Vous êtes sur la page 1sur 139

IIIème PARTIE

L’ALCHIMIE
*

Préambule :

Je n’ignore pas le scepticisme de beaucoup quant à la possibilité


de transformer du plomb (ou du mercure) en or. Cependant
la science y parvient, par fission, bien des sites sur internet le
rappellent, mais le procédé est économiquement non rentable.
Les alchimistes eux, affirment y parvenir par des moyens simples,
naturels et purement mécaniques. Parmi les voies possibles, mon
père a choisi (ou, selon son optique, a été missionné pour) celle du
cinabre : il y a consacré, avec plus ou moins d’intensité selon les
périodes, de nombreuses années de sa vie, publiant de nombreux
livres et fondant plusieurs communautés de chercheurs en la
« sainte Science » : dans cette voie du cinabre, il a surtout pratiqué
la voie dite « humide », beaucoup plus rarement la voie «sèche »
(plus rapide), et exceptionnellement la voie « sacerdotale ». Voici
quelques documents correspondant à cette activité.

*
III-1 - Livre d’or
[Ce LIVRE D’OR, relié de cuir bleu nuit, aux feuilles épaisses
et dorées sur trois côtés, est composé de 200 pages numérotées.
Il commence en 1959 (Roger Caro avait 48 ans), et s’arrête en
1986 (il en avait 75), soit six ans avant sa mort (1992). Il est
particulièrement intéressant parce qu’il retrace, de la main même
de mon père, les faits marquants de son parcours alchimique : c’est
une image des origines, une Genèse, du Temple des Trois Lotus
originel jusqu’au Sanctuaire d’Etudes des Frères Aînés de la Rose-

1
Croix. J’en citerai les extraits les plus instructifs, à l’exclusion des
listes de noms (pseudonymes et noms réels) qui le scandent : il ne
m’appartient pas de révéler au public les identités de personnes
encore vivantes et tenues, en principe, et par serment, au secret et
à l’anonymat de leur activité d’adepte ou de Maître Guide. Seules
des personnes aujourd’hui hélas disparues, et qui appartiennent
désormais à l’Histoire de cette voie du Cinabre pratiquée par mon
père, pourront être nommées.

Le Livre d’Or s’ouvre sur un dessin représentant un agneau


avec une croix entre ses pattes avant, entouré de la formule latine:
Agnus Dei qui tollis peccata mundi miserere nobis.

Les pages 1 à 4 sont parmi les rares à n’être pas écrites par
mon père, mais par le docteur Jouve : elles relatent la guérison
«miraculeuse », en février 1951, de la mère de Maurice Auberger. Il
s’agit là d’une ouverture symbolique sur un événement échappant
au rationnel .Voici ces 4 pages (déjà rapportées dans la deuxième
partie)] :
« Le jeudi 8 février 1951 à 15 heures Madame Auberger,
habitant 9 rue de la Liberté, à Esbly (Seine et Marne), est
trouvée sans connaissance, étendue dans le couloir de sa
maison. Son fils Maurice Auberger, demeurant à Marseille,
396 avenue du Prado, en est téléphoniquement avisé.
Madame Auberger a 73 ans. Elle a été soignée en 1938
pour des troubles nerveux qui ont fait porter au Docteur
Léchalle neurologue parisien, le diagnostic de sclérose
latérale amyotrophique.
Donc, le 8 février 1951, le Docteur Robert Cante, appelé
auprès de la malade la trouve avec perte presque totale
de la conscience, visage tumultueux, prostrée, fébrile, avec
incontinence d’urine, exécutant un ordre simple comme
tirer la langue, mais ne pouvant mouvoir aucun membre ;
le membre droit semblant retomber plus lourdement que le
gauche. Tension à 18/6.
2
Première de couverture du Livre d’Or.

3
Téléphoniquement notre ami est avisé le vendredi 9 février
que la maladie s’aggrave, et on lui demande de venir auprès
d’elle.
Avant qu’il prenne le train de 21h30, de Marseille pour
Paris, nous sommes avertis que la guérison se produira au
moment de l’arrivée de son fils.
Le lendemain samedi 10 février, Maurice Auberger est à
Esbly à midi. Dès son arrivée, sa belle-mère, madame Jeanne
Engel, lui annonce que dans la nuit même, entre deux et trois
heures du matin, la malade a commencé à parler, à remuer
des membres et a demandé son fils.
Effectivement ce dernier mis en présence de sa mère est
immédiatement reconnu par la malade qui lui témoigne
toute sa joie de le revoir.
Le médecin constate une transformation : le malade qui
ne se souvient pas de ce qui s’est passé, le reconnaît. Les
membres sont mobiles, la bouche non déviée. Ce n’est plus,
dit-il, le tableau d’une hémiplégie. La température qui était
la veille à 40°6 commence à baisser.
Maurice Auberger quitte sa mère le mardi 13 février ; et le
jeudi 15 il reçoit une lettre écrite par sa mère elle-même, lui
annonçant qu’elle se sentait de mieux en mieux.
Au moment où ces lignes sont écrites, la malade marche
seule, et d’après le témoignage de ceux qui l’entourent sa
santé paraît encore meilleure qu’avant son accident.
Ci-joint lettre du médecin qui a donné ses soins et la
première lettre écrite le 14 février par Madame Auberger.

(Suivent 4 signatures)

La page 5 sert de titre. On y lit, sur toute la page « ICI


COMMENCE LA VIE DU TEMPLE DE VREHAPPADA « suivi du
symbole de Vréhappada .
4
Les pages 6 à 16 : elles contiennent d’abord les Pseudonymes
des Adeptes alchimiques du Temple de Vréhappada. Le
pseudonyme de ces grands Anciens est écrit par eux-mêmes et
suivi de leur signature et de leur nom véritable.
Pour mémoire j’en rappellerai quelques uns :

« Mes pseudonymes alchimiques couvrant mon Adeptat


sont : Theourgia et Kamala-Jnana : Caro Roger. »
« Mon pseudonyme alchimique couvrant mon Adeptat
est : Teletourgos : Caro Daniel. »
« Théophoreonaï, Mustagoros, Erméion, Victor Solis,
Pasiphaé, Erebus, Jethro, Aaron, Thermoutis, Nitiçastra »
furent les premiers à signer ce Livre…

Ces pages rapportent ensuite les «Consécrations» de ces


Adeptes, sur le modèle de la 1ère, celle de Kamala-Jnana : « Le
11 juillet 1958 : dans la crypte du temple de Vréhappada, et après
avoir fait une transmutation alchimique concluante : Kamala-Jnana
a été consacré « Adepte » par … ».

Suit alors, de la page 17 à la page 37 une « INTRODUCTION A


LA VIE DE VREHAPPADA », rapportée ici intégralement :

Pages 17 et 18, un préambule :

« Alors que la vie spirituelle de notre Temple a débuté


virtuellement le 6/9/50 avec la première manifestation de
Ri (dessin du sigle Laetitia), et ce, sous l’apparence d’un
songe, la présente chronologie n’a été enregistrée que le
18/6/59. Toutefois, que nos Frères se rassurent quant à la
véracité des faits et à l’exactitude des dates, car tout ce qui
est enregistré a été pris dans les « archives de nos messages
célestes » pieusement classés et conservés au fur et à mesure
de leur arrivée.

5
Page 17 du Livre d’Or : Introduction à la vie de ...

6
Page 18 du Livre d’Or

7
Certes, beaucoup de faits ne sont pas enregistrés ici,
car le but de la présente chronologie n’est pas de dresser
un inventaire de « tout », mais d’indiquer simplement les
principaux jalons suivis par notre Centre.
Qu’on ne croie pas non plus que la vie miraculeuse de
Vréhappada ne commence qu’en 1956, … non, il n’y a qu’à lire
la Préface de Maurice Auberger dans « Succès Pendulaires»
ou l’en-tête de ce présent livre1 , ainsi que les centaines de
procès-verbaux qui ne sont pas mentionnés ici et qui sont
antérieurs à 1956, pour s’apercevoir que le ciel s’est complu
à nous submerger de dons, d’apports et de miracles.
Que nos Frères sachent donc que nos archives contiennent
outre les messages de Ri-Laetitia (symbole des 7 points),
tous les procès-verbaux originaux qui ont été rédigés. Ils
pourront donc les consulter tout à leur aise et les étudier en
détail, tout étant classé par date et par année.
Nos Frères s’apercevront bien vite alors qu’il aurait été
fastidieux de vouloir insérer dans ce présent « livre d’or »
les centaines de trouvailles, créations ou manifestations qui
se sont réalisées. Nous le répétons, la présente chronologie
ne jalonne que les principaux événements – le choix opéré
ne signifiant pas que le reste soit négligeable … bien au
contraire. Le TOUT au contraire ne faisant qu’UN. Et si
1956 a été choisi comme départ, c’est simplement parce que
nous avons estimé que la construction de la crypte de notre
Temple était une date représentant la vraie VIE PUBLIQUE
de ma mission.
Signature : Caro Roger

[Commence alors la relation des faits] :

Les membres du Centre Initiatique des « 3 Lotus » réunis

1 Les pages 1 à 5 évoquées plus haut.


8
en collège le 21 avril 1956 reconnaissant Roger pour maître
spirituel sont heureux de lui offrir sa bague d’ « INITIE »,
emblème de l’amour et de la sagesse.
Marseille le 21 avril 56

Et c’est signé : Auberger, Bourdelly S., J.B. Duval, P. Maillard,


M. Maillard, R. Raguin, R. Franciosa, E. Négrel, M. Caro, Louis
Bourdelly, Dr X. Jouve, S. Franciosa, W. Roth, Ges Charlet, Gne
Charlet, M. Lesegretain, J.P. Charlet, France Charlet, Monique
Charlet.

A l’issue de cette élection, chaque membre fit la Promesse


suivante :

« Promesse sur les Ecrits Sacrés Bouddhiques et les Saints


Evangiles »
« Je prends l’engagement solennel devant Dieu et mes
Frères d’être fidèle aux Commandements divins, d’être
tolérant envers tous et honnête, même et surtout envers
moi-même, d’être obéissant et respectueux des règles de
Vréhappada.
Que Bis Djamon, prince de la Gloire Céleste me frappe moi
et toute ma famille si je viens à faillir VOLONTAIREMENT.»

Règles de Vréhappada

Nous soussignés faisons le serment solennel de respecter


les Règles du Centre Initiatique de Vréhappada.

I – Un seul Dieu tu serviras dans tous tes actes de la


journée.
II- Aucun jugement tu ne porteras sur les paroles, actes ou
écrits de ceux qui sont plus avancés que toi.
III- La discipline du Centre tu respecteras et observeras
9
scrupuleusement.
IV- Le mutisme ABSOLU tu garderas sur tout ce que tu
verras, feras ou entendras concernant la Vie et l’œuvre du
Temple Initiatique.
V- Tu banniras tout orgueil et toute flatterie.
VI- Le silence intégral tu garderas pendant les séances.
VII- Lorsque tu viendras nourrir ton Esprit, dédaigne ton
corps et nourris-le pauvrement.
VIII- Tu prodigueras à tes Frères humains l’aide la plus
grande et la plus complète, tu seras indulgent, altruiste,
charitable et juste.
IX- Tu écouteras les paroles de celui que tu as choisi pour
Maître spirituel et tu feras tiennes ses pensées, car il est un
inspiré et un guide. »

Suivent les mêmes signatures qui figurent à la page 19.

A noter que pour des motifs d’orgueil et de jalousie, Paul


Aillard, Maïck Aillard, Simone et William Oth, Simone
et Roger Franc, Louis et Suzanne Ourd SONT DEVENUS
PARJURES. Dès lors ils n’appartiennent plus à notre Centre
et nous ne pouvons que les plaindre et prier pour eux.
La date de leur ignominie a été le 15 Mars 19572.

---------------------------

Le 28/8/56 Xavier Jouve est élevé à la 3ème maîtrise.


Deux colliers me sont remis ; l’un blanc accorde le titre
de « Chevalier d’Hermès », il représente des hiéroglyphes
égyptiens ; l’autre est vert, il accorde le titre de « Chevalier
du Seigneur », c’est un mélange de hiéroglyphes et de sujets
bouddhiques.
2 Ces lignes sont de mon père. Par contre les noms propres ont été modifiés
par moi pour des raisons que chacun comprendra.
10
Le 3/10/56 Annette reçoit un message de son guide Ugo
au sujet de l’alchimie.
--------------------------------

Le 6/10/56 ordre est donné de bâtir la crypte et la villa


aux Lecques.
--------------------------------

Le 16/12/56 – Première moitié de la cérémonie


d’inauguration de la crypte (11 h du matin et après-
midi) – Bénédiction des pierres des Maîtres. Promesses
solennellement réitérées.
--------------------------------

Le 30/12/56 – Seconde moitié de la cérémonie


d’inauguration de la crypte de Vréhappada. Causerie sur les
feux sacrés, fin des Promesses, et manifestation d’un prodige
céleste. Au moment où le feu du brûle-parfum va s’éteindre
faute de combustible, les flammes par 7 fois s’élèvent à 1 m
50 de hauteur tandis qu’une odeur de myrrhe, d’encens et
de benjoin se perçoit très nettement. A noter qu’un procès-
verbal a été rédigé par le Dr Jouve car le phénomène était
annoncé à l’avance par Laetitia.
--------------------------------

Le 31/12/56 – Ri/Laetitia nous offre « l’ibis sur la tortue »


dans la crypte.
-----------------------------------

Le 20/1/57 – 1ère transmutation céleste effectuée dans la


crypte de Vréhappada. Voir procès-verbal de Franc. et de la
famille Négrel Etienne.
---------------------------------

11
Le 2/2/57 – Don des 2 cachets THOUTMES III et
AMENHOTEP – Ordre de faire construire un lutrin en fer
forgé.

----------------------------------

Le 10/2/57 – Don d’une robe de Mandarin pour remplacer


la vénérable robe de Pra-Muka-Basa.

--------------------------------

Le 3/3/57 – Don d’un reliquaire en or contenant en plus


d’un morceau de la vraie croix, 27 reliques dont celles de la
Vierge, saint Joseph, des Apôtres et premiers martyrs. Ce
reliquaire doit rester dans la crypte. Le mobilier de la crypte
« salon chinois » est acheté par Robert.

---------------------------------

Le 15/3/57 – Don nous est fait d’une hallebarde chinoise


pour la crypte. Don également d’une chasuble ayant
appartenu à saint Vincent de Paul.

---------------------------------

Le 10/ 4 / 57 - A la suite des parjures, Ri propose un


jugement de Dieu. Que chacun prenne un objet en bronze
et fasse le signe de la croix sur la flamme d’une bougie. Les
responsables et les coupables verront leur objet de bronze
s’enflammer. J’accepte, mais les autres refusent et prennent
la tangente.
------------------------------

12
Le 25/4/57 – Marcel An. qui s’était retiré de notre groupe
en 1953 fait amende honorable, reconnaît ses torts et
demande pardon. Quel beau signe du Ciel dans un moment
pareil. Yette aussi est revenue.

--------------------------------

Le 13/ 6 / 57 – Enseignement de la Prière de Socrate (en


grec, en latin, en français). La crypte ne représente pas une
nouvelle religion, mais doit servir à parler philosophie.

---------------------------------

Le 15/ 6 / 57 – Apport d’un tableau représentant Socrate


dans sa prison, ayant à ses côtés Criton et Xénophon.

----------------------------------

Le 4 / 7 / 57 – Apparition de la Croix du Passon.

------------------------------------

Le 5/7/57 – Imposition des mains sur Patrick.

Le 8/7/57 – Guérison instantanée de Georginet Charlet.

Le 16/7/57 – Apparition d’une croix sur une feuille de


journal. Guérison instantanée des oreillons de Jean Franck
Charlet.
Divers dédoublements sur Magland, sur Les Houches et
sur Sallanches – retour avec documents portant les noms et
les dates de ces localités.

13
Le 26/7/57 – Extraction d’un bouddha de bronze de 10
cms de hauteur de l’intérieur d’un tronc d’arbre intact.
Création d’or sur une pierre quelconque prise au hasard
dans la moraine par Monique Charlet.

Le 28/7/57 – Création d’une pépite dans un cristal de


quartz.

Le 30/7/57 – Guérison de Gilles Charlet.

Le 5/8/57 – Création d’une pépite par la pensée dans un


cristal plongé dans l’eau de Lourdes.

Le 3 septembre 57 – Remise des Pierres (1ère Maîtrise) à


Monique, Jean-Paul et Georges Charlet.
Consécration de France Charlet « aspirant Maître ». Eau
du robinet changée en liqueur sans qu’on y touche. Création
de 2 pépites d’or dans un bloc de la moraine.

Le 15/9/57 – Prophéties provoquées par Odde.

Le 22/9/57 – Apparition de Nicolas Flamel.

Le 6/11/57 – Don du gros livre de Plutarque et de


Flavius Josèphe. Un travail est donné à Marguerite sur les
hiéroglyphes de la Tour Saint Gabriel ( ?).

Le 18/11/57 – Je fais monter une bague à glissière.

Le 22/11/57 – Exécution d’une transmutation alchimique


par le docteur Jouve.

Le 28/11/57 – Exécution d’une transmutation alchimique

14
par Marguerite Lesegretain.

Le 12/12/57 – Apports divers pour nos Frères.

Le 14/12/57 – Ri donne des précisions sur la consolidation


de la tour de Pise3.

Le 19/12/57 – Ri donne quelques prises de poudre pour


Annette – et indique que M. Capitani peut faire partie de
Vréhappada.

1958

10/1/58 – Ri m’indique tout ce que je dois dire ou faire vis-


à-vis des parjures. Leur pardonner et les bénir.

Le 4/1/58 – Apparition d’un mortier de bronze sous les


yeux du docteur Jouve.

Le 28/2/58 – Exécution, chez lui, d’une transmutation
alchimique par le docteur Jouve.

Le 30/3/58 – Exécution d’une transmutation par M.


Robert Raguin.

Le 7/4/58 – Nouvelle transmutation effectuée par le


docteur Jouve.
3 Maurice Auberger, ingénieur, présentera un dossier aux autorités italiennes :
son projet consistait à injecter du béton dans le sol du côté opposé à l’inclinaison;
il fut refusé, car jugé trop audacieux et trop onéreux (d’autant plus qu’il aurait
fallu interdire longtemps la visite de cette célèbre tour penchée), mais bien plus
tard, dans les années 1990, ce fut pourtant une solution très proche qui fut
adoptée, et les visites furent stoppées pendant toutes les années que durèrent
les travaux…
15
Le 18/4/58 – Apparition subite d’un gros livre alchimique
sous les yeux du docteur Jouve.

Le 28/4/58 – Consécration de la maîtrise de Germaine et


Georges Charlet. Feu apparaissant à mon commandement
au cours de cette cérémonie.

Le 29/4/58 – Expérience par la famille Charlet du


phénomène arborescence – zinc transformé en plomb grâce
à 1 gr de poudre.

Le 4/5/58 – Transmutation opérée par Maurice Auberger


dans la crypte des Angelots.

Le 9/6/58 – Ma chevalière alchimique est consacrée par
Nicolas et Nostradamus.

Le 25/6/58 – Je reçois mon diplôme d’Adepte offert par le


Ciel et le sceau s’imprime tout seul. L’invocation et la Prière
des Sages me sont données par message.

Le 11/7/58 – Après avoir fait ma thèse devant tous nos


frères et avoir exécuté plusieurs transmutations concluantes,
je suis nommé ADEPTE ALCHIMIQUE à l’unanimité.
Après avoir récité ma Promesse, j’intronise mon frère
Theophoreonaï, qui à son tour après avoir fait sa Promesse,
consacre MUSTAGOROS (ADEPTE-COMPAGNON). A
savoir que Théophoréonaï a passé lui aussi par toutes les
expériences alchimiques.

Le 11/8/58 – Je fais une révélation aux Charlet au sujet
d’un envoûtement que subit Patrick. Le fait se révèle exact –
dent maléficiée cachée).

16
Le 15/8/58 – Expérience alchimique faite devant tous
les Charlet, chez eux. Apparition d’une pierre verte pour
Gentiane.
Le 20/8/58 – Matérialisation d’un gros camée dans la
cendre d’un grain d’encens.

Le 25/8/58 – Matérialisation d’une pierre dans la tête


d’un Bouddha appartenant à Jean-Paul Charlet. Don d’une
coccinelle pour Patrick.

Le 22/10/58 – Robert a été élevé à la dignité de Hiérophante


du Temple de Sesostris III.

Le 31/10/58 – Je reçois mon titre de SU-VARNASIDDHA


qui signifie en français : « LOTUS ROUGE DE LA
CONNAISSANCE » ainsi que le cadre diplôme représentant
deux personnages en vermeil. L’inscription manuscrite
sanskrite porte : BUDDHA A YUG A PRAMUKA-BASA
VAKYA BRAHMAN-PRATA ce qui signifie : « Bouddha
confère à Pramuka-basa (moi) le titre de « Adepte faisant
l’or, qui a atteint la Lumière Suprême ». Couronnement au
Temple d’Ajunta où le vénéré Prince Y-Huien – Y-Huien me
consacre Fils de Lumière.

Le 21/11/58 – Je reçois des instructions très précises pour


faire passer l’examen d’Adepte à Mustagoros et Ermeïon.

Le 19/12/58 – Les trois Paroles nous sont données. Divers


cadeaux me sont remis pour nos Frères à l’occasion de la Noël.

Le 30/12/58 – Odde, Ri, Myriam, Nicolas, Ugo, etc. me


souhaitent ma fête par divers apports tous plus beaux les
uns que les autres.

17
1959

Le 11/1/59 – Mustagoros, Ermeïon et Victor Solis sont


consacrés solennellement Adeptes après un examen très
poussé.

Le 14/1/59 – Nos Guides me félicitent pour mon travail


sur la Genèse.
Nuit du 14 au 15/1/59 au Temple d’Ajunta.
Au cours de la Cérémonie, apparition de Jésus, Bouddha.
L’Eternel me nomme gardien des Lois. Je dois faire
reproduire par le sculpteur MURAOUR les Tables de la Loi
en écriture hébraïque archaïque.

Le 29/1/59 – Il m’est permis d’effectuer quelques
transmutations pour pouvoir faire façonner et graver 2
pectoraux – l’un en or, l’autre en argent. Ces pectoraux seront
la représentation des Tables de la Loi. Le premier est pour
moi (Kamala-Jnana) le second est pour Théophoréonaï.

Le 21/2/59 – Instructions détaillées sur la manière de


préparer et de faire passer les examens d’Adepte et d’Adepte-
Compagnon. Le vénéré Y-Huien – Y-Huien nous donne des «
REGLES » à observer.

Le 11/3/59- La date du 28 mai 59 – Jour de la Fête-Dieu-


est donnée pour l’examen d’Adepte de Daniel qui s’appellera
Teletourgos.
J’ai ordre de faire exécuter par Muraour la Stèle d’Hermès.
Cette stèle représentant le résumé du Grand-Œuvre.

Le 22/3/59 – Bénédiction des Tables de la Loi par


l’Eternel ; translation des Ecrits Sacrés dans le coffre de

18
palissandre offert par Robert et introduction de Robert au
Compagnonnage. Au cours de cette journée, un prodige a eu
lieu par l’Eternel. Le Karma des assistants est effacé.

Le 29/3/59 – Le Karma des vies passées de Daniel est
effacé – nouveau prodige.

Le 30/3/59 – Télétourgos réussit et commente une


transmutation.

Le 16/4/59 – Pasiphaé passe son examen avec mention


Bien.

Le 8/4/59- La Promesse est faite par Georges et Germaine


Charlet dans la crypte de Vréhappada. Leur karma est effacé
– nouveau prodige de l’Eternel.

Le 23/4/59 – Des instructions me sont données pour la


préparation des diplômes et pour l’examen de Dany.

Le 12/5/59 – Départ pour Avignon. Concile d’Adeptes


internationaux. Il manque juste le représentant du Thibet.

La nuit du 27/5/59 – Conseils de Y-Huien-Y-Huien pour


l’examen de Teletourgos.

Le 28/5/59 – Examen d’Adepte de Teletourgos. Séance


présidée par Victor Solis assisté de Pasiphaé et Mustagoros.

Le 29/5/59 – Correction des Epreuves. Président du


Collège, Théophoréonaï. Teletourgos réusssit brillamment.
Il obtient à 13 ans et demi le titre d’Adepte et obtient le
maximum de points 1200/1200. Il lui est décerné la mention:

19
« Excellent travail et les félicitations du Jury ».
Le Temple d’Ajunta le nomme : « Grand Maître de l’Aigle
Hermétique d’Ajunta ». Des petits œufs noirs se sont formés.
La nuit du 29 au 30 – Réunion des Sages du Temple
d’Ajunta. Vréhappada est à l’honneur. Prodiges de l’Eternel.
Coquillages créés.

Le 22/6/59 – Lettre de Jean-Paul nous annonçant sa
guérison et la reprise de son travail en haute montagne. A
savoir que Jean-Paul avait l’oeil gauche perdu (réformé en
53-54-55) et qu’il avait presque perdu l’œil droit quand je l’ai
soigné quelques soirs par dédoublement psychique.

Le 24/6/59 – Remise des Tables de la Loi (pectoral en


argent provenant d’une transmutation) à notre Frère
Théophoréonaï. Je reçois également le même bijou, mais en
or (or de transmutation).
Le même jour Pasiphaé reçoit un cachet d’argent
représentant un cygne regardant le soleil. Sa devise est
MENTIS OLORINUS CANDOR (c’est son cachet d’Adepte).

Nuit du 11 au 12/7/59 – Dédoublement psychique sur


Avignon où j’assiste à une messe célébrée par Jean XXII
lui-même, et où il m’est remis solennellement le glaive
flamboyant », qui sera mon symbole de « Gardien des Lois».

Le 19/7/59 – A la moraine d’Argentière4 , une motte de


terre sèche que je tenais dans mes mains se transforme
instantanément sous les yeux de Georges Charlet et de Mad
en une tête éblouissante à l’image du Christ. La tête du Christ
a été laissée à la famille Georges Charlet. Deux moulages en
plâtre ont été exécutés.

4 Haute Savoie.
20
Le 16/859 – Au col des Montets, de l’eau bénite apportée
par Germaine Charlet rend visible une coulée de sang
provenant du rocher du « Christ Roi ». Voici les invocations
faites : « Oh ! Eternel, moi Kamala-Jnana, Gardien de tes
Lois, je décrète cette roche : une Terre sacrée. Oh ! Eternel
exauce le souhait de ton Fils (coup de piolet donné contre le
roc). Que le sang invisible qui coule de la blessure de cette
roche devienne apparent au contact de l’eau de Lourdes.
Cependant, Père, que ta seule volonté soit faite. » Et le sang
est sorti du rocher.

Nuit du 10 au 11/9/59 – Dédoublement sur le Sinaï.
L’Eternel me conseille et me donne l’ordre de repartir à
Argentière et d’aller trouver Georges et Jean-Paul qui ont
répondu paraît-il à une illumination.

Nuit du 21 au 22/9/59- à Argentière. Dédoublement sur


le Sinaï. Je sais maintenant que ma venue concernait la
construction d’un chalet aux Lecques. Bois offert par nos amis.
L’Eternel me fait remplir un petit flacon de son EAU DIVINE.

26/9/59 – Tous réunis au Col des Montets au Rocher


Sacré, nous recevons la grâce d’une manifestation divine.
L’Eternel se manifeste à nous durant ¼ d’heure sous la
forme d’une colonne de feu (Buisson ardent). Là l’examen
d’Adepte-Compagnon est transmué en examen d’Adeptat.
Dieu inscrit sa volonté sur une page blanche, avec un doigt
de feu devant nous.

Le 22/10/59 – Investiture solennelle de Erebus, Jethro,


Sephora, Yosebed, Nr-Palinga-Dhara. Le soir buffet froid au
Prado en l’honneur de : a)l’anniversaire du début de l’œuvre
– b)notre mariage- c)des nouveaux élus.

21
Le 25/10/59 – Cérémonie de l’eau bénite. Chaque Adepte
va prendre de l’eau bénite à sa paroisse et en verse le contenu
sur la table d’autel de la crypte (préalablement bien essuyé
par Yosebed au dernier moment). Quand je verse l’eau de
l’Eternel, de larges plaques de sang apparaissent, signifiant
par là que le jour du « courroux » est arrivé. L’eau de Pasiphaé
est alors versée par elle au centre de la croix. L’eau se teinte
en rouge au nord, au, au sud et à l’est. L’eau d’Ermeion versée
à un endroit de son choix se teinte en rouge, mais l’eau de
Mustagoros, Erebus, Victor Solis, Yosebed, Jethro, Sephora
reste pure. A noter qu’Erebus versera son eau à deux endroits
différents, une fois à l’ouest, une fois à l’est à côté d’Ermeion,
son eau reste pure chaque fois. En tant que Bene Aelohim je
suspends la sentence céleste et je coiffe Ermeion du diadème
béni, cela afin d’écarter la Loi de sa route.

Le 11/11/59 – Quel bonheur, Ermeion a reconnu son
erreur, Dieu a pardonné. Son humilité lui a valu sa grâce.

L’année 1960 ne comporte que deux mentions (Adeptats


d’Aaron et Thermoutis ; Mustagoros et Théophoreonaï nommés
« nazaréens »).
Entre 1960 et 1965, rien.
En 1965, 3 annotations, toutes consacrées à l’Adeptat donné
à Diksita et sa rupture avec Vréhappada : « Kamala Jnana lui
souhaite bonne route et le bénit ».

En 1966 une seule date :

- Le 28/9/66 – Mustagoros reçoit quitus pour la mission


qui lui a été confiée. Elle est nommée Su-varnassidha du
Temple d’Ajunta en témoignage de profonde satisfaction.
La majorité de Daniel a libéré Madeleine de sa mission. Aux
félicitations et louanges de Laetitia j’ajoute les miennes.

22
En 1967, une seule inscription rapportant deux consécrations
d’Adeptes.

1968 (pages 36 et 37 du Livre d’or)

Le 22 octobre 1968 – L’Imperator des F.A.R.+C, Cardinal


d’Ossa, évêque missionnaire, délègueThéophoreonaï,
légat, afin qu’il le représente à la cérémonie d’investiture
où Kamala-Jnana sera élevé au titre provisoire de Vice
Imperator, et sera consacré Cardinal en attente de devenir
Imperator et Chef de l’Eglise Œcuménique des F.A.R.+C,
comme l’a voulu le conclave d’Obodan, présidé par l’actuel
Imperator le Cardinal d’Ossa.
Donc ce samedi 26 octobre 1968 dans le Temple
œcuménique de Vréhappada, Theophoreonaï (Hiérophante-
Majeur, Légat) assisté de Mustagoros (Hiérophante) ainsi
que de Ermeion et Na-Palinga-Dhara Adeptes et F.A.R.+C
ont participé à la cérémonie consacrant Kamala-Jnana
dans ses nouvelles fonctions.
Pour respecter le cérémonial prévu par tous les règlements
canoniques de toutes les Eglises consacrant un Prélat, nous
spécifions :
1. Que la lettre de l’Imperator établissant Theophoreonaï
légat a été lue à l’Assemblée.
2. Que le compte-rendu de la délibération du Conclave
d’Obodan signé de l’Imperator ainsi que la lecture de la
filiation des trois derniers consécrateurs ont été rendus
publics.
3. Que le légat a posé les questions rituelles et que le
récipiendaire a « promis » chaque fois.
4. Que Kamala-Jnana a reçu consécration du chef, du
front, de la bouche, du cœur et des mains.
5. Que le légat a passé lui-même l’anneau-sceau au doigt
du nouvel Imperator en puissance.
23
6. Enfin que le nouvel Elu et Consacré a béni ses
Frères.

Les lettres, parchemins et nominations seront mis aux


Archives. Double de ce Procès-verbal, signé par le nouvel
Elu, sera envoyé à Ajunta par le messager habituel.

Le 26 octobre 1968, Saint-Cyr-sur-Mer

[Après les six signatures de Theophoreonaï, Mustagoros,


Kamala-Jnana, Ermeion, Na-Palinga-Dhara mon père a écrit] :

6 présents sur 7 à Obodan

Une parenthèse précise :


(quorum atteint ; il faut 3 membres minimum F.A.R+C)

Puis 6 noms :
1)Cardinal d’Ossa ; 2) O. Cerdan ; 3) Ibd Séoun ; 4) Prof.
Bouloumine ; 5) Dr Kermann ; 6) Suh-Hi-Ho

Et une dernière remarque :


« N’a pu passer la frontière biafraise : Raoul Montargis. »

Les pages 38-39 comportent les noms, les pseudonymes et les


signatures de nouveaux Adeptes.

Les pages 51-61 sont rapportées ci-dessous telles quelles.


Elles sont intitulées :

« LES POUVOIRS,
Leur accession, leur passation, leur légalité »

En principe une autorité s’acquiert soit par la forme

24
élective soit par une supériorité incontestable ; la seconde
d’ailleurs est en général le piédestal de la première, car
c’est elle qui force le choix. Telles sont les deux seules formes
légales qui peuvent asseoir une autorité.
Autrefois les chefs Romains étaient nommés par le sénat
représentant le peuple souverain, les chefs Gaulois ou Francs
comme Vercingétorix ou Clovis étaient nommés par leurs
soldats, de tous temps les Papes ont été élus en Conclave
par leurs pairs, de nos jours les chaires de physique, de
chimie ou d’électronique sont décernées aux savants de ces
branches distinctes, bref, que ce soit par une volonté Divine
(mission de Moïse, Jésus, tant de saints) ou par la volonté
des hommes, un « Pouvoir » légal ne peut être obtenu que
par un CHOIX, une ELECTION.
Toute dictature est catastrophique, et les pouvoirs détenus
ne doivent pas l’être par la force mais par la saine et légitime
raison.
L’Elu, c’est celui qui est choisi, qui est capable d’exercer
efficacement les fonctions pour lesquelles il a justement été
choisi ; par voie de conséquence, il obtient naturellement
une autorité qui l’autorise à prendre certaines mesures
tendant à garder intactes toutes les connaissances acquises.
Pour ce faire, il établira des règles strictes pour éviter les
perturbations, les troubles, la dispersion, il fera passer des
tests à ses pairs, enfin récompensera leurs mérites.
Cependant, comme prévoir c’est gouverner et que la
sagesse est de ne point se croire immortel et indispensable,
l’Elu aura le devoir, non seulement de veiller à ce que son
patrimoine s’enrichisse mais encore et surtout à ce que le
patrimoine se perpétue et soit sagement géré – l’Elu devra
donc veiller à la passation et à la propagation régulière des
Pouvoirs afin que le patrimoine ne tombe pas dans des mains
impies ou incapables.

25
Naturellement, gardant l’anonymat de mon vivant
(Kamala-Jnana) je me dois de répondre par avance aux
questions qu’on pourrait se poser après ma mort ; aussi,
pour que tous ces « de quel droit !» trouvent une réponse
qui reflète bien ma pensée, j’ai estimé nécessaire et utile
d’exprimer mon idée sur la question des Pouvoirs spirituels
en Vréhappada. Naturellement, ce qui va suivre n’est pas
écrit pour les Frères de ma génération qui ont vu et vécu
tous les faits, mais pour les générations futures et pour les
détracteurs du Temple Divin en l’Homme.
Que nos Frères, nos amis, nos rivaux, nos détracteurs
soient bien persuadés de l’orthodoxie de tous nos gestes, faits
et écrits.
Déjà je puis invoquer (vu les maints phénomènes exécutés
thaumaturgiquement) que tous mes faits et gestes n’ont été
accomplis que sous le coup de l’illumination, tout comme les
rénovateurs rosicruciens, fondateurs des diverses branches
de cet Ordre (pour ne prendre que cet exemple) et je citerai
: Rosenkreutz, J. Péladan, Comte de Saint-Germain, Saint-
Yves d’Alveydre, Fabre d’Olivet, Sédir, Papus, Max Hendel,
Fortuna de Pasqualy, Dom Pernety, etc. et qui n’ont dû leur
titre : d’Imperator, de Grand-Maître, de Maître ou de Frère
Rose-Croix qu’à la sublime Mission qu’ils ont reçue de leurs
guides célestes et qui s’est propagée universellement grâce à
leur transcendante spiritualité et à leurs écrits.
Personnellement, je ne m’attarderai pas à établir ce que j’ai
pu réaliser ; je laisse mes livres, mes amis, mes conférences
et les centaines de procès-verbaux répondre à ma place.
Je ne parlerai pas non plus de ma bonne Ri – plus connue
dans mes écrits sous le nom de Laetitia, non plus que de tous
nos guides célestes qui ont su nous éclairer, nous conseiller,
nous consoler, nous guider et qui ont su donner tant de
preuves tangibles malgré leur invisible présence.

26
Tout ce qui est écrit n’est pas une légende mais la vérité
pure ; certes une vérité difficile à concevoir, je le reconnais,
mais une vérité tout de même.
Si je fais allusion à tous les prodiges qui se sont déroulés
dans la dernière partie de ma vie, c’est-à-dire depuis 1948,
c’est que je puis en apporter des preuves. Qu’on sache bien que
je ne parle jamais de ce que je ne puis prouver. Ici, cependant,
ce sont des dizaines et des dizaines de procès-verbaux
totalisant près d’un millier de signatures qui attestent
l’authenticité des faits enregistrés chronologiquement, d’une
façon méthodique et minutieuse ; si cela n’était, et si toutes
ces attestations n’avaient pas été rédigées et signées sur
place, sur le champ, par les témoins, je me tairais encore car
je sais qu’il n’y a rien de plus sujet à caution que la rédaction
d’un récit rédigé quelque temps après. La force et la validité
de tous ces procès-verbaux résident justement dans leur
établissement minutieux au moment même où le phénomène
s‘enregistrait. Si j’ai tenu moi-même chaque fois à ce que des
contrôles rigoureux s’opèrent et que tous les moindres détails
soient consignés, c’est parce que je connais les réactions
méchantes des hommes qui sont aveuglés par leur vanité,
leur jalousie et leur orgueil, et qui tendent toujours à voir le
mal parce qu’ils sont capables de le faire.
Ce point précisé, je poursuivrai en répétant que je sais
que tous ces prodiges sont tellement stupéfiants qu’il faut
les vivre pour les croire, à moins que Dieu nous ait permis
d’être assez évolués pour les admettre et avec eux tous les
miracles. Quand Dieu nous aide, quand ses messagers nous
sont envoyés, quand on a la Foi, TOUT est POSSIBLE.
Donc, aidé prodigieusement par le Ciel afin que ma tâche
d’initié s’accomplisse dans le cadre de ma Promesse et de
mon engagement (11/7/58) j’ai reçu l’ordre céleste de bâtir
une crypte symbolisant les quatre plus anciennes religions

27
– Egyptienne, Hindouiste, Bouddhique, Christique. Là, sous
le nom de « Centre Initiatique de Vréhappada, », je devais
enseigner et instruire les Frères qui me seraient envoyés et
confiés. Un jour, je reçus l’ordre de m’occuper et d’approfondir
toute la philosophie alchimique. C’est ainsi qu’après un
gros travail de compilation, un gros effort d’analyse, je
parvins en neuf mois jour pour jour à réaliser ma première
transmutation. Je renouvelai plusieurs fois et devant mes
Frères la même expérience toujours aussi concluante, et
c’est ainsi que le 11/7/58 devant des Frères assemblés, dans
la crypte de Vréhappada je passais ma thèse et faisais une
démonstration pratique concluante. C’est ainsi que j’obtins
l’Adeptat sur le plan humain.
L’enregistrement des faits sur un diplôme ponctua mon
élection. Peu après, le Ciel m’ayant donné l’ordre de placer
un ruban et de couler de la cire sur le diplôme, j’eus la joie
irréelle de voir s’imprimer le sceau et la formule consécratrice
d’Albertus, Evêque de Ratisbonne, autrement dit « Albert le
Grand 5».
Sceau, signature, date et formule consécratrice
s’imprimèrent de la même façon qu’il est cité dans
SOPHRONIUS (chap. CXLVII), LIPOMAN (tome VI par G.
de Cesarei) et NICEPHORE (livre VII, chap. XXIII), voir
aussi mon article détaillé sur « Le Lien » n° 10 d’octobre 58.
5 Ce document est en ma possession, comme tous les autres cités dans
cette biographie, et comme beaucoup d’autres qui ne seront pas cités ou
exploités pour diverses raisons (état de vétusté, difficulté de la reproduction,
lisibilité insuffisante, discrétion ou réserve nécessaires), tels d’autres diplômes
des Frères et Sœurs ayant vécu ces temps premiers, des photos, des articles
de journaux, des correspondances, etc.) : je rappelle que mon propos n’est
pas d’être exhaustif ou de passer au crible critique tous les textes et tous
les événements présentés, mais de dessiner un itinéraire tel qu’il fut vécu et
présenté par mon père et ses amis et de permettre au plus grand nombre
possible de lecteurs d’être au courant de faits (à apprécier comme ils le veulent)
et de mieux connaître une personne et un « personnage » qui a su marquer
bien des esprits … et des cœurs.
28
Cette expérience du 11/7/58 se transforma comme bien
l’on pense en « des » expériences individuelles. Presque tous
nos Frères refirent une transmutation avec simplement un
peu de poudre que je leur remettais. Chacun faisait avant
et après les analyses requises dans pareils cas, parfois
d’ailleurs l’expérience se faisait chez le témoin lui-même, avec
son propre matériel et ses propres ingrédients – mercure,
acide azotique, etc. – chaque fois on obtint le même résultat
et aucune expérience ne rata.
C’est ainsi que le Ciel pour me récompenser de cette
heureuse issue me permit de faire 5 transmutations avec de
la pierre non multipliée.
Le 2 septembre 58, le 15/10/58, le 5/2/59, le 23/3/59 et
le 1/6/59 je fis les transmutations permises ; j’obtins de ce
fait 35 gr. d’or à 24 carats, bien ployable, roux, résistant à
toutes les réactions chimiques. Avec ces 35 gr. d’or, notre
bijoutier Monsieur Gueynaud exécuta sur mon ordre deux
pectoraux en forme de Table de la Loi avec gravure des
textes en caractères hébraïques archaïques. Sur l’ordre du
Ciel l’un fut en or, l’autre en argent. Hauteur des bijoux 8
centimètres, largeur 6 centimètres, poids 20 et 22 grammes.
Lors et conséquemment aux épreuves du 11/7/58 le Ciel
m’indiqua très nettement tout ce que j’avais à faire pour
aiguiller nos frères dans la branche Alchimie et, pour bien
montrer que tel était son ordre et son désir, il me nomma
« Gardien des Tables » et « Su-Varnasiddha », pour cela
au cours de diverses cérémonies tant aux Lecques qu’à
Argentière (Haute-Savoie) il me fit exécuter sur son ordre
plusieurs prodiges. C’est ainsi que de l’encre noire devint
incolore sans qu’on y touche, que de l’eau du robinet mise
dans un flacon bouché se changea en une liqueur alcoolisée
exquise, qu’une pierre ramassée au hasard, sur la route et
par un enfant de deux ans, se trouva incrustée de pépites

29
d’or lorsqu’elle fut plongée dans l’eau bénite ; qu’un liquide
incolore se rubéfia sans qu’on l’approche ; qu’un feu naquit
sur le Tabernacle sur un seul geste ; que les flammes d’un
brûle-parfum s’élevèrent soudain par sept fois à plus d’un
mètre de hauteur, et ce au moment même où il allait s’éteindre
faute de carburant, dégageant par sept fois une odeur de
myrrhe, d’encens et de benjoin, etc. etc. et tant d’autres faits
de ce genre.
Ainsi tous ces prodiges ou manifestations célestes obtenues
sur mon commandement, à distance, sans rien toucher, et
après des contrôles rigoureux, entérinèrent l’élection de mon
Adeptat.
Je repris donc pour notre Temple de Vréhappada, sur les
conseils du Ciel, l’antique rituel initiatique thébain et la «
Promesse des Sages » pour en faire le but final, le summum,
le couronnement de la maîtrise de notre Centre.
Dès lors, désigné par nos guides célestes, élu par les
hommes, et intronisé par l’Eternel au moyen des prodiges,
j’obtins légalement le pouvoir de disposer de l’Adeptat
comme récompense suprême.
L’Illumination ne vient-elle pas que de notre Père céleste?
L’homme peut-il trouver et réaliser le Grand-Œuvre sans sa
permission ? Dieu accorde-t-il sa Lumière à ses ennemis ?
Non, Dieu n’accorde ses faveurs qu’à ses Elus, ses prédestinés,
ses sages, ses philosophes.
Je reçus donc pouvoir d’éclairer à mon tour ceux de mes
Frères qui seraient désignés par Dieu. A cet effet je donnai
des causeries, conseillai, tapai des articles, et c’est ainsi que
j’eus peu après le privilège d’introniser plusieurs de mes
Frères.
Nul ne peut donc contester ma capacité d’intronisateur
ou de consécrateur, les plans célestes et humains m’ayant
désigné chacun à leur manière.

30
De plus l’Antique Rose-Croix (loge d’Amenhotep d’Egypte
à Luxor) sans doute prévenue par une manifestation
médiumnique ne m’envoya-t-elle pas au même moment un
diplôme d’honneur d’Adepte ?
Le Temple d’Ajunta (dans l’Inde) ne me fit-il pas parvenir
un pectoral de « Gourou » pour mes travaux concluants
effectués sur l’antique stèle d’Hermès qu’il détient ?
Le 1er juin 1959 ne reçus-je pas du Canada et d’une façon
toute discrète ma croix de « Frère Aîné de Rose+Croix » ?
Le Concile d’Avignon qui eut lieu le 12/5/59 et qui rassembla
quelques Adeptes internationaux (Canada, Allemagne,
Thibet, Russie, France, Ecosse, Arabie) ne reconnut-il pas
solennellement la souveraineté de notre Temple et mon titre
de « Su-Varnasiddha » ?
Que nos Frères, nos Amis, nos rivaux, nos détracteurs
sachent donc bien qu’aucun pouvoir n’a été usurpé mais qu’il
a été acquis légalement et par mérite.
C’est donc en tant que missionné par le Ciel, prêtre
hiérophante de Vréhappadha et Adepte de Dieu et des
hommes que j’ai fait tout ce que j’ai fait.
J’ai eu la délicate mission de chercher et de découvrir les
vrais enfants de Lumière, de les aider, de les conseiller et
de les soumettre aux épreuves avant de les consacrer eux-
mêmes Adeptes.
Je soutiens donc que tout membre qui a été soumis par
mes soins à des examens très poussés (tant théoriques que
pratiques) et qui est parvenu à réaliser le Grand Œuvre a
le droit de recevoir à son tour l’Adeptat puisque Dieu lui a
révélé ses mystères.
Je soutiens donc encore qu’un tel membre, consacré
Adepte, et ayant fait solennellement la « Promesse des Sages»
devant Dieu seul, est devenu lui-même consécrateur par
voie de conséquence. Ce membre élu obtient donc lui aussi

31
LEGALEMENT le pouvoir de transmettre officiellement
l’Adeptat.
Mes Frères, soyez bien persuadés de l’orthodoxie de votre
grade, sachez souffrir en silence s’il le faut, mais souvenez-
vous toujours de votre Promesse au Père.
Ce qui importe dans la légalité d’une élection, d’une
promotion ou d’une passation des pouvoirs, c’est le départ,
le début.
Chez nous, tout a été respecté ; même le rituel initiatique
a été scrupuleusement suivi, allant même jusqu’à prononcer
les demandes et les réponses en sanskrit primitif au cours
des cérémonies d’investiture.
Rien n’est attaquable par la raison.
Tout est parfaitement valide et légal.
Dieu seul peut vous défaire de votre Promesse, aucun
homme ne peut se substituer à Lui.
Allez donc en Paix et gardez conscience de la pureté
spirituelle que vous devez représenter. Aimez vos frères plus
que vous-même.
Je vous aime – si aujourd’hui j’ai tenu à parler ainsi
c’est pour prévoir simplement la quiétude morale de nos
successeurs, des Elus de Dieu.
Que le saint nom du Seigneur soit béni à jamais.
Amen

Suit une double signature de la même main : Caro et Kamala-
Jnana.
En dessous de ces signatures est écrit le texte suivant :

- Pseudonymes des Adeptes réunis à Avignon : Ibn Seoun,


Raoul Montargis, Professor-doktor Bouloumine, lama Prati-
Dûtra-Krishna, Dtor Zermann, O’Cerdan, Kamala-Jnana.

32
Page 62 – Message … Loi sur l’Adeptat
-------------------------------------
Kamala-Jnana, ce message n’aura d’autre but que de
venir mettre de l’ordre en ton esprit au sujet des « Adeptats ».
Laisse-moi te dire de la part de notre vénéré Temple d’Ajunta
que non seulement tu as le droit de consacrer des Adeptes-
compagnons et des Adeptes, mais tous les autres Adeptes
consacrés ont aussi ce droit. Nous dirons plus, c’est même un
devoir pour vous, dans certains cas, que de faire réciter la
Promesse des Sages et d’imposer vos mains quand vous vous
trouvez en présence d’un Illuminé isolé, c’est-à-dire quand
vous serez sûr du savoir et de la piété du postulant.
Il est conseillé toutefois, chaque fois qu’il y aura
possibilité, de soumettre le postulant à un examen du Collège
Philosophal. Le cas ne se pose pas naturellement pour tout
élève ou disciple de Vréhappada. D’office ils doivent subir
l’examen selon les règles données par le vénérable Y-Huien
– y-Huien. Notez donc bien pour résumer que tout Adepte
peut introniser un Illuminé isolé, seulement il assume seul la
responsabilité de cette consécration devant l’Eternel. Pour
toi, Kamala Jnana, il n’en est pas de même puisque notre
vénéré Prince t’a donné l’assurance que tu serais toujours
éclairé dans ces cas-là. Nous te demandons donc d’inscrire
ce présent message sur le « Livre d’Or » afin qu’il fasse
autorité.

Signature de Laetitia (Adepte)
A Argentière le 8/8/59

La page 63 nous fait passer de 1959 à 1967. On peut y lire 3


textes :
Le premier, d’une écriture tremblée est signé IS’OSSA : le voici:
33
- Le 3 avril 1967. Nous, Imperator des Frères Aînés de la
Rose+Croix avons élevé Kamala-Jnana au rang de Grand
Maître Suprême pour l’Europe, et lui avons remis le sceau
de notre Ordre afin de valider toutes les pièces portant sa
signature.

Le deuxième est aussi de la même écriture avec la même


signature :
- Le 22 avril 1967. Nous, Imperator des F.A.R+C, avons
élu F.A.R.+C :
Theophoreonaï, Mustagogos, Jethro, Teletourgos

Le troisième est signé Kamala-Jnana :


Le 22 avril 1967, Nous, Kamala-Jnana, Grand Maître
Suprême des F.A.R + C pour l’Europe, élevons au titre
de Hiérophante Majeur : Theophoreonaï, et au titre de
Hiérophante : Mustagogos.

*
Les pages 64 à 92 : y sont inscrites les consécrations
d’Adeptes, les nominations F.A.R+C, les remises de médailles du
Mérite F.A.R+C, de 1967 à 1985, en France ou à l’étranger, le tout
rédigé par mon père (signant Kamala-Jnana puis Pierre Phoebus
dès 1969, et parfois Roger Caro), mais les noms, prénoms et
pseudonymes des Elus et récipiendaires sont quelquefois écrits
par les personnes concernées elles-mêmes et accompagnés de
leurs signatures. Toutes ont droit au secret. La p. 92 enregistre la
création de la Collégiale AL-KIMIA en 1985 :

« Devant la carence d’Enseignement de la grande


majorité de nos Frères FAR+C et affiliés, Nous, Pierre
Phoebus, 587me Imperator, décidons de créer une Collégiale
d’Etudes, complètement autonome, mais sous contrôle du
Sanctuaire d’Etudes FAR+C, ayant pour principale mission

34
la MAINTENANCE TRADITIONNELLE de notre Sainte
Philosophie.
Seuls les Membres diplômés de cette collégiale pourront
prétendre désormais à la qualification d’Adepte FAR+C. C’est
dans cette Collégiale que seront pris les futurs FAR+C. Cette
académie d’études se nommera « Collégiale AL-KIMIA ».
Leur Règle se résumera en 4 mots : Dieu, Amour, Discipline
et silence.
Nous désignons comme premier Régent notre Très Cher
Frère ….. qui aura pour charge non seulement d’enseigner
mais encore d’éprouver les futurs Fils de Lumière avant de
les présenter à l’Imperator comme FAR+C le moment venu.
Signé et scellé de notre main le 8/12/85 (2 signatures :
Pierre Phoebus et le Régent)
*
P.93, et dernière à être écrite, du Livre d’Or :
« Ce dimanche 8 décembre 1985 nous nommons
«Coadjuteur Patriarcal » notre Très Cher Fils Jean Pierre
G.… déjà Régent de notre filiale « Al-Kimia. »

*
« Ce dimanche 18 mai 1986, jour de la Pentecôte, Nous,
Pierre Phoebus, après avoir célébré la Messe Pontificale en
tant que Cardinal de l’Eglise Templière, avons remis l’Adeptat
FAR+C à nos Frères et Sœurs dont les noms suivent6, avec le
consentement du Régent de la « Collégiale Al-Kimia » S.E.
Jean- Pierre G …

FIN DU LIVRE D’OR

6 Neuf noms.
35
[Vont suivre maintenant des procès-verbaux, articles de
journaux et comptes-rendus d’expériences, allant de 1957 à
1960, et concernant toujours la deuxième grande période des
activités de mon père. Le « merveilleux » et les phénomènes
extra – ordinaires y sont encore fortement présents, mais mon
père, plaçant ses actions sous le signe de plus en plus marqué de
l’inspiration céleste, y est plus dirigeant que « dirigé », et soigne
davantage les « effets » des nombreux phénomènes exceptionnels
qu’il fait vivre aux siens : la part de la mise en scène, si l’on
peut parler ainsi, ou du « spectaculaire » y est de fait souvent
plus grande qu’auparavant… Ce que j’appelle « l’aventure du
Passon » (incluant les événements accompagnant les différents
séjours de mon père chez les Charlet, en Haute-Savoie et ceux
des Charlet aux Angelots) en sera une bonne illustration, de
même qu’elle montrera comment se mêlaient en ce temps-là
prospections radiesthésiques (dans la lignée des précédentes),
dimension religieuse (beaucoup plus accentuée), et pratiques
alchimiques (venant s’agréger aux domaines précédents, jusqu’à
s’accompagner de l’abandon total de la radiesthésie qui, l’âge
venant, devenait trop éprouvante pour lui, exigeant trop d’efforts
et de dépenses physiques et psychiques)] :

*

III-2. Radiesthésie, or et religion
Un épisode exemplaire : l’aventure du Passon

[Entre la famille Caro et la famille Charlet se noua une amitié


qui ne cessa jamais. Si je privilégie cet épisode de la mine d’or
du Passon dans le massif du Mont-Blanc, c’est pour montrer
combien mon père, par ses trouvailles, ses actions et son aura
suscitait admiration, enthousiasme et émotion chez ceux qui le
fréquentaient, et les faisait vivre dans un univers rendu poétique,
merveilleux, passionnant –quelles que soient les explications

36
ou interprétations que l’on puisse donner aux événements. En
somme, disons le mot, grâce à lui le monde devenait « enchanté» :
chemin faisant, les liens qui vont se tisser à partir du Passon et des
événements qui les accompagnent permettront de comprendre
qu’au cycle d’Odde viennent se superposer d’une part le cycle
extrême-oriental, inspirateur du cercle de Vréhappada, dont
l’image évoluera, en « communion spirituelle » avec le Temple
d’Ajunta aux Indes, et d’autre part le cycle de Moïse, mon père
et ses amis semblant « revivre » bien des épisodes de l’Ancien
Testament 7].

[Les Charlet (une famille de guides de haute montagne) trouvent


une pépite d’or ; ils font appel à Paul Revest qui leur parle d’un de
ses amis, radiesthésiste réputé qui pourrait les aider, mon père,
Roger Caro : ce sont les premiers contacts, prolongés par un
premier séjour en Haute-Savoie en avril 1957] :

Argentières, lundi 22 avril 1957


14h30 : M. et Mme Caro vont se promener à la moraine
d’Argentières. M. Caro, qui y était allé la veille avec nous
tenait à y conduire son épouse, vers le lieu de Pèlerinage
qui a été à l’origine de « notre Passon ».
Là, après avoir pris quelques photos, Mme Caro cherche
de l’améthyste. M. Caro s’assied près du petit ruisselet
où nos enfants jouent souvent. Au bout d’une dizaine de
minutes, il voit briller dans le fond de l’eau plusieurs points
jaunes. Il le fait constater à sa femme et tous les deux
ramassent ces points brillants. Vers 17h30 ils rentrent aux
« Rhodos8 ».

7 Ces répétitions, imitations ou analogies, renforçaient chez les participants


l’idée qu’ils étaient des « missionnés », des « élus » du Ciel.
8 Abréviation pour « Les Rhododendrons », nom du chalet prêté par les
Charlet à la famille Caro quand elle venait à Argentières.
37
Mardi 23 avril : 10h30. Je vais faire lire à M. Caro la lettre
que j’ai préparée pour M. Revest (lettre où il est question
de la merveilleuse réussite de M .Caro pour le parchemin).
Je lui lis cette lettre. Arrivé au passage du Pèlerinage il me
dit : « Là, Mme Charlet, j’ai quelque chose à vous raconter
tout à l’heure ».
11h30. Germaine va prendre des nouvelles de Mme
Caro grippée et fatiguée. M. Caro lui fait voir alors plusieurs
paillettes jaunes : « Sans doute de l’or, dit-il, à Marseille je
le contrôlerai. »
Quelques 10 minutes plus tard je vais les rejoindre, et je
constate en effet plusieurs paillettes jaunes, quelques unes
encore incrustées dans de très petites pierres, d’autres
détachées.
Mme Caro me dit : « Il faudrait que vous descendiez du
Passon du quartz pour mon mari. Cela lui serait utile pour
la suite au Passon. »
Dans la nuit Germaine se souvient que nous avons
encore dans notre grenier des petites pierres du Passon.

Mercredi 24. Germaine dès le matin nettoie les pierres.


Jean-Paul les apporte à M. Caro. Dans un petit bloc de
quartz une petite cavité se présentant M.Caro demande
à Jean-Paul son couteau, il détache une petite paillette
exactement la même que celles du ruisselet.
M.Caro dit à Jean-Paul : « Cela nous a fait faire un grand
pas en avant pour le Passon.
Nous parlons toute la matinée de cette nouvelle
découverte faite par M. Caro.
Après-midi du 24. Vers 14h35, M. et Mme Caro, leur fils
Daniel et les Charlet au grand complet, petits et grands,
se rendent à la moraine. Le ruisselet se trouve tari. Avec
Daniel et Gilles je monte plus haut remettre l’eau, sans

38
doute détournée par des enfants expliquant aux 2 garçons
ce qu’ils doivent faire. Je redescends vers le groupe.
M. et Mme Caro à 30m en amont du Pèlerinage sont
accroupis près du ruisselet, vers un petit creux où il y a
encore de l’eau. M. Caro fouille de sa main à une profondeur
de 10 à 15cm dans la boue, plutôt de la vase. Je vais vers
eux. M. Caro sort dans sa main un petit morceau de pierre
enrobé de boue gluante. Il me le passe pour le nettoyer.
C’est une améthyste.

L’Aventure du Passon : Georges Charlet, Paul Revest et


Roger Caro dans la moraine d’Argentière.
Il continue. Je lui vois prendre plusieurs poignées de
vase et dans la dernière poignée s’y trouve après nettoyage
une superbe plaque d’améthyste avec de petites pointes
intactes.

39
Je dis à Germaine qui se trouve à 15 mètres en aval :
« Viens donc voir ce qu’a trouvé M.Caro », et Germaine
assiste à la suite. Je remonte le cours du ruisselet chercher
Jean-Paul à 150 mètres de là. Je lui crie de loin : « Jean-
Paul viens donc voir, M.Caro a trouvé de l’améthyste. »
Tout cela s’est passé vers 15h10.
Jean-Paul plus rapide que moi assistera à l’extraction
de la 3ème améthyste toujours intacte et superbe.
¼ d’heure plus tard, à 5 mètres du lieu de Pèlerinage,
M.Caro trouve un quartz d’améthyste toujours dans le
ruisselet et sous les yeux de Germaine et Jean-Paul,
France et Monique.
Après s’être tous extasiés devant les améthystes, nous
remontons à 150 mètres plus haut, toujours en suivant
le ruisselet. Et nous avons la satisfaction d’extraire des
paillettes jaunes, aussi bien Germaine, Monique, France,
Jean-Paul et moi que Mme Caro. France et Monique
sont descendues chercher biscuits et boissons. Le travail
continuera jusqu’à 18 heures. Mme Caro a trouvé un quartz
semblable à ceux du Passon avec une paillette incrustée
sur un de ses bords.
Le 25. Départ à 9h15. La pluie nous chassant, vers
11heures nous rentrons avec encore des paillettes. Après
midi, pluie.
Fait à Argentières le 25 avril 1957 à 20h30.
(Cinq signatures : Jean-Paul, Monique, Georges,
Germaine et France Charlet)

*
Procès-verbal : CROIX DU PASSON

Le 4 juillet 1957
Germaine et (moi) Georges faisons la 1ère montée de

40
La famille Charlet à Argentière : de g. à d. : France, Monique,
Jean-Paul, Georges et Germaine.

l’année au Passon pour nous rendre compte de l’état de la


neige vers le Puits (voir à ce sujet le cahier de Georges).
Il est 12 heures. Le retour vers Argentières commence.
Un quart d’heure plus tard, arrivé à la hauteur du rocher
qui l’an dernier nous servait de bivouac, je pose mon sac
et attend Germaine qui descend plus lentement. Je trouve
41
deux beaux schistes très brillants. Je les mets dans mon
sac. Germaine m’ayant rejoint, nous donnons un dernier
coup d’œil vers le haut sur les crêtes du Col, et nous
sommes très surpris tous les deux de constater que sur la
gauche du couloir où se trouve une falaise verticale d’une
hauteur de 40mètres environ, la roche y est très brillante
et schisteuse : cette falaise faisant face plein sud est en
ce moment en plein soleil, elle brille, elle est dorée. Tous
deux nous pensons qu’elle peut contenir de la poudre d’or.
Les 2 schistes prélevés viennent de cette muraille. A tout
hasard nous les ferons contrôler par M.Caro.
Retour à Argentières à 16h45. M.Caro avec sa pierre de
touche et l’acide trouvera en effet de la poudre d’or.
Les jours passent. Nous sommes le 24 juillet au Col des
Montets avec nos amis Caro.
Par Laetitia nous avons trouvé la statuette Christ-Roi
(voir procès-verbal du 24 juillet). Cette statuette, selon le
désir de Laetitia sera montée et placée au puits du Passon
par France dans une niche aménagée à cet effet par nos
soins lors de la 1ère remontée là-haut.
Le 26 juillet. A la moraine d’Argentières (voir P.V. du 26)
Bouddha dans une souche. Statuette aussi pour le puits
du Passon.
Le 27 juillet. Le temps est enfin au beau. Montée au
Passon de 4 Charlet (voir cahier de Georges). France a
dans son sac les 2 statuettes. A 7heures du matin nous
sommes à hauteur du bivouac. Germaine, qui voulait faire
voir à France et à Jean-Paul la falaise dorée lève la tête et
nous dit immédiatement : « Regardez tout au-dessus de
la falaise à 10mètres en contrebas de la crête où 2 becs
rocheux se détachent sur le ciel, il y a une belle et grande
Croix dans la roche. » Nous regardons tous les quatre
et constatons en effet une Croix couchée dans la roche

42
Paul Revest et Roger Caro à Marseille,
regardant une pierre avec pépite.

même. Tout de suite Jean-Paul en tire deux photos très


réussies, malgré la distance d’au moins 90 mètres (ces
photos sont en notre possession ; Caro, Revest, Charlet).
Nous causons encore une dizaine de minutes et tous nous
sommes étonnés de ne pas l’avoir vue l’an dernier, car
en 1956, à partir du 29 juillet, jour du 1er bivouac sous la
roche du couloir, nous y avons passé et repassé au moins
60 fois entre tous, et jamais aucun de nous n’avait fait de

43
réflexion, donc on ne l’avait pas vue, ni les uns ni les autres.
Après la mise en place des statuettes et des
prélèvements, à 16h35 nous rentrons à Argentières sous
la pluie. Explications à nos amis Caro, également très
intrigués par la découverte de Germaine.
Nous voici le 17 août 1957. Montée au Passon.
M.Revest, Georges. Vers 11heures, arrivé près de la base
de la falaise, j’escalade par une cheminée face Est rendue
assez difficile par le verglas et la neige fraîche. Sur une
petite plate-forme de 0m30 de large et de 4m50 de long,
je me trouve à la base de la Croix. Je constate qu’elle est
couchée d’Est à Ouest et que sa base est au même niveau
que le gisement du puits.
Je fais un croquis très exact grâce à la chevillière (voir
dessin). M.Revest d’en bas fera 2 photos ;
Le 26 août. Montée au Passon. A 11h30, M. Revest et
Jean-Paul se rendent vers la Croix. Photos de très près.
Quartz. Fleurs cueillies.
Fait à Argentières le 22 septembre 1957. Ce procès-
verbal pourra être publié.
Cinq signatures : Georges, France, Germaine, Monique,
Jean-Paul Charlet.
Additif
Choses assez curieuses :
A) Comment se fait-il que l’an dernier personne de
nous tous n’ait vu cette Croix si visible, surtout au moment
où l’on sortait du bivouac pour attaquer la montée du
couloir qui nous conduisait au Puits. Notre regard devait
nécessairement aller dans cette direction.
B) Pourquoi le 4 juillet à 12h15 en plein soleil, Germaine
et moi le regard fixé sur la falaise dorée disons au moins un
quart d’heure, n’avons-nous rien vu au dessus. Et le plus
fort, c’est que moi, pour pouvoir bien situer cette falaise et

44
la retrouver facilement, j’avais remarqué ce jour-là les 2
becs de roche sur le ciel et m’étais dit « avec ces 2 blocs,
je la retrouverai, sûr. »
C) Pourquoi a-t-il fallu que le 27 juillet ce soit Germaine
qui l’ai vue en quelques secondes en voulant faire voir la
falaise dorée. Nos deux statuettes y seraient-elles pour
quelque chose ?

P.S. J’oublie de signaler que le 17 août, jour du croquis,


j’avais remarqué sur certaines parois de la Croix du beau
lichen. Je sais que le lichen est un champignon qui s’attache
à la roche et pousse très lentement puisqu’il lui faut 1000
ans pour avoir un centimètre de hauteur9 . Toujours des
choses très curieuses pour moi.
Fait à Argentières le 22 septembre 1957
(Suivi des 5 mêmes signatures)

Argentières
Dimanche 7 juillet 1957
Nous décidons que si le temps continue à être au beau,
l’entraînement de Mme Caro me paraissant suffisant, nous
partirons dès demain avec elle, Germaine et moi.

Lundi 8 juillet
Montée au refuge Albert 1er (2706 m). Conduits en
voiture jusqu’au village du Tour par M.Caro, à 8 heures,
sacs au dos, nous partons vers les pentes de Charamillon.
Le chalet de Charamillon (1850 mètres) est atteint en
moins d’une heure malgré la grande chaleur pour cette
9 La présence de lichen sur la croix formée en creux dans la roche semble
donc exclure un éboulement récent d’une partie de la paroi, éboulement qui
aurait donné, par hasard et accidentellement, la forme d’une vaste croix.
45
heure matinale. Après 6 à 8 minutes d’arrêt à 9h45 nous
sommes au Plan de Balme (2150m). Nous mangeons et
nous reposons. A 11 heures la montée reprend lentement,
et après de nombreuses pauses de 5 à 10 mn le refuge
Albert 1er est atteint. Il est 13h45.
Mme Caro et Germaine ne sont pas fatiguées. Après
un bon repas nous allons nous promener dans les roches
brisées au dessus du refuge, parmi de très beaux quartz
blancs. La pluie nous en chassant, nous rentrons. Il est
18h30.
Le refuge s’est rempli peu à peu, des caravanes arrivent
d’en bas. Nous sommes une quarantaine pour le coucher
vers 18h45. Pluie toute la nuit jusqu’à 5heures du matin.
Les deux femmes quoiqu’ayant mal dormi ont tout de
même assez bien reposé.

Mardi 9 juillet 1957


Col du Passon (3000m)
Le temps très couvert, surtout vers la vallée de Chamonix,
et les nuages accrochés aux Aiguilles Rouges, avec des
éclaircies passagères direction (Aiguille du Chardonnet), à
6h20 nous nous mettons en route en direction du Passon.
Après cinq à six minutes nous abordons le glacier du
Tour, et au moment où nous nous encordons de grosses
gouttes de pluie tombent. Je suis un peu indécis de
continuer. La neige ramollie par une nuit pluvieuse, nous
nous enfonçons, mais sans trop. Le glacier est assez bon,
quelques crevasses commencent seulement à s’ouvrir
dans la côte au dessus du Lac Glacière d’une belle couleur
bleue.
Vers 7h10 étant à l’approche de l’éperon rocheux
de l’Aiguille du Passon, nous voyons une avalanche de
pierres à l’endroit où il y a cinq ans nous avons avec Jean-

46
47
Paul ramassé un four de cristaux et surtout la belle plaque
de 30kilos qui a été offerte à M.et Mme Caro pour la crypte
des Lecques. Un peu plus loin nous croisons la trace d’un
chamois qui a dû passer il y a moins d’une heure.
Nous arrivons au Col du Passon. Il est 7h30. Donc, du
refuge, nous avons mis 1h30 malgré la neige assez molle.
Comme il y a déjà un fort vent d’Ouest, sans nous
attarder, nous descendons toujours encordés vers le Puits,
et à 8h10 nous y voici.
Mme Caro est très étonnée du site. Elle avait visualisé
l’endroit tout autre. Avec une grande plate-forme. Le soleil
n’arrive à nous qu’à 8h35 mais ne se fera guère voir,
car sans cesse les nuages remontent le couloir et nous
le cachent pendant des quarts d’heure puis il reparaît
quelques minutes. J’estime la vitesse du vent à 120km/
heure, chose assez rare en montagne.
Pendant que nous commençons à enfoncer le pont de
neige qui est resté à la même hauteur que samedi 4 juillet
(jour de notre 1ère montée avec Germaine) Mme Caro se
repose sur la petite vire située vers la sortie de la tranchée.
Je fais un trou dans le pont grâce à notre échelle. Nous
faisons la vidange de l’eau qui se trouve en dessous, et
avec le petit bidon attaché à notre corde, nous mettons
2heures pour faire descendre l’eau du puits de 0m80 (150
bidons). Je mesure, toujours grâce à notre échelle, il reste
28 centimètres d’eau. J’enfonce le pont de neige pour
obtenir une plateforme solide au dessus de l’eau. Mme
Caro peut descendre près de moi. Je lui fais voir l’endroit
détecté par son mari sur le croquis sommaire fait le 4
juillet. Malgré qu’elle ait très froid, elle se concentre, fait
une prière puis, pendule aux doigts, en quelques minutes
m’indique où les prélèvements doivent être faits.
Après 45 minutes de travail avec le burin et la massette

48
de nombreux bidons de
schiste et de quartz sont
remontés vers la sortie.
Mme Caro
redescendant dans le
puits prospecte une
2ème fois. Elle a de
plus en plus froid mais
le pendule tourne bien
rond. Elle remonte. Je
continue mon travail. Le
quartz devient très blanc. Mais les deux
dames sont gelées, et à 12h20 j’arrête
le travail.
Nous mettons dans une musette de
beaux quartz (10) pour M. Caro, pris au
hasard.
Je range et cache les outils, et
à 12h35 nous remontons le couloir
jusqu’au Col, et sans repos nous nous
engageons sur le glacier du Tour et
atteignons le refuge Albert 1er. Il est
13h45. La marche ayant réchauffé les
deux femmes, ça va mieux. Après un
bon repas nous allons nous étendre
dans le dortoir. Il est 15heures. A ce
moment-là le gardien du refuge nous
fait voir un chamois à 400m du refuge
au milieu des crevasses (sans doute
celui que nous avions dérangé le
matin).
Après quelques détours (à cause des
crevasses) il disparaît à nos yeux vers la

49
crête des Becs-Rouges.
A 15h45 nous nous levons et prenons la direction de la
vallée. A 16h50 nous voici au Plan de Balme à l’endroit où
nous nous sommes arrêtés hier.
Je prends les devants pour téléphoner à M. Caro de
monter nous chercher en voiture au village du Tour.
Mais à mon arrivée, j’ai le grand plaisir d’y trouver
notre très cher Ami qui nous attend depuis 16heures.
Avec sa jumelle il a suivi ma descente depuis le chalet de
Charamillon.
Mme Caro et Germaine nous rejoignent, et c’est le retour
à Argentières à 18h50.
Après avoir raconté notre excursion dans les plus petits
détails, les 2 dames vont se coucher pour un repos bien
gagné. Je raconte encore à M. Caro notre belle course,
lui expliquant ma surprise heureuse de la volonté et de
la résistance de sa femme. A aucun moment elle n’a eu
le vertige. Ce qui l’a le plus impressionnée, c’est le bruit
des avalanches continues dans les couloirs, car après une
nuit pluvieuse elles descendent dès le début de la matinée
jusqu’au soir. Nous nous disons bonsoir.
Ces deux belles journées en montagne resteront pour
Germaine et moi un très beau souvenir, et nous sommes
persuadés qu’il en est de même pour notre amie.

Argentières, le 12 juillet 1957


3 signatures : Georges et Germaine Charlet, Madeleine
Caro
*
Argentières, le 11 juillet 1957
Compte-rendu « thaumaturgique » du 10 juillet 1957
------------------------

50
Mise au point. Le 16 août 1956, nous (les Charlet)
trouvons la 1ère pépite au Passon, et continuons à travailler
jusqu’à la neige dans l’incertain et sans autre résultat.
En date du 18 novembre, M.Caro nous écrit : quand vous
remonterez au Passon, faites un croquis pour chaque face
du puits (bien à l’échelle et en indiquant bien les veines du
quartz).
Le 5 juillet (57) Germaine et Georges sont au Passon et
redescendent avec les croquis demandés.
Le 6 juillet : M.Caro dans sa cuisine trace un cercle
de 0m80 de diamètre, nous indiquant l’emplacement du
quartz aurifère.
Le 9 juillet, Mme Caro, Germaine et Georges sont au
Passon.
Georges sort le croquis, descend dans le puits, situe
bien le cercle de M.Caro.
Mme Caro descend à son tour. Georges lui indique où se
trouve le cercle. Elle se concentre quelques minutes, puis
pendule en main prospecte dans la paroi. Les girations du
pendule sont très fortes. Avant de remonter elle me dit : à
25 centimètres, ce sera sûrement bon.
Je prends la broche et le marteau, fait sauter le quartz
qui est vérifié à la sortie (sans résultat).
Le brouillard qui monte du glacier commence à nous
rendre frileux, craignant aussi la pluie. Nous décidons de
rentrer à Argentières.
Nous emportons une dizaine de quartz pris au hasard
mais venant du Puits.

---------

Le 10 juillet :
Vers 11heures15 je rends visite à M.Caro assez grippé.

51
Nous parlons de nos quartz. Il me dit : « Nous allons les
briser. Il y a peut-être quelque chose à l’intérieur.
Nous faisons une installation rudimentaire sur une table.
Puis M.Caro pose chaque morceau (une dizaine) bien
isolément. Se tenant près de la table il se concentre et prie
une dizaine de minutes, puis il promène sa main à environ
8cm de chaque bloc. Il en met 2 à l’écart, 1 très poreux et
schisteux, l’autre très blanc et très dur. Il me dit : « Mettons
les autres de côté. Dans ces deux il doit y avoir quelque
chose. Allons chercher nos femmes pour qu’elles assistent
au broyage de ces 2 morceaux. »
Mme Caro est là tout de suite. Etant toujours pressé je
prends le quartz poreux et d’un seul coup de marteau il se
brise en petits morceaux. Parmi les débris j’aperçois une
jolie petite pépite jaune.
Germaine arrive à ce moment-là. Tous nous regardons
ce précieux morceau.
M .Caro prend l’autre morceau très dur, doit frapper 5 à
6 fois avec le marteau pour le briser, et une 2ème pépite gît
sur la table parmi les débris. Germaine, très émue, larmes
aux yeux, remercie ainsi que moi M. Caro. Nous faisons
tout de suite part de cette heureuse réussite à Monique
et ensuite à France. Le résumé de cette nouvelle réussite
THAUMATURGIQUE est pour nous le suivant :
Sur un croquis défectueux, notre grand Ami Roger
Caro a encore une fois prouvé sa force spirituelle. Nous
sommes tous très heureux d’avoir été récompensés de
notre inébranlable foi qui ne nous a jamais lâchés.
Ce procès-verbal peut être publié quand bon semblera
à notre cher Ami M. Roger Caro.
Argentières le 11 juillet 1957
(4 signatures : Georges, Germaine, France, Monique
Charlet)

52
[A côté de ces recherches, les découvertes et événements extra
ordinaires se multipliaient, dont de nombreux procès-verbaux
rendent compte, et qui permettent là aussi de voir l’évolution, la
part grandissante, dans ces manifestations, du religieux, du divin
et du « miraculeux », faisant apparaître mon père comme un
«missionné » céleste] :

Guérison de Georges B. (fils de France Charlet)



Mon fils Georges est couché sur son lit. Il se plaint de
gros maux de tête, il a un peu de température, il pleure.
Le voyant souffrir de plus en plus, je suis très inquiète. Il
me permet d’aller chercher M. Caro, et je lui explique la
chose. Il est 20 heures 30 environ. M. Caro s’approche de
mon petit, le fait asseoir sur le bord du lit, lui demande où il
souffre. M. Caro se tient debout près de l’enfant, le regarde
un moment. Il se signe le front, les lèvres, la poitrine. M.
Caro se concentre fortement, pose ses deux mains sur la
tête de Georges, par moments les retire et les frotte deux
fois comme pour faire disparaître le mal, ceci plusieurs
fois, puis il touche le cou de l’enfant, et me fait remarquer
une grosseur à gauche. Il dit en s’adressant au malade : «
Je vais te faire fondre cette glande qui te donne de la fièvre
et te fait très mal. »
M. Caro à nouveau se concentre les yeux mi-clos il
pose les extrémités de ses doigts sur les amygdales de
Georges. M. Caro prie fortement un moment. Je l’entends
dire lentement : « Mon Dieu, je vous remercie d’avoir donné
la santé au petit Georges. »
Il prie encore, puis faisant 3 fois le signe de croix sur
la tête du malade, il embrasse Georges : « Maintenant,
montre ta gorge à ta maman, tu es guéri, tout a disparu. »
Je regarde, la petite gorge de Georges est rose, la glande
a disparu, sa tête ne lui fait plus mal.
53
M. Caro me demande la moitié d’un verre d’eau filtrée. Il
le prend de ses deux mains, l’élève au dessus de sa tête,
et profondément recueilli il prie avec une telle ferveur, une
telle foi, que je dis à Georges de se mettre à genoux et de
prier avec lui.
M. Caro pose bien doucement le verre sur le bord de la
table et toujours priant fait le signe de croix 3 fois sur l’eau
miraculeuse. Le visage heureux, souriant, il dit : « Bois un
peu de cette eau, la moitié seulement, tu en boiras encore
dans la nuit. Maintenant va te reposer, Georges, et tout ira
bien. »
Dans la nuit Georges me demande à boire. Je lui donne
le verre qu’il finit. Le lendemain mon enfant est en très
bonne santé et ira jouer avec ses cousins.
Voici expliqué aussi bien que j’ai pu le miracle de la
guérison de mon fils Georges par M. Roger Caro en qui
j’ai une si profonde reconnaissance et admiration.
M. Roger Caro peut publier ce compte-rendu fait à
Argentières le 8 juillet 1957.
Signé : France Ch.

Prospection du 16 juillet 1957, par M. Roger Caro, à la


moraine d’Argentières

-----------

15 heures. M. et Mme Caro, Monique, Jean-Paul,


Georges sont à la moraine. M. Caro se dirige vers l’endroit
où avant-hier sous un gros bloc nous avons extrait du
minerai de fer.
Sans même se concentrer, sans le recours des mains,

54
M. Caro de sa canne nous désigne par un cercle à 5 mètres
de là un point dans le petit ruisselet et dit : « Là, dans l’eau,
il y a peu profond de l’améthyste. »
Tout de suite Jean-Paul et moi commençons à enlever
de petits blocs. Mme Caro nous dit : « Ne vous pressez pas.
Attendons l’arrivée de nos amis Duval et de Germaine. »
Jean-Paul aménage un endroit pour M. Caro où il pourra
s’asseoir.
Mme Caro comme toujours va, vient dans les alentours,
cherche et trouve des quartz un peu abîmés et les porte à
son mari. Elle trouvera sans pendule un joli minerai de fer.
Il est 16h35. Germaine et France qui étaient restées à la
maison pour recevoir les Duval nous rejoignent sans eux.
Nous nous mettons au travail, et en quelques minutes
Jean-Paul a dans ses mains un beau quartz d’améthyste
enrobé dans un granit poreux.
M. Caro ne le trouvant pas assez beau pour être offert à
Mme Revest me dit : « Allons, Georges, au travail, venez,
suivez-moi. »
Il monte d’un pas régulier, regarde à droite, puis à
gauche, s’arrête parfois quelques secondes. Je le suis à
quelques mètres. Le restant du groupe suit à 30 mètres
environ ;
Arrivé près d’un sapin M. Caro s’arrête quelques
secondes, se retourne vers moi souriant. Je m’approche
et lui dit : « Ca va, M. Caro » - Oui, dit-il.
Quand tout le groupe est rassemblé, regardant à
nouveau vers le sapin, sans bouger, sans se concentrer,
il nous désigne un point et dit : « Venez, près de ce sapin,
là, à droite, dans ce petit creux, il y a à 25 centimètres de
l’améthyste.
Nous nous mettons au travail, mais de suite une
grosse racine nous gêne. Jean-Paul enlève un gros bloc

55
qui facilitera le creusage, et en 15 minutes une superbe
améthyste est extraite à la profondeur indiquée.
Ce sera l’améthyste pour mme Revest. L’autre, M. Caro
l’offre à Jean-Paul, ravi, pour sa vitrine.
Prenant le petit Georges, avec le pendule il lui fera
trouver une jolie plaquette blanche de cristal.
Il est 17h35, nous rentrons tous à Argentières.
Ces nouvelles réussites de M. Caro pourront être
publiées, comme les précédentes.
Fait à Argentières le 17 juillet 1957
5 signatures : Georges, Germaine, France, Monique
et Jean-Paul Ch.

Procès-verbal thaumaturgique du 16 juillet 1957


Salle-à-manger du « Rocheray », 18h35.

Nous sommes tous assis près de la table. Malgré sa
grande fatigue M. Caro nous explique une fois de plus ce
qu’est la FOI, puis se levant, va prendre sur le radiateur
notre journal (Dauphiné Libéré). Revenant s’asseoir il en
détache une feuille qu’il pose bien à plat sur la table, et
avec son index y trace une croix.
Sans se lever, de son bras droit tendu, avec la feuille
entre ses doigts, il nous la présente verticalement et bien
à la vue de tous.
De sa main gauche il prend sa cigarette allumée et
l’applique à la base de la croix (invisible pour nous). Le
trou est immédiatement fait. Remettant sa cigarette aux
lèvres, toujours avec sa main gauche il dirige vers le haut
la calcination lente de la feuille qui se fait sur une largeur
de 22mm.

56
Le papier grésille, une petite flamme bleue fait le travail
que dirige M. Caro avec sa main gauche. Arrivé en haut de
la croix, par un simple geste de la main, la calcination est
arrêtée.
Puis nous voyons, tous ébahis, la calcination se faire
sur chaque côté de la croix, et en même temps. Elle est
arrêtée par un simple geste des 2 côtés à la fois.
La calcination est arrêtée, une croix se trouve devant
nos yeux. (Un croquis commenté de la croix accompagne
ici le texte).
Mais le plus merveilleux, c’est que durant quelques
secondes (5 à 6) la calcination est restée suspendue et
bien visible à nous tous.
Précieusement France ramasse les cendres noirâtres.
La feuille de journal a été aussi conservée.
M. Caro est de plus en plus fatigué. Nous embrassant,
il nous dit bonsoir et ne viendra pas ce soir nous faire une
visite.
Pour nous tous, cette nouvelle réussite thaumaturgique
nous a profondément touchés, et nous sommes une fois
de plus émus de la grande puissance spirituelle de notre
grand Ami.
Ce compte-rendu pourra être publié.
Fait à Argentières le 17 juillet 1957.
Cinq signatures

Argentières, le 23 juillet 1957


Au Col des Montets (Fond des fontaines)
Statuette dorée représentant le Christ-Roi

Il est environ 15h30. M. et Mme Caro, Monique, France

57
et Georges sont au Col des Montets, au lieu-dit « Le Fond
des Fontaines», dans les environs d’un énorme bloc
appelé : « Pierre qui ne bouge pas. » Tout le petit groupe
s’amuse près du ruisseau à chercher parmi les petits
blocs. Vers 15h55 M. Caro descend en suivant le ruisseau.
Sa femme, qui est tout près de lui, lui dit : « Roger, fais
attention en marchant, il y a un peu de marais par-là ». Lui,
continuant à marcher, atteint un petit replat marécageux.
Prenant le petit piolet de Mme Caro il fouille et en quelques
secondes un petit caillou est sorti de la vase. Il se baisse,
le ramasse, et nous présente dans la main un magnifique
quartz d’améthyste…
Nous remontons tous vers la pierre qui ne bouge pas.
A 20 mètres (côté sud) s’y trouve un bloc très enfoncé
(grosseur d’un fagot de foin). M. Caro tourne autour de
cette pierre, me demande si elle a un nom. Il trouve drôle
de n’y trouver rien, et avec France cherche s’il n’y a pas
une inscription gravée.
Mme Caro, Monique et moi sommes à une vingtaine de
mètres en contrebas. De temps en temps je regarde dans
la direction de M. Caro.
A un moment donné, je vois M. Caro ôter rapidement sa
veste, se baisser sur le côté nord du bloc.
Je dis à Mme Caro tout près de moi : « Regardez, votre
mari a détecté quelque chose. »
Rapidement nous montons vers l’endroit. Mme Caro dit:
« Roger, tu n’es pas sage, ne te fatigue pas, ne travaille
pas. Attends-nous. » Nous sommes près d’eux. M. Caro et
France sont debout près du gros bloc, et avec sa canne il
me désigne un bloc plat de 70 sur 80 cm. Monique arrive
à ce moment-là. J’ôte ma veste, m’approche du bloc. M.
Caro dit : « Dessous ce bloc il y a quelque chose que vous
monterez au Passon ». Le bloc est basculé une première

58
fois, puis avec l’aide de Monique une deuxième fois pour
qu’il ne nous gêne plus. Je me rapproche du trou. France
placée bien en face aperçoit dans le fond du trou, qui a
la forme d’une grotte (grosseur d’une marmite) quelque
chose et dit : « Oh ! que c’est beau. » Etant à genoux, avec
la main droite je prends l’objet et, sans trop l’admirer, la
donne à M. Caro qui à sa vue ôte son béret puis embrasse
la statuette d’un beau jaune doré, représentant le Christ-
Roi, la tête couronnée, avec dans la main le globe terrestre
surmonté d’une petite croix, de sa main il bénit le monde.
M. Caro, la passant à nous tous, nous fait constater
qu’elle est glacée. Mme Caro, là depuis quelques instants,
très émue comme nous tous, dit à son mari : « Roger,
comment se fait-il que cette statuette soit intacte et si
bien conservée, car la neige devrait l’avoir abîmée. » Il lui
répond : « Elle était tout de même un peu protégée par le
bloc, c’est tout ce que je peux dire. »
Le soleil étant parti, il fait assez froid, aussi nous rentrons
à Argentières, il est 17heures.
Le petit groupe se retrouve un quart d’heure après
dans notre salle à manger pour le thé. Monique est allée
chercher Germaine qui est à la moraine avec les enfants.
France et moi préparons le petit goûter. M. Caro, assis
à sa place habituelle, semble absent, il fixe la table les
yeux mi-clos. Mme Caro arrivant, son mari, la statuette
dans ses mains, dit : « Cette statuette nous a été apportée
par le Ciel. Aujourd’hui même. » Puis s’adressant à moi
il ajoute: « Georges, quand vous monterez au Passon,
votre premier travail sera de faire une petite niche dans le
puits pour y poser la statuette. »
Puis se tournant vers France il dit : « France, c’est vous
qui placerez la statuette dans la petite grotte, selon le désir
du Ciel. »

59
France trop émue fond en larmes dans les bras de M.
Caro très ému ainsi que mme Caro et moi-même.
Germaine et Monique arrivent un instant plus tard.
Longue explication à Germaine émerveillée.
Pour nous (Charlet) c’est la plus belle, la plus merveilleuse,
je dirai la plus miraculeuse réussite thaumaturgique que
nous avons vu faire et si bien réussir par M. Roger Caro.
Ce procès-verbal décrit le mieux possible cette belle
après-midi du 23 juillet 1957. Il pourra être publié.
Fait à Argentières le 24 juillet 1957
3 signatures : Georges, Monique et France Ch.

Le 24 juillet 1957

J’étais très heureuse d’aller remercier sainte Laetitia qui


la veille avait apporté à Monsieur Caro, à Madame Caro et
à ma famille au col des Montets sous une grosse pierre la
statuette du Christ Roi afin de l’apporter au Passon pour
nous montrer que le ciel était avec nous et bénissait notre
entreprise. Après une bonne prière de remerciement, je me
permettais de demander à sainte Laetitia la joie de trouver
une jolie pierre à offrir à Monsieur Caro. Je m’agenouillais
à nouveau près du petit cours d’eau qui à cet endroit coule
sous la pierre et après quelques secondes de recherche
j’avais dans ma main un joli petit cristal de roche que
je remettais à Maryse un peu plus tard pour remettre à
Monsieur Caro. J’étais heureuse que sainte Laetitia m’ait
exaucée et je la remerciais profondément.

Signé : Germaine Charlet

60
Vendredi 26 juillet 1957
Procès-verbal. Sortie au Col des Montets (Pierre du Christ
Roi). Matérialisation. Puis à la moraine (Petite clairière
supérieure)

M. et Mme Caro, Germaine, France, Patrick et Georges
arrivons à 14h20 au Col des Montets. Nous dirigeant vers
la pierre du Christ Roi, tout en marchant, notre ami M.
Caro nous dit : « Aux alentours de la pierre il y a encore
des choses enfouies. »
(La suite du procès-verbal décrit d’abord la trouvaille de
« 5 jolis quartz roses », d’un « minerai très rare … vraie
pièce de musée » contenant « du fer, du cuivre, de l’or
du cristal blanc et du quartz également blanc » donné
à Georges « pour sa petite vitrine .» ). Le procès-verbal
continue :
Pendant ce temps M. Caro assis près de la pierre avec
à ses côtés Germaine, France et Patrick, dit à Patrick : «
Apporte-moi des petites pierres. » Celui-ci en apporte deux
ou trois prises au hasard. Puis M. Caro ajoute : « Porte-les
à ta maman, parce qu’il y a de l’or. » Patrick porte la pierre
à sa maman qui, n’ayant rien vu, met la pierre de côté. M.
Caro s’adressant à Patrick lui dit : « Tu vois, ta maman ne
veut pas croire qu’il y a une pépite, et bien, il y en aura
deux. » France, intriguée, s’avance, reprend la pierre et
constate deux minuscules points brillants. Germaine prend
la pierre et frotte avec un bout de papier, les deux points
apparaissent plus gros. Ayant constaté la choses, je dis à
M. Caro : « Le docteur Jouve a eu raison d’écrire dans Le
Lien de juin 1957 : « Tes mains feront de l’or. « La chose
est probante aujourd’hui au Col des Montets. » M. Caro
me regardant en souriant reprend : « Pour aujourd’hui, oui,
mais pas pour le Passon car là-haut il y est. »

61
Mme Caro, toujours dans le ruisseau, continue à
creuser. M. Caro, debout, le bras droit levé avec quelque
chose dans sa main dit : « Madeleine, reviens, inutile de
continuer, ton cristal, je l’ai ici. »
Nous allons vers lui et M. Caro nous fait voir une
magnifique plaquette de cristal recouverte de jolis petits
cristaux bleutés10 . Ce cristal si précieux ira dans la vitrine
du Prado.
(Après d’autres trouvailles, c’est le retour à Argentières,
vers 17heures, « pour le goûter ») …
Monique vient nous rejoindre, nous lui donnons les
détails de notre après-midi au Col des Montets. Parlant
ensuite de toutes les merveilleuses réussites de notre cher
Ami, France dit qu’à lourdes, dans la crypte, elle avait vu
une belle statue de bouddha. M. Caro en est très surpris,
mais content. La conversation se poursuit jusque vers
17h35. M. Caro, assis à sa place habituelle, dit en se levant:
« Venez, allons tous à la moraine, il y a quelque choses
pour le Passon, allons le chercher, vous le mettrez avec le
Christ Roi dans la niche le 1er jour que vous remonterez. »
Il y a dans le petit groupe : M. et Mme Caro, Germaine,
Monique, France, Patrick et moi. Avec M. Caro je marche
en tête. Il marche très vite, arrivé au banc de pierre il
s’assied, se concentre cinq minutes, puis se tournant
vers moi me dit lentement : « Georges, allez chercher la
pioche. » Je descends vers le pèlerinage à 90m environ de
là chercher l’outil demandé. Je remonte vers le groupe qui
s’est déplacé à 20mètres vers le haut. M. Caro m’appelle
pour m’indiquer où tout le groupe se trouve. J’arrive près
de lui, le restant du groupe est disposé en un demi-cercle
près d’une souche de sapin, à une distance de 2m50
environ. M. Caro s’approche de la souche, fait le signe de

10 Voir le procès-verbal suivant, de Germaine Charlet, qui détaille cet épisode.


62
Vréhappada puis, avec sa canne me désigne une pierre
recouverte de mousse et me dit : « Avec la pioche, il vous
faut, Georges, enlever cette pierre. » La pierre, quoique
très coincée et serrée contre la souche est rapidement
enlevée.

Germaine Charlet et Madeleine Caro


sur le chemin du Passon.

M. Caro toujours avec sa canne, m’indique la partie de la


souche qui était masquée par la pierre. A noter : que le tronc
était intact et sans aucune fissure. La partie supérieure,
celle où la scie avait passé pour abattre le sapin était
franche et encore très solide, puisqu’avec la pioche il m’a
fallu 8 à 10 grands coups pour arriver à en faire sauter une
écaille représentant le 5ème de la surface supérieure (voir
croquis). Cette écaille enlevée, doucement avec la main
j’ôte quelques débris au fond et à peu près au centre du
tronc. Je commence à apercevoir quelque choses, je dis

63
« C’est là » et quelques secondes après j’ai dans la main
une jolie statuette de bronze représentant un Bouddha
assis. Je le passe à M. Caro, puis tous ensemble nous
examinons ce précieux objet. S’adressant particulièrement
aux femmes il dit : « Vous mettrez ce Bouddha avec le
Christ Roi dans la niche du Passon. »
Nous sommes tous très émus. Nous rentrons à
Argentières, il est 18h20.
Ce procès-verbal, qui pourra être publié, est pour nous
une des plus merveilleuses journées que M. Caro nous ait
fait passer.
Argentières, le 27 juillet 1957
4 signatures des Charlet

Argentières, le 26 juillet 1957


(Pour la plaquette de cristal bleuté qui est une miniature
en relief du versant du col du Passon, voilà ce que j’ai vu.)
Voilà ce que j’ai vu. Monsieur Caro qui était assis près de
France et de moi-même se lève brusquement, va prendre
une pierre dans la petite grotte où il y a deux jours le ciel
nous avait apporté la statue du Christ Roi. Cette pierre
était recouverte de terre. Il va la laver dans le ruisseau, et
s’approchant de moi me demande la nature de la pierre.
Un peu surprise de la ressemblance je lui dis que c’est le
même schiste qu’au Passon. Je vois une pierre plate au
reflet bleu. Il la casse en deux, en garde une partie. Je
regarde Mme Caro qui travaillait plus haut avec Georges.
Je pars pour les rejoindre. Je n’avais pas fait 10 pas que
Monsieur Caro s’adressant à sa femme dit en levant la
main « Madeleine, reviens, ce que tu cherches est là ». Je
regarde ainsi que nous tous avec étonnement : le vulgaire

64
schiste est devenu une magnifique plaquette de cristal
bleuté d’une étrange beauté, presque irréelle. Je félicite
M. Caro et émue je constate la grande puissance de notre
cher Ami.
Ce procès-verbal peut être publié.
Fait le 29 juillet 1957
3 signatures : Germaine, France et Georges Charlet

*
Dimanche 28 juillet

La jolie petite plaquette du Col des Montets que M. Caro


avait matérialisée se trouve dans notre salle à manger.
Tour à tour les cinq Charlet l’admire, et je ne saurais dire
lequel d’entre nous le premier y a vu une ressemblance
frappante avec le versant sud du col du Passon. Rien n’y
manque: la crête, le col à peine échancré, le couloir, et
surtout le puits, placé juste à sa place. Nous y trouvons
même la grande dalle brillante où se trouve en creux
l’immense croix couchée.
Après la messe vers 11h M. et Mme Caro viennent chez
nous, et tout de suite nous leur faisons constater la chose.
M. Caro, la plaquette dans ses mains, très content, je
dirai même très ému, déclare : « Puisque je ne monterai
jamais au Passon, je l’aurai tout de même en relief », puis
il ajoute: « Là se trouve le puits, mais il y manque l’or. Avec
une bonne prière bien faite il y poussera. »
Tous nous le regardons, émerveillés. Je ne dis pas
étonnés car maintenant rien ne nous étonne plus avec
toutes les belles réussites sans cesse répétées depuis le
début du mois.
Nous continuons à bavarder sur notre terrasse. M. Caro
se trouve dans l’angle ouest de la terrasse. Je crois qu’il

65
regarde le clocher et les gens qui passent sur la route dans
cette direction. Dix minutes plus tard, nous rentrons dans la
salle à manger. Prenant la plaquette il nous fait remarquer
qu’une belle pépite d’or allongée se trouve dans le fond du
puits : elle en recouvre la plus grande partie.
Nous sommes tous très émus, et surpris de la rapidité
de cette extraordinaire réussite.
Dans l’après-midi, vers 15 heures, reprenant la plaquette,
M. Caro nous fait remarquer qu’elle a encore grandie, elle
recouvre entièrement le fond du puits.
Encore une fois : TES MAINS FERONT DE L’OR se
trouve réalisé sous nos yeux.
Ce procès-verbal pourra être publié.
Etaient présents : Mme Caro, Germaine, France,
Monique, Jean-Paul et Georges

Suivent les six signatures

Le 29 juillet
Apport de Laetitia devant le Bouddha

Pour mon anniversaire, à la prière de notre grand ami M.
Roger Caro.
C’est une très jolie statuette en pierre de lare représentant
un Sage (suit le croquis de la statuette au crayon). Déposée
par Laetitia devant l’autel du Bouddha vers 22h dans la
chambre de l’appartement près de la cuisine, sur la niche
allongée à gauche de la fenêtre où se trouvait le Bouddha.
Cet apport m’a comblé et rempli d’une grande joie, car le
27 j’avais ardemment souhaité recevoir quelque chose de
religieux pour mon anniversaire.

66
Je vais vous
raconter en
quelques mots
cette journée.
Le 27 juillet
montant au
Passon nous
voyons Maman,
Papa, France
puis moi une
très belle croix
incrustée dans
le rocher. J’en
prends deux
photos. Ayant
creusé une
niche et mis les
deux statuettes
en place, Christ
Roi et Bouddha,
nous vidons l’eau
et extrayons du
quartz que Papa,
Maman et France
descendront. Le La silhouette de Jean-Paul Charlet
gros mauvais permet de mesurer la taille gigantesque
temps approche. de la Croix (cf. flèche) apparue sur une
Ils partent à paroi du Passon
12h45. Je reste
seul et extrait une provision d’au moins 40 kilos que je cache
et descends avec une trentaine de kilos. Départ à 13h30.
Je remonte au Col du Passon, pensant glisser sur le dos le
versant nord du Bec rouge inf. (inférieur ?) et ainsi gagner

67
beaucoup de temps et de fatigue. Mais à peine arrivé au
Col, le mauvais temps se déchaîne, éclairs, tonnerre,
bourrasques très violentes. J’enfonce parfois dans la
neige jusqu’au ventre. Je perds un temps précieux à suivre
la crête pour ne pas me perdre. Je trouve d’ailleurs des
traces de pas toutes fraîches de trois personnes. Arrivé au
bec inférieur je me glisse sur le dos lentement, puis enfin
par de gros blocs et moraine, l’herbe est très glissante, je
suis trempé et très fatigué. Je ne peux abandonner mon
sac qui est très lourd car je ne saurais plus le retrouver. Je
me trouve enfin au pied du creux de la Cluy, vers la cour et
la guarette des bergers de moutons, n’ayant plus assez de
force pour remonter au sentier du Chanté. Je descends en
me traînant sur les fesses par un des couloirs descendant
sur le Planet, et enfin je tombe sur le sentier du Chanté que
je suivrai jusqu’à Argentières où j’arrive à 1_h30 (5 heures
pour descendre). Au cours de cette descente je m’arrête
plusieurs fois et fais de gros efforts, une fois assis, pour
ne pas m’endormir. Le vent très violent chassant la pluie
à l’horizontale a rendu ce retour extrêmement pénible.
Aussi, sachant que mon anniversaire est proche, je pense
recevoir quelque chose de nos amis Caro. Je souhaite que
ce soit quelque chose de religieux car le bénitier reçu le 5
juillet m’a fait très plaisir. Aussi je me fiche de l’or qui est
dans mon sac, et si je veux le descendre, ce n’est pas pour
moi.
Ainsi cet apport m’a comblé.
Signé : Jean-Paul

Le 26 août 1957
Procès-verbal du baptême de la mine Laetitia. Marraine :

68
Monique Charlet.
Etaient présents : Mme Irène Revest, M. Paul Revest, M.
André Revest, Monique, Jean-Paul et Georges Charlet.

Partis en 2 cordées du refuge Albert 1er (2706m) à
7h20. Brouillard très épais pendant 20 minutes puis temps
magnifique, sans aucun vent, et surtout pas froid.
A 9h05 nous sommes tous rassemblés vers le Puits.
Nous constatons qu’il ne reste que 0m80 d’eau au fond du
puits. Jean-Paul sort les statuettes (Christ Roi, Bouddha)
de leur cachette. Tout notre groupe les embrasse. Puis M.
Revest les installe sur une petite plate-forme enneigée et
en tirera deux photos.
Je vais chercher l’échelle. Jean-Paul va aux outils. Et à
9h20, grâce à l’échelle, Jean-Paul descend dans le puits
et nous commençons le vidage de l’eau. En moins d’une
heure le puits est pour la première fois complètement vidé
(96 bidons de 11 litres).
Jean-Paul remonte. Prenant la massette et 2 burins
je descends dans le puits avec M. Revest qui, avec son
pendule, fera un point sur la paroi ouest à 0m80 au-dessus
du fonds du puits. Je lui indique alors le point de Mme Caro,
du 9 juillet. Avec les outils, je fais le prélèvement demandé
par M. Caro. M. Revest met chaque petit morceau de
quartz dans le petit bidon qu’André remontera grâce à la
corde. Jean-Paul pendant ce temps remettra les statuettes
en place.
Puis M. Revest fera lui-même ses prélèvements, mis à
leur tour dans un petit bidon.
Nous remontons tous. Cette opération est terminée,
il est 10h50. Jean-Paul et André descendront à leur
tour récupérer les outils enfouis dans les déblais. En 20
minutes ils ont récupéré une houe, une pelle à charbon,

69
une massette et le marteau-piolet qui étaient là depuis le
25 septembre 1956, dernier jour de travail fait l’an dernier
au Passon.
J’oublie de dire que Mme Revest est aussi descendue
dans le puits et m’a demandé ensuite l’endroit détecté par
Mme Caro.
Il est 11h20 quand tout est bien rangé (outils, sacs
prêts). Mais la bouteille de Champagne apportée par M.
Revest nous attend. Nous nous apercevons que le verre
que nous avons est cassé. M. Revest me dit : « Est-ce
qu’il n’y en a pas à la salle à manger de l’an dernier ? » J’y
cours et ramène un verre en carton. Mais pendant cette
courte absence (3minutes environ) le groupe a décidé sur
la proposition de M. Revest que la bouteille serait sacrifiée
à la Mine. M. Revest s’adressant à Monique dit : « C’est à
vous Monique que reviendra l’honneur de briser la bouteille
et d’arroser le puits avec son contenu. Vous êtes donc la
marraine de la Mine, et cette mine s’appellera désormais
Mine Laetitia. »
Monique prenant la bouteille que lui tend M. Revest
s’avance dans la tranchée tenant de ses deux mains la
bouteille vers la base. Elle frappe le goulot contre la paroi
ouest de la tranchée. Le bruit d’éclatement est sec. Une
partie du champagne jaillit. S’avançant tout au bord du
puits avec le restant du précieux liquide, elle en arrose les
parois, surtout la paroi Est.
L’opération est terminée. La mine Laetitia est baptisée
au champagne. Il est 11h32.
Encore quelques photos par Jean-Paul des 2 statuettes
dans la niche, puis les 2 pierres qui cachent le tout sont
bien remises en place.
Et ce sera le retour vers le Col Albert 1er et la vallée.

70
Ce procès-verbal pourra être publié.
Fait à Argentières le 27 août 1957
6 signatures : Irène, Paul et André Revest, Monique, Jean-
Paul et Georges Charlet

Le 28 août 1957

Bien chers amis

Je viens ce matin vous raconter l’opération des bris


de quartz. Jean-Paul étant en montagne, ce n’est qu’à
17h30 que nous nous sommes tous réunis, Revest au
grand complet et 5 Charlet, dans la remise, près de la
table d’opération, au même endroit où nous avions opéré
le 11 juillet avec Madeleine et Germaine. Chacun à son
tour on brise des quartz. (Prélèvement point Madeleine,
prélèvement point M. Revest). De cette opération d’une
durée de 25 minutes, comme vous nous l’aviez indiqué,
aucune pépite n’en est sortie.
Je prends la boîte avec les blocs du prélèvement du 9
juillet, la passe à France qui dit à Mme Revest : « C’est à
vous de choisir un quartz, selon le désir de M. Caro.» Mme
Revest choisit un petit bloc, le donne à France qui le dépose
délicatement sur la table, puis faisant une prière dans le
grand silence elle fait 3 signes de croix sur la pierre et
après quelques secondes de silence, prenant le marteau,
elle commence à briser le quartz très dur. En 10 minutes il
n’y a toujours rien. Les morceaux sont de la grosseur d’un
dé. Elle continuera encore 5 minutes. Voyant que nous
sommes dans un coin trop sombre, la table est transportée
dans la cour de Jean-Paul, et là tous nous nous y mettons.

71
Encore 8 minutes : toujours rien. Je dis à ce moment-là : «
Prenons un nouveau bloc. »
La même opération (triage, prière, signe et bris) se
répète, sans aucun résultat.
Germaine regarde la boîte et nous dit : « Comment se
fait-il ? Il y a dans le fond un morceau de schiste de la
moraine. »
M. Revest nous dit : « M. Caro ne s’est jamais trompé.
Nous allons mettre de côté tous ces éclats, demain nous
les pilerons à l’atelier sur l’enclume. Il doit y avoir deux
pépites. » Sur ce tout le groupe se disloque et chacun va
à ses occupations.
Germaine, France et moi allons dans notre grenier où se
trouvent les boîtes de quartz. Là nous trouvons dans une
boîte avec la date (du 9 juillet, pépite invisible)), chaque
morceau bien enveloppé dans du papier. Je dis aux deux
femmes : « Je vais vois dans mon cahier. Tout a été noté,
à chaque triage de M. Caro. Le contrôle fait, les quartz
comptés, tout est exact dans la boîte d’où nous avons
pris les quartz tout à l’heure. Je me souviens, un peu tard
direz-vous, que M. Caro m’avait dit le 15 juillet : « Gardez
quelques blocs stériles. Nous en aurons peut-être besoin
par la suite. »
France bondit chez les Revest, moi chez Jean-Paul, et
nous décidons qu’après le souper l’opération reprendra
avec des VRAIS prélèvements.
A 20h30. Dans notre cuisine avec la table d’opération.
Une fois de plus, Revest, Charlet au grand complet sont
réunis. Après le choix de Mme Revest, la prière de France.
Celle-ci commence avec son marteau à frapper. En
moins de 3 minutes je vois sur la table une pépite (même
grosseur que les autres). Elle est examinée par tous à la
loupe. Nous sommes tous très heureux et ensemble nous

72
remercions sainte Laetitia de nous rendre à nouveau la
mine riche. Nous continuerons à parler assez longtemps
de toutes ces choses si miraculeuses, et à 9h30 nous nous
disons bonsoir.
La pépite a été rangée pour vous être offerte à votre
prochaine visite. Cette lettre pourra être publiée.

Fait à Argentières le 28 août 1957


Onze signatures : Monique, Georges, Germaine, France
et Jean-Paul Chalet, I. Revest, A. Revest, C. Revest, P.
Revest, N. Revest, S. Revest

*
Argentières le 3 septembre 1957
Procès-verbal de la consécration de France « Aspirant-
maître »

Le 2 septembre à 20h40, dans notre salle à manger sont


présents M. et Mme Caro, Germaine, France, Monique,
Jean-Paul et Georges.
Nos deux amis s’absentent quelques minutes dans
leur appartement puis reviennent avec différents objets
enveloppés soigneusement qu’ils placent sur la table.
M. Caro demande à France un petit crucifix, une assiette,
il pose tout sur la table , également son bouddha portatif.
D’un papier il sort un bâton d’encens qu’il fixe sur le côté
d’une boîte d’allumettes, l’allume et le pose dans l’assiette.
Il dispose alors sur la table une statuette, un petit vase, et
fait une prière de quelques minutes. Il prend la statuette,
la présente au dessus de l’encens, la bénit et l’offre à
Germaine et moi en disant : « Voici ce que je dois vous
offrir au nom de Laetitia. Cette statuette est un moulage
représentant Myriam. C’est un buste figurant dans Succès

73
pendulaires. »
Germaine et moi ravis et émus embrassons Nos Chers
Amis.
Prenant alors le vase il refait la même opération puis
l’offre à Monique et à Jean-Paul en leur disant : « Ceci
est pour vous, c’est un magnifique vase Satsuma que je
vous offre au nom de Laetitia. » Ce vase en porcelaine
avec des peintures en relief très fines sur son pourtour
est vraiment superbe. Monique et Jean-Paul ne savent
comment remercier M. Caro.
Maintenant il nous dit : « Je vais procéder à la cérémonie
de la consécration de France « Aspirant- Maître ». Restez
tous assis. »
Il fait une prière de quelques minutes, fait plusieurs
signes de croix au dessus de l’encens, puis prenant
dans sa main un objet sur la table, assez allongé, il l’ôte
du papier qui l’enveloppe. C’est un éventail. Il le passe
quelques secondes au dessus de l’encens allumé, le bénit
et le remet à France en lui disant : « Cet éventail vous
confère le titre d’Aspirant-Maître, je vous l’offre au nom de
Laetitia, il vous donne droit à l’accès de notre temple de
Vréhappada. »
C’est un éventail oriental dont les branches sont en
ivoire, minces et travaillées avec une rare finesse, et sur le
corps de l’éventail se trouvent de belles scènes thibétaines.
Même tous les personnages sont habillés de soie réelle
colorée et collée. Toutes les têtes des figurines sont en
ivoire, peintes et collées sur le fond. France, très émue,
embrasse ses bons et chers Amis ainsi que nous tous.
M. Caro sort alors d’un autre papier une superbe
améthyste travaillée et la prenant du bout des doigts
il l’élève à son front, à ses lèvres et sur sa poitrine, la
passe ensuite sur l’encens, la bénit, l’offre à France en

74
disant: «Voici votre première Pierre pour Vréhappada. Elle
vous est offerte par Laetitia, vous pourrez la faire monter
sur bague, mais ne la portez que dans des cérémonies
religieuses. »
Nous sommes très émus. France surtout ne sait
comment remercier M. Caro et Laetitia.
Ce procès-verbal fait à Argentières le 3 septembre 1957
est signé de tous les présents
Signatures des 5 Charlet

Le 3 septembre 1957
Procès-verbal – Eau du robinet changée en liqueur

Vers 12h10 M. Caro arrive dans notre cuisine avec une


bouteille d’alcool de menthe vide. La donnant à Germaine
il lui dit : « Lavez bien cette bouteille ainsi que le bouchon.»
Germaine exécute les opérations demandées. M. Caro
demande alors : « Emplissez-la d’eau. » Germaine remplit
la bouteille à même l’eau du robinet. Ceci fait M. Caro lui
dit : « Versez-en une partie dans un verre et bouchez la
bouteille. » Germaine, qui a toujours gardé le flacon en
main, vide un doigt d’eau de la bouteille dans un verre
propre et bouche la bouteille.
M. Caro s’adressant alors à France lui demande
d’envelopper le flacon dans un mouchoir et de porter le
tout dans sa chambre. Nous passons tous dans la salle à
manger où Madeleine nous a rejoints, nous nous asseyons
autour de la table mise. M. Caro demande alors à France
d’aller chercher le flacon enveloppé et de le poser sur la
table. Ceci fait, M. Caro indique qu’il va essayer de changer
l’eau en un apéritif. Il nous explique qu’il va procéder de

75
la façon suivante : 1) changer l’eau en alcool ; 2) attirer
des corpuscules de sucre ; 3) y mêler des corpuscules
aromatiques.
Le flacon est toujours enveloppé dans le mouchoir.
M. Caro se concentre fortement sur le flacon. Nous le
regardons tous. Au bout de quelques minutes il nous dit : «
Vous voyez, j’ai visualisé un liquide de couleur jaune, mais
je vais faire l’opération en deux temps. Soulevant alors le
mouchoir il nous montre le flacon contenant toujours un
liquide incolore, comme l’eau de tout à l’heure. Il ajoute : «
Vous voyez, on dirait que l’opération a ratée, mais quand
on a la Foi, on prie, on affirme. » Il se concentre sur le
flacon et murmure « O paterasmoun feli naïguiné oposine
» ce qui signifie en grec « Mon Père, fais que cela soit. »
Il prend alors le verre contenant un prélèvement d’eau
de la bouteille et nous en verse un peu à chacun dans
nos verres. Nous goûtons. C’est de l’eau sans le moindre
parfum.
M. Caro enlève alors le mouchoir de la bouteille, dévisse
le bouchon, nous en verse alors un peu dans nos verres
et nous prie de déguster. A notre surprise nous sentons
d’abord une odeur de plantes aromatiques, et lorsque
nous portons la boisson à nos lèvres, nous sommes bien
obligés de constater que nous dégustons une vraie liqueur
alcoolisée et sucrée.
D’ailleurs une partie de cette liqueur a été conservée
par Jean-Paul dans un petit flacon.

Ce présent procès-verbal pourra être publié.


Fait à Argentières le 4 septembre 1957
Signatures des 5 Charlet

76
Procès-verbal
Le 11 août 1958
Etaient présents : M. et Mme Caro, Germaine, France,
Monique, Georges.

A 20 heures. Tous réunis dans notre salle à manger.
Nos deux chers Amis nous racontent leur après-midi
passée à 350 mètres en amont du village, sur un terrain
que Jean-Paul a achété l’an dernier, lieu dit « La Grand’Ile
». Sur cette parcelle de terre côté Sud vers l’Arve (rivière)
se trouvent 2 mélèzes, sur le côté ouest un petit bois de
bouleaux qui ombrage un petit plateau de 15 m sur 15
m, donc très propice au bon repos. Ce terrain est dû à
l’inspiration de Germaine.
Vers 15h30 nos deux Amis se trouvent sur ce petit
plateau loin du bruit du village. M. Caro s’étend face au
Mont-Blanc. Madeleine, pour bien laisser reposer son
mari, va quelques 30 mètres plus à l’ouest sur les bords
de l’Arve s’amuser à fouiller parmi les blocs et les herbes
clairsemées.
M. Caro, bien détendu, allongé sur l’herbe, après avoir
pensé à toutes sortes de problèmes en testant le ciel
comme il a l’habitude de le faire, vient à penser à Patrick.
Aussitôt un gros nuage s’est comme découpé dans
le ciel bleu, et il eut l’image d’une grosse dent, ou plus
exactement d’un croc. Tandis qu’une intuition ou une voix
intérieure lui disait : « Pour Patrick il faut brûler la Dent. »
Perplexe M. Caro se demande ce que cela signifie,
et c’est cette perplexité qu’il vient nous exposer ; puis
regardant vers sa gauche, il voit briller un petit objet près
d’un bloc émergeant de l’herbe. Il prend cet objet. C’est
un médaillon. Sur le pourtour de ce médaillon est gravée
l’inscription suivante : Jubilaei M.C.M.L + Anno. Cette

77
découverte venant après ce que je viens de raconter et
comme pour entériner toutes les idées passées et surtout
celle concernant Patrick.
Nous voici maintenant dans notre salle à manger. Il est
20 heures.
M. Caro nous ayant renouvelé sa perplexité au sujet de
sa vision de l’après-midi concernant le croc demande : est-
ce que vous voyez ce que cela peut signifier ?
Germaine dit : « Mais si, nous avons en effet une grosse
dent que Georges a trouvée en démolissant un mur
mitoyen qui sépare la maison de Jean-Paul de notre salle
à manger. » Comme elle se lève pour aller chercher la
Dent qui est rangée dans la vitrine où sont les apports de
Laetitia, M. Caro l’arrête en disant : « Attendez un instant.
» Il prend son stylo et sur le haut du journal Dauphiné
libéré du 11 août qui se trouve devant lui trace le pourtour
de la dent telle qu’elle lui est apparue. Sur ce Germaine va
prendre la dent, la pose sur la table. M. Caro et Madeleine
la regardent sans la toucher. M. Caro s’adressant à moi
dit : « Je vais peut-être vous faire de la peine Georges,
mais CETTE DENT MALEFIQUE a été placée dans ce
mur pour vous et contre vous. Elle dérive de l’héritage de
vos parents, et comme les différents apports de Laetitia,
la pierre de maîtrise, votre entrée dans le Centre vous
rendent difficilement accessible, c’est sur Patrick, facile à
toucher, que la dent maléfique agit. Il faut donc la brûler. »
France allume le fourneau de la cuisine, y met une
pelletée de charbon, qui une fois bien pris, elle jette la
dent dans le brasier. Un quart d’heure plus tard une très
mauvaise odeur se répand. Germaine aère en ouvrant
portes et fenêtres.
M. Caro nous explique que le sort maléfique est sorti de
notre maison, mais que LA LOI va se faire, la malédiction

78
va retomber sur la ou les personnes qui ont placé cette
dent dans le mur. Cette malédiction peut se faire tout de
suite comme plus tard, mais elle se fera tôt ou tard.
Prions tous le Ciel pour essayer de protéger cette ou
ces personnes et remercions le Ciel également de nous
avoir débarrassé de ce mauvais sort. Nous sommes très
émus et embrassons nos chers Amis très émus également,
surtout Madeleine.
A 21h30 M. et Mme Caro vont se coucher, et nous
(Charlet) nous causons pendant près d’une heure de cette
émouvante soirée qui restera à jamais gravée dans nos
cœurs.
Nous sentons la suprême protection de Dieu sur toute
notre famille. Nous faisons une bonne prière et à 22h30
nous sommes couchés.
C’est la plus émouvante soirée passée avec nos chers
Amis, et surtout le plus bel apport que Laetitia ait fait par
la Grâce de Dieu et la puissance de sainteté de notre cher
grand Ami.
Comme reconnaissance et remerciement à Dieu, nous
travaillerons tous avec une ferveur toujours plus grande à
nous élever.

ADDITIF

Voici comment cette dent a été trouvée.


Fin février 1958, voulant donner un peu de place à
notre salle à manger, je pense à y mettre un divan dans
l’épaisseur du mur mitoyen qui sépare la maison de Jean-
Paul de notre salle à manger.
Démolissant ce mur j’enlève une première pierre d’environ
20 kilos, et dans les débris du mortier, sur l’arrière, je vois
briller un objet. Je le prends et rentre dans notre cuisine.

79
Germaine est là et je lui dis : « Regarde ce que je viens
de trouver, on dirait une grosse dent de bête. » Germaine
n’y prête que peu d’attention. J’ajoute: « Mettons-la dans
la vitrine avec les apports de Laetitia et les trouvailles des
Caro. On la leur fera voir plus tard.» Je pense même écrire
cela à M. Caro, mais Jean-Paul, Monique et France n’y
prêtant guère d’attention tout en resta là.
En fin d’avril, lors de notre pèlerinage à Lourdes et
notre visite à Marseille, je pense aussi à l’emporter mais
Germaine m’en dissuade.
Si bien qu’après 6 jours passés à Argentières nos deux
Amis ne l’ont jamais vue ni n’en ont entendu parler.
Ce procès-verbal pourra être publié.
Fait à Argentières le 13 août 1958

5 signatures (Charlet)

Le 15 août 1958
Récit de France : - Bague cassée, améthyste dessertie.

Dans l’après-midi du 15 août vers 14h30, je décide
d’emmener promener mes deux enfants Georges (7 ans),
Patrick (4 ans) vers la moraine du glacier. Comme c’est
le 15 août, je pense qu’il est tout indiqué de mettre ma
bague et de faire une bonne lecture. Je cherche La Vie
des Maîtres. Ne le trouvant pas, je prends le Nouveau
Testament. Je pars donc avec mes enfants. Vingt minutes
plus tard nous sommes à la Crèmerie du glacier. Il fait très
chaud. Pour nous rafraîchir, nous buvons du sirop et de la
limonade. Les enfants sont heureux.
Tout en parlant avec Georges, sans savoir pourquoi, je

80
retourne ma main et regarde avec stupéfaction : l’anneau
de ma bague est cassé. Je le fais remarquer à Georges
qui, bien que petit, comprend ma peine. Je paie ma
consommation et part attristée, à la recherche d’un petit
coin tranquille non loin de là. Je ne pense plus qu’à ce qui
m’arrive, et surtout : que va dire M. Caro.
J’arrive près d’un petit ruisseau. L’endroit est joli et

Georges Charlet et Roger Caro.

81
ombragé. Je m’y installe. Patrick joue avec le sable.
Georges, plus raisonnable, reste près de moi, et tous
les deux nous parlons et nous essayons de comprendre
comment cette bague a pu être cassée. Bien que tracassée,
je feuillette mon livre et lis quelques passages des miracles
de Jésus à Georges.
Un petit air frais me fait plier bagages. Je regarde mon
anneau, et cette fois-ci, plus surprise encore, je vois la pierre
d’améthyste dessertie, tombée à l’intérieur de l’anneau.
Je ne comprends plus rien. Immédiatement je prends un
bout d’étoffe et y range l’anneau brisé avec l’améthyste.
Je place le précieux colis dans mon corsage et rentre à la
maison avec mes enfants.
Fait à Argentières le 16 août 1958
Signé : France Charlet

Procès-verbal – 2ème pierre d’améthyste de France –


Dans notre salle à manger- Le 15 août 1958
Ce procès-verbal fait suite au récit de France.

Nous sommes tous réunis dans notre salle à manger
depuis 19h30. Sont présents : M. et Mme Caro et les 5
Charlet.
Il est 21 heures. France vient de nous raconter sa
surprise et sa peine de ce qui vient de lui arriver.
M. Caro lui dit : « Ce qui paraît mauvais au premier abord
est souvent pour notre bien par la suite. »
Il regarde la bague cassée, prend l’améthyste, la tient
avec ses doigts au milieu de son front. Il se concentre et
prie plusieurs minutes dans le plus grand silence puis, se
tournant vers France il dit : « Vous, vous êtes pistonnée.

82
En haut on me dit que France continue à suivre la voie
qu’elle s’est tracée, et que ce qui vient de se passer a été
voulu par Myriam. Dans le dessous (socle) de la statue
de Myriam qui nous a été offerte le 2 septembre 1957 se
trouve une nouvelle pierre d’améthyste plus grosse et plus
foncée.
Nous prenons la statue sur le buffet de la salle à manger.
M. Caro commence à gratter le plâtre par en dessous,
c’est très dur, aussi Jean-Paul le remplacera et grattera
lentement le plâtre pendant 20 minutes. Voyant apparaître
la pierre d’améthyste, il redonne la statue à M. Caro qui
termine le grattage puis invite France à tendre sa main,
renversant alors la statue. L’améthyste tombera d’elle-
même dans la main de France.
Tous nous voyons une superbe améthyste taillée et
violet très foncé.
Nous félicitons et remercions tous, très émus et ravis
notre cher grand Ami pour la réussite de ce nouveau
phénomène thaumaturgique.
Ce procès-verbal pourra être publié.
Fait à Argentières le 16 août 1958

Signatures des 5 Charlet (Georges, Germaine, France,


Monique, Jean-Paul)

(Autre procès-verbal sur ce) 15 août 1958

Il est 20h25, après le repas. M. Caro nous dit qu’il va


procéder à une expérience qu’il a déjà réussie à la crypte
des Angelots le 4 mai en présence de ses amis du Centre.
Prenant un fil de plomb il en coupe une longueur de 14

83
m/m. Il me le passe et me dit : « Aplatissez-le ». Chose
faite, il le décape avec son couteau, puis allume un charbon
servant à brûler l’encens. Il pose au-dessus le morceau
de plomb, puis enlevant sa belle bague d’alchimie qui a
une incurvation recouverte d’une glissière il sort de cette
incurvation une poudre orangée enveloppée dans du
nylon. Cette poudre est versée sur le bâtonnet de plomb.
Il recouvre le tout d’un petit entonnoir en le posant sens
dessus dessous, en bouche l’orifice avec une monnaie.
Il est à ce moment-là 20h37. De petits crépitements
commencent à 20h42. De la fumée est produite. Il enlève
avec une pince à épiler la monnaie bouchon, puis l’entonnoir,
puis le plomb. Ce dernier est plongé dans un petit flacon
où se trouve un peu d’acide azotique. Il le laisse quelques
instant pour le débarrasser de ses scories puis le retire. Le
petit morceau de plomb est devenu de l’or. A partir de cet
instant, l’or est resté en notre possession.
M. Caro nous conseille de garder le morceau d’or, même
de le partager si l’on veut (pour bien se rendre compte que
le morceau d’or n’est pas seulement teinté en surface). Il
nous demande de présenter ce morceau d’or à un bijoutier
pour qu’il le passe sur sa pierre de touche….
Ensuite M. Caro très recueilli nous dit : « Pour la bague
de France qui s’est cassée cet après-midi, c’est le Ciel qui
l’a voulu ainsi. » (Voir procès-verbal précédent de France)11.
Puis il prend une petite boule d’encens, la met sur
le charbon qui brûle toujours et nous dit : « Maintenant
Myriam me dit qu’il y aura quelque chose pour Gentiane. »
M. Caro recouvre l’encens avec une petite cloche.
L’encens fume et exhale une odeur exquise. Nous restons
silencieux, très émus, et prions. M. Caro nous explique
que c’est par le feu que l’on se purifie ; au bout d’un
11 Cette parenthèse est dans le texte lui-même, et fait référence, pour éviter
une redondance, au procès-verbal rapporté ci-avant.
84
moment il ôte la cloche et met sur l’encens qui brûle un
peu de benjoin, l’odeur en est très agréable. Il remet la
cloche et en profite pour mettre sur l’encens le camée de
Maman et celui de France. Après une dizaine de minutes,
l’encens étant bientôt tout brûlé, M. Caro enlève la cloche.
Nous attendons encore quelques minutes, puis apparaît
subitement sur la cendre du charbon une petite chose
verte. M. Caro la dégage à l’aide d’une pince à épiler.
Nous voyons alors qu’il s’agit d’une pierre verte taillée. La
nettoyant avec un chiffon nous admirons cette jolie petite
pierre verte qui brille d’un bel éclat.
Nous sommes tous en admiration devant cette pierre.
M. Caro la mettant à son front nous dit : « Cette pierre
lui a appartenu quand elle était Pythie de Delphes, elle
la portait toujours sur elle et lui avait été donnée par son
père. C’était sa pierre de voyance et de prophéties. »
Nous sommes tous ravis et émus, nous remercions nos
chers Amis Caro et Myriam de toutes ces belles choses et
de cette merveilleuse nouvelle.

Fait à Argentières le 16 août 1958
7 signatures : les 5 Charlet, Roger et Madeleine Caro

*
Récit de Georges – Après-midi du 20 août 1958 au Col des
Montets.

Le récit évoque d’abord la découverte d’une « superbe


plaquette d’améthyste avec une multitude de petites pointes
intactes et d’un violet très foncé. C’est certainement la plus
belle et la plus fine de toutes les plaquettes que notre cher
Ami nous ait fait extraire soit au col des Montets, soit au
Pèlerinage ».

85
M. Caro après cette réussite monte se reposer tout près
de l’endroit où nous étions avec Madeleine tout à l’heure.
Vers 14h45 Jean-Paul et Gentiane viennent nous rejoindre.
Nous leur faisons admirer la plaquette d’améthyste.
Nous bavardons tous. M. Caro vient nous rejoindre
et s’assied de nouveau sur le bloc près de la pierre du
Christ Roi. Il est fatigué. Sur les conseils de Madeleine il
ne prospectera plus aujourd’hui.
A 15h45 il nous dit : « Tout à l’heure quand je me
reposais, regardant en direction de l’Aiguille Verte, de gros
nuages l’environnaient. Laetitia me dit : « Voilà comment
vous êtes au Passon ».
Le soleil étant déjà couché, à 15h50 nous regagnons la
voiture et Argentières.
4 signatures (Georges, France, Germaine, Jean-Paul)

Procès-verbal – Soirée du 20 août 1958



Il est 19h40. Nous sommes réunis dans notre salle à
manger, M. et Mme Caro, Germaine, France, Monique, Jean-
Paul et Georges. Tous autour de la table.

A 20 heures 28 M. Caro nous dit : « Laetitia me dit :


« Le Passon a été perdu comme le Paradis par Adam
et Eve par FAUTE CONTRE L’ESPRIT. Se recueillant à
nouveau quelques instants il ajoute : « Quand l’occasion
se présentera vous redescendrez du Passon les deux
statuettes. Ce n’est pas tellement M. Revest le responsable,
mais c’est sa femme qui l’a entraîné, mais le résultat est
le même. Soyez circonspects dans vos paroles, dans vos
actes, dans vos écrits. Mais nous sommes contents de

86
votre réaction. Il faut voir le bon côté de ce qui arrive, car
cela n’amène que HAINE et JALOUSIE. Laetitia me dit
encore qu’Elle se manifestera tout à l’heure. »
Reprenant son recueillement il nous dira un peu plus
tard : « On me dit : « Odde me donne l’inscription des
bagues de maîtrise pour Georges et Germaine.

DIEU SEUL EST MA LOI

De nouveau très recueilli quelques instants encore, il ôte


de son doigt sa belle bague de maîtrise recouverte d’une
très grosse améthyste, la passe sur l’encens, puis chacune
de nos bagues est passée tour à tour sur l’encens, ainsi
que celle de Mme Caro, puis la 2ème pierre de France
ainsi que la belle pierre de Gentiane.
Rendant à Germaine sa bague il dit : « Laetitia
manifestera sa présence par la matérialisation d’un camée
pour Germaine, la représentant, elle, Laetitia. » Puis il
ajoute : « Plus tard Gilles sera Adepte, c’est la plus haute
distinction que Dieu peut donner à un homme. »
Quelques instants plus tard, M. Caro nous indique que
le camée de Germaine naîtra de la cendre. Que la cendre
c’est du sel12 , le sel est de la terre, c’est de la terre que
l’homme a été formé, c’est donc dans la cendre que naîtra
le camée.
Il est 21 heures 25 quand l’opération se termine : le
charbon s’est consumé lentement, les particules de cendre
sont tombées peu à peu dans l’assiette, et ce n’est qu’au
moment où le charbon incandescent a la grosseur d’un
haricot que M. Caro demanda de l’eau de Lourdes. Par 3
fois et à intervalles d’une bonne minute, notre Ami asperge
le charbon qui pétille et étincelle comme ravivé (chose

12 Les alchimistes comprendront…


87
contraire à la nature).
Quand le charbon est tout en cendre, à l’aide d’une
pince à épiler, M. Caro retire un camée de 12m/m sur 8
m/m et représentant le BUSTE D’UNE JEUNE FEMME
SOURIANT, que tous tour à tour nous admirons.
Cette belle soirée de recueillement et de prières avec
les successions de phénomènes suivis de l’apport restera
pour nous tous (Caro, Charlet) gravée dans nos cœurs.
Ce procès-verbal pourra être publié.
Fait à Argentières, le 21 août 1958
5 signatures

Le 21 août 1958
(Récit de Jean-Paul Charlet)

Réveil 7h30 nuageux. Je me recouche, mais aussitôt je


pense aux messages de hier soir. Monter au Passon ? Si
j’en profitais ? Pourquoi ne suis-je pas déjà parti … Je dis
ma décision à Monique. Elle voudrait bien venir avec moi,
mais le temps est incertain, il est déjà tard, il ne faut plus
perdre une minute.
A 8h départ d’Argentières, le Tour en mobylette,
télésiège, Charamillon à 8h45. Les nuages sont très noirs
à l’ouest sur le glacier du Tour, dans le ciel très nuageux
on devine le soleil. A 9h30 je suis sous Albert 1er, traverse
le glacier du Tour, crevassé en son milieu, 10 cm de neige
fraîche le recouvre. J’ai oublié mon piolet et n’ai pas de
bâton pour sonder les ponts, aussi j’enfonce une ou deux
fois et tombe à plat ventre.
Il neigeote sans vent. A 10h30 j’arrive au Col, descends
au puits. Les statuettes sont ôtées de la niche, embrassées

88
et rangées dans mon sac à dos, mets aussi quelques
outils. J’en prends un qui me servira de canne, vide un sac
de quartz dans le couloir.
Traverse à la croix, qui est toujours fleurie naturellement.
Je sors les statuettes et les pose un instant au centre de la
croix, prie et remercie.
Je range dans mon sac les statuettes, remets la pierre
au centre de la croix, monte au col. Il neigeote toujours,
mais il ne fait pas froid, il est 11h10. Je traverse le glacier
en suivant bien ma trace de tout à l’heure, je descends
directement par la moraine, cueille quelques bruyères qui
entoureront la boîte qui contient les statuettes. Le Tour 12
h 45, Argentières 12h 55.

*
[Après de multiples autres trouvailles que celles déjà évoquées,
c’est la]
Dernière soirée de nos Amis Caro à Argentière (27 août
1958) – Ecrit par Georges le 31 août.

Vers 19 h 30 M. et Mme Caro viennent comme chaque


soir passer près de nous une bonne heure.

Dès leur arrivée, M. Caro offre à Germaine et moi un
superbe reliquaire en cuivre repoussé, apport de Laetitia,
avec de nombreuses gravures sur le pourtour et le
couvercle. Ce reliquaire est égyptien. Nous remercions
bien sincèrement nos chers Amis et Laetitia.

J’apporte 2 caissettes, l’une contenant quelques


bouteilles de sirop de framboise, l’autre de la confiture.
Monique offre de la part de Jean-Paul 2 cristaux de roche,
un pour Daniel, l’autre pour Maryse, et un autre tout petit
pour Mme Caro.
89
Puis je vais chercher les blocs de quartz aurifères avec
pépites. Notre Ami en fait un partage équitable. Dans une
boîte, et rangés pour Marseille : 1) la part pour M. et Mme
Caro ; 2) la part de M. Maurice Auberger ; 3) la part de M.
Revest.
Puis ce sera nos parts : 4) pour Jean-Paul et Monique;
5) pour France ; 6) pour Germaine et Georges. Nous
aurons aussi pour nous (Charlet) ceux restant au Passon
qui seront descendus plus tard.

Ce partage terminé je dis : « Nous venons de procéder


à l’enterrement du Passon. »
Nous en sommes tous sans aucune peine, sans aucune
arrière-pensée, car nous n’avons rien à nous reprocher de
la perte de la mine.
Depuis des mois nous sentions le résultat bien compromis
avec la conduite de M. et Mme Revest qui allaient sans
cesse vers de nouvelles recherches d’or incertaines,
malgré le 1er message de Laetitia en date du 24 juillet
1957, et surtout du dernier et ultime avertissement du 22
août 1957, d’où la réflexion de notre grand Ami : « Si l’on
joue avec les humains, on ne joue pas avec le Ciel. »

C’est bien ce que nous tous (Charlet) avions bien compris


dès le 1er message de Laetitia. Cette mine, nous devions
la mériter en permanence, et chasser de nos cœurs toute
idée et pensée de lucre, en un mot, se contenter de ce que
le Ciel nous offrait, et ne pas se lancer vers de nouvelles
recherches d’or incertaines.

Le Passon est donc perdu pour toujours13 . Et maintenant,


après quelques jours d’écoulés, que nous voyons bien
13 Voir les articles de journaux ci-joints : l’Administration, qui avait accordé une
concession, finit par refuser le permis d’exploitation du site.
90
« le fait accompli », nous disons que nous en avons du
contentement, et surtout après le dernier message de
Laetitia en date du 20 août 1958 (voir P.V) qui sait mieux
que nous ce que nous avons dans nos cœurs.
La perte du Passon n’est rien à côté de tout ce à quoi
nous avons assisté avec notre grand Ami durant ce mois
d’Août. Je mettrai en tête de tout : le sort maléfique à
jamais disparu de notre maison (sort que nous ignorions).
Cette disparition vaut pour nous (Charlet) plus que tout l’or
de la terre.
Tous les nouveaux apports de Laetitia sont là «
probants » : le Ciel est content de nos réactions et nous
a récompensés d’avoir su suivre la voie tracée par notre
guide et ami M. Caro.
Je terminerai en disant : « Prions et Remercions. »
Ce récit pourra être publié. Fait à Argentières le 31 août
1958
Signatures des Charlet

*
[Si le refus par l’Administration d’accorder un permis
d’exploitation mit fin à l’épisode du Passon, ce ne fut pas,
la lettre ci-dessus le suggère, la fin de l’Aventure spirituelle:
l’Arche ne fut aucunement secouée par cet échec d’ordre
purement matériel et continua son voyage. Avant de le
poursuivre, je voudrais exprimer ici à tous les membres
de la famille Charlet, où qu’ils soient, toute ma gratitude et
toute mon affection pour les nombreuses heures heureuses
qu’ils m’ont fait vivre entre treize et dix- huit ans lors de
vacances d’hiver ou d’été en Haute-Savoie : ski, varappe,
courses en haute montagne, vélo, framboises, fondues,
truites… Et toujours la droiture, la générosité, la chaleur.
A tous, Germaine, Georges, France, Jean-Paul, Monique,

91
Patrick, Georginet, Gentiane, Gilles, Jean-Franck, merci.
En dépit des deuils et des années, je n’ai rien oublié. Vous
me manquez tous.]

92
III-3 – Parallèlement à l’épisode du
Passon : activités alchimiques
[Dans les préfaces de ses différents ouvrages alchimiques
nous sont données des informations sur les débuts de mon père
dans l’Ars Magna  : rencontre providentielle d’un clochard tirant
une carriole pleine de livres consacrés à cette science, visite d’un
inconnu venant du Canada qui lui remet de la poudre de projection.
Délaissant ici cet aspect mythique donné aux origines, parce que
je manque de preuves et de témoignages écrits se référant à ces
évènements exceptionnels, d’ailleurs conformes à une tradition en
la matière, je me contenterai comme précédemment de reproduire
divers documents illustrant cette activité nouvelle. C’est Annette
Négrel qui, dans un premier temps, fut chargée de rassembler
le plus d’ouvrages possibles sur l’alchimie. Comme dans tout ce
qu’il a abordé, mon père se lança dans la recherche et l’étude
avec passion, et fit participer ses amis à ses expériences et à ses
réussites]

Marseille le 20 janvier 1957


Je soussigné Roger Franc. Demeurant 7 rue Chevalier
R.
Déclare avoir assisté dans la journée à ce que je décris
dans ce procès-verbal.

Monsieur Caro Roger nous a réunis dans la crypte, il s’est


muni d’un couvercle de boîte de conserve, qu’il a nettoyé
devant nous. Il a placé par-dessus ce couvercle une espèce
de trépied en fil de fer qu’il venait de confectionner. Sur ce
trépied il a placé un charbon pour brûle-parfums, qu’il avait
allumé auparavant. Ensuite, dans des mouvements très
amples et très clairs afin de ne pas gêner notre vue, il a
1
placé sur ce charbon un morceau de fusible, puis il a jeté
par-dessus un peu de poudre blanche qu’il avait dans un
petit flacon. Puis à l’aide d’une précelle il a pris le morceau
de fusible et nous avons pu constater que c’était de l’or.
Nous avons pris la bague de monsieur Bour. à l’acide et à
la pierre de touche, puis nous avons passé ce morceau d’or
aussi à l’acide et à la pierre de touche, il a eu exactement
les mêmes réactions que la bague, c’était de l’or tout ce
qu’il y a de plus pur.
Je dois déclarer qu’à aucun moment monsieur Caro
n’a essayé de faire diversion, qu’il ne s’est servi pour
toutes les opérations que d’une précelle, d’un couvercle
de boîte et d’un trépied en fil de fer et de sa poudre, une
petite quantité ; il a toujours eu des gestes lents et clairs.
Lorsqu’il a jeté la poudre sur le plomb en fusion il s’est
produit comme une petite fumée et un léger crépitement.
Nous avons essayé une deuxième fois l’opération avec le
peu de poudre qu’il restait, et nous avons pu constater le
même phénomène. Il ne pouvait donc y avoir supercherie.
J’autorise monsieur Caro à se servir de ce procès-verbal
à toutes fins utiles et qu’il lui plairait.
Signé : Franc…

Procès-verbal d’une expérience alchimique

Le 22 novembre 1957, il était entendu que je devais


voir Roger Caro chez lui, j’arrive à 16h50. Roger est
devant sa table avec des fioles et divers objets, charbon
en pastilles servant dans les églises pour brûler l’encens,
des morceaux de fusibles de plomb (20/10 marqué sur
la bobine), plusieurs tubes de pierre à briquet vides, une

2
cupule de 3cm de diamètre et 2 cm de profondeur, munie
d’un couvercle de deux centimètres de hauteur, percé en
son centre supérieur par un petit trou de un millimètre
destiné à l’évacuation des gaz. La cupule peut s’adapter
à la paroi verticale d’un objet en tôle, laquelle présente
à cet effet un support de quatre centimètres portant un
orifice arrondi permettant éventuellement de chauffer par
en dessous. L’objet a cette forme : (suit un dessin).
Devant tous ces instruments j’interroge Roger. Il me
répond : « Ce sont des instruments dont tu vas te servir,
en suivant les instructions inscrites sur ce papier.» Tout
d’abord je choisis dans une boîte et au hasard un charbon,
je l’allume et je le place sur l’âtre, c’est-à-dire sur la partie
horizontale supérieure trouée. Puis je coupe dans le fusible
une longueur de un centimètre à un endroit que j’ai moi-
même choisi. Roger me désigne un flacon dans lequel se
trouve une poudre. Il me demande de le secouer afin que
le mélange soit parfait. Ensuite j’étale cette poudre sur une
feuille de papier blanc. Je l’examine attentivement à la
loupe. Elle est rouge brun et présente l’aspect d’une poudre
très fine et granuleuse. Selon les instructions écrites, je
prélève une petite quantité de cette poudre. Je la place
dans un petit tube vide très propre, tube de pierre à briquet.
La poudre en occupe un cinquième. Je prends alors un
flacon contenant du mercure et j’en verse une goutte sur
du papier relevé en ses angles. La goutte est grosse et
j’en sépare une partie avec un couteau afin d’obtenir une
petite goutte de cinq millimètres. Je place cette goutte
de mercure dans le tube où se trouve le prélèvement de
poudre. Je l’agite bien et je verse ce mélange dans un
tout petit flacon de verre pour pouvoir y verser de l’acide
nitrique et permettre ainsi à l’acide de ronger le mercure
en le volatilisant, cela afin qu’on se rende compte qu’il n’y

3
a pas d’or dans la poudre. Cette amalgation mercurielle a
été négative.
Pendant toutes ces opérations, le charbon étant devenu
incandescent, j’y ai placé dessus le morceau de fusible de
un centimètre que j’avais découpé. Au moment où celui-ci
commençait à fondre, j’ai projeté la poudre et j’ai recouvert
avec le tout petit couvercle de fer troué en son milieu pour
l’évaporation des gaz.
Au bout d’un moment, après qu’il y eut crépitement et
gros dégagement de fumée, j’ai soulevé le couvercle et j’ai
vu un morceau d’or de cinq millimètres de long et de deux
millimètres de large, couvert de scories noirâtres, mais des
points jaunes brillants apparaissaient nettement. D’ailleurs,
sommairement nettoyé avec les doigts, le morceau de
métal apparut avec l’aspect net d’un morceau d’or jaune.
Les opérations qui suivent n’ont eu d’autre but que de
chercher la preuve chimique de cette création aurifère  :
1°) le morceau d’or est passé sur la pierre de touche des
bijoutiers et imprégné d’acide avec 22/24 carats. Résultat :
les traces d’or ne sont pas détruites. Nous les laissons
en contact longuement avec l’acide, mais il ne se produit
aucune modification. L’or est donc très pur.
2°) Procédé de l’amalgation mercurielle  : le morceau
d’or est mis dans un tube à briquet propre et vide et j’y
verse dessus une grosse goutte de mercure semblable à
celle qui servit pour l’analyse de la poudre. A la première
secousse le mélange se fait et le mercure amalgame le
métal.
On verse alors le tout dans un autre petit flacon vide et
propre, et j’y verse de l’acide nitrique. Au bout de quelques
minutes, le mercure s’étant volatilisé, nous récupérions le
morceau de métal qui brillait d’une couleur caractéristique
de l’or pur.

4
Je spécifie bien que chaque opération effectuée a été
faite d’une façon minutieuse et après examen de tous les
objets par mes propres mains.
Ce procès-verbal peut être publié et j’en atteste
l’exactitude absolue.
Marseille, le 22 novembre 1957
Signé : Jouve.

*
Mercredi 28 novembre 1957

Je soussignée M. Lesegretain. Atteste avoir vu et


participé activement à la transformation d’un morceau
d’argent en un morceau d’or.

(Suit la description, très proche de la précédente, du
début de l’expérience, visant à vérifier, avec mercure et
acide azotique, que la poudre de projection ne contienne
pas d’or. Puis le récit continue) :

Ensuite j’ai pris un morceau d’argent d’une largeur de 4


à 5 millimètres. Et je l’ai consciencieusement raclé avec un
couteau pour vérifier si des traces jaunes n’apparaissaient
pas. Tout est resté blanc.
J’ai alors frotté ce morceau sur une pierre de touche de
bijoutier et j’ai fait un attouchement d‘acide 22/24 carats.
La trace blanche a disparu aussitôt. J’ai placé alors ce
morceau d’argent dans un tube propre et vide et j’ai ajouté
un peu de poudre de projection. A l’aide d’une pince à linge
j’ai maintenu le tube au dessus d’une flamme. Au bout de
quelques instants il y eut crépitements, dégagements de
fumée, de vapeur et lorsque il n’y eut plus aucune réaction
chimique, j’ai vidé le contenu du tube sur un papier blanc.

5
Il tomba un morceau métallique de couleur jaune marron.
A l’aide d’une précelle j’ai fait tomber ce morceau de métal
dans de l’acide azotique. Quelques secondes après, le
métal débarrassé des scories de l’action chimique de
la poudre (l’impur étant séparé du pur) il m’apparut un
morceau de couleur de l’or ordinaire.
(Suit la description de la vérification  : morceau d’or
frotté sur pierre de touche et passé à l’acide 22/24 carats :
«  la trace quoique longuement exposée à l’acide n’a
point disparu. Il s’agit bien d’un morceau d’or très pur. » ;
procédé d’amalgation mercurielle  : morceau d’or mis en
contact avec du mercure et absorbé par lui, morceau d’or
récupéré après l’action de l’acide azotique sur le mercure :
« cette seconde analyse prouve qu’il s’agit bien de l’or..»)
Nota : toutes les analyses exécutées ci-dessus ont été
refaites par deux fois sur des morceaux de cuivre. Chaque
fois le résultat inverse s’est produit, c’est-à-dire que la
trace de cuivre a disparu au contact de l’acide et que le
mercure n’a jamais amalgamé le cuivre.
Toutes ces opérations ont été faites minutieusement
par mes propres mains et après vérification de l’outillage
employé.
Ce procès-verbal peut être publié.
M. Lesegretain.
Le 28 novembre 1957

*
Seul chez moi, le 20 février 1958 vers 5 heures, selon
les instructions écrites de Roger Caro j’accomplis les actes
suivants :
1°) Je prends le flacon de 15 centilitres qui contient la
poudre brun-roux. Je verse la valeur d’une demi cuillère à
café d’eau, je rebouche et j’agite.

6
2°) Je verse dans une cupule de porcelaine le contenu du
flacon. Un peu de poudre reste adhérant au verre. J’ajoute
une demi cuillère à café d’eau dans le verre, j’agite, et je
verse cette eau dans la cupule.
Dans la cupule la poudre est au fond, l’eau au dessus. Je
reverse avec précaution l’eau de la cupule par inclinations
dans le flacon.
3°) J’allume une bougie et je verse le contenu de la
cupule dans une cuillère à soupe en fer.
4°) Je place la cuillère sur la flamme.
5°) Au bout d’une minute l’eau bout, s’évapore. Il reste un
résidu brun-roux que je continue à chauffer. Je maintiens
la cuillère sur la flamme à l’aide d’une pince fixée en son
manche. J’ai soin que le feu chauffe d’une manière continue
et régulière la cuillère sur la flamme. Au bout de 6 minutes.
6°).Je pose la cuillère sur une plaque de bois et j’étale
la poudre avec un agitateur de verre. Le fond de la cuillère
se présente doré.
7°) Je chauffe à nouveau. Je vois dans la poudre
apparaître trois points brillants (18h34). Au bout d’une
minute d’autres points apparaissent, j’en compte six dans
la partie la plus éloignée de moi et un gros vers moi. Puis
dans la partie vers moi six points brillants (18h38).
8°) Je replace la cuillère sur du bois. Avec l’agitateur de
verre je racle le fond pour étaler la poudre et je m’aperçois
que ces raies laissent une trace dorée. Je fais 8 raies ;
9°) Je fais un prélèvement de cette poudre calcinée
et je la mets dans une cupule de porcelaine que j’ai bien
nettoyée.
10°) Je réchauffe la cuillère un moment.
11°) Je vide le restant de poudre rouge dans la cupule et
je frotte le fond assez fortement avec l’agitateur de verre,
appuyant sur les traces de poudre adhérente au fer. Je

7
frotte dans tous les sens et j’obtiens des raies d’or très
rapprochées. Le fond de la cuillère où était la poudre
s’incruste d’or.
12°) J’éteins la bougie (18h47). Je vais maintenant
vérifier la teneur d’or de la poudre qui est dans la cupule
(18h50). Je verse la poudre dans un flacon de 15 centilitres,
je verse du mercure et j’agite. L’amalgation se fait aussitôt.
Le mercure est tellement chargé qu’il devient rouge,
couleur poudre. Il n’y a pas de résidu.
Je verse une partie de ce mercure dans une cupule (la
goutte de mercure a 3 millimètres sur 2 millimètres environ).
Je verse avec un compte-gouttes de l’acide nitrique
sur le mercure. Un bouillonnement blanc se produit. C’est
l’acide qui ronge le mercure.
Simultanément je passe à un deuxième contrôle. Je
prends un carré de toile blanche (je n’ai pas de peau de
chamois). La toile est très fine. J’y verse tout le restant
de mercure qui est dans le flacon. J’en fais une sorte de
poche et je serre très fort pour faire sortir le mercure. Il sort
purifié et brillant.
Dans la toile il ne reste qu’une petite bille de mercure,
chargée de poudre.
Cette bille de mercure est placée dans une cupule où je
verse de l’acide azotique.
L’acide azotique laisse apparaître la poudre rouge du
début (poudre qui a teinté le fer en or).
Dans la cupule qui est pleine d’acide azotique, j’aperçois
et je compte douze points d’or.
Marseille le 26 février 1958
Signé : Jouve.

8
Compte-rendu d’une expérience

Le 30 mars 1958, aux Lecques, vers 14 heures, Roger
Caro m’a demandé d’exécuter moi-même l’opération dite
Lulle.
Il m’a remis un petit tube contenant de la poudre. J’ai
prélevé un peu de cette poudre en vue d’une éventuelle
analyse ultérieure, afin de vérifier si besoin est qu’elle ne
contient pas d’or.
Dans un creuset de porcelaine j’ai versé une goutte de
mercure et l’ai soumis à une flamme d’alcool. Dès qu’il
a commencé à se sublimer je l’ai retiré de la flamme et
j’ai versé la poudre sur lui de manière à le recouvrir. J’ai
ensuite couvert le creuset et l’ai remis à la flamme.
Au bout d’une minute environ j’ai versé le contenu du
creuset dans une coupelle contenant de l’acide nitrique.
Après volatilisation, est apparu sur les bords de la coupelle
et son pourtour un résidu teinté de rouge dans certaines
parties, et de brun verdâtre dans d’autres. J’ai évacué le
mercure en excédent en inclinant la coupelle.
J’ai ensuite soigneusement recueilli le résidu, l’ai broyé
avec un pilon de verre, et l’ai versé dans une cuillère de
fer, et ai soumis l’ensemble à la flamme ; au bout de 20
minutes j’ai versé un peu d’acide nitrique sur le magma et
ai continué à chauffer pendant 10 minutes environ.
Pendant toute cette période j’ai observé que le produit
a changé plusieurs fois de couleur passant par partie du
rouge au brun pour atteindre finalement une teinte brune
violacée presque uniforme.
Après refroidissement, j’ai constaté l’existence d’un
petit noyau de matière pailletée, brillante et dorée. Cette
matière après avoir été pressée contre le fer de la cuillère
au moyen du pilon a laissé, d’une manière absolument

9
indubitable, des traces dorées, traces qui ont persisté au
lavage.
La quantité de paillettes était trop faible pour permettre
de procéder indubitablement à l’expérience de l’amalgation,
car il aurait été nécessaire, dans ce cas, de faire l’expérience
avec des quantités plus importantes.
Marseille le 30 mars 1958
Signé : R. Raguin , Ingénieur E.P. (Ecole Polytechnique)

Le 7 avril 1958, j’ai pris chez moi, étant seul, un tube à


essai vide et propre. Dans ce tube j’ai versé du mercure,
la valeur d’une boule de un centimètre de diamètre, puis
j’ai chauffé sur la flamme d’une bougie. Quand le mercure
est entré en ébullition, j’ai versé au dessus une poudre
marron-orangée de la valeur d’un grain de blé, poudre
qu’on m’avait donnée, pliée dans du papier. Une partie de
cette poudre avait subi la vérification de son absence d’or
par l’amalgation.
Sous l’action du feu, la poudre s’est mélangée au
mercure et a provoqué une réaction chimique qui s’est
manifestée par l’apparition d’une présence aurifère.
1°) points brillants contre la paroi du tube (points et
traînées)
2°) petites masses d’or au fond du tube.
Pour une raison d’ordre familial j’ai dû interrompre
mon expérience et je l’ai reprise un peu plus tard. J’ai
pu disposer de la flamme du gaz. J’ai présenté le tube à
une forte flamme. Un grésillement s’est fait entendre, un
bouillonnement s’est produit et une grosse partie du fond
du tube est devenue jaune. Craignant que le tube ne se
brise sous une chaleur persistante j’ai arrêté l’expérience.

10
Après le refroidissement, j’ai versé dans ma main
le contenu du tube et j’ai recueilli de l’or de la grosseur
correspondante à la boule de mercure. Cette matière a
résisté aux attaques de l’acide 22 carats.
Marseille
Jouve

Le 18 avril 1958 vendredi

Je vais chez Roger le mettre au courant des expériences


alchimiques opérées chez moi (production arborescente
de plomb sur une lame de zinc).
Chez Roger je vois sur le meuble situé à l’est dans sa
salle à manger trois flacons où s’effectuent les mêmes
expériences que chez moi.
A gauche de ces flacons se trouve un disque de métal
d’environ (manque le chiffre) de diamètre, représentant
« une lune qui sourit ».
Roger me dit qu’il a reçu un message de Ri intéressant :
entre autres choses qu’il me confie, Ri le félicite de
ses travaux, lui indique ses erreurs, et ajoute  : pour te
récompenser de tes progrès je te donne cette « lune qui
rit ». Il trouve à côté des flacons ce disque de métal blanc
recourbé sur ses bords, représentant en relief un visage
épanoui, comme on représente la lune. Roger le prend et
me le met en mains.
Le message continue et raconte que à … (des points)
était un monastère dépendant de Saint-Victor, et si je me
souviens bien en union avec Port-Royal. Que dans ce
monastère un archevêque avait été de longues années
en cellule et s’occupait d’alchimie, et qu’il avait consigné

11
sur un livre les connaissances secrètes importantes qu’il
possédait sur cette science.
Ri lui dit : « Ce livre est dans les ruines de ce monastère,
je t’aiderai à l’avoir. Tu l’auras. »
Roger me raconte qu’il a cherché au pendule sur la
carte le nom, non indiqué dans le message. Le nom est
Mimet. Roger y va le …et à midi se trouve à Mimet. Il
apprend que à 2km800 (500?) se trouve le monastère de
Notre Dame des Anges (monastère fondé en 1200, il a un
très grand renom et a été détruit pendant la Révolution
de 1789). Madeleine rentre et dit : « Il te raconte l’histoire
de Mimet. » Et s’adressant à Roger : « Tu n’es pas assez
bien pour faire deux kilomètres en colline ». Et elle s’en va.
Nous sommes tous les deux debout. Roger devant la table
tourne le dos au meuble où sont placés les trois flacons et
qui a une place vide à la gauche des flacons depuis que
Roger a enlevé le disque de la Lune qui est maintenant
sur la table. Moi je suis devant le meuble et je regarde les
flacons.
Roger complétant l’opinion de Madeleine me dit : « oui
en effet je ne me sens pas la force d’aller là-bas.  » Et
immédiatement après (j’ai eu juste le temps de penser
«  quel dommage, comment pourrait-on faire  ?  ») Roger
ajoute  : «  Ri vient de me dire que puisque je ne puis
pas aller là-bas, elle me l’apporte », et il n’a pas fini ces
mots que moi, je vois le livre, à côté des flacons. Roger
instinctivement se retourne vers l’endroit où était la lune
et nous voyons un gros livre long de 21 cent., large de 15
cent., épais de 2 cent. : Offices propres à la congrégation
de Saint Maur de notre dame des miséricordes, daté de
1698 édité à Marseille.
Ce livre contient des prières et de nombreuses vignettes
alchimiques à côté desquelles sont écrites en encre rouge

12
des sentences et des phrases latines, un signet. Il contient
les insignes et le blason de l’archevêque. Au dessus du
blason Fortitudo mea.
Tout est strictement exact et s’ajoute à d’autres faits tout
aussi prodigieux et véridiques.
Jouve

La lune qui sourit...

13
Maurice Auberger
Ingénieur des arts et manufactures
Marseille le 8 mai 1958

PROCES VERBAL

Le Dimanche 4 mai 1958, au lieu dit « Les Angelots »


aux Lecques, j’ai procédé à l’expérience suivante, en
suivant strictement les instructions de M. Roger CARO :
M. CARO me remet entre les mains une petite quantité
de poudre dont j’ignore la composition exacte et une petite
fiole contenant du mercure. Je verse le mercure dans une
cupule que je soumets au feu d’une lampe à alcool.
Quand le mercure commence à bouillir, je verse la
poudre et je couvre la cupule. Quand les crépitements et
la fumée se sont arrêtés, je laisse encore un peu chauffer
le out ensemble. J’enlève la cupule du feu et je verse le
mercure restant – qui a été imprégné de fumée - dans une
autre cupule en porcelaine. Je verse dans cette dernière
de l’acide azotique.
Le mercure imprégné de fumée reste dans le fond de la
cupule sous forme d’un sédiment brun, le reste du mercure
est volatilisé.
Je recueille le sédiment et je le place dans une cuiller en
fer que je chauffe régulièrement et à feu doux. La couleur
du sédiment change constamment et passe du brun au
bleu, au vert, au jaune et au rouge.
Lorsque la couleur rouge est obtenue, je vois apparaître
dans le fond de la cuiller et adhérant à la cuiller un disque d’or
ayant 5mm et demi de diamètre, sensiblement circulaire.
Le disque couleur d’or a été soumis à l’eau régale pour
vérifier que le métal le constituant était effectivement de
l’or.

14
Le présent procès-verbal établi dans toute l’objectivité
des faits est remis à M. CARO, et je donne mon accord à
ce dernier pour le publier s’il le désire.
Signé : Auberger

Compte-rendu 22 Mars 1959

Bénédiction des Tables de la Loi



Au cours d’une cérémonie particulièrement émouvante qui
s’est déroulée ce jour, dimanche 22 mars 1959, dans le Temple
de Vréhapada en présence de Théophoréonaï, Mustagoros,
Victor Solis, Erméion, Erebus1, Etienne N., il a été présenté
par notre Su-varnasiddha un flacon empli d’encre noire. Ce
flacon a été recouvert d’un voile symbolique constitué par un
morceau de soie et assujetti au flacon par un élastique. Ce
flacon dont la couleur noire représentait le karma collectif
de tous les assistants est passé dans chaque main pour que
chacun prenne conscience totale du symbolisme de son karma
représenté par l’encre noire du flacon. Après une invocation
collective au Très Haut, Victor Solis est allé déposer le flacon
entre les mains du Bouddha au dessus du Tabernacle. Après
avoir prié, il a été demandé à Mustagoros d’aller chercher
l’ostensoir et de le passer à l’encens, tandis qu’Erméion avait
pour mission de prendre le stupa et le calice afin de bien les
essuyer. Pendant ce temps Théophoréonaï faisait embrasser
l’ostensoir par chacun. Erebus essuyait les 2 bols rituéliques
et les passait à l’encens. Etienne reçoit l’ordre de mettre dans
la stupa de l’eau qu’il avait apportée de chez lui, de couvrir

1 Il s’agit évidemment de noms d’adeptes.


15
la stupa. Ensuite Victor Solis collecte les bagues dans un des
bols nettoyés avec soin par Erebus. Etienne essuie non moins
soigneusement chacune des bagues et les replace dans le bol
rituélique. Erméion va déposer la stupa entre les Tables de
la Loi. Pendant ce temps Victor Solis enfile les bagues dans
un anneau de fer qu’il a préalablement nettoyé avec soin.
Cet anneau contenant les bagues a été placé dans le calice
nettoyé par Erméion. Etienne est alors invité à mettre de
son eau dans le calice et de le porter lui-même sur l’étagère
du Tabernacle. Une nouvelle invocation à l’Eternel est faite.
Victor Solis reçoit l’ordre de reprendre le flacon et de le placer
sur les Ecrits. Theourgia impose les mains sur le flacon puis
demande à Erméion de rouler le flacon dans un papier blanc
et de le retenir par un élastique. Nouvelle invocation au Très
Haut pendant son incorporation dans les Tables et dans nos
pierres.
Erméion va chercher la stupa, Victor Solis après avoir
nettoyé encore une fois un des bols rituéliques, y vide l’eau
de la stupa. Theourgia lui présente un paquet de bâtons
d’encens et lui demande d’en allumer un. Simultanément
il est demandé à Etienne d’aller prendre le calice sur le
Tabernacle, d’ôter les bagues, de les placer dans l’autre bol
et de retourner le calice sur l’Autel. Prière. Theourgia inscrit
sur le papier enveloppant le flacon : « Omnia vincit amor ».
Invocation à Jésus. Théophoréonaï est invité à prendre le
flacon, à la dépouiller de son enveloppe de papier et de son
linge et d’en montrer le contenu à l’Assemblée. Theourgia
nous avait au préalable indiqué que ce symbolisme coloré
(voulu par le Ciel) remontait à une tradition ancestrale. Si
le liquide restait noir ou possédait un dépôt, c’était l’indice
que l’Eternel ne reconnaissait pas nos efforts et comme tels
nous considérait toujours indignes d’un geste de clémence
prématuré. Dans le cas contraire, ce geste de clémence se

16
traduirait par l’annulation du Karma. Théophoréonaï
dépouille le flacon, l’émotion de tous est à son comble, les
mains de Théophoréonaï tremblent, les poitrines sont
oppressées, des jaillissent et c’est dans cette atmosphère de
vibrations divines et de fraternelle union qu’il nous présente
le flacon empli d’un liquide transparent. Theourgia lui
demande de secouer le flacon. Le contenu de ce dernier reste
aussi transparent, mettant ainsi en évidence l’absence totale
de dépôt.
Ensuite, pour nous montrer que nos fautes présentes et
futures constitueront autant de cas de cécité totale de notre
part, il nous est montré les 2 vases contenant l’eau sacrée (le
bol et le calice). Teourgia demande à Etienne de nettoyer un
flacon de verre blanc, et pour nous prouver la puissance de
nos bagues, il verse les 2 liquides du bol et du calice dans le
bocal qui vient d’être nettoyé et les eaux qui étaient incolores
deviennent rouges au fur et à mesure que l’eau est introduite.
Prière. Actions de grâces.
Deo soli gloria et honor

Suivent 7 signatures (Auberger, Raguin, Jouve, Annette et


Etienne Négrel, Madeleine et Roger Caro)

Le dimanche 29 mars 1959 à 13h j’étais dans la crypte du


Temple de Vréappada avec mon père. Il m’expliqua ce qu’était
le Karma, ce qu’il représentait, et comment on pouvait l’effacer.
Ensuite mon père me lut un compte-rendu écrit de la main de
Maurice Aub. (Théophoréonaï) et m’indiqua que Dieu avait bien
voulu effacer le Karma de Maman, Maurice, de Marguerite, de
Xavier, d’Annette, d’Etienne et le sien. Il me raconta en détails
le symbolisme karmique coloré représenté par un flacon d’encre
noire devenu transparente et sans aucun dépôt, légèrement

17
Daniel Caro (13ans et demi) dans la crypte des Angelots
avec la tunique au dragon d’or.

18
19
dorée. Mon père sortit de son cartable un flacon d’encre noire, le
secoua énergiquement et me dit : « Ceci est la représentation de
ton Karma. Prends le flacon en mains, pose-le sur ton front et dit :
« Oui, Très Haut, ceci est mon Karma. » Mon père alors invoqua
l’Eternel en ces termes  : «  O  ! Eternel, puisque tu as désigné
mon fils pour poursuivre mon œuvre, et que tu lui as réservé une
mission de choix, je te demande d’effacer son Karma. »
Je déposais alors devant mon Bouddha, sur le Tabernacle, le
flacon d’encre noire. La lumière inondait la niche et me montrait le
contenu du liquide.
Mon père m’invita à prier et me dit : « Dieu efface ton Karma,
tu seras le seul à l’avoir vu directement. » Au bout de quelques
minutes papa me montra que le flacon s’éclaircissait – en 5
minutes tout le noir était disparu peu à peu- . Je remerciai Dieu.
Je pris le flacon dans mes mains, le liquide était comme de
l’eau ordinaire, pure, transparente, limpide. Je le secouais, mais
aucun dépôt ne subsista et l’eau devint de plus en plus limpide.
Mon père alors me mit la main sur la tête et me bénit. Il me passa
la tunique au dragon d’or et me mit comme pectoral un très gros
aigle doré ayant une serre sur le monde, ce qui signifie paraît-il
symboliquement :
« Que l’Esprit de Dieu (l’Aigle des Philosophes) régit le monde,
et que posséder l’Esprit Divin c’est posséder le monde (le monde
est l’œuf philosophal terrestre).
Mon père prit de moi deux photos au flash dans la crypte, près
du Tabernacle, à côté de la Stèle d’Hermès pour honorer mon
guide céleste Huien-Huien.

Fait aux Lecques (Les Angelots) le 29 mars 1959


Signé : Daniel Caro, Teletourgos)
Certifié exact et conforme à ce qui s’est passé (signé : Roger
Caro, Teourgia)

*
Ce matin, 30/3/59, chez moi, 396 avenue du Prado à Marseille,
en présence de mon père j’ai fait mes premières manipulations

20
alchimiques. Devant moi j’avais  : 25gr. De mercure, 18gr75 de
soufre, 6gr75 de sel. Ces dosages étaient supposés provenir de la
minière des Sages. Mon père m’avait simplement dit d’amalgamer
ces 3 corps en proportion de nature sans tenir compte des couleurs,
car tout me serait une leçon.
Je versai donc dans un bocal propre le soufre et le mercure
pendant que mon père me lisait et commentait la Genèse
Alchimique. Ensuite j’ajoutai du « Chaos » sous forme de sel, je
bouchais bien le flacon et je secouais vivement 20 à 25 fois. Au
bout de quelques secondes le vase devint brûlant et la matière
devint orangée-rouge. Mon père me fit remarquer que j’avais trop
poussé le feu, qu’il fallait que je m’en souvienne car, malgré cela,
toutes les opérations se dérouleraient normalement mais, arrivée
au rouge fixe, ma p.p. n’aurait aucune action sur les métaux.
Dans le bocal par contre se voyaient des masses rondes
agglomérées. Les granulations étaient nées. Ma pierre (quoique
brûlée) était proportionnée naturellement. C’est ce qu’il fallait que
j’obtienne. Mon père me fit alors ajouter du Chaos liquide de la
valeur d’1/3 de verre à liqueur puis, après avoir rebouché, j’agitais
quelques fois assez fort. Peu à peu les granules se détachèrent, le
compôt devint un sable gris très fin et bientôt la « tête de Corbeau »
apparut avec sa frange d’or au dessus. La leçon était terminée.

Fait le 30/3/59, Daniel

*
Le 8 avril 1959 dans l’après-midi  : cérémonie de remise des
karmas de Georges et Germaine Charlet par R. Caro dans la
crypte des Angelots. Procès-verbal de G. Charlet.

*
Le 15 juillet 1959 à Argentières, procès-verbal de la remise des
karmas de France, Jean-Paul et Monique Charlet par M. Caro. (6
signatures : 5 Charlet + Madeleine Caro).

*
21
III-4 Autres étés à Argentière(s) :
Mon père et les Charlet ou Moïse et les
siens (1959-1962).
[Chacun aura remarqué, dans les séjours en Haute Savoie de
1957 et de 1958 évoqués plus haut, la « répétition » par mon
père de « miracles » évoqués dans l’Ancien Testament. Cette
inspiration judéo-chrétienne se confirme les années suivantes.
Elle n’est pas incompatible d’ailleurs avec les cycles d’Odde, de
Bouddha et de l’Extrême-Orient ainsi que de l’Egypte ancienne,
confirmant la visée encore syncrétique de la démarche spirituelle
et la croyance en des réincarnations successives] :

Le 19 juillet 1959. Transformation d’une plaque de litière


sèche en terre compacte et humide, sur laquelle se trouve
modelé et bien en relief le profil du Christ.

M. et Mme Caro, Germaine, France, Georges Charlet et


Patrick sont à la moraine d’Argentière, à l’endroit que nous
appelons le «  Pèlerinage  », lieu où M. Caro nous a fait
assister à tant de belles réussites thaumaturgiques.
Il est 15h45. M. Caro s’assied à 2 m du petit ruisseau,
adossé à un gros bloc. Mme Caro et Georges sont également
assis à côté de lui, à om60 environ, Patrick joue dans le
ruisseau, tout près de nous, avec de la mousse mouillée,
France, face à nous, surveille son enfant, Germaine, à
une dizaine de mètres en contrebas est absorbée dans la
lecture.
M. Caro, sans se lever, prend un petit amas plat formé de
litière sèche ayant la forme d’un gâteau, d’une épaisseur
de 18 à 20mm.
Il dit s’adressant à Patrick : « Tu vois, moi aussi j’ai de
la mousse, mais elle est sàche. » Puis la tenant entre le
1
pouce et l’index bien délicatement, il l’élève à la hauteur de
ses yeux. Otant une petite brindille détachée il dit : « C’est
curieux ce que cela peut contenir. »
Il dépose cette plaque sur une planchette de sapin
d’environ 0m35 x 0m25 qu’il avait ramassée une heure
auparavant près de la route qui conduit vers le torrent du
glacier parmi les petits mélèzes.
Nous continuons à regarder jouer Patrick aux prises
avec sa mousse. Quelques secondes à peine se passent.
M. Caro reprend la planche déposée entre lui et moi et
pose ses mains sur la litière, puis les enlève au bout d’un
court instant.
Mme Caro, mieux placée que moi, aperçoit tout de suite
la TRANSFORMATION et le MODELAGE qui se sont
produits. Elle pousse une exclamation de surprise. Tous
rassemblés, nous constatons le phénomène : la plaquette
sèche a été transformée en une terre compacte et humide
sur laquelle se trouve modelé en relief le profil du Christ.
Un quart d’heure plus tard le modelage est d’une bien
plus grande netteté.
A constater que notre grand Ami ne s’est pas déplacé.
Qu’il est resté assis pendant la courte opération : il n’a donc
pas pu mouiller la plaque sèche de litière, et encore moins
la modeler. La terre transformée est compacte et humide :
d’où d’abord TRANSFORMATION puis MODELAGE.
A noter également que quelques heures plus tard
le modelage qui est resté entre nos mains (Charlet) est
devenu parfait, et le relief a augmenté progressivement.

Fait à Argentière ce même jour 19 juillet 1959 à 20


heures
4 signatures Charlet + Madeleine Caro

2
Le 29 juillet 1959

Ce court procès-verbal fait suite à la cérémonie qui avait
eu lieu à l’occasion de l’anniversaire de Jean-Paul.
M. Caro nous fit part d’un message qu’il venait de
recevoir  : «  Laetitia demande à la famille Charlet d’aider
monsieur le Curé pour sa kermesse. Il en aura besoin,
vous saurez bientôt pourquoi. »
En effet, le lendemain on apprenait qu’au moment
même (21 heures) où le message nous était transmis, on
ramenait chez lui monsieur le Curé qui avait fait une chute
dans une crevasse. A savoir qu’avant de passer une radio,
plusieurs jours de repos complet lui ont été ordonnés. Or la
kermesse va être dans huit jours. Cette kermesse servira à
la réparation intérieure de l’Eglise.
Ce procès-verbal pourra être publié.
Argentière, le 31 juillet 1959
Charlet, 5 signatures

Le dimanche 16 août 1959


Du sang jaillit du Rocher

Vers 11 heures, M. Caro vient nous trouver dans notre
salle à manger pour parler de la cérémonie d’hier au soir.
Pendant la conversation, il demande à France de bien
vouloir laver un petit flacon ainsi que son bouchon, puis d’y
verser une goutte d’eau de Lourdes et de finir de la remplir
avec de l’eau de l’évier.
Quand France a fait ce qu’on lui demandait, elle vient
avec le flacon bouché empli d’eau.
Devant Germaine, France et moi-même M. Caro scelle

3
le flacon avec de la cire et y appose son cachet (sceau) de
Salomon, puis il demande à Germaine de garder le flacon
et de le porter au col des Montets cet après-midi.
A 13h30 nous nous retrouvons tous au col des Montets,
près de la pierre du Christ Roi. Prières ferventes puis tout
le monde s’éloigne pour cueillir des fleurs. Une demi-heure
après, Jean-Paul et Monique étant arrivés avec leurs
enfants, M. Caro fait signe de se rassembler.
Nous sommes en demi-cercle autour du rocher. Notre Ami
sort un papier de sa poche et prend le Glaive Flamboyant :
«  O Eternel, moi, Kamala Jnana, gardien de TES LOIS,
je décrète cette roche une TERRE SACREE. O Eternel,
exauce le souhait de ton fils. » Cette demande achevée,
M. Caro touche le rocher avec son glaive puis, prenant un
piolet il frappe un seul coup sur le rocher, produisant une
petite étincelle. Puis reprenant l’invocation : « Que le sang
invisible qui coule de la blessure de cette roche devienne
apparent au contact de l’eau de Lourdes. Cependant,
Père, que seule Ta Volonté soit faite. »
Ces dernières paroles prononcées, dans le plus grand
silence, M. Caro s’adressant à Germaine lui demande le
flacon qu’elle a dans sa veste. Germaine l’ayant passé,
notre Ami frappe le goulot cacheté contre une pierre, fait
sauter le scel et débouche le flacon, puis d’un geste lent
il verse l’eau à l’endroit où le coup de piolet a été donné.
Immédiatement, au contact de l’eau sur le rocher, le liquide
se teinte couleur de sang et coule tout le long de la pierre
inclinée sur environ un mètre.
Reprenant l’invocation notre Ami prononce : « Que le
sang qui a coulé de cette roche, mêlé à l’eau de Lourdes,
reste en témoignage de ce prodige céleste. Que la
malédiction de l’Eternel soit sur celui qui touchera le sang
quintessencié de ce rocher sacré. Que ceci s’accomplisse,

4
Amen, Amen, Amen. »1
Cette dernière invocation terminée, M. Caro allume un
cône d’encens et le pose à côté de l’endroit où l’eau du
flacon est tombée sur le rocher. Prière de remerciement.
Puis notre Ami offre, en souvenir de ce pieux jour, un
pendentif alchimique à Germaine, une boîte d’encens à
France, et un camée représentant Laetitia à Monique.

A noter : 1) Le volume du liquide sanguin sorti du rocher


fut au moins 4 fois plus important que le volume de l’eau
qui a été versée.
2) Le sang est sorti du rocher comme sous pression.
3) Quelques minutes après le rocher séché n’a présenté
aucune trace de teinture, et était comme auparavant, sans
trou ni fissure.

Ce procès-verbal, rédigé sitôt après la cérémonie,


pourra se publier.
Argentière, le 16 août 1959

Signatures des 5 Charlet et de Roger et Madeleine Caro

Argentière, le 26 septembre 1959


Buisson Ardent

M. et Mme Caro, Germaine, France, Monique, Jean-


Paul et Georges Charlet arrivent au col des Montets tout

1 Il n’y avait pas meilleur homme que mon père, et, s’il avait des convictions
fortes qui pouvaient le rendre intransigeant, il n’a jamais cherché à nuire à
quiconque, n’a jamais dit ou écrit de mal de quiconque, même quand il était pris
pour cible, mais il aimait ces formules de « malédiction » trouvées dans des
textes sacrés, Bible ou autres.
5
près de la Pierre Sacrée. Il est 14 heures 30.
M. Caro sort de sa serviette un bol en terre, un chiffon,
un charbon d’encens, une boîte en carton et le flacon
contenant l’eau pure qui a été tirée de la source de notre
Père.
Jean-Paul installe des fleurs sur le haut du Rocher Sacré.
Notre ami place le bol en terre soigneusement essuyé au
milieu d’elles ; sortant alors un goupillon de sa serviette il
demande qu’on le trempe dans l’eau du ruisseau ; pendant
ce temps il allume le cône d’encens. Jean-Paul tiendra le
goupillon.
Depuis le début nous sommes tous là, à 2 mètres du
Rocher Sacré. M. Caro prend le goupillon et par 3 fois
bénit le rocher. Une première fois il dit à mi-voix : « Bénis
sois-tu, O Eternel  », une deuxième fois «  Bénis sois-tu,
O Eternel », enfin une troisième fois : « Bénis sois-tu, O
Eternel, exauce ton fils, manifeste-toi, montre-nous Ta
Puissance. »
Il prend alors son bâton, l’incline sur le rocher, puis saisit
le flacon contenant l’eau pure et limpide, le débouche et
verse le contenu dans le bol en terre.
Il pose le flacon sur le sol, prie, prends le bâton et l’incline
vers le bol : « O Eternel, que Ton feu soit. » Aussitôt un
bouillonnement se fait, une épaisse colonne de Feu sort
du bol, se rabattant en arrière à cause du vent.
Notre Ami alors prend une chemise de carton contenant
plusieurs feuilles blanches (visibles quand il ouvre la
chemise), puis montant vers le haut du rocher où se trouve le
Feu, il place la première feuille sur la colonne flamboyante.
Au bout de quelques instants, il la retire et nous montre
des signes hébraïques qui ont apparu, perforant la feuille.
Des traces de brûlure se voient sur la couverture de carton
et même sur les 2 feuilles blanches suivantes.

6
M. Caro vient pour redescendre, mais il remet les pages
sur la colonne de feu et une seconde ligne s’imprime en
lettres de feu.
Ensuite il dépose la chemise sur le sol, ouvre la boîte
en carton et posément passe 4 bagues et 3 pendentifs
au milieu du Feu sacré qui sort toujours avec autant de
vigueur.
Cette opération accomplie, il prend alors le récit du Sinaï
et nous le lit (2 longues pages écrites serrées).
Là, notre Ami nous annonce que l’Eternel a transmué
notre examen d’Adepte Compagnon en Adeptat.
Un quart d’heure environ vient de s’écouler depuis le
début des opérations.
M. Caro nous ayant à tous offert un bijou, le Feu s’est
éteint brusquement.

A noter : que dès que le feu s’est manifesté, le Ciel très


couvert jusqu’alors, les nuages cachant le soleil se sont
écartés comme si un voile s’était écarté, pour que le soleil
luise.
A noter également que les fleurs qui touchaient le
Feu divin n’ont aucunement souffert, et pourtant à la fin,
TOUS nous avons pu nous rendre compte que le bol était
bouillant. A signaler aussi qu’une très douce odeur de miel
persista durant toute la durée du Feu.
Inutile de dire que tout notre petit groupe très ému était
en larmes, et c’est tous très recueillis que nous sommes
rentrés à Argentière.

Inscription en lettres de feu sur la feuille de papier


blanc :
Signes hébraïques à dessiner (voir original du procès-
verbal)

7
(Ceci est le doigt de Dieu)

Fait le jour même à Argentière le 26 septembre 1959

7 signatures : 5 Charlet, Roger et Madeleine Caro

Samedi 27 août 1960


Mission au Mont Oreb ou Aiguille Muse

Bythia - Yosebed – Jethro – Aaron 2
Par le train d’Argentière à la station du Buet à 7 heures.
Bythia, Yosebed, Aaron se mettent en route vers le vallon
de Bérard. Après 25 minutes de marche quelques gouttes
de pluie nous inquiètent. Arrivés sur le plateau de Bérard
20 minutes plus tard, à nouveau il pleut doucement encore
quelques minutes.
Il est 8 heures 15 quand nous abandonnons le sentier
muletier qui conduit au chalet de Pierre à Bérard ; par une
pente douce au début, puis par un éperon recouvert de
bruyère et de gazon assez redressé nous atteignons la
base d’un parvis vertical qui semble nous barrer la route.
Il est 9h 10. Nous faisons une halte. Nous devons être
à l’altitude 2250 mètres. Jéthro, attardé, nous rejoint à ce
moment-là. A 9h25, emmenés par Jethro qui connaît bien
cette face Sud du Mont Oreb, nous suivons vers la droite
la base de la paroi. Par des roches redressées mélées de
plaques herbeuses, nous atteignons la base d’une large
pente d’herbe, moins raide. Nous la gravissons lentement
car Bythia se trouve en très mauvaise forme, ayant le
mal de montagne. Malgré ce gros handicap, elle trouvera

2 Noms d’adeptes des Charlet


8
presque en haut de la pente la dalle qui est le but de sa
mission. A noter : qu’au pied et au centre de cette dalle se
trouvait dessiné un petit triangle pointe en bas, triangle qui
se détachera au moment du burinage. Cette dalle, située
plein sud de la face du Mont Oreb peut avoir une hauteur
de 2m50 et une largeur de 2m ; à sa base, en plein centre,
se trouve une partie verticale assez lisse parsemée de
beaux lichens verts. Juste ce qu’il nous faut pour y établir
nos Tables.
Il est 10h15. Bythia embrasse la roche, suivie de nous
tous tour à tour, puis nous faisons une bonne prière de
remerciements à l’Eternel pour la grâce qu’il nous donne
d’accomplir une si belle et si pieuse mission. Le camée de
Moïse ainsi que nos pierres de maîtrise sont alors déposés
dans une anfractuosité de rocher située à 20 cm au dessus
de la dalle où se trouveront gravées les Tables.
A 10heures 20 Yosebed aidée de Jethro trace le pourtour
des Tables avec une craie blanche. Jethro commence le
burinage. Pendant que Bythia se repose et qu’Aaron mange.
Puis Aaron prenant ses outils aura la charge de buriner
(tâche difficile). A 12 heures le burinage est complètement
terminé. Yosebed attaquera sa peinture, d’abord sur le
pourtour des Tables, puis les 10 Commandements. Elle
aura terminé sa mission à 13h40. Nous sommes tous ravis
de pouvoir admirer le résultat obtenu.
Nous embrassons les Tables et faisons à nouveau
une bonne prière pour remercier l’Eternel de sa bonté.
Puis comme il pleut, nous cachons nos Tables avec des
branches de genévriers que Jethro avait eu la précaution
de ramasser durant la montée.
Il est 13h50. Départ sous la pluie. Notre descente sera
rendue délicate à cause du rocher et des herbes mouillés.
Cette pluie durera 1 h 30.

9
A 15h15 nous attaquons le chemin muletier et à 16
heures 30 nous sommes à la station du Buet d’où le train
nous ramène à Argentière.

A signaler : pendant les 4 heures passées là-haut, nous


avons eu de nombreux papillons qui virevoltaient tout près
de nous. Un plus hardi sans doute se posait à tout moment
sur la main de Bythia et y demeurait quelques minutes ; il
était si peu sauvage que nous pouvions l’embrasser.

Argentière le 27 août 1960

4 signatures : Yosebed, Jéthro, Aaron, Bythia

Lundi 29 août 1960

Consécration et Bénédiction des Tables de la Loi au


Mont Oreb ou Aiguille Muse (Moïse)

Par une journée qui s’annonce belle, du train descendent


à la station du Buet  : Mustagoros, Séphora, Yosebed,
Jethro, Aaron. Par une marche régulière et rythmée nous
sommes bientôt dans le joli vallon de Bérard. A 8h15 nous
abandonnons le sentier muletier, puis faisons une halte. A
9h05 Yosebed et Aaron se mettent en route vers le haut,
suivis par les autres à quelques minutes.
A 10h10 les deux premiers cités sont aux Tables, les
genévriers sont enlevés et, malgré le mauvais temps tout
est intact. Yosebed se met au travail aidée d’Aaron. Sa
mission consistera à peindre en lettres gothiques  : SUM
QUI SUM, tâche délicate à cause de la rugosité de la roche.

10
A 10h50, l’inscription est terminée. Nous constatons que
les lettres sont à peine visibles. A ce moment, Mustagoros,
Séphora, Jethro arrivent. Mustagoros et Séphora qui voient
pour la première fois les Tables sont très émues. A 10h55
Mustagoros, assise à 3m du pied des Tables, voit un joli
papillon se poser sur sa main ; il est si peu craintif que tour
à tour nous pouvons lui embrasser les ailes.
A 11 heures Mustagoros lit le message de notre grand
Maître, puis chacun de nous dépose au pied des Tables :
bagues de maîtrise, reliques de Laetitia et divers apports.
Une bonne détente suivra.
A 12 heures Jethro et Aaron préparent un trou à 2m50
des Tables. Ils descendent à 0m45. Dans ce trou sera
placé par Mustagoros un tube de plomb de àm40 de long,
soudé à ses deux extrémités, dans lequel a été introduit
auparavant une jolie boîte en onyx contenant de l’or de
l’Eternel ; celle-ci est scellée aux armes de Theurgia, de
Mustagoros, Théophoreonaï, Jethro, Aaron. Un procès-
verbal racontant l’érection des Tables est mis également
dans le tube. Sur le tube de plomb a été gravée l’inscription
suivante : ESKATO BEBELOI, ce qui signifie : Arrière aux
Profanes.
A 12h15 Jethro tirera deux photos. A notre grande
surprise nous constatons que les lettres gothiques sont
devenues très lisibles et bien réussies. L’Eternel par son
infinie bonté, a voulu parfaire le travail de Yosebed.
A 12h30 Séphora prépare  : charbon, encens, benjoin
pour les cérémonies. Mustagoros met à son doigt la bague
de Grand Initié.
A 12h35, début des cérémonies. Sephora allume l’encens.
Mustagoros debout face aux Tables fait l’invocation, puis
verse le contenu d’un petit flacon contenant de l’eau bénite
prise au rocher d’Oreb . Au contact du rocher, cette eau

11
incolore se teinte rouge grenat, et coule le long de la
roche au centre des tables en formant un triangle pointe
tendue vers le haut. Ce liquide coulera sur les Tables vers
le triangle détaché du bas  ; voyant la manifestation de
l’Eternel, tout le groupe se prosterne et prie. Nous tenons
à dire que 2 heures plus tard, au moment de notre départ,
la trace était toujours marquée. La Bénédiction de ce Lieu
Saint terminée, Séphora procèdera à la Consécration.
Prenant la place de Mustagoros face aux Tables, elle fait
l’invocation à l’Eternel puis, prenant un flacon contenant :
eau de Lourdes, eau d’Oreb, encens, benjoin, élixir, le
verse par 3 fois sur la roche qui se teinte d’un beau rouge
cardinal au contact du liquide incolore. Elle aspergera
les Tables avec le restant du flacon, mais là l’eau restera
incolore.
A 12h50 les 2 premières cérémonies sont
terminées.
A 13 heures (car le midi solaire est l’heure où le soleil
est le plus exalté dans le ciel), nous constatons que de
nombreux points d’or et d’argent contenus dans le flacon
se sont incrustés sur les Tables ainsi que sur la roche où
se trouvait le triangle détaché (photo). A 13h05 Jethro
prend le tube de plomb, Mustagoros s’approche, y impose
les mains, le passe sur le benjoin et l’encens, l’élève vers
les Tables, se retourne vers le soleil et l’élève à bout de
bras, puis tour à tour nous le fait embrasser avant de le
déposer délicatement dans le trou préparé. Jethro alors
soigneusement recouvre le tube. Quand tout est terminé,
aucune trace de creusage ne subsiste.
A 13h40 Mustagoros nous invite à une détente. Nous
bavardons, mais nos regards sont bien souvent dirigés
vers les Tables ; l’inscription gothique est de plus en plus
marquée, on la croirait en relief.

12
A 14h10 (heure de Laetitia), l’encens brûle à nouveau,
prières ferventes de tout le groupe et encensement
par Mustagoros de tous nos différents bijoux et autres
apports, ainsi que du petit triangle détaché du Rocher
sacré que nous nous ferons un plaisir d’offrir à notre cher
Grand Maître Theurgia. Après cette dernière cérémonie,
Aaron s’approche des Tables, les embrasse toutes deux
pieusement avec émotion. Se redressant, il voit à sa gauche
un mince filet d’eau (grosseur d’une allumette) qui descend
bien verticalement sur le rocher à 12 cm sur la gauche des
Tables3. Il s’écrie en même temps que Jethro : « Regardez
l’eau qui jaillit et coule ici.» Tout le monde est émerveillé
par ce phénomène. Ce joli filet d’eau sort d’une petite
plate-forme sans fissure apparente, à 30 cm au dessus des
Tables. La chose est d’autant plus irréelle qu’Aaron avant
de se baisser pour embrasser les Tables, est persuadé
que la roche était sèche, chose compréhensible puisque le
soleil a chauffé le rocher depuis plus de 6 heures.
A 14h25 les Tables sont recouvertes de genévriers et,
à 14h30, sacs au dos, nous prenons le chemin du retour
vers la vallée, avec encore devant nos yeux la vision
émouvante de tout le déroulement de cette mémorable et
inoubliable journée.

Argentières, le 29 août 1960

7 signatures : Aaron, Bythia, Jéthro, Yosebed, Séphora,


Mustagoros et Theurgia

3 Des croquis accompagnent ce procès-verbal, dont un concerne


l’emplacement du tube et de sa cachette par rapport aux Tables.
13
NOTA
Indications utiles pour retrouver le Lieu – Saint

Jethro et Aaron ont fait des mensurations avec chevillière.


Prenant comme point de départ un énorme renflement rocheux
très caractéristique vers le haut, celui-ci situé à la base et à gauche
de la base d’un couloir très encaissé qui descend de l’Oreb, de ce
point en épousant les bosses du terrain jusqu’aux Tables il y a 113
mètres de long.
Mensurations transversales : direction Est (col de Balme), le
point de départ étant une arête effilée le long d’un couloir cité en
A. Ils ont trouvé de ce point aux Tables une longueur de 17 m 40.
C) Autres renseignements : du pied des Tables …
[Suivent plusieurs lignes encore de renseignements, suivies
des 7 signatures ci-dessus.]

Georges Charlet et Daniel Caro sur le mont Oreb, Haute


Savoie, devant les Tables de la loi gravées dans la paroi.)

14
[Voici le contenu de 3 pages insérées dans le procès-verbal ci-
dessus, écrites de la main de mon père, dans lesquelles il dresse
un « inventaire » des correspondances étranges entre le mont
Oreb en Haute-Savoie et le mont Oreb dans le Sinaï. Ces pages
sont intitulées] :

20 Coïncidences ???4
1) Le nom d’Oreb en Haute-Savoie, près d’Argentières.
2) Son surnom d’ »Aiguille Muse », qui en hébreu archaïque
signifie « Moîse ».
3)Les cartes antiques portent Oreb et non Horeb comme
indiqué à l’heure actuelle.
4) Qu’une seule dalle lisse et verticale (de quoi juste graver
les Tables normalement, sans avoir à les déformer) existe
sur la paroi sud (commandée par l’Eternel).
5) Qu’un petit ruisseau coule à côté, permettant la pose (à
20m à l’est dans un couloir)
6) Que cette dalle soit aux côtés d’un buisson de genévrier,
comme le Buisson Ardent du Mont Oreb. (A noter qu’il n’y a
que ce genévrier dans la zone des Tables).
7) Que la pierre ne se soit pas écaillée durant le burinage
de la sculpture des hiéroglyphes et cunéiformes, sauf à deux
endroits du pourtour, comme pour les vraies Tables de
Vréhappada.
8) Que se soit détaché du milieu de la base de la dalle
(c›est-à-dire point qui partage les deux Tables) un éclat de
roche en forme de triangle comme pour inscrire la signature
du Père.
9) Que cette dalle soit l’aboutissant de 7 degrés, soit 4
marches de côtés et 3 de face, les 3 dernières formant 3 beaux
paliers.
10) Que l’eau d’Oreb incolore, bénite, ait teinté le rocher
d’un rouge grenat et ait formé 1) un triangle pointe en
4 Les points d’interrogation sont dans le manuscrit.
15
haut juste au milieu des 2 Tables et à leur sommet, 2) ait
coulé le long des Tables pour aller rejoindre le triangle en-
bas, comme pour marquer l’alliance du Ciel et de la Terre
(symbolisme de la cérémonie).
11) Que l’eau bénite de Séphora (incolore) ait teinté la
roche d’un rouge cardinal à l’emplacement des Tables et soit
restée incolore sur le reste du rocher.
12) Que l’inscription illisible Sum qui sum dessinée par Y.
sur la dalle rugueuse se soit rénovée toute seule au point de
donner « l’impression de lettres en relief ».
13) Qu’un filet d’eau se soit mis à couler juste au moment
où A. embrassait les Tables.
14) Que le dit filet d’eau soit sorti d’un bloc « sans fissure
apparente dans la roche ;»
15) Que ledit filet d’eau coulât vers le sol en une ligne
rigoureusement droite malgré les rugosités et les gibbosités
de la roche qui auraient dû lui donner un écoulement sinueux.
16) Que de jolis papillons voletaient autour des pèlerins au
point que certains se posaient sur leurs mains et se laissaient
embrasser sur les ailes par tous tour à tour.
17) Qu’à la base du 1er escalier il y ait eu juste un
emplacement «  creusable  » pour enfouir le tube, la zone
n’étant que du rocher.
18) Qu’un peu au dessus et au centre des Tables existe une
petite cavité naturelle formant bénitier.
19) Que la forme du Mont Oreb (savoyard) ait la même
silhouette que le Mont Oreb (palestinien), porté sur la carte
de la Bible polyglotte.
20) Qu’on ait découvert «  sans chercher  » un tube de
plomb du diamètre exact (6,5 cm) permettant l’inclusion
d’une boîte d’onyx scellée de 5 cachets, plus un compte rendu
de l’érection des Tables le 27/8.5
5 Aux 20 coïncidences annoncées, sur une deuxième feuille, mon père en
ajoute même neuf autres, qu’il me paraît inutile de rapporter, ce qu’il veut
16
[Quelques messages venus « d’en haut » de cette période
(certains non datés, mais leur contenu correspond à ce qui se
passait dans les années 1956-1972, à Saint-Cyr-sur-Mer ou en
Haute-Savoie] :

« Myriam doit donc venir parmi vous – il le faut – Mais


pour cela il faut que vous l’aidiez tous. Balayez les obstacles
et aplanissez la route. Gardez la foi.
Aimez-vous les uns les autres afin que Dieu vous aime et
prodiguez-vous auprès de ceux que vous délaissez sous de
fallacieux prétextes qui ne trompent personne.
Examinez-vous, faites un inventaire dans votre conscience
et surtout gardez-vous de dire que vous n’avez rien trouvé et
que vous êtes blanc comme l’agneau qui vient de naître.
Parlez à Dieu, et ne dites rien aux hommes, mais agissez
dans le sens des lois.
Réjouissez-vous de tout ce qui vous arrive et au lieu d’être
consternés chantez un alleluia d’allégresse et faites voir au
Ciel que les leçons sont comprises. Que la Paix intérieure
vous pénètre vraiment et s’incruste en vous.
Je vous aime
Ri

[Message de Myriam, transcrit par mon père, sans date] :

«  Mon frère chéri, voici des précisions sur ton agathe.


L’œil de rat6 a été rapporté d’Egypte par notre Père qui le
tenait du Centre Initiatique Pharaonique. Son grand mérite
suggérer étant suffisamment explicite avec celles de la première liste.
6 Erreur dans l’audition ou la transcription du message par mon père : sur le
bijou décrit, au centre du triangle, figure, entourée d’un diamant, d’un rubis et
d’un saphir (en réalité du verre bleu, rouge, blanc…), une pierre appelée « œil
de chat ». En lapidaire, à ma connaissance, un « œil de rat » n’existe pas.
17
le lui avait fait décerner. L’œil de chat est unique.
Sa monture est un triangle d’argent avec un diamant à un
angle, un rubis et un …7
L’œil est au milieu du triangle.
Lorsque le sommet contenant le diamant est tourné face à
une personne, il se crée alors des successions de clichés plus
ou moins vivants qui te renseignent sur les vies antérieures
de la personne.
L’œil une fois monté ne doit pas être touché par des curieux.
Il ne doit surtout pas être passé à un doigt autre que le
tien, ou alors avec ta permission.
DOM MAJORE vous intrigue, il signifie une vibration
divine (Deo omnipotem, Maxime Suprême) Le Grand
des Grands sur terre. C’est grâce aux Angelots que notre
Archange Ri a gravé cette maxime suprême … et c’est
pourquoi un alleluia a été demandé. DUVAL fera la préface
du 2e livre.
Combien je vous aime mes chéris, combien il m’est doux de
venir vous renseigner.
Votre soeurette, Myriam

*
[Compte-rendu d’un dédoublement dans la région de Chamonix-
Argentières] :

Nuit du 30 au 31/7/57

Départ route de Cluse.


Visite des cascades. Puis Laetitia me montre un nom
«  ANTHOPINE  » peint sur un mur. Je crois que nous
sommes à Magland.
Là, dans la maison, dans un fond de fourre-tout il y a un
7 Ces points de suspension correspondent, comme les suivants, à des blancs
du texte.
18
papier dans un vieux portefeuille de cuir. C’est un acte de
délibération de la communauté des Houches, car l’ancêtre
Anthoine a habité aux Houches en 1690.
Le papier est pris, mais Laetitia le garde. On se retrouve
dans la salle à manger de nos amis Charlet. Ri me dit - Cet
Acte officiel est pour Georges. Je le mets là, avec les
papiers.
Puis réincorporation

Le 20/11/66 – Feuilles manuscrites8

« Paix sur toi mon fils, et ne te trouble point. » (De mon


fauteuil où je suis étendu je ne vois rien, la voix reprend)
« Paix sur toi Hermès, et que ma bénédiction te couvre
de toutes les Grâces » (je me lève, près du prie-Dieu une
lumière se fait de plus en plus vive, le Père en Dieu de
Roussillon apparaît – je tombe à genoux, Il me relève.)
«  Paix sur toi mon fils, assieds-toi là sur cette chaise
basse » (Le Père s’assoit sur la stalle et me prend les mains
– Igor9 s’est approché en rampant et s’étant assis a mis sa
bonne tête sur le genou droit du Père)
Mon Fils, reprend l’Eternel, nous sommes très content
8 Ces feuilles disent assez que mon père, à l’issue de cette période, se sent
plus que jamais investi d’une mission par le Ciel, doté par ce Ciel de toute
autorité. Désormais, discuter ses décisions c’est discuter les décisions de
Dieu ! Ceux qui l’ont bien connu savent qu’il a en effet présenté un mélange
étonnant de bonhommie et de tolérance, humainement parlant, mais aussi
d’intransigeance et d’arbitraire dans ses choix, persuadé qu’ils exprimaient
toujours la volonté divine. Comme il le disait : « On peut tout reprocher à Roger
Caro, je l’accepte, mais pas au Patriarche ou à l’Imperator… » Mais comme il
s’agissait de la même personne, le contredire n’était pas chose aisée…
9 Mon père a eu deux chiens, de race boxer, tous deux appelés Igor : il
a choisi l’effigie du premier pour sa maison d’Edition, entourée de la devise
« Loyauté, Vigilance, Fidélité ».
19
20
de ton travail, « Approbatur » lui est donné – Fais ajouter
deux clichés : celui de la guérison du paralytique et celui te
représentant à ta table de travail ; enfin n’oublie pas de faire
insérer le cliché que voici et qui symbolisera désormais ton
« Edition ». Tu y feras inscrire autour « Loyauté, Vigilance,
Fidélité ».
Ces 3 qualités sont celles qui correspondent à un bon
écrivain spiritualiste. C’est pourquoi je les ai symbolisées
par « ton chien de Fo » dominé par le mont du Pyroulet –
Ma montagne sainte, la Montagne du Feu, la Montagne de
l’Esprit.
Désormais, quiconque fera une critique de ce que je t’ai
dicté se trouvera en marge d’une Loi et en subira la rigueur.
(Le Père me tient les mains de sa main gauche et caresse
la tête d’Igor qui pousse de petits soupirs) « Chien de Fo,
serviteur fidèle de mon fils Hermès, tu as été à la peine, il est
juste que tu sois à l’honneur. Tchoang-Tseu et tous les dieux
ont reconnu tes qualités de loyauté, vigilance et fidélité.
Reçois les grâces qui accompagnent notre bénédiction.
Quiconque te repoussera nous repoussera car tu viens
d’entrer dans la 7ème zone où est ton maître.
(Igor semble soudain phosphorescent, puis ferme les
yeux et reste immobile – Le Père reprend alors en me
regardant «  A présent mon Fils, parlons de Celle qui fut
Myriam autrefois et qui aujourd’hui parcourt les routes
sous le nom de Pramandala – Nul plus que toi ne la voit
et l’assiste avec ton fidèle Igor. Un jour peut-être te sera-
t-il donné de te souvenir de quelques faits saillants la
concernant- En attendant soyez rassurés, Pramandala fait
du bon travail partout où Elle passe et tout va bien grâce à
toi qui la conseilles et la guides.
Pour Magdala10, vois-tu Hermès, il suffit d’un rien pour
10 Madeleine Caro née Lemaître, la seconde épouse de mon père, ma
belle-mère, ma seconde maman. Elle a souffert pendant des années, vivant
21
que le bien se déclenche. Toutes les grâces de ma fille Marie
l’environnent constamment, de jour, de nuit, à toute heure –
Il n’y a aucune raison pour que sa guérison ne se déclanche
pas d’un moment à l’autre. Pourtant tout est dans ton livre
– les pages 77 à 80 sont d’une clarté éblouissante- Jamais
mes Lois n’y ont tant été expliquées. Dis à Magdala que
rien n’est désespéré, que je l’aime et qu’elle doit vivre ce
que tu as écrit. Je la bénis. Je bénis aussi mon bon Maurice
qui supporte vaillamment les coups du sort des épreuves.
Il triomphera, je le veux, car il accomplit la Loi. Bénis soient
aussi tous ceux qui t’ont aidé à faire imprimer Mon Livre et
ont participé à sa correction. Bénis soient aussi ceux qui
auront participé à la construction de Ma Piscine11.
A présent, Hermès, mets-toi à genoux que je te bénisse.
(Des Voix d’Anges chantent un Gloria que je ne connais
pas.) Bientôt je me retrouve seul avec Igor devant la stalle
vide.
Signé : Roger

avec l’impression qu’un animal rongeait son ventre : les médecins mirent ces
souffrances sur le compte d’abord d’un ver solitaire (au début peut-être réel),
puis, les douleurs persistant, sur celui d’un esprit qui se croit, à tort, malade. Elle
luttera avec courage contre ce mal quasi permanent. Souffrant trop, elle tenta
un jour de s’ouvrir les veines (j’habitais Nice, mon père ne me le dit pas). Elle
mourra en 1976, après un ultime séjour de plusieurs mois dans un hôpital  près
de Marseille : les examens de sang effectués seront connus juste après sa
mort, révélant la présence d’une infection importante. Ce n’est que plus tard
que mon père m’apprit qu’elle avait eu un cancer dans sa jeunesse et qu’on
avait dû alors lui enlever une partie de son intestin. Si je l’avais su avant, je
serais intervenu pour réorienter plus efficacement les recherches et les soins.
Pourquoi ces antécédents n’ont-ils pas été signalés aux divers médecins qui la
soignaient, ou pourquoi n’en ont-ils pas tenu compte? Sans doute Madeleine
a –t-elle été victime d’une résurgence de ce cancer, mis pendant des années,
sans aucun examen approfondi, sur le compte de maux imaginaires ! J’en suis
toujours révolté, et bouleversé.
11 Le bassin de 4m sur 3m déjà évoqué dans les premières pages de cette
biographie.
22
[On ne s’étonnera pas de voir mon père, en 1966, tirant la
quintessence de ses études et recherches livresques ainsi que
de ses propres expériences, écrire et publier aux Editions Roger
CARO, 83 – Saint-Cyr-sur-Mer : Les Miracles ont aussi leur Loi, petit
ouvrage où sont méthodiquement, rationnellement, et de manière
diversifiée (références à la religion, à la science), analysées les
conditions, les circonstances et données les explications de faits
« miraculeux » évoqués dans la Bible ou ailleurs .]

23
24
25
La prochaine séquence (III, 5) de cette biographie en documents
sera consacrée à la période de la re-fondation des F.A.R+C (Frères
Aînés de la Rose-Croix) et de la fondation de l’E.N.A. (Eglise de la
Nouvelle Alliance)

26