distingue les cellules qui absorbent, c'est-à-dire les entérocytes, et celles qui sécrètent
du mucus, les cellules caliciformes. Contrairement à l’estomac où on ne trouve qu’une
seule catégorie de cellules, il y a ici présence d’une différenciation. On trouve
également des cellules possédant un petit noyau et qui sont intercalées entre les
entérocytes. Il s’agit de lymphocytes. Le dernier type cellulaire, non visible en
coloration standard, correspond aux cellules neuro-endocrines.


Il existe 2 types d’entérocytes : matures (possédant une capacité d’absorption maximale)
et immatures, vis-à-vis de la fonction d’absorption. Les entérocytes matures sont les
cellules les plus abondantes, elles sont de type cylindrique (leur noyau est situé au pôle
basal) et tapissent les villosités. On parle de cellules matures car le pôle apical est pourvu
de microvillosités (structure en brosse au MO : 0.1 μm de diamètre, 1-2 μm de haut). Ces
microvillosités ne sont autres que des extensions cytoplasmiques ; il n’y a aucune
formation tubulaire particulière à l’intérieur. Elles ne sont pas mises en mouvement. Elles
permettent d’augmenter la surface d'échange et de favoriser ainsi l’absorption maximale
des produits de la digestion. En effet, chez l’homme, si on les déplie, on obtient une surface
de 4000 m2. L'ensemble des microvillosités forme le plateau strié.

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Quand les microvillosités disparaissent, on observe une grande diminution de l’absorption, le
produit de la digestion reste dans la lumière ce qui entraine des diarrhées par mal absorption.
En effet, un certain nombre d’agents pathogènes auront pour effet de diminuer la taille des
microvillosités ou même les faire disparaitre. Si ceci se produit, il n’y a plus de surface
d’absorption.
Les entérocytes sont liés par un système de jonctions étanches au niveau de leur partie
supérieure (= l’apex). Ainsi, les produits d'absorption passent obligatoirement par le
cytoplasme de la cellule (où plusieurs systèmes de transformation peuvent avoir lieu dans des
vésicules), puis, plus basalement, par des espaces intercellulaires dits «de Grünhagen » et
enfin dans le chorion où ils pourront rejoindre le système vasculaire et le foie.


Si les jonctions serrées ne sont plus étanches, les produits qui entrent dans le cytoplasme
retournent alors dans la lumière de l’intestin au lieu d’aller dans le chorion. Cela provoque
une diarrhée par exsudation.
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Ceci peut être dû à une infection par certaines bactéries qui vont produire des toxines, à
l’origine de la destruction de ces jonctions étanches.

On trouve également des cellules caliciformes (en forme de calice : base en triangle + parties
latérales bombées) intercalées entre les entérocytes. Elles ont un noyau triangulaire basal et
possèdent un cytoplasme de couleur pâle qui est très développé car il est le lieu
d’accumulation des produits de la sécrétion.

En effet, les vacuoles sont remplies de mucus (fucomucines


et mucopolysaccharides sulfatés, qui tapissent la surface
de l’épithélium) qui est libéré au niveau du pôle apical des
cellules et va se répandre sur le plateau strié (cf flèches).
Le mucus a un rôle de protection (via le mucus qui
s’accumule avant d’être rejeté) vis-à-vis de l’épithélium car
il permet d’agglomérer les toxines, les bactéries...
Ces cellules n’ont pas fonction d’absorption ; elles ne
possèdent donc pas demicrovillosités.



Les cellules endocrines sont rares
mais jouent un rôle important. Elles ne
sont pas visibles en coloration
classique. Ce sont des petites cellules
étroites qui apparaissent effilées et
intercalées dans l’épithélium. Elles
appartiennent au système
endocrinien diffus, c'est-à-dire
qu’elles sécrètent vers le conjonctif et
ses vaisseaux où les produits sont
absorbés par voie sanguine. Les
produits de sécrétion sont très
nombreux et varient en fonction des
cellules endocrines. Ils sont de nature
variée et ont des effets différents,
parfois antagonistes.



On peut citer parmi ces sécrétions :
- GIP (Gastric Inhibitory Polypeptide) : Inhibe la sécrétion de HCl (au niveau des cellules
pariétales de l’estomac) et stimule la sécrétion d’insuline. 

- Gastrine : Stimule la sécrétion de HCl 

- Somatostatine : Inhibe les autres sécrétions hormonales. 

- Cholécystokinine : Enzyme du pancréas exocrine (partie enzymatique gérant la
quantité de protéines au niveau de la partie glandulaire). Elle agit sur les acini

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pancréatiques exocrines. Elle permet aussi de faire remonter le pH (par rapport à celui
de l’estomac). 

- Sécrétine : Active la sécrétion de HCO3- (situé dans le canal du pancréas exocrine
gérant la quantité de HCO3-), ce qui augmente le pH et permet le fonctionnement des
enzymes. En effet, il y a nécessité d’un tampon car les différentes enzymes ne peuvent
pas agir à pH acide lors de l’arrivée du chyme. Ce rôle de tampon est joué par les
bicarbonates. La sécrétine agit au niveau des canaux des glandes arrivant au
duodénum. 

- Bombésine : Stimule la production de gastrine. 

- Entéroglucagon : Augmente la glycémie. 

- VIP (Vasoactive Intestinal Polypeptide) : Relaxation musculaire (inhibition des

contractions) et stimulation des sécrétions (le produit de la digestion transite plus

lentement, ce qui augmente la quantité absorbée). 

- Enképhaline : Stimule les contractions musculaires et inhibe les sécrétions
intestinales (le produit de la digestion est chassé plus vite et on observe moins
d’absorption : des diarrhées par hypercontractions musculaires sont possibles). 


L’ensemble de ces molécules permet une régulation de l’ensemble des composantes de la
digestion (régulation de ce qui se passe au niveau de l’intestin, du pancréas...) en provoquant
des activations ou des inhibitions. Ces petites cellules invisibles en coloration standard et peu
nombreuses jouent donc un rôle essentiel qui est celui de chef d’orchestre.

Les lymphocytes T, majoritairement des CD8, ont une action cytotoxique. Ils ont un rôle dans
la défense de la muqueuse et sont donc en concentration plus ou moins importantes selon la
présence ou non d’infection (une cellule sur 10 en condition normale et jusqu’à une sur 2 en
hyperplasie). Les lymphocytes transitent entre les entérocytes du tissu conjonctif sous-jacent
vers la lumière de l’intestin et détruisent les agents agresseurs. 



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® Le chorion : c’est un tissus conjonctif dense qui forme des villosités par expansion
digitée tissus conjoncitf dans la lumière du tube digestif, uniquement dans l’intestin
grêle.

Chaque villosité contient deux systèmes particuliers :

-un vaisseau lymphatique central, parallèle à l’axe de la


microvillosité et tapissé de cellules endothéliales, de calibre
important nommé chylifère central. Il reçoit les lipides et
autres nutriments provenant des entérocytes.
- des cellules musculaires lisses étroitement associées. Elles
proviennent de la couche interne de la musculaire de la
muqueuse qui forme des faisceaux discontinus qui montent
et qui accompagnent le chylifère central. Ce sont des cellules
allongées, parfois empilées avec de gros noyaux et formant
des piliers autour du chylifère.

Dans le chorion, on peut aussi trouver des capillaires. Ainsi, lorsque
les nutriments sont dans le chorion, certains passent dans les
capillaires puis les veines jusqu’à la veine porte mais un certain
nombre passent dans le chylifère (notamment les lipides).


Les nutriments passent par les espaces de Grünhagen pour aller dans le chorion, puis les
cellules musculaires lisses se contractent progressivement (plusieurs fois par heure) du haut
vers le bas (à variation de taille de la microvillosité dans le temps). Cette contraction rend
jointives les cellules endothéliales. Les nutriments contenus dans le chylifère central ne
peuvent alors plus sortir (donc repasser dans le chorion). De plus, comme cette contraction
se fait de haut en bas, les produits de la digestion sont alors mis en mouvement et passent
ensuite dans le système lymphatique puis veineux (veine porte) via d’autres vaisseaux en bas

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de la muqueuse. La contraction des cellules musculaires a aussi comme effet de raccourcir la
taille des villosités.
Lors de leur relaxation, les villosités sont étirées et maintenues sous tension grâce à la poussée
naturelle de l’épithélium vers le haut. On compare alors l’épithélium à un tapis roulant, en
constant renouvellement : les cellules se forment à la base dans les glandes, remontent,
vieillissent puis meurt et desquament tandis que d’autres prennent leur place. De plus, c’est
lors de la relaxation que les nutriments pourront passer dans le chylifère central (l’espace
entre les cellules endothéliales augmente).

Si la contraction est altérée, la diffusion des nutriments se fera mal. Le liquide restera dans le
chorion et lorsqu’il y en aura trop, il envahira l’épithélium, faisant augmenter la pression
jusqu’à faire céder les jonctions serrées. Les nutriments ressortent dans la lumière provoquant
une diarrhée exsudative.
En état physiologique le chorion contient des lymphocytes (cellules lymphoïdes) à répartition
différentielle, c’est à dire des lymphocytes T dans la partie haute de la villosité et des
plasmocytes (LB) dans la partie basale de la villosité et dans la partie glandulaire.

ii. La partie glandulaire :



La partie glandulaire se trouve sous la partie villositaire. Dans cette partie, à la base des
villosités se trouvent des glandes simples tubulaires droites non ramifiées nommées glandes
de Lieberkühn ou cryptes qui débouchent dans la lumière de l’intestin. Ces glandes sont
tapissées d'un épithélium équivalent à celui des villosités, c'est-à-dire composé :

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- d'entérocytes immatures pour la fonction d’absorption : leur pôle apical est
dépourvu de bordure en brosse. Ils n’ont par conséquent aucune capacité
d’absorption. Leur rôle est plutôt de type sécrétoire. C’est au fur et à mesure de leur
remontée de la crypte glandulaire qu’ils acquièrent l’ensemble des propriétés des
cellules matures avant de desquamer au sommet de la villosité. 


- de cellules caliciformes (tâches plus pâles) peu matures. Lors de la remontée
progressive de la crypte glandulaire, les cellules caliciformes se chargent petit à petit
en mucus. Ce mucus est composé d’eau, d’électrolytes, de bicarbonate et
d’entérokinases qui permettent la conversion du trypsinogène (proenzyme inactive
d’origine pancréatique) en trypsine (enzyme impliquée dans la digestion des
protéines). Elles tapissent l’ensemble des glandes et des villosités. 


- de petites cellules endocrines 


- d’entéroblastes au fond de la glande. Les entéroblastes sont les cellules souches des
cellules intestinales. Elles possèdent un noyau et un cytoplasme clair, même pâle, et
de taille supérieure à ceux des entérocytes. Leur fonction est de se diviser pour donner
des cellules filles qui vont se différencier. Elles seront d’abord immatures puis matures
une fois dans les villosités. Une partie des cellules filles donneront des cellules
endocrines, caliciformes ou des entérocytes après
différenciation. L’autre partie restera à l’état
d’entéroblastes. Lorsqu’elles donnent un
entérocyte, celui-ci monte dans la villosité car il est
repoussé par les cellules plus jeunes (les autres
types de cellules remontent aussi). Au fur et à
mesure les microvillosités se développent, l’activité
de sécrétion s’arrête et celle d’absorption
commence. Il continue de monter jusqu’à
desquamer tout en haut. En conséquence, si ces
entéroblastes venaient à être détruits, il n’y aurait
plus de renouvellement de l’épithélium qui
s’effectue en temps normal sous 3 jours. 
Ils
peuvent donc être à l’origine de toutes les cellules
de la muqueuse (cellules caliciformes,
de Paneth, entérocytes...), . Ils sont
aussi à l'origine des cellules M. La
différenciation s’effectue grâce à des
cytokines en fonction des besoins de
l’organisme en tel ou tel type
cellulaire. Si on change le
microenvironnement des
entéroblastes, on change la destinée
des cellules. Le microenvironnement
est donc responsable du devenir des
cellules, il dirige la voie de
différenciation. 


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Remarque : Le micro-environnement peut être modifié suite à l’attaque d’un agent pathorgène
- En présence de Nématodes (vers ronds) dans le tube digestif, on observe une
augmentation du nombre de cellules caliciformes sécrétant du mucus qui permet de
protéger l’organisme. En effet plus la couche de mucus sera épaisse, plus les parasites
auront du mal à se fixer mais en contrepartie la quantité d’entérocytes diminue et donc
la capacité d’absorption également.
- En présence de virus responsables d’un décapage de l’épithélium, on observe une mise
en place plus importante d’entérocytes permettant un recouvrement plus rapide de
l’intestin grêle (les cellules filles, en se différenciant, ne donneront que des entérocytes).
En effet les cellules manquantes sont remplacées afin d’éviter que les microvillosités
soient exposées. Toutefois, on trouve moins de cellules caliciformes. Cette balance
entre les différents types de cellules est gérée par le microenvironnement.

Remarque : la production de mucus est un processus important : il en est produit entre 1 L et
1,5 L par jour chez l’homme. Toutefois, la quasi-totalité de ce mucus est réabsorbé par les
entérocytes matures dans la partie villositaire (eau, électrolytes...).
Certaines bactéries ont la
capacité de sécréter des toxines qui augmentent la sécrétion de mucus en agissant sur les

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entérocytes immatures, ainsi la quantité de liquide augmente. Ces toxines peuvent agir sur
plusieurs voies de production (adénylate cyclase ou guanilate cyclase). Elles sont une des
causes possibles de la diarrhée par hypersécrétion (qui peut provoquer une forte
déshydratation).

Chez certaines espèces, tout au fond des cryptes se trouvent des cellules de Paneth qui
apparaissent avec des grains rouges en coloration spéciale (seulement présentes chez
l’Homme, les primates, les rongeurs, les chevaux et les ruminants). Celles-ci ont un rôle de
protection antibactérienne grâce à la sécrétion de substances bactéricides comme de la
lysine et de la cryptidine (contenues dans les grains) mais aussi de sécrétion de facteurs
modulant l’activité des entéroblastes.


Dans les tissus conjonctifs lâches, on retrouve
essentiellement des plasmocytes qui produisent des
anticorps. Dans l’intestin ce sont principalement des IgA
(dimère) qui sont produits. Ils ont un rôle bloquant en
empêchant les microbes de se fixer. Le but est donc que
ces IgA se retrouvent dans le mucus. Pour ce faire, à la
base des cellules glandulaires, des récepteurs captent des
IgA et les font passer dans la lumière des glandes, les
incorporant dans le mucus.Puis ces IgA mettront une
semaine à arriver en haut de la villosité. Ce sont des IgA
sécrétoires.

Cellules lymphoïdes

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® La musculaire de la muqueuse (muscularis mucosae) : Elle est de plus en plus petite
lorsqu’on avance dans le tube digestif. Ainsi, la musculaire de la muqueuse intestinale
est moins développée que celle de la muqueuse de l’estomac. La musculaire est
composée de deux couches : une couche interne circulaire et une couche externe
longitudinale. De la couche circulaire interne partent des faisceaux musculaires lisses,
dans les villosités le long des chylifères (=vaisseau lymphatique). Au repos, la villosité
est maintenue en tension par l'épithélium, le chylifère est alors bien ouvert ce qui
permet des mouvements des liquides (idem pour les vaisseaux sanguins). Lors de la
contraction des cellules musculaires, il y a rétraction des villosités de l'apex vers la base
ce qui entraîne la vidange des chylifères dans les vaisseaux sanguins basaux.

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b. La sous-muqueuse :

C'est un tissu conjonctif lâche dépourvu de glandes (sauf dans le duodénum). La sous-
muqueuse se soulève régulièrement pour former des plis circulaires qui augmentent la
surface d'échange. Ces plis sont nombreux dans le duodénum et le jéjunum et se raréfient
dans l’iléon. La sous-muqueuse abrite une riche vascularisation et de gros plexus nerveux
principalement parasympathiques.

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Remarque : On peut distinguer différentes échelles d’amplification de la surface d’échange
avec les villosités de la muqueuse, les microvillosités de l’épithélium, le soulèvement de la
muqueuse. Ceci est amplifié par la longueur importante de l’intestin.

La sous-muqueuse possède également des formations lymphoïdes à partir desquelles les


lymphocytes remontent dans les villosités : ces amas de cellules lymphoïdes (association de
petits nodules) sont les plaques de Peyer. Elles apparaissent macroscopiquement sous forme
de disques ovales pâles et légèrement en dépression. Les cellules lymphoïdes produites
traversent la musculaire et s’accumulent dans le chorion. Elles assurent la protection de la
muqueuse. Elles sont de plus en plus nombreuses au fur et à mesure que l'on progresse dans
l'intestin grêle. Dans le côlon, on retrouve des plaques de Peyer mais en quantité bien
moindre. Elles sont organisées en territoires B et T.

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Les plaques de Peyer assurent la tolérance immunitaire vis-à-vis des multiples antigènes
passant dans l'intestin en modérant les réactions immunitaires, notamment grâce aux cellules
M (M pour microfollied = microplissé car leur cytoplasme possède plein de plis).
Les cellules M se trouvent en regard des plaques de Peyer dans l'épithélium de revêtement
juste au-dessus du dôme, entre les entérocytes. Elles sont présentes uniquement dans
l’épithélium au-dessus des formations lymphoïdes. Cette zone abrite aussi des entérocytes à
noyaux allongés et des lymphocytes (plasmocytes et LT), mais pas de cellules caliciformes. Les
cellules M ont un cytoplasme étendu, abondant, mal délimité et ramifié (dit « chevelu »).
Leurs noyaux sont volumineux.

Elles ont un intérêt physiologique et pathologique important puisqu’elles font passer les
antigènes de la lumière de l’intestin aux cellules dendritiques et aux lymphocytes du
chorion. Elles n'ont cependant pas de rôle présentateur d'antigène (elles ne les internalisent
pas pour ensuite les réexprimer et elles ne migrent pas) mais seulement un rôle d’ascenseur
des antigènes ne fonctionnant que dans un sens unique.


En revanche,tissu conjonctifet ascenseur peut favoriser le passage de certaines bactéries, sans
que celles-ci aient besoin de coloniser l’épithélium au préalable. Ces cellules peuvent donc
constituer un point faible. En effet, les salmonelles sont des bactéries qui passent dans le
conjonctif via les cellules M, en se laissant internaliser. Elles se multiplient et entraînent des
lésions nécrotiques suppurées ainsi qu’une inflammation dans les formations lymphoïdes.
Macroscopiquement, on observe une répartition spécifique des lésions (uniquement

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localisées au niveau des plaques de Peyer car c’est là que sont les cellules = zones
blanches/jaune sur la photo d’après). Ceci explique le caractère multifocal mais les lésions
sont extrêmement bien limitées. C’est une sorte de cheval de Troie pour rentrer dans la cité,
les cellules M ne font que le voyage. Les cellules présentatrices des Ag sont dans le tissu
conjonctif et ont un rôle de transformation et de présentation.

c. La musculeuse et la séreuse :

La musculeuse est divisée en deux couches avec orientation des cellules par rapport à la
lumière différente d’une couche à l’autre : une couche interne circulaire et une couche
externe longitudinale. Lorsque seule la couche interne circulaire se contracte, le produit de
la digestion ralentit, il reste sur place où il est brassé (donc cela le renouvelle au contact des
entérocytes) et cela permet l’absorption. Si les 2 couches musculaires se contractent, le
produit de la digestion avance par péristaltisme. C’est la zone de motricité du transit. La
couche circulaire interne a une fréquence de contraction rapide au début de l’intestin puis
elle diminue. En effet, quand on arrive vers la fin de l’intestin, la digestion est faite. Toutefois,
dans le gros intestin, les contractions sont nécessaires pour récupérer une grande quantité de
liquide.

Remarque : Si la motricité de l’intestin augmente (= augmentation du péristaltisme intestinal),
le temps d’absorption diminue car la contraction est plus puissante (le bol alimentaire passe
plus vite), le liquide est absorbé en plus petite quantité et une grande partie reste dans la
lumière de l’intestin provoquant une diarrhée par hyperpéristaltisme. Cela peut être induit
par les mastocytes qui dégranulent en cas de parasitisme.

La séreuse est un tissu conjonctif lâche plus ou moins lié au mésothélium (feuillet viscéral du
péritoine).

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2. Les particularités régionales :



a. Particularités du duodénum :

On distingue le duodénum histologique (=partie la plus proximale, 1ère partie de l’intestin,
de 2 à 3 cm) qui possède des glandes dans la sous-muqueuse du duodénum anatomique qui
est la portion d'intestin associée anatomiquement au pancréas (15 à 20 cm). Il est très court
chez les carnivores et les porcs.
Les glandes du duodénum sont dites de « Brunner » et se situent dans la sous-muqueuse.
Ces glandes se retrouvent sur une longueur de 2 à 3 cm. Ce sont des glandes exocrines
tubulaires flexueuses et ramifiées. Elles déversent leurs sécrétions dans la lumière du
duodénum via un canal traversant la musculaire de la muqueuse.
En fonction des espèces, leur nature varie. Elles sont soit composées :
- de cellules à sécrétion de type muqueux. (Chiens et Ruminants)
- de cellules à sécrétion mixte. (Chats)
- soit de cellules à sécrétion de type séreux. (Chevaux et Porcs)
Leur morphologie est identique à celle que l’on trouve dans l’estomac. Leur nombre varie
selon l’espèce : équidés, porcs > carnivores, ruminants.

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Le duodénum est aussi le lieu d'arrivé des canaux pancréatiques (2-3) et biliaires (aussi
appelé canal cholédoque) au niveau de la papille duodénale. C'est donc à ce niveau de
l’intestin que se mélangent les sécrétions et le bol alimentaire ce qui permet la digestion. Or
ce qui arrive dans le duodénum est très acide (pH=2) donc pour que les enzymes apportées
par ces canaux puissent travailler, il faut augmenter le pH (environnement neutre) au début
de l’intestin grêle et cela se fait notamment grâce aux sécrétions des glandes.

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On note enfin que les villosités sont de taille régulière, larges et à bout arrondi. Les follicules
lymphoïdes et les plaques de Peyer sont à ce niveau peu nombreux et dispersés.

b. Particularités du jéjunum :

Le jéjunum est la plus grande partie de l’intestin : c’est dans cette partie que se fait
l’absorption. Ses villosités sont longues, minces et effilées. Les follicules lymphoïdes sont un
plus nombreux que dans la zone précédente.

c. Particularités de l’iléon :

La transition entre jéjunum et iléon est peu marquée. C’est une zone de réserve d’absorption
en cas de problème. Les villosités sont courtes et épaisses. La sous-muqueuse ne forme pas
de plis circulaires, ils disparaissent presque entièrement. Les cellules caliciformes et les
follicules lymphoïdes sont très nombreux donc leur nombre augmente au fur et à mesure de
l’avancé dans l’intestin grêle (on trouve des plaques de Peyer, etc.).
Plus on descend dans l’intestin grêle, plus l’équilibre cellules caliciformes/entérocytes est
modifié avec augmentation des cellules caliciformes.

3. Les fonctions de l’intestin grêle :

a. Activités mécaniques :

® Contraction rythmique de la couche circulaire (interne) de la musculeuse

La contraction rythmique est permise par l’activité contractile de la couche circulaire interne
de la musculeuse. Lorsqu’elle seule se contracte, elle permet le mélange des sécrétions
biliaires et pancréatiques avec le bol alimentaire et le renouvellement de la couche liquide au
contact de la muqueuse. Ainsi, tous les nutriments entrent en contact avec les entérocytes.
Elle ne participe pas à l’avancé du bol alimentaire, ce qui augmente le temps de contact et par
conséquent favorise l’absorption.
La fréquence de contraction dépend de la portion de l’intestin considérée, plus on descend
plus le rythme de contraction diminue : Duodénum (18/min) > Jéjunum > Iléon (8/min). En
effet, la digestion se fait principalement dans le début de l’intestin grêle.
Si cette fréquence diminue suite à des problèmes nerveux ou hormonaux, l'absorption (en
particulier des liquides) est réduite ce qui conduit à une diarrhée.

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® Péristaltisme

Le péristaltisme est une contraction coordonnée des deux couches de la musculeuse. Elle
permet la progression du contenu de la lumière vers le gros intestin : on parle d'onde
péristaltique.
Si ce péristaltisme est altéré, soit l’avancé du bol est ralentie et on parle de
stase, soit elle est accélérée et provoque des diarrhées dites par hyperpéristaltisme. Le
contrôle de cette mécanique est à la fois :
-nerveux à dominance parasympathique (un stress provoque une accélération du
transit)
-endocrine : cette part du contrôle implique notamment la gastrine, l’enképhaline et
la cholécystokinine (effets positifs sur les contractions c’est-à-dire augmentation de
leur nombre), mais aussi la sécrétine et le VIP (effets négatifs).


b. Activité sécrétoire :

® Transformation des polysaccharides en monosaccharides

On trouve dans l'intestin différentes substances qui dégradent les polysaccharides en


monosaccharides, afin de faciliter l’absorption des sucres :
- maltase, saccharase et lactase sont des enzymes intestinales qui ne sont pas
sécrétées par les cellules de la villosité, mais libérées lors de la desquamation
(apoptose) des entérocytes car enfermées dans le cytoplasme. Ce n’est donc pas une
excrétion volontaire. Ce contenu enzymatique ne peut être utilisé que lors de la lyse
de la cellule. C’est seulement à ce moment-là qu’elles agissent en clivant les glucides
en sucres simples.
- l'α-amylase est une enzyme pancréatique déversée au niveau du duodénum.

Remarque : ces enzymes sont déversées dans des proportions adaptées au régime alimentaire.
En cas de changement de ration, il est important d'observer un temps de transition alimentaire
estimé à 2 jours minimum. C’est donc une activité qui ne s’adapte pas très rapidement. Ainsi
si du sucre est consommé en excès il ne pourra être absorbé par l’intestin mais sera utilisé par
les bactéries qui prolifèreront.
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® Transformation des protéines en acides aminés

Plusieurs molécules interviennent :

- HCl et pepsine (issue du pepsinogène) rentrent dans la composition des sucs
gastriques mais restent toutefois efficaces au niveau intestinal.
- trypsine, chymotrypsine et carboxypeptidase sont des enzymes pancréatiques. 

-les aminopeptidases et les dipeptidases sont des enzymes présentes dans le
cytoplasme des entérocytes. Elles clivent les protéines en acides aminés (même si ce
sont surtout les enzymes pancréatiques et HCl qui remplissent cette fonction). Ces
enzymes sont libérées lors de la desquamation des cellules.

Remarque : la digestion et l'absorption complète des protéines et peptides se fait dans la
première moitié de l'intestin. La deuxième moitié sert de zone de réserve en cas de
dysfonctionnement de la première.

® Sécrétion du mucus

Le mucus est produit et sécrété par les cellules caliciformes (dans les glandes et l’épithélium
des villosités). Il tapisse la surface des entérocytes. Il forme un fluide recouvrant de façon
continue la muqueuse intestinale. Il joue un rôle protecteur vis-à-vis des micro-organismes et
des toxines présents dans le chyme : en les piégeant, il évite leur fixation aux cellules et donc
leur multiplication. Il contient des fucomucines et mucopolysaccharides sulfatés.

® Sécrétion liquidienne alcaline

Les entérocytes immatures (pour l’absorption) des glandes de Lieberkühn libèrent du liquide
alcalin contenant de l’eau, des électrolytes, du bicarbonate, et des entérokinases. Ces
entérocytes sont d’abord sécrétoires puis ont une fonction d’absorption par la suite. Ce liquide
est donc ensuite réabsorbé au niveau des villosités (pas de pertes). 
Cette production est sous
la dépendance de 2 systèmes enzymatiques impliquant l’adénylate cyclase et la guanylate
cyclase. Des problèmes d'hypersécrétions de ce liquide peuvent conduire à des diarrhées suite
à des infections parasitaires par exemple. Elles peuvent être dues à des bactéries produisant
des toxines qui agissent sur ces systèmes enzymatiques en les stimulant. Ceci provoquane
ainsi une hypersécrétion. Or, comme l’absorption ne change pas, le contenu de la lumière est
plus liquide ce qui conduit à des diarrhées.

c. Activité d’absorption :

Il existe quatre niveaux d'amplification de l'absorption, du plus grand au plus petit :

- les anses intestinales très longues (au niveau de l’organe). Cela peut aussi générer
des pathologies (torsions, etc.).
- les plis circulaires (grâce au soulèvement de la sous-muqueuse).
- les villosités (grâce au soulèvement digité du chorion au niveau de la muqueuse).
- les microvillosités (au pôle apical des entérocytes, à l’échelle de la cellule).

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Dès qu’un des systèmes est déficient (en particulier les microvillosités), l’absorption sera
moins bonne. En effet, ces dernières représentent le plus grand système d’amplification, mais
elles sont aussi les plus sensibles aux pathologies bactériennes et aux parasites.

L’ensemble des quatre systèmes permet d’obtenir une surface d’échange de 4000m2 chez
l’homme.

Attention : ne pas confondre villosité (à l’échelle de la muqueuse) et microvillosité (à l’échelle
de la cellule).


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® Mécanismes de passage dans l’entérocyte

• L'absorption des monosaccharides est différente selon la nature de l'ose. Le glucose
et le galactose sont absorbés via une protéine porteuse sodium-dépendante
consommant de l'énergie, alors que le fructose diffuse passivement à travers la
bordure en brosse et est transformé en glucose dans l'entérocyte (ce qui nécessite
moins d’énergie).
• L'absorption des acides aminés se fait via une protéine porteuse sodium-dépendante
consommant de l'énergie. 

• L'absorption des peptides de 2 à 3 a.a. se fait par un mécanisme sodium-indépendant.
Il est donc rapide et peu coûteux en énergie (ceci est plus avantageux que de faire
passer un a.a. à la fois !).
• L'absorption des lipides se fait par diffusion passive des micelles qui sont une
association de monoglycérides, d’acides gras et d’acides biliaires. Au pôle apical des
entérocytes, les micelles sont clivés et absorbés sous forme de triglycérides. En
revanche, les acides biliaires qui en faisaient partie restent dans la lumière car il n’y a
pas de récepteur à la surface des entérocytes pour les absorber. Ils sont alors qualifiés
d’acides biliaires primaires. Puis au niveau de l’iléon (où des récepteurs sont présents)
les bactéries les transforment en acides biliaires secondaires qui pourront alors être
absorbés. Leur fonction est principalement de contrôler la prolifération des
populations bactériennes autochtones : c’est un rôle bactériostatique (c’est-à-dire
d’homéostasie bactérienne).


• L'absorption de l'eau se fait en même temps que celle du sodium. 

• L’absorption d’électrolytes est passive. 

• L'absorption du calcium est active. Quand la calcémie est élevée, on obtient à partir
de la vitamine D du 21-25 (OH)2D3 qui est inactif : le calcium n’est pas fixé donc reste
dans les entérocytes et sera éliminé lors de leur desquamation. Quand la calcémie est
basse, on obtient alors du 1-25 (OH)2D3 qui est actif : le calcium se fixe sur la CaBP et
passe dans le torrent circulatoire. 


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• L'absorption du fer se fait toujours sous la forme ferreuse Fe2+ (jamais Fe3+). Le
passage à la forme Fe2+ se fait grâce à l’acidité de l’estomac (HCl). Cette absorption se
fait de manière passive. En fonction de l’apport dans la ration, la libération du fer dans
la circulation sera plus ou moins contrôlée, et cela grâce à un système enzymatique.
Les cellules des glandes de Lieberkühn produisent une enzyme, l’apoferritine, capable
de former un complexe que l’on appelle la ferritine, forme de séquestration du fer
dans les cellules
Ainsi un régime pauvre en fer ne stimulera que faiblement la
production d’apoferritine : tout le fer absorbé passera directement dans la circulation
sanguine. Au contraire, un régime riche en fer stimulera la synthèse de cette enzyme
par les cellules des cryptes et la majorité du fer absorbé sera retenu dans les cellules
pour être éliminé progressivement lors de leur desquamation.

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II. Le gros intestin :

Le gros intestin est constitué de l’association de quatre régions successives :
- le cæcum

- le côlon (composé des côlons ascendant, transverse et descendant)

- le rectum
- le canal anal

Les trois premiers éléments, tous d’origine endodermique, ont une organisation histologique
semblable et représentent 95% de la longueur du gros intestin. Le canal anal se distingue lui
par une structure qui lui est propre. Son organisation est semblable à celle de la cavité orale.


Le gros intestin n'est que peu développé chez les carnivores (moins d’un mètre environ) alors
qu'il est très important chez les lapins, porcs ou chevaux (plusieurs mètres) : il est en effet le
siège de phénomènes essentiels de digestion.

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1. Structures histologiques du caecum, du côlon et du rectum :

La structure histologique est très proche de celle de l'intestin grêle mais se distingue en
certains points :
• La muqueuse du gros intestin se compose d’un épithélium simple cylindrique
composé d’entérocytes à plateau cilié et qui abrite de très nombreuses cellules
caliciformes (qu’on retrouve aussi dans les glandes, elles-mêmes très nombreuses) : la
production de mucus est par conséquent très importante. Ce mucus facilite la
progression et l’éjection du contenu du gros intestin, qui à ce niveau a subi une
déshydratation importante et peut-être abrasif. Le mucus contient du bicarbonate
jouant un rôle de tampon, car on trouve des bactéries qui génèrent de l’acidité. Le
chorion est un tissu conjonctif dense qui ne forme pas de villosités mais qui est très
riche en glandes. En effet l’absorption est finie, la surface d’échange est donc réduite
(il reste surtout de l’eau et des vitamines produites localement par les bactéries à
absorber). La muqueuse a donc un aspect plan et compact. Par contre, les entérocytes
possèdent tout de même des microvillosités. La muscularis mucosae sinon qu’elle

devient de plus en plus fine jusqu’à disparaître dans le canal anal.


• La sous-muqueuse est un tissu conjonctif lâche, très riche en nodules lymphoïdes.
Leur disposition est cependant très différente de celle observée dans l’intestin grêle, à
savoir les Plaques de Peyer. Les nodules, plus gros, ne sont pas regroupés en plaques
mais sont isolés et dispersés régulièrement en petits follicules clos qui apparaissent
sous forme de points colorés bruns (visibles à l’œil nu !) et donnent un aspect clouté à
la muqueuse en autopsie.

• La musculaire de la muqueuse, juste au-dessus de la sous muqueuse, est interrompue
au niveau de ces follicules.

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2. Structures histologiques du canal anal :

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a. Les zones columnaire et intermédiaire :

Ces deux zones ont la même structure histologique :
• La muqueuse est composée d'un épithélium pluristratifié pavimenteux non
kératinisé d’origine ectodermique. Cet épithélium marque une transition brutale avec
celui du rectum (épithélium digestif simple d’origine endodermique). Le chorion ne
possède aucune glande et la musculaire de la muqueuse est absente. 


• La sous-muqueuse contient des glandes tubulo-alvéolaires ramifiées et flexueuses :
il s’agit des glandes anales qui s’ouvrent dans la zone columnaire. Ce sont des glandes
sudorales modifiées en continuité avec les sacs anaux. Elles sont surtout remarquables
chez les carnivores et le porc. 


• La musculeuse ne comporte plus que sa couche interne qui forme le sphincter anal
interne (la couche externe disparaît). 


b. La zone cutanée :

C’est la partie externe du tube digestif. Elle ne se compose que d'une muqueuse. On note
cependant :
• Un épithélium kératinisé pluristratifié pavimenteux. 

• Un chorion contenant des glandes sébacées et des glandes sébacées modifiées 
chez
les carnivores. Ces glandes ne possèdent pas de canaux excréteurs (donc plutôt
endocrines), elles sont nommées glandes circumanales (ou glandes hépatoïdes,
appelées ainsi car à l’observation au microscope, les cellules ressemblent à des
hépatocytes). Elles ont un rôle dans le marquage du territoire et la reconnaissance des
congénères. 



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Remarque : Un cas pathologique classique que l’on rencontrera souvent est la tumeur de ces
glandes chez le chien mâle. Ces tumeurs ne sont pas rares et sont souvent dues à une tumeur
des cellules de Leydig dans les testicules, provoquant une hypersécrétion de testostérone. On
parle de circumanalome, qui est hormonodépendant. 



Attention : ne pas confondre glandes anales (dans la sous muqueuse des zones columnaires
et intermédiaires) et glandes circumanales (dans le chorion de la zone cutanée) !

• Les sacs anaux sont des diverticules latéraux par rapport à l’axe du canal anal (à 10h
et 2h sur un cadran d’horloge). Ils sont au nombre de deux, en continuité avec la
lumière du canal anal. Dans la paroi de ces sacs anaux se trouve des glandes sudorales
anales chez le chien, sudorales et sébacées chez le chat. Ces glandes déversent leur
produit de sécrétion à l’intérieur de ces sacs (vidanges régulières).

Cas pathologiques :
- Ces sacs sont souvent engorgés ce qui provoque une inflammation, il faut alors les
vidanger manuellement en les pressant dans une compresse (attention aux projections
nauséabondes !). 


- De temps en temps, on peut avoir un développement vicieux de tumeurs (malignes)
dans ce sac (souvent à cause des glandes sudorales). Or comme le développement est
dans un sac (donc caché), elles peuvent former des métastases (tumeurs malignes)
avant même qu’on ne les détecte. On ne s’aperçoit de rien tant que la cavité n’est pas
remplie. La chienne âgée est parfois sujette à un adénocarcinome des glandes
apocrines du sac anal. C’est une tumeur maligne qui s’accompagne d’un syndrome
paranéoplasique = hypersécrétion d'un équivalent de la parathormone qui provoque
une hypercalcémie sanguine. Le premier symptôme d'appel est une polyuropolydipsie
; la taille de la tumeur est alors déjà conséquente. En effet, la tumeur se situe dans une
cavité donc on ne voit rien de l’extérieur, il n’y a pas de syndrome clinique visite. Le
pronostic vital est généralement très mauvais.

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3. Les fonctions du gros intestin :

a. Mobilité :

On observe 2 types de mobilité au niveau du gros intestin :
• une segmentation rythmique de la couche circulaire interne de la musculeuse
permettant une rétention du contenu et un léger brassage aboutissant à la
déshydratation finale du bol alimentaire mais aussi son moulage et sa rétention. La
contraction est longue, le temps de la déshydratation. Ainsi, le bol alimentaire passe
plus de temps dans le gros intestin que dans l’intestin grêle. 

• le péristaltisme correspondant aux contractions coordonnées des 2 couches de la
musculeuse et permettant la progression du contenu de la lumière vers le canal anal,
et ainsi l’évacuation des fèces. 


b. Sécrétion :

Les sécrétions sont assurées par les cellules caliciformes qui libèrent un mucus abondant
permettant le glissement d'un contenu de plus en plus sec et abrasif sans trop de frottements
contre la paroi. Les sécrétions sont riches en potassium, bicarbonates et en éléments alcalins
contrebalançant les sécrétions acides des bactéries de la flore autochtone. Il y’a encore plus
de bactéries que dans l’intestin grêle (gradient croissant de la flore autochtones le long du
tube digestif). 


c. Absorption :

Le gros intestin est une zone d'absorption d'eau (en majorité) mais aussi de NaCl, de Cl- et de
vitamines. Ces dernières sont issues des synthèses bactériennes (en majorité : vitamines B et
K).

d. Les fermentations :

Chez les chevaux, lapins et rongeurs, les fermentations bactériennes produisent des acides
gras volatiles qui passent dans le chorion.

Remarque : la flore intestinale est très importante : chez l’homme, l’ensemble de la flore pèse
environ 1,5kg ! En effet dans l’intestin un nombre plus important de bactéries que de cellules.
Plus on est loin de l’estomac en aval et plus ce nombre est important.








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CE DOCUMENT A ETE OFFERT AUX VETERINAIRES ALGERIENS PAR

REDA MOHAMED GUESSOUM, DVM

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Histologie du foie


I. Topographie
II. Origine embryologique
III. Structure histologique
1. Enveloppes
2. Lobules hépatiques
3. Canaux excréteurs et vaisseaux
IV. Principales fonctions du foie, un organe très spécifique

Conclusion

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I. Topographie

Le foie est la glande la plus volumineuse de l'organisme, il est de couleur brun rouge chez
les carnivores et ocre chez les ruminants, et de consistance friable. Il s’agit d’une glande
endocrine et exocrine à la fois, elle est dite mixte. Son poids représente 4,5 % du poids du
corps chez le chat et 1,25 % chez le cheval.

Lobations et échancrures
visibles

Hile



Le foie comprend plusieurs lobes dont le nombre varie selon l'espèce (6 chez le chien) Ces
lobes sont bordés par des échancrures. Chaque lobe est relativement friable et est divisé en
lobules polygonaux qui s'observent sur une pièce d’autopsie. Le lobule est l'unité
fonctionnelle du foie. Les lobules sont parfois visibles macroscopiquement chez certaines
espèces (un foie malade de porc par exemple), avec une partie centrale claire et une partie
périphérique plus foncée (1 à 2 mm de diamètre).



Remarques :
- La vésicule biliaire n’est pas présente chez toutes les espèces ! Elle est absente chez
le cheval et le rat, mais présente chez les autres rongeurs. Elle représente
simplement une zone de stockage de la bile. Elle se met en place par
bourgeonnement.

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- Le canal cystique est une voie biliaire accessoire, il relie la vésicule biliaire au canal
hépatique commun. La jonction de ces 2 canaux constitue le cholédoque.

C’est un organe difficilement palpable en conditions physiologiques (il est masqué sous la
coupole des côtes). La palpation devient possible lors d'une hypertrophie.






II. Origine embryologique

Le foie se forme à partir de l’entoblaste (=endoblaste). Celui-ci s'épaissit dans sa partie
ventrale et forme le diverticule hépatique (au jour 25 pour l’Homme). Les cellules du
diverticule prolifèrent dans le septum transverse et forment le bourgeon hépatique (au jour
32 pour l’Homme). Il se détache enfin de l'estomac embryonnaire laissant comme seul lien
avec l’intestin primitif le canal cholédoque (= voie biliaire principale). Les cellules du foie ont
des origines différentes :
- Les hépatocytes viennent de l’endoblaste, et plus précisément des cellules de
l’intestin primitif.
- Les sinus sanguins viennent des veines vitellines et ombilicales.
- Le tissu conjonctif vient du mésenchyme du septum transverse.


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III. Structure histologique

On distingue 3 structures histologiques au sein du foie (correspondant aux 3 origines
embryonnaires) :
• Les enveloppes
• Le parenchyme hépatique organisé en lobules
• Les vaisseaux et canaux excréteurs

1. Enveloppes

L'ensemble du foie est recouvert par la capsule de Glisson. Il s'agit d'une capsule de tissu
conjonctif dense et fibreux (riche en fibres élastiques) qui entoure l'organe. Elle est elle-
même recouverte par le feuillet viscéral du péritoine.

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Cette capsule plonge en profondeur dans l'organe au


niveau du hile pour donner des gaines de tissu conjonctif
lâche entourant les ramifications des vaisseaux et des
canaux entrant dans le parenchyme hépatique.
De la face interne de la capsule partent des fines cloisons
de tissu lâche rejoignant les subdivisions des gaines péri-
vasculaires pour délimiter les lobules polygonaux.
La quantité de tissu conjonctif est plus ou moins
importante en fonction des espèces : chez le porc, les
cloisons sont épaisses et les lobules visibles à l’œil nu,
contrairement au chien.

Cloison de tissu conjonctif


Ces enveloppes donnent une consistance plutôt ferme au foie : lorsqu’on palpe le
parenchyme hépatique, la pression est renvoyée.








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2. Lobules hépatiques

Les lobules hépatiques sont polygonaux, entourés d’une couche fine de tissu conjonctif et
centrés sur une veine : la veine centro-lobulaire. La lobulation n’est pas visible sur un foie
sain. Chez le porc malade elle se voit bien car le tissu conjonctif qui entoure les lobules est
épais, à l’inverse chez le chien, le tissu conjoctif est réduit et les lobules peu visibles.





a) Le tissu conjonctif intra-lobulaire

Le tissu conjonctif est très peu développé à
l’intérieur du lobule mis à part autour de la
veine centro-lobulaire. Il y a donc peu de
tissu conjonctif dans le parenchyme
hépatique. En revanche, un lobule possède
un réseau de fibres de réticuline. Sur un
foie sain, il constitue un maillage très fin sur
lequel sont posés les hépatocytes sous
forme de travées. Les fibres de réticuline
sont le véritable support de l’organisation
hépatocytaire. Il est invisible en coloration
classique mais peut être révélé grâce à une
imprégnation argentique.

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b) Les hépatocytes

Les hépatocytes sont des grandes cellules polyédriques (25 à 30 μm) avec un cytoplasme
développé, acidophile, donc bien coloré. Elles possèdent 1 ou 2 noyaux très réguliers et
ronds avec un nucléole visible. Le foie nécessite des hépatocytes très polarisés pour
fonctionner correctement : on trouve des lobules formés de travées de Remak, qui
communiquent entre elles. Ces travées sont constituées d’une seule couche d’hépatocytes
alignés les uns à la suite des autres chez les mammifères (2 pour les oiseaux). Elles partent
de la périphérie du lobule et convergent vers le centre (vers la veine centro-lobulaire) d’où
l’aspect radié. Les travées s’anastomosent entre elles et ménagent des espaces nommés
lacunes hépatiques qui sont occupés par des vaisseaux.



Au sein d’un lobule on peut noter une hétérogénéité des hépatocytes : en périphérie des
lobules les hépatocytes jeunes forment une ligne plus ou moins continue entourant le lobule
nommée lame bordante. Ces hépatocytes sont beaucoup plus petits, plus tassés et assurent
le renouvellement des cellules au sein du lobule par division, donnant naissance à des
cellules filles. Celles-ci sont ensuite progressivement poussées dans les travées jusqu’à
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rejoindre le centre du lobule. Puisqu’elle a un rôle important, une destruction de cette lame
bordante sera beaucoup plus grave qu’une destruction affectant seulement les hépatocytes
au centre du lobule. Cette lame bordante confère des capacités extraordinaires de
régénération au foie : on estime que les hépatocytes prolifèrent plus vite que les cellules des
tumeurs les plus agressives.
















Il y a acquisition d’une spécialisation au fur et à mesure de la migration, les fonctions des
hépatocytes ne sont pas homogènes dans un lobule. Ainsi, de la périphérie vers le centre, les
hépatocytes sont plus vieux, plus gros, plus riches en REL et en cytochrome P450 (rôle de
détoxification). La fonction des cellules varie avec leur structure, leur localisation et donc
avec leur âge. Certains hépatocytes desquament dans la lumière des veines, mais la plupart
meurent par apoptose.


c) Les capillaires sinusoïdes

Les capillaires sinusoïdes se situent entre les travées d’hépatocytes, dans les lacunes
hépatiques et se jettent dans la veine centro-lobulaire. Ils ont donc un aspect radié
(accompagnent les travées). Leur diamètre est assez important (5 à 15 µm) et leur lumière
irrégulière. Ils prennent naissance dans les espaces portes en périphérie. Ces capillaires sont
tapissés par des cellules endothéliales fenêtrées (des parties du cytoplasme sont perforées),
les pores de ces cellules mesurant 0,17 microns de diamètre. Ces cellules endothéliales
fenêtrées permettent donc des échanges plus efficaces entre hépatocytes et capillaires.

Les capillaires reposent sur un fin maillage de fibres de réticuline lui aussi très réduit pour
faciliter les échanges dans les deux sens. Il ne s’agit pas d’une véritable membrane basale.
On définit deux pôles vasculaires aux hépatocytes, qui correspondent aux parties de la
cellule en contact avec les capillaires sinusoïdes, sachant que chaque travée d’hépatocytes
est entourée de capillaires. On distingue des expansions cytoplasmiques des hépatocytes au
pôle vasculaire, mais on ne peut pas vraiment parler de microvillosités. Elles sont visibles à
travers les pores des capillaires sinusoïdes. Entre l’endothélium vasculaire des capillaires et
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les hépatocytes (donc au contact du pôle vasculaire) on observe un espace appelé espace de
Disse.




d) Les espaces de Disse

Cet espace est très important en terme physiologique car c’est une zone d’échange : les
hépatocytes y puisent ce qui les intéressent et y déversent leur production qui rejoindra le
torrent circulatoire. Ces espaces sont trop petits pour être vus en microscopie optique, ils
sont visibles au microscope électronique ou en circonstances pathologiques. Cet espace est
fondamental en termes de fonctionnement de l’organe et est très peuplé, on distingue deux
catégories de cellules dans les espaces de Disse : les cellules de Küpffer et les cellules de
ITO.

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• Les cellules de Küpffer

Ce sont des cellules de la famille des macrophages, mais qui n’appartiennent qu’au foie :
elles ont un rôle de défense via la phagocytose. Elles ont un aspect très ramifié et sont
difficilement observables en coloration standard mais peuvent être marquées avec des
anticorps spécifiques. Elles se trouvent à la fois dans l’espace de Disse et en grande partie
dans la lumière du capillaire (elles profitent des pores pour rentrer). Attention : ce sont des
cellules fixes !

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Leur distribution est inégale, il y en a beaucoup plus en périphérie du lobule qu’au centre.
Ceci est en lien avec l’arrivée périphérique du sang dans le lobule. Les cellules de Küpffer
assurent un rôle de filtration/épuration des deux compartiments dans lesquels elles se
trouvent : elles filtrent le sang arrivant du tube digestif avant qu’il n’atteigne les hépatocytes
du lobule.






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• Les cellules de ITO (ou quiscentes ou étoilées)

Ces cellules sont difficiles à voir en coloration standard mais on peut utiliser un anticorps qui
reconnait l’α-actine (protéine contractile) pour les visualiser. Leur disposition est radiée (elle
suit celle des capillaires et des travées d’hépatocytes). Elles ressemblent à des petits
adipocytes car elles possèdent une grande vacuole centrale (qui stocke de la vitamine A), le
cytoplasme apparaissant alors optiquement vide et distendu, et leur noyau est excentré. Les
cellules de ITO possèdent trois fonctions :
• Réguler le flux sanguin qui passe dans les capillaires sinusoïdes par leur
activité contractile. Elles permettent d’ajuster la quantité de sang qui vient irriguer
chaque travée hépatocytaire : elles gèrent la microcirculation sanguine. Les
prolongements cytoplasmiques des cellules de ITO entourent les capillaires
sinusoïdes (aspect ramifié, formant un « filet » autour des capillaires). Le
relâchement des cellules permet donc d’augmenter la quantité de sang qui circule
dans les capillaires et leur contraction grâce aux nombreux filaments d’actine
permet de réduire le débit sanguin.
• Stocker la vitamine A dans de grosses vacuoles qui rejettent le noyau (ce
n’est pas encore vraiment prouvé).
• Dans des circonstances inflammatoires, ces cellules « chefs d’orchestres »
sont responsables de la production de MEC (elles jouent le rôle de fibroblastes et
produisent du collagène, absents dans le foie), fondamentale dans la diffusion.

En marron = coloration de
l’alpha-actine présente dans le
cytoplasme des cellules de ITO.
Les prolongements forment un
filet qui emballe les capillaires.




• D’autres populations cellulaires peuvent peupler ces espaces de Disse, les
lymphocytes T cytotoxiques par exemple. Ces derniers surtout présents chez les
herbivores, peuvent se tumoriser.

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e) Les canalicules biliaires

Un hépatocyte possède plusieurs pôles biliaires, c’est-à-dire une zone en commun avec
l’hépatocyte adjacent. A ce niveau, les deux hépatocytes présentent une déformation de
leur membrane générant des espaces vides dans lesquels ils excrètent la bile : ce sont les
canalicules biliaires. Un canalicule se distingue d’un canal car il n’a pas de lame basale, c’est
simplement un espace entre 2 hépatocytes. Puisqu’ils contiennent de la bile, ils apparaissent
verdâtres. Les bords des canalicules sont scellés par des jonctions serrées et des
desmosomes entre les hépatocytes.



Canalicules
biliaires

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La bile est synthétisée par les hépatocytes et est transportée par les canalicules dans un
premier temps vers la périphérie du lobule, puis par de véritables canaux. Les jonctions
serrées empêchent les secrétions de retourner dans les hépatocytes. Certaines pathologies
sont dues à la circulation de la bile entre les hépatocytes. En effet, en temps normal ces
canalicules ne sont pas visibles au MO, mais s’il y a un défaut de mise en mouvement de la
bile, alors elle stagne et s’accumule jusqu’à faire céder les jonctions serrées (=stase biliaire).
La bile remonte alors entre les hépatocytes jusque dans les capillaires et provoque
l’apparition d’un ictère (symptôme : muqueuses jaunes).


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3. Canaux excréteurs et vaisseaux

Les canaux excréteurs et les vaisseaux hépatiques sont regroupés dans le tissu conjonctif
interlobulaire, aux « angles des lobules » c’est à dire aux intersections entre lobules. Ces
zones du TC sont appelées espaces portes. Ils comprennent un ou deux ramifications de
l’artère hépatique, souvent une seule ramification de la veine porte, et 2 à 4 petits canaux
biliaires et des vaisseaux lymphatiques. Un espace porte est donc lié à plusieurs lobules.

ramification de la veine
porte = veine périlobulaire




a) La veine porte

La veine porte draine le sang des viscères digestifs abdominaux, chargé des produits de la
digestion, jusque dans le foie. Elle entre dans celui-ci par le hile, longe les lobules, se ramifie
et plonge en profondeur : veine porte - (hile) veine interlobulaires - veines périlobulaires -
capillaires sinusoïdes - veines centrolobulaires - veines sus-lobulaires - veines collectrices -

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(sortie du parenchyme hépatique) veine hépatique - veine cave caudale qui rejoint le coeur
droit.




Le sang arrive en périphérie des lobules et
converge vers le centre du lobule. La
circulation sanguine est centripète, on
estime que 75% du sang passant dans les
capillaires est veineux (venant de la veine
porte), donc moins riche en oxygène. 25%
seulement du sang est artériel, au contraire
des autres organes, où il y a plus de sang
artériel que veineux. La quantité de
nutriments diminue de la périphérie vers le
centre du lobule.
Le foie est une glande exocrine et
endocrine, les hépatocytes ont donc des
besoins en O2 très élevés, et le sens de
circulation du sang a plusieurs
conséquences :
- En cas d’anémie ou d’hypoxie, les cellules
situées au centre du lobule souffrent en
premières, car les cellules de la périphérie
sont les premières approvisionnées en oxygène. S’il y a des lésions elles apparaissent donc
en premier au centre du lobule, où les cellules sont âgées.
- En cas d’insuffisance cardiaque droite, on observe une stase sanguine hépatique : une
stagnation, puis une accumulation du sang commençant au centre des lobules, car c’est là
que là sang doit repartir, puis gagnant l’ensemble des lobules. Le foie apparait alors noir et
l’accumulation des hématies dilate les capillaires.
- Les cellules en périphérie du lobule sont aussi les premières à subir les toxines absorbées
par l’intestin : les lésions sont visibles d’abord en périphérie.
On parle de lésions zonaires, car différentes zones sont atteintes selon la cause.

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b) L’artère hépatique

L’artère hépatique est issue de l’aorte,
elle accompagne la veine porte, entre
dans le parenchyme par le hile et se
ramifie à raison de deux à trois artérioles
pour une veine dans chaque espace porte.
Les artérioles accompagnent les
ramifications de la veine porte jusqu’au
niveau des capillaires sinusoïdes avec qui
elles fusionnent à l’entrée du lobule, ainsi
elles se jettent dans le système veineux
dès la périphérie des lobules. Il y a donc
mélange des deux sangs avec un rapport
à 75 % de sang veineux et 25% de sang
artériel. Le rôle de cette artère est
d’apporter du O2 aux cellules hépatiques.





c) Les canaux biliaires

La bile est synthétisée dans les hépatocytes et est déversée dans les canalicules biliaires. La
bile circule de façon centrifuge, de façon opposée au sang. La bile est chassée en périphérie
des lobules et empreinte ensuite une succession de petits canaux : les canaux de Héring, à la
limite du lobule. Leur épithélium est composé de cellules hautes visibles. Elle se jette ensuite
dans des canaux plus gros : canaux biliaires des les espaces porte - canaux biliaires extra-
hépatiques - canal hépatique commun - canal cholédoque - duodénum (ampoule de Vater).

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On trouve 4 à 6 canaux dans un espace porte. Pour les espèces possédant une vésicule
biliaire pour le stockage, celle-ci est reliée au canal cholédoque par le canal cystique.



Remarque : les canaux biliaires se distinguent des vaisseaux sanguins (sans compter les
hématies) par leur épithélium cubique voire cylindrique dans les parties terminales.




d) Les vaisseaux lymphatiques

On peut trouver également dans l’espace porte des vaisseaux lymphatiques. La lymphe part
dans le ganglion qui draine le foie, le ganglion lymphatique hépatique, mais une partie de la
lymphe part dans un autre ganglion situe à l’entrée du thorax.
S’il y a un phénomène néoplasique malin, en phase de métastase, on a une prolifération
jusque dans les ganglions : penser à rechercher aussi dans le ganglion thoracique, et
inversement, penser au foie si le ganglion thoracique est anormal.
Ces vaisseaux lymphatiques sont souvent très petits et collabés.

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IV. Principales fonctions du foie, un organe très spécifique



1. Régénération cellulaire

Le foie est un organe autonome, capable de régénérer. Le renouvellement des hépatocytes
se fait grâce aux petits hépatocytes situés en périphérie des lobules, c’est-à-dire au niveau
de la lame bordante. La durée de vie de ces cellules varie de 200 à 500 jours. Les cellules
situées en périphérie du lobule sont plus jeunes que les cellules situées au centre, leur
fonction diffère en fonction de leur localisation. Leur cytoplasme est un peu plus petit et plus
foncé.
Les lames bordantes ont des capacités à proliférer qui sont absolument extraordinaires et
qui dépassent la capacité des tumeurs les plus prolifératrices (grandes capacités de
régénération). Seulement 1/3 du parenchyme hépatique suffit à la vie.

Si on a des lésions causant seulement la destruction des hépatocytes, ceux-ci proliféreront et
se replaceront correctement. Par contre s’il y a destruction des hépatocytes et de la trame
conjonctive, on observe l’activation des cellules de ITO. Il peut y avoir différents cas de
régénération anormale, le système s’emballe :
- Une synthèse de fibres dont le ratio réticuline/collagène est plus petit que la
normale : le collagène est moins fin et est responsable d’une moins bonne diffusion
dans l’espace de Disse, on parle de fibrose.
- Si la synthèse de la MEC est trop lente ou trop rapide par rapport à la prolifération
des hépatocytes, on retrouve des zones de trame denses et des paquets
d’hépatocytes dits nodules de régénération. Ceux-ci sont alors viables mais non
fonctionnels car ils ont perdu leur polarisation. La régénération peut donc être
nuisible, car isolés, ils ont tendance à beaucoup stocker et ne rien lâcher.

Lorsqu’on observe des nodules et des plages de fibrose, on parle de cirrhose hépatique.

Remarque : on observe fréquemment chez le vieux chien des nodules d’hyperplasie, souvent
un ou deux, de 1 à 2 cm de diamètre. Ce n’est pas gênant tant qu’ils sont peu nombreux et
petits, il ne faut pas conclure à une tumeur quand on les voit par laparotomie.

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2. Régulation de la glycémie

L’apport en sucre par le sang est réalisé lors de la digestion mais cet apport est irrégulier
alors que les besoins sont permanents. Le foie permet de contourner ce problème puisqu’il
stocke puis déstocke entre les repas et assure un approvisionnement constant en glucose.
On distingue une phase d’excrétion et une phase de stockage :
• Excrétion : phénomène de glycogénolyse (environ 12h de réserves) puis de
néoglucogenèse (formation de glucose à partir d’acides aminés et d’acides gras),
principalement dans la partie périphérique du lobule, elle est contrôlée par le
glucagon et les catécholamines.
• Stockage : phénomène de glycogenèse dans la zone centro-lobulaire contrôlé
par l’insuline.

Remarque : Pathologie de surcharge glycogénique:
Cette fonction de stockage peut être exacerbée et aboutir à une surcharge de glycogène : le
cytoplasme se clarifie, le noyau reste au centre et les cellules prennent alors l’aspect de
cellules végétales. Cette surcharge induit une hypertrophie des hépatocytes qui compriment
le compartiment vasculaire. Moins d’O2 leur parviennent ce qui provoque alors des lésions.
Le foie est alors plus gros, décoloré, avec des bords arrondis.
Cette surcharge fragilise le parenchyme hépatique, ce qui peut conduite à une déchirure
hépatique et une hémorragie interne.



Foie jaune

3. Synthèse et dégradation des graisses

Les hépatocytes permettent la production et le stockage des graisses : les lipides arrivent
sous forme de chylomicrons, ils passent dans l’espace de Disse et sont captés par les
hépatocytes où ils sont transformés en acides gras libres. Il peut se produire plusieurs voies
possibles :
- Les oxydations : elles sont réalisées dans la zone périphérique et permettent la
production d’énergie par l’intermédiaire de l’acétyl-CoA puis du cycle de Krebs

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- Estérification des acides gras libres (=lipogenèse) : voie prépondérante au centre du
lobule permettant la formation de phospholipides et la production de triglycérides,
qui seront stockés ou excrétés sous forme de lipoprotéines qui repassent dans le
torrent circulatoire.

L’excès de triglycérides stockés peut nuire et conduire à une surcharge lipidique :
En cas de problème dans la voie d’oxydation, si par exemple il y a une mauvaise oxygénation
des mitochondries ou trop d’acides gras libres dans la veine porte, il y a réorientation de ces
acides gras libres vers le stockage dans des vacuoles lipidiques des hépatocytes. La
surcharge lipidique dans les hépatocytes est nommée stéatose hépatique ou lipidose. Les
stéatoses hépatiques sont très courantes mais ont des causes très diverses. Les pathologies
sont plus souvent liées à une anoxie qu’à des excès alimentaires. Un autre exemple est celui
du chat obèse qui arrête de manger, par exemple, à cause d’une boule de poil coincée. Il
mobilise alors ses graisses ce qui provoque une arrivée massive de triglycérides dans le foie
d’où l’apparition d’une lipidose.
En cas de surcharge lipidique, le compartiment vasculaire est comprimé et les cellules sont
en hypoxie. Le parenchyme apparait hypertrophié et décoloré, rose (cas extrême : foie gras).

Stéatose : foie décoloré et hépatocyte remplis de gouttelettes lipidiques.



Cétogenèse : voie réalisée uniquement lorsque les hépatocytes sont confrontés à des cas
extrêmes tels qu’un jeûne prolongé ou une diarrhée. Les corps cétoniques formés peuvent
alors passer dans le torrent circulatoire. Si leur production est supérieure à leur utilisation,
ils s’accumulent dans le sang : on a une cétonémie, le sang est acidifié, ce qui peut mener à
une acidocétose.

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4. Synthèses protéiques

A partir des acides aminés provenant de la digestion et captés au niveau de l’espace de
Disse, les hépatocytes sont capables de synthétiser énormément de protéines (des
enzymes, protéines plasmatiques,...), mais ils ne savent pas stocker les acides aminés. Ces
protéines passent ensuite dans le torrent circulatoire (ex : albumine). Elles ont une
importance non négligeable : dans le cas de l’albumine toute diminution de sa quantité
entraine une diminution de la pression oncotique. Ainsi, une insuffisance hépatique pourra
être à l’origine d’un œdème (baisse de la pression oncotique plasmatique → accumulation
de liquide dans le compartiment extracellulaire).
Autres produits synthétisés : tous les facteurs de coagulation sont exclusivement hépatiques
excepté le facteur VII : ainsi un problème d’origine hépatique peut entraîner des
hémorragies. Le foie synthétise aussi des facteurs de l’inflammation (fibrinogène) et des
protéines porteuses (céruloplasmine pour le cuivre, transferrine pour le fer).

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5. Fonction uréogénique

Seul le foie est capable de la réaliser. La fonction uréogénique amène à la production d’urée
issue de la transformation d’une partie des protéines par les bactéries. L’ammoniac produit
passe dans le torrent circulatoire où il s’associe à l’arginine et forme de l’urée, qui est
ensuite éliminée par voie urinaire. Les hépatocytes détoxifient l’ammoniac du tube digestif.
On peut parfois observer un shunt hépatique c’est-à-dire un contournement du foie (la
veine porte passe directement dans la veine cave caudale), l’ammoniac reste alors dans le
sang qui n’est donc pas détoxifié, c’est le phénomène pathologique d’hyperammoniémie, ce
qui conduit à l’apparition de calculs spécifiques dans les urines. L’urée peut aussi repasser
dans la voie digestive si la voie urinaire est dysfonctionnelle, et se retrouver dans la salive.

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6. La conjugaison de la bilirubine

Un globule rouge vit 60 à 160 jours selon les espèces, et se déforme de moins en moins en
vieillissant. Il peut boucher les capillaires, et est donc recyclé par les macrophages de la
moelle osseuse. Lors de la dégradation, de la bilirubine, non hydrosoluble et compliquée à
éliminer, est libérée. La bilirubine liposoluble est portée par l’albumine et arrive aux
hépatocytes via les capillaires sinusoïdes. L’albumine est relarguée, et la bilirubine, dite à ce
moment non conjuguée, est captée par les hépatocytes. Les hépatocytes effectuent la
glucuronoconjugaison : la bilirubine devient hydrosoluble, est relarguée au pôle biliaire et
repart dans les canalicules biliaires sous forme de bilirubine conjuguée. Elle arrive alors dans
l’intestin où elle est convertie en stercobilinogène (qui colore les fécès en marron et l’urine
en jaune).
Exemple de pathologie : l’ictère est l’accumulation de bilirubine dans le sang, on voit alors
apparaitre une coloration des muqueuses en jaune. Les ictères peuvent être dus à l’absence
de conjugaison de la bilirubine (surplus de bilirubine qui repart alors dans les tissus et
s’accumule dans le sang ; on parle d’ictère hépatocytaire) ou à une obstruction des canaux
biliaires (la bilirubine stagne et repart dans le sang, faisant sauter les jonctions serrées ; on
parle d’ictère non hépatocytaire).

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7. Synthèse et excrétion du cholestérol

Cette fonction est peu fondamentale dans le foie. Le cholestérol peut être transformé en
acide biliaire (=sel biliaire).




8. Production de la bile

La bile est constituée à 61% de sels biliaires et à 3% de bilirubine conjuguée. Elle est plutôt
basique (pH = 7,- à 8,6). L’homme en produit de 0,5 à 1 L/jour.
Les sels biliaires permettent :
- L’émulsion des graisses du chyme ce qui permet la digestion des lipides par les lipases
pancréatiques ;
- La formation de micelles qui permet absorption du chyle par la bordure en brosse de
l’entérocyte ;
- Inhibition de la prolifération des bactéries anaérobies de la flore intestinale : dans l’iléon,
les acides biliaires sont déconjugués pour former les acides biliaires secondaires
(transformation par les bactéries), avec un rôle de contrôle de la population bactérienne
endogène, ils sont bactériostatiques. Ils sont ensuite réabsorbés.

Cf schéma (à ne pas savoir) pour le cycle entéro hépatique des acides biliaires :

BSEP = bile salts export pump


ISBT = ileal sodium-dependant bile salts transporter


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9. Fonction de détoxification : élimination des xénobiotiques
liposolubles

Xénobiotiques : substances chimiques étrangères à l’organisme. (ex : médicaments).
Cette fonction est particulièrement importante car le foie est le seul organe réalisant cette
fonction. Elle consiste en l’élimination des xénobiotiques liposolubles en les transformant en
xénobiotiques hydrosolubles qui seront ensuite éliminés par les reins.
Les différentes phases de la détoxification sont les suivantes :
• oxydation grâce au cytochrome P450. Ce sont surtout les hépatocytes
centrolobulaires, possédant le cytochrome P450, qui effectuent cette action. La
première étape produit des métabolites instables qui, s’ils dépassent les systèmes de
protection, peuvent devenir toxiques pour la membrane et le génome (mort des
hépatocytes du centre du lobule) ;
• inactivation des métabolites instables, toxiques par des anti-oxydants ;
• conjugaison à une molécule polaire ;
• élimination sanguine ou biliaire.



10.Stockage et libération de vitamines et oligoéléments

Le foie stocke des vitamines K, A et B12, du cuivre, du fer et de l'acide folique. Ces réserves
peuvent être utilisées pendant 1 à 2 semaines pour la vitamine K, 3 mois pour la vitamine A
et 1 an pour la vitamine B12. Or l’absence de vitamine K n’entraîne pas la production de
facteurs de coagulation, on observe des saignements une à deux semaines après l’apparition
du problème !



11.Erythropoïèse chez le foetus

Il y a une synthèse de globules rouges par le foie chez le fœtus. Cela arrive aussi chez l’adulte
en cas de défaillance de la moelle osseuse.



12.Fonction antixénique

Elle correspond à la défense contre tout ce qui est exogène et arrivant par le sang.
Les cellules de Küpffer détruisent :
- Les cellules sanguines sénescentes (surtout des globules rouges. Ex : GR qui ont des
antigènes étrangers)
- Des parasites sanguins
- Des bactéries
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- Des virus
- Des particules
- La fibrine et ses produits de dégradation (molécules de l’inflammation)
- Des endotoxines

Remarque : Les cellules de Küpffer produisent du TNF-β (signal de déclenchement
d’inflammation), qui limite la fibrose.


Conclusion




Remarque : On parle parfois d’acini hépatiques, qui sont des structures équivalentes, mais le
lobule est centré sur la veine lobulaire, et les acini sont centrés sur l’espace porte.





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CE DOCUMENT A ETE OFFERT AUX VETERINAIRES ALGERIENS PAR

REDA MOHAMED GUESSOUM, DVM

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Etude de l’appareil digestif - Histologie – TD1

Histologie de la langue, de
l’œsophage et de l’estomac



Introduction

I. La langue
1. Fonctions de la langue
2. Structures et leurs produits permettant d’assurer les fonctions linguales
3. Etudes de coupes histologiques
II. L’oesophage
1. Fonctions de l’œsophage
2. Structures et leurs produits permettant d’assurer les fonctions oesophagiennes
III. L’estomac
1. Fonctions de l’estomac
2. Structures et leurs produits permettant d’assurer les fonctions gastriques
3. Etude de coupes histologiques et schémas supplémentaires

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Etude de l’appareil digestif - Histologie – TD1

Introduction
Dans ce TD, on reconstruit les différentes régions du tube digestif en partant de leurs
fonctions, et en y associant ensuite les tissus et types de cellules des régions étudiées, qui
remplissent ces fonctions. Enfin l’organisation entre les tissus et cellules sera aussi étudiée.
Ce TD a aussi pour but la reconnaissance des structures histologiques en situation
physiologiques, afin de pouvoir les reconnaître en situation pathologique.


I. La langue

1. Fonctions de la langue

La langue possède de nombreuses fonctions en relation avec son organisation histologique.
En effet elle joue un rôle dans :
- La préhension des aliments (cas des petits ruminants)
- L’abreuvement
- La mastication
- La déglutition
- Le toilettage
- La gustation
- La thermorégulation
- La production de salive (en moindre mesure)


2. Structures et leurs produits permettant d’assurer les fonctions linguales

a) La préhension, l’abreuvement, la mastication et la déglutition

Les tissus de la langue qui interviennent dans la préhension, importante chez les petits
ruminants (contrairement aux gros ruminants où ce sont les lèvres qui servent à la
préhension du bol alimentaire) doivent permettre :
- Une grande mobilité de la langue (=> beaucoup de muscles)
- Une contraction volontaire (=> muscles striés squelettiques)
- Des mouvements précis (=> tissu nerveux abondant)
- Une protection de la langue (=> tissu épithélial pluristratifié pavimenteux kératinisé)
- Le bon fonctionnement de toutes ces cellules (=> vaisseaux)
`

Les tissus de la langue sont donc les suivants :
- Le tissu musculaire strié : Ce tissu est très abondant, la langue est très musclée afin
de pouvoir prendre tous les aliments en ayant des mouvements puissants et précis.
- Le tissu nerveux : Ce tissu est aussi très abondant, et ceci est en lien avec la
musculature développée de la langue. Pour assurer des mouvements fins et précis,
une importante innervation est nécessaire ; ainsi une cellule nerveuse innerve un
petit nombre de fibres musculaires.

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Etude de l’appareil digestif - Histologie – TD1

- Les vaisseaux (et leur tissu conjonctif) : La langue est un tissu très vascularisé, les
vaisseaux alimentent les nombreuses cellules musculaires. Les gros vaisseaux arrivent
sur la face inférieure de la langue, que l’on peut facilement voir à l’œil nu, et ils se
ramifient sur la face dorsale.
- L’épithélium : Le tissu épithélial protège les tissus situés en dessous de lui.
L’épithélium lingual est pluristratifié pavimenteux et kératinisé afin de protéger la
langue des agressions mécaniques, chimiques et biologiques.

Ces tissus interviennent tout pareillement dans l’abreuvement, la mastication et la
déglutition !

b) Le toilettage

Le toilettage, fonction particulièrement développée chez le chat, nécessite une protection
mécanique élevée (=> kératine) et une structure particulière, qui donne un aspect râpeux (=>
papilles) ; mais aussi des mouvements puissants avec un contrôle précis et une bonne
irrigation.
Ainsi pour la fonction de toilettage, les 4 tissus étudiés précédemment interviennent aussi, à
savoir : tissu musculaire strié, tissu nerveux, vaisseaux et épithélium.
En plus, des papilles très kératinisées, qui sont des soulèvements de l’épithélium de
revêtement suivi par le chorion, participent au rôle de toilettage de la langue. Ces papilles
sont les papilles coniques et les papilles filiformes.

c) La gustation

La gustation est réalisée grâce à des structures particulières qui vont emprisonner les
molécules gustatives (=> papilles) et transformer le message chimique en message nerveux
(=> bourgeons du goût), mais aussi des structures qui pourront nettoyer les bourgeons du
goût afin que la molécule ne reste pas coincée et que l’information soit constamment
envoyée (=> liquide séreux produit par des glandes exocrines) !

La gustation fait elle aussi appel aux tissu musculaire strié, tissu nerveux, vaisseaux et à
l’épithélium. À ces tissus se rajoutent :
- Des papilles très peu kératinisées : les papilles fongiformes et les papilles
circumvallées surtout, et papilles foliées.
- Les bourgeons du goût et leur tissu nerveux étroitement lié, qui va permettre la
transmission de l’information au SNC. Les molécules gustatives arrivent dans la
bouche, sont prises au piège dans les papilles, passent le pore du bourgeon et
déclenche un signal nerveux. Il y a quelques bourgeons du goût sur l’épiglotte.
- Des glandes exocrines séreuses, qui permettent de nettoyer les bourgeons du goût
en « rinçant » les microvillosités du bourgeon, et ceci à l’aide d’une sécrétion
séreuse : liquide, fluide (et non une sécrétion muqueuse : épaisse, visqueuse).

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Remarque : Il existe une relation étroite entre les structures épithéliales et les structures
nerveuses : le renouvellement des cellules se fait à partir des cellules basales non différenciées
(position 4 sur le schéma, entouré en rouge) ; si on coupe les terminaisons nerveuses, il n’y
aura pas de différenciation des cellules basales en cellules sensorielles.

Innervation des bourgeons du goût selon leur position dans la cavité buccale (pour info)

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d) La thermorégulation

La thermorégulation nécessite la présence d’éléments qui vont pouvoir évacuer ou
accumuler la chaleur. Dans la langue, ce sont surtout les vaisseaux qui jouent un rôle dans la
thermorégulation, et contribuent à l’évacuation de la chaleur, au contact de l’air dans la
bouche. En effet, on rappelle que le sang est un fluide caloporteur. La salive, elle, joue un
rôle dans l’évaporation, phénomène qui intervient aussi dans la thermorégulation.

e) La production de salive

La salive est produite par des glandes mineures salivaires qui sont des îlots glandulaires
dispersés dans la cavité buccale, il y en a un peu dans la langue mais pas beaucoup. Ce sont
des glandes exocrines et donc avec des canaux, et de nature muqueuse essentiellement.

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3. Etude de coupes histologiques


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Les zones pâles correspondent aux axones des neurones.



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II. L’œsophage

1. Fonctions de l’œsophage

La fonction principale de l’œsophage, c’est le transit c’est-à-dire permettre le trajet du bol
alimentaire de la cavité buccale à l’estomac. Cette fonction est réalisée par gravité et à l’aide
des péristaltismes du tissu oesophagien.

2. Structures et leurs produits permettant d’assurer les fonctions
oesophagiennes

Le phénomène péristaltique nécessite pour sa réalisation :
- Une activité contractile (=> tissu musculaire), volontaire et involontaire (=> tissu
musculaire lisse et strié), contrôlée (=> tissu nerveux)
- Une irrigation (=> vaisseaux et leur tissu conjonctif)
- Une structure de protection (=> épithélium pluristratifié pavimenteux kératinisé)
- Une structure de facilitation de l’avancée du bol alimentaire (=> mucus produit par
des glandes exocrines muqueuses)
- Une structure permettant l’élasticité de l’œsophage (=> fibres élastiques)

Le mouvement péristaltique est réalisé par des mouvements contractiles dans deux
directions perpendiculaires, on a donc deux couches musculaires : une couche musculaire
longitudinale et une couche musculaire circulaire.

Ainsi, l’œsophage est composé de :
- Tissu musculaire lisse et strié dont la localisation dans l’œsophage et le
développement (moyennement ou très développé) varient selon l’espèce.
- Tissu nerveux, moins abondant que dans la langue car le péristaltisme ne nécessite
pas de mouvements très précis.
- Vaisseaux et leur tissu conjonctif
- Un épithélium pluristratifié pavimenteux plus ou moins kératinisé selon l’espèce et
le régime alimentaire.
- Glandes exocrines muqueuses dites oesophagiennes pour faciliter l’avancée du bol
alimentaire jusqu’à l’estomac
- Fibres élastiques dans le tissu conjonctif, qui permettent à l’œsophage de s’élargir
temporairement lors du passage du bol alimentaire, et de revenir à son état initial
ensuite.

Ces différents tissus sont répartis dans les 4 couches de l’œsophage, que sont la muqueuse,
la sous-muqueuse, la musculeuse et l’adventice.
L’épithélium de la muqueuse est pavimenteux pluristratifié plus ou moins kératinisé. Le
chorion de la muqueuse est un tissu conjonctif (TC) dense qui contient les fibres élastiques et
la musculaire de la muqueuse contient elle les fibres musculaires lisses.
La sous-muqueuse est un tissu conjonctif lâche qui comprend les glandes oesophagiennes.
La musculeuse contient une couche musculaire circulaire à l’intérieur et une couche
musculaire longitudinale à l’extérieur qui permettent la réalisation du péristaltisme. Ces

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fibres sont squelettiques tout le long de l’œsophage chez le chien, ce n’est pas le cas chez le
chat et le cheval.
L’adventice est un tissu conjonctif lâche, qui n’est pas souvent présent sur les préparations
car elle est arrachée au prélèvement.

Un tableau pour résumer :

Muqueuse Sous-muqueuse Musculeuse Adventice
Epithélium + chorion Couche musculaire
(TC dense) + circulaire intérieure +
Structure TC lâche TC lâche
musculaire (fibres couche longitudinale
musculaires) extérieure
Fibres élastiques
Éléments Glandes
Fibres musculaires Fibres musculaires
présents oesophagiennes
lisses


III. L’estomac

1. Fonctions de l’estomac

Si tout le chyme est déversé dans le duodénum au fur et à mesure de la prise alimentaire, il
ne va pas être absorbé dans sa totalité car le duodénum n’a pas la capacité d’absorber des
nutriments très rapidement ; on observe alors des pertes énergétiques. Un système qui peut
stocker le bol alimentaire de prises alimentaires espacées et conséquentes est donc
nécessaire : c’est le rôle principal de l’estomac.

L’estomac a des fonctions chimiques et mécaniques :
• Fonctions mécaniques
- Réservoir
- Brassage
- Vidange
• Fonctions chimiques
- Préparation à la digestion (par les sécrétions gastriques)
- (Absorption : Ce n’est vraiment pas le rôle de l’estomac mais si il absorbe tout
de même certains médicaments et surtout… un cher et tendre que vous
connaissez tous : l’alcool !)

2. Structures et leurs produits permettant d’assurer les fonctions gastriques

a) Fonction chimique : Préparation à la digestion

L’estomac ne participe pas à la digestion tel quelle puisqu’il n’est pas un lieu d’absorption, il
permet seulement de préparer le bol alimentaire à la digestion. Pour cela, différents
facteurs interviennent (=> enzymes, mucus, HCl, tampon HCO3-, hormones). Ces facteurs
sont produits par des structures particulières (=> glandes, cellules).

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Quel est le type de sécrétion dans l’estomac ?


Pour rappel, il existe 3 types de sécrétions :
- Holocrine : toute la cellule est le produit d’excrétion
- Apocrine : tout le pôle apical de la cellule est décapité et forme le produit de
- sécrétion
- Mérocrine : des petites vésicules contenant le produit de sécrétion fusionnent avec la
membrane au pôle apical
Les deux premiers ne sont pas envisageables dans le cas de l’estomac car l’épithélium ne
serait plus protégé de l’acidité. Les sécrétions de l’estomac sont donc mérocrines.
La glande elle sera endocrine (par voie sanguine), exocrine (par un canal) ou paracrine (par
diffusion tissulaire) selon la voie empruntée pour la sécrétion de ses produits.

L’estomac est donc le lieu de production de différents facteurs que sont :
- Des enzymes : le pepsinogène, produit par les cellules principales (glande exocrine
séreuse) de la muqueuse
- De l’acide : l’acide chlorhydrique HCl sécrété par les cellules pariétales (glande
exocrine) de la muqueuse
- Du mucus : il recouvre toute la muqueuse de l’estomac et est produit par des glandes
exocrines muqueuses et par l’épithélium de revêtement sécrétoire
- Du tampon : l’ion bicarbonate HCO3- immobilisé dans le mucus qui protège
l’épithélium et permet l’établissement d’un gradient de pH entre les cellules de
l’épithélium gastrique (pH 6-7) et le bol alimentaire (pH 1-2). Il est produit en petite
partie par la salive, mais majoritairement par les glandes muqueuses du cardia et du
pylore, et par l’épithélium de revêtement de tout l’estomac.
- Des hormones : la gastrine, produite par les cellules endocrines G disséminées au sein
de l’épithélium exocrine du pylore ; et l’histamine, produite par des cellules
endocrines.



L’estomac a donc un épithélium pluristratifié pavimenteux plus ou moins kératinisé à la base
de l’œsophage qui devient progressivement unistratifié cylindrique et sécrétoire, et qui se
recouvre de mucus afin de se protéger contre l’acidité du contenu de l’estomac. Ainsi le
mucus peut facilement traverser cette barrière épithéliale. Cet épithélium fournit le tampon
au mucus, à partir du HCO3- qu’il prélève dans les vaisseaux sanguins. Il est invaginé en
cryptes, au fond desquelles débouchent des glandes. Au fond des cryptes, se situent les
cellules de renouvellement de l’épithélium.

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Remarque : L’épithélium pluristratifié protège mal des remontées acides, c’est une structure
de protection mécanique.

Ensuite dans la muqueuse de l’estomac et plus précisément dans son chorion, on trouve :
- Pour le cardia : des glandes muqueuses
- Pour le fundus : les glandes fundiques correspondent à l’invagination de l’épithélium
en crypte, et contiennent les cellules de renouvellement, les cellules principales qui
sécrètent le pepsinogène dans la lumière de la glande, les cellules pariétales qui
sécrètent HCl dans la lumière et les cellules endocrines, qui sécrètent l’histamine
dans le chorion.
- Pour le pylore : des glandes muqueuses et les cellules G




Remarque : La bactérie Helicobacter se fixe dans les invaginations des cellules pariétales et
est responsable d’une gastrite.


b) Fonctions mécaniques

La fonction réservoir est l’activité primordiale de l’estomac car il permet de faire passer par
petits morceaux le bol alimentaire dans le duodénum qui ne supporterait pas le passage
d’une grande quantité d’aliments d’un coup. La muqueuse de l’estomac est d’ailleurs bien
adaptée à cette fonction est pliée lorsqu’il est vide et devient lisse lorsqu’il est plein. Le
stockage est rendu possible par le phénomène de relaxation de l’estomac.

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Afin de réaliser toutes ces fonctions mécaniques, la présence de cellules musculaires lisses
est nécessaire et ce, sous diverses formes :
- Sphincter (Sphincter oesophagien inférieur SOI et sphincter pylorique)
- Disposées en 3 couches et formant la musculeuse de l’estomac :
• couche circulaire
• couche longitudinale
• couche oblique (négligeable)

Lorsque la couche circulaire et la longitudinale se contractent en même temps, le bol
alimentaire progresse, c’est ce qui permet le brassage et la vidange de l’estomac. Au niveau
du sphincter pylorique, ces contractions créent un mouvement de flux qui vient frapper le
sphincter et forme une vague de retour, et permet ainsi la fragmentation mécanique, aidée
de substances chimiques (pepsine). Les particules qui frappent le sphincter et qui sont de
taille inférieure à 3mm passent dans le duodénum ce qui permet l’obtention d’un flux
continu et faible dans le duodénum, pour faciliter l’absorption. La vidange dure entre 6 et 7h
en moyenne mais dépend beaucoup de la composition de la ration. Il est important que le
sphincter pylorique soit fermé en phase digestive car si le contenu duodénal retourne dans
l’estomac, les enzymes du suc pancréatique ne seront plus fonctionnelles à ce pH trop acide,
et la bile avec ses sels biliaires va dissoudre le mucus, qui ne protègera alors plus
l’épithélium et formera des ulcères gastriques ! De même le sphincter œsophagien inférieur
est très important dans la mesure où il empêche la remontée du bol alimentaire dans
l’œsophage, qui est sensible à l’acidité (car il ne possède pas de mucus qui le protège
d’attaques chimiques).

c) Coordination des fonctions mécaniques et chimiques

Une bonne coordination entre les différentes fonctions nécessite la présence de tissu
nerveux. Le tissu nerveux de l’estomac lui est propre, il est en effet autonome, on parle de
système neurentérique (on dit parfois que l’appareil digestif est un « deuxième cerveau »).
Ce système est en contact avec d’autres systèmes nerveux autonomes, en particulier le
parasympathique.
Rappel : Le système nerveux autonome comprend le système orthosympathique,
parasympathique et entérique.
Ce tissu nerveux est composé de structures particulières répétées tout au long du tube
digestif, que sont les plexus. L’estomac ayant deux grosses fonctions (mécanique et
chimique), on va trouver deux types de plexus :
- Plexus de Meissner : qui gère la partie sécrétoire
- Plexus d’Auerbach : qui gère la partie mécanique
Ces plexus sont interconnectés entre eux.
On observe l’adaptation du volume gastrique au bol alimentaire qui arrive, par un
phénomène de relaxation musculaire. Les mécanorécepteurs, neurones sensitifs de la paroi
gastrique situés essentiellement dans les plexus de Meissner, informent le SNA. Le SNA
renvoie un message retour par le nerf vague au plexus d’Auerbach qui contient des
neurones moteurs qui vont transmettre l’information. Les cellules de Cajal vont être
l’intermédiaire entre les neurones moteurs des plexus d’Auerbach et les cellules
musculaires. Les plexus de Meissner contiennent aussi des neurones sécréteurs qui ont une

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action sur les glandes et agissent ainsi sur la sécrétion ; et les vaisseaux de la muqueuse et de
la sous-muqueuse, et agissent ainsi sur l’afflux sanguin.
Remarque : Il semblerait qu’il y ait plus de neurones dans le système entérique que dans tout
le SNA !

Schéma de la paroi de l’estomac




Les cellules pariétales sécrétant l’acide sont stimulées par :
- La gastrine produite par les cellules G dans le pylore : voie endocrine (sang)
- L’histamine produite par les ECL : voie paracrine
- L’acétylcholine (cf : le stress engendre des maux de ventre dus à l’augmentation de
l’acidité de l’estomac)
Les ECL (cellules productrices d’histamine) peuvent aussi être stimulées par la gastrine et
l’acétylcholine. Il y a un double contrôle nerveux et hormonal de la sécrétion d’HCl.

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Cas de la destruction partielle de l’épithélium de revêtement
Lors d’un tel phénomène, du par exemple à l’excès d’alcool, les cellules à côté du site de
destruction s’aplatissent pour augmenter la surface et combler le trou. Ceci se réalise dans
les minutes qui suivent la destruction. Si ça ne suffit pas, les cellules par leurs jonctions
serrées tirent leurs voisines, en préservant l’intégrité du tissu : c’est le phénomène de
migration, réalisé dans les 2-3 heures. Puis dans un troisième temps, pour permettre à ces
cellules de retrouver leur hauteur afin qu’elles puissent produire leur mucus,
la multiplication cellulaire se met en place 24h à 48h après.

L’acide chlorhydrique au contact du tissu conjonctif va l’altérer, et au contact des
nombreuses terminaisons nerveuses du chorion va les hyperstimuler et entraîner
l’augmentation de la production chlorhydrique : un cercle vicieux s’installe, c’est la raison
pour laquelle il est important de combler le site de destruction épithéliale.
Pour éviter ce problème, on administre un pansement gastrique ou un anti-acide, en
attendant que l’épithélium se répare.
Les vomissements dégradent l’épithélium au fur et à mesure, et si il est dégradé
complètement, on observe un ulcère. Dans ce cas l’épithélium va être remplacé dans
l’urgence par du collagène en vrac (phénomène de fibrose) qui va s’organiser ensuite
(phénomène de rétraction). Le tube se rétracte et sa lumière diminue, on observe une
sténose.

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3. Etude de coupes histologiques et schémas supplémentaires

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Tableau récapitulatif des tissus du tube digestif




Langue Œsophage Estomac
++ à +++ +++
+++
Strié et lisse Lisse (sphincter + 3
Tissu musculaire Strié
selon espèce (2 couches dans

couches) musculeuse)
+++
(Plexus de Meissner,
Tissu nerveux +++ ++
plexus d’Auerbach,
cellules de Cajal)
Vaisseaux +++ ++ ++
Avec vaisseaux +
Tissu conjonctif Avec vaisseaux Avec vaisseaux
fibres élastiques
Pluristratifié Pluristratifié Simple
Tissu épithélial Pavimenteux Pavimenteux Cylindrique
Kératinisé +/- Kératinisé Sécrétoire
Très kératinisées
(toilettage) et peu
Papilles ø ø
kératinisées
(gustation)
Exocrines séreuses Exocrines muqueuses
(gustation) Exocrines (pylore, cardia)
Glandes
Exocrines muqueuses muqueuses Exocrines séreuses
(production salivaire) (fundus)
Bourgeons du goût ++ ø ø

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CE DOCUMENT A ETE OFFERT AUX VETERINAIRES ALGERIENS PAR

REDA MOHAMED GUESSOUM, DVM

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Etude de l’appareil digestif - Histologie – TD2

Histologie de l’intestin grêle


et du foie



Introduction

I. L’intestin grêle
1. Fonctions de l’intestin grêle
2. Structures et leurs produits permettant d’assurer les fonctions intestinales
3. Etudes de coupes histologiques
II. Le foie
1. Fonctions du foie
2. Rapports et vascularisation du foie
3. Structures et leurs produits permettant d’assurer les fonctions hépatiques
4. Etudes de coupes histologiques
5. Reconnaissance de lésions

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Introduction

Dans ce TD, on reconstruit les différentes régions du tube digestif en partant de leurs
fonctions, et en y associant ensuite les tissus et types de cellules des régions étudiées, qui
remplissent ces fonctions. Enfin l’organisation entre les tissus et cellules sera aussi étudiée.
Ce TD a aussi pour but la reconnaissance des structures histologiques en situation
physiologiques, afin de pouvoir les reconnaître en situation pathologique. L’intestin grêle et
le foie seront les sujets de ce TD2.

I. L’intestin grêle

1. Fonctions de l’intestin grêle

L’intestin grêle assure les fonctions suivantes :
- L’absorption des nutriments issus du chyme
- Une digestion enzymatique grâce à des sécrétions
- Le transit du chyme par son activité motrice péristaltique qui permet aussi un
brassage
- Le renouvellement des cellules
- La protection de la muqueuse intestinale

2. Structures et leurs produits permettant d’assurer les fonctions intestinales

a) L’absorption

C’est la fonction principale de l’intestin grêle. Afin qu’elle soit maximale, deux paramètres
sont à prendre en compte : l’importance de la surface et le temps de contact avec le chyme.
L’étendue de la surface d’absorption est assurée par :
- La longueur de l'intestin
- Les plis circulaires (=valvules conniventes) qui sont des projections vers la lumière de
la sous-muqueuse et qui entraînent la muqueuse avec elle. Ils sont présents surtout
dans le jéjunum et s’effacent dans l’iléon.
- Les villosités, qui sont des formations de la muqueuse et correspondent au
soulèvement du chorion qui entraîne avec lui l’épithélium. On rappelle qu’il n’y a pas
de villosités dans le gros intestin.
- Les microvillosités, à l’échelle cellulaire, qui permettent l’augmentation de surface la
plus importante.

Les acides aminés, le glucose et les acides gras à courte chaîne passent de l’intestin grêle au
sang par les entérocytes, afin d’être apportés aux cellules. Les espaces de Grunhägen sont
des espaces latéro-basaux qui permettent le passage des nutriments de l’entérocyte vers les
voies sanguines. Les acides gras à longue chaîne sont transportés sous forme de
chylomicrons (association de bêta protéines + acide gras longue chaîne) par des vaisseaux
lymphatiques, jusqu’au foie. Ces vaisseaux sont appelés chylifères centraux. Les
chylomicrons ne passent pas par voie sanguine car ils sont de taille trop importante, ils
passent dans les chylifères grâce aux espaces de Grunhägen, créés lors de l’extension de la
villosité entre les deux extrémités des cellules endothéliales qui entourent ces vaisseaux, et
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22 mars 2017 Etude de l’appareil digestif - Histologie – TD2

aux cellules musculaires qui permettent l’avancée de ces chylomicrons et leur


emprisonnement dans la lumière des vaisseaux..
Remarque : La paratuberculose est une maladie où l’on observe l’accumulation de
macrophages dans le chorion, ce qui limite la diffusion.



b) La digestion enzymatique et les sécrétions

La digestion enzymatique est réalisée par des enzymes provenant de deux sources. La
première source, ce sont les acini du pancréas ; la deuxième ce sont les entérocytes.
Les entérocytes libèrent leurs enzymes une fois qu’ils sont desquamés dans la lumière.
Le chyme provenant de l’estomac est très acide, or les enzymes sont fonctionnelles à pH
neutre. La digestion enzymatique nécessite donc aussi une sécrétion d’un tampon, le
bicarbonate HCO3-, sécrété avec le mucus.
Le mucus contenant des enzymes, sécrété dans l’intestin grêle, est produit par les cellules
caliciformes et les glandes du duodénum (en particulier les glandes de Brunner). Des
enzymes, des électrolytes et quelques autres substances sont aussi sécrétées par les glandes
intestinales.
Remarque : Des cellules endocrines sécrètent de nombreux peptides régulateurs. La flore
bactérienne et les cellules de Paneth sécrètent des substances bactéricides.

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c) Le transit

Le transit est assuré par la présence d’une musculature lisse développée dans la
musculeuse : une couche circulaire interne et une couche longitudinale externe. Leur
contraction simultanée permet le péristaltisme et l’avancée du contenu digestif. La
musculeuse est innervée par les plexus d’Auerbach, le relais de l’information est lui assuré
par les cellules de Cajal. Le temps de contact long est permis par les contractions seules de la
couche circulaire interne, qui permet le brassage et non pas la propulsion du contenu
intestinal. On remarque que plus on avance dans l’intestin grêle, plus les rythmes de
contraction diminuent.

d) Le renouvellement

Les entéroblastes permettent le renouvellement de cellules épithéliales comme les cellules
de Paneth, des entérocytes, des cellules caliciformes, des cellules endocrines et des cellules
M. L’estomac et l’intestin grêle sont les deux organes au turn-over le plus rapide dans
l’organisme. Le micro-environnement est un des paramètres du renouvellement des cellules
intestinales. En effet, selon le danger détecté on observe l’augmentation du nombre de
cellules qui vont pouvoir y faire face. Par exemple, le nombre de cellules caliciformes est
augmenté en présence de parasites intestinaux, et le nombre d’entérocytes est augmenté
lors d’un ulcère.

e) La protection

La fonction de protection est particulièrement importante et difficile dans l’intestin :
- Elle est importante car l’intestin est soumis aux actions de la flore commensale et du
bol alimentaire, et l’épithélium doit donc en être protégé.
- Elle est difficile car l’absorption des différents éléments est compliquée : un tri doit
s’effectuer entre les éléments qui doivent passer, et ceux qui passent mais contre
lesquels une réponse immunitaire doit être engagée.

Différents éléments assurent la protection de l’intestin grêle :

Le système immunitaire
- Les plaques de Peyer : Elles sont associées aux cellules M de l’épithélium à leur
contact. Les cellules M permettent le passage des antigènes de la lumière vers le
chorion, où se trouvent les cellules dendritiques qui les détectent et déclenchent la
réaction immunitaire. Certaines bactéries profitent de ce système pour passer dans le
chorion, c’est le cas des salmonelles !
- Les lymphocytes T : Les LTCD8 sont cytotoxiques et se situent dans l’épithélium
villositaire ; les LTCD4 sont eux dans le chorion villositaire.
- Les plasmocytes sont situés au niveau du chorion, majoritairement autour des
glandes (plasmocytes dits interglandulaires) et pour quelques uns à la base des
villosités. Ils produisent des IgA qui seront transformés en IgAs dans la muqueuse. Ces
dernières ont un rôle neutralisant mais pas destructeur.
- Les cellules de l’immunité non spécifique : Les macrophages, des polynucléaires
surtout neutrophiles, des NK (Natural Killers) et des CD (cellules dendritiques).

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22 mars 2017 Etude de l’appareil digestif - Histologie – TD2

Le mucus
Il permet le glissement du bol alimentaire, en effet sans mucus, on observe une destruction
prématurée des entérocytes et un arrêt de l’avancée du bol alimentaire. Il a un rôle de
protection de l’épithélium contre les sécrétions acides et contre l’effet abrasif du contenu
digestif. Mais il piège aussi des toxines et des bactéries grâce aux immunoglobulines
sécrétoires (IgAs) produites par les lymphocytes B (=plasmocytes). Il protège des bactéries en
empêchant aussi le contact avec l’entérocyte, la bactérie ayant pour but de se fixer afin
d’assurer sa multiplication.

Les bactéries de la flore endogène
Elles sont importantes en nombre et en terme de fonction. Il y a plus de bactéries dans
l’intestin que de cellules chez un individu ! Elles empêchent l’implantation d’autres bactéries
par des sécrétions bactéricides.
Remarques : On observe un gradient croissant du nombre de bactéries le long du tube
digestif. Dans l’iléon, les acides biliaires primaires sont transformés par les bactéries en acides
biliaires secondaires, qui sont eux antibactériens.

Les cellules de Paneth
Elles sont situées tout au fond des glandes, avec les entéroblastes, dans la zone la plus fragile
de l’intestin grêle. Elles ont un rôle antibactérien de protection des entéroblastes grâce à
leur activité sécrétoire toxique.

Question de partiel :
Pour ces cellules sont-elles appelées « cellules de Paneth » ?
à Parce qu’on les voit floues !
Vous remerciez le grand, que dis-je, l’illustre Martin Randriamampita pour cette blague ;)

L’entérocyte
C’est la cellule alarme, qui déclenche les réactions immunitaires ! Elle possède des
récepteurs particuliers, comme les récepteurs tall like (TLR) qui reconnaissent la flagiline
(protéine du flagelle des bactéries) ou certaines portions de la paroi des Gram-, mais aussi
l’ARN simple brin des virus, et enclenche ainsi la cascade d’événements de l’immunité.

Les jonction serrées
Elles assurent l’étanchéité entre les entérocytes et sont un élément clé de la protection.

Le turn-over rapide
Les entérocytes piègent les éléments bactériens et leur élimination rapide permet en plus du
renouvellement, l’élimination de ces éléments possiblement pathogènes.

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3. Etude de coupes histologiques

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Les plaques de Peyer sont des amas lymphoïdes


par groupe de 6-10, prenant origine dans la Le duodénum possède des
sous-muqueuse (orangée), qui causent une glandes de Brunner dans sa
interruption de la musculaire de la muqueuse et sous-muqueuse, et qui
s’étendent jusqu’au chorion. Sur l’épithélium, permettent notamment sa
en regard de ces plaques on trouvera des reconnaissance.
cellules M « au cytoplasme chevelu ».

II. Le foie

1. Fonctions du foie

Le rôle principal du foie, c’est d’accueillir de grandes quantités de glucose, de le stocker, de le
métaboliser et de le restituer de manière continue à tout l’organisme pour assurer les
besoins de ce dernier.
Les fonctions du foie sont les suivantes :
- La sécrétion de la bile, du glucose, des lipoprotéines, du cholestérol, de protéines
(comme l’albumine)
- Le stockage de glucose et de vitamines
- La synthèse de bile
- La filtration et l’élimination (=détoxification)
- La régulation de la glycémie et des lipides
- La protection
- Le renouvellement

2. Vascularisation du foie

Le foie est relié à l’intestin, la rate, la vésicule biliaire, l’estomac et l’hypophyse.
Il est relié à l’intestin, la rate et l’estomac par la veine porte, relié à l’aorte par une de ses
ramifications : l’artère hépatique. Il reçoit aussi la veine ombilicale lors des premiers jours du
nouveau-né, après cette veine se ferme et devient un cordon fibreux. Le sang arrive par le

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hile. Dans l’autre sens, il se relie au duodénum par l’intermédiaire du canal hépatique. Il
envoie aussi la veine hépatique vers la veine cave caudale et l’hypophyse.



3. Structures et leurs produits permettant d’assurer les fonctions hépatiques

Le foie est organisé en lobule qui est l’unité de base du parenchyme hépatique. En son
centre se trouve la veine centro-lobulaire. Les travées hépatocytaires sont organisées de
façon radiale grâce aux fibres de réticuline qui servent de guide et sont composées d’une
unique couche d’hépatocytes. Les capillaires, situés de part et d’autre d’une travée
hépatocytaire (côté face vasculaire des hépatocytes), sont fenestrés et sans lame basale afin
de faciliter les échanges.

a) Structures d’échanges

Parmi les structures d’échanges, on dénombre :
• Les espaces portes : Cette espace triangulaire situé dans le tissu conjonctif, à la
jonction de plusieurs lobules, contient :
- Une ou deux ramifications de la veine porte
- Plusieurs artérioles issues de l’artère hépatique
- Plusieurs canaux biliaires où se retrouve la bile sécrétée, cette dernière
circulant de façon centrifuge.
• Les capillaires sinusoïdes
• L’espace de Disse, qui est la zone d’échange séparant les capillaires et le pôle
vasculaire des hépatocytes. Cet espace est aussi le lieu des fonctions de stockage et
de défense.
• Les canalicules biliaires : Chaque canalicule se situe entre les pôles biliaires de deux
hépatocytes. Ils n’ont pas de paroi propre et résultent de la déformation de deux
cytoplasmes d’hépatocytes, délimités par des jonctions serrées afin d’éviter que la
bile ne passe dans le sang et entraîne un ictère. On observe un ictère lors de la stase
hépatique car l’accumulation de sang entraîne la destruction des jonctions serrées.
• La veine centrolobulaire : Située au centre du lobule, elle reçoit le sang une fois les
échanges réalisés. Elle rejoindra la veine hépatique puis la veine cave caudale.
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Entre les lobules et l’espace porte, on a une structure intermédiaire avec une paroi propre:
les canaux de Hering. La lymphe se forme dans les espaces de Disse dans le foie, ensuite une
partie sera drainée par le ganglion hépatique et l’autre partie partira vers l’avant et sera
drainée par un ganglion de la cavité thoracique : le ganglion sus-sternal. Les structures
veineuses forment les capillaires sinusoïdes. 75% du sang hépatique est veineux et 25% est
artériel. Le foie reçoit un sang pauvre en oxygène alors que ses fonctions sont multiples. Les
jeunes hépatocytes en périphérie seront toujours servis, en cas d’hypoxie, ce sont les
hépatocytes âgés au centre qui souffriront du manque d’oxygène. L’espace d’un lobule est
occupé pour moitié par le sang, pour moitié par les hépatocytes. Si la proportion sanguine est
augmentée, il y a compression et atrophie des hépatocytes. Si la proportion hépatocytaire
est augmentée, l’apport sanguin sera diminué donc l’apport d’oxygène aussi, et on assiste à
la mort cellulaire des hépatocytes. Le foie possède un espace défini, la variation d’un des
compartiments se réalise au détriment de l’autre.

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b) Stockage

Les hépatocytes stockent le glucose sous la forme de glycogène, mais aussi des triglycérides
et du fer. Les cellules de ITO stocke la vitamine A dans des vacuoles optiquement vides.

c) Protection

La défense de la voie vasculaire est assurée par les cellules de Küppfer par phagocytose.
Fixées dans les espaces de Disse par des prolongements cytoplasmiques dans la lumière du
capillaire, elles sont plus nombreuses en périphérie du lobule et produisent le signal de
déclenchement de l’inflammation, qui limite la fibrose.
Le principal dispositif qui assure la protection des voies biliaires contre des agents
pathogènes qui proviendraient de l’intestin, ce sont les immunoglobulines sécrétoires IgAs,
produites par les plasmocytes sous forme d’IgA. Elles arrivent par voie sanguine, et sont
interceptées par des récepteurs spécifiques des hépatocytes qui les transforment en IgAs et
les sécrètent dans les canalicules.
Une autre cellule protège l’hépatocyte dans l’espace de Disse, un type de lymphocytes T (pitt
cells), pas décrit encore dans toutes les espèces.
En cas d’inflammation, les cellules de ITO s’enrichissent en actine et régulent le débit
sanguin des capillaires par contraction musculaire ; et produisent du collagène fibrillaire de
type 1 qui limitent les phénomènes de diffusion. La réticuline présente avant permettait une
diffusion facilitée. Le développement de ce collagène entraîne une fibrose hépatique.

d) Renouvellement

Les plus jeunes hépatocytes sont situés en périphérie et constituent la lame bordante (=zone
de régénération) et les plus vieux sont situés au centre du lobule où ils desquameront dans la
lumière et seront phagocytés. Les cellules de la lame bordante sont capables de proliférer à
une rapidité extrême et assurent le renouvellement des hépatocytes.



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4. Etude de coupes histologiques




Les cellules du foie sont organisées en travées d’une seule couche.


Une coloration argentique à droite colore la réticuline en noir

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5. Reconnaissance de lésions

La position d’une lésion cellulaire au niveau du foie nous renseigne sur son origine :
- Lésions au centre du lobule : Possible anémie ou hypoxie, car les cellules du centre sont
les dernières à recevoir le sang ; ou insuffisance cardiaque : le sang stagne au niveau de
la veine centrolobulaire, les capillaires sont dilatées par les hématies et apparaît une
stase hépatique sanguine. Le foie est alors presque noir.
- Lésions en périphérie du lobule : Les hépatocytes de la périphérie reçoivent en premier
le sang provenant de l’intestin et peuvent subir l’effet de toxines bactériennes que ce
sang peut contenir.
- La présence de bile en dehors des canaux et canalicules provoque un ictère (bilirubine
qui passe dans le sang et rend les muqueuses jaunes)
- La surcharge glycogénique rend le foie jaune, les hépatocytes sont déformés et
présentent une énorme vacuole transparente.
- La surcharge lipidique ou stéatose hépatique résultent de l’accumulation de
triglycérides dans les hépatocytes. Ils sont moins déformés et contiennent une grosse
gouttelette lipidique ronde et transparente. Le foie se décolore et devient rosâtre.








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Un schéma récapitulatif pour compléter


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CE DOCUMENT A ETE OFFERT AUX VETERINAIRES ALGERIENS PAR

REDA MOHAMED GUESSOUM, DVM

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Etude de l’appareil digestif - Physiologie – CM 1

Introduction à la physiologie
de la digestion

Liste des chapitres de physiologie du module « Étude de l’appareil digestif »


- Chapitre 1 : Introduction et généralités
- Chapitre 2 : Le comportement alimentaire
- Chapitre 3 : La digestion buccale
- Chapitre 4 : La déglutition
- Chapitre 5 : La digestion gastrique (cas des Monogastriques)
- Chapitre 6 : La digestion intestinale
- Chapitre 7 : L’absorption digestive
- Chapitre 8 : Physiologie comparée





Introduction

I. Définition
II. Variabilité de la digestion en fonction du régime alimentaire
1. Les différents régimes alimentaires
2. Des adaptations physiologiques et anatomiques selon les régimes alimentaires
3. Caractéristiques de la digestion suivant le régime alimentaire

Conclusion

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22 Février 2017 360
Etude de l’appareil digestif - Physiologie – CM 1

La pathologie digestive est une grande dominante de la pathologie vétérinaire et concerne


les équidés, les ruminants comme les carnivores domestiques. Ainsi sa connaissance
physiologique de base est indispensable.

Les animaux sont hétérotrophes. Ils sont incapables de générer les constituants de leur
organisme et ne peuvent donc pas synthétiser tous les éléments nécessaires à l'organisme.
Ils doivent donc les prélever dans leur environnement, sous forme d’une ration alimentaire,
qui couvre leurs besoins pour assurer la fonction et le maintien de la structure de l’organisme
(développement, énergie, fonctions vitales...).
La ration alimentaire comprend des matières:
- Organiques : lipides, glucides, protides, vitamines
- Minérales : oligo-éléments
Ainsi que de l’eau.
Les aliments sont d'origine végétale ou animale et ne sont pas directement assimilables (sauf
l'eau). Ils doivent donc subir le processus de digestion afin que leur taille soit réduite et qu’il
soit assimilé par les cellules.

I. Définition

La digestion est l’ensemble des actes mécaniques, sécrétoires et chimiques qui concourent
à la transformation des aliments en nutriments (=briques élémentaires). La digestion est
extra-cellulaire et regroupe des processus à la fois mécaniques et sécrétoires, ces derniers
étant chimiques, enzymatiques, fermentaires.



Les nutriments sont des petites molécules solubles issues des aliments, directement
assimilables par l'organisme.
Ces nutriments doivent assurer la couverture des besoins :
- énergétiques : à court ou moyen terme.
- plastiques (maintien de la structure de l’organisme) : sur le long terme
Ils permettent la croissance (chez le jeune) puis le maintien de la masse corporelle (chez
l’adulte). Le turn-over des nutriments est rapide et perpétuel, c’est lui qui maintient la masse
corporelle de l’individu.

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22 Février 2017 360
Etude de l’appareil digestif - Physiologie – CM 1

La nutrition est l'étude du devenir des nutriments au sein de l'organisme. Le facteur essentiel
de ces besoins est représenté par le tissu adipeux qui est la principale réserve énergétique
de l’organisme et le principal déterminant de la variation du poids corporel. Il y a ainsi
possibilité d’accumuler des réserves ou d’y faire appel. La masse adipeuse est donc le
principal déterminant des variations corporelles, notamment suivant la disponibilité des
ressources dans l’environnement. La masse musculaire est, quant à elle, très peu utilisée.

Pour Claude Bernard, la digestion est “la restauration non gazeuse du sang" car, pour lui,
l'intérieur de l'organisme est maintenu constant grâce à un certain nombre de régulations.
C'est la notion d'homéostasie. En comparaison, la respiration assure la restauration gazeuse
du sang.


II. Variabilité de la digestion en fonction du régime alimentaire

La digestion présente une grande variabilité interspécifique suivant le régime alimentaire de
l’espèce considérée.

1. Les différents régimes alimentaires

Il existe 3 grands types de régimes alimentaires :
- Le régime carnivore : consommation d'aliments issus du monde animal. Il peut être