Vous êtes sur la page 1sur 47

Les troubles de

l’orientation dans le
temps et dans l’espace
Définitions
 Orientation : capacité pour la personne d’être
consciente de l’environnement
 On parle d’orientation dans 3 sphères:
- Orientation personnelle : connaissance de ses
propres données « démographiques »: son nom,
son âge, son statut
- Orientation spatiale : connaissance du lieu dans
lequel on vit, on se trouve, ou pouvoir s’orienter
dans un environnement « familier »
- Orientation temporelle : conscience du temps
qui s’écoule, connaissance du moment de la
journée, de la date…
1- Les troubles de
l’orientation temporelle
et leur rééducation
1-1 Percevoir le temps
1-1 Percevoir le temps

1-1-1- Le temps vécu

 L’objectif est de faire prendre


conscience de l’ordre d’écoulement
du temps, de la chronologie. C’est la
compréhension des termes « avant »,
« après », etc.
1-1 Percevoir le temps
 Les structures rythmiques réalisées à l’aide
d’un instrument représenteront le support
essentiel à l’étude de cet aspect du temps.
 A condition de respecter certains stades :
1- Travail de la perception auditive : lever la
main à chaque frappé, codage des gestes en
fonction des types de frappés.
2- Reproduction des structures rythmiques
que le thérapeute réalise.
3- Travail du rythme par l’intermédiaire de
perles, de rythmes graphiques.
=> On peut rattacher les termes « d’abord, ensuite »
1-1 Percevoir le temps
1-1 Percevoir le temps

Dans la continuité, il s’agit de faire


prendre conscience à la personne du
caractère irréversible du temps vécu, càd
de la notion de devenir.
Nécessite un retour dans le passé et une
projection dans l’avenir.
On peut prendre comme ex. la croissance
d’un bébé, ou d’une plante par ex.
1-1 Percevoir le temps

1-1-2 Le temps formel


= prise de conscience qu’il existe une
organisation dans le temps, grâce aux
actions dans la vie courante. On opposera
au fur et à mesure :
Les actions du jour et de la nuit
Les actions du matin/du midi/du soir
Les actions du temps passé/présent/futur
1-1 Percevoir le temps
 Moyens:
- En travaillant l’acquisition du langage
temporel (maintenant, après, ensuite, plus
tard, etc.)
- En appliquant ce langage sur calendrier,
montre, en utilisant des repères
temporaux (repas par ex.)
- En travaillant avec chrono/minuteur
1-2 Percevoir dans le temps
1-2 Percevoir dans le temps

1-2-1 La durée
 À travailler de manière concrète pour
arriver progressivement à une
symbolisation (graphique par ex.) => sons
longs, sons courts, dormir, fermer une
porte…
1-2 Percevoir dans le temps

1-2-2 La successivité
 On utilise le vécu de la personne pour
commencer :
- La succession des actions dans une
activité précise
- La succession des différentes actions au
cours d’une journée
1-2 Percevoir dans le temps

 Puis on passe à la successivité de manière


abstraite (suite chrono):
- Suites temporelles
- Suites logiques
- Construction d’histoires
1-2 Percevoir dans le temps

1-2-3 Percevoir le temps propre


 = reconnaître le temps qui nous est
personnel, le temps que nous allons vivre
et gérer
- Connaissance de la date complète
- Connaissance du planning de la journée
- Mettre en place un calendrier dans la
chambre, une montre, un agenda
électronique…
1-3 Agir dans le temps
1-3 Agir dans le temps

1-3-1 Le temps personnel


 Restructuration de la vie de la personne
(avant, après l’accident), restructuration
de son futur (organisation de ses
journées).
1-3 Agir dans le temps

1-3-2 Confection chronologique


avec étapes
 Jeux de constructions
 Mises en situation cuisine, menuiserie etc.
 Activités de la vie de tous les jours
Pour approfondir ce travail…
 Guide des meilleures pratiques en
réadaptation cognitive : protocole North
Star
1I- Les troubles de
l’orientation spatiale et
leur rééducation
II-1 Les positions spatiales
II-1-1 La position du corps dans
l’espace et la transposition du
système de coordonnées de
l’espace corporel à l’espace
extérieur
II-1-1-1 La position d’autrui et celle des
objets par rapport au corps propre
 Le corps de la personne est pris comme
point de repère (référentiel égocentrique)
 Le point de vue est soi-même
 Il devra alors exprimer la position de notre
corps ou d’objets par rapport à lui
 Il faut donc démarrer la rééducation par la
compréhension des différentes notions spatiales
grâce à des exercices de manipulations ou des
exercices de désignation
II-1-1-1 La position d’autrui et celle des objets par rapport au corps propre

- On travaillera d’abord ,dans l’espace réel puis


dans l’espace projeté (sur papier)
- Activités avec du matériel concret, puis avec du
matériel abstrait
- => « à côté de lui », « en dessous de lui » etc.
II-1-1-2 La position du corps de la personne
par rapport à autrui ou par rapport aux objets

 La personne doit transposer son propre


corps avec ses repères sur autrui ou sur
un objet (référentiel allocentrique)
 Il peut indiquer la position de son corps
par rapport à cet objet : « je suis devant la
table »
II-1-1-2 La position du corps de la personne par rapport à autrui ou par rapport aux objets

- Travail dans l’espace réel puis projeté


- Activités avec du matériel concret puis
abstrait
II-1-1-3 La position des objets les
uns par rapport aux autres
 Va nécessiter une « décentration » totale = la
capacité de comprendre un autre point de vue
que le sien
 Le corps propre n’intervient plus concrètement
 Au départ, on utilisera comme support des
manipulations associées aux activités vécues au
quotidien (brosse à dents par rapport au
dentifrice, lors des repas…)
 Ensuite on poursuivra par un travail dans
l’espace en 2D
II-2 L’orientation spatiale
 Une fois les positions spatiales acquises, il
faudra orienter chaque élément de
manière cohérente
- Ces exercices se feront à la fois dans
l’espace réel et l’espace projeté (sur
papier)
- Les exercices se feront sur des objets
fixes, puis lors d’activités dynamiques
- Ex: atelier topologie, trajet sur une feuille
en suivant des indications, trajet dans le
centre
II-3 La construction spatiale
II-3-1-La construction spatiale en
volume
 1- Travail de l’analyse perceptive (profondeur,
rapports des éléments de la construction entre
eux)
 2- Exploration de la construction sans modèle
 3- Modèle en volume (3D à 3D)
 4- Passage du 2D au 3D (structuro, mosaïque,
organicubes…)
 5- Passage du 3D au 2D (reproduction d’un plan
d’une pièce par ex ou d’une construction faite
par le thérapeute )
II-3-2- La construction graphique
En parallèle à la progression vue ci-avant,
en volume, se fera la progression sur
l’espace plan
Pour le graphisme:
On a d’abord besoin de connaître les
positions spatiales, puis l’orientation
graphique, pour pouvoir construire
concrètement les lettres, les traits etc.
1II- Les troubles du
maniement des données
spatiales et de
l’orientation
topographique
III-1. La négligence spatiale unilatérale
 = une perturbation du traitement des
données spatiales qui peut à elle seule
rendre compte de troubles du maniement
des données spatiales (comme se repérer
sur un plan) ou de la mémoire
topographique (marcher dans une ville
selon un itinéraire défini)
III-2. La planotopokinésie
 = perte des notions topographiques
 = incapacité à s’orienter sur une carte
Concrètement, le patient est en difficulté pour localiser
des villes sur une carte, pour indiquer un itinéraire
habituel sur plan // la verbalisation des éléments (rues,
arrêts de bus etc.) est effective mais les relations spatiales
sont complètement désorganisées et le sujet erre sur son
plan, ne sait pas se déplacer sur un labyrinthe, ne sait pas
dessiner le plan de la pièce…
Attention à l’interprétation de ces troubles , car les troubles
de l’apprentissage d’un labyrinthe ou de reconnaissance et
d’apprentissage d’un itinéraire par ex, peuvent relever de
mécanismes multiples : planotopokinésie, NSU, troubles
mnésiques, indistinction D-G …
III-3. La perte de la mémoire topographique (désorientation
topographique/ environnementale/spatiale)
 = incapacité de reconnaître des lieux familiers ou récemment
connus et de s’y orienter (maison, quartier, ville)
Au quotidien, il faut donner à la personne des moyens de
compenser :
- Placer des repères affectifs dans la chambre
- Utiliser des repères de couleurs
- Donner des éléments clés de repérage
- Photographier les thérapeutes et les afficher dans les salles
correspondantes
- Simplifier le plan de l’étage
- Reconstruire son planning, lui faire réaliser des plans de mémoire
III-3-1. La désorientation spatiale
égocentrique
L’expression du déficit de l’orientation spatiale dans un cadre
égocentrique se traduit par des descriptions des routes
appauvries, inexactes, incohérentes et par la reproduction
graphique désordonnée d’un itinéraire. Les repères pris sont
complètement allocentrés « je marche jusqu’à la porte d’entrée,
quand je vois le banc, je sais que je dois tourner… »

Elle affecte à la fois les milieux préalablement connus et les


nouveaux environnements.

La personne est incapable de se souvenir ou d’apprendre des


trajets et reste confinée à la maison ou à l’hôpital et si elle
souhaite le faire, elle aura besoin d’une aide extérieure.
III-3-2. La désorientation allocentrique
 Dans ce cas, le sujet reconnait les indices
environnementaux servant de points de repère
tels que les bâtiments, les paysages, les objets,
les rues, les places autour de lui, mais il est
incapable de tirer les informations
directionnelles de ces repères, pour définir le
trajet à parcourir.
 La difficulté pour ces patients est d’élaborer ou
de se rappeler le lien entre l’information
directionnelle et le repère reconnu et identifié
III-3-3. L’agnosie topographique
 = agnosie des points de repères qui aident à s’orienter
 Les rues, les bâtiments etc. sont reconnus en tant que
tels mais perdent leur valeur de repère topographique,
alors que la mémoire spatiale est conservée.
 Le sujet est capable de décrire un itinéraire ou de situer
sur un croquis des endroits familiers, il peut distinguer
des monuments mais ne sait pas les reconnaître
lorsqu’ils sont présentés sur une photo par ex. ou
lorsqu’il se trouve devant eux.
 Elle touche à la X les milieux connus et nouveaux
 Pour compenser : apprendre le nom des rues, compter
les rues, utiliser les n° de maison, compter les virages,
sans tenir compte des infrastructures.
III-3-4. La désorientation antérograde
 Affecte la mémoire épisodique à lg terme
 Le sujet ne peut plus encoder, ni stocker de nouvelles
infos topographiques
 Épargne les lieux connus : la personne pourra se
souvenir de trajets dans les lieux anciens, mais ne
pourra pas apprendre un nouvel itinéraire
 La capacité de reconnaissance des repères
topographiques est préservée
 Compensation par l’utilisation de plans, de notes écrites,
de cartes…
Pour approfondir ce travail…
 Abrégés de neuropsychologie 2e édition Masson (2000)

 Thèse de Doctorat en médecine de N.Mangin « L’ORIENTATION


TOPOGRAPHIQUE NORMALE ET SES PERTURBATIONS AU
COURS DE LA MALADIE D’ALZHEIMER, Evaluation et
réhabilitation » Avril 2010

Vous aimerez peut-être aussi