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BANQUE D’ALGERIE

MEMOIRE DE FIN D’ETUDES

En vue de l’obtention du :

DIPLOME SUPERIEUR DES ETUDES BANCAIRES

(DSEB)

THEME

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Présenté par : Encadré par :

M. Mohamed Rafik GUELLATI Mme. Sihem Fatima TABLOUL

Novembre 2006

8ème promotion
W°w|vtvxá

A l’âme de mon défunt père ;

A ma mère : ma vie ;

A mes sœurs : Zakia & Samia ;

A mes frères : Abdelmadjid & Djamel Eddine ;

A mes neveux : Sidali Ilyès & Sirine ;

A ma famille de l’ESB…

Mohamed Rafik
Remerciements

Nous tenons à exprimer nos vifs remerciements à notre promoteur :

Mme Sihem Fatima TABLOUL, pour sa disponibilité, ses conseils et ses

encouragements au cours de notre travail de recherche.

Nous remercions ainsi notre tuteur de stage au sein de

ARAB BANK PLC ALGERIA : M. Mounir FARADJI, pour sa disponibilité et sa

collaboration.
SOMMAIRE

INTRODUCTION................................................................................................................................. 1

CHAPITRE INTRODUCTIF..........................................................................................................3

Section 1 : Nomenclature des risques bancaires...................................................................................3


Section 2 : Le rôle de la réglementation.................................................................................................6
Section 3 : L’apport des modèles du risque de crédit........................................................................18

CHAPITRE PREMIER : LA NOTION DE RAROC .......................................................23

Section 1 : Présentation de Raroc ..........................................................................................................23


Section 2: Les paramètres comptables de Raroc ................................................................................28
Section 3 : Les paramètres liés au risque .............................................................................................37

CHAPITRE DEUXIEME : LE PROCESSUS RAROC.................................................43

Section 1: L’apport des Risk Adjusted Performance Measurement (RAPM)..............................43


Section 2 : Raroc outil d’aide à la décision .........................................................................................46
Section 3 : La mise en place de Raroc ..................................................................................................58
Section 4: Raroc - points forts et points faibles ..................................................................................62

CHAPITRE TROISIEME : ETUDE DE CAS .....................................................................68

Section 1 : Présentation de la structure d’accueil ...............................................................................68


Section 2 : Modélisation du risque de crédit .......................................................................................75
Section 3 : Estimation des coûts opérationnels...................................................................................86
Section 4 : Application de Raroc ...........................................................................................................92

CONCLUSION....................................................................................................................................97

BIBLIOGRAPHIE..............................................................................................................................99

TABLE DES ILLUSTRATIONS............................................................................................. 101

ANNEXES .......................................................................................................................................... 103


INTRODUCTION

INTRODUCTION

La banque opère dans un milieu entouré de risques qui, menacent sa stabilité. Le


nouvel accord de Bâle ou Bâle II énumère trois principaux risques bancaires : le risque de
crédit, le risque de marché et le risque opérationnel. Le plus cruel est évidemment le risque de
crédit ; selon une étude effectuée en 1998, la mauvaise gestion de ce risque est à l’origine de
70 % des pertes enregistrées par les banques.

Les banques ne pouvaient plus rester perplexes vis-à-vis de ce risque ; les premières
réactions on été exprimées par la biais de la réglementation : nous entendons bien Bâle I et
Bâle II. Cette dernière venait avec des propositions en terme de mesure et de gestion des
risques, y compris le risque de crédit. Mais, n’oublions pas que la réglementation quelle
qu’elle soit, revêt toujours un caractère rigide ; c’est bien les modèles de risque de crédit tels
que CreditRisk+ et CreditMetrics qui ont permis une mesure plus dynamique de ce risque.

Aujourd’hui, La gestion du risque de crédit a considérablement évolué, les banques


sont plus conscientes et elles ont admis qu’il ne s’agit pas d’un choix mais d’une nécessité. En
effet, les crises touchant des banques « vedettes » les dernières décennies comme la
Continental Illinois, les Banques Texanes et le Crédit Lyonnais, ont montré pour celles-ci que,
le risque de crédit est trop violent pour être géré de façon forfaitaire et statique.

La gestion du risque de crédit n’est pas une tâche simple ; la théorie financière ne
prévoit pas de réponse en termes d’évaluation et de gestion du risque de crédit. Il est de même
pour la pratique où nous affrontons plusieurs contraintes : l’existence d’une information
publique limitée, la renégociation onéreuse des crédits qui crée des problèmes d’agence et
d’asymétrie d’information avec les investisseurs, ce qui rend la levée des capitaux difficile.

En réponse à ces contraintes, plusieurs outils de gestion du risque de crédit ont été
innovés. Parmi eux un qui, intègre deux aspects nécessaires à la gestion de ce risque : le
risque et la rentabilité ; il s’agit bien de Raroc. Pour mieux connaître cet outil, son champ
d’application et voire même ses limites, nous nous sommes posés un ensemble
d’interrogations :

1
INTRODUCTION

- Quelles sont les circonstances qui ont permis l’élaboration et la réussite des modèles
quantitatifs de gestion du risque de crédit ?

- Comment peut on définir Raroc ?

- Quelles sont les conditions d’application d’un tel model ?

- Comment appliquer ce modèle ?

- Quels sont les points faibles de la méthode et comment y remédier ?

- Comment peut-on appliquer Raroc en Algérie ?

Autant de questions auxquelles nous essayerons d’apporter des éléments de réponse au


cours de notre présent travail.

Notre travail a été structuré en quatre chapitres dont un chapitre introductif qui, permet
de présenter des notions essentielles à la gestion du risque de crédit à savoir ; les principaux
risques bancaires, l’apport de la réglementation et des modèles de risque de crédit. Dans le
premier chapitre nous aborderons Raroc en tant que concept, nous présenterons l’outil tout en
détaillant ses paramètres. Puis, nous essayerons dans le deuxième chapitre de traiter le
processus Raroc et l’utilisation de cet outil à son évaluation. Enfin le troisième chapitre est
une étude de cas ; il s’agit bien de l’application de Raroc sur un échantillon issu du
portefeuille de crédit de ARAB BANK PLC ALGERIA, ce chapitre fixera les idées
annoncées aux chapitres précédents et aidera à mieux assimiler Raroc.

2
CHAPITRE INTRODUCTIF
CHAPITRE INTRODUCTIF

Pour pouvoir cerner le concept de la gestion du risque de crédit, il nous est incontournable de
connaître les différents risques qui peuvent être encourus par la banque. De même, il est nécessaire de
passer en revue l’évolution de la réglementation nationale et internationale, quant à l’identification et
les propositions de mesure et de gestion de ces risques.
Il ne faut pas omettre aussi que l’apport des modèles du risque de crédit n’est pas du tout négligeable,
ces modèles ont transformé le concept de défaut ; d’une approche qualitative et subjective à une
évaluation quantitative et probabiliste.

Pour cela, ce chapitre introductif, va être scindé en trois sections :

Section 1 : Nomenclature des risques bancaires ;


Section 2 : Le rôle de la réglementation ;
Section 3 : L’apport des modèles de risque de crédit.

Section1 : Nomenclature des risques bancaires

Pour introduire cette section, nous avons jugé utile de proposer une définition du risque :
Le risque est :
 Un danger plus au moins prévisible ;
 La possibilité fâcheuse que quelque chose se produise1.
Ces définitions bien que simplistes, révèlent deux notions fondamentales du risque :
Le danger : il se traduit par les pertes qui peuvent être enregistrées par la banque.
L’incertitude : elle se traduit par la probabilité de la survenance des évènements défavorables vis-à-vis
de la banque.

Nous défilerons dans cette section les principaux risques qui peuvent être encourus par la banque,
nous allons les présenter selon la nomenclature proposée par le nouvel accord de Bâle ou Bâle II,
à savoir :

- le risque de crédit ;
- le risque de marché ;
- le risque opérationnel.

1
Adapté de : Dicos, Collection Encarta 2005, Microsoft.

3
CHAPITRE INTRODUCTIF

1. Le risque de crédit

Le risque de crédit existe depuis 3800 ans ; au temps de Hammourabi, roi de Babylone ; le 48ème
paragraphe de son code de lois disposait qu’en cas de récolte désastreuse, les débiteurs étaient
autorisés de ne pas payer des intérêts pendant un an.
Pour définir ce risque1 , Il est intéressant de le décomposer en ses éléments qui le constituent,
notamment :

- Le risque de défaut : c’est la possibilité qu’un emprunteur n’honore pas ses obligations
contractuelles et par conséquent le prêteur enregistre une perte.
- Le risque de changement de rating : Il s’agit bien du risque de changement de notation
de l’emprunteur ou du crédit, responsable d’une perte de la valeur du crédit.
- Le risque d’une dégradation de la marge (spread) : et cela par rapport à un taux sans
risque.

Ce Risque existe à travers toutes les activités de la banque, notamment:

- Prêts: la source la plus importante et évidente.


2
- Existe au bilan et au hors bilan : change à terme, options, swaps, FRA .

Coté distribution de perte, il est intéressant de le comparer avec le risque de marché :


Risque de crédit risque de marché

Distribution asymétrique avec un minimum de 0 et un Distribution symétrique : la chance de gain est aussi importante
maximum très élevé. que le risque de perte.
Pertes faibles en cas de changement du rating mais Ces caractéristiques favorisent que les risques de marché soient
substantielles en cas de défaut. représentés par une loi normale :
Les gains (essentiellement les intérêts) sont un rendement proche de la moyenne a une grande
relativement faibles et limités mais ont une forte probabilité d’être atteint.
probabilité de se réaliser. Ce qui produit la « fameuse »
longue et épaisse queue.

1
A. SARDI & H. JACOB, Management des risques bancaires, Ed. AFGES, Paris, 2001, p.183.
2
Forward Rate Agreement.

4
CHAPITRE INTRODUCTIF

En plus :
Les risques de marché sont:
 Souvent fortement corrélés ;
 Plus faciles à couvrir ;
 Peu diversifiables.

Alors que les risques de crédit sont:


 Moins corrélés ;
 Réductibles par diversification ;
 Les techniques de couvertures en développement.

Il ne faut pas omettre que le principal risque pour une banque est bien le risque de crédit. Cela veut dire
que ce qui met en faillite le plus souvent une banque est bien :

 La défaillance du système de sélection ;


 La mauvaise gestion des risques de crédit.

Ce ci peut être confirmé par le schéma suivant :

Graphique 1.1. : Importance des Risques par rapport à l’origine des pertes.

20%
risque de crédit
70% 10% risque opérationnel

risque de marché

Source: Operational Risk and Financial Institutions, Arthur Andersen Risk Books, 1998.

2. Le risque de marché

C’est le risque de perte qu’une position de marché (actions, obligations, matières premières et taux
de change) peut entraîner en cas d’évolution défavorable des paramètres de marché.
Ces principaux paramètres sont :

 Les taux d’intérêt et cours des obligations ;


 Le cours des actions et des produits de base ;
 Les taux de change et les prix des différents produits dérivés.

5
CHAPITRE INTRODUCTIF

3. Le risque opérationnel

1
Il peut être défini comme le risque de perte directe résultant des carences ou défaillances au niveau
des procédures internes, du personnel, des systèmes ou d’événements extérieurs. De façon restrictive, il
s’agit bien des risques juridiques à l’exclusion des risques stratégiques, d’atteinte à la réputation.

Les dégâts dus à ce risque ne sont pas du tout négligeables ! Voici des exemples :

2001 : HSBC : fraude sur un fonds pour lequel Republic Bank of New York avait été conservateur,
nécessitant un règlement de 575 millions USD par HSBC (nouveau propriétaire de RBNY) ;
2001 : UBS Warburg : erreurs de transactions sur le portefeuille bancaire japonais entraînant des
pertes estimées à 50 millions USD ;
2002 : Allied Irish Bank : pertes de 700 millions USD ; fraude interne.

Après avoir exposé les principaux risques bancaires ; en montrant l’impact de ceux-ci sur l’activité
bancaire, il y a lieu de mettre en valeur les efforts de la réglementation quant à la mesure et les
propositions de gestion de ces risques. C’est l’objet de la prochaine section.

Section 2 : Le rôle de la réglementation

Dans les années 1980, les systèmes bancaire et financier internationaux étaient ébranlés : le krach
boursier de 1987, la faillite de plusieurs banques « vedettes » ; plusieurs facteurs ont participé :
- une forte augmentation des faillites d’entreprises après les deux chocs pétroliers ;
- la forte baisse de la valeur des actifs des sociétés comme réponse à la hausse des taux d’intérêt
nominaux et réels ;
- l’accroissement des risques pays et la crise de la dette des pays en voie de développement.
Ces menaces ont conduit les autorités compétentes (notamment le comité de Bâle) à édicter des
normes pour fixer un minimum de fonds propres.

Dans un premier temps, la réglementation s’est seulement intéressée au risque de crédit. Même
concernant ce risque, il n’y avait pas de propositions pour sa gestion au sens propre du terme, c’était
plutôt un encadrement du processus de transformation2. Deux ratios sont donc proposés :

- Le ratio de fonds propres et des ressources permanentes.


- Le ratio de liquidité ;

1
Nouvel accord de Bâle sur les fonds propres (avril 2003), p.108 - 117.
2
Le risque de transformation consiste qu’une banque finance ces emplois à moyen et long terme par des ressources à court
terme comme les dépôts à vue.

6
CHAPITRE INTRODUCTIF

1. Le ratio de fonds propres et des ressources permanentes

Ce ratio à pour objectif de freiner l’accroissement du taux de transformation. Il contrôle le risque


d’accroissement du financement des emplois à moyen et long terme par des ressources à court terme.
La formule qui permet le calcul du ratio est la suivante :

Fonds propres + ressources permanentes


≥ 60%
Actifs immobilisés + emplois > 5 ans

2. Le ratio de liquidité

Ce ratio vise la mesure et le contrôle du risque d’illiquidité1. Parmi les objectifs secondaires du
ratio est la limitation d’utiliser des ressources à très court terme pour financer des emplois à court,
moyen et long terme. Le ratio contribue aussi de manière indirecte à la sécurité des déposants.
Ce ratio ce calcule ainsi :

Actifs liquides (durée résiduelle < 1 mois) + net prêteur des opérations de trésorerie et interbanca ires
≥ 100%
Passifs exigibles à très court terme ( < 1mois) + net emprunteur des opérations de trésorerie et interbanca ires

3. Bâle I (1988) et le ratio Cooke

Le comité de Bâle, qui est un organisme de réflexion et de proposition sur la supervision


bancaire a été créé en 1974, il se situe à la Banque des Règlements Internationaux (Bank for
International Settlement - BIS). Cependant, il ne dépend pas juridiquement de la BIS, mais du
G-10: Allemagne, Belgique, Canada, Etats-Unis, France, Pays-Bas, Japon,
Luxembourg, Suède et Suisse. La création du comité vient suite au dysfonctionnement grave
enregistré sur le marché monétaire international, c’était bien le cas de Continental Illinois2 en
1984 et les banques texanes3 en 1985.
En première phase, les accords ont fixé des exigences minimales en fonds propres pour le risque de
crédit seulement. « L’œuvre » de Bâle I est évidemment le ratio Cooke ou le ratio de
solvabilité, il définit l’exigence minimale en fonds propres en fonction d’actifs exposés au risque de
crédit, ces derniers sont pondérés de façon forfaitaire :

fonds propres règlementaires


Ratio Cooke = > 8%
( actifs et hors bilan ) pondérés de 0 à 100%

1
C’est le risque qu’une banque ne puisse faire face, pendant un certain délai, à une brusque interruption de tout ou partie
de ses ressources.
2
La continental Illinois était la 8ème banque des Etats-Unis, elle était renflouée par les fonds publics.
3
La faillite des banques texanes avait pour origine, l’effondrement des prix du pétrole entre 1981 et 1982.

7
CHAPITRE INTRODUCTIF

Tableau 1.1. Pondération des actifs du ratio Cooke.


Actif pondération
Créances sur les Etats membres de l’OCDE 0%
Créances sur banques et collectivités d’Etats membres de l’OCDE 20 %
Créances à garantie hypothécaire 50 %
Autres créances 100 %
Source : T.RONCALLI, La gestion des risques financiers, Ed. Economica, 2004, p.23.

Les accords ont eu le mérite de :


– Accroissement significatif des ratios de Fonds Propres des banques depuis 1988
(exemple x 2 en France) ;
– Structure relativement simple ;
– Adoption généralisée (plus de 100 pays) ;
– Un “étalon de mesure”et une base d’évaluation pour les contreparties sur le marché.

Cependant, il y avait d’énormes problèmes :

– Une classification sommaire des actifs ;


– L’allocation forfaitaire est une notion réduite ;
– Ratio centré exclusivement sur le risque de crédit ;
– Distorsion croissante par rapport aux techniques de gestion avancées (fonds propres
économiques, Raroc…etc.) ;
– Fixer une borne inférieure du ratio à 8% est sans fondement économique (un an avant, les
meilleures banques affichaient en moyenne un ratio de 7,5%) ;

Le risque de marché est ajouté par le Capital Market Accord et cela en 1996 ; le comité a incité les
banques à développer des méthodes d’évaluation du risque de marché (la Value at Risk par
exemple). L’allocation forfaitaire commence à fondre pour laisser place à la prise en compte d’un
risque spécifique, de son évaluation et l’adaptation d’un niveau de fonds propres pour le couvrir.

4. Bâle II et le ratio MC Donough

Le nouvel accord porte essentiellement sur l’adéquation entre fonds propres et risques. La
banque doit donc avoir des fonds propres adaptés aux risques qu’elle prend.
Dans cet accord, les trois principaux risques sont pris en charge, un nouveau ratio de solvabilité
apparaît : le ratio MC Donough ou « New Basel Capital Accord »:

Fonds propres règlementa ires


≥ 8%
(Risque de marché x 12,5%) + (Risque opérationn el x 12,5%) + (Encours des risques de crédit pondérés)

Les nouvelles dispositions de Bâle II sont résumées au schéma suivant :

8
CHAPITRE INTRODUCTIF

Nous allons expliquer brièvement ces dispositions, commençons par le sommet de l’organigramme :
Les trois piliers de base de Bâle II sont :

4.1. PILER I - Niveau minimum en fonds propres :

Il consiste à définir les fonds propres règlementaires, et la pondération des actifs vis avis du risque et
les ratios minimaux de fonds propres par rapport aux actifs pondérés en fonction du risque.

9
CHAPITRE INTRODUCTIF

4.1.1. Définition des fonds propres :

Les fonds propres sont ventilés comme suit :

 Les fonds propres de base ou « noyau dur » (Tier I) : ils sont composés par les capitaux
propres et fonds pour risques bancaires généraux.

 Les fonds propres complémentaires (Tier II) : ils se composent de quatre catégories de
ressources :
- Les réserves de réévaluation ;
- Les fonds librement utilisables par la banque pour couvrir des risques ;
- Les fonds provenant de l’émission de titres remboursables à la seule initiative de l’émetteur ;
- Les fonds provenant de l’émission de titres d’une durée au moins égale à 05 ans et ne
comportant pas de clauses de remboursement anticipé.

Nous retenons les contraintes suivantes :

- Tier II < Tier I ;


- Tier II (4ème composante) < 50% Tier I ;
Tier I
- 1
≥ 4% ;1
EPC
Tier I + Tier II
- > 8% (ratio Cooke).
EPC

 Les fonds propres surcomplémentaires (Tier III) : ils sont composés de trois catégories
de fonds :

- les bénéfices intermédiaires tirés du portefeuille de négociation ;


- les emprunts subordonnés d’une durée d’au moins 02 ans, et dont ni le paiement des intérêts ni
le remboursement ne peuvent contrevenir au respect de l’exigence globale en fonds propres ;
- la part des ressources subordonnées non retenues au titre des fonds propres complémentaires.

Il faut noter comme même que les fonds propres surcomplémentaires ne couvrent que les risques
de marché.

4.1.2. Mesure des risques :

Nous présenterons maintenant les propositions de Bâle II quant à la mesure des:

risque de crédit ;
risque de marché ;
risque opérationnel.

1
Encours pondérés de crédit.

10
CHAPITRE INTRODUCTIF

4.1.2.1. Le risque de crédit :

Deux approches sont proposées : l’approche standard et l’approche notation interne.

4.1.2.1.1. Approche Standard (Standardized Approach) :

Cette méthode vise à mieux aligner les fonds propres prudentiels, les fonds propres économiques et les
composantes du risque :

- En introduisant une plus grande différentiation des pondérations et des techniques de réduction
du risque de crédit.
- Equilibre entre simplicité et précision (penche vers le premier accord).
- Calculer les fonds propres prudentiels de façon à mieux refléter les pratiques actuelles des
banques.

Et ne perdons pas de vue que Standardised Approach la plus simple des approches, a plusieurs
composantes:
 Systèmes de pondérations pour engagements par type ;
 Techniques de réduction du risque de crédit et titrisation.

- Elle sera utilisée par un grand nombre de banques, à court terme au moins.
- Elle comporte aussi une version “simplifiée” (sans options).

Les nouveautés :

Les actifs sont toujours répartis dans catégories prédéterminées, mais celles-ci sont plus
nombreuses et plus sensibles au risque pour les raisons sous mentionnées:

 Recours aux notations externes ;


 Disparition de la distinction: membres OCDE et autres ;
 Introduction d’une pondération à 150% ;
 Introduction d’une pondération à 75% pour les particuliers ;
De plus nous signalons :
- Une pondération à 0% pour certaines banques multilatérales de développement ;
- Les pondérations sont plus faibles pour l’immobilier résidentiel ;
- Le facteur de conversion en crédit (CCF) de 20% pour les ouvertures de lignes de crédit à
court terme (50% pour les autres) ;
- Pour les banques, deux options sont offertes :

 Based on Assessment of Sovereign: cette option consiste à accorder à toutes les banques
ayant leur siège dans un pays donné une pondération supérieure d’un cran à celle des
créances sur l’État de ce pays. La pondération sera cependant limitée à 100 % vis-à-vis des

11
CHAPITRE INTRODUCTIF

banques situées dans des pays assortis d’une notation BB+ à B- et des banques sises dans
des pays non notés.
 Based on Assessment of Entity: La seconde option fonde la pondération sur l’évaluation
de crédit externe de la banque elle même et applique 50 % vis-à-vis des banques non
notées. Au titre de cette option, un coefficient préférentiel inférieur d’un cran peut être
attribué aux créances ayant une échéance initiale inférieure ou égale à trois mois, assorti
d’un plancher de 20 %. Ce traitement vaut pour les banques notées et non notées mais non
pour celles qui sont affectées d’un coefficient de 150 %.

Mais le choix de ces options obéit aux conditions suivantes:


 Le choix discrétionnaire soit élaboré sur base nationale.
 La même option doit s’appliquer à toutes les banques domestiques.
 Application du plafond souverain pour banques non notés

Cette approche peut être résumée dans le tableau suivant :


Tableau 1.2. Approche standard – risque de crédit.
Pondérations
AAA
AA- A+
 BBB+
 BB+ B- En dessous Non noté
Contrepartie
A- BBB- B-
Souverains 0% 20% 50% 100% 150% 100%
(par les agences externes de
notation)
Option 1 20% 50% 100% 100% 150% 100%
Banques 20% 50% 50% 100% 150% 50%
Option 2
*20% *20% *20% *50% *150% *20%
BB+B En dessous Non noté
Entreprises B- BB-
20% 50% 100% 100% 150% 100%
Prêts
35%
hypothécaires
Particuliers
Autres prêts aux
75%
particuliers
* pour les créances à maturité <3mois.
Source: Nouvel accord de Bâle sur les fonds propres (avril 2003), p.7-12.

4.1.2.1.2. Approche notation interne (Internal Rating Based - IRB) :

Nous devons d’abord définir la notation et le système de notation internes :

Notation interne : il s’agit d’un indicateur statistique du risque de perte sur un crédit en raison de la
probabilité de défaillance du débiteur.
Cet indicateur est évalué :
 Explicitement : à travers une évaluation des pertes moyennes.
 Implicitement : à travers les opinions d’experts sur la qualité du crédit.

12
CHAPITRE INTRODUCTIF

Système de notation interne : comprend tous les procédés, procédures et systèmes d’information qui
supportent l’affectation d’une note interne aux engagements.

Le cadre de l’IRB dans Bâle II peut s’illustrer à travers les points suivants :

- Principale innovation de Bâle II: les charges en fonds propres sont différenciées en fonction du
risque, sur la base des mesures propre aux établissements crédit ;
- Le risque est évalué par la banque à partir de ses composantes essentielles ;
- Méthode soumises à validation / approbation par les autorités de contrôle ;
- Un processus évolutif : approche standardisée, Foundation IRB, Advanced IRB ; et à terme, la
modélisation intégrale du risque de crédit ;
- Introduire un système fondé sur notations internes des banques pour:
 Rapprocher fonds propres réglementaires des fonds propres économiques.
 Ce que font certains établissements de crédit pour maximiser leurs profits.

Les principes de l’IRB :


- Composantes des risques:
 Probabilité de défaillance (Probability of default) ;
 pertes en cas de défaillance (Loss-given-default) ;
 exposition en cas de défaillance (Exposure-at-default) ;
 Échéance (Maturity) ;
 Corrélation entre actifs ;
 Volatilité des pertes attendues, importance du risque, …etc.
- Une fonction: Risk Weighted Assets = EAD x ƒ (PD, LGD, M)1 et 2 niveaux d’IRB :
 Foundation IRB: estimation interne des pertes en cas de défaillance (horizon : 1
an).Parfois, ajustement de la durée; les autres paramètres sont fixés par autorités ;
 Advanced IRB: la plupart des composantes sont estimées en interne (par la banque);
- Traitement spécifique pour chaque portefeuille par rapport au type de risques.

4.1.2.2. Le risque de marché :


L’accord propose comme outils de gestion de ce risque : l’approche standard et l’approche
modèles internes :

4.1.2.2.1. L’Approche Standard :

Elle consiste à calculer l’exigence en fonds propres pour chaque risque constituant le risque de
marché, et pour avoir l’exigence totale il suffit de sommer. Pour plus dexplication, voici le tableau
suivant :

1
J. SVORONOS, Approche notations internes, Financial Stability Institute, 2003, p.6.

13
CHAPITRE INTRODUCTIF

Tableau 1.3. Approche standard – risque de marché.


Catégorie de risque Périmètre de calcul
Risque de taux (risque général et risque spécifique) Portefeuille de négociation
Risque sur les titres de propriété (risque général et risque
Portefeuille de négociation
spécifique)
Ensemble des opérations qu’elle appartiennent au
Risque de change
portefeuille de négociation ou non
Ensemble des opérations qu’elle appartiennent au
Risque sur matières premières
portefeuille de négociation ou non
Options associées à chacune des catégories des risques
Risques optionnels
précédentes
Source : T.RONCALLI, La gestion des risques financiers, Ed. Economica, 2004, p.35 - 36.

4.1.2.2.2. Approche Modèles Internes :

Le modèle le plus reconnu dans ce domaine est celui de Value-at-risk (VaR) ; que voici un bref
aperçu : en juillet 1993, le Groupe des 30 (constitué de représentants de l’industrie financière et des
autorités de surveillance) recommandait de quantifier les risques par une mesure uniforme appelée
Value-at-Risk (VaR). La VaR représente la perte maximale en terme de valeur actuelle due aux
fluctuations des prix de marché en devise de consolidation au bout d’une période spécifiée et pour une
probabilité spécifiée.

4.1.2.3. Le risque opérationnel :

Trois approches sont proposées pour la mesure de ce risque : l’approche indicateur de base,
l’approche standard et l’approche mesures avancées.

4.1.2.3.1. Approche « indicateur de base » :

Elle se résume dans les points suivants :


 L’exigence de fonds propres est fondée sur un indicateur unique multiplié par un
pourcentage fixe (α) :
Exigence de fonds propres = α x indicateur
 L’indicateur proposé : produit brut, moyenne annuelle des trois années précédentes ;
 Aucun critère spécifique : incitation à suivre le document des saines pratiques ;
 Cette approche n’est pas généralement applicable aux banques à dimension
internationale.

4.1.2.3.2. Approche Standard :

Les caractéristiques de cette approche sont illustrées ci-après :


 Les activités bancaires sont divisées en huit catégories ;
 l’exigence de fonds propres, pour chacune, est calculée en multipliant un indicateur par
un facteur (β) ;

14
CHAPITRE INTRODUCTIF

 Indicateur : produit brut ;


 β: à fixer par le comité de Bâle ;
 l’exigence totale de fonds propres : somme arithmétique des exigences de fonds propres
pour chaque catégorie ;

Les critères à satisfaire :


 Conformité au document des saines pratiques ;
 Utiliser des systèmes de notification appropriés pour production des données ;
 Recensement des données sur le risque opérationnel par catégorie d’activité ;
 Élaboration de critères pour l’intégration des activités et catégories d’activités dans le
dispositif standardisé.

4.1.2.3.3. Approche Mesures Avancées (AMA) :

Selon cette approche :


 Les banques peuvent recourir à leurs évaluations internes pour calculer leurs fonds
propres, avec l’approbation de leur autorité de contrôle ;
 L’approbation requiert le respect de critères qualitatifs et quantitatifs fixés par le Comité
de Bâle ainsi que de critères additionnels imposés par les autorités nationales.

4.2. Pilier II – processus de surveillance individualisé1 :

L’objectif recherché derrière ce pilier consiste à s’assurer que chaque banque a des systèmes
internes efficaces, et cela pour évaluer l’adéquation des fonds propres par rapport aux risques à partir
d’une analyse exhaustive. Les superviseurs évalueront la qualité des systèmes et procédures internes
et l’adéquation des fonds propres. Mais rappelons que les exigences accrues en fonds propres ne sont
pas toujours la meilleure réponse à un accroissement des risques.
La surveillance consiste donc à conduire une intervention prudentielle rapide si les fonds propres
d’une banque deviennent insuffisants.

Notons que les principes clefs de la surveillance prudentielle sont:


- La banque doit effectuer sa propre évaluation des besoins en fonds propres.
- Le superviseur n’intervient qu’en second lieu, pour l’évaluer.
- Le niveau de fonds propres doit excéder le niveau réglementaire minimum à tous moments.
- L’intervention “préventive”des superviseurs.

4.3. PILIER III – Discipline de marché :

Ce pilier est assis sur deux axes :

1
Nouvel accord de Bâle sur les fonds propres (avril 2003), p.124 - 138.

15
CHAPITRE INTRODUCTIF

4.3.1. Renforcement de la solidité et la sécurité du système bancaire :


Cela se traduit par la forte incitation des banques à maintenir les fonds propres élevés. Ainsi le fait de
fournir une information de qualité permet de prendre des décisions “éclairées”des contreparties et par
conséquent avoir une plus grande efficience des marchés.

4.3.2. Les exigences de communication financière :


Le document de Janvier 2001 a été considérablement modifié suite à la consultation : la quantité
d’informations à publier est réduite de 75%, mais pour ce qui a été maintenu, les exigences sont plus
strictes. Notons par exemple, pour les grandes banques, l’exigence d’une publication trimestrielle du
montant et de la composition des ratios de fonds propres.

5. La situation en Algérie

En Algérie, la référence de la réglementation bancaire est bien la loi 90-10 du 14 avril 1990
(modifiée et complétée par l’ordonnance 03-11 du 26 août 2003) relative à la monnaie et au crédit.
Cette loi est suivie d’une série d’instructions, règlements et notes édictés par le Conseil de la Monnaie
et du Crédit qui est l’autorité monétaire. Le tableau ci-après illustre ces principaux textes
règlementaires :

Tableau 1.4. Principaux textes règlementaires régissant l’activité bancaire en Algérie.


Règlement Ordonnance note Thème
Capital minimum des banques et
90-01du 4 juillet 1990 établissements financiers exerçant en
Algérie
91-09 du 14 août 1991 Les règles prudentielles de gestion des
banques et établissements financiers
92-01 du 22 mars 1992 Organisation et fonctionnement de la
centrale des risques
93-03 du 4 juillet 1993 modifiant Capital minimum des banques et
et complétant le règlement n°90- établissements financiers exerçant en
01 du 4 juillet 1990 Algérie
95-04 du 20 avril 1995 modifiant
Les règles prudentielles de gestion des
et complétant le règlement n°91-
banques et établissements financiers
09 du 14 août 1991
Organisation et fonctionnement
96-07 du 03 juillet 1996
de la centrale de bilans
Le contrôle interne des banques et
02-03 du 14 novembre 2002
établissements financiers
Conditions des réserves minimales
04-02 du 04 mars 2004
obligatoires
34-91 du 14 novembre Règles prudentielles de gestion des
1991 banques et établissements financiers
74-94 du 29 novembre Règles prudentielles de gestion des
1994 banques et établissements financiers
01-96 du 10 avril
La consultation de la centrale des risques
1996
Modèles de déclaration par les banques et
04-99 du 12 août 1999 établissement financiers des ratios de
couverture et de division des risques
Délais de déclaration par les banques et
09-02 du 26
établissements financiers de leur ratio de
décembre2002
solvabilité

16
CHAPITRE INTRODUCTIF

Les principaux points traités par cette législation sont :


- Le capital minimum des banques et établissements financiers : il est de deux milliards cinq
cents millions de dinars (2 500 000 000 DZD) pour les banques et cinq cent millions de dinars
(500 000 000 DZD) pour les établissements financiers.
- Réserves obligatoires : les banques sont tenues de placer, auprès de la Banque d’Algérie, en
un compte bloqué, avec ou sans intérêts, une réserve calculée sur la base de l’ensemble de
leurs dépôts ou une seule catégorie de ceux-ci, ou sur l’ensemble de leurs placements ou une
seule catégorie de ceux-ci.
fonds propres nets 1
- Le ratio Cooke ou de solvabilité : > 8%
∑ risques de crédit encourus
- Le ratio de division de risques 2:
 Par client : les risques encourus sur un même client ne doivent pas excéder 25% des
fonds propres de la banque.
 Par groupe de clients : la somme des risques encourus sur des bénéficiaires dont les
risques excèdent 15% des fonds propres nets, ne doivent pas excéder 10 fois les fonds
propres nets.
- Centrale des bilans : elle a pour but de traiter, d’analyser et d’agréger les documents
comptables (bilans, TCR, annexes), pour dégager un maximum d’informations utiles à la
constitution d’une base pour les études économiques et financières. La centrale s’intéresse
aussi à la normalisation des retraitements des documents comptables.
- Centrale des risques : elle a pour but de collecter, centraliser et diffuser les informations
relatives aux risques bancaires et aux opérations de crédit-bail faisant intervenir un organisme
de crédit. Ces organismes doivent déclarer à la Banque d’Algérie les concours octroyés à leurs
clients.

Constat :
La réglementation algérienne est au stade de Bâle I : les risques bancaires sont encore en phase
d’identification (règlement 02-03). Pour pouvoir parler de mesure et de gestion de ces risques, nous
devons introduire graduellement les dispositions de Bâle II et encourager l’élaboration des modèles
internes. Le comité de Bâle a proposé pour les banques des pays qui ne font pas partie du G-10
(notamment l’Algérie) et qui veulent implémenter les dispositions de Bâle II, de tenir compte des
éléments de contexte locaux.
Pour cela le comité recommande une stratégie de transition par phase :
Phase 1 : Le renforcement de la supervision ;
Phase 2 : L’introduction ou la mise à niveau pour les 3 piliers de Bâle II :
- Au niveau national, la production d'un cadre visant à :
 Améliorer la gestion des risques des banques ainsi que le processus de supervision ;

1
Règlement 91 – 09 du 14 août 1991, art.02 & instruction 74 – 94 du 29 novembre 1994, art.03.
2
IDEM, art.02, points a et b.

17
CHAPITRE INTRODUCTIF

 Produire des bénéfices rapides s'inscrivant dans un développement continu.


- Bâle II doit être vu comme un référentiel des bonnes pratiques à partir duquel :
 Chaque banque peut décider l'implémentation d'une ou de plusieurs composantes ;
 Le superviseur décide de ce qui peut être appliqué au système domestique.
Phase 3 : Gestion de la transition de Bâle I à Bâle II :
Bâle II a été conçu pour les banques des pays du G-10, et vouloir, l’implémenter complètement dans
le contexte algérien serait contre-productif. Les exigences de la réforme du ratio de solvabilité
international ne doivent être vues comme un « punition réglementaire » mais plutôt comme une
opportunité de converger vers les meilleures pratiques internationales.
Au niveau des banques algériennes, la manière d’aborder Bâle II doit donc être adaptée:
 Au lieu de mettre en oeuvre l’ensemble des exigences aux fins de conformité, il faut
adopter une démarche incrémentale (mise en place graduelle des différentes composantes
de la réforme).
 Encourager le développement de la gestion du risque de crédit.

La réglementation a contribué énormément à la limitation des dégâts des risques bancaires, mais elle
reste toujours rigide. Pour cela des recherches ont été lancées pour concevoir des modèles internes et
comme notre sujet gravite autour du risque de crédit, on va aborder les modèles du risque de crédit.

Section 3 : L’apport des modèles du risque de crédit

Du moment qu’on s’intéressera à la gestion du risque de crédit, il est nécessaire de connaître


les principes de base de ces modèles ainsi que les produits de référence proposés à ce sujet. Rappelons
que la modélisation du risque de crédit a été impulsée par les marchés financiers et les autorités de
contrôle. L’objet majeur de ces modèles est de définir les pertes attendues et inattendues sur un
portefeuille de crédit et de générer une distribution de perte. Nous exposerons dans cette section les
principaux modèles de risque de crédit : les modèles de défaut (Default Models) et les modèles
Marked-to-Market (MTM).

1. Objet des modèles

Les banques savent qu’une fraction des crédits ne va pas être remboursée, elles connaissent donc
le montant qu’elles risquent de perdre en moyenne sur leurs portefeuilles de crédit à un horizon
donné. Ce montant là est bien la perte attendue (expected loss) ; elle est couverte par des provisions et
dépend de :
- Exposure-at-Default (EAD) ;
- Prbability of default (PD);
- Loss-given-default (LGD);

18
CHAPITRE INTRODUCTIF

Tel que: EL = EAD x PD x LGD


Notons que la perte attendue du portefeuille = Σ pertes attendues sur l’ensemble des crédits.

Mais n’oublions pas que ce qui préoccupe le plus la banque c’est bien les pertes inattendues. Les
banques cherchent à connaître le montant maximum des pertes potentielles qui risquent de survenir à
un horizon donné avec un pourcentage de chance de se produire (0,05% par exemple). Ces pertes
potentielles seront couvertes par le capital économique.
Il est donc nécessaire de modéliser l’incertitude de pertes et avoir la distribution de pertes potentielles
à un horizon donné, ceci est l’objet majeur des modèles de risque de défaut.

Figure 1.1. La distribution de perte sur un portefeuille de crédit.

2. Les modèles de référence

Du moment que les pertes peuvent provenir de deux origines distinctes:


- Le défaut de remboursement ;
- La variation de la valeur économique des crédits.

Nous pouvons donc classer les modèles de risque de crédit en deux types :
- Les modèles de défaut ;
- Les modèles Marked-to-Market.

2.1. Les modèles de défaut

Ils mesurent le risque de crédit à partir du défaut de remboursement des crédits. Deux états de la
nature sont jugés pertinents : le défaut et l’absence du défaut. Cette approche s’applique à tout les
types de crédits, d’autant que la plupart des prêts consentis par une banque ont une vocation à rester
dans le portefeuille de la banque jusqu’à l’échéance finale, quelle qu’en soit l’issue. Par défaut, on

19
CHAPITRE INTRODUCTIF

entend tout type d’évènement significatif sur un prêt entraînant le non remboursement de la créance,
allant d’un incident tel un retard de remboursement à la défaillance légale de l’emprunteur1.
Comme exemple nous citerons CreditRisk+ :

2.1.1. CreditRisk+2 :

Présentation :
C’est un modèle de défaut, son but est d’évaluer le risque de défaut d’un portefeuille ; introduit par
Credit Suisse First Boston en décembre 1996 dans le cadre de la gestion du risque. Il est gratuit depuis
1997.

Principes :
- Aucune hypothèse sur la cause de défaut ;
- Application du modèle individuel de risque utilisé en assurance vie: mathématiques
actuarielles ;
- Il fait correspondre à chaque agent une probabilité de défaut dépendant de facteurs
macroéconomiques ;

Résultat: Il permet de déterminer de manière rapide et explicite, la perte totale d’un portefeuille.

Hypothèses et mise en œuvre :


- On considère un portefeuille de m titres ;
- Chaque titre peut occuper seulement deux états différents. On note Ii l’événement de défaut du
titre i; c’est une variable de Bernoulli ;
- P (Ii=1)=Qi est la probabilité de défaut du titre i sur un horizon H, fixé ;

- Le modèle spécifie que chaque Qi dépend de c facteurs Rj (j=1,..., c) macroéconomiques;


l’ampleur de leur impact dépend de la sensibilité de chaque titre i.
c c

- Ainsi ; Q i = Qi ∑ Aij R j où : ∑A ij = 1 et R j ~ Γ(1, σ j )


j =1 j =1

- Ces Aij représentent la sensibilité de chaque titre par rapport aux facteurs ;

- Le modèle définit la variable aléatoire Bi représentant le montant total emprunté moins la


somme récupérée par la contrepartie après la saisie, la liquidation ou la restructuration de la
partie défaillante, ramenée à une base entière ;
- Le montant individuel de la perte pour le titre i s’écrit : Xi=Ii Bi ;
- Enfin, le modèle détermine le montant total de la perte du portefeuille de m titres par :
Sm = X1+…+Xm ;

1
M. DIETSCH et J. PETEY, Mesure et gestion du risque de crédit dans les institutions financières, Ed. REVUE
BANQUE, Paris, 2003, p.26.
2
Y. CHALACH, F. ELAM, M. WONE & F. EL KHYARI, Le risque du crédit, p.42 – 47.

20
CHAPITRE INTRODUCTIF

- La distribution de Sm est déterminée en utilisant l’approximation de Poisson composée.

Approximation de Poisson :
- La probabilité que n obligations fassent défaut pendant une période considérée peut-être
représentée par une loi de Poisson ;
- Cette technique approche la distribution de Sm par une variable aléatoire T qui suit une loi de
Poisson ;
- On obtient ensuite une approximation de la fonction de répartition de Sm par celle de T.

2.2. Les modèles Marked-to-Market (MTM)

Ils mesurent le risque de crédit à partir des variations de la valeur du crédit. Ces variations
découlent des changements de la notation des obligés, l’état le plus défavorable étant le défaut. Cette
approche s’applique principalement aux titres de marché. Dans ce cas, la variation de la note des
émetteurs entraîne un changement du spread de taux qui provoque une variation de la valeur de
marché des titres1.
Le meilleur exemple sera le modèle CreditMetricsTM :

2.1.1. CreditMetricsTM 2:

Présentation :
C’est un modèle développé par la firme JP Morgan en 1997. Il s’agit d’un modèle de type Marked to
Market mesurant le risque à partir des variations de la valeur de marché du crédit, donc il se base sur
les matrices de transition de note (Rating).

Méthodologie :
- On attribue à l’émetteur une note: externe ou interne ;
- On calcule la matrice de transition de la note dans un an ;
- On calcule dans les sept états possibles autres que la faillite, les taux forward ri pour chaque
i
maturité i: ri=Rf + pi
Tels que :
 pi : le spread dû au risque ;
 Rfi : le taux sans risque ;
- On calcule historiquement le prix de liquidation en cas de défaut, puis on trace la distribution à
partir de laquelle on calcule la VaR ;
- Dernière étape : elle est nécessaire dans le cas d’un portefeuille à 2 ou plusieurs actifs, elle est
très compliquée à établir :
 On détermine historiquement les matrices de corrélation entre les titres

1
M. DIETSCH et J. PETEY, Mesure et gestion du risque de crédit dans les institutions financières, Ed. REVUE
BANQUE, Paris, 2003, p.26.
2
Y. CHALACH, F. ELAM, M. WONE & F. EL KHYARI, Le risque du crédit, p.26 - 40.

21
CHAPITRE INTRODUCTIF

 On détermine la distribution des états joints de notation du portefeuille.


 Si très compliqué: on utilise la méthode de Monte Carlo.

Mise en cause :
- Problème de paramétrage: basé sur des données statistiques passées.
- Sensibilité aux « input » du modèle: la matrice de transition est supposée stable, indépendante
des variations du marché.
- L’hypothèse Markovienne: Les changements de notations sont supposés indépendants.

Conclusions :
- La résolution du problème de stabilité en utilisant une matrice moyenne.
- La deuxième hypothèse très gênante.

3. Le choix de la banque ?

Tout dépendra de la nature du portefeuille de la banque. Les modèles MTM s’appliquent plus sur
les emprunteurs notés, donc aux risques « grandes entreprises ». Par contre, le modèle de défaut
s’impose lorsque les crédits sont des petits crédits (PME, professionnels, particuliers). De manière
générale, le modèle MTM est davantage compatible avec les comptabilités en valeur de marché, le
modèle de défaut avec les valeurs comptables courantes.

Les modèles de risque de crédit ont révolutionné la mesure de celui-ci, cela revient essentiellement à
leur caractère dynamique qui sert à refléter au maximum l’image du risque.

Ce chapitre, comme son nom l’indique, introduit des notions qui vont nous être utiles pour traiter
notre sujet qui est bien Raroc. Le chapitre suivant abordera Raroc comme concept, nous aborderons
en détails les paramètres de celui-ci.

22
CHAPITRE PREMIER :
LA NOTION DE RAROC
CHAPITRE PREMIER : LA NOTION DE RAROC

Dans le chapitre précédent, nous avons présenté les notions de risque, la


réglementation mise en place et finalement les modèles ; tout cela pour introduire notre sujet
qui est Raroc. Au cours de ce chapitre dénommé la notion de Raroc, on présentera le
concept : son historique, sa définition, le produit Raroc 2020 ainsi que les circonstances qui
ont favorisé la mise en œuvre et l’adoption d’une telle méthode. Nous présenterons après, en
détails, les composantes de Raroc, en les partageant en deux groupes de paramètres :
comptables et liés au risque (les pertes attendues et inattendues).

Ce chapitre va donc comporter trois sections :

Section 1 : Présentation de Raroc ;


Section 2 : Les paramètres comptables de Raroc ;
Section 3 : Les paramètres liés au risque.

Section 1 : Présentation de Raroc

Pour présenter cette méthode, nous devons connaître les circonstances dans lesquelles
Raroc est « né », ensuite nous nous intéressons au concept et son champ d’application. Nous
évoquerons le logiciel Raroc 2020 conçu par Bankers Trust.

1. Un peu d’histoire

Les pressions concurrentielles contribuent à la mise en place des programmes


d’optimisation des ressources, les instruments de gestion quant à eux naissent pour encadrer
ces programmes. C’est ce qui s’est exactement passé avec Raroc : développée par Bankers
Trust et précisément par Charles S. Sanford dans les années 1970 ; dans une période où la
finance directe connaissait un développement au détriment de la finance indirecte et cela
grâce à la théorie moderne de portefeuille de Morkowitz (1952) qui a pour slogan « la
diversification et le couple risque-rentabilité ». La méthode Raroc vient pour
améliorer la gestion du couple risque - rentabilité dans l’activité bancaire.

Elle n’est applicable en France qu’en 1994 par le Crédit Lyonnais, justement son cas illustre
que Raroc s’insère dans le cadre d’une vague de rationalisation. Explication : le Crédit
Lyonnais a mené une politique d’expansion démesurée (1989 - 1993) qui aboutit à des
résultats désastreux dans la mesure où la constitution d’un gigantesque réseau européen, le
financement de la promotion immobilière et les prises de participation industrielles se soldent
par une accumulation des pertes. Dès novembre 1993, le Gouvernement et la Direction

23
CHAPITRE PREMIER : LA NOTION DE RAROC

mettent en place des opérations de cantonnement de créances pour éviter la constitution de


provisions excessives et une recapitalisation de la banque. La crise du Crédit Lyonnais
s’explique par une réponse excessive de cette banque aux sollicitations de l’Etat pour éviter
des faillites d’entreprises non rentables, d’une autre part par de nombreux manquements aux
principes de base du métier comme la diversification des engagements et le manque de
professionnalisme. Dès lors, simultanément aux opérations de cantonnement des créances, la
direction décide de procéder à un resserrement instrumenté du contrôle. L’introduction en
1994 de la méthode Raroc au sein du Crédit Lyonnais sur le segment des PME répondait à cet
objectif de rationalisation pour lutter contre la dégradation durable de la rentabilité.

Raroc est adoptée par la suite par d’autres banques, citons par exemple : Société Générale qui
a lancé en 1997 « Projet Raroc », BNP PARIBAS a pris l’affaire au sérieux et a conduit une
formation pour 2800 de ses collaborateurs dans le cadre de Raroc en 2000.

2. Définition

Nous commençons cette définition évidemment par le décodage de l’abréviation Raroc :

R Risk
a adjusted
r return
o on
c capital

Mais de quoi s’agit-il au juste ?

Raroc fut limité aux activités de marché seulement, pour être par la suite élargi à
l’ensemble des activités bancaires. Il s’est intéressé dans un premier temps à la mesure du
risque au niveau du portefeuille de crédit de la banque, de façon à déterminer le capital
nécessaire pour limiter l’exposition des déposants ou autres créanciers à une probabilité de
perte bien définie.
La politique de Bank of America consiste à l’allocation de capital pour chaque unité d’activité
de manière à ce que le portefeuille d’activité soit intense en crédits notés AA ; cette allocation
est donc basée sur le risque de chaque unité prise isolément, ensuite inclure l’ajustement pour
chaque diversification interne avantageuse apportée par l’unité.
Ces allocations unitaires sont après agrégées pour arriver au capital optimum pour toute la
banque.
Raroc alloue les fonds propres pour deux raisons :
 Le management des risques : le but primordiale recherché est la détermination d’une
structure optimale du capital. Ce processus entraîne l’estimation de la contribution de

24
CHAPITRE PREMIER : LA NOTION DE RAROC

chaque unité d’affaire au risque encouru par la banque et par conséquent au capital de
celle-ci ;
 L’évaluation de la performance : Raroc assigne le capital à une unité d’activité comme
une étape dans le processus de la détermination de la rentabilité ajustée au risque, en fin
de compte nous arrivons à l’Economic Value Added (EVA) de chaque unité. Le principal
but recherché dans ce cas est la détermination de la contribution de chaque unité à la
valeur actionnariale de la banque.
Cependant, il s’est avéré que Raroc donne de meilleurs résultats s’il est appliqué au niveau
individuel (et non pas au niveau du portefeuille), du moment qu’il ne tienne pas compte des
corrélations entre crédits1.

Les types de Raroc se différencient par la date et par le périmètre des calculs2 :
 Raroc à l’origine : il se calcule à l’octroi d’un crédit et prend en compte tous les
éléments jusqu’à la fin de l’opération.
 Raroc résiduel : il prend en compte les changements des caractéristiques des clients
(notation), des crédits et des garanties. Mais il est caractérisé par sa grande volatilité
d’un jour sur l’autre en fonction des évènements de la vie d’un crédit (frais de
dossiers, amortissement…etc.) ne permet pas d’adopter une stratégie client.
 Raroc annuel : il ne prend en compte que les éléments compris dans une année civile.
Il correspond à l’exercice budgétaire et donne la possibilité d’adopter une stratégie, de
fixer des objectifs et de pouvoir mesurer les conséquences en fin de période.
 Raroc complet : le calcul prend en compte, à une date donnée, tous les éléments des
engagements en cours, de la date d’origine à la date d’échéance de chaque concours.
Ce type est plus stable et plus exhaustif (adjonction des marges hors crédits ou side
business : flux, services, conseils,…etc.), il permet d’adopter une stratégie non
seulement pour le client, mais aussi pour un portefeuille ou une activité.

Après avoir défini Raroc, nous pouvons donner sa formule :

PNB - Coûts - EL
Raroc =
UL
Il est assortit de la contrainte :
Raroc > hurdle rate3
Où :
PNB Le produit net bancaire de l’opération
Coûts Les coûts opérationnels
EL Expected loss ou la perte attendue
UL Unexpected loss ou perte inattendue

1
M. DIETSCH et J. PETEY, Mesure et gestion du risque de crédit dans les institutions financières, Ed. REVUE
BANQUE, Paris, 2003, Chapitre 7.
2
T. RONCALLI, La gestion des risques financiers, Ed. ECONOMICA, Paris, 2004, p.433 - 434.
3
Taux butoir, il sera expliqué dans la section suivante.

25
CHAPITRE PREMIER : LA NOTION DE RAROC

3. Raroc 2020
Raroc 2020 est le produit de Bankers Trust, il s’agit d’un logiciel conçu pour le
management des risques financiers. Il se focalise sur la collecte et l’analyse d’un volume de
données important qui permet l’estimation du risque au niveau du portefeuille.

La méthodologie de Raroc 2020:

La méthodologie de Raroc 2020 aide les entreprises à la surveillance du risque au niveau de


leurs portefeuilles. Elle détermine la sensibilité des actifs des entreprises aux mouvements de
taux d’intérêts et aux marchés de capitaux et aux devises. Le logiciel comprend une variété
d’outils analytiques pour la mesure et la surveillance des risques au niveau du portefeuille.

L’approche Raroc 2020 :

Cette approche va au-delà de l’approche traditionnelle : de classification d’actifs à l’analyse


du risque au niveau portefeuille. Les acquisitions de l’entreprise sont évaluées à leur risque de
marché (fonds propres, taux d’intérêt, devise et produits). Les facteurs de risques sont agrégés
pour le portefeuille pour fournir un profil adapté et exhaustif à propos des expositions aux
risques pour le fonds.

Raroc 2020 répartit les expositions d’une façon assez consciente du risque, en prenant compte
des différents risques de marché inhérents à une position donnée.

Après avoir désagrégé les actifs spécifiques en leurs risques composants, Raroc 2020 édite
aux diagrammes des corrélations et de volatilité plus de 500 facteurs de risques pour
modéliser les actifs de l’entreprise. Le logiciel calcule les volatilités et les corrélations
historiques de ces facteurs de risque, il introduit ensuite cet historique avec les expositions du
fonds à un modèle de simulation de Monte Carlo. Le modèle va par la suite créer des
scénarios illustrant des milliers d’états de marché potentiel.

Les résultats de la simulation de Monte Carlo sont donnés par un état statistique de gains ou
pertes potentiels que le portefeuille peut enregistrer.

Le processus Raroc 2020 :

Les informations relatives au portefeuille des clients sont transmises à la Bankers Trust dans
un format prédéfini. Les titres contenant différents types de risques sont décomposés en leurs
éléments, puis fondus comme un portefeuille de 500 repères dépistés par le logiciel. Les
expositions aux risques sont après rassemblées par divers segments en vue d’une simulation
Monte Carlo. Cette simulation détermine la Value-at-Risk par la génération de 10.000
scénarios de probabilités pondérés pour les « seaux du risque ». Le portefeuille est évalué

26
CHAPITRE PREMIER : LA NOTION DE RAROC

pour chacun des 10.000 scénarios et le plus mauvais 1% des résultats est utilisé pour la
mesure du capital. Des rapports standard sont produits par le logiciel, aussi bien qu’un
système de reporting en ligne via internet. Raroc 2020 fournit pour l’analyse des scénarios,
lesquels permettent aux clients de percevoir le risque lié au portefeuille sous des hypothèses
spécifiques concernant les conditions de marché et les réallocation du portefeuille. De plus, le
logiciel comporte l’analyse de la sensibilité, qui permet aux clients de voire les effets
possibles sur le portefeuille, dus à des changements hypothétiques des taux d’intérêt, taux de
change et d’indices des fonds propres.

Figure 2.1. L’application Raroc 2020.

Ces fenêtres illustrent 02


fonctions assurées par Raroc
2020 :
 L’analyse de la sensibilité
(à gauche) ;
 Distribution des fréquences
absolues du capital (en bas).

27
CHAPITRE PREMIER : LA NOTION DE RAROC

Une fois Raroc présenté, nous allons nous intéresser à étudier chacune de ses composantes
séparément, c’est l’objet des deux prochaines sections.

Section 2: Les paramètres comptables de Raroc

Une fois que nous avons survolé le concept de Raroc, nous nous intéresserons dans
cette section à apporter des explications et des précisions concernant les paramètres de Raroc.
A présent nous entamons les paramètres comptables de Raroc, à savoir :

- le PNB par opération ;


- les coûts d’opération ;
- le hurdle rate.

1. Le PNB par opération

La détermination du PNB par opération requiert une démarche assez complexe, nous
allons essayer de la décortiquer et de la simplifier en ce qui s’en suit. Commençons d’abord
par l’introduction du concept du produit net bancaire : C’est l’agrégation des trois postes :
marge sur intérêts, les commissions perçues, les produits et charges divers.

La marge sur intérêts :

Il s’agit de la marge sur l’activité d’intermédiation de la banque, elle se calcule comme suit :

+ Intérêts reçus des clients


- intérêts payés par la banque, sur dépôts ou refinancements
= Marge sur intérêts

Les commissions perçues :

Elles sont liées à l’activité de service des établissements de crédit. Ce sont soit des
commissions bancaires : commissions de mouvements, de crédit, de change ou de caisse ; soit
des commissions financières : commission d’ingénierie financière ou de gestion des OPCVM.

Les produits et les charges divers :

Correspondent essentiellement aux produits du portefeuille titres de l’établissement


ainsi qu’aux opérations de trésorerie et interbancaires.

28
CHAPITRE PREMIER : LA NOTION DE RAROC

De ce fait :

+ La marge sur intérêts


+ Les commissions perçues
+ Les produits et les charges divers
= PNB

Une fois que nous avons une idée sur le PNB, nous nous intéressons à ce stade à la
détermination du PNB par client. Pour cela, nous allons détailler davantage la notion de
marge sur intérêts.

1.1. La détermination de la marge sur intérêts :

Elle est issue du déroulement du processus illustré dans la figure ci-dessous :

Figure 2.2. Détermination de la marge sur intérêts.

(1)
MECANISMES D’AFFECTATION DES RESSOURCES AUX EMPLOIS

(2)
LA MESURE DES CAPITAUX ET LA DETERMINATION DU « FLOAT »

(3)
LES TAUX DE CESSION INTERNE DES CAPITAUX

1.1.1. Les mécanismes d’affectation des ressources aux emplois :


Les dépôts, emprunts obligataires et autres formes de refinancement utilisées par les
banques sont aussi des ressources qui permettent d’accorder des crédits ou des financements.
Ces emplois et ces ressources sont fongibles, puisqu’ils sont des signes monétaires qui ne
peuvent pas être tracés physiquement d’où la nécessité de mettre au point des conventions
d’allocation des ressources aux emplois par des méthodes de pool de trésorerie. Nous
distinguons deux types :

 Le pool unique : cette approche suppose que toute ressource peut financer, de façon
indifférenciée, tout emploi, quelque soit sa maturité ou ses autres caractéristiques.

29
CHAPITRE PREMIER : LA NOTION DE RAROC

Exemple1 : considérons 02 agences A et B d’un même réseau bancaire, celles-ci réservent au


pool unique de trésorerie toutes les ressources collectées et notamment les dépôts. Pour prêter
à la clientèle, elles empruntent également au pool les capitaux dont elles ont besoin. Dans ce
cas les flux sont directs entre les agences et la trésorerie : c’est des flux bruts.
Dans une approche plus complexe, les agences A et B établissent dans un premier temps,
entre elles même un solde de trésorerie interne entre leurs ressources et leurs emplois. Deux
cas peuvent se présenter :
L’agence a un solde de trésorerie positif  un excédent de ressources sur les emplois, ce-ci
est réservé au pool central de trésorerie.
Le deuxième cas est d’avoir un solde de trésorerie négatif  l’insuffisance des ressources est
couverte par le pool central de trésorerie. Dans ce cas, on parle de flux nets.

 Le pool multiple : cette méthode consiste à faire correspondre les ressources et les
emplois en durée (court, moyen et long terme), en taux (fixe, variable) et pour le cas de taux
variables, en index (Euribor 03 mois, OAT 05 ans…etc.). Analogiquement à la méthode du
pool unique, deux cas peuvent se présenter : flux bruts, ou nets. La méthode la plus habituelle
est celle des flux bruts, chaque agence apporte à un pool spécifique (court, moyen ou long
terme) ses ressources adéquates.

1.1.2. La mesure des capitaux et la détermination du « float » :

La détermination de la marge sur intérêts nécessite aussi une mesure des capitaux et
notamment du « float clientèle ». Pour illustrer ce concept voici un exemple :
Considérons un chèque remis par le client X à la banque Z, les dates de prise en compte
pourront être les suivantes :
J J+1 J+2 J+3

Date de Date de l’entrée Date de valeur


l’enregistrement effective en
comptable de trésorerie par la
l’opération banque Z

Indisponibilité Gain en valeur


des fonds remis de la banque Z
à la banque Z
par le client X

1
Adapté de M. Rouach & G. Naulleau, Le contrôle de gestion bancaire et financier, Ed. BANQUE EDITEUR,
Paris, 1998, Chapitre 4.

30
CHAPITRE PREMIER : LA NOTION DE RAROC

Dans ce cas, il faudra 02 jours à la banque pour recouvrer les fonds, quant au client il lui
faudra 03 jours ; soit un jour de gain en valeur pour la banque. A partir de cet exemple simple,
une panoplie de méthodes peut être utilisée afin de mesurer les capitaux moyens :

- A la date de l’opération : soit à la date de l’enregistrement comptable. Cette méthode


donne une mauvaise présentation de la réalité économique est cela pour la simple raison
du décalage de plusieurs jours avec l’entrée ou la sortie réelle des fonds de la banque.
- En date de valeur : soit le cumule des capitaux en date de valeur divisé par le nombre de
jour de la période.
- En date de trésorerie : cette méthode est complexe à mettre en place mais c’est la seule
qui permette de calculer véritablement les capitaux disponibles pour la banque. Elle
permet le calcul du « float » ou la « trésorerie diffuse » qui représente la
différence entre les dates de valeur imputées à la clientèle et la date d’entrée ou sortie
effective des fonds pour la banque (dans notre exemple le float est de 01 jour). La
valorisation de ces capitaux flottants se fait, en général, au taux du marché monétaire
donnant un gain sur float.

Dans la pratique, beaucoup de banques mesurent le float en capitaux en fixant un nombre de


jours standard de float par type d’opération, ensuite nous n’avons qu’appliquer aux capitaux
moyens engagés par type d’opération.

1.1.3. Les taux de cession internes des capitaux :

Il s’agit de déterminer le taux auquel la trésorerie va rémunérer les ressources apportées par
l’agence à la trésorerie centrale pour pouvoir refinancer ses emplois. Nous disposons de deux
modes de calcul :
- Taux unique : cette approche considère que tout les fonds apportés ou empruntés à la
trésorerie sont valorisés à un seul taux, qui est en général un taux de marché monétaire
(Euribor 03 mois par exemple). Cette approche, bien que simple, n’est pas pertinente du point
de vue économique : il s’agit d’un indicateur externe soumis à des variations importantes.
D’une autre part, il est illogique économiquement de financer des emplois à long terme par
des ressources valorisées par des indicateurs tels que l’Euribor qui est à la base, applicable
aux ressources à court terme.

- Taux multiples : pour résoudre le problème de taux unique, plusieurs banques ont instauré
des taux différenciés de cession de capitaux. Cette méthode consiste à séparer la marge
commerciale de la marge de transformation. La marge commerciale permet de neutraliser le
risque de transformation pour le réseau commercial, se calcule par crédit et par ressource en
retenant :

31
CHAPITRE PREMIER : LA NOTION DE RAROC

- pour chaque crédit : taux de refinancement égal au coût de la ressource de même nature
de taux et de même échéance que celle du crédit.
- Pour chaque ressource : un taux de placement égal au taux de l’emploi sans risque de
même échéance et de même nature de taux.

La différence entre la marge totale et la marge commerciale constitue la marge de


transformation ; elle permet la couverture des risques de taux, de change et de liquidité.

En pratique, la marge de transformation est affectée soit à un centre de responsabilité


existant : la trésorerie par exemple ; ou bien à un centre de responsabilité spécifique appelé
centre de transformation ou centre de gestion actif-passif.

2. Les coûts d’opération

Pour pouvoir calculer les coûts relatifs à une opération donnée, nous devons connaître
le système d’affectation des charges aux centres de responsabilité, nous nous intéresserons
après aux méthodes de fixation d’un prix de cession interne des opérations entre centre de
responsabilité.

2.1. Affectation des charges aux centres de responsabilité :

Cette affectation nécessite le passage par cinq (05) phases :

2.1.1. Détermination des charges à retenir en comptabilité analytique :

Cette phase s’intéresse à retenir en comptabilité analytique des charges dites


« incorporables », cela se fait à partir des charges enregistrées par la comptabilité générale.
Dans un premier temps, nous devons écarter les charges « non incorporables ». Il s’agit bien
de charges à caractère exceptionnel comme les pénalités ou les charges de restructuration
ainsi que certaines charges liées à l’activité du siège dont la prise en compte dans le calcul des
coûts n’est pas pertinente. Dans un second temps, il s’agit de prendre en considération des
charges non enregistrées au niveau de la comptabilité générale mais il est pertinent d’en tenir
compte en comptabilité de gestion. Dans le secteur bancaire, ces charges dites « supplétives »
concernent notamment la prise en compte des coûts des fonds propres.

Pour récapituler :

+ Charges de comptabilité générale


+ Charges supplétives
- Charges non incorporables
= Charges incorporables en comptabilité analytique

32
CHAPITRE PREMIER : LA NOTION DE RAROC

2.1.2. Affectation des charges aux centres de responsabilité :

Les charges incorporables en comptabilité analytique sont par la suite affectées à des
centres de responsabilité. Dans le secteur bancaire on considère quatre types de centres
responsabilité :

- Les centres de profit : il s’agit bien des centres qui génèrent les recettes et résultats.
Ce sont les entités commerciales (agences), de conseil (entité en charge des fusions-
acquisitions) ou d’ingénierie financière.

- Les centres opérationnels : ils fournissent des prestations bancaires aux centres de
profit. Il s’agit notamment des back-offices et les départements de gestion des titres, des prêts
et de gestion d’opérations bancaires spécialisées.

- Les centres fonctionnels ou centres de support ou de services


généraux : ils fournissent de prestations sélectives à caractère non bancaire, citons à titre
d’exemple : la gestion de locaux, la logistique, la formation, les études internes et la
communication.

- Les centres de structure : ils exercent des activités de coordination, de gestion et de


supervision. Il s’agit essentiellement des services centraux de direction.
Ce principe d’organisation postule que les charges affectées à un centre de responsabilité
peuvent être maîtrisées par le responsable ou, au minimum être différenciées par ce dernier
suivant le niveau de maîtrise qu’il a sur les charges. Sur le plan de l’organisation comptable,
le système est articulé de façon à ce que les écritures en comptabilité générales génèrent
directement les écritures par centre de responsabilité. On dispose donc d’une affectation
des charges directes aux centres de responsabilité.

2.1.3. La ventilation des charges des centres fonctionnels et des centres de


structure :

Il s’agit bien de l’imputation des charges indirectes aux centres opérationnels


et de profit, les principes sont les suivants :

Pour les centres fonctionnels : ce sont les unités d’œuvre qui sont utilisées pour
l’imputation. Celles-ci représentent économiquement des flux d’opérations ou des prestations
entre les centres fournisseurs et destinataires. Elles correspondent à une saisie précise
d’informations faisant l’objet d’un accord : des temps (heures, hommes/jours), des opérations
(lignes, dossiers, recrutements), des surfaces (mètres carrés) ou encore des capacités utilisées

33
CHAPITRE PREMIER : LA NOTION DE RAROC

(postes informatiques installés, maintenus). L’imputation se fait proportionnellement aux


unités d’œuvres consommés par les centres de profit.

Pour les centres de structure : dans ce cas se sont les conventions de répartition de
leurs charges sur les centres de profit. Ces conventions ne sont pas représentatives de des flux
de prestation entre les centres fournisseurs et destinataires. Ce sont des taux dont la fixation
est en partie politique. La faiblesse de ce type de répartition provient du fait qu’il n’y ait pas
de lien de causalité précise entre la consommation de prestations et l’allocation de charges.

A l’issue de ces imputations, les centres opérationnels et de profit ont connaissance de leurs
charges directes, des charges de support, facturés par les centres fonctionnels et enfin de leur
quote-part des charges indirectes issues des centres de structure.

2.1.4. Le calcul des coûts d’opérations :

L’objet de ce calcul est de transférer les charges des centres opérationnels vers les
centres de profit. Plusieurs méthodes peuvent être pratiquées, notons par exemple celle du
coût unitaire moyen réel complet d’une opération.

2.1.5. Facturation des coûts d’opération aux centres de profit :

A ce stade, les charges des différents centres opérationnels sont affectées aux centres de
profit sur la base des volumes et des coûts unitaires d’opération. A l’issue de ce calcul ne
restent que les centres de profit « chargés » dont le résultat brut d’exploitation est calculé par
différence avec leurs revenus spécifiques.

2.2. Méthodes de détermination des coûts d’opération :

Nous avons cité précédemment, la méthode du coût unitaire moyen réel complet. Cette
méthode reflète réellement les conditions économiques supportées par le centre
opérationnel durant la période analysée. Toutefois, celle-ci présente certaines limites :

- Il s’agit d’une méthode techniquement lourde, ce qui retarde les délais de sortie des
calculs des coûts d’opération et des résultats des centres de profit.
- Elle ne permet pas la neutralisation de la transmission des variations de performance des
centres amont vers les centres aval. Cela veut dire qu’une variation de coût due à une
variation du niveau d’activité entre deux périodes est automatiquement transmise du
centre de traitement des opérations vers le centre de profit.
- Cette méthode limite l’analyse de la performance car elle agrège les conséquences des
variations d’activité avec d’autres facteurs comme les variations des prix unitaires des

34
CHAPITRE PREMIER : LA NOTION DE RAROC

facteurs de production ou les variations d’efficience dans l’utilisation de ces facteurs de


production.

Pour remédier à ces carences, d’autres méthodes plus avancées ont été mises en place, il s’agit
bien de :

- La méthode des coûts standards ;


- La méthode des coûts partiels ;
- La décomposition en coûts fixes et coûts variables ;
- La méthode des coûts de marché ;
- La méthode ABC (Activity Based Costing) ;
- La méthode des coûts cibles.

2.2.1. La méthode des coûts standards :

C’est la méthode la plus fréquemment utilisée par les banques. Les coûts standards
sont des coûts prévisionnels constituant une norme à respecter pour une période future tel que
l’exercice budgétaire. Pour les déterminer il suffit de diviser les charges globales
prévisionnelles par le nombre d’opérations prévues. Une autre façon de déterminer ces coûts,
consiste à partir de l’organisation des opérations : les tâches sont identifiées et des temps
associés sont mesurés, soit par chronométrage, soit par interviews. Ces tâches sont valorisées
après par unité de temps, ce qui permet d’obtenir les coûts standards. Cette méthode présente
des avantages, tels que :

- le calcul des coûts unitaires sans tenir compte des effets induits par les variations des
volumes d’activité.
- La focalisation sur la performance des centres de profit et cela, en leur évitant de supporter
l’éventuelle sous activité ou une mauvaise performance ponctuelle des centres
opérationnels.
- L’analyse de écarts entre les coûts standard et les coûts réels permet d’établir une référence
pour les actions correctives, qui peuvent être menés par le responsable du centre d’activité.
- Elle permet d’accélérer la sortie des résultats par centre de profit en cours d’année du
moment que les coûts standards sont fixés pour une période annuelle. Le rapprochement
entre les coûts standards et réels (établi en fin d’année) peut être utilisé pour réactualiser les
coûts standards s’il y a lieu.

35
CHAPITRE PREMIER : LA NOTION DE RAROC

2.2.2. La méthode des coûts partiels :

Suivant cette méthode, on négligera une partie des coûts indirects (ceux de structure)
dans le calcul des coûts. L’avantage de cette méthode réside dans le fait qu’elle est
dynamique, le responsable d’un centre a la main sur l’ensemble de charges qui contribuent au
calcul des coûts unitaires y compris les charges de support qu’il doit négocier en prix et en
volume. Dans le cadre de cette méthode les calculs relatifs au classement des rentabilités des
activités ou des produits sont plus « objectifs » que lorsque ces calculs sont réalisés en coût
complet. Cependant, les mesures en coût complet sont nécessaires et ne peuvent être
remplacées par les coûts partiels, et cela pour des raisons de tarification, de consolidation
comptable ou de benchmarking avec la concurrence.

2.2.3. La décomposition en coûts fixes et coûts variables :

Il s’agit d’une extension de la méthode des coûts partiels, elle permet de distinguer les
charges liées à l’activité (les charges variables) des charges liées à la capacité et à la période
(les charges fixes). Cette méthode sert à appréhender les effets de variation de volumes
d’activité sur les coûts unitaires. La connaissance de ces effets sur les coûts unitaires est très
pertinente pour la prise de décision.

2.2.4. La méthode des coûts de marché :

Elle consiste à déterminer un prix de facturation interne, en se référant aux coûts


pratiqués dans les autres établissements du secteur d’activité. Cette méthode a l’avantage de
comparer en permanence les niveaux de performance interne à ceux du marché. Cependant,
elle est très difficile à mettre en œuvre pour deux raisons : la première étant le manque
d’informations disponibles, la deuxième réside dans la disparité des conventions analytiques
employées par les banques dans la détermination du coût de leurs opérations.

2.2.5. La méthode ABC (Activity Based Costing) :

Cette méthode utilise les activités d’un centre de responsabilité comme interfaces entre
les ressources et les objets de coûts. L’activité peut être définie comme une combinaison de
personnes, de technologies et de méthodes permettant la réalisation d’un produit ou une
prestation donnée. Les ressources consommées par un service (personnel, équipement,
locaux) sont allouées par « inducteurs de ressources » aux différentes activités réalisés par un
service. Enfin des « inducteurs de coûts » sont déterminés pour pouvoir allouer les coûts des

36
CHAPITRE PREMIER : LA NOTION DE RAROC

activités aux objets de coûts (produits, entités). Ces inducteurs se substituent aux unités
d’œuvre ou aux clés de répartition utilisées dans la comptabilité analytique conventionnelle.

2.2.6. La méthode des coûts cibles :

Elle ne représente pas véritablement une méthode de calcul des coûts. Il s’agit plutôt d’une
approche de détermination des objectifs de coûts internes. Le principe en est le suivant :

Le coût cible = prix de vente concurrentiel – marge attendue

La marge attendue est définie par le management en fonction de ses objectifs, du


positionnement technique et le marketing du produit. Le prix de vente concurrentiel est issu
des études de marketing. Cette approche est utilisée dans le cadre d’aide à la mise en place de
nouveaux produits ou prestations ou au reengineering de processus existants.

3. Taux butoir (hurdle rate)

Lorsque des investisseurs confient des fonds à gérer à une équipe, ils peuvent exiger une
rémunération minimum de leur investissement avant tout intéressement des équipes ; ce taux
est en général un taux d’intérêt qui est variable, selon les circonstances du moment et la
rentabilité comparée d’autres investissements ; littéralement c’est un "obstacle" à franchir.
C'est le taux au-dessus duquel les investisseurs estiment que les managers de la société de
gestion peuvent recevoir une partie de la plus-value. Le taux est généralement fixe et fait
implicitement référence à une rémunération sans risque. Dans notre cas, le hurdle rate peut
être fixé comme le ROE1.

Les paramètres comptables de Raroc jouent un rôle essentiel dans la détermination de Raroc,
mais ils nécessitent d’être complétés par d’autres paramètres que nous avons nommés :
paramètres liés au risque.

Section 3 : Les paramètres liés au risque

Nous avons énoncé précédemment, les différents paramètres comptables de Raroc,


nous nous intéressons à ce stade aux paramètres liés au risque. Ces paramètres sont
évidemment les pertes attendues et inattendues ; celles-ci sont déterminées à l’aide d’un
modèle de risque de crédit.

1
Return On Equity : rentabilité des fonds propres ou rentabilité financière.

37
CHAPITRE PREMIER : LA NOTION DE RAROC

1. Les pertes attendues (expected losses)

Il s’agit bien de l’espérance anticipée de la perte potentielle liée à l’activité du crédit.


Elle peut être vue comme le niveau ex ante de provisionnement moyen relatif au portefeuille
de la banque. Il faut noter que l’appellation coût du risque ou prime de risque, attribuée aux
pertes attendues, est assez maladroite du moment qu’il n’existe pas de risque associé à la
notion de perte moyenne. Pour argumenter cette position, situons nous dans le cas d’absence
de volatilité des pertes, la perte moyenne sera automatiquement absorbée par la marge. Pour
cela il est plus approprié de parler de coût de la perte que de prime de risque.
Comme nous l’avons cité au chapitre précédent, la perte attendue est le produit des trois
éléments suivants :

- L’exposition en cas de défaut (EAD) ;


- La probabilité de défaut (PD) ;
- La perte en cas de défaut (LGD).

1.1. L’exposition en cas de défaut (EAD) :

Elle représente la valeur des engagements encore dus au moment du défaut. Pour
estimer l’exposition à la date du défaut, nous devons connaître la valeur actuelle des flux
contractuels encore dus. La tâche n’est pas évidente, car nous devons avoir un taux
d’actualisation pour pouvoir calculer l’exposition ; en plus nous ne devons pas appliquer le
même taux pour touts les débiteurs1.

La solution est de procéder par analogie ; on assimile le crédit à une obligation : les
deux sont des créances qui génèrent des flux annuels (intérêts et coupons) et sont
remboursables à échéance. Pour l’actualisation on utilisera le taux zéro-coupon pour la
catégorie de risque appropriée.

Ce-ci ne semble pas si évident, voici l’explication :

L’évaluation des obligations à une date donnée consiste à ramener les flux futurs à cette date,
autrement dit : l’actualisation ; pour ce faire nous utiliserons les taux zéro- coupon.
Ces taux sont issus d’une courbe dite « courbe des taux » ; elle est construite selon une
méthode pas à pas appelée Boot Starp ; elle consiste à calculer le taux zéro-coupon à partir
des prix des obligations cotés, cela tout en augmentant graduelement la maturité.
A la fin nous nous retrouverons avec des taux ZC selon la maturité ; on pourra donc tracer la
courbe des taux, pour plus de précision, des méthodes d’interpolation sont proposées.

1
Les débiteurs n’ont pas le même niveau de risque, à savoir des notes différentes.

38
CHAPITRE PREMIER : LA NOTION DE RAROC

A ce niveau nous avons résolu le problème du taux d’actualiation mais reste le problème des
catégories de risque : celui-ci est résolu par les agences de notation ; d’ailleurs Standard &
Poor’s a établi une grille1 contenant les taux ZC correspondant à chaque note.

1.2. La probabilité de défaut (PD) :

Nous avons déjà vu que le risque de crédit, est bien le risque de variation de la valeur du
crédit ou le défaut de remboursement de l’emprunteur. Il est donc nécessaire de connaître les
probabilités de migration d’une classe de risque à l’autre (cas des modèles MTM), ou plus
particulièrement les probabilités de défaut (cas des modèles de défaut).
Ces probabilités de migration sont résumées dans des matrices de transition, il faut noter que
dans un modèle de défaut on retiendra que la probabilité de défaut conditionnelle à la classe
de risque initiale.

Une matrice de transition se présente comme suit :

Figure 2.3. Matrice de transition à 1 an de Standard & Poor’s.

Exemple :
La probabilité qu’un emprunteur noté B, devienne BB est 6,48%.
La probabilité qu’un emprunteur noté AAA, fasse défaut est 0%.

En théorie, on doit effectuer un ajustement des probabilités de transition par rapport aux
caractéristiques des emprunteurs constituant le portefeuille de crédit. Particulièrement, on doit
intégrer l’impact du cycle des affaires sur le risque de crédit. Pour effectuer une simulation de
l’impact des cycles sur les transitions, les données doivent couvrir au minimum un cycle
entier. De ce fait l’utilisation des probabilités non conditionnelles du point de vue

1
Cette grille est explicitée au troisième chapitre.

39
CHAPITRE PREMIER : LA NOTION DE RAROC

macroéconomique affecte systématiquement l’estimation du risque de crédit. Pour cela, et vu


la brièveté des historiques des scores, les probabilités de transition calculées peuvent être
déterminées par les conditions économiques générales régnantes au cours de la période
d’estimation.

Cependant, il demeure possible de conditionner l’estimation des matrices de transition au


secteur d’activité et à la taille de l’entreprise si les données sont suffisantes. Nous allons donc
utiliser des matrices de transition différentes pour des entreprises appartenant à des secteurs
différents ou des dimensions différentes.
D’un point de vue méthodologique, l’utilisation d’une matrice de transition fixe dans le temps
(non conditionnelle) équivaut à supposer que le processus de Markov est homogène ou stable
dans le temps. Mais si les probabilités de transition peuvent varier dans le temps, le processus
est logiquement non-homogène. Il faut noter que, lors de la construction du modèle les deux
approches sont requises. En effet le meilleur choix consiste à estimer une matrice de transition
de long terme ; cela veut dire qu’on utilisera des probabilités de transition stables dans le
temps. Néanmoins, nous ne devons pas omettre la volatilité des probabilités de transition
(particulièrement celles de défaut), car elles demeurent nécessaires pour la modélisation du
risque de crédit (pour l’estimation de Probability of Default Frequency - PDF).
La difficulté pour estimer la volatilité des probabilités de défaut réside dans le fait de la
brièveté des historiques disponibles.

1.3. La perte en cas de défaut (LGD):

La perte en cas de défaut représente le complément du taux de récupération ou du


recouvrement ; elle est donc égale à (1-taux de recouvrement). Le taux de
recouvrement quant à lui dépend du type d’instrument de crédit considéré et des garanties y
afférentes. Il dépend aussi du niveau de séniorité1 de l’engagement.
Le tableau ci-dessous illustre l’évolution du taux de recouvrement en fonction de la séniorité :

Tableau 2.1. Taux de recouvrement en fonction de la classe de séniorité.


Classe de séniorité Moyenne (%) Ecart type (%)
Bank loan 84,5 24,9
Senior secured 65,7 28,4
Senior unsecured 49,3 35,8
Senior subordinated 36,8 31,0
Subordinated 26,1 30,3
Junior subordinated 13,6 24,4
Source : Van de Castle et Keisman (1999).

1
Priorité.

40
CHAPITRE PREMIER : LA NOTION DE RAROC

Une fois que nous avons fait le tour de l’expected loss et ses composantes, passons à
l’unexpected loss :

2. Unexpected loss

L’unexpected loss est destinée à capter le risque non anticipé de la perte. Elle correspond à
« l’écart type de la perte » telle que :

UL = EAD EDF² . σ ² LGD + LGD².σ ² EDF

La perte inattendue possède deux propriétés :

- La non-linéarité ;
- La sous-additivité.

 La non-linéarité : EDF évolue plus rapidement que UL, ce-ci peut être illustré dans
le graphique ci-dessous :

Graphique 2.1. L’évolution des charges en capital en fonction de la probabilité de défaut.


(*)

(*) Charges en fonds propres

Comme UL est couverte par un niveau suffisant de capital économique, le graphique ci-
dessus représente donc l’évolution de celle-ci en fonction de PD ou EDF. Ces courbes ont été
établies pour un niveau fixe de LGD (45% dans ce cas).

 La sous-additivité : cette propriété stipule, contrairement à EL que, les UL de


chaque actif ne sont pas additifs, autrement dit :
ULportefeuille << Σ ULactifs ∈ portefeuille

41
CHAPITRE PREMIER : LA NOTION DE RAROC

Explication : nous avons : UL p = ∑∑ UL .UL .ρ i j ij tel que ρij est la corrélation de défaut entre
i j

l’actif i et j.
On a UL p = ∑∑ UL .UL .ρi j ij ≤ ∑∑ ULi .UL j .ρ ij (0≤ ρij ≤1) et (ULi≥0 ∀i).
i j i j

En utilisant la propriété ρij ≤1, on aboutit à : ∑∑ ULi .UL j .ρ ij ≤ ∑∑ ULi .UL j =


i j i j

∑∑
i j
ULi . UL j = ∑
i
ULi .∑ j
UL j = ( ∑ i
ULi )² < ∑ [ UL ]² (inégalité
i
i de Cauchy), on

obtient donc : ∑ [ UL ]² = ∑ UL
i
i
i
i

Ce qui nous mène à : UL p = ∑∑ UL .UL .ρ


i j
i j ij << ∑ UL
i
i

Diminuer ULp revient à diminuer ρij, il s’agit bien d’une minimisation des risques
diversifiables entre les actifs du portefeuille, il n’en restera à la fin que des risques
spécifiques.
Risk contribution (RCi) est la quote-part d’unexpected loss portée dans le portefeuille, compte
tenu de la diminution enregistrée grâce à la prise en compte de l’effet portefeuille.
∂UL p
Nous avons donc : RC i = ULi et UL p = ∑ RC i
∂ULi i

Nous avons exposé tout au long de ce chapitre, la notion de Raroc avec ses différents
paramètres. Cependant il ne faut pas omettre que Raroc n’est pas seulement une formule ;
c’est tout un processus, avec des étapes et des conditions d’application. Le chapitre suivant va
s’intéresser à l’exposition de ce processus et à l’évaluation de Raroc.

42
CHAPITRE DEUXIEME :
LE PROCESSUS RAROC
CHAPITRE DEUXIEME : LE PROCESSUS RAROC

Ce chapitre s’intéressera à l’étude de Raroc en tant que processus : d’une part en tant
qu’analyste du couple risque-rentabilité dans un portefeuille de crédit, d’autre part en tant
qu’outil d’aide à la décision. Pour pouvoir entamer ces deux aspects, nous introduirons des
concepts relatifs à la mesure du risque et la contribution en risque. Nous aborderons par la
suite la problématique de mise en place d’un tel outil, en exposant les éléments nécessaires
pour édifier le processus d’intégration de Raroc. En fin nous mettrons en valeur les points
forts et faibles de Raroc.

Ce chapitre comportera donc quatre sections :

Section 1 : L’apport des RAPM ;


Section 2 : Raroc outil d’aide à la décision ;
Section 3 : La mise en place de Raroc ;
Section 4 : Raroc- points forts et points faibles.

Section 1: L’apport des Risk Adjusted Performance


Measurement (RAPM)

Raroc est un outil appartenant à la famille des RAPM, donc ce qui serait vrai pour
RAPM, le sera forcément pour Raroc. Cette section s’intéressera à expliciter l’intérêt d’une
telle mesure pour un portefeuille de crédit.

1. Mesure de risque :

La distribution de perte du portefeuille de crédits offre une multitude d’informations,


surtout en matière de mesure de risque. Parmi ceux-ci, on peut citer :

1.1. La valeur en risque crédit – Credit Var :

Elle peut être définie comme le quantile α de la perte L (t) telle que ;
Credit Var (α) = {L / P [L (t) ≤ L] ≥ α}

1.2. Le regret espéré – Expected regret :

Il s’agit de l’espérance de la perte au-delà d’un certain seuil L :


ER ( L ) = E [L (t) / L (t) ≥ L ]

43
CHAPITRE DEUXIEME : LE PROCESSUS RAROC

1.3. La valeur en risque conditionnelle – Expected Shortfall :

C’est un cas particulier de ER, dans ce cas le seuil correspond à Credit Var :
ES (α) = E [L (t) / L (t) ≥ Credit Var (α)]

1.4. Unexpected loss:

C’est la différence entre la valeur en risque et la perte moyenne :


UL (α) = Credit Var (α) − Ε [L (t)]

La mesure la plus utilisée en risque de crédit est la perte inattendue, du moment que la
perte moyenne est couverte par un niveau suffisant de provisionnement.

2. Contribution en risque :

Ce point est très important dans l’appréciation du risque au niveau individuel, nous
avons vu au chapitre précédent que l’unexpected loss est dotée d’une propriété de sous-
additivité, il nous est donc incontournable de passer par la contribution en risque :
Pour commencer, considérons une mesure de risque (déduite évidemment de la distribution de
pertes), nous la noterons : Risk et elle dépendra des expositions xi , telle que :

Risk := Risk(x1, …, xI).

La façon triviale pour calculer la contribution en risque de la ième créance, est d’effectuer la
différence entre la mesure du risque avec cette créance et sans celle-ci, cela veut dire que :

RC (i) = Risk (x1, …, xi-1 , xi , xi+1, …,xI) – Risk (x1, …, xi-1 , xi+1, …,xI).

RC (i) est appelée « discrete marginal contribution » par Koyluoglu et Stocker en 2002.
La notion de contribution peut être généralisée pour un ensemble de créances A, tel que :

RC (A ) = Risk – Risk (xi ∉ A ).

3. La nécessité de la mise en place d’une RAPM :

La RAPM est une mesure intégrant les deux aspects :

- Le risque ;
- Le rendement ;

44
CHAPITRE DEUXIEME : LE PROCESSUS RAROC

Pour montrer la portée de ces deux aspects dans un portefeuille de crédits, nous donnons
l’exemple suivant1 :

Soit un portefeuille composé de 500 créances, de nominal égal à 1000 € et de maturité égale à
5 ans. La répartition en fonction du rating est la suivante :

Rating AAA AA A BBB BB B CCC


Nombre de créances 5% 15% 20% 30% 15% 10% 5%
Dans cet exemple le rendement sera le spread par rapport à un taux de référence (Euribor par
exemple).
Le tableau ci-dessous, reportera le spread annuel par rapport à l’Euribor, cela en points de
base et selon le rating, on explicitera la moyenne et la volatilité de ce spread (en points de
base) :

Rating AAA AA A BBB BB B CCC


µ (spread) 32 52 68 116 265 443 826
σ (spread) 9 18 19 25 52 105 223

Ce tableau nous permet de conclure que :

Coté risque : les ratings les plus bas représentent les contributions les plus élevées ;
Coté rendement : les ratings les plus bas offrent les spreads les plus élevés.

Nous aboutissons donc au résultat : seul le risque est rémunéré. Cette conclusion nous
oriente à définir la RAPM : il s’agit d’une mesure de performance ajustée au risque : Risk
Adjusted Performance Measurement (RAPM).

RAPM est définie telle que :


(Taux de référence1 + Spread)
RAPM = 2
Risk
Nous remarquons bien que cette mesure met en valeur une mesure de rendement rapportée
à une mesure de risque.

Pour une créance i, d’exposition xi , prise isolément, on obtient (en ce qui s’en suit, nous
noterons : spread : Sp et taux de référence : Euribor) :
xi . (Euribor + Sp(i))
RAPM (i ) =
Risk(xi )

N’oublions pas que lorsqu’une opération (un crédit, par exemple) est envisagée, elle vient
pour s’ajouter à d’autres opérations ; nous nous intéresserons donc aux mesures suivantes :
1
Adapté de : T. RONCALLI, La Gestion des Risques Financiers, Ed. ECONOMICA, Paris, 2004, Chapitre 8.
2
Ce taux est généralement un taux sans risque tel que l’Euribor.

45
CHAPITRE DEUXIEME : LE PROCESSUS RAROC

∑ x .(Euribor + Sp(i))
i =1
i
RAPM ( xi ,..., x I ) =
Risk ( xi ,..., x I )

xi . (Euribor + Sp(i))
Et : RAPM (i ; xi ,..., x I ) =
RC (i )

Nous remarquons bien que le dénominateur (au niveau individuel) est la contribution
en risque de la créance et non pas sa VaR ; ce-ci implique que la mesure de performance
intègre l’effet de la diversification du portefeuille.
xi . (Euribor + Sp(i))
Posons: Risk (xi) :=VaR (i)  RAPM (i ) =
VaR(i )
Si on établirait le rapport RAPM (i ; xi ,..., x I ) / RAPM (i) , on aura :

RAPM (i ; xi ,..., x I ) VaR (i )


=
RAPM (i ) RC (i )
Comme VaR (i) ≥ RC (i), RAPM (i ; xi ,..., x I ) est plus importante que RAPM (i) .

RAPM est une mesure qui permet d’analyser le couple risque rentabilité au sein d’un
portefeuille de crédits, mais est-ce qu’elle sera fiable pour la gestion de portefeuille de crédits
proprement dite ? On apportera des réponses à cette interrogation dans la dernière section de
ce chapitre.

Section 2 : Raroc outil d’aide à la décision

Le rendement des fonds propres économiques sert à évaluer une opération dont la
réalisation éventuelle est envisagée par la banque. Cependant, il ne faut pas omettre que cette
opération vient s’ajouter à des milliers d’autres opérations réalisées auparavant. Il est donc
nécessaire de connaître les caractéristiques de cette opération, à savoir : sa VaR et la règle de
décision basée sur le rendement des fonds propres économiques.

Pour expliciter ces idées, nous allons dérouler la simulation suivante1 qui suppose un
portefeuille de n opérations ; la problématique étant d’exécuter la n+1ème opération ou non,
cela tout en étudiant son impact sur la VaR, la valeur de la banque, la valeur des fonds propres
et à l’utilité des actionnaires ou des dirigeants.

1
Adaptée de : J. MATHIS, FONDS PROPRES ECONOMIQUES « RAROC » ET GESTION BANCAIRE,
CEREG, Université Dauphine.

46
CHAPITRE DEUXIEME : LE PROCESSUS RAROC

L’hypothèse de normalité posée dans cet exemple n’altérera pas le raisonnement construit, du
moment que cette hypothèse est introduite pour simplifier l’estimation de la VaR et n’aura pas
un impact sur les règles de décision.

1. Caractéristiques d’une opération marginale :

Pour des raisons de simplification, nous supposerons qu’il n’y ait qu’une seule période ; nous
aurons donc deux dates :
- La date 0 : l’opération est décidée ;
- La date 1 : le revenu de celle-ci est perçu.
A la date 0 : on a n opérations réalisées, le problème est de savoir est-ce qu’il faut réaliser
l’opération n+1 ou non.
Les caractéristiques du portefeuille aux dates « 0 » et « 1 » sont récapitulées au tableau
suivant :

A la date « 0 » A la date « 1 »
Nombre d’opérations n n+1
n n +1
Cash flows CF A = ∑ CFi CFB = ∑ CF i
i =1 i =1
n n +1
Dettes DA = ∑ Di DB = ∑D i
Financement i =1 i =1
des Fonds n n +1
opérations propres TA = ∑ Ti TA = ∑T i
i =1 i =1
Coût de la dette Rf Rf
Richesse de la banque WA=CFA-DA (1+ Rf) WB=CFB-DB (1+ Rf)
(richesse initiale = W0)

L’opération n+1 correspond à un investissement In+1 financé par la dette Dn+1 et les fond
propres Tn+1, telle que : In+1=Dn+1+Tn+1.

1.1. La VaR :

Elle constitue l’intervalle de confiance autour de l’espérance de l’augmentation de la


richesse attendue de l’opération n+1.

VaR = E (WB-WA) = E (WB) – E (WA) = E [CFB-DB (1+ Rf)] – E [CFA-DA (1+ Rf)]

L’opération n+1 augmente l’écart type de la richesse de : σ (WB) - σ (WA). Mais comme les
versements aux créanciers sont certains (seuls les cash flows sont aléatoires) nous obtenons :

σ (WB) - σ (WA) = σ (CFB) - σ (CFA)

47
CHAPITRE DEUXIEME : LE PROCESSUS RAROC

La VaR correspond à la mesure de l’accroissement du risque global de la banque lié à


une nouvelle opération et non pas le risque de celle-ci prise isolément.
La VaR est un multiple de la différence : σ (CFB) - σ (CFA), ce multiple dépend du seuil de
confiance choisi, on écrira donc :
VaR = u . [σ (CFB) - σ (CFA)]

Pour calculer la VaR :


n
n
On a: σ² (CFA) = cov(CFA , CFA) = cov(CFA , ∑ CF ) = i ∑ cov( CF
i =1
A , CF i )
i =1
L’écart type de CFA peut s’écrire:
n

∑ cov( CF A , CFi )
σ (CFA) = i =1
σ ( CF A )
cov( CF A , CFi )
La contribution moyenne de l’opération i est donc :
σ ( CF A )

La contribution marginale de l’opération n+1 s’obtient ainsi :

On a: σ (CFB) = σ (CFA+CFn+1) = cov(CF A + CFn +1 , CF A + CFn +1 )


= σ 2 (CF A ) + cov(CF A , CFn +1 ) + cov (CFn +1 , CFB )
cov(CF A , CFn +1 ) + cov (CFn +1 , CFB )
=σ (CFA). 1 +
σ 2 (CF A )
En effectuant un développement limité de la fonction 1 + X à l’ordre 1, on obtient: 1+(1/2).X
cov(CFA , CFn +1 ) + cov (CFn +1 ,CFB )
Posons : X = 
σ 2 (CFA )
cov(CF A , CFn +1 ) + cov (CFn +1 , CFB )
σ (CFB) ≅ σ (CFA). [ 1 + 12 . ]
σ 2 (CF A )
cov(CF A , CFn +1 ) + cov (CFn +1 , CFB )
= σ (CFA) + 1
.
2
σ (CF A )
1 cov(CF A + CFB , CFn +1 + CFn +1 )
= σ (CFA) +
σ (CF A ) 2
1 cov(CF A + CFB , 2.CFn +1 )
= σ (CFA) +
σ (CF A ) 2
1 CF A + CFB
= σ (CFA) + . cov( , CFn +1 )
σ (CF A ) 2
La contribution marginale à l’écart type est :
1 CF A + CFB cov(CFA ,CFn+1 )
σ (CFB) - σ (CFA) ≅ .cov( ,CFn+1 ) ≅
σ (CF A ) 2 σ (CFA )
La dernière approximation nous mène à la contribution moyenne ; les contributions moyennes
et marginales peuvent être confondues dans le cas où CFA est proche de CFB.
La dernière expression peut s’écrire en fonction des taux de rendement :

48
CHAPITRE DEUXIEME : LE PROCESSUS RAROC

CFn +1 − D n +1 ( 1 + R f ) − Tn +1
TIRfp(n+1) =  le taux interne de rendement du financement de
Tn +1
l'investissement en fonds propres de l'opération n+1 envisagée.

CF A − D A ( 1 + R f ) − W0
RfpA =  rendement des fonds propres en absence de l’opération n+1 en
W0
valeur de marché.
CFA est donc égal à : W0. RfpA + D A ( 1 + R f ) + W0
Et : CFn+1 à: Tn+1 . TIRfp(n+1) + Dn +1 ( 1 + R f ) + Tn +1
cov(CF A , CFn +1 ) cov(R fpA ,Tn +1 . TIR fp(n +1) )
 σ (CFB) - σ (CFA) ≅ =
σ (CF A ) σ (R fpA )
cov(R fpA ,TIR fp(n + 1) )
= Tn+1
σ (R fpA )

1.2. Le rendement des fonds propres économiques :

La VaR reçoit souvent1 l’appellation de fonds propres économiques, ce-ci est valable
lorsqu’elle se trouve au dénominateur d’un indicateur de performance. Le numérateur est
choisi selon le taux rendement qu’il soit brut ou net. Lorsqu’on est au 2ème cas ; on affecte aux
fonds propres investis le taux sans risque Rf.

Le taux de rendement brut des fonds Le taux de rendement net des fonds propres
propres économiques économiques

E( CFn +1 ) − D n +1 .( 1 + R f ) − Tn +1 E( CFn +1 ) − ( D n +1 + Tn +1 )( 1 + R f )
cov(CF A , CFn +1 ) cov(CF A , CFn +1 )
u. u.
σ (CF A ) σ (CF A )
E( CFn +1 ) − D n +1 .( 1 + R f ) − Tn +1 E( CFn +1 ) − ( D n +1 + Tn +1 )( 1 + R f )
= =
cov(R fpA ,TIR fp(n +1) ) cov(R fpA ,TIR fp(n +1) )
Tn +1 Tn +1
σ (R fpA ) σ (R fpA )

L’utilisation de Raroc fait généralement appel au taux de rendement net ; la règle de décision
est de réaliser l’opération si le taux de rendement des fonds propres économiques est
supérieur à un certain seuil.

2. Contribution d’une opération à la valeur de la banque ou la valeur des


fonds propres :

Pour ce faire, nous introduirons les notions des valeurs de la banque et des fonds propres :

1
Concernant le risque de crédit, les fonds propres économiques = VaR – expected loss. Dans cet exemple on a
posé l’hypothèse de normalité des rendements pour simplifier.

49
CHAPITRE DEUXIEME : LE PROCESSUS RAROC

2.1. Valeurs de la banque, des fonds propres et indifférence au mode de


financement :

Une opération n+1 consiste à investir un montant I à la date 0 pour en récupérer des
flux de liquidité à la date 1. L’investissement peut être financé par des fonds propres T ou par
des dettes D.
I=T+D

La valeur de la banque est la valeur des flux de liquidité hors impôts qu’elle
engendrera dans le futur. Pour simplifier on va négliger les impôts. Un investissement est
réalisé si l’augmentation de la valeur de l’entreprise qui en résulte > coût de l’investissement ;
tout simplement si sa valeur actuelle nette est positive :
E( CF )
VAN = − I + >0.
1 + E( R )
E(R) est le taux d'évaluation du marché des flux de liquidités de même risque que CF.

Le taux d’évaluation qui annule la VAN est le TIR (taux interne de rendement) :

E( CF ) CF − I
−I + =0, le TIR sera donc égal à :
1 + E( TIR ) I

Une opération doit être réalisée ssi :


E( CF )
VAN = − I + >0
1 + E( R )
……………………(*)
E(TIR) > E(R)

Les actionnaires de leur part ont financé l’investissement et contracté une dette D, la
valeur de marché des fonds propres (FP) est la différence entre la valeur de la banque et les
dettes :
E( CF )
FP = -D
1 + E( R )

L’augmentation de la richesse des actionnaires est la différence entre la valeur de marché des
fonds propres et le financement qu’ils ont consenti :

E( CF ) E( CF )
FP - T = -D– T= -I
1 + E( R ) 1 + E( R )

 L’augmentation de la richesse des actionnaires est égale à la valeur actuelle nette de


l’investissement.

Dans la mesure où le calcul de la valeur actuelle nette ne fait pas intervenir la structure
du financement (c'est-à-dire le partage de I entre T et D), on retrouve le théorème de

50
CHAPITRE DEUXIEME : LE PROCESSUS RAROC

Modigliani-Miller selon lequel, en l'absence de fiscalité, la décision d'investir, prise par les
actionnaires (ou en leur nom), est indépendante de la nature du financement, dette ou fonds
propres.

Lés inégalités (*) valent indifféremment pour l’augmentation de valeur de la banque


ou la richesse des actionnaires. Pour avoir la règle de décision pour les actionnaires on a qu’à
mettre en valeur le montant T financé par les actionnaires. Le flux de liquidité généré à la
date 1 est : E (CF) – D (1+Rf) :
Pour le taux d’évaluation ça sera Rfp et le TIR sera TIRfp :

E( CF ) − D( 1 + R f )
>T
1 + E( R fp )
Et: E (TIRfp)>E (Rfp)

On est bien d’accord que, le TIR est le taux d’évaluation qui annule la VAN, donc si on
remplace E (Rfp) par E (TIRfp) on aura :

E( CF ) − D( 1 + R f ) E( CF ) − D( 1 + R f ) CF − D( 1 + R f ) − T
−T = 0  = T  TIR fp =
1 + E( TIR fp ) 1 + E( TIR fp ) T

2.2. Le taux d’évaluation et le modèle d’équilibre des actifs financiers


(MEDAF) :

Le taux auquel le marché évalue les flux de liquidité espérés par la banque CF, ou
perçus par les actionnaires E (CF) – D(1+Rf) peut être tiré du MEDAF :

E(R) = Rf + β (E(Rm) – Rf) = Rf + β PRm


E(Rfp) = Rf + βfp (E(Rm) – Rf) = Rf + βfp PRm

Où :
Rf Le taux sans risque
E (Rm) Le rendement espéré du portefeuille du marché
β Mesure de risque attachée au flux E(CF)
βfp Mesure de risque attachée au flux E(CF) – D(1+Rf)
PRm Prime de risque de marché

Les inégalités (*) deviennent :

E( CF )
>I
1 + R f + β .PR m
Et: E (TIR)> β.PRm+ Rf

51
CHAPITRE DEUXIEME : LE PROCESSUS RAROC

Et pour les actionnaires :

E( CF ) − D( 1 + R f )
>T
1 + R f + β fp .PR m
Et: E (TIRfp)> βfp.PRm + Rf

3. La contribution d’une opération à l’utilité des actionnaires ou des


dirigeants :
3.1. Conflits d’agence et investisseurs mal diversifiés :

Les dirigeants de la banque sont tenus d’oeuvrer dans l’intérêt des actionnaires.
Certains conflits peuvent intervenir entre les intérêts des actionnaires et des dirigeants.
L’existence de ces conflits et leur résolution a permis la mise en place de la théorie de
l’agence.

En effet, le dirigeant est l’agent de l’actionnaire qui est le principal. La


régulation de la relation principal – agent engendre ce que l’on appelle coûts d’agence,
ceux-ci diminuent la valeur de l’entreprise.
Parmi ces conflits d’intérêts, il en existe un qui fonde l’utilisation de Raroc. Les dirigeants de
la banque peuvent être sensibles au risque non systématique de perte, d’une diminution
importante du résultat, ou la faillite dans le cas le plus défavorable. On a constaté
précédemment que pour réaliser une opération, il fallait qu’elle présente une espérance des
flux de liquidité, évaluée au taux de marché pour cette classe de risque, soit suffisante pour
augmenter la valeur de la banque et donc la richesse des actionnaires. Il est clair qu’aucune
allusion au risque non systématique n’a été faite.
Le marché ne valorise qu’une partie du risque de faillite : celle qui est reliée à la corrélation
entre la rentabilité de la banque et le portefeuille de marché. L’opération envisagée peut
présenter un risque non systématique : la variabilité de la rentabilité non corrélée avec le
portefeuille de marché ; un tel risque n’est pas valorisé par le marché parce qu’il est éliminé
par un actionnaire bien diversifié.
Les dirigeants de la banque ne peuvent pas rester indifférents face à ce risque ; même si
l’opération envisageable contribue à l’augmentation de la richesse des actionnaires. Ce type
de conflit s’illustre surtout au secteur bancaire : la prise de risque excessive sur un nombre
limité d’opérations est susceptible d’engendrer des pertes au-delà des fonds propres et cela en
peu de temps.

La théorie standard de la maximisation de la valeur néglige deux aspects fondamentaux :


- Le risque non systémique.
- La diversification au niveau des actionnaires.

52
CHAPITRE DEUXIEME : LE PROCESSUS RAROC

3.2. Utilité des dirigeants ou actionnaires mal diversifiés :

La fonction d’utilité pour les dirigeants et les actionnaires mal diversifiés est telle que :

b
U = W0 . [E(1+Rp)- σ²(1+Rp)]
2
Rp est le taux de rendement des fonds propres dans le cas de la fonction d'utilité du
dirigeant, et du portefeuille de l'investisseur dans le cas de la fonction d'utilité de l'actionnaire
mal diversifié.

Les raisons de choisir une telle fonction d’utilité sont : sa simplicité et sa facilité
d'interprétation: l'utilité dépend du taux de rendement espéré et du risque mesuré par la
variance du rendement. Ce taux de rendement est le taux de croissance futur de la richesse de
la banque ou de l'investisseur. La présence de W0 est sans conséquence dans le cas d'une
période unique, puisqu'il s'agit alors d'une constante qui n'influe pas sur la représentation des
choix associés à la fonction d'utilité. Elle permet cependant, de faire apparaître la richesse et
les flux de liquidités plutôt que les taux de rendement. En effet, U peut encore s'écrire:
b
U = E(W)- σ²(W)
2W0

3.3. Contribution d'une opération à l'utilité des dirigeants ou des actionnaires :

Bien que, banque et investisseur aient la même fonction d’utilité le contenu de W0


change :
Banque Investisseur
W0 WA Richesse générée par n opérations Richesse générée par les n titres

Dans les deux cas, une opération n+1 est envisagée pour ramener la richesse de WA à WB.
b b
UB -UA = [E(WB)- σ²(WB) ] - [E(WA)- σ²(WA) ]
2W0 2W0
b
= E(WB) - E(WA) - [σ²(WB) - σ²(WA)]
2W0
σ²(WB) peut être linéarisée autour de σ²(WA) :
σ²(WB) ≅ σ²(WA)+ 2. σ(WA)[ σ(WB) - σ(WA) ]

σ (WA )
UB -UA ≅ E(WB) - E(WA) – b. [σ(WB) - σ(WA)]
W0

Calculons σ(WB) - σ(WA) :

Pour la banque, c’est déjà fait : il s’agit de la valeur à risque 


cov(R fpA ,TIR fp(n + 1) )
σ(WB) - σ(WA) = Tn+1
σ (R fpA )

53
CHAPITRE DEUXIEME : LE PROCESSUS RAROC

cov(R InvA ,TIR fp(n +1) )


Pour l’investisseur: σ(WB) - σ(WA) = Tn+1
σ (R InvA )
Les taux de rendement de la banque ou du portefeuille d’investisseur ne sont pas identiques
avant la réalisation de l’opération n+1. Cependant les TIRfp sont égaux.
σ (WA )
Passons à présent au calcul de b :
W0
σ (WA ) σ ( W A − W0 ) W A − W0
b =b = b σ[ ] = bσ (RfpA) pour la banque
W0 W0 W0
Et : bσ (RInvA) pour l’investisseur.

La variation de l’utilité induite par l’opération n+1 est :


E (CF) – D (1+Rf) – bT cov(RfpA,TIRfp) pour la banque
E (CF) – D (1+Rf) – bT cov(RInvA,TIRfp) pour l’investisseur.

3.4. Règles de décision :

La variation de l’utilité est positive si et seulement si :

E( CF ) − D( 1 + R f )
> T ou E (TIRfp)> b.cov(RfpA,TIRfp)  banque……..(**)
1 + R fp + b. cov( R fpA ,TIR fp )
E( CF ) − D( 1 + R f )
> T ou E (TIRfp)> b.cov(RInvA,TIRfp)  investisseur mal diversifié
1 + R fp + b. cov( R InvA ,TIR fp )

E( CF ) − D( 1 + R f )
> T ou E (TIRfp)> βfp.PRm + Rf
1 + R f + β .PR m

4. Interprétation du rendement des fonds propres économiques :

Nous pourrions à présent discuter de la pertinence des taux de rendement brut et net des fonds
propres économiques, rappelons les :
E( CFn +1 ) − D n +1 .( 1 + R f ) − Tn +1
TRB éco =
cov(R fpA ,TIR fp(n +1) )
Tn +1
σ (R fpA )
E( CFn +1 ) − ( D n +1 + Tn +1 )( 1 + R f )
TRN éco =
cov(R fpA ,TIR fp(n +1) )
Tn +1
σ (R fpA )

La règle décision consiste à comparer TRBéco et TRNéco avec un seuil bien défini.
Nous nous intéresserons à apporter une justification théorique à cette règle ; on abordera après
la problématique de l’affectation des fonds propres économiques et on testera l’hypothèse :
peut-il y avoir une identité entre fonds propres et fonds propres économiques ?

54
CHAPITRE DEUXIEME : LE PROCESSUS RAROC

4.1. Justification des fonds propres économiques :

L’inégalité (**) fait intervenir le risque systématique associé à l’opération n+1 :

E( CF ) − D( 1 + R f ) − T .( 1 + R fp + b. cov( R fpA ,TIR fp ))


(**) ⇔ >0
1 + R fp + b. cov( R fpA ,TIR fp )
⇔ E( CF ) − D( 1 + R f ) − T .( 1 + R fp + b. cov( R fpA ,TIR fp )) > 0

⇔ E( CF ) − ( D + T )( 1 + R f ) − T .b. cov( R fpA ,TIR fp ) > 0

E( CF ) − ( D + T )( 1 + R f )
⇔ >1
T .b. cov( R fpA ,TIR fp )

E( CF ) − ( D + T )( 1 + R f )
⇔ >b
T . cov( R fpA ,TIR fp )
σ ( R fpA )
En multipliant l’inégalité par , on obtient :
u

E( CF ) − ( D + T )( 1 + R f ) σ ( R fpA )
>b ……..(***)
cov( R fpA ,TIR fp ) u
uT
σ ( R fpA )

Nous constatons que le terme à gauche de l’inégalité est bien le taux de rendement net
des fonds propres économiques. Cette règle qui consiste à imposer un seuil au taux de
rendement des fonds propres économiques est cohérente avec la maximisation de la valeur de
la banque.

L'expression ci-dessus fait apparaître que ce seuil n'est pas indépendant de l'écart-type du taux
de rendement des fonds propres à la date de la prise de décision. Ceci provient du fait que,
dans une fonction d'utilité moyenne-variance, le taux de substitution entre le rendement et le
risque n'est pas constant. Plus le risque est important, plus un même supplément de risque
demande, pour être compensé, un supplément de rendement plus important. Le graphique ci-
après illustre cet effet.

55
CHAPITRE DEUXIEME : LE PROCESSUS RAROC

Figure 3.1. L’utilité moyenne-variance.

Rendement

Ecart-type

Cependant, le risque de l'ensemble du bilan de la banque, mesuré par σ(RfpA), ne se modifie


sans doute que lentement, de sorte que sur une courte période, par exemple de l'ordre de
quelques mois, le seuil de rentabilité des fonds propres économiques peut être considéré
comme constant et s'appliquer à toutes les opérations de la banque.
Pour l’investisseur, la règle de décision est :

b
TRNéco > σ ( R InvA )
u

Le respect du seuil ci-dessus ne peut constituer une règle de décision que lorsqu'un
seul actionnaire est capable d'imposer la décision (c'est souvent le cas d'un noyau dur),
puisque le seuil qui s'applique au taux de rendement des fonds propres économiques dépend
du risque du portefeuille de l'actionnaire et de son degré d'aversion vis-à-vis du risque; il ne
peut être commun à plusieurs actionnaires.

4.2. Allocation du risque ou allocation des fonds propres :

Raroc n'alloue pas des fonds propres mais du risque, au sens de la valeur à risque. En
conséquence, il n'est pas possible d'obtenir une écriture du type "taux de rendement brut =
taux sans risque + marge". Ceci provient de ce que, dans l'expression du taux de rendement
net, les fonds propres qui interviennent dans le calcul du résultat au numérateur, T, diffèrent
des fonds propres économiques au dénominateur :

56
CHAPITRE DEUXIEME : LE PROCESSUS RAROC

cov( R fpA ,TIR fp )


uT
σ ( R fpA )
De sorte qu'il n'est pas possible d'isoler Rf à gauche du signe inégal de (***) pour le transférer
à droite. Il est cependant possible d'affecter à une opération des fonds propres égaux aux
fonds propres économiques, c'est-à-dire de choisir T tel que:

cov( R fpA ,TIR fp ) cov( R fpA ,TIR fp ) 1


T = uT , soit : =
σ ( R fpA ) σ ( R fpA ) u

Les taux internes de rendement des fonds propres apportés, T, et de l'investissement, I=T+D:
E( CF ) − D( 1 + R f ) − T E( CF ) − T + D
TIR fp = et TIR =
T T +D
Sont en effet liés par la relation de l'effet de levier:
D
TIR fp = TIR + ( TIR − R f ).
T
cov( R fpA ,TIR fp ) T + D cov( R fpA ,TIR )
de sorte que: =
σ ( R fpA ) T σ ( R fpA )
L'égalité des fonds propres et des fonds propres économiques s'obtient alors en choisissant T
de telle sorte que:
T cov( R fpA ,TIR )
= u.
T+D σ ( R fpA )
C’est-à-dire en choisissant un ratio fonds propres/investissement proportionnel au
risque de l'opération, mesuré par sa covariance avec les fonds propres de la banque et non
avec le marché.

En dehors de ce choix, le seuil de rentabilité brut des fonds propres économiques ne peut être
défini comme le taux sans risque augmenté d'une marge.
L'allocation de fonds propres égaux aux fonds propres économiques n'a cependant pas de
justification claire. En effet, la règle de décision fondée sur l'augmentation de l'utilité des
dirigeants ou de l'actionnaire mal diversifié est indépendante de la structure du financement.

Ainsi, dans le cas de l'utilité de la banque, la variation de l'utilité liée à la réalisation de


l'opération n+1 : E( CF ) − ( D + T )( 1 + R f ) − bT cov( R fpA ,TIR fp ) , est indépendante de la structure du
financement, dans la mesure où, compte tenu de la relation de l'effet de levier:
T cov( R fpA ,TIR fp ) = cov( R fpA ,TIR ) , est indépendant de T.

Raroc est un taux de rendement net des fonds propres économiques, il sert à
sélectionner les opérations fructifiant la valeur de la banque ou la richesse des actionnaires : il
s’agit bien d’un outil d’aide à la décision dans l’activité de crédit.

57
CHAPITRE DEUXIEME : LE PROCESSUS RAROC

Section 3 : La mise en place de Raroc

Nous avons abordé précédemment les aspects théoriques de Raroc. Maintenant, nous
nous intéressons à l’application d’une telle méthode, nous exposerons tout au long de cette
section : les différentes utilisations de Raroc et les « ingrédients » nécessaires pour la mise en
place de celui –ci.

1. Utilisation de Raroc :

Nous avons constaté précédemment que, Raroc est en même temps outil de gestion du
portefeuille de crédit et d’aide à la décision (sélection des transactions profitables). Il peut
donc être un outil transactionnel ou de gestion :

1.1. Raroc transactionnel :

Il est lié directement à la demande de crédit. Dans ce cas on estimera de manière ex-
ante la profitabilité d’une opération. Les données utilisées seront donc prévisionnelles, elles
seront estimées par le secteur commercial.
Plusieurs banques utilisent des outils basés sur la méthodologie Raroc. La mise en œuvre est
effective sur plusieurs niveaux :
Au niveau global : L’action commerciale va effectuer une segmentation de la clientèle,
elle proposera par la suite une offre personnalisée à sa clientèle et cela, vu la profitabilité du
client.
Au niveau individuel : le commercial disposant d’un outil de type Raroc calibré peut
prendre en compte l’environnement concurrentiel, pourra proposer une offre personnalisée à
son client dans des délais records.

1.2. Raroc – outil de gestion :

Il permet de réaliser un reporting régulier des niveaux de risques, donc un meilleur


contrôle de ces derniers. L’analyse est bien évidemment réalisée de façon ex-post sur des
données effectivement constatées (récupérées du système d’information des engagements).

Pour que Raroc soit un outil fiable de risk management, il faudra faire attention aux données
utilisées car les résultats sont excessivement sensibles à certaines données. Cependant si
celles-ci sont fiables, on pourra générer une série de reportings et de gérer les limites de
concentration ou de consommation en coût du risque. Ces reportings peuvent être exploitées

58
CHAPITRE DEUXIEME : LE PROCESSUS RAROC

dans les procédures budgétaires ; on pourra allouer les budgets en fonction de la performance
économique des différents départements ou définir leurs objectifs sur des critères Raroc.

Ces deux approches, bien qu’elles paraissent opposées, sont complémentaires. Nous
pouvons le constater au tableau ci-dessous :

Tableau 3.1. Raroc transactionnel VS outil de gestion.

Raroc Raroc outil de


transactionnel gestion
Transactionnel Client
Champ d’application Client Groupe
Portefeuille
Fréquence Demande de crédit Mensuelle ou trimestrielle
Horizon Ex ante sur la durée des Ex post sur un an
engagements
Type de données Prévisionnelles Réelles
Alimentation de la Manuelle Automatique
base de données
Détail Fin Grossier

2. Les « ingrédients » de Raroc :

Raroc nécessite la réunion de plusieurs moyens, nous les avons classés en moyens humains et
logistiques :

2.1. MOYENS HUMAINS :

Il s’agit d’avoir d’un staff maîtrisant les concepts suivants :

- Réglementation : il est inévitable de connaître les contraintes règlementaires qu’il


faut en tenir compte lors de l’application d’un procédé managérial.

- Gestion des risques : cela est nécessaire dans la phase de la modélisation des
risques ;

- Contrôle de gestion : l’estimation des Raroc individuels nécessite la connaissance


des spreads et des charges associés à chaque opération du portefeuille ;

- Gestion de portefeuille : les notions de maximisation de l’utilité, le MEDAF,...etc.


sont nécessaires lors de l’estimation de Raroc au niveau du portefeuille ;

59
CHAPITRE DEUXIEME : LE PROCESSUS RAROC

- Gestion des bases de données : car nous aurons affaire à un nombre fastidieux
d’opérations, la maîtrise des éditeurs de bases de données est donc nécessaire, surtout pour
le cas de Raroc où l’alimentation des bases doit être très prudente.

2.2. MOYENS LOGISTIQUES :

- La mise en place d’un système de notation : il est indispensable pour


l’élaboration et l’application d’un tel modèle ; la notation fournit une information
synthétique facile à interpréter : elle permet de connaître la situation de l’entreprise à une
date t et les probabilités de changement de cette situation vers le meilleur (up grading) ou
vers le pire (down grading).
Les difficultés pour l’élaboration de ce système sont des problèmes d’ordre pratique : la
collecte de l’information pour la constitution des historiques sur lesquels on calculera les
probabilités de défauts. En plus un tel travail impliquera des coûts importants pour la
banque. Ce travail doit s’effectuer en partageant le portefeuille selon des critères comme
le secteur d’activité ou la taille (corporate, retail) ; on posera certes l’hypothèse que des
contreparties ayants les mêmes caractéristiques doivent être notés similairement. Une fois
qu’on ait calculé les probabilités de défaut et générer la grille de notation (les classes de
risques) on pourra affecter une note à la contrepartie, cette note sera en fonction des
caractéristiques intrinsèques de l’entreprise. Il faudra réfléchir à actualiser la base de
donnée à une fréquence décidée par les administrateurs et cela pour que la note et
automatiquement la probabilité de défaut soient fiables et méritent bien leur place d’outils
d’appréciation du risque de crédit.

- Avoir une information comptable éclatée : la banque doit se doter d’un


comptabilité minutieuse, elle doit connaître combien gagne-t-elle sur tel crédit, ou
combien coûte tel crédit à la banque en matière de frais de personnel, de gestion,…etc. Le
problème de la détermination des coûts opérationnels pour chaque opération, afin de
déterminer la mesure de performance ajustée au risque se pose toujours.

- Avoir des directions de risque : il faut aller au-delà de la notion du suivi des
engagements et du provisionnement ex post, une telle direction appréciera le niveau de
risque sur le portefeuille de crédit globalement et la contribution en risque de chaque
opération, elle s’occupera de l’estimation de la PDF sur le portefeuille et d’en tirer les
conclusions.

60
CHAPITRE DEUXIEME : LE PROCESSUS RAROC

Figure 3.2. La corrélation entre les « ingrédients » de Raroc.

Moyens
Humains

Moyens
Logistiques

Il est évident que la réunion de ces moyens n’est pas gratuite ! Mais lorsqu’on pense à mettre
en place un tel outil, il faut garder à l’esprit qu’il s’agit bien d’un investissement, les coûts
engagés dans les premières années seront importants, mais ils vont être épongés lorsque le
procédé managérial arrivera à sa maturité.
Lorsqu’on veut appliquer Raroc ou n’importe quel autre outil de gestion, on est obligé de
passer par des étapes avant qu’on l’intègre au sein de la banque. Ces étapes dévoilent les
difficultés qui peuvent ralentir l’intégration : on pourra donc proposer des solutions à ceux-ci,
et cela au fur et mesure qu’on avance dans le processus d’intégration.
Si on brûle ces étapes, on affrontera toutes les difficultés simultanément ; d’ailleurs c’est ce
qui explique l’échouement de plusieurs outils managériaux poussés ; ces derniers ont été, tout
simplement, introduits brusquement.
Le processus d’assimilation d’un procédé managérial (Raroc en est un) est résumé dans la
figure suivante1 :

1
Brewer a procédé en 1996, au découpage du processus d’assimilation d’une innovation managériale en cinq
phases (acceptation et routinisation sont considérées comme une seule phase).

61
CHAPITRE DEUXIEME : LE PROCESSUS RAROC

Figure 3.3. Processus d’assimilation d’une innovation de gestion.

Initiation

Adoption

Adaptation

Acceptation

Routinisation

Intégration

La mise en place de Raroc est une tâche complexe. Cependant, si on respectait les consignes
citées dans cette section, nous aurons en main un outil de sélection des engagements.

Section 4: Raroc - points forts et points faibles

Bien qu’il s’agit d’une innovation de Banker’s Trust, bien qu’il est adopté par des
banques de renommée internationale telles que ING, BNP Paribas, Société Générale, …etc.
Raroc est à l’origine un outil statistique ; donc sensible aux aléas dus aux données. Il est aussi
basé sur des hypothèses qui peuvent être incompatibles avec les théories d’optimisation.
Nous présenterons donc à la première partie de la section les atouts de Raroc, la deuxième
partie sera consacrée logiquement aux limites de Raroc.

1. Les points forts :

Les succès de Raroc découle du fait que ses trois fonctions : moniteur, régulateur et opérateur
aient le pouvoir d’agir dans des rapports d’interdépendance mais de manière contrôlée.

1.1. Raroc moniteur

La mise en place d’un système d’inspiration libérale a incité les banques à s’acharner sur les
parts de marché, tout cela en négligeant l’activité clé des banques commerciales : le contrôle
et la gestion des risques. La performance était appréciée seulement par le volume d’opérations
ou le PNB qui représentaient les seuls vecteurs de pilotage. On pourrait parler de gestion des
risques qu’au début des années 1990 qui, connaissaient une hausse des défauts de paiement.

62
CHAPITRE DEUXIEME : LE PROCESSUS RAROC

La performance financière devait incorporer une dimension risque associée au résultat, qui
comptait lui seul pour l’appréciation de la performance.
Pour cela Raroc a contribué à ce changement de point de vue envers la performance, cela en
affichant le risque comme indicateur de performance dans les relations Banque-PME.
Il a permis d’injecter la culture risque au sein des pratiques des promoteurs commerciaux, cela
en leur permettant de se développer en devenant au fil du temps une production cognitive
collective dépassant les connaissances de quelques individus plus particulièrement
sensibilisés à cette question. Depuis, dans les banques, la logique professionnelle de
management du réseau ne repose plus sur un développement furieux et libre des parts de
marché mais sur une gestion déléguée du couple rentabilité-risque.

1.2. La fonction d’analyseur et de régulateur de Raroc

Devant la hausse effrénée des contentieux en matière de crédits aux PME (début des années
1990), les banques ont décidé de modifier le processus de traitement d’un dossier de crédit à
une PME. Dans le but de préserver une certaine indépendance entre le chargé d’affaires et la
clientèle, les banques ont adopté une politique de scission : l’évaluation du risque est attribué
à une cellule totalement isolée du client. Mais cette division a provoqué des difficultés de
communication entre le pôle risque et les promoteurs commerciaux, du moment que :
- Le pôle risque : cherche à éviter au profit de la banque tous les crédits risqués.
- Les promoteurs commerciaux : cherchent à fructifier le portefeuille de crédit.
Les décisions de ces deux parties étaient souvent opposées. Face à un tel dialogue qui,
devenait de plus en plus difficile, Raroc a joué un rôle de réconciliateur entre le commercial
et le risk-manager. Il a contribué à une compréhension réciproque. En procédant au calcul de
la rentabilité nette de risque client, Raroc permet d’éviter une réponse exclusive : décision
d’octroi ou refus d’octroi de crédit. Elle permet de ménager au chargé d’affaires une base de
négociation lui permettant d’entrer en relation sous la condition par exemple que le client
accepte de diminuer son exposition au risque ou accepte d’augmenter le flux de revenus
futurs. Le calcul de la rentabilité nette du risque client offre une mesure de performance
uniforme permettant le benchmarking et créant l’émulation nécessaire à un développement du
fond de commerce. Raroc participe ainsi à la régulation des comportements en favorisant les
négociations entre le pôle risques et les commerciaux.

1.3. Raroc opérateur

La mise en place de Raroc contribue à contrôler les transactions de façon individuelle,


ce-ci rend obligatoire l’obéissance de chacun aux nouvelles exigences de la relation
commerciale et de la hiérarchie de l’organisation. Raroc participe ainsi à la réintégration des
actions locales dans le coeur de l’organisation dans un but de gouvernement par la cohérence.
Il sert à faire accepter le contrôle et l’accroissement des contraintes tout en normalisant

63
CHAPITRE DEUXIEME : LE PROCESSUS RAROC

l’exigence de performance. L’intégration Raroc permet non seulement de définir des critères
objectifs de jugement des engagements dans une optique de gestion du risque bancaire mais
aussi d’homogénéiser les modes d’action professionnelle. Le risque bancaire est objectivé, en
fonction des produits et des segments, de façon à laisser le minimum de place à la
subjectivité des jugements de chaque commercial. Ainsi des tableaux de bord locaux sont
établis permettant de comparer à l’intérieur d’un même portefeuille des clients présentant un
risque comparable et de s’interroger sur les raisons expliquant les écarts (maturité des crédits,
valeur des garanties, conditions, …). Ces tableaux sont aussi un moyen de positionner un
portefeuille par rapport à une référence nationale et repérer les clients ayant des résultats
sensiblement inférieurs à la moyenne.

2. Points faibles :

Plusieurs auteurs jugent qu’il s’agit d’un outil lourd, difficile à mettre en place et surtout
coûteux. Cela est vrai, mais nous avons parlé de ce point dans la partie : les « ingrédients » de
Raroc, Raroc est un investissement et sa mise en place nécessite sans aucun doute, des coûts
et un suivi du processus d’intégration. Ces aspects constituent des contraintes à surmonter
plus que des points faibles à remédier.
Ce que nous considérons comme points faibles sont les ambiguïtés et les contradictions qui
peuvent apparaître lors du montage du processus.
Les limites de Raroc apparaissent surtout lorsqu’on l’utilise comme outil d’optimisation top-
down1.
Dans une approche d’optimisation top-down RAPM, on vise à établir un lien avec l’EVA, elle
suppose en fait que la maximisation des performances de la banque passe par la réduction de
l’agence entre actionnaires et direction générale. Cette réduction peut s’obtenir grâce à un
programme d’optimisation dynamique, dont les principes mathématiques sont connus par les
deux parties.
A. De Servigny, dans son livre LE RISQUE DE CREDIT, nouveaux enjeux bancaires, a
critiqué le modèle principal-agent en le qualifiant : « insuffisant pour définir la relation entre
direction générale et actionnaires de la banque ». Ce-ci est soutenu par les arguments :

2.1. Les fondamentaux de l’entreprise :

Merton a proposé en 1974 ce qu’on appelle le modèle de la firme en se basant sur la logique
des options. Ce modèle suppose en fait trois acteurs : prêteurs, actionnaires et flux, donc des
employés. N’omettons pas aussi que, ce modèle a servi de base pour l’élaboration des

1
Cette approche est également appelée approche stratégique, elle consiste à la décomposition du portefeuille de
crédits de la banque en sous-portefeuilles, à partir d cette décomposition on recherchera une allocation optimale
du capital économique entre sous-portefeuilles.

64
CHAPITRE DEUXIEME : LE PROCESSUS RAROC

méthodologies du capital économique. Donc le fait de considérer que deux acteurs (employés
et actionnaires) ne serait pas tout à fait correct.
Une banque doit se définir par ses grandes missions :
- intermédiaire en risque ;
- intermédiaire en liquidité ;
- intermédiaire en information.

Il est évident que ces missions complexes ne peuvent relever d’un pilotage direct des
actionnaires.

2.2. L’insensibilité des actionnaires envers le risque non systématique :

La théorie financière traditionnelle recommande pour l’actionnaire la réalisation des


opérations à valeur ajoutée. Ce-ci tout en tenant compte du risque ; la mesure du risque
retenue pour les actionnaires, dans le cadre du MEDAF, est bien le β tel que:

cov(rendement du portefeuille, rendement du marché)


β=
var( rendement du marché)

Rappelons que le MEDAF opère sous les hypothèses :


- les rendements des actifs suivent une loi normale (symétrique) ;
- les investisseurs ne s’intéressent que de la moyenne et de la variance.
Cependant, nous savons bien que la réalité n’est pas tout à fait comme ça ; les rendements des
portefeuilles des banques ne sont pas distribués normalement. Les investisseurs distinguent
entre le potentiel de gain et le potentiel de perte ; ils ont d’ailleurs une préférence pour les
rendements présentant une skewness1 positive. Mais malheureusement, la distribution de perte
sur le portefeuille de crédit de la banque représente une queue épaisse, ceci implique une
skewness négative en matière de taux de rendement.
Dans ces conditions, la manipulation du MEDAF, dans le plan moyenne/variance doit être
prudente ; elle doit être complétée par les instruments intégrant la skewness et la kurtosis2.
Mais le fait de sortir de l’efficience des marchés dans le plan moyenne/variance, implique que
le β ne mesure pas correctement les risques. On retrouve les erreurs de mesures surtout dans
les portefeuilles à forte asymétrie.
Plusieurs recherches ont été effectuées dans le but d’estimer un β corrigé (qui tient compte de
l'effet de l'asymétrie), la plus connue est celle de Leland en 1998.

1
Coefficient d’asymétrie.
2
Coefficient d’aplatissement.

65
CHAPITRE DEUXIEME : LE PROCESSUS RAROC

2.3. Le rôle spécifique de la direction générale :

La détection du potentiel de perte, permet à la direction générale de :

- Définir une stratégie de monitoring des risques existants ;


- La recherche du potentiel de gain.

S’agissant de la première fonction, le monitoring, plusieurs moyens sont à la disposition de la


banque :

- Réduire au maximum la taille du portefeuille et cela en replaçant les engagements et


les risques sur le marché.
- Investir de manière à accroître la qualité d’information disponible sur les
contreparties.
- Œuvrer dans l’objectif d’avoir une vision approfondie de l’évolution des corrélations
de défaut en cas de crise économique.
- La mise en place d’une politique de qualité des engagements et tester la robustesse de
cette politique dans le cas d’une conjoncture défavorable.
- Développement d’un modèle d’allocation de capital économique maîtrisé par les
utilisateurs.

Si tout cela est fait, la direction générale aurait réalisé son meilleur effort pour contenir le
potentiel de perte de la banque ; sans pour autant mettre en œuvre des mesures positives de
rééquilibrage par des moyens générateurs du potentiel de gain.

Passons à la deuxième fonction qu’est la recherche ou plutôt l’optimisation du potentiel de


gain, cette action doit passer par une innovation produit ou métier.
Concernant l’innovation métier, lorsqu’une banque décide de créer un nouveau métier,
l’horizon de temps avant de trouver une rentabilité suffisante est de plusieurs années. Il y a
comme une courbe en J : une perte dans les premières années, ensuite un rendement attractif à
moyen et long terme. Le niveau de fonds propres alloué dans cette situation correspond au
minimum de cette courbe. On comprend que ce genre de développement est générateur de
potentiel de gain ; les méthodes RAPM (y compris Raroc) utilisées pour analyser le risque au
sein d’un portefeuille de crédits ne peuvent pas lui être appliquées. Ce qui est vrai pour une
innovation métier peut l’être pour une innovation produit.

66
CHAPITRE DEUXIEME : LE PROCESSUS RAROC

Figure 3.4. Le lancement d’un nouveau métier.

La génération d’upside1 peut être issue de :

- allègement du portefeuille de crédits, par cession de risques et d’actifs sur les marchés
secondaires pour diminuer le downside2 et libérer le capital économique ;
investissement massif dans les activités de distribution ;
- Investissement dans le développement de nouveaux produits à forte marge, dans le
consulting ou la structuration ;
- Développement de nouveaux métiers.

Donc, vu ces aspects, l’application de Raroc pour l’optimisation top-down des portefeuilles de
crédits doit être hyper prudente, et doit se limiter aux portefeuilles homogènes.

Ce chapitre a permis de donner un aperçu sur l’impact de l’insertion de Raroc au sein


de l’activité bancaire, celle du crédit précisément. Nous sommes arrivés à déduire qu’il donne
de bons résultats s’il est utilisé comme outil transactionnel, contrairement à son utilisation
comme outil de d’optimisation de portefeuille de crédits où les résultats peuvent être
grossiers.

1
Potentiel de gain.
2
Potentiel de perte.

67
CHAPITRE TROISIEME :
ETUDE DE CAS
CHAPITRE TROISIEME : ETUDE DE CAS

Dans les chapitres précédents, nous avons présenté les aspects théoriques liés à Raroc.
Cependant, il demeure nécessaire qu’un tel concept soit vulgarisé pour améliorer son
assimilation. Ce chapitre sera donc une étude de cas ; il s’agit de mettre Raroc dans un
contexte réel. Tout au long de ce chapitre nous avons posé des hypothèses délimitant le cadre
de notre étude.

Ce chapitre comportera quatre sections :

Section 1 : Présentation de la structure d’accueil ;


Section 2 : Modélisation du risque de crédit ;
Section 3 : Estimation des coûts opérationnels ;
Section 4 : Application de Raroc.

Section 1 : Présentation de la structure d’accueil

Notre stage s’est déroulé à ARAB BANK PLC ALGERIA, cette section sera donc
consacrée à la présentation de celle-ci. La structure d’accueil a été la Direction Corporate.
Cependant, il faut noter que l’application de Raroc a nécessité un recueil d’informations
auprès d’autres unités telles que : la Direction de Trésorerie, la Direction du Contrôle
Financier et la Direction du Suivi des Engagements.

1. Historique

ARAB BANK a été fondée par Abdel Hamid Shoman en 1930 à Jérusalem, avec
seulement sept actionnaires et un capital de 15.000 livres palestiniennes. L'entrée dans
l'arène internationale n'a jamais perdu l'élan ; aujourd'hui, avec une présence dans 30 pays et
cinq continents, la banque est autant internationale qu’un établissement arabe. Les entités
arabes de la Banque en Europe comportent réellement la part majoritaire des capitaux, du
portefeuille de crédits, des dépôts et des revenus totaux tandis que les pays arabes (à
l'exclusion de la Jordanie) sont maintenant en second rang.
L'expansion de la banque a été variée et souple : on distingue les compagnies sœurs, les
branches et les filiales. Il existe trois catégories de filiales :
- Wholly owned : celles qui sont entièrement possédées par les actionnaires de ARAB
BANK PLC;
- Majority owned : celles dont ARAB BANK PLC est actionnaire majoritaire (à plus de
50%) ;
- Affiliate : il s’agit des filiales dont ARAB BANK PLC est seulement affiliée (à moins
de 50%).

68
CHAPITRE TROISIEME : ETUDE DE CAS

La structure de ARAB BANK GROUP est illustrée dans la figure suivante :

Figure 4.1. La structure de ARAB BANK GROUP.

Source : rapport annuel ARAB BANK (2005).

2. Chiffres clés

Nous avons jugé utile de présenter quelques indicateurs de ARAB BANK GROUP,
nous retrouvons ci-après un tableau récapitulatif des principaux indicateurs des exercices
2004 et 2005.

- La partie (I) du tableau rend compte des résultats : le produit net bancaire, le résultat
après impôts, les dividendes et le résultats par action.
- La partie (II) rend compte des principaux postes du bilan, à savoir : le total bilan, les
dépôts de clientèle, l’encours des crédits directs et le capital.
- La partie (III) est consacrée au ratios : PNB/total bilan, le résultat après impôts/total
bilan, le ratio Cooke et enfin l’encours des crédits directs/dépôts.
- Le graphique (partie IV) illustre l’évolution du cours de l’action de ARAB BANK
durant l’année 2005.

69
CHAPITRE TROISIEME : ETUDE DE CAS

Tableau 4.1. Indicateurs de base de ARAB BANK GROUP.

(I)

(II)

(III)

(IV)

Source : rapport annuel ARAB BANK (2005).

70
CHAPITRE TROISIEME : ETUDE DE CAS

3. ARAB BANK PLC ALGERIA

L’organisation de ARAB BANK PLC est illustrée dans la figure ci-dessous :

Figure 4.2. Organisation de ARAB BANK PLC

Source : rapport annuel ARAB BANK (2005).

ARAB BANK PLC ALGERIA est une branche de ARAB BANK PLC, elle a été créée en
2001, elle possède la même structure que la banque mère, sauf que, certaines entités ne sont
pas encore opérationnelles, nous citons :
- Private banking ;
- Investment banking ;
- Bancassurance.
Si on veut faire une correspondance avec l’organigramme général d’ ARAB BANK PLC, la
Direction Corporate serait la business unit : Global Banking.
Celle-ci a pour lignes métiers:

- Commercial Lending;
- Project and structured finance;
- Trade finance;
- Small and medium-sized enterprises (SME);
- Financial institutions.

71
CHAPITRE TROISIEME : ETUDE DE CAS

Il faut souligner que pour ARAB BANK PLC ALGERIA, le premier niveau de délégation en
matière de crédit est la Direction Corporate et non pas l’agence, du moment que les dossiers
de crédits se traitent au niveau de cette direction.

4. Présentation du système de notation de ARAB BANK PLC

Au niveau de ARAB BANK PLC, il existe un système de notation interne pour les
entreprises (non applicable aux banques et établissements financiers). Ce système est scindé
en deux parties (selon la nature de la contrepartie) :

4.1. Corporate Risk Rating System (CRRS):

4.1.1. Conditions d’application:

- Ce système de notation est applicable aux sociétés dont les états financiers sont jugés
sincères et conformes par la banque. Dans le cas contraire, ou dans le cas de
l’inexistence de ceux-ci, la banque appliquera un système de notation ajusté que nous
détaillerons dans le prochain point.
- pour les nouveaux projets dont on ne possède pas de données historiques, l’étude sera
basée sur les prévisions, ces dernières doivent être établies par un bureau d’étude
compétant et neutre, sinon la note de l’entreprise subit une dégradation d’une classe au
moins.
- La décision d’octroi de crédit est défavorable pour les entreprises ayant une note de
facilité > 5.

4.1.2. Démarche de la notation :

Ce système comporte quatre éléments de notation :

a. La note pays - country rating :

Elle s’articule sur :


- le risque de défaut d’un pays.
- Le transfert du risque.

Pour évaluer ce risque on analyse plusieurs indicateurs :


- taux de change ;
- taux d’intérêt ;
- inflation ;
- marché de l’emploi ;
- fiscalité.

72
CHAPITRE TROISIEME : ETUDE DE CAS

b. La notation du défaut de l’emprunteur – obligor default rating :

Elle est établie sur la base de l’évaluation de six (06) éléments du risque de la contre partie:

Tableau 4.2. Les éléments du risque (système CRRS).


Eléments du risque Pondération
Industrie 10%
Position concurrentielle 10%
Performance de l’activité 20%
Cash-flows 25%
Structure du bilan 15%
Management 20%

Les classes de notation (rating categories), sont illustrées dans le tableau suivant :

Tableau 4.3. Les classes de notation.


Qualité de la contrepartie Note
Exceptional 1
Excellent 2
Strong 3
Average 4
Acceptable 5
Marginal 6
Watch 7
Substandard 8
Doubtful 9
Loss 10

c. La note du crédit - facility risk rating :

Une fois que le défaut de l’emprunteur noté, la note sera ajustée selon les éléments suivants :
- Third party guarantees: on prendra en considération la nature de la caution : simple
ou solidaire, il évident que la banque préfèrera la caution solidaire puisqu’elle perd ses
deux droits : le droit de discussion et le droit de division.
 Si la note de la caution < la note de la facilité, cette dernière sera
améliorée.
 Dans le cas contraire elle demeure inchangée.
- Corporate structure : il s’agit de voir si on a affaire à la société mère ou une filiale et
cela pour connaître le rang de priorité des créances de la banque par rapport à d’autres
créances.
- Tenor of the facility : dans ce cas la note sera révisée en fonction de la maturité et non
la durée totale du crédit.
- Security : il y’a lieu d’évaluer la garantie : actifs monétaires, immeubles ou autres
sûretés. La banque classe évidemment les liquidités en premier rang. Si la garantie a

73
CHAPITRE TROISIEME : ETUDE DE CAS

une note inférieure à la note de la facilité, cette dernière aura pour valeur la note de la
garantie, dans le cas contraire il n’y aura pas de changement.

d. Comprehensive rating :
Il s’agit de la note globale de l’entreprise qui est obtenue après l’ajustement de la note de la
facilité par la note pays.

4.2. Adjusted Corporate Risk Rating System (ACRRS):

Les conditions d’application et la démarche de la notation dans ce système sont les mêmes
que pour CRRS, sauf que ACRRS est destiné aux entreprises qui ne présentent pas d’états
financiers comme les sociétés civiles, ou celles que la banque juge que leurs états financiers
ne reflètent pas leur réelle situation financière.
Les éléments du risque sont présentés dans le tableau suivant :

Tableau 4.4. Les éléments du risque (système ACRRS).


Eléments du risque Type Note Pondération
Industrie qualitatif 1-10 15%
Position concurrentielle qualitatif 1-10 20%
Performance de l’activité quantitatif 4-10 10%
Solidité financière quantitatif 4-10 10%
Capacité d’endettement quantitatif 4-10 20%
management qualitatif 1-10 25%

On constate bien que ce système est basé surtout sur des éléments qualitatifs surtout (les
éléments quantitatifs représentent que 40%).

La fiche de notation de ARAB BANK se présente comme suit :

Nom du client :
Nom de la caution :
Autres garanties :
Eléments du risque Pondération Note (1-10) Note Observation
Ai Bi
Total 100% =ΣAi.Bi

Ajustement de la note
Durée de la facilité
Structure financière de l’emprunteur
Garanties
Note finale de la facilité

Ajustement par rapport au risque pays


Note globale

74
CHAPITRE TROISIEME : ETUDE DE CAS

N.B. :
Lorsque la partie décimale de la note est inférieure ou égale à 0,5 la note sera la partie entière
suivie d’un signe moins (-).
Lorsque la partie décimale de la note est supérieure à 0,5 la note sera la partie entière +1
suivie d’un signe plus (+).
Exemple :
2,4 devient 2-
2 reste 2
2,6 devient 3+
La grille de notation de ARAB BANK est ajustée avec celle de Standard & Poor’s et
Moody’s, comme le montre le tableau suivant :

Tableau 4.5. Equivalence entre notation de ARAB BANK et celles de S&P et Moody’s.
ARAB BANK S&P Moody’s
1 AAA Aaa
2 AA+  AA- Aa1  Aa3
3 A+  A- A1  A3
4 BBB+  BBB- Baa1  Baa3
5 BB+  BB- Ba1  Ba3
6 B+  B- B1  B3
7 CCC+  CCC- Caa
8 CC+  CC- Ca
9 C+  D C
10 LOSS LOSS

Une fois que nous avons présenté la structure d’accueil, nous intéresserons au traitement des
données recueillies auprès de celle-ci pour pouvoir appliquer Raroc.

Section 2 : Modélisation du risque de crédit

Nous présenterons dans cette section le portefeuille de crédit que nous allons traiter.
On expliquera pas à pas la démarche de la modélisation du risque de crédit au niveau de ce
portefeuille. Cette étape est indispensable, car elle va nous générer deux paramètres essentiels
dans l’estimation de Raroc, et qui sont l’Expected Loss et l’Unexpected Loss. Pour ce faire
nous utiliserons une macro complémentaire de Microsoft Excel conçue par CREDIT
SUISSE FIRST BOSTON, cette dernière est une version simplifiée de CreditRisk+, c’est
une application gratuite et téléchargeable depuis le site officiel de CREDIT SUISSE FIRST
BOSTON1.

1
www.csfb.com.

75
CHAPITRE TROISIEME : ETUDE DE CAS

1. Présentation du portefeuille de crédit :


Nous avons constitué un portefeuille de 35 crédits confirmés, voici un extrait1 de celui-ci :

Autorisation
N° Type de crédit Echéance Note Secteur d'activité
(en KDA)
1 Crédit à moyen terme 530,00 17/06/2007 5 Commerce de gros
2 Crédit à moyen terme 1 869,00 31/05/2007 4 Commerce de gros
3 Crédit à moyen terme 1 030,00 01/08/2007 3 Intermédiation
4 Crédit à moyen terme 12 500,00 31/10/2007 3 BTPH
5 Crédit à moyen terme 12 500,00 31/10/2007 3 BTPH
6 Crédit à moyen terme 56 000,00 01/09/2009 4 Industrie agro-alimentaire
7 Crédit à moyen terme 9 400,00 30/10/2010 4 Industrie agro-alimentaire
8 Crédit à moyen terme 977,00 16/12/2007 3 Intermédiation
9 Crédit à moyen terme 3 022,00 29/02/2008 3 Commerce de gros
10 Crédit à moyen terme 2 000,00 15/10/2006 4 Commerce de détail

Les crédits sont répartis entre :


- Crédit à moyen terme ;
- Découvert ;
- Escompte de chèques et/ou d’effets ;
- Avance sur factures ;
- Crédit de compagne.

La répartition des crédits au sein du portefeuille est illustrée au graphique ci-dessous :


Graphique 4.1.
Répartition par types de crédit

Avance sur factures


Crédit à moyen terme
Crédit de compagne
Découvert
Escompte

Les entreprises bénéficiant de ces crédits opèrent dans les secteurs :


Industriel ; il comporte :
- L’industrie électronique ;
- L’industrie agro-alimentaire ;
- L’industrie chimie-pharmacie ;
- L’industrie de papier ;
- Le BTPH.

1
L’intégralité du portefeuille est présentée en annexe.

76
CHAPITRE TROISIEME : ETUDE DE CAS

Commercial ; scindé en :
- Commerce de gros ;
- Commerce de détail.
Les services :
- Intermédiation.

La répartition par secteur d’activité est résumée dans le graphique ci-dessous :


Graphique 4.2.
Répartition par secteurs d'activité
Intermédiation

Industrie papier

Industrie électronique

Industrie chimie-pharmacie

Industrie agro-alimentaire

Commerce de gros

Commerce de détail

BTPH

Coté risque, les notes des contreparties varient entre 3 et 5 comme il est précisé au graphique
suivant :
Graphique 4.3.
Répartition selon la note

5 4 3

L’une des raisons du choix de ARAB BANK comme lieu de stage est bien la
disponibilité de cet outil : la notation interne.

La taille de l’échantillon peut paraître réduite, mais cela peut se justifier par :

- La taille du portefeuille de crédit de ARAB BANK PLC ALGERIA est elle-même


réduite.
- Lors de la constitution du portefeuille nous étions tenus par la contrainte de l’horizon
temporel d’un an qui, commence le 30/06/2006 et s’achève le 30/06/2007. Nous
devons choisir des crédits qui sont en cours au 30/06/2006 et qui échoiront de
préférence après le 30/06/2007 ; nous avons donc négligé les crédits échus avant le
30/06/2006 ou ceux qui échoiront dans moins de deux mois après cette date.

77
CHAPITRE TROISIEME : ETUDE DE CAS

- On s’est intéressé aux crédits directs ; on n’a pas pris en compte les engagements par
signature, car on ne peut pas évaluer leur spread (le taux moyen pondéré des
ressources est calculé comme taux de référence pour les crédits qui font partie du bilan
et non pas pour les engagements par signature qui font partie du hors bilan).

2. Les paramètres du modèle :


2.1. Evaluation des expositions en cas de défaut :

Nous avons vu au Chapitre1 que l’exposition en cas de défaut est la valeur du crédit au
moment du défaut.
Pour les crédits à moyen terme nous allons utiliser la méthode d’actualisation par les taux
zéro-coupon. Les taux zéro-coupon sont explicités dans le tableau suivant :

Tableau 4.6. Les taux zéro-coupon par classe de risque.


Notation Taux zéro-coupon (%)
Notation S&P
ARAB BANK année 1 année 2 Année 3 année 4
1 AAA 3,60% 4,17% 4,73% 5,12%
2 AA 3,65% 4,22% 4,78% 5,17%
3 A 3,72% 4,32% 4,93% 5,32%
4 BBB 4,10% 4,67% 5,25% 5,63%
5 BB 5,55% 6,02% 6,78% 7,27%
6 B 6,05% 7,02% 8,03% 8,52%
7 CCC 15,05% 15,02% 14,03% 13,52%
Pour les autres crédits tels que le découvert, le crédit de compagne ou les lignes d’escompte,
qui revêtent un caractère spécifique, nous utiliserons l’hypothèse de MC Donough qui précise
que :
Exposition = utilisation + 75 % de la part non utilisée

Le tableau suivant est un extrait1 du calcul des expositions en cas de défaut :

Encours au Exposition en

30/06/2006 cas de défaut
au 30/06/2007
1 530,00 788,38
2 1 869,00 2 196,08
3 735,83 895,72
4 12 500,00 15 179,74
5 12 500,00 15 179,74
6 56 000,00 78 760,65
7 8 460,00 10 786,48
8 732,90 915,54
9 3 021,67 3 874,75
10 666,67 403,74
U=KDA

1
L’intégralité des calculs d’expositions est présentée en annexe.

78
CHAPITRE TROISIEME : ETUDE DE CAS

2.2. La probabilité de défaut :

Nous avons énoncé à la section précédente que, la grille de notation de ARAB BANK est
alignée avec celle de Standard & Poor’s et Moody’s. Pour trouver les probabilités de défaut il
ne reste que trouver l’équivalent des notes ARAB BANK en notes Moody’s (dans notre cas),
ensuite on a qu’à consulter les matrices de transition pour trouver les probabilités de défaut.
Les probabilités de défaut sont données au tableau ci-dessous en moyenne et en écart type :

Tableau 4.7. Les probabilités de défaut à une année.


One-year default rate
(%)
Standard
Rating Average deviation
Aaa 0 0
Aa 0,03 0,1
A 0,01 0,1
Baa 0,12 0,3
Ba 1,36 1,4
B 7,27 4,8
Source: Carty & Lieberman, 1996, Moody’s Investors Service Global Credit Research

2.3. Loss given default (LGD) :

Nous avons dit au chapitre premier que le taux de recouvrement (1-LGD) est fonction de la
garantie et de la séniorité de la dette. Dans cette partie nous allons modéliser ce taux de
recouvrement. Moody’s KMV Company a conçu un model qui estime LGD, ce dernier est
nommé LOSSCALC1. Le principe de ce modèle est de supposer que le taux de recouvrement
suit une loi Bêta de paramètres α et β ; la valeur retournée du taux de recouvrement
α
correspond à la moyenne de cette loi Β(α,β) qui n’est rien d’autre que .
α +β
Dans notre cas, nous allons utiliser cette logique pour estimer le taux de recouvrement et par
la suite LGD.
α
La maximisation de doit être effectuée sous les contraintes
α +β
α
≤ 1 (le taux de recouvrement ne peut pas excéder 1) ;
α +β
α > 0;
β > 0;

Les deux dernières contraintes peuvent être formulées autrement :


On a pour une variable aléatoire X ~ Β(α,β):
α
La moyenne : µ(X) =
α +β

1
G.M.GUPTON & R.M.STEIN, LOSSCALC V2: DYNAMIC PREDICTION OF LGD Modeling
Methodology, Moody’s KMV Company, 2005.

79
CHAPITRE TROISIEME : ETUDE DE CAS

αβ
La variance : σ ²(X)=
(α + β ) (α + β +1)
2

α et β > 0 ⇒ σ (X) < µ ( X ).( 1 − µ( X ))


Donc la résolution du problème :
α
Max
α +β
Sous les contraintes :
α
≤1
α +β
α>0
β>0
σ (X) < µ( X ).( 1 − µ( X ))
Pour cela nous avons utilisé le Solveur (Macro complémentaire de Microsoft Excel) ; les
valeurs retournées sont : α= ∞ ; β=0.
Ces résultats sont peu réalistes (surtout pour α= ∞) ; mais ils nous orientent vers la
détermination de α et β.
α
La maximisation de implique la maximisation de α et la minimisation de β (jusqu'à
α +β
l’atteinte de 0), il nous reste à chercher une façon pour limiter α.

0− 1
( 1 − x)
La densité de probabilité d’une variable aléatoire X ~ Β(1,0) est : f ( x) := x1−1⋅ 1

  x ⋅ ( 1 − x)
2− 1 .1− 1
Le graphique de cette densité est illustré ci-dessous :  dx
⌡ 0

Β(1,0).
Graphique 4.4. La densité d’une Β(1,0)
3

f ( x)
1

0
0 0.5 1
x

Nous allons comparer par la suite1, pour un β fixé (=0.1), les densités Β(α;
(α;0,1),
0,1) on
augmentera au fur et à mesure α, il prendra les valeurs:: 1; 1,1; 2; 3; 4.

1
Les calculs d’intégrales et les graphiques des fonctions sont établis à l’aide du logiciel Mathcad 2000
professional.

80
CHAPITRE TROISIEME : ETUDE DE CAS

1
⌠ .1 − 1
 a− 1 ( 1 − x)
x ⋅ dx

α Densité  ⌠

1
 xa − 1 ⋅ ( 1 − x) .1 − 1  dx
 ⌡0
⌡0.7

1 f ( x) 0,97522496562173466797
1

0
0 0.5 1
x

g( x)

1,1
1 0,97234804798829384009
0
0 0.5 1
x

h( x) 1

2 0,94862792110477826794
0
0 0.5 1
x

I( x) 1

3 0,92621041215477215933

0
0 0.5 1
x

4 K( x ) 0.5

0,90712304928552967004
0
0 0.5 1
x
α −1
( 1 − x )β
1 −1
La colonne x exprime la concentration de la probabilité entre 0.7 et
∫ 1


α −1
0 .7
x ( 1 − x )β −1

1 ; autrement dit la probabilité que le taux de recouvrement soit entre 0.7 et 1. On observe
clairement que cette intégrale est inversement proportionnelle avec α et atteint son summum
en α = 1.
1

81
CHAPITRE TROISIEME : ETUDE DE CAS

α
Ce ci dit que la maximisation de a pour arguments :
α +β
α=1
β=0
 
 1 
 xα −1
( 1 − x )β −1 
Toutefois, cette solution est idéale  ∫
 0 .7
1
= ∞ 

, on pourra prendre
∫ xα ( 1 − x )β
−1 −1
 
 0 
α = 1,1
β = 0,1

Revenons à notre taux de recouvrement : on a constaté précédemment que la maximisation de


α
renvoie à attribuer les valeurs 1 et 0 pour α et β respectivement.
α +β
α
D’une autre part on a vu que β est inversement proportionnel avec (il se trouve au
α +β
dénominateur).
De ces constatations on fixe :
α : paramètre lié à la qualité de la garantie;
β : paramètre lié aux contraintes de recouvrement.
Nous allons donc classer les garanties par ordre décroissant de liquidité, les garanties
recevront comme valeur de α un pourcentage, celui-ci rend compte de la valeur réelle de la
garantie, estimée par la banque.
Ces pourcentages sont établis par la banque et sont explicités au tableau suivant :

Tableau 4.8. Détermination des α par type de garantie.


Type de garantie α
Garanties financières 1
Nantissement de bons de caisse 1
Garanties bancaires 1
Garanties hypothécaires 0,75
Effets escomptés endossés au profit de la banque 0,75
Marchés publics ou factures nantis 0,8
Gage de véhicules neufs 0,75
Gage de véhicules d’occasion 0,5
Gage d’équipements neufs 0,75
Gage d’équipements d’occasion 0,5
Garanties personnelles 0,5
Pour les garanties personnelles, le pourcentage n’est pas donné, nous l’avons fixé à 0,5 par
prudence (ces garanties ont un caractère aléatoire).
Pour β on attribuera 0,1 pour la garantie la plus liquide (les garanties financières), puis on
ajoutera à chaque fois 0,05.
On aura à la fin : le taux de recouvrement et LGD = 1 – ce taux. Les résultats sont donnés au
tableau ci-après :

82
CHAPITRE TROISIEME : ETUDE DE CAS

Tableau 4.9. Détermination des LGD par type de garantie.


Taux de
Type de garantie α β LGD
recouvrement
Garanties financières 1 0,1 0,9091 0,0909
Nantissement de bons de caisse 1 0,15 0,8696 0,1304
Garanties bancaires 1 0,2 0,8333 0,1667
Garanties hypothécaires 0,75 0,25 0,7500 0,2500
Effets escomptés endossés au profit de la banque 0,75 0,3 0,7143 0,2857
Nantissement de marchés publics ou factures 0,8 0,35 0,6957 0,3043
Gage de véhicules neufs 0,75 0,4 0,6522 0,3478
Gage de véhicules d’occasion 0,5 0,45 0,5263 0,4737
Gage d’équipements neufs 0,75 0,5 0,6000 0,4000
Gage d’équipements d’occasion 0,5 0,55 0,4762 0,5238
Garanties personnelles 0,5 0,6 0,4545 0,5455
N.B. : lorsqu’ un crédit est couvert de plus d’une garantie, le taux de recouvrement sera le
taux moyen pondéré.

3. La modélisation avec CreditRisk+ :


Une fois les « ingrédients » de la modélisation réunis, nous n’avons qu’à procéder à cette
étape. Comme nous l’avion cité au début de cette section nous utiliserons une macro
complémentaire de Microsoft Excel. On doit procéder, d’abord, à l’introduction des données
dans la partie Obligor Details, voici un extrait1 :

Default rate Secteur d’activité (*)

Exposure x
LGD Mean Standard

N° (en KDA) Rating


Default
rate Deviation 1 2 3 4 5 6 7 8
1 274.22 5 1.11% 1.40% 0.00% 100.00% 0.00% 0.00% 0.00% 0.00% 0.00% 0.00%
2 763.85 4 0.28% 0.30% 0.00% 100.00% 0.00% 0.00% 0.00% 0.00% 0.00% 0.00%
3 311.56 3 0.12% 0.10% 0.00% 0.00% 0.00% 0.00% 0.00% 0.00% 0.00% 100.00%
4 6 071.90 3 0.12% 0.10% 0.00% 0.00% 0.00% 0.00% 100.00% 0.00% 0.00% 0.00%
5 6 071.90 3 0.12% 0.10% 0.00% 0.00% 0.00% 0.00% 100.00% 0.00% 0.00% 0.00%
6 13 126.77 4 0.28% 0.30% 0.00% 0.00% 100.00% 0.00% 0.00% 0.00% 0.00% 0.00%
7 2 696.62 4 0.28% 0.30% 0.00% 0.00% 100.00% 0.00% 0.00% 0.00% 0.00% 0.00%
8 318.45 3 0.12% 0.10% 0.00% 0.00% 0.00% 0.00% 0.00% 0.00% 0.00% 100.00%
9 1 158.21 3 0.12% 0.10% 0.00% 100.00% 0.00% 0.00% 0.00% 0.00% 0.00% 0.00%
10 176.37 4 0.28% 0.30% 100.00% 0.00% 0.00% 0.00% 0.00% 0.00% 0.00% 0.00%

(*) 1 Commerce de détail 5 BTPH


2 Commerce de gros 6 Industrie électronique
3 Industrie agro-alimentaire 7 Industrie papier
4 Industrie chimie-pharmacie 8 Intermédiation

1
L’intégralité des données est présentée en annexe.

83
CHAPITRE TROISIEME : ETUDE DE CAS

Le modèle nous retourne trois types de résultats1 :


- Expected loss de chaque crédit et sa contribution à la VaR.
- Les principaux quantiles de la distribution de perte.
- La distribution de perte du portefeuille.

Commençons par l’expected loss et la contribution en risque :

Name Expected Risk


Loss Contribution
1 3,043813273 41
2 2,138786087 12
3 0,373866464 4
4 7,286274574 191
5 7,286274574 191
6 36,75496858 2 010
7 7,550536561 88
8 0,382137813 4
9 1,389857257 17
. , .
. , .
. , .
32 3,44855 40
33 12,92920995 556
34 0,348052174 11
35 7 86
Total 549 90 566

Les principaux quantiles de la distribution de perte sont résumés dans le tableau suivant :

Tableau 4.10. Les principaux quantiles de la distribution.


Credit
Percentile Loss
Amount
Mean 549
50 0
75 0
95 372
97,5 3 157
99 13 289
99,5 19 117
99,75 41 061
99,9 90 565

1
L’intégralité des outputs est présentée en annexe.

84
CHAPITRE TROISIEME : ETUDE DE CAS

Ce tableau est très important car il nous permet d’extraire :

La VaR à 99.9% = 90 565 KDA

Unexpected loss du portefeuille (à 99.9%) = VaR (99.9%)-EL (portefeuille) = 90 565 – 549

UL (portefeuille) = 90 016 KDA ⇒ Capital économique (portefeuille) = 90 016 KDA

35
On pourra même vérifier que : ∑ EL
i =1
i = EL (portefeuille).

EL (portefeuille) = 549 KDA

Ce montant va être couvert par les provisions.


Pour la contribution en risque, CreditRisk+ les calcule pour la VaR, donc pour avoir la
contribution en risque à l’Unexpected loss on a qu’à centrer la contribution de chaque crédit
par rapport à son expected loss. Nous obtenons à la fin les résultats suivants :

Risk Risk
Name Contribution Expected contribution
(VaR) Loss (UL)
1 41 3,0438133 37,9561867
2 12 2,1387861 9,86121391
3 4 0,3738665 3,62613354
4 191 7,2862746 183,713725
5 191 7,2862746 183,713725
6 2 010 36,754969 1973,24503
7 88 7,5505366 80,4494634
8 4 0,3821378 3,61786219
9 17 1,3898573 15,6101427
. . . .
. . . .
. . . .
31 41 4,28428 36,71572
32 40 3,44855 36,55145
33 556 12,92921 543,07079
34 11 0,3480522 10,6519478
35 86 7 79
Total 90 566 549,36418 90 016,6358

35
Nous remarquons bien que ∑ RC (UL) = UL (portefeuille).
i =1
i

La distribution de perte du portefeuille est illustrée au graphique suivant :

85
CHAPITRE TROISIEME : ETUDE DE CAS

Graphique 4.5.

Distribution de perte du portefeuille


2.50%

2.00%

1.50%
Probability

1.00%

0.50%

0.00%
0 50 100 150 200 250 300 350

Credit loss amount

La modélisation du risque de crédit nous a permis de récupérer EL et UL, deux éléments


déterminants dans l’estimation de Raroc.

Section 3 : Estimation des coûts opérationnels

Pour estimer Raroc pour chaque crédit, nous devons connaître les coûts opérationnels
supportés par ceux-ci. Nous devons donc identifier les centres de coûts et les centres de
profits ; et connaître par la suite la répartition finale des coûts opérationnels sur le centre de
profit concerné par l’activité du crédit.

1. Identification des centres de coûts et de profit :

Les centres de coûts sont les structures centrales, les organes de gestion et d’audit. ARAB
BANK PLC compte les centres de coûts suivants :
- Human ressources ;
- Operations;
- Data processing ;
- Financial control ;
- Premises and supplies ;

86
CHAPITRE TROISIEME : ETUDE DE CAS

- Risk management ;
- Legal;
- Secretariat;
- Audit ;
Les centres de profits :
- Corporate
- Retail
- Private
- Investment
- Treasury
Ce qui nous intéresse c’est de connaître les coûts opérationnels supportés par la Direction
Corporate, puisque c’est elle qui gère le financement des entreprises (rappelons que les crédits
se traitent à son niveau et non pas au niveau de l’agence).
Pour chaque unité, qu’elle soit centre de coûts ou de profit, on distingue deux types de
charges :

Directes : les charges propres à chaque unité ; à savoir :


- Les frais de personnel ;
- Les coûts liés aux systèmes d’information ;
- Les loyers ;
- Les charges administratives ;
- Les services et honoraires ;
- La dépréciation (immeubles et autres actifs) ;
- La dépréciation (systèmes d’information).

Indirectes : il y a d’abord la répartition des joint expenses ou charges communes, elles sont
réparties au prorata du nombre d’employés et de la superficie de l’unité concernée.
A ce stade la répartition des coûts opérationnels est achevée pour les centres de coûts, restent
maintenant les centres de profit qui, en plus des charges directes et des charges communes
allouées, recevront les charges des centres de coûts.

Le total des coûts opérationnels de l’unité Corporate est affiché au tableau suivant :

2006
er ème
1 trimestre 2 trimestre 3ème trimestre 4ème trimestre

Coûts
opérationnels 63 893 125 478 188 490 250 989
trimestriels
(KDA)
Source: Budget ARAB BANK PLC ALGERIA (2006).

87
CHAPITRE TROISIEME : ETUDE DE CAS

Nous savons donc que l’unité Corporate est le centre de profit pour l’activité de crédit, les
coûts opérationnels de chaque crédit seront estimés au prorata de leur participation au Spread
de Corporate ; du fait que les coûts consommés par un crédit seront en fonction de sa
participation au profit.
Cela veut dire que si un crédit a une participation de 1% au Spread de Corporate ; ses coûts
opérationnels seront 1% des coûts opérationnels Corporate.

Le Spread de l’unité Corporate est détaillé au tableau suivant :

2006
er ème
1 trimestre 2 trimestre 3ème trimestre 4ème trimestre

Spread
d’intérêts 45 646 107 537 184 727 266 317
(KDA)
Source: Budget ARAB BANK PLC ALGERIA (2006).

Les deux tableaux précédents expriment l’évolution (prévisionnelle) durant l’année 2006 des
coûts opérationnels et du Spread d’intérêts. On s’intéressera évidemment à la dernière
colonne des tableaux puisqu’elle représente le cumul annuel des deux indicateurs cités
précédemment.
On remarque bien qu’on parle à présent de spread et non pas de PNB (comme énoncé dans la
formule générale de Raroc), on a donc écarté les commissions, cela revient à la disparité des
auteurs quant à la prise en compte ou non de cet élément dans le calcul de Raroc. En effet,
Raroc est un outil de tarification ajustée au risque, on s’interrogera donc à propos de la
rentabilité intrinsèque du crédit (relative à la transformation des ressources en emplois). De ce
fait on négligera la rentabilité additive générée par les commissions (relative aux services).

2. Détermination du taux moyen pondéré des ressources :

La prochaine étape dans l’estimation des coûts opérationnels individuels est de déterminer le
Spread d’intérêts de chaque crédit ; pour ce faire il est nécessaire de déterminer le coût de
refinancement des crédits. Dans notre cas ce coût est le taux moyen pondéré des ressources.
Nous avons posé l’hypothèse de l’existence d’un pool unique de trésorerie qui procure à la
banque des ressources avec le taux cité ci-dessus.
Ce taux est déterminé par l’unité Treasury (Direction de Trésorerie), mais juste pour les
ressources rémunérés ; donc, pour calculer le taux moyen pondéré de toutes les ressources (y
compris non rémunérées), on considèrera que la ressource non rémunérée (les dépôts à vue)
possède une maturité égale à la maturité des autres ressources, le taux est évidemment 0%.

88
CHAPITRE TROISIEME : ETUDE DE CAS

Mais nous savons bien que les dépôts à vue sont volatils, on déterminera alors une base
stable1 en se basant sur les données budgétaires qui prévoient l’évolution des dépôts à vue
pour l’année 2006.
L’évolution des dépôts à vue (2006) est représentée au graphique ci-dessous :

Graphique 4.6.

Evolution des dépôts à vue (2006)


3 500 000
3 000 000
2 500 000
Partie volatile
KDA

2 000 000
1 500 000 Base stable

1 000 000
500 000
-
févr-06
janv-06

avr-06

nov-06
mars-06

mai-06
juin-06
juil-06
août-06
sept-06
oct-06

déc-06
Source: Budget ARAB BANK PLC ALGERIA (2006).

⇒ La base stable = 2 104 595 KDA

Le tableau suivant illustre l’amortissement des ressources rémunérées. Pour information, les
ressources rémunérées pour ARAB BANK PLC ALGERIA sont :

- Les bons de caisse ;


- Les dépôts à terme.

On remarque bien l’absence du financement auprès du marché monétaire, cela est justifié par
la surliquidité de la Banque2. Les taux moyens pondérés sont calculés par l’unité Treasury :

1
Cette base stable représente le minimum de l’évolution des dépôts à vue.
2
Cette situation est actuellement le cas des banques algériennes.

89
CHAPITRE TROISIEME : ETUDE DE CAS

Tableau 4.11. Amortissement des ressources rémunérées.


Ressources
rémunérées Maturité Taux Maturité
(KDA) (années) (%) Intérêts Contribution pondérée
111 000,00 0,083333333 2,03 187,78 0,117162267 0,009763522

327 000,00 0,166666667 2,96 1 613,20 0,345153704 0,057525617

21 000,00 0,25 2,75 144,38 0,022165834 0,005541459

321 089,52 0,333333333 2,75 2 943,32 0,338915099 0,1129717

62 200,00 0,666666667 2,99 1 239,85 0,06565309 0,043768727

39 214,48 0,916666667 2,96 1 064,02 0,041391508 0,037942215

64 900,00 2 3,5 4 543,00 0,068502983 0,137005966

1 000,00 3 2 60,00 0,001055516 0,003166548


Totaux 947 404,00 11 795,54349 1 0,407685753

Les intérêts sont calculés à partir de la formule :


R . m .t
I=
100
Où :
I : les intérêts ou le coût des ressources rémunérées
R : Ressources rémunérées ;
m : maturité en années ;
t : le taux moyen pondéré des ressources rémunérées.

Le tableau ci-dessus nous a permis de calculer la maturité pondérée des ressources ; cela selon
la formule :
8


Ri . mi
Mp = 8
i =1
∑R
i =1
i

On arrive à :
Mp= 0,407685753 année

Maintenant qu’on a la maturité pondérée, nous pouvons calculer le taux moyen pondéré des
ressources rémunérées ; il suffit d’appliquer la formule :
I . 100
Tmp = 8

∑ R . Mp
i =1
i

(I représente la somme des intérêts dans ce cas)

90
CHAPITRE TROISIEME : ETUDE DE CAS

Tmp = 3,05%

Il est nécessaire de prendre en compte les ressources non rémunérés. Le montant qu’on va
prendre est la base stable, soit : 2 435 434 KDA.
Nous obtenons alors

Tmp Mp I Ressources (KDA)


Ressources rémunérées 3,05% 0,407685753 11 795,54349 947 404,00
Ressources non rémunérées 0% 0,407685753 0 2 104 595,00

TMP est le taux moyen pondéré de toutes les ressources :


I . 100
TMP =
Ressources . Mp

TMP = 0,95 %
Maintenant qu’on a le TMP, le calcul du spread d’intérêts devient aisé. On a qu’à faire la
différence entre le taux d’intérêts appliqué au client et ce taux.

Un extrait1 du calcul des spreads est exposé dans le tableau suivant :

Type de Taux Spread Encours Maturité


N° TMP Spread (KDA)
crédit client (taux) (KDA) (années)
1 CMT 7,50% 0,95% 6.55% 530,00 0,963888889 33,46
2 CMT 7,00% 0,95% 6.05% 1 869,00 0,916666667 103,65
3 CMT 7,50% 0,95% 6.55% 735,83 1 48,20
4 CMT 6,50% 0,95% 5.55% 12 500,00 1 693,75
5 CMT 6,50% 0,95% 5.55% 12 500,00 1 693,75
6 CMT 7,00% 0,95% 6.05% 56 000,00 1 3 388,00
7 CMT 7,50% 0,95% 6.55% 8 460,00 1 554,13
8 CMT 7,50% 0,95% 6.55% 732,90 1 48,00
9 CMT 7,50% 0,95% 6.55% 3 021,67 1 197,92
10 CMT 7,50% 0,95% 6.55% 666,67 0,291666667 12,74

N.B. : la colonne maturité est ajoutée surtout pour les crédits qui échoiront avant le
30/06/2007, pour les autres, elle est automatiquement égale à 1.

Maintenant qu’on a les spreads, le montant des coûts opérationnels, et celui du spread total on
pourra calculer les coûts opérationnels :

1
L’intégralité des calculs est présentée en annexe.

91
CHAPITRE TROISIEME : ETUDE DE CAS

Coûts
Spread
N° Contribution opérationnels
(KDA)
(KDA)
1 33,46 0,000126 31,535518
2 103,65 0,000389 97,685907
3 48,20 0,000181 45,423079
4 693,75 0,002605 653,820892
5 693,75 0,002605 653,820892
6 3 388,00 0,012722 3 193,002069
7 554,13 0,002081 522,236788
8 48,00 0,000180 45,242003
9 197,92 0,000743 186,527838
10 12,74 0,000048 12,003078

Pour les besoins de notre travail nous avons posé une hypothèse : les spreads des crédits sont
calculés sur la période 30/06/2006-30/06/2007, alors que les spreads et coûts opérationnels de
la Direction Corporate sont donnés pour l’année 2006 (du 01/01/2006 au 31/12/2006) ; notre
hypothèse est de considérer que ces deux éléments ont la même valeur pour la période allant
du 30/06/2006 au 30/06/2007.

Section 4 : Application de Raroc

Dans les sections précédentes nous avons réuni les éléments qui nous permettent
d’estimer Raroc, cette section ne sera pas destinée seulement au calcul des Raroc, on essayera
d’en tirer les conclusions quant à l’utilisation d’un tel outil en matière de gestion du risque de
crédit.

1. La détermination du hurdle rate :

Du moment que Raroc est le taux de rendements des fonds propres économiques, le taux
butoir qu’on pourra lui imposer est la rentabilité des fonds propres ou return on equity (ROE).
Cet indicateur reste général du moment qu’il rend compte de la rentabilité de toutes les
activités de la banque (et non seulement celle du crédit).

Nous avons :
Résultat net
ROE =
Fonds propres
Pour les fonds propres, on prendra en considération que :

Fonds propres règlementaires = Tier I + Tier II.

92
CHAPITRE TROISIEME : ETUDE DE CAS

Tier I:
- Le capital appelé ;
- Les provisions pour risques bancaires généraux ;
- Le résultat non distribué de l’exercice.

Tier II:
- Les provision pour risques et charges.

Le détail du calcul du ROE est donné comme suit :

Fonds propres règlementaires 2 348 676 597.02

Tier I : 2 341 146 444.12


- Le capital appelé 2 501 123 445.00
- Les provisions pour risques bancaires généraux 31 854 370.69
- Report à nouveau -317 216 337.26
- Le résultat non distribué de l’exercice 125 384 965.69
Tier II : 7 530 152.90
- Les provision pour risques et charges 7 530 152.90

Résultat net 125 384 965.69


ROE 5.3385%

2. Calcul des Raroc:

Maintenant qu’on s’est fixé un seuil de décision, on peut calculer Raroc pour chaque crédit ;
on les comparera après avec ce seuil.
Le tableau suivant expose un extrait1 du calcul des Raroc :

Coûts
Spread Expected Risk
N° opérationnels Raroc
(KDA) loss contribution
(KDA)
1 33,46 31,535518 3,043813273 37,95618673 -2,95%
2 103,65 97,685907 2,138786087 9,861213913 38,81%
3 48,20 45,423079 0,373866464 3,626133536 66,19%
4 693,75 653,820892 7,286274574 183,7137254 17,77%
5 693,75 653,820892 7,286274574 183,7137254 17,77%
6 3 388,00 3 193,002069 36,75496858 1973,245031 8,02%
7 554,13 522,236788 7,550536561 80,44946344 30,26%
8 48,00 45,242003 0,382137813 3,617862187 65,81%
9 197,92 186,527838 1,389857257 15,61014274 64,07%
10 12,74 12,003078 0,493837284 10,50616272 2,28%

Raroc (portefeuille) = 1,48 %

1
L’intégralité des calculs est disponible en annexe.

93
CHAPITRE TROISIEME : ETUDE DE CAS

3. Interprétation des résultats :

Pour mieux l’apprécier, Raroc doit être comparé avec le hurdle rate. Le graphique suivant
effectue cette comparaison pour chaque composante du portefeuille.

Graphique 4.8. Comparaison entre Raroc et ROE.


35
34 ROE
33 Ra r oc

32
31
30
29
28

27
26
25
24

23
22
21
20

19
18
17

16
15
14
13

12
11
10
9

8
7
6
5
4
3
2
1

-1 00.00% 0.00% 1 00.00% 200.00%

94
CHAPITRE TROISIEME : ETUDE DE CAS

On enregistre 17 cas où Raoc < ROE, parmi eux 05 seulement affichent un Raroc négatif.

Prenons le crédit 1 : Raroc n’est pas seulement inférieur au seuil, il même négatif, cela
s’explique par la charge d’expected loss qui revient essentiellement à la note qui est de 5.

Le crédit 2 : le spread couvre largement les coûts opérationnels et les EL, et comme sa
contribution en risque est faible, on a eu un Raroc important.

Le cas le plus remarquable est le crédit 19 : un Raroc de 177,90 % ; cela paraît aberrant, mais
si on suivait la logique de l’estimation : ce crédit génère un spread de 141,34 KDA et supporte
133,20 KDA de coûts opérationnels, cela dégage une marge de 8,14 KDA, cette marge va être
« préservée » du moment que EL = 0,98 KDA et donc on s’attend que la contribution en
risque ne soit pas très importante et c’est le cas : RC = 4,02 KDA.

Au niveau portefeuille : Raroc < ROE, ce résultat n’est pas surprenant ; car, pratiquement la
moitié des crédits ont un Raroc < ROE, ceux-ci ont une contribution au spread du portefeuille
de plus de 54 %. Cependant, il ne faut pas omettre que l’emploi de Raroc au niveau
portefeuille n’est pas très informatif, et ne peut remplacer l’information apportée par les
Raroc individuels.

Nous allons étudier le comportement des paramètres de Raroc :

Spread – Coûts Risk


Expected loss
opérationnels contribution
A− B
Raroc = A B C
C

Il est clair que Raroc augmente lorsque A augmente, ou B ou C diminuent, mais :

- A n’est pas aisément modifiable ; si on voyait les choses du coté global : on a


remarqué que Α pour la Direction Corporate est faible, si on calculait
A
(Corporate) = 6,1 %. Ceci n’est pas le résultat d’un spread faible ; au
Coûts opérationnels
contraire, la banque se procure ses ressources pour un taux moyen pondéré de 0,95 %.
La cause est évidemment le poids des coûts opérationnels. Le moyen d’augmenter A
est de revoir la politique d’allocation des coûts opérationnels.

- B dépend du rating, de la garantie et de l’exposition. Pour les crédits en cours, on


pourrait améliorer (diminuer) LGD par l’ajout d’une garantie de meilleure qualité, ou
diminuer l’exposition par une redéfinition des plafonds autorisés (ils seront revus à la
baisse).

95
CHAPITRE TROISIEME : ETUDE DE CAS

- C dépend de la volatilité des paramètres de EL, donc si EL est important, C l’est


d’avantage.

Constat :

Raroc nous fournit une information synthétisée (rendement, risque), cet indicateur permet
donc de limiter significativement le risque de concentration qui, est très répandu au niveau
des banques. Rappelons que la concentration a trois principales raisons1 :

- La spécialisation de la banque sur des secteurs spécifiques dont elle possède une
expertise reconnue, cela est apparent dans la spécialisation de ARAB BANK PLC
ALGERIA dans le financement du secteur commercial.
- L’établissement de relations privilégiées avec certains gros clients de la banque, cette
pratique conduit à un niveau d’exposition trop important, accepté de manière à ne pas
fragiliser ce type de relation.
Cette pratique peut même fausser l’interprétation de Raroc portefeuille, bien entendu.
Revenons à notre portefeuille : si l’entreprise bénéficiant du crédit 19 avait un niveau
d’exposition important, et même si tout les autres crédits affichaient des Raroc
insatisfaisants, cela mènera automatiquement à un Raroc portefeuille considérable !
Nous assisterons dans ce cas à une concentration excessive qui, en cas de défaut de
cette contrepartie, impliquera un effet domino. Cet exemple simple nous permet
d’assimiler la faiblesse de Raroc au niveau portefeuille.
- La capacité de diversification de la clientèle est limitée en raison de l’existence de
deux formes de compétition : les banques de taille supérieure qui ont accès aux gros
clients, les marchés sur lesquels les acteurs significatifs se financent.

Face à cette dérive, les opérationnels sont incités à limiter le niveau de concentration, soit
en déclinant les opérations qui ne deviennent pas rentables en terme de Raroc, soit en
remettant sur le marché (via les dérivés de crédit, la titrisation, la syndication) une partie
de leur exposition.

Raroc est une jauge de tarification - ajustée au risque - des crédits, il nous permet de
confirmer que les revenus dégagés par l’activité de crédit couvrent les coûts opérationnels
et les pertes moyennes. Son rôle ne s’arrête pas là, il vérifie que cette couverture est
optimale ; cela veut dire l’existence d’une rentabilité satisfaisante (supérieure à un seuil
prédéfini).

1
A. DE SERVIGNY, LE RISQUE DE CREDIT nouveaux enjeux bancaires, Ed. DUNOD, Paris, 2003, p.217.

96
CONCLUSION

CONCLUSION

Raroc est une innovation managériale brillante, il est en phase de généralisation dans
les banques des pays émergents, telles que : BNP PARIBAS, Société Générale, ING…etc.
C’est le produit de la modélisation du risque de crédit et du contrôle de gestion bancaire ; ces
deux éléments sont les générateurs des paramètres de Raroc. Il s’agit d’un outil robuste d’aide
à la décision. Il jauge la tarification des crédits appartenant au portefeuille de la banque, cela
afin de s’assurer qu’ils soient rentables à un seuil bien défini, du moment que Raroc est un
taux de rendement net des fonds propres économiques.

Cet outil s’insère dans une vague de rationalisation, il est arrivé à réconcilier les deux
pôles de l’activité de crédit dans les banques : le pôle risque et le pôle commercial, ceux-ci
étaient avant, en désaccord : les commerciaux cherchaient à fructifier le portefeuille de crédit
de la banque tandis que les risk managers veillaient à décliner tout les crédits risqués. Raroc
possède donc une information synthétisée qui permet à la banque de mieux mener sa politique
de crédit.

Actuellement, les banques algériennes n’utilisent pas des outils tels que Raroc dans la
gestion du risque de crédit ; les ingrédients de celui-ci ne sont pas encore réunis :

- La règlementation bancaire est en phase de transition ; entre Bâle I et Bâle II ;


- Les systèmes de notation ne sont pas très développés, nous notons des projets tel que
celui de la BDL (proposé par le MEDA) ;
- Les bases de données ne sont pas informatisées et l’accès à celles-ci est difficile ;
- L’absence d’une comptabilité analytique ;
- Les structures de gestion des risques sont au stade du suivi ex-post des engagements.

Ces ingrédients ne sont pas propres à Raroc seulement, ceux sont des indispensables
de la gestion bancaire d’aujourd’hui. Remédier à ces carences n’est pas impossible, mais il est
coûteux en temps et en argent ; nous devons donc agir par étapes :

- Veiller à l’adoption progressive des dispositions des accords de Bâle II ;


- Lancer des formations dans le cadre de la gestion des risques ;

97
CONCLUSION

- La mise en place d’entités spécialisées dans la gestion des risques ;


- La constitution de bases de données informatisées qui doivent être accessibles,
informatives et sécurisées ;
- Elaboration d’un système de notation ;
- Détenir une information comptable minutieuse (maîtrise des outils de contrôle de
gestion bancaire).

Les limites de Raroc apparaissent surtout lors de son utilisation au niveau collectif ;
son rôle d’optimisateur de portefeuille de crédit est fiable dans le cas des portefeuilles
homogènes.

L’intégration de Raroc dans les banques algériennes représente un changement


d’attitude envers le risque de crédit ; une attitude plus consciente évidemment. Aussi
l’adoption et pourquoi pas, la génération de nouveaux procédés dédiés au management du
risque de crédit, comme les dérivés de crédit : les CDO (Collateralized Debt Obligation) par
exemple ; serait souhaitable.

98
BIBLIOGRAPHIE

BIBLIOGRAPHIE

Ouvrages :

1) A. DE SERVIGNY, LE RISQUE DE CREDIT, nouveaux enjeux bancaires, Ed.


DUNOD, Paris, 2003.
2) M. DIETSCH et J. PETEY, Mesure et gestion du risque de crédit dans les institutions
financières, Ed. REVUE BANQUE, Paris, 2003.
3) T. RONCALLI, La gestion des risques financiers, Ed. ECONOMICA, Paris, 2004.
4) M. Rouach & G. Naulleau, Le contrôle de gestion bancaire et financier, Ed.
BANQUE EDITEUR, Paris, 1998.
5) M. Rouach & G. Naulleau, Contrôle de gestion et stratégie dans la banque, Ed.
BANQUE EDITEUR, Paris, 2000.
6) A. SARDI & H. JACOB, Management des risques bancaires, Ed. AFGES, Paris,
2001.

Articles :

7) Y. CHALACH, F. ELAM, M. WONE & F. EL KHYARI, Le risque du crédit.


8) M. CROUHY, La gestion du risque de crédit et la stabilité du système financier
international, les conférences Gérard-Parizeau, École des Hautes Études
Commerciales, Québec, avril 2000.
9) C. GODOWSKI, L’assimilation de la méthode RAROC en milieu bancaire, Université
François Rabelais de Tours, 2004.
10) G. M. GUPTON & R. M. STEIN, LOSSCALC V2: Dynamic Prediction of LGD,
Modelling Methodology, Moody’s KMV Company, janvier 2005.
11) C. JAMES, RAROC Based Capital Budgeting and Performance Evaluation: A Case
Study of Bank Capital Allocation, The Wharton Financial Institutions Center,
septembre 1996.
12) J. MATHIS, Fonds propres économiques « Raroc » et gestion bancaire, CEREG,
Université Dauphine.
13) J. ORY, La démarche RAROC utilisée en banque est-elle transposable à l’assurance-
vie ?, Cahier de recherche 2002-10, GREFIGE - Université Nancy 2, 2002.
14) A. OSSE, La Value-at-Risk, BCV, Les cahiers de la finance, mai 2002.
15) A. ROCHE, Modélisation du risque de crédit : une pluralité d’approches, Flash Eco,
CREDIT AGRICOLE, Direction des Etudes Economiques, mars 2005.
16) CreditMetricsTM technical document, JP MORGAN, avril 1997.
17) Gestion active du portefeuille client, BNP PARIBAS, mais 2000.

99
BIBLIOGRAPHIE

18) CreditRisk+, A credit risk management frame work, CREDIT SUISSE FIRST
BOSTON, 1997.
19) Principaux concepts du capital économique, BNP PARIBAS, 2003.
20) Rapport annuel ARAB BANK, 2005.

Séminaires :

21) J. PAILLES, Bâle 2 et la gestion du risque de crédit, ERNST & YOUNG, Alger, 22
mars 2006.
22) J. SVORONOS, Nouvel Accord de Bâle, FINANCIAL STABILITY INSTITUTE,
Banque Centrale du Maroc, Rabat, 08 décembre 2003.

Travaux universitaires :

23) S. ABBAOUI, La modélisation du risque de crédit : théorie et applications, mémoire


pour l’obtention du Diplôme Supérieur des Etudes Bancaires, Ecole Supérieure de
Banque, 2005.
24) N. SAADAOUI, La modélisation du risque de crédit dans les institutions financières,
mémoire pour l’obtention du Diplôme Supérieur des Etudes Bancaires, Ecole
Supérieure de Banque, 2005.
25) F. SALMI, Contribution à l’estimation du coût de revient d’un crédit, cas du crédit
immobilier au sein de la BDL, mémoire pour l’obtention du Diplôme Supérieur des
Etudes Bancaires, Ecole Supérieure de Banque, 2005.

Textes règlementaires :

26) Nouvel accord de Bâle sur les fonds propres, Banque des Règlements Internationaux,
avril 2003.

Sites Internet :

www.bank-of-algeria.dz
www.csfb.com
www.defaultrisk.com
www.gloriamundi.org
www.marches-financiers.net
www.mkmv.com
www.standardandpoors.com

100
TABLE DES ILLUSTRATIONS

TABLE DES ILLUSTRATIONS

INTITULE page

I. LES GRAPHIQUES
Graphique 1.1. Importance des Risques par rapport à l’origine des pertes………….………..…………….…...5
Graphique 2.1. L’évolution des charges en capital en fonction de la probabilité de défaut ................. 41
Graphique 4.1. Répartition par type de crédit ..................................................................................... 76
Graphique 4.2. Répartition par secteur d’activité ................................................................................. 77
Graphique 4.3. Répartition selon la note ............................................................................................. 77
Graphique 4.4. La densité d’une Β(1,0).................................................................................................. 80
Graphique 4.5. Distribution de perte du portefeuille ........................................................................... 86
Graphique 4.6. Evolution des dépôts à vue ........................................................................................... 89
Graphique 4.7. Comparaison entre Raroc et ROE ............................................................................... 94

II. LES FIGURES

Figure 1.1. La distribution de perte sur un portefeuille de crédit…………………………………………19


Figure 2.1. L’application Raroc 2020............................................................................................................27
Figure 2.2. Détermination de la marge sur intérêts........ .............................................................................29
Figure 2.3. Matrice de transition à 1 an de Standard & Poor’s..............................................................39
Figure 3.1. L’utilité moyenne-variance...........................................................................................................56
Figure 3.2. La corrélation entre les « ingrédients » de Raroc......................................................................61
Figure 3.3. Processus d’assimilation d’une innovation de gestion..............................................................62
Figure 3.4. Le lancement d’un nouveau métier.........................................................................................67
Figure 4.1. La structure de ARAB BANK GROUP..............................................................................................69
Figure 4.2. Organisation de ARAB BANK PLC......…………………………………………………….71

III. LES TABLEAUX

Tableau 1.1. Pondération des actifs du ratio Cooke ……………………………………………….......…….7


Tableau 1.2. Approche standard – risque de crédit ………….………………………………………....12
Tableau 1.3. Approche standard – risque de marché…………………….….………………………….14
Tableau 1.4. Principaux textes règlementaires régissant l’activité bancaire en Algérie….……………16
Tableau 2.1. Taux de recouvrement en fonction de la classe de séniorité……………………………... 40
Tableau 3.1. Raroc transactionnel VS outil de gestion…………...……….……………………………....59

101
TABLE DES ILLUSTRATIONS

Tableau 4.1. Indicateurs de base de ARAB BANK GROUP...........................................................................70


Tableau 4.2. Les éléments du risque (système CRRS)……………………………………….....…………..73
Tableau 4.3. Les classes de notation………………………………………………………………….....….. 73
Tableau 4.5. Equivalence entre notation de ARAB BANK et celles de S&P et Moody’s…………....… 74
Tableau 4.4. Les éléments du risque (système ACRRS)…………………………………………………....75
Tableau 4.6. Les taux zéro-coupon par classe de risque…………………………………….……………. 78
Tableau 4.7. Les probabilités de défaut à une année..............................................................................79
Tableau 4.8. Détermination des α par type de garantie………………………………………………….. 82
Tableau 4.9. Détermination des LGD par type de garantie..........................................................................83
Tableau 4.10. Les principaux quantiles de la distribution…………………….………………………….. 84
Tableau 4.11. Amortissement des ressources rémunérées…………………….………………………….. 90

102
ANNEXES

ANNEXES

ANNEXE 1: Le portefeuille de crédit ......................................................................................................... I

ANNEXE 2: Calcul des expositions en cas de défaut .............................................................................II

ANNEXE 3 : Obligor details...................................................................................................................... III

ANNEXE 4 : Expected loss et la contribution en risque de chaque crédit ....................................... IV

ANNEXE 5 : La distribution de perte du portefeuille............................................................................V

ANNEXE 6 : Calcul des spreads, coûts opérationnels et Raroc de chaque crédit........................... VI

Documents ARAB BANK PLC ALGERIA :

 Interest Rate Gap.

 Extrait du budget de l’exercice 2006.

 Bilan au 30/06/2006.

103
VII
ANNEXES

ANNEXE 1: Le portefeuille de crédit

Autorisation
N° Type de crédit en (KDA) Echéance Note Secteur d'activité
1 Crédit à moyen terme 530.00 17/06/2007 5 Commerce de gros
2 Crédit à moyen terme 1 869.00 31/05/2007 4 Commerce de gros
3 Crédit à moyen terme 1 030.00 01/08/2007 3 Intermédiation
4 Crédit à moyen terme 12 500.00 31/10/2007 3 BTPH
5 Crédit à moyen terme 12 500.00 31/10/2007 3 BTPH
6 Crédit à moyen terme 56 000.00 01/09/2009 4 Industrie agro-alimentaire
7 Crédit à moyen terme 9 400.00 30/10/2010 4 Industrie agro-alimentaire
8 Crédit à moyen terme 977.00 16/12/2007 3 Intermédiation
9 Crédit à moyen terme 3 022.00 29/02/2008 3 Commerce de gros
10 Crédit à moyen terme 2 000.00 15/10/2006 4 Commerce de détail
11 Crédit à moyen terme 791.00 30/11/2006 4 Commerce de détail
12 Crédit à moyen terme 2 000.00 31/01/2007 4 Commerce de détail
13 Crédit à moyen terme 61 000.00 28/02/2011 3 Industrie agro-alimentaire
14 Découvert 35 000.00 31/10/2006 4 Industrie électronique
15 Escompte Chèques/effets 400 000.00 12/11/2006 3 Commerce de détail
16 Découvert 200 000.00 12/11/2006 3 Commerce de détail
17 Avance sur factures 300 000.00 04/12/2006 3 Industrie chimie-pharmacie
18 Escompte chèques/effets 100 000.00 12/12/2006 4 Commerce de détail
19 Escompte chèques 3 500.00 09/05/2007 3 Commerce de gros
20 Découvert 5 000.00 20-12-2006 4 Commerce de gros
21 Escompte chèques 3 000.00 20-12-2006 4 Intermédiation
22 Avance sur factures 4 000.00 20-12-2006 4 Commerce de gros
23 Découvert 60 000.00 26/02/2007 3 Commerce de gros
24 Avance sur factures 11 000.00 01/12/2006 4 Intermédiation
25 Découvert 43 000.00 12/09/2006 3 Industrie agro-alimentaire
26 Découvert 15 000.00 31/05/2007 4 Commerce de gros
27 Découvert 20 000.00 06/12/2006 3 Commerce de gros
28 Escompte chèques/effets 10 000.00 06/12/2006 3 Commerce de gros
29 Crédit de compagne 20 000.00 06/12/2006 3 Commerce de gros
30 Escompte chèques 6 000.00 25/10/2006 3 Commerce de gros
31 Escompte chèques 4 500.00 30/04/2007 4 Commerce de gros
32 Découvert 5 000.00 18/03/2007 4 Commerce de gros
33 Découvert 70 000.00 30/11/2006 3 Commerce de gros
34 Découvert 900.00 25/03/2007 4 Commerce de détail
35 Escompte effets 11 000.00 22/03/2007 4 Industrie papier

I
ANNEXES

ANNEXE 2: Calcul des expositions en cas de défaut

N° Encours Exposition en cas


au 30/06/2006 de défaut au 30/06/2007
1 530.00 788.38
2 1 869.00 2 196.08
3 735.83 895.72
4 12 500.00 15 179.74
5 12 500.00 15 179.74
6 56 000.00 78 760.65
7 8 460.00 10 786.48
8 732.90 915.54
9 3 021.67 3 874.75
10 666.67 403.74
11 329.58 403.74
12 1 166.67 1 516.67
13 61 000.00 79 469.07
14 92 435.82 92 435.82
15 142 125.92 335 531.48
16 56 044.90 164 011.23
17 299 708.40 299 927.10
18 12 070.00 78 017.50
19 2 514.00 3 253.50
20 3 529.00 4 632.25
21 - 2 250.00
22 3 942.00 3 985.50
23 31 763.00 52 940.75
24 7 873.00 10 218.25
25 15 339.00 49 191.50
26 9 808.00 13 702.00
27 35 283.00 35 283.00
28 1 044.00 7 761.00
29 20 000.00 20 000.00
30 1 200.00 4 800.00
31 1 801.00 3 825.25
32 4 706.00 4 926.50
33 48 584.20 64 646.05
34 953.00 953.00
35 2 000.00 8 750.00

II
ANNEXES

ANNEXE 3 : Obligor details


Default rate Secteur d'activité
Exposure . LGD Mean Standard
Name (en KDA) Rating Default rate Deviation 1 2 3 4 5 6 7 8
1 274.22 5 1.11% 1.40% 0.00% 100.00% 0.00% 0.00% 0.00% 0.00% 0.00% 0.00%
2 763.85 4 0.28% 0.30% 0.00% 100.00% 0.00% 0.00% 0.00% 0.00% 0.00% 0.00%
3 311.56 3 0.12% 0.10% 0.00% 0.00% 0.00% 0.00% 0.00% 0.00% 0.00% 100.00%
4 6 071.90 3 0.12% 0.10% 0.00% 0.00% 0.00% 0.00% 100.00% 0.00% 0.00% 0.00%
5 6 071.90 3 0.12% 0.10% 0.00% 0.00% 0.00% 0.00% 100.00% 0.00% 0.00% 0.00%
6 13 126.77 4 0.28% 0.30% 0.00% 0.00% 100.00% 0.00% 0.00% 0.00% 0.00% 0.00%
7 2 696.62 4 0.28% 0.30% 0.00% 0.00% 100.00% 0.00% 0.00% 0.00% 0.00% 0.00%
8 318.45 3 0.12% 0.10% 0.00% 0.00% 0.00% 0.00% 0.00% 0.00% 0.00% 100.00%
9 1 158.21 3 0.12% 0.10% 0.00% 100.00% 0.00% 0.00% 0.00% 0.00% 0.00% 0.00%
10 176.37 4 0.28% 0.30% 100.00% 0.00% 0.00% 0.00% 0.00% 0.00% 0.00% 0.00%
11 186.49 4 0.28% 0.30% 100.00% 0.00% 0.00% 0.00% 0.00% 0.00% 0.00% 0.00%
12 825.85 4 0.28% 0.30% 100.00% 0.00% 0.00% 0.00% 0.00% 0.00% 0.00% 0.00%
13 25 827.45 3 0.12% 0.10% 0.00% 0.00% 100.00% 0.00% 0.00% 0.00% 0.00% 0.00%
14 15 405.97 4 0.28% 0.30% 0.00% 0.00% 0.00% 0.00% 0.00% 100.00% 0.00% 0.00%
15 83 882.87 3 0.12% 0.10% 100.00% 0.00% 0.00% 0.00% 0.00% 0.00% 0.00% 0.00%
16 41 002.81 3 0.12% 0.10% 100.00% 0.00% 0.00% 0.00% 0.00% 0.00% 0.00% 0.00%
17 91 282.16 3 0.12% 0.10% 0.00% 0.00% 0.00% 100.00% 0.00% 0.00% 0.00% 0.00%
18 10 176.20 4 0.28% 0.30% 100.00% 0.00% 0.00% 0.00% 0.00% 0.00% 0.00% 0.00%
19 813.38 3 0.12% 0.10% 0.00% 100.00% 0.00% 0.00% 0.00% 0.00% 0.00% 0.00%
20 1 852.90 4 0.28% 0.30% 0.00% 100.00% 0.00% 0.00% 0.00% 0.00% 0.00% 0.00%
21 900.00 4 0.28% 0.30% 0.00% 0.00% 0.00% 0.00% 0.00% 0.00% 0.00% 100.00%
22 1 212.98 4 0.28% 0.30% 0.00% 100.00% 0.00% 0.00% 0.00% 0.00% 0.00% 0.00%
23 18 518.67 3 0.12% 0.10% 0.00% 100.00% 0.00% 0.00% 0.00% 0.00% 0.00% 0.00%
24 3 109.90 4 0.28% 0.30% 0.00% 0.00% 0.00% 0.00% 0.00% 0.00% 0.00% 100.00%
25 6 014.13 4 0.28% 0.10% 0.00% 0.00% 100.00% 0.00% 0.00% 0.00% 0.00% 0.00%
26 3 425.50 4 0.28% 0.30% 0.00% 100.00% 0.00% 0.00% 0.00% 0.00% 0.00% 0.00%
27 8 820.75 3 0.12% 0.10% 0.00% 100.00% 0.00% 0.00% 0.00% 0.00% 0.00% 0.00%
28 1 940.25 3 0.12% 0.10% 0.00% 100.00% 0.00% 0.00% 0.00% 0.00% 0.00% 0.00%
29 5 000.00 3 0.12% 0.10% 0.00% 100.00% 0.00% 0.00% 0.00% 0.00% 0.00% 0.00%
30 1 200.00 3 0.12% 0.10% 0.00% 100.00% 0.00% 0.00% 0.00% 0.00% 0.00% 0.00%
31 1 530.10 4 0.28% 0.10% 0.00% 100.00% 0.00% 0.00% 0.00% 0.00% 0.00% 0.00%
32 1 231.63 4 0.28% 0.10% 0.00% 100.00% 0.00% 0.00% 0.00% 0.00% 0.00% 0.00%
33 10 774.34 3 0.12% 0.30% 0.00% 100.00% 0.00% 0.00% 0.00% 0.00% 0.00% 0.00%
34 124.30 4 0.28% 0.10% 100.00% 0.00% 0.00% 0.00% 0.00% 0.00% 0.00% 0.00%
35 2 500.00 4 0.28% 0.10% 0.00% 0.00% 0.00% 0.00% 0.00% 0.00% 100.00% 0.00%

III
ANNEXES

ANNEXE 4 : Expected loss et la


contribution en risque de
chaque crédit
Name Expected Risk
Loss Contribution
(KDA) (KDA)
1 3.043813273 41
2 2.138786087 12
3 0.373866464 4
4 7.286274574 191
5 7.286274574 191
6 36.75496858 2 010
7 7.550536561 88
8 0.382137813 4
9 1.389857257 17
10 0.493837284 11
11 0.522169888 11
12 2.312367196 13
13 30.99293835 3 184
14 43.1367173 2 573
15 100.6594436 31 823
16 49.20336778 7 655
17 109.5385935 37 543
18 28.49334783 1 305
19 0.97605 5
20 5.18812 86
21 2.52 11
22 3.39633913 40
23 22.22240922 1 679
24 8.707726087 149
25 16.83955 449
26 9.5914 152
27 10.5849 388
28 2.3283 37
29 6 143
30 1.44 17
31 4.28428 41
32 3.44855 40
33 12.92920995 556
34 0.348052174 11
35 7 86

IV
ANNEXES

ANNEXE 5 : La distribution de perte du portefeuille

Credit Credit Credit


Loss Probability Loss Probability Loss Probability
Amount Amount Amount
0 94.46% 42 911 0.00% 85 822 0.00%
913 1.34% 43 824 0.00% 86 735 0.00%
1 826 0.72% 44 737 0.00% 87 648 0.00%
2 739 0.77% 45 650 0.00% 88 561 0.00%
3 652 0.48% 46 563 0.00% 89 474 0.00%
4 565 0.02% 47 476 0.00% 90 387 0.00%
5 478 0.11% 48 389 0.00%
6 391 0.47% 49 302 0.00%
7 304 0.01% 50 215 0.00%
8 217 0.00% 51 128 0.00%
9 130 0.11% 52 041 0.00%
10 043 0.00% 52 954 0.00%
10 956 0.35% 53 867 0.00%
11 869 0.01% 54 780 0.00%
12 782 0.01% 55 693 0.00%
13 695 0.26% 56 606 0.00%
14 608 0.01% 57 519 0.00%
15 521 0.26% 58 432 0.00%
16 434 0.01% 59 345 0.00%
17 347 0.01% 60 258 0.00%
18 260 0.00% 61 171 0.00%
19 173 0.11% 62 084 0.00%
20 086 0.00% 62 997 0.00%
20 999 0.00% 63 910 0.00%
21 912 0.00% 64 823 0.00%
22 825 0.00% 65 736 0.00%
23 738 0.00% 66 649 0.00%
24 651 0.00% 67 562 0.00%
25 564 0.00% 68 475 0.00%
26 477 0.11% 69 388 0.00%
27 390 0.00% 70 301 0.00%
28 303 0.00% 71 214 0.00%
29 216 0.00% 72 127 0.00%
30 129 0.00% 73 040 0.00%
31 042 0.00% 73 953 0.00%
31 955 0.00% 74 866 0.00%
32 868 0.00% 75 779 0.00%
33 781 0.00% 76 692 0.00%
34 694 0.00% 77 605 0.00%
35 607 0.00% 78 518 0.00%
36 520 0.00% 79 431 0.00%
37 433 0.00% 80 344 0.00%
38 346 0.00% 81 257 0.00%
39 259 0.00% 82 170 0.00%
40 172 0.00% 83 083 0.00%
41 085 0.11% 83 996 0.11%
41 998 0.00% 84 909 0.00%

V
ANNEXES
ANNEXE 6 : Calcul des spreads, coûts opérationnels et Raroc de chaque crédit
Taux Spread Spread Coûts opérationnels Expected loss Risk contribution
N° Type de crédit client TMP (taux) Encours (KDA) Maturité (années) (KDA) Contribution (KDA) (KDA) (KDA) Raroc
1 CMT 7.50% 0.95% 6.55% 530.00 0.963888889 33.46 0.000126 31.535518 3.04381327 37.95618673 -2.95%
2 CMT 7% 0.95% 6.05% 1 869.00 0.916666667 103.65 0.000389 97.685907 2.13878609 9.861213913 38.81%
3 CMT 7.50% 0.95% 6.55% 735.83 1 48.20 0.000181 45.423079 0.37386646 3.626133536 66.19%
4 CMT 6.50% 0.95% 5.55% 12 500.00 1 693.75 0.002605 653.820892 7.28627457 183.7137254 17.77%
5 CMT 6.50% 0.95% 5.55% 12 500.00 1 693.75 0.002605 653.820892 7.28627457 183.7137254 17.77%
6 CMT 7% 0.95% 6.05% 56 000.00 1 3 388.00 0.012722 3 193.002069 36.7549686 1973.245031 8.02%
7 CMT 7.50% 0.95% 6.55% 8 460.00 1 554.13 0.002081 522.236788 7.55053656 80.44946344 30.26%
8 CMT 7.50% 0.95% 6.55% 732.90 1 48.00 0.000180 45.242003 0.38213781 3.617862187 65.81%
9 CMT 7.50% 0.95% 6.55% 3 021.67 1 197.92 0.000743 186.527838 1.38985726 15.61014274 64.07%
10 CMT 7.50% 0.95% 6.55% 666.67 0.291666667 12.74 0.000048 12.003078 0.49383728 10.50616272 2.28%
11 CMT 7.50% 0.95% 6.55% 329.58 0.416666667 8.99 0.000034 8.477174 0.52216989 10.47783011 -0.04%
12 CMT 7.50% 0.95% 6.55% 1 166.67 0.583333333 44.58 0.000167 42.010775 2.3123672 10.6876328 2.37%
13 CMT 7.50% 0.95% 6.55% 61 000.00 1 3 995.50 0.015003 3 765.537121 30.9929383 3153.007062 6.31%
14 Découvert 7.50% 0.95% 6.55% 92 435.82 0.333333333 2 018.18 0.007578 1 902.024711 43.1367173 2529.863283 2.89%
15 Escompte Chèques/effets 7.50% 0.95% 6.55% 142 125.92 0.366666667 3 413.39 0.012817 3 216.931426 100.659444 31722.34056 0.30%
16 Découvert 7.50% 0.95% 6.55% 56 044.90 0.366666667 1 346.01 0.005054 1 268.541431 49.2033678 7605.796632 0.37%
17 Avance sur factures 7.50% 0.95% 6.55% 299 708.40 0.427777778 8 397.66 0.031533 7 914.331555 109.538593 37433.46141 1.00%
18 Escompte chèques/effets 7.50% 0.95% 6.55% 12 070.00 1 790.59 0.002969 745.082509 28.4933478 1276.506652 1.33%
19 Escompte Chèques 7.50% 0.95% 6.55% 2 514.00 0.858333333 141.34 0.000531 133.204332 0.97605 4.02395 177.90%
20 Découvert 7.50% 0.95% 6.55% 3 529.00 0.472222222 109.15 0.000410 102.871525 5.18812 80.81188 1.35%
21 Escompte chèques 7.50% 0.95% 6.55% 0.472222222 - - - 2.52 8.48 -29.72%
22 Avance sur factures 7.50% 0.95% 6.55% 3 942.00 0.472222222 121.93 0.000458 114.910612 3.39633913 36.60366087 9.89%
23 Découvert 7.50% 0.95% 6.55% 31 763.00 0.655555556 1 363.87 0.005121 1 285.369869 22.2224092 1656.777591 3.40%
24 Avance sur factures 7.50% 0.95% 6.55% 7 873.00 0.419444444 216.30 0.000812 203.850507 8.70772609 140.2922739 2.67%
25 Découvert 7.50% 0.95% 6.55% 15 339.00 1 1 004.70 0.003773 946.878261 16.83955 432.16045 9.48%
26 Découvert 7.50% 0.95% 6.55% 9 808.00 0.916666667 588.89 0.002211 554.994903 9.5914 142.4086 17.07%
27 Découvert 7.50% 0.95% 6.55% 35 283.00 0.433333333 1 001.45 0.003760 943.810274 10.5849 377.4151 12.47%
28 Escompte chèques/effets 7.50% 0.95% 6.55% 1 044.00 0.433333333 29.63 0.000111 27.926705 2.3283 34.6717 -1.80%
29 Crédit de compagne 7.50% 0.95% 6.55% 20 000.00 0.433333333 567.67 0.002132 534.994345 6 137 19.47%
30 Escompte chèques 7.50% 0.95% 6.55% 1 200.00 0.319444444 25.11 0.000094 23.663211 1.44 15.56 0.03%
31 Escompte chèques 7.50% 0.95% 6.55% 1 801.00 0.833333333 98.30 0.000369 92.646617 4.28428 36.71572 3.74%
32 Découvert 7.50% 0.95% 6.55% 4 706.00 0.716666667 220.91 0.000829 208.193049 3.44855 36.55145 25.35%
33 Découvert 7.50% 0.95% 6.55% 48 584.20 0.416666667 1 325.94 0.004979 1 249.628448 12.9292099 543.0707901 11.67%
34 Découvert 7.50% 0.95% 6.55% 953.00 0.736111111 45.95 0.000173 43.304534 0.34805217 10.65194783 21.56%
35 Escompte effets 7.50% 0.95% 6.55% 2 000.00 0.727777778 95.34 0.000358 89.851614 7 79 -1.91%

VI
ANNEXES

VII
TABLE DES MATIERES

INTRODUCTION................................................................................................................... .............1

CHAPITRE INTRODUCTIF............................................................................................... .............3

Section 1 : Nomenclature des risques bancaires ........................................................................................ ..............3

1. Le risque de crédit ............................................................................................................................. 4


2. Le risque de marché ........................................................................................................................... 5
3. Le risque opérationnel ....................................................................................................................... 6

Section 2 : Le rôle de la réglementation......................................................................................................... ..............6

1. Le ratio de fonds propres et des ressources permanentes ..................................................................... 7


2. Le ratio de liquidité............................................................................................................................ 7
3. Bâle I (1988) et le ratio Cooke ............................................................................................................ 7
4. Bâle II et le ratio MC Donough .......................................................................................................... 8
4.1. PILER I - Niveau minimum en fonds propres .................................................................................... 9
4.1.1. Définition des fonds propres ............................................................................................................ 10
4.1.2. Mesure des risques ......................................................................................................................... 10
4.1.2.1. Le risque de crédit ........................................................................................................................ 11
4.1.2.1.1. Approche Standard (Standardized Approach) .............................................................................. 11
4.1.2.1.2. Approche notation interne (Internal Rating Based - IRB) ............................................................ 12
4.1.2.2. Le risque de marché ..................................................................................................................... 13
4.1.2.2.1. L’Approche Standard ................................................................................................................. 13
4.1.2.2.2. Approche Modèles Internes ....................................................................................................... 14
4.1.2.3. Le risque opérationnel .................................................................................................................. 14
4.1.2.3.1. Approche « indicateur de base » ................................................................................................. 14
4.1.2.3.2. Approche Standard ..................................................................................................................... 14
4.1.2.3.3. Approche Mesures Avancées (AMA) ........................................................................................... 15
4.2. Pilier II – processus de surveillance individualisé ............................................................................. 15
4.3. PILIER III – Discipline de marché .................................................................................................. 15
4.3.1. Renforcement de la solidité et la sécurité du système bancaire .......................................................... 16
4.3.2. Les exigences de communication financière ...................................................................................... 16
5. La situation en Algérie..................................................................................................................... 16

Section 3 : L’apport des modèles du risque de crédit ............................................................................. ........... 18

1. Objet des modèles ............................................................................................................................ 18


2. Les modèles de référence.................................................................................................................. 19
2.1. Les modèles de défaut ...................................................................................................................... 19
2.1.1. CreditRisk+ ................................................................................................................................... 20
2.2. Les modèles Marked-to-Market (MTM) ........................................................................................... 21
2.1.1. CreditMetricsTM ............................................................................................................................. 21
3. Le choix de la banque ? .................................................................................................................... 22
CHAPITRE PREMIER : LA NOTION DE RAROC.............................................................. 23

Section 1 : Présentation de Raroc ..................................................................................................................... ........... 23

1. Un peu d’histoire ............................................................................................................................. 23


2. Définition ........................................................................................................................................ 24
3. Raroc 2020 ...................................................................................................................................... 26

Section 2: Les paramètres comptables de Raroc ....................................................................................... ........... 28

1. Le PNB par opération ...................................................................................................................... 28


1.1. La détermination de la marge sur intérêts ......................................................................................... 29
1.1.1. Les mécanismes d’affectation des ressources aux emplois ................................................................... 29
1.1.2. La mesure des capitaux et la détermination du « float » .................................................................... 30
1.1.3. Les taux de cession internes des capitaux ......................................................................................... 31
2. Les coûts d’opération ....................................................................................................................... 32
2.1. Affectation des charges aux centres de responsabilité ....................................................................... 32
2.1.1. Détermination des charges à retenir en comptabilité analytique ........................................................ 32
2.1.2. Affectation des charges aux centres de responsabilité ....................................................................... 33
2.1.3. La ventilation des charges des centres fonctionnels et des centres de structure .................................. 33
2.1.4. Le calcul des coûts d’opérations ....................................................................................................... 34
2.1.5. Facturation des coûts d’opération aux centres de profit .................................................................... 34
2.2. Méthodes de détermination des coûts d’opération ............................................................................ 34
2.2.1. La méthode des coûts standards ...................................................................................................... 35
2.2.2. La méthode des coûts partiels .......................................................................................................... 36
2.2.3. La décomposition en coûts fixes et coûts variables ............................................................................ 36
2.2.4. La méthode des coûts de marché ...................................................................................................... 36
2.2.5. La méthode ABC (Activity Based Costing) ....................................................................................... 36
2.2.6. La méthode des coûts cibles ............................................................................................................ 37
3. Taux butoir (hurdle rate) ................................................................................................................. 37

Section 3 : Les paramètres liés au risque ...................................................................................................... ........... 37

1. Les pertes attendues (expected losses) ...................................................................................................................... 38


1.1. L’exposition en cas de défaut (EAD) ................................................................................................ 38
1.2. La probabilité de défaut (PD) .......................................................................................................... 39
1.3. La perte en cas de défaut (LGD) ....................................................................................................... 40
2. Unexpected loss .............................................................................................................................. 41

CHAPITRE DEUXIEME : LE PROCESSUS RAROC .............................................. ......... 43

Section 1: L’apport des Risk Adjusted Performance Measurement (RAPM) ........................... ........... 43

1. Mesure de risque ............................................................................................................................ 43


1.1. La valeur en risque crédit – Credit Var ............................................................................................ 43
1.2. Le regret espéré – Expected regret .................................................................................................. 43
1.3. La valeur en risque conditionnelle – Expected Shortfall .................................................................... 44
1.4. Unexpected loss .............................................................................................................................. 44
2. Contribution en risque .................................................................................................................... 44
3. La nécessité de la mise en place d’une RAPM ................................................................................... 44
Section 2 : Raroc outil d’aide à la décision................................................................................................... ........... 46

1. Caractéristiques d’une opération marginale ...................................................................................... 47


1.1. La VaR ........................................................................................................................................... 47
1.2. Le rendement des fonds propres économiques .................................................................................. 49
2. Contribution d’une opération à la valeur de la banque ou la valeur des fonds propres ......................... 49
2.1. Valeurs de la banque, des fonds propres et indifférence au mode de financement ................................ 50
2.2. Le taux d’évaluation et le modèle d’équilibre des actifs financiers (MEDAF) ...................................... 51
3. La contribution d’une opération à l’utilité des actionnaires ou des dirigeants ..................................... 52
3.1. Conflits d’agence et investisseurs mal diversifiés .............................................................................. 52
3.2. Utilité des dirigeants ou actionnaires mal diversifiés ........................................................................ 53
3.3. Contribution d'une opération à l'utilité des dirigeants ou des actionnaires ......................................... 53
3.4. Règles de décision ........................................................................................................................... 54
4. Interprétation du rendement des fonds propres économiques ............................................................ 54
4.1. Justification des fonds propres économiques ..................................................................................... 55
4.2. Allocation du risque ou allocation des fonds propres ......................................................................... 56

Section 3 : La mise en place de Raroc............................................................................................................. ........... 58

1. Utilisation de Raroc ........................................................................................................................ 58


1.1. Raroc transactionnel ....................................................................................................................... 58
1.2. Raroc – outil de gestion .................................................................................................................. 58
2. Les « ingrédients » de Raroc ........................................................................................................... 59
2.1. MOYENS HUMAINS .................................................................................................................... 59
2.2. MOYENS LOGISTIQUES ............................................................................................................. 60

Section 4: Raroc - points forts et points faibles .......................................................................................... ........... 62

1. Les points forts ............................................................................................................................... 62


1.1. Raroc moniteur ............................................................................................................................... 62
1.2. la fonction d’analyseur et de régulateur de Raroc .............................................................................. 63
1.3. Raroc opérateur ............................................................................................................................... 63
2. Points faibles : ................................................................................................................................. 64
2.1. Les fondamentaux de l’entreprise .................................................................................................... 64
2.2. L’insensibilité des actionnaires envers le risque non systématique ..................................................... 65
2.3. Le rôle spécifique de la direction générale ......................................................................................... 66

CHAPITRE TROISIEME : ETUDE DE CAS ......................................................................... 68

Section 1 : Présentation de la structure d’accueil ..................................................................................... ........... 68

1. Historique ....................................................................................................................................... 68
2. Chiffres clés ..................................................................................................................................... 69
3. ARAB BANK PLC ALGERIA ......................................................................................................... 71
4. Présentation du système de notation de ARAB BANK PLC............................................................... 72
4.1. Corporate Risk Rating System (CRRS): ............................................................................................ 72
4.1.1. Conditions d’application: .................................................................................................................. 72
4.1.2. Démarche de la notation :................................................................................................................. 72
4.2. Adjusted Corporate Risk Rating System (ACRRS): ........................................................................... 74
Section 2 : Modélisation du risque de crédit ............................................................................................... ........... 75

1. Présentation du portefeuille de crédit .............................................................................................. 76


2. Les paramètres du modèle ............................................................................................................... 78
2.1. Evaluation des expositions en cas de défaut ...................................................................................... 78
2.2. La probabilité de défaut ................................................................................................................... 79
2.3. Loss given default (LGD) ................................................................................................................ 79
3. La modélisation avec CreditRisk+ ................................................................................................... 83

Section 3 : Estimation des coûts opérationnels........................................................................................... ........... 86

1. Identification des centres de coûts et de profit .................................................................................. 86


2. Détermination du taux moyen pondéré des ressources ...................................................................... 88

Section 4 : Application de Raroc ....................................................................................................................... ........... 92

1. La détermination du hurdle rate ...................................................................................................... 92


2. Calcul des Raroc .............................................................................................................................. 93
3. Interprétation des résultats .............................................................................................................. 94

CONCLUSION........................................................................................................................................ ......... 97

BIBLIOGRAPHIE.................................................................................................................................. ......... 99

TABLE DES ILLUSTRATIONS.................................................................................................... ....... 101

ANNEXES ................................................................................................................................................................ ....... 103