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Introduction:

Lorsque l'on parle micro informatique, il n'est pas rare que la conversation déborde sur le domaine des réseaux.
En effet, avec l'arrivée en force de l'Internet haut débit et des jeux vidéos multi-joueurs, des technologies
jusqu'alors réservées aux professionnels ou aux amateurs avertis sont à même de franchir le seuil de votre
maison. A cette occasion je vous propose cette initiation aux réseaux et plus particulièrement à Ethernet…

Qu'est ce qu'un réseau ?


Un réseau est un dispositif dont le but est la mise en commun des ressources afin d'en tirer profits. Autrement dit,
c'est l'interconnexion de différents matériels informatiques.

Ils se décomposent en deux grandes familles, les réseaux locaux appelés LAN (Local Area Network) et les
réseaux étendus que l'on nomme WAN (Wide Area Network) dont la principale caractéristique est d'être dans la
plupart des cas une interconnexion de LAN.(Internet est le meilleur exemple qui déroge à la règle)

L'objectif principal d'un réseau est de réaliser des économies. En effet, il permet de partager les ressources
matérielles et logicielles entre les différents micros et utilisateurs. L'avantage du partage des ressources est
évident, les imprimantes, les disques, les systèmes de sauvegardes, la connexion à Internet, ne sont que des
exemples, mais d'une façon générale il faut savoir que l'ensemble du parc informatique est impacté. Bien
évidement pour garantir la compatibilité entre tous ces équipements, on fait appel à la normalisation.

Schéma d'un réseau local typique de PME. Composé d'un commutateur 10/100, véritable centre névralgique du
réseau (notez que les serveurs, l'imprimante réseau et le router sont directement connectés au commutateur pour
bénéficier d'une bande passante optimale)

Et les réseaux étendus que l'on nomme WAN (Wide Area Network) dont la principale caractéristique est d'être
dans la plus part des cas une interconnexion de LAN.
Un réseau étendu typique de société multi-sites. Dans le cas présent notez l'interconnexion des réseaux locaux
afin de former un réseau global via la location des lignes télécoms, c'est cette partie que l'on nomme le WAN.
La normalisation
Les organismes :

Ce sont eux qui créent les normes qui permettent la compatibilité des matériels informatiques.

ISO : International Standard Organisation.


(Organisation internationale de standardisation, réunissant les organismes de normalisation de nombreux pays…
elle travaille dans tous les domaines)

AFNOR : Association Française de Normalisation.


(Représente L'ISO pour la France)

ANSI : American National Standard Institute.


(Equivalent américain de l'AFNOR)

ECMA : European Computer Manufacturer Association.


(Association de constructeurs de matériel informatique dont DEC, IBM, HP…)

IEEE : Institute of Electrical and Electronics Engineers


(L'origine des normes des réseaux locaux. Ex : IEEE 802.3)

EIA : Electronic Industries Association.


(organisme américain de normalisation, spécialisé dans l'électronique, on leur doit entre autre la fameuse
interface RS-232 présente dans tous les PC)

CCITT : Consultative Committee for International Telegraph and Telephone


(Comité Consultatif International Télégraphique et Téléphonique, on leur doit entre autre les normes des
modems. ex : V90)

ITU : International Telecommunications Union.


(Union internationale des télécommunications succède au CCITT)

Les normes IEEE


Comme nous l'avons vu plus précédemment c'est l'IEEE qui établit les normes régissant les réseaux locaux. On
nomme cet ensemble 802.x.

Voici les principales normes à retenir :

802.1 établit le contexte général des réseaux.

802.2 établit les parties communes aux différents réseaux locaux.

802.3 Bus logique sur une topologie physique en bus ou en étoile (plus de 80 % des LAN actuelles)

802.5 Anneau de type Token Ring

802.9 Réseaux numériques

802.11 Réseaux sans fils dans la bande de fréquence 2.400-2.480 Ghz. Les débits vont de 1 à 2 Mbit/s. Les
futures normes 802.11a et 802.11b pourront atteindre plusieurs dizaines de Mbit/s.

Caractéristiques générales :
Les caractéristiques suivantes sont communes à tous les réseaux locaux et permettent d'atteindre les objectifs
fixés.

La liaison multipoints

Dans les réseaux locaux on parle de liaison multipoints (On parle également de Broadcast). Cette méthode est en
opposition avec la liaison point à point qui permet de relier uniquement deux équipements. (Exemple des liaisons
entre votre PC et le serveur de votre FAI) En multipoint, tous les équipements reliés peuvent communiquer
directement entre eux.

Le haut débit

Sur un LAN les débits sont très élevés, en Ethernet par exemple : de 10 Mbit/s à 1 Gbit/s. Comparativement les
WAN ont des débits relativement bas car ils utilisent des lignes de télécommunication (Numéris de France
Télécom : 64 Kbit/s), ils n'excèdent pas 2 Mbit/s (Transfix).

La distance limitée

L'objectif étant de partager des équipements avec un très haut niveau de performance et de disponibilité, les
LAN, se limitent à des tailles de quelques dizaines de mètres à une dizaine de kilomètres.

Les faible délais

L'accès aux ressources disponibles sur un LAN est quasi instantané, en fait les facteurs limitatifs sont
généralement liés aux ressources (imprimantes, serveurs…) et aux nombres de connexions simultanées.

La fiabilité

Sur un réseau local la fiabilité est un élément déterminant. En effet, l'indisponibilité de l'infrastructure du
transport des données est bien souvent synonyme d'arrêt pur et simple de la production des utilisateurs.
- On estime généralement le taux d'erreur d'un PC à 10e-15 (dans les conditions définis par les normes).
- Le taux d'erreur d'un LAN est compris entre 10e-9 et 10e-12 (dans les conditions définis par les normes).

Le taux d'erreur correspond au nombre de bits qui s'inversent sur le nombre de bits transmis. Dans le cas d'un
réseau 10 Mbit/s, un taux de 10e-9 génère une erreur toutes les deux minutes. Pour obtenir de hauts débits, on ne
peut pas se permettre d'émettre et de vérifier la réception. Il faut émettre en continu en supposant que la
réception est bonne, d'où l'importance d'avoir des taux d'erreurs aux alentours de 10e-12 qui correspondent à
moins d'une erreur toutes les 27h.
Bien évidement, toutes ces données sont purement théoriques.

Le grand nombre d'utilisateurs

Les réseaux locaux sont conçus pour subvenir aux besoins de très nombreux utilisateurs. Cela va des réseaux
simples de 10 machines aux réseaux complexes de 10.000 machines et plus.

La gestion interne

L'entreprise étant propriétaire de son réseau, elle doit assumer la pérennité de ses équipements. Dans la plus part
des cas, il existe une équipe interne qui " administre " le réseau. Elle a en charge la surveillance, la maintenance
et la mise en place des nouveaux équipements.
Ethernet :
Historique

Si Ethernet est aujourd'hui le réseau le plus utilisé (plus de 80% des réseaux locaux), c'est avant tout car c'est
historiquement le premier réseau local. Ethernet V1 a été inventé par Xerox (à l'origine de très nombreuses
inventions significative dans l'environnement informatique) vers le milieu des années 70, à cette époque on ne
parlait pas encore de micro-informatique et les ordinateurs traitaient des flux de données devenu aujourd'hui
dérisoires. Ethernet, avec une bande passante de plusieurs Mbit/s était donc vraiment un outil surdimensionné
que l'on ne pensait jamais saturer.

Afin de satisfaire aux exigences de compatibilité, IEEE a normalisé ce réseau et l'a nommé 802.3. Le nom
Ethernet est une marque déposée par Digital, Xerox et Intel.

Principe de fonctionnement

Son principe est basé sur une diffusion globale des messages sur le réseau (des trames) et ce indépendamment de
la topologie en bus ou en étoile. La station qui émet, envoie une trame contenant : le message, l'adresse de
l'émetteur et l'adresse du destinataire. Toutes les stations reçoivent cette trame mais seul le destinataire l'accepte.
- Une topologie en BUS classique, ici l'exemple d'un réseau 10 base 2
- La topologie en ETOILE nécessite un équipement de connexion de type Hub ou Switch

Avec ce type de réseau on peut relier des dizaines, voir des centaines de stations avec des débits allant de 10
Mbit/s, 100 Mbit/s voir 1 Gbit/s.

Il y a de nombreux types de réseaux Ethernet, ils se nomment 10base2, 100baseT... Ce sont des notations IEEE,
elles dépendent du débit utilisé, du mode de transmission et du câblage.

Bien évidemment il est possible de mélanger plusieurs de ces réseaux. On trouve souvent par exemple du
10base2 qui relie plusieurs 10baseT ou 100baseT. Mais dans tous les cas, il faut respecter les normes de
longueur et de câblage.

Le câblage

Un réseau est constitué physiquement par des câbles. 10base2, 100baseTX… Derrière ces appellations
normalisées, se cachent des câbles très différents. 10base2 et 10base5 offrent respectivement 10 Mbit/s sur 200
mètres et sur 500 mètres avec du câble coaxial (très ressemblant au câble de télévision).
Les techniciens désignent par Thin Ethernet (Ethernet " fin ") les câbles 10base2, ou " câble noir ", ou encore "
Cheapernet ", contraction de Cheap Ethernet (Traduisez, Ethernet pas cher).
Les 10base5 sont désignés, quant à eux, par thick Ethernet (Traduisez, Ethernet épais).

Le 10baseT désigne un câble supportant 10 Mbits/s sur des câbles en paires torsadées, analogues aux câbles
téléphoniques (4 paires, mais seulement 2 sont utilisées).

Bien entendu, ces différents câbles ont un coût. Les moins chers, et par conséquent les plus répandus, étant les
10base2 et les 10baseT. On conseillera d'ailleurs ce dernier pour la connexion de groupe de travail d'une dizaine
de postes.

Au-delà de dix nœuds, on réalisera une sorte d'arête centrale en câble coaxial ou optique (le Backbone ou
dorsale) d'où partirons à intervalles réguliers des câbles en paires torsadées. Le mélange des deux n'ayant aucune
incidence sur le fonctionnement du réseau, à condition bien entendu d'intercaler entre eux des équipements actifs
(switchs).

Il est important de noter qu'aujourd'hui on utilise quasiment plus les câbles coaxiaux pour les installations
neuves, pour des raisons évidentes de fiabilité, de performance et de pérennité.

Les câbles utilisés sont :

- Gros coax (RG-62 + BNC)


- Coax fin (RG-58 + BNC) (cheapernet ou Ethernet thin)
- Les paires torsadées (UTP ou STP + RJ-45) (twisted pair) de catégorie 3 et 5 blindé ou non blindé.
- Fibre Optique MMF (Multi Mode Fiber) et SMF (Single Mode Fiber)

Voici les réseaux Ethernet que l'on peut rencontrer (les distances données sont toujours des maximum) :

10 Base 5
(10 Mbit/s sur RG-62 : 500 m)

10 Base 2
(10 Mbit/s sur RG-58 : 185 m)

1 Base 5
(1 Mbit/s sur UTP 3 : 250 m)

10 Base T
(10 Mbit/s sur UTP 3 : 100 m)

10 Broad 36
(10 Mbit/s sur RG-62 : 1800 m)

10 Base F
(10 Mbit/s sur fibre optique (MMF) : 2000 m)

100 Base TX
(100 Mbit/s sur 2 paires UTP 5 : 100 m)

100 Base FX
(100 Mbit/s sur 2 fibres optiques (MMF) : 1000 m)

100 Base T4
(100 Mbit/s sur 4 paires UTP 3 : 100 m)

1000 Base SX
(1 Gbit/s sur fibre optique (MMF) : 500 m)

1000 Base LX
(1 Gbit/s sur fibre optique (SMF) : 3000 m)
1000 Base C
(1 Gbit/s sur 4 paires UTP5 : 25 m)
Les équipements :
Les cartes Ethernet

Une carte réseau ou carte d'interface réseau (NIC : Network Interface Card) doit être installé dans chacun des
ordinateurs du réseau. Cette carte est insérée dans un des ports PCI ou ISA de l'ordinateur. Son rôle est d'envoyer
et de recevoir des données sur le réseau. Chaque carte Ethernet possède une adresse matérielle
propre que l'on nomme adresse MAC (Médium Access Control), cette adresse est unique et permet
d'éviter des conflits sur un réseau.

On trouve de nombreux modèles à des prix relativement variés selon les constructeurs (Intel, 3com,
D-Link…). Mais toutes ces cartes exécutent la même opération fondamentale : la gestion du flux
des informations du réseau depuis et vers l'ordinateur dans lequel elles résident. Les différences
entre les cartes Ethernet dépendent en premier lieu du type de réseau physique pour lesquelles elles sont conçues.

Remarque : au début des années 80 une carte Ethernet coûtait 10 000 F d'époque, aujourd'hui une carte coûte
environ 100 F.

Les Hubs (concentrateurs)

Un Hub peut être considéré comme un " prisme ", c'est un équipement passif qui n'agit que sur le signal
électrique. Tous les paquets émis sur un segment ou appareil connecté à l'un des ports seront répercutés sur tous
les autres ports.

Un hub est destiné à connecter des équipements 10 Mbits/s ou 100 Mbits/s. Certains Hub peuvent être
administrables. Dans ce cas, on peut piloter et configurer celui-ci à distance et effectuer des mesures de trafic et
d'erreurs.

Tous les ports d'un hub font partis du même domaine de collision. Si une carte connectée au hub génère des
erreurs, tous les matériels connectés à ce même hub recevront ces erreurs.
Autre détail d'importance, la bande passante est globale, c'est-à-dire que les équipements connectés se partagent
une même bande passante (imaginez si vous avez une bande passante de 10 Mbit/s et 24 stations sur un même
hub… 10 Mbit/s divisés 24) C'est pour cela qu'il est très déconseillé de multiplier les concentrateurs au sein
d'une structure.

Depuis quelques années, on commence à trouver chez les constructeurs des concentrateurs auto-commutables.
Chacun des ports peut alors accueillir un appareil fonctionnant à 10 Mbits/s ou 100 Mbits/s. Cependant la plupart
des utilisateurs préfèreront investir dans un " switch ", légèrement plus onéreux mais beaucoup plus puissant.

Les Switchs (commutateurs)

Un Switch peut être considéré comme une matrice de connexion qui permet d'interconnecter simultanément des
segments ou des appareils à 10 Mbits/s et 100 Mbits/s.
Les switchs sont généralement auto sensings, ce qui veut dire qu'ils adaptent la vitesse de
leurs ports (10/100 Mbits/s) à celle de l'appareil qui lui est connecté.

Chaque port est autonome et fait partie d'un seul domaine de collision, cela signifie que si une
carte réseaux défectueuse génère des erreurs seul le port connecté sera en défaillance.

Le commutateur apprend dynamiquement les adresses MAC des équipements qui lui sont connectés, il sait donc
dialoguer directement avec la ressource mandatée. La gestion de ce système se fait grâce à une mémoire interne
travaillant entre 1 ou 2 Gbits/s elle distribue les paquets entrants aux ports de destinations si il y a concordance
avec l'adresse apprise dynamiquement par celui-ci.

Généralement un switch est capable de mémoriser entre 1024 et 2048 adresses par port. Ce chiffre peut paraître
énorme, mais dans une topologie de type " dorsale " il est très souvent nécessaire de doubler voir tripler les
équipements, afin de conserver un niveau de performance optimal.

Les Répéteurs

Le répéteur est un équipement qui permet d'outrepasser la longueur maximale imposée par la norme d'un réseau.
Pour se faire il amplifie et régénère le signal électrique. Il est également capable d'isoler un tronçon défaillant
(Câble ouvert par exemple) et d'adapter deux médias Ethernet différents. (Par exemple 10base2 vers 10baseT).

De nos jours, les répéteurs ne sont plus utilisés que pour la conversion des câblages.

Les transceivers

Un transceiver est ni plus ni moins qu'un adaptateur de média. Doté d'un port AUI (Attachment Unit Interface)
afin d'être connecté à un autre équipement réseau. (Carte réseau, hub, switch…)Il est ainsi possible
d'interconnecter deux réseaux physiques différents. C'est une solution peu coûteuse qui fournit une belle
alternative au répéteur dans ses fonctions de convertisseur de média.

Les Routeurs

Un Routeur est un appareil qui transfère des paquets en les analysants au niveau du protocole (Exemple :
TCP/IP). Un Routeur peut faire office de passerelle " Gateway " entre des réseaux de natures différentes (Très
souvent un LAN et Internet) Il est également capable de filtrer des adresses afin d'interdire ou d'autoriser les
accès. Enfin, dans les cas de grands réseaux, il déterminera le meilleur chemin pour envoyer les données à bonne
destination. (Nombre de nœuds à franchir, qualité de la ligne, bande passante…)

Il est important de noter que le routeur est le composant indispensable du WAN.

Conclusion :
Les capacités des réseaux peuvent vous paraître impressionnantes. Cependant il ne faut pas perdre de vue que
ces outils de communications sont dans une phase de forte expansion et ont encore de longues années de
recherche et de développement devant eux.

Car avant franchir les limites physiques imposées par la matière, il y aura beaucoup de travail à fournir et de
nombreux paris à tenir... les besoins en débits seront ils suffisants pour tirer le marché vers le haut ? Les liaisons
radios remplaceront t'elles les réseaux câblés dans la prochaine décennie ? Une seule chose semble certaine, les
réseaux sont en marche et ne s'arrêterons pas de sitôt...

loic@inpact-hardware.com 2002