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Affaire « 

Barcelona Traction, Light and power Cie »,


arrêt du 5 février 1970

Faits et solution  :

En 1948, un juge espagnol prononça un jugement de faillite à l’égard de la Barcelona


Traction, qui était, à l’époque, la plus importante entreprise d’électricité d’Espagne
Cette société, constituée selon le droit canadien, comportait, cependant, une majorité
d’actionnaires belges. Aussi, la Belgique crut devoir défendre les intérêts de ses
ressortissants. Elle intervint, ainsi, auprès des autorités espagnoles. Devant l’échec de ces
négociations, la Belgique porta l’affaire devant la Cour Internationale de Justice, mais de
nouvelles négociations étant entreprises, la Belgique se désista en 1961. Les négociations
n’ayant pas abouti, la Belgique saisit, à nouveau, la Cour, en 1962.
Dans l’arrêt au fond (arrêt portant sur la substance de l’affaire et non sur les problèmes de
compétences et de procédure), la CIJ, examinant les systèmes de droit interne,
reconnaissant la société anonyme, remarque qu’il faut distinguer deux entités séparées : la
société et l’actionnaire, chacune dotée de droits distincts. Or, dans cette affaire, la Société
était canadienne et les actionnaires, pour lesquels la Belgique entendait agir, étaient
belges. Mais, les actes dommageables, imputables à l’Espagne, visaient les droits de la
société et non les droits propres des actionnaires. Ceux-ci voyaient seulement leurs intérêts
affectés. Cela ne justifiait donc pas la réclamation de la Belgique, dès lors que la Société
existait toujours et que le Canada pouvait, ainsi, prendre fait et cause pour elle. Dans ces
conditions, la Cour contesta à la Belgique la qualité pour agir et rejeta sa requête.

Apport de l’arrêt  :

- Exercer la protection diplomatique est une compétence discrétionnaire de l’Etat.


- Définition de trois critères d’attribution de la nationalité aux personnes morales :
Lieu du siège social
Lieu d’incorporation
Contrôle de la société
Pas de préséance de principe.
- Evocation des normes erga omnes (c’est-à-dire qui s’imposent à tous avec ou sans
traité), notion proche du jus cogens → normes existants en dehors de la volonté
des Etats. L’interdiction de l’agression, du génocide, le respect des principes
fondamentaux de la personne humaine (protection contre l’esclavage et le
discrimination raciale…) sont des obligations erga omnes.
- La violation d’une norme erga omnes donne à tous les Etats la qualité pour agir.
(C’est-à-dire la possibilité de le faire, sinon un Etat doit avoir un intérêt particulier :
avoir été lésé ou qu’un de ses nationaux l’ait été → d’où l’intérêt de pouvoir
déterminer quelle est la nationalité d’une personne et si cette nationalité est opposable
au tiers).

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