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Modèles d'éléments finis

et problèmes de convergence
en comportement non linéaire

Philippe M E S T A T
Directeur de recherche
Chef de la section Rhéologie et modélisation des sols
Division Mécanique des sols et géologie de l'ingénieur
Laboratoire central des Ponts et Chaussées

Introduction
L a nécessité de calculer les déformations des structures
et des terrains sous diverses sollicitations impose le
recours à des méthodes numériques et à des lois de com-
portement des matériaux relativement compliquées.
L'utilisation des résultats d'un calcul par éléments finis
en conditions de projet dépend de la représentativité du
modèle et de la validité des hypothèses, mais aussi du
bon déroulement du processus de résolution incrémental
RESUME
et itératif.

Cet article présente les différentes notions Ce processus doit être fiable et dans la mesure du pos-
de c o n v e r g e n c e liées à la méthode des élé- sible économique ; i l doit aussi être bien adapté au trai-
ments finis et au traitement des lois de c o m -
portement n o n linéaire nécessaires pour tement local des lois de comportement introduites dans
décrire les déformations d e s massifs de sol. le code de calcul. 11 s'agit essentiellement de résoudre
L a c o n v e r g e n c e a u s e n s du p r o c e s s u s ité-
ratif d e résolution est plus particulièrement
des équations différentielles et des équations implicites
étudiée. Pour un maillage et un chargement qui définissent les lois de comportement incrémentales
donnés, l'étude de la suite d e s déplacements et non linéaires (hypoélasticité, hyperélasticité, élasto-
permet, lorsque celle-ci converge, d'obtenir
un majorant de l'erreur absolue et de l'erreur plasticité, etc.).
relative par rapport à la limite de la suite d e s
déplacements. D e s e x e m p l e s d e suivi du Les algorithmes utilisés conduisent parfois à des durées
p r o c e s s u s d e résolution sont présentés s u r de calcul importantes et à des difficultés de convergence
des c a s simples. P a r ailleurs, d e s e x e m p l e s
de modèles d'ouvrages (fondations, soutène-
liées aux chargements appliqués. Il est alors essentiel
ments) montrent l'intérêt d e contrôler cette pour l'utilisateur de juger de la convergence et d'inter-
c o n v e r g e n c e à c h a q u e étape d e la résolu- préter correctement les informations que le code de
tion. T o u s les calculs sont réalisés a v e c le
progiciel C É S A R - L C P C . calcul fournit sur le déroulement de la résolution. Cet
article a pour objet de préciser ces informations et de
M O T S C L É S : 4 2 - Éléments finis (méthode) -
Modèle numérique - Comportement - Non prodiguer des conseils pour estimer la qualité des résul-
linéaire - Loi - Sol - Déformation - Fondation - tats des calculs en comportement non linéaire, lorsqu'on
Programme de calcul - Mur de soutènement - suppose que le code est bien validé et que les algo-
/Convergence.
rithmes de résolution sont robustes et fiables.

BULLETIN DES LABORATOIRES DES PONTS ET CHAUSSÉES - 214 - MARS-AVRIL 1998 - RÉF. 4187 - pp 45-60 45
Convergences Le schéma général de résolution conduit à distin-
et méthode des éléments finis guer plusieurs types de solution :
>- la solution théorique du p r o b l è m e , ou solu-
Le principe de la résolution par les éléments finis tion exacte ;
d'un p r o b l è m e en comportement non linéaire >- la solution convergée, ou solution convergée
nécessite quatre processus de discrétisation au sens du processus itératif. Il s'agit de la solu-
simultanés : tion obtenue après la convergence de la suite des
O une discrétisation spatiale du domaine géo- inconnues nodales pour un maillage et un
métrique représentatif de l'ouvrage et de son schéma d'intégration de la loi de comportement
environnement (maillage) ; donnés. Ce schéma doit être contrôlé par des
© un processus de résolution itératif, si les tests rigoureux afin de ne pas compromettre la
lois de comportement des matériaux sont non qualité de la solution. U n mauvais schéma peut
linéaires ; entraîner une convergence vers une autre solu-
© une discrétisation du chargement. Celui-ci tion ;
est souvent appliqué en accroissements >- la solution des éléments finis, ou solution
successifs, appelés incréments, pour faciliter convergée au sens du maillage. Il s'agit de la
la convergence du processus de résolution solution vers laquelle doit tendre toute solution
itératif, si toutefois cela reste compatible avec convergée lorsque le maillage devient de plus en
la modélisation retenue et le phasage des plus fin.
travaux ;
En conséquence, la solution d'un problème
O un s c h é m a d'intégration locale, si les lois de
mécanique en comportement non linéaire doit
comportement sont définies sous une forme dif-
être à la fois une solution des cléments finis et
férentielle ou implicite.
une solution convergée au sens du processus ité-
Une notion de convergence peut être associée à ratif. L a qualité de la solution est alors appréciée
chacun de ces processus : en fonction de tests de convergence appropriés.
>- la convergence au sens du maillage. qui Dans cet article, on s'intéresse essentiellement à
est assurée par le choix et la formulation la convergence et aux tests liés au processus de
m a t h é m a t i q u e des éléments finis. Lorsque le résolution itératif et incrémental.
maillage devient de plus en plus fin, la solu-
tion donnée par le calcul tend vers une limite
très proche de la solution exacte du pro- Algorithme de résolution
blème ;
en comportement non linéaire
>• la convergence au sens du processus de
résolution incrémental et itératif, qui permet
d'obtenir la solution en déplacements et en Principe de la méthode de résolution
contraintes pour un maillage et un schéma d'in- d'un problème non linéaire
tégration des lois de comportement donnés ;
>- la convergence au sens du chargement. Le Le traitement par la méthode des éléments finis
calcul a pour objet d'appliquer une suite crois- de type déplacement des équations différentielles
sante de chargements afin d'estimer la valeur de d'un problème de mécanique en comportement
la charge limite supportable par un massif de non linéaire conduit d'une façon générale à la
sol ; résolution d'un système d'équations algébriques
>- la convergence au sens du s c h é m a d'inté- de la forme suivante :
gration locale, qui permet le calcul des R(u, MO) = F m t (u) - À(t)P = 0
contraintes et des quantités non linéaires (défor-
mation plastique, écrouissagc) compatibles avec Le vecteur R est appelé vecteur résidu. Il
l'expression des lois de comportement. exprime l'état de déséquilibre de la structure à
un instant t de la sollicitation ; sa dimension est
L a « qualité » de la solution numérique dépend égale au nombre de n œ u d s que comprend le
de ces processus et de leur interaction réciproque
maillage. u désigne le vecteur des déplacements
au cours d'un calcul. A i n s i , pour un maillage
des nœuds du maillage. F (u) est le vecteur des
jnt
donné, les trois derniers processus sont forte-
forces nodales correspondant aux contraintes
ment liés : chacun peut être la cause d'une
dans la structure à l'instant t. P représente le vec-
erreur dans l'estimation des contraintes, d ' o ù
teur dû au chargement total appliqué à la struc-
une erreur dans la redistribution des forces rési-
ture et MO' la proportion de chargement exercée
duelles et finalement une mauvaise évaluation du
à l'instant t, encore appelée facteur de charge.
champ de déplacements. Pour la pratique, c'est
le deuxième type de convergence qui doit retenir L a solution du système d'équations est le couple
en priorité l'attention de l'utilisateur d'un code (u, MO) associant la réponse en déplacements de
d ' é l é m e n t s finis. la structure à la sollicitation qu'elle subit.

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Lorsque le facteur de charge n'est pas constant, u
R( ' ) sont calculés en fonction du déplacement
n

il faut introduire une équation supplémentaire + 1


u' , puis le déplacement u|,
n est déterminé par la
pour résoudre le problème. Cette équation est
relation :
fournie par une méthode de contrôle pas à pas du
chargement (méthode de la longueur d'arc, ;, + 1 1
= uj, - [ K , ] - . (u;,)
u R
méthode de Wempner, etc.) (Wempner, 1971 ;
Ricks, 1972; Crisfield, 1983; Mestat, 1993a). S ' i l est prouvé que la suite de déplacements (u|,)
A f i n de simplifier les développements qui sui- converge, sa limite est la solution du problème
vent, le facteur de charge est supposé constant ;
R(u) = 0.
le champ de déplacements demeure alors la seule
inconnue du problème. Cette hypothèse ne réduit Pour un maillage fixé et une loi de chargement
en rien la portée générale des concepts et des donnée (suite de vecteurs P" dont les accroisse-
résultats mis en œuvre dans cet article. ments sont compatibles avec la réalité de l'ou-
vrage), le processus itératif de résolution d'un
La résolution directe du système d'équations
problème de comportement non linéaire prend
algébriques est le plus souvent impossible à
une forme simple (fig. 1).
cause des non-linéarités introduites par les lois
de comportement. Il faut donc avoir recours à un
processus de résolution incrémental et itératif
fondé sur une linéarisation des équations algé- 1
Initialisations (a,, = ("a)) et u, , - C a l c u l de K(u,„)
briques. Cette linéarisation consiste à effectuer
i
un développement limite au premier ordre de
1

l'équation représentant l'équilibre du système Incrémentation de la charge : R(uJ) = P" - P""

mécanique (Bathe et Wilson, 1976; Desai et 1


Christian, 1977; Bathe, 1981 ; Kardestuncer et C a l c u l de la matrice K(u^)
Norrie, 1987 ; Zienkiewicz et Taylor, 1989,
i
1991 ; Prat et ai, 1997) :
1
uV = uj, - [K{u' )y R K )n
{

<1R
R(u + Au) = R(u) + Au I

C a l c u l d e s contraintes par la loi de comportement of +l

Ce développement fait apparaître une matrice,


appelée matrice de rigidité tangente, qui est i
C a l c u l du résidu exprimant le déséquilibre R(u|,) = P - j " B ' O „ ' dQ N +

définie par la relation :


i "
()R T e s t s de c o n v e r g e n c e
K (u)
du
1
Le calcul de cette matrice permet de proposer un Incrément suivant ou Itération suivante
schéma de résolution de l'équation R(u) = 0. En
effet, si on suppose construite la matrice de rigi-
dité K et connue une solution approchée u telle n

Fig. 1 - Algorithme de résolution en comportement non linéaire.


que |R( O)|| *
U
0*, alors la solution de l'équation (B représente la matrice des dérivées des fonctions d'interpolation ;
ïf)R i i / ' , le tenseur des contraintes
n
+
à l'itération i + 1 de l'incrément n et il,
— ("«: Au = 0.
u
au premier ordre, R ( n le maillage).

constitue une nouvelle approximation de la solu- A u cours d'une itération, la loi de comportement
tion du problème mécanique. L'accroissement de intervient directement à deux niveaux dans l ' a l -
déplacements Au est déterminé par la relation
gorithme de résolution :
suivante :
>- d'une part, au niveau de la construction de la
1
Au = u, - u„ = - [ K ] " R(U„) matrice de rigidité K , :

>- d'autre part, au niveau du calcul du champ de


contraintes en chaque point matériel.
Processus itératif et algorithme de résolution
Seul l'incrément de charge a un sens physique ; ...
Pour un incrément de chargement donné, on peut
en revanche, les itérations n'en ont aucun
construire ainsi un processus itératif, à condition
puisque les résultats ne vérifient pas simultané-
toutefois que la suite des matrices K soient t
ment l'équilibre et la loi de comportement.
inversibles. Pour une itération i donnée, K et ;

Méthodes de calcul des matrices tangentes


Le calcul exact de la matrice tangente à une ité-
la norme euclidienne classique (||x| ration quelconque est rarement possible, car il

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faut estimer toutes les dérivées partielles du vec- Parmi les m é t h o d e s d'actualisation, on peut citer
teur résidu par rapport au champ de déplacement les m é t h o d e s B - F - G - S (Broyden-Fletcher-Gold-
(u"). Autrement dit, en supposant que le sharb-Shanno) et D - F - P (Davidon-Fletcher-Po-
domaine Q ne varie pas avec le champ de dépla- well), (Broyden, 1965 ; Powell, 1970 ; Dennis et
cement (hypothèse des petites transformations), M o r é , 1977; Crisfield, 1 9 8 3 ; Humbert et
l'expression suivante, écrite sous une forme Mestat, 1 9 8 8 ; Mestat, 1993a).
symbolique, doit être calculée : Ces m é t h o d e s permettent des gains de temps
considérables (Humbert et Mestat, 1988), mais
<9R r)CT,
BdQ elles ne sont véritablement efficaces et fiables
u ( U )
" - \ B >
(lu rie.
que pour des matrices de rigidité symétriques,
c'est-à-dire lorsque le tenseur de comportement
Toute la difficulté concerne le calcul du tenseur (E¡jki) est lui-même symétrique. De plus, ces
-
m é t h o d e s sont très sensibles à la moindre erreur
de composantes l " - ^ I • Devant 1 impossibilité dans l'estimation du vecteur résidu, et donc à
toute erreur provenant du schéma d'intégration
d'un calcul correct, la plupart des numériciens
locale de la loi de comportement. E n c o n s é -
ont longtemps admis de confondre ce tenseur
quence, i l est important lorsqu'une telle m é t h o d e
avec le tenseur de comportement (E |) reliant i|k
est mise en œ u v r e de vérifier avec soin le bon
les déformations et les contraintes incrémen-
déroulement du processus de résolution et la
tales :
cohérence de la solution, afin d'éviter l'obten-
E (a )de tion de solutions inacceptables.
da ;;
ijkl mn kl

Toutefois, depuis quelques années, des techni Note. Dans le module de résolution MCNL (Mécanique en
ques nouvelles permettent de calculer approxi Comportement Non Linéaire) de CÉSAR-LCPC, c'est la
méthode D-F-P (Davidon-Fletcher-Powell) qui est pro-
/da-
posée aux utilisateurs, lorsque les lois de comportement
mativement le tenseur par un développe-
de. considérées conduisent à des matrices de comportement
symétriques.
ment au second ordre (Simo et Taylor, 1985).

Ces difficultés, ces approximations successives


et le coût de calcul d'une matrice à chaque itéra-
Mesures de la convergence
tion (assemblage et triangularisation) ont amené
un certain nombre d'auteurs à rechercher le du processus itératif de résolution
moyen de réduire fortement les temps de calcul.
On choisit, ainsi fréquemment, de conserver,
Critères de convergence usuels
pendant toutes les itérations, la matrice de rigi-
dité calculée lors de l'étape initiale. Cette Le processus itératif conduit à la résolution d'un
m é t h o d e est appelée m é t h o d e de Newton- système de la forme suivante :
Raphson « modifiée » ou encore méthode des
contraintes initiales ; sa simplicité et sa robus- Au'" [Ki]"' RK i)+

tesse font que cette m é t h o d e est la plus couram-


où R(U| |) représente le vecteur des forces rési-
1+
ment utilisée dans les gros codes de calcul
duelles à l'itération i , qui exprime la différence
actuels, m ê m e si les temps de calcul demeurent
entre les forces appliquées et les efforts internes
importants.
dus aux contraintes. Le vecteur u^ , représente +

les déplacements à l'itération i de l'incrément


Méthodes d'accélération de la convergence n + 1 et la matrice [K¡], la matrice de rigidité
calculée au m ê m e instant ou non, selon le type
A f i n de rendre les calculs en comportement
d'algorithme considéré ( m é t h o d e s de Newton-
non linéaire plus rapides et moins onéreux,
Raphson modifiées ou non).
des m é t h o d e s d'accélération de la convergence
ont été développées. Deux types de m é t h o d e A chaque itération, le calcul d'un vecteur résidu
existent : non nul atteste de l'existence de contraintes
>• les m é t h o d e s fondées sur des considérations incompatibles avec le chargement appliqué. L e
énergétiques ( m é t h o d e sécante et m é t h o d e dite processus itératif a alors pour but de réduire la
« line search », voir, par exemple, Mestat, norme du vecteur résidu à un niveau raisonnable
1993a); et de faire converger la suite ( u „ ) ; sa limite est
+1

>- les m é t h o d e s dites d'actualisation qui consis- solution du p r o b l è m e pour l'incrément de char-
tent à remplacer le calcul coûteux de la matrice gement n + 1. L a convergence de la suite est
de rigidité tangente par une approximation appréciée par rapport à trois tests qui portent res-
simple et é c o n o m i q u e . pectivement sur les forces résiduelles, les dépla-

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cements et le travail au cours d'une itération j=k k
* i (q,)
(tableau I). et Au'. Au'
1 - Mi
TABLEAU I
Si, de plus, i l a pu être établi, en analysant l'évolu-
Critères de convergence usuels
pour le p r o c e s s u s itératif tion des termes (q;), que cette suite est décroissante
et que chaque terme est strictement inférieur à 1,
Expression Tolérance
Test
du test à fournir
ou q u ' à partir de quelques itérations, cette suite est
majorée par un nombre strictement plus petit que
Tolérance 1, l'inégalité suivante est également vérifiée :
conseillée 0,1 %
à la rigueur

f|AP„.,||
1 %, pour le Au'
premier test qui
Sur les forces devient sévère,
ou
résiduelles Cette inégalité prouve l'absolue convergence de
lorsque | A P | |
n t 1

est faible. Pour


le second test,
la suite (u| ). Par ailleurs, si on fait tendre k
1+!
HPn + AP„
tolérance vers l'infini et si on note u la limite de la suite
n + 1
conseillée 0,1 %
(u| |), l'inégalité précédente fournit une estima-
1+

Sur les Tolérance tion de l'erreur commise en arrêtant le processus


déplacements conseillée 0,1 %
à l'itération i :
Sur le travail
R K Tolérance
au cours
d'une itération
conseillée 10~ Au'

Où ||.|| désigne la norme euclidienne (||x|| = xj


Pour chaque incrément, l'étude de la décrois-
et A Pn + 1est l'accroissement du chargement appliqué à
l'incrément n + 1. sance de la suite (q;) au cours du processus
permet de s'assurer de la bonne convergence de
Notion de taux de convergence la suite des déplacements (uj, ,). L a limite de
+

cette suite ( i ) constitue alors une valeur appro-


u
n +

La satisfaction des tests de convergence (ta-


chée de la solution exacte du problème théorique
bleau I) prouve que la suite (AUJ ,) tend vers 1+
pour le chargement appliqué à l'instant n + 1. Le
zéro, mais cela ne signifie pas que la conver-
degré de cette approximation dépend de la
gence de la suite (u' ). ou de la série associée
n+1
finesse du maillage. Si l'on souhaite affiner la
(Au| ), a été démontrée. Il s'agit alors seule-
1+I
solution, i l faut recourir à des maillages plus fins
ment de conditions nécessaires. Il convient donc
et étudier la convergence au sens du maillage.
d'être prudent avant de conclure et il est forte-
ment conseillé de calculer, en plus des tests de
convergence, le taux de convergence (qj défini Mesure de l'erreur relative
par le rapport : par rapport à la solution exacte

H A U
n l||
+
La définition du taux de convergence permet
aussi d'apprécier, pour un maillage donné, l'er-
A U
|| n l||
+
reur relative commise sur la limite de la suite des
A v e c cette définition, i l est évident que, pour déplacements (Winget et Hughes, 1985). Cette
deux indices d'itération i et i + k quelconques, la erreur relative est définie par la quantité :
relation suivante est vérifiée :
j=k
Au
su - n Au'
j=k
Par ailleurs, si l'on peut démontrer que la suite En appliquant à la relation u ^ , - V A u j ^ ' , = u | 1+l

des taux (q;) est monotone décroissante, l'inéga- ,H


lité suivante est vérifiée : la propriété de l'inégalité triangulaire, on obtient
IJAu^l k
(q, ) | | A u ; | | les inéquations :
£ +l i+l

C ,|| + Y||Au;^
K
> U„
Alors, la relation évidente u'^, - uL
J=I
et l'utilisation de l'inégalité triangulaire (pro- et donc
priété d'une norme) permettent d'aboutir aux
,i+k
inégalités suivantes : IK || - S I < ' l l
+I
A j

j = k
H
,,i
IL,i+k
u„_,, - u„ .,M < \\^ 11AAu,,i+i
J , J , II < Si, de plus, on a pu démontrer que la suite des
taux de convergence est monotone, décroissante

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et strictement majorée par 1, l'inégalité suivante suivi de quelques nœuds caractéristiques (centre
est vérifiée : de la fondation, clé et radier pour un tunnel, tête
k
de la palplanche ou de la paroi, centre de la base
q,(i - (q¡)
Au' du remblai) permet de construire des courbes de
type charge-tassement. Leur allure (régularité,
Alors, si on fait tendre k vers l'infini, c'est une courbure, tendance vers une asymptote) est un
borne inférieure de la norme de la solution indicateur intéressant pour une étude de stabilité ;
convergéc qui apparaît : >- la stabilité du schéma de résolution au cours du
q, temps (consolidation des sols, viscoplasticité) :
a u„ Au' >- la continuité des déplacements, des vec-
1 - q¡
teurs-contraintes, des réactions et de certaines
Enfin, si le minorant de cette dernière inégalité
composantes des tenseurs des contraintes et des
est positif, il est possible d'obtenir un majorant
déformations. En particulier, les contraintes nor-
de l'erreur relative commise en arrêtant le pro-
males doivent être quasiment nulles sur un bord
cessus de résolution à une itération i donnée :
libre, ou négligeables devant la contrainte maxi-
male repérée dans le modèle :
>• l'ordre de grandeur des résultats (déplace-
Au'_ ments, pressions interstitielles, contraintes,
1 - q¡ efforts, moments) et l'analyse des concentrations
Au' de contraintes :
les isovaleurs de déformations plastiques.
Celles-ci constituent le meilleur indicateur quant
Au' à la formation d'un m é c a n i s m e de rupture dans le
i - q
s
maillage (concentration et intensité des déforma-
Note. Le module MCNL (Mécanique en Comportement tions plastiques par rapport aux valeurs consta-
Non Linéaire) de CÉSAR-LCPC fournit, à la demande, toutes
tées sur les courbes triaxiales). Cette représenta-
ces indications dans le fichier d'impression des résultats.
L'utilisateur dispose ainsi des informations lui permettant tion permet également de comparer les zones
de juger le déroulement du processus de résolution. concernées avec des m é c a n i s m e s de rupture
connus ou utilises dans les calculs traditionnels ;
>- la vérification de la carte des critères de plas-
Analyse pratique des informations liées ticité sur l'ensemble du maillage ;
au processus itératif et des résultats >• le comportement aux interfaces (justification
S ' i l est relativement facile de conclure à une des décollements, calcul du frottement latéral,
convergence, ou à une divergence évidente, en vérification du critère de Coulomb, etc.) ;
analysant la suite des quantités caractérisant le >- l'estimation et posteriori des erreurs de calcul.
processus itératif, il n'en est pas de m ê m e
TABLEAU II
lorsque ces informations n'indiquent plus de ten-
Résultats des tests de convergence et diagnostic
dance nette. Il est alors difficile de conclure
entre une tendance à la divergence et une ten- Diagnostic Résultats des tests de c onv ergenc e
dance à une convergence très lente (tableau II).
Convergence Les tests sont satisfaits. La suite (g,) est mono-
Pour émettre un jugement « définitif ». i l faut tone décroissante et tend vers une limite infé-
compléter les informations concernant la conver- rieure à 1. Lorsque la zone plastique devient
importante, sans toutefois menacer la stabilité
gence par l'exploitation des résultats obtenus à la de l'ouvrage, la suite (q,) se stabilise fréquem-
fin des itérations d e m a n d é e s (déplacements, ment autour de valeurs comprises entre 0,8 et
0,99 ; ce qui suffit à assurer l'absolue conver-
contraintes, etc.). Les postprocesseurs récents
gence de la série pour la méthode des
offrent ainsi de nombreuses possibilités pour contraintes initiales. Des valeurs plus faibles
représenter les résultats sous diverses formes sont généralement observées avec la méthode
tangente. Dans le cas des accélérateurs de la
(carte d'isovaleurs, courbes de variation, coupes, convergence, la suite des taux est souvent glo-
animation, etc.) afin d'aider aux vérifications balement décroissante, car le principe des accé-
essentielles qui concernent : lérateurs consiste à obtenir au début d'un incré-
ment des accroissements de déplacements
»- les dimensions du maillage. Elles doivent être relativement importants entre deux itérations
successives.
suffisantes pour décrire correctement les méca-
nismes de déformation. En particulier, il faut véri- Non-convergence La norme des forces résiduelles décroît très len-
fier que, loin de l'application des sollicitations, tement, le nombre d'itérations devient très impor-
tant ou la suite des taux présente des valeurs très
l'état des contraintes initiales est peu perturbé ; proches de l'unité. Il est alors difficile de conclure
>- le respect des conditions aux limites imposées et il vaut mieux recommencer le calcul avec un
et des conditions de symétrie ; incrément de chargement plus faible.

>- la cohérence globale des résultats (par exem- Divergence La norme des forces résiduelles ne tend pas
ple, une compression entraîne un tassement où vers zéro et la suite des taux oscille autour de
toute excavation a tendance à se refermer). Le la valeur unité.

50 BULLETIN DES LABORATOIRES DES PONTS ET CHAUSSÉES - 214 - MARS-AVRIL 1993 - RÉF. 41a? - PP 45-60
C'est en analysant l'ensemble de ces résultats que rations, décroissance lente de la norme des
l'on peut « conclure » quant à une bonne conver- forces résiduelles). Il en est de m ê m e a fortiori
gence générale et à un maillage suffisamment fin. pour la divergence du processus ;
Il est également fondamental que l'utilisateur exa- ^ les mouvements excessifs dans certaines
mine les résultats en tenant compte de la spécifi- zones du massif de sol sans augmentation signi-
cité de l'ouvrage étudié. Pour illustrer ce propos, ficative des contraintes ;
B . Simpson a donné l'exemple suivant : l'analyse x— le développement soudain des zones plastiques
de la distribution de la pression des terres derrière dans le maillage ;
un mur de soutènement peut indiquer des erreurs >- la visualisation des isovaleurs de déforma-
qu'une analyse du champ de déplacements ou des tions plastiques ou de déformations de cisaille-
moments fléchissants ne saurait pas mettre en évi- ment. Une comparaison avec les déformations à
dence (Crilly, 1993). Il existe ainsi des vérifica- la rupture déduites des essais triaxiaux permet
tions spécifiques par types d'ouvrage. d'estimer les zones réellement en rupture ;
les efforts de traction mobilisés dans les ren-
forcements qui, c o m p a r é s avec les seuils de
Étude de la stabilité d'un ouvrage résistance, indiquent ou non une cassure.
et convergence au sens du chargement
L'ensemble des nœuds du maillage, où les seuils
Un calcul incrémental par éléments finis de type en déformations sont dépassés, constitue une zone
déplacements permet d'étudier la stabilité des de rupture, qui s'étend au cours du calcul jusqu'à
ouvrages et de déceler l'amorce d'un m é c a n i s m e ce que le processus itératif ne converge plus pour
de rupture. En pratique, la stabilité d'un ouvrage un certain chargement. Cette zone fournit une
est analysée à l'aide d'une succession d'accrois- indication sur la forme du mécanisme de rupture.
sements de chargement. Les approches suivantes Lorsque la divergence apparaît nettement, le char-
sont les plus utilisées : gement appliqué n'est plus supportable par le
^ forces ou pressions imposées (fondations milieu étudié. Cette approche a conduit à de bons
superficielles ou profondes) ; résultats pour des problèmes dont des solutions
>- déplacements ou rotations imposés (fonda- théoriques sont connues (expansion d'une cavité,
tions superficielles) ; capacité portante des fondations ou stabilité des
>- activation de couches de sol (remblaiement) fouilles verticales) et les formes de m é c a n i s m e s
ou désactivation (excavation devant un soutène- obtenues sont proches des surfaces de glissement
ment ou pour un ouvrage souterrain). théoriques (Mestat, 1993a, 1993b et 1994).

Une quatrième approche est quelquefois


employée : elle consiste à réaliser une succession
de calculs au cours desquels les paramètres de
Exemples d'études de la convergence
résistance des sols sont progressivement réduits. pour des ouvrages de géotechnique
D'une manière générale, l'étude des résultats Exemple simple :
d'un modèle d ' é l é m e n t s finis en termes d'ana- expansion d'une cavité cylindrique
lyse de stabilité doit être à la fois globale (au
niveau du maillage) et locale (suivi de points L'expansion d'un « tube épais » cylindrique infi-
caractéristiques au cours du processus incrémen- niment long, soumis à une pression interne uni-
tal). Les principaux indicateurs ou critères forme P, est un exemple simple pour valider les
annonciateurs de la formation d'une zone de rup- algorithmes de résolution, car on connaît la solu-
ture dans le maillage sont les suivants : tion analytique de ce problème lorsque le maté-
>- l'allure des courbes chargement-tassement en riau est élastoplastique (critère de Tresca ou de
quelques points caractéristiques. Leur analyse Mohr-Coulomb) (fig. 2).
constitue la méthode la plus convaincante pour Les caractéristiques géométriques et mécaniques
mettre en évidence l'amorce de la rupture du
sont les suivantes :
massif de sol et estimer une charge limite ;
x - les difficultés de convergence du processus 1 m ; R, = 10 m ; E = 10 M P a ; v = 0.33 ;
itératif (augmentation soudaine du nombre d'ité- c = 600 kPa ; cp = r]' = 0°

1m

R 2 r

Fig. 2 - Dimensions et maillage du tube épais (113 nœuds et 22 quadrangles à 8 nœuds).

BULLETIN DES LABORATOIRES DES PONTS ET CHAUSSÉES - 214 - MARS-AVRIL 199e - RÉF. 4187 - p p 45-60
L a solution analytique du problème m é c a n i q u e • Dans le cas d'une pression très supérieure à la
pour le critère de Tresca est donnée dans le pression limite théorique, les quantités significa-
tableau III en fonction du rayon plastique R . A p
tives présentent des évolutions perturbées : les
cause de la symétrie radiale et du chargement normes des forces résiduelles commencent par
appliqué, les contraintes et le déplacement sont décroître doucement, puis se stabilisent et restent
supposés ne dépendre que du rayon r. constantes après l'itération numéro 55
u

L a pression limite est donnée par la relation : R( ')il


= 0,31391 . Cette indication prouve que
IIAF,
^limite _
2cln
, soit 2 763,1 kPa. Il est alors la suite des accroissements de déplacements (Au',)
R,
1
facile de considérer deux cas extrêmes : ne tend pas vers zéro, donc que la suite (u ,) est
O l'application d'une pression très inférieure à divergente. Par ailleurs, la suite des taux de
la pression limite (P = 1 100 kPa), convergence oscille quelque peu, mais montre une
© l'application d'une pression très supérieure à tendance générale à la croissance (tableau V ) et
la pression limite (P = 4 000 kPa). ses termes dépassent l'unité après l'itération
numéro 53.
Pour ces deux calculs, les quantités significatives
du processus itératif sont regroupées dans les En outre, l'application d'une succession de char-
tableaux I V et V . L a m é t h o d e de résolution de gements permet d'étudier la stabilité du tube
type contraintes initiales est utilisée et la pression épais et d'estimer une pression limite. O n
uniforme est appliquée en un seul incrément. cherche ainsi les valeurs de deux pressions :
>- d'une part, la plus grande pression pour
• Dans le premier cas, la convergence de la suite
laquelle une convergence est encore obtenue,
des d é p l a c e m e n t s est obtenue au bout de seize
>- d'autre part, la plus petite pression qui pro-
itérations pour une tolérance d e m a n d é e de 0,1 %
voque une divergence nette (la norme des forces
sur les trois tests. L a décroissance régulière de la
résiduelles ne tend pas zéro).
norme des forces résiduelles témoigne du bon
déroulement du processus itératif et que la suite Dans l'exemple considéré, on aboutit facilement
des accroissements de déplacements tend vers à l'encadrement suivant (en trente-six incré-
zéro. De plus, après quelques oscillations initia- ments décrits dans le tableau V I ) :
les, la suite des taux de convergence devient 2 763,2 kPa < P < 2 763,3 kPa
l i m i t e

monotone décroissante à partir de la cinquième soit une erreur de l'ordre de 0,0036 % par rapport
itération et elle se stabilise dès la quatorzième à la solution théorique (P| . = 2 763,1 kPa).
imjlL

itération. Des calculs complémentaires avec une


6
L a figure 3 représente la courbe (u(Ri), P) qui met
tolérance égale à 10" confirme cette stabilité à la
en évidence la pression limite. Dans ce cas particu-
valeur 0,69598. Cette constatation prouve « nu-
lier, on ne peut parler d ' asymptote au sens habituel,
mériquement » que la suite des déplacements a
car le déplacement radial est limité physiquement
bien convergé pour la modélisation considérée.
et le rayon plastique ne peut dépasser le rayon
Par ailleurs, on a relevé la valeur de la norme externe du tube. L e déplacement théorique corres-
du dernier accroissement de déplacements pondant à la pression limite vaut 0,010568 m ;
6 7
(||AuJ || = 0,30177.10" ) et celle du déplacement cette valeur est très proche de la valeur numérique
6 2
(||uj || = 0,10012.10' ), où l'indice 1 correspond autour de laquelle les points converges ont ten-
au n u m é r o de l'incrément de chargement et dance à se resserrer lorsque la pression se rap-
l'exposant 16 à la seizième itération. Les proche de la pression limite (fig. 3).
erreurs absolue et relative commises sur la
solution convergée sont respectivement majo-
rées par les quantités suivantes :

soit
7
1k - uj"|| < 0,69083.10"

7
0,69083.10"
2 7
soit
0,10012.10" - 0,69083.10"
4
< 0,69005.10"

Ces erreurs sont très faibles et montrent que la


solution convergée obtenue est très satisfaisante.
Une comparaison directe avec la solution analy-
Fig. 3 - Courbe du déplacement à l'intrados
tique le confirme également. en fonction de la pression appliquée.

52 BULLETIN DES LABORATOIRES DES PONTS ET CHAUSSÉES - 214 - MARS-AVRIL 1998 - RÉF. 4187 - PP. 45-60
TABLEAU III
Solution de l'expansion dans une cavité cylindrique pour le critère de Tresca

Comportement Expressions des contraintes et du déplacement radial

(^) ;
Zone plastique n
2
c
l
cj (r) = - P +
rr «cio( ) r
= - P + 2c + 2cln^j ; o ( r ) = v ( o ( r ) + <.T,„,(r)) ;
zz rr

R, s r s R p

u(r, - < + ^1
~ ( - Pr + 2 ^ ) ) + (?
2 Vl f - e c P = 2cln + cfl - $
C R
P (

Zone élastique 2 2
cR / R \
o (r) -
rr [1 + ! J ; Ozz(r) = v ( o „ ( r ) + o „ „ ( r ) ) ;
r

B,sr<R,
2 2
,1 + \ c R / v R>
u(r)-( - ) ^ ( l - 2 v ) r
/ E ( + f)

R p est le rayon plastique correspondant à la pression uniforme appliquée

TABLEAU IV
Liste des tests de convergence pour un calcul qui converge (P = 1 100 kPa)

Tolérance Tolérance Tolérance Taux


Numéro d'itération
sur les déplacements sur les résidus sur les travaux de convergence

1 0,00000 0,48763 0,00000 1,00000


2 0,94413.10-' 0,23612 0,11974.10-' 0,10420
3 0,56603.10- 1
0,13179 0,42408.10- 2
0,63531
4 0,35411.10-' 0,76725.10-' 0.16819.10 2
0,64846
5 0,23077.10-' 0,49995.10-' 0,71186.10 3
0,66700
6 0,15087.10-' 0,32152.10-' 0,30919.10 3
0,66376
7 0,10081.10-' 0,22664.10-' 0.14067.10- 3
0,67493
8 0,70082.10- 2
0,16508.10-' 0,67200.10" 0,70009
9 0,48644.10 2
0,11729.10-' 0.32349.10 4
0,69748
10 0,33768.10 2
0,82285.10- 2
0,15609.10 4
0,69653
11 0,23454.10 2
0,57439.10- 2
0,75409.10- 5
0,69618
12 0,16598.10" 2
0,40020.10 2
0,36461.10 5
0,69605
13 0,11331.10- 2
0,27864.10 2
0.17639.10- 5
0,69601
14 0,78801.10 3
0,19396.10 2
0,85367.10 6
0,69599
15 0.54814.10- 3
0,13500.10- 2
0.41326.10- 6
0,69598

16 0,38135.1 Q- 3
0,93956.10 3
0.20009.10- 6
0,69598

TABLEAU V
Liste des tests de convergence pour un calcul qui diverge (P = 4 000 kPa)

Tolérance Tolérance Tolérance Taux


Numéro d'itération
sur les déplacements sur les résidus sur les travaux de convergence

1 0,00000 0,86890 0,00000 1,00000


2 0,33868 0,66152 0,19906 0,51125
3 0,24236 0,57285 0,12611 0,94413
4 0,18810 0,52567 0,90619.10 1
0,95580
5 0,15312 0,49832 0,69844.10' 0,96108
6 0,12893 0,46984 0,56370.10-' 0,96667
7 0,11128 0,45544 0,46963.10' 0,97108
8 0,97731.10-' 0,43727 0,40055.10-' 0,97338
9 0,87173.10-' 0,43212 0,34803.10' 0,97713

10 0,78594.10-' 0,41471 0,30681.10' 0,97847

Seules les dix premières itérations sont considérées

TABLEAU VI
Loi de chargement pour la recherche de la pression limite d'un tube épais (kPa)

100 200 300 400 500 600 700 800 900 1 000 1 100 1 200

1 300 1 400 1 500 1 600 1 700 1 800 1 900 2 000 2 100 2 200 2 300 2 400

2 500 2 600 2 700 2 750 2 755 2 760 2 761 2 762 2 763 2 763,05 2 763,1 2 763,2

BULLETIN DES LABORATOIRES DES PONTS ET CHAUSSÉES - 214 - MARS-AVRIL 1998 - RÉF. 41 B? - PP. 45-60 53
Étude de la stabilité Les résultats numériques conduisent à encadrer
d'une fondation superficielle circulaire la pression limite entre deux valeurs :

Les fondations superficielles isolées, posées sur >- la valeur inférieure correspond à la plus
un massif de sol h o m o g è n e à surface horizon- grande pression, parmi les termes de la loi de
chargement, pour laquelle une convergence est
tale, constituent des exemples simples pour la
obtenue,
validation des codes de calcul par éléments
>• la valeur supérieure est relative à la plus
finis. En effet, on dispose de solutions exactes
petite pression pour laquelle une divergence
concernant la charge limite ou de bornes supé-
nette apparaît.
rieures et inférieures pour quelques problèmes
particuliers. Plusieurs publications ont ainsi L a détermination des valeurs inférieures ne pose
c o m p a r é des résultats de calcul par éléments pas de problème particulier : on obtient 136 kPa
finis de type déplacements avec les résultats de pour le maillage grossier et 1 1 7 k P a pour le
l'analyse limite (voir, par exemple, de Borst et maillage fin. Les tests de convergence sont satis-
Vermeer, 1984; Griffiths, 1982; Mestat, 1993b faits avec la précision d e m a n d é e . En revanche,
et 1994). l'évolution de la suite des taux (qi) est perturbée
par l'utilisation de la m é t h o d e d'accélération de
Pour illustrer les notions de convergence au sens
la convergence. E n effet, celle-ci conduit à des
du chargement et au sens du maillage ainsi que
accroissements de déplacements importants pour
la forte interaction qui existe entre ces deux certaines itérations et les taux peuvent varier
notions, considérons le cas d'une fondation sou- rapidement dans un sens ou dans l'autre d'une
ple, circulaire et posée sur un sol h o m o g è n e itération à la suivante. N é a n m o i n s , l'examen des
caractérisé par un critère de Tresca (cohésion termes montre qu'ils décroissent globalement et
non drainé c ). L a fondation est représentée par
u
qu'ils restent inférieurs à l'unité.
une pression uniforme perpendiculaire, appli-
quée sur un disque de diamètre B (fig. 4). Cette Pour les pressions i m m é d i a t e m e n t supérieures
pression est a u g m e n t é e j u s q u ' à ce qu'une diver- dans la loi de chargement (respectivement
gence nette apparaisse. 137 kPa et 118kPa), la norme des forces rési-
duelles oscille entre des valeurs faibles et d'autres
plus fortes avec une certaine régularité. Il en est
de m ê m e à une échelle moindre pour les tests sur
les déplacements. L a suite des taux de conver-
gence est cette fois particulièrement erratique
T Y t T t t t t t avec beaucoup de valeurs supérieures à l'unité.
B =1 m Tous ces facteurs indiquent une forte p r é s o m p -
tion de divergence, mais la preuve manque (si
Fig. 4 - Fondation souple, circulaire et isolée sur un tant est q u ' i l y en ait une). En revanche, si on
massif de sol (critère de Tresca).
effectue un saut dans la loi de chargement et
qu'on remplace les pressions précédentes
(137 kPa et 118 kPa) par des pressions égales à
Si le massif de sol est supposé non pesant, la
140 kPa et 1 1 9 k P a , une divergence nette appa-
charge admissible par le sol est donnée par l'ex-
raît et la norme des forces résiduelles ne présente
pression (Shield, 1955) :
aucune tendance à converger vers zéro.
Piimitc = 5.69 c u

Finalement, les encadrements recherchés sont les


Pour l'application numérique, on retient les caracté- suivants :
ristiques mécaniques suivantes : E = 50 000 kPa ; >- pour le maillage grossier : 136 kPa < P l i m i t e

v = 0,33 et c = 20 kPa.
u
< 140 kPa ;
Deux calculs ont été réalisés : >- pour le maillage plus fin : 117 kPa < Pn j m lc

< 119 kPa.


>- l'un avec un maillage grossier, comportant
trente quadrangles à huit n œ u d s et 113 nœuds En assimilant les majorants aux pressions limites
(fig. 5a). L a loi de chargement est appliquée en calculées,, les erreurs relatives par rapport à la
dix-neuf incréments (tableau VII) ; solution théorique (113,8 kPa) sont de l'ordre de
>- l'autre avec un maillage plus fin, constitué de 23 % pour le maillage grossier et de 4,5 % pour
soixante-dix-sept quadrangles à huit n œ u d s et le maillage plus fin. Cette dernière erreur rela-
268 nœuds (fig. 5b). L a loi de chargement com- tive est généralement jugée satisfaisante.
prend dix-sept incréments (tableau VIII).
La figure 6 représente la courbe du déplacement
L a m é t h o d e de résolution utilisée est la m é t h o d e vertical au centre de la fondation en fonction de
d'accélération D - F - P et la tolérance d e m a n d é e la pression appliquée pour les maillages grossier
sur les tests de convergence est fixée à 0,1 %. et fin.

54 BULLETIN DES LABORATOIRES DES PONTS ET CHAUSSÉES - 214 - MARS-AVRIL 1998 - RÉF. 4187 - p p . 45-60
Fig. 5 - Maillages de la fondation circulaire en symétrie de révolution

50 cm

10 m u =0 u =0

w =0
10 m

a. Maillage grossier - b. Maillage plus fin.

T A B L E A U VII
Loi de chargement pour la recherche de la pression limite (maillage grossier)

10 20 30 40 50 60 70 80 90 100 105 110

115 120 125 130 135 136 137

T A B L E A U VIII
Loi de chargement pour la recherche de la pression limite (maillage fin)

10 20 30 40 50 60 70 80 90 100 105 110

112 114 116 117 118

P (kPa)

Fig. 6 -
Tassement de la fon-
dation en fonction de
la pression appliquée.

0 2 4 6 8 10
3
w (m)x10

BULLETIN DES LABORATOIRES DES PONTS ET CHAUSSÉES - 214 - MARS-AVRIL 1998 REF 4187 - PP. 45-60 55
La figure 6 montre q u ' i l existe une légère oscil- « converges » précédents. L'analyse des résultats
lation à la fin de la partie linéaire de la courbe à la fin de chaque phase est donc indispensable.
(w, P), correspondant à une pression égale à On ne peut raisonnablement se contenter de
80 kPa. Puis, lorsque la pression augmente et contrôler et d'exploiter seulement la phase
que la plasticité se développe, cette oscillation finale.
disparaît et la courbe tend d'une manière régu-
Il est important de savoir déceler les anomalies
lière vers son asymptote horizontale (valeur de la
dans les résultats obtenus et de répondre aux
pression limite). Cette oscillation est d'origine
questions essentielles suivantes :
numérique, et elle disparaît si l'on considère une
discrétisation plus fine du chargement. L a >- les incréments de chargement sont-ils assez
figure 7 illustre cette remarque dans le cas du nombreux ? Le découpage de la loi de charge-
maillage grossier : un nouveau calcul a été réa- ment est-il approprié ? D'une manière générale,
lisé en introduisant trois incréments supplémen- il est préférable d'avoir plus d ' i n c r é m e n t s avec
taires entre les pressions 70 et 80 kPa. moins d'itérations pour chacun, que d'avoir peu
d ' i n c r é m e n t s et un grand nombre d'itérations. E n
P (kPa) effet, seuls les résultats à la fin d'un incrément
ont une signification mécanique ; les résultats à
la fin d'une itération n'ont pas de sens m é c a -
nique, ils vérifient tantôt les équations de l'équi-
libre et tantôt les équations de comportement ;
>> la tolérance d e m a n d é e sur les tests de conver-
gence est-elle suffisante ? L a réponse à cette
question dépend de l'étude des quantités décrites
précédemment ;
>• la densité en éléments finis est-elle satisfai-
sante ? Des logiciels de calcul d'erreurs a pos-
teriori ou l'étude des continuités de certains
40 - J
résultats (par exemple, des vecteurs-contraintes)
I • Loi de chargement initiale permettent de répondre à cette interrogation ;
20 _ / Loi de chargement modifiée i-> etc.

Malgré ces conseils, les réponses à fournir ne


0ï I I I I l
0 2 4 6 8 10 sont pas toujours évidentes, car elles peuvent
w (m)x10 3
dépendre des résultats qui intéressent véritable-
ment l'utilisateur. Une illustration de ce pro-
Fig. 7 - Effet de l'introduction de trois incréments de blème a été proposée par Balay (1988) dans le
pression supplémentaires.
cas de la modélisation d'un ouvrage de soutè-
nement.
Cette remarque d é m o n t r e q u ' i l n'est pas toujours
évident de constituer une loi de chargement a Étude de la convergence
priori pour étudier la stabilité d'un ouvrage, dans le cas d'un écran de soutènement
m ê m e dans le cas simple d'un chargement L a modélisation d'un ouvrage de soutènement
monotone croissant. Des procédures de décou- est effectuée en tenant compte des différentes
page automatique du chargement peuvent être séquences de construction de l'ouvrage depuis la
envisagées, à condition qu'elles soient capables mise en place dans le sol (fonçage de rideaux de
de mettre en évidence ce type d'oscillations et palplanches, parois moulées) j u s q u ' à la phase
d'adapter la l o i de chargement sans augmenter finale d'excavation ou d'exploitation. Les inter-
de manière importante la durée de calcul. actions multiples (sol-écran, sol-tirants d'an-
crage, écran-ancrage) sont également considé-
rées. Pour cela, on utilise différents types
Étude de la convergence d ' é l é m e n t s finis dans le m ê m e m o d è l e :
pour des modélisations en plusieurs étapes
>- des éléments de massifs pour le sol, pour le
béton (paroi moulée) ou pour des rideaux de pal-
Séquences de construction
planches simulés par un mur d'épaisseur fixée et
et vérifications des calculs
de rigidité équivalente ;
Dans le cas d'une modélisation en plusieurs i - des éléments de flexion-extension pour un
phases enchaînées (représentant différentes écran (rideau de palplanches ou paroi moulée
étapes de construction), i l est impératif de d'épaisseur faible) ;
contrôler le bon déroulement du processus ité- >- des éléments de flexion (tirants éventuels) ;
ratif pour le calcul n avant de lancer le calcul >- des éléments spéciaux pour décrire les p h é n o -
n + 1, qui est effectué en utilisant les résultats m è n e s de contact entre les structures et le sol.

56 BULLETIN DES LABORATOIRES DES PONTS ET CHAUSSÉES - 214 - MARS-AVRIL 1998 - RÉF. 4187 - PP. 45-60
80 m

Paroi moulée 20 m

50 m u-=0 u 0

u =w = 0
1L

Fig. 8 - Dimensions du modèle retenu et conditions aux limites.

Une interface peut être représentée soit par des Les caractéristiques mécaniques du sol et du
éléments de massif formant une bande mince et béton de la paroi (caractéristiques équivalentes
ayant un comportement élastoplastique orienté d'une paroi d'épaisseur 1 m) sont les suivantes :
(la direction de l'écoulement plastique est E = 50 M P a ; v = 0,33 ; y = 20 k N / m
s o l
3

imposée selon celle de l'interface), soit par des c' = 0 kPa ; cp' = 30° ; K^, = 0,5 ;
éléments finis de contact sans épaisseur et ayant E = 10 000 M P a ; v
p a r o i = 0,25 p a r u ]

un comportement de type frottement de Le chargement est constitué par l'exécution


Coulomb (rigide-plastique). d'un niveau d'excavation de profondeur égale à
Le cas étudié par Balay (1988) est constitué 5 m, simulé en un seul incrément. Plusieurs
d'une paroi moulée de 20 m de hauteur retenant calculs ont été effectués avec des tolérances
le sol sur une hauteur de 5 m (fig. 8). L e mail- décroissantes sur les tests de convergence : 10"'
2 3

lage est c o m p o s é d ' é l é m e n t s linéaires (triangles (1 itération) ; 10" (28 itérations) ; 10" (153 ité-
h

à trois nœuds) pour le massif et d ' é l é m e n t s de rations) ; 10" (703 itérations). L'influence de la
poutre pour la paroi. Il n'y a pas de tirant dans le tolérance d e m a n d é e est importante sur les
modèle (fig. 9). Le calcul est réalisé en élasto- déplacements et rotations de l'écran (tableau I X )
plasticité (critère de Mohr-Coulomb pour le sol) et, plus encore, sur les valeurs des contraintes et
à l'aide de la méthode des contraintes initiales. des moments fléchissants (fig. 10).

BULLETIN OES LABORATOIRES DES PONTS ET CHAUSSÉES - 214 - MARS-AVRIL 1998 - REF 4187 - pp. 45-60 57
TABLEAU IX
Influence de la tolérance sur les résultats n u m é r i q u e s concernant l'écran

Point caractéristique Tolérance 10 2


Tolérance 10 3
Tolérance 10 6

Tête de l'écran u = - 0,40396 cm u = - 0,61328 cm u = - 0,64256 cm


v = 2,3113 cm v = 2,3073 cm v = 2,3067 cm
H = - 0,57448.10~ rd 3
0 = - 0,27827.10~ rd 3
9 = - 0,23833.10 rd
3

Niveau du fond de fouille u = - 0,69760 cm u = - 0,76494 cm u = - 0,77489 cm


v = 2,3122 cm v = 2,3079 cm v = 2,3073 cm
1» = - 0,66139.10" rd
3
<> = - 0,40603.1o rd 3 3
H = - 0,23833.10 rd

Pied de l'écran u = - 1,6720 cm u = - 1,6730 cm u = - 1,6731 cm


v = 2,2923 cm v = 2,2895 cm v = 2,2891 cm
H = - 0,28083.10~ rd
3
0 = _ 0,28938.10" rd 3
H = - 0,29051.10~ rd 3

de première importance pour le projeteur. Il faut


(kN.m) ainsi, au minimum, près de 150 itérations en
60 méthode des contraintes initiales pour obtenir
une convergence générale satisfaisante sur les
déplacements, sur les contraintes et sur les
moments. Cette convergence correspond à une
erreur relative moyenne de l'ordre de 5 % et une
erreur relative maximale de 20 % (pour certaines
zones très localisées et plastifiées) entre le calcul
effectué avec une tolérance de 0,1 % et un calcul
ft
de référence avec une tolérance de l()~ .

Cet exemple est relativement simple en termes


de modélisation et de type d ' é l é m e n t s utilisés,
mais des constatations identiques ont été faites
sur des maillages construits avec des éléments
-140 quadratiques (quadrangles à huit n œ u d s ) . Par ail-
leurs, cet exemple comme beaucoup d'autres,
Fig. 10 - Influence des tolérances sur les valeurs des montre q u ' i l est fortement conseillé de consi-
moments fléchissants. dérer une tolérance d'au moins 0,1 % pour un
modèle de calcul, et notamment pour des calculs
enchaînés (phasage de construction). Cette valeur
L'analyse des différents calculs conduit aux de la tolérance garantit, lorsque la convergence
observations suivantes : est acquise, des résultats moyens acceptables.
>- les déplacements verticaux dans les éléments
de poutre (paroi) se stabilisent relativement rapi-
dement pour une tolérance de 1 % (tableau I X ) ;
>- les déplacements horizontaux et les rotations Notions de convergence
de la paroi se stabilisent plus lentement. O n peut et problèmes de couplage
considérer que ces quantités varient peu au-delà
Les modélisations avec des éléments de contact
d'une tolérance de 0,1 % (tableau I X ) ;
(sans épaisseur) font également appel à une
>- les contraintes principales dans le sol ne
méthode de résolution de type Newton-
varient plus beaucoup en moyenne lorsque la
Raphson : le « couplage » entre le comportement
tolérance est inférieure à 0,1 %. Toutefois, dans
non linéaire des matériaux et celui de l'interface
certaines zones de concentration plastique, i l faut
f>
entraîne une double contribution au processus
atteindre une tolérance de 10" pour ne plus
itératif à la fois sur la rigidité (matrice tangente,
observer de variations importantes. S i la tolé-
g
possibilité de décollement ou de recollement) et
rance est forcée à 10~ (1 283 itérations), les
sur le second membre (corrections plastiques
résultats obtenus sont quasiment identiques à
A
dans les massifs et à l'interface, frottement, glis-
ceux calculés pour une tolérance de 10~ ;
sement). Dans C É S A R - L C P C , le comportement
>- les moments fléchissants se stabilisent aussi
d'interface est décrit par des éléments quadra-
lentement et présentent relativement peu de
tiques à six n œ u d s , par un critère de frottement
variations au-delà de 0,1 %.
de Coulomb et par un critère de résistance à la
Ces résultats mettent en évidence la lente traction. Le processus itératif, fondé sur les
convergence des moments dans la paroi, qui sont m ê m e s bases que p r é c é d e m m e n t , est aussi

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contrôlé par des tests de convergence sur les dans cet article, devraient aider à conclure,
déplacements et sur le déséquilibre global du dans la plupart des cas, à la convergence ou à
milieu étudié (tests sur les forces résiduelles). la divergence des calculs. Pour les autres types
Les conseils précédents restent valables et la de convergence (au sens du maillage. de la
tolérance conseillée est également de 0,1 %. recherche d'une charge limite ou de la satisfac-
tion des équations de comportement), i l faut
mettre en place d'autres indicateurs internes au
code de calcul (étude des continuités, erreurs a
Conclusions posteriori, vérification locale des équations de
L a résolution par la méthode des éléments finis comportement) ou effectuer des analyses de
d'un problème de mécanique en comportement résultats similaires a celles présentées ici (ana-
non linéaire nécessite généralement l'application lyse des courbes charge-tassement en des
de quatre procédures de discrétisations (mail- nœuds caractéristiques de l'ouvrage, isovaleurs
lage, méthode itérative, traitement local des de déformations plastiques ou de contraintes,
équations de comportement, loi de chargement etc.). Cependant, il n'est pas toujours néces-
appliquée). saire de recourir à des techniques mathéma-
tiques complexes pour juger de la pertinence
Chacune de ces procédures peut être la source du maillage utilisé ou de la loi de chargement
d'erreurs numériques et conduire soit à une mau- adoptée. Le bon sens, les ordres de grandeur
vaise solution, soit à une divergence non justifiée connus (tassements, pressions, moments, efforts
du processus itératif. Il convient donc, dans la sur les structures, etc.) et les allures de défor-
mesure du possible, de contrôler ces procédures mées habituelles (mécanismes de déformation
afin d'assurer aux utilisateurs du code la validité déduits de l'observation d'ouvrages en vraie
des résultats qu'ils sont en droit d'attendre. grandeur) constituent également autant d'in-
dices qui permettent de conclure à la validité
En particulier, le suivi et l'analyse du pro-
de la modélisation et des résultats obtenus.
cessus itératif de résolution, qui est proposé

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ABSTRACT

Finite element models and convergence problems in the case of nonlinear behaviour

Ph. MESTAT

T h i s paper d e s c r i b e s the different c o n v e r g e n c e c o n c e p t s of the finite element method a n d the treatment of the
nonlinear behaviour laws which are required to d e s c r i b e the deformations of soil m a s s e s . Particular attention h a s
b e e n given to c o n v e r g e n c e in the s e n s e of a n iterative resolving p r o c e s s . For a given m e s h a n d d a t a l o a d , by
examining the s e q u e n c e of d i s p l a c e m e n t s it is p o s s i b l e , o n c e c o n v e r g e n c e is r e a c h e d , to obtain a majorant of the
absolute error a n d the relative error with respect to the limit of the s e q u e n c e of d i s p l a c e m e n t s . E x a m p l e s of monito-
ring of the resolution p r o c e s s a r e presented for simple c a s e s . Furthermore, e x a m p l e s of m o d e l s for structures (foun-
dations, retaining structures) demonstrate the a d v a n t a g e s of c h e c k i n g c o n v e r g e n c e at e a c h s t a g e of resolution. All
the calculations h a v e b e e n performed with the c e s a r - l c p c software p a c k a g e .

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