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Localisations cérébrales spécifiques

Lésions de l’hémisphère droit prédominantes dans les troubles


attentionnels (cortex préfrontal, lobe pariétal).
Tronc cérébral : plutôt les aspects de l’intensité de l’attention
Quelques aspects de l’attention sélective perturbés lors de
lésions corticales gauches.
Les déficits de l’attention se
manifestent de manière
extrêmement variée
Le patient :
 Est peu vigile
 Présente un ralentissement marqué sur
le plan moteur
 Est incapable de se maintenir à une
tâche
 Se laisse facilement distraire
 Est rapidement débordé face à des
exigences simultanées
 Est facilement fatigable
 Présente des difficultés pour passer
sans transition d’une tâche à une
autre.
L’attention constitue une fonction
de base impliquée dans toute
performance intellectuelle ou
comportementale
tant au sein de la vie quotidienne
que lors des interventions
thérapeutiques.
LEZAK (1987)

« Lorsque les problèmes attentionnels sont


marqués, il est impératif de les aborder de
manière prioritaire faute de quoi toute
tentative de réentraînement d’autres
aspects cognitifs sera vouée à l’échec »
MOSKOVITCH (1994)

 « Tout comme l’apprentissage constitue


probablement un mécanisme central lors
de la récupération de fonctions après une
lésion cérébrale, l’attention constitue
le pré-requis à un apprentissage
adéquat ».
1. EVALUATION DES FONCTIONS
ATTENTIONNELLES
 L’examen des troubles attentionnels doit toujours
être resitué parmi l’ensemble des déficits que
présente un patient (troubles visuels, mnésiques,
langagiers, dépression, anxiété, etc.)
 Diverses épreuves (papier crayon) présentent un
certain niveau de complexité (sollicitation simultanée
de différentes fonctions cognitives)il est alors difficile
de différencier l’impact spécifique sur la
performance du sujet => comparer avec d’autres
épreuves.
 Les performances des patients sont sujettes à
d’importantes fluctuations, donc attention à
l’interprétation des résultats.
1. 1. Les différentes fonctions
attentionnelles

 Classement selon Van Zomeren et Brouwer


(1994)

 Deux axes : l’intensité et la sélectivité


I.I.I. L’intensité I.I.2. La sélectivité
Cet axe comprend : Cet axe comprend :

- L’alerte et la vitesse - La focalisation et la


de traitement de flexibilité
l’information - La capacité de
- L’attention soutenue traitement de l’info
- La vigilance (=> renvoie aux
- L’effort mental
notions d’empan
attentionnel et
d’attention divisée)
1. 2. Evaluation de l’intensité
1. 2. Evaluation de l’intensité

1. 2. 1. Alerte et vitesse de
traitement de l’information

=> alerte tonique


=> alerte phasique
1. 2. Evaluation de l’intensité

1. 2. 1. 1. L’alerte tonique
C’est une fonction de base, c’est la capacité à
réagir de manière adéquate aux
exigences auxquelles nous sommes
confrontés. C’est l’état d’éveil.

Épreuve : détection d’un stimulus et émission d’une


réponse ( souvent motrice : appui/relâchement
d’un bouton) => mesure du temps de réaction
1. 2. Evaluation de l’intensité
 1. 2. 1. 2. L’alerte phasique
◦ C’est l’optimisation de l’état de préparation, c’est à
dire de réceptivité et de réactivité d’un sujet, lorsque
l’information qu’il va devoir traitée est précédée d’un signal
l’avertissant de l’imminence de son apparition.
◦ C’est un changement volontaire, soudain et
transitoire de notre alerte tonique.

◦ Épreuve : un signal avertisseur visuel et/ ou auditif/ et ou


kinesthésique bref est délivré et suivi par l’apparition d’une cible
à laquelle le sujet doit réagir le plus rapidement possible.
1. 2. Evaluation de l’intensité

 1. 2. 2. L’attention soutenue
1. 2. Evaluation de l’intensité

• Souvent utilisée indifféremment comme synonyme avec la


notion de vigilance.
• La vigilance intervient quand très peu d’informations sont à
traiter et l’attention soutenue quand le flux est rapide et
continue et nécessite de la part du sujet un traitement
ininterrompu.
• Si le rythme de traitement de l’info est trop élevé =>
surcharge du système => dépassement de la capacité
attentionnelle => arrêt de l’activité en cours.

Épreuves : toutes les épreuves permettant l’enregistrement prolongé et


continu tant de la qualité que de la rapidité des performances. Epreuve
PASAT (Le sujet entend 61 chiffres avec une fréquence d'apparition
constante et a pour consigne d'additionner ces chiffres 2 à 2 et d'annoncer
le résultat à haute voix.)
1. 2. Evaluation de l’intensité

 L’incapacité d’un sujet à faire face à des


exigences d’attention soutenue peut être
due :
- À une surcharge de traitement de l’info
- À l’implication de telle ou telle fonction
cognitive déficitaire à la tâche
- À l’incapacité de mobiliser des ressources
attentionnelles suffisantes à la tâche

=> Plainte : fatigue attentionnelle


1. 2. Evaluation de l’intensité

1.2.3. La vigilance
1. 2. Evaluation de l’intensité

◦ Mackworth ( 1957) définit la vigilance comme un


« état de préparation à détecter et à réagir à
certains changements discrets apparaissant à
des intervalles de temps variables au sein de
l’environnement ».
◦ C’est la capacité à réagir à ce qui se passe
dans l’environnement au cours d’une tâche
longue et monotone, face à un nombre de
stimuli peu élevé.
◦ Les évènements pertinents auxquels il faut réagir sont rares
mais la vigilance doit être suffisante et permettre de rester
en état d’éveil, au cas où il faudrait intervenir.
1. 2. Evaluation de l’intensité

 Epreuves: surveillance continue d’éléments pendant au


moins 10 min, avec réactions appropriées face aux stimuli
(on relève les détections correctes, le nombre d’omissions et
de fausses alarmes).
1. 3. Evaluation de la sélectivité
C’est l’axe le plus étudié, qui renvoie à
la conception la plus commune de
l’attention au sein du grand public.

Dans le langage courant : « prêter


attention à », « être concentré »,
« fixer son attention sur », //« être
distrait », « inattentif »
1.3.1. L’attention sélective
ou focale
1. 3. Evaluation de la sélectivité

◦ Elle permet de sélectionner l’information à traiter et


éventuellement le type de réponse à donner, car face à
des situations complexes et à la multitude d’infos
auxquelles nous sommes confrontés, il faut absolument
« filtrer » certaines infos.
◦ « La focalisation implique le retrait d’éléments afin d’en
traiter plus efficacement d’autres » (James, 1890)
◦ => mécanisme double (centration sur l’objet de
l’attention // inhibition active d’éléments perturbateurs
◦ => effet « cocktail party » (Cherry, 1953)

◦ Cette focalisation peut s’opérer sous le contrôle


volontaire du sujet ou au contraire, être déclenchée par
des stimuli extérieurs, comme le réflexe d’orientation qui
fait suite à une stimulation inattendue .
◦ La distractibilité constitue le pendant de la focalisation à
savoir, la difficulté à maintenir le focus attentionnel en
dépit d’éléments distracteurs. On retrouve parfois des
situations d’aimantation sur divers éléments non-
pertinents qui interfèrent avec la tâche en cours.

◦ Épreuves : discrimination visuelle, suivi de pistes


(tracking), barrages avec différentes variantes
(Zazzo,1969) , figures enchevêtrées. ..
Echantillons de protocoles de 4
épreuves de barrages
Représentation d’une succession d’écrans dans
l’expérience d’amorçage négatif de Tipper et al. (1991)
1. 3. 2. Déplacement du foyer
attentionnel, flexibilité mentale
1. 3. Evaluation de la sélectivité

◦ En rapport direct avec la sélectivité, il faut aussi


tenir compte de la capacité du sujet à déplacer,
réorienter constamment le focus de son
attention ainsi que la souplesse avec laquelle il
exerce ce contrôle.
◦ « La flexibilité cognitive renvoie à la capacité de
réorienter les contenus de pensées et l’action
afin d’être à même de percevoir, traiter et réagir
aux situations de différentes manières » Eslinger
et Grattan, 1993
◦ Epreuves : passage d’un type de registre
(changement de but) à un autre, ou d’opération
cognitive (stratégie, programme d’action) à une
autre.
◦ Ex : Trail Making Test B
◦ (MMParkison)
◦ Attention toutefois aux troubles d’orientation
de l’attention et à la bonne qualité du balayage
visuel, des saccades oculaires, du maintien du
regard sur la cible, des troubles des fonctions
exécutives …
Trail Making Test, part B, Reitan 1971
1.3.3 Capacité de traitement
1. 3. Evaluation de la sélectivité

◦ La quantité de ressources attentionnelles


disponible est limitée.

◦ Au delà d’un certain niveau de sollicitation, il


n’est pas possible d’affronter efficacement
certaines situations.

◦ Certaines activités peuvent s’effectuer en dehors


de tout contrôle attentionnel : activités
surapprises ou automatiques
1. 3. Evaluation de la sélectivité

 1. 3. 3. 1. Attention automatique versus


attention contrôlée.

◦ Les activités fortement automatisées se caractérisent


par le fait qu’une fois enclenchées, elles se déroulent de
manière rapide, rigide et non adaptative

◦ Par contre les activités dont le déroulement dépend d’un


contrôle attentionnel conscient se font de manière plus
lente mais aussi de façon plus souple et adaptative
◦ Le déroulement harmonieux de comportements
nécessite donc un équilibre permanent entre processus
automatiques et processus contrôlés/volontaires
◦ Epreuve test de Stroop
Tâche 1 : lecture simple Tâche 3 : dénommer la couleur du mot

Tâche 2 : dénomination
des couleurs des
rectangles
1.3.3.2. Notion d’empan attentionnel
 = nombre d’infos que le sujet est capable
de capter et de maintenir et de traiter
simultanément en mémoire de travail
durant un court laps de temps.
 Epreuve : substest de mémoire de chiffre
de l’échelle d’intelligence de Weschler
(1970,1981), épreuves visuelles, auditives
 En moyenne : 6 chiffres
1. 3. Evaluation de la sélectivité

 1. 3. 3. 3. Attention divisée
◦ Pendant une double-tâche par ex., le traitement des infos dépendra
de la capacité de processus contrôlés et de la stratégie utilisée pour
répartir la capacité dispo sur les sources d’infos.

◦ La notion d’attention divisée renvoie au moins à deux mécanismes


distincts : le traitement simultané de plusieurs sources
d’informations et la réalisation conjointe.

◦ Épreuves : situations de double-tâche, batterie de Zimmermann et


Fimm (1994) (réponse à émettre à l’apparition d’un pattern
particulier et également lors de la détection d’irrégularités dans des
sons graves et aigus, batterie TEA (activité de repérage visuel
associée au dénombrement de sons de séquences pré-enregistrées)