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Sémiologie et linguistique

TD 1
Sémiologie et linguistique avec différents exercices d'applications sur INDICE, SIGNAL,
SYMBOLE et SIGNE linguistique et non-linguistique.
Langage, langue et parole.

QU’EST-CE QUE LE SIGNE LINGUISTIQUE ?


Quelques définitions essentielles à propos du signe.
Signe :
« Au sens plus général, tout objet, forme ou phénomène qui représente autre chose que lui-même.
Ce sens général demande des subdivisions et l’on accepte le plus volontiers celles qui ont été
données par Peirce : icône, indice et symbole (symbol ici a un sens différent du sens français).
Le signe linguistique est une des variétés du symbol. La définition de Saussure, combinaison d’un
concept appelé signifié, et d’une image acoustique appelée signifiant, est la plus généralement
acceptée. Les deux composantes sont étroitement solidaires, chacune n’ayant d’existence que par
l’autre […] » Extrait du « Dictionnaire de la linguistique » dirigé par G. Mounin, 1974, PUF.

Indice :
L’indice est un signe immédiat. Une trace de pas, un bruit, un ciel rouge « lorsqu’un objet
occurrent concret est relié à son signe désignatif par quelque action directe ou quelque réaction
comme l’action du vent sur les ailes du moulin, alors le signe est un indice », C. S. Peirce. Le
signe existe dans la nature tel quel. Il n’y a pas de code, de réflexion, ou de mentalisation. Il ne
représente pas la chose ou le phénomène, il les manifeste en direct ou en propre. Dans une
conversation, une intonation, une posture ou un regard constituent une couche indicielle.

Symbole :
Selon Peirce, il s’agit des signes qui excluent toute représentation par analogie. Une loi ou une
habitude ne peut être reliées à leur signe que par l’interprétant du signe.
«  Les signes linguistiques sont des symboles en ce sens mais ils s’opposent aux autres symboles
par leur caractère vocal (la représentation graphique n’étant qu’un relais), linéaire et articulé
doublement. » Extrait du « Dictionnaire de la linguistique » dirigé par G. Mounin, 1974, PUF.

Signal :
« On appelle signaux des formes intentionnellement créées ou utilisées pour représenter, figurer,
annoncer, avertir, etc., en opposition aux indices et symptômes qui représentent naturellement.
Les signes linguistiques font en ce sens partie des signaux.
Les signaux non linguistiques s’organisent eux aussi en systèmes : panneaux routiers,
signalisation ferroviaire, pavillons de marine, feux et fumées, par exemple. […]Les signaux
peuvent être motivés (le Z des virages : ils ont alors un caractère iconique bien qu’ils restent
conventionnels. » Extrait du « Dictionnaire de la linguistique » dirigé par G. Mounin, 1974, PUF.

POYSÉMIE DU MOT « SIGNE » :

Expressions où figure le mot « signe »


C’est bon  /mauvais signe, donner signe de vie, manifester des signes d’impatience, le langage des
signes, faire signe, signes de ponctuation, signe mathématique, signe d’un nombre, signes
extérieurs de richesse,
Signe graphique, écrit, convenu, conventionnel, arbitraire. Signe naturel, imagé, iconique,
typographique. Signe alphabétique, motivé, autonyme, diacritique. Signe X, +, -. Signe
annonciateur, sacré, infaillible, précurseur. Signe avant-coureur, positif, négatif, révélateur.
Signe clinique, pathologique. Signes distinctifs, caractéristiques, particuliers. Signes héraldiques,
consacrés. Signes particuliers : néant. Signe d'appartenance, de ponctuation. Signe de tête
affirmatif, négatif. Signe de vie. Signe de bravade, de mépris, de défiance (envers quelqu'un).
Signe d'infection. Signes d'écriture. Signes de reconnaissance, d'impatience, de fatigue. Signes
d'intelligence, de faiblesse. Signes extérieurs de richesse. Signes (extérieurs) de provocation, de
richesse. Signes de ralliement. Signe de la main. Signe de la croix. Signes du zodiaque. Signes
d'un malade. Signe des temps. Signe à deux faces. Signe auquel on reconnaît quelque chose. Signe
qui représente, exprime, signifie quelque chose. Signe qui annonce, indique, désigne quelque
chose. Signe qui montre, signale, dénote quelque chose. Signe qui fait savoir quelque chose.
Signes qui se confondent aisément. Bon, mauvais signe. Système de signes. Arbitraire du signe.
Signifiant, signifié, référent d'un signe. Courbures d'un signe. Langage des signes. Théorie, étude
des signes. Articulation des signes dans la pensée. Circulation des signes dans la société. Décan
des signes du zodiaque. Communication par signes. D'après certains signes. En signe d'humilité,
d'admiration, d'approbation. En signe d'enthousiasme, de soumission, d'humiliation. En signe de
fraternité, de menace, d'adieu, de deuil. En signe de consentement, de désespoir, d'indignation. En
signe d'impuissance. Sous le signe de quelque chose, de la bonne humeur. Sous le signe de la
reprise économique. C'est signe de beau temps. C'est signe qu'elle dit la vérité. C'est un signe !
C'est bon, mauvais signe. Quel est votre signe ? Acquiescer d'un signe de tête. Afficher des signes
extérieurs. Combiner des signes. Communiquer par signes. Constituer un signe. Correspondre
par signes. Croire aux signes. Déchiffrer des signes (écrits). Désigner par un signe. Donner signe
de vie. Donner des signes d'impatience, de fatigue. Échanger des signes. Être le signe de quelque
chose. Être bon, mauvais signe. Être formé de signes. Être né sous le signe du Scorpion, de
Saturne. Être placé sous le signe du fantastique. Étudier des signes. Exprimer quelque chose par
un (ou des) signe. Faire signe à quelqu'un. Faire signe à quelqu'un de faire quelque chose. Faire
signe que non, que oui. Faire le signe de (la) croix. Faire un signe de la main. Faire un (ou des)
signe à quelqu'un. Imprimer des signes (graphiques). Inférer un événement d'une signe
annonciateur. Marquer d'un signe. Montrer des signes de quelque chose. Ne donner aucun signe
de trouble, d'émotion. Ne pas (ou plus) donner signe de vie. Noter (un accent) par un signe.
Observer des signes. Oraliser un signe (écrit). Provoquer un signe (clinique). Reconnaître un
signe. Refuser d'un signe (de tête). Répondre par un signe. Représenter quelque chose par un
signe. Reproduire des signes graphiques. Se courber en signe de soumission, d'humiliation.
S'exprimer par des signes. Tracer des signes. Trouver un (ou des) signe (clinique). Utiliser un (ou
des) signe.

RAPPORTS ENTRE LINGUISTIQUE ET SÉMIOLOGIE :

La sémiologie est l’étude de tous les systèmes de communication (linguistique et non


linguistique), la linguistique est pour SAUSSURE : « la science qui étudie la vie des signes au sein
de la société sociale ».
La linguistique fait donc partie de la sémiologie, c’est une branche de la sémiologie.
Autre approche : pour BARTHES, la sémiologie est une branche de la linguistique car « tout
système de sémiologie se mêle de langage ».

S privilégie langage et société, fonction sociale du signe, communication.


B s’intéresse à la signification, aux modes de signifier. Le langage est le seul système de signes à
l’aide duquel on peut parler d’autres systèmes de signes et donc de lui même.

LANGAGE, LANGUE ET PAROLE :

L’homme en général : faculté : LE LANGAGE = aptitude innée à communiquer au moyen de


signes vocaux propre à l’être humain.

Le groupe social : produit : LA LANGUE = objet de la linguistique, instrument de


communication (système de signes vocaux spécifiques aux membres d’une même communauté,
système de règles), constitué en un système de règles communes à une même communauté.

L’individu, le sujet parlant  : acte : LA PAROLE = ensemble des phénomènes liés à l’utilisation
du langage et à la manière dont le locuteur l’utilise. utilisation individuelle du signe et du système
linguistique par un sujet parlant.
INDICE, SIGNAL, SYMBOLE, SIGNE :
Substitution, représentation : on considère un élément A et un élément B, B est « mis pour » A, on
utilise un élément B pour représenter A, on substitue B à A, B représente A.
Ex : l’élément B « + » représente l’élément A  qui est le processus de l’addition en
mathématique.

Cette représentation de A par B n’implique pas nécessairement une intention communicationnelle,


sans intention communicationnelle A est alors appelé INDICE, un indice est immédiatement
perceptible, il nous informe sur un fait qui ne l’est pas.
 Indice : « fait immédiatement perceptible qui nous fait connaître quelque chose à propos d’un
autre fait qui ne l’est pas » Prieto.

EX : Mounin : la représentation d’un ciel orageux est l’INDICE d’une pluie possible mais n’a
aucune visée communicationnelle.
Avec une intention communicationnelle on parle alors d’un SIGNAL, dans l’exemple ci-dessus
c’est la figure de gouttes de pluie dans les bulletins météo qui a une visée communicationnelle et
est alors SIGNAL.

Signal : « fait qui a été produit artificiellement pour servir d’indice » Prieto.

L’intention de communiquer permet donc de distinguer entre INDICE et SIGNAL

Si dans un SIGNAL il y a un rapport entre la forme de A et ce que A représente


On parle alors de SYMBOLE, sinon on utilise le mot SIGNE.

Pour résumer, lorsque B est mis pour représenter A :


B est un INDICE s’il n’a pas fonction communicationnelle, il relève de l’observation.
Sinon c’est un SIGNAL.
On distingue alors à ce niveau entre SYMBOLE (il y a un rapport analogique entre A et B qui
représente A, il existe un lien naturel, ex : la plupart des panneaux du code de la route) et SIGNE
(pas de rapport analogique, pas de lien naturel), ex : les feux de signalisation routière, la couleur
des drapeaux sur les plages…

elt B « mis pour » pour elt A

INDICE SIGNAL (diff : intention de comm)

SYMBOLE SIGNE NON LING SIGNE LING


(rapport analogique, lien naturel (pas de lien naturel
entre A et B) entre A et B)

Nuage avec éclair code routier virage drapeau rouge « canard »

Ce qui différencie un INDICE d’un SIGNAL est l’intention communicationnelle


Dans le SIGNAL on divise entre SYMBOLE et SIGNE :
Ce qui différencie un SYMBOLE d’un SIGNE est l’existence d’un rapport analogique,
l’existence d’un lien naturel entre A et B.

Le signe linguistique est un signe particulier :


La spécificité du signe linguistique : Le signe linguistique, qui est donc à visée
communicationnelle, a essentiellement pour spécificité d’être doté d’un contenu
sémantique (un sens) et d’une expression phonique (des sons), le contenu sémantique est
appelé le signifié et le contenu phonique le signifiant, les deux sont indissociables. Le lien
entre signifié et signifiant est arbitraire mais nécessaire.

Exemples :
INDICE : rolls = indice de richesse, fumée= indice qu’il y a un feu.
L’indice peut devenir signal, voir ci dessus : rolls pour montrer la richesse, fumée pour l’élection
du pape.
SIGNAL :
Colombe  message de paix.
Drapeau rouge interdiction, de même dans le code routier cercle rouge avec barre transversale.
Couleur bleu dans les forces armées neutralité : les casques bleus.

TD 2
EXO : Distinguer les phrases grammaticales mais qui n’ont pas nécessairement de sens, des
phrases non grammaticales qui ont un sens :

Le chat aboie
Moi y en a vouloir des sous
Lui faire moi vachement rigoler
Une équipe de camélias a défoncé la pelouse de ma cuisine
Les filets de soles ont pris beaucoup d’oiseaux
Le lierre avale le vieux mur
Ma bicyclette s’étend sur le toit de la colline
Le type que pourtant je suis pour m’est rentré dedans question politique

En ce qui concerne les phrases grammaticales dépourvues de sens, tenter d’expliciter


pourquoi elles n’ont pas de sens et essayer d’en trouver un en l’état, en imaginant un
contexte particulier.
Puis modifier des mots pour qu’elles aient un sens.

ORAL/ECRIT :

Une langue se parle avant de s’écrire


L’écrit n’est pas un simple reflet de l’oral bien qu’il le code. L’oral sollicite l’oreille et la
mémoire auditive, l’écrit sollicite l’œil et la mémoire visuelle.
Les différences apparaissent au niveau de l’acquisition, de l’expression et de la compréhension :

Les différences :
L’acquisition de l’oral est naturelle, celle de l’écrit se fait par l’enseignement.
Expression : à l’écrit on réfléchit, on peut s’arrêter longuement, revenir en arrière, corriger sans
laisser de trace…
La vitesse : écrire est plus long que parler.
Pas d’exploitation de ton, de rythme, d’intonation à l’écrit
Pas d’utilisation du geste, de la mimique de l’expression du visage non plus.

Compréhension : à l’écrit (lecture) on peur revenir en arrière, ce qui est exclu à l’écoute d’un
énoncé oral, on peut juste demander de répéter.
On lit plus vite que l’on écoute, on peut choisir sa vitesse de lecture, on ne peut pas le faire lors de
la production (un peu) et surtout lors de la réception d’un énoncé oral.
Pour interpréter l’oral on utilise surtout des éléments du contexte et de la situation, contrairement
à un texte écrit, on parle de cotexte à l’écrit.
Expression : phrases plus construites à l’écrit qu’à l’oral, ou plutôt différentes. On n’écrit pas
comme on parle et cela ne relève pas seulement du niveau de langue :
Moins de phrases incomplètes à l’écrit
Davantage de mots outil à l’écrit (prépositions, conjonction
de subordination lors de phrases complexes, mots de liaisons entre les phrases etc.
pour résumer :
Les productions oral VS écrit sont différentes car les conditions de production sont différentes :
À l’écrit on utilise au maximum les possibilités de la langue, on ne peut passer sous silence la
situation, on l’explicite davantage.
À l’oral on peut car le contexte, les gestes y pourvoient.

Phonétique et phonologie : concernent l’oral


Ce sont les deux domaines de l’étude des sons du langage
Il y a aussi la prosodie.
PHONÉTIQUE : « la science de la face matérielle des sons du langage humain ». Troubetzkoy
PHONOLOGIE : elle n’envisage «  en fait de son que ce qui remplit une fonction déterminée dans
la langue ». Troubetzkoy
PROSODIE : accent, ton, rythme, quantité, intonation
Intensité, quantité, durée et hauteur du son
Hauteur (aigu/grave)
Intensité (fort/faible
Durée (long/court)

Phonétique et phonologie toutes deux envisagent le continuum de la chaine parlée en une


succession d’unités minimales non segmentables resp. le son que l’on note entre crochets [ ] et le
phonème / /. Phonologie : étude des segments, des productions phoniques sous l’angle de la
fonction qu’elles jouent dans la communication langagière
Phonème : c’est une unité segmentale et discrète se présentant dans chaque langue en nombre
restreint et fini, destinée à constituer, seule ou en se combinant en une succession, les signifiants,
et par là, à distinguer les énoncés les uns des autres.
Phonétique : c’est l’ étude des possibilités phoniques de l’être humain
Exemple le R en français : plusieurs sons phonétiques en français mais un seul phonème

Identification des phonèmes : par paire minimale :

On segmente la chaine sonore, après la segmentation si l’on peut commuter deux elts x et y en
obtenant deux sens différents, alors x et y sont deux phonèmes distincts
Porte et sorte [p] [o] [r] [t] [s] [o] [r] [t] /p/ et /s/sont deux phonèmes
À l’initiale, à l’interne, en finale :
Ex : part et bar /p a r/ /b a r/ à l’initiale
Apprit abri /a p r i/ /a b r i/ à l’interne
Cube pub /k y b/ /p y b/ en finale
exemples :
Canette/cadette, châssis / rassis, patte/pâte, pelle/père, bol/bosse, part/passe

TD3
NOTATION PHONÉTIQUE : VOYELLES ET CONSONNES PHONÉTIQUES DU FRANÇAIS
EN API :

Les voyelles phonétiques :

Voyelles orales :

i u U

é E o
è F O

a A

Voyelles nasales :

C D I
B

les voyelles orales et leur prononciation:

[i] lit vie


[u] lu, vu pue
[U] loup vous sous
[é] été, les, dé
[E] vœu heureux
[o] lot pot veau
[è] lait verre père
[F] heurre leurre
[O] tort vol
[a] lave, patte
[A] pâte

Les voyelles nasales et leur prononciation:

[C] vin, brin


[D] un, brun
[I] long, bon
[B] lent, banc

et le e dit « muet » : ) (voir plus bas)

les semi voyelles ou semi consonnes ou glides :

[J] vieux [vJE] , ail [aJl], [J] est aussi appelé « yod »
[V] nuit [n V i], fuite [f V i t] 
[w] oui [wi], foi [fwa]

les consonnes phonétiques du français :

[b] bas, obus, robe, snob


[d]dé, dos, radis, addition, coude, sud
[f] faim, faux, défait, affaiblir, carafe, griffe, chef, neuf
[G] gnôle agneau montagne
[g] gala, gars, aigre, aggraver, bague, gang
[H] chat, achat, cache
[j] je, jamais, gel, gens, âge, rouge
[k] clef, képi, cas, écarte, accable, toque, sec, chic
[l] les, calé, allé, cale, balle, bal, bol
[m] ma, amer, immense, aime, femme, idem
[N] parking, smoking, meeting (emprunt à l’anglais, on ne le trouve qu’en finale)
[n] nez, anis, année, cane, canne
[p pas, épine, appât, tape, nappe, cap, cep
[R] ou [r] ré, rat, marée, arrêt, mare, barre, bar, pour
[s] sa seau lacé, assis, fasse, face, os, as
[t] tas ôter, attend, tante, natte, net
[v] voile, va, avez, neuve
[z] oiseau, zèbre, oser, azur, , rose, gaz
le e muet, instable, caduque, ‘
il fonctionne comme un « lubrifiant phonique » (Martinet)
le e muet ne se prononce plus obligatoirement en prose et en français oral standard à moins que sa
suppression ne forme un groupe de trois  consonnes (imprononçables…). Il est donc prononcé en
français standard lorsqu’il est précédé de plus d’une consonne et suivi d’une consonne. Par ailleurs
dans « que » on le prononce et le note toujours !

Exemples :
Fredonné [fredoné]
Cheval [Hval]
Fille [fiJ]
Mais strie  [stri]

dans le bureau de papa  [dBlbUrodpapa]

lentement  [lBtmB]

voici une affreuse nouvelle  [vwasiunafrDznUvèl]

que me dites vous là  [kemditvUla]

c’est la triste vérité  [sèlatristevérité]

la terre est ronde  [latèrèrId]

il marche lentement[ilmarHelBtmmB]

il voit le petit chat[ilvwalpetiHa]

je me désole[jemdésol]

que c’est beau[kesébo]

que voulez-vous [kevUlévU]

l’homme que j’ai vu[lOmkejévu]

ce repentir [srepBtir]

coup de foudre [kUdfUdr]

quel funeste avis [kèlfunèstavi]

quelle nouvelle [kèlnUvèl]

LE GROUPE RYTHMIQUE (GR) :


C’est l’unité supérieure à la syllabe.
Quelle que soit la langue, les locuteurs ont tendance à segmenter un énoncé en petites
unités de sens, afin de rendre leur discours intelligible : en prononçant une phrase ou une suite de
phrases, on regroupe les mots qui forment un ensemble signifiant. Ainsi en français, la phrase se
divise en GR repérables à l’oreille par les mouvements mélodiques montants et descendants portés
par les syllabes accentuées à la finale de chaque groupe. Ces unités intonatives ou « mots
prosodiques »  structurent  la phrase et aide l’auditeur à construire du sens.
Ordinairement, c’est une suite de 3 à 7 syllabes. Pratiquement, ce sont essentiellement des mots
lexicographiques prononcés d’un élanen un seul mouvement mélodiqueet perçus comme un seul
mot. Toutefois, la longueur des groupes rythmiques peut varier en fonction de la vitesse
d’articulation, qui dépend du registre (dans le registre soigné, la longueur d’un groupe rythmique
est, en moyenne, sensiblement plus petite que dans le registre courant ou familier), du type
d’échange verbal (dans l’ordre décroissant: dialogue, lecture de texte journalistique, dictée ou
cours magistral...)
Le GR est donc une suite de mots qui expriment une idée simple. Les mots secondaires (adjectifs,
adverbes) pris isolément ne peuvent pas former un GR car un groupe rythmique forme un tout du
point de vue du sens. Du point de vue syntaxique, la division en GR respecte l’analyse sémantico-
syntaxique de la phrase. Les mots grammaticaux (articles, prépositions, pronoms atones ...)
s’appuient sur le mot suivant avec lequel ils forment une unité phonique. Un GR à part peut être
constitué par le groupe du sujet (s’il n’est pas restreint au pronom personnel atone, qui se lie alors
au groupe verbal), par le groupe verbal (avec ou sans compléments du verbe, ce qui dépend de la
longueur des groupes nominaux ou prépositionnels correspondants), par le groupe prépositionnel
complément de phrase (circonstanciel ou modalisateur). Les groupes nominaux ou prépositionnels
développés peuvent à leur tour se subdiviser en GR plus petits. Les propositions subordonnées
(relatives, complétives ou circonstancielles) constituent pratiquement toujours un GR à part,
souvent subdivisé, en fonction de sa longueur, en plusieurs GR.

L’ACCENT EN FRANÇAIS :

L’unité accentuelle en français est non pas un mot isolé, mais le groupe rythmique (appelé aussi
groupe accentuel) qui, nous l’avons vu, est constitué d’une suite de mots essentiellement liés par
le sens et la syntaxe.
La syllabe accentuée dans la chaîne parlée est toujours la dernière syllabe d’un groupe rythmique
(=la dernière syllabe du dernier mot dans le GR). Toutes les autres syllabes d’un GR sont des
syllabes non-accentuées
Attention: lors de la transcription des mots isolés, chaque mot est considéré comme un groupe
rythmique en soi.

LA SYLLABE :

C’est une unité phonétique formée de consonnes et d’une voyelle qui se prononce d’une seule
émission de voix.
 
On peut donc définir la syllabe comme un groupe de sons (voyelle et consonne), comme une
combinaison élémentaire de la chaine parlée produite en une seule émission de la voix. 
En français, les syllabes se construisent obligatoirement autour d’une voyelle, qu’on appelle le
noyau, qui peut être suivie ou précédée d'une ou de plusieurs consonnes. Il y a donc autant de
syllabes qu'il y a de voyelles prononcées.
 
La syllabe française peut prendre plusieurs formes, la plus fréquente étant celle d'une consonne
(C) suivie d'une voyelle (V), comme dans cas [ka], nid [ni].Voici les principales formes des
syllabes françaises :
  
V (voyelle seule) : [o] eau
V + C : [OR] or T
C + V : [tu] tout
C + V + C : [bom] baume
V + CC : [arm] arme
CC + V : [gRa] gras
CC + V + C : [bRBH] branche
CC + V + CC : [trakt] tracte
CCC + V : [splB-did] splendide
CCC + V + C : [stROf] strophe
CCC + V + CC : [strikt] stricte, [striN] string

Il ne faut pas confondre syllabe phonétique (ou orale) et syllabe graphique (ou écrite). La première
est un enchaînement de sons construits autour d'une voyelle phonétique, alors que la seconde
s'appuie sur un découpage de lettres axé sur les voyelles graphiques. Le nombre de syllabes
phonétiques ne correspond pas nécessairement au nombre de syllabes graphiques. Par exemple, le
mot passerelle comporte 2 syllabes phonétiques [pas-rèl] mais 4 syllabes graphiques pas-se-rel-le;
le groupe rythmique une belle chanson comporte 4 syllabes phonétiques [un-bèl-HB-sI] mais 6
syllabes graphiques u-ne-bel-le-chan-son. Une syllabe phonétique peut regrouper la fin d’un mot
écrit et le début d’un autre comme par exemple dans trop aimable ro-é-

Quelques exemples :

Été é-é] V-CV


· 1e syllabe: composée d'une voyelle,
· 2e syllabe: composée d'une voyelle et d'une consonne (qui précède la voyelle);

parler  r-é] CVC- CV


· 1e syllabe: une voyelle entourée de deux consonnes,
· 2e syllabe: une voyelle précédée d'une consonne;

arbre [r-r] VC - CC
oui ] SV
· une seule syllabe composée d'une semi-voyelle et d'une voyelle, qu’on note souvent S.

apparition --r-JO] V-CV-CV-CSV


· 1e syllabe: une voyelle seule,
· 2e syllabe: une voyelle précédée d'une consonne,
· 3e syllabe: " " " " " ,
· 4e syllabe: une voyelle précédée d'une semi-voyelle et d'une consonne.

Attention: la notion de la syllabe étant une notion phonétique, la division en syllabes


concerne le langage articulé, et non pas le langage écrit! On divise en syllabes les unités
phonétiques, transcrites en API, et non pas les mots grammaticaux écrits en lettres de l'alphabet
ordinaire, ce qui d'ailleurs serait parfois impossible pour des raisons purement typographiques.
examen [é--C, les enfants [-B-B],
trop aimable ro-é-

SYLLABE OUVERTE / SYLLABE FERMÉE:

Une syllabe ouverte est une syllabe terminée par une voyelle.
Comme les trois syllabes de « éléphant »  [é-é-B] V-CV-CV
qui sont 3 syllabes ouvertes.

Une syllabe fermée est une syllabe terminée par une consonne prononcée ou par une semi-
voyelle.

Exemples :

secteur [é-Fr]: CVC-CVC


- 2 syllabes fermées;
feuilleton [fFj - tI] : CVS-CV
- 2 syllabes fermées;
parler [par-lé] : CVC-CV
-1e syllabe: fermée, 2e syllabe: ouverte;
horreur [o- rFr] : V-CVC
-1e syllabe: ouverte, 2e syllabe: fermée;
arbitraire [ar- bi- trèr] : VC-CV-CCVC
1e syllabe: fermée, 2e syllabe: ouverte, 3e syllabe: fermée.

Que des syllabes ouvertes :


Marie ira à Paris ou à Lyon
[ma-ri-i-ra-a-pa-ri-U-a-lJI]

Que des syllabes fermées:

Il sort par leur porte sur leur cour


[il-sOr-par-lFr-port-sur-lFr-kur]

QUELQUES RÈGLES DE DÉCOUPAGE SYLLABIQUE :

La division en syllabes obéit aux règles suivantes:


1.Toute consonne (ou semi-voyelle, notée S) entre 2 voyelles va à la deuxième syllabe :
VCV V – CV :
Exemples :
ami [a–mi]
mari [ma–ri]
économie [é–ko–no–mi]
été  [é– é]
prochain  [ro– HC]
mélodie  [ mé– lo– di]

V – SV :
faïence [fa–JBs]
aïeux  [a–JE]

2. Deux voyelles se séparent: V VV - V


haïr [a- ir]
prouesse [pru - ès]
cruel [kru - èl]

3. Deux consonnes entre voyelles se séparent : VC CV VC - CV


disperser [dis– pèr– sé]
espérance [és– pé– rBs]
respecter  [rés– pék– té]
absent  [ab-sB]
cas des semi voyelles S:
VC – CSVVC - CSV
section [sék-sJI] ,vestiaire [vés-tJèr]
MAIS deux consonnes dont la deuxième est une consonne liquide (c’est-à-dire un [l] ou un
[r]) forment un groupe indivisible:
VCC(liquide)VV- CC(liquide)V
tableau [-]
appris [-r]
étranger [é–trB–jé]
agrégation  [a– gré– ga– tiI]
curiosité  [ku– rio– zi– té]

mais le groupe de deux liquides se sépare, la règle 3 s’applique:


V C(liquide) C(liquide)V V C(liquide) - C(liquide)V
hurler [ur-é] , Ulrich [u-rk]
et le groupe "consonne liquide + consonne" se sépare aussi, la règle 3 s’applique: VC(liquide)
CV VC(liquide) - CV
perdu [èr-u]
palper [pal-pé]

Remarques :
Le groupe "consonne + semi-voyelle" reste indivisible: V CSV  V – CSV
la semi voyelle étant considérée comme une voyelle.
émotion [é--JI
témoin [é-C
De même VCCSV V C- CSV
affection [a-fék-sJI], affectueux [-é-uE]
Le groupe "semi-voyelle + consonne" se sépare, la semi voyelle étant considérée comme une
voyelle: VS CVVS - CV
feuilleton [EJ-I], pailleté  [paJ-té]

4. Trois consonnes entre voyelles se séparent de la manière suivante: VCCCV VC – CCV
construction [kIs– truk– tiI]
esclavage  [és– kla– vaj]

mais si la deuxième est S, elle appartient à la voyelle précédente


substantif  [subs–tB–tif]
obstacle  [obs–takl]

Et si la suite des trois consonnes commence et se termine par une consonne liquide, la règle reste
applicable :
V C(liquide) - C C(liquide)V, portrait [Or-rè]
Autres exemples :
ami a-mi
pari pa-ri
coucou kU-kU
ouvert U-vèr
berceau bèr-so
Admis ad-mi
Tactique  tak-tik
Perdu pér-du
Alchimie  al-Hi-mi
Patrie pa-tri
Oubli u-bli

EXERCICES :
Après les avoir transcrites « phonétiquement », découpons en syllabes les phrases suivantes :
C’est l’exacte vérité
[se-leg-zak-t’-vé-ri-te]
Il a obtenu un succès immense
[i-la-àp-t’-nu-è-suk-se-i-m&s]
L’éclat du soleil est insoutenable
[lé- kla- du- sà- le- ye- t» - sut- nabl]
les enfants jouent sur l’aire de jeux
[le-z&-f&-j_-sur-ler-d’-j(]
!!Parlez plus clairement
[par-lé-plu-kler-m&

?
DICTÉE PHONÉTIQUE À PRÉPARER POUR DEMAIN (si si… on la fera en TD)
Les enfants sont allés déjeuner à la cantine scolaire, il y avait un plat : du couscous et aussi un
dessert : de la mousse au chocolat, ils ont d’ailleurs obtenu la permission d’en reprendre trois fois.

TD4
1°LES DIFFÉRENTES BRANCHES DE LA LINGUISTIQUE :
La linguistique sépare l'analyse du langage en différentes parties. Toutes ces branches sont
interdépendantes.
Phonétique : unité : son
C’est l’étude des sons, de ce qui est émis et est perceptible. Elle est indépendante du sens, elle
s'applique donc à toutes les langues.
Phonologie : unité : phonème
Propre à une langue particulière, elle étudie comment une langue découpe les sons et les regroupe
en catégories. Ces catégories auront toujours la même fonction dans la langue, on les appelle des
phonèmes. Commençons par un exemple : Baraque : Qu'il soit prononcé par un habitant de
Carcassonne qui roule les "r" ou par un parisien, nous comprendrons qu'il s'agit du même mot. Les
deux sons produits, même si nous avons conscience de leur différence, renvoient à la même
catégorie : [R] uvulaire ou [r] roulé sont deux réalisations, on dit deux allophones, du même
phonème /R/.Le phonème est une abstraction. Le phonème n'a pas de sens en lui même, mais on
ne peut pas l'échanger contre un autre phonème sans changer le sens, on dit qu'il a une fonction
distinctive. Par exemple "i" pris isolément n'a pas de sens en français, pourtant pâle et pile n'ont
pas le même sens. Donc /i/ est un phonème, une unité distinctive. Le système phonologique est
l'ensemble des phonèmes qu'on trouve dans une langue donnée.

Morphologie(étude des formes) : unité : morphème


C'est l'étude de la façon dont sont formés les "mots".
abatt-age : fait d'abattre, comporte deux monèmes
abatt-ement : état d'être abattu, comporte deux monèmes
chant-eur jongl-eur jou-eur comportent chacun deux monèmes
"eur" = celui qui fait l'action de (chanter, jongler, jouer)
-eur est un monème,-ement aussi.
-batt, -chant, -jongl sont chacun un monème.
Le monème a une signification, c'est une unité minimale significative, la plus petite unité qui
possède encore du sens.
Mots et monèmes : La notion de mot pose beaucoup de problèmes en linguistique. Mot et
monèmes peuvent prêter à confusion. "mal" est à la fois un mot et un monème. Dans "J'ai mal", si
on diminue : "J'ai ma" il y a perte du sens, "mal" est une unité minimale.
Syntaxe : unité : syntagme
Elle étudie la façon dont les monèmes se combinent entre eux pour former des groupes
(syntagmes) et des phrases. La morpho-syntaxe est l'équivalent de la grammaire.
Sémantique : pas d'unité spécifique
Elle s'occupe de tout ce qui signifie : monèmes, mots (principalement), discours. C'est l'étude du
rapport entre les mots et le "réel".
La pragmatique :
C'est le rapport entre la langue et ceux qui la parlent. Elle s'intéresse aux conséquences des
énoncés en plus de leur contenu. Elle étudie particulièrement la parole sous l'angle des intentions
et des effets dans le cadre de la communication. Par exemple, elle va s'occuper de décrire les
procédures d'interprétation : "on a sonné" n'est pas une simple constatation, à partir de l'énoncé, on
montre qu'il véhicule plus que la signification des mots en eux même." veux-tu aller ouvrir ? " ou
" pas moyen d'être tranquille " La pragmatique répond à certaines questions telles que : Que fait-
on avec le langage, à quoi ça sert?
La sémiologie ou sémiotique est une discipline plus vaste qui comprend la linguistique, c'est la
science des signes en général. Saussure écrit : "La linguistique s'inscrit dans une science plus
générale, la sémiologie, dont l'objet est l'étude des systèmes de signes, dont la langue est le type le
plus important."
Récapitulation:
Pragmatique : ce qui s'ajoute au sens strict du discours (implicite, interprétation), l'action du
langage.
Sémantique : étude du sens, vue globale
Syntaxe : étude des phrases, ordre d'apparition dans la chaîne parlée
Morphologie : monèmes, unités significatives 1ère articulation
Phonologie : phonèmes, unités non significatives 2ème articulation
Phonétique : sons, elle ne se préoccupe pas du sens, mais donne à la phonologie les moyens
d'identifier les phonèmes, elle a permis la classification des sons de la parole et l'établissement
d'un système universel de transcription phonétique.

2°LA DOUBLE ARTICULATION :

La première articulation  concerne le niveau du monème, de l'unité de sens. La deuxième


articulation concerne l'unité distinctive, le phonème, qui ne possède plus de sens en lui même,
mais crée du sens en différenciant un morphème d'un autre. Pour André Martinet, la double
articulation est spécifiquement humaine
Dans le cadre de la linguistique fonctionnelle d'André Martinet, la double articulation désigne la
propriété de tout énoncé linguistique d'être segmenté à deux niveaux : à un premier niveau (la
première articulation), en unités ayant à la fois une face formelle (signifiant, dans la terminologie
saussurienne) et une face significative (signifié, dans la même terminologie) ; ces unités peuvent
être de longueur variable (phrase, syntagme, etc.) ; on appelle monème l'unité significative
minimale (bateau, rateau, gâteau).
À un second niveau (la seconde articulation), ces unités peuvent elles-mêmes être segmentées en
unités plus petites n'ayant pas de sens, mais participant à la distinction du sens des unités de
première articulation : les unités distinctives (dans /bato/, /rato/ et /gato/, /b/, /r/ et /g/ sont les
unités distinctives qui servent à distinguer le sens des trois unités significatives). On appelle
phonème l'unité distinctive minimale.
Ainsi, dans l'énoncé « le chat mangera », on pourra pratiquer deux segmentations successives. La
première nous donnera cinq unités significatives (cinq monèmes) : le, chat, mang- (verbe manger),
-r- (marque du futur) et -a (marque de la personne). La seconde segmentation nous donnera huit
unités distinctives (huit phonèmes) : /l/, /ə/, /ʃ/, /a/, /m/, /B /, /j/, /r/.
Cette double articulation constitue le fondement d'une économie importante dans la production
d'énoncés linguistiques : en effet, avec un nombre limité de phonèmes (une trentaine en moyenne
dans chaque langue), on peut construire un nombre illimité d'unités de première articulation et
donc un nombre illimité d'énoncés.

 
3°PHONÈME ET PAIRE MINIMALE :
Un phonème est donc la plus petite unité distinctive (c'est-à-dire permettant de distinguer des
mots les uns des autres) que l'on puisse isoler par segmentation dans la chaîne parlée. C’est une
entité abstraite. Il peut correspondre à plusieurs sons. Il est en effet susceptible d'être prononcé de
façon différente selon les locuteurs ou selon sa position au sein du mot (le phonème a alors
plusieurs allophones).
On le note traditionnellement par un caractère phonétique placé entre des barres obliques: /a/, /t/,
/r/, etc.,
L'identification des phonèmes d'une langue se fait en construisant des paires minimales, c'est-à-
dire des paires de mots de sens différents et qui ne diffèrent dans leur forme sonore que par un seul
son (ce son peut alors être considéré comme un phonème).
On appelle donc paire minimale deux unités significatives dont le sens ne change que par
l'opposition d'un seul phonème.
Une paire minimale désigne donc, en phonologie, une opposition de deux mots qui ne se
distinguent que par un seul phonème. Le phonologue posera l'existence de deux phonèmes
distincts là où il y aura distinction de sens. C'est la recherche de paires minimales qui sert au
linguiste à distinguer les phonèmes d'une langue.
Exemples :
▪ saper et zapper sont deux mots différents de la langue française, et il n'y a qu'un seul son
différent (la consonne initiale). Donc, on peut conclure que le /s/ et le /z/ sont des
phonèmes pour la langue française ;
▪ cote (/kɔt/) et côte (/kot/) sont également deux mots différents, différenciés par l'utilisation
respective des phonèmes /ɔ/ et /o/.
▪ à l’inverse roi avec un /r/ roulé ([r]) et roi avec un /r/ non roulé ([R]) sont identifiés au même
signifié. Il n'y a donc pas d'opposition entre le /r/ roulé et le /r/ non roulé, qui sont alors
deux allophones d’un même phonèmes et non deux phonèmes distincts.

Le système phonologique, c’est à dire l’ensemble des phonèmes est relatif à une langue.
Phonèmes du français: 16 voyelles + 3 semi-consonnes/voyelles + 17 consonnes = 36.
▪ Voyelles.
▪ Phonème /i/ : il ;
▪ Phonème /e/ : blé ;
▪ Phonème /ε/ : colère ;
▪ Phonème /a/ : plat ;
▪ Phonème /ɑ/ : pâte ;
▪ Phonème /ɔ/ : mort ;
▪ Phonème /o/ : mot ;
▪ Phonème /u/ : genou ;
▪ Phonème /y/ : rue ;
▪ Phonème /ø/ : peu ;
▪ Phonème /œ/ : peur ;
▪ Phonème /ə/ : le ;
▪ Phonème /ɛ̃/ : plein ;
▪ Phonème /ɑ̃/ : sans ;
▪ Phonème /ɔ̃/ : bon ;
▪ Phonème /œ̃/ : brun.
▪ Semi-consonnes.
▪ Phonème /j/ : yeux ;
▪ Phonème /w/ : oui ;
▪ Phonème /ɥ/ : lui.
▪ Consonnes.
▪ Phonème /p/ : père ;
▪ Phonème /t/ : terre ;
▪ Phonème /k/ : cou ;
▪ Phonème /b/ : bon ;
▪ Phonème /d/ : dans ;
▪ Phonème /g/ : gare ;
▪ Phonème /f/ : feu ;
▪ Phonème /s/ : sale ;
▪ Phonème /ʃ/ : chat ;
▪ Phonème /v/ : vous ;
▪ Phonème /z/ : zéro ;
▪ Phonème /ʒ/ : je ;
▪ Phonème /l/ : lent ;
▪ Phonème /ʁ/ : rue ;
▪ Phonème /m/ : main ;
▪ Phonème /n/ : nous ;
▪ Phonème /ɲ/ : agneau ;
▪ Consonne parfois ajoutées mais relevant d'emprunts aux langues étrangères.
▪ Phonème /h/ : hop ;
▪ Phonème /ŋ/ : camping ;
▪ Phonème /x/ : (jota, esp.).
▪ Cas particuliers de certaines graphies n'induisant pas de nouveaux phonèmes.
▪ Cas du « x » : [ks], [gz], [s], [z] ;.

4°LE MONÈME :

Si le phonème est une unité distinctive minimale, le monème (unité minimale de sens) est une
unité significative minimale.
Il s'agit ainsi d'une entité abstraite développée par Martinet, pour rendre compte de sa notion de
double articulation des unités constitutives de la langue. Les monèmes y sont des unités de
première articulation qui possèdent forme et sens. Ceux-ci ne coïncident pas toujours avec un mot.
Par exemple, dans mangeais, on peut retrouver deux unités de sens distinctes : l'action de manger
et l'indication d'une temporalité. On distingue donc dans ce mot deux monèmes : mange et ais.
Rappelons que Martinet appelle les unités de deuxième articulation, les phonèmes, qui désignent
les plus petites unités de son qui forment les monèmes.
RÉCAPITULATION : Lorsque nous rendons compte de toute expérience par le biais du langage,
nous utilisons, d'une part, des unités significatives (unités de première articulation) et d'autre part
des unités distinctives (unités de deuxième articulation).
La première articulation est celle qui fait que l'expérience rendue par le langage s'articule en unités
successives et significatives, les monèmes. Les monèmes ont donc une forme et un sens (un
signifiant et un signifié, si l'on veut faire le parallèle avec le signe linguistique de Saussure). Ils se
combinent entre eux pour permettre de créer un énoncé ayant une signification. Concrètement, si
nous prenons l'exemple de l'énoncé : Le chat dort
celui-ci est composé de 3 monèmes : le monème "défini" ayant pour forme [l], le monème "chat"
ayant pour forme /Ha / et le monème "dormir" ayant pour forme /dor / (le singulier n'est pas un
monème, si nous avions eu "dormait", un monème supplémentaire aurait pu être compté). Le
monème est donc la plus petite unité signifiante existante, raison pour laquelle les temps, le
pluriel, etc. sont des monèmes (à l'inverse, un mot composé comme chaise longue ne sera pas
analysé en deux monèmes car chaise longue commute avec table, par exemple, il sera appelé
synthème, car composé de 2 monèmes qui n'ont pas, dans ce cas, leur autonomie (on ne peut pas
dire la chaise très longue sous peine de ne plus désigner la même réalité, on dira la chaise longue
très longue).
La forme des monèmes s'articule en unités plus petites, appelées unités distinctives, les phonèmes.
Ces unités n'ont pas de sens mais ont pour fonction de distinguer les monèmes entre eux.

Continuons :

Typologie des monèmes :


Monèmes lexicaux ou grammaticaux
Il existe deux grandes catégories de monèmes : les monèmes lexicaux (ou lexèmes) et les monèmes
grammaticaux ou morphèmes.
Les monèmes grammaticaux sont des monèmes qui appartiennent à une classe fermée, tels que
« tu », « à », « et », etc.
Les monèmes lexicaux sont des monèmes qui appartiennent à une classe ouverte, tels que « lave »,
« vite », « lune », etc.
Morphèmes liés ou libres
On peut dire d'un monème qu'il est :
- lié s'il n'existe jamais à l'état libre, mais est toujours rattaché à un autre monème appelé base :
comme -ons dans ouvr-ons ou re- dans re-faire ;
- libre s'il peut constituer un mot : le ou beau sont libres.
JE NE VOUS AI PAS PRESENTÉ CE QUI SUIT EN BLEU MAIS LISEZ LE QUAND MÊME.
CELA NOUS SERVIRA EN MORPHOLOGIE.

Morphèmes dérivationnels et flexionnels :


Parmi les monèmes liés, on distingue traditionnellement deux classes : les monèmes dérivationnels
et les monèmes flexionnels.
Morphèmes dérivationnels :
Les morphèmes dérivationnels, ou affixes, servent à la création de nouveaux mots lexicaux par
dérivation.
On distingue deux types principaux de morphèmes dérivationnels selon deux critères : la place
qu'ils occupent par rapport à la base lexicale sur laquelle ils se greffent et leur effet sur la catégorie
de la base.
Les préfixes sont des affixes qui sont antéposés à la base, tel que « dé » dans « défaire » et « re »
dans « refaire ». Les préfixes ne provoquent jamais de changement de catégorie grammaticale de
la base.
Les suffixes sont des affixes qui sont postposés à la base, tel que « ment » dans « agréablement »
et « able » dans « mangeable ». Les suffixes peuvent entrainer un changement de catégorie
grammaticale de la base.
La dérivation peut s'opérer à la fois par une préfixation et une suffixation.

Morphèmes flexionnels :

Les morphèmes flexionnels, ou flexions, indiquent la relation que la base à laquelle ils s'ajoutent
entretient avec les autres unités de l'énoncé.
On distingue deux types principaux de flexions selon la catégorie de la base :
les flexions qui concernent les bases nominales, adjectivales et pronominales. Elles sont de trois
sortes en français : le genre, le nombre et les cas.
les flexions verbales qui correspondent à la conjugaison des verbes. Elles ont pour fonction de
marquer la personne, le nombre, le temps, le mode et la voix.
Un morphème flexionnel ne modifie jamais la catégorie de la base à laquelle il s'adjoint,
contrairement aux morphèmes dérivationnels.

Morphèmes à signifiant discontinu :

Les morphèmes à signifiant discontinu sont formés d'une succession d'éléments répartis à
plusieurs endroits dans un énoncé.
« Il ne sait pas » est composé notamment d'un morphème discontinu « ne (...) pas » qui indique la
négation ;
« Il a mangé » comporte un morphème discontinu « a (...) é » qui indique le temps du passé
composé.

Morphèmes amalgamés en un seul signifiant :

Certains morphèmes s'amalgament en un seul signifiant :


dans l'énoncé « Aller au marché », « au » est un amalgame des morphèmes « à » et « le » ;
dans l'énoncé « La niche du chien », « du » est un amalgame des morphèmes « de » et « le ».
Allomorphes :

Les monèmes qui sont des variations contextuelles et sont donc en distribution complémentaire
sont des allomorphes.
Par exemple, al- (dans "allons"), v- (dans "vais"), i- (dans "iras") sont 3 allomorphes du verbe
"aller" De même, pour les terminaisons "âmes", "îmes" et "ûmes" du passé simple. Ces
morphèmes (monèmes grammaticaux) sont 3 allomorphes, 3 signifiants ayant pour signifié le
passé simple.

Synthèmes :
Dans la terminologie de Martinet, les monèmes multiples qui fonctionnent comme un monème
simple sont appelés synthèmes. Il s'agit de combinaisons figées d'unités significatives minimales.
Ex: pomme de terre se définit par rapport à poireau, chou etc., mais le locuteur ne choisit pas
successivement pomme par rapport à poire, terre par rapport à eau, etc

À LA FIN DU COURS NOUS AVONS ABORDÉ LE SCHÉMA SUIVANT:

5°MODÈLE DE LA COMMUNICATION DE JAKOBSON :

Contexte
Fonction référentielle

Emetteur/Destinateur → Message → Récepteur/Destinataire
Fonction expressive Fonction poétique Fonction conative
ou émotive ↓ .
Canal
Fonction phatique

Code
Fonction métalinguistique

a) La fonction expressive
Elle exprime un jugement, un sentiment à son destinataire. Elle correspond à toutes les marques de
subjectivité dans un texte.
Ex. : le « je », les adjectifs affectifs qui manifestent un point de vue.

b) La fonction conative
Elle permet d’inclure le récepteur dans le message, elle se sert du langage pour agir sur l’autre.
Ex. : le « vous » ou « tu », l’interrogation, l’ordre.

c) La fonction poétique
Elle travail sur le style, sur le message en tant que matière, sur les mots.
Ex. : les rimes en poésie, le style utilisé dans les articles de presse, les répétitions, le langage bébé.

d) La fonction référentielle
Le référent est le sujet du débat, ce à quoi il renvoie dans la réalité, le langage n’étant pas centré
sur lui-même. Il peut être concret (ex. : table) ou abstrait (ex. : courage).

e) La fonction phatique
Elle correspond à tout ce qui permet d’établir et de garder le contact.
Ex. : les « hum hum », hochements de tête, « allô », « tu vois ».

f) La fonction métalinguistique
Le langage en tant qu’explication du langage : tout ce qui permet d’éclaircir le sens.
Ex. : définition, explication, code pour expliquer le code.

DERNIER COURS/TD :
LE MONÈME :

Le monème : c’est, nous l’avons vu, l’unité significative minimale (alors que le phonème est
l’unité distinctive minimale. En ce qui concerne la double articulation : le phonème correspond à
la seconde articulation et le monème à la première). Le monème présente une face matérielle : le
signifiant, qui est sa forme orale ou phonique, et une face non matérielle : le signifié qui en est le
sens ou « contenu sémantique ».
On convient de noter le monème soit par son signifiant (entre //), soit par son signifié (entre  « »),
soit par sa traduction s’il s’agit d’une langue étrangère.
Le monème fait l’objet d’un choix unique de la part du locuteur. Ce point est essentiel.
Exemple 1 : Yves mange vite, / iv mBj vit /
/ iv mBj vit /correspond à 3  choix distincts : /iv/ , / mBj / et /vit/ donc comporte 3 monèmes.
Exemple 2 : Le roi parle à un enfant
Def nom « roi » verbe « parle » prep indef nom « enfant »
7 choix distincts 7 monèmes.

IDENTIFICATION DES MONÈMES :

Il s’agit d’identifier sa forme et son sens : à une différence de forme doit correspondre une
différence de sens, de plus il convient de s’assurer qu’on ne peut le « couper » ou segmenter
davantage sans qu’il y ait perte du sens.
Exemple 1 : Yves mange vite  /iv mBj vit/
-Si l’on remplace la forme /iv/ par la forme /rojé/on obtient une différence de sens : Roger mange
vite /iv/ est donc un monème.
-De même si l’on remplace la forme /mBj / par la forme /parl / on obtient une différence de sens :
Yves parle vite  / mBj / est donc un monème.
-Si l’on remplace la forme /vit/ par la forme /tro/ on obtient une différence de sens :Yves mange
trop /vit/ est donc un monème.

Il y a donc 3 monèmes, on ne peut pas couper chacun d’eux en un monème qui ait encore un sens,
c’est donc une unité significative MINIMALE.

Le processus par lequel on a dégagé ces trois monèmes s’appelle le processus de la commutation

DONC pour identifier les monèmes, on segmente grâce à la commutation, on vérifie que les unités
dégagées ont un sens, que ce sens est relativement stable et que les unités dégagées sont
minimales.

Exemples sur des « mots » :

-coiffeur
coiff- = contenu d’une action
-eur = agent de cette action
-coiff peut commuter avec –chant et –eur peut commuter avec –er (monème de l’infinitif), de plus
ces deux unités,-coiff et –eur
coiff-eur comporte donc 2 monèmes.

Il faut aussi s’assurer que les unités ainsi dégagées présentent un sens :
On pourrait être tenté de segmenter ainsi en monèmes :
chap-eau, cad-eau, chap-elle mais non… car :
-chap, –cad, –elle et -eau ne peuvent se voir attribuer un sens (du moins un sens qui participe à la
construction du sens général du mot) et ne sont donc pas des monèmes.

LES DIFFERENTS TYPES DE MONÈMES :

Monèmes lexicaux (ou lexèmes) , monèmes grammaticaux ou (morphèmes):


(voir TD précédent)…
Exemple : dans lav-ons ons qui comporte 2 monèmes, le premier lav- est un léxème qui
correspond au verbe « laver » et le second –ons qui marque l’appartenance a la catégorie du verbe
et l’indication de la personne (accord avec nous) est un morphème.
Monèmes libres ou liés :
(voir TD précédent)…
Exemple : chant-eur comporte un monème libre –chante et un monème lié -eur, de même chant-
ons où chante est un monème libre et –ons un monème lié.
Pour ces deux exemples le premier monème est un lexème et le second un morphème.

Monèmes discontinus :
Dans l’énoncé : les enfants jouent dans la cour,
le monème du pluriel correspond à un choix unique, celui de la pluralité, elle porte sur « enfant »,
les autres marques du pluriel relèvent de l’accord.
La discontinuité peut relever de l’accord
Ex : celui que nous venons de voir ou encore les marques de personnes (et bien d’autres…)
Dans l’énoncé : Nous jouons, le monème « nous » P4 commande l’accord du verbe -ons
La discontinuité peut aussi ne pas relever d’un phénomène d’accord/
Ex : Passé composé
l’ enfant est arrivé
def nom « enfant » verbe arriv +passe compose « est…é »
L’enfant a chanté

Ex : la négation « ne… pas »


Pierre ne veut pas
Nom « Pierre » nég verbe « veut » nég

Amalgame :
(voir TD précédent)…

Exemple :
Le roi parla à tout le peuple compte 8 monèmes
Le roi parl -a
Def nom « roi » verbe « parle » ps(passé simple)

à tout le peuple
prep « à » adj « tout » def nom « peuple »)

Le roi parla aux enfants compte 7 monèmes = les 8 de l’énoncé précédent -1 (adj « tout »)
On en déduit que « aux » = « à »  + def « le » compte 2 monèmes

Synthèmes :

Certaines combinaisons de monèmes fonctionnent comme de simples monèmes, et s’intègrent à


une classe d’unités au même titre que les monèmes eux-mêmes ; on les appelle des synthèmes. Ils
correspondent à des dérivés et à des composés.

Exemples :
pomme de terre
Tire-bouchon

Tire-bouchon fonctionne comme un monème unique bien que décomposable en tire et bouchon
C’est une unité complexe, mais objet d’un choix unique : tire-bouchon plutôt que livre ou stylo.

« casse sa pipe » peut être aussi un synthème, qui vient d’un syntagme figé,  ou 3 monèmes, ça
dépend du contexte.
« Il a cassé sa jolie pipe (et trois bols) ». « casse sa pipe » correspond à 3 monèmes.
« Il a cassé sa pipe, il a eu un accident mortel ». « casse sa pipe » correspond à un synthème.

Schéma de Jakobson
Le schéma de Jakobson est un modèle décrivant les différentes fonctions du langage. Il a été
développé à la suite des études de Karl Bühler, dont le modèle se limitait aux fonctions émotive
(expressive), conative et référentielle.

Cadre de l'échange linguistique


D'après Roman Jakobson, « le langage doit être étudié dans toutes ses fonctions ». C'est-à-dire que
le linguiste doit s'attacher à comprendre à quoi sert le langage, et s'il sert à plusieurs choses. « Pour
donner une idée de ses fonctions, un aperçu sommaire portant sur les facteurs constitutifs de tout
procès linguistique, de tout acte de communication verbale, est nécessaire ». Les voici :
Le message lui-même : le message est le matériel transmis par l'interlocuteur, il concerne
l'information transmise. Ce message varie énormément dans sa durée, sa forme et son contenu.
Dans les interactions individualisées, le message est généralement adapté à l'interlocuteur. Dans
des communication institutionnalisées, le message est plutôt rigide et standard.

Le destinateur envoie un message au destinataire, le destinataire est censé recevoir le


message. Destinateur et destinataire correspondent respectivement à l'émetteur et au récepteur.
Dans le cas d'une interaction normale, la communication est bidirectionnelle lorsque deux
personnes interagissent de façon courante. Dans les cas où la communication est institutionnalisée
(implique une institution comme une administration publique, une télévision, une université, etc.),
la communication est unidirectionnelle; une seule personne produit de la parole alors que l'autre
écoute. Une hiérarchie plus ou moins rigide s'impose lors de ces interactions, comme c'est le cas
dans la salle de classe, où le professeur enseigne et où vous écoutez.

Le contexte : Pour être opérant, le message requiert d'abord un contexte auquel il renvoie (c'est ce
qu'on appelle aussi le "référent »), ce contexte est saisissable par le destinataire. Il concerne la
situation à laquelle renvoie le message, ce dont il est question. Il réfère aux informations
communes aux deux locuteurs sur la situation au moment de la communication. Ces informations
sont sous-entendues et elles n'ont pas besoin d'être répétées à chaque fois que l'on débute une
interaction.

Le message requiert un contact, c’est à dire un canal physique et une connexion psychologique
entre le destinateur et le destinataire, ce contact leur permet d'établir et de maintenir la
communication. La nature du canal conditionne aussi le message. Un canal direct (locuteurs en
face à face) implique une réponse directe dans le même médium, qui est l'air ambiant dans ce cas.
Le canal peut être modifié pour vaincre en particulier l'effet du temps: l'écriture sur du papier
(livres, journaux, magazines, etc.), les bandes magnétiques, disques, support magnétique utilisant
même le courrier électronique, etc.

Le message requiert un code commun, en tout ou au moins en partie, au destinateur et au


destinataire, "un code est un ensemble conventionnel de signes, soit sonores ou écrits, soit
linguistiques ou non linguistiques (visuels ou autre), communs en totalité ou en partie au
destinateur et au destinataire." (Leclerc 1989). Ce code doit être compris par les deux locuteurs
pour permettre la transmission du message. Dans certains cas, le message peut mettre en oeuvre
plusieurs codes en même temps (langue orale, les gestes, l'habillement, etc.). Dans ces cas,
redondance, complémentarité ou contraste peuvent être mis en jeu.
La principale originalité de ce modèle, c'est qu'à ces 6 facteurs correspond 6 fonctions: Les six
fonctions de la communication telles que les identifie Roman Jakobson sont les suivantes :
▪ fonction expressive (fonction relative à l’émetteur)
▪ fonction conative (fonction relative au récepteur)
▪ fonction phatique (fonction relative au contact)
▪ fonction référentielle (fonction relative au contexte) : le message renvoie au monde extérieur.
▪ fonction métalinguistique (fonction relative au code) : le code lui-même devient objet du
message.
▪ fonction poétique (fonction relative au message)

Il considère d'ailleurs que ces fonctions « ne s'excluent pas les unes les autres, mais que souvent
elles se superposent ». Le langage peut ainsi servir à plusieurs choses à la fois : maintenir le
contact (fonction phatique) tout en prenant pour objet le code du message (fonction
métalinguistique), par exemple, dans as-tu entendu ce que je t'ai dit  ?
La fonction expressive
Il s'agit de la fonction relative à l'émetteur. Elle est utilisée par le destinateur pour informer le
récepteur sur sa propre personnalité ou ses propres pensées : pour Jakobson, « elle vise à une
expression directe de l'attitude du sujet à l'égard de ce dont il parle. Elle tend à donner l'impression
d'une certaine émotion.
La fonction conative
C'est la fonction relative au destinataire. Elle est utilisée par l'émetteur pour que le récepteur agisse
sur lui-même et s'influence. C'est évidemment une fonction privilégiée par la publicité.
Cette fonction trouve son expression grammaticale la plus pure dans le vocatif et l'impératif.
Cet aspect est lié à une autre approche, la théorie des actes de langage. Des formes grammaticales
comme le vocatif ou l'impératif permettent l'instanciation de cette fonction, de la même manière
que les verbes dits performatifs comme « demander », « affirmer », « proposer »...
La fonction phatique
La fonction phatique est utilisée pour établir, maintenir ou interrompre le contact physique et
psychologique avec le récepteur. Elle permet aussi de vérifier le passage physique du message.
Il s'agit de rendre la communication effective avant la transmission d'information utile. L'exemple
typique est le « Allô » d'une communication téléphonique.
La fonction métalinguistique
C'est la fonction relative au code, le dictionnaire, le mode d'emploi. Avant d'échanger des
informations il peut être important que l'échange porte d'abord sur le codage utilisé pour le
message. Ainsi les partenaires vérifient qu'ils utilisent un même code. Cette fonction consiste donc
à utiliser un langage pour expliquer ce même langage ou un autre langage. On l'appelle parfois
« traduction ».
Exemples : « 日本語, c'est du japonais », « le verbe manger est un verbe du premier groupe.
La fonction référentielle
Cette fonction du message est centrée sur le monde (un objet ou évènement extérieur) : le contexte
ou référent.
Le référent d'une communication peut être par exemple la table qui se trouve dans
l’environnement des interlocuteurs (dans le même « contexte »), ou alors une culture, un pays.
C'est une fonction extrêmement utilisée puisque la plupart des discussions et des textes dans le
monde contiennent une information.
Cette fonction décrit une réalité objective.
La fonction référentielle oriente la communication vers ce dont l'émetteur parle, vers le sujet, vers
des faits objectifs, à savoir les référents (personnes, objets, phénomènes, etc.,) sans lesquels il n'y
aurait pas de communication possible.
Cette fonction englobe les informations objectives que véhicule le message. Par exemple, l'énoncé
de faits qui se produisent à quelque part.
La fonction poétique
Pour Jakobson, « la visée du message en tant que tel, l'accent mis sur le message pour son propre
compte, est ce qui caractérise la fonction poétique du langage. Cette fonction ne peut être étudiée
avec profit si on perd de vue les problèmes généraux du langage [...]. La fonction poétique n'est
pas la seule fonction de l'art du langage, elle en est seulement la fonction dominante, déterminante,
cependant que dans les autres activités verbales elle ne joue qu'un rôle subsidiaire, accessoire. »
Il s'agit donc de mettre en évidence tout ce qui constitue la matérialité propre des signes, et du
code. Cette fonction permet de faire du message un objet esthétique, même de façon minimale.
Les efforts liés à l'euphonie et à l'ordre des mots concernent la fonction poétique. Le niveau de
langue, le ton, la hauteur de la voix construisent aussi la fonction poétique d'un message oral.

Dans l’exercice proposé : une abeille a quatre ailes mais « abeille  » n’a que deux « l », il y avait
deux fonctions à dégager : la fonction poétique (marquée par la rime) et la fonction
métalinguistique (marquée par les guillemets).

NOUVEAU LE SCHÉMA DE JAKOBSON ILLUSTRÉ PAR QUELQUES EXEMPLES !

SCHÉMA DE LA COMMUNICATION : Roman Jakobson (1963)