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C

L’Avare
Molière
Livret pédagogique
Établi par Jean-Claude LANDAT,
professeur au lycée professionnel Robert-Desnos
de Crépy-en-Valois
et professeur associé à l’I.U.F.M. d’Amiens
Conception graphique
Couverture et intérieur : Médiamax

Mise en page
PAON

Illustration
Harvey Stevenson

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L.122-5, d’une part, que les « copies ou reproductions strictement réservées à l’usage
privé du copiste et non destinées à une utilisation collective », et, d’autre part, que « les
analyses et les courtes citations » dans un but d’exemple et d’illustration, « toute repré-
sentation ou reproduction intégrale ou partielle, faite sans le consentement de l’auteur
ou de ses ayants droit ou ayants cause, est illicite ».
Cette représentation ou reproduction par quelque procédé que ce soit, sans l’autorisa-
tion de l’éditeur ou du Centre français de l’exploitation du droit de copie (20, rue des
Grands-Augustins, 75006 Paris), constituerait donc une contrefaçon sanctionnée par les
articles 425 et suivants du Code pénal.

© Hachette Livre, 2000.


43, quai de Grenelle, 75905 PARIS Cedex 15.
I.S.B.N. : 2.01.167960.5
S O M M A I R E

RÉPONSES AU X Q U E S T I O N S 4

Acte I, scène 3 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 4
Acte I, scène 5 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8

Acte II, scène 2 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 11


Acte II, scène 5 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 14

Acte III, scène 1 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 17


Acte III, scène 7 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 21

A c t e I V, s c è n e 3 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 2 5
A c t e I V, s c è n e 7 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 2 8

A c t e V, s c è n e 3 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3 1
A c t e V, s c è n e 5 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3 3
A c t e V, s c è n e 6 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3 7

Retour sur l’œuvre . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 39

PROPOSITION DE SÉQUENCE DIDACTIQUE 43

E X P L O I TAT I O N DU GROUPEMENT DE TEXTES 46

BIBLIOGRAPHIE C O M P L É M E N TA I R E 48

3
RÉPONSES AUX QUESTIONS

Avertissement
Les questions « Au fil du texte » sont regroupées autour de onze rubriques
qui n’apparaissent pas systématiquement mais reviennent régulièrement selon
les extraits choisis.
Ces questions permettent le développement des compétences de lecture,
d’écriture et d’expression orale de l’élève associé à l’acquisition des notions
relatives à l’étude de la langue sans jamais négliger la dimension culturelle.
Elles offrent au professeur la possibilité de proposer à ses classes des activités
variées qu’il organisera en fonction du niveau de ses élèves et de ses objectifs
pédagogiques.
Outre le texte qui reste naturellement le support principal, le travail sur
l’image et sur la mise en scène prend toute la place qui lui est due.
Cette partie du livret contient toutes les réponses aux questions et quelques
remarques et suggestions didactiques et pédagogiques.

A C T E I , S C È N E 3 ( p. 2 1 )

Remarque préliminaire
L’étude des scènes d’exposition d’une pièce de théâtre est toujours fonda-
mentale. Elle doit permettre :
– la « mise en appétit » pour la lecture intégrale de l’œuvre ;
– une familiarisation avec les personnages et les liens qui les unissent ;
– une vision claire des principaux enjeux de l’intrigue.
De cette étude dépend souvent la motivation nécessaire à la lecture et aux
travaux proposés. Il convient de lui apporter le dynamisme et l’enthousiasme
nécessaires.

◆ Q UE S ’ EST - IL PASSÉ ENTRE - TEMPS ?


1. Valère a sauvé Élise alors qu’elle était sur le point de se noyer : « cette géné-
rosité surprenante qui vous fit risquer votre vie, pour dérober la mienne à la fureur des
ondes » (lignes 51 et 52).
2. Pour rester proche d’Élise,Valère est entré au service d’Harpagon en qua-
lité d’intendant.

4
Acte I, scène 3

3. Cléante nous dépeint Mariane comme une très belle jeune fille pauvre,
d’une honnêteté adorable, qui s’occupe avec beaucoup de dévouement de sa
mère très âgée et presque toujours malade (lignes 153 à 166).
4. Valère et Cléante redoutent essentiellement un refus catégorique d’Harpa-
gon à leur projet dans la mesure où celui-ci est avare, égoïste et peu sensible
aux passions de la jeunesse.
5. Valère et Cléante aiment et veulent épouser respectivement Élise et
Mariane mais ils doivent surmonter un obstacle de taille : le refus d’Harpagon.
Prolongement
On pourra opportunément demander aux élèves de mettre en relation la défi-
nition de la scène d’exposition avec ces cinq réponses, ce qui permettra un tra-
vail de synthèse qui se prolongera (selon le temps dont dispose le professeur)
par la lecture rapide d’un groupement de textes sur quelques scènes d’exposi-
tion de comédies de Molière.

◆ AVEZ - VOUS BIEN LU ?


6. Harpagon reproche à La Flèche de le surveiller et de le voler.
7. Harpagon apparaît violent, égoïste et surtout avare à un point tel qu’il
s’imagine entouré en permanence de voleurs, en embuscade, cherchant à lui
dérober son bien. Il souffre de paranoïa (dont la définition donnée par le
Dictionnaire encyclopédique Hachette est : « psychose caractérisée par la sur-
estimation du moi, la méfiance, la susceptibilité, l’agressivité et qui engendre
un délire de persécution »).
8. Après avoir vu et entendu Harpagon sur scène pour la première fois, on
comprend effectivement mieux les craintes de Valère et de Cléante à propos de
leur projet de mariage.

◆ É TUDIER UN THÈME :
LA RELATION MAÎTRE ET VALET AU XVII E SIÈCLE
9. • Harpagon paraît très en colère, agressif, autoritaire et menaçant à l’égard
de La Flèche.
– Il emploie beaucoup d’impératifs : « Hors d’ici tout à l’heure […]. Allons […]
sors vite […] Va-t’en l’attendre […]. Sors d’ici, encore une fois […] Tais-toi […] Te
tairas-tu ? […] Allons, rends-le-moi sans te fouiller. […] va-t’en à tous les diables ».

5
RÉPONSES AUX QUESTIONS

– De plus, il l’injurie : « maître juré filou, vrai gibier de potence […] pendard […] traître
[…] mouchard […] coquin […] un pendard de valet […] ce chien de boiteux-là ».
– Il le menace : « que je ne t’assomme […]. Je te baillerai de ce raisonnement-ci par les
oreilles (Il lève la main pour lui donner un soufflet.) […]. Je te rosserai, si tu parles ».
• Quant à La Flèche, il exprime d’abord son étonnement : « Pourquoi me chassez-
vous ? […] Qu’est-ce que je vous ai fait ? […] Comment diantre voulez-vous qu’on
fasse pour vous voler ? » Ensuite, il se rebelle et se montre ironique, voire inso-
lent : « Je parle… je parle à mon bonnet […].Tenez, voilà encore une poche : êtes-vous
satisfait ? »
10. Cette scène témoigne de l’autorité abusive du maître qui utilise son valet
comme véritable souffre-douleur : son valet lui « appartient », comme le dit
l’expression consacrée. Mais le valet résiste, se montre rebelle et querelleur. On
retrouve ici le rôle du valet de comédie qui consiste à mettre en lumière les
défauts du maître.
◆ É TUDIER LE COMIQUE
11. • Exemples de comique de mots :
– « La peste soit de l’avarice et des avaricieux ! » (ligne 270).
– « Je parle… je parle à mon bonnet » (ligne 289).
– « Et moi, je pourrais bien parler à ta barrette » (ligne 290).
– « Qui se sent morveux, qu’il se mouche » (ligne 296).
• Exemples de comique d’exagération :
– « maître juré filou, vrai gibier de potence » (lignes 208 et 209).
– « un espion de mes affaires, un traître, dont les yeux maudits assiègent toutes mes
actions, dévorent ce que je possède, et furettent de tous côtés » (lignes 224 à 227).
• Exemples de comique de gestes :
– « sors vite, que je ne t’assomme » (ligne 216).
– (Il lève la main pour lui donner un soufflet.) (didascalie lignes 244 et 245).
– « Montre-moi tes mains.
– Les voilà.
– Les autres.
– Les autres ?
– Oui.
– Les voilà. » (lignes 249 à 254).
– (Il tâte le bas de ses chausses.) (didascalie ligne 257).
– (Il fouille dans les poches de La Flèche.) (didascalie ligne 269).
– (La Flèche, lui montrant une des poches de son justaucorps.) (didascalie ligne
300).

6
Acte I, scène 3

• Exemple de comique de situation :


il s’agit ici de la relation maître/valet dans laquelle l’autorité du maître s’exerce
de façon caricaturale et outrancière face à un valet qui s’évertue à bien faire
ressortir les traits de caractère insupportables d’Harpagon.
12. L’avarice poussée à l’extrême, les menaces de coups, la fouille, la vivacité
des répliques, l’insolence et l’aplomb de La Flèche, le ton de la querelle, etc. font
de cet épisode une première scène véritablement comique et proche de la farce.
◆ M ISE EN SCÈNE
13. L’aparté permet au personnage d’exprimer ses pensées en les partageant
avec le public à l’insu des autres personnages présents sur scène. Il s’agit d’une
convention théâtrale.
14. Par les didascalies, l’auteur donne des indications de mise en scène aux
acteurs et aux metteurs en scène. Les didascalies permettent, en outre, au lec-
teur de se représenter l’action.
15. Il conviendra ici de veiller à la cohérence entre les réponses proposées et
le texte.
16. Des travaux réalisés en groupes peuvent permettre de comparer les diffé-
rentes mises en scène et, au-delà, de faire prendre conscience aux élèves qu’à
partir d’un même texte, on peut donner des interprétations diverses.
◆ L IRE L’ IMAGE
17. On pourra demander aux élèves d’organiser leur description en ne négli-
geant pas les détails comme par exemple l’expression des visages, les gestes, les
costumes des personnages, le décor, etc.
• Au premier plan, La Flèche, en livrée de domestique et bien campé sur ses
jambes, essaie d’exprimer son innocence en montrant la paume de ses mains
et en regardant Harpagon droit dans les yeux.
• Harpagon, quant à lui, le corps courbé, l’air buté et le regard « par en des-
sous », exprime plutôt la duplicité, la méfiance et le doute.
Ces deux attitudes révèlent bien le caractère des deux personnages.
Cette scène se passe à l’intérieur de la maison d’Harpagon : la pièce est sobre
et dépouillée.
18. Il s’agit du moment où Harpagon « fouille dans les poches de La Flèche »
(ligne 269). On en a une autre représentation sur le document d’ouverture des
actes du livre élève.
19. « Je dis que vous fouillez bien partout, pour voir si je vous ai volé » (lignes 266
et 267).

7
RÉPONSES AUX QUESTIONS

A C T E I , S C È N E 5 ( p. 3 7 )
◆ Q UE S ’ EST - IL PASSÉ ENTRE - TEMPS ?
1. Harpagon a pris la décision de marier Élise au seigneur Anselme et Cléante
devra épouser « une certaine veuve ». Quant à Harpagon, il épousera Mariane.
2. Cléante, surpris, a un « éblouissement » (ligne 471) et doit aller « boire dans la
cuisine un grand verre d’eau claire » (lignes 473 et 474).
Élise réagit violemment en opposant à son père un refus catégorique : « Cela
ne sera pas, mon père » (ligne 496).
3. Ce coup de théâtre va à l’encontre des projets de Cléante et de Valère qui
ont déjà décidé de leur mariage puisque Cléante aime Mariane et qu’Élise
aime Valère. Cléante entre ainsi en concurrence avec son propre père. La ques-
tion pour le spectateur est de savoir comment une telle situation va se dénouer.

◆ L IRE L’ IMAGE
4. Il s’agit d’Élise et d’Harpagon. Élise est à demi agenouillée, les mains jointes,
le visage relevé et le regard fixé sur son père. Elle paraît prier et implorer.
Harpagon la domine. Bien campé sur ses jambes, les bras écartés, les poings ser-
rés, le visage crispé et le regard pénétrant et inquiétant, il est menaçant et
semble sur le point de frapper.
5. Le visage et l’attitude d’Élise expriment sa crainte, son inquiétude mais
peut-être aussi sa révolte face à un père dont elle redoute les décisions.
Quant à Harpagon, il exprime la violence de sa colère, son profond mécon-
tentement, sa rage de constater que sa fille résiste à ce qu’il a décidé pour elle.
6. Les répliques des lignes 484 à 507 (scène 4), pour tout ou partie, peuvent
servir de légende.

◆ AVEZ - VOUS BIEN LU ?


7. Harpagon propose à sa fille l’arbitrage de Valère dans le conflit qui les
oppose à propos du mariage car il a toute confiance en ce dernier. Élise
accepte, persuadée que Valère parlera dans son intérêt.
8. Valère est embarrassé parce qu’il aime Élise (ce qu’ignore Harpagon) et
qu’il ne veut pas s’opposer directement à son maître (il est son intendant) pour
préserver ainsi la possibilité d’obtenir la main d’Élise.
9. Non, puisque Valère s’est introduit chez lui en se faisant employer comme
intendant et qu’il ment à Harpagon sur ses véritables sentiments.

8
Acte I, scène 5

◆ É TUDIER LA GRAMMAIRE ( LIGNES 541 À 584)


10.

CONDITIONNEL PRÉSENT INFINITIF


Elle pourrait vous dire (ligne 541) Pouvoir
Il faudrait (ligne 542) Falloir
Je ne trouverais pas (lignes 551 et 552) Trouver
Des gens qui pourraient vous dire (ligne 571) Pouvoir
Quantité de pères qui aimeraient (ligne 579) Aimer
Ils pourraient donner (lignes 580 et 581) Pouvoir
Qui ne les voudraient point (ligne 581) Vouloir
Et chercheraient (lignes 581 et 582) Chercher

11. Le conditionnel est ici employé pour indiquer ce que seraient susceptibles
de dire les gens qui ne seraient pas d’accord avec Harpagon. Le conditionnel
exprime ici des actions non réalisées mais seulement hypothétiques.
12. Par ce procédé,Valère fait valoir ses propres idées sans le dire. Il utilise ainsi
un double langage afin de ne pas s’attirer les foudres d’Harpagon tout en lui
faisant entendre des arguments pertinents.

◆ É TUDIER L’ ARGUMENTATION
13. Le seigneur Anselme est un « homme aussi riche que sage » (ligne 527) ; « un
parti considérable ; c’est un gentilhomme qui est noble, doux, posé, sage, et fort accom-
modé, et auquel il ne reste aucun enfant de son premier mariage » (lignes 536 à 539) ;
et surtout, il accepte de se marier « sans dot » (lignes 554, 569, 576 et 585).
14. Les arguments qu’oppose Valère (sans oser les présenter comme siens) sont
les suivants :
« c’est un peu précipiter les choses » (lignes 541 et 542) ; « le mariage est une […]
grande affaire […] il y va d’être heureux ou malheureux toute sa vie […] un engage-
ment qui doit durer jusqu’à la mort » (lignes 565 à 567) ; « l’inclination d’une fille
est une chose […] où l’on doit avoir de l’égard […] cette grande inégalité d’âge, d’hu-
meur et de sentiments rend un mariage sujet à des accidents très fâcheux » (lignes 572
à 575) ; « mieux ménager la satisfaction [des] filles que l’argent […] ; ne les […] point
sacrifier à l’intérêt » (lignes 579 à 581).
15. Valère présente ses arguments comme ceux qui émaneraient d’Élise, de
« gens » et d’autres pères moins sensibles à l’argent.

9
RÉPONSES AUX QUESTIONS

◆ É TUDIER LE COMIQUE
16. • Parmi les nombreux exemples d’ironie de Valère liés au « sans dot », on peut
citer principalement sa dernière réplique de la scène (lignes 641 à 647 : « Oui,
l’argent est plus précieux […] de probité »).Valère affirme le contraire de ce qu’il veut
faire entendre, ce que comprennent Élise et les spectateurs mais pas Harpagon.
• Exemple de répétition : « Sans dot ». Ce procédé comique est souvent
employé par Molière. On pourra citer « Le poumon » du Malade imaginaire
(acte III, scène 10) et « Mais que diable allait-il faire dans cette galère ? » des
Fourberies de Scapin (acte II, scène 7).
• Exemple de flatterie : « vous ne sauriez avoir tort, et vous êtes toute raison »
(lignes 524 et 525).

◆ À VOS PLUMES !
17. Cet exercice d’expression écrite permettra aux élèves de développer un
point de vue. Il ne sera sans doute pas inutile de préciser les critères de réus-
site induits par ce sujet :
– exposer un point de vue ;
– prendre en compte un point de vue opposé ;
– maîtriser l’emploi du conditionnel présent.
Exemples : Il y a des gens qui pourraient me dire que… mais je prétends que… ;
Certains soutiendraient même que… mais j’affirme que… ; Qui oserait pré-
tendre que… ?
Selon le niveau des classes, il conviendra de construire collectivement avec les
élèves un argumentaire. Le mariage : engagement plus stable, plus conforme
aux traditions religieuses, plus solennel. Satisfaction des parents. Idées de contrat,
de cérémonie, de cadeaux, de voyage de noces, etc. Le concubinage : plus de
liberté, moins de contrainte, plus de souplesse. Banalisation de la vie à deux.
Les temps changent : le PACS, le travail des femmes, le chômage qui ne per-
met pas immédiatement une vie stable, etc.

◆ M ISE EN SCÈNE
18. Harpagon la prononce aux lignes 554, 569, 576 et 585 ; Valère aux
lignes 555, 586, 621, 645 et 646.
19. On peut imaginer les instructions de mise en scène suivantes.
Ligne 554 : ton solennel ou très réjoui d’Harpagon qui insiste sur chaque syllabe.

10
Acte II, scène 2

Ligne 555 : ton interrogatif de Valère évoquant sa surprise. Le visage se relève


et le regard cherche celui d’Harpagon.
Lignes 569, 576 et 585 : les trois répliques d’Harpagon peuvent être pronon-
cées en crescendo à la fois par le volume de la voix et par l’expression du visage
s’éclairant de plus en plus.
Lignes 586, 621 et 646 : à prononcer de façon fortement accentuée avec un
air de fatalité et d’impuissance.
La façon de « jouer » le « sans dot » doit faire apparaître d’une part, la jubila-
tion d’Harpagon et d’autre part, la consternation de Valère.

Prolongement
Le problème du ton d’un texte est important et plus particulièrement au
théâtre. Lire ou dire sur le ton juste, c’est montrer que l’on a bien compris le
texte mais c’est aussi donner une interprétation du texte. C’est peut-être l’oc-
casion de visionner la célèbre tirade du nez de Cyrano de Bergerac et d’en-
treprendre des exercices de diction simples et ludiques.

A C T E I I , S C È N E 2 ( p. 5 0 )

◆ Q UE S ’ EST - IL PASSÉ ENTRE - TEMPS ?


1. Tout d’abord le père de Cléante, Harpagon, est très avare et ne donne donc
pas d’argent à son fils. D’autre part, le tempérament généreux et ardent de
Cléante pousse celui-ci à vouloir secourir celle qu’il aime, Mariane, dont la
mère est malade.
2. Le taux du prêt est exorbitant (25 % alors que le taux légal est de 5 %). Une
partie du prêt est prévue sous forme d’objets hétéroclites consignés dans un
mémoire. Cléante aurait donc à les vendre pour disposer de l’argent dont il a
besoin. La valeur de ces objets étant déterminée par le prêteur, on peut dou-
ter de son exactitude.
3. Le spectateur peut aisément supposer que le prêteur est Harpagon, compte
tenu du rapport qu’il peut établir entre l’avarice du personnage et les condi-
tions du prêt.

◆ L IRE L’ IMAGE
4. La gravure représente une scène où l’argent est au centre de l’activité et des
préoccupations des personnages.

11
RÉPONSES AUX QUESTIONS

Au centre, un jeune homme, debout, tient dans sa main une bourse pleine. Derrière
lui, au premier plan, un personnage agenouillé, sans chapeau (un valet), recherche
ou range l’argent ou des petits objets de valeur (bijoux…) dans un coffre.
Il s’agit d’une transaction financière. Sur la table, de l’argent est répandu et un
troisième homme, assis, a ouvert un coffret et semble recevoir ou donner de
l’argent : il s’agit de l’usurier qui donne son titre à cette gravure.
À ses côtés, quatre femmes observent la scène. L’intérieur est cossu (hauteur
des murs, grande cheminée, salle immense avec une large ouverture donnant
sur une vaste cour où des laquais s’occupent de chevaux), autant d’éléments
témoignant de la richesse des bourgeois et des nobles usuriers.
On peut ajouter que la disposition des personnages place l’emprunteur seul
face au groupe de personnes représentant l’usure : il est en position de faiblesse
(seul face à cinq personnes) et en position de demandeur et de respect (il est
debout, l’usurier est assis pour le recevoir).
5. Cette gravure peut évoquer la situation de Cléante (l’emprunteur),
d’Harpagon (l’usurier) et de maître Simon (l’intermédiaire).
On peut imaginer que la scène représente maître Simon en train d’emprunter
ou de rendre l’argent à Harpagon pour le compte de Cléante (et pour les inté-
rêts d’Harpagon).
Plus largement, cette gravure de Le Plautre, intitulée L’usurier pourra trouver
sa place dans une discussion sur l’argent au XVII e siècle.
6. Quelques idées : « Un prêt exorbitant » ou « L’argent va à l’argent » ou
encore « Comment s’enrichir quand on est déjà riche ? », etc.
Prolongement
On pourra prolonger ce travail par la lecture et l’étude de la rubrique
« Contexte historique : l’argent au XVII e siècle » (pp. 156 à 159 de l’ouvrage
Bibliocollège). Ce qui permettra aux élèves de se familiariser avec un aspect
du contexte socio-historique de ce siècle et d’apprendre à relier un texte à la
date de sa publication.

◆ AVEZ - VOUS BIEN LU ?


7. Maître Simon est un courtier. Il est chargé de faire le lien entre emprun-
teurs et prêteurs.
8. Cléante s’aperçoit que le prêteur qui lui offre une « aide » à des conditions
exorbitantes n’est autre que son père. Quant à Harpagon, il est scandalisé de
voir son fils dépenser tant d’argent au point d’avoir à en emprunter.
9. Le désaccord subsiste et Harpagon congédie son fils.

12
Acte II, scène 2

◆ É TUDIER LA SYNTAXE ET LE VOCABULAIRE


( LIGNES 175 À 198)
10. On citera les répliques des lignes 175 à 178 : Comment […] c’est […] qui […] ?
Harpagon – « Comment, / pendard !/ c’est toi qui/ t’abandonnes à ces coupables
extrémités ? »
Cléante – « Comment / mon père ? / c’est vous qui/ vous portez à ces honteuses
actions ? »
Puis, les répliques des lignes 180 à 183 : C’est […] qui […] par […] si […]
Harpagon – « C’est toi qui / te veux ruiner / par des emprunts / si condamnables ? »
Cléante – « C’est vous qui / cherchez à vous enrichir / par des usures / si criminelles ? »
Les répliques des lignes 184 à 186 : Ose […] bien, après cela […] ?
Harpagon – « Oses-tu bien, après cela, paraître devant moi ? »
Cléante – « Osez-vous bien, après cela, vous présenter aux yeux du monde ? »
Enfin, les questions sous forme interronégative : Ne… point, des lignes 187 à 196.
11. Le procédé témoigne de la vivacité de l’échange et peut avoir un ressort
comique.
12. On dressera la liste suivante : s’« abandonner à ces coupables extrémités » (lignes
175 et 176), « ces honteuses actions » (ligne 178), « des emprunts si condamnables »
(lignes 180 et 181), « des usures si criminelles » (lignes 182 et 183), « honte » (ligne
187), « débauches » (ligne 188), « des dépenses effroyables » (lignes 188 et 189),
« une honteuse dissipation » (ligne 189), « Ne rougissez-vous point de déshonorer »
(ligne 191), « de sacrifier gloire et réputation » (lignes 192 et 193), « les plus infâmes
subtilités » (lignes 194 et 195), « criminel » (ligne 199).
13. • Harpagon est d’une avarice inhumaine. Il est prêt à sacrifier le bonheur
de son fils pour de l’argent. Pour lui, tout est lié à et tourne autour de l’argent.
Harpagon est dans un état de « dépendance », l’argent agit sur lui comme une
drogue.
• Cléante est jeune, passionné et fougueux. Il veut vivre selon son cœur, ses impul-
sions et ses passions. C’est un garçon généreux et, de ce fait, un peu irréfléchi.
14. Harpagon et Cléante sont deux réponses acceptables à condition qu’elles
soient argumentées. Le fait que les deux personnages soient cités permet d’en-
gager un débat en classe entre les tenants de choix opposés.

◆ É TUDIER L’ ARGUMENTATION
15. Pour Harpagon, Cléante fait « une honteuse dissipation du bien que (ses)
parents (lui) ont amassé avec tant de sueurs » (lignes 189 et 190).

13
RÉPONSES AUX QUESTIONS

Pour Cléante, Harpagon ne rougirait pas « de déshonorer sa condition par les com-
merces […], de sacrifier gloire et réputation au désir insatiable d’entasser écu sur écu »
(lignes 191 à 194).
16. C’est maître Simon qui se fait l’interprète du cynisme de Cléante : « il n’a
plus de mère déjà, et […] il s’obligera, si vous voulez, que son père mourra avant qu’il
soit huit mois » (lignes 155 à 157).
Harpagon : « La charité, Maître Simon, nous oblige à faire plaisir aux personnes,
lorsque nous le pouvons » (lignes 158 à 160).
17. Pour satisfaire à leur passion (l’argent / l’amour), les deux personnages se
lancent dans des propos et des actions extrêmes qui peuvent être dangereuses.
Les traits de caractère communs que l’on peut dégager : la passion, l’excès, la
franchise.

◆ À VOS PLUMES !
18. Les élèves pourront s’inspirer du débat qui a pu être engagé lors de la
confrontation des réponses à la question 14.

A C T E I I , S C È N E 5 ( p. 6 3 )
◆ Q UE S ’ EST - IL PASSÉ ENTRE - TEMPS ?
1. Harpagon s’absente pour aller voir son argent. Il vit dans la hantise qu’on le
lui vole et ne se sent rassuré que quand il est en sa présence.
2. Frosine est une entremetteuse. Son rôle consiste à favoriser des relations par
son intermédiaire : ici pour Harpagon et Mariane, mais ce sera aussi le cas plus
tard pour Cléante et Mariane. Elle est censée percevoir de l’argent pour ce
« travail ».
3. La Flèche met bien en garde Frosine sur l’extrême avarice d’Harpagon.

◆ AVEZ - VOUS BIEN LU ?


4. On peut dégager trois parties dans cette scène.
Lignes 256 à 287 : les flatteries de Frosine.
Lignes 314 à 352 : l’amour et l’avarice.
Lignes 450 à la fin de la scène : la sourde oreille d’Harpagon.
5. Harpagon montre quelques inquiétudes à propos de son mariage avec
Mariane : outre son âge, sa santé, son physique et l’état d’esprit de Mariane, il
se préoccupe surtout de faire en sorte que non seulement son mariage ne lui
coûte rien mais que si possible ce soit un mariage avantageux financièrement.

14
Acte II, scène 5

6. Frosine parvient à le rassurer en le flattant et en raisonnant par l’absurde. Elle


essaie de lui démontrer que si Mariane est pauvre, elle lui rapportera quand
même de l’argent grâce à une vie modeste et des besoins limités au minimum.

◆ É TUDIER LE VOCABULAIRE ( LIGNES 254 À 287)


7. On peut établir la liste suivante : « un vrai visage de santé » (ligne 257), « un
teint si frais et si gaillard » (ligne 259), « jeune » (ligne 261), « la fleur de l’âge »
(ligne 267), « la belle saison de l’homme » (ligne 268), « une pâte à vivre jusques à
cent ans » (ligne 272), « un signe de longue vie » (ligne 276), « quelle ligne de vie ! »
(ligne 279), « vous passerez les six-vingts » (lignes 283 et 284), « vous mettrez en
terre et vos enfants, et les enfants de vos enfants » (lignes 286 et 287).
8. On relèvera les éléments suivants : « j’en ai soixante bien comptés » (lignes 264
et 265), « vingt années de moins pourtant ne me feraient point de mal » (lignes 269
et 270). De plus, ses lunettes, ses vêtements, sa toux et sa tenue vestimentaire
démodée, donnent de lui l’image d’un véritable vieillard.
9. Les effets produits par un tel contraste sont à la fois tragiques et comiques :
tout dépend de quel côté sont les rieurs.

◆ ÉTUDIER LE PORTRAIT DE MARIANE (LIGNES 323 À 342)


10. Mariane a une vie frugale ; elle a un train de vie modeste et ressent une
aversion pour les jeux.
11. Ce portrait est construit autour de ces trois qualités.
On remarque la présence de mots de liaison : « premièrement » (ligne 323),
« outre cela » (ligne 330), « de plus » (lignes 334 et 335).
Le vocabulaire utilisé pour évoquer ces qualités est propre à rassurer un avare :
« une grande épargne de bouche » (ligne 324), « elle n’est curieuse que d’une propreté fort
simple » (lignes 330 et 331) et « elle a une aversion horrible pour le jeu » (ligne 335).
Chaque qualité est assortie d’une évaluation de l’économie réalisée : « à trois
mille francs pour le moins » (ligne 330), « plus de quatre mille livres par an »
(ligne 334) et « vingt mille francs cette année. Mais n’en prenons rien que le quart »
(lignes 337 et 338).
On peut citer également les formes négatives précédant tout ce qui évoque
richesse et dépenses, etc.
12. Les intentions de Frosine sont de flatter l’avarice d’Harpagon pour ne lui
donner aucun motif d’inquiétude quant à son mariage. De sa réussite (pense-
t-elle) devrait dépendre une rétribution.

15
RÉPONSES AUX QUESTIONS

Prolongement
On pourra ici convoquer et réactiver la notion de types de textes par un bref
rappel de l’argumentation, de la narration et de l’injonction en demandant aux
élèves de retrouver dans L’Avare des exemples et constituer ainsi un groupe-
ment de textes :
– argumentatif : Cléante/Harpagon s’opposant à propos de l’argent ou de
Mariane (acte II, scène 2 – acte IV, scène 3) ;
– narratif : le récit du naufrage par Mariane et Valère (acte V, scène 5) ;
– injonctif : Harpagon donnant des instructions à ses domestiques pour le repas
à préparer en l’honneur de Mariane (acte III, scène 1).
◆ É TUDIER LE COMIQUE
13. Exemple de comique lié aux jeux d’opposition : celle entre les flatteries de
Frosine et l’attitude du vieillard Harpagon.
Exemple de comique lié aux types de caractère : l’avarice et la flatterie pous-
sées à l’extrême par Harpagon et Frosine.
Exemple de comique lié aux jeux de scène : mimiques, mouvements, gestes
que l’on imagine… Mais aussi, le comportement d’Harpagon qui, alternative-
ment, se réjouit et se crispe selon qu’il s’agit de dépenser de l’argent ou au
contraire d’en gagner.
◆ À VOS PLUMES !
14. On insistera ici sur les consignes précises (présence de trois qualités et des
mots de liaison appropriés) que l’on présentera comme des critères de réussite.
Critères auxquels il faut, bien entendu, ajouter l’originalité des idées, la
recherche des mots justes, la qualité de l’orthographe…

◆ M ISE EN SCÈNE
15. Cette activité, si elle ne tourne pas à la franche rigolade, doit montrer à
quel point le jeu, la mise en scène est une composante essentielle du théâtre.

◆ L IRE L’ IMAGE
16. Il s’agit d’Harpagon et de Frosine. Harpagon se détourne de Frosine, le
regard absent, lointain, la moue dubitative. Cette expression du visage laisse
percevoir le désaccord, la fuite, le refus d’entendre et d’agréer ce qu’on lui dit.
Quant à Frosine, elle se penche vers Harpagon et tente d’être souriante sans y
parvenir. Cette attitude exprime sa volonté de « communiquer » avec
Harpagon, de se faire entendre et de se faire comprendre. Elle semble
consciente de la difficulté de l’entreprise.

16
Acte III, scène 1

17. « Il prend un air sévère » (lignes 430 et 431), « Il prend un air gai »
(ligne 435) ; « Il reprend un visage sévère » (ligne 443), « Il reprend un air gai »
(lignes 446 et 447), « Il reprend son air sérieux » (ligne 453).
18. Ces changements brusques d’attitude sont liés à chaque fois aux propos de
Frosine qui tantôt lui demande de l’argent (mine renfrognée d’Harpagon), tan-
tôt lui parle de l’intérêt que lui témoigne Mariane (mine réjouie d’Harpagon).
19. Il s’agit d’une mise en scène de Jérôme Savary datant de 1999. Nul
n’ignore ses options de modernité et d’originalité sur les mises en scène de
textes classiques.
La tenue vestimentaire d’Harpagon (déjà démodée pour l’époque) avec le
bonnet, la collerette, la couleur sombre des vêtements sans la moindre fantai-
sie révèle son tempérament avare car, bien que riche, il ne cherche pas à se pré-
senter à son avantage. Il ne pense qu’à amasser de l’argent et le reste n’est pour
lui que futilités.
Frosine, au contraire, est éclatante et très féminine. Elle est très élégante avec
son chapeau fleuri et que l’on devine coloré ; sa robe décolletée est particuliè-
rement seyante. À cette tenue vestimentaire s’ajoute une splendide chevelure
qui orne un visage très maquillé. Tout ceci révèle une forte personnalité qui
cherche à séduire et à convaincre. Le signe (euro) peint sur sa poitrine signale
en outre son objectif final : gagner de l’argent.
Cette photographie montre bien l’opposition de tempérament des deux per-
sonnages.

A C T E I I I , S C È N E 1 ( p. 7 6 )

◆ Q UE S ’ EST - IL PASSÉ ENTRE - TEMPS ?


1. Les choses se compliquent pour Cléante qui découvre que son père est non
seulement son rival en amour, mais aussi celui qui comptait lui prêter de l’ar-
gent à des taux exorbitants. Son projet de mariage avec Mariane semble bien
compromis. D’autant qu’Harpagon, conforté par Frosine, s’emploie à hâter les
préparatifs de son propre mariage avec Mariane.
2. La question pour le spectateur est de savoir comment ce nœud de l’action,
devenue vraiment complexe par la rivalité entre un père et son fils, va se
dénouer.

17
RÉPONSES AUX QUESTIONS

3. Toutes les hypothèses sont permises à condition qu’elles soient en cohé-


rence avec le moment de la pièce. Cette question permet de vérifier implici-
tement la bonne compréhension de l’intrigue.

◆ AVEZ - VOUS BIEN LU ?


4. Harpagon s’adresse successivement à dame Claude, à Brindavoine et à La
Merluche, à Élise, à Cléante, à Valère, à maître Jacques successivement cuisinier
et cocher.
5. Harpagon organise un souper auquel il a convié notamment Mariane et le
seigneur Anselme.
6. Les serviteurs d’Harpagon doivent s’efforcer de faire le plus d’économies
possibles, chacun dans son domaine.

◆ É TUDIER L’ EMPLOI DE L’ IMPÉRATIF


7.

CONDITIONNEL PRÉSENT INFINITIF


Venez çà (ligne 1) Venir
Commençons (ligne 3) Commencer
Prenez garde (ligne 6) Prendre
Allez (ligne 12) Aller
Attendez (ligne 17) Attendre
Vous ressouvenez (ligne 18) Se ressouvenir (je me ressouviens)
Gardez bien (ligne 24) Garder
Rangez (ligne 31) Ranger
Présentez (ligne 32) Présenter
Tenez (ligne 35) Tenir
Préparez-vous (ligne 39) Se préparer
Ne vous allez pas (ligne 44) Aller
Prenez-y garde (ligne 60) Prendre
Aide-moi (ligne 63) Aider
Approchez-vous (ligne 64) S’approcher
Dis-moi (ligne 91) Dire
Taisez-vous (ligne 110) Se taire
Approche (ligne 140) Approcher
Souviens-toi (ligne 150) Se souvenir
Fais donc (ligne 155) Faire
Apprenez (ligne 244) Apprendre

18
Acte III, scène 1

8. Il s’agit d’un rapport d’autorité. Le maître, Harpagon, commande et les ser-


viteurs obéissent.
9. Le mode impératif est le mode de l’ordre.
Prolongement
Après avoir étudié, vu ou revu la conjugaison et les valeurs du conditionnel
(acte I, scène 5), les temps du discours, du récit, de l’injonction (acte II, scène 5)
et ici le mode impératif (voir également acte V, scène 5), on peut saisir l’occa-
sion pour dresser un tableau synthétique des principaux modes et temps et de
leurs valeurs en focalisant surtout sur les points ayant été traités au cours de
l’étude de cette comédie puisque l’étude de la langue se fait « dans, par et pour
les textes ».
◆ É TUDIER LES CARACTÈRES
10. Les (11) commandements d’Harpagon :
– « prenez garde de ne point frotter les meubles trop fort, de peur de les user » (lignes 6
et 7).
– « donner à boire, mais seulement lorsque l’on aura soif » (lignes 13 et 14).
– « gardez bien de gâter vos habits » (ligne 24).
– « prendrez garde qu’il ne se fasse aucun dégât » (lignes 37 et 38).
– « quand il y a à manger pour huit, il y en a pour dix » (lignes 116 et 117).
– donner « de ces choses dont on ne mange guère, et qui rassasient d’abord » (lignes
157 et 158).
– ne pas donner à manger à des chevaux qui ne travaillent pas (lignes 174 à 177).
– doubler les jours de jeûne sur les almanachs (lignes 221 à 223).
– se quereller avec les valets à l’approche des étrennes (lignes 224 et 225).
– traduire en justice les chats voleurs (lignes 227 à 229).
– dérober l’avoine des chevaux (lignes 229 à 231).
11. L’avarice du personnage est poussée à l’extrême, caricaturée. Harpagon est
un monstre.
12. • Valère prend systématiquement le parti d’Harpagon et lui donne raison
contre maître Jacques. Toutes les répliques de Valère pourraient être citées et
plus particulièrement :
– « Voilà une belle merveille que de faire bonne chère avec bien de l’argent : c’est une
chose la plus aisée du monde, et il n’y a si pauvre esprit qui n’en fît bien autant »
(lignes 99 à 101).
– « demander aux médecins s’il y a rien de plus préjudiciable à l’homme que de man-
ger avec excès » (lignes 131 et 132).

19
RÉPONSES AUX QUESTIONS

– « c’est un coupe-gorge qu’une table remplie de trop de viandes » (lignes 135 et 136).
– « il faut manger pour vivre, et non pas vivre pour manger » (lignes 138 et 139).
– « Je n’y manquerai pas […] je réglerai tout cela comme il faut » (lignes 152 à 154).
– « Maître Jacques fait bien le raisonnable » (ligne 195).
• Quant à maître Jacques, il est honnête mais naïf : il parle des choses qui
fâchent et « ne saurai(t) souffrir les flatteurs » (lignes 199 et 200). Sa réplique
(lignes 216 à 238) lui sera préjudiciable, à lui qui aime son maître (ligne 206).
13. Harpagon, flatté par Valère, lui apporte toute sa reconnaissance et ses com-
pliments (lignes 140 à 144). À l’inverse, il bat maître Jacques (ligne 239) qui
pourtant lui veut du bien (ligne 206).
14. Molière prouve ainsi l’hypocrisie sur laquelle sont fondés les rapports
sociaux : flatter les puissants pour obtenir leur soutien au mépris de la vérité
et de l’honnêteté. On pense à l’attitude des courtisans à la cour du Roi. À ce
propos, on pourra renvoyer à quelques fables et moralités de La Fontaine.
◆ É TUDIER LA PLACE
ET LA FONCTION DE L’ EXTRAIT DANS L’ ŒUVRE
15. Pour se venger, maître Jacques accusera Valère d’avoir volé la cassette
d’Harpagon, ce qui sera source d’un quiproquo célèbre.

◆ É TUDIER LE COMIQUE
16. • Les exemples de comique de gestes sont nombreux : le mouvement du cha-
peau qui cache les imperfections de la livrée des valets (lignes 33 à 35) ; le chan-
gement de tenue de cocher et de cuisinier pour maître Jacques (lignes 81 et 82) ;
Harpagon se précipitant pour faire taire maître Jacques alors que celui-ci énonce
simplement un menu ; enfin, Harpagon battant maître Jacques (ligne 239).
• Les oppositions entre les attitudes de l’avare, du flatteur et du serviteur zélé
et naïf sont source de comique de caractère.
• Quant au comique de mots, on retiendra l’erreur d’Harpagon « Il faut vivre
pour manger… » (lignes 142 et 143) ainsi que le parallélisme des répliques entre
Valère et maître Jacques aux lignes 195 à 197 : « Maître Jacques fait bien le rai-
sonnable. » / « Monsieur l’intendant fait bien le nécessaire. »
◆ M ISE EN SCÈNE
17. On peut imaginer que les acteurs sont respectueusement alignés au fond
de la scène ou répartis sur les côtés ou encore à la queue leu leu en attente des
instructions les concernant. Certains d’entre eux peuvent pouffer de rire ou,

20
Acte III, scène 7

au contraire, témoigner d’une certaine frayeur ou encore prendre un air agacé


ou désespéré. C’est par l’expression du visage et les mouvements que vont se
manifester leurs sentiments.
Prolongement
On peut envisager un travail en classe qui associera à la lecture de la scène les
réactions des personnages muets sur lesquelles devra se focaliser l’attention des
élèves. On pourra ensuite comparer ce travail à celui de metteurs en scène en
diffusant la même scène réalisée par des metteurs en scène différents.

◆ À VOS PLUMES !
18. Il sera bon de veiller à la compréhension de la question. Il s’agit de dire le
contraire de ce qu’affirme Harpagon. On pourra également vérifier le degré
de maîtrise des élèves dans l’emploi et l’écriture de l’impératif. Ce qui pourra
donner éventuellement lieu à une mise au point sur les particularités de ce
mode.

A C T E I I I , S C È N E 7 ( p. 8 9 )

◆ Q UE S ’ EST - IL PASSÉ ENTRE - TEMPS ?


1. Mariane a une réaction de répulsion : « Ah ! Frosine, quelle figure ! » (acte III,
scène 4, ligne 332), « Oh ! l’homme déplaisant ! » (acte III, scène 6, ligne 352),
« Quel animal ! » (ligne 357) et « Je n’y puis plus tenir » (ligne 359).
2. Harpagon semble inquiet : « Que dit la belle ? » (acte III, scène 6, ligne 353),
« Je vois que vous vous étonnez de me voir de si grands enfants » (lignes 365 et 366),
mais il se donne l’apparence de la sérénité en utilisant des formules galantes
qui le rendent ridicule « Que dit la belle ? » (ligne 353) et « adorable mignonne »
(ligne 356).
3. Frosine s’efforce de rassurer Mariane : « il vaut mieux pour vous de prendre un
vieux mari qui vous donne beaucoup de bien » (acte III, scène 4, lignes 316 et 317),
« Vous ne l’épousez qu’aux conditions de vous laisser veuve bientôt » (lignes 328 et
329).
Face à Harpagon, Frosine n’hésite pas à mentir en rapportant des propos
contraires à ceux exprimés par Mariane : « Qu’elle vous trouve admirable »
(acte III, scène 6, ligne 354).

21
RÉPONSES AUX QUESTIONS

C’est donc par le cynisme et la duplicité que Frosine, l’entremetteuse, essaie de


bien jouer son rôle afin de parvenir à ses fins.
◆ AVEZ - VOUS BIEN LU ?
4. Mariane, qui avait déjà rencontré Cléante, ignorait cependant qu’il était le
fils de celui qui envisageait de l’épouser.
5. Cléante prétend parler à la place de son père : « souffrez, madame, que je me
mette ici à la place de mon père » (lignes 421 et 422). Il s’agit en fait d’un double
langage.
6. Harpagon essaie de calmer les ardeurs de son fils mais il ne voit pas, à ce
moment-là, le double jeu de Cléante et de Mariane.
◆ É TUDIER L’ ÉCRITURE
7. On peut donner la liste suivante :
– « mon père, madame, ne peut pas faire un plus beau choix » (lignes 375 et 376).
– « je n’ai rien vu dans le monde de si charmant que vous » (lignes 422 et 423).
– « je ne conçois rien d’égal au bonheur de vous plaire » (lignes 423 et 424).
– « le titre de votre époux est une gloire, une félicité que je préférerais aux destinées des
plus grands princes de la terre » (lignes 424 à 426).
– « la plus belle de toutes les fortunes » (ligne 428).
– « il n’y a rien que je ne sois capable de faire pour une conquête si précieuse, et les obs-
tacles les plus puissants… » (lignes 429 à 431).
– « un diamant plus vif » (lignes 453 et 454).
8. Ces compliments hyperboliques sont adressés à Mariane.
9. Les répliques de Cléante traduisent ses sentiments passionnés, enflammés.
C’est toute la fougue du jeune amoureux qui s’exprime.
Prolongement
Pour bien fixer ces procédés d’écriture que sont l’hyperbole et le superlatif, il
sera opportun de concevoir des exercices proposant, d’une part, des exemples
à analyser et, d’autre part, des exercices de production d’exemples. Ceci per-
mettra aux élèves de mieux réussir l’activité de la rubrique « À vos plumes ! ».

◆ É TUDIER LA PLACE
ET LA FONCTION DE L’ EXTRAIT DANS L’ ŒUVRE
10. Ces deux sujets sont Mariane et l’argent.

22
Acte III, scène 7

11. « souffrez, madame, que je me mette ici à la place de mon père » (lignes 421 et
422).
12. Jusque-là, Harpagon avait le pouvoir. Il ordonnait et tout semblait se pas-
ser conformément à ses désirs. À présent, Cléante prend la parole, donc le pou-
voir. Il risque peu à peu de prendre l’argent de son père et aussi celle qu’il veut
épouser.

◆ É TUDIER LE COMIQUE ( LIGNES 453 À 488)


13. « il l’ôte du doigt de son père et le donne à Mariane » (ligne 456).
– « il se met au-devant de Mariane, qui le veut rendre » (ligne 460).
– « bas, à son fils » (ligne 466).
– « à part » (ligne 472).
– « en empêchant toujours Mariane de rendre la bague » (lignes 474 et 475).
– « à part » (ligne 478).
– « bas, à son fils » (ligne 480).
– « bas, à son fils, en le menaçant » (ligne 482).
– « bas, à son fils, avec emportement » (ligne 485).
– « bas, à son fils, avec les mêmes grimaces » (ligne 488).
Ces didascalies renseignent les acteurs et les metteurs en scène sur la façon
dont doivent être dites les répliques et sur les mouvements et gestes qui doi-
vent apparaître.
14. Ces didascalies font apparaître un comique de gestes, de tons et de mou-
vements.
15. Harpagon est ridiculisé. Il est impuissant car pris à son propre piège : il est
tenaillé entre son désir de convaincre Mariane de l’épouser (il ne peut donc ni
démentir ouvertement Cléante en montrant qu’il ne souhaite pas offrir ce
diamant à Mariane, ni bien sûr le lui arracher des mains) et son avarice mala-
dive (le diamant est très précieux).
16. Molière écrit et joue des comédies pour mettre en scène et ridiculiser des
comportements, des attitudes, des vices de la société. Ici, on voit bien que ce
vieillard, décidé contre tout bon sens à séduire une jeune femme, se trouve
obligé de laisser son fils lui offrir un cadeau qu’il ne souhaite pas faire. Distraire
en s’instruisant, disait Molière.

◆ L IRE L’ IMAGE
17. Il s’agit d’Élise, de Frosine, de Mariane, de Cléante et d’Harpagon.

23
RÉPONSES AUX QUESTIONS

18. Les tenues vestimentaires de ces deux personnages s’opposent : Harpagon


est habillé simplement, tristement, sombrement et de façon démodée : « votre
fraise à l’antique […] votre haut-de-chausses, attaché au pourpoint avec des aiguillettes »
(acte II, scène 5, lignes 436 à 439).
Cléante est élégant, riche et raffiné. D’ailleurs, Harpagon le lui reproche :
« Est-il rien de plus scandaleux que ce somptueux équipage que vous promenez par la
ville ? […] vous donnez furieusement dans le marquis ; et pour aller ainsi vêtu, il faut
bien que vous me dérobiez. […] à quoi servent tous ces rubans dont vous voilà lardé
depuis les pieds jusqu’à la tête, et si une demi-douzaine d’aiguillettes ne suffit pas pour
attacher un haut-de-chausses ? Il est bien nécessaire d’employer de l’argent à des per-
ruques, lorsque l’on peut porter des cheveux de son cru […] je vais gager qu’en perruques
et rubans, il y a du moins vingt pistoles » (acte I, scène 4, lignes 381 à 404).
19. Le nœud de l’intrigue est au cœur de cette gravure : la rivalité entre
Harpagon et son fils à propos de la conquête de Mariane est ici manifeste. Qui
des deux l’emportera, sous le regard amusé de Frosine et d’Élise ?

◆ M ISE EN SCÈNE ( LIGNES 453 À 488)


20. – Ton scandalisé, outré, choqué : celui d’Harpagon.
– Ton naturel, spontané, admiratif : celui de Mariane.
– Ton amusé, moqueur, taquin : celui de Cléante.
21. Plusieurs mouvements s’opèrent dans cet extrait : Mariane, admirative,
découvre la bague, elle veut ensuite la rendre à Harpagon.
Harpagon tente de récupérer sa bague mais Cléante s’interpose pour que le
diamant ne soit ni rendu ni repris.
Les gestes et les mouvements s’opposent, la bague concentre l’attention des
personnages.
22. Ce jeu pourra se faire à partir d’une lecture et, pourquoi pas, à partir du
texte (il est court) appris par cœur. Là encore, le jeu des élèves pourra être
comparé aux interprétations de différentes mises en scène.

◆ À VOS PLUMES !
23. Bien insister sur les procédés d’écriture imposés (l’emploi de superlatifs et
éventuellement l’aspect ironique du texte) qui devraient permettre aux élèves
d’enrichir leurs compétences d’écriture par la conscience qu’ils acquièrent de
la mise en mots.

24
A c t e I V, s c è n e 3

A C T E I V , S C È N E 3 ( p. 1 0 2 )

◆ Q UE S ’ EST - IL PASSÉ ENTRE - TEMPS ?


1. Frosine envisage de faire passer l’une de ses amies pour une marquise for-
tunée qui se déclarerait très amoureuse d’Harpagon, ce qui devrait détourner
celui-ci de son mariage avec Mariane (cette idée ne sera pas mise en œuvre).
2. Mariane doit obtenir l’accord de sa mère pour épouser Cléante.Aussi doit-
elle la convaincre puisque celle-ci a déjà donné son accord concernant le
mariage de sa fille avec Harpagon.
3. Harpagon remarque la tendre complicité qui unit Mariane à son fils :
« Ouais, mon fils baise la main de sa prétendue belle-mère, et sa prétendue belle-mère
ne s’en défend pas fort.Y aurait-il quelque mystère là-dessous ? » (acte IV, scène 2,
lignes 104 à 106).
4. Il décide alors de retenir Cléante afin de découvrir ce qu’il en est exactement.

◆ AVEZ - VOUS BIEN LU ?


5. Harpagon prétend renoncer à Mariane si Cléante a des sentiments pour
celle-ci. Or nous savons qu’Harpagon ne pense ni ne fera ce qu’il dit. Il pousse
son fils à lui avouer la vérité en lui mentant.
6. À la ligne 162, Cléante tombe dans le piège et avoue à son père : « Hé bien !
mon père, puisque les choses sont ainsi, il faut vous découvrir mon cœur, il faut vous révé-
ler notre secret » (lignes 162 à 164).
7. Harpagon est fou de rage, il explose de colère : « Comment, pendard ? tu as
l’audace d’aller sur mes brisées ? » (lignes 197 et 198). De plus, il menace de le
battre « Donne-moi un bâton tout à l’heure » (lignes 214 et 215).

◆ É TUDIER LE TUTOIEMENT ET LE VOUVOIEMENT


8. Première partie : lignes 114 à 167. Deuxième partie : lignes 168 à 196.
Troisième partie : lignes 197 à 215.
9. Pour le tutoiement, on relèvera tous les pronoms personnels « te, toi, tu » et
l’adjectif possessif « ton ».
Pour le vouvoiement : « vous » et « votre ».
10. Dans la première partie, il s’agit d’une conversation entre un père et son
fils où s’exprime une (fausse) compréhension mutuelle.

25
RÉPONSES AUX QUESTIONS

Le vouvoiement marque une rupture : Harpagon prend ses distances avec son
fils, il entre en conflit et en concurrence avec lui. Il le traite en ennemi, en
étranger.
Le retour au tutoiement exprime la colère, le mépris, l’indignation du père
envers son rival.

◆ É TUDIER LE VOCABULAIRE
11. Pour parler de Mariane, Cléante emploie les termes suivants : « Son air est
de franche coquette ; sa taille est assez gauche, sa beauté très médiocre, et son esprit des
plus communs » (lignes 122 à 124).
12. « Une jeune personne […] faite pour donner de l’amour […]. La nature […] n’a
rien formé de plus aimable […] cette aimable fille a des sentiments d’amitié qui ne sont
pas imaginables […] une tendresse qui vous toucherait l’âme […] un air le plus char-
mant du monde […] on voit briller mille grâces en toutes ses actions : une douceur pleine
d’attraits, une bonté toute engageante, une honnêteté adorable » (acte I, scène 2, lignes
153 à 165).
13. Les deux attitudes de Cléante sont tout à fait opposées. Au cours de la
scène 2 de l’acte I, Cléante confie à sa sœur l’effet que Mariane, qu’il vient de
rencontrer, produit sur lui. Avec toute l’émotion née de ce coup de foudre,
Cléante s’exprime sur un ton enflammé, passionné, plein d’ardeur et de senti-
ments.
En revanche, au cours de la scène 3 de l’acte IV, Cléante cherche à cacher à
son père son amour pour Mariane. Par conséquent, il utilise un vocabulaire
dévalorisant sur un ton détaché, lointain et indifférent.
Prolongement
Inviter les élèves à travailler sur les antonymes, les champs lexicaux et l’emploi
d’un vocabulaire valorisant ou dévalorisant qui traduit implicitement les pen-
sées ou les intentions d’un personnage ou d’un auteur.
14. « mais c’était pour vous plaire » (ligne 129), « mais pour vous faire plaisir, mon
père » (ligne 145), « je me ferai cet effort pour l’amour de vous » (lignes 149 et 150).
15. À la fin de cette scène, Cléante parle à son père de façon résolument agres-
sive, insolente, vindicative et menaçante : « Hé bien ! puisque les choses en sont
venues là, je vous déclare, moi […] j’aurai d’autres secours peut-être qui combattront
pour moi » (lignes 191 à 196) ; « C’est vous qui allez sur les miennes ! et je suis le
premier en date » (lignes 199 et 200) ; « l’amour ne connaît personne » (lignes 204

26
A c t e I V, s c è n e 3

et 205) ; « Toutes vos menaces ne feront rien » (lignes 209 et 210) ; « Point du tout »
(ligne 213).

◆ É TUDIER LA PLACE
ET LA FONCTION DE L’ EXTRAIT DANS L’ ŒUVRE
16. Les spectateurs et les personnages principaux connaissaient ce nœud de
l’intrigue. Seul Harpagon ignorait la relation de son fils avec Mariane. De cette
ignorance viennent son énorme surprise et la violence de sa réaction, très
attendue des lecteurs et spectateurs.
17. On peut laisser l’imagination des élèves s’exprimer. Que peut-il arriver
quand un père et son fils se disputent la même personne ? Les réponses varie-
ront selon que les élèves mettent le problème sur un plan personnel ou s’il
reste dans le cadre des comédies de Molière qui obéissent à des règles : coups
de théâtre, fin heureuse…
18. La scène est tragique : l’issue du conflit engagera la vie de deux hommes.
Si l’on fait référence à la tragédie racinienne ou cornélienne, les passions vont
jusqu’au bout de leur logique et trouvent leur issue dans la mort.
Ici, le conflit est traité sous sa forme comique : milieu bourgeois, père qui piège
son fils, insultes, menaces, cris, coups de bâtons, etc.

◆ À VOS PLUMES !
19. On peut en plus demander aux élèves de jouer cette conversation. On
veillera alors à la cohérence qu’ils devront apporter dans le changement de
registre : tutoiement/vouvoiement.

◆ L IRE L’ IMAGE
20. L’intérêt de ce cadrage pour une photographie (ou pour une scène de
film) est de mettre particulièrement en valeur les visages et les émotions qu’ils
expriment. Il permet souvent la dramatisation d’un moment clé dans une
scène de cinéma ou de théâtre filmé.
21. Cléante présente un visage grimaçant, il semble mordre sa lèvre inférieure,
le regard « planté » sur Harpagon. On a l’impression qu’il est sur le point de le
mordre. Cette expression exprime la colère, la rage, la fureur.
Le visage et le cou d’Harpagon sont crispés, le regard est fuyant et les lèvres
pincées. Il semble contenir une vive colère qu’il a du mal à maîtriser.
22. Ces physionomies correspondent aux dernières répliques de la scène, à par-
tir de : « Oui, mon père, c’est ainsi que vous me jouez ! » (ligne 190 jusqu’à la fin).

27
RÉPONSES AUX QUESTIONS

A C T E I V , S C È N E 7 ( p. 1 1 3 )

◆ Q UE S ’ EST - IL PASSÉ ENTRE - TEMPS ?


1. Cléante, jeune homme dépensier, est amoureux de Mariane, la jeune
femme que son père veut épouser. Harpagon est au courant des sentiments de
son fils envers Mariane et réciproquement. Les deux personnages sont résolus
à ne pas céder.
2. Maître Jacques, particulièrement sincère au cours d’une scène précédente
(acte III, scène 1, lignes 216 à 238), se montre fourbe en faisant croire simul-
tanément aux deux hommes qu’ils ont obtenu ce qu’ils voulaient à propos de
Mariane (acte IV, scène 4). Il pose en fait une « bombe à retardement » desti-
née à accroître les hostilités entre le père et le fils.
3. Cléante découvre dans les mains de La Flèche la fameuse cassette de son
père que le valet vient de dérober (acte IV, scène 6).
◆ AVEZ - VOUS BIEN LU ?
4. Harpagon est indigné, désespéré, au bord de la folie.
5. Il soupçonne son entourage, le public, la Terre entière, y compris lui-même.
6. Il envisage de faire intervenir la justice, de punir sévèrement les coupables
et de se pendre lui-même.

◆ É TUDIER LA GRAMMAIRE
7. Les phrases exclamatives : « Au voleur ! au voleur ! à l’assassin ! au meurtrier !
Justice, juste Ciel ! »
Les phrases interrogatives : « Qui peut-ce être ? Qu’est-il devenu ? Où est-il ? Où
se cache-t-il ? Que ferai-je pour le trouver ? Où courir ? Où ne pas courir ? N’est-il
point là ? N’est-il point ici ? Qui est-ce ? »
8. L’emploi de ces deux types de phrase révèle une grande agitation de la part
d’Harpagon. Ce dernier est perdu, bouleversé, au bord de la folie.

◆ É TUDIER LE DISCOURS
9. Harpagon s’adresse à lui-même tout d’abord, puis à son argent, à des inter-
locuteurs imaginaires ensuite, au public enfin.
10. Lui-même : « Rends-moi mon argent, coquin… Ah ! c’est moi » (ligne 388).

28
A c t e I V, s c è n e 7

Son argent : « mon pauvre argent, mon pauvre argent, mon cher ami ; on m’a privé de
toi » (lignes 390 à 392).
Des interlocuteurs imaginaires : « Euh ? que dites-vous ? Ce n’est personne »
(lignes 398 et 399).
Au public : « Que de gens assemblés ! […] Eh ! de quoi est-ce qu’on parle là ? […]
Quel bruit fait-on là-haut ? […] N’est-il point caché là parmi vous ? » (lignes 404 à
410).
11. Il s’agit d’un faux dialogue dans la mesure où Harpagon, seul sur scène,
s’adresse à des interlocuteurs qui ne sont pas en mesure de lui répondre.

◆ É TUDIER LE MONOLOGUE
12. Monologue est issu du grec « monos » qui signifie « seul » et de l’élément
« logos » : « discours ».
13. Ce monologue revêt une dimension tragique dans la mesure où il met en
scène un homme au bord de la folie, désespéré de voir lui échapper ce qu’il a
de plus cher au monde : son argent.
14. Toutefois, c’est l’aspect comique qui est privilégié dans l’écriture et la mise
en scène de ce moment de la pièce : comique de l’absurde quand Harpagon
se désigne lui-même comme coupable ; burlesque par les exagérations, la per-
sonnification de l’argent, l’interpellation du public, etc.

◆ É TUDIER L’ ÉCRITURE
15. Ces accumulations sont très nombreuses : en dehors des exclamations et
interrogations déjà citées (réponse à la question 7), on peut ajouter :
– « j’ignore où je suis, qui je suis, et ce que je fais » (lignes 389 et 390) ; (1)
– « mon pauvre argent, mon pauvre argent, mon cher ami ! » (lignes 390 et 391) ; (2)
– « mon support, ma consolation, ma joie » (lignes 392 et 393) ; (3)
– « je me meurs, je suis mort, je suis enterré » (lignes 395 et 396) ; (4)
– « à servantes, à valets, à fils, à fille, et à moi aussi. » (lignes 403 et 404) ; (5)
– « Allons vite, des commissaires, des archers, des prévôts, des juges, des gênes, des potences
et des bourreaux » (lignes 412 à 414). (6)
16. Les phrases (3), (4) et (6) présentent une gradation ascendante.
17. Ces procédés d’écriture donnent un rythme (souvent ternaire) aux diffé-
rentes périodes de la phrase. Ils sont aussi l’un des ressorts du comique.

29
RÉPONSES AUX QUESTIONS

◆ É TUDIER LA PLACE
ET LA FONCTION DE L’ EXTRAIT DANS L’ ŒUVRE
18. Ce monologue est situé à la dernière scène de l’acte IV. Il précède immé-
diatement l’acte qui mettra en scène le dénouement. Il est donc un moment
charnière de la comédie.
19. Ce monologue confirme le trait de caractère dominant du personnage, à
savoir l’avarice poussée à son paroxysme. Dans les scènes précédentes,
Harpagon n’hésitait pas à sacrifier ses propres enfants pour laisser libre cours à
sa passion de l’argent. Cette fois, il est prêt à se sacrifier lui-même.
20. Cette scène pourrait laisser entrevoir un dénouement tragique si, comme
dans les tragédies raciniennes, les personnages allaient jusqu’au bout de leurs
passions. Or, ici, un public averti sait qu’il s’agit d’une comédie et s’attend à ce
que Molière mette en scène un coup de théâtre, un stratagème permettant une
fin heureuse pour tous les personnages.
Prolongement
À quelques scènes du dénouement, on pourra étudier les éléments et les fonc-
tions du nœud de l’action dans une pièce de théâtre. Il sera opportun de rap-
peler les principaux nœuds de l’intrigue de L’Avare en se référant au tableau
des pages 150 et 151 du « livre élève » proposant un travail sur le schéma dra-
matique. Ces nœuds seront alors mis en relation d’une part, avec les aspirations
des personnages et d’autre part, avec les stratagèmes mis en place pour tenter
de les dénouer.
Cette réflexion pourra être élargie à l’aide d’exemples puisés dans d’autres
pièces de théâtre connues des élèves.

◆ L IRE L’ IMAGE
21. « Arrête. Rends-moi mon argent, coquin… (Il se prend lui-même le bras.) Ah !
c’est moi » (lignes 387 et 389).
22. Le visage hagard, les yeux grands ouverts, le regard fixe, les bras tendus et
crispés suggèrent la folie. La « veste » ouverte ajoute à cet instant de folie : plus
rien ne compte pour Harpagon que cette perte ; son apparence est le cadet de
ses soucis. On peut ajouter à cette attitude la façon dont est présenté le person-
nage : en contre-plongée avec un dégradé allant du noir profond au gris clair en
passant par le visage blafard du comédien. L’ombre du personnage projetée sur
le mur accentue l’obscurité. Cette apparition suscite l’inquiétude, l’angoisse…

30
A c t e V, s c è n e 3

23. Il s’agit ici de laisser libre cours à la réaction des élèves sans induire, par un
questionnement trop précis, leurs réponses. Il peut être également intéressant
de montrer qu’à partir d’un même texte, on peut avoir des représentations dif-
férentes en fonction de sa sensibilité, de sa culture. D’où l’intérêt d’analyser la
« réception » de l’œuvre selon les époques mais aussi de façon synchronique
selon les âges, les milieux sociaux, les pays de cultures différentes… On pourra
également travailler sur la comparaison avec la représentation d’Harpagon à un
autre moment de la même scène à l’aide de l’image de la p. 111.

A C T E V , S C È N E 3 ( p. 1 2 7 )

◆ Q UE S ’ EST - IL PASSÉ ENTRE - TEMPS ?


1. Le commissaire vient enquêter à la demande d’Harpagon sur le vol de la
cassette.
2. Maître Jacques dénonce Valère (acte V, scène 2).
3. En fait, maître Jacques se venge ici non seulement de l’attitude de Valère,
flatteuse à l’égard d’Harpagon et méprisante à son égard alors qu’ils sont tous
les deux serviteurs du maître, mais aussi des coups de bâton que Valère lui
donna au cours de leur dispute à la scène 2 de l’acte III.

◆ AVEZ - VOUS BIEN LU ?


4. Il s’agit d’une double inculpation « comme larron (voleur) et comme suborneur
(séducteur) » (lignes 265 à 267).
5. Valère n’a pas volé la cassette d’Harpagon et en est accusé injustement. En
revanche, il dissimule à Harpagon sa véritable identité de même que la nature
de ses relations avec Élise.
6. Cette accusation, à l’origine des aveux de Valère, est partiellement vraie dans
la mesure où Valère s’est effectivement introduit chez Harpagon pour jouer
auprès de celui-ci un rôle d’intendant, son but caché étant de parvenir à
convaincre le vieillard de le laisser épouser sa fille.
Mais Valère ne s’est pas introduit chez Harpagon pour lui voler sa cassette.

◆ É TUDIER LE VOCABULAIRE ET LA GRAMMAIRE


7. À la ligne 181 pour Harpagon, le « trésor » est sa cassette.
À la ligne 183 pour Valère, le « trésor » est Élise.

31
RÉPONSES AUX QUESTIONS

8. Ci-après les mots ou expressions à double entente qui désignent, pour


Harpagon, le vol de son argent ou son argent lui-même et, pour Valère, son
amour caché pour Élise ou Élise elle-même.
• Harpagon : – « l’action la plus noire, l’attentat le plus horrible » (lignes 124 et
125), « ton crime » (lignes 127 et 128), « l’ affaire » (ligne 132), « un guet-apens ?
un assassinat de la sorte ? » (lignes 149 et 150), « mon sang, mes entrailles » (ligne
155), « ce que tu m’as ravi » (ligne 161), « cette action » (ligne 164), « le vol qu’il
m’a fait » (ligne 179), « un trésor comme celui-là ! » (lignes 181 et 182), « mon
bien » (ligne 203), « ce crime » (ligne 211), « mon affaire » (ligne 212), « tu n’y as
point touché ? » (lignes 219 et 220).
• Valère : – « la chose » (ligne 137), « une offense » (ligne 147), « ma faute »
(ligne 148), « le mal » (ligne 152), « Votre sang » (ligne 156), « l’Amour » (ligne
168), « C’est un trésor, il est vrai » (ligne 183), « ce trésor plein de charmes » (lignes
185 et 186), « Moi, y toucher ? » (ligne 221).
9. Cette polysémie entretient le malentendu et permet au quiproquo de se
développer.
◆ É TUDIER LE QUIPROQUO
10. Le quiproquo repose sur le fait qu’Harpagon parle de sa cassette et du vol
alors que Valère évoque Élise et son amour pour celle-ci.
11. Compte tenu du « mélange des genres » (langage amoureux se rapportant
à une cassette), le quiproquo paraît peu vraisemblable. Néanmoins, la passion
qui anime les deux personnages, l’un pour son argent, l’autre pour Élise, rend
cette conversation crédible, à la limite de l’absurde.
Prolongement
Pour aller plus loin dans l’étude du quiproquo, on pourra se référer au grou-
pement de textes proposé dans Le Malade imaginaire de la collection
Bibliocollège (n° 5) qui présente, outre cet extrait de L’Avare, le célèbre et
« scandaleux » quiproquo de la scène du « le » de L’École des femmes, mais aussi
un quiproquo extrait des Fiancés de Loches de Georges Feydeau. Une exploita-
tion pédagogique de ce groupement de textes intitulé « Les comédies du qui-
proquo » est proposée dans le livret pédagogique accompagnant Le Malade
imaginaire.

◆ É TUDIER LE COMIQUE
12. Le principal exemple de comique de situation est le quiproquo défini
ci-dessus (réponse aux questions 10 et 11).

32
A c t e V, s c è n e 5

Exemple de comique d’exagération : il est question de crime, d’attentat, de


procès pour un vol d’argent.
Exemples de comique lié au ton de certaines répliques : on imagine le ton
scandalisé et disproportionné d’Harpagon pour certaines répliques comme
« Comment, traître, tu ne rougis pas de ton crime ? » (lignes 127 et 128),
« Comment ! pardonnable ? Un guet-apens ? un assassinat de la sorte ? » (lignes 149
et 150), « Ô ma chère cassette ! » (ligne 216), « Brûlé pour ma cassette ! » (ligne 224)
ou encore « Ma cassette trop honnête ! » (ligne 228).

◆ É TUDIER LA PLACE
ET LA FONCTION DE L’ EXTRAIT DANS L’ ŒUVRE
13. Les propos de Valère sont mesurés et contrastent avec ceux d’Harpagon :
« une offense » (ligne 147), « ma faute » (ligne 148). Il affirme que son amour est
désintéressé (lignes 173 à 175, 198 et 199), qu’il envisage le mariage et qu’il
respecte Élise.
14. Il s’agit de la dernière réplique de la scène : « Ce sont des noms qui ne me
sont point dus ; et quand on saura qui je suis… » (lignes 268 à 271).
15. Le dénouement est très proche. Pourtant rien ne semble le laisser entre-
voir : aucune des intrigues ne semble se dénouer. Que va-t-il advenir des
amours de Valère et d’Élise ? De celles de Marianne et de Cléante ? Harpagon
va-t-il retrouver sa cassette et épouser Mariane ? Aucun élément de réponse
n’est perceptible. Le spectateur habitué aux pièces de Molière attend le coup
de théâtre qui va permettre un dénouement de comédie.

◆ À VOS PLUMES !
16. La difficulté pour l’élève sera, dans la plupart des cas, de donner au texte
une vraisemblance et une cohérence, d’où la nécessité de bien « encadrer » cet
exercice qui peut s’avérer à la fois amusant et formateur.

A C T E V , S C È N E 5 ( p. 1 3 6 )

◆ Q UE S ’ EST - IL PASSÉ ENTRE - TEMPS ?


1. Comme à l’égard de Cléante, Harpagon est fou de rage et menace sa fille
de l’enfermer dans un couvent.

33
RÉPONSES AUX QUESTIONS

2. Elle lui demande de dominer ses passions et de comprendre un peu mieux


ses enfants.
3. Maître Jacques, humilié par Valère, avait prévenu : « mais pour ce monsieur l’in-
tendant, je m’en vengerai si je le puis » (acte III, scène 2, lignes 288 et 289).

◆ AVEZ - VOUS BIEN LU ?


4. Anselme est le père de Valère et de Mariane. On apprend qu’à la suite du
fameux naufrage raconté par Mariane (voir réponses aux questions 9 à 14 ci-
dessous), chacun a survécu et poursuivi un destin différent pour se retrouver
enfin et comme par magie chez Harpagon.
5. Harpagon n’est pas du tout ému par cette touchante histoire. Au contraire,
il en profite pour demander à Anselme l’argent de sa cassette. Ce qui témoigne
une fois de plus de son avarice et de son manque de cœur.

◆ É TUDIER LA GRAMMAIRE
6. et 7. Ligne 357 : « Allez » – aller.
– Ligne 357 : « Cherchez » – chercher.
– Lignes 358 et 359 : « ne prétendez pas » – prétendre.
– Ligne 360 : « Songez » – songer.
– Ligne 366 : « Apprenez » – apprendre.
8. L’emploi de ce mode révèle que ces personnages ont de l’autorité et sont
sûrs d’eux-mêmes.
◆ É TUDIER LE RÉCIT DE M ARIANE ( LIGNES 397 À 411)
9. Le récit de Mariane commence à la ligne 400 : « Le Ciel ne nous fit point
[…] ». Ce qui précède relève du discours.
10. Il s’agit du passé simple.
11. – Ligne 400 : « fit » – faire.
– Ligne 401 : « sauva » – sauver.
– Ligne 402 : « furent » – être.
– Lignes 402 et 403 : « recueillirent » – recueillir.
– Ligne 404 : « rendit » – rendre.
– Ligne 405 : « retournâmes » – retourner.
– Lignes 405 et 406 : « trouvâmes » – trouver.
– Ligne 407 : « passâmes » – passer.
– Ligne 408 : « alla » – aller.

34
A c t e V, s c è n e 5

– Ligne 410 : « vint » – venir.


12. Schéma reprenant les principales étapes du récit de Mariane.

Le naufrage

Intervention des corsaires

Dix ans d’esclavage

Liberté retrouvée

Déception pour l’héritage à Naples et à Gênes

Installation à proximité de chez Harpagon

13. Il s’agit du récit des mésaventures de Mariane et de sa mère qui ont vécu
une période très difficile. Par le choix de ses mots, Mariane rend ce récit par-
ticulièrement touchant : « triste naufrage » ; « la perte de notre liberté » ; « un débris
de notre vaisseau » ; « dix ans d’esclavage » ; « quelques malheureux restes d’une suc-
cession qu’on avait déchirée » ; « barbare injustice » ; « presque vécu que » , « vie lan-
guissante ».
14. Ce récit ne relève pas de la comédie mais plutôt du genre romanesque ou
du conte.

◆ É TUDIER LA PLACE
ET LA FONCTION DE L’ EXTRAIT DANS L’ ŒUVRE
15. Alors que le dénouement est proche, un triple coup de théâtre met le
spectateur face à une situation nouvelle : Anselme est le père de Valère et de
Mariane. D’autre part, Anselme refuse d’épouser une jeune fille contre son
gré : ceci modifie les données de l’intrigue et permet au spectateur d’entrevoir
une fin miraculeuse et conforme aux dénouements habituels de comédie.
16. Lignes 321 et 322 : « Ce n’est pas mon dessein de me faire épouser par force, et
de rien prétendre à un cœur qui se serait donné ».

35
RÉPONSES AUX QUESTIONS

17. Harpagon retrouve sa chère cassette, Valère épousera Élise et Cléante


Mariane grâce au nouveau rapport de force entre les personnages et grâce à la
générosité d’Anselme.
Prolongement
Les notions de coups de théâtre et de dénouement peuvent être ici élargies en
faisant rappeler aux élèves les dénouements dont ils se souviennent et les coups
de théâtre qui en sont l’origine. On peut aussi en profiter pour montrer la spé-
cificité d’un dénouement de comédie comparé à un dénouement de tragédie
en traitant rapidement un groupement de textes.
◆ L IRE L’ IMAGE
18. Il est important de préciser aux élèves qu’une lecture d’image doit être
organisée. On peut suggérer le principe simple de la dénotation/connotation.
Pour la dénotation, on peut suggérer différents parcours au choix :
– plan d’ensemble puis détails ;
– premier plan/arrière-plan ;
– du détail vers le général.
On peut aussi laisser composer les élèves « la bride sur le cou » puis, à la cor-
rection, distinguer les copies n’ayant pas ordonné leur description et regrou-
per les autres selon les méthodes utilisées.
Une proposition de description pour l’image qui nous occupe :
L’image représente une scène de bataille navale opposant trois bateaux puis-
sants à quatre bateaux plus fragiles.
Au premier plan, on voit disparaître deux de ces fragiles bateaux touchés par
les boulets d’un canon. Certains survivants sont embarqués sur une barque de
sauvetage, d’autres s’accrochent désespérément à tout ce qui surnage : mâts,
planches de bois, morceau de la coque…
À l’arrière-plan, on distingue d’une part, les deux autres bateaux attaqués ten-
tant de s’enfuir pour échapper à la puissance de feu des adversaires et, d’autre
part, les trois autres bateaux qui surgissent toutes voiles dehors pour fondre sur
les embarcations vulnérables.
L’axe de fuite et l’axe d’attaque se répartissent de part et d’autre des diagonales,
laissant un point de fuite au centre de l’image vers l’horizon.
19. – Lignes 367 à 370 : « l’homme dont vous nous parlez périt sur mer avec ses
enfants et sa femme, en voulant dérober leur vie aux cruelles persécutions ».
– Lignes 373 et 374 : « son fils […], avec un domestique, fut sauvé de ce naufrage
par un vaisseau espagnol ».

36
A c t e V, s c è n e 6

– Lignes 375 et 376 : « le capitaine de ce vaisseau ».


– Ligne 389 : « Le capitaine espagnol ».
– Lignes 391 et 392 : « ce domestique qui se sauva avec moi du naufrage ».
– Lignes 400 et 401 : « Le Ciel ne nous fit point aussi périr dans ce triste naufrage ».
– Lignes 402 et 403 : « des corsaires qui nous recueillirent, ma mère et moi, sur un
débris de notre vaisseau ».
20. L’image et le langage sont deux formes d’expression qui ont leur spécifi-
cité. Il s’agit de deux formes d’art. Il conviendra de laisser s’exprimer les élèves,
le professeur se faisant éventuellement l’avocat des mots si une unanimité se
fait sur l’image : les mots d’un récit permettent à chaque lecteur de laisser faire
son imagination pour se représenter les événements racontés alors qu’une
image fixe davantage les choses et limite ainsi l’imaginaire. Elle peut aussi être
dangereuse car réductrice.
◆ À VOS PLUMES !
21. Là encore, tout en respectant les critères de réussite, on veillera à ce que
les élèves produisent un texte cohérent et si possible empreint d’originalité.
Pour les élèves ayant du mal à trouver un axe d’écriture, on pourra suggérer
des sujets plus précis en prise avec leur vie quotidienne : grande frayeur la nuit
ou dans une voiture, sentiment d’injustice à propos d’une accusation non
méritée, etc.

A C T E V , S C È N E 6 ( p. 1 4 2 )

◆ L IRE L’ IMAGE
1. Anselme se trouve en page de droite et Harpagon à gauche.
2. Anselme est élégant avec son chapeau large aux bords remontés, sa per-
ruque ou ses cheveux abondants. Il est maquillé, ce qui à l’époque est le signe
que l’on soigne sa personne y compris pour un homme. Les broderies au cou
et aux poignets donnent du relief à sa tenue vestimentaire. D’autre part, sa
canne au pommeau raffiné s’apparente à un objet de luxe. On remarquera éga-
lement les bagues du personnage.
Le chapeau d’Harpagon, au contraire, est plutôt triste avec ses bords rabattus sur
les oreilles. Ses cheveux sont raides et sa coiffure sans recherche ni soin parti-
culier, bien entendu son visage n’est pas maquillé. Ses vêtements sont sans relief
ni aucune élégance. De plus, la collerette était déjà démodée pour l’époque.
Enfin, la canne est rustre et sans aucun raffinement ni recherche esthétique.

37
RÉPONSES AUX QUESTIONS

3. Pierre Savignac montre par ses dessins qu’il a bien compris qu’Anselme est
un homme riche, généreux et recherchant avant tout le bonheur de ses
enfants. Ce qui se voit non seulement dans la tenue vestimentaire mais aussi
dans l’allure altière et le sourire d’un homme serein et équilibré. Le choix de
l’illustrateur est de le montrer un peu « enveloppé », ce qui représente tradi-
tionnellement la joie de vivre.
Il a également bien compris l’avarice d’Harpagon en faisant du personnage un
homme rongé par son vice, triste, méfiant, sur ses gardes et qui ne rayonne pas
par la joie de vivre : il est un peu voûté et son visage est d’une tristesse qui n’a
d’égale que la médiocrité de sa tenue vestimentaire. Harpagon est ici bien
maigre : cf. son visage allongé et ses mollets.
4. Anselme est un honnête homme, il respecte les sentiments des autres, sait
les écouter et les comprendre. Il est généreux.
Harpagon est avare, égoïste. Il ne pense qu’à son propre intérêt, à son argent et
demeure totalement indifférent au bonheur et au malheur d’autrui.
L’un est ouvert et altruiste, l’autre est renfermé et égoïste.
5. Quelques répliques d’Harpagon, caractéristiques de son inhumanité :
– Lignes 14 et 15 : « Il n’y a point de supplice assez grand pour l’énormité de ce
crime ».
– Lignes 21 et 22 : « je veux que vous arrêtiez prisonniers la ville et les faubourgs ».
– Lignes 55 et 56 : « Oui, coquin ; et je m’en vais te pendre, si tu ne me le rends. »
– Lignes 118 à 120 : « Ciel ! à qui désormais se fier ? […] et je crois après cela que
je suis homme à me voler moi-même. »
– Lignes 127 et 128 : « Comment, traître, tu ne rougis pas de ton crime ? »
– Lignes 149 et 150 : « Comment ! pardonnable ? Un guet-apens ? un assassinat de
la sorte ? »
– Lignes 154 et 155 : « Quoi ? mon sang, mes entrailles, pendard ? »
– Lignes 260 à 262 : « Rengrégement de mal ! surcroît de désespoir ! »
– Lignes 272 et 273 : « Ah ! fille scélérate ! fille indigne d’un père comme moi ! »
– Lignes 276 à 278 : « (À Élise.) Quatre bonnes murailles me répondront de ta
conduite ; (à Valère) et une bonne potence me fera raison de ton audace. »
– Lignes 281 et 282 : « tu seras roué tout vif ».
– Lignes 296 et 297 : « et il valait bien mieux pour moi qu’il te laissât noyer que de
faire ce qu’il a fait ».
– Lignes 474 et 475 : « Je n’ai point d’argent à donner en mariage à mes enfants. »

38
Retour sur l’œuvre

Quelques répliques d’Anselme prouvant qu’il est d’un tout autre tempérament
qu’Harpagon :
– Lignes 321 et 322 : « Ce n’est pas mon dessein de me faire épouser par force ».
– Ligne 352 : « De grâce, laissez-le parler ».
– Lignes 414 et 415 : « Embrassez-moi, mes enfants, et mêlez tous deux vos trans-
ports à ceux de votre père. »
– Lignes 465 et 466 : « Le Ciel, mes enfants, ne me redonne point à vous pour être
contraire à vos vœux. »
– Lignes 476 et 477 : « Hé bien ! j’en ai pour eux (de l’argent) ; que cela ne vous
inquiète point. »
– Lignes 483 et 484 : « Allons jouir de l’allégresse que cet heureux jour nous présente. »
– Lignes 495 et 496 : « il faut lui pardonner cette imposture ».
– Lignes 498 et 499 : « Allons vite faire part de notre joie à votre mère. »

R E T O U R S U R L ’ Œ U V R E ( p. 1 4 4 )

◆ L ES PERSONNAGES
1.
Traits distinctifs Personnages
Entremetteuse, flatteuse, intrigante, cupide Frosine
Jeune aristocrate, imposteur, cynique, intelligent Valère
Rival de son père, dépensier, amoureux, irrespectueux Cléante
Noble, napolitain, généreux, honnête homme Anselme
Naïf, franc, rancunier, accusateur Maître Jacques
Réservée, craintive, amoureuse, terrorisée par son père Élise
Riche bourgeois, veuf, avare, despote Harpagon
Pauvre, amoureuse, docile, vit avec sa mère Mariane
Observateur, malin, voleur mais loyal envers son maître La Flèche

2. Les serviteurs : Frosine, maître Jacques et La Flèche.


La famille bourgeoise : Élise, Cléante et Harpagon.
La famille noble : Mariane,Valère et Anselme.
3. On relèvera l’accumulation des denrées à l’arrière-plan de l’illustration, le
trousseau de clés qui témoigne de l’inaccessibilité de produits bien gardés et la

39
RÉPONSES AUX QUESTIONS

façon (mensongère) dont la fourmi témoigne de son dénuement en montrant


par son geste que les poches de son tablier sont désespérément vides.
4. L’avarice d’Harpagon peut trouver des similitudes avec cette illustration :
– dans le fait de montrer ostensiblement et hypocritement des poches vides ;
– dans le trousseau de clés qui suggère la présence d’un trésor jalousement gardé ;
– dans le regard affligé qui veut convaincre de l’impossibilité de prêter.
Pour être plus proche d’Harpagon et de son avarice, on pourrait donner une
tenue vestimentaire plus « terne » et plus « fatiguée » à la fourmi ; remplacer
l’amoncellement de victuailles par un amas de « pièces sonnantes et trébu-
chantes » ; ajouter une cassette avec une serrure bien visible, des contrats d’usu-
riers affichant des taux d’intérêt exorbitants ; remplacer la cigale par un Cléante
élégant mais tendant la main.
Enfin, il serait possible de remplacer la citation de la fable par une citation de
la pièce. Par exemple : « Le seigneur Harpagon est de tous les humains l’humain le
moins humain […] et donner est un mot pour qui il a tant d’aversion, qu’il ne dit
jamais : Je vous donne, mais Je vous prête le bonjour. » (la Flèche à Frosine,
acte II scène 4).
5. Il s’agit, dans l’ordre de la mère de Mariane, Dame Claude et le clerc du
commissaire.
◆ L’ INTRIGUE
6.

Auteurs Faits Victimes


La Flèche Vol d’une cassette Harpagon
Harpagon Fouille de vêtements La Flèche
Dénonciation
Maître Jacques Valère
injuste du vol de la cassette
« Emprunt » d’une
Cléante Harpagon
bague sertie d’un diamant
Cléante Chantage pour épouser Mariane Harpagon

7. C’est en sauvant Élise de la noyade que Valère est tombé amoureux d’elle.
C’est à la suite d’un naufrage que l’on a cru les enfants et la femme d’Anselme
morts et que ceux-ci ne se sont pas revus depuis.
8. Harpagon accuse Valère de lui avoir dérobé sa cassette alors que Valère croit
qu’il lui reproche de s’être engagé auprès de sa fille, Élise.

40
Retour sur l’œuvre

9. Le coup de théâtre repose sur la scène de reconnaissance. Il apparaît que


Valère et Mariane sont frère et sœur et que leur père n’est autre que le sei-
gneur Anselme.
◆ LE THÈME DE L’ ARGENT
10. • Quelques exemples de l’avarice d’Harpagon s’exerçant sur ses serviteurs :
pour l’entretien de la maison : ne pas trop frotter les meubles de peur de les
user ; pour leur tenue vestimentaire : cacher l’usure des vêtements à l’aide d’un
chapeau ; ne pas espérer de récompense pour les services rendus.
• Quelques exemples de l’avarice d’Harpagon s’exerçant sur ses enfants :
Harpagon ne leur donne pas beaucoup d’argent ; il reproche à Cléante ses
dépenses en rubans et perruques ; il veut leur imposer un mariage rentable
pour lui.
• Quelques exemples de l’avarice d’Harpagon s’exerçant sur Mariane :
il souhaiterait fortement une dot ; il veut que son épouse soit très économe ; il
ne lui fait pas de cadeau et refuse de lui donner sa bague.
11. Cléante joue, emprunte et attend la part d’héritage qui lui revient de sa mère.
12. Il sera intéressant ici soit de s’appuyer sur les souvenirs de lecture des
élèves, soit de leur proposer une courte digression avec la lecture et l’analyse
de quelques planches de la célèbre bande dessinée. Ce qui permettra de mieux
mettre en rapport les deux personnages mais aussi de confronter deux façons
de condamner l’avarice.
13. Là encore, il conviendra de raviver la mémoire des élèves en leur présen-
tant quelques-unes des célèbres colères d’Oncle Picsou.
◆ LE GENRE LITTÉRAIRE
14. Il s’agit bien sûr de la comédie de mœurs et de caractères (cf. p.160 à 163
du dossier Bibliocollège).
15. Faire rire en ridiculisant les avares pour les dénoncer.
◆ LE VOCABULAIRE
16. Aiguillettes : lacets qui attachent les hauts-de-chausses.
Brocards : moqueries.
Damoiseaux : jeunes gens.
Galimatias : paroles confuses.
Hauts-de-chausses : culottes très larges.
Ouïr : écouter.
Oracle : prophétie.
Probité : honnêteté.

41
RÉPONSES AUX QUESTIONS

Rogatons : objets sans valeur.


Tout à l’heure : immédiatement.
17. Scène d’exposition : la (ou les) première(s) scène(s) qui donne(nt) des
indications sur les lieux et le moment de l’action, sur les personnages et les
liens qui les unissent et sur l’action qui se prépare. Elle(s) répond(ent) donc aux
questions : où ? quand ? qui ? pour quoi ? et crée(nt) une attente pour le lecteur
ou le spectateur.
Les deux premières scènes de L’Avare sont des scènes d’exposition. Elles mettent
en présence Valère, Élise et Cléante qui nous renseignent sur leur personnalité,
leur projet, leurs difficultés. Le spectateur attend de voir comment tout cela va
évoluer et est impatient de voir enfin apparaître Harpagon et Mariane, deux
personnages dont il est question mais qui ne sont pas encore montés sur scène.
Coup de théâtre : événement inattendu qui modifie brutalement le cours de
l’intrigue.
L’arrivée du seigneur Anselme est l’un des coups de théâtre qui va permettre
un dénouement heureux.
Quiproquo : malentendu entre des personnages qui prennent une personne
ou une chose pour une autre. Pour expliquer ce terme, on peut citer une
réplique extraite d’une autre comédie de Molière, Le Malade imaginaire :
« C’est, mon père, que je connais que vous avez parlé d’une personne, et que j’ai
entendu une autre. » (Angélique dans la scène 5 de l’acte I.) Le quiproquo est
l’un des moteurs essentiels de la comédie : il repose sur un malentendu et
induit un effet comique en raison de la différence d’informations entre les per-
sonnages et les spectateurs.
Il peut s’agir d’une confusion au sujet d’un mot auquel deux interlocuteurs
donnent un sens différent, c’est le cas pour Harpagon et Valère à propos de la
cassette et de Mariane (acte V, scène 3). Il s’agit-là de l’un des quiproquos les
plus célèbres des comédies de Molière.
Didascalie : indication écrite donnée par l’auteur de la pièce pour la mise en
scène.
« Il reprend un visage sévère », « Il reprend un air gai » (acte II, scène 5) : des didas-
calies qui témoignent du ridicule du personnage, avare jusqu’à la caricature,
compte tenu des mimiques qu’elles induisent.
Dénouement : fin de la pièce qui fixe le sort des personnages.
Une fin heureuse de comédie : les amoureux obtiennent les unions qu’ils
convoitaient tant – Élise et Valère, Mariane et Cléante – et Harpagon retrouve
sa cassette.

42
PROPOSITION
DE SÉQUENCE DIDACTIQUE

◆ O BJECTIFS DE LA SÉQUENCE
Lire L’Avare pour :
– identifier les règles d’écriture spécifiques d’un genre littéraire : la comédie ;
– relier la pièce aux conditions de production et de réception de son époque.
L’étude s’appuiera aussi sur l’introduction et les rubriques du dossier
Bibliocollège : « Retour sur l’œuvre », « Structure de la pièce », « Il était une
fois Molière… », « L’argent au XVII e siècle », « L’Avare : une comédie de mœurs
et de caractères », « Groupement de textes : portraits de travers humains ».

PREMIÈRE SÉANCE
Axes de lecture/ Notions Supports Activités des élèves
objectifs abordées utilisés
Émettre des Avare/ Première et Dénoter/connoter la
hypothèses de économe. quatrième de première de couverture.
lecture. Didascalie couverture Lire l’introduction
Définir des initiale. (titre, auteur, pp. 5 et 6, la didascalie
horizons Intrigue. genre théâtral...). initiale et les scènes 1
d’attente. Stratagème. Introduction et 2. Répondre aux
Dégager les Scènes (pp. 5 et 6). questions 1 à 5 de la
enjeux des d’exposition. Didascalie page 21. Rédiger
scènes initiale (p. 7). un texte énonçant les
d’exposition. Scènes 1 et 2. horizons d’attente.

Remarque préliminaire à la deuxième séance : les élèves sont invités à lire à la


maison, en autonomie, l’ensemble de la pièce.
DEUXIÈME SÉANCE
Axes de lecture/ Notions Supports Activités des élèves
objectifs abordées utilisés
Vérifier la Personnage. Rubrique Répondre au
compréhension Intrigue. « Retour sur questionnaire « Retour
du sens global Thème. l’œuvre ». sur l’œuvre ».
de la pièce. Genre
littéraire.

43
PROPOSITION DE SÉQUENCE DIDACTIQUE

TROISIÈME SÉANCE
Axes de lecture/ Notions Supports Activités des élèves
objectifs abordées utilisés
Recenser et Comique de Au choix : I, 3, Lire et replacer dans
étudier les mots, questions 11 et leur contexte les scènes
procédés d’exagération, 12 ou I, 5, choisies. Répondre
comiques mis de gestes, de question 16 ou aux questions relatives
en œuvre par situation, de II, 5, question au comique de ces
Molière. répétition, 13 ou III, 7, scènes. Rédiger une
de caractères. questions 13 à synthèse sur les
La farce, 16 ou V, 3, procédés comiques
l’ironie, la question 12. utilisés par Molière.
flatterie...

QUATRIÈME SÉANCE
Axes de lecture/ Notions Supports Activités des élèves
objectifs abordées utilisés
Élaborer une Personne et Toute la pièce. Travaux de groupe :
typologie des personnage. Tableau de la chaque groupe doit
personnages de Classe page 150 pour faire le portrait de deux
L’Avare pour sociale. sélectionner les personnages : Harpagon
définir la Portrait scènes où et Anselme ; Élise et
comédie de physique apparaissent les Valère ; Mariane et
mœurs et de et moral. personnages à Cléante ; Frosine et
caractères. étudier. maître Simon ;
Questions La Flèche et
relatives à ces maître Jacques.
personnages Rendre compte
dans ces scènes. oralement des travaux
« L’argent au de groupe.
XVII e siècle ». Rédiger une synthèse
« L’Avare, écrite sur les person-
une comédie de nages de la comédie
mœurs et de classique.
caractères ».

44
PROPOSITION DE SÉQUENCE DIDACTIQUE

CINQUIÈME SÉANCE
Axes de lecture/ Notions Supports Activités des élèves
objectifs abordées utilisés
Dégager les Se référer au groupement de textes « Portraits de travers
enjeux des humains » (pages 165 à 174) et à la proposition
comédies d’exploitation pédagogique du livret pédagogique
de Molière. (pages 46 et 47).

SIXIÈME SÉANCE
Axes de lecture/ Notions Supports Activités des élèves
objectifs abordées utilisés
Analyser et Stratagème. Acte V, scènes Lire le dénouement.
caractériser un Coup de 5 et 6, questions Répondre aux questions
dénouement théâtre. relatives à ces pp. 136 à 138, 142 et
de comédie. Dénouement. deux scènes 143. Porter un juge-
(pp. 136 à 138 ment sur la vraisem-
et 142 et 143). blance du dénouement.
Dégager les leçons à
tirer de ce dénouement.
Rédiger une synthèse
plus générale sur le
dénouement des
comédies.

SEPTIÈME SÉANCE
Axes de lecture/ Notions Supports Activités des élèves
objectifs abordées utilisés
Situer L’Avare La tragédie et Questionnaires. À partir de
et Molière au la comédie. « Il était une questionnaires élaborés
XVII e siècle. Le classicisme. fois Molière... » par le professeur, les
(pp. 152 à 155). élèves entreprendront
Usuels du des recherches qui
CDI. permettront de situer
Sites Internet. L’Avare et Molière
dans le cadre du
XVII e siècle.

45
E X P LO I TAT I O N
DU GROUPEMENT DE TEXTES

◆ « Mais lorsque vous peignez les hommes, il faut peindre d’après nature ; on veut
que ces portraits ressemblent ; et vous n’avez rien fait, si vous n’y faites reconnaître
les gens de votre siècle. » (Dorante dans La Critique de l’École des femmes,
scène 6, Molière, 1663).
Le groupement de textes proposé est précisément destiné à montrer aux
élèves que, dans chacune de ses pièces, Molière met en scène les défauts des
hommes afin de les en corriger par le rire.
On peut évoquer, comme le suggère la gravure de Daumier en ouverture
de ce groupement de textes, le rôle de la caricature : comment forcer le trait
pour mieux en rire…
Après Harpagon, l’avare, nous proposons la (re)découverte de cinq autres
personnages aux noms évocateurs. Il s’agit de Tartuffe, l’hypocrite, de Dom
Juan, le séducteur, d’Argan, l’hypocondriaque, de Magdelon, la précieuse
ridicule et d’Alceste, le misanthrope.
L’étude de ce groupement de textes pourra être entrepris en prolongement
d’une séance consacrée à l’étude du personnage d’Harpagon dans le cadre
de la lecture intégrale de la pièce. Elle peut aussi intervenir, selon le niveau
de la classe et des objectifs pédagogiques du professeur, à l’issue de la lec-
ture de L’Avare pour construire la notion d’un genre littéraire : la comédie
de mœurs et de caractères.
Au-delà de ces objectifs, le but « supérieur » du groupement de textes sera
d’inciter les élèves à lire (ou à voir) par curiosité – et pourquoi pas, par plai-
sir –, une ou plusieurs des comédies dont sont tirés ces extraits.
Le professeur pourra utiliser tout ou partie des textes proposés et, selon les
cas, organiser les activités des élèves par un travail individuel sur plusieurs
textes ou par un travail de groupe, chaque groupe ne travaillant que sur un
seul texte. Dans ce cas, une large place devra être accordée aux comptes
rendus afin que la confrontation des textes soit réelle et opérante.
◆ Proposition d’un questionnaire unique pour tous les textes :
Après avoir lu attentivement l’extrait plusieurs fois et recherché les mots
difficiles à l’aide d’un dictionnaire, vous répondrez aux questions suivantes :
1. Quelle est la nature de l’extrait : monologue, tirade, dialogue (en vers ou
en prose, etc.) ?
2. Précisez le titre de la pièce, sa date, son auteur.
3. Replacez l’extrait dans son contexte en vous aidant du paratexte.
4. Qui parle ? À qui s’adresse-t-il(elle) ? De quoi ou de qui est-il question ?

46
E X P LO I TAT I O N DU GROUPEMENT DE TEXTES

5. Comment s’appelle le défaut mis en scène ?


6. Trouvez les éléments qui soulignent ce défaut.
7. Relevez les procédés comiques qui font sourire du personnage.
8. Dégagez les enjeux argumentatifs du texte.
9. Pensez-vous que ce travers humain soit toujours d’actualité ? Pourquoi ?
10. Que pensez-vous du personnage ? Vous paraît-il sympathique ? antipa-
thique ? Pourquoi ?
◆ Confrontation des textes
1. Quel sont les points communs de ces textes ?
2. Qu’est-ce qui justifie l’appellation « comédies de mœurs et de caractères » ?
3. Pourquoi ces textes ont-ils une valeur universelle ?
4. Lequel avez-vous préféré ? Pourquoi ?
5. Pensez-vous comme Molière que l’on puisse corriger les hommes de
leurs défauts en les distrayant ?
6. Selon vous, quels autres moyens (que la comédie) seraient aujourd’hui
efficaces pour atteindre cet objectif ?
◆ Concernant les travaux de groupe
On pourra prendre en compte l’évaluation des compétences liées à l’oral.
Le « cahier des charges » étant pour les élèves de :
– lire l’extrait de façon expressive ;
– présenter les réponses aux questions sans les lire (ce qui nécessite un mini-
mum de mémorisation qui s’appuiera malgré tout sur l’écrit des réponses) ;
– répondre aux questions de la classe.
Une grille d’évaluation de l’oral pourra être mise en place à cette occasion
ou reprise si cela a déjà été fait.
◆ Prolongements
Inciter à lire et à voir les comédies de Molière.
Inciter à écrire des portraits d’aujourd’hui.
Inciter à prendre plus souvent la parole dans le cadre d’un discours préparé
et organisé.
Présenter ou inciter à découvrir d’autres figures emblématiques de la littéra-
ture. On proposera pêle-mêle : Casanova, le séducteur ; le père Grandet, l’avare ;
Pénélope, la fidélité conjugale ;Virginie, la pudeur ; Candide, le naïf ; le père
Goriot, le Christ de la paternité ; Gavroche, le titi parisien ; Cosette, l’enfant
martyr ; Quasimodo, la laideur humaine ; Nana, devenue nom commun, etc.

47
BIBLIOGRAPHIE
COMPLÉMENTAIRE

◆ É DITIONS DES ŒUVRES DE M OLIÈRE


– Molière, œuvres complètes, Bibliothèque de La Pléiade, éd. G. Couton,
2 volumes, Gallimard, 1983 (L’Avare se trouve dans le tome II).
– Molière, œuvres complètes, Classiques Garnier, éd. R. Jouanny, 2 volumes,
Bordas, 1989 (L’Avare se trouve dans le tome II).

◆ O UVRAGES GÉNÉRAUX SUR M OLIÈRE


E
ET LE XVII SIÈCLE
– Adam Antoine, Le Théâtre classique, coll. « Que sais-je ? », PUF, 1970.
– Adam Antoine, Histoire de la littérature française au XVII e siècle, tome III,
Domat, 1952.
– Forestier Georges, Molière, coll. « En toutes lettres », Bordas, 1990.
– Bray René, Molière homme de théâtre, Mercure de France, 1954.
– Dandrey P., Molière ou l’Esthétique du ridicule, Klincksieck, 1992.
– Conesa Gabriel, Le Dialogue moliéresque, étude stylistique et dramaturgique,
Sédès, 1992.
– Bénichou P., Morales du grand siècle, coll. « Folio Essais », Gallimard, 1988.
– Defaux G., Molière ou les Métamorphoses du comique : de la comédie morale au
triomphe de la folie, Klincksieck, 1980.
– Descote Maurice, Les Grands Rôles du théâtre de Molière, PUF, 1960.

◆ S UR L’AVARE
– L’Avare, mises en scène et commentaires de Charles Dullin, coll. « Les
Introuvables », Éd. d’Aujourd’hui, 1983.
– Revue de la Comédie-Française, n° 177, juin 1989.
– Lazard Madeleine, La Comédie humaniste et ses personnages, PUF, 1978.
– Planchon Roger, Préface de l’édition du Livre de Poche, 1986.