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COURS de DYNAMIQUE AVANCEE

Etude d'une pile de pont

Introduction
On étudie une pile de pont avec diverses méthodes utilisées en Dynamique des Structures.

La pile est représentée sur la Figure 1.

Il s’agit d’une pile en béton armé de section circulaire, modélisée avec le modèle simplifié représenté
sur la Figure 1. Le modèle comporte une masse concentrée m0 en tête de pile et une masse repartie m
le long du fût. La pile est considérée encastrée à sa base. L’inertie en rotation du tablier est négligée.
On adoptera un modèle de poutre de type Euler – Navier pour la modélisation de la pile (déformations
de cisaillement négligées).

Le système possède les caractéristiques suivantes :

- Hauteur h = 13m.
- Diamètre de la pile D = 2m.
- Masse concentrée m0 = 1200t.
- Masse volumique du béton ρ = 2.5t/m3.
- Module élastique du béton E = 30000MPa.
- Amortissement du béton armé ξ = 7%.

Définition du chargement
Le chargement imposé sur la pile étudiée est défini au moyen de cinq accélérogrammes
naturels, dont les historiques sont donnés sur les Figures 2 à 6.

Les accélérogrammes sont calés à 0.2g.

Analyse Elastique
La pile est initialement étudiée par une analyse modale spectrale en considérant qu’elle reste
en régime élastique. Le calcul est effectué en prenant en compte le spectre moyen des cinq
accélérogrammes considérés.

La combinaison des modes est effectuée avec la méthode SRSS.

1. Calculer les spectres en pseudo-accélération des accélérogrammes à 5% et 10%


d’amortissement respectivement. Déterminer les spectres moyens des cinq
accélérogrammes. Les spectres moyens serviront pour la mise en œuvre des analyses
spectrales de la pile.
2. Calculer analytiquement les fréquences propres des trois premiers modes de vibration
de la pile (mode fondamental et deuxième mode horizontal et mode vertical). Vous
pourrez utiliser tout solveur approprié (Matlab, Excel…) pour résoudre l’équation
transcendante donnant les fréquences propres des modes horizontaux.
3. Effectuer une analyse modale spectrale de la pile en justifiant le choix de deux modes
horizontaux et un mode vertical.
4. Calculer les grandeurs suivantes : déplacements en tête, effort tranchant et moment à
la base de la pile

Analyse élastique avec coefficient de comportement


En supposant que le coefficient de comportement de la pile q est égal à 2 :

1. calculer le torseur des efforts s’exerçant en base de pile.


2. Sur la base de ces résultats calculer le ferraillage à mettre en place

Pour le calcul du ferraillage, on considère les paramètres suivants :

- Résistance en compression béton fc,28 = 30MPa


- Résistance en traction d’acier f s = 500MPa
- Module d’élasticité d’acier Es = 210000MPa
- Coefficient de sécurité béton γ b = 1.3
- Coefficient de sécurité acier γ s = 1.0
- Raccourcissement admissible du béton 3.5‰.
- Allongement admissible de l’acier 10.0‰.

Pour le calcul du ferraillage on pourra utiliser la feuille de calcul Excel jointe (ou tout autre
moyen, y compris calcul manuel, permettant d’effectuer le ferraillage suivant l’Eurocode 2).

Analyse statique non-linéaire (poussée progressive)


Avec le ferraillage calculé, on procède à une analyse statique non-linéaire de la pile en
poussée progressive (push-over).

La pile de pont est modélisée avec un modèle de poutre multifibre permettant de prendre en
compte de la position réelle des barres d’acier longitudinales ainsi que des lois de
comportement réalistes pour le béton (partie de la section confinée et non confinée) et pour
l’acier.

Le calcul est effectué avec le code Seismostruct.

Les barres d’acier sont modélisées avec un modèle de comportement élastoplastique avec
écrouissage cinématique (modèle stl_bl de Seismostruct). Les paramètres suivants sont
adoptés :

- Résistance en traction d’acier f s = 500MPa


- Module d’élasticité d’acier Es = 210000Mpa
- Paramètre d’écrouissage = 0.005
Le comportement du béton en compression est modélisé avec le modèle non linéaire de
Mander (modèle con_cm de Seismostruct).

Les paramètres du modèle pour la partie confinée du béton sont les suivants :

• Module élastique du béton = 30000Mpa


• Résistance en compression fc = 30Mpa
• Résistance à la traction ft = 2.2Mpa
• Déformation à la contrainte maximale en compression ε c = 2 0 00
• Déformation à la contrainte maximale en traction ε t = 0.2 0 00
• Coefficient de confinement 1.2 pour la partie confinée, 0 pour la partie non confinée.

L’analyse est effectuée en imposant un profil de forces horizontales sur les nœuds du modèle.
Ces forces sont calculées de manière à reproduire les déplacements de la structure suivant le
premier mode élastique. Le poids propre de la structure est imposé en tant que chargement
initial. Les forces horizontales aux nœuds sont augmentées progressivement jusqu’à un
déplacement en tête de la pile égal à 0.20m.

1. Tracer la courbe effort tranchant à la base – déplacement en tête de la pile


2. Tracer la courbe moment d’encastrement – déplacement en tête de la pile

Les résultats de l’analyse statique non linéaire en poussée progressive sont utilisés afin de
calculer le déplacement maximal en tête et la ductilité développée dans la pile vis-à-vis de la
sollicitation sismique considérée. Pour ce type de calcul, on effectue les étapes suivantes :

i. Calculer les spectres moyens (des cinq accélérogrammes considérés) anélastiques à


ductilité constante pour une plage de valeurs de ductilité. Ici, on considère µ = 1.5, 2.0, 2.5 et
3.0. Les spectres sont représentés au format ADRS. Pour le calcul des spectres utiliser le
logiciel Seismosignal

ii. Transformer la courbe force - déplacement issue de l’analyse statique non-linéaire, en


format de diagramme de capacité. Le diagramme de capacité se déduit de la courbe effort V -
déplacement Δ par le changement de coordonnées suivant :

V /W
Sa =
α

Sd =
PFφ T

Dans le cas de la pile de pont, les forces d’inertie se développent presque uniquement dans la
masse en tête de la pile. On peut donc considérer W = m0 g et= α PF= φT 1 . Dessiner le
diagramme de capacité, exprimé dans ces coordonnées sur le même graphique que le spectre
de réponse au format ADRS.

iii. Afin de permettre le calcul de la ductilité à partir du diagramme de capacité, on


procède à une bi-linéarisation du diagramme de capacité. La courbe bilinéaire est construite
par deux pentes : pente de réponse élastique et pente de réponse élastoplastique. La pente de
réponse élastique est définie par deux points : l’origine et le point dans le diagramme de
capacité qui correspond à la première plastification des aciers dans la section de la pile. La
pente élastoplastique est prise égale approximativement à la pente d’écrouissage introduite
dans la loi de comportement des aciers.

3 Déterminer le point le point de fonctionnement de la structure. Préciser la valeur de la


ductilité développée et la valeur du déplacement associé.

Analyse temporelle non linéaire


On effectue finalement des analyses temporelles non linéaires pour les cinq accélérogrammes
retenus. Les analyses sont effectuées avec le code Seismostruct en conservant les modèles de
matériaux non linéaires adoptés pour l’analyse en poussée progressive.

1 Pour chaque accélérogramme, représenter l’effort tranchant à la base du modèle et le


moment d’encastrement en fonction du déplacement relatif entre la tête et la base de
la pile.
2 Comparer les courbes obtenues aux résultats de l’analyse en poussée progressive.
Commenter les différents points remarquables des courbes
3 Récapituler les résultats en termes de déplacements en tête dans un tableau et
comparer la valeur moyenne à celle obtenue par l’analyse en poussée progressive et
l’analyse avec coefficient de comportement (attention !! il y a un piège pour cette
dernière question)

On notera la variabilité des réponses de la pile pour les cinq accélérogrammes. Même si
l’accélération maximale vaut 0.2g pour tous les accélérogrammes considérés, les
déplacements maximaux en tête de la pile varient entre 11 (Rec1) et 35 centimètres (Rec3).
1. Pile de pont et modélisation adoptée.
2. Historique d’accélération – Record 1.
3. Historique d’accélération – Record 2.
4. Historique d’accélération – Record 3.
5. Historique d’accélération – Record 4.
6. Historique d’accélération – Record 5.
c
tu m0
re
m
o
d
é
lis
é
e
m h
D
ACCELEROGRAMME 1
0.25

0.20

0.15

0.10

0.05

0.00

ACCÉLÉRATION (G)
-0.05

-0.10

-0.15

-0.20

-0.25
0 5 10 15 20 25 30 35 40 45 50
TEMPS (S)
ACCELEROGRAMME 2
0.25

0.20

0.15

0.10

0.05

0.00

ACCÉLÉRATION (G)
-0.05

-0.10

-0.15

-0.20
0 5 10 15 20 25 30 35 40 45 50
TEMPS (S)
ACCELEROGRAMME 3
0.25

0.20

0.15

0.10

0.05

0.00

ACCÉLÉRATION (G)
-0.05

-0.10

-0.15

-0.20

-0.25
0 5 10 15 20 25 30 35 40 45 50
TEMPS (S)
ACCELEROGRAMME 4
0.25

0.20

0.15

0.10

0.05

0.00

ACCÉLÉRATION (G)
-0.05

-0.10

-0.15

-0.20

-0.25
0 5 10 15 20 25 30 35 40 45 50
TEMPS (S)
ACCELEROGRAMME 5
0.25

0.20

0.15

0.10

0.05

0.00

ACCÉLÉRATION (G)
-0.05

-0.10

-0.15

-0.20

-0.25
0 5 10 15 20 25 30 35 40 45 50
TEMPS (S)