Vous êtes sur la page 1sur 238

École Doctorale Sciences Pour l’Ingénieur

ULP – ENSAIS – ENGEES - URS

THESE

présentée pour obtenir le grade de

Docteur de l’Université Louis Pasteur – Strasbourg I


Discipline : Sciences pour l’Ingénieur
(mécanique des fluides)
par

Marc Buyer

TRANSPORT DE FLUX EN RESEAU D’ASSAINISSEMENT :


MODELE 1D POUR L’HYDRAULIQUE DES COLLECTEURS ET
DEVERSOIRS AVEC PRISE EN COMPTE DES DISCONTINUITES

Soutenue publiquement le 5 décembre 2002

Membres du jury

Directeur de thèse : M. Bernard Bremond (Directeur de Recherche Cemagref)


Rapporteur interne : M. Jean-José Fried (Professeur ULP)
Rapporteur externe : M. Bernard Chocat (Professeur INSA Lyon)
Rapporteur externe : M. Benoît Leguennec (Maître de conférence IMFT)
Examinateur : M. José Vazquez (Maître de conférence ENGEES)
Examinateur : M. Yves Remond (Professeur ULP - Directeur IMF2S)
Membre invité : M. Mathieu Zug (Directeur de programme Anjou Recherche)

U.P.R. SHU N°99026201


REMERCIEMENTS
Ma première pensée va vers ma famille et en particulier ma mère qui a su m’encourager
et me supporter dans les moments de doute.
Ensuite, je veux exprimer ma gratitude à M. José Vazquez pour son soutien sans faille
et son aide au niveau scientifique. Malgré, parfois, quelques tensions ou divergences, j’ai
beaucoup apprécié ses qualités humaines et sa bonne humeur. Je ne pense pas que ce travail
aurait pu aboutir sans son aide.
Pour finir, je veux remercier mon directeur de thèse M. Bernard Bremond pour ses
conseils et l’intérêt qu’il a porté à mon travail. Un merci à M. Jean-Marc Choubert, issu de ma
promotion de DEA et qui vient de terminer sa thèse, pour ses encouragements.
Je remercie également toute l’équipe du laboratoire S.H.U., pour son accueil et la bonne
humeur qui y règne, ainsi que les nombreux stagiaires qui sont passés au laboratoire et qui, de
par leurs travaux, ont apporté leur pierre à l’édifice que constitue ce travail de thèse.
RESUME
La complexité structurelle du réseau d’assainissement ainsi que la forte variabilité des
flux qui y transitent sont à l’origine de problèmes de simulation numérique tant de la ligne
d’eau que des débits transportés dans le système. L’étude bibliographique que nous avons
menée a permis de mettre en évidence que les modèles utilisés classiquement n’étaient pas
aptes à reproduire de manière fine le comportement hydraulique complexe du réseau
d’assainissement en particulier lorsque le nombre de Froude, caractérisant la nature fluviale ou
torrentielle d’un écoulement, est proche de 1 ou qu’un changement de régime d’écoulement
intervient.
Nous avons décrit les phénomènes d’écoulement en collecteurs en tenant compte des
phénomènes particuliers qui peuvent y apparaître tels que le ressaut hydraulique, les
phénomènes d’influence aval et le passage d’un écoulement à surface libre à un écoulement
sous pression. D’autre part, nous avons tenu compte de la diversité des géométries des
conduites rencontrées et de la présence d’éventuels changements de section et de confluences.
Pour finir, nous avons pris en charge les ouvrages de déversement tels que les déversoirs
d’orage visant à éviter les débordements du réseau et à protéger les stations de traitement des
eaux usées d’une charge hydraulique trop importante en cas d’événements pluvieux.
Ainsi, nous avons mis au point des modèles numériques 1D basés sur le système
d’équations de Barré de Saint-Venant exprimé sous forme conservative en utilisant des
schémas numériques à capture de chocs capables de gérer de fortes variations sur les variables
étudiées (hauteurs d’eau et débits). Ces méthodes numériques sont d’un ordre de précision au
moins égal à deux et de type TVD c’est à dire non oscillatoires. Ce modèle, de nature
transitoire, est également capable d’évaluer avec précision les variations de débits dues à la
présence des déversoirs d’orages.
La phase de validation expérimentale des modèles réalisés a été menée essentiellement
en trois étapes. Dans un premier temps, nous avons validé les modèles visant à reproduire les
courbes de remous pouvant apparaître dans un collecteur et programmés à l’aide de quatre
méthodes numériques différentes grâce à un canal expérimental. Les résultats obtenus, très
satisfaisants, nous ont permis de choisir la méthode numérique la plus précise pour la suite du
développement. Dans un second temps, nous avons validé la capacité de notre modèle à
représenter le fonctionnement du changement de section grâce à l’étude d’un canal à Venturi.
Les résultats, bien que satisfaisants, montrent que le modèle a tendance à surévaluer la hauteur
d’eau dans la partie centrale du Venturi. Pour finir, nous avons validé le modèle de déversoir à
crête haute et basse grâce à un banc d’essai physique de déversoir. La comparaison entre
expérimentation et simulation montre une bonne précision du modèle en ce qui concerne les
débits déversés et les lignes d’eau.
ABSTRACT
The structural complexity of the sewer network, as well as, the strong variability of the
carried fluxes is in charge to numerical simulation perturbations on the water depth variations
and of the flow rate values. The bibliographic study we realised permit us to show up that the
classical model used are not able to reproduce finely the complex hydraulic behaviour of the
sewer network ; in particular, when transcritical flow conditions are encountered (Froude
number close to one) or when a strong geometric variation appear.
We have described the water flow in collectors by raising with some particular
hydraulic phenomena like the hydraulic jump, the backwater effect and the transition from free
surface to pressurised flow. We also have taken into account the geometric diversity of the
pipes and the potential presence of channel contractions and junctions. Finally, we have taken
into account the overfall structures like sewer side weirs which rule are to avoid floods of the
sewer network. This nuisance is badly supported by the riparian and more generally by the
urban population. Another rule of this type of works is to protect the wastewater treatment plant
for overload in rainy weather.
So, we have built a one dimensional numerical tool based on the shallow water system
of equations expressed under it’s conservative form by using shock capturing numerical
schemes which are able to deal with strong variations on the studied variables (Water depth and
flow rate). These numerical methods are at least second order accurate and of TVD (Total
Variation Diminishing) type, is it to say non-oscillatory. The numerical model is transitory by
nature and is able to evaluate with precision the flow rate variation due to the presence of a side
weir.
The experimental validation phase of the numerical model was realised in three steps.
First, we have compared the ability of hydraulic models, computed with four different
numerical schemes, to reproduce the backwater curves which may appear in a collector. The
data given by the numerical tool were confronted with measured values given by an
experimental channel test bench and reveal a good concordance. Secondly, we verified the
ability of the numerical model we selected to reproduce the hydraulic behaviour of the low
crested side weir. The data given by the numerical tool were confronted with measured values
given by a physical side weir test bench and reveal a precision more than 10 % on the flow
rates. Finally, we have verified the concordance between simulated and measured results using
both numerical model and experimental tool for the width variation (Venturi flume). Recently,
we compared the results, obtained experimentally with a high crested side weir, with whose
calculated by taking into account the pressurised flow. The comparison between experimental
and numerical results reveal a good precision of the model concerning the poured flow rates
and the water depths in the work.
SOMMAIRE
PARTIE 1 : INTRODUCTION GENERALE

1 PROBLEMATIQUE ET BREF HISTORIQUE.......................................................................................... 2

2 PLAN DE LA THESE.................................................................................................................................... 4

PARTIE 2 : ECOULEMENTS DANS LES COLLECTEURS ET


DEVERSOIRS DU RESEAU D'ASSAINISSEMENT

1 INTRODUCTION .......................................................................................................................................... 6

2 ECOULEMENT A SURFACE LIBRE EN PARTIE LINEAIRE, MISE EN PLACE DES


EQUATIONS............................................................................................................................................................ 6
2.1 HYPOTHESES ET NOTATIONS .................................................................................................................... 6
2.2 EQUATIONS CONTINUES DE BARRE DE SAINT-VENANT ........................................................................... 7
2.3 EQUATIONS DU RESSAUT HYDRAULIQUE................................................................................................ 10
2.3.1 Phénomène physique ........................................................................................................................ 10
2.3.2 Condition de Rankine-Hugoniot dans le cas du ressaut hydraulique .............................................. 11
2.4 COUPLAGE DES EQUATIONS CONTINUES ET DES EQUATIONS DU RESSAUT .............................................. 13
2.4.1 Solutions faibles d’un système d’équation ....................................................................................... 13
2.4.2 Condition d’entropie ........................................................................................................................ 14
2.4.3 Couplage des deux systèmes ............................................................................................................ 16
2.5 DIVERS MODELES DE BARRE DE SAINT-VENANT ................................................................................... 18
2.6 CHOIX D’UN MODELE POUR UNE MODELISATION FINE DES RESEAUX ..................................................... 18
3 AUTRE FORME D’ECOULEMENT : MISE EN CHARGE .................................................................. 20
3.1 INTRODUCTION ...................................................................................................................................... 20
3.2 SIMILITUDES ENTRE ECOULEMENT EN CHARGE ET ECOULEMENT A SURFACE LIBRE ............................... 21
3.3 PRISE EN COMPTE DANS LES MODELES : FENTE DE PREISMANN.............................................................. 23
3.4 CHOIX DU MODELE ................................................................................................................................ 25
4 LA CONFLUENCE...................................................................................................................................... 25
4.1 INTRODUCTION ...................................................................................................................................... 25
4.2 APPROCHE UNIDIMENSIONNELLE ........................................................................................................... 26
4.2.1 Régime fluvial dans les trois branches............................................................................................. 26
4.2.2 Ecoulement de type torrentiel dans les trois branches..................................................................... 29
4.2.3 Régime transcritique ........................................................................................................................ 30
4.3 APPROCHE BIDIMENSIONNELLE : SYSTEME DE BARRE DE SAINT-VENANT 2D ...................................... 30
4.4 CHOIX DU MODELE ................................................................................................................................ 32
5 LES DEVERSOIRS...................................................................................................................................... 34
5.1 APPROCHE DU FONCTIONNEMENT HYDRAULIQUE .................................................................................. 34
5.2 FORMULES EMPIRIQUES ......................................................................................................................... 35
5.3 APPROCHE DU DIMENSIONNEMENT DE DEVERSOIR PAR GIERSCH .......................................................... 36
5.4 RAISONNEMENT A ENERGIE SPECIFIQUE CONSTANTE ............................................................................. 37
5.5 RAISONNEMENT BASE SUR L’EQUATION DE LA QUANTITE DE MOUVEMENT ........................................... 38
5.6 EXPRESSION DU DEBIT DEVERSE ............................................................................................................ 39
5.6.1 Effet de la vitesse latérale ................................................................................................................ 40
5.6.2 Effet de la direction de la vitesse latérale ........................................................................................ 41
5.6.3 Effet de l’entonnement...................................................................................................................... 42
5.6.4 Expression finale.............................................................................................................................. 43
5.7 MODELISATION TRIDIMENSIONNELLE .................................................................................................... 43
5.8 CHOIX DU MODELE UTILISE.................................................................................................................... 44
6 CHANGEMENT DE SECTION ................................................................................................................. 46
6.1 ELARGISSEMENT .................................................................................................................................... 46
6.2 CONTRACTION ....................................................................................................................................... 46
6.3 HAUTEUR D’EAU DANS LE CHANGEMENT DE SECTION ........................................................................... 47
6.4 CHOIX DU MODELE ................................................................................................................................ 48
7 CONCLUSION : MISE EN EVIDENCE DES DEFAUTS ET DIFFICULTEES .................................. 49

PARTIE 3 : METHODES MISES EN ŒUVRE DANS LES OUTILS


NUMERIQUES REALISES

1 INTRODUCTION ........................................................................................................................................ 51

2 METHODES DE RESOLUTION CLASSIQUES DES EQUATIONS DE BARRE DE SAINT-


VENANT................................................................................................................................................................. 51
2.1 METHODE DES CARACTERISTIQUES ....................................................................................................... 52
2.1.1 Les caractéristiques ......................................................................................................................... 52
2.1.2 Mise en œuvre de la méthode des caractéristiques .......................................................................... 54
2.1.3 Interprétation du ressaut et de la rupture de barrage en termes de caractéristiques ...................... 56
2.2 METHODES ANALYTIQUE ....................................................................................................................... 58
2.3 METHODE DES DIFFERENCES FINIES ....................................................................................................... 59
2.3.1 Présentation générale ...................................................................................................................... 59
2.3.2 Un schéma très utilisé : le schéma de Preismann ............................................................................ 63
2.3.3 Autres méthodes numériques et conclusion...................................................................................... 64
3 METHODES NUMERIQUES A CAPTURE DE CHOC ......................................................................... 66
3.1 PROBLEME DE RIEMANN ........................................................................................................................ 68
3.1.1 Définition ......................................................................................................................................... 68
3.1.2 Solution exacte du problème de Riemann ........................................................................................ 68
3.1.3 Le problème de Riemann dans le cas vectoriel ................................................................................ 72
3.2 SCHEMA DE GODUNOV .......................................................................................................................... 74
3.2.1 Schéma conservatif et consistance ................................................................................................... 74
3.2.2 Schéma de Godunov dans le cas du système .................................................................................... 74
3.3 CHOIX DU PAS DE TEMPS ........................................................................................................................ 76
3.4 DIVERS TYPES DE SOLVEURS DU PROBLEME DE RIEMANN ..................................................................... 77
3.4.1 Solveur de Roe.................................................................................................................................. 77
3.4.2 Autre type de solveurs ...................................................................................................................... 80
3.5 SCHEMA TVD (TOTAL VARIATION DIMINISHING)................................................................................. 83
3.5.1 Variation totale et schéma TVD ....................................................................................................... 84
3.5.2 Méthode à limitation de pente .......................................................................................................... 86
3.5.3 Méthodes à limitation de flux ........................................................................................................... 88
3.6 PRISE EN COMPTE DU SECOND MEMBRE ................................................................................................. 89
4 APPLICATION AU SYSTEME DE BARRE DE SAINT-VENANT ...................................................... 91
4.1 TRAITEMENT DU TERME SOURCE ........................................................................................................... 91
4.2 FLUX AUX INTERFACES .......................................................................................................................... 92
4.3 METHODES DEVELOPPEES ...................................................................................................................... 93
4.3.1 Méthode symmetric .......................................................................................................................... 93
4.3.2 Méthode amont (Upwind)................................................................................................................. 93
4.3.3 Schéma prédicteur-correcteur (T.V.D Mac Cormack)..................................................................... 94
4.3.4 Schéma MUSCL ............................................................................................................................... 94
5 CONCLUSION ............................................................................................................................................. 95
PARTIE 4 : VALIDATION DES OUTILS NUMERIQUES
REALISES
1 INTRODUCTION ........................................................................................................................................ 97

2 PRESENTATION DES LOGICIELS REALISES .................................................................................... 98


2.1 STRUCTURE GENERALE .......................................................................................................................... 98
2.2 CALCUL DES VALEURS DES VARIABLES NECESSAIRES AUX MODELES .................................................... 99
2.3 CONDITIONS INITIALES ET AUX LIMITES ................................................................................................. 99
2.3.1 Conditions initiales .......................................................................................................................... 99
2.3.2 Conditions aux limites.................................................................................................................... 100
3 CALAGE DES MODELES ....................................................................................................................... 106

4 VALIDATION POUR LES COLLECTEURS ........................................................................................ 107


4.1 DISPOSITIF EXPERIMENTAL .................................................................................................................. 107
4.2 TESTS REALISES ................................................................................................................................... 107
4.3 ERREUR ............................................................................................................................................... 108
4.4 RESULTATS OBTENUS ET CHOIX D’UNE METHODE NUMERIQUE ............................................................ 108
4.4.1 Validation des schémas numériques pour le régime non uniforme permanent .............................. 108
4.4.2 Validation des schémas numériques pour le régime transitoire. ................................................... 115
4.5 INTERPRETATIONS ET SYNTHESE DES RESULTATS ................................................................................ 124
4.6 CONCLUSION ....................................................................................................................................... 125
5 RESULTATS CONCERNANT LE CHANGEMENT DE SECTION................................................... 126
5.1 DISPOSITIF EXPERIMENTAL :LE VENTURI............................................................................................. 126
5.2 RESULTATS OBTENUS .......................................................................................................................... 127
5.3 INTERPRETATION ................................................................................................................................. 128
6 VALIDATION POUR LES DEVERSOIRS............................................................................................. 130
6.1 PRESENTATION DU BANC D’ESSAI ........................................................................................................ 130
6.2 DISPOSITIFS DE MESURES ..................................................................................................................... 131
6.2.1 Mesure des débits........................................................................................................................... 131
6.2.2 Mesure des hauteurs d’eau ............................................................................................................ 132
6.3 DEVERSOIR A CRETE BASSE SIMPLE PRISMATIQUE ............................................................................... 135
6.3.1 Hauteur de crête w=7cm................................................................................................................ 135
6.3.2 Hauteur de crête w=5 cm............................................................................................................... 141
6.3.3 Hauteur de crête w=12.5 cm.......................................................................................................... 144
6.4 LE DEVERSOIR A DOUBLE CRETES BASSE PRISMATIQUE ....................................................................... 146
6.4.1 Hauteur de crête w=5 cm............................................................................................................... 146
6.4.2 Hauteur de crête w=7,5 cm............................................................................................................ 149
6.4.3 Hauteur de crête w=12.5 cm.......................................................................................................... 151
6.5 DEVERSOIR A CRETE HAUTE ................................................................................................................ 154
6.5.1 Résultats concernant les débits ...................................................................................................... 154
6.5.2 Résultats concernant les hauteurs d’eau........................................................................................ 155
7 RESULTATS CONCERNANT LA CONFLUENCE.............................................................................. 157
7.1 CONSERVATION DE LA MASSE .............................................................................................................. 157
7.2 RESULTATS OBTENUS .......................................................................................................................... 158
8 CONCLUSION ........................................................................................................................................... 159

PARTIE 5 : CONCLUSION GENERALE

ANNEXES
LISTE DES FIGURES
Figure 1 : Section en travers d’un canal........................................................................................7
Figure 2 : Volume de contrôle.......................................................................................................8
Figure 3 : Grandeurs caractéristiques du ressaut hydraulique.....................................................10
Figure 4 : Surface d’application des forces de pressions ............................................................13
Figure 5 : Support d’une fonction φ quelconque et domaine d’intégration ................................14
Figure 6 : Boule centrée sur P et courbe régulière Γ...................................................................15
Figure 7 : Transitions d’un écoulement à surface libre à un écoulement en charge ...................20
Figure 8 : Distributions de pression et de vitesse dans le cas d’un écoulement en charge (a) et
d’un écoulement à surface libre (b).....................................................................................21
Figure 9 : Lignes de charges dans le cas d’un écoulement en charge (a) et d’un écoulement à
surface libre (b) ...................................................................................................................22
Figure 10 : Représentation d’un collecteur avec l’artifice numérique de la fente de Preismann24
Figure 11 : Jonction de collecteurs..............................................................................................27
Figure 12 : Schéma de principe d’une confluence ......................................................................33
Figure 13 : Lignes d’eau possibles dans un déversoir latéral prismatique..................................34
Figure 14 : Types de profils de surface pour des nombres de froude F<1 et F>1 dans les cas
prismatique (θ>0) et non prismatique (θ<0) .......................................................................35
Figure 15 : Exemple d’abaques : canaux rectangulaires avec entonnement. ..............................38
Figure 16 : Vitesses longitudinale et latérale dans le déversoir ..................................................38
Figure 17 : Comparaison des profils d’écoulement sur un déversoir frontal et latéral ...............40
Figure 18 : Effet de la vitesse latérale .........................................................................................41
Figure 19 : Application du théorème de Bernoulli......................................................................41
Figure 20 : Effet de l’entonnement .............................................................................................42
Figure 21 : Exemple d’un déversoir de Sélestat..........................................................................44
Figure 22 : Ecoulement à travers un élargissement brusque.......................................................47
Figure 23 : Surface autour du point P(xP,tP) projetée sur un plan (x,t) (grille irrégulière)..........55
Figure 24 : Croisement des caractéristiques dans le cas du ressaut ............................................57
Figure 25 : Ondes issues d’une rupture de barrage .....................................................................58
Figure 26 : Quadrillage du plan (x,t)...........................................................................................60
Figure 27 : Schéma de type explicite ..........................................................................................61
Figure 28 : Schéma de type implicite..........................................................................................62
Figure 29 : Schéma de discrétisation dans le plan (x,t)...............................................................63
Figure 30 : Représentation du problème de Riemann .................................................................68
Figure 31 : Formation d’une onde de choc. ................................................................................69
Figure 32 : Formation d’une onde de choc de raréfaction ..........................................................70
Figure 33 : Modification des caractéristiques dans le cas de l’onde de choc de raréfaction ......71
Figure 34 : Faisceau de caractéristiques dans le cas du système d’équations.............................73
Figure 35 : Représentation d’un volume de contrôle ..................................................................75
Figure 36 : Décomposition du domaine d’intérêt en cellules de calculs et flux aux interfaces. .76
Figure 37 : Représentation de la valeur d’une variable u dans une cellule de calcul..................86
Figure 38 : Variables discontinues au niveau des interfaces.......................................................86
Figure 39 : Forme des caractéristiques........................................................................................87
Figure 40 : Représentation de la fonction associée à un limiteur de flux ...................................88
Figure 41 : Structure générale des logiciels réalisés ...................................................................98
Figure 42 : Schématisation des cellules de calcul du système de collecteurs réels et des tronçons
fictifs..................................................................................................................................100
Figure 43 : Conditions aux limites applicables aux extrémités des tronçons............................101
Figure 44 : Choix de la hauteur normale pour condition à la limite amont ..............................102
Figure 45 : Choix de la hauteur critique pour condition à la limite amont ...............................102
Figure 46 : Choix d’une hauteur imposée pour condition à la limite amont.............................103
Figure 47 : Choix de la hauteur normale pour condition à la limite aval..................................104
Figure 48 : Choix de la hauteur critique pour condition à la limite aval...................................104
Figure 49 : Choix d’une hauteur imposée pour condition à la limite aval ................................105
Figure 50 : Vue du canal expérimental d’Obernai ....................................................................107
Figure 51 : Lignes d’eau obtenues numériquement et expérimentalement pour la courbe S1 .109
Figure 52 : Lignes d’eau obtenues numériquement et expérimentalement pour la courbe S3 .111
Figure 53 : Lignes d’eau obtenues numériquement et expérimentalement pour la courbe M1 112
Figure 54 : Lignes d’eau obtenues numériquement et expérimentalement pour la courbe M2 113
Figure 55 : Lignes d’eau obtenues numériquement et expérimentalement pour la courbe M3 115
Figure 56 : Lignes d’eau obtenues numériquement à plusieurs instants dans le cas 1 .............117
Figure 57 : Lignes d’eau obtenues numériquement à plusieurs instants dans le cas 2 .............119
Figure 58 : Lignes d’eau obtenues numériquement à plusieurs instants dans le cas 3 .............121
Figure 59 : Lignes d’eau obtenues numériquement à plusieurs instants dans le cas 4 .............123
Figure 60 : Vue du dispositif de mesure de débit......................................................................126
Figure 61 : Vue de dessus du Venturi .......................................................................................126
Figure 62 : Ligne d’eau dans le Venturi pour un débit de 26 m3h-1..........................................127
Figure 63 : Ligne d’eau dans le Venturi pour un débit de 44.8 m3h-1.......................................128
Figure 64 : Ligne d’eau dans le Venturi pour un débit de 57.3 m3h-1.......................................128
Figure 65 : Ondes croisées apparaissant dans la rectangulaire du Venturi ...............................129
Figure 66 : Schéma de principe du banc d’essai physique de déversoir. ..................................130
Figure 67 : Vue du déversoir du banc d’essai ...........................................................................131
Figure 68 :Chaîne d’acquisition des valeurs de débit ...............................................................132
Figure 69 : Méthode manuelle de mesure des hauteurs d’eau ..................................................133
Figure 70 : Vues du dispositif 3D d’acquisition des hauteurs d’eau.........................................134
Figure 71 : Visualisation 3D des hauteurs d’eau dans le déversoir après interpolation............134
Figure 72 : Comparaison hauteurs d’eau et débits expérimentaux et numériques dans un cas
fluvial pour 1 crête déversante et w=7 cm ........................................................................139
Figure 73 : Comparaison hauteurs d’eau et débits expérimentaux et numériques dans un cas
torrentiel pour 1 crête déversante et w=7 cm ....................................................................139
Figure 74 : Comparaison hauteurs d’eau et débits expérimentaux et numériques dans un cas de
ressaut pour 1 crête déversante et w=7 cm........................................................................140
Figure 75 : Comparaison des hauteurs d’eau expérimentales et numériques pour Iam=0.5‰,
Iav=8‰, Q=88.7 m3h-1, 1 crête déversante et w=5 cm ......................................................143
Figure 76 : Comparaison des hauteurs d’eau expérimentales et numériques pour Iam=0.5‰,
Iav=8‰, Q=65.2 m3h-1, 1 crête déversante et w=5 cm ......................................................143
Figure 77 : Comparaison des hauteurs d’eau expérimentales et numériques pour Iam=0.5‰,
Iav=0.5‰, Q=73.3 m3h-1, 1 crête déversante et w=12.5 cm ..............................................145
Figure 78 : Comparaison des hauteurs d’eau expérimentales et numériques pour Iam=0.5‰,
Iav=8‰, Q=117.7 m3h-1, 1 crête déversante et w=12.5 cm ...............................................146
Figure 79 : Comparaison des hauteurs d’eau expérimentales et numériques pour Iam=0.5‰,
Iav=0.5‰, Q=73.3 m3h-1, 2 crêtes déversante et w=5 cm..................................................148
Figure 80 : Comparaison des hauteurs d’eau expérimentales et numériques pour Iam=0.5‰,
Iav=8‰, Q=73.9 m3h-1, 2 crêtes déversante et w=5 cm.....................................................148
Figure 81 : Comparaison des hauteurs d’eau expérimentales et numériques pour Iam=0.5‰,
Iav=8‰, Q=84 m3h-1, 2 crêtes déversante et w=7.5 cm.....................................................150
Figure 82 : Comparaison des hauteurs d’eau expérimentales et numériques pour Iam=0.5‰,
Iav=0.5‰, Q=89 m3h-1, 2 crêtes déversante et w=7.5 cm..................................................151
Figure 83 : Comparaison des hauteurs d’eau expérimentales et numériques pour Iam=0.5‰, .153
Figure 84 : Comparaison des hauteurs d’eau expérimentales et numériques pour Iam=0.5‰,
Iav=8‰, Q=108 m3h-1, 1 crête déversante et w=12.5 cm ..................................................154
Figure 85 : Comparaison des hauteurs d’eau expérimentales et numériques pour Iam=6‰,
Iav=1.33‰, Q=103 m3h-1, 1 crête déversante et w=9.4 cm ...............................................156
Figure 86 :Définition des variables utilisées dans le logiciel DO. ............................................172
Figure 87 : Détermination de la hauteur d’eau admissible à l’amont (Tram) ...........................173
Figure 88 : Forme de la ligne d’eau au débit décennal .............................................................174
Figure 89 :Déversoir à crête basse : Forme de la ligne d’eau au débit décennal ......................176
LISTE DES TABLEAUX
Tableau 1 : Conditions d’apparition des six lignes d’eau décrites et détermination empirique de
la vitesse latérale .................................................................................................................35
Tableau 2 : Formules empiriques et conditions d’application ....................................................36
Tableau 3 : Divers types de schémas numériques.......................................................................61
Tableau 4 : Configuration utilisée pour la courbe S1................................................................109
Tableau 5 : Configuration utilisée pour la courbe S3................................................................110
Tableau 6 : Configuration utilisée pour la courbe M1 ..............................................................111
Tableau 7 : Configuration utilisée pour la courbe M2 ..............................................................113
Tableau 8 : Configuration utilisée pour la courbe M3 ..............................................................114
Tableau 9 : Configuration utilisée dans le cas 1 pour la validation en transitoire ....................116
Tableau 10 : Temps de propagation du ressaut obtenus dans le cas 1 ......................................116
Tableau 11 : Configuration utilisée dans le cas 2 pour la validation en transitoire ..................118
Tableau 12 : Temps de propagation du ressaut obtenus dans le cas 2 ......................................118
Tableau 13 : Configuration utilisée dans le cas 3 pour la validation en transitoire ..................120
Tableau 14 : Temps de propagation du ressaut obtenus dans le cas 3 ......................................120
Tableau 15 : Configuration utilisée dans le cas 4 pour la validation en transitoire ..................122
Tableau 16 : Temps de propagation du ressaut obtenus dans le cas 4 ......................................122
Tableau 17 : Synthèse des résultats concernant la validation pour les collecteurs ...................124
Tableau 18 : Configurations de pentes étudiées pour 1 crête déversante et w=7 cm................135
Tableau 19 : Comparaison débits déversés simulés - débits déversés mesurés pour 1 crête
déversante et w=7 cm........................................................................................................137
Tableau 20 : Configurations de pentes étudiées pour 1 crête déversante et w=5 cm................141
Tableau 21 : Comparaison débits déversés simulés - débits déversés mesurés pour 1 crête
déversante et w=5 cm........................................................................................................142
Tableau 22 : Configurations de pentes étudiées pour 1 crête déversante et w=12.5 cm...........144
Tableau 23 : Configurations de pentes étudiées pour 2 crêtes déversante et w=5 cm ..............147
Tableau 24 : Comparaison débits déversés simulés - débits déversés mesurés pour 2 crêtes
déversante et w=5 cm........................................................................................................147
Tableau 25 : Configurations de pentes étudiées pour 2 crêtes déversante et w=7.5 cm ...........149
Tableau 26 : Comparaison débits déversés simulés - débits déversés mesurés pour 2 crêtes
déversante et w=7.5 cm.....................................................................................................150
Tableau 27 : Configurations de pentes étudiées pour 2 crêtes déversante et w=12.5 cm .........151
Tableau 28 : Comparaison débits déversés simulés - débits déversés mesurés pour 2 crêtes
déversante et w=12.5 cm...................................................................................................152
Tableau 29 : Configurations de pentes étudiées pour le déversoir à crête haute ......................155
Tableau 30 : Comparaison débits déversés simulés - débits déversés mesurés pour le déversoir à
crête haute .........................................................................................................................155
LISTE DES SYMBOLES
a: Valeur propre
a% : Valeur propre de la matrice jacobienne approchée
A: Section mouillée.
b: Valeur de Bd pour x=0
B: Largeur au miroir
Bd : Largeur du canal dans le déversoir
c: Célérité des ondes
C: Coefficient de Chézy.
Cd : Coefficient de débit dans le cas du déversoir frontal.
Ccfl : Nombre de Courant.
d: Elément du vecteur correctif
D: Vecteur correctif
Dam : Diamètre de la conduite amont
Dav : Diamètre de la conduite aval
Dh : Profondeur hydraulique
e: Vecteur propre associé à la matrice jacobienne
e% : Vecteur propre associé à la matrice jacobienne approchée
F: Vecteur flux
Fi : Flux calculé dans la cellule de calcul i.
Fi+1/2 : Flux à l’interface des cellules i et i+1.
Fpression : Force de pression
Fr : Nombre de Froude
G: Vecteur source
g: Accélération de la pesanteur
h: Tirant d’eau
ham : Hauteur d’eau sur le seuil à l’amont du déversoir (m)
hav : Hauteur d’eau sur le seuil à l’aval du déversoir (m)
hm : Hauteur d’eau moyenne sur le seuil
H: Charge totale
Ham : Energie spécifique à l’amont du seuil (m)
Hav : Energie spécifique à l’aval du seuil (m)
Hs : Energie spécifique.
Iam : Pente de la conduite amont (m)
Iav : Pente de la conduite aval (m/m)
I1 : Pression hydrostatique
I2 : Pression latérale
Imot : Perte de charge dans la conduite aval
J: Matrice jacobienne
J% : Matrice jacobienne approchée
k=n*c : Coefficient associé à la géométrie du déversoir. Avec c coefficient de forme du
déversoir (c=1 dans le cas ou le déversoir a une paroi mince) et n* nombre de
parois déversantes (n*=1 ou 2).
L: Limiteur de flux pour les méthodes TVD amont, symétrique, MUSCL et Mac-
Cormack.
Ldo : Longueur du déversoir (m)
n: Coefficient de Manning
pam : Hauteur du seuil à l’amont (m)
pav : Hauteur du seuil à l’aval (m)
P: Périmètre mouillé
Pentedo : Pente du déversoir (m/m)
p: Pression
q: Rapport entre deux débits
Q: Débit
Qdev : Variation de débit du au déversement
Q10 : Débit décennal (m3/s)
Qts : Débit de temps sec (m3/s)
Qcr : Débit critique (m3/s)
R: Matrice des vecteurs propres
Rh : Rayon hydraulique.
S0 : Pente du canal
Sf : Terme de frottement
tam : Tirant d’eau dans la conduite amont (m)
Tram : Hauteur de remplissage dans la conduite amont (≠ tam si régime torrentiel) (m)
TV : Variation totale
u: Vitesse moyenne dans la direction principale de l’écoulement
u% : Vitesse dans la direction principale de l’écoulement obtenue par la moyenne de
Roe
U: Vecteur écoulement
v: Vitesse dans la direction latérale
n
Vmax : Vitesse de l’onde la plus rapide dans le domaine de calcul
w: Hauteur de crête du déversoir.
W: Variable adimensionnelle de hauteur de crête.
X: Variable adimensionnelle de distance suivant la longueur du déversoir.
y: Variable adimensionnelle de hauteur d’eau.
ξ: Coefficient de perte d’énergie
ρ: Masse volumique
ν: Coefficient défini en fonction du rapport entre charge et diamètre aval
Θ: Variable d’entonnement
θ: Angle associé au changement longitudinal de largeur
Φ: Angle entre vitesse latérale et vitesse longitudinale
φ 1 : Fonction de limitation de flux
i+
2

∆t : Valeur du pas de temps


∆x : Valeur du pas d’espace
∆i : Pente dans le cas des méthodes à limitation de pente
∆i : Pente limitée dans le cas des méthodes à limitation de pente
ξ : Coefficient limiteur de pente
ωv : Coefficient permettant de prendre en compte l’effet de la vitesse latérale et de sa
direction.
ωΦ : Coefficient permettant de prendre en compte l’effet de l’entonnement du
déversoir
ψ: Correction d’entropie.
Partie 1 : Introduction

PARTIE 1

INTRODUCTION
GENERALE

1
Partie 1 : Introduction

1 PROBLEMATIQUE ET BREF HISTORIQUE


La sédentarisation de l’homme et le développement de ses civilisations ont été très
étroitement liés à l’histoire de l’utilisation de l’eau. L’eau est depuis des millénaires,
intimement liée aux activités humaines et au développement des villes. Assurant des fonctions
multiples (alimentation en eau, production d’énergie, irrigation et fertilisation, évacuation des
déchets, voie de communication, etc…) la ressource en eau que constituaient le fleuve, la
rivière, les canaux ou ruisseaux a joué un rôle capital dans le développement des cités antiques
et médiévales.
Au moyen âge, l’évacuation des excréments et immondices se fait par des canaux à ciel
ouverts encore appelés « merderaux » ou sont rejetés au fossé. On se rend compte que la
présence des eaux stagnantes a une influence sur la mortalité des hommes et des animaux. Les
opérations de lessivage des rues et de curage des fossés et « merderaux » se multiplient.
Bien que les Romains construisaient déjà des égouts qu’ils appelaient « cloaca », la prise
de conscience de la nécessité d’assainir n’émergea qu’à partir du XIXème siècle. Après la
révolution à Paris, les rares lignes d’égouts permettent d’évacuer une partie des eaux de lavage
des rues et les excréments humains sont retenus dans des fosses d’aisance aménagées sous les
maisons. Les épidémies urbaines de choléras et de typhoïde qui se succèdent au XIXème siècle,
comme à Paris en 1832 et 1849, mettent en lumière la corrélation entre insalubrité et maladies
et contribuent à conforter le mouvement hygiéniste naissant. Très vite, va être déclarée la
chasse systématique aux eaux stagnantes. L’évacuation des eaux polluées et sales loin de leur
lieu de production est ressentie comme une nécessité. Les premiers projets importants de
construction d’égouts sous les chaussées sont destinés à l’évacuation des eaux stagnantes, à
l’amélioration du nettoyage des rues mais également à faciliter la circulation des véhicules. Le
ruisseau central qui jusque là assurait l’évacuation des eaux usées est rejeté sur les deux cotés
de la chaussée transformés en trottoirs longés de caniveaux et les chaussées deviennent
bombées. [Kovacs-1988].
A Paris, le décret de 1894 instaure le tout à l’égout. Six ans plus tard, une loi, étend ce
principe à toute la France et la construction des réseaux d’assainissement devient massive. Les
dimensions des collecteurs construits à l’époque de ces grandes restructurations sont largement
supérieures aux besoins. Les galeries devaient pouvoir abriter d’autres réseaux techniques de la
ville.
A partir de la fin du XIXème siècle, les phénomènes d’exode rural massif font croître les
populations des villes de manière spectaculaire. En plusieurs étapes, les agglomérations de la
banlieue établissent pour certaines, le contact avec les centres-ville tout en se développant vers
les zones périphériques ce qui entraîne une augmentation considérable des surfaces
imperméables et du ruissellement. Ainsi, les flux qui transitent dans les collecteurs des réseaux
sont de plus en plus importants et sont susceptibles de surcharger le réseau d’assainissement.
Alors que la ville pensait en avoir fini avec les problèmes d’eau, et pouvoir accroître sa
superficie sans contrainte, c’est paradoxalement l’urbanisation qui a fait resurgir l’eau pour la
placer souvent au rang des principales préoccupations des collectivités locales.

Les dysfonctionnements sont fréquents particulièrement par temps de pluie dans


certaines agglomérations. Les pollutions des milieux récepteurs et les inondations,
conséquences directes des déversements, sont mal supportées par les milieux naturels et la
population. Ainsi, l’amélioration de la qualité du milieu naturel et la protection du riverain
passent par une maîtrise en hydraulique et en charge polluante de plus en plus fine des réseaux
d’assainissement. Pour tenter de résoudre ces dysfonctionnements (par exemple en localisant
les zones à renforcer dans le but d’éviter les débordements), il est nécessaire de se doter de
modèles capables de simuler les phénomènes hydrauliques associés à l’écoulement de l’eau
polluée à travers la forme complexe du réseau. De manière générale, les réseaux

2
Partie 1 : Introduction

d’assainissement présentent un certain nombre de caractéristiques particulières qui rendent


leurs modélisations hydrauliques difficiles [Mottiee–1996]:

• Les phénomènes présents évoluent très rapidement (des variations de débit importantes
peuvent être observées à l’échelle de quelques minutes).
• Ils contiennent des confluences et des défluences.
• Le sens de l'écoulement peut s'inverser.
• Le régime d'écoulement est en permanence perturbé par des changements de pentes ou
de forme de conduites, des apports latéraux, etc.
• Les ouvrages hydrauliques (seuils, siphons, singularités qui entraînent des pertes de
charges, bassins et déversoirs d’orage) nombreux dans les réseaux demandent chacun
une modélisation particulière.
• L’écoulement dans une conduite peut se produire à surface libre ou en charge et passer
d’un type d’écoulement à l’autre très rapidement.

A l’heure actuelle, les équations de la mécanique des fluides (Navier –Stokes, Reynolds,
Barré de Saint-Venant, Euler, etc.…) ont donné naissance à de nombreux logiciels qui visent à
les résoudre. C’est le domaine de la C.F.D. [Versteeg and Malalasekera-1995]. Ce domaine
d’étude est très vaste. En effet, celui-ci concerne aussi bien les fluides visqueux que non
visqueux, compressibles aussi bien qu’incompressibles ou encore monophasique aussi bien que
multiphasique. De plus, ces logiciels et bien sûr les équations qui sont à leur base peuvent être à
caractère 1D, 2D ou 3D. En ce domaine, on peut aller du plus globalisant au plus fin. Tout
dépend du phénomène à décrire, de sa complexité physique mais également géométrique et
encore de la finesse des résultats attendus.
Dans le domaine de l’assainissement, les méthodes numériques issues de la CFD ne sont
pas utilisées. On en trouve des applications dans le domaine de l’hydraulique fluviale avec des
logiciels tels que RUBAR [Paquier-1995] ou TELEMAC qui pour le premier permettent de
modéliser le comportement d’une rivière et pour le second de modéliser le comportement de
grandes étendues d’eau soumise par exemple aux effets du vent et des marées. Ces logiciels
résolvent les équations de Barré de Saint-Venant 1D ou 2D. Pour l’étude plus précise de
phénomènes localisés on trouve des logiciels tels que FLUENT ou CFX qui résolvent les
équations de Reynolds. Ce sont des logiciels 3D qui tiennent compte des phénomènes de
turbulence et qui sont capables de prendre en charge des écoulements multiphasiques.
Pour l’assainissement, on trouve plusieurs logiciels dont, les plus employés sont SWMM (le
plus ancien et le plus employé car du domaine public), HYDROWORKS, MOUSE et CANOE.
Au niveau de l’hydraulique, ils sont tous bâtis sur la résolution des équations de Barré de Saint-
Venant 1D par des méthodes numériques classiques du type différences finies. Ces logiciels
contiennent des modules supplémentaires qui permettent de représenter certains phénomènes
spécifiques (mises en charges, singularités, ouvrages mobiles, déversoirs, etc..). Ces logiciels
montrent des limites dans leurs aptitudes à gérer les changements de régimes d’écoulements
car, dans ce cas, on peut voir apparaître de fortes discontinuités sur la ligne d’eau (ressaut
hydraulique), mais également dans leurs capacités à reproduire de manière correcte le
comportement de certains ouvrages tels que le déversoir d’orage. C’est dans le but de pallier
certaines de ces difficultés que nous avons entrepris ce travail.

3
Partie 1 : Introduction

2 PLAN DE LA THESE
Dans cette étude, nous nous intéressons aux équations de Barré de Saint-Venant en
régime transitoire et à la mise au point d’un modèle associé bien adapté à la problématique de
l’assainissement. Dans cette optique, le modèle doit être capable de :

• calculer en tous points la hauteur d’eau et le débit en régime transitoire,


• prendre en compte les ruptures de pentes existantes,
• prendre en compte l’influence aval,
• calculer en régime fluvial comme en régime torrentiel la hauteur d’eau et le débit,
• prendre en compte le ressaut hydraulique,
• prendre en compte les conditions aux limites particulières à chaque type de régime,
• prendre en compte le passage en charge.

Dans la première partie de ce travail, nous commençons par décrire les équations de
Barré de Saint-Venant 1D sous forme conservative dont la formulation inclue le ressaut
hydraulique et qui sont au cœur des modèles développés. Puis, nous faisons le bilan les divers
modèles simplifiés de Barré de Saint-Venant en discutant leurs domaines d’application et de
validité. Pour finir, nous décrivons quelques phénomènes et ouvrages qui peuvent apparaître
dans le réseau d’assainissement et que nous avons pris en compte dans nos modèles.
Dans la seconde partie, nous décrivons les méthodes de résolution classiques des
équations de Barré de Saint-Venant en mettant en évidence leurs limites dans le cadre d’une
application au domaine de l’assainissement. Puis, nous présentons, les méthodes numériques à
capture de chocs de type Godunov, possédant le caractère TVD (Total Variation Diminishing)
c’est à dire non oscillatoire, qui sont capables de résoudre les équations de Barré de Saint-
Venant en tenant compte des fortes discontinuités qui peuvent apparaître dans les variables
étudiées. En fin de partie, nous décrivons les équations et méthodes numériques que nous avons
mises en œuvre dans les modèles que nous avons développés.
Enfin, dans la troisième partie qui est la plus importante, nous présentons dans un
premier temps, les modèles de collecteurs et déversoirs que nous avons réalisés en précisant les
conditions initiales et aux limites applicables. Puis, nous décrivons les phases expérimentales
qui nous ont permis les valider.

4
Partie 2 : Ecoulements dans les collecteurs et déversoirs du réseau d’assainissement

PARTIE 2

ECOULEMENTS
DANS
LES
COLLECTEURS
ET
OUVRAGES
DU
RESEAU
D’ASSAINISSEMENT

5
Partie 2 : Ecoulements dans les collecteurs et déversoirs du réseau d’assainissement

1 INTRODUCTION
Dans cette partie, nous décrivons dans un premier temps le système d’équations de Barré de
Saint-Venant qui permet de représenter un écoulement à surface libre dans un collecteur ou
canal ainsi que les équations régissant le ressaut hydraulique par l’intermédiaire des conditions
de Rankine-Hugoniot.
Dans le but d’unifier dans un seul système d’équations les deux systèmes précédents nous
définissons la notion de solution faible d’un système d’équations et de condition d’entropie.
Ceci nous permettra de définir le système d’équations englobant à la fois l’écoulement à
surface libre en collecteur et le ressaut hydraulique.
Dans un deuxième temps, nous précisons le phénomène du passage en charge.
Pour finir, on détaille le comportement et les méthodes de calculs appliquées à divers ouvrages
tels que confluence, déversoir, seuil ou vanne.

2 ECOULEMENT A SURFACE LIBRE EN PARTIE LINEAIRE, MISE EN PLACE DES


EQUATIONS

Dans ce paragraphe, nous allons établir les équations de Barré de Saint-Venant qui
gouvernent les phénomènes d’écoulement (Avalanches, ruptures de barrages, écoulements en
rivières ou en canaux artificiels, mais encore comportement des grandes étendues d’eau).
Les équations de Barré de Saint-Venant établies en 1871 sont les équations les plus
utilisées pour modéliser les écoulements non stationnaires graduellement varié à surface libre.
Ces équations sont non linéaires et de type hyperbolique. Elles constituent en fait une
simplification des équations générales de la mécanique des fluides c’est à dire les équations de
Navier-Stokes. [Paquier-1995]. Ces équations peuvent être 1D, 2D ou 3D. Ceci dépend de la
complexité du phénomène que l’on veut décrire mais également de son échelle. Ainsi, dans le
domaine de l’assainissement, compte tenu de la complexité géométrique et hydraulique des
ouvrages tels que les bassins de stockage, déversoirs d’orages ou confluences, il serait
nécessaire de tenir compte des phénomènes de turbulence par l’intermédiaire d’une
modélisation 3D. Cette démarche est envisageable pour un ouvrage mais pas pour l’ensemble
du réseau. Le temps de calcul, la capacité des ordinateurs mais surtout la difficulté de
convergence des équations de Reynolds limite considérablement cette approche. C’est
pourquoi, dans le domaine de l’hydraulique urbaine, les modèles utilisés sont en général 1D.
Dans ce qui suit, nous n’allons pas déduire les équations de Saint-Venant des équations
de Navier-Stokes mais uniquement montrer comment elles peuvent être établies dans leur
forme 1D en distinguant équations continues et équations du ressaut hydraulique puis écrire
celles-ci sous forme conservative afin d’unifier les deux systèmes. L’intérêt de cette démarche
est d’avoir dans un seul système d’équations ces deux phénomènes hydrauliques afin d’être le
plus efficace dans la résolution des équations.

2.1 Hypothèses et notations

Les notations adoptées dans le cadre de l’établissement des équations de Barré de Saint-
Venant sont les suivantes :

6
Partie 2 : Ecoulements dans les collecteurs et déversoirs du réseau d’assainissement

A(x,h) : Section mouillée.


h : Tirant d’eau.
B : Largeur au miroir.
A
Q : Débit moyen dans une section. B(x,η)
S0 : Pente du canal.
h
A
R h = : Rayon hydraulique. P
P η
P : Périmètre mouillé.

Figure 1 : Section en travers d’un canal

Les hypothèses utilisées sont les suivantes :

• La distribution des pressions est considérée comme hydrostatique dans une section. Celle-ci
est obtenue grâce à la relation suivante :
h
Fpression hydrostatique = ρgI1 =ρg ∫ ( h-η ) Bdη (2.1.)
0

Cette hypothèse de pression hydrostatique impose [Herouin-1991] :

- Des accélérations verticales faibles devant la pesanteur.


- Des rayons de courbures verticaux des lignes de courant importants ce qui impose,
en particulier, des rayons de courbures de l’écoulement dans un plan horizontal
(méandres d’une rivière) importants et des hauteurs d’eau grandes devant les
aspérités du fond.
- Une faible pente de la surface libre.

• Liquide incompressible.

• Vitesse (u) constante dans une section.

• Surface libre quasi horizontale.

2.2 Equations continues de Barré de Saint-Venant

• On effectue comme fait dans le cas des équations de Navier-Stokes, deux bilans [Vila-
1986] :

• Un bilan de quantité de masse qui donne l’équation de conservation de la masse :

∂A ∂Q
+ =0 (2.2.)
∂t ∂x

• Un bilan de quantité de mouvement qui nécessite une étude plus détaillée.

7
Partie 2 : Ecoulements dans les collecteurs et déversoirs du réseau d’assainissement

On utilise un volume de contrôle Ω situé entre deux sections du canal ou collecteur situées aux
abscisses x et x+dx.

h(x) A(x) Ω A(x+dx)

x
x+dx
Fond du canal

dx

Figure 2 : Volume de contrôle

L’équation fondamentale de la dynamique donne alors :

d r r rr ∂ r r
∫ ρudω = ∫ ρu ( u.n ) dσ + ∫ ρudω = ∑ Fext (2.3.)
dt Ω ∂Ω Ω ∂t

Fext=Fpression+Fgravité+Ffrottement (2.4.)

• La force engendrée par l’accélération de la pesanteur (Fgravité) agit sur Ω et est donnée par :

Fgravité = ∫ ρgsin ( α ) dω = gAS0 ( x ) dx (2.5.)


avec :
S0 ( x )  sin ( α )

où α correspond à l’angle formé par l’horizontale et le radier du canal.

• La force de frottement (Ffrottement) est due à une contrainte de cisaillement et agit sur le
périmètre mouillé.

Elle s’exprime par la relation :

uu uu uu
Ffrottement = ∫ -τ 0 dσ = ∫ -g dσ = -g Pdx = -Ag dx = -gASf dx (2.6.)
Σ Σ C C CR h

où C correspond au coefficient de Chézy.

Exprimé sous la forme précédente Sf est donné par une relation de type Chézy. On
rencontre plus communément ce terme exprimé sous la forme de la relation de Manning-
Strickler :

8
Partie 2 : Ecoulements dans les collecteurs et déversoirs du réseau d’assainissement

Q2
Sf = 4
(2.7.)
K S2 A 2 R h 3

avec KS : Coefficient de Strickler.

Cette expression suppose une hypothèse fondamentale qui consiste à agréger dans un même
mode de calcul les pertes d’énergie dues aux frottements contre les parois et celles dues à la
viscosité du fluide. Lorsque le flux se partage en plusieurs branches, ces deux paramètres
jouent des rôles différents : la viscosité contrôle la cohérence de l’écoulement et la rugosité
l’adhérence aux parois

• Fpression agit sur ∂Ω


rr r
Fpression = − ∫ p.ndσ = − ∫ grad pdω (2.8.)
∂Ω Ω

Or : p ≡ p(η) = ρg (h − η)

∂h
Fpression = −ρg Adx (2.9.)
∂x

Il vient finalement, en utilisant :

r rr ∂ (ρQu )
∫ ρu (u.n )dσ = ∫ div((ρu ) ⊗ u )dω = dx (2.10.)
∂Ω Ω ∂x

et

∂ ∂ (ρQ )
∫ Ω ∂t
ρudω =
∂t
dx (2.11.)

On arrive à :

∂Q ∂ (Qu ) ∂h
+ + gA = gA(S 0 (x ) − S f ) (2.12.)
∂t ∂x ∂x

Le système des équations de Barré de Saint-Venant s’écrit donc :

 ∂A ∂Q
+ =0
 ∂t ∂x
 (2.13.)
 ∂Q + ∂ (Qu ) + gA ∂h = gA(S − S )
 ∂t ∂x ∂x
0 f

C’est le système d’équations hyperboliques le plus classiquement utilisé dans la plupart des
logiciels de simulation dans le cadre de l’hydrologie urbaine (SWMM, CANOE, MOUSE,
HYDROWORKS).

9
Partie 2 : Ecoulements dans les collecteurs et déversoirs du réseau d’assainissement

2.3 Equations du ressaut hydraulique

2.3.1 Phénomène physique

Le ressaut hydraulique est une surélévation brusque de la surface libre d’un écoulement
permanent qui se produit lors du passage du régime torrentiel au régime fluvial. Ce passage
peut être dû à une rupture de pente ou à la présence d’un ouvrage comme le déversoir d’orage
sur le réseau. Il est accompagné d’une agitation marquée avec entraînement d’air et de grandes
pertes d’énergie.

=Perte de charge

Charge spécifique=

Figure 3 : Grandeurs caractéristiques du ressaut hydraulique

Les hauteurs h1 et h2 sont appelées profondeurs conjuguées du ressaut. La distance entre


les sections 1 et 2 est appelée longueur du ressaut. La perte de charge est représentée par ∆H.
Une classification concernant la nature du ressaut peut être réalisée en fonction des
U
valeurs du nombre de Froude Fr = où U correspond à la vitesse moyenne de
gD h
l’écoulement et Dh à la profondeur hydraulique. La valeur du nombre de Froude est calculée à
l’amont du ressaut c’est à dire là où l’écoulement est de type torrentiel (Fr>1).
Pour des valeurs du nombre de Froude entre 1 et 1.7, la différence des profondeurs
conjuguées entre l’amont et l’aval est très faible et le ressaut est caractérisé par de très légères
rides à la surface libre.

Pour Fr compris en 1.7 et 2.5, on constate le même phénomène mais plus accentué.
Dans ce cas, il se produit des petits tourbillons superficiels.

10
Partie 2 : Ecoulements dans les collecteurs et déversoirs du réseau d’assainissement

Pour Fr entre 2.5 et 4.5 l’écoulement est pulsatoire. La plus grande turbulence se vérifie
soit près du fond soit à la surface. Chaque pulsation produit une onde de période irrégulière.
Cette onde peut se propager sur une très grande distance.

Pour Fr > 4.5, le ressaut est bien caractérisé.

2.3.2 Condition de Rankine-Hugoniot dans le cas du ressaut hydraulique

On s’intéresse ici au bilan de masse et de quantité de mouvement de part et d’autre


d’une discontinuité de l’écoulement ou ressaut hydraulique mobile, se déplaçant à la vitesse s
dans le plan (x,t) [Martinet-1992].
On se place dans un repère mobile galiléen lié au front, on a ainsi un choc immobile
dans ce repère.

11
Partie 2 : Ecoulements dans les collecteurs et déversoirs du réseau d’assainissement

Bilan de masse : Le débit apparent est conservé de part et d’autre de la discontinuité :

 Qapp  = 0 (2.14.)
Or :

Qapp  = ρA ( s - u )
⇒ ρA ( s - u )  = 0
D’où :

[Q] = s [ A ] (2.15.)

où :
[-] : désigne saut d’une quantité notée « - » de part et d’autre de la discontinuité.
u : correspond à la vitesse moyenne de l’écoulement.
s : correspond à la vitesse de propagation du ressaut hydraulique.

Bilan de quantité de mouvement :

 uQapp  =  Fpression 

⇒  uA ( s-u )  =  Fpression 

⇒ s [ Q ] =  Fpression + uQ  (2.16.)

Il est nécessaire de préciser les forces de pression qui agissent sur les frontières du
volume de contrôle étudié :
rr
Fpression = − ∫ p.ndσ = Fp1 + Fp2 (2.17.)
Σ = ∂Ω

où Fp1 agit en x et x+dx sur la section mouillée et Fp2 agit sur le périmètre mouillé. La
force de pression est décomposée en deux termes dont le premier (Fp1) correspond au terme de
pression hydrostatique. Celle-ci est due à la hauteur de colonne d’eau au-dessus de la position
verticale η. Le second terme (Fp2) exprime qu’une modification de la section utile aura pour
conséquence de gêner ou de faciliter l’écoulement. Cette variation est prise en compte par une
variation de largeur et donc du périmètre mouillé du canal. Nous tennons compte de la
composante de cette force uniquement dans la direction de l’écoulement.

 ∂   ∂ h 
Fp1 = − ∫ ρg (h − η)dσ dx = − ∫ ρg(h − η)B(x, η)dη dx (2.18.)
 ∂x A   ∂x 0 

h ∂ 
Fp2 = + ∫ ρg(h − η) B(x, η)dη dx (2.19.)
0 ∂x 

12
Partie 2 : Ecoulements dans les collecteurs et déversoirs du réseau d’assainissement

En ajoutant Fp1 et Fp2 on retrouve l’expression de Fpression donnée dans le cas des
équations continues. Nous illustrons les surfaces d’actions de ces deux forces sur la figure
suivante :

Fp2 Fp1

Figure 4 : Surface d’application des forces de pressions

Dans le cas du ressaut, le terme [-] sur Fp2 n’apporte pas de contribution. Puisque le ressaut est
supposé localisé dans une section donc les largeurs à gauche et à droite du ressaut sont
supposées constantes. Il ne reste que [Fp1] et donc :

s[Q] = [Qu + gI1 (A, x )] (2.20.)

avec :

h
I1 (A, x ) = ∫ (h − η)B(x, η)dη (2.21.)
0

2.4 Couplage des équations continues et des équations du ressaut

2.4.1 Solutions faibles d’un système d’équation

On considère un problème aux valeurs initiales dans le cas scalaire pour t>0.

u t +f ( u ) x = 0, u ( x,0 ) = u 0 ( x ) (2.22.)

Nous allons généraliser la notion de solution pour les équations de la forme précédente.
Supposons pour le moment que u est une solution classique de l’équation (2.22.). Soit C10 la
classe de fonctions C1 φ qui disparaissent en dehors d’un ensemble compact en t ≥ 0 c’est à dire
(spt φ)∩(t ≥ 0) ⊆ D) où D est le rectangle 0 ≤ t ≤ T, a ≤ x ≤ b et choisies telles que φ=0 en
dehors de D et sur les lignes t=T, x=a et x=b.

13
Partie 2 : Ecoulements dans les collecteurs et déversoirs du réseau d’assainissement

Support de φ

x=a x=b x

Figure 5 : Support d’une fonction φ quelconque et domaine d’intégration

En multipliant la loi de conservation par φ et en intégrant sur D :

b T
∫∫ ( u +f ) φ dxdt = ∫∫ ( u +f ) φ dxdt = ∫ ∫ ( u +f ) φ dxdt = 0
t>0
t x
D
t x
a 0
t x

En intégrant par partie [Smoller-1984] on obtient finalement :

∫∫ ( uφ +f ( u ) φ ) dxdt+∫
t ≥0
t x
t=0
u 0φdx=0 (2.23.)

Nous avons ainsi montré que si u est une solution classique de (2.22.) alors (2.23.) est vérifiée
pour toute fonction φ ∈ C10 .

Définition 10 :

Une fonction mesurable et bornée u (x , t ) est appelée solution faible du problème aux valeurs
initiales (2.22.) avec des valeurs initiales bornées et mesurables u 0 si la relation (2.23.) est
vérifiée pour toutes fonctions test φ ∈ C10 .

2.4.2 Condition d’entropie

Nous pouvons également montrer que tous les types de discontinuités ne sont pas
admissibles [Smoller-1984]. En fait, la condition (2.23.) apporte de sévères contraintes sur les
courbes de discontinuité. Soit Γ une courbe régulière au passage de laquelle u a une
discontinuité de saut c’est à dire que u a des limites bien définies sur les deux cotés de Γ et que
u est régulière ailleurs que sur Γ. Soit P un point quelconque sur Γ et soit D une boule centrée
sur P (cf. figure suivante). Nous supposons que dans D, Γ est donné par x = x (t ) . Soient D1 et
D2 les composantes de D qui sont séparées par Γ. Soit φ ∈ C10 et si nous supposons cette
fonction nulle en t=0 ; alors de (2.23.) nous tirons :

∫∫ (uφ
D
t + fφx )dxdt = ∫∫ (uφ t + fφx )dxdt + ∫∫ (uφ t + fφx )dxdt =0
D1 D2

14
Partie 2 : Ecoulements dans les collecteurs et déversoirs du réseau d’assainissement

D Γ

D1 P
Q2
Q1
D2

Figure 6 : Boule centrée sur P et courbe régulière Γ

En utilisant le fait que u est de classe C1 dans Di, le théorème de la divergence donne :

∫∫ ( uφ +fφ ) dxdt= ∫∫ ( uφ ) + ( fφ )


Di
t x
Di
t x
 dxdt= ∫ φ ( -udx+fdt )
∂Di

Tant que φ=0 sur ∂D ces intégrales curvilignes sont nulles sur Γ. Donc si u l = u (x (t ) − 0, t ) et
u r = u (x (t ) + 0, t ) alors on a :

φ(− udx + fdt ) = ∫ φ(- u ldx + f (u l )dt )


Q2
∫ ∂ D1 Q1

φ(− udx + fdt ) = − ∫ φ(- u r dx + f (u r )dt )


Q2
∫ ∂ D2 Q1

Ainsi,
0 = ∫ φ(− [u ]dx + [f (u )]dt )
Γ

où : [u ] = u l − u r représente le saut à travers Γ et de manière similaire, [f (u )] = f (u l ) − f (u r ) .


Tant que la fonction φ est arbitraire, on conclue que :

s[u ] = [f (u )] (2.24.)

en tout point de Γ où s = dx dt . s est appelé la vitesse de la discontinuité ; c’est la réciproque


de la pente. On a ainsi montré que la relation (2.23.) implique la relation (2.24.) qui permet de
lier les valeurs de u de part et d’autre de la courbe de discontinuité avec f et la vitesse de la
discontinuité. La relation (2.24.) est appelée condition de saut. En dynamique des gaz elle est
connue sous le nom de condition de Rankine-Hugoniot.

15
Partie 2 : Ecoulements dans les collecteurs et déversoirs du réseau d’assainissement

2.4.3 Couplage des deux systèmes

Si nous nous intéressons aux solutions faibles d’un système d’équations hyperbolique mis sous
forme matricielle :

∂U ∂F(U, x )
+ = G (U, x ) avec U ∈ R m (2.25.)
∂t ∂x

Une solution discontinue de part et d’autre d’une ligne se déplaçant à la vitesse s dans le plan
(x,t) est caractérisée par la condition d’entropie qui est une solution faible physiquement
admissible :

[F(U, x )] = s[U ] (2.26.)

Les équations de Saint-Venant peuvent-elles se mettre sous cette forme (de manière à ce que
l’on retrouve les conditions de Rankine-Hugoniot à partir des équations continues) ? Il s’agit de
mettre les équations (2.13.) sous la forme (2.25.), afin que (2.15.)et (2.20.) donnent (2.26.).

Il faut nécessairement que :

∂Q ∂  Q 2 
+  + gI1  = G (U, x ) (2.27.)
∂t ∂x  A 
Nous calculons G de manière à vérifier (2.13.) :

G (U, x ) = gA(S 0 − S f ) + L(U, x ) (2.28.)

Il vient :

∂I1 ∂h
L(U, x ) = g − gA (2.29.)
∂x ∂x

Nous introduisons en fait une variation de I1 par rapport à x qui en fait est due à la variation de
la géométrie du canal et en particulier de la largeur. En fait cette variation de pression due à la
variation longitudinale de la géométrie et donc de la section mouillée représente I2. Ceci est
montré dans ce qui suit.

Or :

∂I1 ∂h
h
∂ 2 A ( x,η )
g = gA + ∫ g ( h − η ) dη (2.30.)
∂x ∂x 0 ∂x∂η

Remarque :

La relation (2.30.) est établie en utilisant le théorème de Leibnitz qui permet la dérivation sous
le signe d’intégration. Soit :

16
Partie 2 : Ecoulements dans les collecteurs et déversoirs du réseau d’assainissement

u2 (α)

φ(α) = ∫ f ( x,α ) dx
u1 ( α )

où u1 et u 2 dépendent du paramètre α . Donc :

u (α)
dφ 2 ∂f du du
= ∫ dx+f ( u 2 ,α ) 2 -f ( u1 ,α ) 2
dα u1 ( α ) ∂α dα dα

Il vient ainsi :

h
∂ 2 A ( x,η ) h
∂B ( x,η )
L ( U,x ) = ∫ g ( h − η ) dη = ∫ g ( h − η ) dη = gI 2 (2.31.)
0
∂x∂η 0
∂x

Nous retrouvons le terme de pression latérale.

I2 peut encore s’écrire :


h
∂B ( x,η ) ∂A ( 0,x ) h ∂A ( x,η )
I 2 ( U,x ) = ∫ ( h − η ) dη = −h +∫ dη (2.32.)
0
∂x ∂x 0
∂x

Nous avons donc démontré la proposition suivante :

Les équations de Barré de Saint-Venant admettent la forme conservative suivante :

 ∂A ∂Q
 ∂t + ∂x = 0

 (2.33.)
 ∂Q + ∂  Q + gI1  = g(S 0 − S f ) + gI 2
2

 ∂t ∂x  A 

Cette forme est compatible avec les équations du ressaut mobile (2.15.) et (2.20.).
Par commodité d’écriture, ce système peut être mis sous la forme matricielle suivante :

U t + F(U )x = G (U ) ⇔ U t + J (U )U x = G (U )

où J(U) représente la matrice jacobienne du système.

avec :
A  Q   0 
U =   , 
F(U ) =  Q 2 , G (U) =  
Q 
 A
+ gI1 
  gI 2 + gA ( S0 − Sf ) 

U est appelé vecteur écoulement, F(U) vecteur flux et G(U) vecteur source.

17
Partie 2 : Ecoulements dans les collecteurs et déversoirs du réseau d’assainissement

2.5 Divers modèles de Barré de Saint-Venant

De nombreux modèles existent pour représenter le fonctionnement hydraulique des


canaux, collecteurs et rivières. Ils sont tous issus des équations de base citées dans le
paragraphe 2.2 avec l’ajout éventuel de termes permettant de prendre en compte un
déversement latéral ou un changement de section mais encore de l’effet du vent [Paquier-1995]
ou de la rotation de la terre (forces de Coriolis). En fait, ces termes supplémentaires qui sont en
général des termes de dissipation visent à tenir compte d’un environnement particulier dans
lequel se produit l’écoulement.

Dans le domaine de l’assainissement, les modèles qui ont été mis au point peuvent être
regroupés en deux grandes familles :

• Les modèles conceptuels :

¾ Modèle de Stock [Kovacs-1988]


¾ Muskingum-Cunge [1969]
¾ Hydrogramme unitaire conçu par Sherman [1932]

• Les modèles mécanistes :

¾ Onde quasi-permanente,
¾ Onde,
¾ Onde cinématique,
¾ Onde simple ou onde de gravité.

Pour plus de détails concernant ces divers types de modèles on pourra consulter [Buyer-1999].
2.6 Choix d’un modèle pour une modélisation fine des réseaux

Le choix d’un modèle mécaniste se fait en général en fonction de la finesse attendue sur
les résultats et d’autre part de l’ordre de grandeur des différents termes des équations de BSV.
Il faut comparer les ordres de grandeurs des termes d’inertie et de frottement. Par exemple, un
modèle d’onde cinématique ou diffusante pourra être choisis dans le cas d’écoulement à
frottements prépondérants [Moussa–1996b]. A l’inverse, on pourra prendre un modèle d’onde
simple lorsque la pente du bief est faible c’est à dire lorsque les termes de frottements sont
négligeables.[Kovacs–1988].
Il existe des méthodes quantitatives d’aide au choix du degré de simplification des
équations de Barré de Saint-Venant à utiliser pour modéliser les écoulements en rivière. L’une
d’entre elles est basée sur l’analyse en petites perturbations de la propagation d’onde et
introduit un critère de choix faisant intervenir deux paramètres sans dimension qui sont le
nombre de Froude de l’écoulement moyen et la période du signal d’entrée.[Moussa–1996b].
Les modèles simples ont l’avantage de nécessiter moins de paramètres et par conséquent
moins de mesures que les modèles plus complexes d’où une préférence pour les modèles
d’onde diffusante, cinématique ou linéaire pour de nombreux problèmes. Mais ces modèles ne
sont pas valables dans le cas d’écoulements qui font intervenir des ondes se propageant vers
l’amont ou lorsque la profondeur et la vitesse de l’écoulement changent rapidement.
De plus, si l’on cherche à obtenir une vision globale du comportement du réseau
l’utilisation d’un modèle conceptuel est suffisante.

18
Partie 2 : Ecoulements dans les collecteurs et déversoirs du réseau d’assainissement

Les écoulements dans les systèmes de collectes des eaux usées ou de pluie montrent les
particularités suivantes :
• L’écoulement en réseau d’assainissement est de type « transcritique » c’est à dire que l’on
peut observer dans un même tronçon les régimes d’écoulements fluvial et torrentiel. Ces
transitions peuvent être dues à des changements de pentes entre les collecteurs, à la
présence d’ouvrages ou encore être provoquées par un apport d’eau subit dans le réseau lors
d’un événement pluvieux. Le passage du régime fluvial au régime torrentiel ou inversement
peut être détecté par évaluation du nombre de Froude. Cette particularité doit être prise en
compte. En effet, de celle-ci dépend la localisation des conditions aux limites qui seront
utilisées lors du calcul des débits et hauteurs d’eau dans les collecteurs.
• Le passage du régime torrentiel au régime fluvial peut engendrer un ressaut hydraulique qui
doit être localisé et pris en compte lors de la résolution numérique des équations de Barré
de Saint Venant afin de déterminer avec précision les débits et hauteur d’eau en amont et en
aval de celui-ci.

Compte tenu de ces particularités et en vue d’obtenir une solution fine pour le
comportement de l’eau dans ce système nous avons décidé d’utiliser le modèle de Barré de
Saint-Venant pris sous sa forme conservative. On rappelle ci-dessous la forme matricielle
de ces équations :

U t + F(U )x = G (U )
avec :
A  Q   0 
U =   , 
F(U ) =  Q 2 , G (U) =  
Q 
 A
+ gI1 
  gI 2 + gA ( S0 − Sf ) 

19
Partie 2 : Ecoulements dans les collecteurs et déversoirs du réseau d’assainissement

3 AUTRE FORME D’ECOULEMENT : MISE EN CHARGE


3.1 Introduction

Hewitt et Hall-Taylor (1970) ont distingué huit régimes possibles pour des écoulements
mêlant gaz et liquide :

• Ecoulement stratifié dans lequel la phase liquide est en-dessous de la phase gazeuse (a).
• Ecoulement ondulé qui possède une interface ondulée entre phase liquide et phase
gazeuse (b).
• Ecoulement en bouchon avec une surface de nature très ondulée qui atteint le fond du
tuyau et qui sépare ainsi la phase gazeuse en cellules indépendantes ( c )
• Ecoulements en bulles avec des bulles et des poches de gaz qui sont toutes distribuées
sur la partie supérieure de la conduite (d).
• Ecoulements en gouttes avec une distribution quasi uniforme de bulles de gaz dans le
phase liquide (e)
• Ecoulement annulaire avec une large portion de gaz qui pousse le liquide (f)
• Ecoulement en spray (g)
• Ecoulement en mousse (h)

Dans ces deux derniers cas (g et h) l’écoulement est de nature diphasique. Le mélange eau-air
est homogène avec dans le premier cas (g) de fines bulles d’air clairement séparée de l’eau et
dans le second cas (h) une émulsion formée par les deux phases dans laquelle l’eau et l’air ne
peuvent plus clairement être distinguées.

Ces divers types de transition d’un écoulement à surface libre à un écoulement en charge sont
représentées sur la figure suivante :

Figure 7 : Transitions d’un écoulement à surface libre à un écoulement en charge

Le passage d’un écoulement en charge à un écoulement à surface libre est difficile à


gérer par les logiciels de simulation. Le passage sous pression engendre des phénomènes
d’instabilité et en particulier d’entraînement d’air par exemple dans les siphons qui ne sont pas
pris en compte dans les logiciels.

20
Partie 2 : Ecoulements dans les collecteurs et déversoirs du réseau d’assainissement

Dans ce qui suit, je présente quelques éléments bibliographiques dus à Hager [Hager-
1999] qui permettent de prendre conscience de la similitude qui existe entre un écoulement en
charge et un écoulement à surface libre.

3.2 Similitudes entre écoulement en charge et écoulement à surface libre

La figure suivante représente les distributions hydrostatiques des pressions et les


distributions des vitesses dans une conduite où l’écoulement se produit en charge (a) et dans
une conduite où l’écoulement est à surface libre (b).

Figure 8 : Distributions de pression et de vitesse dans le cas d’un écoulement en charge (a)
et d’un écoulement à surface libre (b)
En principe, les deux types d’écoulements peuvent être traités de façon similaire
excepté que :
• Pour une conduite sous pression, la ligne piézométrique ne coïncide pas avec la
génératrice supérieure de la conduite.
• Pour un écoulement en canal ouvert, la surface libre n’est pas connue à l’avance.

Les processus mécaniques vont de pair avec des phénomènes de dissipation. Par
conséquent, il n’est pas possible de maintenir l’énergie initiale plus d’un certain temps et au-
delà d’une certaine distance sans dépenser d’énergie additionnelle. Ces pertes d’énergie ou
encore « pertes de charges » sont dues aux phénomènes de dissipation. Ces phénomènes sont
principalement dus :
• Aux frottements des couches de liquide sur les parois des collecteurs. Ce phénomène est
étroitement lié à l’état de surface du collecteur et à la viscosité du fluide. Ces pertes par
frottement sont dues à des contraintes de cisaillement entre les couches de liquide.
• A la présence de singularités coudes, vannes, seuils, entonnements. Ce phénomène est dû à
une modification de la géométrie dans la direction de l’écoulement et donc de la section
mouillée. A chaque fois que l’écoulement est accéléré ou décéléré des contraintes de
cisaillement internes apparaissent et l’énergie mécanique de l’écoulement est diminuée.
Ces pertes d’énergie se manifestent par des remous ou des mouvements de type vortex et ne
peuvent être évaluées qu’indirectement

Dans le but de répondre à cette question on écrit dans un premier temps les équations
suivantes en conduite fermée et pour le cas d’un canal à surface libre.

21
Partie 2 : Ecoulements dans les collecteurs et déversoirs du réseau d’assainissement

Figure 9 : Lignes de charges dans le cas d’un écoulement en charge (a) et d’un écoulement
à surface libre (b)

Dans le cas sous pression, on peut écrire que la charge spécifique :

u2 dH
H = hp + , = So − Sf (2.34.)
2g dx

et dans le cas à surface libre avec la hauteur d’eau h :

u2 dH
H=h+ , = So − Sf (2.35.)
2g dx

La section mouillée A pour une conduite sous pression est donnée par A=A(x) et dans le
cas à surface libre la section mouillée en la position x=x* varie avec la hauteur d’eau et
A=A(x,h).
Q
Si u = en différentiant les deux équations précédentes, on obtient :
A
Pour le cas en charge :

dh p Q 2 dA
− = S0 − Sf (2.36.)
dx gA 3 dx

Pour le cas à surface libre :

dh Q 2 dA
− = S0 − Sf (2.37.)
dx gA 3 dx

Pour une géométrie de conduite donnée c’est à dire connaissant une fonction A(x), une
inclinaison de la conduite S0(x), le débit Q et la pente énergétique Sf l’équation pour
l’écoulement en charge peut être résolue pour la distribution de pression locale hp. Au contraire,
la relation concernant la surface libre ne peut pas être résolue car A dépend également de la
hauteur d’eau.

dA ∂A ∂A dh
= + (2.38.)
dx ∂x ∂h dx

22
Partie 2 : Ecoulements dans les collecteurs et déversoirs du réseau d’assainissement

L’analogue de la relation concernant la surface libre en tenant compte de la remarque


précédente devient :

dh
dx
[ ]
1 − Fr 2 −
Q 2 ∂A
gA 3 ∂x
= S0 − Sf (2.39.)

La similitude entre les deux équations encadrées montre que l’écoulement en charge et
l’écoulement à surface libre sont identique à la condition que :

Q 2 ∂A U
Fr =
2
= =0 (2.40.)
gA 3 ∂h c

Ceci signifie que le nombre de Froude doit être nul. Effectivement, dans une conduite
en charge, les informations hydrauliques transitent « instantanément » vers l’amont et l’aval de
la conduite. Ceci n’est pas le cas dans en hydraulique à surface libre.
Ceci montre bien que l’écoulement en charge est un cas particulier d’un écoulement à
surface libre et que les coefficients de perte de charge (obtenus pour les écoulements en charge)
peuvent être appliqués au cas correspondant d’un écoulements à surface libre tant que le
nombre de Froude reste petit. La limite supérieure est 1 c’est à dire lorsque le terme de pression
dans l’équation à surface libre disparaît. En pratique le concept de transposition du coefficient
de perte de charge ne doit pas être appliqué au-delà de Fr=0.7 [Hager-1999].

Les éléments bibliographiques présentés ci-dessus témoignent de la difficulté de la prise


en compte du passage d’un écoulement à surface libre à un écoulement en charge dans toutes
les situations. Néanmoins, au niveau logiciel, des méthodes de prise en compte ont été mises au
point. En particulier, la méthode de la fente de Preismann est décrite dans le paragraphe
suivant.

3.3 Prise en compte dans les modèles : fente de Preismann

Au niveau logiciel on utilise l’artifice numérique de la fente de Preismann pour traduire


la mise en charge. Cette méthode consiste à ouvrir la partie supérieure de la conduite fermée de
telle sorte qu’un écoulement sous pression puisse être considéré comme un écoulement en
charge.

Nous présentons dans ce qui suit la technique dérivée de la méthode de Preismann et


utilisée dans le logiciel CEDRE pour représenter le phénomène de mise en charge. La section
d’un tronçon est artificiellement décomposée en 6 zones :

23
Partie 2 : Ecoulements dans les collecteurs et déversoirs du réseau d’assainissement

ΖΟΝΕ 6

ΖΟΝΕ 5

ΖΟΝΕ 4

ΖΟΝΕ 3

ΖΟΝΕ 2

ΖΟΝΕ 1

Figure 10 : Représentation d’un collecteur avec l’artifice numérique de la fente de


Preismann

Zone 1 : Il s’agit d’une fente inférieure qui possède une faible épaisseur. Cette fente permet au
logiciel de prendre en compte l’altimétrie des ouvrages et de modifier la représentation de la
ligne d’eau. Elle permet également de traiter le problème du fond sec.

Zones 2 et 4 : Elles indiquent les extrémités supérieure et inférieure du tronçon où la section


mouillée ne suit pas la relation A=f(h) décrite par la section normale. Il s’agit de zones de
transition permettant d’assurer la continuité des relations.

Zone 3 : Elle correspond à la section normale du tronçon ou la relation A=f(h) est régulière.
Dans cette zone, l’écoulement fonctionne à surface libre sans anomalies susceptibles
d’influencer les grandeurs hydrauliques.

Zone 5 : La fente supérieure de la conduite qui permet au modèle d’assimiler les écoulements
en charge à des écoulements à surface libre. Avec cet artifice de calcul, les écoulements en
charge peuvent être traités par le même modèle que les écoulements à surface libre.
Cette zone peut être utilisée pour tenir compte des volumes de stockage qui existent
effectivement dans les systèmes d’assainissement entre le toit de la conduite et le niveau du sol
(cheminées, branchements, avaloirs).

Zone 6 : Cette zone est créée artificiellement pour représenter le phénomène de débordement et
la quantité d’eau débordée.

Une étude expérimentale permettant la comparaison des résultats obtenus sur un banc
d’essai physique avec ceux obtenus grâce à un logiciel de modélisation basé sur la résolution
des équations de barré de Saint-Venant 1D sous forme conservative, en introduisant l’artifice
numérique de la fente de Preismann et utilisant un schéma numérique à capture de choc comme
ceux décrits dans la partie 3 de cette thèse a été menée par B. Trajkovic et al.[ Trajkovic-1999].
Les pentes étudiées étaient de 1.4 et 2.7 %. La comparaison des résultats expérimentaux et
numériques semble fournir des résultats proches. Des problèmes numériques apparaissent
lorsque la vanne permettant le passage de l’écoulement en charge à l’écoulement à surface libre
est manipulée trop vite.

24
Partie 2 : Ecoulements dans les collecteurs et déversoirs du réseau d’assainissement

La difficulté d’application de cette méthode réside dans la détermination de la largeur


de la fente de Preismann afin de ne pas rendre le calcul instable.

3.4 Choix du modèle

Compte tenu des instabilités numériques que peut générer la fente de Preismann, nous nous
sommes inspirés des similitudes entre les équations des écoulements en charge et à surface
libre. Pour cela, dans un premier temps, nous avons choisi de limiter la section A à la pleine
section. Dans un deuxième temps, nous prenons en compte le fait que dans une conduite en
charge les informations hydrauliques transitent « instantanément » vers l’amont et l’aval.
A
La difficulté réside dans le calcul de la célérité c = gD h = g qui devrait tendre vers
B
l’infini.
Pour rendre cette approche valide, il faut que c prenne la valeur la plus grande possible
( c  U ). Pour se faire, on choisit la valeur de la largeur au miroir B de telle sorte que c soit la
plus grande du système modélisé au point de mise en charge.

4 LA CONFLUENCE
4.1 Introduction

Le comportement hydraulique des canaux à jonctions est caractérisé par un grand


nombre de paramètres. Ces paramètres sont principalement géométriques. On distinguera les
formes de sections, les pentes de fond, les arrondis éventuels à la jonction et les largeurs des
conduites. Chacun de ces paramètres peut varier dans les branches amont, aval et latérale.
Ceci rend la prévision du comportement du système de canalisation, lorsqu’il est soumis
à une certaine sollicitation (débit dans les canaux convergents), difficile à prévoir.
Dans une jonction de canaux qui comporte trois branches, on doit considérer six cas
possibles selon les conditions de l’écoulement [Garcia-Navarro and Saviron-1992], soit :

1. L’écoulement est entièrement fluvial dans les tronçons respectivement amont, latéral et aval
(FLUV-FLUV-FLUV).
2. L’écoulement est fluvial dans les branches amont et latérale et devient torrentiel à l’aval
(FLUV-FLUV-TOR).
3. L’écoulement est torrentiel dans l’une des branches amont ou latérale et fluvial dans le
tronçon aval. (FLUV-TOR-FLUV) ou (TOR-FLUV-FLUV). La formation d’un ressaut
hydraulique est observée dans l’une des branche latérale ou amont.
4. L’écoulement est fluvial dans l’une des branches amont ou latérale mais devient torrentiel à
l’aval. (FLUV-TOR-TOR) ou (TOR-FLUV- TOR)
5. L’écoulement est torrentiel dans les branches amont et latérales et devient fluvial dans la
branche aval. (TOR-TOR-FLUV)
6. L’écoulement est torrentiel dans les trois branches (TOR-TOR-TOR).

On peut envisager l’étude de ce dispositif hydraulique par deux méthodes :

La première consiste à étudier chacun des cas précédemment cités de manière


individuelle en utilisant une approche unidimensionnelle ce qui a pour conséquence,
l’introduction de paramètres empiriques permettant de s’approcher au maximum de la réalité.

25
Partie 2 : Ecoulements dans les collecteurs et déversoirs du réseau d’assainissement

Dans la littérature, on trouve presque exclusivement des études pour le cas tout fluvial ou le cas
tout torrentiel. Les cas transcritiques sont très peu étudiés. Pour ce type d’étude, la phase
expérimentale afin de formuler, puis de valider les relations théoriques est indispensable.
De cette manière, il paraît difficile de mettre au point un traitement unique de la
confluence pour toutes les configurations et régimes d’écoulements possibles puisqu’elles
nécessitent une anticipation du comportement hydraulique ce qui peut s’avérer hasardeux.

La seconde méthode consiste à prendre en compte le caractère 2D de l’écoulement dans


la confluence en utilisant pour la description du comportement du système les équations de
Barré de Saint-Venant 2D puis de les résoudre numériquement.
4.2 Approche unidimensionnelle

4.2.1 Régime fluvial dans les trois branches

Le cas le plus souvent rencontré dans les cours d’eau naturels est caractérisé par un
régime fluvial dans toutes les branches. Les premières études concernant les confluences ont
d’ailleurs été menées pour l’étude de cette configuration.
Dans presque toutes les études réalisées seul le canal latéral forme un angle par rapport
à l’axe formé par les deux canaux amont et aval.

L’une des premières étude répertoriée concernant la confluence est due à Taylor qui en
1944, supposa que :
1. Les largeurs des trois branches étaient égales
2. Une pente de radier nulle
3. Des frottements négligeables
4. Une répartition hydrostatique des pressions et une distribution des vitesses uniforme
5. Des lignes de courants parallèles aux parois latérales autour du volume de contrôle
6. Des hauteurs d’eau égales dans les conduites amont et latérale
7. Des forces de pression latérales négligeables.

Il utilisa le principe fondamental de la dynamique selon lequel la variation de la quantité


de mouvement d’un élément de fluide est égale à la somme des actions des forces (résultante)
qui agissent sur celui-ci. Il développa des équations permettant de définir le comportement du
système et les vérifia expérimentalement. La corrélation des résultats expérimentaux avec la
théorie était correcte pour un angle de confluence de 45° mais s’avérait mauvaise pour un angle
de 135°. Il montra que les simplifications 3) et 6) étaient vérifiées et que l’erreur provenait en
premier lieu de la simplification 5). Taylor conclu que la généralisation des résultats était
impossible et qu’on ne pouvait pas attendre un traitement mathématique applicable à tous le
types de jonctions des canaux.

Webber et Greated étudièrent également le comportement d’un écoulement à la jonction


de deux canaux rectangulaires en fluvial (1966). Ils étendirent les résultats obtenus par Taylor
en considérant trois autres angles de jonction et analysèrent l’effet d’une confluence de forme
arrondie. Ils utilisèrent la même relation que celle utilisée par Taylor et observérent une bonne
corrélation entre les résultats expérimentaux et théoriques dans le cas de petits angles de
confluence et d’un petit rapport débit amont sur débit aval. En général, le rapport des hauteurs
d’eau observé (hauteur amont sur hauteur aval) est inférieur au rapport calculé. Le décalage
était attribué à une mauvaise prise en charge de la réaction du mur. Un facteur correctif
empirique a été proposé qui procure une meilleure corrélation entre théorie et expérience. Les

26
Partie 2 : Ecoulements dans les collecteurs et déversoirs du réseau d’assainissement

configurations ont été étudiées pour des nombres de Froude inférieurs à 0.6 et un rapport entre
le débit dans le canal amont et celui du canal aval compris entre 0 et 1.

D’autres chercheurs comme Best [Best and Reid-1984] au niveau expérimental ou


Hager au niveau théorique [Hager-1982] [Hager-1989a] menèrent d’autres études et
s’orientèrent vers la détermination des caractéristiques géométriques de la zone de séparation
des écoulements qui constitue une région dans laquelle se forme un remous dont l’effet nuisible
est de provoquer une sédimentation et qui est également le siège d’une dissipation d’énergie.
En conséquence, la capacité de transport et le débit s’en trouvent diminués.

P*

Figure 11 : Jonction de collecteurs

En particulier, Hager, dans son livre [Hager-1999] mène une étude qui permet de
déterminer les hauteurs d’eau dans les tronçons connaissant les débits amont et latéral et une
hauteur d’eau. Celle-ci est basée sur la conservation de l’énergie, le principe fondamental de la
dynamique et la conservation des débits.
Ici, on se contentera de citer les résultats obtenus par Hager. Les trois canaux qui
constituent la confluence ont la même largeur b. µ correspond à un coefficient de contraction
du à la présence de la conduite latérale.

L’application du théorème de Bernoulli entre les sections amont et contractées dans le


cas du régime uniforme mène à :

 Q 2u   Ql2   Qc2 
 pu +  Qu +  pl +  Ql =  pc +  Qc (2.41.)
 2gb 2   2gb 2   2gµ 2 b 2 

Les indices u, l, c et d sont respectivement associés aux canaux amont, latéral, contracté
et aval.

L’équation de la quantité de mouvement appliquée dans le cas uniforme et en


considérant des distributions de pressions hydrostatiques s’écrit :

Q 2u Q 2 cos δ Q2
pu b + + p l b cos δ + l = p d b + d + p∗ b cos δ (2.42.)
gb gb gµb

27
Partie 2 : Ecoulements dans les collecteurs et déversoirs du réseau d’assainissement

Dans cette relation, δ correspond à l’angle de confluence. La pression p* correspond à la


pression moyenne exercée sur la paroi du canal latéral comme indiqué sur la figure 11. Cette
pression peut être considérée comme une moyenne des seules pressions pl et pc.

p l + npc
p* = avec 0≤n<∞ (2.43.)
1+ n

Les valeurs extrêmes de n mènent pour p* aux valeurs :

p* ( n = 0 ) = p l et p* ( n → ∞ ) = p c

Les distributions de pressions dans les canaux amont et latéraux doivent être identiques
pour assurer la continuité des pressions à travers le point de confluence.(pu=pl). Ce résultat a été
montré par Visher en 1958.

De plus, on doit respecter la conservation des débits :

Qc = Qd = Qu + Ql (2.44.)

Ainsi, on peut éliminer les termes pu, pl et pc pour obtenir le coefficient de contraction µ
Q
comme une fonction du rapport des débits q = u , de l’angle de la jonction δ et du coefficient
Qd
n. On obtient :

  n cos δ   2   n cos δ 
1
−1
  n cos δ   2 2 
−1
µ = 1 ± 1 − 1 + 
1+ n  
2q + 2 (1 − q )
2
cos δ − (1 − 3q + 3q )  1 + n     1 + n 
1 + 1 +
    

D’autre part, les conditions suivantes doivent être respectées par la relation précédente :
Pour q=1 c’est à dire pas de débit latéral, le coefficient de contraction vaut 1,
Pour δ=0 c’est à dire des branches parallèles, le coefficient de contraction est
µ(δ = 0 ) = 1 .

La première condition est toujours respectée alors que la seconde conduit à prendre une valeur
n=1/2 pour le coefficient. En insérant cette valeur dans l’expression précédente on obtient pour
le coefficient de contraction :

  1
2 −1
 2 1 2  1 2   1 
µ −1
= 1 + (1 − q )(2 − q )1 − cos δ − cos δ  + cos δ 1 + cos δ (2.45.)
   3 3  9   3 

Les coefficients de perte de charges pour les branches amont et latérales sont données
par :
ξ u = (µ −1 − 1) − 1 + 3q − 2q 2
2

(2.46.)
ξ l = (µ −1 − 1) + q − 2q 2
2

28
Partie 2 : Ecoulements dans les collecteurs et déversoirs du réseau d’assainissement

Hager a également donné une expression des coefficients de perte d’énergie dans le cas
d’un confluence de forme courbe.

Les hauteurs d’eau sont finalement données par :

hu − hd =
(1 + ξu ) Qd2 − Q2u
2gSd2
(2.47.)
hl − hd =
(1 + ξl ) Qd2 − Ql2
2gSd2

où Sd correspond à la section mouillée dans le canal aval.

Remarque : Si la largeur de la branche aval est trop faible par rapport à la somme des deux
largeurs en amont de la jonction, une transition du fluvial au torrentiel apparaît à l’entrée de la
branche aval.

4.2.2 Ecoulement de type torrentiel dans les trois branches

Comparé à un écoulement fluvial dans la conduite d’approche, l’écoulement torrentiel


fait apparaître des ondes croisées sur des courbes bien définies. On peut également selon la
configuration de la confluence voir apparaître un ressaut hydraulique dans l’un ou plusieurs des
confluents. Les configurations qui font apparaître un ressaut hydraulique dans la confluence
sont à éviter en raison du risque d’érosion considérable.
Dans les coursiers à pente importante ou dans les conduites de vidange de fond, on peut
rencontrer des jonctions dans lesquelles l’écoulement est torrentiel dans les trois branches.

C’est Bowers (1950) qui le premier, analysa un écoulement torrentiel dans une jonction
de canaux. En fonction de la géométrie de la jonction et de la valeur du nombre de Froude dans
le canal amont un ressaut hydraulique apparaissait ou non dans l’un des confluents. Dans le cas
ou aucun ressaut n’était présent, des ondes croisées similaires à celles présentes dans les
rétrécissements apparaissaient. Dans tous les cas, Bowers conseillait pour le dimensionnement
d’adopter des hauteurs de canaux bien plus grandes que les hauteurs usuelles pour
dimensionner ce genre de confluences.

Une autre étude associée aux écoulements torrentiels est due à Schnitter et al. (1955). Il
étudia une configuration dans laquelle l’angle de confluence était pratiquement nul mais pour
laquelle le canal latéral avait une pente très forte. Il constata la présence d’ondes croisées très
fortes dans la branche aval qui étaient encore amplifiées dans le cas où les deux branches amont
avaient de nombre de Froude différents. Néanmoins, l’installation d’un mur de séparation dont
l’une des extrémités se situait au niveau du point de confluence et de hauteur décroissante dans
la branche aval permettait de faire quasiment disparaître les ondes croisées.

Behlke et Pritchett (1966) menèrent une analyse des écoulements torrentiels dans les
jonctions de canaux trapézoïdaux et rectangulaires pour des angles de confluences de 15°, 30°
et 45° et des nombres de Froude compris entre 2 et 7. Ils observèrent deux sauts obliques dont
les origines se situaient au point de confluence. La hauteur de ces deux sauts au voisinage du

29
Partie 2 : Ecoulements dans les collecteurs et déversoirs du réseau d’assainissement

point de confluence est la même. Ils supposèrent que l’effet de la branche latérale sur
l’écoulement dans la branche principale est comparable à la perturbation causée par la présence
d’un mur oblique. Un effet similaire est attribué à l’écoulement dans la branche latérale. Ainsi,
ils déterminèrent les angles que font les sauts par rapport à la direction principale mais ils ne
tentèrent pas de déterminer la hauteur maximale de ces sauts.

Gildea et Wong présentèrent en 1967 des directives de dimensionnement. Ils


préconisaient un différentiel de hauteur d’eau entre les canaux aussi petit que possible et une
configuration dans laquelle l’angle d’approche des canaux n’excède pas 12°. En supposant que
l’angle soit de 0° on dimensionne le canal de telle sorte que la largeur au niveau de la
confluence soit égale à la somme des largeurs des confluents augmentée de l’épaisseur de la
paroi séparatrice.

Un modèle pour la prédiction de l’angle de l’onde principale dans une jonction simple
est du à Greated (1968) qui étudia un écoulement dans une jonction à 60° horizontale pour des
nombres de Froude compris entre 6 et 11. Il n’essaya pas de calculer la hauteur des ondes
suggérant qu’une étude expérimentale beaucoup plus approfondie était nécessaire en raison de
l’influence prépondérante de la forme des canaux. Sa formulation a été reprise par Hager
[Hager-1989b] qui s’intéressa non seulement à la localisation de ces ondes mais également à la
hauteur maximale qu’elles pouvaient atteindre. Celle-ci peut atteindre à l’opposé du canal
latéral 10 à 20 fois la hauteur d’eau dans le canal amont.

Cette forte augmentation de la hauteur d’eau peut engendrer de gros problèmes dans les
conduites fermées en raison de l’apparition de phénomènes tels que pulsations, entraînement
d’air, transition vers une mise en charge ou apparition de ressauts hydrauliques.

4.2.3 Régime transcritique

On trouve très peu d’études concernant le problème de la confluence dans le cas


transcritique. Celles-ci sont expérimentales [Sampath Kumar Gurram-1997], Rice [Rice-1985].
Ces études sont menées dans le cas de géométries simples et les zones de séparations larges
sont à exclure.
La variabilité de la ligne d’eau dans la confluence ainsi que la présence éventuelle d’un
ressaut hydraulique dans un ou plusieurs des canaux qui constituent la confluence rend difficile
la mise en place de relations simples pour déterminer les hauteurs d’eau. On préconise pour
obtenir une bonne vision du comportement de la confluence de résoudre les équations de Barré
de Saint-Venant bidimensionnelles telles qu’elles sont présentées dans le paragraphe suivant en
utilisant un maillage fin de la zone de confluence.
Une thèse réalisée par M. Maher Abdallah concernant la problématique de la confluence
problématique a d’ailleurs été lancée au laboratoire SHU de l’ENGEES.
4.3 Approche bidimensionnelle : Système de Barré de Saint-Venant 2D

L’écoulement torrentiel est très différent de l’écoulement fluvial. Alors que le


comportement en régime fluvial peut souvent être approché par un écoulement
unidimensionnel, l’écoulement torrentiel est fondamentalement bidimensionnel. Hager [Hager-
1999] propose pour résoudre le problème de la confluence dans le cas torrentiel d’utiliser les
équations dynamiques 2D d’un écoulement permanent dont les composantes de la vitesse dans
la direction principale (u) et dans la direction latérale (v) sont considérées:

30
Partie 2 : Ecoulements dans les collecteurs et déversoirs du réseau d’assainissement

 ∂ (uh ) ∂ (vh )
 ∂x + ∂y = 0

 u ∂u v ∂u ∂h
 + + = S 0 x − S fx (2.48.)
 g ∂x g ∂y ∂x
 u ∂v v ∂v ∂h
 + + = S 0 y − S fy
 g ∂x g ∂y ∂y

où S0x et S0y représentent les pentes de fond.

Les pertes par frottement sont exprimées par l’intermédiaire de l’équation de Manning-
Strickler :

u (u 2 + v 2 ) v(u 2 + v 2 )
1 1
2 2
S fx = , S fx = (2.49.)
(1 n )2 h (1 n )2 h
4 4
3 3

D’autres auteurs [Fraccarollo-1995] ou [Louaked-1998] proposent, pour l’obtention de


solutions précises au voisinage des discontinuités qui peuvent apparaître dans le cadre de la
description de phénomènes ou d’ouvrages tels que le changement de section ou la rupture de
barrage, une autre forme du système de Barré de Saint-Venant pour laquelle on néglige la pente
du radier et les pertes par frottement. Cette formulation pourrait être appliquée au cas de la
jonction de canaux.
Dans ce cas, le système d’équations de Barré de Saint-Venant bibimensionnel (dans le
plan horizontal (Oxy) à résoudre est :

 ∂h ∂ (hu ) ∂ (hv )
 ∂t + ∂x + ∂y = 0

 ∂ (hu ) ∂  2 1  ∂ (uvh )
 +  u h + gh 2  + =0 (2.50.)
 ∂ t ∂x  2  ∂y
 ∂ (hv ) ∂ (uvh ) ∂  2 1 
 + +  v h + gh 2  = 0
 ∂t ∂x ∂y  2 

où encore sous forme matricielle :

U t + F(U )x + G (U )y = 0
(2.51.)

 hu   
h    hv 
  1 2  
avec : U =  hu  , F (U ) =  hu + gh  et G (U ) =
2
huv
 2   1 2
 hv   v 2
h + gh 
   huv   2 

Pour l’étude des changements de sections, les pentes de fond et pertes par frottement sont prises
en compte [Rahman-1997] en ajoutant un vecteur source au second membre. Le système de
Barré de Saint-Venant devient :

31
Partie 2 : Ecoulements dans les collecteurs et déversoirs du réseau d’assainissement

U t + F ( U ) x + G ( U ) y = S(U)
 hu 
h  
  1 2
avec: U =  hu  , F ( U ) = hu + gh
 2
, (2.52.)
 hv   2 
   huv 
 
 
 hv   0 
   
G ( U) =  huv  et S(U) =  gh(S0x − Sfx ) 
 2 1 2  gh(S0y − Sfy ) 
 v h + gh   
 2 

Avec comme dans le cas du système proposé par Hager :

u (u 2 + v 2 ) v(u 2 + v 2 )
1 1
2 2
S fx = , S fx = (2.53.)
(1 n ) (1 n )
2 4 2 4
h 3
h 3

La première équation correspond à la conservation de la masse et les deux autres à la


conservation de la quantité de mouvement.

Les matrices jacobiennes obtenues dans le cas du système sans second membre sont les
suivantes :

 0 1 0
∂F(U )  2 
A(U ) = =  − u + gh 2u 0 
∂U  − uv
 v u 
(2.54.)
 0 0 1
∂G (U )  
B(U ) = =  − uv v u
∂U  − v 2 + gh 0 2v 
 

Les valeurs propres de A sont :

λ1 = u et λ 2 = λ 3 = u ± gh (2.55.)

Les valeurs propres de B sont :

λ1 = v et λ 2 = λ 3 = v ± gh (2.56.)

4.4 Choix du modèle

32
Partie 2 : Ecoulements dans les collecteurs et déversoirs du réseau d’assainissement

La résolution des équations de Barré de Saint-Venant bidimensionnelle pourrait permettre de


résoudre le problème de la confluence dans toutes les configurations d’écoulements. Cette
résolution pourrait de plus être couplée avec une résolution unidimensionnelle dans les parties
linéaires du système.
Néanmoins, nous avons décidé de ne pas nous investir dans un tel projet et d’utiliser une
technique simplificatrice.

Tronçon amont 1

α1 Tronçon aval
α2

Tronçon amont 2

Figure 12 : Schéma de principe d’une confluence

La confluence est en fait réduite à un volume dans lequel un bilan de quantité de


mouvement permet de calculer une hauteur d’eau moyenne qui lui est appliquée. Le débit est la
somme des débits amont. Cette hauteur d’eau est appliquée en tant que conditions aux limites
interne aux extrémités aval des deux tronçons amont et à l’extrémité amont du tronçon aval.
On présente ci-dessous la le bilan de quantité de mouvement réalisé :

 Q2   Q 22  Q32
cos α1  1 + gI1 ( h )  + cos α 2  + gI 2 ( h )  = + gI3 ( h ) (2.57.)
 S1 ( h )   S2 ( h )  S2 ( h )

En outre, nous n’avons considéré que le cas rectangulaire. Ainsi,

Si ( h ) = Bi h pour i ∈ {1, 2,3} (2.58.)

Bi h 2
Ii ( h ) = pour i ∈ {1, 2,3} (2.59.)
2

Ainsi, on peut isoler h et calculer sa valeur.


C’est cette relation que nous avons intégrée à notre logiciel en vue de prendre en compte la
confluence de manière approchée.

33
Partie 2 : Ecoulements dans les collecteurs et déversoirs du réseau d’assainissement

5 LES DEVERSOIRS
On s’intéresse à présent aux différentes approches existantes du fonctionnement
hydraulique d’un déversoir d’orage latéral. Dans ce paragraphe, on expose dans un premier
temps le fonctionnement hydraulique de l’ouvrage. Puis, on présente quelques relations
empiriques classiquement utilisées pour évaluer les débits déversés. Ensuite, on évoque le
principe du logiciel DO qui est un outil d’aide au dimensionnement des déversoirs assez
répandu dans les DDAF. Les deux paragraphes suivants détaillent les méthodes développées,
pour le premier, sur le concept de conservation de l’énergie spécifique constante, et pour le
second, sur l’équation de la quantité de mouvement. Ces deux méthodes permettent l’obtention
des lignes d’eau ainsi que les débits déversés. Pour finir, on détaille les expressions des
variations débits déversés associées au deux formulations précédentes.

5.1 Approche du fonctionnement hydraulique

En observant l’écoulement sur un déversoir latéral à crête basse, on constate que le


tirant d’eau n’est pas constant sur la crête. Plus précisément, les travaux de Frazer puis de
James et Mitri ont permis de décrire les lignes d’eau possibles sur un déversoir [Chocat-1997].
On peut observer qu’en régime torrentiel (d) la ligne d’eau descend, alors qu’en régime fluvial
(a) elle monte dans le cas du déversoir prismatique.

hn1 : hauteur normale amont


hn2 : hauteur normale aval
hc1 : hauteur critique amont
hc2 : hauteur critique aval
hs : hauteur de seuil

hn1 hn1

Figure 13 : Lignes d’eau possibles dans un déversoir latéral prismatique.

Type de Pente le long Pente Conditions d’apparition


profil du seuil à l’aval du profil
Cas (a) Pente faible Pente faible hc1<hn1 et 0.93 hc1<w<hc1
Cas (b) Pente faible Pente faible hc1<hn1 et w<0.93hc1
Cas (c) Pente faible Pente faible hc1<hn1 et w<0.93hc1
Cas (d) Pente forte Pente forte hn1<hc1
Cas (e) Pente forte Pente faible hn1<hc1
Cas (f) Pente forte Pente faible hn1<hc1

34
Partie 2 : Ecoulements dans les collecteurs et déversoirs du réseau d’assainissement

Condition d’écoulement Condition d’écoulement Qdérivé/


à l’extrémité amont le long du seuil Qincident
Torrentiel Torrentiel
Fluvial Torrentiel
Fluvial Fluvial >0.5
Fluvial Fluvial <0.5

avec V1 : vitesse à l’extrémité amont du seuil

Tableau 1 : Conditions d’apparition des six lignes d’eau décrites et détermination


empirique de la vitesse latérale

Dans le cas du déversoir non prismatique le nombre de forme de lignes d’eau susceptibles
d’apparaître dans le déversoir est encore plus important. En effet, la figure ci-dessous montre
que dans le cas d’un canal non prismatique (θ<0) en fluvial la ligne d’eau peut non seulement
monter comme dans le cas prismatique mais également baisser. Dans le cas torrentiel, elle peut
baisser mais également monter si le canal n’est plus prismatique (θ<0).

Figure 14 : Types de profils de surface pour des nombres de froude F<1 et F>1 dans les
cas prismatique (θ>0) et non prismatique (θ<0)

5.2 Formules empiriques

Initialement, les débits déversés par l’intermédiaire des déversoirs d’orages ont été
évalués à travers l’utilisation de relations empiriques. Ces équations sont toutes bâties à partir
de résultats expérimentaux. On trouve par exemple les formules de Engels (1917), de Coleman
et Smith (1923), de Balmaceda et Gonzales (1930) ou encore de Dominguez (1945) qui
permettent le calcul du débit déversé en fonction des valeurs de hauteur d’eau à l’amont et/ou à
l’aval du déversoir [El Khashab-1975]. Ces relations ne sont applicables que pour certains
types d’écoulement et uniquement pour certaines géométries de déversoir.

On trouve beaucoup de formules empiriques pour les seuils frontaux. Pour les seuils
latéraux à crête basse, ces formules sont beaucoup plus rares. Ils en existent cependant
quelques-unes unes, valables moyennant un certain nombre d’hypothèses :

• Un profil de vitesse supposé uniforme dans une section droite.

35
Partie 2 : Ecoulements dans les collecteurs et déversoirs du réseau d’assainissement

• Une répartition des pressions hydrostatique sauf au voisinage du déversoir.


• Un régime fluvial ou torrentiel mais sans ressaut sur le déversoir.
• Les hauteurs d’eau intervenant dans ces relations sont selon les cas la hauteur à l’amont du
déversoir (hamt), la hauteur d’eau à l’aval de l’ouvrage (hav) ou une moyenne des deux
valeurs. Compte tenu de la variabilité de la ligne d’eau sur le seuil, il faudrait pouvoir tenir
compte de la hauteur d’eau en chaque point.

Les relations plus utilisées sont les suivantes :

Auteur Formules Conditions d’application


0.166
h  régime fluvial
Q=0.414  av  .L.h av 2gh av
Engels  B  w ≥ 4.hav
2.w ≤ L ≤ 40.w
Coleman et 1.2786
Q=0.1073L1.434 .h amt régime torrentiel
Smith
L
Q=1.53Lh av +0.00304 régime fluvial - crête mince
Balmaceda h av
et Gonzales L
Q=1.43Lh av +0.00171 régime fluvial - crête épaisse
h av
Q=mϕL(h-w) 2g(h-w)
m est un coefficient dépendant des caractéristiques régime fluvial : h = hav
Dominguez géométriques du DO et de la charge à l’amont
régime torrentiel : h = hamt
φ est un coefficient dépendant du régime
d’écoulement

Tableau 2 : Formules empiriques et conditions d’application

Cependant, dès que la longueur du seuil devient importante, il est nécessaire de tenir
compte des variations de la ligne d’eau. De plus, un régime fluvial à l’amont et à l’aval du
déversoir ne signifie pas qu’il le reste dans le déversoir. Enfin, toutes ces formules contiennent
un coefficient déterminé expérimentalement ; il permet de tenir compte des approximations
choisies mais fait toujours référence à une géométrie et à des conditions d’écoulement précises.
Or, il est impossible de trouver une formule pour chaque cas de figure ; c’est pourquoi on
cherche à modéliser le fonctionnement par des équations plus fondamentales pour disposer
d’outils plus généraux.
5.3 Approche du dimensionnement de déversoir par Giersch

Le logiciel DO a été crée par la DDAF du Bas-Rhin en 1985 [Giersch-1985] pour aider
les ingénieurs et les techniciens au dimensionnement et au diagnostic des déversoirs d’orage et
il est encore aujourd’hui un des seuls outils à disposition.
Il permet le calcul des seuils latéraux à crête haute et basse. Malheureusement, cet outil
est affecté par plusieurs imprécisions dans la démarche. Nous citerons qu’il n’est pas capable
de traiter les configurations faisant apparaître un ressaut hydraulique dans l’ouvrage et impose
un régime d’écoulement fluvial à l’extrémité amont du déversoir. D’autre part, la relation
permettant le calcul du débit déversé est proche de la formule de Poléni qui n’est valable que
pour le déversoir frontal.

36
Partie 2 : Ecoulements dans les collecteurs et déversoirs du réseau d’assainissement

De plus, pour le déversoir à crête basse le calcul est basé sur l’hypothèse que la ligne
d’eau diminue sur le seuil pour arriver à une hauteur d’eau nulle à l’aval de la crête ce qui à
priori est faux.
Nous avons regroupé dans l’annexe 1 de ce travail quelques détails et commentaires
concernant le principe de calcul à la base de cet outil.
5.4 Raisonnement à énergie spécifique constante

Une approche plus physique initiée par Ackers en 1957 basée sur un raisonnement à
énergie constante a permis de progresser dans la connaissance du comportement hydraulique
du déversoir. En particulier, cette approche a permis de s’intéresser non seulement à
l’évaluation du débit déversé mais également à la forme de la ligne d’eau sur la crête du
déversoir. Malheureusement, comme le montre l’étude de El Khashab, cette méthode tombe en
défaut dans certains cas car les équations s’avèrent inadaptées. En particulier dans le cas de
l’apparition d’un ressaut hydraulique dans l’ouvrage.

Cette approche est plus théorique. Elle se base sur des équations phénoménologiques
avec une hypothèse importante qui est celle d’une énergie restant constante le long du seuil. En
fait, l’énergie varie très lentement car ses variations sont dues essentiellement aux pertes de
charge linéaires, sauf dans le cas d’un ressaut hydraulique où la dissipation d’énergie devient
importante.
De plus, il propose une formule pour le débit déversé qui est basée sur la formule de
Poléni mais corrigée, qui permet de prendre en compte l’effet de la vitesse latérale et celui de
l’entonnement dans le cas d’un seuil oblique.
Tous les calculs sont menés pour aboutir à une solution qui puisse être appliquée
facilement. On dispose de formules pour le dimensionnement et le diagnostic des déversoirs
latéraux à crête haute et à crête basse, pour des conduites rectangulaires et circulaires.
L’ensemble des résultats a été mis sous forme d’abaques faisant intervenir les variables
adimensionnelles suivantes :

kx h θ w
X= , y= , Θ= , W=
b Hs k Hs

x : Distance en mètres dans la direction de la longueur du déversoir.


X : Variable adimensionnelle de distance suivant la longueur du déversoir.
y : Variable adimensionnelle de hauteur d’eau.
Θ : Variable d’entonnement.
θ : Angle associé au changement longitudinal de largeur.
W : Variable adimensionnelle de hauteur de crête.
Hs : Energie spécifique.
k=n*c : Avec c coefficient de forme du déversoir (c=1 dans le cas ou le déversoir a une paroi
mince) et n* nombre de parois déversantes (n*=1 ou 2).
Bd =b+θx : Largeur du canal ; b=Bd(x=0).

On donne ci-dessous un exemple d’abaque [Sinniger et Hager, 1989] qui correspond à la


situation d’un déversoir avec entonnement dans le cas d’un écoulement fluvial. On remarque
bien les deux faisceaux de courbes ce qui représente le fait que la ligne d’eau peut monter ou
descendre (cf. fig.14).

37
Partie 2 : Ecoulements dans les collecteurs et déversoirs du réseau d’assainissement

Figure 15 : Exemple d’abaques : canaux rectangulaires avec entonnement.

Ils ont été vérifiés expérimentalement et l’erreur commise reste acceptable. Elle est
d’environ 5 % si on excepte la formation de ressaut, les calculs sont en bonne concordance
avec les modèles réduits. Dans le cas de l’apparition, dans l’ouvrage, d’un ressaut hydraulique,
lieu de dissipation d’énergie, l’approche à énergie constante ne peut plus être appliquée.

5.5 Raisonnement basé sur l’équation de la quantité de mouvement

El Khashab et Smith [El Khashab-1976] ont proposé un modèle basé sur l’équation de
la quantité de mouvement. On considère que l’écoulement est unidirectionnel selon l’axe
principal de l’écoulement (Ox) ; on suppose, de plus, que dans une section droite la répartition
des pressions est hydrostatique et que la vitesse est uniforme.

u
(Ox)
v

x x+dx

Figure 16 : Vitesses longitudinale et latérale dans le déversoir

La variation de la quantité de mouvement entre les sections d’abscisse x et x+dx est


égale à la somme des forces extérieures. Après calculs, on obtient une expression de h’(x) :

38
Partie 2 : Ecoulements dans les collecteurs et déversoirs du réseau d’assainissement

Qdev  vucosϕ − 2v 2  Q 2 ∂A
S0 − Sf +  + .
dh Q  g  gA 3 ∂x
h ′(x) = = (2.60.)
dx Q²  ∂A 
1 − 3 . 
gA  ∂h 

Cette expression permet de déterminer les lignes d’eau apparaissant dans le déversoir
dans le cas uniforme permanent et uniquement dans le cas où il n’y a pas de ressaut dans le
déversoir. Dans le cas ou un ressaut apparaît dans le déversoir, il faut rajouter les équations de
Rankine-Hugoniot au système d’équations précédent afin de connaître la ligne d’eau [Carleton,
1985].
La connaissance préalable des conditions aux limites est nécessaire pour obtenir la
convergence du calcul. Tous les cas possibles de ligne d’eau doivent être inventoriés. Le calcul
se fait en émettant plusieurs hypothèses de départ (régime d’écoulement : fluvial, torrentiel)
concernant le comportement hydraulique du déversoir. En effet, on choisit un cas parmi les 6
exposés à la figure 12. Après calcul, on vérifie la validité de ces hypothèses. La difficulté réside
dans le choix des hypothèses de départ. En effet, certaines d’entre elles ne sont pas acceptables
et peuvent faire diverger le calcul rapidement.

5.6 Expression du débit déversé

L’établissement du débit latéral est basé sur la constatation que les profils d’écoulement
sur un déversoir frontal et sur un déversoir latéral sont semblables. Souvent, on utilise la
relation de Poléni valable pour le déversoir frontal. Celle-ci est donnée par :

dQ
= C d 2g (h − w ) 2
3
(2.61.)
dx

où Cd appelé coefficient de débit, dépend de la hauteur et de la forme de la crête.


Ainsi, le déversoir latéral est considéré comme une succession de déversoirs latéraux de
longueur dx.

Hager a travaillé sur les déversoirs latéraux et a établi une loi de déversement basée sur
la loi de Poléni [Hager-1987]. Celui-ci l’a corrigé pour tenir compte du déversement latéral.
Hager a adapté cette relation au cas du déversoir latéral en affectant à la loi de Poléni une série
de coefficients qui permettent de tenir compte des effets de :

• La pente de fond du déversoir


• De la vitesse latérale (v)
• De la direction de la vitesse latérale (Φ)
• De l’effet d’un entonnement éventuel dans le déversoir

39
Partie 2 : Ecoulements dans les collecteurs et déversoirs du réseau d’assainissement

u
u Φ

v
Crête Crête

v
u
h
u w

Figure 17 : Comparaison des profils d’écoulement sur un déversoir frontal et latéral

On utilise donc une formule de type Poléni et on ajoute des coefficients permettant de
prendre en compte l’effet de la vitesse latérale et de sa direction (ωv), ainsi que l’effet de
l’entonnement du déversoir (ωΦ).

dQ
Qdev = − = −0.6n *.c w gH 3 (y − W)3/ 2 × ωu × ωφ (2.62.)
dx

5.6.1 Effet de la vitesse latérale

Dans le cas d’un seuil frontal, la vitesse principale u est nulle ; si on exprime la vitesse v
à partir de la définition de la charge spécifique H, on obtient, en supposant que la hauteur d’eau
sur le seuil est faible :
v = 2g(H − w) ; Or cette vitesse est faible, on peut donc considérer que H est proche de h. On
obtient :

v = 2g(h − w) (2.63.)


Dans le cas d’un seuil latéral, la charge spécifique s’exprime par H = +h.
2g

Si << h , on se rapproche du cas du déversoir frontal, si ce n’est pas le cas, cette vitesse a
2g
une influence sur le débit déversé. On a alors, en supposant toujours que la hauteur d’eau est
proche de celle du seuil, u = 2g(H − w) .
On définit alors ωu comme le rapport de la vitesse v du cas du seuil latéral et de la vitesse u du
cas du seuil frontal :
u H−w
ωu = = (2.64.)
v h−w

40
Partie 2 : Ecoulements dans les collecteurs et déversoirs du réseau d’assainissement

5.6.2 Effet de la direction de la vitesse latérale

u
dx

Figure 18 : Effet de la vitesse latérale

Si on exprime le débit latéral, on trouve :


dQ = − vsinΦ × (h − w).dx (2.65.)

On considère que l’effet de la direction latérale peut-être exprimée par :

ω Φ = sinΦ = 1 − cos 2 Φ (2.66.)

Or :

u = vcosΦ

u2 u2
⇒ cos 2 Φ = ⇒ sinΦ = 1 − (2.67.)
v2 v2

On applique le théorème de Bernoulli sur une ligne de courant au sein de la lame


déversante en supposant que la charge reste constante.

1
2

Figure 19 : Application du théorème de Bernoulli

P1 u1 ² P v ²
z1 + + = z2 + 2 + 2
ρg 2g ρg 2g

On utilise les valeurs moyennes de chaque terme : u1 correspond à la vitesse principale


et v2 à la vitesse latérale. On suppose que dans la section précédant le seuil le répartition des
pressions est hydrostatique :

u1 ² v 2 ²
h+ = + w + ε(h − w)
2g 2g

41
Partie 2 : Ecoulements dans les collecteurs et déversoirs du réseau d’assainissement

En calculant la moyenne des pressions au sein de la lame déversante, on obtient [Sinniger-


1989] :

2
ε=
3

Soit, après calculs, on trouve en utilisant une écriture adimensionnelle :

u1 ² (h − w)(ε − 1) (y − W)(ε − 1)
−1 = = (2.68.)
v2 ² H − w − ε(h − w) 1 − ρy − W(1 − ε)

Soit, en utilisant l’expression précédante et en remplaçant ε par sa valeur,

1/2
 y−W 
ω Φ = sinΦ =   (2.69.)
 3 − 2y − W 

5.6.3 Effet de l’entonnement

L’effet de l’entonnement doit être pris en compte quand la crête fait un angle θ (θ<0)
avec la direction principale du canal (Ox).

θ u
Φ

v
θ

Figure 20 : Effet de l’entonnement


Le débit latéral s’écrit :

Π 
dQ = − vcos  − θ − Φ  × (h − w).dx (2.70.)
2 

Or :

Π  Π 
cos − θ − Φ  = cos − (θ + Φ)  = sin(θ + Φ) (2.71.)
2  2 

L’effet de l’entonnement est donc pris en compte en modifiant le coefficient ωΦ calculé


précédemment.

42
Partie 2 : Ecoulements dans les collecteurs et déversoirs du réseau d’assainissement

1/2
 y−W 
sin(θ + Φ) =   = F = sinθinθ.c + sinΦinΦ.c (2.72.)
 3 − 2y − W 

On considère des valeurs de θ <<1, donc on peut remplacer les valeurs de sin θ et cos θ par
leurs équivalents : θ et (1- θ2/2). En développant chaque terme et en négligeant les termes en θ
d’ordre supérieur à 2, on trouve :

  1  
1/2

ωΦ = sinΦ = A. 1 + θ  2 − 1  (2.73.)
 A  

5.6.4 Expression finale

En remplaçant les coefficients ωu et ωΦ par leurs expressions, on peut exprimer le débit


déversé par :

dQ 1− W y−W   1  
1/2

= −0.6n*c w gH (y − W)
3 3/2
× × 1 − θ  2 − 1 
dx y−W 3 − 2y − W  A  
où :
dQ 1− W   3(1 − y)  
1/2

= −0.6n * c w gH (y − W) ×
3 3/2
× 1 − θ   (2.74.)
dx 3 − 2y − W   y − W  
 

Par rapport à une formule classique, on trouve des valeurs du débit déversé plus fortes à
cause de la prise en compte des effets de la vitesse latérale et de l’entonnement. C’est cette
relation donnant le débit déversé qui a été intégrée à notre modèle.
5.7 Modélisation tridimensionnelle

Plusieurs études ont été menées au laboratoire Systèmes Hydrauliques Urbains de


l’ENGEES dans l’objectif de simuler le comportement hydrodynamique des déversoirs
d’orage. Pour cela, il a été utilisé un logiciel de calcul 3D basé sur les équations de Reynolds
avec utilisation d’un modèle de turbulence. [Lipeme-2000], [Combes-1999].
L’intérêt d’une telle approche réside dans la volonté d’étudier le comportement
d’ouvrages complexes dont le fonctionnement ne peut plus être décrit par une approche 1D. Par
exemple, l’ouvrage suivant présente un caractère hydrodynamique clairement tridimensionnel
[Rollet-2002].

43
Partie 2 : Ecoulements dans les collecteurs et déversoirs du réseau d’assainissement

Crête déversante

Figure 21 : Exemple d’un déversoir de Sélestat

5.8 Choix du modèle utilisé

Compte tenu des difficultés et limites associées aux diverses méthodes d’obtention de la
ligne d’eau et/ou du débit déversé décrites dans les paragraphes précédents (Méthodes
empiriques, énergie spécifique constante,…), nous avons choisi d’ajouter au système
d’équation de Barré de Saint-Venant sous forme conservative un terme de déversement pour
tenir compte du débit déversé par l’intermédiaire du déversoir d’orage. Ainsi, la forme des
équations telles que nous les avons utilisées est la suivante :

 ∂A ∂Q
 ∂t + ∂x = Q dev

 (2.75.)
 ∂Q + ∂  Q + gI1  = gI 2 + gA(S 0 − S f ) + QQ dev
2

 ∂t ∂x  A 
 A

Par commodité d’écriture, ce système peut être mis sous la forme matricielle suivante :

U t + F(U )x = G (U ) ⇔ U t + J (U )U x = G (U )

où J(U) représente la matrice jacobienne du système

avec :

44
Partie 2 : Ecoulements dans les collecteurs et déversoirs du réseau d’assainissement

A  Q   Q dev 
U =   , 
F(U ) =  Q 2 , 
G (U ) =  QQ dev 
Q  + gI1   gI 2 + gA(S 0 − S f ) + 
 A   A 

où :
dQ
Qdev = − : Terme d’apport qui pour nous correspond au débit déversé par
dx
l’intermédiaire du déversoir d’orage. Ce terme de déversement est explicité par la relation de
Hager (cf. Partie 2 § 5.6.4).

La pente de frottement est donnée par la relation de Manning-Strickler :

Q2
Sf = 4
(2.76.)
2 2
K A Rh
S
3

Les forces de pression sont calculées en tenant compte des propriétés géométriques du canal. I1
correspond au terme de pression hydrostatique et I2 représente la force de pression due à la
variation de la largeur du canal.
Ces forces s’expriment de la manière suivante :

h
I1 = ∫ (h − η)Bdη (2.77.)
0
h
∂B
I 2 = ∫ (h − η) dη (2.78.)
0
∂x
où h=hauteur d’eau ; η=variable d’intégration indiquant la distance depuis le fond du canal ;
B(x,η) largeur du canal à la distance η du lit du canal qui s’exprime :

∂A(x, η)
B(x, η) = (2.79.)
∂η

Ce terme de déversement ne remet pas en cause le caractère conservatif du système d’équations


utilisé.

45
Partie 2 : Ecoulements dans les collecteurs et déversoirs du réseau d’assainissement

6 CHANGEMENT DE SECTION
6.1 Elargissement

Le degré d’élargissement est en général décrit par un angle d’élargissement et le rapport


A1
des sections mouillées à l’amont et à l’aval de l’élargissement.
A2

Le coefficient de perte de charge fait intervenir la vitesse d’approche V1 et est donné


par :

∆H12
ξe = (2.80.)
V12 / 2g

Un cas particulier d’élargissement est l’élargissement brutal car le coefficient de perte


de charge peut être déterminé facilement par des considérations hydrauliques. Les calculs
mènent à la relation de Carnot-Borda :

2
∆H  A 
ξ e 90° = 2 12 = 1 − 1  (2.81.)
V1 / 2g  A 2 

Par analogie avec ce cas particulier, l’influence de l’angle d’élargissement est pris en
compte par la relation :

ξ e = φ e (δ ).ξ e90° (2.82.)

L’équation précédente se décompose en deux parties dont l’une dépend uniquement du


A
rapport des sections mouillées 1 et l’autre uniquement de l’angle de contraction δ. Les
A2
valeurs expérimentales mesurées pour φ e (δ ) peuvent être représentée par [Sinniger-1989] :

δ
φ e (δ ) = + sin (2δ ) 0 ≤ δ ≤ 30
90
(2.83.)
5 δ
φ e (δ ) = − 30 ≤ δ ≤ 90
4 360

6.2 Contraction

Bien que la géométrie de la contraction soit équivalente à un changement de sens de


l’écoulement dans l’élargissement, les comportements de l’écoulement dans les deux ouvrages
sont très différents. En effet, l’écoulement contracté n’engendre pratiquement pas de pertes de
charge par frottement et la perte de charge effective peut être attribuée à l’élargissement de
l’écoulement à l’aval de la zone de dissipation.

46
Partie 2 : Ecoulements dans les collecteurs et déversoirs du réseau d’assainissement

L’écoulement contracté est essentiellement influencé par l’angle de contraction et le rapport des
A
sections mouillées φ = 2 < 1 .
A1
Peu de résultats expérimentaux sont disponibles concernant cet ouvrage. On notera
l’article de Gardel [Gardel-1962]. La relation obtenue pour le coefficient de perte de charge
est :

1.83(1− φ )0.4
∆H 1  δ
ξ ν = 2 12 = (1 − φ)  (2.84.)
V2 / 2g 2  90 

Il est à noter que le coefficient de perte de charge est toujours inférieur à celui de
l’élargissement correspondant et ξ ν augmente de manière conséquente avec l’angle de
contraction

6.3 Hauteur d’eau dans le changement de section

On représente sur la figure ci-dessous le comportement de l’eau dans un élargissement brusque.

Figure 22 : Ecoulement à travers un élargissement brusque

La détermination de la forme de la ligne d’eau dans un élargissement ou un rétrécissement


s’avère difficile. La présence du changement de section de canaux à surface libre engendre
fréquemment des discontinuités dans les grandeurs caractéristiques de l’écoulement. Selon la
taille, la nature et la forme des canaux, l’écoulement peut engendrer des ondes de chocs
normales ou obliques, des ondes de détente, des ressauts et quelquefois des structures
complexes d’ondes créées par des réflexions multiples sur les parois et leurs interactions.

Des investigations expérimentales ont été réalisées pour obtenir les hauteurs d’eau maximales
atteintes [Hager-1999]. Mais pour obtenir les hauteurs d’eau dans toute la structure il faut
passer par des logiciels de modélisation. C’est ce qu’ont réalisé par exemple Rahman et
Chaudhry en 1997 [Rahmann-1997] en résolvant le système d’équations de Barré de Saint-
Venant 2D par une méthode numérique à capture de choc de type Mac-Cormack pour les
élargissements.

47
Partie 2 : Ecoulements dans les collecteurs et déversoirs du réseau d’assainissement

6.4 Choix du modèle

Dans les modèles numériques unidimensionnels que nous avons réalisés, la présence du
changement de section est prise en charge par un terme de pression supplémentaire qui
correspond à la pression exercée par l’eau sur les parois de l’ouvrage. C’est en fait un terme de
pression latérale [Delis-2000]. Celui-ci est exprimé par le terme I2 que l’on retrouve au second
membre du système d’équations de Barré de Saint-Venant. On rappelle son expression ci-
dessous :

h
∂B
I 2 = ∫ (h − η) dη (2.85.)
0
∂x

où h=hauteur d’eau ; η=variable d’intégration indiquant la distance depuis le fond du canal ;


B(x,η) largeur du canal à la distance η du lit du canal qui s’exprime :

∂A(x, η)
B(x, η) = (2.86.)
∂η

48
Partie 2 : Ecoulements dans les collecteurs et déversoirs du réseau d’assainissement

7 CONCLUSION : MISE EN EVIDENCE DES DEFAUTS ET DIFFICULTEES


L’ensemble des résultats regroupés dans cette partie met en évidence la difficulté qui existe
afin de représenter le comportement hydraulique d’un ouvrage présent sur le réseau
d’assainissement de manière globale c’est à dire pour tous les régimes d’écoulements et toutes
les géométries possibles de l’ouvrage et a fortiori en régime transitoire. Ces difficultés sont
dues à la variabilité des hauteurs d’eau et des débits qui y transitent.
Par exemple, dans le cas du déversoir d’orage, la relation la plus utilisée pour déterminer
les débits déversés est celle de Poléni. Mais celle-ci n’est normalement valable que pour le
déversoir frontal. Une autre relation introduite par Hager permet de palier ces défauts.
Concernant la détermination des hauteurs d'eau la méthode la plus appliquée est celle qui
consiste à considérer l’énergie comme constante le long de la crête. Or celle-ci tombe en défaut
dans le cas de l’apparition d’un ressaut hydraulique dans l’ouvrage.
Pour tenter de résoudre ces problèmes nous avons construit un modèle numérique basé sur
les équations de Barré de Saint-Venant mises sous forme conservative afin d’une part de
pouvoir visualiser l’évolution des lignes d’eau en régime transitoire et d’autre part d’englober
la discontinuité du ressaut hydraulique.
Les modèles que nous avons mis en œuvre pour réaliser ces logiciels afin de tenir compte
des phénomènes et ouvrages décrits plus haut sont les suivants :

• Pour traiter les écoulements en partie linéaires, on utilise le système d’équations de


Barré de Saint-Venant mis sous forme conservative.
• Pour traiter un éventuel passage en charge de l’écoulement, on s’est inspiré des
similitudes entre les équations des écoulements en charge et à surface libre. On limite
la section mouillée A à la section pleine et on calcule la célérité c de telle sorte que sa
valeur soit la plus grande possible.
• Pour la confluence, nous avons utilisé un bilan de quantité de mouvement qui nous
permet de calculer une valeur de hauteur d’eau en tenant compte de l’influence du
canal latéral. Cette valeur est appliquée comme une condition aux extrémités des
canaux qui constituent la confluence.
• Pour le déversoir et en particulier dans le but d’évaluer les débits déversés, nous avons
utilisé la relation mise au point par Hager et intégré celle-ci au second membre du
système de Barré de Saint-Venant.
• Pour finir, un éventuel changement de largeur du canal est pris en charge par un terme
de pression supplémentaire dit de pression latérale qui est lui aussi intégré au second
membre du système de Saint-Venant.

49
Partie 3 : Méthodes mises en œuvre dans les outils numériques réalisés

PARTIE 3

METHODES
MISES EN ŒUVRE
DANS LES
OUTILS NUMERIQUES
REALISES

50
Partie 3 : Méthodes mises en œuvre dans les outils numériques réalisés

1 INTRODUCTION
Dans cette partie de la thèse, on expose dans un premier temps la méthode des
caractéristiques associée à la théorie des ondes qui a mené par la suite au développement des
méthodes à capture de choc. Les limites de cette méthode sont illustrées grâce à quelques
exemples représentatifs des situations qui peuvent être rencontrées dans le cadre de l’étude du
fonctionnement hydraulique d’un système. Ensuite, on présente les méthodes aux différences
finies classiques les plus couramment employées dans le cadre de l’hydraulique urbaine et plus
particulièrement dans le domaine de l’assainissement. Pour finir, on expose les méthodes
numériques de type Godunov à capture de choc qui servent de base aux logiciels de simulation
qui ont été construits. Les méthodes numériques effectivement utilisées dans nos logiciels sont
présentées en fin de partie.

2 METHODES DE RESOLUTION CLASSIQUES DES EQUATIONS DE BARRE DE


SAINT-VENANT
On cite, pour exemple, quatre types de phénomènes importants dans le cadre de
l’hydraulique urbaine et les méthodes de résolutions associées.

• Le premier est celui du traitement d’écoulements à inertie prépondérante basé sur


un modèle d’onde dynamique.

Dans ce cas, on utilise la méthode des caractéristiques qui permet de décrire la


propagation d’ondes de compression ou de dépression encore appelées ondes simples.

• Le second est celui du traitement des crues (onde de crue diffusante ou encore
onde cinématique ou de continuité pour un modèle encore plus simplifié).

Dans le cas des crues, on cherche dans le cadre de la protection des populations contre
les inondations, à connaître à partir de mesures réalisées en amont l’évolution de la crue. Dans
ce cas, on met en œuvre des modèles d’onde de crue diffusante ou d’onde cinématique.
Pour l’onde cinématique, Seddon étudia les crues du Mississipi et établi en 1899 que les
ondes se propagent à une vitesse supérieure à celle de l’écoulement. La nature de ces ondes est
différente de celles produites dans le cas à inertie prépondérante. Ceci permit de donner un
ordre de grandeur plus réaliste de la vitesse de propagation des crues.
Pour l’onde de crue diffusante, la méthode consiste à déterminer l’hydrogramme de
sortie connaissant l’hydrogramme amont en tenant compte de l’atténuation de l’onde au cours
du temps [Viollet-1998]. Le décalage temporel dû au temps mis par le signal pour traverser le
collecteur ou le canal est directement lié à la vitesse de l’eau qui ne doit pas être confondue
avec la vitesse de propagation de l’onde [Mottiee–1996].

L’approche la plus précise, à utiliser si l’on veut par exemple dimensionner un ouvrage
et évaluer son impact en terme d’inondation, passe par la modélisation numérique des équations
de BSV. Dans un premier temps, on remplace le système d’équations aux dérivées partielles
par un système d’équations algébrique ; c’est la phase de discrétisation des équations. Puis, on
applique à ce système une méthode numérique de résolution qui permet de calculer les valeurs
de hauteurs d’eau et de vitesse.(Différences finies, volumes finis, éléments finis)[Viollet-1998].
Actuellement, pour l’étude des crues, on utilise de plus en plus souvent des modèles
bidimensionnel.

51
Partie 3 : Méthodes mises en œuvre dans les outils numériques réalisés

• Le troisième est le cas particulier du ressaut hydraulique

Le cas de la présence d’un ressaut hydraulique ne peut pas être résolu par la méthode
des caractéristiques. En effet, la transition d’un régime d’écoulement torrentiel à un régime
fluvial se traduit par le fait que l’une des courbes caractéristique devient localement verticale.
Ceci signifie qu’une partie de l’information ne se propage plus ni vers l’amont, ni vers l’aval. Il
y a donc une discontinuité physique entre deux points très proches qui interdit la résolution
locale du système de Barré de Saint-Venant. Une solution passe alors par l’intervention des
bilans de masse et de quantité de mouvement à travers la discontinuité afin d’obtenir la vitesse
de propagation du ressaut ainsi que les hauteurs conjuguées. Ceci rend beaucoup plus lourde
une résolution par cette méthode. L’application d’une méthode de résolution du type de celle
des caractéristiques nécessite le découplage des équations du ressaut et des équations continues.
De manière plus efficace, les méthodes de résolutions numériques actuelles permettent
d’assurer le couplage des équations du ressaut avec les équations de BSV par l’intermédiaire de
conditions de saut dites de Rankine-Hugoniot. Ainsi, le ressaut est en fait contenu dans la
formulation des équations de BSV et une méthode numérique capable de prendre en compte les
discontinuités permet de déterminer une solution sans plus avoir à traiter les équations du
ressaut à part.

• Le dernier est celui du traitement de l’onde de submersion due à la rupture d’un


barrage ou d’un obstacle à l’écoulement.

Dans ce cas, on peut obtenir des solutions simples dites de Ritter [Viollet-1998] et une
interprétation en terme de caractéristiques. Mais la simulation correcte des ondes de
submersion et de crues associées à une rupture de barrage passe par l’utilisation d’un schéma
numérique capable de prendre en compte de fortes discontinuités et en particulier par la
résolution d’un problème de Riemann.

Dans ce paragraphe, on décrit les diverses méthodes numériques classiques qui


permettent d’obtenir une solution des équations de Barré de Saint-Venant en régime transitoire
et en particulier les méthodes des différences finies et des caractéristiques qui sont les méthodes
les plus utilisées dans le cadre des logiciels de simulations en réseau d’assainissement.

2.1 Méthode des caractéristiques

2.1.1 Les caractéristiques

Pour un canal rectangulaire en ne considérant aucun apport latéral les équations de


Barré de Saint-Venant peuvent s’écrire de la manière suivante :

 ∂h ∂u ∂h
 ∂t + h ∂x + u ∂x = 0
 1 ∂u u ∂u ∂h (3.87.)
 + + = S0 − Sf
 g ∂t g ∂x ∂x

Avec :

52
Partie 3 : Méthodes mises en œuvre dans les outils numériques réalisés

 ∂h ∂h
 dh = dx + dt
∂x ∂t
 (3.88.)
du = ∂u dx + ∂u dt
 ∂x ∂t

Où les deux équations du système (3.88) sont les différentielles totales des hauteur d’eau, dh, et
de la vitesse moyenne, du, respectivement.
Le système d’équation constitué des équations (3.87) et (3.88) donne un jeu de quatre équations
∂h ∂h ∂u ∂u
aux dérivées partielles avec quatre inconnue : , , , .
∂x ∂t ∂x ∂t

Si l’on exprime la profondeur d’eau, h, par la célérité de l’onde, c, on écrira dans le cas
rectangulaire :

c 2 = gh (3.89.)

et par conséquent, après différentiation :

d ( c 2 ) = 2cdc = d ( gh )

La célérité c devient ainsi une mesure de la profondeur d’eau, h.


Les équations de Barré de Saint-Venant s’écrivent dans le système de variables, U et c :

 ∂c ∂u ∂c
2
 ∂t + c + 2u =0
∂x ∂x
 (3.90.)
 ∂u + u ∂u + 2c ∂c = g ( S − S )
 ∂t ∂x ∂x
0 f

En effectuant la somme et la différence de ces deux équations, on obtient un système équivalent


dont la forme est la suivante :

∂ ∂
 ∂t + ( u + c ) ∂x  ( u + 2c ) = g ( S0 − Sf )
(3.91.)
∂ ∂ 
 ∂t + ( u − c ) ∂x  ( u − 2c ) = g ( S0 − Sf )

Les arguments de gauche peuvent représenter des dérivées totale ; on peut donc écrire :

d dx
 dt ( u + 2c ) = g ( S0 − Sf ) avec ( u + c) =
dt
 (3.92.)
 d ( u − 2c ) = g ( S − S ) avec ( u − c) =
dx
 dt 0 f
dt

La seconde partie de ce système d’équation représente la célérité absolue définie ainsi :

dx
= cw = ( u ± c ) (3.93.)
dt
53
Partie 3 : Méthodes mises en œuvre dans les outils numériques réalisés

qui représente la vitesse par rapport au sol. Il y a deux ondes dont l’une se propage
obligatoirement vers l’aval et l’autre peut se propager soit vers l’amont, soit vers l’aval.
Les quatre équations du système (3.92) forme le système d’équations aux dérivées
totales des caractéristiques ; elles remplacent le système d’équations aux dérivées partielles de
Barré de Saint-Venant (2.13).
dx
A condition qu’un observateur suive les courbes définies par = ( u ± c ) , en admettant
dt
que le canal soit sans frottement et horizontal, alors ( S0 − Sf ) = 0 , prennent les formes simples

dx
U + 2c = Cte sur les caractéristiques positives C+ définies par = ( u + c)
dt
dx
U − 2c = Cte sur les caractéristiques négatives C- définies par = ( u − c)
dt

Les courbes caractéristiques, C+ et C-, peuvent être tracées dans un plan, x et t et dans ce
cas précis sont des droites puisque le canal est supposé sans frottement et horizontal. Ceci
signifie qu’une perturbation de la surface libre est simplement translatée au cours du temps sans
aucune atténuation. Un écoulement tel qu’une famille de caractéristiques est rectiligne est
appelé une onde simple.
dx
On a ainsi défini les courbes caractéristiques = ( u ± c ) dans le cas du système de
dt
Barré de Saint-Venant ainsi que les invariants de Riemann du système u ± 2c = Cte .

2.1.2 Mise en œuvre de la méthode des caractéristiques

On recherche dans le plan (x,t) des courbes caractéristiques le long desquelles l’équation
aux dérivées partielles devient une différentielle totale. Par exemple, lorsque la section du
collecteur est rectangulaire les courbes caractéristiques sont définies dans le plan (x,t) par les
deux équations différentielles [Graff-1996]:

 dx
 dt = u + c courbe notée C+
 (3.94.)
 dx = u − c courbe notée C
 dt -

On note c la célérité de l’onde dynamique définie par c 2 = gh . La hauteur d’eau est exprimée
par la célérité.

Ces courbes définissent les célérités de propagation des ondes dites dynamiques.
Lorsque le nombre de Froude Fr<1 la vitesse absolue de l’onde (courbe C- ) est dirigée vers
l’amont et la courbe C+ descend le courant. On est dans le cas de l’écoulement fluvial. Lorsque
le nombre de Froude Fr>1 les courbes C- et C+ descendent le courant. On est dans le cas de
l’écoulement torrentiel.

54
Partie 3 : Méthodes mises en œuvre dans les outils numériques réalisés

On peut écrire le long des courbes caractéristiques :

Sur la courbe C+ : Sur la courbe C- :

 g  g
du + dh + g(Sf − S0 )dt = 0 du − dh + g(Sf − S0 )dt = 0
 h  h (3.95.)
dx = (u + gh )dt dx = (u − gh )dt
 

Une solution des équations précédentes peut être établie de façon numérique ; elle
donne la description d’un mouvement non permanent d’une position à l’autre dans le canal.

t
C-

C+

P(xP,tP)

L R 104
101
11 12 13
14

1 2 3 4 5 x

Figure 23 : Surface autour du point P(xP,tP) projetée sur un plan (x,t) (grille irrégulière)

A l’intersection des courbes caractéristiques on a les points L(xL,tL) et R(xR,tR) où sont


données les vitesses UL et UR et les profondeurs d’eau hL et hR. Donc en résolvant les équations
pour U et h en différents points P communs à deux courbes caractéristiques à travers le plan x
et t on obtiendra le mouvement non permanent de l’écoulement.
En substituant des différences finies aux différentielles on obtient un nouveau système
d’équations contenant quatre inconnues xP, tP et UP, hP que l’on obtient en fonction des données
aux points L et R. Cette méthode permet de calculer explicitement la vitesse UP et la
profondeur hP en tout point (x, t).

La résolution des équations se fait à partir de l’état initial du système (connaissance de


U ou Q et h en tous points de la droite t=0 : par exemple les points 1,2,3,…. de la figure). Ainsi,
il est possible de calculer une autre série de points (Par exemple les points 11, 12, …. de la
figure) à un temps ultérieur. Une autre série de points ( 101, L, R, ……) est ensuite calculée en
utilisant les points actuellement connus (11, 12, ….). Ce type de calcul peut ensuite se répéter.

De plus, pour compléter la méthode, il est nécessaire de connaître des conditions aux
limites. En effet, pour xP proche de l’une des deux extrémités de la canalisation, l’une au moins
des caractéristiques ne coupe pas la droite t=0. Les conditions aux limites s’expriment par une
relation du type f (u , h)=0 qui peut être, par exemple, la donnée de u + 2 gh sur la droite x=0.
Si les caractéristiques ont des pentes de signe différent (ce qui est le cas lorsque l’écoulement
est fluvial), il est nécessaire de connaître une condition à la limite amont et une condition à la
limite aval. Si elles ont des pentes de même signe (ce qui est le cas lorsque l’écoulement est

55
Partie 3 : Méthodes mises en œuvre dans les outils numériques réalisés

torrentiel), il faut connaître deux relations entre u et h à l’amont, aucune n’étant indispensable à
l’aval [Kovacs-1988].

Les schémas résolvant la grille des caractéristiques demandent une grande quantité
d’interpolations et exigent une puissance de calcul relativement importante. De plus, ils sont en
général non conservatifs puisque les caractéristiques sont assimilées à des segments de droite
entre les points de discrétisation. Ils sont adaptés essentiellement aux canaux de forme simple
et peu variable, ce qui signifie qu’ils ne sont pas adaptés à l’assainissement. Les réseaux
contiennent en général de nombreuses singularités et sont géométriquement complexes.

Cependant, certains auteurs ont adapté la méthode des caractéristiques à l’irrigation et


aux réseaux de canaux en tenant compte en termes d’atténuation, de temps de transfert ou de
réflexion d’onde, des transitions dues à l’ouverture et à la fermeture de vannes et des situations
de basses eaux ou de lit sec fréquemment rencontrées en irrigation [Misra et al.–1992], [Ehab et
al.–1994].

2.1.3 Interprétation du ressaut et de la rupture de barrage en termes de caractéristiques

La méthode des caractéristiques n’est pas valable pour les problèmes où apparaît une
discontinuité. Ainsi, les problèmes du ressaut hydraulique et de la rupture de barrage
(discontinuité dans les conditions initiales) ne peuvent pas être résolus par cette méthode.
Néanmoins, comme nous allons le voir, on peut en avoir une interprétation en terme de
caractéristiques.

2.1.3.1 Le ressaut hydraulique

Une équation hyperbolique non linéaire peut admettre des chocs ne figurant pas dans les
données par focalisation des caractéristiques [Euvrard-1990]. C’est le cas du ressaut
hydraulique. Dans les données initiales du problème la discontinuité sur la hauteur d’eau n’est
pas présente. Au cours du temps un front d’onde se forme et la courbure des lignes
d’écoulement devient très importante. Ainsi, les courbes caractéristiques de même nature se
resserrent pour finalement se croiser. Ceci n’est pas acceptable car, sur chaque caractéristique,
la solution est constante et égale à la pente de la droite. En conséquence, au point
d’intersection, le problème aurait une infinité de solutions. Cette situation est représentée sur la
figure suivante :

56
Partie 3 : Méthodes mises en œuvre dans les outils numériques réalisés

h t
?

Figure 24 : Croisement des caractéristiques dans le cas du ressaut

Ainsi, il faut admettre que les solutions peuvent être de nature discontinues et la
méthode des caractéristiques tombe en défaut. Le ressaut hydraulique se propage à une certaine
vitesse différente de celle de l’écoulement et de celle des ondes de surface. C’est pourquoi, la
détermination de la vitesse de propagation du ressaut ainsi que de sa position nécessite
l’utilisation d’une technique de calcul plus complexe : mise en œuvre des équations de Barré de
Saint-Venant sous forme conservative et utilisation d’une méthode numérique supportant les
discontinuités.

2.1.3.2 La rupture de barrage

Dans le cas de la rupture de barrage, le problème est différent car la discontinuité est
présente au temps initial. C’est cette discontinuité initiale qui ne peut pas être gérée par la
méthode des caractéristiques car on ne peut pas définir les caractéristiques au point de
discontinuité.
Pour contourner le problème on peut initialiser la solution à t=0+ en utilisant une
solution analytique du type solution de Ritter [Viollet-1998].

On représente ci-dessous une interprétation de la rupture d’un barrage en terme de


caractéristiques :

57
Partie 3 : Méthodes mises en œuvre dans les outils numériques réalisés

Hauteur d’eau à t=0

Hauteur d’eau à t+∆t

x
Vitesse à t+∆t

x
t

t*
Raréfaction Choc
x

Figure 25 : Ondes issues d’une rupture de barrage

En cas de rupture, le comportement du barrage en terme d’ondes peut être décrit de la


manière suivante :

• Apparition d’une onde choc dans la zone de faible tirant d’eau qui fait remonter la ligne
d’eau de manière abrupte (Ressaut).
• Apparition d’une onde de détente dans la zone à fort tirant d’eau qui fait baisser la hauteur
de la surface libre.

Une modélisation correcte de ce phénomène, comme dans le cas du ressaut hydraulique,


passe par la résolution du système de Barré de Saint-Venant mis sous forme conservative à
l’aide d’une méthode numérique apte à supporter la présence de discontinuités.

2.2 Méthodes analytique

Dans le travail qu’il a mené, Benayada a construit une solution analytique du système
de Barré de Saint-Venant complet par le calcul opérationnel à savoir en utilisant la transformée
de Laplace dans le but d’étudier les écoulements dans les rivières et les canaux avec fond
mobile [Benayada–1994]. Dans un premier temps, celui-ci réarrange le système de Barré de
Saint-Venant en le linéarisant autour du régime permanent par introduction de nouvelles

58
Partie 3 : Méthodes mises en œuvre dans les outils numériques réalisés

variables qui représentent les écarts aux valeurs moyennes de la hauteur et de la vitesse et en
utilisant des variables sans dimensions permettant de généraliser les résultats.
Puis, il introduit dans ce nouveau système les transformées de Laplace l [ u ] et l [ y ] des
variables sans dimensions de hauteur y et de vitesse u dont les expressions sont ensuite
recherchées sous la forme l [ u ] = Ae rX et l [ y ] = Be rX où X correspond à l’abscisse
adimensionnelle le long de l’écoulement. Après avoir déterminé les expressions de U et Y,
celui-ci retourne à l’original en utilisant le théorème d’inversion de Mellin-Fourier :

1
f (x, t) = ∫
2πi C
e pt F(X, p)dp (3.96.)

où f représente la fonction originale (u ou y) et F représente la transformée de Laplace de cette


fonction ( l [ u ] ou l [ y ] ). C est le contour de Bromwich.
L’intégrale est calculée par la méthode des résidus qui consiste à déterminer les pôles
des fonctions F. Les valeurs des pôles obtenus pour la vitesse l [ u ] et la hauteur d’eau l [ y ]
sont les mêmes. Benayada a mis en évidence deux pôles dont l’un correspond aux vitesses et
hauteurs en régime permanent et l’autre en régime transitoire.
Ainsi, la solution peut être mise sous la forme :

u(X, T) = u P (X) + u t1 (X, T) + u t2 (X, T) + u t3 (X, T)


(3.97.)
y(X, T) = y P (X) + y t1 (X, T) + y t2 (X, T) + y t3 (X, T)

où T représente la variable adimensionnelle de temps.


Pour les expressions des différents termes, on se reportera à la thèse de Benayada.

Les expressions précédentes ont été établies pour une excitation échelon de la vitesse
mais Benayada les a généralisées à une excitation quelconque afin de pouvoir simuler des
hydrogrammes de crue.
Les expressions de u et de y comportent deux parties. La première a une forme hyperbolique et
la seconde est de forme trigonométrique. Ceci signifie que le mouvement peut être périodique.

Cette solution analytique peut servir de référence pour éprouver l’exactitude et la


convergence d’un algorithme aux différences finies. Elle permet d’apprécier l’influence de la
dissipation d’énergie sur l’atténuation des ondes et sur leur dispersion engendrée par la
diminution des célérités de phase. [Thirriot–1995].
Toutefois, la méthode devient très compliquée lorsqu’on a un hydrogramme d’entrée
quelconque et que l’on passe d’un écoulement à surface libre à un écoulement en charge.

2.3 Méthode des différences finies

2.3.1 Présentation générale

Cette méthode consiste à déterminer les valeurs de la fonction recherchée notée f en


quelques points particuliers. Dans le cas de la résolution des équations de BSV on recherche le
débit Q ou la vitesse U et la hauteur d’eau h.

59
Partie 3 : Méthodes mises en œuvre dans les outils numériques réalisés

On commence par quadriller le plan (x, t) afin d’obtenir des mailles de taille (∆x, ∆t) où
∆x est le pas d’espace et ∆t le pas de temps. Le but est de calculer les valeurs de débit et
hauteur d’eau en chaque point du maillage. Les méthodes aux différences finies sont toutes
basées sur les développements de Taylor des fonctions continues et dérivables. Plus les pas de
temps et d’espace sont petits plus les développements limités sont proches des valeurs exactes.
A un instant donné, on peut écrire :

∂f ∂ 2f ∆x 2 ∂ 3f ∆x 3
f i +1 = f i + ∆x + 2 + + ε(∆x 4 )
∂x ∂x 2! ∂x 3 3!
(3.98.)
∂f ∂ 2f ∆x 2 ∂ 3f ∆x 3
f i −1 = f i − ∆x + 2 − 3 + ε(∆x 4 )
∂x ∂x 2! ∂x 3!

Les dérivées partielles par rapport à x sont comptées à l’abscisse i∆x. Les équations sont
valables quel que soit le temps t. On exprime alors à l’aide des développements limités les
∂f ∂ 2 f
termes , ,….. en fonction des valeurs de la fonction f aux nœuds du maillage avec les
∂x ∂x 2
notations suivantes :

f in = f ( i∆x, n∆t ) 0 ≤ i ≤ If ; 0 ≤ n ≤ Nf

(n+1)∆t

n∆t

(n-1)∆t

(i-1)∆x i∆x (i+1)∆x x

Figure 26 : Quadrillage du plan (x,t).

Selon l’utilisation des développements limités, on obtient des expressions différentes


des dérivées par rapport à x qui engendrent 3 types de schémas (centré, progressif ou régressif).
De plus, il faut faire la distinction entre les schémas dits implicites et ceux dits explicites.
L’expression la plus générale de la dérivée de f par rapport à x est donnée par [Kovacs–1988] :

∂f α1 f in++11 − f in +1  + (1 − α1 ) f in +1 − f in−+11  α 2 f in+1 − f in  + (1 − α 2 )  f in − f in−1 


= α3 + (1 − α3 ) (3.99.)
∂x ∆x ∆x

Avec les notations précédentes, on a :

60
Partie 3 : Méthodes mises en œuvre dans les outils numériques réalisés

Pondération Schéma
α3=0 explicite
α3=0.5 implicite centré dans le temps
α3=1 totalement implicite
α1=1 α2=1 Progressif
α1=0.5 α2=0.5 Centré
α1=0 α2=0 Régressif
α1=1 α2=0 Mixte décentré
Tableau 3 : Divers types de schémas numériques

La dérivée partielle par rapport au temps s’exprime sous la forme :

∂f f in +1 − f in  f in++11 − f in+1 


=ν + (1 − ν ) (3.100.)
∂t ∆t ∆t

Si l’équation différentielle à résoudre contient d’autre variables que f nous pouvons les
exprimer également sous forme d’un développement de Taylor. Une fois que toutes les dérivées
partielles sont approchées par les valeurs de f aux différents nœuds du maillage, on substitue
leurs expressions dans l’équation différentielle à résoudre.

Différences entre schéma explicite et schéma implicite [Kovacs–1988], [Semsar Yazdi–


1995] :

- Schéma explicite :

Seule la dérivée de f par rapport au temps s’exprime en fonction des valeurs de f au pas
de temps n+1.
La différentielle par rapport à x s’exprime en fonction des valeurs de f au pas de temps
précédent de calcul (pas n). On calcule f in +1 connaissant les valeurs de f calculées au temps n∆t
pour, en général, les pas d’espaces i-1, i et i+1 (schéma à trois points). Un schéma explicite est
caractérisé par le fait que l’on puisse exprimer explicitement une valeur inconnue en fonction
de valeurs connues.
t

(n+1)∆t

n∆t

(n-1)∆t

(i-1)∆x i∆x (i+1)∆x x

Figure 27 : Schéma de type explicite

Les schémas explicites sont les plus simples. Cependant, il est nécessaire de prendre un
pas de temps très court, du fait de la condition de stabilité numérique qui impose :
61
Partie 3 : Méthodes mises en œuvre dans les outils numériques réalisés

∆x
∆t ≤ (3.101.)
u +c

- Schéma implicite :

Les schémas sont implicites si la différentielle de f par rapport à x se calcule en fonction


d’au moins deux valeurs de position d’espace de f au temps n+1. En fait, le caractère implicite
d’un schéma numérique est lié au fait que l’on ne puisse pas exprimer explicitement chaque
valeur inconnue en fonction uniquement de valeurs connues. Chacune des If équations à
résoudre contient au moins deux valeurs inconnues de f au pas de temps de calcul ( n + 1) ∆t .
Dans le cas présenté sur la figure ci-dessous, la valeur f in +1 est calculée en fonction de f in mais
également en fonction de f in−+11 et de f in++11 .

(n+1)∆t

n∆t

(n-1)∆t

(i-1)∆x i∆x (i+1)∆x x

Figure 28 : Schéma de type implicite

Pour les schémas explicites, on peut calculer les valeurs de f de proche en proche en
progressant par balayage sur tous les pas d’espace i de pas de temps en pas de temps
(Progression horizontale).

Pour les schémas implicites, les valeurs de f ne peuvent être calculées au pas de temps n+1
qu’en résolvant le système formé des If ou If–1 équations (selon la définition des conditions aux
limites) linéaires algébriques du schéma.

Le système, formé de ces équations, à résoudre peut s’écrire :

(PM).(f)n+1 = (SM)

où (PM) est une matrice bande de taille (If –1, If –1) qui contient autant de bandes qu’il y a de
valeurs inconnues de f (valeurs de f au pas de temps n+1) par équation.
Le système est représenté par une matrice bande uniquement dans le cas d’un réseau linéaire ou
arborescent (si les équations sont correctement ordonnées). Si le réseau est maillé les matrices
sont beaucoup moins bien conditionnées.

(f)n+1 est la matrice colonne dont la ième composante représente la valeur f in +1 .

(SM) est la matrice colonne second menbre qui contient tous les termes connus.

En général, le système formé des If ou If –1 équations est non linéaire puisque les coefficients
des dérivées partielles de f dans l’équation à résoudre sont souvent fonction des valeurs de f.
62
Partie 3 : Méthodes mises en œuvre dans les outils numériques réalisés

Pour être résolu, un tel système matriciel doit être linéarisé (les coefficients des matrices (PM)
et (SM) doivent être choisis constants), ce qui suppose des itérations successives.

On retrouve la définition du schéma explicite lorsque la matrice (PM) est diagonale. Lorsque la
matrice (PM) est triangulaire inférieure, ce qui est le cas lorsque l’on a un schéma explicite
centré dans le temps et l’espace, on peut à l’aide de la condition aux limites amont f 0n +1 ,
calculer les valeurs de f aux différents pas d’espace i (au pas de temps n+1) de proche en
proche sans être obligé de résoudre le système en inversant la matrice (PM). On parle alors de
schéma semi-explicite.

2.3.2 Un schéma très utilisé : le schéma de Preismann

Le schéma de Preismann généralisé est obtenu pour α1 = α2 = 1 et ν quelconque. Le


1
schéma de Preismann simple est obtenu pour ν = . Le coefficient α3 définit le caractère plus
2
ou moins implicite du schéma de Preismann et peut prendre toutes les valeurs comprises entre 0
et 1.

t ν∆x (1−ν)∆x

(n+1)∆t

(1−α3)∆t

∆t

α3∆t

n∆t
∆x

i∆x (i+1)∆x x
Figure 29 : Schéma de discrétisation dans le plan (x,t)

Pour s’assurer de la convergence du résultat vers la solution exacte, il faut vérifier la


stabilité et de la consistance du schéma numérique.

2.3.2.1 Consistance du schéma de Preismann

Pour vérifier la consistance des schémas, on vérifie l’identité (à un certain ordre de


dérivation près) entre l’équation différentielle de départ et l’équation discrétisée après avoir
effectué un développement limité de Taylor des valeurs discrètes de cette dernière équation.
En effet, lorsqu’on utilise un schéma aux différences finies, pour résoudre une équation
différentielle, on ne résout pas l’équation différentielle avec les dérivées partielles exactes mais
on résout l’équation dans laquelle, les dérivées partielles sont remplacées par leurs
approximations par différences finies faisant intervenir les valeurs discrètes de la fonction f aux
nœuds du maillage.
Pour vérifier l’identité des 2 formulations, on effectue des développements limités à l’ordre n
des valeurs discrètes que l’on substitue dans l’équation différentielle discrétisée. Les termes
d’ordre 0 et 1 vont s’éliminer puisque le schéma est toujours au minimum, une approximation
d’ordre 1 de l’équation différentielle à résoudre. En revanche, il restera des termes d’ordre
supérieur ou égal à 2 qui indiqueront l’erreur commise par le schéma. Les termes d’ordre 2
63
Partie 3 : Méthodes mises en œuvre dans les outils numériques réalisés

représentent, quand ils sont présents, la partie principale de l’erreur commise par le schéma
puisque ce sont les termes d’ordre le plus bas. Cette partie principale de l’erreur est connue
sous le nom de diffusion numérique des schémas aux différences finies [Kovacs–1988].

Le schéma est consistant si lorsque l’on fait tendre ∆x et ∆t vers zéro alors, on retrouve
les équations aux dérivées partielles de départ.
Le schéma de Preismann est du premier ordre en x (c’est à dire consistant en 0(∆x)) et du
second ordre en t (c’est à dire consistant en 0(∆t2)) pour α3 ≠ 0,5. Si α3 = 0,5 le schéma est du
second ordre en x et en t. [Malaterre–1994].

2.3.2.2 Stabilité du schéma de Preismann

L’étude théorique de la stabilité d’un schéma numérique peut être menée en utilisant la
technique de l’analyse de Fourrier. Cette technique n’est valable que pour les systèmes
linéaires, il faut donc linéariser les équation discrétisées de BSV..
On remplace dans les équations discrétisées la vitesse ou le débit et la hauteur d’eau par
des séries de Fourrier puis on met le système sous forme matricielle. On détermine ensuite les
valeurs propres de la matrice d’amplification.
Le schéma est stable si ces valeurs propres sont inférieures à 1 [Szymkiewicz–1996].
Pour que le schéma soit stable, il faut que l’erreur soit bornée si le temps tend vers l’infini.

Pour le schéma de Preismann :


∗ Si α3 ≤ 0,5, le schéma est instable.
∗ On pensait que le schéma de Preismann était stable lorsque les conditions
suivantes sont remplies [Malaterre–1990]:
• 0,5 ≤ α3 ≤ 1
• Le nombre de Vedernikov doit être inférieur à 1 :
mFrS dR h
V ≤ 1 avec V nombre de Vedernikov donné par :V =
nR h dS
Q2 B
où Fr est le nombre de Froude donné par :Fr = .
gS3
n −1
CU U
n et m sont définis par le terme de frottement: J e = .
Rm
4
Si on utilise la formule de Manning-Strickler m = et n = 2.
3
Si on utilise la relation de Chézy m = 1 et n = 2.

2.3.3 Autres méthodes numériques et conclusion

Nous venons de voir que la méthode des caractéristiques n’est pas apte à résoudre les
problèmes faisant apparaître des solutions discontinues ou pour lesquels des conditions initiales
discontinues doivent être considérées.
Pour la méthode des différences finies, ses inconvénients sont, d’une part le présupposé
de la dérivabilité de la solution et d’autre part la difficulté de traiter des géométries réalistes
donc complexes [Monthe-1992]. Cependant, cette méthode est très performante dans le cas
d’écoulements lents. En particulier, le nombre de Froude doit rester inférieur à 1 voire inférieur
à 0.5 [Paquier-1995] et peut également résoudre les situations dans lesquelles le régime
d’écoulement est purement torrentiel.

64
Partie 3 : Méthodes mises en œuvre dans les outils numériques réalisés

Dans le cadre de l’assainissement, la méthode aux différences finies la plus utilisée reste
celle de Preismann dans laquelle l’algorithme du double balayage (les débits sont d’abord
calculés de l’amont vers l’aval puis les hauteurs d’eau de l’aval vers l’amont) permet
d’effectuer l’inversion de matrices de manière simple. Une étude récente [Meselhe et al.–1997]
montre que le schéma de Preismann devient instable lorsque le régime d’écoulement est proche
du régime critique ou lorsque le régime devient « transcritique » c’est à dire que dans le même
bief ou tronçon coexistent régimes fluviaux et torrentiels. Ainsi, cette méthode n’est pas
utilisable lorsqu’un ressaut hydraulique est présent ou lorsqu’il y a assèchement ou remplissage
d’un bief.
Les logiciels les plus courant utilisent alors des approximations plus ou moins adaptées
pour résoudre ces types de problèmes [Meselhe et al.-1997].

Une autre méthode numérique performante est celle des éléments finis. Dans le cas de
son application à la résolution des équations de Barré de Saint-Venant, la démarche consiste à
utiliser un schéma aux différences finies sur le temps, puis à linéariser et enfin à résoudre à
chaque pas de temps le problème elliptique ainsi obtenu par la méthode des éléments finis.
Nous n’avons pas considéré celle-ci dans cette étude car nous n’avons pas estimé nécessaire de
s’y intéresser dans le cadre d’une résolution d’équations 1D au service de l’hydraulique urbaine
et de l’assainissement. Elle a déjà été testée pour la résolution des équations de Barré de Saint-
Venant par l’utilisation d’éléments de type Galerkine [Szymkiewicz-1991]. Sa mise en œuvre
dans le cadre de la résolution des équations de Barré de Saint-Venant par l’intermédiaire
d’éléments finis discontinus vient d’être lancée au laboratoire S.H.U. dans le cadre d’une thèse
de doctorat réalisée par Maher Abdallah. Elle a l’avantage de permettre une prise en compte
très fine de la géométrie du support et pourrait être bien adaptée à des problèmes du type
jonction de collecteurs.

D’autres schémas numériques efficaces capables de résoudre le modèle d’onde


dynamique de Barré de Saint-Venant et de gérer les régimes transcritiques mais également de
localiser les discontinuités du type ressaut hydrauliques de manière précise ont été mises au
point. Celles-ci sont décrites dans la suite de cette partie de la thèse. Ce sont essentiellement les
méthodes de type volumes finis à capture de chocs.

65
Partie 3 : Méthodes mises en œuvre dans les outils numériques réalisés

3 METHODES NUMERIQUES A CAPTURE DE CHOC


La résolution des équations visant à décrire le comportement des fluides (liquides ou
non, chargés ou non) et en particulier de l’eau, à travers les équations de Barré de Saint-Venant,
pose encore des difficultés théoriques surtout en ce qui concerne les termes de dissipation ou
d’apports (second membre) et le caractère discontinu de la solution. En effet, dans le cadre de
leur mise en œuvre en vue de traiter des problèmes d’ingénierie, celles-ci font apparaître des
solutions discontinues en raison du comportement brutal de l’eau et, au niveau mathématique,
de leur nature hyperbolique. Dans le cadre de l’assainissement, la géométrie complexe du
réseau (présence d’ouvrages, changements de sections, ruptures de pentes,…) et la forte
variabilité des flux qui y transitent (épisodes pluvieux) provoquent l’apparition de
discontinuités permanentes ou temporaires.
Pour obtenir une modélisation fine des écoulements dans les réseaux d’assainissement,
il est nécessaire d’utiliser des schémas numériques stables et précis même dans les zones à forts
gradients c’est à dire des méthodes numériques capables de résoudre une succession de
problèmes de Riemann.

Fondamentalement, on trouve deux méthodes qui permettent d’obtenir numériquement


des solutions qui contiennent des discontinuités :

• L’approche dite à ajustement de choc (« Shock fitting ») [Moretti-1979] consiste


à traiter de manière différente les zones dans lesquelles apparaissaient les discontinuités et le
reste de l’écoulement. Cette approche est à mettre en relation avec la prise en compte du ressaut
hydraulique dans le cadre de la théorie des caractéristiques.
Dans le cas du ressaut, celui-ci est considéré comme une condition aux limites interne
au travers de laquelle les équations du ressaut doivent être appliquées pour fermer le problème
localement et en particulier obtenir le déplacement de celui-ci (hauteurs conjuguées et vitesse).
Loin de ces limites, les équations aux dérivées partielles sont résolues de manière ordinaire.
Dans le cas d’une onde de crue, l’avancée d’un front implique donc qu’à une zone
géographique déterminée, des traitements numériques différents soient successivement
appliqués.

• Dans la méthode dite à capture de choc (« Shock capturing ») [Godunov-1959]


[Van Leer-1979] on utilise un schéma numérique unique pour le domaine complet. Ce schéma
doit, au niveau numérique, respecter l’écriture conservative du système continu. La
discontinuité et son déplacement sont obtenus sans traitement local particulier. Les chocs et
autres discontinuités sont intégrées directement dans la solution complète. L’avantage principal
de cette méthode est qu’elle permet un traitement en aveugle de la discontinuité. La solution est
recherchée dans un ensemble de distributions ce qui permet de prendre en compte des
discontinuités. La discontinuité est alors traitée comme un point courant ; il n’est plus
nécessaire de la suivre pendant le calcul et d’effectuer des traitements spécifiques.

Les méthodes de ce type ont initialement été développées dans le domaine de la


dynamique des gaz pour la résolution des équations de Euler compressible. Les natures
mathématiques similaires des équations de Euler et de celles de BSV ont permis plus
récemment leurs applications à l’hydrodynamique [Vila-1986] et donnent de très bon résultats.
On en trouve des applications dans le cas de l’hydraulique fluviale, de la simulation des
avalanches et coulées de boues [Martinet-1992], de la rupture de barrage [Paquier-1995], de
l’étude d’écoulements autour d’obstacles [Hanich-1996] ou encore dans l’étude du
comportement de grandes étendues d’eau faisant intervenir les effets du vent et des marées
[Hervouet-1994].

66
Partie 3 : Méthodes mises en œuvre dans les outils numériques réalisés

La première méthode numérique capable de prendre en compte des discontinuités est


due à Godunov [Godunov–1959]. Le caractère amont du schéma de Godunov est obtenu grâce
à la résolution du problème de Riemann à l’interface de deux cellules de calcul. Le problème de
Riemann correspond à un problème aux valeurs initiales c’est à dire un système de lois de
conservations hyperboliques et des conditions initiales simples composées de deux états
constants. Ces états constants sont les moyennes intégrales des données sur des volumes de
contrôles appropriés ce qui rend la méthode conservative par construction. Le caractère
conservatif est indispensable pour propager une discontinuité de manière correcte.

En fait, c’est Lax et Wendroff en 1960 [Euleterio-1997] qui ont montré que ce type de
méthodes si elles sont convergentes mènent à des solutions correctes des équations dites
solutions faibles. Comme les chocs se propagent à une vitesse différente de celle de la matière,
ils induisent une augmentation d’entropie [Hanich-1996]. Comme la solution n’est pas unique,
il a fallu construire un critère d’entropie dans le schéma numérique qui permet d’assurer la
convergence automatique vers la solution physiquement admissible du problème.

Dans sa première méthode numérique Godunov utilisa une solution exacte du problème
de Riemann. Ensuite, sa méthode a été rendue plus attractive par une extension à un second
ordre de précision par Van Leer [Van Leer-1979] puis par le développement de solveurs de
Riemann approchés comme celui de Roe ou celui de Osher et Salomon.[Delis et Skeels–2000].
L’extension au second ordre de la méthode rappela avec pertinence un théorème que
Godunov avait établi :

Tout schéma numérique, d’un ordre de précision supérieur à 1, produira des oscillations
au niveau des discontinuités.

La difficulté associée au fait que les méthodes du premier ordre sont trop imprécises et
que les méthodes d’ordre plus élevé produisent des oscillations resta un obstacle au
développement de « bonnes » méthodes numériques pour les équations de conservations
hyperbolique.

Une voie possible pour rendre le schéma non oscillatoire serais d’utiliser des méthodes
monotones. Mais celles-ci sont au plus précises au premier ordre et sont donc d’utilisation
limitée. Une meilleure voie pour résoudre cette contradiction est celle de la construction de
méthodes numériques TVD (Total Variation Diminishing). Elles sont apparues dans les années
80. Les travaux fondateurs sont dus à Harten [Harten-1983] [Harten-1984], Sweby [Sweby-
1984] et de nombreux autres. Ces travaux ont mené à la mise au point d’une classe de méthodes
numériques qui produit des résultats non oscillatoires au voisinage des discontinuités et précise
au moins au second ordre. Il existe deux méthodes de construction de méthodes numériques
TVD :

• Les méthodes à adaptation de pente (Slope limiter).


• Les méthodes à adaptation de flux (Flux limiter).

C’est ce type de méthodes numériques que nous avons utilisées pour développer notre
modèle dans l’optique de l’appliquer au domaine de l’hydraulique urbaine et plus
particulièrement à l’assainissement.

Néanmoins, d’autre méthodes numériques encore plus performantes dites ENO


(Essentially Non Oscillatory) ou encore UNO, WNO ménent à des ordres de précisions
supérieurs à deux et sont encore en cours de développement [Nujic-1995].
67
Partie 3 : Méthodes mises en œuvre dans les outils numériques réalisés

Dans ce paragraphe, on présente successivement quelques généralités sur le problème


de Riemann et leurs solutions exactes. Ensuite, on décrit les schémas numériques de type
Godunov conservatifs et leur application à la résolution du problème de Riemann grâce à des
solveurs dont le plus communément utilisé est celui de Roe. Pour finir, on décrit les méthodes
numériques effectivement programmées et en particulier au caractère TVD de ces schémas.

3.1 Problème de Riemann

3.1.1 Définition

Un problème de Riemann est constitué de l’association d’une équation ou d’un système


d’équations de type hyperbolique à des conditions initiales discontinues.

Par exemple, dans le cas scalaire de l’équation d’advection linéaire, le problème de


Riemann peut se formuler ainsi :

u t + au x = 0

 uL si x < 0 (3.102.)
 u ( x, 0 ) = u 0 ( x ) = 
 u R si x > 0

On peut le représenter de la manière suivante :

u0(x)
uL

uR

x=0 x

Figure 30 : Représentation du problème de Riemann

3.1.2 Solution exacte du problème de Riemann

On considère dans ce qui suit le cas de l’une des équations de type hyperbolique les plus
simple pouvant mener à des solutions discontinues. C’est l’équation de Bürger associé à des
valeurs initiales discontinues. On donne une solution de cette équation dans deux cas. Le
premier donne naissance à une onde de compression et le second à une onde de dépression.

On considère donc le problème aux valeurs initiales pour les équations de Bürger :

 1 2
u t + f ( u )x = 0 , f ( u ) = 2 u

 (3.103.)
u si x < 0
u ( x, 0 ) = u 0 (x) =  L
 u R si x > 0
68
Partie 3 : Méthodes mises en œuvre dans les outils numériques réalisés

• On suppose d’abord que uL>uR.

Comme le flux est convexe c’est à dire que λ′ ( u ) = f ′′ ( u ) > 0 les vitesses des
caractéristiques à gauche sont plus grandes que celles de droite λ L > λ R . Dans ce cas, les
données sont compressives. Les caractéristiques vont se croiser immédiatement et on observe la
formation d’un choc qui se déplacera à une vitesse S.
t
uL

uR

Onde de choc de
vitesse S

Figure 31 : Formation d’une onde de choc.


La solution discontinue de ce problème de Riemann est la suivante :

u si x-St < 0
u ( x, t ) =  L (3.104.)
 u R si x-St > 0

La vitesse est donnée par la relation de Rankine-Hugoniot :

∆f 1
S= = (uL + uR ) (3.105.)
∆u 2

Cette solution discontinue est une onde de choc et est de nature compressive. Elle
satisfait la condition :

λ (uL ) > S > λ (uR ) (3.106.)

69
Partie 3 : Méthodes mises en œuvre dans les outils numériques réalisés

Cette condition est appelée condition d’entropie.

• On suppose maintenant que uL<uR.

Ces données correspondent à un domaine expansif. Une solution mathématique possible


est l’identique de la solution précédente. Mais cette solution est physiquement incorrecte. Elle
ne vérifie pas la condition d’entropie. Les caractéristiques divergent de la discontinuité et
engendrent des instabilités. De petits changements sur les valeurs initiales engendrent de grands
changement dans la solution.

t
uR

uL

Onde de détente

Figure 32 : Formation d’une onde de choc de raréfaction

Vu le caractère expansif du domaine, il serait plus raisonnable de considérer des


données initiales qui varient lentement en considérant une variation linéaire de u0(x) entre uL et
uR .

 uL si x ≤ x L

 u − uL
u 0 ( x ) = u L + R ( x − xL ) si x L < x < x R (3.107.)
 xR − xL
 uR si x ≥ x R

La solution peut être présentée sous la forme :


70
Partie 3 : Méthodes mises en œuvre dans les outils numériques réalisés

t
uR

uL

Queue de l’onde
Tête de l’onde

Figure 33 : Modification des caractéristiques dans le cas de l’onde de choc de raréfaction

Le front droit ou tête de l’onde est donné par la caractéristique qui émane de xR :

x = xR + λ (uR ) t (3.108.)

Le front gauche ou queue de l’onde est donné par la caractéristique qui émane de xL :

x = xL + λ (uL ) t (3.109.)

Ce phénomène de dispersion des ondes n’est pas rencontré dans l’étude des systèmes
d’équations hyperboliques linéaires à coefficients constants. La solution entière est :

 x-x L
u ( x,t ) = u L si
t
≤ λL

 x − xL x-x L
u0 ( x ) =  λ ( u ) = si λ L < < λR (3.110.)
 t t
 x-x R
 u ( x,t ) = u R si
t
≥ λR

On peut envisager de réduire la longueur de l’intervalle [ x L , x R ] à une valeur qui tend


vers zéro pour se rapprocher du problème initial. Ainsi, on arrive à :

71
Partie 3 : Méthodes mises en œuvre dans les outils numériques réalisés

x 
u ( x,t ) = u L si ≤ λL 
t

x x 
λ (u) = si λ L < < λ R  (3.111.)
t t 
x 
u ( x,t ) = u R si ≥ λ R 
t 

Pour revenir à l’équation de Bürger, la solution complète est donnée par :

u si x-St < 0 
u ( x, t ) =  L 
 u R si x-St > 0  si u > u
 L R
1 
S = (uL + uR ) 
2
 x  (3.112.)
 uL si ≤ uL 
t
 
 x x 
u ( x, t ) =  si u L < < u R  si u L ≤ u R
 t t 
 x 
 uR si ≥ u R 
 t 

La solution exacte est une onde simple qui émane de l’origine cette onde est également
une onde de choc lorsque uL>uR ou une onde de raréfaction si uL≤uR.

On vient donc d’étendre le concept de solution pour pouvoir tenir compte des
discontinuités. Le problème est de distinguer une solution physiquement admissible d’une
solution non admissible. Comme on l’a vu dans le développement précédent qu’une
discontinuité physiquement admissible respectant la relation de Rankine-Hugoniot doit aussi
obligatoirement satisfaire la condition d’entropie.

Les notions que l’on vient d’étudier peuvent être directement étendues au cas du
système hyperbolique de lois de conservation.

3.1.3 Le problème de Riemann dans le cas vectoriel

On étudie dans ce qui suit le problème de Riemann pour un système de lois de


conservations à coefficients constants. Il correspond au problème aux valeurs initiales suivant :

U t + JU x = 0, − ∞ < x < +∞, t>0



 UL (3.113.)
 U ( x, 0 ) = U ( 0)
( x ) = 
 U R

C’est une généralisation du problème aux valeurs initiales associé à l’équation


d’advection linéaire. On considère que ce système est strictement hyperbolique et on classe les
valeurs propres comme suit :

a1 < a 2 < K < a m (3.114.)


72
Partie 3 : Méthodes mises en œuvre dans les outils numériques réalisés

La structure de la solution du problème de Riemann (3.113) dans le plan ( x,t ) est


présentée sur la figure ci-dessous :

t
ai
a2 am-1
am
a1

Donnée initiale à gauche UL Donnée initiale à droite UR

Figure 34 : Faisceau de caractéristiques dans le cas du système d’équations


Elle consiste en m ondes qui émanent de l’origine, une pour chaque valeur propre a i .
Chaque onde i transporte une discontinuité de U qui se propage à la vitesse a i . Naturellement,
la solution à gauche de l’onde a1 est la donnée initiale UL et la solution à droite de l’onde a m
est la donnée initiale UR. Le problème consiste en fait à déterminer la solution dans le cas où
l’on se situe dans la zone comprise entre a1 et a m . Comme les vecteurs propres K (1) ,K , K (m)
sont linéairement indépendants, on peut écrire les états initiaux UL et UR comme des
combinaisons linéaires des vecteurs propres K (1) ,K , K (m) . C’est à dire :

m m
U L = ∑ αi K ( ) , U R = ∑ βi K ( )
i i
(3.115.)
i =1 i =1

où les coefficients αi et βi sont constant pour i = 1,K , m .

Ainsi, la solution finale en termes des variables originales peut s’écrire :

I m
U ( x, t ) = ∑ αi K ( ) + ∑ β K( )
i i
i (3.116.)
i =1 i = I +1

où le nombre entier I = I ( x, t ) est la valeur maximale pour laquelle x − a i t > 0 .

D’après l’équation (3.115) il est facile de voir que le saut de U à travers la globalité de
la structure d’onde dans la résolution du problème de Riemann est :

∆U = U R − U L = ( β1 − α1 ) K ( ) + K + ( β m − α m ) K (
1 m)
(3.117.)

Ceci est une combinaison linéaire des vecteurs propres avec des coefficients qui
pondèrent les ondes présentes dans le problème de Riemann. Le coefficient de pondération
pour l’onde i est βi − αi et le saut en U au passage de l’onde i noté ( ∆U )i est :

( ∆U )i = ( βi − αi ) K (i) (3.118.)
73
Partie 3 : Méthodes mises en œuvre dans les outils numériques réalisés

Lorsqu’on résout le problème de Riemann, il est parfois plus commode de développer


l’expression du saut global en fonction des vecteurs propres et des valeurs inconnues des
coefficients de pondérations δi = β i − αi .

Lorsque les coefficients du système d’équations ne sont plus constants, les


caractéristiques ne sont plus des droites et l’obtention de solutions exactes du problème de
Riemann devient difficile. C’est pourquoi, on fait appel à des méthodes de résolutions
approchées et à des méthodes numériques capables de prendre en compte les discontinuités.
C’est ce que nous allons voir dans les paragraphes suivants.

3.2 Schéma de Godunov

3.2.1 Schéma conservatif et consistance

On considère ici un système d’équations hyperbolique non linéaire suivant :

U t + F ( U )x = 0

  U L si x < 0 (3.119.)
U ( x, 0 ) = U 0 ( x ) = U si x > 0
  R

Ce système peut par exemple représenter le système d’équations de Barré de Saint-Venant sans
second membre.

Définition 8 : Schéma conservatif

On appelle schéma numérique sous forme conservative pour le système d’équations


précédent, une méthode numérique de la forme :

(
U in +1 = U in − λ Fin+1 2 − Fin−1 2 ) (3.120.)

∆t
où λ = et Fi +1 2 = F ( U nj−l1 ,K , U nj+ l2 ) où l1 et l2 sont deux entiers non négatifs et cette
∆x
fonction est appelée flux numérique qui est une approximation du flux physique de (3.119).

Définition 9 : Consistance

Le schéma numérique (3.120) est dit consistant avec (3.119) si :

Fi +1 2 ( v,K , v ) = F ( v ) (3.121.)

Ceci signifie que si tous les arguments de Fi +1 2 sont égaux à v alors le flux numérique est le
même que le flux physique en U=v.

3.2.2 Schéma de Godunov dans le cas du système

74
Partie 3 : Méthodes mises en œuvre dans les outils numériques réalisés

Dans ce paragraphe on expose le principe des schémas numériques de type Godunov


qui ont permis de résoudre des équations de type hyperboliques pouvant faire apparaître des
solutions discontinues. Jusqu’alors, les méthodes numériques étaient obtenues en utilisant des
méthodes de dérivation ce qui impliquait que les fonctions mises en jeu devaient être
dérivables. Les lois de conservation issues de la physique peuvent être exprimées sous forme
différentielles ou intégrales [Euleterio-1997]. L’idée qu’à introduite Godunov est qu’une
méthode numérique peut être établie en utilisant des méthodes d’intégration des équations
issues de la physique dont les exigences sont moins sévères en ce qui concerne le présupposé
de la dérivabilité des fonctions mises en jeu. La notion clé est celle du volume de contrôle sur
lequel on intègre le équations.

On s’intéresse dans un premier temps à l’équation sans second membre :

U t + F(U) x = 0 (3.122.)

On applique le théorème de Green à ces équations d’où :

∫
volume
(Udx − F(U)dt) = 0 (3.123.)

où on intègre sur le volume de contrôle.

t2

Volume de contrôle

t1

xL xR

Figure 35 : Représentation d’un volume de contrôle

D’où :

xR xR t2 t2

∫ U(x,t
xL
2 )dx = ∫ U(x,t1 )dx + ∫ F(U(x L ,t))dt − ∫ F(U(x R ,t))dt
xL t1 t1
(3.124.)

En posant :

x
1 i+1/2
∆x xi∫−1/2
U in = U(x,0)dx

x
(3.125.)
1 i+1/2
∆x xi∫−1/2
U in +1 = U(x,∆t)dx

75
Partie 3 : Méthodes mises en œuvre dans les outils numériques réalisés

∆t
1
∆t ∫0
Fi −1/2 = F(U(x L ,t))dt

∆t
(3.126.)
1
∆t ∫0
Fi +1/2 = F(U(x R ,t))dt

x t
Avec ∆x le pas d’espace, ∆t le pas de temps, i = et n = entiers.
∆x ∆t
i représente le nombre de cellules de calcul.

On nomme i + 1/2 ( respectivement i − 1/2 ) l’interface des cellules i et i+1 (respectivement i-1
et i). Fi +1/2 représente donc le flux entre les cellules i et i+1.

On met en indice la position de la cellule considérée et en exposant le pas de temps auquel la


valeur a été calculée.

La forme du schéma discrétisé obtenu est la suivante :

U in +1 = U in + λ[Fin+1/2 − Fin−1/2 ] (3.127.)

Cellules de calcul

Fi −1/2 Fi +1/2

i-1 i i+1
i-1/2 i+1/2 x
Figure 36 : Décomposition du domaine d’intérêt en cellules de calculs et flux aux
interfaces.
La figure ci-dessus représente la manière dont est décomposé le domaine de calcul. Les cellules
de calcul notées i, dans lesquelles les valeurs des variables recherchées sont constantes par
morceau, ont pour limites les interfaces i-1/2 et i+1/2. On calcule les flux numériques traversant
ces interfaces et permettant d’évaluer l’influence des valeurs contenues dans i sur ses voisines.

3.3 Choix du pas de temps

De nombreux schémas numériques conventionnels peuvent être mis sous une forme
conservative. Le problème est, pour chacun d’entre eux, de déterminer la fonction flux
adéquate. Pour tous ces schémas numériques de nature explicite se pose le problème du choix
du pas de temps à utiliser pour la résolution. De ce choix dépend la stabilité du schéma
numérique considéré.
76
Partie 3 : Méthodes mises en œuvre dans les outils numériques réalisés

Pour le problème linéaire le choix de ∆t dépend de la vitesse de propagation c de l’onde


ou nombre de Courant. Pour les problèmes non linéaires, à chaque pas de temps, on a plusieurs
vitesses de propagation et ainsi plusieurs valeurs possibles pour le nombre de Courant. En
établissant le schéma de Godunov, on a fait la supposition que la solution du problème de
Riemann local le long de la frontière de la cellule est constante. Ceci signifie que l’onde la plus
rapide ne peut pas parcourir plus que la largeur d’une cellule ∆x pendant le temps ∆t.

n
En appelant Vmax la vitesse de l’onde la plus rapide dans le domaine de calcul au pas de temps
n, on définit le nombre de Courant maximum :

∆tVmax
n
Ccfl = (3.128.)
∆x

où ∆t est tel que :


0 < Ccfl ≤ 1

On appelle souvent Ccfl le coefficient CFL (Courant-Friedrich-Lévy) ou nombre de Courant.


Le pas de temps est ainsi obtenu sous la forme :

Ccfl ∆x
∆t = n
(3.129.)
Vmax

Dans le cas de l’étude du système de Barré de Saint-Venant, le pas de temps sera donné par :

Ccfl ∆x
∆t = (3.130.)
u +c

où u représente la vitesse moyenne de l’écoulement et c la célérité de l’onde qui se propage.

3.4 Divers types de solveurs du problème de Riemann

3.4.1 Solveur de Roe

Le plus utilisé des solveurs de Riemann approché est sans doute celui introduit par Roe
en 1981 [Roe-1981]. Depuis, cette méthode a été raffinée et appliquée à un large panel de
problèmes physiques. Les raffinements de la méthode de Roe ont été introduit par Roe et Pike
en 1984 [Roe and Pike-1984]. Grâce à ces raffinements, il n’était plus nécessaire d’exprimer
explicitement la matrice jacobienne approchée de Roe. Cette méthodologie est plus simple et
utile pour la résolution de problème de Riemann pour des problèmes physiques complexes tel
que celui de Barré de Saint-Venant [Delis-1998].

3.4.1.1 Bases de l’approche de Roe

On considère le problème de Riemann suivant :

77
Partie 3 : Méthodes mises en œuvre dans les outils numériques réalisés

U t + F ( U )x = 0

  U L si x < 0 (3.131.)
U ( x, 0 ) = U 0 ( x ) = U si x > 0
  R

Roe a résolu le problème de Riemann de manière approchée en introduisant la matrice


jacobienne :

∂F ( U )
J (U) = (3.132.)
∂U

On trouvera dans l’annexe 2 quelques définitions concernant les systèmes hyperboliques, la


matrice jacobienne et leurs propriétés.

En exprimant le problème de Riemann sous la forme :

Ut + J ( U) Ux = 0 (3.133.)

Dans l’approche de Roe, on remplace la matrice jacobienne exacte par une matrice jacobienne
constante :

J% = J% ( U L , U R ) (3.134.)

où les indices (L,R) représentent les numéros des cellules de calcul à l’interface desquelles le
problème de Riemann est à résoudre. Cette matrice est une fonction des états constants UL et
UR.

U t +JU
% =0
x

 UL si x<0 (3.135.)
U ( x,0 ) = U si x>0
  R

Ce problème de Riemann est résolu de manière exacte. Le problème approché est obtenu en le
système initial de lois de conservation non linéaire par un système linéaire à coefficients
constants dans lequel intervient les valeurs initiales.
Pour un système d’équations quelconque, la matrice jacobienne de Roe doit satisfaire les
propriétés suivantes :

1. Caractère hyperbolique du systèmes.


J% doit posséder des valeurs propres réelles a% ( ) =a% ( ) ( U L , U R ) , choisies telles que :
k k

a% ( ) ≤ a% ( ) ≤ K ≤ a% ( )
1 2 m
(3.136.)

où m représente le nombre de valeurs propres du système et un ensemble de vecteurs


propres linéairement indépendants :

e% ( ) , e% ( ) , K , e% ( )
1 2 m
(3.137.)

78
Partie 3 : Méthodes mises en œuvre dans les outils numériques réalisés

2. J% doit être consistante avec la matrice jacobienne exacte :

J% ( U, U ) = J ( U ) (3.138.)

3. Caractère conservatif à travers les discontinuités vérifié :

F ( U R ) − F ( U L ) = J% ( U R − U L ) (3.139.)

La propriété (1) est évidente car le problème approché doit préserver les propriétés
mathématiques du problème non linéaire originel.
La propriété (2) assure la consistance avec les lois de conservation.
La propriété (3) assure le caractère conservatif de la méthode. Il garantit également la
reconnaissance exacte de discontinuités isolées c’est à dire que si les données UL et UR sont
connectées par une onde simple isolée, alors le solveur de Riemann approché reconnaîtra cette
onde de manière exacte.

La construction de matrices qui satisfont ces trois propriétés pour un problème hyperbolique
général peut être très complexe et peu intéressante en terme de programmation. C’est pourquoi,
Roe et Pike ont construit une méthode qui rend inutile la construction explicite de cette matrice
jacobienne approchée.

Dans la méthode qu’ils ont proposée, la différence des valeurs constantes par morceau est
projetée sur la base des vecteurs propres :

m
∆U = U R − U L = ∑ α( ) e% ( )
k k
(3.140.)
k=1

D’autre part, le flux à l’interfaces des cellules de calcul i et i+1 est exprimé sous la forme :

1 1 m (k) (k) (k)


Fi+1 2 = ( FR + FL ) − ∑ α a% e% (3.141.)
2 2 k=1

et la différences des valeurs constantes par morceau des flux numériques est donnée par :

m
∆F = FR − FL = ∑ α(i+1) 2 a% ( ) e% ( )
k k k
(3.142.)
k=1

Pour mettre en œuvre la méthode de Roe il faut calculer les valeurs de e% ( ) , a% ( ) et α% ( ) . Puis, on
k k k

utilise ces valeurs pour appliquer un schéma numérique parmi ceux étudiés dans le paragraphe
4.3.
C’est la méthode de Roe que nous avons appliqué au système de Barré de Saint-Venant. On
présente cette application dans le paragraphe suivant.

3.4.1.2 Application au système de Barré de Saint-Venant

La méthode de Roe a été appliquée au système d’équations de Barré de Saint-Venant


exprimé sous forme conservative tel qu’il est présenté dans la partie 2 § 5.8.

79
Partie 3 : Méthodes mises en œuvre dans les outils numériques réalisés

On énonce ci-dessous les résultats importants nécessaires à la mise en œuvre de cette


méthode de résolution du problème de Riemann appliquée au cas du système de Barré de Saint-
Venant. Les calculs, concernant le cas d’un canal rectangulaire pour lequel une succession de
problèmes de Riemann doit être résolu, sont regroupés dans l’annexe 3.

Les valeurs et vecteurs propres de la matrice jacobienne approchée sont exprimée sous la
forme:

a% 1,2
i+ 1
= u% 1,2
i+ 1
± c%1,2
i+ 1
2 2 2

 1  (3.143.)
e%1,2 =  % 1,2 
i+ 1
2  a i+ 1 
 2

Les valeurs des coefficients de pondération introduits par la projection du vecteur écoulement
A
U =   dans la base des vecteurs propres sont donnés par :
Q

α 1,2
= 2
(
∆ i + 1 Q + −u% i + 1 ± c% i + 1 ∆ i + 1 A
2 2
) 2
(3.144.)
i+ 1
2 ±2c% i + 1
2

où la vitesse moyenne de Roe u% est donnée par :

Qi A i + Qi +1 A i +1
u% i + 1 = (3.145.)
2 A i +1 + A i

et :

 ( I1 )i +1 − ( I1 )i
g si A i +1 − A i ≠ 0
c% 2
i+ 1
=  A i +1 − A i (3.146.)
2
 c% 2 = c% 2 si A i +1 − A i = 0
 i i +1

Ces valeurs permettent de calculer la fonction flux aux interfaces Fi+1 2 pour la mise en œuvre
du schéma numérique.

3.4.2 Autre type de solveurs

Dans ce qui suit, on expose le principe d’autres types de solveurs qui peuvent être
appliqués à la résolution des équations de Barré de Saint-Venant

3.4.2.1 Solveur de Lax-Friedrich

C’est le solveur de Riemann le plus simple. La forme de la fonction flux numérique est
la suivante [Delis-2000] :

80
Partie 3 : Méthodes mises en œuvre dans les outils numériques réalisés

1 1 
F% LF1 = FR + FL − ( U R − U L )  (3.147.)
i+
2 2 λ 

Le solveur de Riemann de Lax-Friedrich satisfait la propriété d’entropie désirée et est


en même temps simple à mettre en œuvre. Il correspond à la méthode de Godunov sur un
maillage déformé. Ce solveur engendre une diffusion numérique importante mais peut servir de
base de construction pour des schémas numériques simplifiés d’ordre de précision élevé.

Récemment, le solveur de Lax Friedrich a été amélioré pour devenir le solveur local de
Lax Friedrich (LLF) [Nujic-1995]. Cette forme dépend uniquement de la célérité de l’onde
locale la plus rapide et sa forme est donnée par :

1
F% LLF
1 = FR + FL − a max ( U R − U L )  (3.148.)
i+
2 2

où pour les équations de Saint-Venant :

(
a max = max a1i , a i2 , a1i +1 , a i2+1 ) (3.149.)

où les ak sont les vitesses de propagation des caractéristiques.

Cette forme est moins diffusive que la forme classique (3.147) de la méthode de Lax-
Friedrich et a toujours l’avantage de satisfaire la condition d’entropie.

3.4.2.2 Solveur de Riemann HLLE

Ce solveur a été mis au point par Harten, Lax et Van Leer [Delis-2000]. Il consiste à approcher
la solution de tout problème de Riemann par l’utilisation des trois états constants suivants :

 n
 U i pour x < bl 1 t
i+
  n
2

U  x 1 , t  =  U 1 pour b l
1 t<x<b r
1 t (3.150.)
 i+ 2   i+ 2 i+
2
i+
2
 U in+1 pour br 1 t < x
 i+
2

où x = x − x i +1 2 et les expressions des coefficients b sont données par :

 
br 1 = max  u i +1 + ci +1 , a% 1 1  (3.151.)
i+ i+
2  2 

 
bl 1 = min  u i − ci , a% 2 1  (3.152.)
i+ i+
2  2 

L’état moyen U n 1 est défini de telle sorte que le solveur de Riemann soit consistant avec la
i+
2
forme intégrale des lois de conservations, c’est à dire :
81
Partie 3 : Méthodes mises en œuvre dans les outils numériques réalisés

b r 1 U in+1 − bl 1 U in
i+ i+ Fi +1 − Fi
Un 1 = 2 2
− (3.153.)
i+
2 b r
1 −b l
1 br 1 − bl 1
i+ i+ i+ i+
2 2 2 2

Dans les équations précédentes, a% 1,2


i +1 2 sont les valeurs propres calculées par la méthode de Roe

et b% r,l sont les approximations numériques pour les vitesses des caractéristiques maximum et
i +1 2

minimum en leurs positions respectives.


Le flux numérique à l’interface de la cellule peut être écrit sous la forme :

b + 1 Fi − b − 1 Fi +1 b+ 1 b− 1
i+ i+ i+ i+
FHLLE
1 = 2 2
+ 2 2
( Ui+1 − Ui ) (3.154.)
i+
2 b+ 1 − b −
1 b+ 1 − b− 1
i+ i+ i+ i+
2 2 2 2

avec :

 
b + 1 = max  b r 1 , 0  (3.155.)
i+
2  i+ 2 

 
b − 1 = max  b l 1 , 0  (3.156.)
i+
2  i+ 2 

Le flux numérique HLLE peut être réécrit sous la forme :

1 2
k 
F HLLE =  i +1 i ∑ q i + 1 αi+ 1 e% i + 1 
+ − k k
1 F F (3.157.)
i+
2 2 k =1 2 2 2

avec :

b+ 1 + b− 1 b+ 1 b− 1
i+ i+ i+ i+
q1,21 = 2 2
a% 1,21 − 2 2 2
(3.158.)
i+
2 b+ 1 − b− 1 i+
2 b+ 1 − b− 1
i+ i+ i+ i+
2 2 2 2

3.4.2.3 Solveur de Osher

Les bases de cette approche peuvent être trouvées dans les articles de Osher et Osher et
Salomon. Comme pour le solveur de Roe, le solveur de Osher est basé sur l’utilisation de la
matrice jacobienne du système d’équations de conservation à résoudre [Euleterio-1997]. En
particulier, la matrice jacobienne doit être diagonalisable.
Le principe de cette méthode consiste à décomposer la matrice jacobienne. Cette
décomposition est réalisée en distinguant les valeurs propres de valeurs positives et celles de
valeurs négatives. Ainsi, la matrice jacobienne est scindée sous la forme :

J (U) = J+ (U) + J− (U) (3.159.)

82
Partie 3 : Méthodes mises en œuvre dans les outils numériques réalisés

avec :

∂F + ∂F −
J+ (U) = ; J− (U) = (3.160.)
∂U ∂U

J + ( U ) possède des valeurs propres positives ou nulles et J − ( U ) des valeurs propres négatives
ou nulles. Cette décomposition peut s’appliquer indifféremment à des systèmes linéaires ou non
linéaires.

L’approche de Osher consiste ensuite à supposer qu’il existe des fonctions vectorielles flux
F + ( U ) et F − ( U ) qui vérifient :

F ( U ) = F+ ( U ) + F− ( U ) (3.161.)

Les valeurs initiales U L et U R du problème de Riemann pour les lois de conservation sont
notées :

U 0 ≡ U L = U in ; U1 ≡ U R = U in+1 (3.162.)

Dans ce cas, le flux numérique à utiliser pour la mise en œuvre d’un schéma numérique de type
Godunov est obtenu par l’utilisation des relations intégrales :

U1

∫ J ( U ) dU = F ( U ) − F ( U )
− − −
1 0 (3.163.)
U0

et

U1

∫ J ( U ) dU = F ( U ) − F ( U )
+ + +
1 0 (3.164.)
U0

Celui-ci est donné par :

U
1 1 1
F 1 = F ( U 0 ) + F ( U1 )  − ∫ J ( U ) dU (3.165.)
i+
2 2 2 U0

L’intégration par rapport à U est réalisée dans l’espace des phases où les composantes
de U sont des nombres réels et l’obtention d’un résultat dépend du domaine d’intégration
choisi.
Cette méthode a encore été peu appliquée au domaine de l’hydraulique. Pour sa mise en
œuvre dans le cas des ondes simples c’est à dire de compression et dépression, on renvoie à
[Euleterio-1997].

3.5 Schéma TVD (Total Variation Diminishing)

83
Partie 3 : Méthodes mises en œuvre dans les outils numériques réalisés

La principale difficulté rencontrée dans la résolution des problèmes de convection


réside dans le choix de l’ordre d’approximation du schéma. Etant donné qu’un schéma du
premier ordre est dissipatif et qu’un schéma du second ordre crée des oscillations, il est difficile
de définir un schéma numérique qui n’oscille pas et qui soit précis. On dispose de classes de
schéma qui n’oscille pas ce sont les schémas monotones. Malheureusement, ceux-ci sont
limités au premier ordre de précision. En conséquence, l’utilisation de schémas numériques de
ce type ne peut pas convenir dans le cas de la résolution de systèmes d’équations du type Barré
de Saint-Venant pour lesquels l’ordre de précision 1 n’est pas suffisant.
Néanmoins, il existe des méthodes numériques qui associent les deux qualités, ce sont
les méthodes à variation totale décroissante (TVD). C’est cette classe de schémas que l’on
étudie dans ce qui suit.

3.5.1 Variation totale et schéma TVD

Malheureusement, la méthode de Godunov n’est précise qu’au premier ordre ce qui


n’est pas suffisant dans le cas de l’étude de la plupart des phénomènes physiques. Il existe de
nombreux schémas numériques précis à un ordre supérieur. Mais atteindre un ordre de
précision supérieur implique une tendance du schéma numérique à osciller surtout dans les
régions à forts gradients. Pour contourner ce problème, des méthodes numériques dites à
diminution de variation totale ont été mises au point. Elles garantissent le respect des
conditions de monotonie sur la solution. Ceci permet d’assurer la convergence de la méthode.
Pour éviter les oscillations on introduit un coefficient (« Viscosité numérique ») judicieusement
calculé. Les méthodes permettant de déterminer ce coefficient sont de deux types :

• Les méthodes à limitation de pente.


• Les méthodes à limitation de flux.

Un grand nombre de limiteurs ont été mis au points (MINBEE, SUPERBEE, SUPRA, …)
[Roe-1983], [Van Leer-1973]. Nous ne les décrirons pas ici.

On rappelle ci-dessous, la notion de variation totale et on définit un schéma TVD :

• Variation totale

Soit une fonction u = u ( x ) , la variation totale de u est définie par :

1 +∞
TV ( u ) = lim sup u ( x + δ ) − u ( x ) dx
δ ∫−∞
(3.166.)
δ→0

Si u est une fonction régulière alors la relation (3.166.) est identique à :

TV ( u n ) = ∫
+∞
u ′ ( x ) dx (3.167.)
−∞

En fait, même pour les fonctions discontinues, la relation (3.167.) reste valable au sens
de la théorie des distributions [Smoller-1984]. Si u = u ( x, t ) , on peut généraliser les définitions
précédentes. En fait si l’on s’interesse à la convergence, il suffit de définir la variation totale à
un temps t fixé t = t n
On définit la variation totale de u(x,t) à un temps t fixé que l’on note TV ( u ( t ) ) par :
84
Partie 3 : Méthodes mises en œuvre dans les outils numériques réalisés

+∞
TV ( u n ) = ∑ u in+1 − u in (3.168.)
i =−∞i

• Schéma TVD

Un schéma numérique est dit à diminution de variation totale (TVD) si ∀n :

TV ( u n +1 ) ≤ TV ( u n ) (3.169.)

Une conséquence directe de cette relation est que :

TV ( u n ) ≤ TV ( u n −1 ) ≤ K ≤ TV ( u 0 ) (3.170.)

où {u i0 } est l’ensemble des conditions initiales du problème.

Les schémas de type TVD préservent la monotonie. Ils permettent la résolution de


systèmes d’équations hyperboliques non linéaires avec second membre comme c’est le cas du
système de Saint-Venant.

La notion TVD a été introduite pour la première fois par Harten [Harten-1983] [Harten-
1984]. Une caractéristique essentielle d’un schéma TVD est qu’il définit des solutions sans
oscillations, en particulier à la traversée d'une région à forte variation de gradient. Un tel
schéma ne crée ni n’amplifie les extrémas, puisqu’il préserve la monotonie, c’est une propriété
que ne partagent pas l’ensemble des schémas numériques.

Le critère TVD d’un schéma est lié à l’existence d’une quantité minimale de viscosité
numérique nécessaire dans ce schéma. Les fondements théoriques des méthodes TVD ne sont
disponibles que pour les problèmes scalaires unidimensionnels. En pratique, l’expérience
accumulée dans de nombreuses applications à des problèmes non linéaires et/ou
multidimensionnels, a montré que la théorie unidimensionnelle scalaire sert bien de ligne de
conduite pour étendre ces idées.

Les schémas TVD sont intimement liés à la notion traditionnelle de viscosité


numérique. Les méthodes TVD et à viscosité artificielle tentent de contourner le théorème de
Godunov de telle sorte que les oscillations au niveau des zones à forts gradients soient
éliminées ou au moins contrôlées. Dans la méthode à viscosité artificielle, la viscosité est
ajoutée de manière explicite en ajoutant des termes aux équations aux dérivées partielles. Dans
les méthodes TVD, cette viscosité artificielle est inhérente au schéma numérique lui-même et
les techniques numériques mises en œuvre pour activer cette viscosité sont complexes. La
viscosité numérique au niveau du schéma est contrôlé de manière très précise de telle sorte que
les oscillations sont éliminées et qu’une haute précision soit assurée dans les parties lisses.
Historiquement, les méthodes TVD ont été presque exclusivement appliquées à des
schémas à haute précision de type upwind [Euleterio-2000]. Néanmoins, le concept TVD a
également été appliqué à des schémas centrés.
Ces développements ont apporté aux techniques de viscosité numériques des bases plus
rationnelles et ont tendu à unifier les développements des méthodes numériques pour les lois de
conservation.

85
Partie 3 : Méthodes mises en œuvre dans les outils numériques réalisés

3.5.2 Méthode à limitation de pente

Ces méthodes numériques sont basées sur une approche géométrique. Les valeurs des
variables contenues dans les cellules de calculs ne sont plus considérées comme constantes par
morceaux mais comme des fonctions linéaires par morceaux comme représenté sur la figure ci-
dessous :

Figure 37 : Représentation de la valeur d’une variable u dans une cellule de calcul

Les valeurs constantes par morceaux u in sont remplacées par une fonction linéaire u i ( x ) :

u i ( x ) = u in +
( x − xi ) ∆ (3.171.)
i
∆x

∆i
où est la pente de u i ( x ) dans la cellule de calcul i. Les valeurs de u i ( x ) au niveau des
∆x
extrémités de la cellule de calcul jouent un rôle important. Elles sont données par :

1 1
u iL = u i ( 0 ) = u in − ∆ i ; u iR = u i ( ∆x ) = u in + ∆ i (3.172.)
2 2

Ces valeurs sont appelées valeurs aux limites extrapolées. On note que l’intégrale de u i ( x )
dans la cellule Ii est identique à celle de u in ; en conséquence, la propriété de conservation est
préservée. La figure ci-dessous représente la linéarisation par morceaux dans trois cellules de
calculs successives.

Figure 38 : Variables discontinues au niveau des interfaces.

En conséquence, on considère au niveau de chaque interface un problème de Riemann


dit problème de Riemann généralisé :

86
Partie 3 : Méthodes mises en œuvre dans les outils numériques réalisés

u t + f ( u )x = 0

  u i ( x ) x<0 (3.173.)
u ( x, 0 ) = u x
  i +1 ( ) x>0

qui permet de calculer le flux de type Godunov au niveau des interfaces et d’obtenir une
solution du problème de Riemann généralisé. La solution ne contient plus de région uniforme
comme dans le cas du problème de Riemann classique, mais les caractéristiques sont
maintenant courbées comme le montre la figure ci-dessous :

Figure 39 : Forme des caractéristiques

On peut ainsi obtenir des schémas numériques d’un ordre de précision très élevé. Ces
méthodes numériques sont dites méthodes de type MUSCL (Monotone Upstream-centered
Scheme for Conservation Law).

Comme pour toutes les méthodes d’ordre élevé, se pose le problème de l’oscillation au
voisinage des zones à forts gradients. La technique classiquement utilisée pour supprimer ces
oscillations consiste à remplacer la pente ∆ i par une pente limitée ∆i par certaines contraintes
et permet de rendre ces méthodes TVD.

Théorème :

Si la pente limitée ∆ i pour remplacer ∆ i est choisie selon [Toro-1997] :

1      
∆i = sign  ∆ i − 1  + sign  ∆ i + 1   × min βi − 1 . ∆ i − 1 ; βi + 1 . ∆ i + 1 
2   2  2    2 2 2 2  
 (3.174.)
2 2 
β 1 = , β 1 = 
i−
2 1+ c i+
2 1− c 

alors, le schéma MUSCL résultant est TVD.

L’analyse TVD précédente est suffisante pour construire des schémas TVD amont et centré à
limitation de pente. Une autre interprétation du théorème précédent est très utile. On introduit le
limiteur de pente ξi tel que :

∆ i = ξi ∆ i (3.175.)

87
Partie 3 : Méthodes mises en œuvre dans les outils numériques réalisés

avec ∆i donné par :

1 1
∆i = (1 + ω) ∆u i− 1 + (1 − ω) ∆u i+ 1 (3.176.)
2 2 2 2

Cette interprétation mène à une région TVD définie par :

ξ ( r ) = 0 pour r ≤ 0 , 0 ≤ ξ r ≤ min {ξ L ( r ) ,ξ R ( r )} pour r > 0 (3.177.)

où :

2β 1 r
i− 
ξL ( r ) = 2
1 − ω + (1 + ω ) r 

2β 1 r 
i+ 
ξR ( r ) = 2
 (3.178.)
1 − ω + (1 + ω ) r 
∆ 1 
i− 
r= 2

∆ 1 
i+
2 

Un limiteur possible est :

 0, r≤0
ξ (r) =  (3.179.)
min {ξ L ( r ) ,ξ R ( r )} , r>0

Cette fonction est représentée sur la figure ci-dessous :

Figure 40 : Représentation de la fonction associée à un limiteur de flux

Ce limiteur de pente est analogue au limiteur de flux ULTRABEE. Il existe d’autre type de
limiteurs de pente. On citera les limiteurs de type Van-Leer, Albada, MINBEE ou encore
SUPERBEE., …[Euleterio-1997]

3.5.3 Méthodes à limitation de flux

88
Partie 3 : Méthodes mises en œuvre dans les outils numériques réalisés

Une des méthodes permettant de construire des schémas numériques qui présentent le
caractère TVD est l’approche à limitation de flux. Elle nécessite un flux numérique associé à un
schéma numérique d’ordre supérieur à un f HI1 et un flux numérique associé à un schéma
i+
2

monotone c’est à dire d’ordre un f LO1 . On peut définir un flux d’ordre élevé TVD par :
i+
2

 HI LO 
1 =f 1 +φ
f TVD fi+ 1 − fi + 1 
LO
1 (3.180.)
i+ i+ i+
2 2 2  2 2

où φ 1 est une fonction de limitation de flux à déterminer.


i+
2
Il existe de nombreuses fonctions limiteur de flux. On citera ULTRABEE, SUPERBEE, VAN
LEER ou encore MINBEE [Euleterio-2000].

3.6 Prise en compte du second membre

Le traitement numérique du terme source qui est généralement constitué de fonctions


algébriques des inconnues fait encore à l’heure actuelle l’objet de recherches [Garcia-Navaro-
2000]. Ceci est du au fait que la présence du second membre ne permet plus d’assurer le
caractère TVD au schéma numérique utilisé. Les méthodes TVD sont potentiellement
utilisables pour résoudre les équations avec second membre mais nécessitent l’ajout de termes
de viscosité numériques supplémentaires [Euleterio-1997]
La technique que nous avons retenue et qui est décrite dans ce qui suit dans le but de
prendre en compte le terme source apparaissant dans les équations de Barré de Saint-Venant
consiste à décomposer le problème en un problème sans second membre résolu par une
méthode TVD puis à partir de la solution obtenue de résoudre une équation différentielle
ordinaire faisant intervenir le terme source.

Méthode de résolution :

On considère le problème non homogène suivant :

U t + F ( U ) x = G ( U )
 (3.181.)
U ( x, t ) = U
n n

On veut faire évoluer la solution Un du temps t=tn à la solution Un+1 au temps t=tn+1 pour
le pas de temps ∆t = t n +1 − t n . Le schéma de base que l’on peut utiliser consiste à résoudre la
succession de problèmes aux valeurs initiales suivant :

89
Partie 3 : Méthodes mises en œuvre dans les outils numériques réalisés

Système d'équations différentielles partielles U t + F ( U ) x = 0 


( adv )
⇒ U
Conditions initiales U ( x, t ) = U
n n

(3.182.)
d 
Equation différentielle ordinaire U = G ( U ) n +1
dt ⇒ U
Conditions initiales U( )
adv 

Les conditions initiales pour le problème homogène sont les conditions initiales du
problème complet et la solution après un temps ∆t est U(adv) qui peut être vue comme une
solution envisagée. Le second système peut ensuite être résolu pour un temps ∆t et avec la
condition initiale donnée par la résolution du premier système c’est à dire U(adv). La solution
ainsi obtenue peut être vue comme la solution approchée du problème complet.

Si on suppose l’opérateur d’advection A(U) et l’opérateur source S(U) sont comme


suit :

∆t  
A : U (i
adv )
= U in − Fi + 1 − Fi − 1 
∆x  2 2 (3.183.)
S: U in +1 = U (i
adv )
(
+ ∆tG U (i
adv )
)
le schéma complet s’écrit finalement :

∆t  
U in +1 = U in − ( adv )
Fi + 1 − Fi − 1  + ∆tG U i
∆x  2 2
( ) (3.184.)

90
Partie 3 : Méthodes mises en œuvre dans les outils numériques réalisés

4 APPLICATION AU SYSTEME DE BARRE DE SAINT-VENANT


Dans le cadre de la mise au point de notre modèle de collecteurs et déversoirs, nous
avons utilisé quatre méthodes numériques de type Godunov mettant en œuvre le solveur de Roe
et qui possèdent la propriété TVD. Trois d’entre elles sont de type TVD basées sur un
raisonnement à limitation de flux et la dernière d’un raisonnement à limitation de pente.

Ces quatre méthodes numériques se mettent sous la forme :

∆t  % %  %n
U in +1 = U in − Fi + 1 − Fi − 1  + ∆tG i (3.185.)
∆x  2 2

Les flux aux interfaces sont calculés en déterminant les valeurs des quantités présentées
dans la partie 3 § 3.4.1.2 grâce à la technique du solveur de Roe et l’association du terme
source au schéma numérique est réalisée par la méthode décrite dans la partie 3 § 3.6.

Dans ce qui suit, on précise la méthode utilisée pour calculer le terme source et on
détaille les schémas numériques utilisés pour la résolution du système de Barré de Saint-Venant
rappelé ci-dessous :

U t + F(U )x = G (U ) ⇔ U t + J (U )U x = G (U ) (186.)

avec :

A  Q 
U =   , 
F(U ) =  Q 2 
Q  + gI1 
 A 

4.1 Traitement du terme source

On expose dans ce qui suit la manière dont le terme source, dont on rappelle l’expression,
est intégré au schéma numérique :

 Qdev 
G=   (3.187.)
 gI 2 + gA ( S0 − Sf ) + QQdev 
 A 

Avec :

Q2 n 2
Sf = 4
: Relation de Manning-Strickler ;
A2R h 3
h
I1 = ∫ (h − η)Bdη : Terme de pression hydrostatique ;
0
h
∂B ∂I
I2 = ∫ ( h − η) dη = 1 : Terme de pression latérale ;
0
∂x ∂x

91
Partie 3 : Méthodes mises en œuvre dans les outils numériques réalisés

dQ 1− W   3(1 − y)  
1/2

Qdev = = −0.6n*c w gH (y − W) ×
3 3/2
× 1 − θ    variation de débit du
dx 3 − 2y − W   y−W  
 
au déversement.

La valeur du terme source dans une cellule de calcul G % n est approchée par une
i
moyenne arithmétique des valeurs obtenues en utilisant les solutions des deux problèmes de
% n et G
Riemann (i-1, i) et (i, i+1) c’est à dire. G % n . Ces valeurs sont calculées en faisant
i+ 1 i− 1
2 2

intervenir les valeurs moyenne de la section mouillée, de la vitesse u% et de la largeur du canal


%.
B

On prend une valeur exacte pour la pente S0.

et en supposant que le canal soit localement rectangulaire le terme source est approché par :



%
Q %
( %
dev A i ± 1 , Bi ± 1 , u i ± 1
2 2
%
2
) 

 
%n
G = %
( ) (3.188.)
))
% %
(
QQ 
( ) (
dev A i ± 1 , Bi ± 1 , u i ± 1
i± 1 %
2
% % % %
 gI2 A i ± 1 , Bi ± 1 + gA i ± 1 S0 − Sf A i ± 1 , Bi ± 1 +
% % % 2 2 2

 2 2 2 2 2 A % 
 i± 1
2 

où :
%
A = A i A i +1 (3.189.)
i+ 1
2

B% n = Bi + Bi +1 (3.190.)
i+ 1
2 2
Q A i + Qi +1 A i +1
u% i + 1 = i (3.191.)
2 A i +1 + A i

4.2 Flux aux interfaces

Les flux aux interfaces obtenus par application de la méthode du solveur de Roe (Partie 3 §
3.4.1.2) sont modifiés par l’ajout d’un terme correctif introduit dans le vecteur D. L’expression
du flux est donc :

1 % % 
F% 1 = Fi + Fi ±1 + R i ± 1 Di ± 1  (3.192.)

2 2 2 2

où R représente la matrice des vecteurs propres et D le vecteur correctif qui dépend de la


méthode numérique mise en œuvre dans le but de résoudre le système de Barré de Saint-
Venant.
Les termes correctifs que nous avons testés sont décrits dans le paragraphe suivant.

92
Partie 3 : Méthodes mises en œuvre dans les outils numériques réalisés

4.3 Méthodes développées

4.3.1 Méthode symmetric

Les éléments du vecteur Di+1/2 sont :

d ik+1/2 = −λ ( a% ik+1/2 ) Lki +1/2 − ψ ( a% ik+1/2 )  αik+1/2 − Lki +1/2 


2
pour k={1, 2} (3.193.)

La fonction ψ est la correction d’entropie pour les valeurs propres a ik+1/2 et de la forme :

 a si a ≥ δ
ψ (a ) =  2 2 (3.194.)
( a + δ ) /2δ si a <δ

où δ est un petit nombre positif que l’on prend ainsi [Harten et Hyman-1983] :

δi +1/2 = max [ 0,a% i +1/2 − a i ,a i +1 − a% i +1/2 ] ,


(3.195.)
δi −1/2 = max [ 0,a% i −1/2 − a i −1 ,a i − a% i −1/2 ].

La fonction limiteur de flux Lki±1/ 2 contrôle les termes de second ordre de façon à ce qu’un
résultat lisse et non oscillant soit garanti même en présence de discontinuités :

Lki +1/2 = minmod(αik−1/2 ,αik+1/2 ) + minmod(α ik+1/2 ,αik+3/2 ) − αik+1/2 (3.196.)

où :

min mod(x, y) = sgn(x) max[0, min( x , y.sgn(x))] (3.197.)

4.3.2 Méthode amont (Upwind)

Cette méthode a initialement été développée par Harten [Harten-1984].

Les éléments de Di+1/2 sont :

d ik+1/ 2 = σ ( a% ik+1/ 2 )( Lki +1 + Lki ) − ψ ( a% ik+1/ 2 + γ ik+1/ 2 ) α ik+1/ 2 pour k={1, 2} (3.198.)

Avec :

σ(a) = 1/ 2(ψ (a) − λa 2 ) (3.199.)


et :
σ(a% ik+1/ 2 )(Lki +1 − Lki ) / αik+1/ 2 si α ik+1/ 2 ≠ 0
γ k
i +1/ 2 = (3.200.)
0 si α ik+1/ 2 = 0

93
Partie 3 : Méthodes mises en œuvre dans les outils numériques réalisés

La fonction limiteur de flux peut être exprimée de la façon suivante :

Lki = min mod(α ik+1/ 2 , αik−1/ 2 ) (3.201.)

4.3.3 Schéma prédicteur-correcteur (T.V.D Mac Cormack)

Le schéma est basé sur la procédure en deux étapes de Mc Cormack.

Nous écrirons le schéma sous la forme proposée par Garcia-Navarro [Garcia-Navarro and
Alcrudo-1992] :

Etape prédictrice: Ui(1) = Uin − λ (Fin+1 − Fin ) + (∆t)G in


(3.202.)
Etape correctrice: Ui(2) = Uin − λ (Fi(1) − Fi(1)
−1 ) + ( ∆t)G i
(1)

La solution pour le pas de temps suivant est :

1 λ
U in +1 = (U i(1) + U i(2) ) + [R i +1/ 2 Di +1/ 2 − R i −1/ 2 Di −1/ 2 ] (3.203.)
2 2

Où les éléments de Di+1/2 sont définis par :

(d ik+1/ 2 ) PC = ψ(a% ik+1/ 2 )[1 − λ a% ik+1/ 2 ][1 − Lki +1/ 2 ]α ik+1/ 2 pour k={1, 2} (3.204.)

On utilise ici pour limiteur :

Lki +1/ 2 = max(0, min(1, rik+1/ 2 )) (3.205.)

où :

α ik+12 −s
rik+1/ 2 = et s = sgn(a ik+1/ 2 ) (3.206.)
α ik+1/ 2

R i +1/ 2 et Di +1/ 2 peuvent être évalués en U n ou en U (2) , nous avons choisi d’utiliser les valeurs
de U (2) .

4.3.4 Schéma MUSCL

La formule d’interpolation MUSCL, présentée par Van Leer, fournit une famille de
schémas paramétrés du second ordre et un du troisième ordre. Plutôt qu’un limiteur de flux,
l’approche plus géométrique suggère un limiteur de pente qui limite les fluctuations des
variables dépendantes.

Dans les cellules de calcul, les valeurs ne sont plus constantes. On introduit une pente
sur la valeur du vecteur écoulement. On remplace les arguments U i +1 et U i du flux numérique
par U iR+1 et U iL+1 où les arguments U R et U L sont calculés ainsi :
94
Partie 3 : Méthodes mises en œuvre dans les outils numériques réalisés

1
U iL+1/ 2 = U i + [(1 − m)∆ i+−1/ 2 + (1 + m)∆ i−+1/ 2 ] (3.207.)
4
1
U iR+1/ 2 = U i +1 − [(1 − m)∆ i−−3/ 2 + (1 + m)∆ i++1/ 2 ] (3.208.)
4

où :

∆ i−+1/ 2 = min mod(∆ i +1/ 2 U, β∆ i −1/ 2 U)


(3.209.)
∆ i++1/ 2 = min mod(∆ i +1/ 2 U, β∆ i +3/ 2 U)

et β est le paramètre de compression dont la valeur est en général dans l’intervalle :

3− m
1≤ β ≤ avec m ≠1 (3.210.)
1− m

1
La précision en espace est déterminée par la valeur de m, ici on pose m = et on obtient une
3
précision du troisième ordre.

Le flux numérique du second ordre peut être exprimé par :


F%i +1/ 2 = 12 [F(U iR+1/ 2 ) + F(U iL+1/ 2 ) + Rˆ i +1/ 2 D
ˆ
i +1/ 2 ] (3.211.)

où les éléments de D̂i +1/ 2 sont définis par :


ˆ
D i +1/ 2 = −ψ (a i +1 )α i +1/ 2
ˆk ˆ k pour k = {1, 2} (3.212.)

Ici â ik+1 , R̂ i +1/ 2 et αˆ ik+1/ 2 sont évalués comme avant, mais les arguments U i +1 et U i ont été
remplacés respectivement par U iR+1/ 2 et U iL+1/ 2 .

Ce sont ces méthodes numériques et en particulier la méthode amont que nous avons
utilisé pour la construction de nos modèles d’écoulements en collecteurs et déversoirs.

5 CONCLUSION
Dans cette partie de la thèse nous avons mis en évidence les limites des méthodes
numériques classiques comme celles des caractéristiques et des différences finies dans le but de
résoudre les équations de Barré de Saint-Venant appliquées au domaine de l’assainissement.
Ensuite, nous avons décrit une classe de méthodes numériques (méthodes à capture de chocs de
type TVD) qui permettent de résoudre des systèmes d’équations hyperboliques pouvant faire
apparaître des discontinuités comme c’est le cas des équations de Barré de Saint-Venant. Pour
finir, nous avons décrit, les méthodes effectivement mises en œuvre dans les modèles
numériques réalisés.

95
Partie 4 : Validation des outils numériques réalisés

PARTIE 4

VALIDATION
DES
OUTILS DE CALCULS
REALISES

96
Partie 4 : Validation des outils numériques réalisés

1 INTRODUCTION
Dans cette partie de la thèse on a pour objectif, dans un premier temps de présenter les
modèles d’écoulements que nous avons construit mais également de montrer l’aptitude des
ces logiciels à reproduire les débits et hauteurs d’eau mesurés sur plusieurs dispositifs
expérimentaux. Ces dispositifs sont un canal de travaux pratiques, un banc d’essai physique
de déversoir et pour finir un Venturi.
Les hauteurs d’eau ont été mesurées par un dispositif caméra permettant d’obtenir une
vision 3D de la surface libre et les débits par l’association d’un capteur ultrason et d’un
Venturi. Dans d’autres cas, les hauteurs d’eau ont été mesurées par limnimétrie.
Dans un deuxième temps, on expose dans ce chapitre les résultats expérimentaux et
numériques obtenus dans le cadre de trois campagnes de mesures qui ont été menées :
• Validation des modèles de collecteurs programmés à l’aide de 4 méthodes numériques
différente grâce à un canal de TP. Les résultats nous ont permis de choisir l’un de ces
modèles pour la suite du développement.
• Validation de la prise en compte du changement de section par les modèles grâce à un
Venturi.
• Validation du modèle de déversoir grâce au banc d’essai physique de déversoir.

97
Partie 4 : Validation des outils numériques réalisés

2 PRESENTATION DES LOGICIELS REALISES


2.1 Structure générale

De manière simplifiée, les valeurs de la hauteur d’eau et du débit qui transitent dans un
système de canaux et collecteurs sont obtenues par l’intermédiaire des relations décrites dans
les chapitres précédents. Tous ces modèles peuvent être scindés en deux strates :

• Définition de la géométrie du problème


• Numérisation du problème

De manière générale, ces outils de calcul que nous avons réalisé ont tous une structure
qui peut être représentée de la manière suivante :

TRONCON

HYDRO. COND. INI. COND. LIM

AF. COND. LIM

CALC. CEL. CALC. INTERF

CALC. TRON.

GRAPHIQUE

Modules exécutés uniquement au lancement.


Modules exécutés à chaque pas de temps.

Figure 41 : Structure générale des logiciels réalisés

Le module TRONCON permet de donner les caractéristiques géométriques des canaux et


déversoirs à modéliser. Ces collecteurs et déversoirs sont connectés « en série ».

Le module HYDRO a pour but de fixer l’hydrogramme d’entrée dans le système. Ce débit
peut être constant (temps sec) ou fortement variable (temps de pluie). De manière générale,
dans le cadre d’une application aux réseaux d’assainissement, les hydrogrammes mettent en
évidence des pics de débit qui peuvent avoir de graves conséquences (débordements du
réseaux, inondations

98
Partie 4 : Validation des outils numériques réalisés

Le module COND. INI. permet d’appliquer une hauteur d’eau dans le canal au temps initial.
La valeur de la hauteur d’eau dans un tronçon peut être imposée ou fixée à la hauteur
normale.

Le module COND. LIM. permet de fixer les conditions aux limites du système. C’est le point
le plus délicat de la mise en œuvre du modèle. Celles-ci sont décrites dans le paragraphe 2.3
de ce chapitre.

Le module AF. COND. LIM. permet d’affecter les valeurs des conditions aux limites aux
cellules des deux tronçons fictifs. En effet, ces valeurs sont recalculées à chaque pas de temps.
Dans le cas d’une hauteur normale ou critique, on applique cette valeur calculée au pas de
temps suivant. Dans le cas d’une hauteur imposée on analyse la possibilité, en fonction du
point de contrôle, de l’apparition d’un ressaut hydraulique.

Dans le module CALC. CEL, sont déterminées les valeurs constantes par morceau dans les
cellules de calcul. Il s’agit de la pression hydrostatique, de la largeur au miroir, des
composantes du vecteur flux et des valeurs propres de la matrice jacobienne. (cf. partie 2). La
définition de ces valeurs doit tenir compte du problème étudié. La géométrie du problème, en
particulier la pente et la nature du terrain, définissent ces valeurs et permettent la
modélisation du problème.

Dans le module CALC INTERF, les valeurs de toutes les quantités nécessaires au calcul des
flux aux interfaces ainsi que le vecteur source sont calculées.

Dans le module CALC TRON, sont évaluées les valeurs du vecteur écoulement au pas de
temps t+1 puis représentées graphiquement par le module GRAPHIQUE.

2.2 Calcul des valeurs des variables nécessaires aux modèles

Les valeurs de hauteurs normales et critiques mais également les relations liant section
mouillée et hauteur d’eau, rayon hydraulique et hauteur d’eau, largeur au miroir et hauteur
d’eau et leurs inverses ne peuvent pas dans la plupart des cas être obtenues de manière directe.
Par exemple, dans le cas de la hauteur normale, celle-ci est obtenue grâce à la relation de
Manning-Strickler. Pour résoudre cette relation afin d’obtenir la hauteur normale il faut
utiliser un solveur. Or l’utilisation de solveurs coûte cher en temps de calcul. D’autres
exemples sont ceux des canaux circulaires ou ovoïdes pour lesquels on ne dispose pas de
relation directe liant rayon hydraulique et hauteur d’eau ou encore largeur au miroir et hauteur
d’eau.
C’est pourquoi, nous avons calé des polynômes permettant d’obtenir directement ces
valeurs : hn=f(Q) ou Rh=f(h) ou h=f(S), …
Les polynômes qui ont été utilisés dans les logiciels que nous avons réalisés sont
regroupés dans l’annexe 4.

2.3 Conditions initiales et aux limites

2.3.1 Conditions initiales

Les conditions initiales correspondent à une hauteur d’eau imposée dans toutes les
cellules de calculs de tous les tronçons du système modélisé. On peut choisir entre la hauteur
normale et une hauteur d’eau imposée dans chaque tronçon.
99
Partie 4 : Validation des outils numériques réalisés

Dans le domaine de l’assainissement, le problème du fond sec est en général rencontré à


l’aval de tous les seuils et en particulier dans les conduites de décharges des déversoirs
d’orages. Ce problème est à l’origine des principaux problèmes de stabilité des modèles basés
sur la résolution des équations de Barré de Saint-Venant. L’une des méthodes utilisée pour
limiter ce problème consiste en l’utilisation de la fente inférieure (cf. Partie 2 § 3.3).
Toutefois, le problème du fond sec n’est pas pris en compte par notre modèle car nous
n’avons pas tenu compte des conduites de décharges des déversoirs et une hauteur d’eau
imposée ne doit pas être prise trop petite.

2.3.2 Conditions aux limites

2.3.2.1 Introduction

Les conditions aux limites sont affectées à deux tronçons dits « fictifs » constitués de
deux cellules de calculs qui sont situés à l’amont et à l’aval du système de collecteurs et
déversoirs « réels » connectés en série. Ces tronçons fictifs sont nécessaires au logiciel car le
schéma numérique mis en œuvre est un schéma à 5 points. Il nécessite donc la donnée des
valeurs contenues dans deux cellules de calcul à l’amont et à l’aval de la cellule dans laquelle
on veut obtenir la hauteur d’eau et le débit. Ainsi, pour le calcul des variables dans la
première cellule du premier tronçon réel on aura besoin des valeurs contenues dans les deux
cellules du tronçon fictif amont. De même, pour le calcul des variables dans la dernière cellule
du dernier tronçon réel, on aura besoin des valeurs contenues dans le tronçon fictif aval. Ceci
est illustré par la figure suivante.

Tronçon Tronçon
Tronçon réel 1 Tronçon réel n
fictif amont fictif aval

Figure 42 : Schématisation des cellules de calcul du système de collecteurs réels et des


tronçons fictifs.

On donne le choix à l’utilisateur de fixer les conditions aux limites amont et aval du
système de collecteurs. Les valeurs applicables sont les suivantes :

• Hauteur normale (hn)


• Hauteur critique (hc)
• Hauteur imposée (himp)

Dans le cas de l’application d’une hauteur imposée, celle-ci peut être de plusieurs types.
Elle peut être constante et représentera une hauteur d’eau invariable comme dans le cas d’un
bassin ou d’un plan d’eau. Elle peut également représenter une hauteur de seuil ou la hauteur
d’ouverture d’une vanne. Dans ce cas, la présence de ces ouvrages a été intégrée au logiciel
grâce à des lois de seuil et de vannes. Ces lois de seuil et de vannes ont été utilisées dans la
phase de validation du logiciel sur un canal expérimental. Pour faire apparaître les divers
types de courbes de remous et les ressauts hydrauliques, nous avons parfois mis en place une
vanne rectangulaire à l’amont du canal et un seuil à l’aval.

100
Partie 4 : Validation des outils numériques réalisés

Q, géom.

hn hc himp

Figure 43 : Conditions aux limites applicables aux extrémités des tronçons

Nous avons imaginé une méthode de gestion des conditions aux limites adaptées à la
physique du problème considéré. Nous n’avons pas utilisé les conditions aux limites de type
Neuman ou Dirichlet de manière classique. Les conditions utilisées peuvent plutôt être
qualifiées de « mixtes ». Nous avons mis en œuvre une méthode d’analyse de l’applicabilité
ou non d’une condition à la limite amont ou aval qui est fonction des conditions hydrauliques
dans les canaux et collecteurs.
En effet, avant d’affecter les valeurs données par l’utilisateur aux tronçons fictifs amont
et aval, on teste si ces conditions sont applicables en fonction des conditions hydrauliques de
l’écoulement. Par conditions hydrauliques, on entend les valeurs des hauteurs normales et
critiques et ainsi de la présence ou non d’un point de contrôle au niveau de la limite
considérée. De plus, dans le cas d’une hauteur d’eau imposée invariable, on teste si celle-ci
est de nature à donner naissance à un ressaut hydraulique.

Si cette analyse permet d’affirmer que la condition à la limite est applicable, dans ce cas
la valeur est affectée aux cellules du tronçon fictif. C’est dans ce cas une condition de type
Dirichlet.
Si cette condition n’est pas applicable c’est à dire qu’au niveau hydraulique le point de
contrôle ne se situe pas en l’extrémité considérée du domaine de calcul alors une progression
linéaire entre les cellules du tronçon fictif et la valeur contenue dans la cellule du tronçon réel
la plus proche est calculée. Cette progression linéaire qui constitue une condition à la limite
de type Neuman est calculée à partir de la valeur contenue dans la cellule de calcul du tronçon
réel.
Cette méthode de gestion des conditions aux limites est nécessaire car on travaille en
régime transitoire. Ainsi, une condition à la limite qui était applicable à une extrémité du
domaine à un instant donné peut ne plus l’être au pas de temps suivant.

101
Partie 4 : Validation des outils numériques réalisés

2.3.2.2 Conditions à l’extrémité amont

2.3.2.2.1 Hauteur normale

hn

Oui hn>hc Non

Linéarisation hn
Figure 44 : Choix de la hauteur normale pour condition à la limite amont

Si l’on veut appliquer la hauteur normale comme condition à la limite amont, on teste
si le canal est à pente forte ou à pente faible c’est à dire si la pente critique est supérieure ou
inférieure à la pente du canal ou encore si la hauteur normale est respectivement inférieure ou
supérieure à la hauteur critique.
Si le canal est caractérisé par une pente faible, le régime d’écoulement sera fluvial s’il
n’est pas perturbé. En conséquence, le point de contrôle est à l’aval et la hauteur normale ne
peut être appliquée à l’amont et on effectue une linéarisation entre les deux cellules du
tronçon fictif amont et la première cellule du premier tronçon réel.
Si le canal est à pente forte, le régime d’écoulement est à priori torrentiel et le point de
contrôle est à l’amont. En conséquence, la hauteur normale peut être appliquée en ce point.

2.3.2.2.2 Hauteur critique

Soit h la hauteur d’eau dans la première cellule du premier tronçon réel.

hc

Oui h>hc
Non

Linéarisation hc
Figure 45 : Choix de la hauteur critique pour condition à la limite amont

102
Partie 4 : Validation des outils numériques réalisés

Si on veut appliquer la hauteur critique, il faut comparer la hauteur d’eau dans la


première cellule du tronçon réel à la valeur de la hauteur critique calculée à partir des données
contenues dans la deuxième cellule du tronçon fictif amont.
Si la hauteur d’eau est supérieure à la hauteur critique, cela signifie que l’on est en
régime fluvial et en conséquence que le point de contrôle est à l’aval. La condition ne peut
donc pas être appliquée en ce point. Ainsi, on applique une linéarisation entre les deux
cellules du tronçon fictif amont et la première cellule du tronçon réel.
Dans le cas contraire, on est en régime torrentiel. En conséquence, le point de contrôle
est à l’amont. Ainsi, la condition hauteur critique peut être appliquée.

2.3.2.2.3 Hauteur imposée

himp

Oui Non
h>hc

Oui Non Oui Non


himp>hconj himp>hc

Linéarisation himp hc himp

Figure 46 : Choix d’une hauteur imposée pour condition à la limite amont


Si on veut appliquer une hauteur imposée, on commence par comparer la hauteur
d’eau dans la première cellule du tronçon réel avec la hauteur critique.
Si la hauteur d’eau est plus grande que la hauteur critique, on est en régime fluvial.
Cela signifie qu’un ressaut hydraulique pourra éventuellement apparaître à l’amont. Celui-ci
pourra apparaître seulement dans le cas où la hauteur imposée sera inférieure à la hauteur
d’eau à l’amont du ressaut hydraulique. Cette hauteur d’eau à l’amont du ressaut est obtenue
par calcul de la hauteur conjuguée obtenue à partir de la valeur de la hauteur d’eau dans la
première cellule du tronçon réel (Notée h sur la figure précédente).
Si la hauteur d’eau est inférieure à la hauteur critique, on est en régime torrentiel. Dans
ce cas, si la hauteur d’eau imposée est inférieure à la hauteur critique, on pourra appliquer la
valeur imposée puisque l’on restera en torrentiel et que le point de contrôle sera à l’amont.
Dans le cas contraire on ferait repasser l’écoulement en régime fluvial et le point de contrôle
se situerait à l’aval. En conséquence, on ne peut pas appliquer cette condition et on impose la
hauteur critique qui constitue la valeur maximale que l’on peut imposer en ce point.

103
Partie 4 : Validation des outils numériques réalisés

2.3.2.3 Conditions à l’extrémité aval

2.3.2.3.1 Hauteur normale

hn

Oui hn<hc Non

Linéarisation hn
Figure 47 : Choix de la hauteur normale pour condition à la limite aval

Si l’on veut appliquer la hauteur normale comme condition à la limite aval, on teste si
le canal est à pente forte ou à pente faible.
Si le canal est caractérisé par une pente faible, le régime d’écoulement sera fluvial s’il
n’est pas perturbé. En conséquence, le point de contrôle est à l’aval et la hauteur normale peut
être appliquée en ce point.
Si le canal est à pente forte, le régime d’écoulement est a priori torrentiel et le point de
contrôle est à l’amont. En conséquence, la hauteur normale ne peut pas être appliquée en ce
point et on effectue une linéarisation entre les deux cellules du tronçon fictif aval et la
dernière cellule du premier tronçon réel.

2.3.2.3.2 Hauteur critique

Soit h la hauteur d’eau dans la dernière cellule du dernier tronçon réel.

hc

Oui h<hc Non

Linéarisation hc
Figure 48 : Choix de la hauteur critique pour condition à la limite aval

104
Partie 4 : Validation des outils numériques réalisés

Si on veut appliquer la hauteur critique, il faut comparer la hauteur d’eau dans la


dernière cellule du tronçon réel à la valeur de la hauteur critique calculée à partir des données
contenues dans la première cellule du tronçon fictif aval.
Si la hauteur d’eau est inférieure à la hauteur critique, cela signifie que l’on est en
régime torrentiel et en conséquence que le point de contrôle est à l’amont. La condition ne
peut donc pas être appliquée en ce point. Ainsi, on applique une linéarisation entre les deux
cellules du tronçon fictif aval et la dernière cellule du tronçon réel.
Dans le cas contraire, on est en régime fluvial. En conséquence, le point de contrôle
est à l’aval. Ainsi, la condition hauteur critique peut être appliquée.

2.3.2.3.3 Hauteur imposée

himp

Oui Non
h<hc

Oui Non Oui Non


himp<hconj himp<hc

Linéarisation himp hc himp

Figure 49 : Choix d’une hauteur imposée pour condition à la limite aval

Si on veut appliquer une hauteur imposée, on commence par comparer la hauteur


d’eau dans la dernière cellule du tronçon réel avec la hauteur critique.
Si la hauteur d’eau est plus petite que la hauteur critique, on est en régime torrentiel.
Cela signifie qu’un ressaut hydraulique pourra éventuellement apparaître à l’aval. Celui-ci
pourra apparaître seulement dans le cas où la hauteur imposée sera supérieure à la hauteur
d’eau à l’aval du ressaut hydraulique. Cette hauteur d’eau à l’aval du ressaut est obtenue par
calcul de la hauteur conjuguée obtenue à partir de la valeur de la hauteur d’eau dans la
dernière cellule du tronçon réel (h).
Si la hauteur d’eau est supérieure à la hauteur critique, on est en régime fluvial. Dans
ce cas, si la hauteur d’eau imposée est inférieure à la hauteur critique, on appliquera la hauteur
critique puisque l’on restera en torrentiel et que le point de contrôle sera à l’amont. Dans le
cas contraire on fait repasser l’écoulement en régime fluvial et le point de contrôle se situe à
l’aval. En conséquence, on peut appliquer cette condition et on impose la hauteur d’eau
imposée.

On peut illustrer l’application de ces conditions aux limites grâce au logiciel nommé
hsl qui permet de reproduire les courbes de remous susceptibles d’apparaître dans un unique
canal rectangulaire en écoulement à surface libre. Le logiciel est présenté dans l’annexe 5
avec quelques exemples.

105
Partie 4 : Validation des outils numériques réalisés

3 CALAGE DES MODELES


L’avantage des modèles qui ont été conçus au laboratoire SHU est que ceux-ci ne font
intervenir que très peu de paramètres de calage.
On en citera deux qui sont les coefficients de Strickler et le coefficient de débit qui
intervient dans la loi permettant d’évaluer le débit déversé par l’intermédiaire du déversoir
d’orage. En fonction de données expérimentales ces paramètres peuvent être modifiés de telle
sorte que les résultats numériques soient les plus proches possibles des résultats
expérimentaux. Ainsi, ces paramètres ayant été calé pour une situation, ils ne sont plus
modifiés pour d’autres tests dans la même configuration de canaux et déversoirs.
Dans le cas de l’application de conditions aux limites particulières telles lois de vanne ou
de seuil les coefficients de débit ou de contraction intervenant dans celles-ci peuvent
également être calés pour obtenir les résultats les plus proches possibles de l’expérimentation.
En général, nous avons utilisé les valeurs standards, trouvées dans la littérature, pour ces
coefficients.

106
Partie 4 : Validation des outils numériques réalisés

4 VALIDATION POUR LES COLLECTEURS


4.1 Dispositif expérimental

Le canal expérimental est constitué d’un canal rectangulaire en un bloc de largeur


7,5cm, de longueur 6m et dont on peut faire varier la pente. L’eau coule en circuit fermé et le
débit d’entrée variable est assuré par une pompe. Au bout du canal, l’eau se déverse dans un
bac situé plus bas ; nous aurons donc à tenir compte d’une chute en fin de parcours, cela
signifie que la hauteur d’eau au niveau de la chute va passer par la hauteur critique dans le cas
où le canal est à pente faible.

Figure 50 : Vue du canal expérimental d’Obernai

4.2 Tests réalisés

Dans le but de valider les schémas numériques programmés nous avons tenté de
reproduire différentes courbes de remous sur un canal de travaux pratiques.
En faisant varier débit, pente, en posant ou ne posant pas des vannes à l’entrée et des
vannes ou des seuils à la sortie, nous avons obtenu différentes courbes de remous appelées S1,
S3, M1, M2, M3 (décrites plus haut ), ainsi que différents ressauts. Seule la courbe de remous
de type S2 n’a pas pu être reproduites en raison de la proximité des valeurs des hauteurs
normale et critique dans le cas du canal utilisé.
De plus, nous avons placé selon les cas, pour se mettre dans des conditions propices à
l’apparition d’une courbe de remous donnée, une vanne à 25cm de l’amont et/ou un seuil à
l’aval. Au niveau numérique, la présence du seuil et/ou de la vanne a été traduite par
l’application de conditions aux limites obtenues grâce à une loi de vanne à l’amont et une loi
de seuil à l’aval.
Nous avons comparé, après stabilisation, les hauteurs réelles avec celles calculées par
les différentes méthodes, et la position de l’éventuel ressaut hydraulique. Nous avons
également comparé les temps de propagation des ressauts réels et calculés.

107
Partie 4 : Validation des outils numériques réalisés

4.3 Erreur

De nombreuses sources d’erreur dans les estimations des valeurs expérimentales


relevées sont à signaler :

- L’aiguille du débitmètre oscillant beaucoup, nous avons estimé le débit fourni par la
pompe à l’aide d’un seau et d’un chronomètre ; des erreurs de l’ordre de 10% de la valeur
mesurée sont donc possibles.
- Les pentes considérées étant parfois très faibles, et leur obtention quelque peu délicate,
l’erreur sur la pente mesurée n’est peut-être pas négligeable.
- Les seuils et les vannes n’étant pas tout à fait étanches, des différences entre la distance
théorique du ressaut de l’entrée du canal, et celle effectivement observée sont constatées.
- Une erreur d’estimation des coefficients intervenant dans les lois de seuil et de vannes est
possible. Concernant la loi de seuil, le coefficient de débit a été calé par rapport aux
résultats expérimentaux.
- Des oscillations verticales de la surface libre dues à la présence du ressaut.

Ces sources d’erreurs que nous avons limités le plus possible nous on conduit à
considérer qu’un écart de ± 2mm par rapport à la valeur lue était représentatif de la réalité.

4.4 Résultats obtenus et choix d’une méthode numérique

4.4.1 Validation des schémas numériques pour le régime non uniforme permanent

Les tableaux regroupant les valeurs de hauteur d’eau obtenues par les quatre méthodes
numériques et expérimentalement pour les cas envisagés dans ce paragraphe sont réunis dans
l’annexe 6. Les quatre logiciels utilisés pour cette phase de validation étaient du même type
que celui présenté en annexe 5 programmé à l’aide de la méthode upwind mais trois autres
programmés à l’aide des méthodes symmetric, MUSCL et Mac-Cormack. Pour obtenir les
résultats exposés dans les paragraphes suivants, les nombres de Courant que nous avons
utilisé étaient de 1 pour les méthodes upwind, symmetric et MUSCL et de 0.1 pour la
méthode Mac-Cormack en raison de sa tendance à l’oscillation.

4.4.1.1 Courbe S1

4.4.1.1.1 Description de l’expérience

Cette courbe apparaît dans le cas d’un canal à pente forte lorsque l’on franchit la
hauteur critique pour passer en régime fluvial. En particulier, on voit apparaître une telle
courbe à l’aval d’un ressaut hydraulique présent dans un canal à pente forte. C’est ce que nous
avons fait expérimentalement en essayant de repousser le ressaut vers l’amont en réglant la
vanne et le seuil. Les conditions expérimentales sont regroupées dans le tableau suivant :

108
Partie 4 : Validation des outils numériques réalisés

Courbe S1
Longueur (m) Largeur (m) Strickler Débit (m3/h) Pente (m/m)

5.75 0.075 130 8.16 0.01

Remarques
On impose une condition à la limite aval grâce à un seuil de 5 cm et une condition à la limite amont grâce
à une vanne de 3,5 cm placée à 0,25 m.

Tableau 4 : Configuration utilisée pour la courbe S1

4.4.1.1.2 Résultats

La figure suivante représente les valeurs lues avec et sans les erreurs ainsi que les
valeurs calculées par les 4 schémas numériques.

Courbe de remous
+ Valeur expérimentale.
0.12
+ Valeur expérimentale avec
erreur ajoutée ou retranchée.
0.1

0.08
Hauteur Méthode Mac Cormack
d’eau (m)
0.06
Méthode Symmetric

Méthode upwind
0.04
Méthode MUSCL

0.02

0
0 1 2 3 4 5 6
Position (m)

Figure 51 : Lignes d’eau obtenues numériquement et expérimentalement pour la courbe


S1
Les méthodes upwind et MUSCL donnent les valeurs les plus proches des valeurs
expérimentales tandis que la méthode symmetric est la plus éloignée de l’expérience. La
méthode Mac-Cormack montre une tendance à l’oscillation.

109
Partie 4 : Validation des outils numériques réalisés

Expérimentalement, le ressaut réel se fixe à environ 2m de l’amont.


Pour les simulations on obtient :

- Upwind : 2,25m
- MUSCL : 2 ,25m
- Symmetric : 1,5m
- McCormack : 1,75m

4.4.1.2 Courbe S3

4.4.1.2.1 Description de l’expérience

Cette courbe apparaît dans le cas d’un canal à pente forte lorsque l’on se situe en-
dessous de la hauteur normale. Au niveau expérimental, nous avons forcé la hauteur d’eau à
se situer en dessous de la hauteur normale grâce à une vanne placée à l’amont du canal. Les
données expérimentales sont regroupées dans le tableau suivant :

Courbe S3
3
Longueur (m) Largeur (m) Strickler Débit (m /h) Pente (m/m)

5.75 0.075 130 2.75 0.01

Remarques
On impose une condition à la limite amont grâce à une vanne de 1 cm placée à 0,25 m.

Tableau 5 : Configuration utilisée pour la courbe S3

4.4.1.2.2 Résultats

La figure suivante représente les valeurs lues avec et sans les erreurs ainsi que les
valeurs calculées par les 4 schémas numériques.

110
Partie 4 : Validation des outils numériques réalisés

Courbe de remous
0.02 + Valeur expérimentale.

0.018 + Valeur expérimentale avec


erreur ajoutée ou retranchée.
0.016

0.014

0.012
Hauteur Méthode Mac Cormack
0.01
d’eau (m)
Méthode Symmetric
0.008
Méthode upwind
0.006 Méthode MUSCL

0.004

0.002

0
0 1 2 3 4 5 6
Position (m)
Figure 52 : Lignes d’eau obtenues numériquement et expérimentalement pour la courbe S3

Les quatre schémas numériques produisent des résultats satisfaisants pour la courbe
S3. Néanmoins, on note une nouvelle fois que le schéma Mac-Cormack montre une tendance
à l’oscillation.

4.4.1.3 Courbe M1

4.4.1.3.1 Description de l’expérience

Cette courbe apparaît dans le cas d’un canal à pente faible lorsque l’on se situe au-
dessus de la hauteur normale. Au niveau expérimental, nous avons forcé la hauteur d’eau à se
situer au-dessus de la hauteur normale grâce à un seuil placé à l’aval du canal. Les données
expérimentales sont regroupées dans le tableau suivant :

Courbe M1
3
Longueur (m) Largeur (m) Strickler Débit (m /h) Pente (m/m)

6 0.075 130 3.13 0.003

Remarques
On impose une condition à la limite aval grâce à un seuil de 11 cm placée en bout de canal.

Tableau 6 : Configuration utilisée pour la courbe M1

111
Partie 4 : Validation des outils numériques réalisés

4.4.1.3.2 Résultats
La figure suivante représente les valeurs lues avec et sans les erreurs ainsi que les valeurs
calculées par les 4 schémas numériques.
Courbe de remous
0.16
+ Valeur expérimentale.

+ Valeur expérimentale avec


0.15 erreur ajoutée ou retranchée.

0.14

Hauteur
d’eau(m) 0.13
Méthode Mac Cormack
0.12 Méthode Symmetic

Méthode upwind
0.11 Méthode MUSCL

0.1
0 1 2 3 4 5 6
Position (m)

Figure 53 : Lignes d’eau obtenues numériquement et expérimentalement pour la courbe


M1
Les méthodes upwind et MUSCL produisent comme dans le cas de la courbe S1 les
valeurs les plus proches des valeurs expérimentales tandis que les méthodes symmetric et
Mac-Cormack sont plus éloignées des valeurs attendues.

4.4.1.4 Courbe M2

4.4.1.4.1 Description de l’expérience

Cette courbe apparaît dans le cas d’un canal à pente faible lorsque l’on se situe entre
les hauteurs normale et critique. En particulier, elle apparaît à l’aval d’un ressaut hydraulique
avec en bout de canal une chute brusque. Ce sont ces conditions que l’on a reproduit au
niveau expérimental.

Les données expérimentales sont regroupées dans le tableau suivant :

112
Partie 4 : Validation des outils numériques réalisés

Courbe M2
Longueur (m) Largeur (m) Strickler Débit (m3/h) Pente (m/m)

5.75 0.075 130 5.7 0.001

Remarques
On impose une condition à la limite amont grâce à une vanne de 2 cm à 0,25 m de l'amont du canal.

Tableau 7 : Configuration utilisée pour la courbe M2

4.4.1.4.2 Résultats

La figure suivante représente les valeurs lues avec et sans les erreurs ainsi que les
valeurs calculées par les 4 schémas numériques :
Courbe de remous
0.06
+ Valeur expérimentale.

+ Valeur expérimentale
0.05 avec erreur ajoutée ou
retranchée.

0.04

Hauteur
d’eau (m) 0.03

Méthode Mac Cormack


0.02
Méthode Symmetic

Méthode upwind
0.01
Méthode MUSCL

0
0 1 2 3 4 5 6
Position (m)

Figure 54 : Lignes d’eau obtenues numériquement et expérimentalement pour la courbe


M2
Les méthodes upwind et symmetric produisent les valeurs les plus proches des valeurs
expérimentales tandis que les résultats obtenus grâce aux méthodes MUSCL et Mac-Cormack
sont plus éloignés des valeurs attendues.

Expérimentalement, le ressaut réel se fixe à 3m de l’amont.

113
Partie 4 : Validation des outils numériques réalisés

Pour les simulations on obtient :


- upwind : 3m
- MUSCL : 3,25m
- Symmetric : 3m
- McCormack : 2,75m

4.4.1.5 Courbe M3

4.4.1.5.1 Description de l’expérience

Cette courbe apparaît dans le cas d’un canal à pente faible lorsque l’on se situe en-
dessous de la hauteur critique. En particulier, elle apparaît à l’amont d’un ressaut hydraulique.
Au niveau expérimental, on a fait apparaître un ressaut en imposant à l’amont une hauteur
inférieure à la hauteur critique par l’intermédiaire d’une vanne que l’on a réglé de telle sorte
que le ressaut se situe le plus à l’aval possible du canal.

Les données expérimentales sont regroupées dans le tableau suivant :

Courbe M3
Longueur (m) Largeur (m) Strickler Débit (m3/h) Pente (m/m)

5.75 0.075 130 7.8 0.003

Remarques
On impose une condition à la limite amont grâce à une vanne de 3 cm à 0,25 m de l'amont du canal.

Tableau 8 : Configuration utilisée pour la courbe M3

4.4.1.5.2 Résultats

La figure suivante représente les valeurs lues avec et sans les erreurs ainsi que les
valeurs calculées par les 4 schémas numériques :

114
Partie 4 : Validation des outils numériques réalisés

Courbe de remous
0.06
+ Valeur expérimentale.

+ Valeur expérimentale
0.05 avec erreur ajoutée ou
retranchée.

0.04

Hauteur
d’eau (m) 0.03
Méthode Mac Cormack

0.02 Méthode Symetric

Méthode upwind

0.01 Méthode MUSCL

0
0 1 2 3 4 5 6
Position (m)
Figure 55 : Lignes d’eau obtenues numériquement et expérimentalement pour la courbe
M3
Comme pour la courbe M2, les méthodes upwind et symmetric produisent les valeurs
les plus proches des valeurs expérimentales tandis que les résultats obtenus grâce aux
méthodes MUSCL et Mac-Cormack sont plus éloignés des valeurs attendues.

Le ressaut réel se fixe à 4,75m de l’amont.


Pour les simulations on obtient :
- upwind : 4,75m
- MUSCL : 5,25m
- Symetric : 4,75m
- McCormack : 4,75m

4.4.2 Validation des schémas numériques pour le régime transitoire.

La validation des schémas numériques en régime transitoire a été effectuée au niveau


expérimental en filmant la progression de ressauts hydrauliques dans le canal de travaux
pratiques. Le temps écoulé entre la formation et la stabilisation du ressaut a été évalué en
visionnant le film réalisé.
Au niveau numérique, à chaque itération les valeurs de hauteur d’eau et du temps
écoulé depuis le début de la simulation ont été stockées. En visualisant ces données sous la
forme d’une courbe de hauteur d’eau à un rythme assez rapide, nous avons pu voir la
progression du ressaut et ainsi évaluer l’intervalle de temps écoulé entre la formation et la
stabilisation des ressauts au niveau numérique.
La méthode numérique Mac-Cormack a été exclue en ce qui concerne la validation des
schémas numériques en régime transitoire. En effet, sa tendance à osciller nous a contraint à
réduire le coefficient intervenant dans la condition CFL au minimum (nombre de Courant)
pour parvenir à des résultats corrects. Ceci a eu pour conséquence de rendre les temps de
115
Partie 4 : Validation des outils numériques réalisés

propagations des ressauts irréalistes. Ceux-ci étaient beaucoup plus courts (Au moins divisé
par deux).
Dans ce qui suit, nous présentons les cas de quatre ressauts. Pour deux d’entre eux, le
canal a été réglé en pente faible et pour les deux autres en pente forte.
Le tableau suivant regroupe les données expérimentales appliquées au canal :

Cas 1
3
Longueur (m) Largeur (m) Strickler Débit (m /h) Pente (m/m)

5.75 0.075 130 7.9 0.002

Remarques
On impose une condition à la limite amont grâce à une vanne de 2,9 cm à 0,25 m de l'amont du canal.

Tableau 9 : Configuration utilisée dans le cas 1 pour la validation en transitoire

Concernant la propagation du ressaut, le film réalisé nous a fourni la valeur du temps


de propagation expérimental. Cette valeur correspond au temps écoulé entre le début de
l’expérience (Application des conditions aux limites) et la stabilisation du ressaut. Les temps
de propagations obtenus numériquement et expérimentalement sont regroupés dans le tableau
suivant :
Temps de propagation

Expérimental 65 s

Méthode Symetric 66 s

Méthode MUSCL 60 s

Méthode Upwind 62 s

Tableau 10 : Temps de propagation du ressaut obtenus dans le cas 1

Les trois figures suivantes présentent l’évolution de la ligne d’eau au cours du temps.
Celles-ci ont été obtenues avec les schémas numériques symetric, upwind et MUSCL.
Les courbes représentent la ligne d’eau après 5s, 10s, 20s, 30s, 40s et pour finir à la
stabilisation du ressaut.
Après 5s :

Après 10s :

Après 20s :

Après 30s :

Après 40s :

Stabilisation :

116
Partie 4 : Validation des outils numériques réalisés

Méthode muscl
0.07

0.06

0.05

0.04

Hauteur
0.03
d’eau (m)
0.02

0.01

-0.01
0 1 2 3 4 5 6
Position (m)

Méthode upwind
0.07

0.06

0.05

0.04
Hauteur
d’eau (m) 0.03

0.02

0.01

-0.01
0 1 2 3 4 5 6
Position (m)
M éthode sym etric
0.07

0.06

0.05

0.04

H auteur
0.03
d’eau (m )

0.02

0.01

-0.01
0 1 2 3 4 5 6
Position (m )

Figure 56 : Lignes d’eau obtenues numériquement à plusieurs instants dans le cas 1

117
Partie 4 : Validation des outils numériques réalisés

Cas 2
Longueur (m) Largeur (m) Strickler Débit (m3/h) Pente (m/m)

5.75 0.075 130 5.5 0.001

Remarques
On impose une condition à la limite amont grâce à une vanne de 2,2 cm à 0,25 m de l'amont du canal.

Tableau 11 : Configuration utilisée dans le cas 2 pour la validation en transitoire

Les temps de propagations obtenus numériquement et expérimentalement sont


regroupés dans le tableau suivant :

Temps de propagation

Expérimental 56 s

Méthode Symetric 54 s

Méthode MUSCL 57 s

Méthode Upwind 56 s

Tableau 12 : Temps de propagation du ressaut obtenus dans le cas 2

Les trois figures suivantes présentent l’évolution de la ligne d’eau au cours du temps.
Celles-ci ont été obtenues avec les schémas numériques symetric, upwind et MUSCL.
Les courbes représentent la ligne d’eau après 3s, 5s, 10s, 20s, 30s et pour finir à la
stabilisation.

Après 5s :
Après 10s :
Après 15s :
Après 20s :
Après 25s :
Stabilisation :

118
Partie 4 : Validation des outils numériques réalisés

0.07 Méthode symetric

0.06

0.05

0.04

Hauteur
0.03
d’eau (m)

0.02

0.01

-0.01
0 1 2 3 4 5 6
Position (m)
Méthode muscl
0.07

0.06

0.05

0.04
Hauteur 0.03
d’eau (m)
0.02

0.01

-0.01
0 1 2 3 4 5 6
Position (m)
Méthode upwind
0.07

0.06

0.05

0.04

Hauteur 0.03
d’eau (m)

0.02

0.01

-0.01
0 1 2 3 4 5 6
Position (m)

Figure 57 : Lignes d’eau obtenues numériquement à plusieurs instants dans le cas 2

119
Partie 4 : Validation des outils numériques réalisés

Cas 3
3
Longueur (m) Largeur (m) Strickler Débit (m /h) Pente (m/m)

6 0.075 130 6 0.02

Remarques
On impose une condition à la limite aval grâce à un seuil de 7,9 cm placé à l'extrêmité du canal.

Tableau 13 : Configuration utilisée dans le cas 3 pour la validation en transitoire

Les temps de propagations obtenus numériquement et expérimentalement sont


regroupés dans le tableau suivant :

Temps de propagation

Expérimental 33 s

Méthode Symetric 35 s

Méthode MUSCL 35 s

Méthode Upwind 35 s

Tableau 14 : Temps de propagation du ressaut obtenus dans le cas 3

Les trois figures suivantes présentent l’évolution de la ligne d’eau au cours du temps.
Celles-ci ont été obtenues avec les schémas numériques symetric, upwind et MUSCL.
Les courbes représentent la ligne d’eau après 5s, 10s, 15 s, 20s, 25 s et pour finir à la
stabilisation.

Après 5s :

Après 10s :

Après 15s :

Après 20s :

Après 25s :

Stabilisation :

120
Partie 4 : Validation des outils numériques réalisés

Méthode upwind

0.1

0.05

Hauteur 0
d’eau (m)

-0.05

-0.1

0 1 2 3 4 5 6
Position (m)

Méthode symetric

0.1

0.05

Hauteur
0
d’eau (m)

-0.05

-0.1

0 1 2 3 4 5 6
Position (m)
Méthode muscl

0.1

0.05

Hauteur 0
d’eau (m)

-0.05

-0.1

0 1 2 3 4 5 6
Position (m)

Figure 58 : Lignes d’eau obtenues numériquement à plusieurs instants dans le cas 3


121
Partie 4 : Validation des outils numériques réalisés

Cas 4
3
Longueur (m) Largeur (m) Strickler Débit (m /h) Pente (m/m)

6 0.075 130 4 0.02

Remarques
On impose une condition à la limite aval grâce à un seuil de 6 cm placé à l'extrêmité du canal.

Tableau 15 : Configuration utilisée dans le cas 4 pour la validation en transitoire

Les temps de propagations obtenus numériquement et expérimentalement sont


regroupés dans le tableau suivant :

Temps de propagation

Expérimental 30 s

Méthode Symetric 32 s

Méthode MUSCL 28 s

Méthode Upwind 29 s

Tableau 16 : Temps de propagation du ressaut obtenus dans le cas 4

Les trois figures suivantes présentent l’évolution de la ligne d’eau au cours du temps. Celles-
ci ont été obtenues avec les schémas numériques symetric upwind et MUSCL.
Les courbes représentent la ligne d’eau après 5s, 10s, 15s, 20s et pour finir à la stabilisation.

Après 5s :

Après 10s :

Après 15s :

Après 20s :

Stabilisation :

122
Partie 4 : Validation des outils numériques réalisés

Méthode symetric

0.1

0.05

Hauteur
0
d’eau (m)

-0.05

-0.1

0 1 2 3 4 5 6
Position (m)
Méthode upwind

0.1

0.05

Hauteur 0
d’eau (m)

-0.05

-0.1

0 1 2 3 4 5 6
Position (m)
Méthode muscl

0.1

0.05

Hauteur 0
d’eau (m)

-0.05

-0.1

0 1 2 3 4 5 6
Position (m)

Figure 59 : Lignes d’eau obtenues numériquement à plusieurs instants dans le cas 4

123
Partie 4 : Validation des outils numériques réalisés

4.5 Interprétations et synthèse des résultats

On présente à l’aide du tableau suivant une synthèse des résultats obtenus concernant
les divers types de courbes de remous obtenues en régime non uniforme permanent ainsi que
ceux obtenus en régime transitoire pour les 4 cas de ressauts hydrauliques que nous avons
envisagé.

Signalétique

Résultat proche des valeurs mesurées


Résultat éloigné des valeurs mesurées
Résultat proche des valeurs mesurées mais oscillations du schéma numérique
Résultat éloigné des valeurs mesurées et oscillations du schéma numérique

Régime non uniforme permanent: Courbes de remous

Symetric MUSCL Upwind Mac Cormack


Courbe S1
Courbe S3
Courbe M1
Courbe M2
Courbe M3

Régime transitoire: Localisation des ressauts et temps de propagation

Symetric MUSCL Upwind Mac Cormack


Cas1
Cas 2
Cas 3
Cas 4

Tableau 17 : Synthèse des résultats concernant la validation pour les collecteurs

Bien que la construction de la méthode symetric soit proche de la méthode Upwind, la


méthode symetric ne conserve pas les débits et est moins précise que la méthode Upwind. La
méthode Upwind, donne des résultats satisfaisants dans tous les cas et se contente d’un
nombre C.F.L. égal à 1.

La méthode (Mc Cormack) choisit d’intégrer le terme source dans les calculs de flux à
chaque itération, mais la précision n’est pas très bonne et on observe des oscillations dans les
courbes représentant les hauteurs et les débits ; de plus, la convergence n’est obtenue qu’avec
des C.F.L. très petits (0,1) ce qui engendre un temps de calcul important.

La méthode MUSCL converge très rapidement pour des C.F.L. proches de 1 ; elle semble
donc adaptée dans le cadre de calculs rapides de moindre précision.

La comparaison des méthodes numériques entre elles permet de constater qu’elles


donnent des résultats parfois sensiblement différents en ce qui concerne les points suivants :
- Le temps de propagation pour la méthode de McCormack est beaucoup plus court que
prévu. Les autres méthodes correspondent à la réalité.

124
Partie 4 : Validation des outils numériques réalisés

- La méthode Mac Cormack produit des oscillations dans les courbes de débit et de hauteurs
d’eau, les autres non. Cependant, ces oscillations ont une amplitude de plus en plus faible
au cours des itérations.
- En règle générale, la méthode Upwind est la plus précise.
La comparaison des résultats numériques avec l’expérience donne des erreurs de
moins de 5% (par rapport à la longueur du canal) sur la position du ressaut et sur les hauteurs
d’eau, ce qui est satisfaisant. Les allures des courbes de hauteur d’eau obtenues sont conforme
à notre attente

4.6 Conclusion

Les résultats obtenus expérimentalement montrent l’aptitude des schémas numériques


programmés à localiser les discontinuités du type ressaut hydraulique de manière correcte.
En ce qui concerne la validation des schémas numériques en régime permanent, il
apparaît que la méthode numérique Upwind est la plus précise. Elle donne de bons résultats
pour toutes les courbes de remous.
Les résultats obtenus avec la méthode Mac-Cormack sont peu précis et ce pour toutes les
courbes de remous sauf la S3. Un autre inconvénient de celle-ci est sa tendance à osciller.
La méthode MUSCL donne de bon résultats pour les courbes S1, S3 et M1 et des valeurs
moins précises pour les courbes M2 et M3 en particulier au niveau du positionnement du
ressaut.
La méthode Symmetric est précise pour les courbes S3, M2 et M3. Pour les courbes S1 et
M1 c’est elle qui produit les résultats les plus éloignés des valeurs expérimentales.

Pour la validation des schémas numériques en régimes transitoires les trois méthodes
numériques donnent des résultats en bon accord avec la réalité.

Les résultats sont donc satisfaisants en ce qui concerne les écoulements à surface libre
dans des canaux rectangulaires. Les conclusions précédentes nous ont conduit à ne conserver
que le schéma numérique upwind pour le développement des logiciels de modélisation des
déversoirs et de la confluence.

125
Partie 4 : Validation des outils numériques réalisés

5 RESULTATS CONCERNANT LE CHANGEMENT DE SECTION


L’objet de cette phase de validation a été de vérifier et de justifier l’utilisation du terme
de pression latérale utilisé dans notre modèle de Saint-Venant qui permet de tenir compte de
l’effet d’un changement de section ou entonnement sur l’écoulement. Dans un premier temps,
on ne travaillait que sur des canaux prismatiques mais pour les déversoirs d’orages, il est
apparu nécessaire de considérer l’entonnement car ceux-ci en présentent souvent un.

5.1 Dispositif experimental :le Venturi

L’étape de validation de l’entonnement consiste à comparer la ligne d’eau calculée par


le logiciel de modélisation 1D et celle expérimentale, obtenue sur un canal à section variable.
A cet effet, on dispose d’un venturi. Cette manipulation permet de valider le code de calcul du
logiciel 1D dans le cas d’un changement de section de l’écoulement.

Capteur
ultrasons

Venturi

Figure 60 : Vue du dispositif de mesure de débit

Pour simuler le fonctionnement du Venturi dans le logiciel 1D, il faut connaître sa


géométrie et le débit d’entrée. La loi du venturi (donnée par le constructeur) permet de
déterminer le débit transitant dans le canal, connaissant la hauteur d’eau à l’entrée de celui-ci,
grâce à un capteur à ultrasons.

40cm
Sens de l’écoulement 20cm

venturi

Figure 61 : Vue de dessus du Venturi

On mesure manuellement les hauteurs d’eau au sein du venturi à l’aide d’une règle,
pour différents débits.

On mesure la hauteur totale du venturi à intervalles réguliers sur son axe central à
partir du sommet de l’ouvrage qui sert de point de départ à la mesure. On prend ensuite la
126
Partie 4 : Validation des outils numériques réalisés

distance entre ce point de référence et la surface libre puis par différence on obtient la hauteur
d’eau dans le canal.
5.2 Résultats obtenus

Au niveau logiciel, la simulation du venturi dans le logiciel est réalisée en entrant la


largeur des cellules de calcul, c’est à dire la largeur du Venturi à intervalles réguliers, en
fonction de l’axe de l’écoulement. On a donc modifié le sous programme gérant les largeurs
des cellules tout en conservant le reste du code de calcul.

On a comparé la hauteur d’eau mesurée et celle calculée pour trois débits différents. On
présente ci-dessous les résultats obtenus. Les valeurs de hauteurs d’eau associées à ces trois
courbes sont regroupées dans l’annexe 7.

Hauteur d'eau pour 26 m3 par heure

0.09
h mesurée +3 mm
0.08 h calculée modèle 1D
h mesurée
0.07 h mesurée -3 mm

0.06
hauteur d'eau (m)

0.05 fin du venturi


début du venturi

0.04
partie rectangulaire
0.03

0.02

0.01

0
1.5 2 2.5 3 3.5
position (m)

Figure 62 : Ligne d’eau dans le Venturi pour un débit de 26 m3h-1.

127
Partie 4 : Validation des outils numériques réalisés

Hauteur d'eau pour 44.8 m3 par heure

0.12
h obernai
h obernai erreur+3mm
h obernai erreur-3mm
0.1
h calculée modèle 1D

0.08
hauteur d'eau (m)

fin du venturi
début du venturi
0.06

partie rectangulaire

0.04

0.02

0
1.5 2 2.5 3 3.5
position (m)

Figure 63 : Ligne d’eau dans le Venturi pour un débit de 44.8 m3h-1.

Hauteur d'eau pour 57.3 m3 par heure

0.14
h obernai
h obernai erreur+3mm
0.12 h obernai erreur-3mm
h calculée modèle 1D

0.1
hauteur d'eau (m)

0.08 fin du venturi


début du venturi

0.06
partie rectangulaire

0.04

0.02

0
1.5 2 2.5 3 3.5
position (m)

Figure 64 : Ligne d’eau dans le Venturi pour un débit de 57.3 m3h-1.

5.3 Interprétation

On a considéré une incertitude sur la hauteur mesurée de plus ou moins trois


millimètres car il est assez difficile de se placer exactement au fil de l’eau avec la règle
compte tenu de la vibration de la surface libre en régime permanent. On observe trois paliers
128
Partie 4 : Validation des outils numériques réalisés

pour la ligne d’eau expérimentale. Un premier avant l’entrée dans le venturi, un autre dans la
partie rectangulaire et un dernier à l’aval. C’est la forme du venturi qui impose un écoulement
fluvial à l’amont et torrentiel à l’aval.

Les résultats du logiciel font bien apparaître ces paliers comme le montre la figure
suivante. On a globalement une ligne d’eau qui recoupe celle obtenue expérimentalement.
Cependant en comparant plus finement les résultats, il apparaît des écarts entre le logiciel et
l’observation.

En effet, le logiciel produit une ligne d’eau correcte en amont et en aval de la partie
rectangulaire du venturi. Ainsi, la courbe simulée se trouve dans la plage d’incertitude de la
mesure manuelle. Cependant pour la partie rectangulaire, des écarts plus grands sont observés.
Ceux-ci sont de l’ordre de 10 à 15 % d’erreur suivant les débits simulés. Le logiciel a
tendance à surévaluer les hauteur d’eau.

Une première explication de ces écarts pourrait être la différence de rugosité entre les
canaux amont et aval et le canal à Venturi. Mais ces différences sont a priori faibles et le canal
à Venturi est d’une longueur trop petite pour que des erreurs sur les coefficients de perte de
charge puisse engendrer des écarts aussi significatifs.
L’explication de ces écarts est plus certainement liée au fait que l’entonnement est un
ouvrage qui engendre des phénomènes de nature bidimensionnelle. En effet, le passage de
l’écoulement dans la zone contractée induit des ondes qui interfèrent et créent des courants
dans d’autres directions que celle de l’écoulement. Les lignes de courant ne sont plus
unidirectionnelles dans la partie rétrécie.

Apparitition
de vagues

Figure 65 : Ondes croisées apparaissant dans la rectangulaire du Venturi

Toutefois, les écarts moyens observés sont acceptables par rapport à la précision désirée. Pour
résoudre ce problème, on peut envisager d’ajouter une perte de charge au modèle pour
diminuer la hauteur d’eau dans le palier. En général, une perte de charge a tendance à
engendrer une augmentation de la ligne d’eau à l’amont et de la diminuer à l’aval.
En conclusion, la comparaison des surfaces libres rend compte de l’efficacité du logiciel
1D concernant le calcul de la surface libre en cas d’entonnement.

129
Partie 4 : Validation des outils numériques réalisés

6 VALIDATION POUR LES DEVERSOIRS


Cette phase a consisté à vérifier que les débits déversés par l’intermédiaire du
déversoir d’un banc d’essai physique dans plusieurs configurations de pentes correspondaient
bien aux débits simulés à l’aide du logiciel. Le logiciel déversoir que nous avons construit et
utilisé pour cette phase de validation est présenté dans l’annexe 8 de cette thèse. Nous avons
également confronté les hauteurs d’eau obtenues expérimentalement et par simulation.
Les déversoirs que nous avons étudiés sont :

• Déversoir à crête basse simple pour des hauteurs de crêtes de 5, 7 et 12.5 cm


• Déversoir à crête basse double pour des hauteurs de crêtes de 5, 7.5 et 12.5 cm
• Déversoir à crête haute double pour une hauteur de crête de 9.4 cm.

Dans ce qui suit sont présentés le banc d’essai ainsi que les dispositifs de mesures
associés puis la comparaison des résultats expérimentaux et logiciels obtenus.

6.1 Présentation du banc d’essai

Dans ce qui suit, on présente les résultats de la phase de validation du modèle de Barré
de Saint-Venant concernant le partage des débits au niveau du déversoir et les valeurs de
hauteur d’eau dans l’ouvrage.
Celle-ci a été réalisée à l’aide d’un banc d’essai physique de déversoir représenté sur
les figures ci-dessous :(fig.49 et 50).

Canal rectangulaire L=0.4 m

Canal circulaire D=0.2 m

Réservoir

Venturi

Capteur ultrason Pompe

Vanne papillon

11 m

DO

16 m

Figure 66 : Schéma de principe du banc d’essai physique de déversoir.

130
Partie 4 : Validation des outils numériques réalisés

Figure 67 : Vue du déversoir du banc d’essai

Le banc d’essai est constitué d’une réserve d’eau enterrée dans laquelle est placée une
pompe immergée capable de débiter 250 m3/h. Celle-ci alimente un second bac d’une capacité
d’environ 1 m3 placé en hauteur et dans lequel le niveau de l’eau reste constant. On garantit
ainsi une alimentation du banc d’essai avec un débit constant. L’arrivée de l’eau dans le
collecteur circulaire amont ainsi que son retour vers le réservoir enterré après passage dans le
déversoir et les canaux circulaires conservé et déversé sont assurés par des canaux
rectangulaires d’une largeur de 40 cm. Le diamètre des canaux circulaires est de 20 cm. Leurs
pentes ainsi que celle du déversoir sont réglables grâce à des systèmes de supports montés sur
tiges filetées.

6.2 Dispositifs de mesures

6.2.1 Mesure des débits

Les débits sont mesurés dans les branches rectangulaires amont, aval et déversée grâce
à l’association d’un capteur à ultrason et d’un Venturi.
En fait, chaque canal est équipé d'un Venturi couplé à un capteur à ultrasons situé à
environ 1 m en amont du Venturi. Les capteurs à ultrasons mesurent la hauteur d'eau dans le
canal puis le débit est calculé grâce à la loi du Venturi (de type Q = a.hb) fournie par le
constructeur. Les capteurs sont reliés à un ordinateur muni du logiciel HP Vee Lab qui permet
le traitement des données, le calcul des débits et le tracé des courbes d’évolution des débits en
fonction du temps.
Une étape supplémentaire fait la somme des débits conservés et déversés et la compare
au débit d'entrée en admettant une fourchette d'erreur de 5%. Ainsi, on dispose d’une mesure
pour le débit d’entrée, le débit conservé et le débit déversé ce qui permet de vérifier la
conservation des débits à tout moment.

131
Partie 4 : Validation des outils numériques réalisés

Transmetteurs

PC
Capteur ultrasons HP VEE LAB

Venturi

Figure 108 :Vue du dispositif de mesure des débits

Figure 68 :Chaîne d’acquisition des valeurs de débit

Les capteurs fonctionnent successivement en émetteur puis en récepteur de trains


d’ondes ultrasonores. Le temps écoulé entre l’émission et le retour après réflexion sur la
surface libre du train d’ondes permet de déterminer après traitement la hauteur d’eau dans le
canal.
Cette information temporelle est transmise par le capteur à un transmetteur. Le
transmetteur transforme ce signal en intensité qu’il transmet à la carte d’acquisition qui se
charge de convertir cette information en données binaires utilisables par le logiciel.
Afin de minimiser les variations du signal, le logiciel utilisé commence par effectuer
une moyenne des mesures prises durant le temps d’acquisition puis une médiane des valeurs
stockées et calcule enfin le débit grâce à la loi du Venturi.

6.2.2 Mesure des hauteurs d’eau

Dans un premier temps, les mesures de hauteurs d’eau sur la crête du déversoir ont été
réalisées manuellement grâce à un limnimètre. C’est cette méthode qui a été utilisée dans le
cas du déversoir à crête basse de hauteur de crête 7 cm.

132
Partie 4 : Validation des outils numériques réalisés

Figure 69 : Méthode manuelle de mesure des hauteurs d’eau

Puis le laboratoire s’est doté d’un instrument de mesure capable d’obtenir une image
en 3D de la nappe de surface dans le déversoir [HOLO3-2000] et ainsi par traitement
numérique d’obtenir la hauteur d’eau en tout point du déversoir et en particulier, pour ce qui
nous intéresse, sur une ligne parallèle à la crête joignant l’amont et l’aval du déversoir.

Ces mesures sont réalisées en lumière structurée et utilisent le principe de triangulation qui
consiste à projeter l’image d’un réseau de franges parallèles sur l’objet à mesurer, puis à
observer grâce à une caméra numérique cet objet depuis un point faisant un angle non nul
avec la direction de projection [Lipeme Kouyi-2001]. Un angle non nul impose une
déformation de l’image. En effet, la position du capteur entraîne une déformation des pixels
qui n’ont donc pas toujours la même taille. Cette déformation du pixel dans les plans (x,y) et
(y,z) a été quantifiée et corrigée numériquement afin de connaître la position d’un point en
unité de longueur (mm) depuis les bords du déversoir [Anstett-2001].

Le système de mesure est composé d’un projecteur stroboscopique muni d’un réseau
de franges d’égale épaisseur envoyant un flash de 100 µs toutes les secondes et d’une caméra
numérique de résolution 755x567 pixels, de temps d’acquisition de 30 µs. Le stroboscope et
la caméra numérique sont synchronisés.
Avant de procéder aux mesures, le dispositif est calibré par l’observation de plans de
référence horizontaux dont les hauteurs sont connues. Le calcul de la surface libre c’est à dire
des hauteurs d’eau est ensuite fait à partir de ces plans de références.
Le réseau de franges est déformé par le relief de l’objet et l’analyse de cette
déformation nous permet de remonter à la forme initiale de l’objet. La caméra transmet
l’image à un ordinateur qui restitue, après traitement numérique basé sur l’analyse de Fourier
[Chardon-2001], une mesure en trois dimensions de la surface libre sur la crête à partir de
l’image du réseau. Le logiciel utilisé est donné par le fournisseur (HOLO3) et est programmé
sous MATLAB.
Sur la figure ci-dessous, on présente le dispositif de mesure utilisé :

133
Partie 4 : Validation des outils numériques réalisés

Figure 70 : Vues du dispositif 3D d’acquisition des hauteurs d’eau

Au final, après interpolation sur plusieurs observations afin d’obtenir une valeur
moyenne des hauteurs d’eau observées en tout point de la surface libre c’est à dire qui soit
représentative de la nappe liquide observée, on obtient des graphiques du type de celui
représenté ci-dessous :

Figure 71 : Visualisation 3D des hauteurs d’eau dans le déversoir après interpolation

134
Partie 4 : Validation des outils numériques réalisés

Il s’agit, du tracé 3D réalisé à partir des coordonnées des points obtenues grâce au
dispositif caméra en vue de confronter les hauteurs d’eau observées expérimentalement aux
valeurs obtenues par notre logiciel de simulation 1D. De ce graphique on extrait les trois
lignes d’eau qui sont mises en évidence en noir. Elles représentent dans le cas d’un déversoir
à une crête déversante les lignes d’eau successivement proches de la crête, au milieu du
déversoir et au fond du déversoir. Dans le cas du déversoir à crête double, la ligne d’eau au
fond est remplacée par la ligne d’eau près de la seconde crête déversante.
Elles permettent de visualiser la variabilité de la hauteur d’eau dans le déversoir selon la
direction transversale.
Ces trois lignes sont transposées, en plus de celle obtenue par le logiciel de simulation,
sur des graphiques 2D représentant la hauteur d’eau en fonction de la position dans le
déversoir. Toutes les configurations ont été étudiées par cette méthode sauf celle du déversoir
à crête basse simple de hauteur de crête 7 cm car nous ne disposions pas encore du dispositif
de mesure 3D des hauteurs d’eau.
6.3 Déversoir à crête basse simple prismatique

6.3.1 Hauteur de crête w=7cm

Le déversoir étudié est prismatique de forme circulaire, sa longueur est de 1.5 m et la


hauteur de crête considérée est de 7 cm.
Les différents cas testés ont permis de balayer une plage de pentes comprises entre 1‰
et 1% pour les canaux amont et aval tout en gardant une pente constante de 1‰ pour le
déversoir. Voici regroupées dans un tableau les différentes configurations qui ont été étudiées.

Pente amont Pente aval Pente amont Pente aval Pente amont Pente aval
(‰) (‰) (‰) (‰) (‰) (‰)
1 1 1
2 3 3
4 5 5 9 5
1
6 7 7
8 9 9
10

Pente amont Pente aval Pente amont Pente aval


(‰) (‰) (‰) (‰)
1 1
3 3
3 5 7 5
7 7
10 9

Tableau 18 : Configurations de pentes étudiées pour 1 crête déversante et w=7 cm

D’autre part, dans chaque configuration de pentes, nous avons fait varier le débit entre
deux valeurs extrêmes qui correspondent pour la première à une valeur légèrement supérieure
au débit critique (Débit pour lequel le déversoir commence à déverser) et pour la seconde la
valeur pour laquelle la conduite possédant la pente la plus faible passe en charge. En effet,
lorsque nous avons réalisé cette campagne de mesure, le logiciel n’était pas encore capable de
simuler un écoulement en charge. Ce débit maximum se situe pour tous les cas autour d’une
valeur de 100 m3/h.

135
Partie 4 : Validation des outils numériques réalisés

De plus, les coefficients de Strickler ont été évalué sur le banc d’essai et varient selon
la pente et les débits injectés. Les mesures effectuées ont mis en évidence une plage pour le
coefficient de Strickler comprise entre 95 et 115. Ainsi, nous avons utilisé une valeur de 95
dans le cas d’une pente supérieure à 5 ‰ et de 115 dans le cas d’une pente inférieure ou égale
à 5 ‰.
D’autre part, la vanne papillon située à l’aval du canal conservé perturbe l’écoulement
dans le cas d’un régime fluvial. Cette influence aval peut remonter dans le déversoir et influer
sur le débit déversé. C’est pourquoi, au niveau de la simulation, nous avons appliqué en
condition à la limite aval une loi de vanne établie expérimentalement. Celle-ci permet
d’associer la hauteur d’eau mesurée à 1 m à l’amont de la vanne au débit transitant dans le
canal aval. Les valeurs mesurées nous ont permis d’établir la relation suivante :

h = −1.3 × 10 −3 Q 2 + 0.271Q + 4.7464

Avec Q en m3/h et h en cm.

Nous avons sur le site expérimental mesuré les débits injecté (Q I ) et déversé (Q DE )
pour une certaine configuration de pentes. Ensuite, nous avons, au laboratoire, effectué une
simulation en considérant le même débit d’entré et les mêmes pentes pour obtenir le débit
déversé simulé (Q DS ) . Pour finir nous avons calculé pour chaque cas les pourcentages de
débit déversé simulé (PS ) et déversé expérimental (PE ) par les relations :

Expérimentation :

 Q 
PE = 1 − DE 
 QI 

Simulation :

 Q 
PS = 1 − DS 
 QI 

Dans les relations donnant PE et PS , les valeurs sont données en %

Pour finir, nous avons déterminé l’erreur commise sur le pourcentage de déversement
par :

E = PE − PS

ainsi que l’erreur moyenne (E moy ) pour chaque configuration.

6.3.1.1 Résultats concernant les débits

Les tableaux ci-dessous regroupent les valeurs issues des mesures ainsi que des calculs
évoqués ci-dessus :

136
Partie 4 : Validation des outils numériques réalisés
Pente amont de 1 ‰ (I am = 1 ‰ ) : Pente amont de 3 ‰ (I am = 3 ‰ ) :
Iav QI QDE QDS PE PS E Emoy
3 3 3
(‰) (m /h) (m /h) (m /h) (%) (%) (%) (%)
Iav QI QDE QDS PE PS E Emoy 30.1 6.0 7.1 20.1 23.6 3.5
3 3 3
(‰) (m /h) (m /h) (m /h) (%) (%) (%) (%) 1 50.3 15.0 16.1 29.8 32.0 2.2 3.2
24.3 5.1 6.3 21.0 25.9 4.9 89.4 35.7 32.2 40.0 36.0 3.9
37.6 10.0 11.0 26.7 29.1 2.4 39.1 6.9 9.9 17.6 25.3 7.7
1 3.4
59.2 20.2 20.3 34.1 34.4 0.3 2 52.3 13.0 15.2 24.8 29.1 4.2 5.3
79.6 31.3 29.2 39.3 36.7 2.6 91.0 33.8 30.2 37.1 33.2 3.9
38.7 5.2 8.1 13.3 21.0 7.7 40.2 4.8 6.4 11.9 15.8 4.0
3 62.9 16.2 17.2 25.8 27.3 1.6 4.1 4 52.0 10.3 7.4 19.8 14.1 5.6 5.1
80.2 26.5 24.0 33.0 29.9 3.1 84.3 28.6 23.8 33.9 28.2 5.6
48.4 8.5 8.1 17.7 16.6 1.0 53.3 10.7 9.4 20.1 17.6 2.5
5 60.1 14.2 14.0 23.7 23.3 0.3 3.0 6 76.8 24.0 19.9 31.3 25.9 5.3 4.2
79.2 25.8 19.8 32.6 25.0 7.6 97.5 36.1 31.3 37.0 32.1 4.9
52.6 10.5 8.6 20.0 16.4 3.5 48.2 8.3 6.8 17.2 14.1 3.1
7 62.7 15.6 12.6 24.9 20.2 4.8 5.2 8 65.6 17.5 13.4 26.6 20.4 6.2 4.9
77.8 24.6 18.8 31.6 24.2 7.4 81.9 26.9 22.5 32.8 27.5 5.4
53.8 10.6 8.8 19.8 16.4 3.4 40.1 4.3 4.1 10.7 10.2 0.4
10 71.2 20.4 15.4 28.7 21.6 7.1 5.8 10 65.0 16.3 13.9 25.1 21.4 3.7 3.0
93.7 34.3 27.8 36.6 29.7 6.9 92.3 32.8 28.2 35.5 30.6 5.0

Pente amont de 5 ‰ (I am = 5 ‰ ) : Pente amont de 7 ‰ (I am = 7 ‰ ) :

Iav QI QDE QDS PE PS E Emoy Iav QI QDE QDS PE PS E Emoy


3 3 3 (%) 3 3 3 (%)
(‰) (m /h) (m /h) (m /h) (%) (%) (%) (‰) (m /h) (m /h) (m /h) (%) (%) (%)
37.8 7.8 10.1 20.7 26.7 6.0 42.3 10.2 12.0 24.2 28.4 4.3
1 59.5 17.6 19.2 29.6 32.2 2.6 3.6 1 58.5 17.7 18.9 30.2 32.3 2.1 2.4
95.7 37.5 35.6 39.2 37.2 2.0 81.7 30.1 29.5 36.8 36.1 0.7
42.5 7.3 8.7 17.1 20.4 3.3 49.3 9.8 11.2 19.8 22.6 2.8
3 81.0 27.0 24.5 33.3 30.3 3.0 4.2 3 78.2 23.9 23.4 30.6 30.0 0.6 3.0
99.3 37.6 31.2 37.9 31.5 6.4 96.7 35.8 30.5 37.0 31.5 5.5
46.2 7.5 6.6 16.2 14.3 1.9 51.1 9.7 8.3 19.0 16.2 2.8
5 58.8 13.7 10.9 23.4 18.6 4.8 5.0 5 78.8 24.6 19.8 31.2 25.1 6.1 5.6
84.3 29.4 22.4 34.8 26.6 8.3 97.0 35.8 28.2 37.0 29.1 7.9
60.4 14.8 10.7 24.5 17.7 6.8 52.0 10.4 6.7 19.9 12.8 7.1
7 80.7 26.6 20.6 33.0 25.5 7.5 7.6 7 61.9 14.9 11.5 24.0 18.6 5.4 6.2
95.2 35.9 27.8 37.8 29.3 8.5 77.7 23.8 19.0 30.7 24.4 6.2
59.9 14.4 10.564 24.1 17.6 6.4 51.5 10.1 7.2 19.6 14.1 5.5
9 77.0 23.7 18.662 30.8 24.2 6.6 6.8 9 77.7 23.8 19.4 30.7 24.9 5.7 6.2
96.5 36.0 28.85 37.3 29.9 7.4 96.7 35.7 28.7 36.9 29.6 7.3

Pente amont de 9‰ (I am = 9 ‰ ) :

Iav QI QDE QDS PE PS E Emoy


(‰) (m /h) (m3/h) (m3/h)
3
(%) (%) (%) (%)
37.0 9.0 8.6 24.4 23.2 1.2
1 73.1 24.4 23.8 33.3 32.6 0.7 2.7
94.8 39.7 34.0 41.9 35.8 6.0
52.4 10.7 11.0 20.4 21.0 0.6
3 76.7 22.3 20.9 29.0 27.2 1.8 3.4
97.6 37.0 29.5 37.9 30.3 7.7
53.9 9.4 7.5 17.5 13.9 3.7
5 76.9 21.2 17.1 27.6 22.3 5.3 5.8
98.4 36.6 28.2 37.2 28.7 8.5
60.4 12.4 8.9 20.5 14.7 5.7
7 77.9 22.1 17.1 28.3 21.9 6.4 6.8
96.6 35.4 27.5 36.6 28.4 8.2
52.1 8.4 5.7 16.1 10.9 5.3
9 79.9 23.1 19.1 28.9 23.9 5.0 5.9
100.2 37.1 29.7 37.1 29.6 7.5

Tableau 19 : Comparaison débits déversés simulés - débits déversés mesurés pour 1


crête déversante et w=7 cm
137
Partie 4 : Validation des outils numériques réalisés

Pour le calcul de l’erreur, nous avons utilisé une valeur absolue. En effet, selon le cas
envisagé la valeur expérimentale peut être supérieure ou inférieure à la valeur simulée mais
nous n’avons pas pu établir de règle stricte concernant la tendance du modèle à sur évaluer ou
sous évaluer les débits déversés selon que le débit injecté est plus ou moins important. Il
semble néanmoins que dans la majorité des cas traités le modèle ait tendance à sous évaluer le
débit déversé.
On constate que les erreurs sur les pourcentages de déversement n’excèdent jamais 8.5
%. De plus, il faut tenir compte du fait que les valeurs de débits obtenues expérimentalement
sont fiable à ± 5 % . Cette erreur est due à la précision des sondes à ultrasons utilisées en
association avec les Venturi pour évaluer les débits.
En conclusion, on peut considérer que les valeurs obtenues par le modèle sont en bon
accord avec les valeurs attendues et que les erreurs qui affectent les valeurs sont tout à fait
admissibles dans le cadre d’une application au domaine de l’assainissement.

6.3.1.2 Résultats concernant les lignes d’eau

Voici pour terminer les lignes d’eau obtenues dans plusieurs configurations qui
mettent en évidence quelques types de courbes de remous que l’on peut voir apparaître à
l’intérieur d’un déversoir prismatique. Ces trois cas ont été choisis parmi les configurations
envisagées précédemment. Les simulations sont réalisées en régime transitoire. Ainsi, on peut
observer l’évolution de la ligne d’eau au cours du temps jusqu’à la stabilisation qui
correspond au régime permanent. Nous ne présentons pas ici l’évolution de la ligne d’eau
mais uniquement les lignes d’eau obtenues après stabilisation.
Pour se rapprocher le plus possible de la réalité du banc d’essai physique et pour éviter
d’avoir à appliquer des conditions aux limites au niveau des extrémités du déversoir nous
avons modélisé le trio, collecteur amont d’une longueur de 6 m, déversoir d’une longueur de
1.5 m et collecteur aval de 5 m. La hauteur de crête considérée est de 7.15 cm. Ainsi les
conditions aux limites sont appliquées aux extrémités des collecteurs. A l’amont, la condition
a la limite appliquée est la hauteur normale et à l’aval la loi de vanne décrite dans le
paragraphe précédent.
On a sélectionné un cas fluvial, un cas torrentiel et un cas faisant apparaître un ressaut
hydraulique dans le déversoir. Les valeurs de hauteurs d’eau mesurée et simulées sont
regroupées dans l’annexe 9 pour les trois cas envisagés.

6.3.1.2.1 Cas fluvial

Nous avons ici considéré une configuration dans laquelle la pente du collecteur amont
est de 3 ‰ et des pentes de 1 ‰ pour le déversoir et le canal aval. Le débit injecté en continu
à l’amont du système est de 24,3 m3/h.
Les figures ci-dessous montrent la forme de la ligne d’eau dans le déversoir et la
courbe d’évolution du débit dans le système déversoir plus collecteur. Les valeurs de hauteurs
d’eau expérimentales ont été obtenues en six points du déversoir (tous les 30 centimètres)
grâce à un limnimètre.

138
Partie 4 : Validation des outils numériques réalisés

Water profile in the sewer side weir Flow rate variation curve
9 25

Qupstream=24.3 m3/h
Simulated water profile 24
8.5 Measured water depth
23

22
8 Simulated flow rate
21 Experimental flow rate

7.5
20
Qdownstream=19.2 m3/h
19
7
Sewer side weir crest 18
Qdownstream=17.6 m3/h
6.5 17
6 6.5 7 7.5 5.5 6 6.5 7 7.5 8

Figure 72 : Comparaison hauteurs d’eau et débits expérimentaux et numériques dans un


cas fluvial pour 1 crête déversante et w=7 cm

Dans le cas d’un écoulement fluvial la simulation prévoit une remontée de la ligne
d’eau dans le déversoir en allant de l’amont vers l’aval ce qui est conforme aux observations
ainsi qu’à la théorie.
L’erreur commise sur les valeurs de hauteur d’eau est ici en moyenne de 4 mm. Ceci
est acceptable si on tient compte de la variabilité de la ligne d’eau dans le déversoir et donc de
la difficulté d’obtenir une valeur fiable pour le tirant d’eau. On estime que l’erreur de mesure
sur la hauteur d’eau est de ±5 mm.

6.3.1.2.2 Cas torrentiel

Nous avons cette fois considéré une configuration dans laquelle la pente du collecteur
amont est de 3 ‰, celle du déversoir de 1 ‰ et celle du collecteur aval de 7 ‰. Le débit
injecté en continu à l’amont du système est de 62,7 m3/h.
Water profile in the sewer side weir Flow rate evolution curve
12 64
Qupstream=62.7 m3/h
62
11
60
Simulated water profile
Measured water depth 58 Simulated flow rate
10
56 Experimental flow rate

9 54

52
8
50

48
7
Sewer side weir crest Qdownstream=45.3 m3/h
46
Qdownstream=45.0 m3/h
6 44
6 6.5 7 7.5 5.5 6 6.5 7 7.5 8

Figure 73 : Comparaison hauteurs d’eau et débits expérimentaux et numériques dans un


cas torrentiel pour 1 crête déversante et w=7 cm

139
Partie 4 : Validation des outils numériques réalisés

Dans ce cas, on prévoit une diminution de la hauteur d’eau le long du déversoir.


Comme dans le cas fluvial, ce constat est en accord avec l’observation et la théorie. L’erreur
moyenne sur les valeurs de hauteur d’eau est de 5 mm et est en grande partie due au décalage
entre les valeurs simulées et expérimentales à l’amont du déversoir. Dans le canal amont, on
est en régime fluvial et on passe en régime torrentiel à l’entrée du déversoir. Ceci est confirmé
par la mesure de la hauteur d’eau à l’amont. La hauteur critique calculée est dans notre cas de
11.5 cm et on a mesuré 11.3 cm. Il est établi que le passage par la hauteur critique se fait
légèrement à l’amont de l’entrée du déversoir. Au niveau de la simulation, on ne retrouve pas
cette valeur (9 cm). Nous supposons que cet écart est dû au fait que la distribution de pression
utilisée dans la formulation du système d’équations de Barré de Saint-Venant est
hydrostatique. Or, dans le cas du déversoir, celle-ci n’est plus de nature hydrostatique en
raison de l’ouverture latérale ; d’où l’erreur commise sur la hauteur d’eau simulée à l’entrée
du déversoir.

6.3.1.2.3 Cas du ressaut

Dans le dernier cas présenté ici, nous avons considéré une configuration dans laquelle
la pente du collecteur amont est de 5 ‰ et des pentes de 1 ‰ pour le déversoir et le canal
aval. Le débit injecté en continu à l’amont du système est de 47 m3/h.

Water profile in the sewer side weir Flow rate evolution curve
12 48
Qupstream=47.0 m3/h
Simulated water profile 46
11
Measured water depth 44

10 42

40 Simulated flow rate


9
Experimental flow rate
38

8 36 Qdownstream=34.9 m3/h

34
7
Sewer side weir crest 32
Qdownstream=31.0 m3/h
6 30
6 6.5 7 7.5 5.5 6 6.5 7 7.5 8

Figure 74 : Comparaison hauteurs d’eau et débits expérimentaux et numériques dans un


cas de ressaut pour 1 crête déversante et w=7 cm
Dans la configuration envisagée ci-dessus, on voit apparaître un ressaut hydraulique à
l’aval du déversoir. Ce type de courbe de remous est très fréquent dans les déversoirs.
L’erreur de mesure sur les hauteurs d’eau est cette fois de 7 mm et est principalement due aux
valeurs mesurées aux extrémités du déversoir. La présence du ressaut à l’aval et du remous
qui lui est associé rend la mesure manuelle de la hauteur d’eau difficile à l’aval et une erreur
de 1 cm semble acceptable. Pour le décalage entre mesure et simulation pour la hauteur d’eau
à l’amont, comme dans le cas torrentiel, celle-ci est due à la distribution de pression qui n’est
plus hydrostatique (hauteur critique : 9.9 cm, hauteur mesurée : 9.6 cm, hauteur simulée :
8.1cm).

140
Partie 4 : Validation des outils numériques réalisés

6.3.2 Hauteur de crête w=5 cm

6.3.2.1 Résultats concernant les débits

Pour l’étude de cette configuration et de celles qui suivent, le dispositif expérimental a été
amélioré. En effet, les crêtes ont été moulées par thermoformage et non plus obtenues de
manière artisanale. La méthode mise en œuvre pour la mesure des hauteurs d’eau a été
modifiée. C’est celle décrite dans le paragraphe 6.2 concernant le dispositif caméra. Les
résultats obtenus sont présentés dans ce qui suit et les valeurs de hauteurs d’eau simulées et
expérimentales sont regroupées dans l’annexe 10 :

On considère dans ce qui suit le cas d’un déversoir à crête basse dont les caractéristiques
sont les suivantes :

• 1 crête déversante
• Hauteur de crête w=5 cm
• longueur=1.50 m.

Les configurations de pentes envisagées sont présentées dans le tableau ci-dessous. Quant
à la pente du déversoir, elle a été prise comme constante et égale à 0.5 ‰.

Pente amont Pente aval


(‰) (‰)
0.5 0.5
0.5 8
8 0.5
8 8
6 6

Tableau 20 : Configurations de pentes étudiées pour 1 crête déversante et w=5 cm


Les tableaux suivants donnent les valeurs des débits déversés pour différents débits injectés :

Pente amont de 0.5 ‰ ; Pente aval de 0.5 ‰ : Pente amont de 0.5 ‰ ; Pente aval de 8 ‰ :

QI QDE QDS PE PS E Emoy


QI Q DE Q DS PE PS E Emoy
(m 3/h) (m 3/h) (m 3/h) (%) (%) (%) (%) 3 3 3
(m /h) (m /h) (m /h) (%) (%) (%) (%)
16.5 4.3 7.6 26.1 46.1 20.0
31.6 11.1 13.3 35.1 42.1 7.0 16,9 1,0 1,4 5,9 8,3 2,4
46.0 18.1 20.2 39.3 43.9 4.6 32,4 4,9 7,9 15,1 24,4 9,3
65.2 28.2 29.5 43.3 45.2 2.0 55,0 16,2 20,5 29,5 37,3 7,8
4.9
79.8 36.6 37.1 45.9 46.5 0.6 70,2 25,5 29,2 36,3 41,6 5,3 4,1
91.4 43.1 42.5 47.2 46.5 0.7 88,7 37,9 39,2 42,7 44,2 1,5
100.7 48.5 46.8 48.2 46.5 1.7 105,9 49,3 48,6 46,6 45,9 0,7
121.8 60.2 56.9 49.4 46.7 2.7 120,5 58,1 56,2 48,2 46,6 1,6

141
Partie 4 : Validation des outils numériques réalisés

Pente amont de 8 ‰ ; Pente aval de 0.5 ‰ : Pente amont de 8 ‰ ; Pente aval de 8 ‰ :

QI QDE QDS PE PS E Emoy


QI Q DE Q DS PE PS E Emoy 3 3 3
3 3 3 (m /h) (m /h) (m /h) (%) (%) (%) (%)
(m /h) (m /h) (m /h) (%) (%) (%) (%) 16.2 0.4 0.0 2.5 0.0 2.5
26,6 8,2 8,6 30,8 32,3 1,5 31.8 2.9 5.0 9.1 15.7 6.6
42,4 15,0 14,8 35,4 34,9 0,5 50.6 11.6 14.8 22.9 29.2 6.3
62,3 25,2 23,8 40,4 38,2 2,2 65.7 20.9 23.4 31.8 35.6 3.8
3.3
78,5 32,7 32,4 41,7 41,3 0,4 2,7 76.2 27.6 29.5 36.2 38.7 2.5
94,5 45,3 40,7 47,9 43,1 4,9 87.3 35.7 36.0 40.9 41.2 0.3
106,6 51,6 47,2 48,4 44,3 4,1 102.4 45.6 44.6 44.5 43.6 1.0
118,9 60,9 54,4 51,2 45,8 5,5 120.4 58.2 55.1 48.3 45.8 2.6

Pente amont de 6 ‰ ; Pente aval de 6 ‰ :

QI QDE Q DS PE PS E Emoy
(m /h) (m /h) (m 3/h)
3 3
(%) (%) (%) (%)
20.5 1.0 1.8 4.9 8.8 3.9
36.6 5.5 8.6 15.0 23.5 8.5
54.3 15.2 18.4 28.0 33.9 5.9
65.7 22.5 25.2 34.2 38.4 4.1
3.4
78.9 30.5 32.8 38.7 41.6 2.9
91.2 39.9 40.0 43.8 43.9 0.1
108.5 50.3 50.0 46.4 46.1 0.3
121.0 58.7 56.5 48.5 46.7 1.8

Tableau 21 : Comparaison débits déversés simulés - débits déversés mesurés pour 1


crête déversante et w=5 cm
La concordance entre résultats expérimentaux et simulés est excellente. L’erreur
n’excède jamais 10 %.

6.3.2.2 Résultats concernant les hauteurs d’eau

• Les premiers résultats ci-dessous concerne la configuration précédemment décrite pour


une pente amont de Iam=0.5‰, une pente aval de Iav=8‰. Le débit considéré était de
Q=88.7m3h-1. Voici regroupées sur un graphique comme décrit dans le paragraphe 4.2 les
hauteurs d’eau simulées (h_sim) et les lignes d’eau obtenues grâce au dispositif de mesure
caméra en trois positions par rapport à la crête.

142
Partie 4 : Validation des outils numériques réalisés

Ligne d'eau dans le déversoir

12.0

11.0

10.0
Hauteur d'eau (cm)

9.0 h_sim
h_mes crête
h_mes milieu
8.0 h_mes fond

7.0

6.0

5.0
0 20 40 60 80 100 120 140 160
Position (cm)

Figure 75 : Comparaison des hauteurs d’eau expérimentales et numériques pour


Iam=0.5‰, Iav=8‰, Q=88.7 m3h-1, 1 crête déversante et w=5 cm

• Les résultats suivants ci-dessous concernent le même déversoir pour une pente amont de
Iam=0.5‰, une pente aval de Iav=0.5‰. Le débit considéré était de Q=65.2m3h-1

Ligne d'eau dans le déversoir

11.0

10.0

9.0
Hauteur d'eau (cm)

h_sim
h_exp crête
8.0
h_exp milieu
h_exp fond

7.0

6.0

5.0
0 20 40 60 80 100 120 140 160
Position (cm)

Figure 76 : Comparaison des hauteurs d’eau expérimentales et numériques pour


Iam=0.5‰, Iav=8‰, Q=65.2 m3h-1, 1 crête déversante et w=5 cm

143
Partie 4 : Validation des outils numériques réalisés

On constate sur les courbes de hauteurs d’eau un décalage de l’ordre de 10 % les


valeurs mesurées et simulées. Ceci correspond à des valeurs de l’ordre 1 à 2 centimètres dans
les configurations précédentes. Néanmoins, il est intéressant de remarquer que les valeurs
simulées sont systématiquement sur évaluées par rapport aux valeurs expérimentales. Sur ces
graphiques, la présence des trois courbes (h_exp crête, h_exp milieu et h_exp fond) permet en
quelque sorte une « observation » de la variabilité de la ligne d’eau et de son ampleur.

6.3.3 Hauteur de crête w=12.5 cm

6.3.3.1 Résultats concernant les débits

On considère dans ce qui suit le cas d’un déversoir à crête basse dont les caractéristiques
sont les suivantes :

• 1 crête déversante
• Hauteur de crête w=12.5 cm
• longueur=1.50 m.

Les configurations de pentes envisagées sont présentées dans le tableau ci-dessous. Quant
à la pente du déversoir, elle a été prise comme constante et égale à 0.5 ‰.

Pente amont Pente aval


(‰) (‰)
0.5 0.5
0.5 8

Tableau 22 : Configurations de pentes étudiées pour 1 crête déversante et w=12.5 cm


Les tableaux suivants donnent les valeurs des débits déversés pour différents débits injectés :

Pente amont de 0.5 ‰ ; Pente aval de 0.5 ‰ : Pente amont de 0.5 ‰ ; Pente aval de 8 ‰ :

QI QDE QDS PE PS E Emoy


QI QDE QDS PE PS E Emoy
(m 3/h) (m 3/h) (m 3/h) (%) (%) (%) (%)
3 3 3
32.7 0.3 0.0 0.8 0.0 0.8 (m /h) (m /h) (m /h) (%) (%) (%) (%)
48.8 8.5 6.8 17.4 13.9 3.5 37.6 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
61.7 15.3 13.7 24.8 22.2 2.6 65.7 1.8 0.0 2.7 0.0 2.7
73.3 20.3 19.1 27.7 26.1 1.6 3.9 78.3 3.7 1.1 4.7 1.4 3.3
2.7
83.4 25.5 22.0 30.6 26.4 4.2 88.0 5.0 1.4 5.7 1.6 4.1
95.3 30.5 24.5 32.0 25.7 6.3 95.0 6.2 3.6 6.5 3.8 2.7
105.3 34.5 25.6 32.8 24.3 8.5 117.7 9.3 5.4 7.9 4.6 3.3

Tableau 21 : Comparaison débits déversés simulés - débits déversés mesurés pour 1


crête déversante et w=12.5 cm
Encore une fois, la concordance entre résultats expérimentaux et simulés est excellente.
L’erreur n’excède jamais 10 %. On constate que dans le cas du déversoir de hauteur de crête 12.5
cm les débits déversés simulés et mesurés sont faibles surtout pour les valeurs de débits injectés les
plus faibles et dans ce cas, on est en limite de validité des capteurs de hauteur d’eau. Ainsi, un débit
déversé de 0.8 m3/h par exemple peut être considéré comme nul vu les erreurs au niveau numérique
et au niveau expérimental.

144
Partie 4 : Validation des outils numériques réalisés

6.3.3.2 Résultats concernant les hauteurs d’eau

• Les résultats ci-dessous concernent le déversoir précédemment décrit pour une pente
amont de Iam=0.5‰, une pente aval de Iav=0.5‰. Le débit considéré était de Q=73.3m3h-
1
:

Ligne d'eau dans le déversoir

16.0

15.0
hauteur d'eau (cm)

14.0
h_sim
h_mes crête
h_mes milieu
h_mes fond
13.0

12.0

11.0
0 20 40 60 80 100 120 140 160
Position (cm)

Figure 77 : Comparaison des hauteurs d’eau expérimentales et numériques pour


Iam=0.5‰, Iav=0.5‰, Q=73.3 m3h-1, 1 crête déversante et w=12.5 cm

La ligne d’eau monte lorsque l’on progresse sur la crête du déversoir. Ceci est
caractéristique d’un écoulement de type fluvial dans l’ouvrage.

Les résultats suivants ci-dessous concernent le même déversoir pour une pente amont de
Iam=0.5‰, une pente aval de Iav=8‰. Le débit considéré était de Q=117.7m3h-1

145
Partie 4 : Validation des outils numériques réalisés

Ligne d'eau dans le déversoir

14.0

13.0
Hauteur d'eau (cm)

h_mes crête
h_mes milieu
h_mes fond
h_sim

12.0

11.0
0 20 40 60 80 100 120 140 160
Position (cm)

Figure 78 : Comparaison des hauteurs d’eau expérimentales et numériques pour


Iam=0.5‰, Iav=8‰, Q=117.7 m3h-1, 1 crête déversante et w=12.5 cm

La ligne d’eau est cette fois quasi horizontale avec une tendance à la baisse en se
dirigeant vers l’aval. On a dans ce cas une ligne d’eau de type torrentielle.
La grande variabilité des courbes expérimentale n’est qu’apparente puisque
l’amplitude de l’axe des ordonnées correspondant aux hauteurs d’eau n’est que de trois
centimètres. D’autre part, on peut remarquer que si le graphique était réalisé dans un repère
orthonormé l’amplitude de ces variations prendrait une toute autre échelle.

Comme dans le cas de la hauteur de crête de 5 cm, on constate un décalage de l’ordre de 1 cm


par rapport aux valeurs prévues par le modèle 1D. Les hauteurs d’eau mesurées sont une nouvelle
fois surévaluées par le modèle.
6.4 Le déversoir à double crêtes basse prismatique

Les résultats suivants concernent des déversoirs à doubles crêtes. Les hauteurs de crêtes
étudiées sont de w=5, 7.5 et 12.5 cm.

6.4.1 Hauteur de crête w=5 cm

6.4.1.1 Résultats concernant les débits

Les résultats suivants concernent un déversoir possédant les caractéristiques


suivantes :

• 2 crêtes déversante

146
Partie 4 : Validation des outils numériques réalisés

• Hauteur de crête w=5 cm


• Longueur de crête L=1.5 m.

Les configurations de pentes envisagées sont présentées dans le tableau ci-dessous. Quant
à la pente du déversoir, elle a été prise comme constante et égale à 0.5 ‰.

Pente amont Pente aval


(‰) (‰)
0.5 0.5
0.5 8

Tableau 23 : Configurations de pentes étudiées pour 2 crêtes déversante et w=5 cm


Les tableaux suivants donnent les valeurs des débits déversés pour différents débits
injectés :

Pente amont de 0.5 ‰ ; Pente aval de 0.5 ‰ : Pente amont de 0.5 ‰ ; Pente aval de 8 ‰ :

QI QDE QDS PE PS E E moy


QI QDE QDS PE PS E E moy 3 3 3
(%) (%) (%) (%)
(m /h) (m /h) (m /h)
3 3 3
(m /h) (m /h) (m /h) (%) (%) (%) (%) 26.4 4.9 5.4 18.6 20.5 1.9
17.4 5.7 7.9 32.8 45.4 12.6 50.5 19.9 20.5 39.4 40.6 1.2
38.0 15.6 17.6 41.1 46.3 5.3 62.0 28.4 28.4 45.8 45.8 0.0
54.9 26.1 27.0 47.5 49.2 1.6 73.9 36.2 36.4 49.0 49.3 0.3 1.0
3.7
74.2 38.5 37.8 51.9 50.9 0.9 91.2 48.5 48.2 53.2 52.9 0.3
92.6 50.0 49.3 54.0 53.2 0.8 103.6 57.8 56.9 55.8 54.9 0.9
103.0 57.5 56.5 55.8 54.9 1.0 117.3 68.9 66.2 58.7 56.4 2.3

Tableau 24 : Comparaison débits déversés simulés - débits déversés mesurés pour 2


crêtes déversante et w=5 cm

La comparaison des débits simulés et mesurés révèle encore une fois une excellente
corrélation. Ceci montre l’aptitude de notre modèle à évaluer les débits déversés dans le cas
du déversoir à crête double.

6.4.1.2 Résultats concernant les hauteurs d’eau


Les résultats ci-dessous concernent le déversoir précédemment décrit pour une pente
amont de Iam=0.5‰, une pente aval de Iav=0.5‰. Le débit considéré était de Q=92.6m3h-1

147
Partie 4 : Validation des outils numériques réalisés

Ligne d'eau dans le déversoir

11.0

10.0

9.0
Hauteur d'eau (m)

8.0 h_sim
h_mes crête
h_mes milieu
7.0 h_mes fond

6.0

5.0

4.0
0 20 40 60 80 100 120 140 160
Position (cm)

Figure 79 : Comparaison des hauteurs d’eau expérimentales et numériques pour


Iam=0.5‰, Iav=0.5‰, Q=73.3 m3h-1, 2 crêtes déversante et w=5 cm
• Les résultats suivants ci-dessous concernent le même déversoir pour une pente amont de
Iam=0.5‰, une pente aval de Iav=8‰. Le débit considéré était de Q=73.9 m3h-1

Ligne d'eau dans le déversoir

10.0

9.0

8.0
Hauteur d'eau (cm)

h_sim
h_mes crête
7.0
h_mes milieu
h_mes fond

6.0

5.0

4.0
0 20 40 60 80 100 120 140 160
Position (cm)

Figure 80 : Comparaison des hauteurs d’eau expérimentales et numériques pour


Iam=0.5‰, Iav=8‰, Q=73.9 m3h-1, 2 crêtes déversante et w=5 cm

148
Partie 4 : Validation des outils numériques réalisés

Les deux lignes présentées dans ce paragraphe sont de type torrentiel et comme dans
les cas des déversoirs précédents, les hauteurs d’eau obtenues numériquement surévaluent les
valeurs expérimentales.

6.4.2 Hauteur de crête w=7,5 cm

6.4.2.1 Résultats concernant les débits

Les résultats suivants concernent un déversoir possédant les caractéristiques


suivantes :

• 2 crêtes déversante
• Hauteur de crête w=7.5 cm
• Longueur de crête L=1.5 m.

Les configurations de pentes envisagées sont présentées dans le tableau ci-dessous. Quant
à la pente du déversoir, elle a été prise comme constante et égale à 0.5 ‰.

Pente amont Pente aval


(‰) (‰)
0.5 0.5
0.5 8
6 1

Tableau 25 : Configurations de pentes étudiées pour 2 crêtes déversante et w=7.5 cm

Les tableaux suivants donnent les valeurs des débits déversés pour différents débits injectés :

Pente amont de 0.5 ‰ ; Pente aval de 0.5 ‰ :

QI QDE QDS PE PS E Emoy


(m /h) (m /h) (m 3/h)
3 3
(%) (%) (%) (%)
53.9 17.4 19.4 32.3 36.0 3.7
64.7 22.9 24.5 35.4 37.9 2.5
83.1 31.9 33.5 38.4 40.3 1.9 2.1
100.7 40.6 41.0 40.3 40.7 0.4
114.2 48.5 46.4 42.5 40.6 1.8

Pente amont de 0.5 ‰ ; Pente aval de 8 ‰ :

QI QDE QDS PE PS E E moy


3 3 3
(m /h) (m /h) (m /h) (%) (%) (%) (%)
44.9 4.8 6.1 10.7 13.6 2.9
58.9 10.9 12.6 18.5 21.4 2.9
69.5 16.6 17.6 23.9 25.3 1.4
83.7 24.3 24.8 29.0 29.6 0.6 1.4
97.7 32.0 32.0 32.8 32.8 0.0
107.3 37.4 37.1 34.9 34.6 0.3
115.5 43.1 41.4 37.3 35.8 1.5

149
Partie 4 : Validation des outils numériques réalisés

Pente amont de 6 ‰ ; Pente aval de 1 ‰ :

QI QDE QDS PE PS E Emoy


(m /h) (m /h) (m 3/h)
3 3
(%) (%) (%) (%)
50.0 10.5 14.0 21.0 28.0 7.0
65.6 17.2 22.0 26.2 33.5 7.3
87.1 28.2 33.1 32.4 38.0 5.6 4.9
99.8 36.1 39.2 36.2 39.3 3.1
116.2 44.4 46.1 38.2 39.7 1.5

Tableau 26 : Comparaison débits déversés simulés - débits déversés mesurés pour 2


crêtes déversante et w=7.5 cm
Là encore, les résultats numériques et expérimentaux sont très proches et les erreurs restent
inférieures à 10%.

6.4.2.2 Résultats concernant les hauteurs d’eau

• Les résultats ci-dessous concernent le déversoir précédemment décrit pour une pente
amont de Iam=0.5‰, une pente aval de Iav=8‰. Le débit considéré était de Q=84m3h-1.

Ligne d'eau dans le déversoir

11.0

10.0
Hauteur d'eau (cm)

h_sim
h_mes crête
9.0
h_mes milieu
h_emes fond

8.0

7.0
0.0 20.0 40.0 60.0 80.0 100.0 120.0 140.0 160.0
Position (cm)

Figure 81 : Comparaison des hauteurs d’eau expérimentales et numériques pour


Iam=0.5‰, Iav=8‰, Q=84 m3h-1, 2 crêtes déversante et w=7.5 cm

Dans ce cas, la ligne d’eau est de type torrentiel. Bien que les résultats numériques
surévaluent la ligne d’eau, on observe la même tendance.

• Les résultats suivants ci-dessous concernent le même déversoir pour une pente amont de
Iam=0.5‰, une pente aval de Iav=0.5‰. Le débit considéré était de Q=89 m3h-1.

150
Partie 4 : Validation des outils numériques réalisés

Ligne d'eau dans le déversoir

12.0

11.0

10.0
Hauteur d'eau (cm)

9.0 h_sim
h_mes crête
h_mes milieu
8.0 h_mes fond

7.0

6.0

5.0
0 20 40 60 80 100 120 140 160
Position (cm)

Figure 82 : Comparaison des hauteurs d’eau expérimentales et numériques pour


Iam=0.5‰, Iav=0.5‰, Q=89 m3h-1, 2 crêtes déversante et w=7.5 cm
Dans ce cas on a une ligne d’eau torrentielle avec apparition d’un ressaut hydraulique
à l’aval du déversoir. Les courbes expérimentales ne traduisent pas bien la formation du
ressaut car le dispositif ne permet pas d’acquérir les valeurs de hauteur d’eau au niveau des
extrémités de l’ouvrage. On note néanmoins une remontée des lignes d’eau observée en allant
vers l’extrémité aval du déversoir.

6.4.3 Hauteur de crête w=12.5 cm

6.4.3.1 Résultats concernant les débits

Les résultats suivants concernent un déversoir possédant les caractéristiques


suivantes :

• 2 crêtes déversante
• Hauteur de crête w=12.5 cm
• Longueur de crête L=1.5 m.

Les configurations de pentes envisagées sont présentées dans le tableau ci-dessous.


Quant à la pente du déversoir, elle a été prise comme constante et égale à 0.5 ‰.

Pente amont Pente aval


(‰) (‰)
0.5 0.5
0.5 8

Tableau 27 : Configurations de pentes étudiées pour 2 crêtes déversante et w=12.5 cm

151
Partie 4 : Validation des outils numériques réalisés

Les tableaux suivants donnent les valeurs des débits déversés pour différents débits
injectés :

Pente amont de 0.5 ‰ ; Pente aval de 0.5 ‰ :

QI QDE QDS PE PS E Emoy


(m 3/h) (m 3/h) (m3/h) (%) (%) (%) (%)
36.8 0.2 1.1 0.5 3.0 2.4
50.9 7.7 9.0 15.1 17.7 2.6
66.8 16.3 17.3 24.4 25.9 1.5
77.1 20.8 20.5 27.0 26.6 0.4 1.7
87.9 25.1 23.0 28.6 26.2 2.4
99.6 25.6 27.4 25.7 27.5 1.8
108.6 27.5 28.4 25.3 26.2 0.8

Pente amont de 0.5 ‰ ; Pente aval de 8 ‰ :

QI QDE QDS PE PS E Emoy


3 3 3
(m /h) (m /h) (m /h) (%) (%) (%) (%)
56.0 0.2 0.0 0.4 0.0 0.4
72.6 1.5 0.7 2.1 1.0 1.1
88.8 4.2 1.8 4.7 2.0 2.7
1.3
99.6 5.5 4.0 5.5 4.0 1.5
108.3 6.9 5.0 6.4 4.6 1.8
120.1 9.3 7.2 7.7 6.0 1.7

Tableau 28 : Comparaison débits déversés simulés - débits déversés mesurés pour 2


crêtes déversante et w=12.5 cm
Les résultats concernant les débits simulés et expérimentaux sont une nouvelle fois en
bon accord.

6.4.3.2 Résultats concernant les hauteurs d’eau

• Les résultats ci-dessous concernent le déversoir précédemment décrit pour une pente
amont de Iam=0.5‰, une pente aval de Iav=0.5‰. Le débit considéré était de Q=100m3h-1..

152
Partie 4 : Validation des outils numériques réalisés

Ligne d'eau dans le déversoir

18.0

17.0

16.0
Hauteur d'eau (cm)

15.0 h_sim
h_mes crête
h_mes milieu
14.0 h_mes fond

13.0

12.0

11.0
0 20 40 60 80 100 120 140 160
Position (cm)

Figure 83 : Comparaison des hauteurs d’eau expérimentales et numériques pour


Iam=0.5‰,

Iav=0.5‰, Q=100 m3h-1, 2 crêtes déversante et w=12.5 cm


On observe une courbe de remous torrentielle avec, à l’aval du déversoir, un ressaut
hydraulique fort. Les hauteurs d’eau sont une nouvelle fois surévaluées par la simulation et le
ressaut est localisé un peu plus à l’amont que ce que prévoit le modèle.

• Les résultats suivants ci-dessous concernent le même déversoir pour une pente amont de
Iam=0.5‰, une pente aval de Iav=8‰. Le débit considéré était de Q=108 m3h-1.

153
Partie 4 : Validation des outils numériques réalisés

Ligne d'eau dans le déversoir

14.0

13.0
Hauteur d'eau (cm)

h_sim
h_mes crête
h_mes milieu
h_mes fond

12.0

11.0
0 20 40 60 80 100 120 140 160
Position (cm)

Figure 84 : Comparaison des hauteurs d’eau expérimentales et numériques pour


Iam=0.5‰, Iav=8‰, Q=108 m3h-1, 1 crête déversante et w=12.5 cm

La ligne d’eau simulée est torrentielle. Les valeurs expérimentales montrent dans la
partie amont diminution de la hauteur d’eau puis une élévation en allant vers l’aval ce qui
semblerait indiquer l’apparition d’un ressaut. Or avec une pente de 8 ‰ dans la conduite aval,
ceci semble improbable.

6.5 Déversoir à crête haute

Dans le cas du déversoir à crête haute, la hauteur de crête est supérieure au diamètre de la
conduite aval. L’écoulement se produit donc en charge dans la conduite aval. Ainsi, c’est
l’étude de cette configuration qui nous a permis de valider la méthode de modélisation que
nous avons employée pour représenter un écoulement sous pression.
Le déversoir à double crête haute que nous avons étudié avait une longueur de 1.5 m et
une hauteur de crête de 94 mm. Les caractéristiques du système de collecteurs sont les
suivantes :
• Diamètre amont de 188 mm et diamètre aval de 67 mm.
• Pente du canal amont de 6 ‰ et pente du canal aval de 1.33 ‰.

6.5.1 Résultats concernant les débits

Les configurations de pentes envisagées sont présentées dans le tableau ci-dessous.


Quant à la pente du déversoir, elle a été prise comme constante et égale à 0.5 ‰.

154
Partie 4 : Validation des outils numériques réalisés

Pe nte a m ont Pe nte a va l


(‰) (‰)
6 1.33

Tableau 29 : Configurations de pentes étudiées pour le déversoir à crête haute

Les tableaux suivants donnent les valeurs des débits déversés

Pente amont de 6 ‰ ; Pente aval de 1.33 ‰ :

QI QDE Q DS PE PS E Emoy
3 3 3 (%)
(m /h) (m /h) (m /h) (%) (%) (%)
11.3 3.3 2.2 29.2 19.5 9.7
28.1 19.4 17.3 69.0 61.6 7.5
42.9 33.2 31.3 77.4 73.0 4.4
54.6 44.8 41.8 82.1 76.6 5.5
4.4
74.4 61.4 61.2 82.5 82.3 0.3
90.1 75.7 75.2 84.0 83.5 0.6
103.5 88.9 83.2 85.9 80.4 5.5
122.1 108.3 106 88.7 86.8 1.9

Tableau 30 : Comparaison débits déversés simulés - débits déversés mesurés pour le


déversoir à crête haute

Les résultats montrent une bonne corrélation entre valeurs expérimentales et valeurs
simulées. Ceci montre l’aptitude de notre modèle à rendre compte de manière correcte du
comportement du déversoir à crête haute. Ceci valide la méthode utilisée dans le logiciel afin
de prendre en compte la mise en charge.

6.5.2 Résultats concernant les hauteurs d’eau

• Les résultats ci-dessous concernent le déversoir précédemment décrit pour une pente
amont de Iam=6‰, une pente aval de Iav=1.33‰. Le débit considéré était de Q=103m3h-1

155
Partie 4 : Validation des outils numériques réalisés

Ligne d'eau dans le déversoir

13

12
Hauteur d'eau (cm)

11
h_sim
h_mes crête
h_mes milieu
h_mes fond
10

8
0 20 40 60 80 100 120 140 160
Position (cm)

Figure 85 : Comparaison des hauteurs d’eau expérimentales et numériques pour


Iam=6‰, Iav=1.33‰, Q=103 m3h-1, 1 crête déversante et w=9.4 cm

On observe dans un premier temps une forte diminution de la hauteur d’eau puis une
stabilisation pour ensuite voir apparaître un ressaut hydraulique à l’aval en raison de la
contraction de la conduite aval. On observe un décalage du même ordre de grandeur que dans
les cas à crête basse mais cette fois, la simulation sous-évalue la hauteur d’eau alors que
c’était l’inverse dans les cas à crête basse.

D’autres tests réalisés nous ont permis de vérifier que la différence entre les débits
déversés par un déversoir à crête haute simple et double pour une même hauteur de crête est
très faible. Seule les hauteurs d’eau sont plus élevées dans le cas à crête simple que dans le
cas à crête double.

156
Partie 4 : Validation des outils numériques réalisés

7 RESULTATS CONCERNANT LA CONFLUENCE


Le logiciel qui a été réalisé pour l’étude de la confluence est présenté dans l’annexe 11 de ce
travail.
7.1 Conservation de la masse

On présente ci-dessous la manière dont a été vérifié le caractère conservatif du schéma


numérique. Il s’agit de vérifier qu’au niveau numérique le schéma utilisé n’induit pas de
pertes de volume.
En conséquence, le test se fera sur la première équation de Barré de Saint-Venant c’est à
dire celle qui concerne la conservation de la masse. On rappelle cette équation :

∂A ∂Q
+ =0 (4.213.)
∂t ∂x

Le schéma numérique associé à la résolution de ces équations est le suivant :

∆t
U in +1 = U in + λ Fin+ 1 − Fin− 1  + ∆tG in avec λ = (4.214.)
 2 
2 ∆x ( j)

U correspond au vecteur écoulement et F au vecteur flux. ∆t est le pas de temps et ∆x(j)


correspond au pas d’espace employé dans le tronçon j.
Concernant l’équation de conservation de la masse et en adoptant les notations utilisées dans
le logiciel, on a :

UNEW (1, i, j) = U(1, i, j) + λ[FP(1, i, j) − FN(1, i, j)]

⇔ ∆x ( j)[UNEW(1, i, j) − U(1, i, j)] = ∆t[FP(1, i, j) − FN(1, i, j)] (4.215.)


où :
UNEW(1,i,j) correspond au premier terme du vecteur écoulement (la section mouillée)
dans la cellule de calcul i du tronçon j au pas de temps t+1.
U(1,i,j) correspond à la section mouillée dans la cellule de calcul i du tronçon j au pas
de temps t.
FP(1,i,j) correspond au premier terme du flux numérique (le débit) à l’interface i+1/2
de la cellule de calcul i du tronçon j.
FN(1,i,j) correspond au premier terme du flux numérique (le débit) à l’interface i-1/2
de la cellule de calcul i du tronçon j.

Si on somme ensuite sur toutes les cellules de calculs d’un tronçon j c’est à dire de 1 jusqu’à
nbdx(j), on obtient :

nbdx ( j ) nbdx ( j )
∆x ( j) ∑ [UNEW(1, i, j) − U(1, i, j)] = ∆t ∑ [FP(1, i, j) − FN(1, i, j)]
i =1 i =1
(4.216.)

Or pour un même pas de temps : FP(1, i, j) = FN(1, i + 1, j)

157
Partie 4 : Validation des outils numériques réalisés

D’où :

nbdx ( j )

∑ [FP(1, i, j) − FN(1, i, j)] = FP(1, nbdx ( j), j) − FN(1,1, j)


i =1
(4.217.)

et finalement, on obtient :

nbdx ( j )
∆x ( j) ∑ [UNEW(1, i, j) − U(1, i, j)] = ∆t[FP(1, nbdx ( j), j) − FN(1,1, j)]
i =1
(4.218.)

Le terme de gauche représente la variation de volume dans le tronçon j pendant le temps ∆t


(volume présent dans le tronçon en t+dt moins le volume présent dans le tronçon en t). Le
terme de droite représente la différence entre le volume sorti du tronçon pendant ∆t et le
volume entré dans le tronçon pendant ∆t. Il y aura conservation du volume uniquement si
cette égalité est respectée. Dans les tests que nous avons réalisés, cette égalité était vérifié un
ordre de précision “machine” ( ≈ 10 −14 à 10 −15 ). Ceci montre bien le caractère conservatif du
schéma numérique utilisé.

7.2 Résultats obtenus

Au niveau expérimental, nous n’avions aucun dispositif qui aurait pu nous permettre de
comparer les valeurs obtenues grâce au logiciel avec des valeurs mesurées. Nous avons
néanmoins comparé les résultats obtenus grâce à notre modèle avec ceux produits par un
logiciel de simulation 3D qui est FLUENT.
Il s’avère que dans les cas que nous avons testé, les lignes d’eau obtenues grâce à notre
logiciel ne correspondent pas du tout à celles prévues par FLUENT et ceci quelle que soit la
méthode de prise en compte de la confluence envisagée (Projection des flux numériques sur la
direction de la conduite aval ou bilan de quantité de mouvement permettant de calculer une
hauteur d’eau dans la confluence).
C’est pourquoi le laboratoire a lancé un sujet de thèse concernant cette problématique.

158
Partie 4 : Validation des outils numériques réalisés

8 CONCLUSION
Les résultats obtenus grâce à nos modèles, hormis celui concernant la confluence,
donnent des résultats satisfaisant. La confluence nous a tout de même permis de vérifier
le caractère conservatif du schéma numérique utilisé.

Les meilleurs résultats obtenus concernent les débits déversés. Les erreurs constatées
entre les données expérimentales et les résultats de simulations n’excèdent en général pas
10 % ce qui est suffisant dans le cadre d’une application au domaine de l’assainissement.
Les cas de grosses erreurs adviennent lorsque le débit injecté est proche du débit de début
de déversement de l’ouvrage. Dans ce cas, on peut être proche de la limite de sensibilité
des capteurs ultrasons.

Les erreurs constatées sur les hauteurs d’eau peuvent être imputées d’une part aux
variations transversales de la ligne d’eau et d’autre part à l’exclusion des phénomènes de
turbulence dans les équations de base du modèle. Cependant, la comparaison des courbes
de remous obtenues expérimentalement et numériquement met en évidence les mêmes
sens de variation et confirme l’aptitude du modèle à localiser le ressaut hydraulique. Ceci
montre que nos modèles sont aptes à représenter les phénomènes d’écoulement en
collecteurs avec entonnement et dans les déversoirs, même dans le cas du déversoir à
crête haute ou à double crête.

D’autres campagnes de mesures pourront encore être menées dans l’avenir concernant le
déversoir. En effet, on dispose de nombreuses crêtes moulées qui n’ont pas encore été testées.
On citera les crêtes permettant d’obtenir des déversoirs à crête basse avec entonnement ou
encore des déversoirs à crête simple ou double, haute ou basse pour d’autres hauteurs,
diamètres et longueurs de crêtes.

159
Partie 5 : Conclusion générale

PARTIE 5

CONCLUSION
GENERALE

160
Partie 5 : Conclusion générale

L’étude bibliographique que nous avons mené a permis de mettre en évidence que les
modèles utilisés classiquement n’étaient pas aptes à reproduire de manière fine le
comportement hydraulique d’un réseau d’assainissement. En effet, des discontinuités telles
que le ressaut hydraulique peuvent apparaître. Pour les prendre en compte et tenir compte de
la variabilité des hauteurs d’eau dans le système, il faut mettre en œuvre le système de Saint-
Venant sous sa forme conservative.
De plus, l’étude bibliographique a également montré que les méthodes numériques
classiques mises en œuvre pour la résolution d’un tel système d’équations tombent en défaut
dans les situations qui font apparaître de fortes discontinuités sur les débits et les hauteurs
d’eau ainsi que dans le cas d’un nombre de Froude proche de 1. Pour une résolution efficace
de ces équations des méthodes numériques à capture de chocs doivent être utilisées.
En ce qui concerne les déversoirs d’orages, nous avons mis en évidence l’intérêt de
considérer cet ouvrage comme faisant partie intégrante du système de collecteurs. De plus, les
débits déversés sont évalués par l’intermédiaire d’une relation dite de Hager qui permet de
tenir compte d’un éventuel entonnement et du changement de direction de la vitesse causé par
le déversement latéral.
Ensuite, nous avons mis en œuvre une méthode de prise en compte du phénomène de
mise en charge inspirée de la méthode de la fente de Preismann et adaptée à l’utilisation des
schémas numériques à capture de choc.
Pour finir, l’étude bibliographique nous a conduit à intégrer à notre modèle de Barré
de Saint-Venant le changement de section en introduisant un terme de pression latérale.

Les logiciels que nous avons construits ainsi que les méthodes numériques sur
lesquelles ils sont basés ont de multiples intérêts. En effet, les conditions aux limites
applicables aux extrémités du domaine de calcul sont basées sur l’hydraulique et les
paramètres de calages sont quasiment inexistants. Pour les méthodes numériques, elles
possèdent toutes le caractère TVD qui les rend non oscillatoires (Sauf pour la méthode Mac-
Cormack) et sont toutes au moins du second ordre de précision. Le caractère TVD est obtenu
soit par la méthode de limitation de pente ( méthode MUSCL) soit par la méthode à limitation
de flux (méthodes Upwind et Symmetric).

Les résultats expérimentaux obtenus au cours de ce travail ont permis d’établir la


capacité des modèles mis au point à décrire de manière correcte le comportement de l’eau
dans les collecteurs et ouvrages envisagés des réseaux d’assainissements en régime
transitoire. Les courbes de remous sont reproduites de manière correcte même dans le cas de
l’apparition d’un ressaut hydraulique. Le ressaut est localisé de manière précise. Les débits
déversés par l’intermédiaire du déversoir d’orage sont évalués de manière très précise ( erreur
inférieure à 10% par comparaison entre l’expérience et le calcul) et les formes de lignes d’eau
apparaissant sur leurs crêtes sont reproduites fidèlement même dans le cas ou un ressaut
apparaît dans l’ouvrage. Les cas des déversoirs à crête simple ou double et à crête haute ou
basse ont été envisagés. Pour finir, l’aptitude de nos modèles à reproduire la ligne d’eau dans
le cas d’un changement de section a également été montrée et le phénomène de mise en
charge a été validé par l’intermédiaire de l’étude du déversoir à crête haute.

La seule restriction dans les situations envisagées se situe au niveau de la jonction de


collecteurs en raison de la complexité géométrique et physique du phénomène étudié. Ce
phénomène est très complexe à prendre en compte car les liens entre les conditions
d’écoulement dans les collecteurs qui constituent le système et leurs implications au niveau du
comportement de l’eau dans la confluence ne sont pas bien définies. Ceci est révélé par
l’étude bibliographique concernant ces ouvrages qui a été menée. On dispose d’outils

161
Partie 5 : Conclusion générale

permettant de décrire le comportement d’un tel système lorsque le régime d’écoulement est
fluvial ou torrentiel dans les trois branches mais le cas d’écoulements mixtes est peu envisagé.
Les études visant à globaliser ce type de situations même en simplifiant la géométrie de la
confluence sont rares et consistent en général à considérer les hauteurs d’eau dans les trois
branches égales au niveau de la confluence.

Dans le cas particulier de la confluence, l’écoulement pourrait être pris en compte comme
un écoulement de type 2D. Ainsi, un maillage 2D et une méthode numérique à capture de
choc pourraient être appliqués à cette structure. Ce travail fait l’objet de la thèse de M. Maher
Abdallah qui vient de débuter au laboratoire SHU.
Plus généralement, dans les ouvrages comme les déversoirs qui possèdent plusieurs
entrées et/ou sorties, les phénomènes de turbulence sont à prendre en compte d’une manière
plus fine que par la simple utilisation d’un modèle simplifié comme celui de Manning-
Strickler. Pour se faire, le passage par une étude individuelle de chaque ouvrage pour obtenir
une loi de fonctionnement et l’intégrer ensuite dans un modèle unidimensionnel ou une
modélisation de type 3D paraît indispensable tant la géométrie et les phénomènes de
turbulences sont importants en vue de l’évaluation des hauteurs d’eau et des capacités de
transport des structures.
D’autres ouvrages fréquemment rencontrés dans les réseaux d’assainissements comme
les bassins d’orages notamment à travers les quantités de matières stockées et les volumes
d’eau qui y transitent restent à étudier. En arrière plan, se situe le problème plus général du
transport solide et l’étape suivante de ce travail pourrait consister à coupler une équation de
transport au système de Barré de Saint-Venant afin d’évaluer les quantités de matières
déversées vers le milieu naturel par l’intermédiaire du déversoir d’orage.

162
Bibliographie

BIBLIOGRAPHIE
M. Anstett
Validation d’un capteur de mesure 3D de surface libre en lumière structurée.
Mémoire de stage DUT Mesure Physique
Juillet/Août 2001

K. Babaeyan-Koopaei
Choke-free flow in ovoïdal sewers with increase in bed elevations
Journal of Hydraulic Engineering, Vol. 127, N°2, February, 2001, pp.149-153.

L. Benayada
Construction d’une solution analytique et critique d’algorithmes numériques afférents
aux équations de Saint Venant en vue d’application aux écoulements transitoires sur fond
mobile.
Institut National Polytechnique de Toulouse, 1994, 167 p., Thèse de doctorat, Spécialité
mécanique des fluides.

J.L. Best et I. Reid


Separation zone at open channel junctions
Journal of Hydraulic Engineering, Vol. 110, 1984, N°11, 1588-1594

M. Buyer
Etude bibliographique et modélisation des écoulements à surface libre en canaux et
collecteurs.
Mémoire de DEA “Mécanique et Ingénierie” option “Sciences de l’Eau”, 1999.

M. Carleton
Contribution à l’analyse et à la modélisation du fonctionnement des déversoirs d’orages.
Thèse docteur ingénieur, INSA, Lyon, Septembre 1985.

L. Chardon
Mise au point d’un algorithme de mesure de surface d’eau en lumière structurée.
Maîtrise de Mathématiques Option Ingénierie, 2001

B. Chocat (coordinateur)
Encyclopédie de l’hydrologie urbaine et de l’assainissement.
Paris, Ed. Tec&Doc Lavoisier, 1997

H. Combes
Modélisation numérique 3D des écoulements dans les déversoirs d’orage
Mémoire de fin d’étude ENGEES, 2000.

A.I. Delis, C.P. Skeels and S.C. Ryrie


Evaluation of some approximate Riemann solvers for transient open channel flows.
Journal of Hydraulic research, Vol. 38, 2000, N°3, pp. 217-231.

A.I. Delis and C.P. Skeels

163
Bibliographie

TVD schemes for open channel flow.


International Journal for Numerical Methods in Fluids, Vol. 26, pp.791-809, 1998.

A.I. Delis and C.P. Skeels


Implicit high-resolution methods for modelling one-dimensionnal open channel flow.
Journal of Hydraulic research, Vol. 38, 2000, N°5, pp. 369-382.

A. El Khashab
Hydraulics of flow over side weirs.
Thèse de doctorat-Department of civil engineering of the University of Southampton
Juin 1975

A. El Khashab, K.V.H. Smith


Experimental investigation of flow over side weirs.
Journal of hydraulic engineering, vol.102, 1976, n°9, pp 1255-1268

P. Giersch
Les déversoirs d’orages : principe, données constructives et calcul
Direction Départementale de l’Agriculture et de la Forêt (DDAF) du Bas-Rhin, Service du
Génie Rural des Eaux et Forêts, Bureau d’études, 1985.

Y. Kovacs
Modèles de simulation d’écoulement transitoire en réseau d’assainissement.
CERGRENE, Ecole Nationale des Ponts et Chaussées, 1988, 328 p., Thèse de doctorat,
Spécialité : Sciences et Techniques de l’Environnement.

D. Euvrard
Résolution numérique des équations aux dérivées partielles de la physique, de la
mécanique et des sciences de l’ingénieur.
Différences finies, éléments finis, méthode des singularités.
Ed. Masson 1990, ISBN: 2-225-82128-3.

L. Fraccarollo et E.F. Toro


Experimental and numerical assessment of the shallow water model for two-dimensional
dam-break type problems.
Journal of Hydraulic Research, Vol. 33, 1995, N°6, pp. 843-864.

P. Garcia-Navarro and F. Alcrudo


Implicit and explicit TVD methods for discontinuous open channel flows.
In R.A. Falconer, K.Shiono and R.G.S. Matthew (eds.),
Proc. of the 2nd Int. Conf. On Hydraulic and Environmental Modelling of Coastal, Estuaire and
River Waters, Vol.2, 1992.

P. Garcia-Navarro and M.E. Vazquez-Cendon


On numerical treatment of the source terms in the shallow water equations.
Computers and fluids 29, 2000, pp. 951-979

M.P. Garcia –Navarro et J.M. Saviron


Numerical simulation of unsteady flow at open channel junctions.
Journal of Hydraulic Research, Vol. 30, 1992, N°5, pp. 595-609.

164
Bibliographie

A. Gardel
Perte de charge dans un étranglement conique. (Head loss in a conical contraction).
Bulletin technique de la suisse romande 88(21),1962, pp.313-320 ; 88(22), 1962, pp. 325-337.

S.K Godunov
A difference method for the numerical computation of continuous solutions of
hydrodynamic equations.
Mat. Sbornik, 47, 271-306 (1959) (Translated as JPRS by US DEPT of Commerce, 1960).

R.S. Govindaraju, M.L. Kavvas and S.E. Jones


Approximate analytical solutions for overland flows.
Water Research, vol. 26, N°12, 1990, pp. 21-30.

W.H. Graaf et M. S. Altinakar.


Traité de Génie Civil de l’école polytechnique fédérale de Lausanne.
Volume 16, Hydraulique fluviale, tomes 1 et 2.

S. K. Gurram, K.S. Karki and W.H. Hager.


Subcritical junction flow.
Journal of Hydraulic Engineering, Vol. 123, 1997, N°5.

W.H. Hager
Die Hydraulik von Vereinigungsbauwerken.
Gas-Wasser-Abwasser, 62. Jahrgang 1982, N°7, pp 148-149

W.H. Hager
L’écoulement dans les déversoirs latéraux (Flow in side weirs).
Canadian Journal of Civil Engineering, 1986, 13(5):501-509.

W.H. Hager
Lateral outflow over side weirs.
Journal of Hydraulic Engineering, Vol. 113, N°4, April 1987, pp.491-504.

W.H. Hager
Transitional flow in channel junctions.
Journal of Hydraulic Engineering, Vol. 115, 1989a, N°2, pp 243-259

W.H. Hager
Supercritical flow in channel junctions.
Journal of Hydraulic Engineering, Vol. 115, 1989b, N°5, pp 595-616

W. H. Hager
Wastewater Hydraulics-Theory and Practice.
Ed. Springer, 1999

L. Hanich
Résolution des équations de la mécanique des fluides par des méthodes TVD en
coordonnées généralisées.
Université de Caen, 1996, 171 p., Thèse de doctorat, Spécialité mécanique.

165
Bibliographie

A. Harten and J.M. Hyman


Self adjusting grid method for one-dimensional hyperbolic conservation laws.
Journal of Computational Physics 50, 235-296, (1983).

A. Harten
High-resolution schemes for hyperbolic conservation laws.
Journal of Computational Physics 49, 357-393, (1983).

A. Harten
On a class of high-resolution total variation stable finite difference schemes.
SIAM Journal Numerical Analysis, Vol. 21, 1-23 (1984).

E. Herouin
Modélisation des écoulements complexes à surface libre en milieu naturel (étude
bibliographique)
Rapport de DEA de Mécanique des fluides. Université Claude Bernard (Lyon 1), 1991

J-M. Hervouet et al.


The computation of free surface flows with TELEMAC : an example of evolution towards
hydroinformatics.
Journal of hydraulic research, Vol. 32, 1994, Extra issue, pp.45-64.

G.F. Hewitt, N.S. Hall-Taylor


Annular two phase flow.
Pergamon-Press (1970). Elmsford.

Hjelmfelt, A.T.
Flow in elliptical channels.
Water Power 19 (10), 1967, pp. 429-431.

HOLO 3
Fonctions Matlab de mesure de hauteur d’eau par méthode le lumière structurée pulsée.
Saint Louis, 2000, 10 p.

Y. Kovacs
Modèles de simulation d’écoulement transitoire en réseau d’assainissement.
CERGRENE, Ecole Nationale des Ponts et Chaussées, 1988, 328 p., Thèse de doctorat,
Sciences et Techniques de l’Environnement.

M.E. Keskin and N. Ağiralioğlu.


A simplified dynamic model for flood routing in rectangular channels.
Journal of Hydrology 202 (1997) 302-314.

G. Lipeme Kouyi
Modélisation numérique 3D des écoulements dans les déversoirs d’orage.
Mémoire de DEA, Ecole Nationale du Génie de l’Eau et de l’Environnement (ENGEES), 2001,
80 p.

M. Louaked et L. Hanich
TVD scheme for the shallow water equations.
Journal of Hydraulic Research, Vol. 36, 1998, N°3, pp. 363-378.

166
Bibliographie

P.O.Malaterre
Etudes du CEMAGREF- Equipements pour l’eau et l’environnement n°14. Modélisation,
analyse et commande optimale LQR d’un canal d’irrigation.
Edition CEMAGREF-DICOVA et CEMAGREF Montpellier, 1994, 220 p.

G. Martinet
Contribution à la modélisation numérique des avalanches de neige dense et des laves
torrentielles.
Université Joseph Fourier, Grenoble I, 1992, 218 p., Thèse de doctorat, Spécialité mécanique.

E.A. Meselhe and F.M. Holly Jr


Simulation of unsteady flow in irrigation canals with dry bed.
Journal of Hydraulic Engineering, vol. 119, N° 9, September 1993, pp.1021-1039.

E.A. Meselhe and F.M. Holly Jr.


Invalidity of preissmann scheme for transcritical flow.
Journal of Hydraulic Engineering, Vol. 123, N°7, July, 1997, pp.652-655.

R. Misra, K. Sridharan and M.S. Mohan Kumar.


Transients in canal networks.
Journal of Irrigation and Drainage Engineering, vol. 118, N°5, September/October, 1992, pp.
690-707.

L.A. Monthe
Etude des équations aux dérivées partielles hyperboliques. Application aux équations de
Saint-Venant.
Institut National des Sciences Appliquées de Rouen, 1997, 181 p., Thèse de doctorat,
Discipline : Mathématiques Appliquées, Spécialité : Analyse numérique.

G. Moretti
The λ-scheme
Computers and fluids,vol. 7, 191-205, 1979

H. Mottiee
Un modèle numérique pour la simulation des réseaux d’assainissement pluvial fondé sur
le concept de stockage.
Institut National des Sciences Appliquées de Lyon, 1996, 260 p., Thèse de doctorat, Spécialité :
Conception en Bâtiment et Techniques Urbaines, N° d’ordre : 96 ISAL 0029.

R. Moussa and C. Bocquillon.


Algorithms for solving the diffusive wave flood routing equation.
Hydrological processes, vol. 10, 105-123, 1996a.

R. Moussa and C. Bocquillon


Criteria of choice of flood-routing methods in natural channels.
Journal of Hydrology, Vol. 186, 1-30, 1996b.

M. Nujic
Efficient implementation of non oscillatory schemes for the computation of free surface
flows.

167
Bibliographie

Journal of Hydraulic Research, vol. 33, 1995, N°1, pp. 101-113

A. Paquier
Modélisation et simulation de la propagation de l’onde de rupture de barrage.
Université Jean Monnet de Saint-Etienne, 1995, 192 p., Thèse de doctorat, Spécialité analyse
numérique.

M. Rahman et M.H. Chaudhry


Computation of flow in open–channel transitions.
Journal of Hydraulic Research, Vol. 35, 1997, N°2, pp. 243-256.

C.E. Rice
Open channel junctions with Supercritical Flow.
United States Department of Agriculture. Agricultural Research Service
ARS-14, January 1985

D.I. Robinson, T.J. McGhee


Computer modelling of side flow weirs.
Journal of Irrigation and Drainage Engineering, Vol. 119, 1993, n°6, pp 989-1005.

P.L. Roe
Approximate Riemann solvers, parameter vectors, difference schemes.
Journal of Computational Physics 43, 357-372, 1981.

P.L. Roe
Some contributions to the modelling of discontinuous flows.
In proceedings of the SIAM/AMS Seminar, San Diego, 1983.

P.L. Roe and J. Pike


Efficient construction and utilisation of approximate Riemann solution.
Computing methods in applied science and engineering, R. Glowinski, J.L. Lions, eds.,
Amsterdam, North Holland, 6 :499-518, 1984

D. Rollet
Instrumentation des déversoirs d’orage : Mise en place de l’autosurveillance à Sélestat
Mémoire de fin d’étude ENGEES, 2002.

H. H. G. Savenije.
Analytical expression for tidal damping in alluvial estuaries.
Journal of Hydraulic Engineering, vol. 124, N° 6, June 1998, pp.615-618.

A.A. Semsar Yazdi


Mise au point d’une méthodologie d’évaluation et de comparaison des modèles de
simulation hydraulique des réseaux d’assainissement.
Institut National des Sciences Appliquées de Lyon, 1995, 272 p., Thèse de Doctorat, Spécialité
Méthodes de Conception en Bâtiment Aménagement et Techniques Urbaines, N° d’ordre 95
ISAL 0025.

168
Bibliographie

R.O. Sinniger, W.H. Hager


Constructions hydrauliques, écoulements stationnaires.
Traité de génie civil de l’Ecole Polytechnique Fédérale de Lausanne, volume 15 – Lausanne,
Presses polytechniques romandes, 1989 – 439 p.

J. Smoller.
Shock waves and reaction-diffusion equations. Second edition.
Ed. :Springer-Verlag-1984-632 p .

P.K. Sweby
High resolution schemes using flux limiters for hyperbolic conservation laws.
SIAM Journal of Numerical Analysis 21, 995-1011 (1984).

R. Szymkiewicz
Finite element method for the solution of the Saint-Venant equations in an open channel
network.
Journal of Hydrology–1991-Vol. 122–pp. 275-287.

C. Thirriot et L. Benayada
Solution analytique approchée des équations de l’écoulement transitoire à surface
libre en canal avec perte de charge et pente de fond.
C. R. Acad. Sci. Paris, t. 320, Série IIb, p. 325-330, 1995.

B. Trajkovic, M. Ivetic, F. Calomino and A. D’Ippolito.


Investigation of transition from free surface to pressurized flow in a circular pipe.
Water Science and Technology, Vol. 39, N°9, pp. 105-112, 1999.

E. F. Toro
Riemann solvers and numerical methods for fluid dynamics.
A practical introduction.
Ed. Sringer-592 p-1997

E. F. Toro
Shock-capturing methods for free surface flows
Ed. John Whiley & Sons, 2000

B. Van Leer
Towards the ultimate conservation difference scheme I. The quest of monotonicity.
Lecture Notes in Physics, Vol. 18,163-168, 1973.

B. Van Leer
Towards the ultimate conservation difference scheme V. A second order sequel to
Godunov’s method.
Journal of Computational Physics 32, 101-136, 1979

H.K. Versteeg, W. Malalasekera


An introduction to computational fluid dynamics : the finite volume method.
Prentice Hall, 1995, 257 p.

169
Bibliographie

J-P Vila
Sur la théorie et l’approximation numérique de problèmes hyperbolique non linéaires.
Application aux équations de Saint Venant et à la modélisation des avalanches de neige
dense.
Université de Paris VI, 1986, 480 p., Thèse de doctorat, Spécialité Sciences Mathématiques.

P-L Viollet, J-P Chabard, P. Esposito, D. Laurence


Mécanique des fluides appliquées.
Ecoulements incompressibles dans les circuits, canaux et rivières, autour de structures et
dans l’environnement.
Presses de l’école nationale des ponts et chaussées 1998. ISBN°: 2-85978-301-6.

B.C. Yen, H.G. Wenzel


Dynamic equations for steady spatially varied flow.
Journal of Hydraulics Division ASCE 96(HY3), 1970, p. 801-814.

170
Annexes

ANNEXES

171
Annexes

Annexe 1
Présentation de l’approche de dimensionnement du
déversoir par Giersch.

1 SEUIL LATERAL A CRETE HAUTE


1.1 Définition des variables utilisées
Ligne d’énergie

hav
ham

tam Dam
Tram pam pav

Dav

Figure 86 :Définition des variables utilisées dans le logiciel DO.


Q10 : débit décennal (m3/s)
Qts : débit de temps sec (m3/s)
Qcr : débit critique (m3/s)
Dam : diamètre de la conduite amont (m)
Iam : pente de la conduite amont (m)
Dav : diamètre de la conduite aval (m)
Iav : pente de la conduite aval (m/m)
pam : hauteur du seuil à l’amont (m)
pav : hauteur du seuil à l’aval (m)
Ldo : longueur du déversoir (m)
Pentedo : pente du déversoir (m/m)
tam : tirant d’eau dans la conduite amont (m)
Tram : hauteur de remplissage dans la conduite amont (≠ tam si régime torrentiel) (m)
ham : hauteur d’eau sur le seuil à l’amont du déversoir (m)
hav : hauteur d’eau sur le seuil à l’aval du déversoir (m)
Ham : charge spécifique à l’amont du seuil (m)
Hav : charge spécifique à l’aval du seuil (m)

1.2 Principe du calcul

C’est une démarche de dimensionnement pour des déversoirs latéraux à crête haute :

• On impose au départ une hauteur de crête amont (pam) et une longueur de déversoir
(Ldo) ;

• On détermine la hauteur d’eau admissible à l’amont du seuil (Tram).


L’écoulement à l’amont doit être à surface libre (tam < Dam) ; le calcul ne peut
pas se faire s’il y a un ressaut dans le déversoir, ce qui est possible si le régime est
torrentiel dans la conduite amont. Pour éviter ce cas, on impose des conditions

172
Annexes

d’écoulement telles que le ressaut se produise dans la conduite amont avant le déversoir.
Donc, on prendra pour le calcul :
¾ Tram=hauteur d’eau réelle à l’amont (tam) si le régime est fluvial dans la
conduite amont.
¾ Tram ≥ la hauteur conjuguée de tam, s’il est torrentiel.

tam tam conjuguée


tam

REGIME FLUVIAL REGIME TORRENTIEL


Tram = tam Tram = hauteur conjuguée de tam

Figure 87 : Détermination de la hauteur d’eau admissible à l’amont (Tram)

En pratique, pour imposer cette hauteur d’eau, on prévoira une chambre de


tranquilisation ou on jouera sur la longueur de déversoir et/ou la hauteur de crête.

• On calcule ensuite la longueur aval étranglée nécessaire. Le calcul se fait au débit


critique (débit limite de déversement) par application du théorème de Bernoulli, en
se basant sur l’hypothèse que la hauteur d’eau au dessus de la crête à l’aval est
nulle ; la charge qui s’exerce sur la conduite aval est alors égale à la hauteur de pelle
aval.

• On fait ensuite une vérification des hypothèses de départ au débit décennal, basée
sur la conservation de l’énergie sur le seuil, en admettant uniquement une perte de
charge linéaire de 1% et en calculant la hauteur d’eau moyenne nécessaire pour
déverser Q10-Qcr par la formule de Poléni.

• Une dernière étape permet de tenir compte de l’écoulement dans la conduite de


décharge et de vérifier que le déversoir n’est pas noyé.
1.3 Détail des calculs

Au préalable, on détermine les hauteurs de remplissage et les vitesses correspondantes à


Q10, Qcr, Qts, ainsi que le régime amont (utilisation de l’abaque de Kallwass).

• Hypothèses initiales :
4 × Qcr
Longueur du déversoir (Ldo) : en 1ère approximation on peut prendre Ldo =
Dam

Fixation de la hauteur de crête (pam) :

Pam>tirant d’eau amont pour le débit critique


Pam> 0.25m pour éviter des problèmes de dépôts à l’aval
Pam>0.6.Dam pour optimiser les capacités de stockage des conduites (valeur possible
pour 1ère approximation)

173
Annexes

Hauteur de remplissage admissible à l’amont (Tram)

• Calcul de la longueur aval de la conduite étranglée

Le calcul est basé sur le théorème de Bernoulli pour le débit critique. On est en régime
fluvial (imposé par le choix de Tram) et la ligne d’eau monte sur le seuil ; au débit critique, il
ne doit pas y avoir déversement. On suppose que la ligne d’eau arrive juste à la hauteur de la
crête à l’aval et on considère que la charge hydraulique sur la conduite étranglée est égale à la
hauteur de crête aval :

Hav = Pav = Pam + Ldo×Pentedo.

Par des considérations de pertes de charge sur la conduite aval, on peut montrer que :

Vav 2
Pav − ν − Dav
2g
Lav =
Imot − Iav

avec :
Imot : perte de charge dans la conduite aval (valeur tablée)
ν : coefficient défini en fonction du rapport entre charge et diamètre aval.

• Vérification au débit décennal

On suppose que la seule perte d’énergie sur le déversoir est due à une perte de charge linéaire
de 1 cm/m. Soit Ham l’énergie spécifique à l’amont du déversoir (par rapport au radier amont)
et Hav l’énergie spécifique à l’aval du déversoir (toujours par rapport au radier amont), on doit
avoir :
Hav ≈ Ham – 0,01×Ldo.
Ligne d’énergie

hav
ham

Ham Hav
pam
pav

Dav

Figure 88 : Forme de la ligne d’eau au débit décennal

On connaît le tirant d’eau amont admissible donc la hauteur sur le seuil à l’amont :

ham = Tram – pam

On calcule la hauteur d’eau moyenne (hm) sur le seuil pour évacuer le débit à déverser à
l’aide de la formule de Poléni :

174
Annexes

3 Qdev 0.85 × Qdev


hm3/2 = . avec µ=0,40 => hm3/2 =
2 Cd .1000.Ldo.µ. 2g 1000.Cd .Ldo

(avec Cd un coefficient utilisé en cas de déversoir noyé)

4hm − ham
On calcule la hauteur d’eau sur le seuil à l’aval du déversoir : hav = ;
3
D’où la charge spécifique à l’aval du déversoir (par rapport au niveau du radier amont) en
supposant que la vitesse est nulle :

Hav = pam + hav

Puis on calcule la charge spécifique dans la conduite amont :


2
Q10
Ham = Tram + avec A la section mouillée.
2gA
Hav représente l’énergie «nécessaire» pour évacuer Qdév,

(Ham – 0,01×Ldo) représente l’énergie «disponible».

Dans tous les cas, on doit avoir Hav < Ham – 0,01×Ldo. Si cette condition n’est pas vérifiée,
on recommence les calculs en augmentant Ldo ou Tram jusqu’à ce que les valeurs d’énergie
soient les plus proches possibles.
1.4 Remarques

On peut relever plusieurs imprécisions dans la démarche :

• La détermination de la hauteur de remplissage admissible à l’amont Tram reste très floue.


Si le régime est torrentiel dans la conduite amont, il faut imposer la formation d’un ressaut
dans cette conduite. Choisir la hauteur conjuguée comme hauteur d’eau à l’entrée du
déversoir entraîne de fortes incertitudes car la hauteur varie beaucoup après un ressaut et la
hauteur conjuguée ne s’établit qu’après une certaine distance.

• Dans le choix de la hauteur de crête qui est arbitraire.

• Dans le calcul de la hauteur d’eau moyenne hm : la formule utilisée pour le calcul du débit
déversé est proche de la formule de Poléni (qui s’applique normalement à des déversoirs
frontaux).

• Dans la définition de la charge moyenne =1/4×(ham+3hav) ; l’importance relative de hav


par rapport à ham et les coefficients affectés sont également arbitraires.

• Dans la valeur de la perte d’énergie sur le seuil de 0.01 m/m qui n’est pas justifiée.

2 SEUIL LATERAL CRETE BASSE


La démarche reste globalement la même. Pour le calcul de la hauteur de la crête, on
choisit comme valeur de pav la hauteur normale dans la conduite aval au débit critique. On

175
Annexes

cherche à calculer ensuite la longueur du déversoir nécessaire pour avoir hav = 0 à l’aval du
déversoir au débit décennal :

hav=0
Tram

pam
pav

Figure 89 :Déversoir à crête basse : Forme de la ligne d’eau au débit décennal

ham Tram − pam


hav = 0 ⇒ hm = =
4 4
0.85.Cd .Qdev
et Qdev = 0.85.C.Ldo.hm3/2 ⇒ Ldo =
hm3/2

Cependant, pour obtenir hav=0, on est obligé de supposer que la ligne d’eau diminue
sur le seuil alors qu’on est en régime fluvial (on a imposé Tram pour cela) ; cette hypothèse est
à priori fausse. Cette ligne d’eau correspond à un régime torrentiel ; si l’on suppose qu’à
l’amont du déversoir on est en régime fluvial, on peut envisager les cas (b) ou (c) mais on ne
peut pas prendre alors comme condition à la limite la hauteur normale.

Conclusion :

Pour les seuils latéraux à crête haute, la démarche consiste à déterminer la hauteur de crête et la
longueur du déversoir à partir du calcul de perte de charge ; le principe du calcul prend en
compte une ligne d’eau réaliste mais quantifie son évolution de manière empirique :
l’utilisation de la formule de Poléni pour le calcul du débit déversé et la définition de la hauteur
d’eau moyenne sur le seuil restent discutables. Pour les seuils latéraux à crête basse, le calcul
est basé sur l’hypothèse que la ligne d’eau diminue sur le seuil pour arriver à une hauteur aval
nulle, ce qui est à priori faux.

176
Annexes

Annexe 2
Généralités sur les systèmes d’équations hyperboliques

Définition 1 : Lois de conservation

Les lois de conservation sont des équations aux dérivées partielles issues de la physique
qui peuvent être écrites sous la forme :

u t + f ( u )x = 0

De même, on trouve également les systèmes de lois de conservation :

U t + F ( U )x = 0

où :

 u1   f1 
   
u f
U = 2 , F (U) =  2 
 M   M 
 u   f 
 m  m

U est appelé vecteur des variables conservées et F est le vecteur flux dont chaque composante
Fi est une fonction des composants uj de U.

Définition 2 : Matrice jacobienne

La matrice jacobienne de la fonction flux F(U) est la matrice :

 ∂f1 ∂u1 L ∂f1 ∂u m 


 
∂F  ∂f 2 ∂u1 L ∂f 2 ∂u m 
J (U) = =
∂U  M M M 
 
 ∂f m1 ∂u1 L ∂f1 ∂u m 

Les entrées de la matrice J sont les dérivées partielles des composantes fi du vecteur flux F par
rapport aux composantes uj du vecteur des variables conservées c’est à dire a ij = ∂fi ∂u j

Les équations de conservation présentées dans la définition 1 peuvent également être écrites
sous une forme quasi-linéaire lorsqu’elles sont sans second membre. Celle-ci est obtenue en
décomposant le terme de flux de la manière suivante :

∂F ( U ) ∂F ∂U
=
∂x ∂U ∂x

177
Annexes

Ainsi, l’équation de conservation devient :

Ut + J ( U ) Ux = 0

qui est un cas particulier d’un système d’équations sans second membre.

Définition 3 : Valeurs propres

Les valeurs propres λi de la matrice J sont les solutions des polynômes caractéristiques :

J − λ i I = det ( J − λ i I ) = 0

où :
I est la matrice identité. Les valeurs propres de la matrice jacobienne d’un système de
lois de conservations avec second membre sont appelées les valeurs propres du système.

Physiquement, les valeurs propres représentent les vitesses de propagation de


l’information. Ces vitesses seront mesurées positives dans les directions des x croissants et
négatives dans le sens contraire.

Définition 4 : Vecteurs propres

Un vecteur propre à droite d’une matrice J correspondant à une valeur propre λi de J est
T
un vecteur K ( ) =  k1( ) , k (2 ) ,L , k (m)  qui satisfait la relation JK ( ) = λ i K ( ) . De manière similaire,
i i i i i i

un vecteur propre à gauche de la matrice jacobienne J correspondant à une valeur propre λi de


T
J est un vecteur L( ) = l1( ) , l(2 ) ,L , l(m)  qui satisfait la relation L( ) J = λ i L( ) .
i i i i i i

Définition 5 : Système hyperbolique

Un système d’équation avec second membre est dit hyperbolique en un point du plan (x,
t) si J a m valeurs propres λ1 ,L , λ m et un ensemble correspondant de vecteurs propres
K ( ) ,L , K ( ) . Le système est dit strictement hyperbolique si les valeurs propres λi sont toutes
1 m

distinctes.

Définition 6 : Système diagonalisable

Une matrice J est dite diagonalisable si elle peut être exprimée sous la forme :

J = KΛK −1 où Λ = K −1JK

en terme d’une matrice diagonale Λ et d’une matrice K. Les éléments diagonaux de Λ sont les
valeurs propres λ i de J et la colonne K(i) de K sont les vecteurs propres à droite de J
correspondant aux valeurs propres λ i , c’est à dire :

178
Annexes

 λ1 L 0 
 
0 L 0 
Λ=  , K = ( K (1) ,L , K (m) ) , JK (i) = λ i K (i)
M M M 
 
 0 L λm 

Un système d’équations est dit diagonalisable si la matrice des coefficients J est


diagonalisable. En se basant sur le concept de diagonalisation, on définit un système
hyperbolique comme un système possédant des valeurs propres réelles et une matrice
jacobienne diagonalisable.

179
Annexes

Annexe 3
Calculs concernant la mise en œuvre de la méthode de Roe
dans le cas du système de Saint-Venant

Expression de la matrice jacobienne :

 ∂Q ∂Q 
 
∂F(U)  ∂A ∂Q 
J= =
∂U  
∂ Q2  
∂ Q 2
 
  + gI   + gI  
 ∂A  A  ∂Q  A 

Les détails des calculs des éléments de la matrice dans le cas du canal prismatique sont
présentés ci-après :

∂Q
=0 Car Q et A sont des variables indépendantes.
∂A
∂Q
=1
∂Q
h (x ,t )
∂  Q2  Q2 ∂  
 + gI  = − 2 + g  ∫ (h − η)b(x , η)dη
∂A  A  A ∂A  0 
h (x ,t )
Q2 ∂   ∂h
=− + g  ∫ (h − η)b(x , η)dη
A 2
∂h  0  ∂A
Q2 h ( x , t )  ∂h
=− + g  ∫ b(x, η)dη
A 2
 0  ∂A
Q2 ∂h
= − 2 + gA
A ∂A
−1
A ∂h  ∂A 
= − u + g car
2
=  puisque l' on est dans le cas d' un canal
b ∂A  ∂h 
prismatique A n' est fonction que de h
h (x ,t )
∂  Q2  2Q ∂I ∂  
 + gI  = +g = 2u + g  ∫ (h − η)b(x , η)dη = 2u
∂Q  A  A ∂Q ∂Q  0 

Au final, la matrice jacobienne est donnée par :

 0 1
J= A 
g − u
2
2u 
 b 

Q
avec u = .
A

180
Annexes

Le calcul des valeurs propres de la jacobienne donne :

gA
a 1, 2 = u ± c avec c=
b

Le calcul des vecteurs propres donne :

 1 
e 1,2 =  
 u ± c

Expressions des coefficients de pondération et de la moyenne de Roe


Le système de Barré de Saint-Venant s’écrit sous la forme :

∂U ~ ∂U
+J =G
∂t ∂x
~
où J correspond à la matrice jacobienne approchée.

On rappelle les conditions que doit satisfaire la matrice jacobienne approchée dans le cadre du
solveur de Roe :

• Une relation linéaire est possible entre U et F.


~ ~ ~
• Ji + 1 ∆ i + 1 U = ∆ i + 1 F où Ji + 1 = J (U i , U i +1 )
2 2 2 2
~
• J (U, U ) = J (U ) traduit la consistance du jacobien approché avec le jacobien réel.
~
• J possède des valeurs propres réelles et un ensemble de vecteurs propres linéairement
indépendants pour lesquels : ∆ i + 1 (•) = (•)i +1 − (•)i .
2

• On recherche les valeurs et vecteurs propres sous la forme :

~ u 1i +, 21 ± ~ci1+, 21
a i1+, 21 = ~
2 2 2

~e 1, 2 =  1, 2 
1
i+ 1 ~
 a i+ 1 
2
 2

~
u et de ~c qui satisfont
Le problème de la détermination de J est transféré en celui du calcul de ~
simultanément les première et cinquième conditions précédemment énumérées.
~
Soit R i + 1 la matrice des vecteurs propres. Alors, J peut être diagonalisée sous la forme :
2
~
J = R i + 1 diag ~
a ik+ 1 R i−+11
2  2 2

La quatrième condition que doit vérifier le jacobien approché implique que ∆ i+ 1 U peut
2
s’exprimer sous la forme d’une combinaison linéaire des vecteurs propres :

181
Annexes

2
~k
∆ i + 1 U = ∑ α ik+ 1 e i+ 1
2 k =1 2 2

On détermine grâce à la relation précédente les valeurs des coefficients α1i + 1 et α i2+ 1 :
2 2
2
∆ i + 1 U = ∑ αik+ 1 e% ki+ 1
2 k =1 2 2

 A − Ai   1   1 
⇒  i +1  = α i + 1 2  u
1
 + αi2+ 1  
 Qi +1 − Qi  +c  2  u i + 1 − ci + 1 
 i+ 12 i+ 12   2 2

 ∆ i + 1 A = α1i + 1 + α i2+ 1
 2 2 2
⇒
 2 2
( 2 2
)
 ∆ i + 1 Q = α i + 1 u i + 1 + ci + 1 + α i + 1 u i + 1 − ci + 1
1 2
2 2
(
2
)
 α1i + 1 = ∆ i + 1 A − αi2+ 1
 2 2 2
⇒
 2 2
(
2 2
2
)
2 2 2
(
2
2
) 2
(
∆ i + 1 Q = ∆ i + 1 A u i + 1 + ci + 1 − αi + 1 u/ i + 1 + ci + 1 + αi + 1 u/ i + 1 − ci + 1
2
)
 α1i + 1 = ∆ i + 1 A − αi2+ 1
 2 2 2

⇒
α 2 1 = 2 2
(
∆ i + 1 Q - u i + 1 + ci + 1 ∆ i + 1 A
2 2
)
 i+
2 −2ci + 1
 2


 1
α = 2 2 2 2 2
(
/ i + 1 ∆ i + 1 A - ∆ i + 1 Q + u i + 1 + c/ i + 1 ∆ i + 1 A
−2c
2
)
 i+ 12 −2ci + 1
 2
⇒

 αi2+ 1 = 2 2
(
∆ i + 1 Q - u i + 1 + ci + 1 ∆ i + 1 A
2 2
)
 2 −2ci + 1
 2


 1
α = 2 2
(
−∆ i + 1 Q + u i + 1 + ci + 1 ∆ i + 1 A
2 2
)
 i+ 12 −2ci + 1
 2
⇒

 α2 = i+ 2 2
(
∆ 1 Q - u i + 1 + ci + 1 ∆ i + 1 A
2 2
)
 i + 1
2 −2ci + 1
 2

182
Annexes


 1
∆ i + 1 Q + − u i + 1 + ci + 1 ∆ i + 1 A ( )
α i + 1 2 =
2 2 2 2

2ci + 1
 2
⇒

α 2 = i + 2
∆ 1 Q + − u i + 1 − ci + 1 ∆ i + 1 A
2 2 2
( )
 i+ 12 −2ci + 1
 2

⇒α 1,2
= 2
(
∆ i + 1 Q + − u i + 1 ± ci + 1 ∆ i + 1 A
2 2
) 2
i+ 1
2 ±2ci + 1
2

De la première condition sur le jacobien approché et de l’expression du jacobien sous forme


diagonalisée, on tire :
2
∆ F = αk ~ ~k
i+ 1
2
ak e ∑
k =1
i+ 1
2
i+ 1
2
i+ 1
2

Démonstration :

On a :
~
• Ji + 1 ∆ i + 1 U = ∆ i + 1 F
2 2 2
2
• ~k
∆ i + 1 U = ∑ α ik+ 1 e i+ 1
2 k =1 2 2

~
• J = R i + 1 diag ~
a ik+ 1 R i−+11
2  2 2

Alors :
~
∆ i + 1 F = Ji + 1 ∆ i + 1 U
2 2 2
2
~ ~k
⇒ ∆ i + 1 F = Ji + 1
2
∑α
2 k =1
k
i+ 1
2
e i+ 1
2
~ ~ 1 + ~J α 2 e ~2
⇒ ∆ i+ 1 F = Ji + 1 α1i + 1 e i+ 1 i+ 1 i+ 1 i+ 1
2 2 2 2 2 2 2

⇒ ∆ i + 1 F = α1i + 1 R i + 1 diag ~
a k R −1 e ~ 1 + α 2 R diag ~ −1 ~ 2
 a i + 1 R i + 1 e i+ 1
k
2 2 2  i + 12  i + 12 i+ 12 i+ 1
2
i+ 1
2  2 2 2

avec k = 1,2.

Remarque : Inverse d’une matrice 2×2 :

a b 1 1  d − b
Soit A =   alors A -1 = adj(A ) =  
 c d A A  − c a 

On a :

183
Annexes

 1 1  1  ~
a2 − 1
R i+ 1 =  ~1  et avec la remarque précédente : R −11 =  i + 12 
~ ~ − ~
a i+ 1 − ~ 1
2
2  a i+ 1 a i+ 1  i+
2
2
a i1+ 1 a1
 2 2 2 2  i + 12 

Calcul de :

R i + 1 diag ~
a ik+ 1 R i−+11 e~1
2  2 2
i+ 1
2

  ~
a2 − 1 1 
 ~   1  i + 12 
= R i + 1 diag a ~ 1 
k
 ~ 2 ~1 − ~
2  2 a
i+ 1
 i + 12 − a i + 12 a1 1  a i + 1 
 i + 12  2 

 ~ a i2+ 1 − ~ a i1+ 1 


 1
= R i + 1 diag ~ a ik+ 1  ~ 2 ~


2 2 

2  2 a
 i + 2
1 − a 1
i+ 1  0 
2

~a i1+ 1 0  1 
= R i+ 1  2  
2  0 a i + 1  0 
~ 2
 2

 1 1  a 1  ~ 1

=  ~1 ~  i + 2 
 a i + 1 a i + 1  0 
2
 2 2  
 ~ a1 
 i + 12  ~ 1  1  ~ 1 ~ 1
= 2 = a  1 =a e
 ~
a 1   i+ 1  ~
2 a i+ 1 
i+ 1 i+ 1
 i+ 1   2
2 2
  2  

De même, on montre que : R i + 1 diag ~


a ik+ 1 R i−+11 e~2 = ~ a i2+ 1 e~2
2  2 2
i+ 1
2 2
i+ 1
2

D’où :
~ ~ 1 + ~J α 2 e ~2
∆ i + 1 F = Ji + 1 α1i + 1 e i+ 1 i+ 1 i+ 1 i+ 1
2 2 2 2 2 2 2
2
⇒ ∆ i + 1 F = ∑ α ik+ 1 ~ ~k
a ik+ 1 e i+ 1
2 k =1 2 2 2

En injectant les valeurs de α i+


k
1 dans l’équation précédente et en omettant les indices :
2

184
Annexes

2
∆ i + 1 F = ∑ α ik+ 1 ~ ~k
a ik+ 1 e i+ 1
2 k =1 2 2 2

∆Q + (−u + c)∆A

 ∆Q = (u + c ) + ∆Q + (−u − c)∆A (u − c)
2c − 2c
⇒  2
Q ∆Q + (− u + c)∆A ∆Q + (−u − c)∆A
∆  + g∆I = (u + c )(u + c ) + (u − c )(u − c )
  A  2c − 2c

 ∆Q c/ 2 − u/ 2 ∆Q u/ 2 − c/ 2
 ∆Q = (u/ + c ) + ∆A − (u/ − c) + ∆A
2c 2c 2c 2c
⇒
 Q2  ∆Q
∆  + g∆I = (u + c )2 − ∆Q (u − c )2 + ∆A (− u + c )(u + c )2 + ∆A (u + c )(u − c )2
  A  2c 2c 2c 2c

 ∆Q = ∆Q
 Q 
2
∆Q
∆  + g∆I = (u + c/ + u − c/ )(u/ + c − u/ + c )
⇒  A  2c
 ∆A 2
 + {( ) (
u + c 2 + 2uc (− u + c ) + u 2 + c 2 − 2uc (u + c ) ) }
 2c

 Q2  ∆A
⇒ ∆  + g∆I = ∆Q + {
− u/ 3 + u 2 c − c/ 2 u/ + c 3 − 2u 2 c + 2/ u/ c/ 2 + u/ 3 + u 2 c + c/ 2 u/ + c 3 − 2u 2 c − 2/ u/ c/ 2 }
 A  2c

 Q2  ∆A
⇒ ∆
A
 + g∆I = ∆Q +
2c
{
2c 3 − 2u 2 c }
 

 Q2 
⇒ ∆  + g∆I = ∆Q − u 2 ∆A + c 2 ∆A
 A 

 Q2 
⇒ u 2 ∆A − 2u∆Q + ∆  = c 2 ∆A − g∆I
 A 

∆I  Q2 
On pose c 2 = g d' où u 2 ∆A − 2u∆Q + ∆  = 0
∆A  A 

Résolution de l’équation du second degré en u précédente :

 Q2 
∆ = 4Q 2 − 4∆A∆ 
 A 

185
Annexes

 Q2 
∆ = 4Q 2 − 4∆A∆ 
 A 

 Q2 Q2 
⇒ ∆ = 2 (Q i +1 − Q i ) − (A i +1 − A i ) i +1 − i 
2

 A i +1 A i 

 2 A i +1Q i2 A i Q i2+1 2
⇒ ∆ =2 Q 2
/ i +1 − 2Q Q (
i i +1 + Q 2
− 
/ i  / i +1
Q −
Ai
− )
A i +1
/ i 
+Q
 

− 2Q i Q i +1 A i A i +1 + A i2+1Q i2 + A i2 Q i2+1
⇒ ∆ =2
A i A i +1

(A i+1Q i − A i Q i+1 )
⇒ ∆ =2
A i A i +1

D’où pour l’expression de u :

 A i +1 Ai 
2/ (Q i +1 − Q i ) ± 2/  Qi − Q i +1 
~
u i+ 1 =  Ai A i +1 
2 2/ (A i +1 − A i )

− A i ± A i +1 A i +1 m A i
Qi + Q i +1
Ai A i +1
⇒~
u i+ 1 =
2 ( A i +1 + A i )( A i +1 − A i )
( A i +1 − A i )Q + ( A i +1 − A i )Q
i i +1
Ai A i +1
⇒~
u i+ 1 =
2 ( A i +1 + A i )( A i +1 − A i )
Qi A i + Q i +1 A i +1
⇒~
u i+ 1 =
2 A i +1 + A i

186
Annexes

Annexe 4
Caractéristiques hydrauliques des collecteurs circulaires et
ovoïdes
Les caractéristiques hydrauliques à calculer sont les rayon hydraulique (Rh), surface mouillée
(S), périmètre mouillé (P), hauteur en fonction de la surface (h), largeur au miroir (B), pression
hydrostatique (I), hauteur normale (hn), hauteur critique (hc) et débit normal (Qn).

Nous avons considéré les conduites rectangulaires, circulaires en fer a cheval et ovoïdes. Les
conduites de formes arrondies sont caractérisés par le rapport de leur hauteur (T) sur leur
largeur (B). Les calculs ont été réalisés dans le cas des conduites ovoïdes 1.5 et 4/3, fer à cheval
0.75 et circulaire 1.

Voici des schémas explicatifs de la géométrie de ces conduites:

Schéma de l’ovoïde T=1.5 B Schéma de l’ovoïde T=4/3 B

Schéma du circulaire T=B Schéma du fer à cheval T=0.75B

Pour connaître les caractéristiques hydrauliques des ovoïdes T=1.5 B, circulaires T=B et
en fer à cheval T=0.75 B, on s’est appuyé sur les travaux réalisés par Hager [Hager-1999]. En
effet, ce dernier a établi des relations hydrauliques adimensionnelles pour ces conduites.

Pour ce qui est des ovoïdes T=4/3 B, à partir de la géométrie de ces conduites, on a
construit les équations hydrauliques adimensionnelles sous le même modèle que celui de Hager
en s’inspirant des travaux de K. Babaeyan-Koopaei pour les expressions des grandeurs
hydrauliques. Les expressions de ces grandeurs utilisées par K. Babaeyan-Koopaei [Babaeyan-
Koopaei-2001] sont présentées sur la figure ci-dessous :

187
Annexes

Puis nous avons tracé sous excel les graphes donnant les courbes Rh, S, B, I en fonction
de h/T et finalement calé des polynômes sur ces courbes. Ce sont ces polynômes qui ont été
intégré au logiciel pour permettre le calcul des grandeurs hydrauliques.

Pour ce qui concerne les termes de pression hydrostatiques dans le cas des conduites
ovoïdes et en fer à cheval, celles-ci ont été calculées en mettant en œuvre des relations valables
pour le cas elliptique. Les conduites ovoïdes ont été approchées par des conduites elliptiques
comme représenté ci-dessous dans le cas de l’ovoïde T=1.5B et du fer à cheval T=0.75B.

L’expression de la pression hydrostatique est due à Hjelmfelt [Hjelmfelt-1967] :

I 1
(
= (2 y − 1)arccos(1 − 2 y ) − 2(1 − 2 y ) y − y 2

) 1
2
 3
(
 + 2 y − y2 ) 3
2
avec y =
h
ρgBT 2
8 T

Pour les conduites circulaire et rectangulaire les intégrales permettant d’obtenir le terme de
pression ont été calculées.

188
Annexes

Ovoïde T=1.5 B Ovoïde T=4/3 B

h 4 h h h 4 h 3 h 2
T( − 0 .8181( ) + 1.5399 ( )3 − 1.1872 ( ) 2 T( − 0 .7813 ( ) + 1.4252 ( ) − 1.1446 ( )
T T T T T T
Rh h h
+ 0 .667 ( ) − 0 .0001 ) + 0 .719 ( ) − 0 .0013 )
T T
h h h h h h
S T 2 (−0.5455( ) 3 + 0.9431( ) 2 + 0.1193( ) + 0.001) T 2 (−0.5455( ) 3 + 0.9431( ) 2 + 0.1193( ) + 0.001)
T T T T T T
h 6 h h
) + 158.54( )5 − 179.74( )4
h 6 h h
T( − 54.474( T( − 59.561( ) + 172 .59( )5 − 195 .84( ) 4
T T T T T T
B h h h
h 3 h 2 h + 109 .39( )3 − 32.359( ) 2 + 5.7314( ) + 0.0668 )
+ 99.223( ) − 28.411( ) + 4.8798( ) + 0.0402)
T T T T T T
h h h h h h
I T 3 (0.1313( )3 + 0.1435( ) 2 − 0.0.126 ( ) + 0.0004 ) T 3 ( 0 .052 ( ) 3 + 0 .2619 ( ) 2 − 0 .0335 ( ) + 0 .0013 )
T T T T T T
Qps 0 . 171 K s I 0 . 5 T 8 / 3 0 . 221 K s I 0 .5
T 8/3

Q Q
Hn 1 . 09 T (1 − (1 − 0 . 884 ) 0 .5 1 . 0159 T (1 − (1 − ) 0 .5
( 0 . 171 K s I 0 .5T 8 / 3 ) 0 .5 ( 0 . 221 K s I 0 . 5 T 8 / 3 0 .5
)
hn 2 hn 2
0 . 171 K s I 0 . 5 T 8 / 3 1 . 9 ( ) × 0 . 221 K s I 0 . 5 T 8 / 3 1 . 942 ( ) ×
T T
Qn
hn 2 hn 2
(1 − 0 . 421 ( ) ) (1 − 0 . 487 ( ) )
T T
Q Q
Hc 1 . 34 ( ) 0 .5 1 . 28 ( ) 0 .5
( 9 . 81 T ) 0 . 5 ( 9 . 81 T ) 0 . 5

Caractéristiques hydrauliques des ovoïdes T=1.5B et T=4/3B

Circulaire T=B Fer à cheval T=3/4 B

h 4 h h
T( − 0.5257 ( ) + 0 .7707 ( ) 3 − 0 .7120 ( ) 2 h 3 h h
T T T T( − 0.2748 ( ) − 0 . 17 ( ) 2 + 0.7505 ( )
Rh h
T T T
+ 0 .7300 ( ) − 0.00155 ) − 0.0049 )
T
h h h h h h
S T 2 (−0.9053( ) 3 + 1.3570( ) 2 + 0.3401( ) + 0.003527 T2 (−0.9333( )3 + 1.1659( )2 + 0.8522( ) − 0.0228)
T T T T T T
h h h
T( − 74.49( ) 6 + 222.6( ) 5 − 260( ) 4 h 6 h h
T T T T( − 60.168( ) + 184 .57 ( )5 − 227 .09( ) 4
T T T
B h h h
+ 150( ) 3 + 46.71( ) 2 + 8.603( ) + 0.09642) h 3 h 2 h
+ 143 .45( ) − 50.724 ( ) + 9.8533( ) + 0.1616 )
T T T T T T

h h h h h
I T 3 (0.4527 ( ) 2 − 0.06008 ( ) + 0.001745 ) T 3 ( 0 .0688 ( ) 3 + 0 .5592 ( ) 2 − 0 .073 ( ) + 0 .0034 )
T T T T T
π
Qps 5
K s I 0 .5 T 8 / 3 0 . 457 K s I 0 . 5 T 8 / 3
4 3

189
Annexes

Q Q
Hn 0 .926 T (1 − (1 − 3 .11 ) 0 . 5 ) 0 .5 0 . 850 T (1 − (1 − 2 . 19 0 .5
) 0 .5 ) 0 .5
K sI T 0 .5 8/3
K sI T 8/3

h 2 h
0 . 457 K s I 0 . 5 T 8 / 3 2 . 8 ( ) (1 − 0 . 71 ( ) 2 )
T T
5
pour h/T<0.8
2
π  π   δ − sin δ cos δ 
3 3 h 2 h
K s I 0 .5 T 8 / 3     0 . 457 K s I 0 .5 T 8 / 3 2 . 8 ( ) (1 − 0 . 8 ( ) 2
Q 5
δ  π  T T
4 3
h 6
+ 0 . 25 () )
T
pour h/T<0.93
0 .5
 Q  Q
Hc   0 . 787 ( ) 0 .5
 ( 9 . 81 T )
0 .5
 ( 9 . 81 T ) 0 . 5

Pour le canal rectangulaire, les seules difficultés résident dans le calcul de la hauteur normale et
de la définition d’un débit à pleine section. Pour la hauteur normale, on utilise la relation de
Manning-Strickler dans laquelle on remplace les section mouillée et rayon hydraulique par
leurs expressions en fonction de la hauteur d’eau et on calcule la hauteur normale en
déterminant le zéro de la fonction grâce à un solveur. Pour le débit à pleine section, on a
simplement limité la hauteur d’un canal rectangulaire à 4 fois sa largeur.

On a ainsi pu créer dans le logiciel des fonctions permettant le calcul de ces grandeurs
hydrauliques sans que ces calculs soient trop coûteux en temps.

190
Annexes

Annexe 5
Présentation du logiciel hsl

Un bon moyen d’illustrer l’application des conditions aux limites est le logiciel nommé
hsl qui permet de reproduire les courbes de remous susceptibles d’apparaître dans un unique
canal rectangulaire en écoulement à surface libre.
Les valeurs des conditions aux limites appliquées sont matérialisées par deux triangles
rouges à l’amont et à l’aval du canal.

3 PRESENTATION DU LOGICIEL
On présente ci-dessous la fenêtre d’accueil du logiciel hsl

Fenêtre d’accueil du logiciel hsl

Les conditions aux limites applicables à l’amont et à l’aval sont les hauteurs normales,
critiques ou imposées.

4 QUELQUES EXEMPLES
4.1 Courbe M2

On considère un canal de pente 0.8 %, de longueur 200 m, de rugosité 60 et un débit


injecté de 10 m3s-1.

191
Annexes

Courbe M2 obtenue grâce au logiciel hsl

Dans le cas suivant, il s’agit d’un canal à pente faible dans lequel on a fait apparaître
une courbe de type M2 en imposant la hauteur normale à l’amont et la hauteur critique à l’aval.
L’application de la hauteur critique à l’aval est possible puisque l’on est dans le cas d’un
écoulement fluvial c’est à dire que le point de contrôle est à l’aval. L’application de la hauteur
normale à l’amont n’est pas prise en compte et il y a linéarisation. Sur les 200 m de longueur du
canal, la courbe M2 ne se développe pas complètement et on ne retrouve pas la hauteur
normale à l’amont. Le fait que la hauteur critique ne soit pas atteinte à l’aval est du à
l’affectation de la condition limite dans les cellules du tronçon fictif aval.

4.2 Courbe M3

On reprend la même configuration que précédemment mais avec un débit de 8 m3s-1.

Courbe M3 à l’amont du ressaut obtenue grâce au logiciel hsl


On est ici dans le cas d’un canal à pente faible et on applique une hauteur imposée à
l’amont inférieure à la hauteur critique (h=0.5 m). Si la hauteur d’eau initiale (ici la hauteur
normale) est supérieure à la hauteur critique et si la hauteur imposée est inférieure à la hauteur

192
Annexes

conjuguée du ressaut hydraulique, dans ce cas le ressaut apparaît et se propage vers l’aval. On a
ainsi à l’amont du ressaut une courbe de remous de type M3 et à l’aval on retrouve la hauteur
normale.

Hauteur imposée amont trop grande pour faire apparaître un ressaut

Dans la même configuration, si on applique une hauteur imposée de 1.3 m cette fois le
ressaut n’apparaît pas car la hauteur imposée est supérieure à la valeur de la hauteur conjuguée
du ressaut. Dans ce cas, c’est une linéarisation sur les deux cellules fictives et la cellule amont
du tronçon réel qui est réalisée. En fait, on reste à la hauteur normale.

4.3 Courbe S1

On considère un canal de pente 1%, de largeur 1.2 m, de longueur 200m, de rugosité 100 et
un débit injecté de 6 m3s-1.

Courbe S1 à l’aval du ressaut obtenue grâce au logiciel hsl


Dans cette situation, on est dans un canal à pente forte et on applique une hauteur imposée
de 3 m à l’aval. La hauteur initiale est inférieure à la hauteur critique et la hauteur imposée

193
Annexes

supérieure à la hauteur conjuguée du ressaut hydraulique. En conséquence, le ressaut peut


apparaître et se propage vers l’amont. On a une courbe de remous de type S1 à l’aval du ressaut
et la hauteur normale à l’amont.

Hauteur imposée aval trop petite pour faire apparaître un ressaut


Si on applique cette fois une hauteur imposée de 1.8 m à l’aval, la hauteur imposée est
inférieure à la hauteur conjuguée du ressaut. En conséquence, celui-ci n’apparaîtra pas et la
hauteur reste à la hauteur normale puisqu’il y a linéarisation à partir de la hauteur initiale qui
est la hauteur normale.
4.4 Courbe S2

On considère un canal de 100 m de long de rugosité 100, de pente 1%, de largeur 1.2 m et un
débit injecté de 10 m3s-1.

Courbe S2 obtenue grâce au logiciel hsl

On applique ici la hauteur critique à l’amont et à l’aval du canal. On est en régime


torrentiel. En conséquence, le contrôle se fait par l’amont. C’est pourquoi la hauteur critique est

194
Annexes

effectivement appliquée à l’amont mais pas à l’aval. A l’aval, on a linéarisation. Ainsi, on voit
apparaître une courbe de remous de type S2.

D’autres versions du logiciel hsl moins conviviales permettent de modéliser la ligne


d’eau dans une succession de collecteurs et déversoirs latéraux connectés en série avec prise en
compte du changement de section.

195
Annexes

Annexe 6
Tableaux de valeurs concernant la validation du logiciel
pour les courbes de remous.
• Courbe S1 :

COURBE S1
Abscisse Hauteurs mesurées Hauteurs simulées
Méthode Méthode Mac-
Méthode Upwind Méthode MUSCL
symétrique Cormack
0,25 2,2 2,3 2,3 2,3 2,3
0,75 2,5 2,4 2,4 2,4 2,5
1,25 2,6 2,8 2,5 2,5 2,8
1,75 2,8 7,6 2,7 2,8 4,4
2,25 6,9 8,5 5,6 5,2 7,6
2,75 7,7 9,1 7,6 7,6 8,1
3,25 8,3 9,7 8,1 8,1 8,7
3,75 8,8 10,4 8,7 8,7 9,2
4,25 9,3 10,9 9,2 9,2 9,7
4,75 9,8 11,6 9,7 9,7 10,3
5,25 10,3 12,0 10,3 10,3 10,8
5,75 10,7 12,7 10,8 10,8 11,3

• Courbe S3 :

COURBE S3
Abscisse Hauteurs mesurées Hauteurs calculées
Méthode Méthode Mac-
Méthode Upwind Méthode MUSCL
symétrique Cormack
0,25 0,7 0,8 0,8 0,8 0,8
0,75 0,8 0,9 0,9 0,9 0,9
1,25 1,0 1,1 1,1 1,1 1,1
1,75 1,1 1,2 1,2 1,2 1,2
2,25 1,3 1,3 1,3 1,3 1,3
2,75 1,4 1,5 1,3 1,3 1,5
3,25 1,4 1,5 1,5 1,5 1,5
3,75 1,5 1,6 1,5 1,5 1,5
4,25 1,4 1,6 1,5 1,5 1,5
4,75 1,5 1,6 1,6 1,6 1,6
5,25 1,5 1,6 1,6 1,6 1,6
5,75 1,5 1,6 1,6 1,6 1,6

196
Annexes

• Courbe M1 :

COURBE M1
Abscisse Hauteurs mesurées Hauteurs calculées
Méthode Méthode Mac-
Méthode Upwind Méthode MUSCL
symétrique Cormack
0,25 12,3 13,5 12,5 12,5 12,7
0,75 12,3 13,7 12,7 12,7 12,8
1,25 12,4 13,9 12,8 12,8 13,1
1,75 12,6 14,1 12,9 12,9 13,1
2,25 12,8 14,3 13,1 13,1 13,3
2,75 13,1 14,5 13,2 13,3 13,5
3,25 13,3 14,8 13,5 13,5 13,6
3,75 13,5 14,9 13,5 13,6 13,7
4,25 13,6 15,1 13,7 13,7 13,9
4,75 13,7 15,3 13,9 13,9 14,0
5,25 13,9 15,5 14,0 14,0 14,1
5,75 13,9 15,6 14,1 14,1 14,4

• Courbe M2 :

COURBE M2
Abscisse Hauteurs mesurées Hauteurs calculées
Méthode Méthode Mac-
Méthode Upwind Méthode MUSCL
symétrique Cormack
0,25 1,3 1,3 1,3 1,3 1,3
0,75 1,5 1,6 1,6 1,6 1,6
1,25 1,6 1,7 1,7 1,7 1,7
1,75 1,9 2 2 2 2,0
2,25 2,2 2,3 2,1 2,1 2,3
2,75 2,4 2,5 2,4 2,4 2,7
3,25 4,6 4,8 4,8 3,3 4,8
3,75 4,7 4,7 4,7 4,7 4,7
4,25 4,6 4,5 4,5 4,5 4,5
4,75 4,5 4,4 4,4 4,4 4,4
5,25 4,2 4,3 4,3 4,3 4,3
5,75 3,7 3,9 3,9 4,1 3,9

197
Annexes

• Courbe M3 :

COURBE M3
Abscisse Hauteurs mesurées Hauteurs calculées
Méthode Méthode Mac-
Méthode Upwind Méthode MUSCL
symétrique Cormack
0,25 1,9 1,9 1,9 1,9 1,8667
0,75 2 2,0 2,0 2,0 2,0000
1,25 2,3 2,3 2,3 2,3 2,2667
1,75 2,5 2,4 2,4 2,4 2,4000
2,25 2,7 2,7 2,7 2,7 2,6667
2,75 2,9 2,8 2,8 2,8 2,8000
3,25 3,1 3,1 3,1 3,1 3,0667
3,75 3,4 3,3 3,3 3,3 3,3333
4,25 3,6 3,6 3,6 3,6 3,6000
4,75 4,2 4,1 4,3 3,9 4,9333
5,25 4,9 4,9 4,8 5,3 4,8000
5,75 4,5 4,7 4,7 4,9 4,6667

198
Annexes

Annexe 7 : Tableaux de valeurs concernant la validation du changement de section


• Cas Q=26.6 m3h-1

hauteur hauteur
hauteur hauteur hauteur hauteur hauteur
Position expérimentale expérimentale - Position Position Position Position
expérimentale calculée calculée calculée calculée
(m) + 3mm 3mm (m) (m) (m) (m)
(m) (m) (m) (m) (m)
(m) (m)
1.8 0.078 0.081 0.075 1.5 0.07643 2.135 0.06964 2.7275 0.05659 3.49 0.01916
2 0.077 0.08 0.074 1.525 0.07641 2.155 0.06841 2.751 0.05634 3.515 0.01928
2.04 0.072 0.075 0.069 1.55 0.07639 2.175 0.06713 2.7745 0.05599 3.54 0.01939
2.08 0.067 0.07 0.064 1.575 0.07636 2.195 0.06586 2.798 0.05551 3.565 0.01948
2.16 0.061 0.064 0.058 1.6 0.07632 2.215 0.06463 2.8215 0.05481 3.59 0.01957
2.24 0.056 0.059 0.053 1.625 0.07629 2.235 0.06352 2.845 0.0517 3.615 0.01966
2.32 0.051 0.054 0.048 1.65 0.07628 2.255 0.06257 2.87475 0.04634 3.64 0.01975
2.4 0.052 0.055 0.049 1.675 0.07627 2.275 0.06182 2.9045 0.04127 3.665 0.01984
2.48 0.052 0.055 0.049 1.7 0.07627 2.295 0.06125 2.93425 0.03792 3.69 0.01993
2.56 0.052 0.055 0.049 1.725 0.07627 2.315 0.06083 2.964 0.03532 3.715 0.02002
2.64 0.052 0.055 0.049 1.75 0.07626 2.335 0.06049 2.99375 0.03317 3.74 0.02013
2.72 0.052 0.055 0.049 1.775 0.07625 2.355 0.06016 3.0235 0.03133 3.765 0.02024
2.8 0.049 0.052 0.046 1.8 0.07623 2.375 0.05987 3.05325 0.02974 3.79 0.02035
2.88 0.045 0.048 0.042 1.825 0.07618 2.3985 0.05963 3.083 0.02835 3.815 0.02044
2.96 0.04 0.043 0.037 1.85 0.07613 2.422 0.0594 3.11275 0.02715 3.84 0.02052
3.04 0.029 0.032 0.026 1.875 0.07610 2.4455 0.05918 3.1425 0.02606 3.865 0.02059
3.12 0.019 0.022 0.016 1.9 0.07609 2.469 0.05897 3.17225 0.02487 3.89 0.02066
3.2 0.019 0.022 0.016 1.925 0.07608 2.4925 0.05874 3.202 0.02406 3.915 0.02071
3.28 0.019 0.022 0.016 1.95 0.07608 2.516 0.05851 3.23175 0.02332 3.94 0.02092
3.36 0.019 0.022 0.016 1.975 0.07579 2.5395 0.05828 3.2615 0.02257
3.44 0.022 0.025 0.019 1.995 0.07507 2.563 0.05805 3.29125 0.02186
3.52 0.018 0.021 0.015 2.015 0.07499 2.5865 0.05782 3.321 0.02125
3.6 0.016 0.019 0.013 2.035 0.07430 2.61 0.05761 3.35075 0.02066
2.055 0.07359 2.6335 0.0574 3.3805 0.02012
2.075 0.07277 2.657 0.0572 3.41025 0.01963
2.095 0.07184 2.6805 0.057 3.44 0.0192
2.115 0.07079 2.704 0.0568 3.465 0.01905

199
Annexes
• Cas Q=44.8 m3h-1

hauteur hauteur
hauteur hauteur hauteur hauteur hauteur
Position expérimentale expérimentale - Position Position Position Position
expérimentale calculée calculée calculée calculée
(m) + 3mm 3mm (m) (m) (m) (m)
(m) (m) (m) (m) (m)
(m) (m)
1.8 0.108 0.111 0.105 1.5 0.10453 2.135 0.09757 2.7275 0.079 3.49 0.02612
2 0.106 0.109 0.103 1.525 0.10453 2.155 0.09578 2.751 0.07846 3.515 0.02619
2.04 0.107 0.11 0.104 1.55 0.10453 2.175 0.09383 2.7745 0.07786 3.54 0.02627
2.08 0.105 0.108 0.102 1.575 0.10453 2.195 0.0919 2.798 0.07717 3.565 0.02634
2.16 0.099 0.102 0.096 1.6 0.10453 2.215 0.0901 2.8215 0.07628 3.59 0.02643
2.24 0.088 0.091 0.085 1.625 0.10453 2.235 0.08852 2.845 0.07294 3.615 0.02652
2.32 0.079 0.082 0.076 1.65 0.10453 2.255 0.0872 2.87475 0.06678 3.64 0.02662
2.4 0.072 0.075 0.069 1.675 0.10453 2.275 0.08617 2.9045 0.05958 3.665 0.02672
2.48 0.068 0.071 0.065 1.7 0.10453 2.295 0.0854 2.93425 0.05419 3.69 0.02682
2.56 0.068 0.071 0.065 1.725 0.10453 2.315 0.08483 2.964 0.05019 3.715 0.02691
2.64 0.068 0.071 0.065 1.75 0.10453 2.335 0.08435 2.99375 0.04696 3.74 0.027
2.72 0.066 0.069 0.063 1.775 0.10453 2.355 0.08385 3.0235 0.04426 3.765 0.02708
2.8 0.067 0.07 0.064 1.8 0.10453 2.375 0.08342 3.05325 0.04194 3.79 0.02717
2.88 0.062 0.065 0.059 1.825 0.10453 2.3985 0.08311 3.083 0.03993 3.815 0.02726
2.96 0.054 0.057 0.051 1.85 0.10453 2.422 0.08289 3.11275 0.03813 3.84 0.02735
3.04 0.045 0.048 0.042 1.875 0.10453 2.4455 0.08274 3.1425 0.03651 3.865 0.02744
3.12 0.036 0.039 0.033 1.9 0.10453 2.469 0.08259 3.17225 0.03504 3.89 0.02755
3.2 0.032 0.035 0.029 1.925 0.10453 2.4925 0.0824 3.202 0.03373 3.915 0.02765
3.28 0.027 0.03 0.024 1.95 0.10453 2.516 0.08218 3.23175 0.03256 3.94 0.02775
3.36 0.027 0.03 0.024 1.975 0.10453 2.5395 0.08193 3.2615 0.03147
3.44 0.027 0.03 0.024 1.995 0.10453 2.563 0.08167 3.29125 0.03035
3.52 0.028 0.031 0.025 2.015 0.10505 2.5865 0.08139 3.321 0.02938
3.6 0.025 0.028 0.022 2.035 0.10423 2.61 0.08109 3.35075 0.02857
2.055 0.103 2.6335 0.08076 3.3805 0.02774
2.075 0.10174 2.657 0.08038 3.41025 0.027
2.095 0.10048 2.6805 0.07995 3.44 0.02634
2.115 0.09913 2.704 0.07949 3.465 0.02605

200
Annexes
• Cas Q=57.3 m3h-1

hauteur hauteur
hauteur hauteur hauteur hauteur hauteur
Position expérimentale expérimentale - Position Position Position Position
expérimentale calculée calculée calculée calculée
(m) + 3mm 3mm (m) (m) (m) (m)
(m) (m) (m) (m) (m)
(m) (m)
1.8 0.128 0.131 0.125 1.5 0.127 2.135 0.11565 2.7275 0.09419 3.49 0.03058
2 0.13 0.133 0.127 1.525 0.12697 2.155 0.11353 2.751 0.09362 3.515 0.03067
2.04 0.127 0.13 0.124 1.55 0.12695 2.175 0.11136 2.7745 0.09295 3.54 0.03078
2.08 0.125 0.128 0.122 1.575 0.12693 2.195 0.10919 2.798 0.09216 3.565 0.0309
2.16 0.116 0.119 0.113 1.6 0.1269 2.215 0.10709 2.8215 0.09117 3.59 0.03101
2.24 0.105 0.108 0.102 1.625 0.12686 2.235 0.10514 2.845 0.08613 3.615 0.0311
2.32 0.093 0.096 0.09 1.65 0.12683 2.255 0.10345 2.87475 0.07721 3.64 0.03118
2.4 0.085 0.088 0.082 1.675 0.1268 2.275 0.10212 2.9045 0.06868 3.665 0.03126
2.48 0.083 0.086 0.08 1.7 0.12679 2.295 0.10117 2.93425 0.06301 3.69 0.03134
2.56 0.082 0.085 0.079 1.725 0.12678 2.315 0.10049 2.964 0.05863 3.715 0.03142
2.64 0.082 0.085 0.079 1.75 0.12678 2.335 0.09996 2.99375 0.05501 3.74 0.03151
2.72 0.081 0.084 0.078 1.775 0.12678 2.355 0.09945 3.0235 0.05192 3.765 0.03161
2.8 0.077 0.08 0.074 1.8 0.12678 2.375 0.09895 3.05325 0.04922 3.79 0.03172
2.88 0.074 0.077 0.071 1.825 0.12678 2.3985 0.09851 3.083 0.04685 3.815 0.03182
2.96 0.067 0.07 0.064 1.85 0.12676 2.422 0.09814 3.11275 0.04473 3.84 0.03192
3.04 0.054 0.057 0.051 1.875 0.12672 2.4455 0.09784 3.1425 0.04283 3.865 0.03201
3.12 0.044 0.047 0.041 1.9 0.1267 2.469 0.09755 3.17225 0.04114 3.89 0.03209
3.2 0.038 0.041 0.035 1.925 0.1267 2.4925 0.09727 3.202 0.03962 3.915 0.03217
3.28 0.033 0.036 0.03 1.95 0.12675 2.516 0.097 3.23175 0.03822 3.94 0.03225
3.36 0.03 0.033 0.027 1.975 0.12626 2.5395 0.09673 3.2615 0.03684
3.44 0.029 0.032 0.026 1.995 0.1251 2.563 0.09647 3.29125 0.03557
3.52 0.03 0.033 0.027 2.015 0.12486 2.5865 0.09623 3.321 0.03452
3.6 0.03 0.033 0.027 2.035 0.12381 2.61 0.096 3.35075 0.03355
2.055 0.12262 2.6335 0.09575 3.3805 0.03249
2.075 0.12117 2.657 0.09545 3.41025 0.03164
2.095 0.11951 2.6805 0.09511 3.44 0.03085
2.115 0.11765 2.704 0.09468 3.465 0.03051

201
Annexes

Annexe 8
Présentation du logiciel déversoir d’orage
Le logiciel déversoir d’orage à été conçu dans le but de répondre à la problématique du
déversement de l’eau du réseau d’assainissement vers la rivière par l’intermédiaire du déversoir
d’orage. L’objectif de cet outil numérique est le diagnostic des déversoirs d’orage. En
introduisant les caractéristiques géométriques de l’ouvrage (hauteur de crête, longueur,…) ainsi
que les caractéristiques des conduites amont et aval, le logiciel est capable de fournir le débit
déversé en fonction du débit amont, ainsi que la ligne d’eau le long de la crête déversante.
Jusqu’à présent, aucun outil de calcul n’était capable de décrire correctement le
comportement hydraulique de cet ouvrage dans toutes les configurations possibles. Comme
l’ont fait Robinson et McGhee [Robison-1993], la résolution numérique de ces équations est
toujours basée sur un algorithme qui décrit tous les cas possibles en fonction des régimes
d’écoulement et des conditions hydrauliques dans le déversoir. Il est donc nécessaire de
connaître ou d’émettre une hypothèse sur le régime d’écoulement avant calcul. Or, l’ouvrage
perturbe l’écoulement en raison de la variabilité du débit. Ainsi, faire l’hypothèse que le régime
d’écoulement sera toujours le même à l’amont ou à l’aval du déversoir peut s’avérer hasardeux.
De plus, l’une des particularités du déversoir d’orage est que le ressaut hydraulique y apparaît
fréquemment.

On propose ici un outil numérique de modélisation des déversoirs d’orage permettant :

• d’intégrer les caractéristiques géométriques de l’ouvrages,


• de s’affranchir de la connaissance préalable des conditions hydrauliques de
l’écoulement,
• de prendre en compte les discontinuités hydrauliques (ressaut),
• de prendre en compte le caractère transitoire de l’écoulement.

Cet outil numérique est capable de simuler le comportement du déversoir d’orage à


crête haute ou basse. Le déversoir est intégré dans son environnement ce qui permet de
s’affranchir du problème des conditions aux limites au niveau de l’entrée et de la sortie du
déversoir. En effet, les pentes amont et aval jouent un rôle déterminant dans le fonctionnement
de l’ouvrage.

Bien sûr, les cas complexes de déversoirs possédant plusieurs entrées et/ou sorties, des
crêtes courbes ou encore par exemple un coude à l’amont ne peuvent pas être traités avec notre
logiciel. Les situations décrites précédemment doivent être traitées avec des outils plus
performant de nature 2D voire 3D tel que FLUENT.

1 DESCRIPTION DES DEVERSOIR MODELISE


Les déversoirs pouvants être modélisés correspondent à la classe des déversoirs latéraux.
On rappelle ci-dessous les schémas de principe des déversoirs frontaux et latéraux.

203
Annexes

Déversoir latéral

Conduite
Conduite
Aval
Amont

Conduite
Déversée

Déversoir frontal

Conduite
Conduite Amont Déversée

Conduite
Aval

Schéma de principe des déversoirs latéraux et frontaux


• Le logiciel permet de prendre en compte l’entonnement, c’est à dire la diminution de la
section le long du déversoir. Cette contraction est caractérisée par l’angle d’inclinaison de
la crête par rapport à la conduite amont. La valeur limite de validité de cet angle est de 20°.

Conduite Aval
Conduite Amont

Angle d’entonnement

Déversoir latéral avec entonnement


• A l’intérieur du déversoir, la conduite est supposée circulaire.

• La hauteur de crête du déversoir peut être :

♦ haute :
Déversoir Crête déversante

Conduite Amont Conduite Aval


hcrête
haval

Déversoir à crête haute

204
Annexes

Le niveau de la crête est au-dessus de la génératrice supérieure de la conduite aval


(hcrête>haval). Le collecteur aval est en charge lors d’un déversement.

205
Annexes

♦ basse :

Déversoir Crête déversante

Conduite Amont haval


hcrête

Déversoir à crête basse

Le niveau de la crête est en-dessous de la génératrice supérieure de la conduite aval


(hcrête < haval). La conduite aval est à surface libre lors d’un déversement.

• La mise en charge des conduites amont et aval est prise en compte dans le calcul.

• Dans certains cas, les déversoirs sont équipés d’une vanne à l’amont du collecteur aval dans
le but de réguler le débit conservé. Celle-ci peut être prise en compte par le logiciel.

Vanne
Conduite Aval
Conduite Amont
Déversoir

Déversoir latéral à crête haute muni d’une vanne


• Le calcul prend en compte l’inclinaison de la crête et du radier par rapport à l’horizontal.

Déversoir
Conduite Amont θ1
Conduite Aval

θ2

Déversoir avec une pente de radier différente de celle de la crête

• Le déversoir peut avoir une ou deux crêtes déversantes.

206
Annexes

a)

Conduite Amont Conduite Aval

b)

Conduite Amont Conduite Aval

Déversoir latéral possédant : a) Une crête déversante, b) Deux crêtes déversantes


• Types de conduite :
♦ Il est possible de choisir une ou deux conduites à l’amont et à l’aval.
♦ Les sections disponibles sont : circulaire, rectangulaire, ovoïdes.
♦ Le logiciel ne prend pas en compte l’effet des coudes sur l’écoulement.

2 INTERFACE UTILISATEUR
La figure ci-dessous présente la fenêtre d’accueil du logiciel déversoir d’orage :

Fenêtre d’accueil du logiciel déversoir


Elle permet de saisir et de sélectionner les caractéristiques géométriques du déversoir ainsi
que celles des collecteurs amont et aval et de fixer certains paramètres de calcul.

¾ Nombre de conduite amont : 1 ou 2.


¾ Type de conduite : circulaire, rectangulaire, ovoïdes.
¾ Rugosité de Strickler.
Conduite ¾ Longueur de la conduite.
amont et ¾ Pente de la conduite.
aval ¾ Nombre de tronçon (nombre de cellules de calcul) :
10 → valeur moyenne
30 → grande précision sur la ligne d’eau

207
Annexes

5 → Rapidité de calcul mais faible précision

¾ Hauteur de crête à l’amont du déversoir.


¾ Pente de la crête.
¾ Pente du radier.
Déversoir ¾ Rugosité.
¾ Longueur de la crête.
¾ Nombre de tronçon (même remarque que précédemment)
¾ Une ou deux crêtes déversantes.
¾ Vanne à l’aval de la crête.

2.1 Diagnostic avant calcul

Cette étape permet de renseigner l’utilisateur sur les caractéristiques hydrauliques des
conduites amont et aval ; en particulier, on obtient les informations concernant le débit à pleine
section en régime permanent et uniforme et le régime d’écoulement.
De plus, des renseignements concernant les caractéristiques géométriques du déversoir
sont donnés ; comme le type de crête (haute ou basse) ou la longueur de crête (courte/longue).

Fenêtre associée au diagnostic avant calcul du logiciel déversoir


Un graphique permet d’illustrer l’évolution du régime d’écoulement en fonction du
débit dans le cas de l’écoulement permanent et uniforme.

208
Annexes

hn/hc
Fluvial (pente faible)

Torrentiel (pente forte)

Q/Qmax

Fenêtre permettant de visualiser l’évolution du régime d’écoulement en fonction du débit

2.2 Calculs

Le programme déversoir d’orages permet deux types de calcul :

♦ Le calcul d’un débit déversé pour un débit amont donné.


♦ Le calcul de la courbe de fonctionnement du déversoir.

Fenêtre du logiciel déversoir associé au choix du type de calcul

209
Annexes

2.2.1 Calcul d’un débit déversé pour un unique débit amont

Dans ce cas, il suffit de fournir le débit injecté à l’amont du déversoir. Au cours du


calcul il est possible de faire varier le débit amont afin de déterminer le débit de déversement
voulu. Par exemple, on peut s’intéresser au débit maximal amont avant déversement.

Fenêtre du logiciel déversoir permettant le choix du débit injecté pour le cas d’un unique
calcul

Voici, représenté sur la figure le type de résultats que l’on observe après convergence.
Sur la figure du haut sont représentés la ligne d’eau en rouge, le radier en noir et les
génératrices supérieures des collecteurs amont et aval et la crête pour le déversoir. La figure du
bas représente la courbe d’évolution du débit

Fenêtre du logiciel déversoir visualisant la ligne d’eau et l’évolution du débit

210
Annexes

2.2.2 Calcul de la courbe de fonctionnement du déversoir

Il faut définir le débit maximal ainsi que le nombre de pas de calcul entre 0 et le débit maximal.
Le nombre de pas de calculs définit le nombre points à partir desquels sera construite la courbe
de fonctionnement.

Fenêtre du logiciel déversoir permettant le choix du débit injecté pour le cas d’une courbe
de fonctionnement
On représente ci-dessous le type de courbe de fonctionnement susceptibles d’être obtenues:

Qconservé

Début du Qinjecté
déversement
Courbe de fonctionnement obtenue grâce au logiciel déversoir

2.2.3 Paramètre de convergence

L’évolution de l’écart quadratique total (EQT) a été choisi comme paramètre de


convergence. L’EQT permet de caractériser l’évolution de la ligne d’eau en régime transitoire.
Dès que l’EQT diminue et atteint une valeur proche de 10-6 le régime se stabilise et devient
donc permanent.

2.2.4 Diagnostic après calcul

211
Annexes

L’ensemble des calculs effectués précédemment est consultable dans cette rubrique. On
peut choisir soit les résultats d’un calcul pour un débit déversé en fonction du débit amont, soit
une courbe de fonctionnement.

Un bouton poussoir permet de supprimer un calcul si nécessaire.

Fenêtre du logiciel déversoir associé au diagnostic après calcul

2.3 Enregistrement

L’ensemble des résultats est stocké dans un fichier .mat qui sert de rappel au programme
en cas de consultation des résultats ainsi que des caractéristiques du projet. Un fichier .txt est
également disponible dans le cas ou l’on veut consulter et traiter les résultats grâce à un autre
logiciel tel que Excel. Le fichier .txt est formaté pour être facilement consultable sur Excel. Il
suffit de choisir le séparateur « point-virgule » (;) lors de l’ouverture dans Excel.

212
Annexes

Annexe 9
Tableaux de valeurs concernant la validation du logiciel
déversoir dans le cas d’une crête déversante pour une
hauteur de crête w=7 cm.
• La configuration considérée dans laquelle la pente du collecteur amont est de 3 ‰ et des
pentes de 1 ‰ pour le déversoir et le canal aval permet de reproduire une ligne d’eau
caractéristique du régime fluvial pour un débit injecté en continu à l’amont du système de
24,3 m3/h. Le tableau ci-dessous regroupe les valeurs de hauteur d’eau simulées et
mesurées ainsi que les valeurs des débits injectés et conservés par le déversoir.

Hauteurs d'eau dans le déversoir (Cas fluvial)


Position (m) 6 6.3 6.6 6.9 7.2 7.5
Mesures (cm) 7.4 7.5 7.5 7.6 7.9 8.4
Simulations (cm) 7.6 7.7 7.9 8.2 8.5 8.9
Erreur (cm) -0.2 -0.2 -0.4 -0.6 -0.6 -0.5
Erreur moyenne
-0.4
(cm)
Débit injecté dans le déversoir (m3/h)
24.3
Débit conservé par le déversoir (m3/h)
Mesure Simulation
19.2 18

• La seconde configuration considérée dans laquelle la pente du collecteur amont est de 3 ‰,


celle du déversoir de 1 ‰ et celle du collecteur aval de 7 ‰ permet de reproduire une ligne
d’eau caractéristique du régime torrentiel pour un débit injecté en continu à l’amont du
système de 62,7 m3/h. Le tableau ci-dessous regroupe les valeurs de hauteur d’eau simulées
et mesurées ainsi que les valeurs des débits injectés et conservés par le déversoir.

Hauteurs d'eau dans le déversoir (cas torrentiel)


Position (m) 6 6.3 6.6 6.9 7.2 7.5
Mesures (cm) 11.3 8.1 7.7 7.7 7.4 7.4
Simulations (cm) 9 7.7 7.5 7.4 7.4 7.4
Erreur (cm) 2.3 0.4 0.2 0.3 0 0
Erreur moyenne
0.5
(cm)
Débit injecté dans le déversoir (m3/h)
62.7
Débit conservé par le déversoir (m3/h)
Mesure Simulation
45.3 45

213
Annexes

• Dans la dernière configuration envisagée, la pente du collecteur amont est de 5 ‰ et les


pentes du déversoir et du canal aval sont de 1 ‰. Le débit injecté en continu à l’amont du
système est de 47 m3/h. Le tableau ci-dessous regroupe les valeurs de hauteur d’eau
simulées et mesurées ainsi que les valeurs des débits injectés et conservés par le déversoir.

Hauteurs d'eau dans le déversoir (Cas du ressaut)


Position (m) 6 6.3 6.6 6.9 7.2 7.5
Mesures (cm) 9.6 7.6 7.6 7.7 7.6 10.2
Simulations (cm) 8.1 7.5 7.4 7.3 7.3 11.7
Erreur (cm) 1.5 0.1 0.2 0.4 0.3 -1.5
Erreur moyenne
0.7
(cm)
Débit injecté dans le déversoir (m3/h)
47
Débit conservé par le déversoir (m3/h)
Mesure Simulation
34.9 31

214
Annexes
Annexe 10
Tableaux de valeurs concernant la validation du modèle
pour les déversoirs autres que w=7cm.
• Déversoir à crête simple w=5cm

¾ Pente amont : Iam=0.5‰ ; Pente aval Iav=8‰ ; Débit Q=88.7 m3h-1

h_mes h_mes h_mes h_mes h_mes h_mes h_mes h_mes h_mes


h_sim h_sim h_sim
x (cm) crête milieu fond x (cm) crête milieu fond x (cm) crête milieu fond
(cm) (cm) (cm)
(cm) (cm) (cm) (cm) (cm) (cm) (cm) (cm) (cm)
14 11.0 10.8 10.1 61 6.2 6.5 6.8 109 6.5 6.5 6.4
15 10.6 10.7 10.6 9.9 63 6.2 6.5 6.7 111 6.5 6.5 6.4
17 10.3 10.3 9.7 64 6.2 6.5 6.7 112 6.3 6.2 6.2
18 10.1 10.0 9.5 66 6.2 6.4 6.6 114 6.4 6.4 6.3
20 9.8 9.7 9.3 67 6.1 6.4 6.6 115 6.4 6.4 6.4
21 9.6 9.4 9.1 69 6.1 6.3 6.5 117 6.4 6.4 6.4
23 9.3 9.1 8.9 70 6.1 6.3 6.5 118 6.4 6.4 6.5
24 9.0 8.8 8.7 72 6.1 6.3 6.5 120 6.8 6.4 6.5 6.5
26 8.9 8.6 8.5 73 6.1 6.3 6.5 121 6.4 6.5 6.5
27 8.7 8.4 8.4 75 7.7 6.2 6.2 6.3 123 6.4 6.5 6.5
29 8.5 8.3 8.2 76 6.2 6.1 6.1 124 6.4 6.5 6.5
30 9.3 8.4 8.1 8.1 78 6.2 6.3 6.3 126 6.4 6.5 6.6
32 8.2 7.9 8.0 79 6.2 6.3 6.4 127 6.4 6.5 6.6
33 8.1 7.8 7.9 81 6.2 6.0 6.4 129 6.5 6.6 6.6
34 7.8 7.8 7.7 82 6.3 6.1 6.6 130 6.5 6.6 6.6
36 7.7 7.7 7.6 84 6.5 6.4 6.7 132 6.5 6.6 6.6
37 7.5 7.6 7.5 85 6.6 6.3 6.6 135 6.6
39 7.4 7.5 7.5 87 6.5 6.2 6.1 150 6.4
40 7.3 7.4 7.4 88 6.5 6.1 6.1
42 7.2 7.3 7.4 90 7.3 6.4 6.1 6.0
43 7.0 7.2 7.4 91 6.4 6.1 6.1
45 8.6 6.8 7.1 7.4 93 6.3 6.1 6.1
46 6.7 7.0 7.3 94 6.3 6.1 6.0
48 6.7 6.9 7.3 96 6.4 6.1 6.0
49 6.6 6.9 7.3 97 6.4 6.1 6.0
51 6.5 6.8 7.2 99 6.4 6.1 6.0
52 6.5 6.8 7.1 100 6.4 6.2 6.1
54 6.4 6.7 7.1 102 6.3 6.2 6.1
55 6.3 6.7 7.0 103 6.3 6.2 6.1
57 6.3 6.6 6.9 105 7.1 6.4 6.3 6.1
58 6.3 6.6 6.9 106 6.3 6.2 6.0
60 8.1 6.3 6.5 6.8 108 6.2 6.2 6.1

215
Annexes

¾ Pente amont : Iam=0.5‰ ; Pente aval Iav=0.5‰ ; Débit Q=65.2 m3h-1

h_mes h_mes h_mes h_mes h_mes h_mes h_mes h_mes h_mes


h_sim h_sim h_sim
x (cm) crête milieu fond x (cm) crête milieu fond x (cm) crête milieu fond
(cm) (cm) (cm)
(cm) (cm) (cm) (cm) (cm) (cm) (cm) (cm) (cm)
14 9.2 9.2 8.7 61 6.0 6.0 6.1 109 6.3 6.3 6.4
15 8.2 8.9 9.0 8.6 63 6.0 6.0 6.0 111 6.2 6.3 6.4
17 8.6 8.7 8.4 64 6.0 6.0 6.0 112 6.0 6.1 6.2
18 8.4 8.4 8.4 66 6.0 5.9 5.9 114 6.2 6.2 6.3
20 8.2 8.2 8.2 67 6.0 5.9 5.9 115 6.2 6.2 6.3
21 8.0 7.9 8.0 69 5.9 5.9 5.9 117 6.3 6.3 6.3
23 7.8 7.7 7.9 70 6.0 5.9 5.9 118 6.3 6.3 6.4
24 7.6 7.5 7.7 72 6.0 5.9 5.8 120 7.6 6.5 6.4 6.4
26 7.4 7.3 7.5 73 6.0 5.9 5.8 121 6.6 6.4 6.4
27 7.3 7.2 7.4 75 7.7 6.0 5.9 5.8 123 6.8 6.5 6.4
29 7.1 7.1 7.3 76 6.3 5.9 5.8 124 7.1 6.6 6.5
30 8.0 7.1 7.1 7.1 78 6.4 5.9 5.9 126 7.4 6.8 6.6
32 6.9 7.0 7.0 79 6.4 6.0 5.9 127 7.6 7.0 6.7
33 6.8 6.9 6.9 81 6.3 6.0 5.9 129 8.0 7.2 6.8
34 6.6 6.8 6.8 82 6.3 6.0 5.9 130 8.3 7.5 7.0
36 6.5 6.8 6.8 84 6.3 6.2 5.9 132 8.6 7.8 7.2
37 6.4 6.7 6.7 85 6.4 6.3 5.9 135 7.5
39 6.4 6.7 6.7 87 6.4 6.3 5.9 150 10.2
40 6.3 6.6 6.7 88 6.5 6.3 5.9
42 6.3 6.6 6.7 90 7.6 6.5 6.2 6.0
43 6.2 6.5 6.6 91 6.5 6.1 6.0
45 7.9 6.2 6.4 6.6 93 6.4 6.1 6.0
46 6.1 6.4 6.6 94 6.2 6.1 6.0
48 6.1 6.3 6.6 96 6.1 6.2 6.0
49 6.0 6.2 6.5 97 6.1 6.2 6.1
51 6.0 6.2 6.5 99 6.2 6.1 6.1
52 5.9 6.1 6.4 100 6.1 6.2 6.2
54 5.9 6.1 6.4 102 6.1 6.2 6.2
55 5.9 6.1 6.3 103 6.0 6.2 6.2
57 5.9 6.1 6.2 105 7.6 6.1 6.2 6.3
58 6.0 6.0 6.2 106 6.0 6.1 6.2
60 7.8 6.0 6.0 6.1 108 6.0 6.1 6.2

• Déversoir à crête simple w=12.5 cm


¾ Pente amont : Iam=0.5‰ ; Pente aval Iav=0.5‰ ; Débit Q=73.3 m3h-1

216
Annexes

h_mes h_mes h_mes h_mes h_mes h_mes h_mes h_mes h_mes


h_sim h_sim h_sim
x (cm) crête milieu fond x (cm) crête milieu fond x (cm) crête milieu fond
(cm) (cm) (cm)
(cm) (cm) (cm) (cm) (cm) (cm) (cm) (cm) (cm)
12 11.7 11.8 11.7 61 12.2 12.3 12.2 110 13.8 13.6 13.4
13 11.5 11.6 11.6 62 12.3 12.4 12.4 112 13.5 13.6 13.3
15 12.7 11.4 11.6 11.7 64 12.3 12.4 12.5 113 13.8 13.9 13.7
16 11.3 11.5 11.7 65 12.4 12.5 12.5 115 14.1 14.2 14.0
18 11.3 11.4 11.7 67 12.5 12.6 12.6 116 13.7 13.9 13.8
19 11.2 11.4 11.6 68 12.6 12.7 12.6 118 13.8 13.9 13.9
21 11.2 11.3 11.6 70 12.7 12.7 12.7 119 13.9 14.0 14.0
22 11.2 11.3 11.6 72 12.8 12.7 12.7 121 14.9 13.9 14.0 13.9
24 11.2 11.3 11.6 73 13.0 12.8 12.6 122 14.0 13.9 13.9
25 11.2 11.3 11.5 75 13.8 13.0 12.8 12.7 124 14.1 13.9 13.8
27 11.2 11.3 11.4 76 13.1 12.8 12.7 125 14.1 13.9 13.9
29 11.2 11.3 11.4 78 13.1 12.8 12.7 127 14.1 14.0 13.9
30 13.0 11.2 11.3 11.3 79 13.1 12.8 12.6 128 14.2 14.1 13.9
32 11.3 11.3 11.3 81 13.1 12.8 12.7 130 14.3 14.2 14.0
33 11.3 11.3 11.2 82 13.0 12.9 12.7 131 14.3 14.4 14.1
35 11.3 11.3 11.1 84 12.9 12.9 12.8 133 14.4 14.4 14.2
36 11.4 11.3 11.1 85 12.8 12.9 12.8 135 15.2
38 11.4 11.3 11.1 87 12.8 12.9 12.8 150 15.3
39 11.5 11.3 11.1 88 12.8 13.0 12.9
41 11.5 11.3 11.1 90 14.2 12.8 13.0 13.0
42 11.6 11.3 11.2 92 12.8 13.0 13.0
44 11.6 11.4 11.2 93 12.9 13.0 13.0
45 13.2 11.6 11.4 11.2 95 12.9 13.0 13.0
47 11.7 11.5 11.3 96 13.0 13.0 13.1
48 11.7 11.5 11.4 98 13.2 13.0 13.1
50 11.8 11.6 11.5 99 13.2 13.1 13.0
52 11.9 11.7 11.6 101 13.3 13.1 13.0
53 11.9 11.8 11.7 102 13.5 13.2 13.0
55 12.0 11.9 11.8 104 13.6 13.3 13.1
56 12.0 12.0 11.9 105 14.5 13.7 13.4 13.1
58 12.1 12.1 12.0 107 13.8 13.5 13.2
59 13.5 12.1 12.2 12.1 108 13.8 13.6 13.4

¾ Pente amont : Iam=0.5‰ ; Pente aval Iav=8‰ ; Débit Q=117.7 m3h-1

h_mes h_mes h_mes h_mes h_mes h_mes h_mes h_mes h_mes


h_sim h_sim h_sim
x (cm) crête milieu fond x (cm) crête milieu fond x (cm) crête milieu fond
(cm) (cm) (cm)
(cm) (cm) (cm) (cm) (cm) (cm) (cm) (cm) (cm)
13 13.6 13.5 13.3 60 13.2 12.1 12.2 12.1 108 12.3 12.6 12.7
15 13.6 13.5 13.4 13.2 62 12.1 12.2 12.0 109 12.3 12.5 12.8
16 13.5 13.3 13.0 63 12.2 12.2 11.9 111 11.9 12.1 12.3
18 13.4 13.1 12.9 65 12.3 12.2 11.8 112 12.2 12.3 12.5
19 13.3 13.0 12.8 66 12.3 12.2 11.8 114 12.5 12.6 12.9
20 13.3 12.8 12.7 68 12.4 12.1 11.8 115 12.2 12.3 12.5
22 13.2 12.8 12.7 69 12.4 12.1 11.7 117 12.2 12.3 12.4
23 13.2 12.7 12.6 71 12.4 12.1 11.7 118 12.3 12.4 12.5
25 13.1 12.7 12.5 72 12.4 12.0 11.7 120 13.0 12.3 12.3 12.4
26 13.0 12.6 12.4 74 12.5 12.0 11.7 121 12.3 12.4 12.4
28 12.8 12.6 12.4 75 13.1 12.5 12.0 11.7 122 12.3 12.4 12.4
29 12.7 12.6 12.5 77 12.5 12.0 11.8 124 12.4 12.4 12.4
31 13.5 12.6 12.6 12.5 78 12.5 12.0 11.8 125 12.5 12.4 12.3
32 12.5 12.5 12.5 80 12.4 12.0 11.8 127 12.5 12.4 12.3
34 12.3 12.5 12.6 81 12.4 12.1 11.9 128 12.5 12.4 12.3
35 12.3 12.5 12.6 83 12.4 12.1 12.0 130 12.6 12.4 12.3
37 12.2 12.4 12.6 84 12.3 12.2 12.0 135 12.9
38 12.1 12.3 12.7 86 12.3 12.3 12.1 150 12.9
40 12.0 12.3 12.8 87 12.2 12.3 12.1
41 12.0 12.3 12.8 88 12.2 12.3 12.2
43 11.9 12.2 12.9 90 13.1 12.2 12.3 12.3
44 11.9 12.2 12.9 91 12.2 12.3 12.4
46 13.3 11.8 12.1 12.9 93 12.2 12.4 12.5
47 11.8 12.1 12.8 94 12.1 12.4 12.5
49 11.8 12.1 12.7 96 12.1 12.4 12.5
50 11.8 12.1 12.7 97 12.1 12.5 12.5
52 11.8 12.1 12.6 99 12.1 12.5 12.6
53 11.9 12.1 12.5 100 12.1 12.4 12.5
54 11.9 12.2 12.4 102 12.1 12.4 12.6
56 11.9 12.2 12.4 103 12.1 12.4 12.7
57 12.0 12.2 12.3 105 13.0 12.1 12.4 12.8
59 12.0 12.2 12.2 106 12.2 12.4 12.7

217
Annexes

• Déversoir à crête double w=5cm


¾ Pente amont : Iam=0.5‰ ; Pente aval Iav=0.5‰ ; Débit Q=92.6 m3h-1

h_mes h_mes h_mes h_mes h_mes h_mes h_mes h_mes h_mes


h_sim h_sim h_sim
x (cm) crête milieu fond x (cm) crête milieu fond x (cm) crête milieu fond
(cm) (cm) (cm)
(cm) (cm) (cm) (cm) (cm) (cm) (cm) (cm) (cm)
13 9.0 9.2 8.9 61 7.2 5.1 5.0 5.0 109 5.2 5.2 5.3
14 10.2 8.8 8.9 8.5 62 5.1 5.0 5.0 110 5.1 5.1 5.1
16 8.6 8.6 8.1 64 5.1 5.1 5.0 112 4.9 4.9 4.9
17 8.3 8.2 7.8 65 5.1 5.1 5.0 113 5.0 5.0 5.1
19 8.0 7.9 7.6 67 5.1 5.1 5.0 115 5.0 5.0 5.0
20 7.7 7.6 7.3 68 5.1 5.1 5.0 116 5.0 5.0 5.0
22 7.4 7.3 7.1 70 5.1 5.1 5.1 118 5.0 5.0 5.0
23 7.1 7.1 6.9 71 5.1 5.1 5.1 119 5.0 5.0 5.0
25 6.9 6.9 6.7 73 5.2 5.2 5.1 121 6.0 5.0 5.0 5.0
26 6.6 6.6 6.5 74 5.2 5.2 5.1 122 5.1 5.1 4.9
28 6.4 6.4 6.3 76 6.8 5.2 5.1 5.0 124 5.1 5.1 4.9
29 6.2 6.3 6.2 77 5.3 5.2 5.1 125 5.1 5.0 5.0
31 8.6 6.1 6.1 6.1 79 5.3 5.3 5.1 127 5.1 5.1 5.0
32 6.0 5.9 6.0 80 5.3 5.4 5.1 128 5.1 5.1 5.0
34 5.8 5.8 5.9 82 5.1 5.2 5.1 130 5.1 5.1 5.0
35 5.7 5.7 5.8 83 5.1 5.1 5.1 131 5.1 5.1 5.0
37 5.6 5.5 5.6 85 5.1 5.1 5.1 135 5.9
38 5.5 5.5 5.5 86 5.1 5.1 5.1 150 5.7
40 5.4 5.4 5.4 88 5.0 5.2 5.1
41 5.4 5.3 5.4 89 4.9 5.1 5.1
43 5.3 5.2 5.4 91 6.5 5.0 5.1 5.1
44 5.3 5.2 5.3 92 5.0 5.1 5.1
46 7.8 5.2 5.2 5.3 94 5.0 5.0 5.1
47 5.2 5.2 5.3 95 5.0 5.0 5.1
49 5.1 5.1 5.2 97 5.0 5.0 5.1
50 5.1 5.1 5.2 98 5.0 5.0 5.1
52 5.1 5.0 5.2 100 5.0 5.0 5.1
53 5.0 5.0 5.2 101 4.9 5.0 5.0
55 5.0 5.0 5.2 103 5.0 5.0 5.0
56 5.0 5.0 5.1 104 5.0 5.0 5.1
58 5.1 5.0 5.1 106 6.2 4.8 4.8 4.9
59 5.1 5.0 5.1 107 4.8 4.8 4.9

¾ Pente amont : Iam=0.5‰ ; Pente aval Iav=8‰ ; Débit Q=73.9 m3h-1

218
Annexes

h_mes h_mes h_mes h_mes h_mes h_mes h_mes h_mes h_mes


h_sim h_sim h_sim
x (cm) crête milieu fond x (cm) crête milieu fond x (cm) crête milieu fond
(cm) (cm) (cm)
(cm) (cm) (cm) (cm) (cm) (cm) (cm) (cm) (cm)
13 8.1 7.9 7.7 61 6.7 5.0 4.9 4.9 109 5.1 5.1 5.1
14 9.2 7.8 7.6 7.5 62 5.0 4.9 4.9 110 5.0 5.0 5.0
16 7.5 7.3 7.2 64 5.0 4.9 4.9 112 4.8 4.8 4.8
17 7.2 7.1 6.9 65 5.0 4.9 4.8 113 4.9 5.0 4.9
19 6.9 6.9 6.7 67 5.0 4.9 4.9 115 4.9 4.9 4.9
20 6.7 6.7 6.5 68 5.0 4.9 4.9 116 4.9 4.9 4.9
22 6.5 6.5 6.4 70 5.0 5.0 4.9 118 4.9 4.9 4.9
23 6.2 6.3 6.2 71 5.0 5.0 4.9 119 4.9 4.9 4.9
25 6.1 6.1 6.1 73 5.0 5.0 4.9 121 5.7 5.0 4.9 4.9
26 5.9 5.9 5.9 74 5.0 5.0 4.9 122 5.0 5.0 4.9
28 5.7 5.7 5.8 76 6.3 5.0 5.0 5.0 124 5.0 5.0 4.9
29 5.5 5.6 5.7 77 4.9 5.0 5.0 125 5.0 4.9 4.9
31 7.9 5.4 5.5 5.6 79 4.9 4.9 5.0 127 5.0 4.9 4.9
32 5.4 5.4 5.6 80 5.1 5.1 5.1 128 5.0 5.0 4.9
34 5.3 5.3 5.5 82 5.2 5.2 5.1 130 5.0 5.0 4.9
35 5.2 5.2 5.4 83 5.1 5.1 5.1 131 5.0 4.9 4.9
37 5.1 5.2 5.3 85 5.1 5.0 5.0 135 5.6
38 5.1 5.1 5.2 86 5.1 5.0 5.0 150 5.5
40 5.0 5.1 5.2 88 5.1 4.9 5.0
41 5.0 5.0 5.2 89 5.0 4.9 5.0
43 5.0 5.0 5.1 91 6.1 4.9 4.9 5.0
44 5.0 5.0 5.1 92 4.9 4.9 5.0
46 7.2 5.0 5.0 5.0 94 4.9 4.9 5.0
47 5.0 5.0 5.0 95 4.9 4.9 5.0
49 5.0 4.9 5.0 97 4.9 4.9 5.0
50 5.0 4.9 5.0 98 4.9 4.9 5.0
52 5.0 4.9 5.0 100 4.9 4.9 5.0
53 5.0 4.9 5.0 101 4.9 4.9 4.9
55 5.0 4.9 4.9 103 4.9 4.9 4.9
56 5.0 4.9 4.9 104 5.0 5.0 5.0
58 5.0 4.9 4.9 106 5.9 4.7 4.7 4.8
59 5.0 4.9 4.9 107 4.7 4.7 4.8

• Déversoir à crête double w=7.5cm


¾ Pente amont : Iam=0.5‰ ; Pente aval Iav=8‰ ; Débit Q=84 m3h-1
h_mes h_mes h_mes h_mes h_mes h_mes h_mes h_mes h_mes
h_sim h_sim h_sim
x (cm) crête milieu fond x (cm) crête milieu fond x (cm) crête milieu fond
(cm) (cm) (cm)
(cm) (cm) (cm) (cm) (cm) (cm) (cm) (cm) (cm)
12 10.3 10.3 10.0 61 8.8 7.5 7.6 7.3 109 7.4 7.5 7.5
14 10.0 10.0 9.7 62 7.5 7.6 7.3 111 7.5 7.6 7.6
15 10.6 9.7 9.7 9.5 64 7.5 7.6 7.3 112 7.3 7.4 7.4
17 9.4 9.4 9.3 65 7.5 7.6 7.3 114 7.4 7.5 7.4
18 9.1 9.1 9.0 67 7.5 7.6 7.3 115 7.5 7.5 7.5
20 8.9 8.9 8.8 68 7.5 7.6 7.3 117 7.5 7.5 7.4
22 8.7 8.6 8.6 70 7.5 7.6 7.3 118 7.5 7.5 7.5
23 8.5 8.5 8.5 71 7.5 7.5 7.3 120 8.1 7.5 7.5 7.5
25 8.3 8.3 8.3 73 7.4 7.5 7.4 121 7.5 7.5 7.5
26 8.1 8.1 8.2 74 7.4 7.4 7.4 123 7.5 7.5 7.5
28 7.9 7.9 8.1 76 8.5 7.4 7.5 7.5 124 7.6 7.5 7.5
29 7.8 7.8 8.0 77 7.4 7.6 7.5 126 7.6 7.5 7.5
31 9.6 7.7 7.6 7.9 79 7.4 7.8 7.4 127 7.5
32 7.6 7.5 7.8 81 7.4 7.9 7.4 129 7.5
34 7.5 7.5 7.8 82 7.2 7.7 7.5 130 7.5
35 7.5 7.4 7.7 84 7.2 7.2 7.5 132 7.6
37 7.4 7.4 7.6 85 7.3 7.3 7.4 135 8.0
38 7.3 7.3 7.6 87 7.3 7.4 7.4 150 8.0
40 7.3 7.3 7.6 88 7.3 7.4 7.4
41 7.3 7.3 7.5 90 8.4 7.2 7.4 7.4
43 7.3 7.3 7.5 91 7.2 7.4 7.4
44 7.3 7.3 7.5 93 7.3 7.4 7.4
46 9.1 7.4 7.3 7.4 94 7.3 7.4 7.4
47 7.4 7.3 7.4 96 7.3 7.4 7.4
49 7.4 7.3 7.4 97 7.3 7.4 7.4
50 7.4 7.4 7.4 99 7.2 7.4 7.5
52 7.4 7.4 7.4 100 7.3 7.4 7.4
53 7.5 7.4 7.3 102 7.3 7.4 7.4
55 7.5 7.5 7.3 103 7.3 7.4 7.4
56 7.5 7.5 7.3 105 8.2 7.3 7.4 7.4
58 7.5 7.5 7.3 106 7.3 7.5 7.5
59 7.5 7.6 7.3 108 7.2 7.4 7.4

219
Annexes

¾ Pente amont : Iam=0.5‰ ; Pente aval Iav=0.5‰ ; Débit Q=89 m3h-1


h_mes h_mes h_mes h_mes h_mes h_mes h_mes h_mes h_mes
h_sim h_sim h_sim
x (cm) crête milieu fond x (cm) crête milieu fond x (cm) crête milieu fond
(cm) (cm) (cm)
(cm) (cm) (cm) (cm) (cm) (cm) (cm) (cm) (cm)
11 9.3 9.2 9.2 59 8.4 7.3 7.3 7.0 106 7.2 7.4 7.3
13 8.9 9.0 8.9 60 7.3 7.3 7.0 108 7.3 7.2 7.2
14 9.8 8.7 8.8 8.7 62 7.3 7.3 7.0 109 7.4 7.3 7.3
16 8.5 8.6 8.5 63 7.3 7.2 7.1 111 7.5 7.4 7.4
17 8.3 8.4 8.3 65 7.2 7.2 7.1 112 7.4 7.2 7.3
19 8.1 8.2 8.2 66 7.2 7.2 7.1 114 7.4 7.2 7.3
20 7.8 8.0 8.0 68 7.2 7.2 7.1 115 7.5 7.3 7.4
22 7.7 7.8 7.9 69 7.1 7.1 7.1 117 7.9 7.5 7.3 7.4
23 7.5 7.6 7.8 71 7.1 7.1 7.1 118 7.5 7.4 7.4
25 7.4 7.6 7.7 72 7.1 7.1 7.2 120 7.5 7.4 7.5
26 7.3 7.5 7.6 74 8.2 7.1 6.9 7.2 121 7.5 7.5 7.5
28 7.2 7.4 7.6 75 7.1 7.0 7.2 122 7.6 7.5 7.5
29 9.0 7.2 7.3 7.5 77 7.1 7.0 7.2 124 7.6 7.6 7.5
31 7.1 7.2 7.5 78 7.1 7.0 7.2 125 7.7 7.7 7.6
32 7.1 7.1 7.4 80 7.1 7.1 7.2 127 7.8 7.8 7.7
34 7.1 7.1 7.4 81 7.0 7.1 7.3 128 7.8 7.9 7.8
35 7.2 7.1 7.3 83 7.0 7.1 7.3 135 7.8
37 7.2 7.1 7.3 84 7.1 7.2 7.3 150 10.8
38 7.2 7.1 7.3 85 7.1 7.3 7.4
40 7.2 7.1 7.3 87 8.1 7.2 7.3 7.4
41 7.2 7.1 7.2 88 7.2 7.2 7.2
43 7.2 7.1 7.2 90 7.2 7.3 7.2
44 8.6 7.2 7.2 7.2 91 7.3 7.4 7.3
46 7.3 7.2 7.2 93 7.1 7.6 7.4
47 7.3 7.2 7.1 94 7.1 7.7 7.3
48 7.4 7.3 7.1 96 7.1 7.5 7.3
50 7.4 7.3 7.1 97 7.0 7.4 7.3
51 7.4 7.3 7.1 99 7.0 7.4 7.3
53 7.4 7.4 7.0 100 7.1 7.4 7.3
54 7.4 7.4 7.0 102 8.0 7.1 7.4 7.3
56 7.4 7.4 7.0 103 7.2 7.4 7.3
57 7.4 7.4 7.0 105 7.2 7.3 7.3

• Déversoir à crête double w=12.5cm


¾ Pente amont : Iam=0.5‰ ; Pente aval Iav=0.5‰ ; Débit Q=100 m3h-1

220
Annexes

h_mes h_mes h_mes h_mes h_mes h_mes h_mes h_mes h_mes


h_sim h_sim h_sim
x (cm) crête milieu fond x (cm) crête milieu fond x (cm) crête milieu fond
(cm) (cm) (cm)
(cm) (cm) (cm) (cm) (cm) (cm) (cm) (cm) (cm)
11 13.1 13.3 13.2 59 11.5 11.4 11.6 107 12.4 12.3 12.8
13 12.8 13.0 13.0 61 12.7 11.5 11.4 11.6 109 12.5 12.5 13.0
14 13.1 12.6 12.8 12.7 62 11.5 11.4 11.6 110 12.2 12.4 12.9
16 12.5 12.6 12.5 64 11.5 11.4 11.6 112 12.3 12.4 12.9
17 12.3 12.4 12.4 65 11.5 11.4 11.6 113 12.8 12.9 13.3
19 12.1 12.2 12.2 67 11.5 11.4 11.6 115 13.0 13.1 13.5
20 12.0 12.0 12.1 68 11.5 11.4 11.6 116 12.8 13.1 13.3
22 11.9 11.9 11.9 70 11.5 11.4 11.6 118 12.5 13.0 13.3 13.4
23 11.8 11.7 11.8 71 11.5 11.4 11.6 119 13.3 13.6 13.5
25 11.8 11.6 11.7 73 11.5 11.4 11.6 120 13.5 13.7 13.5
26 11.8 11.5 11.6 74 12.6 11.5 11.4 11.6 122 13.6 13.9 13.6
28 11.8 11.4 11.6 76 11.5 11.4 11.6 123 13.8 14.1 13.7
29 12.9 11.9 11.4 11.6 77 11.5 11.4 11.6 125 14.0 14.2 13.8
31 12.0 11.5 11.6 79 11.5 11.4 11.6 126 14.2 14.4 13.9
32 12.0 11.5 11.7 80 11.5 11.4 11.6 128 14.4 14.5 14.0
34 12.0 11.6 11.6 82 11.5 11.4 11.6 129 14.6 14.7 14.2
35 12.0 11.7 11.7 83 11.5 11.4 11.6 135 15.1
37 12.0 11.8 11.7 85 11.5 11.4 11.6 150 17.0
38 12.0 11.9 11.7 86 11.5 11.4 11.6
40 11.9 12.0 11.7 88 11.5 11.4 11.6
41 11.9 12.1 11.7 89 11.5 11.4 11.6
43 11.8 12.2 11.7 91 12.6 11.5 11.4 11.6
44 12.8 11.7 12.2 11.8 92 11.5 11.4 11.6
46 11.7 12.2 11.8 94 11.5 11.4 11.6
47 11.6 12.2 11.9 95 11.5 11.4 11.6
49 11.6 12.1 11.9 97 11.5 11.4 11.6
50 11.6 12.0 11.9 98 11.5 11.4 11.6
52 11.5 11.9 11.9 100 11.5 11.4 11.6
53 11.5 11.8 11.9 101 11.5 11.4 11.6
55 11.5 11.7 11.8 103 12.5 11.5 11.4 11.6
56 11.5 11.6 11.7 104 11.5 11.4 11.6
58 11.5 11.5 11.7 106 11.5 11.4 11.6

¾ Pente amont : Iam=0.5‰ ; Pente aval Iav=8‰ ; Débit Q=108 m3h-1


h_mes h_mes h_mes h_mes h_mes h_mes h_mes h_mes h_mes
h_sim h_sim h_sim
x (cm) crête milieu fond x (cm) crête milieu fond x (cm) crête milieu fond
(cm) (cm) (cm)
(cm) (cm) (cm) (cm) (cm) (cm) (cm) (cm) (cm)
13 13.4 13.6 13.3 61 12.9 11.8 12.0 12.0 108 12.6 12.6 12.4
15 13.4 13.2 13.4 13.1 62 11.8 11.9 12.0 109 12.5 12.4 12.4
16 13.0 13.2 12.9 64 11.7 11.8 12.0 111 12.2 12.0 12.1
18 12.8 12.9 12.8 65 11.7 11.7 11.9 112 12.5 12.3 12.5
19 12.6 12.6 12.6 67 11.7 11.7 11.9 114 12.7 12.5 12.8
21 12.4 12.4 12.5 68 11.7 11.6 11.8 115 12.3 12.1 12.6
22 12.3 12.3 12.3 70 11.7 11.5 11.7 117 12.3 12.1 12.6
24 12.2 12.2 12.2 71 11.7 11.5 11.7 118 12.4 12.1 12.7
25 12.2 12.0 12.1 72 11.7 11.4 11.7 120 12.6 12.4 12.2 12.8
27 12.1 11.9 12.0 74 11.7 11.4 11.7 121 12.4 12.2 12.8
28 12.1 11.7 12.0 75 12.8 11.7 11.4 11.8 123 12.4 12.3 12.9
30 13.1 12.1 11.7 12.0 77 11.7 11.5 11.8 124 12.5 12.4 12.9
31 12.2 11.7 11.9 78 11.7 11.6 11.8 126 12.5 12.5 12.9
33 12.2 11.6 11.9 80 11.7 11.6 11.8 127 12.5 12.6 12.9
34 12.2 11.6 11.9 81 11.8 11.7 11.9 129 12.5 12.8 12.9
36 12.2 11.7 11.9 83 11.8 11.8 11.9 130 12.6 12.3 12.9
37 12.2 11.8 11.9 84 11.9 11.9 12.0 135 12.6
39 12.2 11.9 11.9 86 11.9 12.0 12.0 150 12.6
40 12.2 12.0 11.9 87 12.0 12.1 12.0
41 12.2 12.1 11.9 89 12.1 12.2 12.0
43 12.1 12.2 11.9 90 12.7 12.2 12.3 12.0
44 12.0 12.3 11.9 92 12.2 12.4 12.0
46 13.0 12.0 12.3 11.9 93 12.2 12.4 12.0
47 11.9 12.4 11.9 95 12.3 12.5 11.9
49 11.9 12.4 11.9 96 12.4 12.6 11.9
50 11.9 12.4 11.9 98 12.4 12.6 11.9
52 11.8 12.4 11.9 99 12.4 12.6 11.9
53 11.8 12.3 11.9 101 12.5 12.6 12.0
55 11.8 12.3 11.9 102 12.5 12.6 12.0
56 11.8 12.2 12.0 103 12.5 12.6 12.1
58 11.8 12.1 12.0 105 12.7 12.5 12.5 12.1
59 11.8 12.1 12.0 106 12.5 12.5 12.2

221
Annexes

• Déversoir à crête haute


¾ Pente amont : Iam=6‰ ; Pente aval Iav=1.33‰ ; Débit Q=103 m3h-1
h_mes h_mes h_mes h_mes h_mes h_mes h_mes h_mes h_mes
h_sim h_sim h_sim
x (cm) crête milieu fond x (cm) crête milieu fond x (cm) crête milieu fond
(cm) (cm) (cm)
(cm) (cm) (cm) (cm) (cm) (cm) (cm) (cm) (cm)
15 11.0
17 12.6 12.7 12.5 62 10.5 10.6 10.5 108 10.6 10.5 10.4
18 12.4 12.5 12.3 64 10.5 10.6 10.6 109 10.8 10.8 10.6
19 12.1 12.2 12.1 65 10.5 10.6 10.6 111 11.0 10.9 10.7
21 11.9 12.0 11.9 66 10.6 10.7 10.7 112 10.7 10.7 10.5
22 11.6 11.7 11.7 68 10.6 10.7 10.7 113 10.8 10.7 10.5
24 11.4 11.6 11.6 69 10.6 10.7 10.7 115 10.8 10.7 10.5
25 11.2 11.4 11.4 71 10.6 10.7 10.7 116 10.8 10.7 10.5
27 11.1 11.2 11.2 72 10.6 10.7 10.7 118 10.9 10.8 10.6
28 10.9 11.0 11.0 74 10.6 10.7 10.7 119 8.7 10.9 10.8 10.6
29 10.8 10.8 10.9 75 8.8 10.6 10.7 10.7 121 11.0 10.9 10.6
31 9.5 10.7 10.7 10.8 76 10.7 10.5 10.6 122 11.0 10.9 10.7
32 10.7 10.6 10.7 78 10.7 10.6 10.6 123 11.1 11.0 10.7
34 10.6 10.5 10.5 79 10.8 10.7 10.6 125 11.2 11.0 10.8
35 10.5 10.4 10.5 81 10.7 10.8 10.7 126 11.3 11.1 10.8
37 10.4 10.3 10.4 82 10.6 10.8 10.7 128 11.3 11.2 10.9
38 10.3 10.3 10.4 84 10.7 10.7 10.6 129 11.5 11.3 11.0
39 10.3 10.3 10.4 85 10.8 10.6 10.5 135 9.3
41 10.3 10.3 10.3 86 11.0 10.6 10.5 150 10.6
42 10.4 10.3 10.3 88 11.1 10.7 10.6
44 10.4 10.3 10.3 89 11.0 10.8 10.6
45 9.1 10.4 10.2 10.3 91 8.8 10.8 10.7 10.6
46 10.3 10.2 10.3 92 10.7 10.6 10.5
48 10.3 10.3 10.3 93 10.7 10.6 10.5
49 10.3 10.3 10.3 95 10.7 10.7 10.5
51 10.4 10.4 10.3 96 10.7 10.7 10.5
52 10.4 10.4 10.4 98 10.6 10.6 10.5
54 10.4 10.4 10.4 99 10.6 10.6 10.5
55 10.4 10.4 10.4 101 10.7 10.6 10.5
56 10.4 10.4 10.4 102 10.7 10.6 10.5
58 10.4 10.5 10.5 103 10.6 10.7 10.5
59 10.4 10.5 10.5 105 8.8 10.8 10.8 10.7
61 8.9 10.5 10.5 10.5 106 10.7 10.7 10.5

222
Annexes

Annexe 11
Présentation du logiciel confluence
Le logiciel confluence vise à reproduire le comportement du regroupement de deux
collecteurs en un seul. Ce modèle est très simplifié puisque la confluence est un ouvrage de
nature bidimensionnelle et dont le comportement, pour être précis, doit être décrit par un
logiciel de simulation 2D voire 3D.

Voici, ci-dessous, la fenêtre d’accueil du logiciel :

Fenêtre d’accueil du logiciel confluence

Elle permet de saisir et de sélectionner les caractéristiques géométriques des trois


collecteurs qui constituent la confluence et de fixer certains paramètres de calcul.
Ces paramètres sont les suivants :

¾ Longueur.
¾ Largeur.
¾ Pente du collecteur.
¾ Coefficients de Strickler.
¾ Pente de la conduite.
¾ Nombre de pas d’espace (nombre de cellules de calcul) :
10 → valeur moyenne
30 → grande précision sur la ligne d’eau
5 → Rapidité de calcul mais faible précision
¾ Angle par rapport au collecteur aval.
¾ Débit injecté dans les collecteurs amont 1 et amont 2.

223
Annexes

La partie basse de la fenêtre a pour objet la vérification et l’affichage de la


conservation de la masse (ou du volume) d’une part dans chacun des trois collecteurs et pour
finir dans toute la confluence. Ce point est discuté plus amplement dans le paragraphe 7.1 de
ce chapitre.

Les résultats que l’on obtient grâce à ce logiciel, pour la configuration présentée sur la
fenêtre d’accueil, sont représentés ci-dessous. Les tronçons amont sont tous deux à pente
fortes et le collecteur aval à pente faible. On observe après convergence la formation de
ressauts hydrauliques dans les canaux amonts.

Fenêtre de visualisation des hauteurs d’eau dans les trois tronçons

Cette fenêtre visualise les lignes d’eau (en rouge) obtenues dans les deux collecteurs
amont et le collecteur aval. On représente en plus les hauteurs normales (en jaune) et critiques
(en vert) pour chaque tronçon.

224
Annexes

Fenêtre de visualisation des débits dans les trois tronçons

Cette figure permet de visualiser l’évolution du débit dans chaque canal. On observe en
s’approchant de la confluence une légère augmentation du débit. Ceci est du d’une part à la
présence des ressauts hydrauliques dans les canaux amonts car dès qu’il y a ressaut
hydraulique on observe un léger pic de débit engendré par le schéma numérique. Le schéma
numérique est tel que lorsqu’il y a présence d’une discontinuité, celui-ci joue sur le débit pour
assurer la convergence. D’autre part, cette erreur sur les débits est sans doute due à une
mauvaise gestion des conditions aux limites au niveau de la confluence.

225

Vous aimerez peut-être aussi