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Université Abdelmalek Essaâdi

Faculté des Sciences Juridiques Economiques


Et sociales Tétouan

Master Finance, Audit et Contrôle de gestion 5-ème Promotion

Comptabilité financière

Exécution des contrats à terme


Et subventions

Travail réalisé par

Jaiti Yassir Kennou Ikram Badri Haitam

Encadré par : Pr. TAQI Ahmed

Année universitaire : 2018 –2019

1
Sommaire
Partie I : Les contrats à terme .............................................. 1
Introduction ......................................................................................................1
I - Définition et généralité ..............................................................................2
II- Méthodes de comptabilisation des contrats à terme ................................3
III. le changement de la méthode de comptabilisation : ..............................24
Etude de cas ....................................................................................................25
Conclusion .......................................................................................................30

Partie II : Les subventions accordées & reçues ................... 31


Introduction ....................................................................................................31
I- Définition et généralités ...........................................................................31
II - Subventions reçues .................................................................................32
III - Les subventions Accordées par l´entreprise : ........................................38
Conclusions .....................................................................................................40

2
Partie I : Les contrats à terme
Introduction

Certains secteurs d’activité nécessitent l’usage de contrats de longue durée d’une nature assez
complexe liée notamment à leur condition d’exécution. C’est par exemple le cas des secteurs
des travaux publics , la Construction Navale, la promotion immobilière…, pour lesquels il
devient alors difficile de dégager le résultat d’une période ; en effet, les contrats peuvent
s’étendre sur plusieurs exercices, et de ce fait, il est difficile d’évaluer les opérations dites «
partiellement exécutées à la clôture », à savoir les opérations des livraisons de biens ou des
prestations de services dont l’exécution a débuté pendant un exercice donné pour finalement
s’achever sur un exercice postérieur.

De ce type de contrat découlent des conséquences comptables très particulières.

En effet, certains exercices comptables supportent des charges très importantes (achats des
matériaux, frais d'études et de conception, ...) alors que d'autres exercices constatent des
produits très élevés dus à la facturation.

Par conséquent, les résultats des différents exercices comptables ne tiennent pas compte
équitablement du résultat réalisé sur le contrat à long terme et subissent donc des variations
très importantes.

Ces problèmes se rencontrent bien évidemment dans les grandes entreprises d’où la question
qui se pose : est de comment comptabiliser les contrats à terme ?

1
I - Définition et généralité
I.1. Définition
Le CGNC définit les contrats à long terme comme étant des contrats portant sur la réalisation
d’un bien, d’un service ou d’un ensemble de biens ou de services dont l’exécution s’étale sur
plusieurs exercices. Le CGNC exclue de cette définition les contrats pour lesquels les services
rendus à l'arrêté des comptes peuvent être factures.

En effet , un contrat à long terme est un contrat d’une durée généralement longue
spécifiquement négocié dans le cadre d’un projet unique portant sur la construction ou la
réalisation d’un bien ou d’un service ou d’un ensemble complexe de biens ou de services et
dont l’exécution s’étend sur au moins deux exercices comptables.

En principe, seuls peuvent être rattachés au résultat d’un exercice les produits réalisés à la
date de clôture de cet exercice. C’est le principe de spécialisation des exercices ainsi quecelui
de prudence.

Cependant, pour les contrats à long terme, il est possible, sur décision de gestion de
l’entreprise, de comptabiliser le bénéfice sur une opération partiellement réalisée.

I.2. Caractéristiques du contrat à terme


Compte tenu de leur nature, les contrats à long terme présentent des caractéristiques
spécifiques qui font leur particularité, nous citons notamment :

 La particularité de chaque contrat qui change en fonction des exigences de chaque


client
 L’importance de la durée des contrats qui pose la difficulté de l’affectation des
produits et des charges aux périodes comptables sur lesquelles s’étend l’exécution du
contrat.
 Les risques liés à la nécessité de prévoir avant la signature du contrat le montant des
Coûts qui y sont liées et pouvoir les actualiser de façon de plus en plus précise au fur
et à mesure de l’avancement de l’exécution du projet objet de contrat.

I.3. Types des contrats à terme


Généralement, le prix d’un contrat est convenu entres 2 parties au moment de conclusion du
contrat. Toutefois, compte tenu de la longueur de la durée d’exécution et des aléas qui en
résultent, il est admis dans certains cas que le prix soit déterminé au fur et à mesure de
l’avancement des travaux ou services. En effet, les contrats à long terme peuvent être classés
en deux grandes catégories :

2
 Les contrats à forfait : l’entrepreneur accepte un contrat À prix ou à taux fixe,
soumis dans certains cas à des clauses d’ajustement
 Les contrats en régie : l’entrepreneur est remboursé en fonction de dépenses
autorisées, et reçoit de plus un pourcentage de ces dépenses ou une rémunération fixe

II- Méthodes de comptabilisation des contrats à terme

Selon l’article 17 de la loi 9-88 relatives aux obligations comptables des commerçants : «
Seuls les bénéfices réalisés à la clôture d’un exercice peuvent être inscrits dans les états
de synthèse. Cependant, peut également être inscrit, le bénéfice réalisé sur une opération
partiellement exécutée lorsque sa durée est supérieur à un an, sa réalisation est certaine
et qu’il est possible d’évaluer avec une sécurité suffisante le bénéfice global de
l’opération ».

Il découle de la lecture de cet article que :

 La méthode de droit commun et celle de l’achèvement qui consiste à


ne pas enregistrer de bénéfice tant que l’opération n’est pas totalement
exécutée.
 Il est possible de comptabiliser le bénéfice résultant d’une opération partiellement
exécutée si les conditions édictées par l’article en question sont respectées.

En effet, Il existe 3 méthodes pour la comptabilisation des contrats à terme :

 La méthode à l’achèvement;

 La méthode du bénéfice à l’avancement;

 La méthode à l’avancement.

II-1 Contrat bénéficiaire

II.1.1 Méthode à l’achèvement


Définition :

3
Dans cette méthode, les produits sont constatés seulement quand le contrat est terminé (ou
présente un degré substantiel d’avancement, c'est- à-dire pratiquement lorsque des opérations
d’importance mineure restent à réaliser). Les coûts s’accumulent dans les comptes pendant le
déroulement du contrat, mais le profit n’est dégagé qu’au moment où le contrat est terminé.
Principe de la méthode

Le mode de comptabilisation est comme suit :


 En cours d’exécution :
 Les dépenses relatives au contrat sont enregistrées en charge.
 Les travaux encours se rapportant au contrat à terme sont
valorisés au coût de production et constatés à la clôture de
chaque exercice.
 En fin de contrat :
 Le produit total du contrat est constaté suite à la réception des travaux ou
service par le client.
Exemple :

L’entreprise ABC (Africain Bâtiments et constructions) contracte au cours de l’année N avec


l’un de ses clients un contrat pour la construction d’un complexe immobilier, qui doit être
achevé et livré début octobre N+2.

Les clauses du contrat stipulent :

 Montant du contrat 22 500 000 DH;


 Coût global estimé 18 750 000 DH;
 Acomptes à recevoir:
 6 000 000 DH HT le 1/8/N
 7 500 000 DH HT le 1/8/N+1
 Le reliquat à la livraison HT, fixé au 1/10/N+2

Sachant que la situation des coûts relative à chacun des exercices est de :

 8 625 000 DH pour l’exercice N;


 9 000 000 DH pour l’exercice N+1;
 1125 000 DH pour l’exercice N+2.

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TAF : Passer les écritures comptables selon la méthode d’achèvement

1/12/N
5141 Banque 6 000
4421 Clients, avances et acomptes reçus sur 6 000
commande en cours

Courant N
6x Charges 8 625
5x Trésorerie 8 625

31/12/N
3134 Travaux en cours 8 625
7134 Variation de stocks de services en cours 8 625

Ecriture en N :

01/01/N+1
7134 Variation de stocks de services en cours 8 625
3134 Travaux en cours 8 625
Contrepassation de constatation du stock

Ecriture en N+1 :

5
1/08/N+1
5141 Banque 7 500
4421 Clients, avances et acomptes reçus sur 7 500
commande en cours
4455
Reçu d’acomptes
Courant N+1
6x Charges 9 000
5x Trésorerie 9 000

31/12/N+1
3134 Travaux en cours 9 000
7134 Variation de stocks de services en cours 9 000
Constatation du stock d’encours

Ecriture en N+2 :

01/01/N+2
7134 Variation de stocks de services en cours 9 000
3134 Travaux en cours 9 000
Contrepassation de constatation du stock
Courant N
6x Charges 1 125
5x Trésorerie 1 125

01/10/N+2
5141 Banque 13 500
4421 Clients, avances et acomptes reçus sur commande 13 500
en cours
71241 Travaux 22 500
4455 Etat TVA Facturée 4 500
Moment de la Livraison

II.1_2 . Méthode à l’avancement


Définition :

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La méthode à l’avancement consiste à comptabiliser le chiffre d’affaires et le résultat au fur et
à mesure de l’avancement du contrat. L’entreprise comptabilise à la clôture de l’exercice le
produit correspondant à la part du contrat à long terme partiellement exécuté à condition qu’il
soit possible d’estimer de façon fiable le résultat à terminaison.

Principe de la méthode :

La méthode de l’avancement est la méthode préférentielle (elle conduit à une meilleure


information) : respect du principe d’indépendance des exercices et de prudence, lissage des
résultats entre les exercices, ce qui évite le déséquilibre entre les bilans. Lorsqu’elle est
retenue, elle doit être appliquée à tous les contrats en cours.

La capacité d’estimer de façon fiable le résultat à terminaison repose sur les trois critères
suivants :

 La possibilité d’identifier clairement le montant total des produits du contrat.


 La possibilité d’identifier clairement le montant total des coûts imputables au contrat.
 L’existence d’outils de gestion, de comptabilité analytique et de
contrôle interne
Permettant de valider et de réviser, au fur et à mesure de l’avancement, les estimations de
charges, de produits et de résultats.
La technique consiste à comptabiliser le résultat et le chiffre d'affaires à l'avancement, que la
marge prévisionnelle soit bénéficiaire ou déficitaire
A la fin de chaque exercice une fraction du chiffre d'affaires est enregistrée d'une manière
forfaitaire en fonction du pourcentage d'avancement des travaux.
Le produit correspondant à la part du contrat partiellement exécutée est déterminé en fonction
du degré d’avancement des travaux estimé à la clôture de l’exercice.
Le pourcentage d’avancement ne peut, en pratique, être mesuré à partir des seuls éléments
juridiques issus des contrats (notamment réception partielle, transfert de propriété...), ou à
partir des seuls éléments financiers (notamment facturations partielles, avances, acomptes...).

Exemple :
La société Alpha sous-traite la fabrication de matériels industriels de précision. Un matériel
lui a été commandé en Avril N, et la date de livraison définitive est prévue en Octobre N+1.

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Les informations suivantes concernant ce contrat de longue durée nous sont communiquées:

 Cout de production cumulé au 31/12/N 550 000 DH

 Cout de production cumulé au 31/12/N+1 1 000 000 DH.

 Prix de vente définitif 1 200 000 DH

TAF : Passer les écritures comptables nécessaires en N et N+1

Pour l´exercice N :

 Degré d’avancement = 550 000 DH / 1 000 000 DH = 55%


 Le chiffre d’affaire estimé =1200000 x 55%=660000 DH
Courant N
6x Charges divers 550
5x Trésorerie 550

31/12/N
34272 Créance sur travaux non encore facturable 660
71241 660
Travaux

constatation du produit de fin N

Incidence de la méthode sur le compte de résultat de N:

Charges Produits
Charges de 550 000 Vente de produits 660 000
production
Résultat + 110 000

Pour l´exercice N+1 fin du contrat :

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01/01/N+1
Travaux 660
71241

34272 Créance sur travaux non encore facturable 660


Contrepassation du produit de fin de N
6x Charges divers 450
5x Trésorerie 450

Octobre N+1
5141 Banque 1 440
71241 Travaux 1 200
4455 240
Etat TVA Facturée
Moment de la livraison

Incidence de la méthode sur le compte de résultat de N+1:

Charges Produits
Travaux 660 000 Travaux 1 200 000
Charges de production 450 000

 Incidence sur le résultat 31/12/N 110 000

 Incidence sur le résultat 31/12/N+1 90 000

 Résultat sur contrat +200 000

Résultat + 90 000

Le résultat global du contrat a été donc reparti sur les deux exercices.

II.1.3 Méthode du bénéfice à l’avancement


Définition :

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Cette méthode est également appelée méthode de bénéfice net partiel. Elle consiste à
enregistrer à la clôture de chaque exercice le résultat de chaque opération même partiellement
exécutée, le chiffre d’affaire n’étant constaté qu’à la fin du contrat.

L’application de cette méthode résulte des dispositions de l’article 17 de la loi 9-88 relatives
aux obligations comptables des commerçants. Selon cet article: « Seuls les bénéfices réalisés
à la clôture d’un exercice peuvent être inscrits dans les états de synthèse. Cependant, peut
également être inscrit, le bénéfice réalisé sur une opération partiellement exécutée lorsque sa
durée est supérieure à un an, sa réalisation est certaine et qu’il est possible d’évaluer avec une
sécurité suffisante le bénéfice globale de l’opération ».

Principe:
Selon le CGNC, la prise en compte d’un produit net au cours de l’exécution d’un contrat à
long terme implique qu’un bénéfice global puisse être estimé avec une sécurité suffisante ;
pour qu’il en soit ainsi, il faut en règle générale, que les conditions suivantes soient remplies
au moment de l’arrêté des comptes :

 Le prix de vente doit être connu avec suffisamment de certitude en


tenant compte de toutes les probabilités de baisse susceptibles
d’intervenir.
 L’avancement des travaux dans la réalisation du contrat doit être suffisant pourque des
prévisions raisonnables puissent être réalisées sur la totalité des couts qui interviendront
dans le coût de revient final du produit livré ou de service rendu.

Le CGNC évoque la réalisation certaine ; il s’agit de la réalisation de contrat à long terme qui
ne doit comporter aucun risque quant à l’aptitude de l’entreprise et du client à exécuter leurs
obligations. Ainsi, Nous retenons que:

 Si le bénéfice global ne peut être estimé avec une sécurité suffisant ; l’utilisation de la
méthode des bénéfices à l’avancement serait en contradiction total avec les conditions
de son application ; la méthode est donc interdite en de telles circonstants.
 En cas de perte prévisionnelle, la méthode ne peut être utilisée puisqu’il n’ya
Évidemment pas de bénéfice partiel.

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Le bénéfice est égal à la différence entre le chiffre d’affaire globale estimé et le
cout de revient global estimé

Produit net partiel= Bénéfice global estimé x coût des travaux exécutés à la clôture

Exemple :
La société anonyme Jetski est spécialisée dans la conception, l’installation et la maintenance
de système de gestion pour remontées dans les stations de sport d’hiver (installation des
portiques, caisses enregistreurs, lecteurs badges, et des logiciels correspondants).

A la demande d’une société des remontées mécaniques, la Société Jetski a mené à bien un
important chantier.

Les éléments chiffrés concernant ce chantier sont les suivants:


Le chiffre d’affaire, conformément aux prévisions, s’établit à 3 000 000 . Il est facturé et
encaissé par chèque bancaire à la fin du chantier

TAF: Passer les écritures comptables nécessaires en N et N+1

Courant de N
6x Charges divers 1 500
5x trésorerie 1 500

A la clôture de N :

Années N N+1
Prix de vente définitif 3 000 000
Coût prévisionnel cumulé 1 800 000 2 000 000
Coût réel cumulé 1 500 000 2 100 000

Constatation du bénéfice partie :

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31/12/N
31272 Clients, créances sur travaux non encore facturables 750

71241 Travaux 750

Constatation du bénéfice partiel

Cout des Travaux réalisés : 1 500000


Cout total prévisionnel : 2 000000
Pourcentage d’avancement = 1 500.000/ 2.000 000 soit 75%
Bénéfice prévu à terminaison : (3 000 000 – 2.000.000) 1 000.000
Bénéfice partiel estimé = 1 .000.000 X 75% 750.000

31/12/N
31272 Travaux encours 1 500

71241 Variation de stock 1 500

Constatation de laproduction stockée

L’incidence sur le résultat au 31/12/N :


Charges Produits
Charges diverses : 1 500.000 Ventes de biens et services produits:750 000
Variation des stocks 1 500.000
Solde créditeur + 750.000

Ecriture en N+1 :
Courant N+1 les opérations sont comptabilisées normalement

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A la facturation :
31/12/N+1
5141 Banque 3 000
7121 Ventes de biens produits 3 000


71241 Travaux 750
43272 Clients, créances sur travaux non encore facturables 750

Incidence sur le compte de résultat N+1 :

31/12/N+1
7131 Variation de stocks des produits en cours 1 500 000

31341 Travaux 1 500 000

Annulation du stock initial des en cours

Charges Produits
Charges diverses : Ventes de biens et services produits: 3 000 000
(2 100 000- 1 500 000) 600 000
Produit net partiel -750 000
Variation des encours de production -1 500.000

Résultat Solde créditeur +150 000

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II-2 Contrats déficitaire :

II-2-1 - Méthode de l’achèvement :


La provision à constituer doit comprendre en particulier la perte à« terminaison », c'est-à-dire
la perte encourue lors des exercices futurs.. Uncontrat à perte signé avant la clôture de
l’exercice est générateur d’uneobligation à fournir au client une prestation pour une valeur
supérieure auxprix qu’il paiera. La différence constitue un passif et doit être provisionné.
Cependant pour l’évaluation de la provision, il y a lieu de distinguer si lecontrat peut être
qualifié de « marginal »,s’il ne constitue pas un élémentprépondérant de l’activité de
l’entreprise et si la marge sur les autrescontrats permet de couvrir les frais généraux.
Si le contrat est marginal, la provision semble pouvoir se limiter à la margenégative est un
coût calculé conformément aux règles précisées ci-dessus.Si par contre, le contrat a une
importance telle, ou fait partie d’un ensemblede contrats déficitaires si important, que la
rentabilité de l’entreprise en estsérieusement et durablement affecté, il faut incorporer à ce
coût une quotepartde couverture des frais généraux.
La perte latente constatée en clôture d’exercice doit être comptabilisée endépréciation de
travaux en cours, le supplément de perte évaluable à laclôture de l’exercice doit être
comptabilisé pour son intégralité en provisionpour risque.
La provision en cas d’utilisation de la méthode de l’achèvement se fait de la manière
suivante :
 On calcule le pourcentage de perte sur le coût de production relative à l’exercice puis
on la comptabilise par le débit du compte 61961 D.E.P. pour dépréciation des stocks et
le crédit du compte 3913 Provisions pour dépréciation des produits en cours
 Le reste est comptabilisé par le débit du compte 6195. DE aux provisions pour risque
et charge et le crédit du compte 1518. Autres provision pour risque ou 4508 Autres
provisions pour risques et charges.

II-2-2Méthode de l’avancement
L’entreprise enregistre les mêmes écritures que celles comptabilisées pour les contrats
bénéficiaires.
De plus on calcul la provision pour risque :

Provision pour risques = Perte totale - Perte à l’avancement constatée à la clôture de


l’exercice

Perte à l’avancement = CA comptabilisé au cours de l’exercice - Coûts engagés eu titre


de l’exercice
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Puis on passe les écritures de la provision:
 au débit du compte : 6195 DE aux provisions pour risque et charge
 au crédit du compte : 1518 Autres provision pour risque ou 4508 Autres provisions
pour risques et charges.

Exemple :
La société Jetski, a accepté de conclure avec la SRMDB un contrat déficitaire concernant
l’équipement d’uneremontée mécanique secondaire dite « Le Pas du Loup». Ce chantier s’est
déroulé du 1ermai N au 31 octobre N(rappel: date de clôture de l’exercice comptable le 30
septembre).
Coût prévisionnels- Chantier -« Le Pas du Loup ».

Eléments Prévisions initial Prévisions révisées au 30/09/N


Charges directes de 800 000 850 000
production
Charges indirectes de 300 000 350 000
production
Frais administratifs 50 000 60 000
Total 1 150 000 1 260 000

Le prix de facturation a été fixé à 1 000 000 DH (HT) ; il est facturé et encaissé par banque le
31/10/N ;l’ensemble des travaux sont acceptés par le cocontractant. Ce contrat est considéré
comme marginal.
Suivi du coût de revient réel du chantier « Le Pas du Loup ».

Eléments 30/09/N 31/10/N


Charges directes de 700 000 850 000
production
Charges indirectes de 200 000 250 000
production
Frais administratifs 50 000 80 000
Total 1 150 000 1 180 000

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Travail à faire :
1- Reconstituer les enregistrements comptables nécessaires dans les livres de la
société Jetski (en négligeant l’enregistrement des charges proprement dites) dans
le cadre de la méthode à l’achèvement.
2- Procéder au même travail dans le cas où la société Jetski opterait pour la méthode de
l’avancement duchiffre d’affaires et du résultat.
3- Présenter, dans chacune des éventualités, l’incidence sur le résultat comptable des
exercices clos le30/10/N et le 30/09/N+1

Solution :
1- Méthode de l’achèvement :
Le calcul du résultat :
Chiffre d’affaires 1 000 000
Coût de production prévisionnel 1 200 000
(850 000 + 250 000)
Marge sur coût de production -200 000
Charges hors productions -60 000
Résultat net -260 000

Par conséquence il faut établir une provision de 260 000 répartie de la manière suivante :
Degré de l’avancement= x 100 = 75%

Donc :
200 000 x 75% = 150 000 (Provision pour dépréciation des stocks)
260 000 – 150 000 = 110 000 (Provision pour risque et charge)
30/09/N
31341 Travaux en cours 900
7134 Variations des stocks de services en cours 900

61961 D.E.P. pour dépréciation des stocks 150
3913 Provisions pour dépréciation des produits en cours 150

4508 Autres provisions pour risques et charges 110
6195 D.E.P. pour risques et charges 110
31/10/N
5141 Banque 1 200
71241 Travaux 1 000
4455 Etat, TVA facturée 200

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30/09/N+1
7134 Variations des stocks de services en cours 900
31341 Travaux en cours 900

3913 Provisions pour dépréciation des produits en cours 150
110
4508 Autres provisions pour risques et charges
7195 Reprises/Provisions pour risques et charges 110
7196 Reprises/ Provisions de l’actif circulant 150

2- Méthode de l’avancement
CA réalisé en N (1 000 000 x 75%) 750 000

950 000
Charges engagées en N
Résultat de l’exercice -200 000
Perte total 260 000
Provisions pour risques et charges 60 000

30/09/N
34372 Créances sur travaux non encore facturables 750
71241 Travaux 750

4508 Autres provisions pour risques et charges 60
6195 D.E.P. pour risques et charges 60
31/10/N
5141 Banque 1 200
71241 Travaux 1 000
4455 Etat, TVA facturée 200
30/09/N+1
71241 Travaux 750
34372 Créances sur travaux non encore facturables 750

4508 Autres provisions pour risques et charges 60
60
7195 Reprises/Provisions pour risques et charges

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3- Incidence sur le résultat comptable :
 Méthode de l’achèvement :
CPC au 30/09/N CPC au 30/09/N+1

Charges Produits
Charges Produits
Charges 230 000 Produits 1000000
Charges 950 000 Variation 900 000
Reprises 260 000
Dotation 260 000 SK
Résultat +130 000 Variation -900000
Résultat -310 000
SK
Total 900 000 Total 900 000
Total 360 000 Total 360 000

 Méthode de l’avancement :

CPC au 30/09/N CPC au 30/09/N+1

Charges Produits Charges Produits

Charges 950 000 Produit 750 000 Charges 230 000 Produits 250 000
Dotation 60 000 partiel Reprises 60 000
Résultat -260 000 Résultat +80 000
Total 750 000 Total 750 000 Total 310 000 Total 310 000

II-2-3 Contrat bénéficiaire devenu déficitaire au cours d’exécution :


Question posée :
Une entreprise applique la méthode de l’avancement pour la comptabilisation de ses contrats
de longue durée. Le résultat prévisionnel d’un chantier était bénéficiaire lorsque les travaux
ont commencé.
En cours d’exécution des travaux, le contrat devient déficitaire. Est-il possible de continuer
d’appliquer la méthode de l’avancement ? La provision pour perte globale à terminaison est-
elle comptabilisée en cours de contrat pour le montant de la perte globale ou bien en
multipliant la perte globale prévisionnelle sur le chantier par le pourcentage d’avancement ?
Solution selon les normes comptables :

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Lorsque le résultat sur un contrat de longue durée devient déficitaire en cours de période, il
convient de poursuivre l’application de la méthode de l’avancement. Une provision pour perte
sur chantier doit être comptabilisée. Son calcul doit tenir compte des résultats à l’avancement
déjà enregistrés .Ainsi, la somme des résultats comptables obtenus correspondra au montant
de la perte globale prévisionnelle.
Exemple :
1. Enoncé : CA total prévisionnel = 11 400
Estimations au 31/12/N :

Exercice Dépenses prévisionnelles


N 2 000 (réelles)
N+1 2 200
N+2 2 500
N+3 3 300
Total 10 000

Estimations au 31/12/N+1 :

Exercice Dépenses prévisionnelles


N+1 4 000(réelles)
N+2 2 700
N+3 3 300

Estimations au 31/12/N+2 :

Exercice Dépenses prévisionnelles


N+2 2 450(réelles)
N+3 4550

Les dépenses réelles de N+3 s’élèvent à 4 600.

Solution
a) Comptabilisation exercice N :
Calcul du résultat global prévisionnel :

Chiffre d’affaires prévisionnel 11 400


Σ des dépenses 10 000

19
Résultat prévisionnel + 1 400

Calcul du CA à l’avancement :

Dépense en N 2 000
Σ des dépenses 10 000
Taux d’avancement 20%
Chiffre d’affaires prévisionnel 11 400
Chiffre d’affaires à l’avancement pour N 2 280

Au courant de N
6x Charges divers 2 000
Banque
5x 2000

31/12/N
34272 Créances sur travaux non encore facturables 2 280
Travaux
71241 2 280

b) Comptabilisation exercice N+1 :

Calcul du CA à l’avancement :

Dépenses N + Dépenses N+1 2 000 + 4 000 = 6 000


Total des dépenses 2 000 (N) + 4 000 (N+1) + 2 700 (N+2)
+ 3 300 (N+3) = 12 000
Taux d’avancement 6 000/12 000 = 50 %
Chiffre d’affaires prévisionnel 11 400
Σ Chiffre d’affaires à l’avancement pour N 50 % x 11 400 = 5 700
CA déjà comptabilisé en N 2 280

20
Au courant de N+1
6x Charges divers 4 000
Banque
5x 4 000

31/12/N+1
34272 Créances sur travaux non encore facturables 3 420
Travaux
71241 3 420

Détermination du résultat global prévisionnel :

CA global prévisionnel 11 400


Σ dépenses 2 000 (N) + 4 000 (N+1) + 2 700 (N+2)
Perte globale prévisionnelle 11 400 - 12 000 = 600

Le résultat global prévisionnel est donc devenu déficitaire. Une provision doit donc enregistrée.
Calcul du montant de la provision :
Résultat comptable N ( CA – charges ) = (2 280 - 2 000) = + 280
Résultat comptable N+1 (avant provision) ( CA – charges ) = ( 3 420 - 4 000 )= - 580
Σ Résultats déjà comptabilisés 280 - 580 = 300
Perte globale prévisionnelle 600
_ Provision nécessaire 600 - 300 = 300

31/12/N+1
6195 Dotation E aux provisions pour risques et charges 300
Autres provisions pour risques et charges
1518 300

c) Comptabilisation exercice N+2 :

Calcul du CA à l’avancement:

Dépenses N + Dépenses N+1 + Dépenses 2 000 + 4 000 + 2 450 = 8 450


N+2
Σ des dépenses 2 000 (N) + 4 000 (N+1) + 2 450 (N+2) + 4 550
(N+3) = 13 000
Taux d’avancement 8 450/13 000 = 65 %

21
Chiffre d’affaires prévisionnel 11 400
Σ Chiffre d’affaires à l’avancement 65 % x 11 400 = 7 410
Σ CA déjà comptabilisé fin N+1 2 280 + 3 420 = 5 700

7 410 - 5 700 = 1 710


CA à l’avancement à enregistrer en N+2
Au courant de N+2
6x Charges divers 2 450
Banque
5x 2 450

31/12/N+1
34272 Créances sur travaux non encore facturables 1 710
Travaux
71241 1 710

Détermination du résultat global prévisionnel :

CA global prévisionnel 11 400


Σ dépenses 2 000 (N) + 4 000 (N+1) + 2 450 (N+2) + 4
550 (N+3) = 13 000
Perte globale prévisionnelle 11 400 - 13 000 = 1 600

Une provision doit donc être enregistrée.

Calcul du montant de la provision :

Σ Résultats déjà comptabilisés 600


à fin N+1
Résultat comptable N+2 (CA-charges) = (1720 2450) = 740
(avant provision)
Σ Résultats déjà 600 + 740 = 1 340
enregistrés
Perte globale prévisionnelle 1600
Provision nécessaire 1 600 - 1 340 = 260

22
31/12/N+2
6195 Dotation E aux provisions pour risques et charges 260
Autres provisions pour risques et charges
1518 260

d) Comptabilisation en N+3 :

Σ CA déjà comptabilisé fin N+2 7 410


CA à l’avancement à enregistrer en 11 400 - 7 410 = 3 990
N+3

Au courant de N+3
6x Charges divers 4 600
Banque
5x 4 600

31/12/N+3
34272 Créances sur travaux non encore facturables 3 990
Travaux
71241 3 990
Au courant de N+3
6x Travaux 11 400
Créances sur travaux non encore
5x 11 400
facturables

31/12/N+1
34272 Banque 11 400
Travaux
71241 11 400

e) Vérification :
Détermination du résultat global prévisionnel :

CA global prévisionnel 11 400


Σdépenses 2 000 (N) + 4 000 (N+1) + 2 450 (N+2) + 4 600
(N+3) = 13 050
11 400 - 13 050 = <1 650>
Perte globale réelle

23
Récapitulation des résultats comptables :

Résultat comptable N 280


Résultat comptable de N+1 880
Résultat comptable de N+2 1 000
Résultat comptable de N+3 50
ΣRésultats comptables N à N+3 1 650

III. lechangement de la méthode de comptabilisation :


• Lors de l’exercice comptable de changement de méthode, il fautcomparer les capitaux
propres qui figuraient au bilan de l’exerciceprécédent avec leur montant recalculé selon la
nouvelle méthode. Ladifférence est imputée au compte 110- Report à nouveau.
• Le passage de la méthode d’achèvement à la méthode àl’avancement constitue un
changement de méthode comptable.
L’incidence de ce changement de méthode doit être comptabilisée dans les capitaux propres
au début de l’exercice de changement.
• Les informations à fournir en annexe :
- mention de l’ancienne et de la nouvelle méthode.
- Justification de l’adoption de la nouvelle méthode
- Incidence sur les comptes et les capitaux propres à l’ouverture
Exemple: (Reprenant le même exemple)
L’entreprise passe de la méthode de l’achèvement à la méthode à l’avancement en N+1. Si
elle avait appliqué la méthode à l’avancement en
N, elle aurait constaté un résultat de 504 000 DH (voir le compte de résultat au 31/12/N avec
la méthode à l’avancement). Ce résultat doit être comptabilisé dans les capitaux propres au
01/01/N+1.

01/01/N+1

71241 Travaux 2 655


1161 Report à nouveau 504
31341 Travaux en cours 2 151

24
Etude de cas
La société REMAC comptabilisait ses contrats à long terme selon la méthodede l’achèvement.
Elle envisage dépasser à la méthode de l’avancement.
Produits prévisionnels 2016 2017 2018
Prix de vente 2600 2600 2600
Révision des prix 50 100
avenants 200 250
Total 2600 2850 2950
Charges
prévisionnelles
Achats 400 410 420
Autres charges 1700 1720 1780
Coût des avenants 160 190
Total 2100 2290 2390
Dépenses réelles
Achats 100 330
Autres charges 600 1690
Coût des avenants 140
Total 700 2160 0

Travail à faire :
1. Présenter selon les modèles suivants la comptabilisation des opérations dans le cadre de la
fin de l’exercice de 2017 :
A. La méthode de l’achèvement ;
B. La méthode de l’avancement ;
C. La méthode des produits nets partiels ;
2. Quel est l’impact de changement de méthode sur l’exercice 2016 et 2017.

25
Solution :
1.

A. Méthode de l’achèvement :

2016

6x Charges divers 700


5141 banque 700
Paiement des charges
31/12/2016
700
31341 Travaux en cours
7134 Variation de stocks de services en cours 700
Constatation du stock final des travaux en cours
01/01/2017

7134 Variation de stocks de services en cours 700


31341 Travaux en cours 700
Annulation du stock initial
2017

6 Charges 1460
5141 Banque 1460
Paiement des charges
31/12/2017

31341 Travaux en cours 2160


7134 Variation de stocks de services en cours 2160
Constatation du stock final des travaux en cours

B. la méthode de l’avancement :

On calcul tout d’abord le degré d’avancement :

C2016 = 700/2390 = 29%

Le chiffre d’affaires à l’avancement en 2016 : 29% x 2950 = 855.5

C2017= 2190/2390 = 90%

Le chiffre d’affaires à l’avancement 2017 : 90% x 2950 = 2655

Si l’entreprise comptabilise par la méthode de l’avancement depuis 2016 :

26
2016

6x Charges divers 700


5141 banque 700
Paiement des charges

34272 Créances sur travaux non encore facturables 855,5


71241 Travaux 855,5
Constatation du chiffre d’affaires réalisé

71241 Travaux 855,5


34272 Créances sur travaux non encore facturables 155,5
Régularisation du bénéfice réalisé en 2016
2017

6x Charges divers 1460


5141 Banque 1460
Paiement des charges

34272 Créances sur travaux non encore facturables 2655


71241 Travaux 2655
Constatation du chiffre d’affaires réalisé

Si l’entreprise comptabilisait le contrat selon la méthode de l’achèvement puis en 2017 par la


méthode de l’avancement

01/01/2017
71241 Travaux 855,5
1161 Report à nouveau 155,5
31341 Travaux en cours 700
Constatation du bénéfice qu’on a pu réaliser en 2016
2017

6x Charges divers 1460


5141 Banque 1460
Paiement des charges
31/12/2017

34272 Créances sur travaux non encore facturables 2655


71241 Travaux 2655
Constatation du chiffre d’affaires réalisé

31341 Variations des stocks de services en cours 700


7134 Travaux en cours 700
Constatation du stock final des travaux en cours

27
C. Selon la méthode des produits nets partiels :

C2016 = 700/2390 = 29%

Le produit net partiel en 2016 : (29% x 2950) – 700 = 155.5

C2017= 2190/2390 = 90%

Le produit net partiel 2017 : (90% x 2950)- 2160 = 495

Si l’entreprise comptabilisait selon la méthode des produits nets partiels depuis 2016 :

2016

6x Charges divers 700


5141 banque 700
Paiement des charges
31/12/2016
700
31341 Travaux en cours
7134 Variation de stocks de services en cours 700
Constatation du stock final des travaux en cours

34272 Créances sur travaux non encore facturables 155,5


71241 Travaux 155,5
Constatation du bénéfice réalisé
01/01/2017

7134 Variation de stocks de services en cours 700


31341 Travaux en cours 700
Annulation du stock initial des travaux en cours

71241 Travaux 155,5


34272 Créances sur travaux non encore facturables 155,5
Régularisation du bénéfice réalisé en 2016
2017

6x Charges divers 1460


5141 Banque 1460
Paiement des charges
31/12/2017

7134 Travaux en cours 2160


31341 Variation de stocks de services en cours 2160
Constatation du stock final des travaux en cours

34272 Créances sur travaux non encore facturables 495


71241 Travaux 495

Constatation du bénéfice réalisé

28
-Si l’entreprise comptabilisait le contrat selon la méthode de l’achèvement puis en 2017 selon
la méthode de produits nets partiels :

2017

7134 Variation des stocks de services en cours 700


31341 Travaux en cours 700
Annulation du stock initial des travaux en cours
2017

6 Charges 1460
5141 Banque 1460
Paiement des charges par nature
31/12/2017

34272 Créances sur travaux non encore facturables 495


71241 Travaux 495
Constatation du bénéfice réalisé

7134 Travaux en cours 2160


31341 Variations des stocks de servies en cours 2160
Constatation du stock final des travaux en cours

2-Impact de changement de la méthode sur le résultat d’exercices 2002 et


2003
A) Hypothèse (1) :
Méthode de l’avancement :
CA 2002 : 2950 x 29% = 855.5, les charges de 2002, s’élèvent à 700, donc le résultat de
l’entreprise au titre de l’exercice 2002 va augmenter de 855.5-700 = 155.5.
Le chiffre d’affaire de 2003 va diminuer de 855.5.
B) Hypothèse (2) :
Méthode des produits nets partiels :
Le Produit net partiel 2002 : (2950 x 29%) – 700 =155.5, donc le résultat de 2002 va augmenter de
155.5
Donc le résultat de 2002 va augmenter par 155.5
Le produit net partiel 2003 : (2950 x 90%) – 2160 = 495, donc le résultat de 2003 est le produit net
partiel diminué du résultat de 2002 c’est-à-dire 495 - 155.5 = 339,5.

29
Conclusion
Les contrats à long terme sont l’un des domaines de la comptabilité financière ou l’objectif de
traduire une image fidèle des états financiers peut être atteint de deux manières :

 Dans une optique d’attachement à la réalité juridique selon laquelle l’entreprise ne


peut considérer un résultat que lorsqu’elle a exécuté la totalité de ses obligations. Cette
optique est à l’origine de la méthode d’achèvement.
 Dans une optique attachée à la réalité économique qui aboutit à a constatation d’un
bénéfice sur une opération partiellement exécutée

La législation marocaine s’attache plus à la première optique vu que la loi considère la


méthode d’achèvement comme méthode de référence et considéré la constatation d’un
bénéfice partiel comme une option facultative.

30
Partie II : Les subventions accordées & reçues

Introduction

Les subventions sont en pratique des aides financières qui peuvent soit être accordées ou bien
reçues par les entreprises en vue d’acquérir des moyens d’activités (immobilisations ) en parle
à ce niveau des subventions d’investissement ou bien d’équipement, ces subventions sont
accordées bien sûr par l’Etat pour encourager les entreprises à investir et élargir leurs activités
, ou bien en vue de compenser des produits pour les entreprises en parle à ce niveau des
subventions d’exploitation et fin en vue de redresser la situation des filiales qui se trouve en
difficultés en parle à ce niveau des subventions d’équilibre .

I- Définition et généralités
I.1. Définition
Unesubvention consiste en une aide financière attribuée sous forme de don réel non
remboursable à partir des fonds publics. Peuvent bénéficier de cette aide les entreprises et les
associations déclarées, ainsi que les personnes physiques. Ces sommes d'argent sont attribuées
par l'Etat, les collectivités territoriales et les établissements publics, afin de contribuer à la
gestion et au développement d’un projet. Elles servent ainsi à compléter les diverses aides
octroyées au bénéficiaire.

1-2. Comment obtenir une subvention


Pour être accordée, une subvention doit faire l’objet d’une demande la part du dirigeant
de l’entreprise. Cette requête doit mentionner le projet pour lequel l’aide financière est
sollicitée. Pour une association, la demande est accompagnée d’une déclaration initiale et peut
concerner le financement d’une formation des bénévoles. L’accord se fait éventuellement
suite à une appréciation de la crédibilité du projet du demandeur. Ce pouvoir discrétionnaire
doit, toutefois, se fonder sur certains critères d’évaluation.

31
II - Subventions reçues
II.1. Subventions d’exploitation

II.1-1 Définition
Comme son nom l'indique la subvention d'exploitation est un produit d'exploitation c'est à
dire qu'elle est accordée pour l'activité courante de l'entreprise, elle est soumis à la TVA dans
la mesure où elle constitue un encaissement (TVA facturée) on crédite le compte 4455 Etat,
TVA facturée selon le plan comptable marocain.

II.1-2Comptabilisation
On débite le compte de trésorerie à savoir le compte 5141 banque et on crédite le compte
7161 subventions d'exploitation et crédite aussi le compte 4455 Etat, TVA facturée.

II.1-3Exemple :
Le 15/12/2016 l'Etat marocain décide d'octroyer une subvention d'exploitation de 5000 DH
par virement bancaire.
Par mesure de simplification, on va ignorer la TVA.
Selon le plan comptable marocain on doit passer l'écriture suivante :
15/12/2016

5141 Banque 5000


7161 Subventions d’exploitation 5000

Réception d’une subvention d’exploitation

II.2. Subventions d’équilibre


II.2-1 Définition

La subvention d'équilibre est une aide financière versée par l'État ou une collectivité locale
pour combler les pertes d'un organisme, d'une entreprise ou d'un secteur d'activité.

Ce type de subvention est octroyé pour soutenir son bénéficiaire dans le cadre d'une activité
nécessaire pour l'intérêt général, mais non rentable.

32
II.2-2 Comptabilisation

On débite le compte de trésorerie à savoir le compte 5141 banque et on crédite le compte


7561 subventions d'équilibre et crédite aussi le compte 4455 Etat, TVA facturée.

II.2-3 Exemple :

L’entreprise « ALCOF » a reçu, au cours de l’exercice N, la notification d’une subvention de

24 000 DH destinée à compenser la perte globale qu’aurait constaté l’entreprise au cours de

cet exercice.

Le 10/04/N+1, elle reçoit la subvention par chèque nº 544

Solution :

31/12/N

34513 Subventions d’équilibre à recevoir 24 000


7561 Subventions d’équilibre reçues de l’exercice 20 000
4456 Etat, TVA due 4000
Notification de la subventions
10/04/1995

5141 Banque 24 000


34513 Subventions d’équilibre à recevoir 24 000

Subvention reçues, chèque nº 544

II.3. Subventions d’investissements

II.3-1 Définition

Les pouvoirs publics accordent les deux premiers subventions pour compenser l'insuffisance
de la marge parce ce que l'Etat impose un tarif donnée comme c'est le cas de quelques biens
de première nécessité (biens réglementés et non libéralisés) ou bien l'Etat veut venir en aide
aux entreprises qui ont un déficit structurel, l'objectif est de rétablir l'équilibre c'est pour cette
raison qu'on la nomme une subvention d'équilibre.

33
Dans le cas de la subvention d'investissement, les pouvoirs publics essayent d'encourager
l'investissement en aidant les entreprises à se doter de leurs actifs immobilisés.

II.3-2 Comptabilisation
Dans un premier temps on ne va pas la passer directement dans un compte produit car ça va
impacter fortement le résultat mais l'idéal dans un compte de passif (on l'assimile aux capitaux
propres) est de l'amortir par la suite selon la durée de vie de l'immobilisation qui a fait l'objet
de financement par cette subvention dans le cas d’une immobilisation amortissable.
Dans le cas d’une immobilisation non amortissable on amortie la subvention sur 10 ans.

 la première écriture

Une fois on reçoit la subvention on passe l'écriture suivante :


Dans le débit on passe un compte de trésorerie (5141 banque etc).
Dans le crédit on passe le compte 1311 Subventions d'investissement reçues.

 la deuxième écriture

Chaque exercice et ce pendant toute la durée d'amortissement on passe l'écriture suivante:


On débite le compte 1319 Subventions d'investissement inscrites au CPC et on crédite le
compte 7577 Reprises sur subventions d’investissement de l’exercice.
Lorsque le montant du compte 1319 atteint celui du compte 1311, les deux disparaissent du
bilan.

II.3-3 Exemple 1 : la subvention couvre totalement le coût de l`immobilisation.

L´entreprise ``TADLA`` obtient de l´Etat, pendant l´exercice 2017, l`accord d´octroi d´une
subvention de 120 000 DH pour l´acquisition d´un matériel industriel valant de 120 000 DH
et d´une durée de vie de 5ans.

La subvention est encaissée, le 21/1/2018, par chèque bancaire n 102395

Le 25/1/2018, l´entreprise achète le matériel industriel en question.

34
Facture N M 512
Montant brute (HT) 104 726,10 DH
Remise (5%) 5 236,30 DH
Net commercial 99 489,80 DH
Escompte (2%) 1989,80 DH
Net financier 97 500,00 DH
Frais d´installation 2 500,00 DH
Total 100 000,00 DH
TVA (20%) 20 000,00 DH
Net à payer 120 000,00 DH

Facture réglée par chèque bancaire n 692138

31/12/2017

34511 Subventions d´investissement à recevoir 120 000

1311 Subventions d´investissement reçues 120 000

Notification de la décision d´octroi de la subvention

21/01/2018

34511 Banque 120 000

1311 Subventions d´investissement à recevoir 120 000

Encaissement de la subvention, chèque bancaire n 102395


25/01/2018

34511 Matériel et outillage (99 498,80+2500) 101 989,80

1311 Etat, TVA, récupérable sur les immobilisations 20 000,00 120 000

1 989,80
Escompte obtenus

Banque 120 000,00

Chèque n 692138, facture M 512

35
Les écritures de constatation de l´enrichissement seront passées au 31/12 des années 2018
2019 2020 2021 2022

31/12/2018

1319 Subventions d´investissement inscrite au CPC 24 000,00

7577 Reprise sur subventions d´investissement de l´exercice 24 000,00

Constatation de l´enrichissement, (120 000/5)

A la fin de l´exercice 2022, après l´écriture de constatation de l´enrichissement concernant


cet exercice, les comptes 1311 et 1319 doivent être soldés.

31/12/2017

1311 Subventions d´investissement reçues 120 000

1319 Subventions d´investissement inscrite au CPC 120 000

Pour solde des deux comptes

II.3-4Exemple 2 : La subvention couvre partiellement le coût de l´immobilisation.

Le 2/1/2017, un matériel de 100 000 DH, d´une durée de vie de 10 ans, a été financé à raison
de 40% par une subvention d´investissement, soit 40 000 DH

La dotation annuelle aux amortissements s´élève à : 100 000 x 10% = 10 000 DH

La reprise annuelle sur subventions d´investissement est de : 10 000 x 40% = 4 000 DH

36
31/12/2017

1319 Subventions d´investissement inscrite au CPC 4000

7577 Reprise sur subventions d´investissement de l´exercice 4000

Constatation de l´enrichissement (10 000 x 40% = 4 000 DH)

Cette écriture sera passée à la fin de chacune des années 2017 à 2026. A la fin de ce dernier exercice,
l´entreprise doit solder les comptes 1311 et 1319.

31/12/2017

1311 Subventions d´investissement reçues 40 000

1319 Subventions d´investissement inscrite au CPC 40 000

Pour solde des deux comptes

Exercice 3 : Cas d´une immobilisation non amortissable financée par une subvention
d´investissement.

Le 15/03/2017, l´acquisition d´un terrain de 450 000 DH par l´entreprise ´´ C D M `` a été


financée à proportion de 60% par une subvention d´investissement 270 000 DH.

A défaut de clause d´inaliénabilité dans le contrat, le montant de la reprise annuelle sur


subventions d´investissement est de : 450 000 x 60% x 1/10 = 27 000 DH.

31/12/2017

1319 Subventions d´investissement inscrite au CPC 27 000

Reprise sur subventions d´investissement de l´exercice


7577 27 000

Constatation de l´enrichissement (10 000 x 40% = 4 000 DH)

Cette écriture sera passée à la fin de chacune des années 2017 à 2026.A la fin de cette dernière
année, l´entreprise doit solder les comptes 1311 et 1319.

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31/12/2017

1311 Subventions d´investissement reçues 270 000

Subventions d´investissement inscrite au CPC


1319 270 000

Pour solde des deux comptes

III - Les subventions Accordées par l´entreprise :

´´ Les subventions accordées sont des subventions versées à des tiers dans le propre intérêt de
l´entreprise. Elles comprennentnotamment les subventions accordéesa des filiales en
difficultés et les versements à divers organismes d´intérêtgénéral ``(1)

Subventions accordées

Comptes de charges non courantes :Compte de Passif circulant :

-6561 Subventions accordées de l´exercice - 4488 Divers créanciers

- ou 6568 subventions accordées des exercices - ou le compte concerné de la

Antérieurs trésorerie actif

Le compte 6561 est débité en fin d´exercice des subventions accordées par l´entreprise et non
encore perçues par les bénéficiaires par le crédit du compte 4488.

Exemple 1 : La société ´´MANO´´ décide de verser une subvention de 25 000 DH à sa filiale


´´SIAR´´ qui se trouve en difficulté, à la fin de l´exercice 2017.

Le 15/1/2018, elle remet le chèque bancaire n 274100 à la filiale en question.

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31/12/2017

6561 Subventions accordées de l´exercice 25 000

4488 Divers créanciers 25 000

31/12/2017

6561 Divers créanciers 25 000

4488 Banque 25 000

Versement de la subvention, chèque n 2741100

Exemple 2 : La société ´´MANO´´ décide, en 2017 de verser une subvention de 6 000DH à ´´


l´association marocaine de lutte contre le cancer´´.

Le 10/1/2018, elle remet le chèque bancaire n 2704099 à cette association.

31/12/2017

6561 Divers créanciers 5 000

34552 1 000
Etat TVA Récupérable/charges
4488
Divers créanciers 6000

Versement de la subvention, chèque n 2741100

10/01/2018

6561 Divers créanciers 6 000

4488 Banque 6 000

Versement de la subvention, chèque n 274099

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Conclusions
La perception ou l’octroi des subventions entraine des écriture comptable bien définies qui
doivent être conformes à la loi fiscale et qui doivent refléter la naissance de l’enrichissement
et son emploi pour l’entreprise .

Généralement l’Etat par le biais de ses collectivités encourage les entreprises par l’octroi des
subventions d’investissement afin qu’elles puissent continuer leurs expansion au niveau
d’activités , l’Etat va bénéficier des augmentations au niveau des recette futures qu’elle va
prélever de ces entreprises sous forme de TVA et Impôt sur le bénéfice .

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BIBLIOGRAPHIE :

- La comptabilité générale des entreprises marocaines TOME II FECHTALI A.


- Code générale des impôts édition 2018
- IUT GEA 2 - Brive - S3 - 732 - Comptabilité Approfondie : Contrats à long terme -
Daniel Antraigue–
- Techniques comptables approfondies BAHI A.
- DCG10/ comptabilité approfondie :Manuel et application

WEBOGRAPHIE :

- www.docetudiant.fr
- www.tifawt.com

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