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Droits de l'homme

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La Déclaration des droits (Bill of Rights) de 1689

Les droits de l'homme sont un concept selon lequel tout être humain possède des droits
universels, inaliénables, quel que soit le droit positif en vigueur ou les autres facteurs
locaux tels que l'ethnie, la nationalité ou la religion.

Selon cette philosophie, combattue ou éclipsée aux XIXe siècle, XXe siècle et


XXIe siècle par d’autres doctrines, l’homme, en tant que tel, et indépendamment de sa
condition sociale, a des droits « inhérents à sa personne, inaliénables et sacrés », et donc
opposables en toutes circonstances à la société et au pouvoir. Ainsi le concept de droits
de l’homme est-il par définition universaliste et égalitaire, incompatible avec les
systèmes et les régimes fondés sur la supériorité ou la « vocation historique » d’une
caste, d’une race, d’un peuple, d’une croyance, d’une classe ou d’un quelconque groupe
social ou individu ; incompatible tout autant avec l’idée que la construction d’une
société meilleure justifie l’élimination ou l’oppression de ceux qui sont censés faire
obstacle à cette édification.

Les droits de l'homme, types de prérogatives dont sont titulaires les individus, sont
généralement reconnus dans les pays civilisés par la loi, par des normes de valeur
constitutionnelle ou par des conventions internationales, afin que leur respect soit
assuré, si besoin est même contre l'État. L'existence, la validité et le contenu des droits
de l'homme sont un sujet permanent de débat en philosophie et en sciences politiques.

Sommaire
 [masquer] 

 1 Histoire
o 1.1 Le « cylindre » de Cyrus
o 1.2 Antiquité
o 1.3 Époque moderne
 1.3.1 Les Grands textes anglais (XIII-XVIIe siècles)
 1.3.2 La déclaration des Droits de Virginie (1776)
 1.3.3 La déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen (1789)
 1.3.4 La déclaration universelle des Droits de l'Homme (1948)
 1.3.5 Convention européenne des Droits de l'Homme (1950)
 1.3.6 Développements ultérieurs
 2 Concept en extension
o 2.1 Première génération
o 2.2 Deuxième génération
o 2.3 Conflit entre première et deuxième génération
o 2.4 D'autres générations ?
 3 Aspects institutionnels et juridiques
o 3.1 Droits de l'homme et démocratie
o 3.2 Droits de l'homme et État de droit
o 3.3 Droits de l'homme et droit de la guerre
 4 Critiques des droits de l'homme
o 4.1 Critique relativiste
o 4.2 Question de l'opposabilité
o 4.3 La question de la symétrie entre Droits et Devoirs
o 4.4 La question de la dénomination
 5 Respect des droits de l'homme dans le monde d'aujourd'hui
 6 Notes et références
 7 Voir aussi
o 7.1 Articles connexes
o 7.2 Déclarations
o 7.3 Liens externes

Histoire[modifier]
Le « cylindre » de Cyrus[modifier]
Le Cylindre de Cyrus, conservé au British Museum.
Article détaillé : Cylindre de Cyrus.

On lit parfois que la Perse marque l'origine du concept des droits de l'homme, au
VIe siècle av. J.-C., sous le règne de Cyrus le Grand. Après sa conquête de Babylone en
-539, ce roi fit exécuter le cylindre de Cyrus, découvert en 1879. Ce document est
parfois mentionné comme la « première charte des droits de l'homme ». En 1971,
l'Organisation des Nations unies (ONU) l'a traduit dans toutes ses langues officielles. Le
cylindre décrète les thèmes normaux de la règle persane : tolérance religieuse, abolition
de l'esclavage, liberté de choix de profession et expansion d'empire. Il se situe dans la
tradition mésopotamienne présentant l'idéal du roi juste, dont le premier exemple connu
est celui du roi Urukagina de Lagash, ayant régné au XXIVe siècle av. J.-C., et dont un
autre représentant illustre est Hammurabi de Babylone, avec son code datant du
XVIIIe siècle av. J.-C..
L'inscription de Cyrus présente pourtant quelques caractères novateurs, notamment sur
les décisions concernant la religion.
Ce document retrace les événements ayant précédé la prise de Babylone, puis expose les
décisions de Cyrus pour les Babyloniens : « il règne pacifiquement, délivre certaines
personnes de corvées considérées comme injustes, il octroie aux gens déportés le droit
de retour dans leur pays d'origine et laisse les statues de divinités autrefois emmenées à
Babylone revenir dans leurs sanctuaires d'origine. Il proclame la liberté totale de culte
dans son empire. »

Antiquité[modifier]

Des droits naturels ou intrinsèques à l'homme sont déjà explicitement mentionnés

 chez Platon, parlant d'un homme intérieur qu’il faut toujours protéger[réf. nécessaire],
 dans les Pensées de Marc-Aurèle, reprenant Platon.
 dans des textes religieux (comme les Dix Commandements, qui commandent le
droit à la vie, à l'honneur, etc.),
 chez Saint Paul, dans l’épître aux Corinthiens, qui parlent de l’homme intérieur,
totalement vierge, en lui accordant une dignité absolue,
 dans des textes littéraires, comme la pièce de théâtre Antigone de Sophocle ou
purement philosophiques, comme dans les textes de l’école de pensée des
stoïciens

Époque moderne[modifier]
Déclaration des droits de l'homme et du citoyen, adoptée par l'Assemblée nationale
française le 26 août 1789, par Jean-Jacques Le Barbier.

La notion de droits minimaux dus à la seule qualité d'être humain, ou droits naturels, est
à la fois ancienne et générale. Ce qui caractérise l'idée des droits de l'homme, c'est l'idée
de les inscrire explicitement dans le droit (oral ou écrit), de leur reconnaître une
application universelle et une valeur juridique supérieure à toute autre norme. On passe
alors souvent par une forme de proclamation, plutôt que par les règles ordinaires
d'édiction des normes légales ; les termes utilisés sont ceux d'une évidence préexistante
et indiscutable, qu'on découvre et qu'on reconnaît, plutôt qu'une simple convention
discutable. L'unanimité est implicitement convoquée comme source de la légitimité de
ces droits. Même si des références au divin ou des influences religieuses peuvent se
trouver, elles apparaissent comme accessoires, et l'application des droits se veut
indépendante de toute affiliation religieuse. Cette indépendance constitue la principale
différence entre la base philosophique des droits de l'homme et celle du droit divin,
sachant que les deux ont en commun la croyance en l'existence de règles universelles et
permanentes. Ne comportant de référence à aucune religion particulière, si ce n'est à
l'« Être suprême », pour la déclaration française de 1789, les droits de l'homme ont
vocation à s'appliquer indépendamment des différentes sensibilités religieuses.

Les Grands textes anglais (XIII-XVIIe siècles)[modifier]

Avec cette définition (non du contenu, mais de la forme), on peut remonter au moins
jusqu'au Moyen Âge pour trouver les premières manifestations, concrètes et avec des
effets réels dans les pratiques, de l'idée des droits de l'homme.

 La Grande Charte (1215). Ce texte est important mais n'a été véritablement
utilisé qu'à partir du XVIIe siècle comme instrument contre l'absolutisme royal
des Stuart.
 La pétition des Doits en 1628.
 L'Acte d'Habeas Corpus, 1679
 La déclaration des Droits ( Bill of Rights en 1689. Elle est considérée dans le
monde anglo-saxon comme la base des concepts actuels de droits de l'homme.
Pendant le XVIe siècle, en Occident, la découverte des peuples indigènes de l'Amérique
par les Européens et les premières pratiques de déportation d'Africains vers le
« Nouveau Monde » sont à l'origine de l'activisme pour les droits humains de Bartolomé
de Las Casas et certains secteurs de l'Église catholique romaine, qui se manifestent avec
les actes Veritas ipsa et Sublimis Deus.

Une approche des droits de l'homme et du citoyen sur le modèle antique apparaît en
1755 avec la Constitution du Généralat de Pascal de Paoli en Corse, le premier état
démocratique du Siècle des Lumières, pour Voltaire et Rousseau, reprise ensuite par
Lafayette et Thomas Jefferson pour les États-Unis (Loge des Neuf sœurs).

Dans L'histoire des deux Indes, l'expression « droit de l'homme » apparaît au chapitre 4
([1]) : « L’homme qui revendiquerait les droits de l’homme, périrait dans l’abandon ou
dans l’infamie. »

La déclaration des Droits de Virginie (1776)[modifier]

La première Déclaration des droits de l’homme est celle de l’État de Virginie (États-
Unis), écrite par George Mason et adoptée par la Convention de Virginie le 12 juin 1776
(appelée en anglais le Bill of Rights américain).

Elle a été largement copiée par Thomas Jefferson pour la déclaration des droits de
l’homme incluse dans la Déclaration d'Indépendance des États-Unis du 4 juillet 1776,
par les autres colonies pour la rédaction de leurs déclarations des droits de l’homme, et
par l’Assemblée française pour la Déclaration française des droits de l’homme et du
citoyen, ainsi qu'elle aura inspiré largement la Déclaration universelle des droits de
l'homme votée par l'ONU en 1948.

La déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen (1789)[modifier]

L’Assemblée nationale française, dès qu’elle s’est déclarée constituante, décide de


rédiger une déclaration. La discussion débute le 9 juillet et débouche sur un vote le
26 août 1789, sous l’influence des leaders du tiers état et de la noblesse libérale. Ratifiée
seulement le 5 octobre par Louis XVI sous la pression de l’Assemblée et du peuple
accouru à Versailles, la déclaration de 1789 servira de préambule à la première
Constitution de la Révolution française, adoptée en 1791. Elle est promulguée par le roi
le 3 novembre 1789.

Dès 1790, Edmund Burke dénonce la Révolution française, l'abstraction de ses droits de
l'homme. En 1791, dans ses Vindiciae Gallicae — ouvrage publié en réponse aux
Réflexions sur la Révolution de France d'Edmund Burke, parues l'année précédente —
le philosophe britannique James Mackintosh (1765-1832) exprimait le point de vue
philosophique d'un libéral sur les événements de la Révolution française jusqu'au
printemps 1791. Les excès des Révolutionnaires et de la Terreur l'amenèrent quelques
années plus tard à s'opposer à eux et à rejoindre Burke dans sa critique, mais sa défense
initiale des droits de l'homme constitue un témoignage intéressant du point de vue d'un
whig cultivé à cette époque, représentatif de la philosophie libérale issue du Siècle des
Lumières. Jeremy Bentham, récusant l’idée de droits naturels, critique de son côté les
droits de l'homme dans une perspective utilitariste.
En 1791, le pape Pie VI condamne la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen
dans son encyclique Adeo nota. selon lui, sa nature purement philosophique ne peut
prétendre se substituer au droit naturel ainsi qu'au droit de l'Église.

La notion de droit de l'homme restera pratiquement stable pendant près d'un siècle, puis,
sous l'influence de la prise en compte de problèmes sociaux et après plusieurs
décennies, les droits dits de « deuxième génération » (ou « droits-créance » garantis par
l'État sur les autres êtres humains) ont été ajoutés par la Déclaration universelle des
droits de l'homme (ONU, 1948).

La déclaration universelle des Droits de l'Homme (1948)[modifier]

La place de l'organisme des Nations unies dans la légitimation et la promotion des droits
de l'homme est essentielle. Le qualificatif d'universel a été inscrit dans le titre de la
Déclaration universelle des droits de l'homme de 1948 à l'ONU à l'initiative de René
Cassin.

Convention européenne des Droits de l'Homme (1950)[modifier]

Développements ultérieurs[modifier]

Depuis la Charte des Nations unies (1945) et la Déclaration universelle des droits de
l'homme, la notion de droits de l'homme a été étendue, légiférée et des dispositifs ont été
créés pour surveiller les violations de ces droits. Citons certains événements marquants :

 1966 : Adoption par l'ONU du Pacte international relatif aux droits civils et
politiques et du Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et
culturels.
 1967 : Création de mécanismes d'enquêtes par la Commission de l'ONU sur les
violations des droits de l'homme des pays membres.
 1991 : Première rencontre internationale des institutions nationales de promotion
et de protection des droits de l'homme, organisée par la Commission nationale
consultative des droits de l'homme (CNCDH), à Paris, sous l'égide des Nations-
Unies.
 Décembre 1993 : Adoption par l'Assemblée générale des Nations unies du
Déclaration et programme d'action de Vienne, qui accorde une large place à la
démocratie et au développement, considérés comme faisant partie intégrante des
droits de l'homme, et qui appelle tous les États parties à créer des institutions
nationales garantes des droits de l'homme et Haut-Commissariat des Nations
unies aux droits de l'homme.
 2006 : Création du Conseil des droits de l'homme de l'ONU lors de l'adoption
par l'Assemblée générale le 15 mars 2006 de la résolution A/RES/60/251.

Concept en extension[modifier]
Droits de l'homme - Peinture murale

La philosophie des droits de l'homme n'a de cesse de s'interroger sur leur existence, leur
nature et leur justification:

 Les droits de l'homme sont des prérogatives dont les individus ou des groupes
sont titulaires. L'État et les institutions sont tenus de les respecter et de les faire
respecter.
 Les droits de l'homme sont inaliénables (personne ne peut les perdre,
temporairement ou définitivement, volontairement ou non)
 Les droits de l'homme sont universels car fondés sur la raison et non sur les
particularismes culturels.

Pour une part des militants contemporains des droits de l'homme, des normes
internationales, valables pour tous les pays et tous les peuples, doivent être édictées et
soutenues -le cas échéant- par le droit d'ingérence. Alors que l'affirmation de leur
universalité rencontre de nombreuses objections dans un monde tenté par le relativisme.
C'est une question particulièrement importante de la philosophie politique
contemporaine.

L'extension du concept des droits de l'homme a conduit à identifier plusieurs


« générations » de Droits:

 La première génération est celle des droits de l'homme « civils et politiques » .


Les premières revendications trouvent leur inspiration dans le libéralisme
concernent principalement la liberté, la sûreté, la propriété et la résistance à
l'oppression (déclaration de 1789), qui sont des droits d'émancipation vis à vis
d'un État souvent oppresseur. Ces premiers droits, « contre l'État », sont toujours
classés comme droits de première génération.
 La deuxième génération consacre les droits « économiques et sociaux » ;
Il est cette fois question de dignité et de bien-être (éducation, santé, etc.), qui sont des
droits sur l'État, inspirés du socialisme au sens large. Les droits ultérieurs, quand ils sont
reconnus, sont qualifiés de droits de deuxième génération .

 Par suite certains définissent des droits de troisième génération, et même une
hypothétique et contestée quatrième génération.

Les critiques adressées à la dernière génération , fondent l'émergence d'une nouvelle:


Ainsi, en a-t-il été au XIXe siècle, pour les droits de la et au XXe siècle pour les droits de
la seconde génération : Jusque dans les années 1970-1980, des oppositions minoritaires
perdurent encore, mais la quasi totalité des juristes tiennent ces droits pour acquis. Le
débat reste encore ouvert pour les droits de troisième et quatrième génération:

 la troisième génération recouvre des droits très mal définis (dans leur contenu) et
donc très mal acceptés
 la quatrième génération semble l'expression de doctrines isolées qui ne font pas
consensus sur leur contenu ou leur existence.

Première génération[modifier]

La première génération des droits de l'homme est celle des droits civils et politiques. Ce
sont des droits opposables à l'État, qui ne peut agir en un sens contraire pour limiter ou
supprimer ces droits ou libertés ; on les nomme ainsi les « libertés résistance ».
Historiquement, ces droits, déjà embryonnaires dans la Constitution coutumière
anglaise, se sont développés à la fin du XVIIIe siècle et ont été reconnus lors des
révolutions américaine (1787) et française (1789).

Classiquement, on distingue :

 Les libertés individuelles : qui consistent pour chaque individu « à pouvoir faire
tout ce qui ne nuit pas à autrui ». On peut compter parmi ces dernières :
o la liberté physique, dont en premier lieu le droit à la vie, puis
l'interdiction de l'esclavage, l'interdiction de la torture et des peines
inhumaines ou dégradantes et l'interdiction de la détention arbitraire
(Habeas corpus) appelée aussi sûreté (Montesquieu) ;
o les libertés familiales (liberté du mariage, filiation, et aujourd'hui vie
privée) ;
o la propriété privée (assimilée par la Déclaration de 1789 à un droit
naturel et imprescriptible de l'homme, articles 2 et 17) ;
o la liberté contractuelle (article 1134 du Code civil français).
 Les libertés politiques, c'est-à-dire
o le droit de vote ;
o le droit de résistance à l'oppression ;
o le droit de réunion pacifique...

Elles recouvrent entre autres les libertés des cultes, de conscience, de l'enseignement, de
communication, d'association, etc.
Aujourd'hui, les deux types de libertés sont mêlés, notamment en raison d'une
revendication et d'une protection concomitantes.

Deuxième génération[modifier]

Les droits de la deuxième génération sont des droits qui nécessitent l'intervention de
l'État pour être mis en œuvre; l'individu, contrairement à l'hypothèse des droits
résistance, est ici en mesure d'exiger de l'État une certaine action. On les nomme aussi
classiquement les droits-créances, que l'État doit, en retour d'un abandon d'une part de la
liberté de ses citoyens. Ce sont aussi les droits sociaux. La notion apparaît à la suite des
luttes socialistes, et elle est aujourd'hui considérée comme part entière de l'État de droit.

Historiquement, la plupart de ces droits ont été reconnus au lendemain de la Seconde


guerre mondiale. Néanmoins le droit au travail ainsi qu'à la protection sociale était
revendiqué dès le début de la Révolution française de 1789, et inscrit dans la loi du
19 mars 1793, qui affirmait : « Tout homme a droit à sa subsistance par le travail s'il est
valide ; par des secours gratuits s'il est hors d'état de travailler. Le soin de pourvoir à la
subsistance du pauvre est une dette nationale. » . De même, l'article 21 de la Déclaration
des droits de l'homme et du citoyen de 1793 affirme : « Les secours publics sont une
dette sacrée. La société doit la subsistance aux citoyens malheureux, soit en leur
procurant du travail, soit en assurant les moyens d’exister à ceux qui sont hors d’état de
travailler. »

Il inspira par la suite la création des Ateliers nationaux, sous la direction de Louis
Blanc, durant la Seconde République.

On peut en donner une liste non-exhaustive :

 droit au travail ;
 droit à la couverture sociale ;
 droit à l'éducation ;
 droit de grève (1864) ;
 liberté syndicale (loi Waldeck-Rousseau du 21 mars 1884) ;
 etc.

Conflit entre première et deuxième génération [modifier]

Il existe un certain conflit entre les droits contre l'État et les droits sur l'État, qui
recouvre l'opposition entre deux conceptions des droits de l'homme, la conception
libérale et la conception socialiste.

Les partisans, libéraux, des droits résistance qualifient fréquemment les droits créance
de faux droits [réf. nécessaire], car l'État ne peut satisfaire les droits de deuxième génération
des uns qu'en imposant à d'autres de le faire, ce qui violerait leurs droits de première
génération [réf. nécessaire]. On cite souvent comme exemple le droit au logement (de seconde
génération) qui s'oppose au droit de propriété (de première génération)[réf. nécessaire].

Cependant l'antinomie entre droits ne recouvre pas simplement l'opposition entre droits
de première et de deuxième génération, mais peut aussi être interne aux droits d'une
même génération. Ainsi, le droit à la liberté d'expression trouve sa limite dans le droit à
ne pas être injurié ni diffamé, limite explicitement affirmée dans l'article 11 de la
Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789.

La Déclaration universelle des droits de l'homme (1948), qui affirme par exemple le
« droit à la sécurité sociale » (art. 22) ainsi que le « droit au travail » (art. 23) et à
l'éducation (art. 26), est accompagnée de deux pactes internationaux des Nations unies
relatifs aux droits civils et politiques (première génération) et aux droits économiques,
sociaux et culturels (deuxième génération) (16 décembre 1966). Ces deux pactes ont
rarement été signés tous les deux ensemble ; les pays du Bloc de l'Ouest signaient plus
volontiers le premier tandis que ceux du Bloc de l'Est signaient le second[réf. nécessaire].

En France, le Conseil constitutionnel n'admet pas une hiérarchisation de ces deux


catégories de droits, puisqu'il est amené à concilier, plus que faire prévaloir l'une sur
l'autre, ces deux générations, même si en pratique cela l'amène à avoir une préférence
pour l'application des droits de la première génération.

D'autres générations ?[modifier]

On parle parfois d'une troisième génération pour désigner un ensemble incertain de


droits plus ou moins définis, d'émergence récente.

On peut citer ainsi, :

 les droits environnementaux ;


 les considérations de bioéthique[réf. souhaitée] ;
 le droit au développement ;
 le droit à la paix ;
 le droit à l'autodétermination ;
 le droit au partage du patrimoine commun de l’humanité ;
 le droit à la différence ;
 le droit des minorités ;
 le droit à la démocratie.

On trouve ponctuellement l'évocation d'une quatrième génération des droits dont le


contenu peut varier très fortement. Elle peut comprendre des prérogatives au profit des
personnes faibles telles que les enfants, les personnes âgées ou handicapées.

Le contenu de ces générations n'est pas clair et n'est pas consacré dans un grand texte
comme le sont les droits des deux premières générations. Les théories reprennent
certains droits de la troisième génération pour les mettre dans la quatrième (droit de
l'environnement, bioéthique, etc.), la différence étant, pour eux, que les droits des trois
premières générations s'attacheraient à l'homme vivant en société (avec un glissement
de la liberté vers l'égalité matérielle), tandis que les droits de la quatrième seraient des
droits rattachés à l'être humain en tant qu'espèce[réf. souhaitée].

Aspects institutionnels et juridiques[modifier]


Les droits de l'homme ont ainsi de plus en plus une consistance juridique dans le
monde, du fait tant :

 de leur intégration dans des Constitutions et des lois


 que de la création de juridictions internationales, telles que la Cour européenne
des droits de l'homme. C'est ainsi que la jurisprudence construite
progressivement par cette dernière concernant les différends entre les États et les
particuliers commence à être prise en compte par la doctrine juridique dans de
nombreux pays, même non européens.

Droits de l'homme et démocratie[modifier]

La source du droit dans le domaine des droits de l'homme vient de l’existence de


l’individu, alors que la source du droit dans les démocraties dérive par définition de la
volonté générale. C’est lorsque ces deux sources de droit entrent en conflit que la
société doit trouver un équilibre et un moyen de concilier ces deux impératifs. Par
exemple, nous bénéficions de la liberté d’expression, mais la loi pénale interdit que l’on
insulte son voisin ; nous avons chacun le droit fondamental de nous marier, mais la loi
civile interdit le mariage entre frères et sœurs ; dans plusieurs pays, le droit à
l’avortement existe sans que cela soit considéré comme une violation du droit
fondamental à la vie.

Les lois dans ces exemples ne violent pas pour autant les droits de l’homme mais ceci
pose la question difficile de savoir quelles sont les limites « acceptables » que la loi peut
imposer aux droits de l’homme, dans une société démocratique régie par le droit.

Il n'est pas exclu que la démocratie puisse se trouver en conflit avec les droits de
l'homme. Le principe démocratique rend a priori légitime toute décision issue de la
volonté populaire, et ne reconnaît aucune autorité supérieure à celle du peuple-
souverain. En conséquence, il n'existe pas de solution philosophique, politique ou
juridique unanimement reconnue comme satisfaisante au cas où la majorité d'un peuple,
directement ou par l'intermédiaire de dirigeants régulièrement élus, soutiendrait une
politique contraire aux droits de l'homme.

Un État démocratique peut donc violer les droits de l'homme. Pour l'éviter, on admet
généralement qu'il faut limiter la souveraineté du peuple par des garde-fous
indépendants, un rôle souvent tenu par les instances judiciaires (au niveau national, par
des juges constitutionnels ou des Cours suprêmes ou, comme indiqué ci-après pour la
Cour européenne des droits de l'homme (au niveau régional).

Un État autoritaire, en général, viole les droits de l'homme (par le non-respect de la


liberté, et la menace qu'il fait peser sur les autres droits). Mais il arrive fréquemment
que, dans une situation où les droits de l'homme sont violés par des individus ou des
groupes non étatiques ou étrangers, le peuple croie préférable (à tort ou à raison) de
faire appel à des régimes autoritaires pour faire face à la situation. Certains régimes
autoritaires se considèrent d'ailleurs comme les défenseurs légitimes des droits de
l'Homme contre leurs ennemis de l'intérieur et de l'extérieur. C'était le cas par exemple
de la période de la Terreur qui, à la fin du XVIIIe siècle en France, s'affirmait comme le
véritable protecteur de la liberté de l'égalité et de la Fraternité, liberté et égalité aussi
bien politiques, sociales qu'économiques et justifiait la dictature par la sauvegarde de
ces acquis de la révolution. La thèse généralement soutenue par les régimes de ce type
(généralement issus de coups d'État ou de révolutions), est que l'application stricte des
droits de l'Homme doit être suspendue car elle pourrait profiter aux ennemis des droits
de l'Homme, et que la dictature sert les intérêts du peuple. Même si la forme non
démocratique d'un régime politique n'est pas par définition incompatible avec le respect
des droits de l'Homme, on constate que, dans les faits, les régimes non démocratiques
sont presque systématiquement amenés à utiliser des méthodes en violation directe des
droits de l'Homme.

Droits de l'homme et État de droit[modifier]

Les démocraties assument en principe le respect des droits de l'homme, notamment à


travers la doctrine de l'État de droit. Toutefois, il ne faut pas confondre le respect des
droits de l'homme par un État et son caractère démocratique, même si les deux vont
souvent de pair.

Les droits de l'homme sont l'enjeu d'une lutte entre l'affirmation de la souveraineté des
États et l'établissement d'une sphère inviolable autour de chaque individu.

Droits de l'homme et droit de la guerre[modifier]

Au XVIe siècle, le désir d'améliorer le sort des peuples non européens, et notamment


celui des Amérindiens, a abouti à leur conversion souvent par la force. La conquête de
l'Amérique a été motivée par l'or, mais aussi par l'évangélisation et l'humanisme de Juan
Ginés de Sepúlveda.

Aujourd'hui, l'idéologie des droits de l'homme est devenue l'un des principaux
arguments cités par les hommes politiques des États-Unis et d'Europe pour justifier leur
participation à des actions préventives ou répressives contre des États souverains.

Les guerres récentes, celle du Kosovo en 1999 et d'Irak en 2003, ont vu une justification
par l'idée de guerre juste. L'objectif est de convaincre l'opinion publique que l'ennemi
est le Mal, qu'il cultive les charniers, comme au Kosovo ou à Timisoara afin de
légitimer une action de guerre contre eux.

Le plus grand projet géopolitique et conflictuel actuel, ayant pour essence les droits de
l'homme, se retrouve probablement dans le projet du remodelage du Grand Moyen-
Orient voulu par les États-Unis. Des intellectuels surtout américains voudraient une
démocratisation de tout le Moyen-Orient par différents moyens, y compris par la guerre.

Certains analystes, proches de la politique américaine comme Guy Millière, soutiennent


que cette volonté de démocratiser le Moyen-Orient est sincère. D'autres en revanche,
attribuent à des intérêts pétroliers et économiques cette idéologie des droits de l'homme.

Critiques des droits de l'homme[modifier]


Les reproches communément adressés aux droits de l'homme sont pratiquement de
même nature que les critiques du droit naturel. Ils sont liés à la difficulté philosophique
et politique que représentent la définition et la mise en œuvre de règles juridiques
générales et absolues applicables à tout être humain quel que soit le lieu ou l'époque.

Edmund Burke, conservateur irlando-britannique, est le premier grand critique connu


des droits de l'homme. Dans ses Réflexions sur la Révolution de France publiées en
1790, il dénonce la Révolution française, son rationalisme, son abstraction qui
conduirait à la tyrannie et au désastre.

L'école utilitariste dénonce également les droits de l'homme à travers la philosophie de


son représentant le plus illustre, Jeremy Bentham. Dans Anarchical Fallacies, écrit en
français entre 1791 et 1795 mais publié seulement en 1816, Bentham attaque les
déclarations de droits produites par la Révolution. Pour Bentham, les droits sont créés
par la loi et la loi est le commandement du souverain ; les droits naturels n’existent pas.
Leur généralité les conduit à l’impotence. L’idée même qu’il existerait des droits
antérieurs au gouvernement mène à l’anarchie puisque ceci signifie que la loi ne peut
limiter ces droits naturels.

Le philosophe du droit Michel Villey, critique conservateur de la notion des droits de


l’homme distingue plusieurs « fruits » des droits de l’homme.

Selon Villey, la philosophie des droits de l'homme apparaît avec Thomas Hobbes qui
définit un état de nature peuplé d’individus isolés doté du droit absolu de leur
conservation, premier droit de l’homme. Ils entrent en conflit de sorte que le premier
fruit des droits de l’homme est « la guerre perpétuelle de tous contre tous, l’insécurité,
la peur, la misère.»

Pour empêcher cet état, les hommes abandonnent au terme d’un contrat social leurs
libertés à un despote omnipotent. La philosophie des droits de l’homme a pour
deuxième fruit la justification de l’absolutisme, objectif d’un Hobbes au service des
Stuart qui cherchent à asseoir leur pouvoir. L’État assure la paix mais l’homme est
désarmé contre l’État.

John Locke appartient au parti contraire, celui des bourgeois, hostiles à l’absolutisme du
souverain. Il expose un état naturel dans lequel les hommes ne sont pas en conflit mais
au contraire sont soumis à une loi commune qui commande le respect de la propriété.
L’homme, selon Locke, détient la propriété de lui-même mais encore de ce qu’il produit
grâce à son travail, avant tout contrat social. Le contrat social ne sert pas à aliéner les
libertés mais à instituer un État qui va assurer le respect du droit naturel de propriété.
Locke justifie un grand nombre de droits tels que la liberté de conscience et la liberté
d’opinion. Mais ces droits ne concernent pas également tous les individus. En
profiteront ceux qui ont les moyens de les mettre en œuvre, à savoir les riches. Karl
Marx dénoncera plus tard des « droits formels », réservés en fait à quelques-uns. Le
troisième droit de l’homme est ainsi la « domination politique de la classe bourgeoise ;
dans l’économie, du capitalisme. » A sa suite, de nombreux marxistes, à commencer par
son propre gendre Paul Lafargue, dédaigneront les « phtisiques » et « pompeux » droits
de l'homme comme un concept bourgeois ne représentant guère plus que les « droits de
l'exploitation capitaliste » (Paul Lafargue, Le droit à la paresse).

Vont être opposés à ces « droits formels » des « droits substantiels » tels que le « droit
au bonheur, à la santé, à la culture ». Il en résultera tout d’abord les despotismes
éclairés, puis les dictatures et enfin la construction de l’État socialiste tel celui
déterminé par les Constitutions staliniennes qui revendiquent ces droits de l’homme.
Les droits de l’homme ne profitent jamais à tous, ils sont exercés par certains hommes
aux dépens des autres. Pour assurer les droits substantiels il est donc nécessaire de
recourir à la contrainte. Le quatrième fruit des droits de l’homme serait ainsi le
totalitarisme.

Selon Alain de Benoist, le discours de l'idéologie des droits de l'homme cherche à faire
passer ses idées comme des dogmes qu'on ne saurait critiquer ou questionner sans se
placer en dehors de l'humanité. Cet effet serait obtenu en présentant les droits de
l'homme comme des droits « universels ». Les tenants du credo des droits de l'homme se
considérant comme investi de la mission d'en imposer les principes au monde entier,
l'idéologie des droits de l'homme se révèle ainsi porteuse d'intolérance et de rejet total
alors que théoriquement elle est fondée sur un principe de tolérance.

Critique relativiste[modifier]

Article connexe : Relativisme culturel.

Les droits de l'homme sont parfois présentés comme une invention occidentale
moderne. Bien que des proclamations similaires existent en fait en d'autres lieux et
d'autres époques, elles sont simplement plus mal connues, comme la Charte du Manden
proclamé au XIIIe siècle par Soundiata Keïta, empereur du Mali. En outre, ils sont
parfois utilisés comme un moyen de pression des pays dits « occidentaux » sur d'autres
pays du monde. Certains y voient même une arme idéologique de destruction culturelle
et religieuse, et d'asservissement économique des autres nations.

Ainsi, le principe d'universalité des droits de l'homme est parfois contesté par certains
pays. Les pays occidentaux sont accusés de vouloir relancer indirectement une politique
colonialiste, remodelant le monde à l'image qu'ils souhaitent donner d'eux-mêmes. Cette
crise a été particulièrement aiguë en ce qui concerne le principe de l'ingérence
humanitaire, qualifiée par Bernard Kouchner de droit d'ingérence, reprenant un concept
créé par le philosophe Jean-François Revel en 1979, voir de devoir d'ingérence
(obligation faite à tout État de fournir assistance, à la demande de l'autorité
supranationale).

Ce constat a amené l'Organisation de l'unité africaine (OUA) à déclarer en 1981 la


Charte africaine des droits de l'homme et des peuples. Cette charte reprend le principe
de la Déclaration universelle de 1948, en y ajoutant un certain nombre de droits qui y
ont été négligés : le droit à l'autodétermination des peuples ou l'obligation faite aux
États « d'éliminer toutes les formes d'exploitation économique étrangère » par exemple.
Mais au-delà de cet ajout transparaît une certaine relativisation implicite des droits de
l'homme, qui sont placés à égalité avec les devoirs envers la famille et l'État.

Selon Robert Badinter, la perte de crédibilité vient de ceux qui proclament les droits de
l’homme sans les respecter.

On peut également citer la Déclaration des droits de l'homme en islam adoptée le 5 août
1990 par l'Organisation de la conférence islamique, qui proclame dans son article 10
que l'islam est la « religion naturelle de l'homme ».
L'universalisme — ou l'universalité — des droits de l'homme, tels que définis en
Occident, est souvent mis en opposition au relativisme culturel qui promeut une notion
d'égalité des cultures — fussent-elles les plus brutales du point de vue du monde
occidental —, et qui peut aussi aller jusqu'à rejeter toute possibilité d'évolution des
valeurs ethniques en vertu du principe de la lutte contre l'acculturation.

La vision occidentale des droits fondamentaux, fondée sur les libertés civiles et
politiques, s'est longtemps opposée au sein de l'Organisation des Nations unies (ONU) à
celle du bloc socialiste privilégiant les droits économiques, sociaux et culturels et la
satisfaction des besoins élémentaires. L'effondrement de cette idéologie concurrente à la
fin du XXe siècle a, par contrecoup, favorisé la diffusion actuelle du modèle occidental.
Cependant, l'État et le Parti communiste chinois continuent de publier régulièrement des
documents qui défendent et illustrent une vision socialiste modernisée, en taisant la
répression qui s'exerce contre ceux qui invoquent avec trop d'insistance la vision
occidentale.

L'élargissement considérable du périmètre des droits de l'homme à travers les


différentes déclarations, entre le XVIIIe et le XXe siècle, a mis en évidence leur caractère
fluctuant. Cette évolution ne remet pas en cause l'idée que les droits de l'homme sont
valables en tout lieu, mais elle démontre implicitement que la définition de ces droits
n'est pas immuable et qu'elle dépend largement de l'époque, ce qui fragilise le principe
d'universalité qui s'attache à la notion. La réflexion sur les fondements philosophiques
des droits de l'homme progresse peu par rapport à leur extension politique, de sorte
qu'ils reposent sur des bases plus dogmatiques que rationnelles et sont donc fragilisés,
notamment face au discours relativiste.

Question de l'opposabilité[modifier]

Un droit n'est effectif que si, lorsqu'il est violé, les victimes disposent de réelles
possibilités de recours. Or en pratique, lorsque les droits de l'homme sont méconnus par
le pouvoir politique d'un État souverain ou d'un gouvernement de fait, les victimes
n'ont, dans la plupart des cas, aucun véritable recours.

Au-delà du débat sur le contenu des droits de l'homme, il n'existe au niveau mondial
aucune autorité disposant à la fois de la légitimité nécessaire et des moyens de
coercition appropriés pour imposer le respect de ces droits dans chaque pays.

Les citoyens de certains pays ont accès à des Cours de Justice supra-nationales (c'est le
cas en Europe). Il existe aussi une Cour Pénale Internationale ainsi que des tribunaux
internationaux à compétences spécifiques pouvant intervenir en matière de violation des
droits de l'homme; mais ces institutions, qui n'opèrent que dans des limites étroites et
sur la base du consentement des États concernés, ne sont pas des voies de recours
praticables pour la plupart des victimes. La sanction d'une violation massive des droits
de l'homme par une juridiction internationale ne peut avoir lieu, en pratique, qu'après le
renversement (généralement à l'issue d'une guerre) du régime politique responsable
(comme par exemple au procès de Nuremberg). Elle est donc exceptionnelle,
n'intervient qu'à la suite de certaines crises majeures, et implique que le régime
responsable ait d'abord été vaincu militairement par des puissances décidées à
l'appliquer. De telles conditions, qui supposent un usage massif de la force et des
vainqueurs bien disposés, rendent ce recours impraticable en temps normal, et
totalement exclu si le régime « suspect » est lui-même une grande puissance
économique et militaire.

De manière générale, chaque État définit et sanctionne le droit applicable sur son
territoire, et détermine par conséquent à sa discrétion et selon ses moyens la manière
dont les droits de l'homme sont interprétés et mis en œuvre.

De plus, la validité universelle des droits de l'homme semble être en contradiction avec
le principe d'autodétermination au nom duquel chaque peuple est maître du choix de son
régime politique. La stricte application du principe d'autodétermination fait en effet
prévaloir les choix politiques locaux sur toute valeur universelle; elle équivaut à
légitimer par avance la politique de tout gouvernement national en matière de droits de
l'homme, à la seule condition que ce gouvernement ne soit pas imposé par une
puissance étrangère. On a tenté de tempérer ce principe avec la notion d'ingérence
humanitaire, mais cette notion est elle-même très controversée, sa légitimité est à
démontrer au cas par cas et son application est de toute façon exclue sur le territoire
d'un État disposant d'une puissance militaire significative.

La première conséquence de cette situation est que les droits de l'homme, même s'ils
sont théoriquement universels, ne sont pas universellement opposables et que leur
application effective dépend de chaque autorité nationale. Ce qui revient à dire que,
même s'ils peuvent faire partie du droit dans un pays donné, les droits de l'homme
feraient plutôt figure, sur le plan mondial, de recommandations morales que de règles
juridiques.

La question de la symétrie entre Droits et Devoirs [modifier]

Les droits de l'homme ont été fréquemment invoqués dans l'histoire. Dans les débuts de
la Révolution française, on faisait fréquemment référence à la Déclaration des droits de
l'homme et du citoyen, celle de 1789, ou celle de 1793. Plus près de nous, les agences
de notation financière, principalement américaines, critiquées pour leurs prises de
position après l'affaire Enron, la crise des subprimes, et lors de la crise grecque de 2010,
ont justifié leurs positions en précisant qu'elles émettent des opinions, faisant ainsi
référence à la liberté d'opinion, et surtout à la Déclaration des Droits américaine, dans
laquelle la liberté de parole (freedom of speech) fait l'objet du premier amendement de
la Constitution américaine.

La question d'introduire des devoirs à côté des droits de l'homme a été abordée pour la
première fois en 1795 dans la Déclaration des droits et devoirs de l'homme et du
citoyen.

La notion de devoir est apparue une seconde fois dans une déclaration des droits, dans la
Déclaration universelle des droits de l'homme, adoptée en 1948, à Paris. L'article 29
précise :

« L'individu a des devoirs envers la communauté dans laquelle seul le libre et


plein développement de sa personnalité est possible ».

La Charte africaine des droits de l'homme et des peuples, adoptée en 1981 et ratifiée par
plus de 50 États, a consacré ses articles 27 à 29 aux devoirs. Parmi ces devoirs figurent
le respect et la tolérance envers autrui, le travail, ainsi que la défense de l'institution
familiale, de la cohésion sociale et de la sûreté de l'État.

À la suite de l'émergence de la préoccupation environnementale, à la fin du XXe siècle,


on a reconnu le droit pour tous à un environnement sain. Sous l'impulsion de Jacques
Chirac, l'État français a alors décidé d'inclure des devoirs dans la charte de
l'environnement, qui a valeur constitutionnelle. L'article 2 de la charte stipule en effet :

« Toute personne a le devoir de prendre part à la préservation et à l'amélioration


de l'environnement ».

Ce fut l'une des premières apparitions des devoirs dans une constitution (la Constitution
de 1946 mentionnait le devoir de travailler).

La notion de devoirs humains demeure cependant beaucoup moins institutionnalisée que


celle de droits de l'homme. Cette asymétrie est une cause de fragilité pour les droits de
l'homme eux-mêmes. En effet, un droit, pour être applicable, est nécessairement la
contrepartie d'une obligation pour autrui (ou pour la société dans son ensemble). Par
exemple le droit au travail reste souvent théorique pour un chômeur, dans la mesure où
aucun employeur en particulier n'a le devoir de l'embaucher, de même que le droit au
logement n'est applicable que dès lors qu'un propriétaire a le devoir de mettre un
logement à disposition. Cette difficulté a donné lieu à la notion de droit opposable, qui
tend à rendre certains droits simplement applicables en précisant les devoirs
(généralement à la charge des pouvoirs publics) qui en sont la contrepartie.

La question de la dénomination[modifier]

Depuis la fin du XXe siècle, nombreux sont ceux[Qui ?] qui préfèrent le terme de « droits
humains » (qu'ils trouvent moins sexiste et plus cohérent, et qui se trouve par ailleurs
être la traduction littérale de l'équivalent dans les autres langues romanes ou en anglais :
« diritti umani » (italien), « derechos humanos » (espagnol), « direitos humanos »
(portugais), « human rights » (anglais).

La dénomination française héritée du XVIIIe siècle est la seule parmi les langues


romanes à véhiculer l'ambiguïté entre droits de l'homme « mâle » et droit de l'homme
« être humain », alors que le mot latin homo dont elle découle étymologiquement
désignait plutôt l'être humain (l'homme mâle étant désigné par le mot vir). La
commission française consultative des droits de l'homme réfute ces arguments dans un
avis daté du 19 décembre 1998 et la dénomination traditionnelle reste la plus utilisée en
France.

Cela dit, les Français utilisent souvent l'expression « droits des femmes »[réf. nécessaire]
lorsqu'il est explicitement question de femmes, ce qui rajoute à l'ambiguïté d'origine en
suggérant que les femmes auraient des droits différents de ceux des hommes. Pour sortir
de ces ambiguïtés, même en France certains, comme le Mouvement français pour le
planning familial (MFPF), proposent de parler de « droits de la personne », comme on
le fait au Canada ; Amnesty international en France a explicitement choisi de parler de
« droits humains » comme le fait la section suisse de cette organisation dans ses
publications en français. Il est à noter que les autorités suisses utilisent régulièrement,
au plus haut niveau, l'expression « droits humains » plutôt que « droits de l'homme ».
Enfin, l'usage « droits de l'Homme » avec un « H » majuscule à « Homme » n'est guère
attesté dans les dictionnaires de langue française, il est par contre constant chez les
juristes ainsi que dans l'ensemble des textes normatifs français, comme les directives
« Norma » émises par le Conseil d'État et suivies par le secrétariat général du
Gouvernement et les Journaux officiels.
Dans un texte juridique français, l'omission de la majuscule change le sens du terme et
constitue donc une faute de rédaction comme pour plusieurs termes juridiques.

Respect des droits de l'homme dans le monde


d'aujourd'hui[modifier]
La violation des droits de l'homme est l'abus de personne d'une façon qui abuse
n'importe quel droit fondamental. C'est un terme utilisé quand un gouvernement viole le
droit national ou droit international relatif à la protection de droits humains. Selon la
Déclaration universelle des droits de l'homme, les droits humains fondamentaux sont
violés quand, entre autres choses :

 Les membres d'une certaine race, foi, ou groupe se voient nier leur
reconnaissance comme une « personne ». (articles 2 & 6)
 les hommes et les femmes ne sont pas traités comme égaux. (article 2)
 les groupes différents, raciaux ou religieux ne sont pas traités comme égaux.
(article 2)
 la vie, la liberté ou la sécurité de personnes sont menacées. (article 3)
 une personne est vendue ou utilisée comme esclave. (article 4)
 une punition cruelle, inhumaine ou dégradante est utilisée sur une personne (telle
que torture). (article 5) (voir aussi Prisoners' rights)
 la protection égale contre toute discrimination et contre toute sa provocation
(article 7)
 les victimes d'abus se voient dénier une défense juridique efficace. (article 8)
 les punitions sont traitées arbitrairement ou unilatéralement, sans droit à un
procès juste. (article 11)
 l'intervention arbitraire dans les vies personnelles ou privées par les agents de
l'État. (article 12)
 interdiction aux citoyens de partir ou retourner à leur pays. (article 13)
 la liberté d'expression ou la liberté de religion est niée. (articles 18 & 19)
 Le droit de joindre un syndicat est nié. (article 23)
 le droit à l'éducation est nié. (article 26)

Les violations des droits humains et les abus sont en partie répertoriés par les
organisations non gouvernementales telles que Amnesty International, la Fédération
internationale des droits de l'homme, Human Rights Watch, l'Organisation mondiale
contre la torture, Freedom House, International Freedom of Expression Exchange et
Anti-Slavery International. Très peu de pays ne commettent pas de violations de droits
humains significatives, selon Amnesty International. Dans son rapport de 2004 sur les
droits humains (couvrant 2003) les Pays-Bas, la Norvège, le Danemark, l'Islande et le
Costa Rica sont les seuls pays qui n'ont pas violé au moins quelques droits humains
significativement.
Certaines personnes pensent que les abus de droits humains sont plus courants dans les
dictatures que dans les démocraties parce que la liberté d'expression et la liberté de la
presse ont tendance à découvrir les abus orchestrés par l'État et à les exposer.
Néanmoins, les abus de droits humains arrivent aussi dans les démocraties. Par
exemple, Amnesty International a dénoncé la gestion de la prison de Guantánamo par
les États-Unis, et l'a qualifiée de « scandale de droits humains » dans une série de
rapports.

Les droits de l'homme ne sont pas nécessairement des droits opposables dans tous les
pays où ils sont proclamés, de sorte qu'il n'existe pas toujours de voies de recours pour
les faire appliquer.

Notes et références[modifier]
(en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article en anglais intitulé
« Human_rights#Human_rights_violations » (voir la liste des auteurs)

1. ↑ Parfois : « droits humains », ou « droits de la personne » ; cette dernière expression est utilisé
au Canada francophone.
2. ↑ Thierry, Sur, Combacau et Valée, Droit international public, 1986, MontChrestien.
3. ↑ La loi qu'Antigone invoque pourrait cependant être la tradition.
4. ↑ Que signifie « universalité des droits humains » ? [archive] - Humanrights.ch
5. ↑ Par exemple en France dans le Préambule de la Constitution du 27 octobre 1946
6. ↑ Convention nationale, séance du mardi 19 mars 1793, sous la présidence de Gensonné,
Beauvais, au nom du comité des secours publics, fait un rapport, et propose un projet de décret,
qu'après de légers débats la Convention adopte. Le texte paraît dans la Gazette nationale ou Le
Moniteur Universel, n° 80, le jeudi 21 mars 1793, l'an 2e de la République Française. Léonard-
Charles-André-Gustave Gallois et Alexandre Ray, [url google Réimpression de l'Ancien
Moniteur] : Volume 15 XVIIe - XIXe siècle : 1789-1840, Paris, Au Bureau central, 1840.(notice
BNF no FRBNF311819153)
7. ↑ Pierre Rosanvallon, La nouvelle question sociale. Repenser l'État-providence., Le Seuil, 1995,
p.134-135.
8. ↑ cf les travaux de Michel Villey ou Norberto Bobbio
9. ↑ TROISIÈME PARTIE — DIMENSIONS POLITIQUES12. Les droits de l’homme et
l’intégration1: Centre de recherches pour le développement international CRDI [archive]
10. ↑ a et b [PDF] nitnet.sn [archive], un réseau sénégalais d'associations de droits de l'homme
11. ↑ Un exemple intéressant s'est récemment produit en Suisse, où la décision quant à la
naturalisation de certains individus fut soumise, conformément à la procédure locale en vigueur,
à une votation populaire. Les candidats à la naturalisation se divisaient en gros en deux groupes :
des individus d'origine italienne et d'autres d'origine ex-yougoslave. Le résultat de la votation
populaire fut que les candidats italiens furent tous admis à la nationalité suisse, alors que tous
ceux d'origine ex-yougoslave furent rejetés. Ces derniers firent recours au Tribunal fédéral suisse
(la Cour suprême du pays), qui annula la décision populaire, considérant celle-ci comme
discriminatoire, et partant contraire aux droits de l'homme (tels que reconnus et protégés par la
Constitution fédérale suisse). Selon les termes de l'arrêt du Tribunal fédéral, « lors du vote sur
des demandes de naturalisation, les citoyens doivent respecter les droits fondamentaux », et de
conclure : « la liberté de vote ne leur confère aucun droit à la validation d'un résultat
incompatible » avec les droits de l'homme. Voir: décision du 9 juillet 2003, ATF 129 I 217,
Auszug aus dem Urteil der I. öffentlichrechtlichen Abteilung i.S. A. und Mitb. gegen
Einwohnergemeinde Emmen und Regierungsrat des Kantons Luzern (recours de droit public
admis).
12. ↑ Thomas Gomez, Droit de conquête et droits des indiens, Armand Colin, Paris, 1996[réf. incomplète]
13. ↑ ibid
14. ↑ P. Moreau Desfarges, « Punir les tyrans », Défense nationale, janvier 1999, pp. 46-54.
15. ↑ Aymeric Chauprade, Géopolitique. Constantes et changements dans l'Histoire, 3e édition,
ellipses, 2007, pp. 837-840.
16. ↑ Guy Millière, Ce que veut Bush, Éditions La Martinière, mai 2003.
17. ↑ Anarchical Fallacies peut être lu sur ditexte.com [archive]
18. ↑ The internet encyclopedia of philosophy [archive], article sur Jeremy Bentham
19. ↑ Michel Villey, le droit et les droits de l’homme, puf, 1983, p140 et suivantes
20. ↑ Alain de Benoist, Au-delà des droits de l'homme. Pour défendre les libertés, éditions Krisis,
2004, p. 3 et 4 [lire en ligne [archive]]
21. ↑ Entretien avec M. Robert Badinter [archive]
22. ↑ (fr) Progrès de la cause des droits de l'homme en Chine en 2004 [archive] sur China
Internet Information Center, 2004. Consulté le 17 février 2008
23. ↑ Avis de la Commission française consultative des droits de l'homme sur la modification de
l'expression « Droits de l'homme » [archive]
24. ↑ Exemple courant de l'utilisation de l'expression « droits humains » par les autorités suisses sur
la page web de la confédération qui décrit brièvement le Conseil de l'Europe [archive]
25. ↑ (en) Amnesty International Report 2004, London, Amnesty International, 2004 (ISBN 978-
0-86210-354-5) (OCLC 439485689)
26. ↑ Amnesty website [archive]