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EFFET PLACEBO, TESTS,

THERAPIES MOTIVATIONNELLES
ET APPLICATIONS
PLAN

I. Placebo et effet placebo

1°) Définition de l’effet placebo


2°) Facteurs de l’effet placebo
3°) Psychothérapie du médicament

II. Psychométrie

1°) Définition
2°) Application de la psychométrie
3°) Les tests de niveau
a) Les tests d’intelligence
i. Le test de Binet
ii. Echelle d’intelligence de Wechsler
b) Les tests projectifs

III. La dépendance

1°) Définition classique de la dépendance


2°) Environnement familial et dépendance
3°) Les approches motivationnelles

IV. Cas clinique

V. Réponses à nos questions

Le prof nous a conseillé certains livres pour illustrer les thèmes abordés dans nos
cours de psycho (mais il ne veut pas pour autant que l’on lise des choses trop
compliquées)…
- Les Mots pour le dire, de Marie Cardinal. Joli roman : histoire d’une dame qui
a des métrorragies psychosomatiques rebelles à toutes les approches
gynécologiques et qui va guérir grâce à une psychanalyse.
- Ma Saison chez Lacan. Histoire d’un homme qui raconte la psychanalyse de
Lacan.
- La Vie matérielle, de Marguerite Duras. Histoire d’une femme qui raconte sa
dépendance à l’alcool, aux hommes, à tout un tas de choses…
Les bouquins de psycho médicale ne sont pas forcément très intéressants (dixit le
prof, qui ne voit pas trop quoi nous conseiller).

I. Placebo et effet placebo


1°) Définition de l’effet placebo

 Modifications objectives ou subjectives de l’état d’un sujet auquel est


administré en milieu médical un corps sans action pharmacodynamique.

 Lors de l’administration d’une molécule active, c’est la différence entre les


effets constatés et l’action pharmacodynamique.

 Placebo (du verbe « plaire ») désigne un produit sans action réelle que le
médecin donne au malade pour lui plaire.

Il ne faut pas confondre le placebo et l’effet placebo. Il y a des effets placebo dans
tous les médicaments même les plus «  objectifs  », tandis que le placebo est un
produit sans action pharmacologique. Donc l’effet placebo ne s’observe pas seulement
avec les placebos. (ndlr: on met un «  s  » au pluriel à placebo pour le nom, mais pas
l’adjectif)
Par exemple, si vous voyez sur la notice de votre antibiotique qu’il enlève la fatigue,
vous pouvez vous sentir moins fatigué après la prise du comprimé  : c’est l’effet
placebo, déclenché par un médicament qui n’est pas un placebo.
Les bons médecins ne donnent pas de placebo, car le placebo est un mensonge.

Rem  : évitez de vous ramasser des 0 en psycho en écrivant sur vos copies que les
maladies psy sont de fausses maladies, que l’on traite toutes avec des placebos. En
effet, les placebos n’agissent pas plus sur les maladies psy que sur les autres, et de
plus, en psychiatrie nous n’avons aucun usage du placebo. Par contre, il y a des effets
placebo dans tous les domaines de la médecine, y compris en psychiatrie.

De nos jours, des recherches sont faites pour étudier les modifications cérébrales
induites par l’effet placebo, ainsi que ses effets biologiques.

2°) Facteurs de l’effet placebo

 Avant tout par la SUGGESTION : Vous dites à un malade «  Vous allez prendre
çà et vous vous sentirez mieux  ». Le malade vous fait confiance et ressent
l’effet.

 Effet du transfert psychothérapique : Vos patients transfèrent sur vous et


vous font confiance.
 Réflexe conditionné : Quand les gens prennent un médicament, soit ils se
sentent mal («  J’ai regardé la boite, déjà j’avais mal à la tête  », effet terrible
des notices  : bien sûr il faut informer les patients en détail, mais quand ils
lisent sur les notices que ca peut provoquer des maux de tête etc…, s’ils sont un
peu anxieux, ils vont tout de suite avoir tous les signes de la notice), soient ils
se sentent tout de suite mieux.

3°) Psychothérapie du médicament

 Valable pour tous les traitements.

 Action pharmacodynamique.

 Effet relationnel (attitude du médecin, adhésion à l’effet thérapeutique,


attente du patient). Quel que soit le traitement que vous serez amenés à
prescrire, vous verrez que les conditions de la prescription vont influer sur son
action. Si vous balancez l’ordonnance en disant «  prenez-çà et puis je vous
revois dans 6 mois  » ou si vous êtes interrompus 3 fois par le téléphone, vous
n’aurez pas l’effet relationnel et votre patient ne prendra pas le traitement.
Donc l’attitude que vous avez et le temps que vous consacrez à votre patient
sont très importants. L’explication donnée au patient est le côté rassurant que
l’on peut avoir avec l’ordonnance. Donc prescrire une ordonnance, c’est un acte
médical somatique, mais aussi un acte relationnel.

 Conditionne la guérison, la compliance, la régularité des prises. A vous de


trouver aussi dans les traitements au long cours la bonne durée pour une
ordonnance  : si vous prescrivez un médicament pour 6 mois (à moins que ce ne
soit un vieux patient qui prend ce traitement depuis des années), le patient ne
prendra jamais le traitement pendant 6 mois  ! Si vous prescrivez un
médicament pour 3 jours et que vous convoquez votre patient tous les 3 jours,
il va se demander «  Pourquoi me fait-il revenir aussi souvent  ?  ». On peut
demander au patient pour combien de temps il souhaite qu’on lui fasse une
ordonnance, et se mettre d’accord avec lui sur la fréquence des consultations.
Le patient voit ainsi qu’il est décisionnel, qu’il a un avis. Il ne faut pas oublier
que bien qu’à l’hôpital on puisse donner des traitements 4 fois par jour, ce peut
être gênant pour le patient dans sa vie quotidienne de prendre un médicament
le midi, surtout s’il a une connotation psy  : le patient ne le prendra pas.
II. La psychométrie

1°) Définitions

 La psychométrie, c’est tester le psychisme.

 La psychométrie (Pichot) est l’ensemble des procédés aboutissant à une


description quantitative des faits psychologiques.

 Le test psychologique (Pichot) est une situation expérimentale standardisée


servant de stimulus à un comportement. Le comportement est évalué par une
comparaison statistique avec celui d’autres individus placés dans la même
situation, permettant de classer le sujet analysé soit quantitativement, soit
typologiquement.

Donc la psychométrie donne des chiffres.


Lors d’un test psychologique, on met le patient face à des photos, des images, et on va
voir comment il réagit.
En psychologie, il n’y a pas de norme, ni de personnalité idéale, mais on pourra voir si
le patient est plutôt angoissé, chercheur de sensations… (On verra çà en ED).
On utilise la psychométrie pour tester le degré d’intelligence (on parle de Quotient
Intellectuel).
Les tests de recrutement dans les entreprises sont des tests psychométriques.

2°) Application de la psychométrie

 La mesure de la personnalité s’établit à l’aide de la psychométrie. Les principaux


tests sont le MMPI (Minnesota Multiphasic Personality Inventory) et le test
par tâches d’encre de Rorschach.

 La mesure peut prendre diverses formes. On peut proposer au sujet de


répondre par écrit à des questions de type vrai/faux ou à des choix multiples.
Ils peuvent composer des histoires imaginaires ou dire ce qu’ils voient dans des
tâches d’encre.

Le MMPI est un vieux test dans lequel on offre plein de propositions au patient et il
les met dans 2 boites  : d’accord/pas d’accord. Par exemple «  Vous arrivez dans une
soirée ou vous ne connaissez personne, est-ce que vous restez dans votre
coin  ?  Abordez tout le monde  ?  ». C’est très long, mais après 200 à 300 questions, on
va obtenir un profil de votre caractère.
Le test de Rorschach est également un très vieux test.
En pédopsychiatrie, on peut tester les enfants en leur montrant des images avec un
petit animal qui s’appelle Patte Noire et on leur demande de raconter une histoire
autour de cet animal, auquel ils vont finir par s’assimiler «  Ah bah oui, c’est comme
moi, d’ailleurs mes parents me tapent aussi…  ».
Autre exemple, on présente au patient une photo avec un couteau par terre et on
demande s’il va le ramasser. Le psychopathe va répondre «  Ah oui je vais le prendre
et je vais tuer tout le monde  », chez les plus anxieux, on entendra des réponses
comme «  Ah bah non, rien que de voir ce couteau, çà me fait peur  !  ».
Dans le test du Rorschach, chacune des taches est censée représenter un type de
préoccupation (sexualité, angoisse…). Il n’y a pas de Rorschach normal ou anormal, il y
a une manière dimensionnelle de réagir, mais pas de bonnes ou de mauvaises réponses.

3°) Les tests de niveau

a) Les tests d’intelligence

i. Test de Binet

 Epreuves verbales classiques


 Age chronologique (AC) et âge mental (AM) (chez l’enfant)
 Quotient Intellectuel : QI = AM/AC (mois)

Si vous avez 10ans et un QI de 30, vous avez l’âge mental d’un enfant de 3ans.
Pour vous donner une idée, dès que l’on sait lire et écrire, on a un QI aux alentours de
90. Quand on est étudiant en faculté, on a un QI d’environ 120, ce qui ne veut pas
dire grand-chose…

ii. Echelle d’intelligence de Wechsler

 WAIS (Wechsler Adult Intelligence Scale)


 WISC (Wechsler Intelligence Scale for Children)
 Epreuves verbales et non verbales.
 Scores et QI.
 Aucune notion de norme mais moyenne statistique.

On n’utilise jamais le QI comme une sélection.


C’est un test de niveau de vocabulaire, avec des mots de difficulté croissante  : les
premiers mots c’est par exemple «  voiture  », si vous vous arrêtez à «  voiture  » vous
avez un QI à 30  ; à 50 c’est des mots un peu plus compliqués  ; à 100 c’est toujours
des mots usuels et à 150 c’est des mots que vous n’avez jamais entendus (surtout que
le test a un peu vieilli…)
b) Les tests projectifs

 Les tests projectifs permettent l’expression spontanée et créatrice du sujet.


Ils laissent apparaître des processus inconscients. Ils sont un moyen d’étudier
la personnalité. (pas à savoir mais intéressant quand même : Ils consistent à proposer au
patient un matériel peu structuré qu’il construit à sa guise. Le patient donne des significations à
ce matériel qui révèlent la manière dont il résout les conflits, son appréciation de la réalité, ses
mécanismes de défense. Les énoncés du sujet font l’objet d’une analyse et d’une interprétation.
Il n’y a pas de bonne ou de mauvaise réponse comme dans d’autres tests).

Ce qui est important, c’est donc l’accès que l’on a aux processus inconscients.

 Le test de Rorschach consiste en une série de planches (10) présentant des


stimuli visuels ambigus. On demande au sujet testé de décrire ce qu’il voit dans
une tâche d’encre (qui ne représentent pas précisément quelque chose) . La
conscience étant probablement en peine de savoir ce qui devrait s’y trouver,
l’inconscient prend le dessus. Les réponses apportent ainsi des indications en
provenance de l’inconscient. Les psychologues font défiler chacune des
planches et notent tout ce que les patients disent.

 Le stimulus ambigu est interprété en fonction des sentiments, des besoins et


des intérêts. Si vous êtes un fanatique de foot, vous allez voir des images de
foot sur les planches de Rorschach  ; si vous êtes obsédés par le sexe, vous
n’allez voir que des scènes pornographiques (donc tout dépend de vos centres
d’intérêts…). Chez un patient un peu délirant à qui l’on présente des planches de
Rorschach, il va partir complètement dans son délire, va voir des
extraterrestres, etc…

 Interprétation sur les couleurs et les formes, l’utilisation de l’ensemble de la


planche ou d’un détail.

 Interprétations diverses possibles :


- Liens entre le mode perceptif et la personnalité
- Interprétation de toute la planche ou d’un détail
- Interprétation de la forme, de la couleur, de la sensation de mouvement
- Variation dans le contenu des réponses (êtres humains, plantes, objets,
animaux…)

Le prof n’est pas un spécialiste du Rorschach mais il pense que quand on voit des
animaux partout, ce n’est pas un très bon signe (les psychologues vous classeront
plutôt dans les psychotiques). Conseil si vous devez passer un test de Rorschach,
dites plutôt que vous voyez des personnages (vous serez juste névrosés mais c’est
moins grave, et si vous voyez votre père ou votre mère, c’est l’idéal, quasiment
normal). Certaines couleurs vont déclencher des affects plutôt anxieux.

III.La dépendance
=comment la psychologie peut guérir des dépendances

1°) Définition classique de la dépendance


(quelle que soit la substance  : tabac, alcool, drogue…)

 Altération du comportement
- Manière de consommer non-conforme aux habitudes du pays du milieu
- La façon de consommer ne tolère aucune variabilité (boit tous les jours) ;
temps passé, abandon d’autres activités.
- Résistance aux effets du toxique. Les 2 principaux facteurs de
dépendance à l’alcool sont les antécédents familiaux et le fait de bien
tenir l’alcool.
- Déni des conséquences. Le dépendant minimise les conséquences de sa
dépendance. «  Je sais qu’on peut avoir des cancers à cause du tabac mais
moi j’vais passer à côté, c’est pas si grave, et puis je suis jeune…  »
- Perte du contrôle. Impossibilité de boire modérément. Donc inutile de
conseiller à un alcoolo-dépendant de boire modérément  ; la seule façon
de l’aider est de le faire arrêter complètement  : c’est le sevrage.
- Désir obsédant de toxique ou « craving ».

Attention  !!! Le diagnostic de dépendance repose sur des signes psychologiques,


c'est-à-dire l’altération du comportement. Donc on peut être dépendant même si on
n’a pas une dépendance physique.
La dépendance, c’est une relation d’emprise entre un individu et une substance.
Attention, dans vos observations, n’écrivez pas «  Le patient avoue boire tant  ; le
patient avoue fumer tant  ». On n’avoue pas son rythme cardiaque, on n’avoue pas son
cholestérol, donc on n’avoue pas non plus ce qu’on boit  ! On n’est pas sur la logique de
la morale, on est sur la logique de l’observation. On parle de «  consommation déclarée
d’alcool/de tabac  ». N’écrivez pas trop non plus «  éthylique  »  : on parle de
dépendance à l’alcool, pas la peine de se cacher derrière des mots  !

 Signes de dépendance physique


- Apparus lors d’un sevrage total ou d’une diminution de la consommation.
- Imposent une consommation régulière et quotidienne.
- Tolérance = accoutumance progressive aux effets du toxique.
- Augmentation progressive des doses de toxique ingérées.

Les 2 signes de dépendance physique sont la tolérance (l’organisme s’habitue aux


effets de la substance) et le sevrage.
Les signes de dépendance physique sont des signes de gravité supplémentaires mais
ils ne sont pas contributifs au diagnostic.
On peut avoir une dépendance physique sans dépendance psychique. Par exemple,
prenez un patient de cancéro qui a besoin, pour soigner ses douleurs, d’antalgiques
opiacés, il n’a pas de craving, mais il a des envies physiques donc il peut tout à fait
être dépendant physique sans être toxicomane. Par contre si vous arrêtez son
traitement, il aura un syndrome de manque.

2°) Environnement familial et dépendance

 Facteurs génétiques et environnementaux (font que l’on devient dépendant).


Aujourd’hui, on n’a pas étudié clairement les facteurs génétiques transmis mais
on sait qu’ils existent.
 Les deux grands risques sont :
- La résistance aux effets des toxiques. Ceux qui deviennent malades à
chaque fois qu’ils fument une cigarette n’ont pas un grand risque de devenir
tabagiques. Ceux qui, après avoir bu un verre d’alcool, deviennent tout
rouges et se mettent à trembler (population asiatique +++), ne vont pas
devenir alcoolo-dépendants. A l’inverse, ceux qui résistent bien à l’alcool,
peuvent devenir dépendants. (je ne citerai pas de noms…)
- La consommation précoce

 Famille perturbée : cause et conséquence de la dépendance. Forcément si


vous rentrez chez vous tous les soirs ivre et chargé d’héroïne, vous allez
remarquer que l’ambiance familiale va tout à coup devenir difficile. Vous allez
dire «  J’ai des problèmes affectifs avec ma petite amie  », effectivement
vous aurez des problèmes affectifs, mais ils seront la cause ET la
conséquence de votre dépendance.

 Instabilité familiale ; conflits incessants.

 Manque de discipline ou discipline inadaptée. Les parents imprévisibles sont


les parents les plus angoissants pour les enfants. C’est par exemple les
parents qui ont des moments de grande dureté et des moments très cools.
L’enfant ne sait jamais comment va s’organiser sa famille  : Un soir, camp de
rétention pour adolescents  ; le lendemain, communauté hippie… L’enfant ne
sait pas se positionner, s’adapter.

 Rejet des parents.

 Absence de rituels familiaux ou rituels terrifiants. Par exemple, tout le


monde est devant la télé tout le temps et personne ne communique, sauf
PPDA  !

 Mauvaise communication intrafamiliale.

 Au pire, agressivité ou abus sexuels dans la famille. Il est malheureusement


très fréquent que des dépendants racontent des agressions sexuelles vécues
pendant l’enfance.

3°) Les approches motivationnelles


C’est l’approche de la psychologie dans le domaine de la dépendance.

Les 6 étapes de Prochaska :

1) La pré-intention : La personne n’envisage pas de changer son comportement


dans les 6 prochains mois. Les raisons en sont variées : manque d’information,
manque de confiance en soi, échecs antérieurs, peur des conséquences…
2) L’intention : La personne envisage de modifier ses habitudes dans un avenir
relativement proche. Elle pèse le pour et le contre.

3) La préparation : La décision est prise et la personne se prépare au changement.


Elle se renseigne, demande conseil, recherche des informations.

4) L’action : C’est une période d’environ 6 mois au cours de laquelle la personne


modifie ses habitudes (arrêt de la consommation d’alcool/de tabac/de drogues) .
Cela demande beaucoup d’attention et d’efforts au quotidien. C’est la période la
plus délicate où le risque de revenir au comportement antérieur (ré
alcoolisation par exemple) est le plus important pour des raisons diverses. Le
prof demande au patient qui vient en consultation pour arrêter de fumer ou de
boire, de se donner un jour, de choisir une date à partir de laquelle il va
commencer son sevrage, voire de l’écrire sur son agenda.

5) Le maintien : Il s’agit d’éviter les rechutes. L’effort à fournir est moins intense,
la réussite, le fait de se sentir mieux renforcent la motivation, la personne a
davantage confiance en ses moyens. (cf. film «  Le Pari  », avec les Inconnus. Le
prof fait lui-même des paris avec ses patients «  Je vous parie que dans un
mois, vous vous sentirez mieux  »).

6) La résolution : La personne n’a plus de tentation de revenir à la situation


antérieure, même si elle se retrouve dans de mauvaises conditions (stress,
anxiété, dépression, situation à risque…). De plus, elle est convaincue qu’elle ne
rechutera pas. Une étude auprès d’anciens fumeurs et d’anciens alcooliques a
montré que moins de 20% des personnes de chaque groupe avait atteint ce
stade. Cette étape semble être un idéal pour beaucoup de patients et un
objectif réaliste est de rester au stade de maintien.

Ces étapes sont très importantes à connaître  : c’est la base de toutes les thérapies
motivationnelles. (Le prof aimerait bien qu’on les sache, car on nous les demandera
tout le temps).
A l’occasion de toute consultation avec un patient dépendant, on doit le faire passer
de la pré-intention à l’intention.
Donc avec les thérapies motivationnelles, on ne va pas demander au patient qui fume,
d’arrêter de fumer, mais on va le faire passer progressivement d’un stade de
motivation à un autre. On n’est pas dans la logique échec/réussite, mais dans la
théorie des petits pas, où on avance progressivement vers le sevrage.
Même si le patient parcourt tout le cycle et qu’il recommence à fumer, il ne
retombera pas dans la pré-intention  : il risque de revenir à l’intention ou à la
préparation.
Les patients savent qu’en cas de rechute, on peut toujours recommencer ce cycle.
Certaines personnes n’arriveront jamais au stade de la résolution  : elles seront
toujours en lutte permanente. Attention, même à ce stade de résolution, il peut y
avoir des rechutes, mais le patient ne lutte plus en permanence.
IV. Cas clinique
Le prof nous a passé un film portant sur un patient d’environ 30ans.
Le patient présente une douleur à l’épaule, associée à un blocage : il ne peut plus
lever son bras. Il explique que son épaule a été soudée; refaite complètement, il y a 5
ou 6 mois. Le psy demande qui a pratiqué l’opération, où et pourquoi. Le patient lui
répond que « L’épaule a été faite à la maison, par laser. On m’a obligé parce que la
machine est venue chez moi, sur moi. C’était très douloureux. ». La machine est restée
plusieurs jours mais le patient ne l’a pas vue, par contre quelqu’un lui parlait via la
machine et disait « Je refais la clavicule ». C’était toujours la même voix. D’autres
organes on été refaits : la poitrine, le dos, les os, la « glandule »…
Le patient pense que cette opération fait partie d’une série de 3 transplantations. En
effet, il dit s’être déjà fait transplanter de tous les organes à l’âge de 4 ans. Il vient
de subir la 2ème transplantation et la 3ème est prévue vers 60-70 ans.
Le patient a déjà rencontré son médecin, qui fait des endoscopies. Au début, il est allé
le voir car c’est son médecin personnel, depuis la naissance. « C’est lui qui a diffusé le
laser ». Le patient n’a pas demandé à son médecin pourquoi il pratiquait ces
transplantations car le médecin « sait ce qu’il a à faire » et lui fait du bien.
Depuis sa transplantation, il se sent toujours normal. Il est suivi par un kiné pour
soulager ses douleurs. Il sent que son corps n’est toujours pas guéri : il sent sa
« glandule en train de se construire », elle le pique un peu. Il n’entend plus parler les
gens qui l’ont transplanté.
Pendant la transplantation, il était chez lui, assis tranquillement puis allongé quand
« on » lui demandait. Il n’a pas vu les lasers mais les a sentis sur lui.

Commentaires du prof sur ce cas clinique :


Le patient a des hallucinations (=perceptions sans objet) : il entend des voix, il sent
des choses dans son corps qui n’existent pas.
C’est une forme de délire hallucinatoire chronique appelée schizophrénie productive
ou délirante (aussi nommée psychose hallucinatoire chronique).
Le patient a une imagination très riche, et une « perception sans objet à percevoir ».
C’est une maladie qui maintenant se soigne bien, à l’aide d’antipsychotiques (ou
neuroleptiques).

V. Réponses à nos questions


Q : Les sensations du patient sont-elles réelles ?
R : Pour le patient, c’est une sensation réelle : ces sensations sont intégrées au niveau
cortical, alors qu’elles ne sont pas réelles au niveau périphérique.

Q : La douleur est-elle réelle ?


R : Il se peut qu’il ait réellement une douleur à l’épaule, mais que son imagination ait
pris le dessus et que la cause réelle de la douleur et du blocage soit masquée par le
délire.

Q : Le patient croit-t’il vraiment avoir vécu cette histoire ?


R : Le patient n’a aucun doute vis-à-vis de la réalité de son histoire. Il était même
devenu menaçant vis-à-vis de son médecin, ce qui a provoqué son hospitalisation. Il a
été traité par neuroleptiques (il était alors totalement renfermé et refusait tout
contact). C’est pourquoi il est un peu confus au moment de cet interrogatoire : il
commence à se poser des questions sur son histoire.

Q : Pourquoi le psy pose-t’il des questions et quelles sont les questions à poser ?
R : Le psy fait l’analyse sémiologique du délire : il va préciser la nature du trouble
(délire, anxiété…). Ce n’est pas uniquement utile au médecin : c’est également utile
pour le patient car quand on va le revoir, on pourra noter l’évolution et l’efficacité du
traitement. Il y a donc un examen clinique sur les fonctions psychologiques tout
comme il y a un examen clinique sur les fonctions corporelles.

Q : Quel est le comportement à avoir vis-à-vis d’une douleur ?


R : Première chose : noter de quoi se plaint le patient/pourquoi il vient nous voir/quels
sont ses symptômes ? Ensuite, quels mots utilise-t’il pour décrire cette douleur ?
Avant de vous poser la question « Comment puis-je l’aider ? », demandez-vous ce qu’il
a exactement. Puis on va prendre le temps de réfléchir et se demander si les douleurs
peuvent être traitées uniquement en traitant leur origine psychologique (ex : si c’est
dû à une anxiété, on va traiter l’anxiété, dû à un délire, on donnera des
neuroleptiques…) ou si ce sont des douleurs existant réellement au niveau
périphérique, c'est-à-dire des douleurs avec des lésions, dans ce cas on utilisera des
antalgiques.
Donc il n’y a pas UN traitement de la douleur, il y a comprendre ce que c’est que cette
douleur, quelle en est la cause, et ensuite trouver le traitement adéquat.

Q : La limitation douloureuse de l’élévation de l’épaule est-elle réelle ou simulée ?


R : Le prof ne sait pas : peut-être qu’il a pris un coup à l’épaule et qu’il délire dessus ou
que, étant délirant, il a quelque chose qui l’empêche d’élever son épaule : ce peut être
l’un ou l’autre. Le prof serait tenté de dire que le patient a probablement des voix qui
l’empêchent de l’élever.

Q : Dans la schizophrénie, est-ce que les thèmes abordés par le patient ont un lien
avec la cause de la maladie ?
R : Il n’y a aucun lien, et finalement, la thématique que l’on va noter lors de cet
examen clinique ne va pas changer grand-chose au traitement. Le traitement va plutôt
être choisi en fonction du fait que le patient délire ou non ; présente d’autres signes…

Q : Le médecin doit-il expliquer au patient sa pathologie ?


R : On finit par dire aux patients, au bout d’un certain temps, qu’ils souffrent d’un
état psychotique, d’une psychose, et que cet état est soigné par un traitement appelé
neuroleptique. L’objectif est aussi d’obtenir une alliance thérapeutique.
Q : Le patient a-t-il été interrogé sur ses croyances et sa culture ?
R : Le patient a été interrogé sur ses croyances. C’est important de les respecter.
Cependant ici, il n’y avait aucun doute que le patient souffrait d’hallucinations, sa
famille était d’accord avec cela. Tout çà est bien entendu connoté par le modèle
culturel, mais la nature psychotique de son état ne faisait aucun doute.

FIN

Autres questions que vous avez pu vous poser un jour:


 Est-ce que c’est dangereux de manger un autre être humain ?
En réalité, çà ne l’est pas vraiment. La chair humaine a une grande valeur nutritive, et vous
permettra de survivre si votre avion s’est écrasé, et si vous n’avez que vos malheureux compagnons
de voyage à vous mettre sous la dent. A moins que vous ne mangiez la cervelle : il existe une
maladie neurodégénérative rare, le kuru, qui peut se produire lorsqu’on mange de la cervelle
humaine, et qui a tué près de 10% de la tribu Fore, des cannibales de Nouvelle Guinée. Le kuru se
manifeste par une faiblesse musculaire et des difficultés à marcher. Puis, les Fore avaient du mal à
parler et ne pouvaient plus se tenir debout, ni même s’asseoir. Ils finissaient par mourir de faim ou
d’infection.
 Est-ce qu’on peut se défoncer en léchant un crapaud ?
Contrairement à ce que l’on pense, les crapauds ne donnent pas de verrues. Mais la glande parotide
qu’ils ont derrière les yeux produit une substance protectrice : une toxine pouvant rendre malades
certains animaux, ou irriter les yeux humains. Or, certaines personnes vont plus loin que
simplement toucher des crapauds : elles les lèchent dans l’espoir de se défoncer avec une substance
psychédélique censée se trouver sur leur peau. Effectivement, la peau de certains crapauds sécrète
une substance semblable à la sérotonine et au LSD, et peut provoquer des hallucinations.
 Est-ce que le sperme est nourrissant ? Est-ce qu’il fait grossir ?
Le sperme, malgré l’importance de son contenu, n’est pas particulièrement nourrissant, et ne fait
pas grossir. Un éjaculat contient une centaine de millions de spermatozoïdes. Nombre de calories ; à
peu près 5. Ces calories proviennent de protéines (comprenant des enzymes) et des sucres
(principalement le fructose) sécrétés dans le liquide séminal par la prostate afin de donner aux spz
suffisamment d’énergie pour pouvoir nager. On trouve plein d’autres bonnes choses dans le
sperme : de l’eau, de la vitamine C, de l’acide citrique, des phosphates, des bicarbonates, du zinc et
des prostaglandines. Un vrai petit déjeuner pour les champions !
 Est-ce que les loups-garous existent vraiment ?
La légende du loup-garou peut provenir de 2 pathologies réelles : La porphyrie cutanée (une
maladie hématologique héréditaire rare) et l’hypertrichose universelle congénitale. Dans la
première, les patients deviennent extrêmement sensibles à la lumière, leurs poils poussent
exagérément, et leur peau se couvre de lésions, de cicatrices et de zones dépigmentées. La porphyrie
a également tendance à resserrer la peau autour des lèvres et des gencives, faisant ainsi ressortir des
incisives. Dans la seconde, le patient souffre d’une pousse excessive des poils sur tout le corps, y
compris le visage.
 Est-ce que les gauchers sont plus intelligents que les droitiers ?
Les livres de médecine sont remplis d’études portant sur l’impact de la latéralité dominante sur
l’hygiène, la dépression, les fonctions immunitaires, la schizophrénie, l’énurésie, la longévité, les
allergies, l’intelligence… mais les neuropsychologues n’ont trouvé aucun résultat significatif ! En
revanche, les hommes ont à peu près deux fois plus de chances d’être gauchers que les femmes. Il
n’y a aucune explication scientifique à cela. Hypothèse évolutionniste : les hommes ont développé
l’usage de la main gauche pour pouvoir pratiquer la masturbation ambidextre ? (Pourquoi ils nous
parlent pas de çà dans l’UE sur l’évolution ???)
 Pourquoi ronfle-t’on si fort quand on est soûl ?
L’alcool amplifie le ronflement en relâchant les muscles qui maintiennent la gorge ouverte, ce qui
fait que le voile du palais et la luette vibrent davantage au passage de l’air ! Voilà une autre raison
d’arrêter de boire !!!
 Est-ce que c’est dangereux de se retenir d’éternuer ?
Un conte de bonne femme nous avertit que, si on se retient d’éternuer, on risque d’avoir la tête qui
explose. Cà n’arrivera pas, mais vous pouvez vous faire mal. L’éternuement est un réflexe
déclenché par une stimulation sensorielle des muqueuses du nez, qui résulte en une expulsion d’air
violente et coordonnée à travers la bouche et le nez. La plus longue série d’éternuements a duré 978
jours ! L’air expulsé lors d’un éternuement se déplace à 160 km/h ; et chaque éternuement projette 2
à 5000 gouttelettes chargées de bactéries. Retenir un éternuement risque de provoquer une fracture
du cartilage nasal, des saignements de nez, une rupture des tympans, une baisse de l’ouïe, des
vertiges, un décollement de la rétine ou un emphysème facial !
 Est-ce qu’on peut réellement se casser le pénis ?
Désolée messieurs, pour cette douloureuse nouvelle : bien qu’il ne contienne pas d’os, on peut se
casser le pénis, ce qu’on appelle généralement une « fracture » du pénis. Un choc brutal ou une
torsion du pénis en érection peuvent déchirer l’épaisse gaine fibreuse qui entoure le tissu du corps
caverneux. C’est un accident qui arrive le plus fréquemment au cours d’un rapport sexuel. Ne vous
attendez pas à ce qu’on vous plâtre le pénis : cette lésion nécessite une opération d’urgence, pour
limiter le risque de dysfonctionnement sexuel ! Aïe !