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INTRODUCTION

L’histoire de la musique akyé remonte aux années 1956-1957. Anoma Brou Félix, Yapi
René, Abenan Louis pour ne citer que ceux-là mettent sur pied les premiers orchestres.
Notamment "l’Ivoiris Band", "les musicaux folklores d’Adzopé", devenu plus tard "le Yapi
Jazz". Avec ces orchestres, ils font connaître leur culture, à travers la région. Les années
d’après, ils procèderont à des tournées dans d’autres villes de l’intérieur. Leurs talents leur
vaudront des œuvres musicales appréciées de tous. Le doyen Anoma Brou Félix, invité à
certains évènements culturels, laissait entendre qu’il disposait plus de six cents (600)
compositions dans son répertoire. Après la belle époque de ces vétérans, d’autres artistes
de leur trempe vont se révéler. C’est alors que des orchestres de renom vont voir le jour. Il
s’agit d’Audiorama orchestra, devenu le Tout-puissant Audiorama, les Rossignols d’Anaguié,
les Messagers de la paix, Fidèles compagnons et Alobia Akounda. Feu Okoi Seka Athanase
(père de Monique Seka) et autres s’assureront. Quelques années plus tard, Ahiwo orchestra
puis Ahiwo international et N’gué orchestra seront mis sur pied. Atsé Hylarion, chef
d’orchestre du second groupe musical, transfuge du premier, éclabousse de son talent.

Sources d’inspiration et thèmes


A l’instar des autres, les orchestres akyé s’inspirent des faits de société. Notamment
la jalousie, la méchanceté, l’amour, la solidarité [et surtout les choses de la vie,
notamment la mort]. Ils puisent dans la tradition qui tend la main à la modernité. Le
tout se fond dans des genres musicaux pour donner de la couleur aux créations. Qui
prennent source dans "l’Akô", une danse des temps anciens, rythmé par les sons de
tambours et clochets emmêlés aux sons de bouteille. L’osmose se produit avec
"l’ayô" qui est une polyphonie incantatoire pour chasser le mauvais sort. "L’ako" et
"l’ayo" en symbiose donnent la rythmique nouvelle à partir de laquelle ces orchestres
guident leurs notes musicales modernes. Qui font aujourd’hui leur fierté. Ce nouveau
traitement des musiques d’inspiration traditionnelle confère à ces orchestres
l’universalité de leurs créations. Anon Anon Joseph, l’un des piliers de la musique
akyé nous en dit plus. « La musique akyé se fait respecter aujourd’hui parce que
ceux qui la pratiquent, sont talentueux ». A côté de cela, il note aussi la disponibilité
de certains cadres qui, de façon volontaire, mettent la main à la poche. «Grâce à
eux, on peut parler de tous ces orchestres. J’ai contribué à la formation de plusieurs
orchestres akyé. Aujourd’hui, j’ai pris de l’âge, donc je vais préparer ma retraite. Il est
temps de céder la place aux plus jeunes. Et c’est ce que je m’attellerai à faire dans
les jours à venir. Grâce à la musique, je me suis fait des relations avec des
personnalités de la place. Je vous apprends que c’est moi qui étais l’homme à tout
faire de l’orchestre de la gendarmerie nationale ». Ceci caractérise les créations de
la nouvelle génération de chanteurs que sont Monique Seka, Joëlle C, Alain Demari

Conditions de vie des musiciens


Contrairement aux membres des autres groupes musicaux, les musiciens des
orchestres akyé mènent une vie bien rangée.
Tels des professionnels, tous les membres des orchestres akyé perçoivent
mensuellement un salaire et sont logés par leurs responsables. Cette organisation
leur permet de choisir chacun son quartier général. En ce qui concerne l’orchestre
Ahiwo international, ce jeune groupe a élu domicile dans la commune d’Anyama. Un
cadre de la région d’Adzopé, sous le couvert de l’anonymat, a à son tour apprécié le
geste de ses camarades. « Nous devons en principe témoigner notre soutien aux
artistes de chez nous. Cela passe nécessairement par l’achat des orchestres. Si
vous voyez aujourd’hui que l’on parle de la musique de chez nous, c’est parce que
les artistes travaillent dans de bonnes conditions. Seuls les membres d’orchestres
akyé perçoivent mensuellement un salaire. Même s’ils ne jouent pas. Qui peut le
faire dans ce pays ? Personne. Ils sont aussi logés. Cela prouve combien de fois
nous aimons notre culture. Nos camarades des autres régions devraient en faire
autant. Mais ce n’est pas ce que nous constatons malheureusement ».
Tournées et discographies

CONCLUSION

Afin de mieux promouvoir leur culture, les orchestres akyé se produisent


régulièrement à l’occasion des soirées. En ce qui concerne Ahiwo International, ses
concerts à Abidjan se déroulent au Maquis du château à Abobo-Avocatier (son
temple) et au complexe bar éclat à Yopougon-Niangon. En plus de ces lieux de
prédilection, ce groupe musical a aussi animé des soirées à l’intérieur du pays et
dans la sous-région. Il a participé du 11 juin au 14 juillet 1999 à une tournée en
France. Celle-ci a été ponctuée par trois concerts. Deux à Orey du Bois et un à la
salle LSC à Saint Denis. Le tout suivi de l’enregistrement de l’album "Paris 2000"
arrangé par Bamba Moussa Yang. Pour la discographie, le groupe Ahiwo
international dispose d’un effectif d’une dizaine d’œuvres musicales. Citons pêle
mêle "Espoir" en mai 98, "persévérance" (décembre 98), "Paris 2000" (décembre
99), "Union" (en mars 2000), "Sensation" (décembre 2000), "Tour de contrôle"
(décembre 2001), "Arc-en-ciel" (décembre 2002), 1er best of "Ebié sinbin" (avril
2003).