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SOMMAIRE

SE PREPARER A LA TRANSMISSION

COMPRENDRE LA DEMARCHE DU REPRENEUR POTENTIEL

L’EVALUATION DE L’ENTREPRISE

LES NEGOCIATIONS

L’APPROCHE JURIDIQUE DE LA TRANSMISSION

LES CONSEQUENCES FISCALES

INTRODUCTION

Qu’il s’agisse de la transmission d’une entreprise dans le cadre familial, de la cession d’une
entreprise à des collaborateurs ou à un repreneur extérieur, les enjeux de la transmission
d’entreprise sont considérables.

Certes, la diversité des situations est à prendre en compte, mais deux facteurs restent
immuables et assurent le succès d’une telle opération : le temps et la préparation.

Réussir ce passage de relais, c’est assurer la pérennité et le développement de votre


entreprise et de son savoir-faire, protéger l’emploi de vos salariés et garantir la valorisation
de votre patrimoine.

Ce document a été conçue pour vous apporter les premières réponses aux incontournables
interrogations qui précèdent toute transmission d’entreprise.
SE PREPARER A LA TRANSMISSION

NE PAS ATTENDRE POUR TRANSMETTRE UNE ENTREPRISE

Le risque est triple d’attendre le dernier moment pour transmettre une entreprise :

Le déclin, car au fil du temps, le chef d’entreprise aura nécessairement une vision à plus
court terme des perspectives de son entreprise.
La volonté d’investir et d’innover le quittera peu à peu avec des conséquences négatives sur
le développement et la valorisation de l’entreprise.

Une cession imprudente. Fatigué, « le dos au mur », il risquera d’accepter la première


proposition venue : si le repreneur est incompétent quelle que soit sa surface financière, il
peut en arriver à déposer le bilan, réduisant à néant le fruit de longues années de travail.

Une cessation d’activité si aucun repreneur ne se présente ou si le prix proposé est dissuasif
(hors prix du marché).

La non-transmission génère un coût financier avec des désillusions sur les prix et délais de
cession des actifs (matériel, stocks essentiellement), un coût social avec la mise au
chômage du personnel et un coût moral avec le sentiment d’échec ressenti par le dirigeant
qui voit son entreprise disparaître.

En revanche, en agissant le plus tôt possible, il pourra attirer des repreneurs potentiels avec
une entreprise en pleine santé plus facile à vendre, effectuer une sélection parmi les
différents candidats à la reprise, imposer un certain nombre de conditions.
En s’y prenant à l’avance, il est donc gagnant sur tous les plans.
Il multiplie ses chances de réaliser une plus-value substantielle et de savoir son entreprise
entre de « bonnes mains ».

PREPARER SA TRANSMISSION C’EST AUSSI CHOISIR SON REPRENEUR

Le repreneur peut être issu de l’environnement immédiat du chef d’entreprise ou totalement


étranger à l’entreprise qu’il envisage de reprendre.
Quel que soit Ie cas de figure envisagé, la préparation de la transmission restera un facteur
essentiel de réussite.
Le ou les repreneurs peuvent être :

• issus de la famille du dirigeant, membres actifs ou non de l’entreprise, de parenté proche


ou éloignée,

• issus de l’encadrement de l’entreprise, ou bien encore représentés par l’ensemble ou une


majorité du personnel,

• des acquéreurs individuels d’entreprises « repreneurs extérieurs »,

• des groupes industriels, des fonds d’investissements,

• une combinaison des hypothèses ci-dessus : par exemple, un membre de la famille,


s’associant à un cadre de l’entreprise.
COMPRENDRE LA DEMARCHE DU REPRENEUR POTENTIEL

Le repreneur, contrairement au dirigeant de l’entreprise à céder, ne connaît pas toujours


l’entreprise qu’il envisage de reprendre.
Si le cédant est en mesure d’attendre que le repreneur potentiel lui présente son cursus
professionnel (ou ses références s’il s’agit d’une entreprise) et les grandes lignes de son
projet de reprise (critères économiques, éléments financiers, partenaires éventuels...), il doit
admettre que le repreneur envisage de réaliser un diagnostic qui a pour but d’analyser
l’entreprise à céder sous tous ses aspects.
Ce diagnostic doit lui permettre de mettre en évidence les points forts afin de les valoriser
mais aussi les points faibles afin d’en tenir compte et plus tard de pouvoir les corriger.
L’évaluation de l’entreprise découle de l’étude de documents de présentation que le vendeur
doit communiquer à l’acheteur (ce dernier se sera assuré au préalable des intentions réelles
de son interlocuteur).
Il est donc important que le traitement des comptes ne cherche plus seulement à minorer la
fiscalité mais aussi à valoriser à son vrai niveau l’entreprise.
Le repreneur cherchera les défauts cachés, au vendeur de faire ressortir les avantages non
évidents.

LE DIAGNOSTIC FINANCIER

Après l’analyse du métier et l’étude de l’état civil de l’entreprise (organigramme juridique,


localisation, historique), l’étape suivante est celle du diagnostic financier.
Une reprise se finance souvent, notamment pour les personnes physiques, par un emprunt à
rembourser sur cinq à huit ans.
La société devra donc dégager les bénéfices qui permettront d’effectuer ce remboursement.
L’analyse de l’excédent brut d’exploitation, rapporté au chiffre d’affaires, et celle du résultat
d’exploitation des trois dernières années seront fondamentales.
Sont-ils constants, en progression régulière, des accidents sont-ils survenus ?
Les aspects principaux que le repreneur devra examiner sont la rentabilité, la situation
financière, l’endettement, la trésorerie, le besoin en fonds de roulement, les délais de
règlement chez les fournisseurs, la rotation des stocks, le vieillissement des immobilisations,
la valeur ajoutée et sa répartition, la capacité d’autofinancement.

Certains clignotants peuvent déjà alerter un repreneur potentiel :


(le cédant doit les connaître)
• L'accroissement rapide des frais financiers par rapport au chiffre d’affaires.
• La diminution importante des capitaux propres par rapport au total du passif.
• Le crédit fournisseur dépassant largement les normes de la profession.
• L’absence de provisions pour dépréciation des stocks ou des créances clients
• Le report sur l’exercice suivant des charges concernant le poste « à payer » du présent
exercice (électricité, congés payés, etc...).
• La comptabilisation dans le poste « immobilisations » de menus travaux faits par
l’entreprise pour son propre compte.
• Le changement des méthodes comptables.
• L’augmentation des stocks et encours.

LE DIAGNOSTIC HUMAIN

Le repreneur voudra évaluer les dirigeants, le personnel, leurs relations mutuelles,


l’organisation, les éventuels problèmes à l’aide de la liste du personnel (qualification,
pyramide des âges, ancienneté, rémunération, avantages sociaux), l’organigramme, la
répartition des compétences, le repérage des hommes-clés.
LE DIAGNOSTIC PRODUITS/MARCHE/CLIENT

Le repreneur s’attachera à analyser les produits de l’entreprise, leur positionnement en


terme de prix et l’adéquation par rapport à la demande et la réglementation.
Par ailleurs, il analysera la répartition de la clientèle afin de mesurer le risque de
dépendance et de déperdition suite à la reprise.

L’OUTIL DE PRODUCTION ET LES CONTRATS EN COURS

Le repreneur potentiel s’intéressera à l’outil de production :

• Les locaux
• Le parc machine
• Le parc informatique
• L'organisation de la production
• La conformité à la législation
• Les investissements à prévoir
• La sous-traitance (localisation, compétences, complémentarité,…)
• Les contraintes d’environnement

La phase suivante sera l’étude des contrats en cours :

• Les assurances (polices non actualisées, risques non couverts…)


• Les baux (problèmes de renouvellement)
• Les biens immobiliers (conformité des locaux, cautions, hypothèques à reprendre)
• Les engagements donnés par le dirigeant
• Les contrats de travail
• Les obligations sociales et fiscales
• Les contentieux latents et en cours

L'EVALUATION DE L’ENTREPRISE

Le diagnostic de la société terminé, si les deux parties conviennent de poursuivre au terme


de ces travaux d’approche, le repreneur potentiel signe une lettre d’intention avec le cédant.
Ce document permet de s’entendre sur les grandes lignes d’un accord et gèle, pendant trois
à six mois, toute négociation avec un tiers.
Le repreneur pourra alors se lancer dans un audit approfondi d’acquisition pour écarter les
menaces dissimulées.
Le prix sera extrêmement difficile à chiffrer parce qu’il comportera à la fois des biens
concrets (machines, stocks,...) et des éléments immatériels (qualification des salariés,
savoir-faire,...).
Il existe des techniques et méthodes qui, combinées entre elles, permettront de déterminer
un certain montant, véritable référence servant de point de départ à la discussion, et dont en
pratique on s’écartera.
En effet si la valeur résulte des qualités (ou défauts) de l’entreprise, le prix est, lui, fixé par la
loi de l’offre et de la demande.

Plusieurs méthodes sont principalement utilisées :

• L’actif net corrigé


• La valeur de rentabilité
• La méthode des praticiens
• Le “goodwill”
LA METHODE DE L’ACTIF NET CORRIGE

Cette méthode qui tient compte du passé est utilisée par le cédant.
L’actif net comptable est la différence entre l’actif (total bilan) et le passif exigible. Dans la
pratique, il suffit de prendre comme valeur les capitaux propres ajustés des plus ou moins
values d’actif (immobilisations, provisions, fonds de commerce et survaleurs diverses).

LA METHODE DE LA VALEUR DE RENTABILITE

La valeur de rentabilité est utilisée par le repreneur qui peut ainsi calculer les délais de
récupération des sommes à engager pour acquérir l’entreprise.
Elle correspond au montant des capitaux à investir pour obtenir un résultat annuel
correspondant au bénéfice comptable moyen des trois dernières années.
Pour obtenir ce chiffre, il faut reprendre les comptes de résultat et les bilans comparés.
Après avoir pratiqué les réintégrations et corrections nécessaires, le repreneur calcule le
bénéfice moyen comptable en le pondérant par des coefficients (1,2,3), par exemple, afin de
donner un poids plus important aux derniers exercices.
Le repreneur considère, bien évidemment, que reprendre une entreprise est très risqué pour
son capital et qu’il doit obtenir pour son argent un taux au moins égal à 15% pour tenir
compte de ce risque.
Ceci donne une valeur de rendement équivalente à 7 ou 8 fois, voire moins, la capacité
bénéficiaire.
Si on considère que l’entreprise peut sans risque dégager, pendant de nombreuses années,
ce niveau de capacité bénéficiaire, on peut choisir un taux d’intérêt plus bas.
Il faut aussi déterminer la durée de vie économique des équipements.
Si de forts investissements, pratiqués antérieurement, sont globalement supérieurs à ce que
devrait être l’investissement normal pour le maintien de l’outil de travail, cet excès
d’amortissement doit venir majorer le bénéfice.
A contrario, si le manque d’investissement antérieur est patent (pour améliorer le bilan avant
la cession, par exemple), nécessitant pour rattraper ce retard d’importantes dépenses, il faut
diminuer le bénéfice de ce manque d’amortissement.

LA METHODE DES PRATICIENS

Cette méthode consiste simplement à faire la moyenne des deux méthodes décrites
précédemment.
De cette manière, on tient compte à la fois du patrimoine de l’entreprise et de sa rentabilité.

LA METHODE DU GOODWILL

Le « goodwill » est la survaleur que le repreneur accepte de payer en plus de l’actif net
corrigé pour rémunérer le superbénéfice que l’entreprise réussit à dégager.
Le superbénéfice excède le bénéfice nécessaire à la rémunération normale de l’outil de
travail ou valeur substantielle de l’entreprise.
Il traduit la valeur des actifs incorporels de l’entreprise tels que savoir-faire, notoriété et
performances.
Le « goodwill » est calculé alors, comme la valeur capitalisée des superbénéfices à venir de
l’entreprise.

L’évaluation d’une entreprise est une


opération souvent complexe, qu’il convient
de mener avec des professionnels qualifiés.
LES NEGOCIATIONS

La vente ne sera possible que si les points d’accord suivants ont été obtenus et consignés
dans un protocole :
L'objet de la cession, le prix et ses conditions de révision
La convention de garantie
Les conditions d'accompagnement
Le calendrier de l’opération
Le schéma juridique

DEUX DOCUMENTS VALIDENT JURIDIQUEMENT LA VENTE :

Le protocole d'accord, éventuellement sous réserve de conditions suspensives, et les actes


de cession.
Aucun de ces documents n’est obligatoire, mais le protocole apporte une garantie au
repreneur.
Outre la définition des titres et actifs qui font l’objet de la transaction et le prix de vente, le
protocole comprend plusieurs clauses de protection
Les clauses de non-concurrence et de non-réembauche.
Les clauses de paiement du prix, pour s’assurer de la loyauté du repreneur.
La convention de garantie pour protéger le repreneur contre la révélation d’un passif occulte
ou l’apparition tardive de dettes insoupçonnées, particulièrement important en cas de
contrôles fiscaux postérieurs à la vente.
Le passif social peut aussi être augmenté pour d’autres raisons (par exemple la société a été
condamnée à verser des indemnités à des salariés, elle doit répondre d’infractions
commises antérieurement, travail clandestin, facturations irrégulières, atteintes à
l’environnement, etc...).
Les sanctions peuvent être lourdes, voire fatales à l’entreprise (amendes, interdiction
d’exercice de l’activité, exclusion de marchés publics,...).

IL EXISTE DEUX TYPES DE GARANTIE DE PASSIF

La garantie de passif “stricto sensu” qui se traduit par le versement de dommages-intérêts au


profit du repreneur, et parfois de la société cédée.
Le vendeur s’engage sans limite et peut donc être amené à payer une somme supérieure au
prix de vente qu’il a reçu.

La garantie de révision de prix par laquelle le vendeur s’engage à rembourser une partie du
prix de cession au repreneur qui ne pourra donc pas lui réclamer une somme supérieure à
ce qu’il a versé.
La clause de garantie de passif, signée par les parties, sera insérée dans l’acte de cession
des titres sociaux, ou dans un document séparé.
Son contenu délimitera donc la portée des obligations du vendeur.
L’intérêt du repreneur est de conclure une garantie "en béton", celui du vendeur de réduire
ses risques au maximum.
En cas de mise en oeuvre de la garantie, un problème d’imposition des plus-values va se
poser au vendeur.
En effet, il a calculé celles-ci sur le prix de cession encaissé.
Ce dernier sera diminué en cas de restitution d’une somme à l’acquéreur, mais le vendeur
pourra difficilement réclamer au fisc le trop-perçu.
Généralement la garantie de passif est limitée dans le temps (au minimum la période de
contrôle de l’entreprise par l’administration fiscale).
Elle peut l’être également dans son montant, avec une franchise ou un seuil de
déclenchement et aussi tenir compte de l’incidence fiscale (le bénéfice futur étant diminué,
l’impôt le sera également).
L'APPROCHE JURIDIQUE DE LA TRANSMISSION

Après avoir déterminé l’ordre de grandeur de la valeur de l’entreprise, il faut choisir le mode
juridique de cession.
Le désengagement total ou partiel du chef d’entreprise peut se réaliser au moyen de
diverses techniques.

LA TRANSMISSION A TITRE ONEREUX

•Vente d’éléments d’actif


Le cédant vend séparément l’actif (stock, matériel, marque…) de l’entreprise.
Il doit ensuite rembourser tout le passif dû aux tiers (fournisseurs, banques, caisses…) et
faire une cessation d’activité en licenciant le personnel et en lui versant les indemnités dues.
Il faut donc être sûr que la vente séparée d’actifs rapportera suffisamment pour rembourser
tout ce passif.
Dans la pratique, cette méthode n’est pas souvent utilisée car il est généralement plus
intéressant pour le cédant de vendre les parts ou actions de sa société et de transférer l’actif,
le passif et les contrats de travail des salariés au repreneur.
En revanche, lorsqu’une entreprise est vendue après un dépôt de bilan par l’administration
judiciaire, c’est cette méthode qui sera retenue car, dans ce cas, le passif est généralement
trop important et les repreneurs ne s’intéressent qu’aux éléments d’actifs.

•Cession de fonds de commerce


Le fonds comprend l’ensemble des éléments corporels ainsi que les éléments incorporels, et
notamment le droit au bail.
Chaque élément fait l’objet d’une évaluation spécifique, le stock sur la base d’un inventaire et
d’une évaluation contradictoire.
Les contrats et notamment les contrats de travail font partie de la cession du fonds.
Il s’agit également d’une vente d’actifs.
Le vendeur doit rembourser le passif avec l’argent retiré de la vente du fonds.

•Augmentation de capital
Un nouveau partenaire de l’entreprise choisit de ne pas la racheter mais d’en prendre le
contrôle grâce à une augmentation de capital.
La souscription de nouvelles actions lui étant réservée, il va détenir, dans le nouveau capital,
un pourcentage supérieur à celui des anciens actionnaires et devenir ainsi majoritaire.
Un pacte d’actionnaires peut s’avérer alors indispensable pour définir les règles de prise de
décision.

•Achat de parts ou d’actions


Ce processus ne s’applique qu’aux sociétés.
La cession peut être totale ou partielle.
Il y a reprise si le repreneur rachète plus de 50 % des droits sociaux.
L’acquéreur se substitue aux anciens actionnaires, la structure juridique est maintenue et
l’acquéreur reprend l’actif et le passif de la société.

LA TRANSMISSION A TITRE GRATUIT

•Principes généraux
Le décès de l’entrepreneur a des effets toujours dommageables qui sont d’autant plus
redoutables lorsque ni l’entreprise, ni la famille n’ont été préparées à la transmission.
De même, anticiper la succession de son entreprise par les aménagements juridiques offerts
dans le cas de la donation et de la donation-partage peut alléger le poids fiscal de la
transmission à titre gratuit.
• Le testament
Le testament est l’acte par lequel une personne dispose, pour le temps où elle n’existera
plus, de tout ou partie de ses biens et qu’elle peut révoquer à tout moment.
Le testament-partage a pour but de partager les biens du disposant entre ses héritiers, mais
le transfert de la propriété des biens légués ne s’effectue que le jour du décès du testateur.
Un héritier peut toujours renoncer au bénéfice du testament partage, mais il renonce par là
même à la succession.
Dans tous les cas de succession testamentaire, les droits fiscaux ne sont dus qu’au décès
du testateur.

• La donation
La donation est un acte obligatoirement reçue par un notaire par lequel le donateur se
dépouille actuellement et irrévocablement de la chose donnée en faveur du donataire, qui
l’accepte, ce transfert de propriété est sans contrepartie financière.
Les droits fiscaux sont dus lors de la donation en fonction de la valeur et du lien de parenté
entre donateur et donataires.
Ils peuvent se trouver réduits de façon importante en cas de réserve d’usufruit. Ils peuvent,
dans le cas de transmission d’entreprise, être différés et fractionnés.
Les plus-values peuvent également, dans certains cas, faire l’objet de sursis d’imposition.
Les abattements fiscaux se renouvellent tous les dix ans.

• La donation-partage
Soumise aux mêmes règles de forme que la donation simple, elle est une donation de biens
actuels consentie par un ascendant à plusieurs de ses enfants, et contenant, en outre, le
partage des biens donnés entre les donataires.
Lorsqu’il s’agit d’une transmission d’entreprise, un tiers étranger à la famille peut, pour une
fraction toutefois limitée, être intégré à la donation-partage.
Les droits fiscaux sont les mêmes que dans la donation simple.
Ils peuvent toutefois bénéficier d’un abattement complémentaire si le donateur est âgé de
moins de 65 ans ou de moins de 75 ans.

• Les donations atypiques


Les droits de mutation à titre gratuit sont souvent élevés, et même franchement dissuasifs si
la mutation à titre gratuit est réalisée entre non-parents ; aussi, certains chefs d’entreprises,
peuvent être tentés de réaliser des mutations de façon discrète, tels que des dons manuels,
donations indirectes, voire des donations déguisées.
*Le don manuel est une donation qui se réalise par la simple transmission du bien donné.
*La donation indirecte réalise le transfert des biens mobiliers, incorporels (titres, créances,
actions de société...) par mouvement d’écriture.
*La donation déguisée. L’exemple type est celui de la vente dont le prix n’est pas payé, ou
immédiatement remboursé à l’acquéreur, ou transformé en une rente viagère non payée.
La donation déguisée est considérée fiscalement comme frauduleuse, avec pénalité et
procédure de l’abus de droit en corollaire.
Les dons manuels et donations indirectes ne sont pas considérés comme fiscalement
frauduleux, mais doivent, lorsque l’administration en a connaissance, être réintégrés dans
l’actif taxable, et pour leur valeur au dit jour, pour être taxés comme en matière de donation
ou donation-partage.
En outre, ils peuvent être la source de graves conflits familiaux.

Conseil :
Pour la transmission économique d’une entreprise (donation, vente totale ou partielle), le
traitement juridique et fiscal sera différent suivant la technique envisagée.
Aussi convient-il de bien préparer sa transmission d’entreprise et de prendre conseil auprès
de professionnels qualifiés pour réaliser cette opération dans les meilleures conditions
possibles.
LES CONSEQUENCES FISCALES DE LA TRANSMISSION

LE COUT FISCAL DE LA TRANSMISSION A TITRE ONEREUX

• L’imposition de la cession du fonds de commerce

Le fonds de commerce est l’ensemble des biens mobiliers corporels (matériels et


marchandises) et incorporels (clientèle, droit au bail, nom commercial, enseigne etc...) qui
sert à la réalisation de bénéfices et ne comporte pas d’immeubles.
Lors de la cessation d’activité, le fonds peut être revendu à un repreneur, l’opération donne
lieu à une imposition sur les plus-values réalisées par le cédant.
Des droits d’enregistrement dus par l’acquéreur sont calculés sur le prix figurant dans l’acte
de cession du fonds de commerce.

• L’imposition de la cession d’immeuble

On parle d’immeubles pour désigner les terrains et les constructions qui y sont bâties.
Des droits d’enregistrement dus par l’acquéreur sont calculés sur le prix figurant dans l’acte
de vente d’un immeuble.
La cession d’immeubles donne lieu à imposition de la plus-value réalisée par le cédant.
Le montant de la plus-value est réduit de 10% par an à partir de la cinquième année de son
acquisition.
Si la vente est réalisée 15 ans après l’acquisition de l’immeuble, le cédant est exonéré de la
taxation de la plus-value.
L’impôt doit être payé dès la signature de l’acte de vente et non après le paiement du prix.

Les plus-values sont exonérées lorsqu’elles concernent notamment :

• Les ventes d’immeubles ou de terrains acquis depuis 15 ans.


• Les ventes de faible valeur (inférieures ou égales à 15 000 euros).
• Les contribuables à très faible revenu.

• L’imposition de la cession des titres

Lorsque le cédant transmet ses titres à un repreneur, il est imposé au titre des plus-values
qu’il a réalisées, l’acquéreur au titre des droits d’enregistrement.
Les droits d’enregistrement diffèrent selon qu’il s’agit de parts sociales ou d’actions.
LE COUT FISCAL DE LA TRANSMISSION A TITRE GRATUIT

La donation partage, ou la donation simple, par laquelle se concrétise la transmission


familiale donne lieu à une perception de droits de mutation à titre gratuit, acquittés sur la
valeur de l’entreprise.
Cette valeur, d’ordinaire déterminée par un audit, est fixée sous le contrôle du fisc selon
diverses méthodes.
Le taux d’imposition peut atteindre jusqu’à 40% même en ligne directe, pour les parents ou
les enfants.
Pour les transmissions à titre gratuit de droits sociaux, seul l’acquéreur est imposé au titre
des droits d’enregistrement (droit de succession ou de donation selon les cas).
Un allégement des droits de succession peut intervenir dans le cas d’une transmission
anticipée et suivant l’âge du cédant.

• La prise en charge des droits par le donateur

Si les donataires doivent en principe supporter les droits et frais de la donation ou de la


donation-partage, il est possible de prévoir dans l’acte que ces droits et frais seront à la
charge du donateur.
Dans ce cas, c’est le donateur qui devient le redevable légal des droits.
Cette prise en charge par le donateur n’entraîne aucune perception complémentaire et
distincte, car le fisc admet qu’il ne s’agit pas d’une donation supplémentaire.
Elle est également possible lorsque le paiement différé et fractionné des droits est demandé.

• Le paiement des droits

En principe, les droits de mutation dus à l’occasion d’une succession, donation ou d’une
donation partage sont payés comptant, préalablement à la formalité d’enregistrement.

• Le crédit de l’Etat : 15 ans

Une dérogation est néanmoins possible. Le paiement des droits exigibles sur toutes les
mutations à titre gratuit est susceptible d’être différé pendant 5 ans, puis, à l’expiration de
cette période, fractionné sur 10 ans.
Le bénéfice de ce régime est réservé aux transmissions à titre gratuit d’entreprises
individuelles ou de titres de sociétés non cotées en bourse.
L’entreprise doit être exploitée par le donateur et chaque donataire doit recevoir des parts ou
actions représentant au moins 5% du capital social.
Ce régime s’applique dans le cas de la transmission en pleine propriété, en nue-propriété ou
en usufruit.
Les délais de paiement supposent que l’héritier ou le donataire conserve les titres.

• L’impôt sur la fortune (I.S.F.)

L’usufruitier reste assujetti à l’impôt sur la fortune pour la valeur en pleine propriété des titres
sociaux.
Le donateur qui conserve l’usufruit de ses titres sociaux, mais abandonne les fonctions de
direction dans la société ne bénéficie pas de l’exonération attachée aux biens
professionnels.
Sous certaines conditions, la transmission de titres en nue-propriété assortie de la
conservation de l’usufruit peut donner lieu à une exonération partielle de I’ I.S.F.