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CONSEIL SUPERIEUR BURKINA

FASO
DE LA COMMUNICATION UNITE
-PROGRES - JUSTICE
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SECRETARIAT GENERAL
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DEPARTEMENT DES ETUDES
ET PROGRAMMES

NOTE D’ETUDE SUR LA DIFFUSION DES SMS ET DE


CERTAINS MESSAGES ECRITS SUR LES ANTENNES DE
CERTAINES TELEVISIONS PRIVEES ET PUBLIQUES
Janvier 2009
Avec l’évolution des NTIC, les SMS sont devenus l’un des moyens de
communication les plus pratiques et les plus utilisés au monde. Le Burkina ne
fait pas exception à la règle. Ainsi, pour être d’une part en phase avec leurs
téléspectateurs, et d’autres parts engranger des dividendes, les chaines de
télévision ont innové en permettant à ceux-ci de faire désormais leurs dédicaces
par SMS au cours des émissions de détentes.
La pratique des SMS si elle n’enfreint pas de façon ouverte la loi, il n’en
demeure pas moins qu’il suscite des interrogations qui interpellent le régulateur.
C’est du reste dans ce sens que Reporter du Faso a saisi le Conseil supérieur de
la communication au motif que le non respect de l’orthographe par les SMS,
pourrait négativement influencer le niveau scolaire des enfants qui, du fait de
leurs âges, prennent tous ce qui passe à la télé pour correcte et modèle à suivre.
Pouvons nous donner une suite à la plainte de Reporter du Faso ?

Les quelques messages relevés à la Télévision du Burkina sont : « Tendr bis


à mn bb Bouré, d la par d ton soufl
- J fè 1 gro gro bizou a mon pti ceur ritalove 2 p8t bobo 2 la par de ‘’N’’a
fada j tm bocou
- 1 coucou special a la miss joycelline en SEG2 à Kdgou ke j’admire bcp d
la par de Ouédraogo hamadé en medecine 2 a l’UO .
- Blasko du wassa fat up Mims la star o 1200 from Blasko Du Wassa. »

Dans l’esprit, le procédé offre plus de possibilités aux téléspectateurs de


participer aux différentes émissions et partant élargi le champ de la liberté
d’expression. Ces SMS pourraient donc être assimilés aux émissions
d’expression directe, dans la mesure où par le ce biais, les téléspectateurs se font
des dédicaces et donnent leurs points de vue sur certains sujets de l’actualité
nationale. Cependant, au regard de la forme des messages, il s’avère que bon
nombre ne sont pas conformes aux règles de l’orthographe et la grammaire. Une
telle pratique n’est pas de nature à favoriser l’éducation et la formation du public
jeune.
La pratique aurait été contraire à l’article 3 de la décision n°2003-0001/CSI du
24 juillet 2003, portant règlementation des émissions d’expression directe si
cette décision n’avait pas limité son champ à la radiodiffusion sonore. En effet
cet article stipule : « les émissions d’expression directe doivent concourir à
l’ancrage de la culture démocratique, à la valorisation de la culture nationale, à
l’éducation et à la formation du citoyen sur des thèmes de société ».
Dans tous les cas de figures, la question des SMS pose un problème. Celui de
l’influence sur le public jeune. Trancher la question revient à opérer un choix.
Celui de laisser les médias continuer au nom de l’évolution technologique et de
la liberté d’expression qui consacre le phénomène des texto avec le SMS et, qui
par ailleurs, constitue une source de revenus pour les télévisions. Ou celui de
protéger le public jeune, la relève de notre société de demain, contre les effets
pervers d’une technologie en exigeant un minimum de normes à respecter par
les diffuseurs et les producteurs de SMS. Une solution médiane aurait été celle
qui consiste à demander aux diffuseurs d’utiliser des astuces comme la
signalétique pour faire comprendre aux enfants, avec bien sûr l’aide des parents,
que ces écritures ne sont à considérer. Mais il n’est pas évident qu’une telle
pratique puisse être opérante.
Un des avantages de la plainte de Reporter du Faso aura été de réaliser les
lacunes de notre règlementation. En effet, la décision n°2003-0001/CSI du 24
juillet 2003 limite les émissions d’expression directe à la radio excluant la
télévision et d’autres forme d’expression telle les SMS qui peuvent se révéler
sources de difficultés. Nous croyons qu’au delà de la question des SMS, c’est le
problème de la convergence qui se pose en filigrane et il est impérieux
d’engager la réflexion sur la question. En effet, le phénomène inverse peut se
présenter. Au lieu que des plaintes pour SMS qui influencerait le niveau de
enfants, ça peut être la distribution de programmes télé ou radio sur les portables
qui saperait considérablement nos mœurs.

CONCLUSION ET RECOMMANDATION

Au regard de ce qui précède, il est loisible au Conseil de demander aux


opérateurs de téléphonie de procéder à un filtrage systématique des SMS avant
leur diffusion. Mais une telle démarche aura l’inconvénient d’exposer
l’institution à des critiques fondées, ce qui pourrait entamer son autorité. Une
autre démarche, longue mais consensuelle, est celle qui va consister à engager
une concertation sur la question en regroupant les principaux acteurs concernés
(Diffuseurs, Comité d’Ethique, Parents d’élèves).