Vous êtes sur la page 1sur 795

2021

Unité d'Enseignement
Etude des membres
2ème Année – S8

AUTEUR: DZVET 360


‫‪‬‬ ‫القرآن‬
‫‪‬‬ ‫األذكار‬
‫‪‬‬ ‫تالوة‬
‫‪‬‬ ‫الحديث‬
‫مواقيت الصالة‬
‫‪Islambook‬تطبيق إسالم بوك‬

‫أذكار المساء‬ ‫أذكار الصباح‬ ‫أذكار بعد الصالة‬ ‫تسابيح‬

‫أذكار النوم‬ ‫أذكار االستيقاظ‬ ‫أذكار الصالة‬ ‫جوامع الدعاء‬

‫أدعية نبوية‬ ‫األدعية القرآنية‬ ‫أدعية األنبياء‬ ‫أذكار متفرقة‬

‫أذكار اآلذان‬ ‫أذكار المسجد‬ ‫أذكار الوضوء‬ ‫أذكار المنزل‬

‫أذكار الخالء‬ ‫أذكار الطعام‬ ‫أذكار الحج والعمرة‬ ‫دعاء ختم القرآن الكريم‬

‫فضل الدعاء‬ ‫فضل الذكر‬ ‫فضل السور‬ ‫فضل القرآن‬

‫أسماء هللا الحسنى‬ ‫أدعية للم ّيت‬ ‫الرقية الشرعية‬


‫ُّ‬ ‫القرآن‬
‫اختر برنامج الحفظ او التالوة الذي يناسبك‬

‫اقرأ أكثر‬

‫‪http://quranlives.com/quran‬‬
UE : S8 - ETUDE DES MEMBRES
OBJECTIFS D'ENSEIGNEMENT

 Acquérir les bases anatomiques et fonctionnelles des membres


des mammifères domestiques, appliquées à l'examen
orthopédique, à l'imagerie médicale et à l'approche des voies
d'abords chirurgicales des membres chez les carnivores et les
équidés.

SOMMAIRE

I. ANATOMIE ET IMAGERIE

1. ANAT - TD1 - Ostéologie du membre thoracique


2. ANAT - CM 1 - Arthrologie et myologie du membre thoracique partie 1
3. ANAT - CM2 - Arthrologie et myologie du membre thoracique partie 2 (la main)
4. ANAT - CM3 - Innervation du membre thoracique
5. ANAT - CM4 - Vascularisation du membre thoracique
6. ANAT - TD2 - Arthro-myologie de la main du cheval
7. ANAT - TD3 - Ostéologie du membre pelvien
8. ANAT - CM5 - Arthrologie du membre pelvien
9. ANAT - CM6 - Myologie du membre pelvien
10. ANAT - CM7 - Innervation du membre pelvien
11. ANAT - CM8 - Vascularisation du membre pelvien
12. ANAT - CM9 - Productions Cornées
13. ANAT - TD4 - Approche de la locomotion des mammifères domestiques
14. IMAGERIE - TD1 - technique et choix du matériel en radiologie osseuse
15. IMAGERIE - CM 1 - Bases de la radiologie du squelette appendiculaire
16. IMAGERIE - CM 2 - Sémiologie radiographique du squelette appendiculaire

II. NEUROLOGIE DES ANIMAUX DE COMPAGNIE

17. NEURO - CM1 - Neurologie des membres

Copyright © DZVET 360, 2021


III. CHIRURGIE DES ANIMAUX DE COMPAGNIE
18. CHIR - CM1 - Voies d'abord du membre thoracique
19. CHIR - TD1-Principales affections du membre thoracique
20. CHIR - CM2 - TD2 - Voies d'abord du membre pelvien

IV. EQUINE
21. EQUINE - CM1-2 -TD1- Examen orthopédique du cheval
22. EQUINE - CM3 - Maréchalerie et aplombs
23. EQUINE - CM4 - Pathologies du pied, partie 1
24. EQUINE - CM4bis - Pathologies du pied, partie 2
25. EQUINE - CM5-Maladies orthopédiques du poulain
26. EQUINE - CM6 - Anatomie et pathophysiologie des articulations synoviales
27. EQUINE - CM7-8 - Classification, diagnostic et traitement des affections articulaires
28. EQUINE - TD2 - Les boiteries du cheval
29. EQUINE - TD3 - Immobilisation et transport d’un cheval accidenté

CE DOCUMENT A ETE OFFERT AUX VETERINAIRES


ALGERIENS PAR

Copyright © DZVET 360, 2021


La structure générale, ainsi que les textes, photos,
images et séquences vidéo, animées sonores ou non,
composant ce document sont la propriété exclusive
de DZVET 360
Toute reproduction, totale ou partielle, de ce
document ou d’un ou de plusieurs de ses
composants, par quel procédé que ce soit, sans
autorisation de son créateur, est interdite, et
constituerait une contrefaçon sanctionnée par les
articles L.335-2 du Code de la propriété intellectuelle.
Les informations, pictogrammes, photographies,
images, textes, séquences vidéo, animées sonores
ou non, et autres documents accessibles sur le
présent document Internet sont objets de droits de
propriété industrielle et/ou intellectuelle et sont selon
les cas, propriété de DZVET 360 ou de tiers ayant
autorisé limitativement DZVET 360, à les utiliser. A ce
titre, toute reproduction, représentation, adaptation,
traduction et/ou transformation, partielle ou intégrale,
ou transfert sur un autre document sont interdits. La
copie à usage privé de ces différents objets de droits
est autorisée. Leur reproduction partielle ou intégrale,
sans l’accord préalable et écrit de DZVET 360, est
strictement interdit, à l’exception de celles réalisées
pour les besoins de la presse. Les marques de
DZVET 360 figurant sur le document sont des
marques déposées. Toute reproduction totale ou
partielle de ces marques sans autorisation préalable
et écrite de DZVET 360 est prohibée. Les liens
hypertextes externes mis en place dans le cadre du
présent document et les contenus des documents de
tiers vers lesquels ils pointent ne sauraient engager
la responsabilité de DZVET 360. Les utilisateurs du
présent document sont tenus de respecter la légalité
et, en particulier, les dispositions de la loi «
Informatique et libertés », dont la violation est
sanctionnée pénalement.
CE DOCUMENT A ETE OFFERT AUX VETERINAIRES ALGERIENS PAR

REDA MOHAMED GUESSOUM, DVM

CE DOCUMENT A ETE OFFERT AUX VETERINAIRES ALGERIENS PAR

REDA MOHAMED GUESSOUM, DVM


ANAT - TD1 - Osteologie du membre thoracique

OSTEOLOGIE DU MEMBRE THORACIQUE

I. Présentation du membre thoracique....................................................................1


II. La scapula..............................................................................................................2
A. Généralités...........................................................................................................3
B. Particularités spécifiques.....................................................................................4
C. Clavicule..............................................................................................................4
III. Humérus................................................................................................................5
A. Généralités...........................................................................................................5
B. Particularités spécifiques.....................................................................................7
IV. Les os de l’avant bras : le radius et l’ulna.........................................................9
A. Généralités...........................................................................................................9
B. Particularités spécifiques...................................................................................11
V. Main : carpe, métacarpe et doigts......................................................................12
A. Carpe.................................................................................................................12
1. Généralités.....................................................................................................12
2. Particularités spécifiques................................................................................13
B. Métacarpe..........................................................................................................13
1. Métacarpe du cheval......................................................................................13
2. Particularités spécifiques................................................................................14
C. Phalanges..........................................................................................................14
1. Généralités.....................................................................................................14
2. Particularités spécifiques................................................................................16

Lors des diagnoses qui seront demandées au moment de l’examen sur le membre, il
faudra savoir donner, pour chaque os :
- son nom
- l’espèce animale (bovin, cheval, petit ruminant ou carnivore domestique)
- l’orientation de l’os

Remarque : sauf élément distinctif évident sur l’os à étudier, il n’est pas demandé de savoir
différencier un os de chien d’un os de chat.

Copyright © DZVET 360, 2021 Page 1 sur 16


1
ANAT - TD1« -Etude
Module Osteologie du membre»thoracique
des membres

ANAT - TD1 - Osteologie du membre thoracique


I. Présentation du membre thoracique

Le membre thoracique est constitué de 4 segments osseux au sens large, à savoir :


- la scapula qui correspond à l’épaule
- l’humérus qui correspond au bras
- le radius et l’ulna constituant l’avant bras
- l’ensemble carpe, métacarpe et les phalanges (doigts) correspondant à la main

Ces différents segments sont à l’origine des différents reliefs observables


macroscopiquement au niveau du membre thoracique : épaule, pointe de l’épaule, coude,
genou…

Copyright © DZVET 360, 2021 Page 2 sur 16


2
ANAT - TD1« -Etude
Module Osteologie du membre»thoracique
des membres

II. La scapula

A. Généralités

C’est le seul os plat du membre qui permet de relier celui-ci au tronc.


Contrairement au membre pelvien, le membre thoracique n’est pas articulé directement à
la colonne vertébrale : la scapula ne tient que grâce aux muscles d’attache du membre
thoracique.

Il s’agit d’un os plat triangulaire dont la partie rétrécie forme le col de la scapula.
On va pouvoir différencier :
- la face médiale (contre le thorax) qui présente :
o une surface dentelée sur sa partie proximale qui correspond à la surface
d’insertion des muscles dentelés du cou et du thorax ; la morphologie de cette
zone est variable suivant les espèces (elle est par exemple très marquée
chez le cheval)
o une fosse subscapulaire dans laquelle se loge le muscle du même nom.
- la face latérale caractérisée par un relief longitudinal, l’épine scapulaire, qui va
diviser la scapula en deux fosses (supra-épineuse craniale et infra-épineuse
caudale) dans lesquelles se logent les muscles éponymes.
- le bord dorsal plus ou moins rectiligne sur lequel peut venir s’attacher le cartilage
scapulaire
- le bord crânial, convexe
- le bord caudal
- l’angle crânial, aigu
- l’angle caudal
- l’angle distal qui porte la surface articulaire destinée à l’humérus

L’épine scapulaire (qui peut être palpable chez les animaux maigres) se prolonge par
l’acromion qui est très visible chez les bovins et forme une sorte de « bec » dans lequel va
être logé le nerf supra-scapulaire. Cette structure permet donc la protection de ce nerf
lorsque l’animal chute. En revanche, chez le cheval, l’acromion est absent ce qui peut
expliquer l’apparition de parésie, due à la compression de ce nerf, lorsque le cheval chute
brutalement.

Copyright © DZVET 360, 2021 Page 3 sur 16


3
ANAT - TD1« -Etude
Module Osteologie du membre»thoracique
des membres

La surface articulaire en relation avec l’humérus


(angle distal de la scapula) est constituée d’une cavité
glénoïdale flanquée à l’avant du tubercule supra-glénoïdal.
Ce tubercule correspond à la zone d’insertion du muscle
biceps brachial.
Sur la face médiale de l’angle distal on retrouve le processus
coracoïde (plus ou moins marqué) qui sert d’attache au
muscle coraco-brachial.

B. Particularités spécifiques

BOVIN CHEVAL PETITS CARNIVORES


RUMINANTS
Taille Grande Grande taille Petite taille Petite taille
taille
Acromion Très Absent Simple et Acromion qui se
marqué, en rectiligne dédouble en deux reliefs
forme de perpendiculaires : processus
bec hamatus et supra- hamatus
(bien visibles chez le chat)
Epine Lisse Tubérosité Médiale divisant la scapula en
scapulaire au milieu de deux fosses de taille
l’épine équivalente
Processus Peu Plus En forme d’épine chez le chat
coracoïde marqué marqué, en Quasiment absent chez le
crochet chien
Bord dorsal Rectiligne Rectiligne Rectiligne Arrondi
Remarque : pour les petits ruminants il suffit de retenir : « c’est comme les bovins mais en
plus petit ».

Copyright © DZVET 360, 2021 Page 4 sur 16


4
ANAT - TD1« -Etude
Module Osteologie du membre»thoracique
des membres

C. Clavicule
Elle régresse totalement chez les ongulés et les ruminants. Chez le chien elle
correspond à une insertion fibreuse dans le muscle brachiocéphalique.
En revanche chez le chat et le lapin elle reste présente sous forme vestigiale. Elle
a une forme de S ou de virgule en avant de l’articulation de l'épaule. Elle peut être visible
sur une radio et il ne faut pas la confondre avec une éventuelle esquille osseuse qui elle
traduirait l’existence d’une fracture, ou avec un corps étranger présent dans l’œsophage. On
vérifie cela en faisant une seconde radio en étirant la patte du chat vers l’arrière.

III. Humérus

A. Généralités

Il s’agit d’un os long, c'est-à-dire constitué d’une partie moyenne (= corps) avec deux
extrémités (une proximale et une distale). Il est oblique distalement vers l’arrière.

Copyright © DZVET 360, 2021 Page 5 sur 16


5
ANAT - TD1« -Etude
Module Osteologie du membre»thoracique
des membres

La face latérale est lisse et correspond principalement au sillon brachial. Il s’agit du


trajet du muscle biceps brachial qui s’enroule autour de l’humérus avant de venir
s’attacher à la tubérosité latérale du radius. Ce sillon donne l’aspect spiralé caractéristique
de l’humérus (élément de diagnose important). Il est délimité par plusieurs reliefs :
- à l’extrémité proximale, la tubérosité du muscle petit rond reliée à la tubérosité
deltoïdienne par la ligne tricipitale
- à l’extrémité distale, la crête épicondylaire et la crête humérale
Sur la face médiale, on trouve la tubérosité du muscle grand rond, à peu près au
milieu du corps. C’est sur cette face que s’attache également le muscle grand dorsal.

A l’extrémité proximale on retrouve


la surface d’articulation avec la
scapula. La tête de l’humérus (caudale)
répond à la cavité glénoïdale. La tête
de l’humérus est convexe et caudale,
portée par le col de l’humérus, elle
permet d’orienter l’os. En avant, la tête
de l’humérus présente deux tubercules :
un tubercule majeur latéral et un
tubercule mineur médial. Entre ces
tubercules on a un sillon inter-
tuberculaire (crânial). Ce sillon marque
le passage du tendon du muscle
biceps brachial.

Copyright © DZVET 360, 2021 Page 6 sur 16


6
ANAT - TD1« -Etude
Module Osteologie du membre»thoracique
des membres

L’extrémité distale est plus complexe et porte la


surface articulaire répondant aux os de l’avant
bras. Elle est composée de :
- la trochlée (crâniale) composée de deux
lèvres (une médiale épaisse et une latérale
plus fine) séparées par une gorge
- le capitulum (crânial) latéralement
- la fosse olécranienne (caudale) flanquée
d’un épicondyle latéral et d’un épicondyle
médial

B. Particularités spécifiques

Copyright © DZVET 360, 2021 Page 7 sur 16


7
ANAT - TD1« -Etude
Module Osteologie du membre»thoracique
des membres

BOVIN CHEVAL PETITS CARNIVORES


RUMINANTS
Tubercule Tubercules de Tubercule majeur
majeur même hauteur beaucoup plus Tubercules de
Tubercules beaucoup plus Tubérosité haut que le même taille
haut que le deltoïdienne bien mineur
mineur visible
Sillon inter- Un seul sillon Deux sillons Sillon marqué
Déjeté au niveau
très marqué (passage du crânial ET
tuberculaire médial
crânial tendon bifide du caudal
m. biceps)
Présence d’une
Trochlée Lisse fossette
synoviale
(aspect rugueux)
Foramen
Fosse Pas de supra-
Pas de foramen Pas de foramen
olécranienne foramen trochléaire chez
le chien
Foramen
supra-
condylaire chez
le chat

Copyright © DZVET 360, 2021 Page 8 sur 16


8
ANAT - TD1« -Etude
Module Osteologie du membre»thoracique
des membres

IV. Les os de l’avant bras : le radius et l’ulna

A. Généralités

Leur position l’un par rapport à l’autre varie en fonction des mouvements de
supination (= paume vers le haut) et de pronation (= paume vers le bas) qui peuvent être
effectués par l’espèce. Lors d’un mouvement de supination, c’est le radius qui tourne
autour de l’ulna.

Chez les espèces telles que le chien et le chat, ces mouvements sont possibles (jusqu’à 90°
pour le chat, un peu moins pour le chien), le radius et l’ulna seront donc distincts et
articulés. Radius et ulna sont croisés l’un par rapport à l’autre. L’extrémité distale de l’ulna
se retrouve en position latérale au niveau de l’extrémité distale du radius.
En revanche, lorsque les membres sont spécialisés dans la locomotion (ongulés, bovins),
ces deux os seront soudés et le membre est ainsi fixé en pronation. Dans ce cas, l’ulna
est presque vestigial.

Le radius est un os aplati dans le sens dorso-palmaire. Au niveau de sa face


crâniale (= dorsale), on observe une tubérosité médiale (très intéressante pour orienter
l’os) et un relief d’insertion latéral. La face caudale (= palmaire) du radius correspond à la
zone de soudure avec l’ulna pour les espèces chez lesquelles le membre est spécialisé
dans la locomotion. Cette soudure est plus ou moins complète, on peut observer des
espaces inter-osseux le long de cette ligne de soudure.
Son extrémité proximale correspond à la surface articulaire qui répond à la trochlée de
l’humérus. Cette surface est constituée de trois petites cavités (médiale, intermédiaire et
latérale) qui répondent aux lèvres de la trochlée et au capitulum. On peut aussi y
distinguer un relief intermédiaire qui se projette en avant : le processus coronoïde.
L’extrémité distale est représentée par une surface articulaire complexe encadrée par
deux processus styloïdes : un processus styloïde radial (médial) et un processus styloïde
ulnaire (latéral). Cette surface articulaire répond au carpe.

Copyright © DZVET 360, 2021 Page 9 sur 16


9
ANAT - TD1« -Etude
Module Osteologie du membre»thoracique
des membres

Remarque : il existe certaines maladies congénitales pour lesquelles on observe une non
union du processus coronoïde au reste du radius, cette anomalie provoque des boiteries
chroniques chez l’animal atteint.

L’ulna est un os long dont le corps est plus ou moins soudé à la face caudale du
radius. On observe des espaces inter-osseux par lesquels passent différents vaisseaux. A
l’extrémité distale se trouve le processus styloïde ulnaire. A l’extrémité proximale, on
remarque la tubérosité olécranienne ou olécrâne qui forme la pointe du coude et
constitue un bras de levier pour le muscle triceps brachial. Le bord crânial de cette tubérosité
présente un processus anconé saillant qui va venir se loger dans la fosse olécrânienne de
l’humérus. En dessous, on retrouve l’incisure trochléaire qui se termine au niveau du
processus coronoïde de l’humérus.

Remarque : le processus anconé peut lui aussi, dans le cadre de maladies congénitales (ex :
dysplasie du coude), présenter un défaut d’union à l’olécrâne, entraînant une boiterie chez
l’individu atteint. Pour vérifier la soudure de ce processus, il faut faire une radio du membre
en hyperflexion.

Copyright © DZVET 360, 2021 Page 10 sur 16


10
ANAT - TD1« -Etude
Module Osteologie du membre»thoracique
des membres

B. Particularités spécifiques

BOVIN CHEVAL PETITS CARNIVORES


RUMINANTS
Ulna visible
Ulna visible
Soudure que sur la
sur toute sa
radius + moitié de l’os Radius et ulna Radius et ulna
longueur
ulna Un seul sont soudés distincts
Deux espaces
espace inter-
inter-osseux
osseux
Présence de Pas de Un processus styloïde
Présence de
Processus deux processus sur le radius et un
deux processus
styloïdes processus styloïde processus styloïde sur
styloïdes
styloïdes ulnaire l’ulna
Incisure trochléaire
portée à la fois par le
Surface
Incisure Incisure Incisure radius et par l’ulna
articulaire trochléaire trochléaire trochléaire Présence d’une
fossette articulaire
radius/ulna (distale)

Copyright © DZVET 360, 2021 Page 11 sur 16


11
ANAT - TD1« -Etude
Module Osteologie du membre»thoracique
des membres

V. Main : carpe, métacarpe et doigts

A. Carpe

1. Généralités

Il s’agit d’un massif osseux composé de deux rangées de petits os courts :


- une rangée proximale représentée par (sens médial → latéral) : l’os scaphoïde
(radial), l’os semi-lunaire (intermédiaire), l’os pyramidal (ulnaire) et l’os pisiforme
(accessoire, en position caudale)
- une rangée distale représentée par (sens médial → latéral) : le trapèze (os carpal I),
le trapézoïde (os carpal II), le capitatum (os carpal III) et l’os crochu (os carpal IV)

Ces rangées sont convexes dorsalement. La flexion à lieu principalement au niveau de la


rangée proximale, la rangée distale ayant plutôt un rôle d’amortisseur. Ceci explique le fait
qu’on observe un aplatissement des surfaces articulaires dans les régions distales du
membre.
Il est important de savoir reconnaître l’os pisiforme du cheval. Celui-ci est discoïde et
présente deux fossettes articulaires à l’avant.

Remarque : chez le lapin, on retrouve en plus, au niveau du carpe, un os central.

Copyright © DZVET 360, 2021 Page 12 sur 16


12
ANAT - TD1« -Etude
Module Osteologie du membre»thoracique
des membres

2. Particularités spécifiques

BOVIN CHEVAL CARNIVORES


Rangée Os pisiforme en forme Os pisiforme 3 os uniquement (fusion du
de « bouton », globulaire scaphoïde et de l’os semi-
proximale discoïde lunaireen os scapho-lunaire)
2 os uniquement
Rangée Pas de trapèze 3 os uniquement 4 os bien représentés
distale Soudure du capitatum et (disparition du
(trapèze présent)
du trapézoïde en un os trapèze)
capitato-trapézoïde

B. Métacarpe
1. Métacarpe du cheval
Le cheval ne possède qu’un seul doigt. Le métacarpien principal est le
métacarpien III. Ce métacarpien principal présente une tubérosité dorso-médiale sur
laquelle va venir s’insérer le muscle extenseur du carpe. Il est flanqué en arrière de deux
métacarpiens accessoires, à savoir les métacarpiens II (médial) et IV (latéral) ; qui sont
présents sous forme de stylets. Ils permettent l’orientation de l’os.

Copyright © DZVET 360, 2021 Page 13 sur 16


13
ANAT - TD1« -Etude
Module Osteologie du membre»thoracique
des membres

L’ensemble des ces métacarpiens forme le canon qui est aplati d’avant en arrière (ce
qui permet de le différencier du tarse qui lui est aplati de gauche à droite). Sa face dorsale
est convexe et la face palmaire ne présente aucune particularité. L’extrémité proximale est
planiforme et s’articule avec la rangée distale du carpe. L’extrémité distale, elle, présente
deux condyles séparés par un relief intermédiaire ; il s’agit donc ici d’une éminence (et
non d’une trochlée).

2. Particularités spécifiques

BOVIN CHEVAL CARNIVORES


Métacarpien III
Métacarpiens III et IV correspondant au Métacarpiens I à V
Métacarpiens soudés correspondants doigt correspondant aux 5
aux deux doigts + Métacarpiens doigts (pouce vestigial)
vestige du V accessoires II et IV
Présence d’un sillon
Face dorsale Lisse
longitudinal
Présence de deux Relief intermédiaire
Extrémité Une seule surface
surfaces articulaires
distale articulaire
distales

C. Phalanges

1. Généralités

Chez toutes les espèces, chaque doigt est constitué de trois phalanges : une
phalange proximale (Ière phalange), une phalange intermédiaire (IIème phalange) et une
phalange distale (IIIème phalange). A ces phalanges s’ajoutent des os surnuméraires
appelés sésamoïdes : des os sésamoïdes proximaux (deux par doigt, situés entre le
métacarpien et la première phalange) et des os sésamoïdes distaux (un par doigt, entre la
deuxième et la troisième phalange) dont le nombre varie suivant l’espèce.

La Ière phalange est un os long (possédant donc une cavité médullaire), étranglé en
son milieu, présentant une surface d’insertion ligamentaire sur sa surface palmaire. Les
deux autres phalanges sont des os courts.

Copyright © DZVET 360, 2021 Page 14 sur 16


14
ANAT - TD1« -Etude
Module Osteologie du membre»thoracique
des membres

La IIIème phalange a une forme de cône tronqué obliquement dans le sens proximo-
distal. Elle prend la forme du sabot dans lequel elle s'emboîte. Elle a trois faces et trois
bords :
- la face pariétale (dorsale) est criblée de petits foramens car elle est hautement
vascularisée (paroi du sabot) et présente de chaque côté un sillon pariétal
- la face solaire est en regard du sol et possède deux surfaces, à savoir, un croissant
qui est une surface d'insertion du tendon perforant et une surface solaire en avant,
séparées par la ligne semi-lunaire
- la face articulaire (proximale) qui regarde vers le haut
- le bord solaire qui est échancré en son milieu
- le bord coronaire (proche de la couronne) proximal qui se redresse en un processus
extensorius où s'attache le tendon du muscle long extenseur du doigt
- le bord palmaire qui correspond à une surface articulaire pour le petit sésamoïde
La IIIème phalange présente deux angles formant les processus palmaires en arrière. Ils
sont très variables en fonction des individus, du côté et même parfois des côtés d'une
même phalange. Ils peuvent être exubérants (bourgeonnants) sans que cela ne soit
pathologique.

Les deux sésamoïdes proximaux ou grands sésamoïdes ne s'articulent qu'avec le


métacarpe et PAS avec la Ière phalange. Ils ont une forme pyramidale avec un sommet
proximal et une base distale.
Le petit sésamoïde ou sésamoïde distal ou os naviculaire (en forme de barque)
s'articule à la IIème et IIIème phalange. Il présente une face palmaire (sur laquelle glisse le
tendon perforant) et une face dorsale contre la deuxième phalange. Son bord distal est
contre la IIIème phalange alors que son bord proximal est libre.

Copyright © DZVET 360, 2021 Page 15 sur 16


15
ANAT - TD1« -Etude
Module Osteologie du membre»thoracique
des membres

2. Particularités spécifiques

BOVIN CHEVAL CARNIVORES


Cinq doigts
Disymétriques car les Seulement 2 phalanges pour le
Phalanges Symétriques
deux doigts se pouce
(un seul doigt)
touchent (face axiale Dernière phalange des tous les
plane / face abaxiale doigts en forme de griffe très
convexe) allongée avec une base élargie
4 sésamoïdes
2 sésamoïdes
Os proximaux (2 pour
proximaux
sésamoïdes chaque doigt)
1 sésamoïde
2 sésamoïdes distaux
distal
(1 par doigt)

Copyright © DZVET 360, 2021 Page 16 sur 16


16
CE DOCUMENT A ETE OFFERT AUX VETERINAIRES ALGERIENS PAR

REDA MOHAMED GUESSOUM, DVM

CE DOCUMENT A ETE OFFERT AUX VETERINAIRES ALGERIENS PAR

REDA MOHAMED GUESSOUM, DVM

17
ANAT - CM 1 - Arthrologie et myologie du membre thoracique partie 1

ARTHROLOGIE et MYOLOGIE
du MEMBRE THORACIQUE
des mammifères domestiques (partie 1)

Introduction
Les articulations du membre thoracique comprennent :
- les jonctions de la ceinture thoracique au tronc
- l'articulation du bras avec la ceinture (de l'épaule) : scapulo-humérale
- les articulations des os de l'avant-bras à l'humérus : art. du coude ( humro-
radio-ulnaire)
- les articulations des os de l'avant-bras entre eux : art. antébrachiales (radio-
ulnaires)
- Les articulations de la main qui sont les plus nombreuses et les plus complexes :
elles comprennent les articulations du carpe, les articulations inter-métacarpiennes, les
articulations métacarpo-phalangiennes et les articulations inter-phalangiennes.
La grande majorité de ces articulations sont de type synovial. Elles sont mobilisées
par une musculature complexe et puissante.
Le membre thoracique est doté :
- d'une musculature extrinsèque : ce sont les muscles d'attache du membre au
tronc (voir cours sur les « muscles d'attache du membre thoracique ») ;
- d'une musculature intrinsèque: ce sont les muscles propres du membre
thoracique. Ils s'organisent autour des rayons osseux du membre qu'ils mobilisent les uns par
rapport aux autres. Ils forment 4 grands groupes correspondant chacun à une région :
les muscles de l'épaule, du bras, de l'avant-bras et de la main.
Les muscles de chaque groupe agissent sur le segment suivant : les muscles de
l'épaule mobilisent le bras, les muscles du bras mobilisent l'avant-bras, les muscles de l'avant-
bras mobilisent les différents rayons de la main.
L'ensemble de ces muscles est entouré d'une fine gaine fibro-élastique constituant
les fascias. Leur rôle est de contenir les muscles et raffermir leur contraction. Les fascias du
membre thoracique deviennent de plus en plus épais distalement où ils vont contribuer de
manière importante au maintien et à la stabilisation des articulations de la main et des doigts.

L'anatomie des articulations et des muscles du membre thoracique est le résultat de


son adaptation :
® A la locomotion quadrupède : - Spécialisation des mouvements dans le plan
sagittal : les mouvements de plus grande amplitude sont la flexion et l'extension ;
® Au support de la plus grande partie du poids du corps : Le centre de gravité du
corps est situé juste en arrière de la scapula, et les membres thoraciques qui supportent
65 à 70% du poids statique chez le chien, (55-65% chez le cheval). Plus
particulièrement, lorsqu'il s'agit d'activité sportive, les structures osseuses, articulaires et
musculo-tendineuses de ces membres vont supporter les efforts les plus intenses

Copyright © DZVET 360, 2021 1


1/42
ANAT - CM 1 - Arthrologie et myologie du membre thoracique partie 1

CM1 – Arthrologie et myologie du membre thoracique (partie I)

(chez le cheval les ¾ des boiteries des membres concernent les membres antérieurs).
® Au type de locomotion : plantigrade, digitigrade ou onguligrade. Cette
adaptation concerne surtout les segments distaux, la main et les doigts. Chez les ongulés,
avec la réduction du nombre des doigts, on assiste à une simplification de la musculature,
et à la réalisation d'un système ligamento-tendineux complexe qui, grâce à sa grande
élasticité, va permettre, d'une part, la contention des articulations distales lors de l'appui,
et, d'autre part, leur mobilisation à moindre frais d'énergie, en particulier au moment de
la propulsion.

Les surfaces articulaires déterminent le sens et l'amplitude du mouvement. Les


anomalies de congruence (dysplasies, malformations) entraînent ainsi des contraintes
anormales qui génèrent une réaction inflammatoire se traduisant par une arthrose. Ces
surfaces sont explorables par palpation, tests articulaires, IRM, échographie ou
arthrographie.
Les moyens de fixité de l'articulation sont constitués de la capsule et des ligaments
articulaires qui permettent le contrôle des mouvements exagérés (stabilité passive de
l'articulation, à laquelle concourent également les fascias) et évitent donc la luxation. La
membrane synoviale articulaire assure la nutrition et l'imbibition du cartilage ainsi que la
mise en place de phénomènes inflammatoires. Certaines pathologies conduisent à
l'accumulation de liquide synoviale dans les récessus synoviaux (diagnostic par
palpation). Ces récessus constituent aussi un site privilégié de ponction du liquide
synovial ou d'injection articulaire.
Les muscles assurent la stabilité active de l'articulation par leur tonicité et
permettent la réalisation de mouvements.

Copyright © DZVET 360, 2021 2


2/42
ANAT - CM 1 - Arthrologie et myologie du membre thoracique partie 1

CM1 – Arthrologie et myologie du membre thoracique (partie I)

Copyright © DZVET 360, 2021 3


3/42
ANAT - CM 1 - Arthrologie et myologie du membre thoracique partie 1

CM1 – Arthrologie et myologie du membre thoracique (partie I)

Première partie :
L'épaule, le bras, le coude et l'avant-bras

A - L'EPAULE
La scapula, os de ceinture du membre thoracique, donne appui à deux jonctions :
- d'une part la jonction scapulo-thoracique qui unit la
scapula au tronc,
- d'autre part, l'articulation scapulo-humérale qui l'unit au premier rayon du
membre, l'humérus.

I) UNION DE LA CEINTURE AU TRONC


La ceinture scapulaire est fondamentalement composée de deux os : la scapula et la
clavicule.
La clavicule unit l'acromion de la scapula au sternum. Chez les mammifères, elle
n'existe, ou n'est vraiment fonctionnelle, que chez les espèces présentant une certaine
libération de la main, ce qui est associé à une plus grande mobilité de l'épaule, et à
l'existence de mouvements de pronation et de supination de la main.
C'est chez l'homme que la clavicule atteint son maximum de développement
anatomique et fonctionnel. Elle est également bien développée chez les singes, chez le k a
n g o u r o u e t d e n o m b r e u x r o n g e u r s.
En revanche, chez nos mammifères domestiques, elle est inexistante ou vestigiale.
Ceci est d'ailleurs associé au développement d'un muscle spécifique aux quadrupèdes :
le muscle brachio-céphalique.
— Elle n'existe pas chez les ongulés. Chez le bœuf, elle est encore représentée par
une intersection fibreuse divisant le muscle brachio-céphalique en partie cleïdo- brachiale
et en partie cleïdo-céphalique.
— Elle n'existe pas chez le chien (parfois une « écaille cartilagineuse » située dans
l'épaisseur du m. brachio-céphalique est décrite chez de grandes races). Par contre, elle est
bien individualisée chez le chat, mais non fonctionnelle, noyée dans la masse du muscle
brachio-céphalique. Elle est cependant visible en radio, juste en avant de l'épaule.
Attention : ne pas la confondre avec un corps étranger ou une fracture !
En définitive, chez nos mammifères domestiques, il n'y a pas de vraie jonction
articulaire entre la ceinture thoracique et le tronc. Cette union est assurée par les
puissants muscles d'attache du membre qui permettent les mouvements de la scapula par
rapport au thorax (« jonction scapulo-thoracique »). Ces muscles ont un rôle très important
dans la locomotion puisqu'ils mobilisent l'ensemble du membre thoracique : ce sont les
principaux agents de la protraction (embrassée) et de la rétraction (propulsion) du
membre thoracique.

Copyright © DZVET 360, 2021 4


4/42
ANAT - CM 1 - Arthrologie et myologie du membre thoracique partie 1

CM1 – Arthrologie et myologie du membre thoracique (partie I)

Copyright © DZVET 360, 2021 5


5/42
ANAT - CM 1 - Arthrologie et myologie du membre thoracique partie 1

CM1 – Arthrologie et myologie du membre thoracique (partie I)

II) L'ARTICULATION SCAPULO-HUMERALE


C'est l'articulation de l'épaule « proprement dite », base anatomique de la pointe de
l'épaule. C'est une diarthrose de type sphéroïde.

1) Etude chez le chien


a) Surfaces articulaires (voir ostéologie)

Copyright © DZVET 360, 2021 6


6/42
ANAT - CM 1 - Arthrologie et myologie du membre thoracique partie 1

CM1 – Arthrologie et myologie du membre thoracique (partie I)

— La cavité glénoïde de la scapula est une portion de sphère creuse. Elle est
complétée par un anneau fibro-cartilagineux qui s'attache sur son pourtour : le bourrelet
glénoïdal. Il permet d'augmenter la surface de contact. Il est développé chez l'homme,
beaucoup moins chez les animaux (1 à 2 mm d'épaisseur pour les carnivores, presque
inexistant chez les ongulés).
— La tête de l'humérus est sphéroïde, portée par un col. Elle est flanquée de
chaque côté par les tubercules majeur (latéral) et mineur (médial), sur lesquels s'insèrent
les muscles mobilisateurs de l'épaule. Entre les deux tubercules, le sillon inter-tuberculaire
forme une coulisse pour le tendon proximal du m. biceps brachial.
Ces surfaces articulaires sont très inégales : la cavité glénoïde ne recouvre pas
totalement la tête humérale qui est nettement plus étendue.

b) Moyens d'union
Ils sont représentés par une capsule articulaire renforcée par les ligaments gléno-
huméraux.
— La capsule articulaire est mince, et forme un manchon qui s'attache sur le
pourtour de la cavité glénoïde d'une part, et du col de l'humérus d'autre part.
— Les ligaments gléno-huméraux médial et latéral correspondent à des
renforcements fibreux de la capsule. Ils sont assez faibles et peu distincts de la capsule
(sauf chez les très grandes races). Chez les carnivores, ils sont situés de chaque côté de
l'articulation : le latéral est plus fort que le médial. Des maladies congénitales ou des

Copyright © DZVET 360, 2021 7


7/42
ANAT - CM 1 - Arthrologie et myologie du membre thoracique partie 1

CM1 – Arthrologie et myologie du membre thoracique (partie I)

traumatismes peuvent conduire à une atrésie, un mauvais développement ou une faiblesse de


ces ligaments, d'où une instabilité de l'épaule et une boîterie traitées par chirurgie.

c) Moyens de glissement
La synoviale est vaste et unique. Elle présente un récessus qui se prolonge dans le
sillon inter-tuberculaire pour le glissement du tendon proximal du m. biceps : c'est le
récessus bicipital de la synoviale articulaire
Il est possible de réaliser une ponction de la synoviale de l'épaule au niveau de
ce récessus. On se repère en palpant le tendon bicipital.

d) Autres moyens de stabilisation


Emboîtement incomplet des surfaces articulaires, capsule articulaire mince, et
ligaments gléno-huméraux peu puissants, l'articulation scapulo-humérale, est, en elle-
même, relativement peu stable.

L'essentiel de la stabilité de l'épaule est donc assuré par la terminaison des muscles
de l'épaule qui forment un véritable manchon (« coiffe ») tout autour de l'articulation.
- Latéralement : muscles deltoïde, infra-épineux, et petit rond.
- Médialement : tendon du m. subscapulaire
- Caudalement : chef long du triceps
- Crânialement : terminaison du muscle supra-épineux, puissant extenseur de
l'épaule, et qui permet le maintien de l'angle articulaire au repos (angle
caudal d'environ 90°).
Origine du muscle biceps brachial : Le tendon proximal s'insère

Copyright © DZVET 360, 2021 8


8/42
ANAT - CM 1 - Arthrologie et myologie du membre thoracique partie 1

CM1 – Arthrologie et myologie du membre thoracique (partie I)

sur le tubercule supra-glénoïdal de la scapula, il glisse ensuite dans la


sillon inter-tuberculaire, couvert par la capsule articulaire, et surtout
maintenu par le ligament huméral transverse qui relie les sommets
des tubercules majeur et mineur.

e) Mouvements
La jonction scapulo-humérale est une articulation sphéroïde qui permet des
mouvements dans les trois plans de l'espace:
® Flexion et extension dans le plan sagittal (les mouvements les plus amples).
Flexion = mouvement caudal de l'humérus. Extension = mouvement crânial de l'humérus.
® Abduction et adduction dans le plan frontal. (adduction limitée par le thorax chez les
quadrupèdes. Chez l'homme mouvts en abd/add de très grande amplitude),
® Rotation axiale (interne ou externe) de l'humérus par rapport à la scapula..
L'association de ces 3 mouvements étant la circumduction. Mais l'axe fonctionnel de
cette articulation, la disposition du membre thoracique qui se trouve plaqué contre le
thorax et maintenu par la puissante musculature des pectoraux et des dentelés, font que
ces mouvements de circumduction sont beaucoup plus limités comparativement à
l'homme chez lequel la scapulo-humérale est l'articulation la plus mobile des membres.

2) Particularités spécifiques

a) Chez le cheval

→ Les tubercules huméraux sont sensiblement de même taille. Dans le sillon intertuberculaire,

Copyright © DZVET 360, 2021 9


9/42
ANAT - CM 1 - Arthrologie et myologie du membre thoracique partie 1

CM1 – Arthrologie et myologie du membre thoracique (partie I)

se dresse un relief intermédiaire. La face inférieure du tendon d'origine du biceps est très
épaisse, dure et excavée, et vient s'adapter comme sur un rail sur ce tubercule
intermédiaire. Le tendon du biceps glisse dans cette coulisse grâce à une bourse
synoviale subtendineuse individuelle (et non pas comme chez les carnivores grâce à un
récessus de la synoviale articulaire).
→ Les ligaments gléno-huméraux, toujours minces, sont reportés crânialement : prenant
origine à la base du tubercule supra-glénoïdal, ils divergent pour rejoindre respectivement la base
des tubercules majeur et mineur.
→ Le ligament huméral transverse est absent chez le cheval. Le tendon bicipital est
maintenu par la terminaison bifide du m. supra-épineux (une branche sur le tubercule
majeur, l'autre sur le tubercule mineur ⇒ forme un tunnel dans lequel passe le tendon du
biceps).

b) Chez les ruminants


→ Les ligaments gléno-huméraux ne sont pas distincts. On a juste un
renforcement crânial de la capsule par des fibres orientées transversalement.
→ La terminaison du m. supra-épineux est identique à celle du cheval, mais on
trouve quand même un ligament huméral transverse bien individualisé. Le tendon
proximal du biceps possède une bourse subtendineuse. Le récessus de la synoviale
articulaire communique de façon inconstante avec la bourse subtendineuse.

Copyright © DZVET 360, 2021 10


10/42
ANAT - CM 1 - Arthrologie et myologie du membre thoracique partie 1

CM1 – Arthrologie et myologie du membre thoracique (partie I)

Exemples d'affections articulaires de l'épaule à l'origine de boiteries:


L'ostéochondrite dissecante (OCD) de l'épaule est relativement fréquente chez le chien.
C'est une maladie du cartilage articulaire et de l'os sous-chondral : un morceau de cartilage de la tête humérale se «
dissèque » partiellement et fait saillie dans la cavité articulaire. Il peut même se détacher et se « balader » dans la
cavité articulaire, voire aller se loger dans la coulisse bicipitale, ce qui peut entraîner en plus des lésions à ce niveau.
Le site le plus fréquent de l'OCD est le 1/3 caudal de la tête humérale. Le diagnostic de certitude est radiologique.
Cette affection est en général congénitale et dépend de plusieurs facteurs (génétiques, alimentation, hormonaux,
troubles trophiques lors de la croissance etc.). Elle est surtout diagnostiquée chez les jeunes chiots de grandes races
en croissance (labradors, bergers allemands, bouviers bernois, dogue allemand etc.). Une affection équivalente est
également fréquemment rencontrée chez le poulain. Chez ce dernier elle est favorisée par la mise à l'entraînement
très tôt à cause des micro-traumatismes répétés d'un
cartilage articulaire encore « tendre » (parfois vers 15 mois dans certaines écuries de trotteurs)
Dans la région crâniale de l'épaule, des lésions traumatiques de la coulisse bicipitale
peuvent être à l'origine de boiteries aussi bien chez le cheval que chez le chien « sportif » : tendinites du biceps,
synovite de la bourse tendineuse (cheval) ou du récesssus de la synoviale articulaire (chien). Chez le chien on peut
même assister à une « luxation » du tendon du biceps suite à une rupture du ligament huméral transverse.

III - Les muscles mobilisateurs de l'épaule


Deux groupes de muscles agissent sur le complexe articulaire de l'épaule en
mobilisant soit la scapula soit l'humérus. Ce sont :
- Les muscles d'attache du membre thoracique (musculature extrinsèque du
membre)
- Les muscles de la région de l'épaule (musculature propre du membre)

Copyright © DZVET 360, 2021 11


11/42
ANAT - CM 1 - Arthrologie et myologie du membre thoracique partie 1

CM1 – Arthrologie et myologie du membre thoracique (partie I)

1) Les muscles d'attache du membre thoracique

Ils assurent l'attache du membre thoracique au tronc constituant plusieurs


systèmes de « haubans musculaires » :
→ Dans le plan sagittal :
- Brachiocéphalique et omo-transversaire / grand dorsal
- Trapèze et rhomboïde cervicaux / trapèze et rhomboïde thoraciques
- Dentelé du cou / dentelé ventral du thorax
→ Dans le plan frontal :
- Sangle formée par le trapèze et le rhomboïde dorsalement / les muscles
pectoraux ventralement.

Ces muscles mobilisent et orientent l'axe de l'ensemble du membre lors de la


locomotion. Ce sont les agents :
→ De la protraction du membre lors de l'embrassée du terrain (action du
couple brachiocéphalique + omotransversaire / dentelé ventral du thorax +
trapèze et rhomboïde thoraciques)
→ De la rétraction du membre lors de la propulsion (action du couple :
pectoral ascendant + grand dorsal / dentelé du cou + trapèze et rhomboïde
cervicaux)
→ Et interviennent de façon importante dans les mouvements latéraux :
abduction du membre par les mm. trapèze et rhomboïde / adduction par les
mm. pectoraux (exercices de dressage chez le cheval, virages serrés lors d'un
concours de saut chez le cheval, ou dans les courses de chien de traîneaux ¼ .) .

Copyright © DZVET 360, 2021 12


12/42
ANAT - CM 1 - Arthrologie et myologie du membre thoracique partie 1

CM1 – Arthrologie et myologie du membre thoracique (partie I)

Cette musculature est donc d'une grande importance sportive chez les animaux et il
convient de la renforcer et l'assouplir par des exercices appropriés.

Copyright © DZVET 360, 2021 13


13/42
ANAT - CM 1 - Arthrologie et myologie du membre thoracique partie 1

CM1 – Arthrologie et myologie du membre thoracique (partie I)

2) Fascias et muscles de l'épaule

a) Organisation générale
Les muscles de l'épaule sont groupés autour de la scapula. Ils prennent tous origine
sur cet os et se terminent sur la partie proximale de l'humérus :
⇒ Ils sont donc mobilisateurs du bras, c'est-à-dire qu'ils agissent sur
l'articulation scapulo-humérale dont ils assurent également la stabilité.
Ils se répartissent sur les deux faces de la scapula déterminant deux sous-régions :
- Les muscles de la région scapulaire latérale : ils sont essentiellement
abducteurs de l'épaule ;
- Les muscles de la région scapulaire médiale : ils sont surtout adducteurs de
l'épaule.
L'ensemble est recouvert par la gaine fibro-élastique du fascia de l'épaule.

b) Le fascia de l'épaule
De façon simplifiée, il correspond à une division du fascia du tronc juste en arrière
de l'épaule :
- Un feuillet externe, très fin, recouvre la face latérale de l'épaule et se continue
distalement par le fascia du bras (ensemble ils constituent le fascia « omo-brachial »),
- Un feuillet interne, plus épais, tapisse la face médiale de l'épaule et constitue le
fascia axillaire. Celui-ci contourne le bord crânial de la scapula et va s'insérer sur l'épine
scapulaire, délimitant une loge pour le m. supra épineux. Crânialement il se continue par le
fascia cervical superficiel.

Le glissement du fascia axillaire sur le fascia externe du thorax permet les mouvements de

Copyright © DZVET 360, 2021 14


14/42
ANAT - CM 1 - Arthrologie et myologie du membre thoracique partie 1

CM1 – Arthrologie et myologie du membre thoracique (partie I)

bascule de la scapula lors de la locomotion (Mobilité de la « jonction » scapulo-thoracique).. Ce


mouvement peut être gêné par la formation d'adhérences entre ces plans fibreux (suite à des
tendinites, des contractures répétées, ou d'inflammations des muscles de la région qui sont très
sollicités lors des efforts d'amortissement et de suspension du tronc), ce qui diminue l'amplitude de
l'embrassée du terrain et gêne les mouvements latéraux.

c) Les muscles de la région scapulaire latérale


Ils s'organisent schématiquement en trois plans:
→ Le plan superficiel est celui du m. deltoïde,
→ Le plan moyen est celui des mm. supra-épineux et infra-épineux, qui
occupent les fosses homonymes,
→ Le plan profond est représenté par le m. petit rond

♦ Le muscle deltoïde
Son développement est lié à la mobilité de l'épaule. Il est particulièrement fort chez
l'homme où il forme une véritable coiffe entourant l'articulation de l'épaule, et est
constitué de plusieurs faisceaux dont l'intervention dans les mouvements de l'épaule est
complexe.

Chez nos mammifères domestiques, c'est chez les carnivores qu'il est relativement
le mieux représenté.
Chez le chien, il est formé de deux faisceaux bien individualisés et facilement

Copyright © DZVET 360, 2021 15


15/42
ANAT - CM 1 - Arthrologie et myologie du membre thoracique partie 1

CM1 – Arthrologie et myologie du membre thoracique (partie I)

séparables : l'un acromial (prenant origine sur l'acromion), l'autre spinal s'insérant le
long de l'épine scapulaire. Ces deux parties se terminent par un tendon commun sur la
tubérosité deltoïdienne (face latérale de l'humérus).
Rôle : → Abducteur du bras auquel il imprime également une rotation externe ;
→ De part sa partie spinale, il contribue également à la flexion du bras ;
(associé au m. grand rond).
→ C'est un agent important de la stabilité latérale de l'épaule.
Rapports : C'est le m. le plus superficiel de l'épaule. Couvert par le fascia, il
recouvre les mm. infra-épineux et petit rond. Sa face profonde est
également en rapport avec les divisions du nerf axillaire et de l'artère
circonflexe caudale de l'humérus qui émergent juste en arrière (dans le creux
de flexion) de l'articulation de l'épaule.

♦ Le muscle supra-épineux
Il occupe la fosse supra-épineuse de la scapula.
Son corps charnu, épais, est formé de fibres pennées. Il s'insère dans la fosse supra-
épineuse et le long du bord crânial de la scapula qu'il déborde largement. Il se termine par un
fort tendon sur le sommet du tubercule majeur de l'humérus.

Rôle : → C'est le plus puissant et le principal extenseur de l'épaule ;


→ Il maintient l'angle articulaire de l'épaule au repos (action posturale,
anti-gravitaire) .

Copyright © DZVET 360, 2021 16


16/42
ANAT - CM 1 - Arthrologie et myologie du membre thoracique partie 1

CM1 – Arthrologie et myologie du membre thoracique (partie I)

→ Il est également abducteur et rotateur externe du bras.


Rapports : Il est recouvert superficiellement par les mm trapèze cervical et
omotransversaire. Son extrémité distale est en rapport avec la capsule articulaire
scapulo-humérale.

♦ Le muscle infra-épineux
Ce muscle assez fort et aplati, occupe la fosse infra-épineuse de la scapula. Il se
termine par un tendon qui glisse sur la convexité du tubercule majeur (présence d'une
bourse tendineuse à ce niveau) et va se terminer sur la crête de ce relief (« tubérosité de
l'infra-épineux »).

Rôle : → Il initie l'abduction du bras ;


→ C'est également un puissant rotateur externe du bras
→ Contribue à la flexion scapulo-humérale.
→ Assure la stabilité latérale de l'épaule
Rapports : Il est recouvert par les mm. deltoïde et trapèze thoracique.
Médialement, son extrémité distale est en rapport direct avec la capsule articulaire de
l'épaule. Caudalement, il est longé par le m. petit rond.

Chez le chien de sport et de travail, sa disposition et sa conformation (tendon relativement


faible par rapport à la masse charnue du muscle), l'exposent à des affections traumatiques telles
que les tendinites ou la contracture de l'infra-épineux. Cette dernière se caractérise par un port
particulier du membre : l'épaule est en abduction/rotation externe, avec une compensation par
adduction et rotation interne du coude. Lors de la locomotion, l'animal se déplace en « fauchant »
et l'épaule se « bloque » en flexion à 90° (incapacité d'étendre l'épaule). Elle évolue assez
rapidement (10 - 15 jours) vers une fibrose et une rétraction tendineuse. Dans ce cas, le seul
traitement efficace est la ténotomie du muscle. Mais si le diagnostic est précoce, un traitement par
physiothérapie serait efficace par l'association de mobilisation passive, d'ultrasons et de courants
décontracturants.
Les muscles supra-épineux et infra-épineux sont innervés par le même nerf supra-
scapulaire. L'atteinte traumatique de ce nerf chez le cheval (chutes violentes sur le côté, ou
épaule qui heurte violemment le cadre de la porte du box au départ des courses etc¼) se caractérise
par une atrophie sévère de ces deux muscles qui donne un aspect décharné caractéristique à
l'épaule et des déficits locomoteurs associés à la perte des fonctions de ces muscles. Cette
affection est surnommée « sweeny » par les anglo-saxons.

♦ Le muscle petit rond.


Il forme une bande charnue étroite unissant le bord caudal de la scapula à la
tubérosité du m. petit rond située distalement et juste en arrière de la tubérosité de
l'infra-épineux

Copyright © DZVET 360, 2021 17


17/42
ANAT - CM 1 - Arthrologie et myologie du membre thoracique partie 1

CM1 – Arthrologie et myologie du membre thoracique (partie I)

Sa face profonde est contre la capsule articulaire scapulo-humérale. Son bord


caudal est en rapport avec les divisions du nerf axillaire et de l'artère circonflexe caudale
de l'humérus.
Rôle accessoire de l'infra-épineux.

La partie caudale de la région scapulaire latérale est une zone d'une grande importance
en anatomie chirurgicale. Une des voies d'abord classique de l'articulation de l'épaule passe par
les différents plans musculaires que nous venons de voir : deltoïde, infra-épineux et petit rond..
Ceci permet l'accès à la partie postérieure de l'articulation, pour le traitement d'une
ostéochondrite dissécante de l'épaule par exemple. Il faut pouvoir identifier les différents
muscles rencontrés, les disséquer, et procéder à d'éventuelles sections sans léser les éléments
vasculo-nerveux importants (nerf axillaire et artère circonflexe caudale de l'humérus) situés au
voisinage de l'articulation. Il est possible de sectionner l'acromion pour accéder plus facilement à
l'articulation.

c) Les muscles de la région scapulaire médiale


Plaquée contre le thorax, et cachée par les muscles pectoraux, la région scapulaire
médiale est difficile d'accès à l'examen palpatoire, surtout chez les grands ongulés.
Les muscles de cette région sont au nombre de trois. Ce sont les mm.
subscapulaire, coraco-brachial et grand rond.

Copyright © DZVET 360, 2021 18


18/42
ANAT - CM 1 - Arthrologie et myologie du membre thoracique partie 1

CM1 – Arthrologie et myologie du membre thoracique (partie I)

♦ Le muscle subscapulaire
Il occupe la fosse du même nom. Multipenné, il est constitué de plusieurs faisceaux
et se termine par un fort tendon sur le tubercule mineur de l'humérus.
Rôle : - Adducteur et rotateur interne de l'humérus.
- Rôle important dans la stabilité médiale de l'articulation de l'épaule

♦ Le muscle coraco-brachial
Chez l'homme ce muscle s'étend très bas sur l'humérus et est classé avec les
muscles du bras. Chez les carnivores, il reste cantonné à la moitié proximale de l'humérus.
Chez le chien, il prend origine par un long et fin tendon sur le processus coracoïde
de la scapula, et son petit corps charnu s'étale à la face médiale de l'humérus.
Rôle : Adducteur et rotateur interne de l'humérus.

♦ Le muscle grand rond


Il forme une bande épaisse, longeant le bord caudal de la scapula.
Il joint l'angle caudal de la scapula, à la « tubérosité du grand rond » située sur
la face médiale de l'humérus. Cette terminaison se fait en commun avec le m. grand dorsal.
Rôle : c'est le fléchisseur du bras le plus direct et le plus puissant.

Remarque : Chez les carnivores et les équidés, existe également un muscle très

Copyright © DZVET 360, 2021 19


19/42
ANAT - CM 1 - Arthrologie et myologie du membre thoracique partie 1

CM1 – Arthrologie et myologie du membre thoracique (partie I)

grêle, venant renforcer la face caudale de la capsule articulaire de l'épaule : c'est le m.


articulaire de l'épaule.

Copyright © DZVET 360, 2021 20


20/42
ANAT - CM 1 - Arthrologie et myologie du membre thoracique partie 1

CM1 – Arthrologie et myologie du membre thoracique (partie I)

d) Principales particularités des muscles de l'épaule des ongulés


• m. deltoïde
→ Chez les ruminants, les parties acromiale et spinale sont moins dissociables
(surtout chez le bœuf). La partie spinale s'attache également sur le bord caudal de la
scapula et présente une large et épaisse aponévrose fortement adhérente au m. infra-
épineux sous-jacent.
→ Chez le cheval, l'acromion est absent, et le muscle deltoïde est réduit à sa seule
portion spinale. Sa partie charnue est courte en forme de croissant se prolongeant par
une aponévrose recouvrant et adhérante au muscle infra-épineux sous-jacent. La
tubérosité deltoïdienne est très marquée.

• m. supra-épineux
Chez le cheval : Il se termine par deux tendons : l'un sur le sommet du tubercule
majeur, l'autre sur le sommet du tubercule mineur. Ce qui, avec le sillon inter-
tuberculaire, délimite un anneau livrant passage au tendon proximal du biceps. Le m.
supra-épineux est particulièrement volumineux et puissant chez les grands ongulés.

• m. infra épineux
Son tendon est relativement plus puissant que chez le chien. En plus de ce tendon, le
muscle présente un faisceau charnu distal qui se termine sur le revers interne du tubercule
majeur.
• m. coraco-brachial
Son corps charnu atteint la moitié de l'humérus et il est divisé en deux
branches (l'une courte, l'autre longue) encadrant le tendon terminal du m. grand
rond.
Notez bien que, chez les ongulés et plus particulièrement encore chez le cheval,
l'épaule est la seule articulation du membre thoracique qui possède des muscles
adducteurs, abducteurs et rotateurs. Toutes les autres articulations ne permettent que

Copyright © DZVET 360, 2021 21


21/42
ANAT - CM 1 - Arthrologie et myologie du membre thoracique partie 1

CM1 – Arthrologie et myologie du membre thoracique (partie I)

des mouvements actifs de flexion/extension. Ainsi, il n'existe pas de correction du


mouvement au niveau distal. Toute lésion de l'articulation de l'épaule fragilise donc les
structures distales. D'où l'importance de la gymnastique de cette musculature de l'épaule
chez le cheval.
Pour récapituler, il existe 16 muscles responsables de la stabilité et de la mobilité de
l'articulation de l'épaule et en tout 23 muscles pour l'ensemble de l'épaule.

Copyright © DZVET 360, 2021 22


22/42
ANAT - CM 1 - Arthrologie et myologie du membre thoracique partie 1

CM1 – Arthrologie et myologie du membre thoracique (partie I)

B - Le BRAS et le COUDE

L'articulation du coude proprement dite est celle qui unit l'humérus aux os de l'avant-
bras (huméro-antébrachiale).
Le coude est mobilisé par les muscles de la région du bras.
L'anatomie et la physiologie articulaires huméro-antébrachiales dépendent de celles
des articulations radio-ulnaires, c'est-à-dire des possibilités de pronation et de supination
de la main.

I - L'ARTICULATION HUMERO-ANTEBRACHIALE = du COUDE


C'est une articulation synoviale qui unit l'extrémité distale de l'humérus aux extrémités
proximales du radius et de l'ulna.

1) Etude chez le chien

a) Surfaces articulaires
Les surfaces articulaires du coude sont complexes, et variables selon les espèces.
Pour les comprendre, nous envisagerons d'abord leur aspect général, ensuite les
caractéristiques spécifiques (Voir également l'ostéologie).
Elles sont absolument à connaître pour comprendre les affections du coude, en particulier les
instabilités du coude rencontrées chez le chien d'une part, et pour l'interprétation des radios du coude
d'autre part.
• Aspect général

Copyright © DZVET 360, 2021 23


23/42
ANAT - CM 1 - Arthrologie et myologie du membre thoracique partie 1

CM1 – Arthrologie et myologie du membre thoracique (partie I)

— La surface articulaire de l'humérus forme grossièrement un cylindre dont


l'axe est transversal, c-à-d. perpendiculaire à celui de la diaphyse de l'os. Elle est
composée :
- du côté médial, par une trochlée (= poulie) constituée d'une gorge bordée par
une lèvre latérale et une lèvre médiale (souvent la plus large chez nos
mammifères domestiques) ;
- du côté latéral, par un condyle cylindroïde, le capitulum.
— Les surfaces articulaires du radius et de l'ulna
- elles présentent une conformation inverse et s'adaptent parfaitement aux reliefs
de l'humérus.
- A la gorge de la trochlée humérale répond un relief qui débute crânialement par
la saillie du processus coronoïde du radius et se termine caudalement par la saillie du
processus anconé de l'ulna. Ce relief forme l'incisure trochléaire. Donc la partie
crâniale de l'incisure trochléaire appartient au radius, et sa partie caudale à l'ulna.
⇒ Nous avons donc une très bonne congruence articulaire, correspondant au
modèle mécanique d'une charnière.

• Caractéristiques spécifiques
L'importance relative des jointures huméro-radiale ou huméro-ulnaire dépend de la
possibilité de mobilisation du radius par rapport à l'ulna, c'est-à-dire des mouvements
de pronation/supination :

— Chez l'homme les mouvements de pronation/supination présentent le plus


d'amplitude, en rapport avec une organisation et une mobilité de la main les plus abouties.
Contrairement aux quadrupèdes, l'ulna est l'os prépondérant de l'avant- bras. Le radius
tourne autour de l'ulna. Nous considérerons la position de l'avant-bras en pronation, car elle
correspond à la position des os de l'avant-bras des quadrupèdes.
Les deux os sont alors croisés :
– l'extrémité proximale de l'ulna est médiale par rapport au radius,
– l'extrémité distale de l'ulna est latérale par rapport au radius.
L'extrémité proximale du radius est bien ronde : c'est la « tête radiale ». Creuse,
elle s'adapte à un capitulum sphéroïde sur lequel elle s'appuie lors de la supination. Le radius
s'articule donc uniquement avec le capitulum. L'ulna répond à toute la trochlée humérale.
Toute l'incisure trochléaire, appartient donc à l'ulna. Il n'y a pas de processus coronoïde
radial.

Copyright © DZVET 360, 2021 24


24/42
ANAT - CM 1 - Arthrologie et myologie du membre thoracique partie 1

CM1 – Arthrologie et myologie du membre thoracique (partie I)

— A l'extrême opposé de l'homme, chez les ongulés, le corps de l'ulna est vestigial et le
radius est l'os prédominant de l'avant-bras.

Copyright © DZVET 360, 2021 25


25/42
ANAT - CM 1 - Arthrologie et myologie du membre thoracique partie 1

CM1 – Arthrologie et myologie du membre thoracique (partie I)

Seule l'extrémité proximale de l'ulna reste bien développée. L'ulna est parallèle au radius
et soudée à son bord caudo-latéral. Toute la surface articulaire de l'humérus (le
capitulum et l'ensemble de la trochlée) répond au radius. Le processus coronoïde
appartient au radius. L'ulna n'intervient que du côté caudal venant compléter l'incisure
trochléaire.

Entre ces deux extrêmes, les carnivores occupent une place intermédiaire :
— Chez le chien, les mouvements de pronation/supination existent, mais sont
réduits. Comme chez l'homme, les deux os sont complets et ont une position croisée :
l'extrémité proximale de l'ulna est médiale par rapport au radius ; son extrémité distale est
latérale. Mais le radius est plus développé que l'ulna.
L'extrémité proximale du radius est grossièrement ovalaire (ce n'est pas une « tête

Copyright © DZVET 360, 2021 26


26/42
ANAT - CM 1 - Arthrologie et myologie du membre thoracique partie 1

CM1 – Arthrologie et myologie du membre thoracique (partie I)

radiale » comme chez l'homme). Sa surface articulaire, creuse, répond au capitulum ainsi
qu'à la lèvre latérale et à la gorge de la trochlée.. C'est l'ulna qui va répondre à la lèvre
médiale de la trochlée grâce à une petite expansion qui vient embrasser médialement
l'extrémité proximale du radius, appelée le « processus coronoïde médial de l'ulna ». Ce
processus est important à connaître car il est souvent impliqué dans des pathologies de
non-union. L'incisure trochléaire est répartie sur les deux os. Elle débute crânialement par
le processus coronoïde du radius, et se termine, caudalement par le processus anconé de
l'ulna.

Copyright © DZVET 360, 2021 27


27/42
ANAT - CM 1 - Arthrologie et myologie du membre thoracique partie 1

CM1 – Arthrologie et myologie du membre thoracique (partie I)

— Chez le chat, l'articulation est encore plus proche de celle de l'homme :


l'amplitude de la prono-supination est plus importante que chez le chien, l'extrémité
proximale du radius est ronde et forme une véritable tête radiale. Le processus coronoïde
est divisé en deux : une moitié appartenant à l'ulna, l'autre appartenant au radius.

b) Moyens d'union
— Le radius est uni à l'ulna par le ligament annulaire de la tête radiale. Celui-ci
joint le « processus coronoïde latéral de l'ulna » au « processus coronoïde médial de l'ulna
», encerclant l'extrémité proximale du radius. Il forme un anneau qui la maintient en
place, et permet sa rotation axiale lors des mouvements de prono- supination.
— La capsule articulaire du coude est commune aux articulations huméro-
antébrachiale et radio-ulnaire proximale. Irrégulière, elle présente deux parties. Sa partie
crâniale prend origine sur le bord des fosses coronoïde et radiale, et sa partie caudale, sur
le pourtour de la fosse de l'olécrane. Elle se termine sur le pourtour des surfaces
articulaires du radius et de l'ulna. Elle est renforcée crânialement par un faisceau fibreux
oblique (« ligt. oblique ») particulier au chien, qui se termine sur le ligt. annulaire du
radius.
— De chaque côté la capsule articulaire est renforcée par les puissants ligaments
collatéraux du coude, l'un latéral et l'autre médial. Chacun d'eux prend origine sur

Copyright © DZVET 360, 2021 28


28/42
ANAT - CM 1 - Arthrologie et myologie du membre thoracique partie 1

CM1 – Arthrologie et myologie du membre thoracique (partie I)

l'épicondyle huméral correspondant et se compose de deux faisceaux : l'un crânial


rejoignant le bord du radius, l'autre caudal rejoignant l'ulna. Lorsque le coude est
fléchi, les ligaments collatéraux sont relâchés. Ils se tendent lors de l'extension du
coude.

Copyright © DZVET 360, 2021 29


29/42
ANAT - CM 1 - Arthrologie et myologie du membre thoracique partie 1

CM1 – Arthrologie et myologie du membre thoracique (partie I)

c) Moyens de glissement
La synoviale du coude est unique, vaste et complexe. Elle forme plusieurs récessus.
Les plus développés chez les carnivores sont les récessus olécranien, le récessus distal
(entre le radius et l'ulna) et le récessus médial (sous l'épicondyle huméral médial). Ces
récessus se trouvent enflés lors d'arthrose.

d) Autres moyens de stabilisation


Le type d'emboîtement (charnière) et la très bonne congruence de ses surfaces
articulaires (surtout chez les bovins et les chevaux) font du coude une jointure très stable
et permettent des mouvements presque exclusivement de flexion et d'extension. Les
muscles qui s'insèrent tout autour de cette articulation contribuent à renforcer cette
stabilité :
— Terminaisons des muscles du bras (ce sont les mobilisateurs du coude) : Les
tendons du m. biceps brachial et du m. brachial passent crânialement et contre la
capsule articulaire à laquelle ils adhèrent avant de se terminer sur la tubérosité radiale. Le
triceps brachial, très puissant, se termine sur l'olécrâne. Il maintient l'angle articulaire du
coude au repos (140° environ).
— Origines des muscles de l'avant-bras : les muscles extenseurs de la main et des
doigts latéralement et crânialement ; les muscles fléchisseurs de la main et des doigts
caudo-médialement.

e) Mouvements
Le coude étant une charnière (imparfaite chez les carnivores), il permet uniquement
des mouvements de flexion / extension. Ce sont par ailleurs les seuls mouvements actifs
( = par contraction musculaire) de cette articulation.
L'extension est limitée par la butée du processus anconé, au fond de la fosse
olécranienne. (Rappel : chez le chien, cette dernière est percée par le foramen supra-
trochléaire).
Remarque : Les mouvements de rotation et de latéralité sont très limités. Ils ne sont
possibles qu'en mobilisation passive lorsque le coude est fléchi (ligaments collatéraux relâchés).
Si on met le coude en extension, les ligaments collatéraux, tendus, verrouillent l'articulation et ces
mouvements sont alors nuls.

Exemples d'instabilités du coude chez le chien . Outre les traumatismes classiques


(entorses, luxations), on rencontre chez le chien des affections congénitales à l'origine d'une instabilité
importante du coude (dysplasies du coude): la non-union du processus anconé (NUPA) et la
fragmentation du processus coronoïde médial de l'ulna (FPCM).. Elles sont relativement fréquentes et
concernent surtout les chiens de grandes races (>25 kg) avec une prédisposition particulière des
bergers allemands, labradors, rottweilers et dogues allemands. Elles sont en général diagnostiquées
chez les jeunes en croissance car les premiers symptômes (douleurs, boiteries, coude enflé)
apparaissent entre 4 et 6 mois. Ces deux affections s'accompagnent très vite d'une arthrose
douloureuse et ankylosante du coude (surtout la FPCM).
— Non-union du processus anconé : il ne se soude pas à l'olécrâne. Or, c'est lui qui bute
dans la fosse olécranienne et bloque l'articulation en extension. Très souvent ceci se traduit par un
port caractéristique du membre à la station : le coude est porté en adduction avec une compensation

Copyright © DZVET 360, 2021 30


30/42
ANAT - CM 1 - Arthrologie et myologie du membre thoracique partie 1

CM1 – Arthrologie et myologie du membre thoracique (partie I)

par rotation externe et abduction de la main. Le diagnostic de certitude est radiologique : pour
pouvoir visualiser cette NUPA, il faut dégager le processus anconé de la fosse olécranienne, donc il
faut réaliser le cliché avec un coude en hyperflexion..
— Plus rare, la fragmentation du processus coronoïde est due à un défaut d'ossification du
processus coronoïde médial de l'ulna. La lésion d'origine serait une petite anomalie de congruence
(une dysplasie) des surfaces articulaires huméro-antébrachiales en particulier au niveau de
l'emboitement incisure trochléaire-gorge de la trochlée. Ce qui engendre des efforts anormaux sur les
surfaces articulaires qui gêneraient alors l'ossification du processus médial de l'ulna. Or ce dernier
supporte la lèvre médiale de la trochlée humérale, surtout quand le membre entre en flexion (C'est
pourquoi d'ailleurs une ostéochondrose de la lèvre médiale de la trochlée est souvent associée à la
FPCM). Les signes cliniques ressemblent à ceux de la NUPA (donc attention au diagnostic
différentiel). Le diagnostic de certitude est là aussi radiologique,(ou mieux, par imagerie
scanner) .

2) Particularités spécifiques
Chez les ongulés :
- Le radius et l'ulna se soudent.
- Les surfaces articulaires antébrachiales sont presque entièrement portées par le
radius. L'ulna n'intervient que pour compléter caudalement l'incisure trochléaire.
⇒ Les mouvements permis sont exclusivement la flexion et l'extension : c'est
une charnière parfaite.

Copyright © DZVET 360, 2021 31


31/42
ANAT - CM 1 - Arthrologie et myologie du membre thoracique partie 1

CM1 – Arthrologie et myologie du membre thoracique (partie I)

Les articulations huméro-antébrachiales du cheval, du bœuf et des petits ruminants


sont comparables :
- La capsule articulaire est mince latéralement, renforcée et épaisse médialement
(avec en plus, le passage et l'adhérence du tendon du biceps).

Copyright © DZVET 360, 2021 32


32/42
ANAT - CM 1 - Arthrologie et myologie du membre thoracique partie 1

CM1 – Arthrologie et myologie du membre thoracique (partie I)

- Le ligament annulaire est incomplet; il est divisé en deux parties : les ligts.
radio-ulnaires latéral et médial. Leurs fibres s'intriquent avec celles des ligaments
collatéraux.
- Le ligament collatéral latéral n'a pas de faisceau ulnaire caudal. mais seulement
un faisceau qui va au radius, qui est lui-même divisé en deux plans, l'un superficiel, l'autre
profond.
- Le ligament collatéral médial est plus faible mais plus long. Il est composé de 3
faisceaux : un crânial (au radius), un caudal (à l'ulna) et un moyen ou intermédiaire (au
bord médial du radius), très long, et qui correspond au vestige du muscle rond pronateur
des carnivores.

II - LES MUSCLES MOBILISATEURS DU COUDE

1) Organisation générale
Les muscles du bras se groupent autour de l'humérus. Ils prennent origine sur la
scapula ou sur l'humérus, et se terminent sur la partie proximale des os de l'avant-bras.

Copyright © DZVET 360, 2021 33


33/42
ANAT - CM 1 - Arthrologie et myologie du membre thoracique partie 1

CM1 – Arthrologie et myologie du membre thoracique (partie I)

Ils mobilisent l'avant-bras par rapport au bras (c-à-d agissent sur l'articulation
du coude). Mais certains, tels le biceps ou le chef long du triceps, sont des muscles bi-
articulaires et peuvent également agir sur l'épaule.
Leur disposition est simple, en rapport avec la spécialisation du coude dans les
mouvements de flexion et d'extension. On distingue :
– Les muscles crâniaux du bras : ce sont les muscles fléchisseurs du coude ;
– Les muscles caudaux du bras : ce sont les muscles extenseurs du coude.

2) Le fascia brachial et les loges musculaires

Formant un manchon complet autour des muscles, le fascia du bras prolonge celui
de l'épaule et se continue par celui de l'avant-bras. Il est plus épais à la face latérale où il
constitue le fascia « omo-brachial ».
Médialement, il délègue un septum qui s'insère sur l'humérus, ce qui délimite deux
loges musculaires principales: l'une crâniale pour les muscles fléchisseurs de l'avant- bras,
l'autre caudale pour les muscles extenseurs de l'avant-bras.

Copyright © DZVET 360, 2021 34


34/42
ANAT - CM 1 - Arthrologie et myologie du membre thoracique partie 1

CM1 – Arthrologie et myologie du membre thoracique (partie I)

3) Les muscles brachiaux crâniaux


Il en existe deux :

Copyright © DZVET 360, 2021 35


35/42
ANAT - CM 1 - Arthrologie et myologie du membre thoracique partie 1

CM1 – Arthrologie et myologie du membre thoracique (partie I)

- Le muscle biceps brachial qui longe l'aspect crânio-médial de l'humérus ;


- Et le muscle brachial qui se trouve contre la face latérale de l'humérus.

♦Le m. biceps brachial


Son nom provient du fait que, chez l'homme, la partie proximale de ce muscle est formée
de deux chefs (un long et un court) qui ne s'unissent que vers sa mi-longueur.
Chez nos mammifères domestiques, le biceps brachial n'est constitué que d'un seul
chef .
C'est un muscle fusiforme avec un tendon à chaque extrémité. Son corps charnu
longe la face médiale (crânialement) de l'humérus.
→ Son tendon d'origine (proximal) s'insère sur le tubercule supra-glénoïdal de la
scapula. Il passe crânialement à la capsule articulaire de l'épaule, puis glisse dans le
sillon inter-tuberculaire dans lequel il est maintenu par le ligt. huméral transverse. Ce
glissement est favorisé par un récessus de la synoviale articulaire de l'épaule.
→ Son tendon distal passe contre la face crâniale de la capsule articulaire du coude
à laquelle il adhère, et se termine par deux branches : l'une courte et faible sur la
tubérosité du radius, l'autre longue et plus forte à la base de l'olécrane (côté médial).
Chez le Cheval, le biceps délègue, près de l'origine du tendon distal, une lanière fibreuse
(« lacertus fibrosus ») qui rejoint la face crâniale du m. extenseur radial du carpe. Chez
les carnivores, cette lanière fibreuse est faible. C'est un système d'économie d'énergie lors du
fléchissement du coude.
Rôle : - Membre au soutien : le m. biceps brachial est fléchisseur du coude ;
- Membre à l'appui, le coude étant stabilisé, il agit en tant que stabilisateur,
voire extenseur de l'épaule (point fixe au niveau de l'insertion distale du
biceps) → Les études d'électromyographie (EMG) montrent que ce rôle
est dominant chez les quadrupèdes.
Les affections du tendon proximal du biceps sont souvent à l'origine de boiteries de
l'épaule (tendinite, synovite). Chez le chien, on peut même assister à la « luxation » du tendon
bicipital par rupture du ligt. huméral transverse. Dans ce cas, ou lors de rupture sévère ou totale
du tendon, le traitement chirurgical le plus appliqué actuellement est la transposition du tendon :
il est désinséré de la scapula, puis fixé plus bas, sur l'extrémité proximale de l'humérus.

♦ Le muscle brachial
Le m. brachial occupe le sillon brachial de l'humérus dont il épouse la forme
torsadée. Sa disposition est assez « originale » : il prend origine au revers caudal du col
de l'humérus ; son corps charnu aplati se retrouve ensuite à la face latérale de l'os dans
le sillon brachial ; et enfin son extrémité distale croise le plan médian pour se terminer
médialement par un tendon bifide s'insérant pratiquement aux mêmes endroits que le
biceps brachial.
Rapports : - Recouvert par le chef latéral du triceps, son bord caudal est longé par le
nerf radial et l'artère collatérale radiale (→ Attention, zone d'accès chirurgical de

Copyright © DZVET 360, 2021 36


36/42
ANAT - CM 1 - Arthrologie et myologie du membre thoracique partie 1

CM1 – Arthrologie et myologie du membre thoracique (partie I)

l'humérus).
- Son extrémité distale s'insinue sous le lacertus fibrosus (→ zone de
tendinites d'insertions distales chez le chien de sport et le cheval)
Rôle : Fléchisseur de l'avant-bras → les études EMG, montrent que le m. brachial est le
fléchisseur du coude le plus actif au cours de la phase de soutien chez le cheval et chez le
chien.

4) Les muscles brachiaux caudaux


Ce sont les mm. triceps brachial, anconé et tenseur du fascia antébrachial.
Ils sont extenseurs du coude. Innervés par le nerf radial

♦ Le m. triceps brachial

Ce muscle est particulièrement puissant chez les quadrupèdes (beaucoup plus fort
comparativement à l'homme). Il occupe tout l'espace compris caudalement entre la
scapula et l'humérus. Comme son nom l'indique, il est habituellement composé de trois
chefs charnus.
Mais, chez le chien et la chèvre, il présente 4 chefs (3 chefs + le chef accessoire) :
- un chef long qui prend origine le long du bord caudal de la scapula,
- et 3 chefs courts : le chef latéral qui s'insère le long de la ligne tricipitale, le

Copyright © DZVET 360, 2021 37


37/42
ANAT - CM 1 - Arthrologie et myologie du membre thoracique partie 1

CM1 – Arthrologie et myologie du membre thoracique (partie I)

chef médial s'attachant à la face médiale de l'humérus et le chef accessoire


(intermédiaire) qui se place entre les deux précédents et qui prend origine sur le
revers caudal de la tête humérale.
Tous ces composants se rejoignent pour former un très fort tendon se terminant
sur la tubérosité de l'olécrâne (présence d'une bourse subtendineuse à ce niveau).

Rôle : → C'est le muscle de l'extension du coude (antagoniste des biceps et brachial) et il est à
l'origine du réflexe tricipital
→ Il maintient l'angle du coude au repos (muscle postural, anti-gravitaire)
Lors de rupture musculaire ou tendineuse → affaissement du membre
avec flexion du coude.

Principaux rapports : Le chef latéral recouvre le muscle brachial, et sa face profonde


se trouve en rapport avec le nerf radial et l'artère collatérale radiale. La face médiale du
triceps est recouverte par le m. tenseur du fascia antébrachial.

♦ Le muscle anconé
Recouvert par le triceps, c'est un petit muscle court et mince qui ferme la fosse de
l'olécrâne.
Plaqué contre la face profonde du chef latéral du triceps, il prend origine sur le
pourtour de la fosse olécranienne (humérus) et se termine au bord crânial (juste au-
dessus du processus anconé) et à la face latérale de l'olécrane (ulna).
Son rôle est accessoire du m. triceps brachial (il est beaucoup plus puissant chez les
grands ongulés où il est un stabilisateur efficace de l'articulation du coude).
En chirurgie ; pour accéder au processus anconé de l'ulna (lors d'un traitement d'une non-
union ou d'une fracture du processus anconé), il faut identifier et inciser ce muscle.

♦ Le muscle tenseur du fascia antébrachial


Ce muscle lié à la quadrupédie (n'existe pas chez l'homme) forme chez le chien
une large et très mince lame charnue qui recouvre la face médiale du chef long du triceps.
Il s'attache le long du bord caudal de l'arcade fibreuse unissant la terminaison du m.
grand dorsal au grand rond et s'insère sur la face médiale de l'olécrane avant de se
prolonger par le fascia antébrachial.
Il permet l'extension et la tension du fascia antébrachial.

Remarque : Groupes fonctionnels neuro-musculaires du bras :


Les muscles crâniaux du bras (biceps brachial et brachial) sont innervés par le seul
nerf musculo-cutané qui est donc le « nerf de la flexion du coude ».
Leurs antagonistes, les muscles caudaux du bras (triceps brachial, anconé, tenseur
du fascia anté-brachial) sont innervés par le seul nerf radial qui est celui de l'extension du
coude.

Copyright © DZVET 360, 2021 38


38/42
ANAT - CM 1 - Arthrologie et myologie du membre thoracique partie 1

CM1 – Arthrologie et myologie du membre thoracique (partie I)

5) Principales particularités des muscles du bras des ongulés


a) Chez le cheval

→ Le tendon proximal du biceps est volumineux. Sa face profonde est très


épaissie, et creusée par une sorte de sillon qui répond au relief intermédiaire du sillon
inter-tuberculaire (comme sur un rail).
→ La lanière fibreuse (lacertus fibrosus) du biceps est très forte. Elle débute
pratiquement à mi-longueur du muscle et rejoint le m. extenseur radial du carpe. Elle
solidarise passivement les articulations de l'épaule et du coude (lors de la flexion de
l'épaule, l'éloignement de l'extrémité proximale du biceps implique une tension sur
la lanière fibreuse qui tire alors sur l'avant-bras contribuant à la flexion du coude ⇒
économie d'énergie).

Copyright © DZVET 360, 2021 39


39/42
ANAT - CM 1 - Arthrologie et myologie du membre thoracique partie 1

CM1 – Arthrologie et myologie du membre thoracique (partie I)

→ Le muscle triceps brachial : encore plus puissant que chez le chien. Surtout son
chef long qui s'attache pratiquement sur toute la longueur du bord caudal de la
scapula. Il ne possède pas de chef accessoire.

→ Muscle tenseur du fascia antébrachial : très large, couvre pratiquement tout le chef long et le
chef médial du triceps à la face médiale du bras.

b) Chez les ruminants


→ Lacertus fibrosus et triceps brachial : comme chez le cheval.
→ Chez la chèvre et le mouton, le triceps brachial présente comme chez le chien
un chef accessoire qui n'est pas présent chez le bœuf.
→ Muscle tenseur du fascia antébrachial : il forme une bande charnue étroite
limitée au bord caudal du chef long du triceps.

C - Les articulations anté-brachiales


Les articulations de l'avant-bras sont celles qui unissent le radius à l'ulna : radio-ulnaires

Copyright © DZVET 360, 2021 40


40/42
ANAT - CM 1 - Arthrologie et myologie du membre thoracique partie 1

CM1 – Arthrologie et myologie du membre thoracique (partie I)

proximale et distale.
Elles permettent les mouvements de pronation et de supination chez les primates,
carnivores, lapins et rongeurs.
Ces mouvements sont permis par une musculature particulière (muscles supinateurs
et pronateurs) située dans l'avant-bras (voir les muscles de l'avant-bras)

— Chez les carnivores et chez l'homme, ce sont des articulations synoviales. Elles
permettent les mouvements de pronation et de supination. C'est chez l'homme que ces
mouvements atteignent leur maximum d'amplitude (180° si l'épaule est bloquée, 270° si
l'épaule est libérée ) : la tête radiale tourne autour d'un axe vertical, ce qui entraîne le
corps du radius qui pivote autour de l'ulna. Chez le chien la prono-supination est
beaucoup plus limitée (amplitude < 45°), tandis que chez le chat son amplitude atteint
pratiquement les 90°.

• L'articulation radio-ulnaire proximale : sa capsule articulaire et sa synoviale


sont communes avec celles de l'art. huméro-antébrachiale. Le ligt. annulaire du
radius détermine avec l'ulna un anneau qui maintient l'extrémité proximale du radius
lors de sa rotation.
• L'articulation radio-ulnaire distale possède sa propre capsule articulaire. Sa
synoviale correspond à un petit prolongement de la synoviale antébrachio-
carpienne.

Copyright © DZVET 360, 2021 41


41/42
ANAT - CM 1 - Arthrologie et myologie du membre thoracique partie 1

CM1 – Arthrologie et myologie du membre thoracique (partie I)

• L'espace entre les deux os est comblé par une membrane fibreuse : la membrane
interosseuse. Celle-ci est divisée en 2 parties (proximale et distale) par un trou
permettant le passage des vaisseaux interosseux.

— Chez les ongulés les mouvements de prono-supination sont nuls. Au niveau de l'art.
radio-ulnaire proximale, le ligament annulaire est remplacé, de part et d'autre part les ligts.
radio-ulnaires latéral et médial. La membrane interosseuse devient très fibreuse et a
tendance à s'ossifier (on parle de « ligament interosseux »).
• Chez les équidés, l'articulation radio-ulnaire proximale est une synfibrose qui
a tendance à s'ossifier (devient une synostose). L'articulation radio-ulnaire
distale n'existe pas du fait de la soudure des extrémités distales des deux os. Seul
persiste le ligt. interosseux proximal.
• Chez les bœuf et les petits ruminants, le corps de l'ulna, bien que vestigial,
est complet. Les art. radio-ulnaires proximale et distale sont des synfibroses
qui ont tendance à s'ossifier. Le ligt. interosseux est en deux parties, proximale et
distale.

Copyright © DZVET 360, 2021 42


42/42
CE DOCUMENT A ETE OFFERT AUX VETERINAIRES ALGERIENS PAR

REDA MOHAMED GUESSOUM, DVM

CE DOCUMENT A ETE OFFERT AUX VETERINAIRES ALGERIENS PAR

REDA MOHAMED GUESSOUM, DVM

43
ANAT - CM2 - Arthrologie et myologie du membre thoracique partie 2

CM2 – Arthrologie et myologie du membre thoracique (partie II)

ARTHROLOGIE et MYOLOGIE du MEMBRE THORACIQUE


des mammifères domestiques Deuxième partie :
LA MAIN

Les articulations de la main sont les articulations carpiennes, inter-métacarpiennes, métacarpo-


phalangiennes et interphalangiennes proximales et distales.
Les muscles mobilisateurs du carpe et des doigts sont en grande majorité des muscles
antébrachiaux. Les muscles situés dans la main sont beaucoup moins développés que chez
l’homme, mais les structures tendineuses et fasciales y constituent des éléments importants dans la
stabilisation et la biomécanique articulaire.
Contrairement à l’homme chez lequel toute la mécanique du membre thoracique est asservie
aux fonctions de préhension de la main, chez les quadrupèdes elle est dévolue à la locomotion et
au support du poids du corps. Les structures ostéo-articulaires et musculo-tendineuses de ce
segment le plus distal du membre se trouvent le plus fortement sollicitées, en particulier lors des
efforts liés à la pratique sportive. Ceci explique pourquoi les pathologies sportives concernent le
plus souvent les os et les articulations les plus distaux chez les animaux (carpe, métacarpe,
phalanges, os sésamoïdes et leurs jointures aussi bien chez le chien que chez le cheval).
Pour une approche plus simplifiée et plus en rapport avec la clinique, notre modèle d’étude des
articulations de la main sera le cheval, chez lequel plus des ¾ des boiteries du membre thoracique
sont liées à des affections de ce segment. (Chez le chien, les lésions affectent plutôt les
articulations proximales : coude et épaule, sauf chez le chien sportif où les lésions de la main sont
plus fréquentes).

LES ARTICULATIONS DE LA MAIN


A - Articulations du CARPE
Le carpe correspond à la région du “genou” chez les Ongulés. Ses articulations sont
nombreuses et complexes. On peut les diviser en :

♦ Articulations extrinsèques ; ce sont les unions :


→ Entre les os de l’avant-bras et la première rangée du carpe =
antébrachiocarpiennes ;
→ Entre les os de la rangée distale du carpe et les métacarpes =
carpométacarpiennes ;

Copyright © DZVET 360, 2021 1/64

1
ANAT - CM2 - Arthrologie et myologie du membre thoracique partie 2

CM2 – Arthrologie et myologie du membre thoracique (partie II)

♦ Articulations intrinsèques du carpe. Elles unissent :


→ Les os de la rangée proximale du carpe entre eux = intercarpiennes proximales ;

→ Les os de la rangée distale du carpe entre eux = intercarpiennes distales ; → La


rangée proximale à la rangée distale = médio-carpiennes.

Articulations
antébrachiocarpiennes
médiocarpiennes
carpométacarpiennes

Copyright © DZVET 360, 2021 2/64

2
ANAT - CM2 - Arthrologie et myologie du membre thoracique partie 2

CM2 – Arthrologie et myologie du membre thoracique (partie II)

I - ETUDE CHEZ LE CHEVAL


Chez les onguligrades, en particulier chez le cheval, la mobilité latérale et rotatoire du carpe
est incompatible avec l’adaptation poussée à la course et au saut. En effet, l’allongement et le
redressement du métapode, avec la conservation d’un axe avant-bras—carpe—métacarpe
rectiligne lors de la phase d’appui de la marche, nécessitent une grande rigidité et une grande
stabilité du carpe lors de la locomotion. C’est pourquoi nous assistons à une tendance à la
solidarisation de l’ensemble des articulations carpiennes grâce à des moyens d’union communs à
l’ensemble du carpe, d’où une spécialisation poussée dans les mouvements sagittaux de flexion-
extension.

Copyright © DZVET 360, 2021 3/64

3
ANAT - CM2 - Arthrologie et myologie du membre thoracique partie 2

CM2 – Arthrologie et myologie du membre thoracique (partie II)

1) Les surfaces articulaires du carpe


Elles sont plus ou moins marquées (⇒ influence sur l’amplitude des mouvements permis) selon
l’étage considéré :

— L’articulation antébrachio-carpienne présente des surfaces articulaires très marquées : elle


est de type condylaire. C'est l'articulation qui permet l'essentiel de la mobilité du carpe.
- La surface antébrachiale est surtout représentée par l’extrémité distale du radius. Celle-ci
est étirée transversalement et montre deux types de reliefs articulaires : deux cavités glénoïdes
dorsalement, et trois condyles convexes côté palmaire. Le plus latéral de ces condyles correspond à
l’extrémité distale de l’ulna annexée par le radius.

Copyright © DZVET 360, 2021 4/64

4
ANAT - CM2 - Arthrologie et myologie du membre thoracique partie 2

CM2 – Arthrologie et myologie du membre thoracique (partie II)

- La surface carpienne est formée par les os scaphoïde, semi-lunaire et pyramidal. Elle
présente une conformation inverse (condyles vers l’avant et cavités vers l’arrière). Chez le cheval,
l’os pisiforme répond également à l’ulna par une petite facette articulaire planiforme.
— Les surfaces articulaires médio-carpiennes sont également de type condylaire, mais elles
sont nettement moins marquées que les précédentes.
— Les articulations intercarpiennes proximales et intercarpiennes distales sont des
arthrodies : les os adjacents se répondent par de petites facettes articulaires planes. Elles
n’autorisent que de tous petits mouvements de glissements.
— Les surfaces articulaires carpo-métacarpiennes sont larges et planes. Le plus grand
contact articulaire a lieu entre l’os capitatum et le métacarpien III.

Copyright © DZVET 360, 2021 5/64

5
ANAT - CM2 - Arthrologie et myologie du membre thoracique partie 2

CM2 – Arthrologie et myologie du membre thoracique (partie II)

Copyright © DZVET 360, 2021 6/64

6
ANAT - CM2 - Arthrologie et myologie du membre thoracique partie 2

CM2 – Arthrologie et myologie du membre thoracique (partie II)

2) Moyens d’unions du carpe


Chez les ongulés, on peut décrire deux types de moyens d’union :

→ Ceux qui solidarisent et assurent la stabilité de l’ensemble du carpe : capsule articulaire


et ligaments collatéraux du carpe ;
→ Ceux qui unissent les différents os adjacents entre eux : ce sont les ligaments propres.
Remarque : Attention ! Ces considérations ne sont plus valables chez les carnivores et chez
l’homme (voir particularités spécifiques).

a) Moyens d’union communs à l’ensemble du carpe :

♦ La capsule articulaire : La capsule articulaire du carpe est épaisse. Elle joint


l’extrémité distale du radius à l’extrémité proximale du métacarpe, englobant et couvrant
la totalité du carpe.

→ Sa face dorsale constitue la membrane commune dorsale du carpe. Elle est épaisse
mais lâche, ce qui lui permet de se prêter aux mouvements de flexion du carpe. Elle porte
les empreintes des tendons. Sa face profonde adhère fortement à la face dorsale des os du
carpe. Elle est en continuité, de chaque côté, avec les ligaments collatéraux.

Copyright © DZVET 360, 2021 7/64

7
ANAT - CM2 - Arthrologie et myologie du membre thoracique partie 2

CM2 – Arthrologie et myologie du membre thoracique (partie II)

→ Côté palmaire, la capsule articulaire est très épaissie et forme la membrane


commune palmaire du carpe. Elle adhère fortement à la face palmaire du carpe la rendant
uniforme et lisse (⇒ surface de glissement pour les tendons perforé et perforant dans le
canal carpien). Elle adhère également à l’origine du m. interosseux III, puis se continue au-
delà du carpe et rejoint la face profonde du tendon du m. fléchisseur profond du doigt (=
tendon perforant) formant la bride carpienne du perforant (ou « ligament accessoire du
carpe »). Chez les Ruminants, cette bride rejoint le tendon du fléchisseur superficiel.

Cette bride carpienne pour le perforant est une particularité des ongulés ; elle
joue un rôle important dans la biomécanique de la main.

♦ Les ligaments collatéraux du carpe :


→ Du côté latéral, c’est le ligament collatéral ulnaire (ou latéral). Il joint le
processus styloïde de l’ulna au bord latéral du carpe et des métacarpes III et IV en
recouvrant le carpe. Il est constitué de fibres torsadées sur elles-mêmes formant deux
faisceaux, l’un profond, l’autre superficiel, qui se croisent, ce qui rigidifie le carpe.
→ Du côté médial, c’est le ligament collatéral radial (ou médial), tendu entre le
processus styloïde du radius et le bord médial du carpe et des métacarpiens II et III. Il

Copyright © DZVET 360, 2021 8/64

8
ANAT - CM2 - Arthrologie et myologie du membre thoracique partie 2

CM2 – Arthrologie et myologie du membre thoracique (partie II)

présente la même conformation que le ligament collatéral ulnaire, avec un faisceau profond
et un faisceau superficiel.

Ces ligaments très forts (palpables sous la peau) sont relâchés lors de la
flexion du carpe, et sont tendus lors de son extension, verrouillant l’ensemble de
l’articulation. En outre, quand ils sont tendus (carpe en extension), leur orientation
croisée dans l’espace constitue un frein puissant, réduisant pratiquement à néant
les mouvements latéraux et rotatoires du carpe.

b) Les ligaments propres du carpe


Recouverts par la capsule articulaire, ce sont des ligaments courts unissant les os
adjacents entre eux. Ils prennent le nom des os qu’ils relient.
On distingue : des ligaments propres antébrachio-carpiens, intercarpiens proximaux,
médio-carpiens, intercarpiens distaux et carpo-métacarpiens Dans tous les cas, ils
s’organisent en trois plans dans l'espace :
— les ligaments propres dorsaux. Ceux de l’articulation antébrachio-carpienne ne sont
pas identifiables, car se confondent avec la membrane commune dorsale. Les autres (ex. :
ligt. scapho-lunaire dorsal, ligt. capitato-métacarpien dorsal etc…) sont minces et faibles.

Copyright © DZVET 360, 2021 9/64

9
ANAT - CM2 - Arthrologie et myologie du membre thoracique partie 2

CM2 – Arthrologie et myologie du membre thoracique (partie II)

— les ligaments propres interosseux ; Ce sont les plus courts, mais les plus épais et
puissants. Ils se trouvent en position profonde (visibles sur une coupe frontale du carpe).

Copyright © DZVET 360, 2021 10/64

10
ANAT - CM2 - Arthrologie et myologie du membre thoracique partie 2

CM2 – Arthrologie et myologie du membre thoracique (partie II)

— Les ligaments propres palmaires. Ils sont difficiles à discerner et se confondent


avec la membrane commune palmaire du carpe. Seuls les ligaments propres de l’os
pisiforme sont forts et bien individualisables. Ce sont les ligts pisi-ulnaire,
pisipyramidal, pisi-crochu et pisi-métacarpien.
Ces ligaments de l’os pisiforme sont très puissants. Ils le solidarisent
fortement au carpe, le transformant en un levier très solide et très rigide pour les
muscles ulnaires latéral et médial.

3) Moyens de glissement : les synoviales du carpe


Les articulations du carpe sont toutes des articulations synoviales. Il existe trois
synoviales, une à chaque étage :

→ La synoviale antébrachio-carpienne. C’est la plus vaste et la plus étendue des


synoviales carpiennes. Elle délègue des prolongements entre les os de la rangée proximale
du carpe, ainsi que pour l’arthrodie pisi-ulnaire. Sa ponction peut s’effectuer
dorsalement sur toute la largeur de l’interligne articulaire (aisée quand le carpe est mis en
flexion). Son récessus palmaire proximal peut également être ponctionné.
L’augmentation de volume par hypersécrétion de liquide synovial du récessus
palmaire proximal est à l’origine du vessigon articulaire du carpe (tare molle) dont la
position est caractéristique : à la face interne et juste au-dessus du pisiforme.

Copyright © DZVET 360, 2021 11/64

11
ANAT - CM2 - Arthrologie et myologie du membre thoracique partie 2

CM2 – Arthrologie et myologie du membre thoracique (partie II)

→ La synoviale médio-carpienne. Elle communique avec la synoviale


carpométacarpienne.

→ La synoviale carpo-métacarpienne. Elle délègue des prolongements entre les os de


la rangée distale du carpe d’une part, et entre les métacarpes d’autre part.

En définitive : On se trouve en présence de nombreux os courts réunis par des


ligaments courts et puissants et lubrifiés par de nombreux prolongements
synoviaux dans leurs interstices ⇒ le carpe constitue un véritable centre
d’amortissement des efforts s’exerçant sur la main.

4) Autres moyens de maintien et de stabilisation du carpe


→ Les tendons des muscles antébrachiaux crâniaux et caudaux qui croisent
l’articulation.

→ Le renforcement du fascia au niveau du carpe. Dorsalement, il va former les


rétinacles pour les tendons des muscles extenseurs. A la face palmaire, le fascia constitue
le rétinacle des fléchisseurs formant en particulier le canal carpien traversé par les
tendons perforé et perforant qui y glissent grâce à des bourses synoviales tendineuses.

Copyright © DZVET 360, 2021 12/64

12
ANAT - CM2 - Arthrologie et myologie du membre thoracique partie 2

CM2 – Arthrologie et myologie du membre thoracique (partie II)

Le syndrome du canal carpien constitue également un passage pour le nerf et l'artère


médians. Ainsi, lors d'entorses, fêlures ou inflammations, le nerf médian peut être
comprimé et entraîner une rétraction des doigts. C'est le syndrome du canal carpien.

5) Les mouvements du carpe

a) Les mouvements possibles


Les mouvements majeurs sont la flexion et l’extension. Quand le carpe est fléchi, le
relâchement des ligaments collatéraux permet de mettre en évidence par mobilisation
passive des mouvements latéraux et rotatoires voire de glissements dans le sens palmaire-
dorsal.
Lors de la flexion du carpe, l’essentiel du mouvement a lieu au niveau de l’interligne
antébrachio-carpienne. L’amplitude de la flexion est beaucoup moins importante pour
l’articulation médio-carpienne, et pratiquement nulle pour la carpo-métacarpienne. Le
centre de rotation du carpe est donc proximal, au niveau de l'articulation antébrachio-
carpienne.

b) Le carpe lors de la locomotion


→ Ce n’est que lors de la phase de soutien de la marche que le carpe du cheval se
fléchit. C’est une flexion active (mm. fléchisseur radial du carpe ++, ulnaires latéral et

Copyright © DZVET 360, 2021 13/64

13
ANAT - CM2 - Arthrologie et myologie du membre thoracique partie 2

CM2 – Arthrologie et myologie du membre thoracique (partie II)

médial). Lors de l’embrassée du terrain le carpe se tend sous l’action des muscles
extenseurs de la main (extenseur radial du carpe ++).

→ Dès le poser du pied, le carpe se met en extension et le boulet ''descend'', ceci durant
toute la phase d’appui. Cette extension est contrôlée par la mise en tension progressive du
tendon perforé puis du m. interosseux, d'où une mise en tension du couple bride carpienne
– tendon perforant. C’est un phénomène purement passif.

Applications : sollicitations du carpe lors de l’appui et lésions osseuses (en


particulier de l'os scaphoïde) (Cf figures)

II - PRINCIPALES PARTICULARITES SPECIFIQUES

1) Chez le bœuf et les petits ruminants


L’organisation générale des articulations du carpe est comparable à celle du cheval. La
spécialisation dans les mouvements sagittaux est moins marquée que chez le cheval.
– Pas d’articulation pisi-ulnaire.
– Le ligament collatéral ulnaire est long, grêle et ne présente qu’un seul plan de fibres.
– La bride carpienne rejoint le tendon perforé au niveau de la “ manica flexoria ” (et non
pas le perforant comme chez le cheval).

Copyright © DZVET 360, 2021 14/64

14
ANAT - CM2 - Arthrologie et myologie du membre thoracique partie 2

CM2 – Arthrologie et myologie du membre thoracique (partie II)

– Les ligaments propres dorsaux et palmaires sont relativement plus discernables que chez le
cheval, mais restent difficilement séparables des membranes communes dorsale et palmaire.

2) Chez les carnivores


L’organisation des articulations carpiennes est très différente de celle des ongulés. Elle est plus
comparable au poignet de l’homme et correspond à une locomotion digitigrade.

L’essentiel de l’union antébrachio-carpienne a lieu entre l’os scapho-lunaire et le radius. La


conformation des surfaces articulaires permet une plus grande souplesse et une plus grande
mobilité du poignet, avec des mouvements latéraux et rotatoires nettement plus importants que
chez les ongulés. En plus, intervient à ce niveau la prono-supination (limitée chez le chien, plus
importante chez le chat).
– L’os pisiforme s’articule, comme chez le cheval, avec l’extrémité distale de l’ulna et rejoint
les métacarpiens IV et V.
– L'os pyramidal s'articule avec le métacarpien V (les doigts II et V sont les plus puissants).
– L'os trapèze s'articule avec le métacarpien I du pouce (doigt à rôle stabilisateur).
– La capsule articulaire n’est pas commune à tout le carpe. Il existe 3 capsules
articulaires, une pour chaque étage : antébrachio-carpienne (la plus développée), médio-carpienne,
et carpométacarpienne.

Copyright © DZVET 360, 2021 15/64

15
ANAT - CM2 - Arthrologie et myologie du membre thoracique partie 2

CM2 – Arthrologie et myologie du membre thoracique (partie II)

– Il en est de même pour les ligaments collatéraux , ils sont uniquement antébrachiocarpiens
: le médial s’insère sur l’os scapho-lunaire, tandis que le latéral se termine sur l’os pyramidal.
– Les ligaments propres sont plus nombreux, plus individualisés, et forts. A la face palmaire,
le ligament radio-pyramidal est bien développé. Orienté très obliquement, c’est lui qui entraîne la
main dans le mouvement de supination (maximum de développement chez l’homme). La plupart
des autres ligaments palmaires se confondent en un puissant et épais ligament rayonné qui couvre
la face palmaire du carpe ; Il commence sur la rangée proximale et se termine sur les métacarpes
(Attention ! pas de bride carpienne chez les carnivores).
Chez le chien la pathologie du carpe est surtout dominée en médecine sportive par :
→ Les entorses (antébrachio-carpiennes) avec élongation, voire rupture des ligaments
collatéraux ;
→ La fracture plus ou moins importante de l’os scapho-lunaire (réception d’un
saut, appuis dissymétriques avec virages serrés et brusques lors de courses de lévriers
ou de chiens de traîneau).
→ L’arthrose des interlignes articulaires dorsales (frottements lors de
l’hyperextension du carpe)

Copyright © DZVET 360, 2021 16/64

16
ANAT - CM2 - Arthrologie et myologie du membre thoracique partie 2

CM2 – Arthrologie et myologie du membre thoracique (partie II)

→ L’atteinte des tendons des fléchisseurs au niveau de leurs insertions sur l’os
pisiforme : rétraction, arrachement, tendinites.
→ les fractures parcellaires du pisiforme au niveau des zones d’insertions
musculaires ou ligamentaires.

B - Les articulations INTER-METACARPIENNES


Elles unissent les os métacarpiens entre eux.
♦ Chez les équidés les métacarpiens rudimentaires (II et IV) sont unis sur pratiquement toute
leur longueur à l’os canon par une synfibrose (ligt. interosseux) qui s’ossifie avec l’âge
(→synostose).

♦ Chez les ruminants l’os canon est formé par la soudure des métacarpiens III et IV ne
laissant distinctes que leurs extrémités distales. Le métacarpien rudimentaire (V) est uni à l’os
canon par une synfibrose (ligt. interosseux) qui peut s’ossifier.

Copyright © DZVET 360, 2021 17/64

17
ANAT - CM2 - Arthrologie et myologie du membre thoracique partie 2

CM2 – Arthrologie et myologie du membre thoracique (partie II)

♦ Chez les carnivores, les métacarpiens s’articulent entre eux par leurs extrémités
proximales grâce à de petites facettes articulaires. Ce sont des articulations synoviales. Chacune
possède sa capsule articulaire et ses ligaments dorsal, interosseux et palmaire. Elles sont lubrifiées
par la synoviale carpo-métacarpienne. Les mouvements permis sont de faibles glissements.

C- Les articulations DIGITALES


Ce sont les articulations métacarpo-phalangienne et interphalangiennes proximale et
distale. Elles sont, toutes les trois, des articulations synoviales de type condylaire.

Copyright © DZVET 360, 2021 18/64

18
ANAT - CM2 - Arthrologie et myologie du membre thoracique partie 2

CM2 – Arthrologie et myologie du membre thoracique (partie II)

I- ETUDE CHEZ LE CHEVAL

1) L’Articulation métacarpo-phalangienne
Chez les ongulés, c’est l’articulation du boulet. Elle met en présence 4 os : le
métacarpien III, la phalange proximale et les deux sésamoïdes proximaux.

a) Surfaces articulaires
→ Extrémité distale du métacarpien III : Processus articulaire avec deux condyles
cylindroïdes (latéral et médial) séparés par un relief intermédiaire. Elle répond :
→ Distalement à l’extrémité proximale de la phalange proximale (deux cavités
glénoïdes séparées par une gorge)
→ Et, côté palmaire, aux sésamoïdes proximaux. Chaque sésamoïde répond au
revers palmaire du condyle métacarpien correspondant d’une part, et par une petite facette

Copyright © DZVET 360, 2021 19/64

19
ANAT - CM2 - Arthrologie et myologie du membre thoracique partie 2

CM2 – Arthrologie et myologie du membre thoracique (partie II)

articulaire axiale au relief intermédiaire (les os sésamoïdes proximaux ne s’articulent pas


avec la premlère phalange).

b) Moyens d’union

— La capsule articulaire est très épaisse dorsalement, beaucoup plus mince côté
palmaire où elle est renforcée par les ligaments sésamoïdiens.

— Les ligaments collatéraux (un latéral et un médial) joignent, de chaque côté, les
bords du métacarpien III à la phalange proximale. Ils présentent deux faisceaux croisés,
l’un superficiel, l’autre profond. Ces ligaments s’opposent aux mouvements latéraux et
rotatoires exagérés du boulet.

— Les ligaments sésamoïdiens. Il en existe trois groupes :


→ Le ligament intersésamoïdien (appelé aussi ligament palmaire) unit solidement
les deux os sésamoïdes entre eux (bloc sésamoïdien). Il est très épais, lisse et

Copyright © DZVET 360, 2021 20/64

20
ANAT - CM2 - Arthrologie et myologie du membre thoracique partie 2

CM2 – Arthrologie et myologie du membre thoracique (partie II)

forme une surface de glissement pour le tendon du m. fléchisseur profond du


doigt.
→ Les ligaments sésamoïdiens collatéraux (un latéral et un médial) joignent, de
chaque côté, le bord abaxial d’un sésamoïde au tubercule latéral de la phalange
proximale : Ils limitent les mouvements latéraux du bloc sésamoïdien.
→ Les ligaments sésamoïdiens distaux : ils solidarisent le bloc sésamoïdien aux
phalanges et sont associés au ligament suspenseur du boulet. Ils s’organisent en
trois plans :
- Le plan superficiel est celui du ligt. distal droit. Il rejoint le bourrelet glénoïdal de la 2e
phalange.
- Le plan moyen est celui des ligts. sésamoïdiens distaux obliques, (trois faisceaux
s’insérant sur la face palmaire de la phalange proximale).
- Le plan profond est celui des ligts. sésamoïdiens courts et croisés qui s’attachent sur le
revers palmaire de l’extrémité proximale de la phalange proximale.

Copyright © DZVET 360, 2021 21/64

21
ANAT - CM2 - Arthrologie et myologie du membre thoracique partie 2

CM2 – Arthrologie et myologie du membre thoracique (partie II)

Le rôle des ligaments sésamoïdiens distaux est indissociable de celui du «


ligament suspenseur du boulet » ou muscles interosseux III (voir myologie) avec
lequel ils constituent « l’appareil suspenseur du boulet ». Le rôle de cet « appareil
suspenseur du boulet » est fondamental dans la mécanique statique et dynamique
du boulet. Au repos, il assure un maintien passif de l’articulation (“ suspenseur ”
du boulet) ; au cours de la locomotion, il contrôle et s’oppose à l’extension du
boulet lors de l’appui (s’oppose à la “ descente ” du boulet).

c) Moyens de glissement
La synoviale métacarpo-phalangienne est vaste avec trois récessus : un dorsal et deux
palmaires (distal et proximal). Le récessus palmaire proximal est explorable
(ponctions). Il se situe entre le métacarpien III et la bifurcation du m. interosseux.
Ce récessus palmaire proximal est à l’origine de la “ molette ” du boulet (tare
molle), dont la position est particulière juste au dessus des sésamoïdes.

d) Les mouvements de l’articulation du boulet

♦ Mouvements permis :
Cette articulation permet essentiellement des mouvements de flexion - extension.

Copyright © DZVET 360, 2021 22/64

22
ANAT - CM2 - Arthrologie et myologie du membre thoracique partie 2

CM2 – Arthrologie et myologie du membre thoracique (partie II)

Les amplitudes des mouvements latéraux et rotatoires sont limitées. Ces derniers sont
uniquement des mouvements passifs, forcés, survenant lors d’appuis dissymétriques.
Rappel : Comme pour toutes les articulations de la main :Flexion : mouvement en
direction palmaire (« sous le ventre de l’animal ») de la phalange proximale par rapport
au métacarpien III - Extension : mouvement en direction dorsale de la phalange proximale
par rapport au métacarpien III.

♦ Le boulet lors de la locomotion


Le m. inter-osseux étant entièrement fibreux, il n’existe pas chez les ongulés des muscles
qui mobilisent directement cette articulation. La flexion active du boulet est associée à la
flexion interphalangienne proximale (m. fléchisseur superficiel du doigt) lors de la
première moitié de la phase de soutien, tandis que son extension est due à l’action indirecte
des mm. extenseurs du doigt (EDD et ELD) lors de l’embrassée du terrain.

Le boulet est parmi les articulations du doigt, celle qui subit les plus amples variations
pendant la locomotion :
→ Dès le poser du pied, cette articulation subit une forte extension qui va durer toute la
première moitié de la phase d’appui et atteint son maximum au “ soutènement ”. C’est la
“ descente du boulet ” qui correspond à un déplacement distal du bloc sésamoïdien. Ce
mouvement est limité par :
- La mise en tension du ligament suspenseur du boulet
- La mise en tension des ligaments sésamoïdiens distaux
- Et, dans l’amplitude extrême, par une butée dorsale métacarpo-phalangienne.
→ Lors de la propulsion, les diverses structures ligamento-tendineuses se relâchent, et
l’articulation métacarpo-phalangienne subit une flexion

. Applications : La position de l’articulation du boulet en fait une jointure relais


fortement sollicitée lors de la locomotion chez le cheval : située à l’intersection de l’axe
avant-bras—carpe—métacarpe d’une part, et de l’axe des phalanges d’autre part, c’est le
point de convergence des efforts de la réaction du sol et du poids porté par le membre
Cet aspect de la biomécanique de l’articulation métacarpo-phalangienne explique le type
de lésions rencontrées lors des fréquentes boiteries du boulet.

2) L’articulation inter-phalangienne proximale (IPP)


C’est l’articulation du “ paturon ” des ongulés. Elle met en rapport les phalanges
proximale (P1) et intermédiaire (P2).

Copyright © DZVET 360, 2021 23/64

23
ANAT - CM2 - Arthrologie et myologie du membre thoracique partie 2

CM2 – Arthrologie et myologie du membre thoracique (partie II)

a) Surfaces articulaires

→Extrémité distale de P1 : deux condyles convexes presque symétriques, séparés par


une gorge médiane.
→ Extrémité proximale de P2 : deux cavités glénoïdes avec un relief médian.
Le bord palmaire de la P2 est complété par une formation fibro-cartilagineuse, le
bourrelet glénoïdal.

b) Moyens d’union
Ils sont représentés par une capsule articulaire et deux groupes de ligaments.
— La capsule articulaire est mince dorsalement, mais épaissie côté palmaire par le
bourrelet glénoïdal. La face palmaire du bourrelet glénoïdal constitue la 2nd surface de
glissement pour le tendon du perforant (scutum moyen).
— Les ligaments collatéraux (latéral et médial) relient, de chaque côté, les bords de P1
à P2.

Copyright © DZVET 360, 2021 24/64

24
ANAT - CM2 - Arthrologie et myologie du membre thoracique partie 2

CM2 – Arthrologie et myologie du membre thoracique (partie II)

— Les ligaments palmaires (latéral et médial) joignent, de chaque côté, le bourrelet


glénoïdal au bord correspondant de P1. Chaque ligament présente trois faisceaux de fibres.

Copyright © DZVET 360, 2021 25/64

25
ANAT - CM2 - Arthrologie et myologie du membre thoracique partie 2

CM2 – Arthrologie et myologie du membre thoracique (partie II)

3) Moyen de glissement
La synoviale est peu étendue et présente deux récessus : l’un dorsal, l’autre palmaire. Le
récessus dorsal est explorable par ponction à travers le tendon du m. extenseur dorsal du
doigt.

Synoviales des articulations du doigt du cheval et zones d'injection ou de ponction

4) Mouvements
Flexion – extension (mouvements latéraux et rotatoires, passifs et d’amplitude limitée).
Cette jointure peu mobile, subit de très fortes compressions lors du poser du
membre (en particulier lors des réceptions violentes des sauts). C’est pourquoi les lésions
les plus rencontrées au niveau de cette articulation sont des lésions d’arthrose
(développement d’ostéophytes). Ces ostéophytes se développent également de façon
assez fréquente au niveau des zones d’insertions ligamentaires (torsions répétées lors
d’appuis dissymétriques).

Copyright © DZVET 360, 2021 26/64

26
ANAT - CM2 - Arthrologie et myologie du membre thoracique partie 2

CM2 – Arthrologie et myologie du membre thoracique (partie II)

3) L’articulation interphalangienne distale (IPD)


C’est l’articulation du “ pied ” des ongulés. Elle unit la phalange moyenne (P2) à la
phalange distale (P3) et à l’os sésamoïde distal. Elle est entièrement située à l’intérieur du
sabot.

a) Surfaces articulaires
→L’aspect des surfaces articulaires des phalanges est identique à celui de l’articulation
interphalangienne proximale (surface articulaire distale de P2 : deux condyles séparés par
une gorge ; surface articulaire proximale de P3 : deux cavités séparées par un relief)
→ L’os sésamoïde distal complète, côté palmaire, cette articulation. Il répond :
- par sa face proximale, au revers palmaire de la tête articulaire de P2 ; - par
son bord distal, au bord palmaire de P3.

b) Moyens d’union
♦ La capsule articulaire est fine. Elle est complétée par des ligaments interphalangiens
collatéraux et des ligaments sésamoïdiens (= ligaments palmaires).
♦ Les ligaments collatéraux (latéral et médial) sont forts. Ils joignent, de chaque côté,
l’extrémité distale de P2 à la base du processus de l’extenseur de P3.

♦ Les ligaments sésamoïdiens :


→ Ligaments sésamoïdiens collatéraux (latéral et médial). Ils sont pratiquement en
continuité avec les ligaments collatéraux de l’articulation l’interphalangienne proximale. Ils
unissent de chaque côté l’extrémité du sésamoïde au bord correspondant de P1 ⇒
solidarisent les deux articulations interphalangiennes (c-à-d. qu’elles se fléchissent ou
s’étendent toujours en même temps). Ils s’opposent aux mouvements latéraux et rotatoires
du sésamoïde distal (souvent touchés lors d’une entorse du pied).
→ Le ligament sésamoïdien distal unit le bord distal du sésamoïde à la face solaire
de P3. Il s’oppose à l’extension exagérée de l’articulation IPD.

c) Moyens de glissement
La synoviale IPD est vaste et présente 5 récessus (dorsal, palmaire proximal, palmaire
distal, et deux latéraux).

Copyright © DZVET 360, 2021 27/64

27
ANAT - CM2 - Arthrologie et myologie du membre thoracique partie 2

CM2 – Arthrologie et myologie du membre thoracique (partie II)

Le récessus dorsal est le plus superficiel et il est explorable. Il dépasse de 1 à 2 cm au


dessus du bord du sabot, directement sous le tendon du m. extenseur dorsal du doigt à
travers lequel il peut être ponctionné.

Articulations du doigt et surfaces de glissement pour le tendon perforant

d) Mouvements de l’articulation interphalangienne distale


→ Les mouvements majeurs sont la flexion et l’extension. L’articulation IPD du
cheval se caractérise par le fait qu’elle possède 1 muscle extenseur (EDD) et 1 muscle
fléchisseur (FPD) (spécialisation la plus poussée dans la locomotion onguligrade et la
constitution du pied). Les mouvements latéraux et de rotation sont, là aussi, uniquement
des mouvements passifs mais ils sont assez importants. C’est ce qui permet un poser à plat
du sabot, lors d’appuis dissymétriques et quelles que soient les irrégularités du sol.

→ Lors de la locomotion, les mouvements des articulations interphalangiennes


proximale et distale sont toujours synchrones et coordonnés. Elles se fléchissent ou

Copyright © DZVET 360, 2021 28/64

28
ANAT - CM2 - Arthrologie et myologie du membre thoracique partie 2

CM2 – Arthrologie et myologie du membre thoracique (partie II)

s’étendent en même temps. Mais les mouvements les plus importants et les plus amples ont
lieu au niveau de l’articulation interphalangienne distale.
Applications : Cette articulation est le site d’une pathologie dégénérative très
fréquente chez le cheval : la maladie naviculaire ou, plus précisément la « syndrôme
podotrochléaire », (car l’ensemble de l’appareil podotrochléaire y est impliqué : toutes les
structures ostéo-articulaires du pied, ainsi que le tendon perforant et sa bourse
podotrochléaire). Son apparition et son évolution sont, entre autres, favorisées par les
fortes sollicitations subies lors des efforts de propulsion. En effet, lors d'hyperextension, le
tendon perforant est en traction très forte et plaque l'os sésamoïde contre la phalange.
Pour soulager son membre, le cheval porte sa main en avant ce qui permet de relâcher le
tendon.
Cette mécanique du pied est mise à profit dans l’examen clinique d’un cheval suspect
de maladie naviculaire, avec le test de la planche : la mise en extension de l’articulation
IPD, met en tension le tendon perforant qui appuie sur l’os naviculaire. Le test est positif
si le cheval a mal et qu’il se soustrait au test. En complément du traitement médical, un
traitement « orthopédique » s’impose : il faut prescrire un fer qui soulève le talon pour
relâcher le tendon perforant et diminuer la pression sur l’appareil naviculaire.

4). Moyens de stabilisation communs à l’ensemble des articulations des


doigts
→ Les tendons du m. extenseur du doigt dorsalement, et des fléchisseurs des doigts
côté palmaire (uniquement le perforant pour l’IPD, puisque le perforé se termine sur P2).
→ Chacune des articulations présente à sa face palmaire une coulisse pour les tendons
fléchisseurs. Ce sont les “ scutums ” .
- Au niveau du boulet : le scutum proximal est formé par le ligt. intersésamoïdien;
- Au niveau de l’interphalangienne proximale, c’est le scutum moyen constitué par la face
palmaire du bourrelet glénoïdal;
- Au niveau de l’interphalangienne distale, la face palmaire de l’os sésamoïde correspond
au scutum distal. Le glissement du perforant y est favorisé par une bourse synoviale
particulière : la bourse podotrochléaire.
— En outre, le renforcement palmaire du fascia de la main permet de maintenir les
tendons contre leurs scutums et de stabiliser les articulations du doigt.

II. PRINCIPALES PARTICULARITES SPECIFIQUES


1) Chez les ruminants

Copyright © DZVET 360, 2021 29/64

29
ANAT - CM2 - Arthrologie et myologie du membre thoracique partie 2

CM2 – Arthrologie et myologie du membre thoracique (partie II)

a) Articulation métacarpo-phalangienne
– Même organisation que pour le cheval mais on a une double jointure : chaque doigt
s’articule avec le métacarpe correspondant de l’os canon.
– Le ligament suspenseur du boulet est constitué par les m. interosseux III et IV. Chacun
délègue 4 brides : une pour chaque sésamoïde proximal du doigt correspondant, et deux brides
pour le m. extenseur commun des doigts (une axiale et une abaxiale).
– En plus du ligament intersésamoïdien, il existe un ligament intersésamoïdien interdigital.
– Il existe une synoviale pour chaque doigt, mais elles sont communicantes.

b) Articulations interphalangiennes
– Pour chaque doigt, l’organisation générale est très comparable à celle du cheval. Toutefois,
au niveau de l’articulation interphalangienne distale, le ligament sésamoïdien distal se divise en
trois faisceaux, et il existe en plus un ligament dorsal.
– Les doigts sont unis entre eux par des ligaments interdigitaux proximal et distal.

2) Chez les carnivores

Copyright © DZVET 360, 2021 30/64

30
ANAT - CM2 - Arthrologie et myologie du membre thoracique partie 2

CM2 – Arthrologie et myologie du membre thoracique (partie II)

a) Articulations métacarpo-phalangiennes
– Les muscles interosseux sont charnus (ce ne sont pas des “ ligts. suspenseurs du boulet
”!), mais présentent le même type d’insertion que chez les ongulés.
– Os sésamoïdes dorsaux inconstants. Quand ils existent, ils sont inclus dans la paroi dorsale
de la capsule articulaire.
– Ligaments inter-sésamoîdien présent et formant une surface de glissement pour les tendons
de fléchisseurs des doigts. Les ligaments sésamoïdiens distaux ne sont représentés que par les
liagments croisés.

b) Articulations interphalangiennes
– Pas de sésamoïde distal, mais un nodule fibro-cartilagineux adhérent à P3. Comme chez
les ruminants, il existe un ligament dorsal de l’articulation interphalangienne distale. Il est bien
développé, surtout chez les félidés (soutien de la griffe).

Copyright © DZVET 360, 2021 31/64

31
ANAT - CM2 - Arthrologie et myologie du membre thoracique partie 2

CM2 – Arthrologie et myologie du membre thoracique (partie II)

LES MUSCLES MOBILISATEURS DE LA MAIN ET


DES DOIGTS
Chez les quadrupèdes, les muscles qui mobilisent le carpe (⇒ la main dans son ensemble) et les
doigts sont surtout représentés par les muscles de la région de l’avant-bras.
Les muscles situés dans la main proprement (en région métacarpienne) sont beaucoup moins
nombreux et développés que chez l’homme. Quelques-uns sont représentés chez les carnivores,
tandis que chez les ongulés, ne sont représentés que les muscles interosseux palmaires qui ont
perdu pratiquement toutes leurs fibres charnues et sont devenus entièrement tendineux.
Avec les longs tendons des muscles mobilisateurs des doigts, et le fascia de la main, ils
interviennent également et de façon importante dans la contention et la stabilisation des
articulations des doigts.

A - FASCIAS ET MUSCLES DE L’AVANT-BRAS

I) Organisation générale

Les muscles de l’avant-bras se groupent autour du radius et de l’ulna.

Copyright © DZVET 360, 2021 32/64

32
ANAT - CM2 - Arthrologie et myologie du membre thoracique partie 2

CM2 – Arthrologie et myologie du membre thoracique (partie II)

La plupart prennent origine sur l'extrémité distale de l'humérus.


Selon leur terminaison, on en distingue trois types fonctionnels :
→ Les muscles mobilisateurs du carpe (c’est-à-dire de l’ensemble de la main): Ils se
terminent sur l’extrémité proximale des métacarpiens, ou sur l’os pisiforme ;

→ Les muscles mobilisateurs des doigts : se terminent sur les phalanges ;


→ Les muscles se terminant sur le radius, absents chez les ongulés, et permettant les
mouvements de pronation et de supination.
Tous les rayons osseux de la main se fléchissent et s’étendent dans le
même sens :
⇒ Les muscles situés dans la région crâniale de l'avant-bras sont des
muscles extenseurs du carpe ou des doigts ;
⇒ les muscles caudaux de l’avant-bras sont des muscles fléchisseurs du
carpe ou des doigts.

Copyright © DZVET 360, 2021 33/64

33
ANAT - CM2 - Arthrologie et myologie du membre thoracique partie 2

CM2 – Arthrologie et myologie du membre thoracique (partie II)

Les muscles des doigts possèdent un corps charnu assez court, situé dans la région
proximale de l’avant-bras, et un tendon très long, croisant plusieurs articulations avant de
se terminer sur une des phalanges : ce sont des muscles pluri-articulaires. Leurs tendons
sont maintenus par des gaines formées par le fascia de la main.

II) Le fascia antébrachial et les loges musculaires


Il prolonge le fascia du bras tout en devenant de plus en plus épais. Son feuillet profond
délègue de nombreux septums intermusculaires dont deux sont complets : l’un rejoint le
bord médial du radius, l’autre rejoint le bord latéral de l’ulna (ou du radius chez le cheval).
Ils délimitent ainsi deux grandes loges musculaires : l’une crâniale (en fait, crânio-
latérale), pour les muscles antébrachiaux crâniaux, l’autre caudale pour les muscles
antébrachiaux caudaux.

Copyright © DZVET 360, 2021 34/64

34
ANAT - CM2 - Arthrologie et myologie du membre thoracique partie 2

CM2 – Arthrologie et myologie du membre thoracique (partie II)

III) Les muscles antébrachiaux crâniaux


Ils se disposent en deux plans : l’un superficiel, l’autre profond . Ils sont tous innervés
par le nerf radial (une atteinte de ce nerf touche donc les muscles posturaux : triceps et
muscles antébrachiaux crâniaux) et prennent tous attache sur l'épicondyle latéral de
l'humérus.

Copyright © DZVET 360, 2021 35/64

35
ANAT - CM2 - Arthrologie et myologie du membre thoracique partie 2

CM2 – Arthrologie et myologie du membre thoracique (partie II)

1) Les muscles du plan superficiel


→ Les origines de ces muscles s'échelonnent depuis la crête épicondylaire jusqu’à la
base de l'épicondyle latéral de l'humérus.
→ Sur une vue latérale, du plus crânial au plus caudal, on distingue : le m. brachioradial,
le m. extenseur oblique du carpe, le m. extenseur commun des doigts et le m. extenseur
latéral des doigts.

♦ Le muscle brachio-radial (appelé également « long supinateur »).


Très grêle chez les carnivores. Inconstant chez le chien, mais toujours présent chez le
chat, il forme une fine bandelette charnue qui longe le bord crânial du m. extenseur radial
du carpe. Il joint la partie la plus proximale de la crête épicondylaire au bord médial du
radius.

Copyright © DZVET 360, 2021 36/64

36
ANAT - CM2 - Arthrologie et myologie du membre thoracique partie 2

CM2 – Arthrologie et myologie du membre thoracique (partie II)

♦ Le muscle extenseur radial du carpe.


Il correspond à la fusion de deux muscles présents chez l’homme : le long et le court
extenseurs radiaux du carpe.
Son corps charnu est épais et d’aspect penné. Il prend origine sur la crête épicondylaire
et son tendon terminal se dédouble pour s’insérer sur l’extrémité proximale des
métacarpiens II et III.
C’est le plus puissant et le plus actif des extenseurs du carpe.
Son tendon marque son empreinte sur l’extrémité distale du radius (large sillon) et sur la
face dorsale de la capsule articulaire du carpe. A ce niveau il glisse dans une gaine
constituée par le fascia dorsal de la main, grâce à une large bourse synoviale tendineuse.

♦ Le muscle extenseur commun des doigts (ECD)


Son corps charnu fusiforme prend origine sur l’épicondyle latéral de l’humérus. Son
tendon passe également par une gaine à la face dorsale du carpe (synoviale tendineuse).
Chez le chien ce tendon se divise en quatre branches. Chacune va se terminer sur le
processus de l’extenseur de la phalange distale des doigts fonctionnels (II, III, IV et V).
A hauteur de P1, chaque branche reçoit, de chaque côté, une bride de renforcement
provenant du muscle interosseux correspondant.

♦ Le muscle extenseur latéral des doigts :


Plus grêle que le précédent, et parallèle à lui, il présente un corps charnu fusiforme et un
très long tendon.
Il prend origine sur l’épicondyle latéral de l’humérus, le ligament collatéral latéral du
coude et sur la tubérosité correspondante du radius.
Son tendon terminal descend le long du bord latéral des radius/ulna puis emprunte une
gaine particulière à la face latérale du carpe (synoviale tendineuse). Il se clive en 3
branches qui rejoignent les branches correspondantes du muscle ECD sur les doigts les
plus latéraux (III, IV et V).

2) Les muscles du plan profond

Ce sont le m. supinateur (le plus proximal), le m. extenseur oblique du carpe et le


m. extenseur du pouce et de l’index.

Copyright © DZVET 360, 2021 37/64

37
ANAT - CM2 - Arthrologie et myologie du membre thoracique partie 2

CM2 – Arthrologie et myologie du membre thoracique (partie II)

♦ Le muscle supinateur (c’est le « court supinateur »).

Il se situe juste sous les mm. extenseur oblique du carpe et extenseur commun des doigts.
Son corps charnu aplati prend origine par un court tendon sur l’épicondyle latéral de
l’humérus et s’étale à la face crâniale du radius.

♦ Le muscle extenseur oblique du carpe :

C’est un muscle plat, mince et triangulaire. Il s'attache sur la moitié distale du ligament
interosseux et du bord de l'ulna. Ses fibres charnues convergent très obliquement sur un
tendon qui croise superficiellement celui de l’extenseur oblique du carpe et se termine sur
le métacarpien le plus médial. Il contribue à l’extension, et permet de légers mouvements
de rotation externe du carpe chez les carnivores.

♦Le muscle extenseur du pouce et de l'index :


Vestigial, il forme une très fine bande charnue qui prend origine à peu près au 1/3 moyen
du ligt. interosseux de l’avant-bras et le bord adjacent de l’ulna. Son tendon très grêle et
très oblique se clive en deux branches : l’une se termine sur la 1 ère phalange du pouce,
l’autre rejoint la branche de l'extenseur commun des doigts de l’index.
Tous les muscles antébrachiaux crâniaux sont innervés par un même nerf :
Le nerf radial. Ce nerf est également moteur pour le muscle triceps brachial. De ce fait,
le nerf radial est le nerf qui permet l’extension des articulations du coude, du carpe et des
doigts (ainsi que la supination chez les carnivores) et donc celui qui permet la posture
avec le membre à l’appui. Lors d’une paralysie de ce nerf, les muscles triceps brachial et
tous les muscles crâniaux de l’avant-bras sont atrophiés, et l’animal ne peut prendre
appui sur son membre : ce dernier traîne sur la face dorsale de la main, ou alors est
maintenu fléchi lors de la locomotion.

3) Principales particularités chez les ongulés


→ Absence des muscles supinateurs.
→ Le m. extenseur radial du carpe est volumineux (surtout chez le cheval) et se
termine sur la tubérosité dorso-médiale de l’os canon.
→ Les principales variations sont essentiellement liées à la réduction du nombre de
doigts et concernent surtout les muscles extenseurs des doigts. Le clivage du tendon du
m. extenseur commun des doigts concerne également le corps charnu de ce muscle.
Ainsi, les ruminants présentent 3 muscles extenseurs des doigts. Du plus crânial au plus
caudal ce sont :
- le m. extenseur du doigt médial ;
- le m. extenseur commun des doigts ;

Copyright © DZVET 360, 2021 38/64

38
ANAT - CM2 - Arthrologie et myologie du membre thoracique partie 2

CM2 – Arthrologie et myologie du membre thoracique (partie II)

- le m. extenseur du doigt latéral (équivalent au m. extenseur latéral des doigts des


carnivores).
Le cheval, qui ne possède qu’un seul doigt, présente deux muscles extenseurs du doigt :
- le m. extenseur dorsal du doigt (correspond au développement particulier du m.
extenseur du doigt médial des ruminants)
- le m. extenseur latéral du doigt.
(Le m. extenseur commun des doigts (« m. de Philips »), et le m. extenseur du pouce de
l’index (« m. de Thiernesse ») sont vestigiaux. Leurs grêles tendons rejoignent et renforcent
le tendon du m. extenseur latéral du doigt).
Chez les ongulés, le m. extenseur latéral du doigt (ou ext. du doigt latéral des ruminants)
se trouve compris dans une loge particulière délimitée par les septums du fascia
antébrachial.

IV) Les muscles antébrachiaux caudaux

Ils sont représentés par :


Les muscles fléchisseurs du carpe : ulnaire latéral, fléchisseur radial du carpe,
fléchisseur ulnaire du carpe ;

Copyright © DZVET 360, 2021 39/64

39
ANAT - CM2 - Arthrologie et myologie du membre thoracique partie 2

CM2 – Arthrologie et myologie du membre thoracique (partie II)

Les muscles fléchisseurs des doigts : deux systèmes : fléchisseur superficiel des doigts
(terminaison sur P2), et fléchisseur profond des doigts (terminaison sur P3) ;
Les muscles pronateurs.(absents chez les ongulés) : rond pronateur et carré pronateur.

Copyright © DZVET 360, 2021 40/64

40
ANAT - CM2 - Arthrologie et myologie du membre thoracique partie 2

CM2 – Arthrologie et myologie du membre thoracique (partie II)

Copyright © DZVET 360, 2021 41/64

41
ANAT - CM2 - Arthrologie et myologie du membre thoracique partie 2

CM2 – Arthrologie et myologie du membre thoracique (partie II)

1) Selon leur disposition topographique chez le chien


En vue latérale (plan superficiel) : Le muscle ulnaire latéral
En vue médiale (plan superficiel) : Du plus crânial au plus caudal : le muscle rond
pronateur, le muscle fléchisseur radial du carpe, puis le muscle fléchisseur superficiel
des doigts.
En vue caudale : les deux chefs du muscle fléchisseur ulnaire du carpe : le chef
ulnaire est en position superficielle.
En situation profonde : les différents chefs du muscle fléchisseur profond des
doigts et le m. carré pronateur.

2) Les muscles fléchisseurs du carpe


♦Le muscle ulnaire latéral
Il est situé à la face latérale de l’avant-bras, et caudalement, juste en arrière du muscle
extenseur latéral des doigts.
Chez l’homme, ce muscle appartient aux muscles antébrachiaux crâniaux et a un rôle
extenseur de la main. Chez les quadrupèdes, du fait de la position en pronation du
membre antérieur, le m. ulnaire latéral se trouve décalé caudalement et devient
uniquement fléchisseur du carpe (chez toutes les espèces).
Il prend origine par un court tendon sur l'épicondyle latéral de l’humérus, et se termine
par deux branches : un tendon court sur l'os pisiforme, et un tendon long sur le
métacarpien le plus latéral (V).
Malgré son rôle fléchisseur du carpe, il « garde » son innervation par le nerf de
l’extension qu’est le nerf radial.

♦ Le muscle fléchisseur ulnaire du carpe


Il se situe chez le chien tout le long du bord caudal de l’avant-bras.
Il est constitué de deux chefs charnus séparés pratiquement sur toute leur longueur chez
le chien :
- Un chef ulnaire, avec un corps charnu court et triangulaire qui s’insère sur le revers
caudal de l’olécrâne. Il se prolonge par un long et fin tendon ;
- Un chef huméral qui prend origine à la base de l’épicondyle médial de l’humérus.
Il est charnu sur presque toute sa longueur.
Ces deux parties se rejoignent à leur extrémité distale en un fort et unique tendon
s’insérant sur l’os pisiforme.

Copyright © DZVET 360, 2021 42/64

42
ANAT - CM2 - Arthrologie et myologie du membre thoracique partie 2

CM2 – Arthrologie et myologie du membre thoracique (partie II)

Ces deux muscles, ulnaire latéral et fléchisseur ulnaire du carpe, s’insèrent


sur l’os pisiforme qui forme un puissant bras de levier pour la flexion du carpe. Lors
d’effort sportif intense (galop), l’hyperextension du carpe lors de la phase d’appui, met
fortement en tension les tendons de ces muscles. Ceci est un facteur favorisant les
affections de ces muscles (tendinites d’insertions, arrachements tendineux, petites
fractures de l’os pisiforme au niveau de leur insertion).

♦ Le muscle fléchisseur radial du carpe


Il est situé à la face médiale de l’avant-bras juste en arrière du m. rond pronateur et
longe le bord médial du radius.
Il présente un corps charnu arrondi se prolongeant par un long tendon. Il prend origine
sur la base de l’épicondyle médial de l’humérus. Son tendon passe dans une gaine propre
(avec synoviale) à la face médiale du carpe et se termine sur l’extrémité proximale du
métacarpien II.
Bien que d’aspect grêle, ce muscle est un agent très efficace de la flexion du carpe.
Chez les animaux, c’est le plus actif des fléchisseurs du carpe lors de la phase de soutien de
la marche (son tendon constitue un long bras de levier nécessitant une moindre force pour
réaliser le mouvement).
Dans sa partie proximale, sa face profonde est en rapport avec la capsule articulaire
et le ligt. collatéral médial du coude, ainsi qu’avec les artère, veine et nerf médians
(qui le longent d’ailleurs sur toute sa longueur).
Cette zone correspond à la voie d’abord chirurgical de l’aspect médial du coude, en particulier
pour le traitement de la fragmentation du processus coronoïde médial de l’ulna.

3) Les muscles fléchisseurs des doigts


Il existe, chez toutes les espèces, deux systèmes de muscles fléchisseurs des doigts : un
superficiel et un profond.
♦ Le muscle fléchisseur superficiel des doigts (FSD)
Chez le chien, il se place juste en arrière du m. fléchisseur radial du carpe. Il occupe
donc la moitié caudo-médiale de l’avant-bras.
Il prend origine au sommet de l’épicondyle médial de l’humérus.
Son corps charnu est allongé et mêlé de nombreuses intersections tendineuses. Il se
prolonge par un long tendon qui emprunte le canal carpien (gaine synoviale propre) puis
se clive en autant de tendons qu'il y a de doigts dans la région métacarpienne palmaire pour
se distribuer aux doigts II à IV.
Chacune de ses branches tendineuses se termine en se divisant en deux sur le revers
palmaire de l’extrémité proximale de P2 (sur les processus ou tubercules palmaires de
P2).

Copyright © DZVET 360, 2021 43/64

43
ANAT - CM2 - Arthrologie et myologie du membre thoracique partie 2

CM2 – Arthrologie et myologie du membre thoracique (partie II)

♦ Le muscle fléchisseur profond des doigts (FPD)


Il est constitué de 3 chefs :
–un chef huméral, le plus volumineux, qui s’insère sur la base de l’épicondyle
médial de l’humérus (il peut être clivable en plusieurs faisceaux),
– un chef ulnaire, qui prend son origine sur le bord caudal de l'ulna,
– un chef radial, grêle, qui provient de la face caudale du radius.
Les tendons de ces trois composantes se réunissent pour former un volumineux tendon
commun.
Le tendon fléchisseur profond des doigts passe également dans le canal carpien (gaine
synoviale propre).
Dans la région métacarpienne palmaire, il se divise en 5 branches, une pour chaque
doigt.
A la face palmaire des doigts, chaque branche passe dans l’arcade formée par la
terminaison du tendon du fléchisseur superficiel des doigts, et va se terminer en
s’élargissant à la face palmaire de P3 (→ forme « l’aponévrose palmaire » surtout bien
large et développée chez le cheval).
Chez les félidés, la contraction du FPD permet de « sortir les griffes ».

♦ Rapports remarquables des muscles fléchisseurs des doigts.

→ Tout le long de leur trajet : Jusqu'à sa terminaison, le tendon du FSD se trouve en


position superficielle, contre la face palmaire du tendon du FPD.
→ A la face palmaire du carpe : les tendons du FSD et FPD traversent le canal carpien.
Chacun passe dans une gaine synoviale propre. Ils s’y trouvent en rapport avec le nerf,
l’artère et la veine médians.
→ A la face palmaire de l’articulation métacarpo-phalangienne : Le tendon du FSD
forme un anneau dans lequel glisse le tendon du FPD. C’est pourquoi :
- le tendon du FSD est appelé tendon perforé,
- tandis que le tendon du FPD est appelé tendon perforant.
- Cet anneau est appelé « manica flexoria » ou « anneau du perforé ».

→ A la face palmaire de chaque doigt : Le tendon perforant passe contre la face


palmaire de chaque articulation du doigt. Son passage est favorisé par des surfaces de
glissement ou « scutums ».

Copyright © DZVET 360, 2021 44/64

44
ANAT - CM2 - Arthrologie et myologie du membre thoracique partie 2

CM2 – Arthrologie et myologie du membre thoracique (partie II)

- Le scutum proximal correspond au ligt. intersésamoïdien de l’articulation


métacarpo-phalangienne.
- Le scutum moyen au bourrelet glénoïdal (tissu fibro-cartilagineux qui complète,
côté palmaire, l’extrémité proximale de P2 ; surtout bien développé chez les ongulés).
- Le scutum distal correspond au nodule fibreux situé à la face palmaire de
l’articulation inter-phalangienne distale (chez les ongulés, il correspond à la face palmaire
de l’os sésamoïde distal, absent chez les carnivores).

→ Les tendons perforant et perforé sont maintenus contre la face palmaire de ces
articulations par le fascia palmaire du doigt qui se trouve très renforcé à ce niveau.

⇒ Les tendons des fléchisseurs des doigts jouent également un rôle important dans
la stabilité des articulations des doigts (Ce rôle, nous le verrons plus loin, est primordial
chez les ongulés).

4) Les muscles pronateurs


Il en existe deux chez les carnivores : l’un superficiel, le rond pronateur ; l’autre
profond, le carré pronateur.
♦ Le muscle rond pronateur. Situé juste en avant du m. fléchisseur radial du carpe,
c’est le plus crânial des muscles antébrachiaux caudaux. Il est très bien développé chez
le chien, épais et perceptible à la palpation. Il s’insère sur l’épicondyle médial de
l’humérus, couvrant le ligament collatéral médial du coude auquel il adhère et se termine à
la face crâniale et au bord médial du radius. (Les épicondylites sont des tendinites de ces
insertions musculaires). Il forme un pont sous lequel passent le nerf et les vaisseaux
médians.

♦ Le muscle carré pronateur. C’est un muscle plat, situé à la face caudale des os de
l’avant-bras. Ses fibres transversales unissent les bords adjacents du radius et de l’ulna,
occupant l’espace inter-osseux.

Copyright © DZVET 360, 2021 45/64

45
ANAT - CM2 - Arthrologie et myologie du membre thoracique partie 2

CM2 – Arthrologie et myologie du membre thoracique (partie II)

5) Principales particularités des muscles antébrachiaux caudaux des


ongulés

♦ Muscles pronateurs : Chez les ongulés, les mouvements de prono-supination sont


nuls. Les muscles pronateurs sont absents. Chez les ruminants, le m. rond pronateur peut

Copyright © DZVET 360, 2021 46/64

46
ANAT - CM2 - Arthrologie et myologie du membre thoracique partie 2

CM2 – Arthrologie et myologie du membre thoracique (partie II)

persister sous forme de vestige : il correspond alors au faisceau moyen du ligt. collatéral
médial du coude.

♦ Muscle fléchisseur ulnaire du carpe. Les deux chefs sont unis sur presque toute
leur longueur. Seules leurs extrémités proximales restent individualisées.

♦ Disposition et rapports dans la région de l’avant-bras. Tous les autres


muscles sont pratiquement comparables à ceux du chien. Mais leur disposition est quelque
peu modifiée :
→ Le muscle ulnaire latéral se trouve encore plus nettement reporté en région
antébrachiale caudale.
→ Le fléchisseur ulnaire du carpe se trouve entièrement rejeté du côté médial par
rapport au plan médian et vient recouvrir superficiellement le m. FSD. On parle parfois
chez les ongulés de « m. ulnaire médial ».
→ Le chef ulnaire du m. FPD se retrouve en position franchement superficielle, le long
du bord caudal de l’avant-bras, entre les mm. ulnaire latéral et fléchisseur ulnaire du carpe
(« ulnaire médial »), pratiquement dans le plan médian (Attention ! Ne pas confondre ! il
ressemble au chef ulnaire du m. fléchisseur ulnaire du carpe du chien, mais ce dernier se
termine sur l’os pisiforme).
⇒ Chez les ongulés, tous les mm. fléchisseurs du (des) doigt(s), se retrouvent en position
profonde, sauf le chef ulnaire du FPD.
⇒ Au niveau de la moitié caudale de l’avant-bras les muscles superficiels sont :
l’ulnaire latéral (côté extérne), l’ulnaire médial (côté interne) et, entre les deux, le chef
ulnaire du FPD.

♦ Muscles fléchisseurs des doigts

Leur conformation, leur disposition et leurs rapports généraux ressemblent à ceux décrits
chez le chien. Chaque tendon se divise en autant de branches que de doigts.

→ Le chef huméral du FPD est volumineux et peut être clivé en plusieurs faisceaux.
→ Le FSD des ruminants : il présente une particularité remarquable. Il est composé de
deux parties charnues : l’une superficielle (de loin la plus volumineuse), l’autre profonde.
Leurs tendons respectifs traversent le canal carpien mais dans deux gaines différentes : le
tendon de la partie superficielle possède sa propre gaine, tandis que le tendon de la partie
profonde passe dans celle du muscle fléchisseur profond des doigts. Une fois le carpe
franchi, les deux tendons se rejoignent pour former un tendon unique.

Copyright © DZVET 360, 2021 47/64

47
ANAT - CM2 - Arthrologie et myologie du membre thoracique partie 2

CM2 – Arthrologie et myologie du membre thoracique (partie II)

♦ Brides de renforcement pour les tendons perforé et perforant

L’adaptation à la locomotion onguligrade s’accompagne d’une mise en place d’un


dispositif passif de renforcement, de contention et de mobilisation des articulations de la
main. Ce dispositif est particulièrement développé chez le cheval :

→ La bride radiale : c’est une très forte lame fibreuse provenant du fascia profond
(ressemble à un ligament très épais). Elle se détache de la face caudale du radius juste au-
dessus du carpe pour rejoindre la face profonde du tendon du m. fléchisseur superficiel
du doigt.
→ La bride carpienne (= ligament accessoire du perforant). : correspond à la partie
palmaire de la capsule articulaire du carpe, qui est très épaisse et qui se prolonge au delà du
carpe pour rejoindre la face profonde du tendon perforant.

Ces structures font que chaque tendon va pouvoir se transformer en une corde élastique
tendue — entre P3 et le carpe pour le perforant, entre P2 et le radius pour le perforé —
indépendamment de la contraction musculaire des corps charnus de ces muscles. Ce
système élastique et passif intervient dans la suspension du membre et dans la mobilisation

Copyright © DZVET 360, 2021 48/64

48
ANAT - CM2 - Arthrologie et myologie du membre thoracique partie 2

CM2 – Arthrologie et myologie du membre thoracique (partie II)

des articulations du doigt à moindre frais d’énergie. Il sera complété par d’autres
structures : le « ligament suspenseur du boulet » et le fascia palmaire du doigt.

→ Chez les ruminants : Il n’existe pas de bride radiale. La bride carpienne est bien
développée mais elle rejoint le tendon perforé (et non pas le perforant comme chez le
cheval) au niveau de la manica flexoria.

♦Tendon perforant et scutums


→ A la face palmaire de l’articulation du boulet, les deux sésamoïdes proximaux sont
liés par le ligament inter-sésamoïdien qui s'encroûte de tissu fibro-cartilagineux formant
le scutum proximal.
→ Le revers palmaire de la 2ème phalange est complété par le bourrelet glénoïdal
formant le scutum moyen.
→ Le scutum distal est formé par la face palmaire du sésamoïde distal. Le glissement
du perforant y est favorisé par une bourse tendineuse particulière appelée « bourse
podotrochléaire ».
Deux nerfs sont moteurs pour les muscles antébrachiaux caudaux : les nerfs
ulnaire et médian. Par opposition avec la paralysie des muscles antébrachiaux crâniaux
par lésion du nerf radial, lors d’atteinte du nerf médian et/ou du nerf ulnaire (le plus
souvent des deux par lésion du plexus brachial), le déficit fonctionnel ne se verra pas à
l’appui mais lors de la phase de soutien de la marche : le déficit de flexion du carpe et/ou
des doigts au cours du ramener, fait souvent que le bout des doigts traîne au sol, ou que
la main bute contre de petits obstacles au sol.

B - FASCIAS ET MUSCLES DE LA MAIN

I. Les muscles de la main


Situés dans la région métacarpienne, ils mobilisent les doigts les uns par rapport aux
autres, complétant et précisant l’action des muscles de l’avant-bras.
Beaucoup moins développés et spécialisés que chez l’homme, ils ne persistent, chez les
quadrupèdes, qu’à la face palmaire de la main. Ils sont tous vestigiaux sauf les muscles
interosseux. Ils ne sont bien représentés que chez les animaux à plusieurs doigts comme les
carnivores.
Certains se répètent sur tous les doigts. D’autres sont propres à certains doigts.

Copyright © DZVET 360, 2021 49/64

49
ANAT - CM2 - Arthrologie et myologie du membre thoracique partie 2

CM2 – Arthrologie et myologie du membre thoracique (partie II)

1) Les muscles se répétant dans l’ensemble des doigts


Les plus puissants et les plus développés sont les muscles interosseux.

Copyright © DZVET 360, 2021 50/64

50
ANAT - CM2 - Arthrologie et myologie du membre thoracique partie 2

CM2 – Arthrologie et myologie du membre thoracique (partie II)

Chez l’homme il existe des mm. interosseux dorsaux et des mm. interosseux palmaires, et ils sont
effectivement situés dans les espaces inter-métacarpiens. Chez les animaux, ne sont présents que
les mm. interosseux palmaires.
Chez le chien il en existe 4 situés tout contre la face palmaire des os métacarpiens.
Ce sont des muscles puissants à l’aspect penné.
Chacun prend origine sur la face palmaire du métacarpien correspondant et se termine
en deux branches, l’une axiale, l’autre abaxiale. Chaque branche s’insère sur le sommet
d’un sésamoïde proximal et délègue une bride de renforcement pour le tendon du
muscle extenseur commun des doigts.
Chez le chien, ces muscles sont des fléchisseurs des articulations
métacarpophalangiennes.

Remarque : Les muscles lombricaux sont également des muscles qui se répètent dans
l’ensemble des doigts. Chez les quadrupèdes, ils sont vestigiaux, situés entre les divisions des
tendons fléchisseurs des doigts dans la région métacarpienne palmaire.

2) Les muscles propres à certains doigts


Ils ne sont présents que chez les carnivores et ils sont vestigiaux ou très faibles.

→ Ceux du doigt I sont vestigiaux et pratiquement pas fonctionnels.


→ Ceux des deux doigts les plus puissants (le II et le V) sont un peu plus développés que
les précédents : adducteur de l’index, abducteur du V, fléchisseur du V.

3) Particularités des muscles de la main des ongulés - « le ligament


suspenseur du boulet »
Les muscles interosseux des ongulés ont perdu toutes leurs fibres charnues et sont
presque entièrement tendineux.
Le cheval en possède un seul : le m. interosseux III (mIO3), les ruminants deux (les
mIO3 et 4).
Ils présentent la même organisation et le même mode d’insertion que chez le chien.

♦ Chez le cheval :
→ Le muscle interosseux prend origine à la face palmaire de l’extrémité proximale
du métacarpien principal (tubérosité à ce niveau ; site très fréquent des desmites du
mIO3) ainsi qu’à la face palmaire de la rangée distale du carpe.

Copyright © DZVET 360, 2021 51/64

51
ANAT - CM2 - Arthrologie et myologie du membre thoracique partie 2

CM2 – Arthrologie et myologie du membre thoracique (partie II)

→ Son corps est d’abord plaqué contre la face palmaire du métacarpien III, puis s’en
détache et se divise en deux branches symétriques, l’une latérale, l’autre médiale.

→ Chaque branche s’insère sur le sommet du grand sésamoïde correspondant et


envoie une bride de renforcement qui passe à la face dorsale de P1 pour rejoindre le
tendon de l’extenseur dorsal du doigt (ainsi le tendon de l’extenseur reçoit toujours 2 brides
de renforcement, une de chaque côté du doigt).

Copyright © DZVET 360, 2021 52/64

52
ANAT - CM2 - Arthrologie et myologie du membre thoracique partie 2

CM2 – Arthrologie et myologie du membre thoracique (partie II)

La face dorsale du m.IO3 est plaquée contre la face palmaire de l’os canon.
La face palmaire du m.IO3 est en rapport avec la bride carpienne (jusqu’au 1/3 –
1/2 proximaux du métacarpe) puis avec le tendon du perforant.
La disposition et les rapports des différentes structures de la région du
tendon (= région métacarpienne palmaire des ongulés), est à connaître
parfaitement. Elle constitue la base anatomique de l’échographie des tendons chez
le cheval.

Le m. interosseux forme « le ligament suspenseur du boulet ».


Associé aux ligaments sésamoïdiens distaux de l’articulation. du boulet, il constitue «
l’appareil suspenseur du boulet ». Comme son nom l’indique, il supporte l’articulation
métacarpo-phalangienne et limite son affaissement (= son extension = « la descente du
boulet ») lors de la locomotion.
C’est une structure clé de la biomécanique de la main du cheval.
Fortement sollicitée lors des épreuves sportives, elle est particulièrement
exposée aux affections traumatiques.

II) Fascias et gaines de la main


Le fascia de la main prolonge celui de l’avant-bras. Il devient de plus en plus épais,
surtout en regard des diverses articulations de la main, où il va constituer des structures de
contention, aussi bien pour les tendons des muscles antébrachiaux que pour les articulations
elles-mêmes.

Copyright © DZVET 360, 2021 53/64

53
ANAT - CM2 - Arthrologie et myologie du membre thoracique partie 2

CM2 – Arthrologie et myologie du membre thoracique (partie II)

1) Au niveau du carpe

Copyright © DZVET 360, 2021 54/64

54
ANAT - CM2 - Arthrologie et myologie du membre thoracique partie 2

CM2 – Arthrologie et myologie du membre thoracique (partie II)

→ A la face dorsale du carpe le feuillet superficiel du fascia de la main contribue à


délimiter avec la capsule articulaire, des sortes de tunnels dans lesquels passent les tendons
des extenseurs. Ce sont les gaines dorsales du carpe. Le glissement des tendons y est
favorisé par des synoviales tendineuses. L’ensemble constitue le « rétinacle » des
extenseurs.
On distingue les gaines du m. extenseur oblique du carpe, du m. extenseur radial du
carpe, du m. extenseur commun des doigts (extenseur dorsal du cheval), du m. extenseur
latéral (ou équivalent).

→ A la face palmaire : Le fascia est encore plus épais, et va fermer l’espace compris
entre le bord médial du carpe et l‘os pisiforme. Ceci détermine le canal carpien emprunté
par les tendons perforé et perforant ainsi que par les artère, veine et nerf médians. A
l’intérieur du canal carpien ces tendons glissent dans des gaines synoviales propres.
Au canal carpien, il faut ajouter les gaines pour les tendons des muscles ulnaire latéral
(bien différenciée chez les ongulés) et fléchisseur radial du carpe.
L’ensemble constitue le « rétinacle » des fléchisseurs.

2). Au niveau du (es) doigt (s)


Le fascia dorsal est réduit. Par contre le fascia palmaire devient très épais.

→ En région métacarpienne : il forme le fascia métacarpien palmaire qui soutient les


tendons des fléchisseurs,

Copyright © DZVET 360, 2021 55/64

55
ANAT - CM2 - Arthrologie et myologie du membre thoracique partie 2

CM2 – Arthrologie et myologie du membre thoracique (partie II)

→ Au niveau de l’articulation métacarpo-phalangienne : il forme la gaine digitale


qui maintient les tendons des fléchisseurs contre le scutum proximal. Le glissement des
tendons y est favorisé par une synoviale tendineuse qui se prolonge très loin proximalement
et distalement.

→ Au niveau des phalanges : il forme les « ligaments annulaires » : l’un proximal en


regard de la partie moyenne de la phalange proximale, l’autre distal en regard de
l’extrémité proximale de la phalange moyenne. Ils maintiennent le tendon perforant.

Chez le cheval, la gaine digitale et les ligaments annulaires sont réunis en une large
lame fibreuse et épaisse à laquelle on reconnaît une partie annulaire et une partie
cruciforme. En outre, le fascia digital forme également une vaste lame, le « fascia de
renforcement de l’aponévrose palmaire » fortement adhérente à la terminaison du
perforant.

Copyright © DZVET 360, 2021 56/64

56
ANAT - CM2 - Arthrologie et myologie du membre thoracique partie 2

CM2 – Arthrologie et myologie du membre thoracique (partie II)

Copyright © DZVET 360, 2021 57/64

57
ANAT - CM2 - Arthrologie et myologie du membre thoracique partie 2

CM2 – Arthrologie et myologie du membre thoracique (partie II)

Copyright © DZVET 360, 2021 58/64

58
ANAT - CM2 - Arthrologie et myologie du membre thoracique partie 2

CM2 – Arthrologie et myologie du membre thoracique (partie II)

Copyright © DZVET 360, 2021 59/64

59
ANAT - CM2 - Arthrologie et myologie du membre thoracique partie 2

CM2 – Arthrologie et myologie du membre thoracique (partie II)

Copyright © DZVET 360, 2021 60/64

60
ANAT - CM2 - Arthrologie et myologie du membre thoracique partie 2

CM2 – Arthrologie et myologie du membre thoracique (partie II)

Copyright © DZVET 360, 2021 61/64

61
ANAT - CM2 - Arthrologie et myologie du membre thoracique partie 2

CM2 – Arthrologie et myologie du membre thoracique (partie II)

Copyright © DZVET 360, 2021 62/64

62
ANAT - CM2 - Arthrologie et myologie du membre thoracique partie 2

CM2 – Arthrologie et myologie du membre thoracique (partie II)

Copyright © DZVET 360, 2021 63/64

63
ANAT - CM2 - Arthrologie et myologie du membre thoracique partie 2

CM2 – Arthrologie et myologie du membre thoracique (partie II)

Copyright © DZVET 360, 2021 64/64

64
CE DOCUMENT A ETE OFFERT AUX VETERINAIRES ALGERIENS PAR

REDA MOHAMED GUESSOUM, DVM

CE DOCUMENT A ETE OFFERT AUX VETERINAIRES ALGERIENS PAR

REDA MOHAMED GUESSOUM, DVM

65
ANAT - CM3 - Innervation du membre thoracique
Module « Etude des membres » - CM – Innervation du membre thoracique

Neurologie du membre thoracique


des mammifères domestiques

L’essentiel de l’innervation motrice et sensitive de la ceinture et du membre thoraciques des


mammifères domestiques est assurée par le plexus brachial.

Remarque : Cette innervation est complétée par


- Le nerf accessoire (XIème paire crânienne) qui est moteur pour le muscle trapèze,
brachiocéphalique et omo-transversaire (muscles d’attache du membre thoracique)
- La 6ème paire de nerfs cervicaux : outre le nerf phrénique d’une part, la branche
ventrale du nerf C6 donne un rameau moteur qui remonte dorsalement pour innerver le muscle
rhomboïde (nerf dorsal de la scapula), et un nerf sensitif qui se distribue à la pointe de l’épaule
et au poitrail (nerf supra-claviculaire)

I - LE PLEXUS BRACHIAL

Origines et disposition générale

Le plexus brachial est formé par les branches ventrales des nerfs C6 (faible)-C7-C8-
T1-T2. Il se constitue en avant de la première côte, sous le muscle scalène ventral, caché par
les muscles pectoraux et la face médiale de l’épaule.
Le membre thoracique des mammifères domestiques étant exclusivement porteur, leur
plexus brachial est beaucoup plus simple que chez l’homme. Chez les grands ongulés, il
forme un énorme faisceau aplati, grossièrement rectangulaire (8-9 cm de long sur 0,5 à 1cm de
large), duquel procèdent tous les nerfs du membre.

Ses branches se distribuent :


- Au tronc : elles sont en fait destinées aux muscles d’attache du membre : dentelé ventral
du thorax, grand dorsal, pectoraux ;
- A la ceinture du membre thoracique : nerfs de l’épaule ;
- Au membre proprement dit.

Page 1 sur 20
Copyright © DZVET 360, 2021
1
ANAT - CM3 - Innervation du membre thoracique
Module « Etude des membres » - CM – Innervation du membre thoracique

II - NERFS DU PLEXUS BRACHIAL DESTINES AUX


MUSCLES D’ATTACHE DU MEMBRE THORACIQUE

Copyright © DZVET 360, 2021 Page 2 sur 20


2
ANAT - CM3 - Innervation du membre thoracique
Module « Etude des membres » - CM – Innervation du membre thoracique

Rappels :
• Le nerf thoracique long (= « nerf du grand dentelé ») essentiellement issu de C7 est
moteur du muscle dentelé ventral du thorax.
• Le nerf thoraco-dorsal (= « nerf du grand dorsal ») principalement issu de C8 est
moteur du muscle grand dorsal
• Le nerf thoracique latéral (C8-T1-T2) donne le nerf intercosto-brachial qui est
sensitif de la face latérale de l’épaule et moteur du muscle cutané omo-brachial (prolongement
du muscle cutané du tronc au dessus de l’épaule) ainsi que les nerfs pectoraux caudaux moteurs
du muscle pectoral ascendant. .
• Les nerfs pectoraux crâniaux destinés aux muscles pectoraux superficiels
(descendant et transverse) (racines : C7-C8-T1 ± T2) ainsi qu’au muscle subclavier chez le
cheval (racines C6-C7)

Comme on peut le constater, tous ces nerfs sont surtout moteurs des muscles :
- de la rétraction du membre : une atteinte de ces nerfs (exceptionnelle chez le cheval)
pourrait se traduire par un déficit lors de la propulsion,
- ainsi que de l’adduction (pectoraux) : les nerfs pectoraux crâniaux peuvent être lésés
lors de plaies profondes au poitrail (surtout chez le cheval).

Copyright © DZVET 360, 2021 Page 3 sur 20


3
ANAT - CM3 - Innervation du membre thoracique
Module « Etude des membres » - CM – Innervation du membre thoracique

II - NERFS DU PLEXUS BRACHIAL DESTINES A L’EPAULE

Ce sont les nerfs supra-scapulaire, subscapulaire et axillaire.

Copyright © DZVET 360, 2021 Page 4 sur 20


4
ANAT - CM3 - Innervation du membre thoracique
Module « Etude des membres » - CM – Innervation du membre thoracique

1. Le nerf supra-scapulaire

Il s’agit du plus volumineux des nerfs de l’épaule, provient des branches ventrales de C6-C7
(+ C8 chez le cheval). Il plonge directement dans l’interstice délimité par les muscles
subscapulaire et supra-épineux, contourne le bord crânial de la scapula (6-7 cm au dessus du
tubercule supra-glénoïdal chez le cheva) et se retrouve en position profonde, contre la face
latérale de cet os. Il se termine dans le muscle infraépineux. Le nerf suprascapulaire est
moteur pour les muscles supra- et infra-épineux.

Deux zones où il est vulnérable :


 à l’endroit où il contourne le bord crânial de la scapula d’une part
 à l’endroit où il passe juste en avant de l’épine scapulaire (il n’est pas protégé par
l’acromion absent chez le cheval), d’autre part.
Il peut être lésé lors de chocs violents (contre le montant d’une porte, par exemple), lors d’un
écart brusque du membre latéralement et caudalement, par compression lors de décubitus
prolongé (cause la plus fréquente), ou par compression par un harnais mal adapté ou mal
disposé (c’était, jadis, la cause la plus fréquente chez les chevaux de trait et de labour).
Comme les deux muscles qu’il innerve assurent l’essentiel de la stabilité latérale de l’épaule,
il s’en suit une abduction incontrôlée de l’épaule : la scapula semble « se décoller » à chaque
appui du membre concerné.
Si l’affection dure plus que quelques jours, il y a amyotrophie rapide des muscles supra- et
infra-épineux, donnant un aspect décharné à l’épaule : c’est la « shoulder slip » ou « sweeny »
des anglo-saxons (sweeny provenant de l’allemand « schweine » qui signifie « atrophie »).
Chez le chien, ce nerf peut être lésé à l’occasion d’une fracture distale de la scapula.

2. Le nerf subscapulaire

Il est représenté par deux ou trois filets nerveux très fins, provenant essentiellement de C7 et
qui plongent dans le muscle subscapulaire dont ils sont moteurs.

Copyright © DZVET 360, 2021 Page 5 sur 20


5
ANAT - CM3 - Innervation du membre thoracique
Module « Etude des membres » - CM – Innervation du membre thoracique

3. Le nerf axillaire

Il provient des branches ventrales de C7-C8 ; il est assez volumineux (large de 7-8 mm chez le
cheval), plonge très vite entre le muscle subscapulaire et le muscle grand rond, c’est-à-dire
juste caudalement à l’articulation de l’épaule qu’il croise dans le sens médio-latéral.
Il émerge en arrière du muscle petit rond et à la face profonde du muscle deltoïde où il se
termine en plusieurs rameaux.

 Distribution :
Le long de son trajet il émet de fins filets nerveux aux faisceaux les plus caudaux du muscle
subscapulaire, au muscle grand rond, ainsi qu’à la capsule et au petit muscle articulaire de
l’épaule.
 Branches terminales :
→ Branches musculaires
: au deltoïde, au petit rond
ainsi qu’au brachio-
céphalique.
→ Rameau cutané
crânial du bras puis de
l’avant-bras : il passe sous
le tendon du deltoïde
(souvent traverse son
apénovrose profonde) pour
devenir superficiel et
descendre tout le long du
bord crânial du bras puis
de l’avant-bras pour
atteindre la face dorsale du
carpe.

Copyright © DZVET 360, 2021 Page 6 sur 20


6
ANAT - CM3 - Innervation du membre thoracique
Module « Etude des membres » - CM – Innervation du membre thoracique

 Rôles :
Il s’agit d’un nerf mixte :
→ Moteur pour :
o les muscles deltoïde, petit rond et grand rond ⇒ flexion scapulo-
humérale
o la partie cléïdo-brachiale du muscle brachiocéphalique ⇒ stabilité
crâniale de l’épaule et embrassée du terrain
→ Sensitif pour les faces crâniales de l’épaule, du bras et de l’avant bras (sensibilité cutanée)

Copyright © DZVET 360, 2021 Page 7 sur 20


7
ANAT - CM3 - Innervation du membre thoracique
Module « Etude des membres » - CM – Innervation du membre thoracique

IV - NERFS DU PLEXUS BRACHIAL DESTINES AU MEMBRE


PROPREMENT DIT
Ils sont représentés par les nerfs : radial, musculo-cutané, médian et ulnaire.

1. Le nerf radial

C’est le plus volumineux des nerfs du membre. C’est un nerf mixte : moteur pour les
muscles extenseurs du coude, du carpe et des doigts, sensitif pour la face latérale du bras et de
l’avant-bras.

 Origines :
Large de plus d’1 cm chez le cheval, il est presque entièrement issu de C8 et T1.
 Trajet, rapports :
Situé caudalement à l’artère brachiale et à l’humérus, il plonge, environ à mi-hauteur du
bras, entre les chefs long et médial du triceps brachial. Il croise en profondeur la face
caudale de l’humérus puis se place dans le sillon brachial, où il longe le bord caudal du
muscle brachial (caché par le chef latéral du triceps). Il se termine juste au dessus de l'origine
du muscle extenseur radial du carpe en deux rameaux : un superficiel, un profond.

 Distribution collatérale :
Elle correspond essentiellement aux rameaux musculaires qui naissent en arrière de
l’humérus et qui sont destinés au triceps brachial, au muscle anconé, et au muscle tenseur du
fascia anté-brachial.

Copyright © DZVET 360, 2021 Page 8 sur 20


8
ANAT - CM3 - Innervation du membre thoracique
Module « Etude des membres » - CM – Innervation du membre thoracique

 Distribution terminale :
→ Le rameau profond, prolonge le nerf radial sous le muscle extenseur radial du carpe
et se distribue à tous les muscles extenseurs du carpe et des doigts (c-à-d tous les muscles
dorsaux de l’avant-bras), au muscle supinateur chez les carnivores, ainsi qu’au muscle ulnaire
latéral (ce muscle extenseur chez l’homme, mais fléchisseur de la main chez les quadrupèdes,
conserve son innervation par le « nerf des extenseurs » qu’est le nerf radial).
→Le rameau superficiel, nettement plus grêle, passe sous le bord ventral du chef latéral
du triceps, devient superficiel et se continue en prenant le nom de « nerf cutané latéral de
l’avant-bras ». Chez le cheval, il atteint l’extrémité proximale du carpe (parfois du
métacarpe); chez les ruminants et les carnivores, il se prolonge à la face dorsale de la main et
des doigts pour assurer leur innervation sensitive dorsale (nerfs digitaux dorsaux).

Copyright © DZVET 360, 2021 Page 9 sur 20


9
ANAT - CM3 - Innervation du membre thoracique
Module « Etude des membres » - CM – Innervation du membre thoracique

 Rôles :
Il s’agit d’un nerf mixte :
→ Moteur pour :
o des muscle extenseurs du coude : triceps brachial, anconé et tensuer du
fascia lata
o des muscles supinateurs chez les carnivores
o des muscles extenseurs du carpe et des doigts (c'est-à-dire tous les
muscles antébrachiaux)
o le muscle ulnaire latéral
→ Sensitif pour les territoires cutanés des faces latérales du bras, de l’avant bras et la face
dorsale de la main
Le nerf radial est le seul nerf moteur des muscles extenseurs (qui sont les muscles
posturaux) de toutes les articulations du membre thoracique (sauf l’épaule).
→ La lésion de ce nerf (souvent suite à des fractures de l’humérus) se traduira donc par des
postures anormales : le membre repose et traîne sur le dos de la main ou des doigts dans le cas
de lésion « basse » ou peut présenter une suppression totale d’appui lors d’une lésion « haute »
(au dessus des rameaux se distribuant au triceps). Cette paralysie s’accompagne d’une perte de
la sensibilité cutanée de la face dorsale des doigts et de la main et de la face latérale de
l’avant-bras.

2. Le nerf musculo-cutané

 Origines :
Il est constitué des branches ventrales de C6, C7 et C8, le nerf musculo-cutané présente
une disposition différente chez les ongulés et les carnivores
 Trajet, rapports :
Chez les ongulés : le nerf musculo-cutané (« brachial antérieur ») s’anastomose très vite
au nerf médian au niveau de « l’anse axillaire » qui se constitue autour de l’artère axillaire.
Ses fibres empruntent alors le trajet du tronc du nerf médian et ne deviennent indépendantes
qu’en deux endroits :

Copyright © DZVET 360, 2021 Page 10 sur 20


10
ANAT - CM3 - Innervation du membre thoracique
Module « Etude des membres » - CM – Innervation du membre thoracique

→ En regard de l’extrémité proximale de l’humérus : c’est le rameau musculaire proximal.


Accompagné de l’artère circonflexe crâniale de l’humérus, il passe entre les deux chefs du
muscle coraco-brachial chez les ongulés (sous ce muscle chez les carnivores) et plonge dans le
muscle biceps brachial.
→ Au niveau de l’extrémité distale de l’humérus : là, se détache le rameau musculaire distal
qui se distribue aux muscles brachial et biceps, et se prolonge par un très fin nerf cutané
médial de l’avant-bras qui passe entre les deux muscles précédents, puis descend à la face
médiale de l’avant-bras jusqu’au carpe sauf chez le cheval où il atteint le boulet (il va former le
« nerf métacarpien dorsal médial »).

Chez les carnivores, le nerf musculo-cutané est individualisé sur toute sa


longueur. Il suit alors le bord caudal du muscle biceps brachial, et se distribue comme décrit
plus haut : rameaux musculaires proximal et distal, et nerf cutané anté-brachial médial qui
se termine en regard du carpe.

Copyright © DZVET 360, 2021 Page 11 sur 20


11
ANAT - CM3 - Innervation du membre thoracique
Module « Etude des membres » - CM – Innervation du membre thoracique

 Rôles :
Le nerf musculo-cutané est mixte :
→ Moteur pour les muscles brachial et biceps brachial (anciennement appelé « nerf brachial
antérieur » chez l’homme) ⇒ c’est le nerf de l a flexion du coude
→ Sensitif pour le territoire cutané de la face médiale de l’avant bras

Copyright © DZVET 360, 2021 Page 12 sur 20


12
ANAT - CM3 - Innervation du membre thoracique
Module « Etude des membres » - CM – Innervation du membre thoracique

3. Le nerf médian

Il est préposé à l’innervation sensitive et motrice des régions palmaires de l’avant-bras,


du métacarpe et du doigt.

 Origines :
Ce nerf volumineux naît du plexus brachial par deux racines : l’une crâniale (C7-C8),
l’autre caudale (C8-T1 ± T2).
 Trajet :
Il chemine à la face médiale du bras puis de l’avant-bras, presque parallèle aux rayons
osseux, accompagné des artères et veines brachiales puis médianes (il est situé crânialement à
l’artère brachiale).
Au niveau du coude, il s’engage sous le muscle pronateur (chez les carnivores) ou sous son
vestige (faisceau moyen du ligament collatéral médial du coude chez les ongulés) puis se
place à la face profonde du muscle fléchisseur radial du carpe contre le radius.
Il se termine, à hauteur du quart distal de l’avant-bras, en deux rameaux, un latéral, l’autre
médial qui vont entrer dans la constitution des nerfs de la main (nerfs palmaires).

 Distribution collatérale :
Ce sont les rameaux moteurs qui naissent en faisceaux au niveau de l’extrémité
proximale de l’avant-bras et sont destinés aux muscles antébrachiaux caudaux : muscle
fléchisseur radial du carpe, fléchisseurs superficiel et profond du doigt.

Copyright © DZVET 360, 2021 Page 13 sur 20


13
ANAT - CM3 - Innervation du membre thoracique
Module « Etude des membres » - CM – Innervation du membre thoracique

 Distribution terminale :
Il se termine par deux rameaux, l’un latéral, l’autre médial, très inégaux.
→ Le rameau médial : de loin le plus volumineux, est pratiquement dans le prolongement
du nerf médian. Il emprunte le canal carpien où il est en rapport avec les tendons perforé et
perforant et l’artère et la veine médianes. Il est sensitif pour la face palmaire de la main
(doigts les plus médiaux). Chez le cheval, comme il n’existe qu’un seul doigt on l’appelle par
abréviation le « nerf palmaire médial » qui descend avec les artère et veine digitales
communes palmaires médiales le long du bord interne du métacarpe, en rapport avec le tendon
perforant et le ligament suspenseur du boulet. Au dessus du boulet, il devient le « nerf digital
palmaire médial », qui se distribue au doigt par ses rameaux dorsal, intermédiaire et palmaire.
→ Le rameau latéral beaucoup plus grêle va s’associer au rameau palmaire du nerf
ulnaire pour assurer l’innervation sensitive pour la face palmaire de la main et plus
particulièrement du doigt le plus latéral. Chez le cheval, il forme le « nerf palmaire latéral »
qui descend et se distribue du côté latéral de façon pratiquement symétrique au précédent.
Remarque : chez le cheval, les deux nerfs palmaires latéral et médial sont réunis à la face
palmaire du métacarpe par un rameau communiquant.

 Rôles :
Il s’agit d’un nerf mixte :
→ Moteur pour les muscles fléchisseurs radial du carpe, superficiel des doigts, fléchisseur
profond (chef radial et chef huméral) des doigts. Chez les carnivores, il est moteur des muscles
rond et carré pronateur ⇒ nerf de la pronation de la main et nerf de la flexion de la main et
des doigts (en association avec le nerf ulnaire)
→ Sensitif pour le territoire cutané de la face palmaire de la main et des doigts (sauf face
abaxiale du doigt le plus externe chez les ruminants et les carnivores)

Copyright © DZVET 360, 2021 Page 14 sur 20


14
ANAT - CM3 - Innervation du membre thoracique
Module « Etude des membres » - CM – Innervation du membre thoracique

4. Le nerf ulnaire

Anciennement appelé « nerf cubital » ce nerf mixte est étroitement associé dans sa
distribution et ses rôles au nerf médian.

 Origine :
Chez le cheval, il reçoit ses fibres de T1-T2 (+ accessoirement C8). Naît en commun avec
la racine caudale du nerf médian.

Copyright © DZVET 360, 2021 Page 15 sur 20


15
ANAT - CM3 - Innervation du membre thoracique
Module « Etude des membres » - CM – Innervation du membre thoracique

 Trajet :
→ A la face médiale du bras, il descend d’abord parallèlement au nerf médian duquel il est
séparé par l’artère brachiale, puis se dirige caudalement, vers l’olécrâne, accompagné de
l’artère collatérale ulnaire.
→ A la face médiale du coude, il s’engage dans la gouttière épitrochléo-olécranienne
(l’espace entre l’épicondyle médial de l’humérus et l’olécrane) et entre les deux chefs du
muscle fléchisseur ulnaire du carpe.
→ A la face caudale de l’avant-bras, il descend le long du bord caudal de l’avant-bras à la
face profonde du chef huméral de ce muscle.
→ Terminaison : il se termine juste au-dessus de l’os pisiforme en deux rameaux : l’un dorsal,
l’autre palmaire.
 Distribution collatérale :
→ Dans la région brachiale, il émet le très fin nerf cutané caudal de l’avant-bras.
→ Dans la région du coude : rameaux moteurs pour les muscles fléchisseur ulnaire du carpe
(ulnaire médial), fléchisseurs superficiel et profond du doigt (chef ulnaire et chef huméral).
 Distribution terminale :
→ Le rameau dorsal, très fin, est sensitif pour la face dorso-abaxiale du doigt le plus externe
chez les carnivores et les ruminants (fournit respectivement le nerf digital dorsal propre
abaxial V ou IV) ; chez le cheval, il n’atteint pas le doigt et forme le « nerf métacarpien
dorsal latéral » qui se termine juste au dessus du boulet.
→ Le rameau palmaire va intervenir avec le nerf médian dans la formation des nerfs
digitaux palmaires. Chez le cheval, il s’unit au-dessus du carpe au rameau médial du nerf
médian pour constituer le nerf palmaire latéral qui se prolonge par le « nerf digital palmaire
latéral » responsable de l’innervation du doigt par son côté latéral.

Copyright © DZVET 360, 2021 Page 16 sur 20


16
ANAT - CM3 - Innervation du membre thoracique
Module « Etude des membres » - CM – Innervation du membre thoracique

 Rôles :
Il s’agit d’un nerf mixte :
→ Moteur pour les muscles fléchisseur ulnaire du carpe, fléchisseur superficiel des doigts,
fléchisseur profond (chef ulnaire et chef huméral) des doigts ⇒ nerf de la flexion de la main
et des doigts (en synergie avec le nerf médian).
→ Sensitif pour le territoire cutané de la face caudale de l’avant-bras, face latérale de la
région métacarpienne et aux faces dorsale et palmaire du doigt le plus latéral (chez les
carnivores et ruminants) ; chez le cheval assure avec le nerf médian la sensibilité latérale du
doigt.

Copyright © DZVET 360, 2021 Page 17 sur 20


17
ANAT - CM3 - Innervation du membre thoracique
Module « Etude des membres » - CM – Innervation du membre thoracique

Les 4 territoires sensitifs de l’avant-bras :


→ Crânial : nerf cutané crânial de l’avant-bras issu du nerf axillaire,
→ Caudal : nerf cutané caudal de l’avant bras issu du nerf ulnaire
→ Latéral : nerf cutané latéral de l’avant-bras issu du nerf radial
→ Médial : nerf cutané médial de l’avant-bras issu du nerf musculo-cutané.

5. Bref aperçu sur l’innervation de la main

Chaque doigt possède théoriquement 4 nerfs propres : deux dorsaux (axial et abaxial) et deux
palmaires (axial et abaxial).

Chez les animaux possédant plusieurs doigts


→ Face dorsale : l’innervation sensitive de la face dorsale de la main et des doigts est
assurée par le nerf radial (nerf cutané anté-brachial latéral) sauf pour la face dorso abaxiale du
doigt le plus externe qui est assurée par le rameau dorsal du nerf ulnaire.
→ Face palmaire : l’innervation sensitive de la face palmaire de la main et des doigts est
assurée par les nerfs médian et ulnaire . Très schématiquement, le nerf ulnaire fournit des
nerfs métacarpiens palmaires (en situation profonde, entre les muscle interosseux et les
métacarpiens) tandis que le nerf médian fournit les nerfs digitaux communs palmaires situés

Copyright © DZVET 360, 2021 Page 18 sur 20


18
ANAT - CM3 - Innervation du membre thoracique
Module « Etude des membres » - CM – Innervation du membre thoracique

superficiellement (dans le plan du tendon du FSD). Au niveau des articulations métacarpo-


phalangiennes, le nerf métacarpien et le nerf digital commun du même espace s’anastomosent
en un rameau qui si divise ensuite en deux nerfs digitaux propres, l’un axial, l’autre abaxial
pour les doigts adjacents.
→ Le doigt le plus externe (IV pour les ruminants, V pour les carnivores ) : la sensibilité de
sa face abaxiale est uniquement assurée par le nerf ulnaire, aussi bien à sa face dorsale qu’à sa
face palmaire.

Chez le cheval
Le nerf radial se termine dans la région métacarpienne et n’intervient pas dans
l’innervation de la face dorsale de la main. Ce sont les nerfs palmaires médial (issu du nerf
médian) et latéral (issu des nerfs ulnaire + médian) qui fournissent des rameaux assurant
l’innervation de la face dorsale du doigt.

Copyright © DZVET 360, 2021 Page 19 sur 20


19
ANAT - CM3 - Innervation du membre thoracique
Innervation du doigt du cheval et diagnostic des boiteries

Formations désensibilisées par l ’anesthésie des nerfs


Sites d ’injection de l ’anesthésie
digitaux palmaires latéral et médial (anesthésie digitale
métacarpienne distale palmaire ) :
N. digital - os naviculaire distal,
palmaire médial - bourse podotrochléaire
Nerf « métacarpien dorsal II »
(N médian) - ligament sésamoïdien distal
(issu du nerf musculo-cutané) - partie terminale du perforant
- partie palmaire de l ’articulation interphalangienne distale
- partie palmaire de la phalange distale
Site d ’injection de Rameau dorsal - Chorion de la fourchette, et parties palmaires des chorions
l ’anesthésie pariétal et de la sole
Rameau intermédiaire - coussinet digital
sésamoïdienne
abaxiale Territoires désensibilisés par l ’anesthésie sésamoïdienne
abaxiale après une anesthésie digitale distale effective :
- Les trois phalanges
Rameau palmaire - articulations interphalangiennes proximale et distale
- brides dorsales du muscle interosseux III (ligament
suspenseur du boulet)
Site d ’injection de - tendon extenseur du doigt
l ’anesthésie digitale - ligaments sésamoïdiens distaux (plans superficiel moyen et
palmaire basse profond)
- cartilages ungulaires
- parties dorsales du chorion de la sole et du chorion lamellaire
( D ’après Le Ninivin, Denoix et Castex.)
(Schéma d ’après Wyn-Jones)

Innervation du doigt et sites d ’anesthésie


tronculaire pour le diagnostic de boiteries
chez le cheval

32

Dermatomes du membre thoracique chez le chien

N. Axillaire
(N. Cutané crânial
de l’avant bras) N. Radial
N. Cutané latéral N. Ulnaire
N. musculo- du bras N. Cutané
cutané N. Cutané antébrachial
antébrachial latéral caudal
N. Cutané
antébrachial
médial

N. Ulnaire
r. Dorsal
r. Ventral
N. médian
(D’après E. Chatelain)
Copyright © DZVET 360, 2021
20
ANAT - CM3 - Innervation du membre thoracique
Dermatomes du membre thoracique chez le cheval
Branches dorsales des
nerfs cervicaux Branches dorsales N. supra-claviculaire Branche ventrale de C5
des nerfs thoraciques (branche ventrale
de C6)

Branche
ventrale de C5

N. Axillaire
N. supra- N. intercosto-
claviculaire
(N. Cutané crânial
brachial du bras, puis de
(branche (issu du l’avant bras)
ventrale de C6) thoracique latéral)

N. Axillaire
(N. Cutané crânial N. Radial
du bras, puis de N. Ulnaire
l’avant bras) N. Cutané N. musculo-
N. Cutané antébrachial latéral cutané
N. Radial antébrachial caudal
N. Cutané
N. Cutané latéral r. Métacarpien dorsal
antébrachial
du bras latéral
N. Ulnaire médial
N. Cutané
antébrachial latéral r. Métacarpien dorsal
latéral
N. médian
(n. palmaire
N. palmaire latéral N. palmaire latéral médial)
(Ulnaire + Médian) (Ulnaire + Médian)

(Modifié d’après R. Barone)


Vue latérale Vue de face
34

Dermatomes du membre thoracique chez le cheval

N. Radial
N. Cutané
N. Axillaire
antébrachial latéral
(N. Cutané crânial
N. Ulnaire de l’avant bras)
N. Ulnaire
N. Cutané
antébrachial caudal N. Cutané
antébrachial caudal

N. musculo-
cutané
N. Cutané
antébrachial
médial
N. Ulnaire
N. médian
(n. palmaire r. Métacarpien palmaire
médial) latéral
N. Métacarpien
dorsal médial
N. médian N. palmaire latéral N. médian
(n. palmaire (n. palmaire
médial)
(Ulnaire + Médian) médial)

Vue médiale (Modifié d’après R. Barone)


Vue caudale
Copyright © DZVET 360, 2021
21
ANAT - CM3 - Innervation du membre thoracique

Plexus brachial du cheval et sa distribution au membre thoracique


(D ’après Barone R.)

M. subscapulaire

M. supra-épineux

Nn sub-scapulaires

M. grand rond N. supra-scapulaire

N. axillaire
M. grand dorsal

N. thoraco-dorsal
N. musculo-
cutané
N. Médian
N. radial
N. thoracique latéral

M. Tenseur du Anse axillaire


fascia antébrachial
M. triceps brachial Rameau musculaire
(chef médial) proximal du n.
musculo-cutané
N. ulnaire
Artère collatérale Artère brachiale
ulnaire M. coraco-brachial
N. cutané caudal M. biceps brachial
de l ’avant-bras
Rameau musculaire distal du n.
musculo-cutané

Artère médiane

N. Médian
N. cutané médial de l ’avant-bras
(issu du n. musculo-cutané)

Vue médiale de l’épaule et du bras d’un cheval


Copyright © DZVET 360, 2021 6
22
ANAT - CM3 - Innervation du membre thoracique

Nerfs médian et ulnaire dans la région de l’avant-bras


(D ’après Barone R.)

Nerf Ulnaire
m. Biceps
a. Collatérale ulnaire brachial

Nerf cutané Rameau moteur distal du


antébrachial N. musculo-cutané
caudal
Lacertus fibrosus
Terminaison du m. brachial
Origine du M. fléchisseur
Nerf Ulnaire radial du carpe (coupée)
Nerf médian

Rameaux moteurs N. Cutané antébrachial


du n. médian médial (musculo-cutané)

Bord médial du radius


M. Fléchisseur
ulnaire du carpe a. médiane

Nerf médian

R. Latéral du R. Médial du
nerf médian nerf médian

Tendon terminal
Nerf palmaire du m. fléchisseur radial du carpe
latéral (N. ulnaire +
nerf médian)

Saillie de l’os
pisiforme a. radiale

Nerf palmaire
médial

Vue médiale de l’avant-bras d’un cheval – Muscle fléchisseur radial du carpe sectionné
Copyright © DZVET 360, 2021 27
23
CE DOCUMENT A ETE OFFERT AUX VETERINAIRES ALGERIENS PAR

REDA MOHAMED GUESSOUM, DVM

CE DOCUMENT A ETE OFFERT AUX VETERINAIRES ALGERIENS PAR

REDA MOHAMED GUESSOUM, DVM

24
ANAT - CM4 - Vascularisation du membre thoracique
Module « Etude des membres » - CM – Vascularisation du membre thoracique

VASCULARISATION DU MEMBRE THORACIQUE


des Mammifères domestiques

La vascularisation du membre comprend son irrigation artérielle ainsi que ses drainages
veineux et lymphatique.
 Intérêts pratiques de la connaissance de la vascularisation des membres :
- Sites de ponction ou d’injection intra-veineuses, de cathétérisme veineux (de cathétérisme
artériel, souvent en chirurgie expérimentale);
- Abords chirurgicaux des diverses articulations ou segments osseux : principaux vaisseaux
rencontrés, ceux à protéger, réalisation de l’hémostase…
- Les voies de drainage et principaux nœuds lymphatiques (suspicion d’infection, tumeurs..) ,
palpables ou non à l’examen externe, ou s’ils sont accessibles à d’autres examens (imagerie
etc..) ;
- Affections vasculaires (Thrombo-embolies de l’artère brachiale par exemple, mais plus
rencontrée pour les membres pelviens surtout chez le chat ; affections à composante vasculaire
du pied du cheval, comme la fourbure ; lymphangites qui concernent essentiellement aussi les
membres postérieurs chez le cheval)
- Bases des techniques de massages désinfiltrants et drainants en rééducation fonctionnelle.

I - Artères du membre thoracique


Le système artériel du membre thoracique se distribue à partir d’un axe vasculaire principal.
S’il présente peu de particularités spécifiques dans ses parties proximales et moyennes,
l’irrigation de la main est par contre plus complexe et varie d’une espèce à l’autre.
Remarque 1 : On rencontre souvent des variations individuelles (surtout chez le chien, même
parfois entre membres gauche et droit du même individu) par rapport au schéma décrit
« classiquement », par exemple : une collatérale qui se détache beaucoup plus proximalement ou
beaucoup plus distalement, artères dédoublées, rameaux qui se détachent individuellement au lieu
de provenir d’un tronc commun etc. C'est pourquoi connaître le territoire irrigué ou drainé par un
vaisseau permet souvent mieux de l’identifier que connaître son lieu d’émergence.
Remarque 2 : Il existe un lien étroit anatomique et fonctionnel entre la vascularisation et
l’innervation des différents segments, groupe de muscles ou articulations. Les principaux troncs
vasculaires et leurs collatérales sont en général satellites des troncs nerveux et de leurs rameaux
dans leurs distributions.

1) L’axe vasculaire principal : Aa subclavière  axillaire  brachiale  médiane

L'irrigation du membre thoracique se fait à partir d'un axe vasculaire principal dont
l’origine est l'artère subclavière (ou sous-clavière). Issue du tronc brachiocéphalique, elle
chemine dans le médiastin crânial jusqu’à l’entrée de la poitrine, puis elle contourne la
première côte en s’infléchissant latéralement pour rejoindre le membre thoracique. Dans le
creux de l’aisselle, elle se prolonge par l'artère axillaire qui se continue par l'artère brachiale
dans la région du bras. Cette dernière se prolonge par l'artère médiane dans l'avant-bras.

Copyright © DZVET 360, 2021 1/22

1
ANAT - CM4 - Vascularisation du membre thoracique
Module « Etude des membres » - CM – Vascularisation du membre thoracique

Tout le long de son trajet à la face médiale du membre, cet axe vasculaire principal
accompagne les nerfs du membre thoracique depuis leur émergence du plexus brachial.

2) Artère subclavière, artère axillaire et irrigation des régions


scapulaire et de l'épaule

a) L'artère subclavière

Copyright © DZVET 360, 2021 2/22

2
ANAT - CM4 - Vascularisation du membre thoracique
Module « Etude des membres » - CM – Vascularisation du membre thoracique

Au cours de son chemin dans le médiastin crânial, elle donne des collatérales destinées au
garrot et aux régions cervicales profonde et moyenne (divisions du tronc costo-cervical).
Au voisinage de la première côte, elle émet en direction crâniale l’artère cervicale
superficielle qui sort du poitrail par le triangle delto-pectoral. Elle irrigue les régions cervicale
superficielle et latérale de l’épaule par l’intermédiaire de ses deux principales branches:
- Un rameau deltoïdien ou descendant (inconstant dans la région humérale) destiné aux
muscles pectoraux superficiels et deltoïde ;
- Un rameau ascendant irriguant le muscle brachiocéphalique (partie cléïdo-brachiale)
d’une part et donnant un rameau pré-scapulaire qui s’élève le long du bord crânial du m.
supra-épineux, se distribuant aux muscles d’attache du membre (dentelé du cou, omo-
transversaire rhomboïde, trapèze) d’autre part. Chez le chien et chez les petits ruminants, ce
rameau pré-scapulaire donne origine à l’artère suprascapulaire, qui suit le nerf supra-
scapulaire dans l’interstice entre le m. subscapulaire et supra-épineux pour se retrouver sous ce
dernier à la face latérale de la scapula et se distribuer aux muscles supra- et infra-épineux.
Chez les autres ongulés, l’artère supra-scapulaire est directement issue de l’artère axillaire.

b) L'artère axillaire

C’est le prolongement de l'artère sous-clavière après émission de l'artère cervicale


superficielle. Elle se place dans le creux axillaire et se dirige caudalement. Elle se distribue aux
muscles pectoraux ainsi qu’à l’articulation et aux muscles de l’épaule :
 Caudalement elle émet une branche collatérale majeure qui va se distribuer aux
territoires caudaux de l’épaule et du bras : l'artère subscapulaire. Celle-ci s’enfonce en
direction caudale et proximale entre le m. subscapulaire et le muscle grand rond, le long du bord
caudal de la scapula. Près de son origine, elle émet deux principaux vaisseaux:
- l’artère thoraco-dorsale qui se place à la face profonde du muscle grand dorsal qu’elle
irrigue (satellite du nerf homonyme) ;

Copyright © DZVET 360, 2021 3/22

3
ANAT - CM4 - Vascularisation du membre thoracique
Module « Etude des membres » - CM – Vascularisation du membre thoracique

- l’ artère circonflexe caudale de l’humérus qui suit le même trajet que le nerf axillaire,
s’enfonçant caudalement dans le creux de l’articulation de l’épaule, entre cette articulation et le
muscle grand rond. Elle croise dans le sens médiolatéral l’articulation scapulo-humérale et
émerge sous le muscle deltoïde à la face latérale où elle se distribue aux muscles deltoïde,
petit rond et aux parties voisines du triceps brachial et du brachiocéphalique (partie
cléïdo-brachiale).
 Crânialement :
– un rameau deltoïdien
– l’artère suprascapulaire (chez les ongulés)
– l’artère thoracique externe qui suit le trajet des nerfs pectoraux crâniaux et irrigue les
muscles pectoraux superficiels
– l’artère circonflexe crâniale de l’humérus: se dirige crânialement, passe sous le corps
charnu du m. coraco-brachial et contourne crânialement l’humérus. Elle irrigue les muscles
coraco-brachial et biceps brachial et participe au réseau artériel articulaire de l’épaule.
Dans son trajet, elle est accompagnée par le rameau proximal du nerf musculo-cutané.

Remarque : « L’anse axillaire » est une sorte d’anneau se formant autour de l’artère
axillaire par un rameau anastomotique joignant le nerf médian et le nerf musculo-cutané. Chez
les ongulés , elle est située très proximalement dès le début de l’artère axillaire, tandis que chez
les carnivores, elle est beaucoup plus distale (se différencie autour de l’artère brachiale).
 Après l’émission de l'artère circonflexe humérale crâniale, l'artère axillaire devient
l’artère brachiale.

→ Circule le long du bord caudal de


la scapula entre les mm subscapulaire
et grand rond

Copyright © DZVET 360, 2021 4/22

4
ANAT - CM4 - Vascularisation du membre thoracique
Module « Etude des membres » - CM – Vascularisation du membre thoracique

Copyright © DZVET 360, 2021 5/22

5
ANAT - CM4 - Vascularisation du membre thoracique
Module « Etude des membres » - CM – Vascularisation du membre thoracique

3) Artère brachiale et irrigation du bras et du coude

Copyright © DZVET 360, 2021 6/22

6
ANAT - CM4 - Vascularisation du membre thoracique
Module « Etude des membres » - CM – Vascularisation du membre thoracique

Dans son trajet en direction distale, toujours à la face médiale du bras, l’artère
brachiale croise l'axe de l'humérus (elle est d'abord caudale, puis devient crâniale à

Copyright © DZVET 360, 2021 7/22

7
ANAT - CM4 - Vascularisation du membre thoracique
Module « Etude des membres » - CM – Vascularisation du membre thoracique

l’humérus). Elle se place entre le nerf musculo-cutané et le nerf médian chez les carnivores;
elle est encadrée par le nerf médian et le nerf ulnaire chez les ongulés.
Ses collatérales assurent :
 L’irrigation des mm. caudaux du bras (triceps brachial, anconé) par l’intermédiaire
de sa collatérale la plus volumineuse, l’ artère profonde du bras qui se détache de son bord
caudal et plonge entre le chef médial et le chef long du m triceps brachial.
L’irrigation de cette volumineuse masse musculaire est complétée par :
- l’artère collatérale radiale issue de l’artère profonde du bras (chez les ongulés) ou de
l’artère circonflexe caudale de l’humérus (chez le chien). Elle est satellite du nerf radial le long
du bord caudal du muscle brachial, sous le chef latéral du triceps.
- et souvent par d’autres rameaux qui peuvent se détacher isolément le long de l’axe de
l’artère brachiale d’autre part.

 L’irrigation des mm. crâniaux du bras (brachial, biceps brachial) par l’artère
bicipitale qui se détache de son bord crânial dans le 1/3 distal du bras. Elle suit le rameau distal
du nerf musculo-cutané (NB : Nous avons vu plus haut l’autre source d’irrigation de ces
muscles, l’artère circonflexe crâniale de l’humérus, issue de l’artère axillaire, et qui est
satellite du rameau proximal du nerf musculo-cutané).

 L’irrigation de l’articulation du coude:


Dans la région distale du bras, plusieurs collatérales de l’artère brachiale vont participer à
l’irrigation de l’articulation du coude :
- Caudalement (quart distal du bras) se détache l’artère collatérale ulnaire (satellite du
nerf ulnaire) qui se dirige vers la fosse de l’olécrâne, en se ramifiant en plusieurs fins rameaux.
Elle est courte chez le chien et se termine dans la région du coude, tandis que chez les ongulés
elle va se prolonger dans l’avant-bras, et participer à l’irrigation des muscles antébrachiaux
caudaux et du carpe.
- Crânialement, elle émet l’artère transverse du coude, plaquée contre la face crâniale
de l’articulation qu’elle croise du côté médial vers le côté latéral. Ses rameaux vont participer au
réseau artériel du coude. Ensuite elle va se trouver sous le muscle extenseur radial du carpe où
elle donne de petits rameaux pour les muscles antébrachiaux crâniaux (avec les divisions du
rameau profond du nerf radial pour ces mêmes muscles), puis descend dans l’avant-bras à la
face profonde du muscle extenseur radial du carpe. Chez les carnivores elle s’épuise avant
d’atteindre le carpe. Chez les ongulés elle peut intervenir dans la constitution du réseau carpien
dorsal (Rq : Barone R. lui donne également le nom « d’artère radiale proximale »).
Dans la région crâniale du coude, se détache également l’artère superficielle crâniale de
l’avant-bras qui va intervenir essentiellement dans l’irrigation dorsale de la main chez les
carnivores et les ruminants (pas chez le cheval). Comme son nom l’indique, elle se place
superficiellement sous la peau et va accompagner le rameau cutané antébrachial crânial,
issu du nerf axillaire, le long du bord crânial de l’avant-bras. Chez les carnivores, elle est bien
développée (et souvent dédoublée) et issue d’une artère brachiale superficielle (spécifique
aux carnivores) qui se détache de l’artère brachiale dans le creux du coude. Chez les ruminants,
l’artère superficielle crâniale de l’avant-bras provient de l’artère radiale.

L’artère brachiale accompagnée du nerf médian passe médialement au coude et sous le


muscle rond pronateur (ou son vestige chez les ongulés) et se place alors contre la face
caudale du radius, juste sous le corps charnu du muscle fléchisseur radial du carpe.

Copyright © DZVET 360, 2021 8/22

8
ANAT - CM4 - Vascularisation du membre thoracique
Module « Etude des membres » - CM – Vascularisation du membre thoracique

 On considère que l’artère brachiale se termine distalement au coude après émission


de l’artère interosseuse commune, en se prolongeant par l’artère médiane.

Remarque un thrombus peut obstruer plus ou moins complètement l’artère axillaire ou


l’artère brachiale (ou se placer à la jonction entre les deux artères). Ceci entraîne une monoplégie
d’apparition brutale avec des signes cliniques fonctionnels comparables à ceux d’atteinte des nerfs
issus du plexus brachial, en particulier par atteinte du nerf radial (selon situation, paralysie des
extenseurs du coude et/ou de la main et des doigts, avec un membre qui traine à la face dorsale de
la main). Le nerf et son territoire n’étant plus perfusés, il y a un bloc de conduction nerveuse. En
général, les extrémités qui ne sont plus correctement irriguées sont froides et une douleur reste
présente dans la région axillaire. En plus de ces éléments, le diagnostic différentiel avec une atteinte
neurologique traumatique, doit tenir compte des circonstances d’apparition et des prédispositions de
l’individu ou de la race (Cas rares, races montrant souvent des déficits cardio-vasculaires, troubles
de la coagulation, apparition suite à un traumatisme chirurgical avec hémorragies importantes
etc…). Les thrombo-embolies sont plus rencontrées pour les membres postérieurs et chez le chat.

4) Artères de l'avant-bras

a) Organisation générale
A partir du coude, le système artériel devient plus complexe. En plus de l’artère médiane et
de ses collatérales, de nombreuses artères nées dans le bras (vues plus haut) vont aussi se
prolonger dans l’avant-bras. Certaines vont irriguer les muscles de l'avant-bras, d’autres ne font
que passer et sont essentiellement destinées à l’irrigation du carpe et de la main.
L’importance du développement de l’une ou l’autre de ces artères, et de son impact dans
l’irrigation de la main varie selon les espèces :

Copyright © DZVET 360, 2021 9/22

9
ANAT - CM4 - Vascularisation du membre thoracique
Module « Etude des membres » - CM – Vascularisation du membre thoracique

- L’axe vasculaire primitif de l’avant-bras est celui induit par la mise en place des os. Il se
développe entre le radius et l’ulna et correspond à l’artère interosseuse commune et ses
divisions crâniale et caudale. Secondairement, un autre axe vasculaire est induit par le
développement des nerfs médian, ulnaire et radial, et à l’origine des artères médiane, ulnaire et
radiale.
- Chez l’homme, le système interosseux ainsi que les artères radiale et ulnaire sont bien
développés, l’artère médiane est faible.
- Chez les mammifères domestiques, au contraire, l’axe vasculaire prédominant de
l’avant-bras est représenté par l’artère médiane, véritable prolongement de l’artère brachiale.
Les systèmes interosseux, radial et ulnaire prennent relativement moins d’importance avec des
variations spécifiques quant au développement relatif de l’un ou de l’autre.

b) Distribution

  L’artère médiane suit parallèlement le bord caudal du radius accompagnée de la


veine et du nerf médians, juste sous le muscle fléchisseur radial du carpe.
  L’artère interosseuse commune Dans le 1/3 proximal de l’avant-bras, l’artère
interosseuse commune est nettement moins développée, et semble se détacher comme une
collatérale de l’artère médiane. Elle croise la face caudale du radius et se dirige vers l'espace
interosseux radio-ulnaire. Avant de traverser cet espace, elle se divise en deux branches :

Copyright © DZVET 360, 2021 10/22

10
ANAT - CM4 - Vascularisation du membre thoracique
Module « Etude des membres » - CM – Vascularisation du membre thoracique

- Une branche grêle (très grêle chez les ongulés) qui ne traverse pas l’espace interosseux et
reste face caudale du radius : c’est l’artère interosseuse caudale qui participe à l’irrigation des
muscles antébrachiaux caudaux.
- Une branche plus développée qui traverse l’espace interosseux (de médial vers latéral) :
c’est l'artère interosseuse crâniale. Elle émerge sous le muscle ulnaire latéral et assure
l'essentiel de l'irrigation des muscles antébrachiaux crâniaux.
 C’est surtout chez les carnivores que le système artériel interosseux est le plus développé
chez nos mammifères domestiques. Dès son émission, l’artère interosseuse commune donne
l’artère ulnaire (spécifique aux carnivores) et se dirige caudalement et devient satellite du
nerf ulnaire le long de la face profonde du muscle fléchisseur ulnaire du carpe. Cette artère
supplée chez les carnivores, et dans l’avant-bras, l’artère collatérale ulnaire qui ne dépasse pas le
coude, contrairement aux ongulés. Elle participe à l’irrigation du coude (rameau récurrent),
donne quelques petits rameaux pour les muscles antébrachiaux caudaux et se continue pour
participer à la formation du réseau artériel palmaire du carpe et donc à l’irrigation de la
main.

11/22

Copyright © DZVET 360, 2021 11


ANAT - CM4 - Vascularisation du membre thoracique
Module « Etude des membres » - CM – Vascularisation du membre thoracique

(NB : Souvent l’artère ulnaire se détache comme en tronc commun avec l’artère interosseuse
commune, et même parfois directement de l’artère médiane avant l’artère interosseuse
commune)
 Remarque : Chez les ongulés, l'artère collatérale ulnaire se prolonge dans l’avant-bras
et intervient dans la formation du réseau carpien (pas d’artère ulnaire). L’artère interosseuse
caudale est très grêle, surtout chez le cheval. Chez les ruminants, l’artère interosseuse crâniale
émet dans la partie distale de l’avant-bras, un rameau interosseux qui va traverser dans le sens
contraire l’espace radio-ulnaire distal et suppléer la faiblesse de l’artère interosseuse caudale
dans la formation du réseau carpien palmaire.

 Après l’émission de l’artère interosseuse commune, et avant de se terminer, l’artère


médiane fournit :
– L'artère profonde de l'avant-bras dirigée caudalement irrigant les muscles
fléchisseurs du carpe et des doigts (Assez faible chez les carnivores où elle est
suppléée par l’artère interosseuse caudale)
– Plus distalement, l’artère radiale se détache environ à mi-hauteur de l’avant-bras chez
les carnivores et ruminants, ou juste avant le carpe chez le cheval, et se dirige
crânialement pour devenir superficielle. Elle est essentiellement destinée à l’irrigation
de la main en participant à la constitution des réseaux carpiens dorsal et palmaire.
  L’artère médiane traverse ensuite le canal carpien accompagnée de la veine et du nerf
médians et avec les tendons des muscles fléchisseurs des doigts et se termine en artères
digitales communes palmaires.

Copyright © DZVET 360, 2021 12/22

12
ANAT - CM4 - Vascularisation du membre thoracique
Module « Etude des membres » - CM – Vascularisation du membre thoracique

Copyright © DZVET 360, 2021 13/22

13
ANAT - CM4 - Vascularisation du membre thoracique
Module « Etude des membres » - CM – Vascularisation du membre thoracique

5) Irrigation de la main
Les éléments vasculaires qui proviennent de l'avant-bras s'anastomosent au niveau de
l'interligne antébrachio-carpienne pour former des réseaux artériels. De ces réseaux procèdent
les artères des doigts (dorsales et palmaires).
Selon les espèces cette organisation montrera des variations selon le type prédominant de
système vasculaire d’une part, et le nombre de doigts d’autre part.
Nous ne ferons qu’en aborder l’organisation générale de façon schématique.
 Il existe deux systèmes, l’un dorsal, et l’autre palmaire. Le système palmaire est
beaucoup plus développé (du coté de face en flexion). Chez le cheval par exemple, le système
dorsal est quasi inexistant (pas d’artères digitales dorsales) et la face dorsale du doigt est
alimentée par des rameaux issus d’artères palmaires.
 Le système dorsal :
 Un réseau carpien dorsal grêle et peu dense est alimenté essentiellement par des apports
de l'artère interosseuse crâniale et de l'artère radiale. De ce réseau se détachent les artères
métacarpiennes dorsales. Ces dernières sont en situation profonde, entre les métacarpiens,
cachées par les tendons des muscles extenseurs.
 L'artère superficielle crâniale de l'avant-bras fournit plus superficiellement les artères
digitales communes dorsales.
 Artères métacarpiennes et digitales communes dorsales suivent les axes métacarpo-digités
et s’anastomosent à hauteur des articulations métacarpo-phalangiennes pour former les artères
digitales propres dorsales pour chaque doigt. Chacune se divise en deux pour irriguer la face
axiale d'un doigt et la face abaxiale du doigt adjacent.

Copyright © DZVET 360, 2021 14/22

14
ANAT - CM4 - Vascularisation du membre thoracique
Module « Etude des membres » - CM – Vascularisation du membre thoracique

 Le système palmaire
 Un réseau carpien palmaire profond est constitué par les afférences des artères
radiale, collatérale ulnaire (ou ulnaire chez le chien) et interosseuse caudale. Il émet les
artères métacarpiennes palmaires (Dans le plan le plus profond, entre les métacarpiens,
cachées par les muscles interosseux).

Copyright © DZVET 360, 2021 15/22

15
ANAT - CM4 - Vascularisation du membre thoracique
Module « Etude des membres » - CM – Vascularisation du membre thoracique

 Un réseau carpien palmaire superficiel est formé par l'artère médiane (Arcade
palmaire) et fournit les artères digitales communes palmaires.
 Artères métacarpiennes palmaires et artères digitales communes palmaires
s’anastosmosent au niveau des espaces interdigités à hauteur des articulations métacarpo-
phalangiennes pour former les artères digitales propres palmaires. Ces dernières se divisent en
artères digitales propres palmaires axiales et abaxiales.

(Rq : Ces systèmes artériels dorsal et palmaire ne sont pas complètement indépendants. Ils
échangent des rameaux anastomotiques)

 Cas du cheval

 Le cheval possède un doigt unique. L’irrigation dorsale est pratiquement inexistante


(très grêles artères métacarpiennes dorsales et absence d’artères digitales dorsales). L’essentiel
de l’apport sanguin palmaire est assuré par l’artère médiane et son prolongement, l’artère
digitale commune palmaire II (l’artère digitale commune palmaire III est grêle), qui se divise
en deux grosses branches au-dessus du boulet (c'est à ce niveau qu'on prend le pouls digité).
Chacune de ces branches est à l’origine d’une artère digitale propre palmaire : latérale (ou
IV) et médiale (ou II). Il n'y a pas d'apport dorsal: chacune de ces artères digitales propres va
donner des rameaux dorsaux irriguant la face dorsale du doigt.

Copyright © DZVET 360, 2021 16/22

16
ANAT - CM4 - Vascularisation du membre thoracique
Module « Etude des membres » - CM – Vascularisation du membre thoracique

 Le pied présente un réseau vasculaire artériel (et veineux) très dense et très développé
(Très nombreux foramens vasculaires de la IIIème phalange) qui nourrit le derme sous-ungulé (qui
tapisse la face dorsale de P3) et la jonction avec le sabot (qui correspond à l’ongle, donc il s’agit
d’une jonction dermo-épidermale).

Remarque : Ce réseau capillaire artériel est muni de « shunts » qui, lors de certaines affections
comme la fourbure, court-circuitent l’irrigation des jonctions dermo-épidermales, ce qui provoque
une ischémie, nécrose des jonctions dermo-épidermales, désengrènement du sabot et « bascule de
la 3ème phalange ».

II – Drainage veineux du membre thoracique


Le membre thoracique est drainé par la veine cave crâniale. L’ensemble du système veineux
aboutit à la veine axillaire. Celle-ci se jette dans la veine jugulaire externe (Equidés) ou dans le
tronc bijugulaire et forme alors une des racines de la veine cave caudale.
Le membre thoracique présente deux systèmes de drainage veineux bien distincts, l’un
superficiel (sous-cutané, pas d’artères satellites), l’autre profond (satellite des artères). Ces deux
systèmes se différencient à partir du carpe.

1) Le système de drainage veineux profond

Il débute distalement par les veines métacarpiennes dorsales et palmaires qui vont confluer
pour former les veines interosseuses crâniale et caudale, puis les veines ulnaires (collatérale

Copyright © DZVET 360, 2021 17/22

17
ANAT - CM4 - Vascularisation du membre thoracique
Module « Etude des membres » - CM – Vascularisation du membre thoracique

ulnaire), médiane etc… Et correspond au système des veines satellites des artères
homonymes, qui remontent à rebours du système artériel.

2) Le drainage veineux superficiel


Ce réseau veineux ne possède pas d’équivalent artériel, il est non satellite d’artères.
Il est issu des veines du doigt les plus superficielles :
– les veines digitales palmaires donnent la veine céphalique de l’avant-bras qui remonte
le long du bord interne du muscle extenseur radial du carpe (zone de prise de sang et
d'injection chez le chien) et se continue par la veine céphalique du bras dans le sillon
entre le muscle brachiocéphalique et le muscle triceps brachial.
– les veines digitales dorsales donnent la veine céphalique accessoire, beaucoup plus
grêle (du côté de l’extension). Elle rejoint la veine céphalique dans la région distale de
l’avant-bras
– Ce système superficiel s’anastomose au système profond par une forte branche située
dans le pli du coude (veine médiane du coude) qui rejoint la veine brachiale.
– La veine céphalique du bras se jette dans la veine jugulaire externe juste avant l'entrée
de la poitrine.
NB : Le réseau veineux du pied du cheval est encore plus développé que son réseau artériel,
formant plusieurs plexus et muni de systèmes de valves. Il joue un rôle important d'amortisseur
hydraulique dans les mécanismes du pied.

Copyright © DZVET 360, 2021 18/22

18
ANAT - CM4 - Vascularisation du membre thoracique
Module « Etude des membres » - CM – Vascularisation du membre thoracique

Copyright © DZVET 360, 2021 19/22

19
ANAT - CM4 - Vascularisation du membre thoracique
Module « Etude des membres » - CM – Vascularisation du membre thoracique

III - Drainage lymphatique du membre thoracique


Le drainage lymphatique du membre thoracique est simple car il est assuré par un seul
lymphocentre : le lymphocentre axillaire .

Les vaisseaux lymphatiques sont satellites des vaisseaux sanguins, et remontent depuis
l’extrémité digitée, pour aboutir au noeud lymphatique axillaire situé profondément dans la
région axillaire (de l’ars), en rapport avec les artère et veine axillaires, et qui est le principal (et
quasi-unique) noeud lymphatique du lymphocentre drainant le membre thoracique,
présent chez toutes les espèces.
Chez le chien, le nœud lymphatique axillaire n’est en général pas accessible à la palpation
lorsqu’il est sain, mais il peut le devenir quand il est augmenté de taille et douloureux (il est
visualisable par échographie).
Il existe également chez les carnivores un noeud lymphatique axillaire accessoire
(superficiel et généralement palpable au niveau du 4ème espace intercostal contre la paroi du
thorax) mais qui ne participe pas au drainage du membre thoracique, mais au drainage des
mamelles thoraciques (hypertrophie lors de mammites ou tumeurs des mamelles thoraciques).
(Rq : Chez le chat, les NL axillaire, et NL axillaire accessoire sont palpables)

Copyright © DZVET 360, 2021 20/22

20
ANAT - CM4 - Vascularisation du membre thoracique
Module « Etude des membres » - CM – Vascularisation du membre thoracique

Chez le cheval, le nœud lymphatique axillaire (amas de très nombreux petits nœuds
lymphatiques) assure la voie de drainage principale. Il n’y a pas de noeud lymphatique axillaire
accessoire mais un noeud lymphatique cubital près du coude (palpable si gonflé et chez
animaux maigres) qui constitue une voie de drainage secondaire.

21/22

Copyright © DZVET 360, 2021 21


ANAT - CM4 - Vascularisation du membre thoracique
Module « Etude des membres » - CM – Vascularisation du membre thoracique

Remarque : Les relais suivants pour les voies lymphatiques du membre thoracique
peuvent être les lymphocentres cervicaux superficiels caudaux chez les ongulés chez lesquels
ils sont très développés. Ils sont situés en regard du bord crânial de la scapula entre les muscles
brachiocéphalique et omotransversaire (noeuds lymphatiques préscapulaires). Ils drainent la
région cervicale et l'entrée de la poitrine et les parties superficielles adjacentes du membre
thoracique.

Copyright © DZVET 360, 2021 22/22

22
ANAT - CM4 - Vascularisation du membre thoracique

Copyright © DZVET 360, 2021

23
CE DOCUMENT A ETE OFFERT AUX VETERINAIRES ALGERIENS PAR

REDA MOHAMED GUESSOUM, DVM

CE DOCUMENT A ETE OFFERT AUX VETERINAIRES ALGERIENS PAR

REDA MOHAMED GUESSOUM, DVM

24
ANAT - TD2
Module « Etude des membres » - TD- -Arthro-myologie de la main du de
Structures musculo-tendineuses cheval
la main du cheval

ETUDE DES STRUCTURES MUSCULO-TENDINEUSES DE


LA MAIN DU CHEVAL

Rappels:

Les tendinites représentent 50% des affections du membre thoracique chez le cheval de course.
Ces lésions ont une cicatrisation lente et récidivent dans 60% des cas. Elles sont ainsi à
l’origine de pertes économiques importantes pour les propriétaires.
Lors de l'exploration par échographie des tendinites, on observe un membre de taille augmentée
(à cause de l'inflammation) et une perte de substance tendineuse.

Au niveau de la main du cheval, on retrouve deux systèmes très importants:


- le système extenseur du doigt représenté par le muscle extenseur du doigt (qui
s’insère sur l’épicondyle latéral de l’humérus et s’attache au niveau du processus
pyramidal de la IIIème phalange)
- le système fléchisseur du doigt regroupant le muscle fléchisseur superficiel du doigt
(FSD) et le muscle fléchisseur profond du doigt (FPD)

Copyright © DZVET 360, 2021 Page 1 sur 6


1
ANAT - TD2
Module « Etude des membres » - TD- -Arthro-myologie de la main du de
Structures musculo-tendineuses cheval
la main du cheval

Le tendon du fléchisseur superficiel du doigt est appelé tendon perforé car il va


former la manica flexoria au sein de laquelle glisse le tendon du fléchisseur profond qu’on
appellera alors le tendon perforant. Ces tendons sont rejoints par une bride radiale et une bride
carpienne ce qui va augmenter la solidité de ces structures.
Ces tendons passent au niveau des articulations phalangiennes palmaires qui vont constituer des
surfaces de glissement (= scutums) pour ces structures musculo-tendineuses. De plus, les deux
récessus de la cavité synoviale de l’articulation inter-phalangienne distale sont des zones
préférentielles d’injection d’anesthésiques locaux.
Tous les tendons de la face palmaire sont retenus par le fascia digital. Ce fascia permet de limiter
les vibrations.

Le ligament suspenseur du
boulet est lui aussi une structure
particulièrement importante à connaître. Il
correspond au muscle inter-osseux III qui est
plaqué contre le métacarpien III. Chez le
cheval ce muscle prend un aspect très
tendineux (d’où son appellation de
“ligament”). Il chemine tout le long du
métacarpe et va venir s’attacher sur les
sésamoïdes proximaux (deux branches) après
avoir projeté deux brides de renforcement
sur la face dorsale du doigt. Ces brides de
renforcement vont rejoindre le tendon du
muscle extenseur dorsal du doigt.
Le ligament suspenseur du boulet est en étroite
relation avec les ligaments sésamoïdiens et
intersésamoïdiens. Cette association assure une
meilleure résistance de ces structures au
niveau du boulet qui reste chez le cheval une
zone où soumise à de fortes contraintes.

Copyright © DZVET 360, 2021 Page 2 sur 6


2
ANAT - TD2
Module « Etude des membres » - TD- -Arthro-myologie de la main du de
Structures musculo-tendineuses cheval
la main du cheval

Eléments de biomécanique :

Le centre rotatoire du carpe se situe en arrière de l'axe de transmission des efforts. Les forces qui
s'exercent sur le membre mettent donc automatiquement le carpe en extension.

La composante verticale du poids provoque un affaissement du boulet


tandis que la réaction du sol provoque un affaissement de l'articulation
interphalangienne distale. On aura donc toujours des mouvements
opposés entre l’articulation métacarpo-phalangiennes et les
articulations inter-phalangiennes. Le muscle fléchisseur profond
intervient lors de la pose du pied sur le sol et permet de bien fixer le pied
au sol ; il commence à se contracter avant même que le pied ne touche le
sol. On a donc une extension automatique du carpe. Ainsi, les efforts à
fournir par le cheval pour tenir debout sont réduits.

Les autres structures servent d'amortissement : les structures élastiques


voient leurs terminaisons s'éloigner les unes des autres lors de l'extension,
ce qui permet d’emmagasiner de l'énergie élastique qui sera ensuite
libérée lors de la propulsion du membre.
Le tendon du muscle fléchisseur superficiel est toujours très sollicité
durant toutes les phases de la marche. Le muscle interosseux est surtout sollicité lors de la phase
de soulèvement et le tendon du fléchisseur profond est en tension lors de la phase de propulsion.

L’aspect des différentes structures musculo-tendineuses visualisables par échographie est à


connaître. Il est également important de savoir identifier les différentes structures et leurs
rapports.

Copyright © DZVET 360, 2021 Page 3 sur 6


3
ANAT - TD2
Module « Etude des membres » - TD- -Arthro-myologie de la main du de
Structures musculo-tendineuses cheval
la main du cheval

Exemples de lésions :

Des contraintes très fortes s’appliquent sur le doigt du cheval ce qui peut entraîner l’apparition de
pathologies naviculaires. Le cheval va alors chercher à détendre les tendons des muscles
fléchisseurs; il va donc mettre son doigt en extension pour provoquer un relâchement de ces
tendons → position particulière du pied très caractéristique. Pour valider l’hypothèse d’une
pathologie naviculaire, on va faire le “test de la planche” pour mettre manuellement le pied en
hyperextension. Si le diagnostic est confirmé, le premier geste thérapeutique à réaliser est la pose
de fers orthopédiques.

 Brisure de la rectilignité phalangienne :


– soit les phalanges sont en hyperextension, le boulet est donc en flexion, ce qui augmente
la tension sur le tendon du fléchisseur superficiel du doigt → pression permanente sur
l'os sésamoïde distal (maladie naviculaire).
– soit on a une hyperflexion des phalanges et une extension du boulet → le ligament
suspenseur du boulet reçoit des tensions exagérées

 Pied bot :
Il correspond à la rétraction congénitale ou traumatique des tendons du FSD (dans ce cas le
boulet est vers l'avant, on parle de bouleture) ou du FPD.
Le premier traitement pour ce genre de lésions correspond à la pose de fers orthopédiques :
– avec élévation de la pince, ce qui met en extension l’articulation interphalangienne distale,
d'où un relâchement du muscle interosseux et de la partie proximale du FSD, mais
aussi une tension du FPD
– avec élévation du talon, ce qui met en flexion l articulation interphalangienne distale, d'où
une mise en tension du muscle interosseux et de la partie proximale du FSD mais
aussi un relâchement du FPD. Ce fer est donc indiqué pour le syndrome podo-
trochléaire et les tendinites du FPD mais il est contre-indiqué en cas de lésion du boulet
ou chez des animaux bas-jointés

Copyright © DZVET 360, 2021 Page 4 sur 6


4
ANAT - TD2
Module « Etude des membres » - TD- -Arthro-myologie de la main du de
Structures musculo-tendineuses cheval
la main du cheval

La partie proximale du membre thoracique (masse musculaire importante) est principalement


composée de muscles et permet l'amortissement actif des forces qui s'exercent sur le membre.
La partie moyenne constitue un axe rigide de transmission des forces. La partie distale du
membre est constituée d'éléments élastiques qui permettent un amortissement passif des forces.
Ces différents segments sont fixés les uns par rapport aux autres grâce à l’ os pisiforme qui
permet en quelque sorte le verrouillage du membre dans une position particulière.

Ainsi, une lésion au niveau de la partie proximale se répercute automatiquement sur la partie
distale car c'est elle qui devra compenser la fonction d'amortissement. Inversement, lors d'une
lésion sur la partie distale, la partie proximale est mise en jeu de façon plus importante.
Chez le cheval, qui ne peut ajuster le mouvement qu'au niveau des muscles proximaux, ces
lésions seront graves.

Copyright © DZVET 360, 2021 Page 5 sur 6


5
CE DOCUMENT A ETE OFFERT AUX VETERINAIRES ALGERIENS PAR

REDA MOHAMED GUESSOUM, DVM

CE DOCUMENT A ETE OFFERT AUX VETERINAIRES ALGERIENS PAR

REDA MOHAMED GUESSOUM, DVM

6
ANAT - TD3 - Ostéologie du membre pelvien
Module « Etude des membres » - TD3 - Ostéologie du membre pelvien

OSTEOLOGIE DU MEMBRE PELVIEN des


Mammifères domestiques
Les os étudiés sont ceux d'un cheval et sont à savoir différencier des bovins, des petits
ruminants et des carnivores domestiques. La connaissance de la disposition des os du membre
est importante pour pouvoir effectuer des examens d'imagerie, des examens palpatoires et des
abords chirurgicaux.

I – Présentation générale du squelette


Les différents axes du membre postérieur sont à connaître.

Le membre pelvien se compose de plusieurs segments osseux :


- l'os coxal (os de la ceinture pelvienne),
- le fémur dans la région de la cuisse,
- le tibia et la fibula au niveau de la jambe,
- la patella (équivalent de la rotule) à la jonction entre la cuisse et la jambe,
- le tarse, le métatarse et les phalanges.

Les angulations du membre pelvien sont plus marquées que chez l'Homme. L'axe
du fémur est toujours situé en avant de l'axe vertical formé par le tarse. L'angle caudal du
genou revêt une importance fonctionnelle lors des boiteries. Comme pour le membre
thoracique, les trois phalanges sont alignées mais plus redressées par rapport au sol.

Copyright © DZVET 360, 2021


Page 1 sur 32
1
ANAT - TD3 - Ostéologie du membre pelvien
Module « Etude des membres » - TD3 - Ostéologie du membre pelvien

Contrairement au membre thoracique, la ceinture du membre pelvien est osseuse :


l'os coxal permet une articulation directe avec le sacrum. Il s'agit d'une articulation
importante lors du part pour le passage du foetus ainsi que pour la transmission des forces
de propulsion du membre vers le rachis. On parle de bassin pour décrire l'association entre
les os coxaux gauche et droit et le sacrum.
Rappel : le membre pelvien est un membre dédié à la propulsion, il supporte ainsi moins le poids du
corps que le membre thoracique (seulement 30%) mais présente de puissants muscles propulseurs.

Des aplombs de qualité permettent de minimiser les efforts pour maintenir une
position quadrupède chez les mammifères domestiques étudiés, limitant ainsi les
contraintes sur les structures tendineuses et ligamentaires. Ils sont caractérisés par :
- la rectilignité phalangienne
- la tubérosité ischiatique (pointe de la fesse) doit être à l'aplomb du sommet du
calcanéum en statique
- à l'effort, la pointe de la fesse est à l'aplomb de la pointe du jarret

Les axes osseux sont disposés différemment selon le morphotype de l'individu, ce qui est
particulièrement marqué chez les chevaux :
 Les chevaux de course sont longilignes car un déséquilibre vers l'avant pousse à
l'accélération : la queue est attachée haut, les rayons supérieurs osseux sont longs, le
grasset et le jarret sont bas, les angles du genou et du tarse sont ouverts, le canon est
court et fin, la croupe est horizontale. On dit que ces chevaux sont « faits en
descendant », c'est-à-dire équilibrés sur les épaules, les allures sont étendues et
rasantes

Copyright © DZVET 360, 2021


Page 2 sur 32
2
ANAT - TD3 - Ostéologie du membre pelvien
Module « Etude des membres » - TD3 - Ostéologie du membre pelvien

 Les chevaux de trait sont brévilignes ce qui apporte de la force et de la puissance : la


queue est attachée très bas, les rayons osseux moyens et inférieurs sont courts, les
angles du genou et du tarse sont très fermés, le canon est court et épais, la croupe est
très oblique vers l'arrière

 Entre les deux, le cheval de selle est médioligne, la queue est attachée bas, les rayons
osseux supérieurs sont de longueur moyenne, les grassets et les jarrets sont hauts, le
canon est long et fin, la croupe est inclinée vers l'arrière. On parle de cheval « fait en
montant », c'est-à-dire équilibré sur les hanches : les allures sont relevées et peu
entendues, ce qui est recherché dans la pratique de dressage

Il existe également de nombreuses variations raciales, surtout au niveau des angles des
rayons distaux, ce qui se retrouve dans l'espèce canine.

Certaines pathologies sont liées au mauvais placement des articulations :


- si le tarse est trop vertical, la pression mécanique augmente sur l'articulation et une
arthrose précoce se développe à cet endroit
- si le bassin est exagérément bas, la contrainte est exagérée sur la tête du fémur et
une arthrose se développe à ce niveau

Copyright © DZVET 360, 2021


Page 3 sur 32
3
ANAT - TD3 - Ostéologie du membre pelvien
Module « Etude des membres » - TD3 - Ostéologie du membre pelvien

II - L’os coxal

Le bassin osseux correspond à l'association du sacrum et des deux os coxaux. Il


revêt une importance clinique en obstétrique (il forme les parois de la filière pelvienne
empruntée par le foetus lors du part) et en rhumato-orthopédie (les affections du bassin sont à
l'origine de boiteries ou d'intolérance à l'effort, l'articulation sacro-iliaque transmettant l'effort
du membre au rachis).
Le bassin est composé de deux os pairs et symétriques : l'os gauche et l'os droit soudés
entre eux au niveau de la symphyse pelvienne.
L'os coxal est un os plat formé de l'association de trois os soudés autour d'un centre
acétabulaire : l'ilium (partie crânio-dorsale), l'ischium (partie caudo-ventrale) et le pubis
(partie crânio-ventrale). Il est torsadé sur lui-même. Entre l'ischium et le pubis se trouve le
foramen obturé, recouvert par une membrane et des muscles.

Copyright © DZVET 360, 2021


Page 4 sur 32
4
ANAT - TD3 - Ostéologie du membre pelvien
Module « Etude des membres » - TD3 - Ostéologie du membre pelvien

a) La cavité acétabulaire
Ces trois os (ilium, ischium et pubis) se regroupent autour de l'acétabulum (= cavité
acétabulaire) qui répond à la tête fémorale. Les cartilages se soudent tardivement. C'est
l'articulation coxo-fémorale qui forme une surface semi-lunaire, sphéroïde, creuse et
recouverte de cartilage, avec un bord acétabulaire saillant. La fosse de l'acétabulum est
prolongée par une incisure chez le cheval qui permet le passage du ligament accessoire de
la tête du fémur, limitant ainsi les luxations et subluxations lors de mouvements extrêmes.
L'acétabulum est bordé par un bourrelet glénoïdal ou bourrelet acétabulaire.

b) L’ilium
L'ilium est triangulaire, formé d'une aile portée par un col très allongé, et d'un corps
en contact avec l'acétabulum.
L'aile de l'ilium est concave et surmontée de deux épines importantes :
- l'épine iliaque dorso-crâniale (médiale et caudale) qui forme la pointe de la croupe
- l'épine iliaque ventro-crâniale (latérale et ventrale) qui forme l'angle de la hanche et
présente quatre cuspides
Entre ces deux épines se trouve la crête iliaque qui donne attache au fascia
thoracolombaire et au muscle erector spinae.
La face latérale lisse de l'aile de l'ilium est appelée face glutéale ou face exopelvienne et
permet l'attache des muscles fessiers au niveau de la ligne glutéale.
Elle s'oppose à la face endopelvienne qui regarde du côté de la filière pelvienne.
Le col de l'ilium présente deux petites dépressions (fossettes) crânialement qui permettent
l'attache du muscle droit de la cuisse chez le cheval (chez le chien, ce muscle s'attache sur un
tubercule). Sur sa face médiale, l'ilium présente la tubérosité du muscle petit psoas, ainsi
qu'une zone rugueuse large correspondant à la surface articulaire de l'articulation sacro-
iliaque (= surface auriculaire).

Copyright © DZVET 360, 2021


Page 5 sur 32
5
ANAT - TD3 - Ostéologie du membre pelvien
Module « Etude des membres » - TD3 - Ostéologie du membre pelvien

Copyright © DZVET 360, 2021


Page 6 sur 32
6
ANAT - TD3 - Ostéologie du membre pelvien
Module « Etude des membres » - TD3 - Ostéologie du membre pelvien

L'épine sciatique caudale correspond à la jonction entre le corps de l'ilium et


l'ischium. La filière pelvienne est complétée de chaque côté par le ligament sacro-spino-
tubéral qui ménage une grande ouverture sciatique pour le passage du nerf sciatique et de
l'artère glutéale crâniale, et une petite ouverture sciatique pour le passage de l'artère
glutéale caudale.

c) L’ischium
L'ischium est un os comportant un corps qui surplombe la cavité acétabulaire et
participe à sa formation, ainsi qu'une table qui joue un rôle dans la délimitation du foramen
obturé et la formation de la symphyse du plancher de la cavité pelvienne.

Il présente une petite


échancrure sciatique avec la
tubérosité ischiatique qui forme la
pointe de la fesse, très saillante. Cette
échancrure permet le passage de
l'artère glutéale caudale pour
l'irrigation des muscles ischiojambiers
(fémoraux caudaux). Lorsque les
ischium gauche et droit sont associés,
ils forment sur leur bord caudal
l'arcade ischiatique permettant
l'attache des muscles fémoraux
caudaux, qui sont très puissants et
induisent de fortes tensions à cet
endroit.

Copyright © DZVET 360, 2021


Page 7 sur 32
7
ANAT - TD3 - Ostéologie du membre pelvien
Module « Etude des membres » - TD3 - Ostéologie du membre pelvien

Rappel : contrairement aux primates chez qui la symphyse est uniquement pubienne, les mammifères
domestiques que nous étudions possèdent une symphyse ischio-pubienne.

d) Le pubis
Le pubis participe à la formation de la symphyse ischio-pubienne. C'est le plus petit des trois
os. Il est situé ventralement, sous l'ilium et en avant de l'ischium : il représente la partie la
plus crâniale du plancher du bassin. Il est constitué d'un corps qui participe à la formation
de l'acétabulum, et d'une branche qui possède deux bords :
- le bord caudal participe à la formation du foramen obturé
- le bord crânial présente un relief pour l'insertion des muscles de la sangle
abdominale, appelé pecten du pubis : lorsque le gauche et le droit sont associés, ils
donnent attache au tendon prépubien au niveau de l'épine pubienne. Latéralement, le
muscle pectiné s'insère sur l'éminence pectinée. Le pecten constitue un repère
important lors de la palpation rectale
La différence entre le mâle et la femelle est visible car l'os est rond et plus épais chez le
mâle alors qu'il est plat et large chez la femelle.

Copyright © DZVET 360, 2021


Page 8 sur 32
8
ANAT - TD3 - Ostéologie du membre pelvien
Module « Etude des membres » - TD3 - Ostéologie du membre pelvien

A l'examen externe, la hanche est comprise dans le tiers postérieur du triangle formé
par la tubérosité ischiatique (TI, pointe de la fesse), l'épine iliaque ventro-crâniale (EIVC,
angle de la hanche), et l'épine iliaque dorso-crâniale (EIDC, pointe de la croupe). Vues de
derrière, les pointes de la croupe (EIDC) doivent être symétriques (sauf en cas de luxation).

e) Particularités spécifiques
CHEVAL BOVINS / PETITS CARNIVORES
RUMINANTS
Acétabulum Caudal Central Caudal, très large
Fosse épaissie Fosse épaissie Fosse plus mince
Surface semi-lunaire
divisée (3 parties = une
pour chaque os)
Epine iliaque Très saillante Saillante Moins saillante
4 cuspides 3 cuspides + Epine iliaque dorso-
caudale (attache du m.
fessier superficiel)
Aile de l’ilium Concave Concave Convexe
Moins inclinée Moins inclinée que chez Plus inclinée ventralement
que chez le le chien (= palette iliaque)
chien
Col de l’ilium 2 dépressions 2 dépressions 1 tubérosité
Tubérosité Bicuspide Tricuspide Absente
ischiatique
Os pénien Absent Absent Attaché à l’os coxal
Symphyse Rectiligne En chapeau de
ischio- gendarme
pubienne

Copyright © DZVET 360, 2021


Page 9 sur 32
9
ANAT - TD3 - Ostéologie du membre pelvien
Module « Etude des membres » - TD3 - Ostéologie du membre pelvien

Remarques :
- Chez le chat, l'épine sciatique a une pointe plus marquée que chez le chien.
- Les cartilages de croissance situés au niveau de l'acétabulum, de la crête iliaque et
de la tubérosité ischiatique sont les plus tardifs à se souder, c'est pourquoi il faut
éviter de mettre les animaux à l'entraînement de manière trop précoce. Cela pourrait
provoquer des retards de soudure ou aggraver des dysplasies de la hanche.

Copyright © DZVET 360, 2021


Page 10 sur 32
10
ANAT - TD3 - Ostéologie du membre pelvien
Module « Etude des membres » - TD3 - Ostéologie du membre pelvien

III - Le fémur
Il s’agit de l’os de la cuisse. C'est un os long, pair, asymétrique et à section semi-
circulaire qui est orienté crânioventralement. Il comporte une épiphyse avec trois faces et
deux extrémités.

La face caudale est plane,


large et rugueuse (surface âpre). Au-
dessus du condyle latéral, la fosse
supracondylaire (très développée
chez le cheval) donne attache au
muscle fléchisseur superficiel des
doigts. Au-dessus, les tubérosités
supracondylaires latérale et médiale
donnent attache aux chefs latéral et
médial du muscle gastrocnémien.
A la face médiale, on trouve le
petit trochanter (attache du muscle
ilio-psoas) avec l'échancrure pour
le ligament de la tête du fémur.
La face latérale présente de
nombreuses rugosités.

Copyright © DZVET 360, 2021


Page 11 sur 32
11
ANAT - TD3 - Ostéologie du membre pelvien
Module « Etude des membres » - TD3 - Ostéologie du membre pelvien

L'extrémité proximale est une tête sphéroïde (côté médial), la tête fémorale, qui
répond à la cavité acétabulaire et participe à l'articulation de la hanche. Elle est portée par
un col peu saillant chez le cheval et les bovins, lui-même creusé par une fossette, la fovéa
capitis (ou fosse de la tête) qui correspond à l'insertion du ligament de la tête fémorale.
Latéralement et médialement, des muscles viennent s'insérer. Les muscles fessiers
s'attachent sur le grand trochanter qui est latéral. Il présente un sommet, une convexité et
une crête et à chacun de ces reliefs correspond l'attache d'un muscle fessier (extenseur de la
hanche). Le petit trochanter, médial, donne attache au muscle ilio-psoas (fléchisseur de la
hanche). Entre ces deux reliefs, la fosse trochantérique, délimitée par la crête inter-
trochantérique, permet l'insertion de muscles pelviens profonds (= coiffe de la hanche) qui
stabilisent l'articulation.

Copyright © DZVET 360, 2021


Page 12 sur 32
12
ANAT - TD3 - Ostéologie du membre pelvien
Module « Etude des membres » - TD3 - Ostéologie du membre pelvien

Remarque : chez les bovins on a une ligne inter-trochantérique.

L'extrémité distale participe à l'articulation du genou. Elle est formée :


- d'une surface articulaire crâniale : la trochlée fémorale, qui répond à la patella.
Elle comporte deux lèvres, la médiale étant bien plus épaisse que la latérale chez le
cheval. Cela lui permet de coincer sa rotule au-dessus de la lèvre médiale pendant qu'il
dort, mais cela peut aussi lui créer des pathologies s'il ne peut plus la remettre en place
- d'une surface articulaire caudale : deux condyles fémoraux (latéral et médial)
répondant au plateau tibial caudalement et ventralement, chacun flanqué de
chaque côté par un épicondyle. L'épicondyle latéral est plus développé que le médial
et permet le passage et l'insertion d'un ligament collatéral (latéral ou médial) ; il
présente une courbure très convexe. Entre les deux condyles se trouve la fosse
intercondylaire, bordée de la crête intercondylaire. Dans cette fosse on retrouve
l'insertion des ligaments croisés de genou. Au-dessus des condyles, on trouve deux
petits os, un médial et un latéral, les sésamoïdes supracondylaires uniquement chez
le chien. Ils ont de petites facettes articulaires avec le fémur et sont visibles à la
radio. Remarque : ils permettent la pose de prothèse dans le cas de la chirurgie des
ligaments croisés. La fossette du muscle poplité est présente quelle que soit l'espèce
sur la face latérale du condyle latéral. Elle est visible à la radio. Crânialement, on
observe un autre sillon qui permet le passage du tendon de l'extenseur long des doigts,
la fossette de l'extenseur.

Copyright © DZVET 360, 2021


Page 13 sur 32
13
ANAT - TD3 - Ostéologie du membre pelvien
Module « Etude des membres » - TD3 - Ostéologie du membre pelvien

Remarque : chez le cheval, il y a au niveau de la diaphyse un troisième trochanter, la


tubérosité glutéale qui est très saillante latéralement. Elle donne attache au muscle
fessier superficiel.

CHEVAL BOVINS / PETITS CARNIVORES


RUMINANTS
Trochanters 3ème trochanter 2 délimitant une fosse 2 + trace discrète de la
= tubérosité trochantérique très tubérosité glutéale
glutéale profonde Petit trochanter pointu
Crête inter-trochantérique
interrompue
Grand Dépasse Dépasse la tête du Non divisé
trochanter largement la fémur Dépasse +/- la tête du fémur
tête du fémur
Fosse du Oblique
grand
trochanter
Surface tête du Plus transversale
fémur
Lèvres de la Médiale >> Quasiment symétriques Symétriques
trochlée latérale
Os sésamoïdes Absents Os sésamoïdes supra-
condylaires (attache des
tendons du muscle
gastrocnémien)
Os sésamoïdes du tendon du
muscle poplité

Copyright © DZVET 360, 2021


Page 14 sur 32
14
ANAT - TD3 - Ostéologie du membre pelvien
Module « Etude des membres » - TD3 - Ostéologie du membre pelvien

Copyright © DZVET 360, 2021


Page 15 sur 32
15
ANAT - TD3 - Ostéologie du membre pelvien
Module « Etude des membres » - TD3 - Ostéologie du membre pelvien

IV - La patella
C'est un petit os court sésamoïde asymétrique qui se développe dans le tendon du
muscle quadriceps fémoral (muscle extenseur du genou). Son rôle est de limiter la force
nécessaire au quadriceps pour fléchir l'articulation (c'est donc un démultiplicateur de force : si
elle n'existait pas, la force nécessaire au quadriceps serait 10 fois plus importante).
Elle est complétée par un fibro-cartilage chez le cheval qui augmente la capacité de
blocage de la rotule. Sa face crâniale est rugueuse et donne attache au fascia patellaire. Sa
forme est triangulaire avec un apex ventral qui unit la patella au tibia (attache du ligament
patellaire) ; et une base dorsale qui joint les angles médial et latéral (l'angle médial est plus
saillant). La face caudale de la patella répond au fémur, ses surfaces articulaires sont lisses et
inégales : la lèvre médiale de la trochlée fémorale étant plus développée, le bord médial de la
patella l'est également.
Chez les bovins, l'os est plus pointu, c'est-à-dire plus pyramidal que triangulaire.
L'angle médial est plus saillant que le latéral.
Le fibro-cartilage est moins développé chez le chien. La partie osseuse est très petite,
ovoïde et symétrique car les lèvres de la trochlée sont identiques. La base dorsale est un peu
plus large.
Chez le chat, cet os est plat.

CHEVAL BOVINS / PETITS CARNIVORES


RUMINANTS
Forme Losange Pyramidale Ovoïde,
symétrique
Surface Lèvre médiale > Lèvre médiale > latérale Symétrique
articulaire latérale

Copyright © DZVET 360, 2021


Page 16 sur 32
16
ANAT - TD3 - Ostéologie du membre pelvien
Module « Etude des membres » - TD3 - Ostéologie du membre pelvien

Copyright © DZVET 360, 2021


Page 17 sur 32
17
ANAT - TD3 - Ostéologie du membre pelvien
Module « Etude des membres » - TD3 - Ostéologie du membre pelvien

V - Le tibia et la fibula : os de la jambe

a) La fibula
La fibula est latérale et caudale par rapport au tibia. Elle est :
- incomplète chez les ruminants. La fibula possède un corps vestigial, soudé aux
extrémités sur le tibia. L'os malléolaire fibulaire est libre distalement.
- semi-complète chez les chevaux, avec sa partie distale présente sous forme d'un stylet
soudé au tibia.
- complète chez les carnivores. Chez le chat, les structures sont proches de l'homme et
du porc : les deux os sont parallèles. Chez le chien, ils ne sont pas parallèles, la partie
distale de la fibula est appliquée contre le tibia.

Copyright © DZVET 360, 2021


Page 18 sur 32
18
ANAT - TD3 - Ostéologie du membre pelvien
Module « Etude des membres » - TD3 - Ostéologie du membre pelvien

b) Le tibia
Le tibia est un os long, possédant une extrémité proximale, une distale, et plusieurs faces.
Son corps présente une section triangulaire à l'extrémité proximale qui s'arrondit à
l'extrémité distale. Trois tubercules forment le plateau tibial, triangulaire, à l'extrémité
proximale :
- le condyle médial sur la face
médiale,
- le condyle latéral sur la face
latérale,
- crânialement, la tubérosité
tibiale qui forme une saillie
(insertion du ligament
patellaire), prolongée par la
crête tibiale. Chez le cheval,
cette tubérosité est creusée par
un sillon.

Copyright © DZVET 360, 2021


Page 19 sur 32
19
ANAT - TD3 - Ostéologie du membre pelvien
Module « Etude des membres » - TD3 - Ostéologie du membre pelvien

Le plateau tibial est occupé par une surface articulaire (seulement sur la moitié
caudale du plateau chez les quadrupèdes) où les condyles latéral et médial, asymétriques,
s'élèvent pour former une éminence intercondylaire qui se place dans l'espace
intercondylaire du fémur.
Chez les quadrupèdes, cette surface articulaire est très inclinée si le tibia est vertical,
mais horizontale en position physiologique. Chez l'homme, l'angle entre le plateau et le sol est
très faible.
La tête fibulaire est logée dans le revers du condyle latéral. Entre les condyles se
trouvent trois aires intercondylaires (crâniale, centrale, caudale) qui répondent aux
ligaments croisés et aux ménisques du genou.

Remarque : en arrière du condyle latéral se trouve l'incisure poplitée dans laquelle se place
l'artère poplitée, attention à ne pas la léser lors de chirurgie, sinon c'est l'hémorragie
assurée...

Copyright © DZVET 360, 2021


Page 20 sur 32
20
ANAT - TD3 - Ostéologie du membre pelvien
Module « Etude des membres » - TD3 - Ostéologie du membre pelvien

Sur sa face caudale, le tibia présente des rugosités qui correspondent aux insertions
des muscles tibiaux caudaux, et une surface lisse qui correspondent à la ligne et à la surface
poplitées où s'insère le corps charnu du muscle poplité.
La face médiale du tibia est convexe, on peut la palper car elle se situe juste sous la
peau (aucun muscle n'est attaché dessus).
La face latérale est quant à elle concave : elle débouche sur la fosse tibiale, et est
marquée par le sillon du tendon de l'extenseur des doigts.
Remarque : chez le cheval la crête tibiale est creusée par le sillon de la tubérosité tibiale.
A l'extrémité distale de cet os, on retrouve la cochlée (surface articulaire qui répond à
la trochlée du tarse) qui est formée par la malléole latérale (fibulaire) et la malléole médiale
(tibiale) qui donnent attache aux ligaments collatéraux du tarse. La malléole latérale est
absente chez les ruminants (il s'agit d'un os libre). Chez le cheval, la cochlée présente une
ligne de soudure de la fibula. Le tenon intermédiaire est un relief unissant les deux gorges
de la cochlée. Il s'agit d'un site d'ostéochondrite disséquante (OCD). La cochlée a une
orientation latérale qui permet au tarse et au métatarse de partir latéralement et donc les
postérieurs ne se tapent pas. La cochlée répond à la trochlée du tarse.

La pente tibiale forme un plateau horizontal qui permet l'absence de forces de


cisaillement. Il existe certaines conformations de la pente qui sont pathologiques car la pente
qui n'est pas horizontale en station debout va exercer plus de forces à sa surface, ce qui
crée des problèmes au niveau des ligaments croisés. La chirurgie permet d'enlever un bout du
tibia pour rétablir la pente.

Copyright © DZVET 360, 2021


Page 21 sur 32
21
ANAT - TD3 - Ostéologie du membre pelvien
Module « Etude des membres » - TD3 - Ostéologie du membre pelvien

c) Particularités spécifiques
CHEVAL BOVINS / PETITS CARNIVORES
RUMINANTS
Malléoles 2 Pas de malléole latérale 2
Fibula Incomplète Vestigiale Complète (articulation
synoviale)
Passage du nerf fibulaire
Attache du ligament
collatéral
Cochlée Orientation Droite
latérale
Sillon de la Présent Absent
tubérosité tibiale

Copyright © DZVET 360, 2021


Page 22 sur 32
22
ANAT - TD3 - Ostéologie du membre pelvien
Module « Etude des membres » - TD3 - Ostéologie du membre pelvien

Copyright © DZVET 360, 2021


Page 23 sur 32
23
ANAT - TD3 - Ostéologie du membre pelvien
Module « Etude des membres » - TD3 - Ostéologie du membre pelvien

VI - Le tarse : squelette de l’autopode

Le tarse correspond à la région du jarret. Il ressemble fortement au carpe mais à la


différence du carpe, la flexion du tarse est dorsale et la flexion des phalanges est
plantaire. Les muscles jambiers crâniaux seront donc fléchisseurs du tarse et extenseurs des
doigts, et les muscles jambiers caudaux sont extenseurs du tarse et fléchisseur des doigts.

Entre le tibia et le métatarse, on retrouve classiquement :


– une rangée proximale : deux os que l'on appelle le talus, médial, et le calcanéus (ou
calcanéum), latéral,
– un os intermédiaire : l'os naviculaire (appelé aussi os central du tarse),
– une rangée distale comprenant les os tarsal I (cunéiforme médial), tarsal II
(cunéiforme intermédiaire), tarsal III (cunéiforme latéral), tarsal IV (cuboïde). Les os
tarsiens I et II forment le petit cunéiforme. L'os tarsal III est aussi appelé grand
cunéiforme.
Pour le partiel, seuls le talus et le calcanéus sont à savoir reconnaître.

Copyright © DZVET 360, 2021


Page 24 sur 32
24
ANAT - TD3 - Ostéologie du membre pelvien
Module « Etude des membres » - TD3 - Ostéologie du membre pelvien

Copyright © DZVET 360, 2021


Page 25 sur 32
25
ANAT - TD3 - Ostéologie du membre pelvien
Module « Etude des membres » - TD3 - Ostéologie du membre pelvien

a) Le calcanéus
Le calcanéus est latéral et plantaire par rapport au talus. Il répond à la parte
malléolaire de l’ensemble tibia/fibula. Il présente une partie proximale très saillante qui se
termine par un grand tubercule, la tubérosité calcanéenne donnant attache au tendon du
muscle gastrocnémien et au tendon du muscle fléchisseur superficiel, c'est un repère
important en radiologie.
Sa face latérale porte l'insertion des fascias.
Son bord dorsal se termine par un processus coracoïde. Le bord caudal est plus long. La face
interne et distale de l'os s'articule avec le talus, l'extrémité distale avec l'os cuboïde.
La face plantaire présente une grande saillie au-dessus du talus, le sustentaculum tali sur
lequel glisse le tendon du fléchisseur profond.

b) Le talus
Le talus est cuboïde, aussi haut que large. Il conditionne la mobilité du tarse : c'est
une énorme poulie qui s'articule avec le tibia par des facettes articulaires. Sa face distale est
marquée par des surfaces planes répondant à l'os naviculaire. Sa face plantaire présente des
facettes articulaires vers le calcanéus.
Il comporte une trochlée composée de deux lèvres (médiale très grande et latérale) et
d'un sillon très profond avec une obliquité dans le sens médio-latéral. Elle répond à la
cochlée: l'articulation ainsi formée est très spécialisée dans les mouvements de flexion et
d'extension. Quand la flexion est maximale, le rayon tarsien sort par l'extérieur. La face
latérale du talus porte l'insertion des ligaments collatéraux.

Copyright © DZVET 360, 2021


Page 26 sur 32
26
ANAT - TD3 - Ostéologie du membre pelvien
Module « Etude des membres » - TD3 - Ostéologie du membre pelvien

Remarque : Tous les éléments décrits ci-dessus se basent sur le modèle du cheval, se référer
au tableau pour l'espèce canine.

L'os cuboïde est le support du calcanéus.


L'os naviculaire possède une face plate ventralement et il est aplati chez les chevaux.

Copyright © DZVET 360, 2021


Page 27 sur 32
27
ANAT - TD3 - Ostéologie du membre pelvien
Module « Etude des membres » - TD3 - Ostéologie du membre pelvien

CHEVAL BOVINS / PETITS CARNIVORES


RUMINANTS
Rangée 3 os : petit 5 os : présence d’un os Complète
distale cunéiforme (I+II), naviculo-cuboïde
grand cunéiforme Grand cunéiforme = II + III
(III), cuboïde
Calcanéus Levier plus large Plus long que large
Base plane Base pointue
Talus Trochlée oblique 3 trochlées : une distale (os Présence d’une tête
dans le sens naviculo-cuboïde), une condylaire portée par un col
médio-latéral proximale (tibia) et une qui s’articule avec l’os
palmaire (calcanéus) naviculaire (=> abduction)
Os Gros avec plusieurs reliefs
cuboïde (« poulie » de renvoi pour le
muscle long péronier)

Copyright © DZVET 360, 2021


Page 28 sur 32
28
ANAT - TD3 - Ostéologie du membre pelvien
Module « Etude des membres » - TD3 - Ostéologie du membre pelvien

Copyright © DZVET 360, 2021


Page 29 sur 32
29
ANAT - TD3 - Ostéologie du membre pelvien
Module « Etude des membres » - TD3 - Ostéologie du membre pelvien

Copyright © DZVET 360, 2021


Page 30 sur 32
30
ANAT - TD3 - Ostéologie du membre pelvien
Module « Etude des membres » - TD3 - Ostéologie du membre pelvien

Copyright © DZVET 360, 2021


Page 31 sur 32
31
ANAT - TD3 - Ostéologie du membre pelvien
Module « Etude des membres » - TD3 - Ostéologie du membre pelvien

VII - Métatarsiens et phalanges


Le métatarse est globalement identique au métacarpe mais sa section est plus
arrondie que celle du métacarpe.
Les phalanges sont globalement identiques aussi, mais P3 est plus étroite sur le
membre pelvien que sur le membre thoracique car elle supporte moins de poids.

Site intéressant pour les révisions :


http://theses.vet-alfort.fr/Th_multimedia/mraffaelli/index.php

Copyright © DZVET 360, 2021


Page 32 sur 32
32
ANAT - TD3 - Ostéologie du membre pelvien

COMPLEMENT
OSTEOLOGIE DU MEMBRE PELVIEN
I – L'os coxal
• L'ischium et le pubis forment le plancher de la cavité pelvienne.
• Le pubis, le col et les ailes des iliums forment le détroit crânial du bassin.
• Le bord acétabulaire (pourtour de la cavité acétabulaire) est complété par un bourrelet glénoïdal
fibreux
• C'est le corps de l'ilium qui porte les fossetes et le tubercule d'insertion du muscle droit de la cuisse
(et non pas le col)
• La ligne glutéale de l'aile de l'ilium (ongulés) marque la limite entre la surface d'insertion du
muscle fessier moyen (dorsalement) et du muscle fessier accessoire (ventralement)
• Le pecten du pubis est encadré par deux reliefs : l'éminence ilio-pubienne latéralement et le
tubercule pubien médialement

II – Le fémur
• Sous le grand trochanter, la tubérosité glutéale sert d'attache au muscle fessier superficiel. Cette
tubérosité est fortement saillante et caractéristique chez le cheval (on la qualifie de 3ème trochanter).
Elle est par contre quasiment absente chez les ruminants où le muscle fessier superficiel est vestigial.
• La surface âpre sert d'insertion pour les muscles adducteurs de la cuisse.
• Les os sésamoïdes supra-condylaires (Carnivores uniquement) se développent dans les tendons
d'origine des chefs latéral et médial du muscle gastrocnémien.

III – La patella
• Chez le cheval, l'angle médial est le plus saillant et son fibrocartilage parapatellaire est très
développé.
• La base de la patella (bord proximal) permet l'insertion du tendon quadricipital.

IV – Tibia et fibula

a) La fibula

• L'extrémité proximale de la fibula forme la tête fibulaire, qui présente une face articulaire médiale
(répondant au revers externe du condyle latéral du tibia). Elle donne insertion au ligament collatéral
latéral du genou.
• L'extrémité distale de la fibula porte latéralement la malléole latérale, médialement une facette
articulaire répondant au tibia, et distalement une facette articulaire répondant au tarse. Chez le cheval,
cette extrémité distale est soudée au tibia. Chez les ruminants elle est libre et forme l'os malléolaire. Ce
dernier s'articule au tibia par son bord proximal et au tarse par son bord distal.

Copyright © DZVET 360, 2021

33
ANAT - TD3 - Ostéologie du membre pelvien

b) Le tibia

• Son bord latéral est concave, creusé par le sillon de l'extenseur, dans lequel passe le tendon du
muscle long extenseur des orteils.
• La crête tibiale (bord crânial de la moitié proximale de la diaphyse) prolonge la tubérosité tibiale et
sert d'insertion au fascia jambier et aux muscles fémoraux caudaux.
• La face latérale de la diaphyse forme la fosse tibiale = loge des muscles jambiers crâniaux.

V – Le tarse
• Le talus est un os tibial, également appelé astragale.
• Le calcanéus est un os fibulaire, qui sert de bras de levier pour les muscles extenseurs du pied (qui
forment la corde du jarret), principaux agents de la propulsion du membre pelvien.

VI – Métatarsiens et phalanges

CHEVAL RUMINANTS CARNIVORES


Mt Os canon (Mt III) + Mt Os canon (fusion Mt III 5 (dont Mt I
II et IV rudimentaires et IV) + Mt V rudimentaire)
rudimentaire
Comparaison Mc + arrondi, + épais + épais, quadrangulaire + épais, + longs
Autres Sillon longitudinal Mt bien arqués chez
dorsal pour artère CT (pas chez CN)
métatarsienne dorsale
III
Mt : métatarsiens / Mc : métacarpiens

Copyright © DZVET 360, 2021

34
CE DOCUMENT A ETE OFFERT AUX VETERINAIRES ALGERIENS PAR

REDA MOHAMED GUESSOUM, DVM

CE DOCUMENT A ETE OFFERT AUX VETERINAIRES ALGERIENS PAR

REDA MOHAMED GUESSOUM, DVM

35
ModuleANAT
« Etude -des
CM5 - Arthrologie
membres du membre
» - Les articulations pelvien
du membre pelvien

LES ARTICULATIONS DU MEMBRE PELVIEN des


mammifères domestiques

Introduction

Aussi complexes que celles du membre thoracique les articulations du membre pelvien
présentent en général moins de variations spécifiques. En effet, il y a moins de
diversification dans la spécialisation du membre postérieur qui, chez tous les
mammifères, aussi bien chez l’homme que chez les quadrupèdes, est essentiellement
propulseur. Cette fonction implique des sollicitations mécaniques intenses sur les
structures articulaires, pouvant les fragiliser et les exposer à diverses pathologies. La
fréquence des consultations et interventions pour " dysplasie de la hanche", "rupture du
ligament croisé crânial du genou" chez le chien et pour des problèmes du jarret chez le
cheval en sont la preuve.
L'abord clinique de ces "mécaniques" complexes et précises que sont les articulations de
la hanche, du genou et du jarret nécessite une connaissance parfaite de leur anatomie et de
leur physiologie.
Pour des causes évidentes liées à l’importance des pathologies de ces articulations en
pratique, le modèle retenu pour l'étude de la hanche et du genou sera le chien. Quand au
jarret, il sera essentiellement présenté chez le cheval.

Copyright © DZVET 360, 2021


Page 1 sur 38

1
ModuleANAT
« Etude -des
CM5 - Arthrologie
membres du membre
» - Les articulations pelvien
du membre pelvien

LES ARTICULATIONS DU BASSIN.

A. LES ARTICULATIONS DES OS COXAUX


Ce sont les jointures entre les coxaux (symphyse) d’une part, et leurs articulations avec
le sacrum d’autre part (art. sacro-iliaques).
→ Elles sont importantes en obstétrique, puisqu’elles rentrent dans la constitution de la
filière pelvienne (voir cours sur l’athrologie-myologie du bassin).
→Les articulations sacro-iliaques, qui unissent les os de la ceinture pelvienne au tronc,
présentent également une grande importance dans la locomotion. En effet, c’est par
l’intermédiaire de ces jointures très rigides et puissantes que sont transmis les efforts
propulsifs du membre pelvien vers le tronc

Les affections sacro-iliaques sont fréquentes chez le cheval de sport. Elles sont d’ailleurs
souvent mésestimées du fait de la difficulté de l’examen de ces articulations chez cette espèce.
Les sacro-iliaques peuvent être le siège de “ disjonctions ” ou “ subluxations ”, voire de fractures,
en général dues à des traumatismes (chutes violentes sur le dos lors d’un panache ou sur le côté,
plus souvent chez les jeunes chevaux). Mais les affections de type chronique sont plus insidieuses
et plus difficiles à diagnostiquer. Elles résultent des contraintes importantes et répétées que
subissent ces articulations dans certaines conditions sportives ; réceptions sur les postérieurs lors
de saut d’obstacle, et surtout, les fortes contraintes en torsion subies pendant les courses de trot à
l’origine de tensions et desmites des ligts sacroiliaques dorsal ou ventral. Le plus souvent le motif
de consultation est une certaine intolérance à l’effort, des gênes dans l’impulsion sur le postérieur
concerné.

Copyright © DZVET 360, 2021


Page 2 sur 38

2
ModuleANAT
« Etude -des
CM5 - Arthrologie
membres du membre
» - Les articulations pelvien
du membre pelvien

B. L’ARTICULATION COXO-FEMORALE
C’est l’articulation de la hanche. C’est une articulation synoviale de type sphéroïde.

I. ETUDE CHEZ LE CHIEN

1. Les surfaces articulaires(voir ostéologie)

La cavité acétabulaire de l’os coxal a la forme d’une sphère creuse. Ses parois forment
la surface semi-lunaire interrompue ventralement par une large incisure. Celle-ci aboutit,
au fond de la cavité, à une fosse d’insertion ligamentaire.
Comme pour l'épaule, la surface articulaire coxale est complétée par une formation
fibro-cartilagineuse : le bourrelet acétabulaire. Celui-ci s'attache sur le pourtour du bord
acétabulaire formant un anneau complet. En regard de l'incisure acétabulaire, il forme un
pont fibreux, le ligament transverse de l'acétabulum. Ce qui délimite un petit orifice
rempli de tissu conjonctivo-adipeux et livrant passage à de petits rameaux vasculaires et
nerveux destinés à la synoviale, et à la tête du fémur.

La tête du fémur répond à la cavité acétabulaire. En forme de sphère pleine, elle est
portée par un col très net et bien détaché chez le chien. Elle est creusée par une fossette
d’insertion ligamentaire : la "fovéa capitis".

Copyright © DZVET 360, 2021


Page 3 sur 38

3
ModuleANAT
« Etude -des
CM5 - Arthrologie
membres du membre
» - Les articulations pelvien
du membre pelvien

2. Moyens d'union
La jonction coxo-fémorale est assurée par une capsule articulaire et un ligament intra-
articulaire, le ligament de la tête du fémur.
La capsule articulaire s’attache sur le pourtour du bord acétabulaire (sur la face
externe du bourrelet acétabulaire) d’une part, et le pourtour du col du fémur d’autre part.
Elle forme un manchon engainant complètement la tête fémorale.
Le ligament de la tête fémorale est court et très fort (1 à 1,5 cm de long, 0,5 cm de ∅).
Il joint la fovéa capitis du fémur au fond de la fosse acétabulaire. Ce ligament, très
puissant, limite l'abduction exagérée du membre, et constitue, également, un frein aussi
bien à l'hyperflexionqu’à l’hyperextension de la hanche.

3. Moyen de glissement
La synoviale coxo-fémorale est vaste et profonde (l’articulation étant en position
profonde cachée par les muscles de la croupe, cette synoviale est difficilement directement
explorable chez l’animal vivant).

Copyright © DZVET 360, 2021


Page 4 sur 38

4
ModuleANAT
« Etude -des
CM5 - Arthrologie
membres du membre
» - Les articulations pelvien
du membre pelvien

4. Stabilité active et mouvements de la hanche

Bien que relativement solide, la capsule articulaire coxo-fémorale, à elle seule,


n'empêche pas une certaine laxité de cette articulation. L’essentiel de la stabilité de la
hanche est assuré par la masse des muscles fessiers et, surtout, par les muscles pelviens
profonds qui forment un manchon autour de l’articulation. Selon les espèces, entre 18 et
20 muscles interviennent sur la mobilité de la hanche !
En dynamique, leurs contractions permettent les mouvements de grande amplitude
permis par cette jointure sphéroïde, dans tous les plans de l’espace:
- Dans le plan sagittal → la flexion et l’extension;
- Dans le plan frontal →l’abduction et l’adduction;
- Dans le plan horizontal : la rotation externe ou interne du fémur autour de son
axe;
- La circumduction qui est l’association de tous ces mouvements dans l’espace.

Copyright © DZVET 360, 2021


Page 5 sur 38

5
ModuleANAT
« Etude -des
CM5 - Arthrologie
membres du membre
» - Les articulations pelvien
du membre pelvien

II. PRINCIPALES PARTICULARITES SPECIFIQUES

— Chez le chat et chez les ruminants, l’articulation coxo-fémorale est comparable


à celle décrite chez le chien.
— Chez les équidés, il existe un ligament supplémentaire : le ligament accessoire
de la tête fémorale. Ce puissant ligament prend origine en commun avec le
ligament de la tête fémorale (fovéa capitis), sort de la cavité articulaire par
l'orifice délimité par le ligament transverse et l'incisure acétabulaire pour aller
rejoindre le tendon prépubien (sillon caractéristique à la face ventrale du pubis). Il
limite considérablement les mouvements d'abduction chez ces espèces.

Anomalies des surfaces articulaires et affections de la hanche en médecine vétérinaire :


Comme chez l’homme, certains défauts d’aplomb peuvent être à l’origine d’arthroses plus ou moins
sévères de la hanche (“ coxarthroses ”). Le coxa-valga résulte d’un angle cervico-diaphysaire exagéré
(angle antre l’axe col-tête et la diaphyse du fémur). L’hyperantéversion est l’exagération de l’angle entre
l’axe col-tête et l’axe passant par les deux condyles fémoraux (= angle de “ torsion ”). Ces angles peuvent
être calculés à partir de radiographies de face et de profil de la hanche, ou mieux, à partir d’images
scanner. Ces deux “ malformations ” sont souvent associées à la dysplasie de la hanche.
Le motif de consultation le plus fréquent concernant cette articulation est sans aucun doute la
dysplasie de la hanche du chien. Elle est due à une mauvaise congruence des surfaces articulaires, le
plus souvent d’origine congénitale : cavité acétabulaire peu profonde, non creusée ou comblée, tête
fémorale vestigiale, pas assez sphérique, etc... Elle provoque une instabilité avec, lors de la marche, une
tendance à une subluxation de la tête fémorale plus ou moins importante selon le degré de la dysplasie
(d'où un "déhanchement" particulier). Ceci favorise le développement d'une arthrose douloureuse et
handicapante. Le diagnostic de certitude est radiologique (cliché standardisé, à réaliser selon des
normes strictes). En fonction de l'âge et de la taille du chien d'une part, et du grade de la dysplasie
d’autre part, diverses modalités de traitement peuvent être envisagées : traitement médical associé à
une myoectomie du pectiné ; symphysiodèse chez les tous jeunes, exérèse de la tête et du col du fémur
associée éventuellement à une prothèse ou à une myoplastie du biceps fémoral; triple ostéotomie
pelvienne ; prothèse totale de la hanche, etc. (les techniques et leurs variantes sont nombreuses).

Copyright © DZVET 360, 2021


Page 6 sur 38

6
ModuleANAT
« Etude -des
CM5 - Arthrologie
membres du membre
» - Les articulations pelvien
du membre pelvien

LES ARTICULATIONS DU GENOU


Le genou, ou grasset, est un complexe articulaire formé des articulations fémorotibiale
d'une part, et fémoro-patellaire d'autre part.
La complexité de son anatomie est en rapport avec la complexité de sa fonction : situé
au milieu de la chaîne articulaire du membre pelvien, le genou
→ constitue une "jointure relais" qui doit concilier deux impératifs : la stabilité et la
mobilité du membre pendant la locomotion ;
→ est le point de convergence des efforts subis par le membre pelvien.
Ce qui explique la fréquence des affections de cette articulation.
Les deux articulations du genou forment une unité fonctionnelle.

A. ETUDE CHEZ LE CHIEN

I. L’ARTICULATION FEMORO-TIBIALE

Elle met en rapport l’extrémité distale du fémur et l'extrémité proximale du tibia. C'est
une articulation synoviale bicondylaire.

1. Les surfaces articulaires fémoro-tibiales(Voir ostéologie)

Les condyles fémoraux latéral et médial présentent des surfaces articulaires


convexes. La face externe de chaque condyle porte l’épicondyle, relief d’insertion
ligamentaire. Les condyles fémoraux sont asymétriques : le condyle latéral est plus
volumineux, plus saillant et porte une surface articulaire plus longue que celle du condyle
médial.
Les condyles tibiaux latéral et médial sont rejetés en arrière chez les quadrupèdes et
occupent la moitié caudale du plateau tibial. Vues de profil, les surfaces articulaires
tibiales sont convexes. Vues de face, elles sont légèrement concaves, voire planes. Comme
pour le fémur, elles sont totalement asymétriques.

Copyright © DZVET 360, 2021


Page 7 sur 38

7
ModuleANAT
« Etude -des
CM5 - Arthrologie
membres du membre
» - Les articulations pelvien
du membre pelvien

Enfin, vus de profil,


les condyles tibiaux sont
nettement inclinés
caudalement par rapport
à l’ensemble du plateau
tibial (c’est la “ pente
tibiale ” : la tangente au
condyle tibial fait un
angle entre 20 et 25°
(moy 22,5°) avec l’axe
du plateau tibial chez le
chien.

Copyright © DZVET 360, 2021


Page 8 sur 38

8
ModuleANAT
« Etude -des
CM5 - Arthrologie
membres du membre
» - Les articulations pelvien
du membre pelvien

L’asymétrie des surfaces articulaires fémoro-tibiales fait que, lors de la flexion du


genou, il apparaît une rotation interne passive « automatique » du tibia par rapport au
fémur. Ceci a des conséquences importantes sur la physiologie de cette articulation (voir
plus loin).

Entre ces surfaces articulaires convexes vient s'intercaler, de chaque côté, une formation
complémentaire : le ménisque.

2. Les ménisques du genou

Les ménisques sont des pièces fibro-cartilagineuses interposées entre les condyles
fémoraux et les condyles tibiaux. De profil bi-concave, ils assurent la congruence entre
ces surfaces articulaires convexes.
Il existe deux ménisques : un latéral (ML) et un médial (MM). Le ML est nettement
plus épais que le médial. Ce dernier est plus large.

•Conformation
Les ménisques ont une forme semi-lunaire. On leur décrit un corps central, prolongé
par deux cornes : l'une crâniale, l'autre caudale. Les extrémités des cornes sont converties
en ligaments d’attache. Chaque ménisque présente deux faces (proximale et distale) et
deux bords (axial et abaxial).

•Attaches des ménisques


Le ménisque médial s'attache crânialement dans l'aire intercondylaire crâniale du
tibia. Son extrémité caudale s'insère dans l'aire intercondylaire caudale (en plus de ces
attaches, le MM présente de fortes adhérences à la capsule articulaire ainsi qu'au ligament
collatéral médial du genou).
Le ménisque latéral s'attache crânialement dans la partie la plus latérale de l'aire
intercondylaire centrale. Caudalement, il présente deux ligaments:
→ Le ligament ménisco-tibial, sur le bord postérieur du condyle latéral du tibia.

Copyright © DZVET 360, 2021


Page 9 sur 38

9
ModuleANAT
« Etude -des
CM5 - Arthrologie
membres du membre
» - Les articulations pelvien
du membre pelvien

→ Le ligament ménisco-fémoral, long et fort qui rejoint la fosse intercondylaire


du fémur.
Enfin, chez les carnivores, les deux ménisques sont réunis crânialement par un
ligament transverse du genou (inter-méniscal).

Copyright © DZVET 360, 2021


Page 10 sur 38

10
ModuleANAT
« Etude -des
CM5 - Arthrologie
membres du membre
» - Les articulations pelvien
du membre pelvien

•Rôles des ménisques


Les ménisques ont une grande importance dans la stabilité du genou, non seulement en
tant que structures complétant les surfaces articulaires, mais aussi en tant que moyens
d’union :
→ Ils assurent la congruence des surfaces articulaires fémoro-tibiales
→ Ils transmettent et répartissent de façon radiaire une part importante des
contraintes s’exerçant sur le plateau tibial
→ Ils augmentent la surface de contact articulaire (sachant que la pression par unité
de surface est P = Force / Surface; si S augmente, P diminue)
→ Ce sont des structures déformables ⇒ rôle d’amortisseur et d’absorption d'énergie
→ Ils possèdent des récepteurs nerveux (situés au niveau de leurs extrémités) :
mécanorécepteurs sensibles à la tension, à l'étirement et à la pression, et récepteurs
proprioceptifs⇒ rôle certain dans l’orientation des réflexes posturaux.

Quelques notions sur les pathologies méniscales :


Les lésions méniscales isolées sont rares chez le chien. Le plus souvent, l’atteinte d’un
ménisque est liée à une instabilité par rupture du ligament croisé crânial. Le ménisque médial
est de loin le plus touché. Ce sont, soit des déchirures (voire des ruptures) dues à une
compression violente au moment de l’accident, soit des lésions dégénératives suite à une
instabilité chronique. Le point le plus sensible est la corne caudale du ménisque médial qui peut
se trouver libérée de son attache tibiale et de ses adhérences à la capsule articulaire, d'où
une aggravation de l'instabilité du genou accélérant la progression de l’arthrose.
Les moyens d'attaches permettent de comprendre pourquoi le ménisque médial est le plus
concerné par les lésions méniscales. En effet, celui-ci présente des attaches tibiales courtes
et adhère fortement à la capsule articulaire et au ligament collatéral médial. Il est donc
pratiquement fixé au condyle tibial. Au contraire, le ménisque latéral est beaucoup plus mobile
et, grâce au ligament ménisco-fémoral, il reste solidaire du condyle latéral du fémur, qu’il suit
lors du mouvement. Ainsi, il peut plus facilement se dérober aux chocs et à la compression que
son homologue médial.

3. Les moyens d'union

Fémur et tibia sont unis par :


→ Un système capsulo-ligamentaire périphérique : capsule articulaire renforcée par
des ligaments collatéraux ;
→ Des ligaments "intra-articulaires" : les ligaments croisés du genou.

a. La capsule articulaire

La capsule articulaire du genou forme un vaste manchon attaché autour de l'extrémité


distale du fémur d’une part, et du plateau tibial d’autre part. Elle englobe les deux
articulations (fémoro-tibiale et fémoro-patellaire).
Elle est divisée en deux parties par les ligaments collatéraux : l’une crâniale centrée sur
la patella et le ligament patellaire, l’autre caudale. Cette dernière est renforcée et nettement
plus épaisse, surtout en regard des condyles fémoraux, et plus particulièrement du côté
médial où elle adhère fortement au ménisque.

Copyright © DZVET 360, 2021


Page 11 sur 38

11
ModuleANAT
« Etude -des
CM5 - Arthrologie
membres du membre
» - Les articulations pelvien
du membre pelvien

La capsule articulaire laisse le passage au tendon du muscle long extenseur des doigts
latéralement, et au tendon du muscle poplité caudalement (ils s’attachent tous les deux sur
le fémur)

Remarques :
- on considère que la partie crâniale de la capsule articulaire correspond à la capsule de
l’articulation fémoro-patellaire, alors que sa partie caudale correspond à celle de l’articulation
fémoro-tibiale
- chez l’homme la capsule articulaire du genou présente de nombreux renforcements tels que le ligt
poplité oblique, et des faisceaux fibreux provenant des muscles se terminant près du genou. Ceci
est en rapport avec la bipédie et le support du poids du corps assuré par les membres pelviens. Ces
renforcements sont beaucoup moins développés chez les quadrupèdes

Copyright © DZVET 360, 2021


Page 12 sur 38

12
ModuleANAT
« Etude -des
CM5 - Arthrologie
membres du membre
» - Les articulations pelvien
du membre pelvien

b. Les ligaments fémoro-tibiauxcollatéraux

•Insertions et orientation
Le ligament collatéral latéral (LCL) part de l'épicondyle latéral du fémur et se
termine sur la tête fibulaire. Sa face profonde est en rapport avec le tendon du m. poplité.
Le LCL est oblique dans le sens disto-caudal.
Le ligament collatéral médial (LCM) s'attache sur l'épicondyle fémoral médial et se
termine sur la face médiale du tibia juste sous le condyle tibial. Sur son chemin, il adhère
au ménisque médial et au rebord du plateau tibial. Il est nettement plus long que son
homologue latéral et ses fibres s’étirent en sens inverse : le LCM est oblique en direction
disto-crâniale.

•Rôles des ligaments collatéraux :


→ Les ligaments collatéraux limitent les mouvements latéraux : abduction du tibia par
rapport au fémur (= valgus) pour le LCM; adduction (= varus) pour le LCL.
→ Leur orientation croisée dans l'espace en fait un système efficace limitant la
rotation externe du tibia par rapport au fémur (surtout en extension).
→ Mais leurs rôles ne peuvent pas être dissociés de ceux des ligaments croisés.

Copyright © DZVET 360, 2021


Page 13 sur 38

13
ModuleANAT
« Etude -des
CM5 - Arthrologie
membres du membre
» - Les articulations pelvien
du membre pelvien

c. Les ligaments croisés du genou

Les ligaments croisés crânial et caudal sont deux forts et puissants ligaments occupant
l'espace entre les condyles fémoraux. Ils forment le pivot central du genou autour duquel
tourne le tibia par rapport au fémur. Ils sont indispensables à la stabilité du genou.

•Le ligament croisé crânial (LCCr)

Il prend origine dans une large fossette située sur le revers interne du condyle fémoral
latéral (« face axiale » du condyle). Il se dirige vers l'avant et se termine dans l'aire
intercondylaire crâniale du tibia.
→ De profil, le LCCr est oblique en direction disto-crâniale.
→ Vu de face, il est très oblique et croise le plan médian du côté latéral vers le côté
médial.
La connaissance de ces insertions et de l’orientation dans l’espace sont indispensables
pour comprendre la physiologie clinique du genou et les principes des différentes
techniques chirurgicales de stabilisation de cette articulation.
Quand le genou est en extension, l’ensemble du LCCr est tendu. Lors de la flexion du
genou, il se produit une rotation interne physiologique du tibia, et le LCCr se tord sur lui
même. Ceci permet de reconnaître deux bandes : l’une crânio-médiale tendue en
permanence, l’autre caudo-latérale relâchée lors de la flexion.
⇒ Quelque soit la position du genou, le LCCr présente toujours un contingent de
fibres sollicitées en tension.

Copyright © DZVET 360, 2021


Page 14 sur 38

14
ModuleANAT
« Etude -des
CM5 - Arthrologie
membres du membre
» - Les articulations pelvien
du membre pelvien

Copyright © DZVET 360, 2021


Page 15 sur 38

15
ModuleANAT
« Etude -des
CM5 - Arthrologie
membres du membre
» - Les articulations pelvien
du membre pelvien

•Le ligament croisé caudal (LCCd)

Il prend origine dans une large fossette située à la face interne du condyle médial du
fémur. Il se dirige vers l'arrière pour se terminer sur l’incisure poplitée (sur le bord caudal
du condyle médial du tibia) empiétant largement sur l'aire intercondylaire caudale. Il
croise donc la face médiale du LCCr.
→ De profil, le LCCd s'oriente disto-caudalement.
→ Vu de face, il est légèrement oblique et se place un peu médialement par rapport
au plan sagittal.

•Rôles des ligaments croisés

Bien qu’ayant des rôles antagonistes, les ligaments croisés interviennent en synergie
pour assurer une grande part de la stabilité du genou.
— Stabilité dans le plan sagittal :
→ Le LCCr s'oppose au glissement postéro-antérieur du tibia par rapport
au fémur : ce glissement est favorisé par la contraction du m. quadriceps
d’une part et par l’inclinaison des condyles tibiaux (“ pente tibiale ”) d’autre
part. Le signe clinique du "tiroir crânial" est le résultat de l’exagération
de ce glissement crânial (“ subluxation antérieure ”) du tibia suite à une
rupture du LCCr. Il est mis en évidence par un test articulaire spécifique de
mobilisation passive du genou.
→ Le LCCd s'oppose au mouvement inverse, c'est à dire le glissement caudal
du tibia par rapport au fémur (d'où le signe du "tiroir caudal" mis en
évidence après une rupture du LCCd, beaucoup plus rare chez le chien).
— Stabilité rotatoire
→ Les attaches et l’orientation des ligts croisés font que, lors de la rotation
interne du tibia, les deux ligaments s’enroulent l'un autour de l'autre : ils
constituent le principal frein à la rotation interne du tibia par rapport
au fémur. Par contre, lors de la rotation externe du tibia, les deux
ligaments croisés se “ décroisent ” et n’ont plus aucun rôle dans la

Copyright © DZVET 360, 2021


Page 16 sur 38

16
ModuleANAT
« Etude -des
CM5 - Arthrologie
membres du membre
» - Les articulations pelvien
du membre pelvien

limitation de ce mouvement ; c’est là que les ligaments collatéraux


interviennent.
Les ligaments croisés agissent également en synergie avec les ligaments
collatéraux aussi bien dans la stabilité latérale que rotatoire du genou (“ couples ” :
LCCr/LCL et LCCd/LCM)
— Stabilité latérale:
→ Le LCCr, en association avec le LCM assure la stabilité en valgus : lors de
rupture du LCCr, on a souvent une instabilité avec exagération de
l’abduction du tibia

En définitive, une rupture du LCCr sera surtout caractérisée par :


→ une laxité postéro-antérieure du genou (signe clinique du tiroir crânial)
→ une exagération de la rotation interne du tibia aussi bien en flexion qu’en
extension

Quelques notions sur une pathologie orthopédique très fréquente chez le chien : la rupture du
ligament croisé crânial du genou
Beaucoup plus que chez l'homme, le LCCr est très sollicité quelque soit la position du genou
chez le chien. Les attaches et la physiologie de ce ligament, telles que nous les avons vues plus haut,
permettent de comprendre les deux circonstances les plus fréquentes de sa rupture lors d'un
traumatisme fonctionnel.
→ entorse en hyperextension : c'est le chien qui court et dont le pied glisse dans un trou au moment
de la propulsion. Le ligament se trouve alors sollicité au-delà de sa résistance à la traction et se
rompt. En outre, la ligne intercondylaire forme une sorte de chevalet favorisant sa rupture.
→ entorse en hyperflexion : lors d'une hyperflexion à l'appui, (préparant un saut de palissade par
exemple), nous avons une forte abduction et rotation externe du fémur, associée à une rotation
interne et adduction de l'ensemble tibia-pied. Le ligament est alors fortement torsadé sur lui-
même et c’est au moment de la contraction violente du quadriceps pour la propulsion qu’il peut se
rompre.

Copyright © DZVET 360, 2021


Page 17 sur 38

17
ModuleANAT
« Etude -des
CM5 - Arthrologie
membres du membre
» - Les articulations pelvien
du membre pelvien

Mais contrairement à l'homme, ces conditions "sportives" ne sont pas les plus fréquentes.
Elles apparaissent surtout chez des chiens jeunes très turbulents, sportifs, etc. (30% des ruptures
de LCCr).
Chez le chien, le plus souvent (60%), la rupture du LCCr survient sur un ligament déjà dégénéré,
très fragile (causes encore incomplètement élucidées). Il suffit d'un petit effort, normalement anodin
(montée d'escalier par exemple) pour qu'il rompe. C'est le cas des chiens âgés de plus de 6 ans et, le
plus souvent obèses, sédentaires, peu sportifs.
La rupture du LCCr, qu'elle soit aiguë ou chronique, s'accompagne souvent de lésions d'autres
structures articulaires, surtout celles du compartiment médial (capsule articulaire au point d’angle
caudo-médial (+++), ménisque médial (+++), ligt.collatéral médial (plus souvent chez l’homme). Elle évolue
TOUJOURS vers une arthrose, très précoce chez le chien, qui continue à progresser même après
intervention chirurgicale. C’est pourquoi le traitement chirurgical doit être le plus précoce possible afin
de stabiliser l’articulation et essayer d’empêcher, ou de ralentir, l’évolution de l’arthrose.
Depuis les années 70, plus de 50 techniques et variantes de réparations chirurgicales de la
rupture du LCCr ont été mises au point et pratiquées. L'âge du chien et son poids, le degré d’instabilité,
l'état général de l'animal et le grade d'évolution de l'arthrose doivent être pris en compte dans la
décision de l’intervention chirurgicale d’une part, et dans le choix de la technique de stabilisation d’autre
part. Les procédés les plus employés actuellement sont les techniques extra-capsulaires (avec bande de
fascia lata et/ou prothèse en fil synthétique ou métallique) . Des techniques de correction de
l’inclinaison du plateau tibial sont parfois mises en œuvre quand la pente tibiale s’avère exagérément
prononcée (> 45°).

II. L’ARTICULATION FEMORO-PATELLAIRE

C’est une articulation synoviale trochléaire.

1. Les surfaces articulaires

La trochlée fémorale est droite avec une gorge large et deux lèvres égales chez le
chien. Elle répond à une patella ovalaire avec une face crâniale rugueuse (insertions
musculaires) et une face articulaire caudale lisse. Elle est complétée par des fibro-
cartilages parapatellaires (l'un latéral, l'autre médial nettement plus développé.). Ces
formations complémentaires augmentent la surface de contact avec la trochlée.

Copyright © DZVET 360, 2021


Page 18 sur 38

18
ModuleANAT
« Etude -des
CM5 - Arthrologie
membres du membre
» - Les articulations pelvien
du membre pelvien

2. Moyens d'union

La capsule articulaire correspond à la partie crâniale de la capsule articulaire de


l'ensemble du genou.
Les ligaments fémoro-patellaires médial et latéral ("ailerons rotuliens") forment deux
bandelettes minces joignant les bords de la patella aux sésamoïdes supracondylaires. Leur
rôle est de maintenir la patella dans la trochlée et éviter sa luxation lors de la flexion du
genou. Le ligament latéral est nettement plus fort et plus distinct que le médial chez le
chien (facteur favorisant les luxations latérales traumatiques de la rotule).
Le ligament patellaire joint l’extrémité distale de la patella à la tubérosité tibiale.
Large, épais et puissant, il semble prolonger le tendon du quadriceps dont il transmet
l'action au tibia, provoquant l'extension du genou.

Autre exemple d’instabilité du genou : la luxation de la patella


Elle peut être traumatique (aigue) mais, le plus souvent, chez le chien, nous avons affaire à des
luxations chroniques liées à un défaut d'aplomb (varus important du genou), ou à une dysplasie
fémoropatellaire (trochlée comblée, aplasie de la trochlée, atrophie des lèvres de la trochlée etc...)
Alors que les luxations traumatiques peuvent être assez souvent des luxations latérales
(fragilité du ligt. fémoro-patellaire médial qui rompt au moment de l’entorse), les luxations
chroniques sont surtout des luxations médiales de la patella.
En général, le traitement chirurgical s’impose. Les procédés sont nombreux et variés :
myoplastie des vastes, recouvrement capsulaire, pexie rotulienne, transposition de la tubérosité
tibiale, etc., mais le choix de la méthode dépend, là aussi, de nombreux facteurs : âge, poids,
arthrose, grade de la luxation...

Copyright © DZVET 360, 2021


Page 19 sur 38

19
ModuleANAT
« Etude -des
CM5 - Arthrologie
membres du membre
» - Les articulations pelvien
du membre pelvien

III. LES SYNOVIALES DU GENOU DU CHIEN

Les moyens de glissement des articulations du genou sont représentés par :


- deux synoviales fémoro-tibiales, l’une latérale, l'autre médiale (artic. bicondylaire)
- et une synoviale fémoro-patellaire. Elle est séparée du ligament patellaire - et
donc de la capsule articulaire - par un abondant corps adipeux infra-patellaire.
Chez les Carnivores, ces 3 synoviales communiquent très largement entre elles,
d'où une vaste et unique cavité synoviale.
Les synoviales fémoro-tibiales délèguent 3 récessus : l’un caudal pour le tendon du
muscle poplité, le second crânio-latéral pour le tendon du m. long extenseur des orteils, le
troisième latéral pour l'articulation tibio-fibulaire proximale.
La synoviale fémoro-patellaire présente un récessus proximal, sous la terminaison du m.
quadriceps.

Remarque : la ponction des synoviales latérale et médiale est relativement aisée : elle se
réalise dans l’espace compris entre le bord du ligt. patellaire et le relief du condyle
fémoral, côté latéral ou médial. Il faut veiller à bien introduire l’aiguille pour passer outre
le corps adipeux infrapatellaire assez abondant.

III. STABILISATION ACTIVE ET MOUVEMENTS DU GENOU

L’articulation du genou, en elle même, est une articulation très congruente


(ménisques) et très stable (capsule articulaire et ligaments puissants).
Cette stabilité est renforcée par la tension du fascia lata (muscle tenseur) et par
l’ensemble des structures musculo-tendineuses qui s’insèrent tout autour de cette
articulation : muscles fémoraux crâniaux, muscles fémoraux caudaux, muscles fémoraux
médiaux, tendon d’origine du m. long extenseur des orteils, tendon d’origine du m. poplité,
corps charnus des muscles Gastrocnémiens : pas moins de 15 muscles (ou chefs
musculaires) interviennent dans la mobilité et la stabilité du genou !

Copyright © DZVET 360, 2021


Page 20 sur 38

20
ModuleANAT
« Etude -des
CM5 - Arthrologie
membres du membre
» - Les articulations pelvien
du membre pelvien

Le fascia lata devient très épais au niveau du genou (une bande de fascia lata, parfois
renforcée par une bande du ligt. patellaire, constitue l’auto-prothèse la plus employée
actuellement dans la stabilisation chirurgicale du genou aussi bien chez l’homme que chez
le chien).
La contraction du quadriceps permet de maintenir l’angle du genou au repos (135 – 140 °
en moyenne).
L’équilibre entre la tonicité du quadriceps (extenseur) d’une part, et des muscles
fémoraux caudaux (fléchisseurs) d’autre part, est un facteur important de la stabilité
active du genou : la rupture de cet équilibre par une faiblesse et une diminution de la
tonicité de l’un ou l’autre de ces groupes musculaires fragilise le genou et l’expose aux
lésions ligamentaires.

Les physiologies des deux articulations du genou sont intimement liées.

• Les mouvements de l’articulation fémoro-patellaire sont limités à la


flexion-extension. Lors de la flexion du genou, la patella glisse distalement le long
de la trochlée ; lors de l’extension, elle remonte.

• Les mouvements de l’articulation fémoro-tibiale sont plus complexes :


→ Ils dominent dans le plan sagittal : flexion-extension.
→ Ils sont très limités dans le plan frontal (abduction du tibia par rapport au fémur
= valgus ; adduction du tibia = varus). Ils seront anormalement exagérés lors
d’une distension ou d’une rupture d’un des ligaments collatéraux.
→ Ils ne sont pas négligeables dans le plan horizontal : rotation externe et
rotation interne du tibia par rapport au fémur.
Deux phénomènes de rotation sont possibles au niveau de l'articulation fémoro-
tibiale :
La rotation passive physiologique : comme cela a déjà été signalé, elle est
due à l’asymétrie des surfaces articulaires. On a une rotation interne du tibia par
rapport fémur lors de la flexion, rotation externe lors de l'extension.
La rotation active : elle est volontaire ou réflexe, due à l’action des muscles.

Copyright © DZVET 360, 2021


Page 21 sur 38

21
ModuleANAT
« Etude -des
CM5 - Arthrologie
membres du membre
» - Les articulations pelvien
du membre pelvien

En définitive, la stabilité active du genou est permise par la co-contraction permanente


des muscles antagonistes qui, lors de la phase d’appui de la marche, ont tendance à
contrôler au maximum les mouvements rotatoires et latéraux. Ceci permet un
amortissement et une propulsion du corps dans les meilleures conditions.

Copyright © DZVET 360, 2021


Page 22 sur 38

22
ModuleANAT
« Etude -des
CM5 - Arthrologie
membres du membre
» - Les articulations pelvien
du membre pelvien

B. PRINCIPALES PARTICULARITES SPECIFIQUES

1. L’articulation fémoro-tibiale présente peu de caractères spécifiques


importants chez les autres mammifères domestiques. Chez les ongulés, on peut noter,
l’absence du ligament transverse du genou (entre les deux ménisques) d’une part, et
une communication inconstante entre les synoviales fémoro-tibiales latérale et
médiale, d’autre part.

Copyright © DZVET 360, 2021


Page 23 sur 38

23
ModuleANAT
« Etude -des
CM5 - Arthrologie
membres du membre
» - Les articulations pelvien
du membre pelvien

2. L’articulation fémoro-patellaire :
→ La conformation des surfaces articulaires est bien différente chez les ongulés par
rapport aux carnivores (forme de la patella, trochlée asymétrique aux lèvres inégales, voir
ostéologie).
→ Elle présente trois ligaments patellaires chez le cheval et chez le bœuf : un latéral,
un intermédiaire et un médial. La capsule articulaire est renforcée crânialement entre les
ligaments patellaires latéral et médial par un véritable“ fascia patellaire ” très épais et
chargé en tissu adipeux.
→Les fibro-cartilages parapatellaires sont très développés, surtout le médial facteur
favorisant le blocage physiologique de la rotule → maintien de l’angle articulaire au
repos, chez le cheval.
→Les ligaments fémoro-patellaires sont bien distincts et relativement plus forts que
chez le chien. Ils s’insèrent sur l’épicondyle fémoral correspondant (pas de sésamoïdes
supra-condylaires chez les ongulés).

Chez le Cheval, les problèmes du grasset sont assez difficiles à explorer. Ils sont dominés par des
affections dégénératives (ostéochondrose des condyles fémoraux, arthrose). Les lésions ligamentaires
(distensions, voire ruptures, concernant surtout les ligaments collatéral médial et croisé crânial) ont été
très sous-estimées jusqu’ici car difficiles à mettre en évidence en clinique.. Depuis quelques années
avec l’échographie articulaire et surtout l’arthroscopie, on met en évidence des lésions des tissus mous :
ligaments, ménisques, synoviale. Si les puissantes masses musculaires de la cuisse limitent relativement
l’instabilité, ces lésions ont les mêmes conséquences que chez le chien et sont à l’origine de baisse des
performances et de problèmes d’intolérance à l’effort (les plus concernés sont les chevaux de CSO et de
concours complet). Les lésions méniscales intéressent assez souvent le ménisque latéral chez les jeunes
chevaux, mais touchent surtout le ménisque médial chez des animaux plus âgés.
L’accrochement de la patella chez le cheval est dû au blocage pathologique de la patella sur le bord
proximal de la trochlée fémorale, d’où une impossibilité de flexion du genou. Les facteurs anatomiques
favorisants sont l’angle médial de la patella très saillant, complété par un fibro-cartilage para-patellaire
médial très développé, et la tension du ligament patellaire médial. Elle est également favorisée par des
défauts d’aplombs (surtout quand l’angle fémoro-tibial est trop ouvert), et une faiblesse musculaire (de
la face latérale de la cuisse). Elle est relativement fréquente chez les poneys (shetlands surtout). Son
traitement se fait par taxis manuel, sinon par section chirurgicale du ligament patellaire médial.

Copyright © DZVET 360, 2021


Page 24 sur 38

24
ModuleANAT
« Etude -des
CM5 - Arthrologie
membres du membre
» - Les articulations pelvien
du membre pelvien

LES ARTICULATIONS DE LA JAMBE.

Ce sont les articulations tibio-fibulaires proximale et distale. On leur associe la


membrane interosseuse entre le tibia et la fibula.

A. L’ARTICULATION TIBIO-FIBULAIRE PROXIMALE


• Chez les carnivores c’est une articulation synoviale. Elle met en rapport les
petites facettes articulaires situées sur le revers externe du condyle latéral du tibia d’une
part, et sur la face interne de la tête fibulaire, d’autre part. Cette articulation est maintenue
par une capsule articulaire renforcée par deux ligts tibio-fibulaires proximaux, l’un
crânial, l’autre caudal. Ils sont assez nets et bien développés chez le chien. La synoviale
correspond à un récessus de la synoviale fémoro-tibiale. Les mouvements articulaires sont
très faibles.

Copyright © DZVET 360, 2021


Page 25 sur 38

25
ModuleANAT
« Etude -des
CM5 - Arthrologie
membres du membre
» - Les articulations pelvien
du membre pelvien

• Chez les équidés, cette articulation ressemble à celle des carnivores, mais les ligts
tibio-fibulaires sont très faibles.

• Chez les ruminants, il n’y a pas d’articulation tibio-fibulaire proximale (soudure


des extrémités proximales des deux os).

Copyright © DZVET 360, 2021


Page 26 sur 38

26
ModuleANAT
« Etude -des
CM5 - Arthrologie
membres du membre
» - Les articulations pelvien
du membre pelvien

B. L’ARTICULATION TIBIO-FIBULAIRE DISTALE


• Chez les carnivores, elle est comparable à l’articulation proximale : capsule
articulaire renforcée par deux ligts. tibio-fibulaires distaux. La synoviale est une
dépendance de la synoviale tibio-talienne. Les mouvements sont, là aussi, très faibles.

• Chez les équidés c’est une synostose.

• Chez les ruminants c’est une articulation synoviale qui unit l’extrémité distale du
tibia à l’os malléolaire.

C. LA MEMBRANE INTEROSSEUSE DE LA JAMBE


C’est une membrane fibreuse qui unit les bords adjacents du tibia et de la fibula. Chez le
cheval et lechien, elle n’est présente que dans la moitié proximale des os de la jambe.
Chez le chat, la membrane interosseuse est large et s’étend sur toute la longueur des os de
la jambe. Chez les ruminants, par contre, elle est complètement absente.

Copyright © DZVET 360, 2021


Page 27 sur 38

27
ModuleANAT
« Etude -des
CM5 - Arthrologie
membres du membre
» - Les articulations pelvien
du membre pelvien

LES ARTICULATIONS DU JARRET


Ce sont les articulations du tarse. On peut les grouper en :
— Articulations “ extrinsèques ” : ce sont les jointures cruro-tarsiennes (entre les
os de la jambe et la rangée proximale du tarse) et tarso-métatarsiennes ;
— Articulations “ intrinsèques ” : jointures entre les os de la rangée proximale
(intertarsiennes proximales), entre les os de la rangée distale (inter-tarsiennes
distales) et entre les os des deux rangées, sans oublier les unions avec l’os central
du tarse (médiotarsiennes).

Le modèle choisi pour l'étude des ces articulations est le cheval.

A. ETUDE CHEZ LE CHEVAL

Copyright © DZVET 360, 2021


Page 28 sur 38

28
ModuleANAT
« Etude -des
CM5 - Arthrologie
membres du membre
» - Les articulations pelvien
du membre pelvien

1. Les surfaces articulaires du tarse


a. Articulation cruro-tarsienne : elle unit les os de la jambe à ceux de la rangée
proximale du tarse. Chez le cheval, elle est purement tibio-talienne. C’est une
articulation trochléaire qui met en rapport :
- la cochlée tibiale : deux gorges séparées par un relief médian
- la trochlée du talus : poulie parfaite, à la gorge profonde et orientée latéralement
b. Articulations tarso-métatarsiennes : les surfaces articulaires sont larges et
planiformes. Le plus grand contact articulaire est réalisé entre l’os grand cunéïforme et le
métatarse III.
c. Articulations médio-tarsiennes : les surfaces articulaires sont, là aussi, larges et
planes. Les plus grands contacts articulaires ont lieu entre le talus et l’os naviculaire d’une
part, et entre l’os naviculaire et l’os grand cunéïforme d’autre part. Du côté latéral, l’os
cuboïde forme un socle sur lequel repose l’extrémité distale du calcanéus.

d. Articulations inter-tarsiennes proximales et distales : ce sont des arthrodies (=


articulations synoviales à petites facettes articulaires planes).

Copyright © DZVET 360, 2021


Page 29 sur 38

29
ModuleANAT
« Etude -des
CM5 - Arthrologie
membres du membre
» - Les articulations pelvien
du membre pelvien

2. Les moyens d'union du tarse

a. moyens d’union communs à l’ensemble du tarse

Le tarse du cheval, avec sa jonction tibio-talienne, est assurément l’articulation la plus


spécialisée dans les mouvements de flexion extension (⇒ la plus spécialisée dans son
rôle de propulseur).
De manière analogue à ce qu’on a vu pour le carpe, on rencontre une capsule
articulaire englobant tout le tarse, renforcée par des ligaments collatéraux.

•La capsule articulaire du tarse

— Dorsalement, elle forme la membrane commune dorsale. Elle part du tibia


jusqu'au métatarse III. Epaisse et lâche, elle se met en continuité, de chaque côté, avec les
ligaments collatéraux du tarse.
— A la face plantaire, elle forme la membrane plantaire proximale (= membrane
cruro-tarsienne plantaire). Elle joint le tibia au sustentaculum tali du calcanéus. Très
épaisse (elle se charge en tissu fibro-cartilagineux), elle constitue une surface de glissement
pour le tendon du m. fléchisseur latéral du doigt (principal constituant du FPD).

Copyright © DZVET 360, 2021


Page 30 sur 38

30
ModuleANAT
« Etude -des
CM5 - Arthrologie
membres du membre
» - Les articulations pelvien
du membre pelvien

•Les ligaments collatéraux du tarse

Ils sont très forts et plus complexes que ceux du carpe. De chaque côté il en existe 2:
— Les ligaments collatéraux latéraux
→ Le plus superficiel est le ligament collatéral latéral long. Il prend origine
sur la malléole latérale et se termine sur l'extrémité proximale des métatarsiens
III et IV.
→ Le plan profond est formé par le ligament collatéral latéral court. Il prend
origine sur la malléole latérale. Il se termine en deux faisceaux, l'un à la face
latérale du calcanéus, l'autre à la face latérale du talus.
— Les ligaments collatéraux médiaux ont la même organisation que les
précédents: un long et un court prenant origine sur la malléole médiale. Le ligament long
se termine sur les métatarses II et III, tandis que le ligament court se divise en deux
faisceaux, l'un calcanéen, l'autre talien.

Rôle des ligaments collatéraux


→ La présence de ces ligaments
très puissants, associée à la
morphologie des surfaces
articulaires, fait que les mouvements
latéraux et rotatoires du pied sont
pratiquement nuls chez le cheval.
→ Dans le plan sagittal, ces
ligaments conditionnent la
physiologie du jarret et assurent sa
stabilité lors de la flexion-
extension.

Copyright © DZVET 360, 2021


Page 31 sur 38

31
ModuleANAT
« Etude -des
CM5 - Arthrologie
membres du membre
» - Les articulations pelvien
du membre pelvien

b. Les ligaments propres des diverses articulations du tarse

Ils sont visibles après ablation de la capsule articulaire. Comme pour le carpe, ce sont
des ligaments, en général courts, qui unissent les divers os du tarse entre eux. Ils
prennent les noms des os qu’ils unissent.
Il existe des ligaments propres cruro-tarsiens, médio-tarsiens, inter-tarsiens proximaux,
inter-tarsiens distaux et tarso-métatarsiens.

A chaque étage, ils se disposent en trois plans : des ligaments propres dorsaux, des
ligaments propres interosseux et des ligaments propres plantaires.

- Les ligaments propres dorsaux (visibles après ablation de la membrane commune


dorsale du tarse). L’articulation cruro-tarsienne en est dépourvue. Le ligament
talo-métatarsien est large est puissant.

- Les ligaments propres interosseux (visibles sur des coupes sagittales ou


longitudinales du tarse) : ils sont très forts, en particulier les ligaments
talocalcanéens d’une part, et le ligt. cunéo-métatarsien d’autre part.

Copyright © DZVET 360, 2021


Page 32 sur 38

32
ModuleANAT
« Etude -des
CM5 - Arthrologie
membres du membre
» - Les articulations pelvien
du membre pelvien

- Les ligaments propres plantaires : L’un d’eux est individualisé, c’est le ligament
plantaire long qui unit le calcanéus au métatarse. Les autres se confondent en un
vaste ligament plantaire distal qui tapisse la face plantaire du tarse et la rend
lisse. Il se prolonge au-delà du tarse par le ligament accessoire plantaire du
tarse ou bride tarsienne pour le tendon perforant (équivalent de la bride
carpienne du membre thoracique, mais beaucoup plus grêle). Cette bride
tarsienne est absente chez l’âne et le mulet.

3. Moyens de glissement : les synoviales du tarse

• La synoviale cruro-tarsienne est la plus vaste. Elle délègue des prolongements


entre les os de la rangée proximale du tarse. Elle forme des récessus:
- l’un dorsal (à l’origine du vessigon articulaire du pli du jarret)
- deux plantaires (médial et latéral) de part et d'autre du calcanéus (à l’origine des
vessigons articulaires du creux du jarret)
Remarque : les tares molles du jarret sont relativement fréquentes chez le Cheval.
• Les synoviales des articulations intrinsèques du tarse sont les synoviales
intertarsienne proximale et médio-tarsienne, qui communiquent avec la synoviale
crurotarsienne. Il existe également une synoviale propre naviculo-cunéenne. Les
articulations inter-tarsiennes distales ne possèdent pas de synoviale propre. Elles sont
lubrifiées par la synoviale naviculo-cunéenne et des prolongements de la synoviale tarso-
métatarsienne.
• La synoviale tarso-métatarsienne délègue des prolongements entre les os de la
rangée distale du tarse et vers les articulations inter-métatarsiennes.*

Copyright © DZVET 360, 2021


Page 33 sur 38

33
ModuleANAT
« Etude -des
CM5 - Arthrologie
membres du membre
» - Les articulations pelvien
du membre pelvien

4. Autres moyens de contention du tarse

Ils sont représentés par les tendons des muscles jambiers crâniaux et caudaux qui
glissent sur les différents faces du jarret dans les rétinacles et les gaines, formés par des
renforcements fibreux du fascia du tarse (cf cours de myologie).

5. Stabilisation active et mouvements du jarret

La seule articulation mobile du massif tarsien chez le cheval est la charnière


crurotarsienne. Elle est à l'origine de l'impulsion permettant la détente du membre.
Les autres articulations du tarse montrent une mobilité très réduite (petits mouvements
de glissement). Leur rôle est essentiellement amortisseur.
C’est chez le cheval que la spécialisation du tarse dans les mouvements de
flexion/extension est la plus poussée chez nos mammifères domestiques. Ces mouvements
du tarse sont régis par deux systèmes :
— Actif : par contraction des muscles antagonistes : gastrocnémien =
extenseur et tibial crânial = fléchisseur ;
— Passif : l’appareil réciproque (cf. myologie) permet la solidarisation passive
du jarret et du genou.

Quelques notions sur les dominantes pathologiques du jarret du cheval


Outre les diverses tares molles (vessigons tendineux ou articulaires) assez fréquents et qui
signent toujours une dysfonction (qui n’a pas nécessairement origine au jarret d’ailleurs), la mobilité
des différents étages du tarse conditionne le type de pathologie articulaire que l’on peut rencontrer
chez le cheval :

Copyright © DZVET 360, 2021


Page 34 sur 38

34
ModuleANAT
« Etude -des
CM5 - Arthrologie
membres du membre
» - Les articulations pelvien
du membre pelvien

— L'articulation tibio-talienne mobile, est le site possible d'ostéochondroses. Les lèvres du


talus et la crête intermédiaire de la cochlée tibiale sont parmi les sites les plus fréquents
d’ostéochondrose chez le cheval.
— Les autres articulations du tarse peu mobiles, subissent des tassements et des
frottements, favorisant les pathologies de type dégénérescence arthrosique avec
possibilité de développement d'exostoses. Celles-ci peuvent provoquer l'ankylose du
tarse par soudure des os entre eux : c'est ce qui peut arriver dans l'éparvin osseux
(inflammation chronique de l'ensemble des structures ostéoarticulaires du jarret). Elle
se traduit par des boiteries, des irrégularités d’allures, des attitudes de soulagement au
repos, et, en fin d’évolution, par des déformations du jarret.

B. PRINCIPALES PARTICULARITES SPECIFIQUES

1. Chez les Ruminants


 L'organisation générale est comparable à celle du Cheval.
 La conformation des os est différente. Le talus possède trois trochlées dont l'une répond
au naviculo-cuboïde. Cela augmente l’amplitude des mouvements possibles au niveau
de l'interligne talo-naviculaire.
 Au niveau de l’articulation cruro-tarsienne, le calcanéus répond à l'os malléolaire.
 La membrane commune dorsale est renforcée par une sorte de ligament fibreux
s'attachant sur le talus et rejoignant le métatarse.
 La bride tarsienne rejoint le tendon du perforé au niveau de la manica flexoria. Elle est
plus grêle que la bride carpienne.
 La mécanique articulaire est modifiée par rapport à celle du cheval. Les mouvements de
flexion-extension sont partagés entre les interlignes cruro-tarsienne et médio-tarsienne.

Copyright © DZVET 360, 2021


Page 35 sur 38

35
ModuleANAT
« Etude -des
CM5 - Arthrologie
membres du membre
» - Les articulations pelvien
du membre pelvien

2. Chez les Carnivores


 L'organisation anatomo-fonctionnelle est très différente. Les os du tarse sont plus
nombreux, plus petits et plus mobiles.
 Le talus présente une tête condylaire répondant à l'os naviculaire entraînant la
possibilité de mouvements latéraux (abduction et adduction) et rotatoires (faibles)
du pied.

 Les ligaments sont plus individualisés, surtout à la face plantaire.

Copyright © DZVET 360, 2021


Page 36 sur 38

36
ModuleANAT
« Etude -des
CM5 - Arthrologie
membres du membre
» - Les articulations pelvien
du membre pelvien

 La membrane commune dorsale se termine sur la rangée distale du tarse et présente un


renforcement fibreux provenant du tibia et de la fibula.

LES AUTRES ARTICULATIONS DU PIED.


Elles sont identiques à celles du membre thoracique. Elles sont aussi importantes du
point de vue clinique.

Conclusion
Lors de la locomotion d’un quadrupède :
- l’articulation de la hanche oriente l’axe de l’ensemble du membre,
- le jarret assure la plus grande part de la propulsion
- et, entre les deux, le genou encaisse la plus grande partie des sollicitations
mécaniques et assure la stabilité de l’ensemble.

On comprend bien que leurs mouvements dépendent fortement les unes des
autres. Ceci est nettement mis en valeur avec l’appareil réciproque du cheval. De ce
fait, toute pathologie du genou par exemple pourrait se répercuter en aval sur le
jarret ou, en amont, sur la hanche. Et réciproquement, une hanche instable peut
fragiliser le genou et l’exposer à une rupture du LCCr.

Cette notion de chaîne articulaire doit venir à l’esprit à chaque fois qu’on
aborde l’appareil locomoteur : que ce soit lors d’un diagnostic de boiterie,
l’application d’une technique chirurgicale, la contention ou l’immobilisation d’une
articulation.

Copyright © DZVET 360, 2021


Page 37 sur 38

37
CE DOCUMENT A ETE OFFERT AUX VETERINAIRES ALGERIENS PAR

REDA MOHAMED GUESSOUM, DVM

CE DOCUMENT A ETE OFFERT AUX VETERINAIRES ALGERIENS PAR

REDA MOHAMED GUESSOUM, DVM

38
ANAT - CM6 - Myologie du membre pelvien

Module « Etude des membres » - CM – Myologie du membre pelvien

MYOLOGIE DU MEMBRE PELVIEN


Introduction

L’organisation générale des muscles du membre pelvien est semblable à celle du membre
thoracique : ils se disposent autour de la ceinture et des rayons osseux du membre formant 4
grands groupes musculaires correspondant aux régions du bassin, de la cuisse, de la jambe et du
pied.
Le membre pelvien des quadrupèdes est essentiellement un membre propulseur. La détente
nécessite des muscles extenseurs puissants : les muscles fessiers pour la hanche, quadriceps pour
le genou et gastrocnémien pour le jarret s’appuient sur de forts leviers osseux, respectivement le
grand trochanter du fémur, la patella, la tubérosité du calcanéus.
L’action des ces muscles extenseurs est contrôlée et modérée par leurs antagonistes non moins
puissants, les muscles fléchisseurs.
A côté de ces groupes musculaires spécialisés dans les mouvements sagittaux dominants de la
locomotion quadrupédale, nous allons rencontrer des muscles intervenant dans les mouvements
latéraux (abduction et adduction) et rotatoires. Leur rôle est primordial dans la stabilisation des
articulations au cours de la locomotion, en particulier celles de la hanche et du genou.
L’ensemble de la musculature pelvienne est enveloppé par un fascia fibro-élastique. Celui-ci
est particulièrement renforcé au niveau des articulations du genou, du jarret et des doigts.

Copyright © DZVET 360, 2021 Page 1 sur 44

1
ANAT - CM6 - Myologie du membre pelvien

Module « Etude des membres » - CM – Myologie du membre pelvien

Copyright © DZVET 360, 2021 Page 2 sur 44

2
ANAT - CM6 - Myologie du membre pelvien

Module « Etude des membres » - CM – Myologie du membre pelvien

I. FASCIAS ET MUSCLES DU BASSIN


Ils sont groupés autour de l’os coxal sur lequel ils prennent origine. Ils se terminent tous sur
l’extrémité proximale du fémur. On peut les diviser en deux groupes :
- le groupe des muscles pelviens profonds ou « pelvi-cruraux ». Ce sont de petits muscles
juxta-articulaires placés tout autour de l’articulation coxo-fémorale. Ils sont recouverts par...
-.... les muscles fessiers, beaucoup plus volumineux, qui donnent sa conformation à la région de
la croupe.
L’ensemble est enveloppé par le fascia glutéal.

Copyright © DZVET 360, 2021 Page 3 sur 44

3
ANAT - CM6 - Myologie du membre pelvien

Module « Etude des membres » - CM – Myologie du membre pelvien

1. Le fascia glutéal

C’est une large expansion fibreuse qui couvre les muscles fessiers. Elle s’attache dorsalement
sur la crête sacrale médiane, se raccorde crânialement au fascia thoraco-lombaire, se continue
caudalement par le fascia de la queue et distalement par le fascia de la cuisse (fascia lata).

2. Les muscles fessiers (« glutéaux »)

a. Etude chez le chien


Il existe (de chaque côté) 4 muscles fessiers : superficiel, moyen, accessoire et profond. Ces
plans successifs sont rencontrés lors de l’abord chirurgical de la hanche par voie latérale. Tous ces
muscles prennent origine sur l’ilium et se terminent sur le grand trochanter du fémur.
Chez le chien, le fessier accessoire n’est pas individualisable, annexé par le fessier moyen.
• Le m. fessier superficiel : Chez l'homme, c’est le plus développé des muscles fessiers
(le « grand fessier ») et ce en rapport avec la station érigée. Il est, par contre, relativement peu
développé chez les MD. Chez le chien, c'est un muscle plat et mince avec une partie charnue et
une partie aponévrotique. La partie charnue s’attache par un tendon sur la tubérosité glutéale à la
base du grand trochanter. Elle est nettement divisée en deux faisceaux divergents :
→ L’un se dirige crânialement pour rejoindre l'épine iliaque ventro-crâniale : c’est la partie
crâniale;
→ L’autre se dirige dorsalement, couvrant le grand trochanter, et se termine sur l’épine
iliaque dorso-caudale: c’est la partie « dorso-médiale ».

Copyright © DZVET 360, 2021 Page 4 sur 44

4
ANAT - CM6 - Myologie du membre pelvien

Module « Etude des membres » - CM – Myologie du membre pelvien

Ces deux faisceaux charnus sont réunis par une aponévrose très fine dont les fibres se mêlent à
celles du fascia glutéal. Elle laisse entrevoir le plan sous-jacent formé par le m. fessier moyen.

• Le m. fessier moyen : c'est le plus développé et le plus puissant chez les MD. Epais et
charnu, il s'attache sur la crête iliaque et la face glutéale de l'aile de l'ilium et se termine par un
fort tendon sur le sommet du grand trochanter. Chez le chien, il recouvre directement le m. fessier
profond.

Copyright © DZVET 360, 2021 Page 5 sur 44

5
ANAT - CM6 - Myologie du membre pelvien

Module « Etude des membres » - CM – Myologie du membre pelvien

• Le m. fessier profond: C’est le dernier plan des mm. fessiers avant d’atteindre
l’articulation de la hanche. Ce muscle recouvre dorsalement la partie crâniale de la capsule
articulaire coxo-fémorale. Ses fibres charnues s’insèrent en éventail le long du col de l’ilium
jusqu’à l'épine sciatique. Il se termine par un tendon sur la convexité du grand trochanter.

b. Principales particularités spécifiques


• Chez le cheval :
→Le m. fessier superficiel est relativement bien développé. Il ressemble un peu à celui
du chien, mais sa partie charnue n’est pas dissociée. Elle forme un croissant entre les
branches duquel se trouve l’aponévrose qui se confond avec le fascia glutéal. Son tendon
s’insère sur une tubérosité glutéale très forte (= « 3ème trochanter », particulier à cette
espèce).
→Le m. fessier moyen est très développé. En plus de ses insertions classiques décrites
plus haut, il présente deux particularités :
- Il se prolonge crânialement au-delà de l’ilium pour s’étaler sur le m. erector-spinae
(c’est la « pointe lombaire » du m. fessier moyen) ⇒ Chez le cheval le m. fessier
moyen est également extenseur de la charnière lombo-sacrale
- et caudalement, il présente un faisceau charnu post-trochantérique qui s’attache sur
le revers caudal du grand trochanter (renforce l’action en extension de ce muscle)
→Le m. fessier accessoire est bien reconnaissable. Il s'insère sur la face glutéale de
l’ilium et se termine par un tendon sur la crête du grand trochanter (seule partie
éventuellement identifiable de ce muscle chez des grands chiens). Sa face superficielle est
recouverte d’une aponévrose qui s’intrique intimement avec la face profonde du m. fessier
moyen ⇒ difficile de vraiment bien les séparer. Il sépare le fessier moyen du fessier
profond.

Copyright © DZVET 360, 2021 Page 6 sur 44

6
ANAT - CM6 - Myologie du membre pelvien

Module « Etude des membres » - CM – Myologie du membre pelvien

Copyright © DZVET 360, 2021 Page 7 sur 44

7
ANAT - CM6 - Myologie du membre pelvien

Module « Etude des membres » - CM – Myologie du membre pelvien

• Chez les Ruminants :


→Le m. fessier superficiel est vestigial. Ses 2 faisceaux charnus sont annexés, l’un
par le m. tenseur du fascia lata (partie crâniale), l’autre par le m. glutéo-fémoral (partie
dorso-médiale).
→Le m. fessier moyen avec faisceau charnu post-trochantérique.
→Le m. fessier accessoire est bien développé, recouvert d’une large et forte aponévrose
qui le sépare du m. fessier moyen (facilement séparables)

c. Rôles des muscles fessiers


Les muscles fessiers stabilisent et mobilisent l’articulation de la hanche. Ils agissent dans les
trois plans de l’espace. Leur principal rôle se situe dans le plan sagittal : ce sont des muscles
extenseurs de la hanche, (⇒ antagonistes du m. ilio-psoas). Dans le plan frontal, l’action des m.
fessiers présente une composante en abduction, importante pour le maintien postural et pour la
locomotion. Dans le plan horizontal, les muscles fessiers sont également rotateurs interne de la
hanche

Application : Abord chirurgical de la hanche par la voie crânio-latérale


Il faut connaître la morphologie la topographie et les rapports des muscles fessiers. Lors de
l’abord crânio-latéral de la hanche, il faut pouvoir les identifier, et disséquer chacun de ces muscles, ce
qui n’est pas toujours facile, en particulier pour le m. fessier superficiel souvent noyé dans du tissu
adipeux abondant. Deux exemples d’accès à la capsule articulaire, parmi les plus classiques :
- Section de la partie crâniale du m. fessier superficiel, puis dissection et ténotomie (= section du
tendon) du fessier profond
- Pour un abord plus large, section de la bande dorso-médiale du fessier superficiel, suivie d’une
ostéotomie du grand trochanter. Ce dernier peut alors être récliné avec les tendons des fessiers moyen
et profond s’attachant dessus. Avant l’ostéotomie, on pratique un forage du grand trochanter pour
préparer l’ostéosynthèse qui sera réalisée une fois l’intervention sur l’articulation terminée
Dans tous les cas, il faut faire très attention au nerf sciatique, surtout à son passage médialement
au grand trochanter.

Copyright © DZVET 360, 2021 Page 8 sur 44

8
ANAT - CM6 - Myologie du membre pelvien

Module « Etude des membres » - CM – Myologie du membre pelvien

3. Les muscles pelviens profonds

Ces muscles s’attachent près de l'articulation de la hanche, sur l’ischium et se terminent sur
l'extrémité proximale du fémur. Ce sont les muscles : obturateur interne, jumeaux de la hanche,
obturateur externe, carré fémoral et articulaire de la hanche (n’existe pas chez les ruminants). On
leur associe également le m. piriforme des carnivores, qui est plutôt apparenté aux fessiers.

a. Etude chez le chien

Copyright © DZVET 360, 2021 Page 9 sur 44

9
ANAT - CM6 - Myologie du membre pelvien

Module « Etude des membres » - CM – Myologie du membre pelvien

• Le m. articulaire de la hanche est un très petit muscle plaqué sur la face crâniale
de la capsule articulaire. Il renforce et augmente la tonicité de la capsule articulaire.
• Dorsalement à l’articulation coxo-fémorale, on trouve :
→ Le m. piriforme: (appelé encore « pyramidal ») il est spécifique aux carnivores.
Grêle, et fusiforme il joint la face ventrale des dernières vertèbres sacrales au sommet
du grand trochanter, médialement au tendon du m. fessier moyen.
→ Le m. obturateur interne: Il couvre l’articulation de la hanche en arrière du m.
fessier profond. Son corps charnu s’attache en éventail sur la face endopelvienne
(dorsale) de l’ischium, bouchant le foramen obturé. Son tendon, sort de la cavité
pelvienne par la petite échancrure sciatique pour se terminer dans la fosse
trochantérique.
→ Les muscles jumeaux du bassin, sont au nombre de deux chez le chien, l’un
crânial, l’autre caudal, encadrant le tendon du m. obturateur interne. Ils partent du bord
latéral de l’ischium et se terminent dans la fosse trochantérique en commun avec le
tendon du m. précédent.
• Ventralement à l’articulation se placent :
→Le m. obturateur externe: il a une disposition symétrique de l’obturateur l'interne.
Son corps charnu bouche le foramen obturé à la face exopelvienne (ventrale) de
l'ischium. Il se termine également dans la fosse trochantérique.
→Le m. carré fémoral:, charnu et allongé, part de la face ventrale de la tubérosité
ischiatique et se termine un peu plus bas, à la base du grd. trochanter, sur la face
caudale du fémur.

Copyright © DZVET 360, 2021 Page 10 sur 44

10
ANAT - CM6 - Myologie du membre pelvien

Module « Etude des membres » - CM – Myologie du membre pelvien

Copyright © DZVET 360, 2021 Page 11 sur 44

11
ANAT - CM6 - Myologie du membre pelvien

Module « Etude des membres » - CM – Myologie du membre pelvien

b. Principales particularités spécifiques


- Le m. piriforme est spécifique aux carnivores.
- Le m. articulaire de la hanche n’existe pas chez les ruminants.
- Pour les autres mm. pelviens profonds : même disposition chez le cheval.

Les ruminants présentent 2 différences :


→ Il n’y a qu’un seul m. jumeau;
→ Absence de m. obturateur interne qui est remplacé par une expansion intrapelvienne
du muscle obturateur externe (= « l’araignée en boucherie »).

c. Rôles des muscles pelviens profonds

Ces muscles forment un manchon tout autour de l’articulation de la hanche. Par leur tonicité, ils
ont un rôle important dans la stabilité de cette articulation. Riches en terminaisons
proprioceptives, ils assurent les réajustements posturaux permanents de la hanche en statique
et en dynamique.
Le muscle piriforme a un rôle accessoire des muscles fessiers.
La plupart des autres muscles s’attachent dans la fosse trochantérique (sauf le carré fémoral, un
peu plus bas). Les muscles s'attachant dorsalement à la hanche sont abducteurs tandis que
ceux qui s'attachent ventralement sont adducteurs⇒ muscles s’attachant au même endroit, mais
à rôle antagoniste. Tous ces muscles sont rotateurs externes du fémur par rapport au coxal.

Copyright © DZVET 360, 2021 Page 12 sur 44

12
ANAT - CM6 - Myologie du membre pelvien

Module « Etude des membres » - CM – Myologie du membre pelvien

Application : Abord chirurgical de la hanche par la voie caudo-latérale


L’accès à l’articulation coxo-fémorale par un abord caudo-latéral nous met en présence de ces
muscles. Il faut savoir les identifier et les disséquer. La section du tendon commun aux muscles
obturateur interne et jumeaux permet de découvrir la capsule articulaire sous-jacente. C’est une voie
d’abord assez délicate car il faut faire attention aux éléments vasculo-nerveux en rapport avec ces
muscles, en particulier le nerf sciatique qui longe leur face dorsale.

II. FASCIAS ET MUSCLES DE LA CUISSE


Ce sont des muscles longs, parallèles au fémur. La plupart d’entre eux s'attachent sur l’os
coxal et se terminent sur l'extrémité proximale du tibia.
Certains d’entre eux sont mono-articulaires : ils agissent sur le genou (ex : vastes latéral et
médial du quadriceps) ou sur la hanche (ex : mm adducteurs de la cuisse).
La majorité sont mobilisateurs de la jambe (articulation du genou).
D’autres sont bi-articulaires et peuvent agir aussi bien sur la hanche que sur le genou,
comme les muscles fémoraux caudaux.

1. Fascias de la cuisse
Le fascia de la cuisse enveloppe les muscles fémoraux. On lui décrit 2 parties :
→ Le fascia fémoral : il couvre la face médiale de la cuisse. Il est très fin et prend origine
sur l’arcade inguinale. Son feuillet profond délègue une cloison qui rejoint le bord médial du fémur
formant le septum intermusculaire médial.

Copyright © DZVET 360, 2021 Page 13 sur 44

13
ANAT - CM6 - Myologie du membre pelvien

Module « Etude des membres » - CM – Myologie du membre pelvien

→ Le fascia lata : nettement plus épais que le fascia fémoral, il continue le fascia glutéal à la
face latérale de la cuisse. Son feuillet profond forme le septum intermusculaire latéral qui
rejoint le bord latéral du fémur contournant caudalement le m. quadriceps. Son feuillet superficiel
couvre toute la face latérale et les bords crânial et caudal de la cuisse. Il devient particulièrement
épais au niveau du genou Il possède un muscle tenseur.

L’utilisation d’une bande de fascia lata (associée parfois à une bande de ligt patellaire) est
l’une des techniques les plus utilisées actuellement pour la stabilisation d’un genou après rupture du
ligament croisé crânial chez le chien.

Fascia lata et fascia fémoral sont parfaitement continus entre eux et se rejoignent, sans aucune
démarcation, aux bords crânial et caudal de la cuisse. Les cloisons qu’ils forment déterminent deux
loges : l’une crâniale pour les muscles fémoraux crâniaux (extenseurs du genou), l’autre caudale
comportant les muscles fémoraux caudaux (fléchisseurs du genou) et les muscles fémoraux
médiaux (adducteurs de la cuisse et de la jambe).

2. Les muscles fémoraux crâniaux

Ils sont extenseurs du genou.


Ce sont les muscles tenseur du fascia lata et quadriceps fémoral. Ils se terminent tous les
deux sur la patella.

Copyright © DZVET 360, 2021 Page 14 sur 44

14
ANAT - CM6 - Myologie du membre pelvien

Module « Etude des membres » - CM – Myologie du membre pelvien

a. Etude chez le chien

• Le m. tenseur du fascia lata : c’est le plus superficiel des muscles fémoraux


crâniaux. Il forme un corps charnu grossièrement prismatique situé au bord crânial de la cuisse. Il
prend origine sur l’épine iliaque ventro-crâniale (angle de la hanche) et se prolonge par le fascia
lata.
Rôle : ce muscle est considéré comme extenseur du genou. Mais lors de la locomotion, sa
principale action ressemble à celle du m. brachio-céphalique sur le membre thoracique : lors de la
phase de soutien il agit en synergie avec le m. ilio-psoas, dans la protraction du membre pelvien en
tirant la cuisse crânialement (flexion de la hanche).

Page 15 sur 44

Copyright © DZVET 360, 2021


15
ANAT - CM6 - Myologie du membre pelvien

Module « Etude des membres » - CM – Myologie du membre pelvien

• Le m. quadriceps fémoral : recouvert crânialement et latéralement par le fascia lata et


son muscle, le quadriceps fémoral est un muscle très puissant qui possède 4 parties charnues : les
muscles droit fémoral, vaste latéral, vaste intermédiaire et vaste médial.
- Le m. droit fémoral (ou « droit de la cuisse ») est un muscle à section circulaire et de
gros diamètre. Il prend origine par un tendon sur un tubercule situé au niveau du corps
de l’ilium (juste en avant de l’acétabulum). Ce relief est appelé Epine Iliaque Ventro-
Caudale chez le chien et se termine par un tendon très fort sur la base (= bord proximal)
de la patella. Il se moule dans l’espace délimité par les autres constituants du quadriceps.
- Les muscles vastes latéral et médial s'attachent sur le fémur respectivement au
bord et à la face latérale, et au bord et à la face médiale de cet os. Ils se terminent sur le
tendon du droit fémoral sur la patella.
- Le vaste intermédiaire est le plus profond. Il s’attache le long de face crâniale du
fémur et rejoint également le tendon commun du quadriceps.
Rôle : le quadriceps est le plus puissant extenseur du genou. En statique, il permet le
maintien de l’angle articulaire du genou ⇒ rôle postural important (cf. réflexe rotulien). L’action
du quadriceps est transmise au tibia par le très fort ligament patellaire qui unit le bord ventral de
la patella à la tubérosité tibiale, la patella jouant un rôle de levier. L’ensemble quadriceps-patella-
ligament patellaire constitue « l’appareil extenseur du genou ».

Page 16 sur 44

Copyright © DZVET 360, 2021 16


ANAT - CM6 - Myologie du membre pelvien

Module « Etude des membres » - CM – Myologie du membre pelvien

NB : La seule partie du quadriceps qui s’insère sur l’os coxal est le m. droit de la cuisse. Ce
muscle peut donc également agir sur la flexion de la hanche. C’est ce qui se passe au cours de la
phase de soutien, où la flexion de la hanche est assurée par l’action synergique des mm. iliopsoas,
tenseur du fascia lata et droit de la cuisse.

Page 17 sur 44

Copyright © DZVET 360, 2021 17


ANAT - CM6 - Myologie du membre pelvien

Module « Etude des membres » - CM – Myologie du membre pelvien

b. Particularités spécifiques

Les muscles fémoraux crâniaux présentent très peu de variations spécifiques. Chez les
ongulés, le tendon d’origine du quadriceps s’attache dans une fosse et non pas sur un tubercule
comme chez le chien. En outre, chez le cheval, ce tendon est dédoublé (2 fossettes d’insertion).

Applications : Quelques notions très simples de biomécanique appliquées à la pathologie du


genou
Dans le plan sagittal : l’action du quadriceps est transmise au tibia par l’intermédiaire du ligament
patellaire. La décomposition de l’effort sur le tibia au point d’insertion de ce ligament met en évidence:
- une composante verticale, force de coaptation fémoro-tibiale : c’est la mise en charge du
genou indispensable pour la stabilité articulaire,
- et une composante horizontale qui tire le tibia crânialement ⇒ extension du genou. Cette
dernière force à également tendance à faire glisser (translation) le tibia vers l’avant. Ceci est
favorisé par la pente tibiale importante chez les quadrupèdes. Deux structures s’opposent à
cette « subluxation tibiale crâniale » : le ligament croisé crânial (LCCr) d’une part, et l’action
des muscles fémoraux caudaux d’autre part.
→ Conséquences :
- 1) Lors de rupture du LCCr, la contraction du quadriceps favorise donc le glissement du tibia :
c’est le tiroir crânial (qu’on met en évidence à l’examen clinique par mobilisation passive) ;
- 2) Le renforcement des fémoraux caudaux pour compenser la perte du LCCr et lutter contre
l’instabilité en tiroir crânial (physiothérapie en prévention, en traitement, ou en rééducation
post-opératoire).

3. Les muscles fémoraux caudaux

Ce sont les muscles biceps fémoral, abducteur caudal de la jambe (spécifique aux carnivores),
semi-tendineux et semi-membraneux. Chez les ongulés, il existe en plus le muscle glutéo-fémoral
qui s’associe au biceps fémoral pour constituer le m. glutéo-biceps.
Tous ces muscles s’attachent sur l’ischium et se terminent sur l’extrémité proximale du
tibia (ce sont les muscles « ischio-jambiers »). Ils sont antagonistes des m. fémoraux crâniaux,
c’est à dire fléchisseurs du genou.

Page 18 sur 44

18
Copyright © DZVET 360, 2021
ANAT - CM6 - Myologie du membre pelvien

Module « Etude des membres » - CM – Myologie du membre pelvien

a. Etude chez le chien

D’avant en arrière :
• Le m. biceps fémoral : ce muscle très large occupe toute la face latérale de la cuisse
caudalement au fémur. Il est recouvert par le feuillet superficiel du fascia lata. Très puissant, il
prend origine sur la tubérosité ischiatique, et se termine par une aponévrose très large : les
faisceaux les plus crâniaux rejoignent le bord latéral de la patella, les faisceaux les plus caudaux
s’insèrent sur le revers latéral de la crête tibiale.
•Le m. abducteur caudal de la jambe est spécifique aux carnivores. Il se situe à la face profonde du
m. biceps fémoral. C’est une bandelette charnue et grêle qui prend origine sur le ligament sacro-tubéral et
rejoint le fascia jambier.
• Le m. semi-tendineux : bande charnue très épaisse prenant attache à la face ventrale de
la tubérosité ischiatique, puis croise le plan médian et se termine par un long tendon aplati sur le
revers médial de la crête tibiale
Remarque : ce tendon peut être utilisé en remplacement du ligament croisé crânial. On parle de transplant
«activo-passif» ; cette technique est peu utilisée chez le chien, mais préconisée en chirurgie humaine pour
les ruptures fraîches de ce ligament , en particulier chez les sportifs de haut niveau.

• Le m. semi-membraneux : bande charnue épaisse qui s’attache médialement au semi-


tendineux à la face ventrale de la tubérosité ischiatique. Chez le chien, ce muscle a la particularité
de présenter deux parties bien distinctes : la bande crâniale se termine sur l'épicondyle médial du
fémur ; la bande caudale s’insère sur le condyle tibial médial.

Copyright © DZVET 360, 2021 Page 19 sur 44

19
ANAT - CM6 - Myologie du membre pelvien

Module « Etude des membres » - CM – Myologie du membre pelvien

b. Principales particularités spécifiques

• Le muscle glutéo-biceps des ongulés:


Chez les ongulés se développe un puissant et volumineux muscle à la face latérale de la cuisse et en
avant du m. biceps fémoral : le m. glutéo-fémoral. Il s’unit plus ou moins intimement au
biceps fémoral pour constituer le m. glutéo-biceps. Le glutéo-fémoral s’insère sur la crête sacrale
médiane et le ligament sacro-spino-tubéral et se termine sur le bord latéral de la patella.
Chez le cheval, le glutéo-fémoral est le principal agent du « décrochage »
physiologique de la patella : comme pour le frein à main d’une voiture, il tire latéralement et
vers le haut la rotule.

Page 20 sur 44

Copyright © DZVET 360, 2021 20


ANAT - CM6 - Myologie du membre pelvien

Module « Etude des membres » - CM – Myologie du membre pelvien

• Le muscle semi-membraneux des ongulés est très volumineux. Il est non


divisé chez le cheval et se termine uniquement sur l’épicondyle médial du fémur. Chez les
ruminants, seule son extrémité distale se divise en deux branches très inégales : la plus importante
se termine comme pour le cheval et le chien sur le fémur, l’autre est très grêle et rejoint le condyle
médial du tibia.

• Chez le cheval : faisceaux supra-ischiatiques des muscles, semi-


tendineux et semi-membraneux :
En plus de leur insertion sur l’ischium, les muscles semi-tendineuxet semi-membraneux du
cheval présentent chacun un fort faisceau supra-ischiatique qui rejoint la crête sacrale médiane et
le ligament sacro-spino-tubéral. Cette particularité est spécifique au cheval et renforce l’extension
de la hanche en particulier dans le cabrer.

Remarque : Chez le chat, il existe un vestige de muscle glutéo-fémoral (encore appelé « m.


agitateur de la queue » ou encore « m. paraméral »).

Les muscles fémoraux caudaux déterminent une loge profonde dans laquelle passe le nerf
sciatique. Les interstices entre les muscles glutéo-biceps et semi-tendineux d’une part, et semi-
tendineux et semi-membraneux d’autre part, constituent des voies d’abord chirurgicales du nerf
sciatique et de ses divisions termibnales (nerf tibial et nerf fibulaire) pour une neurochirurgie lors de
lésions traumatiques de ces nerfs (coup de tête de sanglier par exemple).

Copyright © DZVET 360, 2021 Page 21 sur 44

21
ANAT - CM6 - Myologie du membre pelvien

Module « Etude des membres » - CM – Myologie du membre pelvien

c. Rôles des muscles fémoraux caudaux


Les muscles fémoraux caudaux mobilisent le genou :
→ Ce sont avant tout des muscles fléchisseurs du genou⇒ sont antagonistes du m.
quadriceps. Cette action a lieu dans la première moitié de la phase de soutien («ramener») au
cours de la locomotion (point fixe sur le coxal). Cette action concerne plus particulièrement le m.
biceps fémoral, et le muscle semi-tendineux.

Ils interviennent également :


→ dans les mouvements latéraux du genou : le semi-tendineux est adducteur de la
jambe, tandis que le biceps fémoral est abducteur de la jambe.
→ dans les rotations de la jambe : biceps fémoral : rotateur externe du tibia par rapport au
frémur ; semi-tendineux : rotateur interne.

Remarque : dans certaines circonstances, ces muscles peuvent même intervenir en tant
qu’extenseurs du genou : lors d’un effort nécessitant une ouverture violente de cette articulation,
comme le saut. Les deux membres étant fixes au sol, l’action des mm. glutéo-fémoral (ongulés), des
faisceaux crâniaux du biceps fémoral (chien) et du semi-membraneux, tire l’extrémité distale du
fémur caudalement et contribue à ouvrir l’angle du genou → extension fémoro-tibiale et coxo-
fémorale.

Copyright © DZVET 360, 2021 Page 22 sur 44

22
ANAT - CM6 - Myologie du membre pelvien

Module « Etude des membres » - CM – Myologie du membre pelvien

Les muscles fémoraux caudaux mobilisent également la hanche :


→ Ce sont des muscles extenseurs de la hanche : quand le membre est à l’appui
(point fixe distal) ils agissent en synergie avec les fessiers pour éviter l’affaissement du bassin et
amener la hanche à l’aplomb du point d’appui au sol. Cette action a lieu dans la première moitié de
l’appui. Avec le fessier moyen, ce sont les muscles rétracteurs du membre pelvien. Ceci
concerne plus particulièrement : le m. glutéofémoral des ongulés, les faisceaux les plus crâniaux du
biceps fémoral du chien, le muscle semi-membraneux des ongulés (bande crâniale chez le chien).
→ Ils interviennent également dans les mouvements latéraux et rotatoires de la
hanche : ainsi, le m. glutéo-fémoral est rotateur externe et abducteur de la cuisse, tandis que le m.
semi-membraneux est adducteur et rotateur interne de la cuisse.

En définitive :
→ Retenir qu’ils sont fléchisseurs du genou au soutien, et extenseurs de la
hanche à l’appui.
→ Musculature de grande importance car intervient dans les mouvements
dans les 3 plans de l’espace aussi bien au niveau de la hanche qu’au niveau
du genou.
→ En pratique : musculature à bien travailler et renforcer surtout chez le
cheval où les traitements médicaux et chirurgicaux (qd ils existent) des
affections ligamentaires et autres instabilités du genou, de la hanche et du
bassin sont très limités.

Copyright © DZVET 360, 2021 Page 23 sur 44

23
ANAT - CM6 - Myologie du membre pelvien

Module « Etude des membres » - CM – Myologie du membre pelvien

4. Les muscles fémoraux médiaux

Ils prennent tous origine sur l’os coxal, et se terminent soit sur le tibia, soit sur le fémur ⇒ on peut
les diviser en deux groupes fonctionnels :
- Les muscles adducteurs de la jambe, (se terminent sur le tibia), ce sont les plus
superficiels : mm. sartorius et gracile;
- Les muscles adducteurs de la cuisse (se terminent sur le fémur), plus profonds : muscles
pectiné, grand et court adducteurs de la cuisse (proprement dits)

a. Etude chez le chien

• Le m. sartorius : long, plat et mince, il prend origine sur l’épine iliaque ventrocrâniale.
Il est dédoublé chez le chien : sa bande crâniale se termine sur la patella; sa bande caudale croise
la plan médian et va s’insérer sur le revers médial de la crête tibiale.
• Le m. gracile: plat mais très large, il s’insère à la face ventrale de la symphyse
ischiopubienne par une large aponévrose et se termine sur le revers médial de la crête tibiale (sous
la terminaison du muscle sartorius).

Copyright © DZVET 360, 2021 Page 24 sur 44

24
ANAT - CM6 - Myologie du membre pelvien

Module « Etude des membres » - CM – Myologie du membre pelvien

Plus profondément :
• Le m. pectiné : c’est un petit muscle fusiforme. Il prend origine sur le bord crânial du
pubis (« pecten ») et se termine sur la ligne âpre du fémur. Sa face profonde est en rapport avec la
capsule articulaire coxo-fémorale.
• Les muscles adducteurs de la cuisse: Théoriquement il en existe trois, qu’on
retrouve chez l’homme : le long, le court et le grand adducteurs. Le long est, annexé par le m.
pectiné chez les MD. Ainsi, chez le chien on en distingue que deux : Le court et le grand
adducteurs de la cuisse.
- Le muscle court adducteur de la cuisse est le plus petit des deux et le plus
crânial. Il se situe juste en arrière du m. pectiné. Il prend origine à la face ventrale du pubis
(près de la symphyse) et se termine sur la surface âpre du fémur.
- Le muscle grand adducteur de la cuisse est assez volumineux, et recouvert par
le m. gracile. Il s’insère sur la face ventrale de l’ischium et se termine sur la surface âpre
du fémur en deux branches, l’une courte, l’autre longue atteignant le condyle médial. Elles
délimitent entre elles un hiatus fibreux permettant le passage du rameau distal de l’artère
fémorale profonde.

Copyright © DZVET 360, 2021 Page 25 sur 44

25
ANAT - CM6 - Myologie du membre pelvien

Module « Etude des membres » - CM – Myologie du membre pelvien

b. Principales particularités spécifiques


→ Chez les ongulés, le m. sartorius n’est formé que d’une seule bande qui prend origine
sur le fascia iliaca et se termine à la face médiale du tibia.
→ Chez le cheval, l’origine du m. pectiné est bifide. Entre ses 2 branches, passe le ligament
accessoire de la tête fémorale.

→Chez le boeuf : Le pectiné est volumineux et il n'y a qu'un seul muscle adducteur.

Page 26 sur 44

Copyright © DZVET 360, 2021 26


ANAT - CM6 - Myologie du membre pelvien

Module « Etude des membres » - CM – Myologie du membre pelvien

c. Le triangle fémoral

Les muscles fémoraux médiaux déterminent un espace anatomique de forme triangulaire


situé à la face médio-crâniale de la cuisse : le triangle fémoral (région chirurgicale importante).

- Limites du triangle fémoral : Ce sont le bord caudal du sartorius; et le bord crânial


du gracile. Le fond du triangle étant constitué par le pectiné et les adducteurs de la cuisse, ainsi que
du vaste médial et de la terminaison du m. ilio-psoas dorsalement. Le triangle fémoral n’est séparé
de la peau que par le mince fascia fémoral.

- Contenu du triangle fémoral :


o Eléments vasculaires : Artère et veine fémorales et leurs divisions
(a. et v. saphènes)
o Eléments nerveux : Le nerf saphène; Noeuds lymphatiques : NL
ilio-fémoraux (chien)

d. Rôles des muscles fémoraux médiaux

Adduction du membre. Interviennent essentiellement lors de l’appui, ils permettent le poser


du pied sous le corps de l’animal.

Copyright © DZVET 360, 2021 Page 27 sur 44

27
ANAT - CM6 - Myologie du membre pelvien

Module « Etude des membres » - CM – Myologie du membre pelvien

Applications :
- Abord chirurgical de la hanche par la voie médiale : le membre étant mis en hyper-
abduction, l’incision cutanée se fait le long du relief du muscle pectiné. Celui-ci est ensuite coupé en
deux et les deux abouts réclinés. La capsule articulaire se trouve juste sous le m. pectiné (on la voit
mieux après avoir récliné distalement la partie terminale du m. iliopsoas). C’est une région assez
délicate, puisqu’on est au voisinage immédiat du triangle fémoral et de ses éléments vasculo-nerveux
qu’il ne faut pas léser. Cette voie d’abord n’offre qu’un accès limité à l’articulation de la hanche et, en
général, reste surtout réservée aux chiens de très petite taille.
- Traitement de la dysplasie de la hanche par myoectomie du pectiné : dans certains cas,
la section du m. pectiné permet de limiter la subluxation d’une hanche dysplasique (mais technique de
moins en moins utilisée) En effet, à chaque poser du membre, la contraction de ce muscle très tonique a
tendance à subluxer dorsalement la tête fémorale.
- Affections sportives des adducteurs : comme chez le sportif humain, des tendinites,
élongations, contractures voire des déchirures ne sont pas rares chez les animaux sportifs. Chez le
chien, elles concernent surtout les lévriers chez lesquels ces muscles sont particulièrement sollicités
dans les virages. Elles touchent plus particulièrement les m. gracile, pectiné et sartorius.

III. LES MUSCLES JAMBIERS

Groupés autour du tibia et de la fibula, les muscles jambiers s’attachent soit sur l’extrémité
distale du fémur soit sur les os de la jambe. Ils se terminent sur le métatarse ou sur les phalanges.
Ils sont mobilisateurs du pied ou des doigts.
Du fait de l’inversion du sens de la flexion du métapode par rapport au membre thoracique,
l’organisation fonctionnelle est différente et plus complexe :
- les muscles jambiers crâniaux sont fléchisseurs du pied ou extenseurs des doigts
- les muscles jambiers caudaux sont extenseurs du pied ou fléchisseurs des doigts.

Page 28 sur 44

Copyright © DZVET 360, 2021 28


ANAT - CM6 - Myologie du membre pelvien

Module « Etude des membres » - CM – Myologie du membre pelvien

Remarque : Comme l’angle fémoro-tibial est marqué chez les quadrupèdes, la partie proximale des
muscles jambiers (surtout des caudaux) se trouve recouverte, de chaque côté par la terminaison
des muscles fémoraux caudaux (d’où un creux poplité plus profond chez les MD que chez l’homme
chez lequel les mm. jambiers sont bien dégagés).

1. Fascia jambier et loges musculaires

Le fascia jambier continue celui de la cuisse. Son feuillet superficiel s'attache sur la face médiale
du tibia. Son feuillet profond délègue de nombreux septums intermusculaires qui rejoignent le
tibia ou la fibula délimitant ainsi 4 loges musculaires bien nettes : ce sont les loges tibiales
crâniale, fibulaire, surale et tibiale caudale. Les deux premières contiennent les muscles
jambiers crâniaux, les deux suivantes contiennent les muscles jambiers caudaux.

Page 29 sur 44

Copyright © DZVET 360, 2021 29


ANAT - CM6 - Myologie du membre pelvien

Module « Etude des membres » - CM – Myologie du membre pelvien

Remarque : La face médiale du tibia n'est recouverte que par le fascia et la peau. Les sites
privilégiés pour l’abord chirurgical de la diaphyse tibiale se trouvent de ce côté : centré sur la
face médiale, ou un peu plus en avant, le long du bord crânial du tibia.

2. Les muscles jambiers crâniaux


Ce sont ceux qui présentent le plus de variations spécifiques quand à leur nombre et à leur
disposition. Ils sont tous innervés par le nerf fibulaire commun. Ce dernier se divise en
deux branches : une profonde pour les muscles de la loge tibiale crâniale, l’autre superficielle pour
les muscles de la loge fibulaire.

a. Etude chez le chien

• Muscles de la loge tibiale crâniale


Chez le chien, la loge tibiale crâniale comprend trois muscles qui occupent la fosse tibiale.
Du plus superficiel au plus profond, ce sont les muscles tibial crânial, long extenseur des orteils
et extenseur propre du premier orteil.
- Le muscle tibial crânial, c'est le plus superficiel et le plus développé de ces muscles
chez le chien. Son corps charnu, plat mais épais, s'attache dans la fosse tibiale. Il se termine par un
tendon sur le métatarse le plus médial. C’est LE muscle fléchisseur du pied du chien.

Copyright © DZVET 360, 2021 Page 30 sur 44

30
ANAT - CM6 - Myologie du membre pelvien

Module « Etude des membres » - CM – Myologie du membre pelvien

- Le muscle long extenseur des orteils est couvert par le précédent et un peu plus
caudal. Il débute par un tendon qui s'insère dans la fossette de l’extenseur (condyle latéral du
fémur), se continue par un corps charnu fusiforme puis se prolonge par un très long tendon qui
passe à la face dorsale du tarse et du métatarse. Ce tendon se divise enfin en 4 branches, chacune se
terminant sur le processus extensorius de la 3ème phalange des doigts II à V.
Remarque : l’insertion de ce muscle sur le fémur est particulière à la plupart des quadrupèdes,
alors que chez l’homme il prend origine sur le tibia → rôle également dans le maintien de l’angle
articulaire du genou chez les quadrupèdes.
- Le m. extenseur propre du doigt I est le plus profond et le plus grêle de la loge tibiale
crâniale. Son corps charnu très fin prend origine sur l'extrémité proximale de la fibula. Il se termine
par un tendon encore plus fin sur le 1er ou le 2ème métatarse.

• Muscles de la loge fibulaire


Ils s’attachent tous sur la fibula (« péroné »). Chez le chien, ils sont représentés par trois
muscles, du plus superficiel au plus profond : long péronier, extenseur latéral des doigts et court
péronier.
- Le muscle long péronier: son corps charnu, de forme triangulaire, s’attache sur
l'extrémité proximale de la fibula. Son tendon descend le long du bord latéral du tibia puis du
tarse dans un rétinacle formé par le fascia du tarse. Il contourne l'os cuboïde pour se placer à la
face plantaire du tarse. Il se termine à la face plantaire du métatarsien le plus médial. C'est un
muscle rotateur interne et abducteur du pied.
- Le muscle extenseur latéral des orteils : couvert par le muscle long péronier, il
s’insère le long du tiers proximal de la fibula. Son long tendon se termine sur la face dorsale de la
phalange proximale du doigt V.
- Le muscle
court péronier : c'est
le plus grêle et le plus
profond de la loge
fibulaire. C’est un
muscle penné dont les
fibres charnues
s’insèrent le long des
2/3 distaux de la
fibula. Son tendon
passe dans un rétinacle
propre à la face latérale
du tarse et se termine
sur le métatarse V.
C'est un muscle
abducteur du pied.

Page 31 sur 44

Copyright © DZVET 360, 2021

31
ANAT - CM6 - Myologie du membre pelvien

Module « Etude des membres » - CM – Myologie du membre pelvien

b. Particularités spécifiques

- Le muscle 3ème péronier des ongulés


Chez les ongulés la topographie des muscles de la loge tibiale crâniale est modifiée, avec la
présence d’un muscle qui n’existe pas chez les carnivores : le muscle 3ème péronier. Ce muscle
s’attache en commun avec le m. long extenseur des orteils dans la fossette de l’extenseur (condyle
fémoral latéral). Il se termine par un tendon fort sur le métatarse.

Chez le cheval :

• Muscles de la loge tibiale crâniale


→ Pas de muscle extenseur propre du doigt I.
→ Le muscle long extenseur du doigt est le plus volumineux et le plus superficiel de
la loge tibiale crâniale.
→ Le muscle tibial crânial n'est plus en position superficielle mais devient le plus
profond, plaqué contre la face latérale du tibia. Il est relativement peu développé. Son tendon se
termine en deux branches : l’une métatarsienne (sur la tubérosité dorso-médiale du métatarsien
III), l’autre sur l’os le plus médial de la rangée distale du tarse, c’est à dire le petit cunéiforme.
Cette branche cunéenne glisse sur une bourse séreuse.

Copyright © DZVET 360, 2021 Page 32 sur 44

32
ANAT - CM6 - Myologie du membre pelvien

Module « Etude des membres » - CM – Myologie du membre pelvien

ème
→ Entre les deux muscles précédents, se place le muscle 3 péronier ; chez le cheval
il a une morphologie très particulière. En effet, il a perdu toutes ses fibres charnues et devenu
entièrement fibreux, formant une sorte
d’épaisse lame tendineuse fortement
adhérente à la face superficielle du m.
tibial crânial. Il constitue ce qu’on
appelle la « corde fémoro-
métatarsienne ». Celle-ci se termine en
deux branches : l’une métatarsienne,
l’autre cuboïdienne (sur l’os le plus
latéral de la rangée distale du tarse).
Les tendons des muscles tibial
crânial et 3ème péronier entretiennent des
rapports particuliers chez le cheval :
avant sa terminaison, le tendon du 3ème
péronier forme un tunnel dans lequel
passe celui du m. tibial crânial.

Remarques :
- l’inflammation de la bourse séreuse de la branche cunéenne du m. tibial crânial (vessigon cunéen),
peut entraîner chez le cheval une boiterie avec difficulté de flexion du pied. La cure chirurgicale consiste à
disséquer puis à réséquer l’attache cunéenne sur 3 à 4 cm.
- lors d’efforts violents (courses de galop), il peut survenir une rupture de la corde fémo métatarsienne.
Quand l’animal est à la station au repos l’affection n’est pas apparente. Dès qu’il marche il apparaît un net
déficit dans la flexion du pied (il traîne au lieu de se fléchir).

Copyright © DZVET 360, 2021 Page 33 sur 44

33
ANAT - CM6 - Myologie du membre pelvien

Module « Etude des membres » - CM – Myologie du membre pelvien

• Muscles de la loge fibulaire


Ils ne sont représentés chez le cheval que par le seul muscle extenseur latéral du doigt.
Son tendon passe à la face latérale du tarse dans un rétinacle propre avant de rejoindre le tendon du
long extenseur du doigt.

Chez les ruminants :

• Muscles de la loge tibiale crâniale


→ Le muscle tibial crânial a la même disposition que chez le cheval, mais encore moins
développé
ème
→ Le muscle 3 péronier est bien développé et charnu. C’est le plus superficiel de
la loge tibiale crâniale. C’est le plus puissant fléchisseur du pied chez les ruminants.
→ Le muscle long extenseur des orteils correspond à deux muscles chez les
ruminants : l’extenseur du doigt médial (III), et l’extenseur commun des doigts (III et IV)
→ Pas d’extenseur propre du doigt I

Copyright © DZVET 360, 2021 Page 34 sur 44

34
ANAT - CM6 - Myologie du membre pelvien

Module « Etude des membres » - CM – Myologie du membre pelvien

• Muscles de la loge fibulaire


→ Les ruminants possèdent un muscle long péronier et un muscle extenseur du
doigt latéral
→ Il n'existe pas de court péronier

3. Muscle jambiers caudaux


Ils sont tous innervés par les divisions du nerf tibial.

a. Etude chez le chien

•Muscles de la loge surale


C’est la loge musculaire la plus caudale et la plus superficielle des muscles jambiers caudaux.
Chez le chien, elle contient les muscles gastrocnémien et fléchisseur superficiel des orteils.
Remarque : Le nom « sural » se réfère à ce qu’on appelle le « triceps sural » constitué par les
deux chefs du gastrocnémien et le m. soléaire. Ce dernier n’existe pas chez le chien.

Copyright © DZVET 360, 2021 Page 35 sur 44

35
ANAT - CM6 - Myologie du membre pelvien

Module « Etude des membres » - CM – Myologie du membre pelvien

- Le muscle gastrocnémien: Il possède 2 chefs charnus, l’un médial l’autre latéral.


Chaque chef s'attache sur la tubérosité supra-condylaire correspondante du fémur, englobant l’os
sésamoïde supra-condylaire. Ils se rejoignent en un fort tendon commun qui se termine sur la partie
crâniale de la tubérosité calcanéenne.
Rôles du gastrocnémien : C’est LE muscle extenseur du jarret. En statique il permet le maintien
de l’angle articulaire du jarret (lors de rupture, il y a une « plantigradie » caractéristique). Lors de
la locomotion, c’est l’agent principal de la détente du membre lors de la propulsion chez les
quadrupèdes.
- Le muscle fléchisseur superficiel des doigts (FSD) : Son corps charnu fusiforme
est recouvert par les chefs du gastrocnémien. Il prend origine dans la fosse supra-condylaire du
fémur (sous le chef latéral du gastrocnémien) et se prolonge par un tendon qui se divise à la face
plantaire du tarse pour se terminer sur la 2ème phalange de chaque orteil.
Rapports et trajets : D’abord situé à la face profonde du tendon du gastrocnémien, le tendon du
FSD (tendon « perforé »), le contourne médialement, à mi-hauteur de la jambe, pour le
recouvrir au niveau de la tubérosité calcanéenne. Là il s’élargit et coiffe le sommet du calcanéus
formant la « calotte calcanéenne ». Celle-ci s’attache par une bride de chaque côté au sommet
du calcanéus. Enfin le tendon du FSD glisse, grâce à une bourse séreuse, sur le revers plantaire de
la tubérosité calcanéenne et poursuit son trajet vers les doigts.

Le tendon calcanéen commun: les tendons du gastrocnémien et du FSD sont renforcés


par le fascia jambier et, de chaque côté, par des brides fibreuses provenant du biceps fémoral (côté
latéral), et du m. semi-tendineux (côté médial). L’ensemble constitue le tendon calcanéen
commun, sorte de corde fibreuse très solide et saillante, formant un relief caractéristique sous la
peau : la « corde du jarret ». Chez l’homme, il correspond au tendon d'Achille (terme également
utilisé chez le chien, alors que « corde du jarret » est plutôt utilisé chez les ongulés).

Copyright © DZVET 360, 2021 Page 36 sur 44

36
ANAT - CM6 - Myologie du membre pelvien

Module « Etude des membres » - CM – Myologie du membre pelvien

Applications : La corde du jarret est un endroit vulnérable (cf. « Achille ») car exposé aux divers
traumatismes : sportifs (sprinters, sauteurs), morsures (combats de chiens), accidentels (accidents de la
route, accidents d’attelages chez les chiens de traîneaux). On peut avoir des dilacérations, des ruptures ou
des désinsertions du tendon du gastrocnémien ; des « luxations » de la calotte calcanéenne du perforé. Les
techniques chirurgicales de réparation sont nombreuses et assez élaborées chez le chien (mais dans le cas
d’un animal de sport, malgré de bons résultats chirurgicaux, l’avenir sportif du chien est compromis )

•Muscles de la loge tibiale caudale

Ils sont recouverts caudalement par les muscles de la loge surale, desquels ils sont séparés par le
septum intermusculaire caudal. Ils s‘attachent tous sur la face caudale du tibia. Ce sont les muscles
poplité, fléchisseurs latéral et médial des doigts et tibial caudal.
- Le muscle poplité : c'est le plus proximal. Son corps charnu triangulaire s’insère sur les
ligne et surface poplitées à la face caudale du tibia. Son tendon d’origine s’insère dans la fossette
du poplité (condyle latéral du fémur). Chez le chien, dans l’épaisseur de son tendon se développe
un petit os sésamoïde visible sur une radiographie, juste en arrière du genou.
Rôle du muscle poplité : Il agit sur l’articulation du genou : il est fléchisseur et, surtout, rotateur
interne du tibia.
- Les muscles fléchisseurs latéral et médial des doigts : ils constituent le système
fléchisseur profond des doigts qui donne le tendon perforant.
→ Le corps charnu, penné, du fléchisseur médial occupe le côté médial de la face
caudale du tibia. Il prend origine caudalement au condyle médial du tibia. Son
tendon glisse médialement au tarse dans sa propre gaine.

Copyright © DZVET 360, 2021 Page 37 sur 44

37
ANAT - CM6 - Myologie du membre pelvien

Module « Etude des membres » - CM – Myologie du membre pelvien

→ Le fléchisseur latéral, beaucoup plus volumineux, s'attache sur la fibula et sur la


face caudale du tibia distalement à la ligne poplitée. Son tendon se dirige
médialement, glisse sur le revers plantaire du sustentaculum tali puis passe dans
le canal du tarse. A la sortie de ce canal, il est rejoint par le tendon du fléchisseur
médial et forment ensemble le tendon perforant. Au niveau du métatarse, ce tendon
se divise et fournit à chaque doigt une branche qui se termine à la face plantaire de la
3ème phalange.
Remarque : les rapports entre perforé et perforant sont les mêmes que pour le membre thoracique.

- Le muscle tibial caudal : il est petit et vestigial chez le chien caché par le fléchisseur
latéral des doigts. Il s'attache sur l'extrémité proximale de la fibula. Son tendon est très fin,
profond. Il se termine sur la face plantaire du tarse.

Copyright © DZVET 360, 2021 Page 38 sur 44

38
ANAT - CM6 - Myologie du membre pelvien

Module « Etude des membres » - CM – Myologie du membre pelvien

b. Principales particularités spécifiques

•Muscles de la loge surale

- Le muscle soléaire (chez le chat, les équidés et les ruminants) : le muscle soléaire
est présent bien que peu développé (surtout chez les ongulés). Ce muscle se place à la face latérale
de la jambe. Il joint l’extrémité proximale de la fibula à la face profonde du chef latéral du
gastrocnémien. (C’est surtout chez les plantigrades, en particulier l’homme, que le muscle soléaire
est bien développé. Il joue un rôle important dans le maintien de la station debout).
- Pour les autres muscles de la loge surale, il n’y a pratiquement pas de différence
avec le chien

•Muscles de la loge tibiale caudale

La seule différence concerne le muscle tibial caudal. Chez les ongulés, il est plus
développé que chez le chien. Il s’attache sur la face caudale du tibia, et prend une position plus
superficielle, son corps charnu se plaçant à la face caudale du m. fléchisseur latéral des doigts. Son
tendon rejoint le tendon de ce m. fléchisseur latéral.

Copyright © DZVET 360, 2021 Page 39 sur 44

39
ANAT - CM6 - Myologie du membre pelvien

Module « Etude des membres » - CM – Myologie du membre pelvien

4. Aspect fonctionnel spécifique au cheval :l’appareil


réciproque

L'appareil réciproque du cheval est un système tendineux qui permet de solidariser


passivement les mouvements du jarret et du genou. Il est constitué par la corde
fémorométatarsienne (CFM) crânialement et par le muscle fléchisseur superficiel des doigts
(FSD) caudalement. Ce dernier est très fibreux chez le cheval.

Lors de la flexion du genou, l’insertion proximale de la CFM s’éloigne de son insertion distale,
ce qui met en tension la CFM, et on a une flexion PASSIVE du jarret. Lors de l’extension du
genou, c’est le FSD qui se trouve tendu passivement, ce qui entraîne une extension PASSIVE du
jarret (puisque le FSD présente des brides qui l’attachent au sommet du calcanéus).

Page 40 sur 44

Copyright © DZVET 360, 2021


40
ANAT - CM6 - Myologie du membre pelvien

Module « Etude des membres » - CM – Myologie du membre pelvien

Toutefois, l’appareil réciproque ne « fonctionne » pas tout seul. Au cours de la locomotion la


flexion ou l’extension du jarret sont toujours le résultat de l’association des actions actives
(contractions musculaires) et passives (tensions sur les constituants de l’appareil réciproque). C’est
un système d’économie d’énergie.

IV. MUSCLES, FASCIAS ET GAINES DU PIED

1) Les muscles du pied


Ils sont encore moins développés que dans la main, et très peu développés par rapport à
l’homme.

a) Les muscles dorsaux

- Muscle court extenseur des orteils : plusieurs petits corps charnus s’attachant à la face dorsale
de la rangée distale du tarse et du métatarse, et très grêles tendons rejoignant les brides des muscles
interosseux pour les divisions du muscle long extenseur des doigts.
Remarque : Chez le cheval ce muscle se situe dans l’angle aigu formé par les tendons du long
extenseur et de l’extenseur latéral.

b) Les muscles plantaires

Deux groupes de muscles :


→ Ceux qui se répètent pour l’ensemble des doigts : muscles interosseux et muscles
lombricaux , ils ont la même disposition et la même conformation que dans la main
→ Ceux qui sont propres à certains doigts : muscle carré plantaire (vestigial), muscles du
doigt V (abducteur, fléchisseur et adducteur) et muscle adducteur du doigt II. Ils sont encore plus
grêles que leurs homologues de la main.
Remarque : Chez les ongulés, les muscles propres des doigts sont absents et le m. interosseux
forme le « ligament suspenseur du boulet » (LSB). Ce dernier est un peu plus riche en fibres
charnues que son homologue de la main. Chez le cheval, les affections du LSB postérieurs sont
courantes chez le trotteur.

2) Fascias, rétinacles et gaines du pied.


Le fascia du pied continue celui de la jambe et se renforce au niveau des articulations formant
des rétinacles pour la contention des tendons des muscles jambiers crâniaux et des gaines pour
les tendons des muscles jambiers caudaux. Les tendons coulissent dans ces « tunnels » grâce à
des bourses synoviales.

Copyright © DZVET 360, 2021 Page 41 sur 44

41
ANAT - CM6 - Myologie du membre pelvien

Module « Etude des membres » - CM – Myologie du membre pelvien

a) Fascia dorsal et rétinacles

- Le rétinacle crural (= bride tibiale) pour les tendons du m. tibial crânial et long extenseur
des doigts (+ 3ème péronier chez les ongulés)
- Le rétinacle tarsien uniquement pour le long extenseur des doigts (= « bride tarsienne »
des carnivores, « bride cuboïdienne » du cheval, absent chez les ruminants).
- Le rétinacle des péroniers : Les tendons des mm. de la loge fibulaire glissent sur la
malléole latérale, puis à la face latérale du tarse dans un système de gaines distinct des
précédents : le rétinaculum des péroniers.
Particularités spécifiques : Chez les ongulés, il existe un rétinacle métatarsien
supplémentaire pour l’ensemble des extenseurs du, ou des doigts.

b) Fascias et gaines plantaires

Le canal tarsien (équivalent du canal carpien de la main) dans lequel passe le tendon du
fléchisseur latéral des doigts.
Le tendon du fléchisseur médial passe dans une gaine qui lui est propre.
Au niveau des articulations des doigts, on retrouve les mêmes formations que pour la main. Le
fascia forme des renforcements plantaires : gaine digitale au niveau de l’articulation
métacarpodigitale, et ligaments annulaires au niveau des articulations interdigitales.

Conclusion

Copyright © DZVET 360, 2021 Page 42 sur 44

42
ANAT - CM6 - Myologie du membre pelvien

Module « Etude des membres » - CM – Myologie du membre pelvien

L’anatomie fonctionnelle des muscles du membre pelvien montre que cette musculature est
particulièrement adaptée au rôle propulseur de ce membre.
Cette spécialisation est la plus poussée chez le cheval : musculature très puissante
mobilisant les articulations proximales, simplification du système fléchisseur/extenseur au
niveau du pied, solidarisation passive des mouvements du jarret et du grasset par l’appareil
réciproque le tout associé à une articulation du jarret (tibiotalienne) fonctionnant comme un
ressort.
En outre, du point de vue histo-chimique, la musculature du membre pelvien est
particulièrement riche en fibres musculaires à contraction rapide, mises en jeu lors d’efforts
« explosifs ». Ainsi, chez les quadrupèdes, si on peut comparer les membres thoraciques à des
colonnes supportant le tronc, les membres pelviens, quand à eux, apparaissent comme deux
«ressorts » permettant de propulser le tronc.

Copyright © DZVET 360, 2021 Page 43 sur 44

43
ANAT - CM6 - Myologie du membre pelvien

M. gastrocnémien (chef latéral)

Ligt. Collatéral latéral du genou

M. soléaire
Origine commune du
LED et de la CFM

M. long extenseur du doigt Corde du jarret


M. fléchisseur latéral du doigt
M. extenseur latéral du doigt
Calotte
Rétinaculum crural des extenseurs calcanéenne du
Rétinaculum tarsien des extenseurs perforé

Rétinaculum métatarsien des extenseurs


Tendon du m extenseur latéral du doigt perforé
Bride tarsienne
Tendon du m long extenseur du doigt
perforant
M. interosseux (fibreux)

Muscles de la jambe et du pied du cheval


vue latérale d ’un membre gauche
Copyright © DZVET 360, 2021
44
ANAT - CM6 - Myologie du membre pelvien

patella

M. gastrocnémien
(chef latéral)

M. poplité

M. soléaire
M. long péronier
M. extenseur du doigt latéral
M. tibial crânial

M. 3ème péronier M. fléchisseur latéral


des doigts
M. long extenseur des doigts
M. tibial caudal
Calotte calcanéenne
M. extenseur du doigt médial du perforé
Rétinaculum crural des extenseurs
Tendon du m long
péronier
Rétinaculum métatarsien des extenseurs
M. court extenseur des doigts perforé
Tendon du m extenseur
du doigt médial perforant
Tendon du m long
extenseur des doigts Bride tarsienne

Tendon du m extenseur 2 M. interosseux


du doigt latéral Manica flexoria

Gaine digitale

Muscles de la jambe et du pied du bœuf


vue latérale d ’un membre gauche
Copyright © DZVET 360, 2021
45
CE DOCUMENT A ETE OFFERT AUX VETERINAIRES ALGERIENS PAR

REDA MOHAMED GUESSOUM, DVM

CE DOCUMENT A ETE OFFERT AUX VETERINAIRES ALGERIENS PAR

REDA MOHAMED GUESSOUM, DVM

46
ANAT - CM7 - Innervation du membre pelvien
Module « Etude des membres » - CM – Innervation du membre pelvien

Neurologie de la ceinture et du membre pelviens


des mammifères domestiques

L’essentiel de l’innervation sensitive et motrice du membre pelvien et de sa ceinture est


assuré par le plexus lombo-sacral.

Toutefois, il est à noter que de larges territoires cutanés de la croupe, de la hanche et de la


cuisse sont innervés par des rameaux sensitifs, à disposition non plexique, issus des nerfs
lombaires et des nerfs sacraux (voir cours neurologie du tronc). Ainsi :
• Les rameaux sensitifs des branches dorsales des nerfs lombaires (cluniaux crâniaux)
et des nerfs sacraux (cluniaux moyens) sont responsables de la sensibilité cutanée des
régions de la croupe et de la hanche
• Une grande partie de la sensibilité cutanée de la face latérale de la cuisse est assurée
des rameaux issus des branches ventrales des premiers nerfs lombaires : L1 (nerf
iliohypogatrique) et L2 (nerf ilio-inguinal)
• La sensibilité cutanée de la région inguinale (l’aine) et de la zone voisine de la face
médiale de la cuisse est également assurée par les branches ventrales des nerfs lombaires L2
(rameau inguinal du nerf ilio-inguinal) et L3 (nerf génito-fémoral)

Copyright © DZVET 360, 2021


Page 1 sur 22

1
ANAT - CM7 - Innervation du membre pelvien
Module « Etude des membres » - CM – Innervation du membre pelvien

I. LE PLEXUS LOMBO-SACRAL : ORGANISATION GENERALE

Le plexus lombo-sacral est formé par les anastomoses des branches ventrales des
derniers nerfs lombaires et des premiers sacraux. Il donne naissance aux nerfs qui se
distribuent à la ceinture et au membre pelviens.
En anatomie vétérinaire, on considère que :
 Le premier nerf issu du plexus lombo-sacral est le nerf cutané fémoral
latéral
 Le dernier est le nerf cutané fémoral caudal

Chez le cheval, le plexus lombo-sacral est ainsi constitué des branches ventrales issues de
L3-L4-L5-L6-S1-S2. De plus, un faible rameau provenant de S3 s’unit par une anastomose à
S2

Chez le chien le plexus lombo-sacral est formé par les branches ventrales des nerfs (L3)
L4-L5-L6-L7-S1-S2

Copyright © DZVET 360, 2021


Page 2 sur 22

2
ANAT - CM7 - Innervation du membre pelvien
Module « Etude des membres » - CM – Innervation du membre pelvien

Le plexus ainsi défini se divise en deux portions distinctes par leur topographie, leur
distribution et leurs rôles. Elles sont séparées par l’artère iliaque interne, et unies par une
anastomose constante, mais faible entre L5 et L6.

1) La portion crâniale, qualifiée de « lombaire », est formée par les branches


ventrales des nerfs L3-L4-L5. Ses racines sont profondément cachées entre les muscles psoas,
à la face ventrale des processus transverses des vertèbres lombaires. Elle donne naissance aux:
— Nerf cutané fémoral latéral
— Nerf fémoral
— Nerf obturateur
Ces nerfs se distribuent essentiellement aux muscles fémoraux crâniaux et
médiaux.
2) La portion caudale, ou « sacrale », beaucoup plus volumineuse, se forme à partir
des branches ventrales du dernier nerf lombaire et des deux premiers sacraux :
Cheval et ruminants : L6-S1-S2 Carnivores : L7-S1-S2.
Elles forment un énorme tronc nerveux appelé tronc lombo-sacral. Celui-ci est d’abord
plaqué contre la paroi médiale du bassin (contre le ligament sacro-spino-tubéral chez les
ongulés), sous le sacrum, puis sort de la cavité pelvienne par la grande échancrure sciatique,
accompagné par l’artère glutéale crâniale. Il se retrouve alors sous les muscles fessiers. Du
tronc lombo-sacral se détachent :
— Le nerf glutéal crânial
— Le nerf sciatique
— Le nerf glutéal caudal
— Le nerf cutané fémoral caudal
Ces nerfs se distribuent aux muscles fessiers, aux muscles fémoraux caudaux, à
la jambe et au pied.
Copyright © DZVET 360, 2021
Page 3 sur 22

3
ANAT - CM7 - Innervation du membre pelvien
Module « Etude des membres » - CM – Innervation du membre pelvien

II. PARTIE CRANIALE DU PLEXUS LOMBO-SACRAL

1. Le nerf cutané fémoral latéral

a) Origine
Chez le cheval, il provient de L3 + faible branche de L4.
Chez le chien : principale racine L4 + faible branche de L3.

b) Trajet et rapports
→ Trajet initial très horizontal (presque parallèle à l’axe vertébral) entre le grand et le petit
psoas.
→ Emerge de l’espace entre ces deux muscles et devient satellite du rameau caudal de
l’artère circonflexe iliaque profonde.

Avec cette artère,


il traverse la paroi
abdominale sous
l’angle de la hanche
et descend le long
du bord crânio-
médial de la cuisse
sur le muscle
tenseur du fascia
lata.

Copyright © DZVET 360, 2021 Page 4 sur 22

4
ANAT - CM7 - Innervation du membre pelvien
Module « Etude des membres » - CM – Innervation du membre pelvien

c) Rôle
C’est un nerf mixte, mais il est surtout sensitif pour la région crânio-médiale de la
cuisse jusqu’au grasset (rôle moteur accessoire par un petit rameau profond pour le m. grand
psoas).

Copyright © DZVET 360, 2021


Page 5 sur 22

5
ANAT - CM7 - Innervation du membre pelvien
Module « Etude des membres » - CM – Innervation du membre pelvien

2. Le nerf fémoral

a) Origine
Chez le cheval, il provient surtout de L4 + petits apports de L3 et L5.
Chez le chien sa principale racine est L5 + racine de L4.
b) Trajet et rapports
→ Emerge entre les deux muscles psoas et se dirige obliquement en direction ventro-
caudale
→ Satellite de l’artère iliaque externe (à sa face profonde)
→ Croise le tendon du petit psoas, puis la face profonde du m. sartorius et s’enfonce, avec
l’artère circonflexe latérale de la cuisse, dans le m. quadriceps, entre le vaste médial et le
droit de la cuisse
→ Avant de se terminer dans le quadriceps, il émet le nerf saphène

Copyright © DZVET 360, 2021 Page 6 sur 22

6
ANAT - CM7 - Innervation du membre pelvien
Module « Etude des membres » - CM – Innervation du membre pelvien

c) Distribution
Près de son origine, le nerf fémoral émet de petits rameaux moteurs proximaux pour
les muscles petit psoas, ilio-psoas, ainsi que pour le sartorius.

Avant de plonger dans le quadriceps, il donne le nerf saphène (voir plus bas), il se
termine en se ramifiant dans le m. quadriceps fémoral.

— Le nerf saphène :
C’est la partie sensitive du nerf fémoral. Il passe à la face médiale de la cuisse et
parcourt le triangle fémoral avec l’artère et la veine fémorales, puis descend avec l’artère
saphène et la veine saphène médiale le long de la jambe pour atteindre la face médiale du
métatarse. Tout le long de son trajet il est superficiel, séparé de la peau par le fascia fémoral
puis jambier.
Chez le chien il est exclusivement sensitif.
Chez les ongulés, c’est un nerf mixte, qui fournit en plus de grêles rameaux moteurs pour
les muscles sartorius, pectiné et gracile. Chez le cheval, il est bien développé et donne un très
long rameau: c’est le nerf accessoire du saphène. Il descend parallèlement et caudalement à lui
au nerf sphaène (spécifique du cheval).

d) Rôles du nerf fémoral

Le nerf fémoral est un nerf mixte :


Il est moteur :
- pour les muscles petit psoas et ilio-psoas qui interviennent dans la flexion lombaire,
lombosacrale et de la hanche
- et surtout pour le muscle quadriceps → nerf de l’extension du genou

Copyright © DZVET 360, 2021


Page 7 sur 22

7
ANAT - CM7 - Innervation du membre pelvien
Module « Etude des membres » - CM – Innervation du membre pelvien

Remarque : flexion de la hanche + extension du genou → mouvement du membre dans la


seconde moitié de la phase de soutien = engagement du postérieur

Il est sensitif du fait de la présence du nerf saphène qui innerve la face médiale de la cuisse et
de la jambe jusqu’au métatarse puis l’articulation métatarso-phalangienne

Remarque : Le nerf fémoral est particulièrement vulnérable à l’endroit où il croise le tendon


du m. petit psoas, surtout chez le cheval, chez qui le tendon est large et aux bords tranchants.
Il peut être lésé à l’occasion d’une hyperextension brutale de la hanche : lors d’une glissade
d’un (ou des) postérieur vers l’arrière, ou lors d’un effort violent pour s’extraire d’un fossé
par exemple

Le nerf fémoral peut également se trouver comprimé lors d’une crise de myoglobinurie
paroxystique chez le cheval. C’est une sorte de “ crampe carabinée et généralisée ” qui apparaît
après l’exercice et qui est en général due à une mauvaise gestion de l’effort et de l’alimentation liée à
l’effort. Il y a donc une surcharge d’acide lactique dans les muscles (d’où crampe, douleurs, “
tétanisation ” et induration des muscles) et destruction de la myoglobine (d’où myoglobinurie). Le nerf
fémoral se trouve comprimé entre les muscles psoas indurés .
Lors de la paralysie du nerf fémoral, le port se trouve fortement affecté : le quadriceps,
muscle postural, étant paralysé, il y a incapacité à maintenir l’angle articulaire du genou. Il y a fonte
musculaire et la jambe est effondrée et traîne. Quand l’animal marche, il compense en reportant son
poids sur le membre opposé et essaie de soulever son membre avec le reste du corps d’où une sorte
de “ dandinement ». En plus, il y a perte de la sensibilité des faces médiales de la cuisse et de la
jambe.

3. Nerf obturateur

a) Origine
Chez les ongulés, il provient essentiellement de L5 (renforcé par un rameau de L4).
Chez les carnivores, il résulte de l’association des branches ventrales de L5 et L6.

b) Trajet et rapports
→ Dès son origine il
se porte très obliquement en
direction ventro-caudale et
pénètre dans la cavité
pelvienne en croisant le col
de l’ilium (→ très vulnérable
à ce niveau).
→ Il se place sur le
plancher du bassin, s’insinue
sous le muscle obturateur
interne et traverse le
foramen obturé. Il se
retrouve alors à la face
profonde du m. gracile où il
se ramifie dans les muscles
fémoraux médiaux.

Copyright © DZVET 360, 2021


Page 8 sur 22

8
ANAT - CM7 - Innervation du membre pelvien
Module « Etude des membres » - CM – Innervation du membre pelvien

c) Rôle

C’est un nerf exclusivement moteur. Il se distribue à tous les muscles fémoraux


médiaxu sauf le sartorius → c’est le nerf de l’adduction de la cuisse et de la jambe.

Copyright © DZVET 360, 2021


Page 9 sur 22

9
ANAT - CM7 - Innervation du membre pelvien
Module « Etude des membres » - CM – Innervation du membre pelvien

Remarques :
- chez la vache surtout, le nerf obturateur peut être comprimé contre l’ilium lors du passage des
épaules ou du bassin d’un veau trop gros au cours d’un accouchement difficile. Si la lésion est
unilatérale, le relever est très difficile (surtout qu’elle est déjà très fatiguée par les efforts de la
parturition). Si elle y arrive, le membre traîne en abduction et l’animal marche en “ fauchant ”. Si la
paralysie est bilatérale, la jument ne peut pas se relever et reste assise les deux membres écartés “ en
grenouille »
- chez les carnivores les lésions du nerf obturateur sont surtout rencontrées lors de fractures du
bassin

III. PARTIE CAUDALE DU PLEXUS LOMBO-SACRAL

1. Le nerf glutéal crânial

a) Origine
Chez le cheval : L6 - S1
Chez le chien : L6-L7

b) Trajet, rapports et distribution


Le nerf glutéal crânial se détache du bord ventral du tronc lombo-sacral et se divise dès sa
sortie du bassin en 4 ou 5 branches (on parle plutôt de nerfs glutéaux crâniaux) se
distribuant aux muscles fessiers superficiel (partie crâniale), moyen, accessoire et profond (et
muscle piriforme chez le chien). Il donne également un rameau qui passe entre le fessier
profond et l’accessoire et qui est moteur pour le muscle tenseur du fascia lata.

Copyright © DZVET 360, 2021


Page 10 sur 22

10
ANAT - CM7 - Innervation du membre pelvien
Module « Etude des membres » - CM – Innervation du membre pelvien

c) Rôle
C’est le nerf moteur des fessiers, c'est-à-dire, de l’extension et de l’abduction de la
hanche.

2. Le nerf glutéal caudal

a) Origine
Chez le cheval : S2
Chez le chien : L7-S1

b) Trajet, rapports et distribution


Il se détache du bord caudal du tronc lombo-sacral, et se dirige dorso-caudalement sous le
muscle fessier moyen (il est plaqué contre le ligament sacro-spino-tubéral chez les ongulés). Il
se distribue :
- Chez le cheval : à l’origine du muscle glutéo-biceps, à la partie dorso-médiale du
muscle fessier superficiel, ainsi qu’au faisceau charnu post-trochantérique du muscle fessier
moyen.
- Chez le chien : à l’origine du biceps fémoral, et à la partie dorso-médiale du muscle
fessier superficiel.

c) Rôle
C’est un nerf moteur, accessoire du nerf glutéal crânial dans l’extension de la hanche.

3. Nerf cutané fémoral caudal

a) Origine
C’est le dernier nerf du plexus lombo-sacral.
Chez le cheval : S2 (+ petite branche de S3)
Chez le chien : S1+S2.

b) Trajet, rapports et distribution


Ce nerf relativement bien développé chez le cheval se détache du bord dorsal du tronc
lombo-sacral, et se dirige vers la tubérosité ischiatique sous laquelle il passe, entre les muscles
semi-tendineux et biceps fémoral. Il descend le long du bord caudal de la région de la fesse.

c) Rôle
Il est surtout sensitif pour la région de la fesse (donne les nerfs cluniaux caudaux) et a
un petit rôle moteur pour le muscle semi-tendineux chez le cheval (portion supra-
ischiatique).

Copyright © DZVET 360, 2021


Page 11 sur 22

11
ANAT - CM7 - Innervation du membre pelvien
Module « Etude des membres » - CM – Innervation du membre pelvien

4. Nerf sciatique

C’est le nerf le plus volumineux du corps et le plus gros constituant du tronc lombo-
sacral. Il assure l’innervation sensitive et motrice de la plus grande partie du membre pelvien.

a) Origines
Chez les ongulés : L6, S1 et S2
Chez les carnivores : L6-L7-S1

b) Trajet et rapports
Il sort du bassin avec le tronc lombo-sacral par la grande échancrure sciatique, et se
retrouve sous le muscle fessier moyen. Ensuite il longe dorsalement le muscle fessier profond
puis les muscles pelviens profonds et passe en arrière de l’articulation de la hanche.
Arrivé dans la cuisse, il se place dans la loge formée par les muscles fémoraux caudaux,
le long de la face caudale du fémur. Là, il se divise en ses deux nerfs terminaux : le nerf
tibial et le nerf fibulaire commun (= péronier commun).

Chez le cheval, cette division terminale du sciatique se réalise très tôt, au niveau de son
passage au dessus de l’articulation de la hanche (voire parfois, avant). Ce qui fait que le nerf
sciatique « proprement dit » est assez court.
Chez les carnivores, le nerf sciatique proprement dit est plus long, et se termine
proximalement au creux poplité.

Copyright © DZVET 360, 2021


Page 12 sur 22

12
ANAT - CM7 - Innervation du membre pelvien
Module « Etude des membres » - CM – Innervation du membre pelvien

c) Distribution du nerf sciatique

• Distribution collatérale :
Le long de son trajet initial (sous le muscle fessier moyen) le nerf sciatique émet :
→ Des rameaux sensitifs pour l’articulation de la hanche
→ Des rameaux moteurs pour les muscles fessier profond, obturateur interne, jumeaux et
carré fémoral.

Copyright © DZVET 360, 2021


Page 13 sur 22

13
ANAT - CM7 - Innervation du membre pelvien
Module « Etude des membres » - CM – Innervation du membre pelvien

Au moment où il contourne l’articulation de la hanche il donne :


→ De gros et longs rameaux moteurs pour les muscles fémoraux caudaux, il s’agit
du nerf de la flexion du genou. Il est antagoniste du nerf fémoral
Remarque : selon les auteurs, chez le cheval, ces rameaux moteurs sont parfois considérés
comme provenant non pas du nerf sciatique proprement dit, mais de l’une de ses terminales,
le nerf tibial

• Distribution terminale :
Il se termine en deux nerfs volumineux, les nerfs fibulaire commun, et le nerf tibial.

Copyright © DZVET 360, 2021


Page 14 sur 22

14
ANAT - CM7 - Innervation du membre pelvien
Module « Etude des membres » - CM – Innervation du membre pelvien

Dans son trajet initial, le nerf sciatique peut être lésé en diverses circonstances : fractures du
bassin, blocage d’un poulain trop gros lors d’un accouchement difficile, lors d’injections
intramusculaires profondes au niveau de la croupe (certains médicaments injectés accidentellement
dans le nerf peuvent induire une dégénérescence nerveuse et des muscles qu’il innerve).
Chez le chien : Atteinte périphérique du nerf sciatique lors de fractures du bassin ou du fémur,
chirurgie de la hanche, broche d’ostéosynthèse fémorale, plaies profondes et délabrantes de la cuisse.
Atteinte des racines : syndrôme de la queue de cheval, fracture L7, hernie discale en L6-L7.

d) Etude de la distribution terminale du nerf sciatique

 Le nerf fibulaire commun


Il est destiné à la région crâniale de la jambe et à la face dorsale du pied.
Trajet et rapports
Au dessus de l’extrémité
proximale du muscle
gastrocnémien, il se sépare du
nerf tibial et se dirige
crânialement. Il court à la
surface du chef latéral du
gastrocnémien, sous le muscle
biceps fémoral. Il croise la tête
de la fibula (qui est très
superficiel et sensible à cet
endroit) et arrive au-dessus de
l’extenseur latéral des orteils où
il se termine en nerf fibulaire
superficiel et en nerf fibulaire
profond.

Copyright © DZVET 360, 2021


Page 15 sur 22

15
ANAT - CM7 - Innervation du membre pelvien
Module « Etude des membres » - CM – Innervation du membre pelvien

Distribution du nerf fibulaire commun


— Dans son trajet dans la cuisse, il émet un nerf sensitif : le nerf cutané sural
latéral. Ce nerf très fin perfore le muscle biceps fémoral et devient superficiel (sous le fascia
jambier). Il est sensitif pour la face latérale de la jambe du grasset jusqu’au tarse.
— Le nerf fibulaire profond est destiné aux muscles de la loge tibiale crâniale. Il
se place en position profonde, tout contre la face latérale du tibia (accompagné des vaisseaux
tibiaux crâniaux). Il suit le tendon du long extenseur du (des) doigt (s), passe avec lui dans les
rétinacles des extenseurs et se prolonge jusqu’au métatarse, où il est à l’origine des nerfs
métatarsiens dorsaux.
Chez le cheval : son trajet s’arrête à la face dorsale du métatarse.
Chez le chien: il se prolonge jusqu’à la face dorsale du pied où il se divise en nerfs
métatarsiens dorsaux (en position profonde) qui vont participer à la constitution des nerfs
digitaux dorsaux (sensitifs).
Le nerf fibulaire profond est moteur pour les muscles de la loge tibiale crâniale, et
sensitif pour la face dorsale de la jambe du jarret et du métatarse

— Le nerf fibulaire superficiel est le nerf des muscles de la loge fibulaire. Il


descend le long de la jambe, sous le fascia jambier, dans l’interstice qui sépare les muscles
extenseur latéral et long extenseur du (des) doigt (s). Il traverse ensuite le fascia jambier et
devient superficiel.
Près de son origine, il donne un faisceau destiné aux muscles de la loge fibulaire
(extenseur latéral chez le cheval, + long et court péroniers chez le chien) et des rameaux
sensitifs pour la face dorso-latérale de la jambe et du jarret.
Chez le cheval, il s’épuise dans la peau à la face dorsale du tarse et du métatarse.
Chez le chien, il se prolonge à la face dorsale du pied où il se divise en nerfs digitaux
communs dorsaux. En regard des articulations métatarso-phalangiennes, ces derniers
s’unissent avec les nerfs métatarsiens dorsaux pour donner les nerfs digitaux propres
dorsaux.
Copyright © DZVET 360, 2021
Page 16 sur 22

16
ANAT - CM7 - Innervation du membre pelvien
Module « Etude des membres » - CM – Innervation du membre pelvien

Rôles du nerf fibulaire commun

Le nerf fibulaire commun est un nerf mixte :


- il est moteur pour les muscles jambiers crâniaux et donc assure la flexion du jarret et
l’extension du (des) doigt(s)
- il est sensitif pour la face dorso-latérale du genou jusqu’au métatarse chez le cheval ; tandis
que chez le chien, il assure également la sensibilité cutanée de toute la face dorsale du pied
Au niveau de son passage contre la tête de la fibula, le nerf fibulaire peut être comprimé lors d’un
décubitus prolongé. Chez le chien, il peut être lésé lors de fracture du tibia (ou lors de la chirurgie des
fractures des os de la jambe). Lors de la lésion de ce nerf, l’extension des doigts est impossible →
l’appui au sol se fait sur le dos du doigt, et comme on a également une paralysie des fléchisseurs
du jarret, le tarse se trouve souvent en hyper-extension. Associé à ces déficits moteurs, il y a une
perte de sensibilité de la face dorsale du pied.

 Le nerf tibial
Trajet et rapports
Plus épais que le nerf fibulaire, il s’en sépare pour plonger caudalement entre les deux
chefs du gastrocnémien. Dans la loge surale, il suit le tendon du fléchisseur superficiel du
doigt, médialement au tendon calcanéen commun. Arrivé dans le creux du jarret, il se
termine en deux nerfs plantaires : l’un latéral, l’autre médial.

Distribution
— Dans sa partie fémorale, il émet le nerf cutané sural caudal. Celui-ci se détache à
peu près à mi-hauteur du fémur, puis longe le bord caudal du gastrocnémien jusqu’au tarse. Il
assure la sensibilité cutanée de la face caudale de la jambe et du jarret.

Copyright © DZVET 360, 2021


Page 17 sur 22

17
ANAT - CM7 - Innervation du membre pelvien
Module « Etude des membres » - CM – Innervation du membre pelvien

— Dans sa partie jambière, au moment où il s’engage entre les deux chefs du


gastrocnémien, il va émettre des rameaux moteurs destinés à tous les muscles jambiers
caudaux.

Terminaison
— Les nerfs plantaires descendent de part et d’autre du métatarse dans l’interstice
entre le tendon perforé et perforant accompagnés des a. et v. digitales communes plantaires. A
mi-hauteur du métatarse, ils sont reliés par un rameau communicant (zone sensible).
Chez le cheval : leur distribution est comparable à celle des nerfs de la main : le nerf
plantaire médial constitue le nerf digital commun plantaire médial, qui se prolonge dans le
doigt par le nerf digital plantaire médial, tandis que le nerf plantaire latéral (plus
volumineux) se continue par le nerf digital plantaire latéral. Les nerfs digitaux plantaires
assurent l’innervation sensitive plantaire et dorsale du doigt et du pied du cheval.
Les nerfs digitaux plantaires assurent l’innervation sensitive plantaire et dorsale du doigt et du
pied du cheval.
Chez le chien, le nerf plantaire latéral fournit des rameaux profonds pour les muscles du
pied (interosseux, lombricaux) ainsi que des nerfs métatarsiens plantaires (position profonde).
Le nerf plantaire médial, plus faible, donne des nerfs digitaux communs plantaires qui
s’anastomosent avec les précédents pour former les nerfs digitaux propres plantaires.

Rôles du nerf tibial


C’est un nerf mixte
→ Rôle moteur: c’est le nerf de l’extension du jarret (muscle gastrocnémien →
propulsion), et de la flexion des doigts
→ Rôle sensitif : il assure la sensibilité de la face caudale de la jambe et du jarret, de
tout le pied chez le cheval, de la face plantaire du pied chez le chien

Copyright © DZVET 360, 2021


Page 18 sur 22

18
ANAT - CM7 - Innervation du membre pelvien
Module « Etude des membres » - CM – Innervation du membre pelvien



Le nerf tibial est surtout vulnérable au niveau de son passage le long du tendon calcanéen
commun (zone exposée aux traumatismes : morsures, lésions du tendon et du nerf chez les animaux
de trait, lors de chirurgie du tendon calcanéen commun etc..). La paralysie du nerf tibial se caractérise
par un affaissement du jarret (ressemble, en moins marquée, à une rupture du tendon d’Achille :
plantigradie), associé à une perte de la sensibilité caudale de la jambe et plantaire du pied.

Copyright © DZVET 360, 2021


Page 19 sur 22

19
ANAT - CM7 - Innervation du membre pelvien
Module « Etude des membres » - CM – Innervation du membre pelvien

e) Rôles du nerf sciatique

Le nerf sciatique est un nerf mixte :


— Rôle moteur :
 Pour tous les muscles fémoraux caudaux, et permet donc la flexion du genou, par
antagonisme au nerf fémoral ;
 Pour tous les muscles de la jambe: agit sur le jarret, l’extension (propulsion, par le
nerf tibial) et la flexion (par le nerf fibulaire) et sur les doigts : extension (nerf
fibulaire) et flexion (nerf tibial).
— Rôle sensitif : le nerf sciatique est sensitif pour une partie de la cuisse, presque toute la
jambe et tout le pied (sauf une étroite bande médiale de la cuisse et de la jambe, dévolue au
nerf saphène).

Conclusion
On peut schématiquement diviser l’innervation du membre pelvien en deux grandes parties:
— au-dessus du genou, 3 territoires :
 région crâniale, innervée par le nerf fémoral ;
 région médiale, innervée par l’obturateur ;
 région caudale, innervée par le sciatique ;
— en dessous du genou, on assiste à une simplification avec deux territoires, tous deux
innervés par les divisions du nerf sciatique :
 région crâniale puis dorsale, innervée par le nerf fibulaire commun,
 région caudale puis plantaire, innervée par le nerf tibial.

Copyright © DZVET 360, 2021


Page 20 sur 22

20
ANAT - CM7 - Innervation du membre pelvien
Module « Etude des membres » - CM – Innervation du membre pelvien

Copyright © DZVET 360, 2021


Page 21 sur 22

21
ANAT - CM7 - Innervation du membre pelvien
Racines du tronc lombo-sacral
Ligament sacro-spino-tubéral Nerf obturateur

Nerf honteux

Nerfs rectaux
caudaux Artère iliaque
externe
rectum
Fascia iliaca

M. ilio-psoas

M. tenseur du
fascia lata

N. cutané fémoral
latéral
N. fémoral
N. cutané fémoral
caudal Rameaux pour le
m. quadriceps

M. semi-membraneux M. quadriceps fémoral

M. semi-tendineux
N. saphène et son rameau
Chef médial du m. accessoire
gastrocnémien
Rameau du grasset (n. saphène)
N. tibial
M. sartorius (sectionné)
Nerfs plantaires
latéral et médial M. gracile (sectionné)

Rameaux cutanés jambiers du n.


Pointe du jarret saphène

Copyright © DZVET 360, 2021

Nerfs du membre pelvien du cheval.


Membre gauche, vue médiale les mm. Sartorius et gracile ont été réséqués. 22
(d ’après Barone R.)
ANAT - CM7 - Innervation du membre pelvien
Aile de l ’ilium N. glutéal caudal

N. sciatique
Nn. Glutéaux
crâniaux Ligament sacro-spino-
tubéral

Nerf du M. tenseur M. glutéo-biceps


du fascia-lata (sectionné)

N. cutané fémoral
caudal
M. fessier accessoire
(sectionné)
M. quadriceps
fémoral M. semi-tendineux

N. fibulaire commun Rameaux pour les mm.


fémoraux caudaux

N. cutané sural latéral N. Tibial

M. glutéo-biceps M. gastrocnémien (chef latéral)


(sectionné)
N. cutané sural caudal

N. fibulaire superficiel Tendon calcinéen commun

M. long extenseur de l ’orteil


Pointe du jarret
Copyright © DZVET 360, 2021

Nerfs du membre pelvien du cheval .


Membre gauche, vue latérale, les mm. fessiers et le m. glutéo-biceps ont été 23
réséqués. (d ’après Barone R.)
CE DOCUMENT A ETE OFFERT AUX VETERINAIRES ALGERIENS PAR

REDA MOHAMED GUESSOUM, DVM

CE DOCUMENT A ETE OFFERT AUX VETERINAIRES ALGERIENS PAR

REDA MOHAMED GUESSOUM, DVM

24
ANAT - CM8 - Vascularisation du membre pelvien
Module « Etude des membres » - CM8 - Vascularisation du membre pelvien

VASCULARISATION DU MEMBRE PELVIEN


des Mammifères domestiques
Le bassin et le membre pelvien sont irrigués par les volumineux vaisseaux terminaux de
l’aorte. L’ensemble de l’arrière-train est drainé par la veine cave caudale d’une part, et part
l’important centre lymphatique ilio-sacral d’autre part Tous ces points clés de la
vascularisation du membre pelvien sont situés au niveau de la charnière lombo-sacrale.

Plus encore que pour le membre thoracique :

- Les masses musculaires volumineuses et puissantes du membre pelvien reçoivent une


irrigation intense, nécessaire aussi bien pour leurs fonctions posturales que
propulsives

- L’action massante des cycles de contraction/décontraction et de tension/relâchement


des muscles et fascias est primordiale pour la circulation de retour (drainage
veineux) non seulement du membre pelvien, mais aussi de l’ensemble des viscères
pelviens et abdominaux (→ Importance des massages et de la kinésithérapie chez les
animaux paralysés des postérieurs)

- Le membre pelvien montre un réseau lymphatique plus dense avec plusieurs centres
relais. Les NL drainant les quartiers arrières des carcasses des animaux de boucherie
sont d’une grande importance à l’inspection aux abattoirs.

A - Artères du membre pelvien

L’irrigation artérielle de la ceinture et du membre pelviens provient des deux


principales terminales de l’aorte abdominale :
- L’artère iliaque interne irrigue les parois de la cavité pelvienne (os, muscles,
téguments de la région de la croupe et de la hanche)
- L’artère iliaque externe est à l’origine de l’axe vasculaire se distribuant au
membre pelvien proprement dit

Copyright © DZVET 360, 2021


1 / 30
1
ANAT - CM8 - Vascularisation du membre pelvien
Module « Etude des membres » - CM8 - Vascularisation du membre pelvien

Rappel :
L’aorte abdominale se termine en regard de la charnière lombo-sacrale en 5 branches :
- Dans le plan médian, et dorsalement, l’artère sacrale médiane (impaire), la moins
volumineuse, se place contre la face ventrale du sacrum. Elle se distribue par des
artères segmentaires dorsales au sacrum et à la croupe et se continue dans la
queue
- L’artère iliaque interne pénètre dans la cavité pelvienne
- L’artère iliaque externe, la plus volumineuse des trois, se dirige latéralement et vers
le membre

I - Irrigation de la croupe et de la hanche par


l’artère iliaque interne
L’artère iliaque interne pénètre dans la cavité pelvienne, et se distribue aussi bien aux
organes pelviens (collatérales viscérales) qu’aux parois du bassin (collatérales somatiques).
Ces dernières sortent de la cavité pelvienne en passant par la grande et la petite échancrures
sciatiques de l’os coxal.

Le développement, le mode de distribution et la terminaison de l’artère iliaque interne


montrent des variations spécifiques importantes. Mais, quelle que soit l’espèce :
- L’artère iliaque interne se termine toujours en deux branches : Une artère glutéale caudale
et une artère honteuse interne ;
- Il existe toujours trois artères destinées aux parois et muscles du bassin : l’artère ilio-
lombaire, l’artère glutéale crâniale et l’artère glutéale caudale.

1) Chez le Chien (Carnivores)

Copyright © DZVET 360, 2021


2 / 30
2
ANAT - CM8 - Vascularisation du membre pelvien
Module « Etude des membres » - CM8 - Vascularisation du membre pelvien

L’artère iliaque interne est courte. Après un bref trajet, elle se termine, en regard du
col de l’ilium, en artère honteuse interne et artère glutéale caudale :

 L’artère honteuse interne reste à l’intérieur du bassin et se distribue aux viscères


pelviens

 L’artère glutéale caudale va être à l’origine de toutes les branches pariétales


Trajet et rapports : Elle se dirige caudalement, plaquée contre la face pelvienne du sacrum,
atteint le détroit caudal du bassin et sort de la cavité pelvienne par la petite échancrure
sciatique. Elle se retrouve alors à la face profonde de la partie proximale des muscles
fémoraux caudaux auxquels elle se distribue. Auparavant elle aura laissé quelques rameaux
pour les muscles pelviens profonds, ainsi que pour la capsule articulaire de la hanche.
Collatérales :
Elle présente deux collatérales : l’artère ilio-lombaire, et l’artère glutéale crâniale.
l’artère ilio-lombaire
C’est la première qui se détache. Chez le chien, elle naît près de l’origine de l’artère glutéale
caudale. Elle s’oriente ventralement, passe entre l’aile de l’ilium et le muscle iliaque et se dirige
vers l’angle de la hanche. Elle irrigue l’ilium, ainsi que les muscles ilio-psoas, fessier moyen et
tenseur du fascia lata.
l’artère glutéale crâniale
Elle est nettement plus forte que la précédente. C’est l’artère des muscles fessiers: Elle sort très
rapidement du pelvis par la grande échancrure sciatique accompagnée de sa veine homonyme et
du tronc lombo-sacral (tronc formé par le nerf sciatique et les nerfs glutéaux). Elle se trouve
alors à la face profonde du muscle fessier moyen où elle se ramifie et se distribue aux muscles
fessiers.

Copyright © DZVET 360, 2021


3 / 30
3
ANAT - CM8 - Vascularisation du membre pelvien
Module « Etude des membres » - CM8 - Vascularisation du membre pelvien

2) Chez le Cheval
Disposition comparable au chien, avec une artère iliaque interne encore plus courte
et qui se termine dès l’entrée du bassin en artère glutéale caudale et en artère honteuse
interne.

Copyright © DZVET 360, 2021


4 / 30
4
ANAT - CM8 - Vascularisation du membre pelvien
Module « Etude des membres » - CM8 - Vascularisation du membre pelvien

L’artère glutéale caudale est volumineuse. Elle se dirige en direction dorso-caudale,


plaquée à la face interne du ligament sacro-spino-tubéral. Elle sort du bassin en traversant
ce ligament à hauteur de la 4ème vertèbre sacrale, pour se distribuer aux muscles fémoraux
caudaux.
Près de son origine, l’artère glutéale caudale émet un gros tronc artériel correspondant à
l’artère glutéale crâniale qui, elle-même, va émettre également les artères ilio-lombaire et
obturatrice.

L’artère ilio-lombaire est identique à celle décrite chez le chien.

L’artère obturatrice, n’existe pas chez le chien, et vestigiale chez le chat et les ruminants.
Chez les équidés c’est une grosse artère qui pénètre dans la cavité pelvienne, se dirigeant
caudo-ventralement vers le foramen obturé accompagnée par le nerf obturateur. Elle
s’insinue entre le muscle obturateur interne et l’os pubis, traverse le foramen obturé et se
distribue essentiellement aux muscles fémoraux médiaux, donnant également quelques
rameaux aux muscles fémoraux caudaux. Elle donne également des rameaux pour
l’appareil génital : artère moyenne du pénis ou du clitoris, rameaux pour le corps caverneux.
Avant de passer à hauteur du tubercule du petit psoas, l’artère obturatrice émet ventralement
une artère spécifique aux équidés : l’artère iliaco-fémorale.

L’artère iliaco-fémorale se dirige ventralement, passe latéralement au tendon du petit


psoas, contourne le col de l’ilium et pénètre dans le quadriceps entre le vaste latéral et le
droit de la cuisse. Elle irrigue le muscle quadriceps suppléant l’artère circonflexe latérale
de la cuisse qui est peu ramifiée chez le cheval.

Copyright © DZVET 360, 2021


5 / 30
5
ANAT - CM8 - Vascularisation du membre pelvien
Module « Etude des membres » - CM8 - Vascularisation du membre pelvien

3) Chez les Ruminants


Contrairement aux carnivores et équidés, l’artère iliaque interne est très longue
et parcourt toute la cavité pelvienne.

Le long de son trajet dans la cavité pelvienne, elle émet aussi bien les artères viscérales que
les artères pariétales (artère ilio-lombaire puis artère glutéale crâniale).
Elle se termine ensuite à hauteur de la petite ouverture sciatique en artère honteuse interne
(qui reste à l’intérieur du bassin pour irriguer le rectum, la terminaison de l’appareil urogénital
et le diaphragme pelvien) et l’artère glutéale caudale qui sort du bassin par la petite
échancrure sciatique.

L’artère obturatrice est absente chez les bovins, vestigiale chez les petits ruminants.

II - Irrigation de la cuisse, de la jambe et du


pied

1) L’axe artériel principal du membre pelvien


C’est l’artère iliaque externe qui est à l’origine de l’axe principal d’irrigation artérielle du
membre pelvien proprement dit.
Dans la cuisse elle se prolonge par l’artère fémorale. Celle-ci se continue, caudalement au
grasset, par l’artère poplitée qui se termine, dans la jambe, en artères tibiales crâniale et
caudale.

Copyright © DZVET 360, 2021


6 / 30
6
ANAT - CM8 - Vascularisation du membre pelvien
Module « Etude des membres » - CM8 - Vascularisation du membre pelvien

2) Irrigation de la cuisse par l’artère iliaque externe et


l’artère fémorale

a) Artère iliaque externe

 Trajet et rapports :
Elle se dirige latéralement vers la cuisse et en direction ventro-caudale (= vers la région du
pubis). Elle atteint le ligament inguinal (ou arcade inguinale), où elle se termine en
déléguant l’artère fémorale profonde et se poursuivant par l’artère fémorale.

Le long de son trajet, elle est accompagnée par la veine iliaque commune puis la veine iliaque
externe ainsi que par le très fin nerf génito-fémoral (branche ventrale de L3, qui va ensuite
suivre l’artère fémorale profonde avant de s’engager dans le canal inguinal). Sa face latérale
croise à son origine les muscles psoas puis, sur un court trajet, se trouve en rapport avec le
nerf fémoral. L’artère iliaque externe est également longée, selon les espèces, par les NL
iliaques externes ou ilio-fémoraux.

 Distribution :
Les collatérales de l’artère iliaque externe se distribuent essentiellement aux muscles
fémoraux médiaux. Elle est également à l’origine de rameaux destinés à la paroi
abdominale (partie caudale) et aux organes génitaux externes :

L’artère profonde de la cuisse (ou artère fémorale profonde) est sa principale


collatérale ; elle est présente chez toutes les espèces. C’est une volumineuse artère qui se
détache en regard du bord crânial du pubis et se dirige caudalement. Avant de s’enfoncer sous
le muscle pectiné, elle donne le tronc pudendo-épigastrique qui se détache
perpendiculairement et ventralement. Après émission de ce tronc, l’artère profonde de la
cuisse devient l’artère circonflexe médiale de la cuisse :
Copyright © DZVET 360, 2021
7 / 30
7
ANAT - CM8 - Vascularisation du membre pelvien
Module « Etude des membres » - CM8 - Vascularisation du membre pelvien

- Le tronc pudendo-épigastrique accompagné du nerf génito-fémoral se dirige vers


le canal inguinal et donne l’artère épigastrique caudale (→ paroi abdominale) et
l’artère honteuse externe (→ traverse le canal inguinal avec le nerf génito-frémoral et
se distribue à appareil génital externe, mamelle ou scrotum)
- l'artère circonflexe médiale de la cuisse s’engage entre le muscle pectiné et le
muscle ilio-psoas et se distribue aux muscles fémoraux médiaux, ainsi qu’aux
muscles fémoraux caudaux, à l’articulation de la hanche (rameau acétabulaire) et
aux muscles du plancher pelvien (rameau obturateur qui traverse le foramen obturé.
Bien développé chez le chien, suppléant l’absence d’artère obturatrice).

Autres collatérales de l’artère iliaque externe :


- Chez les carnivores et chez les ruminants, une petite artère, l’artère abdominale
caudale est émise par l’artère fémorale profonde. Elle se dirige crânialement vers la
face profonde du muscle oblique externe. Elle est absente chez le cheval.
Remarque : l’artère abdominale caudale peut également provenir directement de l’artère
iliaque externe, ou même du tronc pudendo-épigastrique.
- Chez les ongulés : artère circonflexe iliaque profonde. Son rameau crânial irrigue
la paroi abdominale juste sous l’angle de la hanche. Son rameau caudal descend à
la face crânio-médiale de la cuisse avec le nerf cutané fémoral latéral. Chez les
carnivores, cette artère provient directement de l’aorte avec le même mode de
distribution.
- Chez le cheval : En plus de l’artère circonflexe iliaque profonde, et de l’artère
profonde de la cuisse, l’artère iliaque externe délègue souvent une artère
crémastérique (mâle) ou utérine (femelle). Elle provient de l’artère honteuse interne
chez les autres espèces.

Copyright © DZVET 360, 2021


8 / 30
8
ANAT - CM8 - Vascularisation du membre pelvien
Module « Etude des membres » - CM8 - Vascularisation du membre pelvien

 Corrélations cliniques
Thrombo-embolie aortique ou aortico-iliaque chez le chat. Un caillot sanguin
(thrombus) peut se former migrer et boucher totalement ou partiellement l’aorte au niveau de
sa terminaison ou la racine de l’artère iliaque externe, entraînant une paralysie des deux ou
d’un postérieur. Ceci est le plus souvent la conséquence d’affections cardiaques
notamment une myocardite hypertrophique. La paralysie est d’apparition brutale, plus ou
moins totale selon le degré d’obstruction de l’artère, de type flasque (diminution ou
disparition des réflexes et de la proprioception, de la sensibilité douloureuse profonde), une
froideur des extrémités avec pâleur voire cyanose des griffes et coussinets des
membres atteints, une douleur des masses musculaires au cours des 48-72 premières
heures suivie d’une amyotrophie sévère et rapide, et une diminution ou disparition du
pouls fémoral (+ les signes cliniques associés à l’affection cardiaque).

9 / 30
Copyright © DZVET 360, 2021 9
ANAT - CM8 - Vascularisation du membre pelvien
Module « Etude des membres » - CM8 - Vascularisation du membre pelvien

b) Artère fémorale

 Trajet et rapports : Elle fait suite à l’artère iliaque externe en regard du bord crânial
du pubis après l’émission de l’artère fémorale profonde. Elle traverse l’arcade
inguinale et chemine à la face médiale de la cuisse, parcourant le triangle fémoral de
haut en bas, et croisant le fémur d’avant en arrière. Au ¼ distal de la cuisse environ, elle
contourne le bord médial du fémur et s’engage sous le muscle grand adducteur de la
cuisse. Elle passe dans un anneau fibreux compris entre les 2 branches terminales de ce
muscle et émerge en position profonde, au fond du creux poplité, où elle se prolonge par
l’artère poplitée. Tout le long de son trajet, l’artère fémorale est accompagnée par la
veine fémorale (en position profonde) et par le nerf saphène (crânial à elle).

Remarque : Chez les ruminants, l’artère fémorale passe entre les deux branches d’origine
du muscle sartorius. Le long de son trajet à la face médiale de la cuisse, elle est recouverte
avec sa veine et le nerf saphène par ce muscle sartorius Ces éléments ne traversent pas le
triangle fémoral.

 Applications cliniques :
→ Trajet superficiel de l’artère fémorale, à son passage dans la partie proximale du
triangle fémoral permet la prise du pouls à l’examen clinique chez le chien et le chat. Chez
le cheval, le pouls est pris au niveau de l’artère faciale ou de l’artère transverse de la face.
→ Zone chirurgicale (notamment de chirurgie expérimentale lors de cathétérismes de l’artère
ou de la veine fémorale par exemple.
→ Blessures de l’artère fémorale peuvent être très graves (coupe de défense de sanglier,
coup de corne, blessure par arme à feu …) l’hémorragie est très abondante et peut entraîner la
mort sans (et parfois malgré) une intervention urgente.
Copyright © DZVET 360, 2021
10 / 30
10
ANAT - CM8 - Vascularisation du membre pelvien
Module « Etude des membres » - CM8 - Vascularisation du membre pelvien

Dans le triangle fémoral, l’artère est en position superficielle, comprise entre les muscles
pectiné (caudal), sartorius (crânial) et ilio-psoas (le fond du triangle fémoral). Elle n’est
séparée de la peau que par le fascia fémoral. Un peu plus bas, elle s’engage sous le muscle
grand adducteur de la cuisse et devient profonde.

 Distribution : C’est l’artère de la cuisse : Elle se distribue au tégument, au fémur


(artère nourricière) et à tous les groupes musculaires de la cuisse, ainsi qu’à la face
médiale du genou. Ses collatérales présentes chez toutes les espèces de mammifères
domestiques sont :
- L’artère circonflexe latérale de la cuisse → quadriceps fémoral
- Les artère(s) fémorale(s) caudale(s) → muscle fémoraux caudaux et médiaux
- L’artère descendante du genou → réseau artériel du genou
- L’artère saphène → essentiellement irrigation du pied

11 / 30
Copyright © DZVET 360, 2021
11
ANAT - CM8 - Vascularisation du membre pelvien
Module « Etude des membres » - CM8 - Vascularisation du membre pelvien

L’artère circonflexe latérale de la cuisse (anciennement : “ fémorale crâniale ”). Plus


faible que l’artère circonflexe médiale, elle se dirige latéralement et vers l’avant.
Accompagnée du nerf fémoral, elle plonge dans l’interstice entre les muscles vaste médial et
droit de la cuisse. Elle irrigue le quadriceps fémoral.
Remarque : elle est peu ramifiée chez le cheval, supplée par l’artère iliaco-fémorale pour
irriguer le quadriceps.

L’artère ou les artère(s) fémorale(s) caudale(s) : Trois artères fémorales caudales


sont décrites : proximale, moyenne et distale. Elles ne sont toutes les 3 présentes de façon
constante que chez les carnivores. Chez les ongulés elles sont en général représentées par
une seule artère volumineuse correspondant à l’artère fémorale caudale distale (surtout chez
le cheval).
- L’artère fémorale caudale proximale naît au voisinage de l’artère saphène (parfois
en tronc commun), se dirige caudalement, croisant les muscles péctiné et adducteur,
et passe sous le muscle gracile. Elle leur laisse au passage quelques grêles rameaux et
se distribue surtout au muscle semi-membraneux.
- L’artère fémorale caudale moyenne naît un peu plus bas que l’artère descendante
du genou et plonge dans les muscles grands adducteurs de la cuisse et semi-
membraneux.
- L’artère fémorale caudale distale est la plus volumineuse et seule présente chez
toutes les espèces de MD. Elle se détache au fond du creux poplité, après le passage
de l’artère fémorale de l’anneau fibreux du muscle grand adducteur, et se trouve donc
en position profonde, entre les muscles semi-membraneux et semi-tendineux d’une
part et le muscle biceps fémoral d’autre part, au-dessus du muscle gastrocnémien. Elle
se distribue aux muscles fémoraux caudaux (rameau ascendant) et aux muscles de
la loge surale de la jambe (rameau descendant).

L’artère descendante du genou naît vers le 1/3 distal de la cuisse, juste avant le
passage de l’artère fémorale sous le muscle grand adducteur. Elle se dirige crânialement,
vers la face médiale du genou où elle se ramifie.

L’artère saphène naît de l’artère fémorale à peu près au niveau de la pointe distale du
triangle fémoral. Elle descend avec la veine et le nerf saphènes le long de la face médiale de
la cuisse sous le fascia fémoral et sous la peau. Elle atteint le genou, un peu en position
caudale et se divise en deux rameaux : l’un crânial, l’autre caudal.
L’artère saphène est essentiellement destinée à l’irrigation du pied. Elle peut fournir
quelques grêles rameaux pour les muscles adducteurs, gracile, semi-membraneux et le
tégument du genou.
De ce fait, elle montre de grandes variations de calibre et de distribution selon les
espèces. C’est chez les carnivores (et les rongeurs) qu’elle est la plus développée. Par
contre, elle est grêle chez les équidés (et l’homme), et présentera un développement
intermédiaire chez les ruminants et les suidés. Chez les carnivores ses deux rameaux sont
bien développés. Le rameau crânial, gagne la région crâniale de la jambe. Il se prolonge dans
le pied où il sera à l’origine des artères digitales communes dorsales I à IV. Le rameau
caudal est plus fort et descend le long de la face médiale du jarret et sera à l’origine des
artères plantaires du pied.
Remarque : Chez les ruminants, c’est surtout le rameau caudal qui est bien développé, le
rameau crânial est vestigial.

Copyright © DZVET 360, 2021


12 / 30
12
ANAT - CM8 - Vascularisation du membre pelvien
Module « Etude des membres » - CM8 - Vascularisation du membre pelvien

En plus de ces artères collatérales l’a fémorale émet, près de son origine, une petite artère
circonflexe iliaque superficielle qui n’existe que chez les carnivores (parmi nos MD) et
l’homme. Elle se dirige crânialement, passe à la surface des muscles sartorius puis tenseur du
fascia lata auxquels elle laisse de grêles rameaux et va se distribuer à la peau des régions
voisines de l’angle de la hanche.

 Applications cliniques :
Cette artère circonflexe iliaque superficielle, tout comme son homologue « profonde », sont
surtout utilisées en chirurgie reconstructrice cutanée, aussi bien chez le chien que chez
l’homme, pour réaliser des lambeaux cutanées pédiculés, en vue de greffes recouvrant des
pertes de substances importantes.

3) Irrigation du genou par l’artère poplitée

a) Origine, trajet et rapports


Après émission de l’artère fémorale caudale distale, l’artère fémorale se prolonge par
l’artère poplitée.
L’artère poplitée s’engage entre les deux chefs du gastrocnémien, plaquée contre la
face caudale de la capsule articulaire fémoro-tibiale entre les deux condyles du fémur,
emprunte l’incisure poplitée du tibia, puis s’insinue sous le muscle poplité (contre face
caudale du tibia). Elle se termine, là, en deux artères tibiales : crâniale et caudale.

Copyright © DZVET 360, 2021


13 / 30
13
ANAT - CM8 - Vascularisation du membre pelvien
Module « Etude des membres » - CM8 - Vascularisation du membre pelvien

b) Distribution
L’artère poplitée se distribue aux muscles de la loge surale de la jambe, et assure
l’essentiel de l’irrigation du genou (5 rameaux articulaires dont une artère moyenne destinée
aux ligaments croisés). Avec ceux de l’artère descendante du genou, ces divers rameaux
constituent le réseau articulaire du genou.

4) Artères de la jambes : artère poplitée, tibiales crâniale


et caudale

a) Artères de la jambe
Les artères traversant la région de la jambe sont :
- L’artère poplitée et ses terminales, les artères tibiales crâniale et caudale
- Le rameau descendant de l’artère fémorale caudale distale ;
- En superficie, les divisions de l’artère saphène (rameaux crânial et caudal)

Nous avons vu l’intervention de l’artère fémorale caudale distale (rameau descendant) ainsi
que des rameaux suraux de l’artère poplitée dans l’irrigation de la loge surale de la jambe.
Les artères tibiales vont d’une part assurer l’irrigation des autres loges musculaires de la
jambe, et participer à la vascularisation du pied d’autre part.

Copyright © DZVET 360, 2021


14 / 30
14
ANAT - CM8 - Vascularisation du membre pelvien
Module « Etude des membres » - CM8 - Vascularisation du membre pelvien

L’artère saphène est destinée à l’irrigation du pied.


Le développement des artères tibiales est en rapport avec leur importance dans la
vascularisation du pied. Il varie en fonction de l’espèce.

b) Artère tibiale crâniale

 Trajet et rapports :
C’est la plus volumineuse des artères tibiales. Elle traverse (caudo-crânialement) l’espace
interosseux, et se place dans la fosse tibiale en position profonde, contre la face latérale du
tibia. Elle suit ensuite le tendon du muscle tibial crânial, à la face dorsale du tarse, sous le
rétinacle des extenseurs, et devient l’artère dorsale du pied.
Le long de son trajet, elle est accompagnée de la veine homonyme, puis par le nerf fibulaire
profond.

 Distribution :
Elle irrigue les os de la jambe et tous les muscles jambiers crâniaux. Plus distalement, elle
intervient dans la formation du réseau tarsien dorsal superficiel d’où émanent les artères
digitales communes dorsales.

c) Artère tibiale caudale


C’est la moins développée des deux artères tibiales (sauf chez l’homme où c’est l’inverse).
Elle se place en position profonde contre la face caudale du tibia. Chez les carnivores, elle
s’épuise dans les muscles de la loge tibiale caudale, sans atteindre le tarse.

Copyright © DZVET 360, 2021


15 / 30
15
ANAT - CM8 - Vascularisation du membre pelvien
Module « Etude des membres » - CM8 - Vascularisation du membre pelvien

Remarque : le développement de l’artère tibiale caudale varie de façon inversement


proportionnelle à celle du rameau caudal de l’artère saphène : chez les carnivores, elle
sera faible, alors que chez les équidés, elle sera relativement bien développée (la seule
espèce d’ailleurs avec l’homme).

Les équidés sont les seuls, parmi nos mammifères domestiques, où l’artère tibiale
caudale est bien développée (c’est elle qui donne l’artère nourricière du tibia). Elle ne se
termine pas dans les muscles jambiers caudaux, mais se continue pour atteindre le tarse et
être la principale source d’irrigation du pied.

Copyright © DZVET 360, 2021


16 / 30
16
ANAT - CM8 - Vascularisation du membre pelvien
Module « Etude des membres » - CM8 - Vascularisation du membre pelvien

5) Irrigation du pied
L’irrigation du pied provient de deux principales sources artérielles :
- L’artère saphène et ses rameaux crânial et caudal, d’une part
- Les artères tibiales crâniale et caudale, d’autre part.
L’importance de la participation de chacune de ces artères varie selon l’espèce.

a) Organisation générale
Elle est comparable à celle décrite pour l’irrigation de la main. En voici les points clés :

Deux systèmes artériels : l’un dorsal l’autre plantaire :


Le réseau artériel étant toujours plus développé du côté de la flexion. Au niveau du tarse, le
système dorsal est le plus développé ; au niveau des doigts, le système plantaire est plus
développé.

Dans la région métatarsienne : chaque système présente deux plans


d’artères :
- l’un superficiel à l’origine des artères digitales communes
- l’autre profond à l’origine des artères métatarsiennes

A hauteur des articulations métatarso-phalangiennes, les artères digitales


communes s’anastomosent avec les artères métatarsiennes pour donner les
artères digitales propres :

Théoriquement chaque doigt en possède 4 : 2 dorsales (axiale et abaxiale), et deux plantaires


(axiale et abaxiale)

Les systèmes dorsal et plantaire sont en continuité grâce à de nombreux


rameaux perforants et à des artères interdigitales

17 / 30
Copyright © DZVET 360, 2021
17
ANAT - CM8 - Vascularisation du membre pelvien
Module « Etude des membres » - CM8 - Vascularisation du membre pelvien

b) Variations spécifiques
Selon les espèces, l’un ou de l’autre des systèmes artériels est prédominant :

→ Type saphène pur : toute l’irrigation du pied provient de l’artère saphène ; c’est celui
rencontré chez le lapin
→ Type tibial pur : l’irrigation du pied est presque entièrement assurée par les artères
tibiales crâniale et caudale (intervention minime de l’a saphène) ; c’est celui du cheval et de
l’homme.
→ Type mixte : artères tibiales et a saphène interviennent conjointement ; chez les ruminants
et les carnivores.

Chez les carnivores : les artères saphènes sont bien développées :


- Le système dorsal alimenté par l’artère tibiale crâniale + rameau crânial de l’artère
saphène
- Le système plantaire est alimenté par le rameau caudal de l’artère saphène

Chez les ruminants : l’artère tibiale crâniale assure l’essentiel de l’irrigation de la face
dorsale du pied, alors que la face plantaire est alimentée par le rameau caudal de l’artère
saphène.

c) Système vasculaire dorsal


Les artères digitales communes dorsales ne sont bien développées que chez les
carnivores et le lapin. Elles sont rudimentaires chez les ruminants, n’existent pas chez les
équidés ni chez l’homme. Elles sont essentiellement fournies par le rameau crânial de
l’artère saphène (+ rameau superficiel de l’artère tibiale crâniale).
Les artères métatarsiennes dorsales sont bien développées. Profondément situées,
contre les métatarsiens, elles proviennent de l’artère dorsale du pied. Au niveau du tarse,
celle-ci fournit un fort rameau tarsien perforant qui va renforcer le système plantaire.

d) Système vasculaire plantaire


Il se réalise toujours à partir de deux artères plantaires : l’une médiale, l’autre latérale.

Selon les espèces, l’origine de ces artères plantaires varie :


- Chez les ruminants et les carnivores : rameau caudal de l’artère saphène
- Chez les équidés : artère tibiale caudale

Chaque artère plantaire accompagne le nerf plantaire correspondant et sa veine satellite.

L’artère plantaire médiale est de loin la plus volumineuse. Elle fournit :


- Un rameau superficiel qui descend à la face plantaire des tendons fléchisseurs des
doigts et qui va fournir les artères digitales communes plantaires. Celles-ci sont
fortes chez les carnivores, très grêles chez les ongulés.
- Un rameau profond va former avec son homologue latéral l’arcade plantaire
profonde d’où émanent les artères métatarsiennes plantaires.

Copyright © DZVET 360, 2021


18 / 30
18
ANAT - CM8 - Vascularisation du membre pelvien
Module « Etude des membres » - CM8 - Vascularisation du membre pelvien

L’artère plantaire latérale fournit un très grêle rameau superficiel, et se prolonge par son
rameau profond qui va intervenir dans la constitution de l’arcade plantaire profonde.

e) Particularités spécifiques

Chez les Equidés :


- Dorsalement, pas de véritable réseau. Pas d’artères digitales communes dorsales.
L’artère dorsale du pied est volumineuse. Elle dévie du côté latéral et se prolonge par
l’artère métatarsienne dorsale III (sillon sur le métatarse principal à ce niveau). Elle
descend dans l’interstice entre les métatarsiens III et IV. A l’extrémité distale de ce
dernier, elle se prolonge par le rameau perforant distal qui va rejoindre le système
plantaire profond.
- Côté plantaire, les artères plantaires, issues de l’artère tibiale caudale, longent de
chaque côté le tendon du m. fléchisseur latéral du doigt dans la gaine plantaire du
tarse, accompagnées des nerfs plantaires. Chacune délègue un très grêle rameau
superficiel à l’origine des grêles artères digitales communes plantaires latérale et
médiale qui longent de part et d’autre le tendon perforant jusqu’au boulet. Les artères
plantaires se continuent par leur rameaux profonds qui s’enfoncent sous le muscle
interosseux et forment l’arcade plantaire profonde de laquelle émanent les artères
métatarsiennes plantaires latérale (très grêle) et médiale (volumineuse).Toutes les
artères métatarsiennes (plantaires et dorsale) se jettent enfin dans un tronc (« tronc de
réception » des artères métatarsiennes, correspondant à l’arcade superficielle). De ce
tronc, partent les deux artères digitales propres plantaires.

Copyright © DZVET 360, 2021


19 / 30
19
ANAT - CM8 - Vascularisation du membre pelvien
Module « Etude des membres » - CM8 - Vascularisation du membre pelvien

Chez les Ruminants :


Pas de véritable réseau dorsal du tarse. L’artère métatarsienne dorsale III, volumineuse
descend dans le sillon longitudinal.

Copyright © DZVET 360, 2021


20 / 30
20
ANAT - CM8 - Vascularisation du membre pelvien
Module « Etude des membres » - CM8 - Vascularisation du membre pelvien

B - Drainage veineux du membre pelvien

L’ensemble du membre pelvien est drainé par la veine cave caudale.


De façon comparable au membre thoracique, il existe deux systèmes veineux qui naissent
dans le pied :
- Un système superficiel constitué par des veines situées juste sous la peau : les veines
saphènes
- Un système profond représenté par les veines satellites des artères étudiées plus haut.

1) Le système veineux profond


Le système profond naît des veines métatarsiennes et remonte en passant par l’axe des
veines dorsales du pied- veines tibiales- poplitée- fémorale etc. satellite des artères.
Les veines de la jambe et de la cuisse aboutissent à la veine iliaque externe.
Les veines du bassin sont drainées par la veine iliaque interne.
Les veines iliaques interne et externe se rejoignent pour former la veine iliaque commune
qui se jette dans la veine cave caudale.

Copyright © DZVET 360, 2021


21 / 30
21
ANAT - CM8 - Vascularisation du membre pelvien
Module « Etude des membres » - CM8 - Vascularisation du membre pelvien

2) Le système veineux superficiel : les veines saphènes


Le système superficiel naît des veines digitales communes dorsales et des veines digitales
communes plantaires. Celles-ci vont former les veines saphènes latérale et médiale.

a) La veine saphène médiale


Appelée encore « grande saphène », elle se développe à la face médiale du pied et de la
jambe. Elle est composée de deux racines qui se rejoignent à hauteur de l’extrémité
proximale du tibia. Elle remonte à la face médiale de la cuisse satellite des artères et nerf
saphènes jusqu’au triangle fémoral où elle se jette dans la veine fémorale.
- La racine crâniale est issue des veines digitales communes dorsales les plus
médiales. Elle remonte le long de la face médiale du tibia (près de son bord crânial)
accompagnée par le rameau crânial de l’artère saphène.
- La racine caudale provient des veines plantaires. Elle remonte superficiellement
dans l’espace entre les muscles jambiers caudaux et le muscle gastrocnémien,
accompagnée du rameau caudal de l‘artère saphène.

Copyright © DZVET 360, 2021


22 / 30
22
ANAT - CM8 - Vascularisation du membre pelvien
Module « Etude des membres » - CM8 - Vascularisation du membre pelvien

b) La veine saphène latérale


Qualifiée encore de « petite saphène ». Ses deux racines se rejoignent au niveau du jarret.
Elle longe le bord caudal du muscle gastrocnémien jusqu’au creux poplité puis plonge pour
rejoindre la veine fémorale caudale distale et/ou la veine circonflexe médiale de la cuisse.
Chez le cheval elle est très faible, contrairement aux ruminants où elle est la plus
volumineuse.
- La racine crâniale, la plus volumineuse, naît des veines digitales dorsales les plus
latérales, elle croise ensuite les muscles jambiers crâniaux
- La racine caudale naît des veines digitales communes plantaires les plus latérales, elle
passe ensuite dans le creux du jarret.

 Applications cliniques :
La ponction, injection IV ou pose de cathéter veineux est possible sur les veines
saphènes. La plus facilement accessible étant la racine crâniale de la veine saphène
latérale.

Copyright © DZVET 360, 2021


23 / 30
23
ANAT - CM8 - Vascularisation du membre pelvien
Module « Etude des membres » - CM8 - Vascularisation du membre pelvien

C - Drainage lymphatique du membre pelvien

1) Organisation générale
L’ensemble du bassin et du membre pelvien est drainé par un important et volumineux
centre lymphatique situé sous la jonction lombo-sacrale: le lymphocentre ilio-sacral.

Le pied, la jambe et une grande partie de la cuisse sont drainés par un lymphocentre
important : le lymphocentre poplité. C’est le premier relais de la lymphe provenant des
parties distales du membre.
A partir du LC poplité, la lymphe est acheminée vers le LC ilio-sacral, soit directement,
soit via d’autres centres relais :
- le lymphocentre ilio-fémoral situé dans le triangle fémoral : c’est la voie principale
qui suit les vaisseaux fémoraux et iliaques externes
- ou le lymphocentre ischiatique (chez ongulés)

Remarque : la peau et les plans superficiels de la plus grande partie du bassin, de la cuisse et
de la partie caudale de la paroi abdominale (scrotum, mamelles) sont drainés par le
lymphocentre inguino-fémoral dont les efférents rejoignent toujours le LC ilio-sacral.

Copyright © DZVET 360, 2021


24 / 30
24
ANAT - CM8 - Vascularisation du membre pelvien
Module « Etude des membres » - CM8 - Vascularisation du membre pelvien

2) Le lymphocentre poplité
Le lymphocentre poplité est composé de deux noeuds lymphatiques :
- NL poplité superficiel : chez les Carnivores, il se situe sur le bord caudal du muscle
gastrocnémien dans le sillon qui sépare le muscle biceps fémoral du muscle semi-
tendineux, juste sous la peau (→ facilement palpable). Il n’existe pas chez les ongulés
- NL poplité profond : chez les Ongulés. En position profonde avec les artère et veine
poplitées. Il est recherché lors de l’inspection des viandes, entre le muscle glutéo-
biceps et le muscle semi-tendineux. Il n’existe pas chez les carnivores
Remarque : Parmi nos M.D., seul le porc possède ces deux NL en même temps.

3) Le lymphocentre ilio-fémoral
Le lymphocentre ilio-fémoral est composé de NL disposés le long des vaisseaux
fémoraux et iliaques externes. Selon la situation des NL qui le composent, il est parfois
appelé « inguinal profond » ou « iliaque externe ». Ce groupe de NL est incomplet ou
inconstant chez les MD, et représenté par les NL. ilio-fémoraux.
 Chez les carnivores : il est inconstant (1/4 des cas chez le chien, très rare chez le chat)
seulement représenté par un ou deux petits NL, appelés NL fémoraux, situés à
l’extrémité distale du triangle fémoral, le long de l’artère fémorale.
 Chez le cheval : ils sont bien développés et se situent à l’entrée du triangle fémoral, le
long de l’artère fémorale.
 Chez le bœuf : un noeud lymphatique volumineux (4-9 cm de diamètre) situé beaucoup
plus proximalement devant le col de l’ilium, le long de l’artère iliaque externe (prend le
nom de « iliaque externe » ou de « ilio-fémoral »). Il peut être palpable par voie
transrectale.

Copyright © DZVET 360, 2021


25 / 30
25
ANAT - CM8 - Vascularisation du membre pelvien
Module « Etude des membres » - CM8 - Vascularisation du membre pelvien

4) Le lymphocentre ischiatique
Ils sont surtout présents chez les ongulés. Situés en profondeur entre les fessiers et le
ligament sacro-spino-tubéral, donc non accessibles à la palpation. Ils drainent les parois du
bassin et la racine de la queue.
Ils sont :
– NL ischiatique : c’est le principal et plus gros NL (→ 3cm chez le boeuf) de ce LC,
situé entre le ligament sacro-spino-tubéral et les muscles fessiers près de la petite
ouverture sciatique (Ce NL est présent chez le chat).
– NL glutéaux : 1 ou 2 petits NL (→ 1 cm), situés sous le muscle fessier moyen, le
long de l’artère glutéale crâniale (n’existent pas cheval ni la chèvre).
– NL tubéral : uniquement chez le boeuf et inconstant. Se situe au niveau de la
tubérosité ischiatique côté médial, juste sous la peau. Il peut être palpable.

5) Le lymphocentre ilio-sacral
Grand centre de drainage de l’ensemble de l’arrière-train. Il est constitué de nombreux et
volumineux NL organisés autour des divisions terminales de l’aorte et des racines de la
veine cave caudale. Il est composé surtout par les NL iliaques médiaux (les plus
importants) et des NL iliaques latéraux (voir cours irrigation du tronc).

Remarque : le lymphocentre inguino-fémoral. Il convient de citer également ici le LC


inguino-fémoral (= inguinal superficiel) qui draine tous les plans superficiels du bassin, de
la cuisse, et de la partie caudale de l’abdomen, notamment les mamelles inguinales et le
scrotum. Chez les animaux, il est composé des NL subiliaque, scrotaux (mâle) ou
mammaires (femelle).
– le NL subiliaque est situé le long du bord crânial de la cuisse, sur le muscle tenseur du
fascia lata et suit le trajet de l’artère circonflexe iliaque profonde (rameau caudal). Il
est très gros chez le boeuf (→ palpable) mais vestigial ou absent chez le chien.
– les NL scrotaux (chez le mâle) se situent la face dorso-latérale du pénis dans la région
inguinale.
– les NL mammaires se trouvent rejettés caudalement, au niveau de l’attache des
mamelles, sous le périnée ; ils sont palpables.

 Applications et corrélations cliniques :


– Examen clinique : noeuds lymphatiques poplité (CN, CT), subiliaque (Ruminants),
mammaires (Ruminants) sont palpables.
– Inspection des viandes : examen des NL sur les carcasses ou demi-carcasses
important aux abattoirs. D’une part, en boucherie, le quartier arrière comporte des
morceaux de viande de première catégorie à la valeur marchande élevée. D’autre
part ils peuvent aussi être le témoin d’une affection des viscères pelviens
(terminaison du tube digestif, appareil uro-génital) ou des mamelles, qui ne sont plus
sur la carcasse. A la face externe d’une demi-carcasse on peut examiner les NL
subiliaque, bien visible au bord crânial de la cuisse et le NL poplité profond après
incision ; sur la face interne : NL ischiatique (après incision du ligt sacro-spino-
tubéral), et les NL iliaques latéraux et médiaux.

Copyright © DZVET 360, 2021


26 / 30
26
ANAT - CM8 - Vascularisation du membre pelvien
Module « Etude des membres » - CM8 - Vascularisation du membre pelvien

– Pathologie : la lymphangite est une inflammation des vaisseaux et des noeuds


lymphatiques chez le cheval se traduisant par un engorgement du membre pelvien.
Relativement courante chez le cheval, avec une forme aigue (souvent chevaux de
sang) ou chronique, sa cause est le plus souvent traumatique avec la pénétration
dans le réseau lymphatique, de germes de types staphylocoques ou streptocoques
(Mais la lymphangite épizootique due à un champignon de type histoplasma fait
partie des maladies contagieuses à déclaration obligatoire. Elle n’existe plus en
France, mais répandue en Afrique).

Copyright © DZVET 360, 2021


27 / 30
27
ANAT - CM8 - Vascularisation du membre pelvien
Module « Etude des membres » - CM8 - Vascularisation du membre pelvien

Copyright © DZVET 360, 2021


28 / 30
28
DIAGRAMME DES ARTERES DU PIED DU BOEUF
ANAT - CM8 - Vascularisation du membre pelvien

a. Tibiale
a. saphène
crâniale

Rameau superficiel
A plantaire latérale A plantaire
médiale
a. Tarsienne perforante

a. Dorsale du pied
a. Tarsienne perforante

Arcade plantaire profonde


a. Métatarsienne Aa Métatarsiennes plantaires II, III, IV
dorsale III
Artères digitales communes
plantaires II et IV

Aa digitales communes
dorsales
II, III et IV
A. digitale commune plantaire III
a. Métatarsienne dorsale III
r. Perforant distal

Aa digitales propres
plantaires abaxiales
A. Interdigitale

Aa digitales propres dorsales


Aa digitales propres plantaires axiales

(D’après Barone R)

Copyright © DZVET 360, 2021


29
CE DOCUMENT A ETE OFFERT AUX VETERINAIRES ALGERIENS PAR

REDA MOHAMED GUESSOUM, DVM

CE DOCUMENT A ETE OFFERT AUX VETERINAIRES ALGERIENS PAR

REDA MOHAMED GUESSOUM, DVM

30
ANAT - CM9 - Productions Cornées
Module « Etude des membres » - CM9 - Productions cornées

LES PRODUCTIONS CORNEES des


Mammifères domestiques
Les productions cornées des Mammifères domestiques correspondent respectivement :
- le sabot des Equidés
- les onglons des Ruminants et des Suidés
- les griffes des carnivores
- les coussinets digitaux des carnivores et structures apparentées (châtaignes et ergots
des ongulés)
- les cornes frontales des Ruminants

A - LE SABOT DES EQUIDES

Au sens de la maréchalerie, le pied des Equidés correspond au sabot et toutes les


structures (ostéo-articulaires, tendineuses, fascias et organes d’amortissement) qu’il
renferme.

L’anatomie, la structure et la biomécanique du pied sont dévolues aux fonctions


suivantes :
- Assurer la stabilité lors d’un appui avec une zone de contact au sol réduite (environ
15cm2 par pied pour un cheval de 350-400 kg)
- Amortir les efforts sur une très petite surface de contact : P = F/S (environ 7kg/cm2
en appui statique sur les 4 pieds ; au galop, la force s’exerçant sur un membre
antérieur est supérieure à 1.75 fois le poids statique du corps  pression sur le pied
supérieure à 46kg/cm2, presque 8 fois supérieure qu’au repos)
- Impulsion

« Pas de pied, pas de cheval »

Les constituants du sabot sont :


- la boite cornée (épiderme) qui correspond au sabot à proprement parlé, non
vascularisé, non innervé
- la membrane kératogène (derme) qui assure la nutrition du sabot et la production
de l’épiderme
- les organes complémentaires d’amortissement, à savoir le coussinet digital et
les cartilages ungulaires

Copyright © DZVET 360, 2021 Page 1 sur 23


1
ANAT - CM9 - Productions Cornées
Module « Etude des membres » - CM9 - Productions cornées

I - La boite cornée
Les constituants de la boite cornée sont : la paroi, la sole et la fourchette.

1 - La paroi ou « muraille »
Elle correspond à l’ongle proprement dit. C’est la seule visible quand le membre est
à l’appui. C’est la partie la plus kératinisée du sabot (25% d’eau). Elle couvre les faces
dorsales et latérales du pied. En arrière, elle s’infléchit formant les barres (ou «arc-boutants»)
qui séparent la sole de la fourchette.
Elle forme une sorte de cône tronqué obliquement. On lui décrit quatre parties.
D’avant en arrière, ce sont la pince (partie dorsale médiane), la mamelle, le quartier et la
talon (partie la plus palmaire).

Copyright © DZVET 360, 2021 Page 2 sur 23


2
ANAT - CM9 - Productions Cornées
Module « Etude des membres » - CM9 - Productions cornées

La ligne de la pince (bord dorsal) prolonge


l’axe du paturon (parallèle à l’axe des
phalanges).
La ligne de talon (bord palmaire) est parallèle à
la pince et environ 2 fois plus court.
Le bord coronaire correspond à la jonction
avec la peau. Sa surface interne est excavée par
une large gouttière formant le sillon coronaire
(ou coronal), surmonté par un sillon plus étroit,
le sillon limbique. Dans ces sillons viennent se
loger les bourrelets coronal et limbique du
derme qui secrètent la paroi.
Le bord solaire est celui qui prend appui au sol
et subit l’usure. Il est très solidement engrené
avec la sole au niveau de la zone blanche (ou
ligne blanche). Cette union se trouve altérée
dans certaines pathologies du pied comme la
fourbure ou la fourmilière.

La face externe de la paroi


apparaît lisse avec de fines striations
longitudinales. Ces dernières
correspondent aux tubules de la
corne pariétale. Elle montre
également des lignes transversales de
croissance (« avalures »). La face
externe est recouverte d’une très fine
couche épidermique, le périople, qui
est surtout visible et détaché à son
bord coronaire.
La face interne présente de
très nombreuses lamelles blanchâtres
longitudinales et parallèles entre
elles : c’est le kéraphylle qui
s’engrène sur le vivant avec les
lamelles dermales du podophylle.

Copyright © DZVET 360, 2021 Page 3 sur 23


3
ANAT - CM9 - Productions Cornées
Module « Etude des membres » - CM9 - Productions cornées

La paroi est constituée de 3 couches de corne :


- une couche superficielle correspondant au
périople, la plus mince et la plus kératinisée
- une couche moyenne représentée par la corne
tubulaire au sein de laquelle les tubules sont
solidement réunies entre elles par un cément
- une couche profondes, la plus molle,
représentée par le kéraphylle et ses lamelles
épidermiques, se ramifiant en lamelles
secondaires assurant une jonction solide avec le
derme
On a donc un gradient d’humidité au sein de la paroi : le
périople étant la partie la plus sèche et le kéraphylle
lamellaire la partie la plus humide.

Copyright © DZVET 360, 2021 Page 4 sur 23


4
ANAT - CM9 - Productions Cornées
Module « Etude des membres » - CM9 - Productions cornées

La hauteur et l’épaisseur de la paroi diminuent de la pince vers le talon.


L’épaisseur moyenne est de 10 mm (12-14 mm en pince ; 8-9 mm en talon). Mais il existe de
nombreuses variations en fonction des contraintes auxquelles est soumis le sabot. En
général, la paroi s’épaissit pour s’adapter aux charges locales.
La paroi s’allonge sans cesse (1 à 2 cm par mois en pince) en direction de son bord
distal où elle subit l’usure au contact du sol sur le pied non ferré. La progression de la
croissance est évaluable par l’observation des avalures (= stries transversales de croissance).
La corne est toujours plus jeune en talon.

2 - La sole
Il s’agit du plancher, de la « semelle » du sabot. Elle est plus molle que la paroi (33%
d’eau). Elle forme une plaque encastrée dans le bord solaire de la paroi. Elle forme un
croissant dont les branches viennent s’enclaver dans les angles des talons.
La jonction de son bord pariétal avec le bord solaire de la paroi forme une zone très
importante : la ligne blanche.

Sa face externe (distale) est légèrement concave :


- un défaut de concavité (= « pied plat ») expose la
sole aux contusions = « bleimes »
- un excès de concavité accompagne généralement
l’encastelure (= resserrement des talons) due à un
défaut chronique d’appui

Copyright © DZVET 360, 2021 Page 5 sur 23


5
ANAT - CM9 - Productions Cornées
Module « Etude des membres » - CM9 - Productions cornées

Sa face interne (proximale) est convexe et criblée de petits trous correspondant aux
ouvertures de tubules de la corne solaire.

La sole ne doit jamais être à l’appui car cela l’expose aux contusions. Elle supporte
le poids du membre.

3 - La fourchette ou « coin de corne » ou « frog »


Il s’agit de la partie la plus molle du sabot (50% d’eau). Elle va venir s’enclaver
entre les parties réfléchies de la paroi.
Elle est constituée d’un corps formant vers l’avant le sommet ou l’apex de la
fourchette. Il se prolonge caudalement par deux branches délimitant une lacune centrale
profonde. Chaque branche est séparée de la barre par une dépression profonde : la lacune
latérale. La base de la fourchette est formée de deux bosses arrondies : les glomes.

Copyright © DZVET 360, 2021 Page 6 sur 23


6
ANAT - CM9 - Productions Cornées
Module « Etude des membres » - CM9 - Productions cornées

La face interne de la fourchette montre des reliefs inversés par rapport à sa face externe. A
la lacune médiane correspond une forte saillie : l’épine de la fourchette. C’est contre la face
interne de la fourchette que vient se mouler le coussinet digital.

La fourchette est composée de corne tubulaire à trajet flexueux. Elle est en rapport direct
avec l’articulation interphalangienne distale (contact avec l’os sésamoïde distal et le tendon
du muscle fléchisseur profond).

Le « test de la pince » permet de mettre en évidence une éventuelle atteinte de l’appareil


naviculaire ou du tendon du muscle fléchisseur profond en pinçant la sole.

Copyright © DZVET 360, 2021 Page 7 sur 23


7
ANAT - CM9 - Productions Cornées
Module « Etude des membres » - CM9 - Productions cornées

II - La membrane kératogène
Elle est constituée :
- du derme sous ongulé (chorion) qui va nourrir la corne
- de la couche germinative basale de l’épiderme qui recouvre le derme et élabore la
corne
La membrane kératogène correspond à la partie du tégument qui se retrouve mise à nu
lorsque la boite cornée du sabot est enlevée.

Elle est présente 3 parties distinctes par leur aspect, leur topographie et leur rôle :
- le bourrelet
- le podophylle
- le tissu velouté

1 - Le bourrelet
Il secrète la paroi du sabot. Celle-ci pousse et s’allonge vers le bas et elle est
solidement maintenue contre les faces dorsale et latérales de la phalange par le podophylle.
Il forme un épais relief arrondi qui se loge dans les sillons du bord coronal de la paroi. Il
est large en pince (2 cm env.) et se rétrécit au niveau des talons.

Il est formé de 2 parties très inégales et superposées : le bourrelet limbique et le


bourrelet coronal séparés par un sillon étroit, la rainure unguéale :
- le bourrelet limbique secrète le périople, il est mince (2-3 mm d’épaisseur) et se
raccorde derrière les talons au chorion de la fourchette
- le bourrelet coronal produit la corne de la couche moyenne de la paroi ; il se place
dans le sillon coronal du sabot et se réfléchit en arrière pour se continuer, sous le pied,
au niveau des barres ; de couleur rouge vif, il est recouvert par des papilles filiformes
longues et fortes qui vont s’enfoncer dans les porosités du sillon coronal de la paroi

Copyright © DZVET 360, 2021 Page 8 sur 23


8
ANAT - CM9 - Productions Cornées
Module « Etude des membres » - CM9 - Productions cornées

2 - Le podophylle
Il couvre la face pariétale de la phalange distale et la partie adjacente des
cartilages ungulaires. Il se réfléchit également au niveau des barres. Il est formé de 550 à
600 lamelles choriales (ou dermales) parallèles et molles qui s’engrènent entre les lamelles
du kéraphylle du sabot. Cet engrènement est rendu extrêmement solide par un cément corné
secrété par les lamelles secondaires du podophylle.
Le rôle principal du podophylle est un rôle de soutien et de nutrition pour la paroi
cornée ; il est donc essentiellement kératophore. Il constitue le « lit porteur » de la boite
cornée assurant sa solidarisation à la phalange distale.
Il est richement innervé et assure donc la sensibilité tactile et douloureuse du sabot. Il est
également richement vascularisé.
Il possède un faible rôle kératogène car il intervient aussi dans l’élaboration des la
corne souple et molle des lames du kéraphylle aussi que du cément solidarisant les lamelles
dermales aux lamelles épidermales.

Remarque : cette activité


kératogène peut être
exacerber dans certains
états pathologiques (perte
d’une partie de la paroi
cornée, fourbure aiguë,
formation d’une tumeur
cornée ou kéraphyllocèle)

Copyright © DZVET 360, 2021 Page 9 sur 23


9
ANAT - CM9 - Productions Cornées
Module « Etude des membres » - CM9 - Productions cornées

3 - Le tissu velouté de la sole et de la fourchette


Beaucoup plus mince que le bourrelet, il recouvre la face solaire de la phalange
distale et du coussinet digital et produit la sole et la fourchette. Il est tapissé de papilles
identiques à celles du bourrelet. Chaque papille s’engage dans l’orifice correspondant des
tubes cornés de la sole ou de la fourchette. Très richement innervé, il a un rôle dans les
fonctions tactiles du pied.

III - Les organes complémentaires d’amortissement


La membrane kératogène n’est pas partout directement appliquée sur la phalange
distale. En région palmaire et distale elle est doublée par des organes destinés à compléter le
jeu de l’appareil ostéo-ligamentaire à l’intérieur du sabot pendant l’appui : le coussinet
digital et les cartilages ungulaires.

1 - Les cartilages ungulaires


Ils sont spécifiques de Equidés. On les appelle aussi : « fibro-cartilages
complémentaires de P3 » ou « cartilages scutiformes ». Il en existe deux (un latéral et un
médial) qui s’insèrent de chaque côté sur le processus palmaire de P3 et unis aux
phalanges par des tractus fibreux formant ainsi de véritables « ligaments ». Chaque
cartilage a la forme d’une lame aplatie grossièrement losangique. Leur bord proximal est
libre et papable au niveau des talons.
Ils dépassent largement P3 en arrière et entrent en continuité avec les bulbes du
coussinet digital.

Copyright © DZVET 360, 2021 Page 10 sur 23


10
ANAT - CM9 - Productions Cornées
Module « Etude des membres » - CM9 - Productions cornées

La face externe, convexe, est recouverte par le bourrelet et le podophylle dans sa moitié
distale, et par la peau dans sa moitié proximale;
La face interne, elle, est concave et plaquée dorsalement contre l’articulation
interphalangienne distale ; elle adhère au récessus synovial collatéral de cette articulation
Sa partie palmaire est fortement adhérente au coussinet digital.

Chaque face est parcourue par un fort plexus


veineux échangeant des anastomoses au travers les
nombreux foramens dont est percé le cartilage. Quand
le pied vient à l’appui, les plexus sont comprimés, ce
qui chasse le sang proximalement.

Les cartilages ungulaires sont peu


vascularisés. Dans les conditions de contraintes
anormales, il peut se développer des processus
pathologiques dégénératifs (javart cartilagineux) ou
des ossifications. Ceci va entraîner une perte
d’élasticité et donc une gêne à la mécanique et à la
vascularisation du pied.

Copyright © DZVET 360, 2021 Page 11 sur 23


11
ANAT - CM9 - Productions Cornées
Module « Etude des membres » - CM9 - Productions cornées

2 - Le coussinet digital
Il forme une sorte de coin fibro-élastique placé entre la fourchette et la terminaison du
perforant. Il se moule sur la fourchette et présente une conformation équivalente : un
corps avec un apex et deux branches séparées par une lacune médiane (qui loge l’épine de la
fourchette) et deux volumineux bulbes coté palmaire.

Le coussinet digital présente une architecture réticulaire avec des travées fibreuses
délimitant des logettes communicantes. Dans ces logettes, on trouve des pelotes de tissu
élastique et des petits îlots cartilagineux.
Il est faiblement vascularisé. En revanche, il est richement innervé et contient de
nombreux récepteurs tactiles et proprioceptifs.

Le coussinet digital possède plusieurs rôles :


- il participe à l’amortissement ; il va recevoir les pressions et les atténue par son
élasticité : il va absorber une partie de l’énergie du choc et en s’écrasant contre la
fourchette, il va appuyer sur les cartilages ungulaires ce qui va permettre une
transmission des efforts vers la périphérie (paroi)
- il a un rôle tactile et proprioceptif
- il intervient dans la sensibilité algique du pied via la présence de neurotransmetteurs

Copyright © DZVET 360, 2021 Page 12 sur 23


12
ANAT - CM9 - Productions Cornées
Module « Etude des membres » - CM9 - Productions cornées

IV - Mécanismes de l’amortissement
Lors de l’impact au sol, plusieurs mécanismes interviennent pour assurer
l’amortissement des efforts sur le pied :
- la flexibilité de la boite cornée
- la fonction d’absorption du coussinet
- le système vasculaire du pied (amortisseur
hydraulique)
- l’articulation inter-phalangienne distale

Lors du contact avec le sol on va avoir un écartement des parois au niveau du talon.
On aura donc un écartement et un affaissement de la fourchette et un écrasement du
coussinet digital. Les cartilages ungulaires vont s’appliquer contre la face interne de la paroi.
Proximalement, on va avoir un resserrement en couronne et une pression sur les cartilages
ungulaires. On aura une répartition des forces vers les cartilages ungulaires puis vers les
arcs boutants de la paroi.
Les mécanismes d’amortissement sont très efficaces et l’impact résiduel qui résulte du
contact avec le sol correspond à seulement 40% de l’impact initial. L’alternance entre des
forces de traction/relâchement, pression/décompression sur les structures fibro-élastiques
des organes de l’amortissement et la vidange/remplissage des plexus veineux est
indispensable pour le maintien des tissus d’amortissement et la physiologie normale du pied.

Copyright © DZVET 360, 2021 Page 13 sur 23


13
ANAT - CM9 - Productions Cornées
Module « Etude des membres » - CM9 - Productions cornées

V - Applications : conformation et aplombs du


pied
La conformation du pied et les aplombs du cheval sont des critères essentiels de
l’aptitude de celui-ci au travail. Un cheval qui a de mauvais pieds est pratiquement
inutilisable même si le reste de sa conformation est bon.
Dans l’idéal, on devrait avoir un pied avec :
- une paroi suffisamment épaisse qui ne s’use pas excessivement (usure uniforme),
qui résiste à la dessiccation ; elle doit être souple mais pas molle et doit pousser de
façon régulière et homogène
- une fourchette large et épaisse qui divise la sole en deux parties égales avec une
pointe se dirigeant vers la pince de la paroi
- des barres bien développées
- des lacunes bien marquées en profondeur
- une sole légèrement concave et suffisamment épaisse pour résister aux contusions

Une paroi beaucoup trop longue va provoquer une contracture des talons et donc une
prédisposition aux accidents tendineux, à la pourriture de la fourchette et à l’encastelure.

Si le pied est trop petit par rapport au poids du cheval, les chocs seront distribués sur une
surface réduite ce qui favorise l’apparition de commotions et de maladies naviculaires.

Copyright © DZVET 360, 2021 Page 14 sur 23


14
ANAT - CM9 - Productions Cornées
Module « Etude des membres » - CM9 - Productions cornées

Compléments sur les aplombs normaux du Cheval :

En vue de face et de derrière l’axe paturon-pied doit être rectiligne et perpendiculaire à la ligne
passant par les surfaces d’appui des quartiers (= ligne du sol).

Copyright © DZVET 360, 2021 Page 15 sur 23


15
ANAT - CM9 - Productions Cornées
Module « Etude des membres » - CM9 - Productions cornées

Effets de l’inclinaison de l’axe pied-paturon sur la foulée et la démarche :

La pince longue retarde l’instant où le pied quitte le sol (levier allongé). L’effort supplémentaire
que le cheval doit accomplir pour basculer sa longue pince le force à avoir des foulées plus longues et
plus rasantes que celles d’un cheval normal.
Souvent la pince est parée longue chez les trotteurs afin « d’allonger la foulée ». Mais il a été
démontré d’une part que ceci n’influe en rien sur la longueur de la foulée, et d’autre part que ceci
impose des efforts importants aux tendons des fléchisseurs, et au ligament suspenseur du
boulet et sur les os sésamoïdes proximaux.

Le pied bascule plus rapidement (phase de propulsion raccourcie) mais va atterrir brusquement ce
qui rend le cheval inconfortable à monter.
Ceci va favoriser l’apparition de commotions, d’arthrites traumatiques du boulet ou du pied, voire
de maladies naviculaires.

Copyright © DZVET 360, 2021 Page 16 sur 23


16
ANAT - CM9 - Productions Cornées
Module « Etude des membres » - CM9 - Productions cornées

Lorsqu’on a une brisure de la rectilignité phalangienne, on observera soit :

- une flexion exagérée du boulet pour maintenir l’axe vertical du métacarpe et une
extension exagérée des articulations inter-phalangiennes  on aura donc une
tension exagérée sur le tendon du perforant et augmentation des pressions qui
s’exercent sur la bourse podotrochléaire

- une extension exagérée du boulet pour maintenir l’axe vertical du métacarpe et une
flexion exagérée des articulations inter-phalangiennes  on aura donc des tensions
exagérées sur le ligament suspenseur du boulet et le tendon du perforé

Copyright © DZVET 360, 2021 Page 17 sur 23


17
ANAT - CM9 - Productions Cornées
Module « Etude des membres » - CM9 - Productions cornées

Exemples de défauts du pied et leurs conséquences :


Pied panard

Habituellement congénitale, il est généralement du à une déviation du membre depuis son origine.
Ceci peut être aggravée par une torsion au niveau du boulet. Pendant la phase de soutien, le pied
décrit un arc de cercle vers l’intérieur et peut provoquer des interférences avec l’antérieur
opposé.
La conformation serrée de devant et panarde est très défavorable : la trajectoire des pieds implique
souvent des atteintes. Celles-ci peuvent provoquer des lésions de la zone médiale de l’os canon,
des fractures du métacarpien II, voire des fractures de l’os sésamoïde proximal médial. Car les
structures ostéo-articulaires situées distalement au boulet sont trop sollicitées.
Un cheval serré du devant et panard peut également avoir tendance à se croiser les pieds : il pose
les deux pieds de devant presque sur la même ligne. Il risques de donc de heurter le membre
opposé qui se trouve juste devant lui ( atteintes) et de trébucher.

Pied cagneux

Il s’agit d’un défaut congénital. Le membre peut être dévié depuis son origine, ou seulement
depuis le boulet. Le plus souvent, le cheval est également serré du devant.
Pendant la phase de soutien, le pied dévie sa trajectoire vers l’extérieur. Le pied quitte le sol par la
marge latérale de sa pince, et c’est la paroi latérale qui atterrit en premier. En général, un cheval
cagneux billarde.

Copyright © DZVET 360, 2021 Page 18 sur 23


18
ANAT - CM9 - Productions Cornées
Module « Etude des membres » - CM9 - Productions cornées

En conclusion, chez le Cheval, il est important d’avoir un parage et une ferrure corrects qui
vont :
- respecter les mécanismes d’amortissement du pied
- favoriser des aplombs corrects ou du moins respecter l’équilibre biomécanique que le
cheval a pu établir

B - LES ONGLONS DES BOVINS

Comme chez le cheval, le revêtement épidermique du pied est secrété et porté par un
chorion dermique très richement vascularisé (membrane kératogène).
A chaque onglon on décrit :
- un périople
- une paroi
- une sole
- un coussinet ou torus digital, fort et résistant qui s’étend en arrière et distalement
pour former le « talon »

Copyright © DZVET 360, 2021 Page 19 sur 23


19
ANAT - CM9 - Productions Cornées
Module « Etude des membres » - CM9 - Productions cornées

Le périople chez les bovins est mince


mais relativement plus tendre que la corne
de la paroi proprement dite. Au bord
coronaire et sur les talons, il est nettement
plus étendu que chez le cheval (1.5 cm de
hauteur). Les périoples des deux onglons se
rejoignent en arrière de l’espace interdigital
au dessus des talons.

La paroi est surtout épaisse à la face


abaxiale de l’onglon. Elle devient très mince
en arrière où elle se confond avec le périople
des talons. Le sillon coronal est large mais
peu profond ; il est beaucoup moins saillant
que chez le cheval. Les lames du kéraphylle
sont beaucoup plus courtes que chez le
cheval et ne possèdent pas de lames
secondaires ; donc l’adhésion entre l’onglon
et P3 est plus faible et l’exongulation est plus
facile.

La sole occupe l’angle entre le bord solaire de la paroi et le talon. Sa face externe est
concave.

Le coussinet distal ou talon est constitué de tissu fibro-élastique dense, beaucoup


plus résistant que chez le cheval. C’est lui qui supporte la plus grande partie du poids du
corps.

Copyright © DZVET 360, 2021 Page 20 sur 23


20
ANAT - CM9 - Productions Cornées
Module « Etude des membres » - CM9 - Productions cornées

Chez les bovins, la prise de contact avec le sol ne se fait pas de la même façon au niveau des
membres antérieurs et au niveau des membres postérieurs :
- au niveau des membres thoraciques, le contact avec le sol se fait au niveau de la pince
de l’onglon (« poser en pince »)
- au niveau des membres pelviens, la prise de contact se fait avec le talon

Copyright © DZVET 360, 2021 Page 21 sur 23


21
ANAT - CM9 - Productions Cornées
Module « Etude des membres » - CM9 - Productions cornées

Lors du parage, il faut donc laisser le bord abaxial plus élevé que le bord axial car le bord
abaxial représente la majorité de la zone d’appui du pied.

La pousse de la corne est normalement compensée par son usure mais chez des
animaux en stabulation sur litière, l’usure est insuffisante et le sabot aura tendance à
s’allonger en « pantoufle ». Lorsque le sabot s’allonge, on va observer :
- un comblement de la voûte solaire ce qui va l’exposer aux contusions et hématomes
- une perte de parallélisme entre la face solaire et le sol ; les talons devront donc
supporter de plus en plus de poids ce qui peut entraîner une souffrance au niveau du
tendon perforant, de l’os naviculaire et du coussinet
On observera aussi un ramollissement des talons ce qui va favoriser l’apparition de
fissurations et donc augmenter les risques d’infections du pied.
 D’où l’importance d’un parage régulier surtout si l’usure est insuffisante :
tous 6 mois, il faut abaisser la paroi de 2 à 5 cm.

C - LES GRIFFES DES CARNIVORES


Les griffes des carnivores présentent une structure proche de l’ongle humain. La griffe
à proprement parler correspond à l’étui corné de la phalange distale. La membrane
kératogène se trouve au niveau du derme sous ungulé.

Copyright © DZVET 360, 2021 Page 22 sur 23


22
ANAT - CM9 - Productions Cornées
Module « Etude des membres » - CM9 - Productions cornées

Les coussinets dermiques des carnivores sont recouverts d’un épiderme très
kératinisé, rugueux et dépourvu de poils. Ces coussinets contiennent des glandes
sudoripares et de nombreuses terminaisons nerveuses. A l’intérieur du coussinet, on
retrouve du tissu fibro-adipeux au sein duquel il y a des trousseaux de fibres élastiques.

Structures apparentées :

Les ergots sont des productions cornées des doigts vestigiaux.

Les châtaignes sont le vestige du coussinet carpal.

Copyright © DZVET 360, 2021 Page 23 sur 23


23
CE DOCUMENT A ETE OFFERT AUX VETERINAIRES ALGERIENS PAR

REDA MOHAMED GUESSOUM, DVM

CE DOCUMENT A ETE OFFERT AUX VETERINAIRES ALGERIENS PAR

REDA MOHAMED GUESSOUM, DVM

24
ANAT - TD4 - Approche de la Locomotion des mammifères domestiques

Approche de la

LOCOMOTION
des Mammifères domestiques

- Module « Etude des Membres »

I - Rappels sur la locomotion, la foulée, les allures


Locomotion = moyen pour un homme ou un animal de se déplacer d’un point donné à un autre.
-Déplacement autonome
-Mise en jeu des structures musculo-squelettiques
-Nécessite une mise en jeu bien ordonnée et coordonnée des différents segments des membres et du rachis
-L’ensemble de ces mouvements = la démarche

LES ALLURES
® Correspondent à différentes modalités de déplacement
® Allures régulières : une séquence d’appui des membres est définie et répétée sans modifications tout au
long du déplacement : pas, trot, galop
® Allures irrégulières : saut
® Allures symétriques : les mouvements des membres d’un côté du corps répètent ceux du côté opposé,
selon la même séquence et dans le même intervalle de temps : pas, trot
® Allures asymétriques : galop

Copyright © DZVET 360, 2021 1


I - Rappels sur la locomotion, la foulée, les allures

LA FOULEE
® Pour une allure donnée, la séquence du mouvement d’un membre est précise, et répétée de façon régulière
au cours du temps - Cette séquence caractéristique = Foulée.
® Foulée = appui successif des 4 membres au sol.
® Au cours d’une foulée, chaque membre présente :
- Une phase d’appui = membre au contact du sol
- Une phase de soutien = membre n’est pas au contact du sol (« soutenu » par le corps)
Þ Ces principales phases peuvent être subdivisées en étapes intermédiaires, biomécaniquement
remarquables.
Soutien : Ramener – Embrassée
Appui : Amortissement – Propulsion
® Durées relatives des phases d’appui / de soutien sont variables :
- En fonction des allures
- Entre membres postérieurs et membres antérieurs
® Durées relatives des phases intermédiaires sont variables selon les allures .

I - Rappels sur la locomotion, la foulée, les allures

Copyright © DZVET 360, 2021 2


I - Rappels sur la locomotion, la foulée, les allures

LE PAS
® ALLURE SYMETRIQUE à 4 temps
® En permanence au moins 2 membres au sol (phases de 3 membres en appui, et
phases où 2 membres en appui)
® Allure « confortable », en particulier lors de boiterie : appuis multiples permettant une
certaine décharge et soulagement du membre atteint.

® Allure « lente », mais vitesse corrélée à la taille, mais aussi à l’entraînement.

® Rachis : association complexe de mouvements de flexion/extension, latéro-flexions,


rotations

Ü Marche « au pas en laisse courte » : rééducation du chien convalescent (post-op


chirurgie orthopédique)

Ü Marche « au pas lent bien décomposé » : rééducation de l’animal dorsalgique (Cheval


++)

I - Rappels sur la locomotion, la foulée, les allures

PD AD

PG AG

PD – AD – PG – AG
Copyright © DZVET 360, 2021 3
I - Rappels sur la locomotion, la foulée, les allures

PD AD

PG AG

PD – AD – PG – AG

I - Rappels sur la locomotion, la foulée, les allures

LE TROT
® ALLURE SYMETRIQUE à 2 temps
® Mouvements alternés des diagonaux : Diagonal droit = PG/AD – Diagonal gauche =
PD/AG
® A chaque foulée : tandis qu’un diagonal réalise une phase de soutien, le diagonal
opposé décrit une phase d’appui.
® Les membres se croisent quand le diagonal au soutien est au temps de suspension, et le
diagonal à l’appui au temps de soutènement
® A chaque passage d’un diagonal de l’appui au soutien, il y a une phase de suspension
au cours de laquelle aucun membre n’est à l’appui.
® Contraintes plus importantes surtout sur structures musculo-tendineuses distales des
membres
® Rachis : mouvements flexion/extension existent mais faibles – Dominantes de
mouvements de latero-flexion et rotation du tronc
® Symétrie Þ Intérêt ++ pour examen orthopédique.

Copyright © DZVET 360, 2021 4


I - Rappels sur la locomotion, la foulée, les allures

Diagonal gauche au soutien


Foulée d’appui du diagonal droit : PG-AD Diagonal droit à l’appui

Suspension

I - Rappels sur la locomotion, la foulée, les allures

Foulée d’appui du diagonal gauche : PD-AG Diagonal droit au soutien


Diagonal gauche à l’appui

Amortissement Soutènement

Propulsion

Copyright © DZVET 360, 2021


Suspension 5
I - Rappels sur la locomotion, la foulée, les allures

I - Rappels sur la locomotion, la foulée, les allures


L’AMBLE
® ALLURE SYMETRIQUE à 2 temps.
® Appui simultané des deux membres du même côté
® Certains animaux amblent naturellement : chameau; ours, éléphant
® Chez le chien, certaines races ont tendance à ambler naturellement : - Lévrier barzoï, lévriers en
général , berger australien etc..

Copyright © DZVET 360, 2021 6


I - Rappels sur la locomotion, la foulée, les allures

I - Rappels sur la locomotion, la foulée, les allures

Tölt allure naturelle d’amble à 4 temps .


Le cheval a toujours au moins 1 pied au sol (décomposition de l’appui du bipède
homolatéral ) Cheval islandais , péruvien paso, rocky mountains

Copyright © DZVET 360, 2021 7


I - Rappels sur la locomotion, la foulée, les allures

LE GALOP
® ALLURE ASYMETRIQUE
® A 3 temps rapide . Galop à 4 temps : dissociation, au second tempos du poser du bipède
Séquence du galop

Galop « transverse » : « galop à droite » : PG – Diagonal gauche (PD-AG) – AD --- Suspension


(3 temps)
PG – PD – AG – AD ….Suspension (4 temps = dissociation du poser du diagonal )
Galop «circulaire » PG – Bipède droit (PD et AD) – AG ….. Suspension (3 temps) PG – PD – AD
– AG …..suspension (4 temps)

Galop sauté (chien) :


- Réception des deux postérieurs en même temps (ou presque);
- 1ère Phase de suspension après propulsion sur les postérieurs : sépare le poser du diagonal (ou
du bipède) opposé Flexion de l’encolure et extension de l’ensemble du pont vertébral. Membres
thoraciques en protraction – Membres pelviens en rétraction
-.2ème Phase de suspension après propulsion sur les antérieurs : Extension de l’encolure et flexion
de l’ensemble du pont vertébral. Membres thoraciques en rétraction – Membres pelviens en protraction
(correspond à la phase de suspension du cheval)

I - Rappels sur la locomotion, la foulée, les allures

PG PD AG
Propulsion du PG

Propulsion du
diagonal gauche
Propulsion de l’AD
AD suspension

Galop à droite (3 temps)


De type transverse chez le cheval.

Copyright © DZVET 360, 2021 16 8


I - Rappels sur la locomotion, la foulée, les allures

PG PD AG

AD

Galop à 4 temps

Suspension

I - Rappels sur la locomotion, la foulée, les allures


suspension Poser du PG Propulsion sur PG – Poser du PD

PG PD

Propulsion sur PD Suspension 1 – CV en extension Poser de l’AG

AG

Propulsion sur AG– Poser de l’AD Propulsion sur AD Suspension 2 – CV en flexion

AD
Galop à droite (3 temps)
(ici de type transverse) Copyright © DZVET 360, 2021 9
I - Rappels sur la locomotion, la foulée, les allures

PD

PD-AG

AG

Galop de type « canter » et transverse chez le chien (idem galop du cheval à 3 temps) – ici galop
à gauche

I - Rappels sur la locomotion, la foulée, les allures

PD
PG

AG AD

Galop transverse chez le chien

Copyright © DZVET 360, 2021 10


I - Rappels sur la locomotion, la foulée, les allures

PD PG

AG

Galop circulaire chez le chien


(Est le plus rapide, mais
fatigant. Souvent changement
de pied et passage à un galop
transverse en pleine course)
AD

Le galop rassemblé : Le cheval engage fortement les postérieurs sous lui en restant léger dans
l'avant main.
- Les foulées sont plus courtes que dans le galop de travail, mais il est plus léger et sa mobilité
augmente.
- Souvent en équitation de dressage et de saut d’obstacle

Le galop de course : en galop de course, la foulée est si allongée que les posers des membres ne se
font plus de la même façon(il y a dissociation du posé du diagonal, le galop passe à 4 temps) .

Le canter : galop calme, d’échauffement, chevaux de course ++.

Le galop à juste ou sur le bon pied : un cheval galope à gauche ou à droite selon que c'est
l'antérieur gauche ou droit qui se porte le plus en avant . Pour tourner à gauche il convient de
galoper à gauche et vice versa.

Le galop à faux : Cheval qui galope à droite pour tourner à gauche.

Contre galop : Idem mais est du à une action volontaire du cavalier.

Le galop désuni : le cheval galope d'un côté des antérieurs tandis que ses postérieurs galopent
de l'autre côté.

Copyright © DZVET 360, 2021 11


II - Analyse des enchaînement des principales actions
musculaires au cours d’une foulée
Synthèse :
- Etudes cinématiques
- Eléctromyographiques.
- Analyse de la locomotion à partir de dizaines films et vidéos-clips (chevaux – chiens sur tapis
roulant)
® Peut porter à discussion : Résultats dépendent de nombreux facteurs :
-les mouvements de la peau peuvent influencer les résultats cinématiques (déplacement des
repères externes) et EMG (déplacement des électrodes);
- le déplacement sur tapis roulant peut modifier la cinétique du mouvement …..

- Ne seront représentées que les actions musculaires dominantes.

- L ’allure (pas, trot ou galop) influe essentiellement sur la durée de chaque phase, sur la
vitesse d’exécution du geste, sur l ’amplitude des mouvements, et sur l ’importance de l ’activité
des muscles (recrutement spatial des unités motrices).

Ü Si la résistance à l’action d’un muscle est plus faible que la force


développée par le muscle : il se contracte de façon concentrique : en se
raccourcissant
Þ mouvements d’ouverture ou de fermeture des angles articulaires

Ü Si la résistance à l’action d’un muscle est plus élevée que la force


développée par le muscle : Il se contracte de façon excentrique : en
s’allongeant
Þ En phase de soutien = action des muscles antagonistes pour
contrôler l’amplitude du mouvement
Þ En phase d’appui = action des muscles posturaux contre la réaction
du sol pour contrôler l’affaissement des articulations tout en permettant
l’amortissement

Copyright © DZVET 360, 2021 12


PHASE DE SOUTIEN du membre thoracique

Lever du pied

Poser du pied
Ramener Suspension
Embrassée

Elle débute dès que le membre quitte le sol.


Au moment du lever, l’axe de l’ensemble du membre est orienté caudalement. Au moment du poser, cet axe est
orienté crânialement Þ Pendant toute la durée de la phase de soutien, l’ensemble du membre décrit un
mouvement de protraction.

1. Bascule crâniale de la scapula (flexion scapulo-thoracique) - Accentuation de la flexion scapulo-thoracique


2 .flexion de toutes les autres articulations - Extension de toutes les autres articulations

Trapèze et rhomboïde
Trapèze et thoraciques
rhomboïde
Dentelé ventral du thoraciques
thorax DVT

Grand rond
(Deltoïde; infra-
épineux)
Brachiocéphalique
Brachiocéphalique Triceps (+ omotransversaire et
(+ omotransversaire et (Chef long ++) pectoral descendant)
pectoral descendant)

Fléchisseur Extenseurs du
Brachial carpe
radial du carpe (Biceps brachial )
(Ulnaire latéral, et des doigts
fléchisseur ulnaire
du carpe)

Fléchisseurs contraction excentrique du


des doigts FPD ® contrôle de l ’extension
de P3 pour préparer le poser

Lever du Ramener Suspension Embrassée


pied

Copyright © DZVET 360, 2021 13


PHASE DE SOUTIEN du membre thoracique
• La première partie du soutien (du « ramener » jusqu’au temps de suspension » = phase postérieure du
soutien) se caractérise par :

ð Une flexion active de toutes les articulations : par la contraction concentrique des divers mm. fléchisseurs :
- m grand rond ++ (+ partie spinale du deltoïde + infra-épineux) ® flexion de l’épaule
- m. brachial surtout (+/- biceps brachial) ® flexion du coude .
- mm. Fléchisseur radial du carpe (++), ulnaire latéral et fléchisseur ulnaire du carpe) ® flexion du carpe, donc de l’ensemble de la
main
- Mm fléchisseurs superficiel (FSD) et profond des doigts (FPD) ® flexion du (des) doigt (s)
F Chez les carnivores, les muscles interosseux sont charnus et permettent une flexion active des art. métacarpo-
phalangiennes. Chez le cheval, le m. IO3 est entièrement fibreux et ne se contracte pas. la flexion du boulet est dû à l’action
indirecte des mm. FSD et FPD (muscles pluri-articulaires).
F Chez le cheval, la lanière fibreuse du m. biceps brachial (lacertus fibrosus) est très forte et se termine sur l’extenseur
radial du carpe. Lors de la flexion de l’épaule, l’éloignement de l’attache proximale du biceps Þ traction sur la lacertus fibrosus qui
tire l’ensemble l’avant-bras + main vers le haut Þ aide passive à la flexion (économie d’énergie).

ð Associée, simultanément à un mouvement de l’ensemble du membre vers l ’avant imprimé par la bascule en direction
crâniale de la scapula (« flexion scapulo-thoracique »). Cette action qui initie le mouvement d ’embrassée du terrain commence très
tôt, dès le lever du membre, par l ’activité des muscles de la protraction : brachiocéphalique +++ (associé à l’ omo- transversaire et
au pectoral descendant), dentelé ventral du thorax , trapèze et rhomboïde thoraciques. Le membre se fléchit tout en réalisant
un mouvement global vers l’avant.

‚ Temps intermédiaire du soutien = la suspension


Les actions musculaires décrites plus haut atteignent leur maximum au temps de « suspension » : Le membre est raccourci (se
rapproche du centre de gravité du corps, le carpe se situe alors sur l’axe vertical passant par l ’épaule ), l ’amplitude des flexions est
maximale pour l ’allure donnée (sauf pour la scapula qui va continuer son mouvement initié dès le lever),

? A partir du temps de suspension, on assiste à une dissociation des mouvements de la scapula avec ceux
des autres articulations :
ƒ L’embrassée : du temps de suspension » au poser (= phase antérieure du soutien) :
® la scapula va continuer son mouvement pendulaire crânial en « flexion thoracique »
® tandis que toutes les autres articulations du membre vont s ’ouvrir pour réaliser « l ’embrassée » du terrain grâce à
l ’intervention des muscles extenseurs.
- Extension de l’épaule par le m. supra-épineux
- Extension du coude par le m. triceps brachial. En particulier, c’est le chef long du triceps qui est le plus actif au cours de cette
phase : ce muscle bi-articulaire, agit simultanément sur le bord caudal de la scapula (accentue la bascule de la scapula) et sur
l’olécrâne (extension du coude) –
- Extension du carpe et des doigts par l’action des muscles antébrachiaux crâniaux .
- NB : Que ce soit dans la phase du ramener, ou dans la phase d’embrassée, le degré de fermeture ou
d’ouverture des angles articulaires est contrôlé par une contraction excentrique des muscles antagonistes
(les extenseurs lors du ramener; les fléchisseurs lors de l’embrassée) – Ces actions ne sont pas représentées pour une
meilleure clarté du schéma)
- Juste avant le poser, le maximum de muscles sont en activité : les antagonistes contrôlent les ouvertures articulaires pour
préparer le poser dans les meilleures conditions.
Copyright © DZVET 360, 2021 14
Phase de soutien :
- la scapula ne réalise qu’un seul mouvement : « flexion scapulo-thoracique »
- Toutes les autres articulations réalisent un mouvement biphasique : flexion (muscles fléchisseurs) puis extension
(muscles extenseurs)
-- Le soutien est la phase de « l ’harmonie » du mouvement qui doit se dérouler de façon déliée, sans saccades
et dégager une impression de souplesse, vitesse et de contrôle du geste.
- Les boiteries de soutien sont le plus souvent en rapport avec une atteinte musculo-tendineuse, plus
particulièrement des masses musculaires proximales. Un déficit (défaut de ramener, raccourcissement de la phase
antérieure) peut-être dû à une faiblesse ou une affection du muscle agoniste (atteinte neurologique notamment), ou
alors à un défaut de souplesse ou une gêne à l’allongement de l’antagoniste (adhérences, fibrose, tendinite,
contracture, déchirure musculaire).

PHASE D’APPUI du membre thoracique

Poser du pied Lever du pied


Soutènement
Amortissement Propulsion

Elle débute dès le poser du pied.


Au moment du poser, l’axe de l’ensemble du membre est orienté crâniament. En fin de propulsion, cet axe est
orienté caudalement Þ Pendant toute phase d’appui, l’ensemble du membre réalise un mouvement de rétraction.
Copyright © DZVET 360, 2021 15
PHASE D’APPUI du membre thoracique
On reconnaît à la phase d’appui deux temps : l’amortissement et la propulsion, avec un temps intermédiaire, le
soutènement.
• L’amortissement : La première moitié de l ’appui, est une phase de freinage (accélération négative). Il s’agit
d’amortir le choc de la réception, contrôler l’affaissement des articulations sous l’action du poids du corps, les
stabiliser et amener le membre dans une position idéale pour préparer la propulsion. C’est-à-dire redresser le
membre et le raccourcir pour rapprocher son centre de gravité près de celui du corps.
ð Contrôle de l’affaissement du membre
® L’inter-phalangienne distale (IPD): comme le centre de rotation de l’IPD est situé en arrière du point d’appui
au sol, la phalange distale aura tendance à s’affaisser en hyper-extension sous l’action de la composante verticale
de la réaction du sol. Dès le poser du pied, la contraction du muscle fléchisseur profond du (des) doigt (FPD)
permet de stabiliser l’inter-phalangienne distale et de fixer les doigts au sol. Chez le cheval, cette action du FPD
est primordiale au tout début du poser : il fixe le pied au sol, favorisant un contrôle de la descente du boulet sur un
segment stabilisé au sol. En fait, cette contraction du FPD débute avant même que le pied touche le sol et prévient
l’affaissement du pied au moment du poser.
® Les art. métacarpo-phalangiennes ont également tendance à s ’affaisser en extension. Chez le chien, ceci est
contrôlé par la contraction excentrique des mm. interosseux et l’étirement du tendon du FSD . Chez le cheval ,
c’est en premier la mise en tension du tendon du FSD+bride radiale (extension du carpe + extension du boulet Þ
étirement TFSD+ bride radiale) qui contrôle l’affaissement du boulet. Cette action de contrôle de la descente du
boulet va être renforcée par la mise en tension progressive du mIO3 (+ ligaments sésamoïdiens distaux)

- Flexions d’amortissement de l’épaule et du coude Contraction concentrique des mêmes muscles


contrôlées par la contraction excentrique des muscles extenseurs ainsi que des muscles de la rétraction de
posturaux ¾ Extension passive métacarpo-phalangienne – l ’ensemble du membre.
Extension passive du carpe (tension sur bride carpienne)

Trapèze et rhomboïde Freinage Accélération Dentelé


cou
Dentelé Dentelé cou
ventral
Triceps
du thorax brachial
Supra-épineux Grand Supra-
dorsal épineux
Grand
dorsal + biceps :
contrôle de Pectoral
Chefs courts du l ’épaule asecndant
triceps

+ Ulnaire latéral et
fléchisseur ulnaire
du carpe ®
contrôle du coude FSD FPD

FPD++ Perforé-bride radiale


Perforant-bride carpienne
Tendons perforé et
mIO3
perforant (+ bride
carpienne)

Amortissement Soutènement Propulsion


16
Copyright © DZVET 360, 2021
La tension sur le TFSD et l’appareil suspenseur du boulet augmente tout le long de la phase d’amortissement
jusqu’au soutènement avec la verticalisation du métacarpe et l’horizontalisation du paturon.
® Dès le poser du pied, le carpe se met en extension. Cette extension est essentiellement passive. Elle est en
rapport avec l ’obliquité de l ’axe du membre à l ’instant du poser et la situation du centre de rotation du carpe qui se
trouve en arrière de cet axe. Ceci verrouille le carpe , ce qui transforme l’os pisiforme en un levier puissant donnant
appui aux muscles ulnaire latéral et fléchisseur ulnaire du carpe pour une stabilisation et un contrôle de
l’affaissement du coude (F ils s’insèrent respectivement sur les épicondyles latéral et médial de l’humérus formant
un puissant hauban de stabilisation caudale du coude).
® La flexion du coude est contrôlée par la contraction excentrique des chefs courts du triceps et les muscles
caudaux de l’avant bras .
®La flexion de l ’épaule est contrôlée par la contraction excentrique du m. supra-épineux. Point fixe distal, le
muscle biceps brachial par son tendon proximal contribue également à la stabilisation de l’épaule à l’appui.
ð Simultanément début de la rétraction du membre :
Dès le poser du pied la scapula entame la phase inverse de son mouvement pendulaire : son extrémité distale
bascule caudalement (« extension scapulo-thoracique ») sous l ’action des muscles de la rétraction des membres :
grand dorsal, pectoral ascendant, et surtout dentelé du cou et trapèze et rhomboïde thoraciques.

Copyright © DZVET 360, 2021

‚ Le soutènement est le temps intermédiaire de la phase d ’appui (« midstance »)


® L ’axe général du membre a été redressé : l ’épaule se trouve à l ’aplomb de l ’appui au sol; l’axe avant-bras-
carpe-métacarpe est verticalisé.
® Le membre s’est « raccourci » . Son centre de gravité s’est rapproché du corps.
® L ’accélération du centre de gravité du membre passe par 0 avant de changer de signe;
® S ’appuyant sur des articulations bien stabilisées, les muscles de la détente vont se contracter pour entamer
la propulsion.

ƒ Propulsion : La seconde moitié de l ’appui est la phase d ’accélération du membre (« phase postérieure » de
la foulée)
® Augmentation de l’action des muscles rétracteurs (grd dorsal, pectoral ascendant) accentuant le mouvement
« d’extension scapulo-thoracique ». La bascule de la scapula est renforcée surtout par le muscle dentélé du cou
® L’énergie accumulée dans les tendons des différents muscles posturaux qui ont contrôlé la flexion des
différentes articulations par leur contraction excentrique va servir pour une contraction concentrique de ces mêmes
muscles permettant l’ouverture des angles articulaires et la propulsion.
- Extension de l’épaule par le muscle supra-épineux
- L ’essentiel de la propulsion a lieu au niveau du coude : ouverture de l ’angle par contraction concentrique
du triceps brachial (chef long +++).
® Pendant toute la phase d’appui, le carpe est en extension. Aux allures très rapides, il se trouve en hyper-
extension en fin de propulsion. Cette extension à l’appui ne semble pas faire intervenir des muscles. 17
Copyright © DZVET 360, 2021

Phase d’appui :
- La scapula ne réalise qu’un seul mouvement : «extension scapulo-thoracique »
- L’épaule, le coude les articulations interphalangiennes réalisent un mouvement biphasique : flexion (puis
extension. La flexion est due au poids du corps et contrôlée par une contraction excentrique des muscles
posturaux. L’extension est le résultat de la contraction des mêmes muscles, qui cette fois se racourcissent
(concentrique)
-- Le carpe se met en extension dès le poser du pied et reste en extension pendant toute la durée de la phase
d’appui.
- Le boulet subit un mouvement biphasique inverse : extension au cours de l’amortissement, flexion au cours
de la propulsion.
Ø La phase d ’appui est celle durant laquelle s ’expriment la plupart des boiteries, qu’elles soient ostéo-
articulaires ou tendineuses. C ’est celle au cours de laquelle l’animal peut se blesser.
Ø Le moment clé de l ’appui est celui du poser, premiers instants de l ’amortissement. A ce moment le
- maximum de muscles sont en activité pour stabiliser les articulations et amortir le choc de la réception. Toute
gêne fonctionnelle, affection, déficit proprioceptif va se répercuter sur la suite de l ’appui, surtout s ’il s ’agit de
terrains irréguliers ou lors d ’appuis asymétriques : l’animal va mal « placer » ses articulations avec des risques
d ’accidents (entorses, tendinites….) qui peuvent aggraver des dysfonctions existantes ou d ’en créer de
nouvelles.
Copyright © DZVET 360, 2021 18
PHASE DE SOUTIEN du membre pelvien

Ramener « Embrassée »
Suspension

Elle débute dès que le membre quitte le sol .


Au moment du lever, l’axe de l’ensemble du membre est orienté caudalement. Au moment du poser, cet axe est
orienté crânialement Þ Pendant toute la durée de la phase de soutien, l’ensemble du membre décrit un
mouvement de protraction . C’est le fémur qui donne cette orientation. Pendant toute la phase de soutien il
réalise un mouvement en direction crâniale = flexion de la hanche

contraction excentrique
Contraction concentrique
Fessiers + flexion vertébrale :
(Fessier
moyen++)
charnières TL et LS
++
Ilio-
psoas Ilio-psoas

quadriceps
Biceps fémoral et
semi-tendineux
Tenseur du
fascia lata Fémoraux
caudaux
gastrocnémien Tibial
crânial

Tibial crânial et Extenseurs du


CFM doigt

Tension sur le Fléchisseur


tendon du FSD profond du
doigt

« ramener » « embrassée »
«suspension »
- Le maximun de flexion est atteint - extension active du
- Flexion active de toutes (sauf pour la hanche) genou, du tarse et du
les articulations doigt. Flexion maxi de la
Phase de soutien hanche
Copyright © DZVET 360, 2021 Chez le cheval 19
- Flexion active de toutes les Phase de soutien - flexion de la hanche
articulations. continue pour atteindre
- La flexion de la hanche Þ - Amplitude max. des son max. juste avant
oriente l ’axe du membre vers flexion du genou, jarret; l ’appui.
l ’avant Þ initie l ’engagement métacarpo-phalangienne - Extension active du
des postérieurs atteinte.. genou, jarret, doigts.
- flexion de la hanche
continue.
(+ flexion
lombo-
Ilio-psoas IP sacrale et
thoraco-
lombaire)
Tenseur du
Fémoraux TFL
FL DF
caudaux Quadriceps
Droit
fémoral

gastrocnémien
Tibial
crânial

Extenseurs des
orteils

Interosseux -
FPD

ramener suspension embrassée


Chez le chien

PHASE DE SOUTIEN du membre pelvien

• La première partie du soutien (du « ramener » jusqu’au temps de suspension »


ð Dès le lever du pied : mouvement de l’ensemble du membre vers l ’avant entraîné par le fémur qui initie
une flexion de la hanche qui va se continuer et s’accentuer tout le long de la phase de soutien. Ce mouvement est permis
pat la contraction concentrique des mm. iliopsoas, tenseur du fascia lata et droit de la cuisse. L’action du muscle tenseur du
fascia lata est comparable à celle du m. brachio-céphalique pour le membre thoracique. S’appuyant sur son insertion sur l’angle de
la hanche il contribue à la flexion de la hanche tout en tirant crânialement le reste du membre grâce à ses attaches au niveau du
grasset et sa continuité avec le fascia jambier

ð Avec simultanément, une flexion active de toutes les articulations : par la contraction concentrique des divers
mm. fléchisseurs :
- Mm fémoraux caudaux ® flexion du genou ¾ M. tibial crânial ® flexion du jarret . ¾ Mm fléchisseurs superficiel
(FSD) , fléchisseurs latéral et médial des doigts (composants du FPD) ® flexion du (des) doigt (s)
F Chez les carnivores, les muscles interosseux sont charnus et permettent une flexion active des art. métatarso-
phalangiennes. Chez le cheval, la flexion du boulet est dû à l’action indirecte du m. FSD.
F Chez le cheval, la flexion du jarret est le résultat d’une double action : composante active par contraction du m tibial crânial
et composante passive par traction sur la corde fémoro-métatarsienne (appareil réciproque) qui solidarise les mouvements
du jarret aux mouvements du grasset (économie d’énergie)

Copyright © DZVET 360, 2021 20


‚ Temps intermédiaire du soutien = la suspension
Les actions musculaires initiées au lever du pied aboutissent au temps de suspension:
® Le mouvement de protraction par flexion de la hanche se poursuit,
® La flexion des articulations du genou, du jarret et des doigts a atteint son maximum pour l’allure donnée Þ Le membre se
trouve raccourci, avec son centre de gravité ramené plus près de celui de l’ensemble du corps. L’axe joignat la hanche au doigt est
vertical; l’axe joignant la tubérosité ischiatique à la pointe du jarret est vertical.
® Le temps de suspension, est le moment du soutien où l’on assiste à une dissociation des mouvements de la hanche
avec ceux des autres articulations : tandis que la hanche continue à se fléchir (mêmes actions musculaires), on assiste à
l’inversion du sens du mouvement de toutes les articulations distales : arrêt de l’activité des muscles fléchisseurs et
entrée en action des muscles extenseurs pour réaliser « l’embrassée » .

ƒ L’embrassée : du temps de suspension » au poser (= phase antérieure du soutien)


® La flexion de la hanche s’accentue,
® Les autres rayons du membre se mettent en extension par contraction concentrique des muscles :
- Quadriceps fémoral (et tenseur du fascia lata) ® extension du genou. ¾ Gastrocnémien ® Extension du jarret – Chez
le cheval, participation passive du tendon du m. FSD, composante caudale de l’appareil réciproque, i de par ses insertions sur
le sommet du calcanéum (calotte calcanéenne et ses brides d’insertion). ¾ Extenseurs des doigts (Long extenseur des orteils )
® L’action des muscles droit de la cuisse (du quadriceps) et tenseur du fascia lata est décisive dans la réalisation de ce
mouvement associant flexion de la hanche et extension du grasset.
® A cet instant, la flexion de la jonction thoraco-lombaire, du segment lombaire et, surtout, de la charnière lombo-sacrale atteint
son maximum pour une allure donnée et constitue avec le degré de flexion de la hanche, l’autre composante essentielle de
« l’engagement des postérieurs ».

PHASE d’appui du membre pelvien

«Propulsion »
Amortissement
Soutènement

Elle débute dès le poser du pied .


Au moment du poser, l’axe de l’ensemble du membre est orienté crânialement. Au moment du lever, cet axe est
orienté ccaudalement Þ Pendant toute la durée de la phase d’appui, l’ensemble du membre pelvien décrit un
mouvement de rétraction . C’est le fémur qui donne cette orientation. Pendant toute la phase d’appui il
réalise un mouvement en direction caudale = extension de la hanche
Copyright © DZVET 360, 2021
21
soutien appui
Principales périodes
M. fessier moyen d ’activité des muscles
M. fessier superficiel du membre pelvien
(d ’après Wentink G.H.)
M. tenseur du fascia lata
-Juste avant et juste après le
M. droit fémoral poser, le maximum de muscles
sont en activité : avant le poser, les
M. vaste latéral muscles antagonistes du
M. glutéo-fémoral mouvement contrôlent les ouvertures
articulaires pour préparer le poser
M. biceps fémoral dans les meilleures conditions.
M. semi-tendineux - soutènement et début de
propulsion est le second moment où
M. gastrocnémien
on enregistre une activité d’un
nombre élevé de muscles.
M. tibial crânial
-En fin de propulsion, juste avant le
lever du membre, le nombre de
M. long extenseur du
doigt muscles en activité est faible : la
contraction des unités motrices
M. fléchisseur
phasiques des muscles propulseurs
latéral du doigt
est de très courte durée (40-80 ms) ,

PHASE D’APPUI du membre pelvien


• L’amortissement :
ð Contrôle de l’affaissement du membre
® Les évènements concernant l’extrémité distale du membre sont comparables à celles du membre thoracique
: fixation du pied (doigts) au sol par l’action du m.FPD, permettant un contrôle de l’extension métacarpo-
phalangienne par la mise en tension progressive des muscles FSD et interosseux.
® Flexion d’amortissement du jarret : contrôlée par une contraction excentrique du m. gastrocnémien
® Flexion d’amortissement du genou : contrôlée par une contraction excentrique du m. quadriceps fémoral
(vastes surtout)
ð Simultanément début de la rétraction du membre :
Dès le poser du pied le fémur entame une extension de la hanche qui va s’accentuer tout au long de la phase
d’appui. Cette rétraction du membre qui va contribuer à redresser son axe est due à l’action des muscles fessiers
(moyen ++) et fémoraux caudaux (faisceaux crâniaux du biceps fémoral, m glutéo-fémoral du cheval, semi-
membraneux) : s’appuyant sur un genou stabilisé, les mm. fémoraux caudaux vont jouer leur rôle d’extenseurs de la
hanche.

Copyright © DZVET 360, 2021 22


‚Le soutènement (« midstance »)
® L ’axe général du membre a été redressé : la hanche se trouve à l ’aplomb de l ’appui au sol; la pointe du jarret
se trouve à l’aplomb de la tubérosité ischiatique. Chez le cheval, le métatarse est vertical.
® Le membre s’est « raccourci » . Son centre de gravité s’est rapproché du corps.
® L ’accélération du centre de gravité du membre passe par 0 avant de changer de signe;
® Arrêt de l’activité des muscles de la rétraction –
® S ’appuyant sur des articulations bien stabilisées, les muscles de la détente vont se contracter pour entamer
la propulsion.

ƒ Propulsion : phase d ’accélération du membre


® L’énergie accumulée dans les tendons des différents muscles posturaux qui ont contrôlé la flexion des
différentes articulations par leur contraction excentrique va servir pour une contraction concentrique de ces mêmes
muscles permettant l’ouverture des angles articulaires et la propulsion.
- Extension du genou par le muscle quadriceps fémoral (contraction concentrique)
- L ’essentiel de la propulsion a lieu au niveau du jarret : ouverture de l ’angle par contraction concentrique
du muscle gastrocnémien
- Le lever du pied est favorisé par les forces d’inertie (extrémité proximale entraînée par l’avancée du tronc) , et
le couple formé par le poids et la composante verticale de la réaction du sol. Chez le chien la poussée par la
contraction des muscles interosseux (flexion métacarpo-phalangienne) – Chez le cheval, par la libération d’énergie
élastique libérée par la détente des structures tendineuses de l’extrémité distale du membre.

Extension de toutes les Phase d ’appui


articulations (sauf métacarpo-
phalangiennes). En fin d ’appui, Une fois le bassin à l ’aplomb du Dès le poser du pied :
peu de muscles restent en point d ’appui au sol : arrêt de - Extension de la hanche par
activité. L ’avancée du bassin et l ’activité des rétracteurs et contraction concentrique des muscles
le « push-off » étant début de la propulsion par ré tracteurs du membre
essentiellement le résultat de contractions concentrique des - flexion du genou, du jarret contrôlée
l ’inertie du mouvement du extenseurs. La hanche continue par la contraction excentrique des
corps. à s ’étendre. extenseurs

(Extension Accélération g > 0 Freinage g <0 fessiers


lombo-sacrale)
(moyen ++)

Quadriceps vastes parties


(droit fémoral crâniales du
++) biceps fémoral
et semi-
membraneux

(Extension gastrocnémien
métacarpo-
phalangienne -
et des Mm. interosseux
phalanges)
FSD et FPD

Propulsion Amortissement
Soutènement
Chez le chien Copyright © DZVET 360, 2021 23
contraction excentrique
Accélération >0 Accélération (<0 : freinage)
contraction concentrique
Fin d ’extension Fessier moyen
de la hanche
Fessier superficiel
Fessier superficiel

Extension de la
hanche
Tenseur du
Tenseur du quadriceps
fascia lata
fascia lata

quadriceps
Vastes ++ Fémoraux
caudaux

gastrocnémien Flexion
Extension
contrôlée
du genou
du genou gastrocnémien
Fléchisseur
profond du Fléchisseur
(Tibial doigt Flexion profond du
crânial) contrôlée doigt
du tarse
Extension
Tension sur les Tension sur le
du tarse Extension
tendons FSD et tendon FSD
FPD contrôlée
Tension sur le (appareil
du boulet
Flexion du tendon FSD réciproque)
boulet

Extension des
interphalangiennes Flexion des inter-phalangiennes

«propulsion » « soutènement » « amortissement »

Chez le cheval Phase d ’appui (d ’après études EMG , Wentink)


,

Copyright © DZVET 360, 2021 24


III- Notions de chaînes myofasciales
La connaissance des enchaînements des actions musculaires permet de mieux comprendre les
différentes chaînes myofasciales sollicitées dans les différents mouvements. Ceci est particulièrement
intéressant dans la compréhension des différents gestes sportifs et dans la mise en place d’une
rééducation fonctionnelle.
Toutefois, l’approche de cette notion de chaînes myofasciales reste assez complexe, et on ne peut
proposer que des modèles

Exemple (1): Mm fessiers (Moyen ++) Fascia glutéal

M. Quadriceps fémoral Fascia lata


Chaîne statique d’appui du
membre pelvien
M. Gastrocnémien
Fascia jambier
(loge soléaire)

Mm extenseurs du doigt
Fascia jambier cranial

Tendons des fléchisseurs du


doigt – mIO3 –
Fascia digital plantaire
Tendons des extenseurs du
doigt
Fascia digital dorsal

Exemple (1):
Chaine anti-gravitaire du soutien
Chaine de la protraction
au soutien Chaîne concentrique
Mm Fémoraux caudaux
M. Ilio-psoas Fascia lata (partie caudale)
Fascia iliaca Fascia fémoral (partie caudale)
M. Tenseur du fascia Mm tibial crânial
lata M. 3ème péronier – Fascia
m. Droit de la cuisse jambier (partie crâniale)
Fascia lata (partie Mm de la loge tibiale caudale :
crâniale) fléchisseurs superficiel – latéral
et médial du doigt
Fascia jambier caudal (loge
tibiale caudale)

Tendons des muscles


fléchisseurs du doigt
fascia digital (plantaire)

Copyright © DZVET 360, 2021 25


Chaines antigravitaires d’appui

1) Chaîne 2) Chaine concentrique :


d’amortissement rétraction à l ’appui
Excentrique
M. quadriceps
Fascia lata Mm fessier moyen
Fascia glutéal
Mm de la loge tibiale
caudale : Gastrocnémien Mm fémoraux
FSD, Fléchisseues latéral caudaux – fascia
et médial périnéal - Fascia
fascia jambier caudal lata - fascia fémoral

Tendons des muscles


fléchisseurs du doigt –
mIO3 - Fascia digital
plantaire

Copyright © DZVET 360, 2021 26


CE DOCUMENT A ETE OFFERT AUX VETERINAIRES ALGERIENS PAR

REDA MOHAMED GUESSOUM, DVM

CE DOCUMENT A ETE OFFERT AUX VETERINAIRES ALGERIENS PAR

REDA MOHAMED GUESSOUM, DVM

27
IMAGERIE - TD1 - technique et choix du matériel en radiologie osseuse

TD 1 : Technique et choix du matériel en radiologie osseuse

Sommaire :
I. Technique............................................................................................................................ 2
A. Rappels sur la formation de l’image................................................................................ 2
B. Types de récepteur et paramètres radiographiques ...................................................... 3
C. Préparation du patient et matériel ................................................................................. 4
D. Règles de positionnement ............................................................................................... 5
II. Anatomie radiographique et caractéristiques des structures osseuses ............................. 6
A. Membre antérieur ........................................................................................................... 6
1) L’épaule........................................................................................................................ 6
2) Le coude..................................................................................................................... 10
3) Carpe et doigts ........................................................................................................... 16
B. Membre postérieur ....................................................................................................... 18
1) Bassin/hanche............................................................................................................ 18
2) Grasset ....................................................................................................................... 21
3) Tarse .......................................................................................................................... 24
III. Conclusion : ................................................................................................................... 26

Copyright © DZVET 360, 2021 Page 1 sur 26

1
Module « étudeIMAGERIE - TD1
des membres - technique
» – Anat – TD 5 et choix du matériel
: Technique en radiologie
et matériel osseuse
en radiologie osseuse
– E.SEGARD

I. Technique

A. Rappels sur la formation de l’image

Le tube de rayon X envoie un faisceau dirigé vers la table où on a un récepteur (cassette


ou écran). L’image radiante est celle juste avant d’arriver sur la cassette. C’est l’image latente
qui va être réceptionnée sur la cassette. L’image va avoir différentes formes selon la technique
de radiologie :
- en radiologie argentique : méthode plus ancienne où l’image est créée mais où il faut
un dispositif de développement pour la visualiser sur le négatoscope.
- en radiologie numérique : plus récente, directement visible sur un écran
d’ordinateur. Utilisation des cassettes ou des capteurs plans.
Pour plus de détails revoir les cours de l’année dernière.

En fonction de la densité de la structure, on aura différents niveaux de gris sur la


radiographie. On définit ainsi 5 catégories d’opacité radiographique, du plus blanc au plus
noir :
- Opacité métallique (lettre marqueur ou métal)
- Opacité minérale (squelette ou minéralisation dystrophique)
- Opacité liquidienne = tissulaire (ex : la vessie liquidienne aura même opacité que
le foie ou la rate)
- Opacité graisseuse : elle sera légèrement plus opaque que les tissus. Elle nous
permet donc de faire la distinction entre 2 tissus différents par leur séparation par
de la graisse.
- Opacité aérique

La radiographie donne une image en 2D (différent du scanner ou de l’IRM). Il faudra donc


faire au moins 2 vues orthogonales pour obtenir un examen satisfaisant.

En radiologie, deux effets dus à l’interaction entre les rayons et la matière peuvent être
identifiés :
- l’effet photoélectrique qui correspond à un arrêt total du rayon par l’atome ce qui
permet une bonne qualité d’image.
- l’effet Compton lorsque le rayonnement est diffusé à cause de l’augmentation des
kilovolts. On a donc un voile gris sur l’image et cet effet est dangereux pour l’opérateur. On
cherche à l’éviter.

 Il faut donc adapter les constantes des machines de façon à se protéger des rayons X tout
en ayant une bonne qualité d’examen.

Copyright © DZVET 360, 2021 Page 2 sur 26

2
Module « étudeIMAGERIE - TD1
des membres - technique
» – Anat – TD 5 et choix du matériel
: Technique en radiologie
et matériel osseuse
en radiologie osseuse
– E.SEGARD

B. Types de récepteurs et paramètres radiographiques

❖ En radiologie argentique

On dispose d’un film (peu sensible aux rayons X) composé de bromure d’argent et d’un
écran composé de sels fluorescents. L’écran permet de diminuer la quantité de rayon X
nécessaire pour imprimer le film directement.

Il y a deux types de film :


- les monocouches : ils nécessitent plus de rayon X pour former l’image (temps de
pause plus long) mais la résolution est très bonne.
- les bicouches : ils nécessitent moins de rayon X (moins de constante) pour former
l’image mais les contours sont moins précis. Ils sont donc plus rapides mais donnent une moins
bonne résolution. Ils sont surtout utilisés pour les tissus compacts.

L’écran renforçateur amplifie le signal par diminution des constantes et des artéfacts
des mouvements (en diminuant le temps de pause). Ces écrans sont caractérisés par leur
finesse et leur vitesse. Il faut toujours faire un compromis entre l’épaisseur et la rapidité de
l’écran :
- Ecran fin  lent
- Ecran épais  rapide mais perte en résolution spatiale
Plus les cristaux et les écrans sont épais, plus grande est leur sensibilité mais moindre est leur
résolution. Il faut donc trouver un compromis.

- En radio du squelette, on a besoin d’une bonne résolution : on va donc privilégier les films
fins et lents.
- Pour les extrémités distales, on utilisera plutôt des films monocouches pour une meilleure
résolution (utilisé pour la radiologie de la main et en humaine c’est celui utilisé pour la
mammographie).
- On utilise une grille si l’épaisseur est supérieure à 10 cm pour éviter l’effet Compton : ce sont
des grilles de plomb quadrillées et lorsque les rayons n’arrivent pas parallèles, ils seront
freinés et n’apparaitront par sur l’image.

On a donc différents types de gamme de film/écran et il faudra savoir choisir lequel utilisé
en fonction de la zone à radiographier sachant qu’on cherche à avoir une image fine avec la
meilleure résolution possible. Il faudra donc lutter contre les mouvements physiologiques
(comme la respiration) de l’animal le plus possible (anesthésie par exemple).

Copyright © DZVET 360, 2021 Page 3 sur 26

3
Module « étudeIMAGERIE - TD1
des membres - technique
» – Anat – TD 5 et choix du matériel
: Technique en radiologie
et matériel osseuse
en radiologie osseuse
– E.SEGARD

❖ En radiologie numérique

On travaille avec un seul type de récepteur. Il existe deux types de systèmes :


- Système CR avec des cassettes : le choix du film est automatique selon la région que
l’on choisit.
- Système DR - capteurs plans (directs et indirects) : digital, un seul capteur plan.

Il y a donc un grand impact du choix du matériel en radiologie argentique alors qu’en


numérique il y a un seul type de film choisit par la machine  très important

❖ Les paramètres d’exposition

Le tube de rayons X est composé d’une cathode et d’une anode. Les ions sont envoyés
par la cathode et reçus par l’anode.
- Les kV : ils correspondent à la vitesse des électrons entre la cathode et l’anode
- Les mA : ils correspondent au nombre d’électrons envoyés par la cathode
- Les temps d’exposition

Il est possible de régler ces trois paramètres sur la console, selon ce que l’on veut
privilégier. Une radiographie très contrastée a une faible gamme de gris : on a soit du noir,
soit du blanc.
Pour la radiologie des os, on privilégie un contraste important pour bien mettre en évidence
les os.
 Pour obtenir un bon contraste, on diminue les kV (50 à 70 kV).

C. Préparation du patient et matériel

❖ Absence de mouvements de l’animal pendant le cliché : il FAUT se mettre dans de


bonnes conditions. Pour cela, on peut faire une anesthésie ou une sédation, locale ou
générale, selon la zone que l’on souhaite radiographier. Cela permettra de réduire le
flou cinétique.

❖ Positionnement de l’animal : il doit répondre aux critères de qualité imposés pour


chaque région à radiographier.

❖ Réduire au minimum le nombre de personnes participant à la contention : il faut


utiliser des sacs de sable, coussins en mousse (radiotransparents), des lacettes, du
scotch ou un Doggy (très utilisé pour les radios de la hanche notamment). Cela

Copyright © DZVET 360, 2021 Page 4 sur 26

4
Module « étudeIMAGERIE - TD1
des membres - technique
» – Anat – TD 5 et choix du matériel
: Technique en radiologie
et matériel osseuse
en radiologie osseuse
– E.SEGARD
permettra de réduire l’exposition de la personne qui ferait la contention, et d’éviter
les positions inconfortables ou douloureuses pour l’animal.

❖ Enlever tous les accessoires du chien : pas de laisse, collier ou manteau, même s’ils ne
sont pas sur la cassette : tout ce qui peut interférer avec l’image radiographique.

❖ Nettoyer et sécher le pelage : avec un gel échographique mais sans solution iodée car
radio-opaque (pas de Vétédine® !)

❖ Enlever pansements et plâtre quand cela est possible. Ex : radio du tarse du chien.

❖ Collimation : c’est choisir la taille du faisceau de rayon X. On l’ajuste grâce au


diaphragme. Il faut toujours bien collimater = limiter la zone d’intérêt, qu’on veut
irradier. C’est important pour la qualité de l’image et c’est moins dangereux pour
l’opérateur. Il faut que le faisceau soit assez grand pour contenir toute la région
d’intérêt mais pas trop sinon le rayonnement sera diffus et l’image floue.

❖ Centrage sur ce qu’on veut voir : la structure d’intérêt doit être au centre.

❖ Incidence : on fait toujours 2 vues orthogonales au minimum sur la région d’intérêt et


on peut faire une vue supplémentaire si nécessaire parfois. C’est notamment le cas
pour des vues complexes, anatomiquement : ex carpe ou tarse.

❖ Agrandissement : pour limiter la magnification, placer la partie


anatomique le plus près possible de la cassette (récepteur) car plus
le sujet radiographié est loin de la plaque, plus il sera agrandi et
plus l’image sera floue. Ne pas poser la patte en diagonale car cela
modifie les angles. Il faut mettre le sujet le plus parallèle à la
cassette possible.

❖ Marquage des radiographies :


- Droite (D,R) ou (G,L) pour gauche.
- On place toujours le marqueur du côté latéral et dorsal de l’animal avec le marqueur
à gauche de l’écran.
- Au titre de la radiographie, bien indiquer quelle est la patte et le côté du membre.
- Si on tire la radio entre le côté latéral et le côté dorsal/cranial, on met le marqueur
du côté latéral.

D. Règles de positionnement

Ce sont celles de Paul Barthez : Technique en radiologie de petits animaux

Copyright © DZVET 360, 2021 Page 5 sur 26

5
Module « étudeIMAGERIE - TD1
des membres - technique
» – Anat – TD 5 et choix du matériel
: Technique en radiologie
et matériel osseuse
en radiologie osseuse
– E.SEGARD

II. Anatomie radiographique et caractéristiques


des structures osseuses

Rappel : la nomenclature des vues prises est déterminée par l’angle d’attaque des RX, et
l’angle de sortie lui fait suite.

Remarque : pour le thorax, on parle de vue latérale droite (lorsque le côté droit est contre la
table) ou latérale gauche (l’animal est sur son profil gauche) pour les vues de profil. On peut
aussi choisir de faire des vues dorso-ventrale ou ventro-dorsale suivant ce que l’on cherche à
voir (car attention, l’écrasement des organes (poumons par exemple) peut modifier notre
interprétation.

A. Membre antérieur

1) L’épaule

❖ Vue de profil = médio latérale

Positionnement de l’animal :
- Animal en décubitus latéral
- Cou en extension
- Membre radiographié contre la cassette,
maintenu en extension (lien/sacs de sable)
- Membre opposé tiré vers l’arrière avec un lien
et attaché

Le faisceau de rayons X est centré sur l’épaule et le champ doit être ouvert pour inclure
environ un tiers de la scapula et de l’humérus.

Critères de qualité : épaule bien séparée de l’épaule controlatérale et non superposée


au sternum (à la première sternèbre).

Copyright © DZVET 360, 2021 Page 6 sur 26

6
Module « étudeIMAGERIE - TD1
des membres - technique
» – Anat – TD 5 et choix du matériel
: Technique en radiologie
et matériel osseuse
en radiologie osseuse
– E.SEGARD
Repères anatomiques de la zone à radiographier : A CONNAITRE

On peut voir sur cette radio :


- Scapula avec épine scapulaire, épiphyse distale, tubercule supra/infra glénoïdale,
fosse supra scapulaire et acromion
- Cavité glénoïdale de la scapula
- Humérus : tubercules majeur et mineur, coulisse bicipitale, tête humérale

Attention : le cartilage ne se voit pas à la radiographie : il apparait radio transparent, on voit


donc un espace inter articulaire.

Que dire de ces radios ?

Copyright © DZVET 360, 2021 Page 7 sur 26

7
Module « étudeIMAGERIE - TD1
des membres - technique
» – Anat – TD 5 et choix du matériel
: Technique en radiologie
et matériel osseuse
en radiologie osseuse
– E.SEGARD

ATTENTION : Il est très important de respecter la démarche : On contrôle d’abord la qualité


de l’image puis on décrit les lésions.

Pour un souci de concision, nous vous avons mis que les points importants dans chaque
catégorie mais à l’examen il faudra tout détailler comme ce qui suit !

Critères de qualités :
- Contraste
- Netteté
- Positionnement/centrage : 1/3, 1/3 + dépend de la zone
- Marqueurs
Descriptions des lésions : voir cours CM 14 et CM 15
- Augmentation/Diminution de l’opacité ?
- Forme, contours délimités ?
- Gonflements ?
- Diffuse/Localisée ?

Qualité :
- Contraste : elle est très contrastée car on voit bien la trabéculation osseuse.  ok
- Netteté : Non superposée ni avec épaule ni avec sternèbres (opacité aérique :
poumon visible)  ok
- Marqueurs : absent
- Positionnement : Articulation en entier 1/3 de l’humérus et 1/3 de la scapula.
 ok

Description :
- Opacité : aérique au niveau de l’articulation = vacuum phenomenon, en effet du
gaz (monoxyde d’azote) est relargué par le cartilage. Ce phénomène est souvent
visible lors de l’ostéochondrose
- Contours : Ligne radio-transparente continue, parallèle à la tête humérale en
regard de l’épiphyse humérale proximale. Elle correspond au cartilage de
croissance : c’est un jeune animal. (Entre 4 et 6 mois ici car c’est un des cartilages
qui se ferme le plus tard). On peut délimiter l’épiphyse, la métaphyse (cartilage de
croissance) et la diaphyse.
- Au niveau de la tête humérale, on a une plage en coup d’ongle sur la tête humérale.
L’os sous chondrale est plus blanc : sclérose sous-chondrale.

Copyright © DZVET 360, 2021 Page 8 sur 26

8
Module « étudeIMAGERIE - TD1
des membres - technique
» – Anat – TD 5 et choix du matériel
: Technique en radiologie
et matériel osseuse
en radiologie osseuse
– E.SEGARD

❖ Vue de face = caudo-crâniale

Vue : caudo-crâniale (par rapport à la position


physiologique de l’animal)

Positionnement de l’animal :
- Animal en décubitus dorsal
- Membre radiographié maintenu en extension par un lien
Le faisceau de rayons X est centré sur l’épaule et le champ est ouvert pour inclure
environ un tiers de la scapula et de l’humérus

Critères de qualité :
- Epaule non superposée avec la cavité thoracique
- Scapula et humérus bien alignés
- Epine scapulaire bien isolée

Repères anatomiques de la zone à radiographier : A CONNAITRE

Copyright © DZVET 360, 2021 Page 9 sur 26

9
Module « étudeIMAGERIE - TD1
des membres - technique
» – Anat – TD 5 et choix du matériel
: Technique en radiologie
et matériel osseuse
en radiologie osseuse
– E.SEGARD
Que dire de ces radios ?

Qualité :
Sur la radio de GAUCHE, il y a eu inversion du sens de la radio, le LATERAL doit toujours être à
GAUCHE !
La scapula et l’humérus sont bien alignés. L’épine scapulaire est bien isolée avec un acromion
visible. Le tubercule supra-glénoïdal est visible également.

Cette vue a moins d’intérêt que l’autre mais il faut toujours faire des vues contro-latérales.

2) Le coude

❖ Vue : médio-latérale = de profil

Positionnement de l’animal :
- Animal en décubitus latéral
- Membre en position neutre ou fléchi
- Membre opposé tiré vers l’arrière avec un lien et attaché

Le faisceau de rayons X est centré sur le coude. Le champ est


ouvert pour inclure un tiers de l’humérus et de l’avant-bras.

Repères anatomiques de la zone à radiographier :

Copyright © DZVET 360, 2021 Page 10 sur 26

10
Module « étudeIMAGERIE - TD1
des membres - technique
» – Anat – TD 5 et choix du matériel
: Technique en radiologie
et matériel osseuse
en radiologie osseuse
– E.SEGARD

Pour voir le processus anconé (radio de DROITE), on fléchit de manière importante du


membre mais les parties du condyle ne sont pas très bien superposée alors. Il est parfois
possible de voir grâce à cette vue, une non-union du processus anconé.

Critères de qualité :
- 1/3 humérus distale 1/3 radius et ulna proximales
- Les deux parties du condyle huméral doivent être bien superposées. On n’a qu’un
condyle sur les humérus de chien, chat et cheval. (à droite condyle huméral qui
répond à l’ulna et à gauche le capitulum qui répond au radius).
- En vue de profil, on voit 2 cercles : le plus large = capitulum. Derrière : condyle. S’il
y a bien superposition, on peut juger de la congruence articulaire (marche
d’escalier visible ?) => dysplasie.

Rappel des critères de la dysplasie :


- Non-union du processus anconé
- Incongruence articulaire
- Fragmentation du processus coronoïde médial de l’ulna
- Ostéochondrose de la partie médiale du condyle huméral.

Particularité du chat : il n’a pas de foramen supra condylaire mais un foramen supra
trochléaire

Copyright © DZVET 360, 2021 Page 11 sur 26

11
Module « étudeIMAGERIE - TD1
des membres - technique
» – Anat – TD 5 et choix du matériel
: Technique en radiologie
et matériel osseuse
en radiologie osseuse
– E.SEGARD
Que dire de ces radios ?

RADIO 1 :

Qualité :
- Positionnement : bon cadrage ; capitulum et condyle bien superposés. On peut voir
une discrète incongruence.
- Qualité du cliché : bon contraste

Description :
- Opacité osseuse : productions osseuses (minéralisation) lisses et régulières,
homogènes crânialement à la tête du radius et proximalement au condyle huméral.
 Arthrose probablement due à la fragmentation du processus coronoïde

RADIO 2 :

Copyright © DZVET 360, 2021 Page 12 sur 26

12
Module « étudeIMAGERIE - TD1
des membres - technique
» – Anat – TD 5 et choix du matériel
: Technique en radiologie
et matériel osseuse
en radiologie osseuse
– E.SEGARD

Qualité :
- Positionnement : vue médio-latérale en hyperflexion. Le cadrage est limité.
- Contraste : c’est trop blanc en regard de l’épiphyse donc on n’a pas assez exposé
la radio : trop peu de rayons X pour que les rayons X traversent et noircissent. On
a un bon contraste mais sous- exposé : il aurait fallu augmenté les mA.
- Marqueur : absent.

Description :
- Observation d’une ligne radio-transparente au niveau de l’olécrâne
proximocraniomédio-distocaudolatéral : on a encore ici un cartilage de croissance.
- Seconde ligne radio transparente sur l’épicondyle médial : dépend de la race du
chien. En effet, il s’agit d’un centre d’ossification accessoire du processus anconé :
seules les races géantes l’on (Saint-Bernard…), qui se ferme à l’âge de 150 jours (à
retenir).

❖ Vue : crânio-caudale = de face

Positionnement de l’animal :
- Animal en décubitus sternal
- Membre à radiographier en extension (modérée)
et stabilisé avec un coussin de sable
- Tête surélevée et posée vers l’extérieur du côté du
membre opposé

On peut palper les 2 épicondyles pour être sûr qu’on est bien droit.

Copyright © DZVET 360, 2021 Page 13 sur 26

13
Module « étudeIMAGERIE - TD1
des membres - technique
» – Anat – TD 5 et choix du matériel
: Technique en radiologie
et matériel osseuse
en radiologie osseuse
– E.SEGARD

Le faisceau de RX montre un angle de 0 à 15° d’angulation par rapport à la verticale. Il


est centré sur le coude et le champ est ouvert pour inclure environ un tiers de l’humérus
et de l’avant-bras. On peut cependant aussi faire un angle de 15 à 30° permettant
d’évaluer le processus coronoïde médial de l’ulna. On a alors superposition de l’olécrâne
à la partie latérale de l’humérus.
 On a une vue crânio-latérale caudo-médiale oblique.
Celle-ci est intéressante dans la détection de l’arthrose et de la dysplasie notamment.

Repères anatomiques de la zone à radiographier : A CONNAITRE

En jaune pointillé, on peut voir l’espace articulaire. La radio n’est pas du tout sensible à la
fragmentation du processus coronoïde. On peut juste dire s’il est anormal (Le scanner serait
plus sensible grâce à sa bonne résolution spatiale).
C’est au niveau de la partie médiale du condyle huméral qu’il sera possible de voir des
ostéochondroses.

RAPPEL :
- Scanner = rayons X aussi mais avec un générateur qui tourne autour pour avoir
différentes incidences.
- IRM = technique basée sur les champs magnétiques (en fonction du temps que met
le champ magnétique à revenir vers le récepteur).

Pour l’espèce féline, lorsqu’on tire le membre en oblique, on peut voir en plus le foramen
supracondylaire où passent l’artère brachial et le nerf médian.

Critère de qualité :
- Olécrâne superposé au milieu du condyle huméral
- Proportion 1/3 et 1/3

Copyright © DZVET 360, 2021 Page 14 sur 26

14
Module « étudeIMAGERIE - TD1
des membres - technique
» – Anat – TD 5 et choix du matériel
: Technique en radiologie
et matériel osseuse
en radiologie osseuse
– E.SEGARD

Que dire de ces radios ?

Qualité :
- Positionnement : vue crânio caudale bien positionnée et cadrée. Olécrane
superposé au condyle mais ulna vient se superposer au processus coronoïde.
- Qualité du cliché : un peu trop blanc, manque d’exposition.

Description :
- Productions osseuses plutôt lisses et régulières visibles. Elles sont localisées au
niveau des épicondyles et du processus coronoïde médial, ainsi qu’au niveau de la
métaphyse proximale du radius = ostéophytes.
- Fragmentation du processus coronoïde.

Attention : Lors de dysplasie, il n’est pas rare qu’il y ait une enthésopathie des fléchisseurs
due aux contraintes.

Ne pas confondre :

- Enthésophytes = Prolifération osseuse au niveau d'une enthèse (attache d'un tendon


ou d'un ligament sur l'os).
- Ostéophyte = excroissance osseuse entourant une articulation. Elle se forme là où
l'os a été stressé ou là où le cartilage s'est désagrégé, sous l'effet d'une arthrose, d'une arthrite
ou d'une polyarthrite rhumatoïde.

Copyright © DZVET 360, 2021 Page 15 sur 26

15
Module « étudeIMAGERIE - TD1
des membres - technique
» – Anat – TD 5 et choix du matériel
: Technique en radiologie
et matériel osseuse
en radiologie osseuse
– E.SEGARD
3) Carpe et doigts

❖ Vue : médio-latérale = de profil

Cette vue n’est pas facile car il y a beaucoup de superpositions  on l’utilise pour juger de
l’alignement osseux et vérifier les os pisiformes.

Positionnement de l’animal :
- Animal en décubitus latéral, couché sur le
côté
- Membre à radiographier sur la table, en
légère traction
- Membre controlatéral dégagé caudalement
Le faisceau RX est centré sur le milieu du carpe. Le
champ est ouvert pour inclure les doigts et 1/3 de
l’avant-bras.

❖ Vue : dorso-palmaire = de face

Positionnement de l’animal :
- Animal couché sur le sternum
- Membre à radiographier en légère extension

NB : les noms des os du carpe ne sont


pas les mêmes qu’en anatomie. Chez le
chat, on note en plus un processus
styloïde.

On a deux rangées d’os : os radial du


carpe et ulnaire du carpe – carpal 1-2-3-
4

Rappel : os sésamoïdes : 2 en face


palmaire et 1 en face dorsale.

Copyright © DZVET 360, 2021 Page 16 sur 26

16
Module « étudeIMAGERIE - TD1
des membres - technique
» – Anat – TD 5 et choix du matériel
: Technique en radiologie
et matériel osseuse
en radiologie osseuse
– E.SEGARD
❖ Vues obliques :

 Vue DLPMo = Dorso latéral palmaro médiale oblique due à une rotation interne de la patte :
os pisiforme

 Vue DMPLo = Dorso Médiale palmaro latérale oblique

En palmaro médial, on voit le doigt 1 qui est dégagé (on voit un petit os sésamoïde = os
sésamoïdes de l’abducteur du pouce).

En palmaro latéral, on peut également voir l’os pisiforme.

Copyright © DZVET 360, 2021 Page 17 sur 26

17
Module « étudeIMAGERIE - TD1
des membres - technique
» – Anat – TD 5 et choix du matériel
: Technique en radiologie
et matériel osseuse
en radiologie osseuse
– E.SEGARD

B. Membre postérieur

1) Bassin/hanche

Rappel : le chien possède 7 vertèbres lombaires et 3 vertèbres sacrées fusionnées.

❖ Vue ventrodorsale = de face

C’est celle que l’on fera le plus souvent en clinique,


notamment pour détecter la dysplasie de hanche.

Positionnement de l’animal :
- Forte anesthésie : souvent générale pour
que la relaxation soit complète
- Animal couché sur le dos avec un coussin
- Membres pelviens en extension, adduction
et rotation forcée : on ramène les rotules au zénith.

Les RX sont centrés sur la base de la queue. Le champ est ouvert pour inclure les
grassets et les ailes de l’ilium. Il est nécessaire de latéraliser par un marqueur D ou G.

Critères de qualité :
- Zone étendue : du centre du bassin au grasset
- Largeur égale des ailes de l’ilium
- On cherche à voir la jonction lombo-sacrée car certaines anomalies peuvent
conduire à une dysplasie unilatérale.
- Fémurs parallèles
- Patella au centre de la trochlée fémorale

Copyright © DZVET 360, 2021 Page 18 sur 26

18
Module « étudeIMAGERIE - TD1
des membres - technique
» – Anat – TD 5 et choix du matériel
: Technique en radiologie
et matériel osseuse
en radiologie osseuse
– E.SEGARD
Repères anatomiques de la zone à radiographier :

La queue doit être bien étirée et les foramens doivent être bien alignés.

Que dire de ces radios ?

Qualité :
- Positionnement : pas de symétrie entre le bassin. La ligne correspond au
recouvrement de la tête fémorale par l’acétabulum. Les foramens obturés ne sont pas
symétriques et les fémurs non parallèles. On voit l’os pénien
- Grande quantité de matière fécale qui gêne l’interprétation.
- pas de marqueurs.

Copyright © DZVET 360, 2021 Page 19 sur 26

19
Module « étudeIMAGERIE - TD1
des membres - technique
» – Anat – TD 5 et choix du matériel
: Technique en radiologie
et matériel osseuse
en radiologie osseuse
– E.SEGARD

Description :
- Cavité acétabulaire non régulière, importante sclérose de l’os sous chondrale et
ostéophytes.
- On ne distingue pas précisément la tête et le col fémoral : forme géométrique en
pointe et non lisse. Il y a tellement d’ostéophytes que ça fait un bloc donc impossible
à délimiter  sévère arthrose des hanches
- Absence de congruence : il y a une grosse dysplasie coxo-fémorale avancée avec forte
arthrose.

RADIO 2 :

Description :
Sur cette deuxième radio, on peut voir une superposition avec des foramens non
symétriques et la rotule est à nouveau absente. L’espace entre l’acétabulum et la tête
fémorale est important.
On a également des plages d’ostéolyses mal délimitées, signe d’une nécrose aseptique des
têtes fémorales, chez les petits chiens.

Copyright © DZVET 360, 2021 Page 20 sur 26

20
Module « étudeIMAGERIE - TD1
des membres - technique
» – Anat – TD 5 et choix du matériel
: Technique en radiologie
et matériel osseuse
en radiologie osseuse
– E.SEGARD
2) Grasset

❖ Vue médio-latérale = de profil

Positionnement de l’animal :

Critères de qualité :
- Bonne superposition des 2 condyles fémoraux
- Tiers distal du fémur et du tibia visibles.

Repères anatomiques de la zone à radiographier :

Copyright © DZVET 360, 2021 Page 21 sur 26

21
Module « étudeIMAGERIE - TD1
des membres - technique
» – Anat – TD 5 et choix du matériel
: Technique en radiologie
et matériel osseuse
en radiologie osseuse
– E.SEGARD
Que dire de ces radios ?

Qualité : condyles à peu près ok ; angle pas parfait

Description :
- Coussinet adipeux déplacé crânialement par opacité liquidienne : masse.
- Extrémité distale de la patella et proximale. On voit des opacités osseuses, des os
sésamoïdes et le plateau tibial.

❖ Vue caudo-crâniale = de face

Positionnement de l’animal :

Critères de qualité :
- Patella superposée au centre du fémur
- Symétrie des sésamoïdes des gastrocnémiens
- Tiers distal du fémur et tiers proximal du tibia, visibles

Copyright © DZVET 360, 2021 Page 22 sur 26

22
Module « étudeIMAGERIE - TD1
des membres - technique
» – Anat – TD 5 et choix du matériel
: Technique en radiologie
et matériel osseuse
en radiologie osseuse
– E.SEGARD

Repères anatomiques de la zone à radiographier :

Copyright © DZVET 360, 2021 Page 23 sur 26

23
Module « étudeIMAGERIE - TD1
des membres - technique
» – Anat – TD 5 et choix du matériel
: Technique en radiologie
et matériel osseuse
en radiologie osseuse
– E.SEGARD
Que dire de ces radios ?

A VOUS DE JOUER :
Qualité : patella, condyles asymétriques, crête tibiale mal superposée.
Description : On peut voir des productions osseuses de part et d’autre des épicondyles
fémoraux  Arthropathie dégénérative post de la rupture des ligaments croisés.

3) Tarse

❖ Vue de profil : Mediolatérale

Positionnement de l’animal :

Copyright © DZVET 360, 2021 Page 24 sur 26

24
Module « étudeIMAGERIE - TD1
des membres - technique
» – Anat – TD 5 et choix du matériel
: Technique en radiologie
et matériel osseuse
en radiologie osseuse
– E.SEGARD

Critères de qualité :
- Centrage sur le tarse
- Inclure le tiers distal du tibia et les doigts
- Bonne superposition des deux lèvres talienne

❖ Vue de Face : Plantarodorsale ou Dorsoplantaire

Positionnement de l’animal :

Critères de qualité :
- Centrage sur le tarse
- Inclure le tiers distal du tibia et les doigts
- Calcanéus bien superposé au tibia
- Les doigts doivent être bien isolés les uns des autres

Copyright © DZVET 360, 2021 Page 25 sur 26

25
Module « étudeIMAGERIE - TD1
des membres - technique
» – Anat – TD 5 et choix du matériel
: Technique en radiologie
et matériel osseuse
en radiologie osseuse
– E.SEGARD
Repères anatomiques de la zone à radiographier :

III. Conclusion :

Une bonne contention et un bon positionnement de l’animal sont indispensables pour


obtenir une image radiographique de qualité nécessaire à l’interprétation !

Copyright © DZVET 360, 2021 Page 26 sur 26

26
CE DOCUMENT A ETE OFFERT AUX VETERINAIRES ALGERIENS PAR

REDA MOHAMED GUESSOUM, DVM

CE DOCUMENT A ETE OFFERT AUX VETERINAIRES ALGERIENS PAR

REDA MOHAMED GUESSOUM, DVM

27
IMAGERIE - CM 1 - Bases de la radiologie du squelette appendiculaire

IMAGERIE ‐ CM
: 1
Bases de la radiologie du squelette appendiculaire

Sommaire

I. La structure de l’os long ....................................................................................................................... 2


1) Le cortex ............................................................................................................................................ 4
2) La cavité médullaire .......................................................................................................................... 4
3) Le périoste......................................................................................................................................... 5
4) Os sous-chondral .............................................................................................................................. 6
5) Le trou nourricier .............................................................................................................................. 6
6) Epiphyse ............................................................................................................................................ 7
7) Métaphyse ........................................................................................................................................ 7
II. Particularités radiographiques des os long chez l’animal en croissance ............................................ 8
1) Epiphyse ............................................................................................................................................ 8
a) Les plaques de croissance............................................................................................................. 8
b) Apophyses et centres d’ossification secondaires ...................................................................... 11
2) Métaphyse ...................................................................................................................................... 11
3) Diaphyse :........................................................................................................................................ 12
III. Les articulations .............................................................................................................................. 12
1) Le cartilage articulaire .................................................................................................................... 12
2) L’os sous chondral........................................................................................................................... 12
3) Capsule articulaire .......................................................................................................................... 13
4) Les ménisques ................................................................................................................................. 13
5) Les ligaments périarticulaires ......................................................................................................... 13
6) Les coussinets adipeux périarticulaires ......................................................................................... 14
7) Interligne articulaire ....................................................................................................................... 15

Copyright © DZVET 360, 2021 Page 1 sur 16

1
IMAGERIE - CM 1 - Bases de la radiologie du squelette appendiculaire
Module « Etude des membres » – Anat 14 – Bases de radio du squelette appendiculaire – E.SEGARD

Introduction :
Malgré l’émergence des nouvelles techniques d’IRM ou de scanner, la radiologie reste
l’examen numéro 1 en matière d’examen orthopédique car elle permet une évaluation détaillée
de la trame osseuse. Les rayons X sont centrés soit sur les futs osseux, soit sur les articulations.
L’os est d’une très bonne indication car il a un contraste naturel relativement bon : il
est dense et très radio-opaque (il arrête bien les rayons), grâce au calcium qu’il renferme. Il est
composé de 35% de Ca2+, 17% de P, et 12% d’autres minéraux.
En plus de l’os, on peut aussi noter des éléments composites de type graisseux qui
permettent d’avoir un bon contraste en fonction de l’histologie propre.
La radiologie se réalise presque toujours sur un animal anesthésié et sédaté. On exige
donc une qualité parfaite qui permet ensuite d’apprécier les modifications anatomiques, même
subtiles.

I. La structure de l’os long

La structure des os longs est la suivante


- Périoste
- Cortex
- Endoste
- Cavité médullaire = os spongieux/trabéculaire

Copyright © DZVET 360, 2021 Page 2 sur 16

2
IMAGERIE - CM 1 - Bases de la radiologie du squelette appendiculaire
Module « Etude des membres » – Anat 14 – Bases de radio du squelette appendiculaire – E.SEGARD

Il est divisé en différentes parties :


- Epiphyse : C’est un centre d’ossification propre. Il se compose d’os spongieux finement
trabéculé, de l’os sous chondral et de cartilage. Le contour de l’épiphyse doit toujours
être lisse et régulier.
- Plaque de croissance chez un animal en croissance.
- Métaphyse : C’est une zone de transition. Elle n’est plus active chez l’adulte, non
identifiable ni délimitable.
- Diaphyse : C’est la partie centrale de l’os.

Evolution de la structure de l’os : on peut noter ici les


plaques de croissance présentes chez les jeunes individus.

Sur radio de profil d’un coude (à gauche): on voit l’humérus, le radius et ulna. Les diaphyses des différents
os sont relativement identiques. Les épiphyses sont différentes car les surfaces articulaires sont
congruentes.

Radio de grasset (à droite) : on voit les os sésamoïdes entre lesquels passent les tendons d’origine des
muscles gastrocnémiens. On voit aussi la patella = os sésamoïde accessoire.

Copyright © DZVET 360, 2021 Page 3 sur 16

3
IMAGERIE - CM 1 - Bases de la radiologie du squelette appendiculaire
Module « Etude des membres » – Anat 14 – Bases de radio du squelette appendiculaire – E.SEGARD

1) Le cortex

C’est une structure très dense, très compacte ce qui en fait la partie la plus radio opaque de
l’os.
Il possède deux structures bien homogènes : il y a une symétrie entre les parties médiale et
latérale de l’os long.
Son épaisseur est variable :
- En fonction des contraintes auxquelles il est soumis. En effet, c’est le tissu de soutien
de l’os donc si les contraintes sont asymétriques, l’os cortical va avoir une épaisseur qui va
varier et va se déformer. Il va s’épaissir à l’endroit où il y a le plus de contraintes et s’amincir là
où il y en a le moins.
- En fonction de l’âge de l’animal.
- En fonction de l’espèce.

Radio de face d’un membre droit de poulain. Le


cortex est dissymétrique : l’os est plus long en
latéral. Ceci est dû à des contraintes plus
importantes du côté médial. En effet, l’os est
plus court en médial et l’épaisseur de son cortex
est augmentée (on voit un trait blanc plus
opaque)

2) La cavité médullaire

Il s’agit de la cavité interne de l’os. Elle est bordée par l’endoste (= fine couche de tissu
conjonctif contenant des cellules ostéoprogénitrices).
Elle est constituée d’os spongieux mais à sa périphérie elle a un aspect finement trabéculaire
alors que dans sa partie centrale, où l’on trouve la moelle osseuse, elle a un aspect lisse et
homogène d’opacité graisseuse.

Copyright © DZVET 360, 2021 Page 4 sur 16

4
IMAGERIE - CM 1 - Bases de la radiologie du squelette appendiculaire
Module « Etude des membres » – Anat 14 – Bases de radio du squelette appendiculaire – E.SEGARD

Zone périphérique trabéculaire

Zone centrale lisse et homogène

3) Le périoste

Il s’agit de la couche la plus externe : elle se compose d’un tissu conjonctif fibreux accolé à
la surface externe de l’os. Le périoste recouvre tout sauf la surface articulaire (épiphyse).
Sur un os normal, il est difficile de l’identifier. Il contient des cellules ostéoprogénitrices qui
assurent la production de l’os également.
Dans des conditions pathologiques on va avoir deux cas de figure :
- soit la réaction périostée a eu le temps de se faire convenablement (cicatrisation lente) et
alors les lamelles d’os se sont déposées de manière homogène/normale : le périoste est lisse et
homogène on est dans le cas d’une agression bénigne.
- soit la réaction périostée n’a pas le temps de se faire correctement, alors les couches
lamellaires se déposent de manière irrégulière, on est dans le cas d’agressions sévères : la
vitesse de superposition des lamelles osseuses est inférieure à l’érosion causée par l’agression.

Réaction périostée non contrôlée car


non homogène  agression sévère

Copyright © DZVET 360, 2021 Page 5 sur 16

5
IMAGERIE - CM 1 - Bases de la radiologie du squelette appendiculaire
Module « Etude des membres » – Anat 14 – Bases de radio du squelette appendiculaire – E.SEGARD

4) Os sous-chondral

Il supporte le cartilage articulaire qui est non visible car il est composé de liquide donc
d’opacité liquidienne/tissulaire et est donc confondu avec les tissus environnants.
L’os sous chondral délimite l’articulation.
L’observation de l’os sous-chondral est importante car dès qu’il y aura une petite lésion du
cartilage, il va réagir en devenant plus dense et plus blanc. Si l’os sous-chondral est érodé c’est
qu’on a une anomalie du cartilage articulaire : ainsi, les affections du cartilage se répercutent
sur l’os sous-chondral.

Radio shy-line du boulet : on voit le pourtour de l’os sous-chondral. Il répond aux contraintes donc les
parties les plus épaisses sont celles qui reçoivent le plus de contraintes.

5) Le trou nourricier

C’est un trou par lequel passent les vaisseaux sanguins permettant ainsi un apport
vasculaire vers la cavité médullaire.

Attention à ne pas le confondre avec une fracture !! Il apparaitra comme une ligne ou une
structure circulaire radio transparente. En effet, les images radiographiques sont variables en
fonction de la géométrie de la projection. Il faut comprendre que selon l’angle de la radio il se
peut qu’on le voit, ou pas.

Pour être sûr que ce ne soit pas une fracture :


-soit on change d’angle et il doit disparaitre ou changer de forme
- soit on tire le membre controlatéral de la même façon et on doit voir ce trou nourricier
au même endroit
- soit on utilise un produit de contraste
- regarder une pièce anatomique

Copyright © DZVET 360, 2021 Page 6 sur 16

6
IMAGERIE - CM 1 - Bases de la radiologie du squelette appendiculaire
Module « Etude des membres » – Anat 14 – Bases de radio du squelette appendiculaire – E.SEGARD

Radio du métacarpe principal d’un cheval : trou nourricier


Vu de profil du radius : canal légèrement moins opaque = trou
nourricier.

6) Epiphyse

C’est un centre d’ossification propre. Elle est située à


chaque extrémité de la diaphyse.
Elle est constituée :
- D’os spongieux finement trabéculaire
- De l’os sous chondral
- De cartilage
Chez l’adulte normal elle est toujours lisse et régulière.

7) Métaphyse

Chez les animaux adultes normaux c’est une zone de transition entre le cartilage de
croissance et la diaphyse mais cette structure est difficilement délimitable et n’est plus active
chez l’adulte. C’est à cet endroit que l’on pourra observer la croissance en longueur et en
largeur de la diaphyse.

Copyright © DZVET 360, 2021 Page 7 sur 16

7
IMAGERIE - CM 1 - Bases de la radiologie du squelette appendiculaire
Module « Etude des membres » – Anat 14 – Bases de radio du squelette appendiculaire – E.SEGARD

II. Particularités radiographiques des os long chez


l’animal en croissance

1) Epiphyse

Pour un animal en croissance, les contours de l’épiphyse sont possiblement irréguliers. Cela
dépend surtout de l’espèce et du type d’articulation.

Radio de profil de trochlée fémorale irrégulière d’un poulain de


moins de 5 mois : lors du processus d’ossification, certaines
épiphyses ont des contours irréguliers. Si on n’était pas chez
un jeune animal, cela pourrait nous orienter vers un début
d’arthrite septique mais d’autres symptômes seraient en sa
faveur.

Il ne faut pas interpréter cette radio comme une


destruction osseuse ! Le diagnostic différentiel se fera
avec l’expérience, ou en regardant l’os controlatéral.
La tubérosité tibiale est un centre d’ossification
accessoire : il correspond à un ilot osseux séparé par une
large ligne radio-transparente.

a) Les plaques de croissance


La fermeture des plaques de croissance est spécifique d’espèce (et sous dépendance
hormonale).
Il y a plusieurs plaques de croissance par articulation.

Attention : Il y a une différence entre la fermeture radiologique d’une plaque de croissance et


celle physiologique. Il peut y avoir présence d’une plaque de croissance en radio alors que
l’animal a fini sa croissance.
Pour savoir s’il s’agit d’une fracture ou d’une plaque de croissance :
- on regarde dans un ouvrage de radiologie, dans lequel sont répertoriés par espèce tous
les âges de fermeture de toutes les plaques de croissances
- on peut faire une radio du membre controlatéral : on verra alors aussi la plaque de
croissance au même endroit.

Copyright © DZVET 360, 2021 Page 8 sur 16

8
IMAGERIE - CM 1 - Bases de la radiologie du squelette appendiculaire
Module « Etude des membres » – Anat 14 – Bases de radio du squelette appendiculaire – E.SEGARD

Des exemples de plaques de croissances normales

Tubérosité tibiale

Radio du coude d’un jeune chien (gauche) : au niveau des épicondyles de l’humérus on a des lignes
radiotransparentes.
Radio du boulet de poulain (milieu) : Légère ligne plus radio-transparente qui correspond à la tubérosité
tibiale.
Radio de tarse (droite)

Les plaques de croissance peuvent devenir des cicatrices qui restent plus ou moins longtemps.
Elles peuvent être le siège de nombreuses affections juvéniles telles que :
- infections
- fractures : assez fréquent car elles sont très fragiles
- dyschondroplasie

Copyright © DZVET 360, 2021 Page 9 sur 16

9
IMAGERIE - CM 1 - Bases de la radiologie du squelette appendiculaire
Module « Etude des membres » – Anat 14 – Bases de radio du squelette appendiculaire – E.SEGARD

La classification de Salter – Harris étudie les types de fracture. Elle les classe du moins grave au
plus grave

Type 1 : fracture complète mais la plaque de croissance a la


possibilité de réparer donc il n’y pas d’atteinte.
Type 2 : un bout de la fracture remonte.
Type 3 : la fracture passe dans l’espace articulaire.
Type 4 : la fracture passe dans l’espace articulaire +
métaphyse/diaphyse.
Type 5 : la plaque de croissance est refermée : il y a un arrêt de la
croissance ce qui a des répercussions sur l’angulation des
membres.

Fracture de type IV

Copyright © DZVET 360, 2021 Page 10 sur 16

10
IMAGERIE - CM 1 - Bases de la radiologie du squelette appendiculaire
Module « Etude des membres » – Anat 14 – Bases de radio du squelette appendiculaire – E.SEGARD

b) Apophyses et centres d’ossification secondaires

Radio tibia (gauche) : On dirait une fracture mais cela correspond simplement à la fin de l’union de
l’apophyse à la structure osseuse du tibia. En cas de doute on tire le membre controlatéral.
Radio de la fibula (droite) : on dirait une fracture mais c’est un cartilage de croissance. C’est un adulte
dont la croissance s’est terminée. C’est une zone qui est le fruit de l’union de l’ossification : elle a une
apparence de ligne radio-transparente de façon normale.

2) Métaphyse

C’est le lieu de la différenciation des cellules ostéochondrales donc le lieu de remaniements


osseux importants. De même, la vascularisation y est très importante.
Il est normal pour la métaphyse d’avoir cet aspect discrètement irrégulier c’est le cut-back
zone : cela correspond à un pic d’activité de remodelage osseux lié à la croissance.

Radio de grasset et de carpe


de chien

Copyright © DZVET 360, 2021 Page 11 sur 16

11
IMAGERIE - CM 1 - Bases de la radiologie du squelette appendiculaire
Module « Etude des membres » – Anat 14 – Bases de radio du squelette appendiculaire – E.SEGARD

3) Diaphyse :

Pas de spécificité de l’animal en croissance mis à part un peu plus radio-transparente.

A RETENIR : Pour savoir si on a affaire à une plaque de croissance ou pas :


- on lit dans les ouvrages de radiologie l’âge de fermeture de la plaque
- on tire le membre controlatéral

III. Les articulations


Sur le membre, ce sont des articulations synoviales aussi appelées diarthroses.
La surface articulaire est recouverte de cartilage et l’articulation est délimitée par une
membrane/capsule synoviale qui sécrète le liquide synovial.
On y trouve aussi parfois des ménisques et/ou des ligaments qui permettent le soutien
périphérique de l’articulation.

1) Le cartilage articulaire
Il recouvre l’épiphyse. Il est non délimitable car constitué de tissu conjonctif et donc très
faiblement radio-opaque.

2) L’os sous chondral

Il supporte le cartilage articulaire : ses contours sont lisses chez l’adulte et parfois
irréguliers chez le très jeune animal en croissance (= ossification endochondrale).

Radio d’un grasset droit de poulain vue de face : os sous chondral régulier face médiale et irrégulier face
latérale. C’est anormal : les condyles fémoraux d’un poulain à la naissance doivent tous être réguliers. On
a ici une arthrite septique.

Copyright © DZVET 360, 2021 Page 12 sur 16

12
IMAGERIE - CM 1 - Bases de la radiologie du squelette appendiculaire
Module « Etude des membres » – Anat 14 – Bases de radio du squelette appendiculaire – E.SEGARD

3) Capsule articulaire

Elle est d’opacité tissulaire donc non délimitable. Cependant on peut évaluer ses contours
via la radio lorsqu’il y a :
- présence de graisse autour de la capsule.
- distension sévère de l’articulation.

Ici : le coussinet adipeux ( voir 6) qui est radio transparent) nous permet de mettre en évidence la
capsule articulaire qui est un peu plus radio opaque :

Coussinet adipeux
Capsule articulaire

4) Les ménisques

Ils sont d’opacité type tissus mous. Dans le grasset les condyles
fémoraux répondent aux tibiaux grâce au feuillet méniscal.
En cas de lésion méniscale, on aura minéralisation des ménisques :
présence de structure radio-opaque.

5) Les ligaments périarticulaires

Opacité tissulaire homogène.

Copyright © DZVET 360, 2021 Page 13 sur 16

13
IMAGERIE - CM 1 - Bases de la radiologie du squelette appendiculaire
Module « Etude des membres » – Anat 14 – Bases de radio du squelette appendiculaire – E.SEGARD

6) Les coussinets adipeux périarticulaires

Pour le grasset du chien, on les voit avec une incidence médio-latérale.


Pour le grasset de cheval, on les voit avec une incidence latéro-médiale.

Capsule articulaire

Radio : coussinet infra-patellaire. Le contour de la masse synoviale est augmenté = contour de l’ensemble
c’est-à-dire de la capsule articulaire, la membrane synoviale et la synovie.

Sous le ligament pré-patellaire : on a la possibilité d’évaluer la masse synoviale (donc la capsule


articulaire  trait blanc sur la radio). Lorsque le coussinet n’est plus visible (il est un peu plus
opaque que la normale et se confond donc avec la capsule articulaire), cela signifie qu’il y a
effusion de la masse synoviale.

Copyright © DZVET 360, 2021 Page 14 sur 16

14
IMAGERIE - CM 1 - Bases de la radiologie du squelette appendiculaire
Module « Etude des membres » – Anat 14 – Bases de radio du squelette appendiculaire – E.SEGARD

7) Interligne articulaire

Espace radio transparent (opacité tissulaire) qui sépare les surfaces articulaires. Il est
formé par l’apposition des cartilages articulaires.
Lorsqu’on tire des radios d’animaux en appui, on peut interpréter l’épaisseur normale de
l’articulation. En pratique on ne le fait que chez les chevaux, voir chez les bovins. Chez les
chiens ou chats, on prend les clichés en décubitus donc l’évaluation de l’épaisseur articulaire va
être faussée : on ne pourra pas évaluer l’épaisseur normale chez les chiens ou chats à la
différence des chevaux et bovins.

Radio : évaluer l’interligne articulaire : il est plus fin sur la partie médiale que sur la partie latérale on a
donc un amincissement du cartilage articulaire, le cartilage est érodé.
On observe aussi une sévère distension des récessus articulaires : cela est dû à une rupture d’un des
ligaments collatéraux en face médiale, une échographie serait nécessaire.

Copyright © DZVET 360, 2021 Page 15 sur 16

15
IMAGERIE - CM 1 - Bases de la radiologie du squelette appendiculaire
Module « Etude des membres » – Anat 14 – Bases de radio du squelette appendiculaire – E.SEGARD

En conclusion :
La radiographie est l’examen le plus adéquate pour estimer l’avancement de la
croissance osseuse, la présence ou non de fractures ou d’arthrites septiques.
Son exactitude et sa qualité sont nécessaires pour ne pas fausser le diagnostic.

Copyright © DZVET 360, 2021 Page 16 sur 16

16
CE DOCUMENT A ETE OFFERT AUX VETERINAIRES ALGERIENS PAR

REDA MOHAMED GUESSOUM, DVM

CE DOCUMENT A ETE OFFERT AUX VETERINAIRES ALGERIENS PAR

REDA MOHAMED GUESSOUM, DVM

17
IMAGERIE - CM 2 - Sémiologie radiographique du squelette appendiculaire

IMAGERIE ‐ CM 2 : Le squelette appendiculaire

I. Modification de l’opacité osseuse......................................................................................................................4


A. Production osseuse .......................................................................................................................................4
1. Réaction périostée ....................................................................................................................................4
2. Réaction endostée et condensation osseuse .............................................................................................7
3. Les enthésophytes ....................................................................................................................................8
4. La sclérose  non vu cette année .............................................................................................................9
5. Minéralisation extra-osseuse  non vu cette année.................................................................................9
B. Destruction osseuse : Ostéolyse et ostéopénie............................................................................................10
1. Ostéopénie .............................................................................................................................................10
2. Ostéolyse ................................................................................................................................................11
C. Délimitation des lésions : les zones de transition .........................................................................................13
D. Destruction du cortex ..................................................................................................................................15
E. Anomalies des tissus mous ..........................................................................................................................15
F. Distribution et localisation des lésions.........................................................................................................16
II. Caractéristiques d’une lésion osseuse agressive ..............................................................................................17
III. Spécificités des lésions articulaires ..............................................................................................................19
A. Interligne/Espace articulaire........................................................................................................................19
1. Gonflement de l’articulation ...................................................................................................................19
2. Subluxation et laxité articulaire  pas vu cette année ............................................................................20
3. Collapsus articulaire ................................................................................................................................20
4. Minéralisation intra-articulaire ...............................................................................................................21
5. Gaz articulaire (anecdotique) ..................................................................................................................22
B. Anomalies péri-articulaire et de l’os sous chondral et .................................................................................23
1. Anomalies périarticulaires .......................................................................................................................23
2. Anomalies de l’os sous chondral .............................................................................................................24
C. Anomalies d’alignement osseux ..................................................................................................................25
D. Agressivité d’une lésion articulaire ..............................................................................................................25

Copyright © DZVET 360, 2021 Page 1 sur 26

1
IMAGERIE - CM 2 - Sémiologie radiographique du squelette appendiculaire
Module « Etude des membres » – Anat – CM 15 – Squelette appendiculaire – E.Ségard

INTRODUCTION :

Les os se prêtent facilement à l’examen radiographique : ils sont essentiellement


composés de calcium et de phosphore et sont donc relativement denses. Leur opacité
radiographique contraste bien avec les tissus mous environnants.

Les anomalies radiographiques osseuses seront les premières que nous repérerons au
début de notre activité en clinique car ce sont les plus faciles à observer, surtout sur les membres.
Les anomalies des tissus mous (radio thoracique, abdominale) demandent plus d’habitude mais
devront être maîtrisées par la suite.

Rappel : la sémiologie est l’étude des signes cliniques. Nous allons dans ce cours étudier les os,
qui sont les éléments les plus radio-opaques (blancs) car ils sont très denses (minéralisés, peu
d’eau). On recherche des changements de forme, d’opacité, de contours, de position : il faut donc
avoir l’habitude de ce qui est normal pour voir les choses anormales. Si on observe une image
lésionnelle, il faudra donner le nombre de lésions, leur taille…

Les images radiographiques permettent également de mettre en évidence des


déséquilibres de la balance entre l’anabolisme et le catabolisme osseux car l’os est un tissu
vivant qui répond aux agressions systémiques.

Il faut toutefois noter que l’information contenue dans l’interprétation des clichés ne se
résume pas à des éléments structurels. En effet, en tant que tissus vivants, les os reflètent les
modifications du métabolisme général. Ces changements mettent beaucoup de temps à devenir
visibles, mais on pourra les observer à l’examen radiographique.

Les objectifs de ce cours sont de :


- connaître l’apparence radiologique normale des os longs, des articulations et des structures
associées, pour pouvoir ensuite savoir ce qui est une variabilité normale ou ce qui est un signe
d’une affection
- connaître la technique radiographique utilisée pour les incidences classiques des membres
- maîtriser la radio-anatomie des membres
- maîtriser la sémiologie (étude des signes ou des symptômes) pour être capable de décrire et
localiser une lésion

A SAVOIR : Quelque soit l’affection, l’os réagira par deux mécanismes :


- soit par production supplémentaire d’os, alors la radio-opacité sera augmentée
- soit par une lyse osseuse, alors la radio opacité sera diminuée

Copyright © DZVET 360, 2021 Page 2 sur 26

2
IMAGERIE - CM 2 - Sémiologie radiographique du squelette appendiculaire
Module « Etude des membres » – Anat – CM 15 – Squelette appendiculaire – E.Ségard

Comment faire un diagnostic ? Il y a plusieurs points à analyser :


- Est-ce qu’il y a une modification par augmentation ou une diminution de la radio-
opacité ?
- Est-ce que la modification est focale (localisée) ou diffuse ?
- Est-ce qu’il s’agit d’une lésion articulaire ou flux osseux ?
- Est-ce qu’elle touche une seule ou plusieurs zones ? (Monostique ou polystique)
- Est-ce qu’elle affecte les tissus mous autour d’elle ?

Quelques définitions :
Sclérose = augmentation de l’opacité osseuse. Elle peut se faire selon deux mécanismes :
- Augmentation de la densité de l’os lui-même (séquestre, épaississement des trabécules
osseux).
- Superposition d’une production osseuse périostée ou endostée.

A gauche : un carpe de cheval. Une


zone plus blanche au centre de la
cavité médullaire, sous-chondral.
A cet endroit là s’attache un des
principaux ligaments du cheval :
suspenseur du boulet =
enthésopathie : sclérose à
l’origine du ligament
A droite : radius et ulna. Dans la
cavité médullaire de l’ulna on a
une large plage de sclérose
pourtant le contour de l’os est
normal : il n’y a aucune production
périostée.
Il y a deux origines possibles :
réaction endostée ou trabercule
 panostéite

Copyright © DZVET 360, 2021 Page 3 sur 26

3
IMAGERIE - CM 2 - Sémiologie radiographique du squelette appendiculaire
Module « Etude des membres » – Anat – CM 15 – Squelette appendiculaire – E.Ségard

I. Modification de l’opacité osseuse

A. Production osseuse

La modification d’opacité est due à un excès de production osseuse.

Elle a plusieurs origines :


- Apposition ou réaction périostée lorsque l’origine de la production est le périoste.
- Réaction endostée, elle se verra dans la cavité médullaire (entre l’os cortical dense et la
cavité médullaire).
- Ostéocondensation osseuse = sclérose
- Enthésophyte : production osseuse à partir d’un tendon ou d’un ligament.
- (Minéralisation extra-osseuse)
- (Phénomène néoplasique)

Cette production est caractérisée par :


- le temps de formation : suivi de la vitesse de la production osseuse
- l’opacité homogène ou non
- les contours réguliers ou non
- la localisation de la lésion

1. Réaction périostée

L’apparence radiographique est importante : elle définit l’activité du périoste.

Sur une radio normale, le périoste est invisible et se confond avec les tissus mous
environnants. La réaction périostée intervient en réponse à un processus pathologique : elle fait
partie de la cicatrisation osseuse. Elle est souvent assez rapide et forte.

La réaction périostée est d’une grande valeur sémiologique : à une forme de réaction périostée,
on peut associer un type de pathologie/d’étiologie.
- Si elle est lisse, régulière et bien organisée, elle est plutôt bénigne et d’évolution lente.
En effet, les tissus environnants ont eu le temps de circonscrire la production osseuse. Par
exemple, elle se produit suite à la réparation d’une fracture ou d’une périostite traumatique.
- Si elle est irrégulière, discontinue avec des zones étoilées, elle est plutôt maligne et
d’évolution rapide et agressif : les tissus environnants n’ont pas restreint la production osseuse

Copyright © DZVET 360, 2021 Page 4 sur 26

4
IMAGERIE - CM 2 - Sémiologie radiographique du squelette appendiculaire
Module « Etude des membres » – Anat – CM 15 – Squelette appendiculaire – E.Ségard

et sont souvent gonflés. Cela traduit un processus qui peut être lié à une tumeur ou à une
infection de type ostéomyélite.

Remarque : sur les radios présentées ici on voit très bien la différence mais c’est rarement aussi
tranché. Il y a beaucoup d’apparences possibles et de degrés de réactivités différents.

Radio 1 & 2 & 3 : fracture diaphysaire complète déplacée fermée (car sinon on verrait de l’air)
associée à luxation coxo-fémorale. Après réduction de la luxation et grâce au matériel
d’ostéosynthèse, on obtient une apposition périostée : le contour de la diaphyse est convexe.
Apposition périostée pleine, homogène et régulière. Plusieurs mois plus tard, l’os reprend son
opacité et le contour est normal.

Copyright © DZVET 360, 2021 Page 5 sur 26

5
IMAGERIE - CM 2 - Sémiologie radiographique du squelette appendiculaire
Module « Etude des membres » – Anat – CM 15 – Squelette appendiculaire – E.Ségard

Radio : ostéopathie hypertrophique (syndrome


paranéoplasique) : on a un aspect en brosse. Les
productions périostées semblent perpendiculaire
au cortex mais assez bien délimitée. Réaction
périostée palissadique perpendiculaire avec
contour bien défini. Mais ce n’est pas la plus
agressive  syndrôme de kadelwein.
Elle est extensive sur la diaphyse des os longs et
touche plusieurs membres. Il FAUT faire des
radios du thorax car souvent cette lésion
s’accompagne de métastases dans les poumons.

Radio : crâne d’un cheval : on a à nouveau des


spicules à contours irréguliers avec une
augmentation de l’opacité avec contour moins
délimité.
La réaction est agressive => ostéosarcome de la
mandibule d’un cheval.

Radio : contour crânial de la diaphyse du radius, légèrement plus


flou que la réaction palissadique. L’os est lésé.

Copyright © DZVET 360, 2021 Page 6 sur 26

6
IMAGERIE - CM 2 - Sémiologie radiographique du squelette appendiculaire
Module « Etude des membres » – Anat – CM 15 – Squelette appendiculaire – E.Ségard

Radio : réaction périostée extrêmement irrégulière à contour non


délimitable. 

 Radio : tumeurs osseuses primitives,


ostéosarcome.

2. Réaction endostée et condensation osseuse

Il s’agit d’une opacification aussi, mais cette fois elle se trouve à l’intérieur de l’os (=plage de
condensation intra médullaire). Cette opacification est due à un épaississement des trabécules
osseux. Elle est difficile à voir si elle est associée à une ré