Vous êtes sur la page 1sur 11

Par 

: Ikram EZZARI et Abir KHOUTOUR

Dernière modification : 05/07/2020

Economie sociale et solidaire face au COVID-19 :


Une société marocaine solidaire porteuse d’espoir !

L
Es spécificités fondamentales induites par une nouvelle forme

d’économie démontrent l’existence de particularismes

entrepreneuriaux capables d’apporter des réponses aux

multiples revendications sociales du moment (gilets jaunes,

mouvements sociaux liés à la réforme des

retraites ou de l’assurance chômage)

1
Mais, également, de proposer des solutions concrètes face aux

nombreux défis qui nous attendent (pauvreté, inégalité,

environnement, démocratie). En dépit du manque de moyens

dénoncé par le souci de la charge social sur l’Etat marocaine comme

principal acteur économique, l’économie sociale et solidaire (ESS)

vient pour alléger le fardeau  ce sont malgré tous ces institutions

sans but lucratif (ISBL), et en particulier les associations et les

fondations, qui portent sur leurs frêles épaules. Autrement dit,

L’économie sociale et solidaire associe au développement

économique une finalité sociale et sociétale. Elle est portée par un

champ très large d’acteurs : associations, mutuelles, coopératives,

fondations… Elle se décline dans de très nombreux domaines

(microfinance, commerce équitable, tourisme solidaire…) qui ont

comme dénominateur commun l’innovation sociale, des logiques

participatives de fonctionnement et un fort ancrage territorial.

Aujourd’hui, la crise de Covid-19 annonce plus que jamais des

bouleversements systémiques à l’échelle mondiale, qui nous conduit

à s’interroger au jour de demain. Le Maroc n’est pas en reste, il subit

lui aussi cette crise sanitaire, en effet L’épidémie du coronavirus à un

fort impact sur l’économie mondiale aussi bien que l’économie

marocaine, C’est une crise inédite,

multidimensionnelle car il s’agit d’un double choc

2
d’offre et de demande découlant de l’effondrement de la production

et de la consommation qui est à l’origine de la crise financière

actuelle, en effet ce choc est violent, puisque nombre d’entreprises

sont contraintes de stopper purement et simplement leurs activités,

ce qui entraîne immanquablement un effondrement économique qui

risque de provoquer un chômage de masse et une récession

profonde de l’économie. Toutefois, à côtés du gouvernement, les

acteurs économiques, notamment ceux de l'Economie Sociale et

Solidaire, doivent certainement s'engager pour faire face aux

conséquences sociales et économiques de l'épidémie de Coronavirus

COVID-19. A ce niveau un nouveau point de réflexion s’annonce afin

de remettre tous les dispositifs mises en place auparavant au

questionnement : quel est le rôle de la contribution de l’économie

sociale et solidaire face à la crise sanitaire déclenchée par le

COVID-19 ? L’économie sociale et solidaire au Maroc face à

l’épidémie : une simple résistance ou une participation effective

au changement ?

L'Économie sociale et solidaire aspire à « placer l'homme au cœur de

l'économie et mettre les activités économiques au service d'un

engagement social »1 . Considérée à la pointe de l'innovation sociale,

1
Définition donnée par Convergences, première plateforme de réflexion
en Europe destinée à établir de nouvelles convergences entre acteurs
publics, privés, solidaires, académiques et des médias pour promouvoir les
3
elle se positionne comme une solution alternative aux défis multiples

posés par les crises économiques, sociales, environnementales et

morales dans les pays développés, en premier lieu, mais également

dans les pays en développement. Elle place l'entreprise sociale au

cœur du mouvement, comme acteur clé du changement.

Historiquement, l'Économie sociale et solidaire est née au

19èmesiècle au cours de l'industrialisation afin de répondre aux

nouveaux besoins sociaux des classes populaires. A l'origine, ces

structures ont été créées par les ouvriers pauvres dans le but de

mettre en place des solutions collectives, pour mieux faire face aux

problèmes de santé, de logement et d'exploitations. Dans un premier

lieu, elles revêtaient la forme de coopératives de consommation ou

de production. Au Maroc et dans la tradition marocaine, l'Économie

sociale et solidaire a ses racines dans la Société marocaine depuis

toujours. Elle a géré la société marocaine depuis bien longtemps car

elle émane d'abord de la religion musulmane et de l'esprit de

solidarité, aussi bien dans les familles que dans les tribus, surtout à la

compagne.

Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD).

Site internet : http://www.convergences.org/

4
Aujourd’hui, face à ces circonstances que nous vivons à l’heure de la

pandémie, la compréhension des transformations du rôle et de la

place de l’économie sociale et solidaire (ESS) dans les mutations

actuelles nécessite un double changement de regard. Il s’agit, d’une

part, de combiner une approche de la crise actuelle appréhendée

comme une crise structurelle2, d’autre part, d’enrichir l’analyse

traditionnelle de l’entreprise de l’économie sociale et solidaire (EESS)

comme la combinaison d’une association et d’une entreprise par une

approche institutionnaliste. Cette dernière, à caractère englobant,

permet d’inscrire l’EESS comme une construction sociale, productrice

de valeurs, de normes et de règles spécifiques, et donc comme un

acteur du mode de régulation socio-économique .

Afin de soutenir les acteurs économiques, face aux conséquences de

l'épidémie du coronavirus COVID19, des associations issues de la

société civile marocaine prennent en charge une solidarité pratique

avec les plus démunis suite aux injonctions du gouvernement au

confinement perçues comme prises « pour le bien de tous », en effet

les associations s’activent pour venir en aide aux familles en

difficulté, avec en première ligne, les associations de jeunesse, très

souvent liées aux autorités dans l’assistance aux personnes

vulnérables.

2
Les mutations à venir de cette crise sanitaire de COVID-19 sont inconnues, les avis sont si
divergents qu'il n'est pas exclu que ces mutations ne puissent pas se mettre en place sans violence.
5
A titre d’illustration, À Taliouine (province de Taroudant), les jeunes

du Forum Initiatives Jeunesse (FIJ) et L’association Algou et l’association

des jeunes d’Imgoun ont respectivement collecté auprès des habitants

et des migrants plus de 53 000 dirhams pour confectionner des

paniers de nourriture afin de les distribuer aux familles pauvres de

leurs villages. D’autres associations se coordonnent avec les autorités

et les commerçants pour organiser achats et distribution de produits

de première nécessité dans les villages accessibles par piste dans un

rayon de 15 à 20 km autour de Taliouine, en respectant les règles de

distance sociale.

L’association Tiflet Young Leaders Network. Présidé par, Nabil Tlayhi.

L’association a apporté un effort respectable en premier lieu de la

sensibilisation à travers des vidéos pour inciter les citoyens à rester

chez eux et respecter les mesures d’hygiène. Le deuxième axe avait

pour but de se solidariser avec les personnes démunies et celles qui

ont été affectées par cette crise. Grace à la collecte des sommes

respectable, afin d’aider une soixantaine de familles jusqu’à ce

moment.

Mohamed Jalil Sentissi, représentant l’association Ndir lkhir, affirme

pour sa part que l’association offre aux familles démunies plusieurs

types de dons. Des paniers sont distribués dans les

campagnes et des aides financières de 300 à 500

6
dirhams sont octroyées tous les 15 jours dans les villes, notamment à

Casablanca. Egalement dans les campagnes, des associations sur

place, qui s’occupent de la livraison tout en respectant les mesures

sanitaires convenues.

Dans le volet de santé, l’association de lutte contre le sida se mobilise

au profit de près de 20.000 personnes vivent avec le VIH au Maroc.

Avec le confinement et les restrictions de déplacement entre les

villes, la prise du traitement aurait pu être interrompue. L’association

a fait parvenir les traitements via les services de messagerie, dans

d’autres cas, les médiateurs thérapeutiques de l'ALCS se sont eux-

mêmes déplacés jusqu’au domicile des patients .

En sus,  plusieurs sont les sociétés civiles qui s’organisent pour faire

face à l’épidémie, et venir en aide aux personnes touchées,

notamment les plus vulnérables et a tous les niveaux (L’association

Al Ikram, dirigée par Afaf Berrada, l’association Jood, présidée par

Myriam Benzakour, l’Association Bayti qui prend en charge les

enfants orphelins et les sans-abris…).Dans un autre champs de vision

l’économie sociale et solidaire au moment de cette crise et en dehors

de ces circonstances ,Juste à titre de rappel, et selon une estimation

de 2017, presque 280 millions de personnes à travers le globe

travaillent dans une coopérative ou pour une

coopérative, soit « 9,46 % de la population active

7
mondiale ».  L’ESS, absorbe ainsi une grande partie du phénomène

du chômage des jeunes au Maroc.

Au moment de la crise, les coopératives de tissu et broderie n’ont pas

chômé longtemps. Elles ont préféré s’orienter vers une nouvelle

production, en l’occurrence celle des masques de protection, au lieu

de rester à l’arrêt. Alors qu’elles étaient à peine 3 coopératives (2 à El

Jadida et 1 à Marrakech) à se lancer dans la fabrication de masques

pour une production quotidienne de 10.000 unités, ce volume a triplé

en peu de temps pour atteindre un rythme de 30.000 masques

réutilisables par jour et conformes aux normes en vigueur.

Face à ces considérations, nous pouvons constater, étant donné le

contexte exceptionnel de la pandémie et tant qu’on ne voit pas le

bout du tunnel sur le plan sanitaire, économique de pays et on ne

possède pas effectivement des données certaines sur l’extermination

total de ce virus ,évidement, plus rien ne saura comme avant et

certainement plus rien ne devra être comme avant, mais ce qui est

sûr que cette crise replace sur le devant de la scène l’importance des

actions de l’économie sociale et solidaire dans le développement

économique et interroge notre système économique sur la question

de la valorisation de tiers secteur (ESS),  qui se distingue par son

mode de fonctionnement et sa finalité par rapport

aux deux autres secteurs, public (non-marchand) et

8
privé (marchand), mais qui se valorise d’avantage avec sa finalité
majeure est d’être au service de la collectivité, en produisant des biens et des
services utiles. Basée sur la démocratie et sur l’équité.

Au final, la crise sanitaire que nous vivons et ses différents impacts

rappellent à quel point la solidarité, l’entraide, l’intérêt général est la

valeur primordiale dans nos sociétés. Des valeurs que ces

associations continuent de porter et de diffuser, malgré le lourd

impact de la crise sur leurs activités sociales et économiques. Ce

travail nécessaire ne doit pas cacher les lourdes conséquences de la

crise sur les associations, car certaines d’entre elles ont dû arrêter

leurs activités pour faire face à cette crise. D’où vient la nécessité

absolue d’une loi réglementaire de l’ESS susceptible de valoriser ses

acquis et de corriger ses dysfonctionnements et ses insuffisances,

afin d’en favoriser le développement et la pérennité pour que ses

entités soient de véritables leviers de développement national,

régional et local, et à la lumière des développements du contexte que

nous traversons !

Webographies :
 MICHEL ABHERVÉ, « L’économie sociale et solidaire, un axe

majeur de renouveau pour le Maroc de l’après Covid-19".

Une riche interview de deux économistes

marocains ».Alternatives économiques.

9
https://blogs.alternatives-

economiques.fr/abherve/2020/05/11/l-economie-sociale-et-

solidaire-un-axe-majeur-de-renouveau-pour-le-maroc-de-l-

apres-covid-19-une-riche-interview-de-deux-economistes-

marocains. Dernière consultation : 05/07/2020

 Imane Bouhrara, COVID-19 : MARCHE FORCÉE VERS UNE

ÉCONOMIE SOCIALE ET SOLIDAIRE ?.Eco Actu.


https://www.ecoactu.ma/covid-19-economie-sociale-solidaire/
https://www.ecoactu.ma/covid-19-economie-sociale-
solidaire/ .Dernière consultation : 05/07/2020

 Lahcen Haddad , Le Maroc de l’après Covid 19 : Plus pauvre,

plus faible économiquement mais plus solidaire et plus fort

politiquement. finance News. https://fnh.ma/article/actualite-


economique/le-maroc-de-l-apres-covid-19-plus-pauvre-plus-faible-
economiquement-mais-plus-solidaire-et-plus-fort-politiquement.
Dernière consultation : 05/07/2020

 L’économie sociale et solidaire face à la crise : simple

résistance ou participation au changement ?.érudit.


https://www.erudit.org/fr/revues/recma/2012-n325-
recma0740/1017419ar/ . Dernière consultation : 05/07/2020

 Jérome SADDIER, L’économie sociale et solidaire propose un

"new deal" .émile.

10
https://www.emilemagazine.fr/article/2020/5/5/covid-19-les-defis-de-

less. Dernière consultation : 05/07/2020

 Mehdi Heurteloup et Adil Gadrouz , VIDÉO. COVID-19:

COMMENT L’ASSOCIATION DE LUTTE CONTRE LE SIDA SE

MOBILISE. LE 360. https://fr.le360.ma/societe/video-covid-19-


comment-lassociation-de-lutte-contre-le-sida-se-mobilise-215427 .
Dernière consultation : 05/07/2020

 Coronavirus : Le milieu associatif plus mobilisé que jamais,

mais il manque de moyens. Finance News .


https://fnh.ma/article/actualite-culturelle/coronavirus-le-milieu-associatif-plus-

mobilise-que-jamais-mais-il-manque-de-moyens .Dernière consultation :

05/07/2020

 MOHAMED AMINE , Face à la Covid-19, OCP appuie l’économie

solidaire. Challenge.ma. https://www.challenge.ma/face-a-la-covid-19-ocp-

appuie-leconomie-solidaire-141376/ .Dernière consultation : 05/07/2020

11