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Les alternatives

au désherbage chimique

L
a reconquête de la qualité de l’eau passe par la réduction de l’utilisation des produits
phytosanitaires.
Pour cela trois solutions :
• on peut empêcher les herbes de pousser, ce sont des techniques préventives,
• on peut les détruire par des moyens non chimiques, ce sont des techniques curatives,
• enfin, on peut laisser les plantes spontanées dans l’espace urbain, en veillant à leur bonne
intégration et à leur maîtrise.
Par des pratiques préventives, on cherchera à réduire la pousse des adventices pour limiter les
interventions toujours coûteuses. Les massifs sont les premiers concernés par la mise en place de
nouvelles techniques. On les protégera par des plantes couvre-sols ou par des paillages. Le grand
choix de plantes et de matériaux permet de créer des massifs ne nécessitant qu’un minimum
d’entretien. Le gain de temps pour le désherbage des massifs permettra d’en consacrer davantage
aux techniques curatives.
Pour une commune, la première technique alternative curative conseillée est le balayage très
régulier. En effet, le fait de retirer fréquemment les dépôts de matière organique et de graines de
la voirie, en même temps que la poussière, les feuilles mortes et les détritus, permet de réduire la
possibilité d’installation de plantes spontanées. En complément, on utilisera d’autres techniques
de désherbage mécaniques ou thermiques.
Enfin et surtout, c’est le regard collectif sur notre cadre de vie qui doit évoluer. Aujourd’hui, la
présence d’herbes spontanées en ville ou au centre-bourg est trop souvent perçue comme un défaut
d’entretien. A nous tous de modifier cette perception, comme l’ont déjà fait d’autres pays d’Europe
ou d’Amérique du Nord. Là-bas, on accepte simplement la végétation spontanée, on aménage
l’espace urbain pour qu’elle y trouve harmonieusement sa place.
Les métiers de l’entretien des voiries et des espaces verts sont donc amenés à évoluer, en privilégiant
les solutions les plus économiques. En particulier, c’est l’occasion de redonner une place aux outils
manuels, non pas par de longues séances de binage, forcément fastidieuses, mais par l’intégration
du désherbage dans les autres opérations d’entretien, en emmenant systématiquement du petit
matériel lors des déplacements. Cela permet d’intervenir dès que les plantes apparaissent, et les
tâches évoluent vers une plus grande polyvalence, valorisant ainsi le travail des agents qui auront
un regard plus global sur leur commune.

Décembre 2005 Guide des alternatives au désherbage chimique 1


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Les alternatives au désherbage chimique


Les alternatives
au désherbage chimique
1 Les solutions alternatives préventives
1.1 SOURCE : DENIS PEPIN LIVRET MCE « COMMENT JARDINER SANS PESTICIDES »
ET HORS SÉRIE L’AMI DES JARDINS « JARDINER AU NATUREL »

n LA TECHNIQUE DU PAILLAGE
Les objectifs sont les suivants : des résultats des expérimentations.
• empêcher la croissance des plantes adventices en La condition primordiale à la bonne réussite d’un
les privant de lumière, paillage est la préparation du sol : Il doit être
• limiter l’évapotranspiration (réduire l’arrosage par parfaitement désherbé au préalable.
conséquent), La mise en place se fait de préférence sur terre
• favoriser le développement d’une vie microbienne et humide, avec une épaisseur suffisante (8 à 10 cm), et
d’auxiliaires (vers de terre) qui enrichit le substrat, un apport complémentaire au besoin. Le décaissage
• enrichir le sol en matière organique par la des massifs évite le déplacement du paillage sur
décomposition du paillis. la chaussée par les animaux, le ruissellement ou
Les différentes techniques de paillage présentées encore le vent pour éviter tout risque de fin d’azote,
ici sont celles pratiquées couramment. D’autres il conviendra de faire un apport de compost avant
pourront être mises en oeuvre en fonction mise en place.

n LES RECYCLÉS
LES TONTES DE GAZON Durée de vie : 6 à 12 mois selon l’épaisseur
Mise en œuvre : faire sécher Avantages : cela permet de valoriser un déchet vert.
les tontes un jour ou deux au Permet un recyclage sur place, se décomposent en
soleil avant de les réutiliser. humus.
Éviter d’utiliser des plantes Inconvénients : aucun
montées en graines. Coût : Gratuit
Utilisation: massifs d’arbustes,
pieds d’arbres ou de haies, LE BROYAT DE BRANCHES
jardinières. Mise en œuvre : Attention
Durée de vie : de quelques semaines à quelques mois aux branches porteuses de
Avantages : cela permet de valoriser un déchet vert. maladies.
Coût : Gratuit Utilisation : massifs de
Inconvénients : une couche trop épaisse peut vivaces ou d’arbustes, pieds
développer une sous couche humide : apparition de d’arbres ou de haies.
maladies et arrivée des limaces. N’est utilisable qu’à Durée de vie : 1 à 3 ans selon l’épaisseur
la saison des tontes. Avantages : cela permet de valoriser un déchet vert.
Permet un recyclage sur place, se décomposent en
LES FEUILLES MORTES humus.
Mise en œuvre : épandre en couche suffisamment Inconvénients : attention à ne pas faire se propager
épaisse. certaines maladies.
Utilisation : massifs d’arbustes, pieds d’arbres ou de Coût : gratuit, hormis la location ou l’achat du
haies, jardinières. broyeur (et la consommation du carburant)

n LES PAILLIS VÉGÉTAUX


Utilisation : massifs de fleurs annuelles ou les
jardinières.
Durée de vie : 1 an environ
Avantages : Très bons résultats contre les mauvaises
herbes et le dessèchement du sol. Riche en éléments
nutritifs. Gênent les limaces dans leur déplacement.
Inconvénients : peuvent former une croûte peu
perméable.
LE PAILLIS DE LIN OU DE CHANVRE
Lieu de commercialisation : jardineries, coopé-
Mise en œuvre : Faciles à disposer en raison de leur ratives, coop bio.
petite taille. Couche de 8 à 10 cm d’épaisseur environ. Coût : 3,5 € HT/m2

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LES MÉLANGES GRANULATS DE BOIS
ALGOS FORESTIERS
Mise en œuvre : sur
Mise en œuvre : couche terre humide, avec
d’une épaisseur de 8 une épaisseur de 8 à
à 10 cm. 10 cm.
Utilisation : massifs Utilisation : massifs
de vivaces, massifs de vivaces, massifs
d’arbustes. d’arbustes, massifs
Durée de vie : 1 à 3 de fleurs annuelles ou les jardinières.
ans. Durée de vie : 1 à 3 ans
Avantages : très bons résultats à tous points de vue. Avantages : résistent au vent. Bons résultats.
Résiste au vent. Fertilisant. Le granulat coloré peut servir en fleurissement
Inconvénients : aspect esthétique grossier. événementiel. Possibilité de faire une dalle pour les
Lieu de commercialisation : jardineries, coopérati- entourages d’arbres (5 cm d’épaisseur), avec de la résine.
ves, coop bio. Coût : de 2 € à 3 € HT/m2
Coût : 5 € HT/m2

n LES ÉCORCES ET AUTRES COSSES

ECORCES DE PIN ECORCES DE PEUPLIER


Mise en œuvre : couche d’une épaisseur de 8 à Mise en œuvre : couche d’une épaisseur de 8 à
10 cm. 10 cm
Utilisation : massifs de vivaces, massifs d’arbustes, à Utilisation : massifs de vivaces, massifs d’arbustes
préférer pour les plantes de terre acide. Durée de vie : 1 à 3 ans
Durée de vie : 1 à 3 ans selon l’épaisseur. Avantages : empêchent la pousse des adventices très
Avantages : empêchent la pousse des adventices très efficacement. Bonne dégradabilité.
efficacement. Aspect esthétique intéressant bonne Inconvénients : peuvent se dégrader un peu vite.
dégradabilité. Lieu de commercialisation : jardineries, supermar-
Inconvénients : acidifient le sol. chés, coopératives, paysagistes
Lieu de commercialisation : jardineries, supermar- Coût : 4 € HT/m2
chés, coopératives, paysagistes
Coût : 10 € HT/m2 ECORCES DE FÈVES DE CACAO
Mise en œuvre : sur terre humide, avec une épaisseur
LES COSSES DE BLÉ NOIR de 8 à 10 cm. Mouiller lors de la mise en place.
Mise en œuvre : couche Utilisation : massifs de vivaces, massifs d’arbustes,
d’une épaisseur de 8 à massifs d’annuelles, jardinières.
10 cm. Mouiller lors de la Durée de vie : 1 an
mise en place. Avantages : très efficace. Riche en éléments nutritifs.
Utilisation : massifs de Odeur de cacao quand
vivaces, massifs d’arbustes, il est humide, bonne
massifs d’annuelles, intégration esthétique.
jardinières. Inconvénients : assez
Durée de vie : plusieurs coûteux. L’odeur peut
mois à deux ans. être dérangeante.
Avantages : efficace. Riche en éléments nutritifs. Dégradabilité rapide.
Bonne intégration esthétique, intéressant pour jouer Lieu de commercialisa-
la carte de l’image régionale. Gênent les limaces dans tion : jardineries, coopé-
leur déplacement. ratives, paysagistes.
Inconvénients : une pousse de graines peut survenir. Coût : 6 € HT/m2
Elle semble disparaître rapidement.
Lieu de commercialisation : minotiers.
Coût : 1 € HT/m2

n LES « MINERAUX »
LA POUZZOLANE Durée de vie : plusieurs années.
Avantages : bon aspect esthétique, bon effet
Mise en œuvre : couvrant, laisse passer l’eau.
comme un granulat de Inconvénients : n’apporte rien au sol hormis une
paillage classique 5 à 8 modification de structure.
cm environ. A préférer Lieu de commercialisation : jardineries, coopérati-
en centre-ville. ves, paysagistes
Utilisation : massifs de Coût : 3 € HT/m2
vivaces ou d’annuelles,
jardinières.

3 Guide des alternatives au désherbage chimique Décembre 2005


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LES DÉCHETS DE COQUILLES ST JACQUES

Les alternatives au désherbage chimique


laisse passer l’eau. Rééquilibre le pH des terres acides,
Mise en œuvre : comme un granulat de paillage bons résultats dans les massifs de rosiers.
classique 3 à 4 cm environ. A préférer en centre-ville. Inconvénients : la couleur blanche et la réverbération
Utilisation : massifs de vivaces ou d’annuelles, peuvent être un frein à son implantation.
jardinières. Lieu de commercialisation : jardineries, coopérati-
Durée de vie : plusieurs anneés. ves, paysagistes.
Avantages : bon aspect esthétique, bon effet couvrant, Coût : 4,5 € HT/m2.

n LES TOILES
LES TOILES TISSÉES ET BÂCHES POLYÉTHYLÈNE
OU POLYPROPYLÈNE
Mise en œuvre : préparation très fine de la terre,
nivellement. Bien tendre pour bonne tenue,
nécessitent des agrafes et des collerettes au pied des
plantes. A installer avant plantation.
Utilisation : installation de massifs d’arbustes ou de
haies.
Durée de vie : de nombreuses années
Avantages : empêchent la pousse des adventices très
efficacement.
LES FEUTRES VÉGÉTAUX Inconvénients : ne se dégradent pas. Détruit la vie
microbienne en empêchant les échanges entre le sol
Matériaux : toiles en fibre de bois de jute, chanvre, et l’extérieur. À retirer au bout de 4 à 5 ans. Aspect
lin, coton, etc. (seules ou en mélange) esthétique discutable.
Mise en œuvre : comme une toile tissée synthétique. Lieu de com-
Utilisation : installation en massifs d’arbustes, haies. mercialisation :
Existe en rouleaux ou en dalles. jardineries, su-
Durée de vie : 2 ans en moyenne. permarchés, coo-
Avantages : biodégradable, permettent à l’eau de pératives, paysa-
s’infiltrer, enrichissent le sol, meilleure intégration gistes.
esthétique que les toiles tissées plastiques. Coût : de 0,5 € à
Inconvénients : dégradabilité rapide. Aspect visuel 1 € HT/m2 (prix
en cours de dégradation. Fragile. suivant l’épais-
Lieu de commercialisation : jardineries, coopé– seur et la quantité
ratives, paysagistes. commandées).
Coût : moins de 1 € à 4 €/m2 (voire plus, prix suivant la
composition, l’épaisseur et la quantité commandées).

1.2 L’INSTALLATION DE PLANTES COUVRE-SOLS

Le paillage, on l’a vu précédemment est une bonne • supporter d’être installée au pied d’arbres et
technique pour éviter de garder un sol nu dans arbustes,
lequel peuvent pousser des plantes spontanées • vivre avec un minimum d’entretien.
indésirables. • on appréciera également qu’elle se propage (sans
Le recours aux plantes couvre-sols est une autre être trop envahissante bien sûr)
bonne technique pour occuper un espace dont on C’est pourquoi on préférera des plantes vivaces
veut diminuer considérablement l’entretien. rustiques et robustes répondant à ces critères.
Elles ont plusieurs rôles à jouer, notamment : Lors de la plantation, il ne faut bien sûr pas hésiter
• couvrir des espaces difficiles d’accès comme des talus à mélanger les végétaux pour varier les effets. Les
enherbés dont la tonte peut se montrer périlleuse. associer à un paillis est une assurance de réussite
Ainsi la ville de Brest a choisi d’implanter du lierre pour une bonne implantation tout en évitant la
sur des talus et a ainsi diminué considérablement le possibilité à des végétaux spontanés de s’installer.
problème de l’entretien. Le point clé à respecter pour que la plantation soit
• occuper la surface dans des massifs d’arbustes. couronnée de succès est de faire une préparation
• s’installer aux pieds d’arbres ou de haies. minutieuse du terrain avant plantation. En effet si
• garnir tout simplement des massifs de plantes des plantes indésirées se trouvent déjà installées, les
pérennes. couvre-sols ne suffiront pas à les chasser et il sera
Une bonne plante couvre-sol doit avoir les qualités difficile de les retirer au milieu d’autres plantes.
suivantes : L’entretien courant pourra se borner, en plus d’un
apport de compost à une taille sévère tous les 3 ans
• posséder un feuillage dense, vivre longtemps et
environ.
s’étaler,

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n 9 PLANTES VIVACES RECOMMANDÉES
Voici une sélection de plantes tapissantes et persistantes pour la plupart. Elles ne nécessitent qu’un
entretien réduit.

Alchemille Lamier
Alchemilla mollis : 25 cm, Lamium maculatum : 20 cm,
feuillage vert, floraison juin-juillet, feuillage vert, floraison avril-juin,
D : 6 à 7/m2 D : 10/m2
Photo : association alchemille Réussit bien en sol sec ou frais,
géranium. supporte bien les associations de
Elle se développe bien mieux dans plantes ou d’arbustes..
les sols frais ou humides, mais
peut supporter des sols plus secs. Nepeta
Se prête bien aux associations de Nepeta mussinii : 30 cm, feuillage
plantes. vert, floraison avril-septembre,
D : 6 à 8/m2 ou x fanassenii : 30
Bruyère à 60 cm, feuillage gris-argenté,
Erica darleyensis : 35 cm, floraison mai-octobre,
feuillage vert, floraison octobre- D : 6 à 8/m2 persistant.
avril, La meilleure pour les sols secs.
D : 4/m2 persistant. Très belle en association avec des
Elle préfère les sols acides. Pour arbustes.
des massifs de terre de bruyère.
Consoude naine
Geranium vivace Symphitum grandiflorum :
Geranium macrorrhyzum : 15 à 40 cm, feuillage vert,
30 cm, feuillage vert, floraison floraison mars-juillet,
mai-juillet, D : 6 à 8/m2
D : 4 à 6/m2 persistant Cette plante supporte très
Citons aussi Geranium X facilement d’être « négligée ».
oxonianum et endressii Geranium Elle accepte même des conditions
sanguineum il peut s’installer difficiles telles la sécheresse ou les
aussi bien au soleil qu’à l’ombre sols lourds.
et peut se plaire dans les sols secs
ou frais seul ou en association, Pachysandra
c’est une valeur sûre. Pachysandra terminalis :
25 cm, feuillage vert à panaché,
Petite pervenche floraison mai-juin,
Vinca minor : 30 cm, feuillage D : 6 à 8/m2 persistant.
vert à panaché selon les cultivars, Se plaît dans tous les types de sols
floraison avril-juin, sauf humides.
D : 6/m2 persistant.
Attention aux petits espaces ! Elle Lierre
est bien adaptée aux sols calcaires. Hedera helix : 30 à 40 cm,
feuillage vert,
D : 5/m2 persistant.
: exposition Forme un beau tapis dense. Il
supporte aussi bien les sols secs
D : densité de plantation qu’humides. Idéal pour coloniser
un espace délaissé.

1.3 LE BON ENTRETIEN DES PELOUSES DE TERRAINS DE SPORT


De bonnes pratiques d’entretien des terrains de sport permettent de limiter l’extension des maladies et le
développement des herbes indésirables. Source : « Jardiner tout naturellement, pour diminuer l’usage des
pesticides », Cécile Laverdière et al. Ministère de l’Environnement et de la Faune, Ministère de la Santé,
Publications du Québec.

n LES PROBLÈMES RENCONTRÉS

LES PRINCIPALES MAUVAISES HERBES


Le Pissenlit Le Trèfle blanc
(Taraxacum officinalis, ou rouge
famille des Astéracées) (Trifolium repens,
famille des Fabacées)

5 Guide des alternatives au désherbage chimique Décembre 2005


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Le plantain majeur LES PRINCIPALES MALADIES DU GAZON

Les alternatives au désherbage chimique


(Plantago major, Les principales maladies rencontrées sont les
famille des Plantaginacées) suivantes :
• le fil rouge
• les ronds de sorcière

La pâquerette
(Bellis perennis,
famille des Astéracées)

n LES CAUSES DES PROBLÈMES, LES SOLUTIONS


DES TONTES TROP RASES mieux aux maladies et à l’envahissement par les
• les graminées à gazon supportent des tontes mauvaises herbes.
fréquentes, à condition que chaque passage de
tondeuse, n’enlève pas plus d’1/3 de la hauteur de UN PH MAL CORRIGÉ
feuille. Pour les pelouses et les terrains de sports, la La connaissance du niveau du pH est essentielle.
hauteur doit donc être réglée au plus haut. Un sol trop acide présente une activité microbienne
• les tontes rases empêchent les graminées de réduite, ce qui favorise le feutrage. De plus, certaines
développer leur système racinaire en profondeur. mauvaises herbes se développent davantage en
• les tontes rases favorisent l’invasion des gazons terrains acides.
par les dicotylédones (pissenlit, plantain..) et les De même, un sol alcalin peut perturber le
graminées (pâturin annuel) indésirables. développement du gazon en bloquant l’assimilation
• une tonte rase favorise l’installation des maladies de certains oligo-éléments indispensables tels que le
du gazon. fer.
La solution : une meilleure hauteur de tonte : Après une analyse de sol, on corrigera le pH pour
l’amener entre 6 et 7,5 avec les amendements
appropriés.

LA HAUTEUR DE TONTE ET LES HERBES INDÉSIRABLES UN SOL INSUFFISAMMENT AÉRÉ


Un sol asphyxiant, gène la bonne assimilation des
6,5 cm Pelouse avec
éléments nutritifs par le gazon.
1% de pissenlits
Le passage d’un aérateur à couteaux qui pratique
des entailles allant jusqu’à 10 cm de profondeur
5 cm permet :
Hauteur de tonte

Pelouse avec
5% de pissenlits • d’activer la reprise végétative du gazon,
• d’améliorer le temps de ressuyage,
• de faciliter les échanges gazeux,
3,5 cm • d’éliminer le feutrage,
Pelouse avec
50% de pissenlits • d’améliorer la décomposition organique.
Le passage de l’aérateur se fait au printemps et à
l’automne. L’aérateur à louchets réalise de 200 à
400 trous/m2 dans les 7 premiers centimètres du sol.
Plus la pelouse est courte, plus elle est vunérable
à l'invasion des herbes indésirables Il permet :
• de diminuer le compactage superficiel : meilleur
perméabilité,
UNE FERTILISATION MAL ADAPTÉE • d’augmenter le chevelu racinaire,
• d’amener l’air aux racines,
Une fertilisation excessive, déficiente ou mal équilibrée • de lutter contre le feutrage.
peut entraîner notamment : C’est une opération complémentaire de l’aération avec
• une pollution de l’eau par les nitrates (azote une machine à couteaux, à réaliser 2 fois par an.
transformée),
• une diminution de la croissance, de la densité, UN SOL COMPACTÉ
l’apparition de fil rouge (manque d’azote), Un gazon implanté sur un sol compacté présente
• une diminution de la résistance aux stress un faible enracinement ce qui est favorable au
environnementaux et une augmentation du feutrage développement des mauvaises herbes.
(manque d’azote), Le décompactage est complémentaire de l’aération
• une faiblesse du système racinaire lors d’un manque superficielle. Son action est plus profonde, permettant
de phosphore, ainsi d’augmenter les capacités drainantes du sol. On
• des attaques fongiques lors d’un manque de l’associe souvent à un sablage.
potassium. Il est souhaitable de le réaliser 1 fois par an.
Pour adapter la fertilisation du gazon aux besoins, Les décompacteurs réalisent un sous-solage dans les
le plus sûre est de pratiquer des analyses de sol 20 premiers centimètres de sol. Ils pratiquent des
régulières (tous les 2 ans, voire chaque année). Un micro-tranchées ou des puits drainant à l’aide de
plan de fumure établi par un laboratoire spécialisé disques, dents ou carotteurs.
permet d’obtenir un gazon vigoureux qui résistera

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Certains décompacteurs sont équipés de balais pour
Le regarnissage avec une graminée
faire pénétrer le sable dans les tranchées ou puits. fourragère, une solution qui peut
Certains combinés réalisent simultanément le dé- être intéressante.
compactage, le balayage du sable et une aération.
La méthode mise au point par un responsable
UN FEUTRAGE EXCESSIF des terrains de sports d’une ville de Bretagne :
suite à un mécontentement des footballeurs,
Une présence trop importante de chaumes est très
il a été décidé d’introduire une ancienne gra-
défavorable au gazon, c’est un refuge pour insectes
minée poussant plus vite avec un meilleur
et maladies. Le feutrage provoque un enracinement
recouvrement (feuilles plus larges). En l’uti-
superficiel, le gazon s’arrache plus facilement, les
lisant pour regarnir quelques parties du ter-
herbes indésirables se développent. rain d’Honneur, le résultat fut très satis-
Il convient donc de ne pas laisser trop de déchets de faisant et approuvé par les footballeurs.
tonte après les coupes ce qui peut se produire avec Aujourd’hui la totalité des terrains est regarnie
l’utilisation de tondeuses mulching. avec une graminée de ce type qui présente com-
Le défeutrage se fait à l’aide d’un scarificateur, me avantages : un enracinement beaucoup plus
appareil équipé de lames triangulaires qui découpent dense et profond que les graminées couramment
le feutre et le chevelu racinaire. Ce travail provoque utilisées, une plus grande rusticité et vigueur, un
également une aération superficielle et une meilleur recouvrement.
élimination des mousses. La scarification présente
l’inconvénient de dégarnir le gazon. On pratiquera Bilan
donc un regarnissage pour prévenir l’installation des • résistance maximale à l’arrachage et au
mauvaises herbes. piétinement en fin de saison, les zones difficiles
(buts, lignes de touches) sont largement moins
UN GAZON DÉGARNI dégarnies.
• plus grande capacité à absorber l’eau et les
Les pelouses dégarnies sont souvent envahies par les
nutriments : diminution de 30 à 50 % des apports
herbes indésirables (comme le pâturin annuel), les
d’engrais.
espaces dénudés étant propices à leur installation.
Elles profitent de l’absence de compétition pour les • plus grande résistance aux périodes de sécheresse
éléments nutritifs et la lumière. et de froid : diminution des besoins en arrosage,
meilleure reprise de végétation après périodes
Il convient donc de maintenir une bonne densité du difficiles.
gazon. On pratiquera : • diminution considérable du taux de pâturin
annuel.
Un entretien régulier
• arrêt des désherbages annuels systématiques.
Pour les terrains de sports (par exemple) chaque Les résultats sont très satisfaisants, les footballeurs
début de semaine suivant les matchs, on remettra professionnels jugent le gazon de très bonne
en place les parties de pelouses déplacées, et pour qualité. Ce procédé est mis en place sur l’ensemble
les zones fortement arrachées, on pratiquera un du parc sportif de la Ville, il est même utilisé à la
réensemencement ponctuel (pour une meilleure création des terrains. De plus en plus de communes
efficacité, il est préférable de faire prégermer les avoisinantes mettent en place ce procédé.
graines dans un mélange terre-sable).
UN ARROSAGE MAL CONDUIT
Un regarnissage au printemps
L’arrosage des gazons (notamment des terrains
Le semis de regarnissage est manuel ou mécanique. de sports) peut, s’il est mal planifié, favoriser
Il s’effectue à une densité de 15 g/m2. l’implantation des mauvaises herbes et des maladies.
Pour les terrains de sport on profitera de l’intersaison Il peut aussi favoriser le transfert et le lessivage
pour effectuer un regarnissage à l’aide d’une des produits chimiques et des engrais vers les eaux
regarnisseuse mécanique. souterraines ou de surface.
Si le terrain est compacté, il est conseillé d’effectuer On fera de préférence des arrosages importants et
un décompactage superficiel, qui favorisera espacés plutôt que les arrosages fréquents et peu
l’implantation. Le semis s’effectue alors à une densité importants.
de 40 g/m2. Le volume d’eau apporté doit être suffisant pour
Certains appareils effectuent simultanément une pénétrer la couche de terre explorée par les racines,
aération et un semis de regarnissage. soit une vingtaine de cm de profondeur.
Au printemps, si le gazon terrain est dépourvu de Des arrosages excessifs peuvent provoquer
mauvaises herbes, il est possible de stopper les tontes l’accumulation de feutre racinaire, lessiver les engrais,
afin de laisser les graminées monter en graines. et enfin favoriser le développement des maladies et
Le ressemis naturel se fera à l’aide d’une tonte haute mauvaises herbes.
sans ramassage. La période d’intervention idéale est la fin de la nuit ou
le début de la matinée : l’arrosage en fin de journée
favorise le développement des maladies.
La fréquence des arrosages dépend également de
la nature du sol. Les sols filtrants comme les sols
sablonneux nécessitent des arrosages plus fréquents
que les sols de limons, ou humifères qui ont une
capacité de rétention et de restitution de l’eau plus
importante.

7 Guide des alternatives au désherbage chimique Décembre 2005


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Les alternatives au désherbage chimique


n EXEMPLE D’UN PLANNING ANNUEL D’INTERVENTIONS SUR UN TERRAIN DE SPORT

janvier fevrier mars avril mai juin juillet août sept. octobre nov. déc.

Tonte à 4 cm

Tonte à 5 cm

Aération à
couteaux
Aération à
louchets

Fertilisation

Décompostage

Sablage

Défeutrage
2 2
Regarnissage 15 g/m 40 g/m

Arrosage

Chaulage

La fréquence de tonte varie de une fois par semaine conseillé de pratiquer un chaulage.
à une fois tous les 15 jours en fonction de l’intensité Pour l’amélioration du drainage, le décompactage
de la pousse. En période froide, on pourra interrompre est à associer au sablage. Les quantités de sable à
les tontes. apporter sont variables selon la nature du sol (entre
La fréquence des aérations sera fonction des 2 et 15 tonnes).
conditions climatiques. Le regarnissage est à réaliser après le passage du
La fertilisation azotée peut être fractionnée en 5 scarificateur.
apports voire plus. Pour les terrains acides, il est

1.4 LES PLANTES ENVAHISSANTES


D’après le guide technique : GESTION des PLANTES EXOTIQUES ENVAHISSANTES en cours d’eau et zones
humides (comité des pays de la Loire – édition 2004)
La notion d’envahissement doit être utilisée avec précaution. Elle est souvent employée par le grand
public pour désigner un fort développement végétal avec une occupation de tout ou partie d’un cours
d’eau ou d’une zone humide. Il peut s’agir aussi bien d’espèces indigènes que d’espèces exotiques.

n MÉTHODES ET RECOMMANDATIONS POUR LA GESTION DES PLANTES ENVAHISSANTES


La gestion des plantes exotiques envahissantes potentiellement colonisables. En effet, la bonne
nécessite la prise en compte de leurs caractéristiques connaissance de ces facteurs permettra d’agir de
(importance du bouturage, quantité de semences manière préventive pour limiter les phénomènes
produites, capacité d’implantation ou de d’envahissement et de manière curative avec la mise
germination, vitesse de croissance...), mais aussi en œuvre d’opérations d’enlèvement.
des caractéristiques des milieux colonisés ou

n LES FACTEURS DE LIMITATION « NATURELLE »

De nombreuses observations ont permis de préciser (les nutriments, le courant, la lumière, la température,
le comportement de ces espèces végétales face le gel, l’exondation, la nature et la texture du sol)
à des facteurs qui peuvent induire une perte de et biologiques (la consommation, la compétition).
performance. Ils peuvent jouer le rôle d’indicateurs sur des sites
Ils sont de deux ordres : physico-chimiques potentiels d’envahissement.

n LES PROGRAMMES D’INTERVENTION


Il convient de réaliser une veille de terrain constante mettre en œuvre de véritables stratégies de gestion.
afin de privilégier les moyens légers de prévention Celles-ci doivent aussi bien combiner des méthodes
plutôt que d’intervenir avec les moyens lourds d’intervention adaptées qu’une démarche globale sur
curatifs. Toutefois, les infestations étant constatées le territoire infesté.
trop tard dans la plupart des cas, il convient de

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LES PLANTES AQUATIQUES LES PLANTES DE BERGE
Toute intervention d’enlèvement doit faire l’objet d’une Il convient d’être prudent pour réduire les impacts
préparation minutieuse, avec certaines dispositions d’engins lourds sur les berges. L’apparition de crues
à prendre au préalable : l’objectif principal est printanières peut accroître les risques d’entraînement
d’empêcher la dispersion de fragments et de et de dispersion des rhizomes, lors du remaniement
boutures. On aura recours à : l’établissement de des sols. Les précautions concernant la dissémination
barrages, l’écumage, les transferts et le stockage des fragments énoncées pour les plantes aquatiques
temporaire. sont également valables.

n LES MÉTHODES D’ENLÈVEMENT

LES INTERVENTIONS MÉCANIQUES qu’un affaiblissement de la reprise soit observé au


Les interventions mécaniques ont pour objet cours d’une même saison. L’année suivante, la reprise
d’améliorer le rendement des opérations d’enlèvement. ne semble pas toujours affectée par les traitements de
Les rapports coût efficacité sont apparemment l’année précédente et, dans la plupart des cas, des
intéressants, bien qu’aujourd’hui aucun bilan interventions tous les deux ans seraient nécessaires
chiffré ne permette d’établir si la pression d’entretien pour maintenir une situation de faible colonisation.
exercée selon ce mode permet d’obtenir des effets Il est donc déconseillé d’utiliser seul le traitement par des
significativement meilleurs (régression des zones herbicides, et dans tous les cas il est recommandé d’en
infestées et diminution des tailles d’herbiers) et à plus réduire l’usage au maximum.
long terme que les méthodes manuelles réputées plus
onéreuses.
On utilisera : le faucardage et la fauche,
Essais pour la maitrise de la renouée
l’enlèvement à la pelle mécanique.
du japon Fallpoia japonica.
LES INTERVENTIONS MANUELLES Des moyens alternatifs ont été testés pour
Ces opérations constituent aujourd’hui un ensemble lutter contre cette herbacée.
de méthodes qu’il convient de largement préconiser. Un essai de lutte préventive par bâche : deux
Sélectives, elles se justifient pleinement sur des types de paillage utilisés, l’un biodégradable,
milieux sensibles et/ou à petite échelle. Elles sont l’autre synthétique. C’est la bâche synthétique
incontournables dans les milieux à faible accessibilité qui est la plus efficace, en effet, elle ne se
par des moyens mécaniques. perce pas et rempli son rôle de barrière
photosynthétique.
LES INTERVENTIONS CHIMIQUES Un essai a également été mené avec un
En plus de leur absence de sélectivité, ce qui peut désherbeur thermique à flamme directe.
créer des difficultés pour les communautés végétales Il n’aurait une efficacité que foliaire sur la
non visées, il apparaît aujourd’hui que ces produits ne plante.
présentent pas une efficacité totale. Bien que devant Les premiers résultats de lutte alternative
atteindre les rhizomes, ces produits semblent être semblent vouloir montrer que ces méthodes
efficaces sur l’appareil végétatif seul. Leur emploi pourraient être efficaces mais qu’il faut les
répété après plusieurs années dans des mêmes sites adapter.
n’a pas permis la disparition des végétaux. S’ils sont FREDON Ile de France/RATP.
employés seuls, leur effet est seulement visuel, bien

2 Les solutions alternatives curatives


2.1 LE DÉSHERBAGE MÉCANIQUE
Les données techniques proviennent des expérimentations de la FEREDEC Bretagne. Bien que ces
techniques n’utilisent pas de molécules phytosanitaires, elles sont consommatrices de carburant ou
d’énergie électrique et pour certaines, de quantité d’eau non négligeables. Leur impact environnemental,
notamment pour la production de gaz à effet de serre, reste discutable. Il convient donc de les réserver à
des surfaces limitées, identifiées lors du diagnostic.

n LA BALAYEUSE MÉCANIQUE POUR TROTTOIRS ET CANIVEAUX*


Principe : la balayeuse est équipée d’une brosse Application : éviter que les plantes soient trop
métallique nylon ou mixte, avec une vitesse de rotation développées afin de faciliter leur arrachement.
du balai latéral plus élevée. La vitesse d’avancement Rendement : selon l’infestation de mauvaises herbes
est plus lente qu’un balayage classique. Grâce à un dans le caniveau. La vitesse d’avancement est de 2 à
passage régulier, le substrat et les graines présents 3 km/h.
dans les caniveaux sont éliminés. Un passage curatif
est possible pour enlever les plantes présentes.

9 Guide des alternatives au désherbage chimique Décembre 2005


F2

Les alternatives au désherbage chimique


Efficacité : 12 passages par an pour un objectif zéro Communes utilisant cette technique : elles sont
mauvaises herbes. très nombreuses, c’est une technique de nettoyage
8 passages par an avec un objectif de « propreté » couramment utilisée avec des fréquences variables
plus souple (1 passage par mois d’avril à octobre et sur l’année.
1 passage tous les 2 mois pour le reste de l’année). Distributeur : soit des vendeurs de machines, pour
Coût d’utilisation : prix moyen de la prestation les collectivités souhaitant en faire l’acquisition, soit
environ 75 €/h. des prestataires de services, pour les communes
préférant cette solution.

AVANTAGES INCONVÉNIENTS
Action préventive et curative Investissement élevé si
achat du matériel
Pas de dégradation du Nécessite une bonne
revêtement lorsque celui-ci qualité des joints de la
est en bon état voirie
Double action : désherbage, Nécessite au moins
nettoyage 8 passages par an
Si contrat de prestation :
• coût modéré
• pas d’intervention du
personnel

n LA MICRO BALAYEUSE* (ORIGINE DE L’APPAREIL : FRANCE)


Principe : la micro balayeuse est équipée d’une
AVANTAGES INCONVÉNIENTS
brosse en nylon qui est entraînée par un petit moteur
thermique. La rotation du balai se fait dans les deux Action préventive et curative L’appareil n’est pas tracté
sens. L’appareil n’est pas tracté, mais la rotation du Pas de dégradation du Nécessite une bonne
balai permet de faire avancer la micro balayeuse. Il revêtement lorsque celui-ci qualité de revêtement
s’agit d’un complément à la balayeuse automotrice. est en bon état
Application : éviter que les plantes soient trop Double action : désherbage, Nécessite un passage
développées afin de faciliter leur arrachement. nettoyage régulier
Rendement : selon l’infestation de mauvaises herbes sur Permet de balayer le trottoir L’appareil ne ramasse pas
le trottoir. La vitesse d’avancement est de 2 à 3 km/h.
Efficacité : pas de références
Coût d’utilisation : prix de l’appareil : environ 1800 €
* Les consommations en
plus consommation de carburant du moteur (assez
carburant n’ont pas été
faible).
évoquées pour les balayeuses
Communes utilisant cette technique : Bédée (35) car elles sont très variables.
Distributeur : Delourmel Cela doit être néanmoins
Route de Châtillon - Z.A Le Hil - BP 90133 pris en compte lors de
Rennes Cedex 2 l’investissement.
Tél : 02 99 05 20 42 • Fax : 02 99 05 20 36

n LE COMBINÉ «MULTI FONCTIONS »


Principe : de un à quatre outils vont gratter la surface
AVANTAGES INCONVÉNIENTS
du sol et permettre ainsi de déchausser les mauvaises
herbes. Suivant les outils il est par exemple possible Investissement Peut dégrader la structure
relativement faible du sablé
ratisser et rouler en même temps. Il est important
que les conditions météorologiques soient sèches Maniabilité et simplicité La largeur de 1,50 à 2,50 m
d’utilisation ne permet pas facilement de
pour éviter la repousse de l’herbe. Cet appareil
travailler des allées étroites
s’utilise uniquement sur des surfaces perméables et
peut nécessiter un damage de la surface après son
passage.
Application : utilisation sur des surfaces perméables
(allée, place sablée...). Eviter que les plantes soient
trop développées afin de faciliter leur arrachement.
Certaines communes conçoivent elles-mêmes leur
outil pour l’adapter à leur situation.
La vitesse d’avancement : 3 km/h
Rendement : 4500 m2/h
Efficacité : convient au surfaces stabilisées et larges
Coût d’utilisation : prix de l’appareil, de 2000 à
6700 € plus consommation de carburant du tracteur.
Communes utilisant cette technique :
les communes utilisant cette technique sur les
terrains de sport généralisent son emploi.

Décembre 2005 Guide des alternatives au désherbage chimique 10


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2.2 LE DÉSHERBAGE THERMIQUE
n DÉSHERBEUR PORTATIF À FLAMME DIRECTE (ORIGINE DE L’APPAREIL : FRANCE)

Principe : désherbage thermique à flamme directe. AVANTAGES INCONVÉNIENTS


L’appareil fonctionne au gaz propane en phase vapeur.
Investissement faible Risque important d’incendie
Le brûleur produit une flamme dont la température
est d’environ 1400° C. Le modèle présenté est porté Peut être placé dans un
véhicule pour faire de
(poids de l’ensemble 13 Kg), il existe sous forme
l’application en appoint
traîné. Le cube dure environ 5 heures. d’une autre intervention.
Application : le stade idéal est de 2 à 3 feuilles. Si les
Maniabilité et simplicité Nombre de passages
plantes sont plus développées, augmenter le temps d’utilisation important
d’application au niveau du collet de la plante.
La vitesse d’avancement est de 2 km/h.
La consommation en gaz : 5 heures pour 1 cube.
Efficacité : sur des surfaces imperméables,
8 passages par an. Sur des surfaces perméables,
8 passages par an.
Coût d’utilisation : prix moyen de l’appareil,
380 € TTC. Comme pour le modèle à rampe, il faut prendre
en compte la consommation de bouteilles de gaz.
Communes utilisant cette technique :
de nombreuses communes utilisent cette technique.
Distributeur : 2EBALM
Larriage • 30630 St-André-de-Roquepertuis
Tél : 04 66 39 83 29 • Fax : 04 66 39 91 15
RABAUD SA
Bellevue • 85110 Sainte Cécile
Tél : 02 51 48 51 51 • Fax : 02 51 48 51 53

n LE DÉSHERBEUR THERMIQUE HOAF (ORIGINE DE L’APPAREIL : FRANCE)


Principe : désherbage thermique à infrarouge. Distributeur : MME
L’appareil fonctionne au gaz propane en phase liquide. BP 48 • 51210 Montmirail
La réfection des rayons infrarouges se fait grâce à un Tél : 03 23 71 07 55 • Fax : 03 23 71 98 21
carter alvéolé. La température est d’environ 1000° C.
Les rayons infrarouges vont provoquer la destruction AVANTAGES INCONVÉNIENTS
de la plante par un choc thermique Investissement modéré Risque d’incendie
Application : le stade idéal est de 2 à 3 feuilles. Si les Maniabilité et simplicité Nombre de passages
plantes sont plus développées, augmenter le temps d’utilisation important
d’application. La vitesse d’avancement est de 2 à 3
km/h. La consommation en gaz, 6 heures pour une
bouteille, pour une largeur de 50 cm.
Efficacité : sur des surfaces imperméables,
8 passages par an. Sur des surfaces perméables,
8 passages par an.
Coût d’utilisation : prix de l’appareil, de 4 000 € à
9 000 € TTC selon la largeur.
Communes utilisant cette technique : Rennes (35),
Vezin-le-Coquet (35).

n DÉSHERBEUR À LANCE OU RAMPE À FLAMME DIRECTE (ORIGINE DE L’APPAREIL : FRANCE)


Principe : désherbage thermique à flamme directe.
Une flamme, issue de la combustion du propane va
permettre de détruire la végétation en provoquant
la dénaturations des protéines de la plante par
coagulation et provoque l’éclatement de la cellule.
Il existe plusieurs modèles à rampe et à lance.
Application : Le stade idéal est de 2 à 3 feuilles.
Si les plantes sont plus développées, augmenter le
temps d’application au niveau du collet de la plante.
La vitesse d’avancement est de 3 km/h. La
consommation en gaz est de 3 kg/heure et par Pour cette machine la bouteille de gaz dure
brûleur. environ une heure.

11 Guide des alternatives au désherbage chimique Décembre 2005


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Les alternatives au désherbage chimique


Efficacité : sur des surfaces imperméables : 5 Distributeur : 2EBALM
passages par an. Sur des surfaces perméables : 8 Larriage • 30630 St-André-de-Roquepertuis
passages par an. Tél ; 04 66 39 83 29 • Fax : 04 66 39 91 15
Coût d’utilisation : RABAUD SA
prix moyen du modèle à lance : 700 à 850 € TTC. Bellevue • 85110 Sainte-Cecile
Prix moyen du modèle à rampe : 2 600 à 6 200 € TTC. Tél : 02 51 48 51 51 • Fax : 02 51 48 51 53
À ceci s’ajoute la consommation de gaz, la consignation
des bouteilles (compter 11 € environ pour une mise AVANTAGES INCONVÉNIENTS
en consigne sur place). Investissement faible Risque important d’incendie
Communes utilisant cette technique : de plus en Maniabilité et simplicité Nombre de passages
plus de communes utilisent le désherbage à gaz. d’utilisation important

n LE WAÏPUNA (ORIGINE DE L’APPAREIL : NOUVELLE ZÉLANDE)

Principe : déserbage thermique à mousse. Ce AVANTAGES INCONVÉNIENTS


procédé utilise de l’eau et un additif (Foam) à base
Efficacité aussi intéressante sur des Prestation
d’amidon de maïs et de noix de coco. L’ensemble est surfaces perméables, que sur des de service
chauffé afin d’appliquer une mousse chaude sur la surfaces imperméables
végétation à détruire. La mousse disparaît au bout de
Nombre de passages comparables Disponibilité
15 minutes. au désherbage chimique foliaire du matériel
Application : le stade idéal est de 4 à 5 feuilles.
Vitesse d’avancement plus élevé Consommation
Si les plantes sont plus développées, augmenter le que le désherbage à vapeur importante d’eau
temps d’application au niveau du collet de la plante. et de carburant
La vitesse d’avancement est de 3 à 5 km/jour.
Concentration du Foam est 0,4 % pour les surfaces
perméables et 0,2% pour les surfaces imperméables.
Consommation en eau pour une lance : 500 l/h
Rendement par lance : 350 m2/h
Efficacité : sur des surfaces imperméables, 2 à 3
passages par an. Sur des surfaces perméables 3 à 4
passages par an.
Coût de la prestation : pour une journée, 1000 € HT.
À cela il faut ajouter la mise à disposition de l’eau :
compter 500 l par heure.
Communes utilisant cette technique :
• Lannion (22), Étables-sur-Mer (22).
• Douarnenez (29), Communauté de commune de
Brest (29), Morlaix (29), Camaret (29), Tregunc(29). Distributeur : PROSECO SARL
• Vezin-le-Coquet (35), Rennes (35), Dinan (35), Z.A Boissière • 29600 MORLAIX
Lehon, (35). Tél : 02 98 88 39 00 • Fax : 02 98 88 46 45

n L’AQUACIDE (ORIGINE DE L’APPAREIL : CANADA)

Principe : désherbage La consommation en eau est de 500 l/h.


thermique à eau chaude. La consommation en fuel est de 5.5 l/h. Le rendement
Son processus est basé est de 4 km de voirie ou 2000 m2/J (données
sur une forte température prestataires).
de l’eau (environ 95°C) Efficacité : pour des surfaces imperméables,
à faible pression (3.5 3 passages par an, pour une efficacité de 70 %. Sur
bars). L’eau chaude est des surfaces perméables, 5 à 6 passages par an, sur
pulvérisée sous forme une efficacité de 70 %
liquide sur la végétation
à détruire. L’eau est
chauffée grâce à une AVANTAGES INCONVÉNIENTS
chaudière qui fonctionne
Usage polyvalent : Investissement élevé
au fuel. Le générateur désherbage, nettoyage,
permet de rendre l’appareil désinfection des locaux
autonome. L’appareil est sanitaires
équipé d’une lance et d’une rampe de 30 cm. Maniabilité : désherbage des Consommation en eau
Application : le stade idéal est de 3 à 4 feuilles. Si trottoirs et des zones peu importante (400 à 500 l/h)
les plantes sont plus développées, augmenter le accessibles grâce à la lance.
temps d’application au niveau du collet de la plante. Efficacité sur surface Vitesse d’avancement faible
La vitesse d’avancement est d’environ 4 km/jour. imperméable

Décembre 2005 Guide des alternatives au désherbage chimique 12


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Coût d’utilisation : prix de l’appareil, 15 000 € HT. SARL Ropert Frères
Ne pas négliger la consommation de carburant. Allée de la mare - 56000 Vannes
Prix de la prestation, 450 € HT par jour la machine Tél : 02 97 63 57 28 • Fax 02 97 46 19 80
avec une personne plus une mise à disposition par Guer Paysage
la collectivité ou 800 € HT tout pris en charge par 6 rue des Tilleuls - 56380 Guer
l’entreprise. Dans les deux cas, prendre en compte la Tél : 02 97 22 17 13 • Fax : 02 97 22 17 13
consommation d’eau conséquente. Ateliers de l’Oust
Les entreprises de prestation de services : Z.A du gros chêne - 56460 SERENT
SARL F Savean et fils Bugueles Tél : 02 97 73 77 03 • Fax : 02 97 73 77 01
22710 Penvenan Distributeur :
Tél : 02 96 92 85 14 • Fax : 02 96 92 76 53 Technivert Jouffray Drillaud Espaces Verts
La Jourdanière 4 avenue de la CEE 86170 CISSE
BP 84123 - 35341 Liffre Tél : 05 49 54 20 60 • Fax : 05 49 54 20 61
Tél : 02 99 68 34 37 • Fax : 02 99 68 65 14

2.3 LE DÉSHERBAGE MANUEL


Il existe une grande variété d’outils pour désherber manuellement. La plupart dérive de 3 outils, que sont
la binette, le sarcloir et le couteau. Toutefois, il apparaît régulièrement sur le marché de nouveaux outils
présentant des adaptations et améliorations de ces outils basiques.

n LES OUTILS DISPONIBLES EN FRANCE


On dispose des binettes (à pousser ou non), des On trouvera également des couteaux à
ratissoires et des sarcleuses. Elles sont proposées désherber, des échardonnoirs et des « couteaux
avec un manche en bois traditionnel, ou se montent à asperges ». Ils se présentent soit à manche court
sur un même manche qui peut être ergonomique. soit sous forme d’outils à adapter sur des manches
Les outils à pousser sont moins fatigants et ils longs. Ces différents outils permettent une action
limitent la pose des pieds dans les parterres. En polyvalente. Placés dans le véhicule de terrain, ils
revanche, ils nécessitent plus de recul et conviennent sont disponibles pour un petit travail de désherbage
moins à des espaces confinés. OUTILS WOLF et ponctuel. L’outil le moins pénible reste le sarcloir.
GARDENA proposent, sur ce principe, des binettes et
sarcleuses.

n LES OUTILS DISPONIBLES HORS DE FRANCE

La jardinage étant pratiqué depuis fort longtemps Les binettes proches de


dans les pays anglo-saxons, il existe une grande l’outil traditionnel
variétés d’outils. Le HOE PLOW (USA) est un
outil polyvalent dont la forme
LES BINETTES permet plusieurs actions
Les lames en boucles pour arracher les indésirables
: trancher, crocheter, creuser.
Elles permettent de travailler
en sous-sol sans déplacer la Un outil similaire est le HO-MI Coréen, une binette
terre et sans risquer d’abîmer asiatique qui sert tout à la fois à faire des tranchées,
les pieds d’arbustes. creuser, planter, et désherber. Citons également le
Par exemple la CIRCLE HOE, NEJIRI GAMA (JP)
LE WEEDER ou le GARDEN
BANDIT (US) LES COUTEAUX ET ASSIMILÉS
On distingue deux catégories : les petites fourches à
Les dérivés de la binette
deux dents plus ou moins longues et ceux à lames
hollandaise
plus ou moins oblongues ; certains outils sont dotés
Ils s’utilisent plutôt en poussée des deux.
mais leurs petites lames
Les petites « fourches »
tranchantes sur tous les côtés
permettent une grande facilité • DAISY GRUBBER (GB,
de travail, ce qui les rendent très USA) : Ses pointes
pratiques dans les massifs. permettent d’arracher les
Différentes formes de lames racines.
existent, comme par exemple : • Couteau à Pissenlit (GB, USA) : dérivé du couteau à
• Le WINGED WEEDER (US) : en forme d’aile. asperge, utile pour les plantes à racines pivotantes
• Le DUTCH DISC WEEDER (NL) : en disque. et profondes.
• Le DUCK FOOT DIGGER(UK) : en triangle. • HOOK WEEDER (USA) : plus un crochet que des
• Le DIAMOND WEEDER : en losange. pointes, mais il permet de travailler dans des joints
• Le HEART HOE : en forme de cœur. de dalles par exemple.

13 Guide des alternatives au désherbage chimique Décembre 2005


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Les alternatives au désherbage chimique


• BALL WEEDER (GB) : la partie arrondie permet de à lames interchangeables et donc le corps permet
faire levier pour renforcer l’action des pointes. de faire levier pour arracher des plantes à racines
• WEEDIGGER : (USA) : existe avec un manche court profondes.
ou long.
• WEEDSCRAPER (NL) : deux « clous » au bout d’un
manche permettent de travailler entre dans les Cette présentation n’a pas vocation à
joints. être exhaustive, elle est surtout destinée à
• ANGLE WEEDER ou « arrache-tout » : permet ouvrir la réflexion. Ce peut être l’occasion de
de travailler dans presque toutes les situations, (re)découvrir des outils anciens parfois oubliés
possède une lame dentée, et comme la fourche à rumex.
une double pointe acérée. Et bien sur n’oublions pas ce que l’on peut faire
soi-même : par exemple utiliser une vieille lame
Les « couteaux »
de scie pour faire un outil à désherber « neuf »
• Le couteau à désherber : sa avec une lame en forme de boucle.
lame pointue finissant en
angle droit est idéale pour les
joints entre les dalles. LES DRESSES-
• Le couteau japonais « HORI- BORDURES
HORI » : il peut servir à tout : MÉCANIQUES
travailler le sol, planter, désherber.
• Le KUSATORI ICHIBAN : outil japonais très utile lui Le STEP-N-EDGE, et
aussi entre les dalles le STEPPIN’ EDGER
• DIGGIT (USA) : deux outils, une gouge et une lame permettent de
en angle pour travailler dans différentes situations. recalibrer des bordures
• WILCOX GARDEN TOOLS (USA) : différents modèles de gazon en utilisant
de gouges pour différentes taille de plantes. le poids du corps et
• Deux outils à trancher : le WEED CUTTER ou le un mouvement de
WEED WHIP. Ils ont une lame double dentée pour balancier.
arracher ou couper les
plantes.

LES OUTILS POUR M. JAULME, responsable du service Espaces


ARRACHER Verts de la Ville de QUEVEN (MORBIHAN)
• DUTCH CORK, SCREW trouvait que les binettes disponibles sur le
marché ne lui convenaient pas : trop souples
WEEDER et WEED TWISTER
ou pas assez résistantes. Lors d’une rencontre
(USA) fonctionnent sur le
avec le responsable d’AVRIL INDUSTRIE
même principe, on visse et
(MORBIHAN), il lui expose ses soucis et lui
on arrache.
explique ce qu’il attend d’une binette efficace.
• Le WEED HOUND : est une
Un prototype est né de cette discussion, essayé
pince avec un levier qui sert
aux services espaces verts de QUEVEN et
à arracher la plante avec
LORIENT.
les racines. 3 autres outils Aujourd’hui le PIC BINE est distribué par
sont des variantes : le WEED BULLY, le SPEEDY AVRIL INDUSTRIE (et utilisé par QUEVEN).
WEEDY ou l’ ENVIROWEEDER. C’est un outil robuste, en acier forgé, capable
• Avec le DANDELION WEEDER, l’arrachage se fait de crocheter les plantes
par l’action du levier. Le WEED TWISTER et le à racines pivotantes,
WEED HOOK ont un fonctionnement assez proche. mais aussi d’arracher
• Des outils hybrides permettent à la fois de travailler les plantes sur des
le sol et d’arracher ou trancher les plantes surfaces aussi dures
indésirables : le WEEDIVATOR et le SPORK ou que de l’enrobé.
le DUAL BLADE HOE.
LAZY DOG TOOLS Company (UK) propose un outil

n POUR EN SAVOIR PLUS, LES SITES INTERNET UTILES


Ë www.circlehoe.com/ Ë www.dualbladehoe.com/
Ë members.shaw.ca/gardenbandit/1/homehtm Ë www.cobrahead.com/splashpage.htm
Ë www.weedivator.com/ Ë www.diggitinc.com/
Ë www.hearthoe.com/ Ë www.hookweeder.com/
Ë www.spork.co.uk/ Ë www.flexrake.com/wetools.htm
Ë www.wingedweeder.com/ Ë www.weedlover.com/fr-index.html
Ë www.hoe-plow.com/ Ë www.hound-dog.com
Ë www.weedingtools.com/ Ë www.qpitools.com/

Décembre 2005 Guide des alternatives au désherbage chimique 14


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3 Avoir un autre regard sur la végétation spontanée


3.1 UNE PLUS GRANDE TOLÉRANCE VIS-À-VIS DE LA VÉGÉTATION SPONTANÉE
n Une plus grande acceptation de la végétation n D’une façon générale, nombreux sont les endroits où
spontanée est souhaitable. Il convient de l’intégrer l’on peut laisser s’épanouir la végétation spontanée.
dans les programmes d’entretien.
Par exemple, on pourra
partir du principe que si
de l’herbe colonise des
joints sur un trottoir,
le piétinement régulier
suffira sur la majorité de
la surface à contenir leur
pousse.
De surcroît, selon les
zones on peut la laisser
se développer plus
largement, et ne faire
qu’une intervention
mécanique de temps en n Les surfaces en-
temps. herbées sont de très
bons exemples.
n Ce trottoir est entiè- Plutôt que de voir une
rement colonisé. Le pas- « moquette » verte de
sage régulier des pié- janvier à décembre,
tons suffit à marquer le l’apparition de plantes
cheminement, le reste fleuries et différentes
de l’entretien se fera hauteurs de végétation
ponctuellement par un changent l’aspect du
simple passage de lieu au fur et à mesure
tondeuse. des floraisons.

3.2 DES « MAUVAISES HERBES » PLUTÔT SYMPATHIQUES


Le plus grand défaut des adventices est de pousser là où on ne les souhaite pas. Elles sont « mauvaises »
parce qu’indésirables. Différentes plantes spontanées présentent des qualités méconnues. Elles participent
à la biodiversité, attirent les insectes, améliorent les composts, etc. Elles peuvent par exemple jouer le rôle
d’indicateur de la nature du sol : en sols acides, on trouvera rumex et plantai. Les orties se développent
sur des sols riches en nitrates. Ces végétaux sont l’expression de la biodiversité qui existe malgré tout en
milieu urbanisé.
Parmi les plantes les plus couramment rencontrées, connaissez-vous certaines de leurs qualité ? On peut citer :

LE PISSENLIT (Taraxacum officinale) Il est médicinal : il stimule la


Il est consommable : sa racine se consomme en sécrétion de bile, soulage le foie,
purée. Grillée on peut en faire un substitut du café est efficace contre le cholestérol,
(comme la chicorée). Les feuilles se mangent en laxatif, diurétique, il purifie le
salade ou en soupe. Les boutons floraux peuvent se sang, etc. Il est riche en vitamines
conserver dans du vinaigre pour remplacer les câpres, A, B, C, PP, en calcium, en fer et
quant aux fleurs, très mellifères, elles entrent dans la en potassium.
confection d’alcools, de miel ou de confiture.
LA PAQUERETTE
(Bellis perennis)
Elle est consommable : Les feuilles se mangent
en salade. On peut également les utiliser pour faire
des soupes, sauces ou même pour agrémenter une
omelette. Les boutons floraux peuvent être mis en
conserve dans du vinaigre comme ceux du pissenlit.
Elle est médicinale : elle a une action anti-
inflammatoire et soulage le foie. En compresse, elle
peut soulager certaines douleurs. Elle contient de la
vitamine C.

15 Guide des alternatives au désherbage chimique Décembre 2005


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L’ORTIE (Urtica dioïca)

Les alternatives au désherbage chimique


Elle est consommable : les
feuilles peuvent être préparées
comme des épinards ou entrer
dans la composition de soupes,
relever des fromages.
Elle est médicinale : elle a une
action contre les rhumatismes,
les calculs urinaires, la goutte.
Elle est reminéralisante. Elle
contient des vitamines A, B, C,
E, K et du fer. le rhume, les troubles digestifs. Il contient des vitamines
A et C.
LE PLANTAIN (Plantago major, plantago media
ou plantago lanceolata) L’OSEILLE SAUVAGE (Rumex acetosa)
Il est consommable : les feuilles peuvent être Elle est consommable : comme l’oseille de jardin on
utilisées en petites quantités pour agrémenter les peut la préparer en omelette, en sauces, potages, la
salades, potages, sauces ou pâtisseries. Jeunes, elles servir avec des poissons.
se consomment comme des épinards. Elle est médicinale : elle soulage les démangeaisons,
Il est médicinal : Son suc est efficace contre les piqûres est diurétique, laxative. Elle est également riche en
d’insectes, pour faire des bains d’yeux, contre la toux ou vitamine C.

3.3 LES MAUVAISES HERBES, VUES PAR LES POÈTES ET ARTISTES DU PAYSAGES
Les poètes sont peut-être les mieux placés pour « Et qu’est-ce donc qu’une mauvaise herbe, sinon une
demander un droit de cité aux mauvaises herbes plante dont on n’a pas encore découvert les vertus ? »
comme a pu l’écrire Georges Brassens, dans une Pour le haut lieu du paysagisme qu’est le festival
chanson célèbre : international des jardins de Chaumont-sur-Loire, les
mauvaises herbes doivent avoir une nouvelle place
Je suis d’la mauvaise herbe, braves gens, braves gens. dans nos cités :
C’est pas moi qu’on rumine
et c’est pas moi qu’on met en gerbe, « ... Avec le thème « mauvaise herbe », le 12è festival
Je suis d’la mauvaise herbe, braves gens, braves gens, propose de creuser les effets botaniques et esthéti-
Je pousse en liberté dans les jardins mal fréquentés. ques d’une famille de plantes drôlement vigoureuses,
Et je m’demande pourquoi bon dieu, non cultivées, charmantes ou tout à fait « canailles » .
Ça vous dérange que j’vive un peu. Les paysagistes vont-ils succomber à la sauvage-
Et je m’demande pourquoi mon dieu, rie envoûtante de ces plantes souvent essentielles
Ça vous dérange que j’vive un peu à l’équilibre biologique d’un jardin ? Vont-ils exploiter
leurs ressources médicinales, gastronomiques,
Pour le poète et philosophe américain Ralph W. ornementales ou bien carrément militer contre les
Emerson : « mauvaises » ?... »

3.4 L’ATTITUDE DE PAYS VOISINS VIS-À-VIS DES PLANTES SPONTANÉES


La France fait plutôt figure d’exception dans son usage immodéré des pesticides. C’est le premier
producteur et consommateur européen de pesticides mais aussi le 2ème producteur mondial et le 4ème
consommateur mondial. Nos voisins européens ont une autre attitude vis-à-vis des plantes spontanées en
ville. Ils adoptent des solutions très différentes de la nôtre.

n EN ITALIE
Pays touristique par
excellence, pays de tradition 1 2
latine comme le nôtre, c’est
aussi un pays de tolérance
vis-à-vis des plantes
spontanées, y compris dans
des espaces de prestige.
Dès que le piétinement se
fait moins intense, elles se
développent entre les pavés,
au bord d’un canal de Venise
(1) ou sur la célèbre place del
Campo à Sienne (2).

Décembre 2005 Guide des alternatives au désherbage chimique 16


F2
n EN SUÈDE

A Stockholm, les habitants et les services d’entretien Les habitants s’en accommodent sans état d’âme.
n’utilisent pas de désherbant sélectif sur les Le passage régulier des piétons sur les trottoirs et les
pelouses. allées est considéré comme suffisant pour contrôler la
Les pissenlits se développent à foison dans les végétation spontanée (4).
pelouses (3) et les allées (1 et 2).

1 2 3

n AU PAYS-BAS

En ville, les plantes spontanées côtoient les plantes 1


horticoles sans heurter les citadins. C’est le cas au
pied des jardinières soignées de l’église et sur ce pont
de Gouda (3), le long des canaux de Leyden (6), aux
abords des fenêtres joliment décorées de Zwolle (5) ou
encore dans les ronds-points (1 et 2).
Cette attitude bienveillante encore limitée à quelques
grandes villes pilotes il y a 20 ans s’est généralisée
aujourd’hui jusque dans les villages ruraux (4, près
de Groningue).

2 4 6

3 5

n EN ESPAGNE
Autre pays de tradition latine, les plantes sauvages
sont présentes partout, dans les villages comme dans
les grandes villes, ici à Grenade.

17 Guide des alternatives au désherbage chimique Décembre 2005


F2
n EN GRANDE BRETAGNE n EN ALLEMAGNE

Les alternatives au désherbage chimique


Les jardins de ce pays sont parmi les plus réputés du La conscience écologique y est forte et la nature
monde et la diversité des plantes horticoles cultivées s’installe au centre des villes, comme ici à Berlin
est la plus vaste. Pour autant, les Britanniques ne dans le quartier des ambassades, sous le regard très
s’offusquent pas de voir les plantes sauvages prendre complaisant des habitants.
possession des pavés et même des jardins naturels.

Denis PEPIN
Textes et photos

Décembre 2005 Guide des alternatives au désherbage chimique 18

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