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Module de Géologie Générale Responsable du module : Professeur Abdellah


Boushaba

Chapter · October 2019

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Boushaba Abdellah
Sidi Mohamed Ben Abdellah University
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Université Sidi Mohamed ben
Abdellah
Faculté des Sciences Dhar El

Module de Géologie Générale


SVI-STU, S1 / AU : 2019-2020

Responsable du module :
Professeur Abdellah Boushaba
1
Chapitre 1 : INTRODUCTION AUX SCIENCES DE LA TERRE

La géologie est la science qui étudie la Terre. Cette étude permet non seulement de voir comment
la Terre nous apparaît, mais aussi comprendre comment elle s'est formée, quelle a été sa vie, de quoi elle
est construite, apprendre ce qui se passe en son intérieur invisible et aussi peut-être pourquoi elle a vu
naître un phénomène bien particulier, la vie. La géologie, comme toute autre science, exige le suivi d'une
démarche scientifique : toute théorie y est donc le fruit d'un travail d’observations, de questions,
d’expériences, d’hypothèses, et de conclusions.

Ce cours vise à la fois l'acquisition d'une connaissance théorique adéquate des grands phénomènes
qui régissent la Planète (sa dynamique, son histoire), et aussi l'acquisition de connaissances pratiques (les
matériaux, les ressources, les risques naturels), dans une perspective de formation de base en science
de la Terre et de développement de la culture scientifique chez l'étudiant universitaire, en particulier :.
• l'acquisition d'une connaissance de base des grands phénomènes qui régissent la Planète;
• l'obtention d'un bagage suffisant de connaissances en sciences de la Terre pour bien
comprendre et mieux apprécier la littérature scientifique de ce domaine et ainsi développer des
habitudes de lectures en sciences géologiques;
• le développement d'un esprit critique par la présentation et la discussion des problèmes
généraux en sciences de la Terre et la formulation d'éléments de solution.
• le développement d'une vision physique de la Planète qui lui permettra de mieux comprendre la
relation de l'Homme avec son milieu physique.
• la gestion de l'environnement: l'acquisition des connaissances de base concernant le milieu
géologique, une composante essentielle de l'environnement.
• enfin l’étudier de certaines propriétés des matériaux géologiques et leur utilité en génie civil.

Dans cet enseignement, nous allons essayer de montrer les grands traits de la géologie en quelques
modules se rapportant au programme de Sciences de la Terre à l’Université. La géologie est, en effet,
divisée elle-même en plusieurs domaines dont nous allons explorer quelques uns au fil des 6 semestres de
la Licence STU :

Géodynamique interne : étude des facteurs internes à l’origine des roches.


Géodynamique externe : étude de l’évolution des roches et des paysages sous l’influence de facteurs
externes.
Pétrographie : étude des roches utilisant la minéralogie (assemblage des minéraux) et la cristallographie
(propriétés des cristaux).
Tectonique : étude de la déformation et du déplacement des formations géologiques.
Géochronologie : - méthodes permettant de dater les roches et les minéraux par des isotopes radioactifs
(géochronologie absolue). - datations basées sur les principes de la stratigraphie et la répartition des
fossiles (géochronologie relative).
Stratigraphie : étude de la succession des sédiments.
Paléontologie : étude des fossiles, reliques d’êtres vivants.
Paléogéographie : reconstitution des paysages.
Paléoclimatologie : reconstitution des climats du passé à partir des isotopes, des traces de glaciations
et des associations de fossiles.
Géochimie : étude de la chimie des constituants des roches.
Géologie appliquée : ressources minérales, hydrogéologie, risques naturels, travaux publics,...
Géologie du Maroc : son histoire depuis le Précambrien jusqu’à l’Actuel.

Parallèlement aux cours magistraux et aux Travaux Dirigés (TD) théoriques, les étudiants suivent des
enseignements sous forme de Travaux Pratiques (TP) et de sorties sur le terrain (pour la Filière STU).

2
• Travaux pratiques en laboratoire : initiation à la lecture de cartes topographiques et géologiques
avec établissement des profils topographiques et des coupes géologiques; identification des minéraux,
des roches et des fossiles.
• Sorties de terrain : consacrées à l'observation directe des structures géologiques dans les
sédiments et les roches et à l'interprétation des paysages géologiques de manière à établir des
relations chronologiques et d'émettre des hypothèses sur l'histoire géologique d'une région , s’appuyant
sur les principes de la stratigraphie étudiés dans le cours.

En définitif, ce cours a pour objectif de donner à l’étudiant les compétences et les aptitudes à :

- comprendre la formation et la composition de la terre, du minéral à la roche et les aspects


fondamentaux de leurs transformations, physiques ou chimiques.
- comprendre les processus sédimentaires et le transfert des sédiments des bassins versants
jusqu'à leur stockage dans un bassin de sédimentation (lac, mer,…).
- maîtriser les outils de la cartographie et de la localisation par les méthodes classiques et
satellitaires.
- maîtriser les outils numériques et le traitement de données de géosciences.
- maîtriser les disciplines du géologue : cartographie, pétrologie, minéralogie, géophysique,
métallogénie,…
- mettre en pratique ses connaissances.
- communiquer dans une langue étrangère autre que le Français (Anglais particulièrement).

Comme débouchés et insertion professionnelle, les métiers visés sont :

- Géologue,
- Ingénieur géologue,
- Mines et carrières (Recherche de ressources minières et pétrolières),
- Géophysique de surface,
- Gestion des ressources en eau (hydrogéologie, hydraulique, bassins versants).
- Pollution des sols et de l’environnement (Environnement et Protection des ressources naturelles,
Archéologie, Agriculture, Aménagement, Gestion des déchets domestiques, industriels et
nucléaires),
- Protection du littoral (Gestion et exploitation des milieux côtiers, étude des milieux océaniques),
- Gestion des risques naturels (volcanologie, glissements de terrain, tsunamis, etc.)
- Géotechnique (génie civil, carrières)
- Enseignement (Education et Formation dans les établissements du Secondaire ou Universitaires).

3
Chapitre 2 : CADRE COSMOLOGIQUE DE LA TERRE ET
CARACTERISTIQUES

I- Introduction

La Cosmologie est la science qui étudie l’Univers (sa structure, sa formation et son évolution).
La question de ses origines est l'une des plus fondamentales que l'homme puisse se poser, et si l'on
parvient assez bien à décrire et à comprendre l'Univers où nous nous trouvons, beaucoup reste encore à
expliquer sur la manière dont la vie a pu apparaître sur Terre. Nous essaierons dans ce chapitre de donner
un panorama de l'Univers et de son évolution, ainsi que de ses composants (galaxies, étoiles, milieu
interstellaire, etc.), afin de rendre compte de la formation des atomes qui se sont ensuite regroupés en
des chaînes carbonées constituant la matière vivante.
L’étude de l’Univers suppose que celui-ci puisse être assimilé à un objet physique qui obéit à des lois au
même titre qu’une particule élémentaire. Cette hypothèse fondatrice de la Cosmologie est pourtant
hardie car on applique à l’Univers qui est le Tout (= à la fois l’espace, le temps et la matière : la trame
même des lois physiques) des lois de même nature que ses constituants.
Face à la complexité d’un Univers démesurément grand et définitivement inaccessible, les physiciens ont
posé un axiome simplificateur connu sous le nom de principe cosmologique qui dit : à grande échelle
l’Univers est homogène et isotrope.
A l’échelle de l’Univers, la physique est soumise au pouvoir absolu de la gravitation. Cette dynamique
permet de décrire l’évolution du « contenu » de l’Univers mais ne nous renseigne pas sur l’Univers lui-
même. Ceci puisque la mécanique classique renvoie l’image d’un espace et d’un temps statiques. Il fallut
attendre la théorie de la relativité générale pour que l’Univers accède au statut d’objet physique.
Armée du principe cosmologique et de la relativité générale, la cosmologie a pu enfin se lancer à la
découverte de l’histoire de l’Univers.
Avec les progrès technologiques actuel et futur, beaucoup de notions cosmologiques acquises vont être
précisées, d’autres vont être découvertes. Le satellite Planck par exemple, lancé en 2009, devrait
améliorer notre connaissance du sujet et aussi permettre de mieux déterminer les paramètres entrant
en jeu dans les modèles cosmologiques.
En utilisant des instruments du VLT (Very Large Telescope), une équipe d'astronomes
britanniques (dont l'astrophysicien Paul Crowther, de l'université de Sheffield) a découvert en 2010,
l'étoile la plus massive connue à ce jour. Baptisée R136a1, elle a une masse équivalente à environ 265
fois celle du soleil et est également près de dix millions de fois plus lumineuse (53 000 °K
contre 6 000 °K pour notre étoile). Avec une masse à la naissance estimée à 320 fois la masse de notre
soleil (diamètre estimé à 417 600 000 km contre 1 392 000 km), soit un plus de deux fois les 150
masses solaires considérées actuellement comme la masse maximale pour une étoile. Les astronomes
s’interrogent sur les processus qui ont pu engendrer un tel monstre, car ils pensaient que les limites
théoriques sont de 150 masses solaires. Le record de l'étoile la plus grosse vient donc d'être battu, pour
ne pas dire pulvérisé !
La géante a été découverte au centre d'un amas d'étoiles de la nébuleuse de la Tarentule, elle-même
située dans le Grand nuage de Magellan, galaxie se trouvant à 165 000 années-lumière de notre Voie
lactée.

4
II- La théorie du «Big Bang »
Le Big Bang est le modèle cosmologique aujourd'hui adopté par la majorité des astrophysiciens.
Ce modèle ne prétend pas être la vérité absolue, mais sa précision dans sa description des phénomènes
astronomiques et ses prédictions maintes fois validées font de lui un modèle de premier ordre.
Cette théorie de l’évolution de l’univers propose que celui-ci est le résultat d’une « explosion » originelle
de l’espace-temps, suivie d’une expansion. Cette rapide expansion eut lieu partout à la fois sur la totalité
de l’espace-temps.
Dans quel état se trouvait l’Univers avant le « Big Bang » ? La science ne peut répondre à cette question
car les conditions physiques qui régnaient alors ne peuvent être décrites par le moyen des théories
actuelles.
Les modèles actuels nous permettent de remonter le temps jusqu’aux tous premiers instants du
cosmos. Il y a cependant une limite dans cette remontée, car en deçà d’un certain temps, la physique
moderne n’est plus valide. En effet, la théorie de la relativité et la théorie de la physique quantique se
contredisent en deçà de cet instant. Les différentes méthodes utilisées pour mesurer l'âge de l'univers
ont permis d’estimer entre 10 et 20 milliards d'années le moment qui nous sépare du Big Bang.
D'après des données purement hypothétiques on a, à l'origine, un milieu très chaud et très dense,
concentré en un point qui serait moins gros qu'une particule d'atome !. Toutes les particules contenues
dans ce point sont dissociées et toute association éventuelle est instable. Puis le Big Bang a lieu.
Les particules vont alors se repousser mutuellement, ce qui a pour conséquence l'expansion de l'univers
et donc un début de refroidissement. Puis elles vont se diviser plusieurs fois dans un temps légèrement
plus long chaque fois, et ainsi de suite,...
Il faut penser que la taille de ces particules formées n'est pas réduite, seule la quantité de matière et
de chaleur est diminuée.
On peut alors distinguer 4 étapes principales selon les particules qui se forment :
1) L'ère hadronique (durée : 10-43 secondes)
L'expansion et le refroidissement se poursuivent, puis les quarks apparaissent quelques instants
après le Big Bang. Il règne alors une température de 1036 °K et le diamètre de l'univers serait comparable
à celui d'un proton ! (La notion de gravité paraîtrait à cet instant).
L'univers se refroidit et grandit encore, et, à 10 -4 s (0,0001 seconde) après le Big Bang, les quarks
s'assemblent 3 par 3 pour former les nucléons (ou hadrons) qui correspondent aux protons et neutrons.

Fig. 1 : les particules de la matière.

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2) L'ère leptonique (durée : 10 secondes)

La température décroît et, à 109 °K, la force nucléaire faible agit et conditionne l'interaction des
noyaux et des particules : électrons et neutrinos se forment.

3) L'ère radiative (durée 1 Ma)

A 3,2.104 années, les nucléons s'assemblent entre eux, ou avec des électrons, pour former des
atomes et donc la "vraie" matière. On dit qu'il y a alors découplage entre la matière et le rayonnement,
c'est à dire que les atomes d'hydrogène formant la matière deviennent indépendants du rayonnement,
qui est constitué par les photons. L'Univers devient alors transparent, les photons peuvent circuler. Les
photons du fond diffus cosmologique ont été émis à cette période. Ils nous permettent donc de "voir"
l'Univers tel qu'il était environ 300 000 ans après le Big Bang. La température n'est alors plus que de
1000 °K et l'univers a la taille d'une galaxie. L'ère stellaire débute,

4) L'ère stellaire (jusqu'à maintenant)

Il n'y a plus d'interaction entre rayonnements et matières. De vastes nuages de matières (atomes
simples, particules) constituent alors le seul relief de l'univers !
L'expansion et le refroidissement se poursuivent toujours et, à 15 milliards d'années après le Big Bang,
nous sommes dans la situation actuelle, c'est-à-dire une température moyenne de 3°K et un diamètre
d'environ 25 Milliards d'années-lumière.
Sous l'influence de la force gravitationnelle, la matière se rassemble de place en place. Une
hiérarchisation va se créer entre étoiles, galaxies, amas de galaxies.
La distribution des étoiles et des groupements d'étoiles dans l'univers est actuellement homogène, on
dit que l'univers a une structure isotrope.

III- Composition actuelle de l’Univers

1) Les Galaxies

Depuis la fin des années 1980, l'observation des grandes structures de l'Univers a fait des
progrès énormes. On utilise pour cela la mesure de très nombreux décalages spectraux (voir TD) de
galaxies et on analyse la manière dont les galaxies sont distribuées dans l'espace. Les galaxies sont des
immenses structures complexes d'étoiles, de nuages interstellaires et de poussières pour faire des
milliards d'étoiles nouvelles en plus d’au moins dix fois autant de matière sombre que toutes les étoiles
et gaz, le tout réuni par la gravité. La Voie Lactée, notre galaxie, contient plus d'une centaine de milliards
d'étoiles (à l'échelle universelle, elle se situe dans la moyenne des galaxies spirales. Les galaxies ne sont
pas distribuées de façon aléatoire dans l'Univers, elles ont tendance à se regrouper en groupes (une
cinquantaine de galaxies) ou en amas (une cinquantaine à plusieurs milliers de galaxies), eux-mêmes
groupés en superamas. La Voie Lactée, Andromède et M33 font partie du Groupe Local qui contient une
quarantaine de galaxies. Ces trois dernières représentent les plus gros objets du Groupe Local qui est
composé d'une majorité de galaxies elliptiques naines et irrégulières.
Edwin Hubble a montré que les galaxies semblaient s'éloigner de nous, à une vitesse d'autant plus
grande qu'elles étaient lointaines. Cette propriété fondamentale qui implique que l'Univers est en
expansion, est à la base de la cosmologie moderne. Elle constitue l'un des trois arguments extrêmement
forts en faveur du modèle cosmologique standard, dit du Big Bang; les deux autres étant l'observation
du fond diffus cosmologique et les abondances des éléments légers (hydrogène, hélium et lithium).
On connaît peu de choses sur la formation des galaxies, la gravitation a dû y jouer un grand rôle
puisqu'elle prédomine encore dans la hiérarchisation en amas et superamas.

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Encore plus loin de nous, nous touchons aux limites de l'Univers observable. Découverte en 2004,
la galaxie la plus lointaine observée à ce jour n'est pas très spectaculaire, mais songeons que sa lumière
a mis 13,2 milliards d'années à nous parvenir !
Dans une galaxie, toutes les étoiles tournent autour d'un axe. Il existe plusieurs types de
galaxies que l'on classe selon leur morphologie.
Edwin Hubble (1889 - 1953), astronome américain, a proposé en 1926 la classification
morphologique des galaxies suivante appelée : la séquence de Hubble.

* Les galaxies spirales : notre galaxie, la Voie Lactée, ressemble à un disque (Fig. 2). C'est une
galaxie spirale comme 25 % des galaxies de l'univers. Les bras des spirales sont issus de la compression
de la matière à cause de la rotation de la galaxie. Ils apparaissent comme des lieux privilégiés de
formation stellaire. En effet les nuages interstellaires, plus nombreux, ont plus de chance d'entrer en
collision sous l'effet de l'augmentation de densité.
Les galaxies spirales sont entourées d'un halo galactique formé de gaz et de poussières (Fig. 3) dans
lequel on trouve des étoiles isolées et des amas globulaires.
* Les galaxies elliptiques (65 % des galaxies) : n'ont pas de structures évidentes, à part leur
symétrie elliptique ou sphérique (Fig. 4). Elles sont composées en majorité d'étoiles âgées et sont le
siège d'émissions radios importantes, d'où leur nom de radiogalaxies.
* Les galaxies irrégulières : qui n'entrent pas dans ces 2 types principaux, ne représentent que
10 % des galaxies, elles sont riches en matières interstellaires et pauvres en éléments lourds.
Plus les galaxies évoluent, plus la matière interstellaire est consommée par les étoiles qui rejettent à
leur mort des éléments lourds.

Fig. 2 : galaxie spirale (A : schéma)


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Fig. 2 : galaxie spirale (B : photo réelle).

Fig. 3 : structure schématique d'une galaxie spirale.

Fig. 4 : galaxie elliptique typique.

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2) Les nébuleuses

Vaste nuage de matière interstellaire (composée de poussières et de gaz) où la densité est


nettement supérieure à celle de l'espace interstellaire. Le gaz est un mélange de molécules variées : en
plus de l'hydrogène moléculaire (H2) qui est majoritaire, on y trouve des alcools, de l'ammoniac, des
aldéhydes (proches des sucres) et de l'eau. Ces molécules sont issues de la rencontre et la combinaison
des atomes produits par l'étoile.
Cet amas de gaz peut provenir d'une explosion unique d'une nova ou d'une supernova, comme pour la
nébuleuse du Crabe.
La température des nuages interstellaires est suffisante pour que la pression contrebalance la
gravitation, le nuage est en équilibre. Mais sous l'effet de poussières et de molécules complexes, la
température baisse et le nuage tend alors à s'effondrer sous son propre poids. Ce phénomène peut
être également déclenché ou aidé par une explosion d'étoile voisine ou une collision avec un autre nuage
qui comprime la matière interstellaire et rompt l'équilibre entre pression et gravité.
Les étoiles se forment à l'intérieur de certaines nébuleuses comme celle, très connue, d'Orion ou de la
Rosette.

Fig. 5 : une nébuleuse.

3) Les étoiles

Une étoile est un astre, formé de gaz, à l'intérieur duquel se produisent des réactions de fusion
thermonucléaire. Ces réactions sont à l'origine du rayonnement électromagnétique. La détection des
étoiles est facilitée grâce à leur rayonnement. Ainsi, plusieurs milliers d'étoiles sont visibles à l'œil nu.
On estime à plusieurs centaines de milliards le nombre d'étoiles figurant dans notre galaxie (la Voie
Lactée) uniquement.

Les étoiles prennent naissance dans une nébuleuse primordiale, à partir des nuages de matières
interstellaires gigantesques (environ plusieurs centaines de millions de kilomètres et d'une masse allant
de 1 à plusieurs millions de masses solaires) présents dans l'univers après le Big bang.
Après un événement déclencheur, la matière va à l'appel de sa propre gravité, se contracter et se
réchauffer. Le nuage se décompose alors en plusieurs nuages plus petits, mais plus denses, qui se
contractent à leur tour. Les premiers embryons stellaires apparaissent. Grâce aux mouvements des
charges électriques accélérées, ils émettent des rayonnements radios et infrarouges.
La contraction gravitationnelle du cœur et l’accrétion (= formation) de la matière des zones externes
sont les seules sources d’énergie à ce stade. L’énergie rayonnée par la proto-étoile est donc d’origine
purement gravitationnelle.

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Ces proto-étoiles ne brillent pas, on les appelle "T Tauri", du nom de la première étoile de ce type
découverte dans la constellation du Taureau.

Fig. 6a : nuages de matière interstellaire

Fig. 6b : formation du disque d’accrétion.

a) La nucléosynthèse

Vers t = 1 s, la température est de l'ordre de 1010K et l'univers est une soupe de protons,
neutrons et électrons en nombre à peu près égal, en équilibre thermique et chimique dans un brouet
de photons et de neutrinos. La nucléosynthèse des noyaux légers peut commencer.

Les collisions se multiplient, des photons dont l'énergie est de plus en plus élevée apparaissent sans
cesse. D'infrarouge, la lumière émise passe au rouge, l'étoile devient "visible", selon sa masse elle virera
au jaune ou au bleu. La température centrale de l'étoile dépasse 1010 °C. A cette température, la
répulsion électrique des protons est vaincue. A ce stade, la force nucléaire entre en jeu : 2 noyaux
d'hydrogène (protons) se rencontrent, fusionnent et forment du Deutérium (hydrogène lourd). Ce
Deutérium fusionne ensuite avec un proton pour former de l'Hélium 3 (3He). Il faut ensuite 2 noyaux
d'hélium 3 pour donner l’hélium 4 (4He).
Cette nucléosynthèse, véritable fusion nucléaire, produit de l'énergie nucléaire sous la forme de
photons. L'excédent de masse (la masse des particules fusionnées est plus faible que leur masse
lorsqu’elles sont séparées) est converti en énergie selon la célèbre formule : E = mc2.

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Des résultats présentés le vendredi 23 septembre 2011 au cours d'un séminaire au CERN (Laboratoire Européen pour la
Physique des Particules) à Genève, ont détecté des particules, les neutrinos, filant plus vite que la lumière. L'écart relatif,
bien que faible, est significatif : quelque 0,002 % de plus. Un des piliers de la physique, le caractère indépassable de la
vitesse de la lumière (près de 300 000 kilomètres par seconde), serait donc ébranlé. Si ce résultat se confirme, cette
relation d’Einstein (et d’autres notions de la Physique) est à revoir !

Fig. 6c : chaîne proton-proton à l'intérieur d'une étoile.

Cette étape majeure, va se manifester par un changement de comportement de l’étoile: les réactions
thermonucléaires vont fournir l'énergie nécessaire pour contrecarrer l'action de la force de
gravitation. L'étoile n'a plus besoin de se contracter pour obtenir de l'énergie qui lui permet de briller
et de supporter son propre poids. Les contractions s'arrêtent alors.
Vue de l'extérieur, l'étoile ne se modifie plus, elle va donc garder son diamètre et sa couleur inchangés
pendant tout le temps que durera la fusion de l'hydrogène en hélium.
La nucléosynthèse primordiale n'a guère pu fabriquer que de l'hélium 4, et ce sont les étoiles, disposant
de densités beaucoup plus élevées et de beaucoup plus de temps qui synthétiseront les éléments plus
lourds.

b) L’évolution des étoiles


Lorsque s'amorce la combustion de l'hydrogène, chaque étoile possède une luminosité à peu près
proportionnelle au cube de sa masse. Le temps que dure cette combustion dans le noyau représente la
phase la plus longue de sa vie. Dans le Soleil qui s'y trouve actuellement, elle durera au total quelque
cinq milliards d'années ! Durant cette phase, il nous semble qu'il n'y ait plus aucune évolution chez l'étoile.
b1) Les petites étoiles (1,5 fois la masse solaire) :
Quand il n'y aura plus d'H2 à transformer en He dans le coeur stellaire, la phase nucléaire se
terminera. La durée de cette phase dépend de la masse de l'étoile. En effet, plus une étoile est massive,
plus elle brille et donc plus elle épuise rapidement ses réserves en H 2.
A ce moment-là, l'énergie produite par la nucléosynthèse s'épuisant (le cœur de l'étoile ne contient plus
que de l'hélium, trop stable pour fusionner), la température va baisser dans l'étoile. La force
gravitationnelle prédomine alors et l'étoile va se contracter, ce qui fait de nouveau augmenter la
température. Cela va permettre de pouvoir utiliser les molécules d'He se situant en dehors du coeur
stellaire. La température montera à 100.10 9 °C à l'intérieur de l'étoile. La rencontre de 3 noyaux d'He
va donner un carbone et de l’oxygène. Grâce à l'énergie dégagée par cette réaction, la contraction va se
ralentir. Pendant ce temps, le coeur va continuer à se contracter sous l'effet de la gravitation et
transférer cette énergie à la surface de l'étoile qui va amplifier son gonflement tout en se refroidissant.
Le diamètre de l'étoile peut être multiplié par un facteur 200, tandis que la baisse de température va se
traduire par un décalage du rayonnement vers le rouge : l'étoile devient ce que l'on appelle une géante
rouge.

11
La dilatation de ses enveloppes externes aboutit à la dispersion des atomes dans l'espace. Les restes
éparpillés de ces enveloppes forment ce que l'on appelle une nébuleuse planétaire. Celle-ci va se
disperser dans le milieu interstellaire en quelques centaines de milliers d'années.
Le processus s'arrête lorsque tout l'hélium est épuisé et que la température n'est pas suffisante pour
amorcer la fusion du carbone : le coeur de l'étoile, constitué d'atomes de C principalement et d’oxygène,
n'est plus le siège de réactions thermonucléaires. L'étoile est alors une naine blanche ayant une densité
très élevée.
Les naines blanches gardent la rotation de l'étoile initiale tout en étant beaucoup plus petites. Elles ne
peuvent que rayonner leur chaleur résiduelle en se refroidissant cependant. Une fois leur température
assez basse, elles deviennent des astres morts, des naines noires.
On peut suivre aisément cette évolution des étoiles grâce au diagramme HR (de Hertzprung-
Russel) ci-dessous.
Un corps, chauffé à une température déterminée, émet un rayonnement spécifique.
Les étoiles jaunes, à leur surface, ont une lumière de 6000°K; les étoiles bleues, par contre, ont une lumière
de 15 000 à 16 000 000°K, c'est un intense rayonnement gamma.
Le rayonnement à 3°K, ou rayonnement fossile, est celui qui se répand dans une enceinte refroidie à cette
température. On le retrouve partout dans l'univers.
Dans le diagramme HR, toutes les étoiles peuvent être représentées par un point dans un plan dont l'axe
horizontal est gradué en température de surface (ou en couleur), donc en classe spectrale, tandis que les
luminosités (quantité totale d'énergie émise) figurent sur l'axe vertical. Ce diagramme permet donc de classer
les étoiles, c'est un outil indispensable pour décrire les propriétés et l'évolution d'une étoile. Ainsi voyons-nous
:
 une bande étroite traverse notamment en diagonale tout le diagramme. C'est la fameuse séquence
principale qui rassemble toutes les étoiles qui, quel que soit leur âge, brûlent encore de l'hydrogène dans leur
cœur;
 dans le coin supérieur gauche. se trouvent les étoiles de type O et B - les plus chaudes et les plus
bleues - et en bas à droite, les naines rouges de classe M. lI apparaît ainsi très clairement qu'une étoile
passe la plus grande partie de son existence à brûler son hydrogène. Son évolution ultérieure se traduira par
des déplacements, voire des aller-retours sur ce diagramme.
 les autres zones regroupent les étoiles évoluées qui ont épuisé leurs réserves d’hydrogène. Au-dessus
de la séquence principale dont elles se sont échappées, les géantes et les supergéantes rouges sont
encore des réacteurs thermo-nucléaires. Mais elles brûlent des éléments chimiques différents, tels que
l'hélium, le carbone ou l'oxygène.
 en dessous de la séquence principale, on trouve les étoiles moribondes, comme les naines blanches,
qui s'éteignent à petit feu.

Diagramme HR

12
b2) Les grosses étoiles (plus de 1,5 fois la masse solaire)
Le mécanisme de leur naissance est voisin de celui des petites étoiles mais il est beaucoup plus
rapide (car massives, elles ont des températures centrales beaucoup plus élevées; elles s'éteignent donc
rapidement, après trois ou quatre millions d'années). Les protons hydrogènes produisent de l'hélium par
les réactions thermonucléaires surtout.
Alors que la production d'une étoile peu massive s'arrête au carbone, une étoile massive est capable
d'engendrer en son cœur des températures et des pressions assez élevées pour amorcer toute une série
de réactions de "combustion" de plus en plus complexes, en commençant par la combustion du carbone en
néon, sodium et magnésium, puis la combustion du néon en oxygène et enfin celle de l'oxygène en silicium.
Les "cendres" de chaque réaction s'accumulent au centre de l'étoile pour servir ensuite de carburant à
la combustion suivante. L'étoile finit donc par avoir une structure en pelure d'oignon, avec au centre un
cœur de fer, puis une couche de silicium, une couche d'oxygène, une couche de carbone, un couche
d'hélium pour finir par l'enveloppe d'hydrogène.

Fig. 7a : schéma résumant l’évolution du cœur d’une étoile.

Après une nouvelle contraction. La température atteint 3,5 109 °C !. Des noyaux de plus en plus
lourds se forment jusqu'au fer (Fe), nickel (Ni) et du cobalt (Co). Ces étapes sont de plus en plus courtes.
Pendant cette évolution, la taille de l'étoile s'agrandit pour devenir une géante bleue puis une
supergéante rouge.
Ainsi, en quelques milliers d'années, une étoile engendre tour à tour des noyaux de masse de plus en plus
grande : du silicium au groupe des métaux. La combinaison des neutrons aux métaux permet ensuite
l'apparition de noyaux plus lourds (U 238).

Fig. 7b : structure dite en «pelure d'oignon» d'une super-géante juste avant l'effondrement du cœur de
fer et l'explosion de la supernova (les différentes couches concentriques correspondent à des
réactions de fusion différentes).

13
Quand le cœur de l'étoile approche les 5 milliards de degrés, l'étoile va se contracter rapidement, puis
s'effondrer. Ceci va provoquer une formidable explosion : c'est une supernova. Les produits des phases
de fusion vont être expulsés dans l'espace, puis se refroidir, formant un nuage appelé rémanent de
supernova. Mais contrairement à la nébuleuse primordiale qui a donné naissance à l'étoile, cette fois, la
nébuleuse contient des éléments lourds et plus complexes produits par l’étoile. Tous les atomes qui
composent notre corps et notre planète sont issus de la nucléosynthèse stellaire.
Au moment de l'explosion, l'étoile n'est pas entièrement dispersée dans l'espace. Sa partie centrale se
replie sur elle-même. Sa densité augmente énormément. Le cœur de l'étoile devient un seul et
gigantesque noyau de neutrons: il en résulte une étoile à neutrons ou un pulsar.
Il semblerait, dans certains cas, que certains résidus de supernova puissent être encore plus denses
qu'une étoile à neutrons. Tellement denses, que la gravité empêcherait la lumière de s'en échapper. Un
tel astre est appelé trou noir. Cependant, puisque même les radiations électromagnétiques ne peuvent
s'en extraire, on ne peut les observer directement. On n'a donc pas la preuve de leur existence, même
si certains phénomènes observés suggèrent la présence d'un trou noir.

Fig. 7c : évolution de deux types d'étoiles. La première semblable au soleil passe par le stade géante
rouge avant de donner une naine blanche qui se refroidira lentement. La seconde, étoile massive de plus
de 1,5 fois la masse solaire, passe par le stade des supergéantes et donne une supernova.

4) Novae et supernovae

Ces deux formations stellaires correspondent aux dernières phases d'une étoile massive. La nova est une
étoile qui devient subitement brillante puis qui s'atténue et disparaît en laissant place à une nébuleuse,
associée à une étoile à neutrons (voir plus bas).
Les supernovae proviennent d'un même phénomène mais beaucoup plus violent (environ l'éclat de plusieurs
centaines de millions de soleils !). Ce phénomène dure environ un à deux mois puis laisse place à une
nébuleuse.
Lorsque la masse de l'étoile est très importante (supergéante), pour compenser la perte des neutrinos,
l'étoile se contracte de plus en plus, puis s'effondre. On arrive à une température de 5 10 9 °C. Les
réactions thermonucléaires ne sont plus suffisantes pour contrebalancer la gravitation. La contraction
de l'étoile moribonde va conduire à une implosion de son coeur (100.10 6 fois le soleil). C'est une supernova.
Après que l'implosion ait eue lieu, une onde de choc en retour balaie toutes les couches et les disperse
dans l'espace.

14
La matière stellaire, évacuée dans l'espace, se dilue et se refroidit. Mais, elle n'est pas perdue car elle
contient les noyaux lourds. Ils entreront dans la composition du nuage interstellaire et participeront à
la formation de nouvelles étoiles mais aussi de planètes. Au niveau du coeur de l'étoile, il reste un noyau
dense : l'étoile à neutrons.

Fig. 8a : effondrement brutal du cœur sur lui-même entraînant les couches externes de l'étoile.

Fig. 8b : la supernova 1987A est la première que les télescopes actuels ont eu la chance d'observer.
Vue ici à travers l'objectif du télescope spatial Hubble, on voit bien l'anneau de matière stellaire
éjectée de l'étoile lors de son explosion.

5) Etoiles à neutrons, Pulsars, Trous noirs et Quasars


Autres que les galaxies, notre cosmos est peuplé d'objets d'une puissance extrême, parmi ceux-
ci, les étoiles à neutrons, les pulsars, les trous noirs et les Quasars.
a) L'étoile à neutrons : après l'explosion de la supernova, seul subsiste le
noyau, car les couches externes ont été expulsées dans l'espace interstellaire. C'est donc le coeur d'une
supernova composé uniquement de neutrons, d'où cette dénomination d’étoile à neutrons. En raison d’une
forte densité régnant au centre de l'étoile, les protons se sont transformés en neutrons.
Dans la soupe ardente de neutrons, des neutrinos sont créés spontanément. Ils quittent l'étoile et
évacuent toute sa chaleur interne, l'étoile à neutrons refroidit.
Quand la masse de l'étoile est supérieure à 1,8 masse solaire, le refroidissement a des conséquences
catastrophiques : les neutrons ne peuvent résister à la gravitation et sont littéralement écrasés sous
leur propre poids. L'étoile est condamnée à devenir un trou noir.
Au contraire, si la masse est inférieure à 1,8 masse solaire, elle peut trouver un équilibre paisible et se
refroidir complètement.
b) Les pulsars : sont des étoiles à neutrons qui, à l'observation, s'allument et
s'éteignent plusieurs fois par seconde, selon le principe des phares. En effet, seule une fraction de leur
surface émet de la lumière. Les périodes de pulsations de pulsars sont très variables et dépendent de la
vitesse de rotation de l'étoile à neutrons. Ces périodes vont de 1,5 ms à 8,5 secondes. Cette pulsation
tend cependant à se fatiguer au fil des années, à mesure que l'énergie de rotation décroît. Si le pulsar
tourne trop vite il se désintégrera sous la force centrifuge provoquée par sa rotation.

15
Les pulsars possèdent un champ magnétique très intense et émettent des rayonnements radios à partir
de leurs pôles magnétiques. Les scientifiques estiment qu'un pulsar naît tous les 60-330 ans dans notre
galaxie, alors que le taux de formation de supernovae est d'un à tous les 50 ans environ.
Les pulsars ont souvent une étoile compagne qui est à l'origine de leur rotation rapide. Ce peut être une
naine blanche ou une géante rouge.
Les étoiles doubles (Fig. 9) sont en fait assez courantes. Ce sont deux étoiles très proches qui sont en
révolution autour de leur compagne. On ne peut distinguer les deux astres que par analyse de leurs raies
spectrales.

Fig. 9 : étoile double.

c) Les trous noirs (Fig. 10)


Ils se forment à la mort des étoiles. Les petites étoiles, au lieu de disparaître comme nous l'avons
décrit plus haut, s'éteignent en évacuant au loin les produits de leur nucléosynthèse interne.
La matière stellaire évacuée formera un anneau autour de l'étoile qui deviendra une naine blanche. Les
naines blanches se refroidissent et deviennent des naines noires qui deviendront à leur tour des trous
noirs. Les étoiles à neutrons peuvent aussi se transformer en trous noirs. En effet, à la mort des étoiles,
la gravité est énorme, elle est si importante que même la lumière (composée de particules, les photons)
ne peut s'en échapper. C'est pourquoi il est si difficile de détecter des trous noirs.

Fig. 10 : la galaxie M51 sous l'oeil du télescope spatial Hubble. La croix au centre de cette galaxie
signalerait la présence d'un trou noir en son centre.

d) Les quasars (Fig. 11)


Les QUASARs (découverts pour la première fois en 1963) sont des objets se situant aux limites
de notre univers visible. Les quasars se retrouvent au sein de galaxies hôtes dans lesquelles ils
constituent le noyau central. La plupart de ces quasars ont une apparence stellaire, d'où leur nom Quasi
Stellar objects. Les quasars peuvent résider dans tout type de galaxies.

16
Les astronomes étaient très surpris de pouvoir apercevoir des objets aussi lointains. Cette grande
distance implique que les Quasars produisent une énergie phénoménale pour être détectés par nos
télescopes terrestres. Les luminosités de ces objets sont de l'ordre de 10 45 à 1048erg / s. En effet, les
quasars sont les plus puissants émetteurs de rayonnements. La source de ce rayonnement est concentrée
dans une région minuscule au centre de la galaxie.
L'origine de ce rayonnement pourrait s'expliquer par la présence d'un trou noir de plusieurs millions de
masses solaires qui attirerait et dévorerait tout ce qui se trouve prés de lui : nuages interstellaires,
planètes, étoiles entières, vaisseaux spatiaux,... Ces corps, violemment accélérés, tombent sur lui à une
vitesse prodigieuse, bousculés par leur chute, ils se réchauffent et brillent puissamment.
Certains de ces quasars sont vieux de 12 milliards d'années.

Fig. 11 : deux quasars (dont un en haut à gauche) qui illuminent le ciel de leurs rayonnements
ultraviolets et de leurs émissions radio (donc invisible à l'oeil).

17
Résumé des phases d'évolution stellaire en fonction de la masse initiale de
l'étoile.

18
IV- Le système solaire
Notre système solaire (Fig. 12b) fait partie de la Voie Lactée (galaxie spirale), qui compte cent
milliards d'étoiles. Elle est la voisine de la galaxie Andromède, également spirale, mais un peu plus grande.

·1) Formation

La Voie Lactée contient de nombreux nuages interstellaires, issus de nébuleuses. Lorsque le nuage
originel du système solaire commence à se comprimer, plusieurs étoiles naissent, certaines se
transforment rapidement en supernova. L'explosion qui en est liée favorise l'agglomération des
poussières en éléments plus gros.
Le nuage s'aplatit en disque épais. Sa rotation entraîne la concentration des poussières et des agrégats
près de son centre, autour de l'axe de rotation. Le disque s'amincit et s'élargit. Les agrégats formés
suivent une orbite circulaire (voir fig. 12a).

Fig. 12a : les différentes étapes de la formation du système solaire : contraction d’un nuage
d’hydrogène et d’hélium, aplatissement du système, formation de planétésimaux, mise en route des
réactions nucléaires au centre, apparition du système sous sa forme actuelle.

Les poussières, lors de leur agglomération dans un domaine proche du soleil, perdent les matières volatiles
(H2, He... ). Au delà de 750 millions de km du soleil, par contre, poussières et matières volatiles
coexistent.

2) Organisation du système solaire

Le Système Solaire est l'ensemble des objets gouvernés par l'attraction gravitationnelle du soleil. Il
s’agit de huit planètes.

19
Fig. 12b : Le système solaire.

a) Les planètes telluriques : ces planètes sont petites, peu massives et denses.
L'archétype de cette classe est la planète Terre qui en est d'ailleurs le plus gros représentant.
Il s'agit de : Mercure, Venus, Terre, Mars.

b) Les planètes géantes : On parle aussi de planètes gazeuses ou de planètes


joviennes (semblable à Jupiter). Ces planètes possèdent toutefois des satellites de type tellurique.
L'atmosphère de ces planètes est proche de la composition de la nébuleuse primitive. Toutes possèdent
des anneaux constitués d'une myriade de blocs de glace, de roches et de poussières. Ce sont les restes
des particules et agrégats du bombardement d'accrétion, prisonniers de l'attraction des planètes.
Il s'agit de : Jupiter, Saturne, Uranus, Neptune.

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c) Et le reste...
 Des planètes naines comme Cérès ou Pluton (pluton n’étant plus considéré comme planète depuis
2006),
Des astéroïdes (environ 300000 en 2006) formant une ceinture située entre Mars et Jupiter, dont
certains sont assez imposants (33 ont plus de 200 km de diamètre). Ces astéroïdes sont les étoiles
filantes (météores) et météorites, qui frappent la Terre lorsqu'ils quittent leur orbite et rencontre
notre planète. Le dégazage de ces météorites donne une atmosphère voisine de celle qui se retrouve dans
les émissions gazeuses volcaniques de la Terre : c'est l'atmosphère de base des planètes telluriques.
 Des comètes (environ 1000), noyaux de glaces de poussières minérales. La queue des comètes
provient des radiations solaires qui subliment les glaces et arrachent les poussières.
 Les petits corps du système solaire externe (environ 1000 en 2006) : les Centaures et les objets
transneptuniens,
 Mais aussi : poussières interplanétaires, plasma, ....

Fig. 13a : La ceinture d'astéroïdes située entre Mars et Jupiter.

Les orbites des planètes sont à peu près dans un même plan. C'est le résultat du processus de formation
du Système Solaire qui s'est formé à partir d'un nuage de gaz et de poussière qui s'est aplati au fur et
à mesure de sa contraction. Les orbites sont des ellipses, dont le Soleil occupe l'un des foyers. Exception
à la règle : Pluton n'est pas dans le plan de l'ecliptique (argument ajouté par les astrophysiciens à celui
de sa taille pour ne pas le considérer depuis 2006 comme une vraie planète de notre système solaire).

Fig. 13b : Orbites des planètes

21
La composition globale des planètes telluriques est rocheuse, c'est à dire constituée de silicates, de
fer et de nickel. Ce qui donne une densité d'environ 5 g/cm3.
Les planètes telluriques se sont formées par accrétion de planétésimaux. En conséquence, durant cette
phase d'accrétion initiale, les planètes sont restées
o chaudes
o homogènes
o liquides
Ensuite, à cause de la gravitation, on assiste à la chute des matériaux les plus lourds (fer, nickel)
vers le centre: c'est le phénomène de la différenciation qui conduit à la formation d'un noyau plus
dense. Le manteau est constitué de silicates. Le refroidissement de la surface donne ensuite lieu à la
formation de la croûte solide. Pour la Terre, La densité décroît du noyau (12 g/cm3) jusqu'à la croûte (3
g/cm3) en passant par le manteau (5 g/cm3)
L'activité géologique d'une planète dépend de sa structure interne (manteau liquide, épaisseur de la
croûte,...) et sa structure interne dépend de sa température interne. Nous allons voir ci-après comment
la chaleur est emmagasinée à l'intérieur de la planète, et comment cette chaleur s'échappe vers
l'extérieur.

Tableau de quelques propriétés des planètes telluriques

Planète Quelques propriétés


tellurique
 0,38 RTerre
Mercure  Pas d'atmosphère
 Surface rocheuse (basalte) sans activité volcanique présente
 Surface couverte de cratères (idem Lune)
 0,95 RTerre
Vénus  Présence d'une atmosphère épaisse et nuageuse
 Surface rocheuse avec peu de cratères (âge :500 millions)
 Activité volcanique présente?
 Rayon = 6378 km
Terre  Présence d'une atmosphère
 Eau liquide à la surface
 Surface rocheuse avec peu de cratères
 Activité volcanique et tectonique
 0,53 RTerre
 Présence d'une atmosphère ténue, présence de quelques nuages
Mars
d'eau
 Surface rocheuse avec relativement peu de cratères
 Activité volcanique il y a 500 millions d'années, peut-être encore plus
récemment

Comment l'intérieur de la planète est-il chauffé?


Trois principales sources de chaleur contribuent à chauffer l'intérieur d'une planète: l'accrétion, la
différenciation, et la radioactivité. Une quatrième source appelée effet de marée, n'est pas important
pour les planètes telluriques mais joue un rôle majeur pour les satellites galiléens, en particulier Io.

 L'accrétion (Fig. 14a) est la première source d'énergie interne pour les planètes telluriques.
L'accrétion est le phénomène par lequel un embryon planétaire grossit en agglomérant les
planétésimaux alentours par collision. L'énergie cinétique des impacteurs (mv2/2) est
transformée en énergie thermique qui s'ajoute à l'énergie interne de la planète. Les multiples
22
impacts violents qui ont prévalu dans les premiers temps de la formation des planètes ont déposé
une telle quantité d'énergie que la planète entière était en fusion (état liquide).

Fig. 14a : accrétion d’une planète.

 Cet état liquide généralisé a permis au processus de la différenciation d'entrer en jeu. Sous
l'effet de la gravitation, les matériaux les plus denses (les métaux) coulent dans le noyau de la
planète alors que les roches les plus légères restent à la surface (Fig. 14b). La différentiation
produit de la chaleur en transformant l'énergie gravitationnelle en énergie thermique.

23
Fig. 14b : différenciation de la Terre.

 La troisième source d'énergie provient de la décroissance radioactive d'éléments comme


l'uranium, le potassium, etc... Quand les noyaux radioactifs se désintègrent, des particules sub-
atomiques sont éjectés à très grande vitesse, cognent les atomes voisins les chauffant ainsi. La
radioactivité transfère ainsi une partie de la masse-énergie (E= mc2) de l'élément radioactif en
énergie thermique pour l'intérieur de la planète.
Les intérieurs des planètes se refroidissent lentement, au fur et à mesure que leur chaleur interne
s'évacue. A ce jour, 4,6 milliards d'années après la formation des planètes, la chaleur initiale due à
l'accrétion et la différenciation s'est quasiment toute évacuée. Aujourd'hui, la majeure partie du flux
de chaleur provient de la radioactivité naturelle.

Comment l'intérieur de la planète se refroidit ?


La chaleur emmagasinée dans la planète s'échappe continuellement de l'intérieur. Cette évacuation se
fait de l'intérieur chaud vers la surface plus froide au travers de quatre processus principaux: la
conduction, la convection, le volcanisme et la tectonique des plaques :
 La convection (dans une cellule convective du manteau liquide, de la roche chaude monte tandis
que de la roche plus froide redescend).
 La conduction (qui transporte la chaleur dans la croûte rigide).
 Le volcanisme (qui amène la lave en fusion à la surface).
 Le dernier processus est la tectonique des plaques (voir module de Géologie 2).

Température d'équilibre
Le Soleil est la source d'énergie principale reçue par les planètes. La température d'équilibre à la
surface des planètes va dépendre de leur distance au Soleil. Plus on est près du Soleil plus il fera chaud
(Mercure) et plus on est loin plus il fera froid (Mars). Le mécanisme physique qui permet ce chauffage
est l'absorption par la surface du rayonnement solaire émis dans le domaine Ultra-Violet (UV) et
visible. En fonction des propriétés de la surface (composition, relief, océans, calotte polaire, ...) et de
la latitude, on absorbera plus ou moins bien ce rayonnement, tandis que l'énergie solaire non absorbée
sera réfléchie par la surface vers l'espace. Ce coefficient de réflexion est appelé albédo, il dépend aussi
de la couverture nuageuse.

Effet de serre
Tout d'abord, rappelons que la surface absorbe l'énergie solaire dans le domaine UV-visible, puis
elle se refroidit en émettant un rayonnement Infrarouge (IR). Ce rayonnement IR se dirige vers l'espace
en passant par l'atmosphère de la planète, avec laquelle il peut interagir. Les gaz à effet de serre tels
que l'eau (H2O), le dioxyde de carbone ou gaz carbonique (CO2), et le méthane (CH4) présents dans une
atmosphère absorbent le rayonnement IR et le re-émettent dans toutes les directions, et
notamment vers la surface, favorisant ainsi une accumulation de l'énergie thermique, et par conséquent
une augmentation de la chaleur. Ainsi, la température moyenne à la surface peut être supérieure à la
température d'équilibre de la planète (Vénus et Terre). L'effet de serre est notablement présent
lorsque l'on a une atmosphère relativement transparente dans le domaine UV-visible et opaque dans
l'infrarouge. On notera que la présence de nuages peut aussi augmenter l'effet de serre (par exemple
les nuages d'acide sulfurique sur Vénus). L'effet de serre augmente la température à la surface de
Vénus, de la Terre et de Mars respectivement de 500, 35 et 5°C.

24
V-La Terre
La Terre est notre planète. La distance qui la sépare du Soleil lui permet de posséder une
atmosphère et de l'eau sous forme liquide, essentielle au développement de la vie. Elle est la seule
planète habitée connue du système solaire.
Elle est recouverte par des océans sur les trois-quarts de sa surface. Située à 150 millions de
kilomètres du Soleil, elle est la troisième planète du système solaire. L'atmosphère de la Terre est
principalement composée d'azote (78%) et d'oxygène (21%). Les nuages qui recouvrent la Terre sont
principalement composés de vapeur d'eau et couvrent en moyenne la moitié de la planète. Une mince
couche d'ozone (O3) permet de filtrer les radiations solaires (UV) qui seraient mortelles aux espèces
vivantes.
La température moyenne sur Terre est de 15°C, mais varie entre 60 et -100°C, dépendant de l'endroit
où l'on se situe. La croûte terrestre est épaisse d'environ 40 Km et est composée principalement de
roches à silicates. Sous cette croûte, se trouve un manteau d'une épaisseur de 2900 Km, composé de
roches de silicates partiellement fondues. Le noyau de la Terre est formé de Fer et de nickel. Il
mesure environ 6500 Km de diamètre et c'est l'énorme pression occasionnée par les couches supérieures
ainsi que par la radiation nucléaire qui font que les températures y sont élevées.

VI-Le Soleil
Le Soleil est une étoile parmi tant d'autres. Il est né il y a environ 5 milliards d'années sous
l'effet de la gravité. Un immense nuage de gaz et de poussières est sorti de son état de stabilité et
s'est mis à se contracter, formant ainsi un disque d'accrétion. Ce disque a finalement évolué en un
système complet. Le système solaire venait de voir le jour avec une étoile centrale, quelques planètes
telluriques et quelques planètes géantes.
Le soleil est une des 200 milliards d'étoiles qui peuplent la Voie Lactée (notre galaxie). C'est sa
température externe, de 5770°K qui produit un rayonnement dans le jaune (la température centrale
n'est que de 16.106°K !).
Son diamètre est de 1,4.106 km pour une masse de 2.1027 tonnes. Sa densité n'est que de 1,41. (d de
l'eau = 1). Sa masse est composée de 25% d'hélium et de 75% d'hydrogène, les autres éléments sont à
l'état de traces.
Actuellement seul de l'hélium est synthétisé par le soleil, ce n'est que dans 5 milliards d'années que
la phase suivante débutera (géante rouge).

Fig. 14 : la structure du Soleil (bien observable seulement lors des éclipses totales):

On trouve de la surface vers le centre du soleil :


- L'atmosphère solaire,
- La couronne, peu riche en gaz mais atteint des températures de 1 à 2 million de K,
- La chromosphère, épaisse de 7000 km, a une température de 10000 K, les gaz sont ionisés,

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- la photosphère, épaisse de seulement 400 km, température de 5800 K. Cette couche n'est pas
homogène, il existe des zones plus froides. Ce sont les taches solaires, leurs apparitions suivent un cycle
de 11 ans et sont également liées à un fort champ magnétique du soleil.

Fig. 15 : taches solaires.

L'atmosphère solaire est traversée par les jets de gaz en provenance des couches externes du soleil.
Ces jets de gaz peuvent atteindre 100 000 km de haut et des longueurs de 200 000 km. Ce sont les
fameuses éruptions solaires.

VII-La Lune
Selon l’une des hypothèses des dernières recherches, la Lune serait née d'une collision entre la
Terre et un astre de la taille de Mars : les débris de la rencontre des deux astres se seraient mis en
orbite autour de la Terre et se seraient assemblés pour former la Lune.
La lune est l'objet astronomique le plus proche de la Terre. Avec la Terre, elle forme presque une planète
double car aucune autre planète ne possède un satellite qui est aussi grand par rapport à la taille de la
planète. La Lune fait 3476 Km de diamètre et tourne autour de la Terre à une distance moyenne de
384000 km. Elle parcourt son orbite en 27,322 jours et garde toujours la même face dirigée vers la
Terre.
La Lune brille en réfléchissant la lumière du Soleil et montre des phases caractéristiques durant chaque
orbite autour de la Terre (la durée séparant deux nouvelles lunes est de 29,53 jours). Elle ne possède
pas d'atmosphère : l'atmosphère initiale que la Lune aurait pu échapper de part la faible force
d'attraction, qui ne représente qu'un sixième de celle à la surface de la Terre.
La température à la surface de la Lune varie entre -180° C et +110° C. Cette surface est caractérisée
par des régions légèrement montagneuses parsemées de vastes bassins d'impacts qui, il y a 3 milliards
d'années, se sont remplis de roches basaltiques. La plus grande partie de la surface lunaire est couverte
de cratères, résultats d'impacts de météorites. Les plus grands font 200 Km de diamètre, les plus
petits font seulement 1m. La plupart de ces cratères se sont formés entre 3 et 4 milliards d'années.

Fig. 16 : vue oblique du cratère Copernicus, photographié depuis le vaisseau Apollo 17


26
27
VIII- Annexe :

Spectre électromagnétique : ensemble des rayonnements de nature électromagnétique allant des plus grandes ondes
radio, jusqu'aux rayons X et gamma. La lumière visible n'est qu'une toute petite partie de ce spectre. L'énergie est
reliée directement à la température. Plus un corps est chaud, plus il émet une "lumière" énergétique.

Unités de longueur en astronomie


unité astronomique (ua) : distance moyenne entre la Terre et le Soleil. 1 ua vaut environ 150 millions de kilomètres,
soit 8 minutes-lumière.
année lumière : une année-lumière est égale à la distance parcourue par la lumière en une année, soit environ 9500
milliards de kilomètres.
parsec : un parsec est égal à 3,26 années-lumière. On utilise souvent le méga-parsec, noté Mpc, qui vaut un million
de parsecs.

28
Chapitre 3 : NOTIONS DE SISMOLOGIE ET STRUCTURE INTERNE
DE LA TERRE.

I- INTRODUCTION
La Terre est l’une des huit planètes du système solaire, elle est âgée de 4,6 milliards d’années.
Sa constitution interne peut être établie par différentes méthodologies :
 Par des observations directes de sa composition de surface en observant les structures
superficielles visibles. Ces observations se limitent à la connaissance très restreinte (quelques milliers
de mètres) de notre globe au regard de ses 6370 Km de rayon.
 Par des sondages qui atteignent quelques kilomètres de profondeur (5 à 10 Km).
 Par des études de météorites- astéroides qui, comme la Terre, appartiennent au système solaire
et par conséquent sont susceptibles de nous renseigner sur la composition profonde de notre Globe. Les
chutes de météorites sont fréquentes, mais la plupart tombent au milieu des océans qui représentent les
2/3 de la surface de la Terre. La majeure partie d’entre elles sont de petite taille, de diamètre inférieure
à 10 cm ; celles de plus de 1 Kg ne sont pas rares (10 000 / an). Les plus grosses sont exceptionnelles;
c’est ainsi que la probabilité d’une chute de météorite de plus d’un Km de diamètre est de l’ordre de 100
millions d’années.
 Par des méthodes géophysiques (sismique- gravité- magnétisme- flux de chaleur) qui, par des
mesures physiques, permettent d’interpréter indirectement la structure profonde du globe.

Les tremblements de terre ou séismes sont des catastrophes naturelles aussi meurtrières
qu'imprévisibles. Dans l'espoir de les prévoir un jour, les géophysiciens ont cherché à les comprendre et
à découvrir les mécanismes qui sont en jeu lors de ces secousses. De cette façon, ils ont aussi découvert
une multitude de renseignements sur la structure et la dynamique de la Terre.
Au fur et à mesure que l’on s’éloigne de la surface de la Terre, on constate que la température augmente.
Pour rétablir un équilibre thermique avec l’espace environnant, notre planète s’active de lents
mouvements de matière solide brassant les profondeurs.
Quelquefois pourtant, vers la surface notamment, les roches sont trop rigides, trop dures, pour se
déformer tranquillement comme des fluides. Elles résistent pendant quelques temps aux forces subies,
accumulent de l’énergie élastique, puis en des endroits de fragilité accrue, elles cèdent. De petites
fractures se forment d’abord, se rejoignent, et à grande échelle, c’est la rupture brusque. Les deux blocs
de part et d’autre de cette cassure ou faille se déplacent tangentiellement l’un par rapport à l’autre, pour
relâcher le trop plein d’énergie élastique emmagasinée. Ces phénomènes (rupture, frottement rugueux
sur le plan de faille) s’accompagnent de l’émission d’ondes mécaniques. C’est le déclenchement d’un séisme,
la Terre vibre, à des fréquences qui lui sont propres.

Comment enregistrer et quantifier les tremblements de terre ?. Comment interpréter les


mesures de ces "bruits" de la Terre?, etc... sont parmi les questions qui vous seront traitées au 2 ème
semestre. Nous n'aborderons dans ce chapitre que quelques points relatifs aux différentes ondes
sismiques à l'origine de la découverte de la structure interne de notre globe terrestre.

La séismologie (voir chapitre séismes et volcans du module Géologie 2) est l'étude des tremblements de
terre (= seismos, en grec ancien) naturels ou provoqués.
Un séisme est un mouvement bref du sol (quelques secondes à quelques minutes), dû à l’arrivée d’ondes
élastiques transmises par le globe à partir d’un endroit, dans la Terre où l'énergie qui cause un
tremblement de terre est libérée, appelé foyer ou hypocentre (Fig. 1 ci-dessous). On appelle épicentre,
le point de la surface terrestre qui se trouve directement au-dessus (déplacement vertical) du foyer
d'un tremblement de terre. Il est le lieu où le séisme est ressenti de la manière la plus intense.

29
Fig. 1a : naissance d’un séisme.

Fig. 1b : différentes composantes d’un séisme.

Le sismographe est un appareil que l'on emploie pour enregistrer les chocs et vibrations créés par les
tremblements de terre. Le sismogramme correspond à l'enregistrement sismique.

II- ONDES SISMIQUES


Lorsqu'un séisme se déroule, l'énergie élastique qui est stockée est transmise à partir du foyer
vers la terre. Comme n'importe quel corps vibrant, il émet des ondes (vibrations) qui se propagent dans
toutes les directions. On appelle ces ondes de propagation, ondes sismiques.
Les ondes sismiques impliquent des changements élastiques - si la limite d'élasticité n'est pas dépassée,
les roches reprennent leur forme originale après le passage des ondes. Les ondes sismiques doivent être
mesurées pendant que la roche vibre. Pour cette raison, partout dans le monde il y a des sismographes
qui enregistrent les vibrations du globe terrestre en continu.
Il existe plusieurs types d'ondes sismiques qui appartiennent à deux familles: ondes de volume et ondes
de surface. Les ondes sismiques de volume (comme les ondes de lumière) correspondent aux deux façons
dont la Terre peut être déformée de manière élastique. Ces ondes se propagent à partir du foyer et
peuvent traverser la Terre entièrement. Par contre, les ondes sismiques de surface ne traversent que
la surface terrestre et la partie supérieure de la croûte.

30
1) Ondes sismiques de volume (Fig. 2)
* Le premier type d'onde de volume, onde de compression ou ondes longitudinales : à leur passage,
les roches subissent des alternativement des compressions et des dilatations selon la direction de
propagation de l’onde. Ces ondes de compression peuvent traverser les solides, liquides et gaz. Les ondes
de compression sont les ondes sismiques les plus rapides - 6 Km/s est une valeur typique dans la partie
supérieure de la croûte - et elles sont les premières ondes à être enregistrées par un sismographe après
un tremblement de terre. On appelle ces ondes donc, ondes primaires ou ondes P.
*Le second type d'onde de volume est une onde de cisaillement : à leur passage, les matériaux se
déplacent perpendiculairement à la direction de propagation des ondes. Les ondes de cisaillement ne sont
transmises que par les solides. Une valeur typique de vitesse pour une onde de cisaillement dans la croûte
supérieure est de 3,5 Km/s - ces ondes sont plus lentes que les ondes P et arrivent aux sismographes
après les ondes P. On les appelle donc ondes secondaires ou ondes S.
Les ondes P et S, traversant le globe terrestre, nous renseignent sur la structure interne de celui-ci.

Fig. 2 : ondes sismiques de volume - type P (compression) et type S (cisaillement) et ondes sismiques de surface L et R.

La propagation des ondes sismiques dans les différents milieux du globe terrestre obéit à des
lois comparables à celles qui décrivent la propagation de la lumière au sein de divers milieux transparents.
Par analogie avec les rayons lumineux, on parle de raies sismiques pour désigner les trajectoires suivies
par les vibrations sismiques.
La vitesse de propagation de la lumière n'est pas la même dans tous les milieux transparents,
d'autre part, une variation de cette vitesse impose un changement de trajectoire des rayons lumineux.
Ce changement de direction peut être progressif si le milieu se modifie lui même progressivement (l'air
de plus en plus chaud, par ex.); il peut être brutal si la lumière passe d'un milieu à un autre (de l'air à
l'eau, par ex.). De la même façon, lorsqu'une onde sismique de volume passe d'un milieu à un autre, sa
vitesse de propagation est modifiée et sa trajectoire est déviée : c'est la réfraction qui implique le
changement de vitesse d'une onde et en général de sa direction à cause des changements des propriétés
physiques d'un milieu.

31
L'interface entre deux milieux différents constitue une surface de discontinuité. Au niveau des
discontinuités, les ondes sismiques sont d'une part réfractées (en changeant de milieu) et/ou réfléchies
(en restant dans le même milieu).

Fig. 3 : réfraction et réflexion des ondes sismiques de volume. A. Trajectoires des ondes dans une planète de
composition homogène dans laquelle la densité augmente progressivement en profondeur à cause de l'augmentation
de pression. Les changements en densité produisent des trajectoires courbes pour les ondes. B. Trajectoires des
ondes P dans la Terre qui consiste en plusieurs couches de compositions différentes. Les sismographes X et Y
reçoivent les ondes P directes (P), les ondes P réfléchies (onde PP, onde PcP) et les ondes réfractées (onde PkP).

Les vitesses des ondes de volume sont directement fonction de la densité d'un corps dans la
Terre. Si la Terre possédait une composition homogène et si la densité augmentait de manière
progressive avec la profondeur (la pression augmente), les ondes sismiques auraient des trajectoires
courbes (figure 3). Des mesures montrent que ces trajectoires sont en effet courbes à l'intérieur de la
Terre, à cause de leur réfraction progressive, mais les mesures montrent aussi que les ondes sismiques
sont réfractées et réfléchies par plusieurs zones de changements brusques de densité, comme par
exemple la limite entre le noyau et le manteau (voir fig. 3).

2) Ondes sismiques de surface (Fig. 2 et 4)

Fig. 4 : différents temps de propagation des ondes sismiques P, S et de surface montrés par l'enregistrement d'un
sismographe. Les ondes P sont les premières ondes sismiques qui arrivent au sismographe, puis les ondes S et enfin
les ondes de surface. L'intervalle de temps ou le retard entre les arrivées des ondes P et S est fonction de la
distance traversée par les ondes.

32
Les ondes de surface ou ondes L (ondes de Rayleigh et de Love) se déplacent soit
perpendiculairement à la direction de propagation des ondes dans le plan horizontal (les ondes S se
déplacent dans le plan vertical) soit par mouvement circulaire parallèlement à la direction de propagation.
Ces ondes se déplacent plus lentement que les ondes P et S et suivent la surface terrestre (dans la
croûte) et non pas l'intérieur de la Terre. Les ondes de surface sont donc les dernières ondes à être
détectées par un sismographe (voir fig. 4).

III- TREMBLEMENTS DE TERRE ET STRUCTURE DE LA TERRE


Nous avons vu que les ondes P et S traversent les roches avec des vitesses différentes - lorsque
les propriétés d'une roche changent, ces deux types d'ondes répondent différemment. Les temps
d'arrivée des ondes P et S aux sismographes dans le monde entier représentent les enregistrements des
ondes qui ont traversé des chemins différents. A partir des sismogrammes, et grâce aux lois de
Descartes (voir cours de physique) et à des calculs complexes, il est donc possible de calculer comment
les propriétés des roches des milieux traversés changent et où se trouvent les limites entre les couches
(position des surfaces de discontinuité franchies) qui possèdent des propriétés différentes. Les ondes
sismiques sont les sondes les plus sensibles pour mesurer les propriétés de l'intérieur de la Terre.

1) Couches de compositions différentes

L'étude des séismes montre que, quelle que soit la localisation géographique d'un séisme, les lois
de la transmission des ondes sismiques restent les mêmes. A partir du foyer, les ondes sismiques se
propagent dans toutes les directions. Elles atteignent ainsi en premier lieu l'épicentre, puis
progressivement les vibrations se propagent à l'ensemble du globe. Les stations proches de l'épicentre
(quelques centaines de kilomètres) reçoivent des ondes directes mais aussi de nombreux échos
rapprochés des ces ondes : les sismologues les interprètent comme le résultat d’une réflexion des ondes
sur une surface de discontinuité. Les stations éloignées de l'épicentre (plusieurs milliers de Km)
enregistrent des ondes P et S qui ont traversé des zones profondes du globe, zones d'autant plus
profondes que ces ondes rejoignent la surface loin du foyer sismique. Ceci prouve que la structure interne
du globe présente une symétrie sphérique : cela revient à dire que le globe terrestre est constitué
d’enveloppes concentriques.
Si la composition de la Terre était homogène (et s'il n'existait pas de changements
polymorphiques dans les minéraux présents), les vitesses des ondes P et S augmenteraient
progressivement en profondeur : l'augmentation de pression implique une augmentation de densité et de
rigidité d'un solide et ces deux propriétés contrôlent les vitesses de propagation des ondes. Cependant,
les temps calculés pour l'arrivée des ondes dans une planète homogène ne sont pas les mêmes que ceux
observés réellement. Cela veut dire que la composition ou les propriétés physiques ne sont pas constantes
à l'intérieur de la Terre.
Les irrégularités des vitesses de propagation des ondes sismiques correspondent à des variations de
nature des matériaux et/ou des variations physiques (variations de pression, de température, d'état
physique). Les variations les plus brutales correspondent à des discontinuités majeures qui délimitent
les grandes enveloppes de la Terre. Ces limites nettes (les discontinuités), peuvent être détectées par
la réfraction ou la réflexion des ondes de volume comme illustrées dans la figure 3. Deux limites majeures
de composition ont été détectées, celle entre la croûte et le manteau et celle entre le manteau et le
noyau.

a) La croûte terrestre
Les ondes L ne se propagent que dans la croûte, mais elles se propagent plus vite sous les océans
que sous les continents. Il doit donc exister une différence de nature des roches de la croûte océanique
et de la croûte continentale.

33
Fig. 5a : bloc diagramme croûte terrestre-manteau supérieur

Fig. 5b : trajectoires des ondes sismiques directes et réfractées à partir des tremblements de terre
de foyers peu profonds.

Mohorovicic a démontré au début du 20ème siècle l'existence de la limite entre la croûte et le


manteau. Il a noté que pour les foyers de profondeurs de moins de 40 km, les sismographes à 800 km de
l'épicentre enregistraient deux groupes d'ondes P et S : un groupe a traversé directement la croûte
entre le foyer et le sismographe, tandis que l'autre groupe est arrivé plus tôt au sismographe parce que
ces ondes ont été réfractées par une limite à l'intérieur de la Terre.
Ces ondes réfractées ont pénétré une zone à vitesse importante (la vitesse moyenne des ondes P et S
est d'autant plus grande qu'elles pénètrent profondément dans le manteau : la densité des roches
augmentent donc avec la profondeur) et puis elles ont été réfractées une fois encore vers la surface
(Fig. 5b). Cette discontinuité, appelée le Moho (du nom du géologue yougoslave, Mohorovicic, qui l’a
découverte en 1909), marque par une nette accélération des ondes la limite entre la croûte terrestre et
le manteau supérieur. Sa profondeur est variable : 7 à 12 Km sous les océans, 30 à 40 Km sous les
continents (jusqu'à 70 km sous les chaînes de montagnes récentes). Cette discontinuité correspond
essentiellement à une variation de composition chimique, et non à un changement d'état.

b) Le manteau
Les vitesses des ondes P dans la croûte varient entre 6 et 7 km/s. En-dessous du Moho, les
vitesses sont supérieures à 8 km/s. Les expériences en laboratoire ont montré que les roches typiques
de la croûte ((océanique à basaltes et gabbros ou continentale à granites)) ont des vitesses des ondes P
de 6 à 7 km/s. Cependant, les roches qui sont plus riches en minéraux denses, comme les olivines et les
pyroxènes, ont des vitesses supérieures à 8 km/s. La roche principale du manteau doit donc être une
péridotite (roche riche en olivines et pyroxènes). Cette hypothèse concorde avec le fait que les
échantillons rares du manteau qui se trouvent dans les pipes de kimberlites (sources des diamants) et en
xénolites (inclusions) dans certaines laves (basaltes alcalins) sont des péridotites.

34
c) Le noyau
Les ondes P et S indiquent une limite importante à 2900 km. Les ondes P qui arrivent à cette
limite sont tellement réfractées et réfléchies que la limite laisse une zone d'ombre sismique, une région
de la surface terrestre opposée à l'épicentre où aucune onde P n'est observée (Fig. 6 ).
Cette limite est celle entre le manteau et le noyau. Il existe également une zone d'ombre sismique des
ondes S - elles ne peuvent pas traverser le noyau parce le noyau externe est liquide et, comme nous
l’avons vu plus haut, les liquides ne permettent pas la propagation des ondes de cisaillement.
Les ondes sismiques nous apportent certaines informations importantes sur la composition du noyau. Les
vitesses des ondes sismiques calculées à partir des temps de propagation indiquent que la densité
moyenne des roches augmente progressivement de 3,3 vers le haut du manteau à 5,5 vers le bas du
manteau. Cependant, la densité moyenne de la Terre est de 5,5 g/cm 3. Pour avoir un équilibre avec la
croûte et le manteau moins denses, il faut que le noyau ait une densité de 10 à 11. La seule substance en
abondance suffisante et qui a les propriétés correctes est le fer (Fe) - le noyau est donc composé du fer
(et plus probablement d’un peu de nickel).

Fig 6 : trajectoires des ondes P (à droite) et S (à gauche) à partir d'un foyer - l'épicentre se trouve à 0°. La
réflexion et la réfraction des ondes P à la limite manteau-noyau produisent une zone d'ombre sismique (= zone où
aucune onde n’atteint la surface) des ondes P entre 103 à 143°. Parce que les ondes S ne peuvent pas traverser les
liquides, une zone d'ombre sismique des ondes S existe entre 103 à 180°

Parce que les ondes S ne traversent pas la limite manteau-noyau, on en conclut que le noyau externe est
sous forme de fer liquide. Les deux noyaux, interne et externe, apparaissent avoir la même composition.
La raison pour laquelle il existe un changement de phase entre solide et liquide est probablement liée à
l'effet de la pression au point de fusion du fer.

2) Couches de propriétés physiques différentes:

Il n'existe pas de changements majeurs de composition dans le manteau. Cependant, les vitesses
des ondes sismiques n'augmentent pas régulièrement entre la base de la croûte et la limite manteau-
noyau (Fig. 7). Il existe des changements soudains de vitesse dus aux changements des propriétés
physiques du manteau.
35
a) Zone à faible vitesse de propagation des ondes sismiques :
La vitesse des ondes P vers le haut du manteau est de 8 km/s, et elle augmente jusqu'à 14 km/s
à la limite manteau-noyau (Fig. 7). Entre la base de la croûte et 100 km, la vitesse des ondes P augmente
progressivement jusqu'à 8,3 Km/s. Puis, elle diminue à 8,0 km/s et reste relativement faible jusqu'à 350
km. Dans cette zone à faible vitesse de propagation (la LVZ = Low Velocity Zone = zone à faible vitesse)
entre 100 à 350 Km, il n'existe pas de diminution en densité ou en composition. Cette zone, au sommet
de l'asthénosphère, est de même composition que le reste du manteau, mais elle est moins rigide et plus
ductile (qui peut être étiré sans se rompre) que le manteau environnant; ceci permet le déplacement des
plaques lithosphériques sus-jacentes.

Fig. 7 : variation des vitesses des ondes sismiques à l'intérieur de la Terre. Les changements
importants se trouvent aux limites croûte-manteau et manteau-noyau dus aux différences de
composition. Le changement à 100 km correspond à la limite lithosphère-asthénosphère. Les changements
à 400 km et à 670 km correspondent aux différences importantes de phase

Une explication pour l'existence de la zone à faible vitesse de propagation d'onde sismique tient
à ce qu’entre 100 à 350 km, le gradient géothermique (= géotherme) atteint des températures proches
du point de début de fusion partielle de la péridotite - soit la rigidité des roches diminue brusquement
près du solidus, soit la fusion partielle commence et un petit peu de liquide agit comme lubrifiant. La
quantité de fusion partielle doit être minuscule (taux de quelques %), parce que les ondes S traversent
la zone à faible vitesse de propagation. Cette zone de vitesse réduite correspond à l'asthénosphère.
L'asthénosphère fait partie intégrante de la théorie de la tectonique des plaques (à voir en Géologie 2)
parce que l'on constate que les plaques de la lithosphère glissent au-dessus de cette zone plastique dans
le manteau, ce qui permet la dérive des continents.

b) Discontinuité sismique à 400 Km


Dans la figure 7, nous observons que les vitesses des ondes P et S augmentent rapidement jusqu'à 400
km. Ce changement ne reflète pas une différence de composition, mais un changement dans la structure
d'une phase (Fig. 8). Lorsqu'on comprime les cristaux d'olivine en laboratoire à une pression
correspondant à la profondeur de 400 km, les atomes se réarrangent en formant un polymorphe plus
dense. Dans le cas de l'olivine, le réarrangement d'atomes ressemble à la structure que l'on trouve dans
la famille de minéraux appelée spinelle (la magnétite Fe3O4 est un exemple de spinelle). La densité
d'olivine augmente de 10%, exactement ce que l'on calcule à partir des changements de vitesse des ondes
sismiques. On appelle discontinuité sismique à 400 km, l'augmentation des vitesses des ondes sismiques
due à la transition polymorphique olivine-spinelle.

36
c) Discontinuité sismique à 670 Km :
Une autre augmentation des vitesses des ondes sismiques se déroule à une profondeur de 670
km (Fig. 7). La densité du manteau augmente de 10%, mais la limite n'est pas nette. L'origine de la
discontinuité sismique à 670 km n'est pas bien déterminée parce qu'il est difficile de maintenir les
pressions exigées par les expériences en laboratoire. Une hypothèse très populaire dit que les pyroxènes
dans la péridotite du manteau subissent une transition polymorphique vers une structure plus compacte
et plus dense, celle de la pérovskite.
La discontinuité de 670 km correspond aussi à la profondeur maximale des foyers des tremblements de
terre - la signification de ce fait est à la base de beaucoup de discussions et de débats parmi les
géologues aujourd'hui.

Fig. 8 : Changement dans la structure de l’olivine.

d) Discontinuité de Gutenberg : de 11500 Km à 14000 Km (de 103° à 142°) de


distance épicentrale, on trouve une zone d'ombre où aucune onde directe n'est reçue. Cela implique
l'existence en profondeur d'une surface de discontinuité séparant deux milieux différents. C’est la
discontinuité de Gutenburg, située à 2900 Km, et limitant la base du manteau inférieur composé de
péridotites et dans lequel les ondes se déplacent rapidement et le noyau externe liquide constitué
principalement de fer dans lequel les ondes se déplacent lentement. Il s'agit donc là d'une discontinuité
entre deux milieux de composition chimique différente et d'état différent.

e) Discontinuité de Lehman : enfin, sépare le noyau externe liquide du noyau


interne solide, et est située à environ 5100 km.

37
En résumé (fig. 9a), la Terre est constituée d’enveloppes d’épaisseurs et de compositions
variables. Ces enveloppes sont déterminées, entre autres comme nous venons de le voir, à partir de
l'étude de la propagation des ondes sismiques. En allant de la surface vers le centre de la Terre, on
distingue 3 grandes structures :

Fig. 9a : structure interne de la Terre (avec des données chiffrées)

La lithosphère (0-100km) :
Cette unité est solide et elle a une épaisseur variable. La lithosphère océanique est moins épaisse que
la lithosphère continentale. Elle a une épaisseur de 100km sous les océans alors qu'elle peut atteindre
jusqu'à 300km de profondeur sous les continents.
Elle est composée de deux parties :
- La croûte, qui est la partie supérieure de la lithosphère. L'épaisseur de la croûte varie peu sous
les océans et est égale en moyenne à 5-8km. Elle est égale en moyenne à 30 km sous les continents, et
peut atteindre jusqu'à 70-100km sous les chaînes de montagne.
La croûte océanique est constituée de basaltes et de gabbros : la croûte continentale est moins homogène
et a une composition principalement granitique.
- La partie inférieure, qui est la partie supérieure et solide du manteau : cette partie a également
une épaisseur variable suivant qu'elle est sous un océan ou un continent. Elle est constituée de
péridotites.
Le manteau (100-2900km) :
Cette unité est constituée principalement de péridotites (associations de minéraux d'olivine, de
pyroxènes et grenat riche en aluminium). Les roches sont toutes à l'état solide, sauf près de sa partie
supérieure où l'on trouve très localement des roches partiellement fondues. Toutefois, suivant l'échelle
de temps que l'on considère, cette unité est :
- solide puisque les ondes élastiques générées par les tremblements de terre se propagent à travers
tout le globe
- fluide, c'est-à-dire que le manteau peut se déformer, lorsqu'on examine son histoire sur des
échelles de temps très longues. Sa viscosité est très élevée, mais à cause de sa très grande dimension
verticale, la convection est développée dans le manteau.

38
On distingue deux parties :
- Le manteau supérieur (100-670 km), constitué principalement de péridotites. La base est
déterminée par la discontinuité de la vitesse des ondes sismiques traversant le manteau. Cette
discontinuité pourrait être due à une transition de phases des minéraux qui la constituent.
- Le manteau inférieur (670 - 2900 km), constitué principalement de pérovskite.

Fig. 9b : structure interne simplifiée de la Terre

Le noyau (2900-6400 km)


Cette unité est constituée d'un alliage métallique de Fer principalement et de Nickel. Elle est
composée de deux parties :
- Le noyau externe (2900-5100 km ). Cette partie est liquide car les ondes S ne se propagent pas
à travers. Les mouvements de convection du fluide, liés à la rotation de la Terre, sont à l'origine du champ
magnétique terrestre. Les études minéralogiques ont montré qu'à cause des très hautes pressions
régnant à ces très grandes profondeurs, l'alliage est dans un état fondu.
- Le noyau interne (5100-6400 km). Cette partie est solide car les ondes S la traversent. L'alliage
fondu se refroidit lentement et cristallise, donnant la partie cristallisée qu'est le noyau interne.

Fig. 9c : Structure interne détaillée de la Terre

39
IV– HISTOIRE DE LA FORMATION DE LA TERRE

1) formation par accrétion de la Terre primitive

Comme les autres planètes, la Terre s'est formée par accrétion de gaz, de poussières. Ces
matériaux, en s'attirant par gravité, ont formé des corps de plus en plus gros (et donc de plus en plus
attractif). Ce mécanisme a formé quelques objets très volumineux : les futures planètes soumises à un
“bombardement” intense d'autre corps (météorites, astéroïdes, planétoïdes). Lorsque la Terre a atteint
sa taille actuelle, c'était une sphère de roche en fusion : la Terre magmatique. La chaleur libérée lors
des impacts a entraîné une forte élévation de température.

Parmi les météorites qui tombent encore actuellement sur la surface terrestre, les spécialistes estiment
que les météorites de type chondrite (contenant des chondres : sphères formées d'association finement
cristallisée de silicates et de globules métalliques) sont un échantillon représentatif des matériaux qui
ont constitué la Terre primitive.

2) différenciation de la Terre magmatique

Dans la masse fluide que constituait la Terre magmatique, les éléments chimiques se sont
rassemblés et triés par gravité. Ce mécanisme de différenciation est à l'origine de la superposition
actuelle de couches de moins en moins dense du centre vers la surface : un noyau où se sont concentrés
des éléments métalliques (Fer et nickel), un manteau surmonté d'une croûte dans laquelle se retrouvent
les éléments les moins denses, et enfin une hydrosphère et une atmosphère constituées de fluides issus
du manteau.

Une preuve indirecte de cette différenciation est apportée par les météorites différenciées
(achondrites et météorites de Fer). Ces météorites proviennent de la destruction, par de gigantesques
impacts, de planétoïdes qui avaient déjà subi une différenciation.

Les météorites provenant de cette fragmentation sont essentiellement de deux types : les achondrites
formées de cristaux comme les roches de la croûte et du manteau terrestre et qui proviennent de régions
superficielles de l'astéroïde ; et les météorites de Fer qui seraient des fragments du noyau de
l'astéroïde.

Ainsi, avons- nous vu que grâce à l'étude du trajet et de la vitesse des ondes sismiques, la Terre est
formée de couches concentriques de densité de plus en plus forte vers le centre : la croûte qui repose
sur le manteau, et plus au centre le noyau dont la partie externe est liquide et la partie interne solide.
Nous avons vu que la formation de ces couches s'expliquait par une formation de la Terre par accrétion
puis par différenciation. Mais d'autres questions restent en suspens.

40
Chapitre 4 : OBJETS DE DATATION EN SCIENCES DE LA TERRE.

I- Introduction
Le mot Géochronologie vient du grec : Geo = la Terre, Khronos = temps et Logos = sciences
Les formations rocheuses qui constituent la surface de la Terre actuelle résultent d’évènements
géologiques qui se sont succédés dans le temps : sédimentation, magmatisme, métamorphisme et
déformations. Les traces des phénomènes anciens ont pu être effacées ou conservées dans les roches.
Nous chercherons à reconstituer la succession des évènements qui se sont déroulés au cours des temps
géologiques.

Le géologue a souvent besoin de mettre en relation des événements très éloignés géographiquement :
- Comment peut-on dater les évènements les uns par rapport aux autres ?
- Comment peut-on mesurer leur âge absolu, leur durée, leur vitesse ?
- Comment peut-on comparer des évènements à distance ?
Toutes les études des géologues utilisent le principe de l’ actualisme qui suppose que les lois physico-
chimiques qui régissent les phénomènes passés sont les mêmes qu’actuellement.
Les géologues considèrent deux types de temps - relatif et absolu :
- La géochronologie relative basée sur les principes de stratigraphie (Superposition, Continuité,
Recoupement et Identité paléontologique) et la répartition de fossiles, permet de reconstituer l'ordre
dans lequel une séquence d'événements géologiques s'est déroulée.
- La géochronologie absolue basée sur les méthodes et techniques radiométriques (datation des
minéraux des roches magmatiques ou métamorphiques), plus précise grâce à la découverte de la
radioactivité en 1896, indique quand un événement s'est déroulé. Les radiochronomètres sont choisis en
fonction de la période de temps à explorer. Le 14C pour les derniers millénaires, Le K/Ar pour quelques
dizaines de millions d’années et le Rb/Sr pour les périodes les plus longues. Grâce aux radiochronomètres,
on peut calculer l’âge des roches et des fossiles et mesurer la durée des phénomènes géologiques (La
radioactivité agit comme une horloge naturelle qui a indiqué que la Terre a 4,6 milliards d'années !). On
peut ainsi apporter des précisions à l’échelle biostratigraphique.
Exemple : pour repérer un événement passé, on peut le situer par rapport à un autre, ou indiquer la date
à laquelle il s'est produit:
- chronologie relative : les Mammifères sont apparus après les Reptiles.
- chronologie absolue : les Mammifères sont apparus il y a 200 millions d'années.

II - La géochronologie relative
La chronologie relative permet de classer dans le temps les phénomènes les uns par rapport aux autres.

1) Les relations géométriques entre les objets géologiques donnent accès à leur ordre de
formation.
La stratigraphie est la science qui étudie la succession des dépôts sédimentaires généralement
arrangés en couches ou strates. Elle est basée sur les principes de stratigraphie et de répartition des
fossiles. C'est une méthode rapide et peu coûteuse, applicable sur le terrain mais approximative.
On appelle strate (synonyme de couche, assise, niveau, horizon (bed), banc : terme utilisé à
l’affleurement, surtout pour les roches dures) un ensemble sédimentaire d’une certaine lithologie (nature
de la roche) limité à la base par le mur et au sommet par le toit.
Les démarches du stratigraphe ou "historien de la Terre" sont :
- décrire le contenu lithologique des couches : la lithostratigraphie.
- décrire les fossiles qu'elles contiennent : la biostratigraphie, dont l'unité est la biozone (faune
et flore relatives à un temps).
- définir les intervalles de temps : la chronostratigraphie.

41
2) Les principes de la stratigraphie

Il s'agit d'étudier la succession des dépôts sédimentaires. De nombreux indices seront à prendre en
compte. Une succession de dépôts constitue une série sédimentaire. Trois observations permettent de
reconstituer l'ordre des dépôts. Ce sont les principes de superposition, de continuité et d'identité
paléontologique.

a) Principe de superposition (Fig. 1a et b)


Le dépôt des couches de sédiments est généralement horizontal. Les couches se recouvrent au
fur et à mesure. Ainsi, toute couche superposée à une autre est plus récente (jeune) que celle-ci. Il en
sera de même des roches qui en découlent.

Fig. 1a : Stratification horizontale de sédiments. Les sédiments déposés dans un lac ou une mer (à
gauche) sont progressivement transformés en roches sédimentaires (à droite). S'il n'y a aucun
événement tectonique, les roches restent toujours horizontales et l'âge relatif est le même que dans
les sédiments : roches plus anciennes au fond, plus jeunes en haut.

Fig. 1b : Principe de superposition – Le calcaire s'est déposé après l’argile 1. Le grès est le
dernier à se déposer.

Toutefois il existe certaines exceptions :


 Dans le flanc inverse d’un pli couché, la couche la plus jeune est celle qui se trouve à la base.
 Au niveau du dépôt de terrasses alluviales, c'est la couche centrale, et souvent la plus basse, qui
est la plus jeune : le lit du fleuve est plus récent que ses berges !
 L'intrusion d'un magma dans une série sédimentaire est également à prendre en compte (la roche
magmatique sera plus récente).
Des critères de polarité peuvent permettre d’orienter les strates en localisant le haut et le bas.

42
b) Principe de continuité (voir fig. 1c)
Une même couche, limitée sur toute sa surface par un même toit et par un même mur est continue
et a le même âge en tout point. C’est le principe fondamental utilisé pour comparer des successions
lithologiques observées en différentes régions. Les comparaisons sont basées sur la nature lithologique
ou sur les assemblages fossiles.

Fig. 1c

c) Principe d'identité paléontologique


Un ensemble de strates de même contenu paléontologique est de même âge. Toutefois il faut
utiliser des fossiles qui ont une répartition géographique importante mais dont la durée de vie de
l'espèce est brève (fossiles stratigraphiques). Le fossile doit en effet caractériser une époque et non
pas un milieu. Plusieurs strates peuvent contenir une espèce déterminée (cela forme une biozone). Pour
un résultat correct, il faut donc appliquer ce principe à une association de fossiles. Enfin même si les
fossiles stratigraphiques ont une forte répartition, ils n'existent pas partout sur le globe. Ils sont
cantonnés à des provinces à cause d'un obstacle géographique ou climatique. Certaines espèces
occupent toutefois des zones de transition. Ce principe s'applique donc difficilement aux continents où
il existe déjà peu de fossiles, et encore moins de fossiles stratigraphiques !
Il faut également prendre en compte les possibles migrations des espèces au cours des temps
(la présence d'une même espèce dans des régions différentes n'indique pas forcément le même âge) mais
aussi les possibles contaminations dues aux phénomènes d'érosion.
Pour dater un terrain non fossilifère (azoïque), il faut rechercher les terrains fossilifères
(zoïques) qui l'encadrent. Pour un terrain volcanique, le plus simple est de dater les terrains plus
lointains qui ont reçu les cendres (ils sont contemporains). Certaines séries sont dites compréhensives
ou condensées. Elles sont compréhensives quand les sédiments de même nature sont disposés sur de
grandes épaisseurs. Inversement une série condensée correspond à une faible épaisseur de terrain pour
un temps de sédimentation très long. C'est le cas des Hard-grounds.

Les séries peuvent être discontinues à la suite d'une émersion, d'une érosion, de la tectonique ou
de l'absence de sédimentation. Il existe des périodes de crises biologiques qui vont compliquer la
datation, mais qui peuvent servir de limites de périodes dans l'établissement du calendrier.

On utilise communément trois façons de dater les couches par les fossiles: par les fossiles
pilotes, par assemblages fossilifères et par lignées évolutives.
a) La méthode des fossiles pilotes (bons fossiles stratigraphiques) : cette méthode utilise
évidemment les fossiles à courte durée de vie qui indiquent des âges bien précis. Une couche contenant
un de ces fossiles pourra donc être datée avec assez de précision.

43
Cependant, on ne trouve pas toujours de tels fossiles.
b) La méthode des assemblages fossilifères (Fig. 1d): cette autre méthode se fonde sur la
somme des fossiles trouvés dans une couche donnée. On assume que tous les fossiles trouvés ensemble
dans une couche sédimentaire représentent des organismes qui ont tous vécu au même temps. Le schéma
qui suit explique la méthode.
Prenons un assemblage de fossiles (A, B, C, D et E) qui se trouve dans une même couche. On
consulte les catalogues pour connaître quelle a été la durée de vie de chacun des organismes qu'ils
représentent.

Fig. 1d

Si on y apprend que A est connu du Silurien inférieur au Carbonifère inférieur, que B est connu
du Dévonien inférieur au Carbonifère supérieur, que C a une durée de vie très longue qui va de l'anté-
Ordovicien au post-Carbonifère, que D va de l'Ordovicien supérieur au Dévonien inférieur, et que E va
du Silurien supérieur au Dévonien supérieur, le seul temps où ces formes ont pu se retrouver ensemble
dans le même milieu correspond au temps où elles ont pu vivre toutes en même temps, soit le Dévonien
inférieur. L'assemblage et la couche qui le contient datent donc du Dévonien inférieur. Aucun de ces
fossiles pris individuellement n'aurait pu fournir un âge aussi précis.
c) La méthode des lignées évolutives (Fig. 1e) : la recherche paléontologique sur l'évolution de
divers groupes biologiques durant les temps géologiques a mis en évidence plusieurs lignées évolutives,
souvent sur de courtes durées de temps.
Pour illustrer l'utilité de ces lignées pour les datations relatives, prenons l'exemple d'une lignée
évolutive des espèces d'un genre donné, soit les espèces A, B, C, D et E, avec un bon contrôle de la
répartition temporelle de chacune des espèces.

Puisqu'il s'agit d'une lignée évolutive, la durée de vie d'une espèce marque un temps bien
précis. La présence d'une de ces espèces dans une couche, fixe donc une limite d'âge précise à cette
couche. Par exemple, si on trouvait l'espèce C, on saurait que la couche doit avoir un âge Dévonien moyen.

44
Fig. 1e

Dans bon nombre de cas, il est difficile de trouver une série sédimentaire continue à un même
endroit ; le géologue est donc amené à faire son étude dans plusieurs régions éloignées avant de pouvoir
établir une colonne stratigraphique de synthèse comme dans le cas de figure 1f ci-dessous.

Fig. 1f

45
LES FOSSILES MARQUEURS DES TEMPS GEOLOGIQUES
C’est dans les roches sédimentaires que nous apprenons le plus grâce à la présence des fossiles.
Ils permettent de dater la roche et de déterminer quelles étaient les conditions climatiques de l'époque.

La fossilisation
C'est la transformation d'un organisme mort permettant sa conservation ou la conservation de sa
trace. Elle a lieu au cours de la diagenèse.
- L'enfouissement rapide d'un organisme après sa mort permet d'éviter les oxydations
minérales et bactériennes responsables normalement de sa destruction rapide. Un sédiment fin permet une
meilleure fossilisation. C'est le cas des boues et des vases des fonds océaniques.
- La compaction des sédiments va entraîner la diminution de l'eau. Le futur fossile est alors
à l'abri de la majeure partie des dégradations biologiques dues aux hydrolyses.
-
La fossilisation peut concerner :
- l'organisme complet : C'est le cas des momifications (dans la glace, l'ambre, ou dans tout autre
milieu physiologiquement sec).
- les parties dures (et minérales) de l'organisme uniquement (tests, coquilles, partie minérale des
os). Des transformations minéralogiques peuvent avoir lieu par métasomatose ou épigénie ou
même carbonisation suite à l'oxydation des substances organiques.
- La trace de l'organisme :
- les empreintes d'un animal ou de feuilles conservées par la solidification d'un sédiment très fin
(lutites)
- le moule interne de coquilles ou tests par remplissage, ou le moule externe par enrobage. Il y a
aussi des cas de moulages de moules préexistants !
- les traces d'activités.

Les fossiles marqueurs stratigraphiques


Les fossiles étudiés doivent couvrir de longues périodes géologiques et être limités à un biotope
particulier. On les appelle fossiles de faciès (ils ont des caractères opposés aux fossiles
stratigraphiques).
Certaines espèces fossiles sont caractéristiques de périodes géologiques
(Primaire, Secondaire, Tertiaire).

Primaire
- Les Graptolites caractérisent le début du primaire (Cambrien-Dévonien). Ce sont des
animaux marins qui vivent en colonie.
- Les Trilobites, Arthropodes, sont présents durant toute l'ère primaire. Ils sont marins, et
principalement benthiques.
- Les fusulines, foraminifères, sont caractéristiques de la fin du primaire (Carbonifère-
Permien).
- Certains Brachiopodes sont caractéristiques du Primaire : Spirifer (Carbonifère) et Orthis
(Ordovicien). Les brachiopodes sont souvent retrouvés complets. Une différence par rapport aux
mollusques est l'ornementation qui n'est pas concentrique mais radiale.
- Les Tétracoralliaires, Cnidaires, n'ont existé que de l'Ordovicien au Permien, comme les
Tabulés, autres cnidaires.
- Les Goniatites, Céphalopodes Ammonoïdes, sont caractéristiques du début du
Carbonifère au Permien. Orthoceras, un Nautiloïde, est typique du Dévonien.
- Chez les végétaux les Psilophétales, Ptéridophytes primitives, sont caractéristiques du
Dévonien.

Secondaire
- Les Orbitolines, Foraminifères, sont caractéristiques du Crétacé. Les Globotruncana sont
spécifiques du Crétacé supérieur. Les calpionelles marquent la fin du Jurassique.
- Certains Echinides sont caractéristiques du Secondaire comme Micraster (Crétacé),
Clypeus (Jurassique), Paracidaris (Trias-jurassique).
- Les Cératites, Ammonoïdes, caractérisent le Trias. Les Ammonites par contre caractérisent
le Jurassique et Crétacé, mais il existe un groupe dès le Trias, les phyllocératidés.
- Un des brachiopodes du Mésozoïque est Rhynchonella.
- Les Hippurites, Bivalves rudistes, caractérisent le Crétacé supérieur. Les Gryphées sont
typiques du Trias-Jurassique, les Inocérames du Jurassique-Crétacé.
- Une importante extinction se produit à la fin du Trias. Les Archosaures et la plupart des
reptiles mammaliens disparaissent tandis que le règne des dinosaures commence réellement.
46
- Les dinosaures, les reptiles marins et les reptiles volants vont coloniser tous les continents
au Jurassique et se diversifier jusqu'au Crétacé.
- Il y a 65 millions d'années, environ 75 % des espèces ont disparu. Ce cataclysme qui se
situe à la limite Crétacé-Tertiaire a fait l'objet de nombreuses études. Plusieurs théories (météorite,…) ont
été avancées, mais, à ce jour, aucune ne fait vraiment l'unanimité.

Cénozoïque
Périodes du Cénozoïque : Paléogène, Néogène et Quaternaire.
Le Mésozoïque céda la place au Cénozoïque « l’âge des mammifères » commence après
l’extinction de masse de la fin du Crétacé.
Au cours de l’histoire de la Terre, la plupart des changements se sont produits lentement. Mais,
l’extinction de la fin du Crétacé entraîna un bouleversement radical pour les espèces animales qui
dominaient alors la Terre. Le règne des dinosaures prit fin après 150 millions d'années de domination.
Avec eux, disparurent également les reptiles marins et volants. Les reptiles survivants comme les
crocodiliens ne retrouvèrent plus leur position dominante. Les grands herbivores et carnivores ont
pratiquement disparu et les mammifères en profitèrent pour remplir les niches écologiques laissées
vacantes.
Les mammifères ne furent pas les seuls survivants de la grande extinction. Lézards, serpents,
tortues et crocodiliens purent se développer.
Au cours du Tertiaire, de nombreuses lignées de mammifères placentaires à sabots apparurent :
les ancêtres des éléphants, les ancêtres des rhinocéros, les ancêtres des chevaux,…
Les faunes marines du Cénozoïque présentent des caractéristiques fort semblables à celles
d'aujourd'hui. Les Mollusques deviennent les invertébrés marins les plus répandus.
Le groupe des Arthropodes s'épanouit avec les crustacés décapodes dont les homards et les
crabes. Les poissons téléostéens se répandent et deviennent le groupe dominant.
- Parmi les foraminifères caractéristiques du Tertiaire, on peut noter les Nummulites, qui ont
donné leur nom au Paléogène, et les Globorotalia.
- Terebratula, un brachiopode correspond au Miocène-Pliocène.

On a divisé en deux époques le Quaternaire à cause des bouleversements climatiques.


- Le Pléistocène couvre la totalité de l’âge glaciaire.
- L’Holocène a débuté, il y a environ 11 000 ans alors qu'un réchauffement climatique débute
et qui continue d'ailleurs toujours aujourd'hui.
Parmi les plus célèbres mammifères, on peut citer les mammouths qui surent s’adapter aux pires
conditions climatiques. Dans la toundra du Nord, vivait aussi le rhinocéros laineux. Rennes et Mégacéros
faisaient de longues migrations.
Parmi les prédateurs, les célèbres tigres à dents de sabre se situaient au sommet de la chaîne
alimentaire.
La quasi-totalité de ces animaux disparut lors de l’extinction du Pléistocène, il y a seulement 10 000
à 12 000 ans.
L’holocène pourrait être qualifié d’âge des hommes. Au cours des 10 000 dernières années, les
sociétés humaines ont progressivement occupé toute la planète.

La reconstitution des paléo-environnements


La reconstitution des paléo-environnements est une tâche difficile en raison du peu de données
exploitables. Parmi celles-ci les fossiles sont de très bons indicateurs des conditions passées. Ce sont
d'abord les macrofossiles qui ont été particulièrement bien étudiés, mais ceux-ci en raison de leur mode de
fossilisation et, de leur nombre réduit dans un terrain ne pouvaient pas souvent être étudiés. C'est
pourquoi ce sont actuellement les microfossiles qui sont actuellement les plus étudiés. Les microfossiles
les plus courants peuvent servir de marqueurs continentaux de climat (Pollen et spores), de marqueurs de
salinité (Ostracodes), de marqueurs de bathymétrie et de température (Foraminifères).

47
Exemples de fossiles index (USGS, 1997)

d) Autres indices utilisés dans la géochronologie relative :


d1) Le principe d'horizontalité selon lequel les couches sédimentaires sont
déposées à l'origine horizontalement. Une séquence sédimentaire qui n'est pas en position horizontale
aurait subi des déformations ultérieurement à sont dépôt.
d2) Le principe de recoupement (Fig. 2a et b) selon lequel les couches sont plus
anciennes que les failles ou les roches qui les recoupent. Ce principe s’applique à toutes les échelles
d’observation.

Fig. 2a : La faille est plus récente que les couches qu'elle recoupe.
48
Fig. 2b : autre exemple de recoupement (cas d’un filon magmatique de type dyke)

d3) Le principe d'inclusion (Fig. 3) selon lequel les morceaux de roche inclus dans
une autre couche sont plus anciens que la couche les contenant. Attention à ne pas confondre une
structure incluse dans une autre avec une structure qui en recoupe une autre comme dans le cas de la
mise en place d’un pluton granitique.

Fig. 3 : Exemple d’inclusions.

d4) Parmi les événements qui sont toujours plus récents que ce qu'ils
affectent (ce qui est affecté est donc toujours plus ancien) on a :
- Les failles;
- Les plissements (et les basculements);
- Les intrusions magmatiques et les filons;
- Les coulées de lave;
- L'auréole de métamorphisme de contact.

d5) Présence de roches métamorphiques ou de roches plutoniques à


l'affleurement : due à l'existence d'une orogenèse suivie d'une phase d'érosion car ces roches se
forment uniquement en profondeur (> 10 km).

e) La nature des contacts


Lorsque les formations rocheuses sont disposées régulièrement les unes sur les autres sans qu'il
manque d'étage, il s'agit d'une structure concordante. Lorsqu'un étage est absent, en tout ou en partie,
il s'agit d'une lacune.
49
e1) Lacune Stratigraphique
Aujourd'hui, le taux de sédimentation n'est pas constant partout à la surface terrestre - il varie
énormément et il a beaucoup varié pendant l'histoire de notre planète. De plus, le processus de
sédimentation peut être perturbé par des changements environnementaux - changements du niveau
marin, tectonique - ce qui aboutit à des intervalles d'érosion et/ou à l'arrêt de sédimentation. Ces lacunes
stratigraphiques, où la stratigraphie n'est pas complète, peuvent représenter des intervalles de temps
brefs ou longs. Une lacune peut donc résulter :
- d'un dépôt puis d'une érosion après régression marine (lacune d'érosion);
- d'une absence de dépôt (jamais déposé : lacune de sédimentation).

e2) Discordance entre deux séries sédimentaires


Due à l'existence d'une régression marine suite à un soulèvement tectonique, d'où émersion,
arrêt de sédimentation de la série 1 (la plus ancienne) et souvent érosion, puis à nouveau transgression
marine et sédimentation de la série 2 (la plus récente). Mais il existe plusieurs cas dont : Le type de
discordance le plus marquant est la discordance angulaire où il existe une discontinuité angulaire entre
les strates plus vieilles et celles plus jeunes. Cette discordance implique que les strates plus anciennes
soient été déformées et puis érodées avant que les strates plus jeunes ne se soient déposées au-dessus.
Le second type de discordance est appelé discordance d'érosion; cette discordance représente une
surface irrégulière d'érosion entre des strates parallèles. Une discordance d'érosion implique la
cessation de la sédimentation plus érosion mais sans déformation. Finalement, on appelle discordance,
une limite où des strates se trouvent directement au-dessus de roches ignées ou métamorphiques.

Fig. 4 : exemple illustrant la séquence des événements géologiques qui aboutissent à une
discordance angulaire.
50
III - La géochronologie absolue

1) Définition des isotopes

Une espèce atomique X est caractérisée par son numéro atomique Z (égal au nombre de protons du
noyau) et sa masse atomique M (égale au nombre de protons et de neutrons)

M
XZ
Les isotopes d'un élément chimique X ont tous le même nombre atomique Z (c'est à dire le même
nombre de protons), mais des masses atomiques M différentes, correspondant à un nombre de
neutrons différents. Prenons l'exemple de l'oxygène :

18
O8 ; N° atomique Z = 8 protons ; Masse atomique M = 18 (8 protons + 10 neutrons)
16
O8 ; N° atomique Z = 8 protons ; Masse atomique M = 16 (8 protons + 8 neutrons)

2) Abondances isotopiques

Il existe dans la nature environ 340 espèces nucléaires répertoriées mais qui n'ont pas tous, bien sûr,
la même abondance et la même importance. La plupart des éléments possèdent plusieurs isotopes.

Certains isotopes naturels sont stables. D'autres au contraire sont instables et radioactifs et donnent
naissance à des isotopes radiogéniques. C'est ainsi qu'un isotope père (P) radioactif se désintègre en
un isotope fils (F) radiogénique :

P ------------------------------------> F

(Isotope père radioactif) ---------------------> (Isotope fils radiogénique)

Ce sont les isotopes instables, radioactifs qui sont utilisés en radiochronologie.

3) Les isotopes radioactifs et la Radiochronologie

Dès le début du XX° siècle, suite aux découvertes sur la radioactivité. Actuellement, la
technologie permet une précision analytique de tout premier ordre, qui autorise des mesures et des
résultats de bonne qualité, même pour des concentrations isotopiques relativement faibles. Il existe
aujourd'hui de nombreuses méthodes de radiochronologie. Avant d'en exposer quelques unes,
examinons les phénomènes radioactifs.

Les phénomènes radioactifs :


Il existe plusieurs formes de désintégration radioactive
a1 - RADIOACTIVITÉ 
4
Un atome se désintègre en émettant une particule  c'est à dire un noyau d'hélium ( He2 )
M
XZ -----------> M-4X'Z-2+ 4He2
51
Ex : 238U92 -----------> 234Th90 +  (Période T = 4,51.109 ans)
a2 - RADIOACTIVITÉ 
La particule émise est un électron. Ce phénomène correspond à la transformation d'un neutron du noyau en proton avec
émission d'un électron selon la réaction :

n --------------> p+ + e
M
XZ -------> MX'Z+1 + e (-)

ex : 87Rb37 --------->87Sr38 + e (-) (T = 4,7.1010 ans)

a3 - CAPTURE D'UN ÉLECTRON DE LA COUCHE K


Un électron de la couche K réagit avec un proton du noyau pour former un neutron

e + p+ -------> n ; Z -----> Z - 1
M
XZ + e -----> MX'Z-1

ex : 40K19 + e ------> 40Ar18


a4 - FISSION SPONTANÉE
Un noyau lourd éclate en deux noyaux de masses voisines, avec émission de neutrons ;

ex : 235U

4) Les lois de la désintégration - Équations fondamentales de la


géochronologie
Les méthodes de la géochronologie reposent sur le principe suivant :

Soit un isotope radioactif Père (P) qui se désintègre en un élément radiogénique fils (F)

P ---------> F

Le rapport de concentration P/F à un instant donné est une fonction de la constante de désintégration
 (qui est la probabilité de désintégration par unité de temps) de l'élément P et de l'âge t.

La quantité d'atomes P désintégrés pendant un temps dt est proportionnelle au nombre P d'atomes et


à la constante de désintégration. On peut alors écrire :

avec : P = nombre d'atomes pères radioactifs, = constante de désintégration et dP/dt = taux instantanée de
transformation.

Si P0 représente la quantité d'atomes pères à l'instant t0, l'équation 1 s'intègre selon les équations (2)
et (3) :

52
Dans la pratique, on ne doit faire intervenir dans l'équation que des grandeurs mesurables
actuellement. Or, on ne connaît pas le nombre d'atomes pères P0 à l'instant initial t0. Au cours du
temps, un certain nombre d'atomes P0 radioactifs se sont transformés en éléments fils radiogéniques
F. On pose alors l'hypothèse, que le nombre d'atomes pères à un temps t (P) est égal au nombre
d'atomes pères initiaux (t0) moins le nombre d'atomes fils radiogéniques produits au cours du temps
t. Soit :

P = P0 - F

ou P0 = P + F

En remplaçant P0 par sa valeur (P + F) dans l'équation (3) on obtient :

P + F = P et ou F = P et - P ; soit :

De cette équation (4) on peut en déduire l'âge (t) :

Un problème peut apparaître. La quantité d'atomes F mesurés aujourd'hui correspond en fait à la


quantité d'atomes fils radiogéniques provenant de la désintégration de l'élément père (P) radioactif,
mais aussi à la quantité d'atomes fils (F0) qui étaient présents dès le départ dans le système. C'est à
dire que :

F total mesuré = F radiogénique + F0 existant au départ

L'équation (4) peut alors s'écrire :

Cette équation (6) est l'équation fondamentale de la géochronologie. Elle permet d'obtenir l'âge
d'une formation (ou d'un minéral) selon l'équation (7)

L'âge est obtenu dans les conditions suivantes :

1. la constante de désintégration  soit connue avec précision ;


2. que l'on connaisse P et F avec une bonne précision ;
3. que l'on connaisse F0 ; ce qui est souvent délicat, voir impossible ;
4. que le système soit resté clos (Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme).

53
5) Méthodes de la géochronologie absolue : voir T.D. pour les applications.

A) Exemple de la méthode Rubidium – Strontium :

a - Principe et équation fondamentale

Le Rb37 possède 2 isotopes : 85Rb et 87Rb.


Le 87Rb est radioactif et se désintègre par radioactivité ß en 87Sr radiogénique.
87
Rb ------>87Sr (radioactivité ß)
Selon l’équation fondamentale de désintégration (6) du 87Rb (élément père radioactif, P) en 87Sr
(élément fils radiogénique, F)
(6) F = P (et - 1) + F0
On peut écrire :
(8) (87Sr) = (87Rb) (e t - 1) + (87Sr )0
 = 1,42.10-11an-1 (= constante de désintégration de l'isotope père radioactif P, le Rb dans ce cas);
Sr38 possède 4 isotopes 84-86-87-88 et seul 87Sr est radiogénique.
Dans l'équation (8), (87Rb) et (87Sr) peuvent être mesurés et sont connus. Par contre la quantité de
(87Sr)0 est une inconnue.
Le 86Sr est un isotope stable non radiogénique et non radioactif. Sa quantité dans le système est donc
une constante. Dans l'équation (8), on rapporte les concentrations de (87Sr)t, (87Rb)t et (87Sr)0 à cette
isotope stable (86Sr).

Cette équation est de la forme y = ax + b


Considérons plusieurs échantillons co-génétiques de même âge, distincts les uns des autres par leur
rapport 87Rb/86Sr, évoluant en système clos; les points représentatifs de ces échantillons doivent dans
un diagramme (87Sr/86Sr) - (87Rb/86Sr) s'aligner sur une droite, dénommée isochrone, dont la pente
(et-1) est fonction de l'âge du système. L'ordonnée à l'origine permet de connaître le rapport
(87Sr/86Sr)0 (fig. 5a) et (fig. 5b).

b - Ages absolus et âges apparents :

Age "absolu" : lorsque tous les points analytiques sont, dans le diagramme (87Sr/86Sr) -
(87Rb/86Sr), alignés (aux incertitudes analytiques près), cela signifie que 3 conditions ont été remplies
:
(1) - Les échantillons ont le même âge;
(2) - Les échantillons ont le même rapport initial (87Sr/86Sr)0 ;
(3) - Les échantillons se sont comportés en système clos vis-à-vis du rubidium et du strontium.
L'âge obtenu peut être alors considéré comme un " âge absolu."

54
Fig. 5a : Isochrone sur roches totales : Les échantillons 1-2-3 et 4, issus d’un même réservoir magmatique,
ont le même rapport isotopique initial (87Sr/86Sr)0. Ils s’alignent sur une horizontale et diffèrent par
leurs rapports (87Rb/86Sr). Avec le temps, la désintégration de 87Rb en 87Sr induit pour chaque échantillon
une augmentation de leur rapport 87Sr/86Sr et une diminution de leur rapport 87Rb/86Sr. L’augmentation
du rapport 87Sr/86Sr est proportionnelle à la valeur du rapport 87Rb/86Sr. Les points s’alignent
conformément à l’équation (9) selon une droite dont la pente est une fonction du temps et est égale à
(et-1).

 Exemple (à refaire à domicile sur papier millimétré pour le corriger en T. D.). Voici les résultats isotopiques
obtenus sur 8 échantillons du granite porphyroïde de Meymac. Les teneurs en Rb et Sr (en ppm ou partie par
million ou g/g) sont données à titre indicatif.

8 Echantillons du granite porphyroïde Granite de Meymac


Rb (ppm) Sr (ppm) 87Rb/86Sr 87Sr/86Sr
RT9517 228 257 2,56 0,72103
RT9518 260 252 2,99 0,72321
RT9519 258 235 3,18 0,72381
RT9520 263 212 3,59 0,72537
RT9521 319 249 3,71 0,72599
RT9522 365 211 5,01 0,73135
RT9523 312 189 4,79 0,73029
RT9524 337 210 4,64 0,73009

Si on reporte ces données dans un diagramme 87Sr/86Sr en fonction de 87Rb/86Sr, on obtient la figure suivante

L’équation générale de la droite qui passe au mieux par tous les points est y = 0,71050 + 0,0042x
Sa pente (son coefficient directeur) est égale à p=0,0042

La formule de l’isochrone étant


55
On peut assimiler la valeur de 0,0042 à l’expression ( ), ce qui donne :

Fig. 5b : Isochrone sur roches totales pour le Granite de Meymac

Sachant que λ vaut 1,42.10-11 an-1 pour le couple Rb-Sr, on en déduit que t = 295 Millions d’années.

Remarque : La valeur de 0,71050 (ordonnée à l’origine lorsque x=0) correspond au rapport qui est le rapport
initial du magma à l’origine de ce granite. Ce rapport initial, déterminé graphiquement, donne une précieuse indication
sur l’origine du magma ayant donné le granite : c’est une des données de base pour identifier l’origine des sources
magmatiques.

B) Exemple de la méthode du 14C :

Le carbone (C6) possède 3 isotopes : 12C (98,892%) ; 13C (1,108%) et 14C (en quantité infime).
Le 14C est produit dans la haute atmosphère par réaction de neutrons cosmiques avec l'azote. Au cours
de cette réaction, l'azote et les neutrons qui interagissent produisent le 14C et un proton ; soit la réaction
:
(24) 14N7 + n --------> 14C6 + 1p
Le 14C, radioactif se désintègre par radioactivité  en redonnant du 14N selon la réaction :
(25) 14C6 ------> 14N7 +  1,21.10-4.an-1 (T = 5730 ans)

56
Cette désintégration suit la loi :
soit : 14C = 14C0.e-t , ou en se référant à l'isotope stable 12C du carbone :

Le 14C est formé constamment dans l'atmosphère et est incorporé dans les molécules de CO2 . Il est
introduit de cette façon dans le cycle du carbone. Le 14C, au même titre que le 12C (stable), est alors
fixé dans les végétaux ou les animaux. Le rapport (14C/12C)0 dans l'atmosphère est une constante et est
connu. Tous les êtres vivants ont ainsi un rapport (14C/12C)0 constant. Pour un être vivant, l'instant t0
coïncide avec sa mort, dès lors qu'il n'y a plus d'échanges avec le CO2 atmosphérique.
On peut voir selon l'équation (26) que connaissant (14C/12C)0 et mesurant 14C/12C, on peut calculer
l'âge de la mort de l'organisme.
La méthode de datation par le 14C s'applique tant en archéologie, qu'en paléontologie (datations d'ossements),
sédimentation (datation des carbonates et mesure des vitesses de sédimentation), volcanologie (datation de
bois carbonisés sous les coulées de laves), étude des météorites (détermination de l'âge de leur chute sur Terre).
Etant donné la courte période de désintégration du 14C, cette méthode n'est applicable qu'à la datation de
matériaux très récents, ne dépassant pas 50 000 ans. C'est une méthode destinée à dater des événements de
l'ère quaternaire.

PRINCIPE DE LA DATATION
On sait que tout organisme présente de son vivant la même radioactivité que le gaz carbonique atmosphérique.
A sa mort, les échanges gazeux cessent, le 14C n'est plus renouvelé, sa radioactivité décroît alors lentement à
raison de la moitié tous les 5568 ans*, c'est la période de demi-vie (* période adoptée par convention
internationale).
Ainsi si on mesure aujourd'hui l'activité 14C = A d'un bois, on peut en la comparant à l'activité du carbone
moderne Ao, en déduire le temps t qui s'est écoulé depuis sa mort. C'est ce que l'on appelle l'AGE.
L'âge est calculé à partir de la formule de décroissance exponentielle radioactive:

A = Ao e-λ.t
A activité du carbone de l'échantillon (échantillon archéologique)
Ao Activité du carbone moderne (échantillon standard de référence)
λ constante de désintégration Ln2/T égale à 0.69314/T
T étant la période de demi-vie du 14C utilisée par convention, soit 5568 ans

Si on introduit la valeur de la période dans l'équation ci-dessus, on obtient une formule simple pour le
calcul des âges:

Age (t) = ln Ao/A * 8033 ans


Tel est le principe de la méthode. Il repose sur l'hypothèse que la radioactivité naturelle est restée
constante au moins au cours des 40000 dernières années. Autrement dit, on suppose que l'activité 14C
d'organismes vivant actuellement est identique à celle des mêmes organismes qui ont vécu il y a 10000 ans par
exemple.

57
IV - Autres méthodes

Elles se basent généralement sur la répétition régulière de phénomènes. Les Varves sont ainsi un
dépôt différent des sédiments au printemps-été des sédiments d'automne-hiver. En effet au niveau de
lacs situés au front d'un glacier, au printemps, à la fonte des neiges la sédimentation est grossière alors
que les éléments fins restent en suspension, et ne se déposeront qu'à l'hiver.

Varves Cernes

Ces dépôts périodiques se répètent ainsi chaque année et permettent une datation très précise.
En s'aidant de la biostratigraphie il est possible de mettre en paralèlle plusieurs dépôts et donc de
couvrir une large période.
La dendrochronologie est une méthode voisine qui s'appuie sur les cernes des arbres. Les
variations climatiques annuelles sont détectables dans l'épaisseur et l'allure d'un cerne. Par corrélation
avec plusieurs mesures sur différents arbres fossiles il est ainsi possible de remonter jusqu'à 6 à 8 mille
ans !

IV- Succession Géologique et Echelle de Temps Géologique

Une des plus grandes réussites des géologues pendant le 19 ème siècle fut la reconnaissance du
fait que certaines séquences stratigraphiques sur différents continents représentent les mêmes
intervalles de temps, ce que nous appelons corrélation stratigraphique.
Les géologues ont proposé une succession géologique (Fig. 6) qui représente une coupe contenant dans
l'ordre chronologique la séquence de strates connues et leurs âges relatifs. Cette succession est
continuellement modifiée dans le détail et raffinée.
Les unités de cette succession géologique sont maintenant standardisées et nous l'appelons échelle de
temps géologiques.

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Fig. 6 : Divisions stratigraphiques des temps géologiques.

(Geological Survey of Canada, 1999)

N.B. : Paléocène + Eocène + Oligocène = Paléogène ;

Miocène + Pliocène = Néogène.

59
60
Chapitre 5 : APERCU SUR L’HISTOIRE GEOLOGIQUE DE LA TERRE.

I - Introduction
Les 4,6 milliards d'années de l’âge la Terre ont été subdivisés en trois périodes, les éons :
* L'Archéen : qui va de la formation du globe jusqu'à 2600 millions d'années.
* Le Protérozoïque : qui suit l'archéen et se termine vers 540 millions d'années, il
correspond à la période de la vie unicellulaire.
* Le Phanérozoïque qui commence avec l'apparition de la vie pluricellulaire et n'est pas
encore terminé.
Ces subdivisions, assez anciennes, sont délaissées pour la notion d'ère :
* L'ère Précambrienne : qui correspond à l'Archéen et au protérozoïque,
* L'ère Primaire ou Paléozoïque : de - 540 à - 240 millions d'années, elle correspond, au
niveau de l'évolution du vivant, à la sortie de l'eau des êtres vivants,
* L'ère Secondaire ou Mésozoïque : de - 240 à - 65 millions d'années, elle correspond à
la conquête de tous les milieux par la vie,
* L'ère Tertiaire ou Cénozoïque : de - 65 à maintenant, elle correspond au développement
des mammifères et à l'apparition de l'Homme. Cette dernière étape évolutive (qui a débuté il y a 4 millions
d'années) avait entraîné la définition de l'ère quaternaire, qui semble de plus en plus considérée comme
une subdivision de l'ère tertiaire.
Les caractéristiques de chaque ère sont en fait bien plus importantes et seront étudiées plus en détails
dans les pages suivantes.
Les périodes couvertes par les ères étant très longues, on les a subdivisées en périodes, ou époques
(elles sont représentées sur l'échelle géologique, voir chapitre 3).
Ces périodes ont également été subdivisées, en étages : chaque étage est caractérisé par une certaine
population de fossiles et correspond généralement à un grand cycle de transgression / régression. Il est
défini dans un lieu donné, caractéristique de l'étage, le stratotype, qui lui donne généralement son nom.
Par exemple l'Oxfordien a été défini par un stratotype localisé à Oxford (en Angleterre), l'Albien à Albi
(en France). Le stratotype se situe généralement dans un bassin sédimentaire. Les étages ont même été
subdivisés pour tenir compte des différences régionales.

Depuis son origine, la Terre évolue continuellement. On connaît peu de témoins (roches, fossiles,
structures sédimentaires, tectoniques etc,...) de la plus grande partie de son histoire : le précambrien.
La diversification des faunes dès la fin du Protérozoïque, l'explosion de la vie au Cambrien, l'apparition
de parties dures fossilisables ont permis de reconstituer plus aisément l'histoire de notre planète pour
les 600 derniers millions d'années.
Cette histoire complexe nous conduit à imaginer, pour différentes périodes, une Terre présentant un
visage bien différent de celui que nous lui connaissons aujourd'hui.

II- Le Précambrien
C'est la période géologique la plus grande, elle représente près de 80 % de l'histoire de la
Terre. Les vestiges de cette époque sont concentrés dans les cratons des différents continents.
Malgré la faible quantité de terrains "intacts" de cette époque, on peut y définir plusieurs phases :

 Une phase Archéenne (de la formation du globe à - 2,5 milliards d'années) : Il s'agit de la phase
où la croûte est encore très mobile en raison de forts courants de convection. L'apparition d'eau
à l'état liquide permet déjà la formation de sédiments. Le métamorphisme est fort et il y a une
grande production de granites d'anatexie qui en s'accumulant allègent la croûte (leur densité
étant faible). La croûte continentale telle qu'on la connaît commence à se former par des
phénomènes d'accrétion verticale et accumulation de sédiments dans les cuvettes.

61
 Une phase de transition ou protérozoïque inférieur (de - 2,5 à - 1,6 milliards d'années) : Un
phénomène d'accrétion périphérique transforme peu à peu les croûtes en blocs plus stables
préfigurant les futurs continents.
 Une phase d'introduction aux plaques ou protérozoïque moyen (de - 1600 à - 900 millions
d'années) : Les premiers vrais océans s'ouvrent, des chaînes de montagnes s'élèvent ( orogenèse
cadomienne).
 Le protérozoïque supérieur (de - 900 à - 540 millions d'années) : les blocs continentaux se
réunissent sous la forme d'un supercontinent, le Rodinia (vers - 650 millions d'années), puis
commencent à se séparer ( voir Tectonique des plaques et Dérive des continents au module de
Géologie 2) en plusieurs grandes masses continentales : la Laurentia, la Baltica, la Sibéria, la
Kazakhstania, la China, constituée par les boucliers chinois et indonésiens et la Gondwana qui
réunit les boucliers et plate-formes de l'ensemble de l'hémisphère Sud. Cet immense continent
est séparé des trois autres par un océan, la Mésogée. L'océan Iapetus sépare lui la Laurentia et
la Baltica.

Plusieurs chercheurs croient qu'à la fin du Protérozoïque, il y a environ - 650 Ma, les masses continentales
de la Planète étaient toutes rassemblées en un seul mégacontinent, une sorte de Pangée de l'époque, qui
a été baptisée Rodinia.

III- Le Paléozoique
L’ère primaire ou Paléozoïque a duré 300 Ma (- 540 à - 245 Ma). Marqué par deux cycles
orogéniques, calédonien et hercynien, le paléozoïque est découpé en paléozoïque inférieur et paléozoïque
supérieur.
Le Paléozoïque inférieur :
Il s'agit de la période allant de - 540 à - 400 Ma, couvrant donc le Cambrien, l'Ordovicien et le
Silurien. Cette période est marquée par la séparation du supercontient précambrien (Rodinia) et par le
cycle orogénique calédonien.

Le Paléozoïque supérieur :
Cette période s'étale de 400 Ma à 245 Ma. Elle représente donc le Dévonien, le Carbonifère et le
Permien.

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Le Paléozoïque enregistre une grande biodiversité au sein des différents écosystèmes marins
et terrestres. Sa limite inférieure correspond à l’apparition de la presque totalité des embranchements
d’animaux connus actuellement (explosion cambrienne) et sa limite supérieure exprime une extinction
majeure ayant contribué au renouvellement de la faune et de la flore.

L’acquisition de la capacité de minéralisation des tests et carapaces chez de nombreuses


formes de vie en a facilité la conservation. Le Paléozoïque est subdivisé en 6 périodes caractérisées
par des événements marquants : le Cambrien par la conservation des premiers invertébrés à tests
calcaires ; l’Ordovicien par l’apparition des premiers poissons primitifs ; le Silurien par le développement
des premières plantes et la colonisation des terres émergées ; le Dévonien l’enregistrement de la
colonisation des milieux terrestres par les animaux ; le Carbonifère par la prolifération des forêts et
la conservation de la mémoire du charbon et, enfin, le Permien par l’assemblage du méga-continent
Pangée.

Quatre séquences transgressive-régressive majeures, c’est-à-dire des avancées et retraits de


la mer, sont enregistrées pour le Paléozoïque et caractérisent les principales fluctuations du niveau des
mers associées aux mouvements de tectonique des plaques (voir le module de Géologie 2). Le climat est
contrasté et les épisodes d’humidité et d’aridité se succèdent. Toutefois, la formation au Permien d’un
méga-continent provoque un réchauffement général et une période d’assèchement climatique qui se
poursuit au Mésozoïque inférieur.

L’histoire de la vie au Paléozoïque est ponctuée, au cours de son développement, par des grandes
crises. Il en est ainsi à la fin du Cambrien, de l’Ordovicien, au Dévonien supérieur et au Permo-
Carbonifère. Ces crises provoquent la disparition de certains groupes terrestres ou marins.

Le Paléozoïque est marqué par de profondes modifications du paysage paléogéographique. Il


correspond à un épisode d’agrégation des continents après avoir enregistré la rupture du méga-
continent (Rodinia) qui existait antérieurement dès le Précambrien. Il est caractérisé, dès l’Ordovicien,
par l’assemblage de grandes plaques continentales et par ailleurs par la fragmentation de la marge
septentrionale de la plaque continentale du Gondwana en micro-plaques séparées par différents bassins
océaniques. Le Paléozoïque supérieur est marqué par la formation d’un super-continent ou Pangée dont le
corps principal est constitué des continents de la Laurasia au Nord et du Gondwana au sud. Les micro-
plaques issues de la marge septentrionale du Gondwana ont achevé leur regroupement avec le continent
de la Laurasia dès le Silurien. Le super-océan Panthalassa entourant la Pangée est régi par des
circulations océaniques importantes.

Plusieurs cycles de déformation de la croûte terrestre (cycles orogéniques) se succèdent au


Paléozoïque. Il s’agit des méga-cycles calédonien, pré-hercynien et hercynien. Le cycle calédonien (du
Cambrien au Silurien) provoque la formation de chaînes de montagnes (en Scandinavie, Ecosse, Irlande
et Appalaches) découlant de la disparition des Océans Iapetus et Tornquist. Le cycle hercynien (du
Dévonien au Permien inférieur) génère une ceinture de chaînes de montagnes qui correspondent aux
reliefs des Ouachita-Appalache, Mauritanides et Varisque (Europe). Cette ceinture constitue la suture
entre les continents de la Laurasia et du Gondwana qui finissent par s’assembler définitivement au
Permien inférieur. La Pangée commence à se fragmenter dès le Permien supérieur. Les dernières phases
de déformation du cycle hercynien en Europe sont considérées comme les précurseurs de la rupture de
la Pangée qui se développera au Mésozoïque.

63
64
IV- Le Mésozoique
L'ère secondaire ou Mésozoïque a duré 180 Ma (de - 245 à - 65 Ma) est encadrée par
deux grandes crises du monde vivant. La crise qui marque le début du Mésozoïque est la plus grande
crise que le monde vivant ait subie : 95 % des familles marines connues à l'ère primaire
disparaissent.

Elle est subdivisée en trois systèmes : Trias (trois unités principales initialement), Jurassique
(défini dans le Jura) et Crétacé (l'âge de la craie). Elle est marquée par une ambiance transgressive dès
le Trias, qui atteint son maximum au Crétacé supérieur, et une brutale régression à la fin du Crétacé.
Elle est aussi caractérisée par la fragmentation du super-continent de la Pangée créé lors des phases
paléozoïques, et l’apparition concomitante de petits océans à côté de la seule Panthalassa qui occupait
jusqu’alors tout l’espace marin. Les Amériques se séparent des continents européen et africain par
l’ouverture amorcée de l’Atlantique d’une part et l’Europe de l’Afrique lors de l’ouverture progressive
de la Téthys d’autre part. Des relations nouvelles se créent avec les mers boréales, induisent un
refroidissement général à la fin du Secondaire. Les faunes et flores elles aussi sont bouleversées à
la fin du Mésozoïque ; on connaît bien la limite Crétacé-Tertiaire qui est l’une des plus réputées et
médiatisées. On parle généralement de catastrophe (d’origine cosmique ou volcanique, ...) même si des
groupes semblent peu affectés tels les Bivalves. L’extinction sélective permettra aux survivants de
se redéployer plus qu’ils ne l’ont jamais été, ainsi les Mammifères s’épanouiront au Tertiaire.

La paléogéographie : du Mésozoïque d’Europe est marquée par l’ouverture de l’océan téthysien


qui dessine un triangle séparant ainsi la Pangée en deux ensembles : le Gondwana au Sud et la Laurasia au
Nord. Le Gondwana commence à se fragmenter dès le Permien, Une communication d’eau plus profonde
entre Téthys et Pacifique s’établit, bouleversant alors le type de sédimentation téthysienne : on passe
ainsi par exemple d’une sédimentation de type radiolaritique (roche faite de l'accumulation de
squelettes de plancton siliceux) à une sédimentation de type calcaire (roche faite de l'accumulation
de squelettes de plancton carbonaté) au niveau de la Téthys méditerranéenne. Au Crétacé naît
l’Atlantique, d’abord sa partie méridionale puis sa partie septentrionale. L’ouverture liée à la Téthys
séparait des continents dans le sens Nord-Sud, alors que l’ouverture de l’Atlantique les repousse en Est-
Ouest.

Paléontologie : Quelques points repères montrent l’importance du Mésozoïque : au Trias


(230Ma) les premiers dinosaures apparaissent et les Insectes à métamorphose complexe se
développent, au Jurassique (190 Ma), les premiers Mammifères allaitent ; au Crétacé (120Ma) les
premières fleurs s’épanouissent et les oiseaux vrais s’envolent. Enfin, à 65 Ma, disparaît brutalement
une grande quantité d’espèces.

65
V- Le Cénozoique
L’ère tertiaire ou Cénozoïque a débuté il y a 65 Ma, immédiatement après la crise de la fin du
Crétacé et les bouleversements faunistiques qui lui sont liés.
Le Cénozoïque, la plus courte de toutes les ères géologiques, englobe le Tertiaire et le Quaternaire qui
représente les derniers 1,8 Ma et qui, en raison de sa particularité, notamment liée aux glaciations et
au développement de l’Homme, ne sera pas détaillé ci-dessous.

Pour schématiser, le trait dominant est la mise en place graduelle de la géographie actuelle, qu’il
s’agisse de l’agencement des masses continentales, de la structure des masses d’eau océanique ou de
la composition de la biosphère. L'ère Cénozoïque est marquée notamment par la diversification des
organismes marins et continentaux fleurs). L’étape majeure dans la mise en place de ces conditions
modernes sera le Miocène.

1) Le Tertiaire

Au Cénozoïque, la redistribution des masses continentales, amorcée au Mésozoïque avec la


dislocation de la Pangée, se poursuit pour aboutir à l’agencement actuel qui marque une nouvelle tendance
à l’agrégation résultant notamment celle des Mammifères, en particulier des Hominidés, ainsi que celle
des Angiospermes (plantes à de la collision de l’Afrique, de l’Inde et de l’Eurasie.

Au début du Cénozoïque, la collision de l’Afrique et de l’Eurasie qui a débuté vers 80 Ma à la suite de


la convergence des deux plaques, en liaison avec l’élargissement de l’Atlantique sud, se poursuit. Les
deux continents demeurent néanmoins séparés par la mer. Il en est en grande partie de même pour les
deux Amériques ce qui assure des circulations océaniques entre les parties est et ouest du Pacifique.
L’Atlantique nord continue de s’ouvrir, sauf dans sa partie la plus septentrionale où l’Europe et
l’Amérique font encore bloc avec le Groenland. L’Inde, dans sa longue migration méridienne vers la plaque
eurasiatique, se trouve toujours en chemin atteignant une position équatoriale.

L’évolution paléogéographique de l’Europe est étroitement dépendante de cette


réorganisation. La collision Afrique-Europe aboutit à l’occlusion de la Téthys qui se réduit
inexorablement en un espace résiduel préfigurant la Méditerranée, en même temps que s’édifie la
chaîne alpine dont les phases paroxysmales de déformation compressive se situeront à la fin de l’Eocène
et à l’Oligocène inférieur.

Evolution du monde vivant : succédant aux extinctions massives de la fin du Crétacé, le


Cénozoïque marque un profond renouvellement et une diversification de la faune qui préfigure celle
actuelle; les changements les plus spectaculaires sont la diversification des Mammifères et celle des
Angiospermes, parallèlement à celle des Insectes et des Oiseaux.

66
En conclusion, deux périodes charnières dans l’évolution vers la géographie actuelle semblent se
distinguer nettement au cours du Cénozoïque : la fin de l’Eocène début de l’Oligocène d’une part, et le
Miocène, notamment le Miocène moyen, d’autre part.

Ces deux périodes sont marquées par les effets de la redistribution des masses continentales et de
l’orogenèse qui induisent d’importantes modifications du climat et des circulations océaniques, et se
traduisent également par des modifications au niveau de la composition du monde vivant.

Finalement la poursuite de tous ces mouvements a conduit à la configuration actuelle des continents
et des plaques lithosphériques.

2) Le Quaternaire

Cette dernière période de l'ère cénozoïque débute vers 1,8 Ma et s'étend jusqu'à l'époque actuelle.
Elle est composée de deux parties :

 Le Pléistocène (1,8 Ma à 10 000 ans BP, BP : before Present c’est-à-dire avant 1950) qui voit
se développer plusieurs glaciations.
 L'Holocène (10 000 ans BP à aujourd’hui) qui correspond approximativement au Postglaciaire;
il annonce la période actuelle, avec des variations mineures du climat et de l'environnement, décelables
par l'étude des pollens et des faunes fossiles.

Le Quaternaire est donc caractérisé par quelques phénomènes majeurs :

 Grande instabilité climatique se manifestant par le développement d'importantes glaciations


qui ont entraîné de fortes variations des niveaux marins et fluviatiles. Les niveaux marins sont
étroitement liés aux phénomènes glaciaires. Lors d'une glaciation, l'eau est mobilisée sur les continents
à l'état de glace. Le niveau des mers est alors bas, on parle de régression marine. Avec la fonte des
glaces lors des réchauffements, l'eau est libérée et les mers remontent : c’est la transgression marine.
Ce jeu est rendu visible par les plages fossiles, mais également par le système de terrasses fluviatiles,
liées au niveau de base du fleuve qui les forme.
 Renouvellement des flores et des faunes. Les derniers éléments de la période tertiaire
disparaissent et les espèces actuelles se mettent en place.

Les faunes pléistocènes annoncent les espèces actuelles alors que les derniers représentants de
la faune tertiaire disparaissent (mastodontes, tigres à dents de sabre). Les grands Mammifères
permettent d'établir des chronologies relatives basées sur des associations d'espèces. Ils fournissent
aussi des indications sur les climats et environnements passés, comme l'ours des cavernes, typique
67
des périodes tempérées interglaciaires, ou le mammouth et le rhinocéros laineux, caractéristiques des
phases froides du Würm.

 Apparition du premier homme, Homo habilis, en Afrique orientale.

Les origines de l'Homme


On a l'habitude de dire que "L'Homme descend du singe". Ce n'est pas vrai. Les hommes et les
singes sont deux espèces différentes. En réalité, les Hommes et les singes actuels ont des ancêtres
communs, alors on devrait plutôt dire que ce sont des cousins très éloignés !
Il y a eu au fil des millions d'années plusieurs sortes d'Hommes préhistoriques. Certaines ont disparu,
comme l'Homme de Néanderthal, d'autres se sont développées, et nous descendons directement de
l'Homo Sapiens (entre -40 000 et -10 000 ans) : « l'homme qui sait qu'il sait » (Sapiens sapiens), c'est
nous !
L'Homme évolue et colonise tous les milieux. Ce n'est qu'il y a 10 000 ans qu'il arrive à maîtriser
l'agriculture et commence à former de véritables sociétés (Voir tableau ci-dessous).

Période
découvertes
Climat (aux
Types d'Hommes et Mode de vie, remarques
et lieux environs
nouveautés
de...)

Vit de cueillette, un peu de chasse.


Australopithèque Utilise des
Se dresse sur ses pattes de derrière
(en Afrique) outils
(En -3 à 4 mais grimpe encore aux arbres. Ne
"Lucy" "naturels"
Afrique: Millions sait sans doute pas parler.
On dit que c'était un (comme des
chaud) d'années
"hominidé" gourdins)
Nomade (se déplace pour trouver sa
(semblable à l'homme) pour chasser.
nourriture)

-2 à 1 premiers outils
Homo habilis Vit de cueillette, pêche et chasse.
? Million en pierre
(homme habile) Nomade
d'années taillée

D'abord, le feu est récupéré (par


découverte du
exemple lors d'incendies naturels).
feu,
Chaud Homo erectus Puis quand l'homme apprend à le
-1 M à utilisation de
Afrique, ("homme debout") faire lui-même, sa vie se transforme.
400 000 racloirs,
Europe, exemple: Il peut lutter contre le froid,
ans de grattoirs
Asie l'homme de Tautavel s'éclairer, cuire sa nourriture et se
(amélioration
protéger des bêtes sauvages.
des outils)
Nomade

Homme de Néanderthal
(Europe):
Homo Sapiens
(ou homme qui sait)
-100 000 On ne sait pas très bien enterre ses
Chaud Nomade
ans pourquoi l'espèce morts
"Néanderthal" a disparu...
C'est un des nombreux
mystères qui restent à
élucider.

68
Période
découvertes
Climat et (aux Mode de vie,
Types d'Hommes et
lieux environs remarques
nouveautés
de...)

Cro-Magnon
(Homo Sapiens Sapiens)
peintures
Remarque: "Cro-Magnon" n'est pas un
Froid dans les
descendant de "Néanderthal"...on sait
Europe, grottes
-40 000 que l'Homme de Néanderthal a Nomade
Asie, ("peintures
continué d'exister en même temps
Amérique rupestres"
que l'Homme de Cro-Magnon.
"art pariétal")
C'étaient sans doute deux branches
"parallèles" de l'évolution.

chasseurs de Pincevent
Réchauffement -10 000 Nomade
(Homo sapiens sapiens)

Pierre polie, Quand l'homme


naissance apprend à cultiver la
progressive terre, il cesse de se
Réchauffement -6 000 (Homo sapiens sapiens) de déplacer. Il devient
l'agriculture sédentaire, c'est à
dans certains dire qu'il vit toujours
endroits au même endroit

alignements Vers - 3500


mégalithiques premier système
... -2 000 (Homo sapiens sapiens)
(Carnac) d'écriture inventé
Age du bronze à Sumer

... - 700 (Homo sapiens sapiens) Age du fer

On appelle "préhistoire" tout ce qui s'est passé avant l'invention de l'écriture, donc la période
qu'on ne connaît que par des documents tels que les squelettes, les outils, traces de campements, etc...
Ces documents ont été découverts par des archéologues. Mais si certains peuples ont utilisé l'écriture il
y a plus de 5000 ans (vers moins 3500), d'autres ont continué à l'ignorer pendant longtemps ! On ne peut
donc pas fixer précisément les "limites" de la préhistoire, elles dépendent de l'endroit du monde dont
on parle.

69
ANNEXE GENERALE

Cycle des roches simplifié

70
Différents types de failles

71
Différents types de plis

Géodynamique interne et tectonique globale


72
ORIENTATION BIBLIOGRAPHIQUE

I- OUVRAGES :

1) Brahic, A., Hoffert, M., Shaaf, A., Tardy, M. - Sciences de la Terre et de


l'Univers. (Vuibert)
2) Caron, J.M., Gauthier, A., Schaaf, A., Ulysse, J., Wozniak, J. - La Planète Terre.
(Ophrys)
3) Dercourt, J., Paquet, J. - Géologie - Objets et méthodes. (Dunod)
4) Pomerol Ch., Renard, M. - Elements de Géologie. (Masson)

II- SITES INTERNET :

http://www.ggl.ulaval.ca/personnel/bourque/intro.pt/planete_terre.html
http://planet-terre.ens-lyon.fr/planetterre/
http://objectif-terre.unil.ch/

73

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