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Journal d’Economie, de Management, d’Environnement et de Droit (JEMED)

ISSN 2605-6461 Vol 2. N°2, mai 2019

Le commissaire aux comptes et la prévention des difficultés


des entreprises en droit marocain
The External Auditor and the prevention of business
Difficulties in Moroccan law
Ilyass GORFTI
Université du Sud Toulon-Var
Centre de Droit et de Politique Comparés Jean-Claude Escarras (CDPC)
Université de Perpignan Via Domitia
Centre Francophone de Droit Comparé et de Droit Musulman (CFDCM)
Ilyass.gorfti@gmail.com
ABSTRACT: Before the transition from bankruptcy law to the law of companies in difficulty,
the idea of prevention was not part of the objectives devolved to Moroccan law. The latter
was dominated by two main features: on the one hand, its repressive nature and on the other,
the interest in the creditor who suffered the debtor's default. However, a remarkable evolution
had, however, been made to limit this coercive nature.
Prevention has become essential to increase the chances of correcting companies' difficulties
as far upstream as possible. The Moroccan trade Code provides for two types: internal pre-
vention turned mainly to the leadership, with the intervention of the auditor and associates;
and external prevention mobilized by the President of the Commercial Court. It is a comple-
mentarity of efforts required by the need to protect the interests of the company and its part-
ners.
KEYWORDS: External Auditor; business; business difficulties; prevention; responsibility.
RÉSUMÉ: Avant le passage du droit de la faillite au droit des entreprises en difficultés, l’idée
de prévention ne faisait pas partie des objectifs dévolus au droit marocain. Ce dernier était
dominé par deux traits principaux : d’un côté, son caractère répressif et de l’autre, l’intérêt
porté sur le créancier victime de la défaillance du débiteur. Une évolution remarquable s’était,
toutefois, opérée pour limiter ce caractère coercitif.
La prévention est devenue primordiale pour augmenter les chances de corriger les difficultés
des entreprises le plus en amont possible. Le Code de commerce marocain prévoit deux
types : la prévention interne tournée essentiellement vers les dirigeants, avec l’intervention du
commissaire aux comptes et des associés ; et la prévention externe mobilisée par le Président
du tribunal de commerce. Il s’agit d’une complémentarité des efforts exigée par la nécessité
de la protection des intérêts de l’entreprise et de ses partenaires.
MOTS-CLEFS: Commissaire aux comptes; entreprise; difficultés des entreprises; prévention;
responsabilité.
Introduction
L’intérêt central des entreprises consiste à assurer les moyens de leur développement et leur
pérennité. Elles se doivent d'affronter les nombreux écueils qui jalonnent leur parcours et met-
tent leurs clients et fournisseurs en difficultés1. Leur survie est étroitement liée à leur aptitude
et, surtout, à leur vivacité à réagir judicieusement aux multiples évènements, généralement
imprévisibles, qui handicapent sans relâche leur essor2. La continuité et la permanence de
1
Pérochon Françoise, Bonhomme Régine, Entreprises en difficulté-Instruments de crédit et de paiement, LGDJ,
Paris, 2009, p.1.
2
Crucifix François, Derni Amar, Le redressement de l'entreprise : les symptômes de défaillances et les stratégies,
Ed. Académia, Paris, 1992, p.8.

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l’entreprise sont l’un des impératifs à soutenir, « pour des raisons d’intérêt social autant
qu’économique»3. Cette exigence nécessite un suivi fiable et un contrôle permanent afin
d'améliorer l’efficacité et le fonctionnement de l’entité.
Avant le passage du droit de la faillite au droit des entreprises en difficultés4, l’idée de pré-
vention ne faisait pas partie des objectifs dévolus au droit. Ce dernier s’intéressait surtout au
mauvais commerçant « afin d’assainir la profession commerciale et de protéger l’économie
nationale »5. La faillite constituait une véritable épreuve pour le débiteur, notamment par le
mépris des créanciers dont il avait trahi la confiance, en n’honorant pas ses obligations con-
tractuelles6. On parlait de « la faillite du droit de la faillite »7. Le droit était dominé par deux
traits principaux : d’un côté, son caractère répressif et de l’autre, l’intérêt porté sur le créan-
cier victime de la défaillance du débiteur8.
Une évolution remarquable s’était opérée pour limiter le caractère coercitif du droit marocain,
en l’orientant vers un nouveau concept : le droit des entreprises en difficulté9. Il ne s’agissait
plus « d’un droit de sanction, mais plutôt d’un droit correcteur »10. Le législateur est passé «de
la sévérité à l’indulgence »11. Selon certains auteurs12 , « le changement de terminologie re-
flète un changement de perspective réel ». La branche traditionnelle du droit commercial
qu’était le droit des faillites a désormais, « dans un domaine élargi et avec des moyens renou-
velés, un objectif d’abord économique, s’efforçant de traiter et même (…) de prévenir les dif-
ficultés des entreprises »13 .
La loi n° 15-95, du 1er août 1996, formant Code de commerce, avait mis l’accent sur
l’entreprise en tant qu’entité viable et génératrice d’emploi. Cette dernière est devenue la
préoccupation majeure du législateur, qui accorde une grande attention à sa pérennité, « en
essayant de régir toute situation qui la perturberait, l’affaiblirait ou l’arrêterait »14. La loi
n°17-73, du 23 avril 2018, abrogeant et remplaçant le livre V, a apporté des changements
sensibles sans pour autant abandonner la philosophie de sa devancière et ses grands prin-
cipes15.

3
Martin Jean-François, Leyrie Sophie. (1991). Droit des procédures collectives, collection expertise comptable,
Masson, Paris, 1991, p.6.
4
Paillusseau Jean. (1985). « Du droit de la faillite au droit des entreprises en difficultés (ou quelques réflexions
sur la renaissance… d’un droit en dérive) », in Mélanges Roger Houin, Sirey, Paris, p.109.
5
Saint-Alary-Houin Corinne. (2013). Droit des entreprises en difficulté, LGDJ, Paris, p. 21.
6
Karam Mohamed. (2010). Précis des difficultés d’entreprise dans la législation marocaine, T 1, Imprimerie
nationale, Marrakech, p.5. (En arabe) ; Chabou Mahdi. (2011). « Pourquoi le législateur a-t-il adopté le système
des difficultés d’entreprise? », Revue des Tribunaux Marocains, n ° 89, p.59. (En arabe) ; Laarage Noureddine.
(2016). Les procédures des difficultés de l'entreprise, Imprimerie frères Sliqui, Tanger, p.6. (En arabe).
7
Terré François. (1991). « Droit de la faillite ou faillite du droit », Revue Juridique et Commerciale, p.1.
8
Pérochon Françoise, Bonhomme Régine, ibid, p.2.
9
Choukri Sbai Ahmed. (1998). Manuel des mesures de prévention des difficultés d’entreprise et les procédures
de leur traitement - Une étude approfondie du nouveau Code de commerce marocain et du droit comparé, Im-
primerie Al-Ma'aref Al-Jadeeda, Rabat, p.154. (En arabe).
10
Stankiewicz Murphy Sophie. (2011). L’influence du droit américain de la faillite en droit français des entre-
prises en difficulté : vers un rapprochement des droits ?, Thèse de Doctorat, Université de Strasbourg, p. 4.
11
Ibid.
12
Pérochon Françoise, Bonhomme Régine, op.cit, p.4.
13
Ibid , p.5.
14
El Hammoumi Abdeljalil. (2008). Le droit des difficultés des entreprises : la prévention des difficultés, redres-
sement et liquidation, Dar Al-Salam, Rabat, p. 523. (En arabe).
15
En modifiant et complétant le livre cinq de la loi n° 15-95 relative au Code de commerce, la nouvelle loi a mis
en place des mécanismes d’accompagnement des entreprises en difficulté, notamment à travers l’extension du
champ d’intervention du mandataire spécial en cas de la prévention externe des entreprises (l’article 549) et
l’autonomie conférée au chef d’entreprise en cas de procédure de sauvegarde (l’article 566).

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Aujourd’hui, le droit marocain n’est plus guidé par les intérêts des créanciers, mais plutôt, par
la prévention des difficultés des entreprises16, avant qu’elles ne soient en cessation de paie-
ment, en détectant « les signes avant-coureurs, et, lorsque ces difficultés apparaissent, à les
régler à l’amiable, sinon à les traiter judiciairement » 17. Le législateur a prévu deux types de
prévention: la prévention interne tournée essentiellement vers les dirigeants, avec
l’intervention du commissaire aux comptes et des associés ; et la prévention externe mobilisée
par le Président du tribunal de commerce. Une sorte de complémentarité instaurée pour conci-
lier les considérations du crédit de l’entreprise et les exigences de la prévention des difficul-
tés18.
Les crises économiques et financières des dernières années n'ont pas manqué de poser cer-
taines interrogations au niveau des mécanismes juridiques censés assurer la prévention des
difficultés des entreprises. Au cœur de ce processus, le commissaire aux comptes occupe une
place centrale. Le rôle de cet auditeur légal se traduit en pratique par plusieurs missions qu'il
doit accomplir. La présente étude s’articule autour de cette intervention. Il s’agit d’exposer,
dans un premier temps, son cadre théorique (A) et dans un deuxième temps, son étendue (B).
1. Le cadre théorique de l’intervention du commissaire aux comptes
La diversité des définitions proposées pour l’entreprise en difficulté (1) et sa prévention (2)
montre à l’évidence la complexité de la tâche du chercheur. On se rend compte que seul le
législateur est en mesure d’apporter une réponse précise à cette question. C’est pourquoi il est
aussi important de faire une esquisse de l’évolution qu’a connue le droit marocain dans ce
domaine (3).
1.1. La notion d’entreprise en difficulté
Le législateur n’a pas défini la notion d’entreprise en difficulté. Elle est assez large et dépend
de l’angle d’analyse qu’on lui consacre. Comme le fait remarquer Pascal Nguihe Kante, « la
détermination de la notion d’entreprise en difficulté (…) s’avère difficile en raison de la di-
versité des modes d’analyse des défaillances, des stades différents de gravité de la situation,
de la rareté des critères permettant de les déceler et de l’hétérogénéité de leurs causes »19.
Selon Jean Brilman, l'entreprise en difficulté : « Ce n'est pas seulement une entreprise qui a
des problèmes financiers, c'est aussi une entreprise qui, rencontrant ou prévoyant des difficul-
tés, prend des mesures immédiates afin de ne pas connaître d'ennuis financiers : peu ou pas de
rentabilité, conjoncture difficile, volume d'activité en baisse, dégradation du climat social,
grève, etc. »20. Pierre-Laurent Bescos propose une définition plus générale. Selon lui,
l’entreprise en difficulté serait celle « où se manifeste une inadaptation face à l’évolution de
l’environnement (marchés, capitaux, etc.). Cette inadaptation peut devenir de plus en plus
importante et aboutir à la remise en cause de la vie de l’entreprise »21. Pour Régis Prunier et

16
Saint-Alary-Houin Corinne, op.cit, p. 9.
17
Derrida Fernand et les autres. (1991). Redressement et liquidation judiciaires des entreprises – cinq années
d’application de la loi du 25 janvier 1985, Dalloz, Paris, p. 12.
18
Al-Quraishi Abderrahim. (2004). Mesures de prévention des difficultés d’entreprise, entre législation et appli-
cation, Imprimerie Dar Abi Raqraq, Rabat, p.42. (En arabe).
19
Nguihe Kante Pascal. (2002). Réflexions sur la notion d’entreprise en difficulté dans l’acte uniforme portant
organisation des procédures collectives d’apurement du passif Ohada, Pénant, Paris, p. 5.
20
Brilman Jean cité par Daigne Jean-François. (1986). Dynamique du redressement d'entreprise, Les Éditions
d'Organisation, Paris, p.27.
21
Bescos Pierre-Laurent. (1989). « Défaillance et redressement des P.M.I : Recherche des indices et des causes
de défaillance », Cahier de Recherche du CEREG, p.14.

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Patrick Mourel, « l’entreprise en difficulté est celle dont la continuité de l’exploitation ou de


l’activité est compromise, pour quelque cause que ce soit »22.
Trois concepts peuvent contribuer à définir plus précisément ce qu’est une entreprise en diffi-
culté : l’entreprise non rentable, en état de cessation de paiement ; l’entreprise saine, mais
vulnérable ; l’entreprise présentant des déséquilibres23 :
 une entreprise non rentable en état de cessation de paiement est « une entreprise qui
risque de ne pas continuer son exploitation ». Elle est arrivée au terme du processus
de défaillance24;
 on peut relever cinq facteurs de vulnérabilité qui peuvent causer la défaillance d’une
entreprise25:
 la jeunesse, car les entreprises dont la création remonte à moins de cinq
ans représentent environ 50 % des défaillances ;
 le manque de performances surtout en termes de productivité ;
 une technologie peu différenciée ou une technologie obsolète ;
 la dépendance vis-à-vis du marché intérieur et l’absence d’exportations;
 une faible diversification de l’activité et de la clientèle ;
 l’entreprise peut présenter des déséquilibres au niveau des données industrielles, so-
ciales et financières26. Le déséquilibre des données industrielles est lié à la baisse
d’activité ; le déséquilibre des données sociales renvoie à la démotivation du per-
sonnel ; tandis que le déséquilibre des données financières est lié à la dégradation de
la trésorerie.
1.2. La notion de prévention
La notion de prévention n’a fait l’objet d’aucune définition légale. « L’expérience semble
montrer que la prévention n’est guère l’affaire des juristes. Elle dépend plus de la prudence,
que de la loi »27. Ce vide juridique n’a pourtant pas empêché des esquisses définitionnelles de
la part de la doctrine. Il s’agit de tout élément de connaissance, de toute nouvelle et de tout
renseignement, transmis par tout moyen de communication28, afin d’anticiper et empêcher un
mal ou un abus, informer de la survenance imminente d’un fait ou d’une chose fâcheuse, afin
d’y remédier29.
Appliquer au droit, la prévention consiste à faire éviter que les difficultés d’une entreprise ne
deviennent si graves qu’elles rendent difficile sa continuité30. Il s’agirait d’intervenir avant
que la gravité n’ait atteint un degré qu’il n’y ait plus qu’une seule solution : placer l’entreprise
en redressement ou en liquidation judiciaire ou en liquidation des biens du débiteur31. Sur
cette base, la prévention s’oppose aux procédures collectives et procédures judiciaires qui ne
proposent des solutions qu’en cas de cessation de paiement.

22
Prunier Régis, Mourel Patrick. (1996). L’ingénierie financière dans la relation banque entreprise, Economica,
Paris, p.89.
23
Daigne Jean-François. (1991). Management en période de crise : aspects stratégiques, financiers et sociaux,
Éditions d’organisation, Paris, p.25.
24
Ferrier Olivier. (2002). Les très petites entreprises, Éditions de Boeck Université, Bruxelles, p.78.
25
Crucifix François, Derni Amar, op.cit, p.35.
26
Daigne Jean-François, Management en période de crise, op.cit., p.25.
27
Sawadogo Clarisse. (2006). La prévention des difficultés des entreprises dans les États d’Afrique franco-
phones, Thèse de Doctorat, Université Paris I- Panthéon-Sorbonne, p .292.
28
Sayag Alain et les autres. (1992). Publicités légales et information dans les affaires, Litec, Paris, p. 1.
29
Le Grand Robert.
30
Al-Quraishi Abderrahim, op.cit, p.42.
31
Sawadogo Clarisse, op.cit, p.75.

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La prévention engloberait tous les mécanismes juridiques destinés à informer, empêcher ou


limiter la survenance des difficultés, en supprimant leurs causes32. Elle peut être interne ou
externe. À l’intérieur, elle s’intéresse à l’activité, à la productivité, à la rentabilité, au choix de
financement et à l’état de trésorerie. Tandis qu’à l’extérieur, elle concerne le marché, les dis-
tributeurs, les consommateurs et les utilisateurs, la concurrence et tout l’environnement de
l’entreprise. Autrement dit, elle peut être commerciale, comptable, financière, sociale ou envi-
ronnementale33.
1.3. Le cadre normatif de la prévention des entreprises en difficulté
Avant la loi de 1996, la notion de difficultés des entreprises était ignorée. Le débiteur se trou-
vait conduit, de façon irrévocable, à une liquidation judiciaire ou à une faillite afin d’honorer
ses dettes. Les lois de 1996 et 2018 ont privilégié les entreprises, reléguant à un plan secon-
daire les relations entre les commerçants en tant qu’individus34. La vie de l’entreprise est de-
venue la préoccupation majeure du législateur, qui accorde désormais une grande attention à
sa pérennité, en essayant de régir toute situation qui la perturberait, l’affaiblirait ou
l’arrêterait35.
L’actuel Code de commerce se caractérise par un affaiblissement de l’esprit répressif et pénal,
au profit des mesures de prévention et de réparation des dommages. Les temps archaïques où
se manifestait une « allergie » à l’anticipation sont loin36. Le Livre V (difficultés des entre-
prises), Titre 1 (les procédures de prévention des difficultés), consacre les chapitres premier et
second, successivement, à la «prévention interne » et à « la prévention externe et le règlement
amiable ». Dans l’esprit du législateur, la prévention doit d’abord être interne et c’est seule-
ment en cas d’échec qu’elle deviendra externe. Si, au contraire, les difficultés persistent, on
applique le règlement judiciaire ou la liquidation judiciaire37.
Deux orientations marquent l’esprit du droit marocain concernant la prévention des difficultés
des entreprises :
 permettre à des organes spécifiques, internes (commissaire aux comptes, asso-
ciés) et externes (Président du tribunal) de déclencher une procédure d’alerte, dont
l’objectif est d’informer les dirigeants des entreprises lorsque des signes de difficulté
apparaissent, et les appeler à prendre les mesures nécessaires pour y faire face ;
 permettre au débiteur d’entreprendre avec ses créanciers les moyens suscep-
tibles de sauver l'entreprise, à l’aide d’un conciliateur et sous l'égide du Président du
tribunal.
2. L’étendue de l’intervention du commissaire aux comptes
La prévention interne est tournée essentiellement vers le chef d’entreprise. Toutefois, pour
qu’il ne soit pas isolé, l’article 547 du Code de commerce accorde au commissaire aux
comptes un rôle important dans ce dispositif38. Quel est son domaine d’intervention (1) ?
Comment se déroule cette procédure (2) ? Et quelle est la responsabilité du commissaire aux
comptes (3) ?

32
Ibid.
33
Ibid.
34
Farouji Mohammed. (2000). Les difficultés d’entreprise et les procédures judiciaires, Imprimerie Al-Najah Al-
Jadida, Casablanca, p.102. (En arabe).
35
Chabou Mahdi, op.cit, p.59.
36
Voinot Denis. (2007). Le droit économique des entreprises en difficulté, LGDJ, Paris, p.79.
37
El-Mechatt Abdelaziz, Président de l’ordre des experts-comptables. Débat organisé par le Journal
l’Économiste, le 6 février 1997.
38
Abad Sayed Abderrahim. (1998). «La prévention interne et le rôle du commissaire aux comptes», Revue des
Avocats, n° 6, p.188. (En arabe).

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2.1. Le domaine d’intervention du commissaire aux comptes


La nomination d’un commissaire aux comptes est obligatoire dans les sociétés anonymes et
dans les sociétés en commandite par actions, quelles que soient leurs tailles39. Les sociétés
faisant appel public à l’épargne sont tenues d’en désigner au moins deux. Dans les autres
formes de sociétés, notamment, les sociétés à responsabilité limitée, les sociétés en nom col-
lectif et les sociétés en commandite simple, la désignation d’un commissaire aux comptes est
facultative40. Elle devient obligatoire, si à la clôture de l’exercice social, la société enregistre
un chiffre d’affaires qui dépasse cinquante millions de dirhams hors taxes. Les groupements
d’intérêt économique sont tenus également de nommer un ou plusieurs commissaires aux
comptes, lorsqu’ils émettent des obligations non convertibles au profit de leurs membres41.
Des dispositions de l’article 547 du Code de commerce, il ressort que : « Le commissaire aux
comptes (…) informe le chef d’entreprise des faits de nature à compromettre la continuité de
l’exploitation de l’entreprise ».
La continuité de l’exploitation de l’entreprise n’a fait l’objet d’aucune définition juridique. Du
point de vue de la doctrine, cette notion est « une expression de la santé financière de l'entre-
prise, laquelle se conçoit aisément comme le degré de probabilité de la voir cesser ses activi-
tés, notamment pour cause de faillite »42. Selon André Jacquemont, la continuité de
l’exploitation « peut être menacée ou compromise lorsque le dirigeant de l’entreprise a décidé
une liquidation amiable, ou a provoqué une réduction sensible, volontaire ou involontaire, de
l’activité de l’entreprise »43. Elle est fondée sur la situation financière de l’entreprise et sur les
faits de nature objective pouvant survenir dans un avenir prévisible44.
Les faits de nature à compromettre la continuité de l’exploitation de l’entreprise ne sont pas
non plus définis. Certains auteurs soutiennent que le législateur a voulu laisser aux commis-
saires aux comptes la liberté de les apprécier et de juger s’ils nécessitent le déclenchement de
l’alerte45. D’autres estiment que ces faits concernent généralement tout événement ayant un
caractère, suffisamment préoccupants, pour attirer l’attention du commissaire aux comptes46.
Quelques indices47 et signes avant-coureurs de difficultés48 permettront de constater si la con-
tinuité de l’exploitation est compromise. Il peut ainsi s’agir d’un endettement excessif, un
personnel peu qualifié, un matériel obsolète, une baisse de qualité des produits, une perte de
clients importants, le non-paiement des impôts et des cotisations sociales, le décès du chef
d'entreprise49, etc.
2.2. Le déroulement de la procédure d’alerte du commissaire aux comptes
Si le chef de l’entreprise ne décide pas, lui-même, de répondre aux faits de nature à compro-
mettre la continuité de l’exploitation de l’entité, le commissaire aux comptes, s’il en existe,

39
Farouji Mohammed. (2005). L’arrêt de payement dans la loi des difficultés d'entreprise, Imprimerie Al-Najah
Al-Jadida, Casablanca, p.16. (En arabe).
40
Choukri Sbai Ahmed, op.cit, p.157.
41
Chmiaa Abderrahim. (2013). Système de traitement des difficultés de l'entreprise, Imprimerie Sijlmassa, Mek-
nès, p.32. (En arabe).
42
Vidal Dominique. (2010). Prévention des difficultés des entreprises, Gualino, Paris, p.1.
43
Jacquemont André. (2007). Droit des entreprises en difficulté-la procédure de conciliation-Les procédures
collectives de sauvegarde, redressement et liquidation judiciaire, Litec, Paris, p. 30.
44
Bouquet Bernard. (2004). Le droit d’alerte des associés minoritaires in la prévention des difficultés des entre-
prises. Analyses des pratiques juridiques, PUAM, Marseille, pp. 881 et s.
45
Choukri Sbai Ahmed, op.cit, p.184.
46
Ibid, pp.157-158.
47
Lucheux Jean-Michel. (1995). « Les innovations dans la détection des difficultés des entreprises et dans les
modalités de leur traitement amiable », in Le nouveau droit des défaillances d'entreprise, Dalloz, Paris, pp.67-69.
48
Bouquet Bernard, ibid, p. 186.
49
Al-Quraishi Abderrahim, op.cit, p.29.

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ou tout associé, l’informe, notamment, de ceux de nature juridique, économique, financière ou


sociale, et ce, dans un délai de 8 jours, à compter de leur découverte, par lettre recommandée
avec accusé de réception. L’information du dirigeant permet d’attirer son attention sur les
signes révélateurs des premières difficultés50. Elle constitue une véritable mise en demeure51,
qui le met devant ses responsabilités pour proposer des solutions rapides et positives52.
S’agissant de la forme de la réponse adressée au commissaire aux comptes, malgré son impor-
tance aucune précision ou sanction n’a été énoncée par la loi53.
Faute d’exécution dans un délai de 15 jours, à compter de la réception de la notification ,ou
s’il n’arrive pas personnellement ou après délibération du conseil d’administration ou du con-
seil de surveillance, selon le cas, à un résultat positif, le Code de commerce a prévu que le
chef d’entreprise est tenu de convoquer une assemblée générale dans un délai de 15 jours, afin
de délibérer, après avoir pris connaissance du rapport du commissaire aux comptes, s’il en
existe54. S’il n’y a pas eu de délibération, ou s’il a été constaté que malgré les décisions prises,
la continuité de l’exploitation demeure compromise, le Président du tribunal de commerce en
est informé par le commissaire aux comptes, le chef d’entreprise ou tout associé55.
L’information du Président du tribunal de commerce a pour objectif de rendre la détection-
prévention plus attractive56. C’est une « invitation faite au tribunal d’ouvrir sans trop tarder
une procédure collective afin que la situation des partenaires de l’entreprise ne s’aggrave
pas »57. Même si l’article 548 du Code de commerce ne le précise pas, cette phase doit être
précédée par la rédaction d’un rapport spécial par le commissaire aux comptes, exposant les
raisons de son intervention, ainsi que toutes ses correspondances avec les dirigeants, depuis le
début de la procédure58. Aucune précision n’est donnée à propos du délai de sa production,
néanmoins, la loi n° 17-95, du 30 août 1996, relative aux sociétés anonymes, précise qu’il doit
être transmis dans les quinze jours qui précèdent la date de la tenue de l’assemblée générale
annuelle59.
2.3. La responsabilité du commissaire aux comptes
Le Code de commerce ne prévoit aucune disposition relative à la responsabilité du commis-
saire aux comptes, dans le cadre de la procédure d’alerte. Néanmoins, la loi n° 17-95 du 1er
août 1996, régissant les sociétés anonymes, identifie les cas dans lesquels sa responsabilité
peut être engagée, pendant l’exercice de sa mission de vérification et de contrôle des comptes.
L’article 180 précise que le ou les commissaires aux comptes sont responsables, tant à l’égard
de la société qu’à l’égard des tiers, des conséquences dommageables des fautes ou négli-
gences commises par eux dans l’exercice de leurs fonctions.
La responsabilité du commissaire aux comptes pourrait être engagée dans deux cas : dans le
premier cas, lorsqu’il ne remplit pas son devoir d’alerte, malgré l’existence d’éléments de

50
Drissi Alami Machichi Mohamed. (2006). Droit commercial fondamental au Maroc, Dar Al-Qalam, Rabat,
p. 529. (En arabe) ; Bensti Ezzeddin. (2014). Les sociétés en droit marocain, Imprimerie Al-Najah Al-Jadida,
Casablanca, p.158. (En arabe).
51
Drissi Alami Machichi Mohamed, op.cit, p.530.
52
Choukri Sbai Ahmed, op.cit, p. 154.
53
Ibid , p.201.
54
Article 547 du Code de commerce.
55
Article 548 du Code de commerce.
56
Aziber Alagadi Saïd. (2010). « Commissaire aux comptes et prévention des difficultés des entreprises en droit
OHADA », Penant, doctrine, janvier-mars, p.8.
57
Jabrouni Aziz. (2001). La résolution amiable et la liquidation judiciaire, Dar Al-Qalam, Rabat, p.44. (En
arabe).
58
Choukri Sbai Ahmed, op.cit, p.210.
59
Les articles 140 et 141, al.6 de la loi n° 17-95 du 30 août 1996 relative aux sociétés anonymes.

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nature à compromettre la continuité de l’exploitation de l’entreprise60. Le fait qu’il soit dési-


gné volontairement ne réduit en rien la portée de l’obligation d’alerte dont il est le titulaire. Il
peut ainsi être poursuivi pour faute ou négligence d'une question qui semble importante aux
yeux des dirigeants61. Dans le second cas, si le commissaire aux comptes déclenche une
alerte, dans le but de nuire à l’entreprise62, alors que les faits relevés ne nécessitent pas cette
action, ou s’il déclenche l’alerte dans son intérêt personnel, ce qui est susceptible de porter
préjudice à la réputation de l’entreprise63.
La responsabilité du commissaire aux comptes peut constituer une entrave à l’efficacité de
son travail. L’alerte ne serait bénéfique pour l'entreprise que si son titulaire ne court pas le
risque de voir sa responsabilité engagée. Il ne doit pas être tenu responsable pour déclenche-
ment erroné, car « une fausse alerte vaut mieux qu'un dépôt de bilan »64. Le commissaire aux
comptes peut aussi, par peur d'engager sa responsabilité, agir prématurément en cas de simple
doute. Ceux qui agissent en responsabilité contre lui devront fournir la preuve du préjudice et
du lien de causalité entre la faute commise et le préjudice. Ils doivent démontrer que le dom-
mage s’est produit du fait de l’absence ou de l’abus de l’alerte.
Conclusion
Le droit des entreprises en difficulté vise les entités qui ne s'inscrivent plus dans une « pers-
pective de développement, voire de survie »65. Le code de commerce permet d’appréhender
les difficultés dès qu’elles deviennent prévisibles, avant même qu’elles ne se traduisent en
trésorerie. Dans ce sens, le commissaire aux comptes est devenu l'un des rouages essentiels de
la vie économique et financière. Il est investi d'une mission générale de contrôle et d'informa-
tion au profit non seulement des actionnaires, mais aussi des tiers concernés par la situation de
l'entreprise66, son état de santé et son degré d’évolution ou de vulnérabilité67.
La prévention des difficultés des entreprises constitue une avancée très marquante du droit
marocain. Comme le précisent certains auteurs, « prévenir c’est prévoir et prévoir c’est aussi
prévenir, car la connaissance des difficultés qui menacent les entreprises incitera les dirigeants
à les éviter»68. Toutefois, il faut avouer que ce dispositif est encore faiblement utilisé. Cela
tient essentiellement à la méconnaissance et la méfiance des chefs d’entreprises, qui préfèrent
souvent garder au secret leurs affaires. Les dispositions du code de commerce, relatives à la
prévention, sont également caractérisées par une certaine imprécision, ainsi qu’un nombre de
lacunes favorisant le détournement de la procédure, notamment en ce qui concerne ses condi-
tions et ses modalités d’application, délais, formes…, etc.
Des améliorations et des amendements doivent être envisagés. Selon certains chercheurs «
l’expérience montre qu’il ne suffit pas de disposer d’une réglementation moderne (…), pour
la voir automatiquement appliquée et pour que l’économie bénéficie de ses effets induits. Des

60
Al-Abdelaoui Alaoui Idris. (2000). Explication du droit civil, Imprimerie Al-Najah Al-Jadida, Casablanca,
p.152. (En arabe).
61
Guyon Yves. (1987). « Le rôle de prévention du Commissaire aux comptes » La Semaine Juridique-
Entreprise et Affaires, n° 48, p. 623 ; Alain Lienhard. (1996). « La responsabilité du Commissaire aux comptes
dans le cadre de la procédure d’alerte », Revue des Procédures Collectives, p.1.
62
Lecorre Pierre-Michel, Droit et pratique des procédures collectives, Dalloz, Paris, 2008-2009, p.135.
63
Saint-Alary-Houin Corinne, op.cit, p. 86.
64
Guyon Yves. (1987). « Le rôle de prévention des Commissaires aux comptes », La Semaine Juridique- Entre-
prise et Affaires, 15066, p. 622.
65
Le Cannu Paul, Jeantin Michel, op.cit, p 3.
66
Sakho Abdoulaye. (2010). Les groupes de société en Afrique, Karthala, Paris, p.183.
67
Guyon Yves, « Le rôle de prévention du commissaire aux comptes », op.cit, p. 622.
68
Guyon Yves. (1999). Droit des affaires-Entreprises en difficulté- Redressement judiciaire- Faillite, Economi-
ca, Paris, p.42.

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dispositions légales peuvent rester lettre morte si des mesures d’accompagnement et des adap-
tations ne sont pas décidées et appliquées »69.
Il sied de signaler enfin que la doctrine sur la prévention des difficultés des entreprises et
l’intervention du commissaire aux comptes n’est pas très élaborée. Tout au long de cette
étude, nous avons eu à faire appel, à titre complémentaire, à quelques auteurs étrangers. De
plus, la jurisprudence en la matière est pauvre d’une façon significative. À part quelques cas
isolés, relatifs aux règlements amiables, la pratique des tribunaux de commerce marocains est
limitée.
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