Vous êtes sur la page 1sur 7

La dernière fois nous avons traité les bascules, nous allons examiner les principes de base de

la conception et du fonctionnement des registres et des compteurs, comme exemples de


systèmes séquentiels jouant un rôle important dans les systèmes numériques d’une façon
générale et des automatismes de façon particulière.
II- les registres
a) Définition :
Un registre est un assemblage de bascules RS, JK ou D commandées par une horloge
commune, permettant de stocker des informations en attendant leur traitement. Suivant sa
conception, les informations stockées peuvent être ou pas soumises à différents types de
manipulations.
b) Les registres de mémorisation ou registres tampons:
Un registre de mémorisation est un ensemble de bascules permettant de stocker
momentanément une information au format d’un bit ou de mot sans subir de manipulation.
Un mot binaire est généralement de 4 bits appelé quartet, de 8bits appelé octet dit
aussi Byte (B), de16 bits appelé Word (W) ou de 32 bits appelé long Word (DW). Dans un
registre il y’a autant de bits que de bascules. La bascule étant une mémoire élémentaire à un
bit.
c) Les registres à décalage :
Un registre à décalage permet le stockage et la modification de l’information. A l’aide
d’une entrée de commande H l’information contenue dans le registre est décalée. Ce
décalage s’effectue vers la droite ou vers la gauche.
Dans un registre, les informations peuvent être introduites (écrites) ou disponibles (lues) en
sortie de deux manières différentes:
•Ecriture en série et lecture série ou parallèle à l’aide de bascules comme exemple ci-
dessous :

Exemple 1 :
Ici l’entrée série DA reçoit 1 supposons initialement le registre contient le mot binaire
(QAQBQCQD)=(0000)
Après la première impulsion de T le contenu du registre sera (1000)
Après la deuxième impulsion de T le contenu du registre sera (1100)
Après la troisième impulsion de T le contenu du registre sera (1110)
Après la quatrième impulsion de T le contenu du registre sera (1111)
Il nous faut donc 4 impulsion d’horloge pour que le 1 sur D A soit disponible sur la sortie série,
nous avons effectué 4 opération de décalage à droite.
Exemple 2 :
Supposons que le mot binaire dans ce registre est (1001), quel sera le contenu du registre
après 2 décalage à droite avec l’entrée série DA= 0 ?
Le premier décalage donne : (0100)
Le deuxième décalage donne : (0010).
Remarque : En prenant l’entrée série sur DD, et avec l’association suivante DC=QD, DB=QC,
DA=QB et la sortie série sur QA on aura un registre à décalage à gauche.

• Ecriture en parallèle et lecture en parallèle (registre tampon ou mémorisation)

Il existe en circuit intégré des composants registres qui permettent toute sorte d’opération :
c’est ce qu’on appelle un registre universel exemple le SN 74195 (voir TP)

III- Les compteurs

1) Définition

La fonction comptage est utilisée à chaque fois que l'on souhaite dénombrer des
évènements.
Les évènements correspondent à des impulsions logiques tandis que la valeur de sortie se
présente sous forme de mot binaire représentant l’état du compteur. La fonction comptage
est donc aussi, comme le registre à décalage un exemple basique des systèmes séquentiels.

Un compteur est une association de n bascules JK ou D, permettant de décrire au rythme


d’une horloge, une séquence déterminée qui peut avoir au maximum 2n combinaisons
différentes. Les combinaisons apparaissent toujours dans le même ordre.
Le nombre d’états différents pour un compteur est appelé le modulo.
Un compteur, normal et complet, modulo N démarre à 0 et compte dans l’ordre en binaire
naturel jusqu’à N-1.

Exemple de chronogramme d’un compteur modulo 16

Ce compteur modulo 16 utilise donc 4 bascules de sorties: Q4 de poids le fort, Q3, Q2 et Q1


de poids le plus faible. On code le mot état (Q4Q3Q2Q1) de sortie en binaire naturel, le
compteur est dit binaire naturel.

Chronogramme 1 du compteur modulo 16 :


0000 0001 0010 0011 0100 0101 0110 0111 1000 1001 1010 1011 1100 1101 1110 1111 0000 0001

Remarque : Comme vous l’avez bien constaté l’état du compteur 0000


décode la première impulsion du cycle du compteur.

Il existe deux types de compteurs : asynchrones et synchrones.

2) Compteur asynchrone :

Pour réaliser un compteur modulo N= 2n, il s’agit d’associer en cascade n bascules, ou


l’horloge H (ou clock) attaque seulement la première bascule (sortie de poids le plus faible)
puis la sortie de la première bascule attaque le Ck de la deuxième bascule, la sortie de la
deuxième bascule attaque le Ck de la troisième bascule et ainsi de suite.

Exemple de compteurs asynchrones


En effet avec une bascule on peut compter 2 états 0 et 1,
1
J Q
H
Ck Q
K état 0 1 0 1 0
𝑄
Diagramme dans le temps

On remarque TQ= 2 TH ------- > FQ=FH/2 le schéma logique ci-dessus est appelé compteur
modulo 2 ou diviseur de fréquence par 2

Avec 2 bascules on peut compter 4 états coder en binaire par 00, 01, 10, 11,

1 1
J Q Q0 J Q Q1 H
H Q0
Ck Ck
K 𝑄 K 𝑄 Q1
Etat: Q1Q0 00 01 10 11 00 01 10
Diagramme dans le temps

C’est un compteur asynchrone modulo4 ou diviseur de fréquence par 4 : FQ1=FH/4


Avec 3 bascules on peut compter 8 états codés par 000, 001, 010, 011, 100, 101, 110, 111 ;
Le schéma du câblage est obtenu en ajoutant une bascule de sortie Q2 avec J2=K2=1 comme
les précédentes et dont le Ck reçoit la sortie Q1.

On remarque dans un compteur binaire complet avec n bascules on compte l’arrivée


d’événements quelconques (impulsions) sur H de 0 jusqu’à 2n-1, la 2n ième impulsion
ramène le compteur l’état initial 0.

Comment faire pour ne pas compter toute la séquence ordonnée du cycle ? Par exemple
avec le schéma du compteur modulo 16 à 4 bascules au lieu de compter de 0= 0000 à
15=1111, on veut réaliser un compteur modulo 10 qui compte de 0000 à 1001.
L’affichage de l’état (1010) qui correspond à 10 doit le réinitialiser à (0000). Pour cela on se
sert de l’entrée de forçage CLEAR des bascules active au niveau bas : 𝐶𝐿𝐸𝐴𝑅 = 𝑄3. 𝑄1

Le changement d’état d’un compteur asynchrone est réalisé par la propagation de


bascule en bascule de l’état futur, ce qui aboutit à un cumul des temps
de réaction sujet de problèmes dans les systèmes d’acquisition et de traitement numérique.

3) Compteur synchrone
Toutes les variables d’état (bascules) changent en synchronisme avec les fronts actifs de
l’horloge. L’entrée d’horloge est alors commune à toutes les bascules.

Exemple : chercher le schéma logique d’un compteur synchrone modulo 16 avec des
bascules JK.
Compteur modulo 16 -------- > 4 bascules JK pilotées par le même signal d’horloge. Donc il
s’agit de relier en cascade ces trois bascules mais la question qui se pose que vaut les Ji et les
Ki ?
?
J Q
Q4 ? Q3 ? J Q Q2
?
J Q Q1
J Q
Ck Ck Ck Ck
? ? ? ?
K K K 𝑄 K 𝑄
𝑄 𝑄

Deux solutions possibles :


 la première consiste à tracer le diagramme temporel des sorties, remarquer leur
changement d’état (basculement) et d’en déduire les équations des excitations Ji et Ki.
Si on reprend le chronogramme du compteur modulo 16 ci-dessus, on remarquera que la
sortie Q1 bascule à chaque front montant de l’horloge clock d’où J1=K1=1
La sortie Q2 bascule (Q2 passe de 1 à 0 ou de 0 à 1) sur le front montant du clock lorsque la
sortie Q1juste avant le front montant est à 1 d’où J2=K2=Q1
De même la sortie Q3 bascule sur le front montant du clock lorsque la sortie Q1 et la sortie
Q2 juste avant le front montant sont à 1 d’où J3=K3=Q1.Q2
De même pour la sortie Q3 bascule sur le front montant du clock lorsque les trois sorties Q1
Q2 et Q3 juste avant le front montant sont à 1 d’où J4=K4=Q1.Q2.Q3.
D’où le schéma de câblage du compteur :
1
? Q4 ? Q3 J Q Q2 J Q Q1
J Q J Q
Ck Ck Ck Ck
? ? ?
K K K 𝑄 K 𝑄
𝑄 𝑄
H

 La deuxième solution consiste à établir la table des transitions des états qui présente
l’état présent du compteur et l’état futur désiré en pré positionnant les excitations Ji et Ki
des entrées des bascules pour que après le front de l’horloge l’état désiré serait
effectivement atteint.

Je vous rappelle la table de fonctionnement de la bascule JK


J K Qn+1
0 0 Qn
1 0 1
0 1 0
1 1 (Qn)bar

Maintenant la table suivante répond à la question suivante, qu’est ce que je dois appliquer
sur les entrées J,K pour passer de l’état présent Qn à l’état futur désiré Qn+1 après le front
descendent de H

Etat présent Qn Etat désiré Qn+1 J? K?


0 0 0 X
0 1 1 X
1 1 X 0
1 0 X 1
X état indifférent 1 ou 0.
Application à la synthèse du compteur synchrone modulo 16

N10 Etat présent Front Etat futur désiré J4 K4 J3 K3 J2 K2 J1 K1


(Q4Q3Q2Q1)n deH (Q4Q3Q2Q1)n+1 ? ? ? ? ? ? ? ?
0 0 0 0 0 0 0 0 1 0 X 0 X 0 X 1 X
1 0 0 0 1 0 0 1 0 0 X 0 X 1 X X 1
2 0 0 1 0 0 0 1 1 0 X 0 X X 0 1 X
3 0 0 1 1 0 1 0 0 0 X 1 X X 1 X 1
4 0 1 0 0 0 1 0 1 0 X X 0 0 X 1 X
5 0 1 0 1 0 1 1 0 0 X X 0 1 X X 1
6 0 1 1 0 0 1 1 1 0 X X 0 X 0 1 X
7 0 1 1 1 1 0 0 0 1 X X 1 X 1 X 1
8 1 0 0 0 1 0 0 1 X 0 0 X 0 X 1 X
9 1 0 0 1 1 0 1 0 X 0 0 X 1 X X 1
10 1 0 1 0 1 0 1 1 X 0 0 X X 0 1 X
11 1 0 1 1 1 1 0 0 X 0 1 X X 1 X 1
12 1 1 0 0 1 1 0 1 X 0 X 0 0 X 1 X
13 1 1 0 1 1 1 1 0 X 0 X 0 1 X X 1
14 1 1 1 0 1 1 1 1 X 0 X 0 X 0 1 X
15 1 1 1 1 0 0 0 0 X 1 X 1 X 1 X 1

Equations logiques de J1 et K1 : Pour X=1 on obtient J1=K1=1


Equations logiques de J2 et K2 : X=0 ou X=1 on obtient J2=K2, en examinant la colonne de J2
et celle de Q1 on a bien J2=Q1.
Equations logiques de J3 et K3 : X=0 ou X=1 on obtient J3=K3, a l’aide du tableau de
Karnaugh on cherche J3 en fonction des variables Q4 Q3 Q2 Q1 de l’état présent en vue
d’atteindre l’état futur désiré
Q3Q4 00 10 11 01 J3=K3=Q2Q1
Q2Q1
00 0 0 0 0
01 0 0 0 0
11 1 1 1 1
10 0 0 0 0

De même pour J4=K4 = Q1Q2Q3

Q3Q4 00 10 11 01
Q2Q1
00 0 0 0 0
01 0 0 0 0
11 0 1 1 0
10 0 0 0 0

On peut refaire le même exemple avec des bascules D dans ce cas on utilisera la table
inverse de la bascule D

Etat présent Qn Etat futur désiré Qn+1 D?


0 0 0
0 1 1
1 0 0
1 1 1

On appliquera aussi souvent un qualificatif pour caractériser un compteur, selon le codage


des états et le nombre de ceux-ci :
-compteur binaire si les états correspondent à un codage binaire naturel des variables
d’état
-compteur décimal ou DCB dans le cas où il s’agit d’un codage DCB des variables d’état;
Lorsque la succession des états correspondra à un ordre croissant, on utilisera le terme de
compteur, et dans le cas contraire, le terme de décompteur.

Des fonctions auxiliaires peuvent aussi être présentes sur des compteurs.
blocage d’horloge ou inhibition
changement de sens de comptage (up/down)
remise à zéro
pré-chargement parallèle (positionnement du compteur à une certaine valeur)
sortie de retenue (pour mise en cascade de compteur)

Compteur en circuit intégré 74192, 74193 voir TP


Comme application essayez de faire le TD, vous recevrez la suite du corrigé.

Vous aimerez peut-être aussi