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Master Spécialisé :

« Management Stratégique des Ressources Humaines et Gouvernance


Régionale »

L’entrepreneuriat dans les établissements


universitaires : Rôle des incubateurs

Réalisé par : Encadrée par : Mme. El Azzaoui


 Sadiqui Moaad
 El Younsi Omar
 El Younsy Rachid
 Salem Mohamed
Année universitaire : 2019-2020

1
Plan

 Introduction

 Chapitre I : Qu’est-ce que l’entrepreneuriat ?


 Section I : Concept de l’entrepreneuriat
 Section II : L’intention entrepreneuriale : un concept
au cœur de l’initiative entrepreneuriale

 Chapitre II : Entrepreneuriat et université


 Section I : la relation entre l'université et
entrepreneuriat
 Section II : Les incubateurs universitaires

 Conclusion

2
Introduction
L’entrepreneuriat est de plus en plus considéré comme un important vecteur de
développement économique et social eu égard à son rôle primordial dans la
création de richesse et la lutte contre le chômage. L’université se trouve au centre
des acteurs clés interpellés sur cette question de l’entrepreneuriat et pouvant jouer
un rôle central dans la promotion de l’esprit entrepreneurial.
Au Maroc, La relation entre « université » et « entrepreneuriat » était quasi-
absente jusqu’au début des années 2000. En effet, en 2002 le Réseau Maroc
Incubation et Essaimage a été mis en place par les pouvoirs publics en partenariat
avec des acteurs socio-économiques afin de contribuer au rapprochement entre
l’université et le monde des entreprises et de favoriser l’innovation et la création
d’entreprises innovantes. Ce réseau fédère actuellement 14 incubateurs. En 2003,
le Maroc a mis en œuvre une réforme de l’enseignement supérieur axée beaucoup
plus sur le développement des compétences que sur l’acquisition des
connaissances. Dans le cadre de cette réforme, certains établissements
universitaires ont introduit dans leurs formations le module de « Culture
entrepreneuriale ». Mais ce n’est qu’en 2009 que le programme d’urgence a
recommandé la généralisation de ce module à toutes les filières des universités.
Par ailleurs, des formations de licence et de masters spécialisés ont été lancées
dans le domaine de l’entrepreneuriat par plusieurs écoles et facultés ; et des
compétitions pour le choix du meilleur projet ont été organisées à l’échelle des
universités et au niveau national.
Ce travail assigne comme objectif d’essayer d’appréhender l'importance de
l'entrepreneuriat et le rôle joué par l’université marocaine dans le développement
de la culture entrepreneuriale afin de répondre à la problématique suivante :
quelles sont les actions menées par l’université marocaine en vue de développer
chez les étudiants un esprit d’entreprendre et des compétences entrepreneuriales
?

3
Chapitre I : Qu’est-ce que l’entrepreneuriat ?

Section I : Concept de l’entrepreneuriat1


La recherche en entrepreneuriat évolue de plus en plus, en devenant même un
champ de recherche à part entière (Bruyat, 1993). Kuratko (2005) qualifie cette
croissance de « la plus éminente force économique que le monde ait connu durant
ces dernières années ».

L’entrepreneuriat est devenu un domaine d’intérêt incontournable auquel les


différentes parties prenantes de l’entreprise se tournent de plus en plus (Fayolle,
2005 ; Welter et Lasch, 2008). L’engouement pour l’entrepreneuriat a pris de
l’importance dès le moment où les entreprises se sont vues confrontées à un
environnement de plus en plus source de contraintes, les obligeant ainsi à trouver de
nouveaux outils et méthodes pour conserver leur dynamisme économique
(Landström, 2008).

L’intérêt grandissant de la part des chercheurs et des décideurs en ce qui concerne


la compréhension, le soutien, et la promotion de cette activité pour soutenir le
développement économique, ne peut qu’expliquer la position importante qu’occupe
l’entrepreneuriat. (Audretsch et coll., 2007 ; Minitti, 2008 ; OCDE, 2006). Ainsi,
Plusieurs chercheurs et décideurs économiques n’hésitent pas à faire ressortir
l’importance de l’entrepreneuriat et son rôle dans le développement économique.

1
Mohamed BINKKOUR et Abdelaziz MESSAOUDI, FINANCER ET PROMOUVOIR L’ENTREPRENEURIAT EN
AFRIQUE « La promotion de l’entrepreneuriat au Maroc : rôle de l’Etat et perception des entrepreneurs », pages :
244-247.

4
Définir l’entrepreneuriat reste un exercice difficile. Malgré une documentation
scientifique de plus en plus abondante et rigoureuse, aucune définition de
l’entrepreneuriat ne fait l’unanimité au sein de la communauté scientifique, et le
concept est souvent utilisé de façon imprécise (Audretsch, 2002 ; Friis, Paulsson et
Karlsson, 2002 ; Ivensen et coll. 2007). Lorsque nous parlons d’entrepreneuriat, on
constate que plusieurs significations s’y rapportent. (Gartner, 1990). Voici quelques
définitions : « L’entrepreneuriat est le champ qui étudie la pratique des entrepreneurs
: leurs activités, leurs caractéristiques, les effets économiques et sociaux de leur
comportement ainsi que les modes de soutien qui leur sont apportés pour faciliter
l'expression d'activités entrepreneuriales » FILION (1997)

« L’entrepreneuriat est un phénomène combinant un individu et une organisation


[…], son action induit du changement et conduit à une modification partielle de
l’ordre existant » (Thierry VERSTRAET dans l’ouvrage Histoire d’entreprendre :
les réalités de l’entrepreneuriat).

« L’entrepreneuriat est un processus qui consiste à identifier, évaluer et exploiter


des opportunités d’affaires ». (Pour les auteurs du Global Entrepeneurship Monitor,
Rapport exécutif, 2000).

« L’entrepreneuriat est le résultat de toute action humaine pour entreprendre en


vue de générer de la valeur via la création ou le développement d’une activité
économique identifiant et exploitant de nouveaux produits, de nouveaux procédés
ou de nouveaux marchés ». (OCDE, 2007).

Néanmoins, l’entrepreneuriat ne peut être appréhendé que comme une réalité


multidimensionnelle, même si cette réalité est souvent difficile à cerner (Landström,
1999 ; Friis et coll., 2002 ; Audretsch, 2002 ; Fayolle, 2004 ; Julien, 2005). Le

5
caractère multidimensionnel de cette notion est expliqué par les différentes
disciplines auxquelles appartiennent les chercheurs qui se sont intéressés à
l’entrepreneuriat, lesquels abordent la problématique à partir de leurs perspectives
(Landström, 1999).

Ainsi, certains chercheurs tentent de comprendre qui est l’entrepreneur et ce qui


le caractérise, ils considèrent l’entrepreneuriat comme étant est un phénomène
résultant d’une dialectique entre individus, entrepreneurs et une organisation
(Verstreate, 1999). Tandis que d’autres s’intéresseront plus particulièrement à
l’impact de l’entrepreneuriat sur le système socioéconomique, ces derniers limitent
l’idée de l’entrepreneuriat à la création d’entreprises (Gartner, 1989 ; 1990). Pour ce
dernier courant, le point commun qui unit toutes les définitions en domaine
d’entrepreneuriat, et qui constitue de ce fait « le centre de gravité » de ce domaine
de recherche, concerne le processus d’émergence. (Per Davidson, 2004). La notion
de création est la caractéristique fondamentale de l’entrepreneuriat et des recherches
qui lui sont consacrées (Brush et al. 2003).

A. Fayolle (2005) identifie trois axes génériques qui s’expriment dans le champ
de l’entrepreneuriat :

 L’entrepreneuriat en tant qu’objet de recherche qui revient à


s’intéresser à des comportements individuels et organisationnels et au
couple individu/projet.
 L’entrepreneuriat en tant que domaine d’enseignement qui est plus
focalisé sur des connaissances spécifiques pour entreprendre.
 L’entrepreneuriat en tant que phénomène économique et social
s’intéresse à des effets, à des résultats de l’acte d’entreprendre. Aussi
plusieurs chercheurs se sont-ils intéressés à élaborer un cadre conceptuel

6
pour mieux appliquer ce concept. Dans la foulée de ces recherches, Filion
(2005) a listé les thèmes dominant ce champ dans les dernières années :
 Création d’entreprises
 Développement d’entreprises
 Réseaux et entrepreneuriat
 Caractéristiques économiques et démographiques des PME
 Caractéristiques comportementales des entrepreneurs
 Caractéristiques managériales des entrepreneurs
 Gestion des entreprises, redressements, acquisitions
 Processus entrepreneurial.

7
Section II : L’intention entrepreneuriale : un concept au cœur
de l’initiative entrepreneuriale.

I- Le concept de l’intention entrepreneuriale

L’intention entrepreneuriales est le premier acte dans le processus entrepreneurial.


Elle résume la volonté d’une personne de créer sa propre entreprise, et peut-être
expliquée par des caractéristiques individuelles de l’entrepreneur potentiel, par son
milieu environnemental ainsi que par ses spécificités culturelles 2 .

L’étudiant, avant de marquer son intention de créer une entreprise, est avant tout
l’image d’une réalité sociale, économique et politique, la famille étant la première
expérience sociale de l’étudiant. Elle détermine ses comportements et lui transmets
les valeurs qu’on voudrait qu’il partage.

L’entrepreneur est loin d’être quelqu’un qui avance seul et qui ne compte que sur
ses propres moyens pour mener son projet. Dans ce sens krueger et casrud (1993)
soutiennent que l’entourage du porteur de projet doit lui être favorable. Cet
entourage doit posséder les capacités ou ressources nécessaire pour l’aboutissement
du projet.

Selon Granovetter (1995), le comportement humain ne peut être explique en faisant


seulement référence aux motifs individuels, il est modelé et contraint par la structure
des relations sociales dans lesquelles tout acteur est inscrit.

La focalisation sur un entrepreneur isolé conduit à négliger la réalité de création


d’entreprise qui correspond souvent à une démarche collective. Pour Dubini et
Aldrich (1991), la création d’une entreprise est une activité fondamentalement
relationnelle. La famille apporte, en plus de son soutien moral, le réconfort affectif,
alors que les amis, ayant une expérience dans le domaine, prodiguent des conseils,
des encouragements et ravivent l’enthousiasme de l’entrepreneur.

Le réseau relationnel n’est qu’un aspect des facteurs pouvant stimuler l’intention
entrepreneuriale de l’individu. Un état d’esprit et une dynamique d’action de
2
L’intention entrepreneuriale des jeunes diplômés 2011

8
l’individu sont nécessaire pour aboutir à la réalisation entrepreneuriale ,en
conséquence ,l’entrepreneuriat serait aussi une dynamique d’action et un état
d’esprit qu’on peut acquérir par la formation, la sensibilisation aux situations ,les
mesures d’accompagnement, ou encore par des techniques et outils spécifiques(Von
Graevenitza 2010) ,d’où l’importance du système éducatif qui a pour mission de
sensibiliser ,préparer et former à l’entrepreneuriat.

Pour Rasmussen et Sorheim (2006), l’enseignement de l’entrepreneuriat dans les


écoles et les universités peut modifier les attitudes, changer le comportement et les
croyances des jeunes étudiants quant à l’entrepreneuriat, et leur faciliter
l’assimilation et l’accessibilité au phénomène entrepreneurial.

Saporta (2000) avance que l’enseignement à l’entrepreneuriat peut modeler la


cognition de l’étudiant en favorisant la combinaison des trois dimensions
irréductibles et indissociable : réflexion, réflexivité et apprentissage.

II- La culture entrepreneuriale3

Tout individu appartient à une entité culturelle, avec qui il partage des normes et
un système de valeurs. La culture regrouperait alors l’ensemble des connaissances
acquises dans le groupe ainsi que les coutumes acquis par l’expérience au sein du
groupe (Leger-Jarniou ,2008).

Selon le petit Larousse (1980), elle représente l’ensemble des structures sociales
et du comportement collectif caractérisant une société, alors que pour
Hofstede(1980) ,la culture est une programmation mentale collective propre à un
groupe d’individu .Leger –Jarniou (2008) ,quant à lui ,soutient que la notion de
culture entrepreneuriale renvoie à celle plus large de culture et mobilise
l’entrepreneuriat comme processus de création de valeur et acte du développement
de l’esprit entrepreneurial ,et ce, quelle que soit la situation. Ces auteurs soutiennent
que la culture entrepreneuriale ne peut étudiée sans faire référence à la pédagogie
qui permet de la développer.

3
L’entrepreneuriat des jeunes, rôle des clubs universitaire : Cas d’ENACTUS. Page 24 ,25,26

9
Heinonen et Poikkijoki (2006) ont insisté sur la nécessité d’un nouveau modèle
d’éducation qui insiste sur l’expérimentation ,l’action ou l’enseignement par la
pratique comme une pédagogie louable .Le développement des comportements et
attitudes ,qui sont le cœur de l’entrepreneuriat ,met en avant les processus
d’apprentissage et, bien évidemment, l’environnement de l’apprentissage qui doit
les encourager à s’ engager activement .Cela suppose un enseignement oriente sur
l’action ,et encourageant l’apprentissage par l’expérimentation .

Pour Léger –Jarniou (2008), faire évoluer les attitudes et le comportement


demande une pédagogie particulière : la pédagogie classique permet d’apporter des
connaissances, alors que la pratique, la mise en situation et la confrontation à des
problèmes apportent de l’expérience qui va, au fur et à mesure, modifier les
aptitudes, les attitudes et la personnalité.

Il soutient que l’évaluation est un élément –clé du processus d’apprentissage.


Celle-ci doit être, selon hadji (1992), l’acte par lequel on formule un jugement de
valeur portant sur un objet déterminé par le moyen d’une confrontation entre deux
séries de donnés qui sont mises en rapport : des donnés qui sont de l’ordre du fait et
qui concernent l’objet réel à évaluer, et des donnés de l’ordre de l’idéal et qui
concernent des attentes, des intentions ou des projets s’appliquant au même objet.

En tout état de cause, on peut recenser dans la littérature (leger-Jarniou,2008 ;


Arenius et Minniti,2005) que la culture entrepreneuriale est liée à l’innovation, la
créativité, l’attitude face à la prise de risque, l’indépendance, la perception des
opportunités dans l’environnement, l’ambition, l’originalité, la projection dans le
long terme, l’aptitude à résoudre des problèmes, etc.

Ainsi, en matière de culture entrepreneuriale, force est de constater une nécessaire


pédagogie de constructiviste et ludique. En conséquence de quoi, deux modèles
coexistent en sciences de l’éducation : celui comportemental et celui constructive,
qui offrent, selon Hamilton et Hitz (1996), des solutions assez différentes pour
l’enseignement et la formation.

Pour Léger-Jarniou(2008),le modèle comportemental traditionnel se focalise sur


l’acquisition d’informations qui s’inscrivent dans la structure de connaissance de
l’apprenant jusqu’au moment où apparait une nouvelle information qui actualise la
précédente ,alors que le modèle constructive suppose qu’apprendre est contextuel et

10
subit de nombreuse influences .Il n’en demeure pas moins que la pédagogie
entrepreneuriale est devenue plus constructiviste, tant elle se centre sur des options
d’experts, en enseignant des pensées difficiles et contrefactuelles(saks et
Gaglio,2004),en demandant aux étudiants d’être des apprenants autodirigés ,et en les
forçant à réfléchir sur leur apprentissage du savoir (Morse et Mitchelle,2005).

La culture entrepreneuriale serait en effet constituée de qualités et d’attitudes


exprimant la volonté d’entreprendre et de s’engager pleinement dans ce que l’on
veut faire et mener à terme. Elle se veut être comme une culture du projet, une culture
toute particulière puisqu’elle vise à produire de la nouveauté et du changement. Elle
se veut aussi être une culture de création et de construction.
La culture entrepreneuriale ne doit plus être considérée uniquement comme un
moyen de créer de nouvelles entreprises, mais plutôt comme une attitude générale
qui constitue un atout précieux dans la vie quotidienne et professionnelle de tout
citoyen, compte tenu de la portée des caractéristiques qui la définissent.
Dans « La culture entrepreneuriale, un antidote contre la pauvreté », Fortin propose
que la création de richesse passe par le développement d’une culture
entrepreneuriale qui est préférablement endogène en priorisant le développement de
valeurs comme l’autonomie, la responsabilisation, la créativité et la solidarité.

11
Chapitre II : Entrepreneuriat et universités

Section I : la relation entre l'université et entrepreneuriat :


Le développement de la culture entrepreneuriale dans l’université consiste à
promouvoir les principes de l’autonomie, la créativité, la prise d’initiatives et le sens
de responsabilité auprès des étudiants. Ainsi l’entrepreneuriat ne doit pas être
perçu seulement comme un outil favorisant la création de nouvelles organisations
mais plutôt comme une attitude générale à adopter dans la vie quotidienne et
professionnelle.

Missions de l’université marocaine


Selon l’article 3 de la loi 01-00 portant organisation de l’enseignement supérieur au
Maroc, les universités doivent assurer les missions suivantes :
 La contribution au renforcement de l'identité islamique et nationale ;
 La formation initiale et la formation continue ;
 Le développement et la diffusion du savoir, de la connaissance et de la
culture ;
 La préparation des jeunes à l'insertion dans la vie active notamment par le
développement des savoir-faire ;
 La recherche scientifique et technologique ;
 La réalisation d'expertises ;
 La contribution au développement global du pays ;
 La contribution à la promotion des valeurs universelles. 4

Formation Recherche Valorisation de la


Travail sur les Travail sur les recherche
connaissances nouvelles Travail sur le
connaissances développement et
l’application de ces
connaissance

4
La loi n° 01-00 portant organisation de l'enseignement supérieur

12
Actions menées par l’université marocaine pour promouvoir la culture
entrepreneuriale
Concernant les actions entreprises par l’université marocaine pour développer la
culture entrepreneuriale, elles portent sur trois volets :
▪ La sensibilisation : pour objectif de développer les compétences
interpersonnelles de l’étudiant en lui permettant de devenir plus confiant et de
découvrir les traits de caractères essentiels d’un entrepreneur, en particulier le
leadership, la négociation, la prise d’initiatives, la communication et le travail en
groupe.
L’enjeu est de changer les mentalités afin de voir dans l’entrepreneuriat une option
de carrière et de dépasser le système binaire fonctionnaire/salarié
▪ la formation : La formation à l’entrepreneuriat regroupe l’ensemble des actions
pédagogiques qui visent la dotation des étudiants par les comportements,
compétences et qualités nécessaires pour le développement de l’esprit
d’entreprendre5.
▪ L’accompagnement : R. Cuzin et A. Fayolle 6 définissent l’accompagnement
comme une « pratique d’aide à la création d’entreprise, fondée sur une relation
entre un entrepreneur et un individu externe au projet de création. A travers cette
relation, l’entrepreneur va réaliser des apprentissages multiples et pouvoir accéder
à des ressources ou développer des compétences utiles à la concrétisation de son
projet ».
L’accompagnement désigne aussi l’ensemble des services offerts à un porteur de
projet (que celui-ci ait crée ou non son entreprise) par une « structure
d’accompagnement » (un incubateur, une pépinière, une couveuse, …) : au niveau
logistique (bureau, services administratifs), au niveau de l’insertion dans un réseau
(bénéfice d’une légitimité au niveau commercial, financier/levée de fonds… grâce
au label de l’incubateur comme l’a montré Cullière (2004) 7, de sessions de
5
Travail de recherche par Noureddine ABDELBAKI /RACHID ZAMMAR « Université marocaine et culture
entrepreneuriale : quels enjeux et quelles perspectives de développement ? », 2015, p87
6
Cuzin R et Fayolle A « Les dimensions structurantes de l’accompagnement en création d’entreprise », 2004, p77-
88
7
Cullière O., « La légitimité du conseil aux TPE : le cas d’une pépinière d’entreprises technologiques
Innovantes » Thèse de doctorat en Sciences de Gestion, Montpellier, 2004.

13
formation, d’un accompagnement individuel sur son projet… Il favorise le passage
d’une situation projet (idée) à une situation d’entreprise (concrétisation de l’idée).
En effet, L'accompagnement des étudiants leur permet d’avoir une meilleure
orientation de leurs projets et une élaboration efficace de leurs business plans. Les
accompagnateurs sont sollicités pour les aspects suivants :
- l’élaboration de l’étude de marché ;
- la méthodologie d’estimation du chiffre d’affaire ;
- l’élaboration de l’étude technique ;
- l’évaluation du programme d’investissement ;
- l’établissement du compte des produits et charges prévisionnel ;
- le choix du plan de financement ;
- la finalisation du business plan.
Aujourd’hui, l’université marocaine conclut des accords de partenariat avec
plusieurs organismes publics et privés tels que le patronat, les ONG, les centres de
recherches scientifiques, les opérateurs de formations publics et privés, les acteurs
dans le domaine de l’emploi et de la formation.
Le modèle de partenariat entre l’agence nationale de promotion de l’emploi et des
compétences est un indicateur d’ouverture de l’université sur son environnement
socio-économique, qui vise le positionnement de l’université en tant qu’acteur
donateur de visions stratégiques en matière de développement et aussi en tant
qu’organisme pivot incontournable en matière de formation et de développement
des compétences du pays.

14
Enjeux de développement de la culture entrepreneuriale
La forte implication de l’université marocaine pour la promotion de la culture
entrepreneuriale revêt une double importance : d’abord pour l’université elle-
même et ensuite pour l’économie du Maroc.
● Pour les lauréats universitaires
Aujourd’hui 180000 nouveau lauréat universitaire arrive sur le marché de travail
chaque année et pour les intégrer tous il faut atteindre un taux de croissance de
6% et puisque l’économie marocaine ne peut pas atteindre ce taux, l’alternative
restante n’est rien d’autre que l’entrepreneuriat. Et comme le font remarquer
Vestraete (2000) et Schmitt et Bayad (2001), les étudiants et les enseignants-
chercheurs universitaires constituent un « réservoir » riche et varié
d’entrepreneurs potentiels mais souvent inexploité. Ainsi, le développement au
sein de l’université d’une véritable culture entrepreneuriale permet aux lauréats
universitaires de créer leur propre emploi à travers la création de leur entreprise
ce qui va stimuler l’investissement et la croissance.
● Pour l’économie du Maroc
Pour l’économie marocaine, l’enjeu consiste à faire en sorte que les universités et
les enseignants chercheurs marocains jouent un rôle important en matière de
développement et de croissance économique, par les emplois qu’ils créent et par
leur contribution dans le PIB8.
Exemple : Accompagnement par ENACTUS :
ENACTUS est une organisation internationale à but non lucratif, qui réunit des
étudiants, des enseignants et professionnels dont l'engagement commun consiste
à utiliser l'action entrepreneurial pour améliorer la qualité et le niveau de vie de
population dans le besoin.
L'objectif d'ENACTUS est de favoriser l'engagement des jeunes en leur permettant
de mener des actions entrepreneuriales et citoyennes. Grâce à cette expérience,
ils développent des qualités et des compétences humaines, managériales et

8
Travail de recherche par Noureddine ABDELBAKI /RACHID ZAMMAR « Université marocaine et culture
entrepreneuriale : quels enjeux et quelles perspectives de développement ? », 2015, pages 89 et 92

15
entrepreneuriales. Autant de qualités utiles dans leur vie personnelle et
professionnelle et qui facilitent leur entrée dans la Vie active.
Le développement de l’entrepreneuriat, dans un contexte marocain de hausse du
chômage notamment chez les jeunes, revêt donc une importance capitale pour
l'avenir du Maroc afin d'assurer l'épanouissement personnel de chacun, en créant
le statut « étudiant-entrepreneur »
Pour conclure, Le réseau ENACTUS vise à implanter dans de nouvelles universités
au Maroc pour toucher une large catégorie de jeunes, et par contre puisse réaliser
son objectif, c'est de promouvoir l'esprit d'entreprendre 9.

Section II : L’incubateur universitaire :


La création d'entreprises se fera sur la base du savoir-faire et des compétences
développés et sur la capacité intellectuelle ceux-ci ils viennent de l’université, ou ce
que l’on appelle L’incubateur universitaire : C’est une structure dédiée à soutenir
l’innovation et la création d’entreprise à toutes les étapes cruciales de leur vie. Il vise
à accompagner les porteurs des projets en vue de la valorisation des résultats de la
recherche scientifique et technique, et le transfert de ces résultats vers le monde
socio-économique, il vise aussi à renforcer les synergies entre les entreprises et
l’université10.

C’est un outil qui d'aider les étudiants et les enseignants chercheurs qui souhaitent
créer leurs propres entreprises en valorisant les résultats de leur recherche, pour
promouvoir la culture de l’entrepreneuriale dans le milieu universitaire par des
formations complémentaires. Pour mieux saisir cela il convient de poser la question
qui suivante : à quoi sert l’incubateur universitaire, autrement qu’il est le rôle de
l’incubateur universitaire ? Pour répondre à cette question nous vous
recommandons de voir les grandes missions suivantes 11 :

 Sensibilisation à la Recherche et Développement

 La sensibilisation et la détection des porteurs de projets.

9
Mémoire master « L'entrepreneuriat des jeunes, rôle des clubs universitaires : Cas d'ENACTUS » par Boukhari
Imane, 2015, pages 70,71 et 79
10
Mémoire Online > Enseignement La conception d'un projet d’établissement : Entre politique, ingénierie et
pragmatisme par Simon MAMORY Université de Nantes - Master Pro Direction d'Etablissement ou Organisme de
Formation (DEOF)
11
https://www.uca.ma/fr/page/incubateur-universitaire-de-marrakech-inma consulté le 29 /11 /2019

16
 L’évaluation et la sélection des projets.

 La formation et l’accompagnement des créateurs d’entreprises

 L’information sur le financement des projets (fonds d’amorçage,


capital à risque…)

 L’incitation des chercheurs à valoriser leurs compétences et leurs


travaux : consultance auprès d’entreprises, prise de brevet, concession
de licence, création d’entreprises en liaison avec l’incubateur
d’entreprises

 Apporter une évaluation méthodologique et pratique du Projet, afin


d’en préciser les besoins

 Assurer la cohérence entre le Porteur et le Projet

 Aider le porteur à vérifier un certain nombre d’incertitudes


objectivement constatées quant à : la crédibilité de son Projet, les
marchés potentiels et segments de marché ciblés, le positionnement
dans l’environnement (avantage concurrentiel…), le caractère
innovant, fonctions et applications du produit/service

 Inciter le Porteur à éclairer des points de vigilance sur les potentialités


généralement attendues d’un porteur de Projet d'entreprise

 Aider l’étudiant ou le jeune diplômé (ou l’équipe projet) à concevoir


son offre et l’ingénierie de son Projet et le renseigner sur les moyens
existants pour sécuriser sa démarche

 Élaboration du contenu de l’offre et détermination de sa valeur


ajoutée et de ses facteurs de différenciation

 Aide à la validation des orientations et constitution d’un premier plan


d’affaires

 Mise à disposition d’une infrastructure d’accueil.

17
Conclusion :
Dans cet exposé nous avons tenté notre chance de vous monter l’importance de
l’entreprenariat dans la création des richesses et sa contribution décisive au
développement territorial dans un premier lieu. Et nous avons essayé également
d’éclairer la relation qui existe entre l’entreprenariat et l’Université, et le rôle de
cette dernière à promouvoir la culture entrepreneuriale dans un deuxième lieu.
Et on dira finalement que le fait de dynamiser et promouvoir le processus
d’entreprenariat par l’Université marocaine n’est pas du tout une tâche facile à faire
et surtout dans un milieu d’incertitude, dans un entourage où il y a un manque
ressources, un manque d’encourager l’investissement par le pouvoir public et en plus
c’est une question de culture des attitudes
Et pour n’est pas opprimer l’Université on va dire que malgré cela elle reste sans
doute un incubateur important d’entrepreneuriat car la création et le fonctionnement
des entreprises est souvent basé sur des savoir-faire et des compétences et des
capacités intellectuelles considérables, tout ceux ou celles viennent de l’Université
bien sûr.

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Bibliographie et Webographie:

 Mohamed BINKKOUR et Abdelaziz MESSAOUDI, FINANCER ET


PROMOUVOIR L’ENTREPRENEURIAT EN AFRIQUE « La promotion de
l’entrepreneuriat au Maroc : rôle de l’Etat et perception des entrepreneurs »
 L’intention entrepreneuriale des jeunes diplômés 2011.
 L’entrepreneuriat des jeunes, rôle des clubs universitaire : Cas d’ENACTUS.
 La loi n° 01-00 portant organisation de l'enseignement supérieur.
 Travail de recherche par Noureddine ABDELBAKI /RACHID ZAMMAR «
Université marocaine et culture entrepreneuriale : quels enjeux et quelles
perspectives de développement ? »
 Cuzin R et Fayolle A « Les dimensions structurantes de l’accompagnement en
création d’entreprise », 2004
 Cullière O., « La légitimité du conseil aux TPE : le cas d’une pépinière
d’entreprises technologiques Innovantes » Thèse de doctorat en Sciences de
Gestion, Montpellier, 2004.
 Travail de recherche par Noureddine ABDELBAKI /RACHID ZAMMAR «
Université marocaine et culture entrepreneuriale : quels enjeux et quelles
perspectives de développement ? ».
 Mémoire master « L'entrepreneuriat des jeunes, rôle des clubs universitaires : Cas
d'ENACTUS » par Boukhari Imane, 2015.
 Mémoire Online > Enseignement : La conception d'un projet d’établissement :
Entre politique, ingénierie et pragmatisme par Simon MAMORY Université de
Nantes - Master Pro Direction d'Etablissement ou Organisme de Formation
(DEOF)
 https://www.uca.ma/fr/page/incubateur-universitaire-de-marrakech-inma

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