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GUIDE

SÉCURITÉ,
SANTÉ ET
HYGIÈNE AU TRAVAIL

GUIDE SECURITE SANTE ET HYGIENE AU TRAVAIL 1


L’article L. 122-5 du Code de la propriété intellectuelle n’autorisant, aux termes de ses
alinéas 2 et 3, d’une part, que les « copies ou reproductions strictement réservées à
l’usage privé du copiste et non destinées à une utilisation collective » et, d’autre part,
que « les analyses et les courtes citations dans un but d’exemple et d’illustration »,
toute représentation ou reproduction intégrale ou partielle, faite sans le consentement
écrit et préalable de l’auteur ou de ses ayants droit ou ayants cause est illicite
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soit tel que électronique, mécanique, photographique, photocomposition,
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autre moyen existant ou à créer.

L’insertion d’extraits dans un ouvrage ou dans un document de formation est interdite,


sauf si elle est associée à une citation de l’ouvrage. Tous droits réservés pour tous
pays.

© 2005 Éditions WEKA - 249, rue de Crimée - F. 75935 Paris Cedex 19


Tél. : 01 53 35 16 00 - Fax : 01 53 35 17 01
Composition et mise en page : J.-J. Lamare - F. 78350 Jouy-en-Josas
Impression : Imprimerie Sagim - 77181 Courtry
Imprimé en UE, 2005
Dépôt légal : 2e trimestre 2005
Tous droits réservés - Reproduction interdite
ISBN 2-7337-0313-7

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AVANT-PROPOS
Le présent document est basé sur trois publications de la Direction régionale du
travail, de l’emploi et de la formation professionnelle (DRTEFP) du Limousin :

§ Guide santé sécurité PME (mars 1998) ;

§ Mémento PME Santé Sécurité (version actualisée septembre 2000).


Auteurs : chargés de mission DRTEFP du Limousin ; formateurs et élèves de
l’École supérieure de sécurité et d’environnement de Limoges (CCI de Limoges) ;
inspecteurs du travail de la région Limousin ; agents de prévention CRAM Centre-
Ouest ; chargés de mission ARACT Limousin ; médecins du travail ; chefs
d’entreprise ; animateurs sécurité ;

§ Repères pour une évaluation efficace des risques professionnels (avril 2002).
Auteurs : ingénieur de prévention, chargé de mission et médecin inspecteur
DRTEFP du Limousin ; inspecteurs et contrôleurs du travail de la région Limousin
; ingénieurs de prévention CRAM Centre-Ouest ; conseiller en prévention CCI de
Limoges ; chargés de mission ARACT Limousin ; conseillers à la sécurité
OPPBTP Limousin-Poitou-Charentes.

En juillet 2002, la DRTEFP du Limousin a autorisé l’Assemblée des Chambres


Françaises de Commerce et d’Industrie (ACFCI) à réutiliser ces documents afin
d’élaborer un Guide sécurité, santé et hygiène au travail à l’attention des PME et
PMI.

Ce document a été coordonné par Arnault Comiti (ACFCI) et rédigé conjointement par :

Patrice Arnoux, ACFCI


Denis Chazallet, CCI de Saint-Étienne
Paule Geiger, CCI de l’Oise
Nicolas Grenier, CCI de Péronne
Jean-François Mistou, CCI de l’Essonne
Jean-Claude Pressigout, CCI de Limoges
Christian Papet, CCI de Chalon-sur-Saône
Pierre-Olivier Viac, ACFCI
Vincent Xavier, CCI de Montluçon-Gannat

Les Éditions WEKA diffusent aujourd’hui auprès de leurs abonnés la version de


l’ACFCI.

Ce document, issu d’une action des services de l’État et des Chambres de Commerce
et d’Industrie, ne peut être vendu.

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SOMMAIRE

INTRODUCTION
I. PRINCIPES GÉNÉRAUX DE LA PRÉVENTION

II. ÉVALUATION DES RISQUES


1- IDENTIFIER LES RISQUES
2- CLASSER LES RISQUES
3 -PROPOSER DES ACTIONS DE PRÉVENTION
4- LES SOURCES DE RENSEIGNEMENTS POUR RÉALISER L’ÉVALUATION
DES RISQUES

III. SÉCURITÉ COLLECTIVE


1- RESPECT DE L'AFFICHAGE ET DE LA SIGNALISATION
2 -INCENDIE
3- BRUITS ET VIBRATIONS
4- ÉCLAIRAGE
5 -AÉRATION ET ASSAINISSEMENT
6- LES ÉQUIPEMENTS DE TRAVAIL
7 -VÉRIFICATIONS PÉRIODIQUES DES APPAREILS ET ÉQUIPEMENTS
8- MATIÈRES DANGEREUSES
9- INTERVENTIONS D’ENTREPRISES EXTÉRIEURES
10- FORMATION À LA SÉCURITÉ
11- UNE OBLIGATION GÉNÉRALE DE FORMATION À LA CONDUITE

IV. SÉCURITÉ INDIVIDUELLE


1- PROTECTION CONTRE LES RISQUES PHYSIQUES
2- PROTECTION CONTRE LES RISQUES CHIMIQUES
3 -PROTECTION CONTRE LE RISQUE AMIANTE

Annexe 1 : MCA : matériaux contenant de l’amiante


Annexe 2 : Valeurs d’exposition par types d’activité

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V. CONTRÔLES ET RESPONSABILITÉS DU CHEF D’ENTREPRISE EN
MATIÈRE DE SANTÉ ET DE SÉCURITÉ AU TRAVAIL
1- CONTRÔLES EN MATIÈRE DE SANTÉ ET SÉCURITÉ AU TRAVAIL
2 -ACCIDENTS DU TRAVAIL ET MALADIES PROFESSIONNELLES
3 -LA RESPONSABILITÉ PÉNALE
4- LA RESPONSABILITÉ CIVILE

VI. LES SERVICES DE SANTÉ AU TRAVAIL


1- PRINCIPES
2-ORGANISATION
3- RÔLE DU MÉDECIN

VII. LES AIDES FINANCIÈRES ACCORDÉES AUX PME POUR


L’AMÉLIORATION DES CONDITIONS DE TRAVAIL
1- CONTRAT DE PRÉVENTION AVEC LA CRAM
2- FONDS POUR L’AMÉLIORATION DES CONDITIONS DE TRAVAIL (FACT)

VIII. LES DOCUMENTS UTILES

Document n° 1 : Modèle de document unique sur l’évaluation des risques


professionnels

Document n° 2 : Consignes pour un standard d’entreprise en cas d’accident et/ou


d’incendie

Document n° 3 : Consignes dans l’entreprise en cas d’incendie

Document n° 4 : Permis de feu

Document n° 5 : Modèle de déclaration de conformité

Document n° 6 : Tableau de vérification périodique obligatoire

Document n° 7 : Plan de prévention

IX. GLOSSAIRE

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INTRODUCTION

La santé et la sécurité au travail deviennent une préoccupation de plus


en plus forte des entreprises, car au-delà des impératifs humains et
sociaux, ces sujets constituent un enjeu économique et juridique.

Les accidents du travail ne doivent plus être perçus comme une fatalité
mais comme un dysfonctionnement de l’entreprise. La sécurité doit être
gérée au plus haut niveau et être intégrée dans le management de
l’entreprise.

Les tribunaux sanctionnent également plus lourdement les atteintes à la


santé ou à la sécurité des salariés, et la responsabilité civile ou pénale
des chefs d’entreprise peut être engagée.

Ce guide a pour objectif d’aider le chef d’entreprise dans sa démarche


de progrès en matière de sécurité, qu’il s’agisse d’identifier les risques
présents, de les évaluer ou de prendre les mesures de prévention
nécessaires.

Résolument pratique, cet outil vise à répondre de manière pragmatique à


vos questions.

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I- PRINCIPES GÉNÉRAUX DE LA PRÉVENTION

Le cadre réglementaire de référence s’appuie sur la directive européenne du 12 juin


1989, transposée en France par la loi du 31 décembre 1991 et déclinée dans le Code
du travail (article L. 230-2).

« Le chef d’entreprise prend les mesures nécessaires pour assurer la sécurité et


protéger la santé des travailleurs de l’établissement. »

La mise en œuvre des principes généraux de prévention peut s’appuyer sur les axes de
travail suivants :

ü Éviter les risques.

ü Évaluer les risques qui ne peuvent être évités.

ü Réduire les risques à la source.

ü Remplacer ce qui est dangereux par ce qui n’est pas dangereux ou moins
dangereux.

ü Mettre en place une organisation pour planifier la prévention.

ü Mise en place de moyens adaptés.

ü Adaptation de ces mesures selon les changements.

ü Amélioration continue des situations existantes.

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II - ÉVALUATION DES RISQUES

L’évaluation des risques s’inscrit dans l’obligation générale du chef d’entreprise de


veiller à la santé et à la sécurité au travail des salariés.

Issue de la directive européenne du 12 juin 1989 et transposée par la loi du 31


décembre 1991, cette démarche est désormais obligatoire pour toutes les entreprises
depuis la parution du décret du 5 novembre 2001. Les dispositions de ce décret ont été
explicitées par une circulaire du ministre chargé du Travail du 18 avril 2002.

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Le chef d’entreprise doit formaliser par écrit dans un document unique les résultats de
l’évaluation des risques, les mettre à jour et les tenir à disposition.
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La méthode d’évaluation des risques comporte quatre étapes détaillées ci-après.

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1- IDENTIFIER LES RISQUES

C’est repérer tous les risques auxquels peuvent être exposés les salariés.

Exemples de risques :

• Chute de plain-pied.
• Chute de hauteur.
• Manutention manuelle.
• Engins et appareils de levage.
• Machines et équipements de travail.
• Circulation (y compris routière).
• Chute d’objets.
• Bruit.
• Produits chimiques.
• Produits biologiques.
• Produits cancérigènes.
• Rayonnements ionisants.
• Incendie, explosion(1).
• Électricité.
• Travail sur écran.
• Organisation du travail.
• Éclairage.
• Rayonnements non ionisants.
• Température.
• Interventions entreprises extérieures.
• Entreprises extérieures.
• Autres.

1) Le chef d’établissement établit et met à jour un document dénommé : « document relatif à la


protection contre les explosions » qui est intégré au document unique d’évaluation des risques (art.
R. 232-12-29 du Code du travail).

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2- CLASSER LES RISQUES

La classification des risques permet d’estimer leur importance. À toutes les unités
de travail, chaque danger et chaque risque sont évalués par les différents acteurs.
Cette concertation est l’occasion de mettre en commun les différentes approches. Le
chef d’entreprise transcrit ensuite sous sa responsabilité le résultat de l’évaluation de
chaque risque dans le document unique en vue de préparer un plan d’action de
prévention.

Le chef d’entreprise peut par exemple analyser les risques selon les critères ci-après,
après les avoir adaptés à son entreprise :

Exemples de critères :

• Régularité de réapparition du risque.

• Fréquence de répétition du risque.

• Nombre de salariés concernés au poste ou susceptibles d’être concernés dans


l’environnement immédiat.

• Gravité des conséquences possibles (atteinte des salariés, atteinte de points


stratégiques de l’entreprise).

• Accidents de travail, presque accidents ou maladies professionnelles observés à


ce poste.

• Nuisances à l’environnement immédiat du poste (autres postes, processus de


fabrication).

• Nuisances à l’environnement de l’entreprise (population, espaces naturels),

• Autres critères.

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3- PROPOSER DES ACTIONS DE PRÉVENTION

Le décret ne prévoit pas que le document unique précise le choix et les moyens des
mesures de prévention. Toutefois, il est conseillé de faire figurer les actions de
prévention, de protection ou de réduction des risques envisagées ou déjà existantes.

Exemples d’actions :

•Amélioration des conditions de travail : température des locaux,


aération/ventilation, éclairage, exposition au bruit, rythmes et horaires de travail…

•Réduction des manutentions manuelles.

• Mise en place de protection collective des salariés.

• Mise en place d’équipements de protection individuelle.

• Réalisation d’actions de prévention, d’information ou de formation des salariés.

• Suppression ou réduction de la situation dangereuse : vérifications périodiques


des installations électriques, limitation de l’exposition ou remplacement des
produits dangereux.

• Optimisation de l’organisation des déplacements et de la circulation au sein de


l’entreprise.

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4- LES SOURCES DE RENSEIGNEMENTS POUR RÉALISER
L’ÉVALUATION DES RISQUES

Il convient d’associer à cette démarche le CHSCT lorsqu’il existe, les délégués du


personnel, le médecin du travail et l’ensemble des salariés qui disposent de
connaissances et de l’expérience de leur propre situation de travail. L’inspection du
travail s’attachera à vérifier que le personnel a été associé à cette démarche.

Certains documents peuvent être déjà disponibles en interne :

§ fiche d’entreprise du médecin du travail ;


§ analyse des accidents du travail et des maladies professionnelles, des incidents
et des dysfonctionnements ;
§ bilans du CHSCT et des actions de prévention ;
§ fiches de données de sécurité mises à disposition par le fournisseur de produits
chimiques ;
§ rapports d’organismes agréés.

Des guides ou des documents peuvent également être obtenus auprès de l’inspection
du travail ou de la CRAM pour aider le chef d’entreprise à réaliser cette démarche
d’évaluation des risques.

Un modèle de document unique sur l’évaluation des risques professionnels


figure dans les documents utiles à la fin du guide (cf. document n° 1 p. 87).

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III- SÉCURITÉ COLLECTIVE

1 – RESPECT DE L’AFFICHAGE ET DE LA SIGNALISATION


A. Affichage sur les lieux de travail

Le chef d’établissement est tenu d’afficher un certain nombre de consignes,


d’adresses, de numéros d’urgence et d’informations dans son entreprise.

§Consignes incendie

Pour les PME mettant en œuvre des matières inflammables, une consigne doit être
établie et affichée d’une manière très apparente :

• Dans chaque local dont l’effectif est supérieur à cinq personnes.


• Dans chaque local ou chaque dégagement desservant un groupe de locaux dans les
autres cas.

Exemples de consignes incendie :

• Alarme : toute personne apercevant un début d’incendie doit :

1. prévenir le standard en précisant le lieu exact du début d’incendie,


2. attaquer le feu avec l’extincteur approprié,
3. évacuer si on lui en donne l’ordre ou si sa sécurité est menacée.

• Alerte : elle est donnée par le standard qui :

1. appelle les pompiers (téléphone n° 18) en précisant « Feu Ets Dupont ZI Nord à
Amiens »,
2. prévient la direction et le personnel.

Les membres de l’équipe incendie suivent les consignes particulières qui leur ont été
remises.

Numéros des secours d’urgence :

· 112 : numéro de tous les secours.


· 15 : Samu.
· 17 : police ou numéro de la gendarmerie de la localité.
· 18 : pompiers.
· Centre antipoison de votre région.

§ Adresse et numéro d’appel du médecin du travail.


§ Adresse et numéro d’appel de l’inspection du travail et nom de l’inspecteur du
travail ou du contrôleur du travail.
§ Liste nominative des sauveteurs secouristes du travail (SST).

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Informations de sécurité sur un poste de travail concernant les risques, appareils
de protection à utiliser, la conduite à tenir en cas d’accident.

Mais le simple affichage d’une consigne de sécurité ne suffit pas. Pour son
application, il faut que celle-ci soit diffusée et expliquée aux salariés afin qu’ils aient
une connaissance effective de la consigne et des modes opératoires (voir formation à la
sécurité).

Exemple : chaque fois que des produits dangereux sont utilisés, les chefs d’entreprise
sont tenus d’élaborer une fiche de poste.

Conseils utiles

L’organisme à consulter en ce qui concerne la réglementation en matière d’affichage


est l’Inspection du travail.

La CRAM peut, par l’intermédiaire de son Centre d’information sur les risques
professionnels (CIRP), fournir des affiches sécurité. Dans le cadre d’une campagne de
prévention, elle peut aussi mettre à la disposition de l’entreprise des modèles de
consignes ou des brochures spécifiques (ex. : produits dangereux, manutentions
manuelles).

Pour certaines activités (scierie, laiterie, etc.), on consultera la MSA (Mutualité


sociale agricole).
Dans le cas de la branche professionnelle du BTP (bâtiment et travaux publics),
on consultera l’OPPBTP (Organisme professionnel de prévention du bâtiment et
des travaux publics) qui possède des ouvrages spécifiques.
On n’oubliera pas les centres techniques de certaines branches professionnelles.

B. Signalisation
Elle concerne aussi bien le balisage des voies de circulation dans l’entreprise que
l’accès aux différents lieux où s’exerce l’activité pour informer les transporteurs, les
visiteurs, etc.
Elle servira à identifier les tuyauteries rigides et les bouteilles de gaz transportables.
Elle servira à informer sur les risques par des avertissements, des obligations, des
interdictions et des informations de secours (accidents, incendie).

En fonction de l’évaluation des risques et de sa politique de prévention, le chef


d’entreprise peut avoir recours à des signalisations occasionnelles ou
complémentaires.

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Quelques exemples :

a) Obligation, sauvetage et secours

b) Interdiction

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c) Avertissement

d) Obligations

Conseils utiles

Les panneaux de signalisation doivent être simples, résistants, visibles, compréhensibles. Ils
doivent être enlevés lorsque le risque disparaît.

On peut aussi utiliser les panneaux du Code de la route pour signaler des obligations
piétons, limitation de vitesse, sens interdit, etc.).

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2 – INCENDIE

Le risque incendie est une des priorités en matière de sécurité des personnes, des
biens et de l’environnement. Des actions de prévention et de protection doivent être
menées par le chef d’entreprise.

Les réglementations dans ce domaine peuvent être diverses :

• Code du travail pour les salariés.


• ERP (établissement recevant du public), par exemple une surface de vente, un
magasin d’usine.
• Environnement dans le cadre d’une installation classée.

§ Le matériel de lutte contre les incendies :

• Compartimentage anti feu (porte coupe-feu, murs spéciaux…).


• Matériel d’extinction : extincteurs portatifs ou à extinction automatique (sprinkler). Il
faut veiller à ce que les extincteurs soient :
– en nombre suffisant, adaptés aux risques d’incendie ;
– faciles d’accès, repérables et utilisables par le personnel proche ;
– accessibles en hauteur et les plus légers possibles pour le personnel féminin.

• Matériel de protection individuelle (gants, masques, combinaisons ignifugées).

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Aucun produit ou matières stockés ne doivent cacher
la visibilité et l’accès au matériel incendie.
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§ Exercices de prévention, de lutte et d’évacuation

Le Code du travail prévoit que « des exercices au cours desquels la personne apprend
à reconnaître les caractéristiques du signal sonore d’alarme générale, à se servir des
moyens de premiers secours et à exécuter les diverses manœuvres nécessaires » sont
obligatoires dans les établissements de plus de 50 salarié(e)s et dans ceux où sont
manipulées et mises en œuvre des substances ou préparations classées explosives,
comburantes ou extrêmement inflammables, ainsi que des matières dans un état
physique susceptible d’engendrer des risques d’explosion ou d’inflammation
instantanée.

« Ces exercices et essais périodiques doivent avoir lieu tous les six mois.
Leur date et les observations auxquelles ils peuvent avoir donné lieu sont consignées
sur un registre tenu à la disposition de l’inspecteur du travail » (art. R. 232-12-21 du
Code du travail).

GUIDE SECURITE SANTE ET HYGIENE AU TRAVAIL 17


Conseils utiles
C’est le chef d’entreprise qui est responsable de la mise en place de ces exercices. Il peut
utilement se rapprocher des sapeurs-pompiers.
Cela permet d’établir des priorités d’actions, de protéger plus particulièrement des lieux
d’activités qui permettent la survie de l’entreprise ou un redémarrage plus rapide.
Ne pas oublier les clauses du contrat d’assurance privées.

§ La signalisation : cf. paragraphe 1 « Signalisation »

Les équipements de lutte contre l’incendie doivent avoir une couleur spécifique
(rouge) et être signalés par des panneaux de localisation.

Une signalisation doit baliser les chemins à emprunter par le personnel pour
l’évacuation vers la sortie la plus rapprochée. Les dégagements qui ne servent pas
habituellement de passage pendant la période de travail doivent être signalés par la
mention « Sortie de secours ». Les panneaux de signalisation doivent être opaques ou
transparents, lumineux, et regroupés avec l’éclairage de sécurité.

§ Les consignes de sécurité incendie

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Les consignes pour un standard d’entreprise en cas d’accident ou d’incendie (cf.
document n° 2, p. 88) et les consignes dans l’entreprise en cas d’incendie (cf. document
n° 3, p. 89) figurent dans les documents utiles à la fin du guide.
---------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

Les consignes de sécurité concernant l’incendie dans un établissement font partie


intégrante des mesures de prévention techniques et organisationnelles à mettre en
place. Elles sont obligatoires pour les établissements réunissant plus de 50
personnes ou ceux où sont manipulées et mises en œuvre des matières
inflammables (art. R. 232-12-20 à R. 232-12-22 du Code du travail).

Les consignes concernent la totalité de l’établissement et sont applicables à


l’ensemble des personnes présentes sur le site.

Elles doivent être placées, comme les plans d’évacuation, par niveau, à proximité
immédiate des escaliers ou ascenseurs et/ou à tout autre endroit où elles pourront être
vues facilement.

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Outre les consignes générales, il peut y avoir lieu d’établir parallèlement :
– des consignes spéciales destinées à certains personnels (personnes en charge
de l’alerte, membres d’équipes d’intervention, secouristes, ambulanciers…) ;
– des consignes particulières spécifiques à certains travaux ou locaux.
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GUIDE SECURITE SANTE ET HYGIENE AU TRAVAIL 18


§ L’éclairage de sécurité

L’éclairage de sécurité est obligatoire pour les établissements occupant des salariés
ou recevant du public (ERP). Il intervient en cas de défaillance de l’éclairage normal et
doit permettre :

• L’évacuation sûre et facile des personnes.


• Les manœuvres intéressant la sécurité.

§ Moyens de détection et d’alerte

Il existe deux types de moyens de détection :


• Détection humaine (gardiennage, ronde, etc.).
• Détection automatique.

Alerte des secours : en fonction de l’organisation du travail (de nuit, travail posté), le
chef d’entreprise doit mettre en place une procédure pour prévenir les secours. Une
personne au moins doit être désignée pour prévenir les sapeurs-pompiers en cas de
début d’incendie.

§ Alarme sonore en cas d’incendie et d’évacuation

Les établissements où peuvent se trouver occupées ou réunies habituellement plus de


50 personnes, ainsi que ceux, quelle que soit leur importance, où sont manipulées et
mises en œuvre des matières inflammables doivent être équipés d’un système
d’alarme sonore (art. R. 232-12-18 du Code du travail).

Les dispositifs d’alarme doivent suivre la réglementation des SSI (systèmes de


sécurité incendie). La nature de l’installation incendie est évaluée en fonction du risque,
de la taille et de l’activité de l’établissement. Elle doit être conforme à la réglementation
du Code du travail et à la réglementation des ERP.

§ Registre incendie

Il doit être ouvert et tenu à jour dans les différents établissements et être à la
disposition de l’inspection du travail.

Il comporte :
• L’organisation à mettre en œuvre.
• Les dates des exercices et essais périodiques.
• Les observations sur ces derniers.

Les matériels incendie doivent être conformes aux normes en vigueur, agréés par les
assurances, vérifiés périodiquement et annuellement (règle R4 et certificat N4 pour les
extincteurs mobiles).

GUIDE SECURITE SANTE ET HYGIENE AU TRAVAIL 19


Classe de feux Exemples Agents extincteurs

Eau pulvérisée
Classe A Bois Jet plein ou jet diffusé
Feux de solides Cartons Eau + Mouillants
Mousse
Poudres ABC

Classe B Poudres BC et ABC


Feux de liquides Hydrocarbures CO2
ou de solides Alcool Mousses
liquéfiables Hydrocarbures
Halogénés

Classe C Gaz Poudre BC et ABC


Feux de gaz

Classe D Sodium Poudre spéciale


Feux de métaux Magnésium

§ Le permis de feu

Il est établi dans un but de prévention des dangers d’incendie et d’explosion


occasionnés par les travaux par point chaud (soudage, découpage...). Il est délivré par
le chef de l’entreprise utilisatrice ou son représentant qualifié. Le permis de feu doit être
inclus dans le plan de prévention qui sera écrit dans le cadre d’interventions
d’entreprises extérieures (chapitre « Interventions d’entreprises extérieures »).

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Un modèle permis de feu figure dans les documents utiles à la fin du guide
(cf. document n° 4, p. 90).
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GUIDE SECURITE SANTE ET HYGIENE AU TRAVAIL 20


3- BRUITS ET VIBRATIONS

A. Le bruit

Il est codifié par l’article R. 232-8 du Code du travail.


C’est un facteur de risque important pouvant entraîner des dommages physiques et
psychologiques, pouvant aller jusqu’à l’accident du travail et à la maladie
professionnelle.

Le Code du travail précise dans les principes généraux de prévention :

« L’employeur est tenu de réduire le bruit au niveau le plus bas raisonnablement


possible compte tenu de l’état des techniques. »

L’exposition au bruit doit demeurer à un niveau compatible avec la santé des


travailleurs, notamment avec la protection de l’ouïe.

§ Démarche du chef d’entreprise

– Suppression des bruits

Exemples : installation de compresseurs hors des locaux de travail (locaux


techniques), nouvelles technologies.

– Réduction des bruits

Exemple : installation de silencieux sur des refoulements ou échappements,


capotages antibruit, traitement acoustique des locaux (panneaux absorbants,
écrans amovibles, cloisonnements), aménagement des postes de travail.

– Prescriptions minimales de sécurité et de santé des travailleurs (mesurage


et état des lieux)

GUIDE SECURITE SANTE ET HYGIENE AU TRAVAIL 21


Niveau d’exposition Notes d’application
sonore quotidien
Niveau seuil : valeur au-dessous de laquelle une exposition continue
1. 75 dB(A) et/ou répétitive ne produit aucun effet nocif pour la santé et la sécurité
des travailleurs.
Notons cependant que les connaissances scientifiques actuelles ne
permettent pas de définir des niveaux précis d’exposition couvrant tous
les risques pour la santé,
notamment en ce qui concerne les effets non auditifs du bruit.
Niveau d’action : information des travailleurs. Protection individuelle à la
2. 80 dB(A) demande. Droit à la surveillance médicale si ce niveau est dépassé.
Identifier les salariés concernés, mesurer leur exposition tous les trois
ans en cas de modification susceptible d’accroître le bruit.
Mesurage prévu dans un document soumis pour avis au CHSCT (ou à
3. 85 dB(A) ou 135 dB défaut aux délégués du personnel) et au médecin du travail.
(niveau de pression Mettre à la disposition des travailleurs exposés des protecteurs
acoustique de crête) individuels adaptés.
Informer les travailleurs exposés sur les risques, sur les moyens mis en
œuvre pour les prévenir, sur le rôle de la surveillance médicale
spéciale, les former en conséquence.
Outre les mesures précédentes :
– établir et mettre en œuvre un programme de mesures de nature
4. 90 dB(A) ou140 dB technique ou d’organisation du travail destiné à réduire l’exposition au
(niveau de pression bruit,
acoustique de crête) – présenter ce programme une fois par an au CHSCT,
– prendre toutes les dispositions pour que les protecteurs individuels
soient utilisés,
– signaler de façon appropriée les lieux de travail bruyants.
Si le niveau d’exposition sonore quotidienne atteint 105 dB(A)
5. 105 dB(A) réglementer l’accès des lieux.
1) Attention : un niveau sonore d’exposition quotidienne (LAeq) inférieur à 85 dB(A) n’exclut pas la possibilité
d’un niveau de pression acoustique de crête égal ou supérieur à 135 dB entraînant les mesures spécifiques 3
ou 4 du tableau.

§ Durée maximale d’exposition

Niveau sonore intégré sur une


Durée représentative en décibels Durée d’exposition maximale quotidienne
A dB(A)

85 8h
88 4h
91 2h
94 1h
97 30 min
100 15 min

GUIDE SECURITE SANTE ET HYGIENE AU TRAVAIL 22


Ce tableau donne les durées maximales d’exposition sonore quotidienne à ne pas
dépasser. Les mesures réalisées doivent tenir compte de la fluctuation du poste de
travail ; il est souvent procédé à des mesures par dosimétrie individuelle.

En tout état de cause, le salarié doit rester à des niveaux d’exposition inférieurs à
ceux mentionnés dans le tableau ci-dessus, toutes sources sonores prises en
compte (y compris les bruits occasionnels, par exemple soufflette).

_ Port de protections individuelles adaptées


C’est seulement en cas d’impossibilité de suppression ou de réduction des bruits à la
source que le personnel doit être doté de protections individuelles.

• Port continu

– Bouchons d’oreilles pré modelés fabriqués en silicone, caoutchouc ou autre


matière souple : ils sont disponibles en plusieurs tailles et doivent être adaptés au
porteur.

– Bouchons d’oreilles réalisés sur mesure, généralement en résine synthétique


acrylique ou silicone : ils sont moulés sur le conduit auditif du porteur et sont de ce fait
individualisés, offrant un grand confort permettant par exemple de sélectionner des
fréquences d’affaiblissement (le porteur peut ainsi converser avec ses collègues sans
être gêné par le bruit ambiant).

• Port intermittent

– Les serre-tête composés de deux coquilles reliées par le dessus du crâne : ils
sont recommandés pour des interventions de courte durée dans une zone bruyante.

– Les serre-nuque : l’arceau se place derrière la nuque mais ils s’utilisent comme les
serre-tête.

– Les casques enveloppants : ils recouvrent une grande partie de la tête et sont
munis de coquilles qui recouvrent les oreilles. Ils peuvent être équipés d’écouteurs et
permettent même une communication verbale avec d’autres correspondants.
Voir brochure INRS ED 868 sur http://www.inrs.fr

B. Les vibrations
Les vibrations des machines ou des outils exposent les salariés à des troubles graves
pour la santé.
Les vibrations des machines peuvent aussi provoquer des dégâts au niveau de la
structure des immeubles ou installations.

Informations générales sur le bruit, voir brochure INRS ED 707 sur


http://www.inrs.fr

GUIDE SECURITE SANTE ET HYGIENE AU TRAVAIL 23


La directive 2002/44/CE fixe :

• Valeurs d’action : 0,5 m/s2 pour l’ensemble du corps et 2,5 m/s2 pour l’axe main-bras
sur 8 heures.
• Valeurs plafonds : 1,15 m/s2 pour l’ensemble du corps et 5 m/s2 pour l’axe main-bras
sur 8 heures. Au-delà de ces valeurs, l’exposition aux vibrations présente un risque tel
pour la santé que l’employeur doit prendre des dispositions pour ramener l’exposition
en dessous des valeurs plafonds.

Conseils utiles

Pour une machine neuve, le risque bruit ou vibrations doit être pris en compte lors du
choix.

Pour une machine déjà mise en service, la diminution des vibrations peut être
obtenue par un système de fixation au sol (silentbloc) ou par réinstallation sur une dalle
antivibration.

Pour protéger les travailleurs :

• Nivellement des sols de roulement.


• Intercalage de dispositifs antivibratiles entre la source et la personne.
• Optimiser la posture des opérateurs (soutien du dos, assises tournantes).

GUIDE SECURITE SANTE ET HYGIENE AU TRAVAIL 24


4-ÉCLAIRAGE
Les locaux de travail doivent disposer d’une lumière naturelle suffisante. Pour les
constructions neuves ou après rénovation, les locaux de travail doivent obligatoirement
comporter à hauteur des yeux des baies transparentes donnant sur l’extérieur (ainsi la
seule mise en place d’un éclairage naturel par le plafond est insuffisante).

_ Valeurs minimales pour les locaux de travail

Valeurs minimales d’éclairement


Types de locaux (en lux) en tout point du local et à tout
moment

Locaux affectés au travail et leurs


dépendances

• Voie de circulation intérieure 40

• Escaliers et entrepôts 60

• Locaux de travail, vestiaires, sanitaires 120

• Locaux aveugles affectés à un travail 200


permanent

Espaces extérieurs

• Zones et voies de circulation extérieures 10

• Espaces extérieurs où sont effectués des 40


travaux à caractère permanent

_ Valeurs minimales au poste de travail


Si certains organes intérieurs doivent être inspectés fréquemment, des dispositifs
d’éclairage appropriés doivent leur être associés de sorte que le niveau d’éclairement
soit adapté à la nature du travail à effectuer (selon norme X 35-103).

Exemples de poste Valeur minimale

Mécanique : machines-outils, soudure 300 lux

Dactylographie, montage de pièces, salle de 500 lux


contrôle
Travail petites pièces 750 lux

Industrie du vêtement, piqueuse, travail sur 1 000 lux


table à dessin
En plus des valeurs minimales mentionnées ci-dessus, le poste de travail prendra en
compte les contrastes et les implantations des diverses sources lumineuses.

GUIDE SECURITE SANTE ET HYGIENE AU TRAVAIL 25


Le projet de norme EN 12464 donne d’autres valeurs :

– construction et réparation de véhicules : 750 à 1 000 lux pour la peinture et 500 lux
pour la carrosserie,

– bureaux : travail sur écran : 500 lux (valeur INRS) et 500 lux pour l’écriture/ lecture,

– magasins : 500 lux,

– salons de coiffure : 500 lux,

– travail du bois : 500 lux pour les travaux sur machines et 1 000 lux pour le contrôle
qualité.

Compléments d’informations sur le document INRS ED 85 sur http://www.inrs.fr

Conseils utiles

Bien considérer la zone de travail et son aménagement.


Pour éviter toute zone d’ombre sur un poste de travail, il est conseillé d’installer deux éclairages
latéraux.
Le choix des appareils d’éclairage, le mode de pose ainsi que le choix des lampes sont
déterminants.

Qui contacter ?
Médecin du travail.
Inspection du travail.
CRAM.
ARACT.
Organismes agréés.

GUIDE SECURITE SANTE ET HYGIENE AU TRAVAIL 26


5- AÉRATION ET ASSAINISSEMENT
• L’assainissement renvoie à la pollution spécifique pouvant entraîner des dommages
pour la santé.

• Les locaux à pollution spécifique sont des locaux dans lesquels des substances
dangereuses ou gênantes sont émises sous forme de gaz, vapeurs, aérosols, autres
que celles liées à la seule présence humaine.

Résultats à atteindre :
– extraire les polluants,
– aérer pour obtenir assez d’air neuf,
– éviter les inconvénients (courants d’air, variations de température),
– obtenir un air purifié, sans odeur désagréable,
– obligation du maître d’ouvrage lors de la construction et de l’aménagement
des locaux de travail.

A. Pour les locaux à pollution non spécifique

_ Ventilation naturelle (ouvrants accessibles et manoeuvrables) ou introduction


d’air neuf. Il faut :
– respecter le débit minimum d’air neuf à introduire :

Désignation des locaux Débit minimal d’air neuf par occupant


(en m3/h)

· Bureaux, locaux sans travail physique 25

• Locaux de restauration, locaux de vente, 30


locaux de réunion

• Ateliers et locaux avec travail physique léger 45

• Autres ateliers et locaux 60

Référence réglementaire du tableau du débit minimal d’air neuf par occupant : art. R. 232-5-3.

– empêcher la pénétration, dans de tels locaux, d’air en provenance de locaux pollués,


– prévoir un système de filtration de l’air neuf s’il y a un risque de pollution par
introduction de l’air,

– le recyclage de l’air est possible mais :

• il doit être filtré avant réintroduction,


• l’air recyclé n’est pas pris en compte dans les débits d’air neuf introduit,
• le recyclage doit être arrêté en cas de panne du système de filtration.

GUIDE SECURITE SANTE ET HYGIENE AU TRAVAIL 27


B. Pour les locaux à pollution spécifique

Les principes à retenir :

– suppression du risque : vase clos ou autre procédé,


– captation à la source : réseaux d’extraction,
– en complément : ventilation générale,
– dans tous les cas, nécessité d’air de compensation et d’air neuf,
– les installations de ventilation ne doivent pas provoquer de gêne (courant d’air,
température, humidité, bruit, vibration),
– organisation des rejets des polluants.

Contrôles périodiques :

– tous les ans pour les locaux à pollution spécifique ou non spécifique,
– tous les six mois si l’air est recyclé.

Conseils utiles

Prévoir la maintenance de toutes les installations. Les résultats seront consignés dans
un dossier.

Qui contacter ?

CRAM.
INRS.

Bibliographie : « Liaisons sociales » de juin 2001, Aération et assainissement des


ambiances de travail (INRS).

Références : – Décret n° 84-1093 du 7 décembre 1984 concernant les obligations des


maîtres d’ouvrage.

– Décret n° 84-1094 du 7 décembre 1984 concernant les obligations des chefs


d’établissement.
– Circulaire du 9 mai 1985 : commentaires techniques des deux décrets ci-dessus.
– Arrêté du 8 octobre 1987 concernant le contrôle périodique des installations
d’aération et d’assainissement.
– Arrêté du 23 janvier 2004 portant agrément d’organismes habilités à procéder au
contrôle de l’aération et de l’assainissement des locaux de travail.

GUIDE SECURITE SANTE ET HYGIENE AU TRAVAIL 28


6- LES ÉQUIPEMENTS DE TRAVAIL

Il faut distinguer trois générations d’équipements de travail :

1. Les équipements assujettis à la mise en conformité, c’est-à-dire ceux en service


dans l’entreprise au 1/01/1993 et maintenus en service après le 1/01/1997. À l’heure
actuelle, tous ces équipements doivent avoir fait l’objet d’une mise en conformité
effective.

2. Les équipements d’occasion, c’est-à-dire ceux vendus postérieurement au


1/01/1993, pour lesquels un certificat de conformité doit être fourni à l’acquéreur par
le vendeur.

3. Les équipements neufs, c’est-à-dire ceux mis sur le marché pour la première fois
après le 1/01/1993 et pour lesquels l’acquéreur doit faire attention aux trois points
suivants :

– certificat de conformité (à lui remettre),


– notice d’utilisation en français (à lui remettre),
– marquage CE (marquage européen) apposé sur l’équipement.

un modèle de déclaration de conformité figure dans les documents utiles à la fin du


guide (cf. document n° 5, p. 91).

Conseils utiles

Lors de la commande, il est possible de subordonner le règlement définitif de la facture


à l’obtention de ces trois éléments.
En cas de doute, le chef d’entreprise peut faire procéder à une vérification par un
organisme agréé.

Références réglementaires :

– Directive n° 98-368 CEE du 20 juin 1991.


– Décrets n° 92-765 à n° 92-768 publiés au JO du 7 août 1992.

GUIDE SECURITE SANTE ET HYGIENE AU TRAVAIL 29


7-VÉRIFICATIONS PÉRIODIQUES DES APPAREILS ET ÉQUIPEMENTS

_ Les équipements de travail :


• Machines ou ensemble de machines.
• Appareils de levage et de manutention.
• Appareils à pression (compresseur).

_ Les vérifications et contrôles sont effectués soit par une personne de


l’établissement, compétente et dûment qualifiée (désignée par l’employeur ou le chef
d’établissement), soit par une personne ou une société extérieure exerçant cette
activité.

L’inspection du travail peut demander au chef d’établissement de faire vérifier l’état des
matériels et installations par des organismes agréés.

Par exemple :
– appareils de levage,
– appareils à pression (contrôle et épreuves, prévention),
– installations électriques (vérification initiale).

_ Différents types de vérification :


– à la mise en service,
– à la mise en service après opération de maintenance,
– vérifications générales périodiques.

Un registre doit renseigner et mentionner la qualité, l’adresse du vérificateur, la date de


la vérification et les observations. Ce registre est à la disposition de l’inspection du
travail.
La date des travaux effectués à la suite des observations ainsi que le nom de
l’intervenant seront notés dans le rapport de vérification.
Il est souhaitable de garder les factures des prestations et fournitures. Les rapports sont
conservés pendant cinq ans.

IMPORTANT

Application mars 2005

L’évolution de la réglementation fixe pour les vérifications des appareils et


accessoires de levage de nouvelles obligations. Elles définissent les missions
incombant aussi bien à l’entreprise utilisatrice qu’au vérificateur. L’entreprise
utilisatrice met le matériel clairement identifié avec les notices d’instruction, les
différents certificats ou conformités, les carnets de maintenance et tous les
documents permettant de connaître l’utilisation du matériel.

Elle doit mettre à disposition du vérificateur les personnes qualifiées pour


l’utilisation, la manipulation et l’accès aux parties à vérifier (ex. : ponts roulants,
grues, etc.).

GUIDE SECURITE SANTE ET HYGIENE AU TRAVAIL 30


Le vérificateur remettra un rapport provisoire et devra remplir le registre sécurité
sans délai. À l’issue de la visite, il remettra un rapport provisoire et
communiquera le rapport définitif dans les quatre semaines suivant la
vérification.
Une mention spécifique pour la location de matériel oblige l’entreprise louant le
matériel à s’assurer des vérifications.

Principales vérifications périodiques obligatoires

Objet de la Types d’appareil ou d’installation Périodicité


vérification

Installations Toutes installations 1 an


électriques

– Appareils mus mécaniquement et installés à 12 mois


demeure (ponts roulants, trémies, portiques…)
– Appareils mus à bras 12 mois
– Chariots de manutention à conducteur porté 6 mois
Appareils de – Appareils mobiles (grues mobiles, grues 6 mois
levage auxiliaires sur véhicule)
– Ponts élévateurs de véhicules 12 mois
dont organes de suspension 3 mois
– Élévateurs « poste de travail » mus 6 mois
mécaniquement
– Ascenseurs et monte-charge 12 mois
dont chaînes, crochets et câbles 6 mois

– Presses 3 mois
Machines – Massicots 3 mois
– Compacteurs à déchets 3 mois
– Centrifugeuses 12 mois

Aération- – Locaux à pollution spécifique et non spécifique 12 mois


assainissement – Locaux à pollution spécifique avec système de 6 mois
des locaux de recyclage
travail

Un tableau plus détaillé des vérifications périodiques obligatoires figure dans les
documents utiles à la fin du guide (Document n° 6, p. 92).

GUIDE SECURITE SANTE ET HYGIENE AU TRAVAIL 31


8 -MATIÈRES DANGEREUSES

Le chef d’établissement devra, dans le cadre de l’évaluation des risques, prendre en


compte les conséquences possibles du transport, de l’utilisation et de l’élimination de
ces matières ou substances.
Sont considérées comme dangereuses les substances ou préparations pouvant être
classées dans différentes catégories. Elles donnent lieu à un étiquetage spécifique.

A. L’entreprise et les salariés

Les fiches de données sécurité doivent être délivrées par le fournisseur lors de la
livraison des substances, et le chef d’entreprise devra signer un récépissé. En
conséquence, il doit mettre en place, dans le cadre de sa responsabilité d’employeur,
les moyens de prévention qui s’imposent, notamment la formation à la sécurité
des travailleurs concernés et les fiches de poste. Par ailleurs, il transmet les fiches
de données sécurité au médecin du travail.

Tout responsable de la mise sur le marché de substances ou préparations


dangereuses, à l’intérieur de la Communauté, doit fournir à l’utilisateur professionnel
une fiche de données sécurité comportant différentes indications :

• identification du produit chimique et de la personne physique ou morale responsable


de sa mise sur le marché,
• informations sur les composants,
• identification des dangers,
• description des premiers secours à porter en cas d’urgence,
• mesures de lutte contre l’incendie,
• mesures à prendre en cas de dispersion accidentelle,
• précaution de stockage, emploi et manipulation,
• procédure de contrôle de l’exposition des travailleurs et caractéristiques des
équipements de protection individuelle,
• propriétés physico-chimiques,
• stabilité du produit et sa réactivité,
• informations toxicologiques,
• informations écotoxicologiques,
• informations sur les possibilités d’élimination des déchets,
• informations relatives au transport, au stockage,
• informations réglementaires relatives au classement et à l’étiquetage du produit.

Toutes ces informations sont utiles à la formation des personnels.

GUIDE SECURITE SANTE ET HYGIENE AU TRAVAIL 32


Conseils utiles

Bien s’assurer que les salariés amenés à manipuler les produits ont connaissance des
fiches de données sécurité.
Envoyer un exemplaire des FDS au médecin du travail.
Une bonne solution serait de posséder la fiche de données sécurité avant
l’utilisation de ce produit et de faire valider l’utilisation par le médecin du travail.
Mettre à disposition des salariés des équipements spécifiques pour toutes
manipulations.
Faire un recensement complet et périodique de tous les produits utilisés, y
compris pour l’entretien et le nettoyage des locaux. Ne pas oublier les produits
proposés par des commerciaux pour essai.

B. L’entreprise et le stockage

Dans le cas de manipulation de ces substances et surtout pour le transvasement,


tout récipient, sac ou enveloppe contenant une substance classée dangereuse doit
avoir une étiquette ou une inscription indiquant toutes les données et conseils relatifs
au produit (local isolé et ventilé).

C. L’entreprise et le transport

Les entreprises qui transportent ou manipulent les matières dangereuses doivent


nommer un conseiller à la sécurité en interne ou en externe, désigné et répertorié
auprès de la préfecture. On pourra consulter la Direction régionale de l’équipement.

D. L’entreprise et l’environnement

Même si l’entreprise n’est pas soumise à la réglementation des ICPE (installations


classées pour la protection de l’environnement), outre les risques lors du stockage, des
transvasements, des manipulations en interne, l’entreprise est responsable de ces
produits appelés déchets dangereux jusqu’à leur totale élimination.

Elle doit s’assurer des qualifications des sociétés chargées de la collecte, du transport
ou de l’élimination de ces déchets qui ne peut se faire qu’en centre agréé.

GUIDE SECURITE SANTE ET HYGIENE AU TRAVAIL 33


Matières dangereuses : bien les reconnaître pour bien se protéger

GUIDE SECURITE SANTE ET HYGIENE AU TRAVAIL 34


Exemple d’étiquette

Nom fabricant,……
Adresse :

TOLUENE
Très inflammable
Par inhalation

Le nom et l’adresse du fabricant, du distributeur ou de l’importateur

Un ou deux symboles noirs sur fond orange correspondant au(x) danger(s) le(s) plus
important(s) présenté(s) par la substance ou la préparation.
Chaque symbole est accompagné de sa signification en toutes lettres : T/Toxique, Xn/Nocif,
etc.

Des conseils de prudence définis également par la réglementation concernant ce produit


(substance ou préparation)

Conserver à l’écart de toute source d’ignition – Ne pas fumer- Éviter le contact avec les yeux
Ne pas jeter les résidus à l’égout -Éviter l’accumulation des charges électrostatiques

L’identité du produit : dans le cas d’un produit pur ou substance, il s’agit du nom chimique lui-
même. Dans le cas d’un produit manufacturé ou préparation, il s’agit de son nom commercial ou
de sa désignation.

Toutefois, lorsque des substances très toxiques, toxiques, nocives ou corrosives dépassent un
seuil de concentration défini, leur nom chimique doit également apparaître sous la mention «
contient du… »

Les principaux risques présentés par le produit (substance ou préparation), sous forme de
phrases types définies par la réglementation

GUIDE SECURITE SANTE ET HYGIENE AU TRAVAIL 35


9- INTERVENTIONS D’ENTREPRISES EXTÉRIEURES

A. Le cadre général

Sont visées les entreprises dites extérieures qui font intervenir leur personnel aux fins
d’exécuter une opération ou de participer à l’exécution d’une opération, quelle que soit
sa nature, industrielle ou non, dans une entreprise dite utilisatrice ou dans ses
dépendances ou chantiers.

Le chef de l’entreprise utilisatrice doit fixer les conditions de leur intervention en vue
d’assurer la coordination nécessaire au maintien de la sécurité.
Pour les travaux de 400 heures par an ou travaux dangereux (cf. liste ci-après), ces
conditions d’intervention font l’objet d’un document écrit, le plan de prévention, rédigé
avant le début des travaux.

Pour être efficace, la prévention doit être pensée en même temps que la préparation
des travaux à effectuer par les entreprises extérieures.
L’initiative est à prendre par l’entreprise utilisatrice aux différentes étapes préalables à
l’opération :
• Appel d’offres et commande.
• Réunion et visites préalables.
• Établissement du plan de prévention.
• Information des salariés sur les risques et mesures prises et accueil dans l’entreprise
utilisatrice.
• Suivi des interventions.

_ L’appel d’offres et la commande

Ces documents doivent être les plus précis possibles en ce qui concerne l’organisation
de l’opération, les matériels et outillages à utiliser, les locaux et emplacements
utilisables par les entreprises extérieures. En effet, ces dispositions influent sur les
sommes à engager pour réaliser les travaux.

Exemples :
– emplacements proposés aux entreprises extérieures pour leurs installations de
chantier, le stockage des matériels et véhicules,
– installations et équipements utilisables par les entreprises extérieures (fourniture
d’énergies, accès aux réseaux…),
– voies d’accès dans l’enceinte de l’entreprise utilisatrice.

_ Réunions et visites préalables

Réunions et visites (entreprises utilisatrices – entreprises extérieures) se font à


l’initiative du responsable de l’entreprise utilisatrice de l’opération concernée avec
l’information des partenaires concernés (médecins du travail, CHSCT) et leur
participation éventuelle.

GUIDE SECURITE SANTE ET HYGIENE AU TRAVAIL 36


Il s’agit d’organiser et de coordonner les différents travaux en y intégrant les aspects
sécurité, notamment :

• Définir les tâches à effectuer, leur déroulement dans le temps, en précisant leur
attribution (qui fait quoi), l’organisation du commandement, les coordinations à assurer
entre les services de l’entreprise utilisatrice et des entreprises extérieures.
• Vérifier qu’aucun salarié ne travaillera isolément en un point où il ne pourrait être
secouru à bref délai en cas d’accident.
• Repérer les risques d’interférence et décider des mesures à mettre en œuvre.
• Préciser les consignes propres à l’entreprise utilisatrice et s’appliquant à
l’opération dont le permis de feu, l’attestation de consignation, les règles de circulation,
les procédures d’alerte.
• Préciser, le cas échéant, les conditions de fourniture de matériels par l’entreprise
utilisatrice et de participation de personnes de l’entreprise utilisatrice à l’opération.
• Préciser les dispositions prises concernant les locaux et emplacements pour le
stockage des matériels et le stationnement des véhicules des entreprises extérieures.
• Préciser les dispositions prises concernant les installations sanitaires, vestiaires et
locaux de restauration.
• Répertorier avec les médecins du travail les postes susceptibles de relever d’une
surveillance médicale particulière.
Compte tenu de toutes ces données, le plan de prévention est arrêté.

_ Le plan de prévention

Il comportera les renseignements relatifs à l’opération et aux entreprises utilisatrices et


extérieures et à la prévention proprement dite (risques d’interférence, mesures de
prévention…).

un modèle de plan de prévention figure dans les documents utiles à la fin du guide (cf.
document n° 7, p. 94).

_ L’information du personnel

Chaque entreprise informe son personnel.


L’information du personnel des entreprises extérieures est particulièrement
importante :
risques et mesures de prévention, délimitation de la zone de travail, repérage des
zones dangereuses, voies d’accès, protections collectives et individuelles (y compris le
mode d’utilisation, qui prévenir en cas de problème technique et accident).

Il faut prévoir également l’accueil des salariés des entreprises extérieures le jour de
leur arrivée.

GUIDE SECURITE SANTE ET HYGIENE AU TRAVAIL 37


_ Suivi des interventions

Ce suivi consiste à :
• S’assurer que les mesures décidées dans le cadre du plan de prévention sont
effectivement exécutées.
• Décider de mesures nouvelles lorsque des changements interviennent dans le
déroulement des travaux (nouveaux salariés sur le site, travaux supplémentaires non
prévus initialement…).

C’est le chef de l’entreprise utilisatrice qui organise la coordination pendant le


déroulement de l’opération (réunions et inspections).

B. Cas particulier : le protocole de sécurité dans le cadre des opérations de


chargement et de déchargement

Le protocole de sécurité est à l’initiative de l’entreprise d’accueil pour toute


opération de chargement et de déchargement.

Il est obligatoire dès qu’une entreprise de transport de marchandises fait pénétrer un


véhicule dans une entreprise d’accueil en vue d’une opération de chargement ou de
déchargement, quels que soient le type de marchandises, le tonnage et la nature de
l’intervention du transporteur.

Cette définition très large, qui ne fait pas référence à une durée, conduit à prendre en
compte tous les éléments entourant le chargement et le déchargement et non les
seules opérations de manutention, y compris notamment :
• La circulation du véhicule dans l’enceinte de l’entreprise d’accueil, c’est-à dire
l’établissement mais aussi ses dépendances et chantiers situés à proximité et où il
existe des interférences d’activités.
• L’accès aux postes de chargement et de déchargement (procédure de mise à quai,
par exemple).
• Les opérations de préparation du véhicule (bâchage, arrimage, débâchage).

Le protocole de sécurité, document écrit entre l’entreprise d’accueil qui reçoit ou


expédie de la marchandise et l’entreprise extérieure effectuant le transport, comprend
toutes les indications et informations utiles à l’évaluation des risques de toute
nature générés par l’opération et les mesures de prévention et de sécurité qui doivent
être observées à chacune des phases de sa réalisation.

L’entreprise d’accueil fournit les indications concernant :


• Les consignes de sécurité.
• Les lieux de livraison ou de prise en charge, les modalités d’accès et de
stationnement aux postes de chargement ou de déchargement, accompagnés d’un plan
et de consignes de circulation.
• Les matériels et engins de manutention utilisés.
• Les moyens de secours en cas d’accident.

GUIDE SECURITE SANTE ET HYGIENE AU TRAVAIL 38


• L’identité du responsable qu’elle a désigné.
• Les mesures spécifiques prises lorsque l’opération est exécutée de nuit ou dans un
lieu isolé, ou à un moment où l’activité dans l’entreprise d’accueil est interrompue.

L’entreprise de transport doit communiquer :

• Les caractéristiques, aménagements et équipements du véhicule.


• La nature et le conditionnement de la marchandise.
• Les précautions ou sujétions particulières liées aux produits transportés.
• Les mesures spécifiques prises lorsque l’opération est exécutée de nuit ou dans un
lieu isolé, ou à un moment où l’activité dans l’entreprise d’accueil est interrompue.

Qui contacter ?
Inspection du travail.
Service prévention CRAM.

Liste des travaux dangereux pour lesquels le plan de prévention doit être
obligatoirement écrit quelle que soit la durée des travaux (arrêté du 19 mars 1993,
ministère du Travail)

1. Travaux exposant à des rayonnements ionisants.

2. Travaux exposant à des substances et préparations explosives, comburantes,


extrêmement inflammables, facilement inflammables, très toxiques, toxiques, nocives,
cancérigènes, mutagènes, toxiques vis-à-vis de la reproduction, au sens de l’article R.
231-51 du Code du travail.

3. Travaux exposant à des agents biologiques pathogènes.

4. Travaux effectués sur une installation classée faisant l’objet d’un plan d’opération
interne en application de l’article 17 du décret n° 77-1133 du 21 septembre 1977
modifié.

5. Travaux de maintenance sur les équipements de travail, autres que les appareils et
accessoires de levage, qui doivent faire l’objet des vérifications périodiques prévues à
l’article R. 233-11 du Code du travail, ainsi que les équipements suivants:
– véhicules à benne basculante ou cabine basculante,
– machine à cylindre,
– machine présentant les risques définis aux deuxième et troisième alinéas de l’article
R. 233-29 du Code du travail.

6. Travaux de transformation au sens de la norme NF P 82-212 sur les ascenseurs,


monte-charge, escaliers mécaniques, trottoirs roulants et installations de parcage
automatique de voitures.

GUIDE SECURITE SANTE ET HYGIENE AU TRAVAIL 39


7. Travaux de maintenance sur installations à très haute ou très basse température.

8. Travaux comportant le recours à des ponts roulants ou des grues ou transstockeurs.

9. Travaux comportant le recours aux treuils et appareils assimilés mus à la main,


installés temporairement au-dessus d’une zone de travail ou de circulation.

10. Travaux exposant au contact avec des pièces nues sous tension supérieure à la
TBT.

11. Travaux nécessitant l’utilisation d’équipements de travail auxquels est applicable


l’article R. 233-9 du Code du travail.

12. Travaux du bâtiment et travaux publics exposant les travailleurs à des risques de
chute de hauteur de plus de 3 mètres, au sens de l’article 5 du décret n° 65-48 du 8
janvier 1965.

13. Travaux exposant à un niveau d’exposition sonore quotidienne supérieur à 90 dB(A)


ou à un niveau de pression acoustique de crête supérieur à 140 dB(A).

14. Travaux exposant à des risques de noyade.

15. Travaux exposant à un risque d’ensevelissement.

16. Travaux de montage, démontage d’éléments préfabriqués lourds, visés à l’article


170 du décret n° 65-48 du 8 janvier 1965.

17. Travaux de démolition.

18. Travaux dans ou sur des cuves et accumulateurs de matière ou en atmosphère


confinée.

19. Travaux en milieu hyperbare.

20. Travaux nécessitant l’utilisation d’un appareil à laser d’une classe supérieure à la
classe 3 A selon la norme NF 60825.

21. Travaux de soudage oxyacétylénique exigeant le recours à un permis de feu.

GUIDE SECURITE SANTE ET HYGIENE AU TRAVAIL 40


10- FORMATION À LA SÉCURITÉ

Les employeurs doivent organiser une formation pratique et appropriée des


travailleurs à la sécurité du travail. Son but est d’instruire le salarié des précautions à
prendre pour sa propre sécurité et celle des autres personnes.

A. Le salarié doit recevoir une information sur :

a) Les risques liés à la circulation dans l’entreprise


L’information porte sur :
• Les règles de circulation des véhicules ou engins de toute nature sur les lieux du
travail et dans l’établissement.
• Les chemins d’accès aux lieux dans lesquels le salarié est appelé à travailler, mais
aussi aux vestiaires, restaurants, etc.
• Les issues et dégagements de secours à utiliser en cas de sinistre.
• Les instructions d’évacuation pour le cas notamment d’explosion, de dégagement
accidentel de gaz ou de liquide inflammable, si la nature des activités exercées le
justifie.

b) Les risques liés à l’exécution du travail


L’information porte sur :
• Les comportements et les gestes les plus sûrs en ayant recours, si possible, à des
démonstrations.
• L’utilité des mesures de sécurité prescrites.
• Les modes opératoires retenus s’ils ont une incidence sur sa sécurité ou celle des
autres salariés.
• Le fonctionnement des dispositifs de protection et de secours et les motifs de
leur emploi.

c) La conduite à tenir lorsqu’une personne est victime d’un accident ou d’une


intoxication sur les lieux de travail
Le salarié doit recevoir les instructions nécessaires pour qu’il puisse, lorsqu’il est témoin
d’un accident :
• Prendre les dispositions concourant à la sauvegarde de la victime.
• Sauvegarder sa propre intégrité physique.

B. Une formation pratique et appropriée

Elle tient compte :


• Des salariés appelés à en bénéficier, de leur formation, de leur expérience
professionnelle, de leur qualification, de la langue qu’ils parlent ou qu’ils lisent.

• Des risques propres à l’établissement ou au chantier.


• Des risques auxquels le salarié est exposé.
• Des tâches qui seront effectivement confiées au salarié.
Elle s’intègre dans la formation ou les instructions professionnelles que reçoit le salarié.
Elle est dispensée sur les lieux de travail.

GUIDE SECURITE SANTE ET HYGIENE AU TRAVAIL 41


C. Une formation pour tous les salariés

_ La formation doit être dispensée de manière systématique :


• Aux salariés nouvellement embauchés, aux salariés intérimaires.
• Aux salariés qui changent de poste de travail ou de technique de travail.
• Aux salariés qui reprennent leur activité après une absence de plus de 21 jours et
pour lesquels le médecin du travail a demandé cette formation.

En outre, il y a lieu de mettre en œuvre la formation renforcée à la sécurité pour les


salariés sous contrat de travail temporaire et à durée déterminée affectés à des postes
présentant des risques particuliers pour leur santé ou leur sécurité (liste des postes
établie par le chef d’établissement après avis du CHSCT – à défaut des délégués du
personnel – et du médecin de travail).

_ La formation est également dispensée à l’occasion de certains événements,


lorsque ceux-ci le nécessitent :
• Modification des conditions habituelles de circulation sur les lieux de travail ou
dans l’établissement.
• Modification des conditions d’exploitation présentant notamment des risques
d’explosion ou d’incendie.
• Accident du travail, maladie professionnelle ou maladie à caractère professionnel
trouvant l’une de leurs origines dans les conditions de circulation dans l’établissement
ou le chantier.

D. Une formation spécifique pour certains salariés

Les salariés affectés à des travaux comportant un risque précis doivent bénéficier d’une
formation spécifique.
Il en est ainsi notamment dans les cas suivants :
• Emploi de machines, y compris les machines portatives.
• Manipulation ou utilisation de produits chimiques.
• Opérations de manutention, opérations d’entretien des matériels et des installations
de l’établissement.
• Conduite de véhicules, d’appareils de levage ou d’engins de toute nature.
• Travaux mettant en contact avec des animaux dangereux (cette disposition concerne
essentiellement les salariés agricoles).
• Radioprotection.
• Risques électriques.
• Nuisances physiques.
• Utilisation des équipements de protection individuelle.
• Prévention des explosions.
• Transport routier public de marchandises.
• Transport de matières dangereuses.
• Conduite des engins sur les voies ferrées.
• Travail sur écran.
• Intervention en milieu hyperbare.
• Travaux effectués dans les ascenseurs, monte-charge, tapis roulants.
• Formation incendie dans les ERP.

Qui contacter ?Service prévention CRAM.

GUIDE SECURITE SANTE ET HYGIENE AU TRAVAIL 42


11- UNE OBLIGATION GÉNÉRALE DE FORMATION À LA CONDUITE

Tout conducteur d’un équipement de travail mobile automoteur ou d’un


équipement de travail servant au levage, quel que soit le secteur d’activité dans
lequel il exerce (industrie, distribution, bâtiment…), doit avoir reçu une formation
adéquate. Elle s’impose pour tous ces équipements, même si pour la conduite de ceux-
ci, il n’est pas nécessaire d’être titulaire d’une autorisation de conduite.
La formation peut être dispensée en interne par des formateurs compétents
appartenant à l’entreprise ou venant de l’extérieur. Elle peut être organisée dans un
organisme de formation spécialisé.

Conseils utiles

Il est conseillé au chef d’établissement d’assurer la conservation des preuves de la


réalisation des actions de formation.
La formation doit être complétée et réactualisée dans les cas suivants : reprise d'activité
suite à une période sans pratique de la conduite, une évolution technique de
l'équipement de travail concerné, une modification des conditions de son utilisation
ayant une influence sur la sécurité…

A. L’autorisation de conduite pour certains équipements

L’obligation de formation est générale pour l’ensemble des équipements de travail


servant au levage et des équipements de travail mobiles automoteurs.
Elle est complétée de l’obligation d’être titulaire d’une autorisation de conduite pour
les équipements suivants :
• Grues à tour.
• Grues mobiles.
• Grues auxiliaires de chargement de véhicules.
• Chariots automoteurs de manutention à conducteur porté.
• Plates-formes élévatrices mobiles de personnes.
• Engins de chantier télécommandés ou à conducteur porté.
La délivrance de cette autorisation est de la responsabilité du chef d’établissement.

L’évaluation, effectuée sous la responsabilité du chef d’établissement, préalable à la


délivrance de l’autorisation de conduite, est fondée sur les trois éléments suivants :
a) Un examen d’aptitude réalisé par le médecin du travail
b) Un contrôle des connaissances et du savoir-faire de l’opérateur pour la
conduite en sécurité de l’équipement de travail
• Comme pour la formation à la conduite, le contrôle des connaissances et du savoir-
faire de l’opérateur peut être effectué dans et par l’entreprise elle même, ou bien le chef
d’établissement peut, sous sa responsabilité, se fonder sur une attestation ou un
certificat délivré par un formateur ou un organisme de formation spécialisé.
• Il est à noter que l’utilisation en sécurité de certains équipements de travail fait l’objet
de recommandations de la Caisse nationale d’assurance maladie.
• Sans être obligatoire, l’application de ces recommandations de la CNAM constitue un
bon moyen pour le chef d’établissement de se conformer aux obligations en matière de
contrôle des connaissances et de savoir-faire de l’opérateur pour la conduite, en
sécurité, de l’équipement de travail.

GUIDE SECURITE SANTE ET HYGIENE AU TRAVAIL 43


c) Une connaissance des lieux et des instructions à respecter sur le ou les sites
d’utilisation

Qui contacter ?
Service prévention CRAM.

B. Application de l’autorisation de conduite dans certaines situations de travail

_ L’intervention d’une entreprise extérieure


Dans ce cas, le conducteur de l’équipement de travail mobile ou servant au levage est
salarié d’une entreprise extérieure intervenant dans une entreprise utilisatrice.
L’employeur du salarié, c’est-à-dire le chef de l’entreprise extérieure, reste responsable
des mesures de prévention nécessaires à la protection de son personnel. Il est donc
responsable de la formation du conducteur et délivre l’autorisation de conduite en
tenant compte des trois éléments de l’évaluation rappelés ci-dessus. En particulier,
lorsqu’il s’agit de la conduite d’un équipement de travail mis à disposition de l’entreprise
extérieure par l’entreprise utilisatrice, il convient de vérifier que la formation du
conducteur est adaptée à la conduite de l’équipement concerné.

Les informations relatives aux lieux et les instructions à respecter sur le site d’utilisation
doivent tenir compte des mesures de prévention établies en commun par les deux chefs
d’entreprise.

_ Coordination de chantier
L’employeur est responsable de la formation du conducteur, des trois éléments de
l’évaluation ainsi que de la délivrance de l’autorisation de conduite.
Les informations relatives aux lieux et les instructions à respecter sur le site d’utilisation
doivent, dans ce cas, tenir compte des mesures décidées dans le cadre de la
coordination.

_ Travail temporaire
Lorsque le conducteur de l’équipement de travail est salarié d’une entreprise de travail
temporaire, c’est l’entrepreneur de travail temporaire qui est responsable de la
formation à la conduite et de l’évaluation des connaissances et savoir faire de
l’opérateur. Étant chargé des obligations en matière de médecine du travail, c’est
également l’entrepreneur de travail temporaire qui s’assure de l’aptitude médicale.
En revanche, c’est le chef de l’entreprise utilisatrice, responsable des conditions de
l’exécution du travail, notamment en matière d’hygiène et de sécurité, qui s’assure que
le conducteur a la connaissance des lieux et des instructions à respecter sur le ou les
sites d’utilisation. C’est lui qui délivre l’autorisation de conduite.

L’autorisation de conduite sera délivrée pour la durée de la mission, mais sa validité


pourra être prolongée, sans qu’il soit nécessaire de renouveler le document l’attestant,
pour des missions successives dans la même entreprise, sous réserve que les
conditions de sa délivrance restent satisfaites.

GUIDE SECURITE SANTE ET HYGIENE AU TRAVAIL 44


IV- SÉCURITÉ INDIVIDUELLE
1- PROTECTION CONTRE LES RISQUES PHYSIQUES

A. Formation

L’employeur a pour obligation de former et d’informer toute personne nouvellement


embauchée, y compris les intérimaires, les travailleurs revenant d’un arrêt de travail
d’au moins 21 jours et les salariés des entreprises extérieures, sur les risques
présents dans l’entreprise. Cette formation doit être pratique et adaptée à la sécurité
du travail au sein de l’établissement en fonction de sa taille, de son secteur d’activité,
du caractère des risques qui ont été identifiés et des types d’emploi occupés par les
salariés.
De plus, le salarié doit recevoir une formation sur les précautions à prendre pour sa
propre sécurité et celle des personnes travaillant dans l’entreprise.
Une formation à son poste de travail sous la tutelle d’une personne expérimentée de
l’entreprise est également obligatoire afin de connaître tous les dangers liés aux tâches
à exécuter.

B. Les équipements de protection individuelle

Les équipements de protection individuelle (EPI) sont mis à la disposition des


travailleurs par l’employeur lorsque toutes les mesures de protection collective ou
d’organisation du travail possibles ont été mises en œuvre et qu’il persiste un risque.
L’employeur doit mettre à la disposition de ses salariés des EPI qui soient appropriés à
la nature des risques rencontrés dans l’entreprise et aux conditions de travail, c’est-à-
dire qu’ils doivent répondre aux règles de l’ergonomie et être compatibles avec la
réalisation de la tâche.
Le chef d’établissement est également chargé de veiller au bon fonctionnement et à
l’état hygiénique des EPI qu’il fournit gratuitement, en réalisant les entretiens,
réparations et remplacements nécessaires.

La démarche du chef d’entreprise :

a) Analyse des risques dans les ateliers


Cette étape doit prendre en compte la configuration spatiale du poste de travail, la
description de l’ensemble des tâches qui y sont réalisées et la nature des risques liés à
ce poste de travail.

b) Choix des EPI


Il s’agit de partir de l’analyse précédente pour réaliser un cahier des charges précisant
les caractéristiques que doivent présenter les EPI à acquérir.
Puis, il faut prendre connaissance de l’offre disponible sur le marché afin de
commander un ensemble d’échantillons permettant de faire des tests qui porteront sur
une vingtaine d’opérateurs volontaires. Leurs observations doivent permettre de mettre
en évidence l’EPI idéal ayant le meilleur rapport efficacité/confort.

GUIDE SECURITE SANTE ET HYGIENE AU TRAVAIL 45


c) Achat et mise à disposition des EPI

Lorsque l’EPI a été choisi, il doit être commandé dans toutes les tailles nécessaires et il
faut établir avec le fournisseur des délais de renouvellement déduits de la durée d’usure
établie préalablement lors de la période de test.
Le fournisseur doit procurer à l’acheteur une déclaration CE de conformité lors de la
vente, mais aussi des EPI et emballages marqués du sigle CE. Chaque EPI doit
également être livré avec sa notice d’instructions.
il existe trois grandes catégories d’EPI pour lesquelles les obligations ne sont pas les
mêmes pour le fabricant. L’application de ces obligations doit apparaître dans la
déclaration de conformité.

Catégorie 1 - Pour les EPI couvrant les risques mineurs, le fabricant procédera à une
auto certification CE et déclarera « sous sa responsabilité » que l’exemplaire neuf de
l’EPI est conforme aux règles techniques des exigences essentielles de la directive.

Catégorie 2 - Le fabricant fera une demande d’examen CE de type de l’EPI,


accompagnée d’un dossier technique élaboré par ses soins, auprès d’un laboratoire
européen, notifié à la Commission des Communautés européennes, qui procédera à
une série d’essais et à l’examen du dossier technique.
Si les résultats sont positifs, le fabricant apposera sur l’EPI le marquage CE
réglementaire,
ainsi que celui prévu dans la norme européenne à laquelle il répond (marque
d’identification et niveaux de performance) et il établira une déclaration de conformité
CE.

Catégorie 3 - Les EPI couvrant les risques graves devront, au choix du fabricant, faire
l’objet d’un contrôle de fabrication par un organisme habilité et notifié par la
Commission des Communautés européennes :
• Soit par système de garantie de qualité CE du produit fini.
• Soit par un système d’assurance qualité CE de la production avec surveillance.

Répertoires des EPI :

• Protections de la tête
– casques de protection pour l’industrie (casques pour mines, chantiers de travaux
publics…),
– couvre-chefs légers de protection du cuir chevelu (casquettes, bonnets, résilles avec
ou sans visière),
– coiffures de protection (bonnets, casquettes, suroîts… en tissu, en tissu enduit…).

Normes européennes :

– casques de protection pour l’industrie : EN 397,


– casquettes antichoc pour l’industrie : EN 812.

GUIDE SECURITE SANTE ET HYGIENE AU TRAVAIL 46


• Protections de l’ouïe
– bouchons d’oreilles,
– serre-tête et serre-nuque,
– casques enveloppants.

Normes européennes :
– recommandations pour l’acheteur : NF EN 458,
– serre-tête : NF EN 352-1,
– bouchons d’oreilles : NF EN 352-2 et prEN 352-7,
– serre-tête : NF EN 352-3, prEN 352-4, prEN 352-5 et prEN 352-6.

• Protections des yeux et du visage


– lunettes à branches,
– lunettes-masques,
– écrans faciaux.

Normes européennes :
– spécifications de construction et de performances : EN 166,
– pour le soudage : EN 169, EN 175 et EN 379,
– contre les rayonnements lasers : EN 207, EN 208,
– contre les rayonnements solaires : EN 172, EN 1836,
– contre les UV : EN 170,
– contre les IR : EN 171,
– protecteurs de l’œil et de la face de type grillagé : EN 1731.

• Protections des voies respiratoires


– les appareils filtrants (masque équipé d’un filtre à ventilation libre ou assistée),
– les appareils isolants (masque avec apport d’air depuis une source non contaminée).

Normes européennes :
– appareils de protection respiratoire – Guide pour la sélection et l’utilisation des
appareils de protection respiratoire : EN CR 529,
– pièces faciales : EN 136, EN 136-10, EN 140, EN 140-A1, EN 142, EN 148-1,
EN 148-2, EN 148-3, EN 149 et EN 405,
– filtres et dispositifs absorbants : EN 141, EN 143, EN 371, EN 372, EN 403 et EN 404,
– appareils isolants à air libre et à air comprimé : EN 138, EN 139, EN 144-1, EN 144-2,
EN 145 et EN 145-2,
– appareils pour l’évacuation : EN 400, EN 401, EN 402, EN 1061 et EN 1146,
– appareils à ventilation assistée : EN 146 et EN 147.

• Protections des mains et des bras


– gants (contre les perforations, coupures, vibrations, brûlures, gelures…),
– moufles, doigtiers, mitaines, maniques,
– manchettes,
– poignets de force.
Normes européennes :
– exigences générales : EN 420,
– risques mécaniques : EN 388,
– risques thermiques : EN 511 et 407,
– gants pour soudeur : prEN 12477,

GUIDE SECURITE SANTE ET HYGIENE AU TRAVAIL 47


– vibrations et chocs d’origine mécanique : ISO 10819,
– gants de protection contre les rayonnements ionisants et la contamination radioactive
: EN 421,
– gants en cotte de mailles et protège-bras pour utilisation de couteaux à main : EN
1082,
– gants et moufles avec protection mécanique pour travaux électriques : EN 50273 et
EN 60984.

• Protections des pieds et des jambes


– chaussures, demi-bottes, bottes de sécurité,
– genouillères,
– protecteurs du coup de pied,
– guêtres,
– semelles amovibles,
– crampons amovibles.

Normes européennes :
– exigences et méthodes d’essai : NF EN 344,
– chaussures ayant un embout résistant à des énergies de choc de 200 joules : NF EN
345,
– chaussures ayant un embout résistant à des énergies de choc de 100 joules : NF EN
346,
– chaussures n’ayant pas d’embout : NF EN 347.

• Protections du tronc et de l’abdomen


– gilets, vestes et tabliers de protection (contre les perforations, coupures, projections
de métaux en fusion…),
– gilets chauffants,
– tabliers de protection contre les rayons X.

Normes européennes :
– tablier de protection requis lors de l’utilisation de couteaux à main : EN 412,
– résistance à l’abrasion du matériau constitutif d’un vêtement de protection : EN 530,
– méthodes d’essai pour la résistance à la perforation : EN 863.

• Protections du corps entier


– protection contre les chutes, dits « antichute », harnais de sécurité,
– vêtements de protection, dits « de sécurité » (deux pièces et combinaisons), de
protection contre les agressions mécaniques, contre les projections de métaux en
fusion et le rayonnement infrarouge, contre les risques thermiques, contre la
contamination radioactive,
– vêtements anti poussières, anti gaz,
– vêtements et accessoires (brassards, gants…) fluorescents de signalisation,
réfléchissants,
– couvertures de protection.

Normes européennes :
– systèmes antichutes : EN 353-1, EN 354, EN 355, EN 360, EN 361, EN 362 et EN
363,
– harnais de sécurité : EN 813,

GUIDE SECURITE SANTE ET HYGIENE AU TRAVAIL 48


– exigences générales pour les vêtements de protection : NF EN 340,

– vêtements contre les risques thermiques : NF EN 342, NF EN 531 et NF EN 533,


– vêtement de protection utilisé pendant le soudage et les techniques connexes : NF
EN 470-1,
– vêtement de signalisation à haute visibilité : NF EN 471,
– spécifications des vêtements de protection contre le risque d’être happé par des
pièces de machines en mouvement : NF EN 510,
– vêtement de protection – propriétés électrostatiques : NF EN 1149-1.

Exemple d’un EPI complet contre le risque électrique :

Les travailleurs exposés à un risque électrique de basse tension doivent revêtir un EPI
composé des éléments suivants :
• Combinaison de travail en coton ignifugé.
• Chaussures ou bottes isolantes de sécurité conformes à la norme NF EN 345.
• Gants isolants conformes à la norme NF EN 60903 et marqués d’un triangle double.
• Casque isolant et antichoc conforme à la norme NF EN 397.
• Écran facial anti-UV pour la protection contre les arcs électriques et les courts-circuits
conforme à la norme NF EN 166.
• Protège-bras isolants conformes à la norme NF EN 60984.
De plus, les outils utilisés doivent être isolés et isolants. Les outils isolés à main en
basse tension doivent être conformes à la norme NF EN 60900. Pour les travaux sous
tension au-dessus de 1 000 V, ces outils doivent être d’un modèle agréé par le Comité
des travaux sous tension.

2- PROTECTION CONTRE LES RISQUES CHIMIQUES

L’employeur est soumis aux mêmes obligations que pour les risques physiques (Cf.
décret n° 2003-1254 du 23 décembre 2003 relatif à la prévention du risque chimique,
JO du 28/12/2003.).

A. Les produits chimiques cancérigènes, mutagènes, toxiques pour la


reproduction

Cependant, si les produits chimiques utilisés sont classés dans les substances CMR
(cancérigènes, mutagènes et reprotoxiques) il doit également :
– substituer le produit classé par un produit non dangereux ou moins dangereux.
Si le remplacement n’est pas possible, il doit être utilisé en quantité limitée, en vase
clos ou en mettant en place une protection collective (aspiration) afin de limiter le
nombre de salariés exposés et le niveau d’exposition au plus bas qu’il est
techniquement possible,
– mettre à disposition des travailleurs des EPI.
Pour tout salarié, l’exposition à une substance CMR ne peut se faire sans une visite
médicale préalable par le médecin du travail. La fiche d’aptitude est renouvelée tous
les six mois après examen par le médecin du travail. De plus, le médecin du travail doit
être informé par l’employeur des absences pour cause de maladie supérieures à dix
jours des travailleurs exposés à un agent CMR. Le dossier médical des personnes
exposées à un agent CMR doit être conservé 40 ans après la cessation de l’exposition.

GUIDE SECURITE SANTE ET HYGIENE AU TRAVAIL 49


Il est interdit d’affecter ou de maintenir des femmes enceintes ou allaitant à ces postes
les exposant à des agents avérés toxiques pour la reproduction.
Une fiche individuelle d’exposition doit être établie par l’employeur pour tout salarié
exposé à un agent CMR et une attestation doit être remise lors du départ du salarié de
l’entreprise (l’extrait du dossier médical relatif aux risques professionnels est transmis
au médecin du travail du nouvel établissement à la demande du salarié).

B. Les équipements de protection individuelle

Les vêtements de protection contre les risques chimiques répondant aux normes
européennes (EN 465, EN 369 et 468) sont classés en six types :
• Type 1 : étanche aux gaz.
• Type 2 : étanche aux gaz, liaison non étanche.
• Type 3 : étanche aux liquides.
• Type 4 : étanche aux aérosols.
• Type 5 : étanche aux particules.
• Type 6 : étanchéité limitée aux éclaboussures et particules.

Les gants protégeant contre les risques chimiques sont classés en fonction de leur
étanchéité et de leur résistance par la perméation à l’agent dangereux testé (norme EN
374-3).
Il existe également des chaussures dont la semelle et la tige sont imperméables et
résistantes aux produits chimiques.

Exemple d’un EPI complet pour l’utilisation de produits phytosanitaires :

• Une combinaison satisfaisant aux risques des classes 4, 5 et 6 (étanche aux vapeurs,
aérosols, particules solides).
• Une paire de gants en nitrile, lavables, satisfaisant à la norme EN 374-3 relative aux
risques chimiques.
• Deux masques jetables (norme EN 149 protection contre les particules fines et
vapeurs organiques).
• Une paire de lunettes de protection satisfaisant à la norme EN 166 (résistante aux
acides et aux solvants).

3- PROTECTION CONTRE LE RISQUE AMIANTE

L’utilisation de l’amiante a été progressivement restreinte jusqu’à son interdiction totale


en France en 1997. Aucun produit amianté n’est plus fabriqué ni importé en
France depuis cette date. Cependant, il subsiste des matériaux amiantés, en
particulier dans les bâtiments (voir Annexe 1 p. 67). Il existe un inventaire des
dénominations commerciales des produits contenant de l’amiante réalisé par l’INRS en
1998 (« Amiante : les produits, les fournisseurs », ED 1475).

GUIDE SECURITE SANTE ET HYGIENE AU TRAVAIL 50


Prévention du risque « amiante »

Si l’amiante est interdit en France depuis 1997, il reste nécessaire de protéger les
travailleurs spécialisés dans le traitement de l’amiante en place (déflocage et
décalorifugeage), ainsi que les travailleurs ayant des activités les exposant à des
matériaux contenant de l’amiante (MCA). Les MCA en place dans des bâtiments ou des
matériels sont en effet encore courants : cloisons, clapets ou portes coupe-feu, dalles
de faux plafonds, tuyaux et plaques en amiante-ciment, dalles de sol garnitures de
friction…
La valeur limite d’exposition à l’amiante a été fixée à 0,1 fibre/cm3 (VME calculée sur 1
heure – voir valeurs d’exposition par type d’activité en Annexe 2 p. 69). Ce n’est pas
une valeur « autorisée » en deçà de laquelle il n’y aurait pas de risque. C’est une valeur
légale qui ne doit jamais être dépassée. En cas d’exposition possible, la protection
respiratoire est obligatoire même en dessous de la valeur limite.

Les salariés exposés à l’inhalation des poussières d’amiante font l’objet d’une
surveillance médicale spéciale. D’autre part, ils doivent être informés sur les
risques liés à l’amiante et formés à la prévention de ces risques.

A. Travaux d’entretien et de maintenance

Certaines opérations sont susceptibles de mettre des salariés en contact avec de


l’amiante. On peut citer par exemple :
• Travaux sur un flocage ou un calorifugeage.
• Travaux et manipulations d’amiante tissé ou tressé.
• Travaux sur des éléments en amiante-ciment.
• Travaux sur divers matériaux contenant de l’amiante.
• Travaux divers impliquant le stockage et la manipulation d’amiante.

GUIDE SECURITE SANTE ET HYGIENE AU TRAVAIL 51


Analyse du risque

Tous les professionnels directement concernés par les différentes activités énumérées
devront s’interroger à priori sur la présence d’amiante dans la zone où doit se dérouler
leur intervention. Il s’agit d’une démarche volontaire qui s’intègre dans celle de
l’évaluation systématique des risques sur les lieux de travail, déjà prévue par le Code
du travail. Le niveau de risque dépend de :

• La nature du matériau.
• La nature de l’opération.
• L’outillage utilisé.
• L’environnement général du poste.

Mesures de prévention en cas de présence d’amiante

Chaque fois que cela est techniquement possible, les travaux qui peuvent être réalisés
à poste fixe devront être effectués sur des postes de travail spécialement aménagés,
équipés de dispositifs de ventilation et de captage des poussières adaptés. Quel que
soit le niveau de risque que l’on pourra déterminer, il est nécessaire de recourir à un
ensemble de mesures combinées entre elles, à la fois d’organisation, de protection
collective par réduction du risque et de protection individuelle des opérateurs.

Pour l’entreprise, il faudra toujours rechercher la présence éventuelle d’amiante avant


d’entreprendre les opérations d’entretien ou de maintenance sur des équipements ou
matériels dont on ne connaît pas exactement la nature (dépose de revêtement de sol
plastique, dépose de fibrociment, travail de plomberie, démolition, démontage de
joint...). S’il s’avère que les produits incriminés contiennent de l’amiante ou sont à
proximité de produits amiantés susceptibles de dégager des poussières au cours des
travaux, c’est à l’issue d’une évaluation des risques que le chef d’entreprise pourra
définir dans quelles conditions il intervient.

L’lNRS, dans son guide prévention ED 809 sur l’exposition à l’amiante dans les travaux
d’entretien et de maintenance, préconise des recommandations selon, par ordre de
danger potentiel croissant, trois niveaux de situations pour lesquels les taux
d’empoussièrement attendus peuvent conduire à un dépassement de la valeur limite
d’exposition, dépendant à la fois de la nature du matériau rencontré et du type
d’opération réalisée.

GUIDE SECURITE SANTE ET HYGIENE AU TRAVAIL 52


Travaux Protection individuelle

• Travaux directs sur des Vêtement jetable et appareil


Intervention entreprise spécialisée recommandée

matériaux friables. de Protection respiratoire

Niveau 3
• Travaux répétés d’usinage en filtrant à ventilation assistée
zone fermée de matériaux même (filtres TMP3) ou isolant à
non friables, avec des outils adduction d’air comprimé.
rotatifs à vitesse élevée.

• Opérations limitées de perçage

PROTECTION CROISSANTE
dans un matériau friable.
• Manipulation de tresses et
RISQUE CROISSANT

d’éléments lissés, travaux sur du Vêtement jetable et masque

Niveau 2
carton d’amiante avec des outils complet avec filtre(s) P3
manuels.
• Travaux lourds dans un local
floqué à l’amiante ou induisant des
chocs, des vibrations sur un
matériau friable.

• Prélèvement d’un échantillon.


• Déplacement de plaques de faux
Intervention service
intérieur« entretien

plafond en carton d’amiante avec


des parements. Demi-masque filtrant jetable
possible »

Niveau 1
• Travaux directs sur des FFP3.
matériaux compacts avec des
outils manuels.
• Travaux à proximité d’un
matériau friable.
• Manipulation de matériaux non
friables

• Niveau 1
– prélèvement d’un échantillon,
– déplacement de plaques de faux plafond en carton d’amiante avec des parements,
– travaux à proximité d’un matériau friable, c’est-à-dire susceptible d’émettre des fibres
sous l’effet de chocs, de vibrations ou de mouvements d’air,
– manipulation de matériaux non friables.

Mesures et solutions pour les postes de premier niveau d’exposition. Les mesures
minimales à mettre en place seront du type :
– protection respiratoire par demi-masque filtrant jetable FFP3 (uniquement pour des
travaux de courte durée),

GUIDE SECURITE SANTE ET HYGIENE AU TRAVAIL 53


– pulvérisation à chaque fois que cela est techniquement possible en tenant compte en
particulier du risque électrique,
– sac à déchets à proximité immédiate,
– éponge ou chiffon humide de nettoyage si nécessaire.

• Niveau 2

– opérations limitées de perçage dans un matériau friable,


– manipulation de tresses et d’éléments tissés, travaux sur du carton d’amiante avec
les outils manuels,
– travaux lourds dans un local floqué à l’amiante ou induisant des chocs, des vibrations
sur un matériau friable.

Mesures et solutions pour les postes de deuxième niveau d’exposition. Les mesures
minimales à mettre en place seront toujours du type :
– balisage de la zone,
– appareil de protection respiratoire filtrant anti poussière P3 avec ventilation assistée,
– vêtement de protection jetable,
– protection au sol par film plastique,
– pulvérisation à chaque fois que cela est techniquement possible en tenant compte en
particulier du risque électrique,
– nettoyage à l’aide d’un aspirateur à filtre absolu en fin de travail, complété le cas
échéant par un nettoyage à l’éponge humide.

• Niveau 3

– travaux directs sur des matériaux friables, même en bon état de conservation (flocage
ou calorifugeage) comme le grattage d’une partie d’un flocage ou l’intervention sur un
calorifugeage en vrac ou en bourre pour mettre le support à nu, le passage de câbles
ou de canalisations pris dans un flocage…

Mesures et solutions pour les postes de troisième niveau d’exposition. Les mesures
à prendre vont consister à éviter la propagation des poussières émises en dehors de la
zone de travail :
– en imprégnant localement le flocage ou le matériau avec de l’eau ou une solution
mouillante avant l’intervention (en tenant compte en particulier du risque électrique),
– en isolant la zone de travail de manière étanche par un sac à manche si la surface de
la partie à traiter est suffisamment réduite, en confinant la zone si elle est plus étendue
ou si l’utilisation du sac à manche est impossible (flocage, parois…),
– en protégeant les opérations au moyen de vêtements jetables et d’un masque à
ventilation assistée avec filtres TMP3.

Attention : les travaux de retrait ou de confinement de l’amiante friable seront


exclusivement exécutés par des entreprises ayant obtenu une certification de
qualification justifiant de leur capacité à effectuer de tels travaux.

GUIDE SECURITE SANTE ET HYGIENE AU TRAVAIL 54


Remarque

L’évacuation des déchets obéit à des règles spécifiques selon le type de déchets
(équipements de protection individuelle, matériaux).
Pour le choix de la décharge en fonction de la nature des produits contenant de
l’amiante, se rapprocher de la DRIRE.

B. Travaux de désamiantage

Il s’agit des opérations de retrait définitif de matériaux contenant de l’amiante :


flocages, calorifugeages, faux plafonds.

Pour ces travaux, il doit être impérativement fait appel à une entreprise qualifiée.

Rappel

Depuis le 1er janvier 2000, tous les propriétaires des locaux affectés au travail ont dû
faire établir une expertise amiante réalisée par un technicien dûment qualifié et relative
aux flocages, calorifugeages et faux plafonds.

Conseils utiles

Pour la sous-traitance : voir les documentations Guide de prévention, exposition à


l’amiante dans les travaux d’entretien et de maintenance ED 809, source INRS (gratuit),
disponible sur le site : www.inrs.fr et les fiches OPPBTP.

Qui contacter ?

Pour s’assurer de la qualification d’une entreprise :


CRAM.
OPPBTP.
Inspection du travail.

GUIDE SECURITE SANTE ET HYGIENE AU TRAVAIL 55


ANNEXE 1

MCA : matériaux contenant de l’Amiante

QUELS PRODUITS SONT AMIANTÉS ?

L’amiante brut en vrac était utilisé pour l’isolation thermique en bourrage ou en


flocage (projection) :
• Bourre d’amiante pour le calorifugeage de fours, de chaudières, de tuyaux, de gaines
électriques, de chauffe-eau, de portes et cloisons coupe-feu, de matériels frigorifiques,
de navires, de véhicules automobiles ou ferroviaires, d’équipements industriels ou de
laboratoires divers.
• Flocages d’amiante (pur ou en mélange avec d’autre fibres) sur des structures
métalliques ou en sous-face de dalles en béton, pour la protection contre l’incendie et
contre le bruit dans les bâtiments.
• Etc.

L’amiante tissé ou tressé était aussi utilisé pour l’isolation thermique de canalisations,
d’équipements de protection individuelle (EPI), de câbles électriques :
• Corde ou tresse d’amiante (étanchéité de portes de fours ou de chaudières,
applications de laboratoire et calorifugeage dans des industries variées).
• Bandes textiles de protection contre la chaleur.
• Joints et bourrelets d’étanchéité et de calorifugeage (canalisations de chauffage,
échappements de moteurs...).
• Couvertures de protection antifeu ou pour le soudage en chaudronnerie, rideaux
coupe-feu.
• Rubans d’isolement électrique (appareils et gaines électriques).
• Presse-étoupe.
• Joints antifeu ou antibruit sur des structures ou dans des cloisons.
• Etc.

L’amiante sous forme de feutre servait surtout à la filtration :


• Filtres à air, à gaz, à liquides.

L’amiante sous forme de plaques de papier ou carton d’épaisseur variable (5 à 50


mm) était utilisé pour l’isolation thermique d’équipements chauffants, de faux plafonds,
de joints :
• Papier et carton d’amiante pour l’isolation thermique (cheminées, fours, appareils de
chauffage à gaz ou convecteurs électriques, appareils de laboratoire et appareils
électroménagers chauffants tels que cuisinières, fers à repasser...), pour la réalisation
de joints, pour la protection thermique de surfaces lors de la réalisation de soudures
(plomberie) ou de plans de travail (verrerie).
• Plaques pour la réalisation de faux plafonds ou de parements ignifuges, de portes et
clapets coupe-feu, de cloisons légères.
• Etc.

GUIDE SECURITE SANTE ET HYGIENE AU TRAVAIL 56


L’amiante mélangé à du ciment (amiante-ciment) a permis de fabriquer de multiples
composés pour la construction : plaques ondulées, éléments de façade, gaines de
ventilation, canalisations :
• Plaques planes ou ondulées, tuiles et autres panneaux de toiture.
• Appuis de fenêtres, plaques de façades.
• Plaques et panneaux de cloisons intérieures et de faux plafonds.
• Autres panneaux ou tablettes de construction.
• Conduits de cheminées, gaines de ventilation, descentes pluviales.
• Tuyaux et canalisations d’adduction et d’évacuation d’eau.
• Clapets coupe-feu et panneaux ignifuges.
• Bacs de culture et éléments de jardins.
• Etc.

AMIANTE INCORPORÉ DANS DES LIANTS DIVERS (RÉSINES, BITUME...)


• Garnitures de friction (freins et embrayages de véhicules automobiles et ferroviaires,
de presses, de treuils ou ponts roulants, d’ascenseurs, de moteurs et machines
diverses).
• Revêtements routiers de bitume chargé à l’amiante.
• Dalles de sol collées (vinyle amiante), tuiles, bardeaux décoratifs.
• Feuilles d’étanchéité de toiture au bitume, en rouleaux ou en éléments.
• Sous-face de divers revêtements de sols.
• Joints (de plomberie, de chauffage, de moteurs...), où l’amiante peut être combiné
avec du caoutchouc, des métaux, des matières plastiques, etc.
• Enduits de ragréage ou de lissage de sols et de cloisons intérieures, mortiers -colles à
carrelages, colles-enduits et enduits d’étanchéité chargés à l’amiante.
• Enduits à base de plâtre et mortiers pour la protection contre l’incendie.
• Colles et mastics chargés à l’amiante.
• Peintures chargées à l’amiante.
• Pièces d’isolement électrique, à base de résines.
• Éléments poreux de remplissage de bouteilles de certains gaz industriels (acétylène).
• Etc.

GUIDE SECURITE SANTE ET HYGIENE AU TRAVAIL 57


ANNEXE 2

Valeurs d’exposition par type d’activité


Seuil légal : 0,1 fibre/cm3 pendant 1 heure.

Concentration en amiante par les travaux (fibres/cm3)

Travaux Prélèvement Prélèvement


d’ambiance individuel
Pose d'un plafond neuf masquant des poutrelles métalliques
floquées à l'amiante - 0,02

Amiante Soudage sur poutrelles métalliques floquées à l'amiante 0,09 0,19


incorporé
Perçage dans un enduit plâtre-amiante (perceuse) 0,59 0,78
Perçage entre des poutrelles floquées à l’amiante, en limite
du flocage - 0,36
Changement d’une vanne dans une gaine technique floquée
Flocage à l’amiante (dévissage et revissage) 1,65 4,51

Gâchage d’un enduit de jointoiement de dalles à la spatule - 0,48

Nettoyage d’un mur en briques dans un local comportant un 0,23 De 0,25 à 0,63
flocage d’amiante (chiffon, brosse)

Peinture au pistolet sur un enduit granité plâtre-amiante - 0,25


Soudage au gaz d’une canalisation d’eau située dans un faux
plafond, à 5 cm d’une poutrelle floquée à l’amiante 0,14 0,15
Passage de câbles dans un plénum contenant des poutrelles
floquées à l’amiante 0,07 0,17 à 0,63
Ouverture d’un faux plafond masquant des poutrelles
métalliques floquées (sans nettoyage préalable) 0,26 –
Déplacement de plaques de faux plafond masquant des poutrelles
Flocage métalliques floquées après nettoyage par aspiration des zones - 0,59 à 0,44
accessibles
Déplacement d’un faux plafond à base de carton d’amiante entre feuilles
Amiante carton d’aluminium 0,60 0,95
Amiante brut
ou tressé Démontage d’une chaudière (bourre d’amiante) 0,12 4,7

Démontage de tuyaux calorifugés (à l’air libre) - 0,10 à 0,35

Découpe d’éléments en amiante-ciment (scie à fil sans aspiration) 1,27 à 2,07 0,66 à 1,57
Amiante-ciment
Découpe d’éléments en amiante-ciment (scie sauteuse avec aspiration) 0,07 0,08 à 0,44

Perçage d’éléments en amiante-ciment (perceuse) - 0,42 à 0,75

Amiante-ciment Tronçonnage à sec de canalisations en amiante-ciment (disque) - 7 à 19

Amiante-ciment Tronçonnage à l’humide de canalisations en amiante-ciment (disque) - 5 à 14

Amiante Perçage de garnitures de freins - 0,49 à 0,62


incorporé
Montage de garnitures de freins - 0,51

Carton Déplacement de cartons d’amiante sans parement 1,05 1,50

Intervention sur des bandes textiles en amiante 0,19 0,34

On notera que l’exposition maximale intervient lors d’interventions sur de l’amiante brut, en flocage ou
lors d’interventions mécaniques (tronçonnage, perçage) qui engendrent de la poussière.

GUIDE SECURITE SANTE ET HYGIENE AU TRAVAIL 58


V- CONTRÔLES ET RESPONSABILITÉS DU CHEF
D’ENTREPRISE EN MATIÈRE DE SANTÉ ET DE SÉCURITÉ
AU TRAVAIL

1- CONTRÔLES EN MATIÈRE DE SANTÉ ET SÉCURITÉ AU TRAVAIL

Le contrôle du respect de l’application des prescriptions du Code du travail et des textes


pris pour son application relatifs au régime du travail est fait par les inspecteurs et
contrôleurs du travail. Les ingénieurs-conseils et les contrôleurs de sécurité des caisses
régionales d’assurance maladie (CRAM) ont également un droit d’entrée dans tous les
établissements assujettis au régime général de la sécurité sociale pour y effectuer des
enquêtes d’accidents du travail ou de maladies professionnelles.

A. Contrôles des inspecteurs et contrôleurs du travail

Les inspecteurs et contrôleurs du travail ont un droit d’entrée dans tous les
établissements relevant du Code du travail, afin d’y assurer la surveillance et les
enquêtes dont ils sont chargés. Ils peuvent faire procéder, aux fins d’analyse, à tous
prélèvements portant sur les matières mises en œuvre et les produits distribués ou
utilisés et peuvent également se faire présenter, au cours de leurs visites, l’ensemble
des livres, registres et documents rendus obligatoires par le Code du travail.

Les inspecteurs et contrôleurs du travail constatent les infractions par des


procès-verbaux qui font foi jusqu’à preuve du contraire.
Une procédure de mise en demeure peut intervenir avant le procès-verbal.
Datée et signée, la mise en demeure fixe un délai à l’expiration duquel les infractions
aux prescriptions du Code du travail constatées doivent disparaître.
Face à une mise en demeure, le chef d’établissement a un droit de réclamation auprès
du directeur régional du travail.

En cas de danger grave et imminent pour l’intégrité physique des travailleurs, le


PV intervient sans mise en demeure préalable, l’inspecteur ou le contrôleur du travail
établissant un rapport sur la situation de travail dangereuse destiné au directeur
départemental du travail.

Lorsque l’inspecteur du travail ou le contrôleur du travail constate que les salariés se


trouvent dans une situation dangereuse résultant d’une exposition à une substance
chimique cancérigène, mutagène ou toxique pour la reproduction, à un niveau supérieur
à une valeur limite de concentration réglementaire, il met l’employeur en demeure de
remédier à cette situation. Si, à l’issue du délai fixé dans la mise en demeure et après
vérification par un organisme agréé, le dépassement persiste, l’inspecteur du travail
peut ordonner l’arrêt temporaire de l’activité concernée.

GUIDE SECURITE SANTE ET HYGIENE AU TRAVAIL 59


Lorsque l’inspecteur ou le contrôleur du travail constate que l’inobservation des règles
du Code du travail entraîne un risque sérieux d’atteinte à l’intégrité physique d’un
travailleur, il peut saisir le juge des référés afin qu’il ordonne en urgence toutes
mesures propres à faire cesser ce risque. Le juge des référés peut ordonner la mise
hors service, l’immobilisation, la saisie des matériels, machines, dispositifs ou produits.
Il peut également ordonner la fermeture temporaire d’un atelier ou d’un chantier, voire
assortir sa décision d’une astreinte.

B. Enquêtes des ingénieurs-conseils et contrôleurs de sécurité des CRAM

Les ingénieurs-conseils et les contrôleurs de sécurité des caisses régionales


d’assurance maladie (CRAM) peuvent effectuer des enquêtes d’accidents du travail,
de maladies professionnelles ou à caractère professionnel, et sur tout fait qui aurait
pu avoir de graves conséquences sur la sécurité, la santé et les conditions de travail
dans tous les établissements assujettis au régime général de la sécurité sociale et
situés dans leur circonscription territoriale.

Les ingénieurs-conseils et les contrôleurs de sécurité des caisses régionales


d’assurance maladie (CRAM) ont la possibilité de prescrire les mesures de
prévention qu’ils jugent justifiées par voie de recommandations ou d’injonctions (qui
n’ont pas la valeur juridique des mises en demeure des inspecteurs du travail). Après
enquête sur place, l’injonction adressée à l’employeur par lettre recommandée avec
accusé de réception indique les mesures de prévention à prendre ainsi que les
possibilités techniques de leur réalisation. L’injonction fixe un délai d’exécution des
mesures de prévention en indiquant qu’à son expiration, l’employeur est passible de la
cotisation supplémentaire.

2- ACCIDENTS DU TRAVAIL ET MALADIES PROFESSIONNELLES

A. Accidents du travail

Est accident du travail l’accident survenu par le fait ou à l’occasion du travail à


toute personne salariée ou travaillant, à quelque titre ou en quelque lieu que ce
soit, pour un ou plusieurs employeurs ou chefs d’entreprise.
L’accident du travail doit survenir sur un lieu et à un moment où le salarié est sous
l’autorité et la surveillance de son employeur. Il est soudain et provoque une lésion de
l’organisme humain.

L’accident survenu alors que la victime était sur le lieu de travail est présumé accident
du travail. Cette « présomption d’imputabilité » ne peut être renversée et l’accident
considéré comme accident de droit commun que dans le cas où l’employeur et la caisse
apporteraient une preuve contraire, c’est-à-dire lorsque l’accident a une origine
entièrement étrangère au travail et la victime s’est soustraite à l’autorité de l’employeur.
L’employeur ou l’un de ses préposés doit déclarer tout accident dont il a eu
connaissance à la caisse primaire d’assurance maladie (CPAM) dont relève la victime.
La déclaration doit être effectuée sur un formulaire spécial délivré par la CPAM et
envoyée par lettre recommandée avec accusé de réception dans les 48 heures (non
compris les dimanches et jours fériés), à compter du jour où l’employeur a eu
connaissance de l’accident.

GUIDE SECURITE SANTE ET HYGIENE AU TRAVAIL 60


L’employeur est également tenu de délivrer à la victime une feuille d’accident en trois
volets (CSS, art. L. 441-5) qu’elle présentera au médecin. Le défaut de déclaration
d’accident et celui de délivrance de la feuille d’accident sont passibles respectivement
d’une amende prévue pour les contraventions de quatrième classe.
Le salarié reçoit des indemnités journalières qui sont versées à l’accidenté à partir du
1er jour qui suit l’arrêt de travail, et pendant toute la période d’incapacité de travail, la
journée de l’accident étant à la charge de l’employeur. Les salariés gardant des
séquelles d’un accident du travail ont droit à une rente d’incapacité permanente pour
une incapacité permanente égale ou supérieure à 10 %, ou une indemnité en capital
pour une incapacité permanente inférieure à 10 %.

B. Maladies professionnelles

Est présumée d’origine professionnelle toute maladie désignée dans un tableau de


maladies professionnelles (cf. document utile n° 8 reproduit à la fin du guide) et
contractée dans les conditions mentionnées à ce tableau. Si les conditions tenant au
délai de prise en charge, à la durée d’exposition ou à la liste limitative des travaux ne
sont pas remplies, la maladie telle qu’elle est désignée dans un tableau de maladies
professionnelles peut être reconnue d’origine professionnelle lorsqu’il est établi qu’elle
est directement causée par le travail habituel de la victime. Peut être également
reconnue d’origine professionnelle une maladie caractérisée non désignée dans un
tableau de maladies professionnelles lorsqu’il est établi qu’elle est essentiellement et
directement causée par le travail habituel de la victime et qu’elle entraîne le décès de
celle-ci ou une incapacité permanente d’au moins 25 %.

La liste des tableaux de maladies professionnelles figure dans les documents utiles à la
fin du guide (cf. document n° 8).

3- LA RESPONSABILITÉ PÉNALE

Les infractions au Code du travail et au Code pénal

Alors que la responsabilité civile vise à réparer les dommages causés à un individu, la
responsabilité pénale vise à réprimer les infractions, c’est-à-dire les actions ou les
omissions définies et punies par la loi pénale, imputables à leur auteur et ne se justifiant
pas par l’exercice d’un droit.

Pour les infractions en matière de santé et sécurité au travail, la responsabilité pénale


peut être engagée sur le fondement du Code du travail ou sur celui du Code pénal. En
cas de manquement à une règle de santé et de sécurité, inscrite dans le Code du
travail, la responsabilité de l’auteur de l’infraction sera recherchée sur le fondement de
ce code, et sur le fondement du Code pénal si cette violation a concouru à la réalisation
d’un dommage (accident du travail et maladie professionnelle).

GUIDE SECURITE SANTE ET HYGIENE AU TRAVAIL 61


A. Les infractions au Code du travail

La responsabilité pénale repose sur une seule personne, généralement le chef


d’entreprise. Il doit veiller personnellement au respect strict et constant, dans son
entreprise, des règles édictées par le Code du travail. En pratique, il ne peut pourtant
être présent partout. Pour pallier cette difficulté, la jurisprudence l’autorise à transférer
ses pouvoirs – et ainsi ses responsabilités – à un préposé doté d’une délégation de
pouvoirs.

Aucun texte réglementaire ne prévoit ni n’organise la délégation de pouvoirs qui est une
construction issue de la jurisprudence de la Cour de cassation en 1902.

Le juge apprécie, pour chaque cas, la réalité matérielle de la délégation invoquée en


fonction, notamment, de la compétence, de l’autorité et des moyens dont dispose le
délégataire. Si aucun formalisme particulier n’est exigé pour établir une délégation,
l’écrit peut être conseillé.

En cas d’intervention d’une entreprise extérieure, le chef de l’entreprise utilisatrice


doit assurer la coordination des mesures de prévention. Toutefois, chaque chef
d’entreprise (utilisatrice et intervenante) reste responsable de l’application des règles à
son propre personnel.

Ainsi, le responsable d’une entreprise utilisatrice a été condamné pour n’avoir pas
respecté les mesures de sécurité qui lui incombaient et n’avoir pas informé l’entreprise
intervenante des risques encourus par son personnel et de la nécessité de lui faire
porter une protection individuelle (Cour de cassation, chambre criminelle, n° 1837, 3
avril 1997).

La responsabilité du chef d’entreprise (ou de son délégataire) sera recherchée quand,


par sa faute personnelle, il commet une infraction aux règles d’hygiène et de
sécurité.

Ainsi les chefs d’établissement, directeurs, gérants ou préposés qui, par leur faute
personnelle, ont enfreint les dispositions des trois premiers chapitres du titre III du livre
II du Code du travail et des règlements pris pour leur application encourent une amende
maximale de 3 750 € (article L. 263-2 du Code du travail).

L’employeur (ou son délégataire) ne peut s’exonérer de sa responsabilité en invoquant


son absence au moment des faits, ou une faute commise par la victime, à moins que
celle-ci ne constitue la cause exclusive et imprévisible de l’accident.
Les infractions sont constatées par les inspecteurs du travail ou des officiers de police
judiciaire.

GUIDE SECURITE SANTE ET HYGIENE AU TRAVAIL 62


B. Les infractions au Code pénal

Le Code pénal permet de poursuivre simultanément le ou les auteurs des infractions,


qu’il s’agisse de personnes physiques ou de personnes morales.

Un certain nombre d’infractions qui constituent des atteintes involontaires à la vie et à


l’intégrité physique sont qualifiées de délits. On peut citer l’homicide involontaire par «
maladresse, imprudence, inattention, négligence ou manquement à une obligation de
sécurité ou de prudence imposée par la loi ou les règlements » (article 221-6), ou
encore les blessures involontaires quand l’incapacité totale de travail qui en résulte est
supérieure à trois mois (article 221-19).

Avec le nouveau Code pénal, le délit de mise en danger d’autrui (article 223-1) a été
introduit dans le but de prévenir les accidents du travail, en réprimant les
manquements graves même en l’absence de dommages.

Cette infraction est une violation manifestement délibérée d’une obligation particulière
de sécurité ou de prudence, imposée par la loi ou le règlement, qui expose directement
autrui à un risque de mort ou de blessures pouvant entraîner une mutilation ou une
infirmité permanente. L’infraction est constituée lorsque son auteur a pleinement
conscience du risque et lorsque plusieurs conditions sont réunies : le risque visé est
immédiat (risque d’accident du travail ou de maladies professionnelles), l’exposition au
risque est directe et inévitable pour le salarié, enfin l’obligation violée est une obligation
particulière de sécurité.

4 - LA RESPONSABILITÉ CIVILE

La réparation des préjudices subis par des victimes de maladies professionnelles


et d’accidents du travail

D’une manière générale, la responsabilité civile trouve sa base légale dans le Code civil
(articles 1134, 1382 et suivants). Une personne physique ou morale voit sa
responsabilité civile engagée dès lors qu’elle a causé un dommage à autrui par
sa faute ou par la faute des personnes dont elle répond. Ainsi, l’employeur est
civilement responsable des fautes commises par ses salariés, dans les fonctions
auxquelles il les a employés.

Pour les accidents du travail et les maladies professionnelles, les bases légales de la
réparation civile sont prévues, de manière spécifique, par une loi du 9 avril 1898. Ce
système d’indemnisation prévoit une réparation, non intégrale, forfaitaire et
automatique dès lors qu’un accident du travail ou une maladie professionnelle sont
reconnus. En complément, la victime peut invoquer l’existence d’une faute
inexcusable de l’employeur lui permettant d’obtenir en cas de succès une majoration
de son indemnisation.

GUIDE SECURITE SANTE ET HYGIENE AU TRAVAIL 63


Alors que les victimes d’accidents (de la route, thérapeutiques, de produits
défectueux, etc.) sont intégralement et mieux indemnisées sans avoir à prouver la faute
de l’auteur de leurs dommages, les victimes du travail doivent prouver une faute
d’une exceptionnelle gravité de leur employeur découlant d’un manquement à une règle
de sécurité ou de prudence, commise en connaissance du danger couru par la victime,
en l’absence de tout fait justificatif : la faute inexcusable. Depuis la loi n° 87-39 du 27
janvier 1987, l’employeur peut s’assurer contre les conséquences financières de sa
propre faute inexcusable ou de la faute de ceux qu’il s’est substitués dans la direction
de l’entreprise ou de l’établissement.

Dernièrement, les procès des travailleurs de l’amiante ont conduit à la remise en


cause par la Cour de cassation de la définition de la faute inexcusable et du système
d’indemnisation. Dans toutes ces affaires, des salariés qui ont longuement travaillé au
contact de l’amiante ont contracté une maladie professionnelle.
La Cour de cassation a jugé que l’obligation de sécurité de l’employeur est
rattachée au contrat de travail le liant à son salarié, et non plus seulement au
régime légal de 1898. Cette obligation contractuelle de sécurité est une obligation de
résultat. Le manquement à cette obligation a le caractère d’une faute inexcusable
lorsque l’employeur avait ou aurait dû avoir conscience du danger auquel était exposé
le salarié, et qu’il n’a pas pris les mesures pour l’en préserver.

La faute inexcusable cesse donc d’être une faute d’une exceptionnelle gravité (Cour de
cassation, chambre sociale, n° 838, 28 février 2002).
Ce revirement de jurisprudence applicable aux maladies professionnelles a
également été étendu aux accidents du travail.
Ainsi un salarié habitué à travailler sur son poste de travail avait été retrouvé mourant à
ce même poste. Dans un premier temps, la cour d’appel avait considéré que
l’employeur ne pouvait avoir conscience du danger auquel il exposait son salarié en
l’affectant à une machine sur laquelle il était habitué à travailler.

La Cour de cassation a cassé ce jugement en ayant le raisonnement suivant : en vertu


du contrat de travail le liant à son salarié, l’employeur est tenu envers ce dernier par
une obligation de sécurité de résultat, notamment en ce qui concerne les accidents du
travail. Le manquement à cette obligation a le caractère d’une faute inexcusable lorsque
l’employeur avait ou aurait dû avoir conscience du danger auquel était exposé le salarié
et qu’il n’a pas pris les mesures nécessaires pour l’en préserver (Cour de cassation,
chambre sociale, n° 1593, 11 avril 2002).

En outre, l’existence de faute inexcusable de l’employeur est également admise dans le


cas d’accidents de salariés particulièrement expérimentés. Ces salariés, même
lorsqu’ils sont hautement qualifiés, doivent recevoir une formation renforcée à la
sécurité et une information sur leurs conditions de travail (Cour de cassation,
chambre sociale, n° 2220, 27 juin 2002).
Ces arrêts de la Cour de cassation entraînent un bouleversement de la responsabilité
civile des accidents du travail et des maladies professionnelles et ouvrent un débat sur
les principes d’indemnisation des salariés. On peut aujourd’hui se demander si la
couverture des accidents du travail et des maladies professionnelles doit être réalisée
par la sécurité sociale ou par les assurances.

GUIDE SECURITE SANTE ET HYGIENE AU TRAVAIL 64


VI- LES SERVICES DE SANTÉ AU TRAVAIL
1- PRINCIPES

L’obligation pour les employeurs d’organiser les services de santé au travail est régie
par les articles L. 241-1 à L. 241-11 du Code du travail.
Cette obligation s’applique à tous les établissements industriels, commerciaux,
agricoles privés ou publics, à but lucratif ou non, quelle que soit la forme juridique de
l’établissement.

L’accord collectif national du 13 septembre 2000 nécessite des modifications


législatives et réglementaires pour entrer en action. Les branches professionnelles
auraient le pouvoir de négocier des accords ne prévoyant qu’une visite médicale tous
les deux ans pour les salariés non exposés à des risques spécifiques.

Pour les travailleurs intérimaires, la surveillance médicale est prise en charge par la
société de travail temporaire, à l’exclusion des surveillances médicales spéciales, à la
charge de l’entreprise utilisatrice.

2- ORGANISATION

Suivant l’effectif de l’entreprise ou son activité, les services de santé au travail peuvent
être :
• Autonomes : propres à une seule entreprise (valable pour les entreprises dès lors que
le temps passé par le médecin du travail à sa mission dépasse 169 heures par mois).
• Interentreprises : communs à plusieurs entreprises (obligatoire pour toute entreprise
dont le temps consacré par le médecin du travail à sa mission ne dépasse pas 20
heures par mois.
En aucun cas l’entreprise ne fait effectuer les visites par un médecin libéral.

Lorsque le temps du médecin est compris entre 20 et 169 heures par mois, le service
médical est assuré sous la forme :
• Soit d’un service d’entreprise, d’établissement ou inter établissements d’entreprise.
• Soit d’un service interentreprises.
Ce choix est fait par l’employeur sauf opposition motivée du CE ou à défaut des DP.

En cas d’opposition, la décision de l’employeur est subordonnée à l’autorisation du


directeur régional du travail et de l’emploi.
Le temps minimum consacré par le médecin du travail à l’exercice de ses missions
dépend :
• De l’effectif de l’entreprise ou de l’établissement.
• Du risque professionnel encouru.

Le Code du travail fixe ainsi 1 heure par mois :


• Pour 20 employés ou assimilés, c’est-à-dire les salariés travaillant en dehors des
chantiers ou ateliers.
• 15 ouvriers ou assimilés.
• 10 salariés soumis à une surveillance médicale particulière, y compris les travailleurs
temporaires.

GUIDE SECURITE SANTE ET HYGIENE AU TRAVAIL 65


3- RÔLE DU MÉDECIN

Le rôle du médecin du travail est exclusivement préventif. À ce titre, il suit


personnellement l’état de santé individuel des travailleurs et vérifie l’adéquation entre
celle-ci et le poste occupé.
Dans la limite du secret professionnel, il informe le chef d’entreprise sur les risques
présents dans l’entreprise. Il est ainsi le conseiller du chef d’entreprise, des salariés et
des représentants du personnel et des services sociaux en matière d’hygiène, de
sécurité et de conditions de travail.
La loi de modernisation sociale du 17 janvier 2002 intègre la notion de multidisciplinarité
pour les services de santé au travail. Le médecin du travail peut alors faire appel à
l’ensemble des agents de prévention (CRAM, OPPBTP, ANACT…) en relation avec
l’entreprise.

A. Trois types de visite sont obligatoires

• La visite médicale d’embauche.


Qui intervient au plus tard avant la fin de la période d’essai qui suit l’embauche.
• La visite médicale périodique (visite au minimum annuelle).
Elle a pour objet de s’assurer du maintien de l’aptitude du salarié au poste de travail
occupé. Une surveillance médicale particulière peut être requise lors de certaines
expositions ou activités définies dans l’arrêté du 11/07/1977.
• La visite médicale de reprise après un arrêt de travail.
Elle est obligatoire :
– après une absence pour cause de maladie professionnelle ;
– après une absence d’au moins 8 jours pour cause d’accident du travail ;
– après un congé de maternité ;
– après une absence d’au moins 21 jours pour cause de maladie ou d’accident non
professionnel ;
– en cas d’absences répétées pour raison de santé.

B. Actions sur le milieu du travail

En milieu du travail, le médecin du travail soulève des questions relatives à l’hygiène et


à la sécurité des travailleurs. Aussi, il est le conseiller du chef d’entreprise en ce qui
concerne :
• L’amélioration des conditions de vie au travail.
• L’adaptation des postes, des techniques et des rythmes de travail à la physiologie
humaine.
• La protection des salariés contre les risques.
Il est associé :
• À l’étude de nouvelles techniques de production.
• À la formation à la sécurité.

Références :
– décret n° 2004-760 du 28 juillet 2004 relatif à la réforme de la médecine du travail (JO
du 30/07/2004).
– circulaire DRT n° 03 du 7 avril 2005 relative à la réforme de la médecine du travail.

GUIDE SECURITE SANTE ET HYGIENE AU TRAVAIL 66


VII- LES AIDES FINANCIÈRES ACCORDÉES AUX PME POUR
L’AMÉLIORATION DES CONDITIONS DE TRAVAIL

1- CONTRAT DE PRÉVENTION AVEC LA CRAM

Les conventions d’objectifs signées pour une branche d’activité par une organisation
professionnelle et la caisse nationale ou régionale d’assurance maladie servent de
cadre aux aides financières que peuvent accorder les CRAM aux PME-PMI pour la
réalisation de plan d’actions, permettant de réduire les risques d’accidents du travail et
les maladies professionnelles. La durée est d’environ 4 ans.

Le contrat de prévention signé par l’entreprise avec la CRAM précisera les actions à
réaliser, les objectifs à atteindre, le montant de l’aide accordée. Cette aide financière
est une avance permettant à l’entreprise de réaliser le plan d’action sécurité
préalablement défini avec le service de prévention de la CRAM et restera acquise à
l’entreprise si les objectifs prévus sont atteints. Sa durée peut être un plan sur 3 ans.

Pour bénéficier d’un contrat de prévention, l’entreprise doit :


• Avoir une activité comprise dans le cadre d’une convention d’objectifs en cours de
validité. À chaque secteur d’activité signataire correspond une convention spécifique.
• Avoir un effectif salarié inférieur à 200 personnes. Il s’agit là d’une tarification
collective ou de type mixte. Les entreprises à tarification individuelle ou ayant des
établissements à tarification individuelle sont exclues. Pour ces dernières, une
diminution peut être consentie sur la partie accidents du trajet.
• Être à jour de ses cotisations sociales, avec versements réguliers au cours des 12
derniers mois, et être en règle en matière d’application des textes relatifs à la sécurité
du travail et à l’hygiène de l’entreprise.

Une convention d’objectifs comprend :


• Des orientations générales.
• Des objectifs principaux de prévention des accidents du travail et des maladies
professionnelles, d’amélioration des conditions de travail.
• Des thèmes d’intervention.
• Des conditions administratives.

L’entreprise s’engage à :
• Supprimer ou réduire certains des risques détectés.
• Améliorer les conditions de travail.
• Consacrer les moyens convenus.
• Obtenir les résultats attendus, dans les délais fixés.

GUIDE SECURITE SANTE ET HYGIENE AU TRAVAIL 67


Conseils utiles

Il n’est pas nécessaire pour l’entreprise d’être adhérente d’un syndicat professionnel.
Bien vérifier que son numéro de risque est éligible ; ce numéro de risque est le code
NAF plus une lettre. On trouve le numéro de risque sur le compte employeur, ou la
feuille de tarification.
Vérifier la date limite de la convention, et tenir compte de la durée d’instruction du
dossier par les services de la CRAM qui consulteront la Direction du travail.
Certains sites Web de CRAM offrent la possibilité de télécharger les conventions
d’objectifs.
Bien préparer le dossier et inclure le volet risque routier si possible.

Qui contacter ?
Service prévention de la CRAM
ou l’organisation professionnelle,
ou votre CCI.

2- FONDS POUR L’AMÉLIORATION DES CONDITIONS DE TRAVAIL


(FACT)

A. Son but

C’est un appui financier aux entreprises et aux branches professionnelles dans


leur projet d’amélioration des conditions de travail (facteurs organisationnels,
techniques et humains).

B. Qui peut en bénéficier ?

• Les entreprises.
• Les branches et structures professionnelles.
• Les coopératives.
• Les associations.
• Les syndicats.
• Les EPIC.
• Les hôpitaux privés.

C. Champ d’action

Toutes les entreprises qui emploient des salariés, y compris les coopératives peuvent
bénéficier du FACT.
Les interventions du FACT sont consacrées aux actions sur les situations de
travail pour réduire la pénibilité physique et mentale du travail, à travers :
• Les projets conduits par les entreprises pour améliorer l’organisation et les conditions
de travail de leurs salariés, notamment en matière d’aménagement du temps de travail
ou de prévention des risques liés aux travaux répétitifs sous contrainte de temps.

GUIDE SECURITE SANTE ET HYGIENE AU TRAVAIL 68


• Les démarches de conception ergonomique d’équipements ou procédés entreprises
par des concepteurs ou constructeurs.
• La démarche d’évaluation des risques dans un projet global.
• L’élaboration d’outils ou de méthodes.

D. Principaux critères d’éligibilité du FACT

Pour être éligibles, les projets doivent rechercher un impact réel en matière de
conditions de travail. Ils répondront aux critères suivants :
• Dépassement des obligations légales et réglementaires avec présentation d’un aspect
expérimental ou novateur.
• Caractère exemplaire de la démarche adoptée (reconductible) et des solutions
retenues pour réduire les contraintes.
• L’effet d’entraînement de l’opération est également un critère d’appréciation.
• Les projets reposent sur un dialogue social actif au sein de l’entreprise
(association des salariés et des institutions représentatives du personnel).

E. Financements du FACT

Le FACT finance du temps passé, que ce soit en études internes ou externes.


Jusqu’à 50 % du coût total de la démarche peut être pris en charge.

F. Modalité finale

Lorsque le dossier est accepté, une convention est signée entre le représentant de
l’État et l’entreprise ou la branche professionnelle.

Qui contacter ?

Direction départementale du travail, de l’emploi et de la formation professionnelle


concernée (DDTEFP) pour les dossiers entreprises ou interentreprises.
Direction des relations du travail pour les branches professionnelles (DRT, ministère du
Travail).

GUIDE SECURITE SANTE ET HYGIENE AU TRAVAIL 69


VIII- LES DOCUMENTS UTILES

Document n° 1

Modèle de document unique sur l’évaluation des risques professionnels

Entreprise/Établissement :
Date d’élaboration : Date de mise à jour :

Actions envisagées
Risques Moyens de Risques (délai, personne Commentaires
identifiés prévention subsistants chargée du suivi,
existants commentaires,
degré de priorité…)

GUIDE SECURITE SANTE ET HYGIENE AU TRAVAIL 70


Document n° 2

Consignes pour un standard d’entreprise en cas d’accident et/ou d’incendie

ALERTER

SECOURS EXTERNES : xx

POMPIERS : xx

MÉDECIN : xx

Autres : xx

ACCIDENT

PRÉCISER…
LE LIEU DE L’ACCIDENT : xx

Adresse de l’entreprise : xx

Tél. de l’entreprise : xx

LE NOMBRE DE BLESSÉS : xx

LE TYPE DE BLESSURE(S) : xx

INCENDIE

SI L’ON VOUS SIGNALE UN DÉBUT D’INCENDIE

1. APPELEZ LES POMPIERS

DITES : FEU Ets xx

ADRESSE : xx

TÉL : xx

2. PRÉVENEZ LA DIRECTION ET LE PERSONNEL

3. FAITES ÉVACUER SI ON VOUS EN DONNE L’ORDRE

CONSEILS

NE RACCROCHEZ JAMAIS LE PREMIER

ENVOYEZ UNE PERSONNE AU-DEVANT DES SECOURS

FAITES DÉGAGER LES ACCÈS

GUIDE SECURITE SANTE ET HYGIENE AU TRAVAIL 71


Document n° 3

Consignes dans l’entreprise en cas d’incendie

ALARME

TOUTE PERSONNE APERCEVANT UN DÉBUT D’INCENDIE DOIT :

1. PRÉVENIR LE STANDARD en précisant le lieu exact du début d’incendie

2. ATTAQUER LE FEU avec un extincteur adapté

3. ÉVACUER si on lui en donne l’ordre ou si sa sécurité est menacée

ALERTE

DONNÉE PAR LE STANDARD QUI :

1. APPELLE LES POMPIERS. TÉL. : 18 (en précisant le nom et l’adresse de l’entreprise)

2. PRÉVIENT LA DIRECTION ET LE PERSONNEL

CONSIGNES TOUT PERSONNEL

LES MEMBRES DE L’ÉQUIPE INCENDIE SUIVENT LES CONSIGNES PARTICULIÈRES QUI LEUR ONT
ÉTÉ REMISES

GUIDE SECURITE SANTE ET HYGIENE AU TRAVAIL 72


Document n° 4

Permis de feu
Demandeur : ...................................................... Signature : ........................................
(Chef d’entreprise ou son représentant)

Exécutant : ......................................................... Signature : ........................................


(Responsable de l’intervention)

Entreprise exécutante : ..................................... Date : ................................................

TRAVAIL À EXÉCUTER

Références de l’ordre de travail : ...................................................................................

Date de début des travaux : ...........................................................................................

Durée d’exécution des travaux : .....................................................................................

Désignation des travaux : découpage À soudure électrique À

autres travaux À soudure au chalumeau À

CONDITIONS D’EXÉCUTION

Par qui ? ......................................................................... Date : .....................................

Délimitation de la zone de danger : ..............................................................................

Retrait des produits inflammables : ..............................................................................

Protection des éléments combustibles fixes : ...............................................................

Mise en place de moyens de lutte appropriés : ...........................................................

Risques particuliers Précautions à prendre

ALERTE EN CAS D’INCENDIE OU D’ACCIDENT

Emplacement des moyens d’alerte : ..............................................................................

Au téléphone, appeler le numéro : ...............................................................................

Préciser : - le lieu
- la nature du sinistre ou de l’accident

Dans tous les cas : - ne raccrochez pas le premier


- prévoyez des personnes pour diriger les secours

GUIDE SECURITE SANTE ET HYGIENE AU TRAVAIL 73


Document n° 5

Modèle de déclaration de conformité

Certificat de conformité relatif aux équipements de travail


et moyens de protection d’occasion

Le responsable de la vente, location, cession, mise à disposition (1) soussigné (2) :

----------------------------------------------------------------------------------------------------------------

déclare que l’équipement de travail (1), le moyen de protection (1) d’occasion désigné
ci-après (3) :

----------------------------------------------------------------------------------------------------------------

est conforme aux dispositions techniques précisées ci-après qui lui sont applicables
(4) :
----------------------------------------------------------------------------------------------------------------

----------------------------------------------------------------------------------------------------------------

----------------------------------------------------------------------------------------------------------------

----------------------------------------------------------------------------------------------------------------

----------------------------------------------------------------------------------------------------------------

----------------------------------------------------------------------------------------------------------------

Fait à ------------------------------------------- le-------------------------------------------------------

Signature (5)
(1) Rayer la mention inutile.

(2) Nom ou raison sociale, adresse complète.

(3) Appellation exacte de l’équipement ou du moyen de protection.

(4) Références précises de la réglementation appliquée. Lorsqu’il s’agit d’une réglementation d’un
État
membre de la Communauté économique européenne considérée comme satisfaisant à l’obligation
définie au I de l’article L. 233-5 du Code du travail, indiquer la nature, le titre et la date du ou des
actes législatifs ou réglementaires applicables.

(5) Nom et fonction du signataire ayant reçu pouvoir pour engager le responsable de la déclaration.

GUIDE SECURITE SANTE ET HYGIENE AU TRAVAIL 74


Document n° 6

Tableau de vérification périodique obligatoire


3 6 12 18 2 3 5 10
mois mois mois mois ans ans ans ans

Appareils à pression de gaz


tous : visite × X
-fixe : vérification × X
-mobile : vérification et réépreuve × X
-fixe : vérification et réépreuve × X
Appareils à pression de vapeur
-tous : vérification × X
-mobile : réépreuve × X
-fixe : réépreuve × X
-avec couvercle amovible : vérification X
Ascenseurs et monte-charge × X
Câbles et chaînes ascenseurs et monte-charge × X
Installations électriques (selon les locaux) × × X X
Presses, massicots, compacteurs… × X
Centrifugeuses, machines de terrassement… X
Chariots automoteurs à conducteur porté × X
Chariots automoteurs à conducteur accompagnant X
Accessoires de levage × X
Ponts élévateurs X
Élévateurs de personnel motorisés X
Grues mobiles, engins de chantier X
Autres appareils X
Appareils de protection respiratoire autonomes X
Gilets de sauvetage X
Systèmes de protection contre les chutes X
Ventilation locaux à pollution non spécifique X
Ventilation locaux à pollution spécifique X
Système de recyclage locaux à pollution spécifique X
Mesure de bruit si > 85 dB(A) × X
Portes et portails automatiques X
Moyens et dispositifs de signalisation de sécurité X
Alimentation des dispositifs de signalisation X
Échafaudages BTP X
Échelles en bois hors BTP X
Sources scellées X
Générateurs de rayonnements ionisants > 10 ans X
Générateurs de rayonnements ionisants < 10 ans X
Appareils de bronzage UV1 et UV3 × X
Essais des matériels d’extinction et de secours × X
Signaux de sécurité lumineux et acoustiques X
Installations consommant de l’énergie thermique X
VMC gaz (selon organe à contrôler) X X

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Document n° 7

Plan de prévention

I. Renseignements relatifs à l’opération et aux entreprises

Nature de l’opération : .............................................................................................

Lieu de l’opération : ..................................................................................................

Date prévue de début et de fin des travaux : .........................................................

ENTREPRISE UTILISATRICE

Raison sociale :...........................................................................................................

Adresse : .....................................................................................................................

....................................................................................................................................

Tél. : ....................................................... Fax : .........................................................

Nom du coordonnateur : ..........................................................................................

ENTREPRISE EXTÉRIEURE

(si plusieurs EE participent à l’opération, cette partie est à reproduire)

Raison sociale :...........................................................................................................

Adresse : .....................................................................................................................

....................................................................................................................................

Tél. : ....................................................... Fax : .........................................................

Nom et qualification du responsable sur le site : ...................................................

Effectif sur le site : ....................................................................................................

Noms et références des sous-traitants qui interviennent sur le site : ...................

....................................................................................................................................

DÉSIGNATION DES TRAVAUX À EFFECTUER PAR L’EE (citée précédemment)

Commande n°............................. du . . . / . . . / . . .

Nature des travaux : ..................................................................................................

....................................................................................................................................

Lieu d’intervention (secteur, bâtiment) : .................................................................

Date prévue de début des travaux :.........................................................................

Date prévue de fin des travaux : ..............................................................................

GUIDE SECURITE SANTE ET HYGIENE AU TRAVAIL 76


II. Risques d’interférence et mesures de prévention

Risques d’interférence lors des Mesures de prévention


différentes phases de l’opération

Liste des postes relevant d’une surveillance médicale particulière : .............................

............................................................................................................................................

Organisation des premiers secours : ................................................................................

N° de téléphone intérieur : ..............................................................................................

N° de téléphone extérieur (y compris le code d’accès) : ................................................

Consignes à respecter sur le site de l’opération : ...........................................................

............................................................................................................................................

Modalités d’information des salariés :

Entreprise utilisatrice Entreprises extérieures

Date : Date :

Nom et signature : Nom et signature :

GUIDE SECURITE SANTE ET HYGIENE AU TRAVAIL 77


IX- GLOSSAIRE

Accident du travail

Accident survenu, par le fait ou à l’occasion du travail, à toute personne salariée ou


travaillant à quelque titre que ce soit pour un ou plusieurs chefs d’entreprise.

Danger

Le danger est la propriété, ou capacité intrinsèque d’un équipement, d’une


substance ou d’une méthode de travail, de causer un dommage pour la santé des
travailleurs. Par exemple, un gaz toxique dans un circuit clos représente un danger.

Évaluation des risques

Il s’agit de quantifier les risques de manière à déterminer leur importance. Cette


évaluation, consistant à dégager les risques principaux, est préalable à une
hiérarchisation des actions à mener, ce qui facilite ensuite la définition d’un plan
d’action.

Maladie professionnelle

Maladie résultant d’une exposition plus ou moins prolongée à des nuisances ou à un


risque existant lors de l’exercice habituel de la profession.

Prévention

Action qui concourt à diminuer la probabilité ou la gravité d’un événement non voulu.

Risque

Le risque est le résultat de l’exposition d’un ou plusieurs travailleurs à un danger


(par exemple, si le gaz toxique peut fuir du circuit et contaminer une zone où se
trouvent des travailleurs, il y a risque).

Sécurité

État de ce qui inspire confiance, absence de risque d’accident.

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Taux de fréquence (TF)

Nombre d’accidents de travail avec arrêt


TF = ------------------------------------------------------ x 1 000 000
Nombre d’heures travaillées

Taux de gravité (TG)

Nombre de jours perdus


TG = ---------------------------------------- x 1 000.
Nombre d’heures travaillées

Unité de travail

Elle doit être déterminée par le chef d’entreprise, en fonction du contexte particulier
de son entreprise. Il peut s’agir de l’établissement, mais aussi d’un atelier, d’une
activité, d’un parc de machines…

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