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Université de Technologie et de Sciences

Appliquées Libano-Française

CIV355 Béton Armé II

Département de Génie Civil

2019-2020
Références
Ce support de cours est basé sur les travaux suivants :
[1] J. L. Granju (2014). Introduction au béton armé : Théorie et applications courantes
selon l'Eurocode 2. Afnor Editions - Eyrolles.
[2] Y. Sieert (2014).Le béton armé selon l'Eurocode 2 : Cours et exercices corrigés.
Dunod.
[3] NF EN 1992-1-1 (2005). Eurocode 2 : Calcul des structures en béton. Partie 1-1 :
Règles générales et règles pour les bâtiments. Afnor.
[4] NF EN 1992-1-1/NA (2007). Annexe Nationale à la NF EN 1992-1-1. Afnor.
[5] J. M. Paillé (2009). Calcul des structures en béton : Guide d'application. Afnor Editions
- Eyrolles.
[6] J. Roux (2009). Pratique de l'Eurocode 2 : Guide d'application. Afnor Editions -
Eyrolles.
[7] Prof. J. Païs (2012/2013). Cours CCV109 : Béton Armé. Conservatoire National Des
Arts et Métiers. Chaire de Travaux Publics et Bâtiment.

1
Table des matières
6.6 Dalles portant dans une seule direction . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 75
6.6.1 Calcul des aciers porteurs As,x . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 76
6.6.1.1 Démarche du calcul de As,x . . . . . . . . . . . . . . . . . . 76
6.6.2 Calcul des aciers de répartition As,r . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 78
6.6.3 Chapeaux minimums . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 78
6.6.3.1 Chapeaux minimums en rive dans le sens porteur . . . . . . 78
6.6.3.2 Chapeaux minimums dans le sens de la répartition et renfort
des bords libres . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 79
6.6.3.3 Bords libres . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 80
6.6.4 Section minimum d'armature As,min . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 80
6.6.5 Section maximum d'armature As,max . . . . . . . . . . . . . . . . . . 80
6.6.6 Espacement maximum smax,slabs entre barres . . . . . . . . . . . . . . 81
6.7 Résistance aux eets de l'eort tranchant . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 81
6.7.1 Cas où il n'y a pas besoin d'aciers transversaux . . . . . . . . . . . . 82
6.7.2 Cas où des aciers transversaux sont nécessaires . . . . . . . . . . . . . 83

2
TABLE DES MATIÈRES 75

6.6 Dalles portant dans une seule direction


Une dalle portant dans une seule direction est assimilée à une poutre, en l'occurrence
plus large que haute. Dans la pratique, comme illustré sur la gure 6.16, on fait le calcul
des diagrammes M et V, ainsi que des aciers nécessaires, pour une bande de largeur b = 1 m
représentative.

Figure 6.16. Largeur à prendre en compte pour les dalles portant dans une seule direction
[1].

L'armature des dalles portant dans une seule direction comprend (gure 6.17) :
ˆ Des aciers  porteurs  parallèles à lx . Ce sont les seuls qui sont calculés (sur une
bande de largeur b = 1 m comme déjà dit) et ils assurent à eux seuls la résistance
au moment échissant. Ils sont disposés le plus à l'extérieur pour bénécier de la plus
grande hauteur utile d possible.
ˆ Des aciers  de répartition  dans la direction perpendiculaire, parallèles à ly . Ils sont
forfaitaires et assurent une répartition transversale des charges portées par la dalle
(gure 6.18). Ils sont disposés à l'intérieur par rapport aux aciers porteurs.

Figure 6.17. Organisation des aciers dans les dalles portant dans une seule direction [1].
TABLE DES MATIÈRES 76

Figure 6.18. Rôle des aciers de répartition [1].

6.6.1 Calcul des aciers porteurs As,x


Une dalle portant dans une seule direction est calculée comme une poutre, de largeur
unitaire (b = 1 m) et de hauteur h.
An de pouvoir déterminer la section d'acier nécessaire dans une section échie, le calcul
est réalisé sur la base du diagramme rectangle. Les données du problème nécessaires sont :
ˆ la valeur du moment échissant agissant MEd ,
ˆ la géométrie de la section, notamment b et h,
ˆ la qualité du béton utilisé, particulièrement fcd ,
ˆ les caractéristiques des armatures utilisées : la classe de ductilité A ou B, la valeur de
fyd et la valeur de εud .

Figure 6.19. Eléments pour le calcul d'une section échie [1].


6.6.1.1 Démarche du calcul de As,x
Les étapes successives du calcul de la section d'acier As,x sont les suivantes :
1. Calculer la valeur du moment échissant agissant MEd .
2. Estimer la valeur de la hauteur utile d.
TABLE DES MATIÈRES 77

3. Calculer la valeur du moment réduit µ :


MEd
µu =
b · d2 · fcd
4. De l'équation d'équilibre des moments µ = 0, 8 · α · (1 − 0, 4 · α), on tire :
 p 
α = 1, 25 · 1 − 1 − 2µu

5. Calculer Fc :
Fc = b · Ψ · α · d · fcd
(a) En l'absence d'aciers comprimés, préférer la relation :
MEd
Fc =
d · (1 − 0, 4 · α)
6. Calculer Fs :
Fs = Fc
7. Comparer µu et µAB :
(a) Si µu ≤ µAB , on est au pivot A.
(b) Si µu > µAB , on est au pivot B.
8. Calculer εs et en déduire σs :
(a) Au pivot A : Les valeurs de εs et σs sont calculées pour un diagramme avec
écrouissage en plasticité (voir section 3.2.2.2) :
εs = εud
σs = σs (εud ) = fsd,max
(b) Au pivot B : La déformation du béton est limitée à εc = εcu3 = 3, 5 ‡, la défor-
mation dans les aciers tendus vaut (voir gure 6.14) :
1−α
εs = εc
α
σs = σs (εs )
(c) On lit sur le diagramme déformation-contrainte des aciers la valeur de σs cor-
respondante ou on calcule cette valeur en utilisant les équations fournies dans la
section 3.2.2.2 pour les contraintes d'un diagramme avec écrouissage en plasticité.
9. Calculer As,x :
Fs
As,x =
σs
10. Conclure la démarche par :
(a) le choix des aciers commerciaux assurant la section As,x ;
(b) le choix de leur disposition ;
(c) la vérication de la vraie valeur de d. Si celle-ci est susamment proche de l'es-
timation de départ, le calcul est terminé ; sinon, il faut recommencer avec une
meilleure approximation de d.
TABLE DES MATIÈRES 78

6.6.2 Calcul des aciers de répartition As,r


La norme NF EN 1992-1-1 stipule que les armatures de répartition (parallèles au grand
côté) doivent représenter au moins 20 % des armatures principales (parallèles au petit côté),
d'où la section des aciers de répartition est :

As,r ≥ 0, 2 · As,x

6.6.3 Chapeaux minimums

En plus des aciers inférieurs assurant la condition d'appui, il faut aussi disposer une section
minimum d'acier en chapeau (sur l'appui en partie haute), comme illustré sur la gure 6.20.
Cela a pour objet d'éviter une ssure qui, au-delà de la nuisance pour l'utilisateur de l'édice,
coupe la bielle d'appui et rend inopérant son fonctionnement escompté.
Les appuis concernés par des chapeaux minimums sont :
ˆ les appuis d'extrémité sur lesquels, a priori, le moment est nul ;
ˆ les appuis intermédiaires sur lesquels le moment de continuité est très faible. Leurs
section et longueur sont forfaitaires.
Sur la gure 6.20, on remarque que les chapeaux minimums permettent la continuité de la
bielle d'appui et les ssures passent inaperçues.

Figure 6.20. Chapeau minimum sur appui (cas d'un appui d'extrémité) : (a) En l'absence
de chapeau minimum, (b) Avec chapeau minimum [1].

Les chapeaux minimums doivent être totalement ancrés sur l'appui. Sur les appuis d'ex-
trémité, un ancrage par crochet doit être utilisé.
Leur longueur côté travée doit  être susante . Pour les chapeaux minimums à mettre
dans les dalles, Eurocode prescrit de les prolonger au-delà du nu de l'appui sur la longueur
0, 2ln .

6.6.3.1 Chapeaux minimums en rive dans le sens porteur

La norme NF EN 1992-1-1 stipule que les armatures en chapeau doivent équilibrer au


moins 15 % du moment maximal en travée pour les appuis d'extrémité :

Mu,chapeau min ≥ 0, 15Mu,travée


TABLE DES MATIÈRES 79

Il s'ensuit :

As,chapeau min ≥ 0, 15As,travée


Mu,chapeau min doit être modulé en fonction des circonstances :
ˆ Pour un plancher terrase, il doit être à son minimum pour éviter un soulèvement du
bord de la dalle et une ssure en façade comme illustré sur la gure 6.21. On peut
prendre :
Mu,chapeau min = 0, 10Mu,travée
ˆ Aux niveaux inférieurs, avec le poids de plusieurs étages au-dessus, le risque de soulè-
vement est mineur et les chapeaux de rive peuvent être plus forts.

Figure 6.21. Soulèvement du bord de la dalle dû à un chapeau de rive trop fort [1].
Pour les appuis intermédiaires, on prend :

As,chapeau min ≥ 0, 25As,travée

6.6.3.2 Chapeaux minimums dans le sens de la répartition et renfort des bords


libres

Eurocode n'en parle pas explicitement, mais il faut en mettre. J. L. Granju [1] propose
pour les panneaux de dalle portant dans une seule direction de prendre pour :
ˆ les appuis d'extrémité :
As,chapeau min ≈ 0, 15 As,r
ˆ les appuis intermédiaires :
As,chapeau min ≈ 0, 25 As,r
TABLE DES MATIÈRES 80

6.6.3.3 Bords libres

Un bord libre est un bord non appuyé (ni sur une poutre ni sur un mur). Il est nécessai-
rement parallèle au sens porteur et donc perpendiculaire au sens de répartition.
Les armatures le long du bord libre de la dalle doivent être disposées comme indiqué sur
la gure 6.22.

Figure 6.22. Armatures le long du bord libre d'une dalle [1].

6.6.4 Section minimum d'armature As,min


A l'instant de la ssuration d'un élément en béton armé, il se produit un transfert d'eort
du béton tendu (qui vient de se ssurer) vers les aciers. Si la section d'acier est insusante,
elle ne peut assurer la stabilisation des ssures naissantes et il s'ensuit une rupture instantanée
et brutale, comme s'il n'y avait pas d'acier.
Eurocode traduit la condition de non-fragilité par une section minimum d'acier à respec-
ter. La norme NF EN 1992-1-1 précise que le pourcentage d'acier minimal As,min est calculé
de la même façon que pour les poutres rectangulaires en exion simple :
 fctm
0, 26 · bt · d ·
 fyk
As,min = max

0, 0013 · bt · d

où :
As,min est la section minimum de non-fragilité ;
bt est la largeur moyenne de la zone tendue (bt = 1 m si l'on raisonne par bandes de dalle
de largeur unité) ;
fctm est la résistance moyenne en traction du béton ;
d est la hauteur utile.
On note que la limite As,min ≥ 0, 0013 · bt · d est la valeur qui découle de la formule de
calcul dans le cas d'un béton C25/30 et d'aciers B500.

6.6.5 Section maximum d'armature As,max


Hors des zones de recouvrement, il faut éviter que la section des armatures tendues ou
comprimées dépasse :

As,max = 0, 04 · Ac
TABLE DES MATIÈRES 81

avec :
Ac est l'aire totale de la section droite du béton.
Cette limitation a deux raisons :
ˆ prévenir un bétonnage trop dicile associé à un ferraillage trop dense ;
ˆ au-delà d'une certaine proportion d'acier, les hypothèses de base du calcul béton armé
sont mises à mal (le béton armé se transforme en acier enrobé).

6.6.6 Espacement maximum smax,slabs entre barres

Les espacements entre les aciers porteurs et les aciers de répartition sont donnés selon le
type des charges appliquées :
ˆ Si le chargement est réparti :
 Aciers porteurs :
smax,slabs = min [3h ; 40 cm]
 Aciers de répartition :

smax,slabs = min [3, 5h ; 45 cm]

ˆ Si les charges sont concentrées :


 Aciers porteurs :
smax,slabs = min [2h ; 25 cm]
 Aciers de répartition :
smax,slabs = min [3h ; 40 cm]

6.7 Résistance aux eets de l'eort tranchant


Le format général de vérication des constructions aux ELU consiste à vérier que, dans
toutes les sections, l'eort tranchant agissant est inférieur à l'eort tranchant résistant :

VEd ≤ VRd,c
Avec :
VEd est l'eort tranchant agissant ;
VRd,c est l'eort tranchant résistant repris par le béton (cas des éléments sans armatures
d'eort tranchant comme les dalles non armées transversalement).
Généralement les dalles y résistent sans besoin de dispositions spéciques. C'est ce dont
il faut s'assurer avant tout autre calcul.
TABLE DES MATIÈRES 82

6.7.1 Cas où il n'y a pas besoin d'aciers transversaux

Les dalles pour lesquelles aucune armature d'eort tranchant n'est requise doivent vérier
l'inégalité suivante :
 h i 
1/3
VEd ≤ VRd,c = max CRd,c k (100ρl fck ) ; νmin + k1 σcp b · d
Cette inéquation n'est pas homogène et le respect des unités spéciées est impératif :
ˆ VEd et VRd,c sont en Newtons et déterminés sur une bande de largeur b = 1 m =
1000 mm ;
Les paramètres de l'inéquation précédente sont :
ˆ La valeur recommandée par l'Annexe nationale française de CRd,c :
0, 18
CRd,c =
γc
ˆ Le paramètre k est : r !
200
k = min 2 ; 1 +
d
 d est la hauteur utile moyenne, en mm ;
ˆ ρ est le pourcentage d'armatures longitudinales (limité à 0,02) :
l

Asl
ρl =
b·d
 b est largeur de la section, en mm ;
 Asl est l'aire de la section des armatures tendues en mm2 , prolongées sur une
longueur ≥ (lbd + d) au-delà de la section considérée (gure 6.23) ;

Figure 6.23. Condition à respecter lors de la vérication de VEd ≤ VRd,c [1].


ˆ Le paramètre k = 0, 15 est pour la prise en compte d'un eort normal éventuel :
1

k1 = 0, 15
TABLE DES MATIÈRES 83

ˆ La présence d'un eort normal s'exerçant sur la section est traduite par σ cp :
 
NEd
σcp = min ; 0, 2fcd
Ac

 NEd est l'eort normal agissant dans la section, dû aux charges extérieures appli-
quées et/ou à la précontrainte. NEd est exprimé en Newtons.
 σcp et fcd sont en MPa.
 Ac est en mm2 .
 En exion simple, σcp = 0 MPa.
ˆ La valeur de ν recommandée par l'Annexe nationale française est :
min

 Pour les dalles bénéciant d'un eet de redistribution transversale (dalles à deux
sens de portée) :
0, 34 1/2
νmin = · fck
γc
 Pour les dalles fonctionnant comme des poutres (dalles à un sens de portée) :
0, 053 3/2 1/2
νmin = · k · fck
γc

 νmin et fck sont en MPa.


Une vérication complémentaire pour l'eort tranchant en cas de charges concentrées au voi-
sinage des appuis est aussi nécessaire. Cette vérication permet de garantir le non-écrasement
du béton à proximité des appuis. Il faut donc avoir :

VEd,nu appui ≤ 0, 5 · b · d · ν · fcd


La valeur recommandée de ν par l'Annexe nationale française est :
 
fck
ν = 0, 6 1 −
250
où fck est en MPa.
Cette condition est presque toujours vériée dans le cas des dalles courantes.

6.7.2 Cas où des aciers transversaux sont nécessaires

Les aciers transversaux sont délicats à mettre en place. Le premier réexe, lorsque VEd >
VRd,c , est d'essayer d'abord d'envisager une dalle plus épaisse. On augmente h, d'où d est
plus grand et la condition VEd ≤ VRd,c pourrait être vériée.
Si ce n'est pas possible ou insusant, envisager des aciers transversaux. Ils ne sont auto-
risés que dans les dalles de h ≥ 20 cm.