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Chapitre 4

L'analyse financière stricto-sensu


: la mise en évidence de quelques relations financières significatives.

Section 1 La Présentation des principaux ratios

A . Les ratios de situation générale


B. Les ratios d'équilibre financier
C . Les ratios d'activité
D . Les ratios de performance
E . Les ratios de répartition
F. Les ratios de financement (interne)

Section 2 Un exemple d'utilisation de la méthode des ratios : application à la société


ABC

A . application dans le cadre de l'analyse d'un seul exercice


B . application dans le cadre d'une succession d'exercices : analyse de la
tendance d'évolution
C . application dans le cadre d'une comparaison intra-sectorielle

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C'est à la méthode traditionnelle d'analyse des ratios que nous nous référerons dans le
cadre de ce chapitre
La méthode des ratios n'est pas propre à l'analyse financière mais elle est d'un usage
extrêmement utile dans ce domaine. Elle consiste à faire des rapports arithmétiques
judicieusement choisis entre les postes comptables des différents documents financiers d'une
entreprise (bilan, compte de résultat, tableau de financement et tableau des flux de trésorerie,
Annexe)1 susceptibles de nous permettre d'apprécier la situation financière de cette entreprise,
de suivre son évolution passée et d'anticiper son évolution future.

Cette méthode des ratios présente le double avantage :

- de permettre, grâce à des indications chiffrées, donc immédiatement saisissables, une


analyse systématique de la situation de l'entreprise à un moment donné et de l'évolution de
celle-ci au cours des exercices successifs.

- d'examiner, par comparaison avec les moyennes ou médianes des ratios d'entreprises
similaires du même secteur d'activité, la situation financière relative d'une entreprise
déterminée.2

Les possibilités d'évaluation de tels ratios sont infinies ; une fois éliminés tous les ratios dont
les éléments n'auraient aucun lien logique, il reste encore trop de possibilités pour que l'on
puisse les retenir toutes. Il s'agit d'identifier un nombre de ratios suffisamment élévé pour que
ces ratios puissent permettre une compréhension satisfaisante de l'entreprise, mais pas trop
important tout de même3 pour éviter que la profusion de renseignements n'amplifie les
difficultés rencontrées lors de la synthèse et la prise de décision.

D'un autre côté, il est souhaitable de ne pas limiter son analyse à un seul exercice4 ,mais au
contraire de l’étendre aux exercices précédents.

1 une fois les redressements effectués.


2c'està ce niveau que sont particulièrement utilisées les diverses centrales de bilan : elles permettent de situer
la position d'une entreprise par rapport à celle des entreprises d'une taille similaire ou appartenant à un même
secteur.

3nous pensons à un auteur américain S.A. TUCKER qui recommande dans son livre "Successful Managerial
Control by ratio analysis (Mc Grawhill 1961) l'usage d'un nombre de ratios aussi élevé que 429.
4comme on se contentait de le faire à l'aube de l'analyse financière : l'étude de Alexander Wall (Study of credit
barometrics, Federal Reserve Bulletin, mars 1919 pp. 229-43) portant sur l'analyse simultanée de sept ratios de
981 firmes différentes, allait à cet égard jouer un rôle décisif dans le développement que la méthode des ratios a
connu aux U.S.A. à partir des années 30. Ce développement a été marqué en particulier par les travaux de R.A.
FOULKE, synthétisés dans un ouvrage (Practical financial Statement Analysis, Princeton New Jersey : Mc
Grawhill) ayant fait l'objet de nombreuses rééditions successives), et la publication régulière par DUN et
BRADSTREET d'une liste de 14 ratios ( niveaux et valeurs limites des quartiles de la distribution sectorielle de
ces ratios) pour un très grand nombre de secteurs.

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La méthode des ratios ne prend véritablement tout son sens que dans le cadre d'une
comparaison inter-exercices des ratios successifs d'une entreprise donnée ou celui d'une
comparaison inter-entreprises d'une batterie de ratios correspondant à une année donnée. Il
demeure toujours possible ensuite, nous le verrons, de synthétiser les résultats associés aux
divers ratios en un indice d'évaluation unique.
Au total, nous nous limiterons ici à la présentation de quelques ratios pris parmi les
plus significatifs.
L'application d'une telle analyse à une entreprise-témoin sera ensuite donnée en guise
d'illustration de la méthode.

Section 1 La présentation des principaux ratios.

Toute classification comporte une large part d'arbitraire et pour cette raison est
toujours critiquable : celle que nous avons retenue ici n'échappe pas à la règle. Elle nous paraît
cependant utile, au moins dans le cadre de cet exposé introductif de la méthode des ratios.
Nous distinguerons successivement :
. les ratios de situation générale
. les ratios d'équilibre financier
. les ratios d'activité
. les ratios de performance
. les ratios de répartition
. les ratios de financement.

A) les ratios de situation générale

Il s'agit d'un ensemble de 13 ratios dont l'objet est de décrire le mieux possible la
situation actuelle de l'entreprise, en répondant à quelques questions simples :

. l'entreprise est-elle ouverte sur l'extérieur ?

la réponse nous est fournie par le ratio :

Chiffre d'affaires export


Part du Chiffre d'affaires à l'exportation =-----------------------------
chiffre d’affaires net

. A t-elle une activité de nature purement industrielle ou non ?

Il est possible de la mesurer à travers le ratio :

Production vendue
Part du Chiffre d'affaires produit par l'Entreprise =--------------------------
chiffre d’affaires net

à un ratio égal à 1 correspondra une entreprise purement industrielle


n'ayant aucune activité de revente de marchandises en l'état.

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à un ratio égal à 0 correspondra à l'inverse une entreprise purement


commerciale.

. Quelle est la part de son activité correspondant à des travaux faits pour
elle-même ?(pour une société industrielle)

Elle sera mesurée par:

Production immobilisée
Part de la Production effectuée par l'Entreprise pour elle-même =--------------------------------
Production de l’exercice

. Dans quelle mesure fait-elle appel à la sous-traitance ?

y correspond le ratio :

Achats de sous-traitance
Taux de Recours à la sous-traitance =-----------------------------------------------------------
Achats de Marchandises,m.p.,approv. et sous-traitance

. Dans quelle mesure fait-elle appel à du personnel extérieur ?

Charges de Personnel Extérieur


Taux de Recours à du Personnel extérieur =----------------------------------------------------
Charges de personnel+ personnel extérieur

. Appartient-elle à une industrie capitalistique ou à une industrie de main


d'oeuvre ?

Actifs immobilisés d'exploitation5


Taux d'Equipement des salariés =--------------------------------------
Effectif de salariés

. Quelle est l'ampleur actuelle de son effort d'investissement ?

Elle sera mesurée par le ratio :


Investissement productif6
Taux d'effort d'investissement =-------------------------------
Valeur ajoutée

5Actifs immobilisés d'exploitation = immobilisations corporelles nettes + crédit-bail(net).

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. A quel rythme renouvelle t-elle son potentiel de production ?

Celui-ci est apprécié par les 2 ratios suivants :

Investissement productif
Taux de renouvellement du capital productif =---------------------------------------------------
Dotations aux amortissements de l'exercice

Montant des désinvestissements de l’exercice


Taux de désinvestissement = -----------------------------------------------------
Nouvelles acquisitions corporelles et financières de l'exercice

. Quel est son degré de financiarisation ?

Immobilisations financières nettes


Taux de financiarisation de l'entreprise =-------------------------------------
Actif immobilisé net
Une entreprise mono-établissement aura un taux de financiarisation
proche de 0. A l'inverse si elle se développe par voie de création de filiales ou par croissance
externe, elle verra son taux de financiarisation croître. La société Holding pure, situation
extrême de cette évolution, sera, elle, caractérisée par un taux de financiarisation proche de
l'unité.

. Comment s'est comportée récemment l'entreprise face à la conjoncture ?

C'est à travers les 3 ratios suivants :

Chiffre d'affaires net N - Chiffre d'affaires net N-1


Taux de variation du Chiffre d'affaires =----------------------------------------------------------
Chiffre d'affaires net N-1

CA à l'export N - CA à l'export N-1


Taux de variation du Chiffre d'affaires à l'export =----------------------------------------
Chiffre d'affaires à l'export N-1

Val. ajoutée N - Val. ajoutée N-1


Taux de variation de la valeur ajoutée =---------------------------------------
Valeur ajoutée N - 1
qu'on peut percevoir quelle a été cette évolution récente de l'entreprise face à son marché.

6Investissement productif = nouvelles immobilisations corporelles de l'exercice + nouvelles acquisitions en


crédit-bail de l'exercice.

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B) Les ratios d'équilibre financier. ou de solvabilité financière

Face à des exigences contradictoires de liquidité et de sécurité les


dirigeants d'une entreprise devront se satisfaire de compromis successifs entre ces diverses
exigences. Un moyen pour l'observateur extérieur de juger de la valeur des compromis réalisés
est de se référer aux ratios d'équilibre financier tels qu'ils apparaissent au travers du bilan
corrigé. Nous distinguerons l'équilibre financier à court terme, correspondant à l'exigence de
solvabilité à court terme de l'entreprise, mesuré par les ratios de Liquidité et l'équilibre financier
à long terme, correspondant à une exigence de solvabilité à long terme, mesuré par les ratios
d'endettement.

a) Les ratios d'équilibre financier à court terme : mesures de la solvabilité à court


terme de l'entreprise.

Le souci le plus immédiat des dirigeants d'entreprises est d'assurer la


liquidité de leur affaire, c'est à dire de se ménager la possibilité de faire face à celles de leurs
obligations dont l'échéance est la plus proche. D'un autre point de vue, similaire est la
préoccupation du banquier auquel on vient d'adresser une demande de crédit ; dans quelle
mesure peut-il s'attendre à ce que l'entreprise lui rembourse dans les délais voulus et dans les
conditions prévues les fonds accordés

- Le ratio de liquidité générale7 : ce ratio est la mesure la plus répandue de la


solvabilité à court terme de l'entreprise. Il correspond au rapport

Actifs immobilisés à court terme


R1 = ratio de liquidité générale =-------------------------------
dettes à court terme
et constitue un indice de son Fonds de Roulement net8 .

7il s'agit du "current ratio" américain.

8lequel représente l'excédent des capitaux permanents (les capitaux à long terme, qu'ils appartiennent en propre
à l'entreprise ou aient été empruntés) sur les actifs immobilisés à long terme (emplois de durée supérieure à un
an).

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Tableau 4

ACTIF PASSIF

ACTIFS A
IMMOBILISATIONS CAPITAUX CAPITAUX
LONG TERME
PROPRES
PERMANENTS
ACTIFS Fonds de STOCKS et ENCOURS DETTES A LONG
roulement ET MOYEN TERME
A COURT net > 1an
DETTES A COURT CAPITAUX
TERME TERME < 1 an
REALISABLE et A COURT TERME
DISPONIBLE

Lorsqu'il est inférieur à 1.00, ce ratio indique l'absence de fonds de


roulement, les dettes à court terme de l'entreprise excédant la valeur des actifs à court terme
possédés par celle-ci.
Lorsque ce ratio est supérieur à 1.00, il traduit l’existence d’un fonds de
roulement positif:cela veut dire que les stocks sont financés en partie par des capitaux
permanents ; ceci représente en règle générale 9 une situation financière beaucoup plus saine de
l'entreprise.Notons toutefois qu'une référence à une estimation en valeur absolue du fonds de
roulement net doit, pour être crédible ,s'accompagner d'une comparaison de ce fonds de
roulement net avec un agrégat représentatif des besoins financiers potentiels de l'entreprise10

.Le ratio R'1 suivant répond à ce souci :

Fonds de roulement net


R'1 = ratio de fonds de roulement(en jours) =------------------------------ *360
Chiffre d'affaires net ht

- Le ratio de trésorerie.11

réalisable et disponible
Ce ratio de trésorerie, égal à R2 = ----------------------------
dettes à court terme

9il ne faudrait pas en conclure qu'une entreprise dont le fonds de roulement net est négatif constitue forcément
un mauvais risque.Certaines entreprises,bénéficiant de crédit fournisseur élevé et stable,très supérieur à leurs
besoins de financement d’exploitation,peuvent,malgré un fonds de roulement négatif,disposer d’une trésorerie
abondante ; Toutefois si l'on se place du point de vue du banquier, et strictement du point de vue du banquier;
toutes choses étant égales par ailleurs, une entreprise avec un fonds de roulement net élevé (ou un ratio de
liquidité générale élevé) sera plus appréciée qu'une entreprise dont le fonds de roulement net serait plus faible,
et a fortiori qu'une entreprise dont le fonds de roulement net serait négatif.
10chiffre d'affaires annuel ou encore Production de l'Exercice pour les entreprises industrielles.
11"Acid-test ratio" américain.

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complète le précédent. Il est obtenu en déduisant des actifs immobilisés à court terme la valeur
des stocks ; le fait que l'on veuille ainsi distinguer les stocks des autres actifs immobilisés à
court terme s'explique aisément : les stocks représentent l'élément le moins liquide de ces
derniers ; en outre ils représentent l'élément d'actif dont la valeur en cas de difficultés
financières et cessation d'activité de l'entreprise est la plus incertaine.
D'un point de vue bancaire, il est souhaitable que R2 soit le plus élevé
possible, l'idéal étant que l'entreprise détienne des actifs à court terme à un niveau suffisant
pour être à tout moment en état d'assurer ses échéances. La difficulté est que tant le
numérateur que le dénominateur de ce ratio R2 regroupent des actifs et dettes très hétérogènes
du point de vue du terme, rendant de ce fait assez flou le lien virtuel entre le niveau de R2 et
des difficultés de trésorerie éventuelles.
Pour cette raison il peut être utile, d'évaluer directement le niveau de la
Trésorerie à partir du ratio suivant :

Valeurs de Placement+ Disponibilités - Concours


bancaires courants
R'2 = ratio de trésorerie(en jours) =-------------------------------------------------- * 360
Chiffre d'affaires net ht

Cette présentation permet tout d'abord une lecture immédiate de l'état


actuel de la Trésorerie (positive ou négative) et de l'importance relative du déséquilibre (en
jours de chiffre d'affaires) ; mais elle permet en outre, compte tenu de la relation
Trésorerie de l'Entreprise = Fonds de Roulement net - Besoins en Fonds de Roulement
par simple différence de R'1 et R'2 de fournir une estimation des Besoins en Fonds de
Roulement de l'entreprise.

- Le ratio de liquidité bancaire.

Ce dernier ratio est utile dans le cadre de l'appréciation de la gestion de


l'encaisse d'une entreprise. Il correspond au rapport entre le montant de ses disponibilités et un
indice de son activité (le niveau de son chiffre d'affaires net hors taxes par exemple).

Disponibilités
R'3 = ratio de liquidité bancaire (en jours) =------------------------------* 360
Chiffre d'affaires net ht

En règle générale les banques préfèrent les entreprises qui maintiennent


chez elles de larges encaisses liquides12. A ce titre le ratio de liquidité bancaire peut jouer le
rôle d'un indice de satisfaction du système bancaire à l'égard de l'entreprise.

D'un autre côté, du point de vue de celle-ci, le maintien de telles


encaisses oisives est relativement coûteux ; aussi les dirigeants peuvent-ils souhaiter, dans le
cadre de leur gestion de trésorerie, réduire au minimum le montant de ces capitaux inutilisés :
le ratio de liquidité bancaire constitue alors, pour l'observateur extérieur, un indice de
l'efficacité de leur politique de minimisation des encaisses liquides.
12dans certains systèmes bancaires, le système bancaire américain notamment, il s'agit même d'une obligation
de laisser en disponibilités une fraction (10 à 15% couramment) des concours bancaires obtenus (encaisses dites
de compensation).

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b) Les ratios d'équilibre financier à long terme : mesures de la solvabilité à


long terme de l'entreprise.
Ces ratios d'équilibre financier à long terme ont pour but fondamental,
du point de vue du prêteur, de mesurer le risque que court sa participation financière à l'activité
de l'entreprise, et du point de vue des dirigeants de celle-ci, de mesurer l'indépendance de
l'entreprise vis à vis de ses créanciers. A cet objectif correspond en fait un grand nombre de
ratios, différents selon que l'on choisit de mesurer le degré de sécurité de l'entreprise vis-à-vis
des prêteurs extérieurs (auquel cas on utilise au numérateur le montant des capitaux propres),
ou le degré d'insécurité des capitaux prêtés à l'entreprise (auquel cas c'est plutôt le montant de
ces capitaux empruntés qui est retenu au numérateur).
Un exemple classique de ce premier type de ratio est le traditionnel ratio
d'indépendance financière, rencontré sous les deux formes suivantes :

Capitaux propres
R'4 = ratio d'indépendance financière =------------------------
Capitaux permanents

Capitaux propres
R''4 = ratio d'indépendance financière =--------------------
Ensemble des dettes

Un ratio alternatif appartenant au second type est le traditionnel Taux


d'endettement représentatif de l'effet de levier.13

Dettes à plus d'un an


R5 = taux d'endettement à long terme =--------------------------
Capitaux propres
ou

Ensemble des dettes


R'5 = taux d'endettement total =-----------------------
Capitaux propres

selon que l'on s'intéresse aux seuls capitaux permanents (R5) ou au


contraire à l'ensemble du Passif (R'5).14

Dans les deux cas l'évolution de ces ratios est très importante pour les
éventuels créanciers : elle indique à ceux-ci dans quelle mesure les propriétaires contribuent au
financement de leurs propres affaires; Si la participation de ces derniers est faible, le risque
d'entreprise est essentiellement supporté par les prêteurs extérieurs : du niveau de ces ratios
13"Debt/equity" américain.
14une forme alternative pourrait être de mesurer le taux d'endettement par rapport à l'ensemble des ressources
(total du Passif au dénominateur des 2 ratios concernés).)

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dépendra dans une large mesure l'acceptation par le banquier d'accorder des crédits
supplémentaires.

Toutefois, tous les ratios précédents ont un inconvénient : celui de


fournir une vue statique de l'endettement d'une entreprise. Intéressante pour un prêteur
éventuel est la mesure de la rapidité potentielle avec laquelle l'entreprise pourrait rembourser
ses dettes. C'est à une telle mesure que correspond le ratio dynamique d'endettement total.

Ensemble des dettes


R6 = ratio dynamique d'endettement total =------------------------------
capacité d'autofinancement (CAF)

En complément des ratios précédents,pour un banquier, il peut être


intéressant d'évaluer la part du secteur bancaire dans le financement de l'entreprise à travers les
ratios d'endettement bancaire c'est à dire pour l'endettement bancaire à terme :

Endettement bancaire à terme


R7 = ratio d'endettement bancaire à terme =---------------------------------
Ensemble des dettes
ou
Endettement bancaire à terme
R'7 = ratio d'endettement bancaire à terme = --------------------------------
Capitaux propres

associés à leur équivalent dynamique

Endt bancaire à terme


R''7 = ratio dynamique d'endettement bancaire à terme = ------------------------------
Capacité d'autofinancement

mais aussi pour les concours bancaires courants :

Concours bancaires courants


R8 = ratio des Crédits bancaires courants =-----------------------------------
Ensemble des dettes
ou

Concours bancaires courants


R'8 = ratio des Crédits bancaires (en jours) =----------------------------------------- * 360
Besoins en Fonds de Roulement

qui présente l'avantage d'évaluer la contribution du Crédit bancaire au


financement des besoins en fonds de Roulement de l'entreprise.
ou

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concours bancaires courants


R''8 = ratio des crédits bancaires courants = ------------------------------------------------
Dettes clients+Effets escomptés et non échus

qui met clairement en évidence la contribution du crédit bancaire au


financement du compte clients de l'entreprise, le banquier étant généralement réticent à financer
une trop grande proportion de l'encours client de l’entreprise

De l'usage plus ou moins intensif de l'endettement pour financer ses activités, en résultera pour
l'entreprise un ratio de charges financières plus ou moins important

Intérêts des emprunts et dettes


R9 = ratio de charges financières =-------------------------------------
Chiffre d'affaires net h.t.
ou

Intérêt des emprunts et dettes


R'9 =----------------------------------
Excédent brut d'exploitation

Plus l'entreprise s'adressant à un banquier sera endettée, et notamment


endettée à court terme, plus elle présentera de risques pour le banquier, et ce d'autant plus que
son ratio de charges financières aura dépassé le seuil jugé admissible par celui-ci.

C- Les ratios d'activité.15

Ces ratios ont pour objectif de mesurer soit la vitesse de rotation des
capitaux engagés par l'entreprise dans son activité de production, soit la durée d'immobilisation
moyenne de ces capitaux.

Les présentations les plus répandues de ces ratios sont de la forme :

Y
-------------------------------- = n
montant engagé au poste x

ou

montant engagé dans tel poste x


-------------------------------------- * 360 = t jours
Y
l'élément Y concerné étant le plus souvent le chiffre d'affaires annuel
évalué hors taxes ou, pour les entreprises industrielles, la Production de l'Exercice.

15que l'on appelle aussi parfois "ratios d'exploitation".

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D'une manière générale, pour un type d'emploi donné, plus n, le taux de


rotation de l'actif x, est grand, et t petit, plus la situation de l'entreprise est favorable. Ainsi, une
valeur de n plus élevée que la normale représente une utilisation efficiente des capitaux engagés
par l'entreprise dans le cadre de ses activités ; au contraire, un taux de rotation inférieur à cette
durée normale représente une sous-utilisation des capitaux de celle-ci.
Le niveau normal de la valeur n n'est pas le même pour toutes les catégories d'actifs. Il est
évident que le taux de rotation des immobilisations dont la durée de vie est en moyenne de
plusieurs années sera plus faible que le taux de rotation des créances-clients dont le délai de
maturité s'étale de quelques jours à quelques mois. C'est pourquoi, de telles comparaisons ne
sauraient être faites entre les taux de rotation d'éléments du bilan d'une seule entreprise mais
entre ceux de catégories d'actifs homogènes d'entreprises différentes.

Parmi les ratios du premier type les plus utilisés nous trouvons :

- la vitesse de rotation des actifs engagés.

il s'agit des ratios

Chiffre d'affaires ht de l'exercice


R10 = vitesse de rotation des actifs engagés =----------------------------------------
Actifs engagés
ou

Chiffre d'affaires ht de l'exercice


R'10 = vitesse de rotation des actifs d'exploitation = ---------------------------------------
Actifs d'exploitation

selon que l'on se réfère à l'ensemble des actifs engagés 16 ou aux seuls
actifs d'exploitation.17
Ce ratio est caractéristique du degré plus ou moins capitalistique de
l'activité de l'entreprise. Une entreprise appartenant au secteur de la distribution sera
caractérisée généralement par une vitesse de rotation élevée, 1 franc d'actif permettra de
réaliser plusieurs francs de chiffre d'affaires. A l'inverse pour certains secteurs industriels
appartenant à ce qu'il est convenu d'appeler l'industrie lourde, l'entreprise devra investir
préalablement plusieurs francs avant d'espérer effectuer un franc de chiffre d'affaires.

- la vitesse de rotation des stocks exprimée par un rapport similaire au


précédent entre le chiffre d'affaires hors taxes du dernier exercice et le montant des stocks au
bilan.

Chiffre d'affaires hors taxes


R11 = vitesse de rotation des stocks =-------------------------------------------------
Montant des stocks au bilan (valeur brute)

16ACTIF TOTAL + Immobilisations crédit-bail + Effets escomptés et non échus.


17c'est à dire le total Immobilisations Corporelles(y compris Crédit-bail) + besoins en Fonds de roulement
d'exploitation (y compris Effets escomptés et non échus); c'est à ce concept que correspondent les notions de
"capital mis en oeuvre dans l'Exploitation"(CMOE) et de "Capital d'exploitation" utilisées respectivement par le
Crédit National et la Centrale de bilans de la Banque de France.

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La plupart des ratios d'activité sont cependant du second type,


aboutissant à l'évaluation d'une durée d'immobilisation des capitaux engagés selon le type
d'engagement : cette durée est alors exprimée en jours ou en mois d'activité. Ces ratios
concernent le plus souvent la gestion des stocks ou la gestion des crédits commerciaux des
entreprises.

a) Les ratios d'activité associés à la gestion des stocks.

Lorque l'on étudie les problèmes liés à la politique de gestion des stocks
d'une entreprise, on constate que l'optimum n'est pas associé à la plus grande vitesse de
rotation possible de ces stocks, mais à un niveau de stocks qui minimise le coût global de
gestion de ces stocks. Assimiler optimum et vitesse maximale de rotation équivaudrait à
supposer que le seul coût lié à la politique de stocks serait le coût de possession de ce stock ou
le coût d'immobilisation des capitaux engagés dans ce stock; or, outre ce coût de possession, il
convient de tenir compte du coût d'acquisition du stock (frais d'achat liés aux commandes
passées) et du coût des éventuelles ruptures de stock lorsque le stock détenu est trop faible.
On montre généralement que la politique de minimisation du coût d'un stock donné conduit à
conseiller la détention d'un niveau de stock optimal correspondant à un nombre donné de jours
d'activité.
Les ratios d'activité concernés permettent une estimation directe du
niveau des stocks détenus. Les plus intéressants sont :

. Le stock disponible de matières premières (en jours d'activité)

Stocks de matières premières et Approvisionnements


R12 =----------------------------------------------------------------------- * 360
Coût d'achat des matières utilisées au cours du dernier exercice

. Le stock d'encours de production (en jours d'activité)

Encours de Production
R13 =------------------------------------------------------------------------- * 360
Coût de revient des produits vendus au cours du dernier exercice

. Le stock disponible de produits intermédiaires et finis (en jours


d'activité).

Stocks de produits intermédiaires et finis


R14 =------------------------------------------------* 360
Coût de revient des produits vendus au cours du dernier exercice

b) Les ratios d'activité associés à la gestion des crédits commerciaux.

Nous verrons également, lorsque nous étudierons les problèmes de


gestion du crédit à court terme que peut accorder ou dont peut bénéficier une entreprise, que
l'entreprise bénéficie d'une certaine marge de flexibilité dans le cadre de l'élaboration de sa
politique de crédit à la clientèle.

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Essentielle est l'évaluation de sa position nette en matière de crédit : est-


elle dans l'ensemble prêteuse nette ou au contraire emprunteuse nette ?
Doit-elle consentir des délais de règlement plus importants que la
normale à ses clients ? Bénéficie t-elle de la part de ses fournisseurs de conditions plus
favorables que les conditions normales ?
C'est en calculant les deux ratios d'activité ci-dessous que le banquier
peut évaluer la position de l'entreprise :

. crédit accordé à la clientèle (en jours de crédit)

Créances clients+Effets escomptés et non échus


R15 =--------------------------------------------------------- * 360
Chiffre d'affaires net toutes taxes

. crédit obtenu des fournisseurs (en jours de crédit)

Dettes Fournisseurs
R16 =------------------------------------------------------------------------------------------ * 360
Achats de matières premières et Approvisionnements, marchandises et Charges
externes TTC au cours du dernier exercice

Dans certains secteurs d'activité, notamment l'industrie lourde, est


rencontrée une large utilisation des " Avances et Acomptes versés sur commandes" et "
Avances et Acomptes obtenus sur commandes"; il est alors souhaitable de prendre en
considération cette pratique en l'évaluant. On peut le faire à partir des ratios complémentaires

. importance des avances aux fournisseurs ( en jours de crédit)

Avances et Acomptes versés sur commandes


R'15 = ---------------------------------------------------------------------------- x 360
Achats de MP et Approv., marchandises et charges externes ttc

. importance des avances faits par les clients ( en jours de crédit)

Avances et Acomptes reçus sur commandes


R'16 = ---------------------------------------------------- x 360
chiffre d'affaires net ttc

R'15 et R'16 devant respectivement être ajoutés à R15 et R16 pour


permettre une bonne appréciation du crédit-interentreprises dont bénéficie l'entreprise
concernée

D - Les ratios de performance.

La performance d'une entreprise peut être appréciée à plusieurs niveaux :

. tout d'abord au niveau global en s'appuyant sur l'évaluation de sa


contribution à la création de richesse nationale, la valeur ajoutée.

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. ensuite, d'un point de vue financier, en étudiant dans quelle mesure


l'entreprise a mieux ou moins bien utilisé les capitaux qu'elle avait à sa disposition : c'est le rôle
des ratios de rentabilité.
. enfin, tout au moins lorsque l'entreprise est une société cotée, faisant
l'objet d'une cotation régulière sur le marché boursier, en observant la façon dont le marché
capitalise les résultats de la société : un outil utile à cette comparaison est la notion bien
connue des analystes financiers de " Multiple boursier"18 de la société en question.Le ratio Q
d'un titre donné est une autre modalité, moins connue, de performance boursière.

a) Les ratios de performance globale de l'entreprise.

Le ratio clé en ce domaine est le "taux de valeur ajoutée"

Valeur ajoutée
R17 = taux de valeur ajoutée =--------------------------------------------------------------
Chiffre d'affaires net ht + Production Stockée+Production
Immobilisée +Subventions d'Exploitation19

dont toute évolution positive traduit une amélioration, à structure de production inchangée20,
de la performance globale de l'entreprise, soit en raison d'une augmentation des prix des
produits fabriqués et vendus par l'entreprise, soit en raison d'une réduction des coûts des
consommations intermédiaires.
A une évolution négative du taux de valeur ajoutée, à structure de
production inchangée, correspondra au contraire une dégradation de la position industrielle et
commerciale de l'entreprise.

Ce taux de valeur ajoutée peut être utilement complété par les deux
ratios suivants :

Valeur ajoutée
R18 = ratio de productivité du Personnel =----------------------------------
Effectifs moyens de la société
et

18price earnings ratio américain (P/E ratio) ou coefficient de capitalisation boursière des résultats.
19équivalent, aux subventions d'exploitation près, à la Production de l'Exercice pour les sociétés industrielles
n'ayant pas d'activité de revente de marchandises en l'état.

20toute modification des structures de production peut en effet affecter le taux de valeur ajoutée : ainsi un appel
accru à la sous-traitance se traduirait par une augmentation des consommations intermédiaires , et partant une
réduction simultanée de la valeur ajoutée,(et du taux de valeur ajoutée); à l'inverse, toute opération d'intégration
du processus de production entrainerait une réduction des consommations intermédiaires (les achats
correspondants d'externes devenant internes) et donc, toutes choses restant égales par ailleurs, une
augmentation de la valeur ajoutée(et du taux de valeur ajoutée).Dès lors, en cas de modification brutale de ce
taux de valeur ajoutée convient-il, préalablement à son interprétation de vérifier que cette variation n'est pas
imputable à une telle modification des conditions de production. Pour éviter le biais lié à la sous-traitance une
solution pourrait être de pratiquer un retraitement supplémentaire des Charges externes en ajoutant les achats
de sous-traitance(compte 611) aux achats de l'entreprise (compte 60).Ceci toutefois ne règlerait pas pour autant
le second type de biais lié à des modifications du degré d'intégration de l'entreprise.

( C) 1994/1999 Alain GALESNE Le Diagnostic bancaire de l'Entreprise ,RENNES: Cerefia


106

Valeur ajoutée
R19 = ratio de productivité de l'équipement =----------------------------------------------
Immob. corporelles nettes + crédit-bail net

liant la valeur ajoutée de l'entreprise à ses disponibilités en main d'oeuvre


et en capital . Il s'agit en quelque sorte de deux mesures de la Productivité des 2 facteurs de
production que sont le Travail et le Capital productif (au sens économique du terme).

b) Les Ratios de Performance financière de l'entreprise.

Il n'existe guère de mesure indiscutable de la rentabilité d'une affaire :


aussi ne faut-il pas s'étonner du fait que l'on propose le plus souvent plusieurs mesures de la
rentabilité d'une entreprise. Ainsi distingue t-on traditionnellement des marges de profit par
rapport au chiffre d'affaires, et des taux de rentabilité des capitaux investis.

- Les marges de profit par rapport au chiffre d'affaires.

Parmi celles-ci notons tout particulièrement

Marge commerciale
R20 = taux de marge commerciale =------------------------------------------------
vente de marchandises revendues en l'état

Excédent brut d'exploitation


et R21 = taux de marge brute d'exploitation =-----------------------------------
Chiffre d'affaires net hors taxes

- les taux de rentabilité des capitaux investis

Parmi les ratios possibles de ce type, les plus utilisés sont les suivants :

. le taux de rentabilité Economique brute des actifs engagés

Excédent brut d'Exploitation


R22 = taux de rentabilité Economique brute =---------------------------------
des actifs engagés Actifs engagés21
ou

21Actif total + Immobilisations en Crédit-bail + effets escomptés et non échus.

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107

Excédent brut d'Exploitation


R'22 = taux de rentabilité économique brute =--------------------------------
des actifs d'exploitation Actifs d'exploitation22

selon que l'on retienne au dénominateur l'ensemble des actifs engagés ou


les seuls actifs d'exploitation.Il s'agit d'une mesure de la rentabilité d'exploitation d'une
entreprise avant déduction des dotations aux amortissements et Provisions et des frais
financiers.

. le taux de rentabilité économique nette des actifs engagés.

Résultat d'Exploitation
R23 = taux de rentabilité Economique nette =---------------------------
des actifs engagés Actifs engagés
ou

Résultat d'Exploitation
R'23 = taux de rentabilité économique nette =--------------------------
des actifs d'exploitation Actifs d'Exploitation

selon que l'on retienne là encore au dénominateur l'ensemble des actifs


engagés ou les seuls actifs d'exploitation.
Il s'agit là encore d'une mesure de la rentabilité d'exploitation d'une
entreprise, mais cette fois nette des dotations aux amortissements et Provisions.

Ces 2 taux de rentabilité économique brute et nette constituent deux


estimations limites de la rentabilité des capitaux engagés dans une affaire.Nous disposons là
d'une zone de rentabilité beaucoup plus satisfaisante qu'une estimation isolée dont l'apparente
précision ne permettrait de tirer que des conclusions assez précaires.

. A ces 2 taux de rentabilité, il convient d'ajouter le taux de rentabilité


nette des capitaux propres :

Résultat net de l'exercice


R24 = taux de rentabilité nette des capitaux propres =--------------------------
Capitaux Propres

c) les ratios de performance boursière.

. Le coefficient de capitalisation boursière des résultats (ou P/E ratio)23


Il s'agit d'un rapport entre la capitalisation boursière et la capacité
bénéficiaire d'une entreprise ou, si l'on raisonne au niveau d'un titre, entre le cours de l'action et
le bénéfice net par action

22immobilisations corporelles(y compris crédit-bail) + Besoins en Fonds de Roulement d'Exploitation(y


compris effets escomptés et non échus).
23ou encore multiple boursier de la valeur.

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108

Cours de l'action
R25 = coefficient de capitalisation boursière des résultats =---------------------------
Bénéfice net par action

L'observation du P/E est de nature à fournir des indications précieuses


sur l'attitude du marché à l'égard de l'entreprise : à un P/E élevé correspond une attitude
favorable du marché, à un P/E faible une attitude plutôt réservée du marché.

. Le ratio Q d'une action

Il correspond au rapport entre la Capitalisation boursière d'une entreprise et son


Actif net comptable. L'attitude du marché vis-à-vis d'une entreprise sera d'autant plus favorable
que le ratio Q sera élevé. A l'inverse, une société dont la valeur du ratio Q est inférieure à 1 est
une société à l'égard de laquelle le marché se montre réservé. Tel est le cas notamment pour
nombre de sociétés Holding. On parlera alors de décote par rapport à la valeur de son actif net
comptable.

Capitalisation boursière
R26 = ratio Q d'une action =---------------------------
Actif net comptable

E - Les ratios de répartition.

a) Les ratios de répartition de la valeur ajoutée de l'entreprise.

Charges de Personnel
R27 = part du Personnel de la valeur ajoutée =--------------------------
Valeur ajoutée

Impôts et taxes + Impôts sur les bénéfices


- Subventions d’Exploitation
R28 = Part de l'Etat de la valeur ajoutée =----------------------------------------------
Valeur ajoutée

Frais financiers
R29 = Part des prêteurs de la valeur ajoutée =--------------------
Valeur ajoutée

Dividendes versés
R30 = Part des actionnaires de la valeur ajoutée =------------------------
Valeur ajoutée

Autofinancement brut
R31 = Part de l'entreprise de la valeur ajoutée =---------------------------
Valeur ajoutée

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109

ratios correspondant aux parts respectives du Personnel, de l'Etat, des


prêteurs, des actionnaires et de l'entreprise elle-même (qui va affecter une part de la richesse
créée à son propre développement.).

b) les ratios associés à la politique de distribution des bénéfices

- Le taux de distribution des bénéfices :

Dividendes à répartir
R32 = taux de distribution des bénéfices =---------------------------------
Résultat net de l'exercice

Nous avons vu antérieurement que la décision de distribution était une variable


clé de la stratégie financière d'une entreprise. Ce ratio R32 permettra à l'observateur de
déterminer si la société en question est de nature à satisfaire les actionnaires ayant une
"orientation - revenu" (préférence pour un taux de distribution élevé) ou au contraire à
satisfaire les actionnaires à "orientation - croissance" (préférence pour un taux de distribution
faible).

- le taux de rendement de l'action

Une autre manière d'appréhender le même problème est


de situer le dividende versé par rapport au cours de l'action.

Dividende net par action


R33 = taux de rendement de l'action =------------------------------
Cours de l'action
les actionnaires à orientation revenu ayant tendance à préférer les titres
ayant un taux de rendement élevé 24 ,les actionnaires à orientation croissance privilégiant pour
leur part les titres à taux de rendement faible.25

F - Les ratios de financement

Tout rapport mesurant le degré de participation de l'une


quelconque des sources de financement à l'augmentation des moyens financiers dont a pu
bénéficier l'entreprise au cours d'un exercice donné, pourrait être retenu dans le cadre de ces
ratios de financement. Toutefois, l'importance décisive de l'une d'entre elles, la procédure
d'autofinancement, justifie qu'on la retienne plus particulièrement.
Pour traduire l'importance de l'autofinancement, on peut se
référer aux ratios suivants :

- Le taux d'autofinancement de l'exercice

24et simultanément un potentiel de hausse du cours limité.


25associé le plus souvent à un potentiel de hausse plus important du cours du titre.

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110

Autofinancement brut
R34 = taux d'autofinancement de l'exercice =-----------------------------------------
Besoins net de fonds de l'exercice

mettant en évidence la part de l'autofinancement brut de


l'entreprise dans l'ensemble des moyens de financements dont a bénéficié l'entreprise au cours
de l'exercice. Ce ratio constitue un indice de l'autonomie de l'entreprise vis-à-vis de ses
fournisseurs de capitaux.

- Le taux de financement interne des immobilisations de l'exercice

L'autofinancement est cette fois apprécié par rapport à


ses utilisations potentielles : ce ratio peut concerner

. soit l'ensemble des Immobilisations

Autofinancement brut
R35 =------------------------------------------------------------------------------------------
Acquisitions d'Actifs immobilisés de l'exercice (Immobilisations incorporelles,
corporelles, financières) + Nouvelles acquisitions en Crédit-bail

. soit les seules immobilisations d'exploitation

Autofinancement brut
R'35 =--------------------------------------------------------------------------------------------
Acquisitions d'Immobilisations corporelles de l'exercice + Nouvelles acquisitions
en Crédit-bail

- Le taux d'amortissement de l'Actif Immobilisé

mesuré par le ratio

Fonds d'Amortissement cumulé des Immobilisations(y compris crédit-bail)


R36 =----------------------------------------------------------------------------------
Actif Immobilisé (valeur brute)(y compris crédit-bail)

qui fournit des indications sur les potentialités futures d'autofinancement (par le biais des
dotations pour amortissement à venir) liées à la structure actuelle des actifs

ou le ratio

Fonds d'Amortissement cumulé des Immobilisations corporelles


(y compris crédit-bail)
R'36 =---------------------------------------------------------------------------
Immobilisations corporelles (valeur brute) ( y compris crédit-bail)

concernant les seules Immobilisations d'exploitation.

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111

Tels sont quelques uns des très nombreux ratios qui sont susceptibles d'aider un
observateur extérieur à mieux appréhender la situation économique et financière d'une
entreprise donnée. Beaucoup d'autres auraient pu être ajoutées à la liste précédente. Notons
toutefois que bien plus que le nombre de ratios compte la pertinence de chacun d'eux : c'est si
vrai que les analystes bancaires font rarement référence à une batterie de ratios aussi
importante, limitant leur analyse à quelques ratios, ceux jugés par eux comme les plus
importants. En ce qui nous concerne, nous agirons de même : pour la suite de notre exposé,
nous nous contenterons de retenir, parmi les 36 ratios évoqués26, ceux qui nous paraissent les
plus significatifs, compte tenu de l'objectif affiché d'évaluation du risque bancaire associé au
demandeur de crédit.

Section 2 Un exemple d'utilisation de la méthode des ratios : application à la société


ABC.

La société ABC est une société industrielle de l'Ouest de la France dont


l'activité principale correspond au secteur "Carrosserie industrielle" (code APE 3115) .
Contrôlée par une holding familiale dont les actionnaires sont les enfants du fondateur de
l'entreprise, l'entreprise a aujourd'hui un peu plus de 200 salariés.
L'essentiel de la fabrication concerne la finition de véhicules commerciaux et
utilitaires, à partir de châssis fournis par la clientèle. Toutefois, récemment les dirigeants de
l'entreprise se sont efforcés de créer une gamme de produits "maison" s'appuyant sur quelques
châssis de constructeurs, gamme génératrice de séries de fabrication s'ajoutant aux activités
traditionnelles de "prêt-à-porter" de la société.
Longtemps basée sur un seul site, l'activité industrielle de l'entreprise, à la suite
de récentes acquisitions par voie de croissance externe, se trouve répartie désormais sur 3 sites
assurant désormais une couverture correcte du marché national aux produits fabriqués par
l'entreprise.
Les ratios de situation générale évoqués précédemment permettent de compléter
la description de l'entreprise27 :

2649 si l'on ajoute aux 36 ratios précédents les 13 ratios de situation générale de l'entreprise.
27à titre de comparaison, sont présentés en parrallèle les mêmes ratios pour la société CROUZET(devenue
SEXTANT AVIONIQUE) dont nous avons présenté les documents comptables et financiers précédemment et
pour la société CIMENTS FRANCAIS.

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112

SITUATION GENERALE DE L'ENTREPRISE Société ABC CROUZET CIMENTS


SEXTANT FRANÇAIS
1991 AVIONIQUE
1991 1991
Part du chiffre d'affaires à l'exportation 0.02 0.25 0.03
Part du chiffre d'affaires produit par l'entreprise 0.97 1.00 0.99
Part de la production effectuée par l'Entreprise ε 0.01 ε
pour elle-même
Taux de recours à la sous-traitance 0.00 0.54 0.00
Taux de recours à du Personnel Extérieur 0.00 0.11 0.02
Taux d'équipement des salariés 47 KF/sal. 90 KF/sal. 712 KF/sal.
Taux d'effort d'Investissement 0.07 0.11 0.10
Taux de renouvellement du capital productif 1.17 0.84 0.68
Degré de financiarisation de l'entreprise 0.11 0.43 0.64
----------------------------------------------------- ------------- --------------- ---------------
Taux de variation du chiffre d'affaires -- -- --
Taux de variation du chiffre d'affaires à - 0.07 -0.06 0.01
l'exportation - 0.33 -0.09 0.02
Taux de variation de la valeur ajoutée 0.01 -0.11 -0.04

L'entreprise ABC apparaît être une entreprise dont l'activité est concentrée sur
le marché national (98%)
1/ dont le caractère financier est peu marqué ( 11% seulement de son actif
immobilisé est de nature financière)
2/ caractérisée à titre quasi- exclusif par la vente de produits transformés (97%)
et donc dont l'activité de revente en l'état de marchandises est quasi- négligeable.
3/ assurée par l'entreprise par ses propres moyens (pas de recours à la sous-
traitance, ni appel à du Personnel extérieur)
4/ à partir d'un niveau modeste de capital technique (47 KF par salarié)
caractéristique d'une industrie légère peu gourmande en capitaux.
5/ dont l'effort d'investissement est faible ou s'est ralenti28
6/ qui a accusé au cours du dernier exercice une baisse marquée de son chiffre
d'affaires intérieur (-7%), et plus marquée encore de son chiffre d'affaires extérieur (-33%)29
7/ tout en réussissant à maintenir, et même augmenter légèrement, en dépit de la
chute d'activité (conjoncturelle?), le niveau de sa valeur ajoutée.

En contrepoint, il est intéressant de comparer la situation d'ABC avec celle de la


Société SEXTANT AVIONIQUE, maison mère d'une douzaine de sociétés dont elle détient de
80% à 100% du capital, et détentrice de participations significatives (16% à 34%) dans quatre
autres sociétés, elle-même filiale commune industrielle des groupes AEROSPATIALE (34%)
et THOMSON (66%), dont les activités 'Aéronautique’, ‘composants industriels.’) sont très
dépendantes de l'évolution d'un marché international très concurrentiel. La série des ratios de

28à titre de comparaison l'investissement des entreprises en 1992 (733 milliards de francs) représentait 10% du
Produit Intérieur brut de la même année, en baisse de 5,6 points par rapport à l'année précédente, laquelle était
déjà en retard de 2,6% par rapport à l'année 1990.
29laquelle, il est vrai, est peu représentative compte tenu du caractère modeste de son chiffre d'affaires à
l'exportation.

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113

Situation Générale de SEXTANT AVIONIQUE reflète cette situation particulière de


l'entreprise concernée.

Dans un premier temps nous nous limiterons à la présentation de l'ensemble des


ratios relatifs à un seul exercice.
Nous nous ferons toutefois l'avocat dans un second temps d'un élargissement de
la méthode des ratios : élargissement tout d'abord au niveau d'une entreprise donnée en
comparant les ratios obtenus sur plusieurs exercices successifs; élargissement ensuite dans le
cadre d'une comparaison inter-entreprises, permettant de situer la situation d'une entreprise par
rapport à une entreprise concurrente ou un ensemble d'entreprises similaires ayant la même
activité principale.30

A- Application dans le cadre de l'analyse d'un seul exercice.

le tableau ci-dessous est le résultat de l'application de DIALOGUE108


aux documents comptables et financiers de la Société ABC pour l'exercice 1991.

Tableau des ratios de l'exercice 1991.

30compte tenu de l'importance des calculs à effectuer, il peut être intéressant à ce stade de faire appel à un
logiciel spécialisé permettant d'automatiser une procédure de calcul somme toute assez ennuyeuse. l'intérêt d'un
tel logiciel est d'autant plus grand qu'à son usage sont associées
. une amélioration de la productivité de l'analyste
. une exactitude au moindre coût
. une économie de temps pour l'analyste qui peut alors consacrer le temps
économisé à une analyse de fond du dossier.
De nombreux logiciels de ce type sont actuellement utilisés, ayant été développés, soit en interne au sein des
établissements bancaires, soit par diverses SSII. Pour notre part nous nous appuierons pour effectuer nos
propres travaux d'analyse financière sur le logiciel DIALOGUE, produit développé au sein du Centre d'Etudes
et de recherches Financières Appliquées (CEREFIA) de l'Université de RENNES par F. HUITOREL

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114

SOCIETE ABC Exercice 1991

NATURE DES RATIOS FINANCIERS EQUILIBRE ACTIVITE PERFORMAN REPARTITION FINANCEMEN


RETENUS FINANCIER CE T INTERNE
R1 Ratio de liquidité générale 1.13
R'1 Ratio de fonds de roulement (en jours) 15.61 jours
R2 Ratio de trésorerie 0.62
R'2 ratio de trésorerie (en jours) - 14.69 jours
R'3 Ratio de liquidité bancaire (en jours) 0.56 jours
R4 Ratio d'endettement à long terme 0.71
R5 Ratio d'endettement total (Statique) 3.63
R6 Ratio d'endettement total (Dynamique) 12.95
R7 Ratio d'endettement bancaire à terme 0.18
R8 Ratio des crédits bancaires courants 0.10
R'8 Ratio des C.B.C./B.F.R. 0.39
R9 Ratio de charge financière 0.02
R10 Vitesse de rotation des actifs d'expl. 1.67
R11 Vitesse de rotation des stocks 5.76
R12 Stock disp. M.P. et Approv. (en jours) 66.37 jours
R13 Stock d'encours (en jours) 63.81 jours
R14 Stock disp. pr. int. et finis (en jours) 6.50 jours
R15 Crédit accordé à la clientèle (en jours) 52.66 jours
R16 Crédit obtenu des fournisseurs (en jours) 90.71 jours
R17 Taux de valeur ajoutée 0.45
R18 Productivité du travail 184.25 KF
R19 Productivité des équipements 4.47 KF
R20 Taux de marge commerciale 0.27
R21 Taux de marge brute d'exploitation 0.06
R22 Tx de rent. éco. brute des actifs d'expl. 0.11
R23 Tx de rent. éco. nette des actifs d'expl. 0.07
R24 Tx de rent. nette des cap. propres 0.09
R25 P/E du titre non concernée
R26 Ratio Q non concernée
R27 Part du personnel de la valeur ajoutée 0.83
R28 Part de l'état de la valeur ajoutée 0.06
R29 Part des prêteurs de la valeur ajoutée 0.04
R30 Part des actionnaires de la val.ajoutée 0.00
R31 Part de l'entreprise de la valeur ajoutée 0.06
R32 Taux de distribution des bénéfices 0.14
R33 Taux de rendement de l'action non concernée
R34 Taux d'autofinancement de l'exercice 0.80
R35 Tx de fin. interne des inv. d'expl. de l'ex. 0.95
R36 Tx d'amortissement des immob. d'expl. 0.57

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115

Quelques caractéristiques de l'entreprise apparaissent à la lecture des ratios financiers


du tableau précédent.

l'entreprise ABC dispose d'un fonds de roulement net positif; toutefois ses
besoins en fonds de roulement dépassant la marge de sécurité correspondant au fonds de
roulement net, la trésorerie est négative (d'environ 15 jours d'activité)
une explication à cette situation est la longueur du cycle d'exploitation,6 mois
,nécessitant un volume de financement élevé de la part de l'entreprise, celui-ci n'étant que
partiellement comblé par le crédit-fournisseurs (3 mois).

En terme de structure financière, la société apparaît très endettée, puisque ayant


3.63 francs de dettes (de toutes natures) pour 1 F de capitaux propres, et que le
remboursement de l'ensemble de ces dettes nécessiterait près de 13 années sur la base de la
capacité d'autofinancement actuelle.

Par ailleurs, la rentabilité d’exploitation de l'entreprise en 1991 est faible 11%


(avant amortissements), 7% (après amortissements) calculés sur la base des actifs
d'exploitation, la rentabilité de ses fonds propres 9% étant à peine supérieure malgré un
endettement élevé et son effet de levier habituel.
Au total, au terme de ce premier examen, la première impression que donne
cette première batterie de ratios est celle d'une entreprise dont la situation financière paraît
fragile, qui gagnerait - à conforter sa base de fonds propres pour pouvoir franchir sans
dommages un éventuel ralentissement de son activité dans une conjoncture dépressive.
- à alléger dans la mesure du possible le poids de ses
31
stocks afin de réduire significativement le niveau de son endettement à court terme.
Notons toutefois qu'il est souhaitable de ne pas s'en tenir à l'examen des ratios
de cette seule année 1991, mais de prolonger l'analyse sur plusieurs années consécutives
(les 3 dernières ? les cinq dernières ?) pour mettre en évidence la tendance d'évolution récente
de cette situation financière.

B- Application dans le cadre d'une succession d'exercices : analyse de la tendance


d'évolution

La méthode présentée précédemment laisse en effet à désirer dans la mesure où


elle néglige un élément d'appréciation très important de la situation financière d'une entreprise :
la tendance d'évolution de cette situation au cours des récentes années. Pour un banquier qui se
voit demander une ouverture de crédit, la situation financière de l'entreprise ne constitue que
l'un des éléments d'appréciation : savoir si cette situation financière est en train de s'améliorer
ou au contraire de se détériorer en constitue un autre. La conjonction d'une situation financière
médiocre mais s'améliorant régulièrement n'aura pas le même effet négatif au cours de
l'instruction du dossier que la prise en considération isolée de cette situation financière
médiocre..

Ce besoin se manifeste au niveau du demandeur de crédit par l'obligation pour


celui-ci de fournir au banquier les documents comptables et financiers relatifs aux exercices
précédents (généralement un minimum de trois à cinq exercices).

31Matières premières et Approvisionnements essentiellement.

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116

Le logiciel DIALOGUE permet l'analyse des documents comptables sur une


durée pouvant atteindre jusqu'à 5 années; c'est à une durée de 3 ans que correspond l'exemple
retenu.

Les écrans de résultat du logiciel DIALOGUE sont constitués de un tableau et


un graphique :
. au tableau correspond la batterie des x ratios choisis sur les n années (ici
3) de la période d'observation : elle a l'intérêt de nous indiquer comment ont évolué les diverses
caractéristiques financières de l'entreprise au cours de cette période.

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117

TABLEAU D'EVOLUTION DE LA SITUATION FINANCIERE DE LA SOCIETE ABC


= stabilité
> augmentation
< diminution

NATURE DES RATIOS RETENUS t-2 t-1 t Evolution


t/t - 2
R1 Ratio de liquidité générale 1.07 1.14 1.13 >
R'1 Ratio de Fonds de roulement (en jours) 4.15 jours 11.50 jours 15.61 jours >
R2 Ratio de trésorerie 0.70 0.67 0.62 <
R'2 Ratio de trésorerie (en jours) -4.91jours -18.15jours -14.69 jours <
R'3 Ratio de liquidité bancaire (en jours) 0.24 jour 1.75 jours 0.56 jours >
R4 Ratio d'endettement à long terme 0.72 0.76 0.71 =
R5 Ratio d'endettement total (statique) 4.98 4.61 3.63 <
R6 Ratio d'endettement total (dynamique) 10.34 12.44 12.95 >
R7 Ratio d'endettement bancaire à terme 0.15 0.18 0.18 >
R8 Ratio des crédits bancaires courants 0.03 0.14 0.10 >
R'8 Ratio des C.B.C./BFR 0.31 0.55 0.39 >
R9 Ratio de charge financière 0.02 0.02 0.02 =
R10 Vitesse de rotation des actifs d'expl. 1.71 1.75 1.67
R11 Vitesse de rotation des stocks 8.10 6.64 5.76 <
R12 Stock Mat.Prem..et Appr.(en jours) 45.66 jours 46.16 jours 66.37 jours >
R13 Stock d'encours (en jours) 49.71 jours 62.51 jours 63.81 jours >
R14 Stock Produits interm.et finis(en jours) 3.74 jours 18.62 jours 6.50 jours >
R15 crédit accordé à la clientèle (en jours) 66.84 jours 60.57 jours 52.66 jours <
R16 crédit obtenu des fournisseurs (en jours) 111.30 jour 89.98 jours 90.71 jours <
R17 Taux de valeur ajoutée 0.44 0.40 0.45 =
R18 Productivité du travail 174 KF 177 KF 184 KF >
R19 Productivité des équipements 4.36 KF 4.91 KF 4.47 KF =
R20 Taux de marge commerciale 0.32 0.24 0.27 <
R21 Taux de marge brute d'exploitation 0.07 0.06 0.06 =
R22 Taux de rent.éco.brute des actifs d'expl. 0.14 0.12 0.11 <
R23 taux de rent. éco.nette des actifs d'expl. 0.10 0.08 0.06 <
R24 Taux de rent. nette des capitaux propres 0.25 0.15 0.09 <
R25 P/E de l'action n.c n.c n.c
R26 Ratio Q de l'action n.c n.c n.c
R27 Part du personnel de la valeur ajoutée 0.80 0.82 0.83 >
R28 Part de l'Etat de la valeur ajoutée 0.07 0.07 0.06 =
R29 Part des prêteurs de la valeur ajoutée 0.04 0.04 0.04 =
R30 Part des actionnaires de la valeur ajoutée 0.00 0.01 0.00 =
R31 Part de l'entreprise de la valeur ajoutée 0.09 0.07 0.06 <
R32 Taux de distribution des bénéfices 0.15 0.14 0.14 =
R33 Taux de rendement de l'action n.c n.c n.c
R34 Taux d'autofinancement de l'exercice 1.15 0.67 0.80 <
R35 Tx de Fin.interne des Inv.d'expl.de l'exer 3.62 1.18 0.95 <
R36 Tx.d'amortissement des Immob. d'expl. 0.55 0.58 0.57 =

( C) 1994/1999 Alain GALESNE Le Diagnostic bancaire de l'Entreprise ,RENNES: Cerefia


118

D'une manière générale, on observe que la société a vu au cours des 3 dernières


années
. son fonds de roulement net s'améliorer
. sa trésorerie se détériorer (nous en voyons une des raisons essentielles en
consultant l'évolution des ratios d'activité : la progression importante du niveau des stocks de
matières premières et d'encours, et parallèlement la réduction du crédit-fournisseurs.)
. son endettement total se réduire en volume, même s'il continue à croître évalué
en terme d'années d'autofinancement, en raison de la baisse de la capacité d'autofinancement de
l'entreprise
. se maintenir son taux de valeur ajoutée et son taux de marge brute
d'exploitation,
. se détériorer la rentabilité économique des capitaux engagés dans
l'exploitation, (en brut et en net) ainsi que la rentabilité des capitaux propres investis dans
l'affaire
. se détériorer la capacité qu'a l'entreprise de financer de manière autonome son
développement (diminution de la part de la valeur ajoutée dévolue à l'entreprise, diminution de
son taux d'autofinancement32).

. le graphique suivant illustre cette première série de résultats :

(graphique RATIOS ABSOLUS)

Un simple coup d'oeil au graphique concerné est suffisant pour identifier visuellement
les évolutions notées précédemment (l'indice 100 correspondant à l'année t - 2) au cours de la
période; c'est à dire

- une augmentation modérée de son ratio de fonds de roulement


- une dégradation de son niveau de trésorerie
- un endettement en régression
- une diminution de la vitesse de rotation des capitaux circulants, liée à
la progression des stocks.
- une diminution de la rentabilité économique de l'affaire
- une dégradation de sa capacité d'autofinancement.

tous ces éléments permettant d'atténuer ou de conforter le jugement porté


précédemment à partir des ratios de la seule année en cours.

32notons toutefois qu'elle demeure encore en position d'autofinancer la quasi-totalité de ses investissements
d'exploitation.

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119

Graphique RATIOS ABSOLUS

C- Application dans le cadre d'une comparaison intra-sectorielle

Il est souhaitable en effet que l'appréciation de la qualité d'une entreprise


se fasse par référence aux entreprises du même secteur. Il est probable que face à la même
conjoncture, toutes les entreprises du secteur seront soumises aux mêmes difficultés, ou à
l'inverse bénéficieront des mêmes conditions favorables. Dans ce cadre, une comparaison inter-
entreprises intra-sectorielle est utile pour l'analyste dans la mesure où elle lui permet de
connaître si l'entreprise étudiée réussit mieux ou moins bien que les autres entreprises du
secteur face à cette conjoncture commune.

ce souci de comparaison intra-sectorielle des entreprises lors de


l'instruction des dossiers de demande crédit a conduit les banques prêteuses à se constituer des
Centrales de bilans internes à partir des dossiers de leurs clients régulièrement tenus à jour.
Parmi les plus anciennes (1964), notons celle du CREDIT NATIONAL regroupant aujourd'hui
près de 3000 sociétés, c'est à dire la quasi-totalité des grandes sociétés françaises cotées ou
non cotées.
ou celle de la CAISSE DES DEPOTS ET CONSIGNATIONS qui,
après avoir suivi pendant de très nombreuses années (de 1957 à 1984) par l'intermédiaire d’une
de ses filiales, la SEDES (société d'Etudes Pour le Développement Economique et Social), la
totalité des sociétés cotées en bourse, a renoué avec cette tradition depuis 1986 par
l'intermédiaire d'une autre de ses filiales, la COREF, en collectant cette fois les documents
comptables consolidés de 600 groupes français cotés ou non cotés.
Pour les PME, le coût de constitution et de mise à jour d'une banque de
données regroupant plusieurs dizaines de milliers de clients potentiels serait toutefois
rédhibitoire. Aussi pour une banque commerciale est-il préférable de faire appel à certaines
banques de données financières comme la Centrale des Bilans de la Banque de France couvrant
début 1990 environ 27000 entreprises, ou celles développées par les Sociétés de
Renseignements Commerciaux et Financiers (SCRL via DIANE)33, ou le réseau des Greffes de
Tribunaux de Commerce (via GREFTEL , INFOTEL ou INTERGREFFE).

33utilisée
notamment par la Société Générale. Le Crédit Lyonnais pour sa part utilise les services de la Société
ORT, et le CIC la société S et W, deux autres sociétés de Renseignements commerciaux.

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120

Selon la source des informations recueillies deux formes de comparaison


intra-sectorielle peuvent être envisagées :

- la plus simple correspond à la situation où la comparaison est effectuée


avec une entreprise dûment identifiée comme entreprise représentative du secteur. Dans ce cas,
il suffit d'introduire comme données de DIALOGUE les bilan, Compte de Résultat et Annexe
de l'entreprise représentative concernée, et d'en tirer, par simple rapprochement des ratios
calculés pour l'entreprise représentative du secteur et l'entreprise étudiée, la situation financière
relative de l'entreprise étudiée.

Graphique RATIOS RELATIFS

Le graphique ci-dessus illustre pour l'exercice étudié cette situation financière


relative de l'entreprise par rapport à une autre entreprise du secteur , à supposer que
l'établissement bancaire ait parmi sa clientèle une autre entreprise X du même secteur qu'elle
puisse considérer comme entreprise représentative du secteur34.

De ce graphique, on déduit, immédiatement et visuellement si l'entreprise


étudiée est plus liquide, plus endettée, plus performante... que l'entreprise représentative du
secteur.

- plus délicate est la comparaison intra-sectorielle lorsque dans un secteur donné, il n'y
a pas une entreprise qui pourrait être associée à la norme du secteur. Dans ce cas, c'est par
rapport à l'ensemble des entreprises constituant le secteur que l'on doit se situer. Contrairement
à la situation précédente qui ne nécessitait que la fourniture de données brutes issues des
documents comptables et financiers d'une entreprise, cette nouvelle approche nécessite de la
part du fournisseur de données un traitement préalable de l'ensemble des entreprises du secteur
concerné et la mise au point de données calibrées aisément interprétables par l'utilisateur

34chaque ratio calculé de l'entreprise représentative étant associé à l'indice 100 de la comparaison.

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121

éventuel. Ceci se traduit généralement par le pré-calcul de ratios correspondant aux déciles ou
aux quartiles de la distribution des ratios des entreprises du secteur.
Tel est notamment le cas pour la Centrale des Bilans de la Banque de France qui
fournit de tels renseignements35 depuis 1968 par secteur d'activité36 et par taille d'entreprise (en
fonction de l'importance de sa valeur ajoutée)37 pour 32 ratios. A titre d'exemple pour les 4
premiers ratios Banque de France un recours aux Références sectorielles BdF pour le secteur
3115 (APE) secteur auquel appartient la société ABC, et pour la classe 3, classe à laquelle
appartient la société ABC38, nous obtiendrions pour l'année 1991

Activité 3115 Taille 3


Année 1990-1991
Tableau des ratios Centrale des Bilans BdF

No Désignation Moyenne Q1 Q2 Q3 Année

01 Taux de variation du + 11 % + 2.5 % + 9.4 % + 16.6 % N-1


chiffre d'affaires + 1.8 % - 4.0 % + 1.9 % + 11.9 % N

03 Taux de variation de la 14.1 % + 2.8 % + 16.6 % + 28.9 % N-1


valeur ajoutée cdb - 0.6 % - 2.3 % - 0.7 % + 7.3 % N

04 Taux d'exportation 14.9 % 3.9 % 13.2 % 23.9 % N-1


18.0 % 4.9 % 16.5 % 30.2 % N

05 Taux de marge 28.8 % donnée non fournie N -1


commerciale 16.2 % donnée non fournie N

Les difficultés rencontrées à cette étape sont de plusieurs ordres et d'importance


inégale.

- une première difficulté peut naître de l'absence de correspondance entre les


ratios retenus (et imposés) par le Service d'analyse financière de la Centrale des Bilans de la
Banque de France et ceux auxquels est attaché l'analyste ou est attachée sa direction. De ce
point de vue, est rarement constatée une parfaite correspondance entre les exigences des uns
(au niveau de la banque commerciale) et l'offre rigide de l'autre (la centrale de la Banque de
France)39

35suivant en cela l'exemple américain de DUN et BRADSTREET.


36700 secteurs d'activité (nomenclature APE)
374 classes étant retenues
classe 1 VA <10MF
classe 2 10MF≤VΑ<20 MF
classe 3 20MF≤VA<50 MF
classe 4 VA>50 MF
38l'entreprise ayant une valeur ajoutée de 30 millions de Francs en 1991.
39Notons que cette difficulté n'apparaît pas ici puisque les 32 ratios faisant l'objet de publication sectorielle font
partie de la batterie que nous avions préalablement retenue, le seul problème existant relativement mineur étant
que pour certains d'entre eux (cf. tableau de correspondance) nous n'avions pas retenu la définition du ratio BdF
mais son inverse.

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122

Tableau de correspondance entre les ratios de DIALOGUE et les ratios BdF ABC 1991

Ratios de Ratios Définition Ratios de Définition ratios BDF


DIALOGUE BDF DIALOGUE
TXVCA R1 CAhtN - CAhtN-1 CAhtN - CAhtN-1
---------------------= - 0.07 --------------------- = - 0.07
CAhtN-1 CAhtN-1
TVXVVA R3* VA N - VA N-1 VA N - VA N-1
------------------ = + 0.01 ------------------ = + 0.01
VA N-1 VA N-1
EXPORT R4 CA à l'export Exportations
--------------- = 0.02 -------------- = 0.02
CA ht CA ht
MARGECOM R5 Marge commerciale Marge commerciale
------------------------------- = 0.27 -------------------------------- = 0.27
ventes de Marchandises HT Ventes de marchandises HT
TXVA R6 Valeur ajoutée Valeur ajoutée CdB
-------------------------= 0.45 ---------------------------------- = 0.43
production+Ventes de Production+ventes de march.+
March.+Subv.d'expl. Subv. d'exploitation
1/EFFACTEX R7 Actifs d'exploitation Capital d'exploitation moyen
(Immob.d'expl+BFRE) --------------------------------= 0.85
--------------------------- = 0.91 Valeur ajoutée CdB
Valeur ajoutée
EQUIPSAL R8* Actifs immobilisés d'expl. Equipement productif moyen
------------------------------ = 44KF --------------------------------- = 97KF
Effectifs Effectifs
EFFSALAR R9 Valeur ajoutée Valeur ajoutée CdB
----------------- = 184 KF ----------------------= 175KF
Effectifs Effectifs
EFFEQUIP R10 Valeur ajoutée valeur ajoutée CdB
------------------------------- = 4.47 ---------------------------------= 1.81
Actifs immobilisés d'expl. Equipement productif moyen
Immob.corporelles(y compris
Crédit-bail)
TXEFFORT R11* Investissement productif Investissement productif
------------------------------- = 0.07 ----------------------------= 0.07
Valeur ajoutée Valeur ajoutée CdB
* ratio figurant parmi les points clés de l'analyse BdF.

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123

CLIENT R13 Clients+Eff.esc.et non échus Clients+Créances cédées


---------------------------------x 360 = 55.2 (encours moyen de l'exercice)
Chiffre d'affaires TTC ------------------------------------x 360= 61.65
Chiffre d'affaires TTC
FOURN R14 Fournisseurs Fournisseurs-Avances versées
----------------------------x 360 = 91.4 (encours moyen)
Achats et Charges -------------------------------------x 360=99.75
externes TTC Achats et Charges externes TTC
STODISMA R15 Stocks de marchandises stocks moyens de marchandises
-----------------------------x 360 = 0.00 --------------------------------------x360=0.00
Coût d'achat des Achats de marchandises HT
march. vendues HT
STOENCOURS R16 Stocks Encours de Production Stocks produits-Avances reçues
+ ----------------------------------x360 (encours moyen)
Coût de revient des produits --------------------------------------x360=28.7
STODISFI vendus HT Production de l'exercice HT
+
Stocks Produits internes et finis
----------------------------------x360 = 31.3
Coût de revient des produits vendus
STODISMP R17 Stocks de MP et Approv. Stocks moyens MP et Approv.
-------------------------------x 360 = 66 --------------------------------------x360=63.05
Coût d'achat des MP Achats de MP et Approv.HT
utilisées HT
BFREJOUR R18 Besoins en Fonds de Besoins en Fonds de
* Roulement d'expl. Roulement d'exploitation
--------------------------x 360 = 44.75 -------------------------------x 360=44.75
Chiffre d'affaires HT Chiffre d'affaires40 HT
MARGEXPL R19 Excédent brut d'expl. Excédent brut d'exploitation
* ------------------------- = 0.06 ---------------------------------- = 0.06
Chiffre d'affaires HT Chiffre d'affaires HT
TXREBCEX R20 Excédent brut d'expl. Excédent brut d'exploitation
* ------------------------- = 0.11 ---------------------------------- = 0.15
Actifs d'exploitation Capital d'exploitation moyen
TXRENCEX R21 Résultat d'exploitation Excédent Net d'exploitation
--------------------------- = 0.07 ----------------------------------- = 0.10
Actifs d'exploitation Capital d'exploitation moyen
ENDTSTA R23 Ensemble des dettes (y compris Endettement + groupe et associés
* Crédit-bail et effets esc.) ---------------------------------------- = 1.57
------------------------------------- = 3.63 Financement propre
Fonds propres
ENDTBANQ R24 Emprunts bancaires Emprunts bancaires + Crédits
---------------------------------------- = 0.18 bancaires courants
Ensemble des dettes (y compris ------------------------------------- = 0.33
Crédit-bail et effets escomptés) Endettement total
CCB R25 ccb + effets escomptés non échus ccb
---------------------------------------- = 0.10 ---------------- = 0.11
Ensemble des dettes Endettement

40à remplacer par le volume d'affaires si différent du Chiffre d'affaires.

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124

FRN R26* capitaux permanents Financement stable


(y compris crédit-bail) ----------------------- = 0.81
--------------------------- = 1.44 Capitaux investis
Actif immobilisé à LT
(y compris crédit-bail)
CCBBFR R27 Crédits bancaires courants+ Crédits bancaires courants
effets esc.non échus -------------------------------------- = 0.37
------------------------------------- = 0.39 Besoins en Fonds de Roulement
Besoins en fonds de Roulement
(y compris effets esc.non échus)
PERS R28a Charges de Personnel+Pers. Charges de Personnel
ext.+Partic. sal. -------------------------- = 0.88
-------------------------------- = 0.83 Valeur ajoutée Globale
Valeur ajoutée
ETAT R28b Impôts et Taxes+I.S.- Impôts sur les bénéfices
Subv. d'exploitation -------------------------- = 0.01
----------------------------- = 0.06 Valeur ajoutée globale
Valeur ajoutée
DIV R28c Dividendes distribués au cours de Intérêts(groupe)et distribution
l'exercice ------------------------------------- = 0.00
----------------------------------- = 0.00 Valeur ajoutée globale
Valeur ajoutée
FRAISFI R28d Intérêts débiteurs+Charges Intérêts sur endettement
financières Crédit-bail ------------------------------ = 0.04
--------------------------------- = 0.04 Valeur ajoutée globale
valeur ajoutée
SOC R28e Autofinancement+ Amort. Autofinancement
théorique Crédit-bail --------------------------- = 0.08
-------------------------------- = 0.06 Valeur ajoutée globale
Valeur ajoutée
CHARGEFI R31 Intérêts débiteurs+ charges Intérêts
financières Crédit-bail ------------------------- = 0.02
-------------------------------- = 0.02 Chiffre d'affaires HT
Chiffre d'affaires HT
POIDSINT R32* Intérêts débiteurs+ charges Intérêt
financières Crédit-bail ---------------------------------- = 0.34
---------------------------------- = 0.33 Excédent brut global
Excédent brut d'exploitation
1/ ENDTDY R33 Capacité d’autofinancement Capacité d'autofinancement
------------------------------------- = 0.08 --------------------------------- = 0.07
Ensemble des dettes(y compris Crédit- Endettement moyen
bail et effets escomptés)
TXAFB R36* Autofinancement Autofinancement
------------------------------------ = 0.80 ----------------------- = 1.30
Besoins de financement de l'ex. Emplois nets

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125

- une seconde difficulté, plus gênante lors d'une analyse intra-sectorielle, résulte du fait
que le contenu de certains agrégats utilisés dans le calcul des ratios peuvent différer selon le
fournisseur de données retenu.
Il en est ainsi de la Centrale des Bilans de la Banque de France qui sur plusieurs
points retient des définitions de soldes différentes de celles que nous avions antérieurement
retenues ; les différences essentielles portent sur :

- les modalités de calcul des soldes intermédiaires de Gestion

La Centrale des Bilans de la Banque de France utilise pour certains des


soldes intermédiaires de Gestion, (Valeur ajoutée cdb, excédent brut d'exploitation cdb) des
modalités de calcul différentes de celles que nous avions retenues41, et crée des soldes
intermédiaires de Gestion supplémentaires (valeur ajoutée globale, Excédent brut global)
consistant à ajouter aux valeur ajoutée et excédent brut d'exploitation, les surcroîts de valeur
ajoutée et d'excédent brut associés aux opérations hors exploitation (financières,
exceptionnelles).
Tous ces éléments ne seront pas sans incidence sur l'estimation des
divers ratios intégrant au numérateur ou au dénominateur l'un ou l'autre de ces divers soldes,
élément rendant délicate une comparaison intra-sectorielle.

- l'utilisation d'une présentation fonctionnelle du bilan de type " pool de fonds"

Alors que dans la présentation traditionnelle du bilan, les Actif et passif


sont présentés nets de dépréciation (Amortissement, Provisions) la centrale des bilans de la
Banque de France retient une présentation de l'Actif en brut, le montant cumulé des
Amortissements effectués au titre de dépréciation des Actifs étant inscrit en tête du Passif, et
assimilé à des Fonds Propres.
Cette présentation n'est pas sans intérêt : elle a le mérite de tenir compte
formellement de l'existence du multiplicateur d'amortissement étudié ailleurs42 lors de notre
discussion relative au choix d'une politique d'amortissement, et de reconnaître qu'un
équipement convenablement entretenu garde sa valeur d'usage tant qu'il est apte à assurer le
service pour lequel il a été acquis, quand bien même les amortissements comptables successifs
auraient réduits à néant la valeur nette comptable de cet actif. La méthode retenue par la
Banque de France équivaut à conserver la pleine valeur de l'équipement à son prix d'achat tant
que cet équipement figure parmi les immobilisations de l'entreprise43, et à faire comme si les
flux annuels successifs d'amortissement alimentaient un fonds de Renouvellement des actifs qui
aura pour fonction, le moment venu, de permettre le remplacement des biens actuellement en
activité.

41ainsi à titre d'exemple la valeur ajoutée cdb est-elle calculée, après déduction des Impôts, Taxes et
Versements Assimilés, et non avant déduction de ce poste comme suggéré antérieurement, ceci entraînant une
sous-estimation de la valeur ajoutée cdb et partant des différences dans les ratios obtenus selon l'une ou l'autre
méthode; parallèlement ceci entraîne des différences de définition dans le contenu de certains ratios : ainsi le
numérateur du ratio 28 b représentatif de la Part de l'Etat dans la valeur ajoutée se réduira t-il à l'impôt sur les
bénéfices, dans la définition Banque de France, alors que selon notre approche il convient d'y maintenir le
montant des "Impôts, taxes et Versements assimilés".
42 voir A.GALESNE Les Décisions financières de l’entreprise:le Financement des Entreprises (I):
Rennes,Cerefia,,chapitre 2
43c'est à dire tant qu'il n'est pas cédé ou déclassé.

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126

Si cette présentation n'est pas sans intérêt, notons toutefois que le plus
souvent les analystes bancaires, dans le cadre de leur utilisation de la méthode des ratios,
calculent ces ratios à partir du bilan net. C'est la raison pour laquelle nous avions retenu
précédemment cette approche 44en net.
Mais il est dès lors difficile, là encore, de procéder à des comparaisons des
ratios calculés selon l'une ou l'autre des méthodes concurrentes, la méthode Banque de France
ayant pour effet de surestimer (par rapport à la méthode retenue par nous) chacun des postes
de l'Actif soumis à dépréciation, et au Passif le poste Fonds Propres.

- les modalités de calcul du capital d'exploitation

L'intérêt particulier porté au capital d'exploitation résulte du fait que


c'est de l'exploitation que l'entreprise tire normalement l'essentiel de son résultat45. Toutefois de
la manière de calculer la valeur des actifs affectés à l'exploitation va dépendre, pour un niveau
de résultat donné, le taux de rentabilité de cette exploitation.
Deux méthodes de calcul du volume des capitaux mis en oeuvre dans
l'exploitation sont possibles :

- la première consiste à totaliser l'Actif immobilisé d'exploitation


(essentiellement les Immobilisations corporelles auxquelles on a ajouté les éventuelles
acquisitions en crédit-bail) et l'Actif de roulement d'exploitation (stocks et encours, Avances et
Acomptes versés sur commandes, Créances d'Exploitation, Charges constatées d'avance).
Cette modalité de calcul, que nous avions retenu précédemment46, a l'avantage de donner une
mesure juste du niveau des capitaux immobilisés dans l'exploitation, indépendamment de la
manière dont ces capitaux seront financés.
- la seconde, et c'est celle retenue par la Centrale des bilans de la Banque
de France, consiste à totaliser l'Actif immobilisé d'exploitation et les besoins en Fonds de
Roulement d'exploitation. (Actif de Roulement d'exploitation - Passif de roulement
d'exploitation47), c'est à dire à ne retenir parmi les capitaux mis en oeuvre dans l'exploitation
que la partie de l'Actif de roulement d'exploitation qui n'est pas financée par le Passif de
roulement d'exploitation. Ce choix conduit, par rapport à la première solution, à une sous-
estimation des capitaux effectivement mis en oeuvre, et une surestimation du taux de rentabilité
des capitaux engagés dans l'exploitation, entraînant là encore une autre source de difficultés
lors d'une analyse comparative intra-sectorielle à partir des ratios Banque de France.

Aussi, pour pallier ces difficultés ,est-il souhaitable d'homogénéiser les


termes de la comparaison : la solution la plus facile à mettre en oeuvre consiste dès lors, au
stade de la comparaison intra-sectorielle, de recalculer pour l'entreprise étudiée, les 32 ratios
retenus par la Centrale des Bilans de la Banque de France, tels qu'ils sont définis et mesurés par
celle-ci. La comparabilité entre les nouveaux ratios de l'entreprise et ceux des publications
sectorielles de la Centrale étant désormais totale, il est possible de situer la position de

44même si DIALOGUE permet l'une ou l'autre des 2 approches.(consulter le manuel d’utilisation de


DIALOGUE sur le site Internet du CEREFIA (Université de Rennes I /Faculté des sciences
économiques/Cerefia/Logiciels/Dialogue)
45il peut en aller différemment lorsque l'entreprise procède, une année donnée, à une opération exceptionnelle
génératrice de plus-value importante (cession.d’actifs....).
46sous la dénomination d'Actifs d'exploitation.
47sous la dénomination de capital d'exploitation.

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127

l'entreprise (en termes de structure financière, d'activité, de performance, de répartition et de


financement) par rapport à l'ensemble des autres entreprises du secteur concerné.

Le tableau ci-après présente les termes de cette comparaison pour la société ABC :

COMPARAISON INTRA-SECTORIELLE : ABC / secteur APE 3115 année 1991

Ratio Définition ratios BDF Ratios Ratios sectoriels (distributions en Quartiles)


s BdF ABC ----------------------------------------------------------
1991 Q1 Q2 Q3 Position relative de
l'entreprise
R1 Taux de variation du Chiffre d'affaires -7% - 8.7 % 1.9 % 8.3 % |2 | | |
R3 * Taux de variation de la valeur ajoutée +1% - 7.7 % - 0.7 % 7.4 % | |3 | |
R4 Taux d'exportation 2% 0% 4.7 % 21.7 % |2 | | |
R5 Taux de marge commerciale 27 % 11.3 % 24.2 % 40.6 % | |3 | |
R6 Taux de valeur ajoutée 43% 26.2 % 32.8 % 39.7 % | | |4 | +
R7 Coefficient de capital 0. 85 0.70 0. 90 1.40 |2 | | |
R8* Equipement par salarié 97 KF 77 KF 126 KF 185 KF |2 | | |
R9 Rendt. apparent de la main d'oeuvre 175KF 174 KF 201 KF 240 KF |2 | | |
R10 Rendt. apparent de l'Equipement 181 % 119.9 % 153.4 % 255.1 % | |3 | |
R11* Taux d'investissement productif 7% 2.3 % 6.0 % 12.2 % | |3 | |
R13 Rotation clients(encours moyen 61 j 53 j 65 j 78 j |2 | | |
R14 exercice) 99.7 j 68 j 80 j 95 j | | |4 | ?
R15 Rotation Fournisseurs(" " ") 0j 51 j 111 j 187 j 1 | | | |+
R16 Rotation stocks de marchandises 28.7 j 8j 13 j 28 j | | |4 | -
R17 Rotation stocks de produits 63.0 j 38 j 59 j 87 j | |3 | |
R18* Rotation stocks d'approvisionnements 44.7 j 25 j 45 j 65 j |2 | | |
R19* Poids des BFR d'exploitation 6% 2.7 % 5.5 % 7.8 % | |3 | |
R20* Taux de marge brute d'exploitation 15 % 8.4 % 16.5 % 26.2 % |2 | | |
R21 Rentabilité brute du capital d'exploit. 10 % 4.9 % 10.2 % 17.8 % |2 | | |
R23* Rentabilité nette du capital d'exploit. 157 % 23 % 45.7 % 79.5 % | | |4 |-
R24 Taux d'endettement 33 % 88.5 % 98.4 % 100 % 1 | | | |+
R26* Part des banques dans l'endettement 81 % 82.9 % 97.4 % 117.5 % 1 | | | |-
R27 Couverture des capitaux investis 37 % 0.0 % 13.9 48.4 % | |3 | |
R28a Financement courant des BFR 88 % 74.8 % 81.6 % 88.8 % | |3 | |
R28b Répartition VA Globale Personnel 1% 0.0 % 1.2 % 3.7 % |2 | | |
R28c " Etat 0% 0.0 % 0.2 % 2.6 % 1 | | | |+
R28d " Associés 4% 1.4 % 4.0 % 7.2 % | |3 | |
R28e " Prêteur 8% 5.6 % 9.4 % 15.4 % |2 | | |
R31 " Entreprise 2% 0.6 % 1.2 % 2.3 % | |3 | |
R32* Intérêts s/ chiffre d'affaires 34 % 9.2 % 20.7 % 44.2 % | |3 | |
R33 Poids des intérêts 7% 12.5 % 43.8 % 64.8 % 1| | | |-
R36* Capacité d'endettement 130 % 54.9 % 88 % 131 % | |3 | |
Taux d'autofinancement

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Pour la plupart des ratios concernés, l'entreprise ABC se situe dans une position
médiane vis-à-vis du secteur auquel elle appartient (2° et 3° quartiles) : toutefois, elle s'en
singularise sur les points suivants dont certains ne sont pas sans intérêt pour un banquier qui
s'interroge sur l'opportunité d'accorder des crédits nouveaux à l'entreprise concernée.
. parmi les facteurs favorables à l'entreprise, notons son taux de valeur ajoutée
(R6) (lequel , nous l'avions vu, s'était maintenu au cours des 3 dernières années, en dépit du
tassement du chiffre d'affaires de l'entreprise), qui se situe très au delà de la moyenne du
secteur, puisque l'entreprise se situe parmi les 25% d'entreprises ayant le taux de valeur ajoutée
le plus élevé. Ce taux de valeur ajoutée signifie que l'entreprise bénéficie d'une bonne position
commerciale sur son marché. Elle bénéficie par ailleurs de la confiance de ses fournisseurs,
ceux-ci lui accordant des délais de paiement sensiblement plus élevés que ceux accordés en
moyenne aux entreprises du secteur (R14)48
. A l'inverse apparaissent certains facteurs défavorables à l'entreprise :
- un surstockage confirmé, notamment au niveau des stocks d'encours
(R16) qui entraîne l'immobilisation de fonds importants dans l'exploitation
- alors que dans le même temps est observée une insuffisante couverture
des capitaux investis (R26)49
- et une capacité d'endettement supplémentaire apparemment limitée
(R33) compte tenu de sa position parmi les 25% des entreprises les plus endettées du secteur,
et le niveau relativement élevé de ses charges financières (R31) et (R32)

Au terme de cette analyse pluri-annuelle et intrasectorielle, se dessine le visage


d'une entreprise qui demeure rentable, mais dont l'évolution de la rentabilité est affectée à la
fois par une situation conjoncturelle difficile, faisant de cette entreprise pour le banquier un
sujet à risque
C'est à partir des éléments qui précèdent, et d'une analyse approfondie du risque
présenté pour la banque par cette entreprise, que l'analyste bancaire devra prendre sa décision
ou de refuser un concours nouveau ou au contraire d'aider l'entreprise à passer ce cap difficile.
C'est de l'ensemble des informations précédentes que le banquier pourra tirer les
éléments nécessaires à l'instruction de la demande de prêt qui lui est faite, et notamment à
l'évaluation finale du demandeur de crédit.

*
* *

L'analyse financière préalable d'un demandeur de crédit étant effectuée, il


convient de s'intéresser à divers problèmes pouvant être formulés de la façon suivante :
- A quelle prise de risque correspondrait pour la banque l'acceptation du
dossier ? C'est tout le problème de l'identification du niveau de risque associé à un demandeur
de crédit.
- Par quels types de décisions le banquier est-il susceptible de réduire son
risque potentiel ?

48bien que nous l'avons constaté antérieurement ce délai moyen de crédit-fournisseurs a diminué en 3 ans de
110 jours à 99 jours. Notons toute fois le caractère ambigu de ce paramètre, le fait de bénéficier d'un délai
moyen de crédit fournisseurs supérieur à celui du secteur pouvant aussi être interprété comme l'indice d'une
difficulté qu'aurait l'entreprise à s'approvisionner normalement en capitaux auprès de ses banquiers.
49Capitaux investis = Actifs immobilisés + Besoins en fonds de roulement d'exploitation selon la définition
qu'en donne la Centrale des Bilans de la Banque de France.

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- Quel niveau de rentabilité tire la banque de sa relation de clientèle avec


l’entreprise concernée?
- Compte tenu du niveau de risque net estimé du demandeur de crédit, et
de sa contribution au Produit net bancaire de l’établissement,quelles conditions doivent lui être
proposées (taux) ou exigées (garanties) ?
C'est à ces diverses étapes du processus d'instruction de la demande de
crédit que nous allons maintenant nous intéresser.

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Bibliographie

Banque de France,Les Ratios de la Centrale des bilans de la Banque de France,Note


d’Information,n°79,Décembre 1988

Banque de France, Méthode d’Analyse Financière,Centrale des Bilans

Banque de France, Fascicules de Résultats Sectoriels, Centrale des Bilans

R.A.Foulke Practical Financial Statement Analysis,Princeton,New Jersey:Mc Graw-Hill

F.Huitorel et A.Galesne DIALOGUE logiciel d’Evaluation de la Situation Financière d’une


Société à partir de ses comptes sociaux: Manuel d’Utilisation , Rennes:Cerefia ,1995,pp1-74

S.A.Tucker.Successful Managerial Control by Ratio Analysis,New-York:Mc Graw-Hill,1961

A.Wall ,R.W.Dunning Ratio Analysis of Financial Statements,New York:Harper


Brothers,1928

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