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17/2/2021 Billy Elliot (2000) | Le cinéma est politique

Le cinéma est politique


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Billy Elliot (2000) Forum : dernières


19 janvier 2013 Posté par Liam sous Brèves, Cinéma, Tous les articles 36 Comments

réponses

Lunar sur La Zone du Dehors

lazarre sur Films fantastiques,


historiques et SF féministes

vrmouf sur Réalisateurs et


agresseurs – art et violence
sexuelles masculines

Effraie sur Réalisateurs et


agresseurs – art et violence
sexuelles masculines

Rgarg sur L’effet Gremlins vs


J’ai re regardé ce film l’autre soir et j’ai du mal à me « décider » dessus. C’est surtout le portrait l’effet Casper
de la classe ouvrière britannique qui m’a posé problème. D’un côté, le film prend pour contexte
historique une grève, ce qui est assez rare dans le cinéma pour être noté. En plus, le film est
raconté du point de vue d’une famille ouvrière, et nous montre un peu les difficultés de cette
Forum : derniers
vie et nous encourage à avoir de la sympathie pour ces personnages. sujets créés
D’un autre côté, avec le sujet du film, il commence à y avoir des oppositions un peu douteuses
qui voient le jour. La pratique du ballet de Billy semble s’opposer à la vie « dure », « virile » et
La bonne épouse par Arroway
surtout non-cultivée de la classe ouvrière de laquelle il vient. Alors l’opposition entre une
activité « virile » comme la boxe et l’activité « efféminée » du ballet ne poserait pas problème Une nouvelle tendance ultra
(vu qu’elle fait parti de ce que le film dénonce) si jamais on voyait que par ailleurs la classe masculiniste par Anne, ma soeur
Anne
ouvrière avait une culture qui lui était propre, et que cette culture comportait aussi des aspects
artistiques (comme on le voit très bien dans un documentaire comme « Which side are you L’effet Gremlins vs l’effet Casper
on? » de Ken Loach). Or il me semble que ce n’est pas le cas. par Poppy S.

Qui sont les joueurs de jeu vidéo


Le film me semble montrer l’aspiration à « l’art » comme étant en opposition avec les
? – Documentaire par Paul
aspirations de la classe ouvrière. D’ailleurs si l’on n’y connaissait rien et qu’on se fiait au film,
on pourrait (à mon avis) très bien ressortir du film avec une image de la classe ouvrière comme Films fantastiques, historiques
et SF féministes par Yuliz
étant des gens qui font la grève sans savoir pourquoi (la grève dans le film n’est jamais
expliquée, jamais contextualisée), qui ne savent faire rien d’autre le samedi soir que se bourrer
la gueule comme des pochtrons et frapper leurs fils, qui n’ont aucun autre moyen d’action de Commentaires récents
grève que de crier et de cracher avec violence sur les briseurs de grèves ou alors de se battre de
façon un peu incohérente avec la police (qui eux, au moins, sont montrés comme les forces
répressives de l’Etat qu’illes étaient, et sont toujours d’ailleurs). Alors mon problème ce n’est
Manon C. dans Le Roi Lion
pas que tout cela n’existe pas (ou plutôt n’a pas existé), mais que le film me semble faire le
(1994), ou l’histoire de la vie
choix (alors ptet par paresse ptet par conscience de classe, j’en sais rien) de ne montrer rien expliquée aux enfants
d’autre, c’est-à-dire en fait de refuser à cette classe ouvrière une histoire, un point de vue, une
Poppy S. dans Parle avec elle, et
culture propre, et uniquement se concentrer sur elle pour raconter l’histoire de l’ascension
surtout qu’elle se taise !
sociale de l’un d’entre elleux (enfin je dis elleux…dans le film les femmes de la classe ouvrière
sont absentes, alors même qu’on sait qu’elles étaient un moteur majeur des grèves) grâce à un B6-4ever dans SKAM
France/Belgique saison 2:
énorme talent (qui, par définition, n’est pas donné à tout le monde).
Arnaquer pour mieux choper

www.lecinemaestpolitique.fr/billy-elliot-2000/ 1/17
17/2/2021 Billy Elliot (2000) | Le cinéma est politique

Qui plus est, le film me semble faire le choix de montrer la frustration de Billy Elliot comme Arroway dans Contact (1997) :
relevant d’une injustice, mais pas de n’importe quelle injustice. L’injustice à laquelle fait face une femme dans les étoiles
Billy Elliot n’est pas qu’il est né dans une classe de la société pour qui l’ascension sociale est
Eric dans Contact (1997) : une
extrêmement difficile voire impossible, et que même avec cet énorme talent il ne pourra pas femme dans les étoiles
s’en sortir parce que les dés sont pipés. Cette hypothèse n’est clairement pas envisagé par le
Flamèche dans Bessie : un film
film, car comme par hasard le père a les bijoux de famille qu’il peut troquer contre l’argent
fier.
nécessaire pour que Billy aille à l’école royale de ballet. C’est bien connu, la classe ouvrière a
souvent des bijoux de familles à troquer pour deux milles livres, quand les choses vont Julietterdlm dans SKAM
France/Belgique saison 2:
vraiment mal…
Arnaquer pour mieux choper

Non, l’injustice à laquelle fait face Billy Elliot c’est d’être sacrifié sur l’autel de la lutte des Baleer dans « Je voudrais
classes. Il a les capacités nécessaires pour grimper dans la hiérarchie sociale, mais non! devenir un homme comme vous
» : du Roi Louie à Louis
l’individu brillant et talentueux est brimé par les idéologies collectivistes et égalitaristes de ces
l’Alligator
foutus grévistes. Mais comment peut-on faire une telle chose en tant que père? Comment peut-
on mettre le bien commun AVANT le bien de son fils (enfin, euh, celui qui a du talent hein, Baleer dans « Je voudrais
devenir un homme comme vous
l’autre on s’en fout)?
» : du Roi Louie à Louis
l’Alligator
Alors il y a plein de trucs intéressants par ailleurs dans Billy Elliot, je ne dis pas le contraire. Et
je pense que je noircis quelque peu le trait, car vers la fin il y a quelques scènes qui me laissent Flamech dans SKAM
penser que le film est moins hostile à la classe ouvrière qu’il me semble en avoir l’air au France/Belgique saison 2:
Arnaquer pour mieux choper
premier abord.
Poppy S. dans Le Roi Lion
Si quelqu’unE à des idées sur le film, (qui me semble quand même être assez complexe, entre (1994), ou l’histoire de la vie
tout le truc de la « virilité » et « l’efféminé » qui se croise avec les différences de classes, ainsi expliquée aux enfants
que la peur de l’homosexualité*, tout ça dans un contexte historique bien particulier et que le
Autodéfense filmique face aux
film aborde de façon ambigüe) je suis très intéressé. Je suis anglais, je connais assez bien le fictions d’État. Le cas de « Fauda
contexte socio-historique du film, et je serais curieux de savoir comment ce film peut être lu » sur Netflix - UJFP dans
par d’autres personnes, éventuellement d’autres cultures. Ou pas d’ailleurs! On peut très bien Homeland : contrer la
propagande, réinjecter du réel
être anglaisE et connaitre assez bien le contexte socio-historique du film et avoir une opinion
dans la fiction.
diamétralement opposée à la mienne, cela va de soi!
Q dans « Je voudrais devenir un
*le portrait de l’ami de Billy, qui est homosexuel, m’a énervé car le film y fait l’amalgame entre homme comme vous » : du Roi
Louie à Louis l’Alligator
travestissement et homosexualité, ou homosexualité et travestissement. C’est un peu dommage
lorsque l’on connait la confusion dans la tête de plein de gens sur ces questions-là que de lier L. Dontoined dans Coup de
ces deux choses (qui n’ont strictement rien à voir) dans l’unique personnage du film qui est gueule contre Coup de tête
(1979)
homosexuel (et travesti). Si le film comportait deux ou trois personnages homosexuels (ou
travestis), et l’on nous montrait différents cas de figure, ok. Mais ici ce n’est pas le cas, et je deloise dans Coup de gueule
trouve qu’entretenir cette confusion, qui plus est au sein d’un film qui cherche en partie à contre Coup de tête (1979)

élargir le cadre de la « masculinité », extrêmement dommage vrmouf dans SKAM


France/Belgique saison 2:
Autres articles en lien : Arnaquer pour mieux choper

Méchants et méchantes chez Disney (2) : Hommes faibles chrys dans The Danish Girl : un
mélo transphobe
Insaisissables (2013) : Qui est in ? Qui est out ?
Snowpiercer (2013) : Ces « queutards » de révoltés Antrenteau dans Parle avec elle,
et surtout qu’elle se taise !
Tags: classisme, masculinité, [archive]
mrsdalloway dans Parle avec
36 réponses à Billy Elliot (2000) elle, et surtout qu’elle se taise !

v3nom dans SKAM


Origami 29 janvier 2013 à 17 h 41 min
France/Belgique saison 2:
Arnaquer pour mieux choper
Je trouve votre analyse très intéressante.
Juste une remarque : il me semble que le père de l’ami homosexuel de Billy (impossible de me
v3nom dans Interview : le mythe
souvenir de son nom…désolée!) se travestit également. A un moment, je crois que le petit
des Amazones dans Wonder
garçon dit que « c’est pas grand chose, son père le fait tout le temps ».
Woman, Xena, Lost Girl et
Merci en tout cas, il y a beaucoup de points que je n’avais pas vus (notamment l’absence
Supernatural
criante des femmes dans toute cette histoire de grève).

Répondre

www.lecinemaestpolitique.fr/billy-elliot-2000/ 2/17
17/2/2021 Billy Elliot (2000) | Le cinéma est politique

Liam 3 février 2013 à 14 h 57 min v3nom dans Les larmes de


Killmonger : pour une contre-
oui tout à fait je n’avais pas remarqué merci! lecture de Black Panther

vous en tirez quelles conséquences du coup? je vous avoue que d’un côté le film Attié dans Buffy contre les
« explique » son travestissement par celui de son père, donc il serait juste dans vampires (1997 – 2003), partie I
l’émulation un peu normale à son age, et d’un autre côté je me dis que peut-être que par là : une relative inversion genrée
le film cherche à « expliquer » l’homosexualité de Michael, de par le fait qu’il est des pouvoirs
« brouillé » dans son identité de genre, ce que je considèrerais comme étant un très
mauvais point pour le film si c’était le cas. el_canigou dans SKAM
France/Belgique saison 2:
Mais ça reste ambigüe je trouve, parce que personnellement je trouve que Michael n’est Arnaquer pour mieux choper
pas montré comme autre chose qu’un garçon assez bien dans ses bottes et simplement
amoureux de son meilleur ami et donc triste de le voir partir, donc j’aurais plutôt Anaële Mazzieri--Sarkissian
tendance à tiré vers la première option, tout en regrettant que le film laisse planer un dans SKAM France/Belgique
doute là-dessus. saison 2: Arnaquer pour mieux
choper
Vous en pensez quoi?
uzralk dans 10 films pour
Répondre comprendre le « syndrome
Trinity »
Origami 4 février 2013 à 10 h 47 min

Uzralk dans 10 films pour


A mon avis, le fait que son père s’habille de temps en temps en robe aide peut-être comprendre le « syndrome
Michael à se laisser aller, à s’autoriser de le faire lui aussi. Peut-être que s’il n’avait pas Trinity »
vu son père le faire, il aurait refoulé ce besoin.
Uzralk dans 10 films pour
Et puis, il me semble que j’ai bien aimé la réaction de Billy qui découvre comprendre le « syndrome
l’homosexualité de son pote. Après qu’il a réussi son audition, on sent qu’il est
Trinity »
confiant, et il s’autorise à l’embrasser. Cette scène paraît tellement évidente et
naturelle à ce moment du film. Personnellement, j’en garde globalement une bonne Uzralk dans 10 films pour
opinion. comprendre le « syndrome
Trinity »
Répondre

Liam 5 février 2013 à 15 h 07 min Manon C. dans Le Roi Lion


(1994), ou l’histoire de la vie
expliquée aux enfants
Je suis d’accord avec vous pour la scène du baiser sur la joue, je l’ai trouvé très
chouette et naturelle, comme vous dites. Et je suis d’accord également en ce qui
milu dans Le Roi Lion (1994), ou
concerne la réaction de Billy lorsqu’il découvre que son pote est homosexuel, car
l’histoire de la vie expliquée aux
globalement il s’en fout, il cherche juste à dire que lui n’est pas homo (bon il utilise
enfants
le mot « puff », qui est une insulte, mais globalement je suis quand même
d’accord).
Manon C. dans Le Roi Lion
Du coup ce n’est pas tant ça qui me tracasse que ce rapprochement « de fait » que (1994), ou l’histoire de la vie
le film fait entre travestissement et homosexualité, et que je trouve parfaitement expliquée aux enfants
inutile, en gros je ne vois pas ce que cela apporte au film, sauf, et j’entends
Manon C. dans Le Roi Lion
l’argument, dans la réalisation de Billy que « faire du ballet », avec tout ce que cela
comporte « d’efféminé », ne fait pas de lui un homosexuel. En gros l’on peut aimer (1994), ou l’histoire de la vie
la danse sans être homosexuel (merci à Renzo pour cette analyse du film, car je expliquée aux enfants
n’avais pas du tout pensé à cette « utilisation » du travestissement de Michael dans
milu dans Le Roi Lion (1994), ou
le parcours de Billy).
Mais le gros problème que j’ai avec ça, c’est que ça semble tout de même largement l’histoire de la vie expliquée aux
associer « efféminé » et homosexualité chez les garçons, et c’est ça que je trouve enfants
dommage et normatif. Parce que c’est bien Michael qui aime les tutus, pas Billy, lui
Manon C. dans Le Roi Lion
il s’en fout, il n’aime pas les tutus ou le rouge à lèvre ou mettre des robes…il aime
juste la danse. (1994), ou l’histoire de la vie
expliquée aux enfants
vous voyez ce qui me gène ou pas? J’ai peur que ce soit flou.
Arroway dans Nous suivre sur…
Répondre
Arroway dans Boîte à outils

ClasseMoyenn-E 1 février 2013 à 23 h 28 min Attié dans Boîte à outils

Samuel Babajee dans Nous


Oui c’est vraiment très troublant ce genre de film, on ne sait pas trop si le/la réalisateur(e)-s
est gentilLE ou méchantTE suivre sur…

Alors mon hypothèse c’est que peut-être l’intention première du film ne serait pas de délivrer Cyn dans Buffy contre les
un jugement sur la portée, le contexte et la valeur morale du mouvement ouvrier anglais ?! vampires (1997 – 2003), partie
Mais ça me semble grotesque. III : une féminité bourgeoise et
« saine »
Il aurait en effet fallu une cohorte de personnag-e-s secondaires, confrontant la variété des
origines (sociales, ethniques, religieuses) à la richesse des devenirs (sociétaux, sexuels, etc.)
www.lecinemaestpolitique.fr/billy-elliot-2000/ 3/17
17/2/2021 Billy Elliot (2000) | Le cinéma est politique
pour se faire une idée précise. En l’état, il est impossible de cautionner clairement Billy Elliot.
Autres articles
Répondre

Panama 2 février 2013 à 20 h 23 min


SKAM France/Belgique saison 2:
Arnaquer pour mieux choper
Pour un site qui pousse des cris d’orfraie quand à l’ethnocentrisme, vous vous moquez du
monde ! Votre vision, c’est qu’on montre les ouvriers comme des idiots qui font grève sans Alias Grace (2017) : juger ou
savoir pourquoi. Ne vous est-il pas venu un quart de seconde à l’esprit que, peut-être, si on ne
comprendre, il faut choisir
dit pas pourquoi les ouvriers font grève, c’est parce que c’est un film britannique et que les
anglais savant ce qui se passait à ce moment là, donc il n’y a pas besoin de le dire ? Ou Pride (2014) : retours croisés sur
simplement même, que eux savent, mais que le public, pas forcément, parce qu ce n’est pas le une convergence des luttes
plus important ?
Par ailleurs, vous n’avez rien compris. La famille de Billy n’est pas totalement hors de la Interview : le mythe des
culture, il y a un piano chez eux. Amazones dans Wonder
Ensuite, le père de Billy pensait que la danse n’était qu’un passe temps et c’est pour ça qu’il ne Woman, Xena, Lost Girl et
lui paie plus d’activités extra scolaire, jusqu’à ce qu’il voie que Billy a du talent, et là, il fait
Supernatural
passer son fils avant la grève. Ensuite, je ne vois absolument pas d’où vous sortez qu’il n’en a
rien à faire de Tony, parce que s’il lui interdit de sortir et que ça se fini par un pain dans la Creed de Ryan Coogler (2016).
figure, c’est pour lui éviter d’aller en taule! Quand au bijoux de familles, oui, les ouvriers De la filiation
peuvent en avoir: alliance, bague de fiançailles de la mère, anciens cadeaux de mariages,
médaille de baptême… Et L’Ecole Royale de ballet, je ne vois pas ce qui vous fait chouiner, Les larmes de Killmonger : pour
c’est son nom. En France, ça s’appelle l’Opéra Garnier. une contre-lecture de Black
Panther
Et enfin, pour l’homosexualité et le travestissement, je vous signale que les gosses ont 11 ans,
ce ne sont pas des ados, ils sont dans une logique de jeu et à cet âge, le travestissement Le grand costaud et la petite
apparait à l’ami de Billy comme un jeu qui lui plait, tout bêtement !
chose : représentations des corps
masculins et féminins dans le
Répondre
cinéma d’animation
Liam 3 février 2013 à 14 h 53 min contemporain

Je ne comprends pas ce qui vous fait adopter un ton aussi agressif, cela me semble nuire à À propos de BlacKkKlansman
la discussion plutôt que l’alimenter, mais je vous remercie pour votre commentaire ainsi
Coco (2017) : Miguel et le
que les arguments développés. Je vais essayer d’y répondre.
matriarcat de la chaussure
« Pour un site qui pousse des cris d’orfraie quand à l’ethnocentrisme, vous
Passengers, ou l’éloge de la
vous moquez du monde ! Votre vision, c’est qu’on montre les ouvriers comme
des idiots qui font grève sans savoir pourquoi. Ne vous est-il pas venu un conquête
quart de seconde à l’esprit que, peut-être, si on ne dit pas pourquoi les
Le Brio (2017) : plaidoyer en
ouvriers font grève, c’est parce que c’est un film britannique et que les
faveur d’un professeur raciste et
anglais savant ce qui se passait à ce moment là, donc il n’y a pas besoin de le
dire ? Ou simplement même, que eux savent, mais que le public, pas élitiste
forcément, parce qu ce n’est pas le plus important ? »
Coup de gueule contre Coup de
Alors, dans la mesure où je considère Billy Elliot comme étant avant tout un film pour un tête (1979)
public plutôt jeune, je ne peux pas être d’accord avec vous. Cette période de l’histoire
Le Nouveau Stagiaire (2015): le
britannique n’est pas enseignée à l’école (je le sais j’y suis allé) britannique, et les très
rares (de plus en plus rares d’ailleurs) documentaires qui parlent de tout ça passent très patriarcat ne se fait jamais trop
tard le soir voire pas du tout sur les chaines « hertziennes » (BBC 1, 2, 3, 4; ITV 1, 2, 3, 4; vieux.
Channel 4 et Channel 5) et ne sont en tout cas pas du tout mis en valeur dans la
Irréaliste, violente, destructrice.
programmation*. Il y a très peu de politicien-ne-s qui en parlent et qui sont médiatisé-e-s
dans leurs paroles, et très peu de films (d’où le mérite de celui-ci,comme je l’ai souligné) La représentation de la mobilité
en parlent. Donc il est mon opinion que culturellement parlant, c’est le quasi-néant, ou du au cinéma.
moins ça pourrait être bien mieux. D’où mon problème avec le film, qui reproduit en
Clash (2016) : l’histoire écrite
quelque sorte cette invisibilisation des raisons de cette grève ainsi que les enjeux.
par les vainqueurs
« Par ailleurs, vous n’avez rien compris. La famille de Billy n’est pas
« Equal Rights Equal Lefts »,
totalement hors de la culture, il y a un piano chez eux. »
OTEP (2017) : analyse critique
Alors le fait qu’il y ait un piano dans la maison est intéressant, je suis d’accord, mais je d’un appel à lutter pour les
n’en fait pas la même interprétation que vous. Déjà parce que personne à part Billy n’y droits LGBT
joue (et encore il tapote trois notes) et même son père ça l’énerve quand il l’entend. Et
d’ailleurs si je me souviens bien le père de Billy le détruit pour faire du feu non, sous les The Good Fight : après The Good
yeux dégoutés de Billy? Wife, vous reprendrez bien une
Du coup pour moi le piano représente plutôt l’aspiration de Billy au monde artistique (il dose de féminisme blanc libéral
aimerait savoir jouer, mais il n’a aucun moyen d’y arriver), tout en représentant ?
l’insensibilité du père et du frère à ce monde là.
Black Mirror « White Christmas
« Ensuite, je ne vois absolument pas d’où vous sortez qu’il n’en a rien à faire » (2014) : Un joyeux noël à tous
de Tony, parce que s’il lui interdit de sortir et que ça se fini par un pain dans les masculinistes !
la figure, c’est pour lui éviter d’aller en taule! »

www.lecinemaestpolitique.fr/billy-elliot-2000/ 4/17
17/2/2021 Billy Elliot (2000) | Le cinéma est politique
Oui tout à fait, mon intention n’était pas de dire que le père ne se soucie pas de son autre Citizenfour (2014) et Snowden
fils. Je cherchais à montrer que vu que l’autre fils n’a pas un énorme talent, les questions
(2016) : comment représenter
que j’évoque ne se posent pas pour lui, car ce n’est pas un individu « brillant » qui « sort
les révélations Snowden au
du lot ».
cinéma
« Et enfin, pour l’homosexualité et le travestissement, je vous signale que les
Les Croods, ou comment
gosses ont 11 ans, ce ne sont pas des ados, ils sont dans une logique de jeu et à
conquérir son humanité en
cet âge, le travestissement apparait à l’ami de Billy comme un jeu qui lui
plait, tout bêtement ! » exploitant les animaux

Mais du coup niez-vous que le film nous amène, avec ce rapprochement, à se demander si Festival Chéries-Chéris 2016 : du
les deux ne vont pas ensemble, d’une certaine façon? Parce-qu’il me semble que le film ne cinéma LGBTQI engagé
fait pas planer de doute sur l’homosexualité de l’ami de Billy, d’ailleurs la fin nous le
Argh, l’Apocalypse ! Le
confirme lorsqu’il vient avec son copain à l’opéra. Du coup le travestissement serait juste
un jeu, auquel Billy ne prendrait pas gout mais son ami si, et ce n’est qu’un hasard? syndrome du grand méchant
Je demande aussi parce que comme Origami me l’a fait remarqué et que j’avais monde : un état sécuritaire pour
effectivement zappé dans le film (merci Origami!), Michael (l’ami de Billy) nous apprend nous sauver tou-te-s ? (3/6)
que son père met des vêtements de femmes aussi. Alors peut-être, effectivement, que
Michael met juste des habits de femme parce que son père le fait et que cela est totalement Le collectif Le Seum a vu « Merci
déconnecté de son homosexualité. Patron! », n’a pas aimé, et vous
Mais lorsque l’on sait qu’énormément de jeunes font des amalgames (ou en tout cas un dit pourquoi
lien direct entre travestissement et homosexualité (masculine), et que très souvent ce qui
se cache derrière tout ça c’est l’idée qu’en fait les homosexuels « veulent être des filles », LOL : tout savoir sur la conduite
parce qu’on ne peut pas « vraiment être garçon et aimer d’autres garçons », avec toutes les idéale des filles idéales (riches,
violences (pas nécessairement physiques bien sûr, une insulte peut être tout aussi blessant blanches et hétérosexuelles)
qu’une claque ou un coup de poing) que cela impliquent sur les garçons efféminés et/ou
travestis (ou tout simplement intéressés par tel ou tel habits considérés comme étant Argh, l’Apocalypse ! Fatalement,
« féminins »). Tout cela bien sur renvoie à une vision du monde normative qui veut à tout la fin du monde : apathie
prix mettre des gens dans des cases qui sont déjà hiérarchisées. Bon je fais vite, mais c’est politique dans un monde sans
pour pas écrire des couches et des couches futur (2/6)

*Ceci est encore plus vrai à l’époque des grèves, Ken Loach s’étant vu censuré plusieurs de Argh, l’Apocalypse ! Les
ses documentaires dont « Which Side Are You On? ». Pour plus d’informations là dessus, représentations apocalyptiques
http://www.screenonline.org.uk/film/id/1418438/index.html et post-apocalyptiques au
cinéma (1/6)
Répondre
Predator Tears, Les larmes des
Panama 4 février 2013 à 22 h 49 min
prédateurs : Zootopie, une
allégorie nauséabonde
Ouais le père brûle le piano. C’est parce que sinon, ils crèvent de froid pour l’hiver, pas
par haine de la musique. Si Billy ne sait pas jouer, c’est parce que les leçons de piano Une journée devant Gulli
coûtent cher, pas par refus de la musique (Tony en écoute sans arrêt).
Ensuite, d’où sortez vous que ce n’est que pour un public jeune ? Buffy, partie V : les relations
Enfin, plein d’enfants se travestissent, les filles en garçons, les garçons en filles, parce affectives et les agressions
que ça les amuse, sans prise en compte de l’homosexualité. Au passage, Billy affirme ordinaires
bien qu’il n’aime pas les garçons alors qu’il aime la danse.
10 films pour comprendre le «
Répondre syndrome Trinity »

Liam 5 février 2013 à 15 h 07 min Looper (2012) : ferme ta boucle

Mais d’où sortez-vous que je sors que ce n’est que pour public jeune? The Danish Girl : un mélo
Vous pouvez ne pas être d’accord sur l’idée que le film serait « avant tout » pour transphobe
public plutôt jeune, mais ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit, c’est pénible.
Ceci dit, lorsque je dis plutôt jeune je ne veux pas dire pour enfants, je pensais Interview du réalisateur bruce
plutôt à une tranche d’age assez large allant de 10 à 30 ans, mais j’aurai du le (2/2) : “je pense que ce thème de
préciser, le terme « plutôt jeune » étant assez vague. la transgression marche sur
Ceci dit, et j’aurai aussi dû le préciser, que ce soit pour public plus jeune ou plus plein de gens.”
vieux ne change pas grand chose au constat, car même à l’époque de la grève, mis à
part les personnes impliquées dans la grève, le portrait qu’en faisait les médias La Marcheuse – entretien avec le
était déjà très biaisé. Je pense notamment au fameux « battle of Orgreave », où la réalisateur Naël Marandin
BBC à montré les images de ce qui s’était passé EN SENS INVERSE, sciemment
pour donner l’impression que c’était les grévistes qui avait attaqué la police et non Interview du réalisateur bruce
pas l’inverse comme c’était le cas. La BBC a aussi enlevé toutes les scènes de (1/2) : « aujourd’hui, c’est
brutalité policière, qu’on peut voir dans des documentaires comme « Which Side important de voir des personnes
are you on? », qui par ailleurs avait été censuré à l’époque (j’en ai déjà parlé de ça trans, et des personnes trans
je crois). Mais cela ne relève que des exemples les plus explicites, et il y a de différentes »
nombreuses analyses de la façon dont la presse et les médias en général ont
couvert les grèves durant cette période. Ces pauvres hommes
Donc pour moi, d’un côté ou de l’autre, votre argument comme quoi les « anglais injustement accusés, ou la
savant ce qui se passait à ce moment là » me semble fantaisiste, et ce pour les résurgence d’une vieille rengaine
raisons que j’ai donné. masculiniste

www.lecinemaestpolitique.fr/billy-elliot-2000/ 5/17
17/2/2021 Billy Elliot (2000) | Le cinéma est politique
Et « insensibilité » ne veut pas dire « haine ». Le père de Billy ne déteste pas la « Travelo » de Florent Peyre ou
musique, il ne la considère simplement comme pas très importante. Le frère de
comment le dominant explique
Tony, lui, aime bien la musique, mais pareil n’aspire pas à la créer, d’où mon
l’autodérision aux dominé-es…
opposition entre Billy qui aspire à la création artistique et son père et son frère qui
n’y aspire pas. La leçon de piano : Comment
tomber amoureuse de son
Pour ce qui est du travestissement, je vous renvoie à ma réponse à Origami.
agresseur sexuel
Répondre
Les 100 meilleurs films
clairedesbois 13 septembre 2013 à 18 h 45 min américains – il paraît

Sexisme et images : une étude


Il me semble que le piano appartenait à la mère de Billy. Que l’agacement du
père à entendre Billy tapoter quelques notes relève plus de douleur à se d’observation
rappeler sa femme morte qu’à une indifférence envers la musique. C’est pour ça
Buffy contre les vampires (1997
que pour moi, la scene ou le père brise le piano pour le brûler est un crève
– 2003), partie IV : la sexualité
coeur, Billy à l’impressiond e voir les dernière traces de sa mère disparaître, et
son père dissimule sa souffrance sous le masque de l’homme-viril-qui-ne-
Boîte à outils
pleure-pas.
En ce qui concerne la culture artistique de la famille, il me semble qu’on peut Jurassic World (2/2) : sidekick
ajouter la grand-mère & ses rêves de jeunesse (I could have been a professional
noir, asiatique vicieux et
dancer!). Malgré l’aspect un peu risible de ses souvenirs, on la voit reprendre
puissantes voitures allemandes
quelques positions de ballet en s’appuyant à la table de la cuisine, lorsque
personne ne la regarde. Parle avec elle, et surtout qu’elle
Et, comme ça à été souligné plus haut, la musique qu’écoute le frère de Billy est
se taise !
un élément important si on cherche à trouver une culture populaire (j’y connais
pas grand chose, mais la bande son rock anglais des 80’s me semble quand Ex Machina : «Je te trompe,
même aller dans ce sens) donc je suis.»

Enfin, pour ce qui est du contexte historique, si en effet les grèves des années Bessie : un film fier.
80 et la politique de Tatcher est si peu enseignée en UK, peut-être que le simple
fait de la placer comme décor est déjà une certaine avancée ? Et je suis surprise Jurassic World (1/2) : le film qui
d’apprendre que les anglais connaissent si peu cette histoire qu’il faudrait la fait mâle
sous titrer ? J’ai un peu la flemme de chercher l’âge du réalisateur, mais il est
possible que cela semble aller de soi pour les concepteurs du film… Les Nouveaux Héros (III) :
l’ABCD de l’inégalité
Liam 21 septembre 2013 à 18 h 02 min
Les femmes du bus 678 (2010) :
un appel à lutter contre nos
Coucou clairedesbois,
sociétés patriarcales
Tout d’abord mes excuses pour la réponse aussi tardive, en fait je vous aviez
Les Nouveaux Héros (II) :
répondu le lendemain de votre post mais grace à un plantage inopportun de
Disney, un studio qui lave plus
mozilla mon message s’est perdu. Vu l’énervement que cela a engendré en moi,
blanc que blanc
je me suis dis que ça ne serait pas judicieux de vous répondre tout de suite :-).
Mr. Robot (2015), épisode pilote
Pour le piano, je suis d’accord avec vous, mais je trouve que les deux analyses
soient tenables en même temps, le piano symbolisant à la fois la mère et l’accès : quand l’expression « révolution
à une culture qui est dénié à Billy (d’où son tapotage chercheur sur le piano). numérique » prend un tout autre
Du coup le fait que le père de Billy brule le piano montre tout de même qu’il sens…
n’est pas sensible à la création musicale (donc artistique). Idem pour Tony, qui
certes aime écouter la musique (donc consommer la culture), mais ne voit pas Mad Max, Fury Road : Max, le
d’intérêt à la créer. La différence est quand même énorme, et combinée avec le sauveur de ces dames
fait qu’on n’aperçoit aucune trace de la culture ouvrière que l’on sait (avec des
Hasta la vista (2011) : un film
documentaires comme « Which Side Are You On? » de Ken Loach) existe et
existait, j’ai du mal à dire que cela ne traduit pas un gros mépris de classe. Car d’handicapé-e-s parmi d’autres…
des scènes bien stéréotypées avec les mineurs qui se bourrent la gueule tous
Les Nouveaux Héros (I) : La
ensemble, ça on y a droit. Vous voyez ce qui m’agace dans tout ça?
violence policière comme
Pour ce qui est de la grand-mère, c’est vrai et je n’y avais pas vraiment pensé,
même si je suis d’accord qu’elle est un peu ridiculisé. Il faudrait que je revois le médecine
film (car là ça commence à dater un peu dans ma tête) pour me remémorer tout
Dear White People: Sexisme &
ça, mais il est possible que c’est ce qui pousse Billy à faire du ballet plutôt que
(anti-) Racisme 101
de la boxe.
Buffy contre les vampires (1997
Pour la grève, je suis d’accord que c’est une certaine avancée rien que d’en
parler. Quoique. Si c’est pour en parler aussi mal, je ne suis plus trop sur. – 2003), partie III : une féminité
Personnellement, je ne suis pas très surpris que les anglais-e-s connaissent si bourgeoise et « saine »
peu de cette histoire. Tout comme en France, à l’école (et quasiment partout
Buffy contre les vampires (1997-
ailleurs) nous apprenons l’histoire des dominants, et non pas des dominées.
Nous apprenons donc l’histoire des rois, des reines, des chefs, des généraux 2003), partie II : Buffy la
militaires, du clergé, des politiques etc., mais quasiment jamais l’histoire des blanche et les sauvages
femmes, des pauvres, des homosexuel-le-s, des non-blanc-he-s etc.
American Sniper, ou la
Et je ne pense pas que c’est un hasard, car la version de l’histoire que l’on
enseigne est extrêmement importante pour comprendre les enjeux du présent, propagande selon Eastwood

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17/2/2021 Billy Elliot (2000) | Le cinéma est politique
et quelles valeurs ont a envie de mettre en avant lorsque l’on réfléchit à ce qui Marvel’s Agents of SHIELD :
se passe maintenant.
quoi de plus cool que le
Donc personnellement ça ne me surprend pas du tout, au contraire. Car il n’y a
commandement de l’homme
pas « une histoire », objective, implacable, mais bel et bien « des versions de
blanc !
l’histoire ». Lorsque l’on lit « Une Histoire Populaire des Etats-Unis » de
Howard Zinn, la représentation que l’on se fait des Etats-Unis et des problèmes
Koizora (2007) : quand le
qu’a ce pays aujourd’hui et ce qu’on devrait en faire sont VASTEMENT
romantisme justifie les violences
différent que lorsque l’on lit un manuel scolaire d’histoire Etats-Uniens, ou
faites aux femmes
d’ailleurs la vaste majorité des livres d’Histoire académiques. L’histoire des
dominant-e-s et l’histoire des dominé-e-s, ce n’est pas la même histoire, pas les
Buffy contre les vampires (1997
mêmes enjeux, pas les mêmes représentations, pas les mêmes
– 2003), partie I : une relative
problématisations…en bref, pas le même point de vue politique.
inversion genrée des pouvoirs
Et c’est bien tout ça qui est en jeu ici, car l’histoire des dominé-e-s en ce qui
concerne ces grèves là est invisible dans la culture anglaise, il est donc
50 shades of s*** : la violence
impossible que les concepteurs du film aient pu penser que cela « allait de
conjugale monochrome
soi », à moins de faire preuve d’un mépris de classe qui voudrait que
« l’histoire » que tout le monde connait (c’est à dire celle que la culture American Nightmare (2013) et
dominante Anglaise a bien voulu relayer, voire mon commentaire où j’explique
American Nightmare 2 : Anarchy
l’attitude notamment de la BBC envers la grève), est la seule « histoire »,
(2014) : Quand les riches tuent
objective et rigoureuse. En gros l’idée que l’histoire des dominant-e-s est la
les pauvres
seule histoire…
2014, l’année du patriarche (I) :
Je ne sais pas si je suis très clair, je dois avouer que j’ai ma réponse précédante
qu’est-ce qu’on ferait sans papa ?
toujours en tête (mais dont je ne me souviens qu’à moitié) et que j’ai du mal à
me concentrer complètement sur cette nouvelle réponse, qui à mon avis est un
Loin des hommes (2015). Le
peu trop bordelique
lourd fardeau de l’homme blanc
En tout cas merci pour votre commentaire, n’hésitez pas à me dire si il y a des
500 jours ensemble (2009) et
trucs que vous ne comprenez pas ou trouvez incohérent dans ma réponse
Elle s’appelle Ruby (2012) : Et le
nice-guy rencontra la manic
pixie dream girl…
Renzo 2 février 2013 à 20 h 41 min
Whiplash (2014) : un jazz blanc
Analyse très intéressante en effet. super-viril
Il est vrai qu’on ne fait pas attention à l’absence des femmes dans la grève, merci de l’avoir
souligné ! – le seul moment où l’univers féminin et le contexte social se rencontrent, c’est Geeks à l’écran (III) : hacker les
lorsque Debbie, en pleine discussion avec Billy, fait rebondir son bâton sur les boucliers des codes genrés de l’informatique
gendarmes, sans faire exprès.
C’est sûr que, si l’on regarde ce film dans l’espoir de voir un documentaire sur la grève de 84, Geeks à l’écran (II) : du geek
on sera déçu : la grève n’est utilisée que comme « background » à l’histoire et, en effet, c’est adolescent maladroit au
très stéréotypé (me rappelle The Meaning of Life des Monty Python où l’excellente séquence brogrammer
« tiers-monde » se déroule… dans le Yorkshire)
Donc on peut, en effet, reprocher un manque de développement à ce sujet, mais le risque Geeks à l’écran (I) : les codes
aurait été de décentrer le film par rapport à Billy – et, éventuellement, de trop souffrir de stéréotypés de l’informatique
l’inévitable comparaison avec un Ken Loach, voire avec The Full Monty.
Sauf que, Billy Elliot est, premièrement, avant tout centré sur la danse, deuxièmement, un Homeland : contrer la
film ayant un enfant pour protagoniste – qui, de facto, ne comprends pas entièrement les propagande, réinjecter du réel
tenants de la grève. dans la fiction.
Alors, bien sûr que le côté « beauf inculte » des mineurs est un peu dommage (ainsi que
l’irruption soudaine des bijoux dans le scénario, trop facile), mais je me remets en condition Interstellar (2014) : L’homme du
de : qu’est-ce que faire de la danse classique pour un garçon en 2000? (date de la sortie du passé est l’homme de l’avenir
film)
Parce que c’est bien là le sujet du film, non la grève. Gone Girl (2014). Ou comment
Eh bien, on n’est pas si loin de ce qui est montré dans le film. En 2000 la danse hip/hop (et faire semblant de ne pas être
tous les blockbusters américains Save the Last Dance, Sexy Dance etc) n’a pas encore connu misogyne.
son essor, le seul danseur que tout le monde connaît est encore Michaël Jackson (pas
franchement un modèle de virilité, sauf son respect) et la danse, pour un garçon, est encore Libre et assoupi (2014) : Le
un « truc de tapette ». travail, c’est la vie
J’avais moi-même l’âge qu’a Billy dans le film lors de sa sortie et, par rapport aux petits
Frère des ours (2003) : qui est le
jeunes que je vois aujourd’hui (des battles de danse entre garçons dans les écoles et collèges,
impensable en Europe il y a dix ans !), il y a eu une nette évolution des mentalités concernant monstre ?
l’acceptation pour un garçon de faire de la danse – certes grâce au hip-hop, sur les 20
« Le Majordome de Lee Daniels
dernières années les seuls films grand public et non Bollywoodiens proposant autre chose que
», ou l’art d’envelopper les luttes
du hip-hop sont Moulin Rouge, Billy Elliot et Black Swan – mais il n’empêche que la danse
s’est démocratisée. dans un drapeau.

Le film aurait, à mon avis, beaucoup moins marché si Billy avait voulu faire du théâtre ou de Quand les films d’animation
la musique, moins sujets à caution quant aux notions de « virilité », « féminité » et occultent les violences
homosexualité potentielle – d’ailleurs, concernant Billy ça reste assez flou, Debbie comme masculines intrafamiliales (II) :
Michaël sont clairement attirés par lui, mais Billy semble insensible aux deux. Comme quoi L’âge de glace 4, Hôtel
Jamie Bell était peut-être prédestiné à jouer Tintin… Transylvanie, Les Croods
Néanmoins, je comprends tout à fait qu’il soit difficile de se décider sur le film. Pour le

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17/2/2021 Billy Elliot (2000) | Le cinéma est politique
personnage de Michaël, vrai que l’amalgame trav’/homo a de quoi laisser perplexe, et en Quand les films d’animation
même temps je trouve que le film en joue, déjà pour permettre à Billy de dire que le choix de
occultent les violences
la danse n’a rien à voir avec l’orientation sexuelle, et ensuite, même si Michaël est clairement
masculines intrafamiliales (I) :
un garçon marginal, il n’est pas non plus présenté comme un stéréotype de grande folle
La Petite Sirène, Aladdin, La
ridicule (désolé aux grandes folles ridicules).
Belle et la Bête
Pour moi il y a quelque chose de très humain dans l’ensemble de ce film et, si on peut
[vidéo] Doctor Who : L’Heure du
évidemment critiquer l’amalgame de clichés utilisés pour le contexte historique et social
utilisé en background (encore une fois, uniquement en background, permettant d’apporter le Docteur (épisode de Noël 2013)
cadre, l’élément perturbateur – irruption du cours de danse dans la salle de boxe – mais sans
L’Amiral (명량), une histoire du
être développé), ça reste le premier film d’un metteur en scène de théâtre qui s’est attaché
nationalisme sud-coréen
surtout au développement émotionnel de ses personnages, et en cela le film est réussi. Au
final, même si le père et le frère de Billy sont évidemment conditionnés par les stéréotypes de
« Ma colère », Yannick Noah
masculinité, ce n’est pas pour autant qu’ils n’ont aucun goût esthétique – le frère de Billy
(2014) : Misère de l’antiracisme
adore se trémousser sur son CD de T-Rex, et le père lui-même ne demeure pas insensible à la
danse de Billy quand il daigne le regarder. Billy Elliot reste un film pour la jeunesse et la
Quand les filles courent après le
vocation du protagoniste est d’être porteur d’espoir pour les jeunes qui ont peur d’essayer de
même ballon que les garçons
réaliser leurs rêves – un peu un American Dream, au final.
Cependant, cet article apporte une analyse tout de même assez juste, je trouve. A la rencontre de Forrester,
Ecrire pour exister : le trope du
Répondre
« Professeur Sauveur Blanc »
Liam 14 février 2013 à 16 h 16 min
L’inconvénient d’être un animal
de film d’animation
Je vous remercie de votre commentaire et en effet je n’avais pas trop rapproché ce film de
l’essor de la danse populaire dans les années 2000-2010 et après.
Une histoire banale (2013),
Je ne sais pas trop si je fais un lien direct, mais je trouve possible en effet que Billy Elliot
d’Audrey Estrougo
ait aidé à décomplexer des jeunes garçons à se mettre à la danse.
Maléfique (2014) : trois pas en
Ceci dit, je dirais juste que cette danse populaire (je sais pas trop comment l’appeler en
avant, un pas en arrière ?
fait) reste plutôt genrée au niveau des rôles non? Peut-être pas autant que le ballet, vous
allez me dire, et je pense que vous auriez raison, mais tout de même, ne serait-ce qu’au
Sous les jupes des filles (2014) :
niveau des tenues, ce n’est pas exactement très queer si?
des clichés pour les femmes et
Je vous avoue que je base un peu mes analyses sur la série de films Sexy Dance, qui par des femmes
restent à mon avis dans des représentations très genrées et sexistes (mais ptet pas au
Blue Valentine (2010) : autopsie
niveau des scènes de danse, faudrait que je revoie pour être sur), que je n’ai que regardé
une fois d’ailleurs. Donc je ne connais pas plus que ça le phénomène, alors si vous avez d’un mariage filmée « sans parti-
des pistes là dessus je suis très preneur pris »

X-Men: Days of Future Past


Répondre
(2014) : traité sur l’origine du
mal
Bigre 3 février 2013 à 20 h 53 min
« Je voudrais devenir un homme
Je pense que ce qui vous dérange c’est que le réalisateur ose montrer des pauvres qui ne sont comme vous » : du Roi Louie à
pas forcément innocents et peuvent eux aussi être des persécuteurs et des abrutis insensibles. Louis l’Alligator
Ne vous en déplaise…
Qu’est-ce qu’on a fait au bon
Ceci dit j’adore votre blog ! Dieu ? (2014) : le racisme, c’est
rigolo
Répondre
Sherlock 2.0 : Les adaptations
récentes de Sherlock Holmes
Nîme 4 février 2013 à 13 h 58 min

Bee Movie : Désamorcer l’anti-


Tel que j’avais compris le film en le voyant adolescente, le point important est que Billy est spécisme à coup d’arguments
entouré de personnes qui veulent quelque chose de lui. Son père veut qu’il fasse de la boxe, spécieux
son ami est plus ou moins amoureux de lui mais c’est aussi le cas de la fille de son professeur
de danse, professeur qui veut faire de lui un danseur, même son frère qui apparaît plus La vie rêvée de Walter Mitty
préoccupé par la grève et ses cd veut qu’il vive son enfance… Et Billy ne fait pas ce qu’ils (2013) : Ben Stiller reprend du
veulent, plus ou moins ouvertement. Même quand ce qu’il fait ressemble à ce qui est attendu poil de la bête
de lui, il fait savoir qu’il n’appartient à personne : c’est comme ça que j’interprète sa dispute
avec la prof de danse, ou le moment où il fait savoir à son ami que ce n’est pas parce qu’il Her, un film qui ne parle que de
aime la danse qu’il aime les hommes. Lui.

C’était par contre la première vision du monde ouvrier en Angleterre de cette époque que j’aie Gloire aux costauds !
pu voir, et il est effectivement dommage qu’elle soit si réductrice. Donner une vision plus
juste pour ce qui constitue le background de l’histoire n’est pas forcément un exercice facile Jimmy P., Psychothérapie d’un
mais il aurait gagné à être fait. Indien des plaines (2013) :
guérir des femmes entre
Répondre hommes

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17/2/2021 Billy Elliot (2000) | Le cinéma est politique

Krysalia 4 février 2013 à 14 h 43 min Harry, un ami qui vous veut du


bien : SOS Vrai Mec, conseils
je suis frappée que ça ne soit venu à l’idée de personne. BIEN SÛR que personne ne joue du d’amis pour retrouver sa virilité
piano, pourtant cet instrument est sacré dans la famille. Qui croyez vous donc qui en jouait ?
la mère de billy, bien sûr. Cette mère qui est absente et dont justement l’absence les fait tant Oblivion (2013) : Tom Cruise et
souffrir. C’est aussi pour ça que les femmes sont si justement absentes (même si quelques ses drones de dames
personnages féminins émaillent l’histoire). Le point de vue, d’une façon plus subtile qu’avec
une focalisation interne, reste celui de l’enfant pour qui cette grève existe sans trop se poser 12 Years a Slave (2014) :
de questions, et pour qui l’absence de sa mère est très forte, sans pour autant qu’ils arrivent à l’esclavage à travers les yeux
en parler. d’un héros hors norme

lorsque les bijoux de familles sont sortis de l’ombre, c’est comme lorsque le piano est brûlé : Jacky au royaume des filles :
c’est un déchirement d’une grande violence parce que c’est renoncer à des morceaux d’Elle, Jacky et l’apologie de la
pour l’enfant ou pour la famille. Ces bijoux sont encore là malgré leur situation terrible parce phallocratie
que ce sont ceux de sa femme.
Deathproof (2007) & Django
vous dites que c’est un film pour un public plutôt jeune, je ne le crois pas du tout. je pense que Unchained (2012) : Tarantino,
c’est un film avec un semblant de double lecture, une partie pouvant être vue par des enfants ou le Boulevard du mépris
plus ou moins jeunes au sujet de la carrière de billy. Mais tout le reste s’adresse à des jeunes
adultes et à des parents, sur la gestion du deuil, l’équilibre de la famille et sa reconstruction, Atlantide, l’empire perdu,
l’amour filial quand on a jamais su l’exprimer et que celle qui tenait tout ça ensemble est… retrouvé et sauvé par l’homme
partie. blanc

On comprend d’ailleurs que le souci premier du père est que son fils « ne tourne pas mal », My Mighty Princess (2008) : la
« ait une bonne vie », et on sent tout son stress d’y parvenir sans la mère – dont l’absence princesse des arts martiaux
criante est renouvelée dans la plupart des scènes et dans la plupart des sentiments exprimés
(quand ils y arrivent :D). Contact (1997) : une femme dans
les étoiles
dans ce film, la situation initiale c’est une famille bancale dans la douleur de la perte de
quelqu’un, même si ce deuil est entrain de trouver une résolution, plus ou moins contrainte. La Reine des Neiges ou : quand
L’élément perturbateur c’est le choix de carrière de Billy, mais la situation finale montre une Disney avance d’un pas et recule
famille ressoudée, reconstruite. de trois.

je pense que dans cette optique, le renoncement du père à la grève c’est une façon évocatrice Monstres Academy (2013) : vive
de parler du deuil, là encore : ne pas faire ce qu’on aurait voulu, renoncer à ses espoirs s’ils ne le capitalisme patriarcal !
permettent plus d’avancer dans la bonne direction. être amer à propos de ça mais accepter le
nouvel état de fait pour aller de l’avant. Someone’s Watching Me (1978) :
une histoire de points de vue.
Billy elliot est donc sujet du film, mais surtout fil rouge d’une transformation qui n’aura pas
atteint que lui mais bien toute sa famille, c’est pour moi plus la force du film que son Sleeping with the Enemy (1991) :
accession à une carrière artistique et l’intérêt envers le personnage que peuvent avoir les plus le cauchemar de Pretty Woman
jeunes.
Fair Game (2010) : une proie pas
Répondre si facile
Liam 22 avril 2013 à 19 h 19 min
Snowpiercer (2013) : Ces
« queutards » de révoltés
Coucou!
Pretty Woman et le complexe de
Oui en effet je n’ai jamais prétendu que mon analyse était exhaustive, loin de là! Cendrillon
Je pense comme vous en effet qu’il y a un truc avec la mère absente, car son absence pèse
très lourd sur la famille, et dans une des scènes elle apparait à Billy, pour lui faire une Starbuck (2011): Les gènes, ya
remarque banale sur le fait qu’il boit le lait à la bouteille. que ça de vrai
Lorsque son père détruit le piano (pour bruler le bois) aussi, Billy demande si il croit que
ça aurait dérangé maman. Gravity (2013) : Femme à la
dérive appelle Clooney
Alors je suis d’accord avec vous que le film en effet raconte aussi l’histoire d’une famille
désespérément
qui arrive tant bien que mal à se ressouder après une grande perte, mais encore une fois
n’est-ce pas une certaine approche politique? Disney : Empire, Marchandise,
Parce que la grève est belle est bien présente dans ce film, et est même au centre de Idéologie (Partie 5/5: Une
plusieurs moments dramatiques du film. Alors faire un film qui utilise ce contexte là pour
continuité historique dans les
se recentrer sur le noyau familial et raconter comment il faut renoncer à la grève (bien
idées politiques de Disney)
commun) pour ressouder le noyau familial et arriver à faire le deuil d’une personne ainsi
qu’envoyer son fils à une école prestigieuse pour qu’il puisse exprimer son talent(intérêt Disney : Empire, Marchandise,
personnel), je pense que l’on peut dire que c’est un choix politique, et du coup je dirais
Idéologie (Partie 4/5:
personnellement que c’est un choix politique regrettable.
Exploitations et Résistances)
Par contre, je ne vois pas du tout comment cette absence de la mère justifie l’absence des
Disney : Empire, Marchandise,
femmes dans le mouvement de grève. Je rappelle que cette absence de femmes est un
Idéologie (Partie 3/5: Les
déformation historique, car les femmes étaient très présentes dans les grèves minières en
« utopies » de Disney)
Angleterre. Si, au sein du drame familial, le film veut raconter l’histoire du deuil de la
mère, ok. Mais j’ai du mal à voir comment ce choix justifie l’absence de femmes dans le
Disney : Empire, Marchandise,
mouvement de grève.
Idéologie (Partie 2/5 : Les

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17/2/2021 Billy Elliot (2000) | Le cinéma est politique
Je comprends ce que vous voulez dire sur les bijoux de familles, même si je ne trouve pas produits dérivés, ou comment
ce choix narratif crédible, et je le trouve même assez énervant. Mais je vois ce que vous Disney s’approprie la culture des
voulez dire, dans le contexte du deuil, je vois leur importance. enfants)

Désolé d’avoir pris autant de temps pour répondre au fait, j’ai un backlog assez important Disney: Empire, Marchandise,
de commentaires auquels je n’ai pas répondu, j’essaye tant bien que mal de m’y attaquer Idéologie (Partie 1/5: Publicité,
dans mes moments libres marketing, et contrôle de
l’information)
et merci pour votre commentaire, même si je ne suis pas d’accord avec, je n’avais pas
vraiment réfléchi à ce niveau de lecture, alors merci encore! Je vais essayer d’y réfléchir Les Flingueuses (2013),
plus, parce que je pense que vous avez raison et qu’il y a un assez gros truc avec le « comédie féministe » ?
personnage de la mère à côté duquel je suis passé
Anastasia (1997) : La révolution
Répondre russe pour les nul-le-s

Le(ur) bonheur est dans le pré


Wehm 15 mars 2013 à 11 h 53 min
(1995)

Lisez « Retour à Reims » de Didier Eribon, ça vous apprendra sûrement plein de choses. Le Visiteur du Futur : le poids de
la fin du monde sur les épaules
Répondre
Insaisissables (2013) : Qui est in
Liam 15 mars 2013 à 13 h 44 min
? Qui est out ?

j’ai lu ce livre (il y a un petit moment), que j’ai d’ailleurs absolument adoré, alors je veux ParaNorman (2012) : Et si les
bien que vous m’en disiez un peu plus sur pourquoi vous me dites ça, comme ça méchants n’étaient pas ceux
j’apprendrai plein de choses
qu’on croyait ?

Répondre After Earth (2013) : Drones et


terroristes
EdméE 8 avril 2013 à 5 h 53 min
After Earth (2013) : tu seras un
homme mon fils
Je ne rajouterai pas grand chose d’autre que Renzo, étant donné que je suis entièrement
d’accord avec lui… Le sujet du film n’est évidemment pas la grève, et c’est pourquoi on en sait
Battlestar Galactica : une
si peu.
odyssée féministe semée
Je vois plutôt ça à la Harry Potter : Dans les livres, J.K.Rowling nous raconte tout d’embûches (II)
uniquement du point de vue de Harry, ce qui fait qu’enfermé dans sa tête, beaucoup en arrive
Battlestar Galactica : une
à le trouver insupportable. De mon point de vue, Billy Elliot est quasiment entièrement
odyssée féministe semée
raconté du point de vue de Billy et que lui-même ne vois la grève que comme un obstacle à
son ambition, ne voit en son frère qu’une brute épaisse sans cervelle et ainsi de suite pour d’embûches (I)
chacun des personnages du film. Ce n’est qu’au fur et à mesure du film, lorsque Billy ouvre les
2012 en affiches : (II) Katniss et
yeux et gratte un peu la surface des personnages qui l’entourent que l’ont commence à voir les
Bella parmi les hommes
choses d’un autre point de vue (celui de son ami Michaël, celui de son père, de sa prof de
danse, etc…)
2012 en affiches : (I) Bilbo,
Pour les bijoux de famille, je ne trouve pas sa étonnant ou facile. beaucoup de familles Bond, Batman, et la bande à
conservent des bijoux précieux, et c’était encore plus vrai à l’époque où se passe le film que Banner
maintenant. Et l’or valait beaucoup plus cher que maintenant également. ça montre
Quoi de neuf docteur ? Docteur
justement le sacrifice qu’est prêt à faire le père de Billy pour le pousser au sommet. Quant à
l’absence de femmes… Certes c’est l’un des rares points qu’on peut reprocher au film, mais les Who et M. Moffat
personnages de la profs de danse et de sa fille sont de sacré phénomènes, et la qualité du reste
Astérix et Obélix, Au service de
du film me fait largement pardonner cette erreur.
sa Majesté (2012) : Virilix et
A un moment il faut aussi savoir faire preuve d’indulgence, si vous ne vous êtes pas laissé
emporter par la beauté des images, la sensibilité des personnages, la qualité de Misogynix sont sur un bateau…
l’interprétation, la finesse et la complexité des personnalités et l’émotion générale du
Elizabeth Swann : « Vous aimez
parcours de Billy, c’est que vous êtes passé à côté du film.
souffrir ? Essayez de porter un
Dernier avis sur Michaël… Le fait qu’il se travestisse ne m’a jamais choqué. Je n’ai jamais corset ! »
assimilé ça à son homosexualité, ni jamais pensé qu’en plus de se travestir, son père était
homosexuel (et j’avais 10 ans à la sortie du film) Michaël est un petit garçon plutôt bien dans Landes (2013) : Emancipation
ses baskets il aime se déguiser comme n’importe quel gamin, rien dans son personnage ne d’une femme et prise de
m’a jamais choqué, même après avoir vu et revu le film beaucoup plus tard conscience d’une patronne

Batman : Y a-t-il une femme à


Répondre
Gotham City ?

pdb 25 juin 2013 à 17 h 07 min Batman, le chevalier de l’ordre


juste (II)
Bonjour,
Batman, le chevalier de l’ordre
merci pour votre article. Voici une analyse de l’histoire (du film et de la comédie musicale, juste (I)
peu importe), que je vous soumets pour avis, j’espère qu’elle vous en donnera une autre

www.lecinemaestpolitique.fr/billy-elliot-2000/ 10/17
17/2/2021 Billy Elliot (2000) | Le cinéma est politique
perspective. La Chasse (2012) : Chasse à
l’homme
http://pierredebeauville.wordpress.com/2012/11/12/billy-eliott-histoire-dun-changement-
dere/
Moi, moche et méchant… mais
Maître magnanime de mes
Répondre
minions
Liam 25 juin 2013 à 22 h 39 min
Moi, moche et méchant 2 : Papa
Coucou, a raison

Merci beaucoup pour votre analyse! Je vais essayer de trouver le temps demain de vous Princess Arete (2001) : « Vous
expliquer les accords et les desaccords que j’ai avec, mais je dois vous prevenir que je suis allez finir par vous haïr à force
en vacances et que si demain je n’ai pas le temps, je n’aurais pas (pour des raisons d’écouter ces hommes »
diverses) le temps avant fin juillet!
Je vous dis ca juste pour que si vous ne me voyez pas repondre pendant tres longtemps, ce Millénium, de Stieg Larsson à
n’est pas parce que je vous ai oublie! David Fincher

Encore une fois merci! La Petite Sirène (1989) : Disney


relit Andersen
Répondre
8 femmes, créatures et créateurs

Marie 28 août 2013 à 9 h 17 min Jack Reacher (2012) : plus


phallocrate que moi, tu meurs
Bonjour !
Accepted (2006) : pour une
Cet article est très intéressant, d’autant plus que je m’attendais précisément à ce que vous autre école
donniez un avis très positif sur le film en raison du message qu’il transmet au premier abord,
alors que votre analyse va bien plus loin que la trame dont je me souviens après quelques Quelques repères sur l’animation
temps sans avoir vu Billy Elliot. japonaise : histoire et
représentation des femmes
Cela dit, je ne suis pas toujours d’accord avec vos interprétations – tant mieux d’ailleurs, car
cela donne à réfléchir ! -. Les nouvelles adaptations de
contes de fées sont-elles
Premièrement, en ce qui concerne le contexte historique : certes, on n’a peut-être pas en main vraiment féministes ?
toutes les clefs pour comprendre la situation des grévistes, mais je trouve que le film –
comme vous l’avez souligné – a déjà un grand mérite en abordant le sujet. Surtout, cela peut Les héroïnes de Miyazaki :
donner une impulsion pour se renseigner un peu plus sur cette période, et je crois que le film représentation physique,
a une valeur pédagogique non négligeable ne serait-ce que parce qu’on me l’a montré deux personnalité et mise en scène
fois déjà pendant ma scolarité, en cours d’anglais et toujours comme prétexte à évoquer
Thatcher !
Rechercher
Ensuite, pour ce qui est de l’image donnée de la classe ouvrière – c’est bien sûr lié au premier
point -, j’ai le sentiment, et je me trompe peut-être, que vous interprétez comme une prise de
position politique discutable ce qui n’est à mon sens qu’une tentative de description de la
réalité. Si la famille de BIlly n’a aucune aspiration artistique, ce n’est pas parce que le
réalisateur veut montrer que les ouvriers sont par nature des imbéciles incapables de
s’intéresser à la « vraie culture », mais peut-être bien plutôt pour dénoncer l’impossibilité
d’en avoir le loisir lorsqu’on a toujours été compartimenté dans une classe, où l’on travaille
accessoirement 12 heures par jour. Cela est bien évidemment déplorable mais dans les faits,
on voit toujours les mêmes à l’opéra pour ne donner que cet exemple ! Et ce n’est en rien
blâmer les ouvriers que de le dire, ou en l’occurrence le montrer. Est-ce que vous voyez ce que
je veux dire ? En d’autres termes, je pense que le film n’affirme rien quant à la condition
ouvrière mais qu’il dénonce en quelque sorte des inégalités socio-culturelles qu’il est
malheureusement aisé de constater.

Enfin, encore une fois à propos de l’image des mineurs, mais cette fois à l’échelle des
personnages, je n’ai pas l’impression que le père et le frère de BIlly contribuent à renvoyer
l’image d’un monde bourru et d’une virilité stéréotypée. Une scène qui m’a beaucoup
marquée dans le film vient justement briser cette image d’insensibilité : lorsque le père
retourne travailler – un choix qui comme vous l’avez dit semble privilégier l’intérêt individuel
par rapport à l’intérêt commun, j’en conviens, mais qui apparaît comme suffisamment
cornélien pour éviter tout manichéisme – et que Tony s’en rend compte, les deux s’effondrent
dans les bras l’un de l’autre. Je ne suis pas certaine que cela corresponde à un cliché ou
contribue à donner d’eux l’image de brutes épaisses. Au contraire, je crois que cela nuance un
peu les personnages.

J’espère avoir été claire dans ce message, si des éléments posent problème n’hésitez pas à me
répondre sur certains points ! J’ai découvert le site hier, et je le trouve fort intéressant.
Comme je l’ai dit plus haut, je ne partage pas toujours l’avis des auteurs, mais ces prises de
position ont le mérite de donner à penser et à débattre : ne serait-ce que pour ça, merci ! Je
suis peinée de rencontrer une certaine agressivité dans quelques commentaires, cela est

www.lecinemaestpolitique.fr/billy-elliot-2000/ 11/17
17/2/2021 Billy Elliot (2000) | Le cinéma est politique
dommage de la part des lecteurs et surtout dessert leurs propos pourtant sensés la plupart du
temps. Vous avez en tout cas bien raison de ne pas répondre sur le même ton !

À bientôt,

Marie.

Répondre

Liam 29 août 2013 à 11 h 57 min

Coucou Marie,

Alors déjà merci beaucoup pour votre commentaire, très agréable à lire et très intéressant.

Je vais essayer d’expliquer les points avec lesquelles je suis en désaccord, ainsi que là où je
vous rejoins.

Pour votre premier point, je suis partiellement d’accord avec vous, au sens où le film peut
en effet donner matière à réfléchir et aller se renseigner. Également, je vois tout à fait
comment un tel film peut être utilisé à l’école pour évoquer l’ère Thatcher.
Cependant, la qualité de la reflexion que l’on pourra avoir sur l’ère Thatcher, ainsi que la
contextualisation de la grève, sera quelque peu dépendant de la qualité des informations
et des contextualisations du support utilisé (qui ici serait ce film). Et pour moi, ce film
n’apporte que TRÈS peu d’informations et de contextualisations en ce qui concerne les
politiques « lutte de classes par le haut » de Thatcher, ni les résistances qui ont pu lui être
opposé ou leurs enjeux.
Un film plus complexe, plus nuancé aurait au moins pu apporter ces contextualisations-là,
pour que lae spéctateur-trice ne soit pas fortement encouragé-e (en tout c’est mon
opinion) à considérer le sort de Billy comme une injustice absolue, et vivre comme un
triomphe son ascension sociale. Ce qui m’embête, au final, c’est que le film fait preuve de
libéralisme en ce focalisant uniquement sur le sort de Billy et de ne pas contextualiser les
enjeux qui l’entourent. C’est, on pourrait dire, un film « enfantin » dans ce sens là, au sens
où, comme les enfants qui parfois disent juste « moi je veux », sans se soucier du contexte,
ce film également ne se pose pas la question du contexte, des enjeux collectifs, bref de la
politique, pour au contraire proposer une problématique « enfantine » (libérale) des
choses. J’essaye d’utiliser des comparaisons qui ne mettent pas trop en cause les auteurs
du film car au final je ne sais pas si tout ça est vraiment conscient, surtout que tout le film
ne traite pas de ce sujet là, en effet la problématique de la danse pour les garçons dans un
monde très genré reste une problématique centrale du film.
Il y a une contre-lecture à tout ça, que j’avais aperçu mais qui ne me semblait pas
privilégié par le film. Ça concerne la dernière scène, celle où Billy à le plus grand rôle dans
le ballet « Le Lac des Cygnes », et le film se conclut sur la caméra qui le suit de dos puis
son entrée en scène, avec la musique célèbre de Rothbart (le méchant de l’histoire) de
Tchaikovski qui atteint son apogée à ce moment-là. La contre lecture c’est qu’en fait Billy
est un traitre, que son ascension sociale se fait à un prix, que sa gloire finale n’est en fait
pas glorieuse, mais sinistre, et son saut final, où il se met en scène devant le public (que
l’on ne peut que présumer majoritairement bourgeois), est en fait la cristallisation de sa
traitrise et de son abandon.
Je mettais cette scène en connexion avec la scène (juste avant, il me semble) où l’on voit
les mineurs redescendre dans la fosse, battus, abandonnés, détruits.
C’était, je pense, une contre lecture possible, mais à mon avis trop subtile (voir c’est moi
qui sur-interprète tout bonnement), voire élitiste (faut savoir que cette musique
correspond à tel personnage dans le ballet), pour être dite privilégié par le film.
En plus, cela enchaine direct avec le jeune Billy qui saute sur son lit tout joyeux, alors à
mon avis c’est moi qui hallucine complet

En ce qui concerne le deuxième point, sur l’idée que nous avons plus affaire à une
« description de la réalité » (objective?) qu’une prise de position politique, je vous
conseille vraiment de voir le documentaire « Which Side are you On? » de Ken Loach, car
je pense qu’elle décrit « une réalité » tout à fait différente. C’est un film qui raconte un peu
l’histoire de ces grèves-là à travers les productions artistiques des ouvrier-e-s, qui peuvent
être des chansons accompagné de violon, guitare, batterie etc., des poèmes, des
illustrations, des dessins etc., bref, des productions artistiques et culturelles. Affirmer, à
partir de là, que ce film ne ferait que « décrire une réalité » qui serait que les ouvrier-e-s
n’ont pas de culture et pas de productions artistiques, je ne vois pas.
SI, par contre, le propos du film aurait été qu’il y a compartementalisation dans la
FORME de culture et de production artistique ACCEPTABLE au sein de la classe ouvrière
(et ce pour des raisons complexes), et que le ballet n’en fait pas partie, là je trouve que ça
aurait été un propos plus intéressant. Mais même dire (je ne suis pas aussi sûr que vous en
ce qui concerne la position du film là-dessus), « regardez ces pauvres ouvrier-e-s aliéné-e-
s qui n’ont même pas le temps de s’intéresser à la culture », je trouve que c’est très loin
d’être une « description de la réalité », précisément car j’en connais d’autres, des
« réalités ».
www.lecinemaestpolitique.fr/billy-elliot-2000/ 12/17
17/2/2021 Billy Elliot (2000) | Le cinéma est politique
Une autre chose qui me viens à l’esprit juste maintenant. J’ai bien peur que même si le
propos central du film soit « c’est dûr, lorsque l’on est fils d’ouvrier, de franchir les
barrières de genre et de faire du ballet », j’ai bien peur que c’est un propos qui fait preuve
d’un mépris de classe, et qui reproduit le vieil adage de « plus le niveau économique et
social est faible, plus il y a des problèmes de sexisme ». Car c’est faux bien entendu, les
barrières de genre et le sexisme se retrouvent à tous les niveaux socio-économiques.
Du coup, je n’y avais pas vraiment pensé, mais j’ai peur que le mépris de classe dont à
mon avis fait preuve ce film soit au final assez profond, assez structurant.

Pour votre troisième point, je reconnais que je suis allé trop vite sur ce personnage du
père et de la relation avec ses fils, car je suis d’accord avec vous, cette scène rend les deux
personnages un peu plus complexe.
Par contre, je trouve tout de même que nous avons affaire à une représentation, à travers
ces personnages-là, d’une virilité assez stéréotypé. Les deux personnages ont beaucoup de
mal à se parler, lorsqu’il y a désaccord il a de suite conflit et violence, leur gestes, leur
hexis corporelle, leur façon de parler etc. renvoi à une image à mon avis tout de même
assez stéréotypée de la masculinité (avec en plus ce mépris de classe dont je parle plus
haut).
Bon, je ne cherche pas à dire que vous avez tord, car je suis d’accord que je vais vite dans
cette brève, car je me concentrais sur autre chose et aussi (et surtout!) parce qu’il y avait
plein de trucs que je n’ai pas vu (d’où ma joie de lire les commentaires!)

Encore une fois, merci beaucoup pour votre commentaire. Je tiens à préciser que si je
parais assez critique envers le film, cela ne m’empêche pas d’y trouver des choses positives
et d’apprécier regarder ce film. Je l’ai dit ailleurs dans les commentaires, mais je trouve la
relation entre Billy et son ami Michael très touchante, et les scènes de danse avec sa prof
très chouette, ainsi que les scènes avec la fille (qui se fait un peu délaissés par le scénario,
ce que je trouve un peu dommage).

J’espère que j’ai été clair moi aussi, vous me direz si ce n’est pas le cas

Répondre

V3nom 25 août 2014 à 10 h 48 min

Au delà des travaux de Franck Lepage sur la destruction de la culture afin de


constituer ce qui est aujourd’hui entendu comme « LA Culture » politiquement et
étatiquement parlant, un petit liens concret sur ce qu’était la culture artistique
populaire, et ce par quoi elle est remplacée : http://larotative.info/rayons-frais-
rechauffe-d-arts-de.html

Et ceci rejoint directement le topic sur la provocation comme argument de vente, et


surtout le subtile biais politique qui l’accompagne : qui provoque, qui dénonce quoi,
avec qui, et envers qui.

Répondre

derrida 24 août 2014 à 16 h 56 min

De ce film, je me rappelle la formidable libération que constitue la pratique de la danse


classique par rapport à une hexis corporel…le père et le frère sont en train de bouillir durant
l’ensemble du film…ils n’ont pas les mots, la capacité de s’exprimer…il y a tout un
refoulement violent qui est une force de violence que subisse l’ensemble des protagonistes…

Répondre

carinezic 16 décembre 2014 à 23 h 36 min

Moi, j’ai une question à laquelle je ne trouve pas de réponses… A la fin du film, Billy est
danseur, a priori étoile et on entend la musique du lac des cygnes…. Alors pourquoi les cygnes
sont tous joués par des hommes ?!

Carine

Répondre

Gus 3 février 2016 à 13 h 43 min

Je suis d’accords avec plein de problemes que vous avez souleve dans cette article, cela je ne
suis pas d’accords avec le debut de l’article et son idee.
« si jamais on voyait que par ailleurs la classe ouvrière avait une culture qui lui était propre, et

www.lecinemaestpolitique.fr/billy-elliot-2000/ 13/17
17/2/2021 Billy Elliot (2000) | Le cinéma est politique
que cette culture comportait aussi des aspects artistiques ».
Parce que ce n’est pas fait?
Avec cette phrase je comprends que c’est d’abords vous qui denigrez la boxe en ne lui
reconnaissant pas sa posibilite d’etre une culture, ou d’etre un aspect artistique. Que la boxe
en soi puisse avoir une veritable complexite, une histoire.
J’ai l’impression que quand vous parlez d’art, vous n’avez dans la tete que des images de
personnes qui peignent, ou font du theatre ou ecrivent des jolis poemes, mais jamais des
personnes qui font de la mecanique, du placo-platre ou tapent dans un ballon.
Ce serait comme un film qui montrerait des gamin-mines de quartiers populaires qui passent
leur journee a jouer au foot (comme cela peut arriver) et que vous disiez : ce film denigre les
enfants des classes populaires puisqu’il les montre sans art.
Personnellement, je prefere la danse a la boxe, mais j’ai rencontre des personnes qui on eu
une veritable approche passionante et passionnee de la boxe et des arts de combat.
Et c’est vrai que la boxe est galvaudee, peut-etre meme depuis sa naissance par le virilisme, le
machisme et le capitalisme dans le film ou dans la realite. Mais j’aurais du mal a dire qu’un
film qui parle d’une opposition entre deux arts que comme une opposition entre un enfant qui
a des aspirations artistiques et une societe decrite sans arts.
J’espere etre clair. Peut-etre que le film fait la meme erreur que vous, mais vous l’a faite aussi.

Répondre

Gus 3 février 2016 à 14 h 05 min

Oups, pardon, j’ai oublie de vous remercier pour votre attention et votre article.
Alors merci.
Et puis je continue:
« (alors ptet par paresse ptet par conscience de classe, j’en sais rien) de ne montrer rien
d’autre, c’est-à-dire en fait de refuser à cette classe ouvrière une histoire, un point de vue, une
culture propre, et uniquement se concentrer sur elle pour raconter l’histoire de l’ascension
sociale de l’un d’entre elleux. »
En effet peut-etre que la boxe n’est pas assez decrite comme un veritable art dans le film mais
avec cette phrase, vous balayez vous meme tout net du champ artistique la possibilite de la
boxe d’en faire partie, que la boxe puisse etre en soi une culture propre, ou une histoire.
Pour moi vous accusez de classisme un film qui sans doute l’est, mais en usant d’un procede
qui decoule d’une habitude tres pregnante, oppressante et… classiste, que je rencontre chez
les oppresseurs.
Encore une fois merci.

Répondre

Liam 8 février 2016 à 9 h 16 min

Coucou,

Merci pour votre commentaire! Il se peut bien que du mépris de classe s’est glissé dans ma
brève, car je n’ai pas explicité qu’en effet (dans mon souvenir du film, qui commence a
être lointain) je trouve que c’est le film qui refuse à la classe ouvrière toute culture propre,
que ce soit la boxe ou autre chose. Il me semble que le film ne montre pas
particulièrement la boxe comme ayant une dimension « artistique », et rapproche plutôt
cette activité de l’existence brutale et violente des grévistes, de laquelle Billy Elliot doit
s’extirper.
Je ne sais pas si je suis clair, et je ne sais pas si ça répond à votre commentaire?
Seriez-vous d’accord que ce film, contrairement par exemple aux films de Ken Loach, crée
une opposition entre la « non-culture », ou l’absence d’aspiration artistique de la classe
ouvrière et la « culture » et l’aspiration à l’art des classes moyennes et supérieures?
Je ne cherchais en aucun cas à reproduire ce classisme, et je pense que vous avez raison de
dire que lorsque je pense à « l’art », je pense spontanément aux « arts » définis par les
classes moyennes et supérieures, ce qui est bien entendu une erreur empreinte de
classisme!

Merci encore pour votre commentaire, j’espère que j’ai été clair?

Répondre

Gus 8 février 2016 à 11 h 41 min

Merci pour votre reponse! C’est plus clair pour moi. Pour repondre a votre derniere question,
je vais re-regarder le film, pour me le remettre en memoire, mais cela va prendre du temps, je
n’ai pas acces a internet souvent.
Encore Merci.
Gus

www.lecinemaestpolitique.fr/billy-elliot-2000/ 14/17
17/2/2021 Billy Elliot (2000) | Le cinéma est politique
Répondre

Gus 8 mars 2016 à 0 h 01 min

Ca y est j’ai re-regarde Billy Elliot et je pense que vous avez raison:
La boxe n’y est pas depeinte comme un art ou une culture, elle est a peine abordee, ou dite
comme stupide, reduite a des mecs qui se tapent dessus.
L’opposition entre bourgeoisie cultivee et proletariat non cultive est en effet tandencieuse
dans ce film, puisque le seul truc qui sanctionne Billy au final comme quelqun de cultive est
son admission dans une ecole prestigieuse, donc bourgeoise alors que le film aurait pu le
montrer tout simplement en train de danser devant les proletaires, je sais pas moi, se servir
de la danse dans la rue pour … les revolutions.
Mais je ne comprends pas : est-ce que vous-meme, vous considerez que Billy se devirilise
dans la seule perspective d’une ascenscion sociale? Ou est-ce qu’au contraire Billy Elliot
grimpe les echelons sociaux pour pouvoir vivre pleinement sa devirilisation? Parce que moi je
penche plutot pour le second cas.
Plus je le lis et plus votre article souleve plein de question non resolues en moi… bon je vais
essayer de poser les choses une par une, pour que vous puissez voir ou je veux en venir ( Et
moi aussi du coup).
« dans le film les femmes de la classe ouvrière sont absentes, alors même qu’on sait qu’elles
étaient un moteur majeur des grève »
Il y a trois femmes developpees dans ce film. La prof de Danse qui pour moi est un
personnage important. Sa fille et la grand mere de billy. Quatre femmes en fait, pardon : la
mere de billy qui fait office de « femme dans le frigo. »
Une des consequence de la mort de la mere, c’est l’absence de culture dite « non-virile »
represente par le piano inutilise. Donc pour le film, les familles proletaires, peuvent avoir des
aspirations a cette culture dite « raffinee » et « sensible » puisqu’un piano plat ca rentre dans
leur petite bicoque. Depuis la mort de la mere, plus personne n’y touche, c’est dans la scene
ou le pere dit a billy de ne pas y toucher, le film donc dans ce cas-la, ne depeint pas les
proletaires en general comme des rustres qui n’en veulent pas de cette culture, mais depeint
une famille touchee par le malheur, ce qui rafermis encore plus leur construction des genres
et explique qu’il n’y a plus de contrepoid au virilisme du pere par ces mots :
[un peu avant la sixieme minute du film, billy joue du piano]
Le pere : Arrete Billy.
Billy : Maman m’aurait laisse.
[le pere claque brutalement le couvercle du piano et s’en va]
C’est ce que je comprends. Et je trouve que le film va plus loin. L’hiver arrive et le pere pour
chauffer la maison massacre le piano, et il ne le fait pas de gaitee de coeur, du moins c’est
mon impression. Donc ce n’est pas parce qu’ils s’en moquent qu’ils defoncent le piano, mais
parce qu’ils sont pauvres.
Le personnage de la prof de danse est important et developpe, il devient tellement important
que, et la ca ne va pas dans le sens du film, il est purement et simplement evacue avant la fin
du film. Le pere reprend ses droits : « Je suis son pere ». il en va de son honneur de maale, et
il remet la main sur son fils, meme si, et la j’en suis plutot content, il accepte au final sa
devirilisation.
Idem pour la fille de la prof, la relation qu’elle construit avec Billy est plutot interressante (et,
je m’avance un peu sur mes conclusions, politique) mais elle est purement evacuee et
remplacee par celle avec son ami qui est, et la c’est dommage vous avez encore raison, victime
d’un amalgame entre travestissement et hommossexualite.
Enfin la grand-mere est un personnage interressant, surtout dans cette scene a trois ou le
pere se confronte a Billy et qu’elle intervient avec cette unique phrase toute simple que
j’affectionne parce qu’elle veut tout dire : Mais moi aussi j’ai fait de la danse ! (sous entendu,
ou est le probleme?).
Ou je veux en venir : Ces femmes (et la je suis pres a me faire taper sur les doigts, mais je ne
demande que ca) sont des militantes feministes.
De meme qu’il y a une consideration reductrice de l’art qui se degage du film et de votre
article, il y a une consideration reductrice du « politique » qui se degage de votre article. C’est
a dire : Une militante revolutionnaire et/ou feministe ne peut pas etre une petite fille en tutu,
une prof de danse (la danse est considere trop peu virile pour etre revolutionnaire, les
femmes dites revolutionnaires sont uniquement celles qui reprennent les attribus
communements attribues aux hommes, c’est a dire soit les armes dans le cas de la lutte
armee, ou le micro d’une assemblee d’un piquet de greve dans celui de la lutte au sein de
l’entreprise) qui plus est quand cette femme a des tendances bourgeoises, ou enfin une grand
mere dans un rocking chair perdue et brisee. Ce que je veux dire c’est que la scene entre le
pere, le fils et la grand mere a tout pour moi d’une REUNION POLITIQUE, ou la grand mere
ouvre sa gueule pour dire quelque chose de tellement evident qu’il en devient candide et se
fait rabrouer comme dans les assemblee, et c’est assez realiste, de mon point de vue. Que
encore une fois, j’ai l’impression que pour vous, le politique ne peut exister que dans un local
d’un syndicat, ou les greviste femmes comme homme se balance des theories sur la lutte des
classe dans la gueule ou des considerations strategiques ou des discours enflammes. Quand
meme : Une femme mure qui donne des rendez-vous a un petit garcon, des rendez-vous
clandestins, en cachette comme un groupuscule terroriste! pour eviter la pression sociale,

www.lecinemaestpolitique.fr/billy-elliot-2000/ 15/17
17/2/2021 Billy Elliot (2000) | Le cinéma est politique
pour travailler en secret sa devirilisation, je ne veux pas passer a cote. Et si vous me dite que
ca n’a rien d’une organisation politique clandestine, je ne suis pas d’accord.
Encore une fois, tout cela repose sur la representation clichee de ce qu’est le politique ou le
non-politique.
Et souvent dans les milieux revolutionnaires, dans les reunions politiques, les hommes
s’octroient le droit de dire, de considerer ce qui est politique de ce qui ne l’est pas, et souvent
les attributions a connotations viriles : La colere, la rage, le combat, sont politiques, mais la
couture : ca n’a rien de politique. Quand on est un homme et qu’on veut faire de la couture
c’est juste le calcul d’un ambitieu qui veut grimper les echelons sociaux. Qu’un homme
cherche a se deviriliser, c’est louche en soi, donc la reponse, c’est qu’il le fait dans l’unique but
de grimper les echelons sociaux. Un homme qui se devirilise en secret : C’est un social traitre.
Vous dites :
« l’individu brillant et talentueux est brimé par les idéologies collectivistes et égalitaristes de
ces foutus grévistes. » Ca c’est vous qui le voyez, moi je vois, et c’est ce que le film veut faire
passer je crois « un petit garcon qui veut se deviriliser est brime par le patriarcat, le machisme
et la construction des genres, des opressions empirees par la pauvrete de sa famille » Mais ce
qui jette le trouble, et la je vous rejoint, c’est cette maudite ecole prestigieuse, seul moyen de
faire de la danse. Et ca c’est nul, on est d’accords.
Voila, je commence a degager un peu ou je veux en venir, ce n’est pas fini. Je pense que je
reviendrais sur la relation de la prof de danse et de billy, qui prend quand meme une large
place dans le film et que j’affectionne : « Et si tu passais de l’autre cote du miroir? » « Une
femme comme mentor et comme chef » « Le renoncement a la masculinite » Ce me parait
interressant.
En conclusion, comme vous dites :
« alors même qu’on sait qu’elles [les femmes] étaient un moteur majeur des grèves… »
… de la virilite.
Bien a vous,
Gus

Répondre

Liam 23 mars 2016 à 11 h 50 min

Coucou,

Merci beaucoup pour votre commentaire détaillé! Je pense que je ne peux pas répondre à
moins de revoir le film, ce que je ferais bientôt, avec vos commentaires (très intéressants)
en tête! :-).

Répondre

Gus 8 mars 2016 à 0 h 06 min

Encore desole pour les accents : clavier anglais.


Encore merci pour la discussion : tres interressante.
Gus

Répondre

Hipa 20 juin 2017 à 0 h 13 min

Bonjour Liam!
Je sais, cet article est un peu vieux et ce commentaire un peu hors sujet.
Cependant, je voulais que vous sachiez le pourquoi du comment je suis arrivé ici en 2017.
En premier lieu, je cherchais des critiques sur Billy Elliot et des analyses du film pour un oral
brevet des collèges dans pas si longtemps ( oui, je m’y prends à la dernière minute).
J’ai fait quelques sites avant de tomber sur celui-ci.
Je voulais avant tout remercier ces débats qui m’ont beaucoup aidé à enrichir mon exposé.
Avoir un avis différent du sien aide beaucoup à comprendre la réflexion de chacun sur un
film.
Bien sûr je vous enverrai ma note que j’ai eu grâce à vous.
Cependant, j’aimerai aussi ramener mon petit grain de sel dans ce débat. Vous parlez souvent
que ce film est dirigé plus pour les jeunes ( entre 10 et 30 ans) et j’en suis tout à fait d’accord.
Vous expliquez que beaucoup de gens peuvent faire des amalgames ou ne peuvent pas
comprendre tout par certains par leur âge. En prenant sur mon expérience, j’ai vu pour la
première fois Billy Elliot vers mes 10 ans. Je suis d’accord je n’ai quasiment rien compris des
messages que voulais faire passer le film. Mais chaque année je la reregardai, et chaque année
ce film m’avait l’air plus complexe. Et je trouve que cela donne un charme fou à l’oeuvre. Je
pense que si ce film était mieux expliqué, de 1) il serait vachement plus long et de 2) il serait
beaucoup plus monotone.
Billy Elliot fait parti de mes films préférés, et grâce à son « mystère » et que chaque fois je le
revoit, j’ai l’impression de le redécouvrir.
www.lecinemaestpolitique.fr/billy-elliot-2000/ 16/17
17/2/2021 Billy Elliot (2000) | Le cinéma est politique

Répondre

Benzo 11 août 2017 à 21 h 13 min

Bonjour,
Merci beaucoup pour cette analyse
Personnellement, je me posais une question concernant l’ami-e de Billy lorsque celui ci est
petit, puisqu’à la fin du film iel apparait également en robe (dans les spectacteur-ices du
ballet). J’ai lu plus haut « ils ont 11 ans, ils se déguisent ». Or, pour ma part, bien qu’on ne
suive pas son parcours, qu’on ne sache pas d’autre prénom que le « masculin » donné au
début, ce personnage avait transitionné, et représente une femme trans, dont la pré
adolescence consiste en un questionnement de l’identité de genre et en la voyant + tard, son
identité de femme est affirmée.
OU alors je n’ai rien compris ^^

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