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Cinquième partie 

: Le traitement comptable des opérations d’exploitation

Chapitre 4 : Le dénouement des opérations issues du cycle


d’exploitation

En règle générale en France, les opérations se dénouent rarement au comptant. De ce fait, les créances qui sont
de véritables stocks financiers impliquent des moyens de paiement diversifiés.

I- Les règlements

A. En numéraire

1. Les espèces

Ce sont des billets de banque ou des pièces de monnaie, la législation française limite les règlements sous cette
forme (compte 53).

2. Les chèques

C’est un titre par lequel une personne appelée tireur donne l’ordre à un établissement bancaire appelé tiré de
payer au bénéficiaire une somme d’argent déterminée et disponible dés la création du titre.

512 Banque x
411 Clients x

Quant l’entreprise reçoit un chèque d’une part elle va constater une entrée financière en banque et d’autre part
l’extinction de la créance sur un client donnée. Le chèque reçu par l’entreprise n’est pas immédiatement remis en
banque.

5112 Chèques à encaisser x


411 Clients x

512 Banque x
5112 Chèques à encaisser x

Lorsque l’entreprise émet un chèque :

401 FRS x
512 Banque x

3. Les virements bancaires ou postaux

Il s’agit d’un instrument de paiement au profit d’un tiers. Quant l’entreprise reçoit un virement la créance client
s’éteint et en contre partie le compte 512 ou 514 augmente. Quant l’entreprise émet un virement elle éteint une
dette en contre partie elle appauvrie le compte 512 ou 514.

B. Par effets de commerce


1. Définition

Les effets présentent une nature double : ce sont des instruments de paiement comme le chèque et des
instruments de crédit. L’effet de commerce le plus courant est la lettre de change, les règles relatives à la
création, à son utilisation et aux garantie forment le droit cambiaire.

Il s’agit d’un écrit par lequel le créancier (tireur) donne l’ordre à son débiteur (tir) de payer à une date fixe
(échéance) une somme déterminée à une personne désignée (bénéficiaire). Dans la pratique courante des affaires
le créancier se désigne comme bénéficiaire, le tireur et le bénéficiaire sont confondus.

2. La lettre de change relevée

C’est la forme actuelle de la lettre de change depuis le mois de mai 1994. Elle est transformée en un
enregistrement magnétique dés son entrée dans le circuit bancaire. Le tireur inscrit sur ce document les
références bancaires du tiré. La banque du tireur saisie sur support informatique les informations mentionnées
dans la lettre de change relevé. Le banquier du tiré lui adresse un relevé des lettres de change relevés à payer
classé par échéance. Le tiré donne son autorisation à son banquier et celui-ci prélève à l’échéance sur le compte
de son client le montant de la lettre de change relevé.

3. Schéma comptable

La création d’un effet de commerce justifie une écriture comptable.

Exemple : création de la lettre de change relevé

 Fournisseur

Engagement de payer du client  Extinction de la créance client dans sa forme initiale

Entrée financière  à échéance  Extinction définitive de la créance client

 Client

Extinction de la dette dans sa forme initiale  Traite signée  Obligation de payer

Extinction définitive de l’obligation de payer  à échéance  Sortie financière

15/04/n : fournisseur R tire une traite de 9 488 F à échéance du 30/06 sur son client C pour règlement de sa
dernière facture.

 Fournisseur

15/04/01
4131 Client effet remis à l'acceptation 9 488,00
411 Clients 9 488,00

20/04 : retour de la lettre de change signé par le client

20/04/01
413 Client effet à recevoir 9 488,00
4131 Client effet remis à l'acc 9 488,00

 Client
15/04/01
401 FRS 9 488,00
403 FRS effet à payer 9 488,00

 Fournisseur

18/06/01
5113 Effet à l'encaissement 9 488,00
413 Clients effet à recevoir 9 488,00
02/07/01
512 Banque 9 458,10
627 Services bancaire 25,00
44566 TVA sur ABS 4,90
5113 Effet à l'encaissement 9 488,00

 Client

02/07/01
403 FRS effet à payer 9 488,00
512 Banque 9 488,00

II- Moyens de financement à court terme


Dans la mesure où une entreprise n’arrive pas à équilibrer son encours financier c'est-à-dire que les paiements
d’une période sont plus élevés que les encaissements à recevoir. Elle recours à des crédits à court terme
(exemple : si elle fait appel aux banques : avance de trésorerie/ découvert de trésorerie/ escompte/ cession ou
nantissement de créances professionnelles/ crédit de mobilisation des créances commerciales /// si elle fait appel
à une société spécialisée : affacturage). Elle peut également faire appel à l’administration fiscale, c’est
l’utilisation des obligations cautionnées.

A. L’escompte

C’est une opération par laquelle un banquier rachète à une entreprise un effet de commerce avant l’échéance en
lui versant le montant de l’effet diminué d’une retenue.

Exemple : Remise à l’escompte le 15/04 de traites pour un montant de 14 232,00 F


Le 25/04 : avis de crédit de 13 799.69
Frais :  escompte : 395
 commission : 31.20
 TVA : 6.11

15/04/01
5114 Effets à l'escompte 14 232,00
413 Clients effet à recevoir 14 232,00
25/04/01
512 Banque 13 799,69
6275 Frais sur effets 31,20
44566 TVA sur ABS 6,11
6616 Intérêts bancaires 395,00
5114 Effets à l'escompte 14 232,00

B. Les cessions de créances dans le cadre de la loi Dailly

a. Présentation
L’escompte est une forme limité de mobilisation des créances, de façon à permettre aux entreprises d’accéder
plus aisément au crédit, deux lois ont facilités cet accès, d’une part la loi du 2 janvier 1981 dite loi Dailly,
d’autre part la loi du 24 janvier 1984 ou loi bancaire.

La loi Dailly garantie les crédits accordés par la cession ou le nantissement de créances professionnelles. Une
créance est cédée à titre de garantie et le banquier accordera un crédit en tenant compte de la situation financière
de l’entreprise et de ses besoins. Peuvent être cédé d’une part les créances actuelles (c’est une créance certaine,
liquide et exigible), exemple : vente de marchandises livrées et facturées, d’autre part des créances en germes, il
s’agit de créances résultant d’une commande passé à une entreprise mais non encore exécuté, exemple : cession
par le bailleur des loyers à venir après la signature du bail, enfin des créances futures, avant d’obtenir un contrat
l’entreprise doit engager des travaux préliminaires, les banques n’apprécient pas ce type de créances incertaines
et en pratique cette hypothèse est rarement retenue.

b. Les modalités de la cession

Une ou plusieurs factures sont portés sur un bordereau lequel sera remis au banquier, au vue de ce bordereau le
banquier accepte la totalité des créances ou seulement les créances certaines. Le crédit une fois accordé au
cédant doit faire l’objet d’un suivi notamment pour l’encaissement des créances cédées. En pratique, la banque
mandate l’entreprise pour recevoir les fonds à sa place. Dés réception des encaissements le cédant doit aviser la
banque. Pour bénéficier des dispositions de la loi Dailly l’entreprise doit signer une convention cadre avec la
banque.

La loi prévoit deux types de cessions en toute propriété :

(1) La cession escompte


(2) La cession fiduciaire

(1) Elle se présente comme suit, le bordereau est crédité pour un certain montant au compte du cédant
diminué des agios. Cette technique s’apparente au bordereau de remise d’effet à l’escompte.

(2) Celle-ci peut se réaliser à l’aide de techniques variées. D’une part crédit par autorisation de découvert
c'est-à-dire que l’entreprise obtient une autorisation de découvert qui s’appuie sur les créances cédées,
l’autorisation est domicilié sur le compte courant de l’entreprise. L’utilisation ne doit pas dépassé un
investissement supérieur à un certain pourcentage de l’en-cours des créances cédées. D’autre part, crédit
par utilisation d’un compte d’avance, cette technique n’et pas différente de la première mais le compte
courant est remplacé par un compte d’avance, ce dernier est débité du montant du bordereau par crédit
du compte de l’entreprise, l’encaissement des créances cédées est porté au crédit du compte d’avance
qui est apuré à due concurrence. Enfin, crédit par escompte d’un billet financier, le bordereau une fois
rédigé est remis à l’escompte sous forme de billet à ordre, ce billet financier sert de support à plusieurs
crédit dont le crédit de mobilisation des créances commerciales.

c. La comptabilisation de la cession de créance

Dans ce domaine il n’existe pas de certitudes définitives, les principes généraux du droit comptable conduisent à
distinguer les opérations de mobilisation selon qu’elles sont assises sur un mécanisme qui transfert la propriété
des créances ou sur un mécanisme qui donne seulement celles-ci en nantissement.

Dans le premier cas, la sortie d’actif des créances doit être constatée dans les écritures et dans les comptes
annuels du cédant. Dans le second cas, les créances subsistent à l’actif et c’est hors bilan que seront suivis les
garanties données sur les créances.

Les solutions comptables variées induisent une appréciation de la situation financière faite de ratios incluant ou
n’incluant pas les créances cédées. Autrement dit à ce jour le Conseil National de la Comptabilité n’a pas encore
proposé de solution normative toutefois certains organismes professionnels ont proposés des solutions
notamment la Compagnie Nationale des Commissaires aux Comptes et l’Ordre des Experts Comptables.

 Etude de la solution de la Compagnie Nationale des Commissaires aux Comptes.


La solution prévoie la sortie de la créance de l’actif du cédant et la comptabilisation séparer du crédit adossé à la
créance. La Compagnie Nationale des Commissaires aux Comptes estime que les créances cédées même à titre
de garantie ne font plus partie du patrimoine de l’entreprise cédante.

3 étapes :

1/ Cessions de la créance à la banque

5125 Banque cessionnaire 1 000,00


411 Client 1 000,00

2/ Réalisation du crédit par la banque

5121 Compte en monnaie nationale 1 000,00


519 Concours bancaires cour 1 000,00

3/ Remboursement du crédit par imputation lors de l’encaissement pat la banque

519 Concours bancaires courants 1 000,00


5125 Banque cessionnaire 1 000,00

C. Le crédit de mobilisation des créances commerciales

L’entreprise constitue un dossier qui fait état de l’importance du chiffre d'affaires et des délais de paiement
consenties aux clients. Ce dossier est présenté à la banque. L’entreprise renonce a escompter ses effets de
commerce, le banquier consent un en-cours de crédit, ce procédé regroupe plusieurs créances dans un billet.
L’entreprise souscrit un billet à l’ordre de sa banque laquelle escompte ce billet. Le billet fait l’objet d’un
renouvellement à chaque échéance.

Exemple : une société réalise un chiffre d'affaires HT moyen mensuel de 2 000 000 F, le délai consenti à ses
clients est de 90 jours en moyenne. La banque Fortis lui accorde le 1 er novembre un en-cours de crédit à hauteur
de 85% de son encours de créances en fin de mois les intérêts sont prélevés au taux annuel de 12%. Au titre du
mois de novembre les ventes de produits finis apparaissent comme suit, d’une part la société a facturée au client
A pour 630 000 HT payable à fin décembre, elle a facturée au client B 780 000 HT payable fin février et au
client C elle a facturée 720 000 HT payable par tiers à fin décembre, janvier et février.
A la fin de chaque mois la société souscrit un billet à ordre de la banque Fortis a un mois d’échéance pour un
montant égal au crédit consenti majoré des intérêts.
30/11/n
411 Clients 753 480,00
701 Ventes de PF 630 000,00
44571 TVA collectée 123 480,00

411 Clients 932 880,00
701 Ventes de PF 780 000,00
44571 TVA collectée 152 880,00

411 Clients 861 120,00
701 Ventes de PF 720 000,00
44571 TVA collectée 141 120,00

512 Banque (2 130 000 x 1,196 x 85% x 3) 6 496 074,00
661 Charges d'intérêts (6 496 074 x 12% x 31/365) 66 206,56
519 Concours banc courants 6 562 280,56

519 Concours bancaires courants 6 562 280,56
512 Banque 6 562 280,56
31/12/n
512 Banque 1 040 520,00
411 Client 1 040 520,00
(753 480 + (861 120 * 1/3)

512 Banque 6 496 074,00
661 Charges d'intérêts 66 206,56
519 Concours banc courants 6 562 280,56

519 Concours bancaires courants 6 562 280,56
512 Banque 6 562 280,56

D. L’affacturage

L’entreprise fait appel à une société spécialisée pour qu’elle procède aux démarches de recouvrement des
créances. Celle-ci s’engage à payer l’intégralité des créances qui lui sont transmises. La société d’affacturage
choisie les créances qu’elle acceptera d’honorer, elle peut apporter une aide soit en réglant immédiatement au
client une partie des créances qu’elle encaissera elle même plus tard, soit en remettant au client un effet que ce
dernier pourra escompter. L’affacturage présente deux aspects, d’une part le recouvrement de créances et d’autre
part l’aide au financement à court terme.

Exemple : le 15 novembre une entreprise transmet à une société d’affacturage pour 65 400 F de créances, le 20 la
société d’affacturage présente à l’entreprise le décompte suivant :

 Billet à ordre à échéance du 31/12 pour 35 000 F


 Chèques pour 28 289 F
 Commissions de recouvrement pour 1 210 F
 Commissions spéciales de financement pour 570 F
 TVA pour 331 F
15/11/n
467 Autres comptes débiteurs 65 400,00
411 Client 65 400,00
20/11/n
512 Banque 28 289,00
413 Clients effets à recevoir 35 000,00
6225 Rémunérations d'affacturage 1 210,00
668 Autres charges financières 570,00
44566 TVA sur ABS 331,00
467 Autres comptes débiteurs 65 400,00

E. Les obligations cautionnées

Une entreprise demande à l’administration fiscale de lui consentir des délais de paiement en matière de TVA.
L’entreprise doit justifier qu’elle accord elle même un crédit d’au moins un mois à ses clients pour pouvoir
obtenir un délai de paiement de la TVA lequel ne pourra excéder 4 mois. L’accord est matérialisé par des traites
comprenant le principal et des intérêts.