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Vincent Duval

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Analyse de documents en géographie


La mondialisation provoque de nombreuses recompositions, et implique de
nombreux acteurs dans des espaces de plus en plus diversifiés. Le premier document est un
extrait de l’article « Coronavirus, point de départ d’une démondialisation ? » écrit par
Benjamin Daubeuf et publié le 4 mars 2020 dans le journal hebdomadaire Courrier
International. Ce document explique l’impact du Covid-19 sur la mondialisation et les firmes
transnationales (FTN), en prenant l’entreprise iPhone comme exemple. Le deuxième
document est un planisphère américano-centré à projection cylindrique montrant les
différents sites de production de la caméra GoPro, publié par l’entreprise GoPro en 2016.
Quelles sont les nouvelles logiques de production qui se déploient à l’échelle mondiale ?
Nous verrons tout d’abord les différents acteurs de ces logiques de production, puis les
espaces dans lesquelles elles se réalisent, avant d’aborder les recompositions à l’œuvre.

Les entreprises jouent un rôle majeur dans la mondialisation, mais les firmes
transnationales dominent l’économie mondiale, ce qui fait d’elles un acteur principal dans
les nouvelles logiques de production qui se déploient à l’échelle mondiale. En effet, il existe
de nombreuses FTN dont certaines sont très puissantes, comme les GAFAM, dont fait partie
Apple, concepteur de l’iPhone (doc. 1). Ces GAFAM sont spécialisées dans les hautes
technologies et l’innovation, et créent des liens avec d’autres entreprises. Ainsi, Apple
collabore avec d’autres entreprises (comme Samsung) qui effectuent certaines étapes « de
fabrication et d’assemblage » (doc.1). GoPro fait également appel à des sous-traitants de
pays émergents, comme on peut le constater sur le planisphère du document 2. Les FTN
cherchent ainsi à optimiser la chaîne de valeur afin de minimiser le coût de production et à
améliorer la compétitivité de la firme.
Les territoires et les états sont également acteurs de ces nouvelles logiques de
production. En effet, certains territoires (zones franches) ou états offrent des « avantages
comparatifs », comme une fiscalité plus intéressante, une main d’œuvre moins chère, ou
une meilleure accessibilité : « Les firmes transnationales (FTN) s’appuient sur de multiples
territoires à l’échelle mondiale en fonction de leurs avantages comparatifs » (doc.1). Certains
territoires sont aussi spécialisés dans un domaine particulier, ce qui peut permettre aux FTN
d’accroître leur compétitivité : « Chaque territoire se spécialise donc dans une production
pour laquelle il apporte des avantages qu’on ne trouve pas ailleurs » (doc.1). C’est
notamment le cas de la Californie (doc.2), où se trouve le siège social de GoPro et d’Apple :
« Les pièces des iPhones [sont] élaborées dans la Silicon Valley » (doc.1).

Les espaces mis en cause ont donc une importance majeure dans la mondialisation.
En effet, on assiste à une « nouvelle division internationale du travail (NDIT) » (doc.1). Les
FTN produisent et assemblent donc dans des pays émergents, notamment à Shenzhen pour
Apple et GoPro (doc 1 et 2). De fait, la main d’œuvre de ces pays est souvent moins chère et
permet d’augmenter la compétitivité de la firme : « des territoires moins développés vont,
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eux, se spécialiser dans l’étape de fabrication et d’assemblage, en proposant des coûts de


main d’œuvre bien inférieurs » (doc.1). Les pays plus développés sont généralement des
lieux de recherche et développement, de conception, et des sièges sociaux et financiers :
« les pays développés se concentrent sur la phase d’élaboration des produits » (doc.1). De
plus, les FTN disposent d’infrastructures dans le monde entier à des endroits stratégiques.
On peut voir sur le document 2 que l’entreprise GoPro dispose d’entrepôts logistiques dans
des territoires situés près des océans et disposant d’une bonne accessibilité, ou dans les
territoires avec une forte densité de population (doc.2).
Les FTN polarisent aussi les flux mondiaux. En effet, on constate sur le document 2
que les transports maritimes et aériens s’effectuent entre les différentes infrastructures de
la firme. Ces flux peuvent être aussi bien matériels (doc.2) qu’immatériels (flux d’IDE) ou
migratoires : « de nombreux ouvriers n’ont pas pu rentrer dans leurs usines » (doc.1). Ces
flux sont indispensables au fonctionnement des FTN : « les analystes estiment que le virus
pourrait amener la firme à commercialiser 5 à 10% d’iPhone en moins ce trimestre. »
(doc.1).

Enfin, on assiste à de nombreuses recompositions liées à la métropolisation. En effet,


on constate sur le document 2 que les espaces de production subissent une littoralisation,
afin de disposer d’une meilleure accessibilité. On remarque aussi que les espaces de
production subissent une métropolisation. En effet, on peut voir sur le doc 2 que les pôles de
production se trouvent parfois dans des technopôles, comme en Californie, où Apple et
GoPro sont implantées.
On observe aussi une spécialisation des espaces productifs « Chaque territoire se
spécialise » (doc.1), permettant aux FTN d’augmenter leur compétitivité. De plus, on assiste
à une accélération des infrastructures de transport et de communication afin que les FTN
gagnent en compétitivité et en rapidité de livraison, d’où la présence de nombreux
entrepôts dans les zones à forte densité de population (doc.2).

Les FTN jouent donc un rôle majeur dans la métropolisation. Elles créent des
infrastructures dans le monde entier selon les avantages comparatifs des différents
territoires. Ces firmes communiquent entre elles et créent ainsi des flux. Cela mène à une
accélération des infrastructures de transport et de communication. On assiste finalement à
une littoralisation, une métropolisation et à une spécialisation des espaces productifs, pour
accroitre la compétitivité des FTN.

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