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Né en 1925 à Fort-de-France, dans une famille de

la petite bourgeoisie martiniquaise, le jeune Fanon


s’engage dans les Forces françaises libres durant la
Seconde Guerre mondiale et fait l’expérience du
racisme des Français envers les Noirs. Démobilisé en
1945, il repart vers la Martinique, où il passe son
baccalauréat. En 1946, il part étudier la médecine à
Lyon, avant de s’orienter vers la psychiatrie. C’est
après sa thèse, soutenue en 1951, qu’il publie Peau
noire, masques blancs.

Dans cet extrait, nous étudierons la fin de Peau


noire, masques blancs.
En quoi la dénonciation de l’esclavage faite par
l’auteur permet d’en déduire les revendications du
narrateur ?
Nous étudierons successivement la dénonciation
faite par Frantz Fanon de l’esclavage puis, les
revendications de ce dernier.

Le texte commence par une anaphore, l’auteur


répète en début de phrase « vais-je» l.1/2 : « Vais-je
demander à l’homme blanc d’aujourd’hui d’être
responsable des négriers du XVIIe siècle ?Vais-je
essayer par tous les moyens de faire naître la
Culpabilité dans les âmes ? ».Ce sont aussi des
questions rhétoriques, il utilise ces figures de style
afin d’interroger si il faut remettre la faute de
l’esclavage sur les hommes blancs d’aujourd’hui et si
il faut laisser apparaitre une image de victime de
l’esclavage afin de réveiller la culpabilité chez les
hommes blancs.
Frantz Fanon fait le choix de mettre une majuscule à
« Culpabilité » pour mettre l’accent sur ce mot, il
s’agit d’une allégorie, c’est une des grandes idées de
ce début d’extrait. Le champ lexical en rapport avec
l’eau est utilisé ligne 4 « Je suis nègre et des tonnes
de chaînes, des orages de coups, des fleuves de
crachats ruissellent sur mes épaules » les mots
« orages », « crachats », « ruissellent » en font partie.
C’est notamment avec ce champ lexical que Frantz
Fanon dénonce avec ferveur l’esclavage, il montre
les horreurs de l’esclavage. De plus, le narrateur
utilise à nouveau une anaphore avec une répétition
de « je n’ai pas le droit » lignes 6 à 8 :  «  Mais je n’ai
pas le droit de me laisser ancrer. Je n’ai pas le droit
d’admettre la moindre parcelle d’être dans mon
existence. Je n’ai pas le droit de me laisser engluer
par les déterminations du passé », il veut expliquer
par cette anaphore qu’il ne peut pas se laisser
influencer par les souvenirs qui le hantent. Nous
remarquons aussi un nouvelle répétition, la
répétition de verbes à l’infinitif : «laisser ancrer »,
« admettre », « laisser engluer », ces verbes ont une
fonction nominale . Afin d’accentuer la notion
d’esclavage, il utilise un champ lexical ligne 9 :« Je
ne suis pas esclave de l’Esclavage qui déshumanisa
mes pères » avec les mots « esclave », « esclavage »,
« déshumanisa » pour montrer à quel point
l’esclavage fait perdre à un homme noir son
caractère humain. De plus, nous remarquons une
allitération en [ l ] à la ligne 10 : « Pour beaucoup
d’intellectuels de couleur, la culture » , elle permet
d’introduire une nouvelle idée en rapport avec la
culture intellectuelle et l’esclavage. Une nouvelle
fois, une question rhétorique est employée à la ligne
12/13 : « Ne voulant pas faire figure de parent
pauvre, de fils adoptif, de rejeton bâtard, va-t-il
tenter fébrilement de découvrir une civilisation
nègre », et dans cette question rhétorique nous
constatons une accumulation :  « parent pauvre ; fils
adoptif ; rejeton bâtard » qui insiste sur le fait qu’il
ne veut pas avoir une mauvaise allure . Nous
remarquons que Frantz Fanon utilise « nous » après
avoir utilisé « je » au début, il parle au nom de toutes
les personnes de couleur noire, au nom de tous les
esclaves.
A la ligne18 : « petit gamin de huit ans », il insiste sur

le jeune âge d’un esclave en Martinique et en

Guadeloupe.

L’auteur va ensuite mettre en apposition « l’homme

de couleur », dans la phrase « Moi, l’homme de

couleur, je ne veux qu’une chose », à la ligne 20, il

utilise cette figure de style afin de changer de

lexique  au lieu de dire « nègre ». A travers cette

phrase nous comprenons qu’il a des revendications.

Afin d’exposer sa première requête, il utilise à la

ligne 21 une allitération en [m ] « l’instrument ne

domine l’homme ».Il est explicite que son premier

souhait est de faire cesser l’esclavage,

l’asservissement de l’homme par l’homme. Nous

remarquons aussi une répétition de verbe à

l’infinitif ligne 24 : « découvrir », « vouloir » : à

travers ce procédé, nous comprenons sa deuxième


attente qui est de vouloir découvrir l’homme en

dehors de l’esclavage et de découvrir les réelles

valeurs que les hommes portent. Il va ensuite

utiliser une allégorie dans la phrase de la ligne 24 :

« Le nègre n’est pas. Pas plus que le Blanc. » il veut

mettre sur un pied d’égalité les hommes noirs et

blancs. Ensuite, ligne 28 :  « Un homme, au début de

son existence, est toujours congestionné, est noyé

dans la contingence. » il revient au début de

l’existence de l’homme et est enfermé dans le fait de

faire ou non. Ligne 34 à 36 « Pourquoi tout

simplement ne pas essayer de toucher l’autre, de

sentir l’autre, de me35révéler l’autre ?Ma liberté ne

m’est-elle donc pas donnée pour édifier le monde du

Toi? » on observe de nombreuses questions

rhétoriques qui ont pour but d’essayer de trouver

un point d’égalité et de trouver une liberté perdue

depuis longtemps .Ligne 40 : « O mon corps, fais de

moi toujours un homme qui interroge ! » une


exclamation est utilisée, elle permet d’exprimer son

dernier souhait qui est d’être une personne

intelligente qui ne se repose pas sur ses acquis, qui

se remet toujours en question.

Pour conclure, Frantz Fanon va essayer de

dénoncer l’esclavage avec l’utilisation de mots

violents qui retiennent l’attention du lecteur, il veut

choquer les lecteurs avec une description très

précise des tortures infligées aux esclaves. Ensuite,

l’auteur va essayer de mettre en avant ses

revendications avec l’utilisation de procédés précis

pour qu’il soit compris par tous les lecteurs.

De plus, le fait qu’il y ait beaucoup de répétitions et

de questions rhétoriques met en avant une volonté

de l’auteur de venir à la connaissance de soi. Il

existe un lien entre le travail de Fanon et le travail

d’Aimé Césaire. Si nous examinons le Cahier d’un

retour au pays natal, écrit par Aimé Césaire, on peut


voir qu’il existe beaucoup de répétitions au début de

chaque phrase, à l’image des anaphores qu’utilise

Frantz Fanon.