Vous êtes sur la page 1sur 52

Guide des

Bonnes pratiques
Energétiques en scierie
de stockage des piles de
bois énergie issues de
forêt

Guide des bonnes pratiques énergétiques en scierie Page |2


Préface
Destiné aux scieries, Le guide a été rédigé par :
ce guide des bonnes
pratiques énergétiques Pour FCBA
a été réalisé dans le Mr Gilles NEGRIE, Pôle PTA Première Transformation du Bois - Expert
cadre du projet séchage du bois
« OptiENERGIE » Mr Xavier BLAISON, Pôle PTA Première Transformation du Bois - Consultant
piloté par FCBA en scierie,
partenariat avec la
FNB. L’ADEME a
soutenu La relecture du guide a été confiée à :
financièrement ce
projet. Pour FCBA :
Mr Bertrand DEGENNE, Pôle PTA Première Transformation du Bois -
Consultant scierie

Pour l’ADEME :
Mr Frédéric STREIFF, Service Entreprises et Dynamiques Industrielles –
Ingénieur Efficacité Energétique Industrielle

Pour la FNB :
Mme Caroline BERWICK, Adjointe au délégué général
Mr Eric GAIFFE, Direction Technique - Scierie MILLET

Il a été conçu pour être utilisé par : les dirigeants scieurs, leurs collaborateurs,
les responsables maintenance et production, les responsables Qualité-
Sécurité-Environnement, les personnes en charge de la gestion de l’énergie,
ainsi que toute personne susceptible d’œuvrer à la réduction de la
consommation d’énergie des scieries.

N’hésitez pas à nous faire part de vos remarques, critiques et propositions, le


but étant d’améliorer ce guide collectif où les efforts de chacun doivent profiter
à tous.

Guide des bonnes pratiques énergétiques en scierie Page |3


Guide des bonnes pratiques énergétiques en scierie Page |4
SOMMAIRE

Préface ................................................................................................... 3

Introduction ........................................................................................... 7

Les enjeux – Les consommations les indicateurs ............................. 9


Les enjeux ........................................................................................................................ 9
Les consommations......................................................................................................... 9
Les indicateurs ................................................................................................................12

Les bonnes pratiques à la loupe ........................................................ 15


Management de l’énergie ...............................................................................................16
Aspiration – Ventilation ..................................................................................................18
Air comprimé ...................................................................................................................22
Moteurs électriques ........................................................................................................28
Séchage ...........................................................................................................................34

Autres bonnes pratiques énergétiques en scierie ............................ 39


Légende ...........................................................................................................................39
Bonnes pratiques générales ..........................................................................................39
Bonnes pratiques au parc à grumes..............................................................................40
Bonnes pratiques process .............................................................................................41
Bonnes pratiques de séchage ........................................................................................42
Bonnes pratiques - séchage...........................................................................................44
Bonnes pratiques en infrastructures - bâtiments .........................................................45

Exemples d’aides pour les entreprises ............................................. 47


Certificats d’Economies d’Energie ................................................................................48
Aides ADEME ..................................................................................................................49
Autres aides ....................................................................................................................50

Guide des bonnes pratiques énergétiques en scierie Page |5


Guide des bonnes pratiques énergétiques en scierie Page |6
Introduction
Présentation
La maîtrise de l’énergie représente pour les entreprises de la filière bois un « gisement de
compétitivité » qu’il est aujourd’hui essentiel d’exploiter : elle revêt une importance
décisive en participant significativement à la réduction des coûts de fonctionnement et par
conséquent impacte directement le compte d’exploitation.
L’objectif de cet ouvrage est d’aider les dirigeants de scierie à maîtriser et optimiser la
facture énergétique de leur entreprise en consommant moins et mieux.
Il s’inscrit dans le cadre de la mise en place d’un programme d’amélioration de la
performance énergétique dans les scieries visant à améliorer la compétitivité des
entreprises de la première transformation du bois par, dans un premier temps, la meilleure
connaissance des consommations, puis la maîtrise de celles-ci par l’incitation aux bonnes
pratiques énergétiques.
Le présent document tient compte à la fois des spécificités de la première transformation
du bois, des différents domaines techniques et scientifiques qu’il importe de maîtriser et
enfin de la nécessaire mobilisation de tous les acteurs de l’entreprise.
Le projet s’est nourri d’une part des enseignements collectés et préconisations mises en
évidence lors du projet « ECOINFLOW 1», travail collaboratif européen réunissant 4 centres
techniques et une cinquantaine d’entreprises participantes volontaires.
D’autre part, le guide est rédigé en intégrant également les apports de l’opération
« OptiENERGIE ». Les 13 diagnostics énergétiques menés auprès de scieries françaises
de toutes tailles ont permis d’identifier les mesures d’économies d’énergie les plus
pertinentes, de sensibiliser les dirigeants et responsables aux questions énergétiques.
Dans le cadre du projet, de nombreux cas pratiques d’économie d’énergie en scierie ont pu
être mis en évidence (séchage, sciage, manutention, management de l’énergie).
Spécialement conçu pour les entreprises de la première transformation du bois (scierie
avec activité séchage ou non, rabotage…), ce guide est élaboré pour faciliter la mise en
place de pratiques vertueuses en matière d’économie d’énergie. Dans le but de permettre
une lecture aisée et d’en tirer profit le plus rapidement possible, il est construit autour de 3
principaux chapitres distincts :

1ECOINFLOW : Faciliter la mise en place d’un Système de Management de l’Energie et réduction de la consommation
d’énergie en scierie : www.ecoinflow.com/

Guide des bonnes pratiques énergétiques en scierie Page |7


 Présentation chiffrée des enjeux globaux 2 ;
 Focus sur quelques bonnes pratiques majeures ;
 Principales mesures d’efficacité énergétique par procédés clefs (séchage, parc à
grumes, etc.) ou utilités3 (air comprimé, éclairage, etc.) de la scierie.

Les contributeurs ont tenu à mettre en évidence les principales actions préconisées sur toute
l’activité en scierie à savoir :
 Le process de sciage (ruban, déligneuse, aspiration,…),
 Le parc de séchage (ventilateurs, types de séchoirs, optimisation du process de
séchage,…),
 La gestion de l’énergie (aspects humains, management, contrat…).

En fonction de ses besoins et de ses attentes, le lecteur pourra aisément orienter son choix
de lecture sur les secteurs qu’il souhaitera privilégier afin d’accéder aux informations
recherchées le plus rapidement possible.

Synthèse4 de l’opération collective


13 scieries françaises ont bénéficié d’un diagnostic énergétique (réalisé par un bureau d’études
spécialisé5.)
De cette opération, plus de 120 préconisations d’amélioration réparties sur l’ensemble de l’activité
scierie ont été mises en évidence dont 50 % avec un RSI6 prévisionnel de moins de 3 ans.
Par famille, les résultats globaux suivants ont été obtenus :

Familles Résultats globaux obtenus


Le plus intéressant car coût nul avec impact ouverture marché
Tarifaire
électricité
Fonctionnement Investissements faibles et RSI court
Air comprimé Actions intéressantes surtout pour le réglage et recherche de fuites
Variateurs de fréquence Gains énergétiques les plus importants avec RSI « court »
Thermique Investissements parfois conséquents et RSI rarement intéressant
Forts investissements pour RSI faible … surtout remplacement par T5
Éclairage
ou LEDs

De nombreux enseignements ont été relevés par les nombreuses préconisations d’améliorations
quantifiées.

2 La biomasse en scierie (chaudière, pellets et cogénération) n’a pas été intégrée dans le cadre de cette opération – on pourra
utilement se référer à l’ouvrage « Chaufferies à bois pour le séchage des sciages » - FCBA - 2002.
3 Utilités : unité de production et de distribution d’un vecteur ou d’un fluide énergétique utile à plusieurs lignes de production (définition
ADEME)
4 Synthèse téléchargeable sur le site de l’ADEME (www.ademe.fr/mediatheque).
5 INDDIGO : Bureau d’Etude sélectionné pour réaliser les diagnostics énergétiques et proposer des solutions pour optimiser la
facture énergétique des entreprises.
6 RSI : Retour Sur Investissement

Guide des bonnes pratiques énergétiques en scierie Page |8


Les enjeux – Les consommations - Les
indicateurs

Les enjeux
Les besoins énergétiques nécessaires aux activités du sciage sont conséquents depuis le parc à
grumes jusqu’au stockage des produits (sciages bruts ou transformés). Tous les organes de
l’entreprise méritent d’être observés avec vigilance sous l’angle énergétique :
– Le cœur de production : utilisation de nombreux moteurs permettant de faire tourner les
outils de coupe, production d’air comprimé…
– La manutention et son organisation : consommation des engins, convoyage des produits
et connexes…
– La performance du séchage : consommation au cours du cycle, optimisation de la
charge …
– Le fonctionnement lui-même ou les utilités : chauffage, éclairage…
– Le management : optimisation du fonctionnement global de la gestion de l’énergie par
une démarche volontaire de management de l’énergie basé sur l’amélioration continue
(vers le management de l’énergie selon la norme ISO 50 001).

Les consommations
L’activité sciage en quelques chiffres
Fort de plus 1 500 entreprises (Source Agreste 2016) produisant quelques 7,7 millions de m3 de
sciage, l’activité sciage peut se décomposer selon la typologie des essences transformées
suivante :
– Le sciage résineux : 6,2 millions de m3
– Le sciage feuillu : 1,3 millions de m3
– Autres sciages (bois sur rails et merrains) : 0,2 millions de m3

Le secteur réalise un chiffre d'affaires de plus de 3,3 milliards d'Euros (Sources 2013 : INSEE,
ESANE) pour un effectif moyen (activité sciage uniquement) qui s'élève à plus de 38 000
personnes (Sources 2010 : INSEE, ESANE, retraitement SSP).

Guide des bonnes pratiques énergétiques en scierie Page |9


Les consommations énergétiques
En se référant aux productions françaises de sciage et de séchage de 2014, les consommations
énergétiques nécessaires aux opérations de sciage et de séchage artificiel, peuvent être
évaluées à plus de 860 GWh/an7.

o Sciages bruts
Pour comparaison, la consommation d’énergie pour produire un m3 de sciage, présente de fortes
disparités et oscille entre 15 kWh pour des produits bruts peu élaborés obtenus avec un
équipement simplifié, à 70 – 80 kWh et voire plus, pour des produits plus élaborés mettant en jeu
un circuit de production complexe. En moyenne, cette consommation se situe entre 22 et 64
kWh/m3 de sciages8.

o Séchage
A cela, il convient d’ajouter la consommation d’énergie pour sécher un m3 de bois. Le séchage
artificiel est une étape de plus en plus indispensable dans la chaîne de transformation du bois
pour une bonne valorisation des sciages dans le bâtiment, l’ameublement, la menuiserie et
l’emballage.

Sécher un m3 de sciages nécessite en moyenne9 en fonction de la technologie employée (Air


Chaud Climatisé, Basse Température, sous vide…)
– Pour les essences feuillues, la partie électrique (fonctionnement des ventilateurs) et
thermique (3/4 de la puissance consommée environ) représentent au total 530 kWh/m3.
– Pour les essences résineuses, la consommation est plus faible : la partie électrique
(fonctionnement des ventilateurs) et thermique s’élèvent au total à 340 kWh/m3.

On observera que les opérations de séchage représentent à elles seules de 7 à 12 fois la quantité
d’énergie nécessaire aux opérations de sciage.

En prenant en compte l’ensemble de ces hypothèses, on obtient les chiffres suivants :

Statistiques Scierie 2015


Feuillus (m3) Résineux (m3) KWh/m3 Kwh

Sciage 1 260 000 6 223 000 70 523 810 000

170 000 530 90 100 000


Séchage
744 000 340 252 960 000

Total 866 870 000


(Sources : Agreste -ADEME - FCBA)
Evaluation consommation électrique annuelle en scieries (résineuses et feuillues) : sciage et séchage.

7
Estimation FCBA
8
Note de synthèse opération collective OptiENERGIE de diagnostic énergétique - 2016
9
Données FCBA

Guide des bonnes pratiques énergétiques en scierie P a g e | 10


o Les différentes énergies consommées et les principaux postes

 Les diverses énergies consommées

Toutes les sources possibles d’énergie sont présentes en scierie. Ainsi, lorsqu’on envisage des
réductions de consommation et donc de la facture associée, tous les types d’énergie sont à
considérer :
Electricité ;
Biomasse ;
Gaz ;
Fioul ;
Charbon (anecdotique) ;
Eau…

 Les principales activités énergivores

On constate de grandes disparités de répartition d’une scierie à l’autre ; cependant, globalement


les principaux10 postes clefs liés à l’énergie en scierie sont :
– Le processus de sciage 1er débit (outils de coupe : scie de têtes et slabber) avec une
médiane à plus de 20 % ;
– Le séchage, si existant, (avec une médiane à plus de 17 % des consommations
électriques) avec un maximum pouvant atteindre près de 50 % de la consommation
totale ;
– L’aspiration (avec une médiane à 8 %) et l’air comprimé (avec une médiane à 7 %) sont
les autres postes énergivores clefs en scierie.

Part des consommations électriques (%) pour différents postes d'une scierie
50%
Moyenne Min Max Médiane 48,0%

45%

40%

35%

30% 29,7%
29,4%

26,3%
25%

20,6%
21,5%
20% 19,6%
18,5%
17,7%
15% 15,1% 14,4% 13,2%
10,7% 10,4% 11,5%
10%
8,3% 7,6% 9,8% 9,2% 6,2% 9,4%

7,2% 6,0% 6,1%


5%
4,4% 4,4% 3,0% 3,5%
5,0%
3,3%
2,5% 3,4%
2,6%
0,4%
1,9% 2,3%
0%
Aspiration Air Scies de Slabber Broyeur Séchoirs Eclairage Déligneuse Grue
comprimé têtes Chaufferie Ecorceuse
Part des consommations électriques moyennes, médianes et maximums (%) par postes11 (hors séchage
thermique).
Opération collective diagnostics énergétiques en scieries

10 Note de synthèse opération collective OptiENERGIE de diagnostic énergétique - 2016


11 Scies de tête = bâti, ruban, canter, etc. – Séchage électrique : PAC ou résistance électrique

Guide des bonnes pratiques énergétiques en scierie P a g e | 11


Les indicateurs
A quoi ça sert ?
L’analyse des données de consommation d’énergie nécessite la mise en place préalable
d’indicateurs de suivi des consommations. Ces outils de suivi des consommations ont trois rôles
essentiels :
– Quantifier les consommations,
– Alerter sur les dysfonctionnements,
– Permettre de mesurer si le système se dégrade ou s’améliore (éco-efficacité).

Ils permettent aux entreprises de mesurer la performance des installations et de piloter l’activité
selon les objectifs que l’on s’est donné.
Le choix du bon indicateur de performance est donc primordial car il participe au suivi des
solutions d’améliorations préconisées.

Un indicateur doit répondre à l’ensemble des critères suivants :


 Il doit être robuste c’est à dire fiable pour être stable et cohérent dans le temps et suffisamment
précis ;
 Il doit refléter les variations qu’il est sensé mesurer ;
 Il doit être simple et utilisable facilement et compréhensible par tous ;
 Il doit être pertinent par rapport à l’objectif fixé ;
 Et bien sûr il doit être utile en contribuant à la prise de décision.

Ces indicateurs peuvent s’appuyer sur les données transmises par les compteurs, éléments de
base du comptage de l’énergie12 . Les 4 bonnes raisons de mettre en place un plan de comptage
de l’énergie :
– Réduire ses coûts de production,
– Prendre en compte l’énergie comme élément de gestion,
– Améliorer la qualité et les conditions de fabrication,
– Avoir une politique globale environnementale valorisante.

La multiplication des compteurs entraînant logiquement un temps d’analyse élevé, il est


nécessaire, dans un premier temps, de cibler les zones à suivre et, dans un second temps, une
GTC13 peut être mise en place si le nombre de compteurs devient trop important.
L’ajout de sous compteurs permet de réaliser une répartition des consommations plus fine, de
déceler au plus tôt toutes dérives éventuelles et d’établir de nouveaux ratios plus précis par utilité.

« Sans la mesure, il n’y a pas de résultat » (Méthode 6 Sigma)

12 « Le comptage de l’énergie : amélioration de la performance énergétique dans l’industrie » – ADEME - oct 2014
13 GTC : Gestion Technique Centralisée

Guide des bonnes pratiques énergétiques en scierie P a g e | 12


Quelques indicateurs clefs
A titre d’exemple, une liste non exhaustive d’indicateurs de performance énergétique (IPE)
pouvant être utilisés en scierie, qu’il convient de suivre et d’améliorer :

Electricité :
– Par bâtiment
 Consommation électrique : kWh/an /m2
 Scierie : kWh/m3 sciés
 Séchoirs : kWh/m3 séchés
– Par équipement
 Ecorceuse : kWh/m3 de grumes
 Scie de tête : kWh/m3 de grumes ou m3 de sciage
 Broyeur : kWh/T broyée ou kWh/heure
 Air comprimé : kWh/Nm3 ou kWh/m3 de grumes ou
Nm3/m3 de grumes

Chaleur :
– Par grands départs kWh/m3 séchés
– Par type
 Anciens séchoirs : kWh/m3 séchés
 Nouveau séchoirs : kWh/m3 séchés
 Pré-séchoir : kWh/m3 séchés

Eau :
– Etuve : m3 eau/ m3 étuve
– Arrosage : m3 eau/m2
– Générale : m3 eau/an.

Air comprimé :
– Heure en charge : h
– Heure à vide : h
– Taux de charge %

Les indicateurs sont à suivre à des fréquences adaptées aux exigences exprimées par
l’entreprise : ainsi, ils peuvent être annuels, ou à des fréquences plus rapprochées (mensuels,
voire même hebdomadaire ou quotidienne). L’objectif est que ces indicateurs servent à obtenir la
meilleure réactivité possible.

L’ensemble des indicateurs doivent être actualisés pour pouvoir réaliser une répartition et une
maîtrise des consommations des plus fines, de déceler au plus tôt toutes dérives éventuelles et
d’établir de nouveaux ratios plus précis par unité.

Guide des bonnes pratiques énergétiques en scierie P a g e | 13


Guide des bonnes pratiques énergétiques en scierie P a g e | 14
Les bonnes pratiques à la loupe

Les différents diagnostics réalisés en scierie ont permis d’identifier un


nombre important de mesures d’efficacité énergétique permettant de
diminuer la consommation globale des scieries. Chacune des bonnes
pratiques observées a été classée selon sa (ses) localisation(s) : elles
peuvent être utilement employées sur la globalité de la scierie ou alors de
manière plus spécifique sur certains ilots de production ou de stockage.

Ci-après, vous trouverez une compilation des mesures mises en évidence


par les différentes études menées sur le sujet : diagnostics énergétiques
en scieries, projet européen ECOINFLOW, préconisations suite aux
différents diagnostics « séchage » : elles peuvent apparaitre une seule ou
plusieurs fois selon leur particularité et localisation dans la scierie.

Guide des bonnes pratiques énergétiques en scierie P a g e | 15


Management de l’énergie
 Privilégier l’humain
Il ne suffit pas de conditionner la réussite de toute démarche d’efficacité énergétique à l’emploi
d’une machine sophistiquée mais elle est surtout l’affaire d’un travail d’équipe source de prise
de décisions, d’actions. La réussite de toute démarche d’amélioration des consommations
énergétiques dépend :
– du dirigeant, en premier lieu : c’est lui qui donne le cap en l’intégrant à la performance
globale de l’entreprise ;
– des équipes d’hommes et de femmes impliquées dans un objectif commun d’amélioration
continue à quelque niveau que ce soit.

Niveau d’avancement de l’activité


scierie / consommations énergétiques Apport du management de l’énergie

L’entreprise démarre son analyse  Structurer l’action


 Définir une politique cohérente dès le début
Déjà engagée dans des actions de  Valoriser les actions en une politique
réduction structurée et pérenne
Expérimentée en matière de performance  Accélérer le rythme des économies d’énergie
énergétique

 Nommer une personne référente14


Pour maintenir la motivation des entreprises, le dirigeant peut nommer un référent énergie : il
est en général chargé d’initier, mettre en place et coordonner les actions permettant d’améliorer
la performance énergétique, les modes ou types d’utilisation de l’énergie et les quantités
d’énergie utilisée.

Remarque : selon la taille de la structure, cette mission peut être confiée à une seule personne
ou partagée entre plusieurs personnes. Dans ce deuxième cas, il est nécessaire de désigner un
référent unique dont la mission principale est de coordonner le travail des personnes concernées.
La fonction de référent énergie nécessite la mise en œuvre de compétences techniques et
managériales. Selon la taille ou l’organisation de l’établissement, le référent énergie n’assure pas
nécessairement sa fonction à temps plein.

L’action du Référent Énergie consiste à éviter les gaspillages et les dérives, à accroître les gains
énergétiques, à améliorer et maintenir la performance énergétique et donc à obtenir des résultats
en termes de gains énergétiques pour une plus grande maîtrise de la facture énergétique. C’est
donc un poste qui, à très court terme, peut s’autofinancer.

Attention :
Le référent ou l’équipe doit avoir l’autorité nécessaire pour effectuer les mesures concrètes en
matière d’efficacité énergétique.
De plus, il (elle) doit pouvoir disposer des ressources nécessaires (humaines, financières…) pour
effectuer les réunions, mettre en place les actions de progrès et le suivi de celles-ci.

14 Extrait de « ADEME – Missions du référent énergie » (http://www.ademe.fr/entreprises-monde-agricole/reduire-impacts/maitriser-


lenergie-atelier-production/faites-point-pratiques/referent-energie-entreprise)

Guide des bonnes pratiques énergétiques en scierie P a g e | 16


La mise en place d’un plan d’amélioration de l’efficacité énergétique peut se dérouler selon
les 3 étapes suivantes :

1. L’état des lieux


Lors de cette première étape, un double diagnostic est réalisé :
– Le diagnostic technique (consommations, les indicateurs de performance, les potentiels
d’amélioration) ;
– Le diagnostic organisationnel (rôles et responsabilités, procédures, niveaux d’implication et
les potentiels d’amélioration). Ces deux diagnostics permettent de mettre en évidence les
potentiels d’économie d’énergie et les moyens mobilisables et à développer pour les
exploiter.

2. Le plan d’actions
Une fois la situation énergétique définie précédemment, il est procédé à la mise en place d’une
« feuille de route » de la stratégie énergétique de la scierie (politique énergétique, référent
énergie ou équipe, et programmes d’actions d’économies hiérarchisées selon le RSI15).

3. La mise en œuvre de la démarche SMé16


Il est possible alors de mettre en œuvre le système de management de l’énergie à l’aide des 4
moteurs de la performance énergétique suivants :
– Le personnel (sensibilisé, formé…) ;
– Le plan de comptage établi (mise en place de mesures, et d’analyse) ;
– Les actions d’économies planifiées (en termes d’organisation, de consignes et des
investissements) ;
– Le suivi et la vérification (à l’aide de bilan, d’audits internes et d’éventuelles mises à jour).

Attention :
S’assurer qu’une personne responsable est nommée pour chaque action,
S’assurer que chaque action dispose d’un délai,
S’assurer que le plan d’actions est revu régulièrement.

Pour aller plus loin :

 ECOINFLOW : Faciliter la mise en place d’un Système de Management de l’Energie en


scierie : www.ecoinflow.com/
 ADEME – Système de Management de l’Energie – ce sont les entreprises qui en parlent le
mieux – réf. 8402, mars 2015, disponible gratuitement en téléchargement sur
www.ademe.fr/mediatheque

15 RSI : Retour Sur Investissement


16 SMé : Système de Management de l’Energie

Guide des bonnes pratiques énergétiques en scierie P a g e | 17


Aspiration – Ventilation

Contexte - Enjeu
Lors du processus de sciage du bois, les opérations d’évacuation des sciures, plaquettes et
chutes diverses de scierie sont assurées en général soit par une centrale d’aspiration ou soit par
un système de raclettes.
Lors de la découpe du bois, des particules fines peuvent s'échapper dans les locaux de travail.
C'est pourquoi, la technique la plus utilisée est la centrale d’aspiration : cette dernière permet
de déplacer les produits connexes de scierie mais aussi de filtrer les poussières et de les
déplacer à l'extérieur dans un (des) silo(s), tout en limitant les coûts de fonctionnements
énergétiques.
L’aspiration représente en moyenne 8 % des dépenses électriques d’une scierie et peut
atteindre jusqu’à 30 % de la consommation totale d’électricité pour certaines structures intégrant
des activités de fabrication de palettes et/ou de 2ème transformation.

o Axes d’améliorations - Exemples

 Actions à la conception/rénovation

Les actions les plus efficaces pour optimiser les consommations


électriques tout en conservant un niveau de qualité d’aspiration
suffisant, sont à mener en premier lieu lors de la conception et/ou
de la rénovation des installations. Les enjeux étant importants
(énergétiques mais aussi sanitaires, économiques, etc.), il peut
être fait appel à un bureau d’études spécialisé dans le domaine
des systèmes de ventilation. Les principales démarches à prévoir
sont :

Centrale d’aspiration
 Actions initiales
 Implanter le groupe d’aspiration au plus près des machines requérant le plus grand débit
(la vitesse de l’air diminue avec la distance entre le groupe d’aspiration et la machine générant
les copeaux) ;
 Implanter les groupes à l’extérieur des zones de travail ou dans un local annexe (éviter
l’empoussièrement) ;
 Mettre en place des trappes d’ouverture/fermeture (à manœuvres manuelles ou
automatiques) pour les machines ne fonctionnant pas à 100 % du temps ;
 Privilégier l’emploi de systèmes raclant ou à bande au détriment de l’aspiration quand cela
est possible (notamment pour les écorces, les sciures fraiches et humides et les plaquettes) ;
 Mettre en place un système de décolmatage automatique du groupe aspirant (vibreur, air
comprimé, etc.) ;
 Ajuster la vitesse de l’air : afin d’éviter les dépôts de poussières et assurer leur transport, la
vitesse minimale doit être de 20 m/s sans toutefois dépasser 25 m/s. Une vitesse trop
importante provoque une augmentation du niveau sonore, une surconsommation énergétique
et une usure prématurée des installations ;
 Prévoir une dépression de l’air suffisante pour garantir le transport des particules les plus
lourdes sur l’ensemble du réseau, il est possible d’imaginer une dépression d’air localisée.

Guide des bonnes pratiques énergétiques en scierie P a g e | 18


 Action privilégiée
 Privilégier l’usage d’un (de) Variateur(s) Electronique(s) de Vitesse sur les moteurs des
ventilateurs. Ils permettent la régulation du débit d’air de l'aspiration des particules de bois en
fonction des besoins réels. Ces dispositifs adaptent la vitesse de rotation des moteurs
d'aspiration en fonction des machines à bois utilisées tout en respectant les normes de
ventilation (vitesse = 20 m/s). L'économie réalisable peut atteindre 30 % (le temps de retour
sur investissement dépend aussi du type de variateur électronique de vitesse choisi (boucle
ouverte ou fermée)) ;
– L’investissement nécessaire à un VEV a été estimé dans une fourchette comprise entre
120 et 240 €/kWh électrique17 ;
– La mise en place de systèmes de variation électronique de vitesse constitue l'un des
investissements le plus rentable sur une installation de ventilation. En effet, les niveaux
d’investissement demandés sont relativement faibles et les temps de retours
généralement inférieurs à 2 ans.

Attention :
Lorsque la variation de débit est envisagée, il est toutefois nécessaire de prendre en compte
les effets secondaires possibles :
– dépôts de poussière dans les gaines,
– déséquilibre des réseaux,
– effet perturbant sur les diffusions d’air à induction.

 Autres actions
 Utiliser un récupérateur de chaleur sur l’air extrait : il est possible d’atteindre une
récupération de 60 % de la chaleur produite ;
 Privilégier l’emploi de moteurs et de ventilateurs à haut rendement tout en veillant à ne pas
les surdimensionner ;
 Préférer les sections circulaires aux sections rectangulaires ;
 Optimiser le diamètre des conduits ;
 Réduire les pertes de charges en limitant les coudes (rayon supérieur au diamètre des
conduits, nombre de changements de direction et de section le plus faible possible) ;
 Limiter au maximum l’usage de tuyaux flexibles source de forte perte de charge ;
 Installer des instruments de mesure des consommations et assurer le suivi ;
 Evaluer la juste ventilation nécessaire, la mesurer afin d’éviter toute dérive ;
 Disposer un système d’aspiration captant les poussières au plus près de leur lieu d’émission
et qui contribue à atteindre la valeur limite d’exposition professionnelle (depuis le 1er juillet
2005, établi à 1 mg/m3, pour une période de 8 heures) ;
 Convoyer les produits connexes à l’intérieur d’un tube via une bande transporteuse
extérieure maintenue par un courant d’air assuré par des ventilateurs. Grâce à ce système
assurant une vitesse de déplacement accélérée ; le dispositif permet de transporter jusqu’à
40 % de produits en plus18 ;
 Sur dimensionner si une éventuelle montée en charge prévisionnelle de l’atelier est prévue
à moyen terme ;
 Recycler l’air permet une économie d’énergie mais attention aux surcoûts
d’investissement : l’air réintroduit doit être filtré en permanence (maxi 0,2 mg/m3) ;

17 Source : CNIDEP Energie Scierie


18 Source : fabricant du Tubulator - Bruks

Guide des bonnes pratiques énergétiques en scierie P a g e | 19


Aspiration centrale en scierie

NOTA : Quelques ordres de grandeur :


 Si les distances entre l’émission de la particule de bois et l’extraction sont multiplées par 2,
alors les coûts énergétiques de ventilation sont multiplés par 4.
 Tout rendement de moteurs de ventilation diminué de 10 % induit une augmentation du coût
énergétique de la ventilation de 20 %.
 Une réduction de débit de 20 % entraîne une baisse de 50 % de la puissance appelée.

o Actions en fonctionnement

Des gains importants de consommation peuvent aussi être assurés lors du fonctionnement des
installations de ventilation en veillant à :
 Nettoyer régulièrement les pales des ventilateurs ;
 Nettoyer et/ou changer les filtres régulièrement ;
 Dépoussiérer les conduits ;
 Veiller à vérifier régulièrement les alignements des systèmes d’entrainement ;
 Rechercher et solutionner les éventuelles fuites du réseau (détectées à l’arrêt ou à l’aide
d’ultra-son) ;
 Respecter les consignes de maintenance des moteurs électriques ;
 Utiliser les informations à disposition afin de suivre l’évolution des consommations :
– A réception de l’installation, le fournisseur doit fournir impérativement un « dossier
d’installation de ventilation » (notice d’instruction),
– Un mois après mise en route : il est possible de se référer aux valeurs de référence
(caractéristiques qualitatives et quantitatives des installations garantissant le respect de
l’application des spécifications réglementaires et permettant le contrôle ultérieur par
comparaison : celui-ci doit comprendre : débit d’air extrait par chaque système de
captage, vitesse d’air en différents points caractéristiques de l’installation, débit global
d’air extrait, efficacité de captage minimale des systèmes d’aspiration, débit d’air neuf
introduit dans les locaux efficacité minimale des systèmes d’épuration par tranches
granulométriques, concentration en poussières aux différents points de l’atelier et
dans les gaines de recyclage ou à leur sortie dans un écoulement canalisé, systèmes
de surveillance mis en œuvre et moyens de contrôles de ces systèmes (toute dérive
pourra être analysée) ;

Guide des bonnes pratiques énergétiques en scierie P a g e | 20


 Réaliser le contrôle annuel de la ventilation (exigence réglementaire) : contrôle des débits au
niveau des captages, état de tous les composants, etc. A consigner dans le « dossier
d’installation de ventilation » remis par le vendeur ;
 Assurer un contrôle tous les 6 mois du système de recyclage (si existant) de l’air (exigence
réglementaire) : contrôle concentration des poussières en atelier et gaines de recyclage ;
 Gérer les arrêts des équipements :
– Vérifier l’arrêt effectif des équipements ;
– Mettre en place des procédures d’arrêt des équipements.

Exemples de gains potentiels



Nature de Economies RSI19 CEE
N° Quoi Coût Opération
l’action réalisables (an) 20
CEE
Détection fuite :
Réduire le 1 à 2 j/an
1 Matériel 10 à 15 % < 1 an Non /
taux de fuite Détecteur à
ultrason : 5 k€
Privilégier
l’usage d’un 120 et 1à4
2 Moteurs Jusqu’à 30 % Oui IND UT 102
VEV sur les 240 €/kWh ans
ventilateurs
Utiliser un
transporteur 40 % de
Moyen
à bande pour produits
3 PCS / (< 10 Non /
les PCS transportés
ans)
plutôt qu’une supplémentaires
aspiration
Etudier la
possibilité de Moyen à
60 % de la
4 joindre un Ventilateur 4 à 5 k€ court (< Oui IND UT 103
chaleur produite
récupérateur 5 ans)
de chaleur

Pour aller plus loin :


 CETIAT- ADEME – Ventilation en milieu industriel –
o Optimiser l’efficacité énergétique de vos installations - www.ventilation-industrie.fr/
o Prendre référence au cahier des charges - www.ventilation-industrie.fr/un-prealable-le-
diagnostic
 DIAGADEME – Diagnostic Energie – Ventilation en industrie –
www.diagademe.fr/diagademe/vues/accueil/documentation.jsf
 CNIDEP – Maitrise de l’Energie dans l’habitat – Scierie Travail du bois – La Ventilation - 2004

19 RSI : Temps de retour sur Investissement (an)


20 CEE : Certificat d’Economie d’ Energie : voir le chapitre 5.1 : « exemples d’aides pour les entreprises – Les CEE »

Guide des bonnes pratiques énergétiques en scierie P a g e | 21


Air comprimé
Contexte - Enjeu
L’air comprimé est une utilité incontournable pour assurer le fonctionnement de nombreux
matériels (chariots à grumes, trimmer, presseurs, taquets, butées relevables, mécanisations,
etc.).

Produit par les compresseurs à partir d’électricité, l’air comprimé représente21 en moyenne 6 %
des dépenses électriques d’une scierie et peut atteindre jusqu’à 15 % de la consommation
totale d’électricité pour certaines scieries intégrant des activités de 2ème transformation.
Le rendement global d’une installation de ce type est en général faible (autour de 10 % à 7 bars),
ce qui donne une valeur du kWh pneumatique très élevée (10 à 20 fois plus élevé que le kWh
électrique).
Le taux de fuites d’air est en moyenne de 20 à 25 %. Ces fuites peuvent représenter entre 40 et
50 % de la consommation électrique du compresseur. La suppression des fuites est donc un
facteur incontournable d’économie d’énergie.

L’air comprimé, non seulement coute cher, mais il conditionne la qualité de l’environnement
interne, et indirectement externe à l’entreprise : sécurité, conditions de travail et bruit …
Paradoxalement, l’air comprimé est le réseau le moins suivi et le moins entretenu en entreprise.

Exemple : Une seule fuite à travers un orifice de 3 mm de diamètre, nécessite une puissance de
compensation de 7 kW soit un coût annuel de 3 000 €/an (à un rythme moyen de 6 000 h /an, un
kilowattheure à 0,07 € HT).

Axes d’améliorations - Exemples


Les différents diagnostics menés ont révélé des utilisations et/ou des usages inappropriés. Ces
derniers engendrent des surconsommations et donc des surcoûts allant à l’encontre des
économies d’énergie désirées.

Des constats de « bricolage » sont souvent observés ainsi que du « provisoire qui dure ». La
réalisation de réseaux de distribution rigides permet de limiter les points de fuites.

o Actions à la conception/rénovation

 Vérifier les exigences des futurs appareils en termes de qualité de l’air (teneur en huile, teneur
en humidité) : cela évitera l’ajout de moyens de filtration et de séchage complémentaires
augmentant les pertes de charge et donc les coûts ; et vérifier leur compatibilité avec le réseau
existant ;
 Privilégier si possible les outils électriques aux outils pneumatiques : le prix du kWh
pneumatique est 20 fois supérieur au prix du kWh électrique ;
 Ajuster l’implantation du compresseur et abaisser les températures d’aspiration (plus son
air d’aspiration est frais, moins sa consommation électrique est importante) :
 La température d’ambiance ne doit pas dépasser les 40°C et le local doit être mis hors
gel pendant l’hiver ;
 L’orientation de la prise d’air doit être tournée vers le Nord tout en veillant à éviter les
poussières et pollens pouvant gêner le fonctionnement de l’appareil ;

21 Bilan diagnostics énergétiques scierie « OptiENERGIE »

Guide des bonnes pratiques énergétiques en scierie P a g e | 22


 La température d’aspiration doit être limitée car la consommation spécifique d’un
compresseur augmente de 0,34 %/°C, soit environ 1 % de gain tous les 3 degrés ;
 Une diminution de la température de 5 ℃ engendrera par exemple une baisse de la
consommation électrique du compresseur de 1,7 %.

 Etudier les différents paramètres permettant de limiter les pertes de charges régulières
(tuyaux) et singulières (coudes, accessoires, vannes, …) de l’installation : toute perte de
charge nécessite une hausse de la pression à la source, ce qui impose une augmentation de
la puissance appelée (de 6 à 7 % par bar supplémentaire à une pression voisine de 6 bar). Un
coût supplémentaire est encore majoré par le fait que la hausse de la pression augmente les
fuites (surconsommation proche de 10 % pour une surpression de 1 bar) :
 Optimiser le diamètre des canalisations,
 Optimiser la longueur des tuyaux,
 Limiter les coudes, les changements de direction ou de section ;

 Anticiper les extensions futures de la scierie ;

 Choisir le type de compresseur le plus approprié à vos contraintes (par exemple, un


compresseur à vis est bien adapté aux variations de débit) ;
 Veiller à ne pas surdimensionner les machines pour éviter les moindres rendements
(échauffements) et une maintenance coûteuse,
 Opter ou non pour une solution de compresseur avec lubrification (prix à l’achat
inférieur mais coûts de maintenance supérieure, consommations supérieures, coûts
d’exploitations supérieurs suivants les exigences environnementales des installations
classées ICPE),
 Vérifier les caractéristiques des moteurs (s’orienter vers les moteurs à haut rendement
garantissant de bonnes performances énergétiques),
 Installer quand cela est possible un compresseur à variation électronique de vitesse
(VEV) : ces moteurs permettent de maintenir des rendements performants en dehors du
fonctionnement à pleine charge, c’est-à-dire pendant les phases de régulation et de
modulation de débit (possibilité d’obtenir des Certificats d’Economies d’Energie : voir le
chapitre consacré ci-après) ;

 Envisager de recycler l’air chaud issu du fonctionnement du(es) compresseur(s)22 au profit


d’ateliers (affûtage par exemple) ou de bureaux situés à proximité : les calories récupérées
sont autant d’économie au niveau du coût du chauffage (il existe des « kits de récupération de
chaleur » pouvant récupérer plus de 70 % de l’énergie appliquée : ces installations peuvent
prétendre aux CEE) ;

 Utiliser un sécheur d’air par adsorption afin d’obtenir une régularité de la qualité de l’air avec
notamment la suppression de toute trace d’humidité préjudiciable à un bon fonctionnement
du(es) compresseur(s) lors de conditions de températures basses : il existe des sécheurs à
adsorption avec régénération par récupération de chaleur perdue des compresseurs ;

 Utiliser un sécheur d’air réfrigérant si les conditions climatiques le permettent (moins


onéreux à l’investissment et à l’utilisation).

22 Récupération de chaleur : Environ 80 % de la puissance électrique du compresseur est transformée en chaleur (source
« ADEME « )

Guide des bonnes pratiques énergétiques en scierie P a g e | 23


o Actions en fonctionnement

 Gestion des fuites


 Mettre en place, sensibiliser et faire appliquer les bonnes pratiques aux opérateurs. Leur
comportement est primordial pour obtenir des résultats tangibles et durables ;

 Procéder régulièrement à une chasse aux fuites (détection et traitement). Ces dernières
peuvent représenter des quantités importantes allant de 10 à 20 % de la consommation
nécessaire. Cette action peut être mise en place dans le cadre de la maintenance préventive
(en interne ou via une entreprise extérieure) ou lors « d’un audit de nuit 23».

 Chasse aux fuites


Pour diminuer les impacts liés aux dysfonctionnements d’un circuit d’air comprimé d’une
installation, les scieries ont développé diverses stratégies afin de traquer les fuites.
 Connaître l’impact énergétique (quantité, qualité, niveau de pression optimale, ..) de chaque
secteur pour ensuite hiérarchiser les actions de surveillance ;

 Détecter les fuites sur le parc existant et les colmater :


– Contrôler les machines, le réseau via les opérateurs et agents de maintenance qui
remontent les dysfonctionnements :
 à l’oreille lorqu’elles sont à l’arrêt ;
 grâce à un détecteur à ultrason sinon.
– Remplacer les joints, les raccords, etc. ;
– Fréquence de contrôle :
 Quotidien (opérateurs) ;
 Mensuel (ou tous les 6 mois au maximum) pour le réseau (Maintenance) ;
 Annuel pour les machines (maintenance).

Il convient de distinguer les « fuites process », incontournables, des « fuites fatales » qu’il
faut impérativement traiter.

Difficultés rencontrées : manque de motivation dans la durée du personnel sans lequel les
remontées d’informations ne peuvent être mises en évidence. Un certain désintérêt peut être
observé, surtout si les réparations nécessaires ne sont pas réalisées rapidement. Chaque
scierie a son propre dispositif qu’il convient de maintenir de manière adaptée.

23 Audit de nuit : voir procédure explicative sur « www.ecoinflow.fr ».

Guide des bonnes pratiques énergétiques en scierie P a g e | 24


Plan de réduction des fuites par ordre d’efficacité croissante :

Méthode Action Quand Limites


Remplacement ou Lors des opérations de
Traitement des
resserrage des maintenance (préventive
fuites de Coût du matériel
composants et/ou curative) en
distribution
défectueux fonctionnement
Difficultés de
Détection Recherche par les Pendant les arrêts de
quantifier
auditive des opérateurs sans bruit production – ou lors
l’importance de la
fuites de fond d’ « un audit de nuit »
fuite
Détection à Application d’eau Application difficile
l’aide d’eau savonneuse aux ou restreint à des
savonneuse endroits suspects endroits limités
Vérification
Suivi des débits
permanente des Hors production Suivi en temps réel
d’air
débits d’air comprimé
Détection par Mesure par appareil à
Pendant les périodes de Investissement de
appareil ultra son sur les
production l’ordre de 2 000 €
ultrasonique réseaux de distribution

 Sensibiliser les opérateurs sur le coût important de l’air comprimé et les inciter à rechercher
et à signaler les fuites ;

 Mettre en place des procédures d’arrêt des équipements qui intègrent la coupure des vannes
d’arrivée d’air ;

 Vérifier les valeurs des talons énergétiques.

 Autres actions

 Eviter l’emploi de soufflettes au maximum (leur préférer l’emploi d’aspirateurs ou de balais)


sinon utiliser des soufflettes à faible débit (réglementairement le maximum est à 4 bars) ;

 Régler les pressions au juste niveau nécessaire (la plupart des machines se contentent de 6
bars pour fonctionner correctement) ;

 Sur-dimensionner le diamètre des canalisations du réseau de distribution participe à la


réserve d’air et permet de réduire la vitesse de l’air et ainsi les pertes de charge ;

 Boucler le réseau : quelques mètres de conduites supplémentaires permettent de diminuer


les pertes de charges en abaissant la vitesse de l’air ;

 Arrêter les compresseurs en période d’inactivité ;

 Ne pas alimenter les machines en air comprimé lorsqu’elles ne fonctionnent pas : utiliser
des clapets de fermeture manuelle (actionnées par le personnel) ou des vannes
automatiques couplées à des horloges lorsque des appareils ne fonctionnent pas ;

 Utiliser une vanne d’isolement sur le réseau afin de limiter les fuites lorsque les ateliers sont
à l’arrêt ;

Guide des bonnes pratiques énergétiques en scierie P a g e | 25


 Couplage d’un compresseur TOR (tout ou rien) à un compresseur à variateur électronique
de vitesse (VEV) : le jumelage permet de diminuer la marche à vide du compresseur ;

 Positionner une vanne en fin de réseau pour purger l’eau du circuit (potentiel d’économie :
jusqu’à 15 %) ; Il est conseillé de supprimer les maintiens en pression inutiles (fin de poste
par exemple). Les gains énergétiques peuvent être importants sur une longue durée ;

 Prévoir une vidange annuelle de l’huile ;

 Changer les filtres d’entrée d’air sur les compresseurs : une réduction de 0,05 bar permet un
gain de 1 % sur la consommation électrique de la centrale de production ;

 Vérifier les pertes de charge des sécheurs et respecter leur périodicité de maintenance.

Le saviez-vous ?
- A un niveau de pression de 6 à 7 bars, fournir un bar complémentaire représente près de 7 %
d’énergie supplémentaire.
- Quand on double le diamètre d’une canalisation, on divise le débit de l’air par 2 et donc les
pertes de charge par 4.
- Un compresseur qui tourne à vide consomme de 30 à 75 % de sa puissance nominale

Indicateurs de performance
Il est conseillé d’effectuer un relevé régulier avec un suivi d’indicateurs de performance
énergétique :
 Consommation spécifique de chaque activité (kWh/m3) ;
 Rendement de l’appareil (kWh/Nm3) ou prix de l’air produit (c€/Nm3).

Sécheur d’air par adsorption Système de récupération de chaleur sur un


compresseur (ici en position « été »)

Guide des bonnes pratiques énergétiques en scierie P a g e | 26


Certificats d’Economies d’Energie (CEE)24 :

Des avantages économiques intéressants peuvent être obtenus via les certificats
d’économie d’énergie (CEE) liés à l’air comprimé. Des fiches thématiques d’opérations
standardisées explicitent le fonctionnement et les conditions d’éligibilités aux CEE :
- IND-UT-102 : Systèmes de variation électronique de vitesse sur un moteur asynchrone,
- IND-UT-103 : Récupérateur de chaleur sur un compresseur d’air,
- IND-UT-112 : Moteur haut rendement IE2,
- IND-UT-114 : Moto-variateur synchrone à aimants permanents,
- IND-UT-122 : Sécheur d’air comprimé à adsorption utilisant un apport calorifique pour sa
régénération,
- IND-UT-124 : Séquenceur électronique pour le pilotage d’une centrale de production d’air
comprimé.

Exemples de gains potentiels



Nature de Economies RSI25
N° Quoi Coût CEE Opération
l’action réalisables (an)
CEE
Supérieurs à
Privilégier
25 % sur
l’emploi d’un Air Moyen IND UT
1 l’énergie Oui
VEV sur le comprimé (<5 ans) 102
fournie à la
compresseur
pompe
Récupérer la
chaleur du
compresseur
pour 70 % de la Entre 1
Air IND UT
2 chauffage chaleur et plus Oui
comprimé 103
des locaux dégagée de 2 ans
proches
(affûtage,
bureaux…)
Arrêter les 30 à 75 % de
compresseurs Air la puissance
3 Immédiat Non /
qui tournent à comprimé consommée
vide en charge
Détection
Réduction du fuite : 1 à 2
Jusqu’à 20 %
4 taux de fuite Maintenance j/an < 1 an Non /
électrique
de 10 à 15 % Détecteur à
ultrason : 5 k€

Pour aller plus loin :


 ATEE-ADEME - Guide pratique de l’air comprimé - 2013. Téléchargement gratuit sur
www.atee.fr
 ADEME - Outil de calcul des CEE : http://calculateur-cee.ademe.fr/
 Ministère de la Transition écologique et solidaire - Certificats d’Economie d’Energie :
http://www.ecologique-solidaire.gouv.fr/dispositif-des-certificats-deconomies-denergie
 SAWBENCHMARK - Fiche bonnes pratiques en scierie « Air Comprimé » lien
http://sawbenchmark.com/fiches-bp/

24 Pour aller plus loin : voir chapitre 5 – « Exemples d’aides pour les entreprises »
25 RSI : Temps de retour sur Investissement (an)

Guide des bonnes pratiques énergétiques en scierie P a g e | 27


Moteurs électriques

Contexte - Enjeu
Les moteurs électriques totalisent à eux seuls près de 70 % de la consommation électrique des
entreprises de l’industrie en France.
Le secteur de la première transformation comprenant une quantité importante de moteurs très
divers répartis à des degrés divers sur tous les secteurs du process (écorceuse, scie de tête,
déligneuse, canter, convoyeurs, …) des gisements d’économies potentielles importantes peuvent
être constitués.

Axes d’améliorations - Exemples


o Moteurs à haut rendement

Le poste consommation d’électricité pour un moteur électrique est primordial : sur l’ensemble du
cycle de vie d’un moteur, le coût d’achat ne représente que 2,5 % du coût global du moteur,
le coût de maintenance 1,5 %, alors que celui de l’électricité consommée est de 96 %.
Il peut donc être très intéressant d’opter pour des moteurs à haut rendement consommant moins
d’énergie.

Les moteurs à haut rendement sont plus


performants

A la conception/rénovation des installations, il est recommandé de suivre dans la mesure du


possible les recommandations suivantes :
– Préciser dans les procédures d’achat que les performances énergétiques des
appareils sont à prendre en compte et envisager des moteurs « haut rendement » ;
– Comparer les courbes caractéristiques de rendement en fonction de la charge pour
les 2 types de moteurs ;
– Ne pas surdimmensionner le moteur lors du choix ;
– Respecter les périodicités et les consignes de maintenance des moteurs électriques :
lubrification, ventilation ;
– Ajuster les alignements des systèmes d’entrainement ;
– Recourir à un atelier agréé lors du rebobinage (risque de perte de rendement sinon).

Nota : il est conseillé d’opter pour l’achat d’un moteur haut rendement uniquement lors du
remplacement en fin de vie de celui-ci. Le retour sur investissement ne justifie pas toujours
l’achat d’un moteur haut rendement lorsque le moteur existant est encore en bon état.

Guide des bonnes pratiques énergétiques en scierie P a g e | 28


Point sur la réglementation26
La norme CEI 60034-30 définit les exigences de rendement de moteurs de moins de 375 kW.
Ils sont séparés en trois classes, IE1 à IE3 (par ordre croissant de performance). Le règlement
européen 4/2014 fixe une obligation progressive de performance pour la mise sur le marché
des moteurs :
 Depuis le 16 juin 2011 les moteurs vendus doivent être de classe IE2 minimum ;
 A compter du 1er janvier 2015, les moteurs doivent être de classe IE3 minimum pour
des puissances comprises entre 7,5 et 375 kW ou de classe IE2 si couplé à un
variateur de fréquence ;
 A compter du 1er janvier 2017, les moteurs de puissance comprise entre 0,75 et
375 kW doivent être de classe IE3 ou de classe IE2 couplé à un variateur ;
 La classe IE4, « super premium » ayant des rendements encore supérieurs, est en
cours de développement.
Les moteurs doivent répondre aux normes d’éco-conception27.

o Variateurs électroniques de vitesse (VEV)

Le recours aux VEV a généré le plus de préconisations d’amélioration lors de l’opération collective
menée pour les scieries.
En ajustant la vitesse de rotation des moteurs au débit nécessaire, il est possible de réduire
considérablement les besoins énergétiques et donc la consommation des équipements dotés de
moteurs électriques (écorceuse, scie à ruban, canter, déligneuse, compresseur, aspiration, ligne
de tri…).
La scierie, consciente des coûts d’exploitation de plus en plus importants, peut profiter du
remplacement nécessaire d’un de ses moteurs principaux pour installer un variateur de vitesse
adapté.
L’implantation d’un variateur permet de faire fonctionner au juste besoin et de réguler précisement
les équipements dans le process.

Un variateur induit notamment :


 Des économies liées à la réduction de la puissance appelée (à la fois lors des phases
de démarrage mais aussi en consommation permanente),
 Des économies de consommation consécutives à l’adaptation constante de la vitesse
aux besoins.

Globalement, l’économie d’énergie apportée par la technique permettrait selon les cas des gains
de 20 à 30 % (selon les caractéristiques des variateurs, la puissance installée et les variations de
débit nécessaires au process).
Outre ces améliorations de consommations électriques, on observe aussi :
 Amélioration de la souplesse au démarrage ;
 Amélioration de la régularité de coupe ;
 Adaptation du sciage en hiver : adéquation de la vitesse du ruban au niveau de gel du
bois (commande sur pupitre de pilotage du ruban) ;
 Baisse des « à-coups » de pression, par l’apport de stabilité et de précision ;
 Baisse des coûts liés à l’exploitation (augmentation de la durée de vie des outils de
coupe : doublement entre deux affûtages, diminution des coûts de maintenance,
réduction des temps d’arrêts …) ;
 Augmentation de la productivité par une meilleure adéquation de la vitesse d’avance ;

26 Source ADEME - http://www.ademe.fr/entreprises-monde-agricole/reduire-impacts/maitriser-lenergie-atelier-


production/equipements-electriques/dossier/moteurs-electriques
27 Règlement européen du 7 janvier 2014 (n°4/2014)

Guide des bonnes pratiques énergétiques en scierie P a g e | 29


 Favorisation de la communication entre machines et exploitants en renseignant la
supervision sur les intensités, courants absorbés, vitesses de rotation et autres
paramètres en temps réel. Cette possibilité facilite la régulation et la gestion tout en
permettant de déceler d’éventuelles anomalies en fonction des points de consigne ;
 Diminution du « stress » mécanique, les bruits et les vibrations avec des démarrages
et arrêts progressifs, autant de points importants qui amenuisent les coûts de
maintenance tout en prolongeant la durée de vie des machines et ensembles
industriels.

Le savez-vous ?
Un ventilateur qui tourne à 50 % de sa vitesse nominale n’utilise qu’un huitième de l’énergie
consommée à plein régime (12,5%).
Les VEV sont à réserver aux seules applications qui nécessitent d’ajuster la vitesse. Dans les
cas ci-dessous par exemple, leur emploi peut être envisagé :
– Aspiration ;
– Compresseurs ;
– Ventilateurs des séchoirs (voir chapitre « séchage du bois ») ;
– Slabber (à valider sur le moyen terme) ;
– Transferts, train de rouleaux, convoyeurs ;
– Moteurs de distribution divers ( écorceuse, scie de tête, déligneuse, ligne de tri etc.).

En fonction de la durée d’utilisation, de la puissance installée, des variations de puissance


nécessaires des moteurs, la rentabilité des VEV peut être aléatoire car le VEV est aussi un
élément consommateur : avant tout achat, analyser avec attention l’intérêt de la VEV.
Il est conseillé de faire appel à l’expertise préalable d’un bureau d’étude spécialisé qui pourra
réaliser une étude de faisabilité adaptée.

Attention :
 Ces équipements sont susceptibles de générer des courants harmoniques. Ces derniers
exercent des contraintes sur le réseau : il existe des solutions pour lutter contre ces courants
en installant des filtres anti-harmoniques proches des sources « polluantes » (filtres actifs
et passifs).
 Un compresseur à variateur de vitesses n’aura que peu d’effet si la recherche de fuites d’air
n’est pas menée en parallèle28.

Variateurs sur machines de production

28 Fuite : voir chapitres Air Comprimé et Aspiration

Guide des bonnes pratiques énergétiques en scierie P a g e | 30


o Energie Réactive

Présentation :

L’énergie électrique est essentiellement distribuée aux utilisateurs sous forme de courant
alternatif. L’énergie consommée est composée d’une partie “active”, transformée en chaleur ou
mouvement, et d’une partie “réactive” transformée par les circuits magnétiques pour créer leurs
propres champs électromagnétiques.
L’utilisateur ne bénéficie que de l’apport énergétique de la partie “active” ; la partie “réactive” ne
peut pas être éliminée, mais doit être compensée par des dispositifs appropriés.
Consommée au-delà d’un certain seuil, elle perturbe le réseau des fournisseurs d’énergie et
entraine des pénalités financières.

Le savez-vous ?
Pour faire fonctionner les moteurs à courant alternatif, 2 formes d’énergie (active et réactive) sont
mises en jeu :
D’un côté, l’énergie active (kWh), c’est-à-dire l’énergie transformée en énergie mécanique
(travail) ou en chaleur (perte).
De l’autre côté, l’énergie réactive (kvarh), c’est-à-dire l’énergie consommée qui sert à alimenter
les circuits magnétiques des machines électriques : cette énergie n’est pas prise en compte et
c’est donc de l’Energie perdue pour EDF.
Cette énergie inutile est facturée par le distributeur d’électricité car elle perturbe les
installations.

Elle peut générer les différents désagréments suivants :


- Augmentation de la puissance souscrite ;
- Surcharge au niveau du transformateur ;
- Echauffement des câbles d’alimentation ;
- Chutes de tension ;
- Surdimensionnement des installations …

Actions à mener :

Vérifier régulièrement si votre facture du distributeur d’électricité comprend un surcoût dû à la


présence d’Energie Réactive :
Un coût plus ou moins important apparaitra sur votre facture en période d’hiver si le facteur de
puissance29 donne une valeur inférieure à 0,93. Il convient donc de :
 Consulter un spécialiste qui préconisera la mise en place d’une batterie de
condensateurs adaptée si le facteur de puissance est inférieur à 0,93 afin de
l’augmenter ;
 Vérifier régulièrement l’apparition de toute dérive.

Outre l’amélioration de la facture énergétique, ce dispositif assure une convergence d’intérêt tout
au long de la chaîne de valeur :
 Baisse de la puissance souscrite sur le point du réseau considéré ;
 Réduction des perturbations sur l’installation (échauffement, casse de matériel, défaut
sur process, etc.) ;
 Augmentation de la durée de vie des équipements (par protection contre les
surintensités en lissant la tension) ;
 Diminution de la dimension des câbles, transformateurs et des pertes Joules.

29 Facteur de puissance ou cos φ : plus l’installation consomme de l’énergie réactive, plus le cos φ est faible donc mauvais.

Guide des bonnes pratiques énergétiques en scierie P a g e | 31


Batterie de condensateurs sur ligne canter

Attention :
Sur les réseaux pollués par les harmoniques, l’ajout d’une batterie de condensateurs amplifie le
niveau des harmoniques. Il est donc impératif de résoudre le problème double de la
compensation énergétique et des perturbations harmoniques auprès des installateurs (à
terme, cela peut entraîner des destructions de condensateurs et générer des résonances sur le
réseau ou même être à l’origine de dysfonctionnements des équipements).

o Autres gains sur les équipements électriques

 Sensibiliser le personnel aux enjeux de la consommation d’énergie électrique en affichant


par exemple les indicateurs de performances énergétiques pour le site et/ou par ateliers ;
 Eteindre les équipements la nuit et les week-ends ;
 Vérifier les réglages du mode « veille » ;
 Arrêter ou mettre en veille les équipements électriques lorsqu’ils n’ont plus besoin d’être en
fonctionnement ;
 Eteindre les écrans pour toute absence supérieure à 1 heure ;
 Privilégier l’emploi de systèmes de contrôle automatique réglés pour éteindre un appareil
après une période déterminée de « non-activité » : la mise hors tension automatique est
plus fiable que la mise hors tension manuelle ;
 Préférer les équipements labellisés (EPEAT, Energy Star) ;
 Couper l’alimentation des postes dès que le travail est terminé ;
 Mettre en place un système de chargement des batteries pendant les heures creuses ;
 Détecter les points chauds anormaux (câbles, armoires et équipements) par thermographie
infrarouge ;
 Installer des compteurs d’énergie pour connaitre, suivre et améliorer la performance
énergétique des équipements.

Guide des bonnes pratiques énergétiques en scierie P a g e | 32


Exemples de gains potentiels

Nature de Economies RSI30
N° Quoi Coût CEE Opération
l’action réalisables (an)
CEE
De quelques
Installer une 4 à 5 k€ hors
centaine d’€ à
1 batterie de Matériel frais < 1 an Non /
quelques
condensateurs d’installation31
milliers d’€
Privilégier <à3
l’usage d’un 20 % à 30 % 200 € par ans à
Moteurs IND UT
2 VEV sur selon kWh32 <10 ans Oui
P*<3MW 102
moteur caractéristiques (matériel) selon
asynchrone les cas
Moteurs De 2 à 3
Moteur à haut 0,12 kW ans pour IND UT
3 rendement <P< 0,75kW 15 ou 20 Oui 112 et
(IE2 ou IE3) et P*>375 ans de 123
kW service33

*P* = Puissance nominale du moteur exprimée en kW

Pour aller plus loin :

 ADEME - Energie : un poste clé dans l’industrie – Mars 2015


 SAWBENCHMARK – Fiche bonnes pratiques « Variateurs de vitesse »
http://sawbenchmark.com/wp-content/uploads/2014/06/Sc1.pdf
 SAWBENCHMARK – Fiche bonnes pratiques « Batteries de condensateurs »
http://sawbenchmark.com/wp-content/uploads/2014/06/Sc3.pdf
 SAWBENCHMARK – Fiche bonnes pratiques « Eclairage » http://sawbenchmark.com/wp-
content/uploads/2014/06/Sc5.pdf

30 RSI : Retour sur Investissement (an)


31 Source : Prime en ligne – Certinergy-group
32 Source : Prime en ligne – Certinergy-group
33 Source : INDDIGO -d’après CEE avec RSI= 20 ans si P supérieure à 15KW ; 15 ans sinon.

Guide des bonnes pratiques énergétiques en scierie P a g e | 33


Séchage
Contexte - Enjeu
En scierie, le séchage consomme en moyenne 10 fois plus d’énergie que le sciage. L’énergie
thermique et l’énergie électrique représentent 40 à 60 % du prix de revient du séchage.
La gestion de l’énergie a un impact fort sur les coûts de production et le CO2eq rejeté.

La consommation d’énergie électrique liée à la ventilation dépend principalement du temps de


cycle et de la puissance des moteurs des ventilateurs.

La consommation d’énergie thermique dépend principalement de la quantité d’eau à extraire et


des pertes thermiques du matériel.

Guide des bonnes pratiques énergétiques en scierie P a g e | 34


A titre d’exemple une approche pour des sciages de chêne indique la répartition suivante de
consommation énergétique totale.

Cette répartition est variable selon l’essence de bois, l’épaisseur des sciages, l’humidité de début
et de fin de cycle et les caractéristiques du matériel.

Toute démarche d’optimisation énergétique nécessite de situer les points sensibles en fonction
de la nature de la production à sécher.

Certaines actions sont à gérer dès la conception de l’installation de séchage :


 Le dimensionnement de la cellule et des organes de climatisation ;
 La modalité de chargement ;
 Le dimensionnement du faux plafond en fonction des produits à sécher ;
 L’isolation thermique de la structure et du réseau de chaleur ;
 La pose de ventelles de répartition d’air ;
 La proportionnalité des commandes des actionneurs ;
 La capacité de la régulation à gerer des régimes de fonctionnement modulables ;
 La mise en place de variateurs de vitesse ;
 La mise en place de récupérateurs de chaleur.

D’autres sont à gérer à l’exploitation :


 Lattage des sciages et disposition des piles dans le séchoir ;
 Sélection des témoins de séchage ;
 Conception du programme de séchage ;
 Contrôle des moyens de mesure ;
 Mise en place d’une maintenance préventive ;
 Formation des opérateurs.

Axes d’améliorations – Exemples


Ces axes sont présentés en tenant compte de la nécessité d’améliorer la consommation
énergétique sans dégrader les performances temps, et qualité du processus de séchage des
sciages.
Le choix et l’appréciation du résultat des améliorations mériteraient de disposer de données
chiffrées au travers d’un comptage qui est souvent inexistant ou trop global au niveau de la
scierie.

Guide des bonnes pratiques énergétiques en scierie P a g e | 35


o Actions à la conception et la rénovation

 Dimensionner le matériel aux besoins. Le surdimensionnement de la capacité utile des


cellules de séchage empêche un remplissage complet. De ce fait les consommations
énergétiques rapportées au volume séché sont accrues. Le surdimensionnement du
générateur thermique génère un régime de fonctionnement ralenti qui favorise la combustion
incomplète donc les émissions gazeuses et solides, voir raccourci la durée de vie du matériel
par un encrassement et une corrosion prématurés. Le sous dimensionnement de la ventilation
allonge la durée des cycles et la possibilité de modulation avec un variateur de vitesse selon
la période du cycle.

 Adapter le mode de chargement. Selon la durée des cycles et la capacité utile du séchoir,
le choix d’un chargement par chariot frontal, wagonnets ou séchoir mobile va modifier les
temps d’arrêts et les pertes thermiques liées au refroidissement de la structure.

 Préférez les boucles de régulations automatiques qui gèrent les consignes climatiques de
façon proportionnelle, proposent de moduler les seuils de déclanchement des organes et
autorisent le pilotage sur le temps combiné avec l’humidité du bois afin d’éviter les à-coups et
les effets de pompage entre les organes.

 Utiliser des dispositifs de guidage d’air, comme les volets sous faux-plafond ou de
répartition des flux comme les ventelles, pour améliorer l’homogénéité et l’intensité de
l’échange entre l’air et le bois.

 Prévoir des variateurs pour adapter la vitesse d’air au besoin d’extraction d’eau variable
durant le cycle. Par ailleurs ces dispositifs servent de démarreurs et permettent de réduire les
risques d’émergence sonore sur des sites sensibles.

 Récupérer de la chaleur sensible et latente en accolant les cellules, et en posant des


récupérateurs de chaleur aux cheminées. Attention toutefois à la qualité de ces dispositifs
soumis à un risque de corrosion élevé et nécessitant une motorisation complémentaire pour
compenser les pertes de charges qu’ils génèrent.

o Actions en fonctionnement

 Réduire la consommation thermique


 Limiter la quantité d’eau à évaporer par un ressuyage préalable ou un préséchage en
conditions naturelles ou artificielles douces et éviter un surséchage des sciages en séchoir.
 Eviter les humidifications intempestives liées à un réglage trop étroit de la bande passante
de la régulation aux changements d’humidité relative de l’air ou à un défaut de mesure du
capteur climatique.
 Eviter les pertes de chaleur par les déperditions incontrôlées ; joints de porte défectueux,
parois défoncées, accumulation d’eau dans les parois ou les plafonds par défaut d’étanchéité
ou condensation, clapet de cheminé bloqué ouvert ou manquant, réseau de chaleur mal isolé.
 Enchaîner les cycles en minimisant les temps d’arrêt pour conserver une partie de la chaleur
de la structure.
 Récupérer une partie de la chaleur sensible et latente extraite avec la mise en place de
récupérateurs aux cheminées ou l’emploi de pompe à chaleur.

Guide des bonnes pratiques énergétiques en scierie P a g e | 36


 Maintenir un régime chaudière régulier en lançant les départs de cycles de façon
échelonnée, au risque de faire de l’aérodissipation à perte pour réduire la puissance après les
pointes d’appel.
 Concevoir le programme de séchage pour assurer des transitions de température
progressives et combinées aux demandes de baisses d’humidité relative de l’air.

 Réduire la consommation électrique


 Adapter la vitesse d’air au besoin d’extraction d’eau décroissant en cours de cycle, si des
variateurs ou des moteurs bi-vitesses sont présents et si la motorisation est suffisantes pour
faire cette variation. Eviter la coupure partielle d’une partie des ventilateurs du bandeau
principal qui perturbe la répartition d’air dans le chargement.
 Utiliser des moyens de guidage de l’air du type déflecteurs et ventelles pour éviter les flux
d’air inefficaces et assurer une répartition plus homogène du séchage qui aura un impact sur
la durée du cycle. Le lattage des sciages ainsi que la bonne disposition de piles dans le séchoir
sont complémentaires à la bonne aéraulique.
 Introduire des arrêts de fonctionnement séquencés pour les sciages durables très lents à
sécher.
 Concevoir le programme de séchage pour réduire le temps de cycle au travers de
températures de fonctionnement optimisées et moduler la ventilation en fréquence, en temps
et en sens de soufflage selon l’avancement du cycle. Définir les consignes climatiques en
fonction de la sélection des témoins de séchage.

 Réduire la consommation d’eau


 Contrôler régulièrement les capteurs d’humidité relative de l’air (ou son équivalent, EMC,
Ugl) pour éviter les surconsommations d’eau liées à un défaut de mesure.
 Régler la régulation pour que la consigne d’humidité relative de l’air soit atteinte avec l’aide
de l’eau vaporisée du bois et non uniquement par ajout d’eau du réseau.
 Utiliser un surpresseur pour faciliter la nébulisation de d’eau injectée sous pression (10 bars)
est, aux dires des rares utilisateurs, plus économe en eau.
 Contrôler régulièrement l’état des buses de pulvérisation.
 Utiliser de l’eau pluviale récupérée dans une citerne pour alimenter l’humidification.
 Modifier l’alimentation en eau perdue de certaines pompes à vide à anneau d’eau en créant
un circuit fermé avec une bâche tampon.
 Eviter d’utiliser l’eau condensée extraite du bois pour alimenter le circuit d’humidification ou
la chaudière car elle est trop agressive pour le matériel du fait de son acidité.

 Actions générales
Toute action d’optimisation énergétique repose sur un matériel capable et des opérateurs
compétents. A ce titre, la mise en place d’une maintenance préventive et d’une formation des
opérateurs est un préalable incontournable.

Guide des bonnes pratiques énergétiques en scierie P a g e | 37


Exemples de gains potentiels


Nature de Economies
N° Quoi Source CEE Opération
l’action réalisables
CEE
Energie
Régulation de électrique De 0 % à 40 % Etude privée
1 la vitesse d’air de l’énergie FCBA scierie Oui IND UT 102
durant le cycle Variateur & électrique chêne
programme
Energie De 5 à 10 % de Données
Récupération
thermique l’énergie commerciales
2 de chaleur aux Non /
thermique fabricant de
cheminées
Echangeur consommée séchoir
Eau Jusqu’à 60 % Retour
Injection d’eau
3 d’eau injectée expérience Non /
sous pression
Surpresseur en moins scierie résineux
Energie
4 % de temps Rapport
électrique
4 Guidage d’air de cycle en diagnostic Non /
moins Inddigo
Ventelles

Pour aller plus loin :


 FCBA - Chaufferies à bois pour le séchage des sciages - 2002
 SAWBENCHMARK - Fiche bonnes pratiques en scierie « Séchage » - lien
http://sawbenchmark.com/fiches-bp/

Guide des bonnes pratiques énergétiques en scierie P a g e | 38


Autres bonnes pratiques énergétiques
en scierie
Légende
Facilité Retour sur Investissement (RSI) Coût
* Facile + Court terme € Coût faible
Coût
** Moyennement Facile +/- Moyen terme €€
modéré
*** Difficile - Long terme €€€ Coût élevé

Bonnes pratiques générales


Facilité RSI34 Coût
Installez des variateurs de fréquence sur les machines consommatrices ** ++ €€
Rénover les équipements anciens (pièces d'usure) * + €€
Donner des leçons d'éco-conduite aux chauffeurs et aux caristes * ++ €
Suivre la consommation individuelle de carburant * ++ €
Suivre la consommation électrique (dérives, pics de consommation…) * ++ €
Mettre en place un système «Stop and go» sur les chariots élévateurs
(renouvellement)
* + €
Sensibiliser à l'efficacité énergétique (éteindre les lumières, fermer les
portes, etc.)
** + €
Optimiser les distances de déplacement pour les engins de manutention ** ++ €€
Récupérer la chaleur des gaz de combustion de la chaudière *** +++ €€€
Pré-sécher les bois destinés aux chaudières *** ++ €€€

34
RSI : Retour sur investissement (an)

Guide des bonnes pratiques énergétiques en scierie P a g e | 39


Bonnes pratiques au parc à grumes
Facilité RSI Coût
Sensibiliser les chauffeurs à l’éco-conduite * ++ €
Réduire les distances parcourues par les chariots élévateurs et les
** ++ €€
conducteurs
Réduire le nombre de fois que le chariot réalise des levées et des
** ++ €€
déplacements de grumes et de charges
Privilégier l’emploi du ralenti pour les chariots élévateurs et les tracteurs
* + €
lors de déplacements non opérationnels
Utiliser les systèmes GPS pour la planification de la logistique sur le parc
* ++ €€
à grumes et le stock
Synchroniser les entrées des camions ** +++ €
Basculer du pneumatique à l’hydraulique pour les mécanisations ** +++ €€ à €€€
Installer des variateurs de fréquence (mécanisation) * ++ € à €€
Installer des variateurs de fréquence (moteurs de puissance) ** ++ €€
Réduire la marche des convoyeurs ** +++ €€

Guide des bonnes pratiques énergétiques en scierie P a g e | 40


Bonnes pratiques process
Facilité RSI Coût
Utiliser les variateurs de fréquence quand c'est possible (vitesse de
rotation des outils de coupe, vitesse des transferts et convoyage, vitesse ** ++ €€ à €€€
de sciage) ;
Réduire l'épaisseur des lames de scie à performance égale ; *** ++ €€
Adapter les vitesses des convoyeurs à la charge ; ** +++ €€
Remplacer si possible les aspirations à air par des convoyeurs à raclettes
** +++ €€€
ou à bandes pour les connexes (copeaux et sciures) ;
Réduire les temps de cycle des outils ; * ++ € à €€
Utiliser des batteries de condensateur pour éliminer l'énergie réactive ; * ++ €€
Choisir des moteurs de taille et de puissance adaptées et à haut
** ++ €€€
rendement ;
Mettre en place un système d'arrêt automatique sur les convoyeurs
* ++ €€
lorsqu'ils sont vides (et non les ralentir) ;
Purger les défauts des bois avant séchage ; ** ++ €€
Fermer manuellement ou automatiquement les clapets d’aspiration
* +++ € à €€
lorsque des appareils ne fonctionnent pas ;
Récupérer la chaleur issue du compresseur qui est réinjectée par un
** ++ €€
tuyau dans une raboterie, un atelier d'affûtage... ;
Mettre en place un assécheur d’air pour supprimer toute trace d’humidité
* + €€
préjudiciable à un bon fonctionnement du compresseur ;
Réduire les périodes de fonctionnement à vide (taux d’utilisation
** ++ €€
machine).

Guide des bonnes pratiques énergétiques en scierie P a g e | 41


Bonnes pratiques de séchage
Le séchage, activité de plus en plus présente en scierie, est un poste parmi les plus énergivores :
la consommation d’énergies est en général de deux types :

 Consommation Electrique : pour assurer le brassage d’air dans des sciages afin d’apporter
la chaleur nécessaire à la vaporisation de l’eau du bois et véhiculer l’humidité extraite vers
l’extérieur ou vers un système de condensation intégré. Cette consommation est
principalement fonction du temps donc de la durée du cycle. Elle est plus importante pour les
sciages qui sèchent lentement du type feuillus durs épais que pour les sciages à séchage
rapide du type sciages résineux minces. Il est donc important de gérer cette ventilation pour
la mettre en rapport avec les besoins réels d’extraction d’eau, tout en veillant à ce qu’elle reste
suffisante pour garantir un balayage régulier du chargement de bois sans flux privilégié
contournant les piles de bois si elle est trop faible.
Ainsi il faut s’assurer dans un premier temps par des mesures de vitesses d’air qu’il y a matière
à la faire varier.
L’économie potentielle de consommation électrique liée à la ventilation, tous types de séchoir
confondus, dépend donc de la puissance installée et de la variation possible liée au type de
sciage et à la phase du cycle de séchage voire aux possibilités de variation disponibles.
Elle peut se situer entre 0 % et 50 % dans le meilleur des cas.

 Consommation Thermique : pour produire la chaleur nécessaire à la vaporisation de l’eau


contenue dans le bois et régler la vitesse de séchage dans la limite de ce que l’essence peut
supporter sans défauts qualitatifs. Cette énergie est de l’ordre de 1kWh/ litre d’eau extrait pour
les sciages au-dessus du point de saturation des fibres (30 %). En dessous du point de
saturation des fibres la quantité d’énergie thermique par litre d’eau extrait augmente du fait de
la nécessité de casser des liaisons chimiques retenant l’eau aux fibres du bois. L’énergie
consommée au litre d’eau en fin de cycle peut être du double de celle en début de cycle. A
cela s’ajoute d’une part l’apport d’énergie initial pour porter le bois, l’eau contenue dans le
bois, la dalle et les parois à température en début de cycle et d’autre part, la compensation
des déperditions thermiques pour l’entretien de la température dans l’enceinte de séchage
durant le cycle. En moyenne si le ratio énergie /litres d’eau excède 2 kWh/litre il y a lieu d’en
vérifier la raison.

La récupération d’énergie au travers d’échangeurs aux cheminées pour récupérer la chaleur


latente d’évaporation n’est envisageable que s’il y a beaucoup d’extraction délivrée dans un
temps court. Cela concerne surtout les résineux et c’est d’autant plus intéressant que l’on
consomme une énergie chère et carbonée.

L’optimisation des conditions de réalisation des cycles, programme de séchage, dépend de la


flexibilité de la régulation installée, des automatismes associés et de l’expérience de
l’opérateur. Il est possible de gagner du temps sachant que par défaut des programmes de
séchage non optimisés sont choisis pour garantir le résultat faute de connaissances.

 Gérer la ventilation
– La réduction de 20 % de la vitesse de rotation des ventilateurs peut diminuer la
consommation d’énergie des ventilateurs de moitié sans nuire à la qualité.

 Recycler l’énergie perdue


– Installer des échangeurs de chaleur sur les cheminées (+10 % de gain) ;

Guide des bonnes pratiques énergétiques en scierie P a g e | 42


– Pompe à chaleur (COP de 2 à 3).

Récupérateur de chaleur sur séchoirs à bois

 Limiter les déperditions du séchoir et du réseau de distribution de chaleur


– Maintenir l’étanchéité (réduire les fuites,…) ;
– Adapter l’isolation dès la conception.

 Dimensionner correctement son équipement


– Puissance du générateur thermique ;
– Capacité utile des séchoirs en rapport avec les besoins.
 Réguler plus précisément (PID35 en boucle fermée)
– Renouvellement d’air et chauffage ajustés au besoin ;
– Optimiser les programmes de séchage.
 Limiter la masse d’eau à évaporer
– Ressuyage à l’air préalable (pré-séchage naturel) ;
– Maintenir la teneur en eau pendant le séchage en continu.
– Éviter le sur-séchage
 Limiter les pertes système
– Réduire le temps de chargement/déchargement ;
– Optimiser le lattage ;
– Réduire le temps d’arrêt entre les cycles ;
– Optimiser la quantité de bois dans le séchoir.

35 PID : Action Proportionnelle, Intégrale et Dérivée

Guide des bonnes pratiques énergétiques en scierie P a g e | 43


Bonnes pratiques - séchage36
Facilité RSI Coût
Gérer la ventilation (adaptation matériel) ** +++ €€€
Gérer la ventilation (procédure empilage, chargement...) * + €
Recycler l’énergie perdue *** +++ €€€
Limiter les déperditions du séchoir et du réseau de distribution de chaleur * + €€
Dimensionner correctement son équipement :
– Puissance du générateur thermique * + €
– Capacité utile des séchoirs en rapport avec les besoins * + €
Réguler plus précisément (PID en boucle fermée) * ++ €€€
Optimiser les programmes de séchage * + €
Limiter la masse d’eau à évaporer :
– Ressuyage préalable * + €
– Éviter le sur-séchage * + €
Limiter les pertes système :
– Réduire le temps de chargement/déchargement ** +++ €€€
– Optimiser le lattage * + €
– Optimiser la quantité de bois dans le séchoir * + €

36
Voir informations complémentaires au chapitre 3.5 « séchage ».

Guide des bonnes pratiques énergétiques en scierie P a g e | 44


Bonnes pratiques en infrastructures -
bâtiments
Facilité RSI Coût
Diviser le système d'air comprimé par zones * +++ €€ à €€€
Diminuer si possible la pression maximale du système d'air comprimé * ++ €
Isoler les tuyaux pour éviter de perdre de l'énergie ** +++ €€
Récupérer la chaleur issue du compresseur qui est réinjectée dans les
** ++ €€€
locaux
Accroître les dimensions des tuyaux pour diminuer les pertes *** +++ €€€
Remplacer l'ancien éclairage par de nouveaux moins énergivores * +++ €€€
Installer un détecteur de présence pour les lumières * ++ €
Effectuer un « audit de nuit » pour identifier le matériel et les
* + €
équipements qui pourraient être éteints.

Guide des bonnes pratiques énergétiques en scierie P a g e | 45


Guide des bonnes pratiques énergétiques en scierie P a g e | 46
Exemples d’aides pour les entreprises

Les entreprises peuvent bénéficier de diverses incitations financières leur


permettant de prendre la bonne décision finale : conscients que certains
investissements peuvent être conséquents, les pouvoirs publics ont mis en place
un panel d’aides financières intéressantes. Ce guide n’a pas été conçu pour
donner une liste exhaustive des diverses aides existantes. Il nous est apparu utile
cependant d’en lister quelques-unes et de donner les pistes (via des liens en
particulier) permettant d’obtenir toutes informations utiles sur l’existence de ces
dispositifs évolutifs.

Guide des bonnes pratiques énergétiques en scierie P a g e | 47


Certificats d’Economies d’Energie
Créés en 2005, dans le Cadre de la Loi de Programmation et d’Orientation de la Politique
Energétique (Loi POPE), les Certificats d’Economies d’Energie (CEE) imposent aux fournisseurs
d’énergie (grands fournisseurs d'électricité, de gaz, de chaleur et de froid, de fioul domestique et
distributeurs de carburant automobiles) de réaliser des économies d’énergie sous peine de
sanctions financières. Pour atteindre cet objectif, ils doivent inciter les consommateurs à investir
dans des équipements plus performants, en leur proposant un accompagnement financier et/ou
technique.

Deux voies d'accès permettent d'obtenir des CEE :


 L'utilisation d'opérations dites « standardisées » pour lesquelles les économies
d'énergie sont forfaitisées.

Pour bénéficier de ces aides, les entreprises doivent mener une démarche en 3 étapes :
1. Trouver une opération standardisée d’économie d’énergie en adéquation avec ses
besoins (liste mise à jour sur le site du Ministère de l’environnement –
http://www.ecologique-solidaire.gouv.fr/operations-standardisees#e7
Exemple : remplacement d’un moteur par un moteur haut rendement…
2. Trouver un fournisseur d’Energie susceptible de proposer un accompagnement
personnalisé (diagnostic, conseils, …)
3. Signer un accord avec le fournisseur d’énergie avant la signature d’un devis ou de la
commande.
A la fin des travaux, il faudra communiquer au fournisseur les documents demandés
(factures, attestation de fin de travaux, ...) qui lui permettront de valoriser ces travaux en
certificats d'économies d'énergie auprès du Pôle National des CEE.

 L'utilisation d'opérations dites « spécifiques » étudiées au cas par cas.

Un guide technique dédié est disponible gratuitement en téléchargement sur le site du ministère
de la Transition Ecologique et Solidaire et de l'ADEME (www.ademe.fr/guide-technique-
certificats-deconomies-denergies-operations-specifiques-installations-fixes)

Le dispositif des CEE est un moyen d’incitation, mais aussi d’évaluation des économies d’énergie
réalisées au niveau national : un contrôle des économies d’Energie peut donc être réalisé.

Guide des bonnes pratiques énergétiques en scierie P a g e | 48


Aides ADEME
L'ADEME peut accompagner les entreprises dans leurs projets de maîtrise de l'énergie. Parmi
les aides, l’ADEME soutient notamment :

1. l'aide aux diagnostics et /ou études d'accompagnement de projet

Les diagnostics énergétiques peuvent être généralistes ou spécialisés (diagnostics sur l'air
comprimé ou la ventilation industrielle, par exemple). Un ensemble de guides pour la rédaction
de cahier des charges de diagnostic est disponible sur www.diagademe.fr

Pour les grandes entreprises, suite à l'obligation d'audit énergétique, les diagnostics ou audits
énergétiques ne peuvent plus être aidés par l'Ademe, mais les diagnostics énergétiques
spécialisés, ainsi que les études de faisabilité peuvent faire l'objet d'une aide Ademe. Des
restrictions existent cependant pour les établissements de plus de 250 salariés.

Les niveaux d'aides vont jusqu'à 50 % avec un bonus supplémentaire de 10 et 20 points pour
les PME, avec un plafond de l'assiette à 100 k€.

2. l'aide à l'investissement via le Fonds Chaleur

Les projets de récupération de chaleur perdue (chaleur perdue d'un séchoir par exemple) peuvent
être financés par l'ADEME.
Le périmètre :
 doit concerner une récupération de chaleur perdue d'un procédé pour une utilisation
sur un autre procédé ;
 peut intégrer un système de stockage de chaleur et/ou une PAC ;
 intègre la distribution et la valorisation de chaleur (tuyauteries, canalisation,
échangeurs....) pour une valorisation interne (chauffage des locaux par exemple) ou en
externe (entreprise voisine...).

Pour les études préalables à l'investissement, les niveaux d'aides vont jusqu'à 50 % avec un
bonus supplémentaire de 10 à 20 points pour les PME.
Pour l'investissement, les niveaux d'aides vont jusqu'à 30 % avec un bonus supplémentaire de
10 à 20 points pour les PME.

Le site www.ademe.fr/fondschaleur/ fournit plus d'informations sur les modalités d'aides.

ATTENTION :

Les aides de l’ADEME n’ont pas de caractère systématique.


Elles sont octroyées majoritairement via ses Directions Régionales de l’ADEME
(www.ademe.fr/regions). Un contact préalable auprès de la Direction Régionale concernée par le
projet est nécessaire avant toute démarche, afin de guider le porteur du projet, préciser les
critères d’éligibilité des projets et apporter un éclairage technique.

Guide des bonnes pratiques énergétiques en scierie P a g e | 49


Autres aides
 Les CCI de France : L’entreprise qui souhaite entamer une réflexion sur sa consommation
énergétique peut d’abord procéder à un diagnostic de sa situation. Les CCI de France peuvent
répondre à cette problématique, via une visite énergie.

 BPIFRANCE peut soutenir l’entreprise dans le financement complémentaire


d’investissements. Le prêt à moyen et long terme finance notamment des investissements en
immobilier et équipements. Il peut être adapté lorsqu’il est utilisé dans le cadre d’une démarche
de maîtrise de l’énergie.

Bpifrance a également mis en place le Prêt Eco-Energie (PEE). Ce prêt s'adresse aux TPE et
PME en affaire personnelle ou constituées sous forme de société, créées depuis plus de 3 ans
et financièrement saines qui engagent des investissements dans le but d’améliorer leur
efficacité énergétique.

 Les régions ont en charge les modalités de l’action commune des collectivités territoriales et
de leurs établissements publics pour l’exercice des compétences relatives à l’aménagement
et au développement durable du territoire ; à la protection de la biodiversité ; au climat, à la
qualité de l’air et à l’énergie ; au développement économique ; au soutien de l’innovation.
Selon votre territoire et votre projet, certaines subventions peuvent vous être proposées.

Pour aller plus loin :


 ADEME – Accès aux cahiers des charges des diagnostics énergétiques
Consulter : www.diagademe.fr/
 ADEME – « L’ADEME finance vos projets de maîtrise de l’énergie »
Principales modalités : www.ademe.fr/ademe-finance-projets-principaux-dispositifs-daide-
proteger-lenvironnement-maitriser-lenergie-l
 ADEME – Le fonds chaleur - www.fonds-chaleur.ademe.fr/
 ADEME – Liste des implantations de l’ADEME - www.ademe.fr/regions
 ADEME – Rubrique dédiée à la performance énergétique dans l’industrie :
www.ademe.fr/energie-dans-votre-atelier
 CCI France – Mieux maitriser son énergie - www.cci.fr/web/developpement-durable/energie/-
/article/Mieux+ma%C3%AEtriser+son+%C3%A9nergie/mieux-maitriser-son-energie
 BPIFRANCE - Accès aux contacts locaux de BPIFRANCE (centré sur les PME) :
www.bpifrance.fr/.

Guide des bonnes pratiques énergétiques en scierie P a g e | 50


Crédits photographiques et remerciements

Nous remercions les scieries ayant donné leur accord pour les photos publiées dans ce guide :

En couverture : Scierie Mathieu – B. Mathieu


Scierie Schilliger et Scierie Bois du Dauphiné – FCBA

Pages 3, 7, 9, 15, 40 : Shutterstock


Pages 18, 20, 28, 30 et 41 : Scierie Schilliger – FCBA
Pages 26 et 47 : Scieries Brossard et SCS – FCBA
Page 32 : Scierie Lemaire – FCBA
Pages 38 et 43 : Scierie Beynel –Beynel et FCBA
Page 39 : Scierie BDD – FCBA
Page 44 : Scierie SCS – FCBA
Page 45 : Scierie Mathieu – B. Mathieu

Guide des bonnes pratiques énergétiques en scierie P a g e | 51


Document réalisé avec le soutien de l’ADEME

« L’ADEME en bref

L’Agence de l’Environnement et de la Maîtrise de l’énergie (ADEME) participe à la


mise en œuvre des politiques publiques dans les domaines de l’environnement,
de l’énergie et du développement durable. Elle met ses capacités d’expertise et de
conseil à disposition des entreprises, des collectivités locales, des pouvoirs publics
et du grand public, afin de leur permettre de progresser dans leur démarche
environnementale. L’Agence aide en outre au financement de projets, de la
recherche à la mise en œuvre et ce, dans les domaines suivants : la gestion des
déchets, la préservation des sols, l’efficacité énergétique et les énergies
renouvelables, les économies de matières premières, la qualité de l’air, la lutte
contre le bruit, la transition vers l’économie circulaire et la lutte contre le gaspillage
alimentaire.

L’ADEME est un établissement public sous la tutelle conjointe du ministère de la


Transition Ecologique et Solidaire et du ministère de l’Enseignement Supérieur, de
la Recherche et de l’Innovation. »
Juillet 2017- Réf. Ademe : 010276

Vous aimerez peut-être aussi