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Introduction

Cette histoire est datée en automne 1819 à Paris. Les personnages de ce roman sont très
cosmopolites. Ils viennent de partout et de presque toutes les couches sociales, en plus que
toutes les ambitions s’y expriment. Dans la pension de cette douteuse tenancière qu’est
Madame Vauquer, se cô toient des pensionnaires et des habitués du quartier qui ne viennent y
prendre que le dîner.
I- Présentation de l’auteur :
Honoré de Balzac  est un auteur réaliste du début du XIXème siècle, créateur de la fresque
romanesque de La Comédie Humaine1 : c’est à dire un ensemble de plus de 90 œuvres
(romans, nouvelles, contes et essai) au travers desquelles l’auteur veut une exacte réplique de
ce qu’est la réalité humaine et sociale de son époque. Il invente le système du retour des
personnages : d’un roman à l’autre, des personnages réapparaissent (plus de deux mille en
tout) donnant ainsi à l’œuvre une unité. La Comédie Humaine paraît de 1829 à 1850.
a) Biographie
Honoré de Balzac est né à Tours en 1799. Issu d’une famille provinciale de petite bourgeoisie,
il étudie au collège de Vendô me1. Balzac s’installe à Paris en 1814 et commence des études de
droit tout en travaillant chez un avoué parisien. C’est au cours des années 1820 qu’il décide de
devenir écrivain. Ses premières œuvres, écrites sous un pseudonyme2, sont un échec. Il
rencontre Laure de Berny en 1821 qui lui apporte un soutien affectif et matériel. Tour à tour
éditeur, imprimeur, journaliste, tenté par une carrière politique, Balzac travaille beaucoup et
fréquente journalistes et écrivains. Il crée une imprimerie en 1826, mais son entreprise fait
faillite deux ans plus tard, et Balzac est lourdement endetté. Il continue alors d’écrire des
romans : en 1829, son premier roman, Les Chouans, est publié sous son vrai nom. À partir de
1832, il correspond avec Ewelina Hań ska, une admiratrice polonaise qu’il rencontre pour la
première fois en 1833. Dès 1834, il pense à regrouper ses romans dans un ensemble
organisé : ce sera La Comédie humaine, une œuvre immense qui comprend plus de 2000
personnages dans 91 ouvrages, dans laquelle il a voulu « peindre les deux ou trois mille
figures saillantes [de son] époque »3. En 1843, il voyage en Europe avec Ewelina Hań ska, qu’il
finira par épouser en mai 1850. Quelques mois après son mariage, Balzac meurt à Paris en
aoû t 1850 à l’â ge de 51 ans.

b) Bibliographie
Ce ne sont pas les ouvrages concernant Balzac qui manquent. Il y en a pour tous les goû ts.
Balzac géographe, Balzac historien, Balzac philosophe, Balzac sociologue, approches
thématiques, par tous types d’auteurs etc… Pas fait le tour évidemment… Voilà quelques
propositions :
Le Balzac de Roger Pierrot, chez Fayard : l’incontournable et en plus bien écrit, pas assomant,
documenté. Du même auteur, il y a toutes les notes de la correspondance (la correspondance
de Balzac n’est pas forcément la source la plus fiable, Balzac ayant une certaine tendance à y
être fantaisiste … et arrangeant avec lui-même, mais c’est bien sû r une des sources les plus
intéressantes et les notes sont, elles, sû res). Plus illustré et plus abordable, le Découverte
Gallimard n’est pas mal, tout comme l’Abécédaire de Flammarion, 2 livres tous publics qui
permettent d’en savoir déjà un bon peu. Et pour les amateurs de livres épuisés, le Dictionnaire
De Balzac par Félix Longaud, ouvrage pratique à l’utilisation thématique et globalement fiable
(mais le mieux est quand même de toujours recouper avec le Pierrot ou autre).
II- Présentation de l’œuvre
Le Père Goriot est un roman d’Honoré de Balzac, commencé à  Saché en 1834, dont la
publication commence dans la Revue de Paris et qui paraît en 1842 en librairie. Il fait partie
des Scènes de la vie privée de La Comédie humaine1. Le Père Goriot établit les bases de ce qui
deviendra un véritable édifice : La Comédie humaine, construction littéraire unique en son
genre, avec des liens entre les volumes, des passerelles, des références.
c) Les personnages concernés de la 11ème à la 22ème page
L’étude des personnages dans Le Père Goriot doit permettre donc de comprendre non
seulement l’œuvre mais aussi les mentalités de la vie des parisiens dans la première moitié du
19ème siècle. Voici un tour d’horizon des personnages dans ce roman qui explore le problème
de la réussite, par l’amour et par n’importe quel autre moyen, quel qu’en soit le prix qu’il en
coû te.
Le père Goriot : Nom inspiré d’un Goriot ayant réellement existé. Quand Balzac écrivait le
roman vers 1828, là où il habitait il était voisin d’un mystérieux Goriot. Il existait un autre
Goriot marchant de farine à Pontoise en France. Il représente la paternité. C’est un rentier de
soixante neuf ans et aussi le plus ancien des pensionnaires depuis 1813. Sa fortune et ses
revenus lui permettaient d'habiter au premier étage l'appartement le plus riche de la pension.
Eugène de Rastignac : Ce personnage fait sa première apparition dans La Peau de Chagrin où
il fait la cour à une riche et jolie petite veuve. Dans Le Père Goriot, il est un jeune "ambitieux"
qui sera initié par Mme de Beauséant, la duchesse de Langeais et Vautrin. Il a « un visage
méridional, le teint blanc, des cheveux noirs, des yeux bleus… ». Son visage est séduisant et ses
manières aristocratiques le rendent élégant. Voir le portrait (p.76). C’est un jeune provençal à
Paris pour aire ses études de droit, et partant faire fortune. En vrai arriviste, il fréquente les
salons parisiens, ses jeux et ses plaisirs. Il ne parvient pas à faire son choix entre Delphine
qu’il aime et Victorine Taillefer qui est prête à se laisser conquérir. Il résistera à la proposition
satanique de Vautrin, car il considère le travail comme le meilleur moyen de réussite. Il a du
cœur contrairement aux filles du père Goriot, sur qui il va veiller jusqu’à sa mort.
Mme Vauquer : Elle est â gée d’environ 50 ans. Elle est en harmonie avec la pension dont elle
est la tenancière. Elle a un passé douteux. Pourquoi s’y connaît-elle en vigueur sexuelle et en
stratégie amoureuse ? A-t-elle été une prostituée ? Que s'est-il passé avec son défunt mari?
Elle semble vieille et elle est grassouillette.
Vautrin : Ce personnage aurait existé avec le nom de Carlos Herrara Vautrin. Donc Balzac
s’est inspiré d’un homme vrai pour le créer. Vautrin, son nom c’est Jean Collin. Dans le roman,
il est aussi surnommé « Trompe-la-mort ». Il a une quarantaine d’années. Il se fait passer pour
un ancien commerçant et fouille dans le passé des gens alors qu’il semble avoir « au fond de sa
vie un mystère soigneusement enfoui ». C’est un révolté qui fait confiance à sa force. Balzac le
qualifie de Sphinx, une créature monstrueuse homme et bête à la fois comparé souvent à un
fauve avec sa poitrine poilue comme le dos d’un ours, des griffes d’acier, des yeux comme ceux
d’un chat sauvage. Lui-même il traite les gens de bétail et pense qu’il faut se manger comme
araignées.
Victorine Taillefer : Sa mère est morte depuis quatre ans, et son père l’a déshéritée.
Caractérisée par la patience et la résignation. Elle fait partie des personnages à désirs
spontanés, et elle la force des passions et désirs intrinsèques. Elle a un amour filial pour son
père mais honni par lui, elle tente d’être aimée par Rastignac. Son désir est sublime, mais elle
est impuissante à le réaliser. Elle souffre de ses beaux sentiments de loyauté et de noblesse de
cœur, amis cela lui évite la déshumanisation.
Sa richesse éventuelle est le fruit des crimes de Taillefer, et du meurtre de son frère. Victorine
est victime subjectivement, son innocence la rend objectivement coupable. Elle est la fille
adoptive de Madame Couture.
Monsieur Poiret : Il est le type de l’Employer, de la bureaucratie judiciaire. Il était un être
passionné et un peu stupide, aussi est-il comparé souvent à un « â ne » ou un fruit, le poireau
(un asperge du pauvre). Pour les références des pages voir l’édition Hachette.
Mlle Michonneau : Cette fille dont le « regard blanc donne froid » et qui semble être quelque
agent secret en faction, assistée de M. Poiret qui le complète.

Sylvie : Appelée familièrement la « grosse sylvie », elle est une domestique un peu aliénée
sociale.
Christophe : Tout comme Sylvie, il est un domestique dans la pension. Son grand cœur fit
qu’il eut pitié du père Goriot et lui prêtait même quelques sous.
Iii- thème général :
 Dans sa première partie de son roman Balzac fait une description des lieux. La description
de la pension se fait de haut en bas. En quoi cet extrait est-il le vrai incipit du récit ? Après un
début d’histoire s’apparentant plus à une préface, on semble là arriver au véritable incipit car
les descriptions y sont plus habituelles. On a là une longue mise en scène du lieu qui annonce
la description de Mme Vauquer et des autres pensionnaires. Cette description est une sorte de
perfection d’une des scènes de la vie privée que Balzac décrit ; on est dans leur intimité : là où
ils vivent, mangent, vont s’aimer. Cette description illustre aussi la théorie Balzacienne selon
laquelle il y a une interaction entre les lieux et les personnages : médiocrité, saleté, « odeur
nauséabonde » va déterminer certains comportements des habitants de la pension. On va
d’ailleurs s’apercevoir plus tard que les pensionnaires sont peu soignés : « dînent en
pantoufle ». La description de cette pension se fait aussi par tous les sens : « gluants » ;
« puant », ça nous donne donc l’impression que le lieu est vivant, a une vie autonome, qu’il se
dégrade et vieilli.
d)- Sous thèmes :
Autres thèmes que nous pouvons citer dans cette œuvre comme  : l’hypocrisie, la fausseté, et
la trahison. Ce sont les thèmes majeurs du roman.
-Les filles du père Goriot, et surtout Madame de Restaud sont des adeptes de l'hypocrisie. On le
remarque lorsqu'elles renient leur père. Ou même à la fin du roman, lorsque le père Goriot
meurt, et qu'aucune de ses filles ne vient le voir.
-Il y a également la fausseté, le mensonge de présent, dans l'histoire. Avec, par exemple,
Jacques Collin, qui se fait appeler Vautrin. C'est un " forçat " qui s'est échappé du bagne de
Toulon. Son surnom est Trompe-la-mort. Il conduit, donc, tout le monde à l'erreur, en se
faisant passer pour un bourgeois.
-Puis, enfin, il y a la trahison.  Avec toutes les femmes de la bourgeoisie qui ont des amants.
Ces femmes représentent le vice, le péché. Il y a aussi, les deux filles du père Goriot, qui ne
s'occupent plus de celui ci, alors qu'il a donné sa vie pour elles.

Iii- résumé de la 11ème à la 22ème page :


Madame Vauquer, née de Conflans, est une vieille femme qui, depuis quarante ans, tient à
Paris une pension bourgeoise établie rue Neuve-Sainte-Geneviève, entre le quartier latin et le
faubourg Saint-Marceau. La maison où s'exploite la pension bourgeoise appartient à madame
Vauquer. Elle est située dans le bas de la rue Neuve-Sainte-Geneviève, à l'endroit où le terrain
s'abaisse vers la rue de l'Arbalète par une pente si brusque et si rude que les chevaux la
montent ou la descendent rarement. Cette circonstance est favorable au silence qui règne
dans ces rues serrées entre le dô me du Val-de-Grâ ce et le dô me du Panthéon, deux
monuments qui changent les conditions de l'atmosphère en y jetant des tons jaunes, en y
assombrissant tout par les teintes sévères que projettent leurs coupoles.
Cette pension, admet également des hommes et des femmes, des jeunes gens et des vieillards,
sans que jamais la médisance ait attaqué les mœurs de ce respectable établissement. Mais
aussi depuis trente ans ne s'y était-il jamais vu de jeune personne, et pour qu'un jeune homme
y demeure, sa famille doit-elle lui faire une bien maigre pension.
Néanmoins, en 1819, époque à laquelle ce drame commence, il s'y trouvait une pauvre jeune
fille. En quelque discrédit que soit tombé le mot drame par la manière abusive et tortionnaire
dont il a été prodigué dans ces temps de douloureuse littérature, il est nécessaire de
l'employer ici ; non que cette histoire soit dramatique dans le sens vrai du mot ; mais, l'œuvre
accomplie, peut-être aura-t-on versé quelques larmes intra muros et extra. Sera-t-elle
comprise au-delà de Paris? le doute est permis. Les particularités de cette scène pleine
d'observations et de couleurs locales ne peuvent être appréciées qu'entre les buttes de
Montmartre et les hauteurs de Montrouge, dans cette illustre vallée de plâ tras incessamment
près de tomber et de ruisseaux noirs de boue ; vallée remplie de souffrances réelles, de joies
souvent fausses, et si terriblement agitée qu'il faut je ne sais quoi d'exorbitant pour y produire
une sensation de quelque durée. Cependant il s'y rencontre çà et là des douleurs que
l'agglomération des vices et des vertus rend grandes et solennelles : à leur aspect, les
égoïsmes, les intérêts, s'arrêtent et apitoient; mais l'impression qu'ils en reçoivent est comme
un fruit savoureux promptement dévoré. 
Conclusion
Balzac montre, par la place nouvelle qu’il fait à la description, que le réel, que le spectacle du
quotidien ne sauraient être étrangers à l’espace littéraire. Les choses, les lieux, les décors
prennent sous sa plume une dimension et un relief nouveaux. Loin d’être de simples
accessoires du récit romanesque, ils se mettent à « vivre » véritablement et à « refléter » les
passions ou les états d’â me de ceux qui les « fréquentent ». Tous ces thèmes sont présents
dans la vie du père Goriot. On peut penser, que pour Balzac, la vie se résume à ces thèmes.  La
vie apparait, alors, dure et injuste. On lisant ce roman, on est un peu pris de pitié pour le père
Goriot, pour qui la vie tourne autour de ces trois thèmes.