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Mercredi,11 décembre 2019

BELLA TSOUNGUI
YANNICK SIDOINE
14F2097, BOV4, BT

Sujet : Horloge biologique des plantes

INTRODUCTION
Le soleil n’est pas seulement essentiel à la vie sur Terre; il contrôle
également le rythme auquel se déroule cette vie. En effet, tous les
êtres vivants, qu’il s’agisse de bactéries, de végétaux ou d’animaux,
ont évolué de façon à coordonner leurs activités avec le cycle jour-nuit
associé à la rotation de la Terre. Ces « rythmes circadiens » (du latin
circa « environ » et diem « jour » ) permettent de synchroniser les
fonctions physiologiques avec un moment précis de la journée: la
floraison des plantes, la migration des oiseaux et des papillons, ou
encore certains aspects du métabolisme comme le contrôle de la
glycémie sont tous des exemples de phénomènes qui dépendent de
rythmes circadiens propres à chaque espèce vivante. Cette « horloge
biologique » qui existe à l’intérieur de chaque cellule représente donc
un mécanisme fondamental de la vie sur Terre, précieusement
conservé pendant les milliards d’années de son évolution.
Horloge végétale
Les plantes représentent un bon exemple de l’importance de ces
rythmes circadiens. Étant immobiles, les végétaux ne peuvent fuir
leurs prédateurs et ont dû en conséquence opter pour une stratégie -
basée sur la production de molécules de défense très puissantes pour
contrer les agressions par les différents insectes, bactéries et
champignons présents dans leur environnement. Des études ont -
révélé que la production de ces molécules insecticides et fongicides
varie selon le moment de la journée: par exemple, une plante de la
famille du chou (Arabidopsis thaliana) anticipe l’arrivée d’insectes qui
accompagne le lever du jour et produit des réserves de molécules
insecticides (jasmonates) pendant la nuit (1). Il s’agit d’un mécanisme
de défense essentiel pour la survie de la plante, car lorsque les
chercheurs ont manipulé l’horloge biologique de la plante de façon à
provoquer l’équivalent d’un décalage horaire, celle-ci est devenue
beaucoup plus vulnérable à l’attaque par les insectes.
 À l'échelle cellulaire et subcellulaire, il est commun d'observer la
striation des amyloplastes, des parois cellulaires, des cuticules ou desk
bandes de Caspary dans les cellules de l'endoderme des racines. À
l'échelle tissulaire, l'exemple le plus significatif est celui des cernes
d'accroissement des arbres. Si l'on se place à l'échelle de la plante
entière, la succession en alternance des nœuds et des entre-nœuds est
le reflet du mode de fonctionnement rythmique du méristème apical de
la tige.
Le fait qu'on puisse distinguer une striation ou une zonation est le signe
de l'existence de gradients dans les dépôts formés. Dans un poil de
coton, la striation observée est attribuée à un changement d'orientation
des microfibrilles de cellulose qui se répète toutes les vingt-quatre
heures pendant la durée d'élaboration de la paroi secondaire du poil, soit
durant vingt-quatre jours. Un tel agencement des microfibrilles, qui
suppose l'intervention du flux exocytaire et du cytosquelette (Robert et
Roland, 1989), n'est pas propre au poil de coton. On l'observe aussi
dans les cellules pierreuses de la poire, dans les tissus collenchymateux
ou épidermiques ou encore dans les parois de cellules d'algues. La
striation des amyloplastes est vraisemblablement liée à des différences
dans la richesse en amylose et en amylopectine déposées entre le début
et la fin de la journée.
Le même constat peut être fait au sujet de l'édification des cernes dans
le bois des arbres. La zonation est apparente en raison de
l'hétérogénéité des constituants du cerne. Au printemps, au moment de
la reprise d'activité du cambium, les vaisseaux ou trachéides formés ont
un diamètre très supérieur à ceux qui apparaissent plus tard.
Les plantes aussi peuvent fêter le solstice d'hiver. Plus que par la température
et les précipitations, les saisons sont définies par la longueur des journées,
donc de l'exposition de la Terre au Soleil. La photopériode, rapport entre
la durée du jour et celle de la nuit, conditionne donc plusieurs activités
physiologiques chez les plantes. Sa variation entre le solstice d'été (journée la
plus longue) et le solstice d'hiver (journée la plus courte) est l'un des repères
pour la détermination de la période favorable à la floraison. Il faut donc que les
plantes puissent percevoir cette variation.
« Le passage à la floraison est l'une des décisions les plus importantes que
prennent les plantes. Elle doit être soigneusement contrôlée en fonction des
saisons, explique Philip Wigge, du Centre John Innes. Par exemple, les plantes
qui ont besoin d'être fécondées par du  pollen d'autres membres de la
même espèce, comme c'est le cas pour les cerisiers, doivent s'assurer qu'elles
produisent des fleurs en même temps que leurs voisines. » Pourtant, les plantes
n'ont pas d'yeux ni d'ocelles pour constater cette variation photopériodique,
contrairement aux membres du règne animal. L'hypothèse la plus courante
pour expliquer leur perception de la durée du jour repose sur le couplage d'un
rythme interne à la plante (horloge biologique) avec un signal lumineux
externe.

CONCLUSION
Il est déjà établi que des gènes régulés par l’horloge circadienne,
comme CONSTANS (CO), activent, par l'intermédiaire de protéines sensibles à
la lumière, le gène FLOWERING LOCUS  T (FT). Ce dernier joue un rôle
important dans le déclenchement de la floraison. D'autre part, il a été
démontré que ce gène FT était aussi activé dans les feuilles par la lumière.

RÉFÉRENCES
(1) Goodspeed D et coll. Arabidopsis synchronizes jasmonate-
mediated defense with insect circadian behavior. Proc Natl Acad
Sci USA 2012; 109: 4674-7.
(2) Goodspeed D et coll. Postharvest circadian entrainment
enhances crop pest resistance and phytochemical cycling. Curr
Biol., publié en ligne le 19 juin 2013.
(3) Catherine BLAIS, René LAFONT, Bernard MILLET, Alain REINBERG,
« RYTHMES BIOLOGIQUES ou BIORYTHMES », Encyclopædia Universalis [en
ligne], consulté le 10 décembre 2019.
URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/rythmes-biologiques-biorythmes/