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19/12/2018

Risque :
• Danger
• Causant des dommages (dégâts)
aux personnes et/ou aux biens
En milieu médical

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Sang contaminé par le VIH


(1991, en France)
Le risque viral et les moyens
de contrôle
Dr Mohamed Rida TAGAJDID
Laboratoire de Virologie, Hôpital Militaire de Rabat
Faculté de Médecine et de Pharmacie de Fès
tagajdid@gmail.com

18 Décembre 2018 3 4

Ebola : Fièvre hémorragique


virale (épidémies mortelles) Introduction
 Les professionnels de santé ainsi que les patients
sont exposés au risque biologique, c’est-à-dire au
risque d’être en contact avec un agent infectieux
responsable d’une maladie
15000 décès (septembre 2014 et Mai 2015)
 Il existe d’une part un risque viral :
 Contact avec un virus (ex : matériel ou
échantillons contaminés par un virus)

 Mais également un risque bactérien et parasitaire


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Introduction Objectifs pédagogiques

 Connaître les circonstances d’exposition aux


Nécessité des mesures de virus
protection face au risque viral

 Décrire les principaux moyens de contrôle du


risque viral en milieu médical

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Partie I : le risque viral

Plan du cours I – Qui peut être contaminé ?

 Partie I : Le risque viral

 Partie II : La sécurité virale ou Moyens de


contrôle du risque viral Collectivité
Patient

Personnel
soignant

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Partie I : le risque viral Partie I : le risque viral

I – Qui peut être contaminé ? I – Qui peut être contaminé ?

 Personnel soignants :  Personnes recevant des soins


 Lors d’un accidents d’exposition au sang (AES) ou à (hospitalisés ou non) = infections
d’autres liquides biologiques associées aux soins (IAS)
 Hépatites B et C, VIH par le sang

 Cytomégalovirus par les urines et Ebola par la sueur  Transfusion (hépatite B, C et VIH)
 Chirurgie ou radiologie
 Par inhalation (transmission des virus respiratoires lors  Transplantation ou greffe
d’une auscultation ou d’une centrifugation) (Herpesviridae)
 Grippe, Virus respiratoire syncytial, rougeole,  Eau et aliments (Rotavirus)
oreillons…
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Partie I : le risque viral Partie I : le risque viral

II – Qu’est ce qui rend le risque plus


I – Qui peut être contaminé ? important ?
 Le groupe de risque du virus : Classes des virus
 Collectivités : selon leur dangerosité sur la santé et l’environnement

 Conjoints (par voie


sexuelle)
 Enfants (Grossesse)
 Collègues de travail…

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Partie I : le risque viral

Définition des groupes de risque des II – Qu’est ce qui rend le risque plus
agents biologiques pathogènes
important ?
Groupe de Risque infectieux Risque de Vaccin ou
Risque propagation dans la traitement  Le groupe de risque du virus : Classes des virus selon
collectivité efficace leur dangerosité sur la santé
(transmission)
1 Ne provoquent pas de pathologies
Ex : Virus végétaux  Autres facteurs qui augmente le risque :
2 Peuvent Peu probable oui
Ex : Hépatite A, provoquer une  Charge virale (si elle est élevée)

 Voie d’inoculation (seringue creuse)


herpesvirus maladie
3 Peuvent Possible généralement
Ex : Hépatite B et C, provoquer une possible  L’état immunitaire de l’hôte (en cas
VIH maladie grave d’immunodépression)
4 Provoquent une Elevé Non connu à ce
Ex: Ebola maladie grave jour

https://intranet.inserm.fr/quotidien/sante-
securite/Documents%20externes/3_PreventionRisques/3_Biologique/Inserm_DrhBCPR_MicroorganismesPathogenes_ 15 16
Classification_Virus.pdf

Points importants Plan du cours


 Qui peut être contaminé ?  Partie I : Le risque viral
 Personnel soignants

 Patients

 Collectivités
 Partie II : La sécurité virale ou Moyens de contrôle du
risque viral
 Qu’est ce qui rend le risque viral plus important ?  Précautions standards

 Le groupe de risque du virus (voir tableau diapo 24)  Équipements de protection individuelle (EPI)

 La charge virale (si elle est élevée)


 Confinement des activités à risque
 La voie d’inoculation (seringue creuse)
 Sécurité des produits sanguins, des greffons et des
 L’état immunitaire de l’hôte (en cas
d’immunodépression) transplants
 Prévention des infections nosocomiales

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Partie II : Contrôle du risque viral

I – Précautions standards
 Matériels à usage unique (seringues jetables par
exemple)

 Ne pas pipeter les solutions à la bouche (utiliser des


pipettes)

 Ne pas recapuchonner les aiguilles +++

 Lavage des mains avec du savon ou friction avec la


solution hydro-alcoolique

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Partie II : Contrôle du risque viral

Les types des déchets


I – Précautions standards
 Trier les déchets d’activités de soins à risque
infectieux (DASRI)

 Décontaminer les surfaces souillées par du sang


avec de l'eau de Javel fraîchement diluée à 10 %

 Vaccination du personnel : hépatite B, grippe,


Rougeole…

 Connaître la conduite à tenir en cas d’AES (voir la


partie du cours dédiée aux AES) Déchets ménagers DASRI non DASRI piquants et
coupants et non tranchants
21 tranchants 22
22

Partie II : Contrôle du risque viral

II – Equipements de protection
individuelle
 Gants :
 Retirer les gants avant d’utiliser des objets quotidiens
(téléphone, portes…)
 Se laver les mains après le retrait des gants

 Masques : bien faire adhérer sur les joues, le nez et le


menton
 Masque chirurgical (ne laisse pas le pathogène sortir)

 Masque de filtration contre les particules ou FFP (ne


laisse pas le pathogène entrer)

 Blouse : Ne pas porter les blouses de laboratoire en


dehors du laboratoire; ne pas les ramener chez soi

 Lunettes, combinaisons,… 23 24

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Partie II : Contrôle du risque viral


Niveau de sécurité biologique 2
III – Confinement des activités à
risque
 Accès réglementé et limité au personnel du service

 Locaux en dépression

 Filtration de l’air par des filtres

 Poste de sécurité microbiologique (PSM)

PSM

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Niveau de sécurité biologique 3 Niveau de sécurité biologique 4

27 28

Partie II : Contrôle du risque viral Partie II : Contrôle du risque viral

IV – Sécurité des produits sanguins, V – Prévention des infections


des greffons et des transplants nosocomiales
 Sélection des donneurs (on élimine les personnes  Isolement technique et géographique : infection
ayant des comportements à risque comme les respiratoire ou digestive, Ebola
usagers de drogues, une hépatite aiguë ou
chronique, un syndrome d'immunodéficience acquise
(SIDA), un cancer…)  Hygiène de l’eau et des aliments : Rotavirus, Hépatite A

 Sérologies et charges virales :  Immunisation : vaccins (Hépatite B, Grippe)


 Hépatite B, C et VIH
 Herpesviridae…  Dépistage (personnes asymptomatiques)

 Inactivation virale par la chaleur, les radiations pour


certains produits 29 30

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Points importants
 Moyens de contrôle du risque viral
 Précautions standards
Accidents d’exposition au sang
 Lavage des mains, tri des déchets… ou AES
 Équipements de protection individuelle (EPI)
 Masques, gants, blouse…
 Confinement des activités à risque Dr Mohamed Rida TAGAJDID
 PSM, locaux en dépression… Laboratoire de Virologie, Hôpital Militaire de Rabat
 Sécurité des produits sanguins, des greffons et Faculté de Médecine et de Pharmacie de Fès
des transplants
 Sélection des donneurs, sérologies et charges virales… tagajdid@gmail.com
 Prévention des infections nosocomiales
 Isolement, vaccinations…
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Risque de transmission virale après un AES


I – Définition
 Tout contact percutané avec du sang ou liquide biologique

 Urgence médicale
Risque plus faible

 Sujet exposé : celui ayant été en contact avec du sang ou


des sécrétions

 Sujet source : patient ou personne susceptible d’être


porteuse de virus

 60 % du personnel avait été victime d’au moins un AES


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II – Gestes à faire III – Prise en charge de la victime


 Nettoyer à l’eau et au savon puis rincer  Si Patient source VHB +:
 Victime vaccinée et protégée: Pas de geste en urgence
abondamment
 Victime non vaccinée : Immunoglobulines + vaccin

 Désinfecter 10 minutes par trempage ou


 Si Patient source VHC + :
Pansement (BETADINE)  Pas de traitement en urgence

NB: Si projection sur une muqueuse ou sur les yeux : 10  Suivi et traitement si VHC aigue

minutes, eau ou sérum physiologique


 Si patient source VIH +:
 Contacter un médecin référent (sérologies immédiates  Estimation du risque

pour le patient source VIH +++, VHB et VHC et en moins  Trithérapie dans les 4 H (maximum 48H), pendant 4 semaines

de 7 jours pour le personnel soignant, d’autres examens


seront également prescrits) 35 36

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Points importants

 Tout contact percutané avec du sang ou liquide biologique est un


AES, c’est une urgence médicale
Tout contact avec le patient doit être
 Gestes à faire : considéré comme potentiellement
 Nettoyer à l’eau et au savon puis rincer abondamment contagieux
 Désinfecter 10 minutes par trempage ou Pansement (Alcool 70°,

BETADINE)
NB: Si projection sur une muqueuse ou sur les yeux : 10 minutes,
eau ou sérum physiologique
 Contacter un médecin référent (sérologies immédiates pour le

patient source VIH +++, VHB et VHC et en moins de 7 jours pour le


personnel soignant)
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Question 1 : Que proposez vous en urgence ?


Cas clinique (Plusieurs réponses possibles)

 Après une nuit de garde, un chirurgien ORL  A. Je demande au chirurgien de ne pas reprendre
réalise une laryngectomie partielle chez un patient intervention et de se désinfecter
alcoolo-tabagique, pour un cancer du larynx. Lors  B. je suis occupé, le chirurgien me rappellera plus
du changement de gants en milieu d’intervention, tard
il se rend compte qu’il y a du sang sous sa paire de  C. je fais réaliser un test VIH rapide pour le patient
gants. Il pense qu’il s’est piqué avec l’aiguille à source, immédiatement
suture. Il vous appelle pour savoir ce qu’il faut faire.  D. J’attends que le patient puisse donner son accord
pour prélever
 E. Je fais faire une sérologie VHB, VIH et VHC
au chirurgien dans les 8 jours post accident

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Question 2 : Les éléments suivants auraient-ils été


de nature à réduire le risque ?
(Plusieurs réponses possibles) Conclusion
 Le risque viral est important en milieu médical
 A. Utiliser deux paires de gants au lieu d’une paire
 B. Utiliser une aiguille à suture non creuse
 Les moyens de contrôle du risque viral doivent être
 C. Laver et désinfecter immédiatement
combinés selon le niveau du risque :
 D. Respecter le repos de sécurité
 Précautions standards
 E. Faire les sérologies virales au patient avant
l’intervention  Équipements de protection individuelle (EPI)

 Confinement des activités à risque

 Sécurité des produits sanguins, des greffons et des

transplants
 Prévention des infections nosocomiales

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Références Lexique

 D. Ingrand. Les antiviraux : in : A Mammette. Virologie Médicale  Locaux en dépression : salles ayant une pression négative grâce à
édition 2002. p 173-185 un système d’aspiration placé au toit de la salle, l’objectif est que
 F. Barin. La sécurité virale des médicaments d’origine biologique. aucun pathogène ne quitte la salle (réduit le risque viral)
Annales Pharmaceutiques Françaises (2008) 66, 129—139
 OMS. Manuel de sécurité biologique en laboratoire. Troisième édition.  Poste de sécurité microbiologique : c’est une enceinte destinée à
2005 assurer la protection de l'utilisateur et de l'environnement contre les
 Prise en charge des accidents d’exposition sexuelle et au sang (AES) dangers liés aux aérosols dans la manipulation de micro-organismes
chez l’adulte et l’enfant (septembre 2017). Groupe d’experts pour la dangereux
prise en charge du VIH. Pr Morlat (CNS, ANRS).
 Cours de virologie systématique sur la sécurité virale (DU de Pasteur  Isolement : Les mesures d’isolement ont pour objectif d’établir des
Paris, 2010) barrières à la transmission de micro-organismes d’un patient à un
autre patient, d’un patient à un personnel soignant, d’un personnel
soignant à un patient ou encore de l’environnement au patient
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Lexique Abréviations

 Dépistage : consiste à rechercher une ou plusieurs maladies chez  VIH : Virus de l’immunodéficience humaine
les individus d'une population donnée sans signes cliniques  VHB : Virus de l’hépatite B
apparents
 VHC : Virus de l’hépatite C
 Nettoyer : se débarrasser de la saleté visible (exemple du nettoyage  CMV : Cytomégalovirus
des assiettes à la maison). Un bon nettoyage est indispensable  EPI : Équipements de protection individuelle
avant tout processus de désinfection ou de stérilisation.  AES : Accident d’exposition au sang
 IAS : Infections associées aux soins
 Désinfecter : réduire le nombre de pathogènes sur une surface ou
 DASRI : Déchets d’activités de soins à risque
un objet inanimé à l'aide de la chaleur, de produits chimiques
(désinfectants), ou des deux
infectieux
 PSM : Poste de sécurité microbiologique
 Stériliser : détruire tous les microorganismes présents dans ou sur
un objet souvent par la chaleur 45 46

Questions

• Citer 3 facteurs qui rendent le risque viral plus


important ?
• Décrire sous forme d’un tableau les quatre groupes de
risque des virus. ANNEXES
• Quels sont les moyens de protection contre le risque
viral. Illustrer avec un exemple pour chaque mesure.
• Définir un AES et énumérer les trois étapes de la prise
en charge.

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Retrait des gants

 Saisir par la bordure extérieure près du poignet. Veiller à ne pas toucher le


poignet avec la main gantée
 Tirer le gant loin de votre corps de façon à le retourner
 Le tenir avec la main gantée
 Insérer le doigt déganté sous le poignet du gant qui reste, veillant à ne pas
toucher l’extérieur du gant.
 Tirer de l’intérieur
 Jeter les gants
Règles de base du laboratoire 49  Se laver les mains soigneusement 50
50

Les différents niveaux de


confinement des laboratoires

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