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Chapitre 1

Les Assemblages

1.1 Généralités

Contrairement au béton armé, la charpente métallique est un système de construction


utilisant des éléments préfabriqués en usine. A ce titre le problème des assemblages des
éléments entre eux est fondamental. Ces assemblages doivent être capables de transmettre les
efforts d’un élément à un autre sans subir des dommages qui les rendraient inapte à leur
fonctionnement.
Les principaux assemblages que l’on rencontre sont :
 poutrelles (solives) sur poutres maîtresses
 poutres sur poteaux (1)
 joints de continuité ( poutre - poutre ou poteau - poteau ) (2)
 poteaux sur leur béton d’assise (3)

(2)

(1)
(3)

Dans la construction métallique, on utilise trois types d’assemblage qui sont :


 le soudage,
 le boulonnage ordinaire,
 le serrage contrôlé par boulons HR (boulons précontraint)

1.2 Assemblage par soudure


1.2.1 Généralités
Ce procédé d’assemblage utilise la propriété de fusion et refroidissement des métaux.
La soudure par fusion consiste à obtenir l’assemblage des pièces par une fusion locale,

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intéressant la surface du métal à souder, et une baguette de métal d’apport, qui, après fusion et
refroidissement, constitue le cordon de soudure.

1.2.2 Les procédés de soudage en construction métallique


Les procédés de soudage sont nombreux parmi lesquels on peut citer :
a) Soudure aux gaz : La soudure aux gaz est faite au chalumeau en utilisant un métal
d’apport (baguette) qui a la même qualité que celui des pièces à souder. Ce procédé ne nécessite
pas une installation coûteuse mais il a l’inconvénient de provoquer des déformations
importantes, difficiles à faire disparaître, surtout lorsqu’il s’agit de panneaux de grandes
dimensions.
baguette cordon de soudure

chalumeau

Gaz : oxygène et acétylène pièces à souder

b) Soudure à l’arc électrique : c’est le procédé le plus couramment utilisé en construction


métallique. Ce type d’assemblage nécessite l’installation d’un poste de soudure de 10 à 12 Kw et
exige une meilleure préparation des surfaces à souder. Ce procédé a l’avantage de provoquer des
déformations beaucoup moins importantes que le premier procédé.
pince porte électrode
électrode (métal d’apport en acier doux
a=1,5  8mm et L=40 cm  1 m)
poste -
câble de soudage
de
soudage +

pièces à souder
prise de masse

c) Soudure par pression : c’est un procédé d’assemblage discontinu ; la chaleur nécessaire


pour l’obtention de la soudure est engendrer par le courant traversant les pièces soit bout à bout,
soit en recouvrement. Le soudage est obtenu en maintenant en contact et en exerçant une
pression.

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F F : force de pression

1.2.3 Catégories de soudure


Elles sont classées suivant la configuration des cordons de soudure.
a) Cordons bout à bout : normaux ou obliques par rapport à la direction de l’effort.

b) Cordons d’angles :
Frontaux : normaux à la direction de l’effort,
 latéraux : parallèles à la direction de l’effort,
 obliques : inclinés à la direction de l’effort.

1.2.4 Vérification à la résistance des soudures


a) Soudures bout à bout : aucun calcul n’est exigé à condition de prendre des
dispositions réglementaires concernant les pièces à souder. On peut citer :

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 Soudure droite

t < 6 mm
d=1 à 3 mm

Lorsque l’épaisseur des pièces à souder est supérieure à 6mm , il faut dans ce cas réaliser
des chanfreins sur les rives d’assemblage. Ceci peut se faire selon les cas de soudure
suivants :

 Soudure en V et X
60° 60°

e=5 à 15 mm t=12 à 40 mm c
c
d=2 mm d=2 mm

 Soudure en K
50°

e=12 à 40 mm c

d=2 mm

 Soudure en U ou double U t/2


t/2
t=10 à 25 mm t=12 à 40 mm c
c
d=2 mm
d=2 mm

N.B : Pour les soudures avec chanfreins c = min(3mm,t/5)

b) Soudures d’angle
Ce type de soudure est réglementé par les règlements en vigueur (CCM97, EC3). Les cordons de
soudure peuvent être frontaux, latéraux ou obliques.

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Chapitre 1 Les assemblages
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On dénote a x L section résistante à faire intervenir dans les calculs.


Avec : L longueur utile du cordon de soudure
a épaisseur utile du cordon de soudure

 Epaisseur du cordon : elle est fonction de l’épaisseur minimale des pièces à souder.

t (mm) 4 6 7 8 10 12 14 16 18 t2
a (mm) 3 4 5 6 7 8 10 12 14

t = min (t1, t2) t1


a

) Formule fondamentale
F

  

//
//

Les dimensions du cordon doivent satisfaire à la condition :

 
 2  3  2   2// 
fu
 w . Mw

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avec :
F : effort pondéré à chaque cordon supposé centré au milieu de la longueur du cordon
 : contrainte normale ou composante à la section résistante a x L
 : composante dans le plan a x L à l’axe longitudinal du cordon
// : composante dans le plan a x L // à l’axe longitudinal du cordon
 w : coefficient de correction
Mw : coefficient de sécurité

Les coefficients  w et Mw sont variables selon la nuance de l’acier :

Nuances d’acier
Mw w Mw.  w
fy (MPa) fu (MPa)
235 360 1,25 0,80 1,00
275 430 1,30 0,85 1,10
355 510 1,35 0,90 1,20

1 MPa = 10 daN/cm2

 ) Formules d’application aux cordons reliant des pieces orthogonales :

 .1 Cordons frontaux
 
1 1
 // 
F
L F

En utilisant la formule de base, on aura :

F 2
a.L   w . Mw
fu

 .2 Cordons latéraux
La formule de résistance du cordon s’écrit :

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F 3 F
a.L   w . Mw
fu

 .3 Cordon oblique faisant un angle  avec la direction de l’effort

La formule de résistance du cordon s’écrit :

F 3  sin  2
a.L   w . Mw
fu L  F

) Formules d’application aux cordons reliant des pièces obliques


.1 Cordons frontaux
2F
Les deux cordons doivent satisfaire aux deux formules suivantes :
- Pour le cordon situé dans l’angle aigu

F 2  sin  
a.L  w . Mw
fu
- Pour le cordon situé dans l’angle obtus

F 2  sin 
a.L  w . Mw
fu

.2 Cordons latéraux


F
La formule de vérification des cordons s’écrit :

F 3
a.L  w . Mw
fu

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.3 Cordons obliques faisant un angle  avec la direction de l’effort


Les deux cordons doivent satisfaire aux deux formules suivantes :
- Pour le cordon situé dans l’angle aigu

F 3  1  sin . sin  2


a.L   w . Mw
fu

- Pour le cordon situé dans l’angle obtus F

F 3  1  sin . sin  2
a.L   w . Mw
fu

) Formule enveloppe (sécuritaire)


Quelle que soit l’orientation de l’effort et du cordon de soudure, on peut appliquer la formule
simplifiée suivante :

F 3
a.L   w . Mw
fu

) Liaison des cornières à un gousset par des cordons latéraux

L1

F F1 F
a
b
F2

L2

On a : F = F1 + F2
b
F1  F  K1F
 a  b
a
F2  F  K2 F
 a  b
Pour les différents types de cornières, on peut avoir les coefficients K1 et K2 selon le tableau
suivant :

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Type de cornières Schémas K1 K2


à ailes égales 0,7 0,3

0,75 0,25
à ailes inégales
0,65 0,35

On a : - Pour double cornières


F 3 L L
a.L   w . Mw   L = 2 (L1 + L2)  L1  K1 et L2  K
fu 2 2 2
- Pour simple cornières
 L = (L1 + L2)  L1   L. K1 et L2   L. K2

) Combinaisons de cordons
.1 Cas général
On détermine un ensemble d’efforts appliqués au milieu de chaque cordon capable
d’équilibrer les sollicitations exercées sur l’assemblage et on vérifie au moyen des formules
précédentes que chaque cordon peut supporter l’effort qui lui revient.

.2 Attache d’une poutre sur un poteau

L1

L2
N
L3

V M

L’assemblage est supposé soumis à un système de force réductible à :


- Une force N normale au plan de contacte et passant par le c.d.g de la section.
- Une force V situé dans le plan de contacte et passant par le c.d.g de la section.
- Un couple M
Pour simplifier les calculs, on peut admettre l’hypothèse suivante :
- La force N se repartie uniformément entre tous les cordons.
- Les cordons d’attache de l’âme équilibrent la force V.
- Les cordons d’attache des semelles équilibrent le couple M.

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Dans le cas où les attaches sont symétriques / à l’axe du couple M, l’application de la


méthode aboutit aux formules suivantes :
L1 = b
b  tw
 L i .a i =2L1a1 + 4L2a2 +2L3a3 avec : L2 
2
L3 = h – 2tf
 Pour les cordons assemblant les semelles et le poteau

 N M.h  fu
2  
  Li .a i L1.a1.h  2L 2 .a 2 h  2 t f    w . Mw
2 2

 Pour les cordons assemblant l’ âme et le poteau

2
 N 
2
 
2   3 V   f u
  L .a   2L .a   w . Mw
 i i   3 3

1.3 Assemblage par boulons ordinaires tête de la vis


Pièce 1
1.3.1 Généralités
Un boulon ordinaire est une pièce constituée d’une tige à
tête et d’un écrou. C’est un moyen d’assemblage destiné à
serrer les pièces entre elles.
Ce type d’assemblage est surtout utilisé en cas filetage Pièce 2
d’articulation ( M = 0 ).
Exemple 1 : Assemblage d’une solive sur une poutre écrou

Solives

Cornières d’attache
Solive
Poutre
détail 1

Détail 1

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Exemple 2 : Attache des diagonales d’une palée de stabilité


Détail 2

poutre

gousset

diagonales

Détail 2

1.3.2 Principe du boulon ordinaire


Le serrage des boulons ordinaires n’étant pas contrôlé, il est impossible de prévoir le
frottement occasionné. Pour cette raison, les boulons ordinaires sont calculés au cisaillement
en cas de glissement des pièces et à l’arrachement au cas où les pièces tendent à se séparer
l’une de l’autre.

1.3.3 Caractéristiques et prescriptions réglementaires sur les boulons ordinaires


a) Notations
d : diamètre du boulon
d0 : diamètre du trou
p1 : distance entre-axes des boulons dans le sens de l’effort de cisaillement
p2 : distance entre-axes des boulons dans le sens perpendiculaire à l’effort de cisaillement
e1 : pince longitudinale (distance entre le boulon de bord et le bord de la pièce dans le
sens l’effort de cisaillement)
e2 : pince transversale (distance entre le boulon de bord et le bord de la pièce dans le
sens perpendiculaire à l’effort de cisaillement)
t : épaisseur minimale des deux pièces à assembler
V* : effort de cisaillement sur un boulon et par section cisaillée
N* : effort d’arrachement sur un boulon

b) Classes et contraintes des boulons

Classe de qualité 4-6 4-8 5-6 5-8 6-8 8-8 10 - 9

fyb (daN/cm2) 2400 3200 3000 4000 4800 6400 9000

fub (daN/cm2) 4000 4000 5000 5000 6000 8000 10000

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c) Diamètres et sections résistantes


diamètre du boulon d
8 10 12 14 16 18 20 22 24 27 30
(mm)
Section de la tige lisse
50,2 78,5 113 154 201 254 314 380 452 572,6 706,9
A (mm2)
Section résistante
36,6 58,0 84,3 115 157 192 245 303 353 459 561
As (mm2)

d) Perçage des trous des boulons


d0 = d + 1mm d  14 mm
d0 = d + 2 mm 16 mm  d  24 mm
d0 = d + 3 mm   27 mm

e) Prescriptions réglementaires d’exécution


) Entre-axes des boulons p
p1  2,2 d0 et p2  3 d0
e2

 ) Pince longitudinale e1 p2

1,2 d0  e1  max (12 t ; 150 mm)

) Pince transversale e2 t1 e1 p1 e1
t2
1,5 d0  e2  max (12 t ; 150 mm)
t = min(t1 , t2)

f) Pression diamétrale
C’est la vérification de la surface du métal en contact avec la tige du boulon

d
V
Fb p1 
t1 d.t1
Fb
t2
V
p2 
d.t 2

d.t
Si t = min (t1, t2)  On aura à vérifier : Fb  Fb ,Rd  2,5..f u
 Mb

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avec Fb : effort de cisaillement sollicitant un boulon


e p 1 f 
 : coefficient pris égal à :   min  1 , 1  , u , 1
 3d 0 3d 0 4 f ub 
fu : limite ultime des pièces à assembler selon la nuance
fub : limite ultime des boulons selon leur classe
Mb : coefficient de securité (boulons sollicités au cisaillement : Mb = 1,25)

1.3.4 Résistance des boulons ordinaires aux efforts appliqués


a) Résistance à la traction : Lorsque le boulon travaille à l’arrachement
Pour le boulonnage ordinaire, il n’est pas tenu compte du frottement occasionné entre les
pièces assemblées. La présence d’un effort de traction tend à écarter les pièces.
On aura alors la formule suivante :
0,9.f ub .A s
N *  Ft ,Rd 
 Mb
N
Avec :
N
N* : effort normal de traction par boulon N * 
nb
As : section résistante
fub : limite ultime des boulons selon leur classe
Mb : coefficient de securité égal à 1,25

b) Résistance au cisaillement :
La présence d’un effort de cisaillement tend à cisailler
la section du boulon. On aura alors la formule V V
suivante :
 pour les classes 4-6 , 5-6 et 8-8 :

0,6.f ub .A s
V *  Fv,Rd 
 Mb

 pour les classes 4-8 , 5-8 , 6-8 et 10-9 : nsc = 1 (nbre de pièces -1)

0,5.f ub .A s
V *  Fv,Rd 
 Mb

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avec :
V
V* : effort de cisaillement par boulon et par section cisaillée  V * 
nb.nsc
Mb : coefficient de securité égal à 1,25
nb : nombre de boulons
nsc : nombre de sections cisaillées V

exemple : attache d’une diagonale sur un gousset


nb = 3
nsc = np - 1 = 2 gousset
V
V* 
6
np = 3

R
c) Résistance à un effort incliné de composantes N et V :
V
L’assemblage est soumis à un effort R incliné de
composante un effort d’arrachement N et un effort de
cisaillement V. On aura à vérifier l’expression suivante:

V* N*
 1
Fv ,Rd 1,4Ft ,Rd
N

d) Résistance à un moment de torsion M


Le moment de torsion sollicite l’assemblage par des efforts de cisaillement dont
l’équilibre sera assuré par les boulons.

 Cisaillement due au moment de torsion Mt


F1
Soit F1 ,F2, ...., Fn les efforts de cisaillement dans les
boulons et d1 , d2,......,dn les distances correspondants par d1 d1
F2 F1
rapport au centre de gravité des boulons.
d2 d2
D’après la relation de Navier, on peut écrire :
F1 F2
d1 d1
F1 F F
 2 ......  n
d1 d 2 dn
F1

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et on a : Mt = n1F1d1 + n2F2 +........+ nnFndn

 Mt 
F1
d1

n 1d1  n 2 d 2  .....  n n d n
2 2 2

M t .d 1 M t .d 1
 F1  
n d
1 1
2
 n 2 d 2  .....  n n d n
2 2
 d i
2

F1 M t .d 1 0,6.f ub .A s 0,5.f ub .A s
 V*    V *  Fv ,Rd  ou V *  Fv ,Rd 
nsc nsc. d i 2  Mb  Mb

N.B :  F1 étant l’effort de cisaillement maximal sollicitant le boulon le plus éloigné


 V* étant l’effort de cisaillement maximal par boulon et par section cisaillée

1.4 Assemblage par boulons Précontraints ( ou boulons HR à serrage contrôlé )


1.4.1 Généralités
tête de la vis
L’assemblage à serrage controlé permet de tenir compte
rondelle Pièce 1
dans l’evaluation de la capacité portante du frottement entre
les pièces assemblées. Dans ce cas, le cisaillement est repris
par les surfaces en contact ( pas de cisaillement dans les tiges
des boulons).
Ce type d’assemblage est utilisé surtout en cas
d’encastrement d’une poutre sur un poteau ou encore dans les rondelle
Pièce 2
couvres-joints ( presence d’un moment M ≠ 0 ).
Exemple 1 : Assemblage d’une poutre sur un poteau par platines d’extrémité

(b) (d) d
(c)

(a) b

(a) (b) (c) (d)

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Chapitre 1 Les assemblages
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Exemple 2 : Les couvre-joints

Détail du couvre-joint

7.4.2 Principe du boulon HR


Les boulons HR ou à serrage contrôlé sont de formes et de dimensions normalisées identiques
aux boulons ordinaires, mais transmettent les efforts de cisaillement de manière différente : le
serrage des pièces à la clé dynamométrique, assure une transmission par frottement des faces en
contact des pièces assemblées suivant la formule du frottement :
Fp
.Fp
FS,Rd  F
 MS FS,Rd
Fp
avec :
FS,Rd : effort résistant au glissement par boulon et par plan de frottement
 : coefficient de frottement
EC3 prévoit 4 classes de surfaces normalisées qui sont :
- Classe A : surfaces grenaillées ou sablées   = 0,5
- Classe B : surfaces grenaillées ou sablées et peintes   = 0,4
- Classe C : surfaces brossées ou traitées au chalumeau   = 0,3
- Classe D : surfaces non traitées   = 0,2
Fp : effort axial de serrage du boulon HR donné par : Fp  0,7.A s .f ub

MS : coefficient de sécurité pris égal à :


MS = 1,25  vérification à l’ELU

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Chapitre 1 Les assemblages
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1.4.3 Application de l’effort de précontrainte :


Le serrage des boulons se fait par rotation de l’écrou grâce à une clé dynamométrique (le couple
de serrage est mesuré). Ce dernier est donné par la formule:
C  K.d.Fp m.Kg 
Où: K = 0,17 à 0,19
d : diamètre du boulon
Fp  0,7.A s .f ub

Exemple : Boulon HR 8-8 , fub = 8000 daN/cm2


d = 20 mm  As = 2,45 cm2  C 46,6 m.Kg

1.4.4 Caractéristiques mécaniques et diamètres des boulons HR


Il existe deux classes de boulons HR, définies en fonction de leur limite d’élasticité fyb et de leur
contrainte de rupture fub.
- les boulons HR-1 ou HR 10-9
- les boulons HR-2 ou HR 8-8

Repère appellation fub (MPa) fyb (MPa) Allong. Tige %

HR 1 HR 10-9 1000 900 ≥8

HR 2 HR 8-8 800 640 ≥ 12

 Diamètres et sections résistantes

diamètre du boulon d
8 10 12 14 16 18 20 22 24 27 30
(mm)
Section de la tige
50,2 78,5 113 154 201 254 314 380 452 572,6 706,9
lisse A (mm2)
Section résistante
36,6 58,0 84,3 115 157 192 245 303 353 459 561
As (mm2)

1.4.5 Calculs des assemblages par boulons HR


On distingue quatre types principaux d’assemblage qui sont :

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a) Assemblage sollicité au cisaillement pur


V
Soit V l’effort de cisaillement par boulon, on a :
*
T

k s .m..Fp
V *  FS,Rd 
 MS

V
où : V* =
nb
ks : coefficient fonction des dimensions des trous de perçage
 ks = 1 pour les perçages normalisés (voir boulons ordinaires)
 ks = 0,85 pour les perçages surdimensionnés
d0 = d + 3 mm  d  14 mm
d0 = d + 6 mm  16 mm  d  24 mm
d0 = d + 8 mm  d  27 mm
 ks = 0,7 pour les perçages oblongs
m : nombre de plan de glissement ou frottement
 : coefficient de frottement selon la classe de l’assemblage
Fp : effort axial de serrage du boulon HR donné par : Fp  0,7.A s .f ub

MS : coefficient de sécurité  à l’ELU : MS =1,25  perçages normalisés


MS =1,4  perçages oblongs

b) Assemblage sollicité à un effort de traction


Soit N* l’effort de traction par boulon, on a :
N N
N *  Fp  0,7.A s .f ub

N
où : N* =
nb

c) Assemblage sollicité par un effort incliné de composantes F et N


V R
La condition de résistance à l’effort incliné R est :

k s .m.
V *  FS,Rd 
 MS

Fp - 0,8N *  N

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d) Assemblage sollicité par un moment fléchissant, un effort tranchant et un effort normal

i) Assemblages frontaux par platine d’extrémité

V N
M Axe de rotation

Hypothèses : - Axe de rotation passe au niveau du c.d.g de la semelle inférieure


- M, N, T superposition des efforts

- Effet de N

N se repartit équitablement entre tous les boulons

N
NN 
*

nb

- Effet de V

V se repartit équitablement entre tous les boulons

V
VV 
*

nb

- Effet de M

M est un couple : les boulons seront calculés à l’effort de traction crée par M.

Equilibre de Navier : 2F1

M  2F1 .d 1  2F2 .d 2  .......  2Fn .d n 2F2


F1 F2 F 2F3
  .......  n
d1 d 2 dn 2F4 Axe de rotation
d d
F2  F1 2 ..... Fn  F1 n
d1 d1

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Chapitre 1 Les assemblages
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2F1 2
d1

d 1  d 2  .....  d n  M
2 2
  F1 
M.d 1
2 d i
2
 N *M  F1

 Effort sollicitant le boulon le plus éloigné :


- Effort de cisaillement V*
- Effort d’arrachement N* = N *N  N *M
- Vérification :

k s .m.
V *  FS,Rd 
 MS
Fp - 0,8N * 

ii) Joints d’éléments fléchis : couvre-joints (poutre-poutre ou poteau-poteau)

V Joint

V
N N

M M
V

Hypothèses de calcul
- L’effort normal est repris par l’ensemble des couvre-joints (âme et semelles)
- L’effort tranchant est repris par les couvre-joints âme
- Le moment fléchissant est repris par les couvre-joints de semelles

 Couvre-joints d’âme
- Effet de N
N se repartit entre l’âme et la semelle de la manière suivante :
N N.Aame
*
VNa  ame avec Name 
nb ame A

- Effet de V
V se repartit entre les boulons d’âme:
V
- V (pur)  cisaillement vertical  VVa
*

nb ame

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- Moment de torsion Mt due à l’excentricité de V par rapport au c.d.g des boulons :


d3
F1 F2 F
    n
d1 d 2 dn F1
et on a : Mt = V.e = n1F1d1 + n2F2 d2 +........+ nnFndn F3

 
F d1 d1
F2 d3
M t  1 n 1d 1  n 2 d 2       n n d n
2 2 2
F1
d1 d2 d2
F1 d1 d3 d1 F2
M t .d 1 V.e.d 1
F1 

n d
1 1
2
 n 2 d 2      n n d n
2 2
  d i
2 F3
F1

V.e.d 1 e
 *
VMt  F1 
d V
2
i

 Cisaillement total sollicitant le boulon d’âme V*Na



Va*  V *
Na  VMt
*
cos   VVa
*
 
2
 VMt
*
sin   2

V*Mt
V*Va
 Couvre-joints de semelles
- Effet de N
N se repartit au niveau des boulons d’une semelle de la manière suivante :
N N  N ame
VN*  S avec NS 
nb s 2

- Effet de M
M se repartit au niveau des boulons des semelles de la manière suivante :
F
M
M  F.h  F
h h
M
VM*  M
nb S .h F
 Cisaillement total sollicitant un boulon de semelle est : VS*  VN*  VM*
- Vérification :
k s .m..Fp
 Couvre-joints d’âme : Va*  FS,Rd 
 MS
k s .m..Fp
 Couvre-joints de semelles : VS*  FS,Rd 
 MS

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