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N° d’Ordre : Biotech/M/D/ /201X

Mémoire
Pour l’obtention du

DIPLOME DE MAGISTER EN GESTION DES RESSOURCES


AQUATIQUES
Laboratoire d’Aquaculture et Bioremédiation ( AQUABIOR)

Présenté par :
NIL Soumia
Intitulé

Variations saisonnières du rendement et des


des propriétés
physicochimiques de l’agar de la rhodophycée Gelidium
sesquipedale de la côte de Mostaganem
-Activité
ctivité antibactérienne et antifongique de l’extrait algal-
algal

Devant le jury :

Président : M. ABI AYAD S-M-El


El-amine Professeur à l’université d’Oran
Examinateur : M. BABA HAMED Mohammed Bey Professeur à l’université d’Oran
Examinateur : M. TALEB Mohammed Zoheïr Maître de Conférences A à l’université d’Oran
Promoteur : M. ALI-MEHIDI
MEHIDI Smaïl Maître de Conférences A à l’université
l’ d’Oran
Soutenu publiquement le : 18/09/2012
ANNEE UNIVERSITAIRE : 2011-2012
Remerciements
J’exprim e d’abord m es profonds remerciements à A LLA H le tout puissant, pour m 'avoir
donné la force et la patience d’achever ce travail
A u terme de ce m agister, je tiens à rem ercier M r. A LI-
LI - M E H ID I sm aïl maître de Conférences
A à l’université d’Oran pour avoir accepté d’être mon prom oteur, sans lui ce mémoire ne
serait pas ce qu’il est. Je le rem ercie pour m ’avoir m ontré ce qu’était le m onde de la recherche.
Je tiens à lui exprim er m a très grande reconnaissance et le tém oignage de mon profond
attachem ent pour l’attention qu’il a porté à ce m ém oire, pour son enthousiasm e en m e
faisant bénéficier de ses com pétences scientifiques, pour la confiance qu’il m ’a toujours
tém oignée, sa constante disponibilité et la gentillesse dont il a fait preuve à mon égard.
Je souhaite remercier avec beaucoup de respect M r. A BI-
BI - AYA D Sidi-
Sidi - M oham m ed E l-l - am ine
professeur à l’université d’Oran et chef du laboratoire A QU A B IOR . Je lui adresse un imm ense
m erci pour tout. Pour m’avoir intégré au sein de son laboratoire et son investissem ent dans
ce travail, sa précieuse aide et pour les conditions techniques m ise à m a disposition afin de
réaliser ce travail. Je le rem ercie vivem ent d’avoir accepté de présider m on jury.
Je rem ercie avec gratitude M r. TA LE B M oham m ed Z ohe
oh e ir m aître de Conférences A à
l’université d’Oran, pour avoir accepté d’exam iner ce travail, je l’exprim e mes profonds
rem erciem ents pour ses encouragem ents, son aide, ses précieux conseils en m e faisant
bénéficier de ses com pétences scientifiques. Je suis très reconnaissante pour le tem ps qu’il
nous a généreusement consacré durant les sorties d'échantillonnage des algues.
M es rem erciements vont également à M r. BA BA H A M E D M oham
oha m m ed bey Professeur à
l’U niversité d’Oran et ex-chef départem ent de biotechnologie, qui m ’a honoré de sa présence
au sein de ce jury en acceptant d’évaluer le présent travail. Je le remercie également pour son
enseignement et sa gentillesse.
U n imm ense m erci à A icha pour son aide, ses encouragem ent et pour les m eilleurs souvenirs
qu’on a passé ensem ble durant les sorties d’’échantillonnage.
Je rem ercie aussi N ader qui était disponible pendant plusieurs sorties d’échantillonnage.
M erci de nous avoir fait bénéficier de ton aide et pour le tem ps que tu nous as consacré.
J’ai pu travailler dans un cadre particulièrement agréable, grâce à l’ensemble des m em bres de
laboratoire A QU A B IOR « A icha, Faiza, Fatim a,
a , H iba, H anane,
anane , K hadija, Lila M alika ,
M ounya, karim , M ohamm ed et N our-
our - eddine»,
eddine merci à tous pour votre am itié, votre soutien
scientifique, votre bonne hum eur, pour toutes ces séances de rires et de sourires, surtout pour
avoir réussi à créer une super am biance au sein et en dehors du laboratoire.
Je tiens à exprimer m es sincères rem erciements au D r. H am ini N , D r. K arkachi N . au
technicien du laboratoire de biochim ie du départem ent de biotechnologie végétale (U
U .S.T.O).
.S.T.O
Je tiens également à rem ercier toute m a fam ille m es parents, mes frères, m es nièces et m es
neveux pour leur soutien constant, leur aide et leur com préhension tout au long de mes
études et surtout durant les 12 m ois de l’échantillonnage.
Ces rem erciements ne seraient pas com plets sans une pensée pour les personnels du
départem ent de biotechnologie : A bed elkader, Louisa, M ahdia, N acera, Souad,
N oureddine, E l-l - H adj et H afida.
Dédicace

Je dédie ce travail :

 A mes parents,

 A mes frères, mes sœurs, mes nièces et mes neveux.

 A toute ma famille et mes amies.


‫قال رسول صلى عليه وسلم‪:‬‬
‫ضلِي َع َلى أَدْ َنا ُك ْم إِنَّ َّ َ‬
‫ َو َمال ِئ َك َت ُه َوأَھْ لَ‬ ‫اب ِد َك َف ْ‬ ‫ضل ُ ا ْل َعال ِِم َع َلى ا ْل َع ِ‬ ‫" َف ْ‬
‫صلُّونَ َع َلى‬ ‫وت َل ُي َ‬ ‫ت و ا ْأل َرضِ ينَ َح َّتى ال َّن ْم َل َة فِي ُج ْح ِرھَا َو َح َّتى ا ْل ُح َ‬ ‫الس َم َوا ِ‬
‫َّ‬
‫اس ا ْل َخ ْي َر"‬‫ُم َع ِّل ِم ال َّن ِ‬
‫رواه الترمذي عن أبي أمامة‬
Résumé

Le but de ce travail expérimental est d’étudier l’effet des variations saisonnières sur le
rendement et les propriétés physicochimiques de l’agar de la rhodophycée Gelidium
sesquipedale ainsi que l’évaluation de l’activité antimicrobienne et la quantification des
polyphénols totaux de l’extrait algal. Pour cela, cette algue a été étudiée de janvier à décembre
2011, sur la côte de Mostaganem (ouest de l’Algérie).

Les résultats globaux obtenus montrent que la matière sèche de G. sesquipedale est stable
durant l’année (22,34 ± 3,18 % du poids humide de l’algue), alors que le rendement de l’agar
varie durant les saisons avec un maximum (p < 0,05) obtenu au cours de la période printemps-
été (32,22 ± 1,7 % du poids sec de l’algue). Quant à la composition de l’agar, les sucres
totaux avoisinent les 87,63 ± 6,9 % du poids de l’agar, avec un maximum (p < 0,05) en hiver,
le 3,6-anhydrogalactose varie entre 30,65 ± 10,56 % et 40,40 ± 1,34 % du poids de l’agar et
le xylose se présente à l’état de trace. L’agar de G. sesquipedale est faiblement substitué en
sulfate (2,75 ± 1,37 % du poids de l’agar) et en pyruvate (0,32 ± 0,09 % du poids de l’agar) et
sa viscosité est de l’ordre de 11,11 ± 1,50 mPa.s.

Par ailleurs, G. sesquipedale a un taux des polyphenols totaux de 1,33 ± 0,41 mg EAG/g.
L’activité antimicrobienne de l’extrait méthanolique de G. sesquipedale est testée contre cinq
(05) souches bactériennes pathogènes pour l’homme et trois (03) champignons
phytopathogènes. En effet, les résultats de l’activité antibactérienne montre que cet extrait a
une faible activité contre Staphylococcus aureus. Quant’ aux tests antifongiques, le taux
d’inhibition le plus important est observé contre Fusarium oxysporum, avec un maximum (p <
0,05) obtenu durant la période printemps-été (de l’ordre de 70 %). En revanche, chez le
champignon Stemphylium sp., le taux d’inhibition maximal (de l’ordre 23%) est obtenu durant
la période automne-hiver (p<0,05). Concernant le champignon Alternaria, aucune activité
inhibitrice n’a été révélée au cours des saisons. L’ensemble de ces résultats obtenus in vitro
ne constitue qu’une première étape dans la recherche de substances naturelles biologiquement
actives. Des essais complémentaires seront nécessaires et devront pouvoir confirmer la
bioactivité de G. sesquipedale.

Mots clés : Gelidium sesquipedale, agar, polyphénols, Staphylococcus aureus, Fusarium


oxysporum, Stemphylium sp., Alternaria sp., Mostaganem.
Abstract

The aim of this experimental work is to study the effects of seasonal variations on the yield
and physicochemical properties of agar of Gelidium sesquipedale as well as an evaluation of
the antimicrobic activity and a quantification of total polyphenols of the extract algal. For this
reason, this alga has been studied for one year, from January to December 2011, on the coast
of Mostaganem (western Algeria).

The overall results show that the dry matter of Gelidium sesquipedale is stable during the
year (22.34 ± 3.18 % wet weight of the alga), while the yield of agar varies seasonally with a
maximum (p <0.05) obtained during the spring and summer (32.22 ± 1.7 % dry weight of the
alga). Regarding the composition of the agar, total sugars are around 87.63 ± 6.9 % weight of
agar, with a maximum in winter (p<0.05), the 3,6-anhydrogalactose varies between 30.65 ±
10.56 % and 40.40 ± 1.34 % and the xylose is revealed traces. The agar of G. sesquipedale is
slightly substituted with sulphate (2.75 ± 1.37 %) and pyruvate (0.32 ± 0.09 %) and its
viscosity was 11.11 ± 1.50 mPa.s .

Moreover, G. sesquipedale presented a rate of the total polyphenols of 1.33 ± 0.41 mg


EAG/g. The antimicrobial activity of the methanol extract of G. sesquipedale is tested against
five human pathogenic bacteria and three phytopathogenic fungi. In fact, the results of the
antibacterial activity show that this extract has a low activity against Staphylococcus aureus.
As for antifungal tests, the most important rate of inhibition is observed against Fusarium
oxysporum, with a maximum (p < 0.05) obtained during spring and summer period (of the
order of 70 %). However, for the fungus Stemphylium sp., the maximum inhibition rate
(around 23%) was obtained during the autumn and winter (p < 0.05). Concerning the fungus
Alternaria, no inhibitory activity was raised during the seasons. All these results obtained in
vitro constitute only one step in the search for biologically active natural substances.
Additional tests will be needed and will be able to confirm the bioactivity of G. sesquipedale.

Keywords: Gelidium sesquipedale, agar, 3,6-anhydrogalactose, sulphate, polyphenols,


Staphylococcus aureus, Fusarium oxysporum, Stemphylium sp. Alternaria sp. Mostaganem.
‫ّ‬
‫الملخص‬

‫الھدف من ھذا العمل التجريبي ھو دراسة تأثير التغيرات الموسمية على المردود و الخصائص الكيموفيزيائية لألغار‬
‫المستخلص من الطحلب األحمر ‪ ،Gelidium sesquipedale‬إضافة إلى تقييم كمية البوليفنول الكلية و النﱠشاط المضﱠاد‬
‫للجراثيم الخاص بھذا الطحلب‪.‬‬
‫لھذا قد ت ّمت دراسة الطحلب األحمر خالل سنة كاملة من يناير إلى ديسمبر‪ 2011‬على ساحل مدينة مستغانم غربي الجزائر‪.‬‬
‫أن مردود ال ّمادة الجافّة ل ‪ Gelidium sesquipedale‬مستقﱢر خالل السنة )‪% 3,18 22,34‬‬
‫النتائج المحصّ ل عليھا تبّين ّ‬
‫أن مردود األغار يختلف و يبلغ ح ﱠده األقصى خالل فصلي الربيع و الصيف )‬
‫‪ ±‬من الوزن الرطب للطحلب( في حين ﱠ‬
‫‪ % 1,7 ±32,22‬من الوزن الجاف للطحلب(‪ .‬أَ ّما بالنسبة للتركيبة الكيميائية لألغار فقد بلغ تركيز السكريات مستواه‬
‫األعلى في فصل الشتاء ‪ % 6,9 ±87,63‬من وزن األغار و قد تراوحت نسبة ‪ 3.6-anhydrogalactose‬ما بين ‪±‬‬
‫‪ % 10,56 30,65‬و ‪ ، % 1,34 ± 40,40‬أَ ّما سكر الغزيلوز فھو موجود بكمية ضئيلة‪ ،‬الكبريت قد سجل نسبة ‪2,75‬‬
‫‪ % 1,37 ±‬و البيروفات قد بلغ حوالي ‪ . % 0,09 ± 0,32‬لزوجة األغار في درجة ‪ °60‬قد بلغت ‪mPa.s 1,50 ±‬‬
‫‪11,11‬و ھي األخرى قد عرفت تغيرات بالنسبة للفصول وقد سُجﱢ ل الحد األدنى لھا خالل الخريف ‪mPa.s 0,79± 9,01‬‬
‫‪ .‬المقارنة بين أغار ‪ Gelidium sesquipedale‬و األغار التجاري وضﱠحت أن ھذا الطحلب األحمر النابت على‬
‫السواحل الغربية الجزائرية يمكن أن يمثل مادة أولية جيدة الستخالص األغار‪.‬‬

‫فيما يخص كمية البوليفنول الكلي المحصل عليھا عند‪ Gelidium sesquipedale‬فقد بلغت ‪mg 0,41 ±1,33 g /‬‬
‫‪ .EAG‬النشاط المضاد الجرثومي قد أُختُبِر ضد خمسة بكتيريات مسببة لألمراض البشرية و عند ثالثة فطريات ممرضة‬
‫للنباتات‪ .‬في الواقع نتائج النشاط المضاد للبكتيريا تبين أن مستخلص الميتانول يُظ ِھر نشاط ضئيل ضد المكورات السبحية‬
‫‪ ،Staphylococcus aureus‬أما عند فطر ‪ Fusarium oxysporum‬فمعدل التثبيط قد وصل إلى أقصاه في فصلي‬
‫‪ ، %70‬في حين أن المعدل األقصى ال ُمسجﱠل ضد‪ Stemphylium sp‬قد لوحظ في‬ ‫الصيف و الربيع ببلوغه حوالي‬
‫فصلي الخريف و الشتاء )حوالي ‪ .(23 %‬من جھة أخرى لم يسجل أي نشاط تثبيطي ضد فطر ‪ .Alternaria‬كل ھذه‬
‫النتائج المخبرية ليست سوى خطوة أولى في عملية البحث عن المواد النشطة حيويا و إنﱠه لمن الضروري مواصلة ھذا‬
‫العمل باختبارات تكميلية لتأكيد النشاط الحيوي ل ‪.Gelidium sesquipedale‬‬

‫الكلمات المفتاحية ‪ ،Gelidium sesquipedale :‬األغار‪ ،‬الموسمية‪،Stemphylium sp ،Fusarium oxysporu ،‬‬


‫البوليفنول‬
LISTE DES ABREVIATIONS

AQUABIOR : Laboratoire d’Aquaculture et Bioremédiation

APS: Adenosine phosphosulfate

ATP: Adenosine triphosphate

BPS : Bromophénols

CCM : Chromatographie sur couche mince

DNS: Acide 3,5-Dinitrosalicylique

DNPH : 2,4-dinitro- phenylhydrazine

DPA : Diphénylamine

F.A.O.: Food and Agriculture Organization

GDP: Guanosine diphosphate

GPS: Global Positioning System

GTP: Guanosine triphosphate

LBG : Gomme de l’Haricot de Sauterelle

mPa·s : milli Pascal·secondes

MS: Matière sèche

PDA : Potatos dextrose agar

Pds : Poids

Rf : Rapports des fronts

TCA : Acide trichloacétique

t: Tonne

UDP: uridine diphosphate

UGPase: l'UDP-glucose pyrophosphorylase

mg EAG/g : milligramme d’équivalent d’acide gallique par gramme

3,6-AG: 3,6-anhydrogalactose
LISTE DES FIGURES

Figure 1: Morphologie d’un thalle de G. sesquipedale 5


Figure 2: Cycle de vie triphasique des algues rouges de la famille des Florideophyceae 6
(Freshwater, 2000)
Figure 3 : Distribution géographique de Gelidium sesquipedale (Fischer et al., 1987 ; 7
Guiry, 2011)
Figure 4 : Structure de l’agarobiose (Chen, 2004) 11
Figure 5: Structure de l’agarose et de l’agaropectine (Kohajdová & Karovičová, 2009) 12
Figure 6 : Mécanisme de gélification de l’agar (FAO, 1990) 15
Figure 7: Les principales applications de l’agar (Perèz, 2009) 19
Figure 8: Structure chimique du phénol 24
Figure 9: Localisation géographique du site d’échantillonnage de Gelidium 26
sesquipedale (Google Earth, 2011)
Figure 10 : Pellicule de l’agar avant séchage 28
Figure 11 : Agar séché et découpé 28
Figure 12 : Algues restantes après extraction 28
Figure 13 : Réaction des sucres avec l’anthrone 29
Figure 14: Viscosimètre à chute de bille 33
Figure 15 : Variation saisonnière de la matière sèche des thalles de Gelidium 38
sesquipedale (%: pds algue sèche/ pds algue humide, n=9)
Figure 16 : Variation saisonnière du rendement de l’agar (n=9, %: pds agar / pds algue 39
sèche). Les histogrammes portant des indices différents sont significativement différents
(p < 0,05)
Figure 17 : Variation saisonnière du taux des sucres totaux (n=9, % : pds sucres totaux 40
/ pds agar, T :l’ agar commercial Biochem Chemopharma). Les histogrammes portant
des indices différents sont significativement différents (p < 0,05).
Figure 18 : Variation saisonnière du taux des sucres réducteurs (n=9, % : pds sucres 41
réducteurs / pds agar, T : l’agar commercial Biochem Chemopharma). Les
histogrammes portant des indices différents sont significativement différents (p < 0,05).
Figure 19 : Variation saisonnière du taux de 3,6-anhydrogalactose (n=9, % : pds 3,6- 42
anhydrogalactose/ pds agar, T : l’agar commercial Biochem Chemopharma). Les
histogrammes portant des indices différents sont significativement différents (p < 0,05).
Figure 20 : Variation saisonnière du taux de sulfate (n=9, %: pds sulfate/ pds agar, T: 43
l’agar commercial Biochem Chemopharma). Les histogrammes portant des indices
différents sont significativement différents (p < 0,05).
Figure 21 : Variation saisonnière de la teneur en pyruvate (n=9, %: pds pyruvates/ pds 44
agar, T: l’agar commercial Biochem Chemopharma). Les histogrammes portant des
indices différents sont significativement différents (p < 0,05).
Figure 22 : CCM d’hydrolysat de l’agar (Glu : glucoe, Fru : fructose, Sac : saccharose, 45
Gal : galactose, Xyl : xylose, E1 : 2 µl ; E2 : 4 µl ; E3 : 6 µl).
Figure 23: CCM d’hydrolysat de l’agar (Glu : glucoe, Fru : fructose, Gal : galactose, 45
Rha : rhamnose, Xyl : xylose, E : 3 µl).
Figure 24 : Variation saisonnière de la viscosité de l’agar (n=9, T: l’agar commercial 46
Biochem chemopharma). Les histogrammes portant des indices différents sont
significativement différents (p < 0,05).
Figure 25 : Variation saisonnière du taux des polyphénols totaux de G. sesquipedale 47
(n=3, mg EAG/g : mg d’équivalent d’acide gallique par g d’extrait). Les histogrammes
portant des indices différents sont significativement différents (p < 0,05).
Figure 26 : Mise en évidence de l’effet antibactérien de l’extrait méthanolique de G. 48
sesquipedale contre S. aureus (1, 2 et 3 : 40 µl d’extrait (50 µg/µl), T : 40 µl de
méthanol).
Figure 27 : Variation saisonnière de l’activité anti-Fusarium oxysporum,,(n=3, Ridomil: 49
antifongique). Les histogrammes portant des indices différents sont significativement
différents (p < 0,05).
Figure 28 : Colonie témoin de F. oxysporum 50
Figure 29 : F. oxysporum incubé avec 40 µl de méthanol 50
Figure 30 : F. oxysporum incubé avec 40 µl d’extrait de G. sesquipedale (50 µg/µl) de 50
la saison hivernale.
Figure 31 : F. oxysporum incubé avec 40 µl d’extrait de G. sesquipedale (50 µg/µl) de 50
la saison printanière.
Figure 32 : F.oxysporum incubé avec 40 µl d’extrait de G. sesquipedale (50 µg/µl) de 50
la saison estivale.
Figure 33 : F.oxysporum incubé avec 40 µl d’extrait de G. sesquipedale (50 µg/µl) de 50
la saison automnale.
Figure 34 : Variation saisonnière de l’activité anti- Stemphylium sp, (n= 3, Ridomil : 51
antifongique). Les histogrammes portant des indices différents sont significativement
différents (p < 0,05).
Figure 35 : Colonie témoin de Stemphylium sp. 52
Figure 36 : Stemphylium sp. incubé avec 40 µl de méthanol. 52
Figure 37 : Stemphylium sp. incubé avec 40 µl d’extrait de G. sesquipedale (50 µg/µl) 52
de la saison hivernale.
Figure 38 : Stemphylium sp. incubé avec 40 µl d’extrait de G. sesquipedale (50 µg/µl) 52
de la saison printanière.
Figure 39 : Stemphylium sp. incubé avec 40 µl d’extrait de G. sesquipedale (50 µg/µl) 52
de la saison estivale.
Figure 40 : Stemphylium sp. incubé avec 40 µl d’extrait de G. sesquipedale (50 µg/µl) 52
de la saison automnale.
Figure 41 : Réaction des sucres totaux avec le réactif d’Anthrone (T : témoin). 69
Figure 42 : Réaction de 3,6-anhydrogalactose avec le réactif de Résorcinol-acétal (T : 69
témoin).
Figure 43 : Réaction des sucres réducteurs avec le réactif de DNS (T : témoin). 69
Figure 45 : Réaction du pyruvate avec le DNPH (T : témoin). 69
Figure 46 : Réaction du sulfate avec le réactif BaCl2/Gélatine (T : témoin). 69
Figure 47 : Réaction des polyphénols avec le réactif de Folin Ciocalteu’s Pholin (T : 69
témoin).
LISTE DES TABLEAUX

Tableau 1: Distribution géographique de la récolte de Gelidium et Gracilaria (Bixler & 9


Porse, 2010).
Tableau 2: Source et forme de l’agar (Bixler & Porse, 2010). 15
Tableau 3: Classification commerciale des agars selon leur force de gel (Perèz, 2009) 16
Tableau 4: Distribution géographique de la production de l’agar (Bixler & Porse, 2010). 18
Tableau 5 : Microorganisme utilisés pour le test antimicrobien 36
Tableau 6 : Effet antibactérien des antibiotiques commerciaux 48
SOMMAIRE

INTRODUCTION 1
ETUDE BIBLIOGRAPHIQUE 3
1. Généralités sur les algues 3
2. Les Rhodophytes 3
 Présentation de l’espèce : Gelidium sesquipedale 4
2. L’agar 8
2.1. Les agarophytes 8
2.2. Situation de l’agar dans l’agarophyte 9
 La paroi des algues 9
2.3. La structure chimique 10
2.3.1. Agarose 10
2.3.2. Agaropectine 11
2.3.3. Les constituants inorganiques de l’agar 12
2.4. Biosynthèse de l’agar 12
2.4.1. La localisation de la biosynthèse 13
2.4.2. Synthèse des précurseurs, et mécanisme de polymérisation 13
2.4.3. Mécanisme de sulfatation et de formation des ponts 3,6-anhydre 13
2.5. Description de l’agar 14
2.6. Gélification de l’agar 15
2.7. Force du gel de l’agar 16
2.8. Hystérèse 16
2.9. Synérèse 16
2.10. Synergies et antagonismes du gel de d'agar 17
2.10.1. Synergies 17
2.10.2. Agents antagonistes du gel de d'agar 17
2.11. Le marché de l’agar 17
2.12. Application de l’agar 18
2.12.1. En industrie agroalimentaire 19
2.12.1.1. Produits laitiers 19
2.12.1.2. Pâtisserie 20
2.12.1.3. Confiserie 20
2.12.1.4. Boisons 20
2.12.1.5. Charcuterie et produits de pêche 20
2.12.2. En biotechnologie 20
2.12.2.1. Culture microbienne et cellulaire 21
2.12.2.2. Culture des tissus végétaux et animaux 21
2.12.3. En pharmacologie 22
2.12.4. En médecine 22
2.12.5. En cosmétologie 22
2.12.6. Autres applications 22
3. Activité biologique des algues rouges 23
4.1. Les métabolites bioactifs des algues rouges 23
3.1.1. Polyphénols 23
3.1.1.1. Structure chimique 24
3.1.1.2. Classification 24
3.1.1.3. Bromophenols 25
3.1.2. Terpénoïdes 25
3.1.2.1. Terpénoïdes halogénés 25
MATERIEL ET METHODES 26
1. Présentation du site 26
2. La récolte des algues 26
3. Nettoyage et identification des algues 27
4. Traitement des algues 27
5. Extraction de l’agar 27
6. Analyse des constituants de l’agar 28
6.1. Dosage des sucres totaux 28
6.2. Dosage de 3,6 anhydrogalactose 39
6.3. Dosage des sucres réducteurs 30
6.4. Dosage du sulfate 30
6.5. Dosage de l’acide pyruvique 31
6.6. Analyse qualitative par Chromatographie sur couche mince 31
6.7. Mesure de la viscosité 33
7. Préparation de l’extrait antibactérien et antioxydant 34
7.1. Dosage des polyphénols totaux 35
7.2. Tests microbiologiques 35
7.2.1. Test antibactérien 36
7.2.2. Test antifongique 36
8. Etude statistique 37
RESULTATS
1. La matière sèche de Gelidium sesquipedale 38
2. Le rendement de l’agar 38
3. Les constituants de l’agar 39
3.1. Les sucres totaux 39
3.2. Les sucres réducteurs 40
3.3. Le 3,6-anhydrogalactose 41
3.4. Le sulfate 42
3.5. Le pyruvate 43
3.6. L’analyse qualitative de l’agar par chromatographie sur couche mince 44
4. La viscosité 45
5. Les polyphénols totaux 46
6. L’activité antimicrobienne 47
6.1. L’activité antibactérienne 48
6.2. L’activité antifongique 48
DISCUSSION 53
CONCLUSION ET PESPECTIVES 59
REFERENCES BIBLIOGHRAFIQUES 61
REFERENCES WEBOGRAPHIQUES 70
ANNEXES 71
INTRODUCTION
Introduction

Les macroalgues marines constituent l'une des composantes de l'écosystème côtier, et sont
d'une importance écologique fondamentale en tant que producteurs primaires. Sur le total des
macroalgues marines, les algues rouges représentent le plus grand nombre des espèces
(environ 6000), suivies par les algues brunes et les algues vertes avec 1700 et 1200 espèces,
respectivement (Reddy et al., 2010; Hayes, 2011). Utilisées depuis des millénaires par les
populations littorales pour leurs hautes valeurs nutritives, les algues rouges attirent,
actuellement, un regard particulier pour la recherche de nouvelles substances d'intérêts
biotechnologiques (Ruiz, 2005). Ces algues constituent alors un enjeu de développement
économique.

Les principales substances extraites à partir des algues rouges sont les polysaccharides
sulfatés; l’agar et les carraghénanes. L’agar est extrait principalement à partir des algues du genre
Gracilaria et Gelidium (Bixler & Porse, 2010). Ce polysaccharide pariétal a la propriété de
former des gels thermoréversibles, il constitue donc la principale alternative végétarienne à la
gélatine animale. Grâce à ses propriétés gélifiantes et stabilisantes, l’agar intéresse plusieurs
secteurs industriels. En effet, il connait une large utilisation dans le secteur agroalimentaire,
puisqu’il entre dans la composition de nombreux produits tels que les produits laitiers et les
fruits transformés, l’agar est aussi utilisé en pâtisserie, en confiserie et en charcuterie. De plus,
ce polysaccharide connait également des applications en médecine, en pharmacologie et en
cosmétologie et comme il peut servir pour des prises d'empreintes, il est employé dans le
domaine de l’archéologie et la dentisterie (Khan & Abourashed, 2011). Actuellement, le
principal débouché de l’agar est en biotechnologie où il constitue la matière de base dans la
confection des milieux de culture et il représente également l’un des supports de migration et
de séparation des molécules en électrophorèse et en chromatographie (Ouhssine et al., 2006).

L’avantage des algues rouges n’est pas lié qu’aux polysaccharides mais elles sont connues
aussi pour leur richesse en métabolites secondaires, qui ont montré une myriade d’activités
biologiques (activité antioxydante, antimicrobienne, antifoulling, anthelminthique, anti-
malaria et cytotoxique…etc) (Demirel et al., 2011). Parmi elles, c’est l’activité antioxydante
et antimicrobienne qui sont largement étudiées, chez différentes espèces, à travers le monde
(Hellio et al., 2004; Seenivasan et al., 2010;). D’ailleurs, les agents antioxydants et
antimicrobiens naturels peuvent apportés des solutions aux problèmes de santé publique car
ils peuvent constituer une alternative plus sûre et efficace aux produits synthétiques dont la

1
Introduction

toxicité est prouvée (Heo et al., 2006). De même, ces composés bioactifs sont d’un grand
intérêt dans le secteur médical qui est à la recherche continue des antibiotiques plus puissants
pour lutter contre l’antibiorésistance des agents pathogènes. D’un autre côté, en agriculture et
en aquaculture, le regard est également orienté vers les composés bioactifs des algues, dont
l’utilisation réduit les pressions législatives concernant l’emploi des produits synthétiques et
pharmaceutiques (Bourgougnon & Pouvreau, 2011).

Les rhodophycées du genre Gelidium font l’objet de plusieurs études pour leurs potentialités
biotechnologiques, néanmoins, ces études s’intéressent principalement aux espèces
océaniques (Mouradi-Givernaud et al., 1992 ; Freile-Pelegrin et al., 1995 ; Hurtado et al.,
2010). De ce fait, nous avons opté à étudier la rhodophycée Gelidium sesquipedale de la côte
de Mostaganem et ceci en étudiant le contenu en agar et la bioactivité de cette espèce. Cette
étude est une étude complémentaire d’un travail réalisé en parallèle sur la biologie de G.
sesquipedale.

Le présent travail consiste d’une part à étudier l’effet des variations saisonnières sur le
rendement de l’agar de G. sesquipedale et ses propriétés physicochimiques, afin de
déterminer la période qui correspond le mieux à la production maximale de l’agar et donc
déterminer la période de récolte de l’algue, en vue d’une utilisation industrielle et d’autre part
à évaluer la bioactivité de cette algue, par le suivi temporel du taux des polyphénols totaux et
du pouvoir antibactérien et antifongique de G. sesquipedale. Cette

2
ETUDE
BIBLIOGRAPHIQUE
Etude bibliographique

3. Généralités sur les algues

Les végétaux que l’on groupe sous la dénomination d’algues forment un ensemble
d’organismes très divers, de structure et de taille variées. Certaines algues unicellulaires ne
dépassent pas 2-3 µm de diamètre alors que d’autres, comme les laminariales du genre
Macrocystis, peuvent atteindre et même dépasser 50 m de long (Ozenda, 1990). Le nombre
d'espèces algales a été évalué entre un et dix millions et la plupart d'entre elles sont des
microalgues (Evangelista, 2008).
Les algues se distinguent des autres végétaux par leur thalle et appareil végétatif uni- ou
pluricellulaire, dépourvus de racines, de tiges et de feuilles. Or, les cellules des algues
possèdent les mêmes éléments de structure que celles des plantes supérieures (Garon-
Lardiere, 2004).
Les algues peuvent néanmoins être classées en une dizaine d’embranchements selon des
critères basés sur leurs compositions pigmentaires, leurs polysaccharides de réserve ou leurs
caractéristiques structurales (Ruiz, 2005).
C'est ainsi, suivant la pigmentation, les algues sont classées en quatre grands groupes: les
algues rouges (Rhodophytes), les algues brunes (Phéophytes), les algues vertes
(Chlorophytes) et les algues bleues (Cyanobactéries).

4. Les Rhodophytes

Les algues rouges prédominent dans de larges zones des plateaux continentaux des régions
tropicales, tempérées et froides; la classification la plus récente reconnaît un embranchement
« Rhodophyta », deux sous embranchements « Cyanidiophytina », avec une seule classe, et
« Rhodophytina » avec six classes (Yoon et al., 2010). On connait jusqu’à 6000 espèces
réparties dans environ 680 genres. La grande majorité de ces espèces sont des algues marines
macroscopiques et leurs structures sont plus complexes. Les Rhodophytes sont généralement
fixées aux rochers ou à d’autres algues, mais il existe aussi quelques formes flottantes (Raven
et al., 2003).

 Les caractéristiques

Le plaste des algues rouges est délimité par deux membranes et contient de la chlorophylle a,
la phycocyanine et la phycoérythrine. Ces pigments photosynthétiques sont organisés dans le
phycobilisome qui se situe sur la surface de la membrane des thylakoïdes non empilés (Yoon

3
Etude bibliographique

et al., 2010). Comme un produit de stockage, les algues rouges ne produisent pas de l’amidon
proprement dit, mais un glucide de plus faible poids moléculaire, analogue au glycogène,
appelé « amidon floridéen » (Ozenda, 1990). Cette lignée est dépourvue de flagelles, de
centrioles, et de la chlorophylle b et c (Yoon et al., 2006).

Toutes les Rhodophytes se reproduisent sexuellement et ont des cycles de vie complexes, la
méiose peut avoir lieu juste après la fécondation, sans stade sporophyte, alternativement, le
zygote peut se développer en un organisme diploïde, et produit par la suite des spores
haploïdes qui poussent dans les gamétophytes mâles et femelles. Le gamétophyte femelle
produit un grand ovule, tandis que le mâle produit des spermatozoïdes beaucoup plus petits
(Tobin & Dusheck, 2005).

 Présentation de l’espèce : Gelidium sesquipedale

 Position systématique
Sur le plan systématique, Gelidium sesquipedale occupe la position suivante (Yoon et al.,
2010) :
Règne : Plantae
Embranchement : Rhodophyta

Sous-embranchement : Rhodophytina

Classe : Florideophyceae
Sous-classe : Rhodymeniophycidae
Ordre : Gelidiales
Famille: Gelidiaceae
Genre: Gelidium
Espèce: sesquipedale

 Caractéristiques morphologiques

Le thalle de Gelidium sesquipedale, rouge à rouge brun, a un aspect robuste et une


consistance cartilagineuse (figure 1). Il est constitué de frondes de taille variant entre 10 à 40
cm, et regroupées en touffes, s’élevant à partir de filaments rampants (stolons ou rhizoïdes)
qui assurent la fixation de l’algue au substrat. La fronde est constituée d’un ensemble d’axes
principaux à croissance illimitée, porteurs de ramifications latérales à croissance limitée, ce
4
Etude bibliographique

qui donne au thalle une forme pyramidale. La largeur des axes varie de 0,2 à 0,5 mm (Alberto
et al., 1997 ; Mouradi et al., 2007).
En coupe transversale, cette espèce présente des cellules corticales denses, larges de 365 µm
et des rhizines abondantes à la périphérie mais totalement absentes au centre de la coupe
(Gayral, 1958).

1 cm

Fronde

Nouvelle repousse
(future fronde)

Stolon
Lab. AQUABIOR, 2011

Figure 1: Morphologie d’un thalle de Gelidium sesquipedale

 Reproduction
G. sesquipedale est une algue pérennante a cycle de vie triphasique, de type Polysiphonia,
avec des phases tétrasporophytes et gamétophytes isomorphes (Santos, 1994). Ce cycle est
caractérisé par la succession d’une génération gamétophytique haploïde, d’une génération
carposporophytique diploïde, qui se développe sur les gamétophytes femelles, et d’une phase
tétrasporophytique diploïde (Raven et al., 2003). La fécondation se fait par trichogamie, le
carpogone, un gamétophyte femelle surmonté de son trichogyre est fertilisé par un gamète
mâle dépourvu de flagelles (spermatie). Le zygote qui en résulte se développe en une
génération diploïde de petite dimension, nommée carposporophyte (épiphyte du gamétophyte
5
Etude bibliographique

femelle). Les carposporocystes libèrent des carpospores qui germent pour donner de
nouveaux tétrasporophytes. Ces derniers se différencient en des cellules spécialisées, les
tétrasporocystes. Parvenus à maturité, ces cystes subissent la méiose et engendrent les
tétraspores haploïdes (figure2) (Freshwater, 2000). La reproduction asexuée se fait par
germination des spores (paraspores) qui redonnent des individus semblables aux parents,
morphologiquement et cytologiquement. La multiplication végétative est la forme la plus
simple de propagation. Elle se réalise par fragmentation des thalles. Le sporophyte (diploïde)
et les gamétophytes (haploïdes) sont identiques sur le plan morphologique (Raven et al.,
2003).

Carposporophyte 2N

Gamétophyte femelle 1N

Carpospores 2N
Carpogonie (ovule)
Fertilisation

Gamétophyte femelle 1N

Gamétophyte male 1N
Spermaties Tétrasporophyte 2N

Tétraspores Méiose

Figure 2: Cycle de vie triphasique des algues rouges de la famille des Florideophyceae
(Freshwater, 2000).

 Ecologie

G. sesquipedale est une espèce sciaphile (Riadi, 1998), et elle peut être blanchie par la forte
intensité lumineuse dans les latitudes tropicales (McHugh, 2003). Elle se fixe sur les roches
6
Etude bibliographique
bibliographi

battues de la zone médiolittorale inférieure et infralittorale (Ouhssine et al.,


al. 2006). Les zones
les plus denses se trouvent généralement entre
entre 1 et 5 m de profondeur et sont fortement
agitées. A des profondeurs plus importantes, les peuplements colonisent principalement la
partie supérieure des crêtes rocheuses (Cail-Milly
( & Prouzet, 2000). En général, les espèces
du genre Gelidium se développent
eloppent mieux à température comprise entre 15-20
15 °C, mais
peuvent tolérer des températures plus élevées.
élevées Elles peuvent survivre dans des conditions
pauvres en nutriments et certaines espèces s'adaptent à la diminution ou à l’élévation de
salinité (McHugh, 2003).

 Répartition géographique

G. sesquipedale est une espèce originaire de l’atlantique boréal (Riadi,


(Riadi, 1998).
1998 Cette espèce est
observée le long des côtes atlantiques européennes, depuis la grande Bretagne, la France,
l’Espagne, le Portugal, le détroit de Gibraltar au Maroc ainsi que les Açores, les îles
Canaries, les îles de Cap-Vert
Vert (Guiry,
( 2011) jusqu’au Mauritanie (Ouhssine
Ouhssine et al., 2006).
Quant à la mer méditerranée, G. sesquipedale s’y est naturalisée par le biais du détroit de
Gibraltar,, elle a été signalée au Maroc, en Corse, en Italie (Guiry, 2011), sur les côtes
thyrrhéno-ioniennes (Fischer
Fischer et al., 1987) et Algériennes (Gayal,
Gayal, 1958 ; Fischer et al.,
1987 ; Grimes et al.,., 2003). Sur le continent asiatique, cette algue est décrite seulement sur
les côtes de la Corée du sud (Guiry, 2011) (figure 3).

Figure 3 : Distribution géographique de Gelidium sesquipedale (Fischer


Fischer et al., 1987 ;
Guiry, 2011)

7
Etude bibliographique

 Récolte de G. sesquipedale

Les thalles de Gelidium sesquipedale peuvent être récoltés par bateau à l’aide de filets ou à
partir de la rive, par filet et treuil, permettant de remonter des paniers. Elles peuvent être
ramassées également sur la plage comme laissé de mer après les tempêtes ou encore arrachée
ou coupée par plongée (Ouhssine et al., 2006).

 Application de Gelidium sesquipedale


La principale application de la rhodophycée G. sesquipedale est celle en industrie de
production de l’agar (Mouradi-Givernauld et al., 1999). De plus, cette algue comme la plupart
des algues marines, peut présenter une source de métabolites bioactifs. D’ailleurs, la
bioactivité des algues constitue un sujet d’actualité et plusieurs auteurs ont investigué les
potentialités antimicrobiennes et antioxydantes des algues y compris celles du genre
Gelidium (Zeng et al., 2001; Farid et al., 2007 ; Bouhlal et al., 2010 ; Elsie et al., 2011).

2. L’agar
L’agar est un polysaccharide pariétal des algues rouges. Sa méthode d’extraction et de
purification a été découverte par hasard, au Japon, au milieu du 17ème siècle, plus précisément
en 1658, par Minoya Tarozaemon. C’est qu’à la fin du 19ème siècle que l’agar est connu dans
le monde occidental (F.A.O., 1990). Il a été découvert, environ 200 ans avant que les deux
autres phycocolloïdes, le carraghénane et l’alginate, ont été découverts (Armisen, 1997). En
fait, le mot « agar » est un terme malaisien et la double forme, « agar-agar », est utilisée pour
décrire la gelée (Imerson, 2011).

2.1. Les agarophytes


Les algues appartenant au genre Gracilaria et Gelidium sont les principales algues utilisées
pour la production commerciale de l’agar. Gracilaria est devenue l’algue préférée pour la
fabrication de l’agar destiné aux usages alimentaires, parce qu’elle est cultivée avec succès au
Chili et en Indonésie.
Gelidium jusqu' à maintenant n'a pas été commercialement cultivée, mais elle continue d'être
l'algue préférée pour produire l’agar de qualité bactériologique et pharmaceutique et de
l'agarose. L’agar peut être aussi extrait à partir de Ptecocladia et Ahnfeltia, mais aucune
production commerciale n’est basée sur ces algues (Bixler & Porse, 2010).

8
Etude bibliographique

Pour des usages industriels, la récolte de Gelidium se localise principalement en Espagne, au


Portugal et au Maroc. Elle est également récoltée mais à des quantités moindres en Corée du
Sud, au Japon et en Mexique (tableau 1) (Bixler & Porse, 2010).
Tableau 1 : Distribution géographique de la récolte de Gelidium et Gracilaria (Bixler &
Porse, 2010).

Localisation géographique Poids sec (t)


Gelidium
Mexique 800
Espagne/Portugal/ France 4000
Maroc 6000
Japan /Corée / Indonésie 4000
Total 14800
Gacilaria
Espagne/Portugal 200
Namibie 300
Chili/ Pérou/ Argentine 30000
Indonésie/ Chine/ Vietnam 27000
Total 57500

3.2. Situation de l’agar dans l’agarophyte

L’agar est l’un des constituants de la paroi cellulaire des algues du genre Gelidium (Craigie,
1990 ; Murano et al., 1998).

3.2.1. La paroi des algues

L’organisation générale de la paroi des algues rouges est similaire à celle des autres algues
(brunes, vertes) et des plantes supérieures (Guibet, 2007). En général, la paroi des algues est
composée, en plus des polysaccharides, des protéoglycans, des peptides, des protéines, des
lipides, et des éléments inorganiques (Craigie, 1990).

Elle est constituée de deux phases : une phase cristalline, qui correspond à un squelette de
microfibrilles, enveloppée d'une phase amorphe, appelée également matrice prédominante ;

9
Etude bibliographique

 La phase squelettique des algues rouges et des végétaux en général, est constituée de
polysaccharides linéaires neutres, majoritairement des microfibrilles cristallines de
cellulose, et parfois de xylanes ou de mannanes. La cellulose ne représente que 1 à 8
% du poids sec chez les Rhodophytes et les Phaeophytes, alors qu’elle constitue 30 %
du poids sec des plantes supérieures. Bien qu’en faible quantité chez les algues rouges,
la cellulose joue un rôle structural important en permettant à l’algue de résister à
l’hydrodynamisme du milieu (Guibet, 2007).

 La phase amorphe (matricielle ou mucilagineuse) des algues rouges et brunes


représentent la majeure partie du poids sec des algues. Elles sont composées de
polysaccharides anioniques, portant des groupements sulfates (carraghénanes, agars,
fucanes) ou des groupements carboxylés (alginates) (Guibet, 2007).
La paroi des algues rouges contient aussi des protéines pariétales, mais en quantité
relativement faible (Craigie, 1990). L’agar est présent dans tous les tissus, aussi bien dans les
cellules corticales que dans celles de la zone médullaire (Perèz, 2009).

3.3. La structure chimique

L’agar est un mélange de deux polymères du galactose : l'agarose, polymère neutre


fortement gélifiant, et l’agaropectine, polymère chargé faiblement gélifiant (Wickens, 2004).
Le galactose est présent sous deux configurations :

 La configuration « galactose » proprement dite, associée ou non à des ions hydrophiles


(SO4-2).

 La configuration « anhydrogalactose » présentant entre le 3ème et le 6ème carbone, un


radical hydrophobe (CH2-O) (Perèz, 2009).

Ces deux monomères sont réunis en une séquence par une liaison oxygène entre le 1er
carbone du premier monomère et le 4ème carbone du second monomère (figure 4).

La répétition de cette séquence, liée à la suivante par un pont oxygène, forme une longue
molécule s’étalant dans l’espace en une spirale lévogyre (Perèz, 2009).

3.3.1. Agarose

L’agarose est considéré comme le principal constituant de l’agar, il représente un pourcentage


compris entre 50-90 % (Nussinovitch, 1997). C’est un polymère linéaire composé d'unités
10
Etude bibliographique

d'agarobiose liées en (1-3) (figure 4); chacune de ces dernières est constituée de deux
monomères : β-D-galactose lié en (1-4) au 3,6-anhydro- α -L-galactose (Imerson, 2011). Le
D-xylose et 6-O-methyl-D-galactose entrent également dans la composition de l’agarose avec
des concentrations variables selon les espèces (Nussinovitch, 1997).

L’agarobiose est influencé d’une part par les facteurs génétiques, et d’autre part par les
facteurs écologiques telles la disponibilité des éléments nutritifs, la composition du substrat,
sur lequel les algues croissent, et l’hydrodynamisme de l’habitat (Armisén et al., 2000).

La détermination du poids moléculaire de l’agarose indique que son poids moléculaire


minimal est autours de 120000 Daltons, équivalent à une chaine linéaire de 400 unités
d’agarose ou de 800 hexoses (Imerson, 2011 ; Laaman, 2011).

6 CH2OH O
3 2
5
O O
OH
4 1 6 CH2 OH 1
4 α
β
O 2 O
O
3 5
OH

ß-D-galactopyranosyl-(1 4)- 3,6-anhydro-α-L-galactopyrnose

Figure 4: Structure de l’agarobiose (Chen et al., 2004).

3.3.2. Agaropectine

L’agaropectine constitue la fraction mineure de l’agar. Comme l'agarose, il est basé sur la
même unité structurale de l'agarobiose mais la différence réside au niveau des groupements
latéraux qui incluent, dans le cas de l’agaropectine (figure 5), des groupements sulfates,
méthyls, pyruvates, acétyls (Imerson, 2011) et de l’acide gluconique (Nussinovitch, 1997).
Ces substituants sont typiques du genre et de l’espèce de l’agarophyte utilisée pour produire
l'agar. De plus, au sein de la même espèce, ces groupements latéraux peuvent être influencés
par le cycle de croissance de l’algue, la saison de la collecte ou des facteurs écologiques. Leur
présence empêche l’agaropectine, d’adopter une structure régulière de sorte que ce polymère
ne contribue pas significativement à la formation du gel (Imerson, 2011).
11
Etude bibliographique

Figure 5: Structure de l’agarose et de l’agaropectine (Kohajdová & Karovičová, 2009)

3.3.3. Les constituants inorganiques de l’agar

L’agar n’est pas constitué que des sucres, mais il contient aussi des éléments inorganiques.
L’analyse de la composition de la cendre de l’agar, montre que ce dernier contient les
éléments inorganiques suivants : le sulfate inorganique (1,0-8 %) (Perez, 2009), le sodium
(0,6-1,2 %), le calcium (0,15-0,25 %), le magnésium (400-1200 ppm), le potassium (100-300
ppm), le phosphate (10-80 ppm), le fer (5-20 ppm), le manganèse (1-5 ppm), et le strontium
(10-50 ppm) (Nussinovitch, 1997).
R : H ou SO3
3.4. Biosynthèse de l’agar
La biosynthèse des polysaccharides matriciels des algues rouges est un processus complexe et
relativement mal connu. Elle repose sur la formation de liaisons glycosidiques qui nécessite
l’utilisation d’un précurseur activé, un ose nucléotide, comme substrat de la glycosyl synthase
(Garon-Lardiere, 2004).
Le composant D-galactose de l'agar est vraisemblablement dérivé du glucose-1-phosphate,
UDP-D-glucose et UDP-D-galactose tandis que le composant L-galactose est dérivé de GDP-
D-mannose. Ce dernier à son tour peut être produit soit à partir du GDP-glucose catalysé par
un épimerase, soit à partir de mannose-1-phosphate et de GTP-D-mannose catalysé par une
pyrophosphorylase (Siow et al., 2008).

La biosynthèse de l'agar se déroule en trois étapes :

12
Etude bibliographique

• L’étape primaire : implique les intermédiaires du cycle de Calvin et du


monosaccharide-6-phosphate ;

• L’étape intermédiaire : commence par la formation de glucose-1-phosphate et de


mannose-1-phosphate, et se termine avec l'UDP-D-galactose et le GDP-L-galactose ;

• L’étape terminale : implique la polymérisation et la modification du polymère


(Siow et al., 2008), cette voie est une suite de réactions chimiques (méthylation,
sulfatation,…) qui modifient la structure du squelette carbonée, à l’origine des
propriétés fonctionnelles très spécifiques, et d’une grande complexité des structures
engendrées (Garon-Lardiere, 2004).

3.4.1. La localisation de la biosynthèse


Il est généralement admis que les chaînes d'alternance des résidus de D et L-galactose sont
assemblées sur des molécules primaires dans l'appareil de Golgi (Hemmingson et al., 1996a).
Les modifications post-polymérisation s’opèrent généralement dans les dictyosomes (Garon-
Lardiere, 2004). La sulfatation des résidus de L-galactose est censée se produire à un stade
précoce de la biosynthèse, tandis que la fermeture du cycle et la méthylation peut se produire
un peu plus tard. A un certain stade de la biosynthèse, la migration (hors de l'appareil de
Golgi) dans la matrice de la paroi cellulaire a lieu, et une modification ultérieure de l’agar
peut se produire (Hemmingson et al., 1996a).

3.4.2. Synthèse des précurseurs, et mécanisme de polymérisation


La photosynthèse conduit chez les algues rouges à l’hexose-phosphate : le glucose-1-
phosphate et le mannose-1-phosphate (Raven et al., 1990, Garon-Lardiere, 2004). Ces
hexoses phosphate sont activés en nucléotides diphosphate (NDP-ose) par des
pyrophosphorylases (Lluisma & Ragan, 1999).
Le glucose et le mannose "activés" sont convertis en galactose "activé", cette réaction est
catalysée par des épimérases (UDP-glucose-4-épimérase et GTP-mannose-3,5-épimérase)
conduisant respectivement à l’UDP-D-galactose et au GDP-L-galactose (Prosselkov et al.,
1996).

3.4.3. Mécanisme de sulfatation et de formation des ponts 3,6-anhydre


Chez les macroalgues marines, la première réaction impliquée dans le métabolisme du sulfate
est l’activation du sulfate inorganique en adenosine 5'- phosphosulfate (APS) catalysée par

13
Etude bibliographique

ATP-sulfurylase. Sous l’action de APS-kinase, l’APS est converti en une autre forme active
de sulfate, 3'-phospho-adenosine-5'-phosphosulfate (PAPS), qui est considéré comme un
donneur de sulfate dans les réactions de transfert ayant pour résultat l'estérification du sulfate
(Kanno et al., 1996). Cette réaction est catalysée par des sulfotransférases spécifiques pour
former les esters de sulfate des différents galactanes sulfatés (Hemmingson et al., 1996). La
sulfatation du squelette carboné des galactanes (agars et carraghénnanes) en divers points du
motif de base de la molécule est à l’origine de la variété des structures existantes (Garon-
Lardiere, 2004).
La formation des résidus 3,6-anhydro-D-galactose est spécifique aux carraghénanes et aux
agars, l’enzyme sulfohydrolase est l’enzyme responsable de la formation du pont 3,6-anhydre
et ceci par l’élimination de l’ester sulfate du carbone 6 de l’unité L-galactose lié en 4. Cet
enzyme a été extraite par Rees en 1961 à partir des Porphyru umbilicalis où il a effectué
l'étape de la conversion des résidus 6-O-sulfo-L-galactose en résidus 3,6-anhydro-L-
galactose invitro (Hemmingson et al., 1996b).
De même, il est raisonnable de penser que l’addition des substituants, tels que les
groupements méthyles ou pyruvates, sur le squelette carboné indique la présence des
transférases spécifiques chez les algues rouges. Les mécanismes impliqués dans la
substitution des groupements glycosyls, pyruvates et methoxyls restent à élucider (Craigie,
1990).

3.5. Description
L'agar est inodore ou présente une légère odeur caractéristique, il est résistant à l'état humide
et friable à l'état sec. Il peut être jaunâtre orange, jaunâtre gris, jaunâtre à blanc ou incolore.
L'agar peut exister sous plusieurs formes (tableau 2):

• Sous forme de barre ; le poids d'une seule pièce est en moyenne de 7,5 g.

• Sous forme de fibre ou bandelette: la longueur normale d'une fibre d'agar est de 28-
36 cm, bien qu'il n'y ait aucune dimension exigée.

• Sous forme de petites paillettes irrégulières ou poudre fine ; les paillettes irrégulières
sont produites par un procédé de congélation, alors que la poudre fine est produite
par un procédé de déshydratation par pression (Mohos, 2010).

14
Etude bibliographique

Tableau 2 : Source et forme de l’agar (Bixler & Porse, 2010).

localisation Volume (t) (%)


Gelidium
Poudre 1,550 16
Carreaux 200 2
Bandelettes 200 2
Gacilaria
Poudre 7,650 80
Total 9,600 100

3.6. Gélification de l’agar

L’agar forme un gel thermoréversible dont le mécanisme de gélification est proche de celui du
carraghénane. Il forme un gel rigide à une concentration de 1% (Nussinovitch, 2010) et c’est
la fraction agarose qui est responsable de sa gélification. En solution et à haute température, il
forme de simples hélices allongées (F.A.O., 1990). Au cours du refroidissement, ces simples
hélices se contractent et s’associent entre elles pour former des doubles hélices "gauches" de
pas 1,9 nm, ce processus est connu sous le nom de « la transition des hélices », ensuite les
doubles hélices s’agrégèrent et forment un réseau tridimensionnel (Lahaye, 2001) (figure 6).
Ce dernier est stabilisé par le biais des liaisons hydrogènes entre les groupements hydroxyles
portés par le carbone 2 de l’unité galactose, et ceux portés par le carbone 5 des unités 3,6-
anhydro-galactose positionnés vers l’intérieure de l’édifice (Perèz, 2009).

Refroidissement Refroidissement

Chauffage Double et Chauffage


Enroulement simple hélice
aléatoire Agrégation des
hélices
Figure 6 : Mécanisme de gélification de l’agar (F.A.O., 1990).

15
Etude bibliographique

3.7. Force de gel

La qualité de l’agar dépend également du degré de polymérisation dans l’espèce utilisée, du


moment et du lieu de la récolte (car la teneur et la qualité varient avec les saisons). Cette
force peut varier de 150 à 1200 g/cm2. Seuls les Gelidium fournissent (grâce à leur taux élevé
d’agarose), un gel dont la force de rupture dépasse 1000 g/cm2, ce qui correspond à 10 fois la
force de gel des autres colloïdes à la même concentration (tableau 3) (Perèz, 2009).

Tableau 3: Classification commerciale des agars selon leur force de gel (Perèz, 2009).

Force de gel (g/cm2) Qualité Espèce


1000 à 1200 EXTRA Gelidium sesquipedale
Gelidium amansii
600 à 900 HAUTE Gelidium latifolium
Gelidium sesquipedale
Pterocladia, Gelidiella
400 à 600 Moyenne Gracilaria gracilis
Gracilaria verrucosa
Moins de 350 Médiocre Gracilaria verrucosa
Acanthopeltis, Porphyra

3.8. Hystérèse

Le gel de l’agar présente un phénomène d’hystérèse. Ce phénomène est la différence entre la


température de gélification et celle de fonte. Pour l’agar extrait des espèces de Gelidium, le
point de gélification s'étend de 28-31°C et celui de fonte se situe entre 80 et 90°C. La valeur
d'hystérèse est évaluée aux alentours de 50-60°C. Cette caractéristique permet d’une part aux
solutions d'être liquides à 40°C et d’autre part aux gels de rester stable jusqu'à 80°C.
D’ailleurs, l’hystérèse de l’agar est plus importante que celles des autres agents gélifiants, tel
que kappa-carraghénane qui a une hystérèse de 15-20°C (Armisèn, 1997). Elle est révélatrice
d’une certaine stabilité du réseau tridimensionnel (Garon-Lardière, 2004).

3.9. Synérèse

La synérèse est un processus dans lequel les gels s’affermissent, au cours du vieillissement, et
exsudent une partie de la phase aqueuse emprisonnée (F.A.O., 1990). Elle est influencée par
16
Etude bibliographique

la concentration du gel, le temps d’entreposage du gel, la force du gel et la teneur en ions


sulfate (Nussinovitch, 1997).

3.10. Synergies et antagonismes du gel de l'agar

Il existe des produits qui peuvent modifier le gel d’agar soit en augmentant sa force ou en
modifiant sa texture et son élasticité, soit au contraire, en réduisant ou en bloquant le
processus de gélification ; c’est le cas des agents antagonistes (Amirsén et al., 2000).

3.10.1. Synergie

L’agar présente une synergie avec la gomme de l’haricot de sauterelle (LBG). L'inclusion de
LBG dans le gel de l’agar a montré un effet remarquable sur la texture du gel. En effet, les
unités de mannane de LBG peuvent s’aligner et se lier à l’agar par des liaisons hydrogènes.
Elle produit des gels plus élastiques et plus cohésifs, ces effets ne sont observés que chez les
agars des espèces de Gelidium (Armisén et al., 2000).

Une autre synergie de l’agar est observée avec des concentrations élevées de sucres (autour
de 60 %), ces dernières ont un effet positif sur la force du gel de l’agar. Par ailleurs,
contrairement aux carraghénanes, l'agar ne montre aucune synergie avec les protéines en
raison de sa faible teneur en ester de sulfate (Imeson, 2011).

3.10.2. Agents antagonistes de l’agar

La gélification de l’agar peut être inhibée par certains agents tels que l’acide tannique
(glucose pentadigaloyl) présent dans les fruits. Cependant, l’effet de l’acide tannique peut être
évité par l’ajout d’une quantité modérée de glycérol. De même, il existe d’autres produits qui
peuvent bloquer la gélification tels que l'iodure de potassium, le thiocyanate de sodium, la
guanidine et l'urée, mais ces agents n'apparaissent pas dans les applications alimentaires. De
plus, les sels d'ammonium quaternaire peuvent également inhiber la gélification de l’agar et
ceci par son pouvoir de précipiter l’agar (Armisen et al., 2000).

3.11. Le marché de l’agar

D’après les statistiques de 2009, l’industrie mondiale de l’agar a produit jusqu’à 12500 t avec
un taux de croissance annuelle avoisinant 2,5%. Au cours de cette même année, 9600 t a été
commercialisées, avec une valeur marchande de 173 million US$ (Bixler & Porse, 2010).

17
Etude bibliographique

Le Japon a été historiquement le principal producteur et utilisateur de l’agar. Actuellement,


d’autres usines plus modernes voient le jour dans différents pays à travers le monde. Deux
compagnies ont émergé en tant que leaders incontestés dans l'industrie de l’agar: "Algas
Marinas" au Chili et "Agarindo Bogatama" en Indonésie. Ces compagnies produisent environ
3600 t/an, soit environ 38 % de la production mondiale. Il existe d’autres producteurs comme
"Setexam " au Maroc, "MSC Co" en Corée, "Hispanagar" en Espagne et la société industrielle
des algues "Huey Shyang" en Chine. Ces six entreprises produisent environ 5500 t/an soit 57
% du marché total actuel (tableau 4) (Bixler & Porse, 2010).

Tableau 4: Distribution géographique de la production de l’agar (Bixler & Porse, 2010).

Région Volume (t)


Europe 700
Afrique 800
Amérique 2800
Asie-pacifique 5300
Production totale 9600
Capacité totale 12500
% d’utilisation 77%

3.12. Application de l’agar

L’agar est un additif alimentaire d’usage universel, il est considéré comme "GRAS"
(Generally Recognized as Safe ; généralement reconnue comme sûr) par l’agence fédérale
américaine des produits alimentaires et médicamenteux (F.D.A) qui a indiqué que la
concentration maximal admissible dépend de l’application (McHugh, 2003). En Europe, il est
connu sous le code E406 et il est enregistré sous le numéro 9002-18-0 dans le registre du
Chemical Abstracts Service (Armesén et al., 2000). L’agar a de multiples applications, la
plus ancienne est celle en industrie alimentaire où 88 % de la consommation de l’agar est
consacré à ce domaine, les 18 % restants sont comptabilisés par les autres applications (figure
7) (Perèz, 2009).

18
Etude bibliographique
bibliographi

Industrie agroalimentaire (88%)


Bactériologie (6%)
Pharmacie (3%)
Agriculture (2%)
Moulage (1%)
Biochimie (1%)
Biotechnologie (0,02%)

Figure 7:: Les principales applications de l’agar (Perèz, 2009).

3.12.1. En industrie agroalimentaire

En 2009, l’industrie agroalimentaire a consommé 8700 t d’agar (Bixler


Bixler & Porse, 2010).
L’agar a atteint une place importante dans le secteur agroalimentaire à cause de nombreux
avantages qu’il présente :

• L’agar est totalement insipide et indétectable dans les denrées alimentaires qui ont des
saveurs délicates car, contrairement aux carraghénanes et aux alginates, il n’a pas
besoin des cations (calcium
calcium ou potassium) pour se gélifier. C’est pour cette raison que
ces
es phycocolloïdes sont utilisés qu’avec les denrées alimentaires dont la saveur est
forte pour masquer le goût caractéristique des cations (Amersèn et al.,
al 2000).

• Contrairement à l'amidon,
l'amidon l'agar est indigeste car le système digestif humain ne
produit aucune agarase, qui contribue à la digestibilité de l’agar
l’agar donc il n’augmente
pas l’apport calorique de l’aliment (Perèz, 2009).

• L’agar est résistant à l’hydrolyse à des pH normaux mais il peut être hydrolysé par
l’acide à des hautes températures.
températures Dans le cas où le pH des aliments est inférieur à 5,
la gélification de l’agar nécessite l’abaissement du pH juste avant le refroidissement
(Amersèn, 1997).

Les applications alimentaires de l’agar concernent principalement les secteurs suivants;

19
Etude bibliographique

3.12.1.1. Produits laitiers

L’agar est utilisé pour stabiliser les sorbets et les glaces. Il améliore la texture des produits
laitiers comme le fromage, la crème, les flans et les yaourts, … (McHugh, 2003).

3.12.1.2. Pâtisserie

L’agar est utilisé comme stabilisateur dans les garnitures des tartes telles que les glaçages, les
nappages, les meringues, les mousses, les fourrages et les gelées (Nussinovitch, 1997), ils
évitent les craquelures et donne une meilleure brillance.

3.12.1.3. Confiserie

L’agar peut être utilisé dans les confiseries à une concentration de 0,3 à 1,8 %. Il entre dans la
préparation des friandises et les bonbons gélifiés (Nussinovitch, 1997), en général l’agar évite
la déshydratation des préparations comme les caramels et les gommes (Garon-Lardière,
2004).

3.12.1.4. Boissons

L’agar est utilisé dans le collage des vins, des jus de fruits, et des vinaigres. Il est plus efficace
que la gélatine puisqu’ il retire moins de tannins. Les niveaux appropriés pour une telle
application sont de 0,05 à 0,15 % (Stewart, 1963).

3.12.1.5. Charcuterie et produits de pêche

À des concentrations de 0,5-2,0 %, l’agar est utilisé dans la préparation de viande tendre et
dans les produits de pêche, évitant ainsi les dommages des tissus fragiles lors du transport et
de prévenir la perte de la texture. Des les années 60, les japonais ont commencé à utiliser
l’agar pour conserver les gros morceaux de thon exportés vers l’Europe occidentale
(Nussinovitch, 1997). Il est aussi utilisé comme substituant de la matière grasse dans les
produits carnés (Garon-lardière, 2004) et comme un revêtement protecteur comestible
s'étendant la durée de conservation des volailles. De plus, l’agar est utilisé dans la préparation
du poisson déshydraté pour utilisation dans les soupes et les préparations aromatisantes
(Stewart, 1963).

20
Etude bibliographique

L’agar est aussi utilisé dans les produits à tartiner comme la confiture, en substitution à la
pectine (réduction du taux de sucre), dans la mayonnaise, les sauces sucrées, et les légumes
reconstitués.

3.12.2. En biotechnologie

Les utilisations de l’agar en biotechnologie sont en forte progression, il constitue un matériel


indispensable dans plusieurs spécialités telles que la microbiologie, la biologie cellulaire et
moléculaire, la biochimie et l’immunologie et ceci grâce aux caractéristiques suivantes :

• L’agar est neutre du point de vue chimique et n’interfère pas avec les composants du
milieu de culture des microorganismes et des tissus végétaux et animaux. Il n’affecte
ni la migration des molécules ni la croissance des cellules.

• Il possède une macroporosité qui convient parfaitement à la migration des grosses


molécules (Imerson, 2011).

• L’agar forme un gel relativement transparent, ce qui facilite le repérage des colonies et
des réactions antigène/anticorps.

• Contrairement à la gélatine, l’agar a l’avantage de ne pas être hydrolysé par les


bactéries et les champignons (Nussinovitch, 2010).

3.12.2.1. Culture microbienne et cellulaire

L’utilisation de l’agar dans les milieux de culture des microorganismes a commencé avec
Koch en 1882 et depuis lors, son utilisation a été liée au développement de la microbiologie,
de telle sorte qu'il n'a jamais été remplacé (F.A.O., 1990). il présente aussi un support de
culture des tissus animaux, telles que les cellules hépatiques et tumorales (Van Buren et al.,
2007) de telle façon qu’il soutient les milieux de culture avec une pression osmotique
adaptée aux exigences des cellules cultivées (Amersén et al., 2000).

3.12.2.2. Culture des tissus végétaux et animaux

Dans les pépinières d’orchidées, des gels de l’agar contenant des éléments nutritifs appropriés
sont utilisés comme substrat de croissance pour obtenir des clones des plantes. De même, les
méristèmes sont cultivés dans des milieux contenant de l’agar jusqu’à ce qu’il y a eu le

21
Etude bibliographique

développement des racines pour pouvoir être transplantés. L’avantage de ce système est que
les plantes peuvent être cultivées dans un environnement stérile (McHugh, 2003).

L’agar est aussi utilisé pour l’élevage des insectes, tels que les espèces de drosophiles utilisées
dans les études génétiques, il fournit encore le support pour les aliments consommés par les
larves pour la production non saisonnière des vers à soie (Amersén et al., 2000).

Les agars peuvent également être utilisés pour l’immobilisation ou l’encapsulation de


substances spécifiques, ces dernières pouvant alors diffuser à travers le gel par exemple gel de
séparation en électrophorèse, en chromatographie, technique immunologique…etc. (Perèz,
2009).

3.12.3. En pharmacologie

La principale application de l’agar dans ce domaine reste en tant qu’excipients des


préparations pharmaceutiques : soit en tant que gélifiants (pommades, suppositoires…), soit
en tant que stabilisants des solutions médicamenteuses. Puisqu’il est indigeste et
infermentescible, il a été largement employé comme laxatif, en augmentant le volume et
l’hydratation du bol fécal et en régularisant le transit (Bruneton, 1999). Aujourd’hui, l’agar
est inclus dans le formulaire national américain pour être utilisé comme un ingrédient à
libération lente pour l’absorption lente des agents pharmacologiques (Amersèn et al., 2000), il
est aussi utilisé comme véhicule pour les antibiotiques hydrosolubles (Stewart, 1963).

3.12.4. En médecine

L’agar est un matériau possédant des caractéristiques acoustiques similaires à celles de l'eau.
Il peut servir comme fantôme pour des évaluations ultrasonores principalement en
échographie (Bouakkaz et al., 1994).

De plus, si les polysaccharides possèdent de nombreuses applications sous leur forme native
de haut poids moléculaire, ils en ont peu en tant que molécules actives. En effet, il est
nécessaire de les dépolymériser afin de perdre leur propriété rhéologique. Récemment, les
agaro-oligosaccharides issus de l’hydrolyse de l’agarose ont montré un large éventail
d'activités biologiques tels que des effets anti-microbiens, prébiotiques, anti-tumorale,
immunomodulateur, anti-inflammatoires, et des effets antioxydants (Liu et al., 2008). Il est
nécessaire de préciser que si le potentiel biomédical de ces molécules semble extrêmement

22
Etude bibliographique

promoteur, les applications thérapeutiques en tant que principes actifs relèvent encore du
domaine de la recherche.

3.12.5. En cosmétologie

Les agars servent d’excipient dans les dentifrices, ou encore de gélifiant dans les crèmes
(Garon-lardière, 2004).

3.12.6. Autres applications

L’agar trouve une application dans les domaines où la haute précision de moulage est
demandée. Il est utilisé pour préparer des moules dentaires, des moules de pièces
archéologiques, des moules pour les sculptures ou pour préserver les empreintes dans le
domaine de criminologie (Meer, 1980).

En agriculture, les agars ont notamment un rôle de protection des semences en les enrobant. Il
est envisageable actuellement de les utiliser pour recouvrir l’intérieur des boites de conserves
et des conteneurs en carton destinés à transporter des liquides, de telle sorte que le contenu ne
soit pas en contact avec le métal ou le carton (Perèz, 2009).

4. Activité biologique des algues rouges

Les algues sont sans cesse remis en cause par une combinaison de lumière et des
concentrations d'oxygène élevées, des microorganismes (les virus, les bactéries, les
champignons, et des autres algues) et des brouteurs. Pour survivre dans un tel environnement,
les algues développent des moyens de lutte efficaces contre ces agressions par la production
des métabolites bioactifs (Hellio et al., 2004 ; Shanab, 2007 ; Cox et al., 2010 ; Bourgougnon
& Stiger-Pouvreau, 2011).

Les algues sont capables de produire une grande variété de métabolites secondaires
caractérisés par un large spectre d'activités biologiques (des propriétés antioxydantes, des
activités antivirales, antifongiques et antibactériennes) (Fenical & Paul ; 1984, Cox et al.,
2010). Il s’est avéré que la production de ces composés de défense chimique est influencée
par les variations saisonnières et géographiques (Hellio et al., 2004 ; Chiheb et al., 2009).

23
Etude bibliographique

2.2. Les métabolites bioactifs des algues rouges

Les métabolites bioactifs des algues incluent: les alcaloïdes, les saponines, les carbohydrates,
les protéines, les acides aminés, les glycosides, les phytostérols, les composés phénoliques,
les terpénoïdes (Elsie et al., 2011), les cétones halogénés, les alcanes, les polysulfures
cycliques, les acides gras et l'acide acrylique (Taskin et al., 2005). En effet, les rhodophytes
sont plus connues pour produire des métabolites halogénés (Demirel et al., 2011) dont les
bromophénols (Bhakuni & Rawat, 2005 ; Lee et al., 2007) et les terpenoides halogénés
(Fenical & Paul, 1984 ; Valiela, 1995 ; Bourgougnon & Stiger-Pouvreau, 2011).

2.2.1. Polyphénols
Les composés phénoliques ou les polyphénols sont des produits du métabolisme secondaire
des plantes (Vermerris & Nicholson, 2006), ils constituent l'un des groupes les plus répondus
dans le règne végétal, actuellement on connait plus de 8000 structures phénoliques différentes
(Tsao, 2010). Ils résultent biogénétiquement de deux voie synthétiques principales ; la voie de
shikimate et acétate (Bravo, 1998). Les composés phénoliques, en plus de son pouvoir
antioxydant puissants (Tsao, 2010), ils jouent un rôle important dans l'activité anti-
inflammatoire, antimicrobienne et anticancéreuse (Elsie et al., 2011).

2.2.1.1. Structure chimique


Les polyphénols sont des composés qui ont plus qu'un groupe hydroxyle attaché à un ou
plusieurs noyaux benzène. Le phénol est la structure de base de tout le groupe (figure 8)

Figure 8: Structure chimique du phénol

Les phénols se ressemblent aux alcools de structures aliphatiques où le groupe hydroxyle est
attaché à une chaîne de carbone. Le groupe hydroxyle phénolique, cependant, est influencé

24
Etude bibliographique

par la présence du noyau aromatique. À cause de ce noyau aromatique, l'hydrogène de


l’hydroxyle phénolique est labile, ce qui les rend des acides phénoliques faibles. Ils se
trouvent comme des esters ou glycosides plutôt que comme des composés libres (Vermerris
& Nicholson., 2006).

2.2.1.2. Classification
Les polyphénols naturels peuvent s'étendre de molécules simples, comme les acides
phénoliques, jusqu’aux composés hautement polymérisés, comme les tanins. Ils se trouvent
principalement sous forme conjuguée, avec un ou plusieurs résidus de sucre liés avec des
groupes hydroxyles, bien que ces résidus puissent se lier directement avec l’atome de carbone
aromatique. Ces composés peuvent être divisés en au moins 10 classes différentes selon leur
structure chimique de base (Bravo ,1998).

2.2.1.3. Bromophénols

Les bromophénols (BPS) sont biosynthétisés en présence de bromoperoxidases, de l'eau


oxygénée et le bromure (Liu et al., 2011). Ils peuvent être biosynthétisé par la voie de
shikimate (Bhakuni & Rawat, 2005). La fonction écologique des BPS n'est pas encore claire,
mais ils peuvent jouer un rôle dans la défense chimique dans la régulation des épiphytes et les
endophytes. Des études récentes ont révélé que les BPS marins ont un large spectre d'activités
biologiques avantageuses. Ces BPS ont attirés beaucoup d'attention dans le domaine
agroalimentaire et pharmaceutique (Liu et al., 2011).

Les bromophenols des algues rouges ont montré une activité antioxydante et antifongique
significative. Ils peuvent agir aussi comme anti-inflamatoire, piégeur de nitrate, inhibiteur de
l’α-glucosidase, et de l’aldose réductase (Lee et al., 2007).

2.2.2. Terpénoïdes

Les terpénoïdes sont définis comme étant des matériaux ayant des structures moléculaires
contenant un squelette carbonés formé des unités d'isoprène (Sell, 2004). Ils constituent une
classe variée de produits naturels des plantes. Ils ont une importance commerciale en raison
de leur large application dans un grand nombre de produits industriels comme les agents
aromatisants, des insecticides et des agents anti-microbiens, ils entrent également dans la
composition des produits pharmaceutiques et des parfums. Bien que beaucoup d'entre eux
25
Etude bibliographique

sont associés au métabolisme primaire, d'autres sont des métabolites secondaires des plantes
(Aharoni et al., 2006).

2.2.2.1. Terpénoïdes halogénés

Le phylum des Rhodophytes est connu de leur production d’une variété des terpénoïdes chloré
et bromé. Ces terpanoïdes halogénés ont montré une activité antifongique forte, contre
Pénicillium oxalicum, une activité antibactérienne contre Micrococcus luteus et une activité
anti tumorale (Tringali, 1997).

26
MATERIEL
ET METHODES
Matériels & Méthodes

1. Présentation du site

Vu les lacunes en données sur les macrophytes et de leurs répartitions au niveau de la côte
ouest algérienne, nous avons tenté, dans un premier temps de faire une prospection du
peuplement phytobenthique du substrat dur.
Les thalles de Gelidium sesquipedale
sesquiped ont été récoltés mensuellement, durant l’année 2011 de
janvier à décembre, à une profondeur allant de 0,5 à 1 m. La récolte a été effectuée sur la côte
rocheuse de la plage Sidi Medjoub, située à la région de Kharouba,
Kharouba, sur le littoral de la ville
de Mostaganem (figure 9).
La plage de Sidi Medjoub (position GPS : 35°58’00.36’’N et 0° 05’29.07’’E) a été choisie
pour son accessibilité et sa proximité de la ville ainsi que la présence de l’espèce étudiée tout
au long de l’année.

2. La récolte des algues


Mensuellement, les spécimens d’algue ont été prélevés à la main et conservés dans des bacs
N
en plastiques, remplis d’eau de mer, jusqu’à leur traitement au laboratoire.

N
N

AQUABIOR, 2011

Figure 9 : Localisation géographique du site d’échantillonnage de Gelidium sesquipedale


(Google Earth, 2011).

27
Matériels & Méthodes

3. Nettoyage et identification des algues


Après élimination des débris, des petits crustacés et des autres algues, les thalles de G.
sesquipedale sont rincés à l'eau de robinet et nettoyés complètement des épiphytes. La
confirmation du genre et de l’espèce sont effectués en utilisant le Guide F.A.O
d'Identification des Espèces pour les Besoins de la Pêche (Fischer et al., 1987) et le site
Algabase (www.algabase.com)(Guiry, 2011).

4. Traitement des algues


Les algues, et selon leur utilisation, sont divisés en deux lots : les algues du lot 1 sont
destinées à l’extraction de l’agar et celles du lot 2 sont réservées aux dosages des polyphénols
totaux et aux tests antimicrobiens ;

• Les algues du lot 1 ont été lavées avec l’eau distillée. Après l’élimination de ce
dernier, elles sont pesées, séchées à 60°C pendant 48 heures puis repesées pour
déterminer le pourcentage de la matière sèche (Freile-Pelegrin et al., 1999).
• Les algues du lot 2 sont trempées dans l'éthanol 30 % pendant 10 min (élimination de
la microflore présente sur la surface des algues), puis lavées à l’eau distillée stérile.
Ces algues sont séchées à l’ombre pendant 5 jours à température ambiante (Bouhlal et
al., 2010).
5. Extraction de l’agar
Les algues sèches (3 g) déjà trempées dans une solution de carbonate de sodium (0,5 %), sont
chauffées à 90°C pendant 30 min, puis lavées à l'eau distillée pendant 10 mn.
Les algues, imbibées dans l’eau distillée (pH : 6-6,5), subissent l’extraction proprement dite
dans un autoclave (121 °C, 1 bar) pendant 1 heure. L’extrait est broyé avec un homogénéiseur
ultra-Turax (Wise Tis HOMOGENIZER) puis filtré sous pression à travers un tissu en
mousseline, la gaze et le filtre Whatman (MN 615/12,5 cm). Le filtrat obtenu est laissé se
gélifier à température ambiante ensuite il est congelé durant la nuit. Après la décongélation du
filtrat et l’élimination de l’eau, une petite pellicule de l’agar se forme à la surface (figure 10),
celle-ci est récupérée et séchée à l’étuve à 60 °C pendant 24 heures. L’agar sec (figure 11)
obtenu est pesé et le rendement est estimé par rapport au poids sec des algues. Les algues
restantes (figure 12) sont re-extraites dans les mêmes conditions (Freile-Pelegrin et al.,
1995).

28
Matériels & Méthodes

AQUABIOR, 2011 AQUABIOR, 2011

Figure 10 : Pellicule de l’agar avant séchage.


séchage Figure 11 : Agar séché et découpé.

AQUABIOR, 2011

Figure 12 : Algues restantes

6. Analyse des constituants de l’agar


Cette analyse consiste en une analyse quantitative
quantitative des composants de l’agar (sucres totaux, les
sucres réducteurs, le 3,6-anhydrogalactose,
anhydrogalactose, l’acide pyruvique et le sulfate) et une analyse
qualitative par chromatographie sur couche mince.
mince. Pour tous ces paramètres, l’agar
commercial (Biocham chemopharma) est utilisé comme témoin.

6.1. Dosage des sucres totaux (Yaphe, 1960)

• Principe
Le dosage des sucres totaux est effectué par la méthode colorimétrique avec le réactif de
l’Anthrone. Le dosage à l’Anthrone (ou oxo-9-dihydro-10-anthracène)
oxo anthracène) mesure les fonctions
carbonyles (C=O). Il est basé sur la déshydratation intramoléculaire des oses, en milieu acide
et à chaud, qui donne naissance à des dérivés furfuraliques (5-hydroxyméthyl
(5 hydroxyméthyl-furfural pour les
hexoses) (figure 13),, ces derniers se condensent avec l’Anthrone pour donner des produits
colorés (verts pour les hexoses) dont l’intensité est proportionnelle à la concentration des
sucres (Mottet, 2009) (Annexe 1).
1)

29
Matériels & Méthodes

+ + Un complexe bleu-vert
O CHO
HOCH 2

5-Hydroxymethylfurfural Anthrone

Figure 13 : Réaction des sucres avec l’Anthrone (Mottet, 2009)

• Procédure

Le contenu total des sucres dans l’agar a été déterminé comme suit : une solution acide
d’anthrone-sulfurique (2,5 ml) est transférée dans des tubes d’ébullition. Les tubes sont
couverts puis refroidis dans un bain de glace pendant 5 min. 500 µl de la solution de l’agar est
ajoutée en gardant les tubes dans un bain de glace. Après l’agitation du mélange, les tubes
sont chauffés à 80°C pendant 20 min. Ils sont ensuite transférés dans un bain de glace pendant
5 min. L'absorbance est mesurée à 625 nm contre un blanc. Le contenu de sucre est estimé
par une courbe d'étalonnage en utilisant le galactose (100 mg/l) comme standard.

6.2. Dosage de 3,6-anhydrogalactose (Yaphe & Arsenault, 1965)

• Principe

Cette méthode est basée sur le test de Seliwanoff utilisé pour distinguer les cétoses des
aldoses. Les Cétoses subissent une déshydratation et se transforment en dérivés furfurals qui
ensuite se condensent avec le résorcinol et forment un complexe rouge (Annexe 1) (Katoch,
2011).

Le réactif résorcinol-acétal amélioré par Yaphe & Arsenault (1965) est le réactif le plus
sensible pour la détermination quantitative du fructose et du 3,6-anhydrogalactose dans l’agar,
le carraghénane et d’autres polysaccharides d’algues. Le D-fructose est recommandé comme
standard en raison de sa disponibilité (Hellebust & Craigie, 1978).

• Procédure

400 µl de la solution à doser sont introduits dans des tubes en verre. Les tubes sont placés
dans la glace puis 2 ml du réactif résorcinol-acétal sont ajoutés. Après agitation, les tubes sont
placés dans un bain marie à 80°C pendant 10 min. Ils sont ensuite transférés dans un bain de

30
Matériels & Méthodes

glace pendant 1 min 30 s, et l’absorbance doit être lue dans les 15 minutes qui suivent à 550
nm. L’étalonnage est effectué à partir d’une solution de fructose (100 µg/ml).

6.3. Dosage des sucres réducteurs (Miller, 1956)


• Principe

En chauffant fortement, les sucres réducteurs, tels que le glucose, le fructose, et le galactose,
peuvent réduire le DNS (acide 3,5-dinitrosalicylique) en acide 3-amino, 5-nitrosalicylique en
réduisant le groupe nitro sur la troisième position en un groupe amino. Ce produit est de
couleur rouge-orange (Annexe 1) et il absorbe au maximum à 540 nm (Nigam & Ayyagary,
2007).

• Procédure

50 mg de l’agar est hydrolysé par 1 ml d’HCl 1 N pendant 2 heures à 100°C. Dans un tube en
verre, 1 ml du réactif de DNS est mélangé avec 1 ml d’échantillon. Après agitation, le
mélange est incubé dans l’eau bouillante pendant 5 min. Ensuite les tubes sont refroidis dans
l’eau de robinet et l’absorbance est lue à 540 nm. L’étalonnage est effectué à partir d’une
solution de galactose (1 mg/ml).

6.4. Dosage des ions Sulfates (Dodgson & Price, 1962)

• Principe

La méthode développée par Dodgson & Price (1962) consiste à déterminer les esters de
sulfates des polysaccharides, elle est basée sur l’estimation de la teneur en sulfate inorganique
libéré après une hydrolyse acide des polysaccharides. Cette méthode permet de doser par
turbidimétrie le sulfate de baryum stabilisé dans une solution de gélatine (Dodgson & Price,
1962).

• Procédure
Dans un tube en verre hermétiquement fermé, 10 mg de polysaccharides sont hydrolysés par
0,5 ml d’acide chlorhydrique 2 N, pendant 17 heures à 110°C. L’hydrolysat est filtré puis
réparti en deux fractions: pour la 1ère fraction (200 µl), 3,8 ml de TCA (3 %) et 1 ml du réactif
Gélatine/BaCl2 sont ajoutés, le mélange est homogénéisé ensuite l’absorbance est lue à 360
nm. Pour éliminer la contribution non spécifique de tout autre matériel que BaSO4, la 2ème
fraction (200 µl) est mélangée avec 3,8 ml de TCA (3 %) et 1 ml de la solution de gélatine,

31
Matériels & Méthodes

après homogénéisation, l’absorbance est lue à 360 nm puis on soustrait cette dernière mesure.
L’étalonnage est effectué à partir de la solution de K2SO4 (Annexe 1).

6.5. Dosage de l’acide pyruvique (Sloneker & Orentas, 1962)

• Principe

La quantité des groupements pyruvate est déterminée par le dosage colorimétrique mis au
point par Sloneker & Orentas (1962). La libération de l’acide pyruvique au cours d’une
hydrolyse acide est suivie par un dosage colorimétrique au cours du quel l’acide se condense
avec le 2,4-dinitrophénylhydrazine (Garon-Lardière, 2004).

• Procédure

Dans un tube en verre 5 mg de l’agar sont hydrolysés par 1 ml d’HCl 1 N, pendant 3 heures à
l’étuve à 100°C.
A 200 µl d’hydrolysat, 100 µl de la solution de 2,4-dinitro-phenylhydrazine (DNPH) sont
ajoutés. Après agitation, le mélange est laissé reposer pendant 5 min. Par la suite, 500 µl
d’acétate d’éthyle sont additionnés, puis, après agitation, la phase aqueuse est éliminée.
L’acide pyruvique est extrait de la phase organique 3 fois par 1 ml de la solution de Na2CO3,
les phases aqueuses récupérées sont regroupées et complétées à 8 ml avec la même solution.
L’absorbance est mesurée à 375 nm (Garon-Lardière, 2004) et l’étalonnage est effectué à
partir d’une solution de l’acide pyruvique (1 mg/ml) (Annexe 1).

6.6. Analyse qualitative de l’agar par chromatographie sur couche mince

La chromatographie sur couche mince (CCM) est utilisée pour déterminer la composition
qualitative des polysaccharides. A cet effet, des chromatographies monodimensionnelles ont
été effectuées sur des plaques en gel de silice d’épaisseur de 0,2 mm sur support en
aluminium.

• Principe

Le chauffage du sucre avec de l'acide fort donne des dérivés de furfural. Les aldohéxoses
peuvent éliminer l'eau en donnant le formaldehyde. Cet dernier réagit avec des amines pour
donner des bases de Schiff colorée. Les cétohexoses se condensent avec le diphénylamine
dans le milieu acide avec une oxydation simultanée pour donner un produit de condensation
(Hellmut et al., 1990).

32
Matériels & Méthodes

• Procédure:
 Hydrolyse acide

Avant d’être analysé, l’agar a subit une hydrolyse acide à chaud ; 50 mg de l’agar est
hydrolysé par 1 ml d’HCl 1 N pendant 2 heures à 100°C. Cette hydrolyse est basée sur la
résistance différentielle des liaisons glycosidiques. Elle permet en théorie la libération de
fragments oligosaccharidiques représentatifs de la structure du polysaccharide. Cette méthode
simple à mettre en œuvre ne permet cependant pas de prévoir au préalable la zone de rupture
(Ruiz, 2005).

 Préparation des sucres témoins

Les sucres témoins sont utilisés à une concentration de 2,5 mg/l, il s’agit du D-glucose, D-
fructose, D-galactose, D-Rhamnose, D-Saccharose et D-xylose (Audigie et al., 1978).

 Préparation du solvant de migration

Le solvant de migration est un mélange des solvants de polarité différente : acétate d’éthyle/
acide acétique/ méthanol/ eau distillée (60 ml/15 ml/ 15 ml/10 ml) (Adachi, 1965).

 Préparation du révélateur des sucres

Le révélateur utilisé est l’aniline diphénylamine (DPA) / acide orthophosphorique (Giri &
Nigam, 1953), dont la composition est la suivante : 2 % d’aniline (dans l’acétone) /2 % DPA
(dans l’acétone) /acide orthophosphorique (72 %) (10 ml/10 ml/1 ml).

Après la migration, les plaques sont séchées à l’air libre puis, les oses sont révélés par un
passage bref dans un bac contenant le révélateur. Après séchage, les plaques sont mises à
100°C pendant 10 min.

 Interprétation des chromatogrammes

L’identification des différents sucres constitutifs de l’échantillon se fait par comparaison de


leur Rf (rapport des fronts) et/ou de leur coloration avec celles des sucres témoins ayant subi
le même traitement.

Le Rf de chaque sucre est calculé selon la formule suivante (Audigié et al., 1978):

Rf= d/D

33
Matériels & Méthodes

Où :

d : distance parcourue par les substances (cm).

D : distance parcourue par le solvant depuis la ligne de dépôt (cm).

7. Mesure de la viscosité (Fisher Bioblock Scientific, 2000)


• Principe de mesure

La viscosité est corrélée au temps nécessaire à une bille pour chuter


chuter d'une distance définie.
Les mouvements de rotation et de glissement de la bille à travers l'échantillon, remplissant un
tube de mesure cylindrique légèrement incliné, sont décrits par le temps de chute. Les
résultats de mesure sont donnés en viscosité
viscosité dynamique à l'aide de l'unité absolue standardisée
internationale de "milli Pascal·secondes" (mPa·s) (figure 14).

A A

B
B

AQUABIOR, 2011

Figure 14:
14 Viscosimètre à chute de bille

• La procédure
 Régulation de la température

La mesure de la viscosité d’une solution de 1% d’agar est effectuée à 60°C. Pour atteindre
cette température, le viscosimètre est thermostaté à l'aide d’un bain à circulation. La
34
Matériels & Méthodes

température de l'échantillon est laissée s'équilibrer au moins 15 min dans le tube de mesure
avant de démarrer la mesure. L’agar commercial (Biochem chemopharma) est utilisé comme
témoin.

 Mesure du temps de chute

La bille est placée dans le tube de mesure qui est auparavant rempli de l’échantillon. Le tube
se bloque dans une position définie de 10° en bas de l'appareil. Avant de prendre une mesure
finale, la bille doit parcourir le tube dans les deux sens au moins une fois pour améliorer
l'homogénéité de l'échantillon.

Le temps de chute de la bille se déplaçant de la marque circulaire « A » jusqu'à la marque


circulaire « B » est mesuré en utilisant un chronomètre (figure 14). La mesure de temps
démarre lorsque la périphérie inférieure de la bille touche la marque circulaire « A » qui doit
être observée à l'œil comme une ligne droite. Le temps de chute s'arrête lorsque la périphérie
inférieure de la bille touche la marque circulaire « B » qui doit être également observée à l'œil
comme une ligne droite.

Le tube à jaquette doit être retourné de 180° pour remettre la bille dans sa position de départ,
le temps de chute prend la moyenne de 5 valeurs.

 Calcul de la viscosité

La viscosité dynamique η (en mPa·s) est calculée à l'aide de l'équation suivante :

η 60°C = K (ρ1 - ρ2) * t

Où :

K : constante de bille (0,7 mPa·s·cm3/g·s).

ρ1 : densité de la bille (8,1 g/cm3 ).

ρ2 : densité du liquide à mesurer à la température de mesure en g/cm3.

t : temps de chute de la bille en secondes.

8. Préparation de l’extrait antibactérien et antioxydant

35
Matériels & Méthodes

Les algues du lot 2, déjà séchées à l’ombre, sont découpées en petits morceaux, puis rendues
en poudre. L’extrait organique des algues est obtenu par le traitement de 5 g de cette poudre
avec du méthanol pur dans l’appareil de Soxhlet, pendant 8 heures. L’extrait organique
résultant est concentré à sec sous pression réduite à 30-35 °C, avec un évaporateur rotatif
(Hahnvapor HS-2005-N). Chaque résidu est pesé et stocké à – 18°C dans des Eppendorfs
stériles jusqu'à ce qu'il soit testé (Bouhlal et al., 2010). Cette extraction est réalisée chaque
saison pendant une année.

L’extrait méthanolique de Gelidium sesquipedale est utilisé pour le dosage des


polyphénols et pour le test antimicrobien.

8.1. Dosage des polyphénols totaux


• Principe

Les polyphénols totaux sont dosés par le réactif de Folin-Ciocalteu du phénol. Ce réactif est
constitué d’un mélange d’acide phosphotungstique et d’acide phosphomolybdique. Il est
réduit, lors de l’oxydation des phénols, en un mélange d’oxydes bleus de tungstène et de
molybdène (Annexe 1). La coloration produite a une absorption maximale comprise entre 725
et 750 nm (Boizot & Charpentier, 2006).

• Procédure

La technique consiste à prendre un volume de 100 µl de l’extrait (50 µg/µl), et 2 ml de


Na2CO3 (2 %), le mélange est laissé reposer 2 min à température ambiante. Ensuite, 100 µl du
réactif de Folin-Ciocalteu du phénol (50 %) est additionné. Les tubes sont agités et incubés 30
min à l’obscurité à température ambiante et l’absorbance est lue à 720 nm. La concentration
des polyphénols totaux est déduite à partir d’une gamme d’étalonnage établie avec de l’acide
gallique (0-200 µg/ml). Les résultats sont exprimés en milligramme d’équivalent d’acide
gallique par gramme d’extrait (mg EAG/g) (Cox et al., 2010).

8.2. Tests microbiologiques (Bouhlal et al., 2010)


Les souches utilisées dans les tests microbiologiques appartiennent à deux groupes de
microorganismes : des bactéries et des champignons (tableau 5), les souches bactériennes ont
été conservées à 4°C dans la gélose nutritive inclinée alors que les souches fongiques sont
conservées dans le milieu PDA à 25°C.

36
Matériels & Méthodes

Tableau 5 : Microorganismes utilisés pour le test antimicrobien


Microorganismes Provenance
Bactéries
Staphycoccus aureus (Gram +)
Pseudomonas aerogenoza (Gram -) CHU D’Oran
Pseudomonas fluoresens (Gram -)
Proteus mirobilis (Gram -)
Morganella morgani (Gram -)
Champignons
Fusarium oxysporum Laboratoire de phytopathologie, université
Alternaria sp d’Oran

Stemphylium sp Laboratoire de biologie des microorganismes et


de biotechnologie, université d’Oran

8.2.1. Test antibactérien

Pour évaluer l’activité antibactérienne des G. sesquipedale extraits on a utilisé la méthode de


diffusion par puits en milieu solide (Tagg & Mc Given, 1971). Des boites de Pétri contenant
la gélose Mueller Hinton (MH), ont été ensemencées, à l'aide d'un écouvillon, par une
préculture bactérienne de 24 heures. Dans chaque boite, 4 puits (6 mm de diamètre) ont été
creusées de sorte que trois entre eux reçoivent 40 µl de l’extrait (50 µg/µl) alors que le 4ème
puits reçoit 40 µl du méthanol. L’ensemble est incubé 24 h à 37 °C. L’inhibition de la
croissance est traduite par l’apparition des halos clairs au tour des puits et les résultats sont
obtenus en mesurant le diamètre de ces zones d’inhibition. Les boites témoins ont été
ensemencées avec les cinq souches bactériennes en présence des disques d’antibiotique : la
pénicilline (9 mg) et la tétracycline (7,5 mg)

8.2.2. Test antifongique

Un volume de 40 µl d’extrait de G. sesquipedale (50 µg/µl) est ajouté à 20 ml du milieu


PDA. Après la solidification du milieu, un disque mycélien de 6 mm de diamètre est pris de
la culture fongique mère et déposé au centre de la boite. Une boite de PDA avec du méthanol

37
Matériels & Méthodes

et une autre sans extrait ont servi de témoins. La sensibilité des souches fongiques a été
testées également en présence de l’antifongique commercial « le Ridomil ».

Les boites sont incubées alors 7 jours à 25°C. L’action antifongique est déterminée par la
mesure de l’inhibition de la croissance de la colonie fongique, selon la formule de
Whipps (Mpika et al., 2010):

T(%) = (1-Dn/Do) x 100

Do : Diamètre de la colonie mycélienne témoin (cm)

Dn: Diamètre de la colonie mycélienne en présence de l’extrait

T : Taux d’inhibition de la croissance du mycélium (%).

9. Etude statistique
Les statistiques descriptives (moyennes ± écarts types) sont utilisées pour décrire l’ensemble
des résultats. L’homogénéité des variances est vérifiée. Lorsque les variances sont
homogènes, l’analyse statistique consiste en un test paramétrique d’Anova 1 (p< 0,05).
Lorsque ce n’est pas le cas, l’analyse consiste en un test non paramétrique de Kruskal-Wallis.
Pour analyser les différences significatives, entre les moyennes obtenues, nous utilisons le test
de Tukey dans le cas de l’Anova et celui de Mann-Withney dans le cas de Kruskal- Wallis.

38
RESULTATS
Résultats

RESULTAT

Les résultats présentés ci-dessous sont l’aboutissement de 12 mois d’étude. En effet,


mensuellement, l’étude de chaque paramètre est effectuée en triplicata puis les résultats sont
regroupés par saison (n=9).

1. La matière sèche de Gelidium sesquipedale

Le rendement moyen de la matière sèche de G. sesquipedale obtenu, durant cette étude, se


situe à 22,34 ± 3,18 %. Saisonnièrement, aucune différence significative (p > 0,05) n’a été
révélée mais en termes de valeur absolue le maximum est observé en printemps (mai : 28,77±
4,74 %) et le minimum en hiver (janvier : 17,26 ± 0,15 %) (figure 15).

Matière sèche (%)

35.00

30.00

25.00

20.00

15.00

10.00

5.00
Saison
0.00
Hiver Printemps Eté Automne

Figure 15 : Variation saisonnière de la matière sèche des thalles de Gelidium sesquipedale


(%: pds algue sèche/ pds algue humide, n=9)

2. Le rendement de l’agar

Au cours de cette étude le rendement moyen de l’agar extrait de G. sesquipedale est de 27,96
± 3,5 %. Le suivi de la variation saisonnière montre que le rendement augmente d’une
manière significative (p < 0,05) de l’hiver (23,70 ± 1,4 %) à l’été où il atteint son maximum
en juin (33,22 ± 2,09 %), puis il diminue significativement (p < 0,05) en automne
(septembre : 23,37 ± 0,8 %) (figure 16).
41
Résultats

Rendement de l’agar
(%)

40.00

35.00 b
ab a
30.00
a
25.00

20.00

15.00

10.00

5.00
Saison
0.00
Hiver Printemps Eté Autonme

Figure 16: Variation saisonnière du rendement de l’agar (n=9,


( %: pds agar / pds algue
sèche).
). Les histogrammes portant des indices différents sont significativement différents (p <
0,05)

3. Les constituants de l’agar

Dans le but de suivre la variation saisonnière des propriétés physicochimiques de l’agar, on a


étudié, mensuellement, les paramètres suivants : les sucres totaux, les sucres réducteurs, le
3,6-anhydrogalactose,
anhydrogalactose, le sulfate, le pyruvate,
pyruvate, la composition en monosaccharide par CCM.

3.1. Les sucres totaux

Les sucres totaux de l’agar présentent un taux moyen de 87,63 ± 6,9 %.. Ce taux varie selon
les saisons, il atteint son maximum en hiver (janvier
( : 96,76 ± 2,7 %) et son minimum (p <
0,05) en printemps (mai : 61,85 ± 15 %) (figure 17).

L’analyse statistique montre que le taux des sucres totaux de l’agar commercial (84,62 ± 4,23
% est significativement inférieur (p < 0,05) à celui de la saison automnale et hivernale alors
qu’il est comparable
omparable avec les taux obtenus en printemps et en été (figure 17).
17

42
Résultats

Sucres totaux (%)

120
a abc a
100
c
bc
80

60

40

20
Saison
0
Hiver Printemps Eté Automne T

Figure 17: Variation saisonnière du taux des sucres totaux (n=9,


( % : pds sucres totaux / pds
agar, T : agar commercial Biochem Chemopharma). Les histogrammes portant des indices
différents sont significativement différents (p < 0,05).

3.2. Les sucres


ucres réducteurs

La concentration moyenne annuelle des sucres réducteurs est de 3,96 ± 1,68 %. Le suivi de la
variation saisonnière des sucres réducteurs ne montre aucune différence significative (p
( >
0,05) au cours des saisons (figure 18), mais enn termes de valeur absolue, ils varient entre un
maximum obtenu en automne (novembre
( : 6,38 ± 2,8 %) et un minimum en printemps (mai :
0,49± 0,24 %).

Le taux des sucres réducteurs de l’agar commercial (18,42


( ± 2,5 %) est nettement supérieur (p
< 0,05) à ceux de l’agar extrait de G. sesquipedale (figure 18).

43
Résultats

Sucres réducteurs (%)

25

20 b

15

10
a
a
5 a
a
Saison
0
Hiver Printemps Eté Automne T

Figure 18: Variation saisonnière du taux des sucres réducteurs (n=9, % : pds sucres
réducteurs / pds agar, T : l’agar commercial Biochem Chemopharma). Les histogrammes
portant des indices différents sont significativement différents (p < 0,05)

3.3. Le 3,6-anhydrogalactose
anhydrogalactose

La concentration de 3,6-anhydrogalactose
anhydrogalactose obtenue auu cours de cette étude est de 34,24 ± 9,8
%.. Saisonnièrement, aucune différence significative (p > 0,05) du taux de 3,6-
3,6
anhydrogalactose n’a été observée, mais en termes de valeur absolue, le maximum est atteint
en printemps (avril : 41,64 ± 5,01 %) et le minimum est enregistré en automne (octobre
( :
24,05 ± 0,41 %) (figure 19).

L’agar commercial présente un taux de 3,6-anhydrogalactose de 49,37 ± 2,94 %. L’analyse


statistique montre que ce taux n’est comparable qu’au taux enregistré durant le printemps
alors qu’il significativement (p < 0,05) supérieur aux taux obtenus durant les autres saisons
(figure 19).

44
Résultats

3,6-anhydrogalactose
anhydrogalactose
(%)

60
b
a
50
a
ab a
40

30

20

10
Saison
0
Hiver Printemps Eté Automne T

Figure 19:: Variation saisonnière du taux de 3,6-anhydrogalactose (n=9,


=9, % : pds 3,6-
anhydrogalactose/ pds agar,
agar T : l’agar commercial Biochem Chemopharma). Les
histogrammes portant des indices différents sont significativement différents (p < 0,05).

3.4. Le sulfate

Au cours des 12 mois de l’étude, le taux moyen du sulfate de l’agar est de 2,75 ± 1,37 %. Ce
taux
aux diminue progressivement (p < 0,05) de l’hiver (janvier :4,41± 0,62 %) pour atteindre le
minimum en été (juillet : 0,77± 0,08 %), en suite il reprend l’augmentation (p < 0,05) en
automne (figure 20).

Le taux de sulfate de l’agar commercial (1,55 ± 0,41 %) est significativement inférieur (p <
0,05) à celui enregistré en hiver alors qu’il est comparable avec les taux
taux des autres saisons
(figure 20).

45
Résultats

Sulfate (%)

6.0

5.0 a
ab
ab
4.0

3.0 b
b
2.0

1.0
Saison
0.0
Hiver Printemps Eté Automne T

Figure 20:: Variation saisonnière du taux de sulfate (n=9, %: pds sulfate/ pds agar, T: l’agar
commercial Biochem Chemopharma). Les histogrammes portant des indices différents sont
significativement différents (p < 0,05).

3.5. Le pyruvate

Au cours de la présente étude, le taux moyen du pyruvate est de 0,32


0,32 ± 0,09 %. L’analyse
statistique
istique des taux de pyruvate ne montre aucune différence significative au cours des saisons
(figure 21). D’un point de vue valeur absolue, le maximum est observé en été (aout
( : 0,47 ±
0,1 %) et le minimum en automne (octobre : 0,22 ± 0,03 %).

L’agar commercial présente un taux de pyruvate de 0,45 ± 0,03 %. Ce taux est nettement
supérieur (p < 0,05) à ceux obtenus en hiver, en printemps et en automne alors qu’il présente
un taux comparable avec celui de l’été (figure 21).

46
Résultats

Pyruvate (%)

0.6

0.5 ab b
a

0.4 a
a
0.3

0.2

0.1
Saison
0.0
Hiver Printemps Eté Automne T

Figure 21:: Variation saisonnière de la teneur en pyruvate (n=9,


( %: pds pyruvate/
pyruvate pds agar, T:
l’agar commercial Biochem Chemopharma). Les histogrammes portant des indices différents
sont significativement différents (p < 0,05).

3.6. L’analyse qualitative de l’agar par chromatographie sur couche mince

Le profil chromatographique des hydrolysats de l’agar présente deux spots (figures 22 et 23).
L’identification de ces spots est réalisée par comparaison de leur Rf et/ou de leur coloration
avec ceux des sucres témoins. En effet, le spot 1 (Rf : 0,47 ± 0,05) correspond au galactose
(Rf : 0,44 ± 0,04) et le spot 2 (Rf : 0,63 ± 0,05)
5) correspond au xylose (Rf : 0,62 ± 0,05). De
même, l’analyse de l’agar commercial montre les mêmes
mê résultats.

47
Résultats

AQUABIOR, 2011 AQUABIOR, 2011

2
2

1 1

Glu Fru Sac Gal Xyl E1 E2 E3 Glu Fru Gal E E E Rha Xyl

Figure 22:: CCM d’hydrolysat de l’agar Figure 23:: CCM d’hydrolysat de l’agar
(Glu : glucose, Fru : fructose, Sac : (Glu : glucose, Fru : fructose, Gal :
saccharose, Gal : galactose, Xyl : xylose, galactose, Rha : rhamnose, Xyl : xylose,
E1 : 2 µl, E2 : 4 µl, E3 : 6 µl). E : 3 µl).

4. La viscosité

La viscosité moyenne, d’une solution de 1 % d’agar à 60°C, se situe à 11,11 ± 1,50 mPa.s.
En suivant son évolution selon les saisons, on remarque qu’elle reste stable de l’hiver (11,97 ±
0,40 mPa.s) à l’été puis elle diminue significativement (p < 0,05) pour atteindre son minimum
min
en automne (novembre : 8,53 ± 1,2 mPa.s) (figure 24).

Le test Anova 1 révèle que l’agar extrait de G. sesquipedale a une viscosité significativement
(p < 0,05) plus élevée que l’agar commercial (6,25 ± 0,4 mPa.s) (figure 24).
).

48
Résultats

Viscosité
(mPa.s) à 60°C
14.0 ab
a a
12.0

10.0 b

8.0
c
6.0

4.0

2.0
Saison
0.0
Hiver Printemps Eté Automne T

Figure 24:: Variation saisonnière de la viscosité de l’agar (n=9,


( T:: l’agar commercial
Biochem chemopharma). Les histogrammes portant des indices différents sont
significativement différents (p < 0,05).

5. Les polyphénols
olyphénols totaux

La concentration moyenne des polyphénols totaux de G. sesquipedale est de 1,33 ± 0,41 mg


EAG/g).
). L’analyse statistique montre que les polyphénols totaux varient selon les saisons. Le
taux minimum est enregistré en hiver (0,82
( ± 0,02 mg EAG/g),
), puis il augmente
aug
significativement (p < 0,05) pour atteindre son maximum en été (1,81
(1,81 ± 0,53 mg EAG/g)
(figure 25).

49
Résultats

Polyphénols totaux
(mg EAG/g)
2.5

b
2.0
ab
1.5 ab

1.0 a

0.5

Saison
0.0
Hiver Printemps Eté Automne

Figure 25 : Variation saisonnière du taux des polyphénols totaux de G. sesquipedale (n=3,


mg EAG/g : mg d’équivalent d’acide gallique par g d’extrait). Les histogrammes portant des
indices différents sont significativement différents (p < 0,05).

6. L’activité antimicrobienne

L’activité antimicrobienne des extraits méthanoliques (50 µg/µl) de la rhodophycée G.


sesquipedale a été testée, durant chaque saison, contre quatre bactéries Gram-négatif
Gram
(Pseudomonas aerogenoza,, Pseudomonas fluoresens, Proteus mirobilis et Morganella
morgani), une bactérie Gram-positif
Gram (Staphycoccus aureus) et trois champignons
c
phytophatogènes (Fusarium
Fusarium oxysporumn, Alternaria sp. et Stemphylium sp).
sp

6.1. L’activité antibactérienne

Les résultats des tests antibactériens montrent que les extraits des thalles de G. sesquipedale
récoltés durant l’été sont les seuls qui ont une activité antibactérienne. De plus, cette activité
est révélée uniquement contre S. aureus avec un diamètre d’inhibition inférieur à 10 mm
(figure 26). L’inhibition de l’extrait de G. sesquipedale reste pluss faible que celle des
antibiotiques commerciaux (tableau 6).

50
Résultats

A B C

1 1 1
3
3
3
2
2 2

AQUABIOR, 2011 AQUABIOR, 2011 AQUABIOR, 2011

Figure 26 : Mise en évidence de l’effet antibactérien de l’extrait méthanolique de G.


sesquipedale contre S. aureus (1, 2 et 3 : 40µl d’extrait (50 µg/µl), T : 40 µl de méthanol).
A : Boite témoin non ensemencée en présence de l’extrait de la saison estivale.
estivale
B : Boite ensemencée par S. aureus en présence de l’extrait de la saison hivernale.
hivernale
C : Boite ensemencée par S. aureus en présence de l’extrait de la saison estivale.

Tableau 6 : Effet antibactérien des antibiotiques commerciaux

Diamètre d’inhibition des antibiotiques (mm)


Pénicilline (9 mg) Tétracycline (7,5
(7, mg)
Staphycoccus aureus - 35
Pseudomonas aerogenoza 24 ± 0,5 25 ± 0,7
Pseudomonas fluoresens - 31,7 ± 2
Proteus mirobilis 29 ± 0,6 10 ± 0,6
Morganella morgani 19,3 ± 1,2 11,7 ± 0,6

6.2. L’activité antifongique

L’évaluation de l’activité
activité antifongique des extraits testés repose sur le calcul du pourcentage
d’inhibition de la croissance mycélienne.
mycélienne. Les résultats des essais antifongiques vis-à-vis
vis
Fusarium oxysporum et Stemphylium sp.
sp révèlent
nt une variation saisonnière des taux
d’inhibition des extraits de G. sesquipedale,
sesquipedale, tandis qu’aucune inhibition de la croissance n’a
été observée chez Alternaria sp. Cependant, pour ce même champignon, un pourcentage
d’inhibition de l’ordre de 65,63 ± 1,65
1, % est enregistré en présence de l’antifongique
commercial (Ridomil).

51
Résultats

• Fusarium oxysporum

L’analyse statistique a révélé une interaction significative entre l’extrait de G. sesquipedale et


le champignon F. oxysporum (p < 0,05). En effet, le pourcentage d’inhibition le plus élevé (p
< 0,05) est observé durant la saison printanière et estivale avec un taux de l’ordre de 70 %.
L’extrait de l’hiver et l’automne ont présenté une inhibition plus faible (p < 0,05) avec un
taux de l’ordre de 6 % (figure 27).

En comparaison avec l’antifongique commercial (Ridomil), les


les extraits de la saison
printanière et estivale ont présenté une activité antifongique similaire à celle de l’antifongique
commercial (67,78 ± 1,92 %),
%) alors que les taux d’inhibition des extraits de la saison
automnale et hivernale sont significativement (p < 0,05) plus faible (figure 27).

Taux d’inhibition
(%)
100
90 b
80
b b
70
60
50
40
30
20
10 a a
Saison
0
Hiver Printemps Eté Automne Ridomil

Figure 27:: Variation saisonnière de l’activité anti-Fusarium


anti Fusarium oxysporum,,(n=3,
oxysporum,, Ridomil:
antifongique). Les histogrammes portant des indices différents sont significativement
différents (p < 0,05).

L’analyse de l’aspect macroscopique des colonies de Fusarium oxysporum montre que


l’extrait des thalles de G. sesquipedale récoltés durant l’automne
ne et l’hiver inhibe la
sporulation de ce champignon. De plus, cette inhibition est plus importante avec l’extrait de la
saison hivernale (figure 28-33).
).

52
Résultats

AQUABIOR, 2011 AQUABIOR, 2011


Figure 28: Colonie témoin de F. oxysporum. Figure 29 : F. oxysporum incubé avec 40 µl de
méthanol.

AQUABIOR, 2011 AQUABIOR, 2011


Figure 30 : F. oxysporum incubé avec 40 µl Figure 31: F. oxysporum incubé avec 40 µl
d’extrait de G. sesquipedale (50 µg/µl) de la d’extrait de G. sesquipedale (50 µg/µl) de la
saison hivernale. saison printanière.

AQUABIOR, 2011 AQUABIOR, 2011


Figure 32 : F.oxysporum incubé avec 40 µl Figure 33 : F.oxysporum incubé avec 40 µl
d’extrait de G. sesquipedale (50 µg/µl) de la d’extrait de G. sesquipedale (50 µg/µl) de la
saison estivale. saison automnale.

53
Résultats

• Stemphylium sp.

Le taux d’inhibition de Stemphylium sp.


sp (figure 40) est plus faible que celui observé chez F.
oxysporum,, avec un minimum (p < 0,05) observée en printemps (8,43 %) et un maximum en
automne (22,75 ± 6,5 %). L’antifongique (Ridomil) a montré une inhibition totale sur la
croissance de Stemphylium (100 %) qui est significativement plus importante (p < 0,05) que
l’extrait de G. sesquipedale (figure 34-46).
34

Taux d’inhibition
(%)

120.00
c
100.00

80.00

60.00

40.00 a
a ab
20.00
b
Saison
0.00
Hiver Printemps Eté Automne Ridomil

Figure 34 : Variation saisonnière de l’activité anti-


anti Stemphylium sp, (n= 3, Ridomil :
antifongique). Les histogrammes portant des indices différents sont significativement
différents (p < 0,05).

54
Résultats

AQUABIOR, 2011 AQUABIOR, 2011


Figure 35:: Colonie témoin de Stemphylium Figure 36: Stemphylium sp. incubé avec 40 µl
sp. de méthanol.

AQUABIOR, 2011 AQUABIOR, 2011


Figure 37: Stemphylium sp. incubé avec 40 Figure 38: Stemphylium sp. incubé avec 40 µl
µl d’extrait de G. sesquipedale (50 µg/µl) de d’extrait de G. sesquipedale (50 µg/µl) de la
la saison hivernale saison printanière.

AQUABIOR, 2011 AQUABIOR, 2011


Figure 39: Stemphylium sp. incubé avec 40 Figure 40: Stemphylium sp. incubé avec 40 µl
µl d’extrait de G. sesquipedale (50 µg/µl) de d’extrait de G. sesquipedale (50 µg/µl) de la
la saison estivale. saison automnale.

55
DISCUSSION
Discussion

DISCUSSION

Les algues rouges font l’objet de nombreuses études à travers le monde, néanmoins, les
données présentées dans cette étude constituent les premiers résultats de la rhodophycée
Gelidium sesquipedale de la côte algérienne.

Le rendement de la matière sèche obtenu chez G. sesquipedale de la côte ouest algérienne est
de 22,34 ± 3,18 %. Ce rendement est inférieur à celui obtenu chez les espèces atlantiques; G.
sesquipedale des côtes marocaines (Mouradi-Givernaud et al., 1999), G. latifolium des côtes
de Rosscoff (Mouradi-Givernauld et al., 1992) et G. canarisiensis des îles Canaries (Freile-
Pelegrin et al., 1995), qui avaient un rendement de matière sèche fluctuant au tour de 30 %
selon les saisons.

Concernant le rendement de l’agar de G. sesquipedale de la côte ouest algérienne, le


rendement le plus élevé est enregistré au printemps et en été (32,22 ± 1,7 %). Nos résultats
sont en accord avec ceux de Mouradi-Givernaud et al. (1999) qui montrent que le rendement
maximal de l’agar de G. sesquipedale des côtes atlantiques marocaines, est obtenu entre mars
et aout (40 %) mais ils spécifient qu’une ré-augmentation est observée en novembre (42,5 %).
D’ailleurs, plusieurs auteurs travaillant sur des algues du genre Gelidium, ont également
enregistré le maximum durant le printemps et/ou l’été, telles que G. spinosum des côtes
tunisiennes (Monastir) (33,37 % ± 2,80 %) (Ben said et al., 2009), G. canarisiensis des îles
Canaries (32,6 %) (Freile-Pelegrin et al., 1995), G. robustum des côtes ouest mexicaines
(17,5-44,2 %) (Freile-Pelegrin et al., 1999) et G. rex des côtes chiliennes (35-40 %)
(Matshuiro & Urzua, 1991).

Le rendement maximum obtenu au cours du printemps et de l’été est en relation avec


l’augmentation de la température et de la photopériode. Selon Torres et al. (1991), chez G.
sesquipedale, la température et la lumière ont un effet synergique sur la photosynthèse. En
effet, l’augmentation de l’intensité lumineuse est associée avec l’augmentation de la synthèse
des polysaccharides pariétaux chez G. sesquipedale (Torres et al., 1991) et G. pulchellum
(Hurtado et al., 2010). De plus, Freile-Pelegrin et al. (1995), a relié l’augmentation du
rendement de l’agar à la diminution des concentrations d'éléments nutritifs observée durant la
saison estivale (Martinez & Buschmann, 1996). De leur côté, Mouradi-Givernaud et al.
(1993) suggèrent que cette augmentation au cours du printemps et l’été peut être expliquée

56
Discussion

aussi par le fait que les fragments apicaux des nouvelles ramifications sont plus riches en agar
que les parties anciennes.

La diminution du rendement en hiver et en automne peut être le résultat de plusieurs facteurs


tels que la réduction de l’intensité lumineuse, ceci a été observé chez Gracilaria où la
réduction de l’intensité lumineuse a conduit à la diminution de son contenu en agar (Freile-
Pelegrín & Robledo, 1997). D’un autre côté, la baisse de la salinité qui résulte de
l’augmentation de la pluviométrie peut aussi avoir un effet sur le taux de l’agar puisque le
stress induit par la diminution de la salinité peut conduire à la diminution du taux de la
photosynthèse (Craigie, 1990, Buriyo & Kivaisi, 2003). De plus, le manque des taux adéquats
de CO2, HCO-3 et Ca+2 en eau de pluie, peut également avoir un effet considérable sur la
photosynthèse et induit une baisse au niveau de l'accumulation d'hydrate de carbone (Buriyo
& Kivaisi, 2003).

A propos de la composition de l’agar, le taux des sucres totaux obtenu est compris entre 73,54
± 10,38 % et 97,26 ± 10,34 %. Nos résultats sont en accord avec les résulats obtenus chez G.
rex (95,6 %) (Matshuiro & Urzua, 1990). Ce taux a varié durant les saisons et a atteint le
minimum au printemps, en revanche, le taux des sucres de l’agar de G. sesquipedale et G.
latifolium des côtes atlantiques était relativement stable durant l’année (Mouradi-Givernaud et
al., 1992 ; Mouradi-Givernaud et al., 1999).

La CCM de l’agar montre qu’en plus du galactose, l’agar de G. sesquipedale est composé du
xylose aussi. Ce dernier est l’un des constituants de l’agar commercial et il est également
identifié chez G. purpuascens (1,8 %) (Whyte & Englar, 1981), Gracilaria cornea (0,7 %)
(Melo et al., 2002) et chez G. sesquipedale, mais contrairement à nos résultats, l’agar de cette
dernière contient du glucose et du rhamnose aussi (Mouradi-Givernauld et al, 1999). Cela
peut être dû d’une part, aux variations inter-espèces entre G. sesquipedale des côtes
algériennes (la mer méditerranée) et celle des côtes marocaines (océan atlantique), et d’autre
part par la différence entre les méthodes expérimentales.

Le 3,6-anhydrogalactose (3,6-AG) est le deuxième principal constituant de l’agar. Le taux


moyen enregistré au cours de la présente étude était de 34,24 ± 9,8 % (30,65 ± 10,56 % à
40,40 ± 1,34 %). En général, le taux de 3,6-anhydrogalactose ne dépasse pas 50 % dans
l’agar, ceci est observé chez plusieurs espèces ; G. pusillum des côtes indiennes (Meena et al.,
2011), G. robustum des côtes pacifiques du Mexique (Hurtado et al., 2010), de G. rex des
57
Discussion

côtes chiliennes (Matshuiro & Urzua, 1990) et de G. purpuascens des côtes canadiennes
(Whyte & Englar, 1981). Quant aux variations saisonnières, le taux de 3,6-anhydrogalacose
n’a pas varié durant l’année, ces résultats sont en accord avec ceux obtenus chez G.
sesquipedale, (Mouradi-Givernauld et al., 1999) et G. latifolium (Mouradi-Givernauld et al.,
1992) alors que chez Gracilaria des côtes tanzaniennes, le contenu de 3,6-anhydrogalactose a
présenté une variation spatiotemporelle avec un maximum en été (Buriyo & Kivaisi, 2003).

La concentration moyenne annuelle des sucres réducteurs (3,96 ± 1,68 %) est nettement
inférieure à celle de l’agar commercial (18,42 ± 2,5 %). En tenant compte que les sucres
réducteurs sont inversement proportionnel au poids moléculaire moyen des polysaccharides
(Sengupta et al., 2000, Chen et al., 2012), la différence observée entre les deux agars peut être
expliquée par la différence du poids moléculaire. De plus, Buddy (2004) a rapporté que l’une
des caractéristiques qui distinguent les différents types de l’agar est leur poids moléculaire.

Par rapport aux substituants de l’agar, le taux de sulfate varie au cours des saisons, il fluctue
entre 1,08 ± 0,72 % et 3,77± 0,54 %. Ce taux est proche de ceux enregistrés chez beaucoup
d’autres espèces telles que: G. rex des côtes chiliennes (2,2-4,2 %) (Matshuiro & Urzua,
1990), G. latifolium des côtes de Roscoff (1,6-2,08 %) (Mouradi-Givernauld et al., 1992), G.
robustum (1,2 – 4 %) (Hurtado et al., 2010), G. pusillum des côtes indiennes (2,2 – 2,9 %)
(Meena et al., 2011), et Gracilaria des côtes vietnamiennes (1,02 - 2,74 %) (Hung et al.,
2000). Les résultats de la présente étude montrent une diminution du taux de sulfate en été,
ceci est en accord avec les résultats de Freile-Pelegrín & Robledo (1997) étudiant Gracilaria
covnea des côtes mexicaines. Lahaye & Yaphe, (1988) ont aussi trouvé que l’agar des thalles
de Gracilaria pseudoverrucosa collectées en hiver est plus riche en groupements sulfate.
Freile-Pelegrín & Robledo (1997) a attribué cette variation aux changements
environnementaux.

Le pyruvate; le deuxième substituant étudié au cours de cette étude, a un taux moyen de 0,32
± 0,09 %. En effet, le pyruvate n’est pas détecté chez G. latifolium des côtes de Roscoff
(Mouradi-Givernauld et al., 1992) ni chez G. rex des côtes chiliennes (Matshuiro & Urzua,
1990), alors que chez G. chilense de ces même côtes, le pyruvate est évalué entre 0,42-0,54 %
(Matshuiro & Urzua, 1991). Il était de 0,1 % chez Pterocladia lucia des côtes australienne
(Chiovitti et al., 2004).

58
Discussion

Quant aux propriétés physiques du gel de l’agar, la viscosité de l’agar (solution de 1 % à


60°C) était de 11,11 ± 1,50 mPa.s. Cette viscosité est d’une part, plus élevée que l’agar
commercial (Biochem Chemopharma), et d’autre part plus faible que celle de l’agar (gel de
1,5 % à 80°C) de G. pusillum des côtes indiennes (16 à 19 mP.s) (Meena et al., 2011), mais
elle se rapproche des résultats obtenus par Millan et al., 2002 (10 mPa.s) étudiant l’agar
commercial (solution de 1 % à 60°C). Au cours de cette étude, la viscosité minimale est
enregistrée en automne (9,01 ± 0,79 mPa.s) alors que chez Gracilaria sp. des côtes
japonaises, la viscosité à 70°C d’un gel de 1,5 %, a fluctué entre 3,5 et 17 mPa.s, avec un
minimum en hiver et un maximum à la fin du printemps (Chirapart & Ohno, 1993).

En fait, il est difficile d’interpréter les changements spatiotemporels des rendements et des
propriétés des phycocolloides. En général, les différences observées entre les résultats des
études peuvent être expliquées, d’une part, par les différences inter et intra-espèces (le statut
physiologique, l’âge des tissus, le taux de croissance, et le statut reproducteur de l’algue au
moment de la récolte) et d’autre part, par la position géographique et les changements
environnementaux (Craigie, 1990 ; Freile-Pelegrin et al., 1995 ; Marinho-Soriano & Bourret ,
2005). En effet, en milieu marin, plusieurs facteurs affectent le taux de croissance et la
composition de la paroi cellulaire tels que la lumière, la température, la salinité et les
nutriments (Torres et al., 1991 ; Freile-Pelegrin et al., 1995 ; Mouradi-Givernauld et al.,
1999 ; Buriyo & Kivaisi, 2003). De plus, Craigie (1990) ajoute que la diversité des protocoles
et des techniques expérimentales contribue aussi à ces variations.

D’après les résultats de la comparaison entre l’agar extrait de G. sesquipedale de la côte ouest
algérienne avec l’agar commercial (Biochem Chemopharma), et tenant compte la teneur de
3,6-angudrogrogalactose de l’agar de la rhodophycée G. sesquipedale et son degré de
substitution en sulphate et en pyruvate, il semble que cette algue peut être utilisée comme
matière première pour l’extraction de l’agar, mais d’autres tests sont nécessaires pour mieux
caractériser l’agar de cette espèce.

La deuxième partie de cette étude consiste à quantifier les polyphénols totaux et à évaluer
l’activité antimicrobienne de G. sesquipedale. Les composés phénoliques sont généralement
trouvés dans les plantes, y compris les algues et il était rapporté qu’ils ont un large éventail
d'activités biologiques principalement des propriétés antioxydantes (Cornish & Garbary,
2010).

59
Discussion

Le taux des polyphénols totaux de G. sesquipedale oscille entre 0,82 ± 0,02 et 1,81 ± 0,53
mgEAG/g, avec un taux minimum en hiver. Ces taux se rapprochent de ceux enregistrés par
Ganesan et al. (2008) qui ont rapporté que le taux des polyphénols totaux des extraits
méthanoliques des algues rouges des côtes indiennes était de 1,5 à 4,1 mgEAG/g. Cox et al.
(2010) ont obtenu des taux plus élevés (37,66 à 151,33 mgGAE/g) avec les trois groupes
d’algues des côtes irlandaises, et ils spécifient que les rhodophytes (Chondrus crispus : 62,33
± 1,04 mgEAG/g et Palmaria palmata : 42,83 ± 3,26 mgEAG/g) ont des taux plus faible que
ceux des phaeophytes. Heo et al., (2006) ont noté que la teneur en polyphénols totaux de G.
amansii était de 24,67 ± 1,00 mg/g. Ces rhodophycées semblent plus riches en polyphénols
totaux que G. sesquipedale.
L’augmentation du taux des polyphénols totaux à partir du printemps peut être engendrée par
l’augmentation de la photopériode. En fait, les composés phénoliques sont censés avoir des
propriétés antiradicalaires qui protègent le thalle contre la photodestruction causée par les
rayons UV (Shanab, 2007 ; Mayalen et al., 2009, Cox et al., 2010). Ainsi, de nombreuses
études ont démontré une corrélation très significative entre le contenu phénolique et l'activité
antioxydante des extraits d'algues (Mayalen et al., 2009).
Concernant les tests antibactériens, les extraits des thalles de G. sesquipedale récoltés durant
l’été sont les seuls qui ont une activité antibactérienne. De plus, cette dernière est observée
uniquement contre S. aureus (diamètre d’inhibition inférieur à 10 mm). L’activité contre cette
bactérie a été décelée chez plusieurs espèces du genre Gelidium, avec des taux d’inhibition
variés. Cette même espèce des côtes atlantiques marocaines a montré une activité forte contre
S. aureus (D > 15 mm), modérée contre Bacillus subtilis et faible contre Escherichia coli
(Farid et al., 2007). Les résultats de Bouhlal et al. (2010) étudiant 6 ordres des algues rouges
révèlent que G. sesquipedale du détroit de Gibraltar a une activité contre S. aureus et E. coli,
alors que les autres espèces du même genre avaient un potentiel antibactérien contre
Klebsiella pneumoniae aussi. Elsie et al. (2011) a décelé que G. acerosa a une activité
maximale contre S. aureus et K. pneumoniae, alors que G. arbuscula des îles Canaries n’avait
pratiquement aucune activité contre S. aureus (Gonzàlez del Val et al., 2001).

L’essai antifongique sur les trois champignons phytophatogènes testés, indique que l’activité
inhibitrice la plus importante est obtenue contre Fusarium oxysporum, suivi par Stemphylium
sp. Suivant les variations saisonnières, le taux d’inhibition maximal a été enregistré en
printemps et en été pour Fusarium oxysporum, tandis que pour Stemphylium sp. le maximum

60
Discussion

est atteint durant la saison automnale et hivernale. Quant à Alternaria sp. aucune inhibition
n’a été soulevée au cours des saisons. L’activité antifongique des algues a été aussi rapportée
par Zheng et al. (2001), où ils ont trouvé que l'extrait éthanolique de G. amansii a une forte
activité contre F. oxysporum et faible contre Alternaria dianth. Durant cette même étude, ce
dernier a montré une sensibilité considérable vis-à-vis des extraits éthanoliques et acétoniques
de Gracilaria blodgetii Harvey (Zheng et al., 2001).
L’extrait de G. sesquipedale a présenté le maximum d’activité inhibitrice durant printemps et
été contre Fusarium oxysporium et Staphylococcus aureus. Ces résultats sont en accord avec
Hornsey & Hide (1974) et Farid et al. (2007), qui ont noté que la production des métabolites
bioactives des algues atlantiques est affectée par les variations saisonnières et atteint son
maximum en printemps. Cependant, la bioactivité des algues diffère aussi selon le groupe
phylogénique. Selon Salvador et al. (2007), l’activité maximale des Phaeophytes et des
Rhodophytes est atteinte en automne alors que chez les Chlorophytes, elle est observée en été
(Salvador et al., 2007). De plus, l’étude des variations saisonnières chez les algues des côtes
indiennes montre que G. micropterum n’avait aucune activité antimicrobienne, tandis que la
rhodophycée A. taxiformis avait un spectre de bioactivité plus large avec un taux d’inhibition
maximum obtenu en hiver (Manilal et al., 2009).
L’augmentation de l’activité antimicrobienne durant la période printanière et estivale peut être
expliquée par le fait que cette période correspond à la phase de croissance active et de
maturité sexuelle. Cette dernière coïncide avec la période de synthèse des métabolites
secondaires responsables des activités biologiques (Hornsey & Hide, 1974 ; Farid et al.,
2007). L’absence de l’inhibition observée chez Alternaria sp. et chez les autres bactéries
(Pseudomonas aerogenoza,, Pseudomonas fluoresens , Proteus mirobilis et Morganella
morgani) peut être due soit à une résistance naturelle de ces espèces soit au choix du solvant,
puisque les méthodes expérimentales et le type du solvant utilisé constituent aussi un facteur
très important pour déterminer la bioactivité des algues (Zheng et al., 2001 ; Hellio et al.,
2004 ; Manilal et al., 2009). En général, l’activité antimicrobienne des algues peut être
influencée par l'habitat, le stade de croissance et la saison de la collecte des algues (Zheng et
al., 2000 ; Farid et al., 2007).

61
CONCLUSION
& PERSPECTIVES
Conclusion & Perspectives

CONCLUSION ET PERSPECTIVES

Cette étude a permis d’étudier les potentialités naturelles de la rhodophycée Gelidium


sesquipedale de la côte ouest algérienne.

Ce travail a mis en évidence l’influence des variations saisonnières sur le rendement et les
propriétés physicochimiques de l’agar de G. sesquipedale. En effet, au cours de l’année, le
rendement maximal de l’agar apparait durant la période printemps-été. Ainsi, durant cette
même période, l’agar a présenté, un taux considérable de 3,6-anhydrogalactose, des taux
faibles de sulfate et pyruvate et une viscosité relativement plus élevée. En général, les
caractéristiques physicochimiques de l’agar de G. sesquipedale sont proches de celles de
l’agar commercial, ce qui conduit à conclure que la rhodophycée G. sesquipedale de la côte
ouest algérienne peut être exploitée industriellement pour la production de l’agar durant la
période s’étalant du printemps à l’été.

En ce qui concerne la bioactivité de G. sesquipedale, cette algue a présenté un taux de


polyphénols totaux relativement faibles et un potentiel antifongique plus important. En effet,
l’activité de l’extrait de G. sesquipedale contre le champignon Fusarium oxysporum est
semblable à celle de l’antifongique commercial (Ridomil). En tenant compte de ces résultats,
la rhodophycée G. sesquipedale peut être exploitée dans le domaine de l’agriculture comme
un antifongique naturel.

Cependant, les résultats présentés constituent des données préliminaires, et tenant compte de
l’interet pratique des algues en général, il nous semble intéressant d’approfondir le présent
travail par :

 Le suivi temporel de la force du gel de l’agar et son hystérèse afin de mieux


caractériser l’agar extrait de G. sesquipedale.
 La réalisation d’autres études sur des étendues plus importantes et évaluation de la
biomasse pour avoir une idée plus claire sur les potentialités exploitables de G.
sesquipedale des côtes algériennes.
 L’évaluation de l’activité antioxydante de G. sesquipedale et quantification de son
contenu en tannins et en flavonoïdes.

61
Conclusion & Perspectives

 La réalisation des essais complémentaires sur l’activité antimicrobienne de G.


sesquipedale ; par l’utilisation de plusieurs solvants d’extraction et d’autres agents
microbiens.
 L’identification des molécules responsables de l’activité antimicrobienne de G.
sesquipedale.

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69
ANNEXES
Annexe

Annexe 1

T T

T T
Lab. AQUABIOR, 2011 Lab. AQUABIOR, 2011
Figure 41 : Réaction des sucres totaux avec Figure 42: Réaction de 3,6-anhydrogalactose
3,6
le réactif d’Anthrone (T : témoin). avec le réactif de Résorcinol-acétal
Résorcinol (T :
témoin).

T T

T
T
Lab. AQUABIOR, 2011 Lab. AQUABIOR, 2011
Figure 43 : Réaction des sucres réducteurs Figure 44: Réaction du pyruvate avec le DNPH
avec le réactif de DNS (T : témoin) (T : témoin).

T
T

T T
Lab. AQUABIOR, 2011 Lab. AQUABIOR, 2011
Figure 45:: Réaction des sulfates avec le Figure 46:: Réaction des polyphénols avec le
réactif BaCl2 / Gélatine (T : témoin). réactif de Folin Ciocalteu Pholin (T
( : témoin).

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