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1.

Les provisions :

1.1 la définition de la provision :

Selon l’article 10 (I-F-2°) du C.G.I., la provision est la constatation en comptabilité soit de la


dépréciation d'un ou plusieurs éléments de l'actif non amortissables, soit d'une charge ou d'une perte
non encore réalisée et que des événements en cours rendent probable. La dépréciation, la charge ou
la perte doit être nettement précisée quant à sa nature et d'une évaluation approximative quant à son
montant.
Une provision est une déduction opérée sur les résultats d'un exercice en vue de faire face ultérieurement à une
perte ou à une charge dont l'objet est nettement précisé. La réalisation incertaine de cette perte ou de cette charge
est rendue probable en raison d'événements survenus au cours de l'exercice et qui existent toujours à sa clôture.
Sur le plan comptable, des modifications de terminologie introduites par les nouvelles règles comptables ont eu
pour effet de substituer au terme « provisions pour dépréciation » celui de dépréciation et de remplacer le terme
« provisions pour risques et charges » par celui de provisions.

1.2 Les conditions de déductibilité fiscale des provisions :

Selon les règles fiscales, les provisions que l’entreprise souhaite déduire doivent obéir à ces quatre conditions :

 L’objet de la perte ou charge, qui implique la provision, doit être clairement défini.

 La perte ou charge, doit être probable et justifiée.

 La cause de la perte ou charge, doit être en lien direct avec des événements en cours à la clôture de l’exercice.

 Elles doivent faire face à des pertes ou charges fiscalement déductibles.

 Si cette perte ou charge était intervenue au cours de l’exercice, cette somme aurait été déductible du résultat
imposable.

 Pour être déductible, la provision doit apparaître dans les écritures comptables de l’exercice en cours (avant la
clôture).

1.3 le traitement fiscal des provisions :

Contrairement à l’amortissement qui consiste une dépréciation définitive, la provision n’a qu’un
caractère provisoire tôt ou tard, elle doit être rapportée au résultat comptable sous forme de
reprise de provision .

La provision procure à l’entreprise un avantage de trésorerie en permettant d’anticiper des charges


ou des pertes. L’étude du sort des provisions constituées nous amène à distinguer les deux cas
suivants.
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Cas n°1 : La provision a été régulièrement constituée

Lorsque la perte ou la charge provisionnée de réalise, il faut comptabiliser :

 Une charge ou une perte

 Une reprise de provision

Dans le cas où la perte ou la charge prévue se réalise effectivement, l’entreprise peut, dans certains
cas, bénéficier d’une économie d’impôt au niveau d’IS.

N.B Les deux opérations se contrebalancent dans le compte de produits et charges avec souvent Un
Décalage de niveau dû à une mauvaise appréciation du risque. En effet ; dans le cas où la perte ou la
charge prévue se réalise effectivement, l’entreprise peut, dans certaines cas, bénéficier d’une
économie d’impôt au niveau d’IS.

Lorsque la perte ou la charge, en vue de laquelle la provision a été constituée, s'est réalisée et
enregistrée au débit du compte de charges correspondant, la provision fait l'objet d'une reprise par le
crédit du compte de produit approprié.
Exemple 1 :

Au 31 décembre N, La société SAADI prévoit des dépenses de révision des machines-outils pour un
montant estimé à 30.000 DH. L’entreprise décide de constituer une provision de 50% du montant
estimé à la clôture des exercices N et N+1.
Les révisions ont été effectuées le 15 avril N+2 pour un montant de 36.000

On peut résumer l’impact des opérations comptables effectuées par l’entreprise sur l’IS comme suit :( on
travaille avec l’hypothèse d’un résultat constante et un taux d’IS de 30%).

Pour N :
• L’entreprise bénéficie d’une déduction (dotation aux provisions) de 15.000 DH
• Donc une réduction au niveau d’IS de 4.500 (15.000 *0,3)
Pour N+1 :
• L’entreprise bénéficie d’une déduction (dotation aux provisions) de 15.000 DH
• Donc une réduction au niveau d’IS de 4.500 (15.000 *0,3)
Pour N+2 :
• L’entreprise constate d’une reprise de 30.000 DH
• Donc une augmentation au niveau d’IS de 9.000 (30.000 *0,3)
• L’entreprise constate aussi une charge d’un montant de 36.000, donc une réduction d’impôt de
10.800
Donc, on conclure que l’entreprise a bénéficié d’une économie d’impôt au niveau d’IS de 10.800.
Cas n°2 : La provision a été irrégulièrement constituée
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La provision est sans objet si elle a été constituée de façon irrégulière à l’origine ou lorsqu’elle est
maintenue au bilan alors qu’elle n’a plus de raison d’être.
Quand l’administration fiscale découvre cette irrégularité, elle la rapporte aux résultats imposables
même si la provision remonte à un exercice prescrit. Dans ce cas, la réintégration de la provision
s’effectue au niveau du résultat de l’exercice le plus ancien non atteint par la prescription.
Une provision est irrégulière lorsque, dès sa constitution, elle ne remplit pas les conditions de fond
et de forme requises. Si l'exercice de constitution de la provision n'est pas prescrit, la provision est
rapportée au résultat fiscal de l'exercice de sa constitution ; s'il est prescrit, la provision est rattachée
aux résultats du premier exercice vérifié.
1.4 Principales provisions couramment pratiquées :

a. Provisions pour dépréciation :

Les provisions pour dépréciation ont pour objet de constater une diminution de la valeur d'un
élément de l'actif. Si la dépréciation est définitive, elle se traduit par une moins-value ou une perte.
Les principales provisions pour dépréciation sont :

 Les provisions pour dépréciation des immobilisations non amortissables : terrains, fonds
de commerce.
 Provision pour dépréciation du fonds de commerce :
La dépréciation du fonds de commerce peut donner lieu à une provision si :
- elle est effective au cours de l'exercice considéré (elle doit se traduire par une baisse anormale des bénéfices ou
une baisse constante du chiffre d'affaires et des bénéfices) ;
- elle affecte l'ensemble du fonds et non pas certains éléments.
 Les provisions pour dépréciation de stocks.
 Provision pour dépréciation des immobilisations amortissables
  En cas de dépréciation, non définitive, ayant pour effet de ramener la valeur réelle d'un élément d'actif à un
montant inférieur à sa valeur nette comptable, l'entreprise peut constituer une provision dont le montant est
plafonné au titre de chaque exercice.

 Les provisions pour dépréciation de créances (créances douteuses ou litigieuses).

La déductibilité de la provision pour créances douteuses est conditionnée par l’introduction d’un
recours judiciaire dans un délai de douze (12) mois suivant celui de sa constitution, en application
des dispositions de l’article 10 (I-F-2°-3ème alinéa) du C.G.I84.
Ainsi, les sociétés doivent, dans les douze (12) mois qui suivent celui de la constitution de la provision:

 Soit annuler la provision devenue sans objet avant l’expiration du délai précité.

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 Soit, exercer les poursuites judiciaires appropriées.

Sans être définitivement perdu, le recouvrement d'une créance peut être compromis à la clôture d'un exercice donné
en raison de la mauvaise situation financière du débiteur (créance douteuse) ou d'un litige opposant le débiteur et le
créancier (créance litigieuse). Si elle inscrit la créance à l'actif du bilan, l'entreprise peut alors constituer une provision
égale au montant HT de la créance qui est compromise. Chaque créance provisionnée doit être individualisée avec
précision. Une « provision pour créances ou avoirs en devises bloqués à l'étranger » peut être constituée si la preuve
est apportée que le blocage des créances à l'étranger rend leur recouvrement douteux.

 Les provisions pour dépréciation des portefeuilles des titres.

Pour les titres cotés en bourse, la provision pour dépréciation se justifie dès lors que le dernier cours
en bourse précédant la clôture de l'exercice est inférieur au prix d'acquisition.
Pour les titres non côtés, la provision se justifie dans la mesure où il est établi que l'actif net réel de
la société émettrice, évalué à sa valeur actuelle, s'est déprécié, notamment du fait de déficits
cumulés, de faillite ou de liquidation judiciaire, ce qui implique l'existence d'un rapport établi par
des experts ou des commissaires aux comptes.

b. Provisions pour risques et charges :

La provision pour risques et charges est une expression comptable consistant à enregistrer par avance une charge qui
devra être supportée ultérieurement par l'entreprise. La charge en question n'est pas encore définie à la date de la
clôture de l'exercice, mais elle doit tout de même faire l'objet d'une anticipation. La provision pour risques et charges
constitue un élément du passif qui génère une obligation à l'égard d'un tiers.

 Provisions pour procès ou litiges en cours :

Lorsque des procès en cours sont intentés à l’encontre de la société, et que des risques de
versements de dommages sont probables, la société peut constituer des provisions déductibles pour
faire face à cette situation.

 Provisions pour amendes et pénalités :


Lorsque la société est amenée à payer des amendes et pénalités, elle peut constituer une provision déductible, lorsque
ces amendes et pénalités sont elles-mêmes déductibles.