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Supervisory Control and Data Acquisition

Difinition :
Un système de contrôle et d'acquisition de données (anglais : Supervisory Control And
Data Acquisition, sigle :SCADA) est un système de télégestion à grande échelle permettant
de traiter en temps réel un grand nombre de télémesures et de contrôler à distance des
installations techniques1. C'est une technologie industrielle dans le domaine de
l'instrumentation, dont les implémentations peuvent être considérées comme
des frameworks d'instrumentation incluant une couche de type middleware.
 

Contextes :
On trouve par exemple des systèmes SCADA dans les contextes suivants :

 surveillance de processus industriels


 transport de produits chimiques
 systèmes municipaux d'approvisionnement en eau
 commande de la production d'énergie électrique
 distribution électrique
 canalisations de gaz et de pétrole
 réseaux de chaleur
 recherche et études scientifiques et industrielles

Historique :
Les premiers systèmes SCADA sont apparus dans les années 1960. Pour la première fois il
devenait possible d'actionner une commande de terrain (une vanne par exemple) depuis un
centre de contrôle à distance, plutôt que par une intervention manuelle sur site.
Aujourd'hui, les dispositifs SCADA ont intégré de nombreuses avancées technologiques
(réseaux, électronique, informatique...) et sont devenus omniprésents sur les installations à
caractère industriel. De ce fait, leur fiabilité et leur protection sont également devenues des
enjeux importants.

Composants
Un SCADA comporte du matériel, des contrôleurs, des réseaux et communications, une
base de données, un logiciel de gestion d'entrées-sorties et une interface homme-machine.
Les informations de terrain du dispositif SCADA sont centralisées sur une unité centrale.
Celle-ci permet à l'opérateur de commander tout ou partie des actionneurs d'une
installation souvent très étendue (usine, réseau de distribution...). Le contrôle sur le terrain
est réalisé par des instruments automatique de mesure et commande dits « terminaux
distants (en) » (abrégés RTU de l'anglais Remote Terminal Units) ou par des automates
programmables industriels (API ou PLC, de l'anglais Programmable Logic Controller).
Un dispositif SCADA, utilisé comme un outil de sécurité de consignation d'appareil
électrique, est généralement composé des sous-systèmes suivants :

 une interface homme-machine qui présente les données à un opérateur humain et


qui lui permet de superviser et commander les processus,
 un système de supervision et contrôle informatique, faisant l'acquisition des données
des processus et envoyant des commandes (consignes) aux processus,
 une unité terminale distante (RTU) reliant les capteurs convertissant les signaux en
flux de données numériques et envoyant les données numériques au système de
supervision,
 des automates programmables industriels utilisés sur le terrain pour leur versatilité
et flexibilité due à leur capacité d'être configurables,
 une infrastructure de communication reliant le système de supervision et contrôle
aux éléments terminaux,
 divers instruments d'analyse.

Fonctions :
Le dispositif SCADA n'a pas vocation à se substituer entièrement à l'homme : le pilotage et
la prise de décision restent dévolus à l'opérateur. C'est pourquoi les logiciels SCADA sont
fortement dédiés à la surveillance et aux alarmes.
Imaginons par exemple un API pilotant l'écoulement de l'eau de refroidissement d'un
processus industriel. Le système SCADA :
– permet à un opérateur de modifier la consigne d'écoulement (litres par seconde) ;
– enregistre et affiche l'évolution des mesures ;
– détecte et affiche des conditions d'alarme (perte d'écoulement...).
Image exemple :

Interface homme–machine

Single SCADA HMI Example2


Une interface homme-machine (IHM) est un dispositif informatique qui présente
les processus à l’opérateur humain et lui permet de contrôler le processus. Les
IHM sont généralement reliés à la base de données du système SCADA et à des
programmes capables de calculer des tendances, sélectionner des données de
diagnostic et des informations de gestion telles que les procédures d'entretien
prévisionnels, d'informations logistique, des schémas détaillés d'un capteur ou
d'une machine particulière, et d'un guide de dépannage basé sur un Système
expert. Les IHM présentent des informations graphiques aux opérateurs sous une
forme synoptique. Ainsi l'opérateur peut voir une représentation schématique de
la chaîne de production ou de l'usine qu'il contrôle. Par exemple le dessin d'une
pompe connectée à une canalisation peut montrer à l’opérateur que la pompe
fonctionne et quel est le débit instantané de fluide s'écoulant dans le tuyau. Si
l'opérateur arrête la pompe, l'IHM lui montrera la diminution du débit de la
pompe en temps réel.
L'IHM est généralement livrée avec un programme de conception graphique
permettant aux opérateurs ou au personnel de maintenance de modifier la
représentation des composants dans l'interface du système SCADA. Les objets
schématisés peuvent être aussi élémentaires qu'un indicateur lumineux sur
l'écran représentant l'état d'un feu de circulation sur le terrain qu'un affichage à
plusieurs multi-projecteurs représentant la position de tous les ascenseurs
d'un gratte-ciel ou des trains dans une gare ferroviaire.
La gestion des alarmes est une partie essentielle de la plupart des systèmes
SCADA. Le système contrôle si certaines conditions d'alarme sont réunies, afin de
déterminer si un événement alarmant s'est produit. Si un événement d'alarme
est ainsi détecté, des mesures réactives sont prises comme l'activations de
signaux ou indicateurs d'alarme, l'envoi de messages SMS ou de courriels, ... afin
d'alerter les opérateurs SCADA distants ou la direction. Dans de nombreux cas, un
opérateur SCADA peut avoir à valider (ou acquitter) l'événement d'alarme, ce qui
peut désactiver certains indicateurs d'alarme, alors que d'autres indicateurs
restent actifs jusqu'à ce que les conditions d'alarme soient réinitialisées. Les
conditions d'alarme peuvent être explicites, par exemple, un élément d'alarme
peut être un état numérique qui a soit la valeur normale ou la valeur alarme et
qui soit le résultat de l'évaluation d'une formule tenant compte de multiples
valeurs analogiques ou logiques : le système SCADA peut automatiquement
contrôler si la valeur analogique en un point de mesure se trouve en dehors des
valeurs limites haute et basse associées à ce point.
Exemples d'indicateurs d'alarme comprennent une sirène, une fenêtre
surgissant sur un écran ou une zone colorée ou clignotant sur un écran (qui
pourrait agir de manière similaire à la lumière « réservoir vide » dans une
voiture) ; dans chaque cas, le rôle de l'indicateur d'alarme est d'attirer l'attention
de l'opérateur sur la partie du système « en alerte » afin que des mesures
appropriées puissent être prises. Dans les systèmes SCADA conception, des
précautions doivent être prises lors qu'une cascade d'événements d'alarme se
produit dans un court laps de temps, sinon la cause sous-jacente (qui pourrait ne
pas être le premier cas détecté) peut se perdre dans le bruit. Malheureusement,
lorsqu'il est utilisé comme un substantif, le mot « alarme » est utilisé de façon
assez imprécise dans l'industrie ; ainsi, selon le contexte, il peut signifier un point
d'alarme, un indicateur d'alarme ou d'un événement d'alarme. Les indicateurs
d'alarmes peuvent être une sirène, un écran pop up sur un écran, une zone
clignotante sur un écran. Dans tous les cas la fonction de ces indicateurs est
d'attirer l'attention de l'opérateur sur la partie en alarme d'un système afin que
l'opérateur puisse réagir de façon appropriée.
Évolutions :
Parmi les évolutions récentes on peut remarquer l'utilisation du Web pour la
visualisation, la commande et le contrôle à distance.
Quelques évolutions actuelles et futures :

 Le M2M (machine-to-machine en anglais permettant la télémesure, la


communication et le contrôle à distance, sans fil, par ex. grâce aux
technologies GSM/GPRS).
 La mobilité (services de gestion mobile sur assistants personnels numériques
(APN ou PDA en anglais) communicants).
 La sécurité des personnes, des systèmes et des installations (authentification
forte par biométrie et/ou cartes à puce et/ou jetons, gestion des utilisateurs
centralisée par une connexion à l'annuaire LDAP de l'entreprise (Lightweight
Directory Access Protocol en anglais), intégration de la vidéo-surveillance, etc.)
 La gestion et l'optimisation de la consommation d'énergie.
 L'intégration des données de terrain dans les autres systèmes d'information
de l'entreprise.
 L'intégration de fonctions concernant non seulement le pilotage des
installations de terrain, mais aussi les processus de décision stratégiques de
l'entreprise.

Sécurité :
Depuis novembre 2008, le ver informatique Stuxnet semble viser et
compromettre les équipements gérés par certains systèmes SCADA, en particulier
par le logiciel WinCC de Siemens7. Début 2011, apparaît un nouveau virus de ce
type, dénommé Stars8,9,10.
Un article norvégien d'octobre 2013 a mis en lumière la vulnérabilité d'un grand
nombre de ces installations11. En janvier 2015, à la suite d'un incident concernant
un des hauts fourneaux d'une aciérie en Allemagne, le directeur de recherche au
Centre Français de Recherche sur le Renseignement (CF2R) Michel Nesterenko,
qualifie SCADA de « vraie passoire en termes de sécurité informatique »12.

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