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J.P.

GIROUD
Ingénieur E . C P .
Licencié è s - S c i e n c e s
Docteur de Spécialité
tassements et contraintes
H. W A T I S S E E
Ingénieur E . C P .
dans une couche de sol élastique
Docteur de Spécialité
supportant une charge
A. RABATEL
Technicien

Laboratoire de mécanique des sols


uniformément répartie
Université de Grenoble

présentation
F. S C H L O S S E R
Ingénieur des Ponts et C h a u s s é e s
Chef de la section " mécanique des s o l s "
du Laboratoire Central

L'évaluation des tassements des ouvrages fondés superficiellement est un problème im-
portant mais délicat. La difficulté résulte, pour une grande part, de la complexité du comportement
des sols, comportement qu'il n'est pas possible de représenter par des lois simples.

Les méthodes d'évaluation sont donc nombreuses mais toutes imparfaites, depuis les
méthodes utilisant la théorie de l'élasticité linéaire jusqu'aux méthodes plus ou moins empiriques
extrapolant au cas réel des résultats d'essais de chargement simplifiés : essais œdométriques,
essais sur modèles ou essais de plaques, essais en semi-grandeur, etc. Dans la mesure où il
n'existe pas de méthode générale, il s'agit dans chaque cas de savoir utiliser non pas celles qui
donneront à coup sûr les meilleurs résultats, mais celles qui sont les mieux adaptées à la fols au
coût de l'ouvrage et à la précision que l'on demande dans la connaissance des tassements. Ainsi,
il sera possible pour certains ouvrages de se contenter d'un résultat à 100 % près, lorsque le tas-
sement sera de l'ordre de quelques centimètres, ce qui ne sera pas le cas pour un remblai cons-
truit sur un sol très compressible, où le tassement atteindra le mètre ou plus.

L'article de MM. Giroud, Watissee et Rabatel donne la résolution complète d'un cas de
chargement souvent rencontré dans la pratique : celui d'une couche de sol reposant sur un subs-
tratum indéformable et supportant une charge uniformément répartie, un remblai, par exemple. Le
sol est supposé obéir à une loi de comportement élastique linéaire. Les résultats concernent à la
fois les contraintes et les tassements et sont donnés sous forme d'abaques.

S'il est bien certain que le comportement d'un sol n'est jamais élastique et linéaire, cet
article présente pour le mécanicien des sols beaucoup d'intérêt et à plusieurs titres :
- la connaissance de l'état des contraintes dans le sol de fondation sous un remblai permet, en
effet, de s'orienter vers des méthodes plus élaborées que la méthode œdométrlque et utilisant par
exemple l'essai triaxial. Ce processus est justifié par le fait que les contraintes sont moins « sen-
sibles » que les tassements aux écarts qui peuvent exister entre le sol réel et celui de la théorie
élastique ;

97

Bull. Liaison Labo. Routiers P. et C h . no 48 - N o v . 1970 - Réf. 9 2 5


- la méthode élastique est l'une des plus appropriées pour évaluer le tassement immédiat sous un
remblai, c'est-à-dire celui qui se produit avant toute consolidation ;
- utilisée conjointement avec la méthode œdométrique, la méthode élastique proposée par M. Giroud
doit permettre une évaluation plus précise des tassements sous tout le profil du remblai ;
- pour des sols peu compressibles et pour des charges importantes concentrées vis-à-vis de l'épais-
seur de la couche de sol, la méthode élastique est certainement assez bien appropriée à l'évaluation
des tassements dans la mesure où les modules utilisés sont représentatifs.

Les abaques présentés dans cet article seront certainement un bon outil de travail pour
les mécaniciens des sols de nos laboratoires qui effectuent des recherches sur les sols compres-
sibles supportant des remblais.

INTRODUCTION

I - BUT DE CET ARTICLE

II est fréquent d'avoir à calculer le tassement d'une charge qui a pour fondation une c o u c h e de sol sup-
portée par un substratum indéformable. Nous avons donc estimé utile de faire une étude théorique de c e
problème, en prenant d e s conditions aux limites simples (charge uniforme sur une bande infinie) et en
considérant que le s o l est linéairement élastique. L e s résultats obtenus devraient être utiles aux chercheurs
qui étudient les méthodes de calcul d e s tassements.

En plus d e s valeurs du tassement, nous donnons, dans une deuxième partie, celles d e s contraintes. Il est
utile, en effet, de les connaître c a r elles sont utilisées dans les méthodes c l a s s i q u e s de calcul du tasse-
ment. C e s méthodes sont justifiées [1] [2], parce que les contraintes dépendent assez peu de l'hétérogé-
néité ou de la non élasticité du s o l alors que, au contraire, les tassements en dépendent beaucoup.

2 - HYPOTHESES

a) Hypothèses relatives au s o l de fondation


La couche c o m p r e s s i b l e e s t limitée p a r deux plans horizontaux parallèles : la surface du s o l (z = 0) et la
limite supérieure du substratum rigide (z = H) (fig. 1). L'adhérence entre le substratum et le sol c o m p r e s -
sible est supposée parfaite, autrement dit, le déplacement d e s points situés à la profondeur z = H est nul.

N o u s s u p p o s o n s que le s o l c o m p r e s s i b l e obéit à la loi de H o o k e (élasticité linéaire) : il est donc c a r a c -


térisé par deux coefficients (E, module de Y o u n g e t v , coefficient de Poisson).

98
b) D é f i n i t i o n de la charge
Le calcul est fait pour une couche compressible supportant à sa surface une charge normale uniforme de
longueur infinie et de largeur 2a ( f l g . 1). Bien qu'en réalité une longueur ne puisse être infinie, on peut
représenter ainsi les charges dont le rapport longueur/largeur est grand pour calculer le tassement ou les
contraintes en un point éloigné de l'extrémité de la charge : il en résulte des calculs plus simples
(déformation plane) et des résultats plus commodes. Pour avoir un ordre de grandeur de l'approximation
ainsi faite, distinguons deux cas :
— pour les contraintes, nous avons calculé [3] [4] l'erreur commise dans le c a s d'un massif semi-infini
de sol homogène (autrement dit : couche compressible d'épaisseur infinie). S i l'épaisseur de la couche
est finie, l'erreur est encore plus faible car la présence du substratum diminue l'influence des charges éloi-
gnées. Il en résulte que, pour les charges telles que les digues, remblais routiers et semelles filantes,
l'erreur faite sur les contraintes en supposant la longueur infinie est très faible ;
— pour les tassements, le problème est plus délicat. En effet, il est bien connu que, sur un massif semi-
infini, le tassement d'une charge de longueur infinie est infini. Le raisonnement fait pour les contraintes
n'est donc plus applicable. O n peut seulement affirmer que l'erreur est d'autant plus faible que le rapport
longueur/largeur est plus grand et que l'épaisseur de la couche est plus faible ; et if semble logique de
présumer que cette erreur est plus grande pour les tassements que pour les contraintes. Une étude en
cours à G r e n o b l e [5] permettra plus tard de préciser ce point.

3 - N O T A T I O N S ET C O N V E N T I O N S

• L e s notations sont répertoriées comme suit :

- a : demi-largeur de la charge uniforme,


- E : module de Y o u n g du sol de la couche compressible,
- E' : module œdométrique du sol de la couche compressible,
- H : épaisseur de la couche de sol compressible,
- (I, J) : indices de ligne et de colonne dans la double grille,
- k m , k m , k H : coefficients sans dimensions pour le calcul de o- , T
2 z z x et o- ,
x

- p : pression uniforme exercée à la surface du massif,


- P H p' :
H coefficients sans dimensions pour le calcul du tassement,
• P «PP
h
: v a
' e u r
explicite approchée de p H valable si B est grand,
- Ç : forces représentant la charge p, dans le schéma de la double grille,
- t : variable d'intégration,
- w, u : composantes du vecteur déplacement,
- w', u' : composantes du vecteur déplacement en axes inclinés à 4 5 ° ,

99
- x, z : coordonnées du point où l'on calcule les contraintes et le déplacement,
-/?,/?' : paramètres sans dimensions liés à l'épaisseui de la couche,
- A : côté des mailles de la double grille,
- v : coefficient de P o i s s o n du sol de la couche compressible,
- « : paramètre de sur-relaxation.

• L e s conventions suivantes sont appliquées :

- le tassement, w, est positif v e r s le bas comme l'axe Oz,


ff a
- les contraintes normales ( , , a ) sont positives si ce sont des c o m p r e s s i o n s ,
x y z

- une contrainte tangentielle, exercée sur une coupe de normale intérieure parallèle à un axe de coordon-
nées et de même sens, est positive si elle est de même sens que l'autre axe de coordonnées (fig- 2).

% >o
Fig. 2 - Conventions de signes
pour les contraintes.

4 - EQUATIONS DU PROBLEME

Les équations qui permettent de résoudre un problème d'élasticité en déformation plane sont
- les deux équations de l'équilibre indéfini indépendantes des propriétés du matériau :

ôo- 2 ÔT 2 X _ 0

ôz ox

ôZ dx

- les trois équations de H o o k e qui indiquent que le sol est élastique

1+v
E

1 +v r
1-f-v T

(2) / Ex = - 1(1 v) a * VOz J


1+v
T 2 X
= Tz:

les relations de définition des déformations

ôw 1 /dw o u\ ou
ôz 2 \öx dz I ox

100
C e s trois composantes de la déformation, dérivant d'un vecteur déplacement (w, u), ne sont pas indépen-
dantes ; on en déduit par dérivation la relation de compatibilité qui existe entre elles :

0 £!
Z 0 E*!
2 ò* f 2X

(4) H =
8
òx* òz òzbx

Cette relation traduit la continuité de la déformation du milieu

La solution d e s systèmes précédents doit satisfaire a u x conditions aux limites indiquées (§ 2a) et dont
l'expression est :

Tzx= 0

(5) z= 0 { = t p si | x [ < a
T z
f 0 si | x | > a

(6) z= H : w= u= 0

5 - PLAN DE L'ARTICLE

N o u s avons utilisé dans cette étude deux méthodes de calcul tout à fait différentes :
- la première, faisant appel aux séries d e Fourier, n'a été utilisée que pour les tassements. Elle a permis
d'explorer tout le champ d e s valeurs de H (épaisseur de la couche) et de v (coefficient de P o i s s o n du sol) ;
- la seconde, entièrement numérique, a fourni simultanément les tassements et les contraintes, mais les
temps de calcul étant très longs, nous avons dû limiter le champ d e s valeurs de H et de v examinées. D e
plus, cette dernière méthode ne nous a pas permis d'étudier le c a s du s o l volumétriquement incompres-
sible ( v = 0,5).

N o u s avons donc partagé cet article en deux :


- une première partie intitulée « Calcul des tassements » où sera brièvement exposée la méthode d e s séries
de Fourier ;
- une deuxième partie consacrée au « Calcul des contraintes » où sera mentionnée la méthode numérique.

C A L C U L DES TASSEMENTS

I - DETERMINATION THEORIQUE DES TASSEMENTS

a) R é s o l u t i o n du p r o b l è m e par les s é r i e s de Fourier


II est classique de montrer, en combinant les équations (1), (2) et (4), que l'on peut ramener un problème
de déformation plane élastique à une seule équation biharmonique :
(7) V'«ï> = 0

avec <P (z, x) : fonction de contrainte d'Airy telle que :


s 2 s
o <ï> d <ï> ô <ï>
(8) u z = t» = a* =
dz
2
ôx ôz o i 2

Il suffit donc de trouver une fonction <t> solution de (7) et satisfaisant aux conditions aux limites (5) et (6).

loi
La charge étant symétrique et finie, on peut choisir $> de la forme :

m * - £ [-5- o h
(-fr ') + ~jr " (~jr ' ) h

+ • • < * ( Î ' ) + |(-fr')]<=«= (TT ' )

Les constantes A , B, C et D sont déterminées d'après les conditions aux limites (5) et (6) qui s'expriment
respectivement :

!
ô«ï>
= 0
ôz d x
(10) z = 0
2
ô <ï> j p si | x | < a
ô x 2
( 0 si | x I >a

\ \ 0 — v) v dz

(11) z = H ) Jo L ôx 2
ôz 2
J
= 0
Jo L ô* 2
ftx' J
Le calcul de A , B, C et D a été fait par Holl [6] en représentant la charge par une intégrale de Fourier :

fx (*°°
dt \ (xt) dx
00
2 i*
(12) P (x) = — \ cos p (XH) c o s
H
^ Jo Jo
La fonction q> étant déterminée, l e s contraintes s'en déduisent par (8), les déformations par (2) et les dépla-
cements par intégration de (3). En particulier, pour le tassement de la surface du s o l (z = 0), Holl a obtenu :
2
4 (1 — v ) f" (3 — 4 v) cht sht — t / tx \ / ta \
(13) w = — — ^ p H \ — cos ( ) sin ( - = - ) dt
itE Jo 1(3 — 4 v) ch t 2
+ (1 — 2 v ) + t ] t
2 2 2
V H
/ V H
/
Nous nous limiterons ici au calcul du tassement en surface à l'aide de la formule (13), mais on voit que
cette méthode permet d'obtenir contraintes, déformations et déplacements en tout point de la couche de
sol c o m p r e s s i b l e .

b) Calcul des valeurs n u m é r i q u e s du tassement

L'intégrale (13) fournit le tassement de tous les points de la surface du massif. Cependant, il suffit de faire
le calcul pour le point situé au bord de la charge, le principe de superposition permettant d'en déduire le
tassement des autres points. Le tassement au bord de la charge (z = 0, x = a) s e calcule à l'aide de
l'intégrale suivante déduite de (13) :

(14) w = -A-!?- p H

avec

(15) p„ = —
— v )

2

p\ * (v,
r S, t) dt
P\ * (v, (3. t)
(3 — 4 v) cht sht — t t
(16) q? (v. S, t) = T — sin —
v
(3 — 4 v) ch t 2
+ (1 — 2 v ) + t ] t 2 2 2
B

102
en posant

L'intégrale (15) ne peut pas être exprimée explicitement : il faut donc la calculer numériquement pour
toutes les valeurs intéressantes de v et de /3. L'aire de la fonction <J> (t) (fig. 3) est une série alternée
décroissante ; la valeur de l'intégrale est donc finie :

(18) p„ = A, — A 2 + A* — A 4 .. ..(— 1)n+1 An ....

0 (v,/3, t)

Calcul numérique Calcul explicite


approché
Fig 3 - Allure de la courbe <t> ( v , /3, i) pour v et P donnés.

Le nombre de boucles de la courbe étant trop grand, un planimétrage manuel était pratiquement impossible.
Nous avons donc déterminé ces aires à la calculatrice électronique avec un pas dt = 0,01 en nous arrêtant
lorsque A est inférieur à 0,001 sans toutefois dépasser t = 10. En effet, pour t > 10, on peut écrire,
n
4
avec une erreur inférieure à 10~ :


2 (1 — v ) 2
(3 — 4 v) cht sht — t t f«= 1 t T
(19) p„ = P — sin — dt +\ — sin — dt
J0 | (3 — 4v) Chr't + (1 2 v) 2
+ 2
t] t 2
B .lin t 2
B J
Notons que ce dernier terme ne dépend pas de v.

On peut alors écrire


2 (1 - v ) 2
(3 — 4 v ) cht sht — t B
(20) Pu = H sin
[(3 — 4 v) ch t 2
+ (1 — 2 v ) 2
+ 2
t] t 2
10

Nous avons donc la somme de trois termes : le premier a été calculé numériquement comme il est dit
plus haut, le second est explicite et la valeur du troisième (« cosinus intégral ») est donnée dans toutes les
tables de fonctions classiques.

N o u s avons fait ce calcul pour un grand nombre de valeurs de v et de B et les résultats sont donnés dans
le tableau 1 et la figure k.

103
Coefficient de POISSON V Coefficient de POISSON V

/$ 0 0,1 0,2 0,3 0,4 0.5 f> 0 0,1 0,2 0,3 0,4 0,5
0 0 0 0 0 0 0 1.7 0,777 0,753 0,706 0,626 0,501 0,317
0,05 0,025 0,024 0,023 0,019 0,012 o 000 1,8 0,809 0,785 0,738 0,655 0,527 0,339
0,1 0,05 0,049 0,045 0,037 0,023 o, 000 1.9 0,840 0,817 0 , 7 68 0,682 0,551 0,360

0,15 0,075 0,073 0,068 0,056 0,035 0 000 2,0 0,870 0,848 0,796 0,709 0,575 0,381
0,2 0,100 0,098 0,090 0,074 0,047 o 001 2,5 1,002 0,978 0,925 0,826 0,682 0,468
0,125 0,125 0,122 0,113 0,093 0,059 o 004 3,0 1,112 1,085 1,029 0,926 0,773 0,548

0,3 0,150 0,147 0,135 0,112 0,072 o 007 3,5 1,208 1,180 1,115 1,012 0,852 0,619
0,35 0,175 0,171 0,158 0,131 0,085 o 011 4,0 1,289 1,263 1,197 1,086 0,920 0,683
0,4 0,201 0,196 0,181 0,150 0,099 o 017 5,0 1,429 1,400 1,330 1,212 1,036 0,786

0,45 0,227 0, 220 0,204 0,169 0,113 o 023 6,0 1,545 1,518 1,445 1,318 1,133 0,870
0,5 0,253 0,245 0,227 0,189 0,127 0 031 7,0 1,641 1,615 1,540 1,405 1,213 0,943
0,55 0,279 0,269 0,250 0,209 0,143 o 039 8,0 1,722 1,699 1,621 1,479 1,281 1,007

0,6 0,305 0,294 0,272 0,229 0,158 o 049 9,0 1,800 1,770 1,689 1,549 1,347 1,062
0,65 0,331 0,318 0,295 0,249 0,174 o 059 10,0 1,866 1,834 1,750 1,609 1,402 1,112
0,7 0,357 0,342 0,318 0,269 0,191 o 070 11,0 1,926 1,890 1,805 1,663 1,452 1,157

0,75 0,382 0,367 0,341 0,290 0,207 o 081 12,0 1,978 1,942 1,857 1,712 1,500 1,198
0,8 0,407 0,391 0,364 0,310 0,224 o 093 13,0 2,026 1,991 1,906 1,759 1,544 1,236
0,85 0,432 0,415 0,386 0,330 0,241 o 106 14,0 2,072 2,038 1,952 1,802 1,585 1,271

0,9 0,456 0,439 0,408 0,350 0,258 o 118 15,0 2,115 2,081 1,995 1,843 1,623 1,304
0,95 0,480 0,464 0,430 0,370 0,275 o 131 20,0 2,307 2,269 2,173 2,010 1,772 1,442
1,0 0,503 0,488 0,452 0,390 0,291 0 144 25,0 2,449 2,410 2,309 2,139 1,891 1,548

1.1 0,548 0,530 0,496 0,428 0,324 o 170 30,0 2,565 2,524 2,420 2,244 1,988 1,635
1.2 0,591 0,570 0,535 0,464 0,356 o 196 40,0 2,748 2,705 2,596 2,411 2,142 1,772
1,3 0,632 0,611 0,574 0,499 0,387 o 222 50,0 2,890 2,847 2,732 2,540 2,261 1,879

1,4 0,671 0,648 0,610 0,533 0,417 o 246 100,0 3,331 3,284 3,156 2,942 2,632 2,210
1.5 0,708 0,685 0,643 0;566 0,446 o 270 1000,0 4,797 4,735 4,563 4,276 3,863 3,309
1,6 0,743 0,720 0,676 0,597 0,474 0 294 00 00 CO 00 OS 00 CO

T A B L E A U 1 - V a l e u r s du coefficient p Hpour le calcul du t a s s e m e n t d'après les formules du tableau 2. C e s mêmes valeurs


sont représentées graphiquement sur la figure 4.
c) Tassement en un point quelconque de la surface du sol

Nous venons d'indiquer comment a été obtenu le tassement du bord de la charge. V o y o n s comment on
peut en déduire celui d'un point quelconque.

Pour cela, considérons le point M de la figure 5. O n voit que s o n tassement s'obtient à partir du tassement
du bord par superposition : ceci nous conduit à la formule (24) du tableau 2. S i le point M était à l'exté-
rieur de la charge, l'application du principe de superposition s e traduirait par une soustraction au lieu d'une
addition mais conduirait à la même formule (24).

2 - RESULTATS NUMERIQUES

D'après l'étude (§ 1), le tassement s'exprime par les formules du tableau 2. Notons que, dans ce tableau,
les expressions (22) et (23) ne sont que d e s c a s particuliers de l'expression générale (24).

A partir d e s formules du tableau 2, on en déduit celles du tableau 3 en posant :

(21) p' H = B' p H = _ avec : B = -

2a a+x a-x

F i g. 5 - Tassement d'un p o i n t quelconque de l a surface d u s o l déduit


d u tassement au b o r d par application d u p r i n c i p e de superposition.

TABLEAU 2

Le tassement est exprimé par : Avec P =

2 an H
bord
(22) w = - y p H
2 a

2 an H
centre (23) w = p Calcul du tassement par les formules
H
a
du premier type. O n peut aussi bien
utiliser celles du s e c o n d type (tableau
3). L e s valeurs numériques du coeffi-
1 [(a + x) p |a + x\ H -
P 0 U R P

point
(24) w = + ( a — x) p ] cient sans dimensions, p , sont lues,
d'abscisse x
H | H ] H

p 0 U r P H
en fonction de fi, dans le tableau 1
|a - x| *
ou la figure 4.

105
Les formules du tableau 3 sont plus c o m m o d e s que c e l l e s du tableau 2 dans le c a s d'une c o u c h e de faible
épaisseur (H petit, ¡3' grand).

TABLEAU 3

Le tassement est exprimé par : Avec /?' =

2 a
bord (25) w = ^ p' H
" H

a
centre (26) w - 2 P H
p' Calcul du tassement par les formules
E H
ÏÏ
du deuxième type. O n peut aussi bien
ja + x| utiliser c e l l e s du premier type (tableau
(27) w = p , ± p' pour p '
H H j
H
H l
2). L e s valeurs numériques du coeffi-
point
d'abscisse x |a — x| cient sans dimensions, p ' , sont lues,
H

Signe +
" | X
1 < 3
pour p ' en fonction de / ? ' , dans le tableau 4
a
— si | x 1> a H
H l

ou la figure 6.

0 1 2 3 4 5 ?>

F i g . 6 • Valeurs numériques d u coeffi-


cient P ' H p o u r le c a l c u l d u tassement
d'après les formules d u tableau 3. Ces
valeurs numériques figurent également
dans le tableau 4.

106
ife

Coefficient de POISSON, V

0 0,1 0,2 0,3 0,4 0,5

0 0 0 0 0 0 0
0,01 0,033 0,033 0,032 0,029 0,026 0,022
0,02 0,058 0,057 0,055 0,051 0,045 0,038

0,05 0,115 0,114 0,109 0,101 0,089 0,072


0,10 0,187 0,183 0,175 0,161 0,140 0,111
0,15 0,241 0,237 0,225 0,210 0,178 0,139

0,20 0,286 0,280 0,266 0,242 0,207 0,157


0,25 0,322 0,316 0,299 0,271 0,230 0,171
0,30 0,353 0,344 0,326 0,296 0,248 0,179

0,35 0,378 0,369 0,350 0,315 0,262 0,186


0,40 0,401 0,391 0,370 0,330 0,273 0,188
0,45 0,420 0,410 0,386 0,343 0,280 0,190

0,50 0,435 0,424 0,398 0,355 0,288 0,191


0,60 0,461 0,446 0,419 0,369 0,294 0,187
0,70 0,476 0,461 0,43 4 0,378 0,298 0,179

0,80 0,488 0,472 0,444 0,384 0,298 0,167


0,90 0,498 0,481 0,449 0,388 0,292 0,153
1,00 0,503 0,488 0,452 0,390 0,291 0,144

1,5 0,508 0,493 0,455 0,387 0,270 0,095


2,0 0,506 0,492 0,452 0,378 0,254 0,062
2,5 0,503 0,489 0,450 0,375 0,247 0,047

3 0,5 0,489 0,450 0,374 0,242 0,029


4 0,5 0,489 0,450 0,372 0,236 0,014
T A B L E A U 4 - V a l e u r s du coefficient p '
5 0,5 0,489 0,450 0,371 0,233 0,006
H

pour le c a l c u l du t a s s e m e n t d'après les


f o r m u l e s du tableau 3. C e s mêmes v a -
10 0,5 0,489 0,450 0,371 0,233 0
leurs sont représentées graphiquement
100 0,5 0,489 0,450 0,371 0,233 0 s u r la figure 6.
00 0,5 0,489 0,450 0,371 0,233 0

• EXEMPLE 1

Considérons un remblai de grande longueur, de hauteur h = 4 m (13 ft), de largeur de plate-forme


L = 10 m (33 ft) et de pentes latérales 2/1, reposant sur une c o u c h e de 45 m d ' é p a i s s e u r d'un sol supposé
parfaitement élastique, de module E = 40 bars (58 psi) et de coefficient de Poisson, v = 0,3 (fia. 7).
Quel tassement final peut-on estimer sachant que la m a s s e v o l u m i q u e du s o l en remblai est :

3
p = 2 070 kg/m = 129 Ib/cu. ft

10 m
8 m 8 m

= 45m
4" £ - 40 bars

V -- 0,3
F i g . 7 - R e m b l a i de l'exemple 1 dont o n
c a l c u l e le tassement au centre 0 et aux
points B et B ' situés sous l a mi-pente.

107
O n peut estimer avec une bonne approximation que ce remblai exerce s u r le sol une contrainte normale
uniforme s u r une largeur B B ' = 2a = 18 m (59 ft) de valeur :

p = p gh = 2 070 x 9,81 x 4 = 80 000 P a = 0,8 bar = 129 x 13 = 167,5 Ib/sq.ft. = 11,6 psi

C a l c u l o n s le tassement sous le centre et le bord de cette charge (c'est-à-dire sous la mi-pente du talus
réel.

A titre d'exercice, employons les deux types de formules :

- tassement au centre : formule (23) du tableau 2 ou (26) du tableau 3 :

H
j8 = - - = 5 ou fi = ~ = 0,2
a H
pour v = 0,3, on lit dans les tableaux 1 et // : p H = 1,212 p H = 0,242

. 0,8 x 18 , 2 x 0,8 x 45 . . . .
0 1 0. . .
d ou : w = x 1,212 = x 0,242 = 0,44 m
40 40
11,6 x 59 , „,„ 2 x 11,6 x 147 . ... . . , u c

58 x 1,212 = ^-
58 x 0,242 = 1 ft 5 mches

- tassement du bord : formule (22) du tableau 2 ou (25) du tableau 3 :

¡3 = 2 - g = 2,5 ou fS- = ^ = 0,4

pour v = 0,3, on lit dans les tableaux 1 et 4 : p H = 0,826 p' H = 0,330

d ou : w = x 0,826 = x 0,330 = 0,30 m


40 40

= .U x 0,826 = VAJLA ! 4
x 0,330 = 1 ft
58 58

3 - REMARQUES SUR LES RESULTATS PRECEDENTS

Les commentaires suivants nous semblent utiles à la fois pour le chercheur et pour l'ingénieur.

a) Tangente à l'origine des courbes de p H

Les petites valeurs de ¡3 représentent une couche d'épaisseur faible ou une charge de grande largeur. Le
champ des contraintes et déformations qui règne dans la couche compressible est alors analogue à celui
d'un échantillon placé dans un œdomètre et le tassement du centre de la bande s'écrit :

DH E (1 — v)
(28) w = t— avec E' = : module œdométrique

E' (1 + v) (1 — 2 v)

En comparant les formules (23) et (28), on voit qu'il en résulte :

(1 +v) (1 - 2 v)

™ *• - —nr=ô- "
C e c i n'est valable que pour les petites valeurs de ¡3 et fournit la tangente à l'origine d e s courbes de p . H

N o u s avons contrôlé, en agrandissant la figure 4 au voisinage de l'origine, que les courbes calculées
numériquement admettent parfaitement cette tangente.
b) Branche infinie des courbes de p H

Les grandes valeurs de ¡3 représentent d e s c o u c h e s de grande épaisseur et, lorsque [3 tend vers l'infini, p H

doit tendre vers l'infini puisque, le tassement d'une charge de longueur infinie s u r un sol d'épaisseur
infinie est infini, comme nous l'avons rappelé dans l'introduction.

108
Pour préciser la branche infinie d e s courbes de p , nous avons calculé une valeur approchée du tassement
H

qui tend vers la valeur exacte lorsque l'épaisseur de la couche tend vers l'infini. P o u r cela, nous avons
intégré, sur une épaisseur H, la valeur de la déformation e qui existe, dans une couche d'épaisseur infinie,
z

sous le bord de la charge :

(1 + v) p 2a 2az 1
(30) w = 2 v) arctg h
2
dz
%E z z* + 4a J

H
d'où, après calculs et, avec B =
2a

2ap 1 + v
(31) (1 v) Ig (1 + P ) 2
+ (1 — 2 v) B arctg
E P.
soit une valeur approchée de p H pour les grandes valeurs de ¡3 :

1 + v
(32) (1 - v) Ig (1 + B*) + (1 2 v) B arctg —
'Happ
P

Le calcul numérique montre que, lorsque B augmente, la différence p — p pp tend vers une valeur H H a

à peu près constante qui ne dépend que de v. C e c i est illustré par la figure 8. L'écart relatif entre p et H

PHapp v a
donc en diminuant, comme on le prévoyait.
L'intérêt pratique de cette remarque est que l'intégrale (31) n'est autre que l'application de la méthode
« triaxiale » de calcul des tassements au cas d'une couche compressible homogène.

F i g . 8 - C o m p a r a i s o n entre les va-


leurs de p H ( ) et de PHapp (-•-).
Pour v — 0,5, les deux courbes
sont pratiquement confondues.

109
c) Allure des courbes de p ' H

Le coefficient p ' H étant déduit de p H par la formule d'inversion (21), il en résulte que, pour v donné :

— l'asymptote de p ' H a pour valeur la pente à l'origine de p , H

— la tangente à l'origine de p ' H e s t verticale.

d) D é f o r m é e de la surface du massif

A l'aide de la formule (27), nous avons tracé la déformée de la surface du massif pour d i v e r s e s valeurs de
v et de —— (fig- 9). O n notera, en particulier, le soulèvement du s o l , surtout pour v = 0,5 : c e c a s c o r -
2a
respond, en pratique, au chargement rapide d'une argile saturée.

S o u l è v e m e n t du sol

w E
9 P F i g . 9 - Déformée de l a surface d u massif p o u r diverses valeurs de v et de H / 2 a .

I 10
Par ailleurs, la figure 10 montre comment on peut diminuer le tassement en augmentant la charge dans le cas
d'un sol incompressible (v = 0,5).

F i g . 10 - Tassement d'un s o l incompressible en fonction de l a dimension de l a charge.

e) D é p l a c e m e n t s des points s i t u é s à l ' i n t é r i e u r de la couche é l a s t i q u e

Dans le c a s où le coefficient de P o i s s o n du sol compressible vaut v = 0,3, nous avons calculé le déplace-
ment de tous les points du sol par la méthode numérique de la double grille (Calcul d e s contraintes § 1).
Les résultats ainsi obtenus, pour le tassement en surface, concordent parfaitement avec ceux obtenus par les
séries de Fourier comme on le voit en comparant les figures 4 et 11.

111
N o u s n'estimons p a s utile de reproduire ici les valeurs du déplacement horizontal que nous avons également
obtenues, avec v = 0,3, pour tous les points du massif [2], En effet, nous avons montré [5] que les charges
tangentielles ont une grande influence s u r les déplacements horizontaux alors qu'elles n'en ont pratiquement
pas s u r les tassements : il faudrait donc, pour étudier valablement l e s déplacements horizontaux, faire inter-
venir l'inclinaison dés contraintes de contact entre la charge et le sol, c e qui n'a p a s été fait ici. S i g n a l o n s ,
cependant, q u e les valeurs obtenues tendent bien, pour H = ° ° , vers la limite que nous avions indiquée par
ailleurs [7].

f) Comparaison de nos r é s u l t a t s avec ceux d'autres é t u d e s analogues


C e s dernières années, plusieurs auteurs ont abordé ce problème, mais de façon moins détaillée qu'ici.
D e s résultats très différents d e s nôtres ont été obtenus par B e n d e l [8], sauf pour les grandes valeurs de P.
Par ailleurs, Harr [9], étendant d e s travaux de Egorov [10], a cru pouvoir écrire, semble-t-il, que le coefficient
de P o i s s o n , v, intervenait seulement sous forme d'un facteur (1 — v ) dans la formule de tassement. C e c i est
2

vrai pour un milieu semi-infini, mais ne l'est p a s pour une couche d'épaisseur finie comme on le voit dans les
formules (15) et (19). L e s valeurs numériques que nous donnons ( f l g . 6) confirment que (1 — v ) est loin d'être
2

un facteur.
A u contraire, Ueshita et Meyerhof [11] ont publié récemment d e s résultats qui concordent avec les nôtres et,
enfin, dans une remarquable étude générale s u r les problèmes de c o u c h e s c o m p r e s s i b l e s élastiques, Poulos
[12 - fig. 42] donne un coefficient de tassement qui permet de retrouver approximativement les valeurs
données i c i .
Malgré les différences que nous venons d'indiquer avec certains d e s résultats publiés, nous sommes en droit
d'estimer que n o s résultats sont exacts. En effet :
— dans le c a s v = 0,3, nous avons retrouvé l e s mêmes résultats par la méthode numérique de la double
grille,

112
— nous avons vérifié que les courbes p et p ' admettent bien la tangente à l'origine et la courbe asympto-
H H

tique calculées indépendamment et explicitement.

Reconnaissons enfin que la difficulté de c e problème nous avait également fait commettre quelques erreurs
dans les premiers calculs faits à G r e n o b l e [13]. Néanmoins, c'est en continuant dans la voie ouverte par Rouget
que le calcul d e s contraintes indiqué dans la deuxième partie de cet article a pu être mené à bien.

C A L C U L DES CONTRAINTES

1 - DETERMINATION THEORIQUE DES CONTRAINTES ET DEPLACEMENTS PAR LA METHODE DE LA


DOUBLE GRILLE

a) Principe de la m é t h o d e

N o u s avons vu (Calcul d e s tassements § 1 a), qu'une méthode pour résoudre le problème consistait à ramener
le système (1), (2) et (4) à une seule équation biharmonique. Une autre méthode consiste à éliminer les (s , 7)
et les (o-, T ) dans les équations (1), (2) et (3). O n obtient ainsi les équations de Navier-Lamé :
2 2
2 (1 — v) ô w ô w 1 u
+ +
1 - 2 Ô2 1 - 2 » ô z 5 x
2
» 2
ôx
(33) 2 2
2 (1 — v) ô u ô u 1 2
ô w
+ + -
1— 2 v ô x 2
ô z 2
1 - 2 v b z ù x

S i l'on parvient à résoudre c e système de deux équations aux dérivées partielles à deux inconnues, u et w,
on en déduit les déformations ( s , 7), par les formules (3) et les contraintes (o-, t ) , par les formules (2). Dans
le c a s qui nous intéresse, les conditions aux limites sont telles que le système (33) n'admet p a s de solution
explicite. O n utilise alors une méthode numérique qui consiste à représenter le milieu élastique par un double
réseau régulier de points masse et de points contrainte (fig. 12). Le principe de cette « méthode de la double
grille » est donné en détail par ailleurs [2], [13], [14].

L'écriture de l'équilibre du point masse P (I, J) sous l'action d e s quatre points contrainte environnant et sa
traduction en termes de déplacements par l'utilisation d e s relations (2) et (3) écrites en différences finies c o n -
duit à :

2 (1 - v)
J)j
1— 2v [w' (I + 1, J - 1) + w' (I - 1, J + 1) — 2 w' (I,

+ [| w
w ' (I + 1, J + 1) + w' (I - 1, J - 1) — 2 w ' (I, J)
]
(I + 1, J) — u' (I, J + 1) + u' (l — 1, J) - u' (I, J - 1)
+ 1 —2 v L
(34) (
2_(1 - v)

1 J
~ V )
|fu' (I + 1, J + 1) + u' (I - 1, J - 1) - 2 u' (I, J)J
| u - (| + 1, j _ 1) + ' (I - U 1, J + 1) - 2 u' (I, J)j

[ w ' (I + 1, J) + w ' (I, J + 1) + w' (I - 1, J) — w' (I, J - 1) 1=


avec : w ' , u' composantes L
1 - 2 v du déplacement s u r les axes inclinés à 45°. O n en déduit immédiatement w et u. J
113
Vecteur
déplacement

r
I =

1 = 1
-1

* \
\t
Q

J-

i
'
\
*
0

0 J-•

4
%*
0

*
Q

1
'
r
à 1
1w
J-

à 1
' t
r
J e - M-3 M - 2 M-i M

Substratum rigide

F i g . 1 2 - Schéma de p r i n c i p e de l a double grille

C e s dernières relations ne sont autres que l'écriture en différences finies des équations (33) de Navier-Lamé.
La double grille permet donc de représenter discrètement un milieu continu élastique. D e la même façon, on
aurait pu utiliser, au lieu de la loi d'élasticité linéaire de Hooke (2), une autre loi, plus ou moins compliquée
(élasticité non linéaire, élasto-plasticité). D'une manière générale, on peut donc dire que la méthode de la
double grille, plutôt qu'une représentation physique du milieu, fournit une schématisation pratique qui permet
de retrouver les équations d'équilibre et de comportement exprimées en différences finies et d'écrire facilement
les conditions aux limites. L'approximation est d'autant meilleure que la maille est plus serrée.

114
b) Application au cas d'une charge uniforme reposant sur une couche é l a s t i q u e

V o y o n s maintenant comment la double grille a été utilisée pour l'étude de notre problème.

— Conditions aux limites :

• A la surface, la charge est représentée par un ensemble de forces concentrées Q :

i Q= X p pour 1 = 0, — J < J < JeC

(35) J Q = A p/2 pour I = 0, | J | = J C

( Q= 0 pour I = 0, | J | > J c

avec : ~k côté de la maille.

• Sur le fond, la rigidité et la rugosité du substratum font que le déplacement de tous les points est nul :

j w (I = N, J) = 0
(36)
( u (I = N, J) = 0

• L a t é r a l e m e n t , la grille devrait être infinie mais pratiquement, il faut que le nombre de mailles soit inférieur à
1 000 pour que la relaxation ne soit pas trop longue. O n doit donc imposer à cette limite artificielle une condi-
tion aussi voisine que possible de celle qui existerait si la grille était effectivement infinie. Pour cela, nous avons
écrit que, s u r la colonne J = M , le déplacement horizontal est nul et le déplacement vertical égal à celui de la
colonne J = M — 1 -. nous avons constaté en faisant varier M entre 7 et 10a/), que ceci n'influait pratique-
ment pas s u r les résultats. Enfin, la symétrie du champ de contraintes par rapport à l'axe 0z permet de limiter
la grille à la partie J > 0.

— Résolution :

L'ensemble d e s relations (34) forme un système linéaire de 2 N M équations à 2 N M inconnues de la forme


[A] [X] = [ B ] . La matrice [A], de rang 2 N M , est tridiagonale par blocs et s a résolution s e fait par la méthode
itérative de G a u s s - S e i d e l avec utilisation du paramètre de sur-relaxation, M . L a rapidité de la convergence est
fonction de la valeur du coefficient de P o i s s o n , v, de la dimension de la grille et de la valeur de w. N o u s
nous sommes limités au cas v = 0,3 et, pour chaque grille, nous avons déterminé la valeur optimale de M
comprise entre 1,5 et 1,8 en utilisant, notamment, les études de V a r g a [15]. L a précision des résultats est fonc-
tion de la finesse du maillage (X/a) et de la grandeur du test de convergence. Nous avons utilisé d e s grilles
de N M = 200 à 1 000 points et obtenu une précision s u r les résidus d e s équations (34) de l'ordre de 10" . 3

— Exploitation d e s résultats :
Une fois le calcul mené à bien, nous d i s p o s o n s , pour chaque valeur de H / a , d e s valeurs numériques d e s
contraintes, d e s déplacements et des déformations en tout point de la couche compressible. L e s déplacements
ont déjà été donnés dans la première partie de cette étude et les déformations ne sont généralement pas d'un
grand intérêt pratique. Nous ne donnerons donc ici que les contraintes et, grâce au principe de superposition,
nous pourrons condenser les résultats numériques en trois tableaux seulement. En effet, la contrainte en un
point quelconque de la couche compressible s e déduit de la contrainte à la verticale du coin par une addition
analogue à celle indiquée pour les tassements sur la figure 5. (La marche à suivre pour faire c e s calculs est
précisée dans le C a l c u l d e s contraintes § 2.)

2 - RESULTATS NUMERIQUES

D'après l'étude que nous venons d'exposer (Chapitre « C a l c u l d e s contraintes » § 1), les contraintes s'expri-
ment par les formules du tableau 5. Notons que, dans ce tableau, les expressions (37) à (42) ne sont que
des c a s particuliers d e s expressions générales (43) à (45) (Voir plus loin, chapitre « C a l c u l d e s contraintes »,
§ 3 b, pour l'influence du coefficient de Poisson).

115
.10 m • E X E M P L E 2 : Reprenons le remblai de l'exemple 1, mais
en considérant que la couche de 45 m est constituée de
trois s o u s - c o u c h e s supposées parfaitement élastiques,
mais d e modules différents (fig. 13).
B 0

( 4 9 f t ) 15m
E'-" 50 bars ( 725 psi) On demande le tassement. Faisons le calcul en passant
par l'intermédiaire de la contrainte a (§ 1 de l'introduc- z

tion). Il faut alors tracer la courbe o- à la verticale d e s z

points O et B en utilisant les formules (37) et (40) du


(33ft)IOm tableau 5 : on obtient les deux courbes représentées sur
E'= 35 bars (500psi
la figure 14. O n en tire la valeur moyenne de o- dans 2

chaque couche, respectivement s o u s le centre et s o u s le


bord, d'où le calcul du tassement :

(65ft)20m & £ ? ; E ' = 55bars (800psi)


Tassement du centre :
w_ 15 x 0,7 10 x 0,44 20 x 0,31
w - 50 + _
35 1- —
55 _ o,45 m
S ubstratum 49 x 10 33 X 6,3 65 x 4,5 .
725 + zrr^.
510 + rr^
800 = 1 ft. 6 inches
F i g . 13 - C o u p e d u s o l supportant le r e m b l a i de
l'exemple 2. L e s modules indiqués sont les modules Tassement des bords :
œdométriques. L e tassement est calculé en 0 et B .
15 x 0,39 , 10 X 0,34 20 x 0,27
= 0,31 m
+ +
w
50 35 55

49 x 5,6 , 33 x 4,8 65 X 3,9


725 + 510 + 800
= 1 ft.

Notons que c e s valeurs sont très voisines de celles obtenues dans l'exemple 1 pour une c o u c h e homogène de
module E = 40 bars.

TABLEAU 5
0,40bar(5,8psi) 0,80bor(11,6 p s i )

Les contraintes sont exprimées par : Avec P

(37) <r z = p k H 0

•i
bord (38) x z x = p k m

2 a 15m
(39) <r x = p k 2 H

(40) « z = 2 p k o H

H
centre (41) T Z X = 0
a
(42) <r x = 2 p k 2 H

(43) a z = p [kffi ± k<fà] p 0 U r ( 1 )


|a + x|
(44) T z x = p [ «jk _ k ffl]
point
d'abscisse x (45) a x = p f {1)K ± K $ ]
|a - x\ p 0 U r ( 2 )

0. ( + si | x | < a
Signe . ^
- si x > a

En tout point : <r y = v (a z + o ) x (46)


F i g . 14 - D i s t r i b u t i o n des contraintes sous
le centre ( ) et sous le point B (—)
de l'exemple 2. L a première courbe est
C a l c u l des contraintes en tout point (x, z), de la couche élastique. Les valeurs obtenue avec la f o r m u l e (40) et P = 5
numériques des coefficients sans dimensions kno- k m et k m sont données en et l a seconde avec l a f o r m u l e (37) et
fonction de P et de z / H dans les tableaux 6, 7 et 8 et les figures 15, 16 et 17. P = 2,5.

116
0,5 1 1,25 1,5 1,75 2 2,25 2,5 2,75 3 3,5 4 5 6 7 10 20
0 0 500 0 500 0,500 0 500 0 500 0,500 0,500 0,500 o 500 0 500 0,500 0 500 0 500 o 500 0 500 0 500 0,500
0 ,0 5 o 503 0 502 0,5015 0 501 0 5005 0,499 0,4985 0,498 0 4975 0 497 0,4965 0 496 0 495 0 494 0,494 0 482 0,407
0 .1 o 504 o 5025 0,502 0 5015 0 500 0,498 0,497 0,496 0 4955 0 495 0,492 o 488 o 477 o 472 0 462 0 402 0,275
0 .1 5 0 5035 0 502 0,5015 o 501 o 499 0,497 0,495 0,492 0 490 0 486 0,477 0 472 0 447 o 420 0 397 0 325 0,194
0 .2 o 503 0 5015 0,501 0 500 0 498 0,495 0,490 0,485 0 480 0 472 0,460 0 450 0 407 0 380 0 337 0 267 0,152
0 ,2 S 0 5025 0 501 0,5005 0 499 o 496 0,489 0,481 0,473 0 466 o 453 0,437 0 417 o 369 o 332 0 295 0 225 0,122

0 ,3 0 502 0 5005 0,500 o 497 o 492 0,481 0,470 0,460 0 449 0 430 0,410 0 378 o 333 0 295 0 260 0 195 0,103
0 .3 5 o 502 o 500 0,499 o 495 o 487 0,469 0,457 0,442 0 429 o 407 0,382 0 347 o 303 o 265 0 235 0 170 0,089
0 ,4 0 502 o 499 0,498 0 491 o 480 0,457 0,442 0,425 o 410 o 385 0,358 o 322 0 278 o 240 0 216 0 154 0,080

0 ,4 S 0 5015 0 498 0,4965 0 487 o 473 0,445 0,428 0,409 0 392 0 367 0,338 o 301 0 256 o 220 0 199 0 143 0,072
0 .5 0 501 0 500 0,495 0,482 0 466 0,433 0,414 0,394 0 374 0 350 0,318 0,285 0 240 0 205 0 185 0 132 p,066
0 ,5 5 0 5005 0 499 0,493 0 475 o 458 0,423 0,400 0,380 0 357 0 333 0,303 0 269 0 227 0 191 0 172 0 124 0,061

0 ,6 0 500 0 498 0,491 0 467 o 449 0,412 0,387 0,366 o 343 o 319 0,289 0 256 o 216 o 180 o 162 o 1175 0,058
0 .65 0 500 0 497 0,487 0 460 o 440 0,401 0,375 0,354 0 331 o 308 0,277 0 245 o 205 o 170 0 153 o 112 0,055
0 ,7 0 499 0 495 0,481 0 453 o 430 0,389 0,3634 0,343 0 320 0,298 0,266 0 235 0 196 o 162 0 146 0 107 0,052

0 ,75 0 498 0 492 0,475 0 445 0 420 0,379 0,352 0,332 0 310 0 289 0,255 0 225 0 188 0 157 ? o 140 0 1045 0,051
0 ,8 0 497 0 489 0,469 o 437 o 410 0,369 0,342 0,321 0 301 0 280 0,246 o 217 o 181 o 151 o 135 o 1025 0,0505
0 ,85 0 496 0,485 0,462 0 428 0 400 0,360 0,333 0,312 0 292 0 271 0,238 0 210 o 175 0 147 0 13(0 0 101 0,050

0 ,9 0 495 0 481 0,454 0 419 0 390 0,350 0,325 0,303 0 283 0 262 0,230 o 204 0 171 o 145 0 1265 0 100 0,050
0 ,9 5 0 4945 0 476 0,446 0 410 0 380 0,340 0,317 0,295 0 275 0 256 0,223 o 200 o 167 o 1425 0,125 0,099 0,0495
1 0 494 0 471 0,438 0 400 0 370 0,332 0,308 0,288 0 269 0 251 0,217 o 197 o 165 o 141 0 124 o 099 0,049

T A B L E A U 6 - V a l e u r s du coefficient k o pour le calcul de cz d'après les formules du tableau 5.


H

C e s mêmes valeurs sont représentées graphiquement s u r la figure 15.

I 17
0,5 0,75 1 1,25 ',5 1,75 2 2,25 2,5 2,75 3 3,5 4 5 6 7 10
0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0
0 ,05 0 ,234 0 240 0 246 0,252 0 261 0,267 0,272 0,280 0 280 0 282 0 284 0 288 0 289 0 284 0 278 0 269 0 234
0 l1 0,274 0 276 0 27 7 0 278 0 277 0 276 0 276 0,276 0 27 5 0 275 0 275 0 265 0 259 0 243 0 226 0 204 0 126

0 ,15 0,266 0 267 0 268 0 268 0 267 0 266 0 264 0,262 0 259 0 256 0 252 0 227 0 219 0 194 0 172 0 149 0 07 6
0 ,2 0 255 0 256 0 256 0 257 0 255 0 251 0 247 0,242 0 234 0 227 0 221 0 191 0 17 8 0,148 0 127 0 108 0 052
0 ,25 0 240 0 241 0 244 0 243 0 240 0 234 0 237 0,217 0 207 0 197 0,191 0 156 0 143 0 112 0,093 0 07 7 0 037

0 >3 0 227 0 228 0 230 0 228 0 224 0 216 0 206 0,193 0 182 0 171 0 161 0 131 0 116 0,086 0 07 2 0 060 0 02 7
0 . 35 0 2 1 2 0 214 0,216 0 213 0 207 0 198 0 185 0,169 0 158 0 147 0,139 0 109 0 094 0 069 0 058 0 047 0 019
0 , 4 0 200 0 202 0 204 0 198 0 190 0 180 0 164 0,149 0 143 0 136 0 125 0 091 0 077 0 055 0 046 0 037 0 014

0 ,45 0 190 0 190 0 189 0 184 0 173 0 162 0 146 0,129 0 117 0 107 0 099 0 07 6 0,063 0 044 0 036 0 029 0 011
0 > 5 0 181 0 17 9 0 178 0 170 0 157 0 146 0 129 0,111 0 101 0 091 0 084 0 065 0 052 0 035 0 028 0 023 0 009
0 , 55 0 1 7 4 0 171 0 167 0 158 0 143 0 131 0 114 0,096 0 087 0 07 7 0 071 0 054 0 043 0 029 0 023 0 019 0 007

0 76 0 168 0 163 0 155 0 145 0 130 0 118 0 102 0,084 0 07 5 0 066 0 060 0045 0 035 0 023 0 019 0 015 0 005
0 ,65 0,164 0 157 0 146 0 134 0 119 0,105 0,093 0,082 0 070 0 057 0 051 0,038 0 029 0 017 0 015 0 013 0 004
0 0 153
,1 0 162 0 139 0 125 0 109 0 095 0 080 0,065 0 057 0 049 0 044 0 032 0 023 0 013 0 012 0 010 0 003

0 , 75 0 , 1 6 2 0 151 0 133 0,118 0 101 0 086 0 07 1 0,057 0 051 0 044 0 037 0 027 0 019 0 011 0 009 0 007 0 0025
0 > 8 0,163 0 150 0 130 0 112 0 094 0 080 0 065 0,051 0 045 0 038 0 032 0 024 0 017 0 010 0 008 0 006 0 002
0 , 85 0 169 0 153 0 129 0 110 0 088 0,07 5 0 061 0,048 0 042 0 036 0 030 0 022 0 016 0 009 0 007 0 005 0 0015

0 ,9 0 17 8 0 160 0 132 0 114 0 092 0 075 0 061 0,048 0 042 0 036 0 029 0 022 0 015 0 009 0 007 0 005 0 0015
0 > 9 5 0 193 0 171 0 140 0 119 0,097 0 077 0 062 0,049 0 043 0 037 0 029 0 023 0 015 0 009 0 007 0 005 0 0015
1 0 209 0 184 0,163 0 130 0 106 0 083 0 065 0,050 0 044 0 038 0 030 0 023 0 016 0 007 0 005 0 006 0 0015

T A B L E A U 7 - V a l e u r s du coefficient k m pour le
calcul de t z x d'après les formules du tableau 5.
C e s mêmes valeurs sont représentées graphique-
ment sur la figure 16.

F i g . 16 - G r a p h i q u e des valeurs de k n i p o u r le
calcul de T . Signalons que ces courbes sont peut-
2 x

être imprécises au voisinage d u m a x i m u m . V o i r


également le tableau 7.

I 18
0,5 0,75 1 1,25 1,5 1,75 2 2,5 3 3,5 4 5 6 7 10
0 0 500 0 500 0 500 0 500 0 500 0 500 0 500 0 500 0 500 0 500 0 500 0 500 0 500 0,500 0,500
0,05 0 195 0 210 0 221 0 237 0 252 0 272 o 280 0 288 o 291 0 293 0 293 0 265 0 255 0,251 0 195
0,1 0 188 0 192 0 198 0 212 0 222 0 233 0 234 0 224 0 216 0 215 0 196 0 162 0 139 0,109 0 028
0,15 o 187 0 183 0 188 0 »94 0 199 0 200 0 197 0 178 0,162 0 147 0 121 0 091 0 064 0,032 0,006
0,2 o 188 o 17 6 0 178 0 177 0 17 6 0 168 0 159 0 133 0 111 0 091 0 074 0 048 0 029 0,004 0,0005
0,25 0 189 0 174 0 168 0 162 0 154 0 140 0 128 0 097 0 073 0 054 0 040 0 025 0 014 0,0015 -0 ,001
0,3 0 190 0 173 0 160 0 147 0 134 0 119 0 103 0 070 0 047 0 033 0 021 0 Oil 0 006 0,0005 -0 0015
0,35 0 191 0 172 0 153 0 136 0 116 0 101 0 084 0 051 0 031 0 020 0 012 0 005 0 003 0,000
0,4 0 193 0 171 0 147 0 126 0 103 0 086 0 069 0 039 0 021 0 013 0 006 0 0025 0 001 -0,0005
0,45 0 194 0 170 0 140 0,118 0 093 0 074 0 059 0 033 0 017 0 Oil 0 005 0 0015 0 000 -0,0005
0,5 0 195 0 169 0,136 0 113 0 084 0 066 0 053 0 030 0 016 0 009 0 004 0 0025 0 001 0,000
0,55 0 196 0 169 0 134 0 109 0 078 0 061 0 049 0 030 0 017 0 010 0 006 0 005 0 004 0,002
0,6 0 198 0 170 0 135 0 106 0 075 0 060 0 049 0 032 0 020 0 013 0 008 0 0075 0 007 0,004
0,65 0 200 o 1735 0 138 0 107 0 077 0 062 0 051 0 036 0 023 0 016 0 010 0 010 0 009 0,006
0,7 0 202 0 177 0 141 0 111 0 082 0 067 0 056 0 040 0 029 o 022 0 015 0 014 0 013 0,010
0,75 o 203 0 180 o 146 0 119 0,0905 0,075 o 064 0 047 0 034 0 029 0 021 0 020 0 019 0,014
0 ,8 o 204 0,183 0 154 0 128 0 102 0 087 0 075 0 057 0 043 0,036 0 028 0 027 0 022 0,018
0 ,85 0 206 0 189 0 162 0,138 0 116 0 100 0 088 0 070 0 057 0 048 0 037 0 033 0 028 0,024
0,9 0 208 0 194 0 173 0 152 0 132 0 115 0 103 0 086 0 072 0,063 0 049 0 042 0 034 0,029
0 ,95 0 211 o 200 0,183 0 167 0 149 0 133 0 122 0 105 0 091 0 082 0 062 0 052 0 043 0,036
1 o 214 o 206 0 195 0 186 0 167 0 153 o 143 0 125 0 111 0 103 0 080 0 063 0 051 0,043

TABLEAU 8 - V a l e u r s du coefficient
km pour le calcul de a* d'après les
formules du tableau 5. C e s mêmes
valeurs sont représentées graphique-
ment sur la figure 17.

F i g . 17 - G r a p h i q u e des valeurs de kn2 p o u r


le c a l c u l de o-x. V o i r également le tableau 8.

119
120
3 - REMARQUES SUR LES RESULTATS PRECEDENTS

a) Comparaison avec le milieu semi-infini

Pour faire cette comparaison, nous avons tracé les figures 18 et 19 déduites d e s figures 15 et 17 en chan-
geant l'ordonnée.

On voit que les contraintes o- sont inférieures aux valeurs correspondantes du milieu semi-infini dans la partie
x

haute de la couche et supérieures au voisinage du substratum. C e phénomène local est dû essentiellement à


la rugosité de contact entre la couche compressible et le substratum.

A u contraire, les valeurs de o- sont toujours supérieures à celles qui régneraient à la même profondeur dans
z

une couche élastique d'épaisseur infinie. Toutefois, ceci n'est valable que pour les points situés à proximité de
l'axe 0 . Pour les grandes valeurs de l'abscisse x, c'est le contraire qui s e produit, comme le montre la figure
Z

20 : est alors plus grand dans le milieu semi-infini que dans la couche d'épaisseur finie. C e c i est tout à
CTz

fait logique c a r la somme d e s contraintes o- s u r le substratum est égale à 2pa par tranche d'épaisseur unité,
z

comme à la profondeur correspondante dans le milieu semi-infini. Donc, un excès en un point doit être com-
pensé par un défaut ailleurs.

F i g . 20 • D i s t r i b u t i o n de o- a u contact de l a couche compressible et d u substratum (


x ).
O n a également tracé l a courbe <r dans u n m i l i e u semi-infini à l a même profondeur (---).
z

121
122
La comparaison avec le milieu semi-infini e s t également illustrée par la figure 21.

Enfin, il nous a semblé utile d'établir une règle simple permettant d'obtenir une valeur approchée de o- dans z

une couche d'épaisseur finie à partir des valeurs du milieu semi-infini. C e c i peut intéresser l'ingénieur qui n'a
pas sous les yeux le tableau 6, mais qui possède l e s résultats bien connus du milieu semi-infini. C ' e s t la règle
du tiers et du quart dont le principe est le suivant (fig- 22) :

— on trace la courbe de o- sous la charge comme si le milieu était semi-infini,


z

3H
— la valeur de o- pour z = — est reportée à la profondeur z = H, c e qui donne le point C ,
z

4
— la courbe de o- dans la couche c o m p r e s s i b l e comprend l'arc A B confondu avec la courbe du milieu semi-
z

infini entre z = 0 et z = H/3 et l'arc B C obtenu par raccordement d e s points B et C en s'éloignant progres-
sivement de la courbe du milieu semi-infini,
— notons que c e procédé n'est valable que pour <j . , v = 0,3 et | x | < a.
7

Partie commune aux


deux courbes

y B

dans un
H milieu s e m i -
infini
couche
d'épaisseur H

'4

F i g . 22 . Règle d u tiers et d u quart. L a courbe de o dans2

u n m i l i e u semi-infini étant tracée, o n en déduit l e point C


en menant l a verticale C ' C . L a courbe de <r dans l a couche
z

compressible suit l e tracé A B C .

b) Influence du coefficient de Poisson sur les contraintes

Les calculs étant très longs, nous nous s o m m e s limités au cas v = 0,3, valeur moyenne généralement admise
pour les sols. Q u e l q u e s essais, faits avec d'autres valeurs de v, nous ont montré que cette influence est a s s e z
faible. C e c i est confirmé par P o u l o s [12], notamment pour o- où le rôle de v semble être absolument négli-
z

geable.

O n pourra donc retenir les valeurs données ici pour les contraintes, et notamment pour o- , comme une bonne z

approximation des valeurs réelles quel que soit le coefficient de P o i s s o n du s o l , v.

c) Comparaison de nos r é s u l t a t s avec ceux d'autres é t u d e s analogues


C o m m e pour les tassements, les valeurs que nous avons obtenues sont a s s e z différentes de celles données
par B e n d e l [8]. C e l u i - c i présente s e s résultats sous la forme du produit (o- /p) (H/2a) qui serait constant pour
z

une a b s c i s s e x donnée. C e c i nous paraît conduire à une absurdité lorsque H/2a est petit.

A u contraire, nos résultats sont v o i s i n s à 10 % près d e s valeurs données par Egorov [10] pour o- au point 2

(a; = 0, z = H) et ils sont en bon a c c o r d avec les valeurs que l'on peut calculer pour o- et T en tout pointz 2 x

à partir des coefficients de P o u l o s [12 - fig. 32 et 4 0 ] .

N o u s avons donc tout lieu de croire à la validité de nos résultats, d'autant plus que le même calcul de relaxa-
tion a fourni simultanément les valeurs du tassement dont nous avons contrôlé l'exactitude par ailleurs ( C a l c u l
des tassements § 3 f).

123
CONCLUSION

N o u s espérons que cette étude, que nous avons essayé de faire aussi complète que possible, pourra fournir
des informations utiles à ceux qui ont à s ' o c c u p e r de tassements. Toutefois, il ne s'agit que d'une approche
théorique et la possibilité d'en appliquer les résultats à des cas concrets devrait faire l'objet d'une d i s c u s -
sion très détaillée. Il nous paraît préférable, pour le moment, de nous limiter à l'exposé précédent qui paraît
déjà suffisamment long.

REMERCIEMENTS

Ce travail a été réalisé dans le cadre de la thèse de Doctorat ès Sciences du premier auteur et de la thèse
de Doctorat de Spécialité du second. Les auteurs tiennent à remercier M. M. Rey qui s'est chargé de l'exé-
cution des dessins et M. U. Ilker qui a bien voulu relire le manuscrit. Que soient également remerciés
M. F. Schlosser, M. E. Leflaive et M. J.M. Runacher qui ont bien voulu nous faire de très nombreuses et
très intéressantes suggestions.

BIBLIOGRAPHIE

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